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Taxe carbone : non au nouveau racket A la soupe !

Villiers fait allégeance à Sarkozy

Ramadan,
immigration
et
Big
Business

RIVA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
N° 2917

HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE

4/9/2009

Iran,
Afghanistan,
Israël
: Où
est
l’“Empire
du
mal” ?
A
INSI que la criminalité, le chômage est reparti à la hausse et de nombreuses entreprises ne passeront pas lʼautomne, le « stupéfiant dynamisme démographique français » dont se rengorgent nos politiques après la publication du dernier rapport de lʼINSEE est essentiellement dʼorigine allogène et tous les baromètres montrent que le moral de la nation nʼa jamais été si bas. Néanmoins, à son retour de vacances passées dans le palazzo Bruni du Cap Nègre, le président de la République nʼa trouvé que deux sujets dʼinquiétude, et dʼindignation : lʼexcessive rétribution des traders bénéficiaires des fameux “bonus” quʼil a condamnés le 24 août, et lʼattitude de lʼIran que, deux jours plus tard, devant la Conférence des Ambassadeurs, il a solennellement menacé dʼun « renforcement très substantiel des sanctions » sʼil persiste à ne pas « négocier sérieusement » sur son programme nucléaire. Et le président de fulminer : « Ce sont les mêmes dirigeants, en Iran, qui nous disent que le programme nucléaire est pacifique et que les élections ont été honnêtes. Franchement, qui les croit ? » Mais qui peut croire Sarkozy en matière dʼintégrité des scrutins quand ni lui ni son ministre des Affaires étrangères Kouchner nʼont eu un mot pour dénoncer la mascarade électorale qui sʼest déroulée le 20 août en Afghanistan et à lʼissue de laquelle le sortant pashtoun Ahmid Karzaï se proclamait immédiatement réélu contre son rival tadjik Abdullah Abdul-

N° 2917 du 4 SEPTEMBRE 2009

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lah ? Intimidation très musclée des opposants, bureaux de vote inopinément fermés, urnes disparues puis miraculeusement retrouvées (bourrées), opportunes « pannes des logiciels informatiques », dʼoù proclamation des résultats renvoyée au 3 puis au 17 septembre… Cette présidentielle, à laquelle nʼauraient participé du reste que 6 % des Afghanes — alors que lʼamélioration de la condition féminine est officiellement lʼune des raisons de notre présence armée en Afghanistan —, aura été, comme cʼétait dʼailleurs prévisible, entachée des irrégularités les plus criantes. Faisant par contraste de la présidentielle iranienne du 12 juin, qui vit la reconduction (attendue par tous les observateurs sérieux) de Mahmoud Ahmadinejad, un modèle dʼélection démocratique. Mais nʼest-ce pas toute lʼimplication

logique dont elle nʼaurait jamais osé rêver. La France étant hélas, et aujourdʼhui plus que jamais, partie prenante du chaos provoqué par les neo-cons entourant Bush et aggravé par leurs coreligionnaires neo-libs cornaquant Obama, il est évidemment difficile à son premier magistrat de dénoncer la situation ainsi créée — et qui, en GrandeBretagne par exemple, fait au contraire de ce qui se passe chez nous lʼobjet dʼun âpre débat tendant au désengagement des troupes de Sa Majesté. Mais du moins pourrait-il avoir la décence de ne pas sʼacharner contre lʼIran qui ne veut rien dʼautre que disposer des instruments de sa souveraineté. Surtout au moment précis où paradait en Europe Benjamin Netanyahou, Premier ministre dʼun Etat qui, après des mois de dénégations, a dû avouer officiellement le 20 août avoir, en violation délibérée du droit international, utilisé des munitions au phosphore blanc, y compris contre des écoles, lors de son offensive « Plomb durci » sur Gaza en début dʼannée. Encore un effort et, alors quʼAmnesty International accuse la Chine toujours communiste dʼavoir utilisé aux fins de greffes les organes de ses condamnés à mort (1 718 liquidés en 2008, soit 72 % des exécutions mondiales), Israël admettra-t-il avoir aussi vendu aux plus offrants de riches patients les organes de jeunes Palestiniens abattus, comme sʼen est fait lʼécho le 17 août Aftonbladet, le quotidien le plus lu de Suède, en demandant une (Dessin de CHARD.) enquête internationale ? Affaire gravissime qui embarrasse dʼauotanesque en Afghanistan qui constitue tant plus le gouvernement Netanyahou une irrégularité majeure puisque, huit que Stockholm exerce la présidence ans après les attentats du 11-Septembre tournante de lʼUnion européenne. qui provoquèrent lʼinvasion de ce pays Mais, bien sûr, devant les ambassasous prétexte quʼil abritait Oussama Ben deurs quʼil recevait le 26 août à lʼElysée, Laden, chef du monstre Al Qaïda et prénotre président nʼa pas abordé ces questendu cerveau des attentats (qui nichait tions brûlantes, se contentant de sollicien réalité au Pakistan de lʼallié Mushater — comme tout le monde — de lʼEtat raff), le déploiement de forces étranhébreu un « gel précis et complet de la gères, dont 60 000 GIs, et lʼimposition à colonisation et une relance des négociala tête de lʼEtat du “libéral” Karzaï ont eu tions » avec les Palestiniens. Une exhordes conséquences désastreuses ? tation platonique dont les Israéliens se Reprise de la guerre civile avec des soucieront sans doute comme de leur embuscades et attentats aussi meurpremière kippa. Nicolas Sarkozy est triers que quotidiens (300 soldats occireparti au Cap Nègre. Il pourrait y dentaux tués depuis janvier 2009), du prendre une retraite définitive que la face règne des seigneurs de la guerre et du du monde nʼen serait guère changée. trafic dʼopium, explosion de la corruption (8 milliards de dollars dʼaides internationales évaporés), tout cela fournissant à RIVAROL, la propagande islamiste une assise idéo<galic@rivarol.com>.

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N° 2917 — 4 SEPTEMBRE 2009 — RIVAROL

J.-B. Biaggi, homme d’action et patriote
et par la suite resta fidèle à la personne et aux idées de Charles Maurras. Engagé en 1938, il participa à la guerre de 1940 où il fut blessé. Guéri, il fut l’un des fondateurs du réseau Orion où il fit du renseignement, « une activité plus utile qu’un petit meurtre à la sortie du métro parisien. Ça ne provoque pas de représailles sur la population », confia-t-il plus tard. En 1943, dénoncé, arrêté, emprisonné, il fut déporté vers l’Allemagne en mars 44, mais réussit à s’évader du train le transportant. Il reprit le combat dans les rangs du 1er Commando de France et fut blessé si grièvement en Alsace qu’il en subit les séquelles toute sa vie. Ensuite inscrit au Barreau, pas résistancialiste mais partisan de l’amnistie, Biaggi soutint l’association des Amis de Robert Brasillach. A partir de 1947, faisant partie de ces gaullistes de choc prêts à tout pour ramener au pouvoir le général, il milita au RPF — ce qu’il regretta amèrement ensuite. Partisan de l’Algérie Française, il gagna Alger début février 1956 et fut pour beaucoup dans la préparation du 6-Février contre Guy Mollet. Il fonda ensuite le très activiste Parti Patriote Révolutionnaire. Sans participer à l’attentat du bazooka contre Raoul Salan à Alger en 1957, il en connaissait pas mal d’acteurs et fut dans l’été 1958 le défenseur, devant un tribunal militaire, de Philippe Castille, qui avait tiré sur le général. Il savait sans doute bien des secrets sur cette mystérieuse affaire. De Gaulle revenu au pouvoir, il se lança dans la politique électorale. Elu député UNR de Paris en 1958, il démissionna quand il se rendit compte du virage gaulliste, et rejoignit le groupe composé des députés élus en Algérie « Unité de la République ». Présent à Alger lors de la semaine des Barricades (janvier 1960) il fut incarcéré quelques jours. En tant qu’avocat, il fut présent et actif aux grands procès de l’Algérie Française (Salan, Bastien-Thiry, Argoud). Il ne fut pas réélu en 1962 mais devint l’un de ténors de l’opposition nationale antigaulliste et anticommuniste. En 1965 il fut au côté de Tixier-Vignancour et dès 1974 soutint la candidature présidentielle de Le Pen. Membre du Front national, il appartint à son Comité Central et fut candidat à de nombreuses élections. Il fut et resta un ami fidèle de Jean-Marie Le Pen qui le recevait souvent à Rueil-Malmaison. Militant infatigable, J.-B. Biaggi soutint très activement Bruno Gollnisch victime d’une persécution politico-judiciaire. Corse intransigeant, il s’opposa aux indépendantistes et échappa de justesse au mitraillage de sa voiture. Déjà titulaire de nombreuses décorations (gagnées au combat), il fut fait en 2003 commandeur de la Légion d’Honneur. Ses obsèques se sont déroulées le 1er août dans l’église Saint-Fructueux de Cagnano. RIVAROL salue en lui l’homme d’action, le combattant, le patriote, le chrétien, le Français. A Dieu, “Bat”. R.

Mort d’un traître
Après le héros, le traître… Traître, Francis Jeanson — décédé le 1er août en Gironde à l’âge de 87 ans — ne le fut pas à demi. Son réseau de « porteurs de valise » au service du FLN de 1957 à 1960 s’était surtout spécialisé dans le transport en Suisse des fonds considérables récoltés grâce à un racket meurtrier sur les travailleurs algériens. S’y ajoutèrent la recherche de planques, en général dans les beaux quartiers, pour les agents FLN, la fabrication de faux papiers, etc.  Ce réseau au départ squelettique (une centaine de militants) aurait, d’après Jeanson, compris 3 000 membres en 1960. Après plusieurs mois d’enquête, il fut démantelé par la DST. On peut s’étonner qu’il ait fallu du temps pour le découvrir alors que la DST a été le service le plus efficace contre les réseaux FLN. Certaines protections haut placées jouèrentelles en faveur de ces Français et Françaises (de souche) très honorables, intellectuels, artistes, etc. ? Le réseau comparut à l’automne 1960 devant le tribunal militaire de Paris mais Jeanson, prévenu, était passé dans la clandestinité. Jugé par contumace, il ne récolta que dix ans de prison, ce qui était léger vu les charges pesant sur lui. En 1966, il bénéficia d’une amnistie alors que de nombreux condamnés OAS étaient encore incarcérés. Malraux le nomma directeur d’une Maison de la culture. Une belle récompense. Retour sur le procès. Grâce à ses avocats (dont Vergès) et des soutiens comme Mandouze et Sartre, les audiences avaient rapidement tourné à la propagande pour la cause algérienne et RIVAROL pouvait écrire le 16 septembre 1960 : « Si le camp des fellagha de langue française se montre d’une telle arrogance, c’est parce que lesdits fellaghas ont, non sans raison, conscience d’incarner le véritable “esprit de la Résistance” alors qu’en vertu même du climat créé dans notre pays par la lutte clandestine d’abord, par la Libération ensuite et enfin par la décolonisation, les pouvoirs publics et leurs auxiliaires ne peuvent que se trouver en porte à faux quand ils défendent l’ordre, la fidélité et l’obéissance aux autorités établies. » Pour avoir, d’Alger où il s’était retiré, fait remarquer les contradictions de la politique gaullienne d’autodétermination (dont se réclamaient les accusés), le général Salan fut rappelé à Paris et désormais interdit d’Algérie. Un concert de louanges a salué la mort de Francis Jeanson, qualifié par Bouteflika d’« un exemple vivifiant » pour son combat aux côtés des Algériens « avec rigueur et chaleur ». Bouteflika sait-il que Jeanson était retourné en Algérie en pleine période de guerre contre les islamistes et en était revenu catastrophé ? A ce qu’il déclara à des connaissances dont un professeur d’université qui m’en fit la confidence, il avait constaté sur place que le petit peuple avait voté pour les “barbus” aux élections (cassées par la junte militaire) parce qu’il était révolté par la misère, la corruption, la gabegie et le train de vie de la nomenklatura FLN. L’Algérie révolutionnaire dont Jeanson avait rêvé était loin. Mais, à notre connaissance, il s’est bien gardé de le reconnaître publiquement. J.-P. A.

Né en 1918 et décédé le 21 juillet dans sa maison familiale de Terre Rosse, village de Cagnano (dont il fut maire de 1965 à 1983), Jean-Baptiste Biaggi, “Bat” pour ses intimes, est tellement célèbre dans nos milieux qu‘il mériterait une longue biographie. Résumons-la. Avant 1939 étudiant à la Fac de Droit de Paris, il fut un militant d’Action française

● De Christophe GILLES : H1N1, PRÉTEXTE À GÉNOCIDE ?
A peine 2 000 morts dans le monde entier avec la grippe dite porcine et on veut nous vacciner de force pour un milliard d’euros dès l’automne, alors que la grippe “ordinaire” tue annuellement entre 25 000 et 50 000 personnes sans que ça induise la moindre panique ni omniprésence sur les media nous rebattant les oreilles avec une pandémie aussi horrible qu’invisible. Vous ne trouvez pas ça bizarre ? Certains ont déjà des réponses et ceux et celles qui savent que les gouvernements sont capables du pire doivent impérativement aller sur <http://www.sosjustice.com/> et <http://dailymotion.virgilio.it/video/xa2qy4_virus-h1n1-grippe-a-porcine-oms-et_news>.

recherches dans le but de servir l’humanité sans faire injure au christianisme. En relisant les Evangiles, d’ailleurs, nous y trouvons une critique de la religion juive de l’époque qui attachait plus d’importance aux détails qu’à l’essentiel. La critique dirigée contre la Synagogue, nous pourrions la faire contre les Eglises chrétiennes aujourd’hui, je crois. Je n’ai pas trouvé dans la hiérarchie catholique un seul mot pour soutenir Mgr Williamson quand les médias se sont acharnés sur lui. Où étaient les chrétiens ? En dehors de la hiérarchie de l’Eglise. Triste.

● De Bernard KUNEGIS : ENCYCLIQUE MAÇONNIQUE
Dans son encyclique — qui devrait s’intituler « Le Mondialisme par le Modernisme », Benoît XVI appelle de ses vœux une dictature mondiale, dans un langage fort peu catholique, mais plutôt maçonnique. L’étape suivante sera l’intégration de l’église conciliaire dans la religion noachide qu’“ILS” veulent imposer à la terre entière. En attendant la démonéose : la venue de l’Antéchrist.

● De Jean BOJO, président de CREDO : ARSENIC
Abonné à Rivarol, je me penchais sur l’entretien que Jérôme Bourbon a recueilli auprès de Claude Rousseau : « L’économisme, voilà l’ennemi » (n° 2916 du 31/7), lorsque mon regard a été attiré par le nom du pape Benoît XVI. Je regarde et je lis cette parenthèse après le nom : « Dont soit dit en passant la manœuvre d’absorption et de neutralisation de la Fraternité SaintPie X est sur le point d’aboutir du fait de sa direction imbécile ». Dans un article parlant d’économie, je me demande ce que vient faire cette phrase qui me dit qu’il peut y avoir de l’arsenic dans le livre de ce monsieur. Bravo pour les autres articles et longue vie à RIVAROL.

strong ait foulé le sol lunaire. Ce négationnisme me paraît absurde pour une raison très simple : s’il y avait eu le moindre doute à l’époque, l’URSS, alors en pleine rivalité avec les USA dans l’espace, s’en serait évidemment fait l’écho et aurait exploité à fond la supercherie. Une autre légende circule sur l’exploit d’Armstrong. A savoir que l’astronaute juif Roger Bruce Chaffee, avait été programmé originellement pour être le premier homme à marcher sur la Lune, mais que sa mort dans le terrible accident de 1967 fut sciemment provoqué par les anciens nazis employés par la NASA et qui organisèrent un sabotage afin qu’un juif n’accède jamais à une telle gloire mondiale, réservée à un pur Aryen comme Neil Armstrong. Dans son interview du 31/7, le philosophe Claude Rousseau affirme bien légèrement qu’Internet est “satanique”. En fait, la Toile est comme la langue d’Esope, véhiculant le pire et le meilleur. Le meilleur, c’est qu’elle a popularisé le combat révisionniste et lui a donné une amplitude planétaire. Le pire, c’est évidemment les fantasmes qui fleurissent sur Internet et s’y répandent à la vitesse du son.

● De Alain V. (courriel) : NAÏVETÉ ?
A propos de l’article de Grégoire Duhamel intitulé « Quand l’agneau se transforme en loup » (RIV. du 31/7). Je le trouve bien naïf lorsqu’il dit que « Il n’y a donc pas eu de civils retenus contre leur gré » par le Hamas, citant à l’appui les « très objectives » affirmations de Amnesty International. Je crains fort que son antisionisme ne l’aveugle sur la véritable nature du Hamas et autre Hezbollah.

● De Henri CONEGERO : BENOÎT XVI, HOMME DE VATICAN II
Jérôme Bourbon a raison : « Benoît XVI apparaît clairement comme un homme de Vatican II. » Je crains fort qu’il ne leurre la Fraternité Saint-Pie X et je l’ai fait savoir à celle-ci en soulignant qu’il ne célèbre jamais selon la forme appelée “extraordinaire” alors qu’il devrait prouver sa bonne foi de restaurateur de la Tradition en commençant par là.

● De Gérard GAUDIN : CHRISTIANISME ET PROGRÈS
Claude Rousseau enferme le christianisme dans l’ascèse, la frugalité, alors qu’il est un appel à la charité, à l’Amour. Cela demande que les chrétiens agissent en fonction du prochain, du tout proche, du voisin, de la famille. Il n’y a pas de frugalité làdedans, mais passer de l’égoïsme à l’autre. Le progrès à mon sens n’est pas l’antithèse du christianisme car le progrès peut et doit être “bon” pour tous. Rejeter les grands travaux comme antichrétiens me surprend, car les grands travaux sont une amélioration du niveau de vie. Leurs limites seraient quand elles lèsent le prochain, pour suivre l’idée chrétienne. Nous pouvons soutenir le progrès et les

UN PHÉNOMÈNE DÉMOCRACKIQUE ?
Notre jeunesse est formidable (du latin formidabilis élaboré à partir de formidare qui signifie craindre ou redouter) ! Massivement bachelière, sensibilisée à l’écologie, mature, diton, et au fait des pratiques sexuelles d’avant-garde, elle est aussi festive et une grosse consommatrice de stupéfiants. Nous connaissions son addiction à la marijuana et au shit. Mais sa grande précocité et sa lucidité médiatiquement officialisées l’ont autorisée à goûter à des produits explosifs. Ainsi, selon les statistiques, 3,3 % des jeunes de 17 ans ont déjà sniffé de la cocaïne et une importante partie s’adonne désormais au crack, un dérivé de la cocaïne particulièrement dangereux car il entraîne immédiatement la dépendance du consommateur. D’où la multiplication des lieux de deal et l’évolution des dealeurs notée par Le Monde : « Les revendeurs de crack ont aussi changé de profil, écrit-elle : Aux Antillais et Sénégalais des années 1990-2000, ont aujourd’hui succédé des jeunes des banlieues, anciens dealers de cannabis reconvertis dans le crack et la cocaïne. » En vertu du fameux ascenseur social ? F.-X. R.

