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Initiation à l’Education Chrétienne 29

LES GRANDS PHILOSOPHES


Les quatre grandes écoles philosophiques de l’Antiquité:

1. L’Académie: l’école fondée par Platon à Athènes


2. Le Lycée: l'école créée par le philosophe Aristote, dirigée par son disciple
Théophraste.
3. L’Ecole d’Epicure: La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les
épicuriens ont appelé le tetrapharmakos (quadruple-remède formulé ainsi : « Les
dieux ne sont pas à craindre ; la mort ne donne pas de souci ; et tandis que le
plaisir est facile à obtenir, la douleur est facile à supporter. » (Wikipedia)
4. Le Stoïcisme: une école philosophique de la Grèce antique fondée par Zénon de
Kition au IVe siècle avant J. C. C'est l'une des principales philosophies de la
période hellénistique, avec l'épicurisme et le scepticisme. On peut résumer cette
doctrine à l'idée qu'il faut vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre
la sagesse et le bonheur. Le nom de Stoïcisme vient du grec Stoa poikilê, un
portique de l'Agora à Athènes où les Stoïciens se réunissaient et enseignaient.
(Wikipedia)

Socrate (470-399 av. J.C.)


Sa philosophie: le moralisme

Socrate était loin de la conception chrétienne du Dieu de la création.


Néanmoins il croyait fermement que l’univers reflétait un ordre
moral et un but bien défini. L’agnotisme des sophistes était un
blasphème à ses yeux, car pour lui seul un homme véritablement
moral pouvait posséder la vraie connaissance. (Gangel)
Socrate se dressa en réaction vigoureuse contre les sophistes, en dénonçant le caractère
formel et bassement utilitaire de leur enseignement. Il fit ressortir qu’on ne pouvait et ne
devait pas soutenir n’importe quelle thèse, et que l’éloquence pouvait être dangereuse. Il
montra qu’il y avait une vérité que l’homme était en état de découvrir par sa raison,
pourvu qu’il s’applique à la bien conduire et à en faire la mesure de toute chose (Leif et
Rustin).
Nous ne devons pas confondre les ressemblances entre Socrate et Jésus, pour ainsi
essayer de voir un élément biblique dans la pensée du philosophe grec. Bien qu’il
dénonce le sophisme, Socrate reste et demeure un vrai rationaliste; il trouve l’approche
suprême en éducation dans la méthode dite dialectique (Gangel).

Sa conception de l’éducation
Le rôle du maître est de stimuler le raisonnement de l’homme moyen, le secouer de sa
léthargie, corriger son irrationalité et le traîner pour le faire sortir de la caverne des
superstitions tribales. (Gangel)
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Aristoclès dit “Platon” (ca. 427-347 av. J.C.)


Son oeuvre maitresse:
Sa philosophie: l’idéalisme

Pour Platon, les formes ne sont pas des objets matériels ni de simples
symboles logiques ou mathématiques. Au contraire, elles ont une
existence objective et fournissent la dimension réelle pour les objets
physiques dans le monde des sens, objets qui ne peuvent imiter ces
formes qu’imparfaitement (Gangel)

En un sens tout se centre, pour lui, sur la cité et il ne traite de l’éducation qu’en fonction
de l’organisation de la cité idéale. (République, Lois)… D’où une éducation sélective à
trois étages: le premier, pur apprentissage des métiers; le second, de type spartiate
(guerrier); le troisième, seul comportant véritablement une éducation intellectuelle,
poussée au dernier degré, pour la formation de la classe dirigeante. (Leif et Rustin)

Aristote (384-322 av. J.C.)


Sa philosophie: le réalisme
Son oeuvre maitresse:

Le bonheur de l’homme réside dans la soumission à sa raison. Il s’agit


donc d’éduquer l’homme pour la vertu. Et pour cela, il faudra essayer
de modifier sa nature originelle par les bonnes habitudes qui lui
permettront de se dominer et de se diriger. (Leif et Rustin)

Dans la pensée d’Aristote, la vertu a le sens de perfection ou excellence dans le domaine


intellectuel. La vertu est fondée sur la connaissance et porte toujours à tout faire avec
modération. (Gangel)
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Education en Israel
Unicité de l’éducation juive par rapport aux philosophies orientales
- ferme croyance en un Dieu qui parle à l’homme
- le concept du péché pris très au sérieux

Le peuple Hébreu est appelé “le peuple du livre” . Un passage est


devenu gravé dans leur conscience de peuple: le Shema dans Deut. 6:4-9
‫ׁשמע יׂשראל יהוה אלהינו יהוה אחד׃‬
Les rites religieuses étaient des occasions pédagogiques. Le culte
de famille devait provoquer l’émerveillement, la révérence, la joie
et aussi des questions (voir De. 6:20).

