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ENSEIGNER.FLE

La revue des professeurs de FLE du département de Suceava

Suceava, 2007

COMITÉ DE RÉDACTION:

Prof. Atonia MANCIU

Inspectoratul Şcolar Judeţean Suceava

Prof. Irina LULCIUC

Colegiul Naţional ,,Mihai Eminescu”, Suceava

Prof. Felicia VRANAU

Colegiul Naţional ,,Mihai Eminescu”, Suceava

Prof. Cristina HETRIUC

Colegiul Naţional ,,Mihai Eminescu”, Suceava

COUVERTURE : Irina Lulciuc ISSN : 1843 – 7621

Le Comité de rédaction remercie à tous ceux qui ont contribué avec des articles à ce
Le Comité de rédaction remercie à tous ceux qui ont contribué avec des articles à ce numéro.
La responsabilité pour le contenu des articles appartient entièrement aux auteurs. Pour se procurer la revue,
La responsabilité pour le contenu des articles appartient entièrement aux auteurs.
Pour se procurer la revue, s’adresser à la rédaction.
Responsable du numéro : prof. IRINA LULCIUC
Responsable du numéro : prof. IRINA LULCIUC

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SOMMAIRE

I. ENSEIGNER LE FRANÇAIS

Brindusa Maximiuc, Le professeur et ses rendez-vous avec les fautes dans l’enseignement du verbe // p. 5 / Daniela Iftimi, L`exploitation pédagogique de l`image // p. 9 / Elena Lungu, Le français parle dans l`enseignement du français // p. 14 / Loredana Mititiuc – Sveica, Considérations pédagogiques sur l’enseignement de la littérature francophone de l’Afrique // p. 20 /

II. DOCUMENTS AUTHENTIQUES

Elena Vişovan, Le rôle des documents authentiques dans la classe de FLE // p. 27 / Irina Lulciuc, Le document authentique en classe de FLE : SNCF // p. 32 / Constantin Tiron, Utiliser les chansons françaises en classe de FLE. Cours optionnel : Chanteurs francophones d’hier et d’aujourd’hui // p. 39 / Emilia Colescu, Utiliser les contes en classe de FLE. « Réinventer » les contes de Charles Perrault // p. 46 /

III. PÉDAGOGIE DU PROJET

Felicia Vranau, Réalisation de projets dans le TIC. Film artistique de court métrage. Historique de la notion du projet // p. 51 / Cristina Hetriuc, Les usages pédagogiques du Blog. Le bilan d`une expérience // p. 55 /

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ENSEIGNER LE FRANÇAIS

Brînduşa MAXIMIUC

Le professeur et ses rendez-vous avec

les fautes dans l’enseignement du verbe

Daniela IFTIMI

L`exploitation pédagogique de l`image

Elena LUNGU

Le français parle dans l`enseignement du français

Loredana MITITIUC - ŞVEICA

Considérations pédagogiques sur l’enseignement de la littérature francophone de l’Afrique

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Le professeur et ses rendez-vous avec les fautes dans l’enseignement du verbe

Brînduşa MAXIMIUC

Colegiul Naţional de Informatică « Spiru Haret »

Suceava

Le verbe, une catégorie essentielle de la phrase, présente toujours des difficultés dans son apprentissage. Prévenir les erreurs dans ce domaine est, par conséquent, fort important, ce qui nous a amené à concevoir une étude qui ait comme point de départ les fautes dépistées dans notre expérience pédagogique. Il y a deux conditions de base qui assurent l’appropriation par les élèves du contenu à enseigner et la formation de leurs habitudes d’expression, en dehors des méthodes didactiques employées : la progression et l’attitude pédagogique par rapport aux erreurs. Le programme et le manuel indiquent la matière à enseigner par unités didactiques, le manuel constituant un auxiliaire précieux pour le professeur en lui offrant un matériel de base en vue de faire avancer les élèves dans l’étude du français. Il revient au professeur d’opérer un choix dans cet inventaire lexico-grammatical, exercices, etc. Cela este nécessaire pour concevoir le déroulement de la leçon en respectant les règles pédagogiques. Chaque classe a son niveau, son atmosphère, ses possibilités de réception en groupe et chaque élève a le droit de jouir de l’attention du professeur dans le cadre de ce travail de groupe. Notre propre expérience nous a montré qu’une reprogrammation de chaque leçon, par petites étapes est nécessaire :

étudier un seul problème par étapes ; s’arrêter pour exercer jusqu’à ce que tous les élèves le maîtrisent bien ; ne pas distribuer l’attention des élèves en faisant passer deux ou trois questions à la fois ; Passer en revue de manière superficielle certaines questions (de communication pratique ou bien d’analyse consciente) signifie procurer, pour longtemps, une source d’erreurs. Des répétitions fréquentes sous forme d’exercices variés, assurent la fixation des connaissances de langue dans les habitudes d’expression et dans le bagage de connaissances théoriques des élèves.

La deuxième condition principale pour une bonne appropriation des connaissances est l’attitude du professeur par rapport aux erreurs commises par les élèves, soit dans les exercices préparatoires pour la nouvelle leçon, dans les exercices de réemploi, soit dans les exercices visant la vérification des connaissances. Une différence est à établir entre le dernier type d’erreurs et les autres. Le facteur émotionnel intervient davantage lorsque les élèves

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savent qu’ils sont vérifiés pour être appréciés à partir de leurs erreurs de langue et d’habitude, certaines erreurs sont dues à ce fait. Attentif aux réactions du professeur (à l’oral), l’élève ne peut plus se concentrer exclusivement sur ce qu’il dit, et surtout sur le « comment il le dit ». Les marques des modes dans la chaîne parlée (qui assure la cohérence de l’énoncé) étant les dernières acquises (on vérifie les acquisitions récentes) s’effacent en faveur du souci pour l’expression du contenu d’idées. De là, absence ou mauvais emploi des marques d’un verbe nouveau ou d’un verbe que l’élève devrait employer par analogie à d’autres verbes connus, voire le mauvais choix des mots nouvellement acquis. Dans le domaine du verbe, les erreurs peuvent s’expliquer, du point de vue pédagogique, en général, d’abord par l’appropriation incomplète de certaines formes verbales. Cette situation peut être assez souvent expliquée soit par l’incompréhension à cause d’une capacité de discrimination auditive déficitaire, ou bien à cause de l’exercice insuffisant de la forme respective dans le contexte, ou bien encore par l’interférence de la langue maternelle, parfois même difficile à saisir dans les productions des élèves. Un seul exemple de ce dernier type :

Il a été allé. pour Il est allé. (classe de neuvième)

Deux explications seraient possibles pour ce type de faute (ce qui n’est pas singulier chez les élèves) : premièrement l’auxiliaire roumain pour le verbe correspondant est a avea (a mers) que l’élève a commencé par transposer en français parce qu’il « traduisait » son texte (l’habitude de formuler directement en français s’installe plus tard). En même temps, il s’est rappelé que le verbe aller forme ses temps composés avec le verbe être et l’auxiliaire étant un marqueur de temps ; il l’a laissé en entier au passé composé (il était donc conscient qu’il devait employer ce temps) et il a ajouté « correctement » le participe passé du verbe aller. Il y a donc, ici, surcharge de marques du temps par l’effet d’un transfert négatif. Une explication de nature sociolinguistique est possible pour ce type d’erreur, explication valable pour notre région seulement. Assez fréquemment, à Suceava et à Botoşani, on exprime le passé composé à l’aide des deux auxiliaires :

Ieri am fost venit la voi. Cette forme non littéraire, que l’élève n’emploie pas à l’école (où il est en train d’apprendre le roumain littéraire) subsiste cependant dans son subconscient et, lorsqu’il veut, en hâte, transposer en français le contenu correspondant, au lieu de faire appel à la forme qu’il a apprise à l’école, il s’adresse à des structures mieux fixées de la langue maternelle. Nous sommes ici en présence d’une double interférence : intra et inter- linguistique. Un autre type de faute, due cette fois à un transfert direct de marque

verbale -fait très fréquent ; une sorte de super correction (qui vise à « corriger » les « irrégularités » du verbe) est la forme vous disez, expression de la tendance à

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régulariser la conjugaison. C’est toujours une sorte d’interférence intralinguistique, pour le nommer ainsi ; l’élève forme le verbe sur le modèle commun, à partir de nous disons , ce qui est dû à un exercice insuffisant. C’est une faute interne commise aussi par les enfants français et par les gens du peuple. Pour éviter ce type de fautes, (vous êtes, vous dîtes, vous faîtes), il n’y a qu’un exercice très soutenu et longtemps répété pour que la forme apparaisse en réflexe comme réponse au marqueur antéposé (le pronom sujet), même avant de formuler la règle concernant les trois verbes. C’est toujours à cause de l’application abusive de la règle qu’un élève peut écrire : Vous avez savu. La construction du passé composé bénéficie de la similitude avec le roumain (transfert direct possible), mais le participe passé du verbe savoir, incomplètement fixé, est construit sur l’analogie avec Voir - Vu. Il y a un aspect positif ici : le fait que l’élève se rappelle vaguement que certains verbes en –oir font leur participe passé en –u. Les élèves ont beaucoup à gagner si l’on discute en classe ces formes aberrantes et si l’on accompagne ces discussions d’exercices applicatifs en les entraînant tous dans des répétitions orales et écrites. La seule allusion à Coana Chiriţa suffit, surtout à 15-16 ans, lorsque la personnalité des élèves commence à se « gonfler », comme motivation forte à des exercices systématiques mais parfois assez ennuyeux. On fait appel au souci de ne pas être ridicule par un mauvais emploi du verbe ou bien de ne pas trahir une formation lacunaire. Les erreurs typiques les plus fréquentes se manifestent dans les désinences, non tant comme marqueurs du temps, mais surtout comme expression de la personne (transcription erronée de l’accord avec le sujet). Il s’agit, certes, de lacunes dans l’appropriation du paradigme au niveau de l’écrit ; mais nous sommes assez souvent en présence d’une transposition directe, phonétique, de la forme correspondante. Habitudes d’orthographe insuffisamment fixées, pour que le sujet appelle en réflexe la désinence correspondante.

Nous pensont à …, Il faut qu’il soie….

Ce type de faute prouve que les habitudes d’orthographe se forment et se consolident à base d’exercices soutenus, tout comme les habitudes d’expression orale. Identifier, autant que possible, la source des erreurs est importante pour le corrigé, activité complexe et assez difficile, étant donné la diversité des erreurs dans un groupe. On ne peut pas prétendre que les fautes identifiées dans un exercice écrit puissent être corrigées dans une seule leçon suivante. La diversité des sources et surtout la diversité des formes erronées nous obligent à tenir une évidence stricte et permanente et à programmer le travail de correction sur plusieurs leçons ou bien sur plusieurs séances de travail dirigé où l’on puisse discuter avec chaque élève ses propres erreurs. On ne peut discuter en classe, avec le groupe entier que les fautes typiques- communes à plusieurs élèves. On entraîne dans ce travail de correction la classe entière ; on explique cette fois par la théorie, des formes

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correctes, on essaie de découvrir ensemble les causes des erreurs commises et on refait non seulement les exercices mal construits, mais d’autres exercices visant une meilleure fixation de la même question par un processus plus actif de réflexion, une reconstruction consciente, auto- et inter- contrôlée des structures et des formes mal acquises. Le professeur de français doit assurer en classe une atmosphère de travail et efficace en fonction duquel il déploie son rôle sous le signe de la capacité créatrice qui caractérise le pédagogue- animateur.

BIBLIOGRAPHIE

1.CSECSY M. Les Marques Orales du Nombre in Le Français dans le Monde, no.57, 1968 ; 2.DUBOIS J. Grammaire Structurale du Français, Larousse, Paris, 1973 ; 3.THOMAS A. Le Dictionnaire des Difficultés de la Langue Française, Paris, Larousse, 1971 ; 4.PINCHON, J De la conjugaison des verbes in Le Français dans le Monde, no. 64, 1979 ; 5.RIGAULT A. Les marques du genre in Le Français dans le monde, no54, 1978 ; 6.ROJAS C. L’Analyse des fautes in Le Français dans le Monde, no. 81,

1981.

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L`exploitation pédagogique de l`image

Daniela IFTIMI

Şcoala cu clasele I – VIII No.4

Suceava

Quand on veut enseigner l`image dans la classe de français on se pose plusieurs questions:

Qu` est ce que l`image?

  • A) L`image est constituée d`un ensemble de langages en interaction. L`image visuelle est elle même constituée par l`articulation de codes

différents (formes, couleurs, cadrages etc.) L`image peut être aussi sonore

(bruits, musique, paroles, silence) De plus en plus le langage verbal (oral ou écrit) associe a l`image est a l`origine d`images complexes, ou les langages sont en interaction les uns avec les autres.

  • B) L`image établit le rapport au réel

La particularité de l`image c`est qu`elle entretient toujours un rapport avec le réel du monde ou de l`imaginaire. Ce rapport est plus ou moins d`ordre analogique ou symbolique. Toutefois ce qui différencie le signe iconique du signe verbal arbitraire est bien cet effet de figuration plus ou moins concrète qui renvoie le récepteur a des éléments du réel.

  • C) Le sujet récepteur est constructeur de l`image.

Le troisième référentiel de l`image c`est le sujet qui la regarde et engage de multiples compétences, telles que la vision, la perception, la reconnaissance, la compréhension, l`imagination, l`investissement personnel. Le rôle de la parole est essentiel dans la classe de français car elle servira a analyser, à interpréter a mettre en relation les divers éléments de l`image pour mieux la comprendre. Enfin il est aussi possible de créer en correspondance un texte a partir d`une image en essayant de trouver avec les moyens propres au langage verbal, certains effets esthétiques crées grâce aux signifiants de l`image: c`est le cas du poète Jean Tardieu qui a crée des textes a partir des aquarelles de Jean Bazaine il n`a essaye ni de traduire, ni d`expliquer, mais de trouver avec le pouvoir propre des mots une correspondance avec la peinture. 2) Une autre question qu`on se pose quand on veut enseigner l`image est “Comment l`enseigner?” est surtout en quoi peut consister un enseignement de l`image? Cette dernière question est fondamentale car l`image peut être utilisée comme lecture et soutien pour l`apprentissage d`une langue étrangère. Les images peuvent être perçues comme des documents pouvant être utilises pour transmettre un savoir. Le domaine dans lequel le professeur de français s`inscrit le plus est celui “de la sensibilité de l`imagination et de la création”. On peut souligner trois grandes parties pour l`exploitation de l`image comme objet d`étude: l`observation de l`image et de ses

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caractéristiques, l`utilisation de l`image et ses transformations et enfin la création d`images et d`un espace muséal personnel. L`image ne va pas de soi surtout pour un élève roumain elle n`est pas décodable immédiatement; il faut doter les élèves d`outils conceptuels, leur permettant de pouvoir s`exprimer sur l`esthétique de l`image. Ici on peut faire référence au peintre Paul Cézanne pour qui “voir c`est concevoir”. Il faut ainsi cultiver le regard des élèves pour leur apprendre a voir ce que l`on regarde. Il faut permettre aux élèves de décrire véritablement les images de mettre en mots “ce qui est vu et vécu émotionnellement”. Pour atteindre cet objectif on rencontre le problème du vocabulaire assez restreint des élèves et leur hésitation d`employer la langue française. Le décodage d`une représentation visuelle ne peut se faire que par le biais de la langue qui est un appui vers la compréhension de l`image. Quand il décrit une image, l`élève doit faire une somme de toutes ses connaissances de grammaire et de vocabulaire. Avec un peu de patience de la part de l`enseignant, l`élève prendra du courage a rédiger toute une histoire autour de l`image qu`il regarde. Les manuels de français de 4 eme – 8 eme abondent en exercices d`exploitation de l`image qui aideront l`enseignant a développer la compréhension orale ou écrite de l`élève qui étudie le FLE. Il y en a ainsi plusieurs types d`exercices.

