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Centre International Institut National de la Office Régional de Mise en International Plant

pour la Recherche Recherche Agronomique Valeur Agricole du Genetic


Agricole orientée vers le C.R.R.A.d’Errachidia Tafilalet (ORMVA/TF) Resources Institute
développement

Agrobiodiversité et durabilité des systèmes de


production oasiens dans la palmeraie d’Aoufouss
Errachidia - Maroc

==============================
Série de Documents de Travail No 121
Maroc – 2004
==============================
1
Agrobiodiversité et durabilité des systèmes de production
oasiens dans la palmeraie d’Aoufouss, Errachidia - Maroc

Abla BELARBI Algérie Agroalimentaire


Abdallah BOUAYAD Maroc Agroéconomie
Moustapha DIAOU Sénégal Agronomie
Nadia KAASSIS Algérie Economie rurale
Mouftaou TIDJANI MALIKI Bénin Géographie

ICRA
Agropolis International, Avenue Agropolis, 34394 Montpellier CX05 - France
Tél. 33-(0)467 04 75 27 - Fax 33-(0)467 04 75 26
E-mail: icra@agropolis.fr - Site internet: http://www.icra-edu.org

INRA
Avenue de la Victoire, B.P. 415, Rabat - Maroc
Tél. 212-37 772 817 - Fax 212-37 732 392
Site internet: http://www.inra.org.ma

2
AVANT-PROPOS

La dégradation des ressources naturelles a atteint un niveau préoccupant. Elle retient


l’attention de l’opinion internationale, de plus en plus sensibilisée à l’impératif de la
sauvegarde des ressources naturelles et l’environnement. Le choix porté par l’UNESCO sur la
palmeraie d’Aoufouss, une des principales palmeraies des oasis du Maroc, pour en faire une
des réserves du patrimoine phytogénétique mondial s’inscrit dans cette dynamique. Cette
palmeraie constitue en effet la principale source de revenus des populations locales, attire de
nombreux touristes nationaux et étrangers. Malheureusement, la dégradation de cet
écosystème est aujourd’hui une réalité alarmante qui suscite une réflexion profonde sur son
avenir et les possibilités de sa réhabilitation.

C’est dans ce contexte que la présente étude a été réalisée par une équipe de chercheurs
interdisciplinaires et interinstitutionnels ICRA-INRA dans la palmeraie d’Aoufouss située
dans la province d’Errachidia. Elle se propose d’apporter un éclairage sur le type de
Recherche-Développement à entreprendre pour promouvoir la sauvegarde de
l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de production. Il s’agit là d’une contribution à
un des axes stratégiques de recherche retenus dans le plan d’action du nouveau Centre
Régional de la Recherche Agronomique d’Errachidia.

La séance de restitution des résultats finaux de ce travail nous a permis d’apprécier la qualité
des recommandations, la pertinence de la démarche poursuivie et la rigueur scientifique des
chercheurs. Nous veillerons à ce que ce travail soit valorisé par des actions concrètes, en
collaboration avec nos partenaires nationaux et internationaux.

Nous tenons enfin à féliciter l’équipe de chercheurs qui ont travaillé sur cette thématique à la
fois riche et complexe avec minutie et professionnalisme. Nous remercions aussi
chaleureusement l’ICRA qui continue à nous soutenir dans l’élaboration de nos programmes
futurs de recherche et de Recherche-Développement.

Professeur Hamid NARJISSE


Directeur de l’INRA - MAROC

1
REMERCIEMENTS

Au terme de la présente étude, l’équipe de chercheurs tient à remercier le Professeur Hamid


NARJISSE, Directeur de l’INRA pour le suivi régulier des différentes activités. Sa
participation à l’atelier de restitution des résultats finaux témoigne de l’intérêt accordé à ce
travail.
Nos vifs remerciements vont à Monsieur El GHARRASS, Directeur de l’ORMVA /TF qui
nous a facilité la tâche sur le terrain.
Monsieur EL IDRISSI Ammari A., Secrétaire Général de l’INRA, qui a eu l’amabilité de
nous accueillir un jour férié et nous a prodigué des conseils précieux, trouve ici nos sincères
remerciements.
Monsieur Chafik KRADI, Chef de Département de Recherche et Développement de l’INRA,
évaluateur de l’équipe, qui par son savoir-faire, son assistance permanente, son écoute à
l’endroit de l’équipe et sa contribution à la rédaction du rapport final trouve ici nos sincères
reconnaissances et vifs remerciements.

Nous remercions Monsieur Abdelakader CHIKHI, récemment désigné Chef du CRRA


d’Errachidia, ainsi que Monsieur Abdelaziz CHETTO, Chef du Service de Recherche et
Développement du CRRA pour leur étroite collaboration et leur soutien à l’équipe sur le plan
scientifique et logistique.

Nous remercions également Monsieur Abdelmalek ZIRARI, coordonnateur national du projet


IPGRI basé à Zagora, pour sa participation active à tous les ateliers de restitution tenus à
Errachidia.

Nos vifs remerciements aux cadres de l’ORMVA/TF, en particulier à Monsieur Mohamed


BENJIRA pour sa disponibilité et son attachement à la réussite de l’étude.

Nous saisissons l’occasion pour remercier les autorités locales qui nous ont largement facilité
les contacts avec la communauté locale.

Les agriculteurs ont été généreux et très participatifs, nous les remercions chaleureusement
pour tout ce qu’ils ont fait pour l’équipe.

Que Dr Jon DAANE, Directeur de l’ICRA, Dr Nour Eddine SELLAMNA, coordinateur du


programme francophone ICRA-Montpellier, et Madame Françoise de CHEVIGNY, assistante
de ce programme, reçoivent nos vifs remerciements et notre sincère gratitude pour leurs
efforts consentis dans notre perfectionnement dans la Recherche Agricole pour
Développement.

2
SOMMAIRE

AVANT-PROPOS ........................................................................................................................................ 1
REMERCIEMENTS ..................................................................................................................................... 2
LISTE DES FIGURES.................................................................................................................................. 6
LISTES DES TABLEAUX........................................................................................................................... 7
ABREVIATIONS ......................................................................................................................................... 8
GLOSSAIRE ................................................................................................................................................. 9
RESUME..................................................................................................................................................... 14
PARTIE I :PRESENTATION DE L’ETUDE............................................................................................. 16
CHAPITRE I : CONTEXTE GENERAL ................................................................................................... 16
1.1 INTRODUCTION ..........................................................................................................................16
1.2. PROBLEMATIQUE ......................................................................................................................17
CHAPITRE II : APPROCHE METHODOLOGIQUE ............................................................................... 20
2.1. DEMARCHE RAD .....................................................................................................................20
2.2. ETAPES DE LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE DE L’EQUIPE ....................................................22
2.3. PREPARATION DE L’ETUDE DE TERRAIN A MONTPELLIER – FRANCE : ......................................23
2.4. ETUDE DE TERRAIN (10 AVRIL AU 10 JUILLET 2004 A ERRACHIDIA - MAROC).........................23
2.4.1 Documentation.................................................................................................................................. 23
2.4.2. Etude de terrain à Errachidia ........................................................................................................ 23
2.4.3. Atelier de présentation du thème de recherche ............................................................................ 24
2.4.4. Système pertinent ............................................................................................................................ 27
2.4.5. Questions de recherche ................................................................................................................... 28
2.4.6. Conclusion........................................................................................................................................ 28
2.5. CHOIX DES SITES D’ETUDE /ZONAGE ........................................................................................31
2.5.1. Transects .......................................................................................................................................... 31
2.5.2. Cartes des ressources ...................................................................................................................... 37
2.6. ENQUETE FORMELLE ................................................................................................................37
2.6.1. Échantillonnage ............................................................................................................................... 38
2.6.1.1. Echantillonnage à plusieurs degrés .......................................................................38
2.6.1.2. Echantillonnage stratifié........................................................................................39
2.6.2. Traitement des données .................................................................................................................. 39
2.7. ENQUETE INFORMELLE .............................................................................................................40
2.8. ATELIER INTERMEDIAIRE .........................................................................................................40
2.9. ATELIER FINAL – ERRACHIDIA, LE 28 JUIN ...............................................................................41
2.10. ATELIER DE VALIDATION DES RESULTATS AVEC LES AGRICULTEURS .....................................41
2.11. ATELIER DE RESTITUTION – INRA RABAT, LE 7 JUILLET ......................................................41
CHAPITRE III : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE. ................................................................ 42
3.1 SITUATION GEOGRAPHIQUE .......................................................................................................42
3.2.CARACTERISTIQUES PHYSIQUES. ...............................................................................................44
3.2.1. Climat ............................................................................................................................................... 44
3.2.2. Sols .................................................................................................................................................... 44
3.2.3. Végétation ........................................................................................................................................ 44
3.3.CARACTERISTIQUES HUMAINES .................................................................................................44
3.3.1. Population ........................................................................................................................................ 44
3.3.2. Diversité ethnique............................................................................................................................ 45
3.4 ACTIVITES ECONOMIQUES .........................................................................................................45
3.4.1. L’agriculture et l’élevage................................................................................................................ 45
3.4.2. L’artisanat........................................................................................................................................ 45
3.4.3. Commerce et service ....................................................................................................................... 46
3.5. STRUCTURES ET ORGANISMES DE RECHERCHE..........................................................................46
3.6. ACQUIS DE LA RECHERCHE ET DE DEVELOPPEMENT DANS LA REGION ......................................47
3.6.1. Institut National de Recherche Agronomique (INRA) ................................................................ 47

3
3.6.2. Office régional de Mise en valeur agricole du Tafilalet (ORMVA/TF)...................................... 47
CHAPITRE IV : PRESENTATION DES SITES D’ETUDE ..................................................................... 49
4.1 CARACTERISTIQUES DES SITES ..................................................................................................49
4.1.1 Site Haut R’teb ................................................................................................................................. 49
4.1.2. Site Moyen R’teb. ............................................................................................................................ 49
4.1.3. Site Zrigate....................................................................................................................................... 50
4.1.4. Site Bas R’teb................................................................................................................................... 51
PARTIE II : AGROBIODIVERSITE ET DURABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION............ 52
CHAPITRE I : ANALYSE DES SYSTEMES DE PRODUCTION .......................................................... 52
1.1.TYPOLOGIE DES SYSTEMES DE PRODUCTION OASIENS ...............................................................55
1.1.1. Importance de la typologie des systèmes de production oasiens ................................................. 55
1.1.2. Méthodologie.................................................................................................................................... 56
1.1.2.1. Identification des variables structurelles et fonctionnelles des SPO.....................57
1.1.2.2. Conception et création d’une base de données......................................................57
1.1.2.3. Sélection des variables de discrimination .............................................................57
1.1.2.4. Application de l’ACP ............................................................................................58
1.1.2.5. Analyse statistique descriptive et comparative .....................................................59
1.1.3. Caractérisation des Systèmes de Production Oasiens .................................................................. 59
Site n°1 : Haut R’teb ........................................................................................................60
Site n°2 : Moyen R’teb .....................................................................................................63
Site n°3 : Zrigate...............................................................................................................65
Site n°4 : Bas R’teb...........................................................................................................68
1.1.4. Analyse comparative des systèmes de ménage et d’élevage des différents SPO ........................ 69
1.1.4.1. Système de ménage ...............................................................................................69
1.1.4.2. Système de production animal ..............................................................................69
1.1.5. Types synthétiques des SPO ....................................................................................70
1.1.5.1. Les SPO Traditionnels ........................................................................................70
1.1.5.2. Les SPO intermédiaires ......................................................................................71
1.1.5.3. Les SPO modernes ..............................................................................................71
1.1.6. Interactions entre les trois types de SPO....................................................................................... 73
1.1.7. Conclusion........................................................................................................................................ 73
1.2. CARACTERISTIQUE ET EVALUATION DE L’AGROBIODIVERSITE .................................................80
1.2.1. Le Palmier dattier ........................................................................................................................... 80
1.2.2. Caractérisation de la biodiversité des autres espèces................................................................... 83
1.2.3.Conclusion......................................................................................................................................... 86
1.3. CARACTERISATION DES SYSTEMES DE PRODUCTIONS VEGETALES ET ANIMALES ......................87
1.3.1. Caractérisation des systèmes de productions végétales ............................................................... 87
1.3.1.1. Occupation des sols...............................................................................................87
1.3.1.2. Analyse des pratiques culturales et leur impact sur l’agrobiodiversité et la
durabilité des SPO..............................................................................................................91
1.3.2.Conclusion......................................................................................................................................... 97
1.3.3. Evaluation économique des cultures.............................................................................................. 97
1.3.4. Analyse des systèmes de production animale................................................................................ 99
1.3.4.1. Alimentation animale ............................................................................................99
1.4. ROLE DE LA FEMME AU SEIN DES SYSTEMES DE PRODUCTION .................................................100
1.4.1.Travaux domestiques ..................................................................................................................... 100
1.4.2. Travaux agricoles .......................................................................................................................... 101
1.4.3. Travaux d’artisanat ...................................................................................................................... 103
1.4.4. Calendrier journalier des femmes ............................................................................................... 103
1.4.5. Rôle de la femme dans le processus de prise de décision ........................................................... 104
1.4.6. Promotion des femmes rurales..................................................................................................... 105
1.4.7. Contraintes liées à la promotion de la femme............................................................................. 106
1.4.8. Attentes des femmes ...................................................................................................................... 106

4
1.5. ANALYSE DES STRATEGIES DES AGRICULTEURS DE L’OASIS ...................................................106
CHAPITRE II : VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX ET
ANIMAUX................................................................................................................................................ 110
2.1. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX ...............................................110
2.1.1. Valorisation des produits végétaux.............................................................................................. 110
2.1.2. Valorisation des sous-produits végétaux ..................................................................................... 110
2.2. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ANIMAUX .................................................111
2.2.1. Valorisation des sous-produits animaux ..................................................................................... 111
2.3. ACTIONS DE PROMOTION ET DE VALORISATIONS DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ...............111
2.4. DESTINATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX ..................................................112
2.4.1. Destination des produits végétaux ............................................................................................... 112
2.4.2. Destination des sous-produits végétaux....................................................................................... 116
2.5. DESTINATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ANIMAUX ....................................................117
2.5.1 Destination des produits animaux................................................................................................. 117
2.5.2. Destination des sous-produits animaux....................................................................................... 119
2.6. SYNTHESE ET CONCLUSION ....................................................................................................119
CHAPITRE III : ETATS DES SAVOIR-FAIRE LOCAUX .................................................................... 120
3.1. SAVOIR-FAIRE LOCAL EN MATIERE DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE IN SITU ..............120
3.2. SAVOIR-FAIRE LOCAL EN MATIERE DE CONSERVATION ET DE TRANSFORMATION DES
PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ........................................................................................................120
3.2.1. Savoir-faire local en matière de conservation des produits et sous-produits........................... 120
3.2.1.1. Savoir-faire local en matière de conservation des produits.................................120
3.2.2. Savoir-faire local en matière de transformation des produits et sous-produits....................... 122
3.2.2.1. Savoir-faire local en matière de transformation des produits .............................122
3.2.2.2. Savoir-faire local en matière de transformation des sous-produits .....................123
3.2.2.3. Rôle de la femme en matière de conservation et transformation des produits et
sous-produits ....................................................................................................................124
3.2.2.4. Rôle de la femme dans la conservation in situ ....................................................125
3.3. CONCLUSION ..........................................................................................................................125
PARTIE III : RECOMMANDATIONS.......................................................................................126
1. LES SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT DURABLE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
OASIENS .................................................................................................................................................. 126
1.2. POURQUOI LE CHOIX DE L’APPROCHE « SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT » ? .........................126
1.3. DYNAMIQUES DES SYSTEMES DE PRODUCTION .......................................................................126
1.4. IDENTIFICATION DES FORCES MOTRICES .................................................................................126
1.4.1. Analyse des forces motrices .......................................................................................................... 127
1.5. FORMULATION DES SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT .............................................................129
1.5.1. Description des scénarios.............................................................................................................. 129
1.5.2. Impact des scénarios de développement...................................................................................... 129
1.6. PLAN DE RECHERCHE ET DE RECHERCHE-DEVELOPPEMENT ....................................................132
1.6.1 Axes de recherche et de Recherche-Développement ................................................................... 132
1.6.2 Mesures d’accompagnement ......................................................................................................... 134
1.6.3 Proposition de projets de recherche-développement .................................................................. 135
2. EVALUATION DE LA DEMARCHE DE RECHERCHE DE L’EQUIPE......................................... 138
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................................... 141
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................................................................................. 143

5
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Objectifs et résultats attendus (TdR) .....................................................................................19


Figure 2 : Etapes de la démarche RAD ..................................................................................................21
Figure 3 : Etapes de la méthodologie de recherche de l’équipe ICRA ..................................................22
Figure 6 : Système pertinent : palmeraie d’Aoufouss ............................................................................29
Figure 7 : Carte de la situation de la zone d’étude : Palmeraie d’Aoufouss/ Tafilalet...........................42
Figure 1.1: Méthodologie d’élaboration de la typologie........................................................................56
Figure 1-2: Importance relative des types de SPO à l’intérieur de la palmeraie....................................59
Figure 1-3: Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°1 ..........................................60
Figure 1-4 : Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°2 .........................................63
Figure 1-5 : Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°3 .........................................65
Figure 1-6 : Occupation des sols dans les différents types de SPO .......................................................77
Figure 1-7 : Agrobiodiversité par SPO ..................................................................................................77
Figure 1-8 : Age moyen des agriculteurs par SPO.................................................................................78
Figure 1-9 : Taille du groupe familiale par SPO....................................................................................78
Figure 1-10 : Les membres du groupe familial participant aux activités agricoles (%) ........................79
Figure 1-11 : Membres du groupe familial travaillant dans une à activité annexe ................................79
Figure 1-12 : Répartition des variétés et des Khalts...............................................................................80
Figure 1-13 : Répartition des variétés de palmier dattier selon dans les SPO .......................................81
Figure 1-14: Répartition des Khalt selon leur importance dans la palmeraie ........................................81
Figure 1-15 : Pourcentage du palmier dattier et de l’olivier au niveau des agriculteurs enquêtés ...............88
Figure 1-18 : Superficies occupées par les espèces de céréales et leur évolution depuis 10 ans ...........89
Figure 1-19 : Superficies occupées par les espèces maraîchères et leur évolution depuis 10 ans ............90
Figure 1-20 : Superficie de la jachère par rapport à la SAUT exploitée. ...............................................91
Figure 1-21 : Répartition des jeunes, géniteurs et reproductrices par espèce ........................................99
Figure 1-22 : Composition et proportion des aliments de bétail au cours de l’année ............................99
Figure 2-1 : Destination des dattes dans la palmeraie d’Aoufouss ......................................................112
Figure 2-2 : Lieu de vente des différentes variétés de datte dans la palmeraie d’Aoufouss ................114
Figure 2-3 : Destination des olives dans la palmeraie d’Aoufouss ......................................................115
Figure 2-4 : Destination des ovins par site...........................................................................................118
Figure 2-5 : Lieu de vente a : des ovins ; b : des bovins ......................................................................118
Figure 2-6 : Broyage des noyaux de dattes pour l’alimentation animale par site ................................124
Figure 2-1 : Site n°1: Haut R’teb .........................................................................................................148
Figure 2-2 : Site n°2 (Moyen R’teb) ....................................................................................................149
Figure 2-3 : Site n°3 (Zrigate) ..............................................................................................................150
Figure 2-4 : Site n°4 (Bas R’teb)..........................................................................................................151
Figure 3-1 : Triage des dattes ...............................................................................................................161

6
LISTES DES TABLEAUX

Tableau 1 : Question de recherche centrale : .................................................................................30


Tableau 2 suivant illustre les traits de distinction de chacun des sites d’étude..............................32
Tableau 3 : Caractéristiques de la zone d’étude.............................................................................44
Tableau 1-1 : Grille de dépouillement............................................................................................57
Tableau 1-2 : Variables discriminantes ..........................................................................................58
Tableau 1-3 : Evolution des effectifs des ovins et ovins par type de SPO.....................................69
Tableau 1-4 : Listes des variétés et races des espèces recensées dans la palmeraie d’Aoufouss...80
Tableau 1-5 (a) : Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs .....82
Tableau 1-5 (b) : Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs.....82
Tableau 1-6 : Classement des dattes Khalt selon leur consistance ................................................83
Tableau 1-7: Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs ...........86
Tableau 1-8 : Evolution de la superficie cultivée de légumineuses alimentaires...........................89
Tableau 1-9 : Evolution de la superficie cultivée de cultures fourragères .....................................90
Tableau 1-10 : Impact des conduites culturales du palmier dattier sur l’agrobiodiversité ............93
Tableau 1-11: Impact des conduites culturales de l’olivier sur l’agrobiodiversité ........................94
Tableau 1-12 : Impact des conduites culturales de la luzerne sur l’agrobiodiversité ....................95
Tableau 1-13 : Impact des conduites culturales du blé tendre sur l’agrobiodiversité ....................96
Tableau 1-14 : Evaluation économique des cultures......................................................................98
Tableau 1-15 : Matrice des stratégies générales des agriculteurs dans la palmeraie d’Aoufouss 107
Tableau 2-1 : Prix de rejet par variété selon les déclarations des agriculteurs.............................117
Tableau 3-1 : Expérimentations des agriculteurs .........................................................................121
Tableau 4-2 : Formulation des scénarios......................................................................................129
Tableau 4-3 : Axes de recherche et de Recherche – Développement ..........................................133
Tableau 1 : Plan de recherche ......................................................................................................145
Tableau 2 : Planification des activités..........................................................................................146
Tableau 2-1 : Site 1 (Haut R’teb) .................................................................................................152
Tableau 2-2 : Site 2 (Moyen R’teb) .............................................................................................155
Tableau 2-3 : Site 3 (Zrigate) .......................................................................................................157
Tableau 2-4 : Site 4 (Bas R’teb)...................................................................................................159
Tableau 3-1 : Destination des dattes par site et par variété de la palmeraie d’Aoufouss.............162
Tableau 3-2 : Mode de vente des dattes par variété et par site de la palmeraie d’Aoufouss .......163
Tableau 3-3 : Lieu de vente des variétés de datte de la palmeraie d’Aoufouss ...........................164
Tableau 3-4 : Prix de vente des dattes par variété par site de la palmeraie d’Aoufouss ..............165
Tableau 3-5 : Destination et prix de vente d’olives et d’huile d'olives par site de la palmeraie
d’Aoufouss ...........................................................................................................................166

7
ABREVIATIONS

ANOC : Association Nationale des Eleveurs Ovin et Caprin


CA : Chambre d’Agriculture
CMV : Centre de Mise en Valeur Agricole
CNCA : Caisse Nationale de Crédit Agricole
CRCA : Caisse Régionale de Crédit Agricole
CRRAE : Centre Régional de Recherche Agronomique d’Errachidia
Dh : Dirham (monnaie marocaine)
DPV : Direction de la Protection des Végétaux
FEM : Fonds de L’Environnement Mondial
Ha : Hectare ( unité de mesure de surface)
ICRA : Centre International pour la Recherche Agricole orientée vers le
développement
INRA : Institut National de la Recherche Agronomique du Maroc
IPGRI : International Plant Genetic Ressources Institute
ITA : Institut des Techniques Agricoles
Khalt : Hybrides de palmier dattier obtenus par semis
MARP : Méthode Active de Recherche et de Planification Participatives
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ORMVA/TF : Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tafilalet
PNUD : Programme des Nation-Unis pour le Développement
PV : Protection des végétaux
RAD : Recherche Agricole pour le Développement
R/D : Recherche-Développement
SAU : Superficie Agricole Utile
SAUT : Superficie Agricole Utile Totale
SDM : Système de Ménage
SPA : Système de Production Animal
SPO : Système de Production Oasien
SPV : Système de Production Végétal
TdR : Terme de Référence

8
GLOSSAIRE

Aabra : unité de mesure correspondant à une dose de semis de blé (environ 12 kg )


Aakad : sol argileux
Ain Al hajla : œil de perdrix
Alkarâa : le chauve
Almitre : le mètre
Baldi ou Baldia : local (e) ; originaire du pays
Bayoud : maladie cryptogamique de palmier dattier (Fusariose)
Caïd : responsable d’une circonscription territoriale (caïdat)
Chakoua : peau de chèvre cousue pour produire le petit lait et le beurre
Cheikh : agent de l’autorité locale
Chorfa : groupe social prétendant descendant du prophète
Datte kalal : datte non mûre
Datte Adaou : datte abîmée
D’chicha : orge concassé
D’Man : une race ovine locale
Douar : village, localité - ksar
El-maâjoun : pâte de datte
Gharbi : originaire de l’ouest
Habous : statut foncier des terres attribuées par leurs propriétaires au ministère des
affaires islamiques
Harira : soupe
H’ratin : groupe social descendant des esclaves
Khazan : un lieu de stockage.
Khencha : sac en plastique ou en jute
Khettaras : galeries souterraines drainant l’eau d’irrigation
Ksar (Ksour) : village
Labiad : de couleur blanche
Lakhal : de couleur noirâtre
L’amkeb : panier à pain
Maasra : unité traditionnelle de transformation d’olive
Melk : terre en propriété privée
Mokadem : agent de l’autorité locale et subordonné du cheikh
Moulate ch’âar : poilue
Oued : rivière
Sbaï : à sept
Seguia : canal d’irrigation
Sikouk : mélange orge et petit lait
Souk : marché
Tahlaout : jus concentré de datte

9
RESUME EXECUTIF

La palmeraie d'Aoufouss située dans la province d’Errachidia constitue l’une des plus
importantes réserves génétiques du Maroc. A ce titre, elle est classée Réserve Mondiale de la
Biosphère par l’UNESCO. L’économie dans cette zone est essentiellement centrée sur
l’agriculture oasienne. Deux principaux groupes de cultures y sont pratiqués : l’arboriculture
composée principalement du palmier dattier, de l’olivier et d’arbres fruitiers ; les cultures
basses composées de céréales, de maraîchage et de fourrages particulièrement la luzerne.
L’élevage est constitué essentiellement d’ovins (race D’Man) et de bovins.

En dépit des potentialités qu’elle recèle, cette palmeraie est confrontée à plusieurs obstacles
tels que la rareté de l’eau, la baisse du niveau de la nappe phréatique, la salinité des sols,
l’infestation de certaines espèces par des maladies et ravageurs, en particulier le Bayoud, le
morcellement des propriétés et l’exode rural. La combinaison de tous ces facteurs a contribué
fortement à la dégradation de l’agrobiodiversité dans la palmeraie et par conséquent à la
détérioration des revenus des agriculteurs.

La présente étude intitulée «Agrobiodiversité et durabilité des systèmes de production oasiens


dans la palmeraie d’Aoufouss » a pour objectif global la contribution à l’amélioration des
revenus des agriculteurs et la sauvegarde de l’agrobiodiversité de la palmeraie. Les objectifs
spécifiques de l’études sont au nombre de cinq :

La typologie et la caractérisation des systèmes de production oasiens (SPO);


La caractérisation et l’évaluation de l’agrobiodiversité;
L’identification des stratégies des agriculteurs
Les savoir-faire locaux en matière de conservation, de transformation et de
valorisation en tenant compte du rôle de la femme;
L’identification des scénarios de développement des SPO et des thèmes de
recherche et recherche-développement ainsi que les mesures d’accompagnement
nécessaires.

Pour atteindre ces objectifs, l’ICRA en collaboration avec l’INRA, l’ORMVA/TF et IPGRI a
mis en place une équipe1 interdisciplinaire et interinstitutionnelle pour la réalisation de cette
étude. L’équipe a adopté la démarche Recherche Agricole pour le Développement (RAD) qui
est une démarche itérative, participative et systémique. Pour la mise en œuvre de cette
dernière, l’équipe a utilisé divers outils participatifs de collecte de données (ateliers, focus
group, carte mentale, carte de ressources, transects,…) inspirés de la Méthode Active de la
Recherche Participative (MARP).

L’analyse des SPO de la palmeraie d’Aoufouss a permis d’identifier trois principaux types de
SPO :

- Un type de SPO dit traditionnel. Ce type se caractérise par un SPA limité à 5 têtes d’ovins
par exploitation, un SPV très diversifié (palmier dattier, olivier et cultures basses) et par un
SDM composé d’un groupe familial généralement de grande taille. La stratégie de ce type de

1
Bélarbi Abla, AgroAlimentaire,CIRAD-ENSIA, Algérie
Bouayad Abdallah, Agroéconomie, INRA, Maroc
Diaou Mustapha, Agronomie, ANCAR , Sénégal
Kaassis Nadia, Economie, CENEAP, Algérie
Tidjani Maliki, Géographie, ONG-GARED , Bénin

10
SPO est orientée vers la subsistance du ménage et de l’exploitation. Elle est axée sur la
commercialisation des dattes et des olives. Le reste de la production est destiné à
l’autoconsommation.

- Un type de SPO dit intermédiaire. Ce type se caractérise par un SPA constitué de 15 têtes
d’ovins en moyenne, un SPV diversifié dont la production est plutôt orientée vers le marché,
un SDM disposant de moyens de production et une capacité d’épargne et d’investissement
relativement importants. Son interaction avec le marché est plus élevée aussi bien dans la
production animale que dans la production végétale.

- Un type de SPO dit moderne. Ce type se caractérise par un SPA composé d’un cheptel ovin
et bovin de taille plus importante (plus de 30 têtes ovines et 9 à 15 têtes bovines), un SPV peu
diversifié mais orienté vers la production de dattes à haute valeur marchande. La production
de céréales, de maraîchage et de luzerne est destinée à l’autoconsommation. La stratégie de ce
type de SPO est basée sur la rentabilité économique et la réalisation de profit. C’est un type de
SPO qui dispose de moyens et de capacités d’épargne et d’investissement importants.

Les trois types de SPO évoluent dans un même environnement socio-économique et naturel.
Indépendamment de leurs ressources et leurs situations économiques qui différent d’un type à
un autre, ces SPO font face à un grand nombre de contraintes communes : la rareté et la
qualité de l’eau d’irrigation, la concurrence accrue, un désengagement continu de l’état en
matière de subventions agricoles, les dégâts causés par les maladies, en particulier le Bayoud,
l’étroitesse et le morcellement excessif de la propriété, la densité élevée du palmier dattier et
de l’olivier entraînant un ombrage intolérable pour plusieurs espèces de cultures basses, la
difficulté d’accès au crédit, la pression sur les ressources (eau) combinée à une répartition non
équitable des eaux superficielles entre l’amont et l’aval de l'oued Ziz.

Le morcellement de la propriété rend vain tout effort individuel des agriculteurs en vue
d’améliorer la productivité. L’activité agricole à l’intérieur de la palmeraie nécessite des
actions communes qui peuvent être bénéfiques aussi bien pour la durabilité des systèmes de
production oasiens que pour la sauvegarde de l’agrobiodiversité. Ces actions communes
peuvent concerner l’entretien des canaux d’irrigation et la gestion de l’eau, la lutte contre les
ravageurs et les maladies.

L’analyse de l’agrobiodiversité a montré que celle-ci est en nette dégradation à cause de la


rareté et de la qualité de l’eau et de la présence de la maladie du Bayoud.

Dans le cas du palmier dattier, la plupart des agriculteurs ont signalé une régression
importante des populations de variétés de haute valeur commerciale mais sensibles au Bayoud
et au Khamej (Mejhoul, Bouffegouss, Bousserdoune, Kerna, Bouskri, Bouslikhane, etc.). Ces
variétés sont essentiellement destinées à la vente et constituent la principale source de revenus
des agriculteurs. La conservation de ces espèces in-situ devient ainsi une condition vitale pour
la durabilité de ces systèmes de production. Dans ce sens, les variétés que les agriculteurs
souhaitent cultiver ont été répertoriées en vue de faciliter toute action de développement. Il
s’agit des variétés de bonne qualité précitées et d’autres réputées résistantes au Bayoud
comme la variété Najda sélectionnée par l’INRA.

Par ailleurs, l’introduction du pompage a contribué à la réduction des cultures céréalières au


profit des cultures rentables comme le maraîchage et la luzerne. Cette dernière est cultivée
même si l’exploitant ne possède pas d’animaux.

11
De même, la disparition de variétés locales de blé dur de bonne qualité boulangère a été
constatée. Cette régression de la diversité variétale a aussi touché toutes les autres espèces :
orge, vigne, prunier, figuier, cognassier, plantes maraîchères…

L’effectif du troupeau D’Man est en nette régression à cause du manque d’alimentation, cela
explique la diminution de la pratique du fumier.

Cette régression de l’agrobiodiversité fait appel à une action commune des chercheurs,
agriculteurs, développeurs et collectivités locales pour sauvegarder les espèces, variétés et
races menacées et réintroduire celles disparues.

Par ailleurs, l’analyse de l’impact des pratiques culturales sur l’agrobiodiversité interpelle la
recherche agronomique et tous les acteurs concernés par la question à œuvrer ensemble dans
un cadre de partenariat pour la réhabilitation et la sauvegarde de cette agrobiodiversité.

La valorisation des produits et sous-produits, qui pourrait être un moyen stratégique pour
l’amélioration des revenus d’un grand nombre de ménages, connaît plusieurs limites au
niveau des opérations et procédures pratiquées.

Les formes de valorisation identifiées se limitent à la commercialisation des produits et sous-


produits à leur état naturel et à l’utilisation des sous-produits à des fins domestiques telles que
l’alimentation du bétail ou comme source d’énergie (bois de feu). En ce qui concerne les
dattes, leurs transformation et conservation se font encore selon des procédés traditionnels en
raison de l’insuffisance des unités de conservation et de transformation. La multiplication des
unités au niveau de la zone, serait à même d’inciter les agriculteurs à accorder plus d’intérêt
aux variétés de dattes à faible valeur commerciale ou de qualité médiocre en leur offrant plus
de possibilités d’écoulement.

Quant aux sous-produits, leur valorisation est limitée eu égard à la tendance vers la disparition
des savoir-faire locaux traditionnels liés à l’artisanat notamment. Cette tendance vers la
disparition tient :
Au manque de centres de formation et d’apprentissage sur les métiers d’artisanat ;
A la concurrence des produits manufacturés qui sont venus se substituer aux
produits d’artisanat ;
Au manque d’intérêt de la part des jeunes générations à l’égard de ces activités ;
A la disparition des personnes qui détiennent ces savoir-faire.

Bien qu’ils soient en nette dégradation en raison, entre autres, de la concurrence des produits
manufacturés, de la perte de la main d’œuvre spécialisée et de l’absence de transfert, la
palmeraie d’Aoufouss renferme encore des savoir-faire traditionnels qui contribuent
énormément à la sécurité alimentaire des populations locales ainsi qu’à l’amélioration de leurs
revenus. Ces savoir-faire sont liés essentiellement à la conservation et à la transformation des
produits et des sous-produits où la femme joue un rôle capital du fait qu’elle détient une
grande part de ces savoir.

Cependant, il est constaté que ces savoir-faire sont peu valorisés pour plusieurs raisons:
Concurrence du marché international ;
Débouchés de commercialisation limités ;
Prix faibles de la majorité des dattes ;

12
Manque d’organisation professionnelle des agriculteurs ;
Manque de coopératives féminines pour la transformation des produis et sous-
produits ;
La non maîtrise des normes de qualité ;Manque de technologies adaptées et/ou
manque d’informations et de formation en la matière ;
Insuffisance d’unités de transformation des produits et sous-produits.
La levée de ces contraintes permettrait donc une meilleure valorisation des savoir-faire
existants. Laquelle valorisation serait à même de contribuer à la conservation de la
biodiversité en garantissant des débouchés aux produits de moindre qualité (cas de la datte) et
d’améliorer les ressources de revenus des agriculteurs par la vente des produits transformés.

Pour proposer des axes de recherche et de recherche/développement en vue de lever les


contraintes liées à la sauvegarde de l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de
production, des scénarios de développement ont été formulés avec la contribution et
participation active des principaux acteurs (agriculteurs, chercheurs, développeurs). Les
forces motrices clés identifiées sont : la rareté de l’eau d’irrigation, les dégâts des maladies et
ravageurs, la concurrence du marché, l’intervention de l’Etat, le statut juridique de la terre et
la gestion participative des ressources.

L’analyse de l’évolution de ces forces motrices a permis d’élaborer des scénarios de


développement destinés à la recherche et recherche-développement, mais aussi aux autorités
publiques. Ces pistes de recherche et de recherche-développement s’orientent vers des
systèmes d’économie d’eau adaptés aux conditions agroécologiques de la palmeraie et
accessibles aux producteurs et le développement de méthodes participatives pour la gestion
rationnelle de la ressource en eau. Il a aussi été suggéré d’établir un inventaire des variétés
locales pour constituer des banques de gènes et de réaliser des actions de conservation in situ.

Pour l’amélioration des revenus des agriculteurs, des études doivent être menées sur les
systèmes et les méthodes de financements décentralisés pour faciliter l’accès des agriculteurs
au crédit ainsi que sur la rentabilité socio-économique des activités génératrices de revenus.
De même, il y a lieu de labelliser les principaux produits tels que les dattes, les olives, les
plantes médicinales et aromatiques. Pour rendre possible toutes ces actions, des mesures
d’accompagnements ont été proposées :

Mise en œuvre des actions de sensibilisation sur les conséquences agronomiques et


socio-économiques de la forte densité d’oliviers et proposition de méthodes
d’aménagement ;
Valorisation des résultats de la recherche relatifs à la sauvegarde des races
animales locales (ovines et bovines) ;
L’installation des jeunes agriculteurs par la mise en œuvre de mesures incitatives ;
L’intégration des oasis dans les programmes de promotion touristique oasienne en
vue de développer l’artisanat local ;
Mise en place d’un mécanisme de gestion participative et rationnelle des
ressources en eau ;
Mise en œuvre d’un projet de réhabilitation des variétés disparues ou en voie de
disparition, et de promotion de la diversification des cultures ;
Mise en œuvre d’un projet de désalinisation et de mise en valeur agricole de la
source Aïn El Atti ;
Renforcement des unités de conservation et de transformation des produits
agricoles.

13
RESUME

La palmeraie d'Aoufouss constitue une des plus importantes réserves génétiques au Maroc. A ce titre,
elle est classée Réserve Mondiale de la Biosphère par l’UNESCO. L’économie dans cette zone est
essentiellement centrée sur l’agriculture qui est de type oasien. Les principales cultures pratiquées sont
le palmier dattier, l’olivier, les céréales et la luzerne. Les ovins de race D’Man et les bovins
constituent les principales formes d’élevage.
En dépit des potentialités qu’elle recèle, la palmeraie est confrontée à plusieurs obstacles tels que la
rareté de l’eau, la salinisation des nappes phréatiques et des sols, l’infestation de certaines espèces par
des maladies et ravageurs, en particulier le Bayoud, le morcellement des propriétés et l’exode rural. La
combinaison de tous ces facteurs a contribué fortement à la dégradation de l’agrobiodiversité dans la
palmeraie et par conséquent à la détérioration des revenus des agriculteurs.
La présente étude intitulée « Agrobiodiversité et durabilité des systèmes de production oasiens dans
la palmeraie d’Aoufouss» tente à travers la formulation de propositions d’axes de recherche et de
recherche-développement à contribuer à l’amélioration des revenus des agriculteurs de l’oasis, au
développement durable des systèmes de production oasiens et à la restauration de la diversité
génétique des cultivars et des races animales au niveau des exploitations agricoles de la palmeraie.
Cette étude, réalisée par une équipe interdisciplinaire ICRA-INRA, rentre dans le cadre de la
coopération qui lie ces deux institutions depuis presque une dizaine d’années. L’approche
méthodologique suivie par l’équipe est une approche interdisciplinaire, participative et systémique
appelée Recherche Agricole pour le Développement (RAD). Pour la mise en œuvre de cette démarche,
l’équipe a utilisé divers outils participatifs de collecte de données inspirés de la Méthode Active de
Recherche Participative (MARP).
L’étude a permis de dégager : Une typologie des systèmes de production oasiens (SPO) dans la
palmeraie ; L’évolution de l’agrobiodiversité végétale et animale des SPO ; La caractérisation de
l’agrobiodiversité ; Les stratégies des agriculteurs ; La valorisation et les savoir-faire locaux en
matière de conservation et de transformation en tenant compte du rôle de la femme ; Les scénarios de
développement des SPO ; L’identification des thèmes de recherche et recherche-développement ainsi
que les mesures d’accompagnement nécessaires.

MOTS-CLES : oasis, Aoufouss, Maroc, agrobiodiversité, systèmes de production, valorisation, savoir-


faire locaux, rôle de la femme, RAD, stratégies des agriculteurs.

SUMMARY
The oases of Aoufouss is one of the most important Moroccan genetic reserves. It is classified by
UNESCO as a biosphere reserve. The main activity in this zone is oasis agriculture, palm trees, olives,
cereals, alfalfa, D’Man sheep and goats being the major productions.
In spite of its potential, the oasis faces several constraints such as water scarcity, serious plant
diseases, specially Bayoud, land fragmentation and rural migration. These contributes to a continuous
degradation of local agrobiodiversity. An interdisciplinary, participatory and systemic approach called
Agricultural Research for Development (ARD) has been used by the research team, among which
Participatory Rural Appraisal (PRA). Its results are: a typology of farming systems; a review of plant
and animal biodiversity and technical itineraries related to it, of farmers’ strategies in relation to
biodiversity conservation, of local knowledge in products processing, of the main driving forces
affecting farming systems with probable development scenarios and their influence on
agrobiodiversity and sustainability. Finally, the study formulates research proposals aimed at
improving farmer income, farming system sustainability and restoration of genetic diversity in the
oasis.

KEY WORDS : oases, Aoufouss, Morocco, agrobiodiversity, farming systems, valorisation, local
knowledge, woman’s role, ARD, farmers’ strategies.

14
‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ﺗﺸﻜﻞ واﺣﺔ اوﻓﻮس ﺑﺈﻗﻠﻴﻢ اﻟﺮاﺷﺪﻳﺔ اﺣﺪ أهﻢ اﻟﻤﺨﺎزن اﻟﻮراﺛﻴﺔ ﺑﺎﻟﻤﻐﺮب‪ ,‬ﻣﻤﺎ ﺟﻌﻠﻬﺎ ﺗﺼﻨﻒ‬
‫ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﻣﻨﻈﻤﺔ اﻟﻴﻮﻧﺴﻜﻮ ﺗﺮاﺛﺎ ﻋﺎﻟﻤﻴﺎ‪ .‬ﻳﺮﺗﻜﺰ اﻗﺘﺼﺎد هﺬﻩ اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ ﻋﻠﻰ اﻟﻔﻼﺣﺔ ذات ﻃﺎﺑﻊ‬
‫واﺣﻲ‪ .‬أهﻢ اﻟﻤﺰروﻋﺎت اﻟﺘﻲ ﺗﺘﻤﻴﺰ ﺑﻬﺎ اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ هﻲ اﻟﻨﺨﻴﻞ وأﺷﺠﺎر اﻟﺰﻳﺘﻮن واﻟﺤﺒﻮب‬
‫واﻟﻔﺼﺔ‪ .‬أﻣﺎ ﺑﺎﻟﻨﺴﺒﺔ ﻟﺘﺮﺑﻴﺔ اﻟﻤﻮاﺷﻲ ﻓﺎﻟﻤﻨﻄﻘﺔ ﺗﺘﻤﻴﺰ أﺳﺎﺳﺎ ﺑﺘﺮﺑﻴﺔ اﻷﺑﻘﺎر واﻷﻏﻨﺎم ﻣﻦ ﺻﻨﻒ‬
‫اﻟﺪﻣﺎن‪.‬‬
‫ﺑﺎﻟﺮﻏﻢ ﻣﻦ اﻟﻤﺆهﻼت اﻟﺘﻲ ﺗﻌﺮف ﺑﻬﺎ اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ‪ ,‬ﻏﻴﺮ أن ﺗﺘﻌﺮﺿﻬﺎ ﻣﻌﻮﻗﺎت ﻋﺪﻳﺪة أهﻤﻬﺎ ﻧﺪر‬
‫اﻟﻤﻴﺎﻩ واﻧﺘﺸﺎر ﻣﺮض اﻟﺒﻴﻮض وﺗﺸﺘﺖ اﻟﻤﻠﻜﻴﺔ واﻟﻨﺰوح اﻟﺮﻳﻔﻲ‪ .‬آﻞ هﺬﻩ اﻟﻤﻌﻴﻘﺎت ﺳﺎهﻤﺖ‬
‫ﺑﺸﻜﻞ آﺒﻴﺮ ﻓﻲ ﺗﺮدي اﻟﺘﻨﻮع اﻟﺒﻴﻮزراﻋﻲ ﻓﻲ اﻟﻮاﺣﺔ‪.‬‬
‫ﺗﺤﺎول هﺬﻩ اﻟﺪراﺳﺔ واﻟﺘﻲ ﻣﻮﺿﻮﻋﻬﺎ " اﻟﺘﻨﻮع اﻟﺒﻴﻮزراﻋﻲ ودﻳﻤﻮﻣﺔ أﻧﻈﻤﺔ اﻹﻧﺘﺎج ﻓﻲ‬
‫اﻟﻮاﺣﺔ" ﻣﻦ ﺧﻼل اﻗﺘﺮاح ﻣﺤﺎور أﺑﺤﺎث اﻟﻤﺴﺎهﻤﺔ ﻓﻲ ﺗﺤﺴﻴﻦ ﻣﺪاﺧﻴﻞ اﻟﻔﻼﺣﻴﻦ وﻓﻲ اﻟﺘﻨﻤﻴﺔ‬
‫اﻟﻤﺴﺘﺪاﻣﺔ ﻷﻧﻈﻤﺔ اﻹﻧﺘﺎج ﻓﻲ اﻟﻮاﺣﺔ وﻓﻲ ﺗﺤﺴﻴﻦ اﻟﺘﻨﻮع اﻟﻮراﺛﻲ ﻟﻸﺻﻨﺎف اﻟﺰراﻋﻴﺔ‬
‫واﻟﺤﻴﻮاﻧﻴﺔ ﻋﻠﻰ ﻣﺴﺘﻮى اﻟﻮاﺣﺔ‪.‬‬
‫ﺗﻢ أﻧﺠﺎز هﺬﻩ اﻟﺪراﺳﺔ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﻓﺮﻳﻖ ﺑﺤﺚ ﻣﺘﻌﺪد اﻟﺘﺨﺼﺼﺎت ﻣﻦ اﻟﻤﺮآﺰ اﻟﻌﺎﻟﻤﻲ ﻟﻸﺑﺤﺎث‬
‫اﻟﺰراﻋﻴﺔ اﻟﻤﻮﺟﻬﺔ ﻟﻠﺘﻨﻤﻴﺔ ﺑﺎﻟﺘﻌﺎون ﻣﻊ اﻟﻤﻌﻬﺪ اﻟﻮﻃﻨﻲ ﻟﻠﺒﺤﺚ اﻟﺰراﻋﻲ ﺑﺎﻟﻤﻐﺮب‪.‬‬
‫ﻹﻧﺠﺎز هﺬﻩ اﻟﺪراﺳﺔ‪ .‬ﺗﺒﻨﻰ ﻓﺮﻳﻖ اﻟﺒﺤﺚ ﻣﻨﻬﺠﻴﺔ ﻣﺘﻌﺪدة اﻟﺘﺨﺼﺼﺎت وﺗﺸﺎرآﻴﺔ واﻟﻤﻌﺮوﻓﺔ‬
‫ﺑﻄﺮﻳﻘﺔ اﻟﺒﺤﺚ اﻟﺰراﻋﻲ اﻟﻤﻮﺟﻪ ﻟﻠﺘﻨﻤﻴﺔ اﻋﺘﻤﺎدا ﻋﻠﻰ أدوات ﺗﺸﺎرآﻴﺔ ﻻﺳﺘﺴﻘﺎء اﻟﺒﻴﺎﻧﺎت‪.‬‬
‫اﺳﺘﻬﺪف اﻟﺒﺤﺚ اﻟﻌﻨﺎﺻﺮ اﻟﺘﺎﻟﻴﺔ ‪ :‬ﺻﻨﻴﻒ أﻧﻈﻤﺔ اﻹﻧﺘﺎج ﻓﻲ اﻟﻮاﺣﺔ‪ -‬ﺗﻄﻮر اﻟﺘﻨﻮع اﻟﺒﻴﻮزراﻋﻲ‬
‫واﻟﺤﻴﻮاﻧﻲ ﻟﻜﻞ ﻧﻈﺎم إﻧﺘﺎج‪ -‬ﻃﺮق ﺗﺮﺑﻴﺔ اﻟﻤﻮاﺷﻲ‪ -‬اﺳﺘﺮاﺗﻴﺠﻴﺎت اﻟﻔﻼﺣﻴﻦ ﻓﻴﻤﺎ ﻳﺨﺺ اﻟﺘﻨﻮع‬
‫اﻟﻮراﺛﻲ ﻓﻲ اﻟﻤﻴﺪان ‪ -‬اﻟﺨﺒﺮات اﻟﻤﺤﻠﻴﺔ اﻟﺨﺎﺻﺔ ﺑﺘﺤﻮﻳﻞ اﻟﻤﻮاد واﻟﻤﻮاد اﻟﻤﺸﺘﻘﺔ واﻟﻤﺤﺎﻓﻈﺔ‬
‫ﻋﻠﻰ اﻟﺘﻨﻮع اﻟﻴﻮزراﻋﻲ ودﻳﻤﻮﻣﺔ أﻧﻈﻤﺔ اﻹﻧﺘﺎج ﻓﻲ اﻟﻮاﺣﺔ‪.‬‬
‫ﺗﺤﺪﻳﺪ آﻞ ﻣﻦ ﻣﻮاﺿﻴﻊ وﻣﺤﺎور اﻟﺒﺤﺚ واﻟﺒﺤﺚ \ اﻟﺘﻨﻤﻴﺔ اﻟﺨﺎﺻﺔ ﺑﻜﻞ ﺳﻴﻨﺎرﻳﻮ وآﻞ ﻣﻦ‬
‫اﻹﺟﺮاءات اﻟﻤﺮاﻓﻘﺔ اﻟﻀﺮورﻳﺔ‬

‫آﻠﻤﺎت داﻟﺔ ‪ :‬اﻟﻮاﺣﺔ ‪ -‬اوﻓﻮس ‪ -‬اﻟﺘﻨﻮع اﻟﺒﻴﻮزراﻋﻲ ‪ -‬اﻟﻤﻐﺮب أﻧﻈﻤﺔ اﻹﻧﺘﺎج ‪ -‬اﻟﺨﺒﺮات‬
‫اﻟﻤﺤﻠﻴﺔ ‪ -‬دﻳﻤﻮﻣﺔ أﻧﻈﻤﺔ ‪ -‬اﺳﺘﺮاﺗﻴﺠﻴﺎت اﻟﻔﻼﺣﻴﻦ‪.‬‬

‫‪15‬‬
PARTIE I :PRESENTATION DE L’ETUDE
CHAPITRE I : CONTEXTE GENERAL

1.1 INTRODUCTION
Les systèmes de production oasiens sont essentiellement basés sur l'association palmier dattier
- arboriculture fruitière - cultures basses et élevage (Brac de la Perrière et Bédé, 2002). Cet
ensemble qui recèle une importante diversité génétique constitue un système harmonieux et
complémentaire (Larbi, 1989).