● De Philippe BOURCIER DE CARBON, démographe: BRAVO !
Bravo pour le courageux article de Jérôme Bourbon « Benoît-XVI est-il mondialiste ? » paru le 24 juillet dans RIVAROL.

● De Martin S.-V. (Paris) : LA LUNE ET INTERNET
A propos d’éventuelles missions de la NASA sur la Lune (RIV. du 24/7). Sur Internet circulent beaucoup de doutes sur la réalité des expéditions Apollo et le fait que Neil Arm-

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Gauche : et revoilà les primaires !
lement, ce genre de tactique n‘a, semble-til, jamais eu vraiment d’incidence majeure sur la désignation des candidats. En revanche, et c’est beaucoup plus grave, ce mode de désignation favorise encore plus fortement les candidats les plus riches ou en tout cas ceux pouvant compter sur les soutiens les plus puissants et le relais des journaux et télévisions. On l’a encore vu récemment outre-Atlantique où, malgré la très dynamique campagne qu’il a menée sur Internet, le républicain indépendant Ron Paul n’a pu conjurer le boycottage total des grands media audiovisuels. Et avant lui Pat Buchanan, en dépit de son talent et de sa force de conviction, avait également échoué face au mur de l’argent. Il est donc totalement illusoire de croire qu’un système de primaires permette de mieux respecter la volonté et le libre choix des citoyens. Car, encore une fois, celui qui n’a pas l’argent ou pas les relais pour se faire connaître et faire parler de lui n’existe pas aux yeux de l’électeur. Le boycottage est une arme encore plus efficace qu’une campagne de diabolisation. Plus récemment, la gauche italienne a eu recours également à des élections primaires pour désigner le candidat du Parti de l’Olivier (coalition social-démocrate) en 2006. Elles ont abouti à la désignation de Romano Prodi par quatre millions de sympathisants de gauche. Six candidats étaient en lice, venant de plusieurs partis membres de la coalition. Seules conditions pour les électeurs : signer une déclaration “d’adhésion” au projet de la coalition et acquitter une cotisation d’un euro. Cette participation symbolique, destinée à dissuader les trublions et à marquer l’implication des électeurs, est reprise par les promoteurs de l’idée de primaires ouvertes au PS. Ce processus a permis à Romano Prodi de l’emporter d’extrême justesse sur Silvio Berlusconi mais ce fut une victoire à la Pyrrhus. Le Cavaliere a pris sa revanche, et de quelle façon, deux ans plus tard, sans avoir eu besoin de recourir à des primaires dans son camp. d’autre que l’acceptation sans conditions de la mondialisation dont l’Union européenne est le marchepied le plus efficace. La prise de position de Marielle de Sarnez qui, lors des municipales, avait en vain dragué ouvertement Delanoë pour rejoindre sa majorité s’expliquerait-elle par le fait que les proches de Bayrou ne croient plus en son destin présidentiel et se satisferaient désormais de négocier quelques ministères dans une présidence Strauss-Kahn ?

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C

’EST la nouvelle trouvaille de socialistes en mal d’idées, de projet et de chef incontesté : l’organisation de primaires pour désigner le candidat les représentant à la présidentielle de 2012. La pression des quadragénaires du PS — Peillon, Montebourg, Valls — a fini par forcer Martine Aubry à s’engager sur ce terrain glissant lors de son discours à la traditionnelle université d’été du parti à La Rochelle. La première secrétaire pouvait d’autant moins rester sourde aux appels pressants de ses camarades qu’un sondage IFOP pour Sud Ouest dimanche indique que 53 % des sympathisants socialistes et 55 % des Français seraient mécontents de la façon dont la fille de Jacques Delors dirige le parti à la rose. Aussi la maire de Lille qui n’entend pas céder sa place ni renoncer à de plus hautes ambitions s’est-elle engagée avec fougue à une rénovation du PS « de A à Z, de C comme cumul des mandats jusqu’à P comme primaires ». D’où l’organisation d’une consultation militante le 1er octobre sur les primaires, la suppression du cumul des mandats et des questions disciplinaires, une modification des statuts du parti avant l’été 2010 et l’organisation de primaires au premier semestre 2011. On le voit encore une fois, pour masquer l’absence de projet et surtout le refus de s’engager contre la mondialisation, le PS ne parle que de questions d’organisation, de structure, de méthode. La forme tient lieu de fond, le moyen devient la fin. Et comme nous l’avons souvent écrit, l’élection du président au suffrage universel direct favorise cette disparition de la politique au sens noble du terme.

expire courant 2012) et de faire une campagne présidentielle éclair. A moins que le processus ne s’enlise et que DSK revienne mettre tout le monde d’accord. Après tout, Peillon, Montebourg, Valls et autres Dray (s’il n’est pas, d’ici là, derrière les barreaux) se verraient bien ministre et pourquoi pas, Premier ministre de Sa Majesté Dominique.

LE NEIN (PROVISOIRE ?) DE COHN-BENDIT
En revanche, on aura noté à La Rochelle la passe d’armes entre Ségolène Royal et la Verte Cécile Duflot à propos de la taxe carbone que les écolos, eux, appellent de leurs vœux, et les réticences de Duflot sur une alliance aux régionales. Certes, à en croire le “messie” Cohn-Bendit, qui de toute façon n’a pas la nationalité française, il ne serait pas intéressé par la présidentielle de 2012. Dans un long entretien à l’hebdomadaire Gala, le chef d’Europe Ecologie affirmait ainsi : « J’ai un ego incommensurable et il me pousse à ne pas vouloir me sacrifier (…) Devenir président c’est s’exfiltrer du réel. Etre entouré de gardes du corps, faire des conneries dans l’eau au Cap Nègre. » Mais en matière de “conneries”, DCB est un expert et, de toute manière, il a tout le temps de se raviser — et de « se sacrifier » — au cas où, pour une raison ou pour une autre, DSK, que les sondages portent aux nues (mais n’en allait-il pas de même pour Simone Veil avant la chute finale ?) serait “plombé” ou indisponible. Jérôme BOURBON, <jeromebourbon@yahoo.fr>.

EN ATTENDANT SA MAJESTÉ DOMINIQUE
Car les gazetiers ne semblent plus avoir d’yeux et d’oreilles que pour le président du Fonds monétaire international. Selon un sondage IFOP du 20 août pour Dimanche Ouest France 33 % des Français préfèreraient Dominique Strauss-Kahn comme candidat PS à la présidentielle de 2012. En deuxième position mais loin derrière, vient Ségolène Royal avec 14 % de soutiens. L’ex-candidate à la présidentielle est talonnée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë (13 %). Suivent Martine Aubry (9 %), Manuel Valls (8 %), François Hollande (6 %), Laurent Fabius (4 %), Pierre Moscovici (2 %). Et si l’on s’en tient aux seuls sympathisants socialistes, DSK serait toujours en tête (27 %) devant Ségolène Royal (24 %), Bertrand Delanoë (14 %) et Martine Aubry (11 %). On peut se demander si fifille Delors ne veut pas conjurer la menace DSK en organisant très tôt des primaires (début 2011) alors que l’intérêt du second époux d’Anne Sinclair serait de rester le plus longtemps possible à son poste au FMI (qui

UN MODE DE CONSULTATION BIEN PÉRILLEUX
Ce qui est sûr, c’est qu’aucune « primaire ouverte » n’a encore été organisée chez nous et qu’elle paraît bien difficile à mettre en place. En 1988, après la cinglante défaite de Jacques Chirac face à François Mitterrand, Charles Pasqua qui nourrissait secrètement une ambition élyséenne, en avait eu l’idée pour la droite. Valéry Giscard et Jacques Chirac, alors respectivement présidents de l’UDF et du RPR, avaient donné leur accord de principe mais dès qu’on voulut concrétiser la chose, le désaccord fut total et le projet enterré. Car il ne s’agit pas là de primaires ayant lieu au sein d’un seul parti et ouvertes aux seuls adhérents à jour de cotisation. Ce schéma ne pose pas de graves problèmes. Il fut d’ailleurs organisé à deux reprises au PS : en 1994 pour départager Henri Emmanuelli et Lionel Jospin et à nouveau en 2006 entre Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal. C’est en principe ce schéma qui devrait également s’appliquer lors du XIVe congrès du Front national prévu à l’automne 2010 ou au plus tard au printemps 2011 pour désigner à la présidence du mouvement le successeur de Jean-Marie Le Pen — qui devrait être soit sa fille cadette Marine, soit Bruno Gollnisch.

QUE FAIRE DU BÉARNAIS ?
La dernière question qui se pose est peutêtre la plus délicate. C’est celle de l’accès à la candidature : doit-elle être réservée au PS ou ouverte à l’ensemble des candidats de la gauche, voire du centre, qui le souhaitent ? Cette seconde hypothèse a la faveur d’une partie des tenants de la primaire au PS, notamment le camp de Ségolène Royal. Mais les partis en question seront-ils intéressés par cet exercice, qui impliquerait un candidat unique à gauche en 2012 ? Au vu de l’importance financière, mais aussi médiatique, de la présidentielle sur l’existence des partis, rien n’est moins sûr. En effet, du fait de la dotation publique annuelle accordée pendant cinq ans et calculée sur le résultat des législatives, tous les partis, même les plus groupusculaires, ont intérêt à présenter un candidat à la présidentielle pour exister et ainsi obtenir des voix aux législatives qui ne suivent la reine des élections que de quelques semaines. On voit mal en effet Olivier Besancenot du Nouveau Parti anticapitaliste ou Nathalie Artaud de Lutte ouvrière participer à des primaires où ils n’ont a priori rien à gagner. Doit-on par ailleurs accepter d’ouvrir ce processus de désignation jusqu’au MoDem de Bayrou ? La question se pose sérieusement depuis que la vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez s’est rendue fin août à Marseille à la réunion organisée par Vincent Peillon pour clamer sous les applaudissements que ce qui rapprochait les centristes des socialistes était beaucoup plus fort que ce qui les séparait et qu’ils avaient un adversaire commun nommé Nicolas Sarkozy. Cependant on voit mal l’intérêt pour le président du MoDem de participer à de telles primaires qui ne lui laisseraient quasiment aucune chance d’arriver en tête, surtout après le fiasco des européennes, et cela d’autant moins que l’aile gauche du PS autour de Benoît Hamon continue de le vouer aux gémonies. Il faut dire que la démarche du Béarnais est paradoxale : d’un côté, il prétend vouloir s’affranchir du système, renouveler la politique et de l’autre son projet n’est rien

(Dessin de CHARD.)

BRUNERIE LIBÉRÉ
Le 22 août, on apprenait l’élargissement, trois semaines plus tôt, de Maxime Brunerie, qui avait tenté de tuer Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002 et qui, immédiatement incarcéré, avait été condamné en décembre 2004 par la cour d’assises de Paris à dix ans de réclusion criminelle. Une peine que justifiait la gravité de son geste (avorté) mais il est dommage qu’à son procès, les avocats de ce jeune militant FN puis MNR aient fait l’impasse sur le contexte de son “crime”, qui s’expliquait par le « tour infernal » qu’avait connu deux mois plus tôt la France, plongée en pleine « quinzaine de la haine » par l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle et l’hystérie politico-médiatique exhortant à réélire “l’escroc” (Chirac) pour barrer la route au “fâcho” Le Pen. Ayant poursuivi ses études en prison, Brunerie, aujourd’hui âgé de 32 ans, a trouvé un emploi. Nous lui souhaitons bonne chance, et la réussite professionnelle que connaît Michel Lajoye.

LES LIMITES DE CE SYSTÈME
Ce qui est soumis le 1er octobre à l’appréciation des militants socialistes est très différent : il s’agit d’ouvrir le scrutin à tous les « sympathisants de gauche » car les dirigeants de la rue de Solferino pensent que l’exclusivité accordée aux adhérents (120 000 encartés actuellement au PS) ne procure pas la même légitimité au candidat choisi. Actuellement, deux pays pratiquent plus ou moins ce système. Les Etats-Unis, tout d’abord, où les démocrates ont institué depuis le début du siècle des primaires ouvertes dans certains Etats : les candidats à la candidature se déclarent et tous les citoyens de l’Etat peuvent venir voter pour l’un d’entre eux. Ce système a cours dans 20 Etats aux Etats-Unis, tous scrutins confondus. Dans 10 d’entre eux, on demandait une déclaration d’appartenance politique aux votants. Les autres n’exigeaient aucune preuve de la part des électeurs. Ce système peut néanmoins faire craindre des abus. Il est en effet possible que les adversaires politiques tentent de perturber le scrutin en envoyant leurs militants voter pour le plus mauvais candidat. Mais globa-

CARPENTRAS-LES-TROIS-MOSQUÉES
Le 24 juillet, nous publiions une lettre de Marie-Odile Rayé, conseillère régionale de la PACA, sur la multiplication des lieux de culte musulmans dans le Vaucluse. Notre amie nous informe que l’Association de « l’Amitié et de la Fraternité des Musulmans de Carpentras » vient de lancer par le biais d’internet un appel aux dons afin de construire une troisième mosquée à Carpentras. « Après la profanation par vols de vases sacrés dans la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, après les menaces à l’adresse des bars qui serviraient de l’alcool, toujours à Carpentras, après le vandalisme par jets de pierres de la chapelle Notre-Dame de Santé, et les deux incendies du funérarium de Carpentras encore, il faut avouer que cela commence à bien faire. La libanisation, pas chez nous ! », s’indigne la secrétaire départementale du FN qui précise que l’appel aux dons a déjà rapporté la somme de 315 521,87 €. D’où viennent ces fonds ? Les responsables de l’association refusent de révéler leur origine. « Bien évidemment, écrit Mme Rayé, ce genre d’attitude n’inquiète aucunement la municipalité de Carpentras, ni même le Conseil général, pas plus que le Conseil Régional. Et encore moins le gouvernement UMPS. Même combat : promouvoir l’islamisation de la France. »

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N° 2917 — 4 SEPTEMBRE 2009 — RIVAROL

La Taxe Carbone : une farce et un racket
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ASSÉ du PSU au PS en 1974, Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand de 1988 à 1991, partagea avec ses successeurs, Edith Cresson, pendant moins d’un an, puis Pierre Bérégovoy, pendant un an, un bilan si calamiteux, qu’aux législatives de 1993, le PS enregistra une déculottée magistrale, dégringolant de 258 députés sortants à 53 élus. C’est à ce politicien dévalué mais néanmoins inusable, revigoré par sa précédente mission dans les terres australes ou arctiques, que le président Sarkozy a confié la responsabilité de fournir un rapport sur la contribution climat énergie (CCE) ou taxe carbone, laquelle, a annoncé François Fillon le 24 août, devrait figurer dans le projet de loi de finances pour 2010 malgré de nombreuses oppositions, dont celle de Claude Allègre. nés, va les pénaliser et réduire encore leur compétitivité. La collaboration de Michel Rocard aura-t-elle, pour la majorité présidentielle, les mêmes conséquences aux législatives de 2012 ? On lui doit déjà l’invention de la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Entrée en vigueur le 1er février 1991, son taux initial de 1,1 % atteint désormais 6,6 %, soit une multiplication par 6 en 18 ans, sans le moindre effet sur le déficit de la Sécurité sociale. Il ne faut pas oublier de souligner que plus du tiers de cette contribution est réintégré aux salaires ou pensions pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Faudra-t-il multiplier par 6 le taux de la taxe carbone pour constater que le taux de CO2 demeure inchangé ? Ce n’est pas une hypothèse, c’est au contraire une certitude puisque le rapport Quinet, qui sert de base aux chiffres du rapport Rocard, suggère déjà que la taxe (7 à 8 centimes sur le litre de super, 8,5 centimes pour le diesel, 1 centime par kWh pour le gaz, dès le 1er janvier 2010) augmente annuellement. On évoque une augmentation de 5 % par an ! Soit un doublement en moins de 15 ans. Sauver la planète ! D’ici à 2015 la Chine augmentera de 30 % sa production de charbon et accroîtra de 1,6 milliard de tonnes par an le rejet de CO2, soit deux fois plus que l’ensemble des réductions d’émissions de CO2 que l’Union européenne s’est fixée pour objectif d’ici à 2020. De qui se moque-t-on ? Aux chiffres ci-dessus tirés de « La lettre européenne aux Paysans » d’avril 2009 dans laquelle le professeur Jean-Claude Martinez, ancien député européen du Front national, souligne « l’imposture des Grenelle de l’environnement et le gâchis financier en pure perte pour les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, les pompes à chaleur et autres subventions et réductions d’impôts », il faut ajouter, informations extraites du même éditorial que les ruminants du monde entier, vaches sacrées de l’Inde comprises, produisent 18 % d’équivalents CO2, contre 16 % pour l’ensemble des transports. Pis encore, les bovins émettent de grandes quantités de méthane, gaz qui a un pouvoir de réchauffement 23 fois plus élevé que le gaz carbonique : « La vache produit 106 kg de méthane en ruminant, du gaz carbonique et du protoxyde d’azote pour 2,5 tonnes. Or une voiture qui parcourt 14 000 km dans une année n’émet que 165 g de CO2 par km. Soit 2,3 tonnes. » réforme de la taxe professionnelle et de la diminution de TVA consentie aux restaurateurs. Qui peut croire que les hommes pourraient, taxe carbone ou pas, modifier, ralentir ou stopper une évolution climatique, si évolution climatique il y a ? Des périodes alternativement chaudes et froides se sont succédé au cours des millénaires écoulés. A-t-on trouvé des épaves de voitures, des centrales à charbon ? Qu’on cesse de détruire les forêts tropicales, qu’on les replante au contraire, qu’on diminue les échanges intercontinentaux pour les limiter à l’indispensable. Mais qui est disposé à présenter et à financer des programmes internationaux de reforestation et à réduire les échanges ? Rien n’est plus hypocrite que de présenter un nouvel impôt comme une mesure de sauvegarde et de sauvetage de la planète et de l’humanité, alors même que certains ne verraient aucun inconvénient, et surtout aucune conséquence, à l’emploi de l’arme nucléaire ou de projectiles pollués par des résidus radioactifs sur l’Iran par exemple. D’autant que cet impôt nouveau et supplémentaire ne présente aucun intérêt en matière d’écologie bien que le pseudo-Vert Cohn-Bendit ait enjoint au gouvernement de l’adopter au plus tôt. Il annonce et précède l’exigence de nouvelles contraintes qui s’imposeront à tous avec obligation de prouver leur exécution. Les contestataires ou les malheureux qui seront dans l’impossibilité de les réaliser ne bénéficieraient pas de la “redistribution” partielle de la taxe, ou supporteraient une surfacturation de leur fourniture d’énergies (gaz, électricité, fuel). Dans une économie agonisante, ces nouvelles contraintes « d’amélioration de l’efficacité énergétique » des logements, au prétexte d’économie d’énergie, ne seront, comme la mise aux normes des ascenseurs, au prétexte de sécurité, qu’un moyen artificiel supplémentaire et fort coûteux de fournir un travail non délocalisable à partir de pièces néanmoins majoritairement importées, comme le sont les équipements servant à la production d’énergie “durable” qu’il faudra changer avant même qu’ils ne soient amortis. Parmi ces contraintes, celle du remplacement des lampes à incandescence, qui s’applique déjà depuis le 30 juin par le retrait volontaire de la vente des lampes à incandescences classiques avec ampoules claires supérieures à 100 W est emblématique En fonction du choix technologique, les lampes à efficacité énergétique que l’on nous incite à acheter permettraient de réaliser de 25 % à 75 % d’économie d’énergie. Pour la France, à l’horizon de 2016, se profilerait une économie de 6 térawatts/heure par an, soit deux fois la consommation annuelle de la capitale. Certes elles sont plus chères à l’achat, mais le taux de retour sur investissement serait de 180 %. Alors, de quoi se plaindrait-on ? Du problème de la sécurité de la récupération de lampes et du coût de leur recyclage : elles contiennent du mercure ; des champs électromagnétiques qu’elles dégagent jusqu’à 20 cm de distance. Quant aux LED, leur fabrication déjà polluante, requiert beaucoup plus d’énergie que les lampes incandescentes. En outre, il faudra se méfier des lampes importées d’Asie… Voilà pour le progrès écologique. Evoquer une redistribution partielle de cette taxe sur des critères indéfinies, qui donneront lieu à des marchandages et à des pressions diverses, critères forcément sans nuances, incapables de prendre en compte les situations particulières de chacun, redistribution qui nécessiterait une organisation administrative coûteuse, relève de la farce. En effet, la part supportée par les entreprises s’ajoutera dans les prix à la consommation à la part directement supportée par les ménages. P. P., <pierreperaldi@live.fr>.