L’importance de la synagogue dans le système éducatif hébreu.


La synagogue devient le lieu principal pour l’instruction au 5e
siècle avant J.-C.
La Torah a une place prédominante.
Les scribes et les rabbins.
La langue utilisée est l’araméen au lieu de l’hébreu.
Méthologie orale; mémorisation et récitation

Les buts de l’éducation juive juste avant la période de Christ:


1) nationalisme
2) religion
3) universalisme

L’éducateur chrétien a une dette de reconnaissance à l’éducation hébraïque et à la


théologie de l’Ancien Testament. Toutes les doctrines du NT trouvent leurs racines
d’une façon ou d’une autre dans l’Ancien Testament, et la préservation de la vérité de
Dieu par les prophètes, les sacrificateurs et les rois permettent aux éducateurs
évangéliques d’aujourd’hui de jouir de la totalité de la révélation écrite de Dieu. Les
Juifs et les Chrétiens partagent une révérence pour l’Ancien Testament, un respect sain
pour l’histoire d’Israel et un engagement biblique ferme quant à leur responsabilité et leur
privilège d’éduquer la prochaine génération (Gangel)
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Jean 3.1-21 Jean 4.4-30


vv. 1-2 La vie de Jésus, son témoignage et sa v.7 Par sa requête à boire, Jésus étonna la
réputation portent Nicodème à le rechercher. femme samaritaine
Loi du Maïtre (la personne du maître).
v.9 La femme doit poser une question
v.2 Nicodème ne croyait pas (cf.1:11) et Jésus v.10 Jésus introduit son sujet: (le don de
le savait.
Dieu) en l’adaptant à l’intérêt de la femme
v.3 Jésus étonna Nicodème par son (de l’eau pour ne plus venir au puits)
introduction (cf. v.7) Jësus savait que
v.11-12 La réponse de Jésus a créé un
Nicodème était plutôt intéressé à discuter le atmosphère invitant d’autres questions de la
message du royaume de Dieu que Jésus
femme.
prêchait.
v.12 La femme était auparavant arrivée à un
v.4 L’introduction de Jésus crée une
état de “readiness” (préparation du coeur)
dissonance dans la pensée de Nicodème qui
doit poser des questions (tout haut; pour vv. 13-14 Jésus ne répond pas aux questions
d’autre, tout bas) de la femme (d’où aurais-tu cette eau? Es-tu
plus grand que Jacob?). Mais il décrit cette
v.5 Jésus: répétition et clarification
eau et la rend désirable aux yeux de la
v.8 Jésus: exemple/illustration dans la vie femme.
pour indiquer un parralèle à une réalité
v.15 Effectivement la femme demande l’eau
spirituelle.
“afin qu’elle n’ait plus soif” (comme l’avait
v.9 Nicodème doit poser une autre question promis Jésus) et qu’elle ne vienne plus puiser
vv 10-13 Jésus ne répond pas mais identifie le ici (son vrai intéret)
problème fondamental de son interlocuteur: v. 16-18 Jësus fait dire par la femme la cause
l’incrédulité profonde de sa hâte à vouloir recevoir l’eau:
son terrible secret d’adultère.
vv. 14-21 C’est ici que Jésus répond la
question posée au v.9. vv.19-20 La femme avait une question pour le
prophète que s’était révelé Jésus. Elle voulait
vv 14-15 Jésus part du connu (le Serpent)
aussi peut-être porter la conversation sur la
v. 16 Répétition avec variation du thème de religion au lieu de sa personne.
salut par la foi (vv. 14-15) base du salut par la
vv 21-24 Jésus répond à la question de la
foi: la croix. v.16 motif du salut par la foi:
femme mais en mettant l’accent sur le fait que
l’amour de Dieu)
“l’heure vient” et est “déjà venue” (contrastes
v.17 Introduction du thème de jugement par et répétition)
contraste à l’idée de salut (cf. vv. 14-15)
v.25 La femme fait la connexion avec la
v.18 Rapport du thème du jugement à la promesse du Messie.
question fondamentale pour Jésus: croire
v. 26 Jésus enfin se révèle comme le Messie
vv. 19-21 Jésus explique des réalités par des promis.
termes concrets: lumière, lieu, oeuvre. Jésus
clarifie ses explications par des contrastes
“hait le mal”v.5, “agit selon la vérité”;
“oeuvres mauvaises” v.3 “faites en Dieu”.
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METHODE D’ENSEIGNEMENT DE JESUS: LARGE AUDITOIRE

5:12 Emploi d’une Forme (contemporaine?): µακάριοι = “Heureux...”


