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M1 EEATS ETCOM

Module Antennes et propagation


2008-09

TP3 : analyseur de réseau (Qualification d’Antennes)


But du T.P. :
L'avènement récent des radiotéléphones portables témoigne de la généralisation des hyperfréquences. Pour cela, il est
important qu'un futur technicien supérieur en électronique soit au fait de l'utilisation d'un analyseur de réseau vectoriel,
tant en maintenance qu'en conception, voire en production. On prendra donc l'exemple ici de mesures d’éléments
rayonnant pour en déterminer les principales caractéristiques (fréquence d’accord, TOS, gain,..).. On insistera
également sur les raisons qui imposent une calibration soignée de l'analyseur avant chaque campagne de mesures et
comment on réalise cette calibration.

Matériel :
Analyseur de réseau vectoriel RS ZVRE
Cordons coaxiaux de type N 50 Ω
Connecteurs et adaptateurs N et SMA
Kit d'étalonnage
Dispositifs rayonnants : antenne patch, antenne Yagi, antenne fouet, …

1 PRESENTATION
1.1 Présentation générale de l'analyseur de réseau :

L'analyseur de réseau est un appareil qui permet la mesure de la réponse harmonique de quadripôles linéaires, c'est-à-dire
dont les signaux de sortie et d'entrée sont sinusoïdaux et de même fréquence. A cause des phénomènes de propagation
d’ondes électromagnétiques, la notion de tension ou de courant perd de son sens en haute fréquence ; la mesure de la
réponse harmonique ne se fait donc pas par l'intermédiaire d'une fonction de transfert classique s/e, mais par
l'intermédiaire des paramètres S qui caractérisent la réflexion et la transmission des ondes sur chacun des accès (ou
"ports") du quadripôle (figure 1). L'analyseur est vectoriel car il donne accès au module et à la phase de ces paramètres,
contrairement à un analyseur scalaire qui ne donne que l'information du module.

Figure 1 : schéma de la signification des paramètres S

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On rappelle la signification physique des paramètres S :
b 
S11 =  1  C’est le facteur de réflexion à l’entrée, la sortie étant adaptée.
 a1  a =0
2

b 
S 21 =  2  C’est le facteur de transmission entrée → sortie, la sortie étant adaptée.
 a1  a2 =0
b 
S 22 =  2  C’est le facteur de réflexion en sortie, l’entrée étant adaptée.
 a 2  a1 =0
b 
S12 =  1  C’est le facteur de transmission sortie → entrée, l’entrée étant adaptée.
 a 2  a1 =0
Remarque 1 : L'impédance d'entrée vue en 1 est Z11 = ZC ×1+S11 avec ZC = 50 Ω
1−S11
Remarque 2 : La Figure 2 illustre l’intérêt des paramètres S. Lorsque l’on excite l’accès 1 d’un dispositif à
deux accès (quadripôle) avec une puissance de 1 Watt (Puissance « unité » pour généraliser), cette puissance est
partiellement transmise vers l’accès 2. La proportion de puissance transmise dépend de l’adaptation à l’entrée
de l’accès 1 (différence existant entre l'impédance d'entrée du dispositif à tester et l'élément placé avant, le câble
dans les manipulations à effectuer). Dans le cas d’un quadripôle sans pertes, une partie de la puissance est
transmise en sortie du quadripôle vers l’accès 2 et une autre partie est réfléchie et revient vers la source.
2 2
La puissance transmise correspond à S 21 et la puissance réfléchie S11 .

Figure 2. Répartition de la puissance dans le cas d’une excitation de l’accès 1.