UNE INVENTION TYPIQUEMENT SOCIALISTE
Cette invention typiquement socialiste va non seulement réduire le pouvoir d’achat de tous les ménages – notamment des plus modestes — propriétaires de véhicules automobiles et utilisateurs d’appareils domestiques fonctionnant au gaz ou au fuel, mais qui, s’appliquant aux entreprises utilisatrices d’énergie installées en France, et à elles uniquement, puisque leurs concurrents étrangers ne seront pas concer-

UN SIMPLE NOUVEL IMPÔT
Il est évident que l’effet de serre, le réchauffement de la planète, la réduction des rejets de gaz carbonique, protoxyde d’azote et autres ne sont que des prétextes pour impressionner les gogos et plaire aux bobos. Le but final est de récupérer la première année entre 8 et 9 milliards d’euros, soit presque autant que les pertes de recettes fiscales provenant de la

Nouvelle-Calédonie : répétition avant implosion ?

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PRÈS les presque trente milliers de protestataires anti-USTKE submergeant les rues de Nouméa le 12 août, le millier de personnes que rassembla le 22 le syndicat extrémiste pourrait avoir incité ses organisateurs à faire passer au second plan leurs revendications syndicales, mettant une sourdine à l’exigence d’élargissement de leurs chefs incarcérés au Camp Est pour déprédations et violences commises contre la compagnie aérienne Aircal et dont une nouvelle condamnation a été requise en appel le 25. Ce défilé était bien politique. En témoignaient les oriflammes FLNKS, slogans et banderoles. Comme celle qui répondait à la foule du défilé précédent : « 16 000 ? 20 000 ? 26 000 ? 100 000 demain ? Ils étaient un million dans les rues d’Alger ! Et où sont-ils maintenant ? Dans les poubelles de l’histoire ! ».

“VALISE OU CERCUEIL” OU DÉFENSE DES TRAVAILLEURS ?
Ce qui se passe en Calédonie depuis des semaines est exclusivement politique. Le syndicalisme n’est qu’un prétexte. Si Gérard Jodar, le président de l’USTKE, zoreille natif de la région lyonnaise, pleurniche dans une pleine page de Libération — « Article, proclame le site indépendantiste, rédigé par l’USTKE/International ! » — sur les misères que lui fait le Haut Commissaire Dassonville, il n’en proclame pas moins avec le NPA de Besancenot « des liens forts, fraternels, qui doivent renforcer notre détermination de faire changer les choses ». Sa très active représentante en France, Corinne Perron, est fondatrice du Mouvement des Indigènes de la République. Sa vice-présidente, Marie-Pierre Goyetche, sorte de correspondante de France Culture, peut stigmatiser le méchant capitalisme exploiteur des pauvres « Kanaks et Exploités », elle n’en n’appartient pas moins à une des grandes familles caldoches de la Côte Ouest. Autour de l’USTKE, créée à la fin des années 1970, par Louis Kotra Uregei, devenu président du Parti Travailliste calédonien de Bové, on assiste à une brutale recomposition de la scène politique calédonienne. En rupture avec le stéréotype des Blancs, et de leurs quelques mil-

liers d’auxiliaires océaniens, partisans d’une formule « d’indépendance dans l’interdépendance » et de la grande majorité des Canaques faisant bloc autour d’un concept bétonné d’indépendance. Depuis 25 ans qu’il a créé l’USTKE Louis “Kotcha” Uregei a mis cette organisation syndicale au service d’une vision extrémiste et raciste de l’indépendance, s’entourant de conseillers et de collaborateurs blancs moins d’ailleurs par goût de la diversité que par nécessité de se rallier des techniciens de la Révolution antioccidentale, très rares dans les tribus. Declercq, Deteix, Caffa, Dion… On n’en finirait pas d’énumérer les gauchistes venus de France. En prenant la tête d’un Parti Travailliste inspiré par Bové, Uregei jette le masque. Il n’en continue pas moins à s’exprimer au nom de l’USTKE, la confirmant comme une institution d’abord politique. « Pendant un bon nombre d’années, déclarait-il aux Nouvelles Calédoniennes le 21 août, l’USTKE considérait que le FLNKS était son relais politique. Cela était tout à fait normal dans la mesure où elle a été à l’origine du FLNKS ». D’ailleurs « le Parti Travailliste est une émanation de l’USTKE ».

TOUTES LES COMMUNAUTÉS EN RUPTURE
Les troubles en Nouvelle-Calédonie sont l’expression d’un bouleversement profond né des dernières élections territoriales, et de l’apparition du Parti Travailliste, avec ses 8 000 voix et ses huit élus en province et au Congrès. Tous les partis canaques sont en ébullition. A la fois parce que de tout temps, au gré des évolutions individuelles et tribales, aucun consensus durable ne s’est maintenu. Et parce que l’argent qui déferle a littéralement pourri la vie politique et sociale de l’archipel. Il n’est pas indifférent que les événements actuels aient démarré à Aircal, la compagnie aérienne intérieure. Son PDG, Nidoish Naisseline, au physique très caucasien, est le fils d’un des grands chefs gaullistes de Maré. De retour, au début des années 1970 de ses études en sociologie soixante-huitarde, il créa les « Foulards

Rouges », premiers trublions qui lui valurent de connaître le Camp Est pour un tract très barrésien sur « la terre et le sang des morts ». Après avoir fondé le Palika, Parti de la Libération Kanak, dont naquit le FLNKS, il prit ses distances et créa Libération Kanak Socialiste. Depuis, il a collaboré avec Lafleur et s’est aujourd’hui rapproché du groupe centriste Avenir Ensemble. Paul Néaoutyne, président de la province Nord indépendantiste, dernier chef historique de la génération Tjibaou, a pris la tête du Palika. Lui aussi a rompu les ponts avec cette extrême gauche représentée par l’USTKE et le Parti Travailliste. Le 21 août, il condamnait ainsi « les affrontements récents sur la voie publique organisés autour d’un conflit social » et « l’utilisation du sigle et du drapeau FLNKS dans un but de manipulation de l’opinion publique ». D’autant, accusait-il, que « le recours systématique à l’affrontement et au blocage n’est pas compatible avec le processus initié par les accords politiques, qui visent à asseoir un comportement citoyen dans la recherche de solutions par la voie du dialogue ». Se réjouissant de la réussite du défilé du 12 août, il flétrissait « l’opportunisme des dirigeants du syndicat USTKE… qui s’est publiquement opposé à l’accord de Nouméa » et celui du Parti Travailliste. Et de regretter que « la presse métro donne à chaque fois une tribune à l’USTKE ». Dans cette large rupture, il ne faut pas occulter que de plus en plus de Caldoches, par réaction anti-zoreilles, sont attirés par l’indépendance kanak socialiste. Une récente affaire défraya la chronique lorsqu’un Calédonien, au volant de son 4X4, fonça délibérément sur une famille métropolitaine, blessant une adolescente.  Les Métros — les Zors — dont près de 20 000 ont été exclus des élections par un accord consensuel de la classe politique, se sachant à la fois indispensables et probablement majoritaires dans le Territoire, ne pourraient-ils pas eux aussi exiger le respect de leurs droits élémentaires ? René BLANC.

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La merguez-connexion ne connaît pas la crise L
E RAMADAN, à ne pas confondre avec la fête de l’Aïd el-Kebir qui aura lieu fin novembre et verra l’immolation de milliers de mouton à l’arme blanche, est l’un des cinq piliers de l’islam ; ce rite s’achèvera le 19 septembre. Respecter le ramadan implique pour les fidèles (1 320 milliard dans le monde) de s’abstenir de boire, manger ou fumer, avoir des rapports sexuels, et cela du lever de l’aube au coucher du soleil. Au cours du jeûne, qui dure une lune, plusieurs jours sacrés se succèdent. En voici quelquesuns : le deuxième jour du ramadan est la révélation de la Torah à Moïse ; le 17e jour est fêté car il signe la victoire des musulmans lors de la bataille de Badr : Mahomet et ses troupes attaquèrent une caravane, aidés par les anges ; ce récit d’une sauvagerie inouïe — les envoyés célestes descendus sur terre décapitent à tour de bras — est rapporté dans le Coran. Le lecteur, surpris, remarque ici qu’il est pour le moins étrange qu’une fête religieuse célèbre un fait guerrier… Que va-t-il penser alors du 19e jour du ramadan, où le musulman se remémore via la prière que le calife Ali a été frappé à la tête par une épée ? N’est-ce pas un peu mince, comme sujet de dévotion ? Gardons-nous de juger et notons que le sommet du Ramadan reste le fameux Laylat al-Qadr, commémoration observée l’un des cinq derniers jours impairs du mois. C’est lors de cette nuit que le Coran aurait été révélé au prophète Mahomet par l’archange Gabriel. Les musulmans pensent que prier tout au long de cette nuit est récompensé par les cieux à même hauteur que prier durant mille mois, soit l’équivalent de toute une vie. Une noble assemblée de théologiens, imams et représentants agréés d’associations musulmanes se réunit chaque année dans la Grande Mosquée de Paris pour la traditionnelle « Nuit du doute ». Au cours de cette cérémonie, ils fixent le début du mois de ramadan en France. « Le premier jour du mois sacré de ramadan pour l’an 1430 de l’hégire correspondra au samedi 22 août 2009 », a proclamé Mohammed Moussaoui, président du CFCM, à l’issue de la dernière “Nuit”. « Il est essentiel pour nous que la communauté musulmane de France commence à jeûner le même jour, indépendamment de ce qui peut se passer hors de France. », a-t-il ajouté, en référence aux innombrables “Français” qui préfèrent en réalité se caler sur la date décrétée par leur pays d’origine. La République est en tout cas exclue de la discussion et n’a pas

(Dessin de CHARD.)
son mot à dire là-dessus, bien que les conséquences sur le quotidien des citoyens — non-musulmans inclus — soient de taille. En effet, l’absence de nourriture et de boisson durant plusieurs heures, surtout en période de canicule, a évidemment des répercussions sur le tonus, et donc sur le travail. Pour les entreprises employant des disciples d’Allah — et dans de nombreux secteurs comme l’automobile, ceux-ci sont en majorité —, le ramadan implique un rendement au ralenti, surtout quand le mois de jeûne tombe au printemps et en été, quand les jours sont plus longs. fire, et tout musulman peut donc en théorie abattre, alors que le sacrifice israélite requiert une expertise dévolue au rabbinat. Cela dit, la chaîne d’abattage en mode “musulman” est interdite au chrétien, et l’opération d’étourdissement est supprimée : la malheureuse bête est saignée sans plus de manière comme s’en désole régulièrement Brigitte Bardot, à laquelle cela a valu quelques procès. D’après l’agence Solis, 93 % de la population maghrébine et 55 % de celle originaire d’Afrique subsaharienne achètent des produits hallal. Bien entendu, les supermarchés diversifient leurs offres : soupes, raviolis, pizzas, hachis parmentier, “jambon” de dinde, plats cuisinés… Les géants de la grande distribution ont même créé leurs marques spéciales : Reghallal chez Carrefour, Wassila pour Casino… « Avec un potentiel de 10 à

IMMIGRATION, RAMADAN ET BONNES AFFAIRES
Entre 5 millions de musulmans (chiffre officiel) et le double (chiffre réel) vivent en France, sans compter les “sanspapiers”, chouchoutés par Fillon et son ludion Hirsch, et une écrasante majorité d’entre eux observe le jeûne du ramadan, selon un sondage IFOP récent. Ce chiffre est stable par rapport aux dernières années mais la tendance au jeûne intégral ne cesse de grimper depuis 1989. Les grandes enseignes de la distribution profitent de cette période pour mettre en avant leur gamme de produits hallal. Le ramadan est en effet devenu ces dernières années un temps fort pour la mise en avant de ces produits dans la grande distribution. Auchan, par exemple, n’hésite pas à multiplier par dix, voire quinze, les surfaces de vente dédiées à l’alimentation hallal ! Selon une récente étude de l’agence Solis, spécialisée dans le marketing ethnique (eh oui !), le marché hallal sur lequel prospèrent aussi des entreprises musulmanes telle Zakia est évalué à près de quatre milliards d’euros en 2009 et sa croissance annuelle est estimée à +15 % chaque année. Ce chiffre tonitruant contredit, notons-le, les rodomontades sur l’immigration claironnées par le faux athlète Sarko. Ces quatre milliards n’intègrent que de façon partielle, en outre, les données de la boucherie hallal.

20 % de clientèle musulmane dans nos magasins, ces produits représentent un marché porteur » reconnaît benoitement Stéphane Renaud, acheteur « produits du monde » chez Auchan. Les grandes surfaces rêvent donc de conquérir la clientèle musulmane « mais elles ne sont pas toutes prêtes à assumer leur choix », se plaint en revanche Fateh Kimouche, fondateur du site AlKanz.org, destiné aux consommateurs musulmans. Pour preuve, la majorité des enseignes préfèrent encore évoquer dans leurs prospectus le neutre « Saveurs de l’Orient » ou les avenantes « Routes des épices » plutôt que de parler explicitement du chef de razzias Mahomet. Ce n’est pas prendre parti que de constater que Vatican II a littéralement vidé les églises de ses fidèles. Au regard de la catastrophique déshérence qui frappe le monde catholique, des messes célébrées devant des parterres épars, des évêques partisans de la pilule, ou des cérémonies bouffonnes au son de la guitare électrique, le ramadan a belle mine et porte beau. Comme dit précédemment, selon un sondage IFOP réalisé en 2008, 43 % des musulmans en France déclarent effectuer les cinq prières quotidiennes et 88 % disent pratiquer le jeûne : qui, parmi les souchiens, s’astreint au poisson le vendredi ou observe le carême ? Se plaindre des rites sarrasins s’ils sont imposés à tous ou constater les inconvénients économiques de l’immigration ne suffit pas ; il conviendrait aussi, de temps à autre, de se regarder dans un miroir. Grégoire DUHAMEL.

Ça se rapproche...
Détonateur pour les salariés mis au chômage ou les chefs d’entreprises contraints de mettre la clef sous la porte ? Prétexte pour les Jeunes qui verront dans le désordre une bonne occasion de casser et de voler ? Signe envoyé par le Prophète pour les islamistes, qui estimeront le moment venu de faire plier la France ? En tout cas, la crise économique actuelle pourrait bien entraîner prochainement de graves troubles. Quelques faits permettent d’affirmer que le gouvernement le sait, le redoute, et tente d’y remédier. D’abord, au sein de la police, quand des gradés voulaient suivre un stage particulier — bâton télescopique, pistolet à impulsion électrique Taser, maintien de l’ordre, etc. — il leur fallait en faire la demande, et attendre « un certain temps »… parfois très long. La raison mise en avant pour justifier cette attente tenait au manque d’effectifs. Les effectifs n’ont pas augmenté, mais depuis quelques mois, dans de nombreux départements “sensibles”, ces stages sont acceptés la plupart du temps, et rapidement effectués. Deuxième indice : certains anciens policiers, retraités depuis peu, et qui pensaient en avoir fini avec « la Maison », ont eu la surprise de recevoir à leur domicile un courrier leur annonçant qu’ils se trouvaient désormais placés dans la réserve. Le schéma est le suivant : en cas de « nécessité liée au service », les retraités reprendraient du service dans les bureaux, où ils remplaceraient leurs jeunes collègues qui, eux, pourraient être envoyés dans la rue… Enfin, des informations parcellaires mais concordantes font état d’une surveillance téléphonique exercée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sur des personnes ayant ou ayant eu une expérience militaire notable, qu’il s’agisse d’officiers de réserve, de soldats récemment sortis de l’active, ou encore d’anciens mercenaires. Selon toute vraisemblance, la DCRI souhaite donner des « coups de sonde » dans un milieu qui, en cas de situation insurrectionnelle, serait susceptible d’y prendre part. Mais l’Etat agit-il ainsi pour savoir sur qui s’appuyer pour restaurer l’ordre ? Ou pour savoir qui mettre hors d’état d’agir ? Dans la logique de préférence extra-européenne qui guide chaque action des pouvoirs publics, on peut penser que la bonne réponse serait la seconde… X.X.X.

