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BIBLIOTHÈQUE HISTORIQUE

VICTOR MAGNIEN
PROFESSEUR A L'UNIVERSITÉ DE TOULOUSE

LES MYSTERES
D'ELEUSIS
LEURS ORIGINES, LE RITUEL DE LEURS INITIATIONS
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DEUXIEME ÉDITION REFONDUE ET AUGMENTÉE

PAYOT. PARIS

LES MYSTÈRES D'ELEUSIS
LEURS ORIGINES
LE RITUEL DE LEURS INITIATIONS

QUELQUES APPRÉCIATIONS SUR LA PREMIÈRE ÉDITION

« Cet ouvrage représente une telle puissance de recherche à tra-
vers l'immensité des littératures classiques, un tel effort pour en
arracher les parcelles de vérité qu'elles recèlent et les combiner en
un faisceau lumineux, qu'il mérite d'être donné en modèle à tous
ceux qui se mêlent d'enquêtes historiques. Avec une tranquille assu-
rance dans le sacrilège, M. Magnien nous révèle le secret des initiés.
Que de superstitions absurdes, que de rites puérils, que de pra-
tiques dégoûtantes dans ces mystères! On serait tenté d'en rire si
l'on ne pensait que la philosophie grecque en est sortie. Il est vrai
qu'elle s'en est dégagée pour bâtir, à l'honneur de l'humanité, le
plus bel édifice de sagesse et de raison que le monde ait connu... »
J. Vendryes, Revue Celtique.

La question de savoir en quoi consistent les mystères d'Eleusis
est l'une des plus obscures qu'on puisse imaginer. Les initiés seuls
étaient renseignés, mais ils avaient prêté serment de ne rien révéler
aux profanes; aussi ne trouvons-nous dans les textes que de vagues
allusions, très difficiles à interpréter. M. Magnien, professeur à l'Uni-
versité de Toulouse, essaie une fois de plus, après bien d'autres,
d'utilisernos rares éléments d'information pour dégager la vraie
physionomie et la vraie portée des cérémonies dont le sanctuaire
éleusinien était le théâtre. Il a réuni et traduit tous les passages dès
auteurs grecs et latins qui se rapportent à ce sujet et il y a joint la
reproduction de quelques bas-reliefs ou peintures de vases où l'on
voit figurées les légendes de Perséphone et de Triptolème.
Maurice Besnier, Revue des Questions historiques.
M. Magnien relie les mystères à la pensée des temps antiques.
Les mystères éleusiniens procèdent directement des mystères de
Thrace et de Samothrace Hérodote en a donné déjà la confir-
:

mation. L'auteur s'efforce de suivre les pistes indiquées et il pro-
mène le lecteur dans les lieux secrets où la mystique connut son
apogée. Journal de Genève.

Ce tableau fait honneur à la pénétration critique et à l'ampleur
de vue du savant helléniste. Th. Mainage
Professeur à l'Institut catholique de Paris.
La Vie Catholique.
Il s'agit là d'un précieux ouvrage qui réunit toute la littérature
existant jusqu'à ce jour sur ces fameux mystères de l'Antiquité.
Son sujet pourtant est beaucoup plus vaste que ne l'indique son
titre. M. Magnien, pour donner une idée la plus claire possible de
cette importante constitution religieuse de la Grèce antique, l'a fait
précéder de plusieurs chapitres concernant les religions occultes et
les mystères de tous les peuples anciens.
Alex. Philadelpheus, Le Messager d'Athènes.

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BIBLIOTHÈQUE HISTORIQUE

VICTOR MAGNIEN
PROFESSEUR A L'uNIVERSITÉ DE TOULOUSE

LES

MYSTÈRES D'ELEUSIS
LEURS ORIGINES
LE RITUEL DE LEURS INITIATIONS

Avec 10 figures dans le texte et 8 hors texte.

y _ F
DEUXIEME EDITION REFONDUE ET AUGMENTEE

PAYOT, PARIS
106, Bovilevard S'- Germain

1938
Tous droits réservés

de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays. Copyright 1929 by Payot. . Paris. c BL11 %^jjjp Tous droits de traducnon.

Les auteurs anciens.Nilsson et deL. La méthode suivie dans l'ouvrage semble imposée par la nature même des docum. dans le présent ouvrage. on n'en dira ici. dans cette nouvelle édition comme dans là première. La démonstration. 126 G76!' AVANT-PROPOS Le présefit ouvrage. découvrir tout ce qui serait à découvrir. de la façon d'y monter en grade. que ce qui est nécessaire à la compréhension des initiations. il existe du reste des travaux importants et notamment ceux de Philios. des moyens d'y accéder. Il s'agitdonc en somme de la société éleusinienne. Il a un sujet limité l'origine des Mys- : tères éleusiniens et leur dignité. en effet. parfai- tement distinct de celui qui est abordé ici. sur ce sujet limité. Il ne s'agit pas non plus d'étudier la structure et l'histoire des divers temples ou sanctuaires qui se sont élevés sur le sol d'Eleusis depuis la plus haute antiquité.Deubner. Mylonas et Kouroniotis. Encore ne peut-on espérer. le livre se présente donc comme un recueil de textes traduits et reliés entre eux par un commentaire. et en résumé. On n'étudiera pas ici la série des fêtes religieuses qui se dé- roulaient pendant l'année — sur lesquelles le lecteur pourra consulter les ouvrages de MartinN.enls. Noack. le principe des initiations et les épreuves par lesquelles les hommes arrivent à ces initiations. Sur ce sujet. La théologie des Mystères demanderait une étude considé- rable. ne prétend pas étudier toutes les questions relatives aux Mystères d'Eleusis. repose entière- ment sur les textes d'auteurs grecs ou latins. de son im- portance. ne s'expliquent jamais sur .

Le présent ouvrage en a profité dans une large mesure. et parmi les derniers parus ceux de Goblet d'Alviella.-C.8 AVANT-PROPOS leur religion mystérieuse — comme du reste sur tout sujet important — avec le désir de tout dire ou de le dire clairement. dictionnaires. ou d'autres. nous y trouvons une allusion chez Pin- dare. III^ et /F® siècles de l'ère chrétienne. Or les allusions. Et de même sur tel ou tel autre point. mais des expressions de Platon telle que « l'âme allant vers la genèse » ou a l'âme qui se repaît de la terre » amèneront la persuasion. De très nombreux ouvrages ont traité des Mystères d'Eleusis ou de la religion grecque. Paul Foucart. et de voir comment elles ont rapport aux Mystères d'Eleusis. nous renseignent bien sur la traversée du fleuve ou du bras de mer que doit accomplir le futur roi. en descendant. parce qu'il se donne lui-même comme un disciple fidèle des anciens maîtres. Il s'agit de nous rendre compte si Aristide Quintilien suit les doctrines grecques antiques : nous le croirons en prin- cipe. deviennent plus nettes chez les auteurs tardifs. F. De nombreux articles ont paru dans des revues. . ou le futur hiérophante. de les relier entre elles. il faut bien l'affirmer. diverses modifi- cations. ils procèdent par allusions et ces allusions concernent tel ou tel détail particulier. Porphyre ou Synésius. la littérature grecque et latine. Il s'agit donc de com- prendre ces données fragmentaires. Maurice Brillant. et reçu diverses enveloppes jusqu'à la dernière qui est le corps. Mais la source principale de renseignements reste. notamment ceux des 11^.) raconte en détail comment l'âme est descendue du séjour supé- rieur. depuis la Renaissance jusqu'à nos jours. et encore moins souvent un corps de doctrines. rarement un ensemble d'idées. mais une fois que nous avons reconnu le rite. plus vagues chez les auteurs anciens et en particulier chez les auteurs grecs d'époque classique. Mais devons-nous croire à la valeur de ces témoignages? Par exemple. Aristide Quintilien (vers 110 après J. encyclopédies. et comment elle a subi. M.

. Galien. . en leur faisant prêter serment. » Et Galien croit que la médecine devient inférieure quand elle sort de la famille des Asclépiades *. déclare : u( Le serment myste de me taire ne me permet pas d'expliquer. indistinctement et sans précautions. p. Lilius Gregorius Gyraldus l'exposait déjà dans son livre Lilii Gregorii Gyraldi Ferrarensis libelli duo in quorum aliero Aenigmata plerumque antiquorum. 281. qui exprime souvent cette néces- sité du secret. édition Didot. dit par exemple : 1.. 802. les profanes ne peuvent s'en occuper avant d'avoir été initiés aux orgies de cette science ». placée en tête des Œuvres d'Hippocrate.. 3. administr. LES MYSTÈRES D'ELEUSIS CHAPITRE PREMIER MYSTÈRES EN GÉNÉRAL ET MYSTÈRES D'ELEUSIS § I. et lesdoctrines religieuses ^. II.. in altero Pgiha- gorae sgmbola.. Tragodopodagra. — Sciences secrètes et Religions secrètes. Leur raison d'être.. D'après Soranus ^. Les Asclépiades (descendants d'Asclépios Je dieu inventeur de la médecine) forment une espèce de caste sacerdotale qui se trans- met les connaissances. L'astrologue Vettius Valens. la médecine reste une science secrète. vers 271. Le médecin charlatan de Lucien. Comment les Grecs ont entouré de mystère leurs idées. 4. les expériences médicales. p. les sciences. Lucien. dans la Tragodopodagra ^. Il.t. « Hippocrate enseignait son art à ceux qui pou- vaient l'apprendre. l.. les remèdes. 2. imprimé à Bâle en 1507.. Vie d'Hippocrate. Tout disciple d'Hippocrate doit prononcer un « Serment» dont la formule nous est restée dans les Œuvres hippocratiques. les arts. En effet les choses sacrées se montrent à des hommes sacrés. De anatom. Chez eux. Les anciens Hellènes ne conçoivent pas que l'on puisse livrer à tout le monde. La science des astres ne doit se transmettre qu'aux hommes reconnus dignes de l'acquérir.dans l'édition de Kuhn.

suivant les Stoïciens. IV.. dit Clément d'Alexandrie. un caractère obscur et mystérieux. fut chassé de l'école et qu'on lui éleva une stèle comme s'il était mort. § 226. D'autre part encore. 36 b. Maihes. jeté demande le serment au nom de l'enveloppe céleste du cercle aux douze signes. » Suivant Proclus.y VII. et à ceux que je conduis. pour avoir écrit clairement sur les doctrines de Pythagore. de Platon. Anlhologiarum libri. mais les Épicu- riens eux-mêmes avouent qu'il y a chez eux des secrets. observant un mutisme parfait pour ne pas les dévoiler aux exoiériques. de même que les théolo- giens se servent de mythes. La philosophie grecque a. Vie de Pythagore. les Pythagoriciens les gar- daient toujours en eux-mêmes. Stromales. . Et en que les anciens philosophes professent fait les idées sur le système du monde ne nous apparaissent que fort dif- ficilement. 9. 11. mais il invoque l'exemple d'Orphée. « Non seulementles Pythagoriciens et Platon. dit Jamblique. Zenon écrivit certains traités qu'ils ne donnent pas facilement à lire à leurs dis- ciples ^. de garder tout cela en secret et de ne pas le trans- mettre aux ignorants. à toi mon frère très précieux. . 32. 2. et qu'ils ne permettent pas à tout le monde de manier les livres où ils sont exposés. vers l'harmonie du ciel. 'à. Vettius Valens. cachent la plupart de leurs dogmes. 1. comme mystagogue. Platon se servit de noms mathématiques comme de voiles recouvrant la vérité des choses. un renom impérissable et éminent. édition Nauck. V. » Et Clément d'Alexandrie rapporte même qu'Hipparque le Pythagoricien. mais seulement à ceux qui sont dignes et qui peuvent le garder et répondre justement. par la Providence elle-même et la né- cessité sacrée. édition KroU. qui ai expliqué cela.10 MYSTÈRES EN GÉNÉRAL « Je te demande le serment. à la mémoire de ceux qui devaient leur succéder *. 5. de Por- phyre qui ont voulu le secret. Commentaires sur le Timée. de même que les Pythagoriciens se servaient de symboles ^. comme des mystères divins. du Soleil. et me donner à moi Valens. en reconnaissant que c'est moi qui ai illuminé ^. » Julius Firmicus Maternus 2 soutient la même théorie. « Les plus importants et les plus compréhensifs des dogmes admis par leur école. de Pythagore. elle aussi. de la Lune et des cinq astres errants qui guident toute notre vie.. 4. et les transmettant sans l'aide de l'écriture. 1. Julius Finnicus Maternus.

de Migne. l'au- teur tragique. 32. Lettres. ne voulant ni en ^ priver les bons. 1. Discours XX. Synésius explique lui-même. » Sur Aristote. Thémistius. ni la jeter dans les carrefours . 3. ne sont pas accessibles à n'importe qui. Vie de Plotin. la lut. Ainsi l'art de construire les vaisseaux : au rapport d'Eus- tathe. Éloge de son père. d'Aristote et d'Heraclite *. V. » D'autres auteurs nous signalent l'obscurité d'Heraclite et de Phérécyde le Syrien ^. que c'est un livre platonicien. 504. 2. 2. 312. Tatien. 7.. p. 4.. 809). Thémistius déclare « La sagesse.. il y avait à Rhodes des arsenaux secrets où le public ne pouvait entrer. » Sur des philosophes de l'époque chrétienne Porphyre écrit : « Hérennius. et. de mémoire. Euripide. 8. Discours contre les Grecs.. mais particulièrement d'Heraclite: « Heraclite avait caché sa poésie dans le temple d'Artémis. celui qui la lira n'y reconnaisse rien ^. tout semblablement. Il avait écrit vingt et un livres. qui veut cacher les données sérieuses de la philosophie sous l'apparence d'un sujet insignifiant.. 6. gr. Aristote l'avait recouverte d'obscurité et enveloppée de ténèbres. t. . Clément d'Alexandrie. Sur le Timée. ou Ps. 6. Les poètes s'expriment en un langage de sens peu acces- sibleau vulgaire. » ^Parlant de son ouvrage des Songes. Platon. transmit peu à peu les ténèbres d'Heraclite ®. fruit de : son génie et de son travail. celui qui les voyait était condamné à mort '. dans la préface. 4.. communiqués à un petit nombre de lecteurs seulement ®. Eustathe. Platon.. 5. Porphyre. p. 4. Plotin con- serva le secret. Origène et Plotin avaient convenu de garder se- crète la doctrine que leur avait enseignée Ammonius. Commentaire sur Dengs le Périégète. afin qu'elle fût livrée plus tard de façon mystérieuse. y descendit. Certains arts. Stromates.. afin que si la tablette souffre quel- que chose dans les plis de la mer ou de la terre. 3 (Patr. Chalcidius. 394. SCIENCES SECRÈTES ET RELIGIONS SECRÈTES 11 Une lettre platonicienne s'exprime ainsi : « Ilfaut te parler par énigme.

. 5. car. le mythe les traite d'une façon plus con- venable. je le préfère au parler trop net des modernes. assimilaient la doctrine de Pythagore à la religion d'Eleu- sis. de figu- res. VIII. soit la science en général. X. de symboles. employant un art charmant au lieu d'exprimer les choses dont la connaissance nous est enviée » (Maxime de Tyr. et ils ont transmis la vérité sous forme d'énigmes. la sagesse et la prévoyance du démiurge : Applique maintenant ton attention « — dit Galien à son dis- ciple — plus que si. . 1. de façon qu'elles ne soient pas claires à tout le monde. c'est s'initier à la médecine. et autres procédés analogues. 534 e). » (Maxime de Tyr. » C'est qu'un rapport étroit lie à la religion soit la méde- cine. — là étaient des philosophes — ont entassé de nombreux mythes sur leurs doctrines. le maître est un hiérophante qui exécute certains actes et prononce certaines paroles. recevant l'initiation d'Eleusis ou de Samo- 1. c'est-à-dire en somme. 2. X. sont vraiment Les poètes grecs « philosophes. et ceux. Apprendre la médecine. comme les Mystères. il déclare ailleurs « qu'ils ne sont rien autre que des interprètes des dieux » [Ion. comme s'énonçaient les oracles chez Mais ceux qui ont établi les Mystères les Hellènes. l'Apologie d'Apulée. soit la philosophie ^. 22. 15. pour les choses qui ne sont pas vues par la faiblesse humaine. et nommaient le siénope un Muséion » ^.6). p. et leur pudique respect de la vérité. C'est encore l'opinion d'Apulée: Vallette. Et Clément d'Alexandrie assimile de même le secret de la phi- losophie au secret des Mystères : « Tous ceux pour ainsi dire qui ont parlé de la vérité.) Or les poètes donnent les mêmes enseignements que les savants et les philosophes : sous l'appellation de poètes. Diogène Laërce nous fait connaître en même temps que « les Métapontins appelaient sa demeure le temple de Déméter. Barbares et Hellènes. d'allégories..12 MYSTÈRES EN GÉNÉRAL « Tout est plein d'énigmes chez les poètes et chez les philoso- phes. et la médecine montre. Et si Platon a voulu chasser les poètes de sa République idéale. ont caché les principes des choses. Le secret de la médecine se compare à celui des Mystères : En racontant que Pythagore et ses disciples donnaient un en- seignement secret. 1908.

p. 82-83. 108 a. Lucien. De usu parlium. p. Kuhn. c'est moi-même qui l'ai trouvée ^. Or cette union intime de la médecine avec la religion se retrouve en Egypte. que si son âme survit avec pleine conscience d'elle-même. plus tard. en mémoire des services rendus par Hippocrate aux Athéniens. en effet. sacrifices et les 1. dans les Œuvres de Galien. Die Fragmente der Vorsokratiker. elle se retrouve chez les Pytha- goriciens ^. 7. dans V Apologie. La Religion des Égyptiens. p. Kuhn. tu étais tout entier aux choses accomplies et dites par les hiérophantes. 576. Les enfants des Goens. 14. la prévoyance ou le pouvoir du démiurge des êtres vi- vants. Alexandre. V. où il y a une école de médecine dirigée par les prêtres *. XXIII. 5. sont initiés aux Mys- tères d'Eleusis. 25. dans les Mystères institués par l'imposteur Alexandre ^. et. édit. p. après sa mort. SCIENCES SECRÈTES ET RELIGIONS SECRÈTES 13 thracè ou de toute autre sainte télété. Platon. de même. Medicor. une journée des Mystères s'appelle même Épidauria en commémoration du jour où Asclépios est venu se faire initier. Mi- nos. en compensation. Diels-Kranz. 256 de l'édition française. Phédon. 3. Galien.. croyant qu'elle peut tout aussi bien montrer la sagesse. lors de la peste. 6. 2. 218. . t. ils doivent chaque année des sacrifices à Athéna et à Érechthée ^. Platon nous présente Socrate comme un initié celui-ci : affirme. ^tfr t^m^iU Platon lui-même fait allusion à ce qui se passe « dans les cérémonies ^ ». 215. édit. III. 8. graecor. ont le droit ^ d'être éphèbes à Athènes ^. et songe surtout que cette îélété que je traite maintenant. et. VII. p. Êaque et Triptolème ^.. il verra. 41 a. Rhadamanthe. 831. opéra. Erman. or Triptolème est le héros d'Eleusis. Les grands philosophes. Platon. Apologie. 24. considérant cette téléié (que tu vas recevoir) comme n'étant en aucune façon infé- rieure à celles-là. Hérodote. A. t. II. Les Épidauriens ont fabriqué des statues des déesses Damia et Auxésia avec du bois d'olivier pris à Athènes. I. » La tradition rapporte rinitiation d'Asclépios et d'Hip- pocrate aux Mystères d'Eleusis. 4.

« La nature aime à se cacher » (Julien.2). dans sa hardiesse. Discours^ 108 a). nous avons l'affirmation de Julien : « On ordonnait à ceux du Portique d'être pieux envers les dieux. La vérité. La vérité dépasse même les hommes ordinaires : il ne faut la communiquer qu'à des gens bien préparés et bien éprouvés. en se recouvrant et en. . que les initiés s'y attachent davantage. ainsi encore les mystères sont recouverts par les symboles des ^ figures pour que les adeptes eux-mêmes ne trouvent pas devant eux l'essence toute nue de cette nature. divine par nature. et d'être perfectionnés par les plus saintes iélélés » (Julien. ceux-ci non seulement ne méritent pas de la posséder.. et qui communique une grande puissance à ceux qui la possèdent. prennent conscience de la vérité secrète. ainsi elle a voulu que ses secrets fussent exposés. ceux donc qui ont trouvé cette vérité ne doivent pas la dévoiler trop facilement aux autres et l'exprimer en termes trop clairs. 480 b). « L'âme humaine. 216. Le secret donne du prix aux enseignements reçus et fait. sous forme de fables. s'habillant d'apparences variées. alors que> les hauts dignitaires pouvaient voir les statues toutes nues. 1. estime moins ce qui est à 1. suivant les interprétations de la sagesse. par ceux qui les connaissent. et la vérité ne s'aperçoit pas sans effort et sans travail. secret des Mystères. mais encore pourraient la mépriser s'ils l'obtenaient sans peine il faut qu'on la tienne : loin d'eux. VII. Le de la science ou de la médecine. Discours. mais seuls les hommes de très haut grade. dépasse de beau- coup les hommes vulgaires et vils.. des statues est comparé aux figures qui recouvrent la vérité. « De même que la nature enlève aux sens vulgaires des hommes- la compréhension de son essence véritable. comme le secret de la philosophie. le vêtement. Songe de Scipion. de Profug. par les motifs suivants : La nature aime à se cacher... et pour que les autres se contentent de vénérer des figures qui protègent le secret contre l'avilissement » (Macrobe. La métaphore est empruntée aux cérémonies mêmes des Mystères : les initiés ordinaires voyaient des statues voilées ou habillées.. se justifie dans l'idée des Anciens. qui.. d'être initiés à tous les Mystères. Phi- Ion.14 MYSTÈRES EN GÉNÉRAL Pour les stoïciens.

SCIENCES SECRÈTES ET RELBGIONS SECRÈTES 15 sa portée. Or la croyance à la nécessité du secret n'est pas propre aux Gtecs. la philosophie. « Les iélétés ne se livrent pas à n'importe qui et sans règle. suiv. les Druides inter- disent d'écrire des livres. i. Cultes. V. nous dit Diodore de Sicile ^. Ennéades.144. 9). 9. pleine d'ardeur pour trouver. Jul- lian. En Gaule. Et ainsi de suite. V. Salomon Reinach. 9. 5). X. 11. 92). . Slromales.avant de rencontrer. 2. la théologie ^. p. Cherchant à deviner ce qu'elle ne voit pas. tant s'en faut : En Egypte. nous racontent les histoires. une trop grande clarté avilit ce qui est enseigné » (Plutarque. ils enseignent longtemps et en cachette. on défend d'en parler à celui qui n'a pas eu le bonheur de le voir » (Plotin. 11). chap. quand elle a rencontré. pleine d'amour pour ce qui est son œuvre » (Maxime de Tyr. et admire ce qui est loin d'elle. au fond des forêts.. «. 3. 4). Stromaies. VI. 166. p. mais avec des puiifîcations et des proclamations » (Clément d'Alexan- drie.. « Le secret même augmente la valeur de ce qui s'apprend.111. l'astronomie. V. Histoire de la Gaule. Sur la vie et la poésie d'Homère. les prêtres seuls apprennent l'écriture hiéro- glyphique. les sciences. On pourrait même dire que l'existence de sociétés secrètes ou fermées.. dans lesquelles certains enseignements ou cer- taines pratiques se transmettent à des personnes choisies et 1. « Ils ne voulaient pas que toutes choses fussent exposées à n'im- porte qui et sans règle ni que les biens de la sagesse fussent com- muniqués à ceux qui n'ont eu l'âme purifiée en aucune façon. Siromates. Mythes et V. 228 et Religions. ou dans des cavernes. elle est. C'est là sans doute le sens de la défense que l'on fait dans les Mystères d'en révéler le secret à ceux qui n'ontpas été initiés : comme le divin est ineffable. A plus forte raison la science doit-elle rester secrète. même en songe (car il n'est pas permis de présenter à tous ceux que l'on rencontre ce qui a été acquis après tant de luttes) ni que les Mystères de la raison fussent expliqués aux profanes » (Clément d'Alexandrie. et. et le poursuivant par ses raisonnements. et Clément d'Alexandrie ^ a souligné aussi le caractère mystérieux de cette écriture qui note les choses par des symboles difficiles à connaître.

16 MYSTÈRES EN GÉNÉRAL

éprouvées, répond à une tendance très générale de la nature
humaine ^.

On la constate à peu près dans toutes les parties du
monde : chez les Peaux-Rouges (sociétés d'hommes-méde-
cine avec des initiations compliquées); en Cafrerie (faiseurs
de pluie); dans l'Afrique Occidentale; au Gabon; en Polyné-
sie (confrérie des Aréoi, comprenant sept degrés d'initia-

tion) 2...; chez les Arabes, chez les Druses... L'Europe Occi-
dentale a eu et a encore des confréries dont les adeptes
apprennent peu à peu les secrets de telle ou telle profession
et forment entre eux de véritables familles se reconnaissant
à certains signes; elle a eu et a encore des sociétés secrètes à
tendances politiques, philosophiques ou religieuses.
D'autres motifs que le désir d'apprendre des connais-
sances réservées à une élite peuvent amener les hommes à
s'unir en sociétés c'est le besoin de s'aider mutuellement,
:

c'est le besoin de s'assembler entre gens semblables et de
mêmes goûts.
Des sociétés de ce genre ont existé en Grèce.
Un discours de Lysias,entre autres, nous le prouve bien ^.
Et il y a d'autres preuves attestant l'existence, en Grèce
et dans l'Egypte hellénisée, d'associations religieuses *.
Mais ces sociétés ont des rapports elles aussi avec les
Mystères ainsi la société dont nous parle Lysias avait une
:

procession à Eleusis ^.

§ II.
— Fréquence des Mystères antiques
Des Mystères ont existé un peu partout dans le monde
antique ®, par exemple en Egypte, en Syrie, en Perse, en
1. Voir J. Héron
Lepper, Les Sociétés Secrèîes de V Antiquité à nos jours,
Bibl. Historique, Payot, Paris.
2. Voir Goblet d'Alviella, Eleusinia, p. 32-33, avec l'indication des ou-
vrages à consulter sur ces confréries : Albert Réville, Religions des peuples
non civilisés; Schoolcraft, Historg of Indian Tribes (New-York, 1839, t. IV);
Fritsch, Die Eingeboren. Sûd-Afrikas (Breslau 1872); Wilson, Western Africa
(Londres 1856); W. Ellis, Polunesian Researches (Londres 1853).
3. Lysias, VIII.
4. The Gild of Zeus Hypsistos, par Colin Roberts, Théodore C. Skeat,
Arthur Darby Nock, dans The Harvard Theological Review, XXIX,' n» 1,
1936.
5. Lysias, VIII, 5.
6. Origène {Contre Celse, I, 12, dans la Palrologie grecque, t. IX, p. 672)

FRÉQUENCE DES MYSTÈRES ANTIQUES 17

Phrygie, en Gappadoce, chez les Romains, en Carie, en
Thrace et dans toute l'Hellade.
L'Egypte eut les Mystères d'Isis et d'Osiris, et sans doute
beaucoup d'autres des textes grecs variés, et des documents
:

égyptiens nous en attestent l'existence ^.
La Syrie eut les Mystères d'Adonis ^1 la Perse, les Mystères
*
de Mithra Phrygie, les Mystères de Cybèle et d'Attis
^; la
la Gappadoce, les Mystères d'Artémis ^; les Romains, des

Mystères dont quelques-uns restent à peu près inconnus ^;
de même les Tyrrhéniens '; la Carie, le culte de Zeux Comy-
d'Hécate^; la Thrace, les orgies de Cotys, les
ros, et celui
Mystères de Rendis la chasseresse, de Rrauro, la déesse
ourse ^; Samo thrace (sur la colline zérynthienne), un culte
mystérieux d'Hécate ^°.
Les témoignages antiques nous apprennent l'existence de
nombreux Mystères sur le domaine propre de l'antique
Hellade :

Mystères des Cabires, Corybantes, Grands Dieux ^,*
Mystères de Cronos et des Titans ^^;
mentionne successivement comme ayant eu des mystères, les Égyptiens, les
Perses, les Syriens, les Indiens.
1. Hérodote, II, 171; Plutarque, Sur Isis et Osiris, 27; Jamblique, Mys-
tères des Egyptiens, 6, 8 et passim; Philosophoumena, 5, 7; Pausanias, 10,
32, 9. Voir sur ces Mystères, Maspéro, Etudes de mythologie et d'archéologie
égyptiennes, II, p. 14 (où il est noté que l'initiation assurait le bonheur
dans l'autre monde); A. Moret, Mystères égyptiens, etc., etc.
2. Voir là-dessus, notamment Frazer, Adonis, Aiîis, Osiris (Londres 1906);
le Dictionnaire des Antiquités, à l'article Adonis; on peut consulter de même
ce dictionnaire sur Cybèle, Attis, Artémis.
3. Voir Cumont, les Mystères de Mithra.
4. Pausanias, II, 3, 4; Strabon, 10, p. 469, etc.
5. Strabon, IV, p. 607; Origène, Contre Celse, 6, 22.
6. Origène, Contre Celse, VI, 23, mentionne « les Mystères des Romains
eux-mêmes initiant les plus nobles du Sénat »; Tertullien, Apologétique, IX,
mentionne les Mystères de Bellone : les combats que se livraient les gladia-
tettts et les combats que des condamnés livraient à des bêtes fauves se
rattachaient probablement à ces Mystères. — Après les conquêtes romai-
nes, les Mystères grecs, égyptiens, phrygiens, perses... se répandirent à
Rome.
7. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux nations, 2, dans la Pair.
gr.
de MignCj t. 8, p. 81.
8. Tzetzès sur Lycophron, au vers 459; sur le culte d'Hécate à Lagina
de Carie, Strabon, 4, 2, 25.
9. Perdrizet, Cultes et mythes du Pangée, p. 10.
lOV Scholiaste d'Aristophane, Paix, 277; Strabon, VI, 3, 20; Suidas, au
mot Zérynthion.
11. strabon, X,472 d; Scholiaste d'Apollonius de Rhodes, ï, 917; Accius,
Philoctète, fragm. 2; Philostrate, Héroïques, 740; Firmicus Maternus, Sut
Verreur des religions profanes, 1 1, etc., etc.
12. Pausanias, ly 4.

LES MYSTÈRES d'ÉLBVSIS 2

18 MYSTÈRES EN GÉNÉRAL

Mystères de Zeus en Crète ^;
Mystères d'Hécate à Égine, « où il y avait probablement
des rites expiatoires et où on demandait à la déesse de pro-
^
téger contre la folie »;
Mystères des Dioscures, les « enfants-chefs », à Am~
phissa ^;

Mystères d'Antinoos à Mantinée *;
Mystères de Dryops chez les Antinéens ^;

Mystères de Héra à Argos et à Nauplie ^;

Mystères des Gabires, à Thèbes, établis par Métha-
pos ';
Mystères de Sagra et d'Halimonte en Attique ^;
Mystères des Grâces à Athènes ^;
Mystères d'Aphrodite à Gypre ^®;
Mystères de Dionysos en Grète, en Béotie, à Delphes, à
Athènes, et dans une foule d'autres lieux i^;
Mystères d'Athéna à Athènes ^;
Sans doute d'autres Mystères encore et en grand nombre,
car les documents écrits ou figurés ne nous renseignent pas
sur tout, et il nous apparaît facilement que le culte de tous
les dieux, d'Apollon en particulier (pour nommer un dieu
dont le nom n'est pas dans la liste précédente) avait un
caractère profondément mystérieux.
I. Diodore, V, 72, 3; V, 77, 3; Justin, 20, 4; Valère Maxime, 8, 7, ext. 2;
Porphyre, Vie de Pglh., 13; Bulletin de corresp. hellénique, 1887, p. 385;
1888, p. 249, p. 102 —
et encore Euripide, cité par Porphyre, De V abstinence,
IV, 19.
2- Article Mysleria, signé Lécrivain, dans le Dictionnaire des Antiquités
grecques et romaines; Pausanîas, II, 30, 2; Plutarque, De fade in orbe lunae,
29, 8; Lucien, De navigîo, 15; Strabon, X, 3, 80; Origène, Contre Cdse, VI,
22; C. I. L., 6, 1179.
3. Pausanias, X, 38,7.
4.. 5. Pausanias, VIII, 9; IV, 34; I, 38; IV, 1.
6, 7. Pausanias, II, 7, 4; VIII, 9; IV, 34; I, 38; IV, 1.
8. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux nations, 2, dans la Paîrol. gret-^
que, de Migne, t. 8, p. 112.
9. Pausanias, IX, 35.
10. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux nations, 2, dans la Patr.Gr. de
Migne, t. 8, p. 74. Firmicus Maternus, Sur l'erreur des religions pr., 7.
II. Article Mgsteria, dans le Dictionnaire des antiquités...
12. C'est à propos de ces Mystères que Marc Aurèle écrivait à Hérode
Atticus, en 175 « Demande-moi de te rendre des
:
comptes dans le temple
d'Athéna, qui est dans la ville, pendant les Mystères. En effet j'ai souhaité,
quand la guerre avait le plus de flamme, d'être initié à ces Mystères aussi^
et que cela puisse être, toi étant mystagogue » (Philostrate, Vie des So-
phistes, II, 1, 31). Marc Aurèle,. déjà initié à Eleusis, voulait donc se faire
initier aux Mystères d'Athéna. Mais on peut supposer que cette initiation
constitue l'accession à un haut grade de la reli^on éleusinienne.

FRÉQUENCE DES MYSTÈRES ANTIQUES 19

Mais les Grecs nomment surtout les Mystères de Déméter.
et de Perséphone; l'abondance des témoignages nous amène
même à croire que des cultes mystérieux de Déméter exis-
tent à peu près partout dans la Grèce.

Nous en constatons, par exemple,
à Sparte ^, à Aigila de Laconie ^;

à Mégare ^;
* un
en Arcadie à Acacésios où Pausanias signale
mégaron souterrain et à Thelpusa;
^
à Mégalopolis où Goré est appelée Soîeira (la Sal-
vatrice);
à Basilis d' Arcadie *;
'
à trente stades de Phigalie (il s'agit de Déméter
la Noire);
sur la route de Tégée à Argos ^;

à Olympie ®;
à Épidaure et Égine, où les deux déesses étaient vé-
nérées sous les noms de Damia et Auxésia i®;
à Gorinthe ^^;
vers cap Malée ^^;
le

à Thèbes, où Déméter avait été installée par Gadmos
dans la Gadmée même ^^]
à Lébadée en Béotie, où l'on adorait une Déméter
Europe, nourrice de Zeus ^*;
à Lerne, Hermione, Gyzique, Pellène, Trapézonte

1. Pausanias, III, 30.
2. Pausanias, II, 7, 4; —
VIII, 9, IV, 34, I, 38, IV, 1.
3. Id., IV, 17, 1; le texte montre que cérémonies nocturnes étaient
les
célébrées par des femmes, que ces femmes avaient des poignards, des bro-
ches, des torches...
4. Id., VIII, 37; comparer 27 et 38, 5, ApoUodore dans les Fragmenta
hislor. graecorum, édition Didot, I, p. 429.
5. Pausanias, VIII, 31.
6. Paus., VIII, 29, 4.
7. Pausanias, VIII, 42.
8. Pausanias, VIII, 54.
9. Pausanias, VI, 20, 9. Voir R. Vallois, Revue des Etudes anciennes,
XXVIII, 1926, p. 305-322.
10. Pausanias, II, 30, 4; Hérodote, V, 82-83; C. I. G., 1176.
11. Pausanias, II, 4.
12. Callimaque, Epigramme 39; une note de l'édition Cahen rappelle que
Déméter Pylaia était adorée dans la région maliaque.
13. Pausanias, IX, 16, 3.
14. Pausanias, IX, 39, 3.

20 MYSTÈRES GRECS

d'Arcadie, Mantinée, Sicyone, Mitylène en Thes-
salie ^...

Aux Mystères de Déméter et de Perséphone sont intime-
ment liés les Mystères de Dionysos.

§ m. —
Rapports des Mystères grecs
LES UNS AVEC LES AUTRES. DiGNITÉ d'ÉlEUSIS.

Des prétendent rivaliser avec Eleusis et Athènes
villes

pour l'antiquité de leurs Mystères.
Les Argiens affirment que le culte de Déméter vint di-
rectement d'Egypte chez eux, et fut ensuite porté chez les
Athéniens^. L'auteur chrétien des Philosophoumena^ estiine,
de même, antérieurs aux Mystères d'Eleusis, les Mystères
de a celle qu'on appelle la Grande à Phlionte ».
Pausanias mentionne une Déméter « Pélasgis » qui reçut
en Argolide l'hospitalité du roi Pélasgos, et une Déméter
libyenne, honorée à Gharadra, près d'Argos *. Gela encore
implique l'idée que Déméter a donné directement les Mys-
tères aux Argiens.
G'est en Sicile que les Siciliens l'enlèvement de
Perséphone par Hadès
— enlèvementplacent
qui constitue mythe le

principal des Mystères
— en que,
;
suivant
c'est Sicile
eux,
fut inventée pour les hommes la culture des céréales; c'est
en Sicile et en Grande Grèce que les lois écrites apparurent
d'abord avant d'être données à d'autres peuples grecs ^.
Aussi les deux déesses sont-elles l'objet d'un culte tout spé-
cial en Sicile et en Grande Grèce, notamment à Syracuse,

Enna, Néapolis, Locres, Tarente, où l'on vénère « deux divi-
nités parèdres, une Mère, déesse de la fécondité et souve-
raine des morts, et un jeune dieu son fils ^ », Agrigente,

1. Voir là-dessus article Mysleria dans le Dictionnaire des Antiquités,
articleDémêler (signé O. Kern) dans la Real-Encyklopàdie de Pauly-Wis-
sowa.
2 PâiiSâiiicis I 14 4.
3. V, 20, daiîs la Patr. Gr. de Migne, t. 16, 3, p. 3186.
4. Pausanias, II, 18; VII, 27.
5. Voir là-dessus, Cicéron, Verr., IV, 48; V. Magnien, Le sgracusain litté-
raire et V idylle XV
de Théocriie, Mémoires de la Société de Linguistique,
t. XXI, 1919, p. 53.
6. Voir Carcopino, La Basilique pythagoricienne de la Porte Majeure,

LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 21

Perséphbne », Gatane, qui a un temple où les
^
« siège de
hommes ne peuvent pénétrer 2.
Les Mystères de telle ou telle cité greccjue peuvent pa-
raître analogues à ceux d'Athènes sans qu'aucun témoi-

gnage permette de les considérer comme plus anciens ou
plus récents. Ainsi la déesse Déméter a le surnom d^Eleusinia
en plusieurs endroits de Laconie, de Béotie, d'Arcadie; il
existe un mois Eleusinius à Théra et à Olus de Crète; une
inscription archaïque de Laconie mentionne un concours
des Eleuhynia; l'histoire révèle en Béotie une Eleusis dis-
parue^...

Mais, pour plusieurs cas, des documents prouvent que le
culte de Déméter a été transporté d'Eleusis et d'Athènes
dans diverses cités.
Hérodote * atteste que les Ioniens avaient emporté avec
eux le culte de Déméter en lonie —
comme le culte de Dio-
nysos à Limnae

que le fondateur de Milet avait établi
,

à Mycale un temple de Déméter éleusinienne, qu'à Éphèse
les femmes célébraient des Thesmophories (évidemment ana-
^
logues aux Thesmophories athéniennes). Strabon confirme
ces témoignages en rapportant qu'Androclus fonda Éphèse,
et que ses descendants avaient les hiéra (ou objets sacrés,
que les initiés seuls pouvaient voir, que les hauts dignitaires
seuls pouvaient toucher). Des fêtes traditionnelles, avec
purifications et Mystères, subsistaient encore en lonie sous
l'empire romain ®. Et nous pouvons penser que le culte de
« Déméter en course », honorée à Halicarnasse ',
provenait
d'Eleusis.
D'un passage de Thucydide ^, il ressort de même que les

p. 170, citant Giannelli, Culli e mili délia Magna Grecia, Florence 1924;
Giaceri, Cuîli e mili nella sioria delV aniica Sicilia, Gatane 1911. Sur le
culte de Déméter à Néapolis, voir Stace, Silves, IV, 8, 50; en Italie en
général, Festus, p. 154; Arnobe, 5, 16; Tertullien, De monog., 17, de pallio,
4; Servius sur les Géorgiques, I, 344; Ephem. epigr., 4, 866; C. I. L., 6, 1779.
1. Pindare, Pglhiques, XII, 8.
2. Lactahce, Inslilulions, II, 4.
3. Voir Lécrivain, art. Mysîma, dans le Dicl. des Anl.
4. IX, 97; II, 15; VI, 16.
5. XIV, 1, 3.
6. Bulletin de correspondance hellénique, 1877, p. 289.
7. Revue des Eludes anciennes, 1926, p. 317.
8. Thucydide, II, 15, 4.

22 MYSTÈRES GRECS

Mystères de Dionysos ont été emportés d'Attique en lonie
quand les Ioniens s'y établirent.
On peut donc admettre demême que c'est de l'Attique
que le culte fut autrefois transporté dans les Gyclades ionien-
nes 1; l'existence de hiéra est attestée à Paros ^, et Pausanias

rapporte que Cléoboia première transporta de Paros à
la
Thasos les orgia de Déméter ^.
A Délos on adore Déméter et Coré, et il existe un Thes-
mophorion *, ce qui implique l'existence de Thesmophories
comme à Athènes.
Gos eut une filiale d'Eleusis. Dionysos y avait un culte, et,
non loin de la ville principale, s'élevait un sanctuaire de
Déméter et de Goré, car « à Gos comme à Eleusis, les deux
déesses ont dû former avec Dionysos une triade à laquelle les
^
Mystères étaient consacrés ».
Les célèbres Mystères d'Andania furent, suivant Pausa-
nias ^ fondés par Gaucon d'Eleusis. Après la défaite des
Messéniens, « ceux qui étaient de la famille des prêtres et
accomplissaient les orgies (les cérémonies qui ont lieu dans
l'enthousiasme) pour les grandes déesses, se retirèrent à
Eleusis ' ». Après la victoire d'Épaminondas, qui fit re-
construire leur ville et leur rendit leur puissance, les Messé-
niens, qui n'avaient rien changé à leurs mœurs pendant
l'exil,rétablirent leurs mystères, consignés par les prêtres
sur des livres ^.
Les Mystères de Lerne, eux aussi, ont une parenté avec
^ ceux d'Eleusis ^.

Quand les successeurs d'Alexandre établirent l'hellé-

1. Inscripl. graec. insuL, t. XII, fasc. 7, n. 76, 77; fasc. 5, n. 226; Bulleî.
de corresp. hellén., 1890, p. 505; Sglloge, n. 655; Michel, Recueil, 714.
2. Hérodote, VI, 134-135.
3. Pausanias, X, 28.
4. P. Roussel, Délos colonie aîh., p. 242 et suiv.
5. W.VoUgraff, Bullelin de corresp. hellénique, 48, 1924, p. 177. Ce savant
historien pense que « Théocrite a écrit les Lénai pour célébrer l'initiation
d'un jeune garçon dans les Mystères éleusiniens de Cos ».
6. Pausanias, IV, 1, 5.
7. Pausanias, IV, 14, 1.
8. Pausanias, IV, 27, 5. Il existe une longue inscription relative aux Mys-
tères d'Andania Sauppe, Die Mysterieninschrift von Andania; P. Foucart,
:

Inscription d'Andanie;l]Mch. von Wilamowitz- Mœllendorfî, Der Glaube der
Hellenen, II, p. 536 et suiv.
9. Libanius, Discours, I, p. 427; /. G., III, 718; Kaibel, Epigr. gr., 866;
Anth. Pal., Append., I, 276.

LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 23

nisme en Egypte, ils y établirent les Mystères d'Eleusis.
Au temps de Ptolémée I, raconte Tacite, Timothée l'Eu- ,

molpide vint d'Eleusis à Alexandrie pour présider aux céré-
monies ^.
Sous Ptolémée Philadelphe, d'après Gallimaque 2, on célè-
bre à Alexandrie une procession du calathos, comme à
Athènes.
Et il y eut près d'Alexandrie, comme près d'Athènes, une
bourgade nommée Eleusis ^.
Les Mystères grecs introduits officiellement en Egypte
comportent des initiations à Dionysos comme à Déméter
et à Perséphone. Un papyrus a conservé un édit de Ptolé-
mée IV (221-203) convoquant à Alexandrie « ceux qui, dans
le pays, initient à Dionysos », et leur ordonnant « de faire

connaître de qui ils tiennent les hiéra, en remontant jusqu'à
la troisième génération, et de déposer leur hiéros logos scellé

après y avoir inscrit chacun leur *. »nom
Le Déméter grecque
culte de la fut transporté à Rome ^.
Rome eut un temple de Gérés où officièrent des prêtresses

grecques et où s'accomplirent des cérémonies et des initia-
tions à la façon grecque. Or les Romains suivirent d'abord
le culte de Déméter trouvèrent établi chez les
tel qu'ils le
Grecs d'Italie et de Sicile. Plus tard ils se rattachèrent à
Eleusis. L'empereur Claude eut même l'intention, à un cer-
tain moment, de transporter à Rome le sanctuaire d'Eleu-
sis.

Voici des textes concernant cette question :

«c Les anciens eurent un si
grand zèle que, ayant établi de vé-
nérer Gérés à la façon grecque, ils lui firent venir de Vélia, quand
cette place n'avait pas encore reçu le nom de cité, une prêtresse

1. « Timolheon alheniensem e génie Eumolpidarum, quem ut aniislitem.
caerimoniarum Eleusine exciveraî... » (Tacite, Histoires, IV, 83).
2. Callimaque, édition Cahen, p. 90.
3. « Callimaque : il apprenait les lettres à Eleusis, bourgade d'Alexandrie »
(Suidas).
4. W.
Schubart et E. Kuhn, Papyri und Osiraka der Ptolemâerzeit, p. 9, »
dans Mgyplischen Urkunden, 6. Voir là-dessus, par exemple, Gernet et
les
Boulanger, Le génie grec dans la Religion, p. 413; R. Reitzenstein, Die helle-
nislischen Mgsierienreligionen..., 3« éd., 1927, p. 103.
5. Foucart, Mémoires de V Académie des Jnscr. et Belles-Lettres, 37, p. 46.
J. Garcopino, La Basilique pythagoricienne..., p. 67.

24 MYSTÈRES GRECS

nommée Calcitana, ou, comme d'autres le disent, Calliphéna, de
crainte que la déesse n'eût pas une représentante (aniistes) ins-
truite des rites anciens. Comme ils avaient dans leur ville un très
beau temple de cette déesse, avertis par les livres sibyllins pendant
le tumulte des Gracches qu'ils devaient apaiser la plus ancienne
Gérés, ils envoyèrent à Enna, parce qu'ils croyaient que ses céré-

monies (sacra) étaient venues de là, des décemviis pour se la ren-
dre propice. De même, à l'égard de la Mère des Dieux, il arriva
souvent que nos imperatores, après avoir remporté leurs victoires,
allèrent à Pessinonte pour accomplir les vœux qu'ils lui avaient
faits » (Valère Maxime, I, 1, 1).
(( Et que personne n'initie, si ce n'est, comme on le fait pour
Gérés, avec des cérémonies grecques »
(texte de loi ancienne cité
par Gicéron, des Lois, II, 24).
« Les mystères (sacra) de Gérés et ses cérémonies, nos ancêtres

voulurent qu'ils JÈussent toujours accomplis avec le plus grand
scrupule religieux (summa religione); comme ils avaient été em-
pruntés à la Grèce, ils furent toujours cultivés (curaia) par des
prêtresses grecques et tout y fut nommé de noms grecs » (Gicéron
Pour Balbus, 55).
« Même il
(Claude) s'efforça de transporter d'Attique à Rome les
mystères éleusiniens. Sacra Eleusinia eiiam iransferre ex Aitica
Bomam conaius est » (Suétx)ne, Claude 25). ,

Voir encore Festus, p. 154; Arnobe, V, 16; TertuUien, De mo-
nog., 17; De paU.,4] Servius, Sur les Géorg., 1, 344; Ephem. epigr.,
IV, 866; C. I. L., 6, 1779.

Quand les auteurs nous représentent Triptolème parcou-
rant Grèce ^, allant en Sicile, en Italie et même en Ligu-
la
rie ^, en Scythie ^, ils veulent signifier les endroits où se

répandit venant d'Eleusis, non seulement la culture du blé,
mais la religion mystérieuse.

Ainsi Mystères d'Eleusis, c'est-à-dire les Mystères cé-
les
lébrés par les Athéniens, l'ont-ils emporté sur tous les autres
Mystères de la Grèce :

« Illustre Athènes,
appui de l'Hellade », dit Pindare *.
Les vallées de Déméter TÉleusinienne sont « communes
à tous », dit un chœur de Sophocle ^

1.
Pausanias, VII, 18, 2; VIII, 4, 1.
Denys d'Halicarnasse, Ant. rom.,
2. I, 12.
Ovide, Méîamorph., V, 646-661.
3.
4. Pindare, fragm. 72.
5. Sophocle, Aniigone, 1120.

LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 25

Athènes regorge de inonde à l'époque des Mystères, dit
Philostrate ^; et ce monde vient des régions les plus éloi-
gnées, dit Gicéron ^.

Des rois grecs, comme Philippe
^ ou Démétrius Polior-
cète *, veulent recevoir l'initiation.

L'Indien Zamoras vient à Athènes et reçoit l'initiation
à l'époque d'Auguste, Auguste étant présent et permettant
que l'initiation ait lieu hors du temps prescrit ^.
Les Romains les plus illustres se sont fait initier aux Mys-
tères d'Eleusis.
Des textes nombreux^ nous montrent ces grands person-
nages assistant aux Mystères à Eleusis, ou recevant l'ini-
tiation —
aucun de ces textes n'empêchant de croire, du
reste, qu'ils aient été d'abord initiés à Roirie ou ailleurs
— .

Voici pour Sylla « ...Il aborda au Pirée, et, initié, il acquit la
:

bibliothèque d'ApelIicon de Téos, dans laquelle étaient la plupart
des livres d'Aristote et de Théophraste, qui alors- n'étaient pas
encore bien connus de la masse » (Plutarque, Sylla, 26).
Pour Gicéron, nous savons qu'il assista aux Grands Mystères en
79 avant Jésus-Christ, qu'il fut à Athènes d'avril 58 à août 57,
puis en 51-50 '.
Antoine, d'abord (42 av. J.-C.), « tournait son caractère enjoué
à l'audition des beaux orateurs, à la contemplation des concours,
et aux initiations... » (Plutarque, Antoine, 23).
Auguste fut non seulement initié mais dignitaire « Initié à :

Athènes, comme plus tard il avait à connaître au tribunal du pri-
vilège des prêtres de la Gérés attique, et que l'on avait à traiter de
choses plus secrètes, il renvoya son conseil et l'assemblée, et en-
tendit tout seul les hommes qui étaient en désaccord » (Suétone,
Auguste, 93). « (Après la bataille d'Actium) il administra les choses
de Grèce et participa aux Mystères des deux déesses » (Dion Gas-
sius, LI, 4, 1). Dion Gassius dit ailleurs : « Zamoras... fut initié aux
Mystères des deux déesses, les Mystères ayant été célébrés à une

1. Philostr., Vie d'Apollonius, IV, 17.
2. Gicéron, Nature des Dieux, I, 119. Cf. encore Aristide, Panaih., p. 182,
où il est dit que les Athéniens sont exégètes et myslagogues pour le monde

3. Tite Live, XXI, 47.
4. Plutarque, Démétrius, 25.
5. Dion Cassius, LIV, 9.
6. Les documents ont été relevés par Giulîano Giannelli, / Romani ad
Eleusi {Atti délia reale academia délie Scienzie di Torino, t. 50, 1914-1915,
p. 129-143 et p. 147-166).
7. G. Giannelli, p. 132.

26 MYSTÈRES GRECS

époque qui n'était pas le moment régulier, grâce à Auguste qui
lui-même était initié... »
Claude « essaya de transporter d'Attique à Rome les Mystères
éleusiniens »
(Suétone, Claude, 25). Néron
«
parce que les impies et
les criminels sont écartés de l'initiation par la voix du héraut »
n'osa pas se présenter à Eleusis (Suétone, Néron, 34).
Domitien assista aux Mystères (Bulletin de Corr. hellénique^
XX, 1896, p. 715; XXII, 1898, p. 152; XXX, 1906, p. 314).
Sur Adrien, nous savons qu'il fut archonte à Athènes en 111-112
après Jésus-Christ, c'est-à-dire en même
temps chef religieux
[Corp. Inscr. Graec, III, 1096; Aelius Spartanus, Adrien, XIX, 1;
Dion Cassius, LXIX, 16, 1), qu'en 128-129 « il
contemplait
(âîrcùXTeue) les Mystères ».

Il même pour Antonin le Pieux, Lucius Verus, Marc-
en est de
Aurèle, Commode {Ephemeris Archaiolog., 1883, p. 77, n^ 6, Gian-
nelli, article cité, p. 153-159), pour Septime Sévère qui « s'en alla à
Athènes poussé par le goût des études et des choses saintes, et des

travaux, et des antiquités » [Septime Sévère, 3), et naturellement
pour Julien (Eunape, Vie de Maxime, p. 252), etc.

Les Mystères d'Eleusis conservent toute leur réputation
aux premiers siècles de notre ère.
Du temps du rhéteur Aristide (127 à 189 après Jésus-
Christ) un incendie détruisit le sanctuaire d'Eleusis et tout
ce qu'il renfermait i; mais il fut sans doute reconstruit rapi-
dement.
Le temple fut abattu par les Goths d'Alaric en 396.
Même pendant un
alors l'enseignement d'Eleusis subsista

temps que nous ne saurions déterminer. Synésius, il est
vrai(378-471 après J.-C), étant venu à Athènes, se décla-
rait déçu, et affirmait que la véritable philosophie siégeait
à Alexandrie ^. Mais l'enseignement de la philosophie
ancienne resta prospère à Athènes jusqu'au temps de Jus-
tinien. Et l'édit de Justinien qui ferma l'école d'Athènes
ne détruisit pas la religion hellénique ^.

Les Mystères d'Eleusis eurent donc, chez les Hellènes, puis
dans le monde romain hellénisé, une vogue et une influence
considérables, jusqu'à une époque assez avancée.
* 1. Aristide, Oral., p. 422, édition Dindorf, cité par Ch. Lenormant,
XIX,
Mémoires de V Académie des Inscr. et Belles Lettres, XXIV, p. 360.
* 2. Synésius, Epistula, GXXXV; Pair. Gr., t. 66, p. 1524.
3. O. Kern, Die griech. Mysl. der klass. Zeil, p. 2; John Gutlibert Lawson,

LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 27

Tout long des siècles, les grands auteurs grecs, puis
le

les grands auteurs latins, ont décerné à la religion éleusi-
nienne des éloges où éclatent la plus vive admiration et le
^,
plus grand respect
Heureux celui des hommes vivant sur la terre qui a vu ces
(c

choses! Celui qui n'a pas connu les saintes orgies et celui qui y a
pris part n'auront pas, même après la mort un sort pareil dans
les séjours ténébreux » [Hymne homérique àDéméler. vers 480-483).
« Heureux qui a vu cela avant d'aller sous les cavités de la terre!

Il connaît la fin de la vie! Il en connaît aussi le commencement,

donné par Zeus! » (Pindare, dans Clément d'Alexandrie, Stro-
mates, III, 3, Pair, gr., t. 8, p. 1119).
« trois fois heureux ceux des mortels qui, après avoir contem-

plé ces Mystères, s'en iront chez Hadès; eux seuls y pourront vi-
vre; pour les autres, tout sera souffrance » (Sophocle, fragment
348, édition Didot).
« Celui
qui viendra chez Hadès sans avoir pris part à l'initiation
et aux Mystères sera plongé dans le bourbier; au contraire, celui
qui aura été purifié et initié vivra avec les dieux «-(Platon, Phé-
don, 13. On peut voir encore, dans le même auteur, des éloges des
Mystères, Phédon, 29, Gorgias, 47; République, II, 6).
Dans un discours que Diodore de Sicile attribue à un Syracu-
sain, l'orateur exalte ainsi la ville des Mystères : « Vous tous qui
avez obtenu dans cette ville l'art de raisonner et l'instruction,
ayez pitié de ceux qui ont donné leur patrie comme école com-
mune à tous les hommes! Vous tous qui avez participé aux Mys-
tères les plus saints, sauvez ceux qui vous ont initiés! Si vous avez
participé aux cérémonies amies des hommes, rendez grâce du
bienfait reçu; si vous devez y participer, n'enlevez pas l'espoir à
votre cœur! En quel lieu les étrangers pourront-ils aller recevoir
une formation d'hommes libres, si la ville des Athéniens, dispa-
'
raît? » (Diodore de Sicile, XIII, 27). Et ailleurs dans son discours,
l'orateur loue les Athéniens de ce qu'ils ont fait participer les
hommes à la nourriture convenant aux hommes civilisés, de ce
qu'ils ont trouvé les lois, et sauvé les fugitifs [id., ibid., 26).
«Eleusis est le iéménos commun de la terre; parmi les choses
divines accordées aux hommes, c'est ce qu'il y a de plus terrible
et de plus brillant. En quel autre lieu des récits plus admirables
de mythes ont-ils été chantés? des drames plus importants ont-ils
saisi l'esprit? où a-t-on vu les spectacles rivaliser plus heureuse-
ment avec les paroles entendues, ces spectacles admirables, con-

Modern Greek Folklore and ancienl Greek Religion..,, Cambridge, 1910, p. 61;
p. 321, p. 306-307, p. 300, etc.
1. Voir d'autres textes plus loin, ch. II, § I, et passim.

6). de Platon. c'est. p. le proconsul Praetextatus le pria en faveur des cérémonies grecques « Cette loi. l'audace d'attaquer la démocratie » (Isocrate. t. si on doit les empêcher d'accomplir suivant les rites les très saints mystères qui maintiennent la vie des hommes » (Zozime. Eleusinios. où viennent s'initier les nations des ri- vages les plus éloignés » {De natura deorum. 256. III. en disant qu'il ne savait pas que les choses ne devaient pas .28 MYSTÈRES GRECS temples au milieu d'apparitions indicibles par des générations innombrables d'hommes bienheureux et de femmes? » (Aristide le Rhéteur. édition KroU. lorsqu'ils auront été délivrés de leurs corps » (Proclus. c'est qu'elle permet d'avoir des espé- rances plus agréables sur la fin de la vie. la culture même furent trouvées! Révère les dieux fonda- teurs! Honore l'antiquité. édition Dindorf). 24). p. destinée qui attend les non-initiés » (Aristide le Rhéteur. suivant l'opinion commune. « Ceux. ne peuvent rien savoir des Mystères par ouï-dire. Les Athéniens et les autres Hellènes prirent toujours leplus grand soin de protéger les Mystères contre les atta- ques. » Eschyle fut accusé d'avoir dévoilé les Mystères dans une de ses tragédies. pour le reste. les grandes actions. la civilisation. le droit. I. 26). au lieu de croupir dans les ténèbres et le borboros. 1. « Le gain de la panégyrie. fait croire que l'on aura une condition meilleure. les railleries et les indiscrétions. « Ce qui excite plus vivement la colère de la cité. disait-il. dit Démosthène {contre Néère. la religion. la culture. Cicéron loue « ces Mystères augustes » {De legibus. les lettres. et. 119). 79). les Athéniens « de chez lesquels. 14). 17). la législation : Aihenienses unde huma- nitas. « Les très saintes cérémonies d'Eleusis promettent aux mystes qu'ils jouiront des bienfaits de Coré. qui n'ont pas été initiés. la science. 10). Eleusinios). à Nicomaque. la civilisation. parmi le les actes qui les dieux. II. dodrina. fruges. jura. pour être distribués sur toutes les terres. leges ortae atque in omnes terras dislributae puiantur » {Pro Flacco. suivant Aristote {Eth. suivant la croyance générale. écrit-il à : Fabius Maximus (VIII. IV. sont sortis. de bigis. Pline n'a pas moins d'éloges « Tu partiras en Achaïe. une faute commise à l'égard des concernent Mystères. Il se défendit. 3). et aussi les fables! » Comme l'empereur Valentinien avait supprimé les fêtes noc- turnes. 185. rendra la vie impossible à vivre : pour les Grecs. l'auguste. religio. 2. Eleu- sis « la sainte. vers cette Grèce véritable et pure dans laquelle. II. Sur la Républ.

14. il coupait la statue en bois d'Héraclès pour faiie cuire des raves. deux talents (Mélanthios. 101). en disant qu'il était initié (?) —c'est-à- dire peut-être qu'il avait appris exactement ce qu'il pouvait dire ou devait taire — (mais les détails restent fort obscurs). 4. H)73). Gr. portant contre lui les accusations mêmes qu'avaient portées ceux-là. et faisait même les petits Mystères. dans les Fragmenta historico- rum graecorum. « tu es donc impie. IV. DémonaXj IX. Apologie de Socrale. Et il y a peut-être une réponse à cette accusation dans V Apolo- gie de Socrate par Platon ^. Ceux de ses complices quifurent pris subirent la peine de mort. il dévoilait les Mystères d'Eleusis et les Mystères des Gabires. lui-même dut s'exiler (Xénophon. parodia cérémonies lés sacrées. 14. « Ce Théodore s'étant assis un jour près du hiérophante Eury- cleidès Explique-moi. Un certain Théodore eut à regretter les railleries qu'il fit sur les Mystères. que jamais on ne l'avait vu sacrifiant aux dieux et que. dans son livre sur les hommes il- lustres. leurs prêtres et leurs magistrats. 8. VIII. et Eurycleidès ayant répondu : « ceux qui exposent les choses mêmes aux non-initiés ». si Démétrius de Phalère ne l'avait sauvé. eurent- ils quelque part à la mort de Socrate? On pourrait presque le croire d'après un texte de Lucien : « Des Anytus et des Mélétus se levèrent contre lui. 444). I. Et il cou- rut le risque d'être amené à l'Aréopage. puisque tu expliques aux non-initiés ». Mais Amphicrate. II. Platon. Les Mystères d'Eleusis. dans la Patr. a. 60). Alcibiade se montra impie à l'égard des Mystères avec quel- : il ques jeunes gens. 997). puis mutila les Hermès. 4. suivant Clément d'Alexandrie {Stromaîes. p'il l'amenait vivant. 237). il divul- guait les Mystères. LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 29 être dites. il ne fut jamais initié aux déesses d'Eleusis » (Lucien. VI. — Suivant le scholiaste d'Aristophane [Oiseaux. p. 41. Diagoras de Mélos discréditait les Mystères par ses railleries. VI p. de Migne.. quels sont ceux qui : « sont impies à l'égard des dieux ». dans Patr. Gr. Helléniques. 27-28 et VI. dit-il. II. t. les expliquait à tous. édition Didot. suivant Athénagoras [Ambassade pour les chrétiens. il devait recevoir un talent d'argent. 1. p. toi aussi. Eurycleidès. 897) il récitait en public le logos orphique. dit qu'il fut condamné à boire la ciguë » (Diogène Laërce. . Thucydide. Les Athéniens lancèrent une proclamation contre lui et cette proclamation fut inscrite sur une stèle d'airain : si quelqu'un tuait Diagoras. t. seul entre tous.

intervenaient elles-mêmes pour punir les coupables. lapi- dent ceux qui entrent volontairement dans le Lycée et envoient à Éleuthères ceux qui y entrent par ignorance ^. montre déjà Tantale puni pour avoir révélé les Mystères : 1. qui fait les proclamations à Eleusis. avant le spectacle. au témoignage de Plutarque. de s'abstenir non seule- ment de tout discours. Rheîores Graeci. Il est accusé d'impiété ».Lenormant. ». 27) déclare qu'il ne voudrait pas se ris- quer aux dangers de la mer avec un compagnon qui aurait révélé les secrets de Déméter. des Inscripl. Un épicurien étant entré dans le lieu où seul le hiérophante pou- vait pénétrer fut pris d'une grave maladie et en mourut. Télété. L'autre a fait signe que oui. 365. 8). de l'Acad. sur la néces- sité du secret : n'y a rien qui proclame plus hautement les avantages du « Il silence que les Mystères d'Eleusis. a demandé à un des initiés si ce qu'il a vu est exact. il s'agit de montrer comment on peut défendre l'accusé. mais encore de toute exclamation. Un rhéteur grec du vi® siècle après Jésus-Christ. en grec. racontent Élien {fragment 12) et Suidas (sous le mot hiérophante). bien qu'ayant agi sans intention mauvaise. 8). t. ils furent mis à mort (Tite-Live. III. Mém. 5. D'après Ch. XXXI. 6. dans cette situation désespérée. disait-on. . et je n'avais pas attendu cette voix du céryx qui précède la cérémonie pour com- prendre de quelle importance il est de savoir se taire *. Sopatros. dit encore Élien (fragments 58. édition Walz. La du secret d'ailleurs s'applique en Grèce à d'autres loi mystères qu'à ceux d'Eleusis. Et Horace {Odes. Questions grecques. 2. Un homme non initié étant monté sur une pierre pour voir les mystères. quand l'initié a entendu le ^ céryx recommander. « cérémonie par 2. p. ayant vu la téléîé ^ en songe. sans être initiés : les questions qu'ils po- sèrent les trahirent. 110.. p. quelqu'un. 31. traite le thème suivant ^ : « Il y a une loi d'après laquelle celui qui a dévoilé les Mystères doit périr. Les divinités éleusiniennes. ils furent traduits aussitôt devant les autori- tés du temple et. t. Et une tradition ancienne. XXIV. tomba et se tua. Ainsi les Arcadiens. signifie « Perfection ».. il se sent étroitement engagé à la vertu du silence. Le céryx est le héraut. c'est-à-dire laquelle on devient parfait ». à Eleusis. conservée chez Eustathe. Plutarque. VIII. Or le rhéteur prête à l'avocat les paroles suivantes. Or. 3.. 4. 14. 30 MYSTÈRES GRECS Deux jeunes Acarnaniens entrèrent un jour dans le sanctuaire des déesses.

Mais il y en eut aussi en Grèce : Manéthon. ac facult. et se fai- • sant initier à tous les Mystères. 16 «.les mystes des télélés bienheureuses et II. XXVI. Ij 18. Saturnales.. aément d'Alexandrie. 4. 197: « . Sur la face qui paraît dans la lune. ou celle que les physiciens décou- vrent à la foule. les principes cachés. 52 s..). qui connaissent les orgies notées dans les livres cachés que tous les mortels n'ont pas le droit de connaître ». car. 1700. De simpl.. 582. il révéla aux hommes de son temps les choses qui ne se répètent pas. p.Et cela n'est pas étonnant. édition Kûhn. t. graec. 9. y eut en effet des livres sacrés en Egypte ^. III. Slromales. et notam- Il ment des livres de sciences puisque les prêtres égyptiens étaient en même temps des savants ^.. et non seulement les Mystères en » (Eustathe. hist. je puis l'exposer : non pas celle qui se rapporte à la nature cachée de la divinité. 254. temper. La loidu secret concerne aussi les livres ou les écrits relatifs aux Mystères.. 2: « . gr. XI. mais celle que l'on expose en la mêlant de fables. celui qui perçoit les principes cachés ne doit pas les formuler : « L'origine des Saturnales. La formule employée par Macrobe semble indiquer qu'il s'agit d'une loi générale. suivant Macrobe. découlant de la fontaine de vérité. mais encore l'ambroisie et le nectar sur VOdyssée. Prooemium. t. XII. En tout cas.. dans les cérémonies des Satur- nales.ême dans les céré- monies sacrées. puisque quelques-uns des non-initiés ont osé lire des livres des mystères. s'appliquant aux écrits sacrés. . ce n'est pas en un jour qu'on pour- rait les raconter ». Pair. Plutarque. 497. La loi du secret s'impose peut-être même à l'intérieur des Mystères. paroles. mais. p. il doit les garder cachés à l'intérieur de son âme. Pausanias nous fait connaître l'existence d'écrits sacrés à Phé- 1. Fragm. il n'est pas permis de les formuler m. VII. ayant été avec les dieux.. 236). medicam. p.. » (Macrobe. Didot. édit. Comm. VI. Mais ceux qui ont écrit ces livres ne les ont pas écrits pour les profanes.tous : les hommes qu'il visita. si quelqu'un les atteint. indicibles. LEURS RAPPORTS AVEC ELEUSIS 31 « Il faut bien savoir que Tantale est dit souffrir tout cela parce que. 2. et moi je n'ai pas écrit ce qui précède pour ceux qui ne sont pas exercés dans les premiers éléments ». Galien.

. 26. Hérodote. puis- qu'il déclare ^: Sur ces Mystères. Beaucoup d'hommes éminents semblent avoir eu. Hérodote a parlé à plusieurs reprises d'un hiéros logos expli- quant le symboHsme des Mystères (II. 4. Der Glaube der Hellenen. de voyager le plus possible et de se faire initier au plus grand nombre possible de Mystères. pour la même Messéné. la veille de la bataille de Salamine ^. » Pour Plutarque. que ma bouche garde un silence religieux. '2. cachés dans une urne de bronze et enfouis en terre là où doit s'élever une future Messéné (IV. mais aussi aux Mystères d'Isis et d'Osiris. Une inscription. et de rouleaux en étain. II. contenant la iélélé des Grandes Déesses. Eschine. La Gléa à laquelle il adresse son livre Sur Isis et Osiris dirigeait les Thyiades de Delphes et avait été consacrée par son père et sa mère aux Mystères d'Osiris. parvenu à l'âge d'homme. lisait pour sa mère. 1. qui ne savait pas lire. les écrits des Mystères aux- quels elle s'était fait admettre. et par conséquent savait qu'Osiris est identique à Dionysos. 2). Les Mystères différents ne s'excluent pas et ne se condam- nent pas les uns les autres. 8). WUamowitz-Mœllendorff. Ce sont des auteurs illustres. 3. 27. comme cela se voit par la façon dont il raconte le miracle auquel assistèrent les rois Dicaeos. et Pausanias parle aussi de livres écrits par les prêtres (IV. qui me sont tous connus sans excep- « tion. fils de Théocyde. VIII. 48. et Démarate. II. 35. parle de coffre et de li- vres ^. tout fait supposer qu'il était initié aux Mystères de Déméter. dans la plaine éleusinienne. § IV. 170. Suivant Démosthène. 65. Dionysos. Sur isis et Osiris. Perséphone.32 MYSTÈRES ANTIQUES née en Arcadie (VIII. 5). 540-541. 62. était initié aux Mystères égyptiens. Mais Plutarque parle comme un initié *. comme idéal. 81). assurément initié aux Mystères d'Eleusis. p. — Rapports des divers Mystères DANS LE monde ANTIQUE. 15.

tauroboliata. Gallimaque a une épigramme en l'honneur d'une femme qui fut « prêtresse de Déméter. La croyance à cette parenté se trouve implicitement ou expressément formulée dans des textes. d'Isis et de Déméter. au dieu Bacchus. grand per- sonnage romain du iv® siècle. Isiaque ». le plus souvent récents. 14. femme d'un préfet d'IUyrie. ou ne peut les dire. dans ses Métamorphoses. implicitement. LEURS RAPPORTS 33 Pausanias sans aucun doute est initié aux différents Mys- tères locaux: souvent. I. nous a raconté son initiation aux Mystères d'Isis. chez les Barbares. Il en va de même pour les grands hommes sur lesquels nous renseignent la tradition ou l'histoire. VI. I. à Gérés et Gora. « Sacrorum pleraque initia in Graecia parlicipavi. puis des Gabires. L.. ou qu'il en a été empêché par un songe. une parenté I entre les Mystères de Cybèle. Pausanias admet donc. consacrée. curial.. les Argiens prétendaient avoir reçu lesdons des déesses les premiers. 1). « lauroholiatus » (c'est-à-dire qui a reçu la iaurobolie dans le culte de Mithra). 140. puis d'Osiris. qu'il a reçu la plupart des initiations existant en Grèce ^. C. Apulée. néocore. G'est qu'il y a parenté étroite entre les différents Mystères. mais qu'il ne veut pas les révéler. Une statue élevée à Fabia Aconia Paulina. 2. VI. à Lerne. 1778. 3. déclare. à propos de tel ou tel culte. dans son Apologie. 225). nihil incognilum dico » {Apologie. au dieu Liber et à Gérés et à Gora. le déclare pontife de Vesta. Ce Prétextatus est celui que Macrobe a fait parler dans ses Salurnales. à Égine. augure. de même que. Pythagore. les Égyptiens disputent cet honneur aux Phrygiens. Pla- ton et d'autres. hiérophante. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 3 . mais qui se réfèrent à l'antiquité : Suivant Pausanias (1. il affirme qu'il connaît certains détails. et avant les Athéniens. qui. à Eleusis. Epigr. 40. pontife du soleil. L. consacrée. et ensuite de Dindymène ^ ». en effet. 4. p. porte qu'elle était : «consacrée.. pater sacrorum ^. Une inscription latine relative à Praetextatus. nihil insolilum. 1780. C. édition Didot. 1. aux * Déesses.

Cinyras les orgies d'Aphrodite.. Et Théodoret « Les Mystères de Rhéa. consiste en opinions sur les choses naturel- les. 42 ou 41. déesse indicible. qui est l'inven- teur des Mystères Dardanos. 159 B). Cybèle. avec ta mère. 897). d'Egypte.34 MYSTÈRES ANTIQUES Clément d'Alexandrie se demande. p. qui montra les Mystères de la Mère. t. Proserpine Stygia des Siciliens. ou — — : bien comme vous voudrez la nommer ont été apportés de Phry- gie en Grèce » {Pair. Junon. Gr. 6. 76. Diana Dictynna de Crète. p. 81).. Hécate. la déesse au manteau noir. . mâle et femelle. 796). par les traditions de l'Egypte et de la Phrygie. à deux na- tures. les poèmes d'Orphée. Un hymne orphique s'adresse en ces termes à Misé : « Misé. lui déclare être la même que la Mè'e des Phry- giens.4 dans la Palrol. III. 72-74). On s'en assure par les vers orphiques. de Cypre. p. (Apulée. Déméter » {Discours. Isis la vénérable. cachées sous le voile des mythes.. dit Eusèbe. 5). d'Attis (p. la déesse Isis.. soit que tu te plaises en ton naos embaumé d'Eleusis. fils d'Amy- thaon. lacchcs libérateur. soit que. Bellone. de Phry- gie. avec ta mère. tu diriges les mystes. Rhéa. près du cours de l'Égyptos. Minerve Cécropienne des Athéniens autochtones. : Éétion qui enseigna les Mystères de Thrace.. V. chez les Grecs comme chez les Barbares. et les Mys- tères d'Eleusis (Athénagoias. Mélam. ou que tu te plaises à Cypie avec Cythérée à la belle couronne. et les Mystères des Cabires. apparaissant au héros du livre. . les Mystères d'Eleusis.. Grecque. les Mystères phrygiens. Cérès d'Eleusis. l'auteur chrétien Athénagoias nous montre bien qu'il y a rapport étroit entre les Mystères des Cabires. « La science antique de la nature. XI. mais ce sont surtout les rites orgiaques des Mystères et les actes symbo- liques des cérémonies sacrées qui mettent en lumière les idées des Anciens » {Prép. t. Mélampe. t... évang. édition Hermann) ainsi : le poète associe de façon intime les Mystères d'Eleusis. Quand il lance sa fameuse invective contre les Mystères d'Eleusis. En disant que le philosophe Diagoras dévoilait le logos orphi- que. les orgies des Corybantes. ou encore que tu t'enorgueillisses des saintes plaines riches en froment. dans un passage de la Cohor- lalioad génies {Pairologie de Migne. Dans les Métamorphoses d'Apulée.. il rap- proche des Mystères éleusiniens les Mystères d'Attis et de Cybèle.. en Phrygie. Julien déclare : « la Mère des Dieux est identique à la déesee que les Athéniens honoraient sous les noms de Déo. Prooem. ou Brimo... Ambassade pour les Chrétiens. Orph. 1). p. qui apporta d'Egypte en Hellade les fêtes de Déo. des Cabires. 83. 8. Midas. les Mystères des Tyrrhé- niens. » [Hymn. Vénus Paphia de Cypre.

Vie de Proclus. III. mais il est consulté parles Étrusques. 18. Égyptiens. 5. 3. VIII. Hestia (VII. c. le hiérophante fut remplacé par le grand prêtre de Mithra ^. Plutarque. 3. p. 4. t. l'Egypte est appelée « sol de Zeus ». ^ Plutarque peut se demander si la théorie relative aux démons a été inventée par les mages disciples de Zoroastre. les Thraces dis- ciples d'Orphée. 2. les Lydiens sous la dynas- tie des Mermnades ® etc. Hestia Patrôa (I. 10. 19. 4. 12. 6. Le traité de Jamblique sur les Mystères semble marquer une préférence pour les mystères « barbares » c'est-à-dire chaldéens ou égyptiens — pour des raisons de langue ' — . 3. mais on aurait sans doute de la peine à retrouver ailleurs. Sur la cessation des oracles. les dieux et les héros (II. 3. Eschyle.. 48-49. 3). VIII. cité dans Cumont. Chacun croit la religion des autres fondamentalement pareille à la sienne. 1. 5. Eunape. à Athènes. représente Cyrus ou les autres Perses honorant Zeus le Roi (II. 12). 1. 53). les Romains. Suppliantes. 475. Platon. 7. 1. XVIII. 6. A un moment donné. comme une religion vraie à une religion fausse. et il compare les îéléîés (ou initiations) de ces peuples divers. Zeus Patrôos (I. Schœmann-Galuski. 558. 6. Antiquités grecques. Platon semble admettre sans difficulté l'identification de Is déesse égyptienne Neith avec Athéna ^. Proclus se servait des purifications orphiques et des purifica- tions chaldéennes *.. Textes et documents relatifs aux Mystères de Mithra. 51^ VII. mais aussi Mithra (VII. III. édit. 24). les Phrygiens au temps de Midas. 4. III. L'oracle de Delphes est non seulement l'oracle de tous les Hellènes. Vie des Soph. 5-6. Perses. 57). ou les Phrygiens. 21 b. 1). Héra (VIII. 22. 1. Bolssonade. 5. Xénophon. Chez Eschyle ^. VII. 4 et suiv. 57.. ou « terre sacrée de Zeus ». 57). p. dans la Cyropédie. Et voilà pourquoi il n'exista jamais de lutte violente entre les différents Mystères non plus qu'entre les différents cultes publics. Il. 7. . Marinus. Indiens. 22. 5. 3. II. Timée. LEURS RAPPORTS 35 Jamais un Hellène n'oppose sa religion à celle d'autres cités ou d'autres peuples. Et les peuples étrangers honorent les dieux et héros grecs comme ceux dont le culte est établi dans leur pays. les Égyptiens.

si atté- nuée qu'elle soit. avant d'instituer lesMystères grecs. 11. 3. Contre Celse. la même opinion. 290. édition Kûhn. VI. » § V. les Mystères de Mithra ne paraissent pas « éminents en comparaison des Mystères éleusiniens ou de ceux qu'on transmet à ceux qui se font initier à Égine 3. p. 1. s'en alla. connus mainte- nant par l'archéologie. Mais. on s'aperçoit que. — Origines des Mystères. étudier les Mystères égyptiens considérés comme leur source première. chap. antérieurement aux Mystères grecs ou attiques. Quand il s'agit des Mystères d'Eleusis. 702. et si l'on veut bien considérer que les documents peuvent traiter d'époques fort diverses.36 MYSTÈRES d'Eleusis chez un auteur écrivant en grec. V. — quels en instituèrent d'autres chez les Grecs et que cet — . ins- truit en Thrace ou à Samothrace. ces documents se complètent sans se contredire. voir encore. De usu partium. t. 469. 31. Les auteurs grecs exaltent les Mystères institués en Grèce. 14. Pausanias a cette affirmation « Autant les dieux l'emportent : sur les héros. . X. VII. La tradition grecque relative à l'origine des Mystères ne manque pas de clarté. et avant l'arrivée en Grèce des peuples indo-européens qui de- vaient constituer les Hellènes ou Grecs. » Galien atteste la supériorité sur tous les autres Mystères des Mystères d'Eleusis ou de Samothrace*^. établis chez les Grecs et employant la langue grecque. t. les auteurs disent qu'ils ont été institués par Orphée ou les Orphiques les. il y avait déjà des Mystères. Sur ces Mystères préhelléniques. ils précisent qu'Orphée. le plus souvent. p. homme ou ces hommes composèrent les poèmes destinés à accompagner les cérémonies. Et Origène a voulu marquer que les Hellènes n'ont jamais pré- féré les Mystères étrangers : Chez les Hellènes. XVII. les auteurs grecs ont conservé quel- ques traditions : il est question de Pélasges et aussi d'autres 1. dans la même édition. 2. autant les Éleusinies l'emportent sur les autres ins- titutions qui se rapportent à la vénération des divinités ^.

1. lovai Sï AÎYUTCT^ocat xa\ nuOaYops(oi(Tt (Hérodote. En tout cas les Mystères de la religion athénienne étaient déjà établis sous leur forme définitive quand les Ioniens quittèrent la Grèce continentale pour aller s'établir en Asie Mineure. Hérodote. fondamentalement analogues à ceux d'Eleusis. » Par là Hérodote veut sans doute dire ceci la proscription : des vêtements de laine dans certaines conditions se retrouve 1. LEUR ORIGINE 37 hommes. il semble que les Mystères d'Eleusis et les autres — — héritèrent de tout un long passé religieux. Le premier témoignage direct que nous ayons sur Orphée est celui d'Hérodote. affirme : « En cela les Égyptiens sont d'accord avec les coutumes dites Orphiques et Bachiques. enseignant les Mystères immédiatement avant l'époque d'Orphée. mais qui sont aussi égyptiennes et pytha- goriciennes ^. ôixoXoyIoucc Se TaOta Toîfft 'Opstxoîffc xaXeoftévotffi xal Qaxxi'Koiai. Ainsi. d'Arcadie à Samothrace et en Asie Mineure. 81}. Nous allons passer en revue les documents qui nous ren- seignent sur les points suivants : 1° Action d'Orphée et des Orphiques. L'œuvre d'Orphée et des Orphiques a souvent été célébrée chez les Grecs. il est question de Mystères Cretois. 2° Influence de l'Egypte. . il est question de Mystères transportés. puisque aucun ouvrage grec en prose antérieur à Hérodote n'a subsisté. à une date antérieure. mentionnant les usages égyptiens d'après les- quels on ne doit pas entrer dans un temple avec des vête- ments de laine. II. 3<* Existence de mystères préhelléniques. Parfois on parle de Phéniciens. très anciens. et nous ne pouvons en avoir de plus ancien. Orphée et les Orphiques. issus d'Asie Mineure.

Platon. « Orphée a trouvé les Mystères de Dionysos » (Apollodore. ' pide. téléiés « Orphée en vint à un haut degré de puissance. n. 1934. en grand nombre. Kern. 6). O. 966). ou bien que ce sont les Mystères de Dionysos qu'il a apportés en Grèce ^. charma la pensée lourde de l'Illustre. 27 et suiv. Las Leges naiurales g los Dioses. D'autres auteurs i. 15. Graec. 1032). 137. « Homme qui acquit la plus haute autorité et qui avait appris beaucoup de Mystères » (Suidas. VII. n. IX. 943-944). Kern. Bibliolh. fragm. Voir un recueil de textes traduits en espagnol dans Fausto Ferez. « Orphée nous montra les téléiés ^ et nous apprit à nous abstenir de meurtres » (Aristophane. Asîronomica. 119. 30) . II. les purifications des actes criminels. mais elle vient d'Egypte et a été d'autre part adoptée régu- lièrement par les Pythagoriciens. perfectionnement. 200. p. I.. Rhésus.. Protagoras. « Orphée vous enseigna à pratiquer et à chanter la poésie. VII.38 MYSTÈRES d'Eleusis dans les cérémonies instituées par Orphée ou les Orphiques. les guérisons des maladies et la conjuration des ressentiments divins » (Pausanias. 126. Parfois ils disent qu'Orphée a enseigné les Mystères 1. 1. Orphicorum fragmenta. p. car il avait la réputation d'avoir trouvé les télétés des dieux. Montevideo. Damagetus. Télélé : accomplissement.. Proclus. p. et dans les cérémonies célébrées en l'honneur de Bacchos. 9).. (Ô. Perséphone qui honore ceux qui aiment paraître fils d'Or- (( phée » (Euripide. Souvent auteurs précisent que ce sont les Mystères de les Dionysos qu'Orphée a montrés aux Hellènes *. Platon et l'historien Philochoros ont des affirmations sur le même point ^. Comm. « Orphée qui trouva les téléiés mystérieuses de Bacchos. 57. I. 416. et fabri- qua le vers qui est joint au pied héroïque. . Orphie. « Orphée a montré les flambeaux des mystères indicibles » (Euri. et son ardeur inexo- rable » (Damagetus dans l'Anthologie Palatine. par sa lyre. Hisi. fr. KroU. 27). 3. Discours contre les Grecs. 65. Grenouilles. 9. dans VAnîhol. ont insisté sur les rapports d'Orphée avec les Mystères. 5. Apollodore._ « Aussi les téléiés apportées par Dionysos ont-elles été appelées Orphiques » (Diodore. au mot Orphée). I.Palal. 6. 3. II. le même vous apprit à recevoir l'initiation » (Tatien. qui. de l'Inflexible. sur la Rép. 3). 174. 2. 4. 2. 316 d. 1). etc. Rhésus. Hygin. Philochoros dans les Fragm.

Orphie. après un voyage en Egypte. de conduire les hommes. Orphicorum fragmenta. C. « Les Lacédémoniens disent qu'ils vénèrent Déméter chtho- nienne parce qu'Orphée la leur transmit. II. avait transmis les Mystères à d'autres cités que celle d'Athènes : (( A Lacédémone il y a un naos de Coré la Salvatrice. Sur la République. un grand philosophe. 30). la religion i. 30).. chez Hadès. fragm. dans le Dictionnaire des Anti- quités. capable. des Ajax. calmer les emportements des bêtes sauvages — un habile devin. car il entendait célébrer pai les Mystères d'Eleusis celui qui a trouvé les plus saintes îélélés » (Proclus. III. Voir l'article Orphée. l'orateur Démosthène en fait men- tion et dit qu'Orphée leur montra les plus saintes télétés » (Théodo- ret. O. des Orphées. la sagesse. les autres par Abaris » (Pausanias. Tel Aristophane dans le texte des Grenouilles^ cité ci-dessus. c'est à cause du sanctuaire d'Hermione que leur vint l'usage de vénérer Déméter comme chthonienne » (Pausanias. Voir O. Guérison des maladies grecques. Première Partie. 16 Kr. enseignant l'agriculture. LEUR ORIGINE 39 d'Eleusis. . p. 25-62. Dans les cérémonies mêmes d'Eleusis on célèbre Orphée comme l'inventeur des Mystères. dans mon opinion. charmer les ar- bres et les rochers. enseignant l'art de l'écriture. signé P. III. Kern. 14). 321. dit-on. un . l'art d'utiliser les plantes et de guérir les maladies. des Musées. Gutime' Orpheus and Greek Religion. I. disant que c'est Orphée qui établit chez eux cette télété » (Pausanias^ II. les uns di- sent qu'il fut fait par le Thrace Orphée. grand civilisateur. Orphée. Monceaux. c'est Hécate que les Éginètes honorent le plus. p. W. 13). D'ailleurs. Orphée fut considéré comme un grand poète et un grand musicien — inspiré par Apollon et les Muses. et aussi celles des Thesmophories et des Èleusinies. 1. a ^ etchaque année ils mènent la télété d'Hécate. Entre les dieux. il changea les Mystères d'Isis et d'Osiris en ceux de Déo et de Dionysos voilà ce qu'enseignent : Plutarque et Diodore de Sicile. Orphée l'Odrysien les apporta à Athènes. Kern. K. arrêter le cours des fleuves. aux accords de sa lyre. Du moins Proclus nous l'afîirme-t-il : ^« Les paroles prononcées par Socrate dans V Apologie (41 A) prouvent qu'il considère comme ayant une haute valeur la fré- quentation. 21). Tel le chrétien Théodoret : « Les télélés des Dionysies et des Panéthénées.

Non seulement la tradition grecque attribue à Orphée l'institution des Mystères. 18 dans les Oraîores altici de Didot. II. 542. suivant Diodore de Sicile ^. était à la tête de la télété quand Héraclès se fit initier. Il 1. 9. dit que Musée est fils de Séléné et d'Eumolpe. Le plus ancien témoignage sur ce point est celui d'Euri- pide. * Plutarque dit de lui « Eumolpe qui. le jeune héros est venu à Eleusis « pour la vision et l'accomplissement des mystères vénérables (vers 25) et. 8. d'autre part. D'après le marbre de Paros. Grenouilles.. 6. c'est noter le haut degré auquel il était parvenu dans la hiérarchie religieuse. Deipnos. t. 4. suivant le schol. 447 et p. Suivant Diogène Laërce ®. Diogène Laërce. Philochoros.. Prooemium. chez les Athéniens. exilé de Thrace. Guillaume Budé. puis un Eumolpe.t 1053. fils ou : disciple de Musée. 5. p. Scholiaste d'Eschine. 1053. Oed. p. 953-954). initia et : initie les Hellènes ». suivant la tradition. c'est lui qui. mais elle lui attribue aussi la composition d'hymnes et de poèmes relatifs aux Mystères. Le présenter comme « descendant de la lune ». celui qui trouva les Mystères ». fils d'Eumolpe '. au mot Eumolpe. Athénée. 25. Orphica. les Eumolpides. Euripide et VOrphisme. mais aucun ne semble avoir nié l'existence d'un Thrace nommé Eumolpe. Musée passait pour fils d'Orphée. de faire le bacchant et d' « honorer les fumées de nombreux écrits » (v. un rôle très important. 13. 17. venu à Athènes •. 2. Suidas. Eumolpe semble avoir joué à Athènes. son père Thésée lui reproche d'avoir Orphée comme chef. 450. c'est de cet Eumolpe que descen- daient. 21. fils de Musée.De exilio. Il semble qu'il y ait eu ensuite un autre Musée.. à Col. III. initié par Orphée. D'après la tragédie d'Hippolyte. et le scholiaste d'Eschine ^ « Eumolpe. avait fait connaître les Mystères ^. t. la famille dans laquelle étaient pris les hiérophantes et les dadouques éleusiniens. d'Aris- tophane.40 MYSTÈRES d'Eleusis La tradition rattache au nom d'Orphée les noms de Musée etd'Eumolpe. Scholies de Sophocle. Les historiens grecs ont peut-être discuté longuement pour savoir quelle était la personnalité de l'Eumolpe qui fonda Eleusis et de l'Eumolpe qui établit les Mystères. fils de Musée ^. Bulletin de VAssoc. 8. 3. 18.ainsi qu'il est fait dans Athénée et dans un poème orphique 2. . Mendier. p. Eumolpe. IV. éditionHermann. 7.

Clément d'Alexandrie. Le chrétien Athénagoras donne Orphée comme le créateur de mythes qui étaient représentés ou racontés dans les Mys- tères : - « Il fallait détester ou bien Zeus. dans un passage souvent étudié. p. Ce sont les expressions de L. Paus. 61) dit. Grenouilles. 8.. Ambassade pour les chrétiens. » Le même auteur montre implicitement rapports qui les unissent écrits orphiques. Orphée. en parlant des Mystères d'Agra : « Tout cela est conforme à ce que disent les poèmes orphiques et aux cérémonies des Mystères. ou bien celui qui a imaginé cela [littéralemenî le poète de ces cho- ses). » Les Orphiques ont composé des œuvres. gr. 3. p. I. et qui eut sa propre sœur comme épouse. » Pausanias a la même identification : « Ceux qui ont vu les initiations d'Eleusis ou qui ont lu les livres d'Orphée savent ^ ce que je veux dire ». LEUR ORIGINE 41 est impossible de ne pas apercevoir une relation étroite entre deux choses : Hippolyte est initié aux Mystères d'Eleusis et il lit des livres orphiques \ Diodore de Sicile (III. Aristoph. 2. Ibid. puis cite des vers d'Orphée ^. quand il parle de Diagoras « qui non seulement divulguait le logos orphique et dévoilait les Mystères d'Eleu- sis et les Mystères des Gabires ^. dans le Bulletin de l'Association Guillaume Budé.. 32. mais sur les questions qui se rattachent aux Mystères : « Philoohoros dit que Musée est fils de Séléné et d'Eumolpe : celui-ci a réuni les Délivrances et les Télétés et les Purifications. 1. 4.^ t. 14 et suiv. . 4. et en particulier le rôle de Baubo. où il attaque vivement les Mystères. 18. Mystères d'Eleusis et Mystères des Gabires. 37.. 4. Sophocle l'appelle un chresmologos » (Schol. raconte ce qui se passe dans les Mystères. Exhortation. qui eut des enfants de sa mère Rhéa et de sa fille Coré. 1053). dans la Pair. 2. non seulement sur les Mystères proprement dits. parce qu'il fît Zeus plus impie que Thyeste *. 5. Mendier : Euripide et Vorphisme. 84.

3). — 0. Kern. a expliqué les vérités éternelles : « . fragm. afin que les Lycomides les chantent dans le drame mys- tique je les ai lus. des poèmes orphi- ques pour plusieurs Mystères : Suivant Pausanies. » La tradition grecque rapporte encore que différents per- sonnages de la famille orphique composèrent des ouvrages multiples. Musée avait fait un hymne à Dé- méter pour les Lycomides. Ainsi marbre de Paros attribue à Orphée l'Enlèvement de le Coré Erreurs de Démêler. un ouvrage de trois mille veis sur les Mystères de Démêler. Gomme les Orphiques avaient introduit les Mystères dans plusieurs cités.. avec une bouche inspirée par les dieux. I. la Théogonie et la Sphère [Prooemium. D'après Suidas (au mot Eumolpos). et tous deux ont des poèmes consacrés à l'Amour.a expliqué ce qui est toujours pareil et de même nature » (Proclus. el les les Orphiques avaient écrit. 7. 112). Orphie. Clément d'Alexandrie fait savoir que des auteurs divers ajoutèrent des écrits aux écrits orphiques : . et avant eux Orphée et tout autre qui. Sur la République.La myîhopoiîe (la fabrication de mythes) selon laquelle Ho- mère et Hésiode ont transmis les théories relatives aux dieux. les passions animales qui sont dans nos cœurs sont enlevées ou ren- dues inoffensives » (Thémistius. Discours. et n'en parlerai pas davantage. D'après Proclus. Diogène Laërce attribue à Musée.. Pamphos et : Orphée ont fait des vers. dit la tradition. 27) « Après Olen.42 MYSTÈRES d'Eleusis « Même les initiations et les rites d'Orphée n'étaient pas sans rapport avec l'agriculture.. il exista. 22. d'où il résulte bien clairement que ces poèmes furent refaits. sur les Aventures de la déesse chez Céléos et sur V Initiation des filles de Céléos. 368 b).. II dit même que c'est lui qui les fit pour la première fois.. Suivant le même auteur (IX. Les fruits cultivés que nous donne l'agriculture ont une action civilisatrice sur la nature humaine en général et sur les habitudes des animaux. 349 b. Orphée. 30. avant Homère et Hésiode. C'est l'explication du mythe qui le dé- crit charmant et adoucissant les cœurs de tous. sous le nom à'Eumolpos. en parlant avec un homme qui faisait office de : dadouque. fils de cet Eumolpe.

L'ionien. dialecte parlé par les Grecs Ioniens. en ses TrîgrammeSj raconte que Pythagore lui- (( même apporta quelques écrits à Orphée » (Clément d'Alexandrie. 3. Clément d'Alexandrie affirme qu'Homère a imité Or- phée ^. Ces hymnes ont été édités par Hermann. 2. en particulier ceux de Lesbos et de Mitylène. celui-ci 1. attachée au mètre dac- tylique. et le même auteur donne toute une série de personnages qui composèrent des poèmes orphiques. . philosophe pythagoricienne. nysos et d'autres choses philosophiques » (Suidas sous le mot Arignoté . p. Cette langue poétique religieuse. dans la Pair. l'ouvrage est sur les Mystères de Déméter et s'intitule aussi Hiéros Logos (Discours Sacré) elle écrivit aussi les îéléîés de Dio- . p. Il orphique plus ancienne la ait été de caractère différent. de Migne t. VI. Kern. les hymnes homériques. 21. parce que c'était une littérature sacrée et parce que la personna- litédes auteurs n'importait pas. mais qui comprend des élé- ments n'y a pas de raison de croire que la poésie éoliens ^. 211. l'éolien. la poésie théologique etmorale d'Hésiode. Voir O. Slromales. de Migne. Clément d'Alexandrie.. 864). Orphicorum fragmenta. En effet plusieurs anciens ont attribué l'invention de la poésie et du vers dactylique à Orphée *. fragm. t. 9. mais qui sont peut-être des remaniements d'hymnes plus anciens . III. puis par Abel. — il subsiste aussi de nombreux fragments ^. gr.. 2. les oracles. 5. mit en ordre ceci. dialecte parlé par les Grecs Eoliens. 229. Et Diodore de Sicile raconte que le poète pélasgique Linos eut comme imitateurs Orphée et Pronapide. L'auteur dit la même chose d'Heraclite : ibid. Slromales I. 4. Pair. LEUR ORIGINE 43 Ion de Chiô. II subsiste des hymnes orphiques ^ — de rédaction tardive apparemment. O. les Bac- chica. Cette poésie orphique emploie le vers hexamètre dac- tylique et utilise une langue artificielle et composite dont le fond est le dialecte ionien. Orphie. Ainsi s'est constituée et développée toute une littérature orphique dont l'histoire précise estimpèssible à écrire. p. disciple de Pythagore le Grand et de Théano Sa- mienne. Kern. fut adoptée par la poésie épique et notamment la poésie homérique. p. il est vrai que le lexicographe ici ne donne pas le quali- ficatif à^ Orphiques aux traités mentionnés). 106. Suidas semble conserver la trace de faits analogues : « Arignoté. Gr. 243.

et le récit mythique de ce qui a lieu chez Hadès. Diodore de Si- cile et Démosthène ont affirmé qu'Orphée apporta à Athènes les iélélés des Dionysies.44 MYSTÈRES D ELEUSIS maître d'Homère. Ce dernier texte permet-il de croire qu'Orphée est allé en Egypte seulement après avoir établi les Mystères à 1.. Relations avec VÉggpie. et. Prépar. et montra aux Hellènes les cérémonies les plus saintes. 796). poète phrygien^. de Migne. « Orphée a pris sa théologie aux Égyptiens » (Eusèbe. Cependant. évang. III. car la iélélé d'Osiris est pareille à celle de Dionysos et celle d'Isis tout à fait semblable à celle de Déméter. dans plusieurs pièces de Théocrite et de Gallimaque. nous pouvons conjecturer que la langue poétique religieuse s'est pour ainsi dire dédoublée suivant les régions où elle était employée. t. 2. reste éminemment religieuse et que le poète soit con- sidéré comme ayant un grade élevé dans la hiérarchie reli- gieuse. III. comme même langue épique nous appa- la raît parfois sous des dehors doriens — en particulier avec Va long dorien quand l'autre a un e ouvert long ionien — chez le poète Isyllos d'Épidaure. les noms seuls ayant été chan- gés »(Diodore de Sicile. I. Plutarque. que cette poésie ait employé une langue distincte des dialectes grecs particuliers et considérée comme supérieure à ces dialectes. d'autre part Thymoitès. qu'étant allé en Egypte. dans plusieurs épigrammes. p. 67. et les cérémonies célébrées en orgiase concernant son propre voyage. 2. chez les Grecs. 83. dans la Patrologie Gr. par ail- leurs. Les auteurs anciens ont insisté sur les rapports qui re- lient Orphée et les Orphiques à l'Egypte : « Orphée aurait apporté d'Egypte la plupart des iélétés mysti- ques. des Panathénées. elle explique aussi que la poésie. des Éleusinies. I. 96). il transforma les orgies d'Isis et d'Osiris en celles de Déo et de Dionysos. Diodore de Sicile. 12). Suivant Théodoret {Guérison des maladies grecques. . L'origine religieuse de la poésie dactylique grecque et sans doute de toute poésie grecque explique bien. des Thesmophories.