Remarque 3 : ne pas confondre cet appareil avec un analyseur de spectre qui permet la mesure de la
distribution d'énergie en fonction de la fréquence dans un signal de forme quelconque issu d'un dispositif
linéaire ou non !
Principe de fonctionnement : Le signal sinusoïdal hyperfréquence est généré par une source synthétisée (donc
à base de boucle à verrouillage de phase) et peut varier entre 9 kHz et 4 GHz. La gamme de puissance de sortie
de la source va de +27 dBm à -85 dBm (on rappelle que 0 dBm = 1 mW dans une charge de 50 Ω). La
séparation des ondes incidentes, réfléchies et transmises se fait grâce à des coupleurs intégrés. La mesure des
paramètres S est automatique, la source étant placée du côté de l'accès n°1 lorsqu'on mesure S11 et S21, du côté
de l'accès n°2 lorsqu'on mesure S22 et S12. Une fois le dispositif connecté, c’est automatiquement l’analyseur
qui commute en interne la source pour effectuer la mesure. Il est donc inutile de modifier la connectique pour
effectuer les 4 mesures des paramètres S. Les impédances des ports de l'analyseur sont de 50 Ω et par
conséquent les câbles et les différents connecteurs ont aussi la même impédance.

Figure 3. Principe d’un analyseur de réseau vectoriel.


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1.2 Calibration
Il est impossible de mesurer directement les paramètres Sij d'un
dispositif quelconque, mais seulement des paramètres globaux faisant
aussi intervenir, les lignes coaxiales d'amenée et les différents
connecteurs. C'est le rôle de l'étalonnage (ou "calibration") de
supprimer les contributions parasites afin de ne conserver que la
contribution du dispositif seul. Toutes les méthodes d'étalonnage
existantes visent donc à corriger des termes d'erreur systématiques
déterminés par la mesure de différents étalons connus.
La méthode la plus utilisée est dite "OSL" (de l'anglais "Open-Short-
Load") : elle consiste en la mesure de la réponse en fréquence d'un
circuit ouvert, d'un court circuit et d'une charge adaptée (50 Ω). Ces étalons sont mesurés successivement et les
mesures obtenues pour ces éléments de référence sont stockées dans l'analyseur. Ensuite lors de la mesure d'un
dispositif inconnu, ces mesures seront automatiquement soustraites de la mesure pour ne conserver que la
réponse du dispositif. Ceci étant fait, la dernière étape automatique de calcul permet de définir un "plan de
référence" électrique (figure ci-dessus). Dans ce plan se trouve l'origine des phases pour S22 : tout se passera
donc comme si à cet endroit était mesuré le coefficient de réflexion S22 et calculée l'impédance d'entrée Z22.

2 Préparation
2.1 Antenne Fouet
L'antenne est du type "quart d'onde", cela signifie qu'elle est
construite pour émettre et recevoir à la fréquence dont la longueur
d'onde est telle que L= λ .
4
Sachant que dans le vide la vitesse de propagation c L en cm Fréquence
est donnée par : C= λ =λF , 6
T 10
Remplir le tableau ci-contre : 15
25
2.2 Coefficient de réflexion
Le coefficient de réflexion est fonction de l'impédance
caractéristique de la ligne ZC et de la charge en bout de
ligne ZT :
R = ZT −ZC
ZT +ZC
• Calculer R puis RdB pour les valeurs suivantes de ZT : 0 (Court-circuit), ∞ (Circuit-ouvert) et ZC
• La mesure de R a donné le résultat suivant lorsque la ligne de propagation est une antenne :

• Que se passe t'il à la fréquence 2,43 GHz ?


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3 MESURES
3.1 Précautions de manipulation
L'analyseur vectoriel est un appareil très cher et les mesures en hyperfréquence demandent un soin particulier
pour être reproductibles. Des précautions sont nécessaires, ce sont :
- garder toujours les mêmes conditions de mesure (positions des câbles et serrages des connecteurs
- ne jamais dévisser un connecteur femelle (le faire exclusivement avec un connecteur mâle)
- éviter les torsions des câbles et les rayons de courbure trop petits.

3.2 Calibration
La calibration est déjà réalisée entre 9 kHz et 3 GHz.
Sinon la rappeler par Memory/Recall/"C:\USER\Config\Config-RT)
Vérifier la en installant la charge adaptée sur le port 1 puis visualiser
S11 (format complexe), vous devez obtenir un point au centre de
l’abaque de Smith.
Faire de même pour le port 2.
S’il est nécessaire de refaire une calibration suivre la méthode
accessible sur le site (Aides Techniques / Appareils / Calibration
ZVRE).