Paradoxe apparent – pour étonner?
“Heureux les malheureux (pauvres)… ils ont les cieux”
“Les affligés sont consolés”
“Heureux les affamés de justice”

Répétition – clarification “Heureux …. Réjouissez


5:13-16 Vous êtes sel…lumière” : Leçon de choses (provocateur!)
“Avec quoi..? question de réthorique
“que votre lumière luise ainsi” emphase: non cognitif mais impressif

5:17 Ne croyez pas..” Il ne continue pas la logique du discours mais il prend en


considération peut-être la réaction de l’audience.
“non pour…. mais pour…” contraste pour clarifier

5:18 “iota… trait de lettre” = rien absolument


Jésus préfère le concret à l’abstrait
Le théologien au contraire préfère l’abstraction et la conceptualisation.

5:19 Encore, Jésus préfère la représentation concrète. Contraste entre les


résultats/jugements.

5:20 Thème de l’entrée dans le royaume: comparaison avec le connu: justice


des Pharisiens.

Observez le retour au thème initial du “royaume des cieux”

I. Son discours (5:2-16). Réaction du peuple


II. Clarification à partir de la réaction (5:17-18)
III. Liaison avec son sujet (5:19-20)
Action… récompense pour le Royaume
IV. Pratique d’une justice supérieure pour hériter le Royaume (5:21)

Répétition d’une formule (pour clarté) comme repère


21-22s Vous avez entendu… Mais moi je vous dis…
27-28s Vous avez appris qu’il a été dit… Mais moi je vous dis…
31-32 Vous avez appris qu’il a été dit… Mais moi je vous dis…
33-34s Vous avez appris qu’il a été dit… Mais moi je vous dis…
38-39 Vous avez appris qu’il a été dit… Mais moi je vous dis…

Progression: “Colère….>>> Aimez vos ennemis”: Justice supérieure

5:48 Conclusion: Donc, soyez parfait comme votre Père Céleste est parfait.
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SURVOL DE L'HISTOIRE DE L'EDUCATION CHRETIENNE

L'histoire de l'Eglise commence avec l'événement du Jour de la Pentecôte. Avec


les milliers de personnes qui s'ajoutaient à l'église, les apôtres se sont retrouvés devant la
formidable mission de faire de ce nouveaux convertis des disciples "en les baptisant et les
instruisant à observer tout ce que [le Seigneur les avait] prescrits."
Les disciples persévéraient dans l'enseignement des apôtres qui se dispensait de
façons diverses et variées:
Explication des Ecritures
Débat et persuasion
Prédication
Ecole
Exhortation mutuelle
Cantiques
Rédaction de textes

Les apôtres ont fait leur temps. La relève fut assurée par les pères apostoliques et les
apologistes.

ST-AUGUSTIN (354-430)
Aurelius Augustinus, Evêque d'Hippone en Afrique du Nord,
était le plus illustre des Pères latins. Né d'un père païen et d'une
mère chrétienne, Monique, il reçut une excellente éducation dans
sa ville natale de Tagaste et à Madaura et à Carthage.

On découvre sa pensée sur l'éducation chrétienne dans ses


Confessions (397; 426-27), son Manuel d'instruction pour
l'enseignant chrétien (Livres I - III: Interprétation des Ecritures;
Livres IV: Techniques d'enseignement), et aussi dans De
l'instruction de l'ignorant, un manuel de méthode pour
l'éducation chrétienne dans sa tâche d'instruire les candidats au
baptême, et ceux en quête d'information sur la foi chrétienne.

Dans L'Interprétation littérale de la Genèse, Augustin traite de la re-création, la chute,


l'origine du mal, la volition de l'homme. Augustin a centré son attention sur la volition
puisqu'elle occupe une place importante dans ses théories de l'éducation.

«Augustin a utilisé certains éléments essentiels du Platonisme pour exprimer ses vues
personnelles du théisme chrétien... De cette synthèse du Platonisme et du Christianisme
est sortie un idéal de l'éducation assez intéressant. Cet idéal combine un respect de
l'intelligence et une appréciation des émotions et de la personalité individuelle de
l'étudiant. Il voyait l'éducation en termes d'encouragement et de stimulation au lieu de
coercition et contrôle autoritaire. Le professeur - le stimulus portant l'étudiant à réaliser
ses propres exploration et découverte, ce qui demande un haut niveau de technique
professionelle» (Gangel).
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Dans De Doctrine Christiana, Augustin laisse comprendre déjà que "toute vérité est
vérité de Dieu" (All truth is God's truth), une pensée centrale pour le processus
d'intégration de la connaissance selon une perspective chrétienne.

