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Novembre 2014 1

Novembre 2014

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Remerciements

M.

Didier Agar, Académie de Toulouse

M.

Guy Barral, Le Bibliophile languedocien

M.

Rémy Cazals, Université de Toulouse-Jean-Jaurès

Mme Sarah Grossert, Lautarchiv, Université Humboldt de Berlin

M.

Jean-Luc Lafon, Centre Culturel Occitan du Rouergue

M.

Jean-Jacques Murat, Cercle Occitan de La-Seyne-sur-Mer

Mme Joséphine Pagès, Brommes, Mur-de-Barrez Mme Marie-Noëlle Perrin, Archives Municipales de Marseille

Mme Raymonde Vialette, Saint-Jean d’Alcas

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Lenga(s) de guèrra : Documents occitans de la Grande Guerre

Sommaire

1.

PRESSE ET REVUES

5

1.1 Journaux de tranchées en occitan

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1.2 Journaux et revues de guerre en occitan

10

1.2.1 Journaux et revues créés pendant la guerre

10

1.2.2. Revues occitanes pendant la guerre

17

1.3 L’occitan dans la presse et les revues françaises

27

1.3.1

Publications du front

27

1.3.2 Publications “de l’arrière”

29

2.

AFFICHES ET CARTES POSTALES

33

2.1 Cartes postales en occitan

33

2.2 Affiches en occitan

37

3.

CHANSONS ET PARTITIONS

44

3.1 Pendant la guerre

44

3.2 Après la guerre

46

4.

TÉMOIGNAGES

47

4.1 Carnets et récits de guerre

47

4.2 Correspondance des combattants

48

4.2.1 Correspondances en occitan

49

4.2.2 Correspondances avec des mentions en occitan

54

4.3 Enregistrements sonores

56

4.4 Photographies

57

4.5 Manuscrits

59

5.

MONUMENTS AUX MORTS ET LIEUX DE MÉMOIRE

61

6.

LITTÉRATURE

71

6.1 Ouvrages publiés depuis la guerre jusqu’à nos jours

72

6.2

Affaire du 15ème Corps (en français)

86

7.

ARTS SCÉNIQUES

90

8.

RESSOURCES EN LIGNE

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INTRODUCTION

La question linguistique demeure curieusement absente de l'historiographie de la Première Guerre mondiale en France. Parmi les soldats bretons, basques, « ch'tis » - le terme est d'ailleurs sorti des tranchées, créé par des soldats mis au contact de ces gars du Nord qui parlaient une langue particulière - provençaux, languedociens, auvergnats ou encore gascons pour l'espace occitanophone, une grande majorité a témoigné de son expérience de la guerre dans des carnets, lettres, mémoires et souvenirs, en français. Partant de ce constat, les historiens ont semble -t-il définitivement clos le dossier des langues dans la guerre.

On ne peut s'empêcher de penser, au regard de la littérature et des discours « anti-patois » qui dominent encore largement la pensée officielle au XXe siècle, que nombre d'historiens ont été détournés du sujet linguistique par l'idée, désormais classique, du faible intérêt de la réalité sociolinguistique d 'un pays dont la langue est réputée, depuis l'abbé Grégoire, « une et indivisible ».

L'histoire de la Grande Guerre en France a pourtant considérablement évolué ces quarante dernières années, grâce à une plus grande considération pour les documents produits par les combattants eux- mêmes, au détriment des sources traditionnelles de l'administration et de la presse, plus aptes à véhiculer, en temps de guerre et de censure, l'idéologie officielle le fameux « bourrage de crâne » - que la réalité des expériences vécues de la guerre. On aurait pu penser que ce retour à la « masse », aux sources directes des combattants et des populations de l'Arrière, à la question sociale, voire territoriale, aurait permis de mettre à jour les nombreuses questions linguistique s que le conflit met en lumière pour comprendre la France de 1914, comme celle, bouleversée, de l'après-1918. Force est de constater que ça n'a pas encore été le cas malgré un certain nombre de chantiers (enfin) ouverts, en majorité pour les soldats breton s ou, en ce qui concerne la question « occitane », avec l'analyse de l'affaire du 15e corps qui permit un nouvel examen de la doctrine de l'Union sacrée, comme dans le temps plus long, de la suspicion de nombreuses élites françaises pour un « Midi » culturellement et linguistiquement si différents.

Les traces et les documents sont pourtant bien là : mots, expressions voire passages entiers dans les carnets et correspondances de soldats, articles et journaux de guerre entièrement rédigés en occitan, en breton, en basque. De l'occitan, on en trouve finalement partout : sur les affiches, en légende de cartes postales et de caricatures de propagande, dans les journaux de tranchées, dans la presse y compris nationale de l'époque, et jusque sur les monuments aux morts et autres lieux de mémoire de la guerre.

Le CIRDÒC-Mediatèca occitana a entamé en 2014 un grand chantier de repérage, d'étude, de sauvegarde des documents occitans de la Grande Guerre, auquel tous les détenteurs de documents, institutionnels et privés, sont invités à participer en signalant une documentation parfois unique, souvent rarissime, et, dans la grande majorité des cas, encore inconnue des historiens.

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1. PRESSE ET REVUES

1.1 Journaux de tranchées en occitan

Les « journaux de tranchées » représentent un type de publication lié à l'évolution de la guerre de 1914- 1918. Ils apparaissent dès que le front se stabilise et que commence une guerre de tranchées, conçus par des soldats et des officiers au front. Enterrés dans les tranchées, des soldats rédigent, de manière manuscrite d'abord, puis sous forme de petites feuilles ronéotypées ou imprimées, des journaux destinés à distraire leurs camarades. Ils jouent un rôle essentiel pour le moral des troupes, comblant l'absence de nouvelles et aida nt, à grand renfort d'humour, à vaincre l'ennui, voire le désespoir.

Le premier d'entre eux, l' Écho de l'Argonn e, naît en octobre 1914. Les journaux de tranchée prolifèrent sur le front français. Le Petit Colonial, L’Écho de l’Argonne , Le Poilu et L’Écho des marmites sont les premiers à être créés, suivis par beaucoup d'autres. Leur périodicité est bien souvent incertaine. On recense pourtant plus de 450 titres souvent tiré à un très faible nombre d'exemplaires, à l'exception de quelques-uns comme Le Crapouillot, imprimé à Paris à plus de 1500 exemplaires, et qui connaîtra une exceptionnelle longévité. Les journaux édités par les troupes de première ligne sont majoritaires alors que les journaux des unités de seconde ligne (artilleurs et territoriaux, solda ts du génie, cavaliers et blindés) ne représentent qu’un tiers des publications. Les titres sont rédigés dans les unités, moins exposées que l’infanterie de première ligne. Ils émanent généralement de soldats ayant une spécialité (fourriers, brancardiers, téléphonistes, vaguemestres, cyclistes, cuisiniers, etc.). Plusieurs journaux de tranchées sont rédigés entièrement en occitan. La plupart d’entre eux sont créés par les sociétés félibréennes constituées au Front.

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Ecò dóu Bousquetoun. Escolo dóu Boumbardamen. [S.l.] : [s.n.], 1915-1919.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds Jouveau [JOU 19-2] : n.13, 1917-n.14, 1917 BnF [4-LC6-281 (A)] : [1915] (n°34-46). juin 1916 [II, n°30-31] 1917 [III, n°1-3,12], Bibliothèque du Puy-en-Velay [4164]. Dates extrêmes de publication : 1915-1919 Périodicité : Hebdomadaire puis bimensuel Document disponible en ligne : http://www.purl.org/occitanica/biblioteca-numerica/corpus/4928 Rédacteurs : Francis Pouzol ; Marius Jouveau ; Albert Boudon ; Louis Abric ; Louis Fourmaud ; Alain

Charrasse ; Gustave Arsac (

)

L’école félibréenne L'Escolo dóu Boumbardamen est créée le 28 janvier 1915 dans une tranchée de Lorraine, à Remières. Fondée par Albert Boudon-Lashermes (1882-1967), elle comprend en grande majorité des félibres issus du Velay. Ses statuts relevés dans le bulletin précisent que "pour devenir félibre de l'Escolo il faut être soldat dans une unité combattante, être sur le front ou avoir été évacué comme blessé ou malade ". Sa devise est "lou canoun me fai canta ", pastiche de la devise mistralienne "lou soulèu me fai canta ". Cette devise se trouve gravée sur plusieurs cagnas (abris) de première ligne. Les statuts de cette Escolo n’avaient qu’un article: “Li mèmbre de l’Escolo s’acampon quand podon e coume podon, pèr faire un boun repachoun e pèr felibreja” (Les membres de l' École se réunissent quand ils peuvent et comme ils peuvent, pour faire un bon repas et pour félibréger). Dès 1915, l' Escolo dóu Boumbardamen imprime sur le front trois numéros d'un journal intitulé L'Echo des cagnas Remières qui cédera vite la place à L'Echo du Boqueteau (45 numéros édités en 1915). Jusqu'en mars 1916, la revue est bilingue (français/occitan) tout en gardant son nom français. Elle publie essentiellement des poèmes de circonstance en occitan, inspirés de la vie quotidienne au front, dans la tradition des activités félibréennes ainsi que des nouvelles des soldats félibres faits prisonniers, blessés ou disparus. C'est le 16 avril 1916 qu'est créée l'édition provençale intitulée L'Ecò dóu bousquetoun distincte de l'édition française qui continue à publier quelques textes en occitan. En 1917, Boudon- Lashermes lance une troisième édition parallèle de ce journal sous la forme d'une édition vellave (du Velay) intitulée L'Ecò dei Bousquetoun. Ces trois versions paraissent jusqu'en janvier 1919. Né, comme tous les journaux du front, de l’ennui et du désœuvrement de la vie de tranchée, L'Eco était imprimé avec un procédé de type « polycopie », moins coûteux et plus simple à mettre en place qu'une impression professionnelle en temps de guerre.