3.3 Antenne fouet


3.3.1 Détermination de la relation longueur / fréquence d’une antenne fouet
Pour effectuer cette mesure, on utilise la plaque et l’ensemble
des éléments en laiton de différentes longueurs.
Pour la méthode de mesure, il suffit de se reporter à
l’animation accessible sur le site(voir
TP/RT2A/Cycle2/Simulation TP analyse vectorielle).
Il faut remarquer qu’il y a une périodicité fréquentielle
d’émission et mesurer la fréquence d’accord la plus basse.
⇒ Relever pour l’antenne de 50cm la courbe des variations
du module du coefficient de réflexion |S11| en fonction
de la fréquence.
⇒ Mesurer pour toutes les longueurs d'antennes la fréquence
minimale d'accord, en déduire la longueur d’onde
correspondante puis le rapport
"longueur d'onde / longueur".
En déduire une relation simple liant sa longueur L et la
longueur d’onde λ du signal à la fréquence d’accord la plus basse.
En déduire la taille d’une antenne fouet pour la fréquence de 100 MHz (radio FM).

3.3.2 Deuxième exemple d’Antenne : l’antenne GSM


En utilisant l’adaptateur BNC-SMA, connecter l’antenne GSM sur le port 1 de l’analyseur
⇒ Relever |S11| en fonction de la fréquence.
Pointer la fréquence d’accord optimale dans la gamme de fréquence du GSM (bande
autour de 900 MHz)
⇒ Calculer alors la longueur d’onde de cette fréquence d’accord.
Mesurer la longueur de l'antenne et vérifier de nouveau la relation L- λ
⇒ Justifier l’utilisation de telles antennes en réception GSM (mono- bande, bi-bande, ?)

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3.4 Antenne ‘RICORE’
⇒ Connecter l’antenne au bout du câble et relever le coefficient de réflexion
|S11| en fonction de la fréquence
Pointer la fréquence d’accord optimale dans la gamme de fréquence Wifi,
dont on rappelle les standards de fréquences :
 mini : 2.412 GHz (canal 1)
 maxi : 2.472 GHz (canal 13)
 moyenne : 2.43 GHz (environ canal 7)
⇒ Déterminer la valeur de |S11| à cette fréquence d’accord
⇒ Déterminer son ROS à cette même fréquence (Response / Format / SWR)
On rappelle que le ROS (Rapport d’Onde Stationnaire) ou SWR (Standing Wave Ratio) est la
grandeur historique (par un TOSmètre ; TOS Taux d’ondes stationnaires par abus de langage au lieu
de ROS) permettant de valider ou non l’adaptation d’une antenne à son émetteur.
Il existe une relation entre le ROS ρ et le coefficient de réflexion R (|S11| = 20*log|R|  |R|
=10|S11|/20 )
S11
1+ R 1+10 20
ρ= =
1− R S11
1−10 20
Il ne faut pas que ce ROS dépasse la valeur de 2 ou 3 car sinon la puissance réfléchie par la non-
adaptation de l’antenne risque de détruire l’émetteur.
3.5 Antenne Patch
⇒ Relever la variation du coefficient de réflexion |S11| en fonction de la
fréquence.
⇒ Pour quelle fréquence a-t-on accord et donc une émission optimale (ou une
réception) ?
⇒ Déterminer la valeur de |S11| à cette fréquence d’accord
⇒ Déterminer son ROS à cette même fréquence.
⇒ Justifier l’utilisation de telles antennes en réception WiFi

3.6 Antenne Yagi


3.6.1 Antenne Yagi simple
Vous pouvez installer l’antenne sur le petit mât surmonté d’une pince
crocodile.
⇒ Relever la variation de |S11| en fonction de la fréquence.
⇒ Pour quelle fréquence a-t-on une émission optimale ?