AGENDA
☞ 4 septembre à Paris 7e (librairie Duquesne, 27 avenue Duquesne à 16h). Laurent Blancy-Glauzy dédicace son nouveau livre Extraterrestres : Les messagers du New-Age. L’auteur sera le samedi 5 à 15h à librairie France-Livres (6 rue du Petit Pont — Paris 5e). ☞ 4 septembre à Champniers (Charente), église Ste-Eulalie, 11h. Messe à la mémoire du général Edmond Jouhaud et de son épouse Odette. A l’initiative de la Fédération nationale des Rapatriés. ☞ 5 septembre à Orange (hôtel Campanile, route de Caderousse, chemin de la Sauvageonne à 17h). Journée Balkans avec conférences d’Arnaud Borella : « Quel avenir pour les Serbes du Kosovo Métochie » et de Tomislav Sunic : « Américanisation, Globalisation, Nouvel Ordre Mondial, où en sont les Balkans et la Croatie ? ». Part. 6 €. ☞ 5 et 6 septembre à Chiré (86). Journées chouannes avec une cinquantaine d’auteurs signant leurs livres. Le samedi de 15 à 20h et le dimanche de 10h (messe) à 20h. Restauration. ☞ 5-6 septembre en Lorraine. Raid nationaliste, rens. <http://www.jeune-nation.com>. ☞ 12 septembre en Belgique. Xe anniversaire du Mouvement NATION. Rens. <info@nation.be> ou 0470/517311. ☞ 12 et 13 septembre à Couloutre (58). Université d’été de Civitas sur le thème « Catholiques, il y a tant à faire ». Nombreux intervenants dont les abbés Duverger, de Cacqueray, Lorans, le professeur Hugues Petit et Alain Escada. Rens. Civitas, 17 rue des Chasseurs, 95100 Argenteuil ou <secrétariat@civitas-institut.com> ☞ 13 septembre à Lormes. Fête de la fédération FN de la Nièvre avec Bruno Gollnisch. Rens. au 03-8622-84-69. ☞ 19 septembre à Saint-Denis-en-Val près Orléans (Brasserie « L’Entre Deux », 2 rue de Melleray, 10h). Conférence de Mme Elisabeth Cazenave, Présidente de l’Association Les Abd El Tif, sur « Albert Marquet en Algérie et son entourage artistique ». Part. 3 €. Repas possible (25 €). Rens. et rés. au Cercle algérianiste Région Centre, 02-54-43-33-83. ☞ 26 et 27 septembre près de Sens. 5e université de rentrée du parti populiste avec Bruno Gollnisch, Me Eric Delcroix, Jean-Pierre Reveau, Jean-Claude Manifacier, Christian Perez, Franck Timmermans, Jean-Claude Rolinat, Dominique Zind, Raymond Blanc, Emmanuel Leroy… Rens. au 03-85-44-76-77.

ENNUI
Vingt-deux tombes profanées début août dans le cimetière d’Etalans (Doubs) où plusieurs statues du Christ ont été renversées, mais aucun émoi dans les media. La vandale est une adolescente de 16 ans qui a dit avoir agi par désœuvrement, désirant simplement « se distraire » lors d’une fête de famille où elle « s’ennuyait ».

15 % DE VIANDE HALLAL DE PLUS CHAQUE ANNÉE !
Les chiffres de production hallal sont une donnée taboue en France, malgré la multiplication — de l’austère Beauce jusqu’à la verdoyante Normandie — de centres d’abattage agréés. De très nombreux éleveurs se mettent au hallal, car la demande est exponentielle, avec une augmentation également de 15 % par an, révélait France 3 le 22 août, tandis que les subventions de Bruxelles se tarissent. Signalons au passage que le processus hallal n’est pas le même que le casher. Il y a des principes, si l’on peut dire, communs — comme celui d’égorger au nom d’un Dieu unique et de vider la bête de son sang. Mais il n’y a pas sacrifice obligatoire de la bête par un médiateur religieux, alors que c’est le cas pour la “Shehita” juive : un opérateur laïque peut suf-

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RIVAROL N° 2917

Un mois d’août sous le signe du A, entre
● En attendant la grippe A, cette épidémie mondiale — et mondialiste — contre laquelle, le 25 août, les experts des 27 pays de l’Union Européenne réunis à Bruxelles ont préconisé des vaccinations de masse pour les femmes enceintes, les personnels médicaux et les malades chroniques, et qui va occulter tout autre actualité de la rentrée internationale ou intérieure en France, ce qui est bien pratique, ce mois d’août a été surtout un mois afghan — voir édito. La priorité internationale d’Obama se révèle un piège, tout comme sa priorité intérieure de réforme du système de santé. La popularité de “0”, comme Obama, commence à fondre comme neige au soleil et en plein été, il paraît déjà entré dans son automne politique. AFRIQUE La tournée d’Hillary Clinton, qui a débuté le 4 août, manifeste la volonté de Washington de contrer la Chine sur le continent noir. M me le secrétaire d’Etat a usé et abusé de l’image du « président noir des USA » qui « se considère comme un fils de l’Afrique », a-t-elle répété à chaque étape d’un voyage de onze jours dans sept pays — du Liberia à l’Angola et de l’Afrique du Sud au Congo. Un marathon, destiné à démontrer l’implication des États-Unis sur ce continent. Inquiets, sans vraiment le reconnaître officiellement, de la montée en puissance (annoncée depuis des années dans ces colonnes par notre regrettée Noëlle Saclet), d’une Chinafrique qui ne s’embarrasse pas de démocratie, les USA cherchent à renforcer leurs relations avec des États clés de l’échiquier africain dont l’influence régionale est importante. Au Kenya, où naquit le père d’Obama, Clinton s’est appuyée sur la réputation de ce dernier pour faire passer le message de lutte contre la corruption et pour la « bonne gouvernance ». Bonne chance ! CAUCASE Un an après la guerre, la tension reste très vive entre la Russie et la Géorgie et un risque de nouveau conflit est loin d’être exclu d’autant que, globalement, la situation s’est détériorée cet été dans le Caucase russe. La Géorgie a annoncé le 18 août son retrait de la Communauté des Etats indépendants (CEI) comme elle s’était juré de le faire à l’issue de son bref et désastreux conflit armé contre la Russie en août 2008. Formée sous la coupe de Moscou à la chute de l’URSS, la CEI, après le retrait géorgien, regroupe encore l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Moldavie, le Tadjikistan, l’Ukraine et l’Ouzbékistan. Le 12 août, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a fait en Abkhazie sa première visite depuis que Moscou a reconnu l’indépendance de cette région géorgienne séparatiste. De son côté, le président russe Medvedev a estimé qu’on ne pouvait pas exclure la réédition d’un tel conflit compte tenu de l’attitude, selon lui, de Tbilissi ces dernières semaines, et il a implicitement critiqué les Etats-Unis pour avoir aidé la Géorgie à se réarmer. Un climat aggravé par la dégradation de la situation dans tout le Caucase russe. C’est vrai en Tchétchénie, au Daguestan et en Ingouchie où meurtres et attentats se sont multipliés. Dmitri Medvedev a effectué une visite surprise au Daguestan où, après la mort de plusieurs hauts responsables, le jeune président a imité son prédécesseur — auteur du célèbre « buter les terroristes jusque dans les chiottes » —, en évoquant « toutes sortes de monstres qui viennent faire leurs besoins sur notre territoire » et en promettant « l’extermination de la lie terroriste ». Depuis le début de l’année, 75 policiers et militaires ont été tués dans le Caucase russe ainsi que 48 civils, selon les chiffres communiqués par Medvedev luimême. Dans la même période, 112 “bandits” ont été éliminés mais la situation est « très difficile », reconnaît le Kremlin. IRAK Obama veut quitter l’Irak au plus vite pour mieux gagner en Afghanistan. Il l’a répété lors du Congrès des vétérans des guerres extérieures le 17 août, à Phoenix, en reprenant sa fameuse distinction entre « la guerre choisie », menée à tort par George Bush en Irak, et « la guerre nécessaire », que lui-même entend poursuivre en terre afghane Mais pourra-t-il se désengager comme prévu ? La vague d’attentats qui, dès le lendemain, a ensanglanté Bagdad (plus de 95 morts et 600 blessés) et a été revendiquée depuis par Al Qaïda, replace cette question brûlante au cœur du débat stratégique américain. Elle semble démontrer que le retrait amorcé le 30 juin dernier avec le repli des troupes américaines hors des centres urbains était sans doute prématuré. « Nous ne sommes pas prêts à prendre le relais », a confié sous le couvert de l’anonymat au Washington Post un haut responsable irakien blessé dans l’une des attaques. Sur le plan politique, la décision du Premier ministre de conduire aux élections une coalition multiconfessionnelle sous son nom a brisé l’alliance chiite qui tenait le pays depuis l’effondrement du régime baasiste. Nouri Al-Maliki tente de s’imposer mais prend le risque dans une situation dégradée de se trouverla cible des chiites l’accusant de trahison confessionnelle. IRAN Le président élu a du mal à reprendre en main le pouvoir, même si l’opposition paraît avoir renoncé pour le moment à contester le régime dans la rue. Mahmoud Ahmadinejad a remis pour examen au Parlement la liste de son gouvernement, dont certains membres sont rejetés par ses alliés ultraconservateurs qui, majoritaires au Parlement, avaient demandé à M. Ahmadinejad de privilégier la compétence plutôt que la fidélité à sa personne. L’intéressé n’en a pas tenu compte et placé des proches aux postes clés. Cela lui est imposé par la situation politique intérieure iranienne et la montée des pressions internationales alors que l’hypothèse d’une action militaire hostile d’Israël reste envisagée. JAPON Séisme — sur lequel nous reviendrons la semaine prochaine — avec la défaite du parti libéral au pouvoir depuis 54 ans. LIBAN La défection des druzes de Walid Joumblatt a fait perdre à la coalition pro-occidentale toute possibilité de former un gouvernement. On s’oriente donc vers l’« union nationale » demandée par le Hezbollah et englobant ce parti malgré les réticences menaçantes d’Israël. MAROC La presse française s’est scandalisée de l’interdiction d’un sondage et de la censure de l’hebdomadaire marocain Tel quel comme du quotidien Le Monde et a flétri un pouvoir qui censurait un sondage donnant au monarque plus de 95 % d’avis favorables. C’est révélateur d’une méconnaissance totale du Maroc et d’une imbécillité journalistique très française qui consiste à tout juger d’après ses petites certitudes du moment. Le sondage était présenté de la façon suivante « Les Marocains jugent le roi ». C’était bien sûr volontairement provocant et politiquement inacceptable dans un pays où le souverain descendant du Prophète ne reçoit son pouvoir que de Dieu. On peut contester cette situation mais pas l’ignorer, même pour faire des effets de démocratisme journalistique. MAURITANIE La branche d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a revendiqué l’attentat-suicide commis près de l’ambassade française à Nouakchott le 8 août dernier. Trois personnes avaient été légèrement blessées, dont deux gendarmes français. Selon le communiqué, l’attentat a été commis « en représailles contre l’agression des Croisés — la France en premier lieu », allusion à une possible interdiction de la burqa, et de « leurs agents renégats contre l’Islam et les Musulmans ». Ce message était adressé à « l’agent tyrannique » — (le président Mohamed Ould Abdel Aziz qui est « soutenu par ses maîtres, les Croisés ». L’AQMI est l’ancien Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), un groupe algérien qui a prêté allégeance au réseau terroriste Al Qaïda. NIGERIA Le pouvoir a marqué un point sanglant contre ses taliban noirs du nord du pays partisans d’un régime islamiste et dont le chef, Mohamed Yusuf, 39 ans, a été capturé puis abattu. Environ 700 personnes, chiffre minimum, ont été liquidées dans la ville de Maiduguri (nord) lors d’affrontements entre la police et une secte fondamentaliste. Les violences religieuses avaient touché quatre Etats septentrionaux à majorité musulmane : Yobe, Bauchi, Borno et Kano. PALESTINE Le Fatah s’est réuni en congrès, pour la première fois depuis vingt ans, du 10 au 16 août dernier. Mahmoud Abbas a été réélu à la tête d’une direction rajeunie, mais sans grand enthousiasme. Les nouveaux responsables auront fort à faire : relancer ce parti laïque affaibli par ses revers face au Hamas islamiste, par ses divisions et sa mauvaise gestion. La formation est déjà désignée comme un parti de circonstance refondé pour permettre à Abbas de dialoguer avec les Israéliens en s’appuyant sur un mouvement à nouveau représentatif. Mais à Gaza, le Hamas est lui aussi en difficulté. On trouve toujours plus islamiste et radical que soi. La police du mouvement islamiste s’est opposée aux membres d’un groupuscule salafiste radical, Jund Anslar Allah (« les Guerriers de Dieu »), basé à Rafah, près de la frontière égyptienne. Lors de cette répression sanglante, ce groupe ultra-radical a perdu son leader spirituel, Abdelatif Moussa, et son chef militaire, Abou Abdallah Assoury. Le Jund Ansar Allah et reproche au Hamas d’être « trop libéral » sur le plan des mœurs. Abdelatif Moussa entouré de combattants armés, n’avait pas hésité à proclamer son

LA BELLE… ET L’ISLAMISME
Les prisons sont en Belgique comme le Tour de France : il y a tous les jours des échappés, mais jamais un Belge ! De la prison de Merxplas, s’étaient en effet déjà évadés dernièrement Vitezlav Mracek et Dave Annemans, de celle de Mons Zazivar Salyesfski et Michael Dudomme et du palais de justice de Bruxelles Oussama Langeri, Youssef Has Chaib et Abdelhalim Akil. Pour s’évader il y a peu de la prison de Bruges, Mohammed Johry, Abdel Had Kahjary et Ashraf Sekkaki ont chargé des complices de détourner un hélicoptère. Le ministre de la Justice a profité de cette chance de passer et repasser à la télévision, prévenant le bon peuple contre ce qu’il reconnaissait être des criminels dangereux. Il affectait d’avoir fait ainsi tout son devoir. Il projette pour la sécurité publique de tendre au dessus des prisons belges un réseau de filets d’acier, pour un coût de millions d’euros. Car la Ligue des Droits de l’Homme le fait hésiter à priver les détenus de leur téléphone sans fil (si précieux pour monter un coup). L’avocat de Johry a d’ailleurs remis le ministre à sa place : il ne doit consacrer ses millions qu’à la réinsertion sociale des détenus. Cadeau du ciel pour la presse, la complice de Mohammed Johry, Lesley Deckers, une jolie Anversoise de 22 ans, pas timide et gracieuse sous le hijab. Elle disposait des moyens de louer l’hélicoptère et surtout de dévoyer son pilote. Elle a pu ensuite remettre à son caïd un petit viatique de 20 000 €, de quoi inspirer de la considération aux journalistes. Et leur faire chanter un couplet à l’amour qui a su convertir la belle au crime. Et en même temps à l’islam, ce qui est moins salissant mais plus indélébile. Et ce qui est tout à fait tendance : en place de la décadence, enfin de vrais hommes pour les femmes libérées ! G. H.

L’été des L

A multiplication des affaires de même type est rarement un hasard ou une simple loi des séries. On peut y voir le plus souvent une stratégie. Mais l’instrumentalisation de cas individuels présentés comme emblématiques n’est pas forcément celle présentée par nos media, en tout cas pas totalement. Il faut donc aborder avec la plus grande prudence cette diplomatie des “libérations” qui a été l’un des fils rouges de cet été. Rien ne prouve que de méchants régimes totalitaires s’acharnent sur d’innocents Occidentaux pour punir leurs pays de défendre la liberté dans le monde. Rien n’interdit de penser que ces prisonniers, plus ou moins innocents, sont ensuite médiatisés par des démocraties qui tentent de déstabiliser des régimes hostiles à la prétendue « communauté internationale ». Mais cette arme “humanitaire” est à double tranchant.

LA DIPLOMATIE DE LA “LIBÉRATION”
Le cas le plus exemplaire de cet été est bien sûr celui de la Française Clotilde Reiss. Lectrice dans une prestigieuse université provinciale d’Iran, Mlle Reiss devait bien se douter qu’elle était surveillée. Universitaires comme journalistes acceptent souvent d’aller au-delà de leur stricte mission professionnelle ; ils le font certes par conviction politique mais à leur risque et souvent avec une grande légèreté. Ils entretiennent des liaisons aussi ambiguës que dangereuses avec leur ambassade et parfois les “Services”. La jeune Française a reconnu avoir envoyé des notes d’analyse à l’ambassade ; c’est sans doute pour cette activité que les Iraniens n’ ont pas laissé passer ses petits films réalisés sur téléphone portable pendant des manifestations hostiles au régime et au président élu. Certes, rédiger des notes « politiques d’observation » est une pratique très répandue mais très éloignée de la mission d’enseigne-

CHARNIERS
Au printemps dernier, nous avions évoqué la mise au jour près du couvent-forteresse des Teutoniques à Malbork (Marienburg), près de Gdansk, d’un gigantesque charnier de plus de 2000 civils allemands laissé par l’Armée rouge en février-mars 1945 dans sa « marche vers l’Ouest ». Le 14 août, ce lieu a été le théâtre d’une très émouvante cérémonie, Allemands et Polonais se retrouvant pour suivre un office religieux et réinhumer les ossements découverts. Plusieurs cimetières allemands existent en Pologne où, chaque année, sont acheminés les restes de 4 000 cadavres retrouvés lors de nouveaux chantiers de construction.

ET LE GOULAG ?
Rendant hommage le 9 août à Edith Stein, carmélite d’origine juive canonisée en 1998, et au franciscain polonais Maximilien Kolbe, canonisé en 1982, Benoît XVI a qualifié les camps de concentration allemands de « symboles suprêmes du mal et de l’enfer sur terre ». A Auschwitz, en mai 2006, celui qui se présente comme « un fils du peuple allemand » avait déploré les « crimes de masse dans précédent » constituant l’Holocauste. On attend la même condamnation du Goulag soviétique et du Lao-gai chinois.

4 SEPTEMBRE 2009

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voulu par lui, puis par Hillary Clinton et enfin par Obama mais rejeté par les EtatsUniens. Sur le fond, toutefois, le président reste en difficulté. Au pays de la réussite privée, après le sauvetage des banques par l’Etat, cette réforme jugée socialisante du système de santé américain ne passe pas. Les Américains savent qu’il y a chez eux des exclus (bénéficiant d’ailleurs d’une protection relative) et des injustices mais ils refusent tout de même une couverture universelle où les actifs paieraient comme chez nous pour les “fainéants”. Obama se voit rejeté à gauche et le Racialement Correct ne le protège plus. Cela correspond au réveil populiste (annoncé ici par Jim Reeves le 31 juillet) d’une Amérique blanche qui, sonnée par l’élection du mulâtre à laquelle elle a largement contribué, écoute à nouveau les républicains les plus conservateurs dont Sarah Palin, si bien qu’Obama pourrait être obligé de renoncer à ses projets de loi les plus ambitieux qui sont coincés dans les comités, au Sénat et à la Chambre des représentants. Les républicains s’y opposent presque à l’unanimité. Les démocrates modérés et conservateurs (appelés Blue Dogs) ont réussi à arracher tant de changements que les démocrates progressistes menacent de retirer leur soutien si la loi finale n’inclut pas le volet préféré par la gauche : the Public Option, soit une offre de service médical public mise en concurrence avec les services privés. Dans l’état actuel du dossier, il est difficile d’imaginer que le Congrès vote une réforme qui, comme le voulait Obama, réduise significativement les coûts de la santé ou le prix des médicaments, ou qui limite le pouvoir et les excès des assureurs et, s’il veut obtenir une réforme, le président devra faire des concessions. Il risque ainsi de décevoir tout le monde et de connaître son premier grave revers politique. Décidément, si l’on y ajoute les victimes ultra-médiatisées (mais encore bien moins nombreuses que celles d’une banale grippe saisonnière même si tous les ministres concernés s’agitent comme des totons) de la grippe A, cette rentrée s‘annonce difficile sur les fronts de la santé. Pierre-Patrice BELESTA.

