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Jacques Allières

Parlons catalan

langue et culture
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L'Hannattan L'Harmattan Inc


5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 55, ·rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - Canada H2Y 1K9


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En couverture : en haut à gauche, à Bercelone la Sagrada Familia de Gaudi,


En haut à droite, à Perpignan le Casti/let,
En bas à gauche, à Majorque le Castell de Bel/ver,
En bas à droite, à Valence le Mique/et.

© L'Harmattan, 2000
ISBN : 2-7384-8857-9

SARDENYA

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Carte 1 : Domaine linguistique catalan


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1 Provi11cia de Lleida
Il l)rovincia de Girona
III JJrovincia de Barcelona
IV Provincia de Tarragona

Carte 2 : Provinces et ''con1arques'' de la Catalogne

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2 Conflent. 5 U rgcll
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Carte 3 : Comtés catalans indépendants (Xe siècle)

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PARLONS CATAL ��..... ...

Langue et culture

Introduction

1
La langue catalane occupe dans le concert des idio­
mes européens une place originale. Son statut socio­
politique fut et reste des plus complexes , lié comme
il est au sort des populations catalanophones, et
donc à l a p olitique des Etats dont elles dépendent,
,,
de sorte que si le jacobinisme ou le centralisme au ­
li
I!,, toritaire lui sont éminemment défavorables, le
fédéralisme provincial ou l'autonomie, sinon l'indé­
pendance, lui rendent ses pleins droits. D'autre part,
la fonction culturelle de l a langue a varié au cours de
l'histoire, suivant les fluctuations de la conscience
régionale et du rayonnement propre aux divers cen­
tres intellectuels. Enfin, et d'une façon que l'on ne
peut séparer des facteurs précédemment évoqués, le
statut linguistique du catalan fait de lui, selon des
appréciations souvent teintées de subjectivité, tan­
tôt un idiome mineur, sorte de variété aberrante de
l'occitan, tantôt une ''langue-p ont'' entre gallo-roman
(langues d'oïl. et d'oc) et ibéro-roman (castillan et
portugais), tantôt enfin une langue indépendante
tout aussi éloignée de l'un que de l'autre. Cette
position inconfortable n'est pas sans rapport avec la
8

différence qui sépare la conscience linguistique des }


Roussillonnais, Catalans nord-pyrénéens, et des
Catalans ''péninsulaires'', les premiers nommés, de-
puis longtemps intégrés à l'ensemble politico-admi­
nistratif français et liés à la culture française, ne
possédant p as le dynamisme économique nécessaire
à l'affirmation de leur p ersonnalité, tandis que leurs
cousins du sud, bénéficiant du rayonnement méditer­
ranéen et européen de leur capitale Barcelone, de
l'activité de son port et de leurs richesses agricoles
(surtout si l 'on intègre aux terres catalanophones,
bien légitimement, le pays valencien), n'ont aucune
peine à trouver pour leur culture et leur langue, sou­
tenues par des souvenirs historiques bien vivants
encore, une justification et un auto-affirmation tou-
tes naturelles.

C'est donc à cette langue catalane, à p eine plus


éloignée du français que l'occitan, que nous voulons
par cet ouvrage initier nos compatriotes. S'ils sont
sensibles d'abord aux différences, ils reconnaîtront
vite en elle, après un p1..emier ''choc'', un idiome pro­
che parent du nôtre, toutefois plus nerveux, plus
vigoureux, plus sonore. Dans l'Europe en cours d'éla­
boration, la langue de Barcelone est appelée à jouer
dans tous les domaines un rôle important, qui
s'affirme déjà amplement au sud de la frontière, et
que les relations économiques croissantes à l'inté­
rieur de notre continent comme au niveau mondial
ne feront que développ e1· dans l'avenir.
GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE DES
PAYS CATALANS

Le cadre géographique

Les pays de langue catalane, nomm.és pour


cela par les Catalans Països Catalans, incluent,
du nord au sud : le Roussillon français - nos
''Pyrénées Orientales'' - (Roussillon autour de
Perpignan, Vallespir - haute vallée du Tech - ,
Confient autour de Prades, Cerdagne septen­
trionale de Font-Ronieu à la frontière, incluant
l'enclave espagnole de Llivia), prolongé à l'O
par l'Andorre et les zones montagneuses qui, au
sud de la crête frontière, la séparent de la vallée de
la Noguera Ribagorçana (Ribagorça), puis le ''Prin­
cipat'' (administrativement, provinces de Lleida,
Barcelone, Girona et Tarragone.), constitué d'ouest en
est p ar les hauteurs (Pyrénées et Prépyrénées) si­
tuées entre les vallées de cette dernière et le Segre
(Pallars arrosé par la Noguera Pallaresa, Urgellet
autour de la Seu d'Urgell , Cerdagne méridionale au­
tour de Puigcerdà, pays de Besalù, Ripollès autour de
Ripoll , Empordà autour d'Emptiries) pour les zones
pyrénée nnes, puis entre le Segre et le Llobregat, en­
fin de là jusqu'à la vallée du Francoli (Tarragona)

p our finir par les hauteurs d'altitude moyenne


formant le ''système côtier méditerranéen'' (siste­
ma mediterrani des Catalans), et qui entourent là le
10

delta de l'Ebre ; en prolongement du Principat, pour


des mo�ifs linguistiques, historiques et culturels
évidents, se situe le ''Païs Valencià'', à savoir les ré­
gions côtières qui atteignent au sud de Valence la
vallée du Guardamar. Les Î les Baléares forment de­
puis leur conquête au XIIIe s. un autre foyer catala­
nophone, auquel se joint enfin en Sardaigne, au
XIVe, la ville d'Alghero (L'Alguer). Le système oro- et
hydrographique définit ainsi des zones auxquelles
répondent aussi des aires dialectales (v. pp . 88-93).

L'histoire

L'Antiquité : Préhistoire et protohistoire ; la


Catalogne romaine (des origines au 1er siècle
après J.-C.) :

Préhistoire et protohistoire.- Il est malaisé d'évo­


quer la population d'une région quelconque antérieu­
rement aux premiers témoignages de l'idiome dont
elle use, de sorte que ni les sites paléolithiques (Né­
andertaliens, homo sapiens sapiens) ou néolithi­
ques ni les vestiges datant de l'Age du Bronze (cf. les
monuments mégalithiques, talaiots, navetes et tau­
les des B aléares) ou du Fer (vraisemblablement des
Indo-européens, peut-être Celtes, venus de l'est) ne
nous renseignent sur les Catalans proprement dits,
qui se définissent, comme on l'a vu , par leur langue .

11

Il en va sans doute un peu différemment d'abord des


Ibères, répandus à l'aube de l'histoire dans toute la
moitié S E de la Péninsule, p eut-être de souche nord­
africaine, et dont la culture a dû laisser sa marque
sur celle des conquérants romains (l'ibère semble
avoir été parlé jusqu'à la fin du rve s. ), puis de deux
autres ethnies allogènes, les Grecs, dont les comp ­
toirs côtiers (cf. Empuries, du grec 'Eµrr6p1ov ''le
ma1·ché'') ont diffusé l'hellénisme vers l'intérieur,
tandis que les Carthaginois, qui, s'ils ne conquirent
et occupèrent au IIIe s. avant J. -C. que pour deux ans
une partie de l'est de la Péninsule, ont déclenché,
peut-on dire, la colonisation romaine, définitive cel­
le-là.

La Catalogne romaine. La résistance des peuples


-

indigènes, menée par les chefs ilergètes Indibilis et


Mandonius, n'empêcha p as les Romains de soumet­
tre la p artie continentale , puis les Baléares, au dé­
but du Ile s. avant J.-C . La ''pax romana'', la religion
romaine, le droit romain et le latin s'imposèrent aux
diverses etp.nies en présence, qui à celles citées plus
tôt joignaient les Basques des dernières hauteurs
pyrénéennes (le basque y aurait été parlé jusque
ve1·s l'an 1 000). Vainqueur de Pompée, C ésar fit
de la vieille Tarraco ( Tarragone) une colonie nommée
Victrix Iulia. Dans cette province de ''Tarragonaise''
(Tarraconensis) précisément, partagée entre les
''conventi'' de Tarragone même, Cartagène et Sara­
gosse, Rome, sous forme de ''colonies'', renforça les


12

agglomé1·ations existantes ou en c11'é a de nouvelles :


Barcino ( Barcelone), Valentia ( Valence), Ilici (Elx­
Elche), Ruscino ( Castell-Rossell6 I Castel-Roussillon ),
où se trouvaient des noyaux de population romaine :
ainsi d'Emp oriœ ( Empuries) , Blandre ( Blanes), Iluro
(aujourd'hui Matar6), Bretulo (Badalona), Dertosa
( Tortosa), Saguntum ( Morvedre), aux Baléares Pol­
lentia (Alcudia) et Palma. Les voies de communica­
tion se multiplièrent, le commerce et l'agriculture se
développèrent, la civilisation romaine (travaux pu­
blics, art) fleurit, avec le christianisme solidement
implanté (hiérarchie et édifices), jusqu'à ce que des
envahisseurs francs, en 258, traversent la Péninsule
en saccageant la côte d'Empuries à Elx (Elche). Trois
siècles plus tard, les ''Grandes Invasions'' voient les
Vandales dévaster les Baléares et les Wisigots se
fixer à Barcelone avec leur roi Ataulf, qui, soupçon­
né de favoriser Rome, est assassiné, après quoi les
Wisigots émigrent en Aquitaine. Les Suèves aussi
déferlent sur Lleida mais sont vaincus p ar des
Wisigots alliés des Romains. Avec la chute de Rome,
en 476, c'est toute la Péninsule qui subit le joug wi­
sigotique, tandis que les Baléares sont à nouveau
occupées par les Vandales, jusqu'à leur expulsion en
534 par le général byzantin Bélisaire, qui annexe les
îles à l'Empire d'Orient .


13

La Catalogne médiévale (ve-X11e s.)

La Catalogne wisigote. - Les Wisigots, imprégnés


de culture latine, qui avaient fondé un royaume à
Toulouse, durent transporter sous la menace fran­
que leur capitale à Narbonne, puis à Barcelone, et
enfin, pour plusieurs motifs, à Tolède en 5 5 4 . Mais,
déjà ébranlé par la révolte de Paulus, un général qui
en 673 avait tenté de séparer les régions orientales
du reste de la Péninsule, le royaume wisigotique
s'effondra sous la poussée des Arabes dès l es pre­
mières décades du VIII0 siècle (défaite des Wisigots
en 7 1 1 à B arbate), et au nord des Pyrénées le reste
de la Septimanie tomba entre les mains des mu­
sulmans en 725 . Peu de traces subsistent de la
domination wisigotique, mis à part des vestiges de
monuments à Terrassa et Barcelone.

Les Arabes. - Leur domination fut bien plus longue


et mieux repérable (emprunts de vocabulaire) au
sud du Llobregat (''Catalunya Nova''), et plu s encore
aux B aléares, incorporées en 902-903 à l'Emirat de
Cordoue, devenu califat en 929, qu'au nord. Mais la
brillante culture romano-musulmane, tant spirituel­
le que matérielle, véhiculée par les envahisseurs ne
put fleurir là autant qu'ailleurs, les ''royaumes de
taïfas'', autour de Lleida, Tortosa, Dénia, Maj orque,
Valence essentiellement, se substituant au Califat
dès 1035. Les populations chrétiennes qui avaient
capitulé devant les musulmans jouissaient à coup
14

sûr d'une liberté relative, mais celles qui avaient été


vaincues par la force avaient été réduites à la ser­
vitude. Du reste, un certain nombre de chrétiens
s'étaient convertis à l'islam.

Les Francs et la Reconquête. - La reconquête des


terres catalanes ne fut pas en effet l'affaire des Wi­
sigots, mais celle des Francs, qui poursuivirent les
Arabes, vaincus à Poitiers p ar Charles Martel en
732. La Septimanie fut reprise, et l'échec de Charle­
magne devant Saragosse (778) amena sur son terri­
toire un afflux de populations chrétiennes originai­
res de là. Comme le Roussillon avait été délivré à la
suite de la libération de Narbonne par Pépin le Bref,
la reconquête des terres catalanes put reprendre, ai­
dée par les réfugiés de Septimanie comme par les
popu-lations restées sur place : en 785 Girona est
libérée, puis peu avant 789 la Cerdagne et le pays
d'Urgell, gérés par le comte Borrell sous la souve­
raineté franque. Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, •

prend Barcelone et en confie le gouvernement à un


comte ''occitano-catalan'', Ber à ; comme les comtes
de Toulouse avaient étendu auparavant leurs pos­
sessions du côté du Pallars et de la Ribagorça, toute
la ''Catalogne ancienne'' était désormais délivrée.
Elle fut divisée en comtés (v. la carte n° 3) : Bar­
celone, Girona, Osona, Emp uries, Roussillon, Urgell
et Cerdagne, qui au niveau ecclésiastique dépen­
daient de l'archevêché de Narbonne. Les populations
autochtones réagirent fréquemment avec violence
15

contre l'autorité des Francs, qui tenaient la plupart


des p ostes de responsabilité.

Les Comtés catalans. La féodalité naissante sus­


-

cita l'hérédité des charges et l'émancipation des di­


vers comtés dont le possesseur n'était plus nommé
par l'emp ereur. Les premiers (872) à se libérer de la
tutelle franque furent ceux de Pallars et Ribagorça.
Les autres suivirent à des échéances variables. Un
héros de cette lutte fut le comte Guifred le Velu , qui
réunit les comtés de Barcelone, Urgell , la C erdagne,
Besalu et Girona, reconquit Montserrat , fonda le
monastère de San Joan de les Abadesses ( ''St-Jean­
des-Abbesses''), régénéra celui de Ripoll , repeupla le
centre de la Catalogne et assit une dynastie comtale
de Barcelone appelée à p résider plus de cinq siècles
durant aux destinées du p ays - ses fils se p artagè­
rent cinq comtés centraux, entre Barcelone et Urgell.
Tandis que naissait un certain goût pour les expédi­
tions lointaines, le prestige et l'attrait de Rome
supplantèrent ceux de la France.

La s uprématie de Barcelone. - Les deux fils de


Guifred l e Velu étendirent leur pouvoir vers l e sud et
affirmèrent leur indépendance par rapport à la ro­
yauté imités de leurs successeurs. Ramon B erenguer
rer le Vieux ( 1035 - 1076),. de qui relevaient directe­
ment les comtés de Barcelone, Osona et Girona,
avait p our feudataires les comtes d'Empuries et du
Pallars S ubirà, celui d'Urgell lui prêtant s on aide et

"
16

les roitelets morisques de Lleida, Saragosse, Dénia


et Majqrque lui payant tribut� Il acquitégalement
des terres dans le Carcassonnais et dans le Razès.
La suprématie de Barcelone atteignit son faîte sous
Ramon Berenguer III et Ramon Berenguer IV : le
premier gagnait des domaines au nord par son ma­
riage avec Douce de Provence, restaurait Tarragone
et son archidiocèse, et incQrporait les comtés de Be­
sal u et de Cerdagne, tandis que le second montait
sur le trône d'Aragon et délivrait des Arabes le res­
te de la Catalogne.

La fin de la Reconquête . Après les succès précités


-

de Ramon B erenguer III, il revint à son fils de para­


chever la reconquête du ''Principat'' en délivrant des
Sarrasins Tortosa, Lleida, Fraga et Mequinensa, Mi­
ravet de même que Prades i Siurana. Pa1· la suite
( 1 179), un traité passé entre Alphonse 1 er de Cata­
logne et Alphonse VIII de Castille attribua le pays
valencien au premier, le second recevant Murcie.

La monarchie catalano-aragonaise ; apogée de


l'expansion catalane (XIIe- XIve siècles) :

L'union avec l'Aragon. - Sancho el -Mayor, roi de


Navarre, avait fait du comté d'Aragon un royaume
dont il fit hériter son fils Ramiro ; celui-ci poursuivit
la reconquête en annexant les comtés de Sobrarbe et
de Ribagorça, puis en avançant jusqu'à Huesca et
même Saragosse, que prit Alphonse le Batailleur,

...
17
'

autre roi de Navarre. A ce dernier succéda son frère,


Ramiro le Moine, évêque de Roda et de Barbastro,
qui dut abandonner plusieurs places, dont Saragos­
se, aux prétentions d'Alphonse VII de Castille. Mais
la meilleure parade au danger castillan était l'union
avec la C atalogne ; Ramiro promit en mariage à
Ramon Berenguer IV, encore tout jeune homme, sa
fille Péronnelle, issue de son mariage avec Agnès de
Poitiers, avec la pleine propriété du royaume d'Ara­
gon, dont le Catalan devenait ''prince et domina­
teur''. C ette union entre deux entités voisines, géo­
graphiquement et politiques comparables, tout en
facilitant les relations économiques et administra­
tives, resp ectait la p ersonnalité très affirmée des
deux ethnies - encore que les Catalans aient imposé
au début leur langue et leurs armes : quatre bandes
rouges sur fond d'or. Comme l'union favorisait une
convergence d'intérêts , son bilan fut nettement posi-­
tif.

Amorce et déclin de l'union catalano-occitane ; le


traité de Corb·eil (1258). Face aux ambitions du roi
-

de France et à celles, moindres, de l'Empire, les pays


catalans et occitans constituaient une unité toute
naturelle : même langue à quelques nuances près,
même tradition poétique, même floraison de l'art
roman. Politiquement, tandis que Roussillon et
bas-Pallars sont annexés à Barcelone, des mariages
et leurs incidences territoriales scellent d'abord le
rapprochement catalano-oc . citan : la Provence, Nice,

...
18

Nîmes, Béziers et Carcassonne, le Gévaudan, Mil­


lau, le Razès, la Bigorre et le Béarn graviteront ainsi
'

à la fin du :xrre siècle dans l'orbite de Barcelone.


Mais l'attitude des comtes de Toulouse tout autant
que celle des entités précitées firent capoter les per­
spectives. Lors de la Croisade contre les Albigeois ,
Pierre 1er d'Aragon tenta d'abord d'arrêter un mouve­
ment qui allait porter tort à ses possessions, puis
accourut à l'aide des Comminges, qui devant Muret
furent vaincus avec lui par Simon de Montfort et ses
croisés ( 12 1 3 ) il y fut lui-même tué. La cause était
-

désormais perdue, et le roi Jat1me rer el Conqueridor


(''Jacques le Conquérant'') signa en 1258 avec Louis
IX (saint Louis) le traité de Corbeil par lequel il lui
cédait tous les droits portant sur les terres cis-py­
rénéennes excepté Montpellier, en échange du renon­
cement au trône de France et à ses droits éventuels
sur la Catalogne. Les affinités catalano-occitanes
n'en ont pas moins perduré jusqu'à ce jour.

L'intégration des pays catalans. Jacques le Con­


-

quérant et ses successeurs parachevèrent les con­


quêtes ainsi réalisées sur les musulmans et les pays
voisins par un puissant processus d'intégration des
terres catalanes, débutant par les Baléares - Major­
que, Eivissa (Ibiza) et Minorque de 1229 à 1 267 ,-

Valence, plus difficilement, entre 1 180 et 1227,


jusqu'à Murcie, qui revint néanmoins à la Castille.
Mais Jaume partagea ces possessions entre ses
deux fils, remettant en question l'unité réalisée .


19

L'expansion méditerranéenne. L'énergie concentrée


-

jusque-là sur la reconquête trouva un nouveau p oint


d'application hors de ces frontières. Ainsi, Jacques
1er, ayant marié son fils aîné Pierre à Constance , fil­
l e du roi de Sicile, se heurta à Charles d'Anjou qui
convoitait l'île, et déclencha contre lui et les Fran­
çais la révolte dite des ''Vêpres siciliennes'' ( 1 282).
Défié p ar Charles, Pierre devenu roi déjoua sa ma­
nœuvre . Alors le pape Martin IV donna la S icile à
Charle s de Valois, fils de Philippe le Hardi, et lança
contre lui une croisade, qui échoua. Les luttes con­
tinuèrent, jusqu'à l'indépendance de la Sicile ( 1 302),
qui resta néanmoins étroitement liée à la Catalogne
p ar le commerce. La Sardaigne ensuite fut visée par
la politique catalane : Jacques II ''le Juste'', fils de
Pierre, ayant reçu du pap e Boniface VIII !'''investi­
ture'' de cette île avec celle de la Sicile, l'envahit en
1323 - mais elle demeura toutefois hostile à ces
étrangers. Sur un autre terrain, Roger de Flor, l'un
des chefs des almogàvars, mercenaires luttant pour
la Sicile contre les musulmans, se mit au service du
basileus byzantin Andronic Paléologue contre les
Turcs. D e s Grecs, jaloux, assassinèrent le Catalan et
plusieurs de ses compagnons ; les ''almogàvars'' dé­
clenchèrent alors contre eux une guerre sans merci,
dite la ''Venjança catalana''. En 1 3 1 1 fut conquis sur
ses seigneurs francs le duché d'Athènes, suivi de ce­
lui de Néopatrie (Grèce centrale), mais cette aven-
,

ture p rit fin en 1388 au p rofit de seigneurs floren-


tins. Alphonse II et Jacques II, fils de Pere el Gran,


20

cherchèrent à i·éaliser les visées de leur p ère en


· refaisant l'unité catalane : si le premier racheta Ma­
jorque et Eivissa à son oncle Jacques II de Majorque
et reprit Minorque aux Arabes, le second, tout forcé \

qu'il fut de restituer les Baléares et de renoncer à


la Sicile, garda du royaume de Murcie, qu'il posséda
un temps, la région d'Alicante. Il revint à Pierre III
le Cérémonieux, petit-fils d'Alphonse, de rendre Ma­
jorque à la Catalogne. La Sicile réintégra celle-ci en
1410 sous Martin l'Humain, fils de Pierre III, son
petit-fils Martin le Jeune, qui avait épousé la reine
Marie de Sicile, étant mort avant lui.

La fin de l'indépendance catalane (XVe-XVIe


siècles) :
'

L'extinction de la dynastie catalane. A Pierre III


-

succéda son fils Jean 1er, plus porté sur les arts et
les plaisirs que sur la politique ; c'est lui qui en 1393
fonda en C atalogne la fête des Jeux Floraux . Mais il
meurt à la chasse, et son frère Martin l'Humain,
sans descendance, clôt la dynastie barcelonaise,
dont les rois s'étaient succédé sans interruption pen­
dant plus de cinq siècles et avaient donné à leur ter­
re et à leurs sujets tant de gloire et de si exception­
nelles libertés.

· Le Compromis de Caspe et l'intronisation de la


dynastie castillane. La succession fut difficile : des
-

collatéraux mâles, seul Jaume , comte d'Urgell, était


21

populaire, à l'inverse des prétendants de la lignée fé­


minine qui étaient aussi perçus comme illégitimes.
Un interrègne tumultueux de deux ans, marqué par
l'intervention des autorités religieuses ( dont Benoît
XIII, ancien pape d'Avignon, dit ''pap a Luna'') et de
la Castille, s'acheva sur la nomination p artielle­
ment arbitraire de neuf personnes chargées de déci­
der du choix final , réunies à Caspe le 28 juin 1412 ;
comme ori pouvait le prévoir, il se porta sur Ferdi­
nand d'Antequera, infant de Castille, de la lignée
des Trastamare.

La politique impérialiste d'Alphonse le Magna­


nime. - La mort p1·écoce de Ferdinand mit sur le
trône son fils Alphonse, surnommé ''le Magnanime'',
qui continua la politique d'expansion développée par
la dynastie de Barcelone , mais avec une mentalité
nouvelle, tenant moins compte des intérêts propres
de la Catalogne. Il batailla longtemp s contre Na­
ples, qui fut vaincue en 1443, mais qu'il réserva à
son propre fils naturel Ferdinand. Non content de cet
exploit, il p ou1·suivit ses conquêtes, qui aboutirent à
la formation d'un véritable empire méditerranéen,
qui, outre la Catalogne, l'Aragon, Valence et les Ba­
léares, incluait la Sardaigne, la Sicile, Malte, l'île de
Castellorizzo et Naples comme les vice-royautés
d'Albanie et d'''Esclavonie''. C 'était beaucoup , et les
pays catalans, plus spécialement le Principat, amor­
cèrent vite u ne décadence aggravée p.ar les grandes
épidémies des XIVe et xve siècle et les conséquences

'
22

tant humaines qu'économiques des guerres menées


par le roi.

L'union avec la Castille .


- Surtout du temps de
Pierre le Cérémonieux, les guerres entre les états ca­
talano-aragonais et la Castille se multiplièrent, ca­
ractérisées par des alliances insolites , France avec
. Catalogne, Angleterre avec Castille. Poussé par
l'ambition, Henri de Trastamare, demi-frère de Pier­
re le Cruel roi de Castille, s'allia du reste avec le
Catalan contre sa famille ; puis il vainquit et tua le
roi castillan. Lui succédant sur le trône, il négligea
les pactes scellés avec Pierre le Cérémonieux, et la
guerre reprit, pour enfin s'achever par une conven­
tion essentielle : le mariage de l'infant Jean de
Castille avec Eléonore, fille du roi catalan. De cette
union naquit Ferdinand d'Antequera, qui instaura
comme on l'a vu la dynastie castillane en Catalogne.
Dès l'arrivée de ce monarque , les frictions se mul­
tiplièrent entre les deux parties, tant et si bien que
les Catalans fomentèrent une révolution contre Jean
II, frère et successeur d'Alphonse. Le conflit éclata
autour du prince Charles de Viane, fruit d'un pre­
mier mariage du roi avec Blanche de Navarre, que
son père haïssait tandis que les Catalans l'ado­
raient, et dont la mort suspecte souleva ces derniers
contre le roi. Celui-ci, qui avait donné le Roussillon
à Louis IX en échange de son aide, fut destitué, et
pendant les dix ans que durèrent les hostilités les
Catalans élirent leurs souverains. Puis le roi offrit
23

l a p aix, favo1�able aux Catalans. Mais la guerre avait


p orté au p ays un tort considérable à tous égards. La
p olitique de Jean II finit par provoquer l'union de la
Castille et de la Catalogne, par le mariage, en 1469,
de l'infant Ferdinand, fils du roi (d'un second lit),
avec Isab elle, héritière du royaume de Castille.
Cette u nion des ''rois catholiques'' respecta l'indé­
p endance des institutions propres à chaque couron­
ne. Mais tous deux, du fait de leurs origines, subor­
donnèrent le royaume tout entier à la Castille, en
premier au détriment de l'ensemble catalano-arago­
nais. L'économie, la société, la culture et la langue
catalanes en pâtirent, tandis que le commerce avec
l'Amérique récemment découverte se t1..ouvait mono­
polisé p ar l'Andalousie et que la chute de C onstan­
tinople fermait aux Catalans tous leurs grands mar­
chés orientaux. Positivement, Ferdinand racheta le
Roussillon à la France ( 1493) et soumit Naples.

La Catalogne fraction des royaumes d'Espagne


et de France (XVIe- XIXetxxe siècles) :

Catalogne et Maison d'Autriche ; la ''Guerra dels


Segadors'', le Roussillon et le Traité des Pyrénées
(1658). - F erdinand avait eu pour héritier son petit­
fils Charle s , p etit-fils aussi de l'empereur Maximi­
lien d'Autriche. Ainsi, la maison d'Autriche ou de
Habsbourg régna deux siècles durant sur l'E spagne,
ce qui accentua ·encore la mise à l'écart et la déca­
dence de la Catalogne - qui participa néanmoins à

,
24

la Guerre deTrente Ans et à celle de Succession d'Es­


pagne. Philippe IV, qui, d'une part, sur les conseils
de son ministre Olivares, voulait imposer le modèle
castillan à toutes les autres provinces péninsulai­
res, s'engagea d'autre part aux côtés de l'Autriche
dans le conflit qui l'opposait à la France : Salses, à
l'époque sur la frontière, tomba aux mains des Fran­
çais, puis fut reprise. Les excès de l'armée castilla­
ne abusivement maintenue sur les lieux entraînè­
rent un soulèvement général, connu sous le nom de
''Guerra dels Segadors'', car elle fut déclenchée par
des ''moissonneurs'' - segadors qui entrèrent dans
-

Barcelone. Un temps, le Président de la Généralité


Pau Claris fit proclame1.. une i·épublique catalane,
mais c'est avec l'aide de Louis XIV nommé comte de
,

Barcelone, que pendant douze ans la guerre se pro­


longea, jusqu'à la capitulation des Catalans - fort
honorable du reste puisque leurs privilèges se trou­
vaient solennellement préservés. Restaient néan­
moins perdus, par le Traité des Pyrénées ( 1659), le
Roussillon et une fraction de la Cerdagne, où la
France imposa aussitôt, contre de fortes résistances,
une sévère p olitique d'assimilation.

La Guerre de Succession d'Espagne ; le ''Decret de


Nova Planta''. Charles II d'Autriche, roi d'Espagne,
-

n'ayant pas d'héritier, désigna comme successeur un


petit-fils de Louis XIV Philippe, duc d'Anjou, de la
,

Maison de Bourbon, déclenchant ainsi une guerre en­


tre le bloc franco-espagnol et un autre prétendant,
25

l'archiduc Charles d'Autriche, qui avait le s outien de


l'Angleterre et de la Hollande, puis de la S avoie et
du Portugal. Toute l'ancienne Couronne d'Aragon, y
compris la C atalogne, prit également fait et cause
contre les B ourbons. Tandis que l'archiduc Charles,
avec l'aide des alliés, était reçu comme un roi, les
armées du p arti des Bourbons assiégèrent e n vain
Barcelone, cep endant que Philippe d'Anj ou triom­
phait au sud. La mort de l'empereur d'Autriche éleva
sur le trône Charles, qu'abandonnèrent ses alliés
soucieux d'éviter l'union des royaumes d'Espagne et
d'Autriche. Le traité d'Utrecht ( 17 13) consacra le
succès de Philippe V, qui put se venger des Cata­
la.n s, également oubliés p ar Charles devenu empe­
reur. Ils se préparèrent à résister, et Barcelone subit
un siège malheureux de treize mois. La répression
fut dure : le Decret de Nova Planta supprima tous les
privilèges p olitiques et culturels des Catalans, et
réduisit au minimum l'usage de la langue.

La Catalogne sous les Bourbons ; les relations avec


la France sous la Révolution et l'Empire� et dep uis.-

Sous Philippe V et ses fil s Ferdinand VI et Charles


III, la C atalogne amorce toutefois un regain écono­
mique où la bourgeoisie et l'artisanat jouent un rôle
essentiel . Charles III autorise les Catalans à com­
mercer directement avec l'Amérique, les p irates ve­
nus du Maghreb sont p ourchassés, les Académies se
multiplient, arts et Belles Lettres se développent.
Quand éclate la Révolution française, la Convention
26

envoie en Catalogne des agents susceptibles de trou­


ver des échos parmi les républicains catalans, mais
la. guerre avec l'Espagne annihile ces tentatives. Si
Napoléon1 par la suite, arrive à se faire céder par
Charles IV et son fils Ferdinand leurs droits à la
couronne d'Espagne, si les troupes françaises occu­
pent, Baléares exceptées, toute les terres catalanes ,
qui sont · annexées à l'Empire sous la forme des dé­
partements du Ter, de Montserrat, du Sègre et des
Bouches de l'Ebre, !'Empereur finit pa1-- abandonner
la Péninsule et par traiter avec Ferdinand VII. Reve­
nu en Espagne, celui-ci abolit la constitution élabo­
rée en 1812 par les Cortes de Cadix, provoquant un.e
'

lutte générale entre les libéraux, favorables à la


.

constitution, et les absolutistes. En Catalogne com-


me partout, les villes et la côte sont libérales, les
montagnes absolutistes. Ba1·celone souffrit beau­
coup de ces affrontements ; dès 1827 , des conflits
éclatent chez les ouvriers, et cinquante ans après
naissent des mouvements socialistes et anarchistes .
.

En 1870, après les ''guerres carlistes'' suscitées par


son oncle don Carlos, la reine Isabelle II est détrô­
née par le général Joan Prim i Prats au profit
d'Amédée de Savoie ; la République est proclamée
en 1873, avec les catalans Figueres et Pi i Ma1·gall
comme premiers présidents, mais le trône est réta­
bli dès 1879.


27

Au sud, l'autonomie recouvrée (XXe siècle) :

La Rép u blique catalane ; la ''Generalitat'' auto­


nome ; la dictature de Primo de Rivera. - Le climat
de luttes sociales propre à la fin du siècle suscita un
vigoureux mouvement catalaniste et autonomiste,
qui aboutit en 19 14, Alphonse XIII régnant, à l'ins­
tauration de la Mancomunitat de Catalunya . Après
la guerre mondiale, en 1 9 1 7 , une assemblée de par­
lementaires se réunit à Barcelone, suivie de plu­
sieurs mouvements, dont la fondation en 1822 de
l'''Acci6 C atalana'', qui trouve des échos au Pays bas-
•1

que et en Galice. Mais si la dictature du général Pri-


mo de Rivera étouffe le mouvement et dissout la
Mancomunitat, sa chute en 1930 aboutira l'année
suivante à la proclamation de la République catala­
ne, parallèle à celle de la République espagnole , puis
un an plus tard à sa. mutation en Generalitat de Ca­
talu 1iya, complétée en 1932 par le statut d'autono-
mie.

. Franco et la restauration de la royauté : le réta-


blissement de la ''Generalitat''. - Les franqui_stes,
vainqueurs d'une guerre où la position des C atalans
put osciller entre les deux p artis, abolirent la Gene­
ralitat et exercèrent une oppression systématique
contre tout ce qui symbolisait la personnalité cata­
lane, spécialement la langue, interdite dans l'ensei­
gnement et l'écrit. Avec la mort de Franco et l'instau­
ration d'une royauté plutôt libérale, l'esp oir revint :
1
28

l a Generalitat fut rétablie en 1977, et l'officialisa­


tion du catalan comme langue de l'administration,
de �'enseignement et des médias, à tous les niveaux,
sous la forme d'un bilinguisme catalan-castillan, ou­
vrit en 1979 pour la Catalogne, en 1982 pour Valen­
'

ce, en 1983 pour les Baléares, une nouvelle ère


pleine de promesses dans l'histoire de la langue ca­
talane, moyen naturel d'expression d'une société qui
recouvre son dynamisme économique, politique et
culturel de jadis ; en décembre 1997, le parlement
catalan a même adopté un loi renforçant largement,
à tous les niveaux, son usage et son enseignement
(''immersion linguistique'' dès l'entrée à l'école !). La
future Europe, dans un cadre fédéral ou un autre,
restaurera-t-elle un jour sur les deux versants pyré­
néens l'unité et la réalité d'une Catalogne jadis glo­
rieuse ?

Chronologie politique des pays catalans

Note : cat. Alfons, cast. Alfonso=Alphonse ; cat. Carles, cast.


Carlos = Charles ; cat. Felip, cast. Felipe = Philippe ; cat.
Ferràn, cast. Fernando = Ferdinand ; cat. cast. Isabel =
Isabelle ; cat. Jaume, cast. Jaime = Jacques ; cat. Joan, cast.
Juan = Jean ; cat. Lluis, cast. Luis = Louis ; cat. Marti, cast.
Martin= Martin ; cat. Pere, cast. Pedro= Pierre ; cat. Ramon,
cast. Ramon= Raymond .

-Ile s. Soumission du continent et des Baléares à


Rome.


29

Déb . XIe S. : Barcelone affirme sa suprématie sous


Ramon B erenguer 1er le Vieux ( 1035- 1076) ; [Ramon
Berenguer II] ; Ramon B erenguer III épouse Douce
de Provence.

1 179 : Le p ays valencien est attribué à Alfons 1er de


Catalogne , VIII de Castille ( 1 158- 12 14).

1 180- 12 2 7 : Valence intégrée au comté de B arcelo­


ne. Mariage de Péronnell e, fille de Ramiro, le fils de
Sancho el Mayor roi de Navarre, avec Ramon B eren­
guer IV.

1 2 13 : Bataille de Muret et mort de Pedro II de Ara-


gon.
,

1 229- 1267 : Intégration des B aléa1·es au comté de


Barcelone.

1258 : Traité de Corbeil e ntre Louis IX (saint I...1o uis)


et Jaume 1 er el Conqueridor (le Conquérant, 1208-
1 2 76), p ar lequel le Catalan abandonne tous ses
droits sur les terres cis-pyrénéennes, excepté Mont­
p ellier.

1282 : ''Vêpres siciliennes'' déclenchées contre les


Français p ar Charles d'Anjou, comte d'Anjou et de
Provence ( 1226- 1 285). Là-dessus, débarquement en
Sicile de P ere el Gran (le Grand), fils de Jaume 1er
( 1 236- 1 2 8 5 ) .
30

1302 : Indépendance de la Sicile ; Alfons II el Franc


(le Franc) puis son frère Jaume II el Just (Le Juste)
( 1260- 1327), fils de Pere el Gran, essaient de refaire
l'unité catalane. '

1 3 1 1 : Roger de Flor et les almogàvars conquièrent


les duchés d'Athènes et de Néopatrie (conservés jus­
qu'en 1388).

1323 : Invasion de la Sardaigne par Jaume II el


Just (Le Juste).

Restitution de Majorque aux Catalans par Pere III


el Ceremoni6s (le Cérémonieux), petit-fils d'Alfons
( 13 18- 1387).

1393 : Jeux Flo1"aux instaurés à Barcelone par Joan


rer, fils de Pere III, qui meurt en 1396 à une pa1"tie
de chasse, mettant fin à la dynastie barcelonaise.

1410 : Restitution de la Sicile à la Catalogne par


Marti l'Humà (!'Humain), autre fils de Pere III. Mar­
ti el Jove (le Jeune), son fils, meurt avant lui ; vide
dynastique.

1412 : Compromis de Caspe et fin de l'indépendan­


ce catalane : Fernando rer d'Antequera, dit ''el Justo''
(le Juste) ( 1380- 1416), régent de Castille, de la li­
gnée de Trastamare, monte sur le trône. I
31

. 1443 : Victoire sur Naples du roi Alfonso el Magna­


nimo (le Magnanime) ( 14 16- 1458), fils de Fernando
''el Justo''.

1461 : Révolte des Catalans contre Juan II, fil s d'Al­


fonso el Magnanimo.

1469 : Mariage avec Isabel ( 1451- 1504), héritière du


royaume de Castille, de l'infant Fernando ( 1452-
1 5 16), fils du précédent, qui deviendra Fernando V
el Cat6lico (cf. les ''rois catholiques'')
.

Juana la Loca (Jeanne la Folle) ( 1479-1 5 5 5 ), leur fil-


le, épouse l'archiduc d'Autriche Philippe le B eau .

1493 : Fernando V rachète le Roussillon à la France


et soumet Naples.

Règne de C arlos iero d'Espagne, alias Carlos Quinto


(Charles- Quint), fils des précédents (1500- 1 5 5 8) .

Felipe I I el Cauto (''le Prudent'') ( 1556- 1598), fils du


précédent.

Felipe III ( 15 78- 1 62 1), fils du précédent.

Gue1Te dels Segadors sous Felipe IV (1605- 1 665 ) , fils


du précédent.
·

165 9 : T1·aité des Pyrénées, par lequel le Roussillon


32

et une partie de la Cerdagne reviennent à la France.

Charles II d'Autriche, roi d'Espagne ( 166 1- 1700),


fils du précédent, désigne comme successeur Philip­
pe V de Bourbon, duc d'Anjou, petit-fils de Louis XN
( 1683-1746), mais celui-ci est évincé car la mort de
l'empereur d'Autriche élève Charles sur le trône.

1713 : Traité d'Utrecht ; F elipe V, revenu sur le trô­


ne, se venge des Catalans par le Decret de Nova
Planta.

Règnes de Fernando VI ( 1 7 12 - 1 75 9) et Carlos III


( 1 7 16 - 1 788).

1 789 : La France crée le département des Pyrénées­


Orientales.

[Espagne] Carlos IV (1748- 1819) et son fils Fernan­


do VII (1784-1833) cèdent leurs droits sur la couron­
ne d'Espagne à Napoléon, mais celui-ci finit par trai­
ter avec Fernando, dont la fille Isabel ne peut régner
(Loi salique).

1812: Constitution élaborée par les Cortes de Cadix.

1827: Co1ifiits ouvriers.

Régence de Maria Cristina (Marie-Christine) (1858-


1929) ; le frère de Ferdinand, don Carlos, exclu du I

t;rône, déclenche la Je guerre carliste (1834- 1839).


33

Isabel (1830-1904), devenue majeure, règne sous le


nom d1sabel Iljusqu'en 1868 ; régence de Serrano.

1870 : Le général Joan Prim i Prats détrône Isabel au


profit d'Amédée de Savoie, qui abdique en 1873 ; la
République. . . pour un an .f

1874 : proclamation du roi A lfonso XII, fils d'lsabel,


qui règne sous la régence de Marie-Christine jusqu'en
1885 ; lui succède Alfonso XIII, son fils posthume, qui
régnerajusqu'en 1931.

1931-1939 : République mouvementé.

[Catalogne] 1 914 : Restauration de la Mancomuni­


tat de Catalunya sous Alfonso XIII.

1 917 : Réunion d'une assemblée de parlementaires ,


d'où

1 922 : Fondation de l'Acci6 Catalana.

[Espagne] 1923: Dictature du général Primo de Ri­


vera, jusqu 'en 1930.

1 930: La République catalane proclamée.

1 93 1 : Fondation de la Generalitat de Catalunya

1 932 : Proclamation du Statut d'Auwnomie.

.,


34

1936 : Le général Franco ( 1892- 1975) déclenche la


guerre c.ivile.

1939 : Victoire de Franco et abrogation du Statut


d'Autonomie.

1975 : Mort de Franco et rétablissement de la ro­


yauté ; Juan Carlos de Bourbon, né en 1938, petit­
fils d'Alfonso XIII, monte sur le trône.

1977 : Rétablissement de la Generalitat.

1 979 : Restauration du Statut d'Autonomie et offi­


cialisation du catalan en Catalogne.

1982 : Officialisation du catalan dans la Commu­


nauté de Valence (Felipe Gonzalez premier ministre
à Madrid).

1983 : Même officialisation aux Baléares.

1997 : Une nouvelle loi renforce l'enseignement de la


langue à tous les niveaux.

* *
J

La société et les institutions

Epoque wisigotique : les Wisigots , qui avaient Tou­


louse pour capitale du temps du roi Euric, transfé­
rèrent leur siège , lorsque les Francs les y supplantè­
rent, d'abord à Narbonne, puis à Barcelone - il de­
vait par la suite être déplacé à Séville et Mérida,
enfin à Tolède. D'abord ariens, les Wisigots s e con­
vertirent au catholicisme. Sous le monarque élu et
doté d'un pouvoir absolu, des ducs gouvernaient les
provinces, des comtes les districts , tan.d is que ce fu­
rent d'abord des ''défenseurs'', ensuite les évêques
eux-mêmes , qui dirigèrent les municipes. S i Wisi­
gots et p opulations romanes étaient primitivement
régis sou s des lois distinctes, dès 654 Chindaswinte
édicta la Lex Visigothorum ou Liber Iudicum valable
pour tous, et souvent invoquée jusqu'au XIIIe s.

Epoque franque : Après la mort de Charlemagne,


les institutions dérivèrent p eu à p eu vers des struc­
tures féodales. Mais la ''Renaissance carolingienne''
et son impact culturel concernèrent la Catalogne à
l'égal des autres p ortions de l'Empire, et le lien entre
elle et la ''France'' d'alors sont partout perceptibles :
mots de souche francique, datation des documents
fondée sur le règne des rois de France, monnaies ca­
rolingiennes, liturgie franque. En matière artisti­
que, en revanche, seule se signale la reconstruction
,
36

d'églises détruites par les musulmans.

Epoque comtale : c'est l'époque des structures


féodales, basées, on le sait, sur les liens d'interdé­
pendance instaurés entre un seigneur et un vassal,
le premier concédant au second un fief (terre en géné­
ral) et lui assurant sa protection, en échange d'un en­
gagement de fidélité et divers services, comme
l'assistance militaire et juridique. Bien entendu,
d'un même seigneur peuvent dépendre plusieurs
fiefs et sous-fiefs, tandis que le souverain - en l'es­
pèce, le comte de Barcelone - occupe le sommet de
la hiérarchie. Cette souveraineté s'affaiblira d'ail­
leurs au profit de seigneuries qui distraient une part
du patrimoine correspondant, par concession royale
ou usurpation, lesquelles seigneuries se hiérarchi­
sent ensuite en baronnies, vicomtés et châtellenies.
La société féodale comprenait trois classes d'indivi­
dus, la noblesse (haute et basse - les chevaliers), les
hommes libres (''vilains'' et citadins), et les serfs.
Quant aux bases juridiques de cette société nouvelle,
à côté des codes cités plus haut, le comte Ramon Be­
renguer rer promulgua vers 1 065 les prémices des
Usatges, premier code féodal connu. Nombre de villes
et de bourgades reçurent des chartes de peuplem�nt
et des franchises, qui les aidaient à contrer le pou­
voir féodal et, au sud (Catalunya Nova ), à se défen­
dre contre les musulmans. L'Eglise se détacha de
l'évêché de Narbonne, et Tarragone fut élevée au
rang de siège épiscopal, duquel dépendaient les

37

diocèses catalans - et aragonais. Très active , elle


créa l'institution dite de ''Paix et Trêve'' ( Pau i
Treva), qui adoucit les mœurs privées, et fonda près
d'une vingtaine de monastères, dont St-Michel-de­
Cuxà, St-Martin-du-Canigou , Santa Maria de Ripoll,
Sant Joan de les Abadesses, Sant Pere de Roda,
Sant Cugat del Vallès, S anta Cecilia de Montserrat
et Poblet.