L’arboriculture fruitière occupe une place prépondérante dans l’occupation des sols avec une
dominance du palmier dattier suivi de l’olivier. Les cultures basses sont dominées par les
céréales (70%) et la luzerne (14%) (N’aït M’barek, 1993).

Le palmier dattier constitue un important patrimoine génétique du fait de sa nature botanique


(Ferry et al. 1998). Il représente aussi la principale culture de rente des exploitations
phœnicicoles avec une contribution de 40 à 60% (Haddouch, 1996). Par rapport aux autres
cultures, il crée un microclimat favorable à leur développement en modérant les effets
néfastes des vents violents et de l’insolation intense (N’aït M’barek, 1993). Son fruit est utile
comme aliment pour les humains et leurs troupeaux et ses divers matériaux sont destinés à
l’artisanat, à la construction ou à la production d’énergie.

L’olivier qui occupe le deuxième rang dans l’arboriculture fruitière présente aussi beaucoup
d’intérêt pour les agriculteurs en raison de ses faibles besoins en eau, ses fruits (olives de
table), l’huile d'olives et les revenus produits. Il est même en train de prendre la place du
palmier dattier dans certaines palmeraies dévastées par le Bayoud1 au Maroc. Dans ce sens,
plusieurs acquis ont été obtenus par la recherche et le développement : un programme de
diversification du matériel végétal avec la Picholine marocaine et d’autres variétés
productives et adaptées à la région comme Ascolana et un programme de rajeunissement des
oliveraies anciennes (Hajjaji, 1990). Parmi les autres arbres fruitiers figurent le figuier, le
grenadier, l’amandier, le pommier, le noyer, l'abricotier, le cognassier, le pêcher, le prunier...
Les céréales sont importantes pour la consommation humaine et animale. L’orge est plus
cultivée dans les plaines en raison de sa faible exigence en eau et de sa tolérance à la salinité
contrairement au blé, il s'adapte mieux dans la vallée de Tafilalet. Il existe des variétés locales
de blé (Chergui, Fartas) qui sont moins exigeantes en eau, mais moins productives que les
variétés sélectionnées (Larbi, 1990).

Les cultures fourragères sont essentiellement représentées par la luzerne. Du fait de son
exigence en eau, elle est généralement localisée à proximité des sources d’eau. Les variétés
locales ont un potentiel de production permettant 6 à 72 coupes par an pendant au moins 5 ans
(Larbi, 1990).

Les cultures maraîchères sont essentiellement concentrées dans les périmètres irrigués par des
eaux pérennes. Leur contribution au revenu de l'exploitation peut atteindre 25 % selon les
systèmes de production. Il existe aussi des cultures spéciales de rente comme le henné, le
cumin, le safran et le rosier (Larbi, 1990).

1
Le bayoud (Fusarium oxysporum F sp Albendinis) est un champignon rencontré dans le sol (jusqu'à 1,20 m de
profondeur) qui s'attaque aux palmiers dattiers en pénétrant par les racines, en cheminant dans le stipe et en
envahissant les tissus du bourgeon terminal.

16
L’élevage constitue un facteur important pour l’équilibre économique (sources de revenus,
alimentation humaine) et écologique (fertilité des sols) des systèmes agricoles oasiens. Il est
dominé par les ovins et les bovins gardés généralement en stabulation permanente. Les ovins
sont en majorité de la race D’Man connue pour sa haute prolificité et son aptitude au double
agnelage (Larbi, 1990 ; Skouri, 1990).

Malgré sa riche diversité, l’équilibre oasien est fragile à cause de l’aridité qui la caractérise
(Dollé, 1998) mais aussi de la disparition progressive de la diversité phytogénétique.

1.2. PROBLEMATIQUE
La palmeraie d’Aoufouss/province d’Errachidia constitue une des plus importantes réserves
génétiques au Maroc. A ce titre, elle est classée Réserve Mondiale de la Biosphère par
l’UNESCO. L’économie dans cette zone est essentiellement centrée sur l’agriculture (TdR de
l’étude) qui est de type oasien. Les principales cultures pratiquées sont le palmier dattier,
l’olivier, les céréales et la luzerne. L’élevage d’ovins de race D’Man et de bovins constitue les
principales formes d’élevage (Andriamainty Fils et al., 2002). La palmeraie abonde en
potentialités (variétés locales, eaux de crues, savoir local, encadrement technique). Cependant
la palmeraie est confrontée à plusieurs obstacles qui entravent le développement agricole dans
cette zone. En effet, le milieu est soumis à de fortes pressions telles que la rareté d’eau, la
salinisation des nappes phréatiques et des sols (Kassah, 1998), l’infestation de certaines
espèces par des maladies et ravageurs comme le Bayoud (Tonneau, 1993). En raison de cette
maladie, les 2/3 des palmiers de variétés de qualité sont détruits et 40% des effectifs actuels
sont constitués de Khalt2 (Larbi, 1990). Sur le plan du foncier, l’exiguïté des propriétés et leur
extrême morcellement, conséquences des règles de transmission de l’héritage, ont conduit à
une baisse des revenus (Ferry, 1993).

Devant une telle situation, la sauvegarde et la conservation du patrimoine phytogénétique et


animal de l’oasis s’imposent pour garder aux systèmes de culture oasiens leurs potentialités
d’adaptation et de production. (Rhouma, 1993). C’est dans ce contexte que l’INRA a
commandité auprès de l’ICRA cette étude sur le thème :

« Agrobiodiversité et durabilité des systèmes de production oasiens dans la palmeraie


d’Aoufouss ».

Cette étude complétera les travaux des équipes ICRA réalisés sur les systèmes de production
dans la vallée de Ziz (2002) et sur le bassin du Ghriss (2003). L’équipe interdisciplinaire a
réalisé cette étude qui s’est étalée sur trois mois (10 avril–10 juillet). Elle s’est axée sur
l’analyse approfondie de l’agrobiodiversité végétale et animale, en vue d’identifier les
facteurs menaçant sa disparition et formuler des propositions d’amélioration. La question
centrale de recherche retenue par l’équipe :

« Quelles sont les actions de recherche et de recherche-développement nécessaires pour


sauvegarder et améliorer l’agrobiodiversité, l’amélioration des revenus des agriculteurs et
le développement durable de la palmeraie d’Aoufouss? »

Il était primordial de procéder à une analyse approfondie des Systèmes de Production Oasiens
(SPO) en prenant en compte toutes les variétés cultivées, les espèces animales et leurs races

2
Variétés de palmier dattier obtenues par semis

17
ainsi que les interactions entre ces différentes composantes. Cette analyse a permis
d’identifier les contraintes et les potentialités des différents types de systèmes de production et
de formuler les actions de recherche et de recherche-développement qui s’imposent pour leur
sauvegarde, leur développement durable et l’amélioration des revenus des agriculteurs (Figure
1).

18
Objectif global Objectifs spécifiques Résultats attendus

Une typologie des Systèmes de Production Oasiens (SPO) est élaborée


Identifier les types de système de production oasien
(SPO)

La biodiversité spécifique végétale et animale est évaluée et


caractérisée au sein de chaque SPO
Caractériser et évaluer la biodiversité spécifique
végétale et animale au sein de chaque SPO
Les itinéraires techniques et la conduite de l’élevage sont analysés au
sein de chaque SPO
Analyser les itinéraires techniques et la conduite de
l’élevage au sein de chaque SPO

Les destinations des produits et sous-produits végétaux et animaux sont


Contribuer à la sauvegarde de identifiées au sein de chaque SPO
l’agrobiodiversité et l’amélioration Identifier les destinations des produits et sous-produits
des revenus des agriculteurs et au végétaux et animaux au sein de chaque SPO
développement durable des systèmes
de production oasiens dans la Les stratégies des agriculteurs en matière de conservation de la
palmeraie d’Aoufouss biodiversité in situ sont identifiées
Dégager les stratégies des agriculteurs en matière de
conservation de la biodiversité in situ
Les scénarios de développement des différents SPO sont identifiés

Identifier le savoir-faire local en matière de


conservation et de transformation des produits et sous- Les savoir-faire locaux en matière de conservation et de transformation des
produits en tenant compte du rôle de la femme produits et sous-produits en tenant compte du rôle de la femme sont
identifiés

Identifier des scénarios de développement et les axes


de recherche-développement et de transfert de Un plan d’action de recherche et de Recherche-Développement est
technologie proposé

Figure 1 : Objectifs et résultats attendus (TdR)

19
CHAPITRE II : APPROCHE METHODOLOGIQUE

Une approche systémique a été suivie pour appréhender les différentes composantes des systèmes
de production, leurs interactions et les interrelations en liaison avec le thème.

2.1. DEMARCHE RAD


La démarche RAD - Recherche Agricole pour le Développement - est une suite d’activités
pragmatiques et flexibles. Elle répond aux besoins aussi bien des clients que des bénéficiaires, et
concilie de multiples objectifs de développement. Elle emploie des approches participatives et
systémiques pour intégrer les différentes perspectives des acteurs. Elle facilite le travail en équipe
interdisciplinaire et inter-institutionnelle. Elle est structurée en quatre phases (Figure 2).

Pourquoi la RAD ?

Les trois mois de cours de perfectionnement passés à l’ICRA–Montpellier, la consultation des


travaux réalisés par d’autres équipes ICRA et la nature de notre thématique, nous ont révélé
l’importance de cette démarche participative, systémique et itérative.

Pour la mise en œuvre de cette démarche avec ses différentes étapes, qui sont intimement liées,
l’équipe a fait appel à des outils et des méthodes inspirés de la Méthode Active de la Recherche
Participative (MARP).

20
Figure 2 : Etapes de la démarche RAD
Source : ICRA (module d’apprentissage)

21
2.2. ETAPES DE LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE DE L’EQUIPE
La Figure 3 récapitule les différentes étapes de l’approche méthodologique de l’équipe.

TdR de l’INRA
Phase 1 : Préparation de l’étude de terrain

Organisation de l’équipe ICRA

Compréhension commune des TdR

DONNEES
Formulation de la SECONDAIRES Clarification des objectifs
problématique spécifiques

Formulation des questions de recherche

Formulation des hypothèses de recherche

Elaboration du plan de recherche

Planning des activités

Prise de contact avec acteurs clés & Atelier de


démarrage
Phase 2 : Etude de terrain

Réorientation du thème de recherche


Validation du plan de recherche
Prospection du terrain (Zonage, échantillonnage)

COLLECTE DES DONNEES

Atelier intermédiaire
Analyse des données

Atelier de restitution et de validation des résultats avec les acteurs

Rédaction du rapport final

Figure 3 : Etapes de la méthodologie de recherche de l’équipe ICRA

22
2.3. PREPARATION DE L’ETUDE DE TERRAIN A MONTPELLIER – FRANCE :
Elle a duré environ trois semaines (22 mars au 09 avril 2004). Durant cette phase, l’équipe a
d’abord établi un contrat d’équipe qui comprend les règles de prises de décisions au sein de
l’équipe et la répartition des tâches. Par la suite, il a été procédé à la clarification des TdR, à la
collecte des données secondaires à partir de la bibliographie et contact des personnes ressources,
à la formulation provisoire de la question centrale de recherche et à la délimitation du système
pertinent. Pour structurer les contraintes en terme de cause à effet, l’équipe a eu recours à un outil
analytique « arbre des contraintes » ainsi que des cartes mentales.

Un rapport provisoire a été rédigé comportant : la problématique, les questions de recherche, le


plan de recherche et le planning des activités (Annexe 1). Le contenu de rapport a été affiné à
Errachidia.

2.4. ETUDE DE TERRAIN (10 AVRIL AU 10 JUILLET 2004 A ERRACHIDIA - MAROC)


2.4.1 Documentation
Réunion avec la direction de l’INRA/Maroc
L’objet de cette rencontre a été de prendre contact avec l’institut d’accueil et de présenter le
rapport provisoire, dont le contenu est cité ci-dessus. Les discussions ont été fructueuses et ont
apporté de nouveaux éclaircissements sur la problématique des oasis en relation avec
l’agrobiodiversité.

Recherche bibliographique et collecte des données secondaires


La collecte des données secondaires s’est déroulée les 12 et 13 avril au niveau de la bibliothèque
de la Division de l’Information et de la Communication de l’INRA, du Centre de Documentation
de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, et des entretiens avec des personnes
ressources de ces deux institutions. Ce travail de recherche documentaire a permis à l’équipe
d’enrichir sa base de données secondaires constituée à Montpellier, d’identifier des personnes
ressources et de mieux connaître les conditions agroécologiques de la zone d’étude.

2.4.2. Etude de terrain à Errachidia


Après l’installation de l’équipe à Errachidia, le 14 avril 2004, une première visite de
reconnaissance de la zone d’étude a été effectuée. Cette sortie qui a eu pour objectif de vérifier
certaines données secondaires, rentre dans le cadre de la préparation de l’atelier de démarrage de
l’étude le 19 avril. Un guide d’entretien destiné aux agriculteurs a été élaboré à cet effet et
comporte des questions autour des éléments suivants :

• Cultures pratiquées par les agriculteurs de la zone ;


• Appréciation des agriculteurs de la situation actuelle par rapport au passé ;
• Principaux problèmes de la palmeraie d’Aoufouss selon les agriculteurs ;
• Nature et importance des interactions entre les agriculteurs et les institutions qui opèrent
dans la zone (CRRAE, INRA, ORMVA/TF, PV et autres).

Les observations effectuées le long de la palmeraie et les entretiens avec les agriculteurs ont
permis de faire certains constats :

La rareté de l’eau dans la zone avale de l’oued Ziz et la présence de sel dans ces eaux avec
comme conséquences le recul du maraîchage et l’usure des équipements hydro-agricoles ;

23
Systèmes de cultures constitués de l’association palmier dattier, olivier, figuier, grenadier,
luzerne, orge, oignon, radis et l’élevage ovin et bovin ;
Variétés de palmier dattier (Mejhoul et Bouffegouss) affectées par le bayoud et une
dominance des Khalt (50% des pieds) ;
Expérimentation d’une variété du palmier dattier (conduite par l’ORMVA/TF) ;
Les prestations de service et la location du matériel agricole représentent des sources de
revenus complémentaires dans les systèmes de production ;
Coût élevé du carburant utilisé pour le fonctionnement des équipements agricoles ;
Perte relative du savoir-faire due à l’exode de la main d’œuvre spécialisée.

2.4.3. Atelier de présentation du thème de recherche


L’atelier s’est tenu au CRRA d’Errachidia le 19 avril 2004 en présence des représentants des
différentes institutions de recherche et de développement de la zone (INRA, ORMVA/TF, IPGRI,
Institut des Techniques Agricoles, Chambre d’Agriculture, Direction de la Protection des
Végétaux). La présentation du thème a porté sur les TdR, la méthodologie de recherche de
l’équipe ICRA, le plan provisoire de recherche et le planning des activités.

A la suite de l’exposé, les participants ont contribué à la réflexion sur la biodiversité et la


durabilité des systèmes de production oasiens en répondant à un questionnaire préalablement
élaboré par l’équipe. Les résultats ont permis d’avoir les différentes perceptions des acteurs sur la
notion de biodiversité, les contraintes qui sont à l’origine de sa dégradation et les facteurs
menaçant la durabilité des systèmes de production oasiens.

Selon la perception des acteurs : la biodiversité au niveau local est l’ensemble des espèces
animales et végétales des variétés, du biotope, de la faune et de la flore existant dans une région
donnée. C’est un patrimoine / trésor / atout / richesse à prendre en compte dans les politiques de
développement rural ainsi que pour l’équilibre naturel et la préservation des ressources
naturelles pour le bien être des populations.

Les interventions des participants ont été axées sur l’association des cultures, l’utilisation des
ressources hydriques, la conduite des cultures et de l’élevage, ainsi que sur les contraintes
multiples qui pèsent sur les oasis (rareté de l’eau, salinité, érosion génétique, Bayoud et
régression des variétés de bonne qualité, manque de technologies.…).

Ce diagnostic participatif de la situation actuelle de la palmeraie a permis à l’équipe d’affiner


l’arbre des contraintes (Figure 4) et l’image contexte (Figure 5) conçus lors de la phase
préparation de l’étude de terrain à Montpellier. Les recommandations de l’atelier ont été axées
sur les points suivants :

La reformulation de la problématique, des objectifs de l’étude ;


La réactualisation de la délimitation du système pertinent et l’identification des forces
motrices ;
Le découpage de la palmeraie en trois zones (amont, intermédiaire et aval de l’oued Ziz) et de
prendre en compte les nouvelles extensions de la palmeraie (exploitations modernes).

24
Perte relative du
Exode rural Savoir-faire traditionnel

Difficultés de
Eloignement des grands commercialisation
centres urbains

agricoles peu valorisés


Marginalisation du rôle Produits et sous-produits
de la femme

Difficulté d’utilisation Labour mécanisé peu


des tracteurs pratiqué

parcelles
Morcellement des
Difficultés dans la
distribution de l’eau

Rareté de l’eau

Sécheresse

25
cultures
agriculteurs

Négligence du contrôle
phytosanitaire
des plantations et des
Baisse des revenus des

Baisse de la productivité

Dégâts des maladies et


D’AOUFOUSS MENACE

Figure 4 : Arbre à problèmes


ravageurs
Négligence des pratiques
culturales de base
L’ECOSYSTEME DE LA PALMERAIE

Nappe phréatique salée Salinisation des eaux et


des sols

Ombrage des parcelles dû à Développement non


la forte densité de l’olivier optimal des cultures

Maladie du
Bayoud

Erosion génétique
Régression de
l’agrobiodiversité

Sélection massale axée sur


les meilleures variétés
Force des marchés
Principaux revenus :
Luzerne, Autres arbres Palmier Dattes, Olivier
Olivier dattier
Fève fruitiers D’Man
Céréales : Cultures maraîchères
blé, orge,
sorgho…
CMV AGROBIODIVERSITE
Proximité du
d’Aoufouss foyer du bayoud
Cultures
Ovins : D’Man, maraîchères
Associations
Bovins
Autres revenus :
féminines Prestation de services
Structures locales Economie centrée sur Location terre, matériel
Coopératives PALMERAIE l’agriculture agricole
Tourisme, Expatriés
Communes rurales D’AOUFOUSS
d’Aoufouss et de
Marché Rteb Principale palmeraie du Maroc
d’Aoufouss
Superficie : 3 253 ha
Principales contraintes des Présences d’activités
systèmes de production oasiens touristiques Exiguïté des parcelles
3 615 propriétaires

Concurrence des
autres secteurs Contraintes
Contraintes Contraintes Ombrage des
techniques
Naturelles parcelles
Socio-économiques

Exode rural
Faibles revenus
des agriculteurs Négligence des
pratiques culturales de
Rareté de l’eau base (taille de l’olivier,
Marginalisation contrôle phytosanitaire)
du rôle de la femme
Perte relative
du savoir-faire
Gestion de l’eau
traditionnel Salinité des eaux
Maladie du d’irrigation non raisonnée
et des sols
Morcellement poussé Forte régression Bayoud
des propriétés de la biodiversité

Figure 5 : Carte mentale

26
Reformulation de la problématique de l’étude
Suite aux recommandations des participants, le thème de l’étude qui portait sur "la diversité
génétique phoenicicole et la durabilité des systèmes de production oasiens" a été modifié. En
effet, la zone d’Aoufouss est très riche en matière de biodiversité et en outre, il existe une grande
complexité au niveau des interactions entre les différents éléments du système de production
oasien pour la formation des revenus (fertilité des sols par le fumier, alimentation des animaux
par la luzerne et les dattes, revenus tirés par le ménage des différents sous-systèmes…).
C’est ainsi qu’il a été suggéré à l’équipe de focaliser la problématique de l’étude sur
l’agrobiodiversité végétale et animale au lieu de se limiter à la diversité génétique phœnicicole. Il
s’agit d’identifier toutes les potentialités à valoriser et les contraintes à lever en vue d’assurer la
durabilité des systèmes de production oasiens.

Pour une meilleure valorisation de l’agrobiodiversité, des pistes de recommandations ont été
émises par les participants :
• Une participation active de la communauté locale (agriculteurs, chercheurs et
développeurs) ;
• La promotion des cultures spéciales telles que : le safran, le gombo et le fenouil ;
• Prise en compte du rôle de la femme dans le processus de valorisation des produits et
sous-produits et dans la sauvegarde de l’agrobiodiversité moyennant la création
d’associations et de coopératives de production et de commercialisation.

Cette souplesse dans la reformulation après l’interaction avec les acteurs est fondamentale dans la
démarche RAD qui est itérative.

2.4.4. Système pertinent


La lecture des termes des références a permis l’identification et une première délimitation du
système pertinent, présenté dans le schéma ci-après (Figure 6). Ce travail a été affiné après la
tournée de prospection dans la palmeraie et les entretiens avec les différents acteurs ainsi qu’à
travers les recommandations de l’atelier.

Les principales composantes du système pertinent sont les systèmes de production oasiens de la
palmeraie d’Aoufouss, l’environnement politique, institutionnel et socioéconomique, constitué
des structures gouvernementales (ORMVA /TF, CRRA/Errachidia, CRCA …), socioprofessionnelles
(coopératives agricoles, chambre d’agriculture…) et par la société civile (ONG). Ces structures
ont un lien direct avec le développement rural en général.

L’identification des acteurs du système pertinent a été opérée en vue d’avoir les différentes
perceptions des contraintes qui pèsent sur l’agrobiodiversité et les changements à apporter pour
sa sauvegarde et la durabilité des systèmes de production. Les différents types d’acteurs
(influents et bénéficiaires) identifiés sont :

♦ Les acteurs influents


Ce sont les acteurs qui ont une influence directe à travers leurs interventions sur le système
pertinent. Dans le cadre de la présente étude les acteurs jugés influents sont : INRA/CRRAE,
ORMVA /TF, les autorités locales, les notables, les ONG, la Caisse Régionale de Crédit
Agricole, la Chambre d’Agriculture, les associations et coopératives locales et les organisations
internationales.

27
♦ Les acteurs bénéficiaires
Ce sont les acteurs qui ont un intérêt mais n’exercent pas une influence directe sur les décisions.
Il s’agit des agriculteurs, des éleveurs, des artisans et des commerçants de produits et de sous-
produits agricoles.

♦ Identification des forces motrices


Ce sont les facteurs externes au système, qui sont à la fois à l’origine de son changement et sont
susceptibles d’affecter les solutions possibles du problème. Ces forces motrices sont dégagées à
travers l’analyse des systèmes de production et les discussions avec les acteurs et opérateurs
locaux. Il faut noter aussi que ces forces motrices seront exploitées dans l’élaboration des
scénarios de développement. Il s’agit des éléments suivants :
Le bayoud constitue la principale menace de la survie du palmier dattier,
La rareté de l’eau d’irrigation à cause des fortes fluctuations climatiques et de la gestion non
rationnelle de l’eau,
Les structures de recherche et de développement existantes (recherche sur le système oasien
(palmier dattier, olivier, luzerne, céréales, arboriculture fruitière, D’Man …), en tant
qu’élément d’appui scientifique et technique et de transfert de technologies et de
réhabilitation de la palmeraie par l’introduction de nouveaux cultivars de palmier dattier ;
Le marché des produits agricoles limité aux frontières locales à cause des productions faibles
et de la baisse de la qualité des produits ;
Les activités touristiques, secteur qui commence à concurrencer l’agriculture du fait qu’il
draine la main d’œuvre qualifiée locale. Cependant, ce secteur peut constituer un marché
d’appoint de la palmeraie à travers la commercialisation des produits de l’artisanat local, des
produits transformés et conservés ainsi qu’à travers la création d’emplois ;
Le système de financement : il devrait constituer un élément d’appui et de soutien pour le
financement des activités agricoles dans la palmeraie.

2.4.5. Questions de recherche


Compte tenu des recommandations des ateliers, des modifications ont été apportées aux TdR.
L’équipe a procédé à la reformulation de la question centrale de recherche, des questions
secondaires et tertiaires (Tableau 1).

2.4.6. Conclusion
Dans cette première partie, l’accent a été surtout mis sur le processus itératif de la démarche RAD
avec la reformulation de la problématique suite aux recommandations des acteurs. Les objectifs
de l’atelier de démarrage de l’étude ont été largement atteints car les données recueillies ont
permis à l’équipe de dégager des questions et hypothèses de recherche en conformité avec les
nouveaux objectifs de l’étude, d’affiner sa méthodologie de recherche et de réactualiser son plan
de recherche et son planning d’activités (Annexe 1).

28
IPGRI/PNUD/FEM SYSTEME
PERTINENT Crédit Agricole
Errachidia

Maladie du
Bayoud PALMERAIE
Protection des
D’AOUFOUSS Végétaux

Systèmes de production
Université oasiens
d’Errachidia Coopératives
agricoles Communes rurales
d’Aoufouss et R’teb Structures touristiques
CMV d’Aoufouss

Associations ORMVAT
Projet de recherche sur
le palmier dattier féminines

Chambre INRA/CRRA
Marchés
d’Agriculture Errachidia

Figure 6 : Système pertinent : palmeraie d’Aoufouss

29
Tableau 1 : Question de recherche centrale :
Quelles sont les actions de recherche-développement nécessaires pour assurer la sauvegarde de l’agrobiodiversité oasienne,
l’amélioration du revenu des agriculteurs et le développement durable de la palmeraie d’Aoufouss?
Questions de recherche secondaires Questions de recherche tertiaires Hypothèses de recherche Indicateurs
1. Quels sont les différents types de 1.1. Quelle est la structure des différents Systèmes de 1.1.Composition de l’exploitation –nombre et
Systèmes de Production Oasiens du Production Oasiens du périmètre d’Aoufouss? type d’équipement agricole– main d'oeuvre
périmètre d’Aoufouss? 1.2. Quel est le fonctionnement des différents Systèmes Les SPO d’Aoufouss se différencient familiale, salariée
de Production Oasiens du périmètre d’Aoufouss? par le nombre et type de matériel Nombre de variétés/ espèces
1.3. Quelle est la biodiversité végétale et animale au sein agricole, main d’œuvre familiale et Nombre de pieds/variétés (arboriculture)
de chaque SPO salariée, de pieds de variétés/espèces, Rendement moyen /variété
1.4. Quelles sont les caractéristiques de chaque variété ? de têtes d’animaux/race animale et Nombre de races/espèces animales
1.5. Quelles sont les caractéristiques de chaque race ? d’itinéraires techniques Nombre de têtes d’animaux par race
1.6. Quels sont les types d’itinéraires techniques des SPO Nombre moyen annuel de portées par mise bas
et de conduite des animaux ? La dégradation de la biodiversité Sensibilité aux maladies et ravageurs (nombre de
1.7. Quelles sont les destinations des productions spécifique est déterminée par la pieds atteints par les maladies)
végétales et animales ? rareté de l’eau Critères de qualité de la variété
1.8. Quelles sont les contraintes qui pèsent sur la Pourcentage de produits consommés, vendus,
l’agrobiodiversité ? conservés et transformés
2. Quelles sont les stratégies des 2.1. Quelles sont les techniques culturales de lutte contre
agriculteurs en matière de conservation les maladies et ravageurs?
de l’agrobiodiversité ? 2.2. Quelles sont les variétés sélectionnées pour leur
résistance?
2.3. Comment se fait la conservation in situ de la
biodiversité?
3. Quel est l’état des savoir-faire 3.1. Quelles sont les activités artisanales existantes en La perte relative du savoir-faire
artisanaux liés à la conservation et à la matière de transformation et de conservation des produits traditionnel en matière de
transformation des produits et sous- et sous-produits végétaux et animaux ? conservation et de transformation est
produits végétaux? une des raisons de dévalorisation des
3.2. Quelles sont les pratiques de transformation et de
produits et sous-produits
conservation des produits et sous-produits végétaux qui
ont disparu ?
4. Quel est le rôle de la femme dans la 4.1. Les activités agricoles et artisanales exercées par les Il existe une marginalisation du rôle Le nombre de femmes exerçant une activité
conduite de culture et des animaux, hommes et celles exercées par les femmes de la femme en matière de conduite agricole et artisanale par rapport au nombre total
dans la transformation et la 4.2. Y a t-il un transfert de savoir-faire, si oui comment ? de la culture et des animaux, de de personnes dans l’activité
conservation des produits? transformation et de conservation des
produits.

5. Quels sont les scénarios possibles 5.1. Quels sont les différents types de forces motrices ?
d’évolution des différents types 5.2. Quels sont les différents acteurs ?
d’exploitation 5.3. Quels sont les effets des différents scénarios et
forces motrices sur les types de systèmes de production ?

30
2.5. CHOIX DES SITES D’ETUDE /ZONAGE
L’identification des sites qui composent la palmeraie d’Aoufouss permet de répondre à deux
objectifs :
• Tenir compte des différences qui existent entre les sous-zones agroécologiques qui peuvent
être distinguées à travers la palmeraie d’Aoufouss.
• Déterminer la taille de l’échantillon au niveau de chaque site (sous-zone), soit la plus petite
possible tout en étant représentative sur le plan de la diversité des systèmes de production
oasiens existant.
La question du choix des sites d’étude et de zonage a été traitée lors de l’atelier de présentation
du thème de recherche de l’équipe au CRRA/Errachidia. Pour la délimitation de la zone d’étude,
un découpage de la palmeraie d’Aoufouss en sous-zones a été proposé : amont, intermédiaire et
aval de l’oasis. Ces sites ont déjà fait l’objet d’une étude portant sur l’analyse technique et socio-
économique (Chetto, 2003).
Pour vérifier la pertinence de ces choix et délimiter l’étendue de chaque site par des critères
discriminants, l’équipe a procédé à la réalisation de transects tous les 7 km environ de l’amont de
l’oued Ziz à l’aval en suivant le gradient de disponibilité de l’eau d’irrigation. Cette méthode a
permis de donner une vision détaillée de la diversité, de la répartition des terres, de l’eau et des
ressources génétiques disponibles.
2.5.1. Transects
Les transects ont été élaborés en collaboration avec des agriculteurs de la palmeraie. Lors de la
réalisation de ces transects, un certain nombre de critères ont été observés et discutés avec les
agriculteurs en vue d’identifier les facteurs discriminants (la toposéquence, les ressources en eau
et leur qualité, les espèces cultivées et leur dominance, le type de sol, la taille des parcelles, les
contraintes…) (Photo 1-1).

Photo 1-1 : Exemple de transects avec un agriculteur à Zrigate

Les résultats de ces transects ont montré une variabilité du paysage et des ressources de l’amont à
l’aval avec des critères comme : la disponibilité et la salinité d’eau d’irrigation, leur microclimat,

31
la densité du palmier dattier et de l’olivier, les variétés dominantes du palmier dattier, la présence
ou non de cultures basses et le type de sols. Ces résultats ont été confirmés par les entretiens
effectués avec les responsables du CMV d’Aoufouss et de l’ORMVA/TF.
Quatre sites ont été retenus :
Site1 : (Haut R’teb)
Site2 : Moyen R’teb)
Site3 : Machiakhat Zrigate.
Site4 : Bas R’teb

L’étude s’est aussi étendue sur certaines exploitations modernes de la zone (nouvelles extensions)
en vue de d’effectuer des comparaisons en matière d’agrobiodiversité, comme il a été suggéré
lors de l’atelier. Les caractéristiques des sites sont :

Tableau 2 Illustration des traits de distinction de chacun des sites d’étude


Machiakhats Caractéristiques
S1 : Haut R’teb Type de sol : argileux, riche en matière organique
Disponibilité d’eau pendant toute l’année
Amelkis, Jramna, Zouala, Zouia, Ouled- Micro-climat frais et doux
Chakeur (Aït Ighef Akerbous, Tiydrine, Densité importante du palmier et olivier (ombrage important)
Akerbous Jedid), Ouled-Aïssa (Ksar Dominance de Khalt et de variétés de palmier à datte molle,
Tahtani, Ksar Ouistani, El Kasba) Dominance des Berbères
S2 : Moyen R’teb Type de sol : argileux – caillouteux
Rareté de l’eau
Ksar Jedid, Ouled Amira, Gara Micro-climat : température plus élevée
Aoufouss-Takhyamt Sources d’eau : rivière et puits
Les variétés du palmier sont à dattes molles et sèches
Dominance des Berbères

S3 : Machiakhat Zrigate Type de sol : argileux – limoneux


Rareté de l’eau
El Harra, Souïga, El Kasba, El Rahba, Source d’eau : rivière et puits avec nappe plus profonde
Rbit, Tam’arkit, Douira Présence de sel dans les eaux d’irrigation
Densité importante du palmier et de l'olivier (ombrage important)
Pratiques des meilleures variétés de dattes
Dominance des Arabes

S4 : Bas R’teb Type de sol : limoneux – sablonneux


Rareté de l’eau, nappe plus profonde
Sid Ali-el Goumi, El M’arkâ, El Source d’eau d’irrigation : rivière, forages avec nappe plus profonde
Blrahma, Zaouia Jdida, Zaouia Kdima, Micro-climat très chaud
El Kachla, Douira, Labtatha Eau d’irrigation à taux élevé en sel
Présence d’exploitation oasiennes modernes : plantations de variétés
résistantes au bayoud et de bonne qualité
Dominance Arabes
Les transects effectués ont permis de distinguer et de caractériser des niches agroécologiques au
niveau de chacun des sites dont voici les résultats :

32
Transect site1 : Amelkis E W
Distances 75m 200m 300m 15m 100m
Types de sol Argileux noirâtre( khal) Argileux rougeâtre(lahma) Idem Argilo-limoneux et
caillouteux
Diversité spécifique Palmier dattier, olivier, Palmier dattier, olivier, figuier, fève, Idem, + tomate, oignon, pêcher, abricotier, Palmier dattier, olivier,
grenadier, orge, luzerne, tamaris mûrier, laurier rose, roseau. figuier, fève, peuplier,
luzerne, tamaris
Type d’irrigation Gravitaire, à canaux
traditionnels ou
modernes (en béton) Idem Idem Idem
Ressource en eau Source Amelkis,
rivière, puits Idem Idem OUED Idem
Densité palmier ZIZ
dattier ++++ ++ + ++
Oliver +++ ++++ + +++
Autres arbres + + ++ +
fruitiers
Arbustes 0 + + +
Maraîchage 0 0 ++ +
Céréales 0 ++ +++ +
Légumineuses 0 ++ +++ +
-Problème d’ombrage
causé par densité
olivier .
-Rareté eau pendant
Contraintes l’été.
- Morcellement Idem Idem Idem
important des parcelles.

Ce transect a permis d’identifier quatre niches agroécologiques à Amelkis : le premier sur un parcours de 75 m, le 2ème sur 200 m, le
3ème sur 300 m et le 4ème sur 100 m après l’oued.
Les traits distinctifs des niches en types de sol, en diversité spécifique, type d’irrigation, et en ressource en eau sont énumérés dans la
matrice.

En général, dans ce site, les sols sont de nature argileuse et on peut compter le palmier dattier, l’olivier, figuier, grenadier, fève, orge,
luzerne, tomate, oignon, pêcher, abricotier, mûrier, laurier rose, roseau comme des espèces végétales qui sont cultivées. L’ombrage
causé par la densité d'oliviers, la rareté de l’eau pendant l’été, le morcellement important des parcelles sont les principales contraintes
du site.

33
Transect site2 : Takhyamt W E

Distances 400 m 300 m


Types de sol Argilo-limoneux sec et dur Limono-sableux
Diversité spécifique Palmier dattier, olivier, grenadier, figuier, orge, Palmier dattier, olivier,
amandier, poivre, cornichon, luzerne Parcelles en terrasse mise en jachère
Types d’irrigation Gravitaire à canaux traditionnels ou modernes Idem
Ressource en eau Rivière et puits Idem
Densité palmier dattier +++ +++
Olivier ++++ ++
Autres arbres fruitiers ++ +
Arbustes 0 +++
Maraîchage ++ +++
Céréales + +
Légumineuses ++ ++
Contraintes Rareté de l’eau Rareté de l’eau, sol caillouteux

Le transect effectué à Takhyamt, a permis d’identifier deux niches agroécologiques : la première sur un parcours de 400 m et la
seconde sur 300 m. Les traits distinctifs des deux niches en types de sol, diversité spécifique, type d’irrigation, et en ressource en eau
ainsi que les contraintes de ce site sont énumérés dans la matrice.

34
Transect site 3 : Zrigate W E
Distances 80m 300m 200m 60m 200m
Types de sol Argilo-sablonneux Sol très argileux (Kassah) Argilo-sablonneux Argilo-sablonneux
sec et fissuré
Diversité Palmier dattier, Palmier dattier, olivier, Palmier dattier, olivier, Palmier dattier, olivier,
spécifique olivier, figuier, betterave, fève, orge, blés orge, fève, blé tendre, maraîchage, tamaris,
maraîchage, tendre et dur, luzerne, laitue. grenadier, figuier, luzerne, roseau.
luzerne, tamaris. laurier rose, tamaris, laitue,
roseau.
Types - Gravitaire à
d’irrigation canaux
traditionnels ou Idem Idem Idem
modernes OUED
- Par pompage. ZIZ
Ressource en Rivière et puit à
eau moto-pompe Idem Idem Idem
Densité
palmier ++++ +++ +++ ++
dattier
Olivier +++ ++++ +++ +++
Autres arbres + 0 ++ 0
fruitiers
Arbres + 0 + ++
Maraîchage + ++ + ++
Céréales + ++ + ++
Légumineuses + ++ ++ ++
Contraintes Rareté de l’eau Rareté de l’eau, sol lourd et dur Rareté de l’eau Rareté de l’eau

Le transect effectué à Zrigate a permis de distinguer et de caractériser quatre niches agroécologiques (cf. matrice) en types de sol,
diversité spécifique type d’irrigation, en ressource en eau, ainsi que les contraintes du site.

35
Transect site 4 : Douira E W

Distances 150 m 250 m 80 m


Types de sol Sol h’rach (peu profond) Sol El-aakad ou bied (blanc et profond) Sol limono-argileux
Diversité spécifique Palmier dattier, olivier Palmier dattier, olivier, cultures basses Palmier dattier, olivier, cultures
maraîchères en terrasses, luzerne

Type d’irrigation Gravitaire traditionnel ou moderne et


utilisation des tuyaux PVC . Idem Idem
Ressource en eau - Source Aïn El- Atti
- Puit à moto-pompe Idem Idem
Densité palmier dattier ++ +++ ++
Olivier +++ +++ ++
Autres arbres fruitiers ++ 0 0
Arbustes 0 0 +++
Maraîchage +++ +++ ++
Céréales + ++ +
Légumineuses + +++ ++
Contraintes Nappe phréatique plus profonde, Nappe phréatique plus profonde, rareté de l’eau, salinité Nappe phréatique plus profonde,
rareté de l’eau, salinité rareté de l’eau, salinité,

Le transect de Douira a permis d’identifier trois niches agroécologiques de ce site. Les traits caractéristiques de chacune d’elle en type
de sol, diversité spécifique, type d’irrigation, ressource en eau ; ainsi que les contraintes du site sont signalés dans la matrice.

36
2.5.2. Cartes des ressources
Pour mieux affiner le zonage et préparer l’échantillonnage, des cartes ressources ont été
effectuées avec les agriculteurs dans chaque site pour spatialiser la répartition des diverses
ressources : eau, sols, infrastructures, habitations, seguias, parcours, palmier dattier, olivier,
arbres fruitiers, céréales, fourrages, cultures maraîchères, etc. Au total quatre cartes ont été
réalisées au niveau des sites retenus, en particulier dans les localités suivantes : Amelkis, dans
le Haut R’teb, Takhyamt au Moyen R’Teb, à Zrigate et à Douira au Bas R’teb (Photo 1-2).

Photo 1-2 : Elaboration de cartes ressources par les agriculteurs d’Ouled-Aïssa

A la fin de chaque carte des outils participatifs comme les matrices de préférence ou de
classification ont été utilisés avec les agriculteurs pour recenser les différentes variétés de
palmier dattier, leur classification, la caractérisation des différents types de sol et les
contraintes. Lors de ces ateliers, les agriculteurs ont aussi élaboré leur calendrier fourrager.

Pour compléter les informations des cartes ressources, des transects ont été réalisés avec les
mêmes agriculteurs. Cette triangulation a permis de mieux comprendre les informations
obtenues lors de la confection des cartes ressources et d’identifier la diversité spécifique, les
ressources, leurs utilisations et les contraintes.

2.6. ENQUETE FORMELLE


Celle-ci est basée sur un entretien direct et individuel avec les agriculteurs (Photo 1-3) par le
biais d’un questionnaire élaboré et testé en adéquation avec les objectifs de l’étude, les
questions et hypothèses de recherche. Il comprend douze pages et s’organise autour des
chapitres suivants :

Identification du groupe familial


- Identification de l’exploitation
- Habitats et locaux
- Equipements et matériel agricoles
- Utilisation de la main d’œuvre salariée
Caractérisation et évaluation de l’agrobiodiversité
- Agrobiodiversité végétale
- Analyse des itinéraires techniques
- Itinéraires techniques des principales cultures

37
- Agrobiodiversité animale
- Analyse de la conduite des animaux
- Evaluation économique des productions animales
Destination des produits végétaux et animaux
Valorisation des produits, transformation et conservation
Stratégies de l’agriculteur
Contraintes et potentialités

Photo 1-3 : Enquêtes auprès des agriculteurs – palmeraie d’Aoufouss

2.6.1. Échantillonnage
Les agriculteurs de la palmeraie d’Aoufouss constituent la population cible qui est représentée
par l’échantillon. Les unités principales d’observation sont les exploitations oasiennes de cette
palmeraie.

Pour établir la base de sondage, il a été procédé à l’exploitation des résultats du Recensement
Général de l’Agriculture (RGA) de 1996 du Maroc fourni par l’ORMVA/TF. Cela a permis
de calculer le nombre total d’agriculteurs dans la palmeraie et le nombre d’agriculteurs de
chaque site.
Compte tenu de la taille de la population (2189), du temps imparti et des moyens disponibles,
un taux de représentativité de 5% a été adopté, ce qui donne une taille de l’échantillon de 111
agriculteurs. Dans le but d’améliorer la représentativité de l’échantillon, l’équipe a utilisé
plusieurs méthodes complémentaires d’échantillonnage :

2.6.1.1. Echantillonnage à plusieurs degrés


En premier lieu, un échantillonnage a été effectué au niveau de toute la palmeraie en vue de
déterminer la taille de l’échantillon au niveau de chaque site.
TE = Taux d’échantillonnage (%)
PT= Population totale d’agriculteurs de la palmeraie d’Aoufouss.

38
PTSi = Population totale d’agriculteurs du site n°i
TESi = Taille de l’échantillon dans le site n°i
TEG = Taille de l’échantillon global

( ) ( )
TE = TEG ⋅100= 111 ⋅100=5%
PT 2189
TESi =
(PTSi⋅TE )
100

Sites Taille de la population (%) Taille de l’échantillon (%)


Site N°1 626 28,60 32 28,83
Site n°2 545 24,90 27 24,32
Site n°3 629 28,73 20 18,02
Site n°4 389 17,77 32 28,83
Total 2189 100 111 100

2.6.1.2. Echantillonnage stratifié


En absence d’autres variables, la superficie agricole utile totale (SAUT) a été retenue pour
stratifier et subdiviser l’échantillon au sein de chaque site en cinq (05) strates en vue d’obtenir
une représentativité de toutes les classes de taille des exploitations agricoles existantes dans la
zone. Les données relatives à la répartition des exploitations suivant la taille de la SAUT ont
été obtenues à partir de CMVA 711 (Chetto, 2003). La répartition de l’échantillon par strate
est présentée dans le tableau ci-après :

Composition de l’échantillon

Classes de superficie de la propriété


Sites <=0,5Ha >0,5 & <=1Ha >1 & <=1,5Ha >1,5 & <= 2Ha >2 Ha Total
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
1 : Haut R'teb 6 21 10 34 1 3 2 7 10 34 29 28
2 : Moyen R'teb 4 14 12 41 4 14 2 7 7 24 29 28
3 : Zrigate 7 32 6 27 2 9 6 27 1 5 22 22
4 : Bas R'teb 4 18 6 27 7 32 2 9 3 14 22 22
Total 21 21 34 33 14 14 12 12 21 21 102 100

En plus des 102 exploitations agricoles oasiennes choisies dans l’échantillon, nous avons
intégré trois exploitations des zones d’extension de la palmeraie d’Aoufouss. Ainsi, la taille
de l’échantillon est de 105 systèmes de production oasiens, ce qui correspond à environ 5 %
des SPO de la palmeraie.