Pour en savoir plus :

BOUDON-LASHERMES, Albert. Un journal de tranchée : l’Echo du boqueteau . Le Puy. Impr. des Félibres, 1919. (Cote CIRDÒC (Béziers) [JOU C 308] )

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Buletin de l'Escolo dóu Boumbardamen. Escolo dóu Boumbardamen. [S.l.] : [s.n.], 1916.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds Jouveau [JOU 19-5] : [1916] 12 numéros Dates extrêmes de publication connues : 1916- Périodicité : Numéros non datés

Document disponible en ligne : http://www.purl.org/occitanica/biblioteca-numerica/corpus/4863 Rédacteurs : Francis Pouzol ; Marius Jouveau ; Léon Teissier ; Jòdi Maillet ; Louis Abric, Sully-André

Peyre ; Pierre Causse ; Pierre Azéma ; Jean Hustach ; Louis Bonfils (

)

C’est sous l’égide de L'Escolo éponyme que commence à paraître en 1916 Lou Buletin de l'Escolo dóu Boumbardamen. Une partie des collaborateurs de l’école félibréenne ayant disparu et une autre grande partie se trouvant hospitalisée - à l’instar de son fondateur Albert Bourdon- Lashermes - , la survie du mouvement tint à l’action de Francis Pouzol qui recruta de nouveaux membres parmi les félibres de sa connaissance épars sur le front pour cette nouvelle publication. Ce petit bulletin de quatre pages est conçu et rédigé au front, dupliqué à la pâte à polycopier. Le Buletin se distingue du journal de tranchée publié par l’ Escolo dóu Boumbardamen (L'Ecò dóu bousquetoun, voir p.6) en étant un organe d’opinion interne à l’organisation félibréenne. Il permet aux jeunes félibres mobilisés au front d'échanger leurs idées et de débattre de le urs projets concernant l'organisation du Félibrige, son projet politique et la stratégie à mettre en oeuvre après la guerre.

Pour en savoir plus :

BOUDON-LASHERMES, Albert. Un journal de tranchée : l’Echo du boqueteau . Le Puy. Impr. des Félibres, 1919. (Cote CIRDÒC [JOU C 308] ).

Lou Boulet rouge [dóu Lio-Tenènt Teissier 12e Cie dóu 416e S.P. 198]. [S.l.] : [s.n.], 1917-

1919.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds Jouveau [JOU 19-6] : n.3, 1917-n.19, 1919 (lac. n.9, n.11, n.14) Dates extrêmes de publication connues : 1917-1919 Périodicité : non régulière. Tous les dix jours, mensuel, bimestriel, trimestriel. Document disponible en ligne : http://www.purl.org/occitanica/5095 Rédacteurs : Léon Teissier ; Brunèu Rougié

Journal réalisé par Léon Teissier (1883-1981), manuscrit et ronéotypé, Lou Boulet Rouge compte une vingtaine de numéros imprimés entre 1917 et 1919. Son titre fait référence aux vers de Frédéric Mistral dans Calendau : “Lengo d’amour, (…) T’apararen à boulet rouge / Car es tu la

patrio e tu la liberta !” ( Langue d’amour (

la patrie et toi la liberté ! ). Ce journal publie principalement des poèmes, des correspondances et

Nous te défendrons à boulets rouges / car c’est toi

)

donne des nouvelles des soldats félibres. Il contient également quelques comptes-rendus de publications félibréennes.

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Léon Teissier, disciple de Pierre Dévoluy 1 , fait partie des félibres qui souhaitent réformer l’organisation du félibrige. Il exprime librement ses opinions dans le journal, comme en témoignent quelques vers très moqueurs dans le n° 6 du 25 novembre 1917 :

Avèn la cigalo au capèu E dins la man un brave pèu… (Nous avons la cigale au chapeau Et dans la main un gros poil… )

la cigale au chapeau Et dans la main un gros poil… ) 1 Pierre Dévoluy (1862-1932)

1 Pierre Dévoluy (1862-1932) de son vrai nom Paul Gros-Long, est un poète et romancier occitan, capoulié du félibrige entre 1901 et 1909. Officier de carrière, il est également adjoint au maire de Nice Jean Médecin entre 1929 et 1932. Directeur des revues Prouvènço (1905) et Vivo Prouvènço! (1907-1914), il entretient de bonnes relations avec Frédéric Mistral qui lui permet d’éditer ses Discours e Dicho, mais également son premier texte, demeuré jusque-là inédit Li Meissoun.

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1.2 Journaux et revues de guerre en occitan

À la différence des journaux de tranchées, ces titres sont élaborés à l'arrière, et pour ce qui concerne l'espace occitanophone, bien loin du front. Pour autant, ils sont parfois en contact direct et permanent avec les comb attants, soit par la correspondance, soit parce que leur rédacteur, comme Pierre Azéma pour Lou Gal de Montpellier, a fait l'expérience du feu avant d'être réformé suite à une grave blessure. Ils peuvent aussi être un trait d’union entre les combattants co mme dans le cas de la Gazeto Loubetenco où le rédacteur Joseph Loubet qui se définit comme un greffier “grafié de tóuti” se charge de recueillir les nouvelles qu’il reçoit du front et de les faire circuler auprès de ses lecteurs - correspondants. Pour les uns comme pour les autres il fallait pour parvenir à la publication, surmonter à la fois les conditions matérielles imposées par la réalité des combats et la surveillance accrue de la censure qui apportait son visa sur tout échange de correspondance avec le front.

1.2.1 Journaux et revues créés pendant la guerre

La Gazeto Loubetenco. [Paris] : [J. Loubet], 1915-1917.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds Jouveau [JOU 19-1] : n.17 (1915)-n.58 (1917) Médiathèque d’Arles [RB 228 M], Médiathèque Emile-Zola (Montpellier) [MS 432] : n°1, 31 juillet 1915 - n°58, 30 juillet 1917. Dates extrêmes de publication connues : 1915-1917 Périodicité : Hebdomadaire Document disponible en ligne : http://www.purl.org/occitanica/biblioteca-numerica/revista/4879

Rédacteurs : Joseph Loubet ; Sully-André Peyre ; Pierre Azéma ; Francis Pouzol, Louis Bonfils ; Marius

Jouveau ; Jean-Baptiste Bégarie (

)

Joseph Loubet (1874-1951), félibre montpelliérain installé à Paris décide de soutenir ses amis félibres mobilisés par l’envoi d‘une correspondance régulière afin d’entretenir leur courage et leur apporter consolation. En 1915 il trouve le moyen de relier entre eux tous ses correspondants par l’édition d’une chronique régulière réalisée à partir des lettres reçues de l’ensemble du front. Chez lui, boulevard de Vaugirard à Paris, il transcrit à la main les lettres sur une feuille (feuillet de 4 pages) qui est dupliquée et paraît chaque same di. Dès son lancement la gazette connaît un succès important et son tirage passe de 60 à 100 exemplaires. Baptisée Gazeto Loubetenco, plus qu'un lien entre félibres combattants, elle devient rapidement un lieu d'échange d'idées qui participent au mouvement félibréen. La gazette comportait à la fois des idées sur les buts félibréens, des souvenirs savoureux et des renseignements personnels sur les uns et les autres. En deux années paraîtront 58 numéros et 22 suppléments, soit un recueil de plus de 300 pages exclusivement en occitan qui passe pour une oeuvre majeure de Joseph Loubet.

Pour en savoir plus : INARD, Léon. “La Gazetto Loubetenco et son Grafié (1915-1917)”, La France latine, 58-59, 1974, p. 60-67.

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Lou delubre : Santo Ventùri ! [Le Mont de la Victoire] : buletin di felibre de la grando guerro. Aix-en-Provence : [s.n.], 1915-1916.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AG] : n.1 (1915)-n.4 (1916) BnF [FOL- LC6- 641] : n°1,1915-n°4, 1916, Bibliothèque Centrale de Toulon [30182] : n°1,1915-n°4, 1916, Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine (Toulouse) [P4137] : n°1,1915-n°4, 1916, Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille) : n°1, 1915-n°4, 1916, Médiathèque Emile-Zola (Montpellier) : n°1, juin 1915-n°2, novembre 1915. Dates extrêmes de publication connues : juin 1915-mai 1916 Périodicité : Trimestriel Rédacteur : Marcel Provence

Publié à Aix par Marcel Provence (1892-1951) entre juin 1915 et mai 1916 (parution de 4 numéros), Lo Delubre : Santo Ventùri doit son titre à un monument emblématique de l’histoire de la Provence. Lou Delubre est en effet un monument dressé par le général Marius (157 - 86 av. J.C.) au pied de la Montagne Sainte - Victoire à la mémoire des soldats romains ayant vaincus les barbares germains. Le bulletin se veut un lien entre les félibres du front et ceux restés à l’arrière. Chaque numéro débute par la liste des félibres “morts pour la patrie”, suivie d’une lettre du capoulié (ou d’un membre important du félibrige) en soutien à la cause félibréenne sur le front. Il est complété par les actualités liées au félibrige, et parfois par des discutions et débats autour de celui- ci. Le journal bien que relatant principalement l'événementiel n’en demeure pas moins patriotique et n’oublie jamais de saluer et soutenir la “Grande Patrie”.