Exercice d`identification de la correspondance texte-image, manuel de 4 e éditions Hatier Didier

caractéristiques, l`utilisation de l`image et ses transformations et enfin la création d`images et d`un espace muséal

Exercices d`association entre un stimulus auditif (un énoncé oral) et un stimulus visuel: image, dessin, symbole – l`identification de la nationalité des personnages – manuel de

  • 4 eme

.

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• Exercices d`identification du type de document – manuel de 7 – Ed Humanitas. • Exercices

Exercices d`identification du type de document – manuel de 7 eme – Ed Humanitas.

• Exercices d`identification du type de document – manuel de 7 – Ed Humanitas. • Exercices

Exercices d`identification de la relation entre le texte et l`image: reconnaissez selon la description - manuel de 5 eme – éditions Humanitas.

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• Description de personnes selon l`image manuel de 7 , 8 – éditions Humanitas 12

Description de personnes selon l`image manuel de 7 eme , 8 eme – éditions Humanitas

• Description de personnes selon l`image manuel de 7 , 8 – éditions Humanitas 12

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Conclusion:

Toute image constitue une unité sémantique, un document au monde contemporain et a l`univers de l`enfant. L`étude de l`image en classe de français suppose un travail de réflexion sur le visuel des activités orales et écrites, des échanges entre apprenants et enseignants, encouragement et appui. Le message déchiffre a travers l`image sert de but et de moyen.

BIBLIOGRAPHIE:

1.Les Conférences du Clémi – Sublet, Françoise – L`image d`information a l`école, Toulouse, 1998 2.Les professeurs et les images PUF collection l`Educateur 3.Les manuels de français de 4 e – 8 e – éditions Hatier Didier et Humanitas.

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Le français parlé dans l`enseignement du français

Elena LUNGU

Şcoala cu clasele I – VIII No. 4

Suceava

Si les apprenants du français langue étrangère s`aperçoivent très vite du décalage existant entre le français entendu en classe et le français parlé en France, les professeurs ne sont pas non plus les derniers à reconnaître que l`enseignement de l`oral reste encore aujourd`hui une question obscure. On pose ainsi la question. Comment améliorer l`enseignement/apprentissage de l`oral ? On essaie de donner quelques pistes pour répondre à cette question. L`accès à de nouvelles formes de parole fait partie de l`horizon didactique actuel et correspond à une demande sociale et éducative. La langue française n`a pas changé, mais les usages et les discours ordinaires évoluent et sont peu légitimes dans les pratiques de classe. « Les deux pôles de l`écrit et de l`oral doivent être envisagés sous la forme d`un continuum de pratiques différentes de la langue, mais pour l`enseignant la tâche reste complexe » . Le cadre didactique dans lequel se déploie la parole de l`apprenant implique qu`il suffit de communiquer pour progresser et présuppose que l`oral ne pose ainsi aucun problème. Et pourtant, des questions récurrentes concernant l`oral sont soulevés : les usages toujours plus variés du français parlé, la diversité de l`organisation des formes orales, les facteurs structurants de la parole qui donnent sens à la communication verbale. La puissance du modèle de l`écrit fait donc largement partie de l`imaginaire des apprenants et des enseignants. Les formes orales ordinaires verbalisées par les français sont pour les apprenants étrangers très éloignées du français qu`ils ont appris comme :c(e) mec est trop !il en a b`(z) oin d`c`truc la ?-j`ai une pêche d`enfer !ou tout simplement la réduction de :tu n`as pas de chance qui devient lorsqu`il est parlé : t`as pas d`chance voire,pas t`chance. En imaginant ces verbalisations ordinaires dans leur forme vivante, son fonctionnement est insaisissable et sa compréhension parfois indigeste. On peut attendre souvent : « ce n`est pas du français, c`est un français bizarre, chaque français a une autre façon de parler ou c`est un autre français que celui qu`on apprend à l`école »

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2

.

1 WEBER, Corine, Pourquoi les Français ne parlent-ils pas comme je l`ai appris. Le français dans le monde, 345, 2006

2 WEBER, Corine, Op.Cit.

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Et lorsqu`ils quittent la France après leur séjour linguistique, ils retirent aussitôt de leur répertoire les adjectifs bien / beau pour les remplacer par super / génial comme le font les Français. Un autre niveau consisterait à sensibiliser l`apprenant au fonctionnement de l`oralité relié aux contraintes des stratégies de discours en interaction, de les observer,de les analyser si nécessaire pour conceptualiser :

une telle démarche l`aiderait dans la compréhension des parlers pour une meilleure progression. C`est dans cette perspective que les recherches sur les corpus oraux - à partir d`un certain niveau de compétence et pour les élèves peu confrontés au français tel qu`il est parlé, viennent au devant de la scène en didactique du F.L.E. Si on propose un échange oral ordinaire entre deux locuteurs français à l`apprenant, celui- ci saisit très vite qu`il diffère du

modèle audio ritualisé ci-dessus et qu`il ne s`agit ni du même parlé ni de la même prononciation :

-i`vient n`voir et i`m dit :

-au fait / faut qu`(ch)` te di (z ) on part à l`heure -c`t-à-dire ? -pa(r) s`que : moi, c`est qu` j` dois partir aux (z) alentours d`onz` heures. On doit mettre en évidence les différences fondamentales de l`oral avec la prononciation écrite et lue :

  • a) les unités verbales de sens sont composées de deux ou trois syllabes et

formes de groupes rythmiques. Cette manière d`unir la parole et le sens oppose l`unité du discours oral à la segmentation de l`écrit que les apprenants connaissent.

  • b) le français parlé se présente également par la réduction structurelle des

syllabes dans la saisie des unités conversationnelles. La séquence –il faut qu…heures , constituée de 9 syllabes quand elle est lue est réduite à 3-4 groupes de souffle de 3-4 syllabes à l`oral (selon le locuteur). Une autre illustration peut convoquer les emprunts, les acronymes fréquents dans les usages courants :

-p`tit déj – l`appart – la télévision / télé – le rib – la fac- la R.E.R. La réduction des syllabes avec la chute de / E / caduc, le relâchement de / R / et / I / ( i ` vient m`voir …), la distinction entre les allongements d`insistance ( pars que ::) et les allongements structurels (l`heure : ) les variations de prononciation de deux consonnes côte à côte dans le continuum de la parole … comme dans faut qu` (ch) ` te dit (z) explique comment les sons en contact s`enchaînent, forment ou ne forment pas groupes ou notions, sont essentielles dans l`apprentissage de la prononciation française. Ces caractéristiques de l`oralité jouent un rôle déterminant en réception / compréhension du français parlé. Un autre aspect du français parlé qui doit être souligné à nos élèves c’est l`ordre des mots qui « gêne souvent le locuteur français » 3 .

3 SAUVAGEOT, Aurélian, Français écrit, Français parlé, Paris, Larousse, 1962, pag. 39

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L’ordre normal – sujet – verbe - complément est observé assez souvent par l’usager quand il écrit, parce qu’il opère alors dans des conditions particulières ; il peut prendre le temps de construire mentalement son énonciation avant de la coucher sur le papier. Mais il n’en est pas de même quand on parle. Avec les concepts :

voiture, garer, porche, sous je, l’énonciation « j’ai garé la voiture sous le porche » est irréprochable du point de vue grammatical. L’ordre est celui-là même que recommande la grammaire normative : sujet (je), verbe (ai gare) complément d’objet (la voiture), complément circonstanciel de lieu (sous le porche). Dans la vie courante, le locuteur n’a pas le loisir de « retaper » sa phrase avant de la commencer. Il commence, et puis il « se débrouille » pour continuer comme il peut. Quiconque a enregistré du « parlé » spontané sait que l’énonciation habituelle est faite de phrases ébauchées, interrompues, reprises, souvent laissées inachevées dès que l’interlocuteur manifeste d’une manière ou d’une autre qu’il a compris ce qu’on désirait lui dire. En français parlé l`expédient le plus courant est l`envoi en avant du premier mot (ou de son groupe) et l`emploi du pronom – relais approprié. On dira ainsi :

« La voiture, je l`ai garée sous le porche ». Le mot - outil le/la/l`, les, sert d`indice de rappel en assumant la fonction de complément d`objet à la place du mot qui a été proféré d`entrée. Une autre situation rencontrée c`est celle du pronom isolé qui est projeté en tête et sa fonction de complément d`objet est indiquée ensuite par le pronom - relais

Lui, je l`ai aperçu dans la rue.

Eux, il ne les a plus revus.

Moi, il ne trompera pas.

Nous, ils nous ont eus.

On peut attirer l`attention des élèves en ce qui concerne le style parlé qui opère avec des phrases également courtes, mais qui sont liées entre elles par des effets modulatoires plus ou moins complexes. Au lieu d`entendre « Il n`est pas venu parce qu`il était malade ou : S`il n`est pas venu, c`est qu`il était malade,on entend très souvent : Il n`est pas venu, il était malade » ou l`articulation entre les deux assertions « il n`est pas venu » et « il était malade » est établie par le maintien de la voix sur une note relativement élevée à la fin de la première proposition,suivie d`une césure,puis d`une descente de la voix qui termine sur une note relativement basse. Quand on examine de près des textes oraux on s`aperçoit que la phrase complexe est réduite à peu de choses en dehors des phrases subordonnées introduites par que ou par un relatif (le plus souvent qui ou que). On ne trouve guère que des complétives commençant par : quand, parce que, puisque, pendant que, ou des propositions introduites par « si ». La conjonction « car » est presque

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sortie de l`usage parlé. Une locution conjonctive telle que « tandis que » ou « bien que » tend aussi à disparaître (bien que a reculé devant malgré que). On peut même ériger en règle que le style parlé n`est souvent qu`une succession de propositions sans articulation, ou plutôt de propositions dont l’articulation dépend exclusivement de moyens modulatoires

Il a neigé toute la nuit, les chemins sont impraticables.

Il a plu toute la journée, on n’a pas bougé.

Un autre aspect du français parlé très bien traité et analysé dans les manuels pour les avancés est celui des homonymes homophones et homographes. Les homonymes lexicaux 4 sont bien mis en évidence à l’aide des exemples et consolidés par de nombreux exercices :

« lexicaux : un verre, un ver, un vers, vert un sot, un saut, un seau, un sceau le cou, le coup, le coût, le tour, la tour -grammaticaux : -a (verbe « avoir ») / à (préposition) Il a un lapin à la maison -et (conjonction) Ma chambre est grande et claire -son (adjectif possessif) / sont (verbe « être ») Béa et son frère sont au cinéma. -on (pronom) / ont (verbe « avoir ») On aime les fleurs qui ont de belles couleurs.

  • - ou (conjonction) / où (pronom relatif) T’as vu Marc ou Eric ? Tu sais où ils sont ?

  • - ce (adj. démonstratif + nom) / se (pronom réfléchi +

verbe)

 

Regarde ce garçon qui se regarde dans la glace.

  • - ces (adjectif démonstratif pluriel) / ses (adjectif possessif

pluriel)

  • - c’est (ce + être) / s’est (verbe réfléchi) / sais / sait (verbe

« savoir ») ». On doit aussi insister et expliquer à nos élèves que le nom se distingue du verbe par la nature des mots outils qui le précèdent. Un mot précédé de l’article ou de tout autre déterminatif nominal (démonstratif, possessif, indéfini) est un nom :

 

une part /

la part / sa part

/ cette part / des parts

Inversement,

un

mot

précédé

d’un

déterminatif

verbal

(pronom

personnel) est un verbe :

 

je pars / tu pars

/ il part

/ on part

Même

quand

on

a

affaire

à

des

mots

plus

corpulents, cette

constatation reste valable :

 
 

le savon / nous savons

/ notre savon

4 POPA, Mariana, POPA Anca Monica, Limba franceza,manual pentru clasa a–VIII a, Bucureşti; Humanitas Educational , pag 59 ..

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On peut aussi mettre en question, même aux débutants les formes d’emploi des mots. Par exemple, on sait qu’une partie des formes verbales est également invariable ; nous voulons dire par là qu’elles ne changent pas d’aspect pour exprimer la personne. C’est le cas au singulier du présent de l’indicatif ou la même forme, plus exactement le même thème, sert pour les trois personnes. La distinction de personne est uniquement indiquée par le sujet, représenté par le pronom personnel sujet aux deux premières personnes et par le pronom ou le sujet nominal explicite, ou encore une proposition sujet quand il s’agit de la 3 ème personne.

je / tu chante(s)

il / le coq chante

Le thème chante, qui est la base sur laquelle s’édifie toute la conjugaison du verbe « chanter », sert, nu, de support aux trois personnes du singulier, et même, comme c’est le cas pour les verbes en –er, de support pour la 3 ème personne du pluriel :

ils chantent / les coqs chantent puisque la finale –ent est désormais abolie dans la langue parlée. Une autre difficulté se retrouve dans la formation du participe passé, problème détaille dans le manuel pour les avancés, « Participe passé -en é ou infinitif en -er ». 5 On peut y ajouter d`autres situations fréquemment rencontrées dans les textes de nos manuels. Alors que les verbes en -er et en -ir forment respectivement leur participe passé en « é » (donc identique à l`infinitif) et en –i (identique au thème de singulier du présent de l`indicatif), les autres verbes construisent le leur, en –u

-chante (chanter) -finit (il finit) -vendu (il vend) -reçu (il reçoit) La distinction de genre doit aussi nous préoccuper souvent pendant nos classes de langue française dès que le déterminant se présente sous une forme indifférenciée. -cet ami/cette amie -mon ami/mon amie -des élèves/des artistes -ces employé(e)s -notre délégué(e) A chaque pas nous sommes gênés par l`impossibilité de définir le genre, en particulier dans des mots comme ami/amie, élève, employé(e). Le genre est une notion accessoire qui adhère à tout substantif quel qu`il soit.