Epoque de la monarchie catalano-aragonaise : le


souverain, roi de Majorque et de Valence mais comte
de Barcelone, a juré d'ob server les constitutions et
privilèges de ses sujets. Concentrant à peu près tous
les pouvoirs , directement ou par délégation, il a sa
Cour, son Conseil, sa Maison et des Officiers . Son
héritier est son fils aîné. Le souverain barcelonais
eut maille à partir avec les Aragonais pour affermir
son pouvoir, qu'il renforça toutefois de façon conti­
nue. Les ressources financières du royaume consis­
taient en nombre de contributions et revenus divers.
Il était représenté dans les p ays étrangers · p ar des
procuradors. Mais la nature démocratique du gouver­
nement était garantie par les Corts (''cours''), déci­
dant en dernier ressort, et composées de trois ''bras'',
l'ecclésiastique (le clergé) , le militaire (la noblesse)
et le royal (les ''villes'') ; ensuite, le recouvrement des
impôts se trouvait assuré par la Diputaci6 del
General Ol+ Generalitat de Catalunya, comp osée de
trois députés (cf. les Corts) et de trois ''auditeurs
des comtes'', et assumant en fait des fonctions bien

,.


38

plus larges. Le pays était divisé en vegueries (''vigue­


ries''), a:uxquelles présidait un veguer (''viguier''), aux
prérogatives judiciaires et policières, responsable
devant le Procureur du Roi ; le Batlle (''bailli'') admi ..
nistrait le patrimoine royal. La gestion urbaine con­
nut un développement exceptionnel avec les mu­
nicipis ou universitats, comprenant deux conseils iné­
gaux, tandis que les confréries et les corporations
regroupaient les habitants. Par rapport à la période
comtale, les différences entre classes sociales vont
s'affaiblissant, au profit du roi et des ''municipis'',
tandis que les nobles deviennent des courtisans.
Dans les grandes villes, la population se répartit
entre une aristocratie mercantile (mà major ), les
commerçants (mà mitjana) et les artisans ( 1nà 1ne­
nor), les deux classes ''mineures'' cherchant à domi­
ner, mais c'est le roi qui s'impose, jouant sur leurs
dissensions. Les paysans serfs (pagesos de remença ),
achèvent leur rachat à la fin du x:ve siècle. Un siècle
plus tôt, la population catalane devait approcher les
400 000 individus. L' Eglise tira des avancées socio­
économiques susdites de nombreux avantages. C'est
à Tarragone que se fixa le siège épiscopal de la Ca­
talogne entière, et de !'Aragon jusqu'à la fondation
de celui de Saragosse. Nombre de religieux s'illus­
trèrent en domaine culturel , et de nouveaux monas­
tères furent créés, certains sur les dépouilles des
Templiers éliminés. Soutenu par les Catalans ,
l'Aragonais Pedro de Luna, devenu Benoît XIII, fut
pape un temp s en Avignon jusqu'à la fin du schisme.
39

Les nombreux juifs, qui, regroupés dans des quar­


tiers particuliers (calls), s e consacraient au commer­
ce et à l'industrie, subirent des persécutions vers la
fin du XIV0 siècle, mais furent protégés p ar le pou­
voir p our des raisons économiques, jusqu'au règne
des Rois C atholiques, qui les expulsèrent. L'armée
comprenait d'une part les feudataires (voir ci-dessus
l e système féodal), et les milices communales , con­
voqués par le roi, de l'autre les mercenaires, dont les
fameux almogàvars évoqués plus haut. E n outre,
tous les hommes valides formaient en cas de danger
une milice ( sometent) à l'action circonscrite au ''Prin­
cipat''. La marine comprenait quant à elle plusieurs
''flottes'', la flotte royale - flotte de guer1·e, celle de la
Loge de mer, protectrice du commerce maritime, cel­
le de la Diputaci6, qui défendait les côtes, et celle de
Barcelone, qui veillait sur le port ; de simples par­
ticuliers p ouvaient organiser et financer à l'occasion
des expéditions maritimes. Des mines étaient ex­
ploitées dans les Pyrénées. Quant à l'exportation,
favorisée par la politique méditerranéenne et p rotec­
tionniste adoptée par le p ouvoi1·, elle envoyait, plus
particulièrement en Italie, des tissus, des cuir s , des
productions agricoles et minières, et jusqu'à des es­
claves sarrazins , cela au détriment du commerce
maritime français et italien. Le commerce était donc
extrêmement actif, et l'on frappait beaucoup de mon­
naie, d'abord de billon (anciens alliages), puis d'ar­
gent et d'or. Barcelone était l'âme de cette puissance
économique , politique et culturelle, avec son double


40

Conseil Municipal - grand conseil ou ''Conseil de


Cent'' ( Consel.l de Cent), élu par le peuple, et petit
conseil élu par le précédent, sa Table de Change
( Taula de Canvi ) à partir du XV0 siècle et son com­
merce propre, dont l'activité s'étendait de l'Abyssinie
à l'Angleterre. Ses arsenaux rivalisaient bien avec
ceux d'Italie, et l'on construisait des bateaux sur
toute la côte, en particulier aux arsenaux de Valence
et, aux Baléares, de Majorque, l'apogée de cet éclat
se situant vers le milieu du xve S . Précisément, les
Baléares représentèrent une fraction très spécifique
du monde catalan : le royaume de Majorque - c'est­
à-dire les îles annexées par Jaume 1er el Conq·ueri­
dor à la fin du XIIIe s . - qui à sa mort se sépara de
la Catalogne, forma un état à part dans l'ensemble ;
les rois de Majorque régnaient aussi sur les comtés
de Roussillon et de Cerdagne, comme sur la sei­
gneurie de Montpellier , et s'alliaient tantôt aux rois
catalans tantôt aux Français ; mais tandis que
ceux-ci rachetèrent Montpellier, les autres terres fu ­
rent récup érées par Pere 1er el Ceremoni6s. Valence
présenta une autre spécificité : les Aragonais l'ayant
conquise avec les Catalans, elle dut tenir compte des
premiers, et, également peuplée de juifs et de mo­
risques, garda vis-à-vis de Barcelone une certaine
autonomie. C'est sous le règne du castillan Alphonse
le Magnanime qu'elle connut son plus grand rayon­
nement. Quant aux royaumes ''<l'outre-mer'' (dellà
mar) - Sardaigne, Sicile et Naples - , la première,
où la ville d'Alghero (L'Alguer) parle encore catalan
41

(v. p . 93) , elle eut son vice-roi et ses Corts, la secon­


de aussi, et Naples, favorisée, garda son statut anté­
rieur, avec deux autres entités administratives pour
les finances et la justice ; aux duchés d'Athènes et de
Néopatrie , gouvernés p ar un Vicaire Général, les
Usatges furent la loi et le catalan la langue officielle.

Epoque moderne et contemporaine : sous l a Maison


d'Autriche s e note une certaine décadence, tant dans
· la société que les institutions ; la noblesse se cas­
tillanise tandis que dans les campagnes se déve­
loppe le brigandage, dû à diverses causes. La popu­
lation est marquée p ar l'expulsion des Morisques
( 1/3 des habitants de Valence), vide comp ensée en
quelque sorte par un afflux d'immigrés, surtout des
Français méridionaux, parmi lesquels les artisans
ont favorisé la croissance économique. De nouvaux
ordres religieux se créent tandis que la vie intellec­
tuelle se développe, surtout à Barcelone et Valence.
Sous les Boztrbo1is débute un redressement écono­
mique, auquel la bourgeoisie et l'artisanat parti­
cipent activement ; les relations s'intensifient avec
l'Amérique , et reprennent avec le Maghreb . Des fon­
dations culturelles voient le jour, dont plusieurs aca­
démies, des ''collèges'', des universités - ainsi, un
certain temp s, celle de C erbère - ou encore des es­
tudis, et cela dans toutes les matières littéraires
ou scientifiques. Notons que Minorque fut occupée
durant une grande partie du XVIIIe siècle alterna­
tivement p ar les Anglais et les Français, au bénéfice


42

de sa propre culture. La fin du siècle connaît une


véritable Renaissance catalane , conditionnée tout au-
.

tant par l'économie, l'industrie et le commerce se


développant, que par la p olitique (protectionnisme),
'

et appelé à toucher tous les domaines. Mais le siècle


suivant devait vivre, après des tensions socio-politi­
ques croissantes couronnées p ar la renaissance de la
Generalitat de Catalunya (p . 27), le drame de la
guerre civile et de la dictature franquiste qui annule­
ront tous les acquis de !'autonomisme (voir la partie
historique). Après la mort de Franco et suivant la
Constitution espagnole de 1 978, la Catalogne est
devenue une Communauté Autonome à l'instar des
16 autres régions d'Espagne, c'est-à�dire t1n centre
de décision indépendant auquel furent transférées
d'importantes compétences : compétences exclusives
- respectant néanmoins certains principes ou l'Etat
espagnol conserve sa souveraineté, ensuite compé­
tences législatives, dans le cadre de la Generali­
tat, enfin compétences lui conférant le pouvoir d'ap­
pliquer la législation de l'Etat. La Generalitat est
constituée p ar un Parlement, qui élit u11 Président
p olitiquement responsable devant lui, et p ar un
Gouvernement ou Conseil exécutif

* *
LA LANGUE

La situation géographique des territoires cata­


lanophones comme leur histoire expliquent bien;
ainsi qu'on l'a vu, cette position intermédiaire qu'oc­
cupe le catalan parmi les langues de la Romania oc­
cidentale, e nt1·e le gallo-roman et l'ibéro-roman.
Quant à l a formation de cette aire spécifique, nous
en sommes réduits aux hypothèses. On remarquera
tout d'abord, à la suite de certains historiens, que le

véritable b erceau de la langue est avant tout pyré-


néen , avec les plaines voisines (Andorre, Roussillon,
Cerdagne , Vallespir, au sud jusqu'à Figueres), et que
son extension vers le sud, jusqu'à Valence, est sur­
tout due à la ''Reconquista'' sur les Arabes ; ensuite
que cette région correspondait dans l'Antiquité à la
fraction l a plus septentrionale des territoires peu­
plés par les Ibères, ce qui pourrait laisser penser
que certain s traits du catalan sont dus à quelque ac­
tion de ''substrat''1 exercée par l'ibère - mais nous ne
savons rien de ce dernier. Quoi qu'il en soit, les pre­
miers textes écrits en catalan, à savoir les Homi­
lies d:10rga1iyà (fin du XIIe - début du XIIIe siècle),
sont déj à p leinement représentatifs de la langue. Si

.
1 On appel l e "action de substrat" l ' action exercé sur une langue
nouvellement apprise par la l angue antérieurement parlée ; c'est l e cas, par
exemple, de ! '" accent" anglais ou espagnol d 'un Anglais ou d' u11 Espagnol
parlant français.


44

certaines variations dialectales se font jour d'une


région à l'autre (pp . 88-93 ) , l'essentiel du présent
ouvrage est consacré à la forme de catalan à peu
près généralement acceptée de nos jours dans l'en­
seignement et les usages administ1·atifs, et fondée
sur le modèle barcelonais établi par Pompeu F ABRA
(v. p . 108 et Bibliographie p . 174).

L'alphabet catalan se comp ose des lettres sui­


vantes : a, b , c; ç, d, e, f, g, h, i,j, k , l, m, n, o, p , q, r, s,
t, u, v, w, x, y, z, qui parfois se combinent entre elles
(gu , qu , rr, ss, ny, ll, tll, ix, ig, tj, tg, tx) ou sont
affectées de certains signes (accents : è, é, ô, 6, à, i, u,
tréma : ï) selon les indications données dans le cha­
p itre Les sons et l'écriture . Les mots catalans
seront notés en italiques, leur prononciation figurée •

phonétiquement entre crochets [ ] , selon les conven­


tions suivantes :

Voyelles:

[a] = a de ''p al '' [ë] = e de ''pelote''


[è] = è de ''pèle'' [ô] = o de ''Pol (Saint- )''
[é] = é de ''lapé'' [6] = o de ''pôle''
[i] = i de ''pile'' [ou] = ou de ''poule''

Semi-voyelles :

[y] = y de ''rayon'' [ w] = ou de ''fouet''


\
45

Consonnes :

[p] [ t] [k] [b] [ d] [g] [f] [v] [m] [n] [ ss] [z] [ch] [j ] [gn]
correspondent à l'usage français ; [L] : v. p . 48. ,
[r] = r ''roulé'' (Normandie , Bourgogne , S - 0) de
''carotte'', ital. ''caro''.
[rr] = rr ''roulé'' (Sud-Ouest) de ''carreau'', esp . ital .
''carro''. ,
[ly] '' l mouillé'', c.-à-d. ll d'esp . ''callar, llano'', gli
==

d'ital . ''figli o'' etc.

Grammaire

Les sons et l,écriture

Quelques indications préliminaires sur les sons


spécifiques du catalan, qui diffèrent nettement tant
de ceux de l'occitan son voisin septentrional que de
ceux du castillan son voisin occidental et méridional
( s e référer p our ceci au tableau des conventions
phonéti-ques donné précédemment) :

Voyelles Accentuées, elles sont au nombre de


:

sept et offrent un timbre clair ; ainsi sac [sak] ''sac''


- sec [ sèk] ''sec'' cec [ sék] ''aveugle''- sic [ sik] ''sic''
-
46

(latinisme) - soc [sôk] ''souche, tronc'' s6c [ s6k] ''je


-

suis'' - suc [souk] ''suc, j us''. Soit, en classant les


voyelles selon leur timbre et leur ouverture :
' \

sic suc

cec soc
;#

sec soc
sac

Inaccentuées ou atones, elles ne sont plus que trois,


et l'une d'entre elles, correspondant aussi bien à une
graphie a qu'à une graphie e, offre un timbre ''neutre''
ressemblant à notre ''e muet'' prononcé par un mé­
ridional (noté ici [ë] ) : finale canta [kanntë] ''il chan­
te'' ou cànter [kanntër] ''cruche'', (que) canti [kannti]
''(qu') il chante'', canto [kanntou ] ':ie chante'' ; avant •

l'accent tonique (en début de mot ou non) cadell [kë­


dély] ''p etit chien'' ou quedar [këda] ''rester'', quitar
[kitâ] ''tenir quitte'', codony [koud6gn] ''coing'' ou
cutani [koutani] ''cutané'' (ici, une double orthogra­
phe est p ossible, comme p our [ë] : o ou u). La dis­
tinction entre [è] et [é], comme entre [à] et [6], ne se
fait que si la voyelle est accentuée (v. ci-après) : apè­
psia [ëpèp syë] ''ap epsie'', témer [témë] ''craindre'',
apoleg [ëpôLëk] ''apologue'', cany6 [këgn6] ''gosier''.

Diphtongues : ces suites de deux voyelles pronon­


cées ''d'une seule émission de voix'' sont ''descen­
dantes'', le second élément, le plus fermé , étant très
bref et proche du y de ''boy'' ou du w de l'angl. ''now'' ;

47

exemples de diphtongues accentuées : aire [ayrë] ''air'',


eina [èynë] ''outil'', rei [rréy] ''roi'', boira [bôyrë]
''brouillard'', cuina [kotiynë] ''cuisine'', caure [kawrë]
''tomber'' bou [bôw] ''bœuf' s6u [ s6w] ''vou s êtes''
' ' '
.

beure [bèwrë] ''boire'', neu [néw] ''neige'', lliure [lyfw-


rë] ''libre'' ; en syllabe inaccentuée, les règles du para­
graphe précédent s'appliquent de même.
,

Consonnes : leur prononciation ne présente pour


un francophone aucune difficulté particulière, si ce
n'est
•La prononciation [b] de v (cf. l'espagnol et l'occi­
tan) , ainsi vall [baly] ''vallée'' comme ball [ id0] ''bal,
danse'', haver [ëbè] ''avoir'' cf. saber [sëbè] ''savoir''.
• L'articulation ''apicale'' - pointe de la langue
vibrant contre le palais - de [r] , ''roulé'' à u n seul ( [r])
ou à plu sieurs ([rr] ) battements (touj ours plusieurs
en début de mot) : mare [marë] ''mère'', barra [barrë]
''barre'', roda [rrôdë] ''roue''.
• C elle de l'''l mouillé'' noté ll, aussi fréquente au
début qu'à l'intérieur ou à la fin des mots : il s'agit
d'une combinaison intime de [l] et de [y] , comme
celle de [n] et de [y] produisant notre gn ; si cette
prononciation, semblable à celle de ll espagnol, de
lh portugais ou occitan, ou encore de gli italien, fait
difficulté , prononcer à sa place [y] : lluna [lyotinë]
''lune'', p alla [palyë] ''paille'', ocell [oussély] ''oiseau''
(mieux que [younë ] ; [payë] , [ousséy ] ) - v. ci-après
pour la prononciation de l· l .


48

• L'articulation ''épaisse'' de l qui ressemble en


toutes positions à celle du l final anglais de soul ob­
tenue en rétractant la langue vers l'arrière de la bou­
che de façon à la rapprocher du son [w] : català [kë­
tëLa] ''catalan'', sal [saL] ''sel'' etc.
• L'absence de consonne ''sonore'' en finale : ce qui
s'écrit àrab ''arabe'', fred ''froid'', llarg ''long'' se pro­
nonce de la sorte [arëp ] , [frèt], [lyark] .
Qu, gu suivis des voyelles a, e ou i se prononcent

[gw] [kw] : gual ''gué'', [gwaL] , quatre ''quatre'' [kwa­


trë], següent ''suivant'' [sëgwén] - devant o, qu se pro­
nonce [k] comme en français : quocient [kousyén]
''quotient''.

Pour le reste, il s'agit bien plutôt de conventions


orthographiques, ainsi

• x et ix après voyelle se prononcent [ch] : xai [chay]


''agneau'', deixar [dëcha] ''laisser'', baix [hach] ''bas'' ;
tx comme aussi ig après voyelle en finale [tch] : txec
[tchèk] ''tchèque'', botxa [bàtchë] ''boule (au j eu )'',
puig [p outch] ''colline, mont'' ; tj correspond à [dj] :
platja [pLadj ë] ''plage''.
• ny note le gn du français : nyafa [gnâfë] ''tache'',
canya [kagnë] ''roseau, canne'', bany [bagn] ''bain''.
• Un ''point en haut'' · entre deux l indique que ces
lettres doivent être prononcés séparés comme une
consonne double : col· locar [kouL-Louka] ''placer, po­
ser'', sil· laba [ siL-Lëbë] ''syllab e'', vil· la [biL�Lë]
''v.illa'' etc.
''
49

L'accent tonique : à l a façon d'autre s l angues


latines, comme le castillan et le portugais voisins ou
comme l'italien, l e catala n p eut placer l'acce nt toni­
que, bien marqué en l'occurrence, sur l'une des trois
dernières syllabes d'un mot (la voyelle accentuée est
notée en grasses) : cantarà [kënntëra] ''il chantera''
est accentué sur la syllab e finale, cantab a [kënn- •

tâbë] ''il chantait'' sur la p récédente, gramàtica [grë-


matikë ] ''grammaire'' sur la troisième syllab e avant
la fin - comparer le castillan cantara, cantaba, gra-
.

matica, le p ortugais cantara, cantava, gramatica,


l'italien canterà, cantava et grammatica accentué
sur - ma-·. La lecture obéit aux règles suivantes :

• Un mot terminé p ar u ne voyelle et ne p ortant


aucun accent écrit est accentué sur l'avant- dernière
syllabe : canto [kanntou] '�e chante'', catalana [këtë­
Lanë] ''catalane'', vendre [bènndrë] ''ven dre '', lla vi
[lyab i] ''lèvre''. De même pour les mots terminées
par -s et p ar -n : filles [filyëss] ''filles'', cantes [kann­
tëss] ''tu chantes'', canœn [kanntënn] ''ils chantent''.

• Une diphtongue finale porte tou.iours l 'accent :


gripau [gripaw] ''crapaud'', hereu [ërèw] ''héritier'',
ninoi [ninày] ''gamin'', avui [ëbouy] ''auj ourd'hui'',
..

etc.

• Un mot terminé par une consonne (y compris l'-r


muette des infinitifs et des noms en -ar, ·er, -or), à
l'exception des deux cas cités ci- dessus, est accentué


50

sur la syllabe finale : xarop [chërôp ] ''sirop'', cantat


[kënnt�t] ''chanté'', manyac [mëgnak] ''doux, docile,
mignon'', banal [bënaL] ''banal'', ocell [oussély] ''oi­
seau'', aviram [ëbiram] ''volaille'', enguany [ëngwagn]
''cette année'', enllaç [ënnlyass] ''union, mariage'',
mateix [mëtéch] ''même'' etc.

•En dehors des cas précédents, tout accent mar­


qué indique évidemment une syllabe accentuée :
català [këtëLa] ''catalan'', ra6 [rrë6] ''raison'', can­
tàvem [kënntabëm] ''nou s chantions'', fàbrica [fabri­
kë] ''fabrique'', critic(a) [kritik(ë)] ''critique'' (adj ec­
tif), àdhuc [adouk] ''même, y compris'' (c'est un lati­
nisme), cantaràs [kënntëras] ''tu chanteras'', etc.

Les for�es

Noms et adjectifs

Comme en français, deux genres , masculin et fémi­


nin, et deux nombres, singulier et pluriel.

Le genre

La forme des noms ne permet pas tou.i ours de


savoir s'ils sont masculins ou féminins ; si un nom
terminé en -a inaccentué est généralement féminin -

filla ''fille'', tab la ''table'', porta ''porte'', muntanya


51

''montag ne'', lluna ''lune'', gramàti ca ''gramm aire''


( mais poeta ''poète'', sistema ''système'' par exemple
sont masculins comme en français), rien n'indique le
genre d'un nom terminé p ar une consonne : mur
''mur'' ' cavall ''cheval'' ' sol ''soleil'' ' l:Jaat
' ''chat'' ' fialç
''faux'' (nom), cap ''tête'' sont masculins, mais c alor
[këL6] ''chaleur'' vall ''vallée'' sal ''sel'' ciutat ''ville''
' ' '
féminins. Pour l'article défini, voir p . 62.

La plupart des adjectifs font un féminin e n -a :


vell vella ''vieux vieille'', dur dura ''dur dure'', sec seca
''sec sèche'' etc . , de même amp le ''ample'' ou fionjo
''flasque, moelleux'' font ampla fio�ja ''moelleuse'' ;
mais bon nombre d'entre eux sont ''épicènes'', c'est-à­
dire qu'ils revêtent la même forme aux deux genres :
}ove ') eune'' - un homejove ''un homme jeune'', una
donajove ''une femme jeune''. Lorsque le féminin se
fait en -a, on distinguera plu sieurs cas, où l'on ne
devra p as confondre orthographe et prononciation :

•Ou bien la consonne finale du masculin ne subit


aucun changement, cf. ci- dessus vell, dur, sec, égale­
ment net neta [nèt] [nètë] ''nette'', baix baixa ''basse'',
alt alta ''haut -e?', etc. On notera la convention gra­
p hique gras grassa ''gi:as grasse'' [grass] [grassë]
comme en français. .

• Ou bien elle s'échange contre sa correspondante


sonore : cec cega ''aveugle'', mut muda ''muette'',
roig [rrôtch ] roja [rrôj ë] ''roux rousse'', lleig [lyétch]

..
52

lletja [lyétjë] ''laid -e'' ; mais il faut alors tenir comp­


te des conventions établies par les auteurs de l'or­
thographe catalane : ainsi, une consonne so:n.ore se
prononcera sourde en finale (masculin), tandis qu'el­
le restera normalement sonore au féminin devant
-a : cas de fred [frètt] ''froid'' freda [frèdë] ''froide'', où
le d, prononcé tel quel au féminin, devient [t] (sourd)
au masculin ; à l'inverse, dans le cas de cortès ''cour­
tois'' cortesa ''courtoise'', l' s se prononce [s] au mas­
culin, mais [z] au féminin : [kourtèss] [kourtèzë] (cf.
en français courtoi(s) courtoise ! ).

• Un -r final ne se prononce pas dans les mots de


deux syllabes ou plus : madur madura ''mûr -e'' [më­
dou ] [mëdourë ] , cantar ''chanter'' [kënnta ] , dolor
''douleur'' [douL6] .

Les adjectifs terminés au masculin par une vo­


yelle accentuée ont un féminin en -na : p la plana


''plat - e'' [pLa] [pLânë] , serè serena ''serein - e'' [sërè]
[sërènë] , mari marina ''marin -e'' [mëri] [mërfnë] , bo
bona ''bon bonne'' [bà] [bônë] , rod6 rodona ''rond -e''
[rroud6] [rroud6në], cornu comuna ''commun -e'' [kou­
mou] [koumounë].

• Les adjectifs terminés au masculin en -au, -iu,


-ou font l eur féminin en -ava, -iva, -ova respective­

ment : blau [bLaw] ''bleu '' b lava [bLâbë] ''bleue'',
viu [biw] ''vif, vivant'' viva [bfbë] ''vive, vivante'', nou
[nôw] ''neuf, nouveau'' nova [nôbë] ''neuve, nouvelle'' ;
.
53

mais e uropeu [ëwroup èw] ''européen'' fait europea


[ëwroupèë].

Le nombre

La marque du pluriel est comme en français un -s,


ici toujours bien prononcé : mur [mour] ''mur'', murs
[mourss] ''murs'', cap [kap] ''tête'', caps [kaps s ] ''tê­
tes'', pare [parë] ''père'', pares [parëss] ''p ères'', etc.
Le passage du singulier au pluriel modifie la finale
du mot dans les cas suivants :

• Le - a des noms ou adjectifs féminins se mue en


-e devant -s sans que l e timbre de la voyelle s'en
trouve aujourd'hui changé dans l'usage barcelonais :
filla [filyë] ''fille'', filles [fflyëss] ''filles'', bona [bônë]
''bonne'', bones [bànëss] ''bonnes''.

• Les masculins terminés par -s, -ç [s], -x [ch] , -tx


ou -ig [tch] intercalent une voyelle o [ou] e ntre cette
consonne et -s, ce qui entraîne souvent une modifica­
tion de la consonne dans sa prononciation ou dans sa
graphie : peix [p éch ] ''p oisson'', peixos [péchouss]
''p oissons'', baix ''bas'' ( a djectif, singulier ) , baixos
[bachous s ] ''bas'' (id0, pluriel ), mais d'une p art mes
[méss] ''mois'' ( singulier) , mesos [mézous s ] ''mois''
(pluriel ) , gris [griss] ''gris'' ( singulier) , grisos [grf­
zou ss] ( id0, pluriel), de l'autre nas [nass] ''nez'' (sin ..
gulier ) , n asos [nazouss] (id0 , pluriel ) , gros [gràss]
''gros'' (singul.), grossos [gràssouss] ''gros'' (pluriel),


54

braç [brass] ''bras'' (sing.), braços [brassouss] ''bras''


(plur . ), capaç [këpass] ''capable'', capaços [këpas­
souss] ''capables'', mais des termes tels que falç
[faLss] ''faucille'', pols [p 6Lss] ''p oussière(s)'', llapis
[lyap iss] ''crayon(s)'', feliçs [fëLfss] ''heureux'' sont
invariables.

La plup art des noms et adjectifs (au masculin)


terminés par une voyelle accentuée font leur plu­


riel en -ns : pa [pa] ''pain'', pans [pannss] ''pains'', bé
[hé] ''bien'', bens [bénnss] ''biens'', ple [pLè] ''plein'',
p lens [pLènnss] ''pleins'', sab6 [ sëb6] ''savon'', sa-
bons [sëb6nnss], bo [bô] ''bon'', bons [bànnss] ''bons'',
pi [pi] ''pin'', pins [pinnss] ''pins'', fi [fi] ''fin'', fins
[finnss] ''fins'', etc. Mais cafè [këfè] ''café'' fait cafès
[këfèss] , f;è [tè] ''thé'', tès [tèss] ''thés'', bamb u [bëm­
bou] ''bambou'', bambus [bëmbouss] ''bambous'', nu
[nou] ''nu'', nus [nouss] ''nus'', etc.

• Après les consonnes -ll [ly] et -ny [gn], -s se pro­


. nonce [ch] : ulls [oulych ] ''yeux'', banys [bagnch]
''bains''.

* *
L'article

Article défini :

Masculin Féminin

Singulier : el [ëL], l' la [Lë], l'


Pluriel : els [ëLss ] les [Lëss]

Noter l'élision (et l'apostrophe) devant voyelle ou


h- : l'oli ''l'huile'', l'aigua ''l'eau'', l'home ''l'homme'',
l'herba ''l'herbe'', et aussi que devant une voyelle ou
h- els les se prononcent respectivement [ëLz] , [Lëz] :
els ous [ëLz ôwss] ''les œufs'', les herbes [Lëz èrbës],
''id0'' au féminin sauf devant (h)i (h)u atones , ainsi :
la idea ''l'idée'', la uni6 ''l'union'' (et la una ''[il est]
une heure'' - horaire).

Lorsqu'il prend la forme el, els, il se combine avec


certaines prépositions ; soit el(s) nen(s) ''l'enfant / les
enfants) :

avec a : al, als : al nen ''à l'enfant'', als nen s


''aux enfants''
avec de : del, dels nen(s) ''de l'enfant / des

enfants''
'
avec per : pel, pels nen(s) ''par l'enfant / par les
enfants''

..


56
Article indéfini :

Il est identique au numéral un una [oun] [ounë]


''un(e)'' : un home ''un homme'', una dona ''une fem­
me''. Au pluriel, il signifie ''quelques'' : he vist uns
veïns ''j'ai vu quelques voisins'', tinc unes fu lles de
paper ')'ai quelques feuille s de papier''. Le ''partitif'
français ne se traduit pas : beus ff vi ''tu bois du vin'',
he comprat ff taronges 'j'ai acheté des oranges''.

Pronoms et adjectifs pronominaux

Démonst;ratifs

Adjectifs et pronoms , qui ont la même forme , se


répartissent en trois séries , correspondant à trois
degrés d'éloignement par rapport à la personne qui
parle. Ainsi, la plus courte distance (''ce . . . -ci, celui /
celle[s] / ceux-ci'') s'indique par aquest [ëkèst] -a plur.
aquests [ëkèts] aquestes, u.ne distance moyenne par
la forme plutôt littéraire (p . - ex. style ép istolaire)
aqueix [ëkèch] -a aqueixos -xes, la plus grande dis­
tance (''ce . . . -là, celui / celle[s] / ceux-là'') par aquell
[ëkèly] - a aquells -lles. Ex. d6na'm aquesta taronja,
no aquella ''donne-moi cette orange-ci, pas celle-là''.
S'ajoutent à ces formes l es ''neutres'' aixà ''ceci'' (cf.
l'adverbe aixi ''ainsi'') et allo ''cela''.

Note sur ççcelui que, celui qui, ce que, ce qui


etc.'' : le catalan emploie l'article défini suivi d'un
relatif comme ''pronom-article'', comme équivalent .
57

de notre ''celui, celle, ceux, celles que, qui etc." : els


(les) que volen treballar i els (les) que no volen ''ceux
(celles) qui veulent travailler et ceux (celle s ) qui ne
veu -lent p as''. D'autre p art, le même pronom-article
masculin singulier el, avec valeur ''neutre'', s'emploie
dans une tournure équivalant à ''ce que, ce qui'' : el
que cal fer ''ce qu'il faut faire''.

Pronoms personnels

Leur système tire sa complexité du fait q·ue leurs


formes comme compléments accentués diffèrent en
partie des formes inaccentuées et varient d'autre
p art selon leur position p ar rapport au verbe, aux
autres pronoms personnel s et aux ''adverbe s prono­
minaux'' s'il y a combinaison : on a ainsi jo et mi
''moi'' toniques jo, ho sé ''moi, je le sais'', no vol ve­
-

nir amb mi ''il ne veut pas venir avec moi'' - , mais


em veu ''il me voit'', d6na 'm una poma ''donne-moi
une p omme'', m'estima ''il m'aime'', per a donar-me
una poma ''pour me donner une p omme'', m 'h i porta
''il m'y p orte'', m'en porta ''il m'en porte'', etc. On dis­
tinguera donc (cf. le tableau page suivante) :

1 . les variantes accentuées (jo, mi),

2 . les variantes inaccentuées devant un ''adverbe


pronominal'' suivi d'une forme verbale commençant
par une consonne, ou bien devant une forme verbale


58

commençant p ar une voyelle ( m'hi porta, m'en porta,


m'estima),
3 . les variantes inaccentuées suivant une forme
verbale terminée par une voyelle ( d6na'm · [ d6nëm]
''donne-moi''),
4. les variantes inaccentuées suivant une forme
verbale terminée par une consonne (donar-me [dou­
narmë] ''me donner'').

(Les abréviations sont faciles à décoder)

1 e pers. du sing. : jo, mi em m' 'm -me


2e pers. du sing. : tu et t' 't - f;e
3e p . du sg. masc. : ell el l' 'l - lo
3e p . du sg. fém. : ella la l' -la - la
1 e p. du plur. : nosaltres ens ens 'ns -nos
2e p . du plur. : vosaltres us us -vos - vos
(polit.) vos
3e p. du pl. masc. : ells els els 'ls -los
3e p . du pl . fém. : elles les les -les -les
- réfléchie : es s' 's -se
Adv. pronominal ''en'' : en n' 'n -ne
Le pronom ''neutre'' de 3 e pers. ho ''le'' (ho veig 'je le
vois [cela]'', d6na-m'ho ''donne-le-moi'') est invaria­
ble.
Autre ''adv. pronominal'' : hi ''y'' (hi s6c 'j'y suis'')

Lorsqu'un pronom de l a 3e personne ( masc. ou


fém.) joue le rôle de complément ''d'attribution'' (''à
lui, à elle, à eux, à elles'' : ''datif' latin), il prend une
59

forme (atone ) spéciale : li, - li au singulier, lis, - lis au


pluriel : li(s) agrada ''Il lui (leur) plaît'', li(s) porta
una poma ''Il lui (leur) porte une pomme''.

Les pronoms compléments se combinent selon


des règles p récises :

• D'abord, on évite la séquence de deux pronoms de


3e personne , l'un objet direct, l'autre complément in­
direct, commençant par l- en remplaçant li p ar hi (=
'' ''
hi y , p ronom adverbial) : l' / els / les hi donarem
''nous le/ la/les lui donnerons''.

• Ensuite, lorsque se combinent un pronom objet


direct et un pronom complément indirect, ce dernier
se met en tête : me'l d6na ''il me le donne'', mais si
l'indirect est hi (v. ce qui précède), c'est l'inverse :
l'hi d6na ''il le lui donne'' - cf. le français !

• Devant une variante atone autre que hi et ho, les


variantes em, et et es sont remplacées par me, te, se :
te les porten ''ils te les p ortent'', el vei me l'ha porta­
da ''le voisin me l'a portée''.

D'autres règles plus complexes sont ici superflues .


Traduction du gallicisme ''c'est moi / toi / lui etc.


qui . " : l e catalan emp loie simp lement l e p ronom
. .

accentué placé après le verbe : ''cette fois-ci, c'est moi


qui paie ! '' aquesta vegada pagojo !


60

Possessifs

Leurs formes pleines servent aussi bien d'adjectifs


que de pronoms, mais au singulier les adjectifs ont
aussi des formes réduites :

Sg. : 1e p . : meu [méw] meva [ mébë] meus meves


2e p. : te.u [téw] teva [tébë] teus teves

3e p . : seu [séw] seva [ sébë] seus seves


Pl. : 1e p . : nostre [nostrë] nostra [id0] m. -f. nostres

2e p . : vostre [bostrë] vostra [id0] m. -f. vostres

3e p . : cf. le sing. , plus llur(s) [lyour(s)] .

Formes réduites de l'adjectif:

1 e pers. : mon [moun] ma [më] mos [mou ss] mes


[mëss]
2e pers. : ton [toun] ta [të] tos [touss] t;es [tëss]
3 e pers. : son [soun] sa [ së] sos [souss] ses [sëss]

On emploie à titre d'ad.jectifs soit les formes plei­


nes précédées de l'article - identiques à leur emploi
comme pronoms (el meu fill ''mon fils'', comme el
meu ''le mien''), soit, au singulier, les formes rédui­
tes sans articl e (mon fi ll ''mon fil s''), cep endant
qu'au pluriel les formes sont identiques, seules les
constructions différant ( el nostre fill / nostre fill ''notre
fils'', mais el nostre ''le nôtre''). Noter au ssi la tour­
nure un fill meu ''un fils mien, un fils à moi''. Si le
possessif accompagne en français. un nom désignant
61

un obj et familier, le catalan en fait souvent l'écono­


mie : ha deixat el capell a casa ''il a laissé l e ( = son)
chapeau chez lui''.

Numéraux

• Les cardinaux sont :


1 : un una (pluriel uns unes ''des'' devant u n pluriel
désignant un objet collectif : unes tisores ''des ci­
seaux'' ; d'autre part, on compte vint-i-u, trenta-i-u
etc., et ''le 1er .i anvier'' se dit l'u de gener),
2 : dos [ d6ss] fém. dues [douëss] ,
3 : tres [trèss] 12 : dotze [d6ttzë]
4 : quatre [kwatrë] 13 : tretze [tréttzë]
5 : cinc [sinnk] 14 : catorze [kët6rzë]
6 : sis [ si s s ] 1 5 : quinzë [kfnnzë]
7 : set [ sèt] 16 : setze [séttzë]
8 : vuit [bouytt] 17 : disset [ di ssètt]
9 : nou [ nôw] 1 8 : divuit [dibouytt]
10 : deu [ dèw] 19 : dinou [dinôw]
1 1 : onze [6nnzë] 20 : vint [binntt]
2 1 : vint- i- u, vint-i-dos. . .
3 0 : trenta [trènntë] , 40 : quaranta ([kwëranntë],
prononcé souvent [kouranntë]), 50 : cinquanta [sinn­
kwanntë] , 60 : seixanta [sëychanntë] (/[chichanntë]
écrit même xixanta), 70 : setanta, 80 : vuitanta, 90 :
noranta [nourânntë] , 1 0 0 : cent [ sénnt] , 2 0 0 : dos

cents , 1000 : mil on voit combien ces formes sont


. . . -

proche s du français.


62

Quant aux ordinaux, à part primer [primé] -era


[primérë] , segon -a [sëg6nn] [sëg6në] , tercer -a [tërsé]


[tërsérë], quart -a [kwart] [kwartë], on les forme en
ajoutant le suffixe -è -ena [è] [ènë] au cardinal : cin­
'

què -ena [sinnkè] [sinnkènë] , sizè -ena [sizè] [sizènë],


setè -ena etc.

Interrogatifs et relatifs

Qui se réfère à une personne : qui vindrà demà ?


''qui viendra demain ?'', el qui vindrà serà benvingut
''celui qui viendra sera le bienvenu''.

Se référant à des êtres non humains ou à des ob­


j ets, l'interrogatif est què [kè] : què {as ara ? ''que
fais-tu maintenant ?'', le relatif que [kë] : el treball
que fem ara ''le travail que nous faisons mainte­
nant'', sauf si ce relatif est précédé d'une préposition
(cf. ''quoi'' en français à côté de ''que'') : les eines
· amb què treballem ''les outils avec quoi/avec lesquels
nous travaillons''.

''Quel(s), quelle( s)'', interrogatif/exclamatif, se dit


quin(s), quina quines : quin llibre compres ? ''quel li­
vre achètes-tu ?'', quina calor ! ''quelle chaleur ! '',
tandis que le relatif ''le(s)quel(s), laquelle l esquel ­
les'' se traduit par son équivalent el(s) qual(s) , la
qual pluriel les quals : les eines amb les quals treba­
llem ''les outils avec lesquels nous travaillons'' (cf.
plus haut amb què).
63

''Dont'' a p our équivalents de qui , de què , del qual


etc . selon l e s cas, mais il faut faire attention à la
construction de ce relatif suivi d'un nom p récédé de
l'article, construction où l'ordre des mots catalans
diffère du français, ainsi ''le voisin dont l e fils est
malade'' se dira el vei el fill del qual és malalt.

''C ombien ?'' (s'accorde) : quant(s) quanta -tes ?


[kwannt] , ''combien de vin et combien de p oires ?''
quant (de) vi i quantes (de) peres ?, ''quand ? ''quan ?,
''où ?'' on ? ( ''d' où ?'' d'o n ? , ''par où ?'' pe r on ? . ),
. .

''comment ?'' com ?, ''pourquoi ?'' perquè ? [përkè] .

Indéfinis

Indétermination : adj ectifs ''quelque'', ''certain(e)


etc." algun (s) -a -es, ''certain(e) etc." cert(s) certa -es ,
pronoms ''quelqu'un'' algu, ''quelque chose'' quelcom.
''On'' se traduit par le réfléchi - au singulier ou au
pluriel : ''on vend ici du (vin) muscat'' aqui es ven
moscatell, mais ''on vend ici des cerises '' aqui es
venen czreres.

Négatifs (+ la négation no ) : adjectif ''aucun(e)'' cap


(invariable), pronoms ''p ersonne'' ningU, ''rien'' res
[rrèss ] .

Distributifs : adjectifs ''chaque'' cada (invar. ), pro­


noms ''chacun'' cadascu, ''n'importe qui'' qualsevol .

..
64

Totalité : a dj ectif-pronom ''tout -e'' tot - a , pronom


''tout le monde, chacun'' tothom.

Différence : adject. ''autre'' altre -tra, pronom ''au­


tru·i'' altri.

Identité : ''même'' mateix -a [mëtéch] [mëtéchë]


(tant p our traduire ''le, la même'' el mateix , la ma­
teixa, que ''moi, toi , lui-même, elle-même , eux-mê­
mes'' etc . , jo, tu , ell mateix, ella mateixa , ells ma­
teixos... ) .

Quantitatifs relatifs : ''a s sez ( de)'' prou [prôwJ,


''(au)tant ( de)'', tant(s) tanta -tes , ''beaucoup (de)'',
molt(s) [ m6Lt] molta - tes , ''guère ( de )'' gaire(s),
''moins ( de)'' menys [mègnch ] , ''pas mal (de)'' bas­
tant(s), ''p eu ( de)'' poc(s) poca poques, ''plus (de)''
més, ''trop ( de)'' massa, cf. les adverbes de quantité.

Degrés de comparaison de l'adjectif

Les outil s courants servant à former des compa­


ratifs sont évoqués ci-dessus, ''plu s'' se disant més,
''moins'' menys ; mais comme en français quelques
formes simples subsistent p our les adj ectifs les plus
courants : ''meilleur(e)/mieux'' se disent millor [mi­
ly6], ''p ire/p is'' pitjor [p itj6], tandis que les compa­
ratifs anciens major ''plus grand'' et menor ''plus pe­
tit'' ne sont plus u sités que dans des exp ressions
figées ou techniques. Pour faire de toutes ces formes

65

de comparatifs des superlatifs (''relatifs''), il suffit


comme en français de les faire précéder de l 'article :
''le meilleur/la meilleure'' se dit ainsi el / la millor,
''le/la plus j eune'' el/ la mésjove, etc.

Le verbe

Ses structures sont très proches de celles du verbe


français , mais il faut se rappeler d'abord que le cata­
lan ignore l 'usage du ''pronom affixe'' : ''je chante, tu
chantes, il chante'' etc. se dit simplement canto can­
tes canta . , le pronom n 'étant employé que p our
. .

souligner l e sujet : jo canto mentre (que) tu p lores si­


gnifie ''moi, j e chante pen dant que toi, tu pleures''.

Le catalan offre quatre ''classes verbales'', qui se


distinguent par leurs terminaisons p our u n même
''tiroir'' : à !'Indicatif Présent canto -es -a cantem -eu
cant;en ''je chante tu chantes . . . '' de cantar ''chanter''

répondent temo tems tem temem temeu temen ''.i e


crains tu crains . . . '' de témer ''craindre'', dormo dorms
dorm dormim dormiu dormen ''je dors tu dors . . . " de
dormir ''dormir'' et serveixo -es serveix servim -iu ser­
veixen ''je sers tu sers . . . '' qe servir ''servir''.