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Lou Gal. Mount-Peliè : [s.n.], 1915-1920.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AG 1] : n.2 (1915)-n.116 (1920) BnF [JO-66147] : 1914 [n°1-7], 1917 [n°37], juin 1920 [VI, n°115], BDIC (Nanterre) [4 PRES 145] :

n°1,1915-n°36, 1916, Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine (Toulouse) [P16294], Archives départementales de l’Hérault (Montpellier) : 1914 [n°1, 4-6], 1917 [n° 37-44, 46-48, 51-60], 1918 [n°61- 64, 66-78, 80-84], 1919 [n°85-87, 89-90, 92-94, 97, 101-102], 1920 [n°103-110, 112-116] Dates extrêmes de publication connues : 1915-1920 Périodicité : Mensuel (1915-1916), bi-mensuel (1916-1919), hebdomadaire (1920) Document disponible en ligne : http://occitanica.eu/omeka/items/show/1851 Rédacteurs : Pierre Causse ; Jean Bardin ; Louis Bonfils ; Pierre Azéma : Jòrdi Maillet ; Louis Abric ;

Louis Fourmaud (

)

Lou Gal (« Lo Gal » en graphie classique, « Le coq » en français) est un mensuel (1915), puis bimensuel (1916-1919), puis hebdomadaire (1920), d'expression occitane fondé en 1915 par Jan Bardin (Jean Bardin, 1893-1966) et Pierre Causse (dit Caussou de l'Oulivié, 1883-1951), rapidement rejoints par Louis Bonfils (1891-1918), Jòrdi Maillet et surtout Pierre Azéma (1891- 1967), figure majeure du Félibrige languedocien puis de l'occitanisme contemporain. Réalisé à l'arrière et imprimé à Montpellier, le journal se veut un soutien en forme de divertissement “per los soldats dau Miègjorn” ("pour les soldats du Midi") comme indiqué sur la première page :

Mandas au front lou Gal! Soun cant es un regal

Per lous pialuts dins sa tranchada ;

Quand reçaupran aquel journal Que ié porta la sourelhada

E l’èr dau païs miejournal.

Organe d'esprit félibréen, Lou Gal est l'un des rares exemples de journal en occitan qui paraît régulièrement pendant la Première Guerre mondiale. Les premiers numéros sont ronéotypés et conçus comme une sorte de bulletin de liaison entre les combattants félibres. Le journal évolue dans son discours et se professionnalise à partir de janvier 1916. Il publie essentiellement des textes d'encouragement patriotique et des divertissements (caricatures, chansons, textes humoristiques) ainsi que des lettres et témoignages, souvent anonymes, présentés comme émanant de soldats au front. Après la guerre, Lou Gal continue de paraître en accordant une place de plus en plus importante à des textes en français. Le journal s'arrête en 1920 sous le coup de la crise du papier mais sans doute également à caus e d’une crise éditoriale (fin de la guerre, développement des contenus en français, etc.).

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Cacalaca. Alès : [s.n.], 1916-1936.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [E6-E0] : n.5 (1916)-n.70 (1919) ; n.72 (1926)-n.175 (1936) BnF [JO 56042] : n°1, 1916 - n° 158, 1934, 1936 [n°172, 174-176], BDIC (Nanterre) [FP 55] : n°1, 1916- n°70, 1919. Dates extrêmes de publication connues : 1916-1936, devient Le Pays Cévenol et Cacalaca (1 mai

1938).

Périodicité : Bimensuel, parfois mensuel Document disponible en ligne : http://www.purl.org/occitanica/biblioteca-numerica/corpus/4396 Rédacteur : Julien Brabo

Journal créé par Jan Castagno, pseudonyme de Julien Brabo (1859-1938), félibre cévenol, qui est à la fois directeur du journal, imprimeur et auteur de la plupart des articles sous des pseudonymes différents : L'Anglès de Malataverno, l'Espagnoulet, Julian de la Lègo, Julian de la Vabreio, Mas d'Avèno, Lou Mouissau. Cacalaca !” est le nom du chant du coq en occitan, l’équivalent de “Cocorico !” en français. Les textes publiés glorifient les Cévennes et également la patrie. Le journal est adressé pendant toute la guerre aux soldats alésiens du front, il port e la mention Es à gratis per lous pelous dau Front :

Il est gratuit pour les « poilus » du Front.

front, il port e la mention Es à gratis per lous pelous dau Front : Il

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Lou Secrèt. Le Cailar (Gard) : [s.n.], 1918-1919.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [JII-1] : n.1-2 (1918)-n.9-10-11-12 (1918) [lac n.3-4] CRD Occitane (Mouans-Sartoux) [T20] : n.1 (1918)-n.16 (1919) [lac] Dates extrêmes de publication connues : 1918-1919 Périodicité : Mensuel Document disponible en ligne :

Rédacteurs : Sully-André Peyre ; Elie Vianès ; Amadiéu Gambardella ; Francis Pouzol

Journal créé en 1918 par Sully-André Peyre 2 (1890- 1961) sous le pseudonyme de Jan de la Vaulongo. Ses principaux collaborateurs sont Alàri Sivanet (pseud. d'Elie Vianès), Amadiéu Gambardella et Francis Pouzol, tous mobilisés. À la création de Lou Secrèt la volonté de S. - A. Peyre est de poursuivre l’oeuvre de Joseph Loubet et de sa Gazeto Loubetenco dont la publication s’est interrompue en 1917. Cinq numéros seulement seront ainsi publiés entre 1918 et 1919. Ils portent la mention "A gràtis pèr lou Front", “Gratuit pour le Front”. Chaque numéro comporte une rubrique "Biblioutèco Circulanto Prouvençalo", liste d'ouvrages destinés à faire circuler la littérature provençale entre soldats. Le journal est surtout le lieu pour les jeunes félibres de débattre de leur nouveaux projets, principalement la création d’un quotidien en provençal, qui ne verra jamais le jour. S. - A. Peyre est un fidèle de Pierre Devoluy et farouche adversaire des dialectes : il publie à ce sujet dans le numéro de janvier - février 1918 une “Letro duberto à Fihou” (Louis Bonfils).

L’Escolo de l’Uba-Luen [de l’Extrême-Nord]. [S.l.] : [s.n.], [s.d.].

Lieux de conservation : Non localisé. Dates extrêmes de publication connues : inconnues Périodicité : inconnue

On ne connaît à ce jour aucun exemplaire de ce journal et nous n’avons à ce jour que peu d’éléments sur son contenu. On sait grâce aux informations contenues dans Lou Libre d’or de Santo Estello (p.63) et Noto de guerro de Marius Jouveau (p.48) qu’il a été fondé à Cuxide en Flandres et que Frédéric Mistral (neveu) du 21ème de génie, Louis Fourmaud, 141ème de ligne et Louis Marsal, 3ème de ligne ont fait partie de ses rédacteurs.

2 Sully-André Peyre, poète et homme de lettres, a écrit en français, en provençal et en anglais. Réformé car de santé fragile il ne participe pas aux combats et reste à l’arrière sur toute la durée du conflit. A partir de 1921 et jusqu’à sa mort il s’occupera seul de la revue Marsyas. (cf. L’Astrado N° 25, 1990).

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1.2.2. Revues occitanes pendant la guerre

Beaucoup de publications d’expression occitane sont en grande majorité d’inspiration félibréenne et nées avant la guerre. Elles vont s’arrêter de paraître pendant le conflit, pour parfois reprendre après l’armistice, ou tout simplement s’éteindre définitivement. Pour autant, beaucoup ont publié un dernier numéro avec des réactions “à chaud” de l’annonce de mobilisation générale. Certaines de ces publications traverseront les années de guerre par une activité réduite se mesurant au changement de périodicité, de format ou de volume.

Vivo Prouvènço ! Porto-paraulo mesadié di remembranço miejournalo. Avignon : [s.n.],

1908-1914.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AF] et [N0] : n.37 (1908)-n.113 (1914) Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), Médiathèque Ceccano (Avignon), Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras), SESA (Draguignan), Archives départementales des Bouches -du-Rhône (Marseille), Mémo (Montauban), BU Lettres et Sciences Humaines Université Paul-Valéry (Montpellier), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), Bibliothèque Louis Nucéra (Nice), Bibliothèque du protestantisme français (Paris), Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine (Toulouse). Dates extrêmes de publication connues : 1908-1914 Périodicité : mensuel

Publication mensuelle qui a pris la suite de Prouvènço !, également dirigée par Pierre Devoluy. Ce dernier donne à la seconde version de sa revue une orientation plus politique, alors que la précédente version se voulait dans la droite ligne de l’ Aiòli, tout juste diparu, et souhaitait rassembler une grande partie de la production litté raire, scientifique et critique des auteurs de langue d’oc. L’approche de la Grande Guerre et le métier des armes imposent toutefois une certaine retenue aux articles consacrés à la décentralisation. L’éditorial du n° 113, daté du 1er août 1914, dernier numéro paru, témoigne d’un important sentiment d’ardeur patriotique.

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Buletin de

? Prouvènço!

Marsiho : Prouvenço, 1907-1924.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [G5] : n.19 (1910)-n.106 (1922) Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence) [PER 1567] : 1916 - 1919, BnF, Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille) [PER 11209] : no. 70, jul-1916 - no. 390, jun-1982 [lac(nos71-75)], CRD Occitane (Mouans Sartoux) [C06] : 1913 - 1914 ; 1921 - 1922 [lac], Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse) [P9314] : n°65(1915)-n°66(1915). Dates extrêmes de publication connues : 1907-1924 Périodicité : mensuel Rédacteur : Charles Vivarès

Son contenu est principalement rédigé par le marseillais Charles Vivarès, président de la revue. Il y publie des article du capoulié Valère Bernard sur l’actualité félibrénne ainsi que les nouvelles des souscripteurs et membres des familles des souscripteurs présents ou morts sur le front. À partir de janvier 1916, la revue laisse une place de plus en plus importante à la littérature. Elle publie alors les poèmes et textes sur la guerre de Marius Jouveau et Mèste Piarre, pseudonyme de Pierre-Henri Colombon (1851-1937). Le sentiment patriotique s’y fait de plus en plus sentir et ce jusqu’au lendemain de la guerre.