5 POPA Mariana, POPA Anca Monica, Op.Cit., pag.21

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Certains de ces substantifs sont masculins par tradition, d`autres sont féminins, mais il arrive que rien dans leur forme, leur prononciation ou même parfois leur graphie ne permettent de savoir leur genre. Aussi des erreurs se commettent. On enseigne que les mots terminés en -e (dans l`orthographe) sont des féminins. Rien n`est plus erroné : père, maire, frère etc. sont la pour démentir une pareille assertion. En réalité rien ne peut guider notre élève. Il faut qu`il sache par cœur que tel substantif est masculin ou féminin. A partir de ce moment, il sait qu`il doit l`accorder, si faire se peut, avec la forme féminine du déterminant ou de l`épithète quand il y a lieu. Ces quelques aspects du français parlé présentés et fréquemment rencontrés dans le processus d`enseignement / apprentissage du français ont eu l`intention à montrer que l`opposition en apparence simple de la langue parlée et de la langue écrite doit être reconsidérée, vu le fait qu`une dimension en cache une autre. Seule une approche multidimensionnelle peut faire justice à la complexité des phénomènes. Enfin nous aimerions souligner qu`il est possible de dépasser le cloisonnement de l`écrit oralisé qui n`est pas de l`oral vivant : « sortir du circuit de l`écrit, ce n`est pas être condamné à s`inscrire dans un procès de dévalorisation de la langue française» 6 .

BIBLIOGRAPHIE

1.Carton, F., La notion d`aisance dans la production et la réception orales en langue étrangère, Mélanges, CRAPEL 21, 1986. 2.Le français dans le monde « Pourquoi les Français ne parlent-ils pas comme je l`ai appris », Cle International, 345, 2006

3.Cappeau, P., Ce que l`oral nous a appris sur la syntaxe du français , LIDIL 32, 2005. 4.Léon, P., Phonétisme et prononciation du français, Nathan Université,

1992

5.Lhote, E., Enseigner l`oral en interaction , Ed. Hachette, 1995 6.Mechonnic, H , Qu`entendez- vous par oralité ?, Langue française 56, 1982

7.Morel M .A., Danon – Boileau L., Grammaire de l`intonation. L`exemple du français, BFL, Ophrys, 1998 8.Weber, C., Prononciation et évaluation de l`oral : une alliance conflictuelle. Synergies 9.Bresil, revue de didactologie des langues-cultures,

2006

10.Wioland, F., Prononcer les mots du français, Paris, Hachette, 1991 11.Aurélian Sauvageot, Français écrit , Français parlé, Paris, Larousse,1962 12.POPA, Mariana, POPA Anca Monica, Manual de limba franceza clasa a VIII a, Bucuresti, Humanitas Educational, 1992

6 WEBER, Corine, Ibid.

19

Considérations pédagogiques sur l’enseignement de la littérature francophone de l’Afrique

Loredana MITITIUC-ŞVEICA

Colegiul Tehnic „Petru Muşat”

Suceava

La langue française, introduite avec la colonisation, est maintenant l’une des grandes langues de communication de l’Afrique moderne. Jouant un rôle essentiel dans la scolarisation des enfants et donc dans le passage à

l’écriture de l’Afrique, habituée à la transmission orale, elle est tout naturellement devenue la langue de la littérature moderne. Les langues africaines continuent de donner vie à l’expression traditionnelle des cultures et, elles aussi, s’intègrent à la modernité, par la chanson, le théâtre et parfois les formes écrites. Plusieurs ensembles littéraires coexistent et interfèrent au Maghreb. Ils se définissent par la langue d’écriture (arabe, littéraire ou national,

berbère, français

...

)

et par leur statut, leur fonctionnement, leur public

(tradition orale et littératures modernes écrites ; littérature algérienne ou marocaine ou tunisienne ; littérature judéo maghrébine ; littérature française du Maghreb). La littérature maghrébine d’expression française qui garde au Maghreb son centre de gravité, est produite par des écrivains qui revendiquent une identité maghrébine. Née au moment des combats de libération nationale, elle visait alors un public international qu’il fallait gagner à la cause de l’indépendance. Elle est devenue « classique » au Maghreb même par son inscription dans les programmes scolaires. Alors qu’on avait pronostiqué son dépérissement progressif à la suite des politiques d’arabisation, elle a survécu et s’est même développée, touchant aujourd’hui un public maghrébin autant que français et instaurant un dialogue des cultures entre les deux rives de la Méditerranée. Cette littérature est fortement marquée par le statut problématique du français, langue de l’aliénation dans laquelle on proclame l’amour de la langue maternelle, mais aussi langue du combat identitaire ou langue du recul critique proposé par le détour de la langue étrangère ou de l’exil. Pour ne donner que seulement quelques-uns de plus importants noms d’écrivains maghrebins qui se sont faits remarqués dans cette zone du monde : Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Mimouni pour l’Algérie ; Abdellatif Laâbi, Abdelkebir Khatibi, Tahar Ben Jelloun or Abdelhak Serhane au Maroc ; enfin, Albert Memmi, Mustapha Tlili en Tunisie. Il faut faire l’observation que tous ces sous-ensembles littéraires sont intégrés globalement dans le concept de francophonie littéraire définit d’habitude comme la totalité des littératures de par le monde écrites en français par des auteurs dont cette langue est ou non leur langue maternelle.

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Rappelons que ce terme a été lancé par le Français Onésime Reclus à la fin du XIXe siècle faisant référence à la communauté de pays et de locuteurs, européens ou non, ayant en commun la langue française comme instrument de communication. En ce qui concerne notre espace, les spécialistes ont constaté, pendant les dernières années, un intérêt accru pour l’étude des littératures francophones, surtout en milieu universitaire, mais au niveau du lycée aussi par l’introduction dans les manuels édités par les Éditions Corint ou Nicolescu des fragments tirés de célèbres romans francophones. L’enseignement et l’intégration des classes et des cours de littérature francophone de l’Afrique dans les curriculums scolaires et universitaires répondent à un véritable besoin à l’heure de la globalisation des réseaux et des marchés. De nos jours, la recherche, l’enseignement et la transmission des littératures francophones ouvrent des perspectives et des pistes théoriques nouvelles tout en suggérant en même temps des instruments conceptuels et des définitions de problématiques qui enrichissent la vision et la compréhension de ces communautés africaines. On peut ajouter qu’aujourd’hui de nombreuses initiatives favorisant l’essor des littératures africaines : on voit se multiplier et s’organiser des congrès et des colloques nationaux et internationaux ayant pour axe de réflexion les littératures et les productions esthétiques de l’Afrique. La décolonisation des littératures africaines est de plus en plus perçue comme une urgence vu les enjeux et la réception des oeuvres littéraires en dehors et au dedans du contexte de production. Certaines contradictions se dessinent au sujet de la pédagogie des littératures africaines : la première étant l’inscription de l’oeuvre dans l’histoire littéraire ; la deuxième, le statut de l’enseignement des littératures francophones ; la troisième, les constructions sociales des représentations et projections mouvantes de l’identitaire. On constate que la distinction entre la littérature française et les littératures francophones engage une réflexion sur les rapports conflictuels entre le politique et le culturel. Les analystes et les critiques posent et opposent de nombreuses questions liées à ce sujet. On est d’accord que les écrits francophones africains font partie du corpus national français : alors comment peut-on expliquer ce retard visible à les reconnaître et à les promouvoir par le biais des établissements scolaires et des organismes culturels ; comment peut-on justifier le statut d’appendice qu’ils jouent encore pour la grande littérature française ; enfin, quelles seraient les critères sur lesquels on décide d’inclure ou d’exclure tels textes du canon littéraire ? Toutes ces questions entraînent des prises de positions par rapport aux valeurs partagées par une communauté, sa vision, ainsi que ses manifestations et expressions culturelles. Dès 1964, Léopold Sédar Senghor avait réuni à Dakar un colloque sur le thème de l’introduction de la littérature africaine dans les programmes d’enseignement africain. L’école joue ainsi un rôle essentiel dans la

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reconnaissance et la promotion des littératures francophones. La France a suivi le mouvement (avec certaines réticences), mais aujourd’hui les programmes scolaires recommandent l’étude de textes francophones, en spécifiant parfois des noms d’auteurs et des titres (Aimé Césaire, puis Senghor ont été inscrits au programme de Terminales). Beaucoup de chercheurs se sont demandés à partir de cette date comment enseigner les littératures francophones. La réponse est toujours la même : comme tous les textes littéraires, c’est-à-dire comme on peut ; en essayant d’être le « passeur » du texte, grâce à tous les outils mis au point par les études littéraires. Mais il y a sans doute quelques points particuliers qui font la spécificité des textes littéraires francophones et sur lesquels il faut réfléchir. C’est par exemple le travail sur la langue d’écriture, la considération de la référence de ces textes et de la stratégie des écrivains dans le champ littéraire. Il est nécessaire de remarquer que la majorité des chercheurs considère l’analyse textuelle comme indispensable à la compréhension des effets multiples que peut impliquer une certaine maîtrise ou manipulation de la langue. Le recours à de nombreuses expérimentations dans la conception et l’élaboration des classes ou des cours de littérature africaine est inévitable pour répondre à la fois aux objectifs du pédagogue et aux attentes des étudiants. Parmi les méthodes que les spécialistes proposent, on peut citer : la mise en valeur de la perspective diachronique/synchronique des oeuvres d’écrivains africains ; l’exploration des tendances, des théories, des formes littéraires caractérisant les oeuvres littéraires de l’Afrique ; les parcours didactiques des textes par rapport à certaines orientations idéologiques à savoir : l’afrocentrisme, le féminisme, le néo/post/colonialisme, etc. Dans tous les pays de la francophonie, le français est en contact, en concurrence voire en conflit avec une ou plusieurs autres langues, qui sont parfois les véritables langues maternelles des écrivains. Ce « métissage » de la langue n’est pas simple placage de mots bizarres mais imprégnation du texte par des tournures de phrase et de pensée qui renvoient à un autre univers langagier. Une autre difficulté soulevée par la lecture des textes francophones tient au « référent » sur lequel ils s’appuient. Ils parlent de mondes étrangers par leurs réalités géographiques et sociales, par les lieux et les systèmes de valeurs qui les sous-tendent. Lorsqu’il s’agit d’éléments désignés explicitement par le texte, il suffit souvent de chercher leur explication dans les dictionnaires et encyclopédies. La difficulté est plus délicate quand il s’agit de comprendre l’implicite culturel, ce que l’écrivain ne prend pas la peine de détailler parce qu’il estime qu’il le partage avec les lecteurs qu’il vise. Une façon de cerner le problème serait de partir d’une approche résolument référentielle, en se demandant ce qu’un texte peut révéler de la culture matérielle de la société qu’il évoque : comment y vit-on, que mange-t-on, comment s’habille-t-on, où

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habite-t-on, quelle est l’organisation politique, quelles sont les valeurs de vie, quel est dans cette société l’itinéraire d’une vie réussie ? Pour conclure, le texte doit se situer par rapport aux contextes de production et de réception. Ce qu’on a en vue premièrement c’est l’historique de la société et ses modes de connaissance. Trois impératifs obligatoires se révèlent : fournir aux étudiants un point de vue subjectif ou interne du contexte en question ; leur donner une vue d’ensemble qui leur permettra de percevoir les dialogues s’instaurant entre le réel et le fictif ; les initier aux fils esthétiques divers de la textualité (marocaine, sénégalaise, tunisienne, etc.). Ce qu’on ne doit pas oublier lorsqu’on étudie les textes littéraires africains, c’est l’importance des traditions orales et leur influence dans les écrits francophones. L’enseignement, la recherche et la critique des textes suscitent des réflexions importantes sur les catégories qui opposent de façon globale l’oral à l’écrit. Les rapports entre la civilisation orale, la culture et la technologie de l’oeil (films, vidéos, etc.) se manifestent à divers degrés. Le visuel (en particulier, la culture et la technologie de l’oeil) figure comme lieu d’autorité d’autant plus que maintenant les jeunes et les loisirs privilégient les films, les jeux vidéos ainsi que les jeux électroniques. Les fins pédagogiques qui servent à souligner les concepts clés :

l’oralité, l’écriture, les contextes de production et de réception, les traditions et les formes particulières de l’esthétique nous permettent de mieux apprécier les textes à l’étude. Le terme de littérature est pris ici dans son sens large, c’est-à-dire tous les écrits d’une société, d’où l’emploi des essais, des biographies, des chants, des éditoriaux, des satires, des articles de presse pour que les étudiants soient à même d’inscrire le texte étudié dans une société selon trois modes de communication : l’oral, l’écrit et plus récemment le visuel. L’enseignant ne doit pas perdre de vue pendant les classes de civilisation au niveau du lycée ou pendant les cours de littérature francophones au niveau universitaire, que les textes proviennent d’espaces culturels que les étudiants ne connaissent pas à fond. Alors, cette initiation et cette insistance sur les différents systèmes de connaissances et de compétences vise à les sensibiliser aux aspects extralinguistiques comme la connaissance du monde, les stratégies de communication intra personnelle ou l’éthique des conventions sociales. On peut élargir le champ de connaissances des étudiants et pourquoi pas des élèves en classes de français intensif par la présentation de quelques considérations critiques ou philosophiques contenant les prises de positions de tel ou tel critique de sorte que ceux-ci puissent identifier tout seuls l’étique ou l’idéologie de la littérature francophone africaine en général ou à un moment donné. Il faut en ce sens reconnaître l’apport des traditions philosophiques de pensée africaine ou de pensée arabe dans l’interprétation des textes issus de l’Afrique. Quant aux référents historiques et culturels de l’Afrique du Nord, il est essentiel de puiser dans la culture berbère, de

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distinguer les différentes écoles d’interprétation de l’Islam, les multiples rapports au sacré et au profane, la civilisation du Coran, l’émergence du livre comme activité séculaire, les traditions orales au féminin, etc. Il s’avère aussi indispensable de fournir aux étudiants des lectures critiques qui contribuent à stimuler la discussion sur la littérature et ses rapports avec d’autres disciplines à l’exemple du politique, du sociologique et du culturel. Comme on a déjà mentionné, il est aussi essentiel de questionner les deux termes d’enquêtes : le contexte de production et le contexte de réception quant aux facteurs de race, classe, sexe, culture, âge. Dans une première étape, les objectifs d’apprentissage comprennent l’analyse textuelle en fonction de la focalisation, la voix, la caractérisation, l’espace, du temps ou des thèmes ; or en fonction des procédés littéraires

connus tels les figures de style, l’ordre des mots. Mais dans une deuxième étape, les objectifs peuvent s’élargir pour : (ainsi que Suzanne Crosta, une de plus connues chercheurs dans le domaine de la littérature francophone, en parle dans un 7 de ses nombreux articles concernant ce sujet) « - monter les conditions et les contraintes se posant, s’imposant, s’opposant aux écrivains tour à tour dans chacun des contextes à l’étude ; initier l’apprenant à différents types de lectures de décentrement ou de recentrement de l’histoire littéraire où se manifestent des mouvements d’affirmation et de transfiguration, entre autres, […] la Négritude, théories et discours sur le néo/post/colonialisme, etc. ; préciser les outils d’alphabétisation et le rapport à l’écriture ; souligner les conditions de la langue d’écriture et le rapport à la littérature à la lumière des contraintes (graphiques, syntactiques,

sémantiques, contextuelles

)

dans la production du sens du récit ; relever les

... stratégies et/ou subversions du genre littéraire et du positionnement de l’écrivain/e par rapport aux facteurs de race, de classe, de sexe, etc. et, le cas échéant, leur transfiguration ou leur dépassement. »

Autres exercices pratiques qui aideraient l’enseignement de la littérature francophone africaine seraient : un exercice de lecture - écriture qui comprendrait la rédaction d’un texte selon l’interprétation active et rétrospective du lecteur devenu à son tour nouvelliste, des choix qu’il/elle opérera et des effets qu’il/elle aimerait produire ; la stratégie des mini - conférences (15-20 minutes) ; des ateliers ou des activités telles commentaires, impressions, rédaction d’une minute sur une question, l’entrée du journal, etc. À part le plaisir spécifique et l’enrichissement intellectuel qui tient à la lecture des textes francophones, les littératures francophones invitent à accueillir dans la langue française l’étrangeté de l’autre et rendent cette différence à la fois sensible et proche intellectuellement. Elles donnent la preuve que les autres existent.