Les modes et les temp s correspondent en catalan à


ceux du français, à deux différences près : d'une p art,
leur valeur et leur emploi p euvent ne pas être tout à
fait les mêmes, et de l'autre le catalan possède p our


66

exprimer le ''passé ponctuel'' - ''Ce jour-là, je fus .. , je


compri� . . . " - une tournure utilisant le verbe ''aller''
(anar) comme auxiliaire, le ''Passé simple'' sembla­
ble au nôtre étant archaïque ou dialectal .

Auxiliaires ''être'' ésser et ''avoir'' haver :


,

Esser

Indicatif présent : 'je suis. , tu es . . . '' s6c ets [éts] és


som [s6m] sou [s6w] s6n .
Subj onctif présent : ''(que) j e sois, que tu sois . . . "
(que) sigui siguis sigui siguem [sigèm] sigueu siguin .
Indicatif imparfait : ''j'étais, tu étais . . . " era [érë]
eres era erem ereu eren.
I' �

Passé simple/Prétérit (PT) - qui est archaïque :


'je fus . . " fùi [fouy] fores [f6rëss] fou f6rem f6reu foren.
.

Subj onctif imparfait : (que) je fusse, que tu fu s­


ses . . " fos [f6ss] fossis fos f6ssim f6ssiu fossin.
.

Futur : ''je serai . . . '' seré seràs serà serem [sërèm]


sereu seran.
'

Conditionnel : ':ie serais . . " seria [sërië] series se-


.

ria seriem serieu serien.




JI' ,.

Infinitif ''être'' ésser [ésë] , Gérondif ''étant'' estant


[ëstân] (cf. le v. estar, qui revêt des valeurs concrètes,
''être, rester, demeurer, se tenir'' etc.), Participe Pas­
sé ''été'' estat (id0), fém. estada.
Le Passé ponctuel (cf. p . précéd.) se conjugue comme
suit : ')e fus'' etc. vaig [batch] ésser, vas [bass] / vares
[bârëss] ésser, va ésser, vam /vàrem ésser, vau [baw]

67

/ vàreu ésser, van / varen ésser, cf. le verbe anar ''al­


ler''. Ex. L 'any passat, el v i va ésser molt bo a Rosse­
ll6 ''L'année dernière, le vin fut très bon au Rous­
sillon''.

Le verbe estar, qui a communiqué les Participes


Présent (estant) et Passé ( estat) au précédent, sera
décrit avec les verbes irréguliers.

Haver [ëbè]

IP : auxil . he [è] (mais h aig de 'je dois'') h as ha


. . .

havem [ ëbèm] / hem [èm] haveu [ëbèw ] / heu [èw]


h an / / hec ''j 'attrap e , j 'atteins'' heus heu h a vem
haveu heuen .
SP : auxil . (que) hagi hagis hagi hàgim hàgiu ha­
gin / I hegui heguis hegui haguem hagueu heguin .
IIMP : h avia [ëbfë] havies havia haviem h avieu
havien.
PT : hagui hagueres [ ëgérëss] hagué haguérem
haguéreu hagueren.
SIMP : h agués haguessis hagués haguéssim ha-
guéssiu haguessin.
F : hauré - ràs -rà -rem -reu -ràn.
C : hauria -ries -ria -riem -rieu -rien.
IF haver/heure, G haven t [ëbén], P hagut.


68

Les verbes réguliers :

I IIa Ilb IIla . IIIb

cantar témer perdre dormir servir


"chanter'' "craindre'' ''perdre'' ''dormir" ''servir"

Indicatif Présent

canto temo perdo dormo serveixo


cantes tems perds dorms serveixes


canta tem perd dorm serveix


cantem* temem perdem dormim servim


canteu * temeu perdeu dormiu serviu


1

cant;en temen perden dormen serveixen


*: -em, -eu accentués sont toujours prononcés [èm] [èw ].

Subjonctif Présent

canti temi perdi dormi serveixi


• •

cantis temis perdis dormis serveixis


• •

canti temi perdi dormi serveixi


• •

cantem temem perdem dormim servim


canœu te-meu perdeu dormiu serviu


cantin temin perdin dormin serveixin


• •
,

69

Indicatif Imparfait

cantava temia perdia dormia servia


cantaves temies perdies dormies servies
cantava temia perdia dormia servia
cantàvem temiem perdiem dormiem servtem
cantàveu temieu perdieu dormieu servieu
cantaven temien perdien dormien servien

Indicatif Prétérit

canti temi perdi dormi servi


cantares temeres perderes dormires servires
cantà temé perdé dormi servi
cantàrem temérem perdérem dormirem servirem
cantàreu teméreu perdéreu dormireu servireu
cantaren temeren perderen dormiren serviren

Subjonctif Imparfait

cantés temés perdés dormis servis


,

cantessis teméssis perdéssis dormissis servissis


• •

cantés temés perdés dormis servis


,

cantessim teméssim perdéssim dormfssim servfssi m


,

cantéssiu temesszu perdéssi u dormissiu seroisszu


, , •

cantéssin temessin perdé,ssin dormissin servissin


,


70

Futur

cantaré temeré perdré dormiré serviré


cantaràs temeràs perdràs dormiràs serviràs
cantarà temerà perdrà dormirà servirà
cantarem temerem perdrem dormirem servirem
cantareu temereu perdreu dormireu servireu
cantaràn temeràn perdràn dormiràn serviràn

''Conditionnel 1''

cantaria temeria perdria dormiria serviria


cantaries temeries perdries dormiries serv
iries
cantaria temeria perdria dormiria serviria
cantariem temeriem perdriem dormiriem serviriem
cantarieu temerieu perdrieu dormirieu servi rieu
cantarien temerien perdrien dormirien servirien

''Conditionnel II''

cantara temera perdera dormira servira


cantares temeres perderes dormires servires
cantara temera perdera dormira servira
cantàrem temérem perdérem dormirem servirem
cantàreu teméreu perdéreu dormireu servireu
cantaren temeren perderen dormiren serviren
71

Ce ''C onditionnel II'' n'est plus usité auj ourd'hui


qu'en valencien, où il remp lace le Subj . Imp arfait.
Ailleurs , on l'emploie encore à côté du C I p our les
aux. ésser et haver : fora fores fora f6rem f6reu foren
(rad. f6- ) , haguera -eres -era -érem -éreu -eren (rad.
hagué-).

Impératif : ceux des auxiliaires ''être'' et ''avoir'',


plutôt rares , sont remplacés par le SP (mais ''sois''
se traduit p ar sigues et non siguis ! ). Dans les verbes
réguliers, la 2 e pers. du sing. est identique à la 3e de
l'IP, tandis que les 1e et 2 ° du plur. reproduisent
celles de l'IP-SP : I canta, cantem, canteu ; IIa tem,
temem, temeu ; Ilb perd, perdem, perdeu ; IIIa dorm,
dormim, dormiu ; IIIb serveix, servim, serviu. Pour les
verbes irréguliers de la cl . II, v. les listes ci-après.

Gérondif et Participe Passé : I cantant [këntan],


cantat fém. - tada ; II perdent [përdén] - tement [të­
mén], perdut-temut fém� -uda, III dormint [ dourmin]
- servint [ sërbin], dormit-servit fém. -ida.

Si la cl . I est la seule ''vivante'' et peut servir à


créer des néologismes - p . ex. aterrar ''atterrir'' ! - ,
en revanch e les verbes les plus usités dans l e langa­
ge quotidie n appartie nnent essentiel lement à la cl.
II.

On mentio nnera néanm oins d'abord l e cas de


''aller'', anar, en raison de sa fréquence et de son

...


72

irrégularité spécifique ; il est construit, comme en


françai s , sur plu sieurs bases (cf. ''aller, j e vais ,
j'irai''. . . ) . Paradigme : IP vaig [batch] vas va anem
[ënèm] aneu van ; SP vagi vagis vagi anem aneu
vagin ; IIMP régulier : anava anaves anava anàvem
anàveu anaven ; PT de même : ani anares anà etc. ; le
SIMP s'en détache en se rapprochant de la cl . II :
anés -essis -és etc. ; F et C aniré -às -à . . . et aniria -ies
-ia . . . ; l'impératif a une 2 e pers . du sing. spéciale :
vés ''va'' ; P anat, G anant.

Beaucoup des verbes les plus fréquemment em­


ployés , des cl. II et III, offrent donc des particula-­
rités imp ortantes : un lien étroit rapproche chez eux
le PT, le S llVlP, le SP et la 1 e pers. de l'IP (ainsi que,
souvent, le Part. Passé). Ex. : creure ''croire'' fait ain­
si un PT creguicregueres. . . , un S IMP cregués cregues­
sis. . . , un SP cregui -is . . . , une 1 e pers. du sing. de l'IP
crec ; il en va de même pour tenir ''avoir'' : tingui tin­
gueres... , tingués tinguessis. . . , tingui -is. . . , enfin tinc.
Mais la distribution de cet élément [g] (ou [sk] -se- /
-squ-) dans les p aradigmes e st variable : on consul­
tera la liste qui suit, où l'on notera du reste d'autres
irrégularités - les formes sont données dans l'ordre
observé aux pages précédentes : IF , IP, SP, I IlVIP, PT,
SIMP, F (le C s'en déduit), IM (où la 1 e pers. du plur.
est faite sur l e rad. du SP), P ; les formes man­
quantes sont en principe régulières ; une barre obli­
que sépare des formes équivalentes ; un tiret - relie
les diverses p ersonnes d'un même tiroir :
73

Verbes irréguliers

Absoudre IF absoldre IP absolc SP absolgui PT ab­


solgut S IMP absolgués F absoldré P absolt.
accomplir IF comp lir P comp lit / complert.
accourir IF acudir cf. ''servir'' / IP acudo acuts acut
acudim SP acudi.
assis (être ) IF seure IP sec-seus IIMP seia SP se­
-

gui PT segui SIMP segués F seuré P segut.


attention (faire ) IF atendre [e] P atès.
-

boire IF beure [è] IP bec-beus- beu-bevem SP begui PT


begui SIMP begués F beuré P begut.
connaître IF conèixer IP conec-coneixes PT conegui
SIMP conegués F coneixeré P conegut.
consommer IF consumir cf. servir I dormir.
couché (être - ) IF jeure /jaure IP jec/jac-jeus l
jaus-jaiem IIMP jeia SP jegui ljagui PT }agui SIMP
jagués F jauré P jagut.
coudre IF cosir cf. collir mais IP 2e pers. coses.
courir IF c6rrer IP corro S P corri-correm/ correguem
PT corregui S IMP corregués F correré P corregut.
croire IF creure IP crec SP cregui PT cregui SIMP
cregués F creuré P cregut.
croître IF créixer IP cresc I creixo SP creixi PT creixi
S IMP creixés F creixeré P crescut.
cueillir IF collir IP cul lo-co llim SP culli PT colli
SIMP collis F colliré P collit.
cuire IF coure IP coc- cous-cou-coem SP cogui PT
cogui SIMP cogués F couré P cuit (au figuré cogu t).
devoir IF deure IP dec-deus-deu-devem SP degui PT


74

degut SIMP degués F deuré P degut.


dire IF dir IP dic-dius-diu-diem-dieu-dien IIMP dia
SP digui PT digut SIMP digués IM digues-digueu F
diré P dit.
donner IF dar, mais à IP-SP-IM seules personnes
dem deu.
écrire IF escriure IP escric-escrius PT escrigui / escri­
vi SIMP escrigués / escrivis P escrit.
entendre IF oir cf. servir / IP 0-ous-ou-oïm-oïu-ouen.
être , rester , demeurer IF estar IP estic-estàs-està­
estem-esteu-estàn SP estigui PT estigui SIMP estigués
IM estigues-estigueu F estaré P estat.
faire IF fer [è] IP faig-fas-fa-fem-feu-fan IIMP feia
SP faci PT fiu-feres-féu SIMP fes F faré IM {es-feu P
fet [fétt] .
falloir (unip ers .) IF caler IP cal SP calgui PT calgué
S IMP calgués F caldrà P calgut.
fermer, clore IF cloure cf. ''cuire'' mais P clos [à] .
fondre IF fondre cf. respondre, mais P fos [6].
fuir IF fugir IP fujo-fuges-fuig-fugim IM 2 e pers.
fuig.
loisir (avoir le - de) IF lleure [è] (unip ers.) IP lleu
SP llegui PT 0 SIMP llef{ués F lleurà P llegut.
luire IF lluir IP lluo-lluus-lluu-lluïm- lluïu-lluen PT
lluï, IM lluu lluïm lluïu, reste IIIb.
mentir IF mentir cf. IIIa/b.
mériter IF mereixer IP meresc-merèixes PT mereixi l
meresqui SIMP mereixés / meresqués F mereixeré P
merescut.
moudre IF moldre [ô] IP molc-mols-mol-molem SP

75

molgui PT molgué SilVIP molgués F moldré P molt.


mourir IF morir P mort [à] .
mouvoir IF moure cf. ''devoir''.
naître I F nèixer I nàixer IP neixo / naixo-neixes I nai­
xes-neix / naix - naixem - naixeu - neixen / naixen IIlVIP
naixia SP neixi / naixi - naixem I nasquem - neixin PT
naixi I nasqui SIMP naixés I nasqués P nascut.
ouvrir IF o brir IP obro-obres-obre-obrim SP obri PT
obri SIMP obris P obert [è].
paraitre IF parèixer cf. ''mériter''.
pleuvoir IF ploure (unipers.) IP plou SP p logui PT
plogué SIMP plogués P plogut.
porter IF dur IP duc-duus IIlVIP duia SP d ugui PT
dugui SIMP dugués F duré P dut.
pouvoir IF poder IP pue SP pugui PT pogui Sll\1P
pogués F podré IM pugues-pugueu P pogut.
prendre IF prendre [è] IP prenc-prens SP prengui PT
prenguî SIMP prengués F prendré P pres [prè s s ] .
puer IF p uir IP pudo-puts-put.
recevoir IF rebre IP rebo-reps-rep-rebem
remplir IF omp lir cf. ''ouvrir''.
répondre respondre cf. ''prendre'', mais P respost [à].
résoudre cf. absoldre.
rester IF romandre cf. ''prendre'' mais P romàs.
rire IF riure IP ric-rius-riu-riem SP rigui PT rigui
Sil\1P rigués F riuré P rigut.
savoir IF s aber IP sé-saps-sap-sabem SP sàpigui l
-ga PT sab i S IMP sabés F sabré IM sàpigues-sapi­
gueu P sabut.
sortir IF eixir IP ixo-ixes-ix-eixim SP ixi-eixim PT


76

eixi SIMP eixis F eixiré ou IF sortir IP surto - surts -


surt - sortim - sortiu - surten SP surti PT sorti SINIP
sortis P sortit.
tenir IF tenir IP tinc-tens- té- tenim SP tingui PT tin­
gu i SIMP tingués F tindré IM tingues / té l ten - te­
niu / tingueu P tingut.
tenir dans IF cabre IP cabo caps SP càpiga I -gui PT
cabi SIMP cabés F cabré P cabut
tirer IF treure [è] / traure cf. ''être couché'', mais P
t;ret [é] .
tomber IF caure IP caic-caus-cau-caiem IINIP queia
SP caigui PT caigui SINIP caigués F cauré P caigut.
tordre IF tôrcer cf. ''vaincre'' P tort [ ô] / torçar.
vaincre IF véncer cf. témer, mais IP venço vences
venç vencem P vençut.
valoir IF valer IP valc-vals- val SP valgui PT valgui
SIMP valgués F valdré P valgut.
vendre IF vendre [è] IP venc-vens-ven-venem SP ven­
gui PT vengui SINIP vengués F vendré P venut.
venir IF venir IP vinc-véns-ve-venim SP vingui PT
vingui S IMP vingués F vindré IM vine / vina - veniu P
vingut.
vivre IF viure IP visc- vius- viu- vivim SP visqu i PT
vis qui SIMP visqués F viuré P viscut.
voir IF veure [è] IP veig- veus-veu-veiem IIMP veia SP
vegi PT viu- v(ei)eres- veiél véu SIMP veiés F veuré IM
ves / veges-veieu / vegeu P vist
vouloir IF voler IP vull-vols-vol SP vulgui PT volgui
SINIP volgués F voldré IM vulgues-vulgueu P volgut.
77

Les i nv ariables :

Adverbes : on distinguera les adv. de lieu , de temps,


de quantité, d' affirmation et de négation, e nfin de
manière, et parmi ces derniers ceux qui se dérivent
d'adj ectifs, comme facile - facilement, et l e s adver­
bes autonomes.

Lieu : ''ici'' aci, aqui, ''là'' allà, ''quelque p art'' et


''nulle p art'' enlloc (avec négation p . le second sens),
''partout'' pertot ''devant'' davant ''derrière'' d·arrera
'
' '
''dessu s'' damunt/ sobre, ''dessou s'' davalll(des)sota,
''dedans'' dins / dint;re, ''dehors'' (de)fora cf. av. mou­
-

vement endavant, endarrera / enrera, amunt, avall,


endins / endintre, enfora ; ''en haut'' dalt, ''là-haut''
allà dalt , ''en bas'' (a) baix , ''là-bas'' allà baix , ''près''
prop / a la vora, ''loin'' lluny [lyougn ] , ''alentour'' al
voltant.

Temp s : ''maintenant'' ara, ''auj ourd'hu i'' avui,


''hier'' ahir, ''avant-hier'' abans d'ahir , ''demain'' de­
mà, ''après- demain'' demà passat , ''le lendemain''
l'endemà, ''alors'' (a)llavors, aleshores, ''touj ours''
sempre, tothora, ''j amais'' mai (av. négation), ''sou­
vent'' sovint ''auparavant'' abans ''ensuite après''
' ' '
després, ''bientôt'' aviat, prompte, ''de bonne h eure ,
.
tôt'' d'hora ''tard'' tard ''déJ à'' 1·a ''encore'' encara
' ' ' '
''tout de suite'' de seguida , tot'seguit, ''d'avance'' per
endavant ; ''longtemps'' se dit molt (de temps). ·


78

Quantité : ''beaucoup'' molt , ''un peu'' una mica ,


un xic , '.' quelque p eu'' (dans une interrogation ou en
phrase conditionnelle) gens, assez'' prou , ''trop (de)''
massa (invar.), ''(pas) du tout'' (no) gens , ''davantage,
plus'' més, ''moins'' menys [ mégnch ] , ''si, aussi'' tan,
''tant, autant'' tant (s'accorde : tanta, tants, tantes).
Cf. les pronoms-adj . indéfinis.

Affirmation et négation : ''oui, si'' si, ''non'' no,


''ne . . . pas'' no ; ce dernier adverbe sert, comme on l'a
vu , à former comme en français nombre d'expres­
sions négatives : no... cap, gens, ningU, res, mai, en­
lloc, ainsi que pas, d'emploi exceptionnel .

Manière : Adv. autonomes/expressions adver­


biales : ''bien'' bé, ''mieux'' millor, ''mal'' malament
(v. ci-après), ''pis'' pitjor, ''ainsi'' aixi, ''en vain'' deba­
des, ''en outre'' derné.s, ''ensemble'' ensems (on emploie
aussi des p articipes, au masc. plur. plegats, junts),
''même (''j u squ'à'')'' fins, ''presque'' gairebé, ''seule­
ment'' només, ''p eut- être'' potser [poutsé] , ''aus si''
també, ''non plus'' tampoc ; expressions : ''vite'' de,
pressa, ''volontiers'' de bona gana , ''à la dérobée, en
cachette'' d'amagat, ''tout à coup , subitement'' de,
sobte, ''à dessein'' a posta , ''à propos'' a tomb , ''à l'en­
vers'' a l'inrevés, ''à l'envi'' a desdir, ''de grâce'' per
favor, ''plutôt'' més aviat, ''à tort'' sense ra6, etc. .
Adverbes dérivés : c'est comme en français le
suffixe -ment [ménrr] qui s'emploie, ajouté à la forme
féminine de l'adjectif, pour les former ; mais noter
• •
79

deux différences : d'une p art, le catalan a conservé (v.


les a dj ectifs p . 59) ici au ssi la distinction primitive
entre les adjectifs ''épicènes'', à forme u n ique aux
deux genres (real-real, d'où realment, contre fr. ''réel­
réelle-réellement''), et ceux qui ajoutent u n -a (en fr.
-e) au féminin ( seri6s-seriosa-seriosament, cf. fr. ''sé­
rieux-sérieuse- sérieusement'') ; en-suite, quand deux
adverbe s en -ment sont coordonnés, le second peut
app araître sans suffixe :, ''excessivement et fausse­
ment'' excessivament i falsa(ment).

Prépositions : elles sont simples ou comp osées, et


ont p arfoi s pour équivale nts des ''locutions préposi­
tives'' constituées par u n substantif ou u n adverbe
précédés de l'article, cf. e n français ''à la suite de'',
''au devant de'' pour ''après'', ''devant'', ''dans l'intérêt
de'' valant ''pour'', etc. ; nou s intégrons ici certaines
d'elles, p artant des formes françaises simples.
'

''A'' a [ ë ] , indiquant l e lieu (avec mouvement ou


sans), ''Je vais à Barcelone'' vaig a Barcelona, '' Il
habite (il vit) à Barcelone'' viu a Barcelona, même
devant u n Infinitif ''Je vais le voir'' vaig a veure'l ,
certains ''compléments indirects (''attribution'' et
app arentés)'' ''Demande le chemin à ton p ère'' de.­
mana el cami al teu pare'', l e pronom pers.onnel
objet direct (accentué) s'il s'agit d'un e person-
,

ne , ''Il me connaît, moi'' em co·n eix a mi, etc. A la


prép. ''à'' correspond p arfois en catalan la p rép . de,, v.
''De''.


80

''Après'' després de, ''Après le travail , le repos''


després del treball, el repos, ''Je le ferai après toi'' ho
faré després de tu.
''Autour de'' al voltant de, (a l') entorn de [ënt6rn] ,
''Ils se rangèrent autour du marché'' es varen arren­
conar al voltant del mercat.
''Avant'' abans de, ''Avant mon accident, j 'aurais
pu le faire'' a bans del meu accident, hauria pogut fer­
ho, ''Réfléch i s avant de parler'' refiexiona abans de
parlar.
''Avec'' amb ( [ëm] + consonne , [ëmb] + voyelle)
''J'étais avec lui quand il est tombé'' estava amb 'ell
[ëmb ély] quan va caure, ''Je le ferai avec grand plai­
sir'' ho faré amb molt ![ost [ëm mouL g6st].
''C ontre'' (tous les sens ) contra, ''Je m'appuie con­
tre le mur'' em recolzo contra el mur, ''Il lutte contre
son envie'' lluita contra la seva enveja.
''Dans'' en [ën] ou a (v. ci- dessus), ''Mets les pom­
mes dans le sac'' posa les pomes en el sac / al sac, plu­
tôt en devant voyelle, ''Dans ce sac'' en aquell sac.
''De'' de. [dë] , d' ''Vous ve:nez de Barcelone'' veniu
de Barcelona, ''Une douzaine d'œufs'' una dotzena
d'ous. Noter cuca de llum ''Ver luisant'', litt. ''Bestio­
le de lumière'', moli de vent ''Moulin à vent'', el llibre
és del meu germà ''Ce livre est à mon frère'', màqui­
na d'escriure ''Machine à écrire'', et autres tournures
où l'usage diffère de celui du français.

''(En) dépit de'' a despit de, v. ''malgré''.


''Depuis'' des de , ''Depuis deux jours, il ne mange
rien'' des de dos dies, no menja res ; par extension,
81

avec une valeur locale, id0, ''De (puis) la fenêtre, nous


voyons la mer'' (des) de la finestra, veiem el mar.
''Derrière'' darrera, al darrera de, ''Allez derrière la
maison'' aneu darrera la casai al darrera de la casa .
.

''Devant'' davant (de), ''Passe devant les fenêtres''


passa davant (de) les finestres, mais ''devant moi''
davant meu (p ossessif), aussi al davant de , ''Devant
le miroir'' al davant del mirall.
''En'' en [ën] , cf. ''dans'' mais avec des valeurs plus
abstraites , ''Rédiger un texte en catalan'' redactar
un text en català , ''Il l'a laissé en bon état'' l'ha dei­
xat en bon estat, ''Nous le ferons en trois s emaines''
ho farem en tres setmanes ; ou bien a, ''Voyager en Ca­
talogne'' v iatjar a Catalunya, ''J'irai en automne''
aniré a la tardor ; autres cas : cf. ''de'' (''chaise de fer/
en fer'') etc. : il s'agit de faits d'usage.
''Entre'' entre [éntrë] , ''Entre le frère et l a sœur''
entre el germà i la germana, ''Entre onze h eures et
minuit'' entre les onze i mitja-nit, ''Entre collègues
''entre col· legues.
''Envers'' envers [ëmbè(r)ss] , ''C'est un crime envers
la société'' és un crim envers la societat.
''Face à, en face de'' enfront de, ''Il habite en face de
la Poste'' viu enfront dels correus.
''Grâce à'' gràcies a ''Grâce à ta p atience'' gràcies a
la teva p aciència, ''Grâce à vous'' gràcies a vosaltres.
''Hors ( de), hormis'' (en)fora de, ''Hors de la ville, on
p eut se promener'' (en)fora de· la ciu tat, hom es pot
passejar ; ''Hors concours'' fora de concurs etc. ''Hor­
mis'' se dit aussi llevat de, tret de, 'Ta lettre me plaît,

..


82

hormis la conclusion'' m'agrada la teva lletra, llevat


(tret) de la conclusi6. V. sauf.
''(Le) long de'' al llarg de , ''Le long de la rivière'' al
llarg del riu. .
''Malgré'' malgrat, a desgrat de, ''J'ai voyagé malgré
le froid'' vaig viatjar malgrat el fred.
''(Au) milieu de'' enmig de , entremig de , ''Je vous ai
aperçu au milieu de la foule'' us vaig destriar enmig
de la multitud.
''Moyennant'' mitjançant, ''Il ne travaille que mo­
yennant un bon salaire'' no treballa més que mitjan­
çant un bon salari.
''Outre'' ultra, a més de, ''Outre ses enfants, il aide
bien des gens'' oltra els (a més dels) seus fills, qjuda
a nwlta gent.
''Par'' per (v. les contractions av. l'article), ''Nous
passons par la montagne'' passem per la muntanya ,
''Ce champ fut cultivé par mes aïeux'' aquell camp
fou cultivat pels meus avis, ''Il l'a salué par courtoi­
sie'' l'ha saludat per cortesia.
''Pour'' per a [për ë], ''Il a acheté la bague p our sa
fiancée'' ha comprat l'anel l per a la seva promesa ,
mais aussi per, ''Il fait le voyage pour me voir'' fa el
viatge per veure'm, ''Je m'en vais p our trois ans''
me'n vaig per tres anys, ''J'aurai fini pour l a Noël''
hauré acabat per Nadal.
'
.

''(A) propos de'' a proposit de , respecte a , cf. ''au su-


jet de''
''Sans'' sense [sénsë] ''Je bois du vin sans eau'' bec
vi sense aigua.
• •
83

''Sous'' sota [s6të] , davall, ''Le chien est s ous la


table'' el gos [g6ss] / el ca és sota/ davall la tau la.
''(Au) sujet de'' v. ''à propos de''.
''Sur'' sobre [s6brë ] , damunt, ''L'oiseau est sur la
branche'' l'ocell és sobre / damunt la branca.
'

''(A) travers'' a través de , ''Il s'est enfui à travers la


forêt'' es va fugir a través de la selva.
''Vers'' cap (a), (de)vers, ''Nous nous dirigerons vers
Barcelone'' ens dirigirem cap (a) Barcelona.

Conjonctions : on distingue les conjonctions de


coordination, entre termes ou propositions de même
statut, et l e s conj onctions de subordination, entre
propositions de statut différent, l'une dépendant de
l'autre.

Con}. de coordination : ''Car'' car (archaïque ) , puix,


perquè , ''donc'' doncs [ d6n(k)s] , ''et'' i, ''mais '' pero,
''mais bien'' ans [annss] , ''mais seulement, - bien''
. , ''n1. . . . n1. '' ni.. . . ni. , ''or'' ara 1
sino, \b \ ''non seu 1 e ment . . .
�/,
i e

mais encore'' no solament. . . sin6 (que) , ''ou'' o , ''tan-


toAt . . . t antoA t'' ades ' . . . ades, ara . . . ara, ./a..../a. . .
• 0

Con}. et locutions conjonctives de subordination (v.


la syntaxe) : ''afin que '' per tal que , a fi que , ''après
que'' després que, ''avant que'' abans que, ''bien que ,
quoiqu e'' encara que , (per) bé que, ''comme'' com,
''lorsque , quand'' quan [kwann ] , ''parce que''/''pour
que'' perquè (cf. ''pourquoi ?'') , ''p ourvu que'' posat
que, sols que, en cas que, amb que, ''puisque, vu que''


84

puix [pouch] (que) , ja que , vist que , ''que'' que [kë],


''quoique'' encara que , malgrat que , per bé que, ''si'' si,
''tandis que'' mentre [ménntrë] .

Syntaxe

Au cours des pages précédentes, on a fourni bien


des indications sur la façon de construire des énon­
cés, et beaucoup d'exemples y figuent. En outre, la
syntaxe catalane ne diffère pas assez de la nôtre
pour que soit justifié un exposé complet. Nous nous
contenterons ici de rappeler deux points importants :

D'abord, l'expression de l"'éventuel'', Présent, Fu-tur,


Passé, où , à côté d'un emploi normal des mêmes
tiroirs qu'en français, on peut mettre le verbe de la
subordonnée au Subjontif Imp arfait/Plus-que-Par­
fait - mais c'est là une option bien inutile , inspirée
du castillan. Exemples :
Présent '''Irréel'') - Futur (''Potentiel'') : ''Auj our­
d'hui, demain , si .i'avais de l'argent, .ie t'en donne­
rais'' : Avui, demà, si tenia (mieux que tingués) di­
ners, te-n donaria.
Passé (''Irréel'') : ''Hier, si j'avais eu de l'argent, je
t'en aurais donné'' : Ahir, si havia (lhagués) tingut
diners, te-n hauria donat.

Ensuite (cf. les usages gascon et castillan), l'em­


p loi du Subjonctif dans les subordonnées temporelles
au Futur, emploi où l'on p eut de nouveau dénoncer un
85

castillanisme. Ainsi, p our traduire ''Quand tu vien­


dras, j e te recevrai à la maison'', à côté de la tour­
nure ''classique'' quan vindràs, et rebré a casa , on en­
tendra couramment quan vinguis, et rebré a casa (cf.
castillan cuando vengas, te receberé a casa et de
-

même en gascon quan vengas, que t'arreceberèi a


casa). Ce n'est pas à recommander.

Le voc ab ulaire

Langue née au pied de l a fraction orientale de la


chaîne pyrénéenne, le catalan possède dans son lexi­
que, comme l'aragonais et le gascon montagnard,
bien des éléments prélatins : artiga ''friche'', es­
querre ''gauche'', estalviar ''économiser'', gabarrera
''églantier'', gerd6 ''framboise'', isard ''chamois des
Pyrénées'', llagasta ''pou du corps'', marrà l mardà
''bélier'', quer ''rocher'', sargantana ''lézard gris'', se­
gall ''chevreau'' etc. Quant aux bases latines , elles
app artiennent à la langue p opulaire d e s Gallo­
Romans, non à celle, plus ''distinguée'', des Ibéro­
Romans : cap ''tête'', espatlla ''épaule'', polze ''pouce'',
.
cama ''J a mb e'' cuixa ''cui sse'' cor ''cœur'' , budell
'
'
''intestin, boyau'', turmell ''cheville'' (en face du cas-
tillan cabeza, hombro, pulgar, pierna, muslo, cora­
z6n, intestino, tobillo) ; de l'arabe proviennent quan­
tité de termes, appartenant à tous les registres du
vocabulaire , tels alberginia ''aubergine'', alcandora
''ch emi s e '' aliacrà ''J· a u n i s s e'' alqueria ''ferme''
' ' '
atzavara ''agave'', bardaixa ''catin, putain'', catifa

..
86

''tapis'', cuscuss6 ''couscous'', espinac ''épinard'', far­


datxo ''lézard'', gambuix ''foulard'', llebeig ''vent de
suroît'', marduix ''marjolaine'', naquis ''menu'' (adj . ),
quitrà ''goudron'', rambla ''ravin ; promenade'', safa­
reig ''lavoir'', sindria ''pa stèque'', tabal ''tambour'',
talaia ''guette'', taronja ''orange'', torsimany ''inter­
prète'', xàvega ''filet, tramail'', xifra ''chiffre'' et zero
''zéro'', etc.

Mais il faut souligner également la richesse de la


dérivation suffixale :

Diminutifs en -et(a) [noi(a) : noiet(a) ''gamin(e)'',


petit(a) : petitet(a) ''très petit(e)''] , -ell(a) [pom : po­
mell ''petit bouquet''], -i -ina [colom : colomi ''pigeon­
neau''] , -ill(a) [sabata : sabatilla ''petite chau ssure''] ,
-6 (pluriel -ons) -ona [carrer : carrer6 ''ru elle'', petit6
-ona cf. petitet].

Augmentatifs-péjoratifs e n -arro -arra [ veu :


veuarra ''grosse voix''], - às -assa [barca : barcassa
''grande barque''] , -ot(a) [paper : paperot ''papier gros­
sier'', gros : grossot ''lourdaud''] , en outre p our les ad-
jectifs -oi(a) diminutif [ bonic(a) : bonicoi(a) 'joli'' - cf.
le gascon beroi(a) ''id0''] .

Noms d'habitants en - à -ana [ Valencia : Valencià


-ana ''Valencien(ne)'', Lleida : Lleidatà -ana ''hab . de
Lleida''] , -ès -esa [Rossell6 : Rossellonès -esa ''Rous­
sillonnais( e )''] , - i -ina [Barcelona : Barceloni - ina
87

''Barcelonais( e )''] , -enc(a) [Eivissa : Eivissenc(a) ''ha­


bitant d'Eivissa''] .

Nom s d'agent en - er(a) [rellotge : rellotger(a)


''horloger -ère''] , -aire [drap : drapaire ''drapier''] , -à
-ana [cirurgia : cirurgià -ana ''chirurgien(ne)''] , - ista
[ dent : dentista ''dentiste'' ] .

Collectifs végétaux en -ar [pi : pinar ''pinède''] ,


-osa [ avet : avetosa ''sapinière''] , -eda [avet : aveteda
''sapinière'', àlber : albereda ''peupleraie'', p i : pineda
''pinède'', roure : roureda ''chênaie'', om : omeda ''ol­
maie''] , autres collectifs en -am [corda : cordam
''cordage'', corretja : corretjam ''ensemble de cour­
roies'', fusta : fustam ''boisage'', branca : bran­
cam ''branchage'', eina : einam ''outillage'', p aper :
paperam ''p aperasse'' etc. ] , -atge [bra1ica : brancatge
''branchage''] , -ada [forn : fornada ''fournée''] ( mais
ganivet : ganivetada ''coup de couteau'' etc . ) , -eria
[ cristall : cristalleria ''cristallerie''] , -er(a) [gallina :
galliner ''p oulailler''] .

''Atténuatifs'' d'adjectifs en - enc(a), - is - issa


[ blau b lava : blanvenc(a) , b lavis - issa , blav6s -osa
''bleuâtre'', dolç : dolcenc(a) ''douceâtre'', malalt(a) :
malaltis - issa ''maladif -ive''] .

Adjectifs dérivés de b ases verbales e n -able


[lloar : lloable ''louable''] et -ible [oir : oïble ''audi­
ble''], -aire [xerrar : xerraire ''bavard''] , -dis -dissa


88

[enyorar : enyoradis -dissa ''nostalgique''] , dor(a) -

[enraonar : enraonador(a) ''causeur -euse''] , -(an)­


er(a) [parlar : parler(a) ''id0'', plorar : ploraner(a)
''pleurnicheur - euse''] , -iu - iva [consultar : consultiu
-iva ''consultatif -ive''] , -ivol(a) [agradar : agradi­
vol(a) ''plaisant(e)''] , -tori -tôria [respirar : respiratori
-tària ''resp iratoire''] .

Abstraits formés sur base adjectivale en -esa


[pobre : pobresa ''p auvreté''] , -or [amarg : amargor
''amertume''] , -icia [dur : duricia ''dureté''] , -itat -e­
tat -edat [digne : dignitat ''dignité'', propi : propie­
tat ''propriété'', net : netedat ''propreté''] , -itud [sol :
solitud ''solitu de''] , -ia [alegre : alegria ''joie'', gel6s :
gelosia ''jalousie''] , -eria [dolent : dolenteria ''méchan­
ceté''] , -ia inaccentué [audaç : audàcia ''audace''] .

Les variétés dialectales


(v. carte n° 1 )

Comme toute langue naturelle, née parmi des po­


pulations peu soucieuses ni d'écriture ni de norme, le
catalan s'est, au cours de sa formation sur la base
du latin apporté par les conquérants romains , peu à
p eu différencié selon les régions où il était parlé.
D'où la constitution de dialectes, dont chaque groupe
humain p ossède une variété , mais qui se laissent
généralement classer en grands ensembles . C'est le
cas ici, où l'on dénombre cinq :variétés principales -
89

on négligera les sous-dialectes et p arlers des spé­


cialistes : bien sür, nous n'évoquerons pas ici la pre­
mière , l e catalan central du ''Principat'', obj et de
notre description linguistique. S'y ajoutent donc 1 . le
roussillonnais, 2. le catalan occidental et le valencien,
3 . l e catalan des Baléares - on p eut y j oi ndre 4.
I'alguérais ou variété de ''L'Alguer'' - Alghero - en
Sardaigne, mais il s'agit surtout là d'une variété
spécifique très ponctuelle n'intéressant guère que les
linguistes ! Chacun d'eux se définit selon des critères
ressortis sant à la phonétique, à la morphosyntaxe .
ou au lexique.

Le roussillonnais : p arlé dans la quasi totalité


du dép artement françai s des "Pyrénées-Orientales
(66), il p artage avec l'occitan voisin nombre de ca­
ractéristique s , notamment en matière de vocabu­
laire, et a subi comme lui l'influence du français. Le
s on [6] est remp lacé p ar [ou] : agost ''août'' s'y
prononce [ëgoust] , et l'on ne distingue pas u n [è] d'un
[é] ; les combinaisons [kwa] [gwa] sont réduites, et
quatre ''quatre'' se prononce [kotrë] , guatlla ''caille''
[gollyë] ; p as de pronoms p ersonnels ''asyllabiques'' ;
le p osses sif fém. meva te va se va s'articule [mewë]
[tewë] [sewë] (e accentué) ; ''oui'' se dit o (cf. l'occ. ) à
la place de si ; dans la numération, 17 se dit desesset,
1 8 desevuit, 1 9 desenou, 8 0 quatre-vints, 9 0 quatre­
vint-deu ; ordinaux truasieme etc. (calque français) ;
au pluriel , les masculins en -n perdent la finale : vi
''vin'' [hi] , vins ''vins'' [bis] ; la 1 e pers. du singulier


90

des verbes à l'indicatif Présent et Imp arfait ainsi


qu'au Conditionnel est en -i comme en occitan : can­
ti ''je chante'', cantavi ''je chantais'', cantarii ''je chan­
terais'' p our canto cantava cantaria ; la négation
est pas p our no : és pas vingut ''il n'est pas venu'' pour
no és vingut . Le lexique se distingue de celui du cata­
lan central par plusieurs traits : archaïsmes (sou­
vent aidés p ar l 'occitan) comme llestar ( p . triar)
''trier'', rega (sole, occ. rega) ''sillon'', oir (sentir) ''en­
tendre'', quelcom (auj . plutôt alguna cosa, occ. qui­
com) ''quelque chose'', ca (gos, occ. can lgos) ''chien'',
cercar ( buscar, occ. cercar) ''chercher'', morro ( llavi, cf.
occ. mor / morre ''museau , visage'') ''lèvre'', estela (es­
tel, cf. occ. estela) ''étoile'' ; de multiples gallicis­
mes tels apuprés (si fa no fa ) ''à-peu-près'', bolanger
({orner, fiequer) ''boulanger'', borreller (baster) ''bour­
relier'', buata postal (apartat de correus ) ''boîte pos­
tal e'', canart ( ànec) ''canard'', colier (collaret) ''col­
lier'', d'abord (en primer lloc ) ''d'abord'', façada (faça­
na) ''façade'', mala (bagul) ''malle'', mere ( batlle)
''maire'', mostarda (mostassa) ''moutarde'', presque
(gairebé) ''p resque'', purtant (nogensmenys) ''pour­
tant'', roba ( vestit) ''robe'', trotuart ( vorera) ''trottoir'',
des castillanismes anciens, adaptés, tels borratjo
(borracho) ''ivre'', gopo (guapo) ''beau''.

Le catalan occidental et le valencien leur :

caractéristique commune l a plus marquante est


sans doute la conservation des timbres vocaliques
pr.imitifs et de la consonne v correspondant à la
-
91

graphie : la filla, les filles, volar se prononceront donc


[La filja ] [Less filj ess] [volâr] ; citons aussi l 'article
masc. lo los (et non el els), la var. - ix- ( [ich]), -isc- au
Subj . Prés. du suffixe ''inchoatif' à la cl . IIIb des ver­
bes : servix, servisca pour -eix -esca, les terminaisons
''étymol ogiques'' (cf. le castillan) au Subj . Prés. :
cante -es -e . . et perde -es -e ... (ici, cf. le Pl . filles ! ) ; il
.

faut ensuite distinguer catalan ''nord-occidental'' et


valencien : à la 1 e pers. du Sing. de l 'Indicatif Pré­
sent, l e CNO dit canto [kannto] , cf. l'oriental canto
[kanntou] , l e valencien cante [kannte] ; ce dernier a
également remplacé le Subj . Imparf. cantés -essis. . .
par l'ancien Plus-que-Parfait de l'indicatif devenu un
''C onditionnel II'', cantara -ares .. , etc. , v. p . 7 1 . Quant
.

au lexique , le catalan occidental s'oppose à l'oriental


avec, p . ex. , corder p . xai / be ''agneau'', espill p . mi­
rall ''miroir'', melic p . llombrigol ''nombril'', xic p.
noi ''j eune garçon'' ; aussi, avec des répartitions va­
riables, apegar (encomanar) ''attraper (maladie) par
contagion'', arena (sorra) ''sable'', bes /-et/-ada (pet6)
''baiser'', bres ( bressol) ''berceau'', catxap (conillet) ''la­
p ereau'', emprar (manllevar) ''emprunter'', estalzil
folli (sutja) ''suie'', faldetes (faldilles) (plur. ) ''jupe'',
granera (escombra) ''balai'', jànec (vedell) ''veau'', pa­
loma (papallona) ''p apillon'', parèixer (semblar) ''pa­
raître'', romer (romani) ''romarin'', torcar (eixugar)
''essuyer'', etc. ; ne sont que nord-occidentaux moix6
(ocell) ''oiseau'', muricec ( ratapinyada) ''chauve-sou­
r i s '', p lapa (clapa) ''tach e , moucheture'', sangar­
tella l- tilla (sargantana) ''lézard gris'', sill6 (càntir)


92

''cruche'', tona (bota gran) ''grande botte'', etc. ; en re­


vanche, sont seulement valenciens les mots sui­
vants, dont l 'origine les rapproche du castillan :
ap legar (arribar) ''arriver'', fanzella (formatgera)
''moule à fromage , faisselle'', fussar (furgar) ''remuer,
fouiller'', llavar (rentar) ''l aver'', promp te (aviat)
''(bien)tôt'', rabosa (guineu) ''renard'', etc.