Afghanistan et grippe A
allégeance à un futur « Emirat islamique au cœur de Jérusalem » dont le point de départ devait être Gaza. PROCHE-ORIENT/ISRAËL Obama pourrait relancer le « processus de paix » au Proche-Orient dont il s’est entretenu le 18 août avec le président Moubarak. L’Egyptien estime que la violence s’aggrave dans cette région du monde et qu’elle connaîtra une escalade tant qu’une solution durable au conflit israélo-palestinien ne sera pas trouvée. Hosni Moubarak souhaite ainsi que les négociations entre Israéliens et Palestiniens ne s’enlisent pas dans le débat sur les colonies juives, mais s’élargissent sur un accord global. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lui, s’est rendu en Europe où il a déclaré le 26 août que son gouvernement « progressait vers la réouverture de pourparlers de paix avec les Palestiniens » et a dit espérer une reprise rapide de ces discussions. Israël et les Etats-Unis estiment avoir fait un pas vers un accord ouvrant la voie à de nouveaux pourparlers à l’occasion d’une rencontre qualifiée de « très productive » à Londres entre le chef de l’exécutif israélien et George Mitchell, l’émissaire de Barack Obama au Proche-Orient. Il faut s’attendre à une prochaine initiative. RUSSIE L’odyssée de l’Arctic Sea restera le mystère de l’été. Ce cargo finlandais, d’équipage russe et battant pavillon maltais, a disparu pendant plus de deux semaines au large des côtes portugaises. Parti de Finlande, il devait transporter une cargaison de bois de construction en Algérie. Les hypothèses vont alors bon train, on parle de rançon puis il est repéré et abordé au large du Cap-Vert par la marine russe qui avait déployé d’énormes moyens de recherche. Pour Victor Matroïde, directeur de la compagnie finlandaise Solchart qui a armé le navire, « il est probable que le navire ait été piraté ». Ce serait alors le premier cas de piraterie dans les eaux européennes. Une rupture en termes de sécurité maritime. Mais les experts sont plus que réservés. La marchandise ne représente pas de valeur particulière, ni le cargo luimême. Un litige commercial ou un problème lié à un trafic d’armes ou de stupéfiants semble les hypothèses privilégiées. Un différent entre organisations criminelles russes pourrait être une des pistes les plus crédibles. Sans occulter un dérapage dans une manœuvre pour dissimuler une cargaison très embarrassante. SOMALIE « Marc Aubrières », agent de la DGSE enlevé le 14 juillet avec un collègue à Mogadiscio par des milices islamistes se serait libéré sans tuer personne et sans versement d’une rançon. Pour le moment, les conditions de cette libération sont loin d’être éclaircies et aucune version n’est crédible dans le récit de l’évasion de ce drôle de OSS 117 qui est apparu, le 26 août complètement épuisé. Voilà un vrai espion devenu otage et donc le cas est différent de ceux évoqués ci-dessous. USA La mort du dernier des frères Kennedy aura eu un double avantage pour Obama. Sa sublimation médiatique a relancé une kennedymania dont Barack entend profiter ; d’abord parce que cela a occulté opportunément la polémique sur ses vacances dispendieuses près du fief des Kennedy justement. Ensuite le « milliardaire du peuple » (cf. Le Journal du Dimanche dans un amalgame osé avec la princesse Diana disparue dix ans plus tôt), était un chaud partisan du système de santé

LA MORT D’UN LÂCHE
« Il adorait son pays et a passé sa vie à le servir ». Ainsi s’achève le communiqué de la famille Kennedy pour saluer le départ du dernier fils de Joseph. Nous regretterons nous aussi sa mort tant il est évident que ce milliardaire d’extrême gauche, dont les quarante années passées au Congrès ont été entièrement consacrées à militer pour la destruction de l’Amérique Blanche, va désormais être érigé en icône par le camp de la trahison. Il aura suffi de voir comme a été escamoté l’évènement le plus marquant de son existence de petite gouape alcoolique, droguée et coureuse de jupons tandis que les media taisaient le nom de Mary-Jo Kopechne, 28 ans. Au cours de la nuit du 18 juillet 1969, après une soirée bien arrosée avec beaucoup de demoiselles et de messieurs bien plus âgés, sur l’île de Chappaquiddick, sur la côte du Massachusetts, raccompagnant en voiture la jeune fille, il rata un pont et plongea dans un bras d’eau. Parvenant à s’échapper du piège, il regagna la fête à pieds et ne téléphona à la police que le lendemain, après s’être entretenu avec ses avocats et la famille de la noyée. Il a toujours soutenu qu’il n’était pas ivre et n’avait pas abusé de Mary-Jo mais, usant de l’influence de sa famille, il obtint de la Cour Suprême que son procès, au cours duquel il fut condamné à 2 mois de prison avec sursis, se déroule à huis clos. Cet homme d’une immense médiocrité, du haut de sa puissance et de sa fortune, n’en n’aura pas moins passé toute sa vie à faire la morale aux autres. J. R.

vrais-faux otages
ment ou de couverture de l’actualité. La prisonnement également très médiatisé, jeune fille a été dans le meilleur des cas plus Florence Cassez, laquelle a clamé qu’elle naïve que totalement innocente. On ne peut était une autre Reiss, victime de l’arbicependant exclure qu’elle ait accepté une traire. Mais sa cause, qui relève du droit double casquette, même recouverte comme commun (elle était la maîtresse, sinon l’acon l’a vu à son procès du foulard islamique. tive complice, d’un truand kidnappeur et L’importance donnée à sa mésaventure meurtrier avéré), paraît bien délicate. puis à son procès a participé d’une diploSeul cas qui apparemment n’indigne pas matie française qui a aggravé et compliqué trop les media : celui d’un Franco-Palestison sort personnel au profit d’une volonté nien condamné sans preuves par la justice évidente d’affaiblir le pouvoir iranien et militaire israélienne et dont la demande de notamment son président. Mlle Reiss est libération anticipée a été sèchement refuaujourd’hui en territoire français, notre ambassade à Téhéran, dans l’attente d’un jugement et surtout d’un accord lui permettant de revenir au pays. Cela n’est pas forcément gagné, car l’Iran ne peut accepter de voir sa justice traitée comme totalement dépendant du politique. On n’a pas tiré les leçons du Tchad et des zozos de l’Arche de Zoé et le vrai gagnant, en fait, est le président syrien Bachar el Assad qui s’est personnellement impliqué pour aider à la libération sous conditions de la Française, montrant qu’il sait se faire entendre à Téhéran et que son retour en grâce sur la scène internationale peut porter ses fruits. Il a pu dans la foulée se payer le luxe d’aller féliciter de son élection Mahmoud Ahmadinejad à Téhéran sans provoquer la moindre réprobation. Le président Sarkozy ne s’est pas rendu sur place, de même qu’il n’est pas retourné pour le moment au Mexique pour en ramener (Dessin de CHARD.) une autre Française à l’em-

sée par Netanyahou au président français, qui n’a pas insisté. Salah Hamouri a été arrêté en avril 2005. Jugé par un tribunal militaire israélien, il a été reconnu coupable d’avoir projeté d’assassiner le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yossef. Le Shass, quatrième parti du pays, est membre de la majorité du Premier ministre. Hamouri a été également reconnu coupable d’appartenance au Front Populaire de la Palestine (FPLP), organisation nationaliste de gauche engagée dans la lutte armée contre Israël. Ses avocats ont toujours affirmé que le projet d’attentat n’avait jamais connu le moindre début d’exécution et que l’accusation ne disposait d’aucune preuve tangible pour étayer sa thèse mais, en avril 2008, il n’en avait pas moins été condamné à sept ans de prison, après avoir plaidé coupable dans l’espoir d’écoper d’une peine moins lourde. La « diplomatie du secourisme », il faut être juste, n’est cependant pas une exception française et Sarkozy doit envier Bill Clinton dont le succès en Corée du Nord a embarrassé autant sa femme que le président Obama. Il a en effet ramené du goulag nord-coréen Laura Ling et Euna Lee, après que ces deux Asiatiques, de nationalité américaine et journalistes, entrées en Corée du Nord sans posséder toutes les autorisations et visas nécessaires, eurent été graciées par Kim Jong Il, le leader du régime, qui a lui-même discuté personnellement de leur sort avec l’ancien président des Etats-Unis, prouvant ainsi que, malgré toutes les rumeurs, il était toujours vivant et agissant et Clinton l’a d’ailleurs trouvé « étonnamment alerte ».

Barack Obama en personne a remercié Bill Clinton pour avoir « mené une mission humanitaire pour assurer la libération de deux citoyennes américaines » , mais il ne pouvait pas faire autrement. C’est plus sincèrement sans doute qu’il s’est “réjoui” de la libération de John Yettaw, l’Américain expulsé le 23 août de Birmanie, tout en appelant la junte à la libération d’Aung San Suu Kyi et de « tous les prisonniers politiques », selon un communiqué de la Maison-Blanche. John Yettaw, qui doit son élargissement au sénateur démocrate de Virginie Jim Webb, est ce mormon dont l’intrusion au printemps dans la villa de Suu Kyi est à l’origine de la nouvelle sentence prononcée contre l’opposante et qui lui interdit d’être candidate aux élections de l’année prochaine. L’épisode aura permis au gouvernement du Myanmar de faire montre d’une « attitude positive et amicale dans le domaine des relations internationales » et de son « respect des droits de l’homme ». Excusez du peu !

CHOCS EN RETOUR
Ainsi, les démocraties ont médiatisé leurs prisonniers, mais la diplomatie de la libération a objectivement surtout profité à ceux qu’elle voulait diaboliser au nom du dogme humanitaire. Finalement cet été des « vraix-faux otages » et des « vrais-faux innocents » aura renforcé le Syrien AlAssad, le Nord-Coréen Kim jong-il, le Birman Than Shwe et même l’Iranien Ahmadinejad. Il y a toujours quelque chose à tirer des universitaires curieux, des journalistes sans papiers et des touristes imprudents. P.-P. B.

● A NOS LECTEURS, JEUX DE L’ÉTÉ. La dernière case du dernier des “mots-sésame” a malheureusement disparu à l’impression. Ces mots comptent, dans l’ordre, 7, 3 et 7 lettres.

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N° 2917 — 4 SEPTEMBRE 2009 — RIVAROL

1939 : l’axe Staline-Hitler

C

’EST le 23 août 1939 à Moscou qu’en présence d’un Staline hilare, Molotov, ministre soviétique des Affaires étrangères, et von Ribbentrop, son homologue allemand, signaient un pacte de non-agression. Qui stupéfia et indigna la France et le Royaume-Uni, espérant encore une entente avec l’URSS contre l’Allemagne. D’où l’envoi à Moscou d’une mission militaire franco-britannique qui se trouvait sur place au moment du pacte, lequel laissait les mains libres à Hitler pour attaquer la Pologne. Ce fut donc la cause de la seconde guerre européenne d’abord, mondiale ensuite… Le pacte était accompagné de protocoles secrets signés plus tard. L’un d’eux concernait le partage de la Pologne, attaquée le 1er septembre par l’Allemagne et le 17 septembre par l’URSS. L’un des protocoles annonçait qu’il ne serait toléré par les deux parties « aucune forme d’agitation polonaise » : « Chacune écrasera sur son propre territoire (sic) tout embryon d’une telle agitation. » Ce qui fut réalisé des deux côtés (voir le massacre de Katyn ordonné par Moscou pour liquider les élites polonaises et donc toute éventuelle résistance). Il y eut aussi entre la Gestapo et le NKVD soviétique des  “livraisons” réciproques… La plus célèbre fut du côté soviétique la remise de Margaret BuberNeumann, épouse du chef du parti communiste allemand réfugié en URSS et victime des purges staliniennes. Ellemême fut tirée du Goulag. Rescapée des camps soviétiques puis allemands, elle en témoigna à Paris en 1948 lors du procès Kravchenko. Enfin, pratiquement, les deux pays se taillaient en Europe des zones d’influence. Dans un premier temps, le plus gagnant fut Staline attaquant la Finlande en 1939. Mais ne pouvant s’emparer de ce pays qui lui opposa une résistance farouche, il le contraignit néanmoins à des concessions territoriales pour protéger Leningrad. A l’automne 1940, Staline annexa purement et simplement les pays baltes, la Bessarabie (enlevée à la Roumanie) et la Bukovine. Si tout cela est désormais irréfutable, c’est parce que, pendant la guerre froide, les protocoles trouvés en 1945 dans les archives allemandes furent publiés. Les Soviétiques

les nièrent puis, pour les justifier, utilisèrent la désinformation : s’estimant trahi par les Occidentaux depuis Munich, Staline aurait craint que ceux-ci ne s’allient contre lui à Hitler et aurait donc pris les devants pour gagner du temps. Ces mensonges mettaient en fureur Boris Souvarine, auteur en 1935 d’un livre (fondamental) sur Staline. Souvarine voyait clair dans le jeu du Kremlin, au point de publier dans Le Figaro du 7 mai 1939 un article où il prévoyait la collusion entre Hitler et Staline. Il raconta plus tard dans les colonnes de la publication Est -Ouest que le Quai d’Orsay fit alors pression sur les dirigeants du quotidien pour qu’il ne donne pas suite. Souvarine démontait «  l’alibi de Munich » : « Munich ou pas Munich, Staline était bien décidé à s’entendre avec Hitler », ce dont il donnait de nombreuses preuves. Dont, au printemps 1939 le remplacement comme ministre des Affaires étrangères de Litvinov (peu sûr et de plus juif) par l’inconditionnel Molotov. Staline croyait à une guerre longue (analogue à celle de 14-18) entre les trois belligérants, Allemagne, France, Angleterre. La défaite de la France en 1940 le surprit. Mais, par Molotov interposé, il exprima « ses plus chaleureuses félicitations pour les magnifiques succès des forces allemandes » — document trouvé par les Américains dans les archives du IIIe Reich et publiée en 1948. Ce qui explique pour-

quoi Raymond Aron, très nuancé sur la signature de l’armistice et même sur le régime de Vichy (dont il ne contestait pas la légalité), a écrit que « l’armistice était une réplique au pacte germano-soviétique » : « Ce pacte était une invitation de Staline aux Français de se battre jusqu’au dernier pour l’Union Soviétique. Les Français ont répondu galamment : pourquoi ne feriez-vous pas la même chose pour nous ? » (R. Aron, Le Spectateur engagé, page 92. Julliard 1981).

LE PC HORS LA LOI
En France l’une des conséquences immédiates du pacte fut la réaction violente du gouvernement Daladier et de la très grande majorité de l’opinion contre le Parti Communiste Français (et surtout ultra-stalinien). Un PC d’ailleurs en capilotade, car assommé par le pacte qu’il essaya de défendre au nom de la “paix”. D’où la saisie des journaux communistes, puis la dissolution du Parti. Au Parlement une grande partie des députés communistes (élus en pleine euphorie du Front populaire antifâchiste) rompirent avec le PC qui plus tard, sous l’Occupation ou à la Libé, le leur fit payer très cher, n’hésitant pas à liquider certains d’entre eux. Mais en contact avec Moscou, qu’avait gagnée le déserteur Maurice Thorez, patron du PC, l’appareil, lui, tint bon et se lança dans le « défaitisme révolutionnaire » avec campagne contre « la guerre impérialiste » et l’exigence de la « paix immédiate ». Des militants allèrent jusqu’à des sabotages dans les usines d’armement — ils furent condamnés à mort et fusillés. Après la défaite, au cours de l’été 40, le PC crut le moment venu pour obtenir de la part des autorités allemandes sa “légalisation” et la reparution de L’Humanité. Il y eut avec les occupants, dont l’ambassadeur allemand à Paris Otto Abetz des pourparlers, qui, hélas, échouèrent de justesse. La police de Vichy continuait à appliquer les lois anticommunistes de 1939-1940. D’où de nombreuses arrestations des diffuseurs de journaux et tracts clandestins du Parti — dont celle du jeune Guy Môquet. Plus tard, et pour faire oublier sa collaboration implicite, le PC alla jusqu’à se réclamer d’une résistance avant la lettre. En aurait témoigné un appel du 10 juillet 40 signé par Jacques Duclos (planqué en France), et qui s’en prenait d’ailleurs surtout à Vichy. Après la rupture du pacte Hitler-Staline, le PC sur ordre du Kremlin se lança dans une meurtrière politique d’attentats contre les forces allemandes, entraînant une répression sans merci. Après 1944, le PC “libérateur” tira gloire de ses « 75 000 fusillés » (chiffre totalement extravagant : le nombre total de fusillés en France, toutes obédiences confondues, fut de 4 120 comme l’a établi le chercheur Jean-Pierre Besse dans son étude Répression et exécutions pendant l’Occupation 1940-1944, Editions de l’Atelier 2006) pour que l’on ne vienne plus lui reprocher ses « moments d’égarement », dixit J. Duclos. Mais les textes publiés par le PC clandestin de 1939 à 1941 restent socialistes. En témoignent les ouvrages très documentés de A. Rossi (de son vrai nom Angelo Tasca, père de Catherine, ancien ministre socialiste de la Culture) sur les communistes français de 1939 à 1940. Il n’y a que peu de temps que le PC ne conteste plus leur authenticité, rejetant évidemment toute la faute sur Staline.