A l’intérieur des Ksour, l’équipe a procédé au choix des agriculteurs pour chaque strate
aléatoirement, en collaboration avec les autorités locales : "El Caïd", "Cheikh et Mokadem".

2.6.2. Traitement des données


Le dépouillement des questionnaires a été effectué à partir d’une grille comprenant les
variables et leur codification.

39
2.7. ENQUETE INFORMELLE
L’enquête informelle s’est basée sur des entretiens semi-structurés avec des groupes
d’agriculteurs et de femmes (focus group). La réalisation de cette enquête répond aux
objectifs recherchés par les outils de la MARP :

L’élaboration des cartes ressources et réalisation des transects ;


Identification du rôle de la femme et élaboration de son calendrier de travail journalier
Restitution et validation des résultats avec les agriculteurs.
A cet effet, deux entretiens ont été menés avec deux groupes de femmes à Ksar Djdid et
Amelkis (Photo 1-4). Par ailleurs des entretiens ont été également organisés avec deux
coopératives d ‘élevage de D’Man (El Waha)et de fabrication de couffins (El Amal). Ces
entretiens ont été réalisés sur la base de guide d’entretien préalablement établi et testé.

Photo 1-4 : Entretien avec des femmes de Amelkis

2.8. ATELIER INTERMEDIAIRE


L’atelier intermédiaire a été tenu au siège du CRRA d’Errachidia, le 17 mai 2004. Il a eu
comme objet la présentation de l’état d’avancement de l’étude et les résultats préliminaires
obtenus. Les différents acteurs de la recherche et du développement de la région y ont pris
part. La plupart des recommandations des participants ont été déjà prises en compte dans la
méthodologie de recherche de l’équipe. D’autres remarques ont été intégrées, il s’agit :

• Du calendrier saisonnier des exploitants


• Du niveau d’instruction des chefs d’exploitation
• De la nomenclature des différentes variétés de palmier dattier
• De la prise en compte les actions de l’ORMVAT dans la zone en matière de lutte contre le
bayoud
• Des destinations des Khalt : commercialisation, autoconsommation et consommation
animale
• De la prise en compte des activités et du rôle des coopératives existantes dans la zone.
• De la formulation de propositions par rapport à la valorisation de la datte molle.

40
2.9. ATELIER FINAL – ERRACHIDIA, LE 28 JUIN
Il nous a permis de présenter la version finale des résultats en présence des chercheurs,
développeurs, enseignants chercheurs et autres, de les discuter et les enrichir. La deuxième
partie de l’atelier a porté sur l’identification des forces motrices et la formulation des
scénarios de développement (voir chapitre recommandations).

2.10. ATELIER DE VALIDATION DES RESULTATS AVEC LES AGRICULTEURS


Cet atelier tenu le 30 juin à Aoufouss a confirmé les résultats de l’atelier final. Les
agriculteurs ont insisté sur les deux forces motrices liées à l’eau et le marché.

2.11. ATELIER DE RESTITUTION – INRA RABAT, LE 7 JUILLET


En présence du directeur général de l’INRA, du secrétaire général, des chefs de départements
scientifiques et des chercheurs concernés par la thématique, l’équipe a présenté les résultats
de l’étude. Les recommandations ont porté essentiellement sur la hiérarchisation des scénarios
de développement identifiés et sur les indicateurs permettant de se prononcer sur l’avenir de
l’agrobiodoversité en relation avec la durabilité des systèmes de productions oasiens.

41
CHAPITRE III : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE.

3.1 SITUATION GEOGRAPHIQUE


La province d’Errachidia fait partie de la grande région Meknes-Tafilalet qualifiée château
d’eau du Maroc : elle compte une grande partie des oueds et des zones d’alimentation des
nappes du pays (ORMVA/TF, Errachidia). La palmeraie d’Aoufouss / province d’Errachidia
s’étend sur une superficie de 3 253 ha ; réparties sur deux communes rurales : Aoufouss et
R’teb. Elle est située à 40 km de la ville d’Errachidia (Figures 7-8). La carte ci-après situe
Aoufouss/ Province d’Errachidia dans la vallée du Tafilalet.

Zone d’étude

Figure 7 : Carte de la situation de la zone d’étude : Palmeraie d’Aoufouss/ Tafilalet

Les caractéristiques physiques, humaines, économiques, les structures et organismes de


Recherche et Développement de la zone d’étude sont présentés dans le Tableau 3.

42
N

Haut R’teb

Moyen R’teb

Zrigate

Bas R’teb

Figure 8 : Carte de la palmeraie d’Aoufouss


Source : Ministère de l’Agriculture et de la
Réforme Agraire. Direction de la Conservation
Foncière et des Travaux Topographiques –
Division de la carte, Rabat - Echelle 1/100 000ème

43
Tableau 3 : Caractéristiques de la zone d’étude
3.2.CARACTERISTIQUES PHYSIQUES. 3.2.1. Climat
- Il est de type aride .
- L’amplitude thermique est élevée : température varie entre - 8°C en hiver à plus de 45°C en
été.
- La moyenne pluviométrique est de 60 à 250 mm/ an, et généralement concentrée sur 25
jours.
- Vents dominants : le Chergui de direction Nord-Est et le Sahel de direction Sud-Ouest. Ces
vents souvent violents occasionnent des tempêtes de sable.

3.2.2. Sols
Ils sont généralement de nature :
- Limono-argileux.
- Limono-sableux.
- Argilo-calcaire.
Ce sont des sols minéraux bruts peu évolués (Andriamainty Fils ; et. al . 2002 ).

3.2.3. Végétation
-Végétation naturelle rare, composée de formations steppiques (formation végétale naturelle
clairsemée surtout composée de plantes épineuses).
-Végétation anthropique composée de palmier dattiers, d’oliviers servant de couverture à diverses
cultures sous-jacentes.
3.3.1. Population
3.3.CARACTERISTIQUES HUMAINES Le recensement de1995, donne pour la population de la palmeraie d’Aoufouss regroupant les deux
communes rurales Aoufouss et R’teb, les caractéristiques suivantes :
- Population totale : 23.928 habitants.
- Taux d’accroissement 3%.
- Densité : 7 habitants/ km2 ou 7 habitants/ ha irrigué.
- Nombre de foyers 3.702
- Taille des ménages est de 8 personnes
Le taux d’accroissement de la population de la palmeraie figure parmi les taux les plus élevés par
rapport à l’échelle national
(Source : ORMVAT, 1997)

44
3.3.2. Diversité ethnique
- La palmeraie est un lieu de rencontre de plusieurs tribus et cultures (Berbères, Arabes,
Chorfa et H’ratin).
- L’arabe et le berbère sont les langues et dialectes parlés.
La vie en communauté est enracinée dans le respect des traditions et des normes prescrites par
la religion.
3.4 ACTIVITES ECONOMIQUES 3.4.1. L’agriculture et l’élevage
L’activité agricole occupe 3 615 individus au sein de la palmeraie. Elle couvre 3 253 ha, soit 1% du
territoire des deux communes rurales Aoufouss et R’teb (TdR ). Les cultures pratiquées sont :
- Les céréales (blé tendre, blé dur, orge, maïs).
- Les légumineuses comme la fève.
- Les maraîchères (tomate, carotte, oignon, poivron, aubergine).
- Les arbres fruitiers (palmier dattier, oliviers, amandiers, abricotiers, pruniers, grenadiers,
figuiers, pommiers, …)
- La luzerne pour l’alimentation du bétail.

L’élevage est surtout l’activité des éleveurs nomades et des agriculteurs semi-nomades. Il concerne
en particulier les ovins, les bovins, les camelins et les équidés.
Suivant le recensement 1995, effectué auprès des éleveurs dans la palmeraie, on pouvait
dénombrer :
- 16 420 têtes d’ovins.
- 1 188 têtes de bovins.
- 150 têtes de camelins.
- 2 378 têtes d’équidés
(Source : ORMVAT, 1997)

3.4.2. L’artisanat
Ce secteur d’activités de transformation occupe également les populations locales. Il valorise les
productions agricoles et d’élevages. Il concerne entre autre :
- la trituration des olives pour l’extraction de l’huile d'olives.
- Le traitement et le conditionnement des dattes.
- La production laitière.

45
3.4.3. Commerce et service
L’agriculture, première activité économique, contribue à 90% aux revenus des populations locales
(TdR ).
Les productions agricoles, élevages, artisanales se vendent sur les marchés locaux comme
Aoufouss, Zrigate, mais aussi régionaux comme Errachidia.

3.5. STRUCTURES ET ORGANISMES Diverses structures et organismes de Recherche et Développement interviennent dans la zone ; on
DE RECHERCHE. peut citer :
- L’Office Régional de Mise en Valeur Agricole d’Errachidia (ORMVA/TF), sous tutelle du
Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.
- L’Institut National de Recherche( INRA) à travers son domaine expérimental d’Errachidia.
- L’Institut International des Ressources Phytogénétiques (IPGRI) dont l’objectif est la lutte
contre l’érosion génétique dans la région du Maghreb.
- Le Centre Régional de la Recherche Agronomique sur l’Agriculture Oasienne et
Présaharienne.
- Le Centre de Mise en Valeur Agricole (CMV) .

46
3.6. ACQUIS DE LA RECHERCHE ET DE DEVELOPPEMENT DANS LA REGION
3.6.1. Institut National de Recherche Agronomique (INRA)
Les acquis de la recherche concernent l’amélioration de la productivité de la race ovine
D’Man et le palmier dattier ainsi que d’autres plantes cultivées.

Palmier dattier
• Sélection de clones résistants au bayoud et dotés de bonne qualité dattière ;
• Multiplication à large échelle par les techniques de culture in vitro ;
• Mise au point de techniques de production phoenicicole et post récolte du palmier dattier ;
• Etudes socio-économiques sur le secteur dattier (contribution à l’amélioration de la
commercialisation des dattes au Maroc) ;
• Valorisation des dattes marocaines à faible valeur marchande ;
• Formation des agriculteurs et vulgarisateurs et étudiants.

Olivier
• Amélioration du matériel végétal : création de nouvelles variétés, caractérisation et
conservation des ressources génétiques ;
• Amélioration des facteurs de production : optimisation de l’irrigation et de la fertilisation ;
• Lutte intégrée des ravageurs et détermination de leur impact sur le rendement ;
• Amélioration de la qualité de l’huile (amélioration du rendement d’extraction d’huile et de
conservation des olives de table).

Arboriculture fruitière
• Sélection de clones d’abricotier performants et adaptés au milieu (Marouch 4 et Marouch 16) ;
• Sélection de clones d’amandiers adaptés à l’oasis ;
• Plus de 50 000 plants fruitiers (amandier, abricotier, pêcher, vigne) multipliés ;
• Lutte biologique contre le Crown-gall des rosacées fruitières et rosiers.

Céréales
Evaluation de la tolérance des céréales à la salinité

Fourrages
• Evaluer le potentiel agronomique des populations de luzerne marocaines sur la base de
leur comportement
• Identification des variétés de bonne qualité de fourrage et de production des semences.

Ovins D’Man
• Mise au point d’une conduite alimentaire améliorée ;
• Création d’une base de données pour orienter des reproducteurs D’Man ;
• Mise au point d’approches et de méthodes de vulgarisation ;
• Programme d’expérimentation en milieu réel visant l’amélioration de la reproduction.

3.6.2. Office régional de Mise en valeur agricole du Tafilalet (ORMVA/TF)


Les interventions de l’ORMVA /TF sont synthétisées comme suit :

• Mobilisation des eaux de surface (construction du barrage sur l’oued Ziz, projet de
transfert des eaux de crues de Ghéris vers le Ziz, aménagements des khettaras et seguias) ;

47
• Organisation et gestion de l’irrigation dans la vallée du Tafilalet ;
• Lutte contre la désertification ;
• Reconstitution de la palmeraie, amélioration des techniques de conduite de la culture du
palmier et valorisation de la production phœnicicole
• Amélioration de la production oléicole, extension des superficies plantées en olive et
amélioration de la qualité de l’huile d'olives.
• Amélioration de la production du pommier et des céréales
• Amélioration de la production animale
• Promotion du rôle de la femme rurale (création de coopératives, formation…).

48
CHAPITRE IV : PRESENTATION DES SITES D’ETUDE

4.1 CARACTERISTIQUES DES SITES


4.1.1 Site Haut R’teb
Sous-zone amont de la palmeraie d’Aoufouss, compte les ksour (localités) : Zouiouia, Zouala,
Amelkis, Jramna, Ouled Chaker et Ouled Aïssa. Par sa situation géographique, elle bénéficie
de la source Meski, principale source d’alimentation de la palmeraie en eau d’irrigation. Elle
se différencie par une disponibilité d’eau d’irrigation pendant toute l’année et présente un
microclimat frais et doux. La densité de palmiers dattiers et d’oliviers est relativement
importante et favorise un ombrage qui réduit la pratique des cultures basses.

Les variétés de palmier cultivées sont à dominance de dattes molles, à 98% de Khalt ;
(personnes ressources et enquête de terrain).

Dans le site, les cultures maraîchères dominent les sols sableux très proches de l’oued et
argilo-sablonneux. La luzerne est particulièrement pratiquée sur des sols argileux et le palmier
dattier et l’olivier se rencontrent partout dans ce site (Photo 1-5).

Photo 1-5 : Carte ressource Amelkis

4.1.2. Site Moyen R’teb.


Sous-zone intermédiaire de la palmeraie d’Aoufouss compte les Ksour : Jedid, Ouled Amira,
Gara et Takhyamt. Ce site se distingue par une disponibilité relativement moindre en eau de la
source Meski par rapport au site 1. Un micro-climat qui commence à devenir plus chaud. Une
tendance plus prononcée à des parcelles en jachère (délaissées). Les variétés de palmier
dattier dominantes sont à dattes molles et dures (personnes ressources et enquête de terrain).

Dans ce site, la luzerne est particulièrement cultivée sur les sols argileux et argilo-sableux ; le
blé sur les sols limono-sableux ; le palmier dattier et l’olivier se rencontrent partout (Photo 1-6).

49
Photo 1-6 : Carte ressource Takhyamt

4.1.3. Site Zrigate.


Sous-zone d’extension de la palmeraie d’Aoufouss. Ce site se distingue en particulier par la
fréquence de l’utilisation des eaux souterraines pour l’irrigation des cultures, moyennant des
puits à moto-pompes. Le système d’irrigation est plus développé qu’ailleurs dans la zone. Ce
site se distingue aussi par ses étendues de plantations modernes de palmier dattier et d’olivier.
Ce site est caractérisé par la présence de variété dites de meilleure qualité.
La pratique des cultures maraîchères est aussi plus importante : l’éloignement du lit de l’oued
n’est pas un facteur très limitant à l’agriculture maraîchère : ces cultures se pratiquent aussi
bien sur les sols limono-sablonneux, sablonneux, qu’argileux (Photo 1-7).

ZRIGATE

Photo 1-7 : Carte ressource Zrigate

50
4.1.4. Site Bas R’teb.
Sous-zone aval de la palmeraie d’Aoufouss, compte les Ksour : Douira, Labtatha, Zaouia
Jdida, Zaouia K’dima, Tamaarkit et R’bit.

La principale source d’irrigation des cultures est la nappe phréatique. Ici, l’eau est à un taux
particulièrement élevé en sel et on y relève un microclimat très chaud. Il y a présence
d’exploitations agricoles modernes avec la dominance du palmier dattier de variétés nobles.
Les cultures sous-jacentes sont représentées par l’orge et le blé sur les sols limono-sablonneux
très proches de l’oued, tandis que la luzerne sur les sols argileux (Photo 1-8).

Photo 1-8 : Carte ressource Douira

Photo 1-8 : Carte ressource Douira

51
PARTIE II : AGROBIODIVERSITE ET DURABILITE DES SYSTEMES DE
PRODUCTION
CHAPITRE I : ANALYSE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

Les résultats obtenus lors des différentes explorations de terrain, des enquêtes formelles et
informelles, ont montré que diverses contraintes pèsent sur les systèmes de production
oasiens. Ces contraintes sont d’ordre naturel (sécheresse, maladies), technique et
socioéconomique et concernent toutes les exploitations avec des degrés différents selon le
type de système de production. Les différentes contraintes peuvent être résumées comme
suit :
La faible productivité des cultures et des animaux
Elle est essentiellement liée au morcellement et à l’exiguïté des parcelles, à la rareté de l’eau
d’irrigation, à la salinisation de l’eau et des sols, à l’ombrage des parcelles, la négligence dans
la conduite des cultures et des animaux.

Morcellement et exiguïté des parcelles


Le morcellement très poussé des parcelles, leur éparpillement et leur exiguïté constituent des
contraintes majeures du développement agricole de la palmeraie. Le morcellement est dû au
mode d’acquisition des terres qui est dominé par l’héritage. Ainsi, on assiste au fil des
générations, à un fort émiettement des superficies agricoles utiles totales (SAUT) par
exploitation. Actuellement, un exploitant possède en moyenne 10 parcelles distantes les unes
des autres, ce qui disperse l’énergie et les moyens de l’agriculteur, et décourage ses fils à
s’investir dans la production agricole. En fait, l’éloignement entre les différentes parcelles
limite l’agriculteur dans l’organisation de ses travaux agricoles et entrave ses éventuels
investissements. Une autre explication du morcellement serait la non proportionnalité entre
l’accroissement démographique et les surfaces cultivables qui sont relativement constantes.
Les problèmes liés au morcellement sont accentués par l’exiguïté des parcelles. Celle-ci est
aussi causée par la législation d’héritage en vigueur qui entraîne une division des parcelles
aux héritiers. Les résultats des enquêtes ont montré que la superficie moyenne des parcelles
dans la palmeraie est de 0,14 ha, ce qui ne permet pas par conséquent d’avoir de grandes
productions.

L’exiguïté des parcelles et la rareté de l’eau font que les agriculteurs pratiquent un système de
culture constitué de l’association : palmier dattier, olivier et cultures basses dans le but de
gérer la ressource en eau et d’exploiter au maximum la terre. Cependant ce type de système de
culture entrave le développement de la mécanisation de l’agriculture, en particulier
l’utilisation du tracteur dans ces parcelles en plus de la forte densité de palmier dattier et
d’olivier.

Rareté de l’eau
La rivière Ziz (Oued Ziz) et les puits sont les principales sources d’eau d’irrigation dans la
palmeraie. Mais du fait de la persistance de la sécheresse au cours des deux dernières
décennies, cette eau est de plus en plus rare et en dégradation continuelle (Kassah, 1998). Le
barrage Hassan Eddakhil, construit en 1971 sur la rivière Ziz pour réduire les effets
dévastateurs des crues, régulariser le débit des cours d’eau et maîtriser l’exploitation des
ressources hydrauliques, a eu des conséquences négatives sur la palmeraie et son
agrobiodiversité. En effet, il y a eu une limitation des apports de fertilisants au niveau des sols
et une réduction des recharges naturelles des nappes profondes.

52
Actuellement, une multiplication des stations de pompage surtout dans la zone avale de l’oued
Ziz a été observée. Cependant, les nappes phréatiques, moins alimentées par les crues,
connaissent une baisse de leur niveau piézométrique et une augmentation de leur salinité
(Kassah, 1998). L’irrigation par une eau fortement chargée en sels a engendré la dégradation
des sols et la chute de leur productivité. C’est ainsi que les cultures maraîchères ont été
quasiment abandonnées dans la zone avale de l’oued.

Une autre contrainte majeure de la ressource en eau est sa mauvaise gestion. En effet,
l’irrigation pratiquée est essentiellement de type gravitaire à l’aide de canaux ouverts
(seguias) traditionnels (en terre) ou moderne (en béton), ce qui entraîne de grandes pertes
d’eau par percolation et par évaporation due à la forte température.

Par ailleurs, la distribution de l’eau est effectuée en fonction des règles traditionnelles (Al Ôrf) de
répartition de l’eau «Droits d’eau» qui se transmet par héritage. Ce système est source de
gaspillage d’eau surtout en amont avec un non-respect des besoins en eau des plantes, tandis que
les producteurs en aval sont confrontés à un grave manque d’eau d’irrigation. Cette situation est
d’autant plus alarmante qu’il n’existe actuellement ni loi ni règlement étatique régissant la gestion
de l’irrigation pour la rendre plus rationnelle et plus équitable. Dans l’optique de remédier à cette
contrainte, des producteurs de Zouiouia proposent une répartition de l’eau en fonction de la SAUT
disponible dans chaque Ksar et selon un planning hebdomadaire.

Non respect des pratiques culturales de base


L’entretien et le traitement phytosanitaire des cultures constituent des éléments essentiels
dans la productivité des cultures. L’analyse des systèmes de cultures a montré certaines
négligences des agriculteurs dans les pratiques culturales de base. Voir le tableau ci-dessous :

Espèces Opérations culturales


Palmier dattier Rejets non ou mal enlevés avec pertes de jeunes rejets
Fertilisation non effectuée
Traitements phytosanitaires non effectués ou de type traditionnel
Non maîtrise des densités de plantation
Mode d’irrigation peu adéquat, favorise la propagation des maladies
Mode de récolte non approprié (pertes)
Olivier Tailles non effectuées (ombrage, productivité affectée)
Fertilisation non effectuée
Pas de traitements phytosanitaires
Non maîtrise des densités de plantation (ombrage)
Mode de récolte non appropriée (pertes)

Cultures basses Labour mécanique peu pratiqué


Non respect des doses de fumure
Traitements phytosanitaires peu effectués
Manque de maîtrise des techniques de lutte phytosanitaires

La non maîtrise des densités de plantation du palmier et de l’olivier entraîne un fort ombrage
pour les cultures basses qui s’étiolent. Cela entrave une optimisation du processus de
photosynthèse et par conséquent affecte la productivité des cultures. Une autre contrainte
agronomique est la grande compétition des plantes dans une même parcelle vis-à-vis de l’eau
et des nutriments, en raison de l'alimentation d’eau limitée. De même, la pratique du labour
avec des outils rudimentaires qui ne permettent pas une gestion rationnelle de l’eau dans la

53
parcelle, la non maîtrise des techniques de fertilisation contribuent fortement à la baisse de la
productivité.

Enfin, la négligence dans la conduite des cultures notée pourrait avoir comme explication le
vieillissement de la main d’œuvre (moyenne d’âge 60 ans chez les agriculteurs enquêtés) et
un désintérêt des jeunes. En effet, il a été constaté lors des enquêtes que la plupart des travaux
qui demandent une certaine qualification comme la pollinisation du palmier dattier, sont
effectués généralement par les chefs d’exploitation ou la main d’œuvre salariée spécialisée.
Les jeunes sont plutôt tournés vers l’exode dans les grandes villes ou l’Europe pour travailler
principalement dans des chantiers de construction. Ce phénomène serait dû aux faibles
revenus générés par l’activité agricole et le manque de politique d’incitation des jeunes
(financement, soutien, encadrement…).

Contraintes dans la conduite de l’élevage


L’élevage est essentiellement constitué d’ovins de race D’Man et est conduit de façon
traditionnelle. En effet, dans la plupart des cas, il n’y a pas de séparation entre les différentes
catégories animales dans les bergeries (jeunes, reproductrices et géniteurs). Ce manque de
contrôle dans la reproduction peut poser un problème de consanguinité et par conséquent une
baisse de la productivité des descendants et des mises bas non planifiées en fonction des
disponibilités fourragères.

La ration alimentaire du bétail est dominée par la luzerne, principale culture fourragère dans
les exploitations de la zone. Les autres aliments sont composés de l’orge, les déchets de
dattes, la paille des céréales, la pulpe sèche de betterave. Cependant, il a été noté des périodes
de déficit alimentaire (décembre à février) qui auraient pour principales causes les faibles
productions agricoles et le manque d’apports de compléments minéraux. Par ailleurs, cette
contrainte alimentaire pourrait expliquer la taille réduite des troupeaux qui ne dépassent pas 7
têtes par SPO en moyenne.

Difficultés d’accès au crédit et de remboursement


Les agriculteurs de la palmeraie sont aussi confrontés à des difficultés d’accès au crédit.
Celles-ci sont étroitement liées à la lourdeur et à la lenteur des procédures administratives
pour obtenir un titre de propriété car le mode d’acquisition des terres est essentiellement
l’héritage. Or la Caisse Régionale de Crédit Agricole (CRCA) exige une garantie d’au moins
un titre foncier de ½ ha de terre pour pouvoir accéder au crédit. Par ailleurs, les responsables
de la CRCA ont noté que les agriculteurs éprouvent de grandes difficultés pour rembourser
leur crédit à cause des faibles rendements des cultures.

Régression de l’agrobiodiversité
La zone regorge de potentialités phytogénétiques énormes, mais cette agrobiodiversité est
menacée par le manque d’intérêt des agriculteurs pour les variétés de faible valeur
commerciale, la rareté de l’eau d’irrigation qui devient de plus en plus problématique et par
les maladies comme le bayoud qui a décimé les meilleures variétés de datte. En effet,
l’essentiel des revenus des agriculteurs provient des dattes, ce qui les incite à s’orienter vers la
sélection des meilleures variétés et une sous-exploitation voire un délaissement d’un grand
nombre de variétés qui pourraient être valorisées. Ce même constat est aussi valable pour les
autres variétés d’olivier, d’orge, de luzerne, de fève et de blé… Par ailleurs, les résultats des
entretiens ont montré que certaines variétés locales de cultures basses sont menacées de
disparition surtout par leur non tolérance à l’ombrage même si elles sont très productives!

54
C’est le cas de la variété d’orge avec un épi à 6 rangées de grains qui n’est pas préférée par les
agriculteurs à cause de sa sensibilité à l’ombrage malgré sa grande productivité. Cette forme
de sélection non conservative, pose le problème de la valorisation des produits agricoles et
l’amélioration des itinéraires techniques. Ce qui pourrait amener des pistes de
recherche/développement dans le sens de la modernisation des systèmes de culture de la
palmeraie et de la valorisation des produits et sous-produits agricoles.

Produits agricoles peu valorisés


La valorisation des produits agricoles est un des leviers les plus importants pour le
développement de la palmeraie. Elle peut contribuer à l’amélioration des revenus, à lutter
contre l’exode rural, et à la promotion de la femme dans ces systèmes de production oasiens.
Les principales causes de ce manque de valorisation des produits sont la quasi absence d’une
infrastructure de conservation et de transformation dans la zone et la perte du savoir-faire
traditionnel.

Le renforcement des unités de conservation et de transformation pourrait aussi aider à la


résorption du chômage par la création de nouveaux emplois pour la communauté locale et
réduire la pression sur les faibles superficies agricoles de la palmeraie.

La perte du savoir traditionnel peut être expliquée d’une part par le vieillissement des
exploitants et du manque d’intérêt des jeunes vis-à-vis de l’agriculture. Il se pose ainsi un
problème de transfert du savoir-faire ce qui constitue une grande contrainte pour la durabilité
de ces systèmes de production.

En résumé, on peut remarquer de fortes interdépendances entre les différentes contraintes


analysées. Leur liens de causalité sont schématisés dans l’arbre à problèmes conçu dans le but
de hiérarchiser les problèmes, les prioriser et d’en dégager les actions de recherche et de
Recherche-Développement qui s’imposent.

1.1.TYPOLOGIE DES SYSTEMES DE PRODUCTION OASIENS


1.1.1. Importance de la typologie des systèmes de production oasiens
Les systèmes de production oasiens (SPO) de la palmeraie d’Aoufouss ne se différencient pas
uniquement par leur localisation par rapport à l’amont d’oued Ziz, mais aussi par leurs
moyens de production et la façon dont ils sont mis en œuvre. Chaque SPO dispose de
potentialités et fait face à des contraintes qui lui sont propres. Cependant, l’analyse
bibliographique, les entretiens avec les différents acteurs, en plus des observations sur le
terrain, montrent qu’un certain nombre de potentialités et de contraintes restent communes à
tous les systèmes de production.
La formulation de recommandations pertinentes pour lever ces contraintes et valoriser les
potentialités existantes, exige l’élaboration d’une typologie des SPO. Cette dernière doit
mettre en relief les caractéristiques structurelles et fonctionnelles spécifiques à chaque SPO.
En outre la typologie à élaborer doit être relativement stable au moins sur le moyen terme
permettant ainsi aux différents acteurs, en particulier les institutions de recherche et de
développement, d’identifier facilement les types de SPO sur le terrain et d’intervenir comme
il se doit. Une telle typologie permet de bien orienter et cibler les actions de recherche-
développement à entreprendre dans la palmeraie d’Aoufouss.

En résumé, la typologie n’est qu’un outil pour mieux caractériser les SPO afin de proposer
des actions de recherche-développement adaptées à chacun d’entre eux.

55
1.1.2. Méthodologie
La démarche suivie pour l’élaboration de la typologie est basée sur les étapes suivantes
(Figure 1.1) :

TdR
Données secondaires
Visite exploratoire de la palmeraie
Hommes ressources
Ateliers démarrage

Identification des variables


structurelles et
fonctionnelles des SPO Création de la base
de données

Sélection des variables


discriminantes

Regroupement
des variables

SPSS
Application de Analyse comparative
l’ACP

Identification des types


primaires de SPO

Identification des types


synthétiques de SPO

Contraintes Potentialités
Caractérisation des
types de SPO

Dynamiques

Figure 1.1: Méthodologie d’élaboration de la typologie

56
1.1.2.1. Identification des variables structurelles et fonctionnelles des SPO
Pour l’élaboration de la typologie des SPO, une série de variables a été prise en considération
dans le questionnaire. L’identification de ces dernières a été basée sur un certain nombre
d’entretiens avec différents acteurs du système pertinent, et d’observations directes lors des
visites d’exploration, sur les recommandations des participants au premier atelier et sur la
documentation consultée. Ainsi, une base de données d’environ 1 300 variables a été créée à
la suite de la phase de collecte des données.
1.1.2.2. Conception et création d’une base de données
La phase de collecte des données une fois achevée, il a été procédé au dépouillement des
questionnaires et à la synthèse des résultats des ateliers avec les acteurs, à des entretiens semi-
structurés et à des focus group afin d’avoir une base de données. Pour ce faire, une grille de
dépouillement (Tableau 1-1) a été élaborée.
• La première colonne est réservée aux noms abrégés des variables (8 caractères au plus en
raison de la configuration du logiciel de traitement statistique SPSS2 prévu pour l’analyse
statistique) ;
• La deuxième colonne indique la description de la variable ;
• La troisième colonne est réservée à la codification des variables
• La quatrième colonne est réservée pour l’unité de mesure de la variable (kg/an, nombre,…).
• Le reste des colonnes est réservé aux données relatives aux exploitations.

Tableau 1-1 : Grille de dépouillement


Col. n°1 Col. n°2 Col. n°3 Col. n°4 Col. 5
Variables Description Classes Unités Quest.1
Lig. N°1 Num_ques Numéro questionnaire Nombre 1
Lig. N°2 Site Site 1=HR, 2=MR, 3=Z, 4=BR Code 2
Lig. N°3 CR Commune rurale 1=Aoufouss, 2=R’teb Code 1
Lig. N°4 Ksar Ksar Texte EL GARA
Lig. N°5 Nom_enq Nom enquêteur 1=Abla, 2=Bouayad, 3=Nadia Code 2
Lig. N°6 Nom_agr Nom et Prénom Texte OUHMID
Lig. N°7 Age_agr Age de l’agriculteur Année 60
Lig. N°8 Lang_agr Langue maternelle 1=Arabe, 2=Berbère Code 2
Lig. N°9 Ad_coop Adhésion à une coopérative 1=Oui, 2=Non Code 2

Toutes les cellules de la grille, une fois remplies et saisies sur Excel, ont été examinées et
corrigées dans le cas où des erreurs de saisie ou de données erronées ont été décelées. Ensuite,
la grille a été adaptée et transférée sur SPSS, ce qui a permis d'obtenir une base de données
prête à l’exploitation pour la suite des analyses.

1.1.2.3. Sélection des variables de discrimination


Parmi les 1 300 variables que renferme la base de données, sept groupes ont été retenus selon
leur pertinence en ce qui concerne aussi bien la ségrégation entre les différents types de SPO
que leur importance par rapport à la problématique de l’étude et des TdR (Tableau 1-2).

2
Le logiciel SPSS (Statistical Package for Social sciences), a été utilisé en raison de sa puissance et de sa
maîtrise par l’équipe.

57
1.1.2.4. Application de l’ACP
L’Analyse en Composantes Principales (ACP) est une méthode statistique
multidimensionnelle qui permet de regrouper les variables initiales tout en tenant compte de
leurs variations. A travers une analyse quantitative, l’ACP permet d’expliquer la portion la
plus grande de la variance totale, par de nouvelles variables, en nombre très limité, appelé
aussi composantes ou facteurs. Une composante est une variable indépendante définissant des
groupes d’observations. L’algorithme de l’ACP est appliqué à la matrice des individus en
ligne (au nombre de 102) et des variables en colonne (au nombre de 16).
La première composante traduit au mieux les informations de la matrice. La deuxième apporte
un pourcentage inférieur d’information mais complémentaire. Ce diagramme permet la
visualisation des variables et facilite leur interprétation. Ainsi, une variable proche du cercle
de corrélation et proche d’un axe contribue beaucoup à sa formation. Les angles inter-
variables renseignent sur les corrélations entre ces dernières. Lorsque l’angle décrit par deux
variables en question est grand, leur corrélation est très faible et contrairement, un petit angle
indique une forte corrélation.

Tableau 1-2 : Variables discriminantes


Groupes de variables Variables Description Classes des variables
Structures foncières Cl_Supex Classes de superficie totale exploitée <= 0,5 Ha
Cl_Suppt Classes de superficie de la propriété en Ha >0,5 & <= 1 Ha
>1 & <= 1,5 Ha
>1,5 & <= 2 Ha
>2 Ha
Importance de l’arboriculture Cl_Pd Classes du nombre de palmiers dattiers <= 50 pieds
Cl_Olive Classes du nombre d’oliviers >50 & <= 150 pieds
>150 & <= 300 pieds
>300 pieds
Cl_Arbof Classes du nombre d’arbres fruitiers <= 10 pieds
>10 & <= 20 pieds
>20 & <= 40 pieds
>40 pieds
Importance des cultures basses Cl_Four Classes de superficie fourragère <= 0,5 Ha
Cl_Cere Classes de superficie céréalière >0,5 & <= 1 Ha
>1 & <= 2 Ha
>2 Ha
Cl_Mara Classes de superficie maraîchère <= 0,5 Ha
>0,5 & <= 1,5 Ha
>1 & <= 1,5 Ha
Importance de la jachère Cl_Jach Classes de superficie en jachère <= 0,5 Ha
>0,5 & <= 2 Ha
>1 & <= 2 Ha
Importance de la biodiversité Cl_Biopd Classes du nombre de variétés de palmiers <= 5 variétés
dattiers >5 & <= 10 variétés
>10 variétés
Bio_Cult Nombre d'espèces de cultures basses
Importance du recours à la main Cl_Mosma Classes du nombre de main d’œuvre salariée <= 1 ouvrier/an
d’œuvre salariée masculine annuelle >1 & <= 10 ouvriers/an
>10 & <=40 ouvriers/an
> 40 ouvriers/an
Cl_Mosfe Classes du nombre de main d’œuvre salariée <= 1 ouvrière/an
féminine annuelle >1 & <= 5 ouvrières/an
>5 & <= 15 ouvrières/an
>15 ouvrières/an
Cl_Dmoma Classes du nombre de jour de main d’œuvre <= 5 jours/an
salariée masculine annuelle >5 & <= 30 jours/an
Cl_Dmofe Classes du nombre de jour de main d’œuvre >30 jours/an
salariée féminine annuelle
Importance du pompage Nb_Motop Nombre de motopompes

58
Par ailleurs, en fonction des proximités des réponses des individus pour la même variable, ces
derniers sont positionnés sur un plan en deux dimensions par combinaison de leurs réponses.
Les points correspondants à des individus ayant des profils proches se trouvent plus proches
les uns des autres et constituent un groupe homogène d’individus.

1.1.2.5. Analyse statistique descriptive et comparative


La pertinence des groupes de SPO obtenus a été mise à l’épreuve par la classification
hiérarchique (Annexe II) et des analyses statistiques descriptives pour chaque type de SPO en
vue de s’assurer de l’homogénéité de ses individus. Des analyses comparatives ont été aussi
nécessaires pour s’assurer de l’hétérogénéité entre les différents types de SPO, et pour
dégager les types de systèmes oasiens de synthèse.
1.1.3. Caractérisation des Systèmes de Production Oasiens
Les types de SPO identifiés sont analysés sous différents angles afin de les caractériser sur le
plan structurel et fonctionnel dans une première étape. Dans une seconde étape, il a été
procédé à l’identification de leurs potentialités et contraintes. Dans une dernière étape, les
dynamiques d’évolution des différents SPO ainsi que les actions de recherche et de
développement qui s’imposent ont été dégagées.
L’application de l’ACP (Annexe II), nous a permis d’identifier quatorze types de systèmes de
production oasiens dans la palmeraie d’Aoufouss (Figure 1-2).Ces types sont au nombre de
quatre pour chaque cas des trois premiers sites et deux dans le cas du dernier .

11,7
12
9,7 9,7 9,7
10
7,8 7,8 7,8
8 5,8 6,8
5,8 3,9 5,8
% 6 3,9 3,9

4
2
0
SPO1 SPO2 SPO3 SPO4 SPO5 SPO6 SPO7

SPO8 SPO9 SPO10 SPO11 SPO12 SPO13 SPO14

Figure 1-2: Importance relative des types de SPO à l’intérieur de la palmeraie


Dans ce qui suit, nous présentons les principales caractéristiques de ces types, leurs
contraintes et potentialités.

Type de système de production oasien n°1


Le type de système de production oasien n°1 (S1_SPO1) représente respectivement 25 % et 8
% des SPO dans le Site 1 et dans la palmeraie d’Aoufouss (Figure 1-2 & 1-3). Il se caractérise
par:

59
Site n°1 : Haut R’teb

19%
25%

25%

31%

S1_SPO1 S1_SPO2 S1_SPO3 S1_SPO4

Figure 1-3: Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°1

• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 3,10 ha. Cette superficie est composée
des parcelles en propriété, prises en association ou en location. La moyenne de la
superficie agricole utile totale (SAU) en propriété est d’environ 3,08 ha par exploitation.
La superficie agricole prise en association est d’environ 0,03 ha. Alors qu’aucune parcelle
n’est prise en location ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 11. La superficie moyenne des parcelles est
d’environ 0,28 ha ;
• Au niveau de ce type, la possession d’un moyen de transport et d’un tracteur est
respectivement de 25 et 13 % ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers, et d’arbres fruitiers est respectivement
de 125, 50 et 30 pieds. Au niveau de ce type, il existe en moyenne 5 variétés de palmiers
dattiers et 3 espèces d’arbres fruitiers par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 1,25 ; 0,63 ; 1,18 et 0,33 ha par SPO (Figure 1-6). Ces SPO
pratiquent en moyenne 4 espèces de cultures basses ;
• Au sein de ce type, on rencontre deux espèces d’élevage : les ovins et les bovins. Leur
effectif moyen est de 9 têtes ovines et une tête bovine par SPO ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée occasionnelle masculine et féminine est important ;
La première est d’environ 63 ouvriers durant 43 jours. La seconde est en moyenne de 14
ouvrières durant environ 95 jours par an.

Contraintes
• Un besoin important de main d’œuvre salariée ;
• Une superficie en jachère relativement importante, plus de 40 % de la superficie exploitée
reste à valoriser ;
• Un morcellement très important avec des parcelles de taille très étroite.

Potentialités
• Assiette foncière relativement importante ;
• Localisation dans un site où l’eau est très abondante ;
• Plus de 54 % du sol de la superficie exploitée est de type argileux (Aakad) très productif ;

60
• La possession d’un moyen de transport ou d’un tracteur est un autre atout de ce type de
SPO. Ceci permet de commercialiser sa production dans des marchés plus rémunérateurs,
d’une part, et de faire des travaux à façon pour les autres agriculteurs. Ainsi, il y a de
grandes possibilités d’amélioration du revenu de ce type de système de production.
Type de système de production oasien n°2
Le type de système de production oasien n°2 (S1_SPO2) représente respectivement 31 % et
10 % des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il possède les caractéristiques
suivantes :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,32 ha ;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 1,10 ha par exploitation ;
• La superficie agricole prise en association est la même que celle prise en location. Elle est
d’environ 0,11 ha par exploitation ;
• Le nombre de parcelles par SPO est de 4,80. La superficie moyenne de chaque parcelle
est d’environ 0,28 ha ;
• Les SPO de ce type ne possèdent aucun moyen de transport, par contre 10 % d’entre eux
possèdent un tracteur ;
• Le nombre de pieds de palmier dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 26, 14 et 3. La moyenne de variétés de palmiers dattiers et d’espèces d’arbres fruitiers
est respectivement de 3 et 1 par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,26 ; 0,25 ; 0,19 et 0,11 ha (Figure 1-6). Trois espèces de cultures
basses sont présentes par SPO ;
• L’élevage ovin est présent dans ce type. Le troupeau est d’une taille moyenne de 6 têtes
par SPO. Alors que l’élevage bovin est absent dans certains SPO de ce type. Lorsqu’il est
présent, il ne dépasse pas une (01) tête par SPO ;
• La main d’œuvre salariée occasionnelle masculine est très faible et ne dépasse pas 2
ouvriers pendant 3 jours par an. Le recours à la main d’œuvre salariée féminine est
totalement absent.

Contraintes
Une superficie exploitée relativement faible.

Potentialités
• Existence d’une main d’œuvre familiale abondante qui participe aux différentes
opérations culturales, d’où un recours à la prise de parcelles en association ou en location,
en plus d’un recours très limité à la main d’œuvre salariée ;
• La présence d’un tracteur permet à ce type de SPO de faire des travaux à façon et de
générer des revenus supplémentaires.

Type de système de production oasien n°3


Le type de système de production oasien n°3 (S1_SPO3) représente respectivement 25 % et 8
% des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Ce type présente les caractéristiques
suivantes :

• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 0,82 ha ;


• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 0,68 ha par exploitation ;
• La superficie agricole prise en association et en location est respectivement de 0,03 et
0,12 ha ;

61
• Le nombre des parcelles par SPO est de 9. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,09 ha. Le moyen de transport est absent, alors que le tracteur est présent chez
12,5% des SPO de ce type ;
• Le nombre de pieds de palmier dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 144, 24 et 8. Le nombre de variétés de palmiers dattiers est de 5, alors que le nombre
d’espèces d’arbres fruitiers est de 2 par SPO (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,22 ; 0,22 ; 0,31 et 0,17 ha par SPO (Figure 1-6). Ces cultures
sont représentées par 5 espèces par SPO ;
• La taille du troupeau ovin est en moyenne de 11 têtes par SPO
• Le recours à la main d’œuvre salariée est de 3 ouvrières et de 6 ouvriers.
• L’utilisation de la main d’œuvre salariée est en moyenne de 35 ouvriers et 6 ouvrières
durant respectivement 35 et 42 jours par an.

Contraintes
Un morcellement très important avec des parcelles de taille réduite ;

Potentialités
Une diversité spécifique importante des cultures basses par rapport à la superficie exploitée.

Type de système de production oasien n°4


Le type de système de production oasien n°4 (S1_SPO4) représente respectivement 19 % et 6
% des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il est caractérisé par :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 9,87 ha ;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 5,82 ha par exploitation ;
• Contrairement aux précédents SPO, ce type se caractérise par l’importance des terres
données en association. En effet, ces dernières représentent 0,17 ha par exploitation.
Cependant, la superficie agricole prise en location plus importante est de 4,04 ha ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 10,67. La superficie moyenne de chaque parcelle
est d’environ 0,92 ha ;
• Le tracteur est présent chez 16,5% des SPO, avec une absence totale du moyen de
transport ;
• La motopompe n’est disponible que chez deux agriculteurs. Elle reste absente chez tous
les autres types de SPO du Haut R’teb ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 83, 52 et 19. Le nombre de variétés de palmiers dattiers et d’espèces d’arbres fruitiers
est en moyenne de 4 par SPO (Figure 1-7);
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 1,18 ; 4,23 ; 2,85 et 1,47 ha par SPO (Figure 1-6). La biodiversité
des cultures basses est très importante, on compte environ 10 espèces par SPO;
• L’élevage ovin est très important avec en moyenne 18 têtes par SPO. L’élevage bovin
reste très peu représenté dans ce type de SPO;
• Le travail dans l’exploitation est de 1 et 24 jours par an.

Type de système de production oasien n°5


Le type de système de production oasien n°5 (S2_SPO5) représente respectivement 14 % et 4
% des SPO du site n°2 et de la palmeraie d’Aoufouss (Figure 1-2 & 1-4). Il possède les
caractéristiques suivantes :

62
Site n°2 : Moyen R’teb
14%

36%

21%

29%
S2_SPO5 S2_SPO6 S2_SPO7 S2_SPO8

Figure 1-4 : Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°2

• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,18 ha. Elle est complètement en
propriété ;
• Le nombre de parcelles par SPO est de 18. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,06 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 235, 79 et 28 pieds. Au niveau de ce type, il existe en moyenne 5 variétés de palmiers
dattiers et 5 espèces d’arbres fruitiers par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,23 ; 2,23 ; 2,04 et 0,29 ha par SPO (Figure 1-6). Cinq espèces de
cultures basses sont pratiquées ;
• Au sein de ce type de SPO, on rencontre deux espèces d’élevage : les ovins et les bovins,
leur effectif moyen est de 17 et 2 têtes par SPO ;
• La motopompe est présente chez la totalité des SPO de ce type ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée occasionnelle masculine et féminine est fréquent.
La première est d’environ 36 ouvriers durant 58 jours de travail par an. La seconde est en
moyenne de 24 ouvrières durant environ 7 jours par an.

Contraintes
Un morcellement très accentué donnant lieu à des parcelles de taille très faible.

Potentialités
• Un troupeau ovin assez grand en comparaison avec les troupeaux existant dans la
palmeraie qui est en moyenne de 8 têtes ovines/exploitation;
• La possession d’une motopompe constitue un atout puisqu’elle permet une grande liberté
de la gestion des irrigations. Ce pendant, son utilisation n’est pas sans inconvénient, dans
la mesure où elle génère des charges supplémentaires (carburant, réparation, entretien,…)
et par conséquent augmente le coût de production au niveau de ces types de SPO.

Type de système de production oasien n°6


Le type de système de production oasien n°6 (S2_SPO6) représente respectivement 21 % et 6
% des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il se caractérise par :

63
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,04 ha ;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 0,86 ha par exploitation ;
• La superficie agricole prise en association est de 0,18 ha, alors qu’aucune parcelle n’est
prise en location ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 8. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,13 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 34, 24 et 3. La moyenne de variétés de palmiers dattiers et d’espèces d’arbres fruitiers
est respectivement de 3 et 1 par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,81 ; 0,10 ; 0,10 et 0,01 ha (Figure 1-6). Deux espèces de cultures
basses sont présentes par SPO ;
• L’élevage ovin est le seul pratiqué dans ce type de SPO. La taille du troupeau est en
moyenne de 4 têtes par SPO ;
• Seul 17% des ces SPO possèdent une motopompe ;
• La main d’œuvre salariée occasionnelle masculine est relativement faible. Elle est de 7
ouvriers pendant 8 jours par an. La main d’œuvre salariée féminine est encore plus faible,
elle n’est en moyenne que de 2 ouvrières pour une journée par an.

