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U n i v e r s i t é d e Y a o
U n i v e r s i t é d e Y a o

Université de Yaoundé I

Ecole Nationale Supérieure Polytechnique B.P. 8390 Yaoundé Tél. / Fax : (237) 2224547

B.P. 8390 Yaoundé Tél. / Fax : (237) 2224547 LABORATOIRE D'ÉLECTRONIQUE ET DE TRAITEMENT DU SIGNAL

LABORATOIRE D'ÉLECTRONIQUE ET DE TRAITEMENT DU SIGNAL (LETS)

www.lets.africa-web.org

ET DE TRAITEMENT DU SIGNAL (LETS) www.lets.africa-web.org Unité de Valeur DTRN401-01 Réseaux de télécommunications

Unité de Valeur

DTRN401-01

Réseaux de télécommunications et transmission de données*

Emmanuel TONYE

Professeur

Septembre 2005

* Texte tiré de l’ouvrage collectif <<Problématique de l’informatisation des processus électoraux en Afrique>>, paru chez L’Harmattan, Paris, France en 2004, sous la direction d’Alain Nkoyock ; et augmenté d’un exemple complet d’application de l’analyse multicritère

Sommaire

Introduction I. Etat des lieux du réseau des télécommunications au Cameroun I.1. Les réseaux de transmission I.1.1. Camtel et les réseaux de transmission I.1.2. Les réseaux des mobiles des sociétés Orange et MTN I.2. Les réseaux de commutation I.3. Les réseaux de services II. Les technologies actuelles des réseaux étendus II.1. Les critères de classification des réseaux téléinformatiques II.1.1. La distance et le débit II.1.2. La topologie II.1.3. Les modèles d’architecture de communication II.1.4. Le mode de gestion II.1.5. Les techniques de transfert II.2. Réseaux WAN et technologies actuelles II.2.1. Les lignes spécialisées II.2.2. Le modem analogique (Analog Modem) II.2.3. Le Réseau Numérique à Intégration de Service (RNIS) II.2.4. La technologie TDM II.2.5. Les nouvelles variantes des technologies Ethernet : LRE et le 10 Gigabit Ethernet II.2.6. Les technologies xDSL II.2.7. Le modem câble II.2.8. X.25 et Frame Relay (Relais de trames) II.2.9. POS et ATM sur SDH/SONET II.2.10. Les réseaux de transmission par faisceaux hertziens II.2.10.1. Les satellites et la technologie VSAT II.2.10.2. Les réseaux sans fil III. L’interconnexion des unités administratives au Cameroun : un descriptif sommaire du modèle MEDUSE III.1. La méthodologie III.1.2. L’exploitation du modèle MEDUSE III.1.3. Un exemple complet Conclusion Eléments de bibliographie

2

Introduction

Les nouvelles attentes et les nouvelles possibilités en matière de production et de distribution de l’information amènent les Etats à proposer et fournir aux citoyens et aux entreprises les services publics à valeur ajoutée. Les différents programmes de réforme de l’Etat, de gouvernance et/ou de décentralisation administrative engagés partout en Afrique montrent l’ambition des services publics de faciliter le passage des administrations proposant des services cloisonnés vers celles offrant des services en réseau. Le Cameroun s’est aussi engagé dans cette voie au regard de nombreux projets TIC engagés dans plusieurs secteurs de l’administration (finance, éducation, santé, système électoral, justice et police, etc). Qu’il s’agisse du SIGIPES (Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la Solde), du SIGIFI (Système informatique de gestion intégrée des finances publiques), du GUCE (Guichet unique électronique des opérations du commerce extérieur), de l’informatisation du fichier électoral, tous les projets suscités ont pour ambition de couvrir l’espace national en interconnectant toutes les structures administratives concernées. Ils s’appuient donc en général sur l’infrastructure téléinformatique, mais de manière singulière aux réseaux étendus encore appelés technologies WAN (Wide Area Network). Dans tous ces projets comme dans celui qui motive cette contribution, à savoir l’informatisation du système électoral, les décideurs font face à des difficultés dans le processus de prise de décision : étant donnée une structure administrative, choisir la meilleure technologie WAN disponible sur le marché. Ce choix dépend de plusieurs facteurs ou critères : le type de connexion des structures administratives avoisinantes ; les différentes technologies WAN disponibles sur le marché, leurs spécificités et leurs coûts ; les différentes contraintes organisationnelles, financières, technologiques et environnementales du pays. Conséquence, les initiatives en cours de mise en place des plates-formes techniques débouchent le plus souvent sur de véritables gouffres financiers pour des résultats finalement insuffisants et des solutions technologiques inappropriées aux besoins des administrations publiques.

3

Les réflexions visant à rationaliser ce type de choix ont été longtemps engagées par la communauté scientifique et des modèles d’aide à la prise de décision ont été appliqués dans de nombreux domaines. Le modèle MEDUSE (Méthode d’aide à la décision par l’utilisation de SIG pour l’interconnexion de l’administration camerounaise) ici proposé, est une adaptation au problème posé des modèles décisionnels existants. Il est basé sur l’utilisation combinée des réseaux de télécommunications étendus, des bases de données, des Systèmes d’information géographique (SIG) et des méthodes d’analyse multicritère. La connaissance des différentes technologies WAN en vente sur le marché et des différents réseaux télématiques disponibles dans le pays permet, étant donnée une unité administrative située dans un coin du Cameroun, de choisir la meilleure technologie permettant de la relier ou de l’interconnecter au réseau des télécommunications national. Cette contribution est subdivisée en trois parties : l’état des lieux du réseau des télécommunications au Cameroun (I) ; les différentes technologies des réseaux étendus actuellement disponibles sur le marché (II) ; la méthodologie d’élaboration du modèle décisionnel MEDUSE (III).

I. Etat des lieux du réseau des télécommunications au Cameroun

Le réseau des télécommunications est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour permettre à des usagers distants d’échanger entre eux des informations avec un délai aussi court que possible 1 . Avec la révolution des nouvelles technologies, ce terme est utilisé dans beaucoup de contextes, ce qui malheureusement ne permet plus de saisir son sens réel. C’est ainsi que pour permettre la bonne compréhension du texte, nous décrirons les réseaux de télécommunications au Cameroun 2 en trois grandes classes 3 à savoir,

1 César Macchi et co., « Transport et traitement de l’information dans les réseaux et systèmes téléinformatiques et télématiques », Dunod, 1997, p. 42. 2 La quasi-totalité des informations sur l’état des lieux des télécommunications au Cameroun sont issues des compilations faites par les auteurs à partir des documents de la Cameroon Telecommunications (Camtel), de la Cameroon Radio and Television (CRTV), de l’Agence de régulation des télécommunications (ART) et du

4

les réseaux de transmission, les réseaux de commutation et les réseaux de services.

I.1. Les réseaux de transmission

Camtel et les deux opérateurs des mobiles à savoir, MTN et Orange 4 , gèrent cette classe de réseaux au Cameroun. L’opérateur historique, Camtel, a la charge des réseaux câblés dont la fibre optique Sat3, le réseau téléphonique fixe et le réseau en faisceaux hertziens (FH) qu’utilisent également la CRTV 5 pour ses transmissions radiophonique et télévisuelle. Les communications entre utilisateurs mobiles sont possibles grâce aux transmissions satellitaires (GSM).

I.1.1. Camtel et les réseaux de transmission

a) les réseaux téléphoniques filaires et hertziens

Les liaisons de transmission gérées par Camtel sont constituées de circuits internationaux par satellite, d’un peu plus de 5.000.000 km de faisceaux hertziens (4.176.140 km analogiques et 820.010 km numériques-PDH), de 100.000 paires de câbles environ et de quelques liaisons urbaines à fibre optique à Yaoundé et à Douala.

Plan national sur les infrastructures de l’information et de la communication (ou Plan NICI) élaborée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.

3 Le lecteur intéressé est invité à lire la classification des types de réseaux de télécommunications faite par Guy Pujolle dans la 3 e édition de son livre à succès « Les Réseaux » ; Eyrolles, 2000, p.3.

4 Orange, anciennement connu sous le nom de la Société camerounaise de mobiles (SCM) est titulaire d’une licence cellulaire GSM 900 depuis le 07 juillet 1999. Elle est une société anonyme de droit camerounais, détenue à 97,30% par France Câble Radio, filiale de France Télécom. La Mobile Telephone Networks Cameroon (MTN Cameroon) est une société à capitaux sud-africains ; elle a racheté Camtel-Mobile, société à capital public. MTN Cameroon est attributaire d’une licence cellulaire GSM 900 depuis le 15 février 2000. 5 La CRTV est une entreprise de droit public avec autonomie de gestion (ordonnance N°86/005 du 26 avril 1986 relative à la création de l’Office de la Télévision camerounaise et loi N°87/020 du 17 décembre 1987 portant création de la CRTV).

5

Les réseaux de transmission entre Douala-Buéa et Douala- Yaoundé sont équipés de faisceaux hertziens numériques. Entre Douala et Yaoundé, il existe deux liaisons établies sur deux routes distinctes de manière à constituer une boucle hertzienne permettant d’assurer la sécurisation de cet important axe de transmission. L’artère Yaoundé-Douala par Édéa transporte un débit de 3,34 Mbits/s tandis que celle de Yaoundé-Douala passant par Bana transporte un débit de 2,34 Mbits/s. La liaison Douala-Buéa transporte elle aussi un débit de 2,34 Mbits/s. Les autocommutateurs de Douala et ceux de Yaoundé sont distinctement interconnectés par des fibres optiques de 140 Mbits/s et 565 Mbits/s ou les FH de 34 Mbits/s. Deux stations terriennes sont installées à Douala et à Yaoundé (Zamengoe) et assurent la connexion du Cameroun avec le monde. Le restant du réseau de transmission national est équipé du faisceau hertzien analogique d’environ 5000 km desservant 68 stations relais et 54 stations terminales. Les liaisons ont une capacité maximale de 1260 voies. Elles transportent aussi la télévision et sont généralement équipées de trois canaux (téléphone, télévision, canal de secours commun). Camtel gère également trois stations terriennes avec les antennes de classe A, un hub pour le développement des services de transmission de données privées utilisant les antennes VSAT et un réseau de téléphonie privée utilisant la technologie Fast-Com. Le réseau téléphonique commuté (RTC) a connu une évolution importante à partir de 1990 avec la mise en œuvre du projet de modernisation et d’extension des réseaux de télécommunications de Douala et Yaoundé. C’est un réseau de câbles d’une capacité d’environ 142.000 lignes et 44 centraux téléphoniques. Il s’articule autour de deux centres de transit internationaux, deux centres de transit nationaux, 10 centres de transit régionaux, 43 centres à autonomie d’acheminement et près de 100 centres de téléphonie rurale. La desserte téléphonique des localités rurales est faite par des systèmes à concentrateurs ou par des systèmes radio à accès multiples. Le pays compte environ 120 localités raccordées au téléphone parmi lesquelles 80 sont dans les zones rurales. Par rapport au réseau de transmission audiovisuelle, la télévision et le signal de la radiodiffusion sont acheminés entre les villes par le réseau téléphonique commuté. Chaque province dispose d’un émetteur en modulation de fréquence ou FM (Frequency Modulation) exploité par la CRTV. Pour la branche audiovisuelle, il

6

existe 37 émetteurs radio FM (100W à 10Kw) fonctionnels à près de 90%, 14 émetteurs en modulation d’amplitude ou AM (Amplitude Modulation) dont 02 seulement en fonctionnement (100Kw ondes courtes du poste national et 4Kw ondes moyenne de Buéa) et 32 centres d’émission TV pour 64 émetteurs (10w à 10Kw) 6 . La possibilité de connecter les abonnés sur le backbone de transmission des données n'est possible que dans les villes de Douala, Yaoundé, Buéa, Limbé, Tiko, Kumba et Muyuka. A travers les faisceaux numériques, il aurait été possible d'offrir des connexions directes dans des villes telles que Bafoussam, Garoua, Ngaoundéré, mais l'instabilité des faisceaux et la mauvaise qualité de transmission sur ces liaisons les rendent presque inexploitables pour des liaisons de transmission de données, un problème que le prolongement de la fibre optique SAT3 vise à résoudre.

b) Le réseau fibre optique au Cameroun : prolongement du réseau transcontinental SAT3

i) L’accès international

Le premier système de câbles sous-marins à fibres optiques reliant l’Afrique, l’Europe et l’Asie dénommé SAT3/WASC/SAFE 7 est un réseau transcontinental long de 28.800 km reliant le Portugal, l’Espagne, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon, l’Angola, l’Afrique du Sud, la France (Ile de la Réunion), l’Ile Maurice, l’Inde et la Malaisie (cf. figure 1). Ce câble permet à neuf pays africains, dont le Cameroun, d'accéder au haut débit et d'être directement connectés entre eux. Les terminaisons du système au Portugal et en Espagne pour l’Europe, en Inde et en Malaisie pour l’Asie, permettent aux opérateurs d’accéder au réseau

6 Cf. Cameroon Radio and Television, « Actes du Séminaire Atelier sur la Culture d’Entreprise à la CRTV ». 7 Le système SAT3/WASC/SAFE (South Atlantic cable N°3/West African Submarine Cable/South Africa Far East) est subdivisé en deux segments à savoir SAT3/WASC qui passe dans le fond marin de l’océan atlantique et SAFE qui passe par l’océan indien. Le segment SAT3/WASC mesure 15000 km de long et celui de SAFE mesure 13800 km de long. La longueur totale des deux segments est donc de 28.800 km. Le segment SAT3/WASC a été inauguré officiellement le 27 mai 2002 par le Président sénégalais Abdoulaye WADE. Le lecteur intéressé peut avoir les détails sur le site web du câble : www.safe-sat3.co.za consulté pour la dernière fois en octobre 2003.