7 CROSTA Suzanne, Considérations con/textuelles et stratégies pédagogiques sur l’enseignement des littératures francophones de l’Afrique et des Antilles, in META, 1995, nr. 49, p. 78-93

24

BIBLIOGRAPHIE :

1.Crosta, Suzanne, « Considérations con/textuelles et stratégies pédagogiques sur l’enseignement des littératures francophones de l’Afrique et des Antilles », in META, 1995, nr. 49, p. 78-93 2.Littérature francophone. Anthologie, Paris, NATHAN, 1992, p. 176

3.www.francparler.org

25

DOCUMENTS AUTHENTIQUES

Elena VISOVAN

Le rôle des documents authentiques dans la classe de FLE

Irina LULCIUC

Le document authentique en classe de FLE : SNCF

Constantin TIRON

Utiliser les chansons françaises en classe de FLE.

Cours optionnel : Chanteurs francophones d’hier et d’aujourd’hui

Emilia COLESCU

Utiliser les contes en

classe de FLE.

« Réinventer » les contes de

Charles Perrault

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Le rôle des documents authentiques dans la classe de FLE

Elena VIŞOVAN

Grup Şcolar « Nicanor Moroşan »

Pîrteştii de Jos

L’objectif du professeur de français est de faire sortir enseignants et apprenants de la routine, de transformer la classe en un lieu dédié aux événements, un lieu où il se passe quelque chose. La langue française est son, musique, saveur, parfum, expérience esthétique. En parlant de la beauté de la langue française, Charles Bigot disait : « Elle (la langue française) est harmonieuse, elle est douce à l’oreille, elle permet d’exprimer les nuances les plus fines de l’esprit et du cœur. Elle sait tout dire. Elle est claire et précise » 8 . On pourrait ajouter que le français, comme toute langue étrangère est un moyen de communication, un instrument par lequel on a la possibilité d’enrichir nos connaissances, notre culture.

Le secrétaire d’Etat roumain pour la francophonie, Cristian Preda, montre qu’avec l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007, « l'Union européenne se retrouve avec 14 pays sur 27 qui sont membres de la francophonie, et qui ont un engagement en faveur de la diversité culturelle qu'elle représente » 9 . Selon lui, « Cette majorité inédite peut représenter la base d'un retour du français au sein de l'Union européenne » 10 , de plus en plus délaissé au profit de l'anglais. Cristian Preda affirme qu’il est « difficile de trouver un autre lien à l'intérieur de l'Europe qui relie les pays d'une manière semblable à celle que la francophonie propose. » 11 En tenant compte de ce contexte sociopolitique favorable à la langue de Voltaire, nous tous, en tant qu’enseignants de français, nous devons faire tout le possible afin que le français redevienne la langue préférée pour nos élèves. Parfois, nous, les professeurs, nous remarquons que nos élèves négligent le français pour des raisons telles : les textes des manuels sont longs et ennuyeux, la structure des unités est toujours la même, les méthodes et les moyens utilisés par le professeur sont classiques. Donc, le français est souvent ressenti par eux non comme une langue, mais comme une matière scolaire, un peu poussiéreuse. C’est notre tâche de les amener à changer leur point de vue. Dans cette situation, nous devons avoir en vue tout le temps les questions suivantes :

Pourquoi mes élèves n’apprennent plus au français ?

8 Charles Bigot, apud Le français, par Serafima Lupan et Raisa Scorpan, Editura Lumina, Chişinău, 1994, p. 6 - 7 9 Cristian Preda, apud www.tv5.org

  • 10 Ibid.

  • 11 Ibid.

27

Est-ce que les méthodes que j’utilise pendant les classes de français sont les meilleures ? Comment pourrais-je attirer de nouveau mes élèves pour l’étude du français ? Nous devons renoncer aux vérifications classiques (j’ouvre la porte de la classe, j’entre, tous mes élèves m’attendent en tremblant ; j’ouvre le catalogue et je choisis 3 ou 4 élèves qui vont répondre ; les autres sont très heureux et deviennent passifs puisqu’ils n’ont rien à dire, à faire etc.). Le but du professeur de français, donc notre but est de conduire progressivement l’apprenant à se décider à apprendre. On doit reconnaître, les documents programmés (le manuel, le cahier, la fiche d’apprentissage, la fiche d’évaluation) permettent d’organiser progressivement l’acquisition des connaissances. D’autre part, les documents authentiques (chansons, documents audiovisuels, articles de presse, photos, documents multimédias, documents Internet) font entrer le monde extérieur dans la classe. Ils doivent être récents et ne pas être conservés. Ils seront remplacés par d’autres documents de même type. Ils mettent en scène l’actualité et la communication immédiate de la langue française dans la vie quotidienne, dans les médias, dans la vie culturelle, dans le monde professionnel et celui des affaires. On apprend pour tout de suite, pour un contact et une communication en temps réel. Autrement dit, ce que j’apprends me sert aujourd’hui. Les documents authentiques sont les supports privilégiés pour mettre les apprenants en situation d’entraide (travail à deux ou à plusieurs) pour comprendre, construire ou reconstruire le sens, rapporter, présenter des informations. Pratiquement les documents authentiques ont le rôle de compléter les informations du manuel, de remplacer parfois certaines activités proposées par le manuel. La chaîne de télévision TV5 est une véritable ressource de documents authentiques : sur TV5 on peut suivre des émissions culturelles, des émissions informatives, des émissions – concours, des films artistiques, des courts métrages et des vidéo-clips. Par exemple pour l’acte de parole se présenter ou présenter quelqu’un, le professeur de français peut proposer aux élèves un petit extrait d’une émission – concours, plus précisément, le professeur proposera à ses élèves le moment où les candidats se présentent. Ainsi, les élèves voient les candidats mais ils n’entendent rien puisque c’est une présentation des candidats sans le son. Les élèves doivent imaginer pour chaque candidat un âge, une profession, une origine, une situation de famille (marié ou non, enfants), des passe-temps favoris, une personne que le candidat veut saluer. Ensuite, chaque apprenant se présente en utilisant la personnalité inventée. L’étape suivante : visionner l’extrait d’émission avec son ; maintenant les élèves ont l’occasion de connaître l’identité réelle de chaque candidat. Ils

28

doivent essayer de donner une réponse aux mêmes demandes d’informations : âge, profession, etc. Un autre exemple, pour l’acte de parole raconter un événement, le professeur de français peut employer un extrait d’un journal télévisé enregistré : les élèves qui travaillent en groupes de quatre voient les images sans son et puis ils doivent imaginer l’événement ; chaque groupe présente ensuite son propre scénario sur les images présentées. Après la mise en commun, les élèves ont l’occasion de voir encore une fois les images, cette fois-ci, avec son. La nouvelle tâche à résoudre pour les élèves est celle de résumer l’événement présenté dans le matériel. Ce qui est très important, c’est le fait que l’événement doit être très récent, un événement d’actualité dont tout le monde parle. C’est parce qu’une langue étrangère doit être apprise en la rapportant en permanence au présent, puisqu’en fin de compte, toute langue est une réalité vivante. Une autre activité intéressante est : imaginer un clip. Les élèves écoutent une chanson et lisent les paroles. En petits groupes, ils imaginent le clip qui correspond à la chanson puis ils présentent leurs résultats aux autres groupes. A la fin, tous les élèves visionnent le clip. Du point de vue linguistique, imaginer et raconter un clip est identique à raconter un clip que l’on a vu mais du point de vue logique, imaginer un clip et le présenter donne de plus en plus envie de voir le clip en question. C’est ainsi que le document reprend sa fonction d’origine : étonner, séduire. Au lieu de proposer aux élèves un texte littéraire, on pourrait leur proposer une chanson, qui, en fin de compte, est toujours un texte. La seule différence entre les deux textes est que les élèves présenteront plus d’intérêt pour le texte de la chanson surtout si la chanson appartient à un genre de musique moderne. Les élèves retiendront plus facilement le vocabulaire et, s’il s’agit d’un rythme moderne, ils seront même capables de chanter la chanson. Une chanson sert à chanter, à comprendre le message, à distraire. Un document authentique (le texte d’une émission enregistrée, le texte d’une chanson, le texte d’un court métrage, etc.) peut être considéré le support pour l’exploitation d’une unité morpho - syntaxique. Par exemple, si dans un tel texte, on trouve un verbe au présent, alors, on peut demander aux élèves de chercher à l’intérieur du même texte d’autres verbes au présent ; c’est comme ça que l’on peut démarrer une révision concernant les modes et les temps étudiés. Maintenant, le professeur peut proposer aux élèves la réactualisation des connaissances sous forme de jeu. Par exemple, le professeur propose le participe passé d’un verbe et ensuite il lance la balle et l’élève désigné doit proposer un autre verbe au participe passé ( c’est comme ça que tous les élèves prendront la parole ; en même temps, c’est une bonne occasion de répéter le participe passé ) ; ce jeu peut être réalisé très bien par groupes : on partage la classe en groupes de quatre ou de cinq ; on demande aux groupes de trouver un grand nombre de formes de participe passé des verbes irréguliers ; tour à tour, chaque membre de chaque équipe propose un

29

verbe au participe passé, celui qui suit ne doit pas répéter une forme de participe passé qui a déjà été proposée antérieurement ; pour chaque forme correcte proposée l’équipe obtient 1 point. Les documents authentiques dont on a parlé jusqu’ici, on peut les obtenir grâce à la chaîne de télévision TV5. Il existe encore d’autres documents authentiques que le professeur peut utiliser pendant le cours de français. Ce sont des ressources d’apprentissage : des ressources hors ligne (des cédéroms, par exemple) et des ressources en ligne (quelques sites qu’on peut employer pour l’apprentissage du français). Parmi les ressources hors ligne, quelques cédéroms méritent d’être mentionnés. Le premier cédérom s’intitule TEMPO ; on sait que TEMPO est une méthode pédagogique. Grâce à ce cédérom, on peut lancer des exercices pour nos élèves : des exercices phonétiques, par exemple. Les exercices sont présentés comme jeux très dynamiques qui réussissent à attirer les élèves. Un autre cédérom c’est FUNAMBULE, qui, à son tour, contient des activités utiles et intéressantes ; maintenant, on a la possibilité de visionner des films courts, donc on doit souligner le fait que l’image et le son jouent un rôle très important dans l’activité d’apprentissage. C’est un superbe guide qui contient des exercices de vocabulaire, de grammaire et de communication. On ne doit pas oublier la collection SPEAKER qui contient plusieurs produits, tels Pour tout dire (pour le niveau débutant), Je vous ai compris (pour le niveau intermédiaire), Dites-moi (pour le niveau avancé). Tous ces produits proposent des exercices de compréhension orale, de vocabulaire et de grammaire. Pour les ressources en ligne, on pourrait énumérer plusieurs sites :

www.tv5.org

www.didierbravo.com

www.phonetique.free.fr

www.lexiquefle.fr

www.leplaisirdapprendre.com.

Le site www.didierbravo.com est vraiment un document authentique très utile car les activités amusantes et dynamiques y présentées telles A chacun son équipe, La chasse aux stars, La potion magique, etc. sont présentées sous la forme d’un film de dessins animés où le son et l’image ne font autre chose qu’attirer les élèves pour l’étude de la langue française. Le professeur choisit, définit, organise, planifie le déroulement des activités. Il fait appel à toutes les connaissances de l’élève. Son objectif est de contribuer à aider l’apprenant à développer des stratégies de compréhension et d’expression de plus en plus autonomes.

30

Parfois, les documents authentiques ne sont autre chose que des points de départ pour l’exploitation de telle ou telle unité lexicale ou morpho – syntaxique. Mais, par l’intermédiaire de ces documents, les élèves ont la chance d’apprendre le français autrement, c’est-à-dire d’une manière moderne. Les élèves ont l’occasion d’entendre un français authentique, prononcé par des français véritables. D’autre part, les documents authentiques ne s’adressent pas seulement aux élèves. En employant de tels documents, l’enseignant se situe lui-même dans une continuité de la rencontre avec la langue enseignée, une langue vivante, riche, en évolution. Il élargit son propre univers, ses connaissances. Car, on ne doit pas oublier qu’enseigner, c’est apprendre.

BIBLIOGRAPHIE :

1.Custers,

Giedo ;

Pâquier,

Evelyne ;

Rodier,

Christian,

Internet.

150

activités, CLE International 2004 2.Lupan, Serafima ; Scorpan, Raisa, Le français, Ed. Lumina, Chişinău, 1994

3.www.tv5.org

4.www.sommet-francophonie.org

31

Le document authentique en classe de FLE : SNCF

Irina LULCIUC

Colegiul Naţional « Mihai Eminescu »

Suceava

(

...

)

Epigraphe :

La publicité est la plus belle expression de notre époque,

la plus grande nouveauté du jour, un Art.

Un art qui fait appel à l’internationalisme, au polyglottisme,

à la psychologie des foules,

et qui bouleverse toutes les techniques statiques

ou dynamiques connues,

en faisant une utilisation intensive,

sans cesse renouvelée

et efficace de matières nouvelles et de procédés inédits.

(Aujourd’hui, Grasset, 1972) 12

Le présent article représente une analyse d’une affiche publicitaire

pour la Société Nationale des Chemins de Fer, extraite du dossier

« Documents Authentiques écrits » publié a l’Edition CLE International,

qu’on peut utiliser en classe de FLE, comme moyen d’enseigner le français

par l’intermédiaire des documents authentiques.

On peut établir des objectifs divers pour une classe de français:

1.Objectifs linguistiques:

l’adjectif possessif (à partir des deux séquences: „votre qualité de vie” et

votre vie quotidienne”)

le champ sémantique et lexical du mot „vie

2 Objectifs communicationnels:

décrire le document (Quels sont les divers éléments qui constituent

l’affiche publicitaire ?; Quels sont les éléments visuels ?; Décrivez le

baromètre. Quelle est la liaison entre le slogan et l’image ?, etc.)

exprimer une opinion relative au transport avec le train (Ets-ce que vous

aimez voyager en train ?; Quelle est votre opinion regardant le transport avec

le train ?; Les services ferroviaires ont-elles évoluées dans les dernières

années ? Quelle en est votre opinion personnelle ?, etc.)