Contraintes
• Bien que la superficie moyenne exploitée soit faible, la jachère reste très importante,
représentant 67% de l’occupation des sols ;
• Ce type de SPO connaît lui aussi un morcellement important.

Potentialités
La superficie en jachère pourrait être valorisée par l’installation de cultures, ce qui permettrait
de générer des revenus supplémentaires soit par une commercialisation directe ou par une
valorisation moyennant l’augmentation de l’effectif des ovins. Mais ceci suppose une
disponibilité d’eau d’irrigation.

Type de système de production oasien n°7


Le type de système de production oasien n°7 (S2_SPO7) représente respectivement 27 % et
10 % des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Ce type présente les caractéristiques
suivantes :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,04 ha ;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 0,61 ha par exploitation ;
• La superficie agricole prise en association est en moyenne de 0,14 ha. La prise de
parcelles en location est absente ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 6. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,13 ha. Le moyen de transport est absent, alors que le tracteur est présent chez
12,5% des SPO de ce type ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 37, 15 et 3. Le nombre de variétés de palmiers dattiers est de 3, alors que le nombre
d’espèces d’arbres fruitiers est de 1 par SPO (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,23 ; 0,36 ; 0,18 et 0,19 ha par SPO (Figure 1-6). Les cultures
pratiquées sont représentées par 5 espèces ;
• La taille du troupeau ovin est en moyenne de 4 têtes par SPO, alors que l’élevage bovin
est très peu présent ;
• Environ 25% des SPO de ce type possèdent une motopompe ;

64
• L’utilisation de la main d’œuvre salariée est en moyenne de 7 ouvriers et une ouvrière
durant respectivement 5 et 1 jours par an.

Contraintes
Les mêmes contraintes que le type précédent sont à noter : une très faible superficie exploitée
avec un morcellement important.

Type de système de production oasien n°8


Le type de système de production oasien n°8 (S2_SPO8) représente respectivement 36 % et
10 % des SPO du site n°1 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il est caractérisé par :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,99 ha ;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 1,95 ha par exploitation ;
• Ce type de SPO n'a pas recours à la prise de parcelles en location. De même la prise en
association est très faible 0,04 ha par exploitation ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 12. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,16 ha ;
• La motopompe est rencontrée chez 25% des SPO. Elle reste absente chez tous les autres
types de SPO du Haut R’teb ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers, et d’arbres fruitiers est respectivement
de 118, 51 et 7. Le nombre de variétés de palmiers dattiers est de 6 et celui des espèces
d’arbres fruitiers est en moyenne de 2 par SPO (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales et de cultures fourragères sont
respectivement de 1,41 ; 0,26 et 0,36 par SPO (Figure 1-6). Les espèces de cultures basses
pratiquées sont en moyenne de deux. La superficie maraîchère est pratiquement absente ;
• L’élevage se limite à l’espèce ovine. L’effectif moyen est d’environ 9 têtes par SPO ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée est plus important, elle est environ de 37 ouvriers et
de 13 ouvrières. La durée de travail est respectivement de 18 et 5 jours par an.

Site n°3 : Zrigate


19%

33%

29%

19%
S3_SPO9 S3_SPO10 S3_SPO11 S3_SPO12

Figure 1-5 : Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°3

Type de système de production oasien n°9


Le type de système de production oasien n°9 (S3_SPO9) représente respectivement 19 % et 4
% des SPO du site n°3 et de la palmeraie d’Aoufouss (Figure 1-2 & 1-5). Il se caractérise par:
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,66 ha dont 0,13 ha pris en
association et 0,40 ha pris en location ;

65
• Le nombre de parcelles par SPO est de 12. La superficie moyenne des parcelles est
d’environ 0,14 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers, et d’arbres fruitiers est respectivement
de 221, 61 et 18 pieds. Au niveau de ce type, il existe en moyenne 5 variétés de palmiers
dattiers et 3 espèces d’arbres fruitiers par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,74 ; 0,43 ; 0,23 et 0,55 ha par SPO. Sept (07) espèces de cultures
basses sont pratiquées ;
• Au sein de ce type de SPO, on rencontre deux espèces d’élevage : les ovins et les bovins,
leur effectif moyen est de 8 et 1 têtes par SPO ;
• La motopompe est présente chez 25% des SPO de ce type ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée occasionnelle masculine et féminine est fréquent.
La première est d’environ 10 ouvriers durant 36 jours par an. La seconde est en moyenne
de 8 ouvrières durant environ 29 jours par an.

Contraintes
Un morcellement important.

Potentialités
• Une forte diversité spécifique des cultures basses;
• Un nombre très important de palmiers dattiers et d’oliviers à valoriser sa production.

Type de système de production oasien n°10


Le type de système de production oasien n°10 (S3_SPO10) représente respectivement 27 % et
7 % des SPO du site n°3 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il possède les caractéristiques
suivantes :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 0,85 ha, dont 0,03 ha pris en location ;
• Le nombre de parcelles par SPO est de 7. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,12 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 27, 18 et 8. La moyenne de variétés de palmiers dattiers et d’espèces d’arbres fruitiers
est respectivement de 3 et 2 par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de la jachère, de céréales et de cultures fourragères sont
respectivement de 0,61 ; 0,07 et 0,23 ha (Figure 1-6). Une seule culture basse est
pratiquée dans ce SPO. Le maraîchage est totalement absent ;
• L’effectif d’élevage des deux espèces ovine et bovine est en moyenne de 4 et 1 têtes ;
• La motopompe est présente chez 50% de ces SPO ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée masculine est de l’ordre de 3 ouvriers pendant 4
jours par an. La main d’œuvre salariée féminine est totalement absente.

Type de système de production oasien n°11


Le type de système de production oasien n°11 (S3_SPO11) représente respectivement 19 % et
4 % des SPO du site n°3 et de la palmeraie d’Aoufouss. Ce type présente les caractéristiques
suivantes :

• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 0,94 ha ;


• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 0,76 ha par exploitation ;
• La superficie agricole prise en association et en location est en moyenne respectivement
de 0,16 et 0,02 ha ;

66
• Le nombre de parcelles par SPO est de 9. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,11 ha ;
• Le moyen de transport est absent, alors que le tracteur est présent dans 12,5 % des SPO de
ce type ;
• Le nombre de pieds de palmier dattiers et d’oliviers est respectivement de 30 et 7. Le
nombre de variétés de palmiers dattiers est de 2. Les arbres fruitiers sont absents dans ce
type (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,28 ; 0,06 ; 0,44 et 0,16 ha par SPO (Figure 1-6). Les cultures
pratiquées sont représentées par 3 espèces ;
• La taille du troupeau ovin et bovin est respectivement de 7 et 1 têtes par SPO ;
• Environ 25% des SPO de ce type possèdent une motopompe ;
• L’utilisation de la main d’œuvre salariée est en moyenne de 3 ouvriers et une ouvrière
durant respectivement 6 et 2 jours par an.

Type de système de production oasien n°12


Le type de système de production oasien n°12 (S3_SPO12) représente respectivement 33 % et
7 % des SPO du site n°3 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il se caractérise par :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,17 ha, dont 0,05 ha pris en
association. Le recours à la location de parcelles n’est pas pratiqué;
• La moyenne de la SAU totale en propriété est d’environ 1,12 ha par exploitation ;
• Le nombre des parcelles par SPO est de 11. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,10 ha ;
• La motopompe est rencontrée chez 57% des SPO ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 113, 29 et 11. Le nombre de variétés de palmiers dattiers est de 7 et celui des espèces
d’arbres fruitiers est en moyenne de 3 par SPO (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,97 ; 0,09 ; 0,08 et 0,03 ha par SPO (Figure 1-6). Les espèces de
cultures basses pratiquées sont en moyenne de 2 ;
• L’élevage est composé de deux espèces, ovine et bovine. L’effectif moyen est
respectivement de 9 et 1 têtes par exploitation ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée est en moyenne de 21 ouvriers et de 4 ouvrières. La
durée de travail dans l’exploitation est respectivement de 22 et 9 jours par an.

Contraintes
• La superficie en jachère est très importante par rapport à la SAU totale exploitée. En fait,
elle en représente environ 83%;
• Le morcellement excessif des propriétés .

Potentialités
Une diversité phoenicicole élevée.

Type de système de production oasien n°13


Le type de système de production oasien n°13 (S4_SPO13) représente respectivement 54 % et
12 % des SPO du site n°4 et de la palmeraie d’Aoufouss (Figure n°1-2 & 1-6’). Il se
caractérise par:

67
Site n°4 : Bas R’teb

46%

54%

S4_SPO13 S4_SPO14

Figure 1-6’: Importance relative des types de SPO à l’intérieur du Site n°3

• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 0,94 ha dont 0,01 ha pris en
association et 0,02 ha pris en location ;
• Le nombre de parcelles par SPO est de 9. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,11 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 96, 30 et 5 pieds. Au niveau de ce type, il existe en moyenne 4 variétés de palmiers
dattiers et 1 espèce d’arbre fruitier par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,58 ; 0,18 ; 0,40 et 3,08 ha par SPO (Figure 1-6). Deux espèces
de cultures basses sont pratiquées ;
• Au sein de ce type de SPO, on rencontre deux espèces d’élevage : les ovins et les bovins,
leur effectif moyen est de 4 et 1 têtes par SPO ;
• La motopompe est présente dans 41% des SPO de ce type ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée occasionnelle masculine et féminine est
respectivement de 15 ouvriers durant 19 jours par an et 6 ouvrières durant près de 11 jours
par an.

Type de système de production oasien n°14


Le type de système de production oasien n°14 (S4_SPO14) représente respectivement 46 % et
7 % des SPO du site n°4 et de la palmeraie d’Aoufouss. Il possède les caractéristiques
suivantes :
• La superficie agricole totale exploitée est d’environ 1,57 ha dont 0,10 ha pris en location
et 0,03 ha en association ;
• Le nombre de parcelles par SPO est de 11. La superficie moyenne de chaque parcelle est
d’environ 0,14 ha ;
• Le nombre de pieds de palmiers dattiers, d’oliviers et d’arbres fruitiers est respectivement
de 63, 45 et 2. La moyenne de variétés de palmiers dattiers et d’espèces d’arbres fruitiers
est respectivement de 4 et 1 par exploitation (Figure 1-7) ;
• Les superficies moyennes de jachère, de céréales, de cultures fourragères et maraîchères
sont respectivement de 0,90 ; 0,21 ; 0,13 et 0,08 ha (Figure 1-6). Trois espèces de cultures
basses sont pratiquées au sein de ce type ;

68
• L’effectif élevé de l’espèce ovine est en moyenne de 6 têtes par exploitation. L’espèce
bovine est presque absente ;
• La motopompe est présente dans 50% de ces SPO ;
• Le recours à la main d’œuvre salariée masculine est de l’ordre de 8 ouvriers pendant 8
jour par an. La main d’œuvre salariée féminine est utilisée à raison de deux ouvrières par
an pendant une durée de 4 jours.

1.1.4. Analyse comparative des systèmes de ménage et d’élevage des différents SPO
Au niveau de tous les type de SPO on note, en général, un âge avancé des agriculteurs (plus
de 56 ans), avec une moyenne de 69 ans pour le type de SPO n°6 (Figure 1-8).

1.1.4.1. Système de ménage


La taille du groupe familial est relativement importante dans toute la palmeraie. Elle varie
entre 5 et 10 personnes par ménage (Figure 1-9).

Au niveau du Haut R’teb, le pourcentage des membres du groupe familial qui participent aux
activités agricoles ne dépasse pas 40 % (Figure 1-10). L’activité agricole à l’intérieur de la
palmeraie, n’attire plus les fils d’agriculteurs, en raison du morcellement élevé de la propriété,
de sa petite taille et de la grande dispersion des parcelles. Cette situation décourage tout effort
d’investissement des jeunes dans leur exploitation familiale. La faiblesse des activités
économiques telle que l’agro-industrie laisse peu de chance à la population locale de valoriser
sa force de travail. Ainsi, dans ce site la part des membres de la famille exerçant une activité
annexe ne dépasse pas 7 % (Figure 1-11).

La situation est presque identique dans les autres sites, avec une différence au niveau du
pourcentage des membres du groupe familial participant aux activités agricoles qui est plus
élevé (80%), en particulier, dans le cas du type de SPO6 et du type de SPO11 (Figure 1-10).
Au niveau de Zrigate (site n°3), 50% des membres du ménage du SPO11 exercent une activité
annexe, qui est généralement le commerce.

1.1.4.2. Système de production animal


Le système de production animale est généralement composé des deux espèces ovine et
bovine. Les ovins sont quasiment tous de race D’Man, alors que les bovins sont dominés par
la race locale.
L’examen de l’évolution des effectifs des ovins durant les dix dernières années, montre une
régression dans tous les sites. Sur les 14 types de SPO, seulement quatre ont connu une
augmentation de la taille de leur troupeau (Tableau 1-3).

Tableau 1-3 : Evolution des effectifs des ovins et ovins par type de SPO

Types de SPO SPO SPO1 SPO2 SPO3 SPO4 SPO5 SPO6 SPO7 SPO8 SPO9 SPO10 SPO11 SPO12 SPO13 SPO14

Evolution des Ovins - - - + + - + - - - + - - -

effectifs Bovins - - - - + - - - - + - + - -

La régression des effectifs des bovins est encore plus importante puisqu’elle a touché onze
types de SPO. Seuls les SPO5, SPO10 et SPO12 ont pu augmenter la taille de leur troupeau
bovin.

69
1.1.5. Types synthétiques des SPO
La caractérisation et l’analyse comparative des types primaires dégagés lors de l’application
de l’ACP, ont permis d’identifier trois types synthétiques de SPO :
• Les SPO Traditionnels;
• Les SPO Intermédiaires;
• Les SPO Modernes.

1.1.5.1. Les SPO Traditionnels


Les SPO traditionnels (Schéma n°1) sont des exploitations qui disposent de moyens de
production très limités. Ils se caractérisent par une superficie exploitée de très petite taille
avec un matériel agricole traditionnel qui se limite au petit outillage (Sape, faucille, …) et par
l’absence d’une motopompe. Leur système de production végétal est diversifié. Au sein de ce
type, les agriculteurs pratiquent une large gamme de cultures : cultures fourragères (luzerne),
cultures céréalières (blé tendre) et cultures maraîchères. La production des cultures basses est
quasiment auto-consommée en raison des faibles quantités produites qui parfois n’arrivent
même pas à satisfaire les besoins du foyer (5 à 10 membres par ménage).

Sur le plan de l’arboriculture, le palmier dattier vient en premier, suivi de l’olivier avec
quelques arbres fruitiers tels que le grenadier et le figuier. Les dattes produites sont à plus de
80% commercialisées et constituent une source de revenu très importante pour ce type de
SPO. La commercialisation d’une partie de la production oléicole, sous forme soit d’olives
soit d’huile, constitue une contribution non négligeable au revenu du ménage.

Le système de production animale se limite à un troupeau ovin dont la taille ne dépasse pas
les 4 à 5 têtes. C’est un élevage qui est généralement destiné à l’autoconsommation. Les
animaux ne sont commercialisés qu’en cas de besoin de liquidité financière. Cependant, ce
type de SPO reste faiblement intégré au marché. La stratégie de cette catégorie d’agriculteurs
vise la satisfaction des besoins vitaux du groupe familial.

Contraintes
Les contraintes de ce type de SPO sont principalement :
• Des propriétés de taille réduite;
• Un morcellement poussé;
• Un ombrage élevé;
• Une difficulté d’accès au crédit agricole;
• Un désintéressement des jeunes.

Potentialités
Ce type de SPO dispose d’un certain nombre de potentialités qui se résument dans les points
suivants :
• Un considérable savoir-faire en matière d’agriculture oasienne;
• La proximité d’Errachidia aussi bien pour l’approvisionnement en intrants que pour
l’écoulement de la production;
• Une grande disponibilité de la main d’œuvre familiale.

70
Dynamique
Les SPO traditionnels, ne disposant que de moyens très limités avec une très faible capacité
d’épargne et d’investissement, risquent de connaître une dégradation continue du niveau de
vie des ménages. Ceci pourrait encore être aggravé par une tendance à la monoculture ou
même à une agriculture de "cueillette" (Palmier dattier). Les conséquences d'une telle
tendance sont principalement un exode rural massif et une dégradation accentuée de
l’agrobiodiversité de la palmeraie d’Aoufouss. En fait, l’augmentation du nombre de parcelles
non cultivées et l’abandon du palmier dattier et des autres arbres fruitiers (oliviers,…)
constitueraient un foyer propice pour le développement de toutes sortes de maladies et de
ravageurs. Les espèces et variétés les plus sensibles en seraient les premières touchées.

1.1.5.2. Les SPO intermédiaires


Le SPO intermédiaire a les mêmes caractéristiques que le SPO traditionnel, mais avec la
présence d’une motopompe qui permet de mieux gérer l’irrigation au niveau des parcelles et
de disposer de plus de liberté dans le choix de l’assolement. La commercialisation des
produits agricoles ne se limite pas aux dattes et aux olives, mais concerne aussi la production
maraîchère et les fruits en surplus. Bien que la taille du troupeau soit plus grande que celle du
type précédent (jusqu’à 10 têtes), une partie de la luzerne produite est commercialisée. En
effet, il s’agit d’un SPO qui développe une stratégie d’intégration au marché et tend à la
recherche d’une amélioration du niveau de vie du groupe familial.

Contraintes
A l’égard du type traditionnel, les SPO intermédiaires souffrent eux aussi du morcellement
poussé de la propriété et d’un ombrage élevé au niveau des parcelles. En raison de l’intensité
de leurs activités, les SPO intermédiaires sont très dépendants de la main d’œuvre salariée qui
contribue à l’augmentation du coût de production déjà alourdi par les frais de pompage.

Potentialités
Sur le plan des potentialités, on note la présence d’un esprit compétitif élevé avec une grande
volonté d’intégration au marché et une modernisation des pratiques agricoles. Les capacités
moyennes d’investissement ont permis à cette catégorie d’agriculteurs de mieux gérer les
apports d’eau d’irrigation moyennant l’achat de motopompe. Ce matériel agricole offre aussi
une grande opportunité de diversification des activités agricoles.

Dynamique
La multiplication de puits et leur équipement d'une motopompe présentent une menace non
négligeable pour la durabilité à long terme de ce type de SPO. Le risque de baisse du niveau
de la nappe phréatique, combiné à la qualité de l’eau et à la concurrence, pourrait affecter
considérablement l’agrobiodiversité et la durabilité de ces SPO. Cependant, une gestion
durable et optimale des ressources en eau de la zone, combinée à une maîtrise du marché,
pourrait rendre ces SPO plus viables et durables.

1.1.5.3. Les SPO modernes


Le SPO moderne regroupe un nombre très limité d’exploitations de la palmeraie d’Aoufouss.
Il s’agit, en général, d’exploitations qui sont installées sur de nouvelles extensions en dehors
de la palmeraie traditionnelle. Les variétés phœnicicoles de haute valeur commerciale (le
Majhoul, Boufaggouss,…) occupent une place prépondérante dans ce type de SPO. L’olivier

71
et la luzerne ainsi que certaines cultures céréalières constituent une autre composante de ce
système de production végétale.

La forte intégration du système de production végétale et du système de production animale


est un grand atout de ce type de SPO. La taille du troupeau est relativement importante
(jusqu’à 60 têtes ovines et 20 têtes bovines). Certains agriculteurs de ce SPO sont membres de
l’association nationale pour l’amélioration génétique des ovins et caprins (ANOC). La
production bovine est orientée vers l’engraissement et la production de viande rouge en raison
de l’absence de centres de collecte de proximité.

Ce groupe d’agriculteurs dispose de moyens de production plus importants. Ces moyens ne


sont pas utilisés uniquement dans le processus de production, mais aussi dans la génération de
nouveaux revenus comme par exemple les travaux à façon ou la vente d’eau d’irrigation.
Les SPO modernes se sont développés sur la base soit de l’argent de l’émigration, soit sur la
contribution des fils fonctionnaires et parfois sur la base du recours au crédit agricole pour
ceux qui disposent d'un titre de propriété.

Contraintes
Les principales contraintes des SPO modernes sont au nombre de trois :
En raison de leur concentration dans les sites Zrigate et Bas R’teb, ces SPO disposent de très
peu d’eau superficielle. En plus, l’eau provenant des forages et puits est relativement saline.
Ceci a pour conséquences, d’une part, une réduction de l’agrobiodiversité puisque peu de
cultures (luzerne et orge) sont praticables, et d’autres part, une usure accélérée du matériel
d’irrigation (motopompe à renouveler tous les 3 à 4 ans).

En raison de la non-disponibilité d’une large gamme de choix variétal (palmier dattier), il est
constaté une spécialisation dans la production des variétés à haute valeur marchande (le cas
du Mejhoul). La forte concurrence internationale, suite à la libéralisation du marché, et le coût
de pompage constituent aussi des contraintes à signaler dans ce type de SPO.

Potentialités
Au niveau des SPO modernes, les agriculteurs ont un niveau de technicité élevé acquis à
travers leur longue expérience et grâce à l’encadrement dont ils bénéficient dans la zone.
Malgré la concurrence internationale (dattes algériennes, tunisiennes,…), la demande en
dattes de qualité reste encore importante.

Généralement, ces SPO ne souffrent pas de morcellement, ce qui constitue un atout pour une
gestion optimale des moyens de production, en particulier l’eau d’irrigation. Disposant d’un
esprit d’entreprise, ces SPO sont plus ouverts à toute initiative visant une amélioration de leur
position sur le marché.

Dynamique
La tendance vers une multiplication anarchique des puits et le sur-pompage que connaît la
palmeraie, en particulier dans le site Bas R’teb, constitue une menace sérieuse pour la
durabilité de ces SPO. En exploitant de nouvelles extensions, ces SPO contribuent à la
réduction de la pression sur la palmeraie traditionnelle et pourraient, dans le cas d’une gestion
raisonnée de la nappe, constituer un pôle d’attraction de nouveaux investissements créateurs

72
d’emplois (unités d’emballage, de conditionnement, de transformation et de valorisation des
dattes …).

1.1.6. Interactions entre les trois types de SPO


Les interactions entre les trois systèmes se limitent à un certain nombre de flux qui circulent
d’un type de SPO à un autre. Ainsi, on note une importante utilisation de la main d’œuvre
salariée au niveau des SPO intermédiaires et modernes. Cette main d’œuvre est généralement
issue des SPO traditionnels. Ces derniers fournissent aussi les rejets de certains Khalt de
bonne qualité et qui sont demandés par les SPO modernes qui, en raison de la demande,
essayent de diversifier leur production de dattes et de réduire le risque de Bayoud.

Les SPO modernes, de part les bénéfices qu’ils dégagent, constituent un modèle à suivre pour
les autres types de SPO. Beaucoup de jeunes agriculteurs souhaiteraient avoir un capital et
une terre hors de la palmeraie traditionnelle et d’investir dans la production du Majhoul et
autres variétés à haute valeur commerciale.

Les agriculteurs ne disposant pas de tracteur ou même de motopompe ont recours soit aux
travaux à façon généralement réalisés par les SPO modernes et/ou intermédiaires, soit à
l’achat d’eau d’irrigation auprès de ceux qui possèdent des puits et des motopompes à débit
d’eau suffisant.

1.1.7. Conclusion
Les trois types de SPO évoluent dans un même environnement socio-économique et naturel.
Indépendamment de leurs ressources et leurs situations économiques qui diffèrent d’un type à
un autre, ces SPO font face à un grand nombre de contraintes communes : la rareté et la
qualité de l’eau d’irrigation, la concurrence accrue, un désengagement continu de l’Etat en
matière de subventions agricoles, les dégâts causés par les maladies, en particulier le Bayoud,
l’étroitesse de la propriété et son morcellement excessif, la densité élevée du palmier dattier et
de l’olivier entraînant un ombrage insupportable par une large gamme d’espèces de cultures
basses, la difficulté d’accès au crédit, la pression sur les ressources (eau) combinée à une
répartition non équitable des eaux superficielles entre l’amont et l’aval de oued Ziz. Ajouté à
cela, on note une quasi-absence d’actions communes au niveau de la palmeraie pour
surmonter ces difficultés, à l’exception de certaines très localisées (creusement de puits pour
irrigation commune, achat d’un tracteur dans le cadre d’une coopérative).

Le morcellement de la propriété et la dispersion des parcelles rend vain tout effort individuel
des agriculteurs en vue d’améliorer la productivité. L’activité agricole à l’intérieur de la
palmeraie nécessite, au contraire, des actions communes qui peuvent être bénéfiques aussi
bien pour la durabilité des systèmes de production oasiens que pour la sauvegarde de
l’agrobiodiversité de la palmeraie. Ces actions communes peuvent concerner l’entretien des
canaux d’irrigation, la lutte contre les ravageurs (pucerons, fourmis,…), les maladies, la mise
en place de puits pour une irrigation commune, le droit coutumier de partage de l’eau
d’irrigation et le renforcement de l’entre-aide (Twiza) en particulier pour le labour.

73
Subsistance
SPO Traditionnel
Stratégie Faible épargne, Capacité
d’investissement très faible

Grande taille du
Marché - ménage (mo: 10) - Marché

SDM

Moyens de
Intrants production limités -
Faible MOS Dattes
Aliments, Animaux

Intégration
Agr_Elevage
C. Fourragères
C. Céréalières
C. Maraîchères
SPA
SPV Fourrages, Sous produits, Ovins
Fumier, Force animale Bovins
Palmiers
Arbres Fruitiers

DYNAMIQUE
Risque de dégradation du niveau de vie du
POTENTIALITES ménage, Exode rurale, Tendance monoculture
CONTRAINTES Disponibilité d’eau, Savoir-faire, (PD), Dégradation de l’agrobiodiversité
Micro-propriété, Morcellement poussé, Proximité d’Errachidia, Disponibilité
Ombrage élevé, Bayoud, Difficulté de MOF
Accès Crédit, Désintérêt des jeunes

74
SPO Intermédiaire
Intégration dans le marché,
amélioration du niveau de vie
du ménage
Prestations de services + Epargne et Capacité
commerce agricole Stratégie
d’investissement moyennes

+
Grande taille du
ménage
+ Marché
Marché
SDM

Moyens production
relativement suffisant
Intrants Dattes, Olives,
Aliments, Animaux
Moyenne MOS Légumes, Fruits
+
Forte intégration
Agr_Elevage
C. Fourragères
C. Céréalières
SPA
SPV Fourrages, Sous produits, Ovins
Fumier, Force animale Bovins
SPV Palmier
Arbres Fruitiers

DYNAMIQUE
Risque de baisse du niveau de la nappe, et
CONTRAINTES POTENTIALITES compétitivité économique pourraient affecter
Morcellement poussé, ombrage élevé, Pompage, savoir-faire, capacité de l’agrobiodiversité et la durabilité de ces SPO
Bayoud, salinité, dépendance de MOS, diversification, volonté d’intégrer le marché La maîtrise de l’eau et le marché pourraient les
coût de production rendre plus viables et durables

75
SPO moderne Economie du marché avec
une relative spécialisation
Epargne, Capacité
Stratégie
d’investissement important

+
Grande taille du
ménage
+ Marché
Marché
SDM

Moyens production
Intrants importants +
MOS Dattes, olives Aliments Animaux
+ +
Intégration
Agr_Elevage
C. Fourragères

SPV
SPA intensif et
Fourrages, Sous produits, contrôlé basé sur
Palmiers dattiers à Fumier, Force animale
haute valeur l’ovin
commerciale,
oliviers

DYNAMIQUE
Risque de baisse du niveau de la nappe (sur- pompage) qui
CONTRAINTES POTENTIALITÉS pourrait menacer la durabilité de ces SPO. Ces SPO sont en
Bayoud, salinité, gamme de choix Disponibilité d’eau, encadrement et faveur de la réduction de la pression sur la palmeraie
variétal limitée, coût du pompage technicité, esprit d’entreprise, forte traditionnelle et la désertification
demande en dattes de qualité

76
Site 1 Site 2

5 2,5

4 2
SUP_CERE SUP_JACH
3 1,5
SUP_FOUR SUP_FOUR
2 SUP_MARA 1 SUP_CERE
SUP_JACH SUP_MARA
1 0,5

0 0
SPO1 SPO2 SPO3 SPO4 SPO5 SPO6 SPO7 SPO8

Site 3 Site 4

1 1

0,8 0,8
SUP_FOUR SUP_FOUR
0,6 0,6
SUP_CERE SUP_CERE
0,4 SUP_MARA 0,4 SUP_MARA
SUP_JACH SUP_JACH
0,2 0,2

0 0
SPO9 SPO11 SPO13 SPO14

Figure 1-6 : Occupation des sols dans les différents types de SPO
Site 1 Site 2

10 6

8 5

Bio_fruit 4 Bio_palm e
6
Bio_palme 3 Bio_fruit
4 Bio_Mar Bio_basse
2
Bio_basse Bio_Mar
2 1

0 0
SPO1 SPO2 SPO3 SPO4 SPO5 SPO6 SPO7 SPO8

Site 3 Site 4

8 5
7
4
6
5 Bio_palme Bio_palme
3
4 Bio_fruit Bio_fruit
3 Bio_basse 2 Bio_basse
2 Bio_Mar Bio_Mar
1
1
0 0
SPO9 SPO11 SPO13 SPO14

Figure 1-7 : Agrobiodiversité par SPO

77
Site n°1 Site n°2

65 70

60
65
55
60
50

45 55
SPO1 SPO2 SPO3 SPO4 SPO5 SPO6 SPO7 SPO8

Age moyen des agriculteurs Age moyen des agriculteurs

Site n°3 Site n°4

60 61

55 60,5

50 60

45 59,5

40 59
SPO9 SPO10 SPO11 SPO12 SPO13 SPO14

Age moyen des agriculteurs Age moyen des agriculteurs

Figure 1-8 : Age moyen des agriculteurs par SPO


Site n°1 Site n°2

10 8
7
8
6
6 SPO1 5 SPO5
SPO2 4 SPO6
4 SPO3 3 SPO7
SPO4 2 SPO8
2
1
0 0
taille du ménage Taille du ménage

Site n°3 Site n°4

10 7,6

8 7,4

SPO9 7,2
6
SPO10 7 SPO14
4 SPO11 SPO1_14
6,8
2 SPO12
6,6
0 6,4
Taille du ménage Taille du ménage

Figure 1-9 : Taille du groupe familial par SPO

78
Site n°1 Site n°2

40 80
35 70
30 60
25 50
20 SPO1 40 SPO5
15 SPO2 30 SPO6
10 SPO3 20 SPO7
5 10
0 SPO4 0 SPO8
% du groupe familial % du groupe familial
participant aux activités participant aux activités
agricoles agricoles

Site n°3 Site n°4

80 50
70 48
60
50 46
40 SPO9 44
30 SPO10 42 SPO13
20
SPO11 40 SPO14
10
0 SPO12 38
% du groupe familial % du groupe familial
participant aux activités participant aux activités
agricoles agricoles

Figure 1-10 : Membres du groupe familial participant aux activités agricoles (%)
Site n°1 Site n°2

7 12
6 10
5 8
4 SPO1 SPO5
SPO2 6 SPO6
3
2 SPO3 4 SPO7
1 SPO4 2 SPO8
0 0
% du groupe familiale à % du groupe familiale à
activité annexe activité annexe

Site n°3 Site n°4

50 6
5,8
40
5,6
30 SPO9 5,4
SPO10 5,2 SPO13
20 5
SPO11 SPO14
10 4,8
SPO12 4,6
0 4,4
% du groupe familiale à % du groupe familiale à
activité annexe activité annexe

Figure 1-11 : Membres du groupe familial travaillant dans une à activité annexe

79
1.2. CARACTERISTIQUE ET EVALUATION DE L’AGROBIODIVERSITE
La palmeraie d’Aoufouss regorge d'une diversité spécifique et variétale très importante.
L’élevage y est représenté essentiellement par la race D’Man pour les ovins et les bovins sont
composés de races locales, de croisé et de Pie Noire. Les différentes variétés et races des
espèces sont répertoriées dans le tableau suivant :

Tableau 1-4 : Listes des variétés et races des espèces recensées dans la palmeraie d’Aoufouss
Espèces végétales Variétés identifiées
Boufagouss, Majhoul, Boussardoune, Bouslikhène, Am majhoul, Ighefnderou,
Bouskri, Khalt Ibissa, Garne Laâjal, Kerna, Hafs, M’kerkeb, Elhamra, Bellahzid,
sbaâ sultan, Ras Lahmar, Khadra, Safranya, Boucham, Admou, Bouzaggagh,
Palmier dattier
Kaabe Laghzal, Baghdadia Minora, khalt Ben Aïssa, Beid el jaj, Loubane,
Akadouss, Intifit, khalt Zahra, Ajouji, Kerchaoua, Khalt molle, Khalt demi molle,
Khalt sèche
Olivier Picholine marocaine
Grenadier Safri, Kh’rifi, Missour, Al hamad, Al âansri, Lablaghmi
Figuier Ain Al hajla, Al Bida, Al Khadr, Al Kahla, Out Â’mar Ou H’sayène, Out Â’mar
Ou H’sayène
Blé tendre Alkarâa, Moulate ch’âar, Alfartasse
Luzerne Beldia, moipa, sonora
Fève Sbaï, Gharbi, Baldi
Tomate Véta, Azzahafa, Liste
Aubergine T’ouila, Lamkarkba Al Kahla, Lamkarkba Al Bida
Gombo Al Hamra, Al Bida
Espèces animales Races identifiées
Ovin D’Man
Bovin Local, croisé, pie noire

1.2.1. Le Palmier dattier


Le profil variétal du palmier dattier est très riche dans la palmeraie d’Aoufouss avec une
trentaine de variétés identifiées. Cependant, la population de palmiers dattiers est fortement
dominée par les Khalt ou hybrides issues de semis (Figure 1-12).

Variétés
identifiées
35%

Khalt
65%

Figure 1-12 : Répartition des variétés et des Khalts

Au niveau des variétés identifiées, certaines comme Mejhoul, Bouffegous, Boussardoune,


Bouslikhane sont particulièrement appréciées par les agriculteurs pour leur qualité supérieure
et les revenus élevés qu’elles rapportent. Ce qui justifie leur dominance dans les exploitations
par rapport aux autres variétés (Figure 1-13).

80
el khadraboucham akadouss Intifit khalt Zahra
khalt ben aissa Ajouji kerchawa
0% 1% 2% 1% 3%
0% minora 0% 1%
Safranya beid el jaj
admou louben 0% 2% bouffegouss
1% 0%
ras lahmar 0% 10%
4%
sbaa soultan
1%
belahzit
1%
elhamra
mejhoul
3%
28%
m’kerkeb
10%
Elhafss
2%
Kerna
3%
Khalt Ibissa
0%
Guern Laajel
0%
boussardoune
bouzakri
15%
1%
bouslikhane
am majhoul
11%
1%

Figure 1-13 : Répartition des variétés de palmiers dattiers selon les SPO
Les meilleures variétés que sont Mejhoul et Bouffegous sont très sensibles au Bayoud, ce qui
constitue une grande contrainte pour l’amélioration des revenus des producteurs. Les Khalts
sont réparties selon un critère de consistance qui confère à la datte l’aptitude à une meilleure
conservation. C’est ainsi que trois groupes ont été identifiés : les Khalt sèches, les Khalt
demi-molles et les Khalt molles qui dominent (Figure 1-14).

Khalt sèche Khalt molle


39% 42%

Khalt demi molle


19%

Figure 1-14: Répartition des Khalt selon leur importance dans la palmeraie
Cette richesse de la diversité génétique phoenicicole de la palmeraie d’Aoufouss est par
ailleurs confrontée à diverses menaces. D’une part, la rareté de l’eau et les maladies (Bayoud,
pourriture «Khamej», etc.) affectent une part importante des variétés sensibles et de bonne
qualité et d’autre part la sélection des agriculteurs qui s'orientent vers les variétés de haute
valeur commerciale. Ceci a pour conséquence un délaissement de certaines variétés qui sont

81
menacées de disparition. En vue d’identifier les variétés en voie de disparition et celles
souhaitées par les agriculteurs, des entretiens individuels ont été confrontés avec des focus
group avec des agriculteurs en utilisant des matrices de préférences et de classification
(Tableau 1-5).

Tableau 1-5 (a) : Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs
Rang de 1 à 9 Prix Goût Apparence, Calibre Sensibilité Nb de Facilité de
(Dh) couleur (grosseur) au Bayoud rejets récolte
Mejhoul 1 2 1 1 X 3 3
Boussardoune 2 4 2 5 4 1
Taloubante 4 3 3 3 3 2
Ras lahmar 6 8 6 6 X 2 1
Moijane 3 4 3 2 3 1
Kerna 7 6 4 X peu 1
Assatra 5 5 4 4 2 2
Khalt molle 8 7 5 - 3
Khalt demi-molle 9 9 1 2
Boufaggouss 1 2 2 X 1 2
Classement de 1 à 9 – X : sensible au Bayoud

Tableau 1-5 (b) : Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs
Variétés Classement Présence à Amelkis % de présence
Mejhoul 1 1 10
Boufaggouss 2 1 4
Boussardoune 3 1 1
Bid Djaj 4 1 4
Ras lahmar 4 1 2
Bouslikhene 6 1 6
Annajda - 0 0
Admou - 0 0
Karna 5 1 6
Akadouss - 0 0
Intfite - 0 0
Loubane - 0 0
Al Hammar=Bouzagagh 6 1 25
Bouaamrane - 0 0
Al hafse 2 1 1
Boumichare - 0 0
Khalt Azahra - 0 0
Belahzid 5 1 5
Bouzakri - 0 0
Ajouji - 0 0
Karchaoua - 0 0
Al Khadri 1 1 4
Ras al Bouchame 1 1 4
Al Khalt 4 1 80
Classement de 1 à 9

Les résultats ont montré que la variété Mejhoul est la plus prisée, tandis que les khalt sont
considérées de moyenne et de mauvaise qualité. Il est aussi remarqué une forte sensibilité des
variétés de bonne qualité au Bayoud qui a décimé une grande partie de celles-ci. Le même
classement a été effectué au niveau des Khalt et a montré que les dattes molles sont les plus
appréciées par les agriculteurs (Tableau 1-6).

82
Tableau 1-6 : Classement des dattes Khalt selon leur consistance
Khalt Classement
Molle : Al Maajoune 1
Sèche : Al yabesse 3
Lamgarjeme 2
Lahchafe 4

1.2.2. Caractérisation de la biodiversité des autres espèces


Lors des enquêtes formelles, il a été très difficile d’avoir des informations sur les variétés de
cultures basses et des arbres fruitiers pratiqués. En fait, la plupart des agriculteurs de la
palmeraie ignorent les noms des variétés qu’ils cultivent. Cependant, certains agriculteurs ont
pu faire la différence et par conséquent identifier les variétés cultivées dans la palmeraie. La
synthèse des informations fragmentaires obtenues a permis de caractériser certaines variétés.
Les variétés répertoriées concernent les espèces suivantes : l’orge, le blé, la luzerne, la fève,
l’olivier, le grenadier et le figuier.

Cultures céréalières
Variétés d’orge
Certains agriculteurs font la distinction entre quatre variétés d’orge. Le nombre de rangées de
grains par épis est le principal critère de différenciation entre ces quatre variétés. On distingue
alors les variétés suivantes :
• Orge à deux rangées de grains ;
• Orge à trois rangées de grains ;
• Orge à quatre rangées de grains;
• Orge à six rangées de grains.

Les variétés à deux et trois rangées de grains par épi sont peu utilisées par les agriculteurs du
fait de leur faible productivité. Elles sont considérées comme des mauvaises herbes et sont
arrachées des parcelles pour éviter leur multiplication et leur concurrence avec les variétés
jugées plus performantes.

La variété à quatre rangées de grains par épi est préférée par les agriculteurs grâce à sa forte
tolérance à l’ombrage. Cette préférence est justifiée par sa meilleure adaptation à l’ombrage
qui caractérise certaines parties de la palmeraie à cause du nombre élevé de palmiers dattiers
et d’oliviers. Cet ombrage est encore aggravé par la non pratique de la taille de l’olivier.
La variété d’orge à six rangées, bien que plus productive, est plus exigeante en matière
d’exposition au soleil et par conséquent moins adaptée à l’ombrage.

Variétés de blé dur


Dans le cas du blé dur, trois variétés sont distinguées par les agriculteurs selon les critères de
besoin en eau d’irrigation et de leur qualité boulangère :
• La variété, dite Lakhal, est facilement identifiable grâce à la couleur noirâtre des poils
de son épi. Elle est caractérisée par un cycle végétatif plus long, une forte exigence en
eau (six irrigations par cycle) et la couleur rougeâtre de la farine obtenue à partir de
ses grains. Ces caractéristiques ne sont pas appréciées par les agriculteurs de la
palmeraie qui, par conséquent, ne la cultivent pas ;

83
• La variété, dite Labiad3, est facilement repérable grâce à la couleur blanchâtre des
poils de son épi. Cette variété présente l’avantage d’avoir un cycle végétatif plus court
et une faible exigence en eau (quatre irrigations par cycle). Cependant, le prix de la
semence est jugé relativement plus cher que celui des autres variétés de blé dur ;
• La variété, dite Almitre4, est plus productive que les précédentes et présente l’avantage
d’être moins exigeante en eau (quatre irrigations par cycle). C’est la variété la plus
pratiquée.

Variétés de blé tendre


Les variétés de blé tendre, citées par les agriculteurs, sont au nombre de trois et se distinguent
par leur précocité, leur tolérance à la sécheresse et leur rendement :
• La variété, dite Alkarâa5, qui est aisément identifiable par son épi dépourvu de poils.
C’est une variété qui est facilement attaquée par les moineaux. Cette attaque est
encore aggravée par la précocité de cette variété ;
• La variété, dite Moulate ch’âar6, contrairement à la précédente, a un épi poilu. Il
s’agit d’une variété relativement résistante à la sécheresse ;
• La variété, dite Alfartasse, est reconnue pour sa faible productivité.

Cultures fourragères
Variétés de luzerne
En ce qui concerne la luzerne, il existe quatre variétés :
• La variété locale, dite beldia, est la plus pratiquée dans la palmeraie. Elle est coupée
jusqu’à dix fois par an et elle est exploitée durant environ 8 ans avant d’être arrachée ;
• La moipa, une variété australienne qui peut produire jusqu’à 120 tonnes/ha ;
• La sonora est la moins productive avec seulement 6 coupes/an, qui font au total
environ 80 tonnes/ha.

Variétés de maïs
Il existe deux variétés de maïs cultivées par les agriculteurs qui se distinguent par la couleur
de leurs grains (blancs et jaunâtres).

Variétés de fèves
Les agriculteurs distinguent trois variétés de fèves, selon le nombre de graines par gousse ou
l’origine géographique de la semence :
• La variété à sept graines par gousse, dite "Sbaï7" ;
• La fève dite Gharbi8 par référence à l’Ouest du Maroc qui est supposé être son origine
géographique. Cette variété est reconnue par sa grosseur et la couleur blanche de ses
graines ;
• La fève locale, dite Baldi, dont la graine est aussi de couleur blanche mais de taille
plus petite que celle de la fève Gharbi.

3
Labiad mot du dialecte arabo-marocain signifiant le blanc
4
Almitre mot du dialecte franco-marocain signifiant le mètre
5
Alkarâa mot du dialecte marocain signifiant la chauve
6
Moulate ch’âar mots du dialecte arabo-marocain signifiant celle possédant des cheveux
7
Sbaï mot du dialecte arabo-marocain signifiant il possède sept
8
Gharbi mot du dialecte arabo-marocain signifiant originaire de l’ouest marocain

84
Les variétés dites Gharbi et Baldi sont préférées par les agriculteurs en raison de leur forte
tolérance à l’ombrage. Cependant, en cas de culture de fèves sur une parcelle plus ensoleillée,
la variété dite Sbai est préférée en raison de son rendement plus élevé.

Culture maraîchère
Variétés de tomate
• La variété dite Véta, est une variété grimpante, à feuillage plus dense permettant la
protection du fruit contre la chaleur d’été. C’est une variété très productive à fruit de
gros calibre et de forme ronde ;
• La variété dite Azzahafa, est une variété non grimpante, à feuillage moins dense et par
conséquent le fruit est moins protégé contre la chaleur d’été. C’est une variété
relativement productive mais son fruit est de petite taille ;
• La variété dite la liste, est une variété grimpante, à fruit de petit calibre et dont le goût
est plus acide ;

Variétés d’aubergine
• La variété dite T’ouila, produisant un légume plus allongé ;
• La variété dite Lamkarkba Al Kahla, produisant un légume moins allongé de couleur
noire et qui est relativement rond ;
• La variété dite Lamkarkba Al Bida, produisant un légume moins allongé de couleur
blanchâtre et relativement rond. Son fruit a un goût piquent.

Variétés du Gombos
• La variété dite Al Hamra, produit un légume plus long et de couleur rougeâtre ;
• La variété dite Al Bida, produit un légume plus court et de couleur verdâtre.

Variétés de courge
• La variété R’tili, produit un légume très sucré de couleur verdâtre et dont le poids est
de 5 kg ;
• La variété Kabawa, produit un légume de couleur jaunâtre. Il est moins sucré que celui
de la précédente variété, mais de poids plus important qui atteint 15 kg.

Variétés de courgette
• La variété dite B’sibcie, caractérisée par un légume plus long et présentant une
courbure en forme de crochet dans sa partie supérieure. De couleur verdâtre, elle est de
taille relativement grande;
• La variété dite Garâa Sghira, présentant un légume de petite taille et de couleur verte
plus foncée.

Variétés d’arbres fruitiers


Variétés d’oliviers
Pour l’olivier, la variété appelée Picholine marocaine est la plus répandue chez les
agriculteurs de la palmeraie. Néanmoins, il existe d’autres variétés d’oliviers d’origine
espagnole (Picoile et Gordale). Ce sont essentiellement des olives de table.
Variétés de figuiers
Sur la base de la couleur externe du fruit, de la taille des feuilles et de l’importance du
feuillage, les agriculteurs distinguent six variétés de figuier :

85
• La variété dite Ain Al hajla9, reconnaissable par son feuillage plus dense et la couleur
rougeâtre de son fruit. La plus consommée en raison du très bon goût de son fruit, elle
produit un fruit de plus gros calibre ;
• La variété dite Al Bida, produit des figues de couleur verdâtre et possède un feuillage
moins dense que la précédente ;
• La variété dite Al Khadr est caractérisée par un fruit de couleur verte foncée et des
feuilles de petite taille ;
• La variété dite Al Kahla, identifiable grâce à la couleur noirâtre de son fruit, possède
des feuilles de petite taille. C’est la variété la plus résistante à la sécheresse ;
• La variété dite Out Â’mar Ou H’sayène, produisant un fruit de couleur rougeâtre,
possède un feuillage relativement moins dense ;
• La variété dite Al Fouqaâ, est une variété stérile, appelée aussi D’kar.
Variétés de grenadiers

Tableau 1-7: Classification des variétés selon des critères de préférence des agriculteurs
Nom local de Couleur de Goût du Présence de Productivité Précocité Valeur
la variété la pulpe fruit pépins marchande
Safri Blanche Le plus Sans pépins Moins Précoce 6,00 Dh/kg
sucré productive
Kh’rifi Jaunâtre Moins sucré Avec pépins Plus Tardive 3,00 Dh/kg
productive
Missouri rougeâtre Le moins Sans pépins Plus Plus tardive 3,00 Dh/kg
sucré productive
Al hamad Acide
Al âansri Jaunâtre
Lablaghmi Rougeâtre Sucré Peu de
pépins

La variété Lablaghmi est la préférée en raison de son fruit plus charnu et de calibre moyen.