7

mondial des câbles sous-marins numériques connectant la quasi totalité des régions du globe.

1 2 Pays Terminaux SAT-3/WASC/SAFE 1. Portugal 2. Espagne (Canaries) 3 15 3. Sénégal 4.
1
2
Pays Terminaux
SAT-3/WASC/SAFE
1. Portugal
2. Espagne (Canaries)
3
15
3. Sénégal
4. Côte d'Ivoire
6
4
5
7
16
5. Ghana
8
6. Benin
9
7. Nigeria
8. Cameroun
10
9. Gabon
10. Angola
14
11. Afrique du sud
12. Afrique du sud
13
13. France (Réunion)
SAT-2
11
12
14. Maurice
15.
Inde

16. Malaisie

Figure n°1 : le câble SAT3/WASC/SAFE (source : www.safe-sat3.co.za, Octobre

2003)

D’une durée de vie de vingt cinq ans, le câble est constitué de deux paires de fibres configurées en anneaux aplatis offrant au réseau une robustesse et une fiabilité optimale et pouvant acheminer près de 6 millions de conversations téléphoniques simultanées. Ce système qui utilise les techniques les plus modernes 8 , offre les capacités suivantes :

SAT3/WASC : 2 paires de fibres d’une capacité initiale de 20 Gigabits/s extensible à 120 Gigabits/s à terme ;

SAFE : 2 paires de fibres d’une capacité initiale de 10 Gigabits/s extensible à 130 Gigabits/s à terme. La capacité globale du trafic entre le Cameroun et l’étranger qui était théoriquement de 600 circuits pouvant être portée à 3000 par les techniques de compression va être quasiment multipliée par 2000.

8 La Hiérarchie Numérique Synchrone (SDH) et le multiplexage dense de longueurs d’ondes ou Wave length Division Multiplexing (WDM).

8

SAT3 désenclavera électroniquement non seulement les coins les plus reculés du Cameroun, mais il permet également au pays de soutenir les efforts de ses voisins dans le processus d’appropriation des TIC en cheminant la fibre optique le long du pipeline Kribi (Cameroun) à Doba (Tchad) dans un premier temps. Par ailleurs, l’installation de SAT3/WASC vise à augmenter la bande passante actuelle du réseau téléphonique international satellitaire entre Camtel (Cameroun) et Socatel (Centrafrique), à un débit d’au moins 4Mbits/s.

ii) Le réseau national en fibre optique

Le point d’atterrissement du câble SAT3/WASC/SAFE sur le sol camerounais est à Douala (Bonabéri) à 7km de Bépanda où se trouvent les installations techniques de Camtel. Il est sur une longueur d’onde d’une capacité de 2,5 Gbits/s. La capacité totale allouée au Cameroun est de 538.604 MIU*Km, avec une capacité d’extension de 263.410 MIU*Km 9 . L’accession du Cameroun à ce câble optique sous-marin permet à Camtel de répondre à la demande nationale sur les TIC. Les améliorations porteront sur le réseau d’accès aux commutateurs de la liaison interurbaine. Une fibre optique sécurisée entre Douala et Yaoundé par Edéa et par Bafoussam. La liaison fibre optique reliant le Sud et le Nord du pays sur l’emprise du pipeline Tchad-Cameroun avec 28 points de sortie au total 10 , comme l’indique la figure n°2.

9 MIU (Minimum Investment Unit) 10 Ces points de sortie sont repartis sur trois dorsales : Kribi, Lolodorf, Ngoumou, Mbalmayo, Mbankomo, Obala, Batchenga, Nanga Eboko, Belabo, Goyoum, Mabele, Meidougou, Nana, Gangi, et Doba ; Douala, Nkongsamba, Bafoussam, Bamenda, Foumban, Nfengou, Mayo-Dinga et Banyo ; Ngaoundéré, Garoua, Maroua et Kousseri.

9

Légende Kousséri ü # &V Village # Chef lieu de département #Y Chef lieu de
Légende
Kousséri
ü
#
&V
Village
#
Chef lieu de département
#Y
Chef
lieu de province
#
ü
Mora
Tracé du pipeline
Fibre optique
Mokolo #
#Y
Maroua
# ü
# Yagoua
ü Point de sortie de Sat3
Kaélé #
Voie ferroviaire
Guider #
Limite du pays
#Y ü
#
Garoua
Poli
#
Tcholliré
#
ü
Doba
&V
Komé
&V
&V
&V
Baibokoum
Gangi
ü &V
Tignère
#
ü #Y
Nana
Ngaoundéré
&V
ü
Meidougou
&V
ü # Banyo
ü
# Nkambe
# Meiganga
ü
Fundong
Tibati
# &V
Mabele
Wum
#
#
ü
ü
Kumbo #
Mbengui
#
#Y
# ü
# Ndop
Bamenda
Mamfé #
# # ü
Foumban
# Fontem
Bafoussam
ü
#Y
#
#
# Bandjoun
Dschang
Goyoum
# Baham
#
&V
Banganté
Bafang #
ü
Mumdemba
#
Bamgem
# Nkongsamba
#
ü
ü
# Bafia
# Kumba
# Nanga Eboko
Bertoua
#Y
#
Yabassi
Ntui
ü
#
#
Monatélé
#
Batouri
#
ü
Buéa
Douala
# #Y
#Y #
ü
Limbé
#
ü Boum Yebel
Yaoundé
Abong Mbang
&V
ü &V
#Y #
# Akonolinga
Mbankomo
Edéa #
# Mfou
#
#
Eséka
Ngoumou
#
ü
# Mbalmayo
ü
Yokadouma
ü
Ebolowa
#
# #Y
ü
# Sangmélima
Kribi
# Ambam

Figure n° 2 : Simulation du tracé de la fibre optique (source :MEDUSE 11 )

- le long du pipeline Kribi-Doba, actuellement réalisé sur le terrain ; - Douala-Kribi, tracé théorique ; - Douala-Mayo et Nana-Kousséri, 2 dessertes programmées de CAMTEL Note : Doba se trouve en République Centrafricaine

11 Nkoyock A., Tonye E. « Analyse multicritère, Cartographie et Systèmes d’Information géographique des réseaux de télécommunications : un modèle décisionnel basé sur le cas du Cameroun », à paraître.

10

I.1.2. Les réseaux des mobiles des sociétés Orange et MTN

a) Aspects techniques

L’environnement des télécommunications s’est libéralisé au Cameroun grâce à la loi 98/014 du 14 juillet 1998 régissant les télécommunications dans le pays. A partir de cette date, l’État se désengage progressivement de l’exploitation et de la fourniture des services au profit du secteur privé. Le secteur est ouvert à la concurrence et ce, sous le contrôle de l’Agence de régulation des télécommunications (ART). Chacun des deux opérateurs de mobiles dispose de deux centraux de téléphonie mobile (à Yaoundé et à Douala) et à travers un certain nombre de stations de bases situées dans les dix provinces, les principales aérogares et les principaux axes routiers. En juin 2002, la téléphonie mobile couvrait les dix chefs lieux de provinces, plusieurs chefs lieux de départements et d’arrondissements. Il est à noter que dans le respect des dispositions de leurs cahiers de charges respectifs, les opérateurs de téléphonie mobile proposent le partage des pylônes, des alimentations en énergie et d’autres prestations. Ceci peut être d’une grande utilité lors de l’interconnexion des unités administratives où ces opérateurs sont d’ores et déjà installés.

11

b) Coûts d’accès

b.1) Tarifs locaux

Tarifs

 

ORANGE

   

MTN

 

Particuliers

Particuliers

 

Heures

Heures

Classique Ψ

Heures

Heures

Super

pleines

creuses

pleines

creuses

heures

creuses

Prepaid

250

200

230

240

200

180

sans contrat

Prepaid

210

160

190

200

180

140

avec contrat

180

100

150

     
 

Entreprises

Entreprises

 

Heures

Heures

Super

heures

Heures

Heures

Super

pleines

creuses

creuses

pleines

creuses

heures

creuses

prepaid

   

180

180

120

80

postpaid

   

101/119/150 γ

100/140

100/140*

80/140*

Tableau 1 : Coûts des tarifs locaux des réseaux mobiles au Cameroun (source : enquêtes auprès des opérateurs)

Ψ tarif invariable en fonction des heures. γ : a/b/c : a, b et c représentent respectivement le tarif inter-flotte, le tarif dans le réseau Orange et le tarif vers les autres opérateurs. a/b : a et b représentent respectivement le tarif à l’intérieur du réseau MTN et le tarif vers les autres opérateurs.

12

b.2) Tarifs internationaux des réseaux mobiles

Pays

ORANGE

MTN

 

Tarif classique

 

Heures

Heures pleines

creuses

Europe η

     

France/fixe

 

500

450

450

France/mobile

 

500

600

550

Suisse/fixe

 

500

450

450

Suisse/mobile

 

500

800

750

Royaume Uni/fixe

 

500

450

450

Royaume Uni/mobile

 

500

800

750

Reste de l’Europe

 

500

800

750

Amérique

       

Etats-Unis

 

500

500

500

Canada

 

500

500

500

Reste de l’Amérique

   

900

900

Afrique

 

500

600

550

Reste du Monde

 

750

900

750

Super heures creuses

 

500

Tableau 2 : Coûts des tarifs internationaux des réseaux mobiles au Cameroun (source :

enquêtes auprès des opérateurs)

I.2. Les réseaux de commutation

La meilleure compréhension de ce type de réseaux au Cameroun nécessite l’analyse du matériel d’accès utilisé par Camtel, la CRTV et les sites techniques des opérateurs des mobiles 12 . Le réseau de commutation de l’opérateur historique comporte des commutateurs électromécaniques et des commutateurs numériques. Les commutateurs électromécaniques comportent 25 unités d’abonnés pour une capacité totale de 27.800 lignes et 7 unités de 2.504 circuits au total et assurant le transit national. Les commutateurs numériques sont constitués de deux unités de type EWSD installées à Yaoundé et à Douala pour le transit national et offrant une capacité totale de 9.157 circuits, de deux unités de type MT20 de 2.384 circuits installées l’une à Douala et l’autre à Yaoundé

η tarif unique Postpaid Entreprises Orange : 450 FCFA. 12 Les informations sur les sites techniques des opérateurs historiques n’ont pas été intégrées dans cette étude.