3.6.2 Antenne TNT-UHF commerciale


En utilisant l’adaptateur BNC-SMA connecter l’antenne qui est
accrochée sur la table sur le port 1 de l’analyseur.
⇒ Relever la variation de |S11| en fonction de la fréquence. Il est
normal d’avoir une réponse « oscillatoire » à cause de la
longueur du câble et de la non-adaptation 75Ω (Standard TV)
 50Ω (Standard due l’analyseur).

⇒ Quelles sont les bandes de fréquences TV accessibles par


cette antenne ?

Bande et Sous-bandes VHF et UHF en France :


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bande Sous bande 47 --> 68 87,5 --> 108,5 174 --> 223 470 --> 614 614 --> 862
Bande I TV Canal+
Bande II Radio FM
VHF Bande III TV Canal+ et TMC
Bande IV TV (canal 21>39)
UHF Bande V TV (canal 40>69)

3.7 Loi de propagation en espace libre


Pr = Gr.Ge.λ20
Pe (4πR )2

Où :
 Ge est le gain de l'antenne d'émission,
 Gr est le gain de l'antenne de réception
 λo est la longueur d'onde du signal émis
(c =λo/T =λo.F)
 R est la distance entre les antennes.

En dB cela donne :

(PePr ) =Gr
dB
dB
 λ20 
+GedB +10log 
2 =
 (4πR ) 
(PePr ) =Gr
dB
 λ0 
dB +GedB + 20log
 4πR 

( )
L'analyseur nous permet de mesurer Pr en reliant l'antenne d'émission au port 1 et l'antenne de réception
Pe dB
au port 2 et en affichant S21
3.7.1 Gain des antennes UHF
Connecter l’antenne 1 installée à côté de la table sur le
port1.
Connecter l’antenne 2 accrochée au fond de la salle sur le
port 2.
Avec la commande Response / Display /Dual Channel
Split, afficher 2 écrans.
Celui du haut devant représenter |S11| pour caractériser
l’antenne 1, celui du bas |S22| pour 2. (Passer d’un écran
à l’autre par la commande Channel/Chx) .
Repérer, par exemple, la fréquence de France 3 (Canal 24
– 495.25 MHz) et vérifier que cette fréquence est bien
dans la gamme d’accord des deux antennes.
( )
⇒ Pour caractériser la transmission Pr entre les 2 antennes il faut afficher |S21|
Pe dB
Relever la variation de |S21| en fonction de la fréquence.
Vérifier que la transmission se fait bien dans la bande VHF-UHF.
Pour quelle fréquence la transmission est-elle optimale ?
Pour cette fréquence, mesurer |S21| (ou |S12| car il y a réversibilité).

⇒ Mesurer la distance R entre les 2 antennes (demander le télémètre électronique)


En déduire, pour la fréquence précédente, les gains GE et GR supposés égaux des 2 antennes. (Le
constructeur indique 10dB de gain)

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2
3.7.2 Loi en 1/R
Connecter les 2 antennes fouets (Antennes FM repliées) aux 2
ports de l'analyseur.
Repérer la fréquence d’accord des deux antennes (En affichant
par exemple 2 écrans l’un pour |S11| et l’autre pour |S22|).
⇒ Pour cette fréquence, mesurer |S21| (ou |S12| car il y a
réversibilité) pour R = 50 cm, 75 cm et 1 m.
⇒ Tracer la variation de ce coefficient |S21| en fonction de
logR.
⇒ Votre courbe permet-elle de vérifier la loi de propagation
en espace libre ? Justifier votre réponse.

3.8 Phénomène de polarisation


Connecter les 2 antennes Yagi (La simple et la double) aux 2
ports de l'analyseur. Installer les à une distance R = 50 cm l’une
de l’autre.
Repérer la fréquence d’accord des deux antennes (En affichant
par exemple 2 écrans l’un pour |S11| et l’autre pour |S22|).
⇒ Pour cette fréquence, mesurer la valeur du coefficient de
transmission |S21|.
⇒ Que se passe-t-il quand une des antennes effectue une rotation de 90°
longitudinalement ?
Mesurer de nouveau le coefficient de transmission |S21|.
Justifier le résultat.

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