1.2.3.Conclusion
L’agrobiodiversité est en nette dégradation à cause de la rareté et de la salinité de l’eau, ainsi
que de certaines maladies, comme le Bayoud. En ce qui concerne le palmier dattier, la plupart
des agriculteurs ont signalé une régression importante des populations de variétés de haute
valeur commerciale mais sensibles au Bayoud et au Khamej (Mejhoul, Bouffegouss,
Bousserdoune, Kerna, Bouskri, Bouslikhane, etc.). Ces variétés sont essentiellement destinées
à la vente et constituent la principale source de revenus des agriculteurs. La conservation de
ces espèces in-situ devient ainsi une condition vitale pour la durabilité de ces systèmes de
production. Dans ce sens, les variétés que les agriculteurs souhaitent cultiver ont été
répertoriées en vue de faciliter toute action de développement. Il s’agit des variétés de bonne
qualité précitées et d’autres réputées résistantes au Bayoud comme la variété Najda
sélectionnée par l’INRA.
Par ailleurs, l’introduction du pompage a contribué à la réduction de la sole céréalière (orge
surtout) au profit des cultures rentables comme le maraîchage et la luzerne. Cette dernière est
cultivée même si l’exploitant ne possède pas d’animaux parce qu’elle est vendue dans le souk
et dans les centres urbains. L’utilisation de la luzerne est devenue très importante depuis la fin
des années 80.

9
Ain Al hajla mot arabe signifiant oeil de perdrix

86
De même, la disparition de variétés locales de blé dur (Fartas et Cherguia) de bonne qualité
boulangère et adaptées a été constatée (introduction des variétés sélectionnées). Cette
régression de la diversité variétale a aussi touché toutes les autres espèces : orge, vigne,
prunier, figuier, cognassier, plantes maraîchères…

L’effectif du troupeau D’Man est aussi en nette régression à cause du manque d’alimentation,
cela explique la diminution de la pratique du fumier (certaines exploitations ont réduit la taille
du troupeau à 90%).
La race locale bovine Beldi a presque disparu de la palmeraie d’Aoufouss depuis
l’introduction des races améliorées très exigeantes en alimentation mais productives, surtout
avec la création des coopératives laitières.
Cette régression de l’agrobiodiversité fait appel à une action commune des chercheurs,
agriculteurs, développeurs et collectivités locales pour sauvegarder les espèces, variétés et
races menacées et réintroduire celles disparues.
Enfin, dans l’étude des contraintes qui pèsent sur l’agrobiodiversité, il faut aussi analyser les
pratiques culturales et évaluer leur impact sur cette agrobiodiversité. C’est l’objet du prochain
chapitre.

1.3. CARACTERISATION DES SYSTEMES DE PRODUCTIONS VEGETALES ET ANIMALES

1.3.1. Caractérisation des systèmes de productions végétales


Comme la plupart des systèmes de production oasiens, les systèmes de culture dans la
palmeraie d’Aoufouss sont caractérisés par l’association palmier dattier (Phoenix dactilifera),
olivier (Olea europea), grenadier (Punica granatum), figuier (Ficus carica L.), amandier
(Amygdalus communis), autres fruitiers, luzerne (Medicago sativa L.), fève, orge (Hordeum
vulgare), blé tendre (Triticum aestivum), blé dur (Triticum durum), sorgho (Soghum vulgare),
maïs (Zea mays) et les cultures maraîchères.

1.3.1.1. Occupation des sols


L’arboriculture
Elle est pratiquée en association avec les autres cultures sous-jacentes. L’effectif total estimé
auprès de l’échantillon est de 15 531 pieds.
Le palmier dattier est le plus important, il représente 72% de l’effectif global, suivi de
l’olivier avec 23% (Figure 1-15). Les autres arbres fruitiers ne représentent que 5% environ de
l’effectif total soit 940 pieds. Les plus importants sont le grenadier et le figuier, tandis que les
agrumes sont quasi inexistants. La production des fruitiers est généralement destinée à la
consommation des ménages (Figure 1-16).

87
Autres arbres
fruitiers
5%

Olivier
23%

Palmier dattier
72%

Figure 1-15 : Pourcentage du palmier dattier et de l’olivier au niveau des agriculteurs enquêtés

300

250

200
Effectif

150

100

50

0
Amandier

Figuier

vigne
Pommier

Grenadier

Poirier
Abricotier

Cognassier

Prunier
Pêcher

Oranger

Figure 1-16 : Pourcentage des espèces arboricoles au niveau des agriculteurs enquêtés

La forte dominance du palmier dattier et de l’olivier justifient leur place importante dans la
formation des revenus des agriculteurs.

Les cultures basses


Les principales cultures rencontrées dans la palmeraies sont : la luzerne, la fève, l’orge, le blé
et les cultures maraîchères. La luzerne est la culture la plus pratiquée. Les types de
successions culturales observées sont : légumineuse-céréale (luzerne-blé tendre) ; céréales-
cultures maraîchères ; jachère-céréales.

La céréaliculture
Les céréales sont essentiellement destinées à la consommation humaine et animale dans la
palmeraie. Le blé tendre est le plus pratiqué par les agriculteurs avec plus de 50% des
superficies emblavées en céréales qui s’élèvent à 60 ha (Figure 1-17).

88
maïs sorgho
orge 2% 3%
18%

Blé dur
12% Blé tendre
65%

Figure 1-17 : Répartition des espèces selon la superficie totale occupée par les céréales

L’analyse de l’évolution des emblavures céréalières dans une dizaine d’années a montré une
légère régression des superficies de blé tendre et d’orge. Cela pourrait être dû à la contrainte
d’eau qui se fait de plus en plus pressante surtout au niveau des systèmes de production situés
dans la zone avale de l’oued (Figure 1-18). Cela aussi dénote une régression de la diversité
variétale avec la disparition des espèces sensibles à la sécheresse.
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Blé tendre Blé dur orge maïs sorgho

superficie actuelle (ha) superficie 10 ans (ha)

Figure 1-18 : Superficies occupées par les espèces de céréales et leur évolution depuis 10 ans
Les légumineuses alimentaires
Elles sont représentées par la fève qui occupe la majorité des superficies emblavées avec 15,5
ha et le petit pois. Ces cultures sont classées dans le maraîchage compte tenu de leurs
caractéristiques agronomiques. Elles sont consommées soit en vert ou en sec pour la
contribution à l’alimentation du bétail.

Tableau 1-8 : Evolution de la superficie cultivée de légumineuses alimentaires


Légumineuses alimentaires Superficie actuelle (ha) Superficie 10 ans (ha)
Fève 15,5 16
Petit pois 0,1 0

89
En ce qui concerne l’analyse de l’évolution de ces légumineuses dans la palmeraie, il ressort
que la culture de la fève n’a pas connu de grande dynamique dans le temps comme dans
l’espace, tandis que la culture du pois émerge, d’où une augmentation de l’agrobiodiversité.

Les cultures fourragères


La luzerne constitue la principale culture fourragère dans la zone et domine toutes les autres
cultures basses sur le plan de la superficie emblavée. En plus du rôle qu’elle joue dans
l’alimentation animale, elle occupe une place importante dans l’assolement et, ainsi, elle
participe pour beaucoup dans le maintien ou l’amélioration de la fertilité des sols. Elle est
généralement placée en tête de rotation avant les céréales. Le rendement en luzerne atteint
dans la palmeraie en moyenne 80 tonnes/ha/an soit 9 à 10 coupes par an et les variétés
cultivées s’adaptent bien aux conditions édaphoclimatiques de la zone. Ces multiples
avantages de la culture de la luzerne dans les systèmes de production pourraient être une
explication de l’augmentation des emblavures durant ces dix dernières années.

Tableau 1-9 : Evolution de la superficie cultivée de cultures fourragères


Culture fourragère Superficie actuelle (ha) Superficie 10 ans (ha)
Luzerne 52 31

Les cultures maraîchères


Elles jouent un rôle important dans la formation indirecte des revenus des agriculteurs de la
palmeraie à travers l’autoconsommation. Cette importance peut être illustrée par la forte
évolution des superficies emblavées en maraîchage dans les dix dernières années (Figure 1-19).
Les espèces les plus cultivées sont la carotte, la courgette, l’oignon et le chou du fait de
l’importance des revenus qu’ils fournissent. Elles sont surtout cultivées après les céréales ou la
luzerne.

Le maraîchage se fait sur de petites parcelles (10m x 1m) situées généralement à côté de la
seguia ou de la rivière (exigence en eau) et des ksour pour une meilleure surveillance. Les
principales cultures sont : l’oignon, l’ail, la tomate, la carotte, l’aubergine, le navet. Les
périodes de semis s’étalent comme suit : oignon (juin-juillet) ; carotte (janvier-mars) ; fève
(mars) ; tomate (avril).
superficie actuelle (ha) superficie 10 ans (ha)

0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
re

tte
t

on
e

tte

ge

ou
e

bo
ve
at

itu
iv
ro

ge

gn
ur

ch

m
na
m

po

la

go
ca

co
to

ur

oi
co

Figure 1-19 : Superficies occupées par les espèces maraîchères et leur évolution depuis 10 ans

90
La jachère
La superficie laissée en jachère est considérée comme la différence entre la superficie agricole
utile totale exploitée et celle occupée par les cultures basses sans prendre en compte le
palmier dattier et l’olivier. La jachère représente une superficie en moyenne de 74 ha environ
au niveau de l’échantillon (Figure 1-20). Son existence n’est pas seulement d’ordre
agronomique mais surtout due à la rareté de l’eau d’irrigation au niveau des seguias ou au
manque de moyens financiers pour le fonçage de puits et la couverture des frais de pompage,
etc.

jachère
73,9 ha
28%

SAUT
191,6 ha
72%

Figure 1-20 : Superficie de la jachère par rapport à la SAUT exploitée.

En conclusion, il apparaît que la rareté de l’eau d’irrigation constitue la principale explication


de la faiblesse des superficies emblavées surtout en maraîchage et l’abandon de certaines
variétés sensibles au déficit hydrique. Mais en dehors du manque d’eau, d’autres facteurs
comme les pratiques culturales peuvent aussi affecter la productivité des cultures et causer la
perte de biodiversité.

1.3.1.2. Analyse des pratiques culturales et leur impact sur l’agrobiodiversité et la durabilité
des SPO

Analyse de la conduite des cultures


Les itinéraires techniques sont généralement les mêmes au niveau des exploitations agricoles
enquêtées. En effet, la presque totalité des agriculteurs n’applique pas les doses
recommandées en engrais et n’effectue pas de traitement phytosanitaire à cause de leurs
faibles revenus. Les agriculteurs utilisent généralement comme engrais de fond d’importantes
quantités de fumier produites dans l’exploitation et de l’engrais de type 14-28-14. L’urée
(46%) est utilisée comme engrais de couverture sauf pour la luzerne et la fève qui ne
nécessitent pas d’apport d’azote. Dans ce sens, il a été noté un manque de maîtrise du plan de
fumure avec une utilisation non raisonnée de l’engrais (la luzerne reçoit plus d’engrais qu’il
n’en faut, l’arrière fumure n’est pas toujours prise en compte).

Les semences sont achetées au marché local à des prix inférieurs à ceux pratiqués par le CMV
d’Aoufouss.

Par ailleurs, l’eau d’irrigation et la main d’œuvre salariée constituent aussi des charges très
coûteuses pour les systèmes de production traditionnels et intermédiaires. En effet, la plupart
des agriculteurs achètent l’eau des puits équipés de motopompe du fait de la rareté de l’eau et

91
des difficultés de gestion de l’eau au niveau des seguias. Par souci de rationalisation de
l’utilisation de l’eau dans la parcelle, les arbres ne sont pas irrigués directement mais profitent
des apports d’eau des cultures basses. Il en est de même pour la fertilisation, ce qui a un effet
direct sur la productivité des cultures. A propos de la main d’œuvre salariée, les systèmes de
production, dans l’ensemble, dépendent fortement de ce facteur à cause du vieillissement des
exploitants et de l’exode rural des jeunes. Les différentes opérations qui nécessitent plus de
main d’œuvre sont essentiellement la préparation du sol y compris la fertilisation de fond, le
semis, la pollinisation du palmier dattier, le désherbage manuel et la récolte (olivier, palmier
dattier, cultures basses). Il faut signaler aussi une perte notable de savoir-faire due à l’exode
rural de certains spécialistes de la pollinisation du palmier dattier, sélectionneurs traditionnels
des meilleures variétés et surtout des jeunes qui devaient assurer la relève.

Le travail du sol se fait rarement au tracteur à cause de l’état morcelé des parcelles et à la
cherté des tarifs de location. Il est pour la plupart effectué à l’aide de sape (outil traditionnel)
et consiste essentiellement à un retournement du sol après les récoltes, à un ameublissement
du sol juste avant les semis, suivi d’un nivellement et à la confection de planches pour les
cultures maraîchères. Ces travaux nécessitent généralement une main d’œuvre importante.

Parallèlement à ces conduites culturales de type traditionnel, il a été observé un certain degré
d’intensification au niveau des extensions modernes de la palmeraie où les agriculteurs
possèdent une certaine capacité financière pour l’approvisionnement en intrants, en aliments
de bétail et le recrutement de la main d’œuvre salariée.

Cependant, quelque soit le type de système de production, les conditions agroécologiques,


l’environnement socio-économique et le savoir-faire font que les itinéraires techniques ont un
impact sur l’agrobiodiversité et sur les revenus des agriculteurs.

Impact des pratiques culturales sur l’agrobiodiversité


L’analyse des conduites culturales a permis de faire ressortir des contraintes qui pèsent sur la
sauvegarde de l’agrobiodiversité dans la palmeraie. Les impacts évalués ont concerné les
principales cultures (palmier dattier, olivier, luzerne et blé tendre) qui reflètent largement le
mode de pratiques culturales chez les agriculteurs enquêtés. L’étude de ces impacts est
répertoriée dans les tableaux suivants :

92
Tableau 1-10 : Impact des conduites culturales du palmier dattier sur l’agrobiodiversité
Palmier Conduite culturale Observations Impacts sur l’agrobiodiversité
dattier
Renouvellement Dominance des rejets - Sélection des rejets des variétés de haute - Régression de la biodiversité (tendance à la disparition des variétés à faible
des plantations valeur commerciale mais sensibles au valeur commerciale et des variétés sensibles)
Bayoud
Plantations - Non maîtrise des techniques de - Pertes de jeunes rejets - Tendance à la disparition des variétés à faible nombre de rejets
plantations de rejets - Faible taux de reprise des rejets - Ombrage qui conduit à la réduction de la diversité spécifique et variétale
- Forte densité de - Difficulté dans les opérations (irrigation, des cultures basses
plantations (spontanées et rejets) pollinisation, récolte)
- Rejets non enlevés

Irrigation - Irrigation de type gravitaire - Pertes d’eau par infiltration et - Baisse de la nappe phréatique
évaporation - Augmentation de la salinité
- Propagation du Bayoud et autres - Réduction de l’agrobiodiversité (variétés sensibles à la sécheresse, à la
- Irrigation par pompage maladies fongiques salinité et au Bayoud)
- Augmentation du nombre de puits
Fertilisation Profite de la fertilisation des cultures Plan de fumure non maîtrisé - Diminution de la vigueur des arbres et potentiel génétique non exprimé
basses - Baisse de la productivité
Taille - Diminuer la densité du régime pour Concerne seulement les variétés de haute Préserver la durabilité de la productivité des variétés de haute valeur
avoir des dattes de gros calibre valeur commerciale commerciale
Traitement - Méthode de lutte traditionnelle Traitement limité aux variétés de haute Tendance à la régression de l’agrobiodiversité due aux maladies (Bayoud,
phytosanitaire (cendre, brûlure…) valeur commerciale Khamej)
Pollinisation - Pollinisation orientée vers une petite -Vieillissement des agriculteurs - Préserver la durabilité de la productivité de l’arbre
production (20 kg/pied) mais des expérimentés - Tendance à la disparition de certaines variétés de moindre qualité
dattes de gros calibre - Tendance à négliger la pollinisation de - Perte de savoir-faire local en matière de conservation de la biodiversité
- 6 pieds pollinisés par personne et par certaines variétés
jour - Recours à la main d’œuvre salariée
Récolte - Pertes de production et de la qualité - Forte densité de plantations Favorise les plantations spontanées
des dattes - Technique non appropriée

93
Tableau 1-11: Impact des conduites culturales de l’olivier sur l’agrobiodiversité
Olivier Conduite culturale Observations Impacts sur l’agrobiodiversité
Plantations - Forte densité de -Effets négatifs sur le développement - Disparition des espèces non tolérantes à l’ombrage
plantations et la productivité des cultures basses - Vieillissement du patrimoine oléicole
- Ombrage des parcelles - Abandon de parcelles
- Conflits sociaux
Taille - Tailles de rajeunissement et - Ombrage - Disparition des espèces non tolérantes à l’ombrage
d’entretien non pratiquées - Prolifération des ravageurs - Abandon de parcelles
- Difficultés de contrôle phytosanitaire - Conflits sociaux
- Productivité des arbres affectée
- Foyer de maladies et ravageurs
Irrigation - Irrigation de type gravitaire - Besoins en eau non contrôlés - Baisse de la nappe phréatique
- Profite de l’apport d’eau des - Forte compétition entre plantes - Augmentation de la salinité
cultures basses - Réduction de l’agrobiodiversité variétés sensibles à la sécheresse et
- Irrigation par pompage à la salinité
Fertilisation - Profite de la fertilisation des Plan de fumure non maîtrisé - Diminution de la vigueur des arbres et potentiel génétique non
cultures basses exprimé
- Baisse de la productivité
Traitement - Traitement phytosanitaire non -Dégâts causés par les ravageurs - Baisse de la productivité
phytosanitaire effectué (Psylle), mouche - Potentiel génétique de production des variétés non exprimé
- Chute de la production
Récolte - Gaulage - Faibles rendements - Baisse de la productivité des variétés
- Pertes de production (qualité) - Qualité de l’huile affectée - Potentiel génétique de production des variétés affecté
- Vigueur de l’arbre affectée

94
Tableau 1-12 : Impact des conduites culturales de la luzerne sur l’agrobiodiversité
Luzerne Conduite culturale Observations Impacts sur l’agrobiodiversité
Choix variétal - Choix variétal par rapport au - Difficultés dans l’identification des - Non valorisation des variétés locales
prix des semences variétés cultivées - Choix orienté vers les variétés introduites

Préparation du sol - Nivellement des parcelles à la - Difficulté de la mécanisation - Potentiel des variétés sous exploité à cause du mode de
et semis sape préparation du lit de semences
- Dose de semis 10 kg/ha
Fertilisation - Dominance de la formule 14-28- - Cherté des intrants - Non optimisation du potentiel de production des variétés
14 (250 kg) et - Plan de fumure non maîtrisé - Tendance à la disparition des variétés locales
-2,5 T de fumier - Non-exploitation du potentiel de
fixation d’azote de la luzerne
Irrigation - Fréquence d’irrigation : 2 heures - Non maîtrise des besoins des - Tendance à l’abandon des variétés sensibles à la sécheresse
tous les 15 jours cultures en eau - Gammes de Variétés adaptées (moins exigeantes en eau) cultivées
limitées
Traitement - Traitement phytosanitaire non - Dégâts importants des pucerons - Menace à la disparition de certaines variétés sensibles
phytosanitaire effectué - Régression de l’agrobiodiversité
Récolte - Rendement moyen 80 - Peut être amélioré - Non optimisation du potentiel de production des variétés
tonnes/ha/an (9 coupes/an)
Recommandations - Valorisation des variétés locales
- Faciliter l’accès au crédit
- Sensibilisation sur les méthodes de lutte biologiques (IPM)
- Sensibilisation sur les normes techniques de production

95
Tableau 1-13 : Impact des conduites culturales du blé tendre sur l’agrobiodiversité
Blé tendre Conduite culturale Observations Impacts sur l’agrobiodiversité
Choix variétal - Choix variétal par rapport au - Difficultés dans l’identification des - Tendance à l’utilisation de variétés introduites dans le marché
prix des semences variétés cultivées - Tendance à la substitution variété locale – variétés introduites

Préparation du sol - Nivellement des parcelles à la - Difficulté de la mécanisation - Potentiel des variétés sous exploité à cause du mode de
et semis sape préparation du lit de semences
- Dose de semis (35kg/ha)
Fertilisation - Dominance de la formule 14- - Cherté des intrants - Non-optimisation du potentiel de production des variétés
28-14 (80 kg/ha) - Plan de fumure non maîtrisé
- d’urée 46% (40 kg/ha)
- de fumier (1,8T/ha)
Désherbage - Manuel et se fait en fonction de - Opération généralement tardive - Rendement affecté (perte de 30% environ de la production)
l’importance des mauvaises
herbes
Irrigation - Fréquence d’irrigation : 2 - Non maîtrise des besoins en eau des - Tendance à l’abandon des variétés sensibles à la sécheresse
heures tous les 15 jours cultures - Gammes limitées de variétés adaptées (moins exigeantes en eau)
Traitement - Traitement phytosanitaire non - Baisse de la productivité des cultures - Menace à la disparition de certaines variétés sensibles
phytosanitaire effectué - Régression de l’agrobiodiversité
Récolte - Rendement moyen 1 tonne/ha - Faible productivité - Potentiel de production des variétés sous exploité
Recommandations - Valorisation des variétés locales
- Faciliter l’accès au crédit
- Sensibilisation sur les méthodes de lutte biologiques (IPM)
- Sensibilisation sur les normes techniques de production

96
1.3.2.Conclusion
L’analyse de l’impact des pratiques culturales sur l’agrobiodiversité interpelle la recherche
agronomique et tous les acteurs concernés par la question, à œuvrer ensemble dans un cadre
de partenariat pour la réhabilitation de la situation et la sauvegarde de ce qui existe.
1.3.3. Evaluation économique des cultures
Il est très difficile de calculer de façon précise la rentabilité d’une culture dans les systèmes de
production à cause de l’inexistence d’une comptabilité, du non-respect des itinéraires
techniques, de l’exiguïté des parcelles, de l’évaluation du coût de la main d’œuvre familiale,
de la fumure organique, de l’eau (distribuée pour toutes les cultures dans la parcelle), de
l’amortissement des équipements agricoles et de l’estimation du coût de la terre (souvent prise
en location). Le Tableau 1-14 montre un bénéfice brut des cultures de luzerne et de blé tendre
pour donner une idée sur les facteurs de production qui exigent généralement des dépenses au
niveau de l’exploitation. La main d’œuvre salariée constitue le facteur le plus important et qui
coûte plus cher aux agriculteurs à cause de l’exode rural massif des jeunes vers les grandes
villes.

Les résultats montrent que la culture de la luzerne est très intéressante pour les agriculteurs,
car elle génère une marge brute assez importante. Cela pourrait expliquer la dominance de
cette culture dans l’assolement. En outre, c’est la principale source fourragère de la palmeraie
et certains agriculteurs font de la luzerne uniquement pour la commercialisation. Pour ce qui
concerne le blé tendre, il dégage une marge négative due essentiellement à la faiblesse des
rendements par rapport à la forte demande en main d’œuvre salariée. C’est une grande
contrainte pour les agriculteurs dans la mesure où il est essentiellement destiné à la
consommation des ménages.

97
Tableau 1-14 : Evaluation économique des cultures
Charges Cultures Quantité Prix unitaire (Dh) Total charges (Dh)
Luzerne 250 kg 2,7 675
Engrais (kg/ha)
Blé tendre 100 kg et 50 kg urée 1,65 et 2,35 165 et 117,5
Luzerne 3500 kg 0 0
Fumier
Blé tendre 2300 kg 0 0
Semences Luzerne 37 kg 42,5 1572,5
(kg/ha) Blé tendre 131 kg 3 393
Luzerne 2 heures x 24 20 960
Irrigation
Blé tendre 2 heures x 12 20 480
Main d’œuvre Luzerne 6 hommes x 6 jours + 40 Dh/homme/jour ;
2640
salariée 4femmes x 12 jours 25Dh/femme/jour
Blé tendre 8 hommes x 10 jours 40 Dh/homme/jour 3200
Production Luzerne 80 000 0,5 40 000
(kg/ha) Blé tendre 1 000 3 3 000

Cultures Produit Charges variables (Dh) Marge brute (Dh)


total (Dh) Engrais Fumier Semences Produits Irrigation Main d’œuvre Total charges
(Dh) (Dh) (Dh) Phytosanitaires. (Dh) salariée (Dh) (Dh)
(Dh)
Luzerne 40 000 675 0 1572,5 0 960 2 640 5 847,5 34 152,5
Blé tendre 3 000 282,5 0 393 0 480 3 200 4 355,5 -1 355,5

98
1.3.4. Analyse des systèmes de production animale
Le cheptel est essentiellement composé d’ovins et de bovins (Figure 1-21). Les ovins, élevés
généralement par tous les agriculteurs, sont représentés par la race D’Man uniquement.
L’élevage est effectué à l’intérieur des maisons dans des bergeries.
Sur l’ensemble de l’échantillon, un effectif de 792 ovins D’Man et de 56 bovins composés de
races locales, de croisés et de pie noire a été recensé.
ovins bovins

reproductrices
jeunes
44% reproductrices jeunes
35%
48% 41%

géniteurs géniteurs
21% 11%

Figure 1-21 : Répartition des jeunes, géniteurs et reproductrices par espèce

Les différents types de sujet (jeunes, reproductrices et géniteurs) vivent dans un même local,
ce qui pose souvent des problèmes de consanguinité. Dans ce sens, l’ORMVA/TF a initié des
formations sur la conduite de l’élevage au niveau des coopératives d’élevage de la palmeraie.
Les résultats de ces actions ont permis de contrôler les mises-bas par rapport au potentiel de la
race et à la disponibilité des aliments.

Sur le plan des conduites sanitaires, il a été constaté que peu d’agriculteurs ont recours aux
soins vétérinaires et même dans ce cas, ils utilisent d’abord leurs propres remèdes. Cela a
comme conséquence un manque de valorisation du potentiel de production de la race D’Man
(2 agnelages par an avec 2 ou 3 par mise-bas).

1.3.4.1. Alimentation animale


Elle est essentiellement composée de la luzerne (69 %) (Figure 1-22). Les autres aliments
viennent surtout en complément durant les périodes de déficit alimentaire (calendrier
fourrager).
Le calendrier fourrager montre que les autres aliments (paille des céréales, déchets de dattes,
pulpe sèche des betteraves) sont distribués aux animaux surtout pendant la période de repos
végétatif de la luzerne.

son_ach_bet pal_ach_bet Psb_ach_bet


6% 7% 6%
Maïs_ach_bet
0%

Org_ach_bet
1%
Luz_ach_bet
5%
Pal_prod_bet
2%
Maïs_prod_bet Luz_Prod_bet
0% 69%
Dat_pro_bet
3%
Org_Prod_bet
1%
Figure 1-22 : Composition et proportion des aliments de bétail au cours de l’année

99
Calendrier 1 : Alimentaire du bétail
Oct. Nov. Dec. Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept.

Luzerne, maïs, orge, paille de blé

Luzerne séchée, maïs séché, déchets de dattes, pulpe sèche de betterave, paille de blé, d’orge, son acheté.

1.4. ROLE DE LA FEMME AU SEIN DES SYSTEMES DE PRODUCTION


La femme joue un rôle double dans la palmeraie d’Aoufouss. Son premier rôle est lié à
l’éducation, l’entretien et le bien-être de la famille à travers toutes les tâches domestiques
qu’elle réalise. Par ailleurs, elle a un rôle productif fondamental dans les systèmes de
production compte tenu de sa forte participation aux différentes activités agricoles en matière
de cultures et d’élevage. La quasi-totalité des exploitants enquêtés ont recours à une main
d’œuvre féminine tant familiale que salariée pour moult travaux agricoles. Malheureusement,
sa part dans la production est souvent sous-estimée et ignorée parce que rarement
comptabilisée.
Une étude réalisée par l’ORMVA/TF sur la femme rurale dans sa zone d’action
(ORMVA/TF, 1993) a révélé que :
• Plus de 80% des femmes participent aux travaux agricoles ;
• Environ 55% des femmes rurales sont âgées de moins de 40 ans ;
• Le budget temps journalier des femmes se répartit comme suit :
Travail domestique : 50 % ;
Travail au champ : 21 % ;
Travail lié à l’élevage : 19 % ;
Activités artisanales : 10 % ;
1.4.1.Travaux domestiques
Ces travaux sont communs à toutes les femmes quelque soit leur origine ethnique et
concernent toutes les tâches ménagères effectuées à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du
foyer, et qui sont nécessaires à l’entretien et au bien-être de la famille (Photo 1-10). Ils
consistent en :
• L’éducation des enfants ;
• La préparation de la nourriture ;
• L’approvisionnement en eau et en bois de feu;
• La lessive ;
• L’entretien du foyer ;
• Le stockage et la conservation des produits agricoles.

100
Photos 1-10 : Préparation du couscous par des femmes à B’laghma

Il est judicieux de noter que, dans la plupart des cas, les tâches ménagères sont confiées aux
jeunes filles et jeunes femmes du groupe familial, alors que les travaux réalisés à l’extérieur
de la maison sont pris en charge par les femmes âgées.

1.4.2. Travaux agricoles


Le degré de participation de la femme aux activités agricoles diffère selon l’origine ethnique.
L’enquête a révélé que la femme berbère est plus active ; son activité s’étend au travail
champêtre à la fois en tant qu’aide familiale et que main d’œuvre salariée. Par contre, la
femme arabe pour des raisons culturelles, n’est impliquée que dans les travaux réalisés à
l’intérieur de la maison tels que l’entretien du bétail et la transformation des produits.
Cependant, certaines catégories de femmes arabes, d’origine «H’ratin », pour des raisons
économiques, participent activement aux travaux agricoles.

Travaux champêtres
Les femmes, notamment chez les ethnies berbères, interviennent essentiellement à l’aval du
cycle de la production agricole, en l’occurrence au niveau de la récolte des produits. Par
contre, elles sont presque absentes pour les activités de labour, de semis et de fertilisation qui
sont entièrement prises en charge par les hommes. Au titre de travaux au champ, la femme
exécute les tâches suivantes :
• La récolte des cultures maraîchères ;
• La récolte des olives ;
• Le cueillette des dattes ;
• Le fauchage de la luzerne ;
• La moisson des céréales ;
• Le transport après récolte ;
• Le désherbage.

Cependant, les femmes appartenant aux ethnies arabes à l’égard des femmes berbères
prennent en charge, à l’intérieur de la maison, les tâches qui constituent un prolongement du
travail dans les champs. Ces tâches consistent au séchage de la luzerne (Photo 1-11), au tri, au
séchage et à la transformation des dattes, ajouté à cela la préparation de la nourriture pour les
ouvriers en saisons de labour et de récolte. Ce sont les femmes âgées qui, généralement,

101
prennent en charge les travaux agricoles effectués sur l'exploitation. Cependant, certaines
jeunes femmes exécutent ces travaux lorsqu'elles sont responsables de famille.

Photos 1-11 : Fauchage de la luzerne à Amelkis

Production animale
L’élevage est l’activité agricole principale à l’intérieur du foyer, commune à toutes les
femmes de la zone, quelque soit leur origine ethnique (Photo 1-12). Les travaux effectués à
cet effet sont :
• L’alimentation du bétail ;
• L’entretien des locaux ;
• La traite et le battage du lait ;
• L’abreuvement du bétail.

En matière d’élevage, il n’y a pas de répartition des tâches entre les différentes catégories
d’âge. Ces travaux sont exécutés par l’ensembles des femmes du ménage.

Photos 1-12 : Élevage de D’Man et cuniculture à Ouled-Chakeur

102
1.4.3. Travaux d’artisanat
Les travaux d’artisanat ne constituent pas une activité principale des femmes de la palmeraie
d’Aoufouss. Ces travaux ne sont pratiqués que par certaines femmes à des fins de
d’autoconsommation essentiellement, les débouchés de commercialisation étant limités. Les
femmes qui ont la possibilité de faire du commerce sont adhérentes à des coopératives de
production.

Les activités d’artisanat ne sont effectuées que pendant les temps libres lorsque toutes les
tâches quotidiennes, ménagères ou agricoles sont achevées. Compte tenu de la lourdeur et la
multiplicité de ces travaux, la femme ne dispose que de très peu de temps pour la pratique de
l’artisanat (Photo 1-13).

Photos 1-13 : Fabrication de couffins à Ksar Jdid

1.4.4. Calendrier journalier des femmes


Le calendrier journalier des femmes élaboré lors des entretiens avec deux groupe s de femmes
a permis de connaître leur emploi du temps et d’évaluer le poids des différentes tâches les
unes par rapport aux autres (Calendrier 2).

Le calendrier journalier des femmes a permis donc de faire ressortir la lourdeur des tâches
ménagères quotidiennes, à savoir l’approvisionnement en eau et en bois de feu ainsi que les
travaux agricoles qui sont l’entretien du bétail et la coupe de la luzerne. Les jeunes femmes
consacrent 15,5 heures par jour pour l’exécution de ces tâches pendant l’été et 14,5 heures
pendant l’hiver. Elles ne disposent donc que de très peu de temps pour l’exercice d’autres
activités telles que l’artisanat et les loisirs ou bien encore la participation à des activités
génératrices de revenus ou d’ordre socioculturel, à savoir la participation aux cours
d’alphabétisation dispensés par des associations locales. Lors de ces entretiens, les femmes
ont justement émis le désir de suivre les cours d’alphabétisation, mais la lourdeur des tâches
ménagères en est un obstacle.

103
Calendrier 2 : Calendrier journalier des femmes
Activités Femmes âgées Jeunes femmes Jeunes filles
été hiver été hiver été hiver
(h/j) (h/j) (h/j) (h/j) (h/j) (h/j)
Chercher de l’eau 2 1 2 1
Chercher du bois 2 2
Préparation de la nourriture 1,5 1,5 1,5 1,5
Nettoyage de la maison 1 1 1 1
Lessives 1 1
Education des enfants 2 2

Alimentation de bétail 3 3
Nettoyage des bergeries 1 1

Fauchage de la luzerne 3 3 3 3
Récolte des dattes 8 8
Récolte des olives 8 8
Récolte des légumes 1 1 1 1
Récolte des céréales 8 8

Triage des dattes


Transformation des dattes 8 8 8
Conservation des dattes 3 3 3
Conservation des olives 5 5 5
8 8 8
Tissage
Travail de la laine _ _ _ _ _ _
Autres travaux d’artisanat _ _ _ _ _ _
Loisirs _ _ _ _ _ _
- Télévision
- Rencontres entre femmes _ _ _ _ _ _
_ _ _ _ _ _

Total des taches quotidiennes 4 15,5 14.5 4,5 3,5

Les tâches quotidiennes sont l’approvisionnement en eau et en bois, la préparation de la nourriture, le nettoyage de la maison, l’éducation
des enfants, l’alimentation du bétail, le nettoyage des bergeries et le fauchage de la luzerne.

1.4.5. Rôle de la femme dans le processus de prise de décision


En dépit du rôle capital qu’elle assume tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du foyer, il ressort de
l’enquête que la femme semble totalement exclue du processus de prise de décision aussi bien
en matière de stratégie et de gestion de l’exploitation qu’au sein de la famille. La fonction de
chef d’exploitation revient exclusivement à l’homme, il s’agit généralement de l’époux ou du
fils aîné. Le chef de ménage qui est dans la plupart des cas chef d’exploitation exerce un
contrôle total sur les ressources économiques de l’exploitation et de la famille et en assure
leur répartition entre les différents membres dont il a la charge. La femme est parfois
propriétaire de ressources, à savoir la terre à travers l’héritage ou l’élevage, quand elle est
membre de coopérative, mais elle n’en assure ni la gestion ni le contrôle. Ses ressources font
partie des biens communs de la famille dont le chef de ménage détient le pouvoir de contrôle
et de décision.

Ces constats ont été confirmés à travers les entretiens effectués avec les agriculteurs ainsi
qu’avec les femmes qui estiment que la prise de décision ne fait pas partie des prérogatives de
la femme au sein de la famille. Les agriculteurs développent même une perception de
dévalorisation et de non reconnaissance du travail de la femme. A la question sur la
participation de la femme aux travaux agricoles, la majorité des agriculteurs estiment que sa
participation est nulle en disant que «les femmes ne font rien, elles ne savent que dormir».

104
Les hommes appartenant aux ethnies arabes développent une attitude défavorable au travail
de la femme à l’extérieur de la maison tout en négligeant l’importance du travail
indirectement productif qu’elle effectue à l’intérieur de la maison.

1.4.6. Promotion des femmes rurales


Compte tenu du rôle prépondérant que joue la femme rurale dans le développement agricole,
L’ORMVA/TF a entrepris plusieurs actions de promotion de la femme rurale au niveau de sa
zone d’action dont fait partie la palmeraie d’Aoufouss (ORMVA/TF, 2002). Ces actions sont
mises en œuvre suite aux constats et aux contraintes relevées à travers l’étude sus-citée
réalisée par l’office en 1993. Les contraintes relevées sont :

• 95% des femmes sont analphabètes ;


• La majorité des femmes sont confrontées à l’insuffisance des ressources financières ;
• La plupart des femmes n’ont pas accès à l’information et à la formation.

Les actions menées au profit des femmes rurales en vue de leur promotion et d’une meilleure
intégration au développement de la zone consistent à :

• L’implication et la participation de la population cible (femmes) ;


• La formation multidisciplinaire des vulgarisatrices ;
• L’information et la formation des femmes rurales ;
• La réalisation de petits projets générateurs de revenus par la création de coopératives
d’élevage et l’installation de jardins potagers en vue d’améliorer les revenus des
femmes bénéficiaires ;
• La coordination des activités et renforcement de l’esprit de partenariat avec les ONG
et les Délégations Provinciales.

La coopérative féminine d’élevage D’Man "El Waha" est une des actions mises en œuvre par
l’ORMVA/TF dans une perspective de promotion de la femme dans la palmeraie d’Aoufouss.
Créée en 1995 initialement pour l’amélioration de la situation économique des femmes sans
revenus, particulièrement les veuves, les divorcées et autres femmes démunies, cette
coopérative compte actuellement 68 adhérentes.

L’ORMVA/TF remet à chaque adhérente deux têtes de D’Man et une ration d’aliments pour
le premier mois. Aussi, les femmes bénéficiaires suivent-elles une initiation sur les conduites
d’élevage organisée par les vulgarisatrices de l’Office. L’entretien effectué avec la présidente
de la coopérative et certaines adhérentes a permis de mettre en évidence l’impact de la
coopérative sur les femmes adhérentes. Certaines, notamment les veuves, estiment que leur
adhésion à la coopérative leur a donné l’opportunité d’accéder aux ressources et d’en disposer
librement. Par conséquent, ceci leur a permis d’avoir une source de revenus. Par contre,
certaines femmes mariées adhérentes, ont déclaré qu’elles ne disposent pas de pouvoir de
décision ni d’autonomie quant à la gestion de leur bétail qui est, généralement, géré par
l’époux ou le beau-père.

Concernant les contraintes qui entravent l’exercice de leur activité d’élevage, les adhérentes
interviewées évoquent particulièrement la cherté de l’aliment de bétail. Aussi, souhaiteraient-
elles bénéficier de subventions en la matière.

105
1.4.7. Contraintes liées à la promotion de la femme
Les entretiens effectués avec les femmes ont permis de déceler un ensemble de contraintes
freinant la promotion de la femme, ceci en dépit des efforts déployés en la matière par les
pouvoirs publics ainsi que par les associations qui s'activent au niveau de la palmeraie. Ces
contraintes peuvent être résumées à :

• Faible accès aux ressources. Rarement les femmes sont propriétaires de la terre ou
d’autres ressources, et quand elles le sont, elles ne disposent pas du pouvoir de
contrôle sur la ressource. Par conséquent, elles sont marginalisées par rapport aux
activités génératrices de revenus ;
• Manque, voire absence, de structures de formation et d’apprentissage de proximité ;
• L’éloignement des ksour du centre d’Aoufouss et le coût jugé élevé de
transport entravent l’accès des femmes aux structures d’encadrement et de
développement existantes ;
• Manque d’information et de sensibilisation des femmes sur la nécessité de s’organiser
en associations ou en coopératives autour d’activités génératrices de revenus ;
• Non prise en compte des besoins spécifiques des femmes.

1.4.8. Attentes des femmes


Eu égard aux contraintes qui s’opposent à leur promotion, les femmes rencontrées lors du
focus group ont exprimé un ensemble de besoins qu’elles souhaiteraient voir satisfaire :
• Multiplication des coopératives d’élevage ovin, cunicole et création de coopératives
apicoles en vue de permettre à un nombre de femmes plus large d’y adhérer et
d’améliorer leur revenus ;
• Création de centre de formation et d’apprentissage de proximité pour les jeunes filles ;
• Subventions et renforcement des moyens des associations d’alphabétisation afin
qu’elles puissent s’acquitter pleinement de leur rôle ;
• Création d’associations ou coopératives de production artisanale et de transformation
pour la valorisation de leur savoir-faire ;
• Développement de créneaux de commercialisation des produits d’artisanat ;
• Raccordement des ksour aux réseaux d’eau potable en vue d’alléger les femmes de la
tâche d’approvisionnement en eau qui est considérée comme une véritable corvée en
raison de sa lourdeur et du temps important qui y est consacré ;
• Allègement des tâches ménagères pour pouvoir se libérer pour d’autres activités
génératrices de revenus et suivre régulièrement les programmes d’alphabétisation.

1.5. ANALYSE DES STRATEGIES DES AGRICULTEURS DE L’OASIS


Face aux changements qu’a connus la palmeraie et aux menaces qui pèsent sur la durabilité
des systèmes de production oasiens, on s’interroge sur les stratégies des agriculteurs, leurs
comportements et leurs visions. Les exemples des stratégies contenues dans la matrice
suivante montrent que les agriculteurs ont un savoir-faire et sont disposés à adopter de
nouvelles technologies et connaissances pouvant contribuer à stabiliser les productions sans
compromettre l’avenir.

106
Tableau 1-15 : Matrice des stratégies générales des agriculteurs dans la palmeraie d’Aoufouss
Stratégies des agriculteurs Raisons recensées Effets sur la conservation de l’agrobiodiversité
Positifs Négatifs
Système de cultures très intensif à trois étages : - Rareté des terres arables - Des techniques culturales non respectées
palmier dattier, olivier et cultures sous-jacentes - Forte pression démographique - Parcelles délaissées pour cause d’héritiers nombreux
- Héritiers d’exploitation nombreux - Multiplication in situ de cultures - Exode rural par manque de terres cultivables
- Morcellement poussé des
exploitations agricoles
- Introduction de nouvelles cultures
(maraîchères et le henné)
Utilisation rationnelle de l’eau d’irrigation - Rareté de l’eau - Economie de l’eau - Importante perte d’eau d’irrigation par exposition des planches et
disponible par : cuvettes aux rayons intenses du soleil
- Aménagement des planches pour les
cultures des cuvettes pour l’arboriculture
- Aménagement des seguias et introduction de
la tuyauterie dan les exploitations modernes

Le désherbage tardif et manuel des céréales - Fourrage - Alimentation des troupeaux - L’agriculteur peut perdre jusqu’à 30% du rendement final
Orientation vers les cultures sélectionnées - Force du marché - L’agriculteur entretient mieux ses - L’agriculteur s’intéresse moins aux cultures à faible valeur
dominées par les variétés à forte valeur - Amélioration des revenus des cultures à valeur commerciale élevée commerciale
commerciale (palmier dattier , céréales) agriculteurs - Amélioration des revenus - Réduction de la diversité génétique (abandon de certaines espèces et
- Possibilité d’investissement dans variétés)
d’autres cultures - Détérioration de la biodiversité spécifique et variétale
(spécialisation)
Association agriculture/élevage (stratégie - Besoin de diversifier les sources de - Amélioration de la fertilité des parcelles - Cette association peut se révéler d’aucun avantage important, ni pour
généralisée) revenus - Amélioration des rendements agricoles l’agrobiodiversité, ni pour l’agriculteur si ce dernier n’accepte pas les
- Besoin d’engrais organique pour - Amélioration des revenus sacrifices en soin et en temps qui s’imposent.
fertiliser les parcelles - Moyen d’augmenter les investissements
agricoles
Association agriculture/artisanat - Besoin de diversifier les sources - Valorisation des produits et sous- - Cette association peut se révéler d’aucun avantage important, ni pour
de revenus produits végétaux et animaux l’agrobiodiversité, ni pour l’agriculteur s’il y a absence d’un marché
- Amélioration des revenus demandeur valorisant les produits artisanaux fabriqués
- Moyen d'investir davantage dans
l’agriculture
Diversification des activités extra-agricoles - Insuffisance des revenus agricoles - Amélioration des revenus - Exode de la main d’œuvre spécialisée
- Emploi agricole saisonnier - Financement des investissements
agricoles
Orientation des ressources disponibles vers les - Manque de ressources en eau - Sauvegarde du patrimoine génétique - Dégradation de la biodiversité spécifique et variétale
cultures vivrières des cultures vivrières
Orientation vers les cultures de rente - Détérioration des revenus - Amélioration des revenus - Détérioration de la biodiversité spécifique et variétale
- Possibilité d’investissement dans (spécialisation)
d’autres cultures

107
L’équipe-chercheurs a donc observé et analysé les stratégies des agriculteurs de l’oasis et en a
dégagé les effets sur la conservation et la durabilité des systèmes de production oasiens. Les
résultats des analyses se présentent comme suit :

Les agriculteurs de l’oasis pratiquent un système de culture très intensif à trois étages :
palmier dattier, olivier et cultures sous-jacentes. Cette stratégie agricole s’explique par la
rareté des terres arables ; la forte pression démographique exercée sur la terre ; le
morcellement poussé des parcelles et de nombreux cas de délaissement de ces dernières dans
la palmeraie. C’est une stratégie agricole favorable à la sauvegarde des patrimoines
génétiques des espèces et variétés cultivées. Cependant sa durabilité peu être remise en cause
par le caractère très intensif non respectueux des normes de techniques culturales. Un autre
cas défavorable à l’agrobiodiversité est l’exode rural lié à la rareté des terres arables ;

La pratique d’une agriculture orientée vers les cultures sélectionnées dominées par les
variétés à forte valeur commerciale. Laquelle stratégie s’explique par la force du marché et de
l’amélioration des revenus. Son effet positif sur la conservation de l’agrobiodiversité est que
les cultures à forte valeur commerciale sont mieux suivies et entretenues par l’agriculteur ;
leurs patrimoines génétiques sont mieux conservés. L’inconvénient de la stratégie est qu’elle
menace la conservation et la durabilité des patrimoines génétiques des espèces et variétés de
cultures jugées à faible valeur commerciale ;

L’association agriculture-élevage qui tend à se généraliser s’explique par le besoin de


l’agriculteur de diversifier ses sources de revenus et, par le besoin d’engrais organiques
d’origine animale pour fertiliser les parcelles. Cette stratégie permet donc à l’agriculteur
d’améliorer ses rendements agricoles, ses revenus et de mobiliser plus d’investissements dans
l’agriculture du fait que l’élevage constitue une épargne et une garantie de la trésorerie. Cette
association d’activité est donc très favorable à la conservation et la durabilité des patrimoines
génétiques des espèces et variétés végétales ou animales. Cependant, elle peut n’être d’aucun
gain à l’agriculteur, si ce dernier n’accepte pas les soins et sacrifices de temps qui
s’imposent ;

L’association agriculture-artisanat constitue une autre stratégie de l’agriculteur pour


améliorer ses revenus ; elle permet la valorisation des produits et sous-produits agricoles ou
d’élevage. Elle peut stimuler la production, la conservation des patrimoines génétiques des
espèces végétales et animales. Cependant, l’agriculteur doit accepter le sacrifice de temps
qu’exige cette association d’activités, au risque de perdre les avantages non seulement pour
lui, mais aussi pour la conservation et la durabilité de cette agrobiodiversité oasienne ;

La diversification des activités extra-agricoles est une stratégie qui s’explique par un
emploi agricole saisonnier aux revenus insuffisants. Elle peut permettre à l’agriculteur de
disposer et d’augmenter ses investissements dans l’agriculture. Ce qui dans ce cas serait
favorable à la conservation et à la durabilité de l’agrobiodiversité oasienne. Mais ce qui serait
défavorable à l’agrobiodiversité est que ce secteur d’activités primaires soit abandonné par
l’agriculteur au profit des activités extra-agricoles qui lui procurent des revenus plus
intéressants ;

L’orientation des ressources disponibles vers les cultures vivrières s’explique par le
manque de ressources en eau et un marché vivrier toujours disponible. Cette pratique participe
à la sauvegarde des patrimoines génétiques des cultures vivrières ; mais détériore la
biodiversité spécifique et variétale ;

108
L’orientation vers les cultures marchandes est imposée par la détérioration des revenus
des agriculteurs. Cette stratégie donne à l’agriculteur la possibilité d’améliorer ses revenus.
Cependant, elle entraîne également la détérioration de la biodiversité spécifique et variétale
(risque de spécialisation).