3.Objectifs culturels:

12 Adam, j.-m, Bonhomme, m. L’Argumentation publicitaire. Rhétorique de l’éloge et de la persuasion, Paris, Nathan, 1997, p.4

32

le transport en France

Pour l’expression écrite on peut proposer de faire l’analyse critique de

l’affiche publicitaire. (les apprenants peuvent utiliser les repères des objectifs

communicationnels).

le transport en France Pour l’expression écrite on peut proposer de faire l’analyse critique de

Pour l’affiche publicitaire qu’on a choisie, il est nécessaire

d’expliquer le concept d’iconotextualité ou, autrement dit, la combinaison

entre le message visuel et le message linguistique. L’image publicitaire ne

doit pas être séparée du champ sémantique où elle naît et du réseau

thématique où elle s’installe parce que, par isolement, elle risque de s’altérer.

Le langage est celui qui collabore au modelage de l’image publicitaire et

celui qui lui donne un sens, lui garantit l’existence ; ainsi, l’image peut

concevoir une réalité ou contribuer à l’élaboration d’une toute autre réalité

par rapport à celle repérée à travers du langage naturel. Par exemple, la

représentation d’un baromètre dirige notre imagination vers le temps

probable et la pression atmosphérique ; mais, ce baromètre, dans l’image

publicitaire qu’on va analyser, devient le symbole des services offerts par les

chemins de fer français (SNCF) à cause du texte qui nous apporte

l’explication nécessaire : « Les services SNCF Ile-de-France pour améliorer

votre qualité de vie » 13 .

13 Cf. fiche no.20, prise de Boiron, m., Rodier, c., Documents authentiques écrits, Paris, CLE International, 1998

33

LE MODÈLE DE LA COMMUNICATION

Théoriquement, la communication publicitaire est conçue comme une

relation à sens unique entre celui qui produit (le producteur) et celui qui

acquiert (le consommateur). Elle est vue seulement comme une action de

« contrainte » assommée : un producteur utilise un langage et un canal

spécifique pour susciter le désir d’achat d’un public passif ou, plus technique,

exerce une pression psycho symbolique envers le public dans des buts

commerciaux. Cette communication a comme base l’interférence entre deux

systèmes: le système verbal discursif (le texte) et le système visuel iconique

(l’image) auxquels on ajoute l’ambivalence d’une production symbolique

déterminée par la dimension économique.

D’après les modèles linéaires de Watson et Skinner 14 , la

communication publicitaire peut être considérée comme une suite

d’opérations de retour en arrière entre le stimulus initial du producteur et la

réponse du public. Le schéma de l’affiche publicitaire pour SNCF pourrait

être la suivante :

ÉMETTEUR (la compagnie SNCF)

 

RÉFÉRENT (les services promus par l’image

publicitaire)

CANAL (l’affiche publicitaire)

 

RÉCEPTEUR (le futur consommateur)

EFFET (l’intérêt ou le désir d’achat)

14 Adam, j.-m., Bonhomme, m., op.cit., p.27

34

L’INTERLOCUTEUR ET LE CONSOMMATEUR

Le texte commence directement par une proposition courte dont

l’action est centrée sur le verbe “évolue” (évoluer expose l’idée de progrès,

reprise par l’adverbe “plus” et la locution adverbiale “de plus en plus” –

modèle hyperbolique de la séduction commerciale) qui est au présent et qui

annonce dès le début le sigle du producteur : SNCF. Celui-ci, écrite tout le

temps en majuscules pour être plus facilement découverte dans le texte,

s’impose comme un nom propre qui offre la garantie des services. On ne

trouve nulle part la forme étendue du nom de la compagnie, c’est-à-dire :

Société Nationale des Chemins de Fer.

Après cet incipit, l’énoncé se dirige vers le lecteur – le futur

consommateur – par l’emploi de la 2 ème personne du pluriel du pronom

personnel « vous » (aux différentes fonctions : sujet, complément ou adjectif

pronominal) : “Vous allez découvrir…”, “votre vie… ”, “vous simplifier la

vie”. Ce « vous », ayant un certain degré de politesse, évoque le fait que la

compagnie veut flatter le consommateur dès la phase illocutoire. Ainsi, à la

fin du texte, par l’isotopie de la séduction, “A nous de vous faire préférer le

train”, la compagnie arrive à modifier la valeur de référence, le « vous »

s’adressant directement au consommateur. Par l’intermédiaire de ces

permutations, on réalise le passage du circuit interlocutif à celui économique

de l’image publicitaire. L’identité formelle des indices de personne dissimule

un changement de rôles qui mène naturellement et graduellement à la

transformation de l’interlocuteur en consommateur.

La désignation de l’interlocuteur – possible utilisateur – se réalise

aussi par l’utilisation de “Vous allez découvrir”, qui dévoile que cette

découverte va se produire le plus proche possible du moment présent, peut-

être même après la réception du message publicitaire.

Ce futur proche anticipe l’utilisation de ce produit dès l’étape de

décodage de l’affiche publicitaire. La compagnie dénote aussi l’idée que par

cette image publicitaire, le lecteur découvre et dévient conscient de la qualité

des services affichés par SNCF.

Si le verbe « découvrir » signifie reconnaître les services de la

compagnie SNCF, le verbe « préférer », présent à la fin du texte, entrevoit le

sens imposé par la dimension économique (choisir ces services), nous

dirigeant vers le cadre d’utilisation de ce produit. Ces étapes de passage sont

exposées chronologiquement et le sens des verbes dire (évolue), lire

(découvrir) et consommer (préférer) fusionnent à cause du pronom « vous »,

pivote de cette stratégie argumentative qui se déroule pour le public

consommateur.

Le verbe « faire », à sens déterminatif (« faire préférer »), qui

intervient après l’étape cognitive du paragraphe antérieur, se présente sous

l’auspice du verbe croire – annoncé aussi par le verbe « s’engage » qui offre

la certitude de la qualité de ces services – et exprime la confiance en SNCF

qui dispose de certains avantages pour inciter le désir du consommateur. Ces

35

atouts sont aussi accentués par la présence du comparatif « plus agréables »

(sans comparant – stratégie bien choisie et intentionnée de la compagnie) et

l’expression infinitive « simplifier la vie » (la vie peut être plus simple avec

notre aide). Derrière ces mots qui proclament les valeurs de la vie

quotidienne se cache la dimension mercantile de l’affiche publicitaire.

LA VERBALISATION DE L’ICONIQUE

Le slogan, la devise des services offerts par SNCF, qui se trouve en

dessus de l’image, se caractérise par son aspect incertain (le pronom

personnel complément « l » n’est pas expliqué qu’en dessous de l’image, sur

l’étiquette) ; mais, la présence de la représentation iconique dans le cadre

suivant nous offre l’explication de ce « l » et l’accentuation de l’idée

d’accomplissement immédiat de la tendance d’amélioration.

L’idée de progrès, suggérée par le syntagme « jour après jour » est

représentée visuellement par la circularité du baromètre qui relève

progressivement les aspects liés au temps probable. On observe moins

visiblement les représentations du mauvais temps (tempête şi pluie) et de plus

en plus accentués les représentations du temps variable et ensoleillé (variable

şi soleil). Tempête et pluie sont en contour blanc, respectivement gris sur un

fond foncé, pendant que variable et soleil ont un contour noir sur un fond

blanc, suggérant ainsi la clarté du message publicitaire et la certitude de la

tendance d’amélioration, par la gradation des nuances du fond.

Pour l'articulation du discours argumentatif, on a utilisé l’image d’un

baromètre qui pourrait suggérer hypothétiquement la roue d’un train en

mouvement (en regardant plus attentivement, on observe les nuances foncés

et claires qui sont distribuées de telle manière pour suggérer la roue d’un

train). La présence du baromètre et la distribution de ses aiguilles qui

indiquent la pression atmosphérique et le temps probable suggèrent l’idée que

les services ferroviaires SNCF sont disponibles tout le temps.

Les aiguilles du baromètre sont fixées sur la pression atmosphérique

(754 mm colonne de mercure) et la température idéale. L’aiguille qui indique

le temps probable expose en plus, à la limite supérieure, le logo qu’on le

retrouve dans la signature du producteur (la flèche, suggère l’idée de vitesse

qui caractérise le transport ferroviaire SNCF et la rapidité dont ces services

arrivent au consommateur).

Le logo de la compagnie SNCF, signifiant publicitaire équivoque, est

une image-mot qui oscille entre le verbal et l’iconique. Si on le regarde en

ensemble, on le perçoit comme une reproduction iconique figurative d’un

train sur le rail qui circule à grande vitesse. De tout près, on observe aussi le

sigle de la compagnie SNCF placé sur une ligne horizontale qui a en dessus

une autre ligne sous la forme d’une flèche, cette image réalisant la

correspondance entre la représentation iconique et le logo de la compagnie.

Ce logo accomplit deux fonctions argumentatives : d’une part, la fonction de

perception immédiate de la marque par cette image d’identité du sigle SNCF

36

et d’autre part, la fonction de valorisation du concept de marque, suggéré par

le signifiant iconique.

L’étiquette, qui explique l’incertitude du pronom personnel

complément « l », présent dans le slogan, se trouve sur beau fixe, détermine

le credo de la compagnie que son offre est le meilleur ; ainsi, le producteur

actionne de nouveau dans la sphère économique présentant la conviction que

ses services sont déjà consommés. La plus pertinente spéculation qu’on

pourrait faire regarde la signification de l’étiquette. On peut faire une liaison

entre celle-ci et les autocollants con l’inscription VENDU qu’on affiche à la

liquidation du stock d’un certain produit. L’idée est que les services SNCF

sont déjà consommés, en actionnant ainsi dans la sphère économique.

STRATÉGIE COMMERCIALE

Les chiffres présents sur le cadran du baromètre ont également une

valeur symbolique. Par leur présentation dans cette manière, la compagnie

nie le but essentiel de l’affiche publicitaire, c’est-à-dire celui de vendre

quelque chose et d’en avoir profit. La présence du chiffre 800 sur l’étiquette

« vendu », pourrait suggérer la valeur des services SNCF ; mais, l’aiguille

placé avant 780 nous présente l’essence même du commerce : ne pas afficher

au consommateur des prix fixes.

Cette idée se concrétise dans l’aspect persuasif du message à travers

lequel le producteur expose son produit et ses services pour la satisfaction du

consommateur et – apparemment – pas pour son propre profit. La stratégie

commerciale poursuite par la compagnie est la suivante : les services de la

compagnie SNCF ont une valeur plus grande, mais elles sont offertes à un

prix convenable. Ce message devient hypnotique par la présence des cercles

concentriques au milieu du cadran.

Entre la vente et l’achat de ces services, le discours publicitaire opère

une sémantisation qui transforme SNCF dans une compagnie de valeur,

unique et digne de confiance, tout le temps à la disposition du consommateur,

suggéré par le dynamisme et la diversité graphique (alternance des caractères

en majuscule et en italique, de format et mesures différentes).

Cette affiche publicitaire affirme pleinement la complexité sémiotique

e pragmatique de la communication publicitaire qui implique toutes les trois

dimensions caractéristiques : locutoire (l’iconotextualité), illocutoire (le

pouvoir de persuasion inscrite dans l’annonce) et perlocutoire (l’effet de

l’acte illocutoire, proposé par l’annonce même). Ainsi, les services SNCF

deviennent symboliques en dépassant les limites de la réclame et en

s’affirmant sur le plan économique.

37

BIBLIOGRAPHIE

1.Adam, J.-M., Bonhomme, M., L’Argumentation publicitaire. Rhétorique de

l’éloge et de la persuasion, Paris, Nathan, 1997

2.Barthes, R., L’aventure sémiologique, Paris, Seuil, 1985

3.Boiron, M., Rodier, C., Documents authentiques écrits, Paris, CLE

International, 1998

4.Chevalier, J., Gheerbrandt, A., Dictionnaire des symboles, Paris, Robert

Laffont, 1982

5.Corjan, I.C., Semiotica limbajului publicitar: textul şi imaginea, Suceava,

Editura Universităţii, 2004

6.Joly, M., Introduction à l’analyse de l’image, Paris, Nathan, 1993

7.Sauvageot, A., Figures de la publicité, figures du monde, Paris, PUF, 1987

8.***Le Petit Robert, Paris, Le Robert, 1990

38

Utiliser les chansons françaises en classe de FLE Cours optionnel : Chanteurs francophones d’hier et d’aujourd’hui

Constantin TIRON

Colegiul « Alexandru cel Bun »

Gura Humorului

Bien que la Roumanie soit considérée pays francophone, on ne peut

pas dire que le français occupe une place privilégiée parmi les matières

étudiées dans les écoles roumaines. De nos jours, on remarque que la langue

de Voltaire a perdu beaucoup de terrain, tandis que d’autres langues

étrangères telles l’anglais, l’espagnol se trouvent dans le top des préférences

pour un assez grand nombre de roumains. C’est une réalité, même une réalité

cruelle, mais malheureusement, nous n’avons pas le courage de le

reconnaître, de l’accepter et, par conséquent, de prendre les mesures

nécessaires pour empêcher la légère chute de la langue française. Nous, en

tant qu’enseignants de français, nous souffrons énormément au moment où

nous observons que nos élèves préfèrent choisir plutôt l’anglais à l’examen

de baccalauréat ou à d’autres examens. Les élèves ont raison quand ils

affirment qu’ils connaissent mieux l’anglais grâce aux logiciels pour

l’ordinateur dont la plupart sont en anglais, grâce aux films qu’ils voient à la

télé, grâce à la musique en anglais diffusée sur toutes les chaînes de

télévision de notre pays. Autrement dit, toutes les chaînes de télévision de

Roumanie ne font autre chose que promouvoir l’anglais. A propos de la

langue française par rapport à celle qui semble la concurrencer, l’homme de

culture contemporain Alexandru Paleologu disait dans une interview: « Le

français est la seule langue qui discipline, la seule langue classique formative

pour soi et pour l’intelligence. (…) L’anglais est une langue poétique et non

pas didactique ou rationnelle. (…) Le français est la seule langue génératrice

d’informations intellectuelles. L’anglais a des vertus poétiques civilisatrices,

mais non pas de vertus intellectuelles. »

Et pourtant, on ne comprend pas pourquoi en Roumanie, un pays

francophone, la plupart des gens ne connaissent que les grandes stars d’hier

de la musique française, telles : Edith Piaf, Dalida, Joe Dassin etc. Qui en est

le coupable ? D’abord, les médias de notre pays en sont responsables. De

temps en temps, assez rarement, on a l’occasion de voir un bon film français

à la télé (surtout grâce à la télévision nationale roumaine). Mais la musique

française moderne, la musique dansante des discothèques, la musique adorée

par les jeunes français manquent presque totalement dans notre pays.

Certains élèves pensent que toute la musique française est très lente, qu’elle

s’adresse seulement aux amoureux ou aux personnes âgées, ils ne peuvent

pas croire qu’en France, comme chez nous, il existe tous les genres de

musique. Voilà donc, une première raison pour laquelle la langue française ne

39

réussit pas à s’imposer plus visiblement dans la vie des jeunes

roumains c’est le manque du soutien des services culturels, des médias qui ne

font presque rien pour améliorer cette impasse d’une langue appelée

« culturelle ». On sait très bien qu’en 2006, au mois de septembre, la

Roumanie a accueilli un grand événement culturel, c’est-à-dire le XIe

Sommet de la Francophonie. A cette occasion, on a lancé l’idée qu’avec

l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie au sein de l’Union européenne, il y

aura 14 pays sur 27 qui seront francophones. On a souligné aussi le fait que

cette majorité inédite peut représenter la base du retour du français dans la

grande famille de l’Union européenne. Cela nous donne un peu d’espoir

concernant le statut de la langue française.