13

pour le transit international ; de dix unités d’abonnés de type EWSD offrant une capacité de 92.600 lignes installées dans les deux villes à raison de cinq unités à Yaoundé et Douala ; et d’une unité de type Alcatel 1000 E10 de 10.000 lignes installées à Buéa.

I.3. Les réseaux de services

Le marché camerounais des télécommunications repose sur la fourniture du service téléphonique fixe -- décrit dans la section réservée aux réseaux de transmission --, des services téléphoniques mobiles, des services de transmission de données, des services Internet et d’autres services (radiomaritime, satellite, des câblo-opérateurs).

a) les services des mobiles

Les principaux services mobiles offerts au public sont de deux types à savoir le service de radiotéléphonie cellulaire GSM900 et le service des réseaux de radiocommunication à ressources partagées (3RP). Le service de radiotéléphonie cellulaire GSM900 est fourni par Orange et MTN. Le service des réseaux de radiocommunication à ressources partagées (3RP) est fourni aux entreprises par MTN qui a acquis les infrastructures de la défunte société publique Camtel- Mobile. Ce service est fourni grâce aux équipements installés à Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua et Ngaoundéré. Chaque opérateur a une capacité d’environ 600.000 lignes. Au 31 décembre 2002, ces deux opérateurs avaient activé respectivement 325.000 et 300.000 lignes.

b) les services de transmission des données

Les services de transmission de données suivants sont fournis au public : le télex, la télégraphie, et la transmission des données par paquet. Ces services sont fournis par Camtel. Le télex est fourni au moyen de deux centraux télex nationaux et internationaux situés à Yaoundé et à Douala d’une capacité de 3488 lignes dont 720 sont déportés dans d’autres villes du pays. Le service de transmission des données par paquet est fourni par le biais du réseau dénommé Campac (Cameroon Packet network). Campac utilise la norme X.25 et est

14

composé de quatre nœuds installés à Douala, Bafoussam, Yaoundé et Garoua. Des concentrateurs de terminaux asynchrones PAD 13 (Packet Assembler Desassembler) ou ADP (assembleur désassembleur de paquets), sont raccordés aux différents nœuds du réseau pour permettre l’accès par le réseau téléphonique commuté. Une liaison spécialisée par satellite à 9.600 bits/s assure les communications internationales. Cette liaison relie le réseau Campac au nœud de transit international situé à Paris par lequel transitent les communications vers d’autres réseaux X.25. Les services télégraphiques s’appuient sur 120 stations radio et un réseau Gentex rencontré dans les localités desservies par un autocommutateur. Les services offerts par Campac sont les liaisons X.25 et les liaisons spécialisées point à point urbaines et interurbaines. Les débits et les coûts associés à ces liaisons sont résumés dans les tableaux ci- dessous.

DEBITS (Kbits/s)

PRIX( en FCFA)

9.6

112.193

19.2

157.070

64

246.825

128

392.000

256

673.000

512

1.065.833

1024

1.795.088

Tableau 3 : Coûts des liaisons spécialisées urbaines CAMPAC (source : enquêtes auprès des opérateurs)

LIAISONS

DEBIT (Kbits/s)

PRIX (en FCFA)

 

9,6

 

198

500

19,2

 

277

900

DOUALA - LIMBE

64

 

436

700

128

 

394

750

DOUALA - EDEA

256

1

191 000

512

1

885 000

1024

3

176 000

 

9,6

 

309

700

19,2

 

371

640

DOUALA - BAFOUSSAM

64

 

817

610

128

1

300 000

DOUALA - YAOUNDE

256

2

224 000

512

3

515 725

1024

5

886 792

Tableau 4 : Coûts des liaisons spécialisées interurbaines CAMPAC (source :

enquêtes auprès des opérateurs)

c) les services Internet

13 Les PAV sont aussi utilisés.

15

Les services Internet sont ouverts au public grâce à 29 fournisseurs de services parmi lesquels Camtel 14 . Le réseau Internet de Camtel se limite à deux nœuds d’accès Internet installés à Yaoundé et à Douala qui offrent un débit de 2 Mbits/s. Le support utilisé pour le développement des services Internet est le même que celui utilisé pour le téléphone fixe. Les connexions offertes aux clients d’accès distants sont de 28 Kbits/s. Camtel offre également des lignes spécialisées et des liaisons sans fil à travers son backbone national aux sociétés et fournisseurs d’accès Internet à 64 Kbits/s et 128 Kbits/s. La possibilité de connecter les abonnés sur le backbone n’existe pas dans les autres villes en dehors de Yaoundé et Douala à cause de la non numérisation du support et de la médiocre qualité de celui-ci. C’est donc à travers ces deux villes que les autres villes se connectent au réseau des réseaux. Les fournisseurs privés des services Internet ont mis en place leur propre nœud en utilisant les antennes VSAT. Ils sont présents à Yaoundé et à Douala, mais aussi dans d’autres villes de province. C’est le cas à titre d’exemple des universités d’Etat, avec leur accès Internet par VSAT à Buéa, Douala, Dschang, Ngaoundéré et Yaoundé.

d) les autres services

Ces services sont essentiellement constitués de la radiomaritime, des services satellites et de la câblo-distribution. La radiomaritime est un service ouvert aux navires par Camtel au moyen de la station côtière installée à Douala. Elle est composée de 7 émetteurs/récepteurs (2 en MF, 2 en HF et 3 en VHF) pour les correspondances publiques, les mouvements des navires, les opérations portuaires, la détresse et la sécurité en mer. Elle offre la téléphonie, la télégraphie et le télex. Les services satellites sont essentiellement ceux offerts par Camtel pour la location ou la vente des terminaux GMPCS (Global Mobile Personal Communications by Satellite), avec facturation prépayée des communications. Le secteur privé de l’audiovisuel se caractérise par la prédominance de la câblo- redistribution des signaux audiovisuels captés par satellite notamment en ce qui concerne la télévision. Pour ce qui est de la radio, il existe

14 Agence de régulation des télécommunications, « Rapport d’activités », juillet 2000-juin 2001. Nul doute que ce chiffre a augmenté au cours de l’année 2002 et début 2003.

16

plusieurs radios FM notamment à Douala et à Yaoundé. Les services vocaux sont offerts par les fournisseurs privés pour des renseignements sur les services de garde (pharmacies, cliniques, etc.) et la consultation des comptes bancaires. En octobre 2003, on comptait 151 cybercafés sur la seule ville de Yaoundé.

II. Les technologies actuelles des réseaux étendus

Cette section a pour objectif de donner une vision globale de l’ensemble des technologies disponibles actuellement pour les réseaux étendus (WAN 15 ), d’évaluer leur importance, notamment par rapport aux usages qui peuvent en résulter dans le cadre de l’interconnexion des unités administratives et enfin d’analyser les contraintes technico- économiques liées à leur déploiement au Cameroun. Nous ne nous intéresserons pas aux technologies utilisées dans le déploiement des réseaux locaux (LAN) et les réseaux métropolitains (MAN), même si l’évolution ultra rapide et la convergence entre les différentes technologies rendent de plus en plus difficile la distinction entre ces trois concepts. Pour cette dernière raison, quelques notions des LAN et des MAN seront souvent et de façon sommaire, abordées.

II.1. Les critères de classification des réseaux téléinformatiques

Parmi les critères généralement utilisés pour classifier des réseaux téléinformatiques, on trouve notamment la distance, le débit, la topologie, le modèle d’architecture de communication, le mode de gestion (public ou privé) et la technique de transferts d’informations.

15 Cette classification est inspirée du cours de formation de Cisco Systems Inc intitulé « Designing for Cisco Internetwork Solutions, ver. 1.0 » ; Vol. 2 ; 2002. qui prépare aux certifications CCDA (Cisco Certified Design Associate) et CCDP (Cisco Certified Design Profesional). C’est l’une des classifications les plus à jour et à partir de laquelle on dispose des solutions pratiques directement « implémentables ».

17

II.1.1. La distance et le débit

La distance (ou la taille) et le débit sont deux paramètres usuels utilisés pour caractériser un réseau téléinformatique. L’unité de mesure de la distance dans les réseaux est le mètre et celle du débit est le bit par seconde (bps ou bit/s). La distance permet de distinguer les réseaux en trois grandes classes 16 à savoir les réseaux privés (Local Area Network ou LAN), les réseaux métropolitains (Metropilitain Area Network ou MAN) et les réseaux étendus (Wide Area Network ou MAN). Un LAN par exemple, est un réseau local utilisant des installations privées sur une courte distance (généralement inférieure à 1 km entre deux stations) avec un débit allant jusqu’à 1 Gbits/s 17 . Les LAN utilisent les technologies Ethernet, Token Ring ou ATM 18 . Par contre, un MAN est composé de vastes LAN et utilise des installations privées ou celles des opérateurs de télécommunications. Il peut couvrir un campus ou une ville (quelques dizaines de km) à un débit équivalent à celui d’un LAN. Les technologies utilisées dans les MAN sont le FDDI 19 (100 Mbps), le DQDB 20 (140 Mbps), l’ATM (155 ou 622 Mbps) ou le Gigabit Ethernet (1 Gbps). Le WAN est un réseau étendu qui utilise les installations d’un ou plusieurs opérateurs de télécommunications sur une grande distance à des vitesses variant de quelques Kbits à quelques Gbits. En terme de débit, les technologies WAN peuvent se regroupées en deux grandes classes : celles qui ont un débit inférieur à 1 Mbps et celles dont le débit est supérieur à 1 Mbps. Dans la première classe, on distingue le RTC, le RNIS, X.25 et dans la seconde catégorie, on

16 On trouvera dans d’autres littératures deux autres classes à savoir les bus des ordinateurs (ISA, MCA, PCI) et les structures d’interconnexion (Fiber Channel, ATM).

17 Les produits actuels sur le marché ont un débit de 10 Mbps, 100 Mbps et 1 Gbps.

18 Les technologies ATM sont communes aux LAN, MAN et WAN. C’est d’ailleurs la même chose pour les réseaux sans fils comme on le verra dans les développements ultérieurs.

19 La technologie FDDI (Fiber Distributed Data Interface) est une technologie d'accès au réseau sur des lignes de type fibre optique. La topologie FDDI est un anneau à jeton à détection et correction d'erreurs qui ressemble de près à celle de token ring. Bien que le FDDI dispose de plusieurs années d’avance sur les autres techniques (DQDB, ATM, etc), l’offre FDDI s’oriente plutôt vers les LAN.

20 Le Distributed Queue Dual Bus est un standard de réseau sur fibre optique, compatible avec ATM et fonctionnant avec un bus double.

18

retrouve les technologies xDSL, le Frame Relay, l’ATM, etc. Ces technologies WAN feront l’objet d’un examen approfondi dans la suite.