EDUCATION AU MOYEN-AGE

Après Augustin on entre d'emblée dans cette période de l'histoire de l'Eglise appelée le
Moyen Age. Pour plusieurs c'était l'Age des Ténèbres. Cependant il convient de noter la
présence et la contribution de ces points de lumières que constituaient les monastères
(VIe - XIe siècle).

Quelques noms
Antoine d'Egypte (250-350), père du monasticisme
chrétien oriental
Benoit de Nursie, patriarche du monasticisme occidental
Monastère de Cheny (fondé en 910) en France
Monastère Ste Catherine, Mont Sinaï

Dès le début les monastères s'intéressaient à l'éducation. Ils recevaient les garçons qui
désiraient entrer dans l'Ordre, et vers le IXe siècle, ceux qui voulaient simplement une
éducation. La discipline était sévère (prières et jeûnes obligatoires), la langue
d'instruction était le latin. Le curriculum comprenait les sept (7) disciplines libérales:
grammaire, rhétorique, logique (trivium), arithmétique, géométrie, astronomie, musique
(quadrinium).

En évaluant l'histoire des monastères, on retiendra deux principales contributions à


l'éducation:
1) préservation de connaissance pour la Renaissance
2) copie et collection de manuscrits.

Parmi les écoles fameuses on peut citer l'Ecole de Tours (France), de Fulda (Allemagne),
Jarron (Angleterre), Monte Cassino (Italie), Iona (Ecosse), Clonmacnois (Irelande). Les
monastères perdirent leurs forces quand ils devinrent riches et acquirent de grands
domaines.

ECOLES CATEDRALES ET EPISCOPALES

Pour préparer les nouveaux adhérents au christianisme pour le baptême, l'Eglise avait
dévelopé un programme de formation qui devint des écoles de catéchèse ou école
catechétiques. Avec l'entrée de la doctrine catholique du baptême des enfants, cette
formation de base devint de plus en plus négligée.
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Par la suite, dans certaines églises importantes on vint à organiser


des écoles pour l'instruction des intéressés. L'enseignement étant
délégué à un scholasticus, un grammairien convertis. On y
enseignait les Ecritures et la théologie, les lettres classiques
latines et grecques, les études littéraires et philosophiques, et les
mathématiques. A l'Ecole de York on offrait les disciplines
libérales et le droit. Ces écoles, comme celle de Chartres
(photos), étaient attachées à l'Eglise et fonctionnait sous la
supervision de l'Evêque. Plus tard, des associations privées
fondaient des écoles privées et entraient ainsi en compétition avec
le clergé pour le droit d'éduquer les citoyens.

Vers la fin du Moyen-Age apparut un nouveau phénomène dans le domaine de


l'éducation. Des guilds de professeurs se formaient sous l'appelation "universités". On
cite plusieurs facteurs: les croisades et le réveil du commerce qui renforcèrent les
contacts de l'occident avec les études des arabes; la fondation d'ordres religieux
mendiants (Dominicains, Franciscains, Augustiniens), etc. On se rappelera surtout que
les universités ont produit une génération d'hommes savants tels que Anselme, Abelard,
Dunn Scott, et Thomas d'Aquin.

LA RENAISSANCE

La Renaissance a été lancée en philosophie par Thomas d'Aquin (1225-1274); en


sciences par Roger Bacon (ca. 1214-1294); en littérature par Dante (1264-1321); et en art
par Giotto (ca. 1267-1337).

Thomas d'Aquin (1224-1274), Saint-patron des philosophes, a laissé une oeuvre


maitresse hors pair, la Summa Theologica (Somme théologique). Seule La Dogmatique
de Karl Barth au XXe siècle pourra se comparer à l'étendue de la réflexion de Thomas
d'Aquin.

L'influence du Thomisme

La philosophie de Thomas d'Aquin maintient les principes de


base de la métaphysique et de l'épistémologie d'Aristote
(Réalisme naturel). En éducation il accorde la primauté des
disciplines libérales et des sciences dans l'élaboration du
curriculum. Il s'est également fait un champion du raisonnement
par syllogisme.
Tous les hommes sont mortels,
Socrates est un homme,
Donc, Socrates est mortel.
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EDUCATION POUR THOMAS D'AQUIN

Thomas d'Aquin croyait en un univers ordonné sous le contrôle d'un Dieu personnel.
L'homme cultivé devait donc pouvoir réaliser l'unification de la foi et la raison, la science
et la théologie, le présent et l'avenir. La recherche scientifique, cependant, devrait avoir
pour but l'explication de la nature et non le contrôle de ses forces.

