Vous êtes sur la page 1sur 2

En attendant Godot, Samuel Beckett

Samuel Beckett a véritablement révolutionné la dramaturgie du XXème siècle, par sa nouvelle conception du théâtre. Il a bouleverse les codes du théâtre et notamment l'expression verbale dans la mesure où il tourne en dérision le langage traditionnel du théâtre.C’est la

naissance du théâtre de l’absurde. L’absurdité des situations mais également la déstructuration du langage lui-même ont fait de ce style théâtral mouvement dramatique à part entière.

En attendant Godot est une pièce de théâtre composé de 2

Durant tout le long

de la pièce, Vladimir et Estragon, présentés comme 2 clochards, attendent un autre personnage:

Godot. Ils ne savent ni qui il est, ni quand il viendra, ni ce qu’ils souhaitent de lui mais simplement qu’ils doivent l’attendre. Ainsi, pour faire passer le temps, ils engagent une conversation à bâtons rompus où se succèdent, plaintes, évocation de souvenirs, diverses interrogations, petites chamailleries et même quelques rencontres sans autres objectifs que de faire passer le temps. Les éléments décoratifs choisis par Beckett sont un arbre mort, qui renaîtra entre les premiers et seconds actes, et une pierre sur laquelle s’assied Estragon lorsque ses pieds deviennent douloureux. On sait par ailleurs qu’une route de campagne passe «par là», c’est le chemin qu’empruntent Pozzo et Lucky. Dans «En attendant Godot», l’espace dramatique est très important. Les lieux où Estragon et Vladimir passent leurs nuits ne sont pas décrits, cependant nous les imaginons sombres et hostiles. Ce sont des lieux qui font peur puisqu’on y bat Estragon. L’espace scénique se trouve donc être un lieu rassurant, un lieu où les personnages sont en sécurité. Pourtant nous le percevons également clos, comme si les personnages y sont emprisonnés puisque justement les personnages ont peur d’en sortir. Beckett va jouer avec le fait que les acteurs ne peuvent quitter la scène, par exemple lorsqu’Estragon décide de s’enfuir, mais qu’il n’ira pas plus loin que « jusqu’au bord de la pente ». La pente n’est en réalité qu’une rampe d’accès à la scène depuis les coulisses, facilitant le transport des décors. Dans cette pièce se trouve une particularité encore rarement vue au théâtre avant Beckett : l’absence d’action. Une absence dans le sens où l’action est passive. Le titre apporte un premier élément qui le confirme : « En attendant Godot », l’attente est de caractère passif. On assiste à deux actes qui se ressemblent beaucoup. En effet le début de l’acte II,

met en scène les mêmes personnages que celui de l’acte I : Vladimir et Estragon, le lendemain au même endroit et à la même heure. Les deux actes auront également la présence de l’autre couple de la pièce : Pozzo et Lucky, et du jeune garçon, messager de Godot. Les deux actes suivent le même cérémonial et ne montrent aucune progression. En effet il n’y a aucune intrigue comme dans les pièces classiques, si ce n’est d’attendre un mystérieux Godot qui ne viendra en fait jamais. Les personnages, en mal d’occupation tentent désespérément de se distraire pour se donner l’impression d’exister, et leurs distractions forment un parallélisme entre les deux actes. Tout d’abord, Vladimir demande à Estragon s’il a

été battu, ainsi que dans l’acte II. On retrouve ensuite l’essayage des chaussures d’Estragon, qui

demande à Vladimir de l’aider à les enlever, à

que cette fois-ci il souhaite les mettre. Il y a également la scène des radis et des carottes dans les deux actes. Le thème de l’obsession parcourt ainsi la pièce, en effet les personnages accordent une importance immense à l’essayage des chaussures, proche de la dérision.

l’acte II, on assiste à la même scène si ce n’est

Le lendemain, Estragon a presque tout oublié de la veille : « Il n’était pas là hier ? », « Tu l’as rêvé », « Il a tout oublié ! », ce qui participe à créer une impression d’éternel recommencement. L’ensemble de l’œuvre donne une impression d’infini, se répétant sans cesse, et n’offrant pas de sortie possible. En ce sens la pièce aurait pu se prolonger sur encore 4 ou 5 actes sans que l’on n’y voit plus d’incohérence. Les actes sont quasiment interchangeables, puisque il n’y a pas de progression, cependant on peut relever quelques changements traduisant la minime avancée de la pièce.

Le début de la pièce établit une relation entre Vladimir et d'Estragon. Vladimir se rend compte clairement que Estragon est dépendant de lui quand il dit Estragon qu'il serait «rien de plus qu'un petit tas d'ossements» sans lui. Vladimir insiste également pour que Estragon n'irait pas loin, si ils se séparèrent. Cette dépendance se prolonge même en minute, les choses quotidiennes, comme Estragon ne peux même pas enlever sa chaussure sans l'aide de Vladimir. Dans le début de la pièce Vladimir et Estragon semblent interchangeables. Par exemple, l'un des personnages répète souvent une ligne que l'autre a déjà dit. Ce qui se passe dans le début, quand les deux personnages changer de ligne dans le dialogue, avec chaque demande à l'autre, «Ça fait mal?" et de répondre, «Ca fait mal! Il veut savoir si ça fait mal!" En plus de démontrer la façon dont les deux personnages peuvent être considérés comme interchangeables, cette répétition textuelle sera trouvée dans le jeu comme un indicateur de la répétitivité de la vie en général, pour Vladimir et Estragon. La discussion de Vladimir de l'histoire des deux voleurs soulève la question de l'incertitude textuelle. Il souligne que les quatre évangiles présentent des versions totalement différentes de cette histoire, et se demande pourquoi une de ces versions est acceptée comme définitive. Cette question sur la fiabilité des textes peut provoquer le lecteur de cette pièce à la question de la fiabilité de ce texte en particulier. En outre, la répétition de l'histoire par les quatre évangiles pourrait faire allusion à la répétitivité de l'action de la pièce. La répétitivité du jeu est le mieux illustré par les demandes répétées de quitter Estragon, qui sont suivies chaque fois par Vladimir lui disant qu'ils ne peuvent pas partir parce qu'ils attendent Godot. La répétition exacte des lignes à chaque fois ce dialogue apparaît, y compris les indications scéniques, renforce l'idée que les mêmes actions se produisent encore et encore et suggère que ces actions se déroulent plus souvent que les cadeaux de jeux. En ce début de l'acte nous obtenons le seul indice de la nature de la relation Vladimir et Estragon avec Godot. Ils mentionnent qu'ils ont demandé Godot pour "une sorte de prière une supplication vague," dont il est en train d'examiner. Cela crée un parallèle entre Godot et Dieu, également suggérée par leurs noms similaires, et il semble que Vladimir et Estragon ne considèrent Godot une sorte de figure religieuse quand ils mentionnent arrivant sur leurs mains et les genoux .

Stroie Ana Francais-anglais ,III-eme annee