En somme, les choix stratégiques des agriculteurs de l’oasis découlent des contraintes liées à
l’accès à la terre et à l’eau ; la demande du marché et le souci de l’agriculteur d’améliorer ses
revenus, son niveau de vie et celui de sa famille. Alors, pour que la conservation et la
durabilité de cet écosystème oasien soit durablement préservé, il faut : un environnement qui
améliore l’accès de l’agriculteur aux facteurs de production ; un marché agricole très
diversifié qui valorise les produits de l’agriculteur, lui assure l’amélioration de ses revenus et
de ses conditions de vie.

109
CHAPITRE II : VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX
ET ANIMAUX

La valorisation des produits et des sous-produits, dans la palmeraie d’Aoufouss, est un élément
fondamental dans l’amélioration des revenus des agriculteurs en particulier et de la population en
général. Elle consiste essentiellement en la commercialisation des produits, la transformation
pour l’autoconsommation et l’utilisation des sous-produits à des fins diverses. Cependant, les
produits valorisés sont peu nombreux ; le palmier dattier en constitue l’essentiel et il est à
l’origine de la plus grande part des revenus des agriculteurs.

2.1. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX


2.1.1. Valorisation des produits végétaux
Il a été constaté à travers l’enquête que les produits et sous-produits végétaux sont les plus
valorisés, soit par la commercialisation soit par leur utilisation à d’autres fins. C’est le palmier
dattier qui constitue la source principale de sous-produits valorisés. En effet pour les produits
végétaux, les types de valorisation suivants ont été recensés :

• Commercialisation des dattes de bonne qualité dans des boîtes en carton ou en bois ;
• Transformation des dattes molles en pâte : El-maâjoun ;
• Réhumidification des dattes sèches et leur conservation ;
• Transformation des olives en huile et en olives de tables ;
• Transformation et conservation de la tomate.

2.1.2. Valorisation des sous-produits végétaux


La valorisation des sous-produits végétaux, dans la palmeraie d’Aoufouss, se traduit par leur
commercialisation à l’état naturel et par leur utilisation aux fins citées ci-dessous. Leur
transformation en produits d’artisanat est très peu pratiquée par les familles des agriculteurs
enquêtés. Les produits issus des activités artisanales (paniers, tapis, zenbil, etc.), bien qu’encore
existants, sont selon les agriculteurs en voie de disparition, en raison de la concurrence des
produits manufacturés et de l’absence de transfert de savoir-faire. Les différentes formes de
valorisation existantes sont les suivantes :

• Vente des palmes de dattiers et les restes des régimes égrappés ;


• Utilisation des palmes dans la fabrication de nattes et de paniers ;
• Utilisation des rafles de dattier dans la fabrication de corbeilles ;
• Utilisation comme combustible des restes des régimes égrappés, des palmes, des troncs de
palmiers atteints, du bois d’olivier ainsi que des noyaux issus de la triture des olives ;
• Utilisation des troncs de palmier pour la toiture des constructions locales ;
• Utilisation du son et de la paille pour la consommation animale ainsi que pour la
commercialisation ;
• Utilisation des feuilles d’olivier pour la consommation animale ;
• Utilisation des troncs d’oliviers comme kanoun;
• Utilisation des gousses de fèves pour l’alimentation animale.

110
2.2. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ANIMAUX
2.2.1. Valorisation des sous-produits animaux
Les seuls sous-produits animaux qui font l’objet de valorisation au niveau de la palmeraie sont la
vente et l’utilisation de la laine de D’Man comme matière première pour le tissage et la
production de petit lait, de beurre et de beurre rance pour l’autoconsommation.

2.3. ACTIONS DE PROMOTION ET DE VALORISATIONS DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS


L’association "Ain El Atti pour le Développement et la Protection de l’Environnement" figure
parmi les organisations qui œuvrent en matière de développement. Cette association a procédé à
la création en 2001 d’une coopérative "El Amal" pour la valorisation des sous-produits du
palmier dattier à travers la fabrication de couffins à base de palmes (Photo 14). La coopérative
compte 111 adhérents dont 39 femmes. La production de la coopérative est achetée, par le bais
d’une convention de l’ordre de 10.000 couffins par an, par la Fondation Mohamed V à raison de
20 Dh/ unité. Ce chiffre est porté à 20.000 unités pour l’année 2004 en cours. Les droits
d’adhésion à la coopérative sont totalement pris en charge par l’association "Ain El Atti". La
création de cette coopérative répond à un double objectif :

• L’amélioration des revenus des adhérents par l’offre de débouchées régulières ;


• La redynamisation et la promotion de l’artisanat traditionnel local et la valorisation des
sous-produits du palmier dattier en tenant compte de normes de protection de
l’environnement ; la convention exige la non utilisation de palmes jeunes.
• L’approvisionnement en palmes est effectué par les agriculteurs au niveau de leur propre
exploitation ou achetées à 0,5 Dh la palme. La fabrication d’un couffin nécessite 5 à 6
palmes (J’rid) et une journée de travail à plein temps.

Un entretien a eu lieu avec des adhérents et adhérentes de la coopérative en vue de déceler les
contraintes et atouts de cette dernière. Parmi les contraintes soulevées :

• Les retards de paiement en raison des lourdeurs des formalités administratives ;


• Faible rémunération (20 Dh/Couffin/jour) notamment lorsque les palmes sont achetées;
• L’atout majeur que présente la coopérative est la régularité de la commercialisation des
produits fabriqués et l’assurance des revenus des adhérents et adhérentes, en particulier
les femmes veuves et divorcées, en dépit du retard de paiement ;
• La contribution à la préservation des savoir-faire locaux et leur transfert aux jeunes
générations, sachant que tous les membres de la famille participent à l’activité.

En dehors du travail effectué pour le compte de la coopérative, les adhérentes et les femmes
d’adhérents rencontrées fabriquent également des paniers à pain (l’amkeb), des corbeilles et des
plateaux à base de rafles effilées. Ces produits sont commandés pendant l’été par les mariées
pour leur trousseau. Dans certains cas, ils sont vendus à un collecteur qui fait le porte à porte pour
les revendre dans d’autres régions (Rissani, Meknès et Casablanca).

111
Photo 14 : Lieu de stockage des couffins : siège de l’association

2.4. DESTINATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS VEGETAUX


2.4.1. Destination des produits végétaux
Palmier dattier
• Destination des dattes
Les dattes constituent le premier produit agricole commercialisé dans la palmeraie d’Aoufouss.
Ce produit représente la source principale de revenus des agriculteurs. Les dattes permettent à ces
derniers non seulement de subvenir à leurs besoins vitaux mais aussi à financer l’installation des
autres cultures basses.
C’est ainsi que les agriculteurs consacrent plus de 87 % de la production totale à la
commercialisation, contre 10 % pour l’autoconsommation et 3 % pour l’alimentation animale. Ce
sont les variétés de dattes à haute valeur commerciale qui sont les plus concernées (Mejhoul,
Khalt Ben Aïssa, Bousserdoun) Celles-ci sont presque totalement destinées à la
commercialisation (Figure 2-1).

100%

80%

60%

40%

20%

0%
I II III IV V
Groupes
Vente Auto-Conso. Conso. Anim

Figure 2-1 : Destination des dattes dans la palmeraie d’Aoufouss

112
La variété Mejhoul jugée de première qualité est commercialisée à hauteur de 95 % pour sa
demande sur le marché ainsi que pour son prix élevé. 52 % des agriculteurs ont déclaré vendre
toute la production de cette variété. L’autoconsommation ne représente qu’une faible proportion
avec 5 %. La part autoconsommée est réservée comme offrande aux autres membres de la famille
ou à des amis. Il est à noter que la variété Mejhoul ne fait l’objet d’aucune transformation.

Ce sont les Khalts dites molles qui sont les plus destinées à l’autoconsommation dans des
proportions variant de 35 % à 46 %. Elles sont consommées directement en l’état naturel ou après
transformation. Les dattes transformées constituent aussi un stock commercialisable en cas de
besoins.

L’analyse des résultats selon les sites révèle que peu de différences sont enregistrées en matière
de destination des dattes. Les quatre sites présentent quasiment la même tendance à la
commercialisation, notamment en ce qui concerne les variétés de haute valeur commerciale. Le
Majhoul est commercialisé dans les sites de Haut R’teb (Site 1), Moyen R’teb (Site 2), Zriguate
(Site 3) et Bas R’teb (Site 4) à raison respectivement de 91 %, 97 %, 92 % et 98 %. Cependant,
des différences remarquables sont enregistrées concernant Ras Lahmar et Khalt Zahra. C’est au
niveau du Site 3 que Ras Lahmar est plus destiné à l’autoconsommation avec un taux de 24%,
alors que dans les autres sites elle est entièrement vendue. Quant à Khalt Zahra, elle est
autoconsommée en quantité plus importante (43%) au niveau du Site 4 (Tableau 2-1 - Annexe
III). La préférence des agriculteurs pour la vente de l’essentiel de la production tiendrait à la
baisse de leurs revenus, engendrée par la dégradation de la production dattière en particulier et de
la production agricole en général. Il est à signaler que les agriculteurs n'utilisent pour leur propre
consommation que les dattes de moyenne, voire de très mauvaise qualité.

En ce qui concerne les pertes, les agriculteurs ont déclaré qu’ils enregistraient des pertes
importantes au cours de la maturation. Ces pertes sont dues, essentiellement, à la présence de
touffes et à l’égrappage des dattes au cours de la maturation. Sur régime, la maturation des dattes
est hétérogène, les dattes mûres sont détachées naturellement et tombent dans la touffe ou
écrasées par terre. Cependant, il est à signaler qu’il a été très difficile de mesurer ces pertes en
raison de l’incapacité des agriculteurs d’évaluer leur volume. D’après Chetto (2003) cette part est
de 0,1% de la production totale. Il s’agit principalement de dattes fermentées, de dattes
parthénocarpiques (khassiane) et de dattes attaquées par les ravageurs.

Mode de vente
Il y a lieu de distinguer deux principaux modes de vente dans la palmeraie d’Aoufouss : la vente
sur pied et la vente après récolte. La vente sur pieds ne concerne pas uniquement les variétés dites
de haute valeur commerciale, mais également les autres variétés y compris les Khalt. Les variétés
qui font plus l’objet de ce mode de vente sont le Majhoul, Khalt Ben Aissa, Boufeggouss,
Boucerdoune, Bouskri et Bid Djaj. La vente sur pied est effectuée, généralement, à un stade
précoce10 pour les raisons suivantes :
• Le risque de vol auquel est exposée la variété incite le producteur à opter pour ce mode de
vente. L’acheteur, dans ce cas, prend en charge la surveillance des palmiers ;

10
La vente sur pied commence selon les déclarations des agriculteurs au mois d’août alors que la récolte est
effectuée à partir du mois de septembre.

113
• La non maîtrise des techniques de récolte engendre la détérioration de la qualité de la
datte et par conséquent la baisse de son prix de vente ;
• La rareté et le coût élevé de la main d’œuvre spécialisée en matière de récolte ;
• La recherche de recettes pour la rémunération de la main d’œuvre recrutée pour la récolte
des autres dattes ainsi que pour le financement de la campagne des autres cultures.

Par contre, la vente après triage permet de sélectionner les dattes de bonne qualité qui sont
destinées à la commercialisation ; celles de mauvaise qualité sont soit destinées à l’auto-
consommation, à la transformation ou à l’alimentation animale, dans certains cas, elles sont
vendues mais à des prix dérisoires. La vente des dattes triées est effectuée soit directement sur
exploitation, soit sur le marché par l’agriculteur (Tableau 2-2 – Annexe III).

• Lieu de vente des dattes


La plus grande partie de la production de variétés et de Khalts (82 %) est vendue sur le marché
local, en l’occurrence, Aoufouss et Zrigate (Figure 2-2). 17 % et 1 % sont commercialisées
respectivement sur les marchés national et régional. Les agriculteurs semblent privilégier la vente
sur le marché local en raison de l’insuffisance d’unités de transformation et de conditionnement
des dattes ainsi que par manque de moyens de transport. Les variétés qui font l’objet de vente en
dehors d’Aoufouss, sont le Majhoul avec une proportion de 15 % commercialisées au niveau
national, particulièrement à Fès et Meknès et une part de 10 % vendue au niveau régional
(Erfoud, Rissani et Rich). El Hamra trouve des débouchés au niveau régional et national dans des
proportions respectives de 14 % et 29 %. Belahzit, Safrania, Boucham, Khalt Zahra et Kerchawa
sont vendues à hauteur de 50 % au niveau des marchés local et national (Tableau 2-3 – Annexe
III).

National
17%
Local
82%

Régional
1%

Local Régional National

Figure 2-2 : Lieu de vente des différentes variétés de datte dans la palmeraie d’Aoufouss

• Prix de vente des dattes


Cinq groupes de dattes selon les prix de production déclarés par les agriculteurs sont distingués
dans la palmeraie d’Aoufouss. Le premier groupe concerne les variétés à prix élevés, variant de

114
24 à 47 Dh. Ce groupe englobe le Majhoul qui présente le prix moyen le plus élevé (47 Dh) mais
avec un écart considérable de 90 Dh (un minimum de 10 Dh et un maximum de 100 Dh), Khalt
Ben Aissa (30 Dh) et Boufeggouss (24 Dh). Le deuxième groupe englobe les variétés de Khadra,
Intifit et Boucerdoune dont les prix varient de 17 à 20 Dh (Tableau 2-4 – Annexe III). Les autres
groupes se présentent comme suit :
• Les prix varient de 12 à 15 Dh et concernent entre autres Ighefinderou, Kerchawa et
Hafs ;
• Les prix varient de 6 à 10 Dh et concernent à titre d’exemple Bousekri et Ras lahmar ;
• Les prix varient de 2 à 5 Dh et regroupent particulièrement les Khalts molles, les Khalts
demi-molles et les Khalts sèches.

Il ressort de l’examen des prix par site que les prix moyens sont relativement homogènes. Les
seules différences existant sont enregistrées au niveau des valeurs des prix minimales et
maximales. Le Majhoul illustre ce constat ; son prix maximum varie de 60 ( Site 4) à 100 Dh
(Site 1).

L’olivier
• Destination du produit
Dans la palmeraie d’Aoufouss, les olives occupent le deuxième rang de la production fruitière après
les dattes. Généralement, la production d’olive est destinée à l’autoconsommation après sa
transformation en huile de table. Elle représente la première source de graisse d’origine végétale
produite et consommée par la population locale. Près d’un quart (17 %) de la production totale des
olives est commercialisée dont 12 % à l’état naturel et 5 % après transformation. Parmi les 83 %
destinées à l’autoconsommation, 5 % sont transformées en olives de table (Figure 2-3). La
trituration des olives est réalisée dans des moulins traditionnels (mâasra) possédés par certains
agriculteurs de la palmeraie.

100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
1 2 3 4 Echant.
Sites
Auto-consommation d'olives Vente d'olives Vente d'huile

Figure 2-3 : Destination des olives dans la palmeraie d’Aoufouss

115
• Prix de vente
Les prix de vente des olives et de l’huile d'olives sont quasiment homogènes dans la palmeraie et
ne varient que très peu d’un site à l’autre. Le prix des olives à l’état naturel est de l’ordre de 3
Dh/kg et celui de l’huile est de 20 Dh/l. (Tableau 2-5 – Annexe III) .

Cultures basses
• Cultures fourragères
Les cultures les plus répandues sont la luzerne, la fève, l’orge, le maïs et le sorgho qui a été
introduit récemment. Cependant, la luzerne constitue l’alimentation animale de base. Elle est
consommée verte pendant toute l’année sauf les trois mois d’hivernage où elle est donnée sèche.
Ces cultures fourragères sont totalement destinées à la consommation des animaux des
producteurs mêmes. Très peu d’excédents de production sont enregistrés en raison des faibles
rendements et des superficies restreintes que les cultures fourragères occupent. Pour remédier à
l’insuffisance des quantités produites, les agriculteurs complètent l’alimentation de leur bétail par
l’achat de pulpe sèche de betterave, de son, d’orge et de paille. Par contre, les agriculteurs ne
pratiquant pas d’élevage vendent leur production fourragère sur le marché local ou régional
garantissant, ainsi, des revenus complémentaires.

• Produits maraîchers
Il s’agit là essentiellement de cultures vivrières ; de ce fait elles sont totalement destinées à la
consommation familiale. Rares sont les cas où les agriculteurs procèdent à la vente de ces
produits. Les excédents de production qui peuvent être commercialisés sont exceptionnels, car
ces cultures sont peu pratiquées où elles occupent des superficies restreintes. Ces ventes sont
effectuées sur le marché d’Aoufouss.

2.4.2. Destination des sous-produits végétaux


Palmier dattier
Les seuls sous-produits du palmier dattier commercialisés sans subir de transformation sont les
palmes du dattier (El-jarid) et les régimes égrappés (El-ziwan). Les palmes sont vendues en
grande partie à des entrepreneurs privés pour la fixation des dunes. Les restes de régimes
égrappés ainsi que les palmes sont utilisés comme combustible par les ménages.

Les troncs du palmier lorsqu’ils sont sains, c’est-à-dire non atteints par des maladies, sont utilisés
pour la toiture des constructions traditionnelles locales et comme combustible lorsqu’ils sont
malades.

Les rejets de palmiers dattiers notamment ceux des palmiers à haute valeur commerciale font
aussi l’objet de commercialisation. Ces derniers en raison de la forte demande et de la qualité de
leur produit sont vendus à des prix plus élevés que les autres variétés (Tableau 2-1) ; à titre
indicatif, le prix d’un rejet de Mejhoul varie de 150 à 300 Dh.

116
Tableau 2-1 : Prix de rejet par variété selon les déclarations des agriculteurs
Variété Prix en Dh
Mejhoul 150 – 300
Boufeggous 100
Boucerdoune 100 - 125
Bouslikhène 50
Khalt zahra 40
Khalt demi-molle 25 - 30
Khalt molle 30
Khalt sèche 10
Source : Equipe ICRA- 2004

Autres sous-produits
En dehors du palmier dattier, peu de sous-produits végétaux sont commercialisés. Il s’agit
essentiellement du bois d’oliviers et des résidus de mouture des olives. La plus grande part est
auto-consommée comme combustible.

2.5. DESTINATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS ANIMAUX


2.5.1 Destination des produits animaux
Elevage
En dépit de la taille réduite du cheptel dont disposent les agriculteurs, en moyenne 9 têtes d’ovins
et 2 têtes de bovins, l’élevage constitue à la fois une activité d’appoint et un capital pour les
agriculteurs dans la mesure où il représente une garantie de leur trésorerie. En effet, le recours à
la vente du bétail, notamment d’ovins, se fait en général dans deux cas :

• A l’occasion de la fête de l’Aid El Adha (la fête du sacrifice) où les prix sont
particulièrement élevés en raison de la forte demande durant cette période ;
• En cas de nécessité de moyens financiers soit pour faire face aux besoins de la famille,
soit pour la couverture des frais engendrés par les différentes opérations culturales.

En ce qui concerne l’élevage bovin, la plupart des agriculteurs ont déclaré recourir à la vente des
bovins en vue d’alléger les frais liés à l’alimentation animale.

Pour ce qui est des quantités vendues, celles-ci n’excèdent pas le nombre de 2 têtes par an pour
l’ovin et de 0,4 tête pour le bovin. Selon les sites, ce sont le Haut R’teb et Zrigate où le bétail est
plus destiné à la vente avec une moyenne de 2,7 têtes par an et par agriculteur pour l’ovin et
respectivement 0,6 et 0,4 tête pour le bovin (Figure 2-4).

L’autoconsommation animale ne concerne que l’ovin et n’a lieu qu’à l’occasion de l’Aid El Adha.
Les agriculteurs n'ont recours à l’abattage de moutons en dehors de l’Aid El Adha qu’à l’occasion
de certaines fêtes familiales telles que le mariage, le pèlerinage et le baptême (S’bouâe). Cette
autoconsommation représente en moyenne 1,6 têtes par an et par agriculteur. Le taux
d’autoconsommation le plus élevé est enregistré au niveau du site de Haut R'teb avec 3 têtes par
an et par agriculteur.

117
3.5

3.0

2.5

Nbre de têtes
2.0

1.5

1.0

0.5

0.0
S1 S2 S3 S4 Echan.
Sites
Vendues Auto consommées

Figure 2-4 : Destination des ovins par site


• Mode de vente
Généralement, la vente des ovins est effectuée sur le marché local (48 %) en l’occurrence
Aoufouss et Zrigate. Par contre, 13 % des ventes ont lieu en dehors des limites de la palmeraie
d’Aoufouss, notamment sur le marché de Rich.

Les exploitants du Site 1 semblent privilégier la vente sur exploitation. Cela pourrait s'expliquer
par l’absence de marché au niveau du site et par l’éloignement des autres souks de la zone,
contrairement aux autres sites qui sont proches des marché d’Aoufouss et de Zrigate (Figure 2-5
a).

Pour ce qui est du bovin, les agriculteurs privilégient la vente sur exploitation (89 %) en raison du
coût élevé de transport et de la modicité l’effectif vendu. Cependant, certains agriculteurs (11 %)
fréquentent le marché de Rich pour la vente des bovins en raison des prix plus rémunérateurs qui
y sont pratiqués. Pour ce cas, c’est le site 1 qui fait l’exception où 25 % des bovins sont vendus
sur le marché régional, à savoir le Rich (Figure 2-5 b).
a/ 11% b/
13% 39%
89%
0%

48%

Sur exploitation Marché local Marché régional


Sur exploitation Marché local Marché régional

Figure 2-5 : Lieu de vente a/ des ovins ; b/ des bovins

118
2.5.2. Destination des sous-produits animaux
Dans la palmeraie d’Aoufouss, l’élevage joue un rôle très important pour la production du fumier
utilisé comme fertilisant, la valorisation des cultures pratiquées (luzerne, orge déprimée,…) et
pour la trésorerie et l’épargne facilement mobilisables qu'il génère en cas de besoins. Toutefois,
comparativement aux produits végétaux, on en tire peu de sous-produits. Il s’agit du fumier, du
lait, du beurre, de la laine et des peaux. Mais le seul produit vendu est la laine, vendue sur
exploitation comme matière première vers Zrigate ou Fès. Elle est aussi utilisée par les femmes
locales dans le tissage, le rembourrage des coussins et des matelas. Quant au lait, il est
entièrement destiné à l’autoconsommation.

2.6. SYNTHESE ET CONCLUSION


Les conclusions qui peuvent être tirées de ce qui a précédé dans ce chapitre font état des limites
des opérations de valorisation pratiquées malgré les possibilités existantes et les actions
entreprises.

Les formes de valorisation identifiées se limitent à la commercialisation des produits et sous-


produits à leur état naturel et à l’utilisation des sous-produits à des fins domestiques telles que
l’alimentation du bétail ou leur utilisation comme source d’énergie (bois de feu). En ce qui
concerne les dattes, leur transformation et conservation se font encore selon des procédés
traditionnels en raison de l’insuffisance, et même absence, des unités modernes de conservation
et de transformation. La multiplication des unités au niveau de la zone serait à même d’inciter les
agriculteurs à accorder plus d’intérêt aux variétés de dattes à faible valeur commerciale ou de
qualité médiocre en leur offrant plus de possibilités d’écoulement.

Quant aux sous-produits, leur valorisation est limitée, eu égard à la tendance vers la disparition
des savoir-faire locaux traditionnels liés à l’artisanat notamment. Cette tendance vers la
disparition tient :

• Au manque de centres de formation et d’apprentissage sur les métiers d’artisanat;


• A la concurrence des produits manufacturés qui sont venus se substituer aux produits
d’artisanat ;
• Au manque d’intérêt de la part des jeunes générations à l’égard de ces activités ;
• A la disparition des personnes qui détiennent ces savoir-faire.

119
CHAPITRE III : ETATS DES SAVOIR-FAIRE LOCAUX

Les savoir-faire locaux tiennent leur importance dans la valorisation des produits ainsi que dans
la préservation du patrimoine génétique de la zone. La palmeraie renferme encore des savoir-faire
traditionnels qui, en dépit de leur dégradation, sont à même de contribuer à l’amélioration des
revenus des ménages et à leur sécurité alimentaire par la transformation et la conservation des
produits. En matière de conservation in situ, des expérimentations ont été effectuées par certains
agriculteurs notamment en matière de lutte contre le bayoud. Dans cet ordre d’idées, le présent
chapitre a pour objectif de mettre en exergue les différents savoir-faire qui ont été identifiés dans
la zone.

3.1. SAVOIR-FAIRE LOCAL EN MATIERE DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE IN SITU


En l’absence de techniques et moyens de lutte contre les différentes maladies et ravageurs et
surtout du fait de la méconnaissance des agriculteurs dans ce domaine, des expérimentations ont
été mises en œuvre par certains agriculteurs. Certaines d’entre elles ont donné lieu à des résultats
positifs selon les expérimentateurs, d’autres ont échoué. Ces expérimentations sont présentées
dans le Tableau 3-1.

3.2. SAVOIR-FAIRE LOCAL EN MATIERE DE CONSERVATION ET DE TRANSFORMATION DES


PRODUITS ET SOUS-PRODUITS
Les savoir-faire identifiés dans la palmeraie d’Aoufouss en matière de conservation et de
transformation sont surtout de type traditionnel. Très peu de coopératives de conditionnement
opèrent au niveau de la zone ; les seules qui existent ont des capacités en deçà des besoins des
producteurs. L’essentiel des produits et sous-produits transformés a trait au palmier dattier et à
l’olivier.

3.2.1. Savoir-faire local en matière de conservation des produits et sous-produits


3.2.1.1. Savoir-faire local en matière de conservation des produits
Dattes
• Triage
Avant la conservation et la transformation, les dattes sont triées dans une première étape. Le tri
dans la palmeraie d’Aoufouss se fait manuellement. Cette tâche est réalisée en grande partie par
les femmes. Après la récolte, les dattes réceptionnées sont généralement égrappées. Les dattes de
bonne qualité sont sélectionnées pour la commercialisation, celles de mauvaise qualité sont
éliminées (sèches, demi molles, molles, parthénocarpiques, écrasées).

Les dattes dites standards ou sèches sont destinées à la réhumidification ou à l’alimentation


animale, tandis que celles au stade Kalal, non mûres, sont destinées à la maturation. Les dattes
écrasées sont transformées, les dattes abîmées, parthénocarpiques (Adaou) et piquées servent à
l’alimentation du bétail. Celles qui sont humides sont séchées au soleil et les molles sont
orientées vers la transformation en pâte (Figure 3-1 – Annexe III).

• Maturation artificielle
A la cueillette, les dattes ne sont pas complètement mûres et sont hétérogènes. Cette
hétérogénéité est due à l’exposition du régime au soleil. Traditionnellement, après égrappage, les
dattes au stade Kalal sont étalées sur des sacs en plastiques, des lattes ou des claies sur les terrasses
des maisons ou parfois dans des hangars, elles passent alors au stade intermédiaire (Kalal-Routab).

120
Tableau 3-1 : Expérimentations des agriculteurs
Domaine Description de l’expérimentation Résultats
d’expérimentation
Lutte contre le bayoud Retirer la terre tout au autour du palmier dattier et mettre à la place une préparation Prolonger la durée de vie du pied malade de 4 à 6
composée d’un mélange de cendres, sel, laurier rose, écorce de grenade (écrasés), ketrane ans.
plus de l’eau javel.
Récupérer les rejets et brûler le pied atteint. Préserver les rejets et augmenter la durée de
survie
Sélectionner des pieds Khalt résistants au bayoud et leurs multiplication par rejets Sélection de khalt de bonne qualité et résistant au
bayoud

Verser dans le cœur du palmier atteint un mélange de ketrane dissout dans l’eau fraîche. Résultats positifs selon les expérimentateurs

Mettre de l’eau de javel, du sel et du 46 dans de l’eau bouillie, après refroidissement. Le Résultats positifs selon les expérimentateurs
mélange est versé dans le cœur du palmier plus aux alentours

Multiplication incessante des variétés sensibles, notamment le Majhoul Solution la plus efficace pour la conservation des
variétés menacées par le bayoud et par
conséquent de la conservation de la biodiversité
phœnicicole.
Déposer de la cendre et de sel au cœur du palmier

Réduire la fréquence d’irrigation Résultats négatifs selon les expérimentateurs

Eviter la pollinisation du pied atteint pendant un certain temps jusqu’à sa reprise. Résultat positif selon l’expérimentateur
Mesures de lutte contre Utiliser, entre le mois de novembre et le mois de février, un mélange de sable et cendre sur D’après l’expérimentateur le sable absorbe
la pourriture khomadj la base du bourgeon terminal (avant l’inflorescence). l’humidité et la cendre sert d’imperméable à l’eau
des premières pluies.
Verser dans le cœur du palmier de l’eau bouillie et salée l’équivalent d’1 kg de sel dans Opération réussie selon les expérimentateurs
1,5 litre d’eau.

Poser du sel au cœur du palmier pendant le mois de janvier Opération réussie selon les expérimentateurs

Fourmis Utilisation du Décis ou de la cendre Résultats positifs selon les expérimentateurs

121
• Séchage
En ce qui concerne le séchage, il est généralement appliqué aux variétés molles. A cet effet,
deux méthodes ont été identifiées. La plus simple et la plus utilisée dans la palmeraie consiste
à exposer les fruits au soleil. Cette méthode n’est pas sans inconvénients, car les dattes sont
exposées aux poussières, à l’attaque des insectes, et surtout au brunissement. L’autre méthode
de séchage consiste à étaler les dattes égrappées sur des lattes ou des clayettes à l’abri. Cette
méthode est plus appropriée sur le plan hygiénique mais considérée insuffisante car les dattes
sont toujours exposées au brunissement en raison de la longue durée de séchage.

Dans certains cas, les dattes sont conservées dans des sacs en plastique après avoir été
enrobées dans de l’huile d'olives mélangée aux grains d’anis et au sel. Selon les déclarations
des femmes, le sel sert à éviter la moisissure et la fermentation des dattes.

• Emballage
Les variétés de dattes commercialisées sont les dattes dites de bonne qualité. Ces dattes sont
soit vendues sur exploitation, soit en vrac, soit emballées dans des boîtes en carton ou en bois
de 1 ou 8kg. Or, la conservation de ces dattes présente des lacunes, leur qualité est encore mal
adaptée aux marchés. Une activité de l’eau mal contrôlée et l’infestation par Ephestia myelois
en sont les causes principales.

Olivier
L’olive subit deux types de transformation traditionnelle. En plus de la transformation des
olives en huile par les unités de transformation traditionnelles (maasra), il y a la conservation
des olives de table. Cette tâche est effectuée soit par les femmes, soit par les deux sexes. Les
olives sont conditionnées à température ambiante, généralement dans des bidons en plastique
ou dans des jarres en terre. Quant à l’huile d'olives, elle est conservée dans des bidons en
plastique à température ambiante.

3.2.2. Savoir-faire local en matière de transformation des produits et sous-produits


3.2.2.1. Savoir-faire local en matière de transformation des produits
Palmier dattier
La transformation des dattes dans la palmeraie d’Aoufouss est très limitée. Peu de variétés
font l’objet de transformation à savoir :

La variété Hamar qui est écrasée en ajoutant des grains d’anis (10 g d’anis pour 1kg de
dattes) ;

Les variétés Khalt de type molle et les variétés de faible qualité sont, généralement,
transformées en pâte de dattes, en vue de leur conservation pour une consommation étalée sur
l’année. Le procédé consiste à étaler les dattes, à l’état naturel sans lavage ni dénoyautage, sur
des sacs en plastique et au soleil. Quarante huit heures (48h) plus tard, elles sont piétinées, les
pieds préalablement lavés. La pâte, El-maâjoune ou Tamaâjount, ainsi obtenue est exposée au
soleil pendant deux jours pour réduire sa teneur en eau. Une fois séché, le produit fini est
emballé dans des sacs en plastique perforés : khencha (sacs d’engrais) de 70 kg. Les sacs sont
conservés dans le khazan (lieu de stockage) à température ambiante. Une partie de ces dattes
est auto-consommée et l’autre est vendue ;

Une année plus tard, la pâte de datte conservée non consommée ni vendue subit une autre
transformation. La technique consiste à laisser mijoter la pâte dans de l’eau pendant des
heures. Le mélange est filtré et pressé à l’aide d’un tissu pour éliminer le gâteau et récupérer

122
ainsi le jus. Le jus obtenu est concentré sur le feu jusqu’à l’obtention d’une solution
moelleuse. Cette préparation appelée Tahlaout est auto-consommée comme confiture. Les
résidus sont réservés à l’alimentation animale.

Dans certain cas, les dattes sèches sont réhumidifiées. La technique consiste à immerger
des dattes dans de l’eau bouillie et salée à raison d’1 kg de dattes dans 2 litres d’eau pendant
24h. Cette réhumidification est suivie d’un séchage au soleil par l’étalage des dattes sur des sacs
en plastiques pendant une journée. Après ré-essuyage, les dattes Khalt sont emballées dans des
sacs en plastique de 9kg. Ces dattes sont, généralement auto-consommées.

L’olivier
La transformation des olives en huile d'olives est réalisée par les unités traditionnelles de
trituration. Le procédé de transformation consiste au broyage des olives à l’aide d’une meule
en pierre mue par un âne, puis à les récupérer et les transférer dans un pressoir pour en
extraire l’huile. Le rendement de la transformation est de l’ordre de 1 litre pour environ 6 kg
d’olives ;

Pour la transformation des olives noires, ces dernières sont emballées dans des sacs en
plastique perforés, et pressées, pendant quelques jours, afin d’éliminer l’eau aigre. Par la
suite, elles sont salées et épicées (coriandre,…) et conditionnées dans des bidons en
plastique ;

Les olives vertes sont également transformées dans la palmeraie. Le procédé consiste à
léser avec un couteau les olives, les immerger dans de la saumure additionnée à des tranches
de citron et des épices (grain d’anis, coriandres, paprika,…). Les olives de table sont
entièrement auto-consommées par les ménages.

Les céréales
Les principales céréales cultivées dans la palmeraie sont le blé tendre, le blé dur et l’orge.
Ces derniers sont, généralement, moulus et transformés en farine par les petits moulins de la
région. Le moulin traditionnel est en voie de disparition.

L’orge est récolté frais, avant maturité complète. Il est lavé puis séché à l’air libre, suivi
d’un concassage pour obtenir D’chicha (orge concassé). Après, le son est éliminé des graines.
L’orge concassé est, généralement, destinées à l’autoconsommation de la famille. Il remplace
dans certains cas le couscous ou bien utilisé dans la Harira et Sikouk (mélange orge petit lait).
La préparation de la D’chicha est une tâche exclusivement féminine.

3.2.2.2. Savoir-faire local en matière de transformation des sous-produits


Palmier dattier
Le palmier dattier est la source principale de matières premières utilisées dans la
transformation, dans la palmeraie d’Aoufouss. Les noyaux ramassés au cours de la récolte des
dattes, ceux récupérés après transformation et au cours de la consommation des ménages sont
broyés (4 à 7 Dh/kg) et destinés à l’alimentation animale (Figure 2-6).

Les palmes récoltées sont séchées à l’abri du soleil, puis effilées pour leur utilisation dans
la fabrication des couffins et des nattes. Les rafles sont effilées et utilisées dans la fabrication
des paniers et les corbeilles.

123
24%
33%

15%

28%

1 2 3 4

Figure 2-6 : Broyage des noyaux de dattes pour l’alimentation animale par site

Bovins
Les seuls sous-produits issus de la transformation de lait sont le petit lait et le beurre.
Après, la traite, le lait est versé dans la Chakoua (peau de chèvre cousue). Une fois fermenté,
le lait est battu pour séparer le beurre du petit lait. Au beurre est additionné du sel en vue de
sa conservation, sous forme de Seman, pour une consommation étalée sur l’année.

Ovins
La laine de D’Man est utilisée comme matière première pour le tissage des couvertures
traditionnelles dit : Hanbel : Aaban (en arabe) ou Aadhil (en berbère). Elle est également
utilisée pour le tissage des plaides (M’andil) utilisées pour envelopper le pain, ainsi que pour
le tissage des djellabas (3 toisons pour faire une djellaba) ;

La peau du mouton de l’Aïd (Haydourra) est réservée aux ménages. La peau est travaillée
par les femmes. Le procédé consiste à étaler le sel sur la peau, la poncer avec du lun (Cheb en
arabe ou Azarif en berbère) pour la désinfecter ; ainsi elle est exposée au soleil pendant
quelques jours. Ensuite, elle fait l’objet d’un grattage pour éliminer la peau morte, puis d’un
rinçage et d’un séchage. La peau est utilisée comme tapis et dans certains cas, comme
récipient au-dessous des moulins à blé traditionnel.

3.2.2.3. Rôle de la femme en matière de conservation et transformation des produits et sous-


produits
La femme joue un rôle fondamental dans les processus de transformation et de conservation
aussi bien des produits que des sous-produits. La plupart des opérations identifiées en la
matière sont exécutées par les femmes. Il s’agit parfois de travaux de longue haleine qui
nécessitent le suivi et l’entretien de plusieurs jours, voire plusieurs mois. L’homme
n’intervient en la matière que rarement et dans des activités très restreintes. Son rôle consiste
à assister la femme dans la transformation de la datte en pâte et parfois dans la conservation
des olives de table. A ce titre, les actions de transformation réalisées par les femmes sont :
La transformation des dattes sous ses multiples formes, précédemment évoquées ;
La conservation des olives de tables ;
Le battage du lait et la conservation du beurre rance (Seman);
La mouture de l’orge, à savoir la fabrication de la D’chicha ;
Le tissage de la laine ;
La conservation des peaux de mouton ;

124
La transformation et la conservation de la tomate ;
La fabrication de couffins à base de palmes ;
La fabrication de paniers et de corbeilles à base de rafles.

3.2.2.4. Rôle de la femme dans la conservation in situ


Si la femme joue un rôle très important aussi bien au niveau des systèmes de production que
dans la conservation et la transformation des produits, il reste qu’elle est totalement
marginalisée en matière de conservation de la biodiversité in situ. Ceci tiendrait aux raisons
suivantes :

• Elle ne participe pas au processus de prise de décision en matière des choix


stratégiques de l’exploitation et au manque d’accès et de contrôle des ressources. Les
entretiens effectués tant avec les agriculteurs qu’avec les femmes ont montré que ces
dernières ne sont ni consultées ni concertées autour des choix de cultures à installer ou
des variétés à sélectionner. Ces types de décision ne relèvent aucunement de ses
prérogatives, même tout en possédant des terres ou d’autres ressources ;

• En dépit de l’existence de la coopérative féminine d’élevage ovin particulièrement,


très peu de femmes sont chefs d’exploitation d’où leur faible contribution à la
conservation in situ.

3.3. CONCLUSION
Bien qu’elle soit en nette dégradation en raison, entre autres, de la concurrence des produits
manufacturés, de la perte de main d’œuvre spécialisée et de l’absence de transfert, la
palmeraie d’Aoufouss renferme encore des savoir-faire traditionnels qui contribuent
énormément à la sécurité alimentaire des populations locales ainsi qu’à l’amélioration de leurs
revenus. Ces savoir-faire sont liés essentiellement à la conservation et à la transformation des
produits et des sous-produits issus des exploitations où la femme joue un rôle capital du fait
qu’elle détient une grande part de ces savoir.

Cependant, il est constaté que ces savoir-faire sont peu valorisés pour les raisons suivantes :
concurrence du marché international ; débouchés de commercialisation limités ; prix faibles
de la majorité des dattes ; manque d’organisation professionnelle des agriculteurs ; manque de
coopératives féminines pour la transformation des produits et sous-produits ; non maîtrise des
normes de qualité ; manque de technologies adaptées et/ou manque d’informations et de
formation en la matière ; insuffisance d’unités de transformation des produits et sous-produits.
La levée de ces contraintes permettrait une meilleure valorisation des savoir-faire existants.
Laquelle valorisation serait à même de contribuer à la conservation de la biodiversité en
garantissant des débouchées aux produits de moindre qualité (le cas de la datte) et d’améliorer
les sources de revenus des agriculteurs par la vente de produits transformés.

125
PARTIE III : RECOMMANDATIONS

1. LES SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT DURABLE DES SYSTEMES DE


PRODUCTION OASIENS

Partant des contraintes des systèmes de production qui sont liées à la question centrale de
recherche «quelle Recherche-Développement pour la sauvegarde de la biodiversité et de la
durabilité des systèmes de production ?» et de l’analyse du fonctionnement des systèmes de
production, leurs dynamiques ainsi que les stratégies des agriculteurs, l’équipe a eu recours à
l’approche de planification par scénarios de développement pour identifier des thèmes de
Recherche et de Recherche-Développement.

1.2. POURQUOI LE CHOIX DE L’APPROCHE « SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT » ?


La formulation des scénarios de développement par l’exploration des visions futures est une
approche qui est très bien adaptée au contexte et à la problématique de l’étude. C’est un
processus créatif qui permet d’identifier d’une façon participative et intégrée les tendances
des systèmes de production (phase IV de la RAD).

Lors de l’atelier final tenu à Errachidia le 28 juin 2004, et après avoir présenté les résultats
des travaux de terrain, l’équipe a procédé à la formulation des scénarios de développement en
présence des chercheurs, des enseignants, et des développeurs. Les participants ont identifié
les facteurs influençant l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de production, appelés
«forces motrices». L’analyse de ces forces motrices en relation avec la dynamique des
systèmes de production et leurs combinaisons ont permis de formuler des scénarios de
développement et des pistes de recherche et de Recherche-Développement.

Le même exercice a été appliqué avec les agriculteurs à l’occasion de la restitution des
résultats de l’étude le 30 juin 2004. Ce qui a permis d’enrichir encore une fois la base de
connaissances «principe de la triangulation».

1.3. DYNAMIQUES DES SYSTEMES DE PRODUCTION


Les systèmes de production de la palmeraie ont connu des évolutions dues essentiellement à
de grandes mutations :
La Construction du barrage «Hassan Dakhil» et la création de l’ORMVA /TF vers la fin
des années 60 ont eu des impacts sur les systèmes de cultures et d’élevage, l’organisation des
agriculteurs, l’utilisation et la gestion de l’eau…
La très longue sécheresse qui a accentué l’extension des terres incultes et la multiplication
des puits par le transfert de l’argent des immigrés.
Le désengagement de l’Etat qui se traduit par la baisse des subventions, l’augmentation
des prix des intrants et la réduction des moyens alloués aux structures d’encadrement et
d’appui aux agriculteurs ;
La croissance démographique et l’environnement socio-économique.

1.4. IDENTIFICATION DES FORCES MOTRICES


Sept forces motrices ont été identifiées et hiérarchisées selon leur importance par rapport à
l’agrobiodiversité. Il s’agit de : l’eau ; les maladies et ravageurs ; le marché ; l’intervention de
l’Etat ; le transfert de technologie ; la terre (disponibilité, statut juridique, morcellement…); la

126
gestion participative des ressources naturelles. Ces forces motrices ont été discutées avec les
agriculteurs. Ces derniers ont insisté sur deux facteurs clefs : les lâchés d’eau du barrage et la
concurrence du marché des dattes.

1.4.1. Analyse des forces motrices


Une analyse de l’évolution des forces motrices a été effectuée selon trois situations (positive,
négative, et stagnante). Cette analyse a permis d’évaluer l’impact des forces motrices sur
l’agrobiodeversité et la durabilité des systèmes de production et de formuler des scénarios de
développement (Tableau 4-1).