Liber que les Égyptiens appellent Osiris » (Servius. Ils établissent de même un rapport entre les cérémonies égyptiennes et les cérémonies éleusiniennes : « Les Eumolpides sont les prêtres égyptiens transportés en Hel- lade. 13). Siromates. 42). IV. et alors « alla en Egypte. XI. div. Inslil. livré à tous les autres hommes les iéléiés et les orgies de tous les autres dieux. « Ils disent qu'Osiris s'interprète par Dionysos et Isis. Commen- (c taire sur l'Enéide. Osiris. I. par Déméter » (Diodore de Sicile. II. 25. En tout cas les auteurs grecs identifient avec des dieux égyptiens les dieux honorés à Eleusis : « Osiris qu'on assimile à Dionysos » (Hérodote. c'est l'eau. « Léon. à très peu près. et. . « Les Égyptiens (après les Phrygiens peuple le plus ancien du monde). 59). puis ce qui concerne la théo- logie. ont annoncé les formes et les actions. Les cérémonies de la Gérés éleusi- nienne ne sont pas différentes » (Lactance. Déméter » (Hérodote. Sur la Couronne 12). dans la langue grecque. Et ces mystères ne sont pas autre chose que Vai- doion d'Osiiis enlevé et recherché par la déesse aux sept manteaux et aux vêtements noirs. les premiers. 12 —en mettant le mot latin Liber au lieu du mot grec Dionysos). « Isis c'est. les hiéra et les sébasmia qui ne peuvent se dévoiler aux non-initiés. 29). les Géryces sont les pastophores » (Diodore de Sicile. Un texte de Diodore de Sicile apporte une confirmation. qui ont. II. « Liber est le même qu'Osiris chez les Égyptiens » (Tertullien. que 1. Orphée apprit d'abord merveilleu- sement la poésie et la musique. « Il y a en Egypte des cérémonies d'Isis. possèdent les mystères d'Isis. 123). c'est-à-dire qu^il établit les Mystères éleusiniens avant d'être allé en Egypte? Il semble que non. 21). Les Égyptiens disent que Déméter et Dionysos dirigent ceux « qui sont en bas » (Hérodote. II. I.. I. 287. 21). dit qu'Isis est appelée Déméter par les Hellènes » (Clément d'Alexandrie. I. De la Couronne. Diodore de Sicile.. et de même Tertullien. qui a étudié la question des dieux égyptiens. Suivant cet historien ^.. Et c'est la nature. où il apprit encore beaucoup de choses et devint le plus grand des Hellènes dans les îé- létés et les théologies ». LEUR ORIGINE 45 Athènes. suivant l'opinion universelle. comment elle a perdu et retrouvé son fils tout jeune.

Pythagore a imité les Égyptiens : « Pythagore a imité le caractère symbolique et mystérieux (de ce que disent les prêtres égyptiens) en cachant ses théories sous des énigmes. gr. le hiérogrammateus (celui qui tient les écrits sacrés). la croyance à l'immortalité de l'âme suivant Héro- dote *. Sur la vengeance tardive de la divinité. 4. 1. Sur Isis et Osiris. suivant Clément d'Alexan- : drie ^. Rohde. 7.. Hérodote. les livres pastophores. 5. IV. E. fragm. p.le prophète. l'institution du mariage apportée par le roi Cécrops. 16. Suidas. Maas. Sur Isis et Osiris. qui dans son Essai sur les Mœurs (chap. Et Plutarque.. Didot.46 MYSTÈRES d'Eleusis la déesse aux sept robes. 23) dit : « Les Grecs.). Clément d'Alexandrie montre les rap- ports qui existent chez les Égyptiens entre les Mystères et la science. 555 d. Barthélémy. le sto- liste. Athénée. de Migne. dans la PatroL Gr. 28. graec. etc. IV. II. Vhoroscopos (celui qui examine les sai- sons). D'après Hérodote 2. Hérodote.. beaucoup d'historiens ont-ils admis l'origine égyptienne des Mystères éleusiniens. chez les Grecs concernent Dionysos ^. 6. Kaempfer. Philochoros.. la représentation d'Athéna avec son vêtement et son égide est d'origine libyenne. 14. 10).. t. plus tard Foucart. Les Grecs ont emprunté aux Égyptiens beaucoup d'au- tres choses encore la science. dans la Pair. 35.. 4. Plu- tarque. tout en évitant de divulguer des détails sur les cérémonies sacrées. Clément d'Alexandrie. etc. II.. p. de Migne. puis de Huet.Or il affirme que les Grecs ont emprunté aux Égyptiens Vodos (celui qui chante). 123. . p. 10. 189. hislor. édit.. 253. au mot Prométhée.. 386. suivant un grand nombre d'auteurs ^. rapproche très nettement les cérémonies qui concernent Osiris et celles qui. La Croze. I. 2. Brucker. t. » [Philosophoumena. ^ Aussi. t. La majeure partie de ses préceptes ne diffère pas de ce que l'on appelle les écrits hiéroglyphiques » (Plutarque. Dans un passage de ses Siromaîes (VI.. 252 et suiv. 3134). ApoUodore. Fragm. Dupuis.. V. 9.. p. Telle fut l'opinion de Méursius. sans compter Voltaire. Stromaîes. n'eurent leurs fameux Mystères d'Eleusis que d'après ceux d'Isis ». Pairologie Grecque de Migne. Plutarque. Diodore de Sicile.. 9. dans les temps modernes. 3. 6.

les Grecs dit ailleurs que la lélélé Thesmophories a été enseignée d'abord à des femmes Pé- lasges : « Les filles de Danaos étaient celles qui emportaient cette îéléîé hors d'Egypte et l'enseignèrent aux femmes Pélasgiotides.. Le mythe qui représente Déméter errant à la recherche de sa fille et reçue à Argos par le roi Pélasgos a sans doute la même signification ^. 17). H.. Ceux des Péloponnésiens qui restèrent. mais les Athéniens. Le mot orgie signifie littéralement « transport ». Et Diodore de Sicile rapporte même qu'il y eut une poésie religieuse pélasgique avant la poésie religieuse grecque et la poésie religieuse phrygienne : « Linus raconta dans des écrits pélasgiques les actions du pre- mier Dionysos. Cependant l'existence de Mystères en Grèce et à Samo- thrace avant l'époque orphique est certaine. H. les premiers des Hellènes. Pausanias. l'ont reçu des Pélasges. Quand le Péloponnèse eut été dévasté par les Doriens. lès Pélasges habitaient avec eux. Mystères plus anciens. . seuls. et les autres Hellènes l'ont reçu des Athéniens. Et quiconque est initié aux Mystères des Cabires. cette fe'/éfé se perdit. 18.) Hérodote appelée par. la conservèrent » (Hérodote. » (Hérodote. et les Arcadiens non ré- duits. et leur donnèrent l'initia- tion : Faisant une représentation d'Hermès avec Vaidoion dressé. « les Hellènes ne l'ont pas appris des Égyptiens.. que les habitants de Samothrace célèbrent les ayant reçus des Pélas- ges.. 2.. II. LEUR ORIGINE 47 3. comme aux gens de Samothrace.. Le même genre de lettres 1. 51. une certaine façon de représenter le dieu Hermès. Pélasges enseignèrent aux Athé- les niens. « cérémonies qui se célèbrent avec transport ». Car les Pélasges qui vinrent habi- ter avec les Athéniens habitaient auparavant Samothrace. Car. lorsque les Athéniens don- naient l'initiation aux autres Hellènes. Suivant Hérodote. cet homme sait ce que je dis. et c'est d'eux que les habitants de Samothrace reçoivent les orgies ^. et laissa d'autres fables. On parle de Pélasges.

. Lorsque les Arcadiens. déclarant leurs noms indicibles pour que devaient accomplir les gens les non-initiés. Denys d'Halicarnasse. étant demeurés à Samothrace. Dardanos fonda là un sanctuaire de ces dieux. 67. » Celui-ci « fit une poésie qui est appelée phrygienne ^ ». Une autre tradition montre Orphée disciple des Dactyles Idéens. frappèrent de stupeur les habitants. les Palladio et les hiéra des Grands Dieux dont elle avait appris la iélété. . Quand il conduisit la plus grande partie du peuple en Asie. du Péloponnèse sur Samothrace. et. mais un auteur note une influence. Idaios son fils s'établit sur les monts Ida où il fonde les Mystères de. 2. apporta comme dot les dons d'Athéna.. Une tradition a rapport à une époque beaucoup plus an- cienne qu'Orphée. Mais le même Denys d'Halicarnasse donne plus loin la même tradition avec des variantes de détail : « Chrysé. comme ils accomplissaient des prodiges. iélétésque Samothraciens les font encore maintenant. Orphée devint leur disciple et. fuyant le déluge. fille de Pallas.. fille de Laomédon qui vécut à l'époque d'Orphée.48 MYSTÈRES d'Eleusis fut pratiqué par Orphée et Pronapide. mariée à Dardanos. venus de Phrygie avec Minos : « Quelques-uns. 64). V.. et en outre Thymoitès. antérieure à la fondation de Dardanie en Troade. et qu'ils passèrent avec Minos en Europe. Diodore de Sicile. En général elle raconte une influence de Samothrace sur la Troade à cette époque reculée. encore antérieure. la Mère. et établit les télétés du pays.. il laissa 1. Dardanos ensuite fonde la ville à laquelle il donne son nom. ils s'adon- nèrent aux incantations. Dardanos passe en Asie. aux îéléîés et aux Mystères. apporta chez les Hel- lènes les iélétés et les Mystères » (Diodore de Sicile. III. Voici en substance ce que rapporte Denys d'Halicarnasse^: Dardanus part d'Arcadie avec Jasus pour Samo- aller à thrase. I. elle se rattache aux noms de Dardanos et de Jasion son frère. laissèrent le Péloponnèse et se fixèrent en Thrace. Jasus est frappé de la foudre à cause de son amour pour la déesse Déméter. rapportent que les Dactyles Idéens habitèrent l'Ida de Phrygie.. le premier. mais elle comporte des variantes. dont Éphore. fils de Thymoita. 61. maître d'Homère..

Quand lasion s'est élevé chez Dardanos. Samothrace s'appelait autrefois Samos » (Strabon. I. vient. Saint Épiphane semble bien admettre l'origine égyptienne des Mystères pratiqués dans la Grèce très antique. 3. Sicile signale Dardanos. montrant les orgies de cette déesse-là » (Eustathe. Il initie les étrangers mêmes et donne ainsi une grande célébrité aux Mystères. devient époux d'Harmonie et va fonder Thèbes. suivant le mythe 2. Par une tradition veut qu'à cette époque-là les ailleurs Mystères aient été transportés de Samothrace en Sicile et dans d'autres pays : «Arrien raconte que Jasion. Harmonie sont nés à Samothrace. il les prépara et les emmena avec lui ^. de Zeus et d'Electre. Comm. engendre Corybante. 331. Voir plus loin. Sic. reçoit l'initiation. habitaient la Troade. » Diodore de une version un peu différente. 48-49. ayant appelé la ville Dardanie. Gybèle et Gorybante les dieux. resté à Samothrace. transportent les hiéra de la Mère des Dieux en Asie. Strabon affirme que les Mystères passèrent de Samothrace dans la Troade : « Jasion et Dardanos. Dardanos s'en alla de Samothrace et habita sous les flancs du mont Ida. Jasion. vint en Sicile et erra dans beaucoup d'autres pays. Odyss. puis le rôle d'Orphée : 1. fille d'Atlas. Jasion. puis oubliés. 1528. Jasion ayant été frappé de la foudre à cause de sa faute à l'égard de Déméter. V. Et plusieurs auteurs ont raconté comment Dardanos est passé de Samothrace en Troade pour devenir roi ^. XI. Jasion. Denys d'Halicarnasse. Diod. fragment 50). qui étaient frères. Quant aux palladia et aux images des dieux. frère d'Éétion et de Dardanos.. LEUR ORIGINE 49 les hiéra des dieux et les télélés à ceux qui restèrent dans l'île. Dardanos passe en Troade sur une barque et devient roi. Gadmos. a appris de Zeus les rites des Mystères qui avaient été connus autre- fois. de- venu un inspiré de Déméter et de Goré. marié à Gybèle. ch. et il enseigna aux Troyens les Mystères de Samothrace. 68. 4). 2. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS . De Jasion et de Déméter était né Ploutos.

. plus ou moins étroite- ment liées aux Mystères. se transmet mystiquement. Enéide. L'orphisme reconnaissait que les purifications. à savoir agriculture. celui qui les montra.. p. 36 e). suivie depuis les anciens. et admet qu'Orphée montra les Mystèies aux Grecs.. sur le Timée. que prirent naissance les Mys- tères de Gybèle et des Gorybantes. mais Aristote ^ l'attribue au Crétois Minos le mythe signifiant : qu'il faut une aide pour arriver à la plus haute dignité existait donc en Crète avant d'exister en Thrace et à Eleusis. Et les Cretois en donnent cette preuve la télété qui se fait â Eleusis. Dans Stobée. Zeus ordonne d'aller chercher la purification en Crète » (Proclus. .. le Quelques auteurs anciens voulaient attribuer aux Cretois certaines inventions remarquables. Ce texte n'afïirme pas que les Mystères éleusiniens venaient di- rectement de Crète. d'où était originaire Orphée. 10)^ 1. V. Mais d'après la règle crétoise. ont été trouvées chez eux pour la première fois » (Solinus. 9. et celle qui se fait en Thrace. II.. 10. 77). 112 et suiv. avec leur silence mysté- rieux et char attelé de lions *..50 MYSTÈRES d'Eleusis C'est de là que prirent naissance les Mystères et les Te7e7és des « Hellènes. 1. Phanoclès ^ attribue l'introduction de la paiderasieia à Orphée. ces iélétés sont transmises publiquement » (Diodore. miusique. IV. 3. et transportés du pays des Égyptiens chez les Hellènes par Cadmos et Inachos lui-même. XI. d'autre part ayant leur commencement d'Orphée et de quelques autres » (S* Épiphane. Serm. d'abord conçus de façon funeste chez les Égyptiens et les Phrygiens et les Phéniciens et les Babyloniens. : Les Cnossiens comptent Minerve comme leur concitoyenne. Virgile. III. LXIV. 25. droit écrit. 2. 4. Polit. celle qui se : fait àSamothrace. venaient de la Crète : « Chez Orphée. chez les Cicones. il indique une influence des Mystères crétois sur Orphée. Contre les hérésies. ou du moins une partie des purifications. C'est en Crète. 11 B) Quelques témoignages affirment une origine Cretoise des ^ Mystères : « Les Cretois racontent que les sacrifices et les iélétés des Mys- tères ont été transmis de Crète aux autres hommes. dit Virgile. et a ilsaffirment audacieusement contre les Athéniens que les céréales.

E. Voir plus haut. G. On a pu aussi penser que le culte d'Eleusis est venu d'Egypte par la Grète ^. 118. Gomme les fouilles ont dévoilé à Eleusis l'existence d'un iélestérion qui semble antérieur à l'arrivée en Grèce des Hellènes indo-européens. à Samothrace. avec Harmonia. LEUR ORIGINE 51 «L'étude de la musique commença par là. 21. peut-être Ch. Nous ne saurions d'autre part nier toute influence des Phéniciens. Une légende raconte aussi que les Mystères furent appor- tés d'Egypte dans le Péloponnèse par les filles de Danaos ^. eine doppelte antike Tradition leitet die Mysterien von Kreta ab : Diodor steht selbstândig neben dem Demeterhymnus. 308. Persson. E. cité plus haut.. um die Resultate unserer Untersuchung kurz zusammenzufassen. meines Erachtens fur die Richtigkeit der aufgestellten Thèse. 1915. dass die Mysterien in Kreta ihren Ursprung haben : die âlteste Telesterion ist vorhelleniseh. 47. 1919. Kôrte. » (Isidore. 6. Origines. von welchem Isokrates.. Paneg. I 61 und die Serviusscholie. A. Homolle. XI.. Axel W. p. p. L'archéologie moderne nous a fait connaître une brillante civilisation Cretoise antérieure de beaucoup à l'époque où la légende plaçait Orphée. R.. Et les témoi- 1. et analogue à la religion d'Eleusis. xépvot und Giessopferkannen sind fiir eleusinischen und minoischen Kult gemeinsam. 369. das Anaktoron ist identisch mit den kretischen Repositorien. 2. abhangig ist. wo sie urspriinglich der minoischen Religion angehôren. » ({ La première par ses rames et ses flèches. Un témoignage de Diodore. die Form des Telesterions ist vielleicht eine Entwicklung der minoischen sogenannten Theaters.. on a pu penser de nos jours que le culte de ce temps-là est d'origine crétoise ^. l'étude de la musique commença là grâce aux Dactyles Idéens. fait appa- raître Gadmos. XIV. analogue à la religion phrygienne. L'Omphalos delphique. so wie Dionysos Halic. 16). Th. p. R. p. Il a certainement existé en Crète une religion de la Mère. quand ils eurent fait passer dans le rythme de la versification les modulations saisies dans le crépitement et le frémissement du bronze (Solinus. Archiv fur Religionswiss. G. 356. résume ainsi ses vues sur la question : « Folgende Momente sprechen. fur Relig.. . L'origine crétoise des Mystères était déjà admise par Kreuzer : cf. Der Ursprung der eleusinischen Myslerien. XVIII. 3. Picard. gewisse kultge- fâsse. p. 1927. 6). elle éta- elle s'illustra blit les lois par écrit. die Reinigungen des eleusinischen Kults stammen aus Kreta. 28 6. 1922. der Kern der Mysterien ist ein Fruchtbarkeitskult so wie der Kern der minoischen Religion. der name Eleusis deutet auf das vorhellenische Kreta hin. Archiv.

et le culte de Dionysos ^.. et la procession accompagnant le phallos. les Mystères d'Eleusis représentent une formule nouvelle d'une très antique religion. remontent en tout cas à une période antérieure à l'époque où les Ioniens quittèrent la Grèce continentale des histo. le sacrifice. Pour moi donc. j'affirme que Mélampe. ne doit pas être rejetée à la légère. célébrés par les poèmes orphiques.52 MYSTÈRES d'Eleusis gnages d'Hérodote et de Pausanias relient les cultes thébains de Dionysos et de Déméter à Cadmos et aux Phéniciens : « C'est Mélampe qui expliqua aux Hellènes le nom de Dionysos. mais les sages qui vin- rent après lui le montrèrent plus grandement. et. nous en avons des preuves multiples. 16. c'est Mélampe qui l'expliqua. Et voici l'hypothèse qui résumerait toutes les données précédentes les Mystères ont fréquemment passé d'un lieu : à l'autre dès une époque fort antérieure à l'histoire grecque. Et je pense que Mélampe apprit les rites diony- siaques surtout de Cadmos et de ceux qui vinrent avec lui de Phé- nicie dans le pays qui s'appelle maintenant la Béotie » (Hérodote. les Phéniciens ont pu.. en effet. Cette tradition. . il montra le logos sans avoir tout compris clairement. §. : riens comme Thucydide et Hérodote nous enseignent que les Ioniens ont emporté d'Athènes et conservé le culte de Déméter et de Perséphone. les Mystères furent connus à une époque 1. à une époque reculée. de même que les autres traditions. devenu un sage. 3). Que les Mystères purent subir diverses vicissitudes dans un même pays. Les Mystères d'Eleusis. expliqua beaucoup de choses aux Hellènes et en particulier les rites concer- nant Dionysos. ayant tiré des enseignements d'Egypte. Déméter avait été installée par Cadmos dans la Cadmée même » (Pausanias.VI. 21. Ainsi. 49). A Samothrace. Voir plus haut. établit pour lui la divination. « A Thèbes. et c'est grâce à son enseignement que les Hellènes font ce qu'ils font. IX. avoir une religion ou des croyances ana- logues à celles des autres peuples voisins de la Méditerranée. p.. II. le phallos qui est envoyé à Dionysos. — Les Mystères et leurs vicissitudes.

Or ce Méthapos était Athénien ^ de îélétés et â' d'origine et synthète orgies de toutes sortes. : avec Lycos. Malheureusement Pausanias 1. fils de Célae- nos. apportant les orgies des grandes divinités. J'ai admiré comment Lycos le Pandionien établit toutes les choses sacrées d'Attique près de la vénérable Andania. avec Méthapos. fils de Pandion. donc. 3. 2. Le texte de Pausanias a encore de l'importance parce qu'il corrobore plusieurs théories enseignées par d'autres : Les purifications. Le mot grec signifie « celui qui réunit ». et on appelle encore bois de Lycos le bois où il purifia les mystes. puis tombèrent en oubli. les Athéniens le disent fils de la Terre. Près de cette Messéné. 6. 15. Et qu'il y a un bois sacré dans ce pays. 5. ces mots qui démontrent la vérité de notre tradition : Tai purifié les maisons d'Hermès et les sentiers de Déméter et de Coré protogonos *. d'accord avec eux est un hymne de Musée fait pour les Ly- comides en l'honneur de Déméter. vint Caucon d'Eleusis. Un récit de Pausanias ^ expose comment les Mystères 4'Andania s'établirent. Lycos. Voir plus haut. au-dessus du bois de Lycos. appelé bois de Lycos. l'amena à un plus haut point d'honneur. et il établit aussi chez les Thébains la téléîé des Cabires. femme de Polycaon. puis se perfectionnèrent à plusieurs reprises : « Les premiers rois dans ce pays sont Polycaon le Lélège et Mes- séné. Concours. fils de Phylos. bien des années après Caucon. entre autres. IV. 1. Et que ce Lycos était fils de Pandion. où l'on dit ^ que Messéné établit un agôn aux grandes déesses après avoir plu à Caucon. à Andania comme à Athènes. 4. et furent de nouveau transmis à Jasion ^. race de Clinos le Phlyade. ont rapport avec la . Près du rude Elaios. Et il érigea pour le clision des Lycomides une statue qui portait une épi- gramme contenant. Cette îélété des grandes divinités. p. LEURS VICISSITUDES 53 très ancienne. cela est démontré par les vers qui sont sur la statue de Méthapos car Méthapos réforma : aussi quelques parties de la iélélé. il y eut au moins trois phases dans l'établissement des Mystères à Andania avec Caucon. cela a été exprimé par Rhianos le Cretois . Ce Phylos. » D'après ce texte ®. 49. « Première née » mais aussi « premier auteur de naissance ».

54 MYSTÈRES d'Eleusis ne donne pas de renseignement sur les révolutions politiques qui purent amener les révolutions religieuses. Les mythes diffèrent. par exemple. le retrouve à Byblos. établi la lélélé des Cabires chez les Thébains Méthapos l'Athénien avait qui avaient déjà les Mystères de Déméter. elle le cherche en descendant le Nil. lui aussi antérieur à Musée. le ramène dans un coffret. elle finit par obtenir de la conserver près d'elle pen- dant une partie de l'année. Les rites ne sont pas toujours les mêmes. et jeté dans le fleuve. Typhon disperse les membres d' Osiris qu'Isis cherche et retrouve. jour de la pleine lune. se rasent et portent des vêtements de lin (Plutarque. 47) déclare': a Les Égyptiens sacri- fient des porcs à Sémélé et à Dionysos. en Egypte. Mé- thapos. le troisième. Méthapos était non seulement initié à plusieurs Mystères. c'est sans les doute à de révolutions politiques considérables. Isis a perdu son jeune fils. du mythe ra- conté au public. antérieur à Musée. c'est-à-dire que les Mystères d'Andania conservent le souvenir d'une parenté avec la religion Cretoise. il est vrai. enlevée par Hadès. la suite et sans doute de changements importants dans la popu- lation. 4) rien n'est dit de pareil sur les : prêtres éleusiniens. Sur Is. et éminemment susceptible de variations (suivant Lactance. Et il y avait assurément beaucoup d'autres différences. mais le pre- mier roi est un Lélège. ils ne mangent pas de porc. à l'exception d'un seul. Crète. est assurément un dignitaire d'Eleusis quand Eleu- sis a ses mystères grecs. et Osiris. suivant le récit que Plutarque a transmis dans son traité sur Isis ei Osiris. — Il s'agit. la déesse Isis perd son mari Osiris. — Dans le mythe éleusinien Déméter perd sa fille Per- séphone. et en mangent pour leur fête. preuve que les Mystères des Cabires et ceux de Déméter ont des rapports entre eux sans se confondre. autrement. portant des flambeaux dans sa main. Le reste de la fête en l'honneur de Dionysos. et la même forme du mythe existait à Locres et à Tarente). Par exemple Hérodote (II. Les prêtres. elle la cherche. tué par Typhon. ils le célèbient à peu près comme les Hellènes ». mais haut dignitaire de ces Mystères. . Si Mystères d'Andania ont changé. le second est fils de Pandion. Nous ne saurions certes. En Egypte. considérer les Mystères éleusi- niens comme exactement identiques aux Mystères égyp- tiens.

. En effet. Peut-être aussi les rites ^. en Ghaldée. les formules de prières ou autres for- mules rituelles.. reçues des Dieux. dit-il. Voir ci-dessus. à Samothrace. ceux qui transportaient les Mystères d'une lan- gue dans une autre devaient transformer les appellations données aux dieux. eussent été les mêmes de tout point. VII.. Probablement encore les initiations conféraient-elles cer- tains droits politiques dans les cités où elles étaient .accor- dées. Mystères auxquels on pouvait s'initier en si les Egypte. les gens comme Pytha- gore et Platon. comme il a déjà été dit. Mais une cause importante de modifications pour les Mys- tères qui passaient d'un pays à un autre était assurément la langue dans laquelle il fallait les formuler. les récits et les mythes. les autres sont compréhensibles grâce à « des analyses que nous avons 1. les uns ne sont pas compréhen- siblespour nous. les rois grecs et les autres ne seraient pas allés se faire initier à desmystères multiples.. En quoi donc pouvaient différer les Mystères des divers pays? Sans doute l'accès à telle ou telle initiation comportait-il l'accès à telle ou telle connaissance nouvelle. les mythes pouvaient varier. 4) veut prouver que les Mystères des Égyptiens et des Assyriens l'emportent sur les Mystères des Grecs. LEURS VICISSITUDES 55 Nous ne saurions non plus admettre que les Mystères éta- blis à Eleusis avant l'époque d'Orphée aient été de tout point pareils aux Mystères établis par les Orphiques autre- : ment la tradition d'un établissement nouveau n'aurait pas de sens. Jamblique. à Eleusis. grâce à leurs langues. il montre par là toute l'im- portance que peut avoir la langue dans la religion. Et ceux qui racontent les initia- tions de Pythagore ou d'autres personnages n'ont pas d'autre sentiment. p. en un passage très curieux [des Mystères. Parmi les noms des Dieux. En outre. tous étant compréhensibles chez les Dieux. En outre. à telle ou telle méthode d'enseignement. en Phénicie.. 54.

ceux-là nous font con- naître de façon parfaite. ensuite. Aussi. ce qui leur convient le plus. qui était propre et convenable pour cela voilà pourquoi nous conservons : toujours de façon immuable ce qui est fixé par la tradition. » Par conséquent les noms des Dieux. préférer les mots barbares aux mots i grecs. mais elle risque de perdre un peu de cette valeur quand elle passe par traduction dans une autre langue. Or les noms des dieux sont passés d'un peuple à un autre peuple de langue différente. mais il est dangereux de les faire passer d'une langue à l'autre. par eux seuls. sans doute. » « Ceux qui ont appris les premiers noms des dieux nous les ont transmis après les avoir introduits dans leur langue.. dit-il.56 MYSTÈRES d'Eleusis reçues des Dieux ».. entre toutes les choses qui conviennent aux Dieux. même si on peut les traduire. l'essence de chaque dieu.. que les Grecs les analogues à celles que nous présente le Cralgle. Voilà pourquoi la langue des peuples sacrés est préférable à celle des autres hommes. » Plus loin. les formules et les récits ont dû subir des rédactions nouvelles. Souvent. mais il y a des particularités d'expression pour chaque peuple.. son ordre » c'est-à-dire la place qu'il occupe dans la hiérarchie. dans son ensemble. dit-il. on a conservé le nom du dieu sous sa forme ancienne. convient bien aux choses sacrées ». 1. ont une valeur par eux-mêmes. ont reçu des Dieux une langue qui. Car. il est arrivé aussi que l'on gardât d'autres mots. « nous autres (Égyptiens) nous croyons qu'il convient d'avoir nos entretiens avec les dieux dans une langue qui a de la parenté avec eux. comme les Égyptiens et les Assyriens. Il faut. car « les peuples sacrés. Jamblique note les inconvénients et les difficultés qu'il ya à faire passer les noms divins d'une langue à une autre : « Les mots traduits dans une autre langue ne conservent pas entièrement la même signification. son pouvoir. et il ajoute « Ceux pour lesquels nous avons : reçu la science qui permet de les analyser. . suivant la théorie de Jamblique. qui ne peuvent pas se traduire par la parole chez d'autres peuples. ils ne gardent plus la même force. la formule de prière ou la formule rituelle a sa valeur entière dans la langue où elle a été créée. parfois les noms des dieux peuvent s'analyser ^ et cette analyse permet de connaître la nature des dieux. Il s'agit sans doute des élymologies telles ont adoptées. c'est l'éternité et l'immuabilité.

identique à lalangue homérique ou épique. les Athéniens en auraient au moins conservé le sou- venir. Mais il a fallu introduire en grec des épithètes concernant les dieux. attribuée par Platon au législateur lui-même. Or. tels Perséphone. Rien donc ne nécessitait un change- ment de ce côté-là. avec les livres sacrés écrits en langue grecque poétique. et ainsi de suite. Dio- nysos. La langue religieuse était une langue composite où entraient des caractères appartenant à divers dialectes. des formules de prières pour Eleusis et les autres lieux où s'instituèrent des Mystères. une fois établis à Athènes. par exemple. telles que Argéïphontès pour le dieu Hermès. . avec les rites secrets et les rites publics. Il y a eu là une institution voulue et réfléchie. jusque fort avant dans l'ère chrétienne. 47) mentionne. qui paraissent bien avoir eux aussi une origine étrangère. Et il a fallu composer en langue grecque des récits. Aucun auteur grec n'a jamais fait allusion à une réforme ou à une transformation qui serait survenue dans le cours des siècles. Héra. des hymnes. Glaukopis pour: Athéna. si quelque réformateur s'était présenté. Athéna. que ceux-ci « avaient une langue antique particulière dont beau- coup de mots subsistent encore aujourd'hui dans les sacri- fices. La langue adoptée dans la littérature sacrée. a été connue et cultivée par les Grecs. ne changèrent plus sur aucun point essentiel. LEURS VICISSITUDES 57 Diodore de Sicile (V. Aphrodite et d'autres noms religieux ou rattachés à la religion.sans modifications importantes. Mais les Mystères d'Eleusis. Gomme les dialectes parlés dans l'Hellade variaient suivant chaque rite. » En vocabulaire grec comprend des noms de dieux fait le qui ne sont pas d'origine hellénique. que Samothrace fut habitée d'abord par des autochtones. Gaiéochos pour Poséidon. la langue religieuse devait avoir un caractère plus large.

Au XXI Ile chant de V Iliade. La plupart des historiens modernes. situé à Pyrasos Lt' Iliade (II. comme tous les rites. Lécrivain (art. Il a composé un hymne destiné au public. ter- mine ainsi « Et il (Triptolème) institua pour Cérès des cérémonies que : l'on appelle en grec Thesmophories. sinon tous. I. Hygin..sur la façon dont Perséphone est ramenée auprès de sa mère. la mission de Triptolème. . ces croyances sont analogues à celles : des Égyptiens. des Ant).. 322) « le verger d'Athè- nes la Sainte » où Thésée emmenait Ariane. Au XVIIIe chant de V Iliade (491 et suiv. 810. l'arrivée à Eleusis de Déméter qui nourrit Triptolème.. 19.). XI. et à celles des Éleusiniens ^. et surtout aux rites secrets. un mythe relatif aux Thesmophories ^. 3. sur la mission de Triptolème. Cette transformation aurait consisté à admettre Dionysos à côté de Déméter et de Per- séphone. et plus loin. traverserle fleuve. Or. et tous les détails qui auraient rendu le mythe trop clair. Orpheus. Le poète est muet sur l'union de Zeus avec Déméter et la naissance de Perséphone. quand le 1. mais ils laissent voir qu'ils les connais- sent 2. car Dionysos n'aurait joué aucun rôle dans les Mystères primitifs la preuve qu'on en donne. 696). Servius.58 MYSTÈRES d'Eleusis Quant aux rites. de ce que l'auteur de ce poème ne parle pas de Diony- sos. après avoir raconté l'enlèvement de Proserpine. Hésiode et Homère ne mentionnent pas expressément les Mystères eux-mêmes. évitant tous les détails racontés secrète- ment aux mystes. il veut surtout rapporter. indique un téménos de Déméter. semble-t-il. V Odyssée mentionne (XI. Voir. il ne s'ensuit pas qu'il l'ignore. Ch. p. dans le Lexicon de Roscher). ils devaient avoir un caractère profondément durable. Cette opinion a été admise par Gruppe (art. fab. Mysîeria dans le Dict. chap. les cérémonies faites en l'honneur de Patrocle mort accompagnent sans doute une initiation royale : Patrocle doit lutter contre des apparitions.. » — Cf. admettent que Mystères ont subi une transformation complète vers les le vu® siècle avant Jésus-Christ. Iliade. 147. édition Hachette. c'est que : l'hymne homérique à Déméter ne fait aucune allusion à Dionysos. 2. Sur les Géorgiques.

Irénée. il est question de deux villesun certain Agallias. Voir plus loin. 9. comme la théologie d'ÉIeusis. . 317). Sappho et les autres. porte le sceptre. Perséphone est la déesse qui donne la » vie ou l'enlève. la même chose que sur Homère. 338. les Gnostiques vont garder l'opinion des philosophes grecs les Valentiniens. que Zeus est fils de Cronos et de Rhéa. au . 22). 136. Homère comprend l'âme humaine et ses facultés comme l'ont fait les Mystères ^. 40 et suiv. § II. au chap. p. il est pilote le roi (par exemple Achille) est comparé au lion. Dionysos est « délirant » (VI. V. V. XI- 1.. Et nous pourrions dire sur Pindare. dauphin {Iliade. 8. 510) les hérauts sont « les messagers de Zeus et des I hommes (IX. Chez Homère.. 2« édit. 1156. Voir plus loin. XIV. Histoire du gnoslicisme. 2. Julien. Comm. V. citoyen de Gorcyre. Matter.. prétendait : que ces deux villes étaient Athènes et Eleusis (Eustathe. Ares est le dieu qui excite le thumos (V. 125). Et sur ce point comme sur tant d'autres. Alcée. au chap.. I. au fond. Il sait que Zeus est époux de Héra. 4. Homère conçoit le roi tout comme le conçoit la religion d'Eleusis : le roi est comparé à un dieu. les Séthaniens vont considérer Homère comme un de leurs prophètes *. XXI. 20. Philosophoumena.) Homère admet les généalogies de dieux et les mariages de dieux. 3. sur V Iliade. Iliade. II. la même religion l'empereur Julien Il : pourra retrouver chez Homère et Hésiode les opinions qu'il professe lui-même à l'égard d'Hélios. Discours. 130). 274). s'était déjà rendu compte que Platon et Homère admettent la même division de l'âme en trois facultés. Contre les hérésies.. Bacchylide. les : Naasséniens. Déméter s'unit avec Jasion le Roi {Odyssée. etc. il est musicien et médecin. il est « père des dieux et des hommes » (par exemple. ou d'Hypérion ^. à l'aigle^. a donc. il ilest « nourri par Zeus ». IV. Zeus est roi. LEURS VICISSITUDES 59 poète décritle Bouclier d'Achille.

des hiérophantes égyptiens. suit les principes pythagoriciens. des Éleusiniens. Py- thagore l'avait appris ayant été admis dans Vorgiase à Lébèthres de Thrace. ne pas planter de palmier.. ne pas remuer le feu avec un glaive dans la maison » (Plutarque. non en courant. en qualité d'initia- teur. 81. et se faisant initier. du moins dans l'opinion des Grecs eux-mêmes. la sagesse relative aux dieux qu'Orphée avait eue par l'ins- piration de sa mère Calliope. étant pythagoricien. II. Gela apparaît déjà par le texte d'Hérodote cité plus haut^. Hérodote. Aglaophamos lui ayant transmis. et Osir. « il passa vingt-deux ans dans les temples d'Egypte. il partit. « Il faut dire que Timée. En effet ce qu'Orphée a transmis par certains logoi mystiques secrets. Ils voient en Pythagore un disciple d'Orphée. par exemple Ne pas manger sur un char. et ayant espéré des initia- tions plus belles et plus divines et sans mélange. ne pas s'asseoir : sur le boisseau. puis comment « ayant appris que les Mystères de ces pays-là sont en quelque façon des colonies et des descendances de ceux d'Egypte. La Vie de Pythagore par Jamblique raconte comment Pytha- gore passa en beaucoup de lieux où il fréquenta les « prophètes des- cendant de Mochos le physiologue. 291). comment « ilfut initié à toutes les initiations de Byblos et de et de plusieurs parties de la Syrie. puis comment il alla à Babylone où il fréquenta les Mages et « ap- prit leurs secrets vénérables et le culte le plus parfait des dieux. Sur Is.. où il parvint à la connaissance la plus haute des nombres. Pythagore a imité le symbolique et le mystérieux (des prêtres- (c égyptiens) mêlant d'énigmes ses opinions. selon les prescriptions de son maître Thaïes et fut transporté par des navi- gateurs égyptiens » {Vie de Pythagore.60 MYSTÈRES d'Eleusis § VIL — Rapports des Mystères AVEC LA PHILOSOPHIE GRECQUE. ». des prêtres égyptiens. initiations accomplies Tyr par des cérémonies magnifiques. étudiant l'astronomie et la géo- métrie. La plupart de ses pré- ceptes ne diffèrent pas de ce que l'on appelle les écrits hiérogly- phiques. ni n'importe com- ment. des Mages chaldéens. et les autres hiérophantes phé- niciens ». Voilà ce que dit Pythagore dans le hiéros logos ^ » (Proclus. de la mu- I. Sur le Timée. Mais les textes plus récents sont nombreux et formels. . 14). et ce sont des traditions orphiques. La philosophie grecque procède des Mystères.. à toutes les initiations des dieux» (Vie de Pythagore. 10). 18) .

I. RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE GRECQUE 61 sique. un sanctuaire de Cérès. chose impossible? D'autre part. Les Pythagoriciens ont admis le mythe de Dionysos dé- membré. le donné aux hommes de la part des dieux. 30). n'a-t-il pas vu que. et.1). un des démons habitant la lune. aussi longtemps que cette ville resta forte. 11. 19). qui était « composé de mille hommes. pût l'avoir comme conseiller. le philosophe épi- curien qui prend à tâche de critiquer la philosophie grecque : « Pythagore qui a pensé qu'il y a un esprit (animus) tendu par toute la nature et y circulant. 15. Sur la Nature des Dieux. esprit d'où sont tirés nos esprits. à Samothrace et à Délos. à savoir que leiVoas. ils lui ont reconnu la signification que lui donnait la religion d'Eleusis. paraît divisé dans chacun des hommes. laquelle est le bien plus grand qui soit jamais venu et puisse jamais venir. et des autres sciences {Vie de Pyihagore. après sa mort.. pour l'utilité et le redressement de la vie humaine. il était apparu sous la forme humaine à ceux d'alors. chez Gicéron. s'il était dieu? x (Gicéron. Pythagore a été assimilé aux dieux et aux démons de là religion grecque : Les uns l'appelaient Pythien. une partie du dieu est misérable. 28). . et qui reste toujours un. les autres Apollon de chez les « Hyperboréens. a été considérée comme un sanctuaire de Déméter (Gérés) : Les Crotoniates lui demandèrent que leur Sénat. les autres. à Imbros. 27). la déesse fut cultivée dans la mémoire des hom- mes et l'homme dans le culte de la déesse » (Valère Maxime. primitivement un. VIII. apportant à la nature humaine la lumière salvatrice du bonheur et de la philosophie.. les autres un autre des dieux Olympiens. par ce détachement des esprits humains. Et cette cité si opulente fit de la demeure de l'homme qui avait été vénéré si souvent. et chez les Celtes et en Ibérie » {Vie de Pyihagore. pourquoi l'esprit de l'homme oublierait-il quelque chose. disant que. par ce Pythagore » {Vie de Pyihagore.. Dieu est démembré et déchiré? N'a-t-il pas vu que lorsque les esprits sont malheureux. ce qui arrive à la plupart. La maison de Pythagore. les autres Péon. Voici en efïet ce que dit. Mais Pytha- » gore a en outre appris certaines choses par «les télétés qui se font à Eleusis.

62 MYSTÈRES d'Eleusis

On
a trouvé beaucoup de croyances importantes com-
munes à rOrphisme et au Pythagorisme ^. Nous pouvons
estimer que ce sont des croyances religieuses. Les Pythago-
riciens, pouvons-nous penser, ont constitué dans la société
religieuse antique une sorte de congrégation à la fois savante
et austère qui poussait plus loin que le vulgaire l'amour de
ïa théologie, de la philosophie et l'esprit de discipline et qui,
en certains pays, put s'emparer parfois du pouvoir poli-
tique.

Les philosophes comme Platon ont suivi constamment
Orphée et Pythagore :

« Platon,
Pythagore, Xénocrate, Chrysippe, qui suivent les
théologiens anciens... » (Plutarque, Sur îs. et Osir., 25).
« Partout Platon imite les
paroles d'Orphée » (Olympiodore,
Sur le Phédon, édit. Norvin, p. 22).
« Je ris femmes racontées par Phéré-
des histoires de vieilles
cyde, de son
je ris héritier Pythagore, et de l'imitation de celui-ci
par Platon » (Tatien, Discours, 3, dans la Pair. gr. de Migne, t. 6,
p. 812).
Suivant Clément d'Alexandrie, Philolaos et Platon ont admis,
comme Orphée, que le corps, (sôma) est une prison [sema)

{Stromates, III, 3, dans la Pair, gr., t. 8, p. 1120).
Suivant Suidas (aux mots Charax et Syrianos) des auteurs an-
ciens avaient écrit sur « l'accord d'Orphée, de Pythagore et de
Platon ». Suivant le même Suidas (au mot Logia) Syrianus avait
écrit un livre pour prouver l'accord d'Orphée, de Pythagore et de
Platon avec les Logia.
Hiéroclès, dans son IV^ livre De la Prouidence, s'était efforcé de
montrer la concordance de ce que l'on appelle lés Logia et les ré •

gles hiératiques avec les doctrines de Platon (Photius, Cod. 214,
p. 173 a, 13).

Platon, au témoignage des Anciens, est allé en Egypte :
« Il vint aussi vers les prêtres d'Egypte, dit Quintilien, et

apprit leurs secrets » (Quintilien, 1, 19).
L'accord de Platon avec les Mystères d'Eleusis est sans
cesse reconnu par les commentateurs grecs du philosophe,
comme Olympiodore et Proclus. Mais le philosophe l'a indi-
qué lui-même à plusieurs reprises dans ses œuvres ^. Le So-
1. W. K. C. Guthrie, Orpheus and Ihe greek Religion, p. 216 et suiv.
2. Des textes seront dans la suite.
cités

RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE GRECQUE 63

crate que Platon fait parler dans V Apologie professe bien les
idées enseignées dans les Mystères quand il dit :

« Si quelqu'un, délivré de ceux qui ici prétendent être des juges,
arrive chez Hadès et y trouve les juges véritables dont on affirme
qu'ils jugent là-bas, Minos et Rhadamanthe et Éaque et tous ceux
des demi-dieux dont on a dit qu'ils furent justes pendant leur vie,
fait-il un changement regrettable? Habiter avec Orphée, Musée,
Hésiode et Homère, n'est-ce pas un sort que l'on estimerait beau-
coup ^? »

Et quand le même Socrate assimile les vertus à une puri-
fication, met, avec une netteté particulière, à la suite de
il se
ceux qui ont institué les Mystères :

« Et ceux
qui ont institué pour nous les iélétés ont bien des
chances de ne pas être des gens sans mérite, mais c'est conformé-
ment à la réalité qu'ils nous disent sous forme d'énigme, depuis
l'antiquité celui qui arrive chez Hadès sans être initié et sans
:

avoir reçu la îéléié restera gisant dans le borboros, mais celui qui a
été purifié et a reçu la iélété, arrivant là-bas, habitera avec les
dieux. Il y a en effet, comme disent ceux qui traitent des téléiés,
beaucoup de porteuis de thyrses, mais peu de bacchanis. Mais ces
hommes-là ce sont exactement ceux qui ont été de façon droite
des philosophes. Or, pour être l'un de ces hommes, je n'ai, dans la
mesure du possible, rien négligé pendant ma vie; j'y ai au contraire
consacré toute mon ardeur » {Phédon, 60 c-d).

Pour les philosophies qui fleurirent après Alexandre le
Grand, leur rapport avec les religions a- été reconnu depuis
longtemps « les philosophies se rapprochent des religions de
:

telle sorte qu'il est souvent impossible de distinguer les unes
des autres ^. »

Les doctrines des philosophes —
sauf celles des Épicuriens
sans doute —
restent d'accord avec les Mystères; la philoso-
phie veut assimiler l'homme à la divinité, tout comme les
Mystères :

« La philosophie est une assimilation au dieu »
(Olympiodore,
Sur lePhédon, édit. Norvin, p. 1).
« Les sciences rendent l'homme divin » (Hiéroclès, Sur les Vers^

d'or, préface, p. 417 M).
1. Apologie, 41 d.
2. F. Picavet, dans la Revue de Vhisioire des religions, t. XXVII, p. 315.

64 MYSTÈRES d'Eleusis

Philosopher, comme s'initier, c'est apprendre à mourir.
La philosophie comporte des hiérarchies comme les Mys-
tères, et le philosophe suit la même voie que l'initié.
Et toujours de même, comme il
apparaîtra dans les cha-
pitres suivants.

§ VIII. — Persistance
des mystères
PENDANT l'ère CHRÉTIENNE.

Quand la religion chrétienne eut triomphé, quand le tem-
ple d'Eleusis eut été détruit par les Goths d'Alaric, et même
après que l'école philosophique d'Athènes eût été fermée
sur l'ordre de Justinien, la religion grecque antique conserva
des fidèles.
Beaucoup de païens » continuèrent en secret à célébrer
«

les Mystères et la culture littéraire raviva plusieurs fois les
;

idées religieuses des Anciens jusqu'au moment où ces idées
semblèrent ressusciter et même se communiquer à l'Europe
occidentale.
Par la Perse,par la Syrie, et par l'empire arabe, les anti-
ques idées grecques

désormais confondues avec celles de
l'Egypte ou de la Perse ancienne, mais parfois singulièrement
fortes —passèrent jusqu'en Espagne et de là en France, ou
jusqu'en Sicile et de là en Italie.
Des associations professionnelles,suivant la mode antique,
purent sans doute se maintenir jusqu'au moment où elles
reçurent de nouveaux appuis.
Souvent, du reste, les idées grecques subsistèrent sous
des dehors chrétiens.
Et tout cela constitue un chapitre important dans l'his-
toire deJ'humanité —
mais que l'on ne saurait traiter ici — .

Nous pouvons nous contenter de noter brièvement,
comme survivance des antiques Mystères, le gnosticisme,
d'où semblent issus le manichéisme et les autres «hérésies».
Un lien de parenté unit en effet les différents systèmes,
qui fleurirent aux premiers siècles de l'ère chrétienne, et que
l'on désigne souvent sous le nom de gnosticisme, avec les dif-
férents Mystères, avec Platon, avec Pythagore, avec Orphée.

LEUR PERSISTANCE PENDANT l'ÈRE CHRÉTIENNE 65

Les auteurs chrétiens l'ont souvent affirmé.
Par exemple l'auteur des Philosophoumena :

En V, 12, il est exposé que les Péraliques ont un système du
monde imité des Grecs et des autres astrologues.
En V, 20, il est dit des Séthianiens « Tout l'enseignement de
:

leur doctrine vient des anciens théologiens Musée et Linos et de
celui qui a le plus contribué à montrer les télélés et les mystères,
Orphée. Car Jeur doctrine sur la matrice et sur Orphée, et leur
omphalos qui est, en terme précis, harmonia, tout cela se trouve
dans les Bacchiques d'Orphée. Or ces Bacchiques ont été exécutés
et transmis aux hommes avant la iéléié de Géléos et de Triptolème,
et de Déméter et de Goré et de Dionysos à Eleusis, à Phlionte de
l'Attique. Gar, avant les Mystères Éleusiniens, il y a à Phlionte les
orgies de celle qui s'appelle la Grande. Il y a là une pastas et sur
cette pastas... »

En V, 23, il est dit que, dans les initiations, Justin emploie les
mythes helléniques.
En VI, 21, il est affirmé que la doctrine de Valentin ressemble
à celle de Platon, des Pythagoriciens et des Égyptiens (car Platon
suit Pythagore, qui suivait les Égyptiens).
En VI, 28, il est dit « Voilà ce que disent les Pythagoriciens.
:

Les imitant, les hérétiques paraissent à quelques-uns dire de
grandes choses. Le démiurge de tout ce qui s'est fait c'est, suivant
le logos pythagoricien, le grand géomètre et arithmète, le soleil il :

est fixé dans l'ensemble du monde comme l'âme dans le corps,
d'après Platon. Gar l'âme, comme le soleil, est feu, et le corps est
terre. »
Suivant saint Irénée (II, 14) les Valentiniens ont imité Thaïes,
Anaximandre, Anaxagore, Démocrite, Épicure, Platon, Empé-
docle, Pythagore.
Saint Philastrius affirme : « Valentin ... est plus pythagoricien
que chrétien » {Des hérésies, 38).
TertuUien considère les philosophes grecs comme « les patriar-
ches des hérésies » [Prescript, ch. VI, Contre Hermog., ch. VIII),
et Platon comme « l'assaisonnement de toutes les hérésies » {De
VAme, 23).
Saint Augustin témoigne que Marcion a suivi l'opinion des
Égyptiens, d'après lesquels Apis a créé le monde par l'intermé-
diaire des mauvais anges {Quesî. de V Ancien Testament, III, dans
la Pair. lai. de Migne, t. 35, p. 2218).
Plotin, dans le traité qu'il a écrit contre les Gnostiques {En-
néades, II, 9), affirme qu'ils ont imité les Grecs et Platon, mais
qu'ils tombent dans l'erreur quand ils suivent leurs propres idées :
« les jugements, les fleuves, les choses de l'Hadès, les métensoma-

LES MYSTÈRES d'ÉLBUSIS 3

66 MYSTÈRES d'Eleusis
toses ^ »
ont été eittpruntés; ils parlent d' « exils, empreintes, repen-
tirs », que les Grecs parlaient en termes simples de « montées
alors
en dehors de la caverne, s'avançant progressivement de plus en
plus vers la contemplation ».
Les Gnos tiques semblent, d'ordinaire, avoir con&titué des
sociétés secrètes, sur le modèle des sociétés secrètes anciennes
avec initiations, serment de garder le silence, livres secrets.
Les Philosophoumena ^ l'alSirment :

«Les hérétiques ont des mystères, des initiations..., ils font
promettre le secret » est-il dit dans le prologue de cet ouvrage
{Pair. gr. de Migne, p. 3017-3020).
En V, 23, il est dit que Justin imite les Ethniques, c'est-à-dire
les Gentils,

n'enseignant pas, et ne transmettant pas son mystère par-
«...
faitavant d'avoir enchaîné par un serment l'Errant. Ensuite il
présente les mythes pour la séduction des âmes, afin que ceux qui
rencontrent le bavardage, innombrable des livres aient comme sti-
mulant cette mythologie (de même qu'un homme accomplissant
une longue route, s'il rencontre une hôtellerie, paraît se reposer),
et afin qu'ainsi tournés vers le grand savoir des lectures, ils n'en
viennent pas à la haine, jusqu'à ce que, poussés hors du bon sens
par le bruit, aveuglés, ils s'avancent à travers des obstacles vers
cette monstruosité inventée par lui; et les ayant enchaînés par un
serment terrible, par lequel ils s'engagent à ne rien révéler, et les
ayant forcés à déclarer qu'ils ne feront jamais défection, il leur
transmet les mystères impies inventés par lui, tantôt, comme nous
l'avons dit, employant les mythes helléniques, tantôt employant
les livres secrets qui enseignent à peu près les mêmes choses que
les hérésies dont nous avons déjà parlé. »
En VI, 4, il est question de Marcus, qui, après le baptême, pro-
met un autre baptême, appelé apoluirosis ^, y amenant ses dis-
ciples après les avoir bien éprouvés, et même alors leur promet-
tant encore autre chose.

Longtemps plus tard, les Cathares,
thélogiens que les

catholiques considèrent comme les continuateurs des anciens
hérétiques *, ont des cérémonies secrètes ^.
1. Métensomatose :
passage de l'âme dans un autre corps.
2. Edité dans la Pairologie de Migne, t. 16.
3. Dégagement par la purification dans l'eau.
4. « Et coiaime Antée redevint plus fort après avoir repris de la vigueur à
la terre, commel'hydre, quand ses têtes étaient coupées, devenait plus riche;
de même, quand les hérésies antiques et considérées comme anciennes ont été:
extirpées, elles pullulent de nouveau dans leur nouveauté
»
{Alanus de Insu-
lis, dans la Pair, lai., t. 210, p. 307).
5. « On prend un très grand soin pour que, par quelque fenêtre ou quelque

LEUR PERSISTANCE PENDANT l'ÊRE CHRÉTIENNE 67

Les ouvrages de Bardesane n'étaient pas tous livrés au
public, et une partie de ses hymnes étaient réservés pour les
élusi.
S* Épiphane nous découvre que des Gnostiques se
reconnaissent en se chatouillant le creux de la main ^.

D'autre part on pourrait faire de nombreux rapproche-
ments entre les doctrines des Gnostiques et celles des philo-
sophes grecs ou des Mystères ^. Ils ont la même conception
de l'âme, de ses origines, de la façon dont elle peut s'amélio-
rer —
par exemple les Naasséniens veulent « la réascension
de l'homme, c'est-à-dire sa renaissance, afin qu'il devienne
pneumatique, non charnel » {Philosophoumena, V, 8) ,ils

emploient souvent les mêmes mythes *.
porte, quelqu'un de ceux qui sont au dehors, ne puisse percevoir, par la vue
ou par l'oreille, ce qui se fait à l'intérieur » (Ecberthus, Sermons contre les
Cathares, Patr. lai., t. 195, p. 51).
1. Ephrem, Hymnes, 23, p. 489 c (dans Matter, Hisl. du Gnoslicisme,
2e éd., I, p. 364).
2. S* Epiphane, Contre les Hérésies, I, 26, dans la Pair, gr., t. 41, p. 338.
3. Sur l'aflanité des théories gnostiques avec les Mystères, voir, par exem-
ple, Matter, Histoire du gnoslicisme; Odo Casel, De philosophorum graecorum
silentio mgslico, p. 109; De Labriolle, Hisl. de la lilt. latine chrétienne, p. 20.
4. De même encore les Manichéens, qui utilisent, par exemple, le mythe
des Géants, fils de la Terre (Alex. Lycopolit., Traité des opinions des Mani-
chéens, Pair, gr., t. 18, p. 445).

CHAPITRE II

PRINCIPE DE L'INITIATION

§ I.
— L'initiation et les dieux.

L'hymne homérique à Déméter chante comment la déesse
Déméter a établi les Mystères d'Eleusis lors de son séjour
dans cette ville :

« En
s'en allant, elle montra aux rois administrateurs de la jus»
tice, à Triptolème, à Dioclès, le fouetteur de chevaux, à la Force
d'Eumolpe, à Céléos le Conducteur de guerriers, l'accomplissement
des cérémonies sacrées; elle leur fît connaître à tous les orgies vé-
nérables... Bienheureux celui des hommes, vivant sur la terre, qui
lesa vues! Celui qui n'a pas la perfection des Mystères sacrés, ce-
luiqui n'y a pas pris part, n'a jamais, une fois mort, un sort pareil
sous le couchant obscur » {Hymn. hom. V, 473-482).

1. Les divinités d'Eleusis.

Les inscriptions, les ^ montrent
représentations figurées
constamment Déméter en rapport avec les Mys-
la déesse
tères d'Eleusis.Les auteurs la nomment sans cesse, et le
chrétien Minucius Félix dit encore « La divinité des Ëleu-
:

siniens est Gérés, comme celle des Phrygiens est la Mère,
comme des Épidauriens est Esculape ^ ».
celle
A côté de Déméter intervient Perséphone ou Goré, sa
fille. Les inscriptions d'Eleusis appellent Déméter et Persé-
phone To) 6£w « les deux déesses » et les auteurs nomment
^

((la mère et la fille * ».
Les inscriptions, les représentations figurées, les textes
joignent souvent aux déesses Déméter et Perséphone d'au-
tres divinités ou des héros. On trouve ainsi :

1. Voir là-dessus Martin P, Nilsson, Die eleusinischen Goîlheiîen, Archiv
fûr Religionswissenschafl, 1935, p. 79 et suiv.
2. Oclavius, 6, 1.
3. M. P. Nilsson, ibid., p. 81.
4. Hérodote, VIII, 65, etc.

Mythes et Religions. 12 et suiv. les Grâces. ^ — ..). 6..-C. l'Archégète (c'est-à-dire lacchos?). 21 et suiv. Perrephatta. t. Dionysos*. Aphrodite marine s'élève.. de Dionysos.. les Grands Dieux. Hermas. Dolichos. Oliver. p. d'Aristophane. Par dessus tout cela les honneurs de Dionysos.. 1935. Inscr. et l'objet de Dodone en airain.. 5. p. publiée par James H. de Zeus crétois et de l'orphisme (S. 122. le Les déesses Thesmophores Déméter et Goré. ThémiSjZeus Herceios. de 418 av. LES DIEUX 69 Triptolème. J.. p. 37. de Sabazios. Hermès. et ceux qui s'ini- tient au Sabazios. et à sa fille Perséphone . cil. Mais Psellos indique qu'il s'agit des Mystères athéniens. Hestia.. 299.. voir Nilsson. Cultes. § 6 et § 12). I. Apollon Carneios. 89 et suiv. Triptolénios). ch. il apparaît bien que les Grecs. Déméter. 1... 2... ceux d'Attis. et un chaudron thesprote résonnant. gr.Dioclos. et les Clodones. Euboulos. Aristophane. dieu et la déesse.-C. Athénaia ^. Dans un passage ^ où il attaque avec force les Mystères. mêle les Mystères d'Eleusis. et la ciste. 877. dit-on (voir Martin P. Un hyménée de mariage est dit sur Coré. op.. les Métriazons (ceux qui s'initient aux Mystères de la Mère). Psellos... dans Hesperia. I. 2. aiment à joindre diverses divinités à Déméter et à Perséphone. A Andania. 4. et les Mimallons. Thesmoph. 105 et suiv. Clément d'Alexandrie énumère Aphrodite. . en racontant les mythes qui les concernent. 3. Zeus et Déméter. Athéna. et un autre Corybante. » Du reste. on honore ensemble Damater. Inscription de 403-402 av. p. en général. Schol. Eumolpe.. Héphaistos. Protrepîique. et Gé qui nourrit les jeunes et Hermès et les Grâces — Calligénie étant un démon qui est auprès de Déméter ^. imitation de démons. dans la Paîr. op. Thesmoph. J. Hagna ou la Sainte (Foucart. Nils- son. On a supposé que Psellos. Pour les interprétations des représentations figurées. Zeus et Perséphone. p. 76.. Polyxénos. Treptos (celui qui a été élevé. les douleurs de Déo. d'Andanie. tout comme Clément d'Alexandrie. de Migne. et un second Gurète.. 84). Clément d'Alexandrie. Ce que les Hellènes ont pensé des démons.. SIGS 83 = 1G2. 296-300. la potion de fiel et les tiraillements du cœur. Reinach.. Le byzantin Psellos ^ révèle plus de détails que Clément d'Alexandrie : « Les Mystères de ces gens-là représentent le Zeus mythique s'unissant à Déo. cit. Dionysos. et Plutus et Calligénie. Céléos.

un feu qui ne s'éteint jamais. Vhiéron d'Apollon Pythien. on rend un culte à Déméter Cabirienne. I. « Placer la statue de la dite Coré sur les sources des eaux. 87. VIII. Et l'on élève des statues de Coré ou Perséphone auprès des sources ^. gr. de même. 5). le hiéron de Diony- sos Mystès (Pausanias. IX. La déesse Despoina. On honore partout les Nymphes avec Déméter. puis Artémis auprès de laquelle se tient le Titan Anytos qui l'a élevée — Artémis est fille de Déméter les — . 37. tout près. Sur Tégée à Argos. 425). A Mégare se voient côte à côte le temple de Dionysos Nyctélios. en Arcadie. et le naos de Déméter. on rencontre un naos et une sta- la route de tue d'Asclépios.. un autel à la Grande Mère des Dieux. Le pneuma de Dieu était porté en haut sur les eaux. 40. Sur le Phèdre de Platon.. un dieu . puis le naos principal. édition Couvreur). 1. » 4. Pausanias. car elles coopèrent à toutes les œuvres de la déesse. un autel à Despoina (la Maîtresse). un autel à Déméter. 3. dit le chrétien saint Justin {Apologie 64. Dans les colonies ioniennes et dans plusieurs des Cyclades. a été élevée par les Nymphes ^. Despoina. ils ont dit qu'elle est la fille de Zeus. lemégaron de Déméter (Pau- sanias. c'est une invention des démons. 25. la nym- phe Érato. l'oracle de la nuit et de Zeus Cronios. ni Dionysos. Dans ce naos sont plusieurs statues : Déméter. 6. 5).. Aphrodite. VI.70 PRINCIPE DE l'initiation A Thèbes. p. Pan qui «mène à achèvement les prières des hommes et fait payer aux méchants ce qui convient ». . Porphyre. Courètes en dessous. Mais les Mystères racontent aussi l'union de Zeus avec Déméter. et aussi aux Cabires (Pausanias. Sur Vantre des Nymphes.. 54)..... de Migne. Athéna ^. 7. de nom- breux chênes.. Ares. dit-on. les (c Nymphes président à la génération... à un stade. Ainsi ils imitent ce qui a été dit par Moïse. Apollon. dont Pausanias ne veut pas donner le vrai nom. a vu. Près de là sont honorés Poséidon Hippios. et à Coré. 2. d'où naît Perséphone. VIII. l'union de Zeus avec Persé- phone. les Corybantes. D'après le mythe le plus connu. Perséphone a été enlevée par Hadès ou Plouton ce dieu a donc sa place dans les : Mystères. la statue d'Asclépios et d'Hygieia. Pausanias. est fille de Poséidon et de Déméter. On dit qu'elles restent autour des eaux à cause de l'humidité de la génération » (Hermias. Coré. dans la Pair. t. d'où naît le premier Dionysos par conséquent : les Mystères ne sont pas sans honorer Zeus *. d'Aphrodite Épistrophia.

11). 27. à Gérés. Déméter a fait fonder les cités.. honorant Héraclès » (Diodore de Sicile. Mystères d'Eleusis. Platon. pour du meurtre des' Centaures. 2. 388). 265 ô. entre quatre sortes de délires. dit Ly dus : a Déméter. Dionysos préside à l'initiation. Phèdre. L. le démon de Déméter » (Strabon. est celle qui donne le principe de la cité. 1^ Voir plus haut. Une inscription latine parle d'une femme qui a été à Eleusis « consacrée au dieu Bacchus. 38. 1120). les emportant à Eleusis » (Eustathe. Grenouilles.. 14). IV. Voilà pourquoi on la représente comme pyrgo- est adoré avec les déesses sous le nom de Zeus Eubouleus (Foucart. Tantôt les expressions employées semblent distinguer les Mystères de Dionysos et les Mystères célébrés à Eleusis ^. tantôt elles semblent unir Dionysos et les deux déesses pour les mêmes Mystères et les mêmes cérémonies ^ : « Dans les Mystères de Dionysos et de Déméter. Œuvre de Déméter. I. Aris- toph. surtout à Athènes. Même union de Déméter et de Dionysos dans les Haloa « fête en l'hon- neur de Déméter et de Dionysos. Stir l'Iliade. p. X. en tant qu'elle est la Terre.. 78). 3. Grenouilles.ES DIEUX 71 On rattactie des Mystères à Dionysos comme à Déméter et à Perséphone. 1780).. éta- la purification blit les Petits Mystères. » (Schol. p. 343). « On appelle lacchos «t Dionysos l'archégète des Mystères. « Il y a un hiéron de Dionysos à Eleusis et dans les Dionysies on célébrait les Mystères » (Schol. et Platon ^. dans laquelle on consomme les prémices de l'aire. d'Aristophane. vallées communes à tous les hommes! » (Sophocle. à Cora » {C. distingue celui de Dionysos qui est télesti- que. c'est-à-dire propre à l'initiation. mais les petits Mystères et la puri|îcation des meurtriers : a Déméter. Dionysos dirige les Mystères : « toi qui gardes l'Italie et veilles sur les vallées de Déo l'Ëleu- sinienne. tome VI. 324). p. . Anli- gone. Déméter a institué non seulement les^Grands Mystères. 25). 772. 2. I.. « Dionysos est établi avec Déméter » {ibid.

A une époque récente. IV. nous voyons plusieurs reines ou impéra- trices ou femmes de condition royale assimilées à Déméter Cléo. Et l'on dit que c'est le premier des concours. ils concouraient à la course » {Etymol. Livie. et les chars munis d'ailes portés par des serpents sur toute la terre et toute la mer. Déméter préside aux jeux et aux concours. qui marchaient autrefois sur quatre pieds. 1928. tyran de Syracuse. et. Lydus. puis les Dioscures. Un concours gymnique fut créé à Eleusis.. p. Héraclès fut le premier étranger initié. « Stadion. Hiéron. 232. Sabine. 5. La terre s'appelle aussi Cybèle. IV. Schol. Diod. Sept. 16 et s. Scott. de Pindare.. Déméter fait les rois et les reines. de Sicile.. pour faire la démonstration de leur belle force. Hymne orphique. Drusilla. des Mois. Les hommes. p. : pâtre. III. 158 c. vous rampiez sur le sol bienveillant. Mais Eschyle loue de même «la Terre mère. 4. Faustine l'Ancienne — alors que Faustine la Jeune apparaît comme une Coré ^. Chez Aristophane. Magnum). la nourricière très chère » : « Quand. jeunes. 40...72 PRINCIPE DE l'initiation phore (portant une couronne de murailles sur sa tête). Métaneira et Tripto- lème sont célébrés pour l'invention du blé. elle est la gardienne de la constitution à Athènes comme ailleurs ^. 2. VI.. un personnage qui se prétend de noble origine se dit descendant de Déméter *. 63). XIV. elle est la concorde publi- que ^.). . En effet les hommes le 1. et ce fut le premier créé en Attique. 60. les hommes éprouvant combien leurs forces avaient grandi grâce à la nourri- ture civilisée. hell. est hiérophante (^e Déméter et de Coré ^. 510. « A Eleusis. surtout à la course et aux concours scéniques : Suivant Aristide {Eleusinios XIX).. Céléos. Acharniens. 47 et suiv. 5. 3. Messaline. K. elle prit toute la charge de votre éducation et vous éleva comme fondateurs de maisons et porteurs de boucliers » (Eschyle. » (J. Agrippine. Domitia. Aristoph. Bulletin de corr. American Journal of Philology. 158 a. Elle est l'harmonie dans la cité. on célèbre les fêtes de Déméter (xà AYjix-^Tpia). se redressèrent quand le fruit de Déméter eut été trouvé.. la récompense était le fruit qui était apparu.

« Déméter errait à travers toute la terre qui est sous le soleil. on dit en effet que Déméter surveille les fruits qui se sèment. la terre et la elle reçoit celle qu'elle cherche. p. comme le blé. Apportant la récompense de ces deux choses à ceux des nôtres qui avaient fait cesser les courses errantes de la déesse. Platon. les Pana- thénées n'ayant été instituées qu'ensuite. et alors ils luttaient à la course et voilà pourquoi on appelle la course sladion à cause de la . p. a Déméter. 311) fut le plus ancien de l'Hellade. 1240. » Déméter donne la perfection de la vie. IX 150). LES DIEUX 73 faisaient après que le fruit de Déméter eut été trouvé. les légumes. notre maîtresse. 168). Et non seulement elle donna le blé et tous les fruits qui se sèment. 336-337. mais ils vivaient d'une vie nomade. ch. Déméter a donné aux hommes l'agriculture en même temps que les Mystères. Olymp. parce qu'alors ils purent montrer leur robustesse. II. et la vertu est la perfection des âmes » (Proclus. Mais l'orateur Isocrate a dit la même chose : 1. encore Eudocia. p. Ayant donné les graines a donné elle les dragons et les chars ailés pour aller de tout côté et distribuer à tous le blé et l'orge. La décision prise par le cœur. Voici deux textes de date postérieure. 1240. . IV. couru toute mer. Quand elle a par- le dit. elle donne les fruits et les mystères. mais elle accomplit pour eux les mystères et leur montra comment il faut initier et être initié » (Eudocia. Cf. les autres ^ capables de rendre plus douce la gnome » (Himérius. Discours. dit Aristote {fragment Peplus. ch. Didot. Viola- rium. édit. 238 b. de Pindare. » « Eleusinia — est-il relevé dans le Lexique d'Hésychius — con- cours scénique célébré en l'honneur de Déméter. Violarium. Sur le Cratyle. engendre l'accomplissement de la vie depuis les choses d'en haut jusqu'aux dernières. l'orge. 336-337). les uns capables de rendre plus douce la façon de se nourrir. eux qui auparavant marchaient à quatre pieds se relevèrent. Car les hommes ne savaient pas encore manger le pain ou se servir du blé. Ménexène. « Le concours des Éleusinies. siasis (tenue droite) » (Schol. « Pour récompenser les hommes de ce service. elle leur a donné les graines. comme on poursuivant le rapt de Coré. 5). elle arrive à Eleusis et cesse d'errer. t.

en traitant des Mystères. les emportant à Eleusis ». 238 h). Orphie. 322. » [Ménexène. Varron. Arl poétique.. Iliade. comme conducteurs et instructeurs. 464. fragm. 465. Travaux. Grenouilles. en effet. 595. 111 et 112. Homère appelant le pain « brisure de Déméter ». Hés. les fruits de la terre qui nous ont permis de vivre d'une vie supérieure à celle des bêtes et l'initiation... quelques-uns enten- dent non pas la terre.74 PRINCIPE DE l'initiation « Déméter nous a donné deux dons. mais la sipya de laquelle Déméter fournis- sait les nourritures » (Pollux. en termes tout différents : (La terre de l'Attique) après les avoir nourris et les avoir fait a grandir jusqu'à la jeunesse. 28). 162). Hésiode. 25. aXw. 111. Cf. cf. Panégyrique. des dieux dont il convient de laisser les noms dans les circonstances présentes. Et Platon. » (Isocrate. XXX. 5. « Par Siphnis. Hésiode ^ ordonnant à ^ l'agriculteur de prier Déméter. .. AYjfXYjTsp y\ epét^/acra ttjv £(i.. En réalité. notam- ment les Thalysies. 4. l'inven- teur des Mystères. 300-301. XIII. dans les hymnes attiques. 391. Il y a aussi la sipya (huche) Démétriaque » (Hésychius). Remontant plus haut. chez les Athéniens. Kern. leur amena. Et l'antiquité met Orphée. ne leur a pas fait deux dons différents. cités par O. X. fragm. Travaux. et les Haloa « fête en l'honneur de Démé- ter et de Dionysos. n'a présenté.Horace. dans laquelle on consomme les prémices ^ de l'aire. nous trouvons Eschyle ^ louant Déméter « qui a nourri son âme ». Esch. en donnant aux hommes l'agriculture et les Mystères.. La même Déméter apparait dans les fêtes agraires. Thémistius. 99 = Ar.. la déesse Déméter.. Les Mystères d'Eleusis honorent Déméter comme étant la terre et la puissance qui donne la nourriture. surtout à Athènes. Sur V Iliade. 886-887. car l'agriculture fait partie des Mystères. dans les « hymnes attiques » (c'est-à-dire sans doute les hymnes faits pour les Mystères qui se célèbrent en Attique) désigne la terre et le coffre où l'on met la nour- riture : « Siphnis : la terre. Un même mot. en relation avec l'agriculture *. 2. Eustathe.Yiv qspéva. 349 ô. Discours.. 3. nous dit 1.

Cité de Dieu. on dit qu'elle fut appelée Thesmophore. on ne saurait trouver plus grand bien- fait que ces inventions. Or. lui signifie la fécondité des semences comme celle-ci avait disparu un certain : temps. voyant dans ces Mystères la preuve qu'ils avaient cessé de se battre pour gagner la nourriture nécessaire à la vie. la semence confiée à la terre » (Arnobe. griculture Et Diodore de Sicile rattache en ces termes l'institution de l'agriculture à l'institution des Mystères : « En plus de l'invention du h\é. et de la réunion des hommes en société. que « Jupiter. V. p. sans se battre et sans se tuer. LES DIEUX 75 saint Augustin.. Proserpine emmenée sous terre. car elles contiennent le vivre et le bien vivre » (Diodore de Sicile. Proserpine. de Géléos. d'Aris- tide.. Arnobe fournit un écho d'une opinion analogue. en enseignant l'agriculture. Gérés. par conséquent il rattache étroitement l'invention de l'a- aux mythes éleusiniens. Panath. l'opinion se forma qu'Orcus avait enlevé la fille de Cérès. elleenseigna aux hommes à le travailler et elle produisit les lois par lesquelles ils furent amenés à agir conformément à la justice. amènent- ils la civilisation : « Ils commencèrent à célébrer des Mystères en son honneur. Le scholiâste d'Aristide affirme que les semences ont été données aux hommes. Pour ce motif. par Géléos et par Triptolème » (Schol.91). Ainsi les Mystères. et il . venant de chez Hadès. III. si ce n'est ce qui concerne le blé. c'est la pluie.. Contre les Nations. 20).. n'explique rien des Éleusinies.. ce qui se dit mysiân. la terre. V. dit saint Augustin. les premiers. ils peuvent en effet vivre plus facilement. ils ont reçu des dieux les se- mences par Hadès. il s'ensuit que les Mystères comprennent à la fois l'agricul- ture et autre chose : « Varron. dans les mystères. de Triptolème : «Le mythe dit que. 5). suivant. Ils étaient rassasiés. n'ont rapport qu'à la découverte des céréales » (Saint Augustin. Dès que les hommes ont l'agriculture. se réjouissant à la fois de la découverte des choses utiles à la vie. 32). . qpie l'explication concernant l'agriculture. Il dit ensuite que beaucoup de détails. que les mys- tères ont une signification symbolique.

p. Déméter donne la santé et les moyens de guérir. Platon rattache aux Mystères non seulement l'invention du vin et des céréales grâce auxquels les hommes ont cessé de se dévorer. 2. 6. comme 1. 58). Plutarque. Et les Grecs le répètent souvent ^. et autres tels sacrifices. Voilà pourquoi sans doute. 55. elles qui auparavant n'existaient pas? Et de même les oli- viers et les dons de Déméter et de Coré? Et que Triptolème devint le ministre de telles divinités? Mais. qu'ils s'abstenaient de chairs. pour prendre un exemple particulier. Voir P. elle est salvatrice ^. Ou bien le nom vient de ce qu'il faut une recherche ardente pour tout ce qui comporte une difficulté de compréhension » (Cornutus. Déméter a reçu le nom de Mysia. etc. St/. que l'on ne sacrifiait pas d'êtres vivants aux dieux. unit par le mariage les corps amis et fonda les grandes cités » {Sur V Enéide. sur l'Odyssée. du reste. Hymne orph. 29. . LoîSy 782 b-c). IV.. d'après la religion grecque. Eustathe. dans le temps où cela n'était pas. 35. parce qu'il n'était pas pieux (oatcv) d'en manger ni de souiller de sang les autelsdes dieux. p. l. 378. Mysi.(V>ç. Sur d'autres. ou mesure de blé. Vie de Pgthag. nous entendons dire qu'ils n'osaient pas goû- ter à la chair du bœuf.76 PRINCIPE DE l'initiation est probableque le nom des Mystères vient de là. elle a donc en cela les mêmes vertus que l'Isis des Égyptiens *. l.. chez quelques-uns... Diod. 25. Foucart. s'abstenant au contraire de tout ce qui avait vie » (Platon. mais aussi l'institution des sacrifices qui a permis aux hommes de manger la chair des victimes : Quoi donc? Nous croyons que les vignes sont apparues un « jour. Elle a institué le mariage ^. de Sic. Aristoph. Préceptes conjug. Comm. début.. car. comme symbole de la justice ^. elle n'a pas accompli une œuvre différente de son œuvre principale. d'Eleusis." 40. mais des pélanoi (gâteaux) et des fruits humectés de miel. par contre. comme mainte- nant.aio(7ÛVT). 1401. T) '/Q'^)^% (A-jo-Tiy. 5. Hésychius. 4. on a pu considérer la chénice. à cause de quoi. se nourrissaient en se mangeant les uns les autres?.. Servius citant Calvus : « Elle enseigna les lois saintes. 3. 138. En grec un lélos. En instituant le mariage. lamblique. mais il y avait des vies orphiques pour ceux d'entre nous qui vivaient alors. prenant ce qui n'avait pas vie. ne croyons-nous pas que les êtres vivants. 28). le mariage est une initiation ^. Grenouilles.

Porphyre. soit dans sa liai- son avec l'âme. est représentée comme tissant. évang. 189 « Eleusinia Valentini lenocinia fecere. même chapitre. Contre les Valenliniens. Voilà pourquoi. 14). Préceptes conjugaux. Sur Isis et Osiris. 456- 457) comme la déesse qui donne la vie. IX.. de graine semée en terre. III. p. III. dans Eusèbe. IV. mer- veilleuse à contempler soit dans son assemblage. Cité de Dieu. Œuvre de Perséphone. 3. Sur V antre des Nymphes. Cf. la qui fait descendre sur terre une âme destinée à former et animer un corps humain. Perséphone est aussi la puissance qui fait descendre les âmes dans la genèse où ellBs président à la fabrication des corps : a Le corps est une tunique pour l'âme. 2. des Songes. tunique qui la revêt. « Proserpine entraînée par Hadès. chez Orphée. etc. c'est la puissance de germi- nation emportée quand le soleil va vers l'équinoxe d'hiver » (Ly- dus. Par les Mystères l'homme reçoit une nouvelle vie et une nouvelle âme. encore Plutarque. Mais la puissance de Perséphone coopère avec celle de Déméter.les Valentiniens ont transformé : les Mystères d'Eleusis en oflScine de pourvoyeurs ». Arnobe. Plutarque. 11. Contre le Nations. • 1. 20). Prép. les anciens ayant dit que le ciel a'tissi est un peplos et qu'il est le man- teau des dieux ouraniens » (Porphyre. 17.-qui est la sur- veillante de tout ce qui se sème. . Or la puissance qui donne la nouvelle vie de l'initiation est la même puissance — Perséphone — qui. 137). TertuUien. Perséphone est la puissance par laquelle la graine meurt puis donne naissance à une plante nouvelle : Proserpine est identique à la fécondité des grains » (Varron (( dans saint Augustin. Et Perséphone apparaît déjà chez Homère {Iliade. 42. fait naître une plante nouvelle. 21. qui fait mourir les hommes et règne sur les morts. I. Voir ci-dessous. et le mariage est pareil à l'agriculture ^. fait connaître implicite- ment que l'initiation d'Eleusis comporte un mariage mystique. des Mois. 33. 66. Goré. 7. LES DIEUX 77 l'initiation comporte un mariage ^. Artémidore. qui ramène les âmes en haut pour leur donner une vie nouvelle. etc.

78 PRINCIPE DE l'initiation Perséphone est la puissance qui fait mourir et qui règne sur les morts : Les textes sont nombreux sur ce point. est plongé dans le borboros. puis elle a été partagée dans la 1. L'âme. Perséphone est la puissance qui renvoie vers le haut les âmes des morts : Des témoignages anciens se rencontrent dans l'Odyssée. est de faire là d'où elles ont première descente au commencement. elle a d'abord vécu de la vie indivisée. Norvin.. après la mort. p. . puis renvoyée près de sa mère.. 121). 226. chez Euripide. Celui qui n'est pas initié. Phèdre. selon la visée des dieux qui initient. Platon {Cratyle. c'est-à-dire dans la vie complète éthérée. 962-966. soit à plus forte raison dans l'autre. Euripide {Ion. les îélétés doivent la réta- blir sur le trône. Rhésus. restant tout à fait éloigné de sa propre fin.. soit en cette vie. fait leur quand Dionysos les avait établies et les avait assises sur le trône de son propre père. Platon. 1048-1053). L'ini- tié habite donc nécessairement avec les dieux. reprend une vie nouvelle. soit quand elleaura quitté ce séjour. L'âme subit le même sort que Dionysos. » (Olympiodore. Les initiations sont doubles. 4. Œuvre de Dionysos.. depuis Homère (Iliade. édit. soit quand elle est encore ici-bas. XI. Onattribue aussi à Dionysos le principe de l'initiation et l'on croit que l'exaltation dionysiaque amène à l'initia- tion ^. avant de descendre sur la terre. celui qui est initié remonte vers les dieux. signifie non seulement que le grain tombé en terre et mort forme une nouvelle plante. avait été établie par Dionysos sur le trône de Zeus. dans le Tartare même. mais que l'âme. 569). 404 c) jus- qu'à VEigmologicum Gudianum. c'est-à-dire qu'il est dans la lie de ce qui est soumis à la génération. 165 h. Commentaire sur le Phédon. IX. alors que le non-initié est plongé dans la fange (dans le borboros) : a Le but des iélétés remonter les âmes vers cette fin. Et le mythe d'après lequel Perséphone est enlevée par Hadès.

11. XIV. aux Grecs *. Porphyre dans Eusèbe. fur. Herc. c'est-à-dire prend conscience d'elle-même. ramené en haut par le Dionysos qui est resté en haut : Triptolème entre Déméter et Perséphone. — Euripide. et rede- vient un Dionysos. p. c'est-à-dire holoclères d'après le Dionysos qui reste en haut » ( ïd. 4. mais.. 272 et suiv. Apollodore. et s'étant occupées d'elles-mêmes. 325. V. 14.. et ramassées en elles-mêmes. et s'étant proposé la vie titanique et rétrécie. etc. elles deviennent Bacchoi. III. Euripide. Prép. 7.. ibid. étant restées dans le châtiment. Dionysos est dit Travaux. 3. puissance qui fait monter dans les arbres Dionysos est la le principe humide et générateur ^. 9. Plutarque. Bacch. joie pour les mortels « ». 614. Hachette. Iliade. évang. (Daremberg et Saglio.. elles ont été attachées dans la prison. Dionysos a le 1. « Il En effet. — dans V III. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines.. Il est dieu du vin ^. 4. ' 2. éditeur. s 'étant enfuies de la vie indivisée et dionysiaque. elle se ramasse en elle- même. 35. . 400. LES DIEUX 79 matière et enfermée dans le corps qui est une prison. Vase attique. 682. Sur Isis et Osiris.. 120). et purifiées des souillures titaniques. Hésiode. une fois qu'elle a subi le châtiment. Il a donné la vigne à Athènes ^.) (Platon) a imité le cercle mystique et cosmique dés âmes. Bouclier. 3. Propos de table.

Kern. 262. 1092.. Saturnales. cit. Martin P. Servius. Sur les Géorg. lacchos tient un flambeau. Lois. a une réception d'Iacchos à Eleusis ®. 8. 28). 2^. 3. hymne que disaient au début ceux qui s'initiaient à Diony- sos » (Schol. Souvent il est question d'Iacchos *. I. 3. 280... 9. elle 1. Sophocle. lacchagôgos. et Dionysos peut être appelé lacchos par Orphée. Œuvre d'autres divinités. « Le 20» jour de Boédromion pendant lequel on emmène l'Iacchos mystique » (Plutarque. 320). 6. Voir Bruchmann. les statues en sont Déméter elle-même et sa fille. B 31. Grenouilles. 5. 18. 4). PoUux.80 PRINCIPE DE l'initiation pouvoir de purifier ^. Phocion. A la façon de Dionysos. Euripide. 5. Grenouilles. Sur V Enéide. Anligone. op. qu'ils chantent en sortant de la ville par l'agora vers Eleusis » (Schol. VI.. Cf. Propos de table. d'Aristoph. VIII. du moins une statue le repré- sente-t-elle ainsi : «Tout près (du lieu où se préparent les processions) est un naos de Déméter. Dans les Mystères. schol. 22. 399. 83-84. 9). Il donne par le vin un délire préparateur de sagesse ^. IG. Orphie.. 34. I. Macrobe. lacchos est le cri poussé dans la procession qui va d'Eleu- sis à Athènes ^ — comme il est l'hymne chanté au début par ceux qui s'initient à Dionysos ® — . 2. IG. Epiihela deorum» . 7.. édit. Plutarque. Nilsson. VII. 116.. I. Plutarque. d'Eschyle. I. 672 d. 65. 4. p. 635). l'âme imite et suit d'autres divinités encore : « A la façon de Coré. 9. Platon. 7. 2. 21. Et par conséquent les Grecs ont cru qu'en donnant le vin et en donnant les Mystères. 847. « lacchos. etc. 741. O. 1142. d'Aristoph. fragm. Camille. à l'époque romaine. Macrobe. Alcibiade. — « lacchos. Sept. 12. et encore Psellus ^®. et lacchos tenant un flambeau » (Pausanias. Dionysos accomplit la même œuvre. Il y ^ Et lacchos peut s'assimiler à Dionysos. l. Sophocle. il est question d'un« conducteur d'Iacchos ^ ». Envoyer l' lacchos de la ville à Eleusis <t » (Plutarque. des auteurs d'épigrammes. On emmène lacchos à Eleusis '. Il relève la Pensée ou le Nous ^. 35. 162. l'âme descend dans la genèse (dans le monde de la génération). 10. 8. IG. Hérodote. Songe de Scipion.

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p. qui ont dé- le voré Dionysos. ce qui signifie : la disparition de Perséphone. 121... variés et compliqués. Théog. Olympiodore. sur le Phédon. permettent à l'âme de recueillir la déesse ses forces. La filiationde Perséphone est indiquée par l'Iliade. 111.. Les Mythes. ibid. LES DIEUX 81 se divise par la genèse. c'est l'âme at- tachée à un corps qui est lui-même attaché à la terre. représente la descente de l'âme dans lemonde de la génération. Apollon. Prométhée attaché sur rocher. A façon de Prométhée et des la Titans. Norvin. 7 et beaucoup d'auteurs. XI. Hés. Hé- raclès accomplissant ses nombreux travaux. et les Titans. L'action des divinités dans les Mystères et les cérémonies s'exprime le plus souvent par des mythes. c'est l'âme qui devient multiple en se rendant présente aux différentes parties du corps. XXIX. Zeus s'unit avec sa mère Rhéa. engloutis dans le Tartare. XIV. 217. Elle se détache. Elle remonte vers ses propres origines avec Déméter^». De leur union naît Perséphone. il cite la formule prononcée par les initiés J'ai mangé : t 1. enlevée par Hadès et em- portée dans les enfers. 2. Ce sont des mythes nombreux. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 6 . le dieu purificateur. Id. Déméter ramène l'âme à sa première origine. Et le même Olympiodore dit: « les dieux qui initient ». 2. elle est attachée à un corps. et Athéna qui sauve. ayant pris de la force à la façon d'Héraclès. p. Dionysos déchiré en morceaux et dévoré par les Titans. Clément d'Alexandrie et Athénagoras Clément : d'Alexandrie rapproche un rite accompli dans les Mystères d'Eleu- sis d'un rite accompli dans les Mystères phrygiens d'Attis et des Corybantes. Yhymne hom. Mais l'union de Zeus avec Déméter n'est racontée que par des chrétiens.. qui alors devient Démé- ter. 6. 911. c'est l'âme qui prépare sa délivrance. Elle se recueille par Apollon et Athéna la Salvatrice. Comm. en philosophant de façon vraiment pure. 326. l'Odyssée.

Sur le Craigle. disant Mettez les portes pour les profanesl : Aïdonée enlève Coré et ses actions deviennent les mystères. Hadès. Ce Zeus qui l'a engendrée s'unit à Phéré- phatta sa propre fille. gr. des auteurs chrétiens le disent avec une netteté parfaite : * « Zeus s'unit à sa fille et sa fille enfante de lui. Orphie. ^ Cependant Diodore de Sicile mentionne le Dionysos plus an- cien. Tatien. p. dans la Pair. et produit avec lui le dé- miurge des choses séparées » tantôt « est dite ravie par Pluton et animant les dernières parties du tout ». Que ces deux unions successives soient célébrées dans les Mystères d'Eleusis et aient été racontées par Orphée. t. »(Tatien. Zeus violente sa fille Perséphone et en a comme fils Dio- nysos. Perséphone grandit. dont la naissance. VI.. Clément d'Alexandrie raconte ces deux unions : Ces symboles ne sont-ils pas de l'insolence? Les Mystères ne « sont-ilspas ridicules? Et si j'ajoutais le reste? Déméter enfante. Ambassade pour les Chrétiens. j'ai bu au cgmbalon. elle gouverne les profondeurs de la terre.. et Orphée. et il eut d'elle comme fils Dionysos » (Athénagoras. t. fragm. que Perséphone a été engen- drée par eux. enlève Perséphone et en fait son épouse. Kern. 71). que Zeus la souilla elle aussi » [Martyrium Theodoti Ancgrani. 824-825). après s'être uni à Déo sa mère. Ambassade pour les chrétiens. 153). p. 85. « elle dirige ceux qui sont sous la terre.. 3. Prolrept. 2. 20 . . les sacrijRces. expliquant que Persé- phone tantôt « est rangée avec Zeus. Qément d'Alexandrie. Et Proclus a commenté les deux unions... je me stùs enfoncé sous la tenture du lit nuptial ^. Théol. Eleusis m'en sera témoin. qu'il a épousé sa propre mère Rhéa. à cause de la honte qui accompagne l'union ». 76. 11. 6. 8. p. oublieux de 1. « Il (Zeus) s'unit à sa fille Perséphone. Proclus. Proclus. Démé- ter pleure sa fille. II. dans la Pair. elle rend une part de vie à ce qui est près mort ^ d'elle sans vie et ». la violentant elle aussi sous la forme d'un dragon. les honneurs se produisent de nuit et en cachette. Cf. Contre les Grecs. p.. 5. dieu des Enfers. IV 4.. gr. 402 d. dans 0. 370-371.82 PRINCIPE DE l'initiation au lympanon. fils de Zeus et de Perséphone « nommé par quelques-uns Sa- bazios.. elle tend la vie aux choses extrêmes. 8. plat. j'ai porté le cernos. « Votre poète Orphée dit que Zeus a tué son propre père Cronos. 18 Pasquali..

à Napes suivant Démade (Schol. d'Hésiode. Quant à la signification du mythe. Iliade.. 3. dans la Patr. Mots de sens douteux dans le texte grec.. 6. Près de Nyssa {Hymne hom. Olympiodore. Théog. 2. t. ch. Lydus.. etc. Il y est fait allusion chez Homère : le poète unit « Hadès et la terrible Perséphone » divinités invoquées pour qu'elles donnent la mort à quelqu'un ^. sur la montagne est Vaiguillon secret gardien des bœufs. Le mythe le plus souvent rappelé et expliqué par les au- teurs est l'enlèvement de Perséphone par Hadès. suivant d'autres la mort ®. 28. 914). 444-445. 912. LES DIEUX 83 le première souillure. schol. donc le symbole des mystères sabaziens. je pense. il en fait. 4. p. 1. des Mois III. c'est le dieu à travers le colpos.. quand Hadès la saisit et la plaça sur son char.devenu serpent. 8. 444-445. Cornutus.. des Dieux ch. . pour ceux qui sont initiés. 76). d'Hésiode. Phéréphatta enfante un fils à forme de taureau. Iliade. en Attique suivant Phanodème. etc. et il nomme plusieurs fois ^ » « Hadès aux qui emporte les âmes des coursiers illustres guerriers morts.. Proserpine cueillait des fleurs dans tel ou tel lieu '. Iliade. la disparition de la graine sous la terre pour un certain *. révélant en vérité sa nature réelle. Bacchylide. à Démêler). gr. c'est. d'après les gens devant lesquels on les récite. en Sicile. près de l'Océan suivant Orphée. dit quelque poète employant des figures de style Le taureau est père du dra- : gon^ et le dragon père du taureau. Mais le mythe comporte des détails susceptibles de va- riations nombreuses d'après les pays où on les raconte. preuve de l'intempérance de Zeus. IX. Salluste. 11. II. p. suivant 7. Théog. XI. et il s'unit. IV. Des détails sur le mythe sont donnés par l'hymne homérique à Déméter et beaucoup d'auteurs. Sur le Phédon. 137. suivant d'autres la descente de l'âme temps dans la genèse ^. Protrept. et celui-ci c'est le serpent que l'on tire à travers le colpos des initiés. XI. sui- vant les uns. très fréquemment. 5. Norvln. 569. L'aiguillon gardien des bœufs. d'après les cérémonies dans lesquelles on les incorpore. Zeus est père de Coré et son corrupteur. quelque chose comme le narthex que les Bacchants font tourner comme un câble ^ (?) Veux-tu que je te raconte la cueil- lette des fleurs par Phéréphatta et le calathos et l'enlèvement par Aïdonée? » (Clément d'Alexandrie. édit. en Crète.

fur. Déméter fait retentir les cymbales^'^ ou les cymbales et les tambourins ^^. Elle tient en ses mains des flambeaux allumés. 270. Schol. t. Gud. II.. 7. HippoL. notamment. Fulgence. 647 a. Diodore de Sicile. Lucain. 38-39. V. Témoignages chrétiens Minucius Félix. citant Héraclide le Syracusain. et Etym. Ovide. à Démêler. de Lucien. 699. à Déméter. 3. ou ailleurs. 39. Ce sont les Thesmophories qui comprennent ces cérémonies. 1. XV. II. 22. VI. 10. Voilà pourquoi les mystes font retentir la nuit 1. Vit. Pausanias. 3. p. 3. Dans les Mystères. Stace. suivant d'autres i. Dial. puis la trans- porta dans les Enfers. II. Déméter cherche sa fille. est un gouffre dans lequel on Goré des flambeaux allumés ^ nous pouvons en jette à : conclure qu'ailleurs aussi on jette des flambeaux qui s'étei- gnent (la lumière devant reparaître ensuite). Sur les Géorg. 8. apprenant que Pluton l'a en- levée avec l'assentiment de Zeus. Athénée. I. Dans un autre rite. XIV. Herc.. : MythoL. d'Aristoph. et qui appartient sans doute à une autre cérémonie.84 PRINCIPE DE l'initiation l'emporta à Eleusis suivant plusieurs auteurs et no- Il tamment l'hymne orphique XVIII. Acharn. 105-107. la terre se fendit et les truies d'Eu- boulos furent englouties avec les deux déesses Perséphone et Déméter.. div. 51. 708. Sénèque. — Témoignages latins Schol. ramènent les chairs des porcs et certaines représentations du sexe fé- minin ^. en Sicile près de la source Gyane. Schol. I.. des courtisanes. IV. -Columelle. Silves. Octavius. dans la Pair. D'après un mythe. ibid. 275-276. 22. édition Rabe. 4. Etymol. 364-366. Métam. la fécon- ainsi dité des femmes. Inslil. I. elle reste loin des dieux '. . IV. Géorgiques. Hymne hom. 21. Prolrept. 8. Schol. X. 11. 8. raconte Pausanias.. Schol. des femmes descendent. 10.. A Argos.. gr. Virgile. 78. quand elle recherche Perséphone. Magn. 3. 505-508.. Hymne hom. 2.. Isthm. Lactance. 140. de Lucien. on appelle la fertilité des moissons. de Pindaré. p. Servius. 6. V. les mystes participent à cette recherche et agi- tent dans leurs mains des flambeaux allumés ^. 2. 5. et la bonne civilisation *. 9. au mot Achaea. tantôt ils la montrent peu sou- cieuse de revenir ^. Tantôt les mythes représentent Perséphone toute triste d'avoir quitté sa mère ^. Clément d'Alexandrie. En commémoration de ce fait on jette des porcs dans certains mégara ^. de : Juvénal.