Le rôle du professeur de français est de trouver les meilleures

méthodes et procédés didactiques afin que les élèves soient capables

d’apprécier la beauté et la musicalité de la langue française, de concevoir

cette langue comme un moyen de communication, comme un moyen

d’information, comme un instrument qui rend possible la circulation des

informations, etc. C’est nous qui devons voir en quelle mesure notre style

d’enseigner le français est efficace ou non, c’est toujours nous qui devons

décider s’il serait bon ou utile de changer de méthodes, de mentalité. Dans

mon activité comme enseignant de français, j’essaie tout le temps d’éveiller

l’intérêt de mes élèves pour l’étude du français. Il est vrai, on a un

programme scolaire à suivre et à respecter. Mais, la manière de présenter aux

élèves les informations prévues par le programme scolaire dépend des

capacités et du talent de chaque professeur. Tout professeur doit accorder

une importance à part à sa propre formation, à son propre perfectionnement.

Dans ce sens, on pourrait souligner le fait que les stages de formation à

l’étranger dédiés aux enseignants de langues étrangères par le programme

Comenius sont de véritables expériences à apprendre et à partager. Un tel

stage de perfectionnement peut nous offrir de nouvelles visions, modernes

pour la conception et l’organisation de nos activités didactiques. Ainsi, le

stage que j’ai suivi à Vichy en 2005 m’a fait découvrir qu’il y a tant de

moyens modernes qui peuvent assurer le succès de toute activité didactique.

Dans ce sens-là, j’ai proposé à mes élèves un cours optionnel intitulé

Chanteurs francophones d’hier et d’aujourd’hui qui a eu un réel succès. Les

élèves ont apprécié d’une part, les nouvelles méthodes modernes d’étudier le

français (ils ont remarqué par exemple le remplacement de certains textes

ennuyeux du manuel scolaire par d’autres plus intéressants, à savoir, les

textes des chansons) et d’autre part, ils ont été très contents de découvrir les

extraordinaires chansons françaises et spécialement celles qui, en rythmes

très modernes, parlaient des problèmes de leur âge. Nous avons opté pour

l’appellation « chanteurs francophones » pour avoir en vue tous les grands

chanteurs qui ont choisi de s’exprimer en français, donc, pour ne pas se

limiter seulement aux chanteurs français. Par ce cours, nous avons envisagé

l’intention d’offrir aux élèves une image sur l’espace francophone, une courte

40

histoire de la chanson francophone. Ce cours est en même temps une bonne

occasion pour les élèves de connaître quelques représentants de la chanson

francophone d’hier et d’aujourd’hui. De plus, ce cours propose une nouvelle

manière de travailler : exploiter le lexique, les unités morpho – syntaxiques,

le texte à partir d’un document authentique, c’est-à-dire à partir d’une

chanson (d’un vidéoclip).

Parce que le cours s’adresse aux élèves de lycée, j’ai choisi beaucoup

de chanteurs très appréciés par les jeunes de tous les pays francophones, tels

Lara Fabian, Céline Dion, Faudel, Alizée, Garou, Hélène Ségara, Natasha St-

Pier, Yannick Noah, Grégory Lemarchand. C’est par l’intermédiaire du cours

optionnel Chanteurs francophones d’hier et d’aujourd’hui que mes élèves

ont écouté pour la première fois la plupart des artistes énumérés ci-dessus. Ils

ont avoué que certaines chansons méritaient de faire partie même des tops

proposés par les chaînes de télévision de Roumanie, à côté d’autres tubes en

anglais, en espagnol, etc. Parmi les chanteurs contemporains, j’ai fait place à

d’autres encore, plus précisément à ceux d’hier pour que les élèves puissent

goûter : la joie de « vivre à la française » avec Yves Duteil et sa guitare,

l’amour pour la France à côté du chanteur d’origine algérienne Enrico

Macias, les angoisses de l’âme « en peine » avec Edith Piaf, la douceur de la

voix de rossignol de Mireille Mathieu.

Vraiment, j’ai eu du mal à choisir les chansons pour ce cours optionnel.

D’habitude, on doit choisir des chansons très récentes, celles qui assurent

l’actualité de la langue apprise, son insertion dans le monde d’aujourd’hui. Il

serait bon que les chansons soient proposées par les élèves, selon leurs

préférences, mais, malheureusement, cela n’est pas possible car la musique

française est très peu connue en Roumanie. Une chanson peut être exploitée

aussi pendant une classe de français habituelle ; dans cette situation, le

professeur doit choisir une chanson qui corresponde au thème abordé en

cours.

Quand on travaille sur une chanson, on doit souligner le fait que le

plaisir de l’écoute représente une priorité. Le professeur devient le metteur en

scène, celui qui propose des activités et des tâches à résoudre pour ses élèves.

L’élève, c’est-à-dire l’apprenant, est impliqué dans un processus de

découverte et il doit participer à toutes les actions lancées par son professeur :

il doit exécuter des tâches, résoudre des énigmes, collaborer avec ses

collègues à l’intérieur du groupe dont il fait partie. Dans l’annexe, on propose

un projet didactique pour la chanson La lettre, chanson qui appartient à Lara

Fabian. On peut y remarquer le parcours d’une telle activité : des activités de

brise-glace, des activités et des tâches autour du clip, des consignes

concernant le texte de la chanson, des tâches qui visent l’expression orale ou

écrite. Le dernier point de la fiche pédagogique, intitulé Pour aller plus loin,

invite les élèves à faire des recherches en ce qui concerne la vie du chanteur,

sa carrière, etc.

41

En parlant de l’utilisation de la chanson dans la classe de FLE, Michel

Boiron, directeur du CAVILAM, Vichy, affirmait : « La chanson est un lien

avec la culture de l’autre dans sa diversité. Les musiques actuelles

francophones sont un lieu de découverte de la réalité multiculturelle française

et francophone. Elles ont aussi une mission de plaisir, de divertissement… Le

français n’est pas uniquement fait pour travailler, pour faire des exercices. On

peut rire, danser, s’amuser en français. Avec des chansons ou d’autres objets

culturels … apprendre le français c’est aussi découvrir le plaisir

d’apprendre » 1516 .

Annexe

Professeur : TIRON CONSTANTIN

Classe : 10-ème A (débutants)

Projet d’activité didactique

Lara Fabian : La lettre

Niveau :

Vocabulaire :

Intermédiaire (i)

 

rupture = séparation, interruption,

 

divorce

Objectifs :

s’évanouir = perdre connaissance ;

Expression orale : dire à

disparaître

quelqu’un où

l’on

a

passé

ses

mélanger = combiner, associer, mêler

vacances;

parler

sur

la

Franco-

artisan = personne qui exerce à son

phonie ;

parler

sur

la

musique

compte un métier d’art manuel

française

et

sur

les

chanteurs

prendre son temps = employer du

francophones

temps

Expression écrite : rédiger un texte

ajuster = rendre juste, régler,

court (un message)

 

uniformiser, égaliser

Grammaire :

les

pronoms

relatifs

brouillon = premier travail avant

simples;

les

modes

et

les

temps

correction

étudiés ; SI conditionnel

 

rature = trait passé sur ce qu’on a

Thèmes :

la

Francophonie ;

les

écrit

chanteurs

francophones

d’hier

et

amnésique = atteint d’amnésie, de

d’aujourd’hui ; l’amour

perte de mémoire

1. Mise en route

 

(i) Partager la classe en deux cercles.

15 Michel Boiron, « Chansons en classe, mode d’emploi » dans la revue Le français dans le monde, Novembre-décembre 2001 - N°318

42

  • (i) Où avez-vous passé vos vacances de Pâques ? Qu’est-ce que vous avez

fait pendant vos vacances ? Avez-vous participé à la messe de Pâques ? Où

exactement ? Dans l’église de votre localité ? Dans un monastère ? Quel

monastère ?

Mise en commun. Comparaison.

  • 2. Vérification des connaissances antérieures

    • (i) Partager la classe en groupes de 6.

    • (i) Répondez aux questions sur la francophonie.

    • (i) Refaites le texte dont les morceaux sont distribués partout dans la classe.

    • (i) Reconnaissez-vous le chanteur / la chanteuse ? Et le titre de la chanson ?

      • 3. Avec le clip

        • (i) Visionner ensemble le clip en entier.

        • (i) A votre avis, quel est le thème de la chanson ?

          • 4. Avec les paroles

            • (i) Distribuer les fiches avec les paroles de la chanson.

            • (i) Lisez attentivement le texte de la chanson et dites quels sont les mots qui

suggèrent le thème de la chanson.

  • (i) Trouvez dans le texte de la chanson le vers qui se répète le plus et dites ce

qu’il exprime.

(i)Dans la première strophe, trouvez le pronom relatif simple et indiquez sa

fonction syntaxique.

  • (i) Quels autres pronoms relatifs simples connaissez-vous ? Employez-les

dans des phrases de votre choix.

  • (i) La chanteuse a eu l’intention de développer un peu le vers « Ecris moi une

lettre de rupture… » et dans ce sens elle a obtenu les variantes suivantes : a)

si tu ne m’aimerais plus ; b) si tu ne m’aimais plus ; c) si tu ne m’aimes plus.

Selon vous, quelle est la variante correcte et pourquoi ? Quel problème de

grammaire reconnaissez-vous ?

  • (i) Après avoir trouvé la variante correcte, faites toutes les modifications

nécessaires pour obtenir d’autres situations possibles pour le problème de

grammaire en question.

  • 5. Expression orale

    • (i) Partager la classe en groupes de 6.

    • (i) Le bien-aimé de la chanteuse a essayé d’expliquer à celle-ci son geste

désagréable dans un sms ; parfois la technologie moderne ne fonctionne

pas, autrement dit, le message n’a pas été envoyé ; partout, dans votre

classe, il y a des fragments de ce message ; refaites le texte du message et

envoyez-le à la chanteuse.

43

5.

Expression écrite

  • (i) Si vous étiez à la place de la chanteuse, que répondriez-vous à un tel

message ?

  • 6. Pour aller plus loin

    • (i) Consultez les sites suivants :

www.lara-fabian.fr

www.larafabian.ch

www.larafabianweb.com

www.mcm.net

www.paroles.net

(i) Répondez aux questions suivantes :

Où et quand est née Lara Fabian ?

Quelles sont les chansons les plus connues ?

Lara Fabian, La lettre

(paroles de la chanson)

Ecris-moi une lettre de rupture

En m'expliquant toutes les raisons

Qui t'ont fait t'évanouir dans la nature

Qui me font mélanger toutes les saisons

Choisis bien tes mots, choisis les justes

Comme un artisan prend

Son temps quand il ajuste

Ecris-moi une lettre de rupture

Envoie-moi seulement le brouillon

Promis je vais rien chercher dans tes ratures

Ecris-moi une lettre au crayon

Ecris-moi comme on écrit la musique

Sacrifie -moi aux dieux

Des amours amnésiques

{Refrain:}

Même si partir quand l'autre reste

Ça fait du mal aux sentiments

Ça peut quand même faire un beau geste

Sauf si bien sûr l'un des deux ment

Ecris-moi une lettre de rupture

Comme quand on se laissait des mots à la maison

44

Je noterai pas les fautes d'écriture

Je verrai pas les fautes de liaisons

Et j'irai bien les chercher moi-même

Si je n'étais pas si sûre

Pas si sûre que je t'aime

{au Refrain}

Pour nous toujours, pour nous peut-être

Comme laisser mes illusions

Quand tu me l'écrieras cette lettre

Ne signe pas ou d'un faux nom

{au Refrain}

Ecris-moi une lettre de rupture

En m'expliquant toutes les raisons

Qui t'ont fait t'évanouir…

Vocabulaire :

(une) rupture = séparation, interruption, divorce

s’évanouir = perdre connaissance ; disparaître

mélanger = combiner, associer, mêler

(un) artisan = personne qui exerce à son compte un métier d’art manuel

prendre son temps = employer du temps

ajuster = rendre juste, régler, uniformiser, égaliser

(un) brouillon = premier travail avant correction

(une) rature = trait passé sur ce qu’on a écrit

amnésique = atteint d’amnésie, de perte de mémoire

BIBLIOGRAPHIE :

1.Michel Boiron,

« Chansons en classe, mode d’emploi » dans la revue Le

français dans le monde, Novembre - décembre 2001 - N°318

2.www.mcm.net

3.www.paroles.net

4.www.leplaisirdapprendre.com

5.www.tv5.org

45

Utiliser les contes en classe de FLE « Réinventer » les contes de Charles Perrault

Emilia COLESCU

Şcoala cu clasele I-VIII

Probota

La littérature enfantine (pour les enfants) constitue la redécouverte

d’un monde inconnu ou peut-être oublié dans la mémoire des adultes. Donner

naissance à cette littérature c’est mettre de soi-même dans le laborieux

processus de la création, « inventer » tout un univers, ou bien maîtriser la

littérature par le langage.

Au début, les contes se répandaient oralement (littérature populaire),

mais lorsque l’intérêt pour l’écriture devient primordial, les contes prennent

un caractère savant. Ainsi, les écrivains, tel Charles Perrault et les frères

Grimm inscrivent les contes dans l’immortalité. Les contes, « le territoire

inconnu et enchanté de l’enfance », établissent une étroite liaison entre la

réalité et le rêve, entre le désir de dépasser sa condition et la possibilité d’être

au centre d’intérêt des contes choisis.

L’étude s’adresse aux enfants et surtout à leur vision créatrice et

interprétative des contes. C’est une tentation indispensable pour les enfants

ayant en même temps un caractère didactique.

Les enfants et surtout les petits-enfants aiment les contes car ils

introduisent les enfants dans un univers enchanté dont la magie stimule leur

attention. Le désir des enfants d’être au centre d’intérêt des études (les

contes) pose le problème et le choix destinés à l’accomplissement de l’esprit.

Réinventer les contes pour les enfants et avec les enfants – en gardant

la structure de base des contes - constitue, en fait, le but de cet ouvrage. La

réécriture des contes stimule l’imagination des enfants et attire d’autant plus

leur attention. Le conte apparaît comme le miroir de l’homme ; il dévoile ses

défauts et ses haines mais il dit la force de ses idéaux.

Poser de soi-même dans ce travail laborieux c’est essentiel pour le

développement de l’esprit libre des enfants. La curiosité innée des enfants et

le désir de s’intégrer et de donner leurs apports sont des traits définitoires au

caractère magique qui donne un air neuf aux contes traditionnels.

L’interpénétration entre ancien et moderne apporte une vision sans frontières

à l’imagination infantile.

Les vrais héros seront particulièrement les enfants prodiges qui, à

l’aide de leur imagination, seront aptes à « réinventer » tout un univers, c’est-

à-dire leur propre univers qui jaillira au monde comme une lumière divine de

l’esprit.