Enfin, pour Thomas, enseigner, c'est se faire médiateur entre Dieu et l'homme, faire
passer l'idéal de l'église, glorifier Dieu dans le développement aussi bien de sa capacité
intellectuelle que de celle des autres.

EDUCATION DANS LA RENAISSANCE

Pour le mouvement de la Renaissance on retiendra le nom de quelques éducateurs


remarquables tels que Gerald ou Geert Groote 1340-1384), Vittoriano da Feltre (1378-
1446), François Rabelais (1483-1553) et surtout Desiderius Erasmus appelé encore
Erasme de Rotterdam (1466-1536).

ERASME DE ROTTERDAM (1466-1536)


Érasme (Desiderius Erasmus Roterodamus), né en 1469 à
Rotterdam et mort en 1536 à Bâle, est un humaniste et un
théologien néerlandais, l'un des plus représentatifs de la
Renaissance (Wikipedia). Il est considéré par plusieurs
comme le prince des humanistes, dans ce sens qu'il conférait
à l'être humain une valeur essentielle. Il faut toutefois
préciser qu'Erasme tenait à l'humanisme chrétien qui n'est pas
la même chose que l'humanisme séculier (athée) en vogue
actuellement dans les milieux intellectuels. L'humanisme
séculier déclare que l'homme est la mesure de toute chose.

Eduqué par les frères de la vie moyenne, Erasme est passé dans l'histoire comme un
pacificateur, un procureur de la paix. Il a été aussi le détracteur de Luther dans leur
polémique sur la souveraineté de Dieu et le libre arbitre de l'homme.

Erasme a écrit L'éducation libérale des garçons où il s'est révélé le précurseur de


Comenius, Froebel et Pestalozzi. Il était furieux contre la façon dont on maltraitait les
jeunes élèves. Il prévoyait le rôle important du jeu et de l'exercice en éducation. Il
préfèrait la louange et la récompense à la punition corporelle. Pour lui la tâche du maitre
n'était pas d'étaler son érudition mais plutôt d'aider ses élèves. Erasme réclamait la
formation systématique pour le métier de professeur.
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LA REFORME PROTESTANTE

MARTIN LUTHER

La théorie des deux épées (pouvoirs). L'Eglise doit


reconnaitre qu'elle est une Eglise sous la croix (le pouvoir
temporel). C'est donc la responsabilité des princes reformés de
prendre en main l'éducation chrétienne de leurs sujets. Du temps
de Luther, le prince et le fonctionnaire publique en général, se
savait redevable envers Dieu.

Luther plaçait la plus grande importance dans la


formation dispensée à la maison. «Selon mon opinion, il n'y a
d'offense publique qui aux yeux de Dieu soit aussi lourde pour le
monde, et mérite des peines aussi graves, que la négligence
d'éduquer les enfants».

Contributions de Luther
Education des masses obligatoires
Emphase sur l'éducation familiale
Discipline modérée par l'amour
La centralité des Ecritures dans le curriculum
L'importance de la musique ( Participation de l'assemblée dans les chants)
Encourage l'emploi d'images, illustrations, la répétition
Conception utopique de la relation entre l'Eglise et l'Etat.
Elévation de la profession d'éducateur.
Litterature pour enfants et adultes
Vernaculaire à l'église

JEAN CALVIN
• Institutions de la religion chrétienne
• Le Calvinisme: souveraineté de Dieu, la dépravité totale
de l'homme, la prédestination
• Se rattache à Augustin (comme Thomas d'Aquin à
Aristote)
• Fonda l'Académie de Genève Schola privata ( -16 ans)
Schola publica (université)

«L'enseignement des enfants doit être une instruction de la vie


qui est selon la piété».

La conception de l'éducation de Calvin a eu une plus grande influence que celle de


Luther: En Ecosse avec John Knox, en France avec les Huguenots, en Hollande avec le
Prince d'Orange (Guillaume), en Amérique avec les Puritains.
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CONTRE-REFORME

IGNACE DE LOYOLA (1490-1556)


Fondateur de la Société de Jésus (les Jésuites) en 1534.
«Ad majorem Dei gloriam» «A la plus grande gloire de Dieu»
Ignace était un éducateur contrairement aux Jésuites beaucoup
plus militants. Il voyait la Réforme de l'Eglise arriver par une
emphase sur l'éducation théologique. Leur thème central: la
discipline de soi.