Le catalan des Baléares : c'est sans doute la va­


riété la plus éloignée du ''central''. Du point de vue de
la phonétique, il y a la substitution de [y] à [ly] - d'où
l'interprétation de Majorca ''Maj orque'' ( du latin
MAIORICA), b aléare [mëyôrkë], comme [mëlyàrkë] , cas­
tillan Mallorca ( ! ) ; la substitution du son [œ] (fr.
leur, seul, cœ,ur etc . . . ) au [è] du catalan central :
[rrœbrë] , [ sœb ë ] , [vœL] , [p œL], [sœp] p our rebre
''recevoir'', ceba ''oignon'', vel ''voile'', pel ''p oil'', cep
''champignon'' etc. ; en ce qui concerne la morpho­
logie, le parler se distingue p ar l'emploi de l'article
défini singulier es sa s' (devant voyelle), pluriel e(t)s
ses, l'absence de voyelle finale à la 1 e personne du
singulier de !'Indicatif Présent : non seulement cant
p our canto ''je chante'', fùig pour fùjo ''je fuis'', trob
pour trobo ')e trouve'', cui p our cullo 'je cueille'', mais
aussi cobr p our eobro 'j 'encaisse, je recouvre'', parl
pour parlo ''je parle'' etc. ! ; de la même façon, une
même finale abrupte se rencontre dans les verbes à •

radical en -ng- et -se- : plane ''je plains'' pour p lanyo,


estrenc ''j 'étreins , je serre'' p our estrenyo, eresc ''j e
crois, je grandis'' pour creixo etc. - et de même au
93

Subjonctif Présent (en -a- aux classes II- Ill) : plan­


ga, est;renga, cresca etc. Quant au lexique, enfin, mar­
qué d'arab i smes, d'anglicismes (!) et d'archaïsmes
p l u s nomb reux qu'ailleurs , et plus réfractaire à
l'influence castillane, il se caractérise par un certain
nombre de ''choix'' p articuliers aux trois îl e s , tels
besada ''b aiser'' (c. centr. pet6) , capell ''ch ap eau ''
( barret) , calçons ''p antalon'' (pantalons) , ca ''chien''
(gos), pedacer ''chiffonnier'' ( drapaire) , uis ''éternue­
ment'' (esœrnut) , al·lot ''garçon'' (noi), sedes ''enge­
lures'' (penellons), afinar ''distinguer, voir'' ( distingir,
veure), etc.

(Le catalan d'Alghero (L�lguer), en Sardaigne , inté­


resse donc davantage l e l inguiste - archaï smes,
nombreux e mprunts au sarde et à l' italien - que le
touriste . . . ) .

* *

Les quatre opérations :

3 + 4 = 7 : tres més / i quatre fan set.


6 4 = 2 : sis menys quatre I quatre restat de sis fan
.
-

�S.
i3 x 4 = l !l
tres (multiplicat) per quatre fan dotze.
:

6 : 3 = 2 : sis dividit per tres fan dos.


94

Conversation courante

(Texte enregistré sur la cassette correspondante


comme la partie pho1iétique)

Expressions variées :
Ai aï aï ! Caram ! -Allons ! apa ! Quel domma­
-

ge ! Quina llàstima ! Peu importe ! Aixo rai .f -


-

Voici Vet act N'est-ce pas que . . . ? Oi que ? - Pourvu


- . . .

que Tant de bo [ho] + Subjonctif.

Salutations-adieux :
Monsieur ! Senyor ! [sëgn6], Madame ! Senyora .f
[sëgn6rë] , Jeune homme ! Jove !, Mademoiselle !
Senyoreta ! [ sëgnourètë]. ,
Bonjour ! / salut ! Holà !, Déu vos guard .1 (= ''Dieu
vous garde ! ), Bon dia ! - Bonj our/ bonsoir ! (après­
midi) Bones tardes ! - Bonne nuit ! Bona nit ! Bien­-

venue ! Benvingut -uda, plur. -uts -udes - Quoi de


neuf ? Què hi ha de nou ? (= ''Qu'y a-t-il de neuf ?'') .
Au revoir ! A reveure / adéu ! - A bientôt ! Fins
aviat ! Adieu ! (sing.) AcMu, (plur.) Adéu siau !
- -

Bonne continuation ! (sing.) Passi-ho bé ! [passiw hé] ,


(plur.) Passin-ho bé [passinoubé] - Comment vas­
tu/allez-vous ? Com va aixo (= ''Comment va cela ?'') /
com anem ? (= ''Comment allons-nous ?) - Excusez­
moi ! Perdone.u !
95

Présentations et données personnelles :


Comment t'appelles-tu/vous appelez-vous ? Com
et dius / us deieu ? (= ''comment te dis-tu/vous dites­
vous ?) - Je m'appelle Gorges/Marie Em die Jordi l
Maria - Mon fils s'appelle Jean El meu fill es diu
Joan - C onnaissez-vous ma femme ? Coneixeu la
meva dona ? - C'est un plaisir (de faire votre con­
naissance) ! Molt de gust ! - Tout le plaisir est p our
moi ! El gust és meu ! - Mon nom est Cases et mon
prénom Jacques El meu nom és Cases i el meu cog­
nom Jaume - Quel âge as-tu/avez-vous ? Quants
anys / quina edat tens / teniu ? - Mon petit-fils a eu
huit ans cette année El meu nét ha comp lert vuit
anys enguany - Je suis fiancé/ fiancée Ja tinc pro­
mesa /promès - As-tu/avez-vous des enfants ? Tens /
teniu fills ?.

Accord/désaccord :
Oui/si ! Si !, non ! No ! - Peut-être Potser - Et com­
ment ! I tant ! - Soit, comme vous voulez/voudrez
Sigui com voleu l voldreu - Je suis contre Estic en
contra - En aucune façon De cap manera/ de cap de
les maneres - Loin de là Ni de bon tros - Allons donc !
Fugeu ! - Il a tort No té ra6 (littér. ''il n'a pas raison'')
- Que me dites-vous là ? No m'ho digueu (littér. ''ne
me le dites pas'').

Vœux , compliments, condoléances :


Bon anniversaire / bonne fête ! Per molts anys ! (lit­
tér. ''pour de nombreuses années !'') - Bonne année !

...


96

Bon any /, feliç any nou /, feliç cap d'any (littéral.


''heureuse fin d'année''), - Joyeux Noël Bon Nadal ! -
Joyeuses Pâques ! Bones {estes .t
Mes compliments ! Enhorabona ! - Bon appétit !
'

Bon profit J / que aprofiteu J A ta/ votre santé ! A


-

la teva / vostra salut ! -Tous mes vœux ! Moltes


felicitats J De même ! lgualment ! - Je te/vous sou­
-

haite bonne chance Et/ us desitjo molta sort - Toutes


mes condoléances (les plus sincères) ! El meu condol
més sincer !

Offres , demandes , remerciements , refus , excu­


ses :
S'il vous plaît Si us p lau [si (ou)s plaw] - Bien
entendu No cal dir ! (littér. ''il ne faut pas dire'') -
Merci (beaucoup) (moltes) gràcies - Il n'y a pas de
quoi De res , (litt. ''de rien''), No s'ho val - Non, merci
Gràcies, no ! - Peux-tu/pouvez-vous m'aider ? Em
pots / podeu ajudar ? Merci de ton/vot1,.e aide Grà­
-

cies per la teval vost;ra ajuda - Je te/vous remercie de


ton / votre aide T'agraeixo / us agraeixo la teva / vos­
tra ajuda - Je vous suis très reconnaissant(e) Us
estic molt agraït -ida.
Ne t'inquiète pas/Ne vous inquiétez pas ! No pa­
teixis /patiu J Ne te dérange pas / vous dérangez pas
No et molestis / us molesteu ! Je n'en ai pas envie No
en tinc gana/ganes.
Avec grand plaisir Amb molt de gust - Il n'en est
pas question Ni pensar-hi (litt. ''ne pas même y pen­
ser'') - C'est un honneur pour moi Em sento honrat
97

-ada.
Quel dommage ! Quina llàstima ! Pardon ! Per­
-

d6 ! , p ardonne/excuse-moi ! Perdona'm ! , pardonnez/


excusez-moi ! Perdoneu-me l - Ce n'est pas ma faute
No és culpa meva Ne le prends/prenez pas mal !
-

lVO ho prenguis /prengueu malament ! - Cela ne fait


rien ! No hi fa res !
;

C'est vrai Es veritat - Tu as raison Tens ra6 - Vous


avez tort No teniu ra6 [= ''Vous n'avez pas raison'']­
En aucune façon De cap de les maneres Loin de là
-

Ni de bon tros - Vous vous trompez Us equivoqueu.

Correspondance écrite :
Cher, chère .. Benvolgut - uda, (respectueux) dis­
.

tingit -ida, (affectueux) estimat -ada.


(Veuillez agréer mes ) cordiales salutations Us sa­
luda atentament X - Mon bon souvenir Un bon re­
. . .

cord Je vous embrasse (amical) Una forta abra­


-

çada, (familier) molts petons (litt. beaucoup de bai­


sers''), bien affectueusement amb tot afecte.

Au téléphone :
''Allô'' (appel) Escolteu !, (réponse) Digueu ! - Appe­
ler au téléphone Trucar - Donner un coup de fil Fer
u1ia telefonada -Comp oser un numéro Marcar u1i
numero - Attendre la tonalité Esperar el segon to -
''P. C . V.'' Telefonada amb recobrament revertit - Ç a
ne répond pas No contesten - Ça sonne occup é La ,;

linia està ocupada Je suis bien chez M. X, ? Es


-- . .

la casa del senyor X . . ? - Non, vous faites erreur No,


98

us heu equivocat (-ada) - Excusez-moi, qui est à l'ap­


pareil ? .Perdoneu, amb qui parlo ?

Déplacements en voiture :
Pour aller à Lleida ? Com arribo a Lleida ? - Pou­
vez-vous me l'indiquer sur la carte ? Podeu indicar­
m'ho en el mapa ? Où conduit cette route ? On por­
-

ta aquesta carretera ?
À combien suis-je du prochain poste d'essence ? A
quina distància es troba la proxima gasolinera ? - La
prochaine station-service est-elle loin d'ici ? Es tro­
ba lluny la prôxima estaci6 de servei ?
Pouvez-vous vérifier le niveau d'huile, s'il vous
plaît ? Feu el favor de comprovar el nivell de l'oli Où
-

trouverai-je un garage pour réparer ? On trobo un ta­


ller de reparacions ? - Pouvez-vous appeler le service
d'assistance ? Podeu avisar el servei d'assistància ?
La roue arrière gauche est crevée La roda esquerra
del darrere està rebentada Combien de temp s vous
-

faut-il pour la réparer ? Quant trigarà a reparar-la ?


Nous voulons louer une voiture à quatre portes et à
quatre places pour une semaine Volem llogar per
una setmana un cotxe de quatre portes i quatre p laces
- Est-ce que l'assurance est comprise dans le prix ?
El preu inclou també l'assegurança ?
Y a-t-il des blessés graves ? Non, seulement des
blessés légers Hi ha ferits greus ? No, només ferits •

lleus App elez un médecin ! Crideu un 1netge !


-
99

Par le train :
Le rap ide de Madrid est-il en retard ? Porta retard
el ràpid de Madrid ? Sur quelle voie est stationné
-

l'express e n provenance de Val�nce ? A quina via


està aturat l'exprés procedent de València ? C e train
-

a-t-il une correspondance p our Girona ? Té enllaç


aquest tren per a Girona ? Combien vaut le sup­
-

plément de couchette ? Quant val el billet de llitera ?

À pied :
Pouvez-vous me fournir un plan de la ville ? Podeu
facilitar-me un plànol de la ciutat ? Comment puis­
-

j e aller au centre-ville ? Com pue arribar al centre


de la ciu tat ? - Y a-t-il une boîte aux lettres près
d'ici ? Hi ha una bustia aqut a prop ? Quel autobus/
-

métro dois-j e prendre? Quin autobus l metro he


d'agafar ? - Où est l'arrêt et où dois-je descendre ?
On és la parada i on he de baixar ?

Hébergement, logement :
Y a-t-il près d'ici un hôtel trois étoiles ? Hi ha prop
d'aqui un hotel de tres estelles ? Je désirerais louer
-

une chambre chez l'habitant Voldria llogar una ha­


b itaci6 en una casa particular - Je cherche un hôtel
avec garage Busco un hotel que tingui garatge -

Pourriez-vous m'indiquer un hôtel dans le centre de


la ville ? Tingui la bondat d'indicar-me u n hotel
cèntric - Je voudrais avoir vue sur la mer / sur la
montagne Voldria vista al mar I a les muntanyes .


100

Nous désirerions la pension complète/la demi-pen­


sion/la chambre seule Desitjariem pensi6 comp leta /
mitja pensi6 / l'habitaci6 sola - Petit déjeuner com­
pris ? Inclos l'esmorzar I el desdejuni ? Pourriez-vous
-

me montrer comment fonctionne l'air conditionné ?


Podrteu ensenyar-me com funciona l'aire condicio­
nat ?
Ma chambre n'est pas faite La meva habitaci6 no
està arreglada. - Où peut-on acheter des timbres /
changer de l'argent ? On es poden comprar segells /
'

canviar diners ? A quelle heure dois-je libérer ma


chambre ? A quina hora he de deixar lliure l'habita­
ci6 ? À quelle distance se trouve l'épicerie la plus
-

proche ? A quina distància es troba la botiga de que­


viures més propera ? - Combien de temps faut-il
pour arriver à la gare ? Quant triga a a11ribar a l'es­
taci6 ?
Puis-je laisser ma voiture ici ? N'est-il pas interdit
de stationner ? Pue deixar aqui el 1neu cotxe ? No és
prohibit estacionar ? - Appelez la police, s'il vous
plaît ! Crideu la polîcia, si us plau ! - On m'a volé
mon appareil photo et mon portefeuille avec mon ar­
gent M'han robat la cambra fotogràfica i la cartera
amb els diners Pourriez-vous reconnaître le voleur ?
-

Podrieu reconèixer el lladre ?

Distractions :
Ce soir nous aimerions aller au théâtre : p ourriez­
vous nous conseiller une pièce amusante ? Aquesta
nit voldrtem anar al teatre : podrteu recomanar-nos

101 .

una peça entretinguda ?


Que représente-t-on demain ? Quina o bra fan
'

demà ? - A quelle heure commence la représenta-


tion ? A quina hora comença la funci6 ? - Auriez­
vous une liste des spectacles ? Tendrteu una carte­
llera de teatres i cines ?
S'il vous plaît, deux billets pour la séance de
l'après- midi Si us plau, dues entrades per a la sessi6
de la tarda Si possible, au milieu, au h uitième
-

rang de l'orchestre Si es pot, centrals, en la fi la vuit


de la p latea.
Peut-on louer des places quinze jours à l'avance ?
Es poden comprar localitats amb quinze dies d'ante­
laci6 ?
Quelle plage nous conseilleriez-vous ? Quina
p latja podrieu recomanar-nos ? Quelle est la tem­
-

p érature de l'eau aujourd'hui ? Quants graus té avui


l'aigua ? .
Où pouvons-nous nous déshabiller ? On
-

podem despullar-nos ? Il n'y a pas de danger pour


-

les enfants ? No hi ha perill per als nens ?

Nourriture :
Tu n'as p as faim ? soif ? No tens gana ? set ? Al­
-

lons déj euner/goüter/dîner Anem a dinar / berenar /


sopar - D ites-moi, s'il vous plaît, à quelle s h eures
servez-vous le petit déjeuner ? Digueu, si us p lau, a
quines hores serviu l'esmorzar ?
Garçon, apportez-nous des tranches de p ain/des
petits p ains Cambrer, porteu-nos unes llesques de pa
/ uns panets Un autre couteau, une autre fourchette
-


102

et une chaise en plus Un altre ganivet, una altra


forquilla i una cadira més.
Que nous conseillez-vous : de la viande, de la ·vo­
laille, du poisson ou bien un plat de légumes ? Què
ens recomaneu : carn, aviram, peix o algun plat de
verdura ? - Comment aimez-vous la viande, bien cui­
te, saignante ou à point ? Com us agrada la carn,
molt feta, poc feta o al punt ?

La salade est-elle suffisamment assaisonnée ? Es


prou amanida l'amanida ? - Que prendrons .. nous
comme dessert ? Què menjarem de postres ? Garçon,
-

l'addition, s'il vous plaît ! Cambrer, el compte, si us


plau !

Les quatre opérations :

3 + 4 = 7 : tres més / i quatre fan set.


6 - 4 = 2 : sis menys quatre / quatre restat de sis fan
dos.
3 x 4 = 12 : tres (multiplicat) per quatre fan dotze.
6 : 3 = 2 : sis dividit per tres fa1i dos.


LA CULTURE CATALANE

Littérature

Moyen-âge : si l'on ne peut la faire débuter sûre­


ment avec la Cançon de santa Fe ou ''Chanson de
sainte Foy'' (2e moitié du XIe siècle), la langue pou­
vant en être tout aussi bien classée comme occitane,
et sa localisation n'étant pas nécessairement, com­
me on le prétend, l'abbaye de saint Michel de Cuxà,
on peut en revanche accorder cet honneur à u n frag­
ment du Forum Judicum, texte juridique de la
pren1ière moitié du XIIe siècle, et aux Homilies
d'Organyà, écrites par un prêtre du diocèse d'Urgell,
datant de la seconde. Puis c'est, jusqu'à la fin du
XIIIe siècle, le temp s des troubadours, p armi les­
quels on ne distingue guère les Catalans que par
leur lieu d'origine, car ils composent en occitan :
vingt-quatre Catalans ont ainsi écrit le dixième de
l'œuvre troubadouresque parvenue jusqu'à nous. Ci­
tons parmi eux Alphonse II d'ARAGON, Berenguer de
PALAZOL, Guerau de C ABRERA, Guilhem de C ABES­
TANY, et surtout Guilhem de BERGUEDÀ, Ramon Vi­
dal de B ESALÙ et Cerverf de GIRONA. Mais c'est le

majorquin Ramon LLULL ( 1 233-1316 ?), de famille


noble, philosophe, mystique et voyageur infatigable,
qui au XIII0 siècle donna à la pensée et à l 'écrit -
r


1 04

prose et poésie - catalans leurs lettres de noblesse


(Llibre d'Amic e d'Amat ''Livre d'Ami et d'Aimé'',
'

Llibre de meravelles ''Livre des merveilles''). A la su-


ture entre ce siècle et le suivant se situe Ramon
MUNTANER ( 1625 -1696), à qui sa vie aventureuse au
service des grands inspira une célèbre Cronica,
pleine de vigueur, de couleur et d'enseignements sur
son époque. Un autre chroniqueur non moins pré­
cieux fut le roi Pere III el Cerimoni6s (Pierre III le
Cérémonieux, régnant de 1336 à 1387), qui narre les
événements politico-militaires de la 2e moitié du
XIV0 siècle. Mais l'âge d'or des lettres catalanes se
situe autour du xve : la prose religieuse y est illus­
trée par le franciscain Francesc E IXIMENIS (vers
1340- 1409) (Lo Chrestià ''Le Chrétien'', véritable
encyclopédie, Libre de les dones ''Livre des femmes''),
le valencien saint VICENT FERRER ( 1350- 14 19), pré­
dicateur à l'éloquence haletante (Sermons), et le­
majorquin Anselm TURMEDA ( 1352 - après 1423),
personnage complexe qui, balançant entre islam et
christianisme, servit les deux partis, écrivit en cata­
lan et en arabe, et nous laisse surtout La disputa de
l'ase ''La dispute (ou discussion) de l'âne'', controver­
se à but philosophique.

Renaissance : le Barcelonais Bernat METGE ( 1340 ? -


1413), qui fut aussi un personnage public, représen­
te par sa p ensée et son œuvre la transition entre Mo­
yen-âge et Renaissance, et nous a avant tout laissé
Lo Somni ''Le rêve'', amplement inspiré d'auteurs
105

antiques, mais mêlant réflexions métaphysiques et


commentaires sur l'actualité et sur les femmes ; on
p erçoit u n écho médiéval dans deux romans de che­
valerie, Curial e Güelfa, u n roman anonyme d'aven­
tures et d'amour, et le fameux Tirant lo Blanc, œuvre
de Johanot MARTORELL ( 1414 ? - 1468), chevalier va­
lencien au tempérament belliqueux, inspirée du
Guy de Warwick anglo-normand mais aussi de la fi­
gure de Roger de Flor, chef de l'expédition catalane
en Orient - Cervantes y voyait ''le meilleur livre du
monde'' ! La poésie lyrique, enfin, fut brillamment
illustrée par le très fécond Ausiàs MARCH ( 1 397-
1459), beau-frère du précédent, surtout p oète de
l'amour et de la mort, qui inspira les Castillans, le
délicat Jordi de SANT JORDI (fin xwe - 1423 ?), héri ..
tier des troubadours et de Pétrarque, Joan R ofs DE
CORELLA ( 1433 ? - 1478), dont l'œuvre fut à la fois
profane et religieuse et Jaume R OIG (début du XNe -
1478), poète misogyne (son savoureux Spill - espill
''miroir'' - est une longue satire contre les femmes).

La Décadence : XVJe-XIxe siècles : l'affaiblisse­


ment politique de la Catalogne, consécutif à son
''annexion'' p ar la Castille, entraîna un appauvris­
sement fatal de sa production littéraire. Néanmoins,
s'il faut p our retrouver l a veine et la richesse per-
dues attendre le xrxe siècle où , amorcée par le théâ­
tre, va s'instaurer la Renaixeliça des lett1·es catala­
nes , les deux siècles intermédiaires sont marqués
par une vitalité intacte de la création populaire et

..
106

par la production écrite de quelques auteurs isolés .


On connaît ainsi au XVIIe le nom du ''Curé de Vall­
fogona'', Vicenç GARCIA (1582- 1623), un poète qui
joint à une réelle élégance le goüt d'un baroque plus
que truculent. Au siècle suivant, le baron de Maldà,
Rafael AMAT ( 1746- 1818), produit un énorme Ca­
laix de sastre (''tiroir de tailleur''), journal qui, de
1769 à 1816, livre une image vivante de l'époque et
de la société. Mais la littérature ''é1·udite'' survit
aussi, et l'on ne saurait négliger l'action d'un Sim6
SALAM6 , prêtre roussillonnais grâce à qui, selon
Josep-Sebastià Pons, ''la langue française ( . . ) ap­
prend (à la catalane) à rechercher la beauté dans
l'ordre intellectuel ou dans la clarté persuasive du
discours'' ; est également roussillonnais Miquel R I­
BES ( 1 73 1 - 1799), prieur de Saint Michel de Cuxà,
qui développa le théâtre catalan, tandis que le mi­
norquin Joan RAMIS ( 1 745- 1819), dramaturge et
érudit, teintait ce genre littéraire d'une touche néo­
classique.

La ''Renaixença'' : avec sa révolution industrielle,


le XIXe siècle a déclenché dans la société catalane
des bouleversements qui se sont traduits en littéra-
.

ture par une entente objective entre la bourgeoisie et


les classes populaires pour créer les conditions d'une
renaissance durable, contemporaine et cousine du
mouvement romantique et comme lui à la fois con­
servatrice et libérale. L'Oda a la Pàtria de Bona­
ventura Carles ARIBAU, en 1833, donna le signal en
107

revendiquant l'emploi du catalan dans toutes les


circonstances de la vie :

''En llemosi sonà lo meu primer vagit


Quan del mugr6 matern la dolça llet bevia . . . "�

En poésie , si Tomàs AGUIL6 ou Marià AGUILÔ sui­


vent la veine populaire face à un Josep-Lluis PONS I
GALLARZA plus classique, Joaquim RUBIÔ I ORS
( 1818- 1 899) continue Aribau avec Lo Gaiter del Llo­
bregat ''Le cornemuseux du Llobregat'' ; Victor B A­
LAGUER (né en 1824), poète, dramaturge (Los Piri­
neus ''Les Pyrénées'') et p oliticien, connut Mistral et
œuvra en faveur d'un rapprochement catalano-occi­
tan ; E mili VILANOVA ( 1 840- 1905) fut un prosateur
plein de verve ; Jacint VERDAGUER ( 1845 - 1902),
poète et prosateur, se hau sse au niveau de l'épopée
(L'At-làntida ''L'Atlantide'' en 1877, Canig6 ''Le

Canigou'' en 1886) ; citons parmi les dramaturges


Serafi P ITARRA, pseudonyme de Frederic S OLER, (né
en 1839) à l'inspiration p opulaire très féconde, et
Àngel G UIMERÀ ( 1845 - 1 924), catalaniste fervent ;
Narcis OLLER (1846- 1930) fut un grand romancier
réaliste et naturaliste, Victor CATALÀ (en réalité
Caterina Albert, née en 1 873) le chantre sombre de
la vie rurale ; Valenti ALMIRALL (né en 184 1), autre
cata-laniste actif et réaliste, réagit dans ses essais

2 "En l i mousin (assin1ilation ancienne du catalan à ! 'occitan des trot1-


badours . . . limousins) réson11a mon premier vagisseme11t - quand du sein ma­
ternel je buvais le doux lait" .


'

108

contre le romantisme bavard, tandis qu'un Josep


TORRAS I BAGES ( 1846- 1 9 16) cherche dans La tra­
dici6 catalana à concilier régionalisme et chrétienté ;
à Valence, le poète Teodor LLORENTE ( 1836- 1 9 1 1 )
fait comme u n écho au régionalisme barcelonais, et
Constantf LLOMBART (en réalité Cai·mel Navarro i
Llombart, 1 848- 1893), polygraphe, prône l'unité lin­
guistique entre le ''Principat'' et Valence. Joan MA­
RAGALL (1860 - 191 1), issu de la bourgeoisie barcelo­
naise, est un grand poète, célèbre et incontesté, qui
dans son œuvre, inspirée parfois des mythes popu­
laires (El mal caçador ''le mauvais chasseur'', El
Comte Arnau), sait allier ferveur et sérénité. En ré-
,

action contre le modernisme barcelonais, l'''Ecole


majorquine'' de poésie eut p our chefs de file Miquel
C OSTA I LLOBERA (1854- 1922) (El pi de Formentor,
Horacianes) et Joan ALCOVER ( 1854- 1926), à l'inspi­
ration élégiaque ; à l'école ''moderniste'' apparte­
naient précisément le dramaturge Ignasi I GLÉSIES
( 1871- 1929), aux idées généreuses, et Santiago R U­
SINOL ( 186 1 - 193 1 ), artiste total, ami des peintres
parisiens, qui fut son très prolifique, bouillonnant et
mordant apôtre (L'auca del senyor Esteve) ; Eugeni
d'ORS (1881- 1 954), écrivain et philosophe, fondateur
du noucentisme l'héritier du modernisme - s'impo­
-

sa avec son Glossari, chronique publiée dans le


journal de la Lliga Regionalista (parti de la bourgeoi­
sie régionaliste) , comme un ''dictateur de la culture
catalane'' ; Pompeu FABRA (né en 1868) se consacra,
avec l'Institut d'Estudis Catalans créé en 1 9 1 1 , à
109

normaliser l a langue (Normes ortogràfiques, Conver­


ses filologiques, Diccionari ortogràfic, Diccionari Ge­
neral de la Llengua Catalana ), tandis que Mgr. An­
toni Maria ALCOVER (né en 1862), au caractère pas­
sionné et difficile, réalisait les 10 tomes de son Dic­
cionari Català- Valencià-Balear mais s'isolait poli­
-

tiquement et faisait en p articulier se détacher les


Roussillonnais de l'I. E . C . Le poète et dramaturge
Josep CARNER ( 1884- 1970), écrivain précoce, mili­
tant enthousiaste du catalanisme ''de gauche'', long­
temp s exilé , réalisa un œuvre considérable où il
s'affirme comme ''le premier des noucentistes''. Car­
les RIBA ( 1 893- 1959), poète intellectuel et grand tra­
ducteur, cultiva également la prose, mais dut lui
aussi s'exiler un temp s avant de retourner à Bar­
celone p our prendre la tête de la résistance au fran­
quisme. D e souche paysanne, Jaume B OFILL I MA­
TES, dit ''Guerau de LIOST'' ( 1878- 1933), féru de Mo­
yen-âge et fervent apôtre du nationalisme catalan,
est un p oète ''parnassien'' p ar son culte de la forme,
que reflète bien le titre de sa première œ uvre La
muntanya d"ametistes. Josep Maria L ÔPEZ-PICÔ
( 1886- 1959) écrira dans le même esprit ses pre­
miers recueils poétiques, p our répondre ensuite à
une inspiration religieuse. Pour Marià M ANENT (né
en 1898), fin traducteur de p oètes anglais, la p oésie
pure est clé de connaissance et se rattache aussi au
religieux. Joan SALVAT-PAPASSEIT ( 1 894- 1901), à
ses débuts anarcho-social iste, chanta la joie de vivre
( El poema de la rosa als llavis ''Le poème de la rose


1 10

aux lèvres'') avant de s'éteindre en sanatorium. Jo­


sep Vicenç FOIX (né en 1893), fervent catalaniste et
ami des arts et des poètes, produisit une œuvre sin­
gulière, où la création côt,oie une recherche dialecti­
que d'avant-garde. Joan OLIVER (né en 1899), qui, lui
aussi républicain, s'exile au Chili de 1939 à 1948
pour lutter ensuite à la tête des intellectuels cata­
lans, milite en faveur d'une poésie intelligible - ce
fut un remarquable traducteur. Agusti BARTRA (né
en 1908) s'exila lui aussi en Amérique, où il fut mar­
qué par Walt Whitman et la culture précolombien­
ne, et chanta l'espoir en une humanité meilleure.
Bartomeu ROSSELLÔ-PÔRCEL ( 1913- 1938), de Ma­
jorque, mourut trop tôt (en sanatorium lui aussi)
pour faire fructifier de remarquables dons poétiques
(lmitaci6 del foc ''Imitation du feu''). Joaquim RUYRA
(né en 1858) est un excellent auteur de nouvelles,
''ruraliste'' et chrétien, au style exigeant et à la lan­
gue riche et savoureuse. Romancier, dramaturge et
essayiste, ruraliste lui aussi, Josep Pous r PAGÈS
( 1878- 1 952) introduit dans son œuvre la dimension
sociale. Prudenci BERTRANA ( 1867- 1941), en premier
peintre et dessinateur, s'affirma comme écrivain mo­
derniste et naturaliste, attaché au monde rural .
Après des débuts malheureux au théâtre, Joan PUIG
I FERRETER ( 1882 - 1 956) fut un excellent romancier,
inspiré des écrivains russes, avec El pelegri apas­
sio1iat (''Le p èlerin passionné'' 1 2 volumes) et joua
-

un important rôle socio-politique, achevé en exil.


Josep PLA ( 1897- 1981) fut un écrivain abondant, qui
111

dans une œ uvre des plus variées s'efforce de décrire


la vie et la société, mais ses affinités franquistes lui
valurent de solides inimitiés. De souche aristo­
cratique , Josep Maria de SAGARRA ( 1 894 - 1 96 1 )
s'orienta vers le journalisme et la littérature, mais
vécut surtout en exil , notamment à Paris ; ''en marge
de l'histoire'', il fut essentiellement poète et drama­
turge, app récié du public populaire, et se distingua
aussi comme traducteur de Dante et Shakespeare.
Le Valencien Joan FUSTER (né en 1922), apôtre d'un
rapprochement de sa province avec le ''Principat'',
fut un essayiste talentueux et fécond en matière
d'histoire et de critique littéraire, doublé d'un ''hom­
me de combat'' concernant le problème valencien.
Mercè RODOREDA (née en 1 909), une autre exilée,
évoque des rapports difficiles entre les sexes (Alo­
ma, La p laça del Diamant). Plume éclectique et pro- -
lifique, Manuel de PEDROLO (né en 1918) cultive
l 'absurde dans ses romans comme dans son théâtre.
Baltasar P ORCEL (né en 1 937), Majorquin, évoque
l'aventure dans ses récits aussi bien que dans ses
romans. Le romancier et p olygraphe Pere C ALDERS
(né en 1912), un temps exilé au Mexique, a du monde
une vision plutôt paradoxale. Jordi SARSANEDES (né
en 1924), qui a vécu à l'étranger, est un p oète et un
prosateur très personnel . Maria Aurèlia C APMANY
(née en 1 9 1 8), romancière, dramaturge et essayiste
de qualité, cherche avec humour à corriger les imper­
fections du monde. Llorenç VILLALONGA ( 1897-
1980 ) , romancier majorquin, un ''aristocrate lucide'',


1 12

écrit dans une langue dépourvue d'artifice des ro­


mans à fond p sychologiste ( Bearn). Le poète Salva­
dor ESPRIU ( 1913- 1985) crée dans un style dense
aux mille facettes des pièces où se côtoient la pensée
de la mort et le souci que lui cause l'avenir de la
Catalogne et de sa langue. Gabriel FERRATER ( 1922-
1972), un poète de l'amour et de la mort, est aussi
un excellent linguiste. Le Valencien Vicent ANDRÉS
ESTELLÉS (né en 1 924) consacre ses poèmes tumul­
tueux à la mort et au sexe. Josep Sebastià PONS
( 1886- 1962), Roussillonnais, chante avec une délica-
,

te émotion sa terre catalane et sa femme Hélène,


trop tôt disparue, dans une langue élaborée mais
sans artifice. Antoni CAYROL, alias ''Jordi Pere C ER­
DÀ'' (né en 1920), également Roussillonnais, lui res­
semble dans sa veine poétique, mais joint à cela une
vision lyrique et ''progressiste'' du monde et de la
société (La guatlla i la garba ''La caille et la gerbe'',
Tota llengua fa foc ''Toute langue fait (du) feu''). Par­
mi les écrivains plus récents, on citera les poètes
Josep PALAU I FABRA, Joan VINYOLI et les prosa­
teurs Joan SALES et Joan PERUCHO , et plus récents
encore les poètes Miquel MARTI I POL et Maria Mer­
cè MARÇAL ainsi que les romanciers Jesus MONCA­
DA, Josep M. ESPINÀS, Quim MONZÔ, Ferran T OR­
RENT et Maria Mercè ROCA.

\
Musique

C omment comprendre l'expression ''musique cata­


lane'' ? S'agira-t-il d'œuvres écrites par des compo­
siteurs de souche catalane même si leur insp iration
leur est venue d'ailleurs, de compositeurs p arfois ex-

térieurs à la Catalogne mais dont les œuvres s'inspi-


rent du terroir catalan, ou enfin de compositeurs
catalans ayant chanté leur terre natale ? O n tâche­
ra de rendre compte de ces trois éventualités , sur
une terre plutôt favorisée où se sont croisés avec la
veine autochtone des courants venus autant d'Occi­
tanie que d'Italie.
'

Le premier document expressément catalan, qui


remonte au XIV0 siècle, est le Llibre Vermell de
Montserra� contenant des danses et chants destinés
aux pèlerins du monastère. Il faut ensuite attendre
trois siècles pour que soit composé en 1639 le Miste­
rio de Elche, dont le texte est écrit en catalan ou en
occitan ; puis c'est un long silence, correspondant à la
p ériode où la Catalogne s e trouve littérale ment ab­
sorbée, politiquement et culturellement, pa11l la Cas­
tille, jusqu'à ce qu'un Francesc TÀRREGA ( 1 855-
1909), de Castell6 de la Plana, renouvelle le j eu de
.

la guitare et compose pour cet instrument. B arcelone


à son tour prendra la tête du mouvement musical en
créant un Liceo Filarm6nico Dramatico d'où sortira


1 14

en 1848 le Gran Teatro del Liceo. La production po­


pulaire tiendra toujours une grande place dans la
musique catalane (v. ci-après) : on connaît géné­
ralement la sardane, danse en rond, d'inspiration
grecque p our certains (elle serait originaire de l'Em­
pordà), où les participants se tiennent par la main,
accompagnée d'instruments spéciaux remis au point
au siècle dernier par Pep VENTURA - fiabiol (chalu­
meau), tambori (tambourin), tibles (petits hautbois)
et tenores (grands hautbois graves) - comme les célè­
bres goigs ou couplets adressés à la Vierge, déjà
évoqués dans le Llibre Vermell . Cette veine populai-
re sera illustrée dès 1866-67 par les Cançons de la
terra de Francisco PELAYO BRIZ, comme la danse po­
pulaire le sera en 1936 par Francesc PUJOL et Joan
AMADES ; un autre chantre en sera Felip PEDRELL,
qui dans son Cancionero Musical Espafiol de 1920,
de fait englobant toute la Péninsule, inclut nomb1,.e
de productions catalanes. En 1908 avait été achevé
le Palau de la Musica catalana, œuvre de LLUÏS DO­
MÈNECH I MUNTANER, qui sera le siège de I'Orfe6
Català, créé en 189 1 pour développer cet art. Fran­
cesc ALI6 inaugure un nouvel élan de la chanson ,
couronné à partir de 1926 par le vaste Cançoner Po­
pular de Catalunya. On note ici l'originalité des pro­
ductions baléares, possible héritage d'une culture
protohistorique. Pour sa part, Manuel PALAU ( 1 893- .
1967) qui publie en 1950 des Canciones y danzas de
Onteniente y Bélgida, où certain chromatisme ''arabi­
sant'' marque de jolies pièces de source valencienne
1 15

( cançons de bressol, cançons de bat;re etc.), s'inspi­


re pour composer de paysages familiers ( Escenes i
Paisatges valencians etc.). Pour en revenir p récisé­
ment à la production ''savante'', c'est d'abord dans le
sillage de l' Orfe6 Català que se situeront les Antoni
NICOLAU, Lluis MILLET, Enric MORERA, ce dernier
contribuant amplement p ar son œuvre ''modernis­
te'' (cf. la sardane La Santa Espina ) à la ''Renaixen­
ça'' culturelle (v. pp . 106 sqq.) ; Manuel PALAU, va­
lencien, élève à Paris de KŒCHLIN et R AVEL, cultiva
à la fois la couleur et le rythme ; Jaume P AHISSA, né
en 1880, transporta en Argentine son inspiration
locale (Escenas catalanas, Canciones popu lares cata­
lanas etc.) et des théories musicales très p erson­
nelles ; Eduard T OLDRÀ, compositeur généreux, re­
nouvela particulièrement le théâtre lyrique avec El
giravolt de maig (''La viravolte de mai'', 1933) ; Fre­
deric M OMPOU s'exprime dans son œuvre p ianisti­
que et vocale avec une lumineuse et exquise simpli­
cité (Suburbis, Impressions intimes, Fêtes lointaines,
etc . . ) ; chez Manuel BLANCAFORT, à des premières
pièces au titre et à l'inspiration finement ironiques
(Parc d'atraccions, Polca del Equilibrista ) ont succé­
. . .

dé des œuvres fortes et complexes ; Joan MANÉN a


écrit pour le violon des p ièces souvent jouées et un
excellent traité largement diffusé ; Joaqufn R ODRI­
GO , né à Sagunto, obtint avec ses nombreuses œu­
vres, dont les plus connues sont le Concerto d'Aran-
juez ou l a Fantaisie pour un gentilhomme, un succès
tel qu'on vit en lui l'héritier de Manuel DE FALLA ;


1 16

Baltasar S AMPER a merveilleusement illustré et or­


chestré le folklore des Baléares avec ses Canciones
'

y danzas de la isla de Mallorca ; Joaquim NIN CUL-


JMELL, de la Californie où il s'est installé, s'est éga ..
lement tourné entre autres vers les chansons popu­
laires de Catalogne et de Majorque, comme Xavier
MONTSALVATGE a parmi ses multiples productions
écrit pour l' Orfe6 Català un beau Cant Espiritual. La
mort de Manuel de Falla en 1946 a suscité la créa­
tion à Barcelone d'un ''Cercle Manuel de Falla'' au­
quel ont p articipé Jordi GIR6 , Joan C OJMELLES, Jo­
sep C ERCÔS, Albert BLANCAFORT, Josep C ASANO­
VES, J. M. M ESTRES QUADRENY. Les cinq derniers
nommés ont choisi l'esthétique et les techniques
contemporaines, également adoptées par Narcis B O­
NET, Joaquim H OMS, Agustf BERTOJMEU, Xavier
BENGUEREL. Un élève de PEDRELL, mais aussi de
GRANADOS et de SCHŒNBERG fut Robert GERHARD,
défenseur ardent du dodécaphonisme, exilé et mort
en Angleterre . Des générations postérieures à 1930,
on citera Joan GUINJOAN, novateur en matière de
musique aléatoire et influencé par le jazz, Jordi
CERVELLÔ, compositeur plus traditionnel à la fine
/

sensibilité, Josep S OLER, appartenant à l'Ecole de


Vienne et maître de toute une génération de nou­
veaux comp ositeurs, Benet C ASABLANCAS, élève du
précédent, Salvador BROTONS, plus classique, enfin .
Carles SANTOS, qui tente des expériences interdis­
ciplinaires combinant avec la musique le théâtre, la
danse, la poésie et la plastique. Soulignons enfin la
1 17

forte personnalité du violoncelliste Pau CASALS, fon­


dateur du Festival de Prades, dont le prestige tant
humain qu'artistique a marqué l'art musical catalan
de ce siècle.

Architecture, sculpture, peinture

L'Anti qu ité nous a livré des traces de l'art grec à


Emporion-Empuries dans des sculptures et cérami­
ques imp ortées, de l'art ibérique à Tivissa et de l'art
romain à Tarragone et Barcelone - mais peut-on
qualifier ces œuvres de ''catalanes'' ?

L'Art p aléochrétien se manifeste à Tarragone


(restes d'une basilique au centre d'une nécropole) et
surtout à Centcelles (autour d'un mausolée chrétien
du rve s . ) .

À l'Art wisigothi que ressortissent trois sanc­


tuaires à Egara (Terrassa). L'occupation musulmane
et les nouvelles destructions de l'époque carolin­
gienne correspondent à une période d'obscurité.

L'Art préroman édifie des églises à nef unique


comme à Sant Feliu de Boada (Empordà), Sant Pere
de Brunet à Guardiola (près de Manresa) et Sant
Miquel e t Santa Felicitat à Sournia (Fenouillèdes) ;


1 18

l'église et le cloître de Sant Miquel de Cu ixà (St­


Michel-.de-Cuxa) en Roussillon en constituent le mo­
nument le plus remarquable, avec ses arcs outre-
passés d'inspiration arabo-wisigotique. A la même
,

époque appartiennent les églises roussillonnaises de


Sant Genis de les Fonts (St-Genis-des-Fontaines) et
de Sant Andreu de Soreda (St-André- de-Sorède), que
l'on retrouvera pour leurs linteaux ; préromanes sont
aussi les fresques des églises Santa Maria et Sant
Miquel à Terrassa, d'inspiration orientale. Puis les
débuts de la ''Reconquista'' sur les Arabes déclen­
chent au XIe siècle la floraison d'un ''premier art
,
roman , : édifices rustiques à clocher-campanile or­
nés de ''bandes lombardes'', donc d'influence italien­
ne ; il est illustré par le beau monastère de Sant
Marti del Canig6 (St-Martin-du-Canigou) - vo1lte en
berceau, et voûte ''annulaire'' de la crypte ; l'église
Sant Vicent (St-Vincent) de Cardona, un peu plus
tardive, en est un modèle accompli comme aussi
celle de Sant Pere (St-Pierre) de Roda, près du Cap
Creus. La sculpture monumentale s'illustre dans
les linteaux aussi archaïques qu'émouvants de St­
Genis-des-Fontaines et St-André-de-Sorède (cf. supra),
selon une veine prolongée p ar le tympan et la fenêtre
de l'église d'Arles-sur-Tec/i. Au XIIe siècle, la cathé­
drale d' Urgell se réclame d'une influence italo-lom­
barde, celle de Ripoll, à la somptueuse façade, sug­
gérerait de son côté une insp iration venue du sud­
ouest français. Les cloîtres constituent eux aussi des
morceaux de choix, à St-Michel-de-Cuxa, Serrabone,
1 19

Elne, St-Genis-des-Fontaines, comme aussi la magni­


fique tribune de Serrabone, œuvre d'un artiste au­
thentique. S e détachent aussi la façade et l'abside
de Cornellà ( Corneilla) de Confient ; hors du R ou ssil­
lon, on trouve deux beaux cloîtres à Sant Pere (St­
Pierre) de Galligans (prov. de Girona), un des plus ri­
ches et séduisants au monastère de San Cugat del
Vallès, œuvre d'Arnau C atell. Le ''Maître de C abes­
tany'', qui sculpte toujours des mains démesurément
longues, a marqué de son art toute une zone qui va
de la C atalogne jusqu'en Navarre et en Italie ; pa­
rallèlement , l'atelier de Ramon de Bianya travaille
d'Arles- sur-Tech à St-Jean-le-Vieux de Perpignan,
selon un style qui fait p enser au Gilabertus de la
cathédrale St-Etienne à Toulouse, manière diffusée
dans tout notre sud-ouest.