II.1.2. La topologie

Un réseau de communications est composé de terminaux, de nœuds et de liens. La structure d’interconnexion de ces éléments est appelée topologie. On distingue la topologie physique et la topologie logique. La première décrit comment les différents nœuds sont reliés entre eux. La seconde décrit comment l’information est transmise d’un noeud à l’autre. Plusieurs architectures sont disponibles : en bus, en étoile, en arbre, en anneaux et maillées. On distingue alors deux classes de réseaux : ceux en mode de diffusion (broadcast) et ceux en mode point à point (point-to-point). En mode de diffusion, chaque message envoyé par un équipement sur le réseau est reçu par tous les autres. C’est l’adresse spécifique placée dans le message qui permet à chaque équipement de déterminer si le message lui est adressé ou non. Les LAN adoptent pour la plupart le mode de diffusion sur une architecture en bus, étoile ou en anneau et les réseaux satellites ou radio suivent également ce mode de communication. En mode point à point, le support physique (le câble) relie une paire d’équipements seulement. Quand deux éléments non directement connectés entre eux veulent communiquer, ils le font par l’intermédiaire des autres nœuds du réseau. Les réseaux longue distance adoptent le mode point à point sur une architecture maillée ou en arbre. Le choix d’une topologie dépend de plusieurs critères. Parmi ceux-ci, on distingue le nombre de stations à connecter, le volume des flux des données, le coût de déploiement, la distance entre entités communicantes, l’évolution future du réseau, la résistance aux pannes et aux lignes de secours, la facilité d’administration et du mode de connexion. Quelle que soit l’architecture physique ou logique d’un réseau, on distingue deux modes de fonctionnement différents des terminaux informatiques lors du transfert d’information : le mode connecté et le mode non connecté ou datagramme. Contrairement au mode datagramme qui n’établit pas de chemin ou circuit 21 pour le

21 On distingue différents types de circuits : le circuit physique, le circuit virtuel, le circuit permanent et le circuit semi-permanent ou commuté. Le RTC utilise le circuit physique commuté alors que les lignes spécialisées utilisent les circuits physiques

19

transfert d’informations, toute communication entre deux entités du réseau en mode connecté nécessite un circuit qui est établit à la connexion et libéré dès que la communication est terminée. Tous les paquets d’un message envoyés à un nœud N suivent le même chemin dans le réseau et contiennent, non pas l’adresse de N, mais le numéro du circuit. En mode non connecté, chaque équipement du réseau achemine les paquets d’un message individuellement par des chemins pouvant être différents, et en les temporisant si nécessaire. Evidemment, chaque mode de fonctionnement des terminaux informatiques a ses avantages et ses inconvénients. Le mode connecté permet une sécurisation des échanges et la négociation à l’avance des paramètres de communication (débit, qualité, etc). Malheureusement, les temps de connexion sont considérables et le multipoint n’y est pas aisé. Le mode non connecté est simple, efficace et robuste par rapport aux éventuelles pannes du réseau. Mais il a également des défauts : les paquets à l’arrivée peuvent être deséquencés, les nœuds intermédiaires nécessitent de grandes mémoires tampons et la qualité du réseau n’est pas négociée à l’avance.

II.1.3. Les modèles d’architecture de communication

Le transport des données d’une extrémité à l’autre d’un réseau nécessite un support physique ou hertzien de communication. Cependant, pour que ces données arrivent correctement au destinataire, avec la qualité de service exigée, il faut une architecture logicielle. Trois grandes architectures 22 se disputent le marché mondial actuellement : la première est l’architecture provenant de la normalisation de l’ISO (International Standardisation Organisation), que l’on appelle Interconnexion des systèmes ouverts ou OSI (Open System Interconnection). La seconde est fournie par l’environnement TCP/IP, utilisé dans le réseau Internet. La troisième a été introduite par l’UIT (Union internationale des télécommunications) pour l’environnement ATM (Asynchronous Transfer Mode).

permanents pendant que les réseaux X.25, ATM et Frame Relay utilisent les circuits virtuels permanents ou commutés. 22 Une description détaillée de ces architectures est faite dans l’ouvrage de G. Pujolle, op.cit, pp. 39-77. Le lecteur intéressé est invité à consulter également le livre de César Macchi et co-auteurs, « Téléinformatique : transport et traitement de l’information dans les réseaux et systèmes téléinformatiques et télématiques », Dunod, 1998, pp. 302-317.

20

Le modèle de référence OSI est constitué par l’empilement de sept couches d’activités 23 . La majorité des technologies WAN fonctionnent au niveau des couches 1 et 2. La couche physique (niveau 1) joue un double rôle. Elle est d’abord chargée de l’interface entre les systèmes et le support physique. Mais elle est également chargée d’assurer le relais des éléments binaires transmis, c’est-à-dire qu’elle réalise la fonction d’interconnexion entre les circuits de données. La couche liaison de données (niveau 2) a pour fonction de

base la gestion des trames et effectue, le cas échéant, la détection et la reprise des erreurs entre systèmes ouverts adjacents. Certaines technologies WAN, à l’instar de X.25, fonctionnent au niveau de la couche réseau (niveau 3). La fonction essentielle de cette couche est d’effectuer le relais de paquets ainsi que le routage des paquets et des circuits de données. Elle peut effectuer aussi le multiplexage, le contrôle d’erreurs et le contrôle de flux lorsque cela permet d’optimiser l’utilisation des ressources de communication. L’architecture TCP/IP est à la source du réseau Internet. Elle a été définie dans les années 70 par la défense américaine à cause du foisonnement des machines utilisant des protocoles différents et incompatibles. Elle est adoptée par de nombreux réseaux privés, appelés intranets. Si tout le monde s’accorde à présenter la suite TCP/IP comme un modèle à plusieurs couches, le nombre de ces couches ne fait pas l’unanimité. En effet, ce modèle est généralement vu comme un modèle à 4 ou 5 niveaux fonctionnels. Dans le cadre de la comparaison du modèle TCP/IP avec le modèle de référence OSI, nous retiendrons 4 niveaux :

- la couche accès réseau qui correspond aux couches physique et liaison;

- la couche Internet (IP) qui correspond à la couche réseau ;

- la couche transport qui correspond aux couches transport et session ;

- la couche application qui regroupe les couches session, présentation et application du modèle OSI. Les deux principaux protocoles définis sont les suivants : i) Internet Protocol (IP) est un protocole de niveau réseau (niveau 3) assurant un service sans connexion ; ii) Transmission Control Protocol (TCP) est un protocole de niveau transport (niveau 4) qui fournit un

23 Le rôle de chacune des couches ne sera pas précisé ici. Le lecteur intéressé peut consulter l’ouvrage de C. Macchi, op.cit, p.316.

21

service fiable avec connexion. La première génération du protocole IP est la version 4 ou IPv4 alors que la deuxième génération est dénommée IPv6 ou IP version 6 24 . Le protocole TCP est en mode connecté, contrairement au deuxième protocole disponible dans cette architecture, User Datagram Protocol (UDP), qui se positionne aussi au niveau 4, mais dans un mode sans connexion. Les réseaux de communication de la nouvelle génération utilisent la commutation de cellules. Le modèle s’appuie sur un mode connecté avec une commutation des petits paquets de taille fixe appelés cellules. Ce modèle a été développé pour prendre en compte les applications multimédias. L’architecture UIT-T 25 peut être compatible au modèle OSI, à quelques différences près. La couche physique a des fonctionnalités un peu plus larges que la première couche du modèle OSI, qui lui permet d’améliorer la rapidité de fonctionnement. Elle peut reconnaître le début et la fin d’un paquet ATM, ce qui permet de supprimer la couche 2 dans laquelle cette reconnaissance était effectuée. La couche ATM est comparable à la couche 3 du modèle OSI alors que la couche AAL (ATM Adaptation Layer) recoupe en partie la couche transport du modèle de référence.

II.1.4. Le mode de gestion

Le secteur des télécommunications a changé radicalement dans le monde avec les lois sur le marché libre. Ces réformes législatives ont longtemps rencontré des obstacles politiques en Afrique subsaharienne, pour restreindre notre propos à cet espace

24 Au-delà des autres améliorations, la nouveauté majeure d'IPv6 est l'utilisation d'adresses plus longues qu'IPv4. Elles sont codées sur 16 octets et permettent de résoudre le problème qui mit IPv6 à l'ordre du jour : procurer un ensemble d'adresses Internet quasi illimité. IPv4 permet d'adresser 2^32=4,29.10^9 adresses tandis que IPv6 permet d'en adresser 2^128=3,4.10^38 adresses. On va même plus loin en affirmant qu’avec IPv6, le risque de pénurie d’adresses IP est écarté. En prenant en compte les estimations diverses, on obtient l’encadrement suivant où l’unité est le nombre d’adresses par mètre carré de surface terrestre (océans compris) :

1 564 nombre d’adresses disponibles 3 911 873 538 269 506 102 Le lecteur intéressé peut consulter : Bradner S.O. & Mankin A. ed., « IPng, Internet Protocol Next Generation », Addison-Wesley (IPng series), ISBN : 0-201-63395-7, Septembre 1995. 25 L’Union internationale des télécommunications – standardisation du secteur télécommunication a remplacé en 1993 le Comité consultatif international télégraphique et téléphonique (CCITT).

22

géographique, « les gouvernements ne voyant aucune urgence à transformer l’environnement économique et institutionnel d’un secteur généralement rentable 26 ». Aujourd’hui, dans la plupart de ces pays, le paysage des télécommunications repose sur la stricte séparation entre le régulateur et l’opérateur. Ce dernier peut être public sous la forme de monopole institutionnel de l’opérateur historique. Mais avec les changements sectoriels initiés depuis le début des années 80, on observe un désengagement progressif des Etats, sous la forme de privatisation ou d’ouverture du marché à la concurrence. Ainsi, des licences d’exploitation des réseaux privés, toutes dimensions confondues, sont vendues. Elles concernent la technologie hertzienne (réseaux VSAT, GSM, etc.), mais aussi les technologies filaires traditionnelles. Le mode de gestion devient par conséquent un critère de poids faible dans la classification des réseaux de télécommunications.

II.1.5. Les techniques de transfert

Bien que tous les critères soient importants dans la catégorisation des réseaux, les techniques de transferts d’informations, encore appelées techniques de commutation, sont parmi les meilleurs discriminants des WAN. Le mot transfert, comme le signale G. Pujolle 27 , indique que commutation et routage sont possibles. Dans les techniques de commutation, le chemin que suivent les paquets de nœud en nœud est toujours le même, alors que dans le routage, le paquet est routé à l’entrée de chaque nœud grâce à l’adresse complète du récepteur. Les commutateurs acheminent les paquets vers le récepteur en utilisant des références (identificateurs ou étiquettes) de circuits ou de chemin. Les routeurs utilisent une table de routage pour diriger les paquets à leurs destinations 28 . Il existe cinq grandes techniques de transfert que nous appellerons indifféremment par techniques de commutation :

La commutation de circuits : c’est la plus ancienne des techniques. Elle consiste à construire un chemin ou circuit (physique ou virtuel) entre deux points avant le transfert des informations. Il y a donc

26 Patrick Plane, « Privatisation et ouverture des télécommunications en Afrique subsaharienne : modalités et implications des réformes », CERDI, Juin 2002, 29 p.

27 Voir G. Pujolle, op.cit.

28 Ibid, p.21.

23

réservation des ressources (bande passante, mémoire, CPU, numéro des circuits virtuels dans la table de commutation, …) dans chaque nœud du réseau. Les équipements du réseau sont appelés commutateurs. Ce mode de commutation est adapté aux applications avec contraintes temporelles (téléphonie, vidéo temps réel, etc). Le RTC et le RNIS utilisent la commutation de circuit. La commutation de messages : le principe pour ce mode de commutation est assez simple. L’envoi d’un message de l’émetteur jusqu’au récepteur passe de nœud en nœud. Chaque nœud attend d’avoir reçu complètement le message avant de le réexpédier au nœud suivant. Les messages qui arrivent dans le nœud de commutation sont traités selon l’ordre d’arrivée (Premier arrivé, Premier servi ou First In First Out). C’est un mode de commutation adapté aux trafics sporadiques sans contraintes du temps. Bien qu’il y ait une meilleure utilisation des ressources puisqu’il n’y a pas de réservation, la commutation de messages présente de nombreux défauts (besoin de grande mémoire, mécanisme de contrôle de flux, temps de transfert variable et parfois long). Les réseaux d’IBM dénommé System Network Architecture (SNA) de première génération utilisent ce type de commutation. La commutation de paquets : ce mode de commutation est apparu dans les années 70 pour résoudre les problèmes d’erreurs et améliorer les performances de la commutation de messages. Avec la commutation de paquets, chaque message est découpé en morceaux de taille variable appelé paquets qui sont acheminés individuellement comme dans la commutation de messages. Chaque nœud redirige un paquet entrant vers le lien en sortie en utilisant une table de correspondance des adresses logiques des récepteurs et des routes à suivre (table de routage). Les nœuds du réseau sont appelés les routeurs. La commutation de paquets présente de nombreux avantages. Elle réduit le temps d’émission et la taille des mémoires. Elle assure également un meilleur multiplexage des paquets et une reprise sur erreurs plus efficace. Son seul défaut est qu’il est possible d’avoir le déséquencement des paquets à l’arrivée si la commutation de paquets est combinée avec le mode datagramme. Les réseaux Internet (combiné avec le mode datagramme) et X.25 (combiné avec le mode connecté) utilisent la commutation de paquets. La commutation de trames : Elle est identique à la commutation de paquets ; mais les nœuds du réseau, appelés dans ce cas commutateurs, traitent des paquets particuliers appelés trames (niveau

24

2 de l’architecture OSI) tandis que les routeurs manipulent eux des paquets de niveau 3. Les tables de commutation contiennent des adresses physiques des destinataires (ou adresses MAC). Même si le principal défaut de la commutation de paquets demeure dans les réseaux à commutation de trames, cette dernière assure une meilleure rapidité de commutation. Les réseaux LAN Ethernet commuté et les réseaux WAN à relais de trames (ou Frame Relay) utilisent ce mode de commutation. La commutation de cellules : elle est identique à la commutation de trames, mais est appliquée à des trames de tailles fixes (53 octets appelé cellules). La commutation de cellules permet d’obtenir les avantages de la commutation de circuits et de la commutation de paquets si elle est combinée avec le mode connecté. Elle est adaptée aux trafics temps réels et sporadiques sans contraintes de temps. Bien que les délais d’établissement des connexions soient le principal défaut des réseaux à base de la commutation des cellules, on note de nombreux avantages. Parmi ceux-ci la réduction de la taille des mémoires tampons, la meilleure performance des nœuds (ou commutateurs) du réseau. La technologie ATM employée dans le Réseaux Numériques à Intégration de Services Large Bande (RNIS- LB) utilise la commutation de cellules.