Kertsch. Le rapt de Perséphone. Peinture murale d'un tombeau. .

t. par ses plaisanteries. G. appellent la déesse Calligénie ^. de Pindare.. 12. Mais Poséidon est honoré à Eleusis ^. Pausanias. II. I. VIII. AAthènes. III. dont on ne dit pas le nom. Hésychius. éd. 4. le hiéro- phante frappe V échelon *. VI II. Nicandre. Pausanias. au mot lambé. Choiroboscos. 4. ramènent à cet incident l'origine de l'iambe.. sur VOdyssée. fragm. la déesse reste triste et refuse de. Clément d'Alexandrie. dit-on. Comm. 214. Hymn. 2. Plutarque. 9 Paus I 37 2 10. 2 pour Athènes et Mégare. 53 et s. Poséidon et Athéné ». Eustathe. quand Perséphone est évoquée. 6. 8. Mais d'après une version qui nous a été rapportée par deux auteurs chrétiens. I.. Paus. Alexipharmaca. 2. 6. 36. 5. Mais dans sa recherche. 31.]a. Apollodore. 1684. 8. Elym. Poséidon s'unit à elle de force. Velleius Paterc. Un mythe à plusieurs formes variées expose que. gr. Déméter est alors accompagnée de Dionysos 2. Schol. fixation de lieu par Apollodore ' — . 68 et suiv. . ibid. et. et le cheval Arion c'est le mythe raconté à— Thelpousa d'Arcadie ® qu'elle enfanta— Despoina. Protrept. 1. boire le cycéon. Déméter appelle Perséphone. Il faut la consoler. Consbruck. 25. 1. 42. mélange d'eau. Schol. dans la Pair. Maî- tresse — c'est le .. Clément d'Alexandrie^^ et Arnobe^^. force la déesse à sourire et à rire. 25. 195-211. Goré. on adore ensemble Déméter. Philicos dans O. 38. au mot Anaclélhris. 128 et s. II. Orph. mythe raconté à Phigalie ® — qu'elle en- fanta Arion — c'est le mythe raconté sans . Tous ces auteurs. p. de Pindare. Magn. Quesl. et que la déesse enfanta une fille. Kern.V. Chez le roi d'Eleusis. Commenlarii in HephaesHonem. Arnobe. Paus. de Théocrite.86 PRINCIPE DE l'initiation de la fête les cymbales et les tambourins ^. V. 7. p. ibid. Schol.. gr. 11.. du moins à Érétrie et à Mégare. D'après une version souvent rapportée et qui n'a rien de secret. sauf l'hymne homérique. alors la déesse boit le oycéon ^®. 43. la servante lambé. 8. I. etc. Contre les Nations.'horn. 3. A cause de ce bruit Déméter a été surnommée Achaea.. de farine et de pavot qu'on lui offre et qui doit adoucir' sa peine.no 49.. et les femmes. 4-5. 1. pen- dant les courses errantes de Déméter. sur la voie sa- crée d'Eleusis.

parce . Autour <Vun "^ roman mythologique égyptien. dressée devant son père elle dévoile la partie la plus secrète de son corps. le Maître de l'Univers. I. 1. Ra-Harakhti alors éclate de rire et se réconcilie avec les dieux (voir. a été insulté. puis elle se dévêt jusqu'aux parties sexuelles. japonaise. Oxybaphon trouvé près de Lentini. Hélène. t. Mais il a aussi son correspondant dans une anecdote égyptienne : Ra- Harakhti. 1338 et suiv. Mélanges Cu- mont. étendu sur le dos. Recherches sur quelques thèmes de la mylh. — Chez les Japonais.) 2 pide pour apaiser Déméter irritée. LES DIEUX 87 un geste indécent de la servante Baubo qui fait rire c'est Déméter et l'amène à boire le cycéon ^ ce mythe est repris : dans les cérémonies des Mystères. XXXX. p. I. il se retire dans son pavillon et y passe tout un jour. les dieux rient et la grande déesse sort (voir surtout : Matsumoto. Le mythe de Baubo a son correspondant dans un mythe japonais : la grande déesse du Soleil s'est cachée dans une grotte et ne veut plus repa- raître. Lévy. Euripide. Gypris prend les cymbalons et les tympanons. Zeus lui envoie les : Charités (les Grâces) et les Muses qui doivent chanter de- vant elle. Une autre forme du mythe a été présentée par Euri- DÉMÉTER CONSOLÉE PAR LA MUSÏQUE ET LE LOGOS. pi. la déesse Hathor arrive. p. il a été raconté par Or- phée. 2. 819). 21-22). forme analogue du mythe : la déesse Amatérasou s'est réfugiée dans une caverne. (Otto Bendorf. par exemple. alors la déesse rit et reçoit la flûte. seul. une déesse danse devant la grotte. Griechische und Sicilisehe Vasenbilder.

au mot Dgsaulés. la déesse. les hommes vont périr. le riz. Une légende analogue avait cours chez les Pawnies. ville grecque. le qu'on lui a volé son cheval. 3. il mangea. noyé par les Manitous. dépose sa colère et se relâche de son chagrin *. c'est la première musique. Ascalabos. 42. Eleusis. Netsuké. C'est de cette manière que furent inventées les grandes danses-médecines. Nicandre. il fait la guerre aux Manitous. fils de Mismé. 4. 120).. IX. 79 et suiv. 4-5. Ouzoumé danse et la musique des dieux accompagne ses mouvements. Sur les Géorgiqaes. il se barbouille le visage de couleur noire. 7. les arbres. VIII. Céléos. p. à la recherche de sa fille. Trisaulés et Damithalès à Phénée d'Arcadie ^. la déesse boit le Voicimythe le raconté à Phigalie Zeus envoie vers Dé- : méter. 25. 78. 1... 4. Dusaulès et Baubo suivant Palaephatos ^. qui se moque d'elle. ch. 128 et suiv. le frère de Manabozho. suivant la plupart. qui reçoit Déméter en Attique.. . on fait vibrer les cordes des arcs. Pélasgos à Argos '. chanta et fuma la pipe sacrée. P. Certains Manitous qui n'ont pas participé à la mort viennent s'entremettre. On peut dire en- core ceci Mismé. les plantes. 5. 1 12. 15. alors on frappe de longs morceaux de bois l'un contre l'autre. Pausanias. les Moirai ou Parques. 10. Antoninus Liberalis. mais elle s'irrite contre Ascalabos. Foucart. sur l'ordre de Zeus. sans doute. 8.. 9. Puis Chibiabos. et elle le transforme en lézard ^. Ils préparent un festin. I. Manabozho fut guéri. cachée dans une caverne. I. Hippothoon suivant d'au- tres ^°. Déméter boit. Mysl. I. Il se lamente. 2. venant chez le roi du pays. 6. II. Elle est venue à. Id. Id.).. on la voit reçue ainsi par Athéra et Mysios en Ar- golide ^. Alexipharmaca. 1. Suidas et Harpocration. Ils construisent une loge sacrée. Ou bien pavot et s'endort ^. Id. mais. une potion contenant du pavot ^. aime à se représenter Chaque Déméter. tribu de l'Orégon (voir Go blet d'Alviella. VIII. Servius. la déesse s'assied près d'un puits. Ils commencèrent alors leurs danses et leurs chants. p. 2. les dieux rient et la déesse sort (Paule Riversdale.par Prométhée et Aethnios en Béotie 6. 49 et suiv. Avant d'arriver. d^EL. Manabozho boit une liqueur qui fait envoler sa mélancolie. il plonge le pays dans la terreur. 6. dansa.88 PRINCIPE DE l'initiation D'après une autre version. est rappelé à la vie. Manabozho a perdu son frère. Sur les Géorgiques. XXIV. 1904. p. 35. Eleusinia. Servius. persuadée par elles. chez le roi et la reine. Pausanias. il doit veiller sur le pays des âmes et régner sur làHerre des morts. lui donne : un breuvage contenant du pavot et de la farine que la déesse boit volontiers. 2.

Déméter élève le fils du roi : Démophon. 7. 61. Fable. 694 c. BibL. 5. 2. Servius. En commémoration de cette union. I. 8. ou Triptolème fils d'Éleusinus ^. Très souvent on raconte que Déméter s'unit avec le Roi. un poète inconnu chante Déméter. Grégoire de Naz. accomplie dansj'obscu- 1. p. hom. 14. 163..1. la mère de Ploutos^®. 2.. enfanta d'abord Eu- boulos « par une nécessité mortelle ». 1. 22. 39. Apollodore. A Sicyone. LES DIEUX 89 ^ puits Parthénios ^. 8.. 11. VI. Callichoros ou Anthios ^. Nicandre. qui meurt et est remplacé par Triptolème *. héros de Samothrace. Hé- siode précise que l'union eut lieu en Crète. Théogonie.. II. cependant un hymne orphique^^ dit que la déesse. T^ér. ou bien on dit que Jasion a seulement voulu s'unir à Déçiéter^^. 5. I. 96-99. Arrien. nourri du lait divin '. 1. Denys d'Halic. 10... et amena la naissance de Ploutos (la Richesse). Dans Athénée. V. Déméter s'unit au roi Céléos qui lui fait connaître le ravisseur de Perséphone mythe est : le révélé par deux auteurs chrétiens^*. Là les filles dti roi la rencontrent et l'emmènent au palais de leur père. Homère. fut inspiré par Déméter et Coré et transporta leurs mystères en différents lieux^^. t. 40. 109. Hygin... d'après Eustathe. 147. Déméter a élevé Orthopolis ^. 969. Homère et Hésiode disent qu'elle s'unit avec Jasion *. Clém. XXXIX. Paus. 5. 13. frère d'Ambas. Triptolème est celui qui va donner aux hommes l'agriculture et la civilisation. 8. Paus. 5. Nicandre. Sur les Géorgiques. Mais. Scholiaste d'Aristide. hom.. 1. 14. 6. III. 1. Pausanlas. 6. Apollodore.. lequel est transformé en lé- zard ^. ou Triptolème. ProlrepL. 15. réchauffé dans le feu. I. 1528. Comm. I. sur VOdyssée. Hymn. Odyssée. d'Alex. 12. 9. etc. gr. 484 et les scholies. I. 486. 12. avant de retrouver Perséphone sous la conduite du fils de Dusaulos. Hymne orphique. Apollodore. les Mystères d'Eleusis célèbrent une union du hiérophante avec la prêtresse. ou bien on explique que Jasion. Hymn. p. 125-128. à Eleusis. Hésiode. ou Triptolème. Thér. 4. XV. 4. Clément d'Alexandrie rap- pelle l'amour de Jasion pour Déméter^^. V. Discours. 38. 3. Pair. .

Servius. qui va chercher Perséphone dans les Enfers ^^^ D'après les monuments figurés. V. Enfin Déméter retrouve Perséphone et la ramène au ciel.. 47 et s. Ovide.. 533. 10. Schol. leur marche est accompagnée par le son des cymbales et des tambourins ^. 14. ibid..union qui doit assurer le salut des mystes ^ il s'agit : là d'un mariage mystique. On dit que Déméter.. avant lequel le hiérophante a été rendu stérile pour la production de la vie matérielle 2. 66K 3. Discours. Grégoire de Nazianze. mais capable de produire la vie meilleure ^ La déesse devient même l'épouse mystique des initiés *. 160-161 et son scholiaste. 49. Sur le Phédon. 7. prend d'eux ce qui la rend grosse. Méfam. h. 3-5. Hygin. d'Aristoph. Acharniens. la déesse Déméter la cherche avec Géléos. Schol. Scliol. ibid. Parfois on représente Déméter et sa fille montées sur un char traîné par des chevaux blancs ^. d'Aphrodite. 4. « La Terre elle-même qui enfante tous les êtres. Hymn. Norvin. Tantôt il est dit que Déméter descend dans les Enfers et en ramène sa fille ^®. . la déesse Déméter les va avec Dionysos. celui qui est nommé lacchos ^. 251. 12. et. Discours. d'Her- mès ^2. II. Callimaque cité dans les schol. Car Déméter devient l'épouse de son fils. Saint Jérôme. 8. 7.90 PRINCIPE DE l'initiation rite. 1. De même le Triptolème qui a été élevé par Déméter peut devenir aussi son époux ^. 40. Perséphone remonte seule ou bien est accompagnée des Grâces. c'est-à-dire du Roi ®. VII. Mais avant le retour de Perséphone. Là encore les versions différent. Grenouilles. VI. 11. Pindare. 13. 127-128). 40. Cf. II. Olympiodore.. orphique.... Tertullien. Aux nations. Or ce Dionysos qui est époux de Déméter peut être dit aussi son fils '. Pindare. Aristophane. après les avoir nourris. enfante Hécate. p. 6. Dans Mystères célébrés à Athènes. Choéphores. III. Isthm. de Théocrite. Saint Astérius. Schol. dans la Pair. 01.. 9. » (Eschyle./aô^es. V. gr.. t. Miss Harrison. l. Et des textes récents. unie à Zeus. Prolegomena. p. Julien. 2. 173 c. 174 c. 277 et suiv. 324. d'Aristoph. 104. 12 c. 5. hom. Pind. VI. édit. Contre Jovin. 324. Lettre CXXII à Ageruch. Sur VEnéide. p. 43.

140. De la Nature des Dieux. 703-704. Zeus a foudroyé les Titans. 215. Stace. etc. dit-on : « Comment donc admettre que Platon n'imite pas maintenant ces paroles orphiques que Dionysos est démembré par les Titans et ramené à l'unité par Apollon? Voilà pourquoi il dit se réunir et se ramaêser. Schol. 43-44). édit. Voilà une première forme générale du mythe. fragm. 210. 107. 105-107. les âmes la sont descendues dans le monde pour obéir aux dieux. ainsi l'homme passe-t-il de la vie titanique à la vie olympique ou à la vie unique.. tantôt dans l'ordre olympique et qui agissons tantôt dans la genèse tantôt dans le ciel. XV. Phéniciennes. 8. fur. D ionyso s. p. ce Dionysos enfermé dans le corps humain et dans le monde comme dans une prison doit se libérer avec l'aide du Dio- nysos qui reste en haut. 4. VI. 2. qui sommes rangés tantôt dans l'ordre titanique. Herc. 687. Et nous pouvons penser qu'elles communiquent la lumière aux mystes qui doivent se la transmettre en courant ^. 35. 11. Mélam. 3. 1. 703. .. fils de Zeus et de Perséphone. 216. On peut conjecturer cela d'après les textes suivants : Euripide. 36. Silves. 51.. Sur le Phédon. elle a été exposée par Pythagore et les Pythagoriciens. Platon a suivi sur ce point là théologie d'Orphée. 27. a été attiré en bas par les Titans qui se sont saisis de lui et l'ont démembré. de Juvénal. II. Norvin. Cicéron. suivant Gi- céron ^ et la tradition l'attribue à Orphée *. 70. LES DIEUX 91 Déméter remontent avec des flambeaux et Perséphone : en effet elles sont nommées pyrophores ou pyrphores^. Sé- nèque. Apulée. 2. puis dévoré par les Titans. Phénic. elles remontent par la puissance des principes divins : « Tel est le drame qui nous concerne. HippoL. c'est-à-dire passer de la vie titanique à la vie unique » (Olympiodore. A la vie titanique s'oppose la vie olympique. Kern. O. Schol. OrpA. IV. 687. 364-366. à la vie dans le monde de genèse s'oppose la vie dans le ciel. Phénic. nous autres hommes. d'Euripide. mais il est revenu à l'intégrité. Dionysos a été démembré. d'Euripide. 1. Et les âmes divisées ont cette destinée par la prévoyance Schol. de la cendre produite par ce foudroiement des Titans sont nés les hommes dont chacun a donc en lui-même une parcelle infime de Dionysos. Lucrèce.

Dans les Mystères d'Eleusis. 167. I. Nonnos. Nous avons là-dessus les témoignagnes tardifs de Hygin. sur lequel on se la- mente ^. Platon. Discours. édition Reiske. Nonnos présente comme s'étant succédé Zagreus. 4. Schol. sur le Timée. fils de Dionysos et de Sémélé. 325) mentionne déjà Dionysos. puis sa résurrection. 962 et suiv. 7. Sur la face qui est dans la lune. fils de Sémélé. Voir par exemple Boyancé. p. s'est réincarné dans le second. Dionys. 88. de même. car il a surgi du cœur de Dionysos. Le premier Dionysos. 2. Nonnos. fils du Dionysos Thébain '.. Dion Chry- sostome quand il dit que « nous sommes tous du sang des Titans ^ ». de la pluie). Dionys. les âmes descendent.. XXX. de même que. 57.92 PRINCIPE DE l'initiation des dieux qui se tient toujours en avant d'elles. Lois. I. Mais Homère {Iliade. proces- les : sion du phallos. fils de Sémélé. . Et d'autre part lacchos joue toujours son rôle dans 1. Nonnos. lesquels nous ne pouvons donner de détails ici. passion et mort de Dionysos. V. Il est question d'un lacchos mort. 562-571. XIV. et du chrétien Gommodien ^. parce qu'il existe des principes qui font remonter. etc. 1230. Xénocrate * et d'autres. En effet. servant leur volonté. 550. il est souvent question d'un lacchos. Troy. 6. Plutarque. Dion Chrysostome. Mais la mythologie de Dionysos contient plusieurs autres points qui font l'objet de commémoration et de renouvelle- ment dans Mystères Dionysos mâle et femelle. fils : de Perséphone (dieu du feu. qui fait remonter lesâmes. cortèges de Dionysos ^. à nos âmes aussi arrive la réascension d'ici-bas » (Proclus.. 701 c. Instrucl. 48. du tonnerre. fils de Zeus et de Perséphone. enfin r lacchos d'Eleusis. le Dionysos Thébain. d'Euripide. XXVI. 13. Platon quand il parle des passions titaniques ^. sans expliquer le mythe en détail. Et auteurs grecs. d).. mariages de Dionysos. les y font plusieurs fois allusion. Gommodien. Le Culte des Muses chez les Philosophes grecs. Mythes sur 12. expéditions et triomphe de Dionysos. 8. 3. en qui revit le corps en- tier de Zagreus. parée qu'il y a des dieux auteurs de la génération. 5. — Hygin. Plutarque quand il parle des « pas- sions titaniques et mouvements de l'âme ^ ».

. 874). Grenouilles. En cette qualité. tenant un flambeau. l'assimile aussi à Apollon et à Dionysos : « C'est un autre Apollon qui. de nouveau. Discours. je ca- cherai le feu et je fermerai les anadora de la Parole » (Himérius. 3. d'Aristoph. Grenouilles.. 324. le démon de Déméter » (Strabon. Ihid. Et voilà pourquoi le rhéteur Libanius. portant en grand nombre les signes de sa nature divine. * ». Hésychius. le dadouque. 1154). LES DIEUX 93 les cérémonies. « Dionysos est établi avec Déméter lacchos illumine : « Quiconque d'entre vous m'entend et m'obéit fera retentir l'Iacchos à plusieurs reprises. au mot lacchos. . 11). de Thèbes en Attique. 2. Nous devons donc en conclure que lacchos renaît sans cesse. qui a souvent enveloppé Dionysos dans son manteau. dans un cortège joyeux. 762). dit : Appelle le dieu! Et ceux qui entendent crient : Fils de Séméléî lacchos! Donneur "de richesse! » {Schol. à Eleusis. Lui aussi il arrive dans l'Olympe grâce à sa race et grâce à 1. ils pénètrent dans le sanctuaire où ils reçoivent l'illumination. filsde Perséphone ou époux de Déméter^. Schol. XXII. lacchos est celui qui dirige les Mystères : « On appelle lacchos et Dionysos rarchégète des Mystères. Himérius compare ses disciples fidèles aux initiés les initiés : crient l'Iacchos. on le dit un héros 3.. mais.. X.. monte dans Vanadoron et illumine les initiés. lacchos distribue les biens et les richesses : « lacchos le distributeur » (Sophocle.. Il s'agit donc du Dionysos qui s'incarne sans cesse à Eleusis. 324. « lacchos aux cornes de bœuf » (Soph. l'accompagne en fête : c'est le sage Socrate. d'Aristoph. qui assimile Alcibiade à un hiérophante.. Scholies d'Aristoph.. 4. pour celui qui désobéit. On le dit identique à Dionysos ou différent de Dionysos ^. vient de Délos chez nous. Grenouilles. fragm. Antig. Le bienheureux Silène. Ce lacchos-Dionysos s'incarne dans le hiérophante qui. 479). 3. 7. Et le dieu est en grande plénitude et partout dans la Grèce. C'est un second Dionysos qui arrive. « Dans les concours lénaïques de Dionysos.

elle a été envoyée sous terre pour ramener Perséphone. Mais il semble certain que généalogie des dieux ou plu- la tôt diverses généalogies des dieux sont racontées dans les Mystères : en efïet il y a des traces de ces généalogies dans les fragments orphiques. Déclamation. chez Platon et chez les divers théologiens. Athéna a participé à cette œuvre. 118).. chez Hésiode. suivant d'autres. comme souvent : « Les Pythagoriciens recommandaient de regarder vers le ciel depuis l'aurore afin que nous nous rappelions ceux qui toujours 1. a Ziel jedes Mysteriums ist die Verbindung des Menschen mit der Gottheit durch einen sakramentalen Akt » (Alfred Kôrte. 26-27. Zu den eleusiniS' chen Mgsierien. 12.. Archiv fur Religionswiss. 5). Il suffit de retenir certains traits. Et la doctrine de Pythagore est pareille à celle des Mystères. Hécate a indiqué le lieu où Perséphone a été emmenée. Les Mystères nous rattachent au monde et aux dieux ^ : « Les télélés. Discours de Timon). en portant la tor- che et en agitant les flambeaux du haut de Vanadoron » (Libanius. De nombreuses divinités interviennent dans telle ou telle partie du drame mystique. le dieu mystique. On ne saurait ici entrer dans tous les détails de cette théo- logie. nous rattachent aux dieux » (Proclus. 1915 (18). et se perdant dans le Un et le Bon qui est la source première des dieux et des hommes. Sur la République.. ni montrer comment les dieux peuvent être considérés comme divers ou comme s'identifîant les uns aux autres. 94 PRINCIPE DE l'initiation son administration de l'État. p. I. . 7. comme on dit que le premier dieu. comment l'homme a par consé- quent une origine divine et réunit «n lui les éléments qui sont dans le monde. y arrive en faisant le Bacchant. ou bien sont célébrées par les Mystères d'Eleusis comme par les autres Mystères. Rapports des mystes avec lesdieux. 75. Apollon apparaît souvent comme celui qui a ramené Dio- nysos à l'intégrité.

Le rhéteur Sopatros fait dire à un initié : « Considérant l'autre jour la parenté de mon âme avec la divinité. nous rattachent aux dieux. 75. On peut dire que. Car il n'y a rien qui voile un astre » (Marc Aurèle. 138 et suiv. grâce aux Mystères. 166). se hâte de remonter vers ce qui est de sa parenté » (Ménandre le Rhéteur. et digne du flambeau mystérieux. et l'ordre et la pureté et la nudité. Quel homme de bien en effet. Sur le Phédon. Kroll). édit. et rien de ce qui est humain ne lui est étranger : « Sur l'ordre de la nature. étant parente du dieu.). qui est aussi celle des dieux. car ils ont fui en haut vers leur propre unité. Norvin. édition Walz.. ce &ont ceux qui restent dans la discordance et dans la multiplicité. font disparaître par les illuminations intellectuelles tout le trouble enfoncé en nous par le manque de raisonnement. ou qu'elle remonte vers le dieu. 26). l'âme humaine re- monte vers les dieux. L'initié se considère comme appartenant à la famille des dieux. p. peut considérer aucun malheur d'autrui comme lui étant étranger? Voilà ce qui nous sépare des animaux muets » ( Juvé- nal. p. grâce à leur corps. et quand on met en terre un enfant trop petit pour le feu du bûcher. et tel que le veut le prêtre de Cérès.. et soulevé d'enthou- siasme par l'initiation. font disparaître par la lumière des dieux ce qu'il y a d'indéterminé et d'obscur" dans ceux qui se font initier » (Proclus.» {Bhelores graeci. la religion permet d'agir non seulement sur l'homme. t. . I. et qui s'entrouvrent vers lui à cause de quoi ils vont vers ce qui leur est semblable » . et descendant de là-haut. (Olympiodore. On peut dire aussi que l'âme remonte vers l'unité des dieux : « Ceux qui sont vraiment initiés vivent avec les dieux. 8. mais sur la cité et sur le monde. « L'âme. Sur la République. 283. XI. Les non-initiés. Walz). LES DIEUX 95 accomplissent leur œuvre en suivant le même chemin et de la même façon. la cité et lemonde. nous gémissons quand passe le convoi funèbre d'une vierge adulte. IX. p. édit. Puisque des rapports étroits unissent l'homme. Satire XV. « Les mystères et les télétés font remonter nos âmes de la vie matérielle et mortelle.115). Mais l'initié reste un homme.

» § II. la chaleur vitale et la vie. transmettra du cerveau par les nerfs. c'est-à-dire la force qui. 1. Elle est ensuite venue dans la partie supérieure du Monde Visible. elle a traversé les différents cercles des astres. Des Dieux. trad. Voir plus loin. Elle a d'abord habité. elle a reçu le souffle de vie qui doit transporter du cœur dans le composé humain. fait de lumière et de souffle subtils. libre. puis a pénétré dans l'atmosphère ter- restrehumide et obscure. L'âme préexiste à la vie humaine. Salluste le Philosophe. Dans le cercle de la lune. ou encore souffle lumineux). mais aident à la formation et à l'adminis- tration du monde ^. — L'ame humaine et l'initiation. Pendant cette descente. une fois le com- posé humain constitué. Mario Meunier. et purifiées de tout élément corporel s'adjoindront aux dieux et partageront avec eux le gouvernement du monde entier 2. elle a reçu une partie lumineuse. cercle de la genèse ou de la génération. . Dans la région éthérée. et en faisant partie. l'âme devient multiple. parfaite. à travers tout le corps. elle subit un changement profond le char : ou véhicule qui la transportait. elle s'est adjoint plusieurs élé- ments. par les artères.96 PRINCIPE DE l'initiation Les non seulement dirigent les hommes. différents de sa nature primitive. Les prêtres et les dignitaires non seulement administrent les choses saintes. mais ils diri- rois gent nature la et les phénomènes de la nature. X et XL 2. les ordres de la pensée. XXI. puis le cercle de la lune. ch. le souffle de pensée (d'autres disent souffle d'âme. attachée à cette Intelligence éternelle. dans le Monde Intelligible. heureuse. amenant la fertilité du sol et la fécondité des troupeaux. notamment ch. devient plus matériel et prend la forme d'un corps humain. Les âmes enfin « séparées de leur principe irraisonnable. elle est enfin arrivée sur la terre. Arrivée dans le monde sublunaire.

En réalité l'âme humaine est issue du Nous (ou Intellect) qui est unique. La mort doit le délivrer. épiihumia (faculté de désirer et de sentir. des forces ou souffles transportent les ac- tions et réactions diverses : le souffle de pensée transporte par les nerfs les ordres de la pensée. dans le corps multiple.. car le cours de V esprit peut être gêné ou obstrué. une Ame. et que la pen- sée est unie à l'âme seconde. Tant que l'âme reste enfermée dans le corps. à l'exilé écarté de sa patrie véritable.. né de la terre. Ilremontera vers la région supé- rieure en se dégageant plus ou moins vite des influences fu- nestes. Il reviendra à l'unité et se réunira d'une union intime avec la Pensée divine et éternelle. un Corps : le Nous étant dans l'Ame et l'Ame dans le Corps. il est sujet à l'ignorance. ou huit facultés. répulsions. à l'huître attachée au sol d'une île. l'homme est sujet aux passions et à la souffrance. . Nous. alors. car les mouvements qui montent de Vépi- ihumia peuvent dominer l'ardeur de l'âme et la pensée. On conçait aussi l'âme comme composée de sept facultés. le Nous étant lui-même un développement de ce qui est supérieur au Nous. On conçoit l'Ame comme primitivement simple. terre. . ou de nombreuses puissances diverses. appelée chez les poètes phrène ou phrè- neSj et qui siège dans le foie ou vers le foie). On peut se représenter encore l'homme vivant sur la terre comme ayant en lui un Nous (une Pensée). a trois facultés. puis passant à la multiplicité. au prisonnier attaché dans une sombre caverne. le souffle de vie transporte par un souffle humide distribue les les artères l'ardeur vitale. L'Ame. au cadavre enfermé dans letombeau. ihumos (ar- deur vitale qui siège dans le cœur). l'âme pénètre Ainsi l'homme qui vit ici-bas peut être compris comme étant une Pensée qui s'est enveloppée de vêtements de plus en plus matériels. éléments nutritifs ou les désirs. peut-on dire.. l'ame humaine 97 Sur dans un corps.en se purifiant des souillures contractées ici-bas. au coupable châtié pour ses fautes. Il est comparable à la truie plongée dans le bourbier.

d'au- tresayant déjà quelque chose de divin. certaines semblent descendues volontairement pour perfectionner et illuminer lé monde. se faire initier. confusion. Voilà pourquoi l'initiation comporte plusieurs degrés successifs. pour parler encore d'une autre façon. ne sont pas cependant toutes parties de la même hauteur pour entrer dans la vie actuelle.. Et le retour qui s'accomplit après la mort n'est pas le même. de ramener dès cette vie la cité et le monde vers un état . L'initiation en effet ressembleà la mort. c'est apprendre à mourir.. c'est-à-dire apprendre à remonter vers la lumière. qui ont toutes la même origine pre- mière. mais en amenant avec elle tout ce qui est primitivement chaos. Les âmes humaines ne viennent pas dans des corps pareils. Or les initiations procurent les moyens. mais toute âme est susceptible d'éclairer la matière et toute âme est diminuée par son con- tact avec le corps. c'est-à-dire au retour de l'homme vers ses origines. ou. elle doit remonter ces divers degrés pour regagner le lieud'où elle est partie et y faire remonter avec elle les éléments hétérogènes. par laquelle on quitte ce qui est imparfait. Mais le but final reste le même. Cet état de perfection est préparé dès la vie actuelle par la religion et les initiations. d'autres semblent avoir été précipitées par suite d'une faute et avoir cette faute à expier. L'homme vit dans une cité et dans un monde la cité : et le monde doivent eux aussi parvenir à la perfection. Elles ne sont pas venues de la même façon. L'âme est descendue de plusieurs degrés dans sa progres- sion vers la vie matérielle. Les âmes humaines.98 PRINCIPE DE l'initiation L'âme humaine doit revenir s'identifier au Nous et à ce qui est au-dessus du Nous. certains corps étant plus grossiers. c'est mourir d'une mort symbolique. il peut comporter des vicissitudes diverses. obscurité. trouble. La cité et le monde doivent finalement se confondre dans la perfection de l'unité. il peut demander plus ou moins de temps.

souffle de pensée et souffle d'âme. avant de s'unir à un corps.-C). législateurs. elle ne subit aucune altération. 103 et suivantes. elle prend quel- ques idées des lieux qui entourent le séjour terrestre. d'abord pensée pure. se remplit d'irréflexion. de meilleurs la- boureurs. Que l'âme. Mais lorsque. p. soit descendue sur la terre en s'adjoignant des parties diverses. l'ame humaine . nous a décrit la descente des âmes dans un récit sinon très clair. 99 meilleur. et rétablir la doctrine point par point. alors un certain oubli de ce qui est là-haut la prend un peu et la porte vers le bas. tant qu'elle siège dans la partie la plus pure du monde. philosophes. Elles font des citoyens meilleurs. et suit le maître de toutes choses. Comment Vâme est venue sur ta terre. rhéteur de l'époque chrétienne (il a vécu vers l'an 110 après J. elles font des époux. qui se préoccupe toujours de suivre les idées antiques. La théorie générale des Mystères éleusiniens ne se trouve. De la Musique. certes. beaucoup d'auteurs l'ont dit de façon plus ou moins claire. du moins très circonstancié \ Voulant expliquer l'afïinité du corps humain pour la mu- sique.. édition Meibomius. n'a aucune union avec les corps. prê- tres. elles font des chefs ou conducteurs : médecins. à mesure qu'elle s'écarte de ce qui est en haut. poètes. Aristide Quintilien. Il nous fautreconstituer en ajustant ensemble divers la documents. elle s'applique à ce qui est ici-bas. avec les souffles qui les parcourent. et se tourne l. il reconnaît comme éléments importants de ce corps humain -^ sur lesquels agit directement la musique des ins- truments à corde et des instruments à vent — les nerfs et les artères. exposée clairement et distinctement chez aucun au- teur grec. par suite d'une inclination vers les choses d'iei-bas. Puis il raconte la formation de ces souffles^ et la formation du composé humain^ « Cette âme. de meilleurs chefs de cités. .. 1 . et en particulier celles de Platon.

. elle prend et attire à elle quelques parties du composé corporel. suivant une comparaison que nous retrouverons plus loin. et de souffle. 2. qui est attaché à l'âme comme l'huître (ostreon) à l'écaille. elle le restitue par les souvenirs.. membraneuses et ner- veuses. de se tendre en pensée avec le tout. en maintenant l'unité dans ses différentes parties.100 PRINCIPE DE l'initiation vers les ténèbres corporelles. Le latin Macrobe exprime dans un style différent des idées semblables. pour lui. » Que cette théorie soit empruntée aux Mystères. elle fait un grand et considérable sifflement. elle les change en membranes. et en gardant même une cer- taine terreur. III. 165. elle prend ensuite le souffle humide. d'autre part gardant par sa nature quelques-unes des choses qui sont au-dessus. à cause du mouvement naturel. Cela fait la racine du corps. Le corps. par la diminu- tion de sa dignité ancienne. 1. Il a en effet cette affirmation ^ : « La musique et la philosophie sont dans les mêmes rapports que les petits et les grands Mystères. puis. les lignes qu'elle a rencontrées dans l'empyrée. Quand elle va à tra- vers les cercles éthérés. » La philosophie. formé de surfaces. et la philosophie ramène l'âme à son état primitif c'est donc: que les Mystères se proposent eux aussi de ramener l'âme à son état primitif. en sorte que cela lui fait un premier corps physique. C'est par cela ^ que l'organe ostréique est nourri et maintenu. d'une part atti- rant vers elle certaines choses des masses du souffle. elle prend tout ce qui est lumineux. désirant un corps. oubliant les beautés d'en haut. ils supposent donc un état primitif parfait. elle passe à la forme humaine.. lieux qui participent à l'obscur et au souffle désormais placés en face. et. dit-on. et la matière éthérée.. Mais il nous permet ailleurs de le conjecturer. Aristide Quin- tilien ne le dit pas. par le transport des lignes les unes dans les autres. et la couleur écla- tante du feu dont elle a été teinte. et se remplit du souffle qui est en dessous. étendant les surfaces et les tracés des cercles.. transport sans ordre. elle se laisse emporter vers les parties plus solides et plus matérielles. propre à sauver le corps et à le garder physiquement. elle perd son apparence sphérique. est analogue aux grands Mystères. les surfaces qu'elle a rencontrées dans la partie lumineuse. elle en fait la forme des nerfs. de ces cercles et des tracés qui sont en eux. à mesure qu'elle passe par chacune des régions supérieures. Ainsi. De la musique. devenant incapable. suivi par la déchéance de l'âme tombée dans le corps. elle constitue des liens entrelacés à la façon d'un filet. La philosophie est un accomplissement parfait ce qui a été perdu par les âmes dans : le malheur de la naissance. Quand elle passe à travers les lieux qui avoisinent la lune.

peu à peu elle se rend apte à la société de ce vêtement ostréi- que (ut per eas gradatim socielali hujus indumenti îesîei concilie- iur) et ainsi. Il décrit les portes du ciel. Mais celle qui a pensé. et alors coule de la forme ronde.. en effet. la se- conde dans les membres du corps humain. i 1. qui sont sur la Voie Lactée : « Par ces portes. I. par des pertes secrètes (per iacila delrimenla) et par un éloignement progressif de la pureté simple et absolument sans tache. ibid. tantôt comme multiples. de telle sorte que. quand elle est attirée vers le corps.. quand la première se répand dans les membres du monde. lorsqu'il parlait de la fabrication de l'âme du monde : les âmes du monde et des hom- mes apparaîtront tantôt comme ignorant toute division. 10). a appelée indivisible et divisée. elle vient vers la dyade qui est la première extensioîi en avant. par autant de morts qu'elle traverse de sphères. Et ceci est l'essence que Platon. I. Elle ne s'enfonce pas tout d'un coup de l'incorruptibilité parfaite dans un corps de boue. dans le Timée. elle se gonfle en recevant pour ainsi dire les accroissements d'un corps sidéral (in quaedam siderei corporis incrementa iurgescii) . de même que la ligne naît du point et avance de l'indivision vers la longueur. placé dans la région qui est entre le Cancer et le Lion. puis l'en- traîne. elle s'étend. 12). que l'âme est entraînée vers le corps trépidante d'une ivresse nouvelle. par elles. peu à peu. par un secret désir. de son point qui est la monade. elle arrive à ce qu'on appelle sur les terres la vie » (Songe de Sci- pion. regardant du haut de cet observatoire élevé (ab illa spécula allissima) et de cette lumière perpétuelle. . suivant la croyance admise. c'est-à-dire I'uXtjv influant sur elle. L'âme donc. possèdent le ciel. dans cette première extension d'elle- même commence à ressentir le tumulte de la matière. l'âme descend. si l'on pense à la simplicité de la nature divine. produit par un afflux de la matière. Et c'est ce que Platon a marqué dans le Phédon.. par le poids même de la pensée terrestre. qui l'imprègne et l'alourdit. à l'appétence de ce que nous appelons sur la terre la vie. Arcani hujus indicium. de tout contact avec n'im- libres porte quel corps. les âmes vont du ciel sur les terres et des terres au ciel » {id. elle se revêt d'un vêtement éthéré (aelheria obvoluUone vesiiiur). s'enfonce peu à peu. qui est la seule forme divine. dans toutes les sphères qui sont en dessous du ciel. mais.. à la forme conique.Les âmes bienheureuses. il y a le cratère astral de Li- ber le Père. c'est-à-dire de la limite où le zodiaque et le lactée se touchent. l'ame humaine 101 Il raconte comment l'âme quitte le séjour d'en haut : « . Comme marque de ce secret^. Il précise ensuite : « De là. voulant signifier le nouveau breuvage. vei s les lieux inférieurs.

après avoir été modelée par les idées ^. et c'est ce que les Anciens ont appelé le fleuve du Léthé. et pendant qu'elle glisse par des sphères. 7. Senliendi opinandique naîuram.. c'est-à-dire ceux du ciel 1. dans Mars l'ardeur de l'âme qui s'ap- pelle 6uixiy. Qua vel sustenlanîur divina vel consianU 3. Ideis impressa. et c'est. 6.) qui. mais la première substance animale. et les morceaux ayant été ensevelis. dans celle de Jupiter. comme nous l'avons dit. Animosilalis ardorem. l'âme glisse du zodiaque et du lactée. 2. Et telle est la différence entre les*corps terrestres et les corps supérieurs.6v dans celle . déchiré membre par membre par la fureur titanique. désir 5. jusqu'aux sphères situées en dessous. et en retournant de nouveau de la division à l'indivision. que l'on appelle èiutôufXYjTixôv. Aussi. mais encore elle introduit en elle-même le mouvement qu'elle doit avoir dans l'exercice de ce corps dans la : sphère de Saturne. suivant la croyance établie. mais la première quand on considère les choses qui sent nôtres et terrestres : le corps en effet est la lie des choses divines. à la suite de quoi l'oubli. 4. Naîuram planiandi et augendi corpora. Desiderii moium. Mais sa partie la plus haute. parce que le vouç. s'appelle le nectar. commence à se glisser insensiblement dans les âmes Uhylé a formé tout le corps du monde que nous voyons partout. sous l'influence de la matière qui pénètre en elles. par Liber le Père lui-même. elle l'acquiert en entrant dans le cercle de la lune. et qui est plus trouble est le breuvage des âmes.. le breuvage des dieux. capable de soutenir et former ce qui est divin 2. . par ce premier poids. la partie qui est plus bas. dans celle de Vénus. Mens. le raisonnement et la compréhension que l'on appelle Xo^ksiiv-o-^ et ôswpyjTixov. on raconte que. la force ^ d'agir qui est TupaxTtxov. né de celui-là. les Orphiques soup- çonnent qu'il faut comprendre le vouv uXaov (la Pensée impré- gnée de matière. se divise en chacun. elle se recouvre d'un corps lumi- neux qu'elle s'ajoute. remplit les offices qu'il doit remplir dans le monde et n'abandonne pas les secrets de sa nature. du soleil la faculté de sentii et d'imagi-^ nci * qui s'appellent ataOYjxtxov et 9avT.ov le mouvement du . Mais. pour le (puxtxôv. compagnon de l'ivresse.102 PRINCIPE DE l'initiation signifiant que l'ébriété arrive par là pour la première fois aux âmes qui vont descendre. appelé en latin. il se releva un et . c'est-à-dire la faculté de planter et de faire croître les corps ^. Et cette puissance est la dernière si l'on part des choses divines. celui de mettre en avant et d'expliquer ce qu'elle ressent ^ dans la sphère de Mercure. qui est indivis.intact. non seulement. 5. dans les cérémonies sacrées.aaTiy. en se présentant divisible d'indivisible qu'il était. Donc. Pronunîiandi et inlerprelandi quae senîiaî.

Pour l'âme. 734). qui a fourni l'essence de l'âme et son principe ces : éléments ont seulement façonné le corps. et son engloutis- sement temporel ne lui enlève pas le bénéfice de la perpétuité. il appelle sa naissance un voyage. ô hommes. dans l'erreur. expiant le fait d'avoir mangé des chairs et des allélophagies (crime de se dévorer mutuellement) ». Et de même. Tel est mon exil actuel. suivant 1. que ceux-là sont appelés en haut pour le siège de l'âme et ont mérité l'immortalité par la nature même de la région où ils sont et par l'imitation de cette sublimité. venue d'ailleurs ici-bas. Il y — a là sans doute une allusion au mythe de Dionysos démembré et déchiré par les Titans qui sont les ancêtres de l'homme. dieu exilé du ciel. employant la plus atténuée des expressions. elle fois la est seulement recouverte pour un certain temps. loin des dieux. rétablie dans son intégrité. relativement au point qu'Eschyle a traité par énigme et a montré obscurément quand il a dit : Vénérable Apollon. à propos de l'âme. par lui-même. fait cette proclamation : C'est affaire de la nécessité. souille ses membres d'un meurtre et quand les démons de longue durée ont obtenu sa vie. Ailleurs [de la manducaiion des chairs. p. ^ lorsque quelqu'un. mais il veut. I. alors elle reviendra à la lumière de la vie éternelle. né de la terre et mortel. hésitant à dire pourquoi l'abstinence de viande est demandée en certains cas. égaré. Ne va pas t'émouvoîr si. I. au début de sa philosophie. I. qu'il erre pendant dix mille saisons loin des bienheureux. quand elle sera hors du corps dans lequel elle aura accompli sa fonction. a-t-il dit. l'ame humaine 103 et des astres et des autres éléments. » Plutarque explique la même théorie. De Vexil. reprend des expressions d' Empédocle « que les âmes sont attachées à des corps. presque usée par la contagion de ses défauts. Car. Par la mort en effet. tandis que l'âme est amenée vers ces corps terrestres. édition Didot. XVII (édition Didot. suivant le mot d'Hé- rodote. l'âme ne s'éteint pas. p. ce n'est pas le sang. que ma bouche ne commette pas de faute. 925) Plutarque. de sorte qu'on croit qu'elle meurt quand elle se renferme dans cette région caduque et dans le séjour de la mortalité. nous nommons tant de mort. mythe qui signifiait que l'âme humaine a perdu son unité première pour se diviser à l'intérieur du corps humain. Mais Empédocle. ni le pneuma mêlé à ce sang. il indiquer que nous sommes tous des émigrés. . 7. t. 2. ne veut pas parler de lui seul. antique décret des dieux. car. expiant des meurtres. alors. mais sans entrer ^ dans tous les mêmes détails : a Et. des étrangers et des exilés.

elle est. P. elle est exilée et errante... une âme infé- : rieure a été faite par les Dieux issus de Dieux. est entrée dans un corps matériel. épiihumia vers le foie. a expliqué par la même théorie l'expression de Platon « la partie mortelle de l'âme tissée par les dieux sur la partie immortelle * ». Timée. il y a des vêtements éthérés. qui. 9. puisque nous tirons d'eux notre âme. et plaisirs et peines. et nous soumettent à la nécessité. enveloppant la vie intellectuelle. pensée dans la tête. spirituels. l'attachent conve- nablement au corps solide par des liens intermédiaires communs.. et ne sait plus de quel honneur et de quelle grandeur de félicité elle est venue. elle ne se souvient plus. attachée au corps à la façon d'une huître. 41 d.. d'un autre côté. ar- deur dans le cœur. ni Corinthe pour Lemnos ou Scyros. puisque nous passons là. non seulement nous fait connaître son opinion. 310 et 311. célestes. II. dans son Traité de Vâme ^. mais ce sont les dieux en mouvement qui donnent ces passions terribles et fatales. 656-657. ayant quitté non pas Sardes pour Athènes. Et Proclus.104 PRINCIPE DE l'initiation la vérité pure. et l'autre espèce d'âme d'où dépendent ces passions. etc. » L'âme. en venant sur la terre. mais le ciel et la lune pour la terre et la vie sur la terre. 4. » Plotin 2. D'autres pensent qu'entre le corps solide et l'âme incorporelle et angélique. Jamblique. et. c'est le démiurge qui donne le principe de l'âme. 1. Ensuite. comme dit Platon. poussée par des décisions et des lois divines. ardeurs et désirs. 2. dans son Commentaire sur le Timée ^.. Ces théories nous lient aux astres. mais éclaircit celle de Platon : « Suivant le Timée. Ennéades. p. » Ce texte résume la doctrine célèbre exposée dans le Timée de Platon l'âme immortelle vient du premier Dieu. Voir dans le Ploîin de Douillet. fait allusion à cette doctrine : « Les uns introduisent immédiatement l'âme dans le corps organisé. t. 3. 3. . ces Dieux ont placé dans le corps les diverses facultés. II. de même que dans une île sujette aux assauts furieux de la mer.. sont produits pour la contenir et lui servir de véhicules.

2. Répuhl. il est de la même façon tout aussi nécessaire que l'âme soit après la mort. De VAme. 124 d. 4. I. » [De la Vertu morale. et s'en est repue » [Phèdre. p. C'est aussi la théorie impliquée par l'expression l'âme qui se repaît de la « terre ^ » et d'autres. Anth. Timée. 117. 4. des Religions. C'est la théorie de Platon dans le Timée ^. « Il dit que l'âme entre. l'ame humaine 105 Des témoignages rapportent formellement la théorie à Orphée : a Le père des hommes et des dieux nous a constitués Pensée dans l'Ame. Isidore Lévy. Sur la face qui apparaît dans la lune. 3).2) : 1. qui renvoie lui-même à Cumoiit. II. et les Grecs ont souvent dit. I. Vie de Pyihag.uy»i yîiv écrxtMfjiévYi. Revue de VHisl. 1. 358). » On peut dire encore. apportée par les vents. Comparer l'expression relative à l'âme telle qu'elle est avant l'arrivée sur la terre : « l'âme qui a contemplé les réalités vraies.. 77 c). Fragm. 559). p. I. 12. Platon. La Légende de Pylhagore.. Ame dans le corps inactif » (Vers orphiques cités par Proclus dans son Commentaire sur le Timée. der VoTsokraliker. qui est une : partie ou une coupure du tout. 3.. Aristote. ceux-ci soufflant » {logos orphique cité par Aristote. 5) . 25.. 19 fin). p. La distinction entre Nous et Psyché^ c'est-à-dire Intellect et Ame est fréquente chez les Grecs ^. p. A.. Nouménios cité dans Stobée.. 9. n. Empédocle de même (Diels-Kranz. 206. Elle est chez Anaxagore (suivant Aristote. . I (Mullach. P/zérfon. t. 247 e). élytron (ou gaîne) de l'âme ^. 4. 1. C'est la théorie de Platon dans le Phédon : « Si l'âme existe auparavant. 1. 1. Et Plutarqae « L'âme de l'homme. dans Plutarque. et s'il est nécessaire que cette âme allant vers la vie et entrant dans le devenir n'ait pas d'autre point de départ que la mort et l'état de mort. ou par le mot d'Aristote « le corps. » (Pla- ton. que l'âme humaine est une partie de l'âme universelle et que les êtres vivants sont tous parents : Pythagore l'affirmait : « Tous les êtres vivants qui viennent à la naissance sont de même race icavTa -zoi "^wyLevoL ziiàuycc : 6[JL0Y£V^ SeC eivai » (Porphyre.. De la Sagesse. p. 611 e. etc. 49. venant du tout. H. 124 6). De Vâme. Elle est dans le Pseudo-Archytas. I..

oct. l'Ame (Psyché) et le corps : L'âme est intermédiaire entre l'essence indivisible et l'es- ce sence corporelle divisible. 122. 1926). Heraclite. Mais elle semble empruntée aux Mystères : « Platon n'a pas pris le premier le cocher et les chevaux. Topiques. etc.. îhumos. le Nous est seulement une essence indivisible. depuis Orphée et Homère. un souffle de vie . Diogène d'Apollonie. 1927). et d'autre part se sert de ces mots comme représentant une nature qui est unique. Mais en pratique. Pythagore. Couvreur. 3. excepté dans son principe. Xénophane. 7. Hermias. Homère. on peut la consi- dérer comme ayant sept parties. IV. 4. XXII. 3. Quelques mois du vocabulaire grec exprimant les facultés et les opérations de Pâme {Revue des Eludes grecques. Sur le Phèdre de Platon. 19. Les Facutiés de F âme d'après Platon. des vapeurs. 5). La célèbre comparaison du char. dans des conditions telles que nous devons reconnaître chez eux la connaissance de la doctrine ^. Démocrite. Porphyre distingue la Pensée (Nous). De la Vertu morale. ou à peu près. Sur les Parties des Animaux. — char dont le cocher représente la pensée et dont les deux chevaux représentent les deux facultés inférieures — est connue surtout par Pla- -. on peut entendre par Ame les différentes facultés y compris là Pensée. Maxime de Tyr. p. IV. Sal- luste le Philosophe. Les poètes mêmes qui évitent les définitions. Hippocrate et Homère {Acropole. emploient du moins les mots nous. 246 a. Plotin. 2). Pensées. phrène ou p/irènes. les qualités et les apparences matérielles concernent les corps divisibles » (Por- phyre. psychologiques. mais avant lui ceux des poètes qui étaient inspirés par la divinité. édit.106 PRINCIPE DE l'initiation Anaxagore d'une part semble afiûrmer que l'Ame (Psyché) et « la Pensée (Nous) sont différentes. IV. ton. plus la partie conductrice 1. 100 a. et méritent d'être distingués.. citant Anaxagore. de VEpithumia [Phrène ou Phrènes chez les poètes) ils ont admis un souffle de pensée. Tous les Grecs. Théagis le Pythagoricien {De la : verlu. III. Orphée. comme la Pensée est entrée dans l'Ame (le Nous dans la Psyché). Plutarque. 10. Aristote. Parménide ^. 4. 2. » Au lieu de diviser l'âme en trois parties. 10. les corps sont seulement divisibles. ont admis la distinction de la pensée (en grec Nous). Ces idées ont été développées dans deux articles. . de : V ardeur (Thumos). Parmé- laide. Des Dieux. Des opinions des Philosophes.-déc. Même théorie Timée de Locres. comme nous l'avons dit plus haut. » Ce qui veut dire le Nous et la Psyché ont des origines diffé- : rentes.

soit parce que l'âme qu'ils subissent le a été appesantie par certaines passions. 11. ou bien qu'elle est descendue pour la perfection du monde. et dans des Corps. dans les périodes déterminées. Plotin * note plusieurs opinions sur« les âmes semées dans la génération ». IV. l'ame humaine 107 ou hégémonicon^ . elles sont «éloignées de Dieu et égarées » (suivant Empédocle). 35 a-h-c et suiv. les diverses opinions ne se contredisent pas : la pensée doit amener la perfectionde l'Ame et du Corps. Des Opinions des Philosophes. 3. Orph. les philosophes donnent des explications diverses ils disent que l'âme (ou plus exactement la Pensée) : venue sur la terre et dans le corps. dans Saint Augustin. Contre Celse. IV. fragm. par conséquent in- 1. 130 b dans O. loin des bienheureux. » En réalité... tant que la Pensée reste dans une Ame attachée à un corps. or l'âme humaine est formée par l'âme du monde. admet que l'âme du monde se divise en sept. elle soit revenue à la pureté. 23. quand il dit dans le Cralyle (40(3 c) « Les disciples d'Orphée donnent le nom : de prison (en grec.. Timée. soit parce châtiment de leurs fautes. dans la Pair. dans l'homme individuel. et un même philosophe peut admettre successivement les deux divisions ^. Car il faut. Veier. sema) à la peine que subit l'âme en expiation de ses fautes. Platon. sema) où l'âme est gardée. 2. 8. et ils regardent le corps (en grec. p.. Cilé de Dieu. qu'elle erre pendant trois fois dix mille sai- sons. » Platon admet le mythe de la faute et du châtiment. y subit un châtiment. Proclus. Sur le Timée. 72. 5. 4. elle semble partici- per à la nature de l'âme et du corps. Sioic. Plutarque. 929 et 932. Origène.. Kern. 11 c-d-e. II. et par conséquent dans le monde entier. 5. La division de l'âme en sept est symbolisée par le déchire- ment dionysiaque. descendent elles « ici-bas pour la perfection de l'univers ». Ennéades. Proclus. Cf. p. résume de même les diverses hypothèses «. Von Arnim. fragm. les hommes ont été attachés à des : corps. Et le philosophe Gelse.. sôma) comme une prison (en grec. 1596. devenant diverse pendant ce temps.. gr. dans la Pair. cité par Origène ^. suivant Empédocle. 226. elles « ont fui pour éviter une trop grande peine » (suivant Heraclite). 210. Théodoret. . et. Mais. V. p. ^ et par conséquent enseignée dans les Mystères comme la division en trois. VIII. Sur le Parménide. 14. 83. VII. 52. soit pour la bonne organisation de l'univers. jusqu'à ce que. Guérison des passions grecques. Cf. Sur les motifs qui ont fait descendre les Ames sur la terre. Varron. qui est un petit monde.

Plutarque y explique qu'il y a deux morts. Comment Vâme remonte. d'après Platon. en prenant des puissances irrationnelles. . 656). la première accomplie en peu de temps. très probant malgré des obscurités sans doute voulues. traduit par Bouillet. et des lacunes qui sera cité plus loin. ^. et impassible par son essence. 1. C'est la théorie de Gelse : « Et Celse dit. l'âme. traversant les cercles des astres. Proclus dépeint la descente et la réascension. 335). la Le même Plutarque exprime ailleurs la même théorie sous une forme très générale : «La naissance est une descente. Plotin. en descendant. 2. Institutions théologiques. p. remontant vers la lune. 2). VI. 21. l'autre par laquelle le Nous se sépare de l'âme. elle commet une faute qu'il lui faudra expier.108 PRINCIPE DE l'initiation férieure à ce qu'elle était dans son état premier. 28 et suiv. prend des enveloppes de plus en plus maté- rielles. dans la même proportion que l'âme qui se sert de lui.. seconde durant longtemps. La marche inverse que doit suivre l'Ame après la mort. dans cette situation inférieure. quand elle secomplaît. quand il est purifié de la matière. et qu'il revient à sa forme propre. Sur la face qui paraît dans la lune. puis de la terre à travers les planètes » (Origène..L'âme descend en effet d'une manière irrationnelle. la mort une réascension'» (De Vâme. » (Proclus. nous apparaît bien dans un texte de Plutarque. que les âmes font route vers la terre. dont elle s'était revêtue en descendant.. 208. Contre Celse. l'une par laquelle l'âme se sépare du corps. VI. II. indivisible. Le véhicule de toute âme descend par l'addition d'enveloppes de plus en plus matérielles. et elle remonte en se dépouillant de toutes les facultés propres à la génération. elle les quitte en remontant : « Toute âme particulière a un véhicule immatériel. il remonte avec l'âme. Elle est exilée ou égarée.. p. D'autre part. quand elle oublie sa condition première.. quittant le corps.

Comment. » Il avait cité ailleurs la théorie de Damascius sur le véhicule lumineux [augoeidès) : Isidore disait avoir entendu exposer par cet homme-là (Da- « mascius) que l'âme a une sorte de véhicule appelé véhicule lumi- neux. 5. disent- ils. versaient le fleuve. il représente les âmes se servant de leurs véhicules étant montées. car. suivant Platon. édit. Gomme chrétien. nous fait le connaître que « après la mort. le thumos et Vépithumia. Pour Platon. Tel est le bavardage des Hellènes. sur leurs véhicules. p. un corps léger lui reste attaché. elles tra- . les âmes perdent leur forme sphérique primitive et prennent une forme analogue à celledu corps humain. 1288. le lexicographe rejette naturellement la théorie : « Pneumaticon sôma (corpé de souffle. 3. ou corps pneumatique). à Marcia. p. SénèquCj Consol. 2. . l'aME HUMAINE 109 Suidas rappelle la théorie d'après laquelle un véhicule sur- vit à la mort — évidemment à première mort la si l'on veut mettre cette théorie en concordance avec celle de Plutarque — et que ce « corps » qui participe à la nature de l'air et de • l'éther (un corps subtil par conséquent) peut désirer et souf- frir. les âmes deviennent sphé- riques ». Et Sénèque suit les Grecs dans leurs idées sur l'ascension de l'âme ^ : 1. et est cependant enfermé dans le corps » (Suidas. dit-il. Sur le Phédon de Platon. De même qu'Aristide Quintilien nous expose comment. la sphère. le véhicule survit : « Même dans l'Hadès. Norvin. à la descente. De ce corps ne peuvent se séparer. XXV. Lexique. comme dit Socrate dans le Phédon » {Commen- taire sur le Timée. 311 c). c'est A 1» ame. suivant Olympiodore ^. On dit qu'une fois l'âme sortie du corps. sur V Iliade. 192. sous l'expression Pneu- maticon sôma). Eustathe ^. qui a la nature des astres. de même commentateur d'Homère. participant à la nature de l'air et de l'éther lumineux. est éternel. qui aura pleinement le sentiment de la souffrance. Proclus fait remarquer que. 10.

Hipp. alors il s'est élevé vers le haut. II. permanente chez les Grecs. C. EL. c'est-à- dire croit qu'. il court parmi les âmes bienheureuses. que l'âme refait en sens inverse après la mort le che- min accompli avant la mort. Sur le Génie de Socraîe. là sont les parties les plus mau- fils (dit-il vaises et les plus pénibles. et former un tout avec la pensée. la mort est alors comparée à la campé^^ c'est-à-dire à la borne autour de laquelle on tourne pour revenir au point de départ. 1686. p. Quand on dit que l'amour a amené les âmes dans le monde visible. Pluîarque et VOrphisme. Méautis. » La vie est assez souvent comparée à une course. tout entier. mais aussi chez Euripide {Hel. Après être resté un peu de temps au-dessus de nous. 18). qui ont su mépriser la vie et se sont rendus libres par le bienfait de la mort. 591 b). par des raisonnements mul- tiples. 86) et Sophocle (0. ne laissant rien sur la. 91). les Gâtons. on dit aussi que l'amour doit ramener ces âmes vers le monde supérieur : « Parménide a dit que l'amour envoie les âmes tantôt du visible vers l'invisible. 582. leur condition n'est pas heureuse. Au chant XI de VOdyssée.110 PRINCIPE DE l'initiation « Il n'est pas de raisonpour que tu coures au sépulcre de ton à une mère en deuil). le temps de se purifier et de secouer les défauts attachés à lui et la souillure de toute vie humaine. 39. les Scipions. 960. tantôt au contraire » (Simplicius. il est parti. ou bien une âme capable d'ardeur et de sentiment. Nous pouvons conjecturer. La comparaison se rencontre chez Plutarque (Consolation à sa femme. Ulysse voit chez Hadès les âmes (Psyché) et les images (eidolon) des héros morts pendant le Guerre de Troie. G. Mélanges Glotz. terre. ^ .après la mort du corps il persiste une âme avec un thumos et des phrènes. les os et les cendres.. Sur la physique d'Aristote. Il a fui tout entier. 611 d-e. aucune n'est 1. la religion antique des Grecs l'a en effet toujours admis. il est reçu par l'assemblée sacrée. Que l'âme doive persister ou ressusciter après la mort du corps. qu'Homère croit à l'immortalité de l'âme.. Cette comparaison implique l'idée.

. celles qui impliquent tendances et sentiments. mais encore le thumos et les phrènes. les 1. Il doit donc attribuer les mêmes facultés aux hommes morts et devenus divins.. elle a saisi quelque chose de la subtilité du feu et de l'air pour sa nature idolique avant de se revêtir de cette enveloppe de terre. de l'Ame et du Corps qui ont constitué l'homme. Saint Augustin attribue formellement aux Grecs la croyance à la palingénésie (renaissance. XVI. 5). dans la tion définitive? Nous devons que non. en sorte que le m. il les croit devenus supérieurs à l'humanité. à la réunion du corps avec ame. .ême corps et la même âme qui avaient été réunis dans l'homme reviennent un jour en union » {Cité de Dieu. s'adresse parfois à ses héros. par consé- quent. Gela signifie que les hérétiques dont parle saint Augustin ont adopté la doctrine grecque de la palingénésie. morts si longtemps auparavant « divin Ménélas! » « ô divin : Patrocle! » « ô divin Eumée! ». D'autre part. cette partie aussi (a dit le logion). mais qu'elle peut conserver en quelque façon les éléments étrangers qu'elle s'est adjoints avant sa descente : « Il ne convient pas seulement de ramener vers les sphères la nature qui vient de là. en la même per- sonne. Iliade. sinon celle de Tirésias. 31. 28). non seulement que l'âme subsiste après la mort. croire Homère lui-même. Ils croient aussi. Des Songes. Par ailleurs il apparaît convaincu que les hommes comme Achille pourront après leur mort protéger les autres hommes ^. l'ame humaine 111 inspirée par une Pensée. croyaient à la réunion future. comme poète. et que. XXII. Ils ont écrit qu'elle s'achève en un nombre d'années égal à quatre cent qua- rante-quatre. Or. elle la ramène en haut » (Synésius. mais si. en descendant. il attribue aux dieux non seulement la pensée. leur dit-il il les croit donc : capables d'entendre les prières et d'accepter les honneurs. ou résurrection) : a Certains Généthliaques ont écrit qu'il y a dans la renaissance des hommes ce que les Grecs ont appelépalingénésie. Mais cette situation pensée du poète. les Grecs. Et Achille pré- férerait à sa condition celle de l'homme qui travaille pour un pauvre agriculteur. Les Grecs sont persuadés en effet. c'est-à-dire les autres facultés de l'âme. une situa- est-elle. semble-t-il.

si l'Ame n'est pas destinée à rejoindre un jour la Pensée. Les disciples dé Bardesane admettaient que l'âme revêtirait un jour une sorte de corps. I. Enfin. n'ayant pas besoin de nourriture et ne faisant pas d'ombre. 391).. 6« éd. 1836. IX. 2« éd. Heraclite. cité par Plutarque. pendant trois mille ans. de même aussi Théodore de Gaza. mais mesuré comme pour un homme qui dort » (Plutarque. mais un corps pneumatique (Matter. les Mages croyaient qu'il viendrait un temps où les hommes auraient un corps immortel et bienheureux. 47). p. Sur Isis et Osiris. t. cité ensuite par le philosophe chrétien est: evôa ô'èôvTt èiravtffTaaOat xcà çiiXaxaç -yivecrbat èyepTi ÇwvTtov xai vexpwv (Voir Die Fragmente der Vorsokraliker. supérieur au corps ac- tuel : « Théopompe dit que. que pendant trois autres mille ans ils combattent et font la guerre et l'un défait les actions de l'autre. Le texte même d'Heraclite. Histoire du Gnosticisme. Voir plus haut.. Cf. Diels. édition Boissonade. tour à tour. et ne feront pas d'ombre. qu'à la fin Hadès cesse d'exis- ter. Pourquoi Théopompe et Plutarque auraient-ils cité cette opi- nion des mages. l'autre est dominé. a aussi cité la même opinion de Théo- pompe.é » Ainsi Plutarque ne veut pas croire que Romulus ait été. La croyance en la résurrection des corps est attribuée à Heraclite : « Il expose aussi la résurrection de cette chair visible dans la- quelle nous sommes nés et il reconnaît que le dieu est cause de cette résurrection quand il dit ^. 9. c'est-à-dire auront des corps parfaits. 164). que les hommes seront bienheureux. Textes et monuments figurés relatifs aux Mystères de Mithra. 2. immédiatement après sa mort. 64. l. Dial.. 77. signification. p.112 PRINCIPE DE l'initiation Grecs auxquels les hérétiques ont emprunté leurs dogmes sont les sectateurs des Mystères. 3. auxquels elle a été unie. p. 63. la doctrine de la métemp- sycose — ou le mythe de la métempsycose n'a plus aucune — . de immort. transporté corps et âme chez les Dieux. et surtout des Mystères éleusiniens ^. p. 187. revue par W. l'un des dieux l'emporte. Diogène Laerce. 10.si elle ne correspondait en quelque façon à leur croyance 2? Or l'essentiel de cette opinion c'est qu'un jour les hommes ne seront plus sujets à la mort. Cumont. . p. et que le dieu qui a machiné tout cela se repose et s'arrête pendant un temps qui ne paraît pas long pour un dieu. I. Prooem. puis le Corps. animae. n'auront plus besoin de nourriture.de H. suivant les Mages. frg. Kranz. Philosophoumena. Suivant Théopompe. Il s'exprime ainsi : 1.

contre la nature. car cela seul vient des dieux elle vient de là-haut. Mais il paraît beaucoup plus vraisemblable de croire que le corps des hommes.. étendu. 27 et 28). et qu'elle sera retrouvée par le corps. un cœur. chez les héros ou. Ce texte semble devoir s'interpréter de la façon suivante : Le vulgaire croit que le corps même de Romulus a été emporté dans l'Olympe aussitôt après la mort. plus haut que les héros. ceux qui se tiennent à ce qui est sûr. » (Vers 567-568). est dans l'état le meilleur. des pieds. et sainte. Car l'âme elle-même. ayant fui tout ce qui est mortel et sujet à la souffrance. suivant Heraclite. de chez les héros vers les démons. Car le corps de tous les hommes suit la mort très forte. ayant reçu la fin la plus belle et la plus fortunée » (Plu- tarque. comme une exhalation lourde et trouble. i^'ame humaine 113 « Ils doivent laisser cela. Les poètes grecs représentent les dieux avec des yeux. traversant le corps comme l'éclair traverse le nuage. c'est-à-dire un corps analogue au corps humain. s'envole et s'emporte difficilement. admettent que les dieux ont des corps divins. comme dit Pindare. Si Théognis peut s'écrier : « Longtemps je resterai sous la terre.. mais celle qui est mêlée au corps et pleine du corps. non : avec le corps. mais surtout lorsqu'elle est débarrassée et délivrée du corps et devient tout à fait pure. sans chair. les corps des hommes excellents. une poitrine. Par conséquent si les poètes et les philosophes estiment que LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 8 . c'est qu'il croitque l'âme perdue sera retrouvée un jour. mais en vérité et selon la méthode convenable — elles s'en vont chez les Dieux. chez les dieux. et croire que ces âmes. quand elle est sèche. et l'image de la vie reste encore vivante. elle remonte là-haut. Les philosophes grecs. même les plus éminents. Il ne faut donc pas renvoyer dans le ciel. chez les démons. de chez les démons — si de façon parfaite elles ont été purifiées et sanctifiées. comme une pierre muette. il faut y renvoyer leurs vertus. ou plus haut que les démons. cette âme s'en va. s'envolent de chez les hommes vers les héros. selon son degré de pureté. non par la loi de la cité. C'est l'âme pure et sainte qui re- monte dans le ciel aussitôt après la mort. des mains. ni même qu'elles aient un corps subtil immé- diatement après la mort. soit sujet à la mort. selon la nature et selon la justice divine. Romulus. ayant perdu mon âme. comme Platon. Cependant Plutarque ne nie pas que les âmes doivent recouvrer un corps plus tard.

« Les cérémonies qui s'accomplissent près du bûcher de Pa- trocle 2 imitent l'immortalisation de l'âme qu'accomplissent les théurges » (Proclus. 2. Comment. 391). animée de tendances propres. C'est l'ensemble des cérémonies qui rendent l'homme parfait. Norvin. Apologie. 121. Que V initiation est une mort. c'est-à- dire les cérémonies de l'initiation. Par les initiations. 41 a. ils doivent estimer aussi qu'il a alors un corps divin. *. en effet. dit Olympiodore. Homère et avec Minos. 4. cela n'arrive pas immédiatement après la mort. veut se représenter sous quel état il sera après la mort. là d'où elles ont fait leur première descente au commencement ^.. ou bien il aura sentiment et le souvenir et alors jouira d'une grande le félicité avec les justes et les sages. C'est l'initié. ^ laver le corps mort signifie qu'il monte pur. Quand un Hellène. Cependant si l'âme doit finalement s'unir de nouveau à son corps. Hésiode. L'âme particulière. 5. faisant dis- paraître par le feu divin les taches qui proviennent de la naissance.114 PRINCIPE DE l'initiation l'homme parvient à un état divin. l'âme humaine remonte au point d'où elle est partie au début : « Le but des iélétés. après la mort. Les cérémonies de la sépulture impliquent la croyance à la rénovation des corps : « Fermer la bouche signifie que l'on arrête l'action du dehors. c'est de faire remonter les âmes vers cette fin. Olympiodore. gardant des souvenirs individuels. envisage deux hypothèses pos- il sibles : ou bien il ressemblera à celui qui dort. comme l'enseigne le discours sacré » (/d. Sur le Timée. Sur la Républ. Platon. sur le Phédon. . le parfumer signifie qu'il participe à la vie immortelle l'ensevelir signifie qu'il s'atta- . édition Norvin. 204). Sur le Phédon. che à sa propre intégrité » (Olympiodore. Triptolème 3. Musée. Le feu sacré purifie les âmes des initiés^ de même que le feu du bûcher purifie les corps. Il s'agit des cérémonies racontées dans le chant XXIII de VIliade. p. 3. ayec Orphée. p. V. » 1.. édit. Rhadamanthe. peut ne pas se réunir à la pensée immédiatement après la mort. 331). « La ^ Uleslique accomplit la plus grande chose. Éaque.

ne donnant aucune crainte. lorsque. Axiochos. des apparitions holoclères ^. d'un bonheur. Phèdre. etun passage du Phédon ^ où le philosophe affirme que le chemin qui conduit vers Hadès comporte beaucoup de bifur- cations et de détours. étant mystes et époptes. et que. Ainsi. «comme je le conjecture. Nous pouvons rapprocher un passage du dialogue pla- 2 tonicien Axîochos : « Héraclès et Dionysos ont été initiés à Athènes avant de des- cendre aux Enfers. d'après ce qui se passe ici dans nos cérémonies. avant de descendre sur la terre. et la hardiesse pour le voyage de là-has leur est venue du voyage accompli à Eleusis ». et n'ayant pas la marque de ce que nous portons maintenant autour de nous. » Dans lePhèdre *. les initiés sont censés mourir. c'est qu'elles présentent une image de ce voyage. 613. par conséquent. parce qu'il a vu « les orgies des Mystes ». dans un chœur divinement conduit. Hercule Furieux. suivant Zeus. et elles étaient dans l'ini- tiation que l'on peut dire la plus heureuse. et que nous appelons le corps. elles contemplaient une vision et un spectacle de félicité. et il dit : « Alors il leur était donné de voir une beauté brillante. nous tenant purs dans une clarté pure. Ceux qui reçoivent l'initiation à Eleusis se comportent comme des morts. 5. 3. 250 c. alors nous fêtions. simples. . Platon raconte poétiquement comment les âmes. auquel nous sommes attachés à la façon de l'huître. étant holoclères nous-mêmes et exempts des maux qui nous attendaient pour plus tard.divin. 4. les unes. se comportent comme des initiés. comme nous. Le mysie est le simple initié. d'après les récits mythiques. en de saints transports. 2. Vépopîe est celui qui est du degré supérieur à celui du simple myste. voyage aux Enfers. » 1. 108 a. Phédon. l'ame humaine 115 Par conséquent l'initiation fait accomplir à l'initié les mêmes démarches que la mort. les autres suivant un autre dieu. étaient heureuses à la suite des dieux. dit-il. 371 e. et les morts. Si les cérémonies d'Eleusis peuvent préparer un voyage aux Enfers. Holoclère signifie littéralement : qui a reçu tout l'héritage. chez EuripideHéraclès dit qu'il a pu réussir son ^. Platon.

traducteur de Plotin.. I. la mort naturelle et la mort de l'initiation : 1. 2. Or philosopher c'est s'appliquer à mourir : « Ceux qui s'attachent bien à la philosophie se trouvent. Il reconnaît que l'initié ressemble à celui qui est débarrassé du corps (l'organe osiréique) et de ses influences. ont été dans le même état que les mystes. méprise les chairs. 4. p. avant la naissance. un souffle. un réseau entrelacé ^ de nerfs. reviennent. t. II.. et la colère.. p. à un état de perfection tout pareil à celui qui existe pour l'homme avant sa naissance. n'a plus aucune crainte. époptes. Il. 7). grâce aux cérémonies mystérieuses des initiations. holo- clères. époptes. d'après Bouillet. » Mais l'initié ressemble au philosophe. LVII. Marc-Aurèle assimile la sagesse à la mort : « Ce que je suis.. en calmer les emportements. Il parle de deux morts. n. est dans une clarté pure. Ennéades. et que l'initié du grade qu'il envisage se livre à des transports sacrés. » [Pensées.116 PRINCIPE DE l'initiation En affirmant que des âmes. c'est de la chair. en d'autres termes : « L'âme se lie au corps par le fait qu'elle se tourne vers les pas- sions qui viennent du corps.. s'appliquer à mourir et à être ' morts » (Platon. sans que les autres s'en aperçoivent. des os. Comme situ mourais déjà. la haine. holoclères. affranchir son âme de toute mauvaise passion. 100. 64 a). Inversement la mort se compare à une initiation : « Il faut se purifier au moment de la mort comme lorsqu'on est initié aux Mystères. Pla- ton admet implicitement que les mystes. en bannir l'envie. qui sont de la boue. Porphyre dit. d'artè- res. p. et la partie direc- trice. 579. citées plus haut. et doit exister de nouveau après sa mort. .. elle se délivre quand elle se rend insensible à ce qui vient de lui » {Pensées. afin de posséder la sagesse quand on sort du corps ^. Phédon. Porphyre. et t. de veines. 2). Marc-Aurèle a des expressions qui ont une forte analogie avec celles d'Aristide Quintilien.

celle des philosophes. en effet elles ont attiré moins de boue et de pesanteur avant d'être toutes : recouvertes. et de toutes les autres passions. ils errent par toutes les hauteurs. soit d'hommes. a lieu quand le La mort corps se détache de l'âme. comme des lions ou des ânes. Comment. et se lavent plus facilement de tout ce qui les imprègne et les salit. Platon dit que les sages doivent la recher- cher. plus légères. Elle subit. quand l'âme se détache du corps » {Pensées.. sur le Songe de Scipidn. connue de tous. délivrées. C'est-à-dire : ceux qui sont morts jeunes. et de recevoir trop profondément les influences ter- restres. . elles revolent vers leur origine. il la prépare. méprise les voluptés corporelles en suivant l'en- seignement de la philosophie. qui constitue la philosophie : a L'homme meurt quand l'âme quitte le corps détaché par la loi de la nature. Sénèque s'écrie : « La route vers les dieux d'en haut est plus facile les âmes pour qui ont quitté très tôt la fréquentation des hommes ^. encore éta- blie dans le corps. mais l'autre. 4. 1. la désirant sans cesse. Aux idées sur la mort sont liées les idées sur la métemp- sycose. Macrobe distingue pareillement la mort naturelle et la mort aux voluptés corporelles. soit d'animaux.. il tend vers les hauteurs » {Consolation à Marcia. des métensomatoses d'un mot — grec qui signifie « passages successifs dans des corps ». habitués à considérer de haut les choses humaines. Et jamais les grands esprits n'aiment s'attarder dans un corps. aux désirs et aux passions. 9). I. ou qu'on aille la chercher » (Macrobe. l'autre. l'âme s'en va successivement dans la des corps divers. On dit aussi qu'il meurt quand l'âme. 6-8). ils supportent avec peine cette vie étroite. et qu'elle se dégage de tous les pièges agréables tendus par les désirs. et. Elle continue ainsi ses travaux ou ses purifications jusqu'à ce qu'elle arrive à la perfection. Voilà pourquoi Platon s'écrie Le : sage a toute son âme tendue vers la mort. il défend qu'on la force ou qu'on l'apporte. 23). peut-on dire encore. il la veut. Ils veulent sortir et s'évader. que la nature a établie pour tous. Cette mort. dit-on. l'ame humaine 117 (( est double : l'une. Après mort. 13. Métempsycose.

quand ils ont fait tourner la roue pendant mille ans. citant Pindare ^. 63. 81 b. Pythagore. que âmes les des méchants s'en vont dans des animaux divers. conclut fort juste- ment « Si donc il a appelé cela un mythe. lui-même se rappelait bien ses existences antérieu- res 2. » Mais la doctrine de la métempsycose appartient aux Mystères. et Olympiodore. Cf. Contre Ru fin.. ibid. » (Saint Jérôme.. 2. édit. et tantôt 1. rappelait à ses disciples quelle vie ils avaient eue auparavant « avant que l'âme fût liée à ce corps. il est évident : qu'il n'admet pas la métempsycose ^. Platon en effet assure que la métempsycose est enseignée par « les prêtres et les prêtresses et les poètes divins * ». le vivant renaît du mort ». Pindare.. Norvin. M. Olympiodore. III. les philosophes suivent la doctrine des Mystères. in pecudes alque alias heluas ire animas improborum » (Arnobe. que tantôt elle a une fin. 6. Sur la métempsycose. 6). 5. ibid. Fragments d'origine incertaine. 56. dit saint Jérôme : (( Pythagore le premier a trouvé que les esprits sont immortels. Contre les Nations.. Et le chrétien Arnobe dit avec plus de précision encore : (( comme on le dit dans les Mystères plus secrets. 21. quod in' mysieriis secretioribus dicitur. et XXVIII. Platon ^. dit Jamblique. mais en ce point comme en d'autres. Jamblique.118 PRINCIPE DE l'initiation Ce sont les le plus de témoi- philosophes qui fournissent gnages sur la métempsycose. 1. 4. sur le Phédon. II. 410). XIV. Platon. et passent de certains corps à d'autres corps. Ménon. ce que l'on appelle mourir. p.. 3.. Pythagore a le premier enseigné la métempsycose. édition Puech. et c'était par là qu'il commençait à s'occuper d'eux^. 134. S'il est vrai. . Quod si et illud verum est. s'ex- prime ainsi : « Ils disent que l'âme (psyché) des hommes est immortelle. Aristote en partant de la métempsycose a dit : « Suivant les mythes pythagoriciens. et Virgile suit cette idée dans VEnéide quand il dit : Tous ceux-là. Comm. examinant cette parole. Vie de Pythagore. Platon.

on puisse retrouver toutes les autres si l'on a du courage et si on ne se laisse pas accabler de fatigue par la recherche. en sorte qu'ils ne 1. sur la vertu et les autres choses. Sgmplérose : le fait de compléter. c'est une questionsouvent discutée par les philosophes grecs. et le plus fort témoignage est qu'il n'est pas dit que quelques-uns arrivent à la race des dieux. . qu'elle a eu plusieurs naissances et qu'elle a vu ce qui est ici. il est évident qu'il n'admet pas la métempsy- chose ». Olympiodore. Il déclare que la métempsycose se dit seulenient de l'âme irraisonnable. a quelques notes. la neuvième année. Tous ceux pour lesquels Perséphone reçoit le paiement de la douleur antique. Gomment l'âme peut passer d'un corps dans un autre. Tout ce qui est dans la nature étant parent. sur la métempsycose. » Il s'ensuit de là que la métempsycose peut produire des âmes royales. il n'est rien qu'elle n'ait appris. En tant donc que l'âme est immortelle. Olympiodore. héros sacrés. et il ajoute « si donc il a appelé : cela un mythe. Il donne de la métempsycose différentes explications « la : métempsycose en d'autres espèces. édit. . en son Commentaire sur le Phédon de Pla- ton ^. mais seulement l'âme seconde. et pour le reste du temps ils sont appelés. Il cite une parole d'Aristote « Selon les : mythes pythagori- ciens. si l'on se souvient d'une seule chose. qu'elle permet à l'âme. Comm. le vivant renaît du mort ». qui a tout vu. ce n'est pas autre chose que se souvenir. dont quelques-unes fort obscures. mais qu'elle ne subit jamais la destruc- tion. p. rien n'empêche que. et l'âme ayant tout appris. ce que l'on appelle acquérir une science. les plus anciens Platoni- ciens l'expliquent pas une symplérose^. par les hommes. Chercher et apprendre. Aussi faut-il vivre le plus saintement possible. ce n'est pas la Pensée qui passe en des corps d'ani- maux. elle renvoie leur âme vers le soleil d'en haut. Norvin. elle soit capable de se souvenir de ce qu'elle savait auparavant. de ces âmes viennent les rois magnifiques et rapides par leur force et grands par leur sagesse. de tout reconnaître et de tout retrouver si elle a une énergie [suffi- sante. sur le Phédon. les plus exacts les contre- disent vivement. 2. non de l'âme logique — par conséquent suivant les Mystères. l'ame humaine 1 19 une nouvelle naissance. 55-56. et il n'y a rien d'étonnant que. sujette aux passions. ce qui est dans l'Hadès et toutes choses.

1. il s'agit d'expres- sions métaphoriques dire que l'âme humaine devient divine ou : devient l'âme d'un âne équivaut à dire que tel homme a vécu comme un dieu. l'ordre des initiations. or cela ne concorde pas avec les formules employées. » Ce texte veut dire : Il existe trois façons d'expliquer la métempsycose. elle y est conduite soit par l'exercice de la raison discursive. 2. 5. des dieux ou des ani- maux irraisonnables. ou que l'éditeur ancien lui a fait suivre. Uépilhumia. selon l'habitude et la mé- ditation de leur vie humaine. avec les notes du traducteur. nous admettons qu'il pense à l'initiation royale. qui se fait du dehors. Suivant les uns. Voir encore : Salluste le Philosophe. XX. La troisième théorie consiste à dire que l'âme s'en va accompagner. C'est assurément à cette métempsycose que pense Plo- tin 2 : « Quand l'âme passe dans le végétal. dieux. c'est-à- dire qu'elle s'en va vers les êtres qui lui ressemblent ^.. Si elle passe dans l'homme. opinion que confirme le fait que le semblable veut être avec son semblable et la parole qui a été dite si clairement auparavant. . soit par le mouvement par lequel elle procède de l'Intelligence. les autres disent que c'est suivant leurs caractères que les hommes sont façonnés métaphoriquement. c'est qu'elle y est entraînée par la prédo- minance de la puissance sensitive *. Ennéades. 179 et suiv. l'âme humaine vient compléter le nombre des âmes di- vines ou des âmes animales existant déjà. chap.. les animaux. V.. Quand l'âme passe dans la brute. les divins. p. ils subissent la métempsycose en passant à d'autres espèces. traduction Bouillet. 3. Ennéades. Comme Plotin suit. suivant la façon dont elle a vécu. 2. Suivant les autres. 12. qu'on s'en va phez les dieux et que l'on converse avec eux. dans ises Ennéades.. 2. du dehors. les troisièmes sont ceux (qui disent que la métempsycose arrive) par un accompagnement. I. est punie dans l'Hadès et change de corps ». revient à « la droi- ^ ture..120 PRINCIPE DE l'initiation viennent pas compléter les dieux. tel autre comme un âne . 4. il y a une de ses parties qui s'unit à lui. il les réfute lui-même en disant que. I. et ainsi pour les autres races :ces gens. les hommes à caractère d'âne étant dits ânes. Des dieux eî du monde. traduction Mario Meunier. des animaux déraisonnables. ni les autres. il n'y a d'ailleurs que la partie de l'âme la plus audacieuse et la plus insensée ^ qui descende aussi bas.. » Mais ailleurs Plotin fait une allusion plus claire au logos d'après lequel l'âme commet des fautes. Le thumos. c'est-à-dire que l'âme humaine devient réellement une âme divine ou une âme animale : ce qui est inadmissible.

Force du cœur. L'initié reçoit une âme qui a eu plusieurs naissances et qui a vu ou appris toutes choses. Jamblique a l'opinion contraire. loups et ânes au sens propre. mais ils diffèrent sur les espèces des âmes. Des Grecs ont pu admettre que toutes les âmes sont semblables : toutes en effet proviennent d'une même âme et le logos est en toute âme. les autres croient à leur différence foncière. t. l'âme raison- nable et l'âme sans raison. Pair. si les âmes sont différentes — ce qui est la théorie de Platon et la vérité. et Porphyre de même. mais deux. gr. et surtout les disciples de Platon qui disent que les âmes pleines de ihumos ^ et les âmes colériques et rapaces revêtent des corps de loups et de lions. 201. D'autres affirment qu'il n'y a pas une seule espèce d'âme. suivant que les uns admettentl'identité des âmes humaines. parce végétales et animales ^.. Cronios. De l'âme. Et de Théo.. Et celui-ci me semble avoir atteint non seulement la pensée de Platon. qu'il y a une espèce d'âme par espèce d'animal. indiquant les caractères des animaux. suivant les uns. c'est-à-dire deux ou des âmes multiples. Les uns disent qu'il y a une seule espèce (eîSoç). 1. une âme qui n'a plus qu'à se souvenir. Ardeur du cœur. dans son traité De la Palingénésie il—appelle ainsi la métensomatose —veut que toutes les âmes soient raisonnables. p. . celle qui est raisonnablej qui ainsi passe dans les végétaux et dans les corps des êtres déraisonnables. dit-il — il est impossible que l'âme passe d'un corps humain à un corps d'animal sinon symbo- liquement : ttTous les Hellènes qui ont montré l'immortalité de l'âme croient à la méiensomatose. ce sont assurément des métemp- sycoses à valeur symbolique. si les Mystères et les initiations comportent des métempsycoses. » En conclusion. 2. 45. les autres ont cru qu'ils parlaient au sens figuré. même dore le platonicien dans le traité que Vâme est toute forme. Cela semble être la théorie de Plotin. et celles qui ont pratiqué l'àitoXaffCa (intempérance) revêtent des corps d'ânes ou d'animaux pareils. Grégoire de Nysse. Les théories diffèrent. D'autres affirment qu'il y a autant d'espèces d'âmes que d'espèces d'animaux. lui. Les uns ont compris lions. dans le texte qui est cité ci-dessus.. Il a écrit un livre en un seul volume qu'il a inti- tulé que les métensomatoses ne se font pas d'homme à animal. ni d'animal à homme. mais la vérité même®. en des périodes déterminées de temps. mais d'animal à animal et d'homme à homme. 3. au hasard suivant les autres. l'ame humaine 121 Saint Grégoire de Nysse a étudié la métempsycose et les idées sur la métempsycose.

des Inscrip- tions e iBelles Lettres. . fiXr Reli- gionsw. XXIV.'l. L'âme. Engénéral le sort de l'âme est analogue au sort du blé. En effet la déesse Proserpine est à la fois la puissance par laquelle le grain jeté en terre meurt. « Un seul salut tendu par le démiurge. Arch. et au lieu du mouvement qui la fait vagabonder sans cesse d'un côté à l'autre.. produit de la semence. a pour symbole l'exercice de l'agriculture. § m. qui fera qu'elle 1. Die eleusin. Les enfants peuvent être appelés «épis » cTiXucc (Martin P. » {Mémoires de VAcad. il faut que l'âme coure en haut vers l'aspect intelli- gible et qu'elle fuie tout ce qui nous a été ajouté par la naissance.. p. comme toutes les cérémonies de la reli- gion. 413-414). Les initiations.. afin d'acqué- rir la science. se purifiant de tout ce qui l'entoure. la culture de l'âme analogue à la culture du blé. poursuivre l'activité pure et simple. et. condition de la béatitude. Quittant pour l'âme est le cercle de la génération et les égarements perpétuels et la vie inachevée. à la façon d'une graine. — Les symboles et les rites. La science est une nourriture pour l'âme. Nilsson. Ce rapport. comportent des symboles et des rites symboliques nombreux. doit rejeter l'espèce de paille et l'espèce d'écorce qu'elle tient de la naissance. devenir fleur et fruit intelligibles. de même que le blé est la nourriture du corps. et en recueil- lant. un rapport intime et profond. en particulier. et le travail que l'âme. soit dans cette vie. Gottheiten. jetée dans l'ensemencement qui amène la naissance. la puissance par laquelle l'homme meurt pour re- naître. On n'obtient le blé qu'en confiant le grain à la terre entr'ouverte. la nouvelle moisson. La mort de l'âme et sa renaissance sont symbolisées par le blé jeté en terre et mourant pour renaître ^.. 118). lorsqu'elle est mûre. l'initié semble revêtir successivement des vies diverses. p. 1933. C'est là qu'on apprend que la science est aussi nécessaire que la vertu pour assurer la destinée bienheureuse de l'âme humaine. reçoit de l'étude du Rituel funéraire égyptien une lumière inat- tendue.« Il existe — a fort bien dit Charles Lenormant — entre la production du blé et les doctrines mystiques d'Eleusis. doit accomplir. soit dans l'autre. C'est par une série d'opérations semblables que l'âme doit passer pour parvenir à la science. quitter la nourri- ture qui consiste dans l'opinion pour choisir la vie intelligible. la puissance par laquelle l'âme quitte son séjour élevé pour venir sur la terre et par laquelle elle revient à son premier séjour. puis produit une plante nouvelle.122 PRINCIPE DES MYSTÈRES Dans l'initiation royale..

Cornutus. a. Travaux et Jours. Les Palria Eumolpidon. Plutarque. 5. apparaît par les rites mystérieux d'Eleusis. Mais les cérémonies des Mystères comportent la repro- duction des travaux de l'agriculture. TV. d'après Proclus. 8. A Aiticus. et les Mystères comportent l'emploi du van ou licnon : 1. Justin. ch. I. 6. 9. il a labouré. I. a été le lieu du premier ensemencement ^. Pline. Sur le Timée de Platon. 330 a-b). des Antiquités. Fastes. 559-560. Et divers monuments figurés de la Grèce antique nous font voir Triptolème assis sur son char. Voir par exemple les articles Eleusinia et Triptolème dans le Diction naire des Antiquités grecques et romaines. Triptolème. . que les anciens semaient avant le coucher des Pléia- au mois Boédromion ^ les rites mystérieux des.Pausanias.Pausanias. près d'Eleusis. V. le grain de blé qu'il doit semer '. Préceptes conjugaux. héros des Mystères. 28. 14 et 38. dit Plu- Il tarque. Et c'est Triptolème qui a porté par le monde entier l'agri- culture et la civilisation. Triptolème a le premier foulé les grains sur une aire de l'Attique ®. en présence de Perséphone. ou cérémonies traditionnelles des Eu- molpides. sur la tenue des arbres fruitiers et sur l'élevage des bestiaux. I. 6. II. art. nous est-il dit par ailleurs 2. Cicéron. Cérès. 56.Ovide. 38. 2. LES SYMBOLES ET LES RITES 123 se transportera seulement en elle-même » (Proclus. et ensemencé les terres *• la plaine de Rharion. Comm. Là-dessus non seulement les au- teurs grecs ou latins ont fourni des témoignages nombreux. 42. donnent des préceptes sur l'agriculture. c'est-à-dire : d'Eleusis ont donc un rapport étroit avec l'agriculture. enseigné la manière le d'atteler les bœufs ^. Voir Diclionn. 4. mais les documents archéologiques sont clairs : A Eleusis un grand bas-relief représente Déméter remettant à Triptolème. Plutarque. 3. sur Hésiode. 7. emportant une poignée d'épis. Or tous ces mythes sont repris par les cérémonies d' Eleu- sis * Il y à un labourage sacré à Eleusis ^ On vanne le blé. 389.

donne le même texte. — . sur VOdyssée. En effet on pla- çait sur les vans un emblème mystique de la nourriture de Démé- ter » (Hésychius). 58. 166) a dit son commentateur Servius « parce que les Mystères de Liber le Père avaient un : rapport avec la purification de l'âme. après le temps où ils se procu- raient péniblement une nourriture peu agréable. En effet Hésychius a cette définition : Xixvoipoper Xixvou aTEipavcùfi-evoç 6pi(.. 254. Les Mystères recommandent de purifier et de moudre : « Si tu ne purifies pas. 2. 277). . Virgile a employé l'expression « van mystique d'Iacchos. des licna : : . » Et l'on couche les petits enfants dans les vans comme on y a couché Dionysos « Licnitès épithète de Dionysos.£uei. et si tu ne mouds pas.. Eustathe. 1859. ont trouvé plus tard quelque chose de meilleur ^. Celui qui accomplit un acte religieux peut se mettre le licnon sur la tête. 84. Comm. Diogenianus. I. gr.. les débarras- sant de la vie épineuse^ c'est-à-dire de la vie sauvage et pénible : une vie moulue après une vie sauvage et épineuse. p. I. formule qui rappelle la transformation de la vie antique. » Vivre « la vie moulue » c'est vivre de la vie civilisée et facile que l'agriculture procure aux hommes. graeca. De même origine est la for- mule Assez du chêne! pour ceux qui. Apos- tolius. sauf la phrase finale. dans les Paroemiogr. aux mots alélesmenos bios et bios acanthodès. 48 et suiv. VIII. C'est la parole de Déméter à Triptolème ^. Centuries. « // vit — dit Eustathe expliquant des proverbes grecs cette vie est en. » Et Suidas rapporte la même théorie : 1. mgstica vannus lacchi » [Géorg. I. I. Anecd. les hommes étaient purifiés par ses Mystères comme le blé est purifié par le van. On appelle « Licnophore celui qui porte le van. 124 PRINCIPE DES MYSTÈRES « Le licnon est propre à toute lélélé et à tout sacrifice » dit Har- pocration (au mot Licnon). dans lesquels on couche les petits enfants » (Hésychius). Suidas. Le licnon ou van se rattache au culte de Déméter et au culte de Dionysos. Le licnon est « le symbole de la vie due à Déméter » (Bekker. tu ne mangeras pas : se dit de ceux qui se procurent avec peine leur nourriture. core exprimée par la formule Plus d'épines. p.a/.

l'orge avait été trouvée la première après les légumes à cosse. Anth. Suidas. 254. 3. ibid. le genre humain. I. Apos- tolius. La placé est sans doute une sorte de compote. Il. et les rites des sacrifices. etc. Voilà pourquoi. De V Abstinence. à Aphrodite ^. Et parce que la vie moulue avait été célébrée comme bienheureuse en comparaison de la vie anté- rieure. passant à la nourriture civilisée. elle s'exprime par cette formule : Partage et non étouffementM Parfois on appelle vie moulue et pétrie « la vie toute prête. - 5. 7. faits avec de la farine mouillée de vin et d'huile. au mot Enihrypia. entre les céréales de : Déméter.. il y propres aux iélétés ». Pluius. bu de lait ^. au mot Psaisla. 190-191. quand on eut broyé les grains et qu'on eut mis cette nourriture en pâte. dans le Corpus Paroem. 84. Pal. c'est la vie dans laquelle les hommes se parta- gent les biens de la terre. 529. or a des enihrypia « ce sont « de pietits gâteaux humectés de vin que. on confectionne. plus tard. Centuries. p. l'on con- fectionne en creusant dès pains en forme de barque et en y mettant une sorte de placé ' ». aux mots {lepiç où ini%. p. 51. Les Mystères. c'est-à-dire des les gâteaux non cuits. des psaista. V. II. . Vj 83. Centuries. 7.. jetait des grains intacts dans les premiers sacrifices. la vie humaine. à Esculape ^. 2. et on les abordait comme divins. quand nous accomplissons les thysiai (rites qui consistent à jeter des offrandes dans le feu) nous employons des thylémata moulus et humectés » (Porphyre. en l'honneur des dieux. Suidas. au lieu de se battre. Sur VOdgssée. 1445. LES SYMBOLES ET LES RITES 125 La vie moulue. ou d'huile seulement. XI. Suidas. que l'on peut par ailleurs offrir aux dieux *. 6. qui avaient fourni une aide divine. et humectée {^avs^zioriq) des prémices pour le feu. rappellent et célè- brent cette arrivée des hommes à une vie meilleure : « Après cela. et pouvant offrir aux dieux des offrandes qui provenaient des céréales a dit Assez du chênel Et parce que. Magnum. au mot psaisla. Schol. les Paroem. on cacha dans le secret les instruments de ce travail. Eustathe. Suidas. Macarius. VI. d'Aristophane. Eustathe.. dans graeci. 5-6). l. au début. 26. 1859. Hésychius. Gomme le texte de Porphyre. Comm. De même. sur V Odyssée. ^ que l'on a sous la main et qui n'impose pas de fatigue ». 4. ils tirèrent de la nourriture moulue. 138. prouve le dans cérémonies sacrées. Etym. Macarius. Hérondas. 1115. encore maintenant. gr. 1.