Lis Annalo dóu pople de Prouvènço. Veisoun : Lis Annalo dóu pople de Prouvenço, 1912-

1914.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [N0] : no. 1, 1912 - no. 24, 1914, Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras) [4o 104] : no. 9, 1913 - no. 22, 1914 [lacunes (nos11-15,17-21)], CRD Occitane (Mouans-Sartoux) [T20] : no. 1, 1912 ; no. 4, 1913 ; no. 27, 1923 - no. 28, 1923, CEROC (Paris) [4248] : vol. 7, 1913 - vol. 32, 1923 [lacunes], Bibliothèque d’Études et du Patrimoine (Toulouse) [p4139] : no. 23, 1914 ; no. 25, 1923 - no. 32, 1923, BnF [JO-72234] : mars, avr., juil., août 1923 (3e année, n° 27, 28, 31, 32). Dates extrêmes de publication connues : 1912-1914 Périodicité : Mensuelle

Journal d’opinion catholique, Lis Annalo dóu pople de Prouvènço prend la suite de trois journaux antérieurs : Lou Gau (1897-1910), lo Rampèu (1904-1910) et La Coupo santo (1912). Le journal connaît une existence éphémère, de 1912 à 1914, il reprend en 1923 sous le titre d’Annalo felibrenco . Au début de la guerre, il se montre clairement antigermaniste et publie notamment un article intitulé : E quand lou coulobre Téutoun…

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Cartabèu de Santo-Estello. Burèu dóu counsistòri felibren. Avignoun : Roumanille, 1876-

1946.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [G5] : 1876-1946 Musée Arbaud (Aix-en-Provence), Médiathèque d’Arles, Médiathèque Ceccano (Avignon), BnF, Médiathèque Noailles (Cannes), Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (Digne), Médiathèque intercommunale François Mitterand (Digne), Archives départementales des Hautes-Alpes (Gap), Bibliothèque de la Part-Dieu, coll. jésuite des Fontaines (Lyon), Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), Bibliotèque de l’Alcazar (Marseille), Mémo (Montauban), Archives départementales de l’Hérault (Montpellier), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), CEROC (Paris), Bibliothèque J.H. Fabre (Sérignan/Comtat), Bibliothèque Centrale (Toulon). Dates extrêmes de publication connues : 1876-1946 Périodicité : Annuelle

Né avec le félibrige le Cartabèu est sa publication officielle. Il fait le compte - rendu annuel de ses activités et donne la liste de ses membres et leur adresse. Le Cartabèu contient aussi parfois des notes bibliographiques sur les publications félibréennes. Au cours du conflit, le Cartabèu cesse de paraître. Ce n’est qu’en 1922 que paraît un numéro cumulatif (n°12) qui couvre toute la période de la guerre. Le volume plus volumineux qu'auparavant dresse l’état du félibrige et de ses actions pendant le conflit et après, jusqu’à la date de sa nouvelle parution. Le Cartabèu se voulant une publication strictement officielle, il n’est pas fait de mention particulière des faits de guerre.

Lou Bartavèu : Armana Poupulàri d’en Prouvenço. Vaison : [s.n.], 1902-1942.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [Al7] : 1915 Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), BU Lettres (Aix-en-Provence), Médiathèque Ceccano (Avignon), BnF, Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras), Archives départementales des Hautes-Alpes (Gap), Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), Bibl. J.H Fabre (Sérignan/Comtat), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse). Dates extrêmes de publication connues : 1902-1942 Périodicité : Annuel

Lou Bartavèu (1902- 1942) est un almanach apparenté au félibrige principalement rédigé par un certain E. Jacomet utilisant aussi le pseudonyme de Lou Bartavèu . L’almanach est en grande partie composé de farces et d’histoires drôles. On y trouve aussi quelques fois des caricatures, des chansons accompagnées de leur partition et des poèmes. Certains textes du numéro de 1915 de l’almanach du Bartavèu concernent la guerre. On y retrouve 4 caricatures, une prophétie et des poèmes comiques sur la guerre. Le propos initial de l’almanach est d’abord humoristique et ne cherche donc pas à se mêler de politique ou d’actualité, d’où l’impact modéré de la guerre sur son contenu.

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La Terro d'Oc : revisto felibrenco e federalisto. Escolo Moundino. Toulouso : [s.n.], 1894- 1933.

La Terro d'Oc : revisto felibrenco e federalisto. Escolo Moundino. Toulouso : [s.n.], 1894-

1933.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [P4] : 1894-1933, Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), Médiathèque Ceccano (Avignon), BnF, Bibliothèque de la Part-Dieu, coll. jésuite des Fontaines (Lyon), Mémo (Montauban), BU Lettres (Montpellier), CRD Occitane (Mouans -Sartoux), Archives départementales de la Haute -Garonne (Toulouse), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse), BUC Mirail (Toulouse) Dates extrêmes de publication connues : 1894-1933 Périodicité : bimensuel puis mensuel puis bimestriel

La Terro d’oc est une revue felibréenne et fédér aliste publiée à Toulouse par l’Escolo Moundino. Son bureau est composé de Louis-Xavier de Ricard, président d’honneur ainsi que Louis Vergne, Antonin Perbosc et Prosper Estieu. Tous ces auteurs sont connus pour leurs positions décentralisatrices et républicaines, alors à contre-courant d’un félibrige plus conservateur. La revue parait régulièrement de 1914 à 1917 puis s’essouffle en 1918 (un seul numéro entre janvier 1918 et janvier 1920). Elle publie sous forme de chroniques de nombreux textes sur la

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guerre : “Souvenis de guerro” de Yvan Cazottes, “Journal de guerro” de Jan de l’Irège, “La guerro, paraulos d’un filousofo” d’Andrieu del Sourelh ainsi qu’une rubrique “Les Nostres” donnant des nouvelles des compatriotes au front. A noter en 1915 (p.62) un po ème de l’adjudant Paul Sibra 3 La lengo d’oc a la guerro”.

Lou Bournat : revue félibréenne du Périgord. Périgueux : [s.n.], 1902-

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AD1] : 1902- BnF, Bibliothèque de Bordeaux, Musée d’Aquitaine (Bordeaux), BFM (Limoges), Bibliothèque de la Part-Dieu, coll. jésuite des Fontaines (Lyon), Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), CEROC (Paris), Archives départementales de la Dordogne (Périgueux), Bibliothèque Centrale (Périgueux), Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine (Toulouse). Dates extrêmes de publication connues : 1902- Périodicité : Bimestriel puis trimestriel

Lou Bournat est une revue bimestrielle de l’École félibréenne du Périgord publiée depuis 1902 jusqu’à nos jours. La revue s’adresse à ses souscripteurs restés à l’arrière. Dans un premier temps, la question de la guerre semble relativement lointaine, aucun article ne lui est consacrée, et seuls quelques poèmes viennent en rappeler l’existence. C’est à partir du numéro de juillet- août 1915 que le bulletin commence à publier son “Libre d’Or”, qui donne des nouvelles des différents soldats morts²”, blessés ou promus sur le front. Les publications liées à la guerre sont alors plus nombreuses mais restent très minoritaires. Le journal revendique cependant un fort sentiment patriotique, et exalte dès qu’il le peut le sentiment d’appartenance à la petite patrie pleinement intégrée à la grande.

3 Paul Sibra (1889-1951) est un peintre lauragais né à Castelnaudary. Félibre, il se lie d’amitié avec Prosper Estieu en 1927. Quelque peu ignoré par le public parisien, il se spécialise dans les portraits de félibres et de villages occitans. Durant la guerre, Sibra est un simple soldat a ttaché à un régiment d’artillerie. Ayant déjà débuté sa formation artistique, il décore des cagnas de figures de chevaliers et de troubadours. Aucune de ses productions n’a malheureusement pu être conservée.

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L’Armana Prouvençau. Félibrige. Avignoun : Aubanel ; Roumanille, 1855-

Lieux de cons ervation : CIRDÒC (Béziers) [AL1]

Arbaud (Aix-en-Provence), Médiathèque d’Arles,

Médiathèque Ceccano (Avignon), BnF, BU Lettres (Bordeaux), Bibliothèque des Quatre Piliers (Bourges), Médiathèque Noailles (Cannes), BCIU Patrimoine (Clermont-Ferrand), BU Lettres (Clermont- Ferrand), Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (Digne), Médiathèque intercommunale François Mitterand (Digne), Médiathèque Villa Marie (Fréjus), Archives Départementales des Hautes- Alpes (Gap), Musée Fragonard (Grasse), BFM (Limoges), Bibliothèque de la Part -Dieu, coll. jésuite des Fontaines (Lyon), Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), Archives Municipales de Marseille, Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille), B ibliothèque de la CCI de Marseille, Mémo (Montauban), BU Lettres (Montpellier), Bibliothèque de la Faculté de Théologie Protestante (Montpellier), CRD Occitane (Mouans -Sartoux), Bibliothèque Louis Nucéra (Nice), Bibliothèque de la Sorbonne (Paris), EPHE (Paris), Bibliothèque Mazarine (Paris), CEROC (Paris), Les Champs Libres (Rennes), Bibliothèque J.H. Fabre (Sérignan/Comtat), BNU (Strasbourg), Bibliothèque Centrale (Toulon), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse), BU Arsenal (Toulouse) Dates extrêmes de publication connues : 1855- Périodicité : Annuel Document disponible en ligne : http://occitanica.eu/omeka/items/show/3855

Bibliothèque

Méjanes

(Aix-en-Provence), Musée

Instrument de communication de l’organisation félibréenne, l’ Armana Prouvençau ouvre sa Crounico felibrenco pour l’année 1915 en invitant au réconfort et à la foi en l’avenir, reprenant la parole mistralienne prêchant “la fe dins l’an que vèn”. La chronique est suivie par une chanson (avec partition) d’Auzias Jouvea u “Li Bessoun de Merindòu ”, suivi d’un texte de Fouquet de la Granado intitulé “Lou Miejour douno a la Franço li quatre generau chèfe de sis armado ”. Tout au long des quatre années de guerre l’ Armana va se faire écho des faits de guerre, exaltant la fibre patriotique et provençale tout en restant inspiré par les évènements du front comme le poème de Jóusè Chevalier (1916, 33) : “nouvè dóu XVe corps pèr l’armado prouvençalo ”, “Catoun de guerro” d’Auzias Lieutaud (1916, 35) ou “Un tros de moun journau de routo” de J.P. Gras (1916, 71). Chaque volume s’achève par la liste des soldats morts au front dans son Mortuorum.