Le rôle didactique sera envisagé par le professeur, un vrai metteur –

en – scène de “leur propre-moi”, qui délivra les rêves et les désirs cachés aux

46

tréfonds de leurs âmes. Il sera leur guide car le travail sera collectif visant les

enfants aptes à changer leurs propres visions.

La magie du conte sera le point terminus, car le rôle de ce projet c’est

de fasciner, de charmer en posant de soi-même à cet accomplissement.

Réinventer les contes c’est aussi réinventer la manière de penser, de

vivre avec intensité toutes les sensations produites par l’esprit errant dans un

autre monde – le vrai monde 17 des contes où tout enfant peut être un héros

légendaire.

Les frontières entre rêve et réalité n’existeront plus car l’esprit de

l’enfant sera “capturé“ dans son propre conte – une vision nouvelle sera

ouverte à toutes sortes de réinterprétations symboliques.

Maîtriser par « le langage » - la force puissante de la parole –

énigmatique et ouverte à la fois, constitue une vision ouverte de l’esprit sage,

séduisant.

Dans toutes les civilisations, à travers les siècles, la littérature orale se

transmet de génération en génération dans toutes les sociétés.

Le conte transmet un savoir (une initiation au monde), un espoir

d’avenir meilleur car son dénouement est presque toujours heureux.

Merveilleux ou philosophique, le conte est une façon de voir la vie.

Les contes choisis constituent un repère dans l’évolution culturelle

des enfants, car ils n’aiment pas seulement écouter les contes, mais surtout

les interpréter et changer le ton des contes en les adaptant à leurs désirs et

rêves innocents.

Les contes de Charles Perrault, écrits en vers et en prose, contiennent

des événements imaginaires dédiés surtout aux enfants. Ses contes peuvent

être perçus comme des « véritables nucléons » pour les futurs écrivains.

La magie des contes, l’esprit ludique et le ton ironique répondent à la

nécessite de trouver les secrets cachés dans l’âme des enfants.

En ajoutant une ou deux moralités aux contes, Charles Perrault

s’adresse non seulement aux enfants mais aussi aux adultes qu’il essaie de les

séduire et de les transposer dans le monde de l’enfant pour lequel la magie et

le mystère sont les traits définitoires du conte.

« Les contes renferment toute une morale très sensée qui se découvre

plus ou moins selon le degré de pénétration de ceux qui les lisent ». 18

Les adultes, ayant une vision différente des enfants, perçoivent

l’aspect qui s’inscrit dans leur vision comme un trait définitoire, lorsque les

enfants se confondent parfois avec les personnages du conte lu.

L’enfant, le miroir de l’adulte, se reflète dans la vision chargée de

significations des adultes.

L’adulte accepte l’effet de cette réflexion, en s’éloignant de cette

manière de son propre statut.

17 http://rdereel.free.fr/volEZ1.html 18 Charles, Perrault, Contes, Hachette Livre, Paris, 1999, p.242

47

Saintyves, dans son étude faite sur les contes de Perrault, fait la

suivante classification :

  • - les contes d’origine saisonnière tel : Le Cendrillon, Le Petit Chaperon

Rouge, Peau d’Ane, La Belle au Bois Dormant où les personnages

deviennent des êtres qui ont un certain cérémonial,

  • - les contes d’origine initiatique tel : Le Petit Poucet, Le Chat Botté, La

Barbe Bleue dont les aventures reconstituent des divers moments d’initiation,

des épreuves, des tentatives,

  • - les contes inventés par les moralistes tel : Grisélidis ou Les Souhaites

Ridicules ayant un valeur moralisateur à l’époque :

« […] Les livres de Saintyves qui ont beaucoup et mal vieilli offrent

cependant l’occasion, imprévue par leur auteur, d’effectuer un formidable

voyage transhistorique et transgéographique, de permettre une sorte de

« surfing » à la surface de certaines de légendes, mythes, contes, vies de

saints illustres ou méconnus, ou bien de pêcher dans des dizaines de pages

serrées des bibliographies quelques titres oubliés ou étonnants, donnant une

idée de la bibliothèque d’Emile Nourry » 19 .

Les contes de Charles Perrault dévoilent un univers magique qui

pourrait être un point de départ dans l’orientation des futurs écrivains

intéressés à apporter une nouvelle vision des contes choisis, et cela grâce à

l’adaptation, au pastiche.

L’étude faite par Marc Soriano sur les Contes de Charles Perrault à en

vue non seulement les rapports qui s’établissent entre la culture savante et les

traditions populaires mais aussi la réflexion de la méthode humaniste :

« Les contes attribués à Perrault sont une adaptation, c’est-à-dire une

élaboration savante de voie orale, je crois l’avoir montré ou avoir essayé de le

montrer. Toutefois, il faut bien voir que cette adaptation garde une grande

valeur, parce que l’artiste, pour des raisons complexes, a mis les ressources

de son art au service de l’art populaire ou, en tout cas, a voulu en reconstituer

les procédés de la manière la plus fidèle qu’il a pu » 20 .

D’ailleurs, Marc Soriano pense que :

« La célébrité des Contes de ma mère l’Oie est d’un type particulier :

elle ne doit pas grand-chose à la culture, à l’éducation qui nous aident, par

exemple, à apprécier Corneille ou Racine. Ce petit livre, c’est le seul

classique que chacun de nous sache par cœur avant d’aller en classe, le seul

aussi dont il gardera le souvenir même s’il n’aime pas la lecture et s’il ne le

relit pas.

Perrault, s’il est l’auteur des Contes qu’on lui attribue, est un des très

rares écrivains de notre pays qui soit parvenu à créer des types vraiment

populaires. Ce livre, compte tenu de sa brièveté, est même, selon toute

19 Pierre, Péju, L’Archipel des contes, Éditions Aubier, France, 1989, p.103. 20 Marc, Soriano, Les contes de Perrault. Culture savante et traditions populaires, Édition revue et corrigée, Gallimard, 1996, Préface, p.XIV

48

vraisemblance, celui qui a mis en circulation le plus d’expressions adoptées

par le langage courant »

21

.

Traduire Perrault signifie comprendre le sens caché de ses contes,

écouter son rythme intérieur en restant attaché à son style unique.

BIBLIOGRAPHIE :

  • 1. Charles, Perrault, Contes, Hachette Livre, Paris, 1999

  • 2. Georgeta, Munteanu, Elena, Bolog, Vistian, Goia, Literatura pentru copii,

Editura didactică şi pedagogică, Bucureşti, 1971

  • 3. Gianni, Rodari, Gramatica fanteziei. Introducere în arta de a inventa

poveşti, Editura didactică şi pedagogică, Bucureşti, 1980

  • 4. Marc, Soriano, Les contes de Perrault. Culture savante et traditions

populaires, Édition revue et corrigée, Gallimard, 1996

  • 5. Pierre, Péju, L’Archipel des contes, Éditions Aubier, France, 1989

Bibliographie électronique :

http ://rdereel.free.fr/volEZ1.html

21 idem, p. 13.

49

PÉDAGOGIE DU PROJET

Felicia VRANAU

Réalisation de projets dans le TIC. Film artistique de court métrage.

Historique de la notion du projet

Cristina HETRIUC

Les usages pédagogiques du Blog. Le bilan d`une expérience

50

Réalisation de projets dans le TIC Film artistique de court métrage Historique de la notion du projet

Felicia VRANAU

Colegiul Naţional « Mihai Eminescu »

Suceava

La pédagogie du projet apparaît pour la première fois comme

méthode d’enseignement les années ’20 aux Etats-Unis. W. H. Kilpatrick,

pédagogue américain qui fait partie de l’Ecole fonctionnaliste de Chicago,

propose un système d’enseignement actif où la connaissance sera acquise

grâce à la méthode des projets. Il considère l’activité « intentionnelle »

comme étant le trait caractéristique de la méthode du projet, l’activité

« constructive » n’étant que secondaire.

J. Dewey (pédagogue américain) propose une méthode d’activités

sociales créatives qui favorise un apprentissage authentique. Pour lui, on

apprend en faisant « Learning by doing », donc il met au premier plan

l’activité « constructive ».

A la même époque, en France, Freinet et Montessori tentent de

transformer l’élève - objet en sujet de sa propre formation. Pour eux, les

expériences réalisées par les élèves eux-mêmes sont les meilleurs facteurs

d’apprentissage.

Dans les années ’80 on essaie une mise en place de la pédagogie du

projet (centrée sur l’apprentissage) en opposition à la pédagogie par objectifs

(centrée sur l’apprenant).

D’après la taxonomie du domaine cognitif de Bloom (1956) il y a

cinq compétences à développer chez l’apprenant :

Connaissance : mémorisation et restitution d’informations dans les

mêmes termes

Compréhension : restitution du sens des

informations dans d’autres

termes

Application : utilisation des règles, principes ou algorithmes pour

résoudre un problème, les règles n’étant pas fournies dans l’énoncé

Analyse : identification des parties constituantes d’un tout pour en

distinguer les idées

Synthèse : réunion ou combinaison des parties pour former un tout

Evaluation : formulation de jugements qualitatifs ou quantitatifs

D’après les théories de la psychologie sous-jacentes, c’est-à-dire la

théorie constructiviste de Jean Piaget (1896-1980) et la théorie socio -

constructiviste de Vygotsky (1896-1934) l’apprenant développe en plus de

ces compétences.

51

D’après la théorie de Piaget l’accès à la connaissance ce n’est pas

seulement une accumulation de savoirs mais aussi une construction qui

suppose une action de l’individu sur les objets (et ainsi l’apprenant devient

acteur), un processus d’équilibration à partir des connaissances disponibles et

une restructuration de l’ensemble des connaissances à chaque nouvelle

acquisition.

Vygotsky et sa théorie socio - constructiviste insiste sur le fait que les

capacités humaines sont excentrées dans les produits humains ce qui leur

confère une dimension sociale et l’appropriation des connaissances est une

appropriation de ces produits qui sont des outils psychologiques.

L’appropriation se réalise en deux temps : une phase inter - psychologique

qui suppose que l’environnement social est le médiateur des connaissances et

s’identifie avec l’apprentissage et une phase intra - psychologique qui

suppose la reconstruction sur le plan personnel et s’identifie avec

l’acquisition.

OBJECTIFS ET DEFINITION DE LA PEDAGOGIE DU PROJET

Les principaux objectifs de la pédagogie du projet sont ceux de

« rendre l’apprenant acteur de son apprentissage et d’acquérir des savoirs et

des savoir-faire en relation avec la société, à visée sociale et culturelle »

22

.

Kilpatrick définit la pédagogie du projet comme « une activité

préalablement envisagée, dont l’intention dominante est une finalité réelle qui

oriente les activités et leur assigne une motivation, un ensemble de tâches

visant à une adaptation individuelle et sociale. Alors que l’école considère les

matières du programme comme une fin, ici elles ne sont qu’un moyen de

réalisation du projet » 23 .

La pédagogie du projet est une pratique de classe particulière qui se

déroule sur un laps de temps défini et qui consiste en la réalisation en

commun d’un produit concret qui possède une visée sociale authentique,

évalué par l’extérieur. L’originalité de la pédagogie du projet consiste à

inscrire les apprenants dans une activité qui leur donne du sens au double

sens de signification et direction.

CARACTERISTIQUES DE LA PEDAGOGIE DU PROJET

Cette méthode d’apprentissage est une démarche globale qui associe

réalisation concrète et apprentissage formel. En même temps, c’est une

démarche créative qui a une visée sociale authentique, un processus au cours

duquel les apprenants réalisent des activités en groupes et individuellement.

22 VYGOTSKY, LEV, Dans PERSPECTIVES, revue trimestrielle de l’éducation comparée, Paris, UNESCO, Bureau international d’éducation, vol. XXIV nº 3 / 4 (91 / 92), p. 801

23 KILPATRICK, W. H., dans PERSPECTIVES, revue trimestrielle de l’éducation comparée, Paris, UNESCO, Bureau international d’éducation, vol. XXVII, n° 3 (septembre 1997), p. 513

52

L’apprentissage se fait par résolution de problèmes et la pratique est centrée

non seulement sur les contenus d’apprentissages mais surtout sur les

conditions.

Comment apprendre une langue à l’aide du projet ? Tout d’abord il

faut s’inscrire dans une activité langagière, c’est-à-dire articuler les éléments

structurels de la langue (savoirs linguistiques) et ses éléments pragmatiques

(savoir-faire communicatifs). Cette articulation assure un rôle actif de

l’apprenant dans la structuration de cette langue étrangère et un rôle

constitutif du contexte interactif dans lequel est effectué cet apprentissage. La

pédagogie du projet permet ainsi dans l’apprentissage d’une langue étrangère

d’organiser un travail sur et avec la langue en vue de réaliser un produit

social finalisé.

REALISATION D’UN FILM ARTISTIQUE

DANS LA CLASSE DE FLE

DE COURT METRAGE

Nous avons réalisé ce film en proposant à un groupe de sept élèves de

faire un court métrage sur le poème Rue de Seine par Jacques Prévert.

Les élèves devraient prouver comment ils ont compris le message du

poème dans le contexte de la poésie surréaliste.

Nous avons constitué le groupe de travail, chacun devait s’occuper de

sa tâche : le scénario, la mise en scène, la lecture du poème, le jeu de rôle, les

décors, la musique, le tournage et le montage du film.

Nous avons initiés les élèves au courant surréaliste dans la littérature

et dans le cinéma. Nous avons établi les étapes du projet et les termes de

l’évaluation préliminaire et finale.

Nous avons établi le temps du déroulement du projet : préparation,

tournage de certaines séquences, le jeu de rôle proprement dit et le montage

du film, évaluation préliminaire : deux mois.

Un élève a été initié au tournage et au montage de film, en

collaborant avec un opérateur de la chaîne de télévision locale.

Toutes les deux semaines les travaux des élèves étaient contrôlés et

corrigés. Les élèves ont été aidés à surmonter les difficultés qui sont apparues

à chaque moment du déroulement du projet (cadres, prononciation, jeu et

angles de vue, plans cinématographiques). Nous avons visionné certaines

séquences du film, corrigé les plans cinématographiques et conseillé les

acteurs.

Nous avons établi la dimension sociale du projet et son exportation :

le film devra être présenté le 20 mars, dans le cadre du spectacle de la Soirée

Francophone devant les élèves du lycée, les professeurs et les parents.

Le film a été entièrement réalisé par les élèves. Les fautes ou les

imperfections ont été assumées par ceux-ci quand nous avons fait une

autoévaluation et une évaluation en classe. Leurs camarades ont été impliqués

dans la critique du film, du point de vue artistique, de la fidélité du scénario,

53

des effets, le jeu des acteurs, les imperfections du montage et du tournage,

les fautes de langue, le générique. Le film a été exporté tel quel.