Hisl. 2. il plaçons et le sel ». On mêle le vin dans des cratères et on le distribue aux mystes : « Craiérizon qui mêle du vin dans les cratères. le hiérophante de Déméter. 57.. sur le a ^ licnon. Par siphnis dans les hymnes attiques quelques-uns entendent « non pas la terre. Pline représente Eumolpe. verse du vin des cratères » (Photius)^ dans les « On appelle coîgliscos le petit cratère de Dionysos et celui dont se servent les Mystes » (Athénée. Bekker. l'instituteur des Mystères d'Eleusis. Mystères. Dans une série de cérémonies. XI. on imite Déméter partie à la recherche de sa fille. Nal. ou bien . 162). le dieu des Mystères. et. comme ayant été aussi le créateur de la viticulture et de l'élève des arbres frui- tiers en Attique ^. Il ya aussi la sipya (hu- che) Démétriaque » (Hésychius). Les mystes doivent apporter des gerbes de blé : « La loi attique oblige les mystes à apporter à Eleusis de la lumière et des gerbes. Discours. I. VII. ces gâteaux étant placés sur le licnon. symboles de la vie civilisée » (Himérius. Car « le licnon est le symbole de la vie due à Déméter. De même que Déméter a porté des flambeaux en cher- 1. La terre chez les Athéniens. y le Certains textes de date tardive font même penser qu'il y a une huche dans laquelle Déméter puise donner la pour nourriture. 277. 1).. p. 479 c).126 PRINCIPE DES MYSTÈRES Sans doute y a-t-il distribution de gâteaux appelés pla- courues. Anecdoîa graece. X. VII. Pline. En tout cas l'œuvre de Dionvsos est commémorée dans les Mystères. Mais l'inventeur du vin et l'auteur du vin est Dionysos. Les Mystères ont sans aucun doute siussi rapport à la cul- ture des arbres fruitiers et de la vigne. mais la sipya de laquelle Déméter fournissait les nourritures » (PoUux. . celui celui qui. « Siphnis.

Mais la lumière physique symbolise la lumière intellectuelle et morale voilà pourquoi on emploie des — : flambeaux dans les Mystères comme dans d'autres céré-^ monies telles que le mariage — et voilà pourquoi les céré- monies d'Eleusis comportent des illuminations. Et ainsi de suite ^. et le roi devient ainsi le chef des laboureurs. Déméter s'unit avec le roi d'ÉIeusis. 11 faut donc ramener l'âme à la lumière et à l'ordre. par le feu. par le miel. . et on laisse la couronne aux rois. des vêtements de pourpre. On orne le corps pour symboliser l'embellissement de l'âme. affirment l'action de lamusique sur l'âme humaine. de même^ dans les Mystères. Dans les cérémonies sacrées on recouvre de vêtements magnifiques les statues des dieux. Géléos. la partie déraisonnable étant unie et adaptée 1. dont nous allons parler dès maintenant. ou. de double et de divers. pour parler plus exacte- ment. Il y a des phoinicides ou robes de pourpre portées par les prêtres et les prêtresses. L'union de l'âme avec le corps a jeté l'âme dans les ténè- bres et le désordre. les Mystères pro- cèdent à des purifications corporelles qui sont aussi des purifications de l'âme. Des textes. insigne de la dignité royale. en très grand nombre. Parce que le corps est l'image de l'âme. Oncouronne ceux qui arrivent à une haute dignité. sur la partie inférieure de l'âme. « Que l'âme ait en elle-même quelque chose de composé. purifications par l'eau. . LES SYMBOLES ET LES RITES 127 chant sa mystes portent des flambeaux. et le maître des lois et de la cité. Déméter devient l'épouse du roi. Voir plus haut. Ainsi les nouveaux initiés prennent-ils de nouveaux vêtements qui symbolisent le renouvellement de l'âme. Les Mystères d'Eleusis donnent aussi une purification par la musique. § 1 du présent chapitre. et les mystes filleules éteignent ces flàmbeanx avant de les rallumer.

Q raisonnement) mais l'âme irrationnelle qui est charmée par la » (Plotin. édition Meibomius. ni le logos Q. 3). après avoir rappelé que Posidonius et Platon emploient la musique pour le traitement de l'âme. persuade. dans l'homme. [De la Musique. non pas l'âme capable de choisir. traitant la partie de l'âme sujette aux passions. Galien.. privé de raison. explique ainsi leur opi- nion : « Ce ne sont pas les jugements de la raison qu'ils réforment avec les sons de la flûte. elle purifie les passions. les autres. ne l'a pas ignoré on peut le conjecturer d'après le souci qu'il a eu de : la Musique. qu'il a employée à la fois pour charmer et pour exciter l'âme. ils l'excitent ou l'apaisent par des mouvements irraisonnables. ni de s'affaisser entièrement. que tout ne peut pas. 40). . p. mais. après avoir expliqué qu'il y a deux espèces d'âme. Ce qui est. 61). musique IV.. être détourné du mal. rend le corps plus conforme à l'ordre ^. semble-t-il. et le relâchement de la tension de l'âme » {Polit. est affecté en bien ou en mal par ce qui est privé de raison.. Pythagore. 4. sans lui permettre de s'emporter à des excès. comme une bête sauvage. De la vertu morale. 7). à la tête des autres est la musique. elle distrait. et troisièmement pour l'amusement. mais pour plusieurs pour l'éducation. mais que l'âme a besoin d'autre chose qui. en la conservant pure. en la rendant sobre. dès l'enfance. elle est affectée par la science et l'étude» (V. II. édition Kuhn). qui. L'action de la musique est triple : elle instruit. Aristote l'a « Il faut employer la musique non pour bien noté : une seule utilité. C'est-à-dire probablement : met plus d'harmonie dans les mouvements qui se produisent dans le corps.. 1. 472-473. Aristide Quintilien. c'est la philosophie. façonne les mœurs par ses harmonies. par leur commerce. Le chef et le mystagogue des premières. guérissent et soignent la partie irraisonnable qui s'agite sans règle. Plotin emploie des termes différents : « C'est l'âme. l'âme raisonnable et l'âme sans raison. par ses rythmes. en lui donnant le raisonne- ment. façonne. par la raison. la distraction. VIII. partie irraisonnable. poursuit : « Il y a aussi deux espèces d'instructions les unes maintiennent la partie : raisonnable dans sa liberté naturelle.. de concert avec la volonté. quant à la raison. afin qu'elle devienne capable de suivre la direction et les enseignements de la philosophie » (Plutarque. n'obéit pas à la raison et aux sciences.128 PRINCIPE DES MYSTÈRES par nécessité et par nature à la raison. soigne. et. il avait la conviction que tout. dans l'âme. la purifi- : cation.

11. édition Meibomius). qu'y a-t-il d'étonnant à ce que l'âme ait une impression correspondante dans le souffle qui est en elle? Et si le nerf est frappé harmonieusement.. calmant les désirs excessifs. dépasse cette première théorie. LES SYMBOLES ET LES RITES 129 Comment s'explique l'action de la « Musique » sur l'âme humaine? Les Grecs ont d'abord une théorie assez simple.. p. auront lieu parce que le cœur sera mu de telle façon. toute réflexion. II. sont certainement des se réjouir. la rendant apte à raisonner. régularisant ses mouvements. Par exemple. craindre. sans cependant la contredire l'âme hu. XII). : . puisque l'âme a reçu de la nature un corps semblable aux nerfs et aux souffles qui meuvent les instruments de musique. excitant les désirs trop faibles. à ce qu'elle soit mue quand ces nerfs et ces souffles sont mus? Quand le souffle produit des sons mélo- dieux et rythmés. évidemment plus secrète. s'indigner. sur les artères et les veines. étant données deux cordes harmoniques. et si ensuite on frappe l'autre. maître dans le même art (la médecine) dit que les pulsations des veines sont influencées par les rythmes musi- caux » (Gensorinus. « S'attrister ou ou réfléchir. L'art divin est en effet habile à faire et à agir par les êtres privés d'âme. sont liées à des mouvements qui parcourent les nerfs. tendue au loin. que nous ne trouvons nulle part exprimée dans son ensemble. Or la musique exerce une action sur les nerfs. 107. on verra que la corde qui porte la paille est mue très fortement. si l'on place sur l'une d'elles nne paille petite et légère. à ce qu'elle ait des reten- tissements et des tensions pareils dans ses propres nerfs? La même chose ne se voit-elle pas dans la cithare? En effet. dans l'âme humaine asser- vie au corps. De VAmeyl. en fut : et c'est l'âme qui les produit. Du jour natal. combien donc la cause de la similitude ne doit-elle pas agir sur les êtres qui sont mus par une âme?» (Aris- tide Quinl^ilien. « Qu'y a-t-il d'étonnant. mais qui se restitue facilement : Toute passion. s'il chacun de ces actes est un mouvement. ou par l'altération de certains autres » (Aristote. traduction Barthélémy Saint-Hi- laire). De la musique. mouvements. ce. Elle exerce donc une action sur l'âme. 4. Mais une théorie. ou bien les artères et les veines. Or ces phé- nomènes se produisent par le déplacement de certains éléments mis en mouvement. « Hérophile.

18. II. a des mouvements dont l'harmonie doit correspondre à l'harmonie céleste.. or. rythmes. la musique instrumentale et la musique vocale imitent la musique produite par les corps célestes : « Instruits de cette vérité {l'harmonie des mondes) les hommes l'ont imitée par les cordes des instruments et par leurs chants et se sont ainsi ouvert un retour vers ce lieu (le ciel) » (Gicéron. En effet. elles ont enseigné les Mystères.130 PRINCIPE DES MYSTÈRES maine. 10). par suite. 308. l'âme humaine tombe dans la confusion et le désordre. 18). Voilà pourquoi la Musique joue un grand rôle dans les Mystères. le monde a été créé selon les lois de la musique. elles-mêmes divines. de la République. vous qui produisez la vertu irréprochable de toute . Du Jour nalal. dans les Mystères. Les intelligences humaines. non seulement la musique qui produit des sons harmonieux ou mélodieux. II. GGLXXXIX.. 531. la musique. reconnaissent leur nature par les chants » (Gensorinus. 47 d). De la musique.. nous rattache au divin : « La muse est initiatrice car l'enseignement par les Muses ne diffèreen rien des Mystères » (Photius. 104. de Migne. 103). t. sur cette terre. Pair. « D'après les pythagoriciens. dont l'origine est céleste. Mais la musique a aussi d'étroits rapports avec l'âme humaine : « L'harmonie consiste en mouvements de même nature que les mouvements de notre âme » fPlaton. Les Muses sont initiatrices. et la lyre a été formée depuis à l'imitation du système planétaire » (Quintilien. « La musique possède à un degré élevé le caractère divin. la « Musique » peut rappeler l'homme vers son état céleste. mais tout art consacré aux Muses .. L'âme est une harmonie et une harmonie qui va avec des <(. I. 107). XII). Timée. VI.) « Muses. gr. Bibliothèque. l'harmonie de la musique comprend les mêmes analo- gies » (Aristide Quintilien. La musique a. des rapports avec le corps hu- main : « L'âme a reçu de la nature un corps qui a des nerfs et des souf- fles pareils aux nerfs et aux souffles qui produisent la musique dans les instruments » (Aristide Quintilien.

comme le pense Théophraste. un caractère divin. dit-on. les jeux scéniques n'eussent pas été inventés pour apaiser les dieux. à un degré éminent.. 3. 110. 64.. Car. etc. Orphée. 3-5. rendit souvent à leur propre nature des intelligences troublées par une maladie » (Censorinus . et une fois réveillé. Sur la vertu morale. en tout cas elle a. jouait de la lyre le matin.Du jour natal. Plutarque. 3. elles-mêmes divines. agissant sur la la partie déraisonnable de l'âme. il lui attribuait la guérison des mœurs. comme dit Aristoxène. et le médecin Asclépiade. elle rapproche notre âme du divin. On peut dire que la musique a un caractère divin : « Soit que celle-ci en effet (la Musique) consiste seulement dans la voix. chan- tait en s 'accompagnant de la cithare. il accom- plissait aussi certaines danses pour acquérir mobilité et • 1. . 2. pour imprégner son âme de son caractère divin. comprenant danse. 10. nous rat- tache au divin par le même motif » (Strabon. quoi qu'en dise Épicure. Clément d'Alexandrie. La musique. par le plaisir qu'elle procure et par la beauté de l'art.. dire De même que les choses divines échappent à notre vue. Quintilien. qui donnez la réflexion droite! Princesses qui dirigez le nous au beau pouvoir! Vous qui avez enseigné aux mortels les îéléîés mysîipoles — (c'est-à-dire les iélétés où viennent les mystes) » dit un hymne orphique (75). p. Pythagore enseignait que musique. le retour à la sophrosyné ou santé de l'âme ^. si elle n'était pas agréable aux dieux immortels.. 444. Pythagore. I. rythme et mélodie. soit. nourricières de l'âme.. et a beau- coup de force pour émouvoir les âmes. Jamblique.comme dit Socrate. dans la voix etun mouvement corporel. 195. le fondateur de la religion éleusinienne. avant de se donner au sommeil. de rdême que la musique a un caractère di\Tn. Les Pensées des hommes. « Le secret mystique des cérémonies sacrées donne un caractère plus vénérable au divin. etc. I. Vie de Pythagore. XII). la purification des passions. 467) ce qui veut . imitant la nature de ce divin qui échappe à notre vue. peut la charmer et Texciter ^. X. LES SYMBOLES ET LES RITES 131 éducation. employa la musique pour les Mystères ^. soit dans tout cela et en outre dans un mouvement de l'âme. de : même les cérémonies mystiques et les initiations sont secrètes. Pythagore.. reconnaissent leur nature grâce aux chants. grâce à l'emploi de la symphonie. Prolrepî. qui consistent en une âme divine.

4. dans Timée. var. De Za Colère. de la même façon..132 PRINCIPE DES MYSTÈRES santé du corps ^. diongsischen Gedanken.. 80.. Paris 1915. par Jamblique ^. lorsqu'ils écoutent une musique sacrée. ne paraît pas... Plutarque. 224. IX. Elien. 9. . Quintilien. les Muses à nous le donner » {Tim.. Etudes sur la littér. 4. Hisl. édit. pythag. 47 d). où l'on 1. 472. Phèdre^ 245 a). Aristote a dit : {( Certains hommes sont sous l'influence de quelque fureur divine. 2. Platon. 97. Vie de Pglhag. 64. afin que cette âme ait une alliée pour ramener en elle-même le bon ordre et la concorde. p. C'est à cause des transports désordonnés qui peuvent exister dans notre âme. 32. Galien. Boyancé. 262. . que l'harmonie nous a été donnée par les Muses. et quand il vou- Il lait apaiser les mouvements trop violents de son âme ^. IX.. de procurer un plaisir irraisonnable. p. de la Pensée grecque. 103. p. II. 7. Schuhl. Isis et Osiris. 9: Quintilien. jouait de la lyre le soir. Des Mystères. III.. et en particulier quand il s'agissait d'apaiser l'âme ou de l'exciter *. Quant au rythme. 3. Orphisch. où rien- : n'a encore pénétré. 251. Aristide Quintilien. et cette doctrine fut suivie par Posidonius et Platon. Porphyre.EisleT. Les Pythagoriciens préconisaient l'emploi de mélodies différentes pour corriger telles ou telles passions différentes. au témoignage de Galien ^. PM. p. et dans le Phèdre : « La troisième espèce de possession divine et de délire vient ^f des Muses ce sentiment s'empare de l'âme encore tendre. mais. et. Œuvres. 5. définit ainsi l'effet de la Musique : le « L'harmonie. Essai sur la form. Sénèque.. 4. c'est le manque de mesure et de grâce dans lequel se trouvent la plupart des hommes qui a excité. consistant en mouvements de même nature que les transports de notre âme. 68 et suiv. voir : Delatte... embellissant d'innombrables actions des Anciens. III. 6. 23. avoir comme seule utilité. Sur la purification par la musique chez les 8. à ceux qui cultivent sagement les Muses. LeCulie des Muses. Et de même le pythagoricien Glinias jouait de la lyre pour cal- mer sa colère ^. par ' Quintilien et d'autres ^. R. V. Vie de Pylhagore. XIV. l'éveille et la met en mouvement par les odes' et toute autre poésie. Kùhn. Jamblique. p. Pythagoriciens. forme ceux qui viennent ensuite » (Platon.

. à ces époques reculées fut non seulement cultivée.. parce qu'il adoucissait en les émerveillant les esprits sauvages et incultes. Vie de Pyth. qui touche à notre âme. elle » « L'harmonie véritable. bonne à mettre la santé dans Vépiîhumia\ à guérir le chagrin. mais son livre sur la Musique contient beaucoup de détails que nous ne retrouverions pas ailleursr I.la musique et géométrie qui travaillent avec la philoso- la phie et savent avec (Maxime de Tyr. « Il y avait chez eux(les Pythagoriciens) des mélodies faites pour les passions.. ensuite il y en avait d'autres pour l'emportement et l'ardeur grâce à ces mélodies ils tendaient ou relâchaient ces : passions jusqu'à ce qu'elles fussent ramenées à la règle.. a le pouvoir de sauver une âme. Pour Aristide Quintilien. VIII. et alors c'étaient les mélodies les plus énergiques qui eussent été inventées. eut la réputation d'avoir entraîné non seulement les bêtes sauvages. ainsi les chants qui purifient l'âme nous cau- sent-ils un plaisir sans danger » (Aristote. poètes et sages. LES SYMBOLES ET LES RITES 133 emploie les airs qui ôtent à l'âme son délire. » (Maxime de Tyr. de sauver un navire. à laquelle préside Apollon Musagète. qu'est-elle. à alléger l'affliction. qui est comme la guérison et la purification de l'âme. de sauver une armée » (Maxime de Tyr. soulevant et excitant ce qui se relâche et se dissout? Elle est habile à adoucir la plainte. La faculté de l'âme principe des passions et des sentiments.. I. mais encore les roches et les forêts. ou Gicéron. 3). à la crainte. à un tel point que les mêmes hommes étaient considérés comme musiciens.La musique. ont suivi les théories antiques : « .. une bonne compagne dans les festins. habile à retenir le ihumos.. Des philosophes comme Plutarque ou Maxime de Tyr. calmant ce qui s'emporte et s'élève trop. en général à quelque passion. que chante le chœur des Muses. il en est de même des autres hommes dans la mesure de leur caractère. » (Quinti- lien.. et dont le premier. sinon la conductrice de ses affections diverses. mais vénérée. 37. de sauver une maison. Il en est de même des hommes sujets à la pitié. à consoler l'amour. 37. 37. 5). 5). ou Quintilien. tous deux issus de dieux. non seulement il a suivi les doc- trines des Anciens... les ren- dant conformes à la virilité » (Jamblique. 224). habile à émous- ser la colère. 7). ils en ressentent une sorte de calme.d'abord pour le manque d'ardeur et la douleur. . « La musique humaine. Polit. 10). Tous sont purifiés et agréable- ment débarrassés. « . elle est une bonne auxiliaire dans les sacrifices. Orphée et Linus entre autres.

5. les mystes les plus élevés ^.. 267. de Platon. Oppien. 267. déjà par Homère. il symbolise. com- pagnon d'Alexandre.— pour l'âme LXXIV. II. XI. 7. XXI. en général. 45. 8. 233). Porphyre. t. Oiseaux. le grand héros comme Héraclès ou Achille est dit. 6. II. De V Abstinence. 514. Des Prodiges. ou le dragon. Les êtres vivants ont des qualités. 42. La religion grecque utilise comme symboles les êtres ani- més. il est « le plus ® parfait des oiseaux ». 541. Artémidore. 2. Giessen. dans les Mystères de Mithra. 20. XXIV. IV. jusqu'à celui du commentateur d'Homère : « Les muses sont les déesses qui se tiennent en avant de la rai- son » (Scholiaste d'Homère. Homère. VII. XVII. II. comme 1. p. 251. Iliade. Iliade. 16. Le lion est roi des bêtes sauvages ^. Iliade. de même ^. Praxis. il est l'oiseau de Zeus ^. IV. Cornutus. Oppien. 3. pour l'âme d'Héphestion. 15. 13. et dans les Mystères d'Eleusis. . Le dragon^ est le roi des animaux qui rampent i^.134 PRINCIPE DES MYSTÈRES Et l'on pourrait donner de nombreux autres témoignages. III. 10. VIII. dans Médée : « Pour nous aussi il est une Muse qui vient vers nous en vue de la sagesse » (Euripide. 2. II. les nombres et les figures. HaUeut. des vertus ou des puis- sances qui découlent du même principe que celles des hommes et par conséquent les représentent exactement. Lydus. 10. Cf. 11. Die Schlange in der griechischen Kunsl und Religion.. 4. l'oiseau du Roi®.. Diogène Laërce. 540.. 247. édition Dindorf. Halieul. semble-t-il. VIII. depuis celui d'Euripide qui fait dire aux femmes du chœur. Aristophane. 12. 228. 117. il porte dans le ciel l'âme du Roi ou du grand homme assimilé au Roi 10. IV. plus haut. p. Sur le serpent. Diodôre. 12. IV. Platon. 1085-1086). 1913. L'aigle est le roi des animaux qui volent ®. — Mais déjà chez Hom. J. Halieul. 5. voir Erich Kûster. XL Sur le Gorgias de Platon. Odyssée. Oppien. H est symbole du renouvellement et de la renaissance i^. Iliade. 540. LVI. Hérodien. « lion * par son courage ». 292.: . Dion Cassius. 9. 44. Olympiodore. Médée. ch. « le plus fort et le plus rapide des ' oiseaux ».

Il y a le chevreau. 7. Schol. 7.. 18. 142 et suiv. 20.. d'Aristoph. 759. 87. 46. Lydus.. du Christ guide et conducteur des âmes. 1. Ovide. VII. Paus. et par conséquent intervenant fréquem- ment dans les Mystères ^. Macrobe. L'abeille symbolise l'âme descendue dans la genèse et songeant au retour ^^. Hippolyîe. § II. Le dauphinest roi des animaux qui nagent ^. 106 et schol. Elym. 12. Porphyre. 11. 658. Le porc. IV. I. compagnon de Déméter *. et le dauphin. LES SYMBOLES ET LES RITES 135 il symbole de guérison et de conservation ^. IX. Voir Charbonneau-Lassay. emblème. Schol. Lysislr. 515. Sur Vanîre des Nymphes.. Le taureau symbolise la puissance qui transporte le prin- cipe humide et générateur ^. 6. Lycophron. 17.. etc.. le dauphin veille sur ceux qui naviguent ou nagent ^. etc. IX. Sur VIliade. d'engourdisse- 1. est sacrifié à Déméter lors de l'initiation i*. 1. au mot FXaOE.. Halieuî. 29. 29. Le dragon garde : Aristopli. 10. p. etc. Prép. Voir plus loin. I. ch. II. 12. Schol. 36. elle est identique à la prêtresse de Déméter. chrétiens. 463. Magn. Porphyre. janvier-février. Eustathe. 1931. Salurn. Ion. ev. adopté par les 8. 9. 14. Virgile. d'Aristoph.. Oppien.. IV. 9. il est l'oiseau d'Apollon ^. 57. 23. 1293. oiseau d'Athénà^^. d'Euripide. et ainsi de suite. — Pindare. le faon ^^.. Strabon. 34. 17. 533. Schol. 67. comme Ulysse '.. ch. 3. Voir plus loin. 638. Eustathe. Sur Z'JZiade. Des Mois. et son schol. 24. 2. il symbolise la force du poète et de la poésie i®. 1227. dans la revue Le Rayonnement intellectuel. 449. 219. 76. d'Aristophane. 4. Sur Vanîre des Nymphes. IV. Sanchoniattion dans Eusèbe. 1451 et suiv. Euripide. 10. 21-26. 1233. 254. J. Le cygne symbolise la puissance qui transporte la lumière splendide et pure. La chouette. Pindare. il peut person- nifier le roi navigateur. Eustathe. 434 et suiv. Macrobe.. IV. Le miel est symbole de mort et de vie ^^. III. Euripide. î. Sur le dauphin conducteur. voir Charbonneau-Lassay dans la revue Regnabii. symbole d'impureté. 11. 15.. symbole de est force lumineuse ^. 374.. 20. Artémidore. 16. Méîam.. XV. etc.. IV. symbolise la réflexion qui domine les ténèbres ^. Paix. Pylh. Pyth.. Hélène. Salurn. . I. 13. lAl. 17. janvier 1927.. 11. L'image de Léda et du cygne amou- reux symbolise —même chez des chrétiens — l'âme fécondée par l'esprit divin. § IV. 6. 18. il guide les âmes vers les Iles bienheureuses ^.. 733. Plulus. I. Electre. Géorg. Sur V Iliade.. 669-670. Oiseaux. 5.

I. p. 5. Pindare. 77 et suiv. Vie de Pythagore. L'or a la couleur du soleil ^ et l'argent la couleur de la lune ^. Proclus. 578. VII.. Des Prodiges. etc. sur l'Iliade. dans les Fragm. s'empare des hommes après la mort et avant la renaissance ^. 8. éditeur). Bacchantes. § IV. Cornutus. Porphyre. Eustathe. mais représente aussi la force de sommeil et d'oubli qui Perséphone tenant la grenade. Voir plus loin. Codex XCIV. Introd. on frappe le bronze pour 1. Paix. 14 c. Le pavot que Ton offre à Déméter symbolise la terre. Voir Marcellin Berthelot. Lydus.. 3. le myrte symbolise le pouvoir politique '. Sur le Timée. 11. Cornutus. 421. Géorg. IX. ch. 45. 1. 6. d'Aristoph. 33. Comm. Macrobe. hisi. Le bronze a une valeur purificatrice ^° le son du bronze : contient une vertu démonienne^. ch. 59. Hachette. ch. 15. graec. 1067. 16. 10. Didot. 41.. J. 7. édit. 149. Bibliothèque. donné aux initiés d'un degré supé- rieur comme signe de vie nouvelle 2. Photius. (Daremberg et Saglio. Sur l'antre des Nymphes. L'olivier est consacré à la déesse Athéna ^. ch. Istros. 28. à l'Etude de la Chimie des anciens et du moyen âge. 4. 142. 1^. le laurier à Apollon *. 20. Virgile. 2. etc. Isthm. suiv. 402. . Diclionnairefdes Antiquités grecques et romaines. Saturnales. La grenade est consacrée à Déméter et à Perséphone. et le schol. au mot Myrrhinos. Voir aussi Porphyre. Euripide. V. p. I. Photius. 136 PRINCIPE DES MYSTÈRES ment et de bonne vue i. Schol.. L'huile symbolise la pureté *.

Une clé garde fermée la langue des initiés ^. Sur la face qui paraît dans la lune. Aristote. Les Pythagoriciens ont volontiers employé les symboles des nombres et des figures. Sur Isis et Osiris. Ainsi Plutarque considère-t-il le nombre huit. mais les autres théologiens et les autres philosophes ne les ont pas méconnus. 987 6. par conséquent les nombres peu- vent mesurer les genèses des êtres vivants et les périodes des astres. Clément d'Alexandrie. Martial. 15. II. 10. Ainsi les Pythagoriciens ont-ils appelé le triangle équilatéral « Athéna coryphagène et iriiogénie^^ ». . 6. comme symbole de Poséidon. 8. et fréquemment en grec et en latin. 1050. Thésée. Eschyle. Jamblique. 888. etc. prin- cipe de stabilité ^. Virgile. etc. A. Plutarque. 506. 9. I. 460. 36. Lydus. Des objets fabriqués ont une valeur symbolique et ser- vent d'insignes ou d'emblèmes. Athénagoras.. Plat. p. IX. Images. c'est-à-dire en ont fait un symbole de sagesse. fragm. 20. et que tout doit revenir à l'Un. 57. arithm. 10. — Salluste. Artémidore. 29. Sur Isis et Osiris. Oed.. 2. Plutarque. 986 a. 4. le trépied indique lepouvoir d'Apollon 3. A. 976 d et suiv. 5. Des mois. . VI. les tableaux et dessins ont une valeur symbolique comme les mythes '. Ambassade pour les Chrétiens. 343. de l'immuable pour arriver au variable. 1. 37. Le sceptre marque le pouvoir royal ^. 9. En effet. 7. 7b. par conséquent encore la science fondamentale se confond avec la science des nombres les idées sont : conformes aux nombres et tout est construit d'après le nombre ^. ils croient que tout procède de l'Un pour arriver à la multi- plicité. 10. 5. Sophocle. Des dieux et du monde. de Migne. II. dans la Patr. Mélaphys. 6. ch. 15. Protrepiique. 1. Des songes.. 15-17... de Théocr.. Enéide. Philostrate. Nicom.. t. 36. à Colonne. ou le cube du premier chiffre pair. Eschyle. — Schol. 6. VIII. Plutarque.gr. Cornutus.. Les statues. 3.. les sculptures. Epigr. 13. Prom... Le miroir et le peigne jouent un rôle dans les Mystères ^. Epinomis. LES SYMBOLES ET LES RITES 137 chasser les influences mauvaises ou bien lors d'une éclipse ou lors de la mort d'un personnage important ^. III. Plutarque. XII. 75. le trident symbolise le pouvoir qu'a Poséidon d'émouvoir la terre *.

qui êtes ici présents. IX. je déclare à voix très claire si quel. 56). je les conserve avec soin. Olympiodore. 55). 534-535. p. suppL. édit. » Les Mystères et le rituel des initiations doivent effrayer : « Les Mystères se disent sous forme d'allégories. p. rien d'inconnu. . vous savez ce que vous avez placé et que vous gardez chez vous. qui se font en Grèce. sur le Gorgias de Platon. Livre de la Magie. mais voici à peu près trois ans que. und Pàd. c'est-à-dire dans la vérité et la lu- mière i. et vous le révérez en silence. dissertant publiquement sur la majesté d'Esculape. Par conséquent celui qui atteint les îles des Bienheureux est celui qui « a vaincu la vie ténébreuse et terrestre et vit dé- sormais dans le jour. Albert lahn. Mais moi. par goût pour la vérité et par devoir envers les dieux. Je ne dis rien d'insolite. Ils se font recon- naître aussi par certaines paroles. Livre de la Magie. Rhetores graeci. Leurs signes et leurs emblèmes. Les initiés ont leurs emblèmes particuliers. j'ai porté devantmoicesmêmeschoseset j'ai énuméré les mystères (sacra) que je connaissais » (Apulée. comme j'ai dit. j'ai appris des choses sacrées de différentes sortes (multijuga sacra) et des rites multiples. dans les lahrh. : qu'un est présent. Le témoignage le plus important sur ce point nous est fourni par Apulée quand il dit : « La plupart des initiations aux Mystères. Car il ne saurait par aucun danger me pous- ser à énoncer aux profanes ce que j'ai reçu avec mission de le taire » (Apulée. 1. qu'ils reçoi- vent au moment de l'initiation. qui participe aux mêmes solennités que moi. Schol. 14. de V Interprétation. pour frapper de stupeur et donner un frisson. et qu'ils peuvent montrer aux autres initiés pour se faire reconnaître. je les ai reçues. La vie humaine est semblable à l'agitation des flots. comme dans les ténèbres et la nuit » (Démétrius.. Vous. les mystes du seul Liber le Père.138 PRINCIPE DES MYSTÈRES Il y a de nombreux autres symboles. 192. loin de tous les pro- fanes. qu'il me donne le signe et il lui est permis d'entendre ce que je garde par devers moi. Ph. qui m'ont été confiés par les prêtres. dans Walz. et des cérémonies variées. ({Aux autres au contraire. t. 47). Et je ne dispose pas cela pour le moment. f. les premiers jours que j'étais venu à Oea.

Cela étant ainsi. participant à la puissance du démiurge. si tu fais partie de ces Bacchantes. l'une qui vient de l'intelligible. AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES 139 Il est question chez Plaute du signe possédé par les Bac- chantes. j'ai déposé dans le calathos. j'ai pris dans la : ciste. 25). l'âme qui nous est venue dès mondes accompagne les révolutions des mondes. dans le ciel. je suis devenu mystique ». l'autre qui s'est ajoutée quand la première âme se transportait dans le ciel. Les initiés ont des formules à prononcer pour naontrer qu'ils sont arrivés à tel ou tel grade. IV. lorsqu'ils se présentent pour être initiés aux grands Mystères : « J'ai mangé au tympanon. Pour montrer qu'ils ont été initiés aux petits Mystères. au début de son discours sur Dionysos. l'autre est ajoutée par le transport. Pour montrer qu'il ont été initiés aux grands Mystères. d'après cette religion. dit à Palestrio : « Donne-moi le signe. La religion égyptienne avait la même conception géné- rale de l'âme humaine que la religion hellénique. . et celle qui est en nous. » Et : Puis Milphidippa : « Et ceci! Beaucoup de femmes l'aiment! » Puis Palestrio « Mais il n'en est pas beaucoup qui envoient : un don de leur doigt » (Plaute. de l'âme qui a vu le dieu. et. Milphidippa. » § IV. la servante. Jamblique enseigne que. » Palestrio répond « Une certaine femme aime quelqu'un. que nous ne comprenons guère. L'homme a deux âmes suivant ces écrits (les écrits her- (( maïques). ils disent. intelligiblement. venant de l'intelligible. pour prouver « qu'il n'est pas des non-initiés ». que l'âme est renfermée dans le corps. Ainsi. L'une vient du premier intelligible. qu'après la mort elle est transportée par un souffle . puis. 2. après avoir travaillé. j'ai bu au cymbalon. j'ai bu le cycéon. du calathos dans la ciste. Aristide. ils disent « J'ai jeûné. Soldat fanfaron. l'homme a deux âmes. dit quelque chose. — Théories analogues DES AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES.

. 6. p. C. 3. Jamblique. me levant. le grand prêtre dit à Lucius avant l'initiation : « Les portes des enfers et le soin du salut sont placés dans la main de la déesse. I.. 4-6. 6. me recommençant parmi les purs esprits ^. » ^ Il parle ailleurs de l'âme divisée. 1.. IV. 620 (Ed. 4. p. Le jour de son initiation est appelé son natalis sacer (Apulée. ou le « véhicule » ou la « tunique » : cf.140 PRINCIPE DES MYSTÈRES domine le tourbillon qui est dû à la genèse. 736). qui.. » Le myste est dit « celui qui est rené ». Tel passage du Livre des Morts nous fait voir l'âme du défunt quittant le cercle de la lune et abandonnant la mul- tiplicité pour revenir à l'unité des purs esprits : « O brillant dans la lune (dit le mort). 510. Ce souffle est ce que d'autres appellentle « char ». 53. Métam. dans les Métamorphoses d'Apulée. 7. pendant la vie. je sors de tes multitudes. « rené pour l'éternité » (Apulée. p. VIII. ^ Les Égyptiens ont souvent parlé de métempsycose . 11. » Les monuments égyptiens étudiés par les égyptologues modernes attestent la même conception : « En l'homme vit une étincelle de la lumière éternelle. 8. circulant. 11. Idées morales. Mystères égyptiens. rayonnant dans la lune. A. grâce à elle. Ainsi. le khou ou lumineux. 24) '. Psyché. » L'initiation aux Mystères d'Isis ressemble à une mort. anime tout le corps*. . 21. . 44. 161.VI. L. 37. 2. Baillet. p. les rites des cérémonies initiatiques ont rapport avec la mort ^. Diodore de Sicile. a ou bien qui a lâché corps ostréique et terrestre et erre en bas le autour des lieux de la génération portée par un souffle * trouble et humide. Paris).. elle permet de remonter vers les dieux intelligibles^. p. franc. Mélam... I. » Chez les Égyptiens. Fayot. hors du corps. aussitôt après la mort. 13. 102. Jamblique dépeint l'âme telle qu'elle est.. dans le corps. 5. 65. et la transmission elle-même se fait à la façon d'une mort volontaire et d'un salut obtenu par la prière. et telle qu'elle est. J. renfermée dans le corps. et du souffle. on peut se délivrer de la destinée. cité dans Lanoë-Villène.. au livre XI. Des mystères. par l'intermédiaire de l'Ame proprement dite. p. plus haut. Des mystères. et p. Livre des Morts. 100. Moret.. 96. voir plus haut. Voir Rohde. Symbolique. un prin- cipe d'intelligence.

. sous une forme humaine. Cette divinité est toujours accompagnée du cynocéphale dont la posture in- dique le lever de la lune.. les Égyptiens se sont représenté les conditions de l'âme après la mort : « La croyance vulgaire. zone à laquelle le dieu Lune présidait spécialement. dans l'intervalle d'une transmigration à une autre. ayant quitté les corps matériels. Je connais bien leurs noms.. et offre l'image du défunt assis et recevant. ballottées par les vents dans les vagues des airs jusqu'à ce qu'elles fussent appelées à animer de nouveaux corps pour subir de nouvelles épreuves. élevant ses bras comme pour soutenir le disque lunaire placé sur sa tête. Sym5oZïgue. La scène qui se trouve figurée entre la première et la seconde partie de ces trois manuscrits est divisée en trois bandes horizontales la bande : supérieure représente la haute région du ciel occupée par l'image du soleil répandant ses rayons sur les régions d'en bas. ont avancé les premiers que l'âme des hommes est immortelle. II. il en est trois qui représentent les trois mondes inférieurs. la bande intermédiaire est la partie du ciel située entre la lune et la terre — la demeure des âmes — on y a peint le dieu . et l'ont donnée comme leur étant propre. tous ceux de la mer.. puis quand elle a ainsi parcouru tous les animaux de la terre. : . Champollion. pour l'ordinaire. p. mais je ne les écrirai pas » (Hérodote. qui naît à point nommé cette révolution de l'âme s'accomplit en trois mille ans. et qu'après la dissolution du corps passe successivement dans de nouveaux corps par des elle naissances nouvelles. cité par Lanoë-Villène. tous ceux qui volent dans les airs. les uns dans des temps reculés. la troi- sième bande est la région inférieure. les hommages de sa famille.Le génie qui préside à la lune était considéré par les an- ciens Égyptiens comme le directeur perpétuel et le roi des âmes qui. dans l'espace du ciel qui est compris entre la terre et la lune. Voici comment. Parmi les rituels funéraires découverts dans les cercueils d'Egypte. suivant GhampoUion ^. 36-37. 122). dégagées des liens corporels. : Quelques Grecs ont adopté cette doctrine. expier leurs fautes passées et sortir de la zone de l'air terrestre et agité pour passer dans la troisième zone de l'Univers où ré- gnait un air pur et léger. voulait que. erraient.. » 1. Panthéon égyptien. chez les Égyptiens. les âmes errassent pendant un certain temps.. elle rentre dans un corps humain. et souvent aussi d'oiseaux à tête et à bras humains (les âmes) dans une attitude de respect et d'adora- tion. les autres plus récemment. la terre. Pooh (la lune). AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES 141 « Les Égyptiens dit Hérodote.

4. l'œil humain a des rapports étroits avec le soleil ^. 3. habite la lumière du soleil *.. 1. avant de franchir le dernier degré qui la sépare de la béatitude ^. qui tuent les adversaires d'Osiris et qui enchaînent ses ennemis. pour sa défense.Je suis de ta famille. 149). par exemple. p. 9. 988.. que le corps est composé de quatre éléments ^. I. parce que l'appelle (Athéna) Tritogénie l'âme a trois énergies. II. Religion des anciens Égyptiens. Je suis l'un de ces dieux. 12. Ils croient que l'homme est un petit monde et que. » Les Ghaldéens ont admis que l'âme est descendue du monde intelligible sur la terre : « On et Tritonide.. I). je me suis avancé en ton nom. Horus. 1. » Sur d'autres questions encore. et Belles Lettres. A la fin de cette première série d'épreuves. Mém. Lenormant. « Si nous ouvrons le Rituel funéraire des Égyptiens. dans les yeux. Annales du Musée Guimet. y dépose le grain dont elle s'était d'abord munie. GX) où elle ouvre le sein de la terre.. qu'elle aura à subir devant le tribunal présidé par Osiris (ch... en lui donnant un breuvage qui la désaltère et la fortifie (ch. Naville. Hierogl. Ch. traverse un désert aride (ch. XXIII.. De l'Abstinence. Osiris. Inst. et récolte une moisson abondante. avant les Grecs. XXIV. Je suis de ta famille.. Horapollon. en con- séquence. « ils croient que. Cf. ont admis. Lactance. si un Dieu ne venait à son secours. j'ai com- battu pour toi. p. 2. La représentation de l'agriculture est bien attestée dans les Mystères égyptiens. Stobée. engagée dans l'autre vie à la recherche de la béatitude. CXXV). 425. la religion égyptienne ressemble à celle des Grecs : Les Égyptiens. IV. . div. suivant le Livre des Morts (texte de Turin) : « . LVII). 6. Eglogues phys. elle arrive aux Champs Élysées (ch. dont le produit lui servira à se prémunir contre les embûches de l'interrogatoire redou- table. I.142 PRINCIPE DES MYSTÈRES Un défunt dit. p. Et les Ghaldéens disent que l'âme est simple. nous y trouvons que l'âme. de l'Académie des Jnscr.. Porphyre.» (E. enfants de Nout. où elle suc- comberait sous la faim.

Il sera. Les sectateurs de Mithra croient à la descente de l'âme et à sa réascension : 1. 2. « Celui qui est pur de pensée. 6 Zoroastre. Cette conception diffère dans le détail de celle qu'a exposée Aristide Quintilien. elle prend à l'éther la partie îhumique. IV. 22). au cercle lunaire. du soleil. Je me charge de le récompenser. elle est parcelle du feu divin et feu brillant. ou à cause de la volonté pater- nelle ^. à la mort. t. 3. 7. descend du ciel> et qui. est-il dit dans le venelidad ^. p. l'âme partagée ((jispix"^) s'avance de l'âme originelle suivant la volonté du Père. car l'éther a la nature du' feu. 53 et p. à la naissance. » Suivant les Philosophoumena. ils admettent deux causes origi- nelles (aiTia §iTTà TCYjYaîa) : paternel et VAme originelle. En effet si. AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES 143 intelligible et logique. mais du moins elle concorde sur l'essen- tiel. 1. et pensée paternelle. les Assyriens les premiers affirmèrent que l'âme est à la fois une et divisée en trois par- ties 2. ira éclatant de gloire dans les demeures du behesht. mais elle a une essence douée d'une naissance propre et d'une vie propre. Philosophoumena. Gasquet. Ils font descendre l'âme dans le corps pour beaucoup de motifs : ou à cause de la perte des ailes. . 122. V. au-dessus des astres. moi qui suis Ormuzd. le Nous Suivant eux. dans la Pair. s'avançant hors des intelligibles vers le monde sensible. pur de parole et pur d'action. de Migne.. et en effet la lune est humide de sa nature. Essai sur le Culte el les Mystères de Mithra^ p. mais que... 54. Les Ghaldéens admettent que les âmes ont leur principe dans le Nous paternel et VAme originelle : « Pour les âmes humaines.» (Lydus. le juste juge ». y retourne » dit le Boundehesh. Les Perses ont des dogmes analogues : « L'âme est une lumière qui. la partie épiihumé- iique. car elle n'est pas mue par autre chose. Psellus.. suivant le logion. elle est une forme sans matière. de la lune. gr. Summa el brevis dogmaîum chaldaîcorum exposiUo. 1152 c. D'après A. Des mois.

avait sept portes par lesquelles devaient passer les il y âmes. » (Mais. p. 4. 16. Le mot latin ira a été employé par Firmicus Maternus pour traduire le mot g^ec ihumos « ardeur de l'âme (voir plus haut. dans le même sens. là s'amasse la fécondité des semences génitales. la variété des cogiiaîions ' diverses que nous concevons par une ten- sion multiple. ». 106 et suiv. VI. voulant marquer énigmatiquement notre communauté avec les 1. dit Celse 1. IV. nous pouvons nous en per- suader en lisant un texte de Porphyre ^. p. 101. 2. Que la métempsycose ait un rapport direct avec l'initia- tion dans les Mystères de Mithra. il ajoute : « Une opinion de tous les premiers. VI. 21. chose que l'on paraît montrer dans les Mystères de Mithra. Contre Cels. 3.On » trouverait ce même mot latin ira. 7. 120. chez les mages. sur l'âme. Cumont. nous ne pouvons pas nous assurer que Firmicus parle encore de la doc- trine enseignée dans les Mystères de Mithra). 6. 1. les seconds. La «cogitation» ou action de réfléchir est comprise par les Anciens comme une action du Nous^ ou de la Pensée. Mystères de Mithra. Car les Mystères de Mithra représentaient un voyage de l'âme après la mort « elle abandonnait à la Lune son énergie vitale et : nourricière. ch. Cumont. comme cette partie du texte suit une lacune. Cf. afin qu'elle paraisse pour ainsi dire maintenir l'ire ^ de l'homme. tout comme elle les avait reçus en descendant *. Mystères de Mithra. Philosophoumena. VII §n. p. Firmicus Maternus ^ note la division de l'âme : « Ils assignent une partie à la tête. trois classes les : premiers qui ne tuent ni ne mangent d'êtres ayant eu la vie. à la façon de forêts (?).. les troisièmes qui ne peuvent pas toucher à tous. Porphyre. portes figurant les planètes ^. Origène. qui n'en tuent pas. dans les Mystères de Mithra. 101.. p. 22.. 8. 7. Ils la symbolisent par Hermès ithyphallique. Il sera question de cette théorie plus loin.). Car. ses penchants cupides ^. Ils placent une autre dans le cœur afin qu'elle paraisse dominer. là le désir de la passion agite par des aiguillons natu- rels. chez Cicéron et ailleurs. Sur l'erreur des religions profanes. à Mercure. Après avoir distingué. La troisième partie est établie dans le foie de là : naît la passion et le plaisir. 5.144 PRINCIPE DES MYSTÈRES « Les âmes descendent sur la terre et reviennent de la terre en passant par planètes c'est l'opinion enseignée par Platon les : et celle qui était enseignée dans les Mystères de Mithra ». Et le même auteur explique comment. . 5. V. c'est la métempsycose. De l'Abstinence.

» Dans Mystères de Cybèle.run des préparateurs du gnosticisme. ApoUinarius a pris chez les philosophes étrangers la distinction du Nous et de la Psyché. Matter. Livre sur les Prescriptions. 20. l'initié. épiihumia. Et celui qui reçoit les léoniiques revêt toute sorte de formes d'ani- maux. dit-on. dit qu'il pense que l'élan commun tend comme vers celui du cercle du zodiaque. gr... Histoire du Gnosticisme. 6). dans la Pair. t.. comme les Pythagoriciens (Clément d'Alexandrie. 1057). ainsi les mysîes qui participent de leurs orgies. 1057). héritiers des antiques Mystères. hyènes. car ils sont appelés aigles et éperviers. Philon. AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES 145 animaux. II. n» 510. t. 63. car ces âmes. Inscripi. 1380). 2. Valentin admet « la trinité de l'homme : il avait été platoni- cien » (Tertullien. Pair. Ils ont des initiations assimilées à la mort et à la réascension. 83. p. LES MYSTERES D ELEUSIS 10 . repré- sentent l'âme comme descendant et remontant. Lat.. couché dans une les fosse. gr. citant le Corp. ils ont coutume de nous indiquer par des animaux. il croit que les âmes purifiées s'élèvent vers les régions supérieures 2. 8. thumos. p. dans son ouvrage sur Mithra. 70-71. Les Gnostiques. c'est-à-dire de l'Intellect et de l'Ame (Théodoret. p. les serviteurs. dans la Pair. t. 97. gr. VI. comme pas- sant de la simplicité à la multiplicité et revenant de la mul- tiplicité à la simplicité. fils de Basilide le Gnostique. I. 71. corbeaux. professe la division de l'âme en trois Nous. Mais c'est une véritable et exacte opinion sur les âmes humaines qui est ainsi exprimée obscurément. recevait sur le corps le sang d'un taureau ou d'un bé- lier. La théorie antique de l'âme demeure celle des Gnostiques et de divers hérétiques : Basilide admet deux âmes. p.. Stromaîes. Les Gnostiques comprennent comme les anciens Grecs la 1. t. Goblet d'Alviella. il ensei- : gne que l'homme doit se dégager du corps. p. Et sous les pères. Isidore. Eleusinia. ils les appellent lions. 8. (lacune du texte). 75. sont entourées par toute sorte de corps.. p. Stromates. Épitre 145.. admet deux espèces d'âmes (Clément d'Alex. il devenait taurobolio criobolioque in aeiernum renalus ^. p. dès ce moment. Pallas. Rendant compte de tout cela. les femmes..

.146 PRINCIPE DES MYSTÈRES destinée de Tâme. t. non ^ ». J. p. 100. ou bien ils disent que les âmes sont enfermées dans des corps comme dans une pri- son^. Pour Marcion. gr. p. gr. Dans une ode gnostique ^ en copte. 8. Citée dans Amelineau. p. 137. p. comme le poussin s'échappe de sa cage. 1929. Ecberthus. Guiraud. Pair. conservée sous le nom de Salomon. Sermons contre les Cathares. et de philos. dans la Rev. 6... 8. 56. revêtue d'un corps ou d'un organe aérien et devenue semblable aux génies des cieux » {ibid. IV. p. p. d'hist. op. 16. 12. religieuses. t. et consi- dèrent les idées comme une réminiscence d'une primitive et cé- leste condition » {ibid. 5. I.. 56. Stromates. et elle a été reléguée pour l'expiation de ses fautes dans un corps em- prunté à ce monde matériel qui est la source du mal. afin qu'il devienne pneumatique. Histoire critique du gnosticisme. et devant lui survivre : Suivant Bardesane. Semblable aux anges. Alphandéry. l'âme du véritable chrétien « se dégagera un jour de son enveloppe matérielle. 460. II. p. 190). t.îî. ibid. et qui la tient captive dans une prison. dans la Pair. Voir la Dissertation de Dom Massuet dans la Patr. 3. 4. p. 16.. nous lisons : « toi qui m'as fait sortir du lieu supérieur. comme les sectateurs de Mithra. préexistante à la vie qu'elle a dans le corps humain. Les Carpocratiens croient à la préexistence des âmes.. dont la doctrine est issue de la théorie ma- nichéenne *. Vil. qui m'as conduit au heu de la vallée inférieure. Histoire de l'Inquisition. de Migne.. lat. Guiraud. et qui as amené ici ceux qui se trou- vaient au milieu. 1292. comme le grain mûr se détache de la paille. 7. p. Matter. . 3142. p. parles Mani- 1.. charnel Les Ophites ^ admettent les sept portes. dans la Pair. Philosophoumena. 422. dans un sépulcre (Matter. » Les Cathares. cit. La métempsycose est admise par Basilide '. mais un corps pneumatique — c'est-à-dire un corps de souffle — {ibid. 2. t. 381). « l'âme a transgressé la loi de Dieu. Le gnosticisme égyptien. croient que les anges tombés sur la terre sont revêtus de tuniques qui sont les corps ^. c'est- à-dire de sa renaissance. J. p. Clément d'Alexandrie. p. t. Les Bardesanites croient que l'âme revêtira un jour une sorte de corps. 391). 283). 195.. elle prendra sa part aux félicités du père bon et parfait. II. V. Les Naasséniens parlent de la « réascension de l'homme. gr.. p.

les entrailles d'un poulet sont placées sur l'estomac de l'en- fant pour faire apparaître sa mort comme plus réelle (G. Frazer note aussi que tous ces nouveaux initiés ont perdu le souvenir de leur vie ancienne et ont besoin d'une rééducation. 210. 2. sur la côte de l'Afrique orientale. .. op. 82. le corps ouvert. J. Journ. 3. p.. of the Anihropol. couverts de sang.. p. de la côte occidentale africaine. les prétendus morts se dressaient sur leurs pieds et cou- raient à la rivière pour se nettoyer du sang et des entrailles de porcs dont on les avait recouverts » (Frazer. Institute.. des em- blèmes à présenter afin de traverser les sphères. t.). 422 et suiv. que. 425). des Indes néerlandaises {The golden Bough. p.. 429). Hisl. il y a.. en général. Mais à un cri du prêtre.. après la mort. de l'Amérique. Les cérémonies de l'initiation ont pour but. t. avec rénovation du corps ou de l'âme®. Nous savons que les Ophites (fin du ii^ siècle après Jésus- Christ)donnent à leurs initiés un sceau. Dale. p. et les entrailles sortant. cit. p.. II. 9^ édit. p. 61 et suiv. 60. Les Fonctions mentales dans les sociétés infé- rieures. Goblet d'AIviella. cité par Frazer. 16. Cf.. de « parfaire » l'individu pour cela l'individu meurt. en face l'île de Pemba. p. The golden Bough. dit Lévy-Bruhl.. p. p... Guiraud. 19 et suiv. par les Cathares ou Albigeois ^. on montrait une rangée d'hommes apparemment morts. toute initiation implique Il une mort et une résurrection... The golden Bough. 316. L'initiation sociale magique et religieuse. III... un chiffre mystique. lai. 189. Cyprien. III p.. p. de V Inquisition. 517. puis renaît : à la vie (Lévy-Bruhl. Frazer a trouvé chez beaucoup de peuples sauvages des rites d'initiation par lesquels le jeune homme est censé mourir puis renaître tribus de la Nouvelle Galles du Sud en Australie.. une formule. Pair. a été observé que. On pourrait trouver des analogies dans beaucoup d'autres domaines encore. « Aux jeunes garçons des îles Fidji qui se faisaient initier. : des îles Fidji. du Congo. Exégèse sur le Symbole des Apôîres. 1. XXV. AUTRES MYSTÈRES ANTIQUES 147 chéens qui en cela suivent les Pythagoriciens ^.. 413 et suiv. 1920. Voir encore^ du même auteur. Chez les Bondeis. p. dans la Revue de V histoire des Religions.). pour eux. le jeune initié est fictivement mis à mort avec une épée. CCXXV.

cité dans Lévy-Bruhl. 1905. 9® éd. Zeitschrifi fur Ethnologie. Okawangosumpfland und seine Bewohner. V. 411-412). les enfants non pubères peuvent être com- parés à la semence avant qu'elle soit mise en terre.148 PRINCIPE DES MYSTÈRES Et voici une conception symbolique qui rappelle les Mys- tères d'Eleusis et les autres : « Comme les morts. mais de mort avec la virtualité de la vie ». L'enfant avant la puberté se trouve dans le même état que cette semence. 706.. p. Les fonc- tions mentales dans les Sociétés inférieures. de mort. . (Passarge. p. c'est- à-dire dans un état d'inactivité.

En tout cas Julien l'affirme : « Voyant que l'initié devait d'abord se faire inscrire comme citoyen athénien. 3. Julien. grâce à l'initiation. Lobeck. 16. p. 8. se firent initier. suivant Lucien ^. excluent des Mystères les autres Barbares aussi. 157 73 d. seul des Barbares.. c'est cela qu'il voulut éviter. à cause de la haine vouée à ces Barbares (les Perses). tandis qu'Agésilas et Epaminon- das resteront dans le Borboros? » . après avoir été inscrit parmi le peuple athénien ». » Et d'autres auteurs ont dit la même chose^. Mais nous savons. il suffît d'admettre que les Bar- bares comme Anacharsis sont admis à condition de devenir Athéniens. et que les autres Grecs doivent aussi devenir citoyens d'Athènes. étrangers à la Grèce par leur naissance. Aglaophamus. 4. Discours. et devenir athénien légalement. à une époque ancienne. Pour résoudre la difficulté. Anacharsis. Ainsi le philosophe cynique Diogène refusa de se faire initier aux Mystères éleusiniens * pour ne pas devenir citoyen d'Athènes. dans l'accomplissement des Mystères. non l'initiation. En particulier. « fut initié. que beaucoup d'hommes. Panégyrique. relativement aux Mys- tères : « N'est-il pas ridicule de croire que les fermiers des impôts. comme les meur- triers ^. 238. Diogène avait dit.= 2. CHAPITRE III CONDITIONS GÉNÉRALES D'ADMISSION Isocrate affirme que les Barbares sont écartés des Mys- tères : «Les Eumolpides et les Céryces. sinon par nais- sance. VII. Il se considé- rait en effet comme citoyen du monde. Scylh. » On explique l'admission des étrangers par une histoire mythique : 1. de source certaine. verront la splendeur d'Hadès.

ou bien sont adoptés dans ces familles 2. les Éleusiniens.150 MYSTÈRES d'Eleusis « Eumolpe.. a coûté trente drachmes. suivant Istros. Dittenberger. A. Par exemple le droit de citoyen athénien fut donné à beaucoup d'étrangers pendant une période antique puis à ^. C. éprouve de grandes difficultés pour acquérir les droits de citoyen dans un autre pays. firent pour lui les petits Mys- tères. VI. 6. 5. Cependant Héraclès étant venu à Eleusis. les mystagogues s'assurent si les candidats parlent et comprennent la « langue attique ». non pas Thrace. comme son père. des hommes comme Sadocos. par filiation directe. les dignitaires appartiennent à d'illustres familles athéniennes. add. 8.-C. de Thrace lui aussi. Et il ne semble pas que. Avant l'initiation aux petits Mystères. un Hellène. Les esclaves peuvent-ils recevoir l'initiation? Une inscription ' nous apprend que l'initiation de deux esclaves publics. II. 834 c. une autre ^. et voulant se faire initier. le lacédémonien Gylippos roi est. I. et la couronne de myrte marque cette adoption. . Valère Maxime. p. et les Thalysies de ce poète le montrent assistant à Cos à une fête de Déméter. en 329-328 avant J. 2.. ou Cotys^. vers 1327. 587. d'ordinaire. Les petits Mystères comportent donc l'inscription des mystes comme citoyens d'Athènes. fils de Sitalcès roi de Thrace*. Sans doute. mais voulant être agréables à leur bienfaiteur. défendit que les étrangers fussent initiés. Dém. 7. qu'on a fait initier cinq esclaves publics et dépensé pour 1. est citoyen de Cos. Sglloge. 29. Conire Arislocr. Thuc. Voir plus haut. 118.. faut-il devenir citoyen d'une cité pour se faire initier aux Mystères importants de cette cité. observant la loi d'Eumolpos. 7. p. Tzetzes. Thuc. mais celui qui le établit les Mystères. 3. 7. 40. de façon générale. 1. I. III. Et les initiés étaient couronnés de myrte ^ ». dit Suidas. comme aussi n'ont pas commis de crimes. citoyen de Thurium ^. Théocrite. né à Syracuse. Thuc. sur Lgcophron. s'ils De même que les initiés (mystes et époptes) sont Athéniens de naissance ou par adoption. 531. 104. 4. 6. II. et surtout un Hellène de haute condition.

Fragm.. p. Ephemeris archaïoL. Conire Néère. Ainsi l'initié ne peut pas être esclave. III. en se disant à lui-même : « Mais que dis-je? Que veux-je faire? M'en aller après avoir trahi le maître chéri. A.200 drachmes pro- viennent des Grands Mystères ^. Nous voyons par le cas d'Apulée. il cesse de l'être par l'initiation même. c. 170. qui reste près de son maître en qualité de théraponte parce qu'il lui doit de la reconnaissance et aussi peut-être parce qu'il trouve chez lui une vie plus facile. I. lui saurait gré des dépenses consenties pour cette initiation. Cependant l'adversaire que combat Démosthène dans son Discours contre Néère put faire initier la courtisane Métanire ^ — évidemment à l'insu des dignitaires — comptant que cette personne. ^ Dans un fragment du poète comique Théophile. une demi-obole au hiérocéryx. Nous savons. qu'il eut à très bien. un serviteur (théraponie) refuse de quitter son maître. VI. 5. et pi. Voir E. Voir plus loin. 3. qu'en Tannée 408-407 tels avant Jésus-Christ. 29. payer des droits importants pour ses diverses initiations. 21-23. une somme de 45 drachmes 2 oboles provient des petits Mystères. n'est plus un véritable esclave. CONDITIONS D ADMISSION 151 cela une certaine somme (disparue de l'inscription). 2. 724. C. 62. I. mais un homme libre et cultivé. 49. 4. S'il l'a été avant l'initiation. 207. 11. Gavaignac. 1.. les lettres. C. p. p. p. par qui j'ai appris les lois Hellènes. 7. IV. . par qui j'ai été initié aux divinités?» Ce texte nous prouve que l'ancien esclave. aimait beaucoup. graec. 218. Il y a des droits élevés à payer : trente drachmes au moins. 1. par documents. comic. le nourricier. Trésor sacré d'Eleusis. et cette inscription n'est pas complète *. Donc les esclaves pouvaient être admis. Voir plus loin. p. plus de 4. p. une fois initié. IV. 1. p. 6. L'entrée des Thesmophories était rigoureusement interdite aux femmes de condition servile ou de mauvaise vie ^. édition Didot. Isée. A. Il doit avoir des vêtements neufs pour l'initiation ^. qu'il . t. le sauveur. 1985. une demi-obole à Vépibomios. 1908. 133. Le myste doit acheter un porc ^. 267: édition Meineke. col. Telle inscription nous révèle que le myste doit payer une obole par jour au hiérophante.

les « Initiés de par Hesîia ».. aux grands Mystères. 8. A. Dans le Phormion ^ de Térence. il faut en conclure que interdit à lesAthéniens pouvaient être initiés avant l'éphébie. Mais il y a des initiés qui le sont dès leur naissance. 5.. Térence. SuppL. 5. . 265. 467. de Migne. Phormion. il faut être. 8. 3.. Nous voyons. les éphèbes sacrifier à l'in- du péribole^. » Peut-être la religion éleusinienne estimait-elle. à la façon des Athéniens. il est question d'initiés très jeunes. 1. I. Paidag. 1. I. d'après P. A quel âge peut-on se faire initier? Aucun texte ne renseigne là-dessus de façon très précise. p. pour l'initiation. II. et 469. chez lequel on lit que. ou redevenir. or nous savons que l'accès du péribole était térieur ceux qui n'étaient pas initiés. enfants ^. sur ce passage : « Térence suit ApoUodore. et que. I. 13-15.. gr. 1. etc. 259. Ibid.152 MYSTÈRES d'Eleusis Les femmes étaient-elles admises à l'initiation? Des témoignages certains nous montrent des femmes assis- tant aux Mystères ^. ou du moins les premières formes de l'initiation. Foucart. 4. C. 11. qu'il faut préparer les enfants des deux sexes *. dans Patr. 4. comme Clément d'Alexandrie. p. les enfants sont imbus des mystères des Samo- thraciens. 173. Eur. t. 2. et le commentateur Donat dit. à partir d'un âge déterminé. Mais nous pouvons conjecturer que les Athéniens recevaient très jeunes l'initiation.

voilà pourquoi il ne faut -pas faire qu'il sortir l'âme tant qu'il y a possibilité de progrès ^. mais jamais : tous les degrés ensemble — du moins les auteurs qui parlent des initiations aux vrais Mystères grecs souvent ils attri-— buent des appellations diverses à un même grade. en les com- plétant les unes par les autres. CHAPITRE IV DEGRÉS D'INITIATIONS § I. Plotin. nous pouvons apprendre qu'il existe trois degrés pour la masse des initiés : initiation aux petits Mystères. obtient le rang correspondant à celui qu'il avait pendant la vie : « moment où il sort (du corps) tel est Tel chacun se trouve au le rang occupe là-haut. — Hiérarchie éleusinienne. initiation aux grands Mystères . Chaque degré nouveau doit correspondre à une dignité supérieure « Les morts les plus grandes obtiennent les desti- : nées les plus hautes ». » Sur les divers degrés possibles des initiations. ou purification. époptie. c'est-à-dire rapprochent plus que les autres de la destinée finale ^. Voir plus haut. 86. p. l'initiation. 114» 3. 1. déclare Heraclite ^ sous une forme énigmatique. les auteurs grecs ne s'expriment jamais avec clarté et avec la volonté de tout dire ils distinguent plusieurs degrés. après la mort. doit comprendre plusieurs degrés. fragment 25. I. Heraclite. qui repré- sente cette ascension.' 58 édition. Fragmente der Vorsokraliker. 9. Si l'âme a plusieurs étapes à franchir en son retour vers l'origine céleste et l'origine divine. p. I. Mais en cherchant à concilier leurs données. 2. . ce qui signifie sans doute que les initiations les plus hautes amènent des morts plus complètes. Chacun. dans Diels.

initiation hiérophantique ou royale. le mysie est celui qui a la bouche :lermée. édition Hiller. qui n'ont pas une parole compréhensible. une initiation à la véri- îtable iélété ^ et une transmission des véritables Mystères. « Perfection îélélé signifie ». pour ceux même qu'on n'écarte pas. p. 4. et notam- ment la philosophie de Platon. Mathém. 20-23. La première est la purification : en efïet. de sorte que l'on puisse transmettre à d'autres les télétés que l'on a reçues. Anadèse signifie « fait d'attacher en haut (les cheveux) ». Théon de Smyrne ^. Dupuis. 6. » Ainsi Théon de Smyrne distingue : 1® purification. p. La cinquième est la félicité survenant à la suite 4e tout cela par l'amitié des dieux et la vie avec les dieux. .. Prooem. ^ ® quand on a obtenu la dadouquie ou la hiérophanîie ou quelque autre prêtrise. Myésis. Le mot grec proprement « Achèvement ». 7. Le dadouque est « celui qui tient la torche ». 40 couronnement. ou myésis''. trouve cinq parties dans la philosophie et cinq parties dans les Mystères: « La philosophie est. Vanadèse et la prise de couronne. tous les hommes ne peuvent pas indistinctement parti- ciper aux Mystères. Après la purifica- tion. Le hiérophante est « celui qui fait apparaître les choses sacrées ». comparant la philosophie. pourrait-on dire. vient ce qui est la * perfection de l'époptie. aux Mystères. 5. 14-15. avait distingué les degrés divers qu'il a englobés dans S'il la quatrième partie première accession aux dignités supé- : 1. de diriger et de commander : initiation holoclère ou de la couronne. -et enfin tout au sommet : initiation suprême qui identifie à l'Un. ils doivent obtenir auparavant une purification. 2. 2^ réception de la tel été. est ce qu'on appelle Vépoptie ^. « action de fermer la bouche ». En quatrième lieu. 3° époptie.154 DEGRÉS d'initiations puis trois degrés essentiels pour les dignitaires capables d'initier. comme ceux qui n'ont pas les mains pures. 3. édition J. hiérophantie. prêtrise. dadouquie. 50 félicité suprême. mais il en est à qui l'on ordonne de s'en écar- ter. initiation sacerdotale. Il y a >cinq parties dans l'initiation. vient la transmission de la Iélété.. Le mot grec époplie signifie « Contemplation ». En troisième lieu.

qui constituent les pré- paratifs de l'enseignement « qu'ils se préparent. édition Norvin. de Migne. il aurait eu la division en sept. Les vertus morales et politiques correspondent aux 1. Pour expliquer la philosophie de Platon.. dans le traité intitulé Dion ^. Comment sur le Phédon.. avec les initiations elles-mêmes. et sur les étapes qu'il faut franchir. manquerait seulement. il y avait d'abord des lustra- tions publiques. la Il mention du grade ultime qui assimile à la divinité. p. qui consiste à voir les choses moins importantes. hiérophantie. porter la torche avant de montrer les choses sacrées. En effet.. 2. et qu'ils se préparent à supporter toute cette progression si longue. t. après cela venaient les réunions. 120-121. 66. » Synésius semble bien distinguer par là : 1° l'initiation aux petits Mystères. enfin les épopties. Synésius. HIÉRARCHIE ÉLEUSINIENNE 155 rieures. Mais Synésius en a parlé dans son traité De la providence. Dion. 2° l'initiation aux grands Mystères. qui font dépouiller le caractère sauvage « il faut d'abord dépouiller le caractère : sauvage ». 3° Vépoptie. Quoi donc! Que la philosophie soit appelée là comme alliée. Olympiodore. Olympiodore ^ a décrit les différents degrés d'initiation. . il com- pare ces étapes aux degrés d'initiation : « La vérité n'est pas une chose qui gise abandonnée. 4® le rang de choreuîe. 52 c dans la Pair. : les préparatifs de l'enseignement ». suivies de purifications plus secrètes. 5° la dadouquie. recevant l'enseignement et les préparatifs de l'enseignement. 1144.. recevant. gr. considérer les choses petites avant celles qui sont plus grandes. méprisée ou qu'on puisse prendre à la chasse. il faut d'abord dépouiller le caractère sauvage. faire partie d'un chœur avant de porter la torche. dadouquie. a tout un dévelop- pement sur la difficulté que l'homme rencontre avant d'at- teindre la vérité. 6° la hiérophantie. si cette analyse est exacte. p. dans le texte sui- vant : « Dans les cérémonies saintes.

c'est le maître » 1. Discours. enfin l'intuitionpure des idées. Le but des Mystères est de ramener les âmes à leur principe. Car les degrés de l'ascension iélesîique^ sont au nombre de trois. précédées de réunions. P. « qui donne l'achèvement ». mais que Platon. 122. le caractère commun au prêtre et au philosophe étant de s'être éloigné de la « généra- tion » (du monde de la génération) ^. aux initiations. Cependant Olympiodore n'ignore pas les grades supé- rieurs à Vépoptie] il parle de Bacchos consacré à Dionysos. possédé par la divinité dans sa marche et dans son cri. ayant une bonne expérience de la iélété » (Himérius. « qui donne la perfection ». ». publiques ou secrètes.. 3. pour concilier les deux systèmes. . Plus loin. 2° les initiations.. (c S 'étant montrés pour les mystes bons mystagogues. il est évident qu'il pense à une petite élite quand il parle des Bacchoi. les mêmes vertus.156 DEGRÉS d'initiations lustrations publiques. Et. Télesttgue. » Olympiodore distingue donc seulement. c'est Dionysos. qui nous dégagent du monde extérieur. 4. P. dirigées vers l'unité. P. 23. dit-il d'abord.... participe aussi à son nom 2. C'est-à-dire qu'il distingue trois degrés (et non cinq degrés comme l'ont cru à tort quelques historiens modernes) et ce sont les degrés accessibles à l'ensemble des fidèles. puisqu'il veut expliquer la parole de Socrate « beaucoup sont narthécophores (c'est-à-dire porteurs de thyrses). assimilé à lui. 25. dans ce passage : 1° les purifications. 2. les autres de « philosophe ». 122.. XV. il fait remarquer que les uns parlent de « prêtre ». « Le myste c'est le disciple. à l'intuition mys- tique. 123. 2.. c'est-à-dire les dignitaires aux fidèles : c( Mystagogue : celui qui conduit les mystes » (Lexique d'Hésy- chius) . 674). et celui qui a été consacré à Dionysos. et le mystagogue. les vertus purifîcatives. aux réunions. de prêtre et de philosophe : « Le premier Bacchos. 3° les épopties. mais peu sont Bacchoi * ». aux purifications secrètes. On peut opposer les mystagogues aux mystes. les vertus con- templatives.. a pris le terme de Bacchos.

81 b). celui qui enseigne les Mystères. Le mariage sacré. celle de poète. tu lui as permis de puisser insatiablement aux sources qui étaient lk{Églogue. Il dit en effet. p. I. p. celui qui accomplit les Mystères. grecque de Migne. il (Plotin) dit. 83. pour que tous entendissent : « Tu as montré en même temps le poète et le philosophe et le hiérophante «(Porphyre. 820-821). X. l'explication des cérémonies donnée par le hiérophante. les prêtres. Or il est dit que. chez Hésychius. ceux que l'on appelle les prêtres accomplissent les rites des orgies. le hiérophante. cité dans Lobeck. et l'ex- plique à qui il veut. les lexiques de Suidas et d'Hé- dans sychius : le prêtre. 29). celle de hiérophante : « Comme j'avais lu. 15)» Ce sont les trois degrés auxquels accèdent successivement les dignitaires. il est probable qu'il chercha à imiter la hiérarchie réelle. Le logos hiérophanîique . Quand Alcibia de parodia les Mystères. le hiérophante. celui qui con- duit les Mystères. et le hiérophante seul connaît la raison de ce qui se fait. prê- tres et prêtresses qui ont souci de pouvoir expliquer ce qu'ils font » (Ménon. au fond. Himérius distingue le myste. Le mystagogue est défini. 4). Vie de Plotin. » [Graecor. curaiio. tous ne connaissent pas le logos hiéro- ^hantique ^. celui qui montre les Mystères. s'adressant aux Hellènes : «Chez vous de même. aux fêtes de Platon. et comme quelqu'un. l'épopte. Platon fait la même distinction. mais ayant reçu le même homme dans le même temps comme myste et comme prophète des discours qui se faisaient chez toi. quand il loue « hommes et femmes instruits sur les affaires divines. t. parce que j'avais dit beaucoup de choses mystiquement avec enthousiasme et en termes obscurs. mais la foule nombreuse contemple ce qui se fait. dans la Pair. et même. le prophète : N'ayant pas imité la loi mystique qui partage le temps pour a Vépopie et pour le myste. p. un poème.. affirmait que Porphyre était dans le délire. HIÉRARCHIE ÉLEUSINIENNE 157 (Moschopoulos. 140. dans 1. Les orgies : cérémonies accomplies dans l'enthousiasme sacré . Sched. celle de philosophe. Aglaophamus. affeci. Un texte de Porphyre note trois dignités successives. Le chrétien Théodoret distingue la foule.

. à des dignitaires poli- tiques. égal au Dionysos qui paraît dans les Mys- tères. Or Dionysos réunit en lui les dignités de bacchant.. ils subissent des initiations qui ont quelque chose d'analogue. Alcibiade est devenu un vé- ritable Dionysos. Suivant le rhéteur Libanius. dans un cortège joyeux. à des dignitaires religieux. qui est précisé- ment leur droit de diriger les autres. de hiérophante : a C'est un autre Dionysos qui vient de Thèbes en Attique.. et rejoint le dieu de l'Olympe. ils appartiennent à des familles plus nobles. Hésychius explique ainsi le mot grec myrrhinôn ((xuppivôv) :. — et enfin (comme on verra plus le loin).. qui est une couronne.. qui porte les torches (SaSou^ouvra) et agite les flambeaux du haut de VAnadoron » (Libanius. Vie d'Alcibiade. au mot myrrhinos : « De myrte est la couronne de ceux qui commandent à Athènes. de dadouque. 27). Et Photius. Des textes précis attribuent la couronne. ceux de Bacchos. de hiérophante. En effet. ce mot a été forgé. dit-on. 19). 26. semble-t-il. parce que les archontes ont des couronnes de myrte ». Ainsi Alcibiade. trois degrés de la hiérarchie supérieure : héraut. a obtenu les grades les plus élevés. « un certain Théodoros jouait le rôle du héraut {céryx en grec). et que des compagnons d'Alcibiade étaient présents et recevaient l'initiation sous le nom de mystes » (Plut. 12. insigne du grade supérieur. hiérophante. tous ont un caractère semblable.158 DEGRÉS d'initiations cette parodie. car les archontes se couronnent de myrte. Déclamation. le dieu qui fait le bacchant. à des poètes. un insigne semblable ou pareil. » . de dadouque.. obtenant ce qu'obtint autrefois. On peut englober dans une même dénomination tous ceux qui sont dignitaires. La couronne de myrte marque un pouvoir politique. de toute évidence. Les trois personnages représen- tent donc. « celui qui se prépare à avoir un pouvoir. Il atteint l'Olympe grâce à sa race et grâce à ses bonnes administrations.. Alcibiade celui du hiérophante. En effet. d'après l'éloge hyperbo- lique du rhéteur grec. le dieu des Mystères. Polytion celui du dadouque. dadouque. c'est-à-dire Zeus.

1). comme appartenant aux mêmes familles. qui a été lui- même archonte éponyme. G'est la famille qui descend de Thémistocle : Acestium est jQlle de Xénoclès. nous renver- rons en Egypte avec la lyre.. des prêtres. p. 35. hiérophantides. HIÉRARCHIE ÉLEUSINIENNE 159 Suivant Istros ^. I. Ziehen. après l'avoir orné des couronnes des Muses. Sophocle et douques. p. sur l'IIissos. des magistrats^ des personnes chargées d'enseigner : Une inscription funéraire ® loue une hiérophantide. I. 6.. n. arrière petite-fille petite-fille de Léon : Léon ont été da- or Xénoclès. Pollux. faisant retentir les sistres attiques. Pendant sa vie. 3. la couronne de myrte est portée par le hiéro- phante. 1. 2. édition Didot. Memmios Thoricios. Ephéméris archaeolog. puis. col. » Des inscriptions nous montrent. Un passage de Pausanias fait connaître une famille parti- culière où se recrutèrent toute une série de dadouques. 5. 37. 78. les Himérius parle de couronner ses disciples : « Il y a parmi nos mystes un chœur venant du Nil.. et les autres prêtresses. à Athènes. appartiennent aux grandes familles des Eumolpides et des Géryces ^. qui a été épimélète de la gymna- siarchie du Dieu Adrien. Fragmenta hisioricorum graecorùm.. descen- dant de dadouques. t... puis son mari Thémistocle. Discours. I. 1895. 421. des prêtresses. 150. en son Onomasticon ^. Le mot grec cérgx signifie « liéraut ». Les mystagogues. Leges Graecorùm sacrae. il chante la mer du Nil ^. 1. de Sophocle.. 7. que. descendante d'Isaios qui enseigna les Muses au Roi Adrien. 8. 3. XXIII. Une autre nous fait connaître L. son fils Théo- phraste (Pausanias. Onomasticon. afin que. 8. a cité un grand nombre de termes relatifs aux Mystères. elle a vu dadouques son frère Sophocle. qui a initié le Dieu Lucius Verus *. elle nous apprend que cette hiérophantide. . 4. 107. au début des Mystères. Ibid. Ephéméris archaiologicé. de la ' famille des Eumolpides ». de stratèges et d'agonothètes. p. 1885. celui-ci étant mort. p. 26. c.. couronna comme mystipoles les Rois Antonin et Commode. qui a initié en présence du Dieu Adrien. Mais les Géryces ^ et les Eumolpides peuvent adopter des étrangers ainsi une : inscription nous présente « Tibérios Glaudios exégète.

spondophores {porteurs de la trêve). 964. hym- nodes (chanteurs d'hymnes). archontes. Dionysiaques. Voir plus loin. enfouis- 1. toutes pures (en grec Panageis). hymnéîries et hymnétrides (chanteuses d'hymnes). 150. phaidruniès (celui qui fait briller les statues). prêtresses (en grec hiereiai). § IV. ch. obtiennent Vanadèse. néocoroi. lacchagôgos (conducteur de lacchos) couroîrophos (qui élève les jeunes). archaiol.160 DEGRÉS d'initiations Ce sont. par exemple. archonte-roi. Les inscriptions d'Eleusis nous font connaître d'autres dignitaires : hiérocéryx (héraut sacré). il faut les assimiler à ceux qui.f 1885. . dadouques. Rien n'empêche d'admettre que tous ces dignitaires aient été groupés dans les trois grades de la hiérarchie supérieure. La déesse Athéna est dite « mystipole ^ » : or c'est elle qui forme les mystagogues ^.pyrophores (porteurs de feu). p. qui a sous ses ordres les hymnodoi et les hymnélriai). or- giastes : Hiérophantes. daeriiès (qui enseigne). hiéropoioi {qui îont les choses sacrées). Une inscription en vers loue une hiéro- phantide qui couronna comme « iriystipoles » les rois An- toine et Commode ^ : mystipoles reçoivent la puisque les couronne. l'autel). mystagogues. Nonnos. épibomios (qui se tient près de licnophoros (qui porte le van sacré). dans la classifica- tion de Théon de Smyrne. a la même valeur que le terme myslagogue. En tout cas il paraît très improbable que les grades allant jusqu'à Vépoplie aient été conférés aux femmes en même temps qu'aux hommes. Ephém. 2. céryces (hérauts). épimé- lètes. Le terme myslipole. en plus des mystes. Peut-être les femmes reçoivent-elles certains grades supé- rieurs de la même façon que les hommes. déposition des vêtements. et que les épreuves aient été les mêmes — étant donnée la nature même de ces épreuves : marche dans les ténèbres. 48. hiéraulès (flûtiste sacré. 3. télestes. IX. Il semble qu'un même grade religieux ait pu recevoir des noms différents.

les différents chefs politiques ont été en njiême temps des chefs religieux. au temps de la. chap. Ainsi le roi a une place dans la hiérarchie sacrée. médecin et devin. poète. etc. le médecin. sera lui aussi. 290 d). — ceux qui peuvent prétendre à la royauté il passe ainsi en revue : les serviteurs (diaconoi) parmi lesquels sont la famille des hérauts (céryces). les hérauts. Le texte de Platon qui vient d'être cité {Politique. ceux qui savent les lettres.. ont un grade dans la hiérarchie. les hérauts — et aussi les médecins... LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 11 . 290 d). par hasard. HIÉRARCHIE ÉLEUSINIENNE 161 sèment dans boue. comme chez les Égyptiens et ailleurs. à Athènes. et à un degré éminent. ceux qui savent les lettres. et il doit y avoir une initiation royale. les orateurs. appartiennent à la hiérarchie sacrée nous devons en effet : placer dans la hiérarchie supérieure les prêtres. commerçants. les poètes.. un roi d'une autre race prend pouvoir par vio. le lence. sur l'initia- tion de la hiérophantide ^. et si. Nous ignorons à peu près tout la des épreuves imposées aux femmes nous pouvons supposer : qu'elles avaient lieu aux Thesmophories et aux Anlesîhéries. Dans le Politique de Platon. X. sur les inscriptions d'Eleusis. les devins. V et chap. Et voilà pourquoi les empe- reurs Romains ont. pour les grades inférieurs. que « en Egypte. il est nécessaire qu'il soit ensuite initié dans cette famille ». possédant un grade plus élevé dans la même hiérarchie. Politique. tout comme à Athènes. que le Roi. désigné par le sort. puis les devins.. le roi. il n'est pas permis qu'un roi règne sans avoir le caractère sacerdotal. La dignité des prêtres et des devins est telle. etc. le titre de Rois. Et c'est parce que le poète. dit-il.. République.. à Athènes a une valeur politique et sociale. La hiérarchie religieuse. le devin. l'étranger qui parole a la con- sidère — au-dessus des agriculteurs. puis la race des prêtres. nous entrevoyons quelque chose sur l'initiation des femmes aux petits Mystères. 1.. a le privilège des « choses sacrées les plus vénérables et les plus aimées des ancêtres » (Platon. montre que les devins. Voir plus loin.

2. avec des yeux dégagés de toute souillure. Philon. archaeoL. L'enseignement de la vérité comporte donc des degrés. une hiérophantide couronna Antoine et Commode comme mystipoles ^.. 737. de hiérôphaniides : Par exemple.. de Mélisses (abeil- les). dans les textes et les inscrip- tions. les divines Perfections (en grec . 1000 A. né- cessite une ascension. il le menait à la mystagogie de Platon. etc. 1885. de Panageis (ou toutes pures). Il est question de prêtresse de Déméter. et il lui faisait contempler. qui montraient les objets sacrés à ceux qui se faisaient initier. 150. mais comme situées à des hauteurs différentes. hiérarchie Il est fréquemment question. dans la Vie de Proclus *. sans vouloir poser le pied au-dessus de la marche. C.. La philosophie grecque. Proclus. comme il est dit. 2 Photius mentionne des hiérophantides. 162 DEGRÉS d'initiations La comprend des femmes. . Les philosophes grecs n'envisagent pas les connaissances comme placées sur un plan unique. — Hiérarchie philosophique. télé- tes) qui sont là. insiste sur la nécessité de suivre l'ordre des initiations. A. en exposant comment Pro- clus fut instruit : « Le disciple qui avait été suffisamment conduit à travers ces considérations. ils ne les considèrent pas d'une même vue. XIV. Ephem. Et il en est de même pour l'enseignement de la vertu. p. en suivant bien l'ordre. » ^ Philon le Juif marque l'impudence de ceux qui suppri- ment les étapes : 1.. Marinus. Marinus. prêtresse de Per- séphone. d'une « mère sacrée qui montrait les télétés des déesses près des anaciora de Déo ^ ».. 3. ou bien dans les petits Mystères. I.. 5. § II. de Bacchai. III. mais procèdent par étapes successives. Leg. comme en des préliminaires d'initiation. de même que les Mystères. Au mot Hiérophantides. 4. ad Caj.

une mystagogie. alors qu'ils sont à peine inscrits parmi les mystes.. sans lequel on ne saurait voir. rien de vrai.. Porphyre. 2. aux choses qui 1.. il donnait un exercice préparatoire pour conduire à ce qui est vraiment. de peur que l'on ne fût troublé par le changement subit et complet. commencé dès l'enfance. Voir ci-dessus. car Empédocle dit qu'il faut avec un bronze inusable puiser aux cinq sources. la transmission des doctrines socratiques a d'abord une purification. il s'avançait petit à petit. venant d'en haut. Par les mathéma- tiques et la considération des choses qui sont intermédiaires entre le corporel et l'incorporel. la stéréométrie. à la suite du texte qui a été cité plus haut 2. suivant lui. une télété. il faisait parvenir à la béatitude de la ^ perfection ». et Platon dit qu'il faut faire la purification par cinq enseignements ce sont : l'arithmétique. une contemplation : « Il philosopha d'une philosophie dont le but était de dégager et de délivrer de sa prison et de ses liens le Nous (la Pensée) qui est enfermé en nous. introdui- sant ce qui est vraiment. voit tout et entendioui. . en le con- duisant doucement vers la contemplation des choses invisibles et des choses incorporelles qui ont une nature immuable. qui rebuterait l'être humain long- temps asservi à de telles habitudes vicieuses. Il appelle époptie l'activité relative aux intelligibles. Quand il a été purifié. 46. A la place de cela. et accom- plir les cérémonies qui sont le fait du chef. HIÉRARCHIE PHILOSOPHIQUE 163 « Avec leur impudence. Il lui présentait cela en imaginant des procédés. A la télété ressemble la transmission des théorèmes selon la philosophie. il faut lui présenter quelques choses utiles. théorèmes logiques. Théon de Smyrne. sans lequel on ne saurait apprendre rien de sain. une anadèse et la félicité : « De la même façon. et comment cette philosophie contenait vraiment une purification. Car le Nous. comme l'exercice dans les instructions convenables. Vie de Pythagore. enseigne que la transmission des doctrines Platoni- ciennes comporte une purification. p. qui se comportent suivant les mêmes causes et de la même façon. la géométrie. l'astro- nomie. la musique. le reste est sourd et aveugle. » Porphyre expose en termes très clairs comment Pytha- gore procédait par ordre dans sa philosophie. politiques et naturels. 154. ils osent être hiérophantes.. agissant par quelque sensation que ce soit.

» Et Allinus. Platon. et afin que ces jugements restent dans l'âme sans s'enfuir^. Pour Vanadèse et le cou- ronnement. édition Didot. parce que dans ce dialogue nous apprenons à nous connaître nous-mêmes... p. il faut les placer dans l'ordre sui- vant puisqu'il y a cinq vertus d'après l'ordre de profondeur. après les dialogues indi- qués.. et ainsi alors 1. il faut d'abord lire le Gorgias comme politique. et ce sont les jugements physiques... ensuite le Théétèie qui donne des ensei- gnements sur les choses.. III. : physiques. il faut croire que c'est le fait de devenir capable. il faudra qu'ils soient liés par l'explication de la cause. 2. et les purifier. nous nous laissions ramener vers ce qui est infé- rieur. afin qu'on se tienne fixé sûrement au but proposé. Ensuite nous venons après ceux-là aux dialogues qui enseignent sur les choses de la nature. Prolégomènes sur la Doctrine de Platon. d'après ceux dont on a reçu l'enseignement. ensuite nous avançons vers la connaissance (yvôctiv) des êtres qui nous arrive par la vertu éthique. Ces êtres sont vus en pensées ou en actions. il faut d'abord. et aux choses des idées. l'assi- milation au dieu dans la mesure du possible. t. politiques. XXVI.parfaite étape. Pour ceux qui sont au milieu. La cinquième et la plus . après la purifi- cation. enlever les fausses opinions des préjugés. qui l'amènent à la perfection. Après cela. éthiques. nous laissant entraîner par quelque sophiste.164 DEGRÉS d'initiations sont vraiment. en der- nier lieu le Philèbe parce qu'il y est parlé du bien. par une purifica- tion. par conséquent. .. théologiques. en effet la vie cathartique vient après la vie politique. d'établir d'autres dans la même théorie. et. 227-228.. selon Platon lui-même. dans son Introduction aux dialogues de Platon ^. l'âme étant. et les rendre droites comme étant des principes.il faut produire en elle les croyances qui lui conviennent. des choses divines et des dieux eux-mêmes. éthiques et politiques. » D'après 01ympiodore^. théorétiques. éveiller et invoquer les réflexions naturelles. c'est la félicité qui vient de cela. Ensuite il faut que soit acquis Vaparalogislicon. de peur que.. il faut lire comme quatrième le Cratyle qui donne des ensei- gnements sur les noms. préparée. cathartiques. pour ainsi dire. deuxièmement le Phédon comme cathartique.il faut étudier les dialogues de Pla- ton en sept étapes : « Il faut d'abord faire (xpaTTsiv) VAlcibiade.. dit la même chose en d'autres termes : « Comme il faut devenir contemplateur de son âme.

(les Lettres. par la décision (gnose) juste. — En VI. et souvent fort hostile aux Mystères helléniques. grâce à l'affection de Dieu. qui s'est. puis appliqué à faire s'est disparaître les passions.. 227. en se résumant. dans l'intervalle.. nous fournirait à coup sûr des renseignements nombreux sur les Mystères. 249-251. c'est-à-dire obtenir une purification ^. 7. Plotin. Au livre VI. VI. si nous pouvions le comprendre parfaitement. non compris l'initiation aux Petits Mystères ou purification (à quoi Plotin fait allusion seulement au début du premier livre) et chaque Ennéade correspond à un degré. . sacer- les : doce. » siromaies. 1. comme il le souligne lui-même ^. dans ses Siromaies. époptie. la dernière parle d'union intime. 325-328. 13. t. t. . mais conforme à l'ordremême des grades successifs auxquels on parvient dans Mystères initiation. Non que la philosophie de Plotin soit la philosophie même des Mystères.. il nomme « Perfection » et « Contemplation ». Clément d'Alexandrie lui-même. grecque de Migne. p. 9.. il se hâte. couronnement. 1. la Répu- blique). La première Ennéade parle de puri- fications. 2. et tant d'autres. élevé à la belle activité de la perfection gnostique. vers le saint séjour. chrétien. HIÉRARCHIE PHILOSOPHIQUE 16& au Phèdre et au Banquet comme dissertant de façon théorique et sur les choses théologiques. 8. les Lois.. 1. Platon. dans la Pair. grands Mystères. divinisation... il est question d'ascension. Alors. époptie. a cependant suivi. d'époptie. comme Pythagore. Voir le texte plus loin. p. p. royauté. en vient à être au niveau des anges. comme les apôtres ^. Dans la suite des cinq premiers livres. il suit la progression : petits Mystères. il veut guérir les passions. » Plotin. mais elle a été coulée dans le moule des Mystères. Les Ennéades sont au nombre de six parce que les Mystères comportent six degrés. lumineux et brillant comme le soleil dans sa bienfaisance. il passe à un grade supérieur Celui qui a d'abord : « mis la modération dans ses passions. et ainsi il faut arriver vers les parfaits^ je dis le Timée et le Parménide. En sorte que l'ordre des Ennéades ne paraît pas arbitraire. Au livre premier. la marche ascensionnelle des Mystères éleusi- niens. 3..

. Patr. t.. VI. de donner une plus claire illumination et connaissance à ceux qui sont déjà purifiés. 5. p. 340. 9. Denys l'Aréopagite admet la hiérarchie en sept degrés : « Les sacrements de notre hiérarchie. sont les images de la puissance et de la vertu divine. pour leur première . Pour la seconde. et le troi- sième de perfectionner. il d'homme « à l'aspect divin d'homme «semblable à la divinité ^ ». de perfectionner ceux qui ont eu participation de la lumière divine.. 13. est royal et chrétien ^. 9. il considère celui qui ce s'assimile en puis- sance au Seigneur * ». qui comprend et renferme les deux premiers. 9. VII. 3. c'est qu'ils donnent la perfection à ceux qui sont initiés en la science des choses mêmes. 3. p. III. 3. Et plus loin : nous faut. gr. Pour la dernière. La seconde partie de notre distribution. » (Denys l'Aréopagite. p. parle — des évêques. — de celui qui commande et dirige. Sainte-Croix. En la dernière et plus haute de ses vertus sacerdotales. 326 et suiv. VI. 1629. diacres. Des documents divers établissent l'existence.166 DEGRÉS d'initiations Dans ce livre VI. 417. dont ils ont été instruits et initiés. 10-11. et ». » § III. Recherches historiques et critiques sur les Mystères du Paganisme. expliquer l'ordre des personnes sacrées. 9. d'initiations réservées à une élite ^. Au livre VII enfin. d'illu- miner les purifiés. qui est l'ordre des sacrés Ministres. — Hiérarchie dans les autres mystères ET CHEZ les GnOSTIQUES. prêtres. Hiérarchie ecclésiasti- que. t. p. par laquelle ils ont de la ressemblance avec Dieu. ont la force de purifier saintement les profanes et qui ne sont point encore initiés. » Plus loin encore l'auteur affirme que l'ordre pontifical a reçu des fonctions qui « à cause de la perfection qu'elles opèrent. Goulu.. dont le premier est composé de ceux qui ont pouvoir de purifier. traduction du P. p. p. en Egypte.. t. p. 293. 9... et l'existence d'une 1. puissance et vertu. VI.. qui « Il se divise en trois beaux chœurs. 503.. t. de la nécessité d'être diacre d'abord ^. t.. 139).. 15. V. a le pouvoir de purifier par les sacrements ceux qui ne sont pas initiés. 2. En la seconde. le second d'illuminer. 4. en la première vertu dont il est doué..

7. 260. voir A.DANS LES AUTRES MYSTÈRES ET CHEZ LES GNOSTIQUES 167 hiérarchie parmi les prêtres — les plus dignes et les plus capables recevant seuls le dépôt d'une doctrine mystérieuse. 25. 4. deux degrés. et lui font beaucoup de sacrifices. nous. au mot Mithra. Platon nous affirme que le roi. Saint Jérôme connaît trois degrés chez les dignitaires : « Eubulus qui a exposé l'histoire de Mithra en plusieurs volumes raconte qu'il y avait chez les Perses trois espèces de Mages dont les premiers. vir Babylonius. in duo dogmaia apud Indos ggmnosophys- tas dividii : quorum alterum appellai Bragmannas. alterum Samanaeos {Adv.. Sur les sept degrés d'initiation dans les Mystères de MithFa. 9. Gasquet. Bardesane avait distingué. mais personne ne peut être reçu à l'ini- tiation à moins d'être passé par certains degrés de châtiments. t. 6. qui sont les plus savants et les plus éloquents. chez les gymnosophistes ^e l'Inde. Cf. 2. Contre Jovinien. 14. en Egypte comme à * Eleusis. I. 88. » Le texte incomplet et obscur de Porphyre.. 2. » Suivant saint Jérôme. lai. Cumont. 5. Suidas. 16. Diodore de Sicile. 14).. 1. chacun re- présenté par une espèce d'animal. Pair. 8. Bardesanes. Porphyre. comme les Mystères d'Eleusis. De V abstinence. 290 d. les Mystères de Mi- thra. permet du moins de voir l'existence de degrés. cité plus haut '. Voir plus haut. de Migne. les Bragmanes et les Samanées^. et cela seulement après avoir subi de pénibles épreuves K Diodore de Sicile et Clément d'Alexandrie ^ assurent que la hiérarchie éleusinienne a été empruntée à la hiérarchie égyptienne. p. F. 3. p. Le lexicographe Suidas ® nous apprend que pour accéder aux Mystères de Mithra. p. 59. ^ Tertullien parle de « hiérophantes » égyptiens. Les Mystères de Mithra. comportent vraisemblablement sept degrés d'initiation ^. p. Jovin. il fallait subir des épreuves ou « châtiments » : « Les Perses considèrent Mithra comme le soleil. 45. Saint Jérôme. Politique. ne prennent pour nourriture que de la farine et des légumes s. IV. . occupe le sommet de la hiérarchie sacerdotale. II. afin de se montrer saint et exempt de passions. II. Essai sur le culte et le mystère de Mithra.

.168 DEGRÉS d'initiations Plutarque. Les Gnostiques ont toujours eu des prêtres ou des chefs. il a trois tribus des hauts dignitaires {en grec : y Tôv Tt}X(i)i. Sans doute il est plus usuel- lement question chez eux de trois degrés seulement hyli. Ailleurs encore. Irénée. a trois degrés de dignitaires : « Chez tous. en son traité. eurent des hiérarchies analogues. Chez les Celtes.. s'incarnait dans le grand prêtre ou dans une prêtresse. les Bardes. Goblet d'Alviella. suivant Strabon. . 121. Sans doute en fut-il de même dans les associations pro- fessionnelles qui survécurent à l'antiquité. il y. elles ont d'abord le de Melliéré (future prêtresse).-£Vci)v StaçepovTwç). enseigne Texistence de trois grades chez des prêtresses de Vesta ou d'Artémis : « A Rome. 2. 24. 197). I. dans les asso- ciations de médecins ou d'alchimistes. Histoire du Gnosiicisme. les Druides pratiquent non seu- lement la science.. Nous avons tout lieu de croire que les continuateurs des Gnostiques. « De même. les Vateis et les Druides : les Bardes sont hymnètes et poètes. mais la philosophie éthique » (Strabon. puis accomplissent les cérémonies religieuses. Pour les textes anciens. Chap. 1. 8. 33. on pourrait trouver des hiérarchies ana- logues. mais c'est là seulement la foule des fidèles. les Vestales. Manichéens et Albigeois. pneumatiques ou parfaits ^. II. cil. p. reçoivent un enseignement. et des prêtresses. les Vateis sont prêtres et savants (UpoxoioC et çuaioXoYoi). Si un vieillard peut administrer la république ^. puis de Hiéré titre (prêtresse). pour les prêtresses d'Artémis à Éphèse. » Il faut croire que les Gnostiques ont admis une hiérarchie toute pareille à celle d'Eleusis. psychiques. puis de Pariéré (archi-prêtresse). p. dans les associations philosophiques qui se maintinrent secrètement ou se refor- mèrent à diverses époques. : ques. op. et troisièmement les enseignent aux autres. Contre les hérésies. Matter. ils ont admis en particulier que l'esprit de Dieu.

première marche : de l'ascension solitude. les initiés doivent parcourir sept degrés : « Le but des Khrouanes absorption en Dieu. A Taïti et en Polynésie. p. Mouna. Peu à peu ils montent : 7 degrés pour atteindre l'état parfait. Les Religions des peuples non civilisés j II. distribué en sept grades.. oraison inlassablement : répétée. Il existe des confréries nord-africaines mystiques. les sept grades se distinguant par un tatouage spécial et par certains insignes. or. A chaque degré des lumières nouvelles. veille. on a reconnu un ordre des Areoi.DANS LES AUTRES MYSTÈRES ET CHEZ LES GNOSTIQUES 169 Or cela correspond aux trois degrés supérieurs reconnus dans lesMystères d'Eleusis. Cachir. des épreuves pour passer d'un grade à l'autre. 158). 82 et suiv. Réville. (Ferdinand Duchêne. Cous- çouss. Au 7® on entend parler le Seigneur ». abstinence. p..) . les initiés appartenant à la famille des dieux (A.