Camouflée, l’opération Barbarossa devait se déclencher en mai 1941. Elle fut retardée jusqu’au 21 juin, l’Allemagne avait dû entre-temps s’engager dans les Balkans pour se porter au secours de Mussolini — qui avait imprudemment attaqué la Grèce — et, pour cela, traverser et occuper la Yougoslavie, rude morceau. Staline aurait été surpris par la rupture du pacte. L’attaque d’Hitler le dédouana aux yeux des Occidentaux et notamment des Américains devenus des alliés, d’autant qu’après 1944 l’« Oncle Joe » sut utiliser les immenses pertes civiles et militaires de ses populations (20 millions de victimes) pour alimenter sa propagande sur la « guerre patriotique ». Une guerre que Poutine ne cesse de récupérer et il vaut mieux ne pas compter sur lui pour désapprouver le pacte de 1939. Sur ce plan-là aussi, des révélations laissent perplexe. Staline aurait été pris de vitesse par Hitler qu’il s’apprêtait à attaquer en rassemblant des divisions retirées de l’Extrême Orient soviétique car il ne craignait plus le Japon à la suite d’un pacte de non-agression avec ce dernier. D’autres informations (ou désinformations) affirment que Staline croyait à un conflit mais pas avant 1942-1943. Ce qui est certain, c’est que le Géorgien avait reçu des renseignements très précis sur l’offensive d’Hitler et qu’il les considérait comme des tentatives d’intoxication. Jusqu’au bout, Staline a cru à la bonne foi d’Hitler... En 1941, ce qui le sauva d’une défaite totale fut que la guerre éclair sur laquelle comptait le chancelier du Reich fut un échec.  Le réseau routier russe, très sommaire, empêcha la chevauchée des blindés allemands jusqu’à Moscou. Les pluies de l’automne rendirent de plus le sol boueux et Hitler n’avait rien prévu pour une campagne d’hiver. A noter qu’en 1943 et même 1944, il y eut en Suède des offres de paix séparée de Staline à Hitler. Mais, renforcé par l’aide américaine, le Soviétique était de plus en plus victorieux et donc très exigeant. On peut imaginer ce qui se serait passé si Hitler avait accepté, quitte à payer le prix fort. C’est toute l’histoire idéologique de la Seconde Guerre mondiale qui serait à récrire. Jean-Paul ANGELELLI.

LA HONGRIE ALIGNÉE
C’est avec une Journée contre le racisme que s’est ouverte le 11 août à Budapest la 17e édition du festival Sziget avec la participation de plus de 200 artistes et groupes internationaux. C’est pour réagir contre la « vague xénophobe » frappant les Roms de Hongrie que les organisateurs ont tenu à placer cette journée sous le double signe de la diversité ethnique et de la lutte contre le racisme dont les festivaliers pouvaient exprimer leur détestation sur un mur de 50 mètres de long. Quelques jours plus tard, en revanche, le gouvernement a interdit une marche à la mémoire de Rudolf Hess, le Premier ministre Gordon Bajnai déclarant que « la Hongrie ne saurait être le paradis des néonazis ».

Evacuations de villes : Répétition générale ?
Le 2 août, Brest était ville morte : 16 000 habitants du centre-ville ont été évacués pour cause de bombe, non explosée, découverte quelques jours auparavant. Une bombe anglo-américaine, ce qui était rarement précisé dans les reportages sur le sujet — on estime que 100 000 d’entre elles ont été déversées sur Brest en 1944 par nos “libérateurs”. Depuis le début des années 2000, en France, les pouvoirs publics, avec chaque fois une soudaine précipitation, ont pris l’habitude de se livrer à des déplacements massifs de populations. La raison est toujours la même : la présence d’un ou de plusieurs engins explosifs datant des guerres de 14-18 ou de 39-45. Cette pratique a débuté brusquement en avril 2001 avec l’affaire de Vimy, dans le Pas-de-Calais : un stock de 170 tonnes d’obus, dont 59 tonnes de munitions chimiques, qui croupissait depuis 1967 dans un enclos mal protégé, a été soudainement jugé dangereux. D’autres cas similaires ont suivi : dans les Ardennes, dans la Meuse, à Lens, à SaintNazaire ou encore dans la banlieue de Strasbourg. On peut s’étonner de la précipitation de l’administration française, six à huit décennies après la fin des deux guerres, à s’inquiéter brusquement de ces dépôts ou de ces obus qui dormaient. « Principe de précaution », répondra-t-on, volonté aussi de montrer au bon peuple que les serviteurs de la République agissent pour le bien commun. Mais on peut surtout s’interroger sur les déplacements brusques et autoritaires de populations, et à une échelle importante, qui accompagnent chaque découverte : 12 500 personnes avaient été évacuées lors de l’affaire de Vimy, 9 000 à Lens, plus de 5 000 à Saint-Nazaire. En mai 2001, après Vimy, nous avions émis l’hypothèse qu’en agissant ainsi, les autorités poursuivaient un autre but que celui de protéger les habitants : celui d’acquérir l’expérience de transferts de populations et d’examiner tous les problèmes que poserait l’évacuation immédiate de plusieurs milliers de personnes. Pour quelle raison ? Par exemple dans le cas d’une émeute urbaine qui prendrait de l’ampleur et qui, partie d’une enclave immigrée, gagnerait un quartier européen, qu’il faudrait alors évacuer rapidement… avant que ses habitants n’organisent leur propre défense. L’hypothèse est-elle si improbable que cela ? Luc DELONCLE.

AOÛT 1987 : LA MORT DE HESS
Le 17 août 1987, Rudolf Hess, ancien dauphin d’Hitler et « criminel de paix » (sur l’ordre de Churchill, alors Premier ministre, il avait été fait prisonnier en 1941 en Ecosse où il était venu négocier une paix séparée entre Berlin et Londres), et alors âgé de 93 ans était retrouvé pendu à un fil électrique dans sa cellule de la prison de Spandau, dont il était devenu l’unique détenu et qui fut rasée après sa mort. Une mort résultant en fait d’un assassinat selon son fils Wolf Rudiger Hess et que Le Nouvel Observateur luimême a qualifiée de “mystérieuse”. De crainte sans doute qu’il n’en sache trop, le Royaume-Uni s’était toujours opposé à sa libération, dont le principe avait été accepté par les Etats-Unis et la France. Le 17 août 2009, sur les Champs-Elysées à Paris, les mains de la statue de Churchill ont été maculées de peinture rouge, et les lettre R.H. tracées sur son socle. Evoquant cette « Desecration of a hero » (sic), le quotidien Daily Mail l’a attribuée à des « militants français anti-guerre ».

LA RUPTURE DU PACTE
Dès décembre 1940, Hitler donna des directives pour préparer l’attaque de l’URSS. Malgré des avis lui déconseillant d’ouvrir un second front, il tolérait de moins en moins les empiétements de Staline etl’extension de sa zone d’influence, surtout en Pologne, juste au contact des forces allemandes.

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Californie : là où la société mondiale s’effondre
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MILLIARDS de déficit sur un budget total de 100 milliards de dollars : avant même que de gigantesques incendies ne dévastent une fois de plus son Etat, alourdissant ainsi sa dette déjà colossale, le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait déclaré la Californie en état d’alerte fiscale. Et si la majorité Démocrate — contre le bloc des Républicains — a voté un budget, il comportait des augmentations de taxes telles que Schwarzy a opposé son veto. Après que l’ancien acteur se fut rendu en juin à la Maison-Blanche pour demander au nouveau président une aide spéciale qui lui fut refusée, il a dû se résoudre à des stratagèmes. Comme la généralisation de congés sans solde pour les fonctionnaires locaux, la menace de fermeture de six parcs nationaux ou encore le recours aux IOU qui sont des reconnaissances de dette sans échéance connue, que les créanciers doivent monnayer auprès de banques croulant déjà sous la fausse monnaie. L’Etat envisageait dans un premier temps de distribuer 4,3 milliards de $ (3 milliards d’€) d’IOU à ses créanciers. Sauf que sitôt l’annonce faite, des milliers d’entrepreneurs concernés assiégèrent en vain les principales banques. JP Morgan-Chase, Bank of America, Wells Fargo firent savoir qu’elles refuseraient d’honorer les créances présentées. Seul Citigroup accepta de proroger d’un an les accords de cette nature. Blancs — White-Anglo-Saxons-Protestants ou Wasps. Des millions d’entre eux ont quitté l’Etat à mesure que des millions de Latinos s’y installaient. En sorte que la population pionnière y est désormais largement minoritaire. Un cancer dont les métastases s’étendent rapidement à la plupart des Etats d’Amérique. Los Angeles est partout célébrée comme la ville la plus “diverse” du monde. Une sorte de consécration aux yeux de la caste intellectuelle lobotomisée qui impose la sous-culture qui, partout où elle s’installe, provoque des catastrophes sociales et économiques. En octobre 2006, le Financial Times publiait une étude sur les travaux d’un des plus respectés analystes des sociétés multiraciales, le professeur de Harvard Robert Putnam. « Ses recherches, expliquait le quotidien, montrent que plus une communauté est diverse, moins ses habitants se font confiance les uns aux autres. Du voisin jusqu’au maire. » Et il reprenait des propos que dans la France obscurantiste de Sarkozy on tiendrait pour justiciables des tribunaux : « Dès que la diversité apparaît, affirme Putnam, nous nous refermons sur nous-mêmes. Comme des tortues. Les conséquences en sont pires que ce que nous avions imaginé. Ce n’est pas seulement que nous ne faisons pas confiance à ceux qui ne nous ressemblent pas mais nous en arrivons, dans ces communautés diverses, à nous méfier même de ceux qui nous ressemblent. » Ce qui fait conclure au Financial Times :  « Pour le professeur Putnam c’est à Los Angeles que cette confiance est au plus bas. Le lieu d’habitation le plus divers de toute l’histoire humaine. » Malgré la présence comme gouverneur de TerminatorSchwarzenegger, s’y profile dans un déluge de violences interraciales la guerre des gangs ethniques qui pourrait bien balayer cette Amérique dont rêvent encore ceux qui n’ont rien compris au véritable mouvement du monde. Jim REEVES.

(Dessin de CHARD.) veau-nés clandestins mis au monde dans les hôpitaux US et devenus automatiquement Américains. Le 14e Amendement de la Constitution leur offre aussitôt, ainsi qu’à leur famille, tous les droits sociaux des citoyens américains. Rien qu’en Californie, leur nombre oscille entre 300 et 350 000. Dans la ville de Stockton, par exemple, ils représentaient 70 % des 2 300 enfants nés en 2003 à la maternité de l’Hôpital San Joaquin. En Californie, 45 % des enfants de moins de 6 ans sont latinos (contre 30 % dix ans plus tôt). En 1994, les 75 000 « anchor babies » nés dans les maternités de l’Etat coûtaient 215 millions de $ à celui-ci, soit 36 % de la facture maternité de la Sécurité Sociale. Aujourd’hui le seuil de 50 % serait atteint. En 2003, le Wall Street Journal publia une enquête sur une famille de cinq “clandestins” venus ramasser des fruits. Rapidement, la mère et la fille aînée accouchaient. L’une mettant au monde un prématuré qui coûta 300 000 $ de soins intensifs et demeura handicapé à vie à la charge de l’Etat. Au salaire au noir des deux parents – 18.000$ — s’ajoutaient 12.000$ d’allocations annuelles pour les enfants. Leur voisin, sans papiers ni assurance, fut victime d’un accident d’automobile dont il sortit tétraplégique (selon la police californienne, 44% des accidents de la circulation sont provoqués par des clandestins). Un autre voisin a cinq enfants. Deux sont autistes, deux hyperactifs et le cinquième souffre de Troubles Oppositionnels Défiants (TOD). L’Acte sur l’Education des Enfants Handicapés de 1975 oblige l’Etat, y compris pour les clandestins qui disposent d’interprètes, d’avocats, de conseillers gratuits, à prendre en charge médicaments, soins, aide spécialisée permanente et Programme d’Education Personnalisé. Coût par enfant : 30 000 $/an. prète, le même psychiatre, les mêmes symptômes et les mêmes allocations. Ou bien cette Linda Torres, arrêtée avec 8 500 $ en liquide : son Indemnité de Sécurité Subsidiaire (RMI). Elle était droguée. On l’a compris, la somptueuse Californie crève de la gabegie provoquée depuis des décennies par le parasitisme immigré. Les partisans de l’immigration — patrons et ultra-gauche — affirment que si les 20 millions de clandestins étaient renvoyés chez eux, cela représenterait une perte incalculable pour les Etats-Unis. Le calcul a été effectué pour la Californie et ses 3,5 millions de clandestins. Leur départ réinjecterait au contraire la somme de 10,2 milliards de $ dans les services sociaux de l’Etat au seul bénéfice des Américains et des immigrés en règle — Lire ci-dessous l’analyse de Frosty Wooldridge. Mais la principale raison de l’effondrement de la Californie ainsi que celui, inéluctable, des Etats-Unis est la disparition accélérée de ceux qui en deux siècles avaient construit ce pays étonnant, les

ÉTAT… DE FAILLITE
« Les Américains, écrivait Pat Buchanan le 28 juin dans son éditorial, devraient porter un long regard attentif au naufrage fiscal et social de l’Etat Doré parce que la Californie représente tout ce vers quoi fonce l’Amérique. » Oserons-nous ajouter que les Européens, et les Français singulièrement, seraient avisés d’en faire autant ? Il s’agit là, rappelons-le, de la 8e économie mondiale, juste avant le Canada. Et 44 des 50 États américains — l’Alaska dont Sarah Palin était gouverneur constituant l’une des rares exceptions — ont versé dans un schéma que l’on voit se profiler partout en Occident. Dans ce chaos apocalyptique qui roule sur l’Amérique obamienne, la Californie fait figure de précurseur. Il va falloir libérer 38 000 des 168 000 prisonniers tant il urge de réduire les personnels pénitentiaires. MediCal, la Sécurité Sociale de Californie, s’apprête à tailler dans ses programmes. Des milliers d’enseignants seront licenciés et des centaines d’écoles devront fermer. 5 000 professeurs feront défaut sur les dix plus célèbres campus de la Côte Ouest, ce qui se traduira par 50 000 étudiants en moins. Mais les véritables raisons de ce désastre ne sont pas là où officiellement on les situe. La faillite californienne, qui est celle de l’Amérique, est certes liée à la crise, aux guerres d’outre-mer, à la désindustrialisation, à la mauvaise gestion d’élites politiques et intellectuelles apostates. Mais, sournoisement, elle cheminait déjà depuis des décennies. Inscrite dans l’immigration de masse et l’effondrement démographique de la classe dirigeante blanche.

L’AMÉRIQUE AUX CLANDESTINS : “ CASSEZ-VOUS !”
lose, l’hépatite et plus récemment la grippe Dans un article intitulé « Et si 20 millions A stoppées. La disparition de ces colonias qui de clandestins quittaient l’Amérique ? », l’écrise développent de toutes parts, véritables vain et spécialiste des questions migratoires bidonvilles que l’Amérique découvre, horFrosty Wooldridge écrivait le 29 octobre rifiée, et qui font ressembler certains fau2007 : « En Californie, cela nous permettrait de bourgs des grandes métropoles américaines consacrer 10,2 milliards de $ à nos écoles surcharà Bombay, Calcutta, Lagos ou Rio. De gées, nos hôpitaux en faillite, nos prisons bourrées. Brownsville au Texas à San Diego en CaliNos autoroutes n’en seraient que plus propres, plus fornie, plus d’un million de Chicanos et de sûres et moins encombrées. » Latinos s’entassent dans certaines d’entre Et Wooldridge de faire une recension elles et les projections les plus raisonnables impressionnante de l’état général d’une laissent à penser que d’ici vingt ans, 20 milAmérique asphyxiée par son immigration. lions de miséreux y grouilleront dans une Dans le Colorado, 500 000 clandestins et crasse que l’on pensait confinée à l’Afrique 300 000 de leurs rejetons refranchiraient la du Sud arc-en-ciel et autre lieux paradifrontière pour une économie représentant siaques du Tiers-Monde. entre 2 et 7 milliards de $. Outre la pression relâchée sur les écoles, les hôpitaux, J. R. les habitations, Denver perdrait d’un coup 12 000 membres de gangs chicanos et 7 000 clandestins incarcéWAGNER INTERDIT rés. En Floride, les services sociaux, À LOS ANGELES ? l’immobilier, la sécurité profiteA partir du 10 avril 2010, l’opéra de Los Angeles raient formidablement du départ avait prévu une série de représentations de la fameuse de 1,5 million d’illégaux. Rien tétralogie des Nibelungen ainsi qu’une exposition sur qu’à Chicago, l’expulsion de Wagner. Mais le projet est remis en question. Super2,1 millions d’entre eux serait viseur du comté, Michael Antonovich a en effet introune bouffée d’air pur. duit une motion visant à son abandon, sous prétexte 20 millions de clandestins en des « vues ouvertement antisémites » du grand composimoins, ce serait des millions teur et de l’influence qu’il aurait pu exercer sur Hitd’Américains qui retrouveraient ler pour le conduire à « la solution finale ». « Ce n’est un emploi légal. Au minimum pas une question de censure mais d’équilibre », affirme Anto400 milliards de $ de taxes récunovich en réponse aux critiques, et d’abord celle des pérés par les États. Deux millions responsables de l’opéra, scandalisés par cette ingéd’élèves — parlant plus de cent rence que déplore même le procureur du comté E. langues différentes — en moins Randol Schoenberg, qui préside pourtant le Musée dans les écoles. 500 000 criminels de l’Holocauste de la « cité des Anges ». qui n’encombreraient plus les priQue décidera en dernier ressort Arnold Schwarzesons pour un coût de 1,6 milliard negger ? Autrichien et fils d’un membre de la de $ par an. 86 hôpitaux de CaliNSDAP, “Schwarzy” est tenu en très étroite surfornie, de Floride, de Géorgie ruiveillance. nés qui rouvriraient. La tubercu-

LE CRÉPUSCULE DES BLANCS
En 2003, MediCal traitait 760 000 clandestins. Contre seulement 470 000 en 2002. Tous bénéficient d’une sorte de RMI qui est une formidable machine à frauder, facilitée par la banalisation des invalidités à la moindre broutille. On cite une clinique locale qui comptait dans ses registres 300 personnes souffrant « d’un léger retard mental » et possédant toutes le même inter-

“BÉBÉS VENTOUSES”
Ce qu’on appelle les “anchor-babies” est emblématique de la première. Ces nou-

Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE D’AOÛT-SEPTEMBRE 2009
Jérôme BOURBON : Hénin-Beaumont, le retour du Front national ? — Bruno GOLLNISCH : Une éclatante victoire judiciaire — René BLANC : Grippe porcine, tuberculose, vaccination de masse, grandes manœuvres mondiales ? — Maurice GAÏT † : Le Manifeste des Inégaux (III) — Frédéric BARTEL : Août 1944août 2009, les équivoques de la Résistance — Pierre PERALDI : Nicolas Sarkozy et l’économie mondialiste — Jean SILVE de VENTAVON : A l’écoute de Clio — Pierre LE VIGAN : Alain Finkielkraut contre la modernité — Patrick LAURENT : De l’intimisme et du gigantisme. 1 rue dʼHauteville, 75010 Paris. Prix : 6 e (8,30 e fco). Abt un an : 53 e. Chèques à lʼordre dʼEditions des Tuileries Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

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plus et nous subissons plus que jamais « l’obscénité du règne de l’argent ». Certains nous diront peut-être que tout cela, ils le savent de reste et n’ont pas attendu Bonnard pour savoir quoi penser de la démocratie ou de l’antiracisme qui « veut ignorer le réel ». Certes, mais rarement ces choses ont été exprimées dans un français aussi pur et si le terme nationalisme a un sens, la préservation de la langue, qui modèle et fixe les structures mentales, doit être l’un de ses premiers objectifs. Or, le français est aujourd’hui en péril de mort, moins par le frenglamerican d’ailleurs que par l’indifférence que lui vouent les prétendues élites (cosmopolites) et les coups de boutoir que lui assènent les masses inassimilables venant peupler notre pays. Lire Bonnard, c’est retourner aux sources. _____ C.-M. G.