II.2. Réseaux WAN et technologies actuelles

Les réseaux WAN couvrent de vastes étendues géographiques et constituent un ensemble de liaisons reliées aux opérateurs télécoms (organismes publics et privés) interconnectés. On classe généralement les liaisons WAN en trois grandes catégories comme l’indique la figure n°3 : 1) les liaisons dédiées (spécialisées ou louées) ; 2) les connexions commutées ; et, 3) les liaisons hertziennes :

25

Réseau WAN Dédié Commuté Liaisons hertziennes Satellite T1/E1 fractionnée A commutation GSM T1/E1 de
Réseau WAN
Dédié
Commuté
Liaisons hertziennes
Satellite
T1/E1 fractionnée
A commutation
GSM
T1/E1
de circuits
A commutation de
paquets/cellules
GPRS
T3/E3
UMTS
802.11x
Modem analogique
RNIS
xDSL
Modem Cable
TDM
LRE et 10GBASE-X
X.25 et Frame Relay
ATM sur SDH/SONET

Figure n°3 : Les différentes technologies WAN disponibles (source : compilation des

auteurs)

II.2.1. Les lignes spécialisées

Les lignes dédiées ou spécialisées permettent la transmission de données à moyens et hauts débits en liaison point à point ou multipoint. Les premiers liens numériques ont été développés dans les années 70. Initialement un lien T1, utilisant deux paires torsadées, permettait de transmettre dans deux sens 1,544 Mbit/s (24 canaux vocaux). Le même type de connexion E1 porte un débit de 2,048 Mbit/s (32 canaux vocaux). Les liens T1/E1 sont utilisés pour la connexion des réseaux LAN distants. C’est également une méthode de connexion à Internet pour les particuliers et les entreprises. Les liens à longue distance utilisent un câble coaxial avec des répéteurs disposés tous les 60 Km. Les différentes normes européenne et américaine des liaisons dédiées sont résumées dans le tableau 5.

26

Type Norme européenne

Débit

E0

64 Kbps

E1

32 lignes E0

2 Mbps

E2

128 lignes E0

8 Mbps

E3

512 lignes E0

34 Mbps

E4

2048 lignes E0

140 Mbps

Norme américaine

T1

1.544 Mbps

T2

4 lignes T1

6 Mbps

T3

28 lignes T1

45 Mbps

T4

168 lignes T1

275 Mbps

Tableau 5 : Les différents types de liaisons dédiées (source : compilation des auteurs)

Au Cameroun par exemple, Camtel fournit les liaisons spécialisées filaires. Les débits et les coûts de ce mode d’accès sont résumés dans le tableau 6.

Débit

Frais étude et établissement liaison (FCFA)

Redevances mensuelles (FCFA)

Dépôt de garantie, Consommation (FCFA)

(Kbits/s)

64

420

000

 

900 000

900 000

128

420

000

1

315 000

1

315 000

256

420

000

2

460 000

2

460 000

512

420

000

4

000 000

4

000 000

1024

420

000

6

000 000

6

000 000

Tableau 6 : Les coûts des liaisons spécialisées filaires à Camtel (source : enquêtes auprès des opérateurs)

II.2.2. Le modem analogique (Analog Modem)

Le modem analogique s’utilise par un usager de l’Internet pour établir une connexion sur le RTC avec un RAS (Remote Access Server) et disposer ainsi d’une couche physique (d’un moyen de transmission) pour accéder à Internet. On parle d’accès «dial-up». C’est le moyen le plus utilisé pour se connecter à l’Internet. Le modem est le périphérique utilisé pour transférer des informations entre plusieurs ordinateurs (deux à la base) via les lignes téléphoniques. Un modem est un appareil de modulation-

27

démodulation. Une modulation est une conversion d’une forme de signal dans une autre. Les lignes téléphoniques utilisées pour la parole (signaux ou tonalités analogiques) ne sont pas capables de transférer des données brutes (un signal numérique). C'est pourquoi les modems convertissent les bits numériques du signal en tonalités analogiques, présentent le signal au réseau et le reconvertissent en format numérique. L’histoire des modems commence autour des années 70 avec des produits propriétaires et forts lents (300 bits par seconde). Au cours des années 80, la normalisation des modems est amorcée et les constructeurs sont amenés à assurer leur interopérabilité. Le besoin de faire communiquer entre eux les ordinateurs fait rapidement évoluer la technique et par paliers successifs. Malheureusement, les débits promis par les vendeurs des modems et les opérateurs téléphoniques sont rarement atteints. Ainsi, les débits moyens sont généralement autour de 30 Kbits/s au lieu de 56 Kbits/s affichés.

Quelques caractéristiques techniques

Le RTC a été conçu pour véhiculer la voix. Cela lui confère, si on ne le modifie pas, les caractéristiques suivantes : 1) la transmission est analogique (signal électrique) ; 2) la bande passante est limitée à 4 KHz ; 3) la liaison entre deux correspondants s’effectue par commutation de circuit (réservation du canal de communication). Lorsqu'il est connecté au RTC, un ordinateur doit utiliser un modem pour convertir ses propres signaux numériques en signaux analogiques pouvant alors être transportés par le réseau. A l’émission, le modem génère une porteuse de fréquence fixe, qu’il module en phase et en amplitude. L’inverse se produit à la réception. La plus grande vitesse de connexion obtenue par cette méthode est de 33,6 kbits/s, voire moins en Afrique à cause de la mauvaise qualité des lignes téléphoniques.

II.2.3. Le Réseau Numérique à Intégration de Service (RNIS)

La technologie et les protocoles du RNIS ont été développés dans les années 1970 afin de résoudre les problèmes liés au transport des services numériques. Celui-ci s'effectuait en effet au travers de supports utilisés mondialement pour les réseaux téléphoniques, originellement conçus pour transporter des signaux analogiques. Les

28

liens du RNIS sont capables d'émettre et de recevoir des données dans leur forme numérique native et offrent des vitesses de transmission bien plus élevées, de 64 à 128 Kbits/s pour un accès de base. Le terme RNIS ou ISDN (Integrated Services Digital Network) fait généralement référence à ces standards et protocoles, mais aussi à tous les équipements de télécommunication et de commutation concernés.

Quelques caractéristiques techniques

Physiquement, un accès RNIS consiste en un câble composé de

2 fils. Logiquement, cela consiste en 2 types de canaux de

communication : 1) les canaux B, qui transportent les données et services à 64 Kbits/s chacun ; 2) Un canal D unique, qui transporte les

informations de signalisation à 16 Kbits/s pour les accès de base (S 0 ) ou à 64 Kbits/s pour les accès primaires (S 2 ). Il existe deux modes d'accès au RNIS : 1) l'accès de base ou BRI (Basic Rate Interface) comporte deux canaux B, et un canal D (à 16 Kbits/s). On l'appelle aussi connexion 2B+D. Il se contente d'une ligne téléphonique ordinaire ; 2) l'accès primaire ou PRI (Primary Rate Interface), qui est défini de manière différente suivant les pays. Il requiert une ligne téléphonique spécialisée. L'accès primaire comporte, aux Etats Unis et au Japon, 23 canaux B et un canal D (à 64 Kbits/s). On l'appelle parfois « connexion 23B+D ». Il nécessite une ligne débitant 1,6 Mbits/s (normalisée sous le vocable T1). En Europe, l'accès primaire comporte 30 canaux B et un canal D (à 16 Kbits/s). On l'appelle parfois « connexion 30B+D ». Il nécessite une ligne débitant 2 Mbits/s (normalisée sous le vocable E1). Les deux types de RNIS sont destinés à des usagers ayant des besoins différents. L'accès de base est utilisé par les télétravailleurs, et les entreprises ayant à transmettre de petits volumes de données. En utilisant plusieurs lignes téléphoniques, on peut coupler plusieurs accès de base, et obtenir une bande passante multiple de 128 Kbits/s. L'accès primaire est utilisé par les entreprises ayant à transmettre de gros volumes de données. Sa bande passante est beaucoup plus large (23 à

30 canaux B au lieu de 2), et peut être allouée dynamiquement et sur

demande (Bandwidth-on-demand ou BOD), c'est-à-dire que le multiplexage des canaux B peut être automatiquement réalisé en fonction des besoins des applications actives.

29

II.2.4. La technologie TDM

Sur une ligne de communication formant une liaison entre deux points distants, il peut être intéressant de faire transiter en même temps les données de plusieurs clients. Plutôt que chaque client dispose de sa propre infrastructure, il est plus économique de n’avoir qu’une liaison partagée par plusieurs utilisateurs. Le multiplexage est une technique qui permet de transmettre toutes ensemble sur une liaison à haut débit, les données provenant de plusieurs liaisons spécifiques à faibles débits. A l’autre extrémité de la liaison, il faut effectuer la démarche inverse, c’est-à-dire récupérer, à partir des informations arrivant sur la voie à haute vitesse, les données des différents utilisateurs et les envoyer sur les bonnes voies de sortie. Le multiplexeur (MUX) effectue le multiplexage et le démultiplexeur (DEMUX) s’occupe du démultiplexage 29 . La technologie TDM (Time Division Multiplexing) ou Multiplexage Temporel est l’une de nombreuses possibilités de multiplexage disponibles 30 . Elle permet d’échantillonner les signaux de différentes voies à faibles débits et de les transmettre successivement sur une voie à haut débit en leur allouant la totalité de la bande passante. A l’inverse de la technologie TDM qui n’utilise qu’une seule longueur d’onde par fibre optique, la technologie WDM (Wavelength Division Multiplexing) met en œuvre un multiplexage de plusieurs longueurs d’onde. L’idée est d’injecter simultanément dans une fibre optique plusieurs trains de signaux numériques sur des longueurs d’ondes distinctes. La technologie WDM est dite DWDM (Dense

29 Les deux sont généralement appelés un mux.

30 Il existe aussi les multiplexages fréquentiel et statistique. Dans un multiplexeur en fréquence, chaque liaison à faible débit possède sa propre bande passante sur la liaison à haut débit. Mais à l’instar du multiplexage temporel, il y a un gaspillage de bande passante, car la voie haute vitesse a une capacité égale à la somme des capacités des voies basse vitesse qui lui sont raccordées ; or ces voies à faibles débits ne transmettent pas en continu, sauf exception. Le multiplexage statistique utilise la moyenne des débits des voies basse vitesse pour optimiser la capacité de la liaison à haut débit ; la somme des débits moyens des voies basse vitesse devant être légèrement inférieure au débit de la voie haute vitesse.