Dialogues des Morls. Des mythes attribuent une origine analogue à de grands philosophes comme Pythagore et Platon. . Hélénos. ou Auguste. qu'elle continue à être_ la compagne d'Apollon. par exemple Alexandre. Olympiade. suivant Jamblique. Voir I. qu'elle soit rangée avec ce dieu en qualité de compagne ou avec une parenté encore plus grande. a été fécondée par la foudre du ciel la nuit qui précéda son mariage de là est né Alexandre 2. XII. et Olympiade elle-même descend des dieux par Héraclès. Iliade. Plutarque. XII. 5. Vie d'Auguste. fils d'Apollon. On raconte la même chose des grands rois. 2. fils ou petits-fils de Zeus ou de Poséidon. 97.le héros troyen Énée fils de la déesse Aphrodite. épouse de Philippe. Or. CHAPITRE V INITIATION DE PAR HESTIA La mythologie et la théologie grecques célèbrent certains hommes nés de dieux ou de déesses Héraclès. Justin. 5. XVI. 522. p. fils de Zeus : et d'Alcmène. Lévy. Achille. Achille fils de la déesse Thètis. on raconte que sa mère s'unit à Apollon avant d'être enceinte de Mnésarque. de Zeus Ammon ^. 2. il ne peut s'agir d'une union phy- sique. le mythe signifie que l'âme de Pythagore est venue en ce monde sous la direction d'Apollon. Au sujet de Pythagore 5. l'empereur Auguste est fils d'Apollon qui est venu sous forme de serpent auprès d'Atia *. 1. Vie d'Alexandre. lequel est dit ailleurs fils . 4. et qu'elle ait été envoyée en cette 1. 3. La légende de Pythagore. Lucien. Suétone. qu'elle est toute pareille à Apollon : « Que l'âme de Pythagore provienne de l'hégémonie d'Apollon. 16. 2. Sarpédon fils de Zeus % et tous les grands héros de l'épopée.

il fut engendré le sept du mois Thargélion. il eut une vie pure comme Apollon dont le nom ^ signifie « celui qui est à part de la multiplicité ». par la gymnastique. 2. Sur les Géorgiques. Hésiode. p. de même que. 1905. Archaeologische Beitrâge zur Geschichle der eleusin. il perfectionnait la partie raisonnable de son âme. la nécessité de l'éducation : « Par les lettres. dans V Hymne homérique à Démêler^ d'un Il jeune enfant. 5-6. Une forme plus secrète du mythe raconte comment un fils est né de Déméter et du roi *. elle lui souffle dans son souffle divin. Ceci n'empêche pas du reste. Or l'idée d'une naissance divine et d'une éducation divine apparaît dans les mythes d'Eleusis. elle le nourrit d'ambroisie. A Si- cyone. d'après le récit de Pausanias 3. et cependant n'achève pas entièrement sa tâche ^. Pringsheim. Vie de Pythagore. Odyssée. dans l'édition Didot de Platon. par la musique il apprivoisait la partie Ihumique. fils de Plemnaios.. Même mythe chez ApoUodore. ^ 1. A Eleusis on honore un enfant appelé « initié de par Hestia » ou « initié d'Hestia » (ijluyjôsiç à(p' ^Eatiaç). 147. Homère. 8)» C'est d'une façon analogue qu'on explique le caractère divin et apolloniaque » de Platon : il s'appelait lui-même (( compagnon de servitude du cygne. initiés de par Hestia. 1. jour où les Délieiis célèbrent la fête d'Apollon. elle le la poitrine plonge dans le feu pour ôter de lui tout ce qui est mortel. 5. etc. fils du roi et de la reine d'Eleusis : la déesse Déméter s'occupe de l'élever. 4. I. Déméter a élevé Orthopolis. 163. Hymne orph. personne n'en saurait douter» (Jamblique. Servius. I. 3. 969. 125-128. 8. 118. Kulîs. Fables. Vie anonyme de Platon. 5.. ont élevé des statues. est question. 40. les familles.. A certains enfants. aidées parfois du Conseil des Cinq Cents ou de l'Aréopage. INITIATION DE PAR HESTIA 171 qualité chez les hommes. Pausanias. 5. dont l'archéologie moderne a retrouvé les bases ^. il fortifiait la partie épilhumélique » [Ibidem. .. V. 6). Théog. forme analogue chez Hygin. II. p. p.

TV) 5). de Sicile. De est initié de par sa famille. ô âç. 28. . . Recherches archéologiques. t. mais on tire au sort entre les enfants de famille nobles : « Etre initié de par Hestia le fils d'Athéniens du premier rang. édition Didot. V. Euripide. Aristote. ou à peu près on ne saurait le discuter : ici..Lenormant. IV. ou le fils du personnage éminent. 13.' 'EcrTtaç uyoûiievoç 'Aô/ivatoç «v (Suidas et Harpocration). 15. De l'abstinence. fragm. cité en cet endroit. début. dans la république athénienne. à?"E(7T!'ar. l'enfant dit de par Hestia. p. dit Himérius. 336. Cornutus. on désigne l'enfant « initié de par Hestia ». {iVctiGai. II. 94. 488. désigné par le sort. 162 et suiv. les prêtres ont un pouvoir analogue. initié par l'État ^. la famille et l'homme *. Des mois. àirô t-7)ç olxta. p. 68. etc. 4. II. EgL. — ciel. V. 2. Mais il est initié aussi de par l'Hestia de la Cité : Hestia est en effet le principe de permanence qui garde le monde. dans les Mystères. suivant certains lexicogra- phes ^. et est conduit par un Il mystagogue qui est son père.. tenant la place de tous ceux qui se font initier et accomplissant à leur place les rites réclamés par la religion : « De même que. XI. Pindare. a paru fautif et a été corrigé par tous ceux qui s'en sont occupés. tenant la place de tous ceux qui se font initier. Mais il joue le rôle que joue en d'autres temps ou en d'autres lieux le fils du Roi et de la Reine. 3.. » Le au sort est sans aucun doute une conséquence tirage de l'état politique dans lequel vivent les Athéniens on : élit cet enfant comme on élit l'Archonte Roi ou tel autre magistrat. Lydus.. p. les textes dans les Oraîores aîîici. Mais il joue aussi un rôle dans le Sénat et dans l'Aréo- page.. Cet enfant joue un rôle dans l'initiation. y a aussi des petites filles « initiées C'est par le sort que. Pausanias. J. Pollux. Himérius nous l'affirme et nous savons que la Boulé 1. I.. I. reçoit l'initiation.172 INITIATION DE PAR HESTIA Il de par Hestia ^ ». ou le fils du Consul. Voir Un texte d'Harpocration. — — Euripide. 7. Philolaos dans Stobée. la cité. sa- crifiant à la place de tous » (Porphyre. Al- cesle. 944. etc. de même dans les peuples et les villes. Du Ném.al àtp* 'Earta. comme toute façon il l'indique l'expression grecque. fléchit la divinité en accomplissant exactement ce qui est ordonné. -/. ch. 24. 15. Diod.

-G. sans doute poudrés d'or. je croirai te voir diriger le Sénat près de l'autel. c'est-à-dire. à un moment donné. les autres peut-être par crainte de ce que tu allais devenir.. comment as-tu supporté qu'un enfant sacré fût enlevé à ton îéménos? C'est à la fois contre toi et contre mon foyer que ce trophée a été élevé par les Érinyes! O sombre baccheial Githéron vaincu par mon malheur! Ah! Déméter et Goré. il me rappellera une bien sombre tragédie. Il est protégé par Déméter et Goré. Gomment verrais-je l'Aréopage? Là.. qu'après ta première nais- sance tu laissais croître pour Dionysos? Où sont tes yeux qui éclipsaient presque par leur beauté les éclats du soleil? Laquelle des Érinyes a pillé la rougeur de tes joues et le sourire doux et agréable de ton visage? Ahl Dionysos. sans doute. que tu n'avais pas encore trois ans. ce théâtre où souvent tous te chantèrent de leurs voix réunies. Il dirige le Sénat près de l'autel. L'enfant porte de longs cheveux.. les spectateurs chantent ses louanges. comme .) perdit son fils. mais quelque démon farouche et terrible! Il ne voit pas le feu des dadouques. tu étonnas tout le monde par ta dignité. les uns par la bienveillance due à ton charme. Si je vais au théâtre. il est sans doute chargé de répéter le récit religieux par lequel on raconte l'origine de ce saint tribunal. Ils se réjouissaient d'être vaincus tous ensemble par toi seul.. alors. « initié de par Hestia ». prend la tête des hommes du Sénat qui accomplissent une évolution religieuse au- tour de l'autel. mais aussi par Athéna. Il appartient au téménos (c'est-à-dire à l'enclos sacré) de Dionysos. Quand Himérius (315 à 386 après J. Il assiste aux représentations tragiques. Présent aux séances de l'Aréopage.. mais dans le téménos d'en bas. ce malheur lui inspira des plaintes amères : Quel démon a rasé cette boucle d'or de mon foyer? Quel « démon a éteint ce brillant tison de ma gloire? Quelle poussière tient maintenant ces cheveux sacrés. mais les torches des Érinyes et de^ Peines. n'ayant pas comme mystagogue son père. > INITIATION DE PAR HESTIA 173 OU l'Aréopage ont fait élever des statues en l'honneur d'en- fants « initiésde par Hestia ». Si je vais au bouleutérion. vous n'avez pas gardé l'enfant d'Hestia! Il reçoit l'initiation parfaite.. Pour toi seul les plus éminents des Athéniens cédaient une part de leurs éloges.

. semble chanter la naissance d'un enfant a initié de par Hestia ».. » L'églogue nous fait comprendre le rôle et l'importance de cet enfant divin.. Nec deus hune mensa. risu cognoscere malrem. chef de l'armée ger- : manique. 174 INITIATION DE PAR HESTIA quelqu'un ayant appris longtemps à l'avance les mythes relatifs au tribunal. XXIII. comment en effet entrerais-je dans le iéménos. qui ne m'a pas conservé l'enfant sacré? Comment sacrifierais-je à Athéna qui n'a pas agité la Gorgone contre le démon pour te protéger. il appela Saloninus c'est pour celui-ci que Vir- : gile dit ici le généthliaque. Cet enfant est fils d'Asinius Pollio. montre un enfant divin déichiffrant un texte que Mystis souligne de 1. 18. Discours.. paulo majora canamus... il verra les héros mê- lés aux dieux. 14. et sera vu par eux : nie deum vitam accipiet. Il partagera la table d'un dieu et la couche d'une déesse. et il reçut la même année un fils que. divisque videbit Permixtos heroas et ipse videbitar illis (16). Tu m'as fermé par ta mort les portes de la ville. s'était emparé de Salona. 8. cité de Dalmatie. consul.. puis obtint le con- sulat. Par lui.^ du nom de la cité prise. Tu m'as fermé Eleusis.. 15. parve puer. près de Pompéï. et les ramener vers l'âge d'or. Qui non risere parenli. Une peinture de la villa /fem. ô mon enfant ^? » La célèbre églogue de Virgile Sicelides Musae. Ainsi il pourra rénover les hommes qui seront initiés avec lui. 7. Servius. une nouvelle race descend des hauteurs du ciel : Jam nova progenies caelo demiUilur alto (vers 7). en effet. Cet enfant recevra la vie des dieux... . dit au début du commentaire qu'il a fait de l'églogue IV « Asinius Pollio. il mérita d'abord la couronne de laurier. moi qui fais des reproches aux déesses? Comment ferais-je une liba- tion à Dionysos. dea nec dignata cubili est. Incipe.

citant Lactance. encore Naville. citant Rîzzo. Revue Archéologique. La Basilique pythagoricienne. » Cf. et in Idetitiam luctus ille mu- iatur. Ne peut-on. 225 et suiv. On a vu dans cet enfant un Dio- nysos ou un lacchos. y voir la réincarnation de Dionysos. Inst. p. dit-on ^. parfois un prêtre amenait un petit enfant. 188.. II. p. de même façon. t. c'est-à-dire un « initié de par Hestia »? 1... 1915. A. Pottier. 326..' 2. Dieux et rois d^ Egypte. Dio- nysos Mgsles. p. 125. INITIATION DE PAR HESTIA 175 la pointede son calame ^. La religion des anciens égyptiens. E. . Carcopino. 21 : « Deinde puer produciiur quasi inventas. I. p. Divin. qui était Osiris. en précisant un peu plus. c'est-à-dire l'initié « de par Hestia »? En Egypte. y voir une réincarnation d' Osiris. Ne pouvons-nous pas. Morèt.

CHAPITRE VI INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES § I. p. et les Grands qui étaient menés à Eleusis. édition Didot. Ephéméris archaeologica. A partir d'une certaine époque. pu arriver il a qu'on initiât aux Petits Mystères immédiatement avant d'initier aux Grands. III. de Platon.. que l'on faisait dans la ville. . p. 133. 150. Du moins une inscription dit-elle que les Mystères d'Agra furent célébrés deux fois dans l'année parce que les Éleusinies furent une fois célébrés avec eux ^. et chaque myste doit donner une obole par jour au hiérophante ^. A. 3. Présence des prêtres et des dieux. L'initiation se donne à ce moment-là. cependant. 299. 25).. et les Grands quand il est dans les Pinces. 173. pendant le mois d' Anthestérion : « Les Athéniens accomplissaient les Petits Mystères au mois d'Anthestérion. on peut dire qu'ils se font à Athènes : « Les Mystères étaient doubles chez les Anciens.. traduction Talbot. Les Petits Mystères se célèbrent à Agra. Schol. p. — Circonstances. 497 G. » Julien. ensuite aux Grands 2. IV. 2. ou sans doute plus exactement plusieurs nuits.. 1887. Déméirîus. et les uns étaient appelés les Petits Mystères. «Aussi les Athéniens célèbrent-ils deux fois les Mystères de Déo : les Petits Mystères lorsque le soleil est dans le Bélier. » L'initiation doit durer plusieurs jours. faubourg d'Athè- nes. Au lieu de dire que les Petits Mystères se font à Agra. t. Elle comporte une grande solennité en effet les hiéro- : 1. C.. t. p. les Grands au mois de Boédromion » (Plutarque. 1. 185. Il fallait être initié d'abord aux Petits Mystères. I. Discours^ V.

A. 3. Etymologicum Magnum au mot Agra. Suidas. 185). I. et les Petits sont comme une purification et une sanctification préliminaire des Grands » (Schol. l. C. sont ceux de la Perséphone d'en bas » {Philosophoumena. CIRCONSTANCES. LES MYSTÈBES d'ÉLEUSIS 12 . Môbius. 149. I. imitation de ce qui concerne Dionysos. 149.. A. c. pi. Parfois on les dit seulement Mystères de Perséphone : « Les Grands Mystères étaient ceux de Déméter. cf. d'Aris- toph. 234-268. se célébraient les Petits Mystères de Démé- Agrai ou Agra où ter. 845). Nous apprenons par l'archéologie l'existence d'un Me- troon. En effet. 89-92. devant la ville : c'est là qu'on accomplit les Petits Mystères. 326).. Hésychius. p. » (Bekker.. Il Dionysos soit purificateur. 2. 315. V. IV. à Déméter et à Goré. Duris. I. d'Aristoph. et un temple de Triptolème *. p.. Plulus. les Grands et les Petits. II.. dans Athénée. ou temple de la Mère. 5. les Petits ceux de Perséphone sa fille » (Schol.. Les initiations ne se font pas sans l'intervention de divi- nités. p. p. « Agrai : lieu en dehors de la ville d'Athènes où l'on célèbre les Petits Mystères de Déméter... »(Eustathe.. p. I. Le bourg d'Agra contient un temple de Déméter et de Perséphone. H. 1935-1936. 60-61. il se trouve en Attique. qu'Héraclès fut initié » (Etienne de Byzance). VI. 4. PRÊTRES. DIEUX. 253 d. ou Mystères de Déméter et de Goré : «. 852). IV. semble vraisemblable que. dans les Petits Mystères. 5. Mitt. Anecd. Or les Petits Mystères sont dits Mystères de Déméter. en partie du moins. A. à Agra ^. les épimélètes les offrent à Déméter et à Goré un sacrifice ^ dont les victimes. 177 phantes et Eumolpides sont présents ^. « Deux Mystères sont accomplis par an. II. sont réservées aux familles sacerdo- tales 3. Les Petits Mystères ont rapport à Dionysos : « Agra et Agrai : nom de pays singulier et pluriel. les Petits Mystères amènent une purification — comme il sera dit ci-dessous ^^ — 1. dit-on... IV. sut VIliade. « Les Petite Mystères. Alh. C.. Plulus. 103. dit-il. graeca. C'est là. 8).

En effet. et à Agra. 3. Elym. 852).. 1. II. Oxon. elle est encore appelée Agraia chez Platon. Magn. Clitodème dans le premier livre de VAttique. ou bien il est Plouton Agraios. p. 389. Orpheus. comme l'indique le Comique. « Agrai : lieu en dehors de la ville d'Athènes où l'on célèbre les Petits Mystères de Déméter que l'on appelle les choses dans la demeure dAgra commie dans la demeure dAsclépios. les Petits Mystères de Déméter que l'on appelait les choses dans la demeure dAgra [xoc £V 'Aypaç) de la même façon que la chose dans la demeure dAsclé- pios (to £v Aff/. ce dieu est fils d'Hadès.... . il y a. Zagreus.. sur V Iliade. 6 Tiâv-j àypeviwv Elymol. d'après Pausanias. et celle qui purifie. Phérécrate dans les Vieilles Femmes. 5). les mots grecs Agroiera. un temple d'Artémis Agrotéra. Cf. note 106. Platon dans le Phèdre. Et sa statue a un arc » (Pausanias. I. Servius. appelée aussi Agraia.ÀYj'Tciou) (Eustathe. II. à jxsyàXtoç àYpeywv. C'est là. Ainsi il doit jouer un rôle analogue à celui d'Artémis Agro- téra. I. mais aussi celle qui chasse les maladies et les souffrances. dit-on. on trouve un pays nommé Agrai « et un temple d'Artémis Agrotéra. graeca. L'Artémis honorée à Agra sous le nom d'Artémis Agro- téra ou Chasseresse est non seulement celle qui chasse les. Maas.. Anecd. 326). et ce nom lui vient du lieu qui est près de l'Ilissos. 19.. En ce lieu est un hiéron d'Artémis. p. II. animaux sauvages. Sur les Géor gigues. qu^Artémis chassa pour la première fois. lieu nommé Agrai ou Agra où se célébraient (rjYeTo). ou fils de Zeus et de Perséphone. «Artémis est Agrotéra.. 443. Voici d'abord des documents sur l'existence du culte d'Artémis à Agra et le nom sous lequel on honore la déesse : Quand on a passé l'Ilissos. étant venue de Délos. dit-il. et Agra appartiennent à une même famille de mots.178 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES et cérémonies de Liber ont rapport à la purification « les des passions ^ ». Sans doute encore pouvons-nous croire que le Dionysos honoré dans les Petits Mystères soit Zagreus ^ car le dieu : Zagreus est « celui qui chasse grandement » ou « celui qui chasse tout à fait ^ ». Gudianum Anecd. 2. et dans le quatrième » (Bekker.

.. gr. 824).. 8. Mais Aristophane témoigne de cette qualité de la déesse. honorée chez les Arcadiens ^. Hymne hom. 2. l'hymne homérique à Artémis montre la déesse Artémis dirigeant le chœur des Muses et des Charités *. 4.. Moins souvent sans doute auteurs grecs mentionnent les sa puissance purificatrice. il s'appelait auparavant Héli- 1. 34). chère à tous les mystes! toi qu'on a plaisir à rencontrer! Toi qui fais sortir les beaux fruits de la terre. Guêpes. Discours aux Grecs. . 49 et suiv. Aul. t. Euripide. quand il fait allusion au sanctuaire d' Artémis à Égine. PRÊTRES. Iliade. 5.. c'est-à- : dire tu leur enlevas ce qu'il y avait de sauvage dans la force de : leur cœur.. t 'offrant le beau sacrifice d'un sanglier des montagnes » {Anih. déesse Salutaire. s'adressant à la déesse Artémis et parlant des filles de Proetos.y 1570. dans la Pair. gr. Pal. p. Aristophane. Homère. Et si Pausanias mentionne une Artémis hymnia... 13 et suiv. p. « Artémis est mage — rapporte Tatien Apollon soigné » — {Contre les Grecs. XXXVI (35). ainsi que la paix aimable et la santé à la belle chevelure! Envoie sur les sommets des montagnes les maladies et les souf- frances. 6. « Fille de Zeus et de Latone. dit Cornutus (ch. où l'on guérit de la folie 2. envoie la maladie odieuse loin du roi très magnifique! Car sur ses autels Philippe produira la fumée de l'encens. 122.. et cependant les textes sont for- mels : « Elle détourne sur les bêtes sauvages le mal qui vient d'elle ». Iph. C'est en cette qualité de purificatrice que la déesse est honorée à Agra : « Viens. dans la Patr. de Migne. VI.). 1-2. de Migne... DIEUX. dit un poète de l'Anthologie Palatine. Agra possède un autel de Poséidon : « Agra devint plus tard le nom du groupe de collines qui en- touraient le stade panathénaïque.. ou déesse des hymnes. t. 240). CIRCONSTANCES. Pausanias. VIII. 2. » [Hymne orphique. 1113-1114. Callimaque. Saint Justin. V. 6. 179 Artémis est très souvent louée comme chassant les bêtes sauvages ^. Vers 27.. 27. 233. 3. dit « Tu leur enlevas le îhumos sauvage ».

XV. la santé. 5). 3. de la mer. 190. Théogr. c'est-à- dire des Muses établies près de l'Ilissos : « Stéphane de Byzance. il humain le sang partant du cœur 2. mais aussi Platon. Phédon. Iliade. fragm.. Or Poséidon. car l'enseignement par les Muses ne diffère en rien des Mystères. Bibliothè- que. I. veulent que l'Ilissos soit un fleuve sacré d'autres dieux. Grecque de Migne. qui reçois des honneurs roi magnifiques! O toi qui aimes les vénérables mystopoles. 29. tome 104. X. A 5. p. navires. der Vors. Aristide. « Elles ont été nommées muses du fait qu'elles initient (àico Tou (xueîv) les hommes. Des mois. 308).. des textes assimilent en termes exprès l'enseignement des Muses aux Mystères : « Quelques-uns donnent l'étymologie du mot Muse (Moûsa) en disant qu'elle est initiatrice ((i. Les Athéniens honorent des Muses « Ilissides ». des fleuves. Les mystes peuvent l'invoquer ainsi suivant un hymne orphique : « Sauve les fondements de la terre et l'élan favorable des . et il y a sur ses bords un autel des Muses Ilissides » (Pausanias. . 45) et au fond. IV.uouaa). imprime aux eaux des sources. XXI. Phédon. Maxime de Tyr. 112 a b. » (Photius. Die Fragm. dit l'Attique dans lequel sont honorées les Muses Ilissides^ comme le dit ApoUodore. I. — 30. III. IV. I.. Là était l'autel de Poséidon Héliconios » (Clitodème.. 337. 195 et suiv. Xéno- phane et Thaïes (Diels-Kranz. Or. en son lexique. 9). » « Les Athéniens. fleuve de Ihssos. dans la Patr. p.. J. I... il peut assurer la sta- bilité et la santé au corps humain comme à la terre ^. 336). Aristophane. . Lydus. Sénèque. Ques' lions nat. Dindorf. 15. Platon. cité par Bekker. O maître de la mer.. 19. 2. p. Hésiode. I. 79.180 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES con. Eustathe. et les cérémonies sacrées! Sois propice. dieu du souffle vital. très sacré. Par exemple. le mouvement grâce auquel elles reviennent sur elles-mêmes pousse dans le corps ^. c'est-à-dire du fait qu'elles enseignent les 1. Homère. 531. Sur V Iliade. 8. Schol. p. Sept. Cornutus. pour le premier. t. Anecdola graeca. envoyant une heureuse fortune aux mystes! » {Hymne orph. 307-311. Sept. 682. Discours. CCLXXIX. ch. dit Pausanias. amenant la paix. d'Eschyle. édit. une prospérité au-dessus de tout blâme! » «. 136: pour le second. 320. 112 a b. Acharn. Eschyle. XVI.

honorant Héraclès » (Diodore de Sicile. comme la loi ordonne de ne pas initier les étrangers. Ainsi la déesse Athéna. p. 764-765). Les Éleusiniens. II. Diclus ob hoc lenire tigres rabidosque leones. comme les Grands Mystères *. Pour lui. Proclus. 16. IV. auraient établi les Petits Mystères pour Héraclès parce qu'il était étranger : «Héraclès est appelé myste parce qu'il a été initié à Eleusis. Pendant la célébration des Petits Mystères. 1328). PRÊTRES. ou par les Petits Mystères. pour du meurtre des Centaures. 89. : Silvesîres homines sacer inîerpreles- gue deorum Caedibus et victu foedo deterruit Orpheus. 14). Vie d'Apollonius. Thébaîde. 181 choses belles et importantes et inconnues des ignorants » (Dio- dore de Sicile. quand elle étit vu Tydée se souil- ler la gorge avec le sang de son ennemi ne remonta pas vers « les astres avant que le flambeau mystique et l'Ilissos inno- cent n'eussent purifié ses yeux avec beaucoup d'eau i. 21. Nec prius aslra subit quant myslica lampas et insons Ilissos mulla pur- gavit lumina lympha (Stace. 4. 3. éta- la purification blit les Petits Mystères. VIII. IV. » Il semble proba- ble que ces cérémonies aient rapport aux Petits Mystères. dit-on encore. les Éleusiniens ont fait les Petits Mystères » (Schol. DIEUX. Horace. 7). c'est-à-dire enseigna les règles fondamentales de la civilisation. qui enseigna aux hommes à cesser de manger la chair hu- maine ^. 312. de Lycophron. 2. AH poétique. Philostrate. Sur la République. raconte qu'on y récite « des vers orphiques et la théologie orphique. CIRCONSTANCES. on rappelle sans doute comment certaines divinités et certains héros furent purifiés à Agra. que Déméter a institué les Petits Mystères : « Déméter. Orpheus. parlant des cérémonies qui se font à Athènes pendant mois leAntesthérion. Maas. 5. IV. Philostrate ^. rappellent les enseignements d'Orphée. 1. » Et c'est pour purifier Héraclès. après le meurtre des Cen- taures 2. . il semble donc probable que les Petits Mystères. 391 et suiv.

6. Scholiaste d'Aristophane. dans un texte bien connu. Pausanias.. V. « une C'est purification préliminaire. Clément d'Alexandrie. présentés par des mystagogues athéniens. Premières purifications. Plulus. 4. chez les Hel- lènes. Andocide. p. p. Slromaîes. 1. » Et Clément d'Alexandrie. 845. 19. 132. Xlll. chez les Barbares. 7. par le bain. l. Ils subissent un examen '. distingue purifications proprement dites et petits Mystères : « Ce n'est pas sans raison que les Mystères commencent. Examen. Hésychius. Voir plus haut. par des purifications. comme. Les candidats à l'initiation se réunissent dans un temple de Déméter et de Goré. au mot Agra. § IIL — Réunion. 296. la cérémonie de l'initiation devant leur assurer la qualité d'Athéniens ®.182 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES § IL DÉFINITION DES PeTITS MySTÈRES. p. Olympiodore a distingué des purifications publiques et des purifications secrètes : « Dans les cérémonies saintes. 326. sur rilissos *. Les Petits Mystères consistent surtout en purifications. Ils doivent être présentés par un mystagogue athénien ^. Anecdola Graeca. 11. 154. 2. . Voir plus haut. suivies de purifications plus secrètes 2. p. 3. Voir le texte cité plus haut. Suidas. l. une sanctification pré- liminaire aux Grands Mystères ^ ». il y avait d'abord des lustrations publiques. Panalhénaïque. Aristide. 317. Par là nous apprenons donc que Mystères com- les Petits portent des purifications diverses purifications publiques : et purifications plus secrètes. p. 149. sont sans doute adoptés par ces Athéniens. puis une cérémonie qui rend les mystes capables de recevoir plus tard les enseignements donnés dans les Grands Mystères. Bekker. 5.. édi- tion Dindorf. Des mystères. situé en dehors d'Athènes. 155. Les étrangers. Après cela viennent les petits Mystères qui contiennent un fon- dement de l'enseignement et de la préparation à l'enseignement ultérieur ^ ». au mot Agrai.

il entend les petits Mystères : ainsi le texte prouve bien que l'examen a lieu avant l'initiation aux petits Mystères. p. pour ceux-là mêmes qu'on n'écarte pas. même si c'est une prorrésis comme celle des Mystères. DÉFINITION DES PETITS MYSTÈRES 183 « Tous les hommes. VI. p. Plat. tu ne : ^ te présentes pas en état de pureté ». ne peuvent pas indis- tinctement participer aux Mystères il en est à qui l'on ordonne : de s'en écarter. dit « Notre langage ne s'oppose pas à ce que nous puissions rece- : voir sa philosophie. 2. d'être Hellènes pour la langue. comme des Mystères de Samothrace. L. Oral. 17. Z. » L'examen. XLV. dit Libanius. Atilius reproche en ces termes aux gens de Samothrace d'avoir reçu un roi instigateur de crime : « Pourquoi donc. » Maissemble évident qu'on écarte les criminels des Pe- il tits Mystères comme des Grands Mystères. Jebb. Discours corinîhiaque.. aucune prorrésis ne nous éloigne. p. désirant s'approcher de la philosophie platonicienne. ou la proclamation qui précède l'initiation aux Petits Mystères : «Ces gens-là (les Athéniens). qui n'ont pas une parole compréhensible. alors que toute proclamation initiale {prae- fatio) des cérémonies sacrées éloigne de ces cérémonies ceux qui n'ont pas les mains pures.5). Par purification.. ceux qui nous ont éprouvés savent qu'elle n'est pas en discordance avec la pensée de ce philosophe-là. et. 317 éd. pour notre vie. comme ceux qui n'ont pas les mains pures. ils doivent obtenir auparavant une purifi- cation ^. 356. vol. puis à chacun en particulier ils disent si tu as goûté du pain et si tu n'a pas goûté du pain. Agluopha- mus. dans leur âme. D'autres textes dans Lobeck. . nous ne savons pas s'ils concernent la prorrésis ou proclamation préliminaire aux Grands Mys- tères.. comme de toute cérémonie sainte. et se comparant à celui qui veut se faire initier ^. porte donc sur deux points principaux le candidat n'a-t-il aucun crime à se reprocher? : Comprend-il et parle-t-il la langue « attique »? Pour d'autres textes. dit Théon de Smyrne. ordonnent à tous les mystes réunis d'être purs dans leurs mains. de l'édition Foerster. Libanius. permettez-vous que vos sanctuaires soient souillés par le corps sanglant d'un brigand? » (Tite Live. Aristide le Rhéteur. 1. Le texte grec concernant la formule finale est très peu sûr. d'après ce texte. Chez Tite Live.

ils pensent les honorer par des bains. Et il est bien connu qu'aux jeux Apolliniens et dans 1. p. et d'autre part Clément d'Alexandrie distingue formellement les bains des Barbares et les purifications des Hellènes. Plulus. 53. 5. différentes de puri- fications secrètes ^. V. 208. 9. Du reste. 2. a dit Théon de Smyrne. ou bien en reçoivent quel- ques gouttes sur la tête. Sévère. lui aussi. Et le scholiaste d'Aristophane a distingué des lustra tions publiques. les temples. de Migne. t. » Peut-être fait-on au myste des recommandations diverses comme de ne pas « dévorer son cœur ^ ». étrangères à toute intelligence des choses spiri- tuelles. attribuent à leurs idoles un pouvoir de même efficacité. n'imposait à ceux qu'il initiait dans le pre- il mier vestibule rien autre que la nécessité de jurer. ou de Mithra. 1. Les initiants ne se plongent pas dans l'eau de l'Ilissos. les maisons. Car ils s'initient par le bain aux cérémonies d'une certaine Isis. dans la Pair. il faut une première purifica- tion. et. Firmicus Maternus. 184 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES Sur la nécessité des mains pures pour ceux qui assistent aux sacrifices. t. p. sous la terrible garantie d'un serment religieux. 845. . et les villes tout entières. Cette première purification consiste peut-être en une pu- rification des mains et en une première aspersion. 154. TertuUien a. Ils sont donc seulement aspergés avec l'eau de l'Ilissos. gr. leurs eaux étant vaines. édition Kroll. aément d'Alexandrie. Pour ceux qui sont admis. VII. Texte de Théon de Smyrne cité plus haut. 2. ils les purifient en les aspergeant d'une eau qu'ils jettent tout autour. ils se mentent à eux-mêmes. les villas. mais. il demandait que les secrets de la religion qu'il avait trouvée et mise en ordre ne fus- sent pas livrés à des oreilles profanes ^. Stromat. Scholiaste d'Aristo- phane. parlé de cette lustration et l'a opposée aux bains que l'on recevait dans Mystères d'Isis ou de Mithra : les « Des nations. Lampride. On attribue à Orphée l'invention de cet usage : « Lorsque Orphée ouvrait cérémonies de ses Mystères à des les hommes inconnus. et leurs dieux mêmes. 18. Skutzsch et Ziegler. Malheseos libri. cf. car rilissos n'a pas assez d'eau. p. Les prêtres font jurer aux candidats de garder le secret. 3.

Idque se in regenerationem et impunitalem perjuriorum suorum agere praesumunt. Tout cela ils croient le faire en vue de leur régénération. gardant le silence et étudiant. îempla iotasque urbes asper- gine circumlatae aquae expiant passim. mêlait aux autres. que le rhéteur Nicolas ^ ne précise pas. LE SOMMEIL MYSTIQUE 185 les Éleusinies. puis restait. Le SOMMEIL MYSTIQUE. et il était renvoyé. gr. 16. chez les Anciens. ô discours. oui Mithrae. Pythagoristes 2. tout homme qui s'était souillé d'un homicide se débarrassait de sa souillure par l'eau purificatrice. p. Item pênes veteres quisquis se homicidio infecerat. Walz. près de Py- thagore. Sed enim naliones exîraneae ah omni inielleclu spirituàlium re- rum poîesîatem eadem efficacia idolis submînistrani. I. Himérius ^ nous permet de former cette conjecture quand il s'écrie : Non. t. . 3. Ceîerum villas. LES MYSTES SOUS LA TENTE. vidais aquis. je le jure par le sentiment de « regret que j'ai en songeant à vous. demeu- rait comme disciple. à la suite desquels j'ai jeté l'heureuse fortune paternelle.b). il se. délivré. » 1. » Dans d'autres Mystères. Nam et sacris quibusdam per lavacrum ini- iiantur. tantôt cinq. sed. p. — Les MYSTES sous la tente. sinon on lui rendait ce qui lui appartenait. elle enlevait les biens dé ceux qui se faisaient initier. les initiés doivent déposer leurs biens. Isidis alicujus. puisqu'il est dit d'une femme que « feignant d'initier aux divinités. sous scellés.purgatrice aqua se expiabat » (De Baptismo. Ensuite. certe ludis Apollinaribusd Eleusiniis tinguntur. et mangeait avec eux. 359. les autres. Rhelores Graeci. 3025-3028. près de l'Ilissos. sibi menliuniur. tantôt trois ans. § IV. ipsos etiam deos suos lava- iionibus efferunt. I. Philosophoumena. 2. 2. De même. dans la Palrol. édit. Les uns étaient appelés Pythagoriciens ésotériques. t. Peut-être les candidats font-ils un abandon fictif de leur fortune. 10. domos. et ai campé sur les rives mystiques de l'Ilissos! » Le geste d'abandonner sa fortune rappelle un usage des Pytha- : goriciens Lorsque quelqu'un venait près de Pythagore pour s'instruire. de Migne. je ne suis pas son maître. (( ilvendait ses biens et déposait l'argent. 16. Eglogue. ils reçoivent une aspersion. avant de se retirer sous des tentes. et pour que leurs parjures res- tent impunis.

qu'ils n'ont pas « le breuvage de Bromios. . comme l'usage d'aban- donner son argent. En effet. nul autre que les hiéroi ne pourra dresser de tente et aucun de ceux qui ne sont pas initiés ne pourra pénétrer dans l'espace ainsi entouré.. dans Stobée. p.. 6. écoulement de la vigne ». qui les amena à une civilisation plus haute *. ils inscriront quelles sont les choses dont il faut se purifier et quelles choses on ne doit pas avoir en péné- trant dans cette enceinte.. Foucart. 5. Moschion dans les Phéréens. fragm. 2® édit. La célèbre inscription d 'Andania s'exprime ainsi à cet égard : « Des lentes. les hommes ont autrefois vécu à la façon de bêtes sauvages. Gritias. et ils se dévoraient les uns les autres ^. l'agriculture et les lois. de fromage et de viande de brebis. En couchant sous la tente. 100 et p. 2. II. ch. Nauck.186 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES L'usage de camper sous des tentes. 624. ni de l'entourer de tentures en cuir ou en tapisserie. sinon que les hiéroi ne le permettent pas. disent les uns. Les hiéroi ne permettront à personne d'avoir une tente de plus de trente pieds carrés. filiale d'Eleu- sis ^. FIot. les initiants se rappellent sans doute le temps où l'humanité ne connaissait pas encore le culte des Muses. dans l'espace que les hiéroi auront en- touré d'une bandelette. dans son Cyclope. p. existe aussi à Andania. a voulu sans doute repré- senter l'état des non-initiés quand il dit des Cyclopes qu'ils n'ensemencent pas « l'épi de Déméter ». sans connaître l'agriculture ni les lois. qu'ils man- 1. Nauck. Ce qui signifie que c'est l'institution de la religion. Euripide. I. Inscripîion d'Andanie. » Aux Thesmophories. et que le surplus soit consacré aux dieux. ce sont les femmes qui couchent sous la tente. C'est Déméter ou d'autres dieux. 170-171. 391 et suiv. 771. Aristophane. Horace. Arl poél. mais vivent de lait. Ce qu'on ne doit pas avoir dans les tentes. et. fragm. Voir plus haut. C'est Orphée. 771. Les hiéroi placeront aussi des vases pour les purifications. p. dans lesThesmophoriazouses d'Aristophane. 3. Que nul n'ait dans sa tente de l'argenterie pour une valeur supérieure à cent drachmes. il ^ est question de « compagnes de tente ». dit-on plus souvent ^. dit un mythe. Mais le principe paraît le même. 4. Thesmophori. passim. p. etc..

Vallois. — Hisméra: les choses pour les purifications. Griech. » (Sui- das). 142 et suiv. s'endort pour s'éveiller au sentiment de l'initié l'ordre véritable et de l'harmonie. Perse. dans les Petits Mystères. Lors des Thesmophories. car. celui qui a dit que le sommeil c'est les Pelils Mystères de la mort. et les femmes de Milet mettent. III. « Himéra : fleurs et couronnes apportées pour les purifica- tions. Mais sans doute aussi les initiants ont-ils bu d'une cer- ta ine eau. Fesle. Euripide. 2. 318. 5). Or l'initiation aux Petits Mystères va donner aux hom- mes la première idée d'une civilisation plus haute. Consol. dans les Grands Mystères. a dit : 1.. et des passions dues au corps. LE SOMMEIL MYSTIQUE 187 gent la chair des étrangers. Cyclope. si la mort mystique débarrasse du corps. p. 12). les Athéniennes passent la veillée de la fête sur un lit de feuillage vert. à ApolL. citant Nilsson. et donnent une vertu particulière au sommeil. c'est véritablement une initiation première de la mort » (Plutarque. car le sommeil. où il y a du cnéoron. de VAme. et que leur contrée n'a pas de chœurs ^. l'initié meurt pour renaître à une* vie plus belle. . « Ce n'est pas sans une inspiration divine qu'il a parlé. Revue des Eludes anciennes.LES MYSTES SOUS LA TENTE. ^ « La mort consiste à s'exiler du corps. De même que. 311. le sommeil consiste à le fuir comme l'esclave fuit son maître » (Plutarque. une branche de pin ^. R. Nous pouvons penser que les candidats à l'initiation dorment de même sur des feuilles vertes ou de l'herbe. de même. le som- meil mystique dégage un peu du corps et met de l'ordre dans la partie inférieure de l'âme.. Nous pouvons former l'hypothèse que ces fleurs et cou- ronnes purifient les candidats pendant leur sommeil. sous leur lit de feuillage. Mais il est question de fleurs et de couronnes apportées pour les purifications. p. Un poète latin. 1926.

Eschyle. et éveillant la Pensée sans l!éclairer de façon complète. conduise dans le charme la vie des hommes après l'avoir ré- jouie. » Les songes. saisi d'abord par une décision du cœur. 571 c.. II. 203 a. chap. Perse. ou bien «est mère des songes aux ailes noires' ».. Virgile. VIII. les dire fils de la Terre ^. 3. On peut donc penser que celui qui s'initie aux petits Mys- tères boit d'une certaine eau. 2.. dans le sommeil. à l'i- l'initiation des poètes ressemble. t'adressant aux âmes des mortels. Enéide. dévoilant l'avenir aux âmes silencieuses. Homère. les décisions des bienheureux. 6. 2» édit. 5. 283. Euripide. afin que le beau. Voir plus loin. 7. II. VI. 1. 71 d. nitiation de ceux qui vont être sous l'influence de la poésie.. Prologue.. 4. Eumén. aux ailes étendues.. Puech. Pindare. Songe sau- veur messager de l'avenir. laquelle « enfanta apparitions les des soitges* ». C'est le Songe qui. Lareligion grecque a toujours considéré le Songe comme venant de la divinité. l'hymne orphique au Songe dit : «Je t'invoque. silencieux. tu les envoies toi-même. 104. Iliade.. très grand chanteur d'oracles pour les mortels! Dans la tranquillité du doux Sommeil. Banquet. /. du donnent souvent des avertissements reste. début. mais il en joue un aussi dans l'initiation aux Petits Mystères ^. . tu éveilles toi-même la Pensée. T. » Or en plus grand.. Odyssée. bienheureux. Le Sommeil inspirateur joue un grand rôle dans l'initia- tion holoclère. Iliade. Ainsi. 12. Euripide. frg. dans les sommeils. avenir que la pensée des dieux dirige dans la piété. Platon. Républ. t'avançant en silence.188 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES « Je ne me suis pas abreuvé à la source chevaline — (il veut dire: - coup de sabot de Pégase) la source qui a jailli sous le je ne — . 5. aux hommes * on peut ^. me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime pour me révéler tout à coup poète ^. 1283. XXIV. en dessous. Hécube. donne une première instruction. 69-71. Il peuvent être envoyés par Zeus . Timée. Thrènes.

édition Didot. sans doute. le commentateur de Platon. les comparant aux degrés des initiations. 2. Mais on peut croire aussi que les expressions rappellent les cérémonies célébrées en l'honneur de Dio- nysos. Allinus. elle façonne les mœurs par ses harmonies et amène un bel ordre dans le corps par ses rythmes ^ ». III. enlever les fausses opi- nions des préjugés. après la purification. De la musique. Dans le texte où il analyse les démarches successives de la philosophie. La musique. on : le redresse. Allinus. Que la musique éveille l'âme. 1.. les purifier. p. . les redresser comme celles qui doivent diriger * ». 4. éveiller et invoquer les v. constitue le pre- mier fondement de l'éducation. t. par une purification. 245 a. cela a été dit par Platon : a Le troisième délire est celui qui consiste à être possédé des Muses il éveille l'âme et la rend bacchante ^. De la vertu morale. 227. » : Il fait par là allusion à l'initiation holoclère. — Purification par la musique. p. § VL — Cérémonies diverses. Platon. 61.* réflexions sur la nature. Aristide Quintilien.. 3. L'âme est éveillée par la musique nous en venons à : l'hypothèse qu'un rite des Petits Mystères exprime cette grande idée. hommes. mais cette initiation ressemble à celle des Petits Mystères. dans les Œuvres de Platon. II.. elle se saisit de l'âme et la rend capable de suivre la direction et les enseigne- ments de la philosophie ^ elle a formé les premiers . Plutarque. CÉRÉMONIES DIVERSES 189 § V. on le purifie. faisant allusion aux Petits Mystères : « II faut d'abord.. dans la théorie des Grecs... parce que « dès l'enfance. dit. 3. On peut croire que les expressions rappellent les rites accomplis pour le candidat on le réveille. Phèdre.

avec la résurrection qui les suit. 190 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES En effet les Petits Mystères imitent ce qui est arrivé à Dionysos : « Agra ou agraî. et à ceux qu'il a ainsi oints. le salum » y a probablement une purification par les flambeaux. loin des peines. 7. et leur foudroiement. ni la mort du dieu. une effigie est placée sur un lit. 22. Thébalde. d'un être étendu sur le dos. Il si Athéna a donné un modèle aux mystes quand elle s'est purifiée d'avoir vu un crime alors elle a été purifiée par : le flambeau mystique et par l'eau de l'Ilissos *. ô mystesl Puisque : le dieu est sauf. non di- vine. et c'est la partie de ce qui subit un châtiment et une punition ^. étant endormi. et les châtiments de ces Titans. » Les Petits Mystères ne peuvent représenter le démembre- ment même. Firmicus Maternus. ce démembrement et cette mort. Plutarque.. dit Stéphane de Byzance dans son Lexique. Ce mythe descente de l'âme dans la matière multiple signifie la qui l'absorbe et l'engloutit. Sur Verreur de la religion profane.. ensuite. 1. L'auteur latin rapporte cette formule en grec. tout cela forme un mythe relatif à la pa/mgrenesie. on se lamente sur lui avec des pleurs réglés par certains rythmes. et la rénovation grâce à laquelle elle pourra remonter à son séjour primitif. Stace. mais démoniaque. Alors nous pour- rions penser que la cérémonie est celle qui a été décrite par Firmicus Maternus : «Nous dévoilons encore un autre symbole. . 764-765. racontées sur Dionysos. où se célèbrent les Petits Mystères. la partie déraisonnable. les Anciens l'ont appelée les Titans. indisciplinée et violente qui est en nous. et les audaces des Titans à son égard. En effet. 3. appartenant aux Grands Mystères. » Or le dieu est démembré par les Titans et dévoré par eux. Sur la manducation des chairs. lieu qui setrouve en avant de la ville. 4. Une nuit. puis est ramené à la vie par Apollon et Athéna. nous aurons. on apporte de la lumière.YlU. alors le prêtre oint la gorge de tous ceux qui pleuraient. « Les souffrances du démembrement. lorsqu'ils se sont rassasiés de cette feinte la- mentation. imitation de ce qui est relatif à Dionysos. Sans doute le dieu présente-t-il seulement l'apparence de la mort. le prêtre murmure lentement et doucement Confiance. 2. Titans qui goûtèrent le meurtre.

èXàt- TOCTt {x. même s'il vient d'un lointain pays barbarCj même s'il n'a personne à côté de lui pour lui expliquer les choses : « Il arrive la même chose que lorsque un homme Hellène ou un Barbare a été confié à quelqu'un pour être initié. même s'il n'a per- sonne autour de lui pour expliquer et interpréter? Ne sufîit-il pas une âme qu'il ait humaine? Ou bien faut-il croire que cette cérémonie n'aboutit à rien? Et faut-il croire que. que les ténèbres et la lumière lui apparaissent tour à tour. font asseoir les initiés et dansent en cercle autour d'eux. quelque pensée et quelque intention pleines de sagesse. ou bien encore lorsque les initiateurs. dans une de- meure mystique extraordinairement belle et grande.piotç. Ensuite les mystes sont purifiés par l'eau de l'Ilissos.. déesse qui porte leflambeau. de ces peuples dont nous ignorons même les noms.yaTr. Stralag. XII. alors que des merveilles apparaissent 1. CÉRÉMONIES DIVERSES 191 Le flambeau mystique est sans doute celui de Déméter et de Perséphone. tout le genre hu- main en commun. dans ce qu'on appelle le ihronismos. qu'il voit beaucoup de spectacles mystiques. dans ce qui se produit. Est-il vraisemblable que cet homme n'ait en son âme aucune impression. que d'autres phénomènes en grand nombre se pro- duisent. et des mystagogues dansent en rond autour de lui en chantant et en faisant retentir des instru- ments en bronze. mais dans ce monde. Polyen. Un texte important de Dion Ghrysostome ^ semble bien décrire cette phase de l'initiation. même s'il se trouve être quelque Barbare venant de loin. Mais il est probable aussi qu'une purifi- cation a lieu dansle sanctuaire d'Artémis. voyant différentes cérémonies. 2. construction variée et sage. doit comprendre qu'elles ont une signification. de même que l'initié. V. non dans une petite demeure préparée pour la réception d'une petite foule par les Achéens. . doit comprendre et admirer Dieu. se faisant initier à l'initiation holoclère et vraiment parfaite. en voyant les merveilles du monde. Et Polyen parle de l'Ilissos « où l'on accomplit la purification aux Petits Mystères ^. 387 (202). qu'il ne soupçonne pas. entend beaucoup de paroles de même nature. Le rhéteur veut expliquer l'idée que rhomme. » Une purification consiste dans candidat le ihronismos : le est assis sur un siège. 17 : tov 'iXio-dôv ou tov xaOapubv TeXoCJat toT.

» 1. et. Et maintenant ces deux hom- mes dansent autour de toi. L'auteur oppose seulement l'initiation des Petits Mystères à l'initiation holoclère. et d'homme ignorant tout à fait ce que peuvent signifier les cérémonies. et dirige tout le ciel et tout l'univers.. peut-être ne vois-tu pas ce que les étrangers font à ton égard? Ils font la même chose que «eux qui purifient par la télélé des Corybantes. par la lumière et par les astres. et que ce rite correspond à une pensée et à une intention pleines de sagesse le chœur : accomplit autour du myste le même mouvement que les astres du ciel. le chœur joue par conséquent le même rôle que dans d'autres cérémonies grecques. quand les époux tournent autour du foyer. alors que les initiateurs ne sont plus des hommes pareils aux initiés. ayant vu que le jeune homme s'enfonçait. Considère donc maintenant que tu entends les premières choses des mystères sophistiques. si tu as été initié. et voulant permettre de respirer pour qu'il ne nous prît en haine. de plus. . quand le sacrificateur tourne autour de la victime. quand on tourne autour de l'enfant nouveau-né. lors des amphidro- mies. nous devons supposer que cet homme assiste aux Petits Mystères. en laissant voir qu'elle a lieu avant toute initiation : a Et moi. 192 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES sans cesse en grand nombre.. Euîhgdème. ne t'étonne pas si ces dis- : cours te paraissent extraordinaires. comme devant après cela t'initier. tel qu'un sage pilote gouvernant un navire équipé magnifiquement et par- faitement? » Gomme Dion Ghrysostome parle de Barbare venu de loin. il y a une chorégie et un jeu. etc. lui je lui dis pour le consoler Clinias. sous la direction du coryphée et il a une influence analogue. Mais Platon ^ a fait allusion à la même cérémonie. comme un choeur. Ainsi Dion Ghrysostome enseigne que les initiateurs tournent autour du myste. est-il vraisemblable que les hommes n'aient aucun sentiment et aucun soupçon de tout cela? surtout alors que le coryphée se tient au-dessus de tout. lorsqu'ils font la ihronosis autour de celui qu'ils doivent initier. 277 c. qui lui corres- pond dans la hiérarchie supérieure. dansant autour d'eux vraiment sans cesse de nuit et de jour. Platon. Car là. mais que des dieux immortels initient les hommes.

ÎÎI & c/. -G (U §^ o -P > ^ G -a ce Cd o ° I O Û O .PL.

PL. IV .

tu sentis les casques qui t'ado- raient et tu répondis aux clairons par un vagissement guerrier » dit-il 2. citant : Apollodore. p. ou de mania : «Les Gorybantes sont cause de la mania yi. Sur le IV^ Consulat d' Honorius. enfant.. donne l'inspiration. le Gorybànte de Gybèle ne t'a pas purifié avec bronze sonore. 13. 28 et suiv. Voir plus haut. poète. distincte de l'eau qui donne l'oubli. c'est-à-dire ceux qui sont atteints de folie. Il purifie à la naissance. orateur.. De même ceux qui s'initient aux Petits Mystères. Aratus. à Coromandel. I. dit le scholiaste d'Euripide {Hippol. entouré des enseignes. le Du reste la mythologie rapporte que les Gorybantes ont dansé en armes autour de Zeus enfant ** Gorybantes gardent Zeus. mais reçoivent de l'eau qui les inspire* 1. une certaine eau. Lucien. du moins le poète latin Glaudien nous montre-t-il Gorybàntele tournant autour du nouveau- né en faisant retentir le bronze : <( A ta naissance. 4. 35. Dans l'initiation holoclère qui permet de devenir héraut. voir P. Rohde. non seulement boivent l'eau qui endort. p.51. « Gorybantisme : purification de la mania » dit le lexique d'Hésychius. Mais une armée éclatante se tint autour de le toi. 69. 2. musicien. Théocrite. il faut bien s'ils penser qu'ils purifient aussi ceux qui reçoivent l'initiation des Petits Mystères. n.. et ailleurs. fragm. Sur les rondes dansées autour des enfants pour assurer leur bonheur futur.. Or le Gorybànte a le pouvoir de purifier.y p. Phénomènes. CÉRÉMONIES DIVERSES 193 Les Gorybantes jouent un rôle dans les Mystères d'Eleusis comme dans les Mystères de Samothrace ^. 13 . 326.. s'ils purifient les enfants ^^ Si les et purifient ceux qui ont l'âme déréglée. Or bronze possède un pouvoir purificateur ^. III. Il purifie les gens dont l'âme a été déréglée. Saintyves. 1 de l'édition française. 142). 5. par conséquent Platon ne veut pas restreindre la cérémonie aux Mystères de Samothrace. 150 et suiv.. Inslil. 3. 77. Lactance. 36 et les scholies. 36. Claudien. en s'adressant à Honorius.. Philops. Rondes enfanlines. mystagogue. Tzetzès sur Lycophron. Psyché.

commencé dès l'enfance. 2. l'appelant Zeus. Ensuite. Un vaso cinerario. S'en servent ceux qui organi- sent la procession des Scirophories. Ainsi il est purifié par l'eau. 4. 353. d'après Empédocle. p. . comme rexercice relatif aux instructions convenables. L'auteur cite lui-même comme réfé- rences : Baron de Witte. dépouillé de ses vêtements. et le dadouque à Eleusis. c'est- à-dire aux Petits Mystères. et une prêtresse l'éventé avec une sorte de van mys- tique. j'ai bu au cymbalon. et par l'air. pi. et on lui verse de l'eau sur la tête. il s'assoit sur un siège. parlant du début de la philosophie. IX. t. et Platon dit qu'il faut faire la purification par cinq enseignements : ce sont l'arithmétique. Sur V erreur des religions profanes. commun. mentionne. la musique. avec un bronze inusable. pose le pied gauche — ou i)ien les deux pieds — sur la dépouille d'un animal.194 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES Théon de Smyrne. en effet on sacrifie à Zeus Meilichios (Celui qui apaise) et à Zeus Ctésios (Celui qui donne la richesse). la tête couverte d'un voile épais. a cru pouvoir reconstituer de la façon suivante la scène de purification : Le néophyte. il faut que les initiés des Petits Mystères aient bu et mangé dans les cérémonies. la stéréométrie. p. Eleusinia. car. C'est celle de l'animal sa- crifiéà Zeus. Firmicus Maternus. comparé à la purification. Goblet d'Alviella. 2-3. dans le texte cité plus haut i. Lovatelli. le plus souvent un bélier. les cinq sources auxquelles il faut puiser avec le bronze : a De la même façon. car Empédocle dit qu'il faut. ils doivent répon- dre : « J'ai mangé au îympanon. 1897. interrogés avant l'initiation aux Grands Mystères. suivant en grande partie Sainte Croix. » D'autre part. » Goblet d'Alviella ^. Les textes cités à l'appui sont un texte d'Hésychius et un texte de Suidas : nDios côdion (Dépouille de Zeus). je suis devenu mystique ^. Goblet d'Alviella s'appuie sur une représentation figurée et sur des textes. offert en sacrifice à Zeus Ctésios ou Meilichios. 18. la transmission des doctrines socratiques comporte d'abord une purification. p. 1884. 3. dans la Gazelle archéologique.. puiser aux cinq sources. Vexpialion de Thésée. 1. 154. Voir plus haut. et on con- serve la dépouille. dans Bollelino délia Comm^ archaeol. l'astronomie.

Voici l'énumération des personnages représentés. Ils appelaient ainsi la dépouille de l'animal sacrifié à Zeus. à l'arrière Triptolème sur son char. en arrière un prêtre. à droite Aphro- dite avec Éros à ses pieds. agitant deux torches. ç^ Jl Vase trouvé en Crimée. entre Dionysos muni de son thyrse. les étendant sous les pieds de ceux qui ont contracté une souillure » (Suidas). et le jeune lacchos avec la corne d'abondance. iiDios côdion. et Héraclès armé . mads Polémon soutient que c'est la dépouille d'un animal sacrifié à Zeus » (Hésychius). sur laquelle ceux qu'on purifiait se tenaient debout sur le pied gauche. et leur disposition : Au centre Déméter. à gauche. Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines» Hachette. CEREMONIES DIVERSES 195 Et d'autres s'en servent pour les purifications. éditeur. le calathos sur la tête. (D'après Daremberg et Saglio. D'autres disent que cela signifie grande et parfaite. Perséphone. avec un flambeau. On a voulu voir l'initiation d'Héraclès aux Petits Mys- tères sur un vase peint. vêtu d'une tunique courte à la mode thrace.) Mais les textes n'indiquent pas qu'il s'agisse de la puri- fication qui se fait aux Petits Mystères d'Agra.

car j'avais entendu dire que. ayant commencé avec la lune. j'obtins avec peine qu'il me conduisît. à la barbe longue et vénérable. à la chevelure blanche. prononçant devant le soleil levant de longues phrases que je n'entendais pas très bien. . différent des autres voyages racontés en d'autres dialogues. mais rien ne prouve que ce soit l'initia- tion aux Petits Mystères. J'allai à toute vitesse droit vers Babylone. de même genre. 1. et l'eau du Ghoaspis.. disciples et successeurs de Zoroastre. — Petits Mystères dans la religion de Mithra. L'initiation aux Petits Mystères comporte-t-elle une pre- mière vue de ce qui se passe dans les Enfers? Il faudrait le croire si le Ménippe de Lucien — dont un passage va être cité — vraiment relatif à une initiation de ce genre. § VIII. et je m'en allais sans regarder ceux que je rencontrais. du lait.. un prêtre fait le tour de l'initiant pour le purifier. Les purifications sont. d'un art tout divin. Là. ils ouvraient les portes d'Hadês et faisaient descendre sans danger ceux qu'ils voulaient. Ma nourriture était ce qui pousse aux arbres (en grec : akrodrua). au prix fixé par lui.. sur le devant. p. me faisait baigner dans l'eau de l'Euphrate dès l'au- rore. il semblait invoquer certains démons. ^ aJe n'en dormais plus! Alors je crus bon d'aller à Babylone et de prier un des mages. La légende de Pylhagore.196 INITIATION AUX PETITS MYSTÈRES de sa massue. On doit admettre que la scène a un rapport avec les Mystères d'Eleusis. est puisque Lucien y raconte un voyage aux Enfers ^. notamment. appelé Mithrobarzane. Après cette incantation. 94. je fréquentai un sage Chaldéen. une femme assise dans l'atti- tude de la contemplation. L'homme m.. La ressemblance avec les petits Mystères d'Eleusis est frappante. Lucien nous a tracé un tableau satirique de l'initiation aux Petits Mystères dans la religion de Mithra.. par des incantations et des télétés. L'ayant prié et supplié. Cependant. les candidats couchent en plein air comme ceux d'Eleusis couchent sous la tente. il me crachait trois fois sur la figure.'ayant pris avec lui pendant vingt-neuf jours. Voir Isidore Lévy. et les ramenaient en haut. de l'eau miellée.

et lorsque il y eut assez de cette manière de vivre. Textes et Monuments relatifs aux Mystères de Mithra. afin que les fantômes ne me fissent point de mal. 22). p. de la scille. MYSTÈRES DE MITHRA 197 je dormais en plein air sur l'herbe. il me ramena à la maison. . me frotta. me sanctifia tout autour avec des torches. » (Lucien. vers le milieu de la nuit. tout en murmurant cette incantation. et d'autres choses encore. chap. Ménippe. il me conduisit au fleuve du Tigre. tome 2. 6. Cumont. ensuite m'ayant ensorcelé et ayant fait le tour de ma personne. cité dans F. me purifia.

lorsque le dieu se retire vers la zone antichthone. et les Grands Mystères quand il est dans les Pinces. on ne peut que préluder à la célébration des rites sacrés. c'est sous le signe de la Balance que s'exécutent les Mystères augustes et secrets de Déméter et de Coré. » 1. Les Grands Mystères se célèbrent pendant le mois athé- nien de Boédromion (août-septembre). on célèbre le plus important de tous les Mystères. au bout de quelque temps. CHAPITRE VII INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES § I. comme alors s'opère le retranchement de l'or- gane de la génération. pour la garde et le salutcommun. et le hiérophante. Or. pré- sent. Aussi les Athéniens célèbrent-ils deux fois les Mystères de Déo : les Petits Mystères lorsque le Soleil est dans le Bélier. mais par des motifs fon- dés en raison et en réalité que les anciens ont fixé les époques de ces cérémonies. . et enfermée dans l'unité. de même. J'en ai dit la raison tout à l'heure. après lesquels viennent. c'est qu'il convient d'honorer plus le dieu lorsqu'il s'éloigne que lorsqu'il se rapproche. Et c'est tout naturel. je crois que. le plus plausible. Il est juste de rendre un culte solennel au dieu qui s'éloigne. ceux qui pratiquent ces secrets sont tout à fait purs. 150. tant pour ne pas contri- buer à la progression que pour maintenir pure et sans altération la substance finie. traduction Talbot. attendu que le dieu sauveur et attracteur des âmes étant. «Ce n'est point au hasard. p. perpétuelle. entre autres motifs. Discours. Remarquez que. s'abstient de toute génération. chez les Athéniens. V. pour ainsi dire. 173. les purifica- tions continues et les abstinences consacrées. Quant à la distinc- tion entre les Grands et les Petits Mystères. avec beaucoup plus d'éclat que les Petits Mystères. Aussi les Petits ne sont-ils qu'une sorte de commémoration. alors. Un intervalle de six mois sépare les Grands Mystères des Petits Mystères. dit Julien^. La preuve en est que la déesse elle-même a pour domaine le cercle équinoxial. — Préliminaires. leur chef. et de lui demander qu'il nous préserve de la puissance impie et ténébreuse. mais.

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mourir d'une mort symbolique et renaî- tre d'une vie meilleure. comme il a été dit plus haut i. cessant de se disséminer. Déméter et Goré président à cette mort et à cette renais- sance. comme le Dieu sauveur et attracteur des âmes. à la cité. époque où le soleil semble s'éloigner. L'augmentation de la vie et des êtres vivants amène un démembrement de plus en plus grand de Dionysos. § IL . et celle que pourront conférer les hauts dignitaires. pareille à la vie permanente et à la vie céleste. Pour devenir un homme « parfait ». l'homme devient un homme « parfait » ou un homme « accompli ». vie qui commence par une naissance et finit par une mort. dès cette vie terrestre. celle que l'initiation suivante va confirmer. II. 1. à l'homme. Par elle. la vie au monde. Chap. Le Nous pénètre dans chaque âme humaine et aussi dans chaque être vivant et dans chaque partie du monde. Déméter donne. alors le Nous. est celle dont on parle quand on parle de l'initiation en général. de façon très obscure il est vrai. Enfin il nous renseigne. de façon permanente. permettent que l'homme arrive. il faut. Il nous apprend aussi que les Mystères concernent non seulement Déméter et Perséphone. se recueille en lui- même et revient à son origine. mais encore Dionysos : Dionysos y est considéré comme identique au soleil. — Principe de l'initiation. Mais les deux déesses. Cette initiation. Perséphone donne la vie par- ticulière qui apparaît dans chaque être individuel. puisqu'elle est la première. par les Mystères. II. C'est Dionysos démembré.200 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES Ce texte important nous enseigne que les Grands Mys- tères se célèbrent vers l'équinoxe d'automne. à une vie meilleure. sur le sens de l'initiation. Mais la production de la vie dans le monde ne va pas toujours en augmentant elle cesse à une certaine : époque de l'année.

Œuvres. on sauvegarde la vie et l'on maintient dans son inté- grité. p. Sur Isis ei Osiris. et ne plus produire de vie nouvelle sur la terre. l'oblade (mélanouros). le loup ou mulet (triglé). — De même. c'est- à-dire s'abstiennent de toute nourriture tant que le soleil brille à l'horizon. l'usage d'aliments comme les oiseaux de basse-cour. s'éloi- gner. 3. et de même les prê- tres. Les Mystères d'Eleusis. et le hiérophante. pendant les Mystères. . Les initiés et les candidats à l'initiation doivent rester chastes pendant une certaine période de temps. ou du moins certaines espèces de poissons. Reinheiîsvorschrifien im griechischen Kull. mais certains y prennent part pour la première fois. Julien. La religion d'Eleusis proscrit aussi ^. 284 et suiv. 69. Wechter. que le texte de Julien ne permet pas de déterminer. on tranche dans les Mystères l'organe de la génération. le crabe (carabos). lorsqu'elles célè- brent les Thesmophories. — Purifications préliminaires. 2. semble. pendant la célébra- tion des Mystères. le rouget (éruîhrinos). Les mystes jeûnent pendant un certain nombre de jours (nombre de jours qu'on n'a pas pu fixer non plus). Foucart. dit Julien. Premières cérémonies. 326. Probablement les mêmes cérémonies vont-elles se dérou- ler devant tous les initiés. les poissons. par ces Mys- tères. pommes. à savoir ceux qui vont recevoir l'ini- tiation et pour cela subiront certaines épreuves. Plutarque. les mystes restent chastes et le hiérophante devient incapable de génération. les femmes. grenades. p. Peter. pour imiter la passion du dieu. édit. C'est la génération intellectuelle qui remplace la généra- tion physique. les fèves. 1. § II I. le mustellus (galéos). — Theodor. en le faisant paraître même plus éclatant. 1910. assises à terre ^. jeûnent. PREMIÈRES CÉRÉMONIES 201 Le soleil. qui se prépare à une génération toute spirituelle ^. le principe intellectuel qui est dans l'homme.

« .202 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES Il faut. Et quiconque connaît la nature des apparitions sait pourquoi il faut s'abstenir de tout oiseau. galeos » (Schol. de grenades. d'une façon générale. VII. 176 d). mais. Et la déesse est on lui a consacré le coq. de poissons. 4). de fèves. : carabos. s'abstenir de tout contact avec un cadavre ou une femme en couches. craignant quelque ennemi. pomme. 65). Dial. Ce que je n'ai pas dit.m).. Sylloge. . ni la prêtresse d'Héra à Argos. ensuite. et de même ils contractent une souillure en touchant une femme en couches ^ ou un être mort. disent-ils.ce qui est défendu dans les Mystères.. Hisî. Le philosophe Xénocrate. » (Élien. I.. Julien parle aussi. Voilà pourquoi les mystes de cette déesse s'abstiennent d'oiseaux de basse-cour. je le a J'ai parlé plus haut de la dirai maintenant. 11.An. A Eleusis elle est honorée par ceux qui reçoi- vent l'initiation. 16). soit de l'aliment public du riz ou de la farine. Euripide rapporte qu'en Crète les prophètes de Jupiter s'abstenaient de chairs et d'aliments cuits. De Vabstinence. Quant à la Iriglé. le temple de Despoina en Arcadie. puisqu'il en- fante par la bouche.Bragmanes et Samanées qui ont une telle continence qu'ils se nourrissent soit des fruits des arbres près du fleuve du Gange. et la raison de cet honneur est double les uns : disent parce qu'elle a des petits trois fois par an. 12).. édition Talbot. les autres.. Peut-être parlerai-je de la triglé une autre fois » (Élien. de Lucien. Mais Ëlien semble restreindre la défense à quelques espèces : iriglé. Il est proclamé aussi à Eleusis de s'abstenir d'oiseaux de basse-cour. comme étant mère et nourricière. dit que trois préceptes seulement 1. a .. IV. il les vomit de nouveau vivants. il était défendu d'initier une Dans femme enceinte ou allaitant un nourrisson (Dittenberger. de pommes. au sujet des lois de Triptolème chez les Athéniens. Ceux qui se font initier aux deux déesses ne sauraient goûter <c au galéos. Ainsi dans les initiations des femmes aux Mystères d'Eleusis — qui se fai- saient aux Thesmophories —nous pouvons supposer qu'il y avait des dé- fenses et des prohibitions analogues à celles que la religion imposait aux hommes. V.. IX. parce qu'elle mange le lagos (lièvre de mer) qui est mortel pour l'homme.. quand celui qui l'a effrayé est parti. car ce n'est pas un mets pur. éruîhrinos. des courtisanes. « Maia est la même que Perséphone. Hist An. il avale ses petits et les cache. et poissons iriglé. pendant toute la durée des Mystères. 939. mélanouros.ÎX. de l'abstinence de poisson {Discours. oiseaux de basse-cour. les mêmes mystes n'en goûteraient pas. mais d'autres disent qu'il n'enfante pas par la bouche. Car chthonienne et Déméter la même. grenade. et surtout en parlant au milieu de gens qui ne savent pas » (Porphyre.

Nous savons par Eusèbe ^ que certains Gnostiques impo- saient à leurs disciples un silence de cinq ans à la façon des Pythagoriciens . Pausanias rapporte (I. et de triglés et de méla- nures. EccL. Hisî. 31). parole que ceux qui se taisent entièrement. . et d'œufs. p. réprouve la nourriture par les chairs » (Saint Jérôme. les Égyptiens ne cultivent pas les fèves et les prêtres ne supportent même pas de les voir. II. à s'abstenir de manger des animaux morts de maladie. 5. et des autres choses que défendent aussi ceux qui accomplissent les télétés dans les cérémonies sacrées (Diogène Laërce. dans son poème. IV. 148. IV. Un silence d'une certaine durée est-il imposé aux candi- dats à l'initiation? Nous savons qu'un silence de cinq ans était imposé aux disciples de Pythagore : a Silence : et je serai plus silencieux que les initiés à Pythagore. Voir Matter. Elle est reconnue chez les Pythagoriciens : D'après Plutarque {Propos de table. 9). ne pas se nourrir de chair. 37. 3 et VIII. 14). Hisl. De Vulililé des enne- mis. aspersions. 15. mais il n'ose pas donner la raison de cette abstention. à ne pas toucher de femme en couches ni de chose souillée. et de fèves. 37). Suivant bains. la pureté consiste en purifications. dans l'abstention de deuil. « les Pythagoriciens. |En Egypte.. 1. au mot Siopé). t. suivant Hérodote (II.ils devaient s'abstenir de tout poisson. VIII. VIII. comme le prouve le texte de saint Jérôme que l'on vient de lire. PREMIÈRES CÉRÉMONIES 203 sont posés dans le temple d'Eleusis honorer ses parents. Orphée. vénérer : les dieux. parce que l'on dit de les disciples de Pythagore avaient l'ordre de pratiquer le silence pendant cinq ans » (Suidas. d'après le même auteur {ibid. 8). du gnosîicisme. La nécessité de la purification par l'abstinence est recon- nue ailleurs qu'à Eleusis. ils devaient s'abstenir du poisson appelé iriglé et du poisson appelé ascalaphé. 1) qu'on s'abstient de fèves à Eleusis. 7. 18. et des chairs. et d'oiseaux qui font des œufs. Contre Jovinien II. Nous pourrions en conclure qu'il y a aussi une période de silence imposée aux mystes d'Eleusis.

p. Sur les Mystères. XVI. les postulants offrent des fleurs à Dionysos. et pendant les cérémonies qui se déroulent dans le temple.. 296. Les grandes phases de la fête. Le 14. ou prorrésis.204 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES En tout cas. le renvoi des indignes. Apoll. Le silence est la règle pendant la célébration des Mys- tères : « Ils se taisaient comme dans les Mystères » est-il dit dans Phi- lostrate {Vit. accom- pagnés par leurs mystagogues. 317. sanctuaire bâti sur l'Acro- pole. Andocide. 15). les éphèbes athéniens se rendent à Eleusis. en son Lexique. Foucart. 4. Vie de Néron. I. paraît-il. Quand les candidats à l'initiation sont d'origine étran- gère. . 34). doivent ils être présentés par un mystagogue athénien. Le 15. 132. Panalh. les isotèles peuvent jouer le rôle de mystagogues ^. appelle V Initiant un Silencieux ^. Le 17. en suivant P. Nous en donnons ici un résumé. TE>. les criminels et les impies étaient écartés de l'initiation » (Suétone. p. Le 16. 17. les postulants se présentent à l'Éleusinion. Hésychius. 1. 3. 2. les mystes vont se purifier dans la mer. Ils res- tent à la maison pendant la procession qui va au temple d'Asclépios. pendant laquelle on initie les mystes.oû|xevoç" ai(ùin\k6c. Alors se fait la grande procla- mation préliminaire. la réunion de ceux qui sont admis. Aglaophamus. chacun pu- rifie un porc. qui est ensuite sacrifié. Textes dans Lobeck. de la façon suivante * : Le 13 Boédromion. On ne reçoit que les gens qui sont dignes et on écarte en ^ particulier les criminels : « Par cette voix du héraut.. dit Suétone. la procession va d'Eleusis à Athènes et porte les hiéra à l'Éleusinion d'Athènes. Aristide. Dindorf. se succèdent.

et cela s'appelle crocoun ». s'adressant à ses disciples. Il y a une proclamation. 3. Anecdola graeca. I. le premier habitant était Crocon. Que le ballon soit rejeté de vos mains. Dans les Grenouilles d'Aristophane (369-370) le chœur interdit trois fois à certaines sortes d'hommes d'approcher les chœurs mystes. 5. Voir plus haut. pro- clamons ce que vous devez faire. Pausanias. On écarte ceux qui ne peuvent participer aux Mystères. I. Texte cité plus haut. et ceux qui ne parlent pas ^. que soient fermés les jeux de la palestre et que s'ouvrent les ateliers des Muses. Au moment où ils passent du territoire athénien au terri- toire d'Eleusis. Une première partie consiste donc à réunir les candidats à l'initiation et sans doute aussi les initiés qui vont suivre les cérémonies. grec Le hiérophante doit ensuite indiquer aux mystes et aux époptes ce qu'ils auront à faire. Plusieurs cérémonies se célèbrent durant le trajet. C'est là apparemment ce qu'Olympiodore a appelé les réunions *. et encore maintenant on dit le palais royal de Crocon ». PREMIÈRES CÉRÉMONIES 205 Dans procession qui ramène les hiéra à Eleusis sous la la conduite du lacchagôgos. c'est-à-dire d'abord les criminels. un palais royal de Crocon ^ près des lacs Rheiîoi. fils de Triptolème. ce que vous ne devez pas faire. p. plus probablement. 273 : «Les mystes ont la main droite et le pied gauche liés de crocé. 2. les mystes ont la main droite et le pied gau- che de bandelettes couleur de safran ^. 149. 155. plusieurs proclamations. Le 20 Boédromion commencent les cérémonies secrètes. Bekker. descendants de Crocon. p. 38 « Pour ceux : qui ont franchi les Rheitoi. Que tout homme myste et tout homme épopte entende. quitte la ruelle. ou. et sans doute aussi les initiations. reste davantage à la mai- 1. pi. on a supposé que la cérémonie est dirigée par les Croconides ^. Gomme le mot liés grec signifiant safran est crocos. ou bien fils ou gendre de Céléos. Un rhéteur de l'époque chrétienne. que le stylet soit l'objet de vos soins. ils marchent à la fin. . et comme il y avait encore au temps de Pausanias. 4. Croconides. à l'ouverture de ses cours. avant que j'ouvre Vanadoron. imite ainsi la proclamation adressée aux Mystes : «Allons! Avant la iélété.

déteste le théâtre populaire. Quiconque d'entre vous m'entend et m'obéit.*. I. ani- 1. et de toute exclamation. dans son livre Alexandre ou Le faux prophète. Mais à celui qui désobéit et qui aura mal écouté. Corinlh. 689). 56). 19. Le porc est l'animal tout à fait chthonien (Julien. V. on les appelle mystères ce parce que ceux qui entendent ferment la bouche et n'expliquent ces choses à personne. la mollesse et la délicatesse sont étrangères aux peines. Mais avant cette proclamation. PoL. avant le spectacle. Ils empor- l'initiation tent avec eux un porc. et on leur fait jurer de nouveau de con- server le secret sur toutes les initiations et les cérémonies. ou symbole du non-initié *. voilà la loi. Le mot grec est le même qu'Aristote a employé pour dire que les mystes restent à la maison le 17 Boédromion (Aristote. 18.206 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES son ^ et écris. Ces Mystères comportent une pro- clamation.. 7. sous le mot mysteria . Libanius * précise que chacun des mystagogues prend bien soin de tout ce qui a été ordonné aux mystes. » Suivant Sopater 3. Le mot grec elasis signifie bien « chasse » et non course ». Les mystères. 4. a sans doute une valeur profondément sym- bolique : il s'agit de repousser bien loin les impurs et les non- initiés. <t 6. p. raconte la célébration de Mystères ridicules (en réalitépour tourner en dérision les vrais Mystères). prête l'oreille au théâtre plus fort. le myste connaît déjà la vertu du silence. Discours. f). sous le nom d'élasis ^. La cérémonie qui s'accomplit le 20 Boédromion. 3. Le prophète crie « Dehors les Épicuriens! » Et la : foule répète « Dehors les Chrétiens! » Puis Lucien ajoute : « Et : aussitôt se faisait la chasse (élasis) ». Orat. Les candidats à courent à la mer. 177 c-d). Lucien. 2. qui disent beaucoup en peu de mots. Le mot [xueîv signifie fermer la bouche. SîromaUs. je cacherai le feu et je fermerai les anac- iora (les sanctuaires) des discours ^. a Les » (Clément porcs aiment le bourbier (borboros) plus que l'eau pure d'Alexandrie. Discours. » En particulier. le céryx recommande. on recommande aux mystes le silence pen- dant les cérémonies. . VI. Himerius. ce sont les télétés. Texte cité plus haut. Voilà la proclamation. Suidas dit. p. Ath. fera retentir Vlacchos à plusieurs reprises. p. montre-toi à moi poudreux et plus fort que la mol- lesse. de s'abstenir de tout discours. édition Foerste. 30. XXII. symbole de l'homme déchu qui se complaît dans la fange.

Gren. 338.. Platon a une allusion au sacrifice du porc : « S'il y a nécessité absolue (à ce qu'on entende des mythes). III. Schol. c'est-à-dire la mort symbo- lique. 18.. Ach. mais quelque grande victime. Sur Verreur des Religions profanes. de nécessité.. PREMIÈRES CÉRÉMONIES 207 mal odieux à Déméter parce qu'il détruit les dons des déesses ^. Paix.. Avant d'être admis à l'intérieur du temple pour subir les grandes épreuves de l'initiation. » [République.. car elle prouve qu'ils ont été initiés aux Petits Mystères ^. difficile à acquérir. 1. lavent dans la mer. Paix. 374 : « Les initiés ont l'habi- tude de sacrifier. » Schol. il faut que les auditeurs soient en très petit nombre et qu'ils entendent dans le secret. et prononcent une formule qui permet leur admission. Scholiaste d'Aristophane. . l'eau salée effaçant les ils le souillures mieux que l'eau des fleuves et des sources. un petit porc. Ce porc. 2. Ensuite ils le sacrifient 2. Offrande d'un porc. Vase attique du Louvre. 378 a). Dans ce dernier texte^ Déméter est dite « tueuse de porcs ». Aristoph. les mystes répondent à des questions. » 3. 374. d'Aristophane. après avoir sacrifié non un porc. 747 : « Chacun des initiés sacrifiait un porc pour lui-même.

y^Yova (XuaTixoç. « Eschyle ayant considéré la sortie de l'âme hors du corps. 192. Cependant la sortie n'était pas unique. il dit : Tai mangé au iympanon. § IV — Épreuves. ne suivent pas la même voie. sans être bien assurés de l'ordre dans lequel elles se succèdent. . il n'y aurait pas besoin de guides. 10 et suiv. puisque l'une est soumise à la souffrance. car nul ne se tromperait de chemin s'il n'y en avait qu'un. qui est commune à tous. car il dit que le chemin qui conduit à la demeure d'Hadès est simple. Sur le Phédon de Platon. Alors viennent les épreuves de l'initiation. il me semble qu'il y a beau- coup de bifurcations et de détours. afin que l'homme. peine pouvons-nous A déterminer un certain nombre d'épreuves. Norvin. et les démons qui conduisent ont des apparences diverses. édit. ou opposées. l'un de Platon. de telle ou telle nature. Mais le voyage vers Hadès est varié : en effet les destinées sont différentes. Phé- don. comme je le conjecture d'après ce qui se pratique ici dans nos saintes cérémonies » (Platon. èx x. dit que le voyage vers Hadès est simple. puisse être admis à l'intérieur. s'il l'était. Nous ne pouvons pas distinguer dans le détail les épreuves subies par chaque série de candidats.208 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES « Il nous plaît maintenant. Deux textes très explicites nous en avertissent. dit le chrétien Firmicus Maternus. au contraire. p.u{i. ne rencontrent pas en route les mêmes spectacles ou les mêmes épreuves. et chacun mène par sa propre route » (Olympiodore. Tufiiuavou Péôpwxa.). j'ai hiX au cymbalon. j'ai appris les cérémonies de la religion. l'autre sans souffrance. l'autre de son commentateur Olympiodore : « Ce chemin n'est pas tel que l'affirme le Télèphe d'Eschyle. 108 a). cette initiation ne se passe pas de la même façon pour Or tous tous sont censés mourir et aller chez Hadès après avoir : quitté leur corps. et les vies des âmes ne se tournent pas de la même façon. n'ont pas les mêmes conducteurs. mais tous ne meurent pas de la même façon. d'expliquer par quels signes ou par quels symboles la misérable foule des hommes se reconnaît au milieu des superstitions mêmes. et il me paraît qu'il n'est ni simple ni unique. et chacune de formes diverses.6aXo'j icéxwxa. qui va mourir. l'autre intermédiaire. Dans un certain temple. ce qui se dit en grec : è/.

Ils arrivent devant un tribunal et subissent un jugement. 1. sous peine de tomber aux mains des Érinyes qui les précipitent de nouveau dans le bourbier. conduits par leurs mystagogues. Ils reçoivent de nouveaux vêtements. parce que Plotin a indiqué en termes assez clairs qu'il fait allusion. Quand le jugement favorable a été prononcé. Ensuite ils s'élancent vers le haut en courant. des do~ cuments assez nombreux. qui représente le voyage des âmes dans les Enfers. ils subissent un châtiment. sur ces diverses phases des épreuves. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 14 . et voient les spectacles magni- fiques. Mais laissons la seconde de côté. doivent s'avancer là-bas jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'extrémité du lieu. Ensuite ils commencent un voyage. Par là la religion signifie que l'initié doit quitter sans aucun regret son corps et la vie dominée par les besoins du corps le regret seul de la vie bestiale suffît pour y faire : retomber. ou telle succession de faits. Nous avons. la première part d'en bas. ÉPREUVES 209 Les initiés sont censés mourir et recevoir la sépulture.. Les textes de Plotin ont une valeur particulière. Ils vont dans l'obscurité. Puis ils sont purifiés. suivant qu'ils montent ou sont arrivés en haut. Ils ne doivent pas se retourner. dans le premier livre des Ennéades. 3.. Ennéades. Des apparitions diverses les effraient pendant leur marche. ils boivent l'eau du Léîhé qui doit leur faire oublier la vie corporelle. S'ils sont reconnus coupables. I. la seconde est pour ceux qui sont déjà parvenus dans l'intelligible et qui. Ils arrivent à la lumière. » Mais tous les textes ont leur importance. et non à la marche en avant qui constitue l'initiation à l'époptie ^ : « La marche est double pour tous. et parlons de l'ascension. se joi- gnent aux chœurs des initiés. à l'ascension qui consti- tue l'initiation aux Grands Mystères. y ayant pour ainsi dire pris pied. qui nous dévoilent tel ou tel rite. 3.

35. Et le scholiaste a. 2. j'éveil- lerai les veillées sacrées et brillantes. vous enfermez- vous dans une obscurité profonde et rendez-vous service à trois ou quatre hommes seulement. et les dragons mystiques. 48. » {Contre Julien. Rhein. Ueidolon. gr. Jette à bas tes Triptolème et tes Celée. Pair. l'âme. je conduirai vers les routes brillantes qui mènent au ciel. entraînant avec elle Veidolon 2. Proclus. ou image. Les Mystes sont censés mourir et quitter leur corps. Car. 275. alors qu'il vous serait possible d'êtres utiles à tous les hommes en exposant sur la place publique ces choses si avantageuses.. p. p. Offert. si ces choses sont belles.. Saint Grégoire de Nazianze dit. dans son Invective contre l'empereur Julien : «Que ton héraut arrête ses proclamations honteuses.210 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES Les mystes quittent leurs vêtements : Dans la cérémonie burlesque que représentent les Nuées d'Aris- tophane 1. sans s'arracher à ce qui est. Ils avancent dans un souterrain obscur. afin que tous aient la possibilité de participer à une vie meilleure et plus heureuse? » (De Vid. que mon héraut dise des choses divines! Ferme tes livres de charlatan et de devin. lorsqu'elle quitte le corps matériel. Neue Folge.. et assis à demi nus ». t.. ô mystes. comme le font ceux qui s'initient aux Mystères ». le pneuma l'accompagne 1. rougis une fois des livres du théo- logien Orphée. qui représente Hadès ou le séjour infernal. la note suivante : « Il veut qu'il enlève son vêtement. 700 ). présente le séjour d' Hadès comme un lieu souterrain et obscur : « Si Hadès est un lieu souterrain obscur. arrive chez Hadès. 856 c). 1893. Albert Dieterich. que seuls se déroulent les livres prophétiques et apos- toliques! Arrête ces nuits honteuses et pleines de ténèbres. Mus. Et une autre note nous révèle que « les philosophes philosophaient revêtus seulement d'un petit chiton. Socrate dit à Strepsiade : « Allons! Dépose ton vête- ment! » Strepsiade répond « Est-ce que j'ai fait du mal? » Et : Socrate lui explique : « Non! Mais l'usage est qu'on entre nu » (vers 497-498). ou le véhicule. a montré qu'il y a parodie des Mystères dans les Nuées. .. est ce que d'autres appellent le char. Ueber eine Scène der aristophanischen Wolken. à la suite de tant d'autres. Philon le Juif s'adresse en ces termes aux partisans des Mys- tères : « Pourquoi.. Obstrue tes souterrains et tes routes qui mènent chez Hadès. sur ce passage. p.

Voir plus haut. Dans le Cataplous de Lucien. qu'elle revienne vers les mêmes. sinon les Érinyes. c'est-à-dire si tu sors de ton corps. que les âmes avides de plaisirs. car les Érinyes marchent derrière » (Jamblique. comme dit Platon. entendant par la demeure le corps. Pensées. édit. en cela. 16=Diels-Kranz. Grecque de Migne. comme Empédocle le pythagorisant. c'est-à-dire les Érinyes » {Philosophoumena. t. conduc- teur de myste.. et immortelle. ÉPREUVES 211 pneuma qu'elle a recueilli dans les sphères. car les Érinyes qui les suivent les saisiraient : « Pythagore dit que les âmes sont mortelles quand elles sont dans le corps. 25. comme enfouies dans un sépulcre. Ce mystagogue peut donner des explications. tu t'en vas. mais qu'elles remontent et deviennent immortelles lorsque nous sommes déK- vrés du corps. et.. dit-il. c'est-à-dire les passions. et du sensmême qu'a en grec le mot mystagogue. » (Porphyre. et si elles philosophent trois fois dans le même (corps?). que cha- cune remonte dans la nature de l'astre qui obéit à la même loi. passent par tous les animaux et les plantes pour revenir au corps humain. 3231). et si elle ne philosophe pas. si tu t'y attaches. interrogé sur cette ques- tion qu'est-ce que la philosophie? dit : C'est la séparation de : l'âme et du corps. les passions. Cela résulte des textes de Platon et d'Olympiodore cités plus haut 1. cité par Diogène Laërce (IX. p. 16. ne te retourne pas. viendront vers toi. p. il suit Pythagore et ces discours : Si lu quittes ta propre demeure. ne te retourne pas. « Quand tu t'en vas de ta maison. arrivées dans la passion de l'homme. 340).. 143) dit : « Ne va pas dérouler trop vite. lumière plus éclatante que celle du soleil! » Les mystes ne doivent pas se retourner. Si donc. auxiliaires de la justice. der Vorsokr. p. Un guide ou mystagogue accompagne chaque myste. I. . 39. si elles ne philosophent pas. Mommert). le sentier est pénible à gravir! Obscurité et ténè- bres sans flambeaux! Mais si un myste te conduit. Fragm. dans la Patrol. p. le livre d'Hera- clite l'Éphésien. un poète de l'An- thologie Palatine. ne t'attache plus à ce corps. les passions t'enfermeront de nouveau dans le corps. Voilà pourquoi Platon. 208. Car il faut. Ces philosophes estiment en effet que les âmes passent d'un corps à l'autre. Il dit donc que l'âme peut parfois même devenir mortelle. sur son omphalos. si elle fuit les passions. dit-il. si elle est dominée par les Érinyes. par les Érinyes. Protreptique. V. nous voyons le savetier Micyllos 1.

il est question de démon envoyé 1. parce qu'elle entravait d'un seul pied ou bien avait l'autre pied d'airain. Suidas a une longue note sur ime apparition démoniaque nom- mée Empousa. Et un peu plus loin : « Dis-moi. dit à l'Érinys « Reçois ces quatre-là. c'est une Érinys ^ ». Eur. le Cynique. avec les milliers d'autres ». Marinus. Hel. qui accompagne le savetier. 28.. 861) parle d'appa- ritions hécatéennes « On dit qu'elle envoie des apparitions : appelées hécatéennes ^. p. Le scholiaste d'Apollonius de Rhodes (HI. » Dans le lexique d'Hésychius. et Vautre jambe est une jambe d'âne ». ou bien on assimile Hécate à Empousa et l'on dit qu'elle prend successivement des formes différentes. mais encore en d'autres circonstances : a Empousa. et de plus le tyran Mégapenthès.. « Quelle obscurité! » dit Micyllos. Alors Hermès. fantôme démoniaque envoyé par Hécate et appa- raissant aux malheureux. tanlôt femme dans tout V éclat de la beauté. mais un chien. Voir encore schol.. Aristophane a dit. : Laquelle'! — — Terrible. Psyché. ce que nous avons devant nous n'est-il pas pareil à ce qui se passe là-bas? » Et Cyniscos répond : « Tu dis vrai! En voici une qui s'avance tenant un flambeau. je vois une grosse bête. Vie de Proclus. Ce qu'ils appellent ^ bolitinon c'est-à-dire « d'âne » car bolitos c'est exactement : i'excrément d'âne. C'est donc Em- pousa. et que souvent elle change d'aspect. . 570 Dion Ghrysostome. : Tisiphone. qui paraît pouvoir prendre beaucoup de formes. parce qu'elle changeait de formes.. L'auteur veut expliquer le passage d'Aristophane. et la même s'appelait aussi Onocolé (à la Jambe d'âne). tantôt mulet.. Quelques-uns l'identifient avec Hé- cate. et où le mot bolitinon est employé. et Rohde.212 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES et le Cynique {Cyniscos « petit chien ») arrivés dans les Enfers. 2. 22. tantôt bœuf. Oui. dans les Grenouilles (vers 294) Par Zeus.. Le feu fait briller son visage. car tu as bien certainement été initié aux Mystères d'Eleusis. — Où est-elle? que je l'aborde! — Elle n'est déjà plus une femme. d'autres. Lucien. Onocolé. IV. Divers fantômes apparaissent. ou bien encore parce qu'elle apparaissait de lieux obscurs aux initiants. jetant des regards terribles et menaçants. qui se fait voir non seulement dans les initiations. parce qu'elle a une jambe d'âne. Calaplous. Discours. note 2. Parfois il est question de fantômes envoyés par la terrible déesse Hécate. 3. où il est question d'Empousa. Elle était appelée Empousa. ce qui fait qu'on l'appelle Empousa. 371. Elle prend toute espèce de formes. elle a une jambe en airain. : 168-169.

qui doivent effrayer les mystes. Aglaophamus. p. citant Porphyre (d'après Rohde. 8) : « Hécate a. dans les iélétés. » (/ôîrf.. parce que c'est elle qui envoie ces démons... soit par des spec- tacles. certains effrois sont produits dans les plus saintes des lélélés. 41. parce qu'ils voient des apparitions indicibles et des symboles effrayants. chargée de châtier et de vengeri Aussi les poètes Tappellent-ils Cerbéros. soit par des paroles. ceux qui ont fait du tort à leurs hôtes. Le mot grec créoboros signifie « qui dévore les chairs ». comme ici. certaines apparitions en forme de chien » (Pléthon. Parfois il est question de serpents et de bêtes sauvages. avec des saletés à la surface. Ensuite beaucoup de borboros.. de Platon. 23. Il semble difficile de croire qu'un personnage de comédie. Dans les Grenouilles d'Aristophane. cité dans Lobeck. parlant. des « initiés ». « Dans les lélélés. à Athènes. d'après les témoignages qu'il a pu consulter.. édition Abel. 1. et. » [Sur YAlcib. 17... dans les hymn. Prép. p. Le mot signifie aussi un démon. » On peut comparer Lydus {Des Mois. à l'égard de la terre... . 142). Obsop. 331. p. » Dionysos questionne : a Et qui sont ces gens- là? » A quoi Héraclès répond : « Ce sont les initiésl » (Vers 143 et suivants).. 8. les chiens d'Hécate « mauvais démons » dans Eusèbe. 5. 4. et des thiases bienheureux d'hommes et de femmes. 113). sur la « chienne noire » dans le livre magique de Paris. Psyché. deviennent plus aptes à recevoir les lélélés et ont un plus vif désir de les recevoir. Tu verras une très belle lumière. « A la plupart des initiés ont coutume d'apparaître. Ailleurs est question d'apparitions diverses ou démo- il niennes. 7. note 1).. évang. Et Ton appelle aussi Hécate ^nfaza. p. p. 2. mag. » Pléthon parle. 61). édition Creuzer. Ensuite un souffle de flûte viendra vers toi. Proclus a parlé plusieurs fois de ces apparitions : « Avant le drame mystique. et des applaudisse- ments nombreux. ÉPREUVES 213 par Hécate : « Anlaia. et ces effrois inclinent l'âme devant la divinité. qui a la même valeur que Créoboros ^. et des plants de myrte. les mystes. de fantômes qui ont des formes de chien... On verra — d'autres témoignages sur «la voix de chien ».. Héraclès raconte en ces termes le voyage qu'il fît aux Enfers ^ : « Tu verras des serpents et de terribles bêtes sauvages en grand nombre.. HI. la nature du chien. couchés là-dedans. songe à autre chose qu'aux initiés des Mystères d'Eleusis.

1631). entrant droits et fortifiés parles télétés. édition Greuzer). fantômes et ombres qui. 6. ou bien lumière riche qui se répand. 39.Les dieux présentent beaucoup de leurs formes.. 106). tout en feu. ou bien tirant de l'arc. avant la présence du dieu.ceux qui ayant rencontré des apparences de dieux ou de démons. Théol. 3. mystes. tantôt ils présentent une flamme de forme indéterminée. 7). souilla les Mys- 9.. nu. et frappent d'effroi quand paraissent {Ennéades. 6. voyant apparaître devant eux des dieux à beaucoup d'aspects et à beaucoup de formes. p. « Pour les mêmes motifs.. Et cela nous est transmis par la mystagogie d'origine divine. Aglao- phamus. édition Bréhier).. Ceux qui sont déjà initiés effraient ceux qui vont recevoir l'initiation. Plotin a quelques allusions : « J'en ai assez dit sur les beautés sensibles. » {Ennéades. 1. cheval plus éclatant que la lumière. Commodus. 7). . ou environné d'or. dit-on. elles » l'ornent. tantôt en une autre forme. plat. L'empereur Commode. ou bien feu sans forme d'où courent des cris. et tout ce que les logia ajoutent à la suite » [Sur le Polit. ils reçoivent dans leur sein l'illumination » (Proclus. p. et se tenant debout sur le dos du cheval. cité dans Lobeck. dans les plus saintes des télétés. viennent dans la matière.. rencontrent les la première genèse. changeant souvent d'apparence. feu qui étend sa marche dans Vair. 379. mais. comme le fait savoir le scholiaste d'Aristophane : a Avant les Mystères.214 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES « Dans les plus saintes des îélétés. Nous pouvons penser que c'est eux et les mystagogues qui produisent les apparitions destinées à effrayer les mystes. des symboles de démons chthoniens apparais- sent. I. dit un historien i. 1. Lampridius.. ou encore. et des spectacles qui troublent ceux que l'on initie. Mais il apparaît aussi que le myste est menacé par les épées et doit passer devant des gens qui ont l'épée à la main.. 3. ceux qui sont initiés effraient ceux qui vont recevoir l'initiation » {Oiseaux. ^st« . (c. s'échappant en quelque sorte. Aussi les dieux ordonnent de ne pas les regarder avant d'être fortifiés contre eux par les forces qui viennent des initiations » {Sur VAlcib. s'enroule et mugit. Voici en effet ce qu'elle dit Feu semblable à : celui qui bondit. mais encore en apparence. ou encore enfant porté sur le dos rapide du cheval. tantôt une flamme en forme d'homme. p....