Abel BONNARD

ECRITS POLITIQUES
C’est le genre de livres qu’on emporte en pensant le picorer, mais qu’on lit d’une traite tant la pensée est droite, la langue lumineuse, les formules percutantes. Comme l’écrivait Jean Mabire dans l’un de ses précieux Que lire ?, Bonnard ne l’était que de nom, sa mère Marie-Pauline Benielli, dont les ancêtres cousinaient avec Napoléon, ayant fauté avant son mariage avec l’aristocrate italien Gigi Primoli. Le jeune Abel était donc latin jusqu’au bout des ongles. Est-ce de cette ascendance qu’il tire son style concis, cette furia — que corrige une certaine distanciation — qui le conduira au PPF de Jacques Doriot et cette nostalgie de la République romaine qu’il partageait avec Maurice Gaït et qui lui fait vomir la démocratie dont « le pis réside non seulement dans les idées basses qu’elle répand, mais encore dans les idées hautes qu’elle dénature » ? Les textes aujourd’hui réédités parurent en 1987 aux éditions Avalon sous le titre Berlin, Hitler et moi, titre à la fois trop racoleur et trop réducteur car ces Ecrits ne concernent pas seulement les rapports de l’auteur avec le IIIe Reich, mais la situation politique en général et l’on peut y mesurer la cruelle lucidité d’Abel Bonnard. A propos des races, il écrivait ainsi : « Ce qui est fécond, c’est le choc et non le mélange. Ce qui importe, c’est la proportion. Une goutte d’un sang étranger stimule le sang noble, un flot le noie… A l’homme ainsi avili, dégradé, la possession des arts est depuis longtemps retirée, il ne reste que la vanité qui le trompe sur lui-même, la vantar-

dise, le verbiage… Seuls ont rendu un service éminent et inestimable à l’humanité, et aux autres races, ceux qui ont empêché par la rigueur abrupte de leurs dédains et la dureté même de leur châtiment, les races de déchoir toutes à la fois dans un immonde mélange. Car refuser le mélange (…), c’est aussi un signe de respect des autres races. » Que dirait-il aujourd’hui ? Même lucidité sur la faiblesse des peuples (« Un peuple à qui l’on a menti constamment quête partout du mensonge ») et, à l’inverse, sur l’exercice du pouvoir : « C’est une grande erreur de croire que, dans les rapports des nations, les décisions irréparables sont toujours l’effet de la volonté libre et souveraine d’un chef. Il faut se rendre compte que les hommes qui peuvent exercer le plus de pouvoir sur les choses sont aussi ceux sur qui les choses exercent le plus de pression. » Dans son fameux pamphlet Les Modérés, le futur ministre de l’Etat français avait flétri la bourgeoisie « de droite ». Dans son discours aux chefs miliciens (30 janvier 1943), il n’est pas plus tendre pour les « sophistes de la fidélité », les « affreux contrebandiers du serment dont les événements de l’Afrique du Nord nous ont fourni trop d’exemples » et ses propos sur l’argent et les gens d’argent prennent, là encore, une terrible résonance : « Dans la société bourgeoise (…), c’était plus qu’un malheur, c’était une malédiction d’être pauvre… L’éloquence démocratique était là pour couvrir l’obscénité du règne de l’argent. Le capitalisme avait pour feuille de vigne le libéralisme. Mais le vent qui souffle et qui arrache tant de feuilles est bien de force à emporter aussi celle-là. » Las ! le vent de l’histoire tourna une fois de

Ed. Déterna, coll. Documents pour l’Histoire. 200 pages, 25 €. Peut également être commandé pour 29 € franco à Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.
D.R.

Jacques HEERS

L’HISTOIRE OUBLIÉE DES GUERRES D’ITALIE
Non, les guerres d’Italie ne commencent pas avec l’entrée de Charles VIII à Florence en 1494 et ne se terminent pas à Marignan, 1515, avec François 1er. Les visées des Capétiens sur la « petite sœur latine » commencent dès les épousailles de Charles d’Anjou (voir ci-dessus sa statue, au Palais royal de Naples), frère de saint Louis, avec Béatrice de Provence en 1246 et se poursuivront des siècles durant, dans une lutte constante, parfois victorieuse, avec les empereurs alle-

Cinéma
Retour de vacances en fanfare avec deux œuvres que l’on peut qualifier d’apocalyptiques. C’est plus particulièrement le cas du nouveau long métrage d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu au titre fort explicite, Les Derniers Jours du Monde. Après la relative déconvenue de leur précédent opus Voyage aux Pyrénées comédie montagnarde assez lourdingue, les deux Lourdais ont réussi avec cette adaptation du roman de Dominique Noguez (éditions Robert Laffont) un des films français les plus insolites de ces dernières années, exemplaire de ce que nos cinéastes peuvent accomplir dans le domaine du fantastique et de la science-fiction en se situant totalement, économie de moyens oblige, à contre-courant des mastodontes hollywoodiens bourrés jusqu’à la gueule d’effets spéciaux et de séquences de destruction massive. Sous la caméra débonnaire des Larrieu, les derniers jours de l’humanité, prévus en 2016, servent de prétexte à une fable ludique, libertine et libertaire, ode à la beauté et à l’amour sensuel dans un contexte de chaos planétaire : nature en furie, tremblements de terre, nappes phréatiques contaminées, pluies de cendres, attentats terroristes, virus mortels etc. Tout y passe, l’apocalypse est là et bien là, mais suggérée, comme un lointain écho, sauf dans certains passages explicites de paniques collectives ou dans le morceau le plus spectaculaire — l’explosion d’un minibus — et elle n’empêche pas le protagoniste principal, Robinson, scénariste de cinéma donjuanesque (une composition magistrale de Mathieu Amalric), de se livrer à corps perdu à une quête obsessionnelle de l’amour de sa vie. Le périple de Robinson dans la France du Sud-Ouest — ce qui reste du gouvernement s’est réfugié à Toulouse — avec une incursion en Espagne, à la féria de Pampelune, l’amène à rencontrer trois femmes dont son ex (Karin Viard) et la maîtresse de son père (Catherine Frot) et un étrange chanteur d’opéra (Sergi Lopez). Malgré la durée excessive de leur film (2h10), les frères Larrieu parviennent à maintenir l’intérêt et un certain suspense jusqu’au bout tout en célébrant avec une verve empreinte de douceur et de mélancolie les vertus thérapeutiques de l’hédonisme et de l’amour physique (la scène orgiaque dans le château évoque L’Ange exterminateur de Bunuel). Porté par des interprètes

Apocalypses pas tristes
en état de grâce et une sublime photo du chef opérateur Thierry Arbogast, Les derniers jours du monde est une œuvre de toute beauté. A réserver cependant aux cinéphiles — adultes — les plus avertis. ● L’apocalypse, historique celle-là, n’est pas triste non plus dans Inglourious Basterds, le septième film de Tarantino et sa première incursion dans le film de guerre. Un genre qu’il subvertit allégrement en passant la Seconde Guerre Mondiale à la moulinette de Pulp Fiction. Le titre anglais quelque peu ésotérique, avec ses fautes d’orthographe volontaires, fait référence directe non pas aux célèbres Douze salopards de Robert Aldrich mais à un nanar italien réalisé en 1978 par le tâcheron Enzo Castellari, Une Poignée de Salopards, traduit pour son exploitation aux Etats-Unis par The Inglorious Bastards. Cet infime décalage dans le titre est une nouvelle manifestation de la cinéphilie boulimique de Tarantino qui truffe l’action et les dialogues (surabondants) de multiples citations et hommages à ses films favoris, pas tous des classiques, et à quelques-uns de ses cinéastes de prédilection, des reconnus comme John Ford ou Sergio Leone, et d’autres plus inattendus tels Clouzot et Leni Riefenstahl. Inglourious Basterds se présente avant tout comme l’œuvre d’un amoureux du cinéma qui se fiche de la véracité du contexte historique, l’élément le plus réaliste du film étant d’ordre linguistique, chacun des protagonistes, américains, allemands, français, s’exprimant dans sa langue. Tarantino, qui “lepénisait” en déclarant récemment à des journalistes des Cahiers du cinéma : « Les nazis n’ont pas occupé la France comme les Japonais la Chine… Je veux dire qu’il était possible d’exister hors de l’esclavage pendant l’Occupation », nous offre là en lieu et place du film de guerre conventionnel une comédie délirante, grinçante, malgré la brutalité “gore” de certains passages et d’autres d’une grande intensité dramatique. Le cinéaste a découpé en cinq chapitres l’histoire constituée de deux intrigues principales distinctes: la vengeance de la jeune juive française Shoshanna Dreyfuss (Mélanie Laurent) dont la famille a été massacrée à la fin du chapitre 1 par l’affreux et onctueux SS de service, le colonel Hans Landa, (le formidable acteur autrichien lauréat du prix d’interprétation à Cannes, Christoph Waltz) et les exactions sanguinaires, contraires à toutes les conventions de Genève, d’une poignée de soldats juifs américains commandés par le ridicule lieutenant Aldo Raines (Brad Pitt) chargés de semer la terreur dans les rangs allemands. Ces deux intrigues se rejoignent et culminent dans une ambiance de crépuscule des dieux dans le dernier volet, explosif, se déroulant dans une salle de cinéma à Paris où les hauts dignitaires du IIIe Reich, dont Adolf en personne (qu’on dirait sorti d’un film de Mel Brooks) assistent à la première de Stolz der Nation, film de propagande à la gloire d’un jeune tireur d’élite allemand (l’excellent Daniel Brühl, le héros de Good Bye Lenin qui campe le personnage le plus humain et le moins caricatural du film). Inglourious Basterds ne plaira certes pas à tout le monde de par sa longueur, 2h30, et sa radicalité historiquement incorrecte (la presse juive a d’ailleurs été plutôt critique) mais il s’agit sans aucun doute du film le plus inventif et le plus abouti de l’enfant terrible du cinéma américain. Patrick LAURENT.

mands, les rois d’Aragon, la Papauté et les habitants de Campanie ou de Sicile souvent révoltés contre les Angevins — d’où les sanglantes Vêpres siciliennes de Pâques 1282. Dans sa préface, le grand médiéviste qu’est Jacques Heers s’interroge sur les raisons de l’ignorance de nos contemporains sur le royaume français de Naples qui dura pourtant plus d’un siècle, de 1266 à 1380, et conclut : « Oublier les Angevins rois de Naples n’est pas le fait du hasard mais montre comment fut écrite l’Histoire, au moment où l’Etat républicain s’est arrogé le droit de dicter ce qui devait être ou ne pas être dit. Les auteurs des manuels n’étaient pas des historiens mais des agents du pouvoir, agent d’une propagande. Ce qui n’est pas du tout la même chose… Réduire les guerres d’Italie à celles du XVIe siècle permettait de faire croire qu’avant Charles VIII, les Français ignoraient tout de l’Italie, de ses lettrés et de ses artistes… Parler des rois angevins de Naples, au XIIIe siècle, obligerait à dire que, pendant plusieurs dizaines d’années, ce furent des hommes, poètes, maîtres d’œuvre et artistes, venus d’Île-deFrance ou de Picardie, qui ont, à Naples et donc en Italie, donné le ton, imposé une mode et construit des palais. » Autrement dit : préparé le miraculeux Quintocento et la Renaissance. Objectons, à la décharge des faiseurs de manuels républicains, que l’histoire de ces « guerres oubliées » est d’une extrême complexité, en raison non seulement des victoires ou des revers militaires mais aussi de par la décentralisation italienne avec force marquisats et fiefs secondaires passant d’un suzerain à l’autre, et de la multiplication des mariages et remariages aiguisant les appétits et favorisant les renversements d’alliances. En tout cas, grâce à Jacques Heers, l’injustice est magistralement réparée et le terrain défriché, le lecteur étant en outre aidé dans son exploration par une chronologie détaillée et des arbres généalogiques permettant de s’y retrouver dans le maquis des Anjou, des Aragon ou des Visconti. _____ J. L.

Ed. Via Romana (5 rue du Maréchal Joffre, 78000 Versailles. Tél. 06-87-53-96-45), 206 pages, 24 €.

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N° 2917 — 4 SEPTEMBRE 2009 — RIVAROL
yeux : « Sans madame de Staël, qui donc, dans le monde politique et littéraire, se serait aperçu de la présence de ce grand flandrin blond, lequel l’avait prise, elle, par le contraste, cette Ethiopienne de madame de Staël (voir C’est devenu un ami. Je l’ai emmené en vacances. Il s’y est très bien comporté. ● Dans un genre fort différent, le polar fait rage. Le succès de Millenium pourrait donner à penser que c’est l’apanage des auteurs scandinaves. Plus généralement, des Nor-

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nombre de points communs avec le roman de Leroy, et d’abord le cadre où se déroule l’intrigue, la banlieue, « interdite, effarée ». Sainte-Mouise-sur-Dèche, la bien nommée. Ici, pas de rue Paraz, mais des Petits-Tapins. Et, plus banal, une avenue Henri-Martin. A ne pas confondre avec Rémy-Martin. Le narrateur, truand récemment élargi,

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ÉJÀ la rentrée. Bientôt la déferlante des romans. Les éditeurs fourbissent leurs armes, plus ou moins secrètes. La lutte sera chaude, une fois encore. Pour les records de ventes, pour les Prix. Ne nous mêlons pas de cette foire d’empoigne. Laissons s’en délecter les magazines à gros tirage, laissons-les parier sur l’un ou sur l’autre, qui sera sans doute oublié dans quelques mois. La littérature, faut-il le préciser, n’a rien à voir dans l’affaire. Du reste, les jeunes auteurs photogéniques ont bien plus de chances que les barbons de rencontrer la faveur du public. Pourvu que leurs portraits trouvent leur place dans les people. Mieux encore, si quelque mystère reste attaché à leur vie privée, quelque scandale à leur enfance. Les auteurs de premier roman sont parmi les plus prisés. Surtout les femmes, les jeunes filles. Elles partent avec une longueur d’avance sur leurs concurrents. Qu’on ne compte pas sur moi pour m’en offusquer, il n’est que justice de rendre hommage à la beauté. Et même de la favoriser. ●

Le Connétable et les prolos
diques qui ont fait ces dernières années une percée significative, en France et dans bien d’autres pays européens. Il n’en est rien. Nous avons aussi nos spécialistes, moins stéréotypés, moins conditionnés par la lecture des maîtres anglo-saxons. Ainsi de Monnaie bleue (2) de Jérôme Leroy. La réédition d’un roman policier publié initialement au Rocher en 1997. Une peinture violente de notre pays et de ses turpitudes à la fin du XXe siècle, vues du côté des laissés-pour-compte vivant dans les « quartiers  déshérités ». Une histoire d’amour, aussi, et de vengeance. Un héros — le narrateur — assez lamentable, engagé toutefois dans la lutte contre les pourris, hommes politiques, policiers parallèles, larbins des media, qui sévissent dans tous les rouages d’une société à bout de souffle. Autant de thèmes chers à un écrivain dont l’œuvre, une vingtaine d’ouvrages, romans, nouvelles, essais, anthologies, poèmes, reflète l’engagement. Du « bon côté », comme il se doit. Leroy avait quatre ans en 1968. Trop jeune pour les barricades. Il en éprouve pourtant, ses écrits en témoignent, une espèce de nostalgie. Acquis à la cause marxiste mais avec une sorte de candeur. Il croit aux lendemains qui chantent, à un monde idéal, à la fin de la technocratie, de la société de consommation. Il défend les faibles, les opprimés. Les victimes. A condition qu’elles n’appartiennent pas au mauvais camp. Ce manichéisme agace, certes. Comme il agace chez Manchette, chez Fajardie. Chez Prudon, cité plus bas. Si on parvient à en faire abstraction, on apprécie le style, la conduite du récit, le réalisme des dialogues. Jérôme Leroy est un vrai romancier. Du reste, un auteur qui donne à une rue le nom de Paraz ne saurait être entièrement mauvais… ● Encore un roman noir, encore une réédition, mais augmentée d’un avant-propos inédit. Banquise (3), d’Hervé Prudon, publié en 1981 chez Fayard, présente apprend que son copain de cabane, un certain Bonnes-Joues Schmitz, vient de se suicider. Ou d’être “suicidé”. Le commissaire Pojarski va mener l’enquête. Du polar, Prudon, qui a publié, entre autres, huit romans dans la « Série noire » de Gallimard, conserve quelques codes, et d’abord l’art de conduire une intrigue, de ménager des rebondissements. Mais sa prose, sèche comme une rafale de mitraillette (le cliché s’impose !), volontiers déstructurée au point de faire parfois penser à un Céline de moindre envergure, conjugue le réalisme avec une certaine forme de poésie et d’humour décalé. Engagé aussi pour la bonne cause, bien entendu. Né à Sannois en 1950, il a grandi en grande banlieue. C’est dire qu’il connaît la faune qu’il met en scène. Dans les années 1980, on l’a rangé dans la bande du « néo polar » avec Manchette et notre cher A.D.G. « Un groupuscule d’auteurs plus ou moins débraillés qui avaient choisi le genre noir pour prendre par écrit leur revanche sur la société dix ans après Mai68. Héros du peuple et martyrs de la répression, on refaisait le match et les méchants (acoquinés salauds FN, giscardiens, chiraquiens corrompus et racistes) étaient punis-emballés-pesés à la fin du bouquin. On prenait encore ses désirs pour des réalités ». Oublions, si faire se peut, ces partis pris. Banquise en vaut la peine, pour peu que l’on soit sensible au pittoresque des personnages, à l’humour omniprésent. _____
1. Œuvre critique IV. Les Œuvres et les Hommes, Deuxième série (volume 2), sous la direction de Pierre Glaudes et Catherine Mayaux. Editions Les Belles Lettres, 1 136 pages, 80 €. 2. Monnaie bleue. Editions de La Table Ronde, coll. « la petite vermillon » n° 319, 300 pages, 8,50 €. 3. Banquise. Editions de La Table Ronde, coll. « la petite vermillon » n° 320, 232 pages, 8,50 €.

D.R.