30

Wavelength Division Multiplexing) lorsque l’espacement utilisé est égal ou inférieur à 0,8 nm ou lorsque plus de 16 canaux sont utilisés 31 . WDM est une technologie de transport indépendante des protocoles utilisés. Elle est donc capable de multiplexer sur une fibre optique ce que l’on sait faire transiter unitairement sur ce type de média. On peut trouver par exemple sur une même fibre optique et véhiculés simultanément de la voix dans des trames SDH, de la vidéo dans des cellules ATM, des données dans des trames IP, etc. Les enjeux de cette technologie sont importants. Jusqu'à présent, le développement des réseaux de télécommunications était basé sur l’utilisation des technologies de type SONET/SDH/TDM. Mais les besoins en bande passante ont dépassé les prévisions. Les opérateurs installent de plus en plus des réseaux de 12, 24, voire 48 paires de fibres.

Quelques caractéristiques techniques

On retrouve ce type d’utilisation sur les canaux T1 aux Etats- Unis qui regroupent par multiplexage temporel 24 voies à 64 kbit/s en une voie à 1,544 Mbit/s ou sur les canaux E1 en Europe qui regroupent 30 voies analogiques en une voie à 2,048 Mbit/s. Les canaux T1 ou E1 peuvent être multiplexés entre eux pour former des canaux à plus hauts débits, etc. Cette hiérarchie des débits est appelée hiérarchie numérique plésiochrone ou PDH (Plesiochronous Digital Hierarchy) 32 . Le multiplexage TDM peut être utilisé indifféremment sur paire torsadée ou fibre optique, il est indépendant du média de transmission.

31 La norme ITU-T G692 définit la plage de longueurs d’ondes dans la fenêtre de transmission de 1530 à 1565 nm. L’espacement normalisé entre deux longueurs d’ondes est de 1,6 ou 0,8 nm. 32 Les supports physiques sont maintenant numériques et une nouvelle hiérarchie a dû être développée : SDH (pour Synchronous Digital Hierarchy) en Europe et SONET (pour Synchronous Optical Network) en Amérique du Nord. SONET et SDH sont deux techniques utilisées pour acheminer les cellules ATM, mais aussi tout autre type de paquet ou de trame (paquet X.25, paquet IP, trame Ethernet, trame FDDI, trame LAP-F).

31

II.2.5. Les nouvelles variantes des technologies Ethernet :

LRE et le 10 Gigabit Ethernet

Ethernet était à l’origine un standard développé par les laboratoires Xerox au tout début des années 70. Ce standard a d’abord évolué jusqu’à la version Ethernet II avec l’association regroupant Digital Equipment Corporation, Intel et Xerox. Par la suite, Ethernet a été inclus dans les travaux sur la modélisation OSI au début des années 80. Depuis cette époque, la technologie Ethernet est totalement indépendante des constructeurs ; c’est avec sa méthode d’accès CSMA/CD 33 (pour Carrier Sense Multiple Access / Collision Detect), quelques-uns des facteurs importants de sa popularité. On distingue diverses technologies Ethernet suivant les caractéristiques des câbles utilisés et du débit de transmission. Les technologies Ethernet (1 ou 10 Mbps, norme 802.3), Fast Ethernet (100 Mbps, norme 802.3u) et Gigabit Ethernet (1000 Mbps, normes 802.3z et 802.3ab) sont les plus utilisées et ont une portée allant de 100 m à 500 m. Pour les réseaux WAN, deux technologies sont disponibles. Le 10 Gigabit Ethernet (10GBASE-X) et la technologie Long Reach Ethernet (LRE) ou Ethernet à Longue Distance (10BASE-S). La technologie LRE a été proposée par Cisco pour la circulation de signaux vocaux, vidéo et données sur des précâblages de catégories 1, 2 et 3. Cette adaptation d’Ethernet de Cisco permet de proposer une bande passante allant de 5 à 15 Mbits/s sur des distances allant jusqu’à 10 km, alors que le rayon maximal d’un Ethernet sur ces câblages est de 500m comme on le voit sur le tableau 5. Le 10 Gigabit Ethernet est une nouvelle variante de la norme IEEE 802.3 qui a été formellement ratifiée en 2002 34 . Elle peut être utilisée aussi bien pour les réseaux locaux et les réseaux métropolitains que pour les réseaux étendus. Comme les autres familles, les normes IEEE802.3 de ces nouvelles variantes définissent les éléments de la couche physique (niveau 1 du

33 C’est une méthode d’accès qui fonctionne de la manière suivante : lorsqu’une machine désire émettre des données, le transmetteur associé doit « regarder » si le câble de transmission est libre. Si oui, il envoie les données, sinon il attend que l’autre utilisateur ait terminé l’envoi de son paquet. Il peut arriver que deux transmetteurs émettent simultanément. On a alors une collision, qui est détectée et

qui donne lieu à une ré-émission, après un délai choisi aléatoirement.

34 Pour plus de détails, lire l’excellent papier de Cisco intitulé « Strategic Directions Moving the Decimal Point : An Introduction to 10 Gigabit Ethernet », White Paper,

2002.

32

modèle de référence OSI) et la méthode d’accès CSMA/CD correspond à la partie MAC de la couche liaison (niveau 2).

Quelques caractéristiques techniques

Le

tableau

7

donne

une

vue

synoptique

des

différentes

technologies Ethernet disponibles aujourd’hui.

33

Débit

Type

de

Version

Méthode

Portée

Caractéristiques du support

support

d’accès

1 Mbps

Paire Torsadée

1BASE5

Half

Duplex

 

(HD)

10 Mbps

Coaxial

10BASE5 (Thick Ethernet)

HD

500m

 

10BASE2 (Thin Ethernet)

HD

185m

Câble coaxial 50 Ohms associé à une connectique N-BNC

 

TV

10BROAD36

HD

Fibre optique

10BASE-F

10BASE-FB

 

10BASE-FL

HD/Full

2 km

Fibre optique multimode associée à une composante ST ou SC

10BASE-FP

Duplex (FD)

 
 

Paire torsadée

 

10BASE-T

HD/FD

100m

Paire torsadée non-blindée (UTP : Unshielded Twisted Pair) associée à une connectique RJ45 en topologie étoile.

100

Paire torsadée

100BASE-T

100BASE-T2

HD/FD

Mbps

100BASE-T4

HD

100m

Paire torsadée utilisant 4 paires (transmission, réception, 2 bidirectionnelles) de câbles UTP de catégories 3, 4 ou 5.

100BAS

100BASE-TX

HD/FD

100m

Paire torsadée utilisant 2 paires (transmission, réception) de

E-X

câbles UTP5 ou STP (Shielded Twisted Pair) 150 Ohms.

 

Fibre optique

100BASE-FX

HD/FD

400m

Fibre optique multimode associée à une connectique ST ou SC.

1000

Fibre optique

1000BASE-LX

5km Laser grandes ondes sur fibre optique multimode et monomode

Mbps

HD/FD

destiné aux artères de campus

 

1000BASE-X

1000BASE-SX

550m

Laser ondes courtes sur fibre optique multimode et monomode destiné aux artères intra-muros.

 

Paire torsadée

1000BASE-CX

25m Câble en paires torsadées blindées 150 Ohms destiné aux connexions entre serveurs dans le même local.

 

1000BASE-TX

HD/FD

100m

Câble en paires torsadées non blindées de catégorie 5.

LRE

Fibre optique

 

10BASE-S

FD

10km

10 Gbps

Fibre optique

10GBASE-X

FD

100km

Tableau 7 : Les différentes technologies Ethernet actuellement disponibles (source : compilation des auteurs)

34

Dans ce tableau, on constate que les technologies LRE et 10 Gigabit Ethernet, de part leur portée, sont les seules réellement capables d’offrir des services WAN.

II.2.6. Les technologies xDSL

La technologie xDSL (x-type Digital Subscriber Line) est une solution technique permettant de transmettre des données analogiques et numériques sur une paire de câbles (boucle locale d’abonné) avec un débit relativement important de l’ordre de 500 Kbit/s ou plus. Elle lève les contraintes et les limites des technologies vues précédemment (accès par modem analogique, lignes dédiées et RNIS). Le terme DSL a été inventé avec l’avènement du RNIS dont l’objectif était de transformer la totalité du réseau téléphonique (de la boucle locale) en signalisation numérique. Les accès les plus usuels de la solution RNIS, comme on l’a vu plus haut, sont le 2B+D et le 30B+D. Comme on le sait, cette solution est basée sur un lien à 2 Mbits. A l’époque, cela exigeait deux paires torsadées, une pour chaque direction de transmission, et des régénérateurs sur la ligne, ce qui induit des coûts non négligeables. La solution xDSL permet de déployer les canaux sans régénérateurs dont le débit est au moins de 1,5 Mbit/s avec le mode de fonctionnement symétrique ou asymétrique où le débit descendant (downstream) est plus important que le débit ascendant (upstream). Cette asymétrie caractérise les services à haut débit offerts par les fournisseurs d’accès à l’Internet. Parmi les technologies d’accès de la famille xDSL, ADSL (Asymetric DSL) est la plus utilisée. Elle a de nombreux avantages. Les autres normes de la famille proposent un débit symétrique qui ne cadre pas avec certains usages, comme la navigation web, qui engendrent des trafics asymétriques. ADSL permet de résoudre, à cause de l’asymétrie du débit, le problème de limitation de la bande passante totale sur une paire torsadée. Le débit descendant maximal a été normalisé à 8 Mbits/s et le débit maximal remontant à 640 Kbits/s. Ces débits sont évidemment théoriques, puisqu’il est rare qu’un opérateur propose plus de 2 Mbits/s descendants sur cette technologie.

35

Quelques caractéristiques techniques

Les caractéristiques techniques de la famille xDSL présentées les suivantes :

- HDSL/HDSL2 - High-bit-rate DSL. Technologie de transmission symétrique utilisée pour l’implémentation des lignes numériques T1 et E1 (1, 544 Mbits/s et 2, 048 Mbits/s). La version HDSL2 a besoin d’une seule paire torsadée. La longueur du câble doit être inférieure à 4,5 Km ;

- SDSL - Symetric DSL utilise une seule paire torsadée sur une distance de 3 Km maximum. Le débit offert par cette technologie est 768 Kbit/s ;

- ADSL - Asymetric DSL a les mêmes caractéristiques que SDSL mais supporte un trafic asymétrique et est capable de fonctionner sur une paire torsadée de 5,4 Km maximum ;

- RADSL - Rate-adaptive DSL est une technologie ADSL avec possibilité d’adaptation du débit à l’état de la ligne. Cette technique est actuellement disponible en ADSL implémenté avec le codage DMT (discrete multitone) ;

- IDSL - ISDN DSL (DSL pour RNIS) est employé pour l’implémentation des canaux RNIS (2B+D) sur l’équipement DSL ;

- VDSL - High-speed DSL est une nouvelle technologie permettant d’obtenir de très hauts débits sur une paire torsadée longue de 1500 mètres. La principale application de cette version DSL est l’acheminement des cellules ATM.

II.2.7. Le modem câble

Les réseaux de câblodistribution ont l’avantage d’arriver dans les foyers d’où l’idée de les utiliser pour le transfert de données. Le modem câble est un appareil de communication qui relie le client au réseau du câble de télévision plutôt qu'au réseau téléphonique. Il permet des vitesses beaucoup plus élevées et une plus grande simplicité d'utilisation. Des vitesses de 10 Mbps peuvent être théoriquement atteintes, cependant cette bande passante est souvent partagée suivant l'arborescence qui relie le client à l'opérateur. Ces réseaux ont l’avantage de ne pas nécessiter pour leur déploiement des lignes supplémentaires et pour cette raison, ils peuvent même

36

remplacer complètement les lignes de téléphone. Ils présentent néanmoins de nombreux inconvénients notamment le partage de la bande passante, l’insuffisante interopérabilité entre manufacturiers, les problèmes de sécurité des données transmises.