L'Art roman. - Lorsque la Catalogne méridionale


- Tarragone-Lleida - est libérée du joug musulman
au XIIIe siècle, il connaît un regain de vitalité avec
l'important monastère de Poblet (église, cloître et
bâtiments monastiques), celui, voisin, de Santes
Creus, l'abbaye féminine de Vallbona de les Monges
et à Barcelone celui de Sant Pau del Camp , complété
plus tard. En ''Catalunya Nova'', plus au sud, la ca­
thédrale de Tarragone, p artiellement gothique, avec
son très beau cloître, celle de Lleida, postérieure,
dont les p ortails s'ornent d'éléments languedociens
et musulmans, l'église d'Agramunt et ses chapi­
teaux, ceux du cloître de l a collégiale de Ste Marie de


11

120

l'Estany, l e cl oître de Sant Benet de Bages et l e por­


tail de cell e de Covet, l 'égl ise monastique de Sant
Cugat del Vallès où s'introduit la voûte d'ogive. En
matière d'architec"ture civile , on note l'hôtel de
ville de Lleida, comme certaines demeures de Ville­
franche-de-Confient et de Besalù, l'hôpital de Tarra­
gone et les bains de Girona, sur modèle romain avec
des influences musulmanes. La riche et célèbre pein­
ture romane catalane s'illustre dans des fresques ,
des panneaux peints et des miniatures : parmi les
premières, on remarque celles de Sant Climent et
Santa Maria de Taüll, transportées comme tant
d'autres au Museu d'Art de Catalunya (MAC ) à Bar­
celone ; un autre artiste a signé les f1�esques d'Es­
terri de Cardas (ibid0) et de St-Pierre-de-Sorpe (ibid0),
postérieures en revanche à celles de Bof, (ibid0) ;
d'une autre main sont celles de St-Pierre de La Seu
d'Urgell (ibid0), qui se rapprochent des fresques
d'Estavar, en Cerdagne française, d'Andorre, de St­
Martin-de-Fenollar, de Bellcaire, Brull et Osormort.
Un retour au byzantin est sensible dans l'église mo­
zarabe de St- Cyr et Ste Julitte de Pedret - le ''Maître
'

de Pedret''. A Sta Maria d'Aneu, Sta Maria del Bur-


gal (ibid0) et Tredôs (New York) se perçoit une ce1�tai­
ne référence italienne ; ce ''Maître de Pedret'' semble
avoir servi de modèle dans les fresques d' Orcau
(MAC ) et de Sorpe, moins nettement à Estahon
(ibid0) et Argolell (ibid0). Les devants d'autel déno­
tent au XIII0 s. une influence byzantine, comme à
Oreilla (Pyrénées-Or.), Valltarga (MAC), Avià (ibid0),
121

Rotgès (musée de Vic) ; mais des progrès notables


sont réalisés avec le ''Maître de Soriguerola'' (mu­
sées variés). La miniature brille aussi, de Rip oll au
Roussillon puis à nouveau au sud de la chaîne. La
sculpt;ure sur bois se développe de façon inédite
dans ce genre : l'image classique du Christ est ici
celle des Majestats, drapées dans une longue tunique
avec manches et ceinture ; ainsi à La Llagonne, An­
goustrine (Pyr.-Or.), Baget, Ste Marie de Lluçà, Sant
Boi de Lluçanès, et surtout Caldes de Montbu i. Jésus
paraît dépouillé de sa tunique à Salardù et Mig
Aran, accomp agné d'autre s figures à Erill la Vall et
Sant Joan de les Abadesses. La Vierge est bien il­
lustrée à Corneilla-de-Confient, Girona, Montserrat et
la cathédrale de Barcelone, cf. la Mare de Déu de la
llet (allaitante) à Puigcerdà et Pobla de Clarmunt ;
elle apparaît couronnée avec son fils à Montbolo, All,
Odeillo, Prats-Balaguer, Planès, Eyne, Err, L lo ; dans
une crèche (Nostra Senyora del Pessebre ) à St-Mi­
chel-de-Cuxà et Tartera ; celle de La Seu d'Urgell
semble une œuvre italienne ; à Thuir on en trouve un
modèle spécifique (déb. XIII0 ) diffusé le long de la
route de p èlerinage qui j oint le Massif Central à la
Catalogne. Des devants d'autel imités d'émaux
champlevés se notent à St-Pierre de Ripoll ( mu sée de
Vic), Ste Marie de Taüll ( MAC ) et Erill (aux USA),
comme la broderie de la Création à la cathé drale de
Girona.

.,


122

L'Art gothique. - Au XIIIe siècle, des conditions


économico-politiques nouvelles, le développement
des villes ainsi que le rôle j oué par les ordres reli­
gieux et la bourgeoisie suscitent une profonde muta­
tion dans la création artistique. En matière d' ar­
chitecture religieuse , l'art nouveau , inspiré des
productions languedociennes, caractérisait les cha­
pelles St-François et St-Dominique des Cordeliers à
Barcelone, détruites au XIXe siècle, mais on en re­
trouve l'essentiel dans l'église des religieuses Claris­
ses de Pedralbes, extrêmement dépouillée. Une
variante avec charpente se rencontre à l'église des
Carmes de Peralada ainsi qu'à sa correspondante de
Perpignan. L'église à nef unique connut un grand dé­
veloppement : à Barcelone avec Not1"e Dame du Pin et
St Just-St Pasteur , comme à l'église Ste Marie de
Montblanc, à Vilafranca del Penedès, à Ca1"dona, à
Ste Marie de Balaguer et, encore à Ba1"celone, à l'égli­
se Ste Marie de la Mer ainsi qu'à la cathédrale. Le
xwe S . bâtit des édifices inspirés de ceux de la Fran­
ce du nord : ainsi à Barcelone et Girona - mais à
Barcelone Ste Marie de la Mer avec ses trois nefs se
rapproche de la France méridionale ; le même archi­
tecte construit à Manresa une Notre Dame de lituro­
re à trois nefs, proche de Ste-Eulalie de Majorque,

comme à Castell6 d'Empuries et à Tortosa ; à Girona


et Perpignan prévalut le parti de la nef unique, ins­
piré du Languedoc. En matière d'architecture ci­
vile, les exemples sont nombreux : des façades de
maisons particulières à Besalu et à Villefranche-de-
123

Confient (Pyr. -Or. ), un bel exemple rue de Moncada à


Barcelone, sans oublier le p atio du palais épiscopal à
'

Tortosa. A B arcelone, ce symbole de prospérité qu'est


l a Generalitat (ou Casa de la Diputaci6 ) ( 14 16) avec
sa chap elle St-Georges et sa cour des Orangers le
dispute avec l'hôtel de ville (Ajuntament) et son
Consell de Cent (jurats). Le roi possède dans le pays
plusieurs palais, aux proportions variées : celui de
Barcelone ( 1359- 1370) contient une vaste salle d'ap­
parat, le Tinell (littéralem. ''vaisselier'') ; celui de
Perpignan est le Palais des Rois de Majorque ; ail­
leurs le souverain logeait dans de riches résidences
incluses dans des monastères tels ceux des Santes-

Creus et de Poblet ; le gracieux château de Bellver, à


Majorque, s e distingue p ar son plan circulaire. Les
marchands, eux, se réunissaient pour négocier dans
des loges de commerce : si celle de Tortosa reste pri­
mitive, les s�ivantes deviennent de magnifiques
constructions, comme à Barcelone, à Palma de Ma-
jorque, à Valence et, dans une moindre mesure, à
Perpignan ; Barcelone a conservé, datant de cette
époque, un impressionnant chantier de construc­
tions navales (drassanes, cf. les mots français ,
d'origine arabe, ''darse'' et ''arsenal'} . Liés au clergé,
de grands hôpitaux accueillaient fréquemment des
pèlerins, et étaient souvent fortifiés : si celui de Ta­
rragone est d'époque romane, sont gothiques ceux
d'Espluga de Francoli, d'Olesa de Bonesvalls, enfin
celui de Barcelone, produit d'une fusion comme celui
de Lleida. On i encontrera de fort beaux exemples
..

"!


124

d'architecture militaire , caractéristique de ces


temp s troublés, à Montblanc, Hostalric et Tossa de
Mar ; s'y joignent la porte royale du monastère de
Poblet et le Castillet de Perpig1ian (Salses est ex­
térieur au domaine ''catalan''), ainsi que les clochers
sinon fortifiés du moins solides de la cathédrale, et de
Notre Dame du Pin à Barcelone, de St Pierre de Reus
et surtout de la cathédrale de Lleida. La sculpture
suit les leçons de Maître Bartomeu , de Girona, sur
des modèles français : tombeau de Pere III El Gran
à Santes Creus, peut-être à Girona ; l'influence fran­
çaise se laisse déceler ensuite au monastère de
Bellpuig de les Avellanes (New York) : tombeaux
d'Armengol VII d'Urgell , d'Armengol X et de Douce,
sa femme, auxquels se rattache le retable d'Angle­
sola (Boston). Si bien des artistes français sont ve­
nus travailler en terre catalane, le maître Jacques
Cascalls domine, synthétisant les traditions françai­
se et italienne, avec son esclave grec, Jordi de Déu, à
Corneilla-de-Confient, Poblet, Lleida. Puis le réalis­
me se développe - comme en France et dans les
Fland1·es : ainsi chez Pierre Moragues et Pierre Ça
Anglada (à Barcelone), puis chez le disciple de ce
dernier Antoine Canet (ibid0), enfin chez Pierre Ollier
(Vic). On trouve un art plus expressif chez Pere Jo­
han, fils de Jordi de Déu (v. plus haut), qui exécuta le
retable du maître-autel de Tarragone. Tandis que
Guillaume Solivella décore la p orte du cloître à Llei­
da, à Girona le magnifique tombeau de l'évêque Ber­
nard de Pau dans la cathédrale est dû à un sculpteur


125

inconnu . Les artistes étrangers, presque tou s sep­


tentrionaux, sont nombreux à cette époque. La
peinture gothique : ici, c'est l'influence · de l'art ita­
lien qui très tôt supplante celle de l'art français : si
le retable de Serdinya, dans le Conflent, illustre en­
core cette dernière, le goût italien domine aux fres­
ques du couvent de Pedralbes, exécu.t ées en 1346 par
Ferrer Bassa, auquel succéda Ramon Destorrents, au­
teur en p articulier du beau retable de Ste-Marthe à
Iravals (Pyr . -Or. ) ; ses h éritiers seront les frères
Serra, à l'un desquels est dü le retable du St-Esprit
à Manresa. Une autre influence italienne directe se
perçoit dans le polyptyque de Tortosa, du milieu du
:xrve siècle , dont s'est inspiré Joan de Tarragona , au­
teur de retables à La Selva del Camp , Tarragone . et
Santa Coloma de Queralt (MAC) ; un autre Italien
réalisa celui d' Estopinyà (ibid0). Mais Lluis Borras­
sà inaugure alors le passage à la peinture ''interna­
tionale'', avec la participation de nombreux artistes
venus du nord sous le mécénat de ''grands'' tels que
Joan rer, l'Amador de la Gentilesa , et sa femme Vio­
lante de B ar, ''reine des troubadours'' ; Borrassà réa­
lisa le retable de St Pierre à Ste Marie de Terrassa,
de Ste Claire (musée de Vic), de St Michel de Cruil­
les (musée épiscopal de Girona). Le ''Maître du
Roussillon'' l'imita à Evol (Pyr. -Or. ), à Camélas et
sur un retable de St André (musée des ''cloisters'' à
New York) ; citons aussi Ramon de Mur, auteur du
retable de Guimerà (musée de Vic). Puis Bernard
Martorell renouvelle l'art catalan dans le sens du

.,


126

style ''international'', particulièrement avec le grand


retable de la Transfiguration de la cathédrale de
'

Barcelone. A sa mort domineront les influences fla-


mandes, surtout avec Lluis Dalmau, auteur de la
Vierge des Conseillers à la chapelle de l'Ajuntament
de Barcelone (MAC). Jaume Huguet les accommode à
l'esprit catalan, comme le montre le retable de Ter-
,

rassa. A la famille Verg6s, en fait peu artiste, succè-


de un temps !'Espagnol Barthélemy Bermejo , ensui­
te c'est le retour de l'influence française, consécu­
tive à l'annexion du Roussillon et de la Cerdagne, et .
marquée par la production de deux peintres anony­
mes (cf. le retable de la Loge de Mer à Perpignan, au
musée, et deux panneaux visibles au MAC ) ; Des­
torrents et Martorell ont aussi produit dans ce do­
maine ; parmi les vitraux se détachent les verrières
des chapelles de St André et de St Sylvestre de la
cathédrale de Barcelone. En matière d'orfèvrerie et
de verrerie d'art, ce sont, à partir du :xve , Girona,
Barcelone et Perpignan surtout qui concentrent
l'activité : à Girona, un retable et un baldaquin en
argent sont l'œuvre du maître Bartomeu ( 1320-
1326), et la même ville a produit une belle croix ''des
émaux'' - Barcelone est particulièrement féconde en
orfèvrerie cultuelle ; la verrerie imite d'abord Da­
mas, puis après le XVIIe la production vénitienne.

De la Renaissance au néo-classicisme . La
-

perte de l'autonomie catalane au profit de la Cas­


tille entraîna des conséquences considérables pour
127

l'art et la culture. L'architec-ture resta très conser­


vatrice ; on demeure fidèle au type de la nef unique
accompagnée de chap elles . latérales et d'un chœur
à sept pans également enveloppé de chap elles, jus­
qu'en 1585 avec la construction de l'église p arois­
siale de Valls ; c'est encore le style du bâtiment qui
abrite aujourd'hui les Archives de la Couronne d'Ara­
gon ( 1 549- 1 5 5 7). Le style Renaissance débute timi­
dement avec la Maison de l'Archidiacre ( 1 5 1 0 ) sous
l'impulsion du chanoine Louis Desplà ; plus ''italien''
est le portail de l' hôpital de Ste- Croix, rue de l'Hô­
pital, et encore mieux le Collège Saint-Louis à Tor-
tosa. À la fin du XVI0 siècle est fondée l'Es cola del
Camp de Tarragona, sous l'impulsion de Jacques
Amig6 et Pierre Blay : ce dernier dessine l'église de
La Selva del Camp et transforme la cathédrale de
Tarragone. La sculp-ture observe un même. retard :
le castillan Barthélemy Ord6iiez travaille pour la
cathédrale de Barcelone (entrée et façade du chœur).
Puis le Valencien Damien Forment exécuta en par­
ticulier le maître-autel de Poblet ( 1 5 2 7 - 1 5 2 9 ) ; Mar­
tin Dtez de L iatzasolo sculpta pour l'église du St-Es­
prit de Terrassa et peut-être pour Barcelone. La fin
du siècle reste stérile. La pein-ture : des artistes
étrangers viennent prendre le relai : !'Allemand Ay­
ne Bru (c.-à-d. Brünn ?) à Barcelone, à Girona peut­
être Jean de Bourgogne , strasbourgeois ; au ''Maître
de Ca1iillo'', en Andorre , et au roussillonnais Jac­
ques Foner, établi à Barcelone, succéderont d'autres
étrangers, tels le Grec P"krre Serafi, !'Italien Pietro

.,


128

Paolo de Montalbergo, et le Germano-Italien Isaac


Hermes Vermey ; à Perpignan règne le très fécond
T9ulousain Antoine Peytavi.

L'art baroque. L'architecture : aucune œuvre


-

baroque avant le dernier quart du siècle ; l'Hôtel


Dalmases à Barcelone en est le précurseur ; puis
l'influence du C astillan Churriguera (d'une famille
d'origine catalane ! ) s'imp ose peu à peu , à Santa Ma­
ria de Betlem, l'église des Jésuites, à Barcelone par
exemple (entre 1680 et 1732 ! ) - Quant à la sculp­
ture, les retables, de plus en plus volumineux, jouent
un rôle majeur : Augustin Pujol ( 1585- 1628) a sculp ­
té celui de Notre-Dame du Rosaire à Barcelone ; les
Tramulles (Joseph à Valls), Jean et François Grau
travaillent à des monuments funéraires importants ,
à Poblet, · Cardona, Barcelone, Tarragone ; Michel
Sala ( 1627 - 1 704) en est, lui, l'un des maîtres ; Paul
Costa, de Vic, a sculpté d'immenses retables en bois
doré, tel celui d'Arenys de Mar , et présidé à la con­
struction de celui de Cadaqués ; les œuvres sont
mieux conservées au Roussillon, préservé de la guer­
re civile : on citera Claude Perret pour le maître-autel
de la cathédrale de Perpignan, Lazare Tramulles
touchant le retable de l'église du Rosaire de cette
ville et pour celui des saints Abdon et Sennen à Ar­
les-sur-Tech ; puis Louis Generès , de Manresa, s'im­
posa, ainsi que Joseph Sunyer à Prades, Collioure,
Osseja, Rô, Vinça, Font-Romeu. La peinture : peu
-

de chose au XVII0 s. (''Ecole de la Scala Dei'' avec le


129

père Louis Pascal Gaudi) ; le XVIIIe s. baroque ap ­


p orte mieux : le Valencien Denis Vidal décore la
chap elle de l a Vierge à la C einture, annexe de la ca­
thédrale de Tortosa, et Paul Priu travaille à la ca­
thédrale de Barcelone.

L'art du XVIII0 siècle. - En architecture, une


étape nouvelle est franchie avec l'avènement des
Bourbons sur le trône d'Espagne et la conquête de
Barcelone p ar les Franco-E spagnols : de 1 7 1 6 à
1 727 , on construit la citadelle ( détruite en 1866) à la
place du quartier de la Ribera -:- les habitants seront
relogés à Barceloneta, quartier construit en 17 44-
1 755 au nord du port sur plan géométrique, avec St­
Michel du Port comme église - , la chapelle est
l'œuvre d'Alexandre de Retz. L'influence française est
ici manifeste, comme à l'éphémère Université de
Cervera, construite de 1 7 1 8 à 1 762 ; une autre in­
fluence, italienne, s'exerce sous l'impulsion de Fer­
dinand Galli et de Conrad Rudolf, lorsque C h arles
d'Autriche règne à Barcelone au moment de l a guer­
re de Succession d'Espagne : elle est représentée p ar
Pierre Costa de Vic, ensuite p ar la famille Morato ;
Joseph et son fils Joseph Morat6 Pujol travaillèrent à
la construction de l'église de l a Pietà à Vic, décorée
par le fils du second nommé, Joseph Morat6 Soler, et
celui-ci avec son frère Hyacinthe au camaril de St
Joan de les Abadesses, agrandi· p ar le fils d'Hyacin­
the, François Morat6 Brugaroles : celui-ci est l'auteur
du retable de l'église du Miracle à Riner près de


130

Solsona ; à Barcelone, l e palais de la Virreina sur


les Ramblas manifeste une même influence françai­
se. La sculpt;ure connaît une histoire identique :
Joseph Sunyer , après avoir œuvré dans l'esprit du
baroque churrigueresque, ''se modère'', à e� juger par
le retable de Ste-Marie d'Igualada ; Jacques Padro
adopta une sorte de ''rococo francisé'' pour le maître­
autel de la chapelle de l'ancienne université de Cer­
vera, où il travailla ; un autre courant italien, inspiré
de Bibiena et marqué par l'opéra, favorise la mise
en scène : Louis Bonifàs i Mass6 de Valls (cf. Bibiena)
a·boutit à un éclectisme discutable - mais qui justi­
fie une visite à Valls ! Deux autres personnalités no­
toires sont Salvador Gurri et Raymond Amadeu , ce
dernier connu pour ses figurines de pessebres).
Peint;ure : Bibiena et la cour de l'archiduc Charles
d'Autriche amènent à s'exercer une nouvelle influen­
ce italienne : Antoine Viladomat, collaborateur de
Bibiena, trace la Vie de St François (MAC ) et le Cal­
vaire de Ste Marie de Matar6 ; puis les frères Tra­
mulles, Emmanuel et surtout François, s'engagent
sur la même voie (v. la cathédrale de Barcelone). La
renaissance économique de Barcelone entraîne un
grand développement de la peinture profane, qui or­
ne de nouveaux p alais et des maisons particuliè­
res : François Pla '' el Vigatà'' (l'''enfant'' de Vic) déco­
ra à Barcelone le palais Moia, et d'autres œuvres de
lui ont été transférées à Pedralbes. '.La gravure : aux
mêmes frères Tramulles s'adjoint le Valencien Pier­
re-Pascal Moles, qui dirigea l'école de dessin et de
131

gravure fon dée p ar la Junta de Comerç. Les arts


décoratifs : orfèvrerie : on perçoit au xv1e des ger­
mes de renaissance, mais la véritable renaissance
se situe au siècle suivant, illustrée par la grande
''monstrance'' de la cathédrale de Tortosa, œ uvre
d'Eloi Camanyes et Augustin Roda, et le reliquaire
de St-Georges à la Generalitat, travail de Philippe
Ros. Le XVIIIe s. sera la grande époque, baroque :
Jean Matons exécute ainsi des candélabres , très
chargé s , pour la cathédrale de Palma, et le reliquai­
re de St Bernard Calv6 à Vic ; en fait, l'œuvre ma­
j eure est le reliquaire réalisé par Pierre Llopart pour
La Seu d'Urgell. Céramique : au Moyen-âge, Valence
produisait de la faïence peinte et à reflets métalli­
ques ; mais à partir du XVIe s . vint la décadence
tandis que Barcelone montait : la céramique italien­
ne de la R enaissance sert de modèle, d'où le décor
p olychrome du XVIIe ; puis on décore les murs avec
des azulejos à thème narratif : à Valls (chap elle du
Rosaire) la bataille de Lépante, à Barcelone (hô­
pital Ste-Croix) la vie de saint Paul ; très caracté­
ristiques de la céramique locale sont les rajoles
d'oficis qui décrivent les métiers barcelonais sur
plaques p olychrome s , jusqu'au XIXe s. Le graffitto :
venu d'Italie au début du XVII0 , il orne les façades :
on applique plusieurs couches de couleur ensuite
grattées pour dessiner les modèles .
.

Néo-classicisme et Romantisme. -Le renou­


veau artistique est lié au renouveau économique. Le

.,


132

Néo-classicisme est un phénomène interna-tional de


retour à l'antique, mais lié à la sensibilité de l'épo­
que, avec des ruptures : c'est le premier style ''mo­
derne''. D'abord on reprend le style Louis XIV : ainsi
à la cathédrale de Lleida, œuvre de Joseph Prats,
modèle aussi pour celle de Vic ; de même pour le
Gouvernement Civil de Barcelone (ancienne Doua­
ne), et surtout pour la Loge de commerce édifiée par
Jean Soler Faneca ; de même encore pour le palais
Moia sur la Rambla, et le palais épiscopal de la
Plaça Nova ; on passa ensuite au Néo-classique
Empire ; il en va ainsi du palais Marc de la Ram­
bla et de celui du marquis d'Alos et de Dou ; celui
des marquis d'Alfarràs est, lui, de style Empire.
Mais dès le 3e tiers du XIXe s . s'observe une réaction
foisonnante : sous Isabelle II se diffuse un peu par..
tout un néo-classique ''Empire'' plus libéré, avec ter­
re cuite et stuc. Le sens de la collectivité ouvre néan­
moins sur l'urbanisme moderne : c'est le cas d'Els
Porxos d'En Xifré à Barcelone, œuvre de Joseph Bui­
xareu et François Vila. En fait de sculpture, on pourra
citer Damien Capmany, sans doute un peu artificiel ,
Antoine Solà, Joseph Bover (à la cathédrale de Vic).
Peinture : peu de chose ; on citera François Lacoma i
Fontanet, les Planella, Jean-Charles Anglès.

Le Romantisme . Une nouvelle esthétique naît,


-

exaltée par Paul Milà i Fontanals, Piferrer et Pi i


Margall : l'avènement de l'âge industriel à B arcelone
va déclencher d'importants bouleversements : en
133

architec-ture, c'est le retour au p assé national ;


on démolit en 1854 les remparts à Barcelone p our
les remplacer p ar un quadrillage à l'américaine mal
a dapté. Toutefois , les anciens styles perdurent, ainsi
des p avillons du style des ''folies'' françaises , d'un
certain romantisme orientalisant aussi, comme en
.

témoigne l' Université romano-mauresque conçue p ar


Elie Rogent ; un marché couvert est bâti sur des
structures de fer. On constate un renouveau de la
peinture, à laquelle Paul Milà i Fontanals , le frère
de l'érudit qui avait subi l'influence des ''Nazaré­
ens'', p eintres romantiques allemands soucieux de
dégager de la peinture primitive un langage formel
adapté à leur idéal religieux, adresse u n appel
semblable à celui que lance Aribau aux écrivains (v.
p . 120) ; la doctrine nouvelle qui se dégage, dérivée
en fait du néo�classicisme, est celle de Joachim
Espalter, p eintre ''officiel'' à l'œuvre très variée, de
François Cerdà, de Pelegri Clavé et de Claude Loren­
zale, qui exalte le p assé catalan.

L'art de l 'époque contemporaine : il obéit à


des tendances parallèles à celles que connaît l'Euro­
p e à p artir du milieu du XIXe . En architecture, le
modernisme avec Gaudf s'affirment à partir de 1 900
comme un ''Modern Style'' ou ''Art nouveau'', courant
cosmopolite opposé au romantisme : il s'agit d'une
esthétique révolutionnaire , propre à un art qui bé­
néficie des ressources de l'industrie ; de Gaudi, le
Palais Guëll ( 1885- 1889) obéit à un authentique

..
1 34 '

fonctionnalisme, accomp agné de formes inattendues


avec une riche polychromie ; ensuite viennent l'hôtel
Batll6 et l'hôtel Milà, u n chef- d'œuvre conçu sur
''plan flexible'' ; ce fut enfin la fameuse ''Sagrada Fa-
,

mflia''. A côté de Gaudf ont œuvré Louis Doménech i


Muntaner ( 1850- 1924), puis Joseph Puig i Cadal­
fach ( 1869- 1 957), concepteur de l'Hôtel Amatller,
avec céramique, sgraffito et fer forgé ; après 1910 on
revient à des formes plus simples et plus harmo-

nieuses, pou.r se rapprocher du fonctionnalisme


international (cf. le Bauhaus, Le Corbusier) ; vers
1928 apparaît une nouvelle doctrine, prônant une
architecture surtout utilitaire, mais la guerre civile
disperse les artistes - néanmoins l'idée survit à
Barcelone aujourd'hui. La sculpture tend vers le
réalisme, avec Venance Vallmitjana (1828- 1 919) et
son frère Agapit ; Emmanuel Oms ( 1 824 - 1 886)
s'oriente vers des types p opulaires ; puis l'''art nou­
veau'' de Gaudi inspire un effort rénovateur : c'est le
modernisme de Joseph Llimona (1864- 1934) , puis on
retourne vers la Méditerranée et l'hellénisme : ainsi
le Roussillonnais Aristide Maillol (1861- 1944) dé­
couvre la beauté grecque, cf. ''La Méditerranée'' aux
Tuileries ( et copie à Perpignan) ; Joachim Claret le
suit, tandis que Joseph Clarà , disciple de Bourdelle,
demeure plus original ; Manolo (1872- 1945 ) 1945)
subit à Céret l'influence des cubistes ; enfin Paul
Gargallo ( 1881- 1934) utilise le fer en précurseur.
Peinture : le grand artiste Marien Fortuny ( 1 838-
1874), un virtuose, mourra sans avoir pu connaître
135

l'impressionnisme. Raymond Marti Alsina ( 1 826-


1 894), surtout paysagiste, adopte un réalisme à la
Courbet, suivi en l'occurrence par· Joachim · Vayreda
( 1843 - 1 894) ; l'action exercée par le groupe de Sa1i­
tiago R usiiiol ( 1861 - 193 1 ), écrivain et peintre bohè­
me, qui à Paris rencontre le Barcelonais Raymond
Casas, aboutit à leur faire fonder avec Utrillo, à
Sitges , le mouvement Els Quatre Gats (cf. Le Chat
Noir), qui exercera une influence importante ; Josep­
Maria Sert ( 1874- 1945), lui, reste isolé avec ses
grandes compositions de Vic, de Barcelone, du Pa­
lais de la Société des Nations ; Isidore Nonell ( 1873-
1 9 1 1 ) fait écho à Gaugi1in et à Van Gogh . C'est à ce
milieu artistique catalan, novateur et fidèle à la
liberté d'expression, que se rattacheront trois con­
temporains de premier ordre, Pablo Picasso, formé
dans l'ambiance moderniste de B arcelone, Joan Mi­
r6 et Salvador Dali.

* *


Fêtes et traditions

La principale réjouissance collective consiste à


danser la sardane (d'origine grecque ? v. p . 1 14), au ·
son d'une cobla ou petit orchestre rustique aux ins­
truments de bois, dont le noyau se compose du fia­
biol (flûte à bec à sept t1·ous, dont cinq pour le doigté,
jouée d'une seule main), d'un tambori (tambour de
poignet à deux membranes), d'une tenora (grand
hautbois grave), et de deux tibles (petits hautbois),
auxquels s'adj oignent si nécessaire deux cor-netins
(cornets à piston) et un fiscorn ( baryton), plus un
trombone et une contrebasse ; les danseurs forme nt
des cercles où alternent hommes et femmes tantôt
se tenant p ar la main tantôt levant les b1·as, leur
danse faisant se succéder 8 pas courts et 16 pas
longs ; les airs sont construits sur des mesures a
quatre temps dont le premier est bien marqué, les
deux derniers faisant écho ; un Aplec - ''réunion''
-

de la sardana a lieu à Calella le 1er dimanche de


juin. Viennent ensuite les fêtes traditionnelles, d'es­
sence en général religieuse : à l a St-Jean, comme en
de nombreuses régions d'Europe, ce sont les feux de
joie ({alles /fogueres) qui s'allument la nuit, entou­
rés de pratiques variées (sauts etc.) ; la Fête-Dieu
est à Berga l'occasion d'une grande réjouissance col­
lective, La Patum, où la population danse accompa­
gnée p ar des tambourineurs ( timbalers), tandis que

137

dans le bruit des pétards défilent des géants (ge­


gants) et des personnages coiffés d'une grosse tête -
on ne sait s'il ne s'agit que d'une. lutte entre le Bien
( saint Michel) et le Mal ou en outre de l a commémo­
ration d'un combat livré j adis contre les Maures -
nombreux sont les cortèges de ce type, accompagnés
de tambours et chalumeaux (caramelles, dolçaines) ;
on danse volontiers aus s i le ball de bastons ''danse
des bâtons'', connu ailleurs en Europe (cf. le makil
dantza b asque) ; dans le C amp de Tarragona et le
Penedès, les jeunes aiment à édifier des ''châteaux''
( castells) humains, échafaudages supportés p ar un
groupe s olide (pinya) et comprenant jusqu'à neuf
étages, terminés par un enfant qui salue (l' anxa�
neta), et se livrant à de p érilleux exercices au son de
l a caramella ; parmi les autres danses p opulaires,
on citera l a Dansa ou Gala de Castellterçol et de
Capdevànol, les balls de gitanes du Vallès et du
Penedès ) ; les Festes Majors célébrées le jour du saint
local (Vilafranca del Penedès, Llieda, Sitges, Solso­
na, C ardona, Vallès, Olot, Barcelone - quartier de
Gràcia) durent plusieurs jours et sont accompa­
gnées de réjouissances et manifestations variées,
dont des défilés (passa-carrers ou ''passe-rues'', avec
géants et ''grosses têtes''). Autres fêtes religieuses :
la Touss aint (Tots Sants) où l'on vend des marrons et
des panellets pleins de confiseries), la Saint Martin
( sant Marti , le 1 1 novembre), où l'on tue le p orc et où
l'on goûte l e vin nouveau , l a Noël surtout (Nadal) à
l'occasion de laquelle on j oue des représentations


138

théâtrales, les ''Pastorales'' (Pastorets), mettant en


scène l'adoration des bergers, où s'édifient des crè­
ches vivantes (pessebres) tandis qu'à la nuit de Noël
(cf. la messe de minuit appelée missa del gall, où le
coq chante p our la première fois) on brüle la bûche
( ti6) aux vertus bénéfiques avant de partager le
grand repas traditionnel où l'on sert l'escudella i
carn d'olla, une volaille farcie, des torrons, le tout ar­
rosé de cava (mousseux ; v. p . 143). La saint Etienne
( sant Esteve) , est l'occasion de manger des canelons
(cannelloni sur émincées de bœuf et de poulet) ; la
fête de saint Antoine abbé ( sa1it Antoni Abat, le 1 7
janvier) est celle du bétail bovin et surtout chevalin,
avec la ''cavalcade des trois tours'' ( Cavalcada dels
Tres Tombs ) ; le Carnaval ( Carnestoltes ou ''viandes
ôtées'� la viande y étant p rohibée) se pare de tout
l'éclat populaire habituel (surtout à Vilanova i la
Geltru, Sol sona, Sitges, Reus, Barcelone, Platj a
d'Aro) ; au cours de la Semaine Sainte (Setmana
Santa) se déroulent plusieurs manifestations : dès le
Dimanche des Rameaux (Diumenge de Rams), on bé­
nit les palmes (palmes, palmons) de laurier ( llorer)
ou d'olivier (olivera) ; plusieurs localités (Badalo11a,
Banyoles, E sterri d'Aneu, Girona, Matar6, Tarrago­
na, Vic) en représentent toujours le déroulement,
avec des moines à cagoule ( encaperullats) et des
chars ornés figurant les différentes stations (passos)
- à Verges s'y ajoute une Dansa de la Mort d'origine
'

médiévale. A Pâques (Pascua Florida ou de Resur-


recci6), des chœurs d'hommes ambulants chantent
139

des caramelles évoquant la Résurrection, et reçoivent


vivres et argent pour le repas du lundi - les p arrains
offrent aussi à cette occasion à leurs filleuls des
mones (litt. ''singes''), couronnes de pâtisserie déco­
rées avec du chocolat ; le lundi est le jour des ro­
miatges, p èlerinages p opulaires vers des chapelles
isolées ou autres sanctuaires ; le 23 avril, l a saint
Georges , p atron de la C atalogne ( Sant Jordi), est
aussi le j our du Livre et de l a Rose (Dia del L libre i
de la Rosa), également nommé ''jour de C ervantes''
(Dia de Cervantes ) , mort à cette date : aux roses of­
fertes p ar les hommes répondent des livres offerts
p ar les femmes ; si l'on célèbre encore çà et l à l'''ar­
bre de mai'' (arbre de maig), à la Fête-Dieu ( Corpus),
Sitges couvre ses rues de fl eurs, et Sallent s'orne de
guirlandes de feuillage ( enramades), tandis que dans
le cloître de l a cathédrale de Barcelone un œ uf danse
toute la j ournée sur le j et d'eau central (l'Ou com
balla ''comment danse l'œuf') ; le 1 1 septembre, en­
fin, se célèbre la fête nationale de la C atalogne
(Diada), avec diverses manifestations.

* *


La cuisine catalane

(Préparations p lutôt populaires et bon marché)

La cuisine catalane, comme il se doit d'essence


méditerranéenne, combine avec bonheur produits du
terroir et produits de la mer ; certaines prépara­
tions restent caractéristiques d'une région, d'autres
sont partout connues. On indiquera ici certaines des
plus typiques.

Le pa amb tomàquet ''pain à la tomate'', qui se


mangeait aux champs, seul ou accompagnant les re­
pas, se sert aujourd'hui pour les lunchs. Ce sont des
tranches de p ain de campagne légèrement grillées
et frottées de tomates müres , puis salées et arro­
sées d'un filet d'huile d'olive, enfin ''coiffées'' d'une
fine tranche de jambon dit ''serrano'' - on peut fra­
ter la croüte d'une gousse d'ail.

Un plat qui se suffit à lui-même est l' escudella,


litt. ''écuelle'', soupe paysanne (escudella de pagès ) ou
plus raffinée (carn d'olla ''viande de mouton'') qui
combine avec des des légumes variés du mouton, du
porc (ventresca ''lard salé'', garr6 ''jarret'' et sagi
''panne salée u n p eu rance''), des couennes, des aba­
tis de volaille, avec huile d'olive et safran, combinés
avec une pilota ''pelote'', boule de viande de porc ha­
chée et assaisonnée, que l'on coupe en tranches ; pour
141

l a seconde formule, on ajoute du boudin blanc ( boti­


farra), et l'on sert séparément bouillon, légumes et
viandes.

A côté de ces préparations partout connues, Va­


lence s'enorgueillit de sa paella (litt. ''poële'', du latin
PATELLA) p artout appréciée, plat de riz safrané cuit
dans une grande poële ( en valencien . . paella ! , mais
.

dite auj ourd'hui paellera) avec de l'huile d'olive, des


légume s , des morceaux de poulet, du porc et / ou des
fruits de mer (seiches, moules, langoustines).

La côte (région de C adaquès, Costa Brava, Ma­


resme) prép are le poisson de roche en suquet : après
avoir cuisiné un sofregit - oignon, tomate, poivron, ail
et p ersil hachés menus et frits à l'huile d'olive - , on
ajoute les p oissons et on fait cuire le tout.

Le Roussillon affectionne les cargolades, repas


d'escargots grillée consommés en plein air. Passés
sur la braise, les mollu sques sont flambés à l'aide
d'une ba1·de de lard puis sont dégustés en alter­
nance avec de la saucisse , du boudin et des côtelet­
tes également grillés à la braise, le tout accompa­
gné d'un bon vin rouge ou rosé traditionnellement bu
au porr6 (''gourde'').

La même province prépare volontiers le salp iquet


de mongetes ''haricots en saupiquet'', avec ou sans
botifarra ''boudin'', qu'accompagnent non seulement

>

..
142

de l'ail , des oignons et des condiments, mais aussi


de la cansalada ''lard salé'' et de la saucisse demi­
sèche, le tout cuit, bien entendu, à l'huile d'olive.

Quant aux desserts et préparations sucrées, le


plus connu est sans doute le mel i mat6 , fromage de
chèvre frais suffisamment consistant accompagné de
miel. Très appréciée même en dehors du pays est
l a crema catalana et sa variante cremada ''brûlée'' :
le lait sucré, où l'on a fait infuser de la cannelle, une
écorce de citron et de la vanille , est versé bouillant
dans une terrine où sont mêlés œufs, fécule et sucre ;
p rogressivement portée à ébullition, la crème épais­
sit, et est ensuite servie très fraîche dans des jattes.
Pour confectionner la cremada, il faut des grains
d'anis vert, du sucre semoule, de la farine et de la
''Maïzena'' ; après un.e cuisson analogue, on saupou­
dre de sucre la crème refroidie, sur laquelle on appli­
que un fer rouge jusqu'à caramélisation. Hors du
Principat, Majorque s'illustre par ses ensaïmades,
p réparation complexe à base de farine et de levain,
auxquels on incorpore des œ ufs pour constituer une
p âte qui doit reposer, après quoi l'on joint du sucre,
de l'huile, de l'eau tiède et de la farine jusqu'à obte­
nir une pâte ferme et lisse que l'on étire et découpe
en longues lanières mises ensuite à fermenter puis
on les p arfume et on les met au four, destinées à être
fourrées de bien des façons, avec des ''compléments''
salés ou sucrés . Enfin, le Roussillon confectionne des
rosquilles, biscuits fondants en forme de bracelets et
143

enrobés dans du sucre glacé ; tandis que le b iscuit


combine simplement farine, sucre, matière grasse,
glucose, miel, poudre de lait, bicarbonate d'ammo­
niaque, œufs durs et eau , c'est le glaçage qui est déli­
cat, car il faut monter des blancs d'œufs �n neige et
verser dessus très vite le sucre cuit au ''soufflé'',
après quoi l'on trempe les rosquilles dans ce glaçage.
'

A signaler aussi les torrons ( torr6) ''tourrons'' et les


pa1iellets, p etits fours en pâte d'amandes.

Les vins

1. C atalogne-Nord : Rivesaltes, Muscat de Rive­


saltes, Banyuls, Maury, Côtes de Roussillo1i et Côtes
de Roussillon Villages, Collioure, Vins de Pays ( Val
d'Agly, Côtes Catalanes , Coteaux du Fenou illèdes ,
Pays Catalan, Pyrénées Orientales).
II. C at alogne-Sud : Dénominations d'Origine :
Alella, Empordà-Costa Brava, Conca de B arberà,
Pe1iedès, Tarragona, Priorat, Terra Alta, Vi1is Escu­
mosos-C ava (mousseux), Vins Qualificats . D e même
aux B aléares et à Valence ( moscatells : ''muscats'').

* *


La présence catalane
dans le monde

(Seuls sont pris ici en compte le Principat et le Val


d'Aran ; v. aussi Le Roussillon pp . 148-9).
'

A la C atalogne correspondent 6,3 % du territoire


de l'Etat espagnol , 15 ,9 % de ses habitants, 16,6 %
de sa p opulation active, 19,3 % du PIB. Du point de
vue de l'économie, c'est la portion la plus dynamique
et la plus ''avancée'' de la Péninsule Ibérique.

Institutions politiques d'auto-gouvernement :


Présidence de la Généralité (Jordi PUJOL I SOLEY en
1 998), Parlement de Catalogne, Gouvernement de la
Généralité (Départements du Bien-être social, de la
Culture, de !'Economie et des Finances, de ! 'Ensei­
gnement, de Gouvernement, de l' Industrie, du Com­
merce et du Tourisme, de la Justice, du Milieu Am­
b iant (notre ''écologie''), de la Politique territoriale et
des Travaux publics, de la Présidence, de la Santé et
de la Sécurité sociale, du Travail) ; en outre un Syn­
dic des litiges (greuges), un Syndic des Comptes et un
Conseil Consultatif.

Promotion extérieure . Elle inclut 14 entités :


-

Commission aux Actions Extérieures (Aire européen­


ne, aire extra-européenne et de coopération), Centre
d1nformation et de Développement des Entreprises
145

Commissio1i Interdépartementale de Recherche et


d1nnovation Technologique, Commission de Promo­
tion de l'Enseignement du catalan dans les universités
hors du secteur territorial de la Catalogne, Consor­
tium Catalan de Promotion Extérieure de la Cu lture,
Consortium de Promotion Commerciale de Catalogne,
Consortium de Promotion Touristique de la Catalo­
gne, Euro Info Centre, Centre Européen des Régions,
Institut Catalan de la Méditerranée, d'Etudes et de
Coopération, Institut Catalan de Coopération Ibéro­
américaine, Institution des Lettres Catalanes, Offici­
ne de Coopération Educative et Scientifique avec
l'Union Européenne, Patronat Catalan Pro Europa,
enfin Société de Promotion des Exportations Cata­
lanes.

Entités catalanes à ''proj ection extérieure '' :


9 Universit:és (U. de Barcelone, U. Autonome de Bar­
celone, U. Polytechnique de C atalogne, U. Pompeu
Fabra, U. Ramon Llull, U . Ouverte de C atalogne, U.
de Girona, U. de Lleida, U . Rovira i Virgili à Tarra­
gone). 14 Chambres de commerce, qui visent des buts
variés, 6 1 O . N. G. ( organismes non gouvernemen­
taux), tous membres de la Fédération C atalane des
O.N.G. , 36 autres entités culturelles . En outre des
Conventions de coopération universitaire, signées par
Ba1·celone avec Oiiate, Alcala de Henares, Murcie,
Murcie-Séville et Salamanque, !'Enseignement à
Distance, l'Univ. Menéndez y Pelayo (cours interna­
tionaux de Pedralbes) , ibid0 activités conjointes ; par

..
1 46

l'U. Pompeu Fabra avec l'U. Autonome de Mad1·id,


p ar l'U. Rovira i Virgili av. Burgos. Le catalan est
enseigné dans de nombreuses universités euro­
péennes, en Espagne ( 1 1 universités + 6 autres cen­
tres), en France (Aix-en-Provence, Besançon, Bor­
deaux, Grenoble, Montpellier, Paris - Centre d'Etu­
des C atalanes et St-Denis - , Rennes, Toulouse,
Perpignan), en Allemagne ( C ologne), en Grande-Bre­
tagne (Bristol, Cardiff, Liverpool , Londres, Oxford et
Swansea), en Hongrie (Budapest), en Italie (Sassari
en Sardaigne), en Pologne (Cracovie) et en Rouma­
nie (Bucarest). Enfin, la C atalogne se trouve repré­
sentée, commercialement, politiquement et/ou
culturellement dans 1 13 pays du monde entier

Comtats (''comtés'') Catalans (la ''Catalunya


vella'', noyau central, v. la carte 3) : en 893, date de
leur séparation du royaume Franc, ils étaient au
nombre de douze : au N de la chaîne, Rossell6 (Rous­
sillon), Confient, Vallespir, Cerdanya, (Cerdagne, en
partie espagnole aujourd'hui), au S Urgell, Pallars
( Jussà et Sobirà), Perelada-Empuries, Besalu, Osona,
Lerga, Girona et Barcelona.

Provinces actuelles (outre l'Andorre et les Pyré­


nées Orientales françaises, v. carte 2 ) : Girona, Cata­
lunya, Lleida (Lérida), Tarragona, Castello de la
Pla1ia, València (Valence) , Alacant (Alicante), Ma­
llorca (Maj orque).
147

Pourcentage de cat alanophones : les estima­


tions actuelles sont les suivantes : région centrale
64,2 1 % de l a population, valencien 20,96 %, b aléare
7 ,45 % , région nord-occidentale 7 ,38 % ; nous n'avons
p as de statistique pour les autres régions. Au sud,
l'immigration est considérable, surtout dans les no­
yaux industriels ou/et touristiques (Barcelone, nord
d'Alicante).

