Peut-on se mentir à soimême ?

Maxime Gorki avait dit : « Parfois le mensonge explique mieux que la vérité ce qui se passe dans l’âme ». Mentir, c’est donner pour vrai ce que s’on sait être faux ou nier ce qu’on sait être vrai. Lorsque quelqu’un nous ment, ce dernier connait une chose qu’il sait et qu’il nous cache. Cependant, lorsqu’on se ment, je réfute la réalité qui est pourtant vrai. Ainsi, est-ce une forme de protection de la conscience, ou un acte de survie psychologique. D’où le problème : Est-il possible, si je connais la vérité, c’est-à-dire si ma conscience a accès à l’authenticité, que je peux la réfuter comme telle ? Est-il légitime d’être à la fois le trompé et le trompeur ? Nous verrons, dans un premier temps, les raisons qui permettent de dire qu’il est impossible de se mentir à soi-même, puis, dans un second temps, nous verrons qu’il est courant de se mentir à soi-même et qu’il est utile pour sa propre survie physique ou psychologique ou même pour s’adapter à un environnement particulier.

Être conscient lorsque nous agissons, réfléchissons, éprouvons… c’est posséder simultanément une connaissance de ses actes, pensées, émotions… Ainsi, il n’est pas possible que mes pensées puissent s’exprimer sans que j’en aie conscience. Il est donc faux d’ignorer ce que l’on sait. Cette affirmation découle de la propre définition de la conscience. Nous sommes donc, à chaque instant, conscience de ce que l’on éprouve, de ce que l’on fait. Ce que je fais est aussitôt mis en présence. C’est ce qu’à prouver René Descartes, par son expérience du Cogito, avec sa célèbre phrase « je pense donc je suis ». Son raisonnement est le suivant : il est possible, par la pensée, de douter de tout et de tout remettre en question. J’ai toujours la pleine connaissance de mes pensées, même si ces pensées sont erronées. Nous pouvons nous tromper, mais cette tromperie est due à un défaut de méthode qui est soit un jugement par le biais de la rumeur publique (idée préconçue) ou soit un jugement précipité (idée irréfléchie). Mais ceci est accidentel, et non pas volontaire car précédemment, nous avons dit que la conscience exclut le mensonge à soi-même. De plus, il arrive souvent que l’on ressente une force intérieure qui essaie de résister face à des pensées ou à une réalité qui nous blessent ou nous fassent honte. Cette résistance intérieure transforme la réalité en mensonge. On a dû mal à accepter une vérité dont on a honte et que l’on trouve comme désagréable. Cependant, ce refus peut être rectifié grâce à une profonde réflexion et beaucoup de volonté. Freud, psychiatre autrichien, a utilisé le terme de « refoulement » pour désigner le refus d’une vérité, d’une pensée… En d’autres termes, ce serait un

La mauvaise foi est une duplicité de la conscience. Cependant. n’est pas la volonté de se tromper à soi-même (= conscience) et donc on ne peut pas se mentir à soi-même. On se ment. il a ses nécessaires propres. on est mal dans sa peau. Du fait. la mauvaise foi n’est surtout pas une dualité entre le « moi » et le « ça ». Le mensonge à soi-même est un mensonge intérieur. On peut donc constater que le mensonge est un phénomène complexe et qui peut s’adapter à divers environnements. Le refoulement n’est pas contrôlable car il s’échappe de la conscience. ce qui est impossible. Ainsi. Cependant. Dans « l’être et le Néant ». le mensonge à soi-même se distingue dans deux grands groupes : Soit on fait passer pour faux ce qu’on sait être vrai. Tout préjugé consistant à se duper soi-même est un mensonge à soi. . entre l’inconscient et l’inconscience. La mauvaise foi consiste donc à se croire à demi. on a besoin de se valoriser. La mauvaise foi comporte les caractères du mensonge : on fait croire ce que ne l’on ne croit pas. Notre inconscient ne fonctionne pas de la même façon que la conscience.désir de l’inconscient qui est renvoyé dans l’inconscient sans avoir pu accéder à la conscience. Entre l’inconscience et la conscience. Soit on fait passer pour certain quelque chose que l’on sait incertain. il n’est pas impossible de se mentir à soi-même. le mensonge nous met dans une situation favorable. la mauvaise foi n’est qu’une « affaire interne » de la conscience. On se comporte comme un autre. On ne peut donc le qualifier de mensonge à soi. ce qui est le contraire du mensonge. Donc. le mensonge pernicieux (mensonge dont le but est de nuire à autrui) et le mensonge joyeux (mensonge de plaisanterie et de moquerie). est inconscient ce dont le sens échappe à la conscience. il y a une différence qualitative. En ce sens. on se ment à soi-même car la vérité nous blesse ou qui nous met mal à l’aise soit parce que l’on se précipite au lieu d’avouer notre ignorance ou de durer dans le silence. le refoulement de certaines de nos pensées (= inconscience). Au contraire. le mensonge officieux (mensonge qui rend service à autrui ou à soi-même). qui cherche à adhérer à son propre mensonge. Or le refoulement n’est pas à l’origine d’une intention consciente. donc. Jean-Paul Sartre essaie d’éclaircir la notion de « mauvaise foi ». dans ces deux grands groupes. à soi-même. comment peut-on être victime d’une manipulation alors que nous sommes nous-mêmes auteur ? Comment peut-on ne pas être conscient d’une vérité alors que l’on la connait ? Le mensonge peut prendre quatre formes : le mensonge blanc (qui ne vise pas à heurter autrui). En fait.

mentir à nous-mêmes. on pourrait se demander pourquoi. Cependant. mentir à soi-même peut se transformer en de la mauvaise foi. Cette mauvaise foi est une dérivée du mensonge. d’autres part. Nous pouvons dans cette situation. Le sujet peut nier et croire en autre chose de ce qu’il est. De plus si. d’une part. Finalement. la conscience forme une unité et est homogène. le mensonge à soi. N’est-il pas tout simplement utilisé par tous les sujets qui possèdent une conscience et une inconscience ? . Il ne sera donc jamais complètement le même. sur un plan moral. est considéré comme un vil défaut. le psychisme est hétérogène (conscient + inconscient = double) alors nous ne pouvons pas nous mentir à nousmêmes. alors cela n’est tout simplement pas possible.CONCLUSION : Alors peut-on vraiment cacher une vérité que pourtant l’on sait ? Si.

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