Tableau 4-1 : Perspectives d’évolution des forces motrices et leur impact sur
l’agrobiodiversité
Forces motrices Tendances Impact sur l’agrobiodiversité et sur la durabilité des SPO
Positif - Réintroduction des variétés disparues
- Bonne conservation in situ et amélioration des rendements des cultures et des revenus
Négatif - Disparition des espèces et variétés moins tolérantes à la sécheresse
Eau
- Reconversion des SPO vers d’autres activités génératrices de revenus
Stagnant - Diminution des espèces et variétés cultivées à cause du manque d’eau
- Intensification de l’exode rural
Positif - Bon développement des espèces et variétés, diversification des cultures
- Augmentation des rendements et revenus
Principales Négatif - Disparition des espèces et variétés sensibles
maladies et - Diminution du rendement des cultures et revenus des agriculteurs
ravageurs : - Orientation vers des activités extra agricoles
Bayoud, Psylle, - Délaissement des variétés à faible valeur commerciale
Cochenilles, Stagnant - Disparition des variétés sensibles
Pucerons - Diminution de la productivité des cultures et des revenus
- Orientation vers des activités extra agricoles
- Délaissement des variétés à faible valeur commerciale
Positif - Plus de diversification des cultures et des variétés
- Incitation à la production
- Augmentation des revenus des SPO
- Valorisation des produits
- Extension de la palmeraie
- Possibilité d’investissement
Négatif - Délaissement de certaines cultures et réduction du spectre variétale
- Obligation de s’orienter vers la production de qualité et compétitive
- Forte concurrence du marché externe et baisse des prix
Marché
- Baisse de la demande sur les produits locaux
(concurrence
- Dégradation des revenus des agriculteurs et exode rural
des produits
- Orientation vers des activités extra-agricoles
étrangers
- Délaissement de la palmeraie
notamment pour
- Dégradation de la biodiversité
les dattes)
- Tendance vers la disparition des systèmes de production traditionnels
Stagnant - Réduction de plus en plus des cultures et des variétés
- Découragement des agriculteurs et exode rural
- Forte concurrence du marché externe et baisse des prix
- Baisse de la demande sur les produits locaux
- Dégradation des revenus des agriculteurs
- Orientation vers des activités extra-agricoles
- Délaissement de la palmeraie et dégradation de la biodiversité
- Tendance à la disparition des systèmes de production traditionnels
Positif - Diversification des cultures
- Bonne conservation in situ des espèces en voie de disparition
Intervention de
- Bons rendements des cultures
l’Etat
- Revenus agriculteurs améliorés
- Augmentation des prix des produits locaux (produits de terroirs labellisés)

127
Négatif - Abandon de l’activité agricole et dégradation de la biodiversité
- Reconversion vers d’autres activités porteuses
- Baisse des revenus des agriculteurs et exode rural
- Délaissement de la palmeraie et tendance vers la spécialisation
- Tendance à la disparition des systèmes de production traditionnels
Stagnant - Réduction du spectre variétale et baisse des revenus des agriculteurs
- Réglementation de l’utilisation des eaux
- Sélection variétale vers les produits de haute valeur commerciale
Positif - Sauvegarde de l’agrobiodiversité
- Augmentation des prix et des revenus
- Amélioration des rendements
- Modernisation de la palmeraie et tendance vers la spécialisation
- Diversification spécifique et variétale au niveau des systèmes traditionnels
Négatif - Baisse de la productivité des cultures
- Abandon de certaines cultures
Transfert de - Variétés locales non valorisées et érosion génétique
technologies et - Baisse des revenus
savoir-faire - Diminution de la biodiversité et sélection variétale
local - Tendance des systèmes de production traditionnels vers la disparition
Stagnant - Diminution de l’agrobiodiversité
- Baisse de la productivité des cultures et baisse des revenus
- Ouverture du marché à l’importation
- Persistance des maladies et ravageurs
- Erosion génétique et sélection variétale vers les produits de haute valeur commerciale
- Dégradation de la biodiversité
- Tendance à la disparition des systèmes de production traditionnels
Positif - Facilité d’accès au crédit
- Diversification des cultures et bonne conservation et valorisation des variétés
- Amélioration des revenus des agriculteurs
- Possibilité de modernisation des exploitations
- Tendance des systèmes de production traditionnels vers la disparition
Négatif - Plus de difficultés pour accéder au crédit
Terre - Erosion génétique par abandon de certaines cultures
(disponibilité, - Détérioration des revenus et pression sur les ressources
statut juridique, - Conflits sociaux
morcellement… - Exode rural
) - Maintien des systèmes de production traditionnels
- Tendance vers des activités extra-agricoles
Stagnant - Baisse des revenus et accès difficile au crédit
- Diminution des espèces et variétés cultivées et pression sur les ressources
- Exode rural
- Conflits sociaux
- Tendance vers l’agriculture de cueillette
Positif - Bonne conservation des espèces et variétés menacées de disparition
- Revenus augmentent
- Résolution des conflits sociaux autour des ressources
- Partage équitable des ressources
Négatif - Baisse des revenus
Gestion - Epuisement des ressources naturelles
participative des - Tendance à la disparition des systèmes traditionnels notamment ceux situés à l’aval de
ressources oued Ziz
naturelles - Augmentation des coûts de production liés à l’eau
- Multiplication de pompages et de forages
- Multiplication des conflits autour des ressources
Stagnant - Pas de gestion collégiale des ressources et conflits sociaux
- Augmentation des coûts de production liés à l’eau
- Multiplication de pompages et de forages

128
1.5. FORMULATION DES SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT
La confrontation de ces forces motrices selon leurs évolutions a permis la formulation des
scénarios de développement probables suivants (Tableau 4-2) :
Tableau 4-2 : Formulation des scénarios
Forces motrices Eau Maladies Marché Intervention Transfert de Terre Gestion
& de l’Etat Technologie participative des
Scénarios Ravageurs ressources
naturelles
Scénario1 : + = /- + + + + +

Scénario 2 : + = + + = = =

Scénario 3 : - + - - - - -

Scénario 4 : - + + - - - -

Scénario 5 : - + + = = = -

Evolution : + positive ; = stagnante ; - négative

1.5.1. Description des scénarios

Scénarios 1 : Tendance vers l’extension de la palmeraie (exploitation entreprise) par des


techniques modernes (pompage et forage), réduction du spectre des cultures et spécialisation.
C’est le scénario optimiste.

Scénario 2 : Tendance vers le recours au pompage dans les oasis traditionnelles pour faire
face à la dégradation du niveau de vie des ménages.

Scénario 3 : Tendance vers l’agriculture de cueillette, abandon des exploitations agricoles et


exode rural massif. C’est un scénario catastrophique, qui peut avoir lieu si la situation actuelle
persiste. En effet, la faible productivité des SPOs par manque d’eau, le bayoud et l’émigration
ont conduit à l’affaiblissement social au sein de l’oasis. Les agriculteurs attendent les récoltes
des dattes et des olives «les arbres fruitiers ne donnent pas beaucoup, c’est vrai mais nous
aussi nous ne leur donnons rien», disait un agriculteur !

Scénario 4 : Dégradation des ressources pastorales, sédentarisation des nomades aux


alentours des oasis traditionnelles, pression sur les ressources des oasis et conflits sociaux
dans les Ksour.

Scénario 5 : Tendance vers la pluriactivité et/ou reconversion vers des activités tertiaires
(commerce et éco-tourisme).

A la suite de la formulation de ces scénarios, une hiérarchisation a été effectuée pour retenir
les plus probables, il s’agit des scénarios 1, 2 et 3.

1.5.2. Impact des scénarios de développement


L’examen des implications probables de chaque scénario sur l’agrobiodiversité, les différents
types d’agriculteurs et la compétitivité économique de développement, a été effectué. Aussi,
a-t-on identifié les besoins en recherche et en Recherche-Développement et les implications
sur les autres acteurs.

129
Scénario 1

Impact sur la durabilité écologique


La survie des nouvelles exploitations modernes d’Aoufouss et même dans d’autres sites
« Jorf », dépend de l’évolution de la nappe phréatique. Cette dernière diminue de 1 à 2 mètres
par an suite aux pompages par forage. Un rabattement de 8 mètres enregistré sur une période
de 15 ans a été signalé par certains agriculteurs (ICRA-Errachidia, 2003). D’où
l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de production qui se trouvent menacées.
L’urgence d’une gestion rationnelle de la nappe avec l’utilisation des techniques d’économie
d’eau s’impose.

Impact sur l’équité sociale


L’extension de la palmeraie nécessite des investissements importants, par conséquent ce sont
les agriculteurs disposant de plus de moyens qui profiteront de la situation avec des
conséquences qui pourront être négatives pour les petits agriculteurs installés dans les oasis
traditionnels à cause du surpompage et des prix compétitifs.

Impact sur la compétitivité économique


Les agriculteurs dans ce type de scénario ont pour seul objectif «la maîtrise du marché», donc
ils seront contraints à produire à des prix compétitifs tout en visant la qualité. De plus, il y
aura création de l’emploi pour les oasiens où le chômage avoisine les 17 % (ORMVA /TF,
2003).

Impact sur l’agrobiodiversité et durabilité des SPO


L’extension de la palmeraie permettra de reconstituer le patrimoine phœnicicole ainsi que la
conservation d’un certain nombre d’espèces végétales (luzerne, maraîchage…) et animales
(race ovine D’Man). Elle va réduire la vitesse de l’avancement du désert. Par contre, le
surpompage peut affecter la nappe phréatique et donc toute activité agricole des oasis
traditionnelles, en l’occurrence l’arboriculture fruitière.

Implications sur la recherche


L’eau est de plus en plus rare, les besoins des cultures sont de plus en plus importants. La
question de l’utilisation efficace et efficiente du mètre cube d’eau est une question urgente à
laquelle il faut apporter des solutions dans l’immédiat. Les pertes d’eau dans le Tafilalet
atteignent 47 % environ selon une étude récente (2003) du Ministère de l’Environnement et
de l’Aménagement du Territoire. Dans ce sens, la préservation de l’agrobiodiversité et le
dévelopement durable des SPO interpellent la recherche à développer des technologies et des
connaisances sur :
- Les techniques et méthodes d’utilisation économique de l’eau sur la parcelle ;
- La valorisation des eaux de crues ;
- Les besoins réels des cultures et des associations «olivier - palmier dattier» ;
- La promotion des approches de développement participatif pour encourager
l’autogestion communautaire de l’eau.

130
Scénario 2

Ce scénario concerne en grande partie les exploitants recevant de l’argent des travailleurs
émigrés au Maroc et à l’étranger. L’investissement est axé sur le fonçage des puits et leur
équipement par une moto-pompe.

Impact sur la durabilité écologique


Pour cette catégorie d’exploitations qui ont accès à l’eau, leur durabilité de production est
tributaire d’une gestion raisonnée de l’eau de la nappe et une maîtrise des itinéraires
techniques économiquement rentables et écologiquement faisables. La situation dans 10 à 15
ans peut être similaire à celle décrite dans le «Scénario 1».

Impact sur l’équité sociale


Si la disponibilité de l’eau dans la nappe est suffisante, les agriculteurs qui ont la capacité
d’investissement dans l’équipement d'une motopompe (revenus extérieurs), verront leur
niveau de vie nettement amélioré.

Impact sur la compétitivité économique


Les petits agriculteurs ne sont pas compétitifs à cause du coût élevé du carburant. Ceci a des
répercussions sur le prix de revient, d’où la nécessité de maîtriser les coûts de production.

Impact sur l’agrobiodiversité et durabilité des SPO


L’impact sur l’agrobiodiversité peut être mesuré selon la disponibilité de l’eau. Si les
investissements dans le pompage continuent avec la fréquence actuelle et s’il n’y a pas de
renouvellement de la nappe phréatique, l’irrigation sera compromise et l’agrobiodiversité sera
affectée.

Implications sur la recherche


Comme pour les recommandations destinées à la recherche dans le «Scénario 1», la recherche
sur les techniques d'économie de l’eau est un axe primordial pour la durabilité des SPO.

Scénario 3

Impact sur la durabilité écologique


La dégradation du niveau de vie des ménages, la démotivation des agriculteurs vont conduire
durant les 15 prochaines années à une perte accélérée de l’agrobiodiversité et par conséquent
à l’affaiblissement des SPO déjà fragiles.

Impact sur l’équité sociale


Les petits agriculteurs verront leur situation socio-économique en nette régression, ils vont
recourir à l’exode rural vers les zones pourvues en moyens. La situation de la femme sera
affectée, surtout si les débouchés pour ses produits artisanaux sont réduits.

De plus, le vieillissement des chefs des exploitations agricoles (54 ans en moyenne) et
l’émigration pousse à s’interroger sur le transfert du savoir ancestral aux jeunes et la
sauvegarde du savoir local.

131
Impact sur la compétitivité économique
Les exploitations agricoles dans ce type de scénario ne sont pas viables sur le plan
économique. Elles seront incapables de subvenir aux besoins de leurs familles. Elles peuvent
consituer une source de main d’œuvre pour les grandes exploitations modernes.

Impact sur l’agrobiodiversité et durabilité des SPO


Les agriculteurs qui s’occupent de la conservation in-situ ne seront plus intéressés à le faire,
parce qu’ils ne sont pas récompensés. Tout le patrimoine génétique sera perdu si on
n’intervient pas en urgence.

Implications sur la recherche


La durabilité des systèmes de production est conditionnée par la capacité des populations à
arrêter l’érosion génétique. En ce qui concerne la recherche, la sauvergarde de
l’agrobiodiversité est un axe d’extrême importance peut-être au même niveau que l’eau. La
recherche peut contribuer par :
- Des diagnostics de terrain pour caractériser et évaluer toute l’agrobiodversité
(inventaire) ;
- La conservation dans des banques de gènes ;
- La promotion de la conservation in situ ;
- La réalisation des études socio-économiques pour explorer toutes les pistes
d’amélioration des conditions de vie des agriculteurs ( nouveaux créneaux, système de
financement, plan technico-économique des cultures….).

1.6. PLAN DE RECHERCHE ET DE RECHERCHE-DEVELOPPEMENT

1.6.1 Axes de recherche et de Recherche-Développement


(Tableau 4-3)

132
Tableau 4-3 : Axes de recherche et de Recherche – Développement
Scénarios Axes de recherche-développement Résultats attendus Acteurs
S1 - Etude technique et socio-économique de l’utilisation du système - Une gestion rationnelle de l’eau d’irrigation est assurée CRRAE-
d’irrigation localisée dans la palmeraie d’Aoufouss ORMVA/TF-
- Techniques et méthodes d’utilisation économique de l’eau à la parcelle - Renforcement de l’approche participative Agriculteurs-
- Valorisation des eaux de crues - Eaux de crues valorisées Faculté des
- Besoins réels des cultures et des associations «olivier- palmier dattier» - Besoins des plantes maîtrisés Sciences-
- Promotion des approches de développement participatif pour encourager Collectivités
l’autogestion communautaire de l’eau. - La cohésion sociale est maintenue et l’organisation locales
communautaire est renforcée
S2 - Etude participative de l’estimation des besoins des cultures en eau dans - Les besoins des cultures en eau et les itinéraires CRRAE-
la palmeraie d’Aoufouss pour une meilleure gestion de la ressource en techniques sont connus par les agriculteurs ORMVA/TF-
eau - Les techniques d’économie de l’eau sont adoptées par Agriculteurs
- Introduction des techniques économisatrices de l’eau les agriculteurs
- Etude de la rentabilité socio-économique des activités génératrices de - Les données sur la rentabilité économique et financière
revenus dans la palmeraie d’Aoufouss des activités génératrices de revenus sont disponibles
- Diagnostic, caractérisation et évaluation des produits sur le double plan - Les opportunités de promouvoir les produits de terroir
qualitatif et quantitatif des produits pour lesquels les oasis auront un sont identifiées et évaluées
avantage comparatif - Les pistes pour la valorisation des produits de terroir
- Identification des opportunités de labellisation des principaux produits : sont identifiées et évaluées
datte, olive, pomme, lait, beurre, plantes médicinales et aromatiques…
- Etude socio-économique des petites activités génératrices de revenus et - Des recommandations pour la diversification des
proposition de pistes d’amélioration. ressources de revenus sont faites
S3 - Etude d’inventaire des variétés des espèces locales cultivées dans la - Un inventaire des variétés locales est effectué CRRAE,
palmeraie d’Aoufouss - L’accès au crédit agricole est facilité et le système du CRCA,
- Etude du système de financement décentralisé en vue d’améliorer micro-crédit développé Agriculteurs,
l’accès des agriculteurs de la palmeraie d’Aoufouss au crédit. Collectivités
- Diagnostics de terrain pour caractériser et évaluer toute - la biodiversité est sauvegardée locales
l’agrobiodversité (inventaire) - La conservation in situ et ex situ est assurée, suivie et
- Conservation dans des banques de gènes bien organisée
- Promotion de la conservation in situ - Un système de financement adapté aux oasis est
- Réalisation des études socio-économiques pour explorer toutes les pistes proposé avec des modalités pratiques de mise en œuvre
d’amélioration des conditions de vie des agriculteurs (nouveaux créneaux,
système de financement, plan technico-économique des cultures….)

133
Parallèlement à ces axes de recherche et de Recherche-Développement identifiés, des
recommandations spécifiques sont formulées pour les deux principales cultures : olivier et
palmier dattier :

Olivier
• Etablir un inventaire de la population de Picholine marocaine pour évaluer la diversité
génétique de l’olivier ;
• Former les agriculteurs sur les normes de densité pour optimiser l’association olivier-
palmier dattier et réduire son impact sur l’agrobiodiversité ;
• Faire des essais de démonstration sur la taille de l’olivier et des autres arbres fruitiers
pour améliorer la productivité et la lutte contre les ravageurs ;
• Mettre en œuvre des actions de sensibilisation sur les conséquences agronomiques et
socio-économiques de la forte densité d’oliviers dans la palmeraie et proposer des
méthodes d’aménagement.

Palmier dattier
• Former les agriculteurs sur les techniques de récupération des jeunes rejets et leur
plantation ;
• Former les agriculteurs sur les techniques de récolte de dattes ;
• Sensibiliser les agriculteurs sur l’utilisation de cultivars résistants aux maladies.

1.6.2 Mesures d’accompagnement


Au niveau de la diversité des activités
- Favoriser l’installation des jeunes agriculteurs par la mise en œuvre de mesures incitatives ;
- Intégrer les oasis dans des programmes de promotion touristique oasienne en vue de
développer l’artisanat ;
- Renforcer la sédentarisation des commerçants ambulants à travers l’octroi de micro-crédits.

Au niveau de la valorisation et la transformation des produits


- Renforcer l’encadrement des agriculteurs en matière de conduite des cultures, de stockage,
de conservation et de transformation des produits agricoles ;
- Augmenter les unités de conservation et de transformation des produits et sous-produits
agricoles ;

Au niveau du rôle de la femme


- Promouvoir le rôle de la femme par des programmes de formation pour réduire
l’analphabétisme et pour renforcer ses capacités.

Au niveau des approches


- Mettre en place un mécanisme de gestion participative et rationnelle des ressources en eau ;
- Mettre en place un mécanisme efficace de transfert de technologies adaptées au milieu
oasien ;
- Renforcer les travaux de Recherche-Développement à travers des réseaux thématiques
impliquant tous les acteurs et surtout les ONGs et les associations locales ;
- Travail en synergie des institutions locales et régionales pour la sauvegarde de l’oasis.

Au niveau écologique
- Promouvoir les techniques biologiques de traitements phytosanitaires accessibles aux
agriculteurs (méthode IPM) ;

134
- Mettre en œuvre un projet de réhabilitation des variétés disparues ou en voie de disparition
et de promotion de la diversification des cultures ;
- Mettre en œuvre un projet de désalinisation et de mise en valeur agricole de la source Aïn
El Atti.

1.6.3 Proposition de projets de recherche-développement


Compte tenu de la situation actuelle de l’agriculture dans la palmeraie d’Aoufouss, et pour
promouvoir le développement participatif au niveau de cette région, l’équipe propose deux
ébauches de projets de recherche- développement.

Projet 1 : Gestion rationnelle et équitable des ressources en eau d’irrigation dans la


palmeraie d’Aoufouss

Justification
L’eau d’irrigation constitue la ressource fondamentale qui conditionne aussi bien la
sauvegarde de l’agrobiodiversité que la durabilité des systèmes de production oasiens de la
palmeraie d’Aoufouss. Suite à la poussée démographique et à la multiplication des points de
pompage, la pression sur cette ressource la rend de plus en plus rare. Le risque d’épuisement
de la nappe phréatique n’est pas à écarter dans les 30 années à venir.

Par ailleurs, on constate une répartition inéquitable de l’eau superficielle entre les différents
sites de la palmeraie. Une eau très abondante à l’amont de l’Oued Ziz (Site n°1) où les
agriculteurs peuvent irriguer autant de fois qu’ils le désirent, alors que juste à côté (Site n°2),
les agriculteurs n’arrivent même pas une fois par mois à utiliser cette eau superficielle
d’irrigation. Une étude des besoins des cultures en tenant compte de la superficie et de la
population de chaque site pourrait faire des propositions objectives d’une nouvelle répartition
plus équitable des eaux disponibles. Une démarche participative serait souhaitable pour la
réalisation d’une telle étude afin de s’assurer de l’adoption rapide des éventuelles propositions
d’une meilleure gestion des eaux de la palmeraie.

Objectifs
• Etudier les besoins des cultures pratiquées dans la palmeraie ;
• Evaluer les besoins en eau d’irrigation au niveau des quatre sites de la palmeraie selon les
superficies agricoles et la population d’agriculteurs ;
• Formuler des propositions objectives d’une nouvelle répartition plus équitable des eaux
disponibles.

Résultats
• Les besoins des cultures pratiquées dans la palmeraie sont déterminés ;
• Les besoins en eau d’irrigation au niveau des quatre sites de la palmeraie sont évalués ;
• Des propositions objectives d’une répartition plus équitable des eaux disponibles sont
formulées.

Activités
• Revue bibliographique pour déterminer les besoins en eau des cultures citées dans le
travail INRA-ICRA-2004 ;
• Cartographie de l’occupation des sols de la palmeraie pour déterminer les superficies par
site et leur occupation ;

135
• Elaborer un programme de recherche-développement rationnel d’irrigation au niveau des
différents sites.
• Multiplier les ateliers avec les agriculteurs et les différents acteurs pour d’éventuelles
améliorations du programme d’irrigation et son adoption ;
• Tester le programme d’irrigation en milieu réel au moins pour une période de trois mois ;
• Formulation participative des recommandations pour une répartition équitable des eaux
d’irrigation.

Acteurs : Agriculteurs de la palmeraie ; Communautés locales ; Autorités locales ; INRA ;


ORMVA/TF ; ONGs ; Projets.

Durée du projet : Deux ans

Budget : 100 000,00 Dh

Projet 2 : Développement et de restructuration de l’oléiculture dans la palmeraie


d’Aoufouss

Justification
L’olivier occupe une place primordiale dans les systèmes de production de la palmeraie
d’Aoufouss. En effet, l’oléiculture permet des productions à forte valeur ajoutée grâce aux
olives de table et à l’huile qui est produite. Malheureusement cette dernière est de qualité
médiocre du fait des mauvaises conditions de triturations par les maâsras. La facilité de
stockage des fruits après séchage et leur transformation en huile permettent d’avoir une
grande souplesse dans la commercialisation et la gestion de la trésorerie des ménages. En
outre, la palmeraie regorge de réels potentiels pour le développement de l’oléiculture avec un
effectif de 115 400 pieds en 1997 (ORMVAT, 1997). Cependant, la culture de l’olivier est
confrontée à un manque d’entretien particulièrement la non réalisation de la taille qui
constitue une grave entrave à son développement. Les principales conséquences de cette
défaillance sont : la baisse des productions, l’impact négatif d’un ombrage important sur le
développement des cultures sous-jacentes, la prolifération des ravageurs et la difficulté de la
lutte phytosanitaire.

Objectifs
• Restructurer l’oliveraie de manière à ce que l’association avec le palmier dattier ne
remette pas en cause l’agrobiodiversité ;
• Augmenter la productivité de l’olivier et des cultures basses ;
• Créer des micro-entreprises de jeunes agriculteurs ;
• Former les agriculteurs sur les techniques de taille des arbres fruitiers ;
• Préserver l’environnement ;
• Améliorer les revenus des producteurs ;
• Améliorer la qualité de l’huile produite.

Résultats
• La restructuration de l’oliveraie est réalisée ;
• La productivité de l’olivier et des cultures sous-jacentes est améliorée ;
• Des emplois sont crées pour les jeunes ;
• La protection phytosanitaire de l’olivier par les méthodes culturales est assurée ;
• Les techniques d’entretien des arbres fruitiers sont maîtrisées par les agriculteurs ;

136
• Les conditions de trituration des olives sont améliorées ;
• Les revenus des agriculteurs sont améliorés.

Activités
L’ORMVA/TF, le CRRAE et les organisations de producteurs vont réaliser les différentes
activités en collaboration avec le CRCA, les ONGs , les bailleurs de fonds nationaux et
internationaux :
• Sensibiliser les agriculteurs à l’importance de la taille de l’olivier et des objectifs du
projet ;
• Réaliser des essais de démonstration sur le thème "effets de la taille de l’olivier sur la
productivité et les ravageurs" ;
• Former et encadrer des jeunes promoteurs sur les techniques de taille de l’olivier ;
• Promouvoir la création de micro-entreprises agricoles de jeunes ;
• Fournir les outils de taille aux micro-entreprises ;
• Assurer le suivi technique et phytosanitaire des plantations oléicoles ;
• Identifier les voies d’amélioration des conditions de trituration des olives ;
• Suivre et évaluer l’impact socio-économique et environnemental du projet sur les
systèmes de production.

Acteurs : Agriculteurs ; ORMVA/TF ; CRRA d’Errachidia ; Chambre d’Agriculture ; Caisse


Régionale de Crédit Agricole ; ONGs ; Consommateurs.

Mode de fonctionnement
Les jeunes organisés en micro-entreprises seront formés à la taille de rajeunissement et
d’entretien de l’olivier. Le matériel nécessaire (tronçonneuses, scies, sécateurs…) sera mis à
leur disposition pour un remboursement ultérieur. Ces jeunes tailleront les oliviers moyennant
un paiement en nature à la récolte. Ils pourront aussi récupérer les branches taillées et les
valoriser à leur profit. Ainsi, ils pourront rembourser le matériel.
Pour une meilleure acceptation du projet par les producteurs, il serait nécessaire d’assurer une
production régulière des arbres compte tenu de la baisse de la productivité durant les
premières années qui suivent la taille. Ainsi, la taille pourra être étalée sur plusieurs années en
faisant des tailles successives dans une même plantation.

De même l’amélioration des conditions de trituration dans les maâsras aura des retombées
positives sur la santé des ménages et les revenus des agriculteurs.

Durée du projet : 5 ans

Budget : 100.000 Dhs pour couvrir les charges suivantes :


• Achat de matériels de taille
• Frais de missions des chercheurs, techniciens, chauffeurs
• Frais de carburants pour les déplacements
• Frais des ateliers

Impact du projet
• Création d’emplois pour les jeunes de la zone
• Amélioration de la productivité des oliviers et des cultures basses
• Amélioration des conditions de la qualité de l’huile produite
• Amélioration des revenus des agriculteurs
• Protection de l’environnement avec les techniques de lutte culturales contre les ravageurs.

137
2. EVALUATION DE LA DEMARCHE DE RECHERCHE DE L’EQUIPE

La démarche suivie au cours de ce travail s’inscrit dans le cadre général de l’approche


Recherche Agricole pour le Développement (RAD). Dotée par les concepts, les principes, les
étapes et les outils de la RAD acquis pendant leur séjour de formation à l’ICRA/ Montpellier,
les membres de l’équipe ont eu l’occasion de pratiquer cette méthode sur le terrain dans la
palmeraie d’Aoufouss (Sud du Maroc).

Au terme de cette expérience de terrain, la démarche suivie par l’équipe mérite d’être évaluée
en vue de tirer les leçons pour son éventuelle utilisation par d’autres intervenants dans le
domaine de la recherche-développement. Cette évaluation permettrait aux pratiquants futurs
de la RAD de profiter de l’expérience de l’équipe à travers son organisation, sa mise en œuvre
des concepts et principes de la RAD et sa pratique des outils de la MARP.

Points forts de la démarche de recherche


Composition de l’équipe
L’équipe se distingue par la diversité des profils de ses membres. Cette diversité concerne
aussi bien l’âge, le genre et l’expérience que l’origine culturelle, institutionnelle et
disciplinaire. En réaction, elle a bénéficié des riches expériences de chacun de ses membres
chercheurs dont on souligne le niveau élevé des débats, des analyses et triangulations menés
au sein de l’équipe pour cerner tous les aspects et bien traiter les questions clés de recherche
afin d’atteindre les objectifs fixés dans les TdR.

Prises de contact et communication avec les acteurs du système pertinent


Dès son arrivée au Maroc, l’équipe, consciente de l’importance de la communication et du
contact direct avec ses partenaires, a rencontré le Secrétaire Général de l’INRA (principal
commanditaire de ce travail). Ces types de rencontres et de communications ont bien facilité
la tâche de l’équipe et ont aussi contribué à améliorer sa compréhension de la problématique
posée.

Par ailleurs, ces contacts ont permis aux membres de l’équipe d’avoir des idées plus claires
sur les différents acteurs du système pertinent (organismes, institutions administration et leurs
structures); de se familiariser et d’établir des rapports plus conviviaux avec ses cadres et
responsables. Ils ont permis également à l’équipe de compléter sa base de données
secondaires, en particulier celles relatives aux potentialités et contraintes de la zone d’étude et
ce grâce aux entretiens avec ces acteurs et à leur générosité en matière de documentation.

De même, les contacts de l’équipe avec les autorités locales étaient d’une importance
primordiale pour la suite de ses activités de recherche. En fait, ces contacts lui ont permis de
se faire connaître et de faire connaître ses activités dans la zone. En plus, ces contacts étaient
nécessaires pour identifier certains hommes ressources et certains responsables de village
(Cheyoukh et mokadem). Ces derniers ont joué un rôle clé dans les rencontres avec les
agriculteurs qui constituent l’échantillon.

Prospection de terrain.
En préparation de l’atelier de démarrage qui constitue le premier contact officiel avec la
majorité des acteurs, la prospection de terrain était d’une utilité primordiale pour l’équipe de
chercheurs. Ainsi l'équipe a eu une idée sur l’étendue de la zone d’étude; de constater
directement certaines de ses potentialités et contraintes. Ceci a permis une meilleure

138
compréhension des interventions des différents participants à l’atelier et d’être plus efficace
en matière d’animation de ce dernier.

Les outils participatifs de collecte de données


Ils ont été d’une grande utilité dans la participation active des différents acteurs, en particulier
les agriculteurs. A ce titre, on peut citer:

Les cartes ressources animées par l’équipe et réalisées par les agriculteurs eux-mêmes.
Elles montrent l’occupation des sols, les différentes ressources en eau, les types de sol, les
équipements hydro-agricoles et les cultures pratiquées par les agriculteurs (arboricultures et
cultures maraîchères, céréalières et légumineuses). Elles ont également permis de dégager
certaines contraintes et potentialités du milieu selon la perception des agriculteurs.
L’originalité de cet outil participatif qui est réalisé pour la première fois par les populations
locales, a vraiment motivé ces dernières à être partie prenante dans l’étude ;

Les transects réalisés avec les paysans ont aidé dans le zonage et le choix de la taille de
l’échantillon ;

Les matrices de préférence réalisées avec les agriculteurs ont révélé différentes forces
motrices tant de nature socio-économique que naturelle, qui fondent les pratiques culturales
de ces derniers (disponibilité de l’eau d’irrigation par exemple…) ;

Enfin, les questionnaires, les entretiens semi-structurés, les focus group ont enrichi la
collecte des données auprès des agriculteurs.

Les ateliers de restitutions


Le premier atelier de prise de démarrage a permis à l’équipe d’exposer la problématique, le
plan de recherche, les objectifs et les résultats attendus de la recherche. Cet atelier s’est avéré
primordial pour la suite des activités de recherche de l’équipe. Les acteurs participant ont pu
s’approprier le thème de l’étude, de contribuer par la richesse de leurs interventions, leurs
suggestions et orientations à la révision de certains objectifs de l’étude. Il a aussi permis
d’avoir de nouvelles informations pertinentes pour le choix des sites; les contraintes et
potentialités à examiner dans la zone d’étude.

Grâce au deuxième atelier (intermédiaire) l’équipe a gardé le contact et assuré la continuité de


la participation active des différents acteurs. La restitution des résultats préliminaires a permis
à l’équipe de renforcer la confiance des acteurs à son égard qui ont apprécié son sérieux dans
le travail et le respect de son planning. Par conséquent leur contribution à l’étude est devenue
de plus en plus importante et enrichissante. Lors de cet atelier, la séance poster (cartes
ressources, matrices de préférence et matrices de caractérisation des sols réalisées par les
agriculteurs), animé par l’équipe a mis en relief la pertinence de la démarche RAD adoptée au
cours de ce travail.

Le troisième atelier (final) s’est tenu en présence des chercheurs, des enseignants, des
développeurs (production végétale, production animale, protection des plantes, la forêt, les
statistiques…).

Il a été l'occasion pour l’équipe de présenter les résultats attendus de l’étude au point de vue :
De la typologie des systèmes de production ;

139
Des itinéraires techniques des conduites culturales et élevage ;
De la caractérisation et de l’évaluation de l’agrobiodiversité ;
De la stratégie des agriculteurs en matière de conservation de l’agrobiodiversité in-situ ;
Du savoir-faire local en matière de conservation des produits, sous-produits et
conservation de la biodiversité.

Enfin des scénarios de développement ont été formulés avec la participation active des
participants à l’atelier. Chacun d’eux a exprimé sa pleine satisfaction des résultats, félicité
l’équipe pour la qualité du travail réalisé en si peu de temps. A la suite de l’atelier final, deux
autres ateliers de restitution des résultats ont été organisés par l’équipe : l’un le 30/06/04 avec
les agriculteurs bénéficiaires de l’étude, l’autre le 07/07/04 à l’INRA-RABAT principal
partenaire scientifique de l’ICRA dans cette étude.

Les insuffisances de la démarche


L’élaboration du questionnaire d’enquête.
Pressée par le temps, l’équipe a consacré une durée insuffisante pour l’élaboration et le test
des outils de collecte des données. Ainsi, le questionnaire de collecte de données propre à
chaque exploitation a été revu à trois reprises.

De même la non maîtrise au départ du système métrique local a engendré une perte de temps
importante lors du dépouillement des questionnaires en raison du temps nécessaire pour faire
les conversions. L’équipe a prévu l’hectare comme unité de mesure de la superficie des
parcelles, alors que les agriculteurs ne maîtrisaient pas cette unité et en utilisaient d’autres
comme la «âabra» qui correspond à une dose de semis de blé (environ 12 kg).

Le souhait d’une prise en charge des ateliers et focus group avec les agriculteurs
La phase qui détermine toute étude de terrain est celle de la collecte des données. Cette phase
demande un sacrifice de temps de travail, d’effort et d’argent pour l’agriculteur et sa famille.
Les coutumes du pays recommandent de bien servir les invités même si cela exige un grand
sacrifice de la part de l’agriculteur. C’est pourquoi, l’équipe de chercheurs très consciente de
ces charges s’est parfois sentie gênée dans certaines conditions.

L’ICRA pourrait atténuer cet état de fait en allouant un budget destiné à prendre en charge
toutes les journées de travail sur le terrain en terme de repas.

Répartition des tâches et vigilance


En équipe pluridisciplinaire, la spécialité et l’expérience de terrain déterminent la contribution
de chacun des membres à l’effort commun. Parfois la pluridisciplinarité de l’équipe de
chercheurs engendre des discussions très passionnées, des divergences dans l’interprétation et
la compréhension du contexte. Alors, le risque de frustration s’installe en l’absence d’effort
de synthèse et de consensus au sein de l’équipe. Cependant, ce risque peut être atténué par
une meilleure répartition des tâches en rapport avec les disciplines respectives et en prenant
en compte l’expérience de terrain et le savoir-faire de chacun des membres de l’équipe.

140
CONCLUSION GENERALE

L’étude a porté sur l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de production oasiens de la


palmeraie d’Aoufouss et avait pour finalité de proposer un plan d’action de recherche et de
recherche-développement au nouveau Centre Régional de Recherche Agronomique (CRRA)
d’Errachidia. L’objectif principal du travail a été de contribuer à l’amélioration des revenus
des agriculteurs tout en maintenant la biodiversité agricole dans la palmeraie d’Aoufouss.
Pour mener cette étude qui a duré trois mois, une équipe de recherche interdisciplinaire a été
constituée sous l’égide de l’ICRA en collaboration avec l’INRA/Maroc, l’ORMVA/TF et
l’IPGRI. La méthodologie de recherche adoptée par l’équipe a été basée sur la démarche RAD
(Recherche Agricole pour le Développement) de l’ICRA.

L’analyse des données issues des enquêtes formelles et informelles a permis de déceler des
contraintes qui pèsent sur tous les systèmes de production. Ce sont principalement la rareté de
l’eau, le morcellement et l’exiguïté des parcelles, l’ombrage dû à la forte densité d’oliviers, le
vieillissement des exploitants, la perte du savoir-faire local, le manque de maîtrise des
itinéraires techniques, les difficultés liées à la valorisation des produits et à la marginalisation
du rôle de la femme. Ces contraintes ont des degrés d’importance différents selon les types
d’exploitations qui développent des stratégies appropriées. Une typologie structurelle et
fonctionnelle des systèmes de production a donné quatorze types différents. L’analyse du
fonctionnement de ces types et de leurs stratégies par rapport aux contraintes et à
l’environnement socio-économique a permis de regrouper ces quatorze types en trois
catégories distinctes -traditionnelles, intermédiaires et modernes- principalement par le niveau
d’intensification et les moyens de production.

Pour proposer des axes de recherche et de développement en vue de lever les contraintes liées
à la sauvegarde de l’agrobiodiversité et la durabilité des systèmes de production, une analyse
de l’agrobiodiversité, des itinéraires techniques, de la valorisation des produits, du savoir-faire
local et du rôle de la femme a été effectuée. Les résultats ont montré une dégradation de la
diversité agricole avec la perte de plusieurs variétés et des menaces sur d’autres à cause
essentiellement de la rareté de l’eau, des maladies comme le Bayoud chez le palmier dattier,
de la sélection variétale par les agriculteurs qui s’orientent vers les variétés de haute valeur
commerciale. Sur le plan de la pratique agricole, des répercussions négatives sur
l’agrobiodiversité et les revenus des producteurs ont été aussi soulevées.

La valorisation des produits qui joue un rôle central dans la conservation des variétés est
confrontée à l’insuffisance des unités de conservation et de transformation des produits. Il a
été aussi noté une perte du savoir-faire traditionnel et une marginalisation de la femme dans le
processus de prise de décision et dans la gestion des ressources.

Cette analyse a été complétée par une formulation de scénarios de développement avec tous
les acteurs (agriculteurs, chercheurs, développeurs). Cette approche prospective et
participative a permis de dégager plusieurs forces motrices : la rareté de l’eau d’irrigation, les
dégâts des maladies et ravageurs, la concurrence du marché, l’intervention de l’Etat, le statut
juridique de la terre et la gestion participative des ressources.

L’analyse de l’évolution de ces forces motrices a conduit à l'élaboration de scénarios de


développement destinés à la recherche, au développement mais aussi aux autorités publiques.
Ces axes de recherche et de recherche-développement s’orientent vers des systèmes
d’économie d’eau adaptés aux conditions agroécologiques de la palmeraie et accessibles aux

141
producteurs et le développement de méthodes participatives pour la gestion rationnelle de la
ressource en eau. Il a aussi été suggéré de faire un inventaire des variétés locales pour
constituer des banques de gènes et de réaliser des actions de conservation in situ.

Pour l’amélioration des revenus des agriculteurs, des études doivent être menées sur les
systèmes et les méthodes de financement décentralisés pour faciliter l’accès des agriculteurs
au crédit ainsi que sur la rentabilité socio-économique des activités génératrices de revenus
dans la palmeraie d’Aoufouss. De même, il y a lieu de labelliser les principaux produits tels
que les dattes, les olives, les plantes médicinales et aromatiques. Pour rendre possible toutes
ces actions, des mesures d’accompagnements ont été aussi proposées :
Mettre en œuvre des actions de sensibilisation sur les conséquences agronomiques et
socio-économiques de la forte densité d’oliviers dans la palmeraie et proposer des
méthodes d’aménagement ;
Valoriser les résultats de la recherche relatifs à la sauvegarde des races animales locales
(ovine et bovine) ;
Inciter les jeunes agriculteurs à s'installer en proposant des mesures incitatives ;
Intégrer les oasis dans les programmes de promotion touristique oasienne pour
développer l’artisanat local ;
Mettre en place un mécanisme de gestion participative et rationnelle des ressources en
eau ;
Mettre en œuvre un projet de réhabilitation des variétés disparues ou en voie de
disparition et de promotion de la diversification des cultures ;
Mettre en œuvre un projet de désalinisation et de mise en valeur agricole de la source
Aïn El Atti ;
Renforcer les unités de conservation et de transformation des produits agricoles.

142
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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143
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de l’atelier “Systèmes agraires” In : Ferry M. (ed.), Greiner D. (ed.) Le palmier dattier dans
l'agriculture d'oasis des pays méditerranéens. Zaragoza : CIHEAM-IAMZ, pp 189-197.

144
ANNEXES
Tableau 1 : Plan de recherche
Activités Objectifs Résultats attendus Outils/méthodes
1 Organisation de l’équipe Etablir des règles de prise de décision et Un contrat d’équipe est établi Brainstorming et visualisation
répartition des taches au sein de l’équipe
2 Clarification des TDR Avoir une compréhension commune du problème La compréhension commune du problème est Lecture individuelle des TdR, brainstorming, cartes mentales, arbre à
atteinte problèmes, arbre à objectifs et visualisation
3 Identification du système Identification des forces motrices et des acteurs Forces motrices et acteurs clés identifiés Brainstorming, schéma du système pertinent et visualisation
pertinent clés La problématique est formulée
Formuler la problématique Plan de recherche est élaboré
4 Atelier de présentation du Prendre en compte les recommandations des Recommandations prises en compte Visualisation sur data show, questionnaire, discussions
thème de recherche acteurs pour mieux orienter le thème de recherche Thème de recherche bien orientée

5 Analyse des systèmes Identifier les types de SPO Les types des SPO sont identifiés Bibliographie (rapport ICRA 2002, …)
de production oasiens basée Identifier le savoir-faire local en tenant compte du Savoir-faire local et rôle de femme identifiés
sur l’agrobiodiversité rôle de la femme Stratégies des agriculteurs identifiées
Identifier les stratégies des agriculteurs
5.1 Identification des sites Identifier des sites représentatifs en terme Les sites représentatifs en terme agroécologique Cartes des ressources, transects, entretiens semi-structurés et exploitation des
agroécologique sont identifiés données secondaires
5.2 Echantillonnage Définir un échantillon de SPO représentatif en Un échantillon représentatif de SPO est défini Echantillonnage raisonné stratifié en fonction de la taille de la Superficie
terme de taille de SAUT Agricole Utile Totale (SAUT)

5.3 Collecte des données Identifier la biodiversité agricole par type de SPO La biodiversité agricole par type de SPO est Enquête informelle, entretien semi-structuré, questionnaire individuel, arbre à
identifiée contraintes, cartes des ressources participatives, outils MARP (homme et
femme), profil historique, cartes des flux
Identifier les stratégies des agriculteurs en matière Les stratégies des agriculteurs en matière de MARP (homme et femme), profil historique, questionnaire, matrice de
de conservation de la biodiversité in situ conservation in situ sont identifiées classification des variétés pour les différencier, matrice de préférence, carte
des ressources génétiques, guide d’entretien
Identifier le savoir local en matière de conduite Le savoir local en matière de conduite des Questionnaires, MARP, entretien semi-structuré (homme et femme)
des cultures et des animaux, de conservation et de cultures et des animaux, de conservation et de Entretien semi-structuré (personnes ressources, ONG, coopératives agricoles
transformation des produits et sous-produits transformation des produits et sous-produits et artisanales, association féminines, marchés)
agricole en tenant compte du rôle de la femme agricoles en tenant en compte du rôle de la
femme est identifié
6 Identifier des axes de Identifier les axes de recherche-développement Axes potentiels de recherche-développement Organisation d’un atelier avec les agriculteurs et autres acteurs du
recherche développement identifiés développement, Questions ouvertes, Exploitation des résultats du rapport
Les besoins urgents des agriculteurs sont ICRA 2003, questionnaire,
identifiés

7 Elaboration d’un plan Identifier et évaluer les scénarios de Les scénarios de développement sont identifiés Documentation sur les technologies existant, planification par scénario,
d’actions de recherche et développement et évalués matrices (hiérarchisation et priorisation), organisation d’un atelier avec les
développement Formuler un plan d’actions de recherche- Les mesures d’accompagnement sont proposées agriculteurs et autres acteurs du développement, questions ouvertes,
développement Plan d’action de recherche-développement exploitation des résultats des données secondaires.
Identifier les mesures d’accompagnement du plan formulé
d’action

145
ANNEXE I
Tableau 2 : Planification des activités
PLANNING
Montpellier Maroc Montpellier
TACHES
Mars Avril Mai Juin Juillet

S1 S2 S3 S4 S1 S2 S3 S4 S1 S2 S3 S4 S1 S2 S3 S4 S1 S2 S3 S4
Organisation de l’équipe
Collecte et analyse des données secondaires
Exploitation bibliographie provisoire
Problématique 29
Plan de recherche 26
Rédaction synthèse bibliographique 05
Méthodologie de recherche provisoire
Présentation du plan de recherche provisoire à l’ICRA 08
Bibliographie Rabat
Contact personnes ressources
Prospection du terrain et contacts
Atelier de validation de la méthodologie (atelier N°1 ) 19
Zonage
Echantillonnage
Méthodologie de recherche finale
Elaboration des outils de collecte
Test des outils et mise au point du questionnaire
Enquêtes / Ateliers 17
+atelier intermédiaire
Saisie et traitement des données
Analyse des données
Formuler des recommandations
Atelier restitution et validation (atelier final) 25
Rapport final

146
ANNEXE II
Typologie des systèmes de production oasiens de la palmeraie d’Aoufouss

Site 1 2 Site 2 3

1 2

2
REGR factor score 2 for analysis

REGR factor score 2 for analysis


0 1

-1 TYPE_SP 0 TYPE_SPO

S1_SPO S2_SPO4

-2 S1_SPO -1 S2_SPO3

S1_SPO S2_SPO2

-3 S1_SPO -2 S2_SPO1
-2 -1 0 1 2 3 -1,5 -1,0 -,5 0,0 ,5 1,0 1,5 2,0

REGR factor score 1 for analysis 1 REGR factor score 1 for analysis 2

Site 33 Site 4 2

2 1

4
3

REGR factor score 2 for analysis


REGR factor score 2 for analysis

1 0

0 -1
TYPE_SPO

S3_SPO4

-1 S3_SPO3
-2 TYPE_SP
S4_SPO
S3_SPO2
-3 S4_SPO
-2 S3_SPO
-4 -3 -2 -1 0 1 2
-2 -1 0 1 2 3 4

REGR factor score 1 for analysis 4


REGR factor score 1 for analysis 3

Figure : Représentation graphique des SPO par ACP au niveau des 4 Sites

147
Annexe II

Arbres hiérarchiques de la Classification Hiérarchique

* * * * * * H I E R A R C H I C A L C L U S T E R A N A L Y S I S * **
Rescaled Distance Cluster Combine

Figure 2-1 : Site n°1: Haut R’teb

148
ANNEXE II

* * * * * H I E R A R C H I C A L C L U S T E R A N A L Y S I S * * * *

Figure 2-2 : Site n°2 (Moyen R’teb)

149
ANNEXE II

* * * * * * H I E R A R C H I C A L C L U S T E R A N A L Y S I S * * *
Rescaled Distance Cluster Combine

Figure 2-3 : Site n°3 (Zrigate)

150
ANNEXE II

* * * * * * H I E R A R C H I C A L C L U S T E R A N A L Y S I S * * *
Rescaled Distance Cluster Combine

Figure 2-4 : Site n°4 (Bas R’teb)