Inforrnations variées

En 1 993 (Jeux Olympiques de Barcelone) , pour la


seule C atalogne, excluant donc le Roussillon, la
Communauté de Valence et les Baléares, l a super­
ficie du domaine était de 3 2 000 km2 ; il comptait
6 060 000 habitants ( âge moyen : autour de 38 ans) .

Huit aéroports desservent : Perpignan, Girona,


Sabadell , B arcelone ( de loin le plus important),
Reus, en outre les Baléares, l'Andorre et Valence.

En 1991, l a densité de population était de 190


'

au km2. B arcelone comptait en 1 986 2 . 5 04.582 ha-


bitants. Viennent ensuite Lleida, Tarragona, Mata­
r6 et Girona. En Catalogne, 5 1 ,6 % de la p opulation
est employée par les ''services'' - 28,4 % de services
commerciaux, 20, 4 % de services publics, 1 1 ,3 % de
services divers de type commercial, 9,8 % dans les
transports et les communications, 30 , 1 % ailleurs) ,
35,4 % dans l'industrie, 8,2 % dans la construction,

..
148

4,6 % dans l'agriculture dont 62 ,6 % concernent


l'élevage et 3 3 ,8 % l'agriculture proprement dite.

Structure politique du Parlement : sur 135


sièges, 70 (46 % de voix) au parti nationaliste et cen­
triste Convergència i Uni6 , 40 (27 ,4 % ) au Partit dels
Socialistes de Catalunya, 1 1 (7 ,9 %) à l'Esquer1--a
(''Gauche'') Republicana de Catalunya , 7 à chaque
parti extrême : à ''gauche'' l'Iniciativa per Catalu­
nya (6,5 %), l'union du Partit Socialista Unificat de
Catalunya et de l'Entesa (''Entente'') dels Naciona­
listes d �Esquerra , à ''droite'' le Partido (castillan r )
Popular (3 ,3 %).

Le Roussillon

Cette terre traditionnellement catalanophone, régulièrement


évoquée dans ce qu i précède, n 'a pas bénéficié de la diffu sion
culturelle que l'autonomie assure au "sud': si bie1i que chiffres
et statistiques la concernant, ne pouvant provenir d'une "ré­
gion'' administrative qui la mêle au Languedoc, nous ont été,
sous les espèces d'une "Carte d'identité'' pu bliée en 1 994 (re­
censement de 1 990), aimablement fournis par le Conseil Géné­
ral des Pyrénées Orientales, département à peu de chose près
i deritifiable à la ''catalanité'' française.

Le département - arrondissements de Perpignan,


C éret et Prades - comptait en 1 990 près de 365 000
habitants ( dont 7 , 1 % d'étrangers) ; la tendance à la
baisse démographique se trouve mal compensée par
149

l'immigration. P1--è s de 144 000 habitants n'exer­


çaient aucune activité professionnelle, s'aj outant à
plus de 80 000 retraités. Parmi les ''actifs'', on comp ­
tait p rès de 44 000 employés et de 40 000 ouvriers ,
de 23 000 ''professions intermédiaires'' (?), de 16 000
artisans, commerçants ou chefs d'entreprise, de 1 1
500 cadres et ''professions intellectuelles supérieu­
res'', enfin presque 7 500 agriculteurs et exploitants .
L'agriculture est de qualité : les PO se situent au 5e
rang des dép artements fruitiers français, au se des
dép. légumiers, au 14e des dép . viticoles (cf. p . 162).
On compte p eu d' industries (concentrées surtout au­
tour de Perpignan ) : chocolat en tablettes (leader­
ship europ éen ! ), puis conserves de fruits et légumes
ainsi que matières plastiques essentiellement. L e
secteur ''tertiaire'' (commerces et services) est hyper­
trophié - le commerce, souvent saisonnie1· (touris­
me), est très dense (''Grand Saint Charles'' à Perpi­
gnan, ''distriport'' du Boulou , rôle de Port-Vendres).
Enfin le tourisme est privilégié (les PO sont le dé­
p artement le plus riche en monuments classés).
L' Université de Perpignan, créée en 1349 mais en fait
développée seulement à p artir de 195 7 , se consac1·e
essentiellement aux Sciences Humaines ( dont l'en­
seignement du catalan) puis aux Sciences Exactes et
Expérimentales.

Aux Catalans célèbres cités dans les chapitres


consacrés à l'histoire ou à la culture viennent s'ajou­
ter les non1s des Roussillonnais Hyacinthe RIGAUD


150

( 1659- 1 743), né à Perpignan, portraitiste de la


famille royale, François ARAGO ( 1 786- 1853) , né à
Estagel, astronome, physicien et homme politique,
et Joseph JOFFRE ( 1852- 193 1), né à Rivesaltes, ma­
réchal de France, l'un des vainqueurs de la guerre de
1 9 14- 1 9 1 8 .

Quant aux Catalans ''méridionaux'' , <l'outre-Py­


rénées, qui illustrent leur terre ou l'illust11aient
-

hier, on citera (* = ''décédé'') :

Ecrivains : Lola ANGLADA (+ illustratrice), Xa­


vier BENGUEREL I LLOBET, Joan BROSSA, Pere C AL­
DERS, Josep Maria CASTELLET (critique et essayis­
te), Alexandre C mrcr I PELLICER (+ critique d'art), J.
M. C ORREDOR MA1'HE OS, Joan FERRÀNDIZ (+ illus­
trateu11), Sebastià GASCH (critique et essayiste),
Pere GIMFERRER, Josep Maria LLOMPART, Terenci
MOIX, Rosa R EGÀS (éditrice), Joan SALES, Antoni
TÀPIES I BARBA, Francesc VICENS (+ homme politi­
que), Jaume VIDAL 1 ALCOVER, Llorenç VILLALON-
,

GA, Angel ZûNIGA (+ journaliste).

Scientifi ques : Ramon ARAMON I SERRA (philo­


logue), Antoni BADIA I MARGARIT (linguiste) , Heri­
bert BARRERA (savant, homme politique), Pere B O­
HIGAS ( érudit), *Carles B UÏGAS (ingénieur en fontai­
nes lumineuses), Josep Maria de CASACUBERTA I
R OGER (philologue, éditeur), Miquel C OLL I ALEN­
TORN (historien, homme politique), Germà COLON
151

(linguiste), Fabià E STAPÉ (économiste), Josep F ER­


RATER I MORA (philosophe, essayiste), Francesc de
.

Borja MOLL I CASASNOVAS (linguiste), *Joan Ü RÔ


(biochimiste), Lluis P ERICOT (historien), Marti de
RIQUER (érudit), Manuel SANCHIS GUARNER (linguis-
.

te), Joan VENY (linguiste), Pau VILA (géographe).

Médecins : *Ignasi B ARRAQUER et Joaquim BAR­


RAQUER I MONER (ophtalmologistes), *Francesc D U­
RAN 1 REYNALS (cancérol ogue), *Antoni PUIGVERT,
Josep TRUETA.

Artistes : peintres : E duard ARRANZ BRAVO , Ra­


fael BARTOLOZZI, Rafael B ENET (+ théoricien ) , Anto-
,

ni C LAVÉ (+ sculpteur), Maria GIRONA, Angel JOVÉ


(+ illustrateur et acteur . . . ), Antoni LLENA, Joan
PONÇ, Pere PRUNA, Albert RÀFOLS-CASAMASA, Josep
RENAU (+ h . politique), *Antoni TÀPIES ; sculp teurs :
Xavier C ORBER I ÜLIVELLA, Apel·les FENOSA, Josep
GRANYER, Josep GUINOVART, Frederic MARÈS, Josep
REBULL, Josep Maria SUBIRACHS ; musiciens : Xavier
B ENGUEREL I GODÔ, *Montserrat C ABALLÉ (canta­
trice), Josep C ARRERAS (artiste lyrique), Gonçal C ü­
:MELLAS et Xavier C UGAT ( interprètes), Al icia de
'

LARROCHA (pianiste), Victoria dels Angels L OPEZ


(cantatrice) , ''RAIMON'', p seud. de Ramon P ELEGERO
(chanteur), Antoni R os MARBÀ (chef d'orch .), Jordi
SAVALL ; architectes : Ricard B OFILL I LEvf, Oriol BO­
HIGAS (+ urbaniste), Llufs C LOTET, J. A. C ODERCH
DE SENTMENAT, Federico C ORREA, Elisabeth GALi,

..
152

Nicolau Maria RUBIÔ I TUDURf, Josep Lluis S ERT ;


autres domaines : Nestor ALMENDROS ( metteur en
scène) , Josep ANDREU (couturier), Josep Joan B IGAS
LUNA (metteur en scène) , Albert B OADELLA (acteur),
Francesc CATALÀ ROCA (photographe), Antoni C U­
MELLA (céramiste), Carles FERRER I SALAT (impre­
sario et h . politique), Josep Maria FLOTATS (acteur),
Pasqual IRANZO (autodidacte, coiffeur d'art), ''JOHN­
SON'' p seud. de Francisco Barnaba MANES (a1·tiste
de variétés), Josep LLORENS ARTIGAS (céramiste),
'
- ' '

Joan MAGRINA (chorégraphe), Angel MARSA I BECA


(critique, promoteur et professeur d'art), Manuel
PERTEGAZ (couturier), Antoni R IBAS (metteur en scè­
ne), ''C HARLIE RIVEL'', p seud. de Josep ANDREU I
LASSERRE (clown).

·Journalistes : Carles de GODÔ (Impresario) ,


Nèstor LUJAN, Lluis PERMANYER (+ scientifique).

Hommes politiques : Pasqual MARAGALL, Jau­


me MIRAVITLLES (+ écrivain), Jordi PUJOL, Joan An­
toni S CH (v. p . 1 5 6), Narcis SERRA, Josep
TARRADELLAS.

Avocats : Arcadi GARCIA (+ histo1·ien).


Noms de personne

Pour les prénoms, v. ci-après ; on trouve dans cet


ouvrage assez de noms de fa1nille (écrivains ou
artistes, p ersonnages historiques ou politiques, etc.)
pour qu'on n'y revienne pas ; cf. aussi les noms de
lieux, qui seront traités à p art.

Prénoms : sont cités uniquement ceux dont la


forme catalane diffère de la forme française, sauf les
types terminés en - i pour le f1·. -e - Emili p . E mile - ,
ou en -à, - i, -6 p . -ain, -in, -on - Sebastià, Valenti,
Sim6 p . Sébastien, Valentin, Simon etc.) :
'

Alicia Alice, Amadeu Amédée, Andreu André, An-


gel Ange, À ngels (Sainte) Marie des Anges/M.-Ange,

Anton(i) Antoine, Aquil· les Achille, Arnau, Arnald Ar-


naud, Bartomeu Bartholomé, Beatriu Béatrice, Be-
1iet Benoît , Berenguer Bérange1·, Bernat Bernard,
Blai Blai s e , Brigida Brigitte, Bru Bruno, Carles
Charles, Cebrià Cyprien, Cinto - ta dim. de Jacint -a,
Ciset dim. de Narcis, Clara Claire, Climent C lément,
Crispt Crépin, Cristàfol, -for C hristophe, Desider'i Di­
dier, Dionis Denis, Domènec D ominique, Edita Edith,
Edua1,.d E douard, Enric Henri, Esta1iislau Sta11is­
las, Estefania Stéphanie, Esteve Etienne, Fab ià Fa­
bien, Felip Philippe, Feliu, Fèlix Félix, Fermi Firmin,
Ferran Ferdinand, Fernand, F1·ancesc François, lu
Yves, Jacint -a Hyacinthe, Jo1�di Georges, lgnasi

.,
154

Ignace, Jaume Jacques, Joan Jean ( dimin. Jan,


Joanot), Joaquim (dimin. Quim, Quimet) Joachim,
Josep Josep h , Laia dimin. d' Eulàlia Eulalie, Llàtzer
Lazare , Lle6 Léon, Llorenç Laurent, Lluc Luc, Lluci
Luce, Llucià Lucien, Lluis Louis, Manuel (dimin.
Manel) E mmanuel , Març Martial , Marcel·li Marcel­
lin, Mateu Mathieu, Maties, Macià Mathias, Miquel
Michel, Narcis Narcisse, Nicolau Nicolas, Oliver,
-veri Olivier, Pasqual Pascal, Pau Paul, Felip Philip ­
pe, Pep dimin. de Josep, Pere (dimin. Peret, Perot)
Pierre, Peronella Pétronille, Ponç Ponce , Quim(et) v.
Joaqu im, Quinti Quentin, Raf(a)el Raphaël , Ramon
Raymond, Raquel Rachel , Raül Raoul, Remigi Rémi , ·
Renat René, Ricard Richard , Roderic Rodrigue, Rot­
llan, Rotllà Roland, Sadurni Saturnin, Salvador
Sauveur, Seraff, Séraphin, Teobald Thibaut, Teodor
Théodore , Teofil Théophile, Tomàs Thomas , Ton di­
min. de Anton(i), Vicenç -cent Vincent, Violant Yo­
lande, Zefe1.. i, -firi Zéphyrin ; prénoms inconnus en
français ( m == masculin, f = féminin) : Apel·les m,
Arcadi m, Carmel m, Concepci6 f, Elisenda f, Gonçal
m, Heribert m, Marià m, Mercè (cf. cast. Mercedes) f,
Mo1itserrat f, Nuria f, Oriol m, Pompeu m, Rodas f,
'

Terenci m, VictiJria dels Angels f.

* *
N oins de lieux

Les noms de lieux, ou ''toponymes'', ici choisis


sont ceux dont l'origine se trouve peu ou prou connue,
ou que chaque p ersonne intéressés par la C atalogne,
des deux côtés des Pyrénées, a en mémoire . C ertains
sont connus depui s !'Antiquité, sans que la tradition
nous ait conservé leur signification - les nombreux
noms dont on tente de reconstruire aujourd'hui l 'ori­
gine ''p rélatine'' mais qui sont restés inexpliqués
sont laissés de côté. Les formes entre p arenthèses
sont les formes catalanes.

Petit glossaire de termes toponymiques :

bany ''bairi'' castell ''château'' castellar ''château et


' '
dépendances'', coll ''col'', cova ''grotte'', espluga ''grot-
te'', estany ''étang'', ferrer -a ''contenant du fer , lié(e)
au fer'' fi.o nt ''fontaine source'' maçana ''p omme''
' ' ' '
masia ''ferme et dépendances'', mont ''mont, monta-
gne'', palau ''p alai s'', pera ''(top on. ) pierre'', pla
plans ''zone(s) plate(s), pl ane( s)'', plana -es ''p lai­
ne(s)'', pobla ''grand village'', poble ''village'', port
''port'', prat(s) ''pré(s)'', prada -es ''grand( s ) p 1·é(s)'',
puig ( [p outch] ) ''colline, mont'' (en français Puy - cf.
l 'Auvergne - , en occitan P(u)ech, Pouy), riba -es ''ri­
ve(s )'', ribera ''terrain longeant un cours d'eau'', riu
''ruisseau , rivière'', roda ''roue , (tapon . ) défriche­
ment'' rod6 -ona ''1·ond(e)'' selva ''forêt'' serra -es
' ' '

..
156

''crête(s) de montagne'', seu ''siège, cathédrale'', ta­


verna ''cabaret'', tor(re) ''tour'', ull ''(œil ), source'',
vall ''vallon , vallée''.

Notes : 1° Es, Sa, S' p euvent être des vestiges de


l'ancien article es, sa, s ' issu de IPSE IPSA au liet1 de
el, z: la héritiers de ILLE ILLA (cf. p . 92 le catalan des
Baléares). 2° On rencontre souvent - cf. l'ancien oc­
citan - une p articule en précédant les noms de per­
sonnes, du reste toujours en usage : En Pere ''Pierre'',
E1i Jau me ''Jacques'' etc. ; p récédée de l'élément çô
ou so ''chez'', la particule devient So1i ou So'n, fré­
quent aux B aléares , v . Son Cervera etc . , c'est-à- dire
''chez C ervera''. 3° Dans les terminaisons -ach, -ich,
-anch, -ench, orthographes vieillies, la lettre h n'a
aucune valeur : lire -ac, -ic, -anc, -enc.

Roussillon : Albères (chaîne) (Alberes) ainsi appe­


lées sans doute pour leur couleur blanche (lat. AL­

BUS * ALBARIAS ), Amélie-les-Bains (Banys d'Arles)


:

nommé en 1840 d'après le nom de la reine Amélie,


femme de Louis-Philipp e , Argelès (Argelers) cf. ''argi ­
le'', Les Aspres (Els Aspres ) ''Les (montagnes) âpres'',
Ax-les-The1·mes ''Eaux- . . . , Banyuls diminutif (pluriel)
"

de bany ''bain'', Bourg-Madame ainsi nommé en


1815 p ar l e duc d'Angoulême (La Guingueta d'Ix, ce
dernier nom rapproché p ar J. C OR01\1INES du basque
etxe ''maison'') , Casteil ( Castell) ''château'', Cerdagne
( Cerdanya) prélat. CERETANIA (cf. les CERETANI ''Cer­
dans'', p euple local ), Céret v. le précédent, Château-


157

Roussillon ( Castell Rossell6 ) v. Roussillon, Collioure


( Cotlliure) prélatin (ibère ?) CAUCO ILLIBERIS , Elne du
lat . H ELENA, nom de la fille de l'emp ereur C ONS­
TANTIN, Eus ''chêne-vert (franç. ''yeuse'')'', Finestret
''p etite fenêtre'' au sens de ''passage'', Fontfrède
(Fontfreda) ''source froide'', Fontpédrouse (Font pe­
drosa) ''Source pierreuse'', Fontrabiouse (Font rabio­
sa) ''Source rageuse'', Font Romeu ''Source du pèle­
rin'', Ille-sur-Têt (Illa del R iberal) ''île sur l a Têt (île
de la rivière)'', La Llagonne (La Llaguna) ''la lagu­
ne'', Mont-Louis (Mont-Lluis) place-forte fon dée par
Vauban en 1 68 1 , dédiée à Louis-XIV, Nohèdes (Noe­
des) ''noyers'', Palau del Vidre ''palais du verre'', Pra­
des ''prai1·ie s'', Puymorens (col de-) ( Pimorent, coll
de -) de Puy francisation d·e Puig + ''brun'', Planès
PLANITIES ''plaine'', Le Perthus (El Portus) ''le trou, le
passage'', cf. ''pertuis'', avec attraction de port ''col'',
Rivesaltes (Ribesaltes) ''rives hautes'', Roussillon
(Rossell6) l atin RUSCINIO -ONIS, Salses ''source(s ) d'eau
salée'', Serrabone ( Serrabona) ''bonne crête'', Serra- ·
"longue ( Serra llonga ) ''crête l ongue'', Sorède ( Sureda)
''forêt de chênes-l ièges'', La-Tour-de-Carol (La Tor
de Quero[) Querol nom de rivière cf. quer prélatin ''ro­
cher'', Vallespir de VALLIS ASPERIUS/-RIOR ''vallée plus
âpre'' cf. ''Les Aspres'', Velmanya ( Vallmanya) de
VALLIS MAGNA ''la grande vallée'', Le Vernet ''La Sau­
laie''.

''Principat'' : Arenys de Mar ''terrains sablonneux


(de la mer)'', Badalona p rélat. (BiETULO -ONIS , -ONA)

..
158

Banyoles sans doute ''petits bains'' (bany), Barcelo­


na de BARCINO -ONIS ' pl us tard BARCILO -ONIS et BAR­
CINONA, BARCILONA, nom prélatin, Bellver ''Belle vue''
(cf. en français Beauvoir, occitan Bèl Véser / Belbèze),
Besalu du celtique BISALDUNUM), La Bisbal ''La
(possession) de l'évêque ( bis be)'', Bla1ies (BLANDAS)
''(les eaux) douces'', Cadaqués sans doute dérivé de
càdec ''cade'' (botan. ) , Caldes de Mo1itbui ''(Eaux)
chau de s de M.", Calella ''petite calanque'' ( cala),
Calonge ''chanoine'', Camprodon ''champ rond'', Ca­
net ''cannaie'', Capmany (MAGNUS ) ''grand cap'', Cas­
tellfùllit ''château feuillu'', Castello ''grand château'',
Castellvi ''château vieux'' ( vill p. vell ''vieux''), Cent­
celles ''cent cellules'' (v. p . 1 1 7), Cruïlles ''p etites
croix'' ( creu), L'Escala ''l'échelle/le port'' - cf. ''escale''
,I'

et ''Echelles du Levant'', Figueres ''figuiers'', Folgue-


roles ''p etites fougeraies'', Peratallada ''pierre tail­
lée'', Girona prélatin cf. nos Gironde et Garonne,
Hostalric ''riche demeu1..e'', La Jonquera ''Les joncs'',
Lleida (cast . Lérida) de l'ibère ILERDA - cf. la base
ibéro-b asque ili, iri ''ville'', Llobregat (rivière) du lat.
RUBRICATUS ''rougi'', cf. ses eaux ferrugineuses, Lloret
(de Mar) ''bosquet de l auriers'', Maçanet (de Ca­
brenys) cf. en Rous sillon La Massane (La Maçana) ''la
pomme(raie)'' (cf. le cast. manzana), Montbla1ic -
Montroig ''Mont blanc, Mont rouge'', Montserrat
''Mont coiffé de crêtes'', Peralada ''pierre large'', lat.
PETRA LATA, Poblet ''petit village'', Puigcerdà ''col­
line cerdane , de C erdagne'', Queralbs (Nuria) semi­
prélatin ''roches blanches'', R ialb ''ruisseau blanc'',
159

Sallent ''cascade'', Sasserra ''la crête'' (article sa),


Sacalm ''la pâture en montagne'' (id0), La Seu
d'Urgell ''le siège (épiscopal)'' + un dérivé du basque
ur ''eau'' (C OR01\11NES), Sitges ''silos, fosses'', Tarra­
gona prélat. latinisé en TARRACO -ONIS , (cf. Barcelona
etc.), Ullastret ''source (litt. ''œ il'') étroite'', Vallfogo­
na peut venir de VALLEM FECUNDAM ''vallée prosp ère'',
Verdu du celto-latin VIRODUNUM, cf. Verdun, Vic l atin
VICUS ''quartier, village'', Vilafranca del Penedès ''vil ­
lefranche du p ays rocheux''.

Provinces de Lleida, de Valence et d'Alican­


te, Baléares : Alcalà de Xivert mozarabe (Alcalà =
al qalat ''le château''), Benabarre cf. le basqu e Bena­
farroa 1-nabarr- ''Basse-Navarre'', Benicàssim arabe
''descendants de Qasim'', Calaceit arab e qalat zaid
''château de Zaid'', Calassanç id0 ''château ·de Sanç'',
Castello de la Plana ''Grand château de l a plaine'',
Ciutadella ''citadelle'', Sa Conillera ''la lap inière'',
El Grau ''le grau'' (chenal côtier, estuaire, du latin
GRADUS ) , Lasquarri prélatin (basque ? Cf. aussi Les­
car), Llitera ''laitière'', Lluc et Llucmajor mozara­
bes (de LUCUS ''bois sacré'' ?), Maestrat ''domaine
du maître'', Mao ''Magon''
. carthaginois (p ersonne/di-
vinité), Matarranya ''propriété de l'archevêque'', a1· .
matrâniya, Millars ''lieux plantés de mil'', Montanui
''
''montagneux'' ou ''domaine MONTANUS ( suff.
de
prélatin), Morvedre (cast. Murviedro) de MURUM VETE­
REM ''Vieux mur'' cf. les ruines de SAGUNTUM, Les
Paüls ''les marais'', Peniscola ''pé ninsule'', Sa Pobla
1 60

''le g1·and village'', Pollença du lat. POLLENTIA, Riba­


gorça de RIPA CURTIA cf. CURTUS ''court'' = ''rive tail­
lée'', La Sorollera ''le buisson d'aubépines'', Tamarit
de Llitera et Tamariu ''le tamaris ( de Ll . )'', Vallde­
mossa ''vallée de Mûsa (arabe)'', Vilareal ''ville roya­
le''.

Andorre : Encamp ''dans le champ'', Engolas­


œrs ''en + (a)gol ''mare'' + ester ''ruisseau'' ( de .IESTUA­
RIUS ) , Les Escaldes ''les eaux chaudes'', La Massana v.

supra, Pas de la Casa ''col de la maison'', Port d'En­


valira ''col d'E . " v. ci-après, Santa Coloma ''sainte
C olomb e'', Soldeu peut-être (COROMINES) parallèle à
SALDUBA, nom ibérique de Saragosse, Vali1·a de VALE­
RIA nom de p ers . , cf. Envalira.

Val d'Aran (gascon) Es Bordes ''les cabanes''


:

( borda d'orig. germ.), Salardu celtique, de SALARDU­


NUM ''citadelle de la truite'' (v. salar ''truite'' dans
AUSONE ''La Moselle''), Vièlha e Mijaran ''Vieille
(mythique) et mi-Aran'', ce dernier du basque aran
''vallée''.

Toponymes en -à -ana etc . , dér. en -ANUM -ANAM du


nom du propriétaire : Barberà cf. BARBAR(I)US, Cor­
neilla ( Cornellà) CORNELIUS, Espira (Espirà) ASPERIUS,
Maureillas / Mo- MAURILIUS, Organyà sur ORGANIUS,
Perpignan ( Perpinyà) p . - ê . sur * PERPENNIDS , cf. PER­
PENNA attesté comme nom de personne latin, Tauri­
nyà, sur TAURINWS, Vinçà de VINCIANUS.

Quatre poèmes catalans


contemporains


Quatre poèntes catalans
contemporains

Josep Maria LÔPEZ-PICÔ3

Sonet dels recomençaments

Senyor Dolor, serà una nit callada


que v6s vindreu a demanar per mi.
Per escrutar si prest jo us vull seguir,
Semblarà cada estrella una mirada.

L)atenci6 del cel serà admirada


de veure com abans de ser a la fi
he sortit jo mateix a mig camt
i la mà que em donàveu he besada.

Senyor Dolor, després caminarem


fins a la font que v6s sabeu. La bona
virtut de l'aiga, que en constant
[mudança

resta immutable de sa temperança


menarà la conversa que tindrem
en la qual vull parlar-vos d'una dona.

3 1886- 1 959 Barcelone.


163

Sonnet des recommencements

Maîtresse Douleur, ce sera p ar une nuit silencieuse -


que vous viendrez me demander. - Pour scruter si ,
prêt, j e veux vous suivre , - C haque étoile s e mblera
un regard.
·

L'attention du ciel sera étonnée - de voir comment


avant d'arriver à la fin - j e suis parti moi-même à
mi-chemin - et ai baisé l a main que vous me don-

niez.

Maîtresse D ouleur, ensuite nou s cheminerons - jus­


qu'à la source que vous savez . La bonne - vertu de
l'eau , qui en consta:r;tte mutation -

reste immuable par sa tempérance - mènera l'entre­


tien que nou s aurons - dans lequel je veux vous
parler d'une femme.
1 64

Tomàs GARCÉs4

Canç6 de la nit de Sant Joan

Perquè és nit de Sant Joan,


hem encès una foguera.
La gent hi dansa a l'entorn,
se sent olor de ginesta,
hi ha l'eco d'una canç6
que s'allarga a la verneda.
La fiama, sonora, riu
talment un doll d'aigua fresca.,
tan alta que no l'apaguen
amb els seus plors les estrelles.

,,

Es la nit de Sant Joan,


amiga, és la nit encesa
de corrandes i desig ;
mira com la fiama espessa
va prenent el fùstot vell
i la fùllaraca seca.
Dessobre el cant del cucut
i el respir de la verneda
i el tou relliscar del riu,
la teva veu i la meva.
,

4 1901- 1993, Barcelo11e.


1 65

Chanson de la nuit de la saint Jean

Parce que c'est la nuit de la saint


Jean, - nous avons allumé un feu
de joie. - Les gens dansent tout au­
tour, - on sent une odeur de genêt,
- il y a l'écho d'une chanson - qui
se prolonge jusqu'à l'aulnaie. - La
fl amme , sonore, rit - pareille à un
j et d'eau fraîche, - si haute que ne

l'éteignent pas - avec leurs pleurs


les étoiles.

C'est la nuit de la saint Jean -


amie, c'est la nuit enflammée -
de chansons et de désir ; - vois
comme la fl amme épaisse - va
prenant le vieux branchage - et
les feuilles sèches. - Par-dessus
le chant du coucou - et la respira­
tion de l'aulnaie - et le doux frise­
lis du ruisseau, - ta voix et la
mienne.

1 66

Munta clara la canç6


i va callant la foguera,
les dones tenen un breu
instant de benevolença.
Sota la claror del cel
s'exalta el grill, i les herbes
fan més bona olor que mai
ruixades de lluna plena.
El cami encara és més blanc,
pujant la muntanya negra.

Asseguem-nos al pedris
sota la porxada vella.
Demà de bon de mati
• •

irem a missa primera,


quan ens faci el crit del gall


pessigolles a l'orella.
Que tebi l'aire ! No sents
el silenci com de seda ?
Els estels s 'han apagat
pero els eues de llum s'encenen.

Demà de bon de mati


• •

irem a missa primera.


Passarem pels carrerons


fregant les closes finestres ;
hi haurà un ventijol suau
i una llum de primavera.
I direm potser, direm
sense recordar la cendra :
- Ai, el goig d'ésser immortals
com la canç6 i la foguera !

-- - - ---
----- - - -
1 67

La chanson monte claire - et le


feu de joie va se taisant, - les
femmes ont un bref - instant de
bienveillance. - Sous la clarté du
ciel, le grillon s'exalte, et les herbes
- exhalent une odeur plus agréable
que j amais - arrosées de pleine
lune. - Le chemin est encore plus
blanc, - qui escalade la montagne

noire.

Asseyons-nous au perron - sous


le vieux porche - Demain, de bon
matin - nous irons à la première
messe - lorsque le chant du coq
nous fera - des chatouilles à l'oreil­
le. - Comme l'air est tiède ! N'en­
tends-tu pas - le silence comme
de la soie ? - Les étoiles se sont
éteintes - mais les vers luisants
s'allument.

Demain, de bon matin - nous irons


à la première messe. - Nous passe­
rons par les ruelles - frôlant les fenê­
tres closes ; - il y aura un petit vent
doux - et une lumière de printemps.
- Et nous dirons peut-être, nous di­
rons - sans nous rappeler la cendre :

- Ah le bonheur d'être immortels


,

- comme la chanson et le feu de joie !


168

Josep Maria de SAGARRA5

Canç6 de taverna

Al meu pare li vaig dir


que em cerqués una fadrina
.

que em vingues 1usta per mi,


_, . .

ni malt aspra ni malt fina ;


perquè em feia galdir6
i estar sol m 'era malura ;
sortint de missa major,
el ma aviat se'm cura.
Aixô rai !
El casament és un ai.

I ja em teniu festejant,
i les velles se n'alarmen ;
la mossa m'agrada tant
que no poden separar-me'1i.
Em torno magre del cos
i se'm fa l'ànima prima,
quan al llit cerco repos,
el seu record se m'arrima.
Aixô rai !
Que és ben dalç aquest desmai.

5 1894- 1 961, Barcelone.


1 69

Chanson de taverne

'

A mon père je lui ai dit - de


me chercher une petite -
qui me convienne exactement,
- ni trop rude ni trop fme ;
- car je me faisais morose -
et rester seul me rendait
malade ; en sortant de la
grand'messe - mon mal gué­
rit vite ; - Peu importe ! - le
mariage est un malheur.

Voici que je ''fréquente'', -


et les vieilles s'en inquiètent ;
- la fille me plaît tant - qu'on
ne peut me séparer d'elle. -
Je deviens maigre du corps -
et mon âme se fait toute me­
nue - lorsqu'au lit je cherche
du repos - son souvenir me
hante - Peu importe ! - elle est
bien douce cette défaillance .

.,
1 70

M'he donat a l'aiguardent ;


la mossa p lora que plora,
li faig el primer present,
no hi tocava de cap vora ;
quan li he dut el collaret
del neguit era malalta ;
ja no em fan calor ni fred
les besades a la galta.
Aixo rai !
La beguda em d6na esplai.

Ella té el color marcit


com una rosa que es passa,
el pare s'ha enfellonit,
el germà és tot amenaça.
De casa em treuen els dos,
i el despit és qui em governa :
eues baixes com un gos
me n'anava a la taverna.
Aixô rai !
Amb el vi s'adorm l'esglai.

Ara ha trobat un fadri


de molt bona companyia ;
si no es recorda de mi
jo que hi penso nit i dia.
Companys de tavernejar
que veuen les meves penes
em diuen : - Si et va deixar
te'n queden moltes dotzenes.
Aixô rai .1
I l'enyoro més que mai !
171

Je me suis voué à l'eau-de-vie ;


- la fille n'est que pleurs, - je
lui fais mon premier cadeau,
- elle n'y touchait ni de près ni de
loin ; - quant je lui ai apporté le
collier - elle était malade d'abat- ·

tement ; - ils ne me font plus ni


chaud ni froid - les baisers sur la
joue. - Peu importe ! - la boisson
m'étourdit.

Elle a pris un teint fané - comme


une rose qui flétrit, - le père est
furieux, - le frère n'est que mena­
ces. - Tous deux me chassent de
la maison - et je n'écoute plus
que mon dépit : - La queue basse
comme un chien, - je m'en allais
à la taverne. - Peu importe ! -
Avec le vin s'endort la crainte .

Maintenant elle a trouvé un gar­


çon - qui lui fait fort bonne com­
p agnie ;- si elle ne se souvient
pas de moi - moi je pense à elle
nuit et jour - Des compagnons de
taverne - qui voient mes tour­
ments - me disent : - Si elle t'a
laissé tomber, - il t'en reste des
douzaines. - Peu importe ! - Et je
la regrette plus que j amais !
172

Josep Sebastià PONS6

La neu que dorm

La neu que dorm a l'ombra del cami


espera el raig de sol que la beuria. •

El vent geliu me ve a rejovenir.


Del vent geliu l)amor naixia.

Prop del moli de vent per sempre obert


La branca de l'oliu es desespera.
La muntanya amb els camps és un desert
i s'engruna en palets la torrentera.

I jo encara tot sol per recordar


els passos de mos avis tornaria,
seguint la vinya freda i l'alzinar,
ocell perdut, el sol ocell del dia.

6 1886-1 962, Ille- sur-Têt.


173

La 1ieige qui dort

La neige qui dort à l'ombre du chemin


attend le rayon de soleil qui la boirait.
Le vent gelé vient me rajeunir.
Du vent gelé naissait l'amour.

Près du moulin à vent ouvert pour toujours,


la branche de l'olivier se désespère.
La montagne avec les champ s est un désert
et le ravin s'égrène en galets.

Et moi, encore tout seul pour évoquer


les pas de mes ancêtres, je reviendrais,
suivant la vigne glacée et les chênes-verts,
oiseau perdu, le seul oiseau du jour.
1 74

BIBLIOGRAPHIE

(Ouvrages utilisés dans la composition du pré­


sent livre ou recommandés) :

En français :

Marcel DURLIAT,
L'art catalan, Arthaud, Paris , 1963 .
Pompeu FABRA, Grammaire catalane, Paris, éd. Les
Belles Lettres , 4° tirage 1984.
Kalman FALUBA et Karoly MORVAY, Guide de con­
versation Français-Catalan-Espagno l7 , éd. La Ma­
grana, B arcelone, 199 1 .
Eliane T HIBAUT CO MELADE , La cuisine catalane, 2
vol . , éd. Jacques Lanore, Malakoff 1995.
Pere VERDAGUER, Histoire de la Littérature catalane,
éd. Manual s Lingüfstics i Literaris Barcino, Barce­
lone 1 98 1 .
Guide de Tourisme Michelin Barcelone et la Catalo­
gne, 1997.
Les Guides B leus, Pyrénées, édition révisée p ar Jac­
ques LEGROS et Louis TORREGA, Hachette 195 1 .
Les Guides Bleus, Espagne, Hachette 1987 .

Nous nous sommes l argement i11spiré de cet excellent ot1vrage pot1r


co1nposer notre cl1apitre "Conversation coura11te" ai11si que nos deux lexi­
ques, français-catalan et catalan-français.
175

En espagnol :

Antonio B ADÏA MARGARIT, Gramatica hist6rica ca­


talana, éd. Noguer, Barcelone 195 1 .
Antonio B ADÏA MARGARIT, Gramatica catalana I-11 ,
éd. Gredos, Madrid 1980.
Ann LIVERMORE, Historia de la musica espafiola , éd.
Barral , Barcelone, 197 4.
Francisco de B . M OLL, Gramatica histôrica catalana,
éd. Gredos, Madrid, 1 95 2 .

En catalan :

C arles i Rafael C ASTELLANOS I LLORENÇ, Dicciona­


ri francès-català, Diccionari català-francès, é d . Enci­
clopèdia catalana, B arcelona 1979 . .
Joan C OROMINES, Estudis de toponimia catalana,
Editorial B arcino, Barcelona 1965 et 1970.
Enric GUITER, Literatura rossellonesa modern a , éd.
Institut Rossellonès d'Estudis C atalans , Perp ignan
1 973.
Joan VENY, Els parlars catalans (Sintesi de dialec­
tologia), ''Raixa'', éd. Moll , Palma de Mallorca, 1 984 .

....

..
1 77

Lexique français-catalan •

Le catalan ne note pas le timbre ouvert è ô ou fermé é 6 d e s


voyelles si l'accentuation des mots n'exige pas un accent graphique ; nous
l'indiquons alors entre crochets. Pour les verbes, les timbres donnés sont ceux du
radical tonique : "franquejar [è]" signifie : "Pour dire 'il affranchit', prononcer
franqueja avec un [è], c.-à-d. [frënkèjë]". Cela dit se rappeler que la finale des IF
e n -er se prononce [è] : voler "vouloi(' se pro-nonce [buLè] (I' -r des IF est
muette). Pour les verbes "irréguliers", v. pp. 73-76. De plus, m masculin, f
= =

féminin (indications données si le genre diffère du français), Pl pluriel, lllb à


= =

conjuguer comme servir, ainsi "il sert" ser-veix etc. L'astérisque indique un verbe
*

irrégulier..