JEAN AMOS COMENIUS (1592-1670)

Est né 100 ans après que Colomb découvrit Haiti


Le premier éducateur moderne
Le prophète de l'éducation moderne
Timbre Ouest-Allemand commémorant le 300e aniversaire de sa
mort (1670-1970)
Entre 16 et 22 ans, il étudie à l'université de Prague et l'université
de Heidelberg
1614 retourne en Moravie (Tchecoslovaquie) et rejoint l'assemblée
Unitas Fratrum (Eglise Morave)
la paix de Westphalie met fin à la Guerre de 36 ans (1618 -1648) où il perd sa femme
enceinte et son fils. Effectivement, “homme de douleur il fut.”
oeuvres: Didactique, Labyrinthe, Janua

Croyances de bases
- pas trop fort sur la doctrine de la dépravation totale
- précurseur du processus d'intégration
- facteurs internes: le développement se fait de l'interieur
- facteurs externes: le maitre , les livres
- approches souples mais régimentés pour aider l'enfant à devenir rapidement,
plaisamment, et complètement éduqué dans les Ecritures, pure en morale, formé sans la
piété, et de cette façon instruit dans tout ce qui est nécessaire pour la vie présente et la vie
à venir.

L'idéal de Comenius
4 institutions dans son système éducatif
- l'école de la jambe maternelle
- l'école vernaculaire (langue maternalle)
- l'école latine (études avancées et langues : grec, latin, hébreu; sciences,
littérature et arts.)
- l'école de l'université et du voyage (érudits ceux qui peuvent porter une
contribution à la vie de l'Eglise et de la communauté)
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Méthodologie
- Comme Platon, Comenius croyait que l'éducation avait la fonction sociale de
réformer la société.
- rôle du maître: faire l'application pratique de la vérité (connaissance) dans la
vie de chaque jour.
- haute opinion de l'homme comme créé à l'image de Dieu
- Oppose la punition corporelle; prône l'éducation des filles
- l'enseignement: on apprend en faisant, par l'action leçons de choses, image.
«C'est en forgeant qu'on devient forgeron»
- le premier à publier un livre de texte avec des images comme moyen
pédagogique. Orbis Pictus (le monde en image, 1657)

LE MOUVEMENT PIETISTE

Selon Charles Poissset Romain, les églises évangéliques contemporaines ont pour
précédents historiques d'une part le mouvement fondamentaliste qui mettait l'accent sur
l'infaillibilité de la Bible, et d'autre part le mouvement piétiste avec son emphase sur la
dévotion personnelle privée. Nous retenons comme contribution de ce mouvement à
l'éducation chrétienne l'oeuvre de A. H. Francke.

AUGUST HERMANN FRANCKE (1663-1727)


- Elève de Jacob Spener, l'organisateur des Collegia Pietates
- Après 2 ans d'études, et 2 ans de reflexions, hors de
l'entourage académique, il retourna en 1669 à l'île de Leipzig
(Allemagne) un porte-parole articulé des principes piétistes.

Réalisations
- Ecole de Glancher pour les pauvres (1692)
- Ecole des orphelins (1695) soutenu par les dimes
- Seminarium praeceptorum (Ecole normale) (1705)
- Ecole privée préfac avec pension (
- Maison d'édition préparant des livres bibliques
- Une infirmerie
- Maison pour les veuves
- Pension pour étudiants

Théologie
- Oeuvre: Traité bref et simple sur l'éducation chrétienne
- Le but de l'éducation est de glorifier Dieu
- Doctrine de séparation: accent sur la vie sainte et la séparation d'avec les
activités mondaines telles que "les dances, les cartes, le théâtre».
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Education

- La Parole de Dieu était enseignée pour amener l'étudiant à la foi et ensuite les
édifier dans la vie spirituelle.
- But: honorer Dieu avec la tête, le coeur et les mains
- Beaucoup d'importance à l'éducation familiale.
- Le rôle du maitre
* une vie marquée par l'amour
* in loco parentis
* discipline, et à la rigueur la punition corporelle
* sa préparation doit être adéquate.

EDUCATION MODERNE

JEAN-JACQUES ROUSSEAU (1712-1778)

Pour la littérature française, le XVIIIe siècle c'est le Siècle des Lumières. En 1739, John
Wesley et George Whitefield prêchaient la dépravité de l'homme et que son salut se
trouve seulement en Jésus. D'un autre côté, les philosophes avançaient que l'homme est
né bon et n'a besoin d'autre sauveur que lui-même.

Dans ce deuxième groupe on peut placer Jean-Jacques Rousseau, l'auteur de L'Education


d'Emile, Le Contrat social, et La Nouvelle Eloïse. Selon Rousseau, l'homme doit
subordonner sa volonté à celle de la communauté, et la religion naturelle doit être la base
pour une moralité moderne.