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La Crounico de Sant Maiou s’edito douge cops chasque an pèr de felibres de la maintenenço de Velai . Le Puy : [s.n.], 1913-1925.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [P5]: (n.8, 1919-n.7, 1925), BCIU Patrimoine (Clermont-Ferrand) : 1913-1914 ; 1924-1925 Dates extrêmes de publication connues : 1913-1925 Périodicité : mensuel

Journal illustré publié à partir de 1913 près du Puy en Velay par Albert Boudon-Lashermes (1882- 1967). Mobilisé il devient sergent major au 286e régiment d’infanterie et fonde l’ Escolo dóu Boumbardamen et plusieurs journaux de tranchées. Durant la guerre La Crounico de Sant Maiou continue à paraître. Au lendemain de la guerre, la publication se poursuit sous la direction de Boudon- Lashermes domicilié “en sa vigno de Chaussoun pròchi lou Puei-Santo-Mario (Auto-Lèiro)” jusqu’en 1925. Le journal paraît sur des pages grand format (310 x 250) sous forme de fascicules qui suivent une pagination unique. Il est publié en occitan et réunit après un éditorial les poèmes qui lui sont envoyés, illustrés de dessins. La livraison [11] de 1919 publie une partie des poèmes de Marius Jouveau édités la même année par la librairie Roumanille sous le titre Flour au Casco (voir imprimés). Le premier numéro connu de l’année 1919 (7e année, n.8, du 15 d’Avoust 1919) indique qu’il fait suite à des numéros déjà parus dans les années précédentes. Les numéros de guerre n’ont pas été localisés, il est ainsi difficile de dire si la ligne éditoriale évolue en temps de guerre.

n’ont pas été localisés, il est ainsi difficile de dire si la ligne éditoriale évolue en

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Lou Felibrige, Buletin mesadié, Proupagacioun mistralenco - Régiounalisme. Maiano :

[s.n.], 1887-

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [I1] : 1887- Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), BU Lettres (Aix-Marseille), Médiathèque d’Arles, Médiathèque Ceccano (Avignon), BU (Avignon), BnF, Médiathèque de Brive -la-Gaillarde), Médiathèque Noailles (Cannes), Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras), Archives départementales des Alpes-de- Haute-Provence (Digne), Médiathèque intercommunale François Mitterand (Digne), Médiathèque Villa Marie (Fréjus), Bibliothèque Antoine Maure (Grasse), Musée Fragonard (Grasse), Archives départementales de Haute-Vienne (Limoges), Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille), Archives départemantales du Tarn-et-Garonne (Montauban), Mémo (Montauban), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), CEROC (Paris), BU (Perpignan), Bibliothèque Centrale (Toulon), Bibliothèque de l’Académie des sciences, inscriptions et belles -lettres (Toulouse), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse), BU Mirail (Toulouse) Dates extrêmes de publication connues : 1887- Périodicité : mensuel puis bimestriel

La revue Lou Félibrige, bulletin mensuel du mouvement mistralien, fondé par Frédéric Mistral en 1887, s'interrompt à la veille de la guerre et au lendemain de la mort de Frédéric Mistral. Une nouvelle série voit le jour en 1916, sous la direc tion de Marie Frédéric Mistral, sa veuve. Le n°1 de cette nouvelle série, daté de septembre-octobre 1916 rend hommage aux soldats du Midi par un poème de la reine du félibrige Margarido Priolo intitulé: “Als soudartz del mietjourn ”. Chaque numéro contient une bibliographie des ouvrages publiés et une chronique intitulée “Courrespoundènci dóu Front”. Le premier numéro de 1919 (n.10) publie le poème de Louis Abric “La Vitòri” daté du 11 novembre 1918 et rend hommage à Francis Pouzol fondateur du Buletin de l'Escolo dóu Boumbardamen et collaborateur à de nombreuses revues.

Era Bouts dera mountanho. Escolo deras Pirenéos. Sen Gaudéns : Abadie, 1905-1992.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AB1] : 1905-1992 Archives départementales du Gers (Auch), Bnf, Mémo (Montauban), BU Lettres (Montpellier), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), CEROC (Paris), Bibliothèque de la Société des sciences, letrres & arts (Pau), Archioves départementales de la Haute -Garonne (Toulouse), Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine (Toulouse), COMDT (Toulouse), BU Arsenal (Toulouse), BU Mirail (Toulouse) Dates extrêmes de publication connues : 1905-1992 Périodicité : mensuel puis bimestriel

Revue félibréenne de l’Escolo deras Pirenéos, paraissant à Bagnères de Luchon. La revue trimestrielle devient annuelle pendant la durée de la guerre. Elle publie la liste des membres de l’Escolo morts au champ d’honneur avec des poèmes patriotiques de J. Soulé Venture, Bernard Sarrieu (1917), Dasque, Servat, Bédé… Le numéro de l’année 1916 publie une correspondance du front écrite par Marcel Lacroix, en date du 11 juillet 1915 (p.3).

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Réclams de Biarn e Gascounhe. Pau : Escole Gastou Febus, 1897-

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [Y 2-4] : 1901- Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), BU Lettres (Aix-Marseille), Archives départementales du Gers (Auch), Médiathèque de Bagnères de Bigorre, Médiathèque de Bayonne, BnF, BU Lettres (Bordeaux), Bibliothèque Meriadeck (Bordeaux), Bibliothèque diocésaine (Dax), Bibliothèque de l’Alcazar (Marseille), Archives départementales des Landes (Mont-de-Marsan), Médiathèque du Marsan (Mont-de- Marsan), Archives départementales du Tarn-et-Garonne (Montauban), BU Lettres (Montpellier), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), Bibliothèque Sainte Geneviève (Paris), CEROC (Paris), Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques (Pau), BM (Pau), BU Lettres (Pau), Société des sciences lettres & arts (Pau), Archives départementales des Hautes-Pyrénées (Tarbes), Médiathèque Louis-Aragon (Tarbes), Bibliothèque d’Etudes Méridionales (Toulouse), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse), BU Mirail (Toulouse) Dates extrêmes de publication connues : 1897- Périodicité : mensuel Document disponible en ligne : http://occitanica.eu/omeka/items/show/2019

Créée en 1897 par l’Escole Gastou -Febus, école félibréenne qui souhaite conserver la langue parlée dans le Sud - Ouest, la revue Reclams de Biarn e Gascounhe est une revue littéraire qui publie dans chacun de ses numéros une dizaine de textes en vers ou en prose d’auteurs contemporains ou anciens. La publication est interrompue de novembre 1914 à juin 1916. De 1916 à 1918 le journal publie

des textes patriotiques et met en avant le courage et les faits d’armes des soldats gascons, avec de nombreuses références aux Cadets de Gascogne ex. : “Lous peluts de Gascougne” de Pascal

Abadie (1856-1932) et “Lous gouyats noustes” de Auguste Costedoat (1887-19

La revue

publie aussi des témoignages, extraits de lettres de solda ts dans la rubrique “Noubèles dous noustes sourdats”, souvenirs personnels et fragments de journaux intimes : “Younau d’u brancardiè dou 58e de ligne” de Jean Hustach (1894-1947) n°1 et n°4, 1919.

).

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1.3 L’occitan dans la presse et les revues françaises

L’occitan est présent dans la presse et les revues françaises publiés au cours de la Première Guerre mondiale. On en trouve la trace dans les publications qui paraissent sur le front et qui sont nées avec la guerre, mais aussi dans celles qui paraissent à l’arrière et qui sont pour la plupart des revues régionales 4 ou régionalistes.

1.3.1 Publications du front

Hurle Obus Échos des terribles torriaux, organe des tranchées du 12e territorial infanterie. [S.n.] : [s.l.], 1916-1917

Lieux de conservation : BnF [FOL-LC6-310], BDIC [FP335] Dates extrêmes de publication connues : 1916-1917 Périodicité : mensuel Document disponible en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32787828s/date

Hurle obus est un journal du front qui avait pour directeur Henri Gougerot. Fondé en 1916, il

paraît à peu près chaque mois jusqu’en mars 1917. Il est défini par les rédacteurs comme “le chant de notre espérance”. Le titre est inspiré du bruit des obus qui “hurlent dans la nuit”. Chaque numéro posait des charades qui trouvaient les solutions dans le numéro suivant. Les exemplaires de son 8ème numéro sont rarissimes : ils furent enfouis avec le porteur dans une cagna lors d’un

violent

rubrique en picard “Pour chés picard”. Les Noto de Guerro de Marius Jouveau signalent également l’existence possible d’un poème en “patois” de Camille Dupetit qui serait paru dans cette revue, il n’est cependant pas en mesure d’indiquer le numéro de cette publication potentielle.

A la deuxième page du numéro 7 (p. 26) on relève l’existence d’une

4 On relèvera une illustration sur la dimension régionale de l’origine des soldats dans : Le Lapin à plumes. Supplément illustré du Canard poilu (1914-1916). http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111441p/f15.image

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Poil et Plume, Gazette inoffensive et intermittente: poil des rudes lapins, plume des joyeux coqs du 81me Régiment d'Infanterie. [S.l.] : [s.n.], 1916.

Lieux de conservation : BDIC (Nanterre) [FP318], Bibliothèque d’Etudes et de conservation (Besançon) [PER 2772], Bibliothèque de la Part-Dieu (Lyon) [150950 - 29]. Dates extrêmes de publication connues : 1916-? Périodicité : inconnue

Le premier numéro et seul connu (du 1er mai 1916, prix 5 centimes pour les « poilus ») nous donne les orientations du journal 5 qui revendique son attachement “par la plume” “à cette civilisation méditerranéenne construite sur la pensée, sur la douceur et sur la générosité d’âme ”. Les rédacteurs, “manieurs d’épée, manient aussi le verbe… ceux -ci pour rire, ceux-là pour réfléchir, d’autres pour conter leurs souvenirs de combat ”. L’éditorial indique qu’il “serait

souhaitable également, que, dans ce régiment où la plupart

parlent la vivante et vénérable

langue d’oc, nous donnions quelques poésies, contes, récits ou galéjades en provençal, en languedocien, en catalan ou en tout autre dialecte ”. Il annonce la parution dans le Bulletin des Armées d’un “amusant croquis en gascon” 6 . Le complément de titre “Vivo lou Clapas!” 7 repris

dans les trois premiers numéros sera contesté et remplacé par la suite par “Vivo lou Miejour” (“Vive le midi”). Imprimé à Cavaillon, son tirage variait entre 2000 et 3000 exemplaires. Des articles y paraissaient en languedocien.