BIBLIOGRAPHIE :

1.DESBIENS, JEAN-PAUL, Introduction à un examen philosophique de la

psychologie de l’intelligence chez Jean Piaget, Québec, Presses de

l’Université Laval, 1968

2.KILPATRICK, W. H., dans PERSPECTIVES, revue trimestrielle de

l’éducation comparée, Paris, UNESCO, Bureau international d’éducation,

vol. XXVII nº 3 (septembre 1997), p. 503-521

3.VYGOTSKY, LEV, dans PERSPECTIVES, revue trimestrielle de

l’éducation comparée, Paris, UNESCO, Bureau international d’éducation,

vol. XXIV nº 3 / 4 (91 / 92), p. 793-820

54

Les usages pédagogiques du blog Le bilan d`une expérience

Cristina HETRIUC

Colegiul Naţional « Mihai Eminescu »

Suceava

Apparus dans les années 2000, les blogs sont des journaux en- ligne.

Le caractère intime, privé est disparu, l’intention du blogueur, de celui qui

poste des messages est d’obtenir des réponses, des réactions à ses réflexions,

d’initier des interactions, des échanges avec les autres blogueurs. Tout le

monde blogue aujourd’hui, on raconte ses aventures quotidiennes, on

exprime ses opinions en ce qui concerne les sujets d’actualité politique ou

sociale. Toute personne publique a son blog qu’il s’agit des journalistes, des

sportifs ou des vedettes.

Bloguer signifie communiquer, partager ses opinions et attendre des

réactions, la fonction commentaire étant la plus importante, car elle permet

d’avoir des réactions immédiates quant au sujet abordé. Les blogueurs

s’assument leur condition d’être commenté, c’est pour cela qu’ils mettent en

ligne leurs pensées. Le blog fonctionne selon des principes très simples: les

internautes répondent aux billets (aux sujets) postés par le blogueur :

« Chaque nouveau sujet prend la forme d’une courte note à caractère

éditorial, se présentant en ordre chronologique inverse» 24 .

Le Journal officiel français du 20 mai 2005 définit le bloc-notes

(forme abrégée "bloc") comme un:

« Site sur la toile, souvent personnel, présentant en ordre chronologique de

courts articles ou notes, généralement accompagnés de liens vers d'autres

sites » 25 .

On ajoute que:

« La publication de ces notes est généralement facilitée par l'emploi d'un

logiciel spécialisé qui met en forme le texte et les illustrations, construit des

archives, offre des moyens de recherche et accueille les commentaires

d'autres internautes » 26 .

La présentation chronologique des notes leur donne l'allure d'un

journal personnel en ligne, accessible à tous les internautes. Ces articles sont

archivés sur le blog et accessibles à la même adresse sans limitation de durée.

Très récemment, la Commission française générale de terminologie et

de néologie a décidé d'adopter les termes « bloc» ou « bloc-notes», mais on

rencontre également le terme anglais «weblog» ou sa forme contractée «

  • 24 Dossier Blog du site Francparler http:// www.francparler.org

  • 25 « Les blogs sous le feu d`actualité » - http:// www.educnet.education.fr

  • 26 Idem

55

blog», «blogue» (forme francisée proposée par l’Office québécois de la

langue française), « blogue-notes», « carnet virtuel», « cybercarnet»,

« joueb», « carnet web», «journal web» ou encore « webjournal». Pourtant,

l’orthographe «blog »est la plus répandue.

Le mot «blog» connaît de nombreux dérivés. Voici les plus courants :

Blogosphère : le monde collectif des blogs, la communauté des rédacteurs de

blogs.

Blogroller : indiquer des blogs en lien sur son blog.

Bloguable : qui est susceptible de faire l’objet d’un article sur un blog.

Bloguer : action de tenir un blog ou de publier sur un blog.

Blogueur : celui ou celle qui publie un blog. 27

Les enseignants sont de plus en plus nombreux à profiter de l’intérêt

suscité par les blogs auprès des jeunes en les intégrants dans leurs pratiques

de classe et en exploitant « leur potentiel pédagogique » 28 .

J’ai eu l’idée d’utiliser le blog en et hors- classe, menée par le désir de

motiver mes élèves dans l’étude du français. Je voulais surtout qu’ils

exercent les compétences de compréhension et de production écrite en

français, qu’ils s’expriment librement et pas nécessairement avec des

locuteurs francophones, qu’ils s’ouvre vers le monde, qu’ils interagissent

avec des jeunes de leur age.

Je ne me suis pas fait, tout de suite, mon propre blog, j’ai commencé par

visiter les blogs des autres professeurs et de les faire découvrir à mes élèves.

A la suite de mes recherches, j’ai trouvé un blog, qui, par son

caractère multiculturel, m’a immédiatement attiré l’attention. Il s’agissait,

tout comme le titre l’indique, du blog Eurosphère- le blog des échanges

lycéens.

Le professeur d’anglais du Lycée Camille Schneider d’Alsace avait

eu l’idée de créer un espace virtuel où ses élèves puissent rencontrer des

élèves de partout en Europe. Le blog hébergeait en mars 2006 les rubriques

de plusieurs lycées d’Espagne, d’Italie, de Slovénie. Les élèves étaient les

principaux auteurs des textes. Ils présentaient leurs écoles, ils manifestaient le

désir de se faire des amis sur le blog. L’enseignant n’intervenait que pour

annoncer la parution des nouveaux commentaires et pour relancer des

conversations qui traînaient. Les interventions se faisaient sous forme de

billets- questions (Qui connaît des stéréotypes sur les Français ou les

Alsaciens?) ou de jeux (Testez vos connaissances géographiques sur

l’Europe!)

27 DEMANGE-DUCROT, Gabrielle –

« Intérêts

et

enjeux

pour

le

professeur-

documentaliste », Mémoires

professionelles

en

CAPES

de

documentations,

2006 :

www.savoirscdi.cndp.fr 28 TOME, Mario – Blog et enseignement, http://flenet.rediris.es/bog/carnerweb.html

56

J’ai contacté le professeur- administrateur du blog, qui m’a donné les

coordonnées dont j’avais besoin pour laisser des messages. Une fois les

coordonnées obtenues, mes élèves ont créé une rubrique à part pour décrire la

région de Suceava, leur lycée, pour mettre des photos de l’école.

Je reprends ici un des messages adressés aux élèves roumains :

“Nous vous souhaitons la bienvenue!!! Nous sommes très contents

que d'autres lycées se joignent à nous. Nous vous présentons notre classe de

1ere année BAC Pro COMMERCE. Nous sommes une classe de 30 élèves de

l'âge de 17 ans à 20 ans, on est une classe très active, et très unie :

contrairement à se qui se passe dans d'autres classes il n'y à pas de clans

parmi nous, nous nous entendons très très bien. En dehors du lycée nous nous

voyons pour faire des sorties dans des bars ou dans des discothèques pour

faire la fête et boire un petit "schlouk" (expression locale qui signifie boire un

petit verre ou plusieurs, cela dépend de l'occasion). On apprécie tout

particulièrement de la Smirnoff Ice, Vodka, Coktail de jus de fruits,

Désperados (bière), Téquila, Monaco, Passeo, Whisky, Soho, Malibu.

Comment avez-vous découvert notre blog?

Par le biais des Roumains, des professeurs …

29

Le blog est, dans la majorité des cas un support motivant pour

privilégier la compétence d’expression écrite, mais aussi la communication

élève- extérieur :

Les élèves peuvent mener des correspondances ou des colloques

virtuels ayant comme partenaires des écoles de l’étranger. 30

Tout enseignant veut varier ses méthodes et techniques

d’apprentissage afin que ses élèves maîtrisent les compétences de

compréhension orale et écrite, de production orale et écrite.

Moi, j’ai voulu cacher mon but (celui de développer chez mes

apprenants les compétences de compréhension et de production écrite d’un

message en français) en proposant en apparence des taches assez simples:

réagir en ligne aux billets à différents sujets. Alors, j`ai eu l`idée de créer

mon propre blog : Francoinfofan - le blog des informaticiens francophones

du Lycée National « Mihai Eminescu ».

J’ai exploité au maximum le facteur nouveauté, j’ai essayé de mettre

le blog à jour régulièrement, de répondre rapidement aux commentaires, de

discuter les messages de mes élèves en classe, de leur demander qu`ils

participent à l’amélioration du blog et qu`ils

particulièrement intéressants pour eux.

fournissent des sujets

Mon intention était de leur induire le désir de consulter régulièrement

le blog, de réagir à mes commentaires ou à ceux de leurs collègues et finir par

prendre l’habitude d’écrire, de construire leur discours dans diverses

situations.

29 Europshère- le blog des échanges lycéens http://eurosphère.hautefort.com 30 Dossier Blog du site Francparler http:// www.francparler.org

57

J’énumère les avantages de l’utilisation du blog en classe de français :

améliorer l’expression écrite des élèves, leur donner envie d’aborder des

sujets variés, les encourager à exprimer leurs opinions, à étudier l’opinion des

autres, à accepter le dialogue.

On donne l’occasion aux élèves de s’exprimer dans un contexte tout

différent de celui de la salle de classe, « dans un espace de communication

interactif où règne la liberté de ton, où on encourage la créativité,

l’autonomie de la pensée » 31 . On leur demande de réfléchir à des questions

qu’on ne peut pas toujours aborder en classe. De plus, les timides ou ceux qui

n’osent pas s’exprimer en classe, n’ayant pas suffisamment de confiance dans

leur niveau de maîtrise de la langue ont l’occasion de dire ce qu’ils pensent,

d’exercer leurs habiletés de communiquer.

On peut suivre la progression des acquisitions de l’élèves dans le

domaine du vocabulaire, de la grammaire en étudiant ses commentaires

récents et en relisant les productions antérieures.

La correction des erreurs se fait en classe à la suite d’une discussion

élève - professeur. La correction n’est pas punitive, on ne peut pas faire des

reproches aux élèves pour ne pas avoir correctement utilisé certaines

expressions ou ne pas avoir bien orthographié certains mots. Ce type de

correction est efficace vu le caractère public des messages. Personne ne

désire que ses copains lisent des messages incorrects.

Les élèves sont plus attentifs à leur expression écrite et sont plus

motivés à étudier le français. Je peux mentionner le cas d’un élèves de IXe,

débutant en français, qui a commencé à apprendre le français par plaisir au

moment où j’ai mis sur le blog un article sur le Bal des débutants et une

photo de lui et de sa partenaire.

Dans le cas d’un blog interne, tout comme celui- ci, on privilégie:

- la communication professeur- élève « l’enseignant peut établir des

permanences virtuelles pendant lesquelles les élèves peuvent lui poser des

questions » 32 .

- la communication élève- élève « les apprenants peuvent poursuivre les

discussions entamées en classe ou bien les sujets du blog peuvent fournir de

nouveaux points de départ pour des débats » 33 .

J``ai comptabilisé le nombre des réactions (des commentaires) aux

billets que j`ai postés :

Billet Musique- Cinéma – Théatre - 48 commentaires

Billet Pour ou contre la musique rock- 33 commentaires

Billet La famille- 32 commentaires

Billet Amour parfait- 24 commentaires

  • 31 TOME, Mario – Blog et enseignement, http://flenet.rediris.es/bog/carnerweb.html

  • 32 Dossier Blog du site Francparler http:// www.francparler.org

  • 33 Idem

58

Billet Personnalités et Modèles- 18 commentaires

Billet Comment protéger le milieu environnant- 15 commentaires

Billet Miss et Mister - 11 commentaires

Billet Etre un bon citoyen- 9 commentaires

On doit mentionner que le blog se prête à nombreuses utilisations

pédagogiques, tant pour l`enseignant que pour l`apprenant. Le dossier Blog

du site Francparler offre un panorama complet des applications pédagogiques

possibles.

Une première utilisation possible du blog est celle du blog enseignant,

principalement géré par le professeur, qui peut être utilisé dans un cadre

personnel ou en classe. Dans le cadre du blog personnel de l`enseignant, on

peut proposer des ressources pédagogiques et réfléchir sur sa pratique

professionnelle. Le blog du tuteur dans le cadre de la classe fournit des

informations pratiques sur le cours, prolonge le travail réalisé en classe,

propose des activités pédagogiques. Du travail collaboratif de la classe

d`élèves naît le blog - classe où les étudiants racontent la vie de la classe ou

réalisent un projet pédagogique.

L`apprenant doit être encouragé à intégrer le blog dans sa pratique

courante. L`élève peut faire une auto- évaluation de son travail tout le long de

l'année, peut faire ses devoirs ou bien créer un blog en français sur un sujet de

son choix.

Il y a quelques inconvénients mineurs dans l`utilisation du blog,

qu`on peut pourtant éviter.

Au moment du lancement du blog, il est nécessaire qu’on rende les

élèves conscients du fait qu’ils doivent utiliser avec responsabilité le blog,

qu’ils ne doivent pas publier des contenus déplacés, qu’ils doivent être

respectueux des droits d’auteur pour les textes et les images qu’ils publient.

Moi, j’ai mentionné tout cela dans la rubrique Règles d’utilisation du blog et

je dois avouer que depuis 5 mois (le blog a été lancé le 8 janvier 2007) je

n’ai enregistré aucun commentaire offensant. L’administrateur du blog a la

possibilité d’effacer les messages qu’il juge inappropriés.

Un autre problème est celui de la qualité des textes. Le niveau de

langue n’est pas le même, en conséquence, il y auront des commentaires très

bien écrits et des commentaires dont la correction n’est pas le point fort.

Créer un blog est très simple. L`équipe de Francparler a fait un

comparatif des plate - formes, des hébergeurs gratuits des blog francophones

Pour créer un blog, on ne doit pas posséder des compétences techniques. Il y

a des hébergeurs gratuits chez lesquels on peut ouvrir un blog en quelques

minutes. Les instructions sont très claires, on peut accéder facilement à son

espace personnel et commencer à publier des billets. Il y a des hébergeurs qui

proposent des blogs dont l’interface est en français, tout comme: OverBlog.

com, CanalBlog, Blog4Ever, Blog.fr, ZeBlog.com, etc. Chacune de ses plate

- formes propose de modèles multiples, permettant aux blogueurs de choisir

les couleurs, le type de caractères et la structure de la page d’accueil.

59

On n’a pas besoin de compétences particulières pour administrer et

mettre à jour le blog. Tout se fait simplement grâce à un outil de publication

en ligne. Les étapes à suivre sont très bien expliquées au moment où on se

décide d’ajouter un nouveau sujet.

Six moins après la création du blog personnel, je fais le bilan d`une

expérience que je considère réussie. Pour mes 22 sujets, j`ai eu 323 réactions

et 335 visiteurs uniques. Conclusion plus que satisfaisante pour moi : mes

élèves veulent communiquer en français.

WEBOGRAPHIE :

1.DEMANGE-DUCROT, Gabrielle – « Intérêts et enjeux pour le professeur-

documentaliste », Mémoires professionnelles en CAPES de documentations,

2006 www.savoirscdi.cndp.fr

2.Dossier Blog du site Francparler http:// www.francparler.org

3.Europshère- le blog des échanges lycéens http://eurosphère.hautefort.com

4.« Les blogs sous le feu d`actualité » - http:// www.educnet.education.fr

5.Francoinfofan- le blog des informaticiens francophones du Lycée National

’’Mihai Eminescu, http://francoinfofan.over-blog.com

6.TOME, Mario – Blog et enseignement,

http://flenet.rediris.es/bog/carnerweb.html

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