6). Hadrianus. quand l'âme est encore dans le corps. il sera comme celui qui est tombé dans le borboros obscur » (Plotin. Il y a un bourbier ou borboros qui symbolise la vie impure. la maîtrise de soi (soph- rosyné) et le courage et toute vertu sont une purification. Platon l'a avancé lui aussi. poussé par les dieux eux-mêmes » (Proclus. 2. de même la réflexion (phronésis). 293). comme elle peut mourir. 13). parce que l'impur. Il accorda beaucoup de bienfaits aux Athéniens et siégea comme agonothèie. s'étant enfoncé dans ce lieu. ÉPREUVES 215 tères de Mithra par un homicide véritable. de dire ou d'imaginer quelque chose qui fasse peur. quand elle est sortie (du corps). . alors que beaucoup. dans la plus mystique des îélétés. I. il (l'empereur Adrien) navigua par l'Asie et les îles vers l'Achaïe. à l'exception de la tête. à cause de sa malignité. en Achaïe. « car on a l'habi- tude. dans les Mystères. » Les mystes doivent être plongés dans la boue : « Les théurges ordonnant d'ensevelir le corps. à l'exemple d'Hercule et de Philippe. Plat. 8. telles les truies. on observa et on raconte ce fait que. (( L'âme meurt. L'expression Eleusinia sacra suscepit signifie. la mort. c'est de res- 1. IV. Voilà pourquoi les lélélés font juste- ment deviner. c'est de ce borboros qu'ils doivent sortir : a L'homme arrive complètement dans la région de la dissem- blance. non pas qu'Adrien fut initié. personne d'armé n'entra avec Adrien. dans ces cérémonies-là. avaient des couteaux. C'est dans ce borboros que les mystes doivent tomber. qui aiment un tel borboros » (Plotin. et. cum aliquid ad speciem timoris vel dici vel fingi soleai ». 13. c'est de s'enfoncer dans la matière et de s'en remplir. la mort. et il prit ^ les Mystères éleusiniens. aime le borboros. Aelius Spartanus. par leurs énigmes. dans laquelle reste le non-initié : « Suivant la théorie (le logos) antique. Aelius Spartanus nous apprend que beaucoup de gens avaient des couteaux aux Mystères d'Eleusis : « Après cela. au corps impur. Sacra Mithriaca homicidio vero polluii. 9. En tout ^ cas. 6. que celui qui n'a pas été purifié dans l'Hadès restera étendu dans le borboros. mais qu'il prit la direction de la religion éleusinienne. illic L'expression de l'historien latin semble faire croire que les autres Mystères ont des cérémonies analogues. I. Théol.

Tel un homme qui. ne laisserait plus voir la beauté qu'il avait auparavant. Les juges envoient les unes au Tartare. Éaque et Minos jugent dans la prairie. avec appel du justiciable. 113 d). au carrefour d'où partent les deux routes. Ils sont jugés. 658). p. 6. celle qui va au Tartare. arri- vent devant des juges nus. emporter de tous côtés par des se laissant tiraillements vers ce qui tombe sous les sens. enfoncé dans la boue ou le borboros. I. S'il veut redevenir beau. nues de tout. Et le Calaplous de Lucien raconte.216 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES ter étendue dans (cette matière) jusqu'à ce qu'elle coure vers le haut et arrache sa vue du borboros. Éaque et Minos jugent d'après cela. Sa laideur lui est venue par l'addition d'un élément étranger. dépouillées de leurs corps. pour le myste. I. ayant l'élément corporel tout à fait mêlé à elle. puis purifiés. et cette chose-là c'est. t. après avoir marqué celles qui peuvent guérir et celles qui ne le peuvent pas. cohabitant avec la matière qu'elle a admise en elle dans une forte proportion. d'abord ils subissent un jugement » (Platon. en termes comiques. Les mystes comparaissent devant une sorte de tribunal. mais montrerait seulement ce qui s'est collé à lui de la boue et du borboros. « L'âme impure. il lui faut se laver et se purifier » (Plotin. Et dégager du borboros se signifie. se voient les caractères natu- rels et ce qui résulte des occupations de la vie. châtiés. Suivant le Gorgias (523 a et suiv. 16. traduction française de Bouil- let. purification des âmes » (Jam- blique. 13). les âmes. III. 8. 7). a pris une autre forme par le mélange qui l'unit au pire. les autres vers les îles des Bienheureux. y sommeiller » (Plotin.). Ils se lavent et se purifient. réquisitoire d'un accusateur. Rhadamanthe. qu'il se délivre de la matière : « Comment fuir? — On ne fuit pas dans le lieu. Les mystes quittent le borboros dans lequel ils étaient ensevelis. une fois qu'on est venu dans l'Hadès. I. examen des souillures qui peuvent rester dans . Phédon. Sur les âmes. 8. Rhadamanthe. Ennéades. a IIy a jugement. dans Plotin. un jugement de même sorte. 5). mais en acquérant vertu et en se séparant du corps et aussi de la ma- la tière. De VAme. châtiment. car celui qui est avec le corps est avec la matière » (Plotin. a Lorsque les trépassés arrivent dans le lieu où leur démon les conduit. dit-il. celle qui va vers les îles des Bienheureux.

ÉPREUVES 217

l'âme, décision deRhadamanthe, qui envoie les bons vers les îles
des Bienheureux, les mauvais vers le Puriphlégéthon ou vers
Cerbère [Caîaplous, 24, 25..., 28).

Il y a des châtiments.

« Et toi là-bas, dit Socrate dans le Gorgîas (527 a), tu resteras
bouche bée et tu cligneras des yeux comme moi aussi, et peut-être
quelqu'un te frappera-t-il à la tempe outrageusement et te cou-
vrira-t-il de boue ».
Dans un roman d'Achilles Tatius (V, 23), il est raconté com-
ment un mari survient à l'improviste et malmène celui qu'il
trouve attablé chez lui avec sa femme et d'autres « Il bondit, et :

me donne à la tempe un coup tout plein d'ardeur. Il me tire par
les cheveux, me précipite à terre, et, se jetant sur moi, me roue de

coups. Moi, comme dans un Mystère, ignorant qui était l'homme
et pourquoi il me frappait, mais soupçonnant- qu'il arrivait quel-
que chose de mauvais, je craignais de me défendre, bien que je
l'eusse pu. »

Les mystes reçoivent une purification avant de monter
vers la lumière.

Le texte de Jamblique, cité plus haut, note bien cette purifica-
tion.
Olympiodore relève une allusion à cette purification dans le
Phédon de Platon :

« II attribue au lieu Achérontien une
puissance purificatrice.
Or il faut supposer cette puissance double, corporelle et incorpo-
relle. Et en effet, ici aussi, la puissance des purifications est dou-
ble » {Sur Phédon, édition Norvin, p. 202, 27).
le
En Platon avait dit
effet :

Lorsque les morts arrivent vers le lieu où le démon conduit
((

chacun d'eux, tout d'abord ceux qui ont eu une vie juste et sainte,
et les autres, subissent un jugement. Ceux qui paraissent avoir
mené une vie moyenne, naviguant sur l'Achéron, montant sur ce
qui était leur char, arrivent vers le lac, et demeurent là un certain
temps, puis, se purifiant et subissant la peine de leurs injustices,
ils se délivrent, et emportent le prix de leurs bonnes actions...
Ceux qui paraissent inguérissables vu la grandeur de leurs fautes...
la destinée les jette dans le Tartare, d'où ils ne remontent plus.
Ceux qui ont fait des fautes guérissables, mais considérables...
doivent tomber dans le Tartare, mais, quand ils y sont restés
un an, le flot les rejette... ; ils crient et appellent ceux qu'ils ont
tués ou violentés, et, les ayant appelés, ils les prient et les sup-
pHent de les laisser aller vers le lac... et ils ne cessent pas de souf-

218 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES
frir ces tourments avant d'avoir persuadé ceux auxquels ils ont
fait du Pkédon, 112 d).
tort... » (Platon,

Il que pendant la partie de l'initiation qui'
est probable

comporte châtiments
les et la purification, les mystes voient
une représentation symbolique de morts traités suivant les
mérites de leurs vies.

Les mystes boivent l'eau du Léthé qui va leur permettre
d'oublier l'existence corporelle.
En effet, dans les mythes grecs, le Lélhé est souvent joint à
Thanatos, c'est-à-dire que Ja Mort est suivie par l'Oubli : on le
voit, par exemple, dans un hymne orphique (LXXXV, 84, édi-
tion Hermann).
Dans le Caiaplous de Lucien (chap. 28), les morts boivent l'eau
du Lélhé.
Les montent en courant, arrivent en haut vers les
initiés
lieux illuminés, reçoivent de nouveaux vêtements, se joi-
gnent aux initiés, et entrent dans le cortège qui suit le dieu.
(("Telle est la chute de l'âme... jusqu'à ce qu'elle puisse courir
vers le haut » (Plotin, I, 8, 14).
« Quant aux beautés qui sont plus
loin, dit Plotin, beautés que
la sensation ne peut voir, que l'âme voit et dit sans organe des
sens, il faut les contempler en montant, après avoir laissé la
sensation pour qu'elle reste en bas » (I, 6, 4).
« Il faut donc remonter vers le bien
auquel toute âme aspire,
dit encore Plotin. Si quelqu'un l'a vu, il sait ce que je dis, com-
ment il est beau. Il est désirable comme bien, et le désir tend vers

lui. Mais pour l'obtenir, il faut monter vers le haut, se tourner, se

dépouiller de ce que l'on avait en descendant; de même que ceux
qui montent vers les sacrés d'entre les Mystères se purifient, dépo-
sent leurs vêtements d'auparavant, et montent nus, jusqu'à ce
que, ayant dépassé dans la montée tout ce qui est étranger au
dieu, on voie seul à seul, isolé, simple, pur, l'être dont tout dé-
pend, que tout regarde, par qui tout est, vit et pense car il est ;

cause de la vie, de la pensée et de l'être. Si quelqu'un le voit,
quel concours il aurait, quels désirs, voulant se confondre avec
lui,quelle stupeur mêlée de plaisir!... » (I, 6, 7).
Reçois l'initiation, va, monte sur la place, prends les biens et
«
tu ne désireras rien autre de plus grand » (Maxime de Tyr, Dissert.,
II, 245 =XXXIX, 3).
Les initiés prennent de nouveaux vêtements. Ces vêtements
qu'ils revêtent le jour de l'initiation, il semble qu'ils doivent les

ÉPREUVES 219

porter ensuite le plus longtemps possible d'un passage d'Aris-
:

tophane {Plutus, 845), il que ces vêtements sont
ressort en effet
consacrés aux déesses une fois usés, et l'historien Mélanthius
{Fragm. Hislor. Graec, IV, p. 444) confirme la chose.
« De même, dit Plutiarque, que ceuX qui reçoivent l'initiation,,
tout d'abord s'avancent, pressés les uns contre les autres, avec
du tumulte et des cris; mais lorsque les choses sacrées se font
et se montrent, ils prêtent attention dans la crainte et en silence;
ainsi au début de la philosophie et autour des portes tu verras un
grand tumulte et de la hardiesse et du bavardage, quelques-uns
se pressant grossièrement et sauvagement vers l'opinion; mais
celui qui est parvenu à l'intérieur, et qui a vu une grande lumière
comme lorsque s'ouvrent les anadora, ayant reçu un autre vête-
ment, en silence, plein d'admiration, suit, humble et paré, la rai-
son comme le dieu » {Du progrès dans la vertu, 10).

Les mystes, dans leur ascension, dépassent « tout ce qui
€st étranger au dieu », comme dit Plotin dans le texte qu'on
vient de lire. Ils arrivent près du dieu. Le sanctuaire s'ouvre
pour eux, et ils suivent le dieu; en même temps ils reçoivent
la lumière qui leur est envoyée du haut des anactora ^, et
deviennent pareils à cette lumière ^.
L'ascension des mystes vers le sanctuaire, où ils vont sui-
vre symbolise la renaissance et l'arrivée à la perfec-
le dieu,

tion; en effet l'âme est mauvaise quand elle est unie au corps
et les passions tiennent au corps et à la matière; l'âme rede-
vient bonne quand elle se sépare du corps et de la matière, et
voilà pourquoi la vertu consiste dans la purification. Sur ce
point encore Plotin traduit en langage philosophique le ri-
tuel religieux :

« Il
s'agit de laisser en bas et à part non seulement ce corps,
mais tout ce qui y est attaché » (Plotin, I, 1, 12).
« Gomment
pouvons-nous appeler les vertus des purifications,
et comment, ayant été purifiés, devenons-nous semblables (au
dieu)?
— L'âme est mauvaise quand elle est mêlée au corps, su-
bissant les mêmes passions, ayant les mêmes opinions; elle est
bonne et vertueuse si elle ne partage
pas les mêmes opinions,
1. Plutarque, Du progrès dans la Vertu, 10.
2. Voir Plotin, I, 6, 9, cité ci-dessous. Comparer encore Clément d'Alexan-
drie, imitant comme souvent le langage des Mystères : « De la même façon
le cœur, avant de rencontrer la
Providence, est impur, habitation de nom-
breux démons. Mais quand le Père, le seul Bon, le regarde, il est sanctifié
et brille de la lumière
{Siromales, II, 20, dans la Pair, gr., VIII, 1057).

220 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES
mais agit seule — et c'est penser et réfléchir —
si elle ne subit pas
les mêmes passions
—et cela c'est être maître
,

de —
si elle en se séparant du corps
n'est pas effrayée et —
soi, tyiùfpo'^Bï^
cela, c'est
avoir du courage, âvSp(Çea6ai —
si le raisonnement et la pensée
dirigent sans subir de résistance

,

ce serait la justice — »
(Plotin,
1,2,3).

Or se débarrasser du corps et des passions qui tiennent au
corps, c'est devenir semblable au dieu :

« ...Platon disant
que l'assimilation au dieu c'est la fuite des
choses d'ici-bas... et ailleurs disant que toutes les vertus sont des
purifications... » (Plotin, I, 2, 1).
a Puisque les maux sont ici-bas et tournent autour de ce lieu,
sous la loi de la nécessité, et puisque l'âme veut fuir les maux,
il faut fuir d'ici-bas. Quelle est donc cette fuite? C'est se rendre

semblable à la puissance divine... » (Plotin, I, 2, 1).
« Une telle disposition de l'âme, grâce à laquelle elle pense et est

sans passions, on peut l'appeler, sans se tromper, l'assimilation
au dieu » (Plotin, I, 2, 3, trad. Bréhier).

Et Plotin ne fait que suivre Platon :

« Nécessairementles maux tournent autour de ce lieu. C'est

pourquoi faut
il tenter de fuir d'ici, et le plus vite possible, pour
aller là-bas. Cette fuite consiste à devenir semblable à Dieu, au-
tant qu'il est possible de lui devenir semblable, c'est-à-dire à deve-
nir juste et pieux, en même temps que prudent » (Platon, Théé-
tète, 176 a).

Le myste va rejoindre le dieu en devenant semblable au
dieu :

« Remonte vers toi-même et vois!... (purifie-toi) jusqu'à ce que
brille pour de la vertu, jusqu'à ce que tu voies
toi le divin éclat
la Sophrosyné dressée sur la base sacrée... Si tu es devenu cela, et
si tu as vu cela, et si tu t'es réuni à toi-même purement, n'ayant

plus rien qui t'empêche de devenir l'Un..., si toi-même tout entier
tu es devenu seule lumière véritable..., si tu te vois devenu cela,
devenu déjà lumière, aie confiance! Et, déjà monté là-haut,
n'ayant plus besoin de personne qui te montre, vois!
...Il faut rendre ce qui voit parent et semblable à ce qui est vu,

pour l'appliquer à la contemplation. Car jamais l'œil ne verrait
le soleil s'il n'était semblable au soleil, et l'âme ne verrait pas le
beau si elle n'était devenue belle.

Que chacun donc devienne d'abord semblable à dieu et beau, s'il
doit contempler dieu et le beau. En remontant, il arrivera d'abord

CÉRÉMONIES 221

vers Nous; et là il saura que toutes les formes sont belles et il
le
dira que c'est là la beauté, à savoir les Idées, car tout est beau
grâce à elles qui sont les productions et l'essence du Nous. Au-
dessus est la nature du Bon, qui a le Beau devant elle... » (Plotin,
I, 6, 9).

L'âme remonte vers le Bien, dit Plotin :

« Quel art, quelle méthode ou quel exercice nous font remonter
là-haut où nous devons aller?
Et d'abord, en quel lieu nous devons aller, c'est-à-dire vers le
Bien et le premier principe, que cela soit considéré comme ac-
cordé et démontré en beaucoup de façons. D'autre part, ce qui
nous le montrait, c'était déjà une ascension » (Plotin, I, 3, 1).

L'âme de l'initié devient identique au Nous (Plotin, I,

1, 10).
Or le Nous qui est dans chaque homme est à la fois parti-
culier et commun :

« Nous l'avons au-dessus de nous aussi. Nous l'avons ou com-
mun ou particulier, ou à la fois commun à tous et particulier :
commun, parce qu'il est indivisible et un et partout le même;
particulier, parce que chacun l'a tout entier dans l'âme première »
(Plotin, I, 1, 8).

Ainsi par l'ascension hors du corps le myste prend con-
tact avec les dieux et tout ce qui lui est parent ^.
Le myste devient parent des dieux :
« Réfléchissant l'autre jour en moi-même sur la parenté de mon
âme avec la divinité » fait dire par un initié le rhéteur Sopatros
(Walz, Bheîores graeci, t. VIII, p. 115).

§ V. — Cérémonies.
En plus des épreuves, les fêtes comportent assurément
des cérémonies et des récits sacrés.
Il y a un
récit poétique concernant les dieux, et ce récit

poétique vient après la hiérophantie, suivant Clément d'A-
lexandrie :

« Le
hiérophante Thrace, en même temps poète, Orphée, fils
d'Oiagros, après la hiérophantie des orgia, et la théologie des

1. Cf. plus haut, p. 94.

222 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES
idoles, introduit une palinodie de la vérité... » (Clément d'Alexan-
drie, Exhortation, VI, dans la Pair, gr., VIII, p. 181).

Nécessairement les cérémonies rappellent le mythe de
Déméter et de Perséphone ^;
On peut conjecturer qu'à ces cérémonies assistent les
nouveaux et les anciens initiés; on peut conjecturer aussi
qu'une partie est réservée aux époptes, que les mystes
jouent le rôle de spectateurs, les dignitaires jouant le rôle
de choreutes ou d'acteurs.
En tout cas les cérémonies gagnent aux initiés la faveur
de Perséphone :

« Les Hellènes disaient que ceux qui ont été initiés aux
Mystères
rencontrent une Perséphone bienveillante et propice » (Schol.
d'Aristide le Rhéteur, p. 101).

Perséphone rend la vie à ceux qui sont près d'elle et sans
vie :

« En effet, la parole des théologiens, de ceux qui nous ont trans-
mis les plus saintes télétés, dit que, en haut, elle demeure dans les
maisons de sa mère..., et que, en bas, avec Plut on, elle dirige les
choses terrestres et gouverne les profondeurs de la terre, qu'elle
tend la vie aux dernières choses du tout et fait participer à la
vie ceux qui sont près d'elle et morts » (Proclus, Théol. plat, VI,
11, 371).

Dionysos joue un rôle non seulement dans le cortège qui
va d'Athènes à Eleusis, mais dans les cérémonies d'Eleusis.
Il montre les flambeaux, illumine les mystes et les rend

semblables à lui.

Le passage où Libanius fait prononcer l'éloge d'Alcibiade par
Timon {Discours 12, 26-27) décrit la fête par laquelle les Athé-
niens célèbrent l'arrivée de Dionysos or Dionysos y est accom-
:

pagné de son cortège joyeux... bacchant, dadouque, et
Il est il

montre les flambeaux sacrés du haut de Vanactoron. ^

La mythologie éleusinienne raconte plusieurs mariages,
de Zeus avec Déméter, de Zeus avec Perséphone, d'Hadès
avec Perséphone, de Jasion avec Déméter, de l'hiérophante

1. Voir plus haut, p. 81 et p. 71.

AUTRES MYSTÈRES 223

avec Déméter ^, Elle répète sans doute la théogonie orphi-
que, comme semble l'indiquer le texte de Clément d'Alexan-
drie cité plus haut 2.

Plutarque fait connaître les « lits mystiques »
quand il

mentionne les bandelettes de couleur pourpre dont on en-
toure les lits mystiques^; et ces lits mystiques supposent
des mariages mystiques.
De là des naissances ou renaissances mystiques.

Celui qui épouse Déméter, dans les cérémonies mysté-
rieuses, c'est le hiérophante *, mais les initiés vont devenir
aussi les époux mystiques de Déméter ^.

§ VI. — Initiations a d'autres Mystères.

Les autres Mystères antiques ont sans doute des initia-
tions analogues à celles des Mystères éleusiniens.
Mais sur ce degré, comme d'ailleurs sur la plupart, les
détails manquent.

Apulée a été initié aux Mystères d'Isis à peu près de la
même façon, du moins dans les grandes lignes, que l'on était
initié aux Mystères d'Eleusis.

« Je me suis avancé aux confins de la mort, et, après avoir
foulé le seuil de Proserpine, j'en suis revenu, porté à travers les
éléments. Je me sais approché des dieux souterrains et des dieux
célestes, je me suis tenu près d'eux, et je les ai adorés » (Apulée,
Métamorph., XI).
Les mystagogues, dans les Mystères de Mithra, avaient
des épées, de même que les mystagogues, dans les Mystères
éleusiniens...
Dans les Mystères de Mithra, dit Porphyre, la première
initiation représente une descente de l'âme et son retour ^.
1. Voir plus haut, chap. II, § I.
2. Lucien, qui, dans Alexandre ou le Faux Prophète (ch. 38 et suiv.) décrit
des cérémonies évidemment analogues à celles d'Eleusis, raconte plusieurs
mariages successifs.
3. Plutarque, Phocion, 28.
4. Grégoire de Nazianze, Discours, XXXIX, 4; saint Astérius, dans la
Patr. gr., t. 40, p. 324; Tertullien, aux Nations, II, 7, etc.
5. Grégoire de Nazianze, Discours, III, 104.
6. Porphyre, -Sur Vanire des Nymphes, 6.

p. 389. D'après Matter. XXXIV. et l'assemblée ré- pondait par des paroles rituelles. Les Sociétés secrètes en Chine.. et la troisième à l'initiation à l'accomplissement du sacrifice Srauta » {Lois de Manou. 169. . l'initiation entraînant une nouvelle naissance ». p. Leurs cheveux sont dénoués et on leur coupe la tresse. critique du gnosticisme. Favre. Après s'être lavés. Haereses. couleur de l'enfant nouveau-né. La formule semble avoir été la suivante : « Je suis raffermi dans mon âme et racheté de ce monde et de tout ce qui s'y trouve. Le récipiendaire prononçait une formule marquant le de- gré d'initiation auquel il était parvenu. la seconde arrive quand on attache la ceinture de gazon Munga. autrement dit monde du démiurge. 153). The golden Bough. les Psychiques.. I.224 INITIATION AUX GRANDS MYSTÈRES Dans l'Inde.. Cette initia- tion rattachait au messie du monde sublunaire. les craintes de l'anéantissement. reçoivent une purification et une préparation avant de pé- nétrer dans le milieu sacré. 445). citant Irénée. couleur de deuil ou couleur de lumière. p. Ils se lavent le visage dans un bassin plein d'eau. les effets naturels du péché.. ils apparaissent rouges. Les néophytes sont revêtus de vêtements blancs. par le Christ vivant ^ ». Hisî. au nom de Jéhovah. III. t. 1. II. Chez dans les sociétés secrètes.. cité par Frazer. Les Gnostiques Marcosiens avaient une première initia- tion qui enlevait aux fidèles. 8 et Epiphane. Manou dit : « Suivant l'indication des textes révélés. (B.. la première naissance d'un Aryen est de sa mère naturelle. les néophytes les Chinois. II.

mais les Petits Mystères se célébraient au mois d'Anthes- térion. ils le maltraitent d'abord. aussitôt après son arrivée. depuis les Petits Mystères jusqu'aux époptiques. Contre les Valentiniens. Ceux qui reçoivent les Mystères s'appellent au com- mencement mystes. alors qu'on affirme ensei- gner la religion. c'est par un silence de cinq ans que les Pythagoriciens 1. en parlant des Valentiniens 2. peut se réduire à un an moyennant quelques épreuves supplémentaires TertuUien dit que : la langue est marquée d'un sceau. Démétrius. celui qui se présente. donc. Or. Le myste peut. au mois de Boédromion. Suit le devoir du silence. c'est une honte. époptes et éphores. un an après. ce qu'ils taisent. ils marquent la langue d'un sceau. Or cela n'était pas peimis et ne s'était pas fait aupa- ravant. Le lexicographe Suidas donne cette définition : « Époptes. CHAPITRE VIII INITIATION A L'ÉPOPTIE § I. afin de bâtir la foi en laissant la connaissance en suspens. et les Grands. ils initient plus longtemps. l'intervalle entre les deux initiations. et afin de pa- raître ainsi présenter une chose d'autant plus majestueuse qu'ils ont excité la passion de connaître. 1. par- venir au grade supérieur et devenir épopte.. dit : « C'est la turpitude qui est prêchée. On conserve avec attention ce qu'on trouve lentement. » Plutarque^ raconte comment Démétrius imposa aux Athéniens de l'initier en une fois à tous les degrés : « Il écrivit qu'ilvoulait. être initié et recevoir les rites complets. 2. mais il y a peut-être d'autres conditions encore. Car ces mystères d'Eleusis.. — Préliminaires. et. lorsqu'ils établissent des époptes avant cinq ans. après un an d'intervalle au moins. C'est pourquoi. qui sont eux-mêmes une hérésie de la superstition attique. On avait l'époptie au plus tôt un an après les Grands Mystères. de cinq ans au début et en principe. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 15 . » TertuUien. 25. » D'après TertuUien.

XII. lui dit « Ces questions relatives à l'amour. qui est la fin de tout cela. p. Histoire critique du gnoslicisme. Discours. Clément d'Alexandrie. 5. » Grégoire de Nazianze prononce de même : a Tu as les plus connus des Mystères les autres. 18. La supériorité de Vépoptie sur le grade précédent s'aiHirme partout. si tu veux. Le Seigneur est le hiérophante. t. Pair. ô : Socrate. Le rituel de l'initiation consiste surtout en un voyage. qu'ils ont à renouveler. si on va bien droit. Voir plus haut.. Sur l'examen que doivent sans doute subir les candidats à l'époptie. 6. p. seul véritablement existant. empruntant. Dans le Banquet de Platon.! Je deviens saint par l'ini- tiation et Vépoptie. éprouve ses disciples ^. Proireplique. » « Talia inilialus et consignatus » a dit encore Tertulhen ®. s'adressant ^ à Socrate. Platon. gr. II. Il remet entre les mains du Père celui qui a eu foi et qui est éternellement sous sa garde. le langage de la mystique éleusinienne. je ne sais si tu en serais capable ». p. .. tu pourrais peut-être t'y faire initier. sur les lustrations préliminaires qu'il leur faut accomplir. impérissable. 3. s'écrie : « mystères éternellement sacrés. tu les appren- : dras à l'intérieur. plus tard. mais l'achè- vement et Vépoptie. 45. Banquet. Sur les rites d'initiation nous pouvons formuler quelques hypothèses. voyage représentant sym- 1. VIII. 209 e. tandis que le Logos divin chantera avec nous les saints hymnes *. sur le serment de garder le secret. 2..226 INITIATION A l'ÉPOPTIE éprouvaient leurs fidèles \ c'est par un silence de cinq ans que leGnostique Basilide. dominé par le sceau ^. Apologétique. dans le chœur des Anges. Diotime. voyage de l'obscurité à la lumière. 425. 203. Fais- toi initier et tu danseras. XL. Voici les orgies de nos mystères. et tu les cacheras en toi-même. 12. Matter. Il a marqué le myste de son sceau en le conduisant vers la lumière. les documents nous manquent. 4. comme il l'a fait souvent. autour du Dieu incréé. § IL — Épreuves. 36.

En 1. en substance. Interprétation. correspond à voir et à contempler intuitive. Pour nous en rendre compte. l'interprétation. . Puis il faut une ini- Mystères qui ont quelque fonde. tiation aux Petits Mystè- ment d'instruction et de prépara. II. mêlant ainsi. c'est-à-dire la mort par la quelle la Pensée se sépare de l'Ame et arrive dans la région céleste ^. la méthode par laquelle les Hellènes arrivaient à l'époptie. t. leprincipe sui- vant la méthode par laquelle l'homme : s'approche du vrai Dieu et devient chrétien parfait rappelle. nous pouvons placer le texte de Clément. 389). Texte de Clément. au sujet de l'en. il restera les détails représentant les rites de l'initiation. Hisl. à la connaissance de l'en- ment la nature et les choses. sans doute un peu expurgés et idéalisés. 11). dans une co- lonne. dans une autre colonne. par les purifications. en quelque façon. res. cation. et leur ouvrait les voies du Plérôme » {Matter. Nous semble des choses. critique du gnosttcisme. Le document le plus important que nous puissions étudier sur la question de l'initiation à l'époptie semble se trouver dans les Stromaies de Clément d'Alexandrie (V. et. comme l'ont com- comme chez les Barbares par le pris les Hellènes et les Bar- bain. Il ne reste plus à apprendre. EPREUVES 227 boliquement la seconde mort. Après cela viennent lès Petits bares. Chez Gnostiques Marcosiens. chez ildoit y avoir une purifi- les Hellènes. pouvons prendre la purification par Enfin c'est l'époptie. de façon constante. Grands Mystères. L'auteur chrétien admet. mais en philosophie. les rites éleusiniens aux idées chrétiennes. « Ce n'est pas sans convenance Avant toute initiation. Alors il explique cette démarche du chrétien en la rappro- chant curieusement de la marche qui conduisait à l'époptie. en traduction française. et les tion. aux Grands Mystères qui. que les Mystères commencent. Si donc nous éliminons de son exposé tout ce qui est juif ou chrétien. p. Ensuite vient l'initiation semble des choses. la seconde initiation « communiquait les aux Pneumatiques la vie divine. elle les élevait au-dessus de l'empire du Démiurge. qui sert de prépara- tion pour ce qui vient après.

ayant reconnu die a n'est pas. nade. Le candidat cherche le tre-toi toi-même à moi. çant vers la première contemplation mais est arrivé à la con- par l'analyse. du temps. tel être pace. statues). la confession. tel être qui est veut dire. objets qui sont au-dessous de l'être Pour préparer la voie à même. enlevant la dimen. le mouvement. qui reste. drons à la perception intuitive du Il voit d'abord ce que le maître universel. Il comprend que mais.228 INITIATION A L )-A- EPOPTIE Texte de Clément. Si donc. bien que cela soit décrit. C'est dire que l'initiant devra cher- cher dans un lieu tout dif- férent de celui qu'il vient de parcourir. mais au. commençant par les templation intuitive. qui n'a ni qualités mension en largeur. ayant. à gauche. qui esttelle place. cela sera montré en son en mouvement. à à dessus du lieu. Elle n'est donc pas dans l'es. Interprétation. ayant enlevé tout ce qui Le candidat à l'époptie. dimension en longueur. en toute sainteté. indiquant de dieu. et de là est corps et âme. à béante. nous vien. enlevant du corps les quali. est sur un trône. La figure. la première cause. celui qui ne raisonne plus. tés physiques. mais ce qui n'est pas. ce que chacune de ces choses telle figure. du nom et droite. la gauche du père choses (sans doute de de toutes choses. La marque ni placedans l'espace. la monade est un objet de pensée (èicivosîTat). il ne faut pas les beaux tableaux et de belles percevoir. le trône. ensuite la di. à la conception de la mo- sion en profondeur. l'épopte est (èicoxTixov) par l'analyse. une place. plein du désir de le . Si nous enlevons cette place. nous avan. nous nous jetons boliquement de tout ce qui dans la grandeur du Christ. au-dessus du nom et de la pensée. le dieu qu'il cherche. la recherche du Dieu. en dehors de tout lieu. pas. tel être qui lieu. la contemplation philosophie. la droite. Il devra le trouver en dehors de l'espace. il faut arriver cette époptie. contemple de belles Il la place. et après cela la physiques ni dimensions. Voilà pourquoi Moïse dit : Mon. c'est la monade. n'est pas de la pensée. pour ainsi dire. et où il n'est non ce qui est. est dans les corps et dans ce que l'on après s'être dépouillé sym- dit incorporel. s'avance nous avançons dans l'immensité dans un gouffre obscur.

et de croire à la en se laissant guider par la vie. la réflexion (ou phronésis) mant ainsi La réflexion (phronésis) : humaine pour prendre une des hommes n'est pas en moi. de l'avancer sur ses rouies. deux routes. d'aimer Dieu le Sei. sans le bois. Dieu me donne la sagesse. et d'entendre sa voix. Cet arbre repré- lequel poussent toutes les choses de sente le Logos. qué Dieu. Il doit se dépouiller de gnage de façon très claire. mais phronésis toute divine. lui rité. et je sais des choses saintes. Il doit choisir gneur. Il doit et les décrets que je vous ai donnés. voit le lieu de loin. ayant re. le troisième jour. trouver. Salomon nous en donnera témoi. elle a produit des fruits. ne pas dépasser les ceci est ta vie. EPREUVES 229 Texte de Clémenî. Et Salomon a dit :L'arbre de V immortalité est à ceux qui la saisissent. le candi- bois de vie. rir. de loin l'endroit où il va trouver le dieu. et aperçoit gardé en haut. Si vous transgressez les décisions voix même du dieu. Moïse. Puis. Car donne. car notre vie a été suspendue pour notre utilité. bornes de la route qu'il a d'aimer le Seigneur ton Dieu. ne se nomme pas. mais voyé par le dieu lui-même doit se connaître seulement par la et transmis par le fils du force qui est en lui. illève les yeux. Dans celui-ci. devenu chair. devant lui. a porté des monde. la longueur de tes jours. Interprétation. et celle qui mène vers le dieu. Car la recherche dieu. Et il a dit encore : A braham étant Arrivé dans un lieu qui venu dans le lieu que lui avait indi. exprimant la divine Pour participer à la phronésis par allégorie. et il a fait vivre ceux qui ont fruits dont il faut se nour- goûté à son utilité. s'expri. obéiraux ordres qu'on lui vous serez perdus de perdition. obscure et invisible et la grâce de la Il cherche dans l'obscu- connaissance vient de par le Fils. a nommé le phronésis divine. et. Il que je te donne devant ton visage la rencontre un carrefour de vie et la mort. lui a été indiqué d'avance. il n'est pas venu à notre connais- sance. . désir qui est en- seigne pas. façon très claire que le Dieu ne s'en. La Raison la création. planté dans le paradis : dat doit saisir un fruit à ce paradis peut être le monde dans un arbre. le Logos â en effet est venue dans le fleuri. il dit : Voici Le candidat avance. Et à cause de cela. car.

sée. par Abraham. Ensuite l'Apôtre Nous voyons : Soudain. les yeux de la pensée ayant — . Interprétation. il est dit qu'il est vu de loin monde de la génération. la pen. et c'est un ange qui lui il a encore un long par- sert constamment de mystagogue. contenant des Idées est fort différent toutes les choses et leur ensemble. de tirer une divination de véritable. alors. la seconde phase. avec une grande jus. ayant les la place de Dieu est difficile à saisir. à été ouverts par le maître qui s'est chercher le dieu. une lumière éclatante à îron. yeux découverts. — qui ne sont pas le dieu tuelles. le sceau s'appeler Mystère du sceau.230 INITIATION A L '•A- EPOPTIE Texte de Clément. trouver. le troisième jour. sans s'écarter de la voie tant. sisté à voir de belles choses sée (ô vcuç) voit les choses spiri. car -Le candidat. face d face. du monde sensible. par ces seuls travers un ésoptron. le deuxième est le désir de Tâme La première phase a con- excellente. Le can- D'autre part. lance vers cette lumière. sans le levé pour ce troisième jour. Pour cela un nouveau mystagogue est venu et a enlevé le bandeau qui cou- vrait les yeux de l'initiant. Il s'é- jets soudains et incorporels de la pen. cours à accomplir et il lui faut l'aide d'un mystago- gue de rang élevé. Il est possible aussi. le candidat voit maintenant comme à travers un ésop. brasse par la Pensée ce qui hors de toutes les sensations. il voit le lieu de loin. parce qu'il est dans loin du monde intelligible. la genèse. ayant appris de Moïse est signifié que le monde que c'est un lieu même. quelle le candidat doit se laisser conduire. s'élancer vers la chose même qui est chaque chose. si quelqu'un s'efforce. en de. la troisième phase consiste à le trouver. en disser. voit de place que Platon a appelée la place loin une lumière. Par là il des Idées. Car le premier jour est celui qui se Il est arrivé à la troi^ passe dans la vue des belles choses. de représente le dieu. Il saisit et em- Dieu. didat est encore dans le tesse. étant la marque par laquelle le dieu Il y a une marque par la- véritable se fait reconnaître. Ensuite. et de ne pas s'écarter . sième phase de l'initiation. Les trois jours pourraient encore Toute l'initiation peut être le Mystère du sceau.

Elle se fait en trois phases principales : Les candidats se jettent. pêche la construction des temples le véritable gnostique. aucune image à vénérer. il la saisissepar la pensée même. EPREUVES 231 Texîe de Clément. Ensuite Moïse. crifices. n'a et tous les sacrifices... au chrétien parfait.. les yeux bandés. Mais le discours qui em.. je ne les veux pas. mais trouvé est en essence iden- ayant établi un seul temple de Dieu. fermer dans un lieu celui qui ne Clément d'Alexandrie ex- peut être renfermé. indiquant Mais il y a encore des al- le myste trouve que Dieu ne peut se voir et se dé. Interprétation. pose l'enseignement donné posé dans le temple aucune statue. discours par lequel il dit : Quelle maison voulez-vous m' édifier? dit le Seigneur. Ils marchent sans se retourner. En résumé : L'initiation peut s'appeler le « mystère du sceau ». sans rien dire. amenant en quelque façon à la une statue (en grec aphi- conception de Dieu les Hébreux par druma). Et sur les sacrifices de même Le sang des taureaux et la : graisse des moutons. alors que Moïse. suivant Pla- ton. il assiste aux sa- temple. et ainsi de suite. dans un long couloir obscur. lieu. Le ciel est mon trône. . avant que.. A partir de cet endroit. de ce qui est. arri- vant vers la fin même de Ce qui peut être saisi par la pensée. Et. lusions : crire. parce qu'il ne veut pas ren. montant sur cette chose qui est le bien. tique à tous les dieux. ne permettant pas Le candidat reçoit la ré- de faire dans beaucoup d'endroits vélation que le dieu qu'il a des autels et des téménos. sauf en telle occasion déterminée. il entend le nom l'honneur du nom qui est dans le du dieu. et annonça que le monde est monogène qu'il n'y a qu'un seul dieu. Moïse n'a dé. cherchant la lumière. (comme le dit Basilide) et qu'il n'y a qu'un seul Dieu (ce que n'a pas vu Basilide). indique que le pas placé de statues ni d'i- Tout-Puissant n'est pas dans un mages dans le temple.

mais c'est une transposition philosophique. 230. puis on le replace. Grégoire de Na- zianze. avancent. ou des faux Gnostiques dans la 11^ Ennéade. si cette chose n'a pas de grandeur? » (II. en tout cas. Plotin parle des Gnostiques. 8). Voir plus haut. aussi longtemps qu'elle le peut. et conti- nue. Lucien. . L'expression « Mystère du sceau » employée par Clément d'Alexandrie. Epigr. 4. et Lucien men- tionne sceau des paroles indicibles ^ ». malgré la difficulté. se retrouve chez Tertullien. La seconde Ennéade de Plotin fait allusion aux rites par lesquels on parvient à l'époptie. 5) etc. Mais d'autres textes corroborent celui de Clément d'Alexandrie. « Gomment donc pourra-t-on saisir une chose de celles qui sont. qu'ils doivent suivre. et sans qualité? » (II. guidés par une lumière qui vient de loin et Ils de haut. et doivent y cueillir un fruit. « le L'expression « Gnostique » semble correspondre au mot « épopte ». p. une transposition des rites. 4. qui correspond à l'initiation époptique. « La pensée divise (le corps) jusqu'à ce qu'elle arrive à un élé- ment simple qui ne peut plus être analysé. Ils rencontrent V arbre de vie. le texte de Plotin est. et dans le Protreptique de Clément ^. 2. Ils apprennent qui il est. 8). comme celui de Clément. elle s'avance vers la profondeur de l'être » (II. L'initié apprend à supprimer les qualités matérielles des choses : « Quelle est donc cette essence que l'on déclare une. Ils aperçoivent la lumière par un ésopiron et montent vers le dieu pour le contempler face à face. 10. Un mystagogue leur apparaît soudain. Le myste s'avance dans l'obscurité : 1.232 INITIATION A l'ÉPOPTIE Parfois on leur enlève le bandeau qu'ils portent sur les yeux.. 4.

«.. bond vers le haut. comme les soldats obéissent au stratège. en quittant l'antre qui symbolise le monde : Aussi faut-il nous enfuir d'ici-bas et nous séparer de ce qui « s'estajouté à nous-mêmes. Bévue des Etudes Grecques. sur quoi personne ne commande » (II. 211). mélangé. M. Elle s'avance vers la profondeur de l'être. ils fixent certains points de l'initiation abandon de ce qui : est multiple et diversifié. Le myste doit monter vers la lumière. p.. au contact net de la pure vérité qui le concerne. 4.. 5). d'après A. Le myste arrive à l'illumination : « En effet l'illumination dans les ténèbres quand on la voit — bien — fera connaître les vraies causes du monde » (II. 1933. Platon et Aristote... no- tent. Le myste a un conducteur : « Il faut obéir au chef. 12). Le myste reçoit parfois la lumière dans l'obscurité : « Si la lumière vient vers cet être-là. 3. . 382 c-d. celle du dehors.. Les Hellènes parlent clairement et sans obscurité de l'ascen- sion hors de la caverne. et. ont dépassé tout ce qui est d'opinion.. 9. diversifié. ÉPREUVES 233 « . 9. 9). grâce au raisonne- ment. tels que les a compris Plutarque. En effet. 6). vers le beau. immatériel. Des- rousseaux. les démarches mêmes que nous venons de reconnaître et les rattachent à l'époptie. simple. ascension qui avance vers une contem- plation de plus en plus vraie » (II. se disent comme dans une on tient le degré final : Je tiens la initiation philosophie » (Plutarque. c'est la matière. C'est l'autre âme. 4. qui s'emporte vers le haut. assimilant un certain degré de la philosophie à l'époptie. Afora/ia. 13). 3. » (II. 5). le divin. elle l'a cependant en l'a étant autre chose (que la lumière) si elle reçoit la lumière d'un autre » (II. dans leur ensemble. arrivée au con- tact de ce qui représente la pure vérité : C'est pourquoi Platon et Aristote appellent épopiique cette « partie de la philosophie par laquelle ceux qui. l'âme qui reçoit la lumière ne pas toujours avant de la recevoir. Or la profondeur de chaque chose. et l'on dit qu'ils suivent Zeus qui s'élance vers la nature intel- ligible » (II. se portent d'un bond à cet élément premier..

dans la Patr. le grand et admirable et très parfait mystère époptique. 8. V. 16. la céleste. 3. . C'est-à-dire les prêtres. la vénérable. précipités en bas — car le mot grec èXeuasaôai. Éleusin et anadoreion. — le hiérophante non coupé comme Attis. montrent à ceux qui deviennent époptes.234 INITIATION A l'ÉPOPTIE L'auteur des Philosophoumena représente la fin des céré- monies qui amènent à l'époptie : L'épopte voit un épi moissonné en silence. en silence. parfaisant les grands et indicibles mystères. vient annoncer que Brimo (la Forte) a engendré le jeune Brimos (le Fort) par une généra- tion toute spirituelle. et. grand. t. c'est la génération pneumatique (spirituelle). 3149. procédant de celui qui n'a pas de marque (acharadérislos). Philosophoumena. c'est la gnosis de l'homme. c'est-à-dire la Forte a : engendré le Fort. un épi moissonné. initiant les Éleu- : sinies. nous sommes venus d'en haut. C'est ici la doctrine gnostique qui est exposée. de Migne. Acte de connaissance décidé par la volonté. le phoster {V lUuminaleur) parfait. c'est le : phallos! 1. » Tertullien nous donne un renseignement qui semble ^ d'abord bien différent ce qui apparaît aux époptes. 5. chez les Athéniens aussi. 1. d'Adamas (le non dompté). sous une lumière éclatante. comme le hiérophante lui-même. Le hiérophante qui. celle d'en haut fort est celui qui est ainsi : engendré. les Athéniens lesquels. Car. Éleusin parce que nous. dit-il. les Pneumatiques. p. ce mystère. 4. mais rendu eunuque par la ciguë — . après les Phrygiens. de nuit à Eleusis. le commencement de la perfection. gr. cet épi c'est r Illumina teur parfait. du passage célèbre ^ Il s'agit où le philosophe chrétien rap- proche la doctrine éleusinienne de la doctrine professée par les Gnostiques Naasséniens : ^ a Ainsi la gnosis de l'homme parfait est tout à fait profonde. crie et vocifère La vénérable : Brimo a enfanté le jeune (coures) Brimos. Il s'appelle en effet. a été rendu incapable de toute génération charnelle. par la ciguë. Et cet épi est. et difficile à saisir. ceux qui sont capables d'expliquer. Voilà ce que disent ceux qui ont reçu * Vorgiase des Mystères éleusiniens. Or les Phrygiens appellent ce Dieu VÉpi florissant moissonné. Contre les Valeniiniens. signifie venir — et anadoreion signifie remonter en haut. et la gnosis de Dieu c'est la perfection abso- lue. dit-il ^. 2.

» Ce qui signifie littéralement : Mais un nom vénérable de la nature. et excuse par des représen- tations imagées l'opprobre de fausseté. 2. » Or ce texte pourrait se paraphraser ainsi : Les Éleusiniens. il est vrai. ayant 1. Les renseignements fournis par Tertullien peuvent ainsi se concilier avec ceux que fournit l'auteur des Philosophou- mena : L'épopte aperçoit. C'est seulement ensuite qu'ils exposent que l'épi de blé symbolise le phallos. rend le sacrilège obscur. c'est supprimer le raisonnement humain (logos). un épi de blé. de Migne. et le remplacer par l'intuition pure. subsiste. si obscurci qu'il soit par le symbolisme. IL. Retran- j cher le phallos. Qu'il suffise de citer Eustathe. tôt suspiria epopiarum. allegorica dispositio praeien- dens. En effet les Phiîosophoumena appellent l'épi de blé r Illumina teur parfait. Synésius. qui a été semée dans l'homme à sa naissance. Tzetzès. Lycophr. schoL.. gr. Il n'est pas le lieu d'expliquer ici plus longuement ces mythes et ces symboles. 1136. totum signacu- lum linguae. . p. Le phallos dressé pour la géné- : ration est produit par Dionysos et Aphrodite il symbolise : le logos produit par le Nous (la Pensée) et VAme ^. il est habile à l'augmenter. dont le nom ne mérite que le respect. simulacrum membri virilis revelaiurl Mais il ajoute aussitôt après : « Sed naîurae venerandum nomen. t. » « L'épi de blé mûri est remplacé par un autre symbole qui le continue le phallos dressé. mais un épi de blé. et que le phallos symbolise d'autres choses. et. et qui produit tout son fruit grâce à l'initiation. non le phallos. paîrocinio coadae figurae sacrilegium obscurat et convicium falsi simulacris excusât. Comm. Il dit du philosophe. 19-27. assimilé au dadouque : « La semence intérieure. 10. confirme la signi- fication du rite ^. Cet épi de blé symbolise la lumière.. éclairé brillamment. Cependant le sacrilège. dans la Pair. grand. 212 (l'explication est moins claire dans ce dernier texte). Dion. 8. font apparaître d'abord aux époptes. production vénérable de la nature. disposition à valeur allé- « gorique qui se présente tout d'abord sous le patronage d'une figure forcée. 66. ÉPREUVES 235 Toia in adglis divinitas. dans son traité intitulé Dion.

l'ayant embellie et l'ayant polie de toute part. Mais lorsque ce prophète. et Aphrodite assistait celui qui portait le flambeau (le dadouque) et les Charités touchaient à la téléié. édition Dindorf. et toute sorte d'embarras. la montrait à l'initié déjà toute éclatante et resplendissante d'un éclat divin. Voici sans doute l'interprétation du passage : L'épopte. Son discours fait ainsi allusion aux rites suivis dans l'initiation à l'époptie ^. les disciples arrivaient à comprendre pleinement la doctrine d'Aristote. p. 1. L'inquiétude le tenait. C'était donc le visage et l'aspect d'Aristote qui se voyaient dans ces Mystères. ni voir où les traces commence le chemin qui le mènera au but. Il ne peut suivre du mystagogue. Il expose comment. Thémistius.236 INITIATION A l'ÉPOPTIE pris une petite étincelle du logos. qu'il assimile au dadouque. à mettre le feu à tout un bû- ' cher ». XX. avant d'arriver vers le sanctuaire. 286-287. fait croître la semence qui a été jetée à l'intérieur de l'homme. au lieu des ténèbres d'aupara- vant. Alors le dadouque ouvre les propylées du temple. l'objet qui représente et le logos. Anacioron : « sanctuaire ». plein de lumière et d'éclat. Après avoir enlevé les voiles qui recouvrent un certain objet. L'inquiétude et l'embarras le tien- nent. Mais en même temps s'ouvraient tous les anadora ^ des sages. et à devenir pareils à des épop- tes. C'est-à-dire que le dadouque illumine. il le montre aux initiés dans une lu- mière éclatante. ayant ouvert les propylées du temple. grâce à ce philosophe. Discours. pour l'épopte. Hiéra : objets sacrés ». Thémistius loue son père. <t . et l'on pouvait contempler les hiéra ^ et tout ce que Pythagore de Samos apporta d'Egypte en Hellade et tout ce que plus tard enseigna Zenon de Cittion dans le Portique du Poecile ». et d'autres sages. est saisi par le vertige et le frisson. ce brouillard. et le Nous (la Pensée) apparaissait du sein de la profon- deur. incapable qu'il était de saisir les traces ni de s'atta- cher à aucun commencement qui pût le porter à l'intérieur. 2. après l'avoir embelli et orné. 3. le philosophe. et ce nuage se bri- saient. ayant développé les chitons de la statue. « Celui qui s'approchait depuis peu des sanctuaires était saisi de vertige et frissonnait.

Puis c'est le mariage sacré et la génération spirituelle. les Charités sont là. que nous connaissons par le texte des Philosophoumena. Aphrodite assiste le dadouque. puis du phallos l'épi — . . ÉPREUVES 237 Une représentation du Nous apparaît. surgissant des pro- fondeurs — nous savons par les autres textes qu'il s'agit de de blé.

le Nous étant mâle. consiste dans un retour de l'âme vers les hauteurs dont elle est descendue. Gomment peut-on parvenir à ce degré. — Principe de l'initiation. c'est ce qu'il faut considérer maintenant. des dignitaires ont le pouvoir d'administrer aux autres la purification. A Eleusis. devins. En quoi consiste alors la marche de l'âme? L'âme. L'âme a perdu ses ailes et est tombée. Voilà ce qui ressort des textes considérés plus haut 1. elles sont tombées dans 1. Pour employer l'expression d'Heraclite. L'âme humaine est devenue féminine. a été troublé comme par un breuvage. elle est devenue humide. c'est- à-dire de les amener aux Petits Mystères. ini- tiées d'une initiation supérieure. Le Nous. l'âme habitait l'éther. et cette initiation. l'âme était sèche. Et ces dignitaires forment une hié- rarchie. chap. qui est le Un l'âme (l'Intellect) et l'Etre supérieur : est donc devenue multiple dans le monde. . : purificateurs. comme les autres. aux grands Mys- tères et à l'Époptie. CHAPITRE IX INITIATION HOLOGLÈRE § I. poètes. en descendant des hauteurs pures dans la ma- tière. Voir plus haut. et saisi par une sorte d'ivresse. Pour parler d'autre façon. etc. IV. était le Nous au Nous.au premier degré de laquelle se tiennent tous ceux qui peuvent purifier et préparer céryces. L'arrivée à ce degré comporte une initiation. elle est venue dans l'air qui avoisine la terre. l'initiation et la perfection. avant de devenir une âme humaine. Les âmes faisaient d'abord partie de chœurs divins.

le dieu tombé dans la genèse et divisé. Or l'âme doit finalement remonter vers son unité. l'âme. grâce à l'initiation. par la pre- mière participation possible à un être participant. édit. en ce paragraphe. semblant toujours enfermée dans le même circuit. III. elle doit redevenir sèche d'humide qu'elle était. Sur le Phédon. hérauts. p. procède tou- jours de la partie supérieure elle est vie issue de vie. 5). d'autre part agit et donne la vie dans les parties inférieures : « La première partie de l'âme reste en haut. et comme les corps sont liés les uns aux autres par une chaîne qui semble infrangible. L'âme accomplit ainsi le même circuit que Dionysos. 120. et quitter l'air pour l'éther. : l'activité avance partout et ne fait défaut nulle part » (Plotin. PRINCIPE DE l'initiation 239 le monde de genèse et ont été enchaînées à l'intérieur la des corps.. 1. elle doit redevenir Nous et ce qui est supérieur au Nous. et celle qui participe. Or il est dit. tirant sans cesse du haut plénitude et illumination. etc. 8. lors de l'initiation. puis remonté à l'inté- grité. ou la vie. que Dionysos descend et que Dionysos reste en haut ^. Aussi les auteurs grecs — ou latins — parlent-ils dans les mêmes termes de l'ascension finale de l'âme d'un digni- taire vers les chœurs célestes. par ceux qui doivent devenir céryces. des ailes recouvrées l'emporteront hors du cercle de la genèse. médecins. en effet. Norvin. ou de l'ascension accompUe rituellement. . Mais elle peut remonter à son ancien état dès cette vie. par Olympiodore. Plotin explique de la façon suivante l'évolution pre- mière de l'âme qui d'une part reste en haut et reçoit du haut la lumière. Qu'il suffise de citer. Olympiodore. vers les chœurs célestes. capable de lui faire quitter le corps et la matière. passe d'un être à un autre. Ennéade. comparant cette ascension à celle de Dionysos. un breuvage lui donnera l'ivresse mystique. quelques-uns de ces textes. de la même façon.

99). elle (l'âme) ne reste pas telle qu'elle a commencé. p. Enfermées dans le monde de la génération. le haut et le bas. les âmes passent d'un corps à l'autre. La contemplation remonte de la nature à l'âme et de l'âme au Nous. est avec l'âme universelle » (Plotin. Et c'est la théorie exposée par Aristide Quintilien dans le texte du De Musica cité plus haut (p. et elle s'est déroulée elle-même.. tantôt sous une autre. 8). 8). 1. d'une qu'elle était. 2. Plotin note aussi la réascension par laquelle l'âme revient vers elle-même : « . Platon. et. 113. Voir ci-dessus. Quand Platon raconte que les âmes.240 INITIATION HOLOCLÈRE Plotin dit comment l'âme. en se déployant. Mais la même théorie apparaît chez Platon. III. quand elle le peut. mais celles qui peuvent s'évader du monde de la genèse communiquent avec l'âme universelle : Les âmes qui changent de corps paraissent tantôt sous une « forme.. vou- lant tout avoir — même s'il était meilleur pour elle de ne pas vouloir cela. il assimile l'état procuré par l'initiation holoclère à la vie céleste antérieure à la vie qui s'écoule dans le monde de la genèse. est deve- nue multiple : « Ayant commencé comme un. et des rayons. 8.4). 8. . et contemplations deviennent sans cesse plus adap- les tées et plus unies aux êtres contemplés » (Plotin. III. est devenu une figure et une surface et une péri- phérie. III. les choses étant meilleures à l'endroit d'où elles partent. et un centre. Phèdre. dit encore Plotin. l'âme se tenant hors de la genèse. 250 b-c. 2. avant d'être attachées au corps. car elle est devenue seconde — comme un cercle qui.pour ainsi dire alourdie. Et ainsi de suite. mais elle devient multiple sans s'en aperce- voir. pires à l'endroit où elles viennent » (Plotin. accompagnaient le dieu et vivaient de la vie conférée par l'initiation holoclère ^. sous une autre forme. La même théorie est chez Heraclite qui distingue l'âme sèche de l'âme humide ^.

comme l'indique le même Aristide : « ce discours te soit chanté à la place d'un autre chant. 3. t. Une inscription grecque en vers ^ loue une hiérophan- tide « qui. les visitant tous les uns après les autres. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 16 . Éros. archaioL. 97). t. pour les Musesdoit être nécessairement dans : « Il une situation inférieure. dans l'édit. Héraclès est le héros « purificateur » : « Ayant commencé depuis Heslia. § IL — Moment de l'initiation. de Migne. Apollon. Or le mot mysiipole est le mot poétique équivalent au mot mysiagogue *. un Asclépios médecin » (Clément d'Alexandrie.128). I. 54. au commencement des Mystères. Dindorf. gr. Le mot grec muslipolos entre bien dans le vers hexamètre dactylique qui est le vers de la poésie religieuse. suivant ce qui m'apparut en songe. Synésius dit. celui qui n'a pas été initié auparavant au ^ cercle. dit Aristide le Rhéteur ^. » Clément d'Alexandrie nomme plusieurs héros sauveurs : « Ne comprenant pas le Dieu bienfaisant. 150. Ephém. p. et n'a pas été admis à Vorgiase des Muses » {Dion^ 5. dans la Patr. 1. 2. Orgiase : cérémonie qui comporte un délire mystique. Exhortation aux Nations. 1. de Migne. t. ô Que Héraclès. MOMENT DE l'iNITIATION 241 Diverses divinités sont nommées dans les textes relatifs à cette initiation : Perséphone et Déméter. Aphrodite. puis la race commune des hommes. 66. p. quand je croyais prononcer l'éloge d'Héraclès dans le vestibule d'Apollon. le mot grec muslagôgos ne peut pas y entrer. p. L'initiation a lieuau début des Mystères. dans la Pair. 8. 2. il purifia l'Hellade. Héraclès. » Il prépare ainsi l'action d'Apollon. couronna comme mys- îîpoles les Rois Antonin et Commode ». gr. les Hellènes ont in- venté des Dioscures Sauveurs. 4. p. Dionysos qui suit le même cycle que l'initié. un Héraclès écartant le mal. 1885. les Muses.

des poètes. Tous acquièrent le pouvoir d'agir sur l'homme en le purifiant et en lui enlevant les maux et passions. Le même grade donne accès à diverses fonctions celles : de devin. « Les Athéniens disent qu'ils initièrent Esculape à leurs Mys- tères le jour qui est appelé à cause de cela Épidauria. évidemment aux médecins. II. nous l'atteste. poète. « C'était le jour des Épidauria. comme médecins qui rétablissent le bon état du corps. de purifier des souillures. 320 de l'édition française : « Le don ou de prophétiser.. » . bien que la célébration des Mystères fût déjà avancée » (Philostrate. l'un de Pausanias. chef politique i. p. ils ont rendu des honneurs divins à Esculape » (Pausanias. § III. comme mystagogues qui conduisent aux Petits Mystères. un fragment d'Empédocle. On y commémore l'initiation d'Asclépios aux Mystères. 8). à sa venue d'Épi- daure. comme devins habiles à donner des con- seils. c'est être capable d'agir sur le monde et la cité qui sont construits sur le même modèle ainsi les : chefs politiques doivent-ils avoir la même formation que les autres chefs. les Athéniens avaient coutume d'y donner l'initiation après la prorrésis. et on y donne des initiations. l'art paraissait découler d'une même source. des médecins. de guérir les maladies.. d'autre part. être capable d'agir sur l'homme qui est un petit monde. Onpeut lire dans Rohde. et l'autre de Philostrate. 18). comme musiciens et poètes qui rétablissent le bon état de l'âme. Ces Épidauria. Deux textes renseignent là-dessus. depuis ce temps-là..242 INITIATION HOLOCLÈRE Pendant la célébration des Mystères. IV. mystagogue. con- servé par Clément d'Alexandrie. médecin. le 17 du mois Boé- dromion. — Fonctions diverses rattachées au gradé. parce qu'ils l'ont initié. et que. des chefs. Qu'en fait une même initiation crée des devins. et après les hiereia ici (deux journées des Mystères). et ils ont établi cela à cause d'Asclépios. 26. Psyché. I. une fête se célèbre au temple d'Asclépios à Athè- nes. Cette union de dignitaires divers dans un même groupe s'explique assez bien en théorie. Vie d'Apollon.

. « d'après le modèle du pneuma qui était né avec lui » et plus loin : « Le Dieu est sans passion... L'homme acquiert pour lui le fruit qu'il désire. de la médecine . 6). Et par cette ascension elle acquiert une grande puissance. : dessus de la genèse et elle fait remonter avec elle la partie inférieure de l'âme. essence qui fait partie d'elles et que l'on appellerait à juste titre l'essence qui est devenue visible dans le corps » (Plotin.. 1357). puisque le chef des prê- tres est un. l'homme déjà gnostique peut devenir Dieu : Et fai dit : Vous êtes Dieux et fils du Très-haut. dans la Patr. Dieu étant un. la parole pythagoricienne était dite pour nous aussi que l'homme doit devenir Un.. qui sont venues au dehors. De cette façon. » Il fait une allusion à la façon dont cet homme est façonné. FONCTIONS RATTACHÉES AU GRADE 243 Le même texte d'Empédocle affirme que de cette caté- gorie sortent ceux qui deviennent des dieux. et sans épithumia. Et Empédocle aussi dit que les âmes des sages deviennent des dieux. de la médecine et de la musique. Gr. Pour affirmer la parenté de la médecine et de la divi- nation. des chanteurs d'hymnes. t. 8. ont dépassé toute nature démonienne et toute fatalité de la genèse et tout ce qui est dans ce monde visible. Mystiquement donc. Clément d'Alexandrie dit. écrivant à peu près ceci : A la fin. IV. tant qu'elles sont là-bas. p. de Migne. Or Plotin admet que les âmes sorties du monde de la génération sont au-dessus de la nature démonienne : « Les âmes. en effet : « L'enseignement transforme l'homme. III. Par conséquent la théorie de Plotin est au fond identique à celle de Pythagore et d'Empédocle l'âme remonte au. de là germent les dieux éminents en honneurs. et cette idée transperce encore dans le vocabulaire mystique des chré- tiens. » {Stromates.. et elles ramènent avec elles l'essence amie de la génération.. des devins. la stabilité de l'âme. sans thumos. 4. des médecins^ et des chefs sont créés pour les hommes terrestres. 23..

« ApoUodore. 2. puisque les sciences de la médecine et des divina- tions sont apparentées. de la musique et de la divination. Et Pausanias ® nous affirme que les hymnes orphiques ont le pouvoir d'opérer cer- taines guérisons. Pyth. le sommeil et Ifes rêves. Arnobe. 5). § III. Lettre à Phi- lop. 5. . Eloge de Démoslh... écrit qu'Esculape préside aux divinations et aux augures. Un texte grec est cité par Macrobe. chap.30. Pindare. II. Dindorf. Apollon » (Hippocrate. on chante des hymnes en les accompagnant de divers instruments *. Lucien. puisque ces deux arts ont le même père. Suivant Galien ^. p. IV. ce qui a été. 1. éteindre les mouvements du corps qui accompagnent lespassions et les affections. et ce qui doit bientôt arriver. 20. La médecine emploie aussi les formules magiques. vers 911). ce qui doit être. VII. I. Voir plus haut. 1X. d'assister à la représentation d'une comédie. Contre les Nations. tout comme lesdivinations qui savent ce qui est. diri- ger. Saturnales. ce qui est... 17. 360. Carie médecin connaît à l'avance les avan- tages et les inconvénients qui se produiront dans le corps. Un vers d'Homère est cité. Vie d'ApolL. 902). d'écouter la lecture d'un poème. d'entendre le chant d'un hymne.. Philostrate. Le médecin grec sait que la musique peut éveiller. 4. tous moyens agissant sur l'âme « irraisonnable ». Esculape conseille à ceux qui se sont trop échauffé le corps par des passions excessives. et qu'elle peut mettre dans l'âme une harmonie pareille à celle du monde ^. I. 8. 140. p. II. Machaon guérit Philoctète de sa blessure en lui procurant un sommeil salutaire par des formules magiques (Schol. comme Hippocrate dit que le médecin doit savoir au sujet du malade ^. Tsetzès sur Lycophron. 696. Par consé- quent la médecine utilise la musique : A Épidaure. Ion. De sanitale luenda. Voici d'abord pour la médecine et la divination (ou man- : tique) a La médecine et la maniique sont très parentes. les docu- ments ne manquent pas. les incantations. 109. Platon. dans le livre qui a pour titre Sur les Dieux. et ce qui est ^ auparavant » (Macrobe. Et cela n'a rien d'étonnant. 1. 505. p. Aristide. III. Discours sacré. 6. 3.244 INITIATION HOLOCLÈRE et de la poésie. IV.

Les malades couchent dans les temples d'Apollon ou d'Esculape pour y avoir des songes dans lesquels leur est prescrit ce qu'il faut faire ^. p. un Médecin « tantôt apparaissant en songe à ceux qui dormaient. célébré pour cela comme celui qui adoucit les tigres et les lions pleins de rage. raconte que Constantin fit dé- truire un temple d'Esculape à Eges en Cilicie Esculape y était honoré : comme un démon. FONCTIONS RATTACHÉES AU GRADE 245 Les Cabires guérissent les maladies par des «jongleries sacrées ». Après sa mort. Prép. En effet il avait reçu le dieu dans parce qu'il avait reçu Asclépios. dit Strabon. 56. évangél. Telle fut la sagesse antique séparer le : bien public du bien privé. ont des chants magiques (Eusèbe.^ 1.. le même mot vaîes désigne à la fois le « poète » et le « devin ». héros (ou dieu) auteur de la médecine. il fut appelé Dexion » {Etymologicum Magnum. fondateur de Thèbes. samaison et lui avait élevé un autel. le sacré du profane. Pour ce motif. Perreau. » 2. 7. Livre de la Magie. 10) et nous ils pouvons penser que la religion d'Eleusis les a suivis sur ce point comme sur d'autres. Et nous savons que. empêcher les accou- Voir de nombreux textes dans l'édition de Perse — Eusèbe. les devins exerçaient aussi la musique » « (Strabon. Orphée le poète sacré. chez les Latins. dit-on. les Athéniens voulant lui accorder de grands honneurs lui élevèrent un héroion et l'appelèrent Dexion. au mot Dexion). \ . Des poètes ou des orateurs peuvent être attachés au culte d'Asclépios. Et Apulée fait l'éloge d'Asclépios comme d'un patron 2. un Sauveur. L'art des Muses est lié à la divination : Autrefois.. par A. il se conforme à la tradition antique : « Alors queles hommes vivaient dans les forêts. les détourna des meurtres et de la nourriture horrible. Quand Horace célèbre la poésie qui a donné aux hommes lespremiers éléments de la civilisation. fragment 19). interprète des dieux. dans sa Vie de Constantin. 35. XVII. Ainsi Sophocle a reçu Asclépios dans sa maison : Dexion tel « : est le nom que Sophocle reçut des Athéniens. 1. ce qui implique une identifica- tion ancienne. tantôt guérissant les maladies. Amphion. eut la réputation de mouvoir à sa volonté les pierres par sa lyre et sa prière caressante.

Un mystagogue vient. Art poétique. et pour cela Glycon.. Beibl. A Néoclaudiopolis. Il bondit pour quitter le cercle qui symbolise le monde de la genèse. Par une épigramme de Pergame.246 INITIATION HOLOCLÊRE plements sans loi. nommée sans doute Domnina. ton époux. § IV. a exercé la médecine : « Car. Roussel. R. Panthée. t'éleva un tombeau » (Kaibel. il est jeté et enchaîné dans un lieu sombre. 221). Les rites de l'initiation consistent à imiter le cycle par lequel passent les âmes supérieures avant et après leur vie terrestre. Les femmes ont-elles accès au grade? Il le semble bien. on voit qu'une femme. perd il qui lui étaient atta- les ailes chées. graver les lois sur le bois. tout en étant femme. p. tu n'étais pas inférieure à mon art . E. qui a d'abord fait partie d'un chœur. . G. L'initié demande et obtient un breuvage mystique qui lui fait oublier la vie d'ici-bas. donner des droits aux maris. — Épreuves et Rites de l'Initiation. XXVII. mais qu'il ne doit pas garder. il est jugé. reçoit un breuvage qui l'enivre. 243). il reçoit des illuminations. cité par P. lui procure un délire mys- tique et lui permet de s'élever. Horace. 76. que les dieux ont ravie « alors qu'elle délivrait sa patrie des maladies » {Jahresh. Ad. L'initié. il subit le châtiment des 1. Il court vers la couronne qu'il doit obtenir et qui doit marquer sa délivrance. 1932. Wilhelm a retrouvé dans une épi- gramme la mention d'une femme médecin. c'est-à- dire du corps. Il a un sommeil mystique pendant lequel il est instruit par un dieu. Ainsi vint leur honneur et leur nom aux poêles (vaies) divins et à leurs chants (carmina)^)). construire les places fortes. épouse du médecin Glycon. le détache et lui donne la permission de se servir de ses ailes. Arrivé vers le lieu qui marque symboliquement la limite du monde de la genèse. 391 et suiv. Epigrammata graeca. qui le délivre du sommeil..

2. la déli-: vrance. C'est le cycle que nous allons suivre dans plusieurs textes grecs divisés sous les chefs suivants 1.£voi mots aux téléîés d'Eleusis » (Hermias. Que l'âme au milieu d'un chœur bien- ait été autrefois heureux. mais comme un homme. (( dans un chœur divinement conduit. comme nous. 250 « Il a dit et àTcoTCTe'JovTsç. ÉPREUVES ET RITES 247 fautes qu'il a commises. Il renaît. Platon l'a dit dans le Phèdre. Venvolée.. ou bien obtient le droit d'accéder à une vie supérieure. c'est que la com- munauté avec le corps est cause de la chute de l'âme » (id. Et le commentateur de Platon. d'un bonheur divin. a dit dans la suite. étant mystes et époptes b-c). Com- les ment. lorsque. Himérius a repris la théorie de Platon en précisant bien les rapportsavec l'initiation : . Pour obtenir cette régénération mystique. et que nous appelons le corps. nous tenant purs dans une clarté pure. Hermias. sur le Phèdre. simples. 4. nous atteste qu'il y a là une réminiscence des Mystères d'Eleusis : Alors il leur était donné de voir une beauté brillante. elles contemplaient une vision et un spectacle de félicité. — en empruntant |j. les autres suivant un autre dieu. qu'elle soit tombée dans le monde de la genèse et ait été attachée à un corps. non plus comme un être féminin. ibid.uoij{ji. « Nous-mêmes étant holoclères Platon parle véritablement de — : ces célèbres mystères comme un épopte. Il est accompagné par la musique de la cithare et prend place dans le chœur. 3. Varrivée vers le haut. — (Platon.). La chute. et n'ayant pas la marque de ce que nous portons mainte- nant autour de nous. 5. les unes. suivant Zeus. la chute. il passe sym- boliquement sous le sein de la « Maîtresse ». alors nous fêtions en de saints transports. Holoclères signifie par- faits —xéXsioi Ce—qu'il . et elles étaient dans l'ini- tiation qu'il est permis de dire la plus heureuse. la régénération. auquel nous sommes attachés à la façon de l'huître » Phèdre. 1. 250 c). étant mystes et époptes. ne donnant aucune crainte. des apparitions holoclères. étant holoclères nous-mêmes et exempts des maux qui nous attendaient pour plus tard.

circulant avec les dieux autour du ciel. 5). c'est-à-dire un breuvage qui lui fait oublier ce qu'elle a vu dans le séjour antérieur. puis elle eut un accident. avantces auteurs. à savoir l'agrément et la douceur qui se trouvent ici-bas » (Synésius. reçoit de la matière dans laquelle elle plonge un breuvage qui l'imprègne et l'alourdit. voulant signifier le nouveau breuvage. 12 et suiv. à l'âme qui entre dans la vie. dans sa course circu- laire. et la mémoire la transporte vers les choses qu'elle avait vues autrefois. elle s'éveille. sous l'influence de la matière qui influe sur eux. L'âme qui entre dans la vie reçoit un breuvage d'oubli. placé dans la région qui est entre le Cancer et le Lion. s'étant revêtue d'un corps. elle ne reste pas sans ailes jus- qu'au bout et ne dépense pas sa vie dans l'ignorance. L'âme qui pénètre dans le monde matériel. et qui .248 INITIATION HOLOCLÈRE « Voici quelle est l'âme divine et qui commence à s'initier. 12). émue. de même qu'elle recevra un breu- vage quand elle devra quitter cette vie : il y a pour les âmes « Quel breuvage d'oubli qui sortent. Des Songes. Songe de Scipion. et même quand l'oubli des spec- tacles qui sont là-haut l'envahit. a mentionné « cette chose lourde. elle en vint à habiter le lieu qui est ici. il y a le cratère astral de Liber le Père. mais lors- qu'elle voit des choses belles d'ici-bas. En effet elle a été la compagne du dieu. produit par un afflux de la matière. ses ailes tombèrent. compagnon de l'ébriété. que l'âme est entraînée vers le corps trépidante d'une ivresse nouvelle. dit Macrobe. et souvent. d'où l'oubli. Discours. Elle désire les plus belles et les plus grandes occupations. même quand elle est tombée pour un peu de temps dans l'adversité. il est tendu un le dise! breuvage d'oubli. cependant. il ya là une chose mystérieuse.). I. XIV. signifiant que l'ébriété arrive là pour la première fois aux âmes qui vont descendre. symbolisée par le cratère de Liber (ou Dionysos) : « C'est ce que Platon a marqué dans le Phédon. Comme marque de ce secret. que telle âme a en elle. qui l'imprègne et l'alourdit. Et Platon. qu'un autre Mais. qui l'enivre et lui donne l'oubli. elle regarde les hauteurs et cherche le lieu qui est là-haut et scrute les choses qui y sont » (Himérius. commence à se glisser insensiblement dans les âmes » (Macrobe. puis l'entraîne. terrestre et visible. a considéré la plaine de la vérité et s'est remplie de la vue des spectacles qui sont là-haut.

mais. 81 c-d. s'alourdit. se remplissant d'oubli et de méchanceté. 60). 81 c. » ou bien « l'âme qui. Platon. » (Les mots « philosophie secrète » indiquent bien qu'il est ques- tion du degré d'initiation par lequel le souffle qui règle la phanla- 1. subit un châtiment et que nous vivons pour expier des fautes : « . VII. Proirepiique.. . auquel ont cm les Platoniciens. d'après l'ancien logos. grâce à laquelle ce souffle devient divin. L'homme enchaîné dans la prison n'a plus la vue forte et distincte. c'est-à-dire d'après le mythe relatif à la métempsycose : « C'est un vieux logos que nous nous rappelons. de partir des mêmes lieux et de revenir aux mêmes lieux.. 30). Nous qui nous tenons tous par nature. ni des contemplations distinctes. sur ce passage de Platon. or il faut que ce souffle redevienne divin. Crediîus a Plaîonicis quasi necessarius orbis ille ab iisdem abeundi eî ad eadem revertendi » {Cité de Dieu. C'est encore Syné- sius qui le dit : « malade dans le souffle de la phaniasia. ce qui rend sa vue faible et indistincte. X. 2. Et saint Augustin : « Ce cercle nécessaire. qu'il ne Celui qui est demande pas des choses claires. 134). venant d'ici. et que de nouveau elles arrivent ici et naissent des morts » (Platon. et. c'est-à-dire ne peut plus se représenter les choses d'en haut.. Platon. Souvent les auteurs parlent du « cercle » à l'intérieur du- quel les âmes restent enfermées.. 248 c. Phédon. alourdie. que les âmes sont arrivées là-bas. Car c'est d'une façon divine que les anciens affirment que l'âme subit un châtiment et que nous vivons pour l'expiation de grandes fautes » ( Jamblique.. 70 c). ibid. apprends-le de la philosophie secrète. a noté « C'est un logos : orphique et pythagorique » (édition Norvin. quelle est sa maladie. ainsi que s'expriment ceux qui disent les iélétés. Olytnpiodore. On peut dire que l'âme.. quittant le corps et mon- tant. puis redescendant. pendant qu'elle est dans le corps... comme pour un châtiment. Phèdre. Cf. ÉPREUVES ET RITES 249 l'appesantit et la tire vers le lieu visible ^. p. il est malade dans le souffle de son imagination. perd ses ailes et tombe sur la terre ^ ». Phédon.

mais elle s'est rendue esclave de ce monde : a II n'est pas possible que l'âme se détourne de la matière sans rencontrer aucun mal. si célèbres. à savoir l'agré- ment et la douceur qui se trouvent ici-bas. prairie qu'il a quittée. elle est venue pour libérer le monde et l'illuminer. descendant d'elle- même comme mercenaire pour la première vie. comme il le dit lui-même. elle devient esclave » (Synésius. elle a beau- coup de peine.250 INITIATION HOLOCLÈRE sia. devient divin : l'âme devient « inspirée » de la divinité). le séjour dans région terrestre. des Songes. il faut croire que c'est un piège pour les âmes. dans ce séjour terrestre. dans les ténèbres et l'aveuglement. La chute de l'âme qui a perdu ses ailes. Comm. il remonte et reprend son ancien état quand il fuit ce qui est autour de la terre et le lieu sans agré- ment. à travers les ténèbres. 186). désormais privé de la vie bienheureuse » (Hiéroclès. ou Ps. tout cela était déjà exprimé dans les vers du pythagoricien Empédocle : « L'homme descend et tombe de la région bienheureuse. Ainsi. dans lequel. Platon. obéissant à la discorde délirante. Le désir de celui qui fuit la prairie d'Até se hâte vers la prairie de vérité. L'âme. elle est attachée à la matière par les plaisirs que l'on trouve sur la terre. Aussi. Quand l'âme veut se détourner de la matière. le délire. fugitif de chez les dieux eî errant. se souvient du séjour céleste et de l'éther. Car. Axiochos. et désire y remonter : « L'âme. 366 a). tout affligée. . sont le meurtre et le ressentiment et les autres races de Kères. pour venir dans un corps terrestre. ces bonheurs d'ici-bas. quel breuvage d'oubli il y a pour les âmes qui sortent. au lieu de merce- naire. elle a soif et elle a le désir de la vie qui se passe là-haut et de la choreia (de la danse) qui s'y passe » (Platon. qu'un autre le dise! Mais à l'âme qui entre dans la vie il est tendu un breuvage d'oubli. le désir de retourner dans la plaine de vérité. la l'aspiration à fuir ce qui est sur la terre et autour de la terre. regrette l'éther céleste. l'éther qui est de sa parenté. c'est-à-dire le souffle d'âme. lieu dans lequel les hommes sont tombés pour errer dans la prairie d'Até.sur les Vers dorés^ p. au passage déjà cité). et ne s'en débarrasse qu'avec douleur. précipité en bas par la chute de ses ailes. trouvé par les éphores des choses d'en bas. comme dit Empédocle le pythagoricien. en effet.

elles ont été enchaînées. loin des erreurs autour de la genèse. et fermées dans la prison. c'est la course en haut. ne va pas sans peines. car ce n'est pas un petit travail que d'annuler . Cette délivrance de l'âme après la mort. fuyant la vie indivisée. édition Norvin. les ailes qu'il avait lui sont enlevées. et préférant à la vie dionysiaque la vie titanique. « Un seul salut de l'âme. si l'on saute à l'intérieur des limites. C'est ce salut que. et parce qu'il est dit chez Macrobe. (Platon) a imité le cercle mystique et cosmique des âmes. en est séparé. comme enfermée dans une prison. La délivrance. Sur le Phédon. pour cela. si l'histoire mythique de l'âme représente ce qui se passe dans l'initiation — et nous pouvons le croire à cause de la concordance des philosophes. car les Peines poursuivent ceux qui veulent s'échapper. elles deviennent Bacchoi. dans sa première phase. d'après le Dionysos qui reste en haut » (Olympiodore. la débarrassant du cercle de la genèse. 330 a). elle vit d'une vie titanique. démembré. L'âme a subi lesort de Dionysos. il faut accomplir des travaux analogues à ceux d'Héraclès. « Il Car. c'est-à-dire holoclères. puis. on sera de nouveau saisi : « Alors surtout (quand elle veut fuir) ilfaut à l'âme de la force et l'aide d'un dieu. recouvrer la force de ses ailes. chez Orphée. les rites suivants : Le nouvel initié. 2. admis dans un chœur. C'est là une œuvre difficile. il est enchaîné. et s'étant occupées d'elles- mêmes. Commentaire sur le Timée. 120). et doit se délivrer . ou du myste qui va parvenir à un degré supérieur d'initiation celui qui — accomplit le cercle mystique — analogue à la délivrance de Dionysos. vers l'aspect intelligible. p. et suggéré chez Synésius qu'il y a là un secret — l'initiation comporte. ÉPREUVES ET RITES 251 Enrésumé. purifiées des souillures titaniques et ramassées en elles- mêmes. il désire y retourner et. mais il entrevoit de temps en temps le séjour d'en haut. étant restées dans leur châtiment. souhaitent d'obtenir ceux qui sont initiés à Dionysos et à Coré Faire sortir : du cercle et respirer loin du mal » (PtocIus. puis dévoré par les Titans.

édit. Et elle dit que ceux qui sont devenus bons auront une bonne vie et la garderont même plus tard. il . Et «i le saut se produit à l'intérieur des limites. Heiberg. les âmes humaines » (Simplicius. Et l'être divin soit : il est venu vers un non pour détruire cet autre. Car alors elles nous traitent sans ménagement. Plotin montre un être divin veillant sur celui qui s'est comporté justement. dans la Pair. 1.. d'où il est impossible de s'évader. attacha Ixion à une roue. comme si nous appartenions à d'autres. s'émeuvent. p. 377). Commentaires sur le traité d'Aris- toteDu Ciel. c'est-à-dire celui qui vivait suivant la loi. il était au-dessus de lui la Prévoyance ^ surveillant celui qui était homme. relatif à que la déesse mit un nuage à sa place. Ce mythe signifie que.. Pour quitter le monde de genèse où l'on est attaché. à leur prière. p. vant sur quelqu'un. n'est pas permis de penser que d'autres. t. qui met chacun à la place qu'il mérite. Des Songes. 219. se mettront 1. Car alors les Peines matérielles. jusqu'à ce qu'ils aient fait arriver leur pneuma (souffle de pensée ou souffle d'âme) dans le lieu où les mains de la nature ne sauraient atteindre. 1296). Gr.. p. en tant qu'homme.Et ce sont là les travaux que les discours sacrés disent qu'Héraclès eut à accomplir. 252 INITIATION HOLOCLÈRE sa signature et peut-être même d'employer la violence pour cela. et de même ceux qui essayèrent de recouvrer leur liberté par la force. alors que les hommes mauvais ne peuvent obtenir aucun secours des dieux ni des hommes supérieurs : « Mais que seulement Et il est maintenant. et ceux qui sont deve- nus mauvais auront le contraire Ceux qui sont devenus mauvais. Même s'ils renoncent à monter. II. de faire sortir du cercle et de rafraîchir du mal. 66. ayant connu la chose par Héra. quand on n'a pas fléchi les dieux auxquels Zeus a donné cette mission. ils subis- sent le châtiment de leur tentative » (Synésius. et poursuivent ceux qui se sont révoltés contre leurs forces. sur laquelle il tourne sans cesse. I. c'est-à-dire faisait tout ce que sa loi ordonne. Noter que la même idée de Prévoyance se trouve dans le texte de Clément d'Alexandrie cité plus haut. il la faut fléchir les dieux qui ont justement la mission de faire sortir du cercle et de rafraîchir du mal : « Le mythe Ixion dit qu'Ixion voulait s'unir à Héra. il faut des luttes plus lourdes. 4-5. sui- vant Orphée. sur la roue de la nécessité et de la genèse. que Zeus.. même si la Destinée s'y oppose. mais arri- autre.. il fut attaché par le dieu démiurge. . L.

qui abandonneraient leur propre vie. Comm. Hermias. Socrate dans Phèdre^ les expressions de Platon criant le Grand Zeus le : s'avance le premier comme conducteur. Socrate est aidé par les divinités éphores de la génération. Socrate joue le rôle de celui qui sauve et fait remonter : « Socrate. p.les Nymphes et Dionysos. fait remonter les jeunes gens vers le Nous : « le Jeune. pour accomplir sa tâche. est comparé par Proclus à Zeus lui-même et à Dionysos. et recevant d'eux aide et secours. et une armée de dieux et de démons le suit. . à cause de cela il se dit possédé par les Nymphes et nympholepte (pris par les Nymphes). sur le Phèdre. Commentaires sur le Phèdre 238 c. qui vivent une vie meilleure que le com- mandement sur les hommes » (Plotin. Dans la philosophie de Platon. » 3 Mais alors paraît évident que Platon suit. Socrate dit donc qu'il a subi une passion divine (ôeîov ^a6oç •rceiiovSévai) soit parce qu'il se soucie du jeune homme. ici comme il ailleurs. ni par les autres hommes. 238 c.. Socrate. Zeus fait remonter les êtres vers lui-même. soit parce qu'il est bien disposé pour recevoir les illuminations divines » (Hermias. comme ayant tendu sa vie vers les dieux éphores de la genèse et étant inspiré de là.. conducteur des jeunes gens. il ne faut pas penser qu'ils puissent être dirigés ici par les dieux. que la théologie appelle « jeunes ». de même. 9). d'après Hermias. et il subit une passion divine : l¥^éïÉ^M^ « Puis donc que la vie actuelle de Socrate est caîhartique et anagôgos (capable de faire remonter) il veut en effet sauver le — jeune homme et l'éloigner de la vie qui est dans la genèse et hors du beau — et puisque les éphores de la genèse sont les Nymphes . Car le Nous. aimant d'un amour qui est capable de faire remonter et de sauver Phèdre ^. édition Couvreur. 2. les Mystères d'Eleusis : Socrate veut en effet sauver le jeune homme et l'éloigner de la vie qui est dans la genèse. III. Le Socrate de Platon. car il est le Nous d'où découlent les êtres multiples. et ces êtres remontent à leur origine. ayant obtenu partout le rang de celui 1. 55). et Dionysos. conducteur des Jeunes : il faut comparer. ÉPREUVES ET RITES 253 en avant pour les sauver. et dit qu'il n'est pas loin de proférer des dithyrambes.

c'est le symbole de la jeunesse célébrée chez les dieux. mais elle peut aussi recevoir des illuminations pendant le sommeil. 4. et qui n'a pas jeté dans sa pensée le retour. Que Socrate soit jeune. cela est sans doute la chose merveilleuse entre toutes. qu'il entende les oracles sacrés et ce qu'ils disent sur les routes différentes. ne croyant pas qu'elle puisse amener au bienheureux con- tact. c'est Dieu qui lui a donné le fruit de sa vaillance. nous prenons pour guide un autre démon encore supérieur. pour celui qui dort. il a donné le fruit de sa vaillance. mais ne croit pas que l'imagination (phantasia) puisse faire quelque chose pour cela. 66. dans la veille. l'autre dans le songe. on donne ce nom en comparant ce qui est noère à ce qui est noèle et à ce qui est paternel » (Proclus. quand ils dor- maient. trad. quitter le monde de la genèse où elle est égarée. Et. Plotin dans VEnnéade qui est relative au degré d'initia- . dit Synésius dans un passage assez obscur : « Mais lorsque le Sommeil ouvre la route qui conduit vers les contemplations (épopties) les plus parfaites des êtres. énumération d'après laquelle il est possible de faire croître la semence qui est au dedans de nous Aux uns il a donné de recevoir par l'enseigne- : ment la compréhension de la lumière. mais. 3. 3. Plotin parle du démon que l'on doit suivre : « Si nous pouvons suivre le démon qui est au-dessus de nous. que de s'élever au-dessus de la nature et de relier à l'intelligible l'homme tellement égaré qu'il ne sait plus d'où il vient. aux autres. L'un s'instruit dans la veille. de se délivrer et de est plusieurs façons. c'est un homme qui instruit. des Songes. à une âme qui n'y a pas tendu. et ainsi jus- qu'au plus élevé » (Plotin III. fait remonter et fait retourner vers lui- même toute la multitude qui est attachée à lui. Tu vois? Il a distingué de la science la destinée heureuse. t. L'âme peut être formée par l'enseignement. dans la Pair. après lui. après l'énumération complète des élans qui nous emportent de notre demeure vers le retour. Si quelqu'un sait la valeur de la réascension. grecque de Migne. somme toute. p. » (Synésius. Il pour l'âme. II. et celle à qui nous donnons la puissance. nous nous élevons nous-mêmes en vivant de sa vie ce démon vers . 91). qui nous sommes conduits devient la partie la meilleure de nous- mêmes. Sur le Parménide. Car la théologie appelle enfants et jeunes Zeus et Dionysos lui-même : bien que tous deux soient jeunes. dit Orphée. Bréhier). 1288-1289).254 INITIATION HOLOCLÈRE qui fait tourner vers lui.

. je ne me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime pour me révéler tout à coup poète. 2. l'initié du haut grade boit à une certaine source. On mentionne un breuvage d'oubli donné aux âmes qui sortent : « Quel breuvage d'oubli il y a pour les âmes qui sortent. édit. » (Perse. dit le texte du poète latin Perse. p. Ces concordances semblent bien indiquer un sommeil. 55). Il y a un breuvage de mémoire donné au mort illustre 1. III. déclare Himérius ^. Couvreur. 6). recevoir les illuminations d'en haut et oublier tout ce qui tient à la vie matérielle : « L'expression écoule-moi donc en silence montre qu'il faut dominer les activités inférieures et basses afin de recevoir les illuminations plus parfaites et divines. Voir plus haut. qu'un autre le dise ».. ÉPREUVES ET RITES 255 tion actuellement envisagé. Avant de dormir du sommeil qui va lui donner l'inspira- tion. Prologue). non avec le corps. analogue au sommeil de ceux qui reçoi- vent les Petits Mystères ^. 187. et que les vies basses et humaines doivent rester en repos. comme d'un lit à un autre » (Plotin. Mais il y a aussi un breuvage de mémoire. c'est-à-dire qu'il faut domi- ner les sensations et les imaginations. faisant agir les choses plus parfaites au lieu de ces mêmes choses » (Hermias. c'est passer d'un sommeil à un autre. Texte cité plus haut. imité par les rites. dit le commentateur de Platon. Hermias. avec le corps. 6. Commentaires sur le Phèdre. . Je laisse les Héliconiades (les Muses de l'Hélicon) et la pâle Pirène à ceux dont le lierre tenace enlace les images. Mais il est souvent question du breuvage reçu par celui qui s'en va vers un monde supérieur. Car. 248. Il faut. fait allusion au sommeil et au réveil véritable qui consiste à se séparer du corps : « Le véritable réveil consiste à se relever véritablement hors du corps. Le poète latin Perse parle d'un sommeil dont on se ré- veille comme poète : a Je ne me suis pas abreuvé à la source produite par le cheval. p. 238 C. p.

. ô Mêlas! Car la fleur très chère de ta jeunesse a péri » (Inscr. eau fraîche dérivant du Jac de Mémoire (Mnémosgné). Devant sont des gardiens. 77).. Diels. » Tel autre défunt doit boire l'eau fraîche : « le prince de ceux d'en bas.. . « Je ne me suis pas abreuvé à la source produite par le cheval. chap. II. La soif me dessèche^ et me con- sume. par W. donne l'eau fraîche » (Kaibel. 15. Or. « A l'âme altérée. 69 près de la Eau : source Pirène il y avait une statue d'Apollon). un cyprès éclatant. Epigr. tout auprès. Tel défunt est dit ne pas avoir bu l'eau de l'oubli. c'est dire que des initiés reçoivent des breuvages.Vous-mêmes le savez bien. Le texte grec porte un adjectif féminin : efji' aî^ïj. der VorsokraL. « . III. reçoit l'ordre de boire à une source qui est la source de Mémoire. Donnez-moi bientôt l'eau fraîche qui coule du lac de allons! Mémoirel Alors eux-mêmes te donneront à boire de la source divine. Tel défunt. Voir plus haut. Alors ensuite tu domineras avec les autres héros. c'est-à- dire garder le souvenir : Je n'ai pas bu l'eau du Léthé. grecque de Rome. dans Kaibel. Dire Je suis fils de la Terre et du Ciel étoile. I. Mais on célèbre d'autre part la vertu inspiratrice de cer- taines sources où s'abreuvent les poètes : « vénérable de Pirène » (Euripide. Fragm. « et. puisque la mort est une initiation. mais mon origine est : céleste. l'autre avait le breuvage de l'Aréthuse » (Moschus. une source. auquel s'adresse une inscription funéraire célèbre ^. Aïdonée. p. 3. Tu en trouveras une autre. 5» édit. il doit auparavant obtenir la permission des gardiens en pronon- çant certaines paroles : Tu trouveras. § II. Kranz. 204). 658). Kaibel. Il n'est pas nécessaire de supposer que le défunt et celui qui a fait l'inscription appartiennent à une secte particulière. 719.. \Epigrr. et l'initiation une mort ^. 2. te donne l'eau fraî- Que che.tous deux aimés des sources. vers la gauche du séjour d'Hadès. 1. 11). l'eau qui est au bout. Médée. dire que des défunts reçoivent certains breuvages. donnée « par Aïdonée » (G.256 INITIATION HOLOCLÈRE qui va retrouver le Ciel sa patrie. Epigr. l'un buvait de la source Pagaside. Ne va pas t'approcher de cette source-là..

Par conséquent. Prologue ^). Perreau. Aeizos. II. certaines sources qui donnent un pouvoir magique ®. 77). qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle était devenue immortelle. Le maître de l'art est la faim. 2). Justin. » On célèbre certaines sources qui donnent l'inspiration prophétique celles dont boit Héraclès au sommet des mon- : tagnes *. 235. Strabon (IX. 7. République.. ou celui qui doit devenir supérieur au monde. Aeuzos. ce rite doit exister dans les Mystères d'Eleusis. afin de lui enseigner en quelque sorte. Pour d'autres textes. ou le Tout prophète. Contre les Hellènes. 106. « Il me semblait à l'ombre de l'Hélicon. la déesse A-pothéosis a fait boire à la Philologie un breuvage magique : « la déesse vit qu'elle avait bu la coupe d'immortalité. dans la Pair. Schol. e). après celle-là. 4. Ps. 6. il en boit une autre. p. de Migne. Abhand. 12. Athénée (II. puis l'eau de Mémoire : « Il faut qu'il boive là l'eau appelée eau du Léîhé. Variantes : Leucos. boivent un certain breuvage.. gr. IX. ou l'immortalité '. ÉPREUVES ET RITES 257 je me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime ne pour me révéler tout à coup poète. III. » (Perse. 1. 6.. voir Boyancé.. Leucos. 3. 84). La source béotienne est encore louée par Pindare {fragm. voir l'édit. 1865. Hist nat.de 1929. de Perse par A. Chez Marcianus Gapella 2. par le symbole d'une bandelette. elle couronna la vierge d'une herbe des champs qui porte le nom de Aeizos ^. ch. 234-235. celle de Golophon dans la caverne d'Apollon Çla- rien^. de Platon. 2. II. 8). 39. cela indique bien un rite par lequel le poète. Livre de magie.. dans la Revue archéol. Quand alors. je laisse les Héliconiades et la pâle Pirène à ceux dont le lierre enlace les images. » (Properce. 3. Dans l'antre de Trophonios on boit successivement l'eau d'Oubli. Apollodore (III. Berl. Akad. 241).. LES MYSTÈBES d'ÉLEUSIS 17 . afin que lui arrive l'oubli de toutes les choses dont il s'est soucié jusqu'alors. celle de Mnémosyne grâce : à celle-ci il peut se souvenir de ce qu'il a vu une fois descendu » (Pausanias. 1. p. t. où coule l'eau du che- val de Bellérophon. dans Parthey. 126. arl. p. Pline. 41. 611 d. d. 141. 5..

38. Com. p. » {Discours. Il apparaît par ce texte que l'Ilissos donne l'inspiration. 4. dans le Dictionnaire des Anli-. 252. 27. Psyché. 21. 1. Ainsi Mélésagoras d'Eleusis. 12. VII.. on parle de l'influence des Nymphes. (( Bacis tient des Nymphes son don de prophétie (Aristoph. p. 11. il y a une allusion évidente aux enneacrounoi d'Athènes. V. quilés. 1071. établit ainsi un rapport ^ entre l'Ilissos et la musique : « Maintenant les eaux de sont abondantes et transpa- l'Ilissos rentes. 4). gr. 319 de l'édition française).. l'abondance d'un poète est tournée en dérision dans les termes suivants : « Apollon notre maître! Quels flots de paroles! Les sources retentissent. Or les Enneacrounoi sont un autre nom de la fontaine Callirrhoé.. une source dans le sanctuaire d'Asclépios à Athènes. 4. Mythes et Religions. Pausanias. 182. X. signé F. On peut exprimer sous une autre forme l'idée que cer- taines eaux donnent des puissances particulières. traduction française. p. Lenormant. etc. qui prophétise à Athènes est dit possédé des Nymphes » (Maxime de Tyr. avec le zéphyr. — où l'on boit de l'eau froide et — ainsi de suite. voir Rohde. qui était tout près d'Agra. dans les Frag. II.. Paix. Topographie d'Athènes. 110). comme sur le Caystre et sur l'Hèbre. Leake. la bouche a douze sources. III. dodecacrounon. l'Ilissos est dans le go- sier! Que te dirai-je? S'il n'obstrue pas sa bouche. rempliront maintenant plus qu'auparavant les rives de musique. 12. Voir là-dessus S. Reinach. si jamais ils ont fait entendre une mélodie sur les rives de l'Ilissos. Xénophon. IV. édition Meineke. Dans un fragment du poète comique Cratinus. . Article Eleusinia..: I. non loin du temple de Déméter et du temple de Triptolème. p. dans un discours prononcé aux Pana- thénées au commencement du printemps. et peut-être le fleuve annonce-t-il de nouveau les Mystères de Déo. dans la plaine entourée par les collines qui s'appelaient autrefois Hélicon ^. Le rhéteur Himérius. Et quand la bouche du poète abondant est dite avoir douze sources. Cultes. III. il va tout inonder de ses poèmes » {Puiiné.258 INITIATION HOLOCLÈRE Certaines de ces sources ont du reste un rapport évident avec tel ou tel culte. ^ Il y a une source à Eleusis. 2. 3. Les cygnes. Pausanias. 2. Mémor. 3).