Soyons sérieux. Saluons, pour commencer, une belle réussite éditoriale qui ne doit rien à l’actualité immédiate : la publication de la monumentale Œuvre critique de Barbey d’Aurevilly (1). En voici déjà le quatrième volume, tout à fait digne des précédents (le premier date de 2004, je l’ai commenté dans ces colonnes, ainsi que les suivants). Pierre Glaudes et Catherine Mayaux ont présidé à l’élaboration de l’ensemble. Celui-ci est consacré à la littérature épistolaire, aux mémoires historiques et littéraires, aux journalistes et polémistes et aux portraits politiques et littéraires. J’entends d’ici maugréer certains lecteurs. Je les devine daubant mon prétendu élitisme : quoi, Barbey ? En quoi cette vieille baderne peut-elle encore intéresser un lecteur du vingt-et-unième siècle ? Laissons cela aux érudits, aux spécialistes. Ils se trompent. Sans doute tenons-nous là un livre de référence, précieux pour les thésards et les chercheurs. Mais pas seulement pour eux. Quiconque ne se contente pas de la bouillie aseptisée que l’on baptise, bien à tort, “critique”, fera son miel de cet ouvrage. Car le ton de Barbey est unique. Et, en plus d’un point, ses intuitions, sa clairvoyance. Uniques aussi, sa férocité, son injustice. Ses excès. Jamais l’expression « critique d’humeur » n’a mieux convenu qu’à cet imprécateur, vomissant Zola et les naturalistes, admirant, en revanche, Balzac, « aussi grand par l’âme que par l’esprit », qui « en avait, du génie, et du plus créateur ». Ailleurs, il dresse un parallèle entre l’auteur de la Comédie humaine et Shakespeare, « deux imaginations du même ordre qui ont fait la même chose sans se ressembler, qui ont étreint jusqu’aux larmes et jusqu’au sang la nature humaine et lui ont fait sortir du cœur tout ce qu’elle a dans le cœur ! » Il admire Stendhal et aussi SainteBeuve, fait parfois, lorsqu’il rencontre un vrai talent, des entorses aux principes, catholique ultramontain et monarchiste, qui sous-tendent sa conception de la vie, de la littérature et des littérateurs. Il éreinte en revanche Edmond About, auteur d’une Grèce contemporaine, « joli feuilleton à la douzaine, tout de parti pris, (qui) ne nous apprend absolument rien ». Benjamin Constant, ce “chapon”, ne trouve pas davantage grâce à ses

son portrait), brûlée par le double soleil de la passion et du génie ! ». Mes grincheux m’objecteront que, le temps ayant fait son œuvre, certains, que Barbey vilipende ou porte aux nues, sont devenus des inconnus, pas même illustres. Qui se souvient aujourd’hui d’Auguste Vitu ou de Granier de Cassagnac ? Qui, hormis les spécialistes de la période, a jamais su l’existence de Philarète Chasles ? De Timon de Cormenin ? Que nous importe donc leur œuvre et leur destinée ? Certes, les perspectives ont été rectifiées. Plus d’un a connu un purgatoire qui se prolonge. D’autres sont tombés, sans doute définitivement, aux oubliettes. C’est donc une occasion de faire connaissance. De situer aussi dans son temps un critique qui, en plus d’une occasion, fait preuve d’une enviable lucidité. J’ai ainsi découvert dans ce volume Xavier Aubryet, auteur des Patriciennes de l’amour, que Barbey louange (il est vrai qu’Aubryet, pas plus que le Connétable des Lettres, « n’est très fou de son temps, (…) ce triste temps travailleur et égalitaire »).

L’Europarlement comme si vous y étiez
A Bruxelles et à Strasbourg le Parlement européen est un véritable mastodonte. L’assemblée européenne, c’est, depuis le 14 juillet 2009, quelque 732 députés émanant des 27 Etats membres de l’Union et représentant 500 millions de personnes, 1552 assistants parlementaires, 5 933 employés qui travaillent dans l’administration. Avec un budget de 1,5 milliard d’euros en 2009, le Parlement européen est l’équivalent d’une grande collectivité territoriale. Avec L’Album secret du Parlement européen, techniquement très bien fait et enrichi d’un grand nombre de photographies, de Jean-Claude Martinez, professeur agrégé de droit public et député européen du Front national pendant vingt ans de 1989 à 2009, et de Norma Caballero, avocate au barreau de Bogota, le lecteur apprend tout sur l’Europarlement, ses codes, ses rites, son organisation, ses fonctionnaires, chauffeurs, assistants, médecins, vigiles et bien sûr parlementaires. Ses services sont tous passés au crible, de la bibliothèque aux coiffeurs, des restaurants à la salle de prière. L’on connaît à la virgule près le salaire des députés, le nom des différents groupes politiques, le rôle des lobbyistes. L’on suit dans les travées les eurodéputés qui vivent dans cette tour de Babel théoriquement 5 jours par semaine, 3 semaines par mois et 10 mois sur 12 et qui se délectent à « jouer à la maman ONU et surtout au papa droits de l’homme. Alors là, on fait des gros yeux méchants aux Serbes, Chinois ou Russes. On cajole l’ETA s’ils parlent de paix et on distribue des bons points. Des prix. Le Prix Sakharov des droits de l’homme ». Rien n’est laissé dans l’ombre, pas même le poids du lobby homosexuel (« Au Parlement européen, il n’y a pas de totem, de tabou, de sacré. On peut s’éclater. Sauf sur les OGM, le nucléaire et le marché. Sorti de là, c’est la liberté. Du moins sur le sociétal, l’hormonal, la sexualité. Chacun prend son pied. ») ou l’importance de la Police de la Pensée dont le conformisme idéologique est mis en évidence et dénoncé avec humour. Les auteurs montrent ainsi à quel point les députés non-inscrits sont mis sous tutelle et comment furent étouffées les responsabilités du Parlement européen dans le scandale de la vache folle. Leur conclusion fait froid dans le dos sur cette Europe soviétoïde : « S’est constituée au Parlement par empilement de directions, divisions et unités administratives, l’amorce d’une “Matrix” européenne. (…) Brocarder le contrôle européen de la taille des poires, des barbes du père Noël, ou de l’empattement des roues des tracteurs, est bien léger. Car c’est bien plus grave. “Les machines” du Parlement, de la Commission européenne et de la Cour de justice pourraient à terme annihiler les formes de vie, politique, économique et culturelle non autorisées. » _____ J. B.

L’Album secret du parlement européen, 200 pages, 39,90 € (+4,80 € de port). La Maison de la Vie et des Libertés 13 rue Durand, 34 000 Montpellier. Tél. : 04-67-5828-44. Fax : 04-67-58-28-77. Courriel : <jcmartinez34@aol.com>. Site : martinez2009.over-blog.com.

Chronique de la raoûtine plurielle
par Claude LORNE
UN été ordinaire dans notre belle France métisse. À Paris, arrestation en flagrant délit de l’« homme au cutter » qui, en embuscade près d’un distributeur de billets, avait agressé en un mois six usagers venant retirer de l’argent. Cet Algérien, libéré le 1er juillet de prison où il purgeait une peine pour des faits identiques, a expliqué ses crimes par la nécessité pour lui de « s’acheter de la drogue »…  À Antibes (Alpes-Maritimes), le distingué Fayçal S., capitaine de yacht, et son épouse Rania, médecin de son état, font enlever, séquestrer et rouer de coups par un cousin le plombier Sébastien dont les travaux ne les avaient pas satisfaits… Dans la Marne, la convertie Carole dépose plainte en discrimination contre la direction de la piscine de Noisiel qui prétendait lui interdire de plonger en burqini, tenue pas très hygiénique (pantalon, longue tunique et voile noirs) mais des plus seyantes qu’elle avait achetée à Dubaï ; secondée par le MRAP et SOSRacisme, Carole entend « se battre pour tenter de faire changer les choses » et, menace-t-elle, « si je vois que la partie est perdue, je n’exclus pas de quitter la France », ce dont on se consolerait aisément… À Etampes (Essonne), un organisateur de « soirées africaines » blesse grièvement un rival black qui l’avait critiqué sur Internet… À Royan (CharenteMaritime), des Jeunes de l’Essonne qui, ayant colonisé une rue de la station, y avaient trois semaines durant terrorisé vacanciers riverains et commerçants jusqu’à ce que certains d’entre eux, excédés, se disent prêts à prendre leur fusil, ont finalement été jugés en comparution immédiate et condamnés le 12 août à des peines allant jusqu’à 4 mois de prison ferme pour tentative d’extorsion de fonds, menaces et violences… Dans un foyer de migrants de Vitry-sur-Seine (Val-deMarne), la vérification annuelle de la sécurité incendie a permis de mettre au jour d’autres causes d’insécurité, notamment la présence de clandestins tenant des commerces de même tabac, dont une boucherie hallal où ont été découverts 105 kilos de viande avariée ainsi que des stéroïdes anabolisants. Une vingtaine d’individus en situation irrégulière ont été appréhendés mais ils ne devraient pas rester longtemps sous les verrous. Après tout, les trente-cinq familles ivoiriennes qui squattaient depuis des mois un immeuble du boulevard Charles-deGaulle à Villeneuve-la-Garenne (Hautsde-Seine) n’ont-elles pas été enfin évacuées le 11 août… pour être immédiatement relogées dans de « vrais appartements » faisant partie du parc d’habitat social de la ville avant, leur a promis le sous-préfet Benoît Kaplan, de bénéficier d’une procédure de régularisation ? Quant à l’explosif “9-3”, il est plus que jamais sous pression depuis la mort le 10 août à Bagnolet du jeune Africain Yakou Sanogo qui, roulant à moto sans casque, assurance ni permis, avait percuté un mur alors qu’il fuyait un contrôle de police. Manifs et émeutes se sont succédé, avec tirs contre les forces de l’ordre que le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a félicitées pour leur “calme” et leur “professionnalisme” (entendez qu’elles n’ont pas riposté) en même temps qu’il annonçait pour le 31 août une rencontre avec une vingtaine d’associations ; initiative visant selon le ministre à « établir les bases d’un dialogue serein et permanent entre le monde associatif de ces quartiers, ses habitants et la police ». Laquelle devrait encore prendre plus de couleur puisque le même Hortefeux a décidé le recrutement dès ce mois-ci de

(Dessin de CHARD.) neuf cents nouveaux « Cadets de la République » issus des cités. déclarations également racistes de JeanMarie Le Pen affirmant le 20 août sur RTL que « 90 % des faits divers ont à leur origine soit un immigré soit une personne d’origine immigrée » (des « chiffres incontrôlables », a protesté Libération oubliant le pourcentage, lui parfaitement contrôlable, des musulmans incarcérés pour faits crapuleux : la moitié des détenus en moyenne et jusqu’à 80 % dans certaines prisons) et, bien sûr, le dérapage du préfet Paul Girot de Langlade. Lequel, lors d’une altercation avec une volcanique Antillaise, agent de sécurité à l’aéroport d’Orly, aurait éructé : « On est là où ? On se croirait en Afrique… Il n’y a que des Noirs ici. » Ce qui, de même qu’à Roissy d’ailleurs (où, le 20 août par exemple, non seulement la quasi-totalité des agents au sol venaient des Tropiques, mais aussi le tiers des douaniers et même des légionnaires du 1er REC détachés à la sécurité et qui sentaient le sable chaud, au sens propre), est la stricte vérité, les emplois aéroportuaires semblant réservés aux seules « chances pour la France ». D’où l’exigence de multiples salles de prières musulmanes pour ce personnel d’élite… et plusieurs procès retentissants bien qu’étouffés sur les réseaux d’écoulement des objets de valeur “empruntés” par les bagagistes. Mais M. Girot de Langlade qui, circonstance aggravante, est un ancien officier sorti de Saint-Cyr, est un récidiviste. N’avait-il pas déclaré le 23 octobre 2002 à Carpentras que les gens du voyage « vivent d’escroquerie et de rapines » et qu’ils sont « trop nombreux », ce qui là encore est une évidence ? Mais le MRAP (qui, ayant alors porté plainte, avait été débouté) et SOS-Racisme ont aussitôt jeté feu et flammes contre ce fonctionnaire « indigne de la République » dont ils exigent la radiation et Hortefeux s’est illico exécuté, suspendant le 13 août le préfet de ses fonctions de coordinateur local pour La Réunion des Etats généraux de l’Outre-mer car, qu’on se le dise, « il ne tolèrera jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d’autant plus par un représentant de l’Etat quel qu’il soit, ces comportements étant indignes des valeurs de notre République ». Le seul ennui est que le suspendu qui, faisant l’objet de plaintes et d’une enquête du parquet, est de plus menacé d’une mise à la retraite d’office, nie mordicus avoir proféré ces « injures à caractère racial », crie à une « manipulation en lien avec les deux procès qui ont été engagés à [s]on encontre par le MRAP », qui les avait perdus et se dit victime d’une “cabale” ourdie par Hortefeux. « Probablement pour faire oublier son passage au ministère de l’Intégration et pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste. » Le lieutenant de Sarkozy aurait-il tiré pour une fois (et contre son propre camp) plus vite que son ombre ? Comme on aimerait en tout cas que ce grand méchant mou sévît avec la même célérité contre ceux qui nous pourrissent la vie ! <claude.lorne@yahoo.fr>.

LE PEN DÉRAPE, LE PRÉFET AUSSI
Mais passons. Ce qui a vraiment scandalisé nos media pendant ce mois d’août, ce sont d’abord les croix gammées et tags racistes barbouillés sur les murs d’une mosquée de Toul (Meurthe-et-Moselle) dont la porte fut, abomination de la désolation, adornée d’une tête de cochon, alors même que ces media ne s’étaient nullement émus des agressions physiques répétées contre l’abbé Roland Noël, curé de la paroisse touloise de la Croix-de-Metz obligé de renoncer à son ministère (voir RIV. du 10/7/09). Ensuite les

Ralliements
de
Villiers
et
de
Nihous
:
 Une
chance
pour
le
FN ?

L

E 2 SEPTEMBRE, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée Philippe de Villiers, qui avait fait le 4 août ce que Jean-Marie Le Pen a qualifié de “comingout” en annonçant sa décision de rejoindre le comité de liaison de la majorité en vue des élections régionales de mars 2010. Le président du Mouvement pour la France (MPF) avait alors rencontré Jean-Claude Gaudin, président du comité de liaison et de la commission des investitures de l’UMP. Ce dernier s’est évidemment félicité de la proposition de son visiteur, celle de présenter au premier tour en région PACA une liste MPF (qui devrait être conduite par Jacques Bompard, qui s’estime désormais “sarkompatible”) en concurrence directe avec le Front national… que Sarkozy n’a donc pas tué ! Il est ainsi définitivement établi que la seule raison d’être et la principale mission de Villiers et du MPF ont été, sont et seront de nuire au FN en copiant son programme et en tenant des propos provocateurs allant bien au-delà de ce qui conduirait un candidat frontiste devant les tribunaux.

FAUX CHOUAN, VRAI MAÇON
Dans le même esprit, le très catholique vicomte, dont le ralliement alimentaire pourrait permettre à la fausse droite de reconquérir deux régions, la PACA et peutêtre les Pays-de-la-Loire, a découvert après sa rencontre avec Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP et maçon déclaré, « quelqu’un avec lequel il est agréable de travailler, dans la franchise et dans la transparence. » Commentant son entrevue avec le ministre Eric Besson chargé, en définitive, d’ouvrir bien grand la porte de la France à l’immigration-invasion, le candidat dit souverainiste aux dernières élec-

tions européennes, prétendument opposé à l’entrée de la Turquie en Europe, à l’immigration et autres périls, a également qualifié le transfuge du PS d’« homme intelligent, subtil et très souple. » En matière de souplesse, Villiers est orfèvre… Frédéric Nihous, président de Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT), ancien membre du RPR, comme son prédécesseur Jean Saint-Josse, compère associé à Villiers pour les européennes, discute lui aussi d’un rapprochement avec l’UMP. Evidemment, M. Nihous proclame ne pas vouloir renoncer à ses dossiers de prédilection : dates d’ouverture de la chasse au gibier d’eau, forêts du SudOuest, diversité agricole (?). Il paraîtrait que sur ces questions, Xavier Bertrand est aussi très ouvert. Quant à lui, bien sûr, il ne renie pas non plus ses convictions. Mais il faut bien vivre, d’autant plus que les petits partis, constate-t-il, n’ont plus aucune chance d’obtenir des élus depuis le changement des modes de scrutin en 2004. Or on sait que se profile à l’horizon le scrutin à un tour où la liste arrivée en tête raflera la mise. Il faut donc ratisser large et agglomérer les petites listes avant qu’elles ne disparaissent définitivement. Six ans de gagnés pour les transfuges les plus médiatiques. Puis pourquoi pas un bail supplémentaire pour les plus malins ! Nicolas Sarkozy fait son marché pour la Présidentielle de 2012. Heureux électeurs de sa majorité qui, aux régionales, seront invités à voter pour une liste mélangeant allégrement carpes et lapins, c’est-à-dire des candidats estampillés UMP pur jus, du Nouveau Centre, des radicaux valoisiens, de la gauche progressiste façon Eric Besson, de la Gauche moderne à la mode Jean-

Marie Bockel — qui, n’apprécie guère le renfort du vicomte et l’a fait savoir, de même d’ailleurs que, pour des raisons différentes, Christine Boutin (1) — du MPF, de CPNT, etc. Souverainistes et chasseurs suivront-ils aveuglément Villiers et Nihous ? Ou, écœurés, seront-ils tentés de trouver ailleurs des convictions réelles réaffirmées élections après élections ? C’est l’occasion qui s’offre au Front national. S’il ne se trompe pas d’élection, c’est-à-dire s’il ne fait pas déjà campagne pour la présidentielle, le FN, même avec des finances au plus bas – mais il a jadis réalisé d’excellents résultats quand les secrétaires départementaux faisaient des miracles avec des bouts de ficelle —, pourrait recueillir les fruits de ces ralliements alimentaires et voir s’ouvrir devant lui des perspectives positives. Un jour ou l’autre, les combinaisons si alléchantes sur le papier qui consistent à agglomérer les petits partis à un gros finissent par se retourner contre leurs promoteurs en faisant fuir une partie des électeurs ne se retrouvant pas dans ce magma de candidats sans idéologie et sans projet, sinon celui de conserver leur gamelle et le brouet qu’elle contient. Rendez-vous en mars 2010. _____ Pierre PERALDI.

(1) Furieuse de la concurrence villiériste alors qu’elle vient d’être éjectée du gouvernement, la présidente du Parti chrétien-démocrate a aussitôt pointé ses différences irréductibles avec le vicomte notamment sur la « dimension sociale » (« Je suis par exemple favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne suis pas certaine que Villiers le soit ») et averti qu’« à force de rassembler tout le monde, on risque de faire émerger des extrêmes ». Puisset-elle dire vrai !