La Vie poilusienne : Journal du 142e régiment d’infanterie. [S.l.] : [s.n.], 1916-1917.

Lieux de conservation : BnF [Lc6-599], Bibliothèque d’Etudes et de conservation (Besançon) [PER 2781] : n°2, 1916, BDIC (Nanterre) [4P3010] : vol. 1, no. 1, 1916 - vol. 2, no. 8, 1916. Dates extrêmes de publication connues : 1916-1917 Périodicité : irrégulier Document disponible en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32889279p/date

Ce journal fondé par Pierre Causse (1883-1951) félibre montpelliérain, vigneron et poète connu sous le nom de Caussou de l’Oulivié ou du félibre de l’Oulivié voit son premier numéro paraître en mai 1916 dans les tranchées à droite de la ferme de Beauséjour, imprimé sur 4 pages, tiré à 1200 exemplaires. La Vie poilusienne qui s’adressait au 142e régiment constitué de soldats du Midi, publiait vers et proses en langue d’oc. Le Journal imprimé à Montpellier à partir du numéro 6 connaîtra neuf numé ros, le dixième achevé ne parut jamais car le colonel chargé de la censure oublia de restituer le manuscrit au directeur.

5 Le titre Pl ume et Poil est relevé par Marie -Thérèse Jouveau dans : Jouveau Marius, Noto de guerro , op. cit. p. 48.

6 Probablement le : Bulletin des armées de la République : réservé à la zone des armées , [s.n.] (Paris), 1914-1917. BnF, FOL-Lc6-105.

7 Clapas, Tas de pierres. Nom qui désigne en occitan, la ville de Montpellier.

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Écho du boqueteau. [S.l.] : [s.n.], 1915.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [JOU 19-2] : n.3, 4, 7, 10, 11 (1916) BnF [4-LC6-281] : janv.-déc 1916 [II n°1-2, 8-18, 23, 26-27, 29, 32, 36, 41, 43, 59], janv.-oct. 1917 [III n°1-5, 7-9, 15-22, 24, 26-31, 33-36, 38-46] Dates extrêmes de publication connues : 1915-1919 Périodicité : Hebdomadaire

Document disponible en ligne :

Voir : L'Ecò dóu bousquetoun p.6

1.3.2 Publications “de l’arrière”

Le Rayon. Supplément du Poilu Saint-Emilionnais. Bulletin religieux. Bordeaux : [s.n.],

1917-1919.

Lieux de conservation : BnF [4-LC6-270 (BIS)] Dates extrêmes de publication connues : 1915-1919 Périodicité : inconnue Document disponible en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1040839w/f3.image

Fondé par l’abbé Daniel Bergey (1881-1950) prêtre puis curé de Saint Emilion, mobilisé au 18e régiment d’infanterie, ce journal imprimé à Bordeaux est illustré de gravures et de photographies. Le Rayon est le 2ème supplément du Poilu Saint -Emilionnais. Ce n’était pas seulement l’organe du 18e R.I. mais celui des combattants de toute une commune et de leur famille ; le journal recevait des nouvelles de tous les « poilus » de Saint - Emilion disséminés sur le front. Il publie des articles et des poèmes en langue d’oc (béarnais), et en basque s’adressant plus particulièrement aux soldats du 18e R.I. Fondé en 1915, le journal disparaîtra e n 1919, avec ses suppléments.

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Le Petit Var. Toulon : [s.n.], 1880-1944.

Lieux de conservation : Archives départementales du Var (Draguignan), BnF [JO-87982], BDIC (Nanterre) [FP 4056], Bibliothèqe Centrale (Toulon) [P.81] Dates extrêmes de publication connues : 1880-1944 Périodicité : quotidien Document disponible en ligne : http://www.archives.var.fr

Le Petit Var est un quotidien républicain socialiste. À l’image d’une grande partie de la presse méridionale, il prend fait et cause pour les soldats du 15e corps 8 contre l’accusation de lâcheté lancée par le sénateur Gervais. “On s’expliquera plus tard ”, écrit Le Petit Var, le 26 août 1914 et tenant promesse, il publie une campagne pour une réparation morale durant tout le mois de juillet 1919. “L’heure est venue de s’expliquer ”, tonne le quotidien, qui réclame “le châtiment de celui qui en face de l’envahisseur voulut diviser le pays […]. Il y a là un crime contre la patrie, nous avons le droit et nos élus ont le devoir d’en exiger le châtiment ”. Le Petit Var publie de manière irrégulière des dessins humoristiques rédigés en occitan dont l’auteur reste aujourd’hui inconnu.

Revue Méridionale. Carcassonne : [s.n.], 1889-1915.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [L3] : 1889-1915 Médiathèque Ceccano (Avignon), BU Lettres (Montpellier), CRD Occitane (Mouans-Sartoux), INHA (Paris), Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse). Dates extrêmes de publication connues : 1889-1915 Périodicité : mensuel

Fondée à Carcassonne par Achille Rouquet en 1886, originellement sous le nom de Revue de l'Aude, la Revue Méridionale est une revue régionaliste qui publie les textes des grands écrivains du Midi : Achille Mir, Frédéric Mistral, Roumanille, Gaston Jourdanne, Auguste Fourès. Elle fait une large place à l’occitan et publie aussi des auteurs parisiens connus comme Mallarmé. Sa présentation soignée s’accompagne d’illustrations, bois gravés par Achille Rouquet à partir des dessins réalisés par Melle Jeanne Rouquet. En 1915, la revue en est à sa 30ème année quand elle publie le “Clam de guerra occitan ” [Cri de guerre occitan] de Prosper Estieu daté du 27 août 1914. Les années de guerre seront marquées par la publication de correspondances de guerre, de nouvelles du front et de poèmes patriotiques. La revue cessera de paraître en 1916.

8 Sur le 15e Corps : Voir ci-après.

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Le Feu. Aix-en-Provence : [s.n.], 1905-[1943?]. (NS 1917)

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [N5] : 1917-1942 Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence) [4PER04], Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence) [PER820], Musée Arbaud (Aix-en-Provence) [8.108], Bibliothèque universitaire Schuman (Aix-en-Provence) [Rp 1573], Médiathèque Ceccano (Avignon) [P5075], Médiathèque d’Arles [B762M], BnF [8-Z-16929], Médiathèque Noailles (Cannes) [24], Bibliothèque Inguimbertine

(Carpentras), Bibliothèque du Patrimoine (Clermont-Ferrand) [181452], Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (Digne) [Per 324], Musée d’Art et d’Histoire de Provence et Musée Fragonard (Grasse), Bibliothèque de la Part-Dieu. Collection jésuite des Fontaines (Lyon) [SJ2402h], Archives

départementales

l’Hérault

[PAR1111], BU Lettres (Montpellier) [460745XE], CRD Occitane (Mouans-Sartoux) [T48], BDIC (Nanterre) [4P39], Archives départementales des Alpes-Maritimes (Nice) [PERA0089] , Musée Lascaris (Nice), Archives municipales de Nice [REV 040], Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (Paris) [KII7], Bibliothèque de la Sorbonne (Paris) [P4=410], Bibliothèque des Arts Décoratifs (Paris) [BC274/5] , Bibliothèque du saulchoir (Paris) [Spécimen 2054], CEROC (Paris) [4243], Médiathèque intercommunale André Labarrère (Pau) [30110], Archives départementales des Pyrénées-Orientales (Perpignan) [PER 632], Médiathèque de Perpignan [pm65], Bibliothèque Centrale (Toulon) [16467], Service Historique de la Défense (Toulon) [PXVII/24], Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (Toulouse) [P4193]. Dates extrêmes de publication connues : 1905-1943? Périodicité : bimensuel

[PHI 0551]; Bibliothèque de l’Alacazar (Marseille) [PER

des

Bouches-du-Rhône

de

la

CCI

de

10320],

Bibliothèque

Marseille

[RK0431], Archives

départementales

de

Organe du régionalisme méditerranéen, la revue le Feu est publiée deux fois par mois à Aix- en- Provence par Emile Sicard et Joseph d’Arbaud. Après avoir cessé de paraître lors de la déclaration de guerre Le Feu, reparaît dans une nouvelle série en janvier 1917. Affichant son attachement à Mistral, à la renaissa nce provençale et à la fraternité des pays d’Oc, la revue revendique la renaissance des provinces et défend la cause régionaliste. Bien qu’écrite en majorité en français la revue consacre plusieurs articles aux auteurs occitans : “La langue provençale aux tranchées” de Pierre Lougal (3, 1917, 11), “La provence héroïque” (conférence prononcée le 8 mars 1917, au Théâtre Municipal d’Aix en Provence) par Joseph d’Arbaud (6, 1917, 1- 5), “Unification de la langue provençale” de Joseph d’Arbaud (8, 1918, 117). En septembre 1918, la revue publie un numéro consacré à “Joffre et Foch” qui contient le poème de Carles Grando “Al Marical Joffre”. La plupart des textes occitans de la revue, sont des poèmes signés Joseph d’Arbaud.

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2. AFFICHES ET CARTES POSTALES

2.1 Cartes postales en occitan

Série “Lou Pichoun Poucet e l’Ogre Allemand” 9

Lieux de conservation : Archives municipales de Marseille [34 Fi 7326 à 7335], CIRDÒC (Béziers) [IC]

Série de 10 cartes postales illustrées de caricatures par JAN, légendées d’un quatrain en occitan par Pascal Cros 10 . Pascal Cros (1859-1921) fondateur du journal La Sartan en 1891, rédacteur au Petit marseillais, est connu comme un adversaire du félibrige. Jan est le pseudonyme de Jean Metteix, toulousain d’origine auvergnate, illustrateur et éditeur de cartes postales satiriques.