Le poète ne crée ses œuvres que sous l'influence du dé- lire : 1. et procurèrent la libération des maux présents à celui qui était véritablement délirant et exalté » (Platon. . Mais. Ce sont les ressentiments causés par la mort de Dionysos : parce que le Nous. les prières. les purifications. elle « produit une purifica- tion du souffle lumineux grâce à laquelle nous sommes ca- ^ pables de recevoir le dieu ». les cérémonies. dit Platon. trouva le délire. 2. amoureux. C'est le délire. dit Hermias. il trouva des purifications et des téléîés qui dégagè- rent. Jamblique. soit pour le moment. III. des Mystères. fait œuvre de divination. ÉPREUVES ET RITES 259 Les nymphes du Cithéron qui président à la poésie ont autrefois. avec l'Ame. dit Pausanias (IX. 23). devins. Il s'agit des familles dans lesquelles sont recrutés les mystagogues. Phèdre. Aristote a noté l'influence enthousiastique des Nymphes ou déesses des eaux : « d'entre les hommes qui sont possédés des Nymphes ou Ceux possédés des dieux sont dans l'enthousiasme grâce au souffle d'un démon » {Eih. Non seulement le délire s'empare des poètes. Le conducteur est Nympholepte ou saisi par l'influence des Nymphes. mais il s'emparera d'eux initiation à leur dans la suite quand ils exerceront leur fonction. quand ils reçoivent la première haute dignité. moyen de conjurer les maladies et les peines les plus terribles. l'homme est infortuné. mystagogues. comme Jam- blique. qui a trouvé la guérison de l'homme par les prophéties. C'est dès lors dans un état de délire que l'initié et celui qui le mène accomplissent leurs démarches. recourant à des prières aux dieux et à des cérémonies. 244. 3. d-e). soit pour l'avenir. est partagé dans la matière.. Eud. ce n'est pas l'eau elle-même qui donne l'inspiration : elle rend capable d'être inspiré. arrivées à la suite de ressentiments antiques ^j prophétisant à ceux qu'il fallait. pour un théologien qui veut préciser. celui qu'il inspirait. 3. a. 1214. 11. 5). les téléiés : « Le étant survenu dans quelques familles ^.

xaO' éayTTiv riyvcTai r^ ^"ox^i (Aristote. édit. » dit Aristote ^. persuadé que par l'art il sera un poète suffisant.260 INITIATION HOLOCLÈRE devient possédé d'un dieu et hors de ses sens « Il exçpwv — — et son Nous (sa pensée) n'est plus en lui » (Platon. qui est celui des amants.6ax. 267). celle des Muses. celui des à Dionysos. mais par un mélange naturel.5(euouffa) suivant les odes et tout autre genre de poésie.. 245 a). Phèdre. Wecklein) et par Callimaque {Épigr. En tout cas. Et Maracos le Syracusain était poète meilleur lorsqu'il était sorti hors de ses sens » (Aristote. Ion. 21). trad. Celui qui. 67 édit. 265 b. 2. celui des poètes aux Muses. sont pris par des maladies délirantes. cité par Sextus Empiricus. Plusieurs divinités contribuent à donner le délire : « Nous avons rapporté le délire prophétique à Apollon. 1. et tous ceux qui sont possédés de la divinité (evôsoi). l'éveillant et lui donnant les mouvements bachiques (èvt.. 1. enfin. le mys- tagogue. 534 b). celui-là est trop niais et la poésie de l'homme qui garde ses phrènes intactes (awipptùv) disparaît devant celle de l'homme en délire » (Platon. p. est celle qui doit instruire la postérité. Didot. le devin. Mario Meunier. sans le délire des Muses. 20. C'est donc en état de délire que le poète. 954. Dionysos est donné comme l'inspirateur des poètes par Eschyle {fragm. et le quatrième initiés. p. 9. . parce que cette chaleur est proche du lieu de la « pensée. Phèdre. Co/zfre les Malh. 165). 113. De la Divination. Cahen). édit. saisissant l'âme tendre et inviolée.. doivent recevoir l'initiation à leur fonction. magnifiant d'innombrables actions des anciens. lorsqu'ils ne le deviennent pas par une maladie. cela est dit pour le poète : « La troisième possession ou fureur. t. à Aphrodite et à Éros » (Platon. VII et VIII. 30. arrive aux portes poétiques. IV. elle « se dégage et devient libre de façon à n'avoir plus rien de commun avec le corps » dit Cicéron 2. l'âme « se recueille en elle-même. Dans la divination. ou enthousiastiques. Problèmes. Aristote enseigne encore : Beaucoup. Cicéron. p. d'où arrivent les Sibylles et les Bacides.

plus rapide qu'Icare. de haute dignité. sont dits s'en- voler : « Je me suis envolée hors du cercle où règne la douleur pesante » est censée dire une âme sur une célèbre inscription (qui sera tra- duite ci-dessous).. C'est par poète (uaies) à double forme je serai porté tout à travers l'éther fluide. « Ton âme. L'envolée. voir les rivages du Bosphore gémissant et les Syrtes Gétules. et.. 243). vain- queur de l'envie. L'initié reçoit des ailes qui vont lui permettre de monter vers le haut. Mais ce sont les dis- cours qu'il assimile aux initiés. Euripide. et l'onde du Styx ne me retiendra pas. Déjà se reposent sur mes jambes des peaux dures. Pour mes funérailles vides. parvenir à une haute dignité grâce à l'appel de Mécène. qui suivent la même voie après la mort que lors de leur initiation. une aile puissante. que. ô Mécène. il a obtenu des ailes et peut monter jusqu'à l'éther. envolée hors de tes membres. il remontera directement dans l'éther et ne subira pas une mort véritable : « une £\ile peu ordinaire. et tu demeures sur le parvis des bienheureux » dit un poète à un médecin mort (Kaibel. II. Himérius s'inspire des mêmes Mystères dans Lfc'orateur son discours au proconsul d'Athènes. fils de Dédale. . sang de parents pauvres. Le poète latin Horace a pu. j'irai sous la forme de l'oiseau sonore. point de chants lugubres! Point de funestes deuils ni de plaintes! Arrête les cris! Et laisse de côté les honneurs superflus du tom- beau! {Odes. fragment 911. malgré sa pauvreté et l'obs- curité de sa naissance. je ne m'attarderai plus désormais sur les terres. en haut je me transforme en un oiseau blanc. après sa mort. moi que tu appelles. Moi donc. Epigr. le empruntée aux Grecs. Certains défunts. ces discours ont des ailes. 1.. 20). ô mon choisi.. graeca. Déjà. ÉPREUVES ET RITES 261 3. je ne mour- rai pas. puisque Euripide parle déjà du poète ailé 1. est allée au milieu des autres démons. )^ Orpoète latin ne fait que suivre une longue tradition. je quitterai les villes.

526) c'est-à-dire sans doute « celui qui vole 1. 252 a). Vos ailes. Platon. le soleil aux Cimmériens. Phèdre. 99).). autour de : son dieu (Éros) il danse en haut et tourne jusqu'à ce qu'il revienne dans les prairies de la Lune et d'Aphrodite » (Plutarque. ne vous ajoutant pas des ailes comme à Icare. et explique ainsi le mythe « le vin soulève les hommes et allège leur gnome : (lapuissance de décision). à Hermogène. grâce à l'Amour » (Anacréon. Les sont données par Apollon. ce sont les Muses qui les ont fait naître dans les jardins (xfjTCot) de Mnémosyne. produisant le même effet que les ailes sur les oiseaux » (Paus. » (Himérius. avec des ailes légères. de Hiller-Crusius. adressez-vous à votre amant Tu es : venu. et vous êtes invisibles aux âmes profanes et sans ailes. les Heures et les Charités les ont fait croître. Islhmiques. Va fait descendre pour ceux qui sont fatigués de V hiver. messager du jour prinîanier. 19. peut-être ailes aussi par Dionysos. Mais Euripide appelle Dio- nysos eùîTETTiç {Cycl.262 INITIATION HOLOCLÊRE données par Apollon. par Éros. ô mes paroles. 22). Cela ressort des textes précédents pour Apollon et Éros. 64 et suiv. ils ont un amant qui les aide à monter vers l'éther : « Allons! Recevez des ailes (-jcTepouaôe) désormais. laissant ce qui est en bas.. Discours. emportez-vous maintenant vers l'éther! Le Musagète ^ vous donne des ailes et vous montre à ceux qui sont sous le soleil. selon votre nature. nées dans les jardins de Mémoire. XX. XIV. Pour Dionysos. De même encore devons-nous voir des allusions à l'ini- tiation supérieure qui permet de devenir poète dans des passages comme les suivants : « Puisse-t-il. ei le soleil. suivant les formules mythiques. Pausanias a noté que les Lacédémoniens hono- rent un Dionysos psilax c'est-à-dire un Dionysos ailé. Conducteur des Muses. Car l'Amour est ailé (par ex. dit-on. proconsul). dans votre légèreté. I. (Pindare. non moins que. III.soulevé par les ailes magnifiques des Piérides mélodieuses. dans VAnlhol. arro- sées par les sources de vérité.. ô lumière douce et agréable pour moi. » (?%« Je m'envole vers l'Olympe.. c'est-à-dire Apollon. comme vient pour les hommes Lucifer. Et encore au rite qui entraîne l'Amoureux vers le haut • <( (Le véritable amoureux) a des ailes sans cesse... au milieu du jour. Voilà pourquoi vous vous enlevez au-dessus de la multitude... . 6). et. les arrosant des sources de la vérité. Amou- reux.. Aussi. 35-36.

c'est la puissance qui fait remonter. et ne fait jamais d'efforts contre le cocher. mais nous n'en avons pas toujours l'activité. on peut dire qu'ils montent sur un char comme — l'enseigne Hermias dans le texte cité plus haut et — . la faculté ardente qui tend vers le haut.. Pour nos âmes humaines. La régénération. Comment. Discours. Picard. » (Himé- rius.^. mais tantôt fermées et inactives. s'enfonce dans le sein de Perséphone — 1. 246 A. laquelle se voit surtout dans le plus fort des chevaux. sur le Phèdre. Mais. (Hermias. mais les âmes divines seules ont des ailes éveillées et prêtes à remonter : a L'aile de l'âme. 125-126). et que par conséquent toute âme a le îhumos. c'est la puissance qui fait descendre et qui est productrice de genèse : elle appesantit vers la terre et fait des efforts contre le cocher. Le myste qui quitte le monde de la genèse pour parvenir au monde éthérien. . On peut que toute âme a des ailes pour remonter. cercle. dire puisque toute âme a trois facultés. » leurs puissances. p.dans les Mélanges Navarre.. Dionysos Psilax .et des documents figurés montrent Dionysos avec des ailes ou encore Dionysos emporté sur un char ailé ^. nous l'appelions roue et. 317 et suiv. nous n'avons pas toujours les ailes Jetées en avant.. car nous ne perdons jamais texte). édition Couvreur. et que nous n'avons pas les mêmes goûts que les poètes. (lacune du nous avons leur puissance.. parce qu'il est ami du beau et désire les intel- ligibles. poète « Mais. Ch.. l'expression « être monté sur un char » signifie parfois « être ». plus que cette même chose. XXIX. ÉPREUVES ET RITES 263 bien ».. Au de dire que les initiés sont emportés par leurs lieu ailes. comparées au cocher et aux deux chevaux de l'attelage. 4. mais tire droit avec lui ou se trompe avec lui. L'autre cheval. car tous ont toutes les puissances. 4). et le cocher et les chevaux. Tous donc ont des ailes. les ailes sont toujours éveillées et agiles.. et voilà pourquoi on les dit ailées {zxzptàxoi) et non ayant des ailes en dessous d'eux{u7:s'!:xzpoi).. pour les âmes divines. par une certaine superposition. comme si. puisque nous ne sommes pas montés sur un char.

ayant supposé Athéna dans la lune. chez eux. ayant semé un autre Nous (un autre intellect). et la terre fournit un troisième corps *. Platon. et cette âme va revêtir un corps nouveau. et que c'est la raison pour laquelle les mystagogues d'Eleusis sont à la fois philosophes et philoptolèmes (belliqueux) : car la race de ceux qui à Eleusis dirigent les Mystères remonte à Musée. Il faut donc que cette âme leur soit donnée le jour qu'ils deviennent mystagogues. En effet nous savons que les hauts dignitaires sont fils de Lune. dit-il » (Proclus. 361 e.. Porphyre. précise que la déesse envoie de la Lune des âmes à la fois sages et belliqueuses. Dans les poèmes orphiques. comportent le mariage du prophète avec S éléné ou la Lune. 3. Sur la face qui paraîl dans la lune^ texte traduit. 62. qu'elle s'est 1. mariage d'où naît une fille. édit. et la race des Céryces. Une inscription célèbre — dont le texte entier sera tra- duit plus loin — exaltant un défunt.264 INITIATION HOLOCLÊRE assimilée à la Lune — et y reçoit une naissance nouvelle. » C'est un mariage du Soleil et de la Lune qui produit l'âme nouvelle. 2. I et II. Caster. ces âmes sont celles des mystagogues d'Eleusis. et Hermès est là. Gomment l'âme est régénérée dans la Lune. Alexandre. alors le Soleil. fils de la Lune. Plutarque l'explique ainsi : « A la fin la lune les a reçues elles aussi (les âmes) dans son sein. sur le Timée. raconte que son âme « s'estenvolée du cercle pénible où règne la douleur pesante » qu'elle s'est élancée vers la couronne désirée. 39. près de la Lune. cité par Proclus. Lucien. fragm. 51 b). Platon dit « Musée et Orphée descendants de la Lune et des Muses ^ ». et les mystagogues sont de la même race que Musée : « Porphyre. s'il le mérite. ci-dessous. . Plutarque. 4. p. Républ. dit qu'elle envoie de là-haut des âmes qui ont à la fois de l'ardeur et de la douceur. dont Lu- cien nous a rapporté l'histoire. Orphée. Et les Mystères institués par Alexandre d'Abono tique ^. elle le reçoit par sa force vitale et rend les âmes nouvelles. Musée est appelé la « fils de la Lune porteuse de Lumière ^ ».

Or la mort est une initiation. car beaucoup désirant la lune. comme c'était l'habitude. au feu. rester dans la partie la plus douce de l'air que l'on appelle les prairies d'Hadès. Ensuite ils ressemblent au rayon pour leur aspect. et cela pendant un temps variable. paient le prix de leurs injustices. chez les Athéniens. . joie où le tumulte et l'effroi se mêlent à une espé- rance particulière. ÉPREUVES ET RITES 265 «enfoncée sous le sein de la Maîtresse. marquant la solidité de leurs ailes. comme le fer rouge plongé dans l'eau reçoit une trempe. et c'est à cela que fait allusion une note d'Hésychius : Deutéropotmos celui qui s'est enfoncé pour la deuxième « : foisdans le sein d'une femme. Reine de ceux qui sont en bas ». : Mais avant de recevoir cette régénération. Le mystagogue a reçu une seconde naissance. erre dans l'es- La pace qui est entre la terre et la lune. d'être engendré pour la seconde fois. pareilles aux vainqueurs qui portent la couronne. » Dionysos. et Heraclite a bien dit Les âmes chez Hadès aspirent les : senteurs. de façon à pouvoir être nourri par n'importe quelle exha- lation. pour leur âme. qui s'élève en haut. sortie du corps. puis- qu'un hymne orphique l'appelle « hypocolpios » et que ce mot signifie nécessairement celui qui est passé sous le colpos. et quelques-unes de celles qui sont charmées par les choses d'en bas. elles circulent. Les âmes injustes. il devient fort et lumi- neux. ils goûtent une joie pareille à celle qu'éprouvent ceux qui s'initient aux mystères.. les mystes ont subi des épreuves et ont été jugés. pendant leur vie. ensuite comme s'ils revenaient dans leur patrie d'un séjour sur la terre d'exil. on les voit s'engloutir de nouveau dans les profondeurs. Quant à celles qui sont arrivées en haut et qui s'y sont établies solidement. elle les repousse et les ballotte. et elles tiennent de cet éther une tension et une force. les âmes vertueuses doivent. modèle de myste. elles ont eu la partie déraisonnable et pas- sionnée de leur âme bien soumise à la raison et bien ornée. et il y a une initiation qui comporte la régénération. comme là à l'éther qui entoure la lune. le temps nécessaire pour purifier et rejeter les souillures qui proviennent du corps comme d'un air pestilentiel. a suivi le même rite. et intempérantes. parce que. et. car ce qui était mince et diffus s'affermit. comme en témoigne le texte — cependant obscur — de Plutarque : « destinée veut que l'âme..

le Beau. Elles se dissolvent dans la lune comme les corps des morts dans la terre. les autres. déjà devenues démons.266 INITIATION HOLOCLÈRE « En mêmetemps. par laquelle resplendit le Désirable. sont portées vers elle.. en bas. et les attire de la lune vers une autre naissance. l'âme. Mais ce n'est pas une telle chose. se lamentant et hurlant. quand. étaient . » Les démons ne restent pas longtemps sur la lune mais ils descendent ici-bas pour s'occuper des oracles. séparée du Nous. ou tranquille. la plaine de Perséphone antichtone.. les parties de la lune qui regardent le ciel s'ap- pellent la plaine élysienne. Car ce n'est pas un travail petit. elle ne laisse pas. les autres vers les parties qui regardent la terre.. dans la lune il y a des profondeurs et des cavités. sont emportées par les souvenirs de la vie.. celles-là comme dans un sommeil. qui apparaît comme une Face farouche. lorsqu'elle devient seule et isolée. comme l'âme d'Endymion. ou qu'on a faites à leur égard. On appelle la plus grande caverne le muchos d'Hécate là les âmes subissent les châtiments et font : subir les châtiments pour les fautes que. dans Vorgiase. mais les rappelle en haut et lescharme. des actifs. cha- cune à sa façon. ils sont de nouveau . ayant des songes. comme conservant quel- ques traces et quelques songes de la vie. les autres plus tard.. il se sépare par l'amour de l'image qui est autour du soleil. lorsqu'elles s'approchent. elles se prennent à ce qu'il y a de passif dans les corps. elles ont faites. de ceux qui sont pleins de ihumos... car ce n'est pas aussitôt après être débarrassée du corps qu'elle a souffert cela. Ils l'obtiennent les uns plus tôt. lorsque le Nous (la Pensée) se sépare de la Psyché (l'Ame). auquel toute nature aspire. et je crois que l'on s'est bien exprimé à son sujet en disant. elles sont effrayées par ce qu'on appelle la Face. La puis- sance de quelques-uns (sur terre) cesse quand ils ont obtenu dans un autre lieu le meilleur des changements.. les unes pour aller vers les parties qui regardent le ciel. vivement celles qui sont sophrones. faisant frissonner. envolée commeun songe. se heurtant à des corps humains.. de ceux qui ont l'amour des corps... le Divin. La nature de l'âme reste sur la Lune.. et assistent. est emportée par ses ailes. le Bienheureux.. Mais les âmes des ambitieux. il y en a deux autres qui sont longues. S'ils s'acquittent mal de l'une ou de l'autre de leurs tâches. les âmes de ceux qui subissent un châtiment. Les Tityoi et les Typhons.... observent et châtient les injustices et brillent comme sauveurs dans les guerres et sur la mer.. les âmes les traversent. ou commun. poussés vers la terre. mais lorsque l'inconstance et l'impassibilité les fait sortir. sans le Nous. Mais.. ils en subissent le châtiment en effet. mais plus tard.. aux plus hautes des iéléiés.

Alors l'âme humaine peut entrer dans la vie d'une bête. elle dressait sa têtepour contempler l'être réel. à la suite de ce jugement. car. tandis qu'elles vivaient sous une forme humaine. A la fin. ensuite. faisant route avec Dieu et regardant de haut ce qu'ici-bas nous appelons des êtres. sens grâce auquel l'homme peut. en effet. à moins qu'elle n'ait été l'âme d'un philosophe loyal ou celle d'un homme épris pour les jeunes gens d'un amour que dirige la philo- sophie. exposant comment certaines âmes subissent un jugement. elle ne cesse pas. se rendent en un certain endroit du ciel où elles mènent la vie qu'elles ont méritée. puisque les âmes reviennent dans le monde de la genèse : « Aucune âme ne retourne avant dix mille années au point d'où avant ce temps. Une fois jugées. et comment. doivent être attribuées aussi aux initiés. le soleil ayant semé un autre Nous elle le reçoit dans sa partie vitale. dans le Phèdre. Pour être homme. en troisième lieu. ellessubissent un jugement. si elles ont trois fois successivement mené la même vie. elle ne recouvre pas ses ailes. et l'âme d'une bête. car l'âme qui n'a jamais vu la vérité ne saurait s'attacher à une forme humaine. dit quelque chose d'analogue. partant de la multiplicité des sensations. de se ressouvenir selon ses forces des choses . les unes vont dans des prisons souterraines. les autres. » (Plutarque. Voilà pourquoi il est juste que seule la pensée du philosophe ait des ailes. Au bout de mille ans. elles recouvrent leurs ailes et s'en retournent après la trois millième année vers les dieux. Or Platon. ÉPREUVES ET RITES 267 de ces âmes. et fait les âmes nouvelles.. un corps. 28 et suiv. Or cette faculté est une réminiscence de tout ce que jadis a vu notre âme quand. les unes et les autres reviennent se désigner et se choisir une nouvelle exis- tence. les unes vont dans les prisons qui sont sous terre s'acquitter de leur peine. la lune les reçoit elles aussi en elle-même et les orne. Quant aux autres âmes. allégées par l'arrêt de leur juge. il faut avoir le sens du général. elle était partie.. lorsqu'elles ont achevé leur première existence. au troisième retour de mille ans. Alors.). en effet. peut animer un homme de nouveau. pourvu qu'elle ait été celle d'un homme jadis. bien voir aussi que les Il laisse démarches attribuées aux âmes des défunts. et la terre donne. les autres dans le ciel. les ramener à l'unitépar le raisonnement. Sur la face qui paraît dans la lune. elles choisissent le genre de vie qui plaît à chacune. Mais Platon nous apprend que certaines âmes vont directement dans le ciel — les âmes des philosophes et des amoureux — alors que d'autres sont jugées.

). NéméenneSy III.). 70-71. III. « Elles. et reçoit une nourriture nouvelle. les peintures dionysiaques de la villa Item à Pompéi. Phèdre.. Or le lait et le miel donnent l'harmonie aux poètes : « Je t'envoie ce miel mêlé au lait blanc — dit Pindare envoyant un poème — et une rosée qui s'y mélange rend le breuvage mélo- dieux dans les souffles éoliens des flûtes » (Pindare. L'homme qui sait bien se servirde ces réminiscences. de vin. Et Stéphane de Byzance : : « Dionysos chevreau chez les Métapontins. leur donnaient un lait blanc » (499 et suiv. devient seul véritablement parfait » (Platon. e< yak stcetov. . Akad. Des Ménades sont représentées comme tenant des faons dans leurs bras. cité par Carcopino. 120. et sans doute du vin. 248 c-2496. ils doivent servir pour : l'initiation holoclère. : je suis tombé dans le lait i. pi. tenant dans leurs bras des chevrettes ou de sauvages petits loups. 1 et p. et les allaitant ^. epttpo. 2. p. 98- 103).268 INITIATION HOLOCLÊRE mêmes qui font que Dieu même est divin. Un papyrus de Berlin {Abh. Berl..78 et suiv. Dionysos Mysîes. » Or Dionysos est appelé chevreau et inversement le che- vreau peut s'appeler Dionysos. bois avant : le lever du soleil. et il y aura quelque chose de divin dans ton cœur » si le miel et le lait ont cette vertu. p. 1865. L'initié de ce grade est censé devenir un chevreau. Il est dit dans les Bacchantes d'Euripide : « Le sol est inondé de lait. La Basilique pythagoricienne. du nectar des abeilles » (142 et suiv. une mé- Dans nade donne de même le sein à un faon (Rizzo. L'inscription qui raconte comment le défunt s'est glissé « sous le sein de la maîtresse » a cette phrase « chevreau. s'initiant sans cesse aux initiations les plus parfaites. ou un faon. L'initié reçoit aussi du miel. d'après la traduction Mario Meunier. Hésychius dit en effet : « Chevreau (spi©oç) Dionysos ». » Et Dionysos : est identique à l'initié.). 20) s'exprime ainsi « Ayant pris du lait.. Le faon symbolise aussi l'initié holoclère qui renaît à une vie nouvelle.) Pindare mentionne les hymnes « qui viennent d'un gosier plein . d. avec du miel.

Heraclite. et c'est la ptérosis ^ de l'âme. édii. 23). 174). ils puisent aux fleuves le miel et le lait comme les Bacchantes. Médée. cité par Aristide Quintilien.. Et Platon « (Les poètes lyriques) quand ils montent vers l'har- : monie et vers le rythme. 1. devenue tout-à-fait humide. : Ou bien. c'est-à-dire à l'âme enfoncée dans la terre et dans l'air humide qui entoure la terre : « Grâce à des attractions naturelles. {xsXiçÔoyyoi {Olympiques.. des Songes. VI. âme sage. III.. ÉPREUVES ET RITES 269 de miel {\xekv^ap\)zç u[xvoi) » {Pyihiques. L'arrivée vers le haut. c'est-à-dire loue les Athéniens — qui sont des mystagogues — parce qu'ils sont au- dessus du monde de la genèse. de multiple qu'il était : 1. l'âme remonte dans l'éther : cela nous est indiqué par texte de Plutarque. L'initié doit remonter dans sa véritable patrie qui est le monde intelligible : « La véritable patrie des âmes c'est le monde intelligible » dit Hermias [Comm. Couvreur. qui sont établis dans l'éther le « les plus brillant » (Euripide. pos- sédées et qui ne sont plus maîtresses de leurs sens » (Platon. 106. qui ont du : miel sur la langue » (Prom. loue « l'âme sèche » supérieure à l'âme humide. possédés. au lieu de louer l'âme qui est parvenue dans l'éther. Autrement dit. 250 G). 829-830).66. 7. gr. L'initié doit redevenir un. Heraclite.. p. Eschyle note « les incantations de la persuasion. 64). II. ihid. Cf. et aussi par un texte d'Euripide que voici : Ce chœur loue Érechtéïdes. « Par l'expression qui ne donne aucune crainte il montre la fixité et la stabilité des intelligibles » [id. qui seront cités plus loin. De la Musique. l'âme s'élève à cause de la chaleur et du sec. sur le Phèdre. par les le textes d'Heraclite et d'Aristide Quintilien. 534 a). elle s'enfonce dans les cavités de la terre » (Synésius. et. 230 B). cité plus haut. et nous estimons que la parole d'Heraclite tend au même sens âme sèche.293). . Ion. dans la Pair. Qualité d'avoir des ailes. deviennent bacchants. t. des Muses qui ont la voix du miel. au contraire.

III. et les instruments dans lesquels on souffle « tiennent de l'humidité leur nature et leur force et par conséquent sont d'ordre inférieur. placée dans une lumière pure.. et qu'elle est enfin accompagnée par la musique de la lyre ou de la ci- thare. ni d'obscur. Or l'âme qui a les meilleures disposi- tions est dans l'éther. lueur sèche la plus sage. je viens de chez des : purs. L'âme rejoint le Nous (la Pensée) et redevient mascu- 1. Les instruments à corde « sont de même nature que ce qui est éthérien et sec et simple ». p. . 68. que la musique de la flûte convient à ceux qui sont ici-bas et la musique de la lyre à ceux qui sont dans l'éther. désire celui qui l'a fabriqué. ou : bien La mort arrive aux âmes humides *. et placée dans tout éclat. vivant une vie bienheureuse. l'admiration saisirait celui qui l'a vue et qui s'est enfoncé en elle comme il le faut et est devenu un d'elle-même. 270 INITIATION HOLOCLÈRE « La pensée étant belle et belle entre toutes choses. dont ce beau monde est une ombre et une image. et renfermant la nature des êtres. De la musique. parce qu'il n'y a rien d'inintelligible. édit. dit » Aristide Quintilien ^. flûte.. et le cherche... Ennéades.. Plus haut. la cithare remet l'âme en repos Proclus nous le dit ^. 2. 8. » (Plotin. 3. I. 198. Il nous est facile de conclure ce que les auteurs ne disent pas. t. Proclus. 261.. Nous pouvons en conclure que : passer d'une musique à l'autre serait passer du délire mys- tique au calme. Id. 106. II. un éclat pur. p. ni de démesuré en elle. ibid. II. »: Sans doute pouvons-nous admettre encore que la marche de l'initié est d'abord accompagnée par la musique de la flûte. comme Heraclite a voulu le dire dans son style obscur Ame. Creuzer. La employée dans les Mystères et les initiations. L'inscription déjà citée^ applique en effet au même per- sonnage des adjectifs féminins « Pure. L'initié doit redevenir mâle. 11). Aristide Quintilien. 107-108. De même que celui qui a regardé en haut vers le ciel et a vu l'éclat des astres. Sur VAlcihiade. 4. qui donne l'enthousiasme ou le délire.. » puis un adjectif masculin « bienheureux!. accompagne le délire mystique. de féminin qu'il était.

Vie d'Alcibiade.. Histoire critique du gnosticisme. op. La Basilique pythagoricienne. après avoir franchi le rempart de la mé- chanceté. Kaibel. parce est dit que mélodie produite par la flûte efféminé les âmes et ne paraît la pas du tout virile et belliqueuse » (Gornutus. elle est mâle. p. 641 = Diels-Kranz. et. du iv^ siècle avant Jésus-Christ. Nous avons là-dessus des témoignages multiples. Je sors pure d'ici-bas. p. Voir J. Carcopino. Or la musique de la flûte est considérée comme fémi- nine et la musique de la cithare comme masculine : « Il qu'Athéna trouva la flûte. ÉPREUVES ET RITES 271 Une. gr. qu'Alcibiade « fuyait la mu- sique de la flûte comme non noble et non libre ». ô Reine de ceux qui sont sous la terre. 11. le lien de l'aveuglement. VI. 445). qu'elle soit avec moil » (Origène. Théologie. la première puissance qui est conservée par l'esprit de la Providence. Donc encore la musique de la lyre convient aux initiés supérieurs. qui renseigne sur plusieurs phases de l'initiation et en particulier sur la réception dans un chœur. gr. c'est-à-dire la ligne de l'atmosphère terrestre. t. fondé dans l'Eternel.. Prolego- mena. a lutté contre Marsyas. p.. p. 108). Plutarque. Cels. t. 4. pure. cit. der Vorsokr. Euboulos. chez les Gnostiques Ophites. p. 416).. Je suis venu contempler ce qui m'est étranger.. Siciliae et Ilaliae. 16. Voir sur cette inscription : Jane EUen Harrison. et vous. p. II.. II. .. 5. Que la Charis soit avec moi : oui. Voilà pourquoi sans doute il a été dit que les Athéniens rejettent l'usage de la flûte ^. VI. édit. joueur de cithare. joueur de flûte. Sur VAlcibîade de Platon.. partie de la lumière du Fils et du Père. mais qui est pourtant à ma naturej car ce monde ne m'est pas étranger. Il est à la mère Achamoth qui l'a formé. II. qu'Athéna a brisé la flûte après l'avoir inventée et qu'Apollon. Voici d'abord ce que dit une célèbre inscription *. 1341. empire d'Ophio- morphos. 20). on l'a attribuée à Apollon » (Aristide Quintilien. le défunt adresse à une puissance (Adonai). « Je viens de chez des purs ^. Et encore ces paroles du Pneumatique : « Je suis le fils du Père. Contr. Proclus. de Migne.. que les ^ Pythagoriciens ont banni l'usage de la flûte ^. 589 et suiv. et autres dieux immor- 1. « La musique de la cithare a la vertu d'enseigner. du Père éternel. et l'a écorché. L'initié est à la fin admis dans un chœur. dans la Patr. 11^ p. quand elle est parvenue aux portes des sept puissances plané- taires : « Je salue le roi uniforme. ô Père. Euclès. Il faut comparer la prière que. 65-66. Matter. Inscr. 2. Fragm. 280. et qu'elle Ta jetée. 2. 3. mais mon origine remonte à l'Eternel. parmi les dieux. Creuzer. 31.. et je retourne à ce qui est de ma nature et d'où je suis venu » (dans Matter. I.

c'est qu'il a fait ces gestes avant la mort réelle et subi l'épreuve du cercle. l'âme a dû renoncer à la couronne qu'elle avait eu tant de peine à atteindre mais — elle la reçoit cependant des dieux. la Reine de ceux qui sont en bas. « Oui. après avoir quitté pour tou- jours le corps et le cercle de la génération.. après y avoir renoncé. revêtue d'une tunique de feu. courant de mes pieds rapides »: par une nouvelle épreuve. «Je me suis enfoncée sous le sein de la Maîtresse. comme l'indiquent les autres textes. et cet initié appartient à la religion d'Eleusis ou à une religion toute pareille. — bienheureux! être de félicité! Tu seras dieu au lieu d'être mortel! — Chevreau. Vers la couronne désirée je me suis élancée de mes pieds rapides » le:cercle désigne le cercle de la genèse ou de la généra- tion. Mais la destinée m'avait domptée. Euclès. (lacune du foudre lancée du haut des astres. » C'est l'âme d'un initié qui parle.. la Reine de ceux qui sont en bas » là elle a eu sa régénération. Mais je me texte). courant de mes pieds rapides.. et du bruit qu'elle fit dans sa chute \ « Mais je me suis envolée du cercle pénible où règne la douleur pesante. suis envolée du cercle pénible où règne la douleur pesante. avant d'être précipitée dans le cercle de la genèse où règne la douleur. p. je suis tombé dans le lait. L'inscription montre alors le chœur des dieux s'adressant à recevant comme un dieu l'initié et le : « bienheureux! ô être de félicité! Tu seras dieu au lieu d'être mortel! » 1. et les autres dieux immortels. après sa mort. Vers la couronne désirée. elle a d'abord habité le Ciel. je me suis élancée de mes pieds rapides.. peut-être est-il fait allusion à la rapidité avec laquelle la Pensée. si l'être qui arrive devant les dieux. Elle se présente devant les dieux. avec les dieux. peut prononcer ces paroles. la couronne représente la dignité désirée. je me suis enfuie. Voir le texte d'Aristide Quintilien. : « De la couronne désirée je me suis élancée. «. Euboulos. cité plus haut. De la couronne désirée.foudre lancée du haut des astres » une lacune du texte: rend le membre de phrase incompréhensible. je le déclare. Je me suis enfoncée sous le sein de la Maîtresse (Despoina).272 INITIATION HOLOCLÈRE tels!Oui. je suis de votre race bienheureuse.. . je le déclare. comme le prou- vent les noms de Despoina. dit-elle. 100.. je suis de votre race bienheureuse : mais la destinée m'a domptée et les autres dieux immortels ». arriva vers le cercle de la lune..

dans les demeures célestes je vois la lumière d'Érigénie (l'Aurore). grâce aux paroles d'Hermès qui m'a conduit de ses mains dans le ciel. soulevant par la course son aile légère dans l'air épais. tient ma lumière de vie. chacun d'entre eux l'appelant et lui ordonnant de prendre place avec lui dans sa tente. maintenant que je suis venu plus près. mon âme. dans le Discours qu'il prononça le après la mort de son maître Alexandre. ÉPREUVES ET RITES 273 (Ce qui était Ame est devenu Nous. il montre Alexan- dre considéré comme un héraut (céryce) et un conducteur (prohégète) des Hellènes : « Et si elles les paroles de Platon et de Pindare sont véridiques. XH. hors de mon cœur. Une inscription de Smyrne décrit ainsi l'arrivée dans le ciel. je l'ai. montre celui-ci reçu par les poètes. Discours. p. 146). et de tout l'atelier qui était autour d'Alexandre. m'honorant aussitôt. qui apporte le Sommeil. a couru vers l'éther. et s'il y a des occupations de ceux qui sont chez Hadès. avoir été poète ou orateur : « La Nuit. tome I. après avoir par un doux sommeil délivré mon corps des maladies pénibles. L'honneur qui vient de Zeus. lui tendant la main. avec les dieux immortels. je suis tombé dans le lait! » c'est-à-dire : je recom- mence une vie nouvelle et me nourris d'une nourriture divine. — le mot Nous est mascu- lin en grec de là—le passage du féminin au masculin. pa- reille au vent. près des tré- pieds et des tables d'immortalité. apportant sur moi les dons de l'oubli par les ordres de la destinée. lui donnant la couronne (àvaSoûvTwv). mais que son trône est stable.) Le nouveau dieu se félicite de son sort : « Chevreau. je suis regardé LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 18 . et non pas après jugement et après discussion entre eux. il est vraisemblable que maintenant les chœurs des poètes. ainsi que les chœurs des orateurs et des historiens. se tiennent devant lui. le couronnant de bande- lettes (TaivtouvTwv). dans l'amitié. et la maison des dieux bienheureux me tient. les historiens qui le couvrent de bandelettes et lui donnent la couronne. il ne descendra pas une tête digne de lutter avec lui. Assis sur des trônes d'or. d'un initié qui sem- ble. de beaucoup d'années. et m'a donné une gloire éminente. mais du pre- mier cri. d'habiter chez les Bienheureux dans le ciel étoile. les rhéteurs. comme celui du meilleur héraut (céryce) et du meilleur conduc- teur (prohégète) des Hellènes » (Aristide. joyeux au festin. Aristide Rhéteur. dirigés par Homère. au milieu des dieux bienheureux. d'après le contexte. et je crois que.

monelur obvia manu a capiie pellere. mais les drames de la vérité. mais les filles de Dieu. ô vieillard! Laisse ta man- îique (divination) et ta Bacchique (ton délire religieux). Viens.. qui cum iniiiaiur in spelaeo. Dans les Mystères de Mithra. oppose la montagne de Dieu au Githéron : « C'est montagne aimée de Dieu. atteinte par la foudre. Pair.. . il reçoit l'ordre de l'enlever.. Clément d'Alexandrie... comme sur le Cithéron. la régénération des initiés qui deviennent pareils à des agneaux. sur laquelle ne se jouent ici la pas des tragédies. la musique. prophétisant les orgies vénérables du Logos. ombragé par des forêts pures. le son de la musique retentit. L'initié atteint la couronne malgré l'épée qui s'interpose..274 INITIATION HOLOCLÈRE comme un ami par les dieux qui. VIII.... atque exinde nunquam coro- . agnelles pleines de beauté. je verse en libations aux dieux immor- tels » (Kaibel. qui refont la même ascension que lors de leur initiation der- nière. le chant. ce ne sont pas les Ménades. dehinc capiii suo accommodaiam. 312). Mais voici un texte où il est fait allusion à la cérémonie même de l'initiation. qui s'initient à un impie partage de chair. laisse-toi conduire vers la vérité! » {Protreptique. il la place sur sa tête. me sou- rient. gr. § V. c'est l'hymne du roi universel. il y a une initiation de la couronne. coronam inierposiio gladio sibi oblaîam. Epigrammaîa graeca. excitant un chœur plein de sage modération. dicens Mithram esse coronam suam.. le chœur dans lequel est reçu l'initié. — Comparaison avec les rites d'autres religions. de leur tête immortelle. et in humerum. in casîris vere ienebrorum.. Les prophètes parlent. ce sont les justes. t. il s'agit de morts. 240). ab aliquo Miihrae milite. Dans tous les textes précédents. p. transferre. si forte. le chant. (lacune du texte). Le chœur. XII. Ceux qui y font les bacchants. quasi mimum marlyrii. Le philosophe chrétien rappelle là : le breuvage bu par l'initié. C'est un mont plein de sobriété. sœurs de la Sémélé.

fleur qui ne se corrompt pas. De corona. Si de telles images s'offrent à la vue. HÉRACLÈS COURONNÉ. dont l'Apôtre croit à bon droit que la cou- ronne promise. (Otto Benndorf. je lui donnerai la couronne de vie. 4. pour vaincre. vous. DANS d'autres RELIGIONS 275 natur. L'ange aussi reçoit la couronne de victoire. car vous ne serez pas jugés par lui. idque in signum habet ad probaiionem sui. Il la couronnera. mais par quelque soldat de Mithra. dans la prairie céleste. si eam inDeo suo esse dixerit (Tertullien. alors qu'elle est destinée au diadème? Car le Christ Jésus nous a faits rois pour celui qui est Dieu et Père. 15). il donne cette invite : Celui qui vaincra. XXXXII. sur laquelle s'est reposée la grâce de l'Esprit divin. Tertullien veut dire qu'une couronne véritable attend le chré- tien et que celui-ci doit mépriser certaines autres couronnes. la choisissant. quelles vérités sont exprimées par là? Pourquoi condamnes-tu ta tête au sirophiole ou au draconîarion. Griechische und Sicelische Vasenbilder. Et un autre s'orne d'un entrelacement d'iris. et vraiment dans le camp des ténèbres. s'il le veut. Qu'y a-t-il de commun entre toi et une fleur qui doit mourir? Tu as la fleur sortie de la tige de Jessé. . ses compagnons d'armes. LÉCYTHOS PRÈS D'AcRAGAS. sicubi tenîatus crediiur Miihrae miles. Tab. en flétrit pas. Combats toi aussi le bon combat. recevant l'ini- tiation dans une caverne. si dejecerit fuerit dé sacramenio statimque : coronam. Des prêtres aussi siègent couronnés du même or le Fils de l'homme resplendit : au-dessus de la nuée.) Voici la traduction littérale de tout le chapitre : « Conserve sans tache pour Dieu la chose qui lui appartient. qui. Rou- gissez. qui ne se qui dure toujours! Le bon soldat. a avancé en dignité dans l'ordination céleste. lui est s'avançant sur son cheval blanc. et il le veut.

du moins pouvons-nous le présumer. . et il a cela comme signe pour démontrer sa qualité. il y avait le chaos.276 INITIATION HOLOCLÈRE la couronne qui lui est offerte. Mais comme la fortune avait enlevé au mérite sa couronne. tout comme 1' « holoclère » éleu- sinien. ch. se rasant la chevelure. et. elle regarde vers le Ciel. » Un autre texte de Tertullien prouve que le soldat de Mithra est vraiment couronné à la fin. Johannès Lydus fait sans doute allusion à la même céré- monie que Tertullien quand il parle des mystères d'Héra- clès. disant que Mithra est sa cou- ronne. et aussitôt il est cru soldat de Mithra. ch. Lydus. puis des insignes d'Héraclès : « La couronne est le signe de la perfection. devenu ami de la sagesse et ami de la guerre : Miihra signal illic in fronîibus miliies suos. il célèbre l'oblatidn du pain et introduit une image de la résurrection. 40). et de la transpor- ter. qui imite certaines des choses divines pour nous confondre et nous juger d'après la foi des siens. génitrice du Tout. recevant de temps en temps la lumière. Les Gnostiques ont conservé ce degré d'initiation. La Loi était. font sur leur tête un cercle de che- veux au lieu de la couronne » (J. sipar hasard. les prêtres désor- mais. célébrât et panis « oblalionem et imaginem resurrectionis inducil et sub gladio redimit coTonam. premier Nous. soumise au travail. aux rois. Mithra marque ses soldats au front. il est averti par une main tendue devant lui de l'enlever de sa tête. dans la mort dominant son souci. La troisième. sous le glaive.. VAme a reçu la loi travaillante. s'il a rejeté sa couronne. et ensuite il ne se couronne plus jamais. lorsqu'il est tenté au sujet d'un serment. Un hymne naassénien représente l'âme tombée dans la matière. s'il a dit qu'elle est en son Dieu. par lequel ils semblent chanter tous les Mystères de l'égarement. défendue par le glaive. répandu chez eux. aux prêtres. 67). imitation du martyre. des Mois. répandu du premier enfantant. Comme deuxième. Dans la fatigue. adaptée ensuite sur sa tête. Reconnaissons le talent du diable. sur son épaule. ayant la Royauté. Tantôt. gisant sous une forme de biche. aussi la donnait-on au commencement aux dieux. rachète la couronne » [Des Prescript. incapable de sortir du mal si Jésus ne vient la délivrer : « Il est un Psaume. A cause de cela.

gr. la porte du Ciel. Tantôt devient incapable de sortir du mal. puis se faire initier aux Grands Mys- tères. ni corporel. mais bienheureux pendant les siècles des siècles. 3149. Car ceux qui ont obtenu là-bas.519). elle pleure.. dit-il. Elle cherche à fuir le chaos amer. Les Gnostiques Naasséniens admettent une régénération produite par un souffle virginal. ni le psychique. 16. 3. des morts plus grandes. mais elle est réservée aux pneu- matiques seuls étant arrivés là. A cause de cela. Les appelant gnose. V. Je montrerai les formes des dieux. dans laquelle n'entrera. le Sauveur a dit expressément qu'étroite et resserrée est la porte qui emmène vers la vie. et qui enfante un fils. t. ceux qui sont en haut du ciel ^. elle Elle est entrée dans le Labyrinthe. dans la Pair. p. C'est là en effet la vierge qui a dans son sein. et qui reçoit. dit-il. » Les Valentiniens admettent l'existence de Pneumatiques qui retournent à la perfection. Il s'agit de l'initiation aux grades supérieurs. ô Pèrel Ayant les sceaux. dit-il. et c'est là la mai- son du Dieu. 10. Pèrel La recherche desmaux sur la terre Erre loin de ton souffle. eux qui avaient été dévirilisés par le souffle virgi- nal. J'ouvrirai tous les Mystères. gr. dans la Pair. je descendrai. devenir fiancés. Philosophoumena. dit-il (il s'agit du Gnostique Naassénien). Nous avons la-dessus un texte des Philosophoumena ^. Au sujet de cela. dit-il. . jetée dans la misère. Tantôt elle pleure. « Voilà. ils doivent jeter leurs vêtements et . 2. est jugée. d'âmes pneumatiques qui sont féminines et s'unissent aux Anges : 1. Tantôt elle est jugée. V. 153. se réjouit. aucun homme non pu- rifié. DANS d'autres RELIGIONS 277 Tantôt. envoie-moi. reçoivent des sorts plus grands ^. Tantôt elle pleure. les hommes doivent s'arrêter. Et les secrets de la route sacrée. 8. je les livrerai » {Philosophoumena. p. Et Jésus a dit : Vois. Je traverserai tous les Éons. L'auteur cite Heraclite sans le nommer : voir plus haut. ni le charnel. tome 16^. C'est là en effet. V infortunée. non psychique. de Migne. p. Et ne sait comment elle passera. les Petits Mystères de la génération chamelle. Après y avoir été initiés. meurt. errante. 3.

seront donnés comme épouses aux anges du Sauveur. afin que je n'aie plus soif et ne vienne plus puiser ici. sur cette expression : Donne-moi de cette eau. p. son syzygos dans le monde des Intelligences. mais selon la race. II.. est le symbole des dispositions de la Samaritaine pour participer à cette vie » (Matter.non selon l'individu..un membre de la race de lumière. il (Héracléon) dit que la femme montre. les autres naturellement mauvaises les bonnes sont : celles qui sont capables de recevoir la semence. « (Héracléon). Et pour l'ex- pression Tu n'auras pas soif pour l'éternité.278 INITIATION HOLOCLÈRE « Les Valentiniens admettent trois races d'hommes.. il entend. Et. qui sert à recevoir.. qui est son plérôme : «L'eau que le Sauveur donne. s'il choisit ce qui est meilleur. Lorsque Jésus-Christ l'engage à avertir son époux. la cruche. par cet époux. le pneuma- tique. Le choîque s'en va à la destruction. son ange. 7. Histoire du gnosticisme. 1. il l'a interprétée tex- tuellement de la façon suivante : Car sa vie est éternelle et ne se cor- rompt jamais. s'il choisit ce qui est pire. celle du puits. en effet la grâce et le don de notre Sauveur ne peut s'enlever et ne se cor- rompt pas dans celui qui y participe. elle s'unit avec son mari. elle 1.. et en cela il ne ment pas. . il s'en va lui aussi vers le pire. qui la dispense de venir en puiser d'autre à la fontaine de Jacob. elle lui exprime le désir d'être délivrée des embarras du judaïsme. leurs âmes. afin de lui demander la commu- nication de la force nécessaire pour s'unir avec une moitié plus parfaite qu'elle. Et il croit que par le Sauveur le mari de la celui qui est appelé Samaritaine. Lorsqu'elle demande à Jésus-Christ de celle eau qui désaltère à jamais. Contre les hérésies. De même.. parce qu'ils ont été envoyés sans inspiration (vi^xta). il est question d'une eau qui donne l'immortalité. le psychique. celles qui sont naturellement mauvaises ne reçoivent jamais cette. la Samaritaine qui la boit. non nourrissante.. disant que les unes sont naturellement bonnes. 116). par ces mots. c'est l'âme. plus tard jugés dignes de perfection. devenue avec lui. voit. se repose dans la médiété. ceux-là élevés et nourris ici. par nécessité. Chez Héracléon i.. Les pneumatiques que sème Achamoth depuis ce temps-là jusqu'à maintenant.semence (Saint Irénée.. . le choîque. jusqu'à l'achèvement complet. comme la première. Et celles qui sont psychiques. ils les divisent même encore. une pneumaîique. et de ceux-ci les trois natures. Le psychique. l'eau est le symbole de la vie divine. dans les âmes justes. dans la Samaritaine. c'est son Plérôme afin que.comme furent Caïn. difficile à acquérir. que l'eau de Jacob est pénible à trouver.. mais elle reste. selon le démiurge. Abel et Seth. Héracléon dit qu'elle vient de l'Esprit et de sa puissance. s'étant reposées dans la médiété. 5). c'est avec cette céleste moitié qu'elle doit venir au Sauveur.

Je m'y attacherais. J'irais habiter là! » (A Réville.. il est curieux de constater comment con- corde avec la poésie naassénienne citée plus haut. outragée. En tout cas. Nous sommes restées pour la peine. il doit y avoir union du féminin au mâle. il : donne ce commentaire : Parce que dans ce monde la Samaritaine n'avait pas de mari. 155). Nous sommes restées pour les pleurs. Ilfaut que Bythus et Ennœa {le Fond et la Réflexion) soient unis.. méchanceté à laquelle elle avait été attachée.. 12). la puissance et l'union et le mélange avec son Plérôme. DANS d'autres RELIGIONS 279 puisse rapporter au Sauveur. p.. tome 7. dont elle se rappro- chait. Contre les Hérésies. s'il y avait au ciel un lieu pour moi! Que n'ai-je des ailes pour m'y envoler! Si une forte corde descendait du ciel. D'après les Valentiniens. Oh.... je monterais bien haut. et aban- donnée par eux. Sans doute trouverions-nous des rites analogues dans d'autres mystères. et toute autre émission des autres Éons. de la vie atu logos : «. et par conséquent avec les Mystères d'Eleusis. grecque de Migne. de lui. puisqu'elle est. Homme et Église. doivent con- tracter union et toujours coexister l'un avec l'autre. p. et Nous avec Alétheia {Intellect avec Vérité). Sur ce mot Tu as dit avec raison que tu n'as pas de mari. Et l'Éon femelle doit être de même avec l'Éon mâle. forniquant contre tout logos. émis par des êtres unis. II. il explique : que toute la méchanceté matérielle est montrée par les six maris. I. » {Fragmenta Gnostica. Chez Héracléon nous trouvons Tu as eu six maris. rejetée. si nous pouvions les connaître.. car son mari était dans l'Éon. . Les Religions des peuples non civilisés. Patr. pour ainsi dire. d'après cela. doivent être unis en un seul être. De même encore Logos et Zoé {Raisonnement et Vie). Mais. son affection » (Saint Irénée. un chant funèbre des femmes bassoutos pleurant un homme regretté : « Nous sommes restées dehors. 1301- 1304).

. les Grecs assimilent celui du philosophe : « Le philosophe doit avoir toutes les fonctions du prêtre. De Vabstin. savoir établir les statues. 4. 192). p.. Ephéméris archaeoL. par exemple le hiéro- phante.-C. Il. 49. que le les dignitaires de grade supérieur. dit : « Il faut être choreute avant d'être dadouque. p. Arislid. 1895. garderont le droit de porter : A de Marathon. » A ce grade. Plutarque. c'est-à-dire porter dans les cérémonies le flambeau illuminateur et purificateur. devant l'Autocrate Dieu Antoine ^. 154. 5. Ce grade comprend tous ceux qui peuvent être dadou- ques. . connaître les orgiasmes. * Synésius quand il fait allusion aux grades successifs. CHAPITRE X INITIATION SACERDOTALE Le second degré dans la hiérarchie supérieure est le Sa- cerdoce. § I. ou bandeau. Texte cité plus haut. le sirophion du moins Plutarque l'affirme-t-iP. les lélélés et les purifi- cations » (Porphyre. p. L'insigne de ce grade est sirophion ou bandeau. Dans une inscription du ii^ siècle après J. 114. Voir plus haut. un hiéro- phante rappelle qu'il reçut le sirophion. 155. 3. 1. 2. : Théon de Smyrne mentionne « le couronnement et la ^ prise de bandelettes ». un Barbare adora le dadouque la bataille prenant pour un roi à cause de sa chevelure et de son Callias. il faut être da- douque avec d'être hiérophante. — Principe de l'initiation.

Les dignitaires du premier degré étant comparés à des choreutes. Synésius. le coryphée. 123). 4. mais Platon. en même temps que la lumière indicible » (Olympiodore.. p. les Grecs ont souvent marqué la supériorité de la philosophie sur la rhétorique et la poétique ^. ce mot convient à la fois au prêtre et au philosophe. à la façon d'Orphée. Voir plus haut. gr. or « le philosophe est appelé coryphée de la sagesse 2. et lalumière qui est dite. le nous en même temps que le dieu. appelle les gens de la foule « porteurs de narthex. p. leur chef. p. 66. édit. mais Platon. Plotin et beaucoup d'autres philosophes. mais peu sont bacchoi ». de Migne. ce moyen terme montre l'identité des deux ^ appellations mais il est évident qu'il honore le philosophe en : même temps que le bacchos. puisque bacchos implique séparation du monde de la genèse. si l'on s'est séparé de la genèse. 173 c et ailleurs: Synésius. 62. tique au philosophe et au prêtre qui sont eux aussi séparés de la génération. pour le même grade. 5.. 1. Platon. . le mot bacchos convient au prêtre qui montre la lumière indicible. et il convient au philosophe qui éclaire ses disci- ples par le raisonnement : Beaucoup mettent en première place la philosophie. et le bacchos devient pareil à Dionysos : Socrate. t. Syrianos et Proclus et tous les autres hiératiques. Pair. En considère comme moyen terme la notion celui qui effet. Or les porteurs de narthex sont ceux qui vivent à la façon titanique. c'est-à-dire ceux qui vivent de la vie divisée. p. Sur le Phédon. les a réunies en une seule donnant au philosophe le nom de bacchos. a employé le mot bacchos. Dion. 2. gr. Théélèle. 1128. D'après une formule citée par Platon et empruntée sans doute à la poésie orphique et aux Mystères * « beaucoup portent le narthex. » (Olympiodore. Le Bacchos est celui qui s'est séparé de la génération : il est donc iden- 3. d'autres met- tent en première place la hiératique comme Jamblique. Sur le Phédon. 1133. considérant que les appellations de côté et d'autre sont multiples. Norvin. prêtre ou philo- sophe. p. dans la Pair. 6. comme « Porphyre. t. 66. dit Olympiodore. est assimilé au dadouque. » Le philosophe s'assimile au prêtre (hiéreus) et l'on peut dire indifféremment. PRINCIPE DE l'initiation 281 En effet. 122). Or la rhé- torique et la poétique appartiennent au grade inférieur.. parce qu'ils vivent à la façon titanique. vérité. Dion.

» (Plotin. car elles viennent de là-haut. ibid.Sur le Phédon . et Dionysos est éphore de la mort et de toute baccheia » (Olympiodore.. mais les âmes aussi sont là-haut. cette division. 22). selon le Dionysos qui reste en haut » (Id. 7). aussi devenons-nous plus manliques (plus propres à prédire l'avenir) à l'approche de la mort. dans l'Ennéade quatrième.. et elles sont ici aussi.. Cette division de l'Ame est symbolisée par le mythe de Dionysos. 48). comme lui étant assimilé. explique que l'âme est indivise quand elle est en haut.282 INITIATION SACERDOTALE « Le premier Bacchos c'est Dionysos. les Titans ont attiré Dionysos en lui tendant le narihex. .p.. dit encore Plotin : 1. ibid. Olympiodore . c'est-à-dire holoclères.. Le Nous reste toujours indivis et sans partage. mais qui doit cependant s'éva- der au-dessus du monde et des corps ^. Or le mythe représente la destinée de l'âme qui vient dans le monde pour l'éclairer et qui semble se partager dans les parties du monde et dans les corps. « Les âmes deviennent Bacchoi.. 1. mais peu sont bacchoi. mais divisée quand elle est dans le corps : « monde intelligible qu'est l'être véritable. appelant porteurs de narihex non bacchoi les politiques. car nous sommes enchaînés dans la matière comme des Titans à cause du partage nombreux — car il y a beaucoup de mien et de tien — et nous nous éveillons comme bacchoi. 120. Suivant le mythe. 1). mais porteurs de narihex et bacchoi les cathartiques. mais elle a une nature à subir la division. 86 et passim. Et il dit Beau-: coup sont parieurs de narihex. c'est son éloignement et sa venue dans le corps. IV. p. enchaînés et précipités sous la terre... p.. édition Norvin. Commentaires sur le Phédon. et ils l'ont déchiré et dévoré. Et Plotin. c'est la baccheia des vertus. 122. mais qui ont en eux une portion infime de Dionysos et qui doivent redevenir Dionysos ou Bacchos. p. et le C'est dans le Nous est sa partie la plus noble. « La téléîé en effet. Puis ils ont été foudroyés. participe au nom » (Id. De leur cendre sont nés les hommes qui vivent d'une vie tita- nique. qui correspond au degré dont il est question présentement. Celui qui a été consacré à Dionysos.

mais elle se délivre ayant eu de la force à la façon d'Héraclès. l'âme qui est primitivement un Dionysos. car il vaut mieux vivre dans l'intelligible. PRINCIPE DE l'initiation 283 « Les âmes des hommes. Prométhée.Prométhée a voulu refuser les cadeaux des dieux. issu d'en haut. 111). 12). » (Plotin.. et elle ne subit aucun dommage de son contact avec le monde : L'âme. Sur le Phédon. p. 5). 3. sans être séparées de leur principe et de leur Nous. elle est partagée par la genèse. ont été là-haut. Déméter. édit. . vient à l'intérieur du corps. ce qui signifie qu'en réalité il a en lui-même le pouvoir de se délivrer. IV. a fabriqué Pandore. pour mettre de l'ordre dans ce qui est après elle. Apollon. elle ne subit aucun dommage pour avoir pris connaissance du mal. l'âme à laquelle tous les dieux ont fait des cadeaux.. L'âme vient pour mettre en ordre ce qui est dans le monde. pour exprimer la destinée de l'âme humaine. il a la forme suivante : Prométhée. et se sont élancées d'en haut. Le mythe de Prométhée.. Perséphone. en philosophant réellement de façon pure. IV. à la façon de Prométhée et dès Titans. elle s'avance par une inclination volontaire. Héraclès. Ainsi. la Provi- dence. re- présente bien la condition de l'homme. c'est-à-dire que le Nous est lié à l'âme. dans cette initiation. Norvin.. être divin. elle se recompose grâce à Apollon et à Athéna la salvatrice. mais il a été enchaîné. et si elle fuit au plus vite. Mais les mythes. à cause de la puissance. : « A la façon de Coré l'âme descend dans la genèse. à la façon de Dionysos. font intervenir d'autres puissances. Chez Plotin. il est délivré par Héraclès.. à la fois divin et enchaîné dans la matière. redevient un Dionysos capable d'ordonner le monde. » (Plotin. elle est attachée dans le corps. ayant vu leurs images comme dans le miroir de Dionysos. Athéna. Car elles ne sont pas venues avec le Nous. avec ses différentes formes. et elle remonte avec Déméter vers ses propres causes » (Olympiodore. 8. « étant le dieu second (ua-cepoç).. c'est-à-dire l'âme qui a reçu des astres ses facultés diverses.

III . p. qui a beaucoup de lumière et qui est là. Le Bacchant devient analogue au dieu. et la délivrance vient d'Héraclès. Couvreur p. L'âme. les autres dieux l'ornèrent. et Aphrodite et les Charités lui donnèrent un cadeau. a été appelée le monde » (Servius. IV. éclairé par les âmes. parce qu'il a en lui le pouvoir d'être délivré » (Plotin. 3. Sur les Buco- liques. et un tel lien vient du dehors. Et Prométhée refusant leur don. 80). venue du monde intelligible. s'orne. Et c'est vraisemblablement ce que signifie le mythe : Prométhée ayant façonné la femme. IV. et chacun lui fit lïn don. 79. l'un venant de l'autre. parce qu'il s'attache à ce qu'il a fait. recevant d'autres embellissements après les premiers. de la part de ces dieux et de ces Nous qui donnent des âmes.284 INITIATION SACERDOTALE « Par notre monde. . Une initiation supérieure fait accomplir ces démarches dès la vie présente et ceux qui reçoivent cette initiation ont accès au séjour brillant qu'habitent les hommes pareils aux dieux. comparable à un antre. 8. Les âmes humaines sont enfermées dans cette caverne par suite d'une punition : « Elles sont renfermées dans une caverne par suite d'une puni- tion divine » (Plotin. Sur le Phèdre.105). Car les Bacchantes sont éphores de la démiurgie séparée » (Hermias. par conséquent il a un pouvoir sur la nature : « La parole J'ai été bacchanl en même temps signifie j'ai agi : de façon partielle. ou à une caverne obscure. L'antre représente le monde d'après les Anciens : « La caverne par laquelle Cérès était descendue dans les Enfers. est tombée dans le monde matériel et visible. édit. cherchant sa fille. sinon que le choix dans le monde intelligible est meilleur? Celui qui a fait Pandore est lui-même enchaîné. qu'est ce que cela peut signifier. 14). et on lui donna son nom à cause du don (Sôpov) et parce que tous (wavTeç) avaient donné. Car tous les dieux firent des dons à cet être façonné par la provi- dence {promélhéia). 5). Qu'il suffise de citer quelques textes sur la valeur symbo- lique des rites — textes auxquels s'ajouteront les textes cités au paragraphe suivant. Elle doit s'en échapper et retourner vers la lumière.

. IV. » (Olympiodore. et à gagner le som- met. p. tournant le. IV.. 48. en- chaîné. Il monte sur un char — char qui représente les facultés de l'âme : le cocher est le Nous (la Pensée). Puis cette obscurité est éclairée. § II. Il doit habituer les deux che- vaux à tendre vers la même direction. » (Plotin.. Sur le Phédon. RITES DE l'initiation 285 Mais on peut dire aussi qu'elles sont venues accomplir une mission : a Si chacune des âmes a été envoyée dans le monde. pour voir la réalité vraie. L'âme dans la matière est pareille aux Titans foudroyés. l'âme. L'âme illumine un peu monde obscur ce : « (Les choses de ce monde) sont comme les dernières lueurs d'un feu. doit briser ses chaînes pour remonter vers la lumière Il — de même que la Pensée doit s'évader du monde sensible pour retourner vers le monde intelligible. 3j traduction Bréhier). à cause du partage en nombreuses parties..c'est pour qu'il fût parfait » (Plotin. Il faut qu'elle s'élève au-dessus de cette matière. Le candidat est assis dans une salle basse et sombre.. dispersés en morceaux et ensevelis sous la terre : « Nous sommes enchaînés dans la matière comme des Titans. et il y a comme une forme qui flotte sur ce fond qui est l'obscurité com- plète et l'obscurité première. dos à la lumière. les deux chevaux sont le thumos et Vépithumia. possède en elle la puissance d'ordonner ces ténèbres suivant des raisons. postérieures à lui. et issues de l'obscurité de ce dernier feu intelligible qui est l'âme. ce fond ténébreux est ordonné par l'âme selon la raison. Il représente ainsi — l'Ame qui a quitté le monde intelligible et habite le monde sensible.. La pente qu'il doit remonter est rude et pleine d'obs- tacles. Il lui faut un être aimé qui l'aide. dans sa totalité. édit. — Rites de l'initiation. et nous nous réveil- lons comme Bacchoi. . 8.. 1). et qu'elle y revienne ensuite pour l'or- ganiser et pour diriger les hommes qui y vivent. Norvin).

3.. l'ascension. ils d'entre eux se lève et aille vers la lumière. 2. République. Voyons successivement les textes qui nous renseignent sur les principales phases 1. par des chaînes qui leur étreignent les jambes et le cou. les liens signifient le corps. conduite . derrière eux et au loin brille un feu. il lui faudra redescendre chez les prisonniers et prendre part à leurs travaux ^.286 INITIATION SACERDOTALE Peut-êtrey a-t-il une autre épreuve à subir avant d'at- teindre sommet. ni tourner la tête. . 5. Ainsi ils ne peuvent voir que des ombres. Les initiés sont amenés dans une caverne — ou ce qui simule une caverne — sont enchaînés. l'enchaînement dans la caverne et la délivrance. le saut dans la mer. Enchaînement dans la caverne. Il s'agit alors de sauter dans l'eau le — pour abandonner toutes les passions mauvaises. la réception de la dignité. auquel conduit un chemin escarpé. le captif libéré représente l'âme qui s'élève jusqu'à la sphère intelligible. Or cet antre représente le monde visible. Il ne sera pas permis au philosophe de rester là-haut. 519 e. des hommes sont retenus. ouvert dans sa profondeur à la clarté du jour. on le traîne par le sentier dur et es- carpé jusqu'à la lumière. tous les amours humains — de monter sur une barque. ils ne peuvent se mouvoir. il aura le contact sacré et l'illumination. les philosophes devront prendre en mains la conduite et la garde des autres 2. 2. En haut. République. avance. 520 a. L'un des captifs se lève. au VII^ livre de la République.. On l'arrache de la caverne. l'initiation à l'amour mystique ou à l'amour philoso- phique. Platon. 4. 1. d'aborder à l'autre rive et de monter en cou- rant. tourne la tête. développe la fameuse allégorie de la caverne : Au fond d'un autre souterrain. par l'Aimé. il faut que l'un . depuis l'enfance. 1.

Il y a donc là l'image d'un rite religieux très antique : « Selon Euboulos. 157. Voir plus haut. un antre naturel. nide (Diog. De in V antre des Nymphes. 3). 3. IV. Plotin signale le sort des âmes enfermées à l'intérieur d'une caverne. 17). correspondant à l'initiation du prêtre ou du philosophe.les liens qui attachent (les âmes) à leurs peines. les Pythagoriciens. VIII. Platon. p. au septième cet livre il est dit : Représente-toi les hommes dans de la République. 3. En effet.. après eux. 6-9). appe- laient le monde un antre et une caverne. 8. IV. 3). un antre représentait le monde. et qu'il faut ratta- cher à ces idées celles des Pythagoriciens et celles qu'a exprimées Platon au VU® livre de la République. Zoroastre le premier consacra en l'honneur de Mithra. Dans la IV^ Énnéade.. enchaînées et ense- velies : «Le corps est une prison et un tombeau. 101). Pythagore est descendu dans l'antre de l'Ida en compagnie d'Epimé- 2.. Vie (VApolL. une demeure souterraine en forme de caverne. etc.. VIII. chez Empé- docle. S'inspirant de ces croyances. . » {ibid. couvert de fleurs et de feuillages. 19). 1. les forces qui conduisent les âmes disent : Nous sommes venues sous antre couvert d'un toit. 4. et entravées par les liens de la charlatanerie » (IV. IV. insti- tuées par Zoroastre. Cet antre représentait la forme du monde créé par Mithra. et.. arrosé par les sources.. RITES DE l'initiation 287 Puisqu'il s'agit de former des philosophes capables de diriger les autres hommes. nous pouvons penser que Platon fait allusion aux rites par lesquels on forme les prêtres^.. 280.. Sur le Timée. 8. et.. chez Empédocle. chez Platon. Laërce. « . Et Proclus rappelle que l'appellation de l'antre est an- 2 cienne : « La parole des Anciens qui appellent le monde un antre et une prison et une caverne » (Proclus. Nous savons que. créateur et père de toutes choses. et le monde une caverne et un antre » (Plotin. des puissances étaient repré- sentées amenant les âmes dans un antre. 12). Apollonius de Tyane descend dans la grotte de Trophonios {-Philostrate. « Ensuite les âmes furent retenues en bas.' (Porphyre. p. Nous savons que dans des cérémonies religieuses.

il est répété plusieurs fois que le philosophe doit se libérer et se purifier. Phédon.. cela me semble être le Tout. Phédon. il affirme que c'est une grande parole. 82 d). soit en parlant du philosophe qui arrive à la perfection. Platon. ni résister purification qui vient d'elle. pendant cette délivrance. la suivent où elle les conduit » (Platon. Il est dit ensuite : « La philosophie a pris leur âme (philosophes) quand elle était complètement enchaînée dans le corps et collée à lui. ce qu'Empédocle appelle l'antre. elle- même peut s'abandonner aux voluptés et aux chagrins pour qu'ils l'enchaînent de nouveau . L'initié doit se débarrasser de ses chaînes pour remonter vers la région supérieure qui représente le monde intelli- gible. il l'appelle délivrance des chaînes et ascension hors de la caverne » (Plotin. 8. et cette affirmation est reprise par Plotin : Platon dit que l'âme est dans les chaînes et qu'elle est enseve- « lie dans le corps. la marche vers l'intelligible. elle vit qu'elle tenait à Vépilhumia (à la force des le plus à passions). 62 b. Dans le Phédon de Platon. Il est dit d'abord : « Eux-mêmes philosophes) estimant qu'il ne faut pas agir (les contrairement à à la délivrance et à la la philosophie. se tournant vers elle. et la parole prononcée dans les Mystères.288 INITIATION SACERDOTALE Mais Platon ^ lui-même a révélé en termes positifs que la formule d'après laquelle l'âme est dans une prison est une formule des Mystères.) « L'âme de l'homme philosophe. et non pas par elle-même et à travers elle-même. soit en parlant du philosophe mort qui monte dans la région où il doit aller à cause de son initiation. . puisque. que l'âme est dans une prison. 82 d et suiv. elle ne cherche pas à accomplir un travail 1. et ce qu'il appelle la caverne. Et la force (^etvoTYjTa) de cette barrière. en sorte que l'enchaîné est celui qui contribue l'enchaînement » (Platon.. 1). IV. h àizop- piQTotç.uXiv- BoufjLÉvYjv) dans une ignorance complète. forcée d'exa- miner les êtres à travers ce corps comme à travers une barrière. se garde bien d'imaginer que la philosophie va le délivrer et que. Du moins les auteurs grecs le disent-ils. tournant (/. Phédon.

. RITES DE l'initiation 289 sans fin de Pénélope qui reprend le métier pour défaire ce qu'elle a fait.. eti quand elle meurt. revient de là-bas pour nous l'annoncer. est dans les chaînes. » Le philosophe mort. En effet. sans avoir brisé ni arraché celui qui te retient encore. philosophe assimilé à un dadouque. 115. elle se délivre de ses chaînes et elle remonte. Phédon. La même idée qu'il faut se libérer des chaînes pour deve- nir philosophe se retrouve chez Plotin et chez Olympiodore : L'âme. qu'elle soit débarrassée des maux humains » (Platon. Mais. Dans la cérémonie de l'initiation. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 19 . 1. « Celui qui de façon dionysiaque est débarrassé de ses peines et dégagé des chaînes. et monter hors de la caverne signifie marcher vers l'intelligible : « La marche vers l'intelligible. suivant le raisonnement et y restant toujours attachée. p. 2. 1). il l'appelle délivrance des chaî- nes et ascension hors de la caverne » (Plotin. se délivre donc de ses chaînes et monte vers le haut. aussitôt que tu fus délivré du lien de la nature. préparant le calme (de ces voluptés et de ces chagrins). mais elle se retourne vers la pensée. Voir le texte plus loin. 122. le divin. accomplissant les rites qu'il a exé- cutés dans l'initiation 2. il faut quelqu'un qui brise les chaînes. Norvin). IV. tombée. 8. aussitôt tu te précipitas en haut vers l'éther et le ciel ^. se libérer des chaînes. Thémistius. se fai- sant nourrir par celui-là (le raisonnement) elle croit qu'il faut qu'elle vive ainsi tant qu'elle vit. on dit qu'elle est enseve- « lieet qu'elle est dans une caverne. contem- plant le vrai... cet homme est le philosophe catharlique (Olympiodore. mais parce qu'il s'était détaché et défait de lui-même. et relâche de la prison. après t'avoir transporté récemment dans le bienheureux voyage. Voir ci-dessus. arrivant vers ce qui lui est parent et analogue. et ce qui est au-dessus de l'opinion. 84 a). édit. Sur le Phédon. 8. IV. quand elle prend dans la réminiscence un point de départ pour contempler ce qui est » (Plotin. p. rapportant la mort de son père. ou plutôt de la vie étroite. s'écrie * « S'il faut en croire la philosophie qui. 304. 4).

quand ils pour l'animation. II ne faut pas essayer de conquérir la vérité par ses seuls (t efforts » a dit Synésius dans le traité qu'il a consacré à ce grade {Dion. Dans le mythe de Prométhée. En d'autres termes on dit que Dionysos est « gardien de ^ ».. 1933^ p. p. Sur Dionysos àvTpoçyXa?. empruntant des tissent les êtres vivants. possé- dant la puissance sur tous ceux que tu voudras. 2. sur le Phédon. Comm. de Migne... Suivant le texte du Phédon.. mais quand ils dissolvent les êtres vivants en rendant les emprunts.. p.290 INITIATION SACERDOTALE Platon a bien dit que le captif. p.Et chez Thémistius. 9. c'est Héraclès le libérateur. c'est Dionysos lui- même : « Ce qui garde. Sur le Phédon. est entraîné vers le haut {République. Norvin. parties aux éléments. 514 e). édit. et Orphée déclare Les hommes enverront des hécatombes parfaites : dans toutes les saisons revenant tous les deux ans. 66. alors ils délivrent les âmes des corps^» (Olympiodore. 1141).. ou les dieux nouveaux. et toi. » (Olympiodore. et qu'ils sont aussi les libérateurs : « Les dieux nouveaux enchaînent les âmes dans les corps. Or celui qui garde dans la prison.. dans la Pair. d'après une opinion plus mystique. 258). gr. c'est Dionysos lui-même. . Dionysos est cause de libération. c'est la philosophie qui a emmené dans l'éther le philosophe mort. c'est la philosophie qui déli- vre. et lui-même qui se 1.. c'est Dionysos qui est cause de délivrance : « Il est celui qui détache le lien de ceux qu'il veut. 87). l'antre Cependant on peut dire aussi que c'est Zeus qui garde 2. en lui-même c'est réalité qui se maintient en prison d'abord. p. t. 88). demandant la libération d'ancêtres injustes. Norvin. Olympiodore. 87). et le dieu est Lyseus. tu les délivreras des peines terribles et de Vaiguillon infini » (Olympiodore. cit. Sur le Phédon. op. Comme l'initié est un Dionysos. il est cause de la vie divisée. p. édit. ils accompliront les orgies. puisqu'il est cause de la vie séparée. libéré de la caverne. 87. voir Cumont La grande Inscription bacchi- : gue du Metropolitan Muséum {American Journal of Arehaeol. Mais.

comme l'ont vu Platon ^ et Py- thagore 2. dans la Pair. Phêdon. aussitôt tu te précipitas en haut vers l'éther et le ciel. édit. 82.. à mettre le feu à tout un bûcher. 1.. Pensées. un certain noinbre d'entre nous peuvent y arriver. 8. cette fin peut échoir » (Dion. Dindorf). 1136). 2. Mais arrive plus souvent qu'il soit aidé dans sa marche. A ce dernier point. 66. 2. mais lui- même s'étant détaché et défait. « Il s'estpréparé sa route. Car la semence intérieure. En s'avançant il est faire probable qu'il rencontrera l'objet de son amour. p. mais ainsi il arriverait à différer des autres hommes plus que ceux-ci des animaux. et il monte degré par degré. revient de là-bas pour nous l'annoncer.. dirigeant d'en haut la première descente et le caractère éminent de la pensée. Il semble que l'initié monte parfois seul. VII et XXII. qui sera donné plus loin.. à ceux-là seuls qui sont bienheureux par leur famille. à moins que quelque noblesse d'âme ne se ren- contre. il est du moins sur la route.. L'ascension. concerne cette initiation. sans avoir brisé ni arraché celui qui te retenait encore. » (Thémistius. 286. que tu avais habitués à s'élancer ensemble et à courir ensemble. après t'avoir transporté récemment dans le bienheureux voyage. Platon. Mais là-bas. on voit que cet homme supérieur monte au ciel sur un char : « S'ilfaut en croire la philosophie qui. après avoir uni l'attelage des chevaux immor- tels que pendant si longtemps tU avais nourris et soignés. Voici quelle est la voie décrite par Synésius. il est habile à l'augmenter. S'il ne le ren- contre pas. l'entreprise étant conforme à la nature. Discours. texte cité ci-dessus. Pythagore. gr. il Si l'on pense que le texte de Thémistius. RITES DE l'initiation 291 libère enfin : c'est-à-dire.^ t. ayant pris une petite étincelle du logos. ou plutôt concerne l'as- cension au ciel d'un homme qui a reçu cette initiation. cité par Porphyre. l'âme est tenue prisonnière par ses passions et libérée par le Nous (par la Pensée). . de façon à se suffire à soi-même et à tirer de soi-même le principe du mouvement. et. XX. p. aussitôt que tu fus délivré du lien de la nature.. en sorte qu'il peut quelque chose par lui-même. Là-haut. et cela n'est pas une petite chose.

ou une femme. c'est-à-dire ce qui est divin. ^ Nous pouvons donc considérer qu'un saut rituel fait par- tie de cette initiation. s'il y a rite. c'est véritablement dans la compagnie des dieux qu'elle passe le reste de son temps » (Platon. nécessite la faculté d'aimer celui qui mérite d'être initié. ou à des qui onthommes accompli le saut de Leucade pour se guérir d'un amour ou gagner un amour. vers ce qui est et divin et immortel et sage. fait savoir que ce sont les prêtres qui accomplissent le saut rituel. 3. immortel et sage. Or l'initiation sacerdotale. et d'autre part pour fuir la vie que l'homme a sur la terre et les défauts de la condition humaine. D'autre part un texte.sauvages amours. ce^ssent de lui être les attachés. puis les textes plus rares où la roche Leucade apparaît comme placée sur la route qui mène vers les dieux. en quittant les passions et les faiblesses de la condition humaine : « Si tel est son état (de l'âme).terreurs. c'est vers ce qui lui ressemble qu'elle s'en va. elle le tous autres maux de la condition humaine. . déraison. comme aussi pour obtenir un amour désiré. et par cela même. vers ce qui est invisible. où égarement. ou un homme. Phédon. 81 a). et comme on dit de ceux qui ont reçu l'initiation. unique il est vrai. mais elle doit donner la faculté d'enseigner et d'initier. sautant de la roche Leucade par- — fois on trouve le mot Leucate — dans la mer pour fuir un amour cruel et s'en guérir. comporte l'abandon de la condition humaine. ou l'initiation philosophique. Le saut dans la mer. un personnage Voici donc les principaux textes relatifs à divin ou héroïque.292 INITIATION SACERDOTALE L'initié doit arriver vers ce qui lui ressemble. le rite ne comporte qu'une imi- tation du saut accompli autrefois a Leucade. Il est évident du reste que le saut de Leucade ne peut intervenir dans les initiations éleusiniennes que sous forme de récit ou que. c'est vers le lieu où son arrivée réalise pour bonheur. Toute une série de mythes représentent un dieu.

cod. il avait connu que Zeus. quoique Ménandre et Turpilius. p. En voici la cause. qui était Zacynthien d'origine. propre à ceux qui prennent un caractère divin. et fut tué par Antiphos. au lieu où est maintenant Leucas. puis les textes relatifs à l'amour philosophique. et de nombreuses femmes. le hiéron d'Apol- lon Leucatos. et elle. ne pouvant l'ob- tenir. en cela elle imitait Zeus. Bibliothèque. dit-on. il y en eut une qui. gr. son exemple est suivi par la ceux qui chaque année se jettent de la roche dans la mer : « Varron dit qu'un temple fut consacré à Vénus par Énée. qui sautent du haut de ce rocher sont guéris de l'amour. « La roche Leucade a reçu son nom de Leucon. sauta de roche Leucade. citant Ptolémée Hé- phestion. fut guérie de son amour. toujours épris de Héra. dit le poète. s'étant jetée. à son imitation les hommes sau- tent de la roche Leucade pour se libérer d'un amour.. après avoir révélé à Apollon son amour pour Adonis. dans le sanctuaire d'Apollon Érithios. allant sur cette pierre s'y asseyait et était délivré de son amour. ville de Gypre. le trouva à Araes. Aphrodite. dans la Pair. Hippomédon et d'autres » (Photius. Alors Apollon l'emmena à la roche Leucade et lui ordonna de se jeter du haut du rocher. et l'en- leva. le- . et fut délivrée de l'amour qu'elle portait à Adonis. 153 a. se jeta du mont Leucate. Artémise.. furent débarrassés de l'amour après avoir sauté du haut de cette pierre. sauta de la roche Leucade. de Migne. torturés par l'amour. et il atti- rait les femmes à son amour. RITES DE l'initiation 293 puis un texte relatif au plongeon dans la mer qui délivre de la nature humaine et de ses faiblesses. il reçut d'elle un alabasîron de parfum. errant et cherchant. t. Apollon lui raconta que. batelier. Ainsi de nombreux hommes. Tous ceux. compagnon d'Ulysse. Après la mort d'Ado- nis. transporta gratis Vénus changée en vieille femme. dit-on. 190. en qua- lité de devin (mantis). dit-on. c'est de cela que s'autorisent ceux qui chaque année se jettent de ce mont dans la mer. 104). sur le conseil d'Apollon. Comme elle demandait la cause. Celui-ci. les auteurs comiques. c'est cet homme qui fonda. Une femme éprise de Phaon — l'homme qui a reçu d'Aphrodite le don de plaire — et ne pouvant se faire aimer de lui. disent qu'il a été établi par Phaon le Lesbien. Aphrodite. habitué à transporter pour un salaire les gens de Lesbos au continent. Certains disent que cela se fait à cause de l'enfant Leucate.

Épître XV. Lesbienne de Mitylène. par le saut. Enéide. croit-on. n'ont pas beau- coup de poids. Voici ce que raconte Strabon (X. 279). se jeta de la roche Leucade à la demande d'Apollon. Suivant d'autres. lent à s'émouvoir. Toi aussi. III. se jeta d'un saut du haut du rocher visible de loin. que Sappho la première. brûlant d'amour pour Pyrrha. se précipita dans la mer et fit que le mont reçut de lui son nom » {Comment. se précipita « Sappho. Ménandre dit que Sappho sauta la première. comme l'affirme Ménandre.). de Pyrrha. Que la crainte s'éloigne. Il existe d'autres témoignages divers sur le saut de Sap- pho : « Sappho dans la mer du mont Leucate » (Suidas). dit-on. 2. et il pressa les eaux sans se blesser le corps. tendre Amour. épris de Ptérélas. alors qu'Apollon voulait l'enlever. et Ovide évoque le souvenir an- térieur de Deucalion qui. Sans retard. 9) : « Le temple de Leucatas a aussi le Saut. il en sera mieux que maintenant. qui sont les miens. éprise de Phaon. guérit les amours. chanteuse. » Chez Ovide. Sappho s'exprime ainsi : « Nous irons. et d'autres. vaincue par un désir furieux! Quoi qu'il arrive. fils de Déionée. La Naïade avait dit à Sappho : « De là s'est précipité Deucalion. fils de Deïonée.SÔ4 INITIATION SACERDOTALE quel. C'est là. qui. plus amis de l'antiquité. 167 et suiv. ô nymphes! Et nous gagnerons les rochers indi- qués. Deucahon était délivré de sa flamme » (Épître XV. Sappho. c'est elle qui. 171). Air. gagna le cœur de Pyrrha. viens aU- dessous de moi! Ces corps. mets des plumes au- dessous de moi quand je tomberai » (Ovide. disent que ce fut Céphalos. sur ta prière ô Roi Maître. poursuivant le magnifique Phaon d'un désir aiguillonnant. de Virgile. c'est pour obtenir Tamour de Phaon que Sappho accomplit le saut. D'autres croient que le premier à faire le saut fut Céphalos. l'Amour se déplaça et toucha le cœur. par .

155). de Hiiler-Crusius). on la voyait qu'Apollon et Neptune (Poséidon des Grecs) por- taient secours à l'amoureuse — qui était probablement Sappho — : « S 'il y a un amour — et il y en a certainement un — qui ne diffère pas ou diffère peu de la folie. dans VAnthol. le bel article de J. p. se précipita du Leucate. Cet amour donc paraît insensé aux siens eux-mêmes. Dans Leucadia de Turpilius ^. t. au mot Phaon. Un texte d'Élien mentionna seulement le saut accompli en l'honneur d'Apollon : 1. dit-on. Lesbienne. La Basilique pythagoricienne de la Parle Majeure.Apollon l'attend ^. d^autres disent que c^est l'hétaïre. Tusculanes. . J. autre. 15. La Basilique de la Porta Maggiore.. 61 et suiv. « Leucate rocher du continent. nous voyons aussi Anacréon accom- plir le saut. 94. Varron. avec beaucoup d'autres. I.. On : raconte que Sappho. Karl Kerenyi. je t'appelle : porte-moi secours! El toi Neptune tout-puis- sant! Et vous aussi. Hubaiix. Apollon : le Saint. car il y en eut une. Mais quelles tragédies il produit Toi. RITES DE l'initiation 295 amour pour Phaon le Mitylénien. fut prise d'amour pour Phaon. Der Sprung von Sappho. comme dans la Leucadia : S'il est un dieu qui ait souci de moi. Anli' quité classique. sous l'influence de l'amour : « Soulevé du rocher Leucade. rapprochait Turpilius et Ménandre. une barque prête à la recevoir et à la transporter sur une autre rive où Phaon. m. non pas Sappho la poétesse. Voir. elle se jeta du haut de la roche Leucade (Sui- das. hétaïre » (Photius). ivre d'amour » (Anacréon. je roule dans la mer écumante. 3. Photius dit la même chose). ne réussissant pas. IV. 371 et suiv. sur l'ensemble de la question et la bibliogra- phie. 34).. Les peintures du temple antique retrouvé à Rome près de la Porte Majeure représentent Sappho se jetant dans la mer. « Phaon se dit de ceux qui sont aimables et très brillants. 375 et suiy. Carcopino. d'après le texte cité ci-dessus. tirée de la Leucadia d'Alexis ^Athénée. XI. 2. mais la lesbienne. 498). C'est Sappho la poétesse qui fît cela la première pour Phaon. Quel- ques-uns ont écrit que la poésie lyrique est d'elle aussi » (Suidas). et que. » (Cicéron. Au lieu de Sappho.. V. d'où les prêtres (oî lepeTç) : se jettent dans la mer. « Sappho la téméraire qui ne redouta pas Ghalcide (Leucade dans certains manuscrits) » est-il dit chez Stace {Silves. citée par Cicéron. p. p.. p. p. La Leucadia est une pièce de Turpilius. Archiv fur Religionswissens- chaftf 1926. vents!.

Du reste. d'Aristophane. Parfois la roche Leucade apparaît comme le lieu par où passent les âmes de certains morts. 333. 946 et suiv. gorgées de sang. p. de Sicile.. adieu! et je plongeai mon corps sous les profondeurs de la mer. VII. Callimaque. celles-ci. Nature des animaux. on sacrifie un bœuf aux mouches. XXVII. XXXII. plus anciennement. 1356. G. C'est ce qui est dit au XX IV^ chant de V Odyssée pour les âmes des prétendants : (les âmes des prétendants) allaient au delà des cours de a Elles VOcéan et de la roche Leucade et au delà du Soleil et du peuple des Songes (Odyssée. il existe un plon- geon rituel par lequel on devient meilleur ^. Hymne à Arîémis. Schol. ou le lieu d'où elles se précipitent pour gagner une autre vie. je me trouvai avec un nouveau corps et un nouvel esprit. 1922.. ou tom- bant par hasard dans des filets ^. 8). 1923. Der Leukas-Sprung und andere rituelle Sprûnge... pendant laquelle on saute en l'honneur du dieu.) Des mythes montrent une vierge Britomartis se préci- pitant dans la mer pour fuir l'amour de Minos 2. Méautis. Je reçois d'eux une lustration (lustror) et quand ils ont dit sur moi neuf fois une incantation (carmen) propre à purifier de tout mal (nefas) ils m'ordonnent de recevoir cent fleuves sur ma poitrine. Diod.. XIII. E. Quand la pensée me revint. par le pêcheur Glaucus. Pausanias. II. Hubaux. V. » (Ovide Méta- morphoses. Sappho et Leucothéa. XI. 3. 189 et suiv. par exemple. dans le Musée Belge. C'est le plongeon. Grenouilles. Le plongeon rituel. Antoninus Liberalis.296 INITIATION SACERDOTALE « A Leucade. 3. R. A. J. S.. 1. 2. Laographia. Les dieux de la mer me reçoivent et m'associent à leur honneur et prient Océan et Téthys de me dépouiller de tout ce qui est mortel en moi. » [Élien. ^y XXIV. Sans retard. . 76. Voici comment il raconte lui-même ce qui lui est arrivé après qu'il a mangé d'une certaine herbe : « Terre que je ne regagnerai plus. 30. les fleuves tombent de divers endroits et toutes les eaux me passent sur la tête. quand doit venir la panégyrie. Eitrem.suivant Ovide.il y a un promontoire élevé. début).. et ceux qui l'honorent l'appellent Actium. Ainsi. disparaissent. 1930. qui a été accompli autre- fois.. 40. là est établi un temple d'Apollon. indépendamment de Leucade.

la roche Leucade ». coulant tantôt vers le haut. vers les dieux et vers le monde de la génération. Cet Océan. 7-8). dit l'auteur chrétien des Philosophoumena. la bouche d'où part l'âme humaine : « Roche Leucade. Suivant Nonnos. allégoriquement. 65. Quand le commentateur de Virgile dit que le saut per- ^ met de « trouver les parents ». l'Océan coule vers le bas. 3. et au delà des portes du Soleil et du peuple des Songes. 59. tantôt vers le bas. . dit-il (dit Fauteur naassénien) c'est la genèse des dieux et la genèse des hommes. Hypnos.» habite près de Téthys. les hom- mes. XXI.. VIII. Mais un chœur d'Euripide exprime le souhait d'arriver dans le lieu d'Occident où sont les fruits d'or. la roche Leucade est près de l'Océan. 2. c'est la genèse des hommes. revenant toujours par un cours contraire. frère de la mort 1. ne veut-il pas dire que c'est le saut de la mort? L'Océan. parce que les dents sont blanches [leucoij. par les Samothraciens et dans les Mystères d'Eleu- sis ^ : Elles (les âmes des prétendants) allaient au delà des cours de « l'Océan et de la roche Leucade. de la pierre Leucade on va vers les dieux. On ditest emporté le long de ce que l'Océan rocher. où coulent des sources immortelles venant du foyer de Zeus. mais l'auteur fait con- naître souvent par ailleurs que la doctrine des Naasséniens se rapproche beaucoup de ce qui est enseigné par les Égyp- tiens. par exemple. Dionysiaques. RITES DE l'initiation 297 Suivant Hésychius. quand il coule en haut vers le mur et la fortification. où la mer touche le ciel. le Sommeil. et la pierre Leucade. Sur les Eglogues. où le sol augmente la félicité des dieux : 1. par roche Leu- cade. c'est le Sommeil. c'est la genèse des dieux » {Philosophoumena. 146. Ou bien. Voir plus haut. coule vers le haut et vers le bas. notre bouché à nous. dit-il. V. ou bien on peut désigner allégoriquement. car les âmes des morts remontent par la bouche » (Hésychius). Quand. c'est là la théorie des Naasséniens. p.

. accompli dans une initiation. Welcker. Schlegel. près des couches où le sol donneur de vie. « accomplissant la route des chantres. Phédon. que tient Atlas. p. Sappho von einem herrschenden Vorurlheil befreil. G. rencontrant la borne vénérable du Ciel. le saut de Sappho à Leucade aurait été inventé par la comédie : voir A. du haut duquel les prêtres sautent dans la mer. 2. vers le lieu où les sources d'immortalité tombent des foyers de Zeus. Suivant certains auteurs modernes. t. » 1. vers le lieu où Celui qui veille dans la mer aux eaux empourprées. cité plus haut dans ce même chapitre. 376. Dès lors nous pouvons penser que le saut accompli à Leucade est un acte rituel. » Mais le rapport du saut de Leucade avec un amour dont il débarrasse et avec un amour qu'il procure permet bien lui aussi de déterminer quel est le degré d'initiation dont il s'agit En effet Platon ^ déclare que l'âme doit arriver vers le lieu où « égarement. puisque la mort ressemble à une initiation i. Il semble bien qu'il y ait là une idée analogue à celle qui a été exprimée plus clairement par d'autres auteurs et que le chœur veuille direen somme : puissé-je mourir 'et aller chez les dieux bienheureux pour y jouir d'une dignité émi- nente.298 INITIATION SACERDOTALE Puissé-je arriver vers ie rivage où est la semence des fruits. le sol très divin. p. Platon. W. 97 et suiv. Hippolyiej 741- 752). . I. fait croître la félicité pour les dieux » (Euripide. F. La note de Photius à déterminer de quelle suffirait ini- tiation il s'agit. ne fournit plus de route aux navigateurs. Ûeber dramal. sauvages amours. Kunsî und Litler. terreurs. et tous les autres maux de la condition humaine cessent de lui être attachés. 81 a. D'autre part. il s'ensuit que le saut de Sappho a une valeur symbolique dans une initia- tion. or toute cette basilique a un rapport évident avec certaines initiations. déraison. le saut de Sappho est représenté dans la basilique de la Porte Majeure. puisque Photius dit : « Leucatès : rocher du continent.

Donc. tantôt retourner à des broussailles et des osiers?. par Platon. Com- ment en effet pourrait-on dire qu'ils ont avancé. pour comparer une grande chose à une petite. évi- demment après être devenus aptes à les recevoir. le logos ne les accueille pas non plus au retour. En effet comment y aurait-il accord entre ces deux choses. -dont on suit en pariâe la traduction. est irraisonnée. par Plutarque. elle les entraîne bien bas. et d'arriver au delà du logos sans avoir travaillé suivant la logique. qu'ils ne doivent pas apprendre quelque chose. ni première étape. Car ceux que le logos n'a pas accompa- gnés au départ. un amour supérieur. est loué par Socrate. sans phase intermédiaire. Mais la fin où il faut arriver est commune aux deux. . Arisîole el les Mystères. p. et de même le fait d'aboutir au terme sans courir. Alors le saut serait ce dont il est question dans un pas- ^ sage peu clair de Synésius : « Ceux qui se sont avancés sur l'autre voie. Comme cela sera dit cî-dessous. tantôt être en contact avec le Premier. et poussé par les dieux. d'ailleurs. ils ne diffèrent en rien l'un de l'autre » 1. ni deuxième étape. une fois arrivés. ni ordre? Mais leur démarche ressemble à une Baccheia et à un saut. et. ou par un saut. dite la voie adaman- tine (admettons en effet que quelques-uns d'entre eux arrivent ^u terme) ne me paraissent pas avoir marché sur une voie. chez Xénophon. mais. L'aptitude elle aussi. pour ces hom- mes. et elle ressemble à une chute. devons-nous admettre que l'on peut parvenir de deux façons vers le lieu supérieur.. amour par lequel ilspoursuivent les jeunes hommes beaux et bons. Voir là-dessus Jeanne Croissant. RITES DE l'initiation 299 Mais il est un amour pur. et être mis dans certaines dispositions. que doit acquérir le philosophe. elle l'est beaucoup plus encore. elle ne ressemble pas non plus à ce qui varie selon les situations. il est représenté dans les Mystères \ Peut-être. de même que nous avons comparé à un saut la montée vers le haut. Cet amour. 140 et suiv. 2. mais éprouver des émotions.. en fin de compte.. par une montée. la descente se fait aussitôt après une action de peu d'impor- tance. propre aux hommes de bien. amené par une sorte de délire. et lorsque la raison ne la prépare même pas. Car l'expérience sacrée ne ressemble en rien à une attention de la connaissance ni à une marche de l'esprit. il en va de cela comme de ce que dit Aristote de ceux que l'on initie. puisqu'il n'y a pas progression.

t. Couvreur. Xénophon. sur le un amour capable de Phèdre. entre profondément dans « lesens de Platon et prouve par des arguments irrésistibles que l'amour de Socrate pour Alcibiade est un amour sublime et non un amour vulgaire » (Olympiodore. a Socrate. p. si je veux être avec eux. je sois désiré. Fragments de philosophie ancienne. dans la Pair. 15). L'amour que portent les hommes de bien aux jeunes gens bons et beaux est loué chez Xénophon : Plein de confiance. alors je change et j'incline vers l'imitation de ces hommes. et. essaie de devenir homme de « bien. L'initiation ou à l'amour philosophique. à la con- duite du peuple {^ri[L<x-^(jiY^<x) et à la vertu des mœurs. de poursuivre (ôyjpav) ceux qui sont beaux et bons. que je me lance tout entier. ô Gritobule.). je sois en retour aimé par eux et afin que. étant amoureux (èpwTixô. afin que. quia pour Phèdre un amour capable de faire remon- ter. quand j 'ai le désir de certains hommes. et sauver. Comm. 50. à l'amour mystique 4. Platon. Et les anciens Grecs ont bien distingué cet amour d'un amour vulgaire : Harpocration. dans Victor Cousin. Et peut-être aurais-je le moyen de prendre part à cette poursuite des beaux et bons. Sur V éducation des enfants. et que. » (Hermias. C'est cet amour qui est loué plusieurs fois chez Platon. de Migne. ils veuillent être avec moi » (Xénophon. 6. Dion. Éros de l'âme juste et chaste et bonne » (Plutarque. 260). On attribue aux dieux mêmes cet amour de nature mys- tique : « Ce n'est pas à cause de son corps. Eschine. Sur le Premier Alcibiade. II. 66.300 INITIATION SACERDOTALE (Synésius. T[t. p.. a Cébès. 7. 8). édit. Et Euripide témoigne en leur faveur quand il dit Mais il est un autre Eros : chez les mortels. les désirant. devenu tel.. tout le chœur de ces hommes qui ont honoré les amours mâles et ont amené les jeunes gens à la science (iiaiSeia). Car c'est d'une façon terrible. mais à cause de son âme . 4^ édii. Plutarque l'a loué lui aussi : Mais quand je considère Socrate. 28). 48 et 49. arrivé en cet endroit. p. les aimant. Mémora- bles.. gr.). 1313 et suiv.