Abri abric, abrlgall, amagatall, (contre la pluie) aixop/uc


abricot albercoc [è]
absolument pas no. .. gens
accessoire accessori [à)
accident accident, de piéton atropellament [é]
-

accoutumer (s' - ) acostumar-se


accrochage (choc) topada f, xoc [à]
achat compra f
acheter comprar
achever acabar
acier acer [érr]
actualités (radio, cinéma)noticiar m
i

addition (compte) compte [6) m


adieu ! (singulier) adéu, (pluriel) adéusiau
adulte gran -a
aérien(ne) aeri aèria
affiche cartel/ [é] m, - -program-me carte/fera [é] f
affranchir (courrier) franquejar [è]
affranchissement franqueig [è]
âge edat f
agenda cartellera [é] f
agent de la circulation polfcia de trànsit
agiter remenar [è]
agneau anyell [é], be [è], xai
agrandir ampliar·

..
1 78

agrandissement ampliaci6 f
agréable agradable, plaent
aide ajuda, aux1ïi m
aider ajudar ·

aiguille agui/a
ail al/
ailloli allioli (ail i o/J) [à]
aimer estimar
aîné(e) gran -a
.
a1ns1 BIXI
" . ,

air aire, conditionné condi-cionat


- -

ajouter afegir 111 b


alcool alcohol [ëlkouèl]
allée (grande) rambla
aller *anar
allô (demande) escolteu !, (répon-se) digueu !
allumer * encendre [é]
allumette llumf m, (pl.) mistos m
alors aleshores [è), llavors [è],
alpinisme muntanyisme
amande ametlla [è]
amateur -trice aficionat -ada
amende mu/ta •

amer amère amarg -a


amortisseur amortidor [6]
ampoule (électrique) bombeta [è]
amuser *distreure [é]
an any
ananas pinya f
anchois anxova [6] f
ancre àncora, lever I'- sa/par
année any, cette enguany
-

anneau anell, -el/a f [é]


annoncer anunciar
annuaire des téléphones guia telefônica f
août agost (6)
appareil (p. ex. photographique) màquina (fotogràfica) f
appeler cridar, s' - *dir-se, (au té-léphone) trucar
appétit apetit, gana, bon ! que aprofiteu !, bon profit /
-

apprendre (étude) *aprendre [è], (s'informer) assabentar-se [é]


approcher (s' ) acostar-se [à]
-
1 79

après després, - demain demà passat, - -midi tarda •

arbitre jutge
arène (corridas) plaça de taros [è>]
argent (monnaie) diner [é], - li-quide - efectiu
armoire armar1 m
• •

arracher arrencar [è]


arrêt parada f
arrêter (s' - ) aturar-se, parar
arrière (en -) endarrera/-e, en-rera/-e [é]
arriver arribar
artisanat artesania f
asperge espàrrec m
assaisonner condimentar [é]
asseoir (s' - ) * asseure's [è], place assise seient
assez (suffisamment) prou, (pas mal de) bastant
assiette plat m
assistance technique assessora-ment [é] m
assister assistir lllb
assurance assegurança
atelier taller [é]
attaquer atracar
attarder (s'-) trigar
attendre esperar [é]
attente espera [é]
attentivement atentament [é]
atterrir aterrar [è]
atterrissage aterratge
auberge fonda [6], hostal, posa-da, - de jeunesse alberg [è] de joventut m
aucun(e) cap (invar.)
aujourd'hui a vui
auparavant abans
aussi també
automne tardor [6]
auto(mobile) cotxe [6] m
autoroute autopista
aval (en - ) aval/
avant abans, en - endavant
avec amb
avenue a vinguda
averse xàfec m
avertisseur (automobilè) botzina f


1 80

aveugle cec cega [é]


. .
avion av10 , par - aer1 aer1a
. . , '

aviron rem [é]


avocat -e advocat -ad(ess)a
[è]. (fruit) a/vocat
avoir *haver, *tenir, il y a deux ans fa dos anys
avril abri/

Bâche baca
bagages equipatge
bague anell m , -a f [é]
baigner banyar
baignoire banyera [é]
bain bany
bal, salle de ball
-

balai escombra [6] f


balle, ballon pilota [ô] f
banane plàtan m
banc, banque banc m
bande, bandeau bena [è], cinta
banlieue rodalia
banquette butaca
bas (vêtem., pl.) mitges (fpl)
bas(se) baix -a, en aval/ -

bataille batal/a, Qeu de cartes) baral/a


bateau vaixell [ é], à moteur motonau t
-

battu(e) (sport, compétition) perdedor -a [6]


beau belle bel/ -a [ é], form6s -o-a, bonic -a, maco -a, beau-frère, belle sœur
cunyat -ada, beau-père sogre [ô], belle-mère sogra [è] beaucoup (de) molt -a,
plur. molts moites [é]
beauté bellesa [è]
beignet bunyol [è], xurro
béret gorra [6] f
besogne feina [è]
besoin necessitat f avoir de-necessitar (trans.)
-

beurre mantega [è] f


bien bé
bientôt aviat, à fins aviat
-

bienvenu(e) benvingut -uda


181

bière cervesa [è) - brune - ne-gra [è], - pression - de barri/


bijou joia [è] f
bijouterie joieria, de fantaisie bijuteria
-

bile bilis
bitume betum
blanc blanche blanc -a, - de pou-let pit
blanchisserie bugaderia
blé blat
blesser ferir
blessure ferida
bleu(e) blau blava
blond(e) ros -sa [6]
blouse bata, brusa
blue-jeans pantalons [6] texans, - vaquers [ é]
bobine rodet [è] m
bœuf bau [à]
boire *beure [è]
boisson beguda
boîte capsa, postale apartat, aux lettres bustia, en fer blanc /launa
- - -

bon(ne) bo bona [è]


bonbon caramel [è]
bonnet gorra [6] f
bord vora [è] f
bouche boca [6]
boucher (subst.) carnisser [é]
boucherie carnisseria
bouchon tap, (dans la circulation) embussament [é]
boucle d'oreille arracada
boudin botifarra f
boue fang m
bouée de sauvetage sa/vavides m
bouger *moure [à]
bougie bugia, espelma [è]
bouillir bullir
bouillon brou [è]
boulanger flequer [é]
boulangerie fleca [è], forn [6] de pa m
boulette (de viande) mandongui-lla
boulevard rambla
bourse (objet) bossa [6], (établissement) borsa [6]
bout (extrémité) cap


1 82

bouteille ampolla [6]


boutique botiga
bouton bot6, - de manchette de puny
-

boxeur boxador [6], pugH


bracelet polsera [é] f, (en cuir) correlja f
braise brasa
brancard /litera [é) f
branche branca, de spécialité carrera [é]
-

bras braç
brasserie cerveseria
brebis ove/la [é]
bref brève breu breva [é]
brique rajola [è]
briquet encenedor
briser trencar [è]
bronzer bronzejar [è] lotion/ crè-me bronzante bronzejador [6]
brosse raspall m, - à dents ras-pal/et de dents [é] m
brouillard boira [è] f
brouillés (œufs) ous [è] reme-nats
brûler cremar [é]
brûlure cremada, cremor [6], - d'estomac ardor {d'estomac)
brun(e) marr6 , morè -ena, (tabac, cigarettes) negre -a [è]
brunir (peau) torrar [ 6]
brushing, faire un marcar
-

buanderie bugaderia
bureau escriptori [è], oficina f, - de tabac estanc
burette setrill m

Cabinet de consultation médicale consultori [à]


cachet (tampon) matasegell [é], (médic.) pastilla f
cacheter enlacrar, lacrar
cadeau regal
cadre marc
cafetière cafetera [é]
cahier llibret [è], quadern [è]
caille guatlla
caillou c6do/
caisse caixa, d'épargne d'estalvis
- -

caissier, -ière caixer -era [é]


1 83

calcuiatrice calculadora [ô]


calendrier calendari
calmant sedant
calmar calamar
campagne camp m
camper acampar
canne bast6 m, (botan.) canya, - à pêche canya
canard ànec
canelloni canelons
..
canoe1sme p1ragu1sme
, . . .

canoéiste canoer [é]


canot bot [6], - à moteur motora [6]
cap (direction) rumb
capitaine capità pl. -ans
carambolage topada f, xoc [è]
carat quirat
carotte pastanaga
carreau rajola [è] f
carrefour cruilla f, encreuament
carnere carrera
. '

carte (postale etc.) targeta [è], (géog.) mapa


casque (à écouteurs) case
casquette gorra [6]
casser trencar [è]
casserole cassola [è]
castillan(e) castel/à plur. -ans , -ana
catalan(e) català -ana
Catalogne Cata/unya
catamaran patf
cavalier genet [è]
cave cel/er [é]
ce, cette, celui-ci, celle-ci aquest -a [è]
ce, cette, celui-là, celle-là aquell -a [è]
ceci aixà
ceinture cinta, (taille) cintura, ci-nyel/ m, - de sécurité cintur6
de seguretat m
cela, ça allo
céleri api
célibataire solter -a [é]
cellier ce/Ier [é]
cendrier cendrer [é]


1 84

cent cent [é] - ième centèsim -a


centrale téléphonique centrale-ta [è]
cependant mentrestant ; no-gensmenys
cerf cérvol
cerise cirera [é]
cerisier cirerer [é]
cerveau, -velle cervell [é] m
chaîne cadena [è]
chair carn
chaise cadira, - longue gandula
chaleur calor [6]
chambre cambra, habitaci6, - à air cambra d'aire
champ camp
champagne (vin) cava f, xam-pany
champignon bolet
champion(ne) campi6 -ona
change canvi
changement canvi, - de vitesse - de marxes
changer canviar
chanter cantar
chanteur cantant
chapeau cape// [é], barrel [è]
chapelle capilla
chapelure pa rat/lat m
charcuterie xarcuteria
charge càrrec m
chef cap
chaque cada (invar.)
charcuterie cansaladeria
chariot carret [è]
charpentier fuster [é]
charter (vol -) xàrter
chasse caça
chat(te) gat -a
châtaigne castanya
châtaignier castanyer [é]
châtain -e castany -a
château castel/ [é]
chaud(e) calent -a [é]
chauffage calefacci6 f
chausse-pied calçador [6]
1 85

chaussée calçada
chaussette milj6 pl -ons [6] m
.

chausson sabatilla
chaussure ca/çat m, sabata, magasin de - -s sabate�ia f
chauve calb -a
chemin camf pl. ..mins, - de fer ferrocarril, - de ronde ronda, - de traverse
travessia
cheminot ferroviari
chemise camisa
chemisette camiseta [è]
chemisier brusa f
chèque xec, ta/6, carnet de -s talonari
cher chère car -a ; (aimé -e) es-timat -ada
chercher cercar, buscar
cheva1 ca val!
chevet (table de -) tauleta [è] de nit
cheveu cabell [é]
chèvre cabra
chevreau cabrit
chewing-gum xiclet [è]
chien gos [6]
chimique, chimiste quimie -a
Chine Xina
chinois(e) xinès -a
chirurgien cirurgià
choc topada f, xoc [b]
chocolat xocolata f, tablette de - rajola de
-

choisir triar
choquer xocar
chorizo xoriç(o)
chou col [è], - -fleur -i-flor [6]
ciel ce/ [è]
cil pestanya f
cimetière cementiri
cinémathèque filmoteca [è]
cinq cinc
cinquième cinquè -ena
cirage betum, /lustre '

cire cera [è]


cirer encerar, enllustrar
ciseaux tisores [6] fpl


1 86

citadelle ciutadella [é]


cité ciutat
citron /limona [6] f
citronnade llimonada
clair(e) clar -a
clef clau
clignotant intermitent
clôture clausura
clovisse cloïssa
cochon de lait porcell, garrf
cocktail càctel
cœur cor [kôr], avoir mal au - marejar [è]
coiffer pentinar
coiffeur perruquer [é]
coiffure, salon de - perruqueria
col coll [ô]
colère cotera, se mettre en em-pipar-se, enfadar-se
-

colle cola [ô], goma [é], - de bu-reau - d'enganxar


collège co/.Jegi [è]
collégien -enne col·legial -a
coller enganxar
collier collaret [è]
colline puig m
collyre co/.Jiri
combien (de) ? quant(a)?, quants -tes ?
commander ;nanar
comme com [ô]
comment ? com ? [è]
commission (à la charge de qqn) encàrrec m
compétition prova [è]
compliment, mes - -s enhorabo-na ! [ô-o]
composer (un numéro de télépho-ne) marcar
compter comptar, au comptant al comptat
comptoir taule//
concierge conserge [è]
concombre cogombre [6]
conduire *dur
confiserie (culin.) dolços pl.
confit(e) confitat -ada
confiture melmelada
connaissance (faculté) conei-xement [é] m
1 87

connaître *conèixer
constipation estrenyiment [é]
consultation consulta
contrôler comprovar [è]
contrôleur revisor [6]
conversation conversa [è]
convier convidar
coq gal/
coqueluche tas ferina
coquillage marisc
corps cos [è>]
correspondance enllaç m
corsage brusa f
costume trois -pièces tern [è]
côte costa [è]
côtelette castel/a [é]
coton cot6
cou coll [à]
coucher (se - ) * ajeure's [è]
couchette /litera [é]
coudre cosir
couloir passadfs
coup cap [è], de téléphone/de fil telefonada, trucada f
-

coupe (verre) copa [6], (cheveux) ta/lat (de cabells) m


couper tallar
couple pare/la f [é]
coupure ta// m
cour pati m
courant corrent [é), prise de en-dol/ [6] m
-

courgette carbass6 pl. -ons m


courir *carrer
courrier, poste correu [è], (lettres) correspondència f
courroie correlja [è]
cours curs (change) cotitzaci6, tipus de canvi
,

court(e) breu breva [è], curt -a


courtois(e) cortès -a
cousin(e) cosf pl. -ins, -ina
coussin coixf pl. -ins I

couteau ganivet [è]


coûter costar [è], *valer,
.
cornb1en cou"te... ?. corn vaI... ?.

...
188

coutume costum
couturière modista
couvert(e) cobert -a [è], tapat -ada
couverture manta
couvrir cobrir lllb
crabe crane
crayon flapis
crémaillère cremallera [é]
crème crema [é], à la amb ­
-

crèmerie lleteria
crépu(e) arrissat -ada, cresp -a [è]
crevette rose gamba, gambeta
crier cridar
croître * créixer
croquette mandonguilla
croupe popa [6]
cuiller cullera [é]
cuir cuira, pel/ [é] f
cuire *coure [è>]
cu1s1ne cu1na
• • •

cu1s1ner cu1nar
• • •

cuisinier -ère cuiner -a [é]


cuisinière (appareil) cuina
cuisse cu1xa
• •

cuivre coure [à]


culasse culata
culbuter bolcar [6]
culotte bragues (pl.), calces (id0)
cure-dents escura-dents [é]

Dalle rajola [à], //osa [à]


dame dona [è], senyora [6]
daube estofat m
davantage més
débarquer desembarcar
débit (de tabac) estanc
débiter (commerce) * expendre
débrancher desconnectar [é]
décapsuleur obreampolles, [é-è] obridor [é]
1 89

décembre desembre [é]


décigramme decagram
décrocher descolgar [6]
défaite derrota [ è]
défilé desfilada f
dégagé (ciel etc.) c/ar -a
dégonfler desinflar
degré grada f, grau
déjà ja
déjeuner (subst.) àpat, dinar, petit - desdejuni, prendre le petit dé-jeuner
esmorzar [6]
demain demà, à fins- -

demande pregunta
demander demanar
démangeaison picor [6]
démarrage arrencada f, enge-gada f
démarrer arrencar, engegar
demi(e) mig milja, miljà -ana, - de bière canya
demoiselle senyoreta [è]
démonter desmuntar
dent dent [é], queixal m
dentelles puntes (de coixf)
dentifrice pasta de dents f
dentiste odontàleg
dentition, denture dentadura
dépenser gastar
dépôt dipàsit •

depuis des de [é]


déraciner arrencar [è]
déranger molestar [é] (intrans. : je le dérange li molesto)
déraper relliscar
déroute derrota [è], mettre en - derrotar
derrière (adv.)(en)darrera
le [é], enrera/e
descendre baixar, davallar
descente descens [è] m
désir desitg, anhel [è]
désirer desiljar
dessert postres (pl.) [è]
dessin dibuix
dessus sobre [6]

'


1 90

détachant llevataques
deux (masc.) dos, [6] et (fém.) dues
devant davant
développer (film) revelar [è]
devise divisa
dévisser descargolar [è]
devoir *deure [è]
dieu déu
dimanche diumenge [é]
dindon gal/ dindi
dîner sopar [6]
dire *dir
direct (train) (tren) exprés
disloquer, se - desllorigar-se
dispute baralla, disputa
dix deu [è]
doigt dit
domestique (adj.) casolà -ana
dommage (causé) dany, llàstima, desperfecte [é]
doré(e) daurat -ada
dos esquena [è] m
douane duana
double doble [d6bblë]
doubler doblar [6bbl], (conduite auto) avançar-se
douche dutxa
douleur do/or, [6] mal
doux douce dolç -a [6] , suau
dragée confit m
drap llençol [à]
droit(e) dret -a [è], tout - (direc-tion) tot recte [è]

Eau a/gua, - de vie aiguardent, - de toilette/Cologne colônia, - de Javel lleixiu


écharpe bufanda
échauffer (s' - ) esca/far-se
échecs üeu) escacs (pl.)
échelle escala
échine l/om [6] m
échouer fallar
éclairage enllumenat

-
-
- ---- ----- -----
-- - - -- --
)

191

écolier -ière alumne -na, escolar


économie estalvi m
économiser estalviar
écouter escoltar [ô]
écouteur auricular
écrire *escriure
écriteau rètol
écrivain escriptor
écrou femella [é] f
ecume escuma
,

égal(e) igual
égaler igualar
égalité (match nul) empat m
église església
élève alumne -na, escolar
elle(s) el/a elles [é]
émail esmalt
embouteillage caravana f, cua f, embussament
embrayage embragatge
empâter empastar
employé(e) empleat -ada
emprunt man/leu [é]
emprunter manl/evar
encaisser cobrar [à]
enceinte (adj.) prenyada
encore encara, pas encara no
-

encornet calamar
encre tinta
endroit floc [è]
enfant nen -a, -s [è], pl. fills, petits-enfants néts
enfler inflar
enlever llevar [é], *treure [è]
ennuyer (s' ) avorrir-se
-

enrhumé(e) constipat -ada, re-fredat -ada


enrhumer (s'-) refredar-se [è]
enseigner ensenyar [è]
ensuite després
entendre sentir [é] lllb
entremet plat dolç [6]
entrepreneur empresari
entrepôt magatzem [è]

..
1 92

entrer entrar, entrez 1 endavant !


enveloppe sobre [6] m
envelopper embolicar
envie gana
envoi tramesa [è] f
envoyer enviar, * trametre [è] épargne estalvi m
épais(se) gruixut -uda
épaule espatlla
épée espasa
épice espècia
épilation depilaci6
épinard espinac
épingle agui/a de cap
épouse dona [6], mu/Ier [é]
époux esp6s, marit
épreuve prova [è]
équipage tripulaci6 f
équitation hfpica
escalier escala f
escargot cargo/ [è]
escrime esgr1ma
• •

espadrille espardenya [è], saba-ta de te/a [è]


espece espec1a
' . .

esquif esquif
essai prova [è] f, assaig
essayer (em)provar (è], assajar
essence (carburant) gasolina
essieu eix [é]
essuyer e1xugar

esthéticien(ne) esteticista
établissement establiment [é]
étage pis, planta f
été estiu
éteindre apagar
étendre parar
étoile este/ [è] m, estrella [é]
étouffer ofegar [è], à I'- ée ofe-gat -ada
être * ésser, estar (v. gram.)
étrenne estrena [è]
étroit(e) estret -a [è]
étui estuig, funda f
1 93

européen( ne) europeu -pea [è]


eux ells [é]
évanouir (s'-) desmaiar-se
éventail ventai/
éviter parar
expéditeur -trice remitent [é]
expédier * trametre [è] exprès exprés
express (train) tren semi-directe
extraire *treure [è]
extrémité cap m

Façon manera [é]


facteur (courrier) carter [é]
faible feble [fébblë]
faim gana
faire *fer [é]
falloir *caler [è], il faut cal
familier familiar
fard à paupières ombra [6] d'ulls f, ombrejador [6]
fatigué(e) cansat -ada
faute fa/ta
fauteuil poltrona [6], (théâtre) bu-taca f
faux fausse fais -a
félicitation felicitaci6
féliciter felicitar
femelle femella [é]
femme dona [è], mu/Ier [é], - de chambre cambrera [é]
fenêtre finestra [é]
fer ferro [è], à repasser planxa
-

férié(e) festiu -iva


ferme (subst.) granja
fermer tancar
fermeture éclair cremallera [é]
ferré(e) ferrat -ada
festif -ive festiu -iva
fête testa [é]
feu foc [è], - de signalisation semàfor
feuille fui/a
fève fava


1 94

février febrer [é]


fiancé nuvi, promès
fiancée promesa [è]
fiche fitxa
fiel tel [è]
fièvre febre [é]
fil fil, de fer fi/ferro [è]
-

fille tilla, jeune - noia [à], petite nena [è], petite-fille néta
-

film pe/.ffcula f
fils fil/, petit-fils nét
fin (subst.) fi ; - -e (adj.) fi na, prim -a
finir acabar
flamber (cuis.) flamejar [è]
flamme flama
flan flam
fleur flor [6]
flot ona [6]
fluxion de poitrine refredat m
foie fetge [é]
foire tira
fois cop [à], vegada, à la al-hora [à]
-

foncé(e) fosc -a [6]


fontaine font [à], fontana, jail-lissante brollador [6]
-

football futbo/ [à], -eur futbolista


formulaire (imprimé) imprès
fouet fuet [è]
fouiller remenar [è]
four forn [6]
fourchette forquil/a
fourreau funda
foyer l/ar f
fracturer trencar [è]
frais fraîche fresc -a [è]
fraise maduixa
framboise gerd, gerd6
franchise (postale) franqueig [è] m
frapper trucar
frein fre [è]
freinage frenada
freiner frenar [è]
frère germà
1 95

frisé(e) arrissat -ada, cresp -a [è]


frit fregit -ida, (œuf) (ou) ferrat
-

froid(e) fred -a [è]


froisser (au propre) arrugar
fromage formatge
fruit fruita (fém.), marchand de fruiteria, - de mer marlsc
-

fumée fum m
fumer fumar, (fumée) / fumejar, fume-cigar(ett)es broquet [è]
fumeur fumador [ô]
fusil fuse// [é]

Gabardine gavardina
gagner guanyar
garagiste mecànic
garçon noi [è], petit nen [è], - de café cambrer [é], mosso [ô]
-

gardien (d'immeuble, de but etc.) porter [é], (de la paix)guàrdia


gare estaci6
garer aparcar
gargote taverna [è]
garnitures (cuisine) acompanya-ments [é] m
gâteau pastfs
gâter gastar
gauche esquerre -ra [è] à - a l'esquerra
géant(e) gegant
gendarmerie guàrdia civil
genièvre ginebra [é]
génisse vedella [é]
genou genoll [ô]
gibier caça f
gin ginebra [é]
glace (eau congelée) gel [è] m, glaç, (entremet) gelat m, (miroir) mirai/ m
glacière nevera (é]
glaïeul gladiol [è]
glisser relliscar
gonf Ier inflar
goret garrf, porcell [é]
gorge go/a [è]
goûter tastar, ("4 heures'') b(e)re-nar [è]
goutte (liquide) gota [6]
1 96

gradin grada f
graissage gr�ixatge
graisse greix m
grammaire gramàtica
grand (e) gran -a, (taille) ait -a, - père avi, 'mère àvia, s -pa-rents avis
- -

grandir *créixer
gras(se) gras -sa
grave greu [é]
gravure gravat m
grêle calamarsa, pedra [é]
grenade (fruit) magrana
gril graella [é] f, (grilloir) torrador [6]
grillade grae/lada
griller torrar [6], pain grillé torra-da, poisson grillé peix a la plan-xa
grille-pain torrapà
gros(se) gruixut -uda
groupe grup
guichet flnestreta [è] f, taqui/la f
guichetier taquiller [é]
guide (m) guia

Habiller vestir
habit vestit
habitude costum m
habituer (s' - ) acostumar-se
hacher capolar [à]
haché(e) picat -ada
halte (bâtiment) parador [6]
haltérophiliste aixecador [6]
hareng areng [è]
haricot mongeta [è] f, (sec) fesol [à]
haut(e) ait -a, en amunt, a dalt
-

haut-parleur altaveu [è]


hebdomadaire setmanal
hébergement al/oljament [é]
heure hora [à], à tout-à-1' 1 fins ara !, de bonne -d'hora
-

heureux -euse feliç


heurter xocar [è]
hier ahir
1 97

homard llamàntol
homme home [è]
horloge rellotge [è]
horloger re/lotger [é]
horlogerie rellotgeria
hors d'œuvre entrant, re-mès
hôtel-de-ville ajuntament [é]
hôtellerie parador [6] m
hôtesse de l'air assistenta [é] de vol [è], hostessa [è] d'avi6 [6]
housse tunda
hublot finestreta [è] f
huile oli [è] m
huilier setrill
huit vuit
huitième vuitè -ena
huître ostra [è]
humidité humitat
Ici acf, aquf
île il/a
imprimante impressora [6]
imprimé(e) imprès -esa
imprimer imprimir
imprimerie impremta [é]
inconnu(e) desconegut -u- da
infarctus infart
infirmier -ière infermer -a [é]
ingénieur enginyer [é]
inscription (sur liste) matrfcula
inscrire (s'-) matricular-se
instituteur -trice mestre -a [è] (d'esco/a) [è]
interdire prohibir
intérêt interès

intestin intestf, grêle cec [é]


- -

inviter convidar
isolant aillant

Jamais mai
jambe cama
jambon (cru) pernil


1 98

janvier gener [é]


jasmin gessami, /lesamf
jaune groc groga [è]
javelot javelina f
jet d'eau brollador [é]
jeter tirar
jeu joc [è]
jeudi dijous [ô]
jeune jove [é]
jeunesse joventut
joaillerie joieria
joli(e) bonic -a
joue galta
Jouer 1ugar
• •

jouet joguina f
jour dia
journal diari, marchand de journaux dans un kiosque
quiosquer [é]
journaliste periodista
joyau joia [à] f
joyeux -euse alegre -a [é]
juge jutge
juillet juliol [è]
1u1n 1uny
• • •

jupe fa/di/la
jury jurat
JUS SUC

Ketchup catsup
klaxon botzina f

Là a//f, bas al/à


-

laine //ana
laisser deixar [é]
laissez-passer passi m
lait Ilet [é]
laiterie lleteria
1 99

laiton llaut6
laitue enciam m, lletuga
lame de rasoir fui/a d'afaitar
lampe làmpada, l/um, de poche /lanterna [è]
-

lancer llançar
landau cotxet [è]
langouste llagosta [6]
langue l/engua [é]
lapin conill
laque Jaca
lard liard, sagf, (salé/ fumé) can-salada f
large ample -a
lavage rentat
laver rentar[é], lave-linge, machi-ne à - (linge) rentadora [6], lave-vaisselle
rentaplats, renta-vaixe-1/a [é]
laxatif -ive /axant
léger -gère /leuger -a [é]
légume hortalissa f, - -s verts verdura f
lentille l/entia
lessive bugada
lettre (caractère) lletra [è] , (missi-ve) carta
leur(s) //ur (invar.)
lever aixecar, llevar [é]
levier palanca f
lèvre llavi m
levure llevat m
liaison enl/aç m
librairie llibre(te)ria
libre /liure
lieu /foc [à]
lieue llegua [é]
lièvre l/ebre [é] f
ligne lfnia, rat/la
lime /lima
lin Ili
linge roba [à]
liquide, argent diner [é] efectiu, - metà/./ic
-

lire llegir lllb


lis lliri
lisse /lis -a
liste /lista


200

lit /lit, parure de roba [è] de


- -

litière /litera [é]


livre (à lire) /libre ; (poids)
lliura, sterling esterlina
- -

livret de caisse d'épargne llibret (è] d 'estalvis


locomotive /ocomotora [6]
loge llolja [è]
logement alloljament [é]
loger (se )alloljar-se [è]
-

long(ue) l/arg -a, être à faire qqch trigar


-

louer (location)//ogar [à]


lourd(e) pesant, pesat -ada, temps - xafogor [6] f
loyer l/oguer [é]
lui el/ [é]
lumière llum
lundi dilluns
lune l/una
lunettes ulleres [é]
lutte lluita

Macaronis (pl.)macarrons [6]


machine màquina
madame senyora [6]
mademoiselle senyoreta [è]
magasin magatzem [è], - de chaussures calçats
mai ma1g
• •

maillot de bain vestit de bany


main mà pl. mans
maintenant ara
mairie ajuntament [é] m
mais pero, bien sin6
-

maïs blat de moro [è]


maison casa

Majorque Mallorca (anc. Majorca) [à]


majorquin(e) mal/orquf -ina
mal (subst.) ma/ , (adv.)ma/amenf
malade ma/ait -a, tomber erm-malaltir-se
-

maladie malaltia
mandat gir
201

manger menjar [é]


manière manera [é]
manquer faltar, - le train *perdre [è] el tren [è]
manteau abric
marchand(e) venedor -a [6], mercader-a [é]
marchandise mercaderia
marche marxa
marché mercat, (activité) venda [è] f, bon barat -a
-

mardi dimarts
mari marit
mariage casament [é], enllaç , matrimoni [ô], (noces) boda [ô] f
marié(e) casat -ada, jeune -, nouvelle - nuvia
marier, se casar(-se), (prendre femme) amullerar-se
-

marin (subst.) mariner [é]


marinade escabetx [è] m
marmite of/a [à]
marquer marcar
marron (coul.) marr6
mars març
marteau martel/ [é]
massepain massapa
• •

masseur massatgista
match partit, - nul empat,
faire - empatar
matelas matalàs
maternel, école - -le parvulari
matin mati pl. -ins
matinée matinada
mauvais(e),méchant(e)do/ent -a [é], mal -a
mayonnaise (sauce) maionesa [è)
.
mecan1c1en mecan1c
, . " '

méchant (e) mal -a


médecin, femme metge [é]
- -essa [è]
meilleur(e) mil/or [é]
ménage (couple) matrimoni [ô]
mensonge engany
menton barbeta [è]
menuisier fuster [é]
mer mar, fruit de - marisc
mercerie vetes-i-fHs m
merci ! gràcies l


202

mercredi dimecres [é]


mère mare, belle- sogra [è]
merlan (poisson) lluç
message missatge, (commis-sion) encàrrec
mettre posar [è>], tirar ,

meuble moble [è]


microondes (à - ) (a) microones [6]
midi migdia
miel me/ [è] f
mieux mil/or [6]
migraine migranya
mince pr1m -a
• •

Minorque Menorca [b]


minorquin(e) menorquf -ina
minuit miljanit
mire>ir miré1/I
mise en plis (faire une ) marcar
-

moi jo [è]
me>itié meitat
me>laire queixal m
me>n ma, mien(ne) meu meva [é]
monnaie moneda [è], - à rendre canvi m
me>nsieur senyor [6J
me>ntage muntatge
me>ntagne muntanya
monter muntélr, pujar
montre (he>rle>ge) rellotge [è]
me>ntrer ensenyar [è], mostrar [è]
me>rue bacallà m
me>t mot, parélula f, -s cre>isés mots encreuats
me>tard motorista
me>teur motor [6]
mouchoir mocador [6]
me>ule (crustacé) copinya, mus-c/o m
me>urir morir [è]
mousse (savon) escuma
me>ustache bigoti [è] m
moutarde mostassa
me>ute>n molto, xai
me>uvoi r *moure [è]
mur paret [è] f
203

muscle muscul
musicien(ne) music -a

Nager nedar [é]


nageur -euse nedador -a [6]
naissance naixement [é] m
naître * nèixer/nàixer
nappe estoval/es (pl.), toval/a
ne... pas no
neige neu [é]
nettoyage neteja [è]
nettoyer netejar [è]
neuf neuve nou nova [à]
neuvième novè -ena
neveu nebot [6]
nez nas
nièce neboda [6]
niveau nive// [é]
noce(s) boda [6]
noir(e) negre -a [è]
noisette a vellana
noix nou [ô]
nom nom [à], - de famille cog-nom [ô]
non no, plus tampoc [à]
-

nous nosaltres
nuage brama [6] f, nuvol
nuageux -euse ennuvolat -ada
nuit nit, séance de sessi6 de matinada, passer la
- - pernoctar [ô]
numéroter numerar [é]

Objet objecte [é]


occupé (c'est - [téléphone]) està comunicant
œil ull
œillet clave// [é]
œuf ou [ô]
œuvre obra [ô]
offrir oferir lllb

..
204

oie oca [à]


oignon ceba [é] f
ombre ombra [6]
omelette truita
on hom (v. gramm.)
onde ona [6]
on hom (v. gramm.)
onde ona [6]
ongle ungla
onguent ungüent [é]
.
onz1eme onze -ena
' '

or or [àr], - massif or de /lei


orage !empesta [é]
orange (fruit) taronja [è]
orangé(e) ataronjat -ada
orangeade taronjada
oranger taronger [é]
orchestre (théâtre) platea [è] f
orchidée orqufdia
ordonnance (méd.) recepta [é]
ordonner (id0) receptar [é]
ordures escombraries
oreille ore/la [é]
oreillons galteres [é] fpl
os os pl. ossos [à]
osselet osset [è]
ou (bien) o [à]�u]
où on [6]
oublier ob/idar
ouest oest [é]
oui si
ours 6s pl. 6ssos
ourse 6ssa
ourson, "Nounours" osset [è]
outil eina [è] f, estri [è]
ouvert(e) obert -a [è]
ouvrable Oour - , etc.) feiner -a [é]
ouvre-boîte obrellaunes [è],
obridor [6]
ouvreur -euse acomodador -a [6]
ouvrier, -ière trebal/ador -a [6]
205

ouvrir *obrir [à]

11Paella" arràs a la cassola [à], cf "poêle (à frire)"


paiement pagament [é]
pain pa pl. pans, de -

campagne de pagès, grillé torrada, (unité : flûte p. ex.) barra de


- - -

paire pareil [é] m


palais palau
pané(e) arrebossat -ada
panne (moteur) pana, tomber en a variar-se
-

pansement tireta [è]


pantalon pantal6, calces (fpl.)
pantoufle sabatilla
papeterie papereria
papier paper [é]
papillon papal/ana [6] f
paquet capsa f, (sachet) boisa f
parachute paracaigudes
parachutiste paracaigudista
"paradis" (théâtre) galliner [é]
parapluie paraigua
'

parce que perque


pardon perd6
pardonner perdonar [6]
pare-boue paratang
pare-choc para-xocs [à]
parents (pl.) familiars
parer parar
parfois de vegades
parfum perfum
paroi paret [è]
parole parau/a
partition (mus.) partitura
partout perlot [6]
parure de lit roba [à] de /lit
passage pas, à niveau a ni-vell [é], - piétonnier de via-nants
- - -

pastèque sindria
pâte pasta
patère penjador [6]

.,
206

patin patf
patiner patinar
pâtisserie pastisseria, rebosteria
paume (de la main) palme// [é] m
pavillon pave/16
payer pagar
paysan(ne) pagès -esa
péage peatge
peau cutis, pell [é]
pêche (poissons) pesca [è], (fruit) préssec m
pêcher (verbe) pescar [è]
"pédalo" pat!
pédicure callista
peigne pinta f
peigner pentinar
peignoir barnus
peindre pintar
peintre pintor [é]
pelote (basque) pilota [è]
peluche peluix m
pendant d'oreille arracada f
pendentif penjoll [è]
pendre penjar [é]
pente pendent [é] m
perdant (e) perdedor -a [6]
perdre *perdre [è]
père pare, beau- sogre [è]
perfidie perffdia, (acte) engany m
périphérique (voie) ronda [6]
persil ju/ivert [è]
petit(e) petit -a, - -fils nét,
- -e-fil-le néta, -s-enfants néts
-

pétrir empastar
peu poc [è], à peu a - a poc
-

peut-être potser [é]


phare far
pharmacien(ne) farmacèutic -a
photocopie (atelier de -) copiste-ria
pièce peça [é]
pied peu [è]
pierre pedra [é]
piéton vianant
207

pieuvre pop [6] m


piment pebre [è] vermeil [é]
pince(s) alicates, à linge agu-1/a d'estendre [é]
-

piqûre (médic.) injecci6


place plaça, (théâtre etc.) loca/itat
plaindre (se ) queixar-se [é]
-

plaire agradar, s'il vous plaît si(u)splau


plan plànol
planche palanca
planeur planador [6]
plaque (d'identif icat.) matrfcula
plat plat, (cuis.) cassola f
plat(e) /lis -a, pla -na
plateau plàtera, safata
plein(e) pie -na [è]
pleuvoir ploure [6]
plombage (odontolog.)empas-tament [é]
plomber (id0) empastar
plombier fontaner [é]
plongeoir palanca
plongeur -euse saltador -a [6]
pluie pluja
plume ploma [6]
plus més
pluvieux -euse pluvi6s -a
pneumatique neumatico
pneumonie pulmonia
poche butxaca
poêle (chauffage) estufa, (à frire) paella
poids pes [è]
poinçonner cancel·lar
poinçonneuse cance/./adora [6]
poing puny

point punt
poire pera [è]
pois pèsol, - chiche cigr6
poison metzina, verf
poisson peix [é]
poissonnerie peixateria
poitrine pit, fluxion de - refredat
poivre pebre [è]


208

poivron pebrot [è]


poli(e) /lis -a, (courtois(e)) cortès -esa, educat -ada
police polfcia, (timbre fiscal polis-sa
policier (subst.) polfcia m
policier -ière polie!ac -a
pomme poma [6], - de terre pa-tata
pommade ungüent [é]
pompe bomba [6], à essence gasolinera [é]
-

pompier bomber [é]


ponctuation puntuaci6
pont (fluvial, sur bateau etc )pont [à]
.

porcelaine porcellana
porcelet garrf, porcell [é]
portefeuille cartera [é] f
porte-monnaie cartereta [èJ f #
porte-monnaie cartereta [è] f
porter *dur
porteur portador, (hôtel etc.) mosso [6]
portière porte/la [é]
posséder posseïr, * tenir postal(e) postal, carte - -e postal f
poste (courrier) correus [è], bu-reau de oficina de - , - restante /lista de
-

correus
poster (lettre) tirar
pot alla [à], (fleurs etc.) test pl.
-os [é]
potage minestra [é]
pot-au-feu escudella [é] f
pou pal/ [6]
poudre p6/vora, de riz p6/vo-res facials (pl.)
-

poulailler gallinera [é]


poule gallina
poulet poll [6], pal/astre
poulpe pop [6]
pouls pois [6]
poumon pulm6
poupe papa [6]
poupée nina
pourboire propina f
pourquoi ? perquè ?
poursuite persecuci6
poursuivre perseguir lllb
209

pousser (stimuler) *empènyer


pouvoir *poder [ô]
premier -ère primer -a [é], -ère classe classe preferent [é], (pièce, film) estrena
[è]
prendre *prendre [è], agafar
prénom nom [ô]
prêt (prêter) prèstec
printemps primavera [é]
prise de courant endoll [6] m
privé(e) privat -ada
prix preu [è]
profiter aprofitar
profond(e) fonda -a (6)
promenade passeig [è] m
promener passejar [è]
prononcer pronunc1ar

prononciation pronuncia
proue proa [6]
provisoire temporal
pugiliste ptJgil
puis després
puits pou [6]

Quai (de gare) andana f, mari-time mol/ [ô]


-

punaise (insecte) xinxeta [è]


quand (?) quan [kwann] (?)
quartier (ville) barri
quatre-vingts vuitanta
quatre-vingt-dix noranta
quatrième quart -a
quelques un(e)s
quelques-un(e)s algun(e)s
quenelle mandonguilla
question pregunta
queue cua
quille bit/la
quincaillerie ferreteria
quintal quintar
quitter deixar [é], (raccrocher au téléphone) penjar [é]
2 10

quoi ? què ?
quotidien(ne) diari diària
quotidiennement diàriament

Rabais rebaixa
raccrocher (téléphone) penjar [é]
radis rave
rafraîchir refrescar [è]
rafraîchissement refresc [è]
ragoût estofat
raie rat/la
raisin raïm, - -s secs pansa
raison ra6
ramassage recollida
ramasser * recol/ir [u]
rame rem [éJ m
ramer remar [éJ
rameur remador [6]
rasage afaitat
raser (se - ) afaitar-se
rate me/sa [è]
rayon ra1g

récépissé comprovant
recette recepta [é]
recevoir *rebre [è]
rechange, recharge (stylo) re-canvi
recharge recàrrega
recharger recarregar
réchauffer (se - ) esca/far-se
recommandé(e) (courrier) certifi-cat -ada
reconnaître *reconèixer
record rècord
recouvrer (re)cobrar [è]
refroidir refredar [è]
refraidissement refredat, relresc [è]
refuge refugi
regarder mirar
rein rony6
regarder mirar


21 1

rein rony6
relai (bâtiment) parador [é]
relief rel/eu [é]
remercier agraïr
remettre *remetre [è]
remise (commerce) descompte [ô]
remorque remolc [è] m
remplir emplenar, * ompllr [è]
remuer *moure [è], remenar [è]
rendre compte (se - ) adonar-se [é]
'

renverser atropellar [é], bolcar [é], tombar [é]


renvoyer * remetre [è]
réparation reparaci6, légère adob [é] m
-

repas àpat
repasser (au fer) planxar, fer à planxa
-

répondre * respondre [à], contes-far [é]


réponse resposta [à]
reposer descansar
reprendre recobrar [à]
représentation théâtrale funci6
réservation, réserve reserva [é]
réservoir dipôsit
rester quedar-se [é]
retard (en ) endarrerit -ida
-

retardé(e) endarrerit -ida


retirer * treure [è]
retoucher retocar [à]
tourner tombar [6], tornar [é]
retour tornada
retourner tornar [é]
retraité(e) (activité) jubilat -ada
rétrécir encongir lllb
retrouver recobrar [à)
réveil (pendule) desper-ador [6]
réveiller despertar [è]
revenir tornar [6]
rever som1ar
A •

revoir *reveure [è]


rez-de-chaussée baixos (pl.), planta baixa f
rhum rom [6]
rhumatisme reuma [è]

•• •
212

rhume refredat
riche rie -a
rideau coltina f
rien res [è]
rire *riure
rivage, rive vora [è] f
. . .
nv1ere r1u m
'

nz arros
. \

robe vestit m, roba [è], de chambre bata


-

robinet aixeta [è] f


roche, rocher roc, roca [è]
rognon rony6 pl. -ons
romain -e roma -ana
. \

roman(e) {hist., art) romà-nic -a, (littér.) nove/./a [è] f rosé(e) rosat -ada •

rôti(e) rostit -ida


roue roda [è]
rouge roig roja [è], vermell -a [é], - à lèvres flapis de /lavis
rougeole xarampi6 m
rouleau rot/le, rot/Io [è]
route carrera [é],carretera [é], (di-rection) rumb m
ruban cinta f
rue carrer [é] m

Sable sorra [6] f


sabre sable
sac sac, bossa [6] f, sarr6, à dos motxi/la f
-

saigner sagnar

sain(e) sa pl . sans, sana


saint(e) sant -a
saisir agafar
saison estaci6 pl. -ons
saisonnier temporal
salade (sauce) amanida, - verte enciam m
sale brut -a
salière saler [é] m
salle à manger menjador [6]
salon sal6 pl. -ons
saluer sa/udar
salut ! (interj.) ho/a !


• 213

sandwich entrepà
sang sanc f
sanglier senglar
saucisse salsitxa
saucisson l/onganissa f, sec fuet [è]
-

saumon salm6 pl. -ons


saut sait
sauter saltar
sauterelle llagosta [é]
sauteur -euse sa/tador -a [6]
sauvage salvatge
sauvetage, bouée de sa/vavi-des
-

savoir *saber
savon sab6 pl. -ons
savoureux -euse gust6s -osa
scarlatine escarlatina
sceau segell [é]
scénario escenari
scène (lieu de théâtre) escena [è], (partie d'une pièce de théâtre) escenari m
scolaire escolar
score (sport) puntuaci6 f
.
,

seance sess10
'

sec sèche sec -a [è], eixut -a


sécher assecar [è]
sèche-cheveux assecador {de cabells) [6]
second(e) segon -a [6], seconde (temps) segona
secours auxili, socors (6), sortie de sortida d'emergència
-

secouer sotragar, être secoué sotraguejar [è]


secousse sotragada
seiche sèpia, sfpia
seize setze [è]
sel sa/ f
self-service autoservei [è]
semaine setmana [sëmmanë]
semelle plantilla, sola [è]
semoule sèmola
sens sentit
sentir *sentir [è]
sept set [è]
septième setè -ena
serrurier manyà

..
214

service servei [è], libre autoservei


-

serviette tovalla, de table tova/16, de toilette tovallola [è]


- -

seul(e) sol -a [ô]


shampooing xampü
siècle segle [é]
siège seient [é]
sien(s) sienne(s) seu(s) seva
seves [é]
signal senyal
signature firma
signe senyal
signer firmar
simple senzill -a
sirop xarop [è]
SIX SIS
• •

. . '

srx1eme sise -ena


. '

ski esquf, - de fond - de tra-vessia


slalom eslalom [ô]
slip calçotet [è], eslip
sœur germana
soie seda [è]
soif set [è]
soir tarda f
soixante seixanta
soixante-dix setanta
solde (rabais) rebaixa f, sa/do
sole (poisson) llenguado m
soleil sol [è]
sombre fosc -a [6]
son (subst., cf. sonore) so [è]
pl. sons
son, sa, ses seu -s seva seves [é]
souffrir patir lllb
soulever aixecar [é]
soupape vàlvula
soupe sopa [6]
source deu [è], font [ô], aiguaneix [é] m, brollador [6] m
sourcil cella [è] f
sourire * somr/ure v. riure
sous-titré subtitu/at
soutien-gorge sostenidors [6] (pl.)