Quelques caractéristiques techniques

Les vitesses offertes par les réseaux de câblodistribution sont de deux types : asymétriques et symétriques. Les vitesses asymétriques atteignent généralement les 30 Mbps en descente sur un canal de 6 Mhz dans la bande 54-750 Mhz en modulation QPSK (jusqu’à 10 Mbps) ou 64-QAM (jusqu’à 36 Mbps). Pour les liaisons montantes, elles varient entre 768 Kbps et 2,56 Mbps sur des canaux de 600 Khz à 6 Mhz dans la bande 5-42 Mhz en modulation QPSK. Les vitesses symétriques varient entre 500 Kbps et 10 Mbps.

II.2.8. X.25 et Frame Relay (Relais de trames)

Les réseaux X.25 sont les premiers réseaux publics à commutation de paquets qui ont été développés dans les années 70. X.25 est la norme de l’ISO (ISO 8208) en mode connecté. Elle a été créée pour répondre à des besoins de robustesse sur des réseaux ou des liens peu fiables (détection et recouvrement d’erreurs, contrôle du déséquencement des paquets, contrôle et gestion des flux). Le protocole X.25 en lui-même contient les trois premières couches du modèle OSI. Le niveau physique (couche 1) provient principalement de la norme X.21 ; la couche liaison (couche 2) est constituée par un sous-ensemble de la norme HDLC 35 : le protocole LAP-B (Link Access Protocol Balanced) ; le niveau 3 de la norme contient le protocole X25 PLP (Packet Layer Protocol). Les réseaux X.25 sont assez fiables, mais très lourds à gérer et ont un débit moyen de 64 Kbits/s ou moins, même si des services plus rapides sont disponibles.

35 Le protocole HDLC (pour High-level Data Link Control) est le premier protocole normalisé au niveau liaison par l’ISO en 1976. D’autres protocoles, moins puissants, étaient jusqu’alors utilisés, de type « envoyer et attendre » : l’émission d’une trame était suivie d’une période d’attente de l’acquittement de la part du récepteur. Le protocole HDLC procède par anticipation : l’attente de l’acquittement n’empêche pas la transmission des trames suivantes.

37

Les solutions X.25 sont dépassées aujourd’hui et sont entrain d’être remplacées par l’ATM ou le Frame relay (le relais de trames). Frame Relay 36 est l’un des membres de la famille des protocoles qui opèrent dans la couche liaison (niveau 2) du modèle de référence OSI. Il permet de véhiculer des trames de données de formats variables (de 262 à 4096 octets de données utiles) sur des réseaux partagés offrant des débits de 64 Kbits/s à 40 Mbits/s. C’est donc un sous-ensemble de X.25 souvent qualifié de X.25 allégé car il ne comporte pas de procédures de correction d’erreurs. Le succès croissant des réseaux relais de trames s’explique par leur adaptation aux besoins du marché des transmissions de données. La gestion dynamique de la bande passante permet une meilleure gestion des rafales de trames envoyées par les réseaux locaux, ce que ni X.25 ni les liaisons spécialisées n’offrent. Son principal intérêt est d’offrir de la bande passante à la demande (bandwidth on demand) à l’usager par le biais du multiplexage statistique. Enfin, le relais de trames est transparent aux protocoles, il permet de véhiculer des flux tels que SNA, X.25, IP, IPX, etc, mais aussi capable de transporter de la voix. Nous allons donc dans la suite décrire de façon approfondie les caractéristiques des réseaux relais de trames que ceux de X.25.

Quelques caractéristiques techniques du Frame Relay

Les objectifs du relais de trames sont de trois ordres : 1) une faible latence et un débit de commutation élevé ; 2) une bande passante à la demande et ; 3) un partage dynamique de cette bande passante. Les détails de chaque point sont abordés ci-après. Comme on l’a déjà vu plus haut dans la section II.1.5 relative aux techniques de transfert, les réseaux relais de trames utilisent la commutation de trames (ou commutation de niveau liaison). Or le but de la commutation au niveau 2 du modèle de référence est d’améliorer

36 Les premiers travaux ayant conduit à la mise au point de la technique du Relais de Trames datent des années 80. Ils ont été réalisés par l’UIT-T dans le cadre des travaux sur le RNIS. Au début des années 90, ces travaux ont été repris par un groupement de constructeurs (DEC, NORTEL, STRATACOM et CISCO) qui ont été rejoint par d’autres pour former le Frame Realy Forum ( www.frforum.org). Les travaux se sont donc considérablement éloignés du contexte RNIS, mais les principes ont été conservés. Les années 91 et 92 ont été celle où l’UIT-T et l’ANSI (American National Standard Institut) ont normalisé ce protocole et les premiers services ouverts dans quelques pays notamment les Etats-Unis et la Finlande.

38

en performance la commutation de paquets, en simplifiant le nombre de niveaux du modèle de référence à prendre en compte. En effet, dans la commutation des paquets, on attend de recevoir correctement une trame, avec des retransmissions potentielles, puis on travaille sur le paquet. Un acquittement est envoyé vers le nœud précédent et on garde une copie tant que le nœud suivant n’a pas fait parvenir un acquittement positif. Cette procédure alourdit le travail des nœuds intermédiaires et n’existe plus dans le relais de trames. Le premier avantage du Frame Relay est que les contrôles d’erreurs et de flux sont reportés aux extrémités de la connexion. Le second avantage est l’introduction d’une signalisation séparée du transport de données. Cette signalisation permet à chaque équipement du réseau d’établir un circuit virtuel, c’est-à-dire une sorte de connexion identifiée par son adresse DLCI (Data Link Connexion Identifier). Il existe deux types de connexions. Les connexions permanentes ou PVC (Permanent Virtual Circuit) qui sont établies une fois pour toute et les connexions commutées ou SVC (Switched Virtual Circuit), qui sont établis dynamiquement à la demande. Chaque trame contient le numéro du DLCI qui lui sert à reconnaître le circuit logique auquel il appartient. Le routage des trames s’effectue grâce aux DLCI. Ce numéro est modifié au passage de chaque nœud par le LMI (Local Management Interface) qui effectue entre autres un chaînage de numéros DLCI. L’originalité du Frame Relay réside aussi dans la possibilité d’ajuster la bande passante d’une liaison de communication aux besoins du moment à partir de 4 paramètres : i) le CIR (Committed Information Rate), qui permet d’ajuster la bande passante minimale moyenne sur chaque circuit ; ii) le CBS (Committed Burst Size), qui indique le débit maximal autorisé sans perte de données ; iii) le Be (Committed Excess Burst Size), qui indique le débit maximal autorisé sans garantie de service; iv) le temps pour la période d’observation (généralement 1 seconde). Enfin, le partage dynamique des ressources permet d’optimiser l’utilisation de la bande passante. Le relais de trames permet d’utiliser sur un réseau partagé, un multiplexage statistique des débits provenant de différents circuits de données. Le calibrage du réseau se fait, comme on l’a déjà vu, sur le trafic moyen de l’ensemble des différents débits.

39

II.2.9. POS et ATM sur SDH/SONET

Cette section introduit les techniques générales de transport de paquets et de cellules sur SONET/SDH appelées POS (Packet Over SONET) et ATM sur SONET/SDH. Mais avant, nous introduisons les réseaux ATM qui constituent une variante des réseaux de commutation par paquets.

a) Les réseaux ATM

La normalisation des réseaux ATM dans les années 80 est née de l'idée que les réseaux destinés à la transmission de la voix (réseau téléphonique), de la vidéo (réseau câblé), et des données (jusqu'alors dominé par le système RNIS-LB) devaient fusionner et n'utiliser plus qu'un réseau de câbles commun, ainsi qu'un protocole commun. Les caractéristiques du protocole reflètent les objectifs alors visés par le forum ATM 37 : le protocole ATM s'appuie sur la notion de circuit virtuel, ce qui constitue un compromis entre des protocoles basés sur des circuits physiques comme RNIS, et ceux basés sur des paquets envoyés sans qu'une connexion soit préalablement établie (Switched Virtual Connexion) comme Ethernet. Le protocole ATM est orienté connexion, ce qui signifie que deux machines qui veulent communiquer commencent par établir une connexion avant d'envoyer leurs données, avec un risque minimal de pertes de celles-ci, et une efficacité maximale pour leur traitement, ce qui permet notamment d'avoir une garantie sur le temps maximal qu'un paquet passera dans un commutateur. L’ATM est une technique de transmission par commutation et multiplexage 38 . Il constitue une variante de la commutation par paquets basée sur des paquets courts de longueur fixe appelés cellules. Le traitement d’une cellule par un commutateur se limite à l’analyse d’une entête dans laquelle est enregistré le numéro de voie (circuit logique). Les fonctions plus complexes, telles le contrôle de flux et le traitement des erreurs, ne sont pas effectuées dans le réseau ATM. Cette simplification permet de supporter des contraintes temporelles

37 www.atmforum.com 38 Un des avantages clés de l’utilisation de l’ATM de préférence aux autres technologies est la possibilité de multiplexer de manière statistique tous les différents types de trafic sur un même lien.

40

associées au trafic en temps réel de la voix et des images. L'ATM permet ainsi de transférer des données à une vitesse allant de 25 Mbps à plus de 622 Mbps (il est même prévu d'obtenir plus de 2 Gbps sur fibre optique).

b) Les caractéristiques techniques des réseaux ATM

L’architecture fonctionnelle du réseau ATM est composée de trois couches : 1) la couche physique qui assure l’adaptation du protocole ATM au support de transmission ; 2) la couche ATM en charge du multiplexage et de la commutation des cellules ; 3) la couche AAL (ATM Adaptation Layer) qui adapte les flux d’information à la structure des cellules. La couche physique fournit deux sous-couches fonctionnelles :

1) la sous-couche de media physique ou PM (Physical Medium), qui prend en charge le codage, le décodage, l’embrouillage et l’adaptation au support ; 2) la sous-couche de convergence ou TC (Transmission Convergence) qui s’occupe de l’adaptation du débit, de la protection de l’en-tête, et de la délimitation des cellules. La couche ATM traite le transport de bout en bout de la cellule. La cellule ATM est composée de cinq octets d'en-tête et de 48 octets d'information. Ce choix de taille est en fait un compromis entre ce que voulaient les européens (32 octets : plus la taille est petite, plus grande est la flexibilité) et les américains (64 octets : ce choix leur permettait de ne pas installer des milliers d'annulateurs d'échos sur le territoire). La couche AAL est conçue pour résoudre les problèmes dus au fait qu'ATM est un mode de transfert universel. Or, suivant le service demandé, les paramètres de transmission sont différents. Par exemple, le fait d'avoir une file d'attente à l'entrée des commutateurs ATM entraîne une variation des délais de transfert (appelée gigue); cette variation est plus dommageable pour les applications à fortes contraintes temporelles (transmission de la voix). C'est pourquoi quatre types d'AAL sont définis suivant les services. Le rôle de la couche AAL est de prendre les informations de la couche immédiatement supérieure (appelées PDU : Protocol Data Unit) pour les insérer dans les champs d'information des cellules de la couche ATM.

41

c) Paquets et ATM sur SONET/SDH

Revenons sur les techniques de multiplexage détaillées à la section II.2.4 pour comprendre les concepts de SONET et SDH. L’idée du multiplexage est de transmettre sur un seul support physique

(appelé voie haute vitesse), des données provenant de plusieurs paires d'équipements (émetteurs et récepteurs) encore appelées voies basse vitesse. Différents canaux de communication à hauts débits ont été définis en Europe (canaux E1) et en Amérique du Nord (canaux T1), mais aussi au Japon pour les communications téléphoniques. Les canaux T1 ou E1 peuvent être multiplexés entre eux, comme on l’a déjà vu, pour former des canaux à plus hauts débits, etc. Cette technique de superposition de canaux dans la recherche d’autres canaux à plus hauts débits a été à l’origine de la fameuse hiérarchie numérique plésiochrone ou PDH (Plesiochronous Digital Hierarchy)

en Europe. Comment donc interconnecter les réseaux téléphoniques sans passer par les hiérarchies locales ? Comment assurer l’interfonctionnement entre des équipements et des réseaux d’opérateurs différents ? etc. Le réseau optique synchrone ou SONET (pour Synchronous

Optical NETwork) est la réponse nord-américaine à ces questions. Son équivalent européen est appelé SDH (Synchronous Digital Hierarchy).

