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de charlatanisme.

A la diffdrence des autres groupes qui, a Rome, prati-


quaient la divination, les haruspices 6taient des experts professionnels; les
augures et les quinze gardiens des Livres sibyllins n'6taient en effet que
des citoyens 6minents. Il arrivait aussi parfois que I'on fasse appel aux
haruspices pour interpr6ter des phdnomdnes naturels inexplicables ou
inhabituels, tels que les inondations du Tibre, les tremblements de terre, le
passage d'une comdte ou les 6clipses, ou encore des prodiges pr6tendus
surnaturels comme les vaches parlantes, les boucliers qui suaient du sang
ou les statues de dieux qui pleuraient. On rapportait ces ph6nomdnes au
s6nat, qui consultait les haruspices pour savoir quels dieux dtaient cour-
rouc6s et quels rites religieux dtaient susceptibles de les apaiser; cette pro-
c6dure se nommait 1'<< expiation des prodiges >. Dans les p6riodes de
grande tension publique ou aprds une d6faite militaire, les phdnomdnes et
les prodiges se faisaient plus nombreux qu'en temps ordinaire. L'historien
conservateur Tite-Live les a meticuleusement consignds, et m€me Tacite,
bien qu'il se montre plus critique, en rapporte quelques-uns; quant d Su6-
tone, le biographe des Cdsars, il leur accorde beaucoup d'importance. Le
nombre de r6cits relatant ce genre de ph6nomdnes montre que les Romains
les prenaient tout d fait au sdrieux.
Outre les augures et les haruspices, les Romains, pour conna?tre la
volontd des dieux, consultaient aussi, mais seulement dans les occasions
sp6ciales, les Livres sibyllins. Selon la tradition, ces livres venaient de
| :ie sur lct tner Tyrrhdnienne, d partir de I'antique colonie grecque de Cumes (un peu au nord de Naples), r6sidence
C:r,nes. Cette ville de Campanie fut la l6gendaire de la c6ldbre sibylle cumana, d qui les textes 6taient attribu6s.
''.7titi0r€ citd de la Grande GrAce. A Rome, les Livres sibyllins 6taient conservds au temple de Jupiter. sur le

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