9 Cartes publiées et commentées dans : Claudi Barsotti, “Cartas postalas patrioticas de la guerra de 1914”, dans :

Antologia deis escrivans sociaus provençaus, Montpelhier, Pichons Classics Occitans, CEO, 1977, 10 p. [5f.] 10 La signature des deux auteurs apparaît seulement sur la carte n°10 et sur la pochette qui relève : “Récit de Mèstre Pascau. Dessins de Joan”.

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“Bastide Blessés militaires11

Lieux de conservation : inconnu Mention d'édition : “Carta postala editada per « La Bastide des blessés militaires sous le patronage des Excursionnistes marseillais ». Alauch. Bocas de Ròse”

Texte figurant sur la carte :

LOU DRAPEOU FLOURI Poulid bluret d’azur pinta, E tu, blanco Margaridetto, Cocolico, roujo esteletto, Siatz lei flors de la Libertat ! Sias lei coulour de la Patrio:

Sias lou drapeou toujour pus aout, Lou drapeou de Franço que brihao Coumo lou souleou Prouvençaou ! Mèste PASCAOU Marsilho, 14 de junh 1916.

Prouvençaou ! Mèste PASCAOU Marsilho, 14 de junh 1916. 1 1

11 http://pedagogie.ac-toulouse.fr/langues-vivantes/IMG/pdf/Primiera_Guerra_mondiala -_Documents_no2.pdf

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Guillaume fait prisonnier par les Auvergnats”

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [IC]

Carte postale patriotique, caricature du soldat allemand fait prisonnier par les Auvergnats, (circa 1914-18), illustrée par A. Garrias Texte figurant sur la carte :

Quite quo le tenin, t’arréponde le lacahrin pas d’inguerro Cette fois nous le tenons, je vous assure que nous ne le lâcherons pas encore.

le lacahrin pas d’inguerro Cette fois nous le tenons, je vous assure que nous ne le

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La Guerre “Série comique” : La guerre [1914]. N° 8. Le Tusto-Batistou (Tape fort Baptiste)

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [IC], Archives Municipales de Toulouse [9 Fi 5079], [9 Fi

5114]

Document disponible en ligne :

Carte postale satirique et patriotique consacrée à la guerre de 1914, illustrée et éditée par Jean Metteix (JAN). La carte n°8 porte la mention : “Le Tusto-batistou (Tape fort Baptiste). Allons -y les enfants de bon coeur. et vive la France”.

[Cartes postales humoristiques]

Lieux de conservation : inconnu

Cartes postales humoristiques sur la guerre (Edition en langue provençale) assortiment de 4 sujets d'actualité grand succès - la douzaine : 0,50 Franco par la poste. En vente à la Bonne presse du midi à Villedieu (Vaucluse) et chez le dépositaire de cet Almanach. (publicité relevée dans Lo Bartavèu, 1915).

2.2 Affiches en occitan

Pendant toute la guerre, l’Etat doit faire face à des dépenses sans cesse plus importantes. Pour y faire face, le gouvernement fait appel aux contributions directes et indirectes : impôt sur le revenu créé en juillet 1914, impôt sur les bénéfices de guerre à partir du 1er juillet 1916, relèvement des droits sur les alcools, les sucres, etc. Mais l’Etat souhaite limiter le recours à l’impôt afin de ne pas imposer un sacrifice supplémentaire à une population civile très éprouvée. L’Etat lance donc une série d’emprunts nationaux, dette financière à long terme contractée auprès des citoyens. Quatre grands emprunts sont lancés pendant le conflit : en novembre 1915, octobre 1916, novembre 1917 et le dernier en octobre 1918. Afin d’inciter la population à contribuer financièrement à l’effort de guerre, le gouvernement met en place une propagande sous forme d’affiches. Ces affiches sont souvent illustrées par de grands artistes (Abel Faivre, Francisque Poulbot, etc.) dans le but de rendre la souscription synonyme de soutien aux soldats partis au front : “les bas de laine s’ouvriront spontanément, par sentiment, par ce fait que ces braves gens qui nous parlent sur le mur sont ceux qui savent le mieux et le plus simplement tenir à notre sensibilité des propos qui sont irrésistibles.” (L’Illustration, n° 3795, 27 nov 1915).

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La France rurale est d’ailleurs souvent la cible de ces campagnes de communication. Les affiches d’appel à souscription à l’emprunt national demeurent un rare exemple de propagande officielle ayant utilisé les langues régionales. Les autres affiches connues sont des affiches publicitaires qui se rapportent à la parution d’oeuvres en rapport a vec la guerre.

“Brabes audencs,

Souscribètz à l’Emprunt”

Lieux de conservation : Archives départementales de l’Aude (Carcassonne) [1 M 1069]

Cette affiche diffusée dans le département de l’Aude est un document particulièrement original parmi le corpus des affiches des emprunts nationaux. Ici, pas d’image, et de très faibles appels à l’émotion et à la solidarité pour les frères et les fils qui s ont au front, ni d’ailleurs au patriotisme. Sur cette affiche sans date et sans signature, le propos entièrement rédigé en occitan est un argumentaire assez détaillé en vue de convaincre les prêteurs sur les garanties financières de l’emprunt national. L’argumentaire n’hésite d’ailleurs pas à sous-entendre qu’il s’agit de faire une “bonne affaire”. L’affiche semble s’adresser aux populations paysannes de l’Aude dont les plus âgés sont sans doute encore très peu francophones. On peut penser également qu’un argumentaire en occitan permettait de créer une connivence avec des populations qui, même lorsqu’elles parlaient français, continuaient de traiter leurs affaires commerciales en occitan dans le cadre d’une économie encore très régionale. Il est possible que cette affiche fut créée par la Banque de France. Elle constituerait donc un rare exemple de communication officielle en langue occitane. Les Archives départementales du Finistère conservent une affiche assez semblable, présentée ci- après, entièrement rédigée en breton et contenant l’en-tête officiel “République française”. [AD- Finistère 1 M 290-1.]

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4ème emprunt national. Banque François Casati et Cie

Lieux de conservation : Collection Privée Pierre Grézard, (Nouméa) 12 . Caractéristiques physiques : 83.5 x 113.5, lithographie couleur. Illustrateur : B. Chavannaz ; imprimeur : Crété, 1918 Mention : “Marsihés fai toun devé! On les tient !” Affiche pour le 4eme emprunt national à l’initiative de la banque François Casati et Cie à Marseille en 1918.

de la banque François Casati et Cie à Marseille en 1918. 1 2 http://centenaire.org/fr/fonds

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5ème emprunt national. Banque François Casati et Cie

Lieux de conservation : Collection Privée Pierre Grézard, (Nouméa) Description physique : 120x80, lithographie couleur. Mentions d’édition : Illustrateur: Jean Amédé Gibert, Impr. provençale Guiraud, Marseille, 1919

Affiche pour le 5eme emprunt national à l’initiative de la banque François Casati et Cie à Marseille en 1919. Mention: “Afourtissen la Vitòri en pouertant nouestei sòu a l’emprun de la pas!”

et Cie à Marseille en 1919. Mention: “Afourtissen la Vitòri en pouertant nouestei sòu a l’emprun

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Lou Gal [affiche publicitaire - 1916]

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [AFF 685]

Affiche publicitaire du Journal Lou Gal datant probablement de l’année 1916, diffusée sur les lieux de vente du journal, essentiellement dans l’Hérault et dans le Gard. C’est à partir du mois d’avril 1916 (n.19) que se met en place la publicité du journal (p. 4) invitant les marraines de guerre à abonner “leurs poilus” et à fournir l’adresse de soldats pour leur envoyer “autant-lèu quauques numerots”. Texte figurant sur l’affiche : Lou Gal / En venta pertout / Dous Soùs / Légisses Lou Gal Mandàs - lou au Front.

Texte figurant sur l’affiche : Lou Gal / En venta pertout / Dous Soùs / Légisses

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Affiche : “Lous proufitaires” (22-23 avril 1922)

Lous proufitaires est unJugement , motif classique du théâtre occitan. Ici, ce sont M. et Mme Ventredor qui sont jugés pour s’être enrichis pendant la Première Guerre mondiale. La pièce se passe dans un tribunal quelques temps après l’ armistice et met en scène les accusés, un juge, deux avocats aux plaidoyers burlesques, ainsi que plusieurs témoins, notamment d’anciens clients des époux Ventredor, mais également le Soldat inconnu présent au nom de toutes les victimes civiles et militaires de la guerre. La pièce, engagée, présentée dès 1922 rencontrera un grand succès et sera reprise jusqu’en 1959 13 .

un grand succès et sera reprise jusqu’en 1959 1 3 . 1 3 Cf. Emile barthe,

13 Cf. Emile barthe, Los Profitaires / Les profiteurs : comédie en langue d'oc avec la trad. française en regard ; préf. par Marcel Carrières et Léon Cordes. Paris, Les Amis de la Langue d'Oc, 1969. 172 p. (Collection des Amis de la langue d'Oc).

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3. CHANSONS ET PARTITIONS

3.1 Pendant la guerre

Ausso lou front, Prouvenço ! : cansoun de guerro

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [CQ 102/1]

Texte et partition (au verso) manuscrits. Chant patriotique exaltant la fierté des soldats provençaux créé par Melle Magdelon, paroles de J. Fallen, musique de M. Arnaud. 1 p. polycopiée [s.d.]. Ce chant a été publié dans l’ Armana prouvençau, n°63, 1917 (pp. 38 - 40)

Les Chants au front en 1916, Castres : Imprimerie du progrès, [s.d.]

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), Bibliothèque et Archives du Collège d’Occitanie

Imprimé recto - verso contenant les chants patriotiques de la guerr e. Aux cotés de la Marseillaise figure (au recto) “Lou cop dé Guillaoumés” par E. Ratoul, poète chansonnier, Lauréat du Concours d’Avignon en 1916. Le poème patriotique se rapporte à l’invasion de la Belgique par l’armée allemande et dénonce la ruse de l’e mpereur Guillaume II déjouée par l’armée française :

Guillaoumés et sa clico Abio fach lou calcul, D’esclafa la Belgico, Cént hommes contro eun Guillaume et sa clique Avait fait le calcul D’écraser la Belgique Cent hommes contre un

ABADIE, Pascal / CASTAINGT 1917, pp. 80-81.