151
ANNEXE II
Statistiques descriptives des SPO par Site
Tableau 2-1 : Site 1 (Haut R’teb)
Site N°1 SPO1 SPO1 SPO1 SPO1 SPO1 SPO2 SPO2 SPO2 SPO2 SPO2 SPO3 SPO3 SPO3 SPO3 SPO3 SPO4 SPO4 SPO4 SPO4 SPO4
N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET
% sol agad 8,00 0,00 100,00 54,04 36,61 10,00 0,00 100,00 46,18 27,73 8,00 23,00 98,00 61,17 23,26 6,00 0,00 77,00 52,86 28,50
% sol hrach 8,00 0,00 100,00 27,24 33,76 10,00 0,00 100,00 14,36 31,47 8,00 0,00 50,00 18,35 21,47 6,00 0,00 100,00 30,87 36,25
% sol mramel 8,00 0,00 67,73 18,72 25,21 10,00 0,00 75,00 39,47 26,66 8,00 0,00 38,37 20,47 16,15 6,00 0,00 41,38 16,28 19,52
Age de l’agriculteur 8,00 30,00 85,00 62,13 18,16 10,00 34,00 78,00 57,50 14,40 8,00 23,00 75,00 52,13 18,52 6,00 39,00 75,00 58,00 13,48
BIO_FRUI 8,00 0,00 7,00 3,00 2,56 10,00 0,00 7,00 1,40 2,17 8,00 0,00 7,00 1,63 2,33 6,00 0,00 7,00 3,50 2,59
BIO_PD 8,00 2,00 9,00 5,00 2,20 10,00 0,00 7,00 3,40 2,41 8,00 2,00 8,00 5,25 1,83 6,00 0,00 7,00 3,50 2,59
Langue maternelle 8,00 1,00 2,00 1,38 0,52 10,00 1,00 2,00 1,50 0,53 8,00 1,00 2,00 1,88 0,35 6,00 1,00 2,00 1,33 0,52
Main d'oeuvre salariée
féminine en j/an 8,00 0,00 277,00 95,38 117,69 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 270,00 42,38 92,47 6,00 0,00 1,00 0,17 0,41
Main d'oeuvre salariée
féminine en nombre/an 8,00 0,00 63,00 14,13 20,91 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 14,00 6,25 5,57 6,00 0,00 13,00 3,00 5,29
Main d'oeuvre salariée
masculine en jour/an 8,00 19,00 94,00 42,75 22,30 10,00 0,00 11,00 2,60 3,63 8,00 21,00 68,00 35,00 17,54 6,00 0,00 115,00 23,67 46,03
Main d'oeuvre salariée
masculine en nombre/an 8,00 7,00 134,00 62,88 48,36 10,00 0,00 7,00 2,30 2,63 8,00 6,00 126,00 34,63 39,62 6,00 0,00 32,00 6,00 12,84
N_PD_ID 8,00 15,00 100,00 45,00 27,28 10,00 0,00 29,00 6,20 10,64 8,00 16,00 77,00 35,00 19,94 6,00 0,00 73,00 36,00 27,57
N_PD_NID 8,00 14,00 200,00 79,88 67,22 10,00 0,00 40,00 19,30 13,00 8,00 13,00 270,00 109,00 84,81 6,00 0,00 120,00 46,67 41,87
NB_ARBOF 8,00 0,00 109,00 30,00 35,61 10,00 0,00 13,00 3,10 4,23 8,00 0,00 34,00 8,38 11,41 6,00 0,00 33,00 19,33 14,19
NB_BOVIN 8,00 0,00 4,00 1,13 1,46 10,00 0,00 2,00 0,30 0,67 8,00 0,00 2,00 0,25 0,71 6,00 0,00 2,00 0,67 1,03
NB_OLIVE 8,00 12,00 600,00 118,63 195,59 10,00 0,00 30,00 14,30 9,56 8,00 4,00 50,00 23,75 16,96 6,00 0,00 100,00 51,50 31,84
NB_OVIN 8,00 0,00 21,00 9,25 6,20 10,00 0,00 10,00 5,70 4,19 8,00 0,00 21,00 10,63 6,63 6,00 0,00 65,00 18,17 23,39
Nombre actuel de géniteurs
bovins 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre actuel de géniteurs
ovins 8,00 0,00 3,00 1,38 1,30 10,00 0,00 2,00 0,60 0,70 8,00 0,00 4,00 1,75 1,39 6,00 0,00 15,00 3,67 5,89
Nombre actuel de jeunes
bovins 8,00 0,00 2,00 0,50 0,76 10,00 0,00 1,00 0,10 0,32 8,00 0,00 1,00 0,13 0,35 6,00 0,00 1,00 0,33 0,52
Nombre actuel de jeunes
ovins 8,00 0,00 7,00 3,13 2,23 10,00 0,00 4,00 2,20 1,81 8,00 0,00 10,00 4,13 3,52 6,00 0,00 20,00 6,17 7,00
Nombre actuel de
reproductrices bovines 8,00 0,00 2,00 0,63 0,74 10,00 0,00 1,00 0,20 0,42 8,00 0,00 1,00 0,13 0,35 6,00 0,00 1,00 0,33 0,52

152
Nombre actuel de
reproductrices ovines 8,00 0,00 14,00 4,75 4,10 10,00 0,00 6,00 2,90 2,33 8,00 0,00 10,00 4,75 3,01 6,00 0,00 30,00 8,33 10,98
Nombre bovins il y a 10 ans 8,00 0,00 9,00 2,13 3,09 10,00 0,00 2,00 0,40 0,70 8,00 0,00 4,00 0,50 1,41 6,00 0,00 3,00 0,83 1,33
Nombre de maisons 8,00 0,00 5,00 2,00 1,51 9,00 1,00 2,00 1,11 0,33 8,00 1,00 2,00 1,25 0,46 5,00 1,00 2,00 1,80 0,45
Nombre de motopompes 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 3,00 0,83 1,33
Nombre de parcelles 8,00 3,00 18,00 11,13 5,03 10,00 2,00 8,00 4,80 2,04 8,00 6,00 13,00 9,00 2,73 6,00 5,00 15,00 10,67 3,61
Nombre d'espèces
maraîchères 8,00 1,00 8,00 3,00 2,20 10,00 0,00 8,00 2,40 2,22 8,00 1,00 4,00 3,00 0,93 6,00 4,00 15,00 9,17 4,54
Nombre total de palmiers
dattiers 8,00 36,00 260,00 124,88 86,28 10,00 0,00 40,00 25,50 13,15 8,00 30,00 298,00 144,00 84,81 6,00 0,00 193,00 82,67 65,77
P_PD_ID 8,00 17,65 61,11 41,72 16,22 9,00 0,00 90,63 21,07 31,92 8,00 8,60 56,67 32,25 18,84 5,00 30,56 74,55 45,45 18,35
Possession d’un moyen de
transport 8,00 1,00 3,00 1,50 0,93 10,00 1,00 1,00 1,00 0,00 8,00 1,00 1,00 1,00 0,00 6,00 1,00 1,00 1,00 0,00
Possession d’un tracteur 8,00 1,00 2,00 1,88 0,35 10,00 1,00 2,00 1,90 0,32 8,00 1,00 2,00 1,88 0,35 6,00 1,00 2,00 1,83 0,41
Quantité de dattes produites
pour le bétail 8,00 0,00 400,00 150,00 169,03 10,00 0,00 500,00 107,00 159,31 8,00 0,00 3600,00 550,00 1250,14 6,00 0,00 1500,00 583,33 664,58
quantité de luzerne produite
pour le bétail 8,00 540,00 80000,00 21080,00 26718,03 10,00 0,00 32000,00 4335,00 9869,99 8,00 0,00 30000,00 7127,50 11985,60 6,00 0,00 5000,00 1866,67 2069,46
Quantité de maïs produite
pour le bétail 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 400,00 66,67 163,30
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 200,00 25,00 70,71 10,00 0,00 300,00 30,00 94,87 8,00 0,00 1440,00 242,50 514,52 6,00 0,00 500,00 83,33 204,12
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 1100,00 200,00 403,56 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 1100,00 367,50 445,16 10,00 0,00 800,00 160,00 256,43 8,00 0,00 2880,00 635,00 1013,38 6,00 0,00 2000,00 606,67 714,05
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 1850,00 231,25 654,07 6,00 0,00 2500,00 416,67 1020,62
Quantité de paille achetée
pour le bétail 8,00 0,00 2000,00 300,00 701,02 10,00 0,00 600,00 155,00 190,69 8,00 0,00 1080,00 272,50 410,98 6,00 0,00 3000,00 750,00 1113,10
Quantité de paille produite
pour le bétail 8,00 0,00 200,00 25,00 70,71 10,00 0,00 1000,00 100,00 316,23 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 2000,00 333,33 816,50
Quantité d'orge produite
pour le bétail 8,00 0,00 975,00 121,88 344,72 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 800,00 168,75 291,47 6,00 0,00 400,00 106,67 172,82
SUP_CERE 8,00 0,00 2,00 0,63 0,82 10,00 0,00 1,00 0,25 0,37 8,00 0,00 0,70 0,22 0,27 6,00 0,58 16,00 4,23 5,99
SUP_EXP 8,00 0,74 9,25 3,10 2,69 10,00 0,00 5,50 1,32 1,64 8,00 0,42 1,34 0,82 0,32 6,00 2,69 27,00 9,87 9,36
SUP_FOUR 8,00 0,08 3,00 1,18 1,09 10,00 0,00 0,50 0,19 0,19 8,00 0,06 0,58 0,31 0,21 6,00 0,08 8,54 2,85 3,03
SUP_MARA 8,00 0,00 1,16 0,33 0,47 10,00 0,00 0,26 0,11 0,11 8,00 0,00 0,50 0,17 0,16 6,00 0,00 5,25 1,47 1,91

153
Superficie actuelle de
jachère en ha 8,00 0,00 4,10 1,25 1,37 10,00 0,00 1,50 0,26 0,46 8,00 0,00 0,76 0,22 0,23 6,00 0,00 2,50 1,18 0,99
Superficie actuelle de petits
pois 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,04 0,01 0,02
Superficie agricole utile
totale donnée en association 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 1,00 0,17 0,41
Superficie agricole utile
totale en propriété 8,00 0,74 9,25 3,08 2,70 10,00 0,00 5,50 1,10 1,63 8,00 0,35 0,92 0,68 0,22 6,00 2,69 14,50 5,82 4,39
Superficie agricole utile
totale prise en association 8,00 0,00 0,22 0,03 0,08 10,00 0,00 0,83 0,11 0,27 8,00 0,00 0,12 0,03 0,05 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie agricole utile
totale prise en location 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,75 0,11 0,25 8,00 0,00 0,42 0,12 0,17 6,00 0,00 24,00 4,04 9,78
Superficie maison 8,00 100,00 694,00 262,63 196,93 9,00 100,00 800,00 341,22 241,24 8,00 150,00 900,00 395,88 272,53 5,00 200,00 15080,00 3273,40 6600,51
Superficie total exploitée en
Ha 8,00 0,74 9,25 3,10 2,69 10,00 0,00 5,50 1,32 1,64 8,00 0,42 1,34 0,82 0,32 6,00 2,69 27,00 9,87 9,36
Superficie totale du sol
agade 8,00 0,00 4,25 1,17 1,35 10,00 0,00 2,00 0,40 0,58 8,00 0,18 1,71 0,62 0,60 6,00 0,00 30,29 7,75 11,44
Superficie totale du sol
hrache 8,00 0,00 4,00 0,78 1,36 10,00 0,00 1,00 0,12 0,31 8,00 0,00 0,32 0,13 0,14 6,00 0,00 14,50 3,42 5,65
Superficie totale du sol
mramale 8,00 0,00 2,54 0,60 0,88 10,00 0,00 2,50 0,49 0,74 8,00 0,00 0,33 0,15 0,12 6,00 0,00 6,00 1,50 2,35
Nombre d'espèces
maraîchères 8,00 1,00 8,00 3,00 2,20 10,00 0,00 8,00 2,40 2,22 8,00 1,00 4,00 3,00 0,93 6,00 4,00 15,00 9,17 4,54
Nombre d’espèces de cult.
basses 8,00 1,00 10,00 4,00 2,67 10,00 0,00 7,00 3,30 2,36 8,00 1,00 6,00 4,50 1,69 6,00 4,00 15,00 9,67 4,03

154
Tableau 2-2 : Site 2 (Moyen R’teb)

Site N°2 SPO5 SPO5 SPO5 SPO5 SPO6 SPO6 SPO6 SPO6 SPO6 SPO7 SPO7 SPO7 SPO7 SPO7 SPO8 SPO8 SPO8 SPO8 SPO8
N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET
Age de l’agriculteur 4 53,00 77,00 63,50 10,08 6,00 60,00 80,00 69,00 7,54 8,00 48,00 80,00 60,38 10,13 10,00 52,00 71,00 63,60 5,58
Langue maternelle 4 1,00 2,00 1,75 0,50 6,00 1,00 2,00 1,83 0,41 8,00 1,00 2,00 1,25 0,46 10,00 1,00 2,00 1,90 0,32
Nombre de parcelles 4 7,00 37,00 18,25 13,50 6,00 6,00 13,00 8,17 2,64 8,00 4,00 9,00 6,38 2,20 10,00 5,00 23,00 12,40 5,66
Superficie agricole utile totale en
propriété 4 0,00 2,08 1,18 0,92 6,00 0,67 1,23 0,86 0,21 8,00 0,27 1,00 0,61 0,26 10,00 0,98 3,00 1,95 0,68
Superficie agricole utile totale prise en
location 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,42 0,05 0,15 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie agricole utile totale prise en
association 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,54 0,18 0,28 8,00 0,00 0,75 0,14 0,27 10,00 0,00 0,33 0,04 0,10
Superficie agricole utile totale donnée
en association 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie total exploitée en Ha 4 0,00 2,08 1,18 0,92 6,00 0,67 1,76 1,04 0,41 8,00 0,27 1,17 0,80 0,32 10,00 1,02 3,00 1,99 0,64
Superficie totale du sol agade 4 0,91 2,58 1,71 0,69 6,00 0,00 1,17 0,55 0,45 8,00 0,00 3,50 0,89 1,11 10,00 0,00 1,83 0,97 0,64
Superficie maison 4 180,00 2128,00 815,00 892,15 6,00 60,00 260,00 141,00 72,15 8,00 37,00 10000,00 1455,25 3456,88 10,00 117,00 750,00 246,90 193,38
Possession d’un moyen de transport 4 1,00 1,00 1,00 0,00 6,00 1,00 1,00 1,00 0,00 8,00 1,00 1,00 1,00 0,00 10,00 1,00 1,00 1,00 0,00
Possession d’un tracteur 4 2,00 2,00 2,00 0,00 6,00 2,00 2,00 2,00 0,00 8,00 2,00 2,00 2,00 0,00 10,00 2,00 2,00 2,00 0,00
Nombre de motopompes 4 1,00 2,00 1,25 0,50 6,00 0,00 1,00 0,17 0,41 8,00 0,00 1,00 0,25 0,46 10,00 0,00 1,00 0,10 0,32
Nombre actuel de jeunes ovins 4 3,00 7,00 4,50 1,73 6,00 0,00 2,00 0,50 0,84 8,00 0,00 10,00 1,88 3,40 10,00 0,00 6,00 3,90 2,38
Nombre actuel de géniteurs ovins 4 2,00 17,00 5,75 7,50 6,00 0,00 3,00 1,00 1,26 8,00 0,00 2,00 0,63 0,74 10,00 0,00 4,00 1,80 1,14
Nombre actuel de reproductrices ovines 4 3,00 12,00 6,25 4,03 6,00 0,00 4,00 2,00 1,26 8,00 0,00 5,00 1,75 1,83 10,00 2,00 8,00 3,70 2,00
Nombre actuel de jeunes bovins 4 0,00 1,00 0,50 0,58 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 1,00 0,13 0,35 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre actuel de géniteurs bovins 4 0,00 1,00 0,50 0,58 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre actuel de reproductrices
bovines 4 1,00 1,00 1,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 1,00 0,13 0,35 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de luzerne produite pour le
bétail 4 0,00 56000,00 14975,00 27365,47 6,00 0,00 3600,00 1200,00 1517,89 8,00 0,00 1800,00 600,00 848,53 10,00 0,00 22500,00 7490,00 6757,79
Quantité d'orge produite pour le bétail 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de dattes produites pour le
bétail 4 0,00 2100,00 600,00 1009,95 6,00 0,00 200,00 53,33 86,41 8,00 0,00 250,00 50,00 96,36 10,00 0,00 500,00 271,00 187,05
Quantité de maïs produite pour le bétail 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille produite pour le bétail 4 0,00 3000,00 750,00 1500,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 2000,00 400,00 843,27

155
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 0,00 1000,00 250,00 500,00 6,00 0,00 960,00 160,00 391,92 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 100,00 16,67 40,82 8,00 0,00 300,00 37,50 106,07 10,00 0,00 150,00 25,00 54,01
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 300,00 1680,00 907,50 571,74 6,00 0,00 400,00 128,33 176,68 8,00 0,00 1800,00 362,50 606,95 10,00 0,00 1200,00 356,00 445,50
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 0,00 1500,00 660,00 636,45 6,00 0,00 3000,00 750,00 1254,99 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 1080,00 262,00 375,88
Quantité de paille achetée pour le bétail 4 300,00 1200,00 725,00 442,53 6,00 0,00 600,00 150,00 234,52 8,00 0,00 1800,00 368,75 604,12 10,00 0,00 500,00 175,00 178,34
Main d'oeuvre salariée masculine en
nombre/an 4 4,00 58,00 35,50 22,88 6,00 0,00 18,00 7,33 7,20 8,00 0,00 35,00 7,25 13,57 10,00 3,00 175,00 36,50 50,12
Main d'oeuvre salariée masculine en
jour/an 4 21,00 130,00 58,00 50,92 6,00 0,00 21,00 7,83 9,99 8,00 0,00 27,00 5,25 10,04 10,00 6,00 31,00 17,90 8,25
Main d'oeuvre salariée féminine en
nombre/an 4 3,00 15,00 7,00 5,66 6,00 0,00 2,00 1,00 1,10 8,00 0,00 1,00 0,13 0,35 10,00 0,00 13,00 5,10 4,68
Main d'oeuvre salariée féminine en j/an 4 10,00 46,00 24,25 16,50 6,00 0,00 4,00 1,67 1,97 8,00 0,00 8,00 1,00 2,83 10,00 0,00 40,00 13,10 13,72
BIO_PD 4 4,00 6,00 5,00 1,15 6,00 0,00 7,00 3,33 2,50 8,00 0,00 6,00 3,00 2,33 10,00 2,00 11,00 5,90 2,33
NB_OVIN 4 9,00 30,00 16,50 9,68 6,00 0,00 6,00 3,50 2,26 8,00 0,00 17,00 4,25 5,60 10,00 4,00 14,00 9,40 3,44
NB_BOVIN 4 1,00 3,00 2,00 0,82 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 1,00 0,25 0,46 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre total de palmiers dattiers 4 68,00 552,00 234,50 216,03 6,00 17,00 66,00 33,83 18,49 8,00 0,00 103,00 36,63 32,49 10,00 51,00 250,00 118,10 67,28
N_PD_ID 4 30,00 63,00 50,00 14,12 6,00 0,00 21,00 8,50 9,93 8,00 0,00 52,00 15,88 17,51 10,00 6,00 115,00 41,10 32,12
N_PD_NID 4 38,00 500,00 184,50 212,51 6,00 11,00 45,00 25,33 12,88 8,00 0,00 51,00 20,75 18,99 10,00 21,00 200,00 77,00 54,88
NB_OLIVE 4 33,00 188,00 78,50 73,37 6,00 10,00 36,00 24,00 10,28 8,00 5,00 29,00 14,88 8,41 10,00 16,00 78,00 51,20 19,11
NB_ARBOF 4 12,00 57,00 28,25 19,74 6,00 0,00 8,00 2,83 3,49 8,00 0,00 11,00 2,50 3,82 10,00 0,00 14,00 7,00 5,91
BIO_FRUI 4 3,00 6,00 4,50 1,29 6,00 0,00 3,00 1,00 1,26 8,00 0,00 4,00 1,25 1,49 10,00 0,00 4,00 2,20 1,75
Nombre d’espèces de cult. basses 4 5,00 6,00 5,25 0,50 6,00 0,00 5,00 1,67 1,75 8,00 3,00 7,00 4,63 1,41 10,00 1,00 3,00 1,50 0,71
Nombre d'espèces maraîchères 4 3,00 4,00 3,25 0,50 6,00 0,00 3,00 1,33 1,03 8,00 2,00 8,00 3,50 1,93 10,00 1,00 3,00 1,50 0,71
P_PD_ID 4 9,42 44,12 32,01 15,73 6,00 0,00 51,22 22,10 20,76 7,00 0,00 91,67 43,95 31,68 10,00 7,41 68,57 36,72 19,63
% sol agad 4 71,00 97,00 86,59 11,56 6,00 0,00 100,00 49,06 33,83 8,00 0,00 100,00 61,46 39,09 9,00 6,00 100,00 59,23 32,61
% sol hrach 4 0,00 22,00 9,25 9,79 6,00 0,00 100,00 26,31 40,76 8,00 0,00 100,00 14,76 35,02 9,00 0,00 44,00 10,01 14,93
% sol mramel 4 0,00 6,90 4,16 3,05 6,00 0,00 73,96 24,63 30,24 8,00 0,00 92,59 23,78 33,23 9,00 0,00 93,98 30,77 28,04
superficie actuelle de jachère en ha 4 0,00 0,69 0,23 0,31 6,00 0,54 1,17 0,81 0,23 8,00 0,00 0,65 0,23 0,24 10,00 0,58 2,46 1,41 0,65
SUP_FOUR 4 0,67 5,00 2,04 2,02 6,00 0,00 0,21 0,10 0,08 8,00 0,00 0,42 0,18 0,14 10,00 0,04 0,75 0,36 0,27
SUP_CERE 4 0,00 8,00 2,23 3,86 6,00 0,00 0,33 0,10 0,15 8,00 0,00 1,08 0,36 0,40 10,00 0,00 1,00 0,26 0,37
SUP_MARA 4 0,01 0,71 0,29 0,30 6,00 0,00 0,08 0,01 0,03 8,00 0,00 0,78 0,19 0,26 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie actuelle de jachère en ha 4 0,00 0,69 0,23 0,31 6,00 0,54 1,17 0,81 0,23 8,00 0,00 0,65 0,23 0,24 10,00 0,58 2,46 1,41 0,65

156
Tableau 2-3 : Site 3 (Zrigate)
Site N°3 SPO9 SPO9 SPO9 SPO9 SPO9 SPO10 SPO10 SPO10 SPO10 SPO10 SPO11 SPO11 SPO11 SPO11 SPO11 SPO12 SPO12 SPO12 SPO12 SPO12
N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET
Age de l’agriculteur 4,00 46,00 62,00 56,75 7,27 6,00 39,00 73,00 55,33 12,88 4,00 39,00 68,00 56,75 12,42 7,00 40,00 60,00 48,57 6,63
Langue maternelle 4,00 1,00 2,00 1,75 0,50 6,00 1,00 2,00 1,50 0,55 4,00 1,00 2,00 1,25 0,50 7,00 1,00 2,00 1,57 0,53
Nombre de parcelles 4,00 5,00 20,00 11,75 6,40 6,00 4,00 12,00 7,33 3,67 4,00 5,00 11,00 8,75 2,63 7,00 5,00 20,00 11,29 4,79
Superficie agricole utile totale en
propriété 4,00 0,67 1,92 1,14 0,57 6,00 0,13 1,80 0,82 0,71 4,00 0,33 1,75 0,76 0,66 7,00 0,16 2,00 1,12 0,61
Superficie agricole utile totale prise en
location 4,00 0,00 1,58 0,40 0,79 6,00 0,00 0,17 0,03 0,07 4,00 0,00 0,08 0,02 0,04 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie agricole utile totale prise en
association 4,00 0,00 0,50 0,13 0,25 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,63 0,16 0,32 7,00 0,00 0,33 0,05 0,12
Superficie agricole utile totale donnée
en association 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie total exploitée en Ha 4,00 0,75 3,50 1,66 1,24 6,00 0,15 1,80 0,85 0,68 4,00 0,50 1,75 0,94 0,58 7,00 0,16 2,00 1,17 0,64
Superficie totale du sol agade 4,00 0,00 2,62 1,02 1,14 6,00 0,00 3,70 0,92 1,39 4,00 0,17 1,33 0,70 0,49 7,00 0,00 1,80 0,89 0,75
Superficie maison 3,00 228,00 1000,00 559,33 397,44 6,00 132,00 900,00 338,00 299,68 3,00 126,00 528,00 306,00 204,26 6,00 132,00 1140,00 495,67 457,99
Possession d’un moyen de transport 4,00 1,00 1,00 1,00 0,00 6,00 1,00 1,00 1,00 0,00 4,00 1,00 1,00 1,00 0,00 7,00 1,00 1,00 1,00 0,00
Possession d’un tracteur 4,00 2,00 2,00 2,00 0,00 6,00 2,00 2,00 2,00 0,00 4,00 2,00 2,00 2,00 0,00 7,00 2,00 2,00 2,00 0,00
Nombre de motopompe 4,00 0,00 1,00 0,25 0,50 6,00 0,00 1,00 0,50 0,55 4,00 0,00 1,00 0,25 0,50 7,00 0,00 1,00 0,57 0,53
Nombre actuel de jeunes ovins 4,00 2,00 4,00 3,00 1,15 6,00 0,00 2,00 0,83 0,98 4,00 0,00 8,00 3,25 3,40 7,00 0,00 6,00 1,57 2,30
Nombre actuel de géniteurs ovins 4,00 1,00 3,00 2,00 1,15 6,00 0,00 3,00 1,67 1,03 4,00 0,00 4,00 1,25 1,89 7,00 0,00 7,00 2,00 2,77
Nombre actuel de reproductrices ovines 4,00 2,00 5,00 3,25 1,26 6,00 0,00 4,00 1,83 1,33 4,00 0,00 4,00 2,25 1,71 7,00 0,00 13,00 5,14 4,98
Nombre actuel de jeunes bovins 4,00 0,00 1,00 0,50 0,58 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 1,00 0,25 0,50 7,00 0,00 3,00 0,57 1,13
Nombre actuel de géniteurs bovins 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 3,00 0,50 1,22 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre actuel de reproductrices
bovines 4,00 0,00 1,00 0,50 0,58 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 1,00 0,25 0,50 7,00 0,00 2,00 0,57 0,79
Quantité de luzerne produite pour le
bétail 4,00 0,00 48000,00 12207,50 23864,87 6,00 0,00 9520,00 1886,67 3808,24 4,00 0,00 1500,00 375,00 750,00 7,00 0,00 20000,00 6185,71 6917,71
Quantité d'orge produite pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de dattes produites pour le
bétail 4,00 50,00 1000,00 462,50 402,85 6,00 0,00 500,00 116,67 194,08 4,00 0,00 2000,00 575,00 960,47 7,00 0,00 1400,00 427,14 472,25
Quantité de maïs produite pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille produite pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 300,00 75,00 150,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 3000,00 500,00 1224,74 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00

157
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 200,00 1400,00 650,00 574,46 6,00 0,00 3150,00 660,00 1227,44 4,00 0,00 2000,00 561,25 966,10 7,00 0,00 2000,00 555,71 704,32
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 0,00 1200,00 315,00 590,68 6,00 0,00 3240,00 815,00 1255,77 4,00 0,00 3000,00 1425,00 1650,00 7,00 0,00 7200,00 2178,57 2735,55
Quantité de paille achetée pour le bétail 4,00 200,00 1500,00 737,50 626,33 6,00 0,00 3000,00 700,00 1148,91 4,00 0,00 1000,00 306,25 474,51 7,00 0,00 1200,00 471,43 499,05
Main d'oeuvre salariée masculine en
nombre/an 4,00 3,00 22,00 10,00 8,52 6,00 0,00 13,00 3,33 5,05 4,00 0,00 8,00 2,75 3,77 7,00 2,00 44,00 21,29 16,20
Main d'oeuvre salariée masculine en
jour/an 4,00 12,00 101,00 35,75 43,55 6,00 0,00 13,00 3,50 5,09 4,00 0,00 22,00 6,25 10,59 7,00 6,00 68,00 21,57 21,01
Main d'oeuvre salariée féminine en
nombre/an 4,00 3,00 10,00 7,75 3,30 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 3,00 0,75 1,50 7,00 0,00 10,00 3,57 3,46
Main d'oeuvre salariée féminine en j/an 4,00 6,00 87,00 29,25 38,82 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,00 8,00 2,00 4,00 7,00 0,00 31,00 8,86 12,12
BIO_PD 4,00 1,00 10,00 5,25 4,03 6,00 1,00 6,00 2,67 1,86 4,00 0,00 4,00 2,25 1,71 7,00 3,00 13,00 7,00 3,61
NB_OVIN 4,00 5,00 12,00 8,25 3,30 6,00 0,00 8,00 4,33 2,73 4,00 0,00 13,00 6,75 5,85 7,00 0,00 20,00 8,71 7,25
NB_BOVIN 4,00 0,00 2,00 1,00 1,15 6,00 0,00 3,00 0,50 1,22 4,00 0,00 2,00 0,50 1,00 7,00 0,00 5,00 1,14 1,86
Nombre total de palmiers dattiers 4,00 59,00 652,00 220,50 287,94 6,00 12,00 47,00 26,83 16,08 4,00 15,00 58,00 30,25 20,35 7,00 51,00 177,00 113,43 40,55
N_PD_ID 4,00 11,00 192,00 83,50 77,93 6,00 0,00 21,00 6,33 7,50 4,00 0,00 58,00 23,25 25,00 7,00 19,00 107,00 63,14 36,27
N_PD_NID 4,00 5,00 460,00 137,00 217,55 6,00 7,00 47,00 20,50 15,08 4,00 0,00 15,00 7,00 6,78 7,00 4,00 75,00 50,29 25,79
NB_OLIVE 4,00 0,00 163,00 60,75 71,20 6,00 0,00 43,00 18,00 17,01 4,00 0,00 26,00 6,50 13,00 7,00 0,00 78,00 29,43 29,07
NB_ARBOF 4,00 0,00 39,00 18,00 20,93 6,00 0,00 25,00 7,67 11,94 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 25,00 10,86 9,34
BIO_FRUI 4,00 0,00 8,00 3,25 3,95 6,00 0,00 8,00 1,67 3,20 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 7,00 0,00 7,00 3,14 2,48
Nombre d’espèces de cult. basses 4,00 4,00 12,00 7,00 3,83 6,00 0,00 2,00 1,00 0,63 4,00 1,00 6,00 3,00 2,16 7,00 0,00 4,00 1,57 1,51
Nombre d'espèces maraîchères 4,00 2,00 15,00 7,25 6,40 6,00 0,00 2,00 1,00 0,63 4,00 2,00 5,00 3,25 1,26 7,00 0,00 5,00 1,71 1,80
P_PD_ID 4,00 13,10 94,25 54,96 39,73 6,00 0,00 46,67 26,10 18,97 4,00 0,00 100,00 62,42 43,48 7,00 21,35 92,16 55,68 26,29
% sol agad 4,00 0,00 75,00 50,20 33,94 6,00 0,00 100,00 55,38 36,28 4,00 37,00 100,00 73,81 26,59 7,00 0,00 100,00 63,59 40,50
% sol hrach 4,00 0,00 25,00 9,55 10,91 6,00 0,00 100,00 19,62 40,01 4,00 0,00 24,00 6,00 12,00 7,00 0,00 100,00 16,18 37,19
% sol mramel 4,00 0,00 100,00 40,24 42,36 6,00 0,00 69,88 25,01 29,14 4,00 0,00 63,04 20,19 29,76 7,00 0,00 75,00 20,23 31,84
SUP_FOUR 4,00 0,00 0,58 0,23 0,28 6,00 0,00 0,77 0,23 0,28 4,00 0,13 0,83 0,44 0,33 7,00 0,00 0,25 0,08 0,09
SUP_CERE 4,00 0,00 1,00 0,43 0,50 6,00 0,00 0,42 0,07 0,17 4,00 0,00 0,25 0,06 0,13 7,00 0,00 0,33 0,09 0,16
SUP_MARA 4,00 0,12 1,08 0,55 0,42 6,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,00 0,07 0,42 0,16 0,17 7,00 0,00 0,10 0,03 0,04
Superficie actuelle de jachère en ha 4,00 0,00 2,50 0,74 1,18 6,00 0,12 1,80 0,61 0,63 4,00 0,21 0,35 0,28 0,07 7,00 0,00 1,58 0,97 0,57

158
Tableau 2-4 : Site 4 (Bas R’teb)
Site N°4 SPO13 SPO13 SPO13 SPO13 SPO13 SPO14 SPO14 SPO14 SPO14 SPO14
N Min Max Moy ET N Min Max Moy ET
Age de l’agriculteur 12,00 40,00 76,00 59,67 11,20 10,00 50,00 74,00 61,00 8,83
Langue maternelle 12,00 1,00 2,00 1,75 0,45 10,00 1,00 2,00 1,50 0,53
Nombre de parcelles 12,00 3,00 15,00 8,58 3,37 10,00 4,00 31,00 11,30 7,86
Superficie agricole utile totale en propriété 12,00 0,13 1,73 0,90 0,43 10,00 0,25 2,21 1,44 0,66
Superficie agricole utile totale prise en location 12,00 0,00 0,25 0,02 0,07 10,00 0,00 1,00 0,10 0,32
Superficie agricole utile totale prise en association 12,00 0,00 0,17 0,01 0,05 10,00 0,00 0,30 0,03 0,09
Superficie agricole utile totale donnée en association 12,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Superficie total exploitée en Ha 12,00 0,30 1,73 0,94 0,42 10,00 0,25 2,96 1,57 0,80
Superficie totale du sol agade 12,00 0,00 1,25 0,55 0,39 10,00 0,00 2,17 0,83 0,86
Superficie maison 12,00 150,00 7500,00 1127,50 2112,50 10,00 120,00 10400,00 1494,60 3144,14
Possession d’un moyen de transport 12,00 1,00 1,00 1,00 0,00 10,00 1,00 3,00 1,20 0,63
Possession d’un tracteur 12,00 2,00 2,00 2,00 0,00 10,00 2,00 2,00 2,00 0,00
Nombre de motopompe 12,00 0,00 1,00 0,42 0,51 10,00 0,00 2,00 0,60 0,70
Nombre actuel de jeunes ovins 12,00 0,00 5,00 1,50 1,73 10,00 0,00 8,00 2,30 2,45
Nombre actuel de géniteurs ovins 12,00 0,00 4,00 0,83 1,19 10,00 0,00 6,00 1,50 1,84
Nombre actuel de reproductrices ovines 12,00 0,00 4,00 1,67 1,30 10,00 0,00 4,00 1,90 1,37
Nombre actuel de jeunes bovins 12,00 0,00 2,00 0,33 0,65 10,00 0,00 1,00 0,10 0,32
Nombre actuel de géniteurs bovins 12,00 0,00 1,00 0,08 0,29 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Nombre actuel de reproductrices bovines 12,00 0,00 2,00 0,33 0,65 10,00 0,00 1,00 0,10 0,32
Quantité de luzerne produite pour le bétail 12,00 0,00 3600,00 391,67 1018,43 10,00 0,00 15998,70 2175,87 5141,38
Quantité d'orge produite pour le bétail 12,00 0,00 80,00 9,44 24,20 10,00 0,00 1200,00 120,00 379,47
Quantité de datte produite pour le bétail 12,00 0,00 800,00 94,17 232,87 10,00 0,00 1250,00 257,00 396,15
Quantité de maïs produite pour le bétail 12,00 0,00 60,00 10,00 20,00 10,00 0,00 10,00 1,00 3,16
Quantité de paille produite pour le bétail 12,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 3000,00 300,00 948,68
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 29200,00 2433,33 8429,31 10,00 0,00 1800,00 330,00 699,29
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 240,00 40,00 93,42 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 0,00 0,00 0,00 10,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 2555,00 557,50 755,75 10,00 0,00 910,00 432,00 381,60

159
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 3780,00 974,17 1082,32 10,00 0,00 4500,00 584,00 1396,36
Quantité de paille achetée pour le bétail 12,00 0,00 3650,00 645,83 999,82 10,00 0,00 1800,00 685,00 674,15
Main d'oeuvre salariée masculine en nombre/an 12,00 0,00 41,00 14,75 11,57 10,00 0,00 24,00 7,50 9,14
Main d'oeuvre salariée masculine en jours/an 12,00 0,00 40,00 18,50 13,26 10,00 0,00 22,00 7,50 8,21
Main d'oeuvre salariée féminine en nombre/an 12,00 0,00 13,00 5,58 4,08 10,00 0,00 8,00 1,60 2,63
Main d'oeuvre salariée féminine en jours/an 12,00 0,00 24,00 10,75 6,68 10,00 0,00 15,00 4,00 5,83
BIO_PD 12,00 1,00 8,00 4,33 2,27 10,00 1,00 8,00 3,80 2,10
NB_OVIN 12,00 0,00 10,00 4,00 3,30 10,00 0,00 18,00 5,70 5,21
NB_BOVIN 12,00 0,00 4,00 0,75 1,29 10,00 0,00 2,00 0,20 0,63
Nombre total de palmiers dattiers 12,00 13,00 293,00 96,17 72,69 10,00 9,00 160,00 63,20 45,69
N_PD_ID 12,00 0,00 193,00 38,33 53,85 10,00 1,00 63,00 19,30 18,54
N_PD_NID 12,00 10,00 105,00 57,83 35,00 10,00 6,00 140,00 43,90 40,71
NB_OLIVE 12,00 0,00 72,00 30,08 22,44 10,00 0,00 161,00 44,70 49,18
NB_ARBOF 12,00 0,00 25,00 4,67 8,23 10,00 0,00 7,00 1,60 2,41
BIO_FRUI 12,00 0,00 6,00 1,42 2,43 10,00 0,00 3,00 0,80 1,14
Nombre d’espèces de cult. basses 12,00 0,00 12,00 3,08 3,37 10,00 0,00 8,00 2,60 2,59
Nombre d'espèces maraîchères 12,00 0,00 12,00 2,75 3,14 10,00 0,00 10,00 2,60 2,99
P_PD_ID 12,00 0,00 75,28 33,47 26,61 10,00 6,10 81,25 32,66 25,18
% sol agad 12,00 0,00 100,00 56,84 31,63 10,00 0,00 88,00 46,18 33,95
% sol hrach 12,00 0,00 100,00 21,86 31,87 10,00 0,00 100,00 36,38 32,44
% sol mramel 12,00 0,00 73,33 21,30 22,66 10,00 0,00 58,68 17,44 20,71
SUP_FOUR 12,00 0,00 2,13 0,40 0,58 10,00 0,00 0,13 0,24
SUP_CERE 12,00 0,00 1,36 0,18 0,39 10,00 0,00 0,21 0,33
SUP_MARA 12,00 0,00 0,78 0,10 0,23 10,00 0,00 0,08 0,15
Superficie actuelle de jachère en ha 12,00 0,00 1,48 0,58 0,44 10,00 0,12 0,90 0,64

160
Réception des dattes
ANNEXE III

Triage

Dattes demi- Dattes molles Dattes de


Dattes abîmées Dattes sèches
molles h au t e v al eu r
commerciale

Maturation
art i fi ci el l e Transformation

Séchage

Vente en vrac Vente en vrac

Emballage

Alimentation animale
Commercialisation

Figure 3-1 : Triage des dattes

161
Annexe III
Tableau 3-1 : Destination des dattes par site et par variété de la palmeraie d’Aoufouss
Destination Site 1 Site 2 Site 3 Site 4 Total
Variété de dattes V AC CA T V AC CA T V AC CA T V AC CA T V AC CA T
Bid djaj 93 0 7 0 100 0 0 0 100 0 0 0 0 70 30 0 83 10 7 0
Boufaggouss 75 25 0 0 92 8 0 0 100 0 0 0 77 16 7 0 83 15 2 0
Majhoul 91 9 0 0 97 3 0 0 92 8 0 0 98 2 0 0 95 5 0 0
Boussardoune 73 24 3 0 95 4 1 0 100 0 0 0 71 24 4 0 86 12 2 0
Bouslikhène 98 2 0 0 100 0 0 0 96 4 0 0 77 22 1 0 91 9 0 0
Bouskri 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Ighefnderou 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Garne Laâjal 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Khalt Ibissa 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Kerna 75 25 0 0 80 20 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0 83 17 0 0
Hafs 100 0 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
M'kerkeb 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Lhammar 88 10 2 0 0 0 0 0 50 0 50 0 50 18 32 0 62 10 28 0
Bellahzid 50 35 15 50 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 67 23 10 33
Sbaâ Sultan 80 20 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 80 20 0 0
Ras Lahmar (Ras Tmar) 100 0 0 0 100 0 0 0 76 24 0 0 100 0 0 0 91 9 0 0
Khadra 80 0 20 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 90 0 10 0
Safranya 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0
Boucham 100 0 0 0 0 100 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0 80 20 0 0
Admou 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0
Khalt séche 78 10 12 0 86 11 3 0 89 7 4 0 79 19 2 0 82 11 7 0
Khalt Ben Aïssa 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Loubane 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0
Initfit 0 0 0 0 80 20 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 80 20 0 0
Khalt zahra 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 56 43 1 0 64 35 1 0
Kerchaoua 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 100 0 0 0
Khalt molle 51 35 14 40 46 46 8 74 46 42 12 75 39 49 12 85 45 44 11 66
Khalt demi-molle 72 15 13 5 86 10 4 0 99 0 1 0 70 26 4 14 79 14 7 5
Akadouss 0 0 0 0 0 100 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 100
V : Vente (%) ; AC : Auto-consommation (%) CA : Consommation Animale (%) ; T : Transformation (%)

162
Annexe III
Tableau 3-2 : Mode de vente des dattes par variété et par site de la palmeraie d’Aoufouss
Mode de vente Site 1 Site 2 Site 3 Site 4 TOTAL
VP VST VAT VP VST VAT VP VST VAT VP VST VAT VP VST VAT
Variété de dattes
Beid djad 50 0 50 0 0 100 0 0 100 0 0 0 25 0 75
Boufaggouss 30 0 70 17 0 83 0 0 100 50 0 50 26 0 74
Majhoul 55 0 45 54 0 46 29 57 14 68 0 32 53 0 45
Boussardoune 20 0 80 0 0 100 0 0 100 80 0 20 19 0 81
Bouslikhène 33 0 67 0 0 100 0 0 100 25 0 75 15 0 85
Bouskri 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0
Ighefnderou 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Garne Laâjal 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Khalt Ibissa 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 100
Kerna 50 0 50 0 0 100 0 0 100 0 0 0 15 0 85
Hafs 0 0 100 0 0 100 0 0 100 0 0 0 0 0 100
M'kerkeb 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Lhammar 0 0 100 0 0 0 0 0 100 50 0 50 14 0 86
Bellahzid 0 0 100 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 100
Sbaâ Sultan 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Ras Lahmar (Ras Tmar) 50 0 50 0 0 100 0 0 100 33 0 67 12 0 88
Khadra 0 0 100 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Safranya 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 100
Boucham 0 0 100 0 0 0 0 0 100 0 0 100 0 0 100
Admou 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Khalt séche 18 7 75 7 0 93 0 11 89 0 0 100 8 4 88
Khalt Ben Aïssa 50 0 50 0 0 0 0 0 0 0 0 0 50 0 50
Loubane 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Initfit 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 0 0 0 100
Khalt zahra 0 0 0 0 0 100 0 0 0 0 0 100 0 0 100
Kerchaoua 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 100 0 0 100
Khalt molle 15 7 78 0 0 100 0 14 86 0 0 100 5 5 90
Khalt demi-molle 42 0 58 33 0 57 0 20 80 0 0 100 25 3 72
VP : Vente sur pieds (%) ; VST : Vente sans triage (%) ; VAT Vente après triage (%)

163
ANNEXE III

Tableau 3-3 : Lieu de vente des variétés de datte de la palmeraie d’Aoufouss

Lieu de vente Local Régional National


Variétés (%) (%) (%)
Bouskri 100 0 0
Ighefnderou 100 0 0
Guern Laajel 100 0 0
Khalt Ibissa 100 0 0
M'kerkeb 100 0 0
Sbaa soultan 100 0 0
Khadra 100 0 0
Admou 100 0 0
Khalt ben aïssa 100 0 0
Louben 100 0 0
Intifit 100 0 0
Boussardoune 96 0 4
Ras lahmar 92 0 8
Kerna 90 0 10
Khalt molle 89 0 11
Khalt séche 84 0 16
Bouslikhane 83 0 17
Bid djad 83 0 17
Boufaggouss 81 0 19
Hafs 80 0 20
Khalt demi-molle 79 0 21
Majhoul 75 10 15
Elhamra 57 14 29
Belahzit 50 0 50
Safranya 50 0 50
Boucham 50 0 50
Khalt zahra 50 0 50
Kerchawa 0 0 100
Moyenne Echantillon 82 1 17

164
ANNEXE III
Tableau 3-4 : Prix de vente des dattes par variété par site de la palmeraie d’Aoufouss
Prix
Variété de dattes Site 1 Site 2 Site 3 Site 4 Total
Group. Moy. E-typ. Min Max Moy. E-typ. Min Max Moy. E-typ. Min Max Moy. E-typ. Min Max Moy. E-typ. Min Max
Majhoul 52 22 10 100 41 18 20 80 47 13 30 65 48 11 25 60 47 18 10 100
I
khalt ben aïssa 30 . 30 30 30 . 30 30
boufaggouss 22 6 15 30 25 32 5 90 20 0 20 20 26 11 15 40 24 19 5 90
khadra 10 . 10 10 30 . 30 30 20 14 10 30
II
intifit 20 0 20 20 20 0 20 20
boussardoun 15 5 9 20 15 9 2 35 23 25 7 60 19 23 4 60 17 15 2 60
Beid djad 18 3 15 20 2 . 2 2 23 4 20 25 17 8 2 25
Ighefnderou 15 . 15 15 15 . 15 15
kerchawa 15 . 15 15 15 . 15 15
Hafs 18 4 15 20 2 . 2 2 14 8 8 20 13 8 2 20
elhamra III 23 24 3 50 4 2 3 5 9 2 7 10 13 17 3 50
belahzit 10 . 10 10 15 . 15 15 13 4 10 15
admou 20 . 20 20 4 . 4 4 12 11 4 20
khalt zahra 30 . 30 30 6 4 3 10 12 12 3 30
Bouskri 10 . 10 10 10 . 10 10
ras lahmar 15 . 15 15 6 2 4 8 14 12 4 30 8 3 5 10 10 7 4 30
Safranya 13 . 13 13 7 . 7 7 10 4 7 13
louben IV 10 . 10 10 10 . 10 10
Khalt Ibissa 8 . 8 8 8 . 8 8
bouslikhan 8 4 4 10 5 2 3 6 11 8 5 20 5 5 2 12 7 5 2 20
sbaa soultan 7 . 7 7 7 . 7 7
kerna 7 4 2 10 3 1 2 4 7 5 4 10 15 . 15 15 6 5 2 15
boucham 1 . 1 1 10 1 9 10 5 . 5 5 6 4 1 10
khalt demi-molle 6 4 1 15 3 1 1 5 5 4 2 13 5 2 3 9 5 3 1 15
khalt molle V 7 5 1 20 4 2 1 8 4 2 1 8 3 1 1 5 4 3 1 20
khalt séche 6 5 1 15 3 1 2 6 4 2 1 6 3 1 3 5 4 3 1 15
m'kerkeb 3 . 3 3 3 . 3 3
Guern Laajel 2 . 2 2 2 . 2 2

165
Annexe III
Tableau 3-5 : Destination et prix de vente d’olives et d’huile d'olives par site de la palmeraie d’Aoufouss
Destination Olives auto- Olives destinées à la Olives destinées à la Olives vendues Huile Prix olives Prix huile (Dh)
Site consommées (%) transformation (%) conservation (%) (%) (%) (Dh)
Moy. 64 82 12 16 13 0.7 5
N 21 21 21 22 22 6.0 4
E-typ. 47 35 30 35 34 1.6 10
Min. 0 0 0 0 0 0.0 0
1 Max. 100 100 100 100 200 4.0 20
Moy. 80 74 14 18 15 3.3 20
N 19 19 19 19 19 5.0 4
E-typ. 32 34 31 30 47 0.7 0
Min. 14 2 0 0 0 2.4 20
2 Max. 100 100 100 86 200 4.0 20
Moy. 83 90 2 8 24 3.0 47
N 10 10 10 10 10 1.0 3
E-typ. 29 25 4 25 63 46
Min. 20 20 0 0 0 3.0 20
3 Max. 100 100 12 80 100 3.0 100
Moy. 56 57 26 39 28 46.4 47
N 15 15 16 15 14 12.0 8
E-typ. 40 50 41 47 46 64.3 55
Min. 0 0 0 0 0 0.0 0
4 Max. 100 164 110 140 106 197.0 128
Moy. 70 75 14 21 18 24.2 33
N 65 65 66 66 65 24.0 19
E-typ. 39 39 32 36 45 49.9 42
Min. 0 0 0 0 0 0.0 0
Total Max. 100 164 110 140 200 197.0 128

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