Amours. . c'est- à-dire qu'il affranchit son âme des obstacles de la matière et la gouverna avec une sagesse divine » (Olympiodore. Alexandre. 6. placent leurs âmes seules. Diogène Laërce. Tha- myris fut amant d'Hyménaios. 8. et ceux qui lui accordent quelque temps entre la mort et la conflagration de l'univers. Fragments de philos. Et c'est ce qu'a voulu exprimer Tertullien. Sur le Gorgias. dit-on. Alexandre. Sappho von einem herrs- chenden Vorurîheil befreil. RITES DE l'initiation 301 que Ganymède a été emporté par Zeus dans F Olympe » (Xéno- phon. 30). On l'attribue à des philosophes : par exemple Zenon d'Élée est présenté comme disciple de Parménide et son aimé ^. LIV). Laïos apprit à Chry- sippe l'art de conduire les chars 2. Apollodore. dans Cousin. comme aimé par un philosophe qui est lui-même disciple d'Apol- lonius de Tyane ^. 346). ancienne. Théocrite. 2. même chez les philosophes. comme Pythagore. 3. On l'attribue à des héros Héraclès enseigna à Hylas : tout ce qui faisait sa propre gloire ^. édit. 4. 5. p. Ainsi. 5. au mot Thamyris. XIII. Les Belles Lettres. On peut dire que cet amour des enfants est permis aux philosophes seuls '. comme les Stoïciens. Suidas. 5. 8. I. c'est-à-dire les âmes des sages dans les demeures d'en haut. 25. Banquet. Apollodore. comme Empédocle. avec toute son hostilité habituelle : a Tous les philosophes qui réclament l'immortalité de l'âme. Voir là-dessus l'édition d'Alexandre par M. l'im- pureté a un grand privilège » (Tertullien. 7. le faux prophète de Lucien. 30 et suiv. Cas- ier. ou bien. 3. VIII. G. De même valeur mystique sont les amours attribués à Sappho K 1. « L'union physique n'existe pas pour Dieu. IX. mais à ceux qui ont embelli la philosophie par l'amour des enfants. 4® édition. Platon n'accorde pas cela au hasard aux âmes des philosophes. De Vâme. Welcker. fils de Calliope *. il est vrai. III. Lucien. Lucien. comme Platon.Voir là-dessus le vieux livre de F. à leur façon. Bibliolh.. 3. ce fut Thamyris qui indroduisit l'amour des enfants ^. Voici le sens du mythe crétois : un certain Ganymède s'éleva tellement vers la divinité qu'on dit qu'il en devint le convive et l'échanson.

Suidas. contre les Grecs. Hipponax *. chante une femme impudique et folle d'amour. Lysias. 18. In his libris de patria Homeri quaerilur. libidinosior Anacréon. dans la réalité. Euneika 3. Athis. au mot Sapho). entre diverses questions oiseuses.. Si. 16 et suiv. au mot Sappho. Didyme le grammai- rien avait posé. Platon range Sappho « la belle » et Anacréon « le sage » parmi les personnages antiques dont les paroles peuvent convaincre quelqu'un de fausseté ^. « Sapho.. 43. Gongyla. Mégara. Quatuor milia librorum Didymus grammaîicus scripsii. 1809. Télésippa. 2. Lettre 88. son cœur la chaleur qui guérit l'amour par les Muses aux chants suaves. Phèdre. ou des hommes comme Anacréon. 4. Contre Timarque. 362). . et elle chante son propre déshonneur » (Tatien. c'est énumérer ses disciples. Erolicos. 53). in his de Aeneae maire vera. III. III. Baucis. 763 a). Par conséquent. p. etc. Archiloque. 3. Poèmes cités chez Athénée.302 INITIATION SACERDOTALE Les chrétiens seuls lui reprochent d'avoir été une femme impudique. ou une femme publique. condamnés par les lois des Grecs ^ : 1. l'auteur chrétien évite seulement de rappeler que les amours contre nature sont. 5. eut trois compagnes ou amies.. Platon. Plutarque estime que Sapho guérit de l'amour par sa poésie : « commémorée parmi les Muses. 579 c-d. et d'avoir chanté sa propre abjection : « Sapho. dit-il. au témoignage de Sénèque ^. le chrétien saint Cyrille nous en est garant. suivant l'expression de Philoxène » (Plutarque. elle fait monter de. rapporte Suidas... Anagora... an ebriosior vixerit? in his an Sapho publica fuerit? (Sénèque. in his. Que cette union mystique soit représentée dans les Mys- tères. dire que Sappho a aimé des femmes comme Érinna. t. dit Tatien. 235 c.. Argentorali. p. à l'égard desquelles elle subit l'accusation d'une amitié honteuse » (Suidas. Avec Elle mérite d'être ses mélodies. la ques- tion suivante: an Sappho publica fuéril? '^ous pouvons penser qu'il répondait par la négative. Eschine.

le corps ne suffisant pas à empêcher cette union. Gr. 244. de cohabiter dans la même demeure. bien que l'Aimé fût loin. et près de celui qui était l'objet de ton amour. La réception de la dignité. 286-287. tout illuminé. Pair. mais c'est lui-même qui devient un homme d'or en se débarrassant de toutes ses impuretés. t. Mais elle est elle-même. sans s'attirer de reproches. en sorte qu'il fait quelque chose même par lui-même. qui représente le monde intelligible. charlataneries et unions de mâle avec mâle et ceci à l'intérieur des enclos religieux. p. devant les dieux qui en sont témoins. 66. . » 5. p. il monte par : degrés. le divin Aristote. Or le texte de Thémistius cité plus loin concorde en quel- que façon : « Aphrodite assistait celui qui portait le flambeau et les Charités touchaient à la télété » (Thémistius. voit une statue toute couverte de boue. même ici. 1136). et l'épreuve des faits a montré que cela se pra- tique encore à notre époque » (Saint Cyrille.. Mais en réalité c'est lui-même qu'il rejoint. Il est dit par Synésius « Il s'est préparé la route. il les salue en disant : Salut! Je suis devant vous un dieu immortel! C'est Plotin qui est le plus clair sur ce point : «Ce n'est pas en courant quelque part au dehors que l'âme voit la tempérance et la justice. les autres vices. édit. 873). RITES DE l'initiation 303 « Appelant Aphrodite l'impudicité. avec lequel tu essayais. Dindorf). Thémistius fait l'éloge de son père qui est monté tout droit vers le séjour supérieur : « Ils te font asseoir près de Socrate et de Platon. Discours. 8. Contre Julien^ VIII. car. il est probable qu'il rencontrera celui qu'il aime » (Synésius. Il est devant des êtres divins. ils évitent beaucoup trop de s'opposer à la déesse ils pratiquent. . en elle-même. p. il la nettoie Il pour faire resplendir l'or dont elle est composée. L'initié parvient dans un lieu supérieur. Dion. XX. Ainsi le saut dans l'Océan a le même but final que l'as- cension hors de la caverne. en s'avançant.

revient de là-bas pour nous l'annoncer. XX. Aussi alors n'eus-tu pas besoin d'aiguillons et de freins avec le cheval vagabond et insolent. mais concevant l'invisible par l'invisible (àtScû) To âiSwv xaTovooOvTa). quand serons-nous de nouveau ensemble? Car s'il faut croire la philosophie. aussitôt tu te précipitas en haut vers l'éther et le ciel. . Thémistius raconte en effet comment son père. 10). Tel l'or. 10).304 INITIATION SACERDORALE quand elle réfléchit à ce qu'elle était auparavant. qui. souvent. com- ment il a été habiter près de celui qu'il aimait ^. il réfléchirait qu'il n'avait nullement besoin d'une beauté empruntée. de même que si elle voit. et il se croira immortel quand il se verra dans l'intelligible et le pur. est monté vers l'éther sur son char dont les coursiers avaient l'habitude d'obéir. Discours. mais ce cheval. après avoir détaché les liens qui le retenaient. 7. éclairé par la vérité venant du Bien. Thémistius. « Examine donc (l'âme) après avoir enlevé (tout ce qui est souil- lure). édition Dindorf. p. en sorte que. lui qui s'ignorait d'abord. parce qu'il ne voyait pas l'or. intelligible et lumineux. comment les démons vinrent à sa rencontre. com- ment Rhadamanthe et Minos l'ont trouvé sans tache. sans avoir brisé ni arraché celui qui te retenait encore. ô le plus admirable. qui fait briller la vérité sur tous les intelligibles. IV. quand il : aura monté vers le divin et qu'il aura considéré sa ressemblance avec lui » {Ennéades. IV. ou plutôt que celui qui a enlevé se voie lui-même. Mais Thémistius nous apprend au fond la même chose. 1. il pensera qu'elle est bien dite cette parole Salut! Je suis pour vous un dieu immortel. empêchant que l'un tire en haut et que l'autre appesantisse l'attelage vers le bas. après avoir uni l'attelage des chevaux immortels que pendant si longtemps tu avais nourris et soignés. étant très fort par lui-même. 286-287. autrefois des pères. Car il verra le Nous en situation de voir non pas une chose sensible ou une des choses mortelles. après les avoir nettoyées. mais mainte- nant des dieux. mais lui-même s'étant détaché et défait. s'il avait une âme il a ôté tout : ce qu'il y avait de boue sur lui. qui avaient été couvertes de rouille par le temps. si on lui permet d'être lui-même en lui-même » (Plotin. des statues établies en elles- mêmes. que tu avais habitués à s'élancer ensemble et à courir en haut tous les deux. après t'avoir transporté récem- ment dans le bienheureux voyage. tout ce qui est dans l'intelligible. 7. aussitôt que tu fus délivré du lien de la nature. « Et toi. il s'admirerait alors quand il serait séparé de la chose. devenu lui-même un monde.

saint et pur. reconnaissant ceux qui étaient dignes. Le futur prêtre reçoit les flambeaux qu'il aura le droit de montrer aux mystes : 1. de cohabiter dans la riiême demeure. contribua à emporter le char. Certes. Ils te conduisent et te font asseoir près de Socrate et de- Platon et près de celui que tu aimais. et toute sorte d'embarras. te glorifie par-dessus les autres. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 20 . Mais lorsque ce prophète. l'ayant embellie et l'ayant polie de toute part. et on contemplait les hiéra et tout ce que Py- thagore de Samos apporta d'Egypte en Hellade et tout ce que plus tard enseigna Zenon de Cittion dans le Portique du Poecile ». t'étant acquitté du devoir pour lequel t'avaient envoyé sur la terre. II. venant à ta rencontre et s'attachant à toi. Celui qui s'approchait depuis peu des sanctuaires était saisi de vertige et frissonnait. L'inquiétude le tenait. dit Porphyre 1. c'est de savoir « établir les statues ». De Vabslinence. et t'aime et ne sait comment conte- nir sa joie. ce brouillard et ce nuage se bri- saient. 192. comme du philosophe. Et. et le Nous apparaissait du sein de la profondeur. 49. Rhadamanthe ou Minos ne trouvèrent de tache marquée ou gravée sur ton âme. ni à la jeter dans les carrefours. et les Charités touchaient à la iéléié. avec le quel tu essayais. te payant la reconnaissance qu'il te doit parce que tu as prophétisé la prophétie d 'Aristote. ayant ouvert les propylées du temple. la montrait à l'initié déjà tout éclatante et resplendissante d'un éclat divin. et que tu as prophétisé la prophétie de la sagesse que lui il avait trouvée et exercée. tu dissipais pour eux les ténèbres et tu mettais à nu les statues. ayant songé à ne pas en priver les bons. et le corps ne suffisait pas à empêcher cette réunion. tu revenais ils aussitôt. RITES DE l'initiation 305 devenu bienveillant et tout à fait d'accord avec son compagnon de joug. Mais en même temps s'ouvraient tous les les anaciores des sages. et Aphro- dite assistait celui qui portait le flambeau (le dadouque). ô tête divine. Unedes fonctions du prêtre. ayant développé les chitons de la statue. au lieu des ténèbres d'auparavant. plein de lumière et d'éclat. plus brillamment que Bacis ou Amphilytos celle de Loxias. ni enavant ni en arrière. Mais toi. incapable qu'il était de saisir les traces ni de s'atta- cher à aucun commencement qui pût le porter à l'intérieur. parce que. même ici. et le peuple des bons démons. puis couverte de ténèbres et revêtue d'obscurité. Et l'assemblée sacrée des dieux te reçut. C'était doncvisage et l'aspect d'Aristote qui se voyaient le dans Mystères. celui-là. le divin Aristote. bien que l'objet de ton amour fût si loin. te félicitant.

ouvre les propylées. 8. 1. Ayant reçu une faible portion de lumière. /. t.306 INITIATION SACERDOTALE « Il a obtenu les flambeaux mystipoles ». gr. c'est-à-dire les flam- beaux qui éclairent les mystes. — MÊMES RITES DANS D 'AUTRES MYSTÈRES. avec Trypk. Justin. Cela est dit par Thémis- tius. G. Porphyre. ayant reçu une petite étincelle de logos à enflammer tout un bû- cher » (Synésius. De la couronne du Soldai. el ApoL. p. il est capable de l'augmenter à l'infini : (( Il est habile à faire croître la semence qu'il a à l'intérieur. 66. 2. Mais les détails manquent. Pair. 2. Tertullien. quand il a illuminé le sanctuaire. Sur l'antre des Nymphes. C'est surtout pour les Mystères de Mithra que nous con- naissons l'antre où Ton recevait des initiations ^. Dion. III. 15. Dialog. § III. dans le texte cité ci-dessus. . 172.. ch. il montre tout éclatante aux initiés la statue qui représente le Nous. dit d'un dadouque une inscription grecque ^. Le nouveau dadouque. et. texte cité plus haut. 1136)..

. 2. prennent un comme insignes le sceptre. ont du moins conservé la dignité royale religieuse. La religion grecque antique reconnaît l'identité du pou voir politique. qui n'ont plus. 11. s'assimile au roi. 9. musicien. le roi est chef de l'agriculture. 10. de médecins. pilote du navire. du pouvoir religieux et du pouvoir intellec- tuel. il a comme symboles surtout le lion et l'aigle. 6. le roi est philosophe. Pour elle : 1. de musiciens. nom nouveau. sans oublier que lesAthéniens. le trône. 3. en théorie. le roi est de nature divine. ou bien honore le chef de prêtres comme un roi. le roi est berger de son peuple. 7. con- ducteur du char. et voilà pourquoi elle honore le roi comme un prêtre. ou chef de 5. quand ils accèdent à leur di- gnité. il y a des reines et des hiérophantides. le roi a des fonctions sacerdotales. le roi a une action sur les phénomènes de la nature. il y a du reste. Nous allons parcourir ces divers points. philosophes. 8. à l'époque la plus importante de leur histoire. de rois à pouvoirs entiers. ou le hiérophante. plusieurs sortes de royautés. le roi ou le hiérophante. — Caractères généraux DE LA DIGNITÉ ROYALE OÙ HIÉROPHANTIQUE. 4. le chef des prêtres. CHAPITRE XI INITIATION HIÉROPHANTIQUE OU INITIATION ROYALE § I. le roi a : le vêtement de pourpre. médecin. la sphère.

. etc. Supplian- tes. Origines magiques gieux de la Royauté pharaonique. tu domines tout besoin » (Eschyle. 243. sur ton trône au sceptre unique. 658). . p. Aux îles Tonga. ^p. 1600 et suiv. E. Tite-Live. chefs militaires p. foyer du pays. VI. jours au Japon et chez des peuples Kindshipj de la royauté. Les religions des peuples non civilisés. à Rome. II. 56). 79). a été bien montré par Fustel de Coulanges. les filles de Danaos disent au roi d'Argos « Tu es : la cité!Prytane sans contrôle. en Egypte.. Réville. La Cité antique. Voir là-dessus Hocart. fragments. en Perse. il persiste très longtemps au Pérou et en Chine. en Perse. Ann. Chez Euripide. ihid. étaient à la fois magistrats. Ce caractère de la royauté est bien attesté en Egypte. le roi est prêtre ou chef de prêtres : Homère montre plusieurs fois les rois occupés à des cérémonies sacrées : Agamemnonet Priam au chant III de l'Iliade.. Censorinus. 2. en Étrurie et ailleurs ^.. X.. Oresle. en Etrurie. Oreste ayant déclaré « Il est juste que je domine : le pays dans cet Argos pélasgique ».. 4). A. Chez les Hellènes de l'époque héroïque. Les lucumons étrusques et pontifes (Virgile. Les de Sparte. Le caractère religieux des rois en Grèce. 175.. 1. Mystères égyptiens. Chez Eschyle. et le droit de porter la guerre dans le pays qu'ils veulent » (Héro- dote. Pourrais-tu frapper les victimes avec ta lance? » (Euripide. Du caractère reli- passim. 178. il y avait une sorte de pontife qui avait autrefois été maître temporel aussi bien que spirituel {Id..308 INITIATION ROYALE 1. exercent des rois fonctions sacerdotales : « Les Lacédémoniens ont accordé aux rois ces privilèges deux : sacerdoces. II. Achille au chant IX. Le roi prêtre ou chef de prêtres. celui de Zeus Lacédémonien et celui de Zeus Céleste. Frazer. à diverses époques. à l'époque historique. Aux îles Pomotou les princes eux-mêmes étaient prêtres en vertu de leur titre princier (A. il se rencontre encore de nos divers. 370 et suiv). Enéide. 1. V.) Et Philon conserve le souvenir du caractère sacerdotal détenu par les rois antiques « Les premiers rois me paraissent avoir été : en même temps chefs de prêtres » (Philon. A. L'union. Religion des anciens Egyptiens. par les signes de ton front qui seuls décident. Ménélas lui pose ces questions: « Pourrais-tu bien toucher les libations?. 202 et suiv. Nestor au chant III de VOdyssée. du pouvoir reli- gieux et politique. Moret. apparaît couramment dans du pouvoir l'antiquité. dans la même personne royale. et. p. Naville. Moret. 77). etc. XXIII. tu domines l'autel. du musée Guimet. Il n'est donc pas surprenant que nous la trouvions dans la Grèce antique 2.

. » {Politeia des Athéniens.. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 309 « (A Lacédémone) ce qui concerne les dieux est confié aux rois » (Aristote. Frazer. 15. 488. 1.. Voici quelques textes importants sur ces points. Gf. à Athènes. Il en est de même à Syracuse. 5). Chio. Téos. etc. 57. ô Athéniens. se fait là. 1). trad. le Polémarque. D'autre part. 26-29. c'est aussi lui qui propose tous les concours de flambeaux » (lôirf.. I. . près du Prytanée. Cf. d'abord de Platon : Platon. » Puis d' Aristote : « (Avant Dracon) le Roi avait ce qu'on appelle maintenant le Boucolion. des Lacéd. ont conservé cependant un Roi ou Basileus : l'Archonte- Roi qui dirige les cérémonies sacrées. 56. Xénophon.. Mitylène. par exemple. Origines magiques de la royauté. p. sur les fonctions religieuses de l'archonte. juge les procès d'im- piété. y avait une puissance domi- il nante et la royauté. Cos. avec les épimélètes que le peuple élit au nombre de deux pour l'ensemble des Athéniens. ensuite il s'occupe des Dionysies Lénéennes. «Le Roi s'occupe d'abord des Mystères. le a « le privilège des choses sacrées les plus vénérables et les plus aimées des ancêtres. Rép. les Stratèges ont des attributions religieuses ^. comme reine. ^. dansPolitique (290 d) rappelle que le Roi. et la preuve c'est que. l'autre de la famille des Géryces. les magistrats politiques comme le premier Archonte. l'union de la femme du Roi avec Dionysos. l'un de la famille des Eumolpides. 9. Schœmann-Galuski... Voir là-dessus. » Voici celui de Démosthène : «Au commencement.. 3-5. Ils ont aussi les Rois des tribus diverses. 2.. 58-1 sur celles du polémarque qui « fait les sacrifices à Artémis Agrotéra et à Énalyos (ou Ares). p. afferme les domaines sacrés. ibid. encore main- tenant. Gyrène Les Athéniens. III.. 2. le roi faisait tous les sacrifices... dans notre royauté appartenant à ceux cité. III. franc.et son épouse... qui l'emportaient toujours sur les autres parce qu'ils étaient auto- chtones. et le mariage. ibid. constitués de bonne heure en démocratie. Antiquités grecques. Politique. 2).

et ils gardent le temple d' Hestia : a Très proche de cette activité est celle qui concerne tous les sacrificescommuns ceux-ci ne sont pas confiés par la loi aux : prêtres. XIV. « Basileus : celui qui s'occupe des Mystères » (Hésychius). A Ëphèse. A Gyrène. p. le peuple ne choisissait pas moins le Roi parmi ceux qui étaient considérés comme les premiers. 632-633). IV. et la loi dis- posait que son épouse fût citoyenne. la pourpre insigne de naissance royale. archontes. Voilà pourquoi on dit que la royauté des Athéniens fut établie là. que Ton nomme suivant pays. Partout en Grèce. les sacrifices communs à la cité sont exécutés par des hommes qui ont le pouvoir politique. afin qu'elle pût sacri- fier les sacrifices secrets aux dieux » (Démosthène. 162). suivant Strabon. — (dit devint roi et . Battus dépossédé conserve l'exercice de cer- taines fonctions sacerdotales (Hérodote. fils de Godros. VIII. et encore maintenant ceux qui sont issus de cette famille sont appelés rois. mais qu'elle se mariât vierge. 1370). les insignes royaux et la prêtrise de Déméter : «Androclos commanda des Ioniens la colonie — Androclos Phérécyde) légitime de Godros fils d'Athènes. votant d'après leur excellence. fondateur d'Éphèse. 90). ayant certains honneurs. la proédrie dans les concours. et n'eût pas été unie à un autre homme. Mais lorsque Thésée eut réuni ensemble les Athéniens et eut fait la démocratie. p. des rois héréditaires. et les hiéra de Déméter éleusinienne » (Strabon. D'autres cités ont vu la même évolution qu'Athènes : elles ont conservé leurs Rois en leur laissant seulement le pouvoir religieux. 74-75.310 INITIATION ROYALE faisait naturellement les plus vénérables et les plus mystérieux. roi d'Athènes. gardent certains privilèges honorifiques. mais à des hommes qui tiennent cet honneur de T Hestia . 3. Contre Néère. Et voici d'autres textes. rois ou prytanes. entre beaucoup : «Le Basileus préside aux Mystères avec les épimélètes. et que la ville fut devenue très peuplée. le scipon au lieu du sceptre. aux Lénéennes et aux concours qui se font avec le flambeau » (PoUux. descen- dants d'AndrocIos. les leur pouvoir vient de la déesse Hestia.

Cependant magistrats romains. « Car ce que l'on appelle chez eux (chez les Hellènes) des Pryta- nées. mais le tyran peut devenir un roi véritable. Rex et Sacerdos. Politique. 68 6 = édit. Roi et Prêtre {Enéide. Et. La royauté a subi une évolution à peu près analogue chez les Romains.. de prêtres 2. A propos de l'expression de Virgile. p. I. 20). 166. et le soin en est confié à ceux qui ont la plus grande puissance dans les cités » (Denys d'Halicar- nasse. 63. Gf Lettres. bien qu'il exerçât lui-même beaucoup de fonctions sacrées. 102. qui était prêtre et chef de prêtres : « Que ceux qui devinrent plus tard directeurs de la politique romaine aient été d'abord des prêtres. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 311 commune on les: appelle ici archontes. au temps de l'Empire. IV. 139). eurent fréquemment des pouvoirs religieux. 1. I. Puis les Rois ont été chassés. II. En règle générale. ce sont des temples d'Hestia. ne manque jamais de rendre à la divinité les honneurs qui lui dont dus » (Julien. Servius dit: «C'était la coutume que le Roi fût Prêtre et Pontife. 80). que le stratège ou le roi. p. VI. 37). » (Tite Live. » « Numa songea à créer des prêtres. Plutarque. Et Julien peut insister sur la dignité religieuse du stra- tège ou du roi : « Ilconvient en effet. III. nous donnons aux empereurs le titre de pontifes. t. apleurs prytanes » (Aristote. Des mois. II. là rois. en sa qualité de prêtre et de prophète. qui n'a aucun pouvoir poli- tique ^. cela n'est ignoré de per- sonne » (J.. . 5. les empereurs eurent les principales di- gnités sacerdotales. tous les empereurs ro- mains furent pontifes or les pontifes étaient des chefs . Bidez. et diffère ainsi du tyran qui s'empare du pouvoir. D'abord il y eut un Roi. aujourd'hui encore. p.. il n'est resté que le rex sacrorum ou roi des sacrifices. Lydus. 95 et suiv. le roi tient sa dignité de ses ancêtres. Lydus. à mon avis. au temps de la Répu- les blique. des Mois. Voilà pourquoi. 65). Après César. 12 et suiv. surtout celles qui sont données maintenant auflamine de Jupiter. 2. Questions romaines. II. 11).

d'autre part on appelle les rois des tyrans » (Suidas. « Des rois. p. Ily a une famille des hiérophantes à laquelle doivent appartenir ces dignitaires ^. nous en avons toujours. appelle Périclès un roi. Le roi (basileus) diffère du tyran le roi est celui : qui a reçu le pouvoir de ses ancêtres par succession. On comprend donc que le hiérophante. t. I. sur les corps. tyrans de Syracuse.312 INITIATION ROYALE Voici la définition que l'on rencontre dans Suidas : « Le Grand Roi est celui des Perses. Nous verrons que le chef qui s'assimile à un roi s'assimile à un hiérophante. furent pontifes de Démé- ter et de Perséphone ^. Acharniens 61. Les tyrans qui voulaient asseoir leur autorité politique se faisaient attribuer des fonctions religieuses ainsi Gélon : et Hiéron I^r. des Historiens grecs. 2. le tyran s'approprie de force le commande- ment. Cérès. tantôt ils le sont par leur naissance. dit la même chose. VI. art. citant Pindare. sur soi-même : 1. On peut régner sur les âmes. 70). les autres par élection. Les uns sont rois par naissance. on ajoute le nom des sujets. 110. 92. édition Didot. 3. par exemple des Lacédémoniens. Eudo- cia. Lenormant dans le Dicl. 2. Eupolis. des Macédoniens. 239 d). de même. // est plusieurs sortes de rois. Hellanicos avait écrit un traité sur cette famille {Fragm. Travaux et Jours. mais il spécifie que c'est dans les Nomoi qu'Eupolis a nommé Périclès un Basileus. pour les autres rois. Mais on emploie indistinctement les deux noms. et son épouse une véritable reine. 32. au mot Basileus). et on a donné le même titre à Denys. des Antiquités. soit un véritable roi. Ménexène. car Pindare appelle roi Hiéron qui est un tyran. Violarium. 01. . Le sclîoliaste d'Aristophane. Voir par exemple F.. avec des pri- vilèges déterminés. tantôt ils sont élus » (Platon. Tzetzès sur Hésiode. à Athènes. et que l'initiation hiérophantique est pa- reille à l'initiation royale. Le hiérophante assimilé à un roi. p. sur un art.

.

qui énumère comme ayant cette croyance . 1. plusieurs philosophes platoni- ® ciens furent élevés à cette dignité. et une troisième espèce de rois qui se plaisent à le célébrer chaque jour dans leurs chants et le considèrent face à. Hindous. V. Mais on peut aussi assimiler les chefs d'école à des hiéro- phantes : suivant Oléarius ^. 3. le chef des ^philosophes. 318. Americ. face. 2. voir K. 609. Sur les rois descendants de dieux. Oléarius. 68). 220. » Plotin affirme : a Nous sommes rois quand nous pensons confor- mément à l'intelligence ^. 4. 4. p.. Scott. p. les : autres celles des corps. Diogène Laërce. traduction française des Ennéades. 44. Chinois. Ennéades. 12. ses adversaires lui ont même reproché de vouloir recevoir les honneurs divins *. 3. 7. Les rois participent à la nature divine : les Grecs le croient comme les autres peuples '. Journal of Philologg.. II. phys. 3. d'autres celles d'un art. Julien. Voilà pourquoi les chefs d'écoles philosophiques ont pu être assimilés à des rois. p. le chef de ceux qui ont une puissance politique. 6. Vie des Sophistes. etc. 4 : la cinquième Ennéade correspond à l'initiation royale. Le roi esl de nature dinine. 1. d'autres celles de l'homme sur lui-même (Stobée. voir aussi Frazer. 1928. sur Philostrate. » Les Stoïciens ont même affirmé que le sage seul est Roi. Heraclite fut roi. Égyptiens. IX. et Julien a appelé Porphyre un hiérophante. 626-627. Empédocle eut sans doute la même dignité. Porphyre. Perses. I. et céda la royauté à son frère ^. On peut être roi par la puissance. par l'amour de Dieu : « Dieu. Ce sont des rois. 5. 20. 139 et suiv. est entouré par de saints rois qui lui doivent l'existence des rois qui servent de ministres à sa puis- : sance. t. cité dans Bouillet. Sur les rois de caractère divin. Voir plus loin. par l'intelligence. Ainsi la religion semble-t-elle considérer comme ayant la même dignité : le chef des prêtres. I. des rois qui servent de ministres en intelligence. p. Égl. dit Porphyre ^. p.314 INITIATION ROYALE « Il est beaucoup de royautés les unes sont celles des âmes. The golden Bough.

p. il lui fait respirer le signe de vie. 24). 84 et suiv. Perses. l'Afrique. ser. . Jouguet. ou fils de dieux. p. Cyrus est considéré comme descendant des dieux (Xéno- phon. a pareil aux dieux ». de Perse. 2. IV. le Soleil. p. I. qui étaient dieux. admet tout naturellement. établit pour nos cités des rois et des chefs. privé de rois. XXIII. 155. Platon lui-même enseigne le caractère divin des rois : « Cronos.. De même que le Soleil. Cyropédie. mais c'est nous- mêmes qui les dominons. VII. Na- ville. 226- 227).. dans Pauthier. 2. d'Agni. et personne sur la terre ne peut le regarder en face. le Siam.. de Yama. Chez les Perses. L'impérialisme macédonien et VHellénisalion de VOrienl. Euripide. la région malaise. 3. 1. de Sourya. il imite sans doute les rois qu'il veut remplacer. 2. ni des chèvres chefs de chèvres. il brûle les yeux et les cœurs. est * « égale aux dieux sauf pour la condition mortelle ».1e Vent. le Génie qui préside à la Lune. Eschyle. 27. de Tchandra et de Kouvéra. honoré comme un dieu ^ » il est le roi est « « égal aux dieux ». I. Lois. Antoine. Fragments. le roi de la Justice. VII. Perses. l'Egypte. Ann. de rois Babylone. ou émanations de dieux ^ Mais il veut aussi des peuples habitant la mer du Sud. Philon.) Et Philon. etc.. race meilleure qu'eux — . Et c'est parce qu'un roi a été formé de particules tirées de l'essence de ces principaux dieux qu'il surpasse en éclat tous les autres mortels. Pour les Hindous « Ce monde. 157. ne sau- raient éviter les maux et les peines. 391). étant de tous côtés bouleversé par la crainte.les villes sur lesquelles commande non un dieu.. pour la conservation de tous les êtres.. mais de race plus divine et meilleure — de la même façon que nous faisons pour troupeaux au pâturage et pour tous les animaux appri- les voisés dont il y a des troupeaux nous n'établissons pas des bœufs : chefs de bœufs. Quand Alexandre veut se faire passer pour de Zeus. 673. de Varouna. Chez les Egyptiens.. Raiatena. d'Egypte.. mais un mortel. 2. Il est le Feu . Hécube. Darius mort est appelé un dieu ^ ou un démon ^. Polyxène. fils et prétend recevoir les honneurs divins.. IX. par sa puissance » {Lois de Manou. le Seigneur créa un Roi. » (Platon. 4. On peut avoir d'autres façons d'exprimer le mythe. le dieu des richesses. II. 6. 5. 642. Eschyle.. Religion des anciens Egyptiens. les dieux façonnent même le corps du roi ou de la reine : Amon va près de la reine. fille d'Hécube et de Priam. CIV. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPH ANTIQUE 315 Chez Homère. 1. la même théorie générale^. 356. du musée Guimei. Chez Euripide. il appelle le dieu Chnoum et lui ordonne de façonner le corps de la princesse (E. ou représen- tants de dieux. cf. Chez Eschyle. l'Inde. Tahiti. le dieu des eaux et le souve- rain du firmament. en prenant des particules éternelles de la substance d'Indra. d'Anila. 644. 713 c et suiv. Iliade.

XVII. révélé beaucoup plus tardivement il est vrai. 5. 102 et suiv. à Zeus. glorieux appui de Scholiaste de Lycophron. 4. un personnage comme Antoine s'assimile à Dionysos ^ et d'autres de même '.). 16 et suiv. 59. Olympiodore. XV. VII. ô bienheureux. Homère appelle souvent les rois « nourrissons de Zeus » Sto-rps- oésç Dionysos a été nourri dans la cuisse de Zeus. de nouveau.. 40. p. 7. Dionysos est le quatrième roi après Ouranos. C'est Dionysos qui a inventé le diadème. Les rois imitent Dionysos ^. l'assimile de même à Apollon ou à Dionysos : « C'est un autre Apollon qui. Le roi en effet s'assimile successivement à Dionysos. Pline.. le triomphe. Hérodote. Le roi s'assimile à Zeus. 2. dit Pline ^. R. p. font remonter leur origine à Héraclès. » (Libanius. dit-il. ProîrepL. 2 et ailleurs. Gronos et Zeus. 1. dit Olympiodore ^.C'est un second Dionysos qui vient.. 6. édit. fils de Gronos. I. 712. H. 208. 1442. 57. 3. 589.. p. 548. 7. . qui assimile visiblement Alcibiade au hiéro- phante. 48. V. Il est un nouveau Dionysos.parce que le bel astre de Zeus leur fournit le sceptre. 148-149. c'est-à-dire finalement à Zeus ^. 191.316 INITIATION ROYALE s'égaler aux anciens ou troyens dont il prétend rois grecs descendre. 114. vient de Délos chez nous. VIII. fils de Zeus. IV.. de Thèbes en Attique. gr. 1439. Dion Cassius. Strabon. sur- tout dans les parts qui viennent du lion de Némée » {Aniekome- rica. VII. édit. Libanius. chacun des rois portait lenom de Zeus.. Théocrite. Norvin. à l'époque historique. Et c'est un fait bien connu que la plupart des rois.. 8. les insignes royaux. à Gronos. dans l'antiquité. t. Clément d'Alex. Tzetzès affirme que. 26-27. Foerster. Scholiaste de Lycophron. 58.. fils de Gronos.. ou Priam i. 1388. Il porte la torche et agite les flambeaux. dans un cortège joyeux. d'après le : et mythe. à Ouranos. t. Pair. 1. Déclamation 12. Achille et Éaque.. Oppien peut commencer ainsi son poème sur la chasse : « C'est pour toi que je chante. « . Eustathe. A. Timonis oraiio. N. Sur le Phédon. 188).. Il arrive dans l'Olympe grâce à sa race et à sa façon de gouverner. Sur V Iliade. 4.

Le Pharaon est dit fils du Soleil ou identique au Soleil (A. 37). 3. 234. 123). II. il les dévore. cité dans Cumont. Granet. p. » Le Thésaurus d'Henri Estienne cite encore Dion. L'assimilation du Roi au Soleil. Textes et monuments. ou du moins la tête entourée de rayons parfois accompagnés d'un nimbe. 55). DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 317 la terre. p. vêtu d'une chlamyde attachée sur l'épaule. le fouet. Per. où l'empereur était. p. sont en quantité variable.. Sur des monuments romains. 24 et 25).. Du caractère religieux de la Royauté pharaonique. t. Suétone. p.. et il dévorait ses enfants. L'intellect. comme ils comparent le soleil àrœiF.. Cronos. c'est-à-dire de l'intelligence pure : « Le Nous^ est plein des choses qu'il a engendrées.. 2. Rois et Dieux d'Egypte. Erman. en signe de protection. qu'il ne les laisse pas tom- ber dans la matière. ayant le même trône que le roi Mithra. Dans la religion de Mithra. En disant que le soleil voit. Mystères de Mithra. 210. « le Zeus Ausonien ». t. » (Plotin. Textes et monuments figurés relatifs aux Mystères de Mithra. 13 (où Domitien se fait appeler Dominas et Deus).. emblème du quadrige qu'il mène. leplus sage des dieux. est-il dit. ô Antonin... franc. p. et d'autres peuples encore ^. 7 ce texte montre quel mythe — celui de Cronos — : était lié à l'initiation. pour ce motif. p.. épouse d'un très noble époux. se levant avec le soleil » (Pseudo-Callisthène.lumière des Énéades belliqueux. en ce sens qu'il les retient en lui-même. Moret. p. Domit. doux rejeton du Zeus Ausonien. qui font rarement défaut. Même idée chez lès Chinois. éait. prenant la forme du disque solaire. cité dans Moret. symbole de sa domination universelle. 100). et ses membres s'absorbent en celui qui les a créés » (Mas- péro. p. mais ils ne paraissent guère l'avoir exprimée formellement. 127). Parfois il tient. toi qui n'as pas moins d'éclat que Zeus descendance de Cronos. Cependant. et d'autres textes. montrant. le roi est « roi des rois. I. Un conte populaire égyptien s'exprime en ces termes : « Le roi s'élance au ciel. Eschyle appelle la reine des Perses 1.. texte de Pindare). par exemple Hom. V. portant une couronne radiée.. Chez les Perses. naquit avant Zeus. chef du calendrier (M. n'a pas dû être étrangère aux Grecs.. qui reflètent l'influence de cette religion « Sol est un jeune homme à longue chevelure bouclée.ils com- parent aussi le roi à l'œil.. et le globe. La civilisation chinoise. usuelle chez les Égyp- tiens. La religion des Egyp- tiens.. Odyss. parent des dieux.. La religion des Chi- nois. 3^ éd. Cronos représente l'intelligence pleine de ses conceptions et par- faitement pure. 3.. les Perses. il est corroboré par le . ou bien il élève le bras droit. ni être dévorés par Rhéa. . 206). Contes populaires.. les rois sont considérés comme une émanation du soleil (Cumont. 109. — Le Roi porte le même diadème que le Soleil (A.. la paume de la main ouverte » (Cumont. Ces rayons. XI. Le roi se rapproche même de Cronos. toi que la grande Domna enfanta pour le grand Sévère.

Arrien. nous savons que le hiérophante doit avoir une attitude majestueuse. Le roi est médecin. 832. Eschyle. le moment de s'em- barquer pour Rome. dans certaines familles déterminées. Chez Homère^. du moins en partie. D'autre part il y a des archontes éponymes qui donnent leur nom à l'année — et qui.. Laërce. et Plutarque répète « Achille était médecin et élève de Chiron ». 21. Diog. Achille. IV. Suétone. rapportée par Tacite et par Suétone ®. 318 INITIATION ROYALE a lumière égale aux yeux des dieux ^ ». VIII. Homère. Une anecdote. l'autre perclus d'une main (d'un pied. ou le hiérophante. est médecin et a appris la médecine de Chiron. aux pieds des amycles de bronze. 150. ont une similitude avec le Soleil qui marque l'année. et Pindare loue les ancêtres de Théron qui étaient « l'œil de la Sicile ^ ». Celui qui est devenu roi par la pensée peut recevoir aussi les honneurs divins. de la dignité dans la tenue. 73). voulant garder sur lui-même la croyance qu'il était un dieu » (Suidas. suivant Suétone). Perses. III. aux mains des bandelettes delphiques. (VEpiclèle.. . 2. Tacite. 3. 4. 81. modèle du Roi. quand il n'y a plus de rois hérédi- taires à puissance politique. Pindare. montre des hommes en Egypte s'adressant à Vespasien comme à un guérisseur : Comme Vespasien attendait. Les originel magiques de la Royauté. on choisit du moins le Roi. de sa naissance. Diss. ayant sur la tête un bandeau en or. XI. par conséquent. 5. II. 5. Tel Empédocle : « Empédocle. Cf. au mot Empédocle. Chez les Athéniens. Iliade. à Alexandrie. se pré- 1. Olgmp. musicien^ philosophe. passim.. deux hommes. Le roi tient sa nature et sa dignité. Sur ce caractère de la royauté en général. Le roi est médecin et peut guérir *. 6. poêle. 7. un âge avancé ^. Histoires. Vespasien.. voir Frazer. l'un aveugle ou à peu près. En tout cas. 18.

Et Platon s'en occupa très fort. 22). 14). fils de Nicomaque.. il coupait. Histoires variées. Vie de Périclès. Véspasien finit par s'exécuter. Le roi connaît la Musique ou les arts enseignés par les Muses. il brûlait. un traité Que le Roi seul esî poète.. Empédocle était médecin et mage en même temps que philoso- phe (Diogène Laërce.un jour. et beaucoup d'autres » (Élien. et les malades guérirent. IX. tombé d'un échafaudage et que les médecins désespéraient de sauver K Denys. IX. Selon Porphyre.. IV. et ainsi de suite ^ ». 12). Vie de Plotin. Vie d'Apollonius. p. instruit par un songe que lui envoya la déesse Athéna Poliade. grâce à laquelle on dirige la cité e^^ on s'adresse aux peuples. « Il lui suffisait de cracher sur les yeux de l'aveugle et de marcher sur la main de l'invalide » . 81 et suiv. et Aristote. » Cornutus loue ainsi la Muse Calliope « Calliope c'est la rhéto- : rique à la belle voix et aux belles paroles. non par la violence. 2. et. il guérissait. 1. a On dit que les Pythagoriciens eurent le plus grand zèle pour la médecine. 45). et « exerça person- nellement la médecine. XI. Elien. la puissance de guérir et l'art de la médecine aux grands philosophes. fut médecin. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPH ANTIQUE 319 sentèrent àlui. 2. et des paroles douces coulent de sa bouche » {Théogonie. chap.). déclarant que Sérapis en songe leur avait ordonné de demander la guérison à César. vers ee qu'on a choisi. Hésiode a dit des rois « Celui qu'honorent les filles de Zeus le : Grand et qu'elles voient naître entre les nourrissons de Zeus.. Tacite a vu des gens qui affirmaient avoir vu le fait. L'antiquité grecque attribue. suivant son biographe. ressuscita une jeune fille (Philostrate. Apollonius. 3. sous Galien. les conduisant par la persuasion. VIII. de même. Les idées religieuses de Pluîarque. 186). put guérir un ouvrier du Parthénon. 13. comme la poésie : Chez Homère. elles versent sur sa langue une agréable rosée. Périclès. Histoires variées. cité par Bernard Latzarus. 22-23. Achille est musicien {Iliade. aussi dit-on que c'est elle surtout qui aa^ompagne les rois vénérables » (Cornutus. tyran de Sicile. n'écrivit rien sinon un traité sur les démons. . « Origène. 11. Plutarque.

214). dans . Puisque l'œuvre de l'agriculture se confond avec l'œuvre des Mystères 2. il n'y a pas cessation de maux pour les cités. c-d). dirais-je. p. comme chez d'autres peuples 3. 3. » (Plutarque. §1. Le Roi est donc chef de l'agriculture chez les Grecs. est aussi chef de l'agriculture. pour genre humain. ô cher Glaucos. et il participait à la philosophie. Les Ger- mains avant le Christianisme. La chose est du moins formellement affirmée par Plu- tarque. laboure. la différence étant sans doute que les Grecs notent plus rarement cette qualité. et si la puissance politique et la philosophie ne se rencontrent pas dans le même sujet. pour les rois Égyptiens : a En Egypte. il doit s'ensuivre que le Roi. le suzerain inaugure en personne le travail du labourage. Voir plus haut.i?épu6/i- que. 9). En Chine. 2« édition. chap. laquelle est le plus souvent dissimulée par les mythes et par les discours qui expriment obscurément la vérité par images et allusions. 2. 1. ou bien si ceux qu'on appelle maintenant rois et dynastes ne philoso- phent pas de façon noble et suffisante.les rois étaient pris parmi les guerriers ou les prêtres. Le roi est chef de V agriculture. le roi défriche. et si les natures nombreuses de ceux qui inclinent exclusivement vers l'une ou l'autre chose ne sont pas écartées de toute nécessité. la Répu- je pense. Et très souvent les auteurs louent la sagesse du roi ou du chef. Mais Platon affirme avec force que le roi doit être phi- losophe : « Si. chef de la reli- gion.. 182). les philosophes ne régnent pas dans les Cités. Mystères égyptiens.. p. En Egypte. donne l'abon- dance (A. La même chose est aflQrmée pour les antiques rois des Germains: « Dans tous les poèmes de l'Edda. Sur Isis et Osiris. le blique que nous avons examinée ne saurait aller vers la grandeur qui lui est possible. Celui qui était pris parmi le& guerriers devenait aussitôt de la famille des prêtres. à laquelle on n'arrive que par des initiations et par des épreuves » (Ozanam. c'est-à-dire savant en toutes choses ^. moissonne.320 INITIATION ROYALE Par conséquent le roi est philosophe. ni voir la lumière du soleil » (Platon. 473. et. auparavant. la connaissance des caractères runiques passe pour une science réservée aux dieux et aux représentants des dieux. II. sème. 6. Moret. et non plus.

V Dionysos Roi. Vase d'Exéchias à Munich. PL. d'après Ernst Pfuhl. .

VI o . PL.

I. puis les feudataîres présents en tracent 9 (M. * qui construisit une aire sacrée et qui transporta partout l'agriculture et les Mystères *. 556). cf.. archaîol. 38. Dictionnaire des Antiquités grecques ei romaines. il trace lui-même 3 sillons . pour dire que Polymestor est roi en Gherso- Triptolème en laboureur. Paus. Mais nous constatons les rapports de l'agriculture avec Triptolème. 7-9. Eleusin. I. 6. J^ Vase de style béotien à figures rouges. Plut. DIGNITÉ ROYALE ou HIÉROPHANTÏQUE 321 Dans la poésie homérique. c^est-à-dire la fête qui pré- cède les labours. Hachette. I. p. 01. 5. 1895.) nèse. p.. 127. 99. Hécube. Paus. La religion des Chinois.. 89. Nous savons qu'il y a un labourage sacré à Eleusis ^. roi d'Eleusis le qui ensemença la plaine Raria 2. confug. 38. Granet. p. Préc. 234).. Pind. 4. Et ainsi de suite. (Daremberg et Saglio. 3. les ministres lui succèdent pour en tracer 5. Schol. p. 1. au chant XVIII de V Iliade (v. Ephém. Voir plus haut. et une inscription nous assure que le hiérophante inaugure solennellement les Proérosia ®. 69. dit : « Polymestor qui ensemence cette terre excellente ^ de Chersonèse ». 417. Euripide. 2. Euripide. t. p. le roi est bien chef de l'agri- culture : le Bouclier d'Achille. Aristide. montre le roi présidant aux travaux agricoles. la capitale... au début.. LES HYSTÈSES d'ÉLEUSIS 21 . IX. éditeur. 150. p.

chez ieis Egyptiens : « Dès que le roi eût pris possession de cette terre. Hésiode. Ann. car ce n'est pas sans un soin divfn que les affaires des rois 'et de leurs sujets se redressent. p. mais le premier il labou- reta. 559-560 : « Il sera mortel. mais encore les choses divines. or Triptoîèmè est celui qui â rèÇu de Dêméter lès Mystères éleusiniens. 6. Pour cette cause.. Ovide. le premier il enlèvei-a de la terre cultivée lès récompenses. 6. «t sèmera. le Roi doit avoir une force plus gran de encore. qui suit d'ordinaire les idées des anciens Grecs : «. . découverte qui est par ailleurs reveudiquée en faveur de Bou^ygès 2.près d'ÉléUsis. Pline. IV.. loCk cit. Pline. le premier il avait fôUÎê les graiûg sur Uûe àirê d« i'Attique ^. afin que. Cornutus.. selon que le temps et la nécessité le demandaient » (Pline. 5. ^Hésychius. 385 et suiv. 38. Pline le Jeune loue Trajan « prihcè capable de transporter iet rapporter la fécondité des terres tantôt ici tantôt là. et la loi c'est le roi juste. XXÏII. 8. Religion des anciens Egyptiens. On dit d'un roi. Paus. » 4. II. il la réorganisa telle qu'elle se trouvait au temps dïi dieu Ra. I. don- ner la fertilité au sol. Un roi mauvais peut amener toute sorte de désastres sur voyons déjà chez Homère et chez Hé^ nous ^ la terre : le siode ^... Justin. Iliade. Le Roi a une action sur les phénomènes de la nature. 14 et 38. 234). 240 et suiv. Le roi c'est la loi vivante. 7. 225. Le roi et le législateur doivent surveiller non seulement les choses humaines. fut le lieu où l'on fit le premier essai avec de l'orge *. par des sacrifices parfaits et par Une science parfaite du 1. Paus. Voir plus haut. ati mot Bouzygês. et la plaine de Rharia. '56. Panégyrique de Trajan.. Le Roi peut donc. Travaux. 3. du musée GuimCi.. c'est le roi formé par Déméter ^. V.. et participent à la démiurgie. dans les idées des Grecs comme dans les idées d'autres peuples ''j agir sur la terre et les airs. Fastes. 7. Ttiptolème lé premier â labouré et ensemencé les terres ^. Naville. p. Et nous le voyons encore chez Philon d'Alexandrie. vrai que les hauts dignitaires ont déjà une action S'il est sur le monde extérieur. 22).322 ÏNÎTÏÀÏiON ROYALE Trîj^t&îèâiê a enseîgïié là tnânîèïe d'atteler ifes bcêtîfs à là èkërtuë 1. I. * (E. 28. 9. il a fallu à cet homme le premier sacerdoce. 89. XVI.

86 d = III. du haut de la poupe. Esch. Reges in ipsos imperium est Jovis {Odes. VII. comme le Dieu. 1. par exemple. depuis les premiers principes de la nature. le roi est un pilote. édit. se tient sur ses pédalia. ples L'épithète. Depuis Homère. Homère appelle Zeus « le pilote suprême ». Esch.. Bidez. Discours. 8. et de même que. se tient sur les oiaka du monde tout entier. d'en haut. afin que. II.. par un mé- ^ lange de deux appellations. appliquée aux rois ou aux chefs. 767. 6.. III. c'est-à-dire celui qui siège sur un banc élevé. Platon. Vie de Moïse. Geux-ci doivent donc être aussi des pilotes. On peut conjecturer que.. Ném. 3. il obtint nécessairement la prophétie. est berger pilote du navire. distinct du monde. 360. avec beaucoup d'autres choses. Lois. tout ce qu'il ne peut pas obtenir par le raisonnement. » (Philon. Pindare. de même le soleil. p. Julien *.. 135. Sophocle. Phœn. ce que démontre sa situation de pilote sur le navire » (Jamblique. Aj'ax. . puisque des milliers de choses sont incertaines pour le roi et le législateur et le chef des prêtres. Les Egyptiens regardent le Dieu-Soleil comme" un pilote : « Celui qui pilote un navire représente la force qui gouverne le monde : de même donc que le pilote. Le Roi. se retrouve chez Pindare et les Tragiques 2. Eschyle même.. Mais. û^j/iÇuyoç (par exemple. 4. Horace '. etc. II. 1140. Regum timendorum in proprios grèges. 2). Euri- pide. 1. Des mysîérc*. 69). 8. pour Homère déjà. 7. le pilote dirige tout. parmi les choses divines et les choses humaines. 5. 28. 5-6). 2.. Iliade. Voilà. VIII. 6. 1. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 323 culte de Dieu. Or Zeus est roi des dieux et des hommes et père des rois humains. de même. le Roi est nommé le « pasteur des peu- ^ ». Le Roi de son peuple. ou II. le Soleil donne insensiblement les premières causes des mouvements. il le trouve par la Providence de Dieu. et. 263. distinct du navire. Sur la Royauté. I. VII.. Iliade. conducteur du char. donnant de lui-même un petit commencement. à Dieu bien- veillant et écoutant les prières. et plus tard chez Dion Ghrysostome ^. SuppL. 713 c et suiv. est un pilote ^. dit « les bergers des navires ». 747. 162. L'idée que le Roi ressemble au berger se retrouve chez Platon *. il demande réloignement des maux et la présence des biens pour lui-même et ceux qui lui sont soumis. chez les Latins. SuppL...

Le chrétien Eusèbe de Césarée dit : « Le roi s'efforce de sauver. comme la fortune attaque les vertus. les le pilote dirige le navire. Ailleurs. pour ainsi dire. le corps. Dindorf. lesquels rencontrant ensuite comme dans un labyrinthe beaucoup de terribles difificultés. après elle. Ce texte marque bien que le chef de philo- sophes peut devenir Roi.. il compare lavie à une navigation sur la mer : comme l'âme dirige le corps. se tient seul au gouvernail pour diriger la barque sans que les vagues la submergent » (Himé- rius. XIV. puis il le conduisit au port et l'y établit » [Oral. louant Hermogène. p. puisque le mot grec signifiant piloter » s'emploie facilement au sens de <r « gouverner ». édit. VI. et troisièmement la vertu » (XX. Maxime de Tyr dépeint la navigation d'un roi Barbare qui avait entassé une foule de choses sur son navire « afin que tous les plaisirs pussent naviguer avec lui». vers une autre terre. à la façon d'un pilote inexpéri- menté. la flotte de ceux . « dans la course de la vie. laissant les autres navigateurs naviguer sans peine sur le vaisseau. avec les hommes. quand l'empire était ballotté comme dans une grande tempête ou un grand tremblement de terre. proconsul « quand le dieu et le temps l'ont établi comme autocrator pour le plus grand commandement de la terre » lui dit : « Tu as pour les Hellènes un œil et une pensée pleins de vigi- lance. de cette façon. puisque le mot grec est passé au latin sous la îonae gubernare.. la chose la plus précieuse est l'âme. «Je leur exposais comment j'étais devenu pilote d'un grand navire quand mon âme s'occupait d'un autre corps ». il ne laissa pas. 21). 5). sombra (1. à la fin déses- péraient. comme un navire sur Je point de sombrer. et. deux rites essentiels de l'initiation sont bien notés le futur Roi se sépare de son corps. tout d'abord il maintint le navire et arrêta sa course désordonnée. Mais les textes précis ne sont pas rares : Aristide le Rhéteur loue ainsi un bon Roi « Quand tout était : bouleversé et passait.3). Discours.. dit Philos- trate [Apollon. voyant cela. comme un bon pilote qui. 33). le navire aller au hasard et courir toute sorte de risques. où aupara- vant étaient venus s'égarer quelques-uns de ceux qui étaient dans les pouvoirs et les royautés.. était emporté vers les extrémités de la terre. I. comme le plus expérimenté des Rois et comme un être supérieur en ses décisions. mais.324 INITIATION ROYALE L'idée se conserve de façon constante. vents attaquent le navire. 103). il navigue sur : une barque. se voyant fermé le chemin du retour et ne pouvant reve- nir. L'orateur Himérius. et qui.

t. sur VEnchir. Ch. c'est dire que le roi est un dieu. Que Roi doive conduire le char de l'État. Comment. 1). dans laPafr. à savoir le sort et le destin [Moira et Heimarméné) ou tout autre puissance de même genre appelée d'un autre nom. 34). DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 325 qui sont gouvernés par lui » (Éloge de Consîanîin. dirige et gouverne le tout.. /. L'idée que le roi est pilote se traduit par des rites. il y a une trière sacrée réservée aux gens de famille princière : (A Smyrne) au mois Anthestérion on amène à l'Agora une que le prêtre de Dionysos trière (xeiapata. devenu tyran au lieu de chef » (Platon. Or Polémon. Le pilote du vaisseau ce serait le dieu qui. I. qui a eu lui-même beaucoup d'honneurs. Le vais- seau. une barque d'Isis à Callipolis ^. dans le Dictionnaire des Antiquités. après avoir abattu beaucoup d'autres. 1235). et cette barque se rattache aux rites de Dionysos-Zagreus ^. I. Mais la métaphore se trouve dans le langage grec : 1. p. qu'il ne va pas rester étendu grande grandement. vers ce qu'il faut et suivant la convenance » (Simplicius. 20. le les textes grecs ne le formulent pas souvent : « Ce il est évident chef-là. dirige comme un pilote quand elle ôte ses ancres de la mer » (Philostrate. Nous admettrons donc qu'elle sert pour l'initiation royale. à voiles déployées.. . dirigeant et gouvernant la descente des âmes vers la genèse. Sophist.dont la famille a fourni plusieurs fois des consuls romains. 25. Lécrîvain/ article Mgsteriù. VII. G. p. gr. 817. Le pilote symbolise le dieu qui conduit dans la genèse. mais. il se tient debout sur le char de la cité.. II existe Il existe à Eleusis une barque sacrée.. par ses prévoyances.. édit. Didot. b6& d). ce serait ce qui transporte les âmes dans le monde de la genèse. 2. a reçu des Smyrniens le droit de monter sur la trière sacrée. A Smyrne. Rom. dit Simplicius : « La mer. Dès lors dire que le roi est un pilote. on a dit que c'était le symbole de la genèse. République.

79. il cacha dans les flots de la mer. ne cherche pas qui je suis le rite mystique : l'emmena en s'en allant vers la mer empourprée ^. alors qu'on m. » * Uneinscription qui avait été gravée sur la statue d'une hiérophantide dit la même chose : « Je mère de Marcianus.. Je n'ai pas initié les fils de Léda la Lacédémonienne. qui versa une richesse immense sur toutes les cités. archaeoL. 3. La hiérophantide n'a pas initié Castor et Pollux. nom que. Moret. 4. Ephém. II. 900. 173. mais celui qui veille sur la vaste terre et sur la mer. Chez les Égyptiens. ni celui qui trouva les remèdes aux maladies.. p. — Il existe un symbole mytholo- gique de ce fait : Osiris est le nom donné à Sérapis après sa mort et sa consé» cration : « Hic est Osiris. 466). quem Serapim vel Serapidem vulgus appellal. 1883. fils. Soient enim morluis consecralis nomina immuiari > (Lactance. » Et il a été gravé au-dessous : « Maintenant donc nous... a II règne et conduit le char. 6. ni celui qui exécuta avec peine les douze travaux pour Eurysthée. fille de Démétrius. III. Mystères éggpliens. que la future hiérophantide. et que là elle plonge dans une eau qui est censée emporter son corps et son âme. t. 155 a). Eccl. Le hiérophante a perdu son nom.. chef surtout de l'illustre Cécropie. A.. le fort Héraclès.21).326 INITIATION ROYALE «Prenant les rênes de la cité » (Aristophane. quand : les Cécropides me firent hiérophantide pour Déo. 5. en perdant son ancien corps et son ancienne âme.'enfermait loin des hommes. c'est-à-dire en traversant le fleuve à la nage. » 1. 9. nous dévoilons l'illustre nom les de notre noble père. p. ni Héra- . au lieu de traverser un fleuve à la nage. Une inscription ^ gravée sur la statue d'un hiérophante diten termes formels que le nom du hiérophante a été em- porté dans les flots de la mer : « Pour mon nom.a\ i^viox^î » (Plutarque. alors tous ceux qui ont quelque souci de moi le diront. Que mon nom suis soit tu ce nom. 1. il est interdit de proférer le nom du roi-dieu^. Nous pouvons conjecturer. pendant sa vie. digne d'être chanté. C. Le roi et le hiérophante changent de nom. est enfermée seule. De falsa religione. Adrien ®.. Mais lorsque je serai venu à la demeure des bienheureux et au jour du destin. /. le chef d'innombrables mortels. de ce texte. ^aaiXeuei v. ni Asclépios. moi-même je l'ai caché dans les profondeurs immenses ^. et par suite son nom. Or la religion d'Eleusis a connu aussi la hiéronymie. 2. C'est Apollonios.

a été pris en l'honneur de Hiérocleidès. 150).. p. 183 (C. sachant bien cependant que. Lucien est seul à parler de la hiéronymie du dadouque. Est-il possible qu'il y ait eu des variations dans l'usage. Cependant il est possible d'admettre aussi que le hiéro- phante est surtout nommé dans des inscriptions éleusi- niennes. I. /. 4.. Les Mystères d'Eleusis. 10. loc.. Un décret des Éleusiniens *. t. chef des Ro* mains et chef d'Athènes. ^ a parlé de Lacraleidès « celui qui est maintenant Isée devenu hiérophante ». et ne pouvant plus être nommés. qui est nommé. 52. et dès. sans doute par exagération volontaire. Sur Maxime. p. Isée. 3. DIGNITÉ BOYAXE OU HIÉHOPH ANTIQUE 327 Liïdea ^. cité dans Foucart. p. Foucart. 597 c. qui sont les héros de l'initiation holoclère. quel ne m'est pas permis de le dire. Les Géryces et les Eumolpides. A. très probablement. avec son hostilité habituelle contre les Mystères d'Eleusis. » Cependant il est des cas où le hiérophante semble être nommé. 150. hiérophante en charge. p. témoignent leur reconnaissance à l'égard du hiérophante. ç. C. . Voir un autre décret. Lucien. Lexiphanes. 5. par un décret ^ de 275 en- viron avant Jésus-Christ. 10. archaiol. du moment où ils avaient été sanctifiés. en 396. IV. Eunape. A.comme étant hiéronymes. 64. cit. p. » A la fin du paganisme. VI. du iv© siècle. mais Adrien. IV. qui devait atteindre aux plus hauts degrés. lui reprochant de les avoir appelés par leur nom. de l'initiation holoclère de l'empereur Adrien. 33. Ephém. 2. 6. 257 c. et que la défense de nommer le hiérophante par son nom soitdevenue plus sévère avec le temps? C'était l'opinion de Foucart ^. non visibles sans doute pour les profanes. 1. Il s'agit donc. s'emporte contre des dignitaires qui ne veulent pas être nommés de leur nom : je rencontre le dadoiique et d'autres célébra- « Aussitôt après teurs de Mystères qui entraînaient Dinias vers les magistrats. ils étaient devenus sans nom. il temps-là. 1897. Eunape ^ n'ose pas dire le nom du hiérophante qui l'initia : « Mais le hiérophante de ce était son nom.

II.-C. . 10. Vies des Sophistes. 158. VII. texte cité ci-dessus. C. Théocr. édition Bidez. Boissonade. p. Le trône. mais crois que cela marque par un symbole le redresse- ment du caractère » (Philon. il porte un il est anneau. » ou « Philon d'Alexandrie. p. Le roi a comme insigne de commandement le sceptre. un couronné du diadème. 47. le diadème. il a des vêtements couleur de pourpre ^. parlant du changement de nom d'Abram en Abraham. 10). t. 3. dit : « Ne crois pas que la divinité accorde pour rien le changement de nom. Anlig. Himérius. 2. O. III.. 9. 12. s'entend nommer. par son parent. Julien. XIII. II. Plutarque. 16 « sceptres et trônes de justice. » Souvent on réunit ensemble les expressions « sceptre et * trône ». 14. siège des dieux ou des rois. 1. Le roi a ses insignes parficuliers. 8. Par exemple Sophocle. 6. 1927. L'empereur Julien énumère ensemble plusieurs de ces signes extérieurs qui indiquent le roi : « le manteau de pourpre (ôXoupY^Ç tt^attov). » 5. la tiare. 1. Thespésios « le Merveilleux Celui qui a un nom divin ». c. Soph.. t. 3.. 83. passim et notamment. 5. Or le hiérophante. Textes et documents relatifs au culte de Mithra. Sur la vengeance tardive de la diviniié. Sur le changement des noms. Il semble en effet que le hiérophante reçoive un nom nouveau : Ainsi héros de Plutarque ^. Eschyle. 425. 1041. qui s'appelait Aridaios le auparavant. cité dans Cumont. 475. Oxford. le trône antique ^. éd. 93. I. le sceptre. « le ^ père des îélétés mithriaques ». Prom. etc. mais tel personnage le avant qu'il soit devenu hiérophante. Hérodote. Eunape se lamente sur les «trônes hiérophantiques » que va occuper un Barbare. HelL. p. Xénophon. à Athènes. Au iv® siècle après J. Eglogues. Kingship. est assez souvent mentionné chez les Grecs ^.. 4. Eunape. Voir là-dessus Hocart. 128. 910. siège sur un trône.328 INITIATION ROYALE qu*Isée nomme non hiérophante. il siège sur trône.

établit que les rois porteraient des chlamydes de pourpre. en Egypte et un peu partout 2. s'il a reçu de l'éducation et de l'instruction. 90).. I. t. Id.. Homère représente le Pylien comme celui qui avait la voix la plus douce. l'insi- gne principal de la royauté. » (Himérius.. I. VIII.. il juge avec eux » (Pollux. plus doux que le miel. s'il a eu un si grand roi comme témoin de sa vertu. etc. cependant une note de PoUux la signale : « Le roi introduit les procès de meurtre à l'Aréopage. Hom.gr. 275. etc.. p.. et comment Numa.. comme en Assyrie. Babylonien. Mais celui que vous voyez. Plut. comment le roi se fit faire un manteau avec de la laine teinte de cette façon. 753 d. Mor. un si grand État. ou « pasteurs de peuples ^. Le roi porte un manteau de laine teint en pourpre.. 46-48. ceux qui les gardent sont assimilés à des bergers et ont le bâton de berger : Les chez Homère. dont le modèle vivant est.. Mais c'est le sceptre qui semble en Grèce. 13. sui- vant lui. II. tenant sous son sceptre un si grand empire. 121. 86.. dans la Pair. sceptre non infé- 1. I. VIII. 3. 34. Chez Cedren {Hist.. Que de la cité soit doux. 61). VII. Discours. s'il a grandi dans les limites royales.. DIGNITÉ ROYALE OU HIÉROPHANTIQUE 329 La couronne royale est assez peu souvent nommée par les auteurs grecs.. 488 d. Cgr. Et.. « porteurs de sceptres ». p. pour le pilote mériter l'appellation de père. celui qui doit être le pilote de l'État. 128. 15-16). p. Xén.. sont dits rois. 3. une tradition attribue à Héraclès l'invention des étoffes teintes en pourpre. En effet. » Himérius loue ainsi le bon roi. //. 2.. il comment Héraclès apporta au roi Phénix une laine est raconté teinte en pourpre. plus tard. à Babylone. un si grand Conseil. ibid. citant Meissner. comp. dépo- sant la couronne (dreçavov). . Ailleurs il s'adresse au fîls d'un proconsul : «0 d'une tête divine! fils rejeton d'un père consulaire! toi qui as reçu le sceptre de la vertu paternelle. Des orateurs qui étaient sous Ilion.. Le diadème royal se trouve mentionné plusieurs fois ^. apparaît à tous dans les entretiens. l'empereur Juhen : « Il faut qu'il soit habile à tenir le gouvernail. les hommes étant assimilés à des troupeaux. Mais cela arrivera s'il est noble de naissance.

le sceptre qui est un insigne royal. le dauphin. 1. Théologie grecque. La religion athénienne a des hiérophantides et des reines. PaaiXiaaa. 1. V.. Ce dieu. qui correspond à l'initia- tion royale. Voir plus haut. et dans laquelle on puisse. 8. 195. écartez-en toute notion de matière. 540-541. Cornutus. cité plus haut). comme ceux qui sont appuyés sur un bâton. La dignité royale est accessible aux femmes. Norvin. traduction Douillet). Voir. Au moment où vous vous représentez ainsi par la pensée une sphère transpa- rente qui renferme toutes les choses qui sont en mouvement ou en repos. Plotin. sup- primez-en l'étendue. Mais les Pythagoriciens. Des animaux qui symbolisent la puissance royale sont le lion. p. . ni faillir. les textes ne le diseut pas. tout en con- servant la forme de cette sphère. l'aigle. Halieutiques. Or Plotin. car le lion est roi des animaux ter- restres. roi des poissons. dit de Zeus « Le sceptre est : le symbole de sa puissance. 9. d'abord le soleil et les autres étoiles ensemble. supprimez-en la masse. a parlé de la sphère : « Imaginez une sphère transparente placée en dehors du spec- tateur. 335. 74-75. 3. viendra pour orner ce monde avec tous les dieux qui sont en lui. 2. et l'aigle. et suppliez-le d'y descendre. p. 8. ledauphin. et tous les animaux. Oppien. dont chacun contient en soi tous les autres » {Enné- ades.330 INITIATION ROYALE rieur à celui qu'Homère donne au roi dea Achéens. Démosthène a parlé de la reine. 9. un et multiple tout ensemble. 11. 31 7. sans cependant concevoir cette sphère plus petite invoquez alors le : Dieu qui a fait ce monde dont vous venez de vous former une image. la terre. ou bien il marque que Zeus ne peut ni tomber. p. par exemple. dans la V® Énnéade. ch. voir tout ce qu'elle renferme. ont conçu la sphère comme le modèle du tout ^. V. ou tantôt en mouvement. édit. tantôt en repos. Sur le Phédon de Platon. roi des oi- seaux 2. Parménide et d'autres. chez les Grecs comme chez d'autres peuples i.. puis la mer. » {Discours. 9). en y plongeant le regard. II. Olympiodore. qui s'unit mysti- quement à Dionysos {Contre Néère. » Si le roi a comme emblème la sphère. XIII.

Tertullien. VI. Monogamie. § IL — Principe de l'initiation. Suidas : « Hiérophantide : celle qui initie les mystes à Eleusis. 6). Perse. 1885. § 1. Saint Astérius. Servius.celui-ci des dieux devant les anadora de Déo » {C.. Mais les auteurs ont pris soin de nous garantir le carac- tère purement mystique de ces mariages *. 49. 5. PRINCIPE DE l'initiation 331 Une hiérophantide a couronné Marc Aurèle et Commode comme mystîpoies [Ephém. Ces mariages sacrés symbolisent et accompagnent l'union des mystes avec la divinité ^. Discours. l. 1.. Sur V Enéide. Dans les mystères. union de la Reine avec Dionysos ^. ch. A. à Jovinien. » 12. saint Jérôme. 324. Lettre CXXII à Ageruch. I. Schol. 149). 7. Les mythes poétiques racontent comment Déméter s'est unie avec Jasion ou avec le roi d'Eleusis. II. Voir plus haut. gr. 40. § l. 900). divers mariages mystérieux sont rap- portés : union du hiérophante avec la prêtresse 2. Synésius dit « Aussitôt qu'il eut été initié de l'initiation : royale par les dieux et par son père » {De la Providence. ch. p. 2.. 90). . Une autre hiérophantide est désignée par une autre inscription : né de dadouqués et d'une mère qui montrait les télétés « . aux Nations. Démosthène. Patr. Les hauts dignitaires et les mariages sacrés. p. Pollux donne cette définition « Celle qui habite avec le roi : est la reine » (VIII. archaioL. Julien. 661. 173 c. 145.. p. Voir plus haut. Il. pour la prêtresse. L'initiation royale est rarement nommée dans les docu- ments grecs qui subsistent. III. Cependant une inscription grecque parle du « rite mys- tique » qui a emporté dans la mer le nom du hiérophante. 17. Contre Néère. V. II. D'autres mythes racontent comment Déméter est deve- nue l'épouse de Triptolème ou de son propre fils ^. 4. Photius : « Hiérophantides : celles qui montrent les hiéra aux non-initiés ». Satires. 1. TertuUien. 74-75. 3.

un chef de l'agriculture. La suite même des rites n'est pas toujours certaine. en rap- prochant de textes plus récents un texte de Lycophron et un texte de Pindare. 1317). Il faut des rites qui fassent de lui un pilote. Il faut des rites qui renouvellent non seulement son âme. — Rites d'initiation. Prologue. Voici d'abord la suite des rites principaux. Cependant. grecque de Migne. p. en admettant que le mythe racontant l'accession de Dardanos à la royauté ait des rapports avec de l'initiation royale. après la mort. on peut rétablir une suite de rites divers qui semblent n'avoir pas varié. un berger. en admettant que de Synésius De la le traité Providence correspond à cette initiation. comme sur les autres. tout comme le traité Des Songes correspond à l'initiation précédente. soit considérée comme accomplissant les mêmes actions que le Roi recevant l'initiation. des initiés et des dignitaires.332 INITIATION ROYALE Et Eusèbe de Gésarée parle encore de ces « initiations secrètes» à propos de Constantin {Des louanges de Cons- tantin. que la V^ Ennéade de Plotin concerne le philosophe parvenu à la dignité royale. Zeus ou Cronos. mais son corps. quelle que soit l'espèce de roi à introniser. Il doit accomplir la traversée d'un fleuve ou d'un bras . t. En quoi consistera le principe de l'initiation? Il faut des rites qui mettent le roi au-dessus des hommes. et rien ne nous dit que l'initiation comporte toujours les mêmes cérémonies. qui le rendent pareil à Dio- nysos. en admettant que l'âme d'un les rites Roi. aucun texte n'est parfaitement clair et complet. Il a une retraite où il peut reconnaître les maux de l'hu- manité. 20. dans la Pair. Sur cette initiation. § III. Le futur prépare à l'avance par certains exercices roi se comme la garde des animaux et la chasse.

il est illuminé et devient illumi- nateur. conserve sa nature . Il doit parvenir au sommet. de cachette dans un lieu où sont la haine. 1. mais le plus grand honneur. puis Zeus seul l'accompagnent. Ce n'est guère que dans Philon Juif que nous voyons le comment le futur roi se prépare à ses fonctions en gardant les troupeaux et en chassant : « Le soin de garder les animaux est une préparation de la royauté pour celui qui doit commander à la troupe la plus douce des hommes. RITES d'initiation 333 de mer — symbolique — d'abord à la nage. La retraite.. Le texte est loin d'être clair. 11. puis sur une barque. Avant la ré^ ception. le ressen- timent et d'autres passions humaines — que le roi devra abandonner : « Il existe une loi de Thémis ordonnant aux âmeSj à celle qui ayant fréquenté le dernier degré des êtres. commandement de guerre et commandement de paix la poursuite des animaux sauvages est la préparation de la : conduite des armées contre les ennemis. le soin et la direction des animaux apprivoisés c'est l'effort royal à l'égard des sujets. Il revient pour illuminer la foule. I. Car ceux qui veulent se mettre en état de commander s'occupent d'abord d'animaux. Garde des troupeaux. mais il y est question d'as- cension.. prenant un corps nouveau et des énergies ainsi nouvelles. Vie de Moïse. Exercices préliminaires. il est lavé et purifié. devenant pilote du navire symbolique. Voilà pourquoi les rois sont appelés bergers des peuples. Il aborde au rivage des Iles Bienheureuses. 2. 90). Il entre dans le Sanctuaire où il contemple le dieu face à face et s'identifie à lui. Au début du traité De Synésius semble la Providence. Le séjour dans V antre. d'un nom qui n'est pas une insulte. ou II. il doit finalement se confondre avec Zeus. Chasse. de même que la chose est une préparation pour ceux qui sont belliqueux. » (Philon. parler de la retraite que doit s'imposer le futur roi avant l'initiation. prenant des êtres sans raison comme matière pour la pratique du commandement de chaque espèce. les dieux.

ressentiment. des rois. de même. archaioL. qui a provoqué des malheurs funestes. ne cherche pas qui je suis le rite mystique : l'emmena en s'en allant vers la mer empourprée. D'après le texte de Lycophron qui sera cité plus loin. mais il est net le nom du hiérophante a été : emporté dans la mer. et. haines. celles qui se sont élevées en quelque sorte de l'autre partie. Une inscription d'Eleusis concernant un hiérophante. rapporte comment Dar- Aie c'est la déesse terrible qui met l'aveuglement dans l'âine des hommes. dit: « Pour mon nom. Un mythe. Il en est plusieurs fois question chez Homère : ce Até. p. dans la prairie d'Aié \ errent au milieu des ténè- bres. Voilà témoignage direct relatif aux Mystères d'É- le seul leusis même. Dar- danos a quitté l'antre samothracien consacré à Hécate. 1. et qu'elle se déverse dans sa propre source. et retourneront dans l'intelligible. en particulier. et apprendront à s'en débarrasser. assurément ancien. .. De même les hommes qui par les degrés successifs de l'initiation. de même.. pourront devenir rois. aveuglement. Ils iront d'abord dans une cachette où sont les passions humaines les plus dangereuses pour les rois. la Haine.. La traversée de Veau à la nage^ puis sur une barque. qu'elle remonte de nouveau cette même route. 1883. opposera la « caverne souterraine de a vie matérielle » aux rayons éthérés et aux îles des Bien- heureux. » On peut comprendre le texte de cette façon : Les âmes qui ont vécu au milieu du monde sans contracter les souillures de ce monde s'en iront par la voie qui les a amenées. a troublé Agamemnon et l'a porté à outrager Achille. 79). sont parvenus jusqu'à la hau- teur du ciel. 334 INITIATION ROYALE et persiste sans souillure. Mais les témoignages ne manquent pas pour d'autres initiations royales. le Ressenlimenl et les peuples des autres Kères.. Hiéroclès. 3. et c'est le rite mystique qui Ta em- porté en se retirant cela signifie que l'eau dans laquelle : le hiérophante a plongé rituellement a emporté son nom. » [Inscription dans VEphém. en particulier. la nécessité de la nature veut qu'elles aillent gîter dans les cachettes qui sont de leur parenté.. là où.

fut transporté sur le Mont Ida. il fonda. fils de Zeus et d'Electre. antique fondateur de la dynastie royale. 215) raconte ainsi l'accession de Dardanos à la royauté : Dardanos. fils de l'Atlantide. Cassandre se lamente sur Troie et sur le tombeau de Dardanos. les anciens disent que. dit le scholiaste. une pluie survint. Comm. ô ma patrie^ et sur le tombeau du plongeur. qui autrefois. L'histoire se trouve chez. . consacré à Hécate. revêtu d'une peau de bête. sur l'ordre de Zeus.. il s'est servi d'une seule rame. quand cette peau est remplie d'air. et. dans une peau cousue. d'après son propre nom. » (Eustathe. fondation solide des Cur- bantes. Dardanos a quitté l'antre de Samothrace. comme le croit Lycophron. « C'est. il est entouré par une peau légère..). parcourant « la Samothrace. 72 et suiv. dit le scholiaste. Alexandra. après avoir envoyé la pluie. Il s'était enveloppé d'une peau et avait ainsi pris l'apparence de l'animal appelé porcos. après avoir quitté l'antre de la déesse dévoreuse de chiens. une ville qu'il appela Dardanie. il devient pareil à une outre ^ et ainsi il nage jusqu'à ce qu'il soit devenu mince. alors que l'inondation de Zeus. RITES d'initiation 335 danbs parvint à la royauté en traversant le bras de mer qui sépare Samothrace de la Troade. Dans ce texte.). Lycophron raconte ainsi Tévénement : (c Je (c'est Cassandre qui parle) me lamente sur toi. il partit de Samothrace après s'être préparé une outre ou un radeau avec des peaux. . Saos. nagea comme une mouette de Rhithumnia. et. Eustathe commente le même fait : « Au sujet de Dardanos. fils de Zeus et d'Électra. et. » Dardanos nage. et il sort sur la terre et prend sa nourriture. est fréquemment enfoncé dans l'eau par suite de la tempête. sur sa barque. recouvrait tout de sable » (Lycophron.. étant descendu. tenant une seule rame... » Lycophron. Il se prépara une barque.. un animal qui vit sur le bord du fleuve Istros. Il s'est lancé sur la mer où il a plongé plusieurs fois. tel le porcos quadrupède Istrien. la fille d'Atlas. et fonda DardaniCi.1204. Un commentateur de V Iliade (en XX. Sur sa barque. la déesse qui dévore les chiens. sur V Iliade. 13 et suiv. fille d'Atlas. qu'il se mit dedans et se jeta dans les flots et aborda à Troie. ou bien. ayant enveloppé son corps d'une outre. dans le déluge de Deucalion.

s'exprimant en vers héroïques. mais ayant de tes paupières dégagé cette lourde souillure. hors de l'agitation tumultueuse des membres. quand tu t'agitais pour éviter la vague amère de la vie nourrie de sang et les tourbillonnements nau- séeux. souvent. Et le sommeil invisible des paupières ne te dominait pas entièrement. où se trouvait l'âme de Plotin. et le rite qui consiste dans une traversée en barque sont rap- le rite pelés avec beaucoup plus de détails dans deux textes. là où sont les lois. vers le bord solide du rivage. et que tu as quitté le tombeau de ton âme démoniaque. Amélinus. mais maintenant t'approchant de la condition plus divine de démon. tu vis de tes yeux beaucoup de choses et de belles choses que ne verrait pas facilement un des hommes qui ont recherché la sagesse! Et maintenant que tu as détaché ton enveloppe. 25. Bréhier. chanter Plotin comme on a chanté Achille. Souvent les élans de ta pensée qui se portaient par les sentiers obliques pour être enlevés de leur propre élan. annonce d'abord qu'il va. là où brille l'éclat du dieu. tu nageais en hâte loin du peuple des impurs. Le dieu Apollon. autrefois homme. ces textes laissent mieux voir la signification des rites. à voir de tes yeux depuis l'obscurité sombre. de concert avec les Muses. Vie de Ploîîn. le désir délicat à voir. tu t'en vas tout de suite vers l'assemblée bienheu- reuse. et que. du séjour des Bienheureux. ayant pris des forces en tes entrailles. dans un éclat pur. dans l'édition de Plotin. par M. I. et. II reçut une réponse que Porphyre nous a transmise. leur donnant une marche assurée à travers les cercles et laroute impérissable. indiquent mieux point où aborde le futur roi. et accordant un rayon fréquent de lumière. là où soufflent des souffles aimables. demanda à l'oracle d'Apollon. les inunor- tels les soulevèrent. plein de joie pure. le Voici d'abord le texte de Porphyre^. siégeant tout près. où est le souffle doux et l'éthei non 1. au milieu du bouillonnement et du désordre imprévisible. p. loin de l'impureté injuste! Alors. lieu qui reçoit toujours la plénitude des canaux sacrés venus de la divinité. pour y poser la marche aux belles courbes de ton âme pure. après la mort de Plotin. l'un de Porphyre. 336 INITIATION ROYALE Mais qui consiste dans une traversée à la nage. lorsque tu détachas le lien de la nécessité humaine. l'autre de Synésius. par Porphyre. disciple de Plotin. d'où viennent les persuasions des amours. Puis il continue ainsi : « Démon. t 'apparut le but. où sont l'affection. . d'autre part. porté dans les tourbillons de l'obscurité. t.

Mosaïque de la Villa Hadriana. . PL. VJI *^ '^gW«^^<afew^a'" " çt i<si i '"^fn^ii !^'.4i'/t'>^jf^^^^^^^^!v^ Surveillance du troupeau. d'après Ernst Pfuhl.

Ex-voto d'argent. . VIII Empereur romain nouveau Triptolème.PL. d'après Robert von Scheider.

là se trouvent. LES MYSTÈRES d'ÉLEUSIS 2^ . loin d'un endroit de la rive où se tenaient une foule d'hommes (qui représentaient les non-initiés. représentant les crimes qui abondent dans la société humaine. ou du moins ceux qui n'étaient pas arrivés à un haut grade).Plotin s'est élevé depuis la condition d'homme jusqu'à celle de démon. tous ceux qui ont obtenu la communauté de famille avec les démons les plus fortunés. L'eau qu'il traversait avait des vagues. c'est-à-dire qu'il est devenu l'égal des hiéro- phantes et des rois. là Platon. il recevait parfois un rayon de lumière pour se diriger. il dut recommencer l'ascension : car Plusieurs fois aussi il avancer par des sentiers obliques. Dans l'obscurité où ilétait plongé. là le beau Pythagore. t'étant revêtu de vies très vaillantes! Arrêtons le chant. Il devait arriver au bord. de la race d'or du grand Zeus. les révoltes imprévues. Il a reçu quelque breuvage ou quelque aliment. les frères. Il a subi les épreuves de l'initiation royale. qui lui a donné de la force. et le cercle aux méandres gracieux du chœur de Plotin. et des tourbillon- nements. puis monter sur une élévation. Mais il lui fallut plusieurs fois recommencer la traversée. Il a délié le lien qui au corps. là le cœur s'adoucit sans cesse en des festins délicieux. au sommet de laquelle était un sanctuaire. Muses très joyeuses! Mais voilà ce que ma cithsre d'or a fait connaître à cet être à la belle vie. RITES d'initiation 337 agité du vent. et tous ceux qui ont établi le chœur de l'amour immortel. les impuretés. semble- t-il. Il s'est élancé dans l'eau. traverser des lui fallait cercles. force sacrée. le juste. et s'est séparé des le tenait membres où règne l'agitation des passions. Ah! Bienheu- reux! Quelles quantités de peines tu as supportées avant d'aller vers les saints démons. pour arriver à la nage vers un lieu escarpé. après la mort définitive qu'il a pu s'en aller tout droit vers le séjour des Bienheureux. car c'estseulement main- tenant. » Ce texte peut s'interpréter de la façon suivante. au milieu de l'obscurité que venait parfois dissiper un rayon descendu d'en haut. les colères. Minos et Rhadamanthe. là se trouve Éa que.

comme la fin l'indique et nous : devons supposer aussi que ce qui empêche de voir. le cours du Nil. Mais auparavant il avait dû supporter des épreuves. Il avait dû se revêtir de vies très vaillantes. lois royales. — On le fît sortir de ce qui représentait le tombeau. est une autre montagne.338 INITIATION ROYALE Il eut sur yeux quelque chose qui l'empêchait de voir. a Osiris venait. appelé. I. et la loi veut que les candidats à la royauté. nageant. De ces deux montagnes. en face. est un mont sacré.. celle qui est en face est la Libyenne. c'est-à-dire se revêtir de diverses peaux d'animaux. restait sans bouger à la place où il était monté au commencement. et près de lui sont tous les prêtres sages de la grande sagesse. au milieu des deux. « Osiris. La montagne sacrée est la montagne égyptienne. 66. (Suit une description de la façon dont se fait le vote). p. dans son traité VÉgypîien ou de la Providence. De la Providence. Gr.. au milieu de l'obscurité. 1622. Son frère Typhon « se négligeant lui-même et négligeant les dans le courant. » Mais il est repoussé par tout le monde. et l'ordre comprend tous les digni- taires. Synésius. Sur le som- met est une tente pour le roi. se laissant aller faisant tout et supportant tout. On détacha ce qui l'enveloppait nous devons supposer : que c'est une peau de bête. Il prit place au milieu des chefs de prêtres et des rois. suit celui-ci.. les Il fut transporté. et. arrive de l'autre côté du fleuve.. 6.. . Ceux-là. c'est cette peau de bête. ». Les dieux. celui des soldats. suivant le rite. afin qu'ils ne puissent rien savoir du choix. distinguant les places suivant la dignité des iélélés. autour du roi comme autour d'un cœur. tourné en dérision par ceux qui le voyaient. Mais il put cepen- dant contempler des choses que ne contemplent pas les philosophes ou les prêtres. emporté. raconte comment Osiris devint roi ^ : « Non loin de la grande ville de Thèbes. I. n'ayant fait aucune brigue. forment un premier cercle. t. y restent pendant les préparatifs. soumis au vote. Alors les plus hauts dignitaires vinrent à sa rencontre. Et une foule sur le rivage. et un autre cercle. dans la Pair.

il s'agit du Roi. et ce qui indique tout cela c'est la traversée. pas voulu raconter une il ne histoire véritable peut être question de princes qui : ont existé véritablement autrefois. il mourut. tous avee des babdelettes sacrées.. sans aucun doute. du fleuve à la nage.. . de ses passions. Bientôt rentré dans ses forces. ^ Plutarque a une allusion à l'initiation royale dans le le passage où il raconte l'histoire merveilleuse de Thespé- sios. s'il voulait qu'il ne bouleversât pas tout. et maître de lui-même. ils lui expliquaient clairement. et de l'initiation royale. ce que c'était que les abondances de biens. Aussitôt donc qu'il était initié de l'initiation royale par les dieux et par son père. et lui ensei- gnaient qu'il fallait se débarrasser de son frère. Car les Ciliciens ne connaissent personne. 22. il montra un changement d'existence incroyable. frère d'Osiris. représente le caractère humain du roi. — il arrive. Plutarque. né pour apporter une mauvaise destinée aux Égyptiens et au foyer de son père. on a une idée de l'initiation très voisine de celle que nous a donnée Porphyre: Le futurroi se sépare de son corps. Si l'on admet que Typhon. et Osiris son caractère divin.. « Tombé de haut sur le cou. venaient à sa rencontre près du rivage où la barque devait aborder après avoir pris sur la rive libyque le nouveau roi.. transporté sur une barque. 1. par Typhon. des agitations et des troubles qui remplissent la vie humaine. Ils lui expliquent la double nature des âmes et l'opposition nécessaire qu'ont ceux qui viennent de la terre et ceux qui viennent d'en haut. — il est reçu par les plus grands prêtres. comme le sachant très bien. Sur la vengeance tardive de la divinité. RITES d'initiation 339 les prêtres. » Synésius n'a. il se releva. qui s'était longtemps mal conduit et à qui l'oracle avait annoncé qu'il agirait mieux une fois qu'il aurait passé par la mort. et des flûtes sa- crées. n'ayant pas de blessure ouverte. ni de princes réels vivant à l'époque de Synésius.. — il monte au sommet d'une montagne. mais ayant seulement subi un choc. Du ciel aussitôt de grands signes. au moment même des funérailles.. et le troisième jour.

mais des astres immenses. Thés- 1. en ayant aperçu deux ou trois bien connues de lui. plus sûr pour les amis ^. il disait que les âmes des morts. Laissant la plupart des choses qu'il avait vues. il le souffrit d'abord par l'effet du brusque changement. Il racontait lui-même à Protogène et aux autres de ses amis qui étaient aussi distingués. comme si son âme avait été ouverte par un seul œil. un éclat qui avait une tension. fuyant toute vue et tout toucher. et tout effarées. Cepen- dant. Ensuite il s'éleva un peu. comme des fuseaux. dit : Salut. en se contractant. à ce qu'il semble. Lorsque la partie qui réfléchit tomba de son corps. Les autres. mais sans poids qui les alourdisse. éloignés les uns des autres par une distance infinie. elles erraient d'abord au hasard toutes seules. Elles ne se meuvent pas de la même façon. Ce sont bien là des qualités de roi. puis se joignaient à d'autres qui étaient dans le même état.. il essayait de les aborder et de leur parler : elles n'entendaient pas et n'étaient pas en elles-mêmes.. émettaient des sons inarticulés. et que les âmes sortaient avec la forme humaine. partout et vite. La plupart de ces âmes. plus saint à l'égard de la divinité. mêlés de lamentation et de terreur. évitant les âmes troublées. . sans bien la reconnaître. mais les unes sautent (hors de cette bulle) avec une admirable légèreté et bondissent tout droit vers le haut.. mais sans phrènes 2. et leur joie ou leur approba- tion en se détendant et en se dilatant. comme une barque dans le calme. s'entrelaçaient. 2. elles montraient. sont emportées d'un mouvement mêlé et troublé. tournent en cercle. remontant d'en bas. Là il en vit une d'un parent à lui.. qui ait été plus juste rela- tivement aux contrats. qui se termine après beaucoup de temps et avec peine. qu'ensuite la bulle se cre- vait. lançant un éclat d'une couleur admirable. il était encore tout enfant. Partie de l'âme qui comprend les sentiments et les passions. en sorte que son âme^ doucement emportée là-dessus. apparaissaient toutes bril- lantes. s'en allait facilement. il ne savait pas qui elles étaient. Alors il ne voyait rien de ce qu'il avait vu aupa- ravant. se joignaient les unes les autres avec bienveillance. leur mau- vaise disposition. les autres. et qu'il voyait de tous côtés. car il était mort alors que lui. et rampant tantôt vers le bas. en haut. Mais cette âme s'étant approchée tout près. produisaient une sorte de bulle lumineuse quand l'air sortait. tout au sommet de ce qui entourait. et alors il lui sembla qu'il respirait tout entier. tantôt vers le haut. ce que souffre le pilote qui tombe de son embarcation au fond de l'eau. semblables à des hurle- ments. plus nuisible aux ennemis.340 INITIATION ROYALE parmi les hommes de cette époque-là. avaient toutes sortes de mouvements désor- donnés. .

de tenir leur âme à l'écart de toute injustice. dominant le souci sauvage. avec des guirlandes de ces fleurs. Mais ceux qui eurent l'énergie. 2. puis sa qualité de roi : L'opulence. iakùi. auprès de ceux qui sont hono- rés des dieux. Ayant un qui fait toujours des nuits égales et des jours soleil 2 égaux. d'autres. tout surpris. Partie inférieure de rame. comme une ancre. Elle est l'astre très brillant.. de la déesse qui siège plus haut que tous. transport sur une barque. II. célèbre d'abord son (il descend de Polynice et illustre origine d'Œ- dipe). changement de nom. par une destinée des dieux. mais. Olympiques. louant Théron. elle reprit : Auparavant oui! Maintenant c'est Thespésios. ceux qui furent fidèles aux serments passent une vie sans larmes. ses victoires dans les grands concours olympiques. 1. dans ton corps. 96 et suiv. lumière la plus véridique pour l'homme. ils tressent des couronnes. mais Aridée. il répondait qu'il s'appelait non pas Thespésios. accomplis- sent la route de Zeus jusqu'au delà de la route de Cronos. là les vents océanides rafraîchissent l'île des Bienheureux. sait qu'après la mort les phrènes^de ceux qui ont été coupables s'il icisubissent aussitôt leur châtiment et que les fautes commises dans ce royaume de Zeus. tu es venu ici par la partie de ton âme qui réfléchit. assesseur qui se tient toujours prêt pour le Père. et profond. l'eau les nourrit.. apporte l'occasion de faire « tellechose ou telle autre chose. quelqu'un les juge sous la terre en pro- nonçant inexorablement son arrêt. Parmi eux s'affairent Pelée et Gadmos. l'époux de Rhéa. ne tour- mentant pas la terre par la vigueur de leurs bras. ornée par les mérites. sous l'équitable surveillance de Rhadamanthe.. pour soutenir une vie inconsistante. le grand. tu Vas laissée. les fleurs d'or resplendissent.. Car tu n*es pas mort. les Éminents reçoivent une vie moins pénible. Pindare. (Pindare.). . ni l'onde marine. Dans la II® Olympique. les unes produites par la terre sur des arbres magnifiques. Là Achille fut apporté par sa mère quand elle eut fléchi dans Zeus le Souffle du Cœur. surtout si celui qui la possède connaît l'avenir. RITES d'initiation 341 pésiosl Comme. » Le récit de Plutarque rappelle plusieurs traits de l'ini- tiation royale : nage. éloignement de tout ce qui est corps et âme. et les autres transportent une peine fâcheuse à voir. en restant trois fois de côté et d'autre. Vautre âme. ils entourent leurs bras. ».

peut-être s'agit-il de l'arrivée finale d'Héraclès à la dignité royale? Chez Homère. Ceux qui sont restés trois fois de côté et d'autre — c'est-à-dire ceux qui ont accompli trois vies symboliques successives. Heureux. L'arrivée à des Bienheureux est magnifiée par Hié^ l'île roclès comme signifiant Tarrivée vers le plus haut degré de la sagesse : « Et c'est là la plus belle fin des peines. Après le jugement. ceux qui ont été reconnus comme les plus éminents reçoivent une vie moins pénible ils n'ont pas à travail- : ler la terre et à se fatiguer sur la mer. G. le grand objet de lutte et le grand espoir. la seconde de l'autre côté. 39. on voit Héraclès traversant 2 l'Océan . les autres ont des peines terribles et le poète en disant qu'ils a transportent ces peines » fait comprendre qu'ils ont de dures traversées à accomplir. 693. XXIII. iî. Homère. où Amphitrite lui a donné une couronne^. Die griech. XVII. Li. c'est. Jacopi. ils arrivent dans les îles des Bienheureux. 2. ' 3. Heldensage. le plus grand œuvre de l'art hiératique et télestique : adapter et reconduire vers ce qui est vraiment beau.342 INITIATION ROYALE Voici comment nous pouvons interpréter ce passage. Iliade. qui a comme assesseur Rhadamanthe. des âmes empêchent l'âme de Patrocle d'avancer et de s'établir de l'autre côté du fleuve ^ c'est •: sans doute que l'âme de Patrocle mort doit accomplir la même démarche que celui qui s'initie à la dignité royale. c'est-à-dire le roi. G. la troisième de ce côté-ci de nouveau — et se sont gardés de toute injustice. celui qui possède à la fois richesse et mérite et qui sait quel jugement attend les fautes commises dans le royaume de Zeus Pindare félicite donc celui qui : doit passer dans le royaume de Gronos. près de Gronos. di