A l'origine, au milieu des années 80, il concernait uniquement

l'interconnexion des réseaux téléphoniques des opérateurs de téléphone américains. Les canaux de voix numérisés étaient intégrés

progressivement, par multiplexage temporel, à des canaux plus grands,

au sein d'une hiérarchie de niveaux basée sur un codage à 51,84

Mbit/s, dont tous les éléments étaient parfaitement synchronisés. Huit niveaux de multiplex SONET furent alors normalisés et désignés par l'abréviation STS (Synchronous Transport Signal). Lorsque le support de transmission est une fibre optique, il y a correspondance bit-à-bit entre les canaux électriques STS et les canaux optiques, ces derniers étant mesurés par l'acronyme OC (Optical Carrier). Depuis lors, la capacité des canaux optiques a continué de croître, ce qui nous donne le tableau 8 :

42

Affluent électrique

Canal optique

Débit (Mbit/s)

STS-1

OC-1

51,84

STS-3

OC-3

155,52

STS-9

OC-9

466,56

STS-12

OC-12

622,08

STS-18

OC-18

933,12

STS-24

OC-24

1244,16

STS-36

OC-36

1866,24

STS-48

OC-48

2488,32

 

OC-96

4976,64

 

OC-192

9953,28

Tableau 8 : Capacité des canaux optiques (source : G. Pujolle)

SONET est un système de transmission mis en oeuvre au niveau de la couche physique. Les systèmes SONET sont constitués de brasseurs (sorte de commutateurs de trames), de multiplexeurs, d'éléments d'insertion/extraction et de « répéteurs » intermédiaires qui régénèrent les signaux. SONET et SDH sont deux techniques utilisées pour acheminer les cellules ATM, mais aussi tout autre type de paquet ou de trame (paquet X.25, paquet IP, trame Ethernet, trame FDDI, trame LAP-F). La technique générale de transport de paquet sur SONET/SDH s’appelle POS (pour Packet Over SONET). Elle permet d’acheminer à haute vitesse et directement des paquets de tout type sur un support SONET/SDH. La technique de transmission des cellules ATM sur SONET/SDH s’appelle ATM over SONET/SDH. Or la technique de commutation ATM est conçue de façon à être indépendante du support physique (infrastructure de transmission). En conséquence, les cartes interfaces des équipements ATM actuels sont prévues pour s'interfacer soit sur des réseaux de transmission PDH, soit sur des réseaux SONET/SDH, soit directement dans le cas d'utilisation sur un réseau local d'entreprises (c'est notamment le cas pour les cartes ATM 25 Mbits/s). Comme on l’a vu plus haut, l’adaptation du débit dans les réseaux ATM s’effectue au niveau de la sous-couche TC. Cette adaptation consiste à ajuster les différents flux d’informations à la bande passante de la liaison physique.

43

Le tableau 9 (source : compilation des auteurs) ci-après donne une évaluation des performances des principaux protocoles des réseaux de communications numériques.

 

Ethernet

FDDI

 

DQDB

SONET / SDH

 

ATM

 

Frame Relay

 

TCP

 

Token Ring

/FDDI II

   

/ X25

/IPv4

 
 

IPv6

1. Types de support

- Câble coaxial

- Fibre optique

- Câble coaxial

- Fibre optique

- Fibre optique

- Fibre optique

- Câble coaxial

- Câble coaxial

- Câble CATV

- Câble CATV

- Câble CATV

- Câble CATV

- Paires

- Paires

- Paires Torsadées.

- Paires

Torsadées.

Torsadées.

- Fibre optique.

Torsadées.

- Fibre optique.

-

Fibre optique.

-

Fibre optique.

2. Équipements

- Répéteurs

- Concentrateurs

Générateurs et

- Mux terminal

- Commutateurs,

- FRAD (Frame

- Répéteurs

 

- Hubs

- Connecteurs,

Terminateurs de

- Régénérateur

- Brasseurs

Relay Access

- Hubs

- Commutateurs

- Commutateurs,

trame

- Hubs (DCS)

Device),

- Commutateurs

- Emetteurs et

- ADM (Add/Drop

- Routeurs

- Routeurs

Récepteurs

Muxer)

optiques

 

1 &2 du modèle OSI DTE (LLC (2), MAC (2), PLS (1)) ; AUI (1), MAU (1), PMA (1), MDI (1)

1 &2 du modèle OSI LLC (2), MAC (2), PHY (1), PMD (1), SMT (1 & une demi partie de 2)

1

&2 du modèle

1 &2 Conduit (2), ligne (2), section (2), photonique (1)

 

1 2 3 & 4 du

 

1 2 3 & 4 du

 

1 2 3 & 4 du modèle

 

3. Couches (en strates verticales)

OSI

modèle OSI AAL (2), ATM (2)

modèle OSI

OSI

1 &2 du modèle OSI

4. Période d’émission

125µs

125µs (FDDI II)

125µs

125µs

 

125µs

125µs

125µs

44

   

Ethernet

FDDI

DQDB

 

SONET / SDH

ATM

 

Frame Relay

 

TCP

 

Token Ring

/FDDI II

/ X25

/IPv4

 

IPv6

5. Principaux

 

Transmission des trames

Processus claim & Beacon

Protocole de la file distribuée

     

-

Fonctionnement de bits BECN

-

Etablissement

-

Relâche du

algorithmes

et FECN pour la gestion de congestion

de la connexion jeton

   

-

Fragmentation

-

Fonctionnement de la trame de

 

signalisation CLLM

- Etablissement d’une connexion

- Libéralisation d’une connexion

6. Norme /

 

IEEE 802.3 (a, b, c, e) Sous le nom de CSMA /

IS 9314

IEEE 802.6

 

G707

RNIS

- ATM Forum (B-ICI, UNI)

IP- RFC 791

 

IEEE 802.5

Standards

Synchronous

I 321

- Frame Relay Forum

IP- RFC 846

CD

Digital Bit Rate

(FRF.1.1, FRF.2.1, FRF.3.1)

802.12, 802.14

G

708 Network

IETF (RFC 1483, RFC 1490, RFC 1577)

- ISO/IEC (TR 9577)

-

802.9 (Ethernet Isochrone)

node interface for the SDH

-

HiperLAN (5GHz) sous le nom de

TDMA/TD

G

709

- ITU-T (I.122, I.233.1,

I.365.1, I.370, I.372, I.555 I.610, I.922a

-

IEEE 802.11 ,

I.933a

802.11b(2.4 GHz), 802.11a (5 GHz) sous le nom de CSMA/CA

7. Codage

 

- Manchester

-NRZI 4bits / 5

Aucun

-

Modulation

Aucun

Aucun

Aucun

-

Manchester

- Modulation 8B/6T

bits (5 bits

Car ce protocole

4B/5B

Car ce

Car ce protocole est indépendant

Car ce

différentiel

- modulation 5B/6B

envoyés pour coder 4 bits

est indépendant de la couche physique

-

Modulation

protocole est

de la couche physique

protocole est

8B/10B

indépendant de la couche physique

indépendant de

-MLT3

la couche

-4B/5B

 

physique

45

 

Ethernet

FDDI

DQDB

SONET / SDH

ATM

Frame Relay

TCP

Token Ring

/FDDI II

/ X25

/IPv4

IPv6

8. Topologie

-Bus (coax) -Etoile (PT, FO)

-Double anneau

-2 bus

-Bus

-Bus

-Bus

-Bus

Anneau

unidirectionnels

-Etoile

-Etoile

-Etoile

-Etoile

 

-Anneau

-Anneau

-Anneau

- Etoile étendue

- Hiérarchie

- Anneau

- Maillée

9. Taille du réseau

LAN

LAN/MAN

MAN - sur des dizaines de Km

LAN/MAN

WAN

 

LAN /MAN/ WAN

LAN

- Coaxial (2500 m)

- Fibre optique multimode: 2

- Câble CATV (3600

Km entre station; 100 Km

m)

entre anneau

 

- Coaxial fin (925 m)

- jusqu’à 500 stations

- 100 stations

10. Débits

10Mbit/s

100 Mbits/s

155Mbit/s

Hiérarchie des débits multiples de 51,84Mbits/s pour STS1 et nx51, 84Mbit/s pour STSn n=3, 9, 12,18, 24, 36,48

Multidébits

64Kbits/s à 2Mbit/s en Europe, soit 38Mbits/s max. 1,5Mbit/s aux USA soit 45Mbits/s max

Multidébits

4

à 16 Mbits/s

100Mbit/s

45Mbit/s

 

Pouvant aller à

600Mbit/s

11. Fréquence

-25Mhz pour la modulation 8B/6T -30Mhz pour la modulation 5B/6B

-62,5Mhz pour NRZI et

         

62.5 MHz

4B/5B

-32,25Mhz pour MLT-3

12. Niveaux de priorité

synchrone

Synchrone et 8 niveaux de priorités pour le trafic asynchrone d’une même station

8 niveaux de priorité

       

niveaux de priorités entre stations

8

46

 

Ethernet

FDDI

DQDB

SONET/ SDH

ATM

Frame Relay/

TCP

Token Ring

/FDDI II

X25

/IPv4

IPv6

13. Format de trame (en cascade horizontale)

Amorce (7 octets), SD (1), DA (2 à 6), SA (2 à 6), longueur (64 à 1518), données, bourrage (1), FCS

(40)

SD. FC. DA. SA.

IM-PDU Header (24 Octets), Info (0 à 9188), PAD (0 à 3), CRC 32 (0 à 4), Common PDU Trailer (4)

SOH, STS-1

En-tête, Payload

Drapeau, (DLCI, C/R, EA), (DLCI, BECN, FECN, EA), Champ de données, FCS, FCS, Drapeau

Cf. Architecture

SD. AC. FC. DA.

INFO. FCS. ED. FS

(Informations)

en 18

SA. INFO. FCS. ED. FS

 

14. Taille maximale de trame

1600 octets

4 470 octetcs

9236 octets

810 octets

53 octets

4102 octets

 

4 470 octets (4 Mbits/s), après réception de la trame

18

000 octets (16

Mbits/s)

après transmission

de la trame

15. Relâche du jeton (s’il y a lieu)

 

Après transmission de la ou des trames

         

Après réception de la trame transmise (4 Mbits/s) Après la transmission pour

16

Mbits/s

16. Distance inter

2,5 m mini à 250 m max

2 Km

           

station

47

   

Ethernet

 

FDDI

DQDB

SONET /

ATM

Frame Relay

 

TCP

Token Ring

/FDDI II

SDH

/ X25

/IPv4

 

IPv6

17. Format d’adresse

-

I/G (1bit), Adresse

-

I/G (1bit), N°

DA (Adresse type (4bits), Padding (60-N), MSAP

     

-

IPv4: N° Réseau (N

 

(15)

Anneau (7), Sous-

bits = 1 ou 2 ou 3), N°

-

I/G (1bit), U/L (1),

Adresse des

Address (4), SA (64)

Hote (32 – N)

Adresse (46)

stations (8)

-

IPv6: N° Réseau (N

I/G (1bit), U/L (1), N° Anneau (14), Sous- Adresse des stations (32)

-

bits = 1 ou 2 ou 3), N° Hote (128 – N) N=1 Classe A ; N=2 classe B ; N=3 classe C

18. Architecture

 

en couches

en couches

en couches

en

en couches

en couche

Modèle DoD (SMTP (4), http (4), TELNET (4), FTP (4), ICMP (4)), (TCP (3), UDP (3)), (IP(2), ARP (2), RARP (2), RIP (1)), (Ethernet (1), FDDI (1), Token Ring (1), SLIP (1), PPP (1))

 

couches

19. Système de

-

Orienté sans

/Passage d’un

Système G. 703 et SONET/SDH

 

Système

Système Ethernet et Token Ring

 

/Passage d’un jeton

transmission /

connexion

jeton

SONET/SDH

Type d’accès

-