215

souvenir (subst.) record [è], se - (verbe) recordar-se [è]


souvent sovint
sparadrap esparadrap
spectacle espectac/e, (théâtre) funci6
spectateur -trice espectador -a [ô]
sport esport [è]
sportif ..jve esportiu -iva, (pratiquant) esportista
stade Oeux) estadi
stalle (théâtre) butaca
station estaci6
statue estàtua
sténo-dactylo(graphe) ta-quimecanàgraf -a
stimuler * empènyer
style estil
stylo (à plume) ploma [6] f, - à bille bolfgraf
sucre sucre
sucrier sucrera [é] f
suffisamment prou
suivre seguir lllb
suite seguida, tout de - de -
supporter (subst., sport) aficionat, seguidor [ô]
sur (prép.) sobre [6]
sûr(e) segur -a
sûrement segurament [é]
suspendre penjar [é]

Table tau/a, de chevet tau/eta [è] de nit


-

tableau quadre [kwâdrë]


tache taca
tâche tasca
tacher tacar '
taille (grandeur) talla, (ceinture)
tâche tasca
tacher tacar
taille (grandeur) talla, (ceinture) cintura
tailleur sastre, - sur mesures a mida, boutique de - sastreria
-

talon tac6 pl. ..ans


tampon (p. oblitérer) mata-segell [é]
tapis catifa f, - de plage estora [6] f

. ..
216

tarder trigar
tarif tarifa f
tarte pastfs m
taureau brau, toro [ô]
taverne taverna [è]
taxi, chauffeur de taxista
-

technicien(ne) tècnic -a
tee-shirt camiseta [è]
teindre tenyir
teint, teinture tint rn
teinturerie tintoreria
teinturier tintorer [éJ
téléphone telèfon, coup de -, ap-pel téléphonique telefonada f, trucada f
téléphoner telefonar [6]
télescoper xocar [ô]
téléviseur televisor [6]
tempête tempesta [é]
temps temps [é], entre-, pendant ce mentrestant
-

tendre (verbe) tibar


tenir *tenir [é]
tension (artérielle) pressi6
tente tenda [éJ
terme (échéance) termini
terminer acabar
terminus terminal
terrain camp
terrina cassola [ô]
tête cap m
thon tonyina f
ticket passatge
tien(ne) teu teva [é]
tiers tierce terç -a [è]
timbre..poste segell [é]
tire-bouchon obreampolles (ô]-[6]
tirer estirar, tirar, *reure [è] tireur -euse tirador -a [6]
tissu teixit
toi tu
toile te/a [è]
toilettes lavabo(s) m, wàter m
tomate tomàquet m
ton, ta, tes teu -s, teva teves [é]

..
217

tonne tonelada
tordre *tàrcer, .torçar, se desllo-rigar-se
-

tôt aviat
toucher tocar [è ], (argent) cobrar [è]
toujours sempre [é]
tourne-disques giradiscos, toca-discos [à]
tourner girar, tombar [6]
tournoi torneig [è]
tournure gir m
tourron (nougat local) torr6 pl. -ons
tout(e) tot -a [6]
tousser tossir [é] IP2 tosses
toux tos [6]
train tren [è]
tramplin trampo/f
tramway tramvia
tranche tallada, tait m, (rouelle, rondelle, darne) rodanxa , (de pain) llesca [è]
travail treball, feina [è] f
travailler treballar
travailleur -euse trebal/ador -a [6]
traversée travessia
traverser travessar [é]
treize tretze [é]
très molt [6]
trois tres [è]
troisième tercer -a [é]
tromper enganyar, se equivo-car-se [6]
-

tromperie engany m
trop massa
trophée troteu [è]
trottoir vorera [é] f
trousse de pharmacie farmaciola [è]
truite truita
tube, tuyau tub, d'échappement d'escapament [é]
- -

type tipus

Ulcère u/cera f, à l'estomac


- - gàstrica
uni(e) (lisse) /lis -a
union uni6 (mariage) enllaç
,


218

urine orina
ustensile estri (è]

Vacciner vacunar
vague ona [6]
vaincre * véncer
vainqueur vencedor [6]
vaisseau vaixe// [é]
vaisselle vaixella [é]
valise maleta [è] •

vallée val/
valoir * valer [è]
vanille vainilla
vasistas finestrella [él
veau vedell [é], (viande) vedella [é]
véhicule vehicle
vendeur -euse dependent -a [é], venedor -a [6]
vendre * vendre [è]
vendredi divendres [è]
venin verf pl. -ins
vérifier verificar, comprovar [à]
vermicelle pastes de sopa [6] (fpl.)
vernis (à ongles) esmalt, Jaca f
verre (matière) vidre, (récip.) co-pa [6] f, got [è], vas
vers (pré p.) cap a
vestiaire guarda-roba [è], vesti-dor [6]
veston americana f, jaqueta [è] f
vêtements roba [è] f, vestit
vêtir vestir li lb
veuf veuve vidu vidua
viande carn, à !'étouffée esto-fat m
-

vide buit buida


vie vida
vierge verge [è]
vieux vieille vell -a [é]
vif vive viu viva
vigne v1nya
• •

ville ciutat
vin vi pl. vins


2 19

v1na1gre v1nagre
• • •

vingt vint
virage revoit [è]
virement (postal) gir, (bancaire) transferència f
vis cargo/ [è] m
visage cara f, rostre [ô]
vitesse velocitat, indicateur de - velocfmetre
vitre vidre m
vitrine aparador m, escaparate m
vivant(e) viu viva
vivre *viure
vœu vot [ô], présenter ses vœux felicitar
voie via
• •

voile m vel [è], f vela [è]


voir *veure [è]
voisin(e) ver veina
voisinage rodalia f
voiture (automobile) cotxe [ô], - électrique de piles
-

voix veu [è]


vol à voile planatge
volaille aviram m, marchand de - (magasin) polleria f
voler (dans l'air) volar [è], (déro-ber) robar [è]
voleur /ladre
vomir vomitar
votre, vôtre vostre [à]
vouloir * voler [è]
vous (sing.) v6s, (pl.) vosaltres, (polit., anc.) vostè -s
voyage viatge
voyager vialjar
voyageur -euse via tger -a [é]

Wagon cotxe [6]


western pel·lfcula de l'oest [é] f

• •
220

Ulcère ulcera f, à l'estomac


- - gàstrica
uni(e) (lisse) /lis -a
union uni6 , (mariage) enllaç
urine orina
ustensile estri [è]

Vacciner vacunar
vague ona [6]
vaincre *véncer
vainqueur vencedor [6]
vaisseau vaixell [é]
vaisselle vaixella [é]
valise maleta [è]
vallée val/
valoir *va/er [è]
vanille vainil/a
vasistas finestrella [él
veau vedell [é], (viande) vedella [é]
véhicule vehicle
vendeur -euse dependent -a [é], venedor -a [6]
vendre * vendre [è]
vendredi divendres [è]
venin ver! pl. -ins
vérifier verificar, comprovar [ô]
vermicelle pastes de sopa [6] (fpl.)
vernis (à ongles) esmalt, Jaca f
verre (matière) vidre, (récip.) co-pa [6] f, got [ô], vas
vers (prép.) cap a
vestiaire guarda-roba [è], vesti-dor [6]
veston americana f, jaqueta [è] f
vêtements roba [ô] f, vestit
vêtir vestir lllb
veuf veuve vidu vidua
viande carn, à I' étouffée esto-fat m
-

vide buit buida


vie vida


22 1

vierge verge [è]


vieux vieille vell -a [é]
vif vive viu viva
vigne vinya
ville ciutat
vin vi pl. vins
• •

v1na1gre v1nagre

vingt vint
virage revoit [ô]
virement (postal) gir, (bancaire) transferència f
vis cargo/ [à] m
visage cara f, rostre [6]
vitesse velocitat, indicateur de - ve/ocfmetre
vitre vidre m
vitrine aparador m, escaparate m
vivant(e) viu viva
vivre *viure
vœu vot [à], présenter ses vœux felicitar
VOie Via
• •

voile m vel [è], f vela [è]


voir • veure [è]
voisin(e) vef veina
voisinage rodalia f
voiture (automobile) cotxe [6], électrique - de piles
-

voix veu [è]


vol à voile planatge
volaille aviram m, marchand de - (magasin) polleria f
voler (dans l'air) volar [à], (déro-ber) robar [ô]
voleur /ladre
vomir vomitar
votre, vôtre vostre [à]
vouloir • voler [ô]
vous (sing.) v6s, (pl.) vosaltres, (polit., anc.) vostè -s
voyage viatge
voyager vialjar
voyageur -euse viatger -a [é]


222

Wagon cotxe (6)


western pel·lfcula de /'oest [é] f

Lexique catalan-français

Abans avant, auparavant


abric manteau
abril avril
acabar finir, achever, terminer
acampar camper
acer acier
ac1 ICI
, . .

acomodador -a ouvreur -euse


acompanyaments garniture(s) (cuisine)
acostar-se s'approcher
acostumar-se s'accoutumer, s'habituer
adéu adieu (sg.), - -slau id0 (pl.)
adob réparation (légère)
adonar-se se rendre compte
afaitar-se se raser
afaitat rasage
afegir ajouter
aficionat -ada amateur, -trice ; supporter
agafar prendre, saisir
agost août
agradar plaire
agra1r remercier
.. .

agulla aiguille, - de cap épingle,


- d'estendre pince à linge
ahir hier, abans d' - avant-hier
aigua eau
aiguardent eau-de-vie
aïllant isolant


223

aixecar lever, soulever


aixecador haltérophiliste
aixeta f robinet
aixi ainsi
.' .

atxo ceci, ça
ajeure's se coucher
ajudar aider
ajuntament hôtel-de-ville, mairie
albercoc abricot
alberg m asile, refuge, abri, de joventut auberge de jeunesse
-

alegre joyeux -euse


aleshores alors
alguns -unes quelques-un(e)s
alhora à la fois, en même temps
alicates (pl.) pinces
all ail
allà là
alH là
allô ceci, ça
allotjament logement, hébergement
allotjar-se (se) loger
ait -a haut -e, grand(e) (de haute taille)
altaveu haut-parleur
alumne -na élève, écolier -ière
alvocat m avocat (fruit)
amanida salade (préparation)
amarg -a amer -ère
amb avec
americà -ana américain-(e), fém.
veste
ametlla amande
amigdalitis amygdalite, inflammation des amygdales
amortidor amortisseur
ample -a large
ampliaciô agrandissement
ampliar agrandir
ampolla bouteille
amunt en haut
anar (irrég.) aller
àncora ancre
andana quai (de gare)
ànec canard
anell, anella anneau, bague
anhel désir
antic -iga antique, ancien -ne anul·lar annuler


224

anxova anchois
any m an, année
anyell agneau
apagar éteindre
aparador vitrine
aparcar garer
apartat m boite postale
àpat déjeuner, repas
api céleri
aprofitar profiter, que aprofiteu 1 bon appétit !
aquell -a ce, cette, celui-, celle-là
aquest -a ce, cette, celui-, celle-ci
aqul ici
ara maintenant, fins à tout-à-l'heure
-

ardor ardeur, brûlure (estomac)


areng hareng
armari m armoire
arracada boucle, pendant d'oreille
arrebossat -ada pané(e)
arrencar extraire, arracher
arrencada démarrage
arribada arrivée
arribar arriver
arrissat -ada frisé(e), crépu(e)
arrès riz, a la cassola "paella''
-

artesania f artisanat
assabentar-se (de) apprendre, s'informer (de)
assaig essai
assecador {de cabells) sèche-cheveux
assecar sécher
assegurança assurance
assegurar assurer
assessorament m assistance technique
asseure's s'asseoir
assistenta de vol hôtesse de l'air
ataronjat -ada orangé(e)
atentament attentivement
aterrar atterrir
aterratge atterrissage
atracar attaquer
atropellar renverser
atropellament accident de piéton
aturar-se s'arrêter
·auricular écouteur
autopista autoroute


225

autoservei libre service, self- -


auxili secours, aide
avall en bas, en aval
avançar-se avancer, doubler
avariar-se s'avarier ; tomber en panne
avariat -ada avarié(e) ; en panne
avellana noisette
avi grand-père, -s grands-parents, aïeuls
àvia grand'mère
aviat tôt, bientôt fins - à bientôt
,

avinguda avenue
avlram m volaille
avorrir-se s'ennuyer
avui aujourd'hui

Baca bâche
bacallà m morue
baix -a bas -se, baixos (pl.) rez-de-chaussée
balxador m petite halte (chemins de fer)
baixar descendre
ball bal, salle de -
banc banc ; banque
bany bain
banyar-se se baigner
banyera baignoire
baralla dispute ; jeu de cartes ("bataille'ï
barat -a bon marché
barbeta menton
barnus burnous, peignoir
barret chapeau
bastant assez , beaucoup
bata blouse, robe de chambre
be agneau
bé bien
beguda boisson, v. beure
bellesa beauté
bena bande, -deau
benvingut -uda bienvenu -nue
betum bitume, cirage
beure boire
bigoti m moustache
bills bile
bijuteria bijouterie de fantaisie

• •
226

bitlla quille
bitllet billet
blat blé, - de moro maïs
blau blava bleu -e
bo bona bon -ne
boca bouche
boda noce, mariage
boira f brouillard
bolcar culbuter, renverser
bolet champignon
boligraf stylo à bille
bomba pompe
bomber pompier

bombeta ampoule (électr.)
bonic -a joli -e
bossa f sac, bourse
bot canot
botifarra f boudin blanc
botzina f avertisseur, klaxon
bou bœuf
boxador boxeur
braç -os bras
braça brasse
bragues (pl.) culotte, pantalon
brasa braise
brau taureau
breu bref brève, court �e
brollador m fontaine, jet d'eau
bronzejador m lotion, crème bronzante
bronzejar bronzer
braquet fume-cigare(tte)
brou bouillon
brusa blouse,chemisier, corsage
brut -a sale
bufanda écharpe
bugada lessive
bugaderia buanderie, blanchisserie
buit -da vide
bunyol beignet
buscar chercher
bustia boite aux lettres
bugada lessive
butaca banquette, fauteuil, stalle (théâtre)
butxaca poche

"
227

Cabell cheveu
cabra chèvre ·
cabrit chevreau
caça chasse, gibier
cada (invar.) chaque
cadena chaine
cadira chaise
caixa caisse, - d·estalvis - d'épargne
caixer(a) caissier -ière
cal il faut
calamarsa grêle
calb -a chauve
calçada chaussée
calçador chausse-pied
calçat chaussure, magasin de - -s
calces (pl.) culotte .
calçotet slip
calefaccl6 chauffage
calent chaud -e
caler falloir
caler chaleur
cama jambe
cambra chambre, - fotogràfica ap-pareil photographique, - d'aire à air
-

cambrer -a garçon de café, femme de chambre


cami chemin
camisa chemise
camiseta chemisette, tee-shirt
camp champ, terrain, domaine, campagne
cancel·ladora poinçonneuse
cancel·lar poinçonner
canoercanoélste
cansalada lard salé/ fumé
cansaladeria charcuterie
cansat -ada fatigué(e)
cantant chanteur
cantar chanter
canvi changement ; change ; monnaie à rendre, tipus de - change, cours ; -
de marxes - de vitesse
canviar changer
canya roseau, canne (pêche), demi (bière)
cap (m) tête, extrémité, bout, chef ; cap a vers (prép.)
cap aucun -e
capell chapeau

• •
228

capilla chapelle
capolar hacher
capsa boite, paquet
car -a cher chère
cara visage
carai, caram 1 sapristi !, diable !, al­
lons donc !
caramel bonbon
caravana caravane ; embouteillage
carbass6 m courgette
cargol escargot ; vis
carn chair, viande
carnisser boucher (commerçant)
carnisseria boucherie
càrrec charge
carrer rue
carrera route ; carrière ; branche de spécialité
carret (per a l'equipatge) chariot (à bagages)
carretera route
carta lettre (missive)
cartel! affiche
cartellera affiche-programme,
agenda
carter facteur (courrier)
cartera f portefeuille
cartereta porte-monnaie
casa maison

casament mariage
casat -ada marié(e)
caseta maisonnette, logette
casolà -ana domestique (adj.)
cassola casserole . terrine ; arràs a la "paella"
-

castany -a châtain -e
castel! château
castellà -ana castillan -e
catifa f tapis
catsup ketchup
cava m vin mousseux du genre du champagne
cavait cheval
cec cega aveugle, intesti cec intestin grêle
cel ciel
cella f sourcil
celler m cave, cellier
cementiri cimetière
cendrer cendrier

.-
229

cera cire
cent cent
centèsim -a centième
centraleta centrale téléphonique
cercar chercher
certificat -ada certifié(e), recommandé(e)
cervell cerveau, cervelle
cervesa bière , negra b. brune,
- -

de barril b. pression
cerveseria brasserie
cérvol cerf
ceba f oignon
cigr6 pois chiche
cinquè -na cinquième
cinta bande, ruban
cintura ceinture, taille
cintur6 m ceinture - de seguretat - de sécurité
,

cinyell m ceinture
cirera cerise
c1rerer censier
' . .

cirurglà chirurgien
ci�tadella citadelle
ciutat cité, ville
clar -a clair(e), dégagé(e)
classe classe, preferent première classe
- ·

clau clef
cl�usura clôture
cla�ell œillet
clo ssa clovisse, moule
co ert couvert (table)
co erta f pont (de bateau)
c brar recouvrer, encaisser, toucher (argent)
obrlrcouvrir
cèctel cocktail
cèdol caillou
cognom nom de famille
cogombre concombre
coixf coussin
col chou, -i-flor -fleur
coll cou, col
collaret collier
col·legial -a collégien(necom ? comment ? ,,
compra f achat
comprar acheter
comprovant récépissé

,
.

• • •
230

comprovar vérifier, contrôler


comptat (al - ) (au) comptant
comunicar communiquer, està comunicant c'est occupé (téléphone)
condimentar assaisonner
conèixer connaitre
coneixement m connaissance (faculté)
confit m dragée
confitat -ada confit(e)
conill lapin
constipat -ada enrhumé(e)
consulta consultation
consultori cabinet de consultation médicale
contestar répondre
conversa conversation
convidar inviter, convier
cop coup, fois
copa coupe, verre (contenu)
copinya moule (crustacé)
copisteria f atelier de photocopie
c6rrer courir
corretja courroie
correu courrier
cortès -esa courlois(e), poli(e)
cortina f rideau
cos corps
cosf -ina cousin(e)
cosir coudre
costa côte (anatom., géogr.)
costar coûter
costella côtelette
costum habitude, coutume
cotitzaci6 f cours du change
cotxe m automobile, voiture , wagon ; cotxe de piles voiture électrique, - de Ifnia
car
cotxet landau
coure culre ; cuivre
créixer grandir, croitre
cremada brûlure
cremallera crémaillère, chemin de fer à ; fermeture Eclair
-

cremar brûler
cremor brûlure
cresp -a frisé(e), crépu(e)
cridar crier, appeler
cruïlla carrefour, croisement
cua queue ; embouteillage


23 1
,

cuina cuisine, cuisinière (appareil)


cuinar cuisiner
cuiner -a cuisinier -ière
.

cu1xa cuisse
'

culata culasse
collera cuiller
cunyat -ada beau-frère, bel/e-sœur
cutis peau

Dalt, a en haut
-

dany dommage (causé)


darrere derrière
daurat -ada doré(e )
davant devant
decagram décigramme
demà demain, fins à - passat après-demain
- -,

dentadura denture, dentition


dependent -a dépendant (e) ; ven-deur -euse
depilaci6 épilation
demanar demander
derrota défaite, déroufe
derrotar mettre en déroute, vaincre
descansar reposer
descargolar dévisser
descens m descente
dtscolgar décrocher
qescompte m remise (commerce)
d esconegut -uda inconnu(e)
des de de, depuis
desdejuni petit- déjeuner
desembarcar débarquer
desfilada f défilé
desig désir
desinflar dégonfler
desitjar désirer '
desllorigar-se se tordre, se disloquer
desmaiar-se s'évanouir
desperfecte dommage
despertador réveil (instrument)
despertar réveiller
després après, ensuite, puis
deu dix
déu dieu

...
232

deure devoir (verbe)


dia jour
diari journal
diàriament quotidiennement
dibuix dessin
digui, -gueu ! allô (réponse)
dijous jeudi
dilluns lundi
dimarts mardi
dimecres mercredi
dinar déjeuner, repas
diner argent (monnaie), - efectiu argent liquide
dipàsit dépôt, réservoir
dir dire , - -se s'appeler, se nommer
dissabte samedi
distreure's se distraire, s'amuser
dit doigt
diumenge dimanche
divendres vendredi
divisa devise (finanç.)
dolç -a doux douce, sucré (-e)
dolent -a mauvais(e), méchant(e)
dona femme, dame, épouse
dos deux ( + masc.)
dret -a droit -e ; a la -a à -e
-

duana douane
dues deux (+ fém.)
dur porter, conduire
dutxa douche

Edat f âge
educat -ada bien élevé(e), poli(e)
efectiu -iva effectif-ive, diner - ar-
gent liquide ; en en espèces ; au comptant
-

eina f outil
e1x essieu
• •

eixugaparabrisa essuie-glace
eixugar essuyer
ell -a lui, elle
embolicar envelopper
ernbragatge embrayage
embussament bouchon, embouteillage (circulation)
emergència émergence, sortida d' sortie de secours
-


233

emmalaltir-se tomber malade


empastament plombage (dent)
empastar empâter, pétrir, plomber (dent)
empat égalité, match nul (sport)
empatar faire match nul, égaliser
empènyer pousser, stimuler
empipar-se se mettre en colère
emplear employer
emplenar remplir
empresari entrepreneur
encara encore, no pas encore
-

encàrrec commission (à la charge de qqn)


encendre allumer
encenedor briquet
encesa allumage
enciam m laitue
encontrar rencontrer
encreuament carrefour, croisement
endarrera. -re en arrière, derrière
endarrerit -ida retardé(e), en retard
endavant en avant, entrez I
endoll m prise de courant
enfadar-se se mettre en colère
enganxar coller
engany m tromperie, perfidie, mensonge
enganyar tromper
1 ngegada démarrage
ngegar démarrer
nginyer ingénieur
nguany cette année
enhorabona 1 mes compliments !
enlacrar cacheter
enllaç m correspondance, liaison, union, mariage
enlloc nulle part
enllumenat éclairage
ennuvolat -ada nuageux -euse
enrera, -re en arrière, derrière
ensenyar montrer, enseigner
entrant hors-d'œuvre
entremès hor- d'œuvre
entrepà sandwich
enviar envoyer
equipatge bagages
equivocar-se se tromper
escabetx m marinade

..
234

escacs (pl.) échecs üeu)


escala échelle, escalier; escale
escalfament échauffement
escalfar-se s'échauffer, se réchauffer
escaparate m vitrine
escenari m scène {partie d'une pièce de théâtre), scénario
escolar scolaire, écolier, élève
escoltar écouter
escolti ! I escolteu ! allô ! (appel)
escombra f balai
escombraries pl. ordures
escriptor écrivain
escriptori bureau
. .

escnure ecr1re
,

escudella f pot-au-feu
escura-dents cure-dents
església église
• •

esgnma escrime
esmalt émail
esmorzar (prendre le) petit-déjeu-ner
espardenya espadrille
esparrec m asperge

, ,

espasa epee
espatlfa épaule
.
espec1a espece ; ep1ce
' ,. � ,

espelma bougie
espera attente
esperar attendre
espinac épinard
esportista sportif, qui pratique le sport
esportiu -iva sportif -ive
esquena f dos, échine
esqui ski, de travessia ski de fond
-

esquit esquif
esquer -querra gauche (direct.), a I' -a à
- -

ésser être
establiment établissement
estaciô gare, station ; saison
estadi stade (sport)
estalvi m épargne, économie
estalviar économiser
estanc débit, bureau de tabac
estar être
esteticista esthéticien
estimar aimer

..
235

estirar tirer
estiu été
estofat m viande à /'étouffée, daube
estora f tapis de plage
estovalles (pl.) nappe
estrella étoile
estrena étrenne, première (pièce, film)
estrenyiment m constipation
estret -a étroit(e)
estri ustensile, outil
estufa f poêle (chauffage)
expendre débiter (commerce), vendre
expenedor débiteur, vendeur
exprés exprès, tren train direct
-

Fa il fait, dos anys il y a deux ans


-

faldilla jupe
fallar échouer
fais -a faux fausse
falta faute
'
faltar manquer
fa iliar familier, s parents
-

f ng m boue
t r phare
armacèutic -a pharmacien(ne)
armaciola trousse à pharmacie
fava fève
eble faible
ebre fièvre
febrer février
feina besogne, travail
feiner -a ouvrable Gour etc.)
tel fiel
feliç heureux -euse
felicitaci6 félicitation
felicitar féliciter, présenter des vœux
femella femelle ; écrou
fer faire
ferida blessure
ferir blesser
ferrat -ada ferré(e), ous ferrats œufs frits
ferreteria quincaillerie
ferro fer

..
236

ferrocarril chemin de fer


ferroviari cheminot
fesol haricot (sec)
festiu -iva festif -ive, férié(e)
fetge foie
fill fils, -s enfants
filferro fil de fer
filmoteca cinémathèque
finestrella f vasistas
finestreta f guichet, hublot
fira foire
firma signature
firmar signer
fitxa fiche
flam flan
flamejar flamber
fleca boulangerie
flequer boulanger
fonda auberge
fondo -a profond(e)
font fontaine, source
fontaner plombier
tom four - de pa boulangerie
forner boulanger
forquilla fourchette
fosc -a sombre
franqueig affranchissement (courrier), franchise (postale)
franquejar affranchir (courrier)
fre frein
fred -a froid(e)
fregir frire
frenada f freinage
fresc -a frais fraiche
fruita f fruit
fruiteria f (boutique du) marchand de fruits
fuet fouet, cravache ; saucisson sec
tuila feuille, d'afaitar lame de rasoir
-

fum m fumée
funci6 représentation théâtrale, spectacle
funda f fourreau, housse, étui
fusell fusil
fuster charpentier, menuisier
237

Gall coq, dindi dindon


-

gallec -ega galicien(ne)


gallina poule
galliner poulailler, "paradis" (théâtre)
galta joue
galteres fpl. oreillons
gamba crevette rose
gana envie, faim
gandula chaise longue
ganivet couteau
garri porcelet, goret
gasolina essence
gasolinera pompe à essence
gastar gâter, dépenser
gat chat
gegant géant
gel m glace (eau congelée)
gelat m glace (entremets)
gener janvier
genet cavalier
genoll genou
gerd, gerd6 m framboise
germà -�na frère, sœur
gens ( o ... ) nullement, absolument pas
-

gessa ( jasmin
ginebr gin, -e genièvre
gir fou ure, virement, mandat
giradi cos tourne-disques
girar tourner
1 gladiol glaïeul
gola gorge
gola gorge
goma colle, d'enganxar de bureau
- -

gorra casquette, bonnet, béret


gos chien
got verre (récipient)
gota goLJfte (liquide)
gràcies l merci !
grada m degré, gradin
graella f gril
graellada grillade
gramàtica grammaire
gran -a grand(e) (vaste, adulte), aïné(e) (frère, sœur)

••
23 8 •

granja ferme
gras -sa gras(se), gros(se), fort(e)
grau degré
gravat m gravure
greixatge graissage
greu grave
groc groga jaune
gruixut -uda épais(se), gros(se)
guanyar gagner
guarda-roba f vestiaire
guàrdia f gardien de la paix, - civil gendarmerie
guia f guide m - telefônica annuaire des téléphones
guatlla caille
gustés -a savoureux -euse

Habitaci6 chambre
haver avoir {irrég., auxil.)
hipica équitation
hola 1 (équivaut à) salut !
hom on
home homme, homes ! Messieurs !
hora heure, d' - de bonne heure, tôt
hortalissa f légume
humitat humidité

len yen
igual égal(e)
igualar égaler
illa ile
impremta imprimerie
imprès -esa imprimé(e)
impressora imprimante
infart infarctus
infermer infirmier
inflar gonfler, enfler
inflat -ada gonflé(e), enflé(e)

Ja déjà
jaqueta f veston

..
239

javelina f javelot
JO mot
• •

joc jeu
joguina f jouet
joia f joyau, bijou
joieria joaillerie, bijouterie
JOVeJeune
• •

jubilat -ada retraité(e) (activité)


JUgar Jouer
• •

juliol juillet
julivert persil
juny juin
jurat jury

L, LL

Lacrar cacheter
làmpada lampe
laxant laxatif
linia ligne
locomotora locomotive
lladre voleur
llagosta sauterelle ; langouste
llamàntol homard
llana laine
llançar lancer
!lanterna lampe de poche
llapis crayon, de Havis rouge à lèvres
-

llar f foyer, per a la domestique


. . . -

llard lard
llarg -a long(ue)
,

llàstima f dommage
llauna boite en fer-blanc
llaut6 laiton
Havi m lèvre
llavors alors
llebre f lièvre
llegir lire
llegua lieue
lleixiu m "Eau de Javeln
llençol drap
llengua langue
llenguado m sole (poisson)
llentia lentille
llesami jasmin

• •

240

Ilet f lait
lleteria laiterie, crèmerie
lletuga laitue
lleuger -a léger légère
llevat m (v. llevar) levure
llevar lever, enlever, attribuer, produire
llevataques détachant
Ili lin
llibre(te)ria librairie
llibreta f cahier , - d'estalvis livret de caisse d'épargne
llima lime
llimona f citron
llimonada citronnade
lliri lis
llis -a lisse, poli(e), uni(e), plat(e)
llista liste, de correus poste restante
-

llit lit
llitera couchette, litière, brancard
lliura f livre (poids) ; - esterlina livre sterling
lliure libre
lloc lieu, endroit
llogar louer
lloguer m location, loyer
llom m échine
llonganissa saucisson
llotja loge
lluç merlan
lluita lutte
llum lumière, lampe
llumi allumette
lluna lune
llur leur(s)

Mà pl. mans main


macarrons (pl.) macaronis
maco -a beau, belle , gentil(Je)
maduixa -xot fraise
magrana grenade (fruit)
mai jamais
maig mai
mal -a mauvais -e, méchant -e
malalt -a malade
malaltia maladie, affection


24 1

malament (trobar-se ) ma/ (se sentir/ se trouver-)


-

maleta valise
Mallorca (anc. Majorca) Majorque
mallorqui -ina (anc. majorqui) majorquin -e
manar commander
mandonguilla quenelle, boulette, croquette
manlleu emprunt
manllevar emprunter
manta couverture
mantega f beurre
manya serrurier
• •

mapa carte (géographique)


maquineta petite machine, instrument
marcador tableau d'affichage
matinada matinée, petit matin
mar mer
marc cadre
marcar marquer, composer (numéro de téléphone), faire un brushing
març mars
mare mère
marejar avoir mal au cœur
mariner mann
• •

marisc coquillage(s), fruit(s) de mer


marrô brun, marron
massa trop
massapà massepain, pâte d'amandes
massatgista masseur
matasegell cachet, tampon p. oblitérer
matalàs matelas
matinada matinée, sessi6 de séance de nuit
-

matinal matinée
matricula inscription (administratl-ve), plaque d'immatriculation
matricular-se s'inscrire
matrimoni mariage, ménage (couple)
mecànic mécanicien, garagiste
meitat moitié
mel f miel
melmelada confiture
melsa rate .
�-
.

menjador m salle à manger


Menorca Minorque
menorqui -ina minorquin(e)
mentrestant cependant, pendant ce temps, entre-temps
mercat marché
mercaderia marchandise


242
'

més plus, davantage


mestre -a (d'escola) instituteur-trice
metàl·lic -a métallique , diner - argent liquide
metge -essa médecin, femm e -
metzina f poison
meu meva mon, ma ; mien ·ne
microones m (four à) microondes
mig mitja demi(e)
migdia midi
migranya migraine
millor meilleur, mieux
minestra f potage
mirall miroir, glace
mirar regarder
missatge message
mistos (mpl.) allumettes
mitges (fpl.) bas (vêtement)
mitjà -ana demi(e)
mitjanit minuit
mitjé pl. -ons m chaussette(s)
moble meuble
mocador mouchoir
modista couturière
moll quai (maritime)
molt -a beaucoup de ; (masc., adv.) très
molto mouton
moneda monnaie
mongeta f haricot,
mongetes seques
haricots blancs, - tendres - h. verts
moreno -a brun -e
mosso garçon, serveur, porteur
mostassa moutarde
mostrar montrer
mot mot, - s encreuats mots croisés
motonau f bateau à moteur
motora f canot à moteur
motorista motard
motxilla f sac à dos
meure mouvoir, bouger, remuer
muller femme, épouse
multa amende
muntanyisme alpinisme, pyrénéisme
musclo m moule (crustacé)
muscul muscle


243

music -a musicien(ne)

Naixement m naissance
nebot -oda neveu nièce
necessitar avoir besoin de
nedador -a nageur -euse
nedar nager
negre -a noir(e), brun(e) (tabac, ci-garette)
néixer naitre
nen -a enfant, petit garçon, - -e fille
net -a propre, net(te)
nét -a petit-fils, petite-fi/le, néts petits-enfants
neteja f nettoyage ,,

netejar nettoyer
neu neige

neumatico pneumatique
nevera glacière
nina poupée
nit nuit
nivell niveau
no non, ne... pas
noi -a garçon, Oeune) fille
,

nom prenom
noranta quatre-vingt-dix
nosaltres nous
noticiari bulletin d'informations, actualités
nou noix

nou nova neuf neuve


nou neuf (9)
nové -ena neuvième
novel·la f roman
numerar numéroter nuvi fiancé
nuvia nouvelle mariée, jeune ­
nuvol nuage

O ou
oblidar oublier
obra œuvre
obreampolles tire-bouchon, décapsuleur
obrellaunes ouvre-boites

obrer -a ouvrier -ère


244

obridor tire-bouchon, décapsuleur


obrir ouvrir
oca oie
odontoleg -a dentiste
ofegar étouffer
oferir offrir
ofici métier
oficina f bureau, officine
oli huile
olla marmite, pot
ombra ombre, d'ulls fard à paupières
-

ombrejador fard à paupières


omplir remplir
on où
ona onde, vague, flot
onzè -ena onzième
onna urine
• •

ôs pl. ôssos , fém. ôssa ours ourse


osset osselet ; ourson , "nounours"
ostra huitre, ostres r sapristi !, diable !, allons donc !
ou œuf
ovella brebis

Pa pl. pans pain, ratllat chapelure, de pagès p. de campagne


- -

paella poêle (à frire}


pagament paiement
pagar payer
pagès -esa paysan(ne), agriculteur -trice
palanca planche, levier, plongeoir
palau palais
palmell m paume (de la main}
pansa f raisins secs
pantalons texans, - vaquers blue-jeans
papallona f papillon •

paper papier ; rôle


paracaigudes parachute
paracaigudista parachutiste
parada f arrêt
parador m hôtellerie, halte, relais
parafang pare-boue
paraigua parapluie
parar endurer, (pré)parer, éviter, (é)tendre, (s)arrêter
paraula f mot, parole


245

pare père, -s parents


-

pareil couple, paire


parella f couple
paret f mur, paroi
partit parti, match
parvulari m école maternelle
pas passage, a nivell passage à niveau, de vianants passage piétonnier
- -

passad is couloir
passatge passage ; ticket
passeig m promenade, boulevard
passeJar promener

passi laissez-passer
pasta pâte, de dents dentifrice, pastes de sapa vermicelle
-

pastanaga carotte
pastilla pastille, cachet (médic.)
pastis gâteau, tarte
pastisseria pâtisserie
patata pomme de terre
pati m cour, patio
patr patin, catamaran, "pédalo"
patir souffrir
pavellé pavillon
peatge péage
pebre poivre, - vermell piment
pebrot poivron
peça pièce
pedra pierre, grêle
pe1x poisson
• •

peixateria poissonnerie
peluix m peluche
pell peau, cuir
pel·Hcula pellicule, film , de l'oest western
-

pendent pente
penjador m patère
penjar pendre, suspendre, raccrocher (téléph.)
penjoll pendentif
pentinar peigner
pera poire

perdedor -a perdant(e), battu(e)


perd6 pardon
perdonar pardonner
perdre perdre, el tren manquer le train
-

periodista journaliste
pernil jambon (cru)
pernoctar passer la nuit



246

pero mais
perquè parce que
perquè ? pourquoi ?
perruqueria f salon de coiffure
persecuci6 poursuite, persécution
pertot partout
pes poids
pesant, pesat -ada lourd(e), fatigant(e), pénible
pesca pêche (poissons etc.)
pescar pêcher (verbe)
pestanya f cil
peu pied
picar piquer, frapper, hacher
picor démangeaison
. ... .

p1ragu1sme canoe1sme
,

pilota balle, ballon, pelote (basque)


pinta f peigne
pintar peindre
pintor peintre
pinya f ananas
pis étage
pit m poitrine ; blanc de poulet
pla -na plat(e)
plaça place - de toros arène
planador planeur
planatge vol sans moteur
plànol plan
planta f étage , - baixa rez-de-chaussée
plantilla semelle
planxa f fer à repasser ; a la - grlllé(e)
planxar repasser (linge)
plat m assiette , plat, - dolç entremets
plàtan m banane
platea f orchestre (fauteuils d'-) •

plàtera f plateau
pie plena plein(e)
ploma plume, stylo à -
ploure pleuvoir
pluja pluie
pluj6s -a pluvieux -euse
poc -a peu, peu de ; fa poc il n'y a pas longtemps, a poc a poc peu à peu
poder pouvoir
policia m agent de police, policier - de trànsit agent de la circulation; f police
, ·

policfac -a policier (film etc.)


palissa police, timbre fiscal


247

pois pouls
polsera f bracelet
p61vora poudre, p61vores facials poudre de riz
poll poulet ; pou
pollastre poulet
polleria f marchand de volailles (boutique du -)
pop poulpe, pieuvre
popa poupe (mar.), arrière, croupe
porcell porcelet, goret
portador porteur
portella portière
porter gardien (d'immeuble, de but)
posada auberge
postal postal(e), (fém.) carte
postale
postres (pl.) dessert
potser peut-être
pregunta demande, question
preguntar demander
prenyada enceinte (adj.)
préssec m pêche (fruit)
pressi6 pression, tension (artérielle)
prèstec prêt (action de prêter)
preu prix

prim -a fin(e), mince


primavera f printemps
primer -a premier, -ere
• • •

privat -ada privé -e


proa proue
pronûncia prononciation
propina f pourboire
profit profit, bon - ! bon appétit !
prohibir interdire
promès -mesa fiancé(e)
prou assez, suffisamment
prova épreuve, compétition
provar essayer
pûgil boxeur, pugiliste
puig m colline
pujar monter
pulm6 poumon
pulmonia pneumonie
punt point
puntuaciô ponctuation ; score (sport)
puny poing bot6 de - bouton de manchette
,


248

Quadem cahier
quadre tableau
quant -a combien (de)
quart -a quatrième
. ?
.
que . quoi ?. que... ?.
quedar (-se) rester
queixal molaire, dent
queixar-se se plaindre
quintar quintal
quiosquer -a marchand(e) de journaux (dans un kiosque)
quimic -a chimique , chimiste

Raïm raisin
rajola brique, carreau, dalle, de xocolata tablette de chocolat
-

rambla allée, boulevard


raspall m brosse
raspallet de dents m brosse à dents
ratlla raie, trait, ligne
rave m radis
rebaixa f rabais, solde
rebosteria pâtisserie
rebre recevoir
recanvi recharge (stylo), rechange
recàrrega recharge
recarregar recharger
recepta recette ; ordonnance (médic.)
receptar ordonner (médic.)
recobrar recouvrer, retrouver, reprendre
recollida f ramassage
recollir recueillir, ramasser, prende
reconèixer reconnaitre
record souvenir
rècord record
recte, tot (tout) droit (direction)
-

refredar-se se refroidir, s'enhumer


refredat -ada enrhumé(e) ; (m) refroidissement, rhume, fluxion de poitrine
refresc rafraichissement
refrescar rafraichir
regal cadeau
relleu relief; relève ; relais


249

relliscar glisser, déraper


rellotge m horloge, de polsera montre
-

rellotger horloger
rellotgeria horlogerie
rem aviron, rame
remador -a rameur -euse
remar ramer
remenar agiter, remuer, fouiller ; ous remenats œufs brouillés
remetre remettre, renvoyer
remitent expéditeur -trice
remolc m remorque
rentadora f lave-linge, machine à laver
rentaplats lave-vaisselle
rentar laver
rentat lavage
renta-vaixella lave-vaisselle
res rien

reserva réseNe, réseNation


resposta réponse
retocar retoucher
rètol écriteau
reuma rhumatisme
revelar révéler, développer (film)
reveure revoir

revisor contrôleur
revoit virage
rie -a riche
nu m r1v1ere
. � . '

nure nre
• •

roba f vêtements, linge, robe, de lllt parure de lit


-

roca roche, rocher


roda roue
rodalia f voisinage, banlieue
rodet m bobine
ro19 roJa rouge
• •

rom rhum
ronda f chemin de ronde, périphérique
rony6 rein, rognon
ros -sa blond -e
rosat -ada rosé(e)

rostit -ida rôti


rostre visage
rotlle/-llo rouleau
rumb cap, route



250

Sa sana sain(e)
sabata chaussure - de tela espadrille
,

sabateria f magasin de chaussures


sabatilla f chausson, pantoufle
saber savoir
sable sabre
sab6 savon
sagnar saigner
safata f plateau
sagi lard
sala de festes salle de fêtes, cabaret
saldo solde (commerce)
saler m salière
safm6 saumon
salpar lever l'ancre
sait saut
saltador -a sauteur -euse, plongeur -euse
saltar sauter
salsitxa saucisse
safudar saluer
salvatge sauvage
salvavides bouée de sauvetage
sastre tailleur , - a mida - sur mesures
sastreria boutique de tailleur
seda soie
sedant calmant
segell sceau, timbre-poste
segle siècle
seguida suite de aussitôt , tout
, -

de suite
seguidor supporter
seguir suivre
segur -a sûr(e)
segurament sûrement
seient siège, place assise
seixanta soixante
semàfor sémaphore, feu de signalisation
semidirecte semi-direct, tren - train express
sèmola semoule
sempre toujours
senglar sanglier
sentir sentir, entendre
sentit sens

..
25 1

senyor Monsieur
senyora dame, Madame
senyoreta demoiselle, Mademoiselle
senzill ..a simple
sèpia seiche
serve1 service
• •

sessi6 session, séance


set soif ; sept
setanta soixante-dix
setè -ena septième
setmana semaine
setmanal hebdomadaire
setrill m burette , huilier
seu seva son, sa ; sien -ne
si oui ; si (condition)
srndria pastèque
sino mais bien, au contraire
sipia seiche
si(u)s plau s'il vous plait
sisè -ena sixième
so son (subst., cf. sonore)
sobre (adv.) dessus, (prép.) sur ; (subst. m) enveloppe (lettre)
sogra belle-mère
sogre beau-père pl. -s beaux-parents
sol (subst.) soleil, (adj.) -a seul(e)
sola semelle
solter -a célibataire
\ somriure sourire
. ,.
som1ar rever
sopar diner
sorra f sable
sostenidors (pl.) soutien-gorge
sotragada secousse
sotraguejar être secoué
suau doux douce, suave
subtitulat -ada sous-titré(e)
SUC JUS

sucrera f sucrier

Taca tache, salissure


tacar tacher
tac6 talon
tall m coupure, blessure ; tranche


252

tallar tailler, couper


tallat (de cabells) m coupe (de cheveux)
taller atelier, garage
talonari carnet de chèques
també aussi
tancar fermer
tapat ..ada couvert(e)
taquilla f guichet, caisse
taquiller guichetier, caissier
taquimecanôgraf -a sténo-dactylographe
tarda f après-midi, soir
tardor f automne
targeta carte
taronja orange
taronjada orangeade
tastar goOter
taula table
tauleta de nit f chevet
taxlsta chauffeur de taxi
tècnic technicien
teixit tissu
tela toile
tefefonada f appel téléphonique, coup de téléphone / de fil
temporal provisoire, saisonnier
tenda tente
tenyir teindre
terç tiers, terç -a troisième (archaïque)
tercer -a troisième
terminal terminus
termini terme, échéance
tem costume trois -pièces, complet
teu teva ton, ta ; tien -ne
tibar tendre (verbe)
tint m teinture, teint
tinta encre
tintorer -a teinturier -ère
tintoreria teinturerie
tirador -a tireur -euse
tirar tirer, jeter, mettre, poster (une lettre)
tireta pansement
tisores (fpl.) ciseaux
tocadiscos tourne-disques
tomàquet m tomate
tombar renverser, retourner, tourner
tonelada tonne


253

tonyina f thon
topada f choc, carambolage, accrochage
tomada f retour
tomar retourner, revenir
torneig tournoi
torrada f pain grillé
torrador -a qui grille ; -a de pa grille-pain
torrar griller, brunir
torr6 tourron, nougat
tos toux, ferina coqueluche
-


tossir tousser
tot -a tout(e)
tovalla serviette, -es (pl.) nappe
tovall6 serviette de table
tovallola serviette de toilette
tramesa f envoi
trametre envoyer, expédier
trampoli tremplin ,,.
tramvia tramway
transferència virement bancaire
travessar traverser
travessia chemin de traverse, traversée
treball travail
treballador -a ouvrier -ère
trencar casser, briser, fracturer
tres trois
treure enlever, extraire, retirer, tirer
triar trier, choirir
trigar (s'at)tarder, être long à (faire qqch.), durer
tripulaci6 f équipage
trucada f coup de fiVde téléphone
trucar frapper, appeler (au télépho-ne)
truita truite ; omelette
tu toi
tub tube, tuyau, d'escapament t. d'échappement
-

u
Ull œil
ulleres (pl.) lunettes
uns unes (pl.) quelques
ungüent m pommade, onguent


254

Vacunar vacciner
vainilla vanille
vaixell bateau, vaisseau
vaixella vaisselle
valer valoir, coûter
vas verre (récipient)
vàlvula soupape
vall vallée
vedell -a veau, génisse, au fém. p. désigner la viande de veau
vegada fois, de - -s parfois
vel voile (m)
vela voile (n
velocfmetre tableau des vitesses
velocitat vitesse
vell -a vieux vieille, ancien -ne
vencedor -a vainqueur, victorieuse
venedor -a vendeur -euse, marchand -e
venda vente, marché
ventail éventail
verge vierge

ver1 venin, poison


I ' '

vestidor vestiaire
vestit vêtement, habit, costume, robe, - de bany maillot de bain
vetes-i-fils mercerie
veu VOIX

veure voir
vi pl. vins vin
Via VOie
• •

vianant piéton
viatge voyage
viatger -a voyageur -euse
viatjar voyager
vida vie
vidre verre (matière), vitre
vidu vidua veuf veuve
vint vingt
viu viva vif vive, vivant(e)
v1ure vivre
• •

voler vouloir
vomitar vomir
vora f rivage, bord
vorera f trottoir
v6s vous (sing.)


· 255

vosaitres vous (pl.)


vostè -s vous (politesse sing., plur.)
vuit huit
vuitanta quatre-vingts
vuitè -ena huitième

Wàter m toilettes, W-C

Xàfec m averse
xafogor f temps lourd
xai agneau, mouton
xampû shampooing
xarampi6 m rougeole
xarop sirop
xarcuteria charcuterie
xàrter charter (vol - )
xlclet chewing-gum
xinxeta punaise
xocar heurler, choquer, télescoper
xoriç(o) chorizo
xurro beignet


. .

Table des matières

Page
'

Introduction .. .. .. .. .. .. ... .. . . .. . . .. ... . . . . .. . . .. .. . .. .. .. .. .. . . . . . 7


Géographie et histoire des pays catalans :
Le cadre géographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
. .
L ''h is to ire ........................................................ ..... 10
Chronologie politique .. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 28
La société et les institutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
La la9gue . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . . . 43
.

Gram-ni aire . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . .... ........ . . . . . . . . . . . . . . 45


Lés sons et l'écriture ........ ....... .. ...... ....... ...... .... .. . . . . . .
-

�es formes ; noms et adjectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50


L'articl e . . . . . ......... .. ........ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ................ . . . . . . . . . 55
Pronoms et adjectifs pronominaux . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . 56
Degrés de comparaison de l'adj ectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Le verbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Verbes irrégu tiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. 73
Les tnots invariables . . . . . . . . . . . . . . . . . ... .. . .. . . . .. . . . . . . . . . 77
Syn tax,e . . . . . .. .. .. .... ....... .. . . .. . . . . . ..... .. . .. .. . . . . . . . .. .. . . ..
. . .. . . 84
Le vocabulaire ...... . . . . . . ......... ................. ... .... .. .. ... 85
Les quatre opérations . . . . . . . . . . . . . .................... .. .. . 93
Conversation courante . . . .. . . ............ . .... . . . . . . . . . � . 94
La culture catalane . . . . . . . . . . . . .. . . . . . .. .. . . . . . . . . . . . . . . . .. . 1 o 0
L ittératur e . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.
-
Mus ique ............... . .............................................. .

Architecture, sculpture, peinture ...........


J;' A • • .

.cr etes d
et tra ztions ....................... ......... .......... .

La cuis ine catalane ............... ........................ .


Les vins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .· . . . .

La présence catalane dans le m.onde ... .


Inform.ations variées ................... ................. .

Le Roussillon ..................... ............................... .


Catalans illustres ....................... .. ..... ............. .

Onom.astique : . . .. ..... . . ......... . . ..... .


. . . . . . . . . . .. . . . . .. . . . . .

Noms de personne ; prénoms ............................... .

Noms de lieux .. ................................ .. .................... .


Quatre poèm.es catalans contem.porains
Bibliographie .................................... ................ .

Lexiques : Français-catalan ........................... .

Catalan-français
1 13 l

1 17
136
140
143
1 44
147
1 48
150
153

,.

155
161 .
175
1 77