Rousseau est un adepte du naturalisme: émotion, nature, bonté


de l'homme. Cependant Lagarde et Michard reconnaissent qu'on
"ne peut suivre Rousseau jusqu'au bout si l'on n'admet l'idée
initiale de la bonté originelle de l'homme." Nonobstant toutes
les réserves du chrétien sur la pensée et la morale personnelle de
Rousseau, on notera dans ses oeuvres certaines idées
excellentes: adaptation de l'enseignement aux facultés des
enfants, la portée de la connaissance sensible et du travail
manuel, les vertus de l'observation, l'enseignement actif, et
l'incidence des méthodes pédagogiques sur la formation morale.
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JOHANN HEINRICH PESTALOZZI (1746-1827)

Pestalozzi est retenu comme un practicien compétant, non


seulement un théoricien. Il a été grandement influencé par
Rousseau et à son tour il a inspiré plusieurs grands éducateurs
de l'époque: Friedrich Froebel, père du mouvement des
kindergaten, John Dewey, père du système éducatif américain
moderne (pragmatisme).

Son oeuvre: Léonard et Gertrude (1781), Comment Gertrude


enseigne ses enfants (1801). Voici en résumé les principaux
points de sa phlosophie de l'éducation:

1) Le mal vient d'une société chaotique


2) L'Education est la plus sure méthode de croissance personnelle et de
reflexion sociale
3) Bonne éducation doit développer les facultés morale, intellectuelle et
physique que naturelle
4) Education morale commence à la maison où l'enfant répond au soin et à la
tendresse de la mère.
5) Education sensible et vocationnelle formera des individus économiquement
stables et indépendants

EDUCATION AMERICAINE

EDUCATION DANS LES COLONIES


- Influence calviniste
- L'homme est pécheur, méchant  apprendre la Bible
- Education est obligatoire, pour enseigner bibliquement et théologiquement
- Discipline sévère, punition fréquente, faible tolérance
- L'enfant est un adulte en miniature

HORACE BUSHNELL (1802-1875)


o Dès leurs premiers états, les parents doivent élever leurs enfants
comme s'ils étaient chrétiens.
o Parents: modèles honnêtes
o Histoire bibliques, chants et instructions religieuses adaptés au niveau
du langage de l'enfant
o La méthode de la socialisation dans la formation chrétienne
o Précurseur du modernisme théologique aux USA.
Initiation à l’Education Chrétienne 43

JOHN DEWEY
En 1859, Charles Darwin publie De l'origine des espèces avançant la théorie de
l'évolution. Spécifiquement la théorie de l'évolution est l'idée qui veut que les espèces
vivantes soient apparues par hasard, il y a des millions d'années, qu'elles dérivent toutes
les unes des autres et se soient transformées d'une manière profonde, par
complexifications succesives, dans le sens d'un progrès conduisant à l'espèce humaine,
couronnement d'une longue et lente ascension.

Le fait important à noter c'est la mise à l'écart dans les 3 derniers siècles de
l'enseignement biblique, de l'éducation qui reconnait l'autorité de la Bible.
John Dewey a contribué largement à cet état de chose avec la vulgarisation de
l'humanisme séculier codifié dans le Manifeste Humaniste qu'il a lui-même
rédigé. Sa doctrine pédagogique est l'instrumentalisme, "doctrine selon
laquelle intelligence et théories sont des instruments destinés à l'action"
(QUID 1984, p. 474).

Kenneth Gangel, dans son livre History and Philosophy of Christian Education fait la
critique suivante de la pensée de Dewey:

L'Instrumentalisme en tant que philosophie conduit à un renforcement


du sécularisme, une adoration de la science, une croyance en la bonté
intrinsèque de l'homme, le rejet de tout absolu ou de vérité fixe, l'absence
d'objectif pédagogique en dehors de l'individu et de la société ainsi que des
implications politiques plutôt sinistres. D'un autre côté, les valeurs de
l'Instrumentalisme de Dewey en tant que méthodologie pédagogique sont les
suivantes: une emphase sur la signification (relevance), une vue pratique et
expansible du curriculum, activité et participation de l'élève dans le processus
d'apprentissage, des techniques de résolution de problème, un effort à la
démocratisation de l'éducation, l'intérêt porté sur l'enfant en tant qu'individu, et
un accent sur la créativité.

EDUCATION CHRETIENNE ET EGLISE EVANGELIQUE

ASSOCIATIONS D'EDUCATION CHRETIENNE

- Ecole du Dimanche: Robert Raikes,


- Ecole du Dimanche américaine: Stephen Paxton
- Des centaines d'écoles du dimanche
- Les organisa en association d'arrondissement, de département, niveau national
- 1872: leçon uniforme
- Autres associations: YMCA, Youth for Christ, Campus Crusade
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PENSEURS ET AUTEURS DU MOUVEMENT D'EDUCATION CHRETIENNE

Franck Gaebelein
- Pattern of God's Truth
- Stony Brook School à Long Island
- Intégration

Lois E. Lebar
- Education that is Christian (1958)
- Créativité dans l'enseignement de la Bible
- S’oppose à Herbart
- Prône Comenius

Lawrence Richard a contribué dans la réflexion théologique sur le ministère


d’enseigner à l’église. Il est l’auteur de Creative Bible Teaching (Moody, 1970) et A
Theology of Christian Education (Zondervan, 1975).

Howard Hendricks est un leader reconnu internationalement pour sa


contribution à l’éducation chrétienne. Il a écrit Heaven Help the Home et The Seven
Laws of the Teacher. Il a été pendant plusieurs années le chairman du département
d’éducation chrétienne à Dallas Theological Seminary (DTS). Il a été un grand
motivateur pour le mouvement.

Kenneth Gangel a remplacé Hendricks à la tête du département d’éducation


chrétienne à DTS. Il a contribué à la rédaction de plusieurs ouvrages dont le Christian
Educator’s Handbook on Teaching.

Jim Hoyt est l’auteur de Christian Education and the Search for Meaning. Selon
Gangel, c’est l’un des ouvrages les plus importants écrits sur le sujet dans les années 80.

Robert Pazmino est professeur d’éducation chrétienne à Andover Newton


Theological School, Newton Centre, Massachussetts. Il définit l’éducation chrétienne
comme un effort à la fois humain et divin, délibéré, systématique et soutenu en vue de
faire part ou de s’approprier la connaissance, les valeurs, les attitudes, les habiletés, les
sensibilités et les comportements qui sont conformes à la foi chrétienne. Il facilite le
changement, le renouveau, et la réforme des personnes, des groupes et des structures par
le pouvoir du Saint-Esprit de rendre ceux-ci conformes à la volonté de Dieu telle qu’ex-
primée dans l’Ancien et le Nouveau Testament et de façon prééminente dans la personne
de Jésus-Christ. L’éducation chrétienne désigne aussi tout résultat de cet effort.

En Europe de nos jours, le mouvement de l’éducacation chrétienne évangélique n’est pas


aussi développé comme en Amérique.

Le mouvement de l’éducation chrétienne est arrivée en Afrique, en Amérique Latine et


dans le reste du monde grâce à l’activité des missionnaires.
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En Haiti il est interessant de noter que des enseignants chrétiens ont essayé d’établir des
initiatives de formation religieuse très tôt dans notre histoire de peuple, comme en
témoigne le livre de Edner Brutus intitulé Instruction Publique en Haiti. Il y a eu l’école
lancastérienne dans l’empire du Roi H. Christophe. Les méthodistes ont fondé le Collège
Bird. Sous Boyer, le pays a accueilli des Américains Noirs qui ont fondé des oeuvres de
formation. A Jacmel il y avait l’Ecole Siloé. Cependant le mouvement est confronté à la
pauvreté de ressources et la tendance des leaders évangéliques a toléré la médiocrité pour
des initiatives religieuses.

Presque toutes les églises ont institué l’Ecole du Dimanche. Le mouvement des camps a
été introduit par les missionnaires de l’UFM (aujourd’hui CrossWorld) travaillant avec
l’Union Evangélique Baptiste d’Haïti (UEBH). Beaucoup de leaders évangéliques ont
accepté le Seigneur dans des Cours d’Eté ou Ecole Biblique d’Eté pour les enfants.
Plusieurs nouveaux ministères spécialisés sont basés dans le pays: Association pour
l’Evangélisation des Enfants (AEE), AWANA etc. Les écoles bibliques dispensent des
cours d’éducation chrétienne et le STEP avait lancé un programme de diplôme en
éducation chrétienne. A partir de 2008 le STEP offre une spécialisation en Education
Chrétienne dans son programme de Licence.

Pour transformer les personnes et les communautés et inculquer les valeurs chrétiennes et
protestantes qui ont contribué au progrès d’autres sociétés, l’éducation chrétienne sera
d’une grande utilité pour la vie de l’église dans ce nouveau millénaire.

Building Toirac, bâtiment principal du campus du STEP, qui porte le nom du fondateur du séminaire,
ci-devant Ecole Evangélique de la Bible
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