Lous Péluts de Gascougne ”, Reclams, n°5, heurè

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), [Y2]

Ce chant exalte la force, le courage et la qualité des soldats gascons.

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BENOIT, Roubert. “Lous Verenous ”, Lou Félibrige, n°8, 1918, pp. 6- 7

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), [I1]

Dans ce chant patriotique, l’auteur tente exalter le courage des français restés à l’arrière et leur demande de résister face aux verenous (venimeux) allemands.

COSTEDOAT, A. / LESCAZES, E. de. ”Lous Gouyats noustes ”, Reclams, n°3, yulhet 1918, p.

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Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), [Y2]

De la même manière que le chant Lous Péluts de Gascougne paru l’année précédente, ce chant exalte la force, le courage et la qualité des soldat s gascons.

JOUVEAU Marius / JOUVEAU Auzias. “Bressarelo de guerro”, Armana prouvençau, 1917, pp. 64-65

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), [Al 11]

Dans cette berceuse adressée à sa fille, Marius Jouveau établit un parallèle entre le calme du sommeil d’un enfant et les horreurs qu’il vit sur le front.

RIEU, Charloun. “La bataio de la Marno”, Armana prouvençau, 1918, pp. 73- 74.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), [Al 11]

Chant anti-germanique, chanté sur l’air Les Pontes de Paris, tournant en ridicule les soldats allemands en route pour la bataille de la Marne.

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3.2 Après la guerre

ROGER Henriette.“Les morts de la Grand-Guerro”, (1925)

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), Archives et Bibliothèque du Collège d’Occitanie [CQ

017/7]

Manuscrit d’Henriette Roger qui a mis en musique une ode de Prosper Estieu. Le texte patriotique souhaite rendre hommage à tous les morts de la Grande Guerre.

DELFAU, Augusto. “Cansoun de Felibre : Camp de prisouniès de guerro de Konigsbrück lou 7 de janviè de 1917”, Terro d’oc, n°335, 1921, p. 21.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [P4]

Chant d’Auguste Delfau écrit le 7 janvier 1917 au camp de prisonniers de guerre de Konigsbrück. Sans faire de référence directe à la guerre, le chant exprime la nécessité d’écrire poèmes et chansons dans une période si troublée.

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4. TÉMOIGNAGES

4.1 Carnets et récits de guerre

Carnet de guerre de Marguerite Genès

Lieu de conservation : Archives municipales, Brive -la -Gaillarde [Série : S - Documents entrés par voie extraordinaire] [Sous-série : 4S - Fonds Marguerite Genès] Document disponible en ligne : http://14-18.brive.fr/

Marguerite Genès 14 (1868- 1955), institutrice à Brive - la- Gaillarde (Limousin, Corrèze), fut une des actrices importantes du développement d'un félibrige limousin autour de l'action de l'abbé Joseph Roux (1834 - 1905). Elle tient un carnet régulier pendant tout e la durée de la guerre alors qu’elle est infirmière bénévole. Ces manuscrits inédits font l'objet d'une publication électronique dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale, mis en ligne au fur et à mesure du centenaire et accompagnés de textes explicatifs.

Carnet de guerre de Marius Jouveau

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) Fonds Jouveau [JOU 19-7-1] Description physique : Carnet manuscrit 145 x 95 [68 p.] notes [p.1-18] (pages arrachées)

Marius Jouveau (1878-1949), majoral du Félibrige en 1913 est mobilisé comme sergent au 261e régiment d’infanterie de ligne 17e Compagnie. Il tient à jour un journal entièrement en occitan sous le titre Davant li Bòchi dans lequel il décrit le quotidien des tranchées sous les obus, mais aussi l’activité littéraire et félibréenne qu’il mène notamment dans le cadre de l’ Escolo dóu Boumbardamen. Ces notes de guerre ont été publiées en intégralité en 1980 par sa belle-fille Marie-Thérèse Jouveau.

14 Née à Marseille le 26 janvier 1868, fille de Louise Delort de la Flotte, issue de l'aristocratie corrézienne, et d'un certain Henri Genès qu'elle semble n'avoir pas connu, elle arrive à un jeune âge à Brive -la-Gaillarde, berceau de sa famille maternelle. Marguerite Genès quitte la Corrèze pour poursuivre ses études supérieures à Paris et revient vers 1890 à Brive, où elle enseigne le français dans une institution privée. Elle participe au mouvement félibréen en Limousin dès ses débuts en 1893 en adhérant à l'escolo Bertran de Born , première école félibréenne créée dans la région, et qui constitue avec la revue de l'escolo, Lemouzi, le foyer de la renaissance d'oc en Limousin. Elle participe dès 1894 à la renaissance des jeux floraux du Limousin, les Jeux de l’Églantine, où elle figure parmi les premiers lauréats du prix et est proclamée “Reine du félibrige limousin”. La même année, elle reçoit le titre de “mainteneur - suppléant” de M. Charles Teyssier. Auteur de pièces de théâtre, elle anime la société théâtrale de l'Escolo Bertran de Born, “la Ménestrandie”.

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4.2 Correspondance des combattants

Alors que la pra tique épistolaire ne concernait qu’une part minoritaire de la société au tournant du XXe siècle, la Grande Guerre, en éloignant les époux, les amis, les parents, a provoqué une véritable marrée épistolaire, ouvrant ainsi un accès exceptionnel à la parole d es français de toutes origines et conditions. On estime à 1000 lettres par soldat et par année de conflit le nombre de correspondances échangées entre le front et l’arrière pendant les quatre années de conflit. Les soldats et leurs familles ont échangé en français. Pour autant, cela n’est pas un indicateur totalement fiable pour déceler la réalité des usages linguistiques en 1914 - 1918. Comme l’ont bien établi Gérard Braconnier et André Minet dans leur ouvrage consacré aux correspondances des soldats du midi 15 , les productions écrites ne rendent compte que de manière indirecte de l’usage massif de la langue à l’oral (les témoignages à cet égard son innombrables), car elles sont dans leur immense majorité en français, la langue de l’écrit acquise à l’école, sou vent très hésitante et bourrée d’occitanismes. En Alsace, où la population a encore comme langue d’usage l’alsacien au sortir de la guerre, les soldats ont écrit en allemand standard, langue apprise à l’école. Si les correspondances entièrement rédigées en occitan sont rares, et émanent de “militants linguistiques”, engagés avant la guerre dans les mouvements renaissantistes et félibréens, il n’est toutefois pas rare de trouver des passages en occitan dans les correspondances. Leurs auteurs, soldats méridio naux déplacés loin de leur “patrie natale” témoignent de la dure réalité de leur condition, moins par aspiration patriotique comme cela sera le cas dans la plupart des poèmes publiés, mais dans le souci de se rapprocher, par le souvenir, de la terre qu’ils ont quitté. Pour cela ils utilisent au quotidien dans leurs écrits, les expressions qui leurs sont familières permettant à la fois de mieux traduire leur témoignage et de retrouver par l’écriture le lien avec leur terroir d’origine. Cette aspiration se re marque particulièrement pour l’évocation de la nourriture qui sera un des marqueurs de l’identité locale et lien étroit avec le “pays” 16 entretenu par l’envoi de colis aux soldats du front.

15 Gérard Baconnier, André Minet, Louis Soler, La Fleur au Fusil: les poilus du Midi à travers leur correspondance, Toulouse, Privat, 1985. 16 Le pays désigne da ns le langage populaire, la petite région, le canton où le village d’où sont originaires les soldats. L’appartenance au même “pays” est une marque de solidarité qui se traduit par l’usage de la même langue (“patois”) et qui facilite les rencontres, les échanges de nouvelles ou de nourriture.

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4.2.1 Correspondances en occitan

Correspondance de Pierre Azéma

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), Fonds Pierre Azéma (Béziers) [AZP]

La correspondance de Pierre Azéma (1891-1967) conservée au CIRDÒC comprend une partie de

ses échanges avec ses correspondants de guerre dont : Delpon-Delascabras (pseud. de Louis

Stehlé),

On trouve au sein de cette correspondance des cartes postales, une reproduction d’une affiche pour l’emprunt partiellement en occitan, des poèmes de Delpon- Delascabras, des lettres sur la mort de Louis Bonfils et des correspondances de guerre illustrées de poèmes. Parmi les pièces emblématiques de cette correspondance on peut signaler :

- la reproduction couleur de l'illustration de Jules A. Faivre pour la souscription au 2ème emprunt de la défense nationale lancé en octobre 1916 appelant les civils à soutenir l’effort de guerr e de la nation. Son titre reprend une phrase du Maréchal Pétain au plus fort de la bataille de Verdun “On les aura”. Sous titrée “Lous Aven”, adressée par Louis Stelhé soldat permissionnaire et collaborateur du journal Lou Gal, sous le pseudonyme de Delpon- Delascabras, à Pierre Azema à Montpellier. De Ganges le 1er janvier 1919 (AZP4 3.2.23) “Bonjour de touta l’oustalada et bonna annada” (Bonjour de toute la maisonnée - Henri, Zêzêtte et Péire Stehlé).

Julien

Brabo,

Léon Teissier, Joseph Loubet

( Bonjour de toute la maisonnée - Henri, Zêzêtte et Péire Stehlé ). Julien Brabo, Léon

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- la carte postale Correspondance des armées de la République illustrée par “l’emprunt de la

Victoire” contenant un poème “Counsel d’amic” adressée par Delpon- Delascabras le 5 février 1918 (AZP4 3.2.54).

- une carte illustrée représentant les remparts de Salonique contenant un poème “Per amusà la

femna d’un pialut” adressée par Delpon- Delascabras à Pierre Azema à Montpellier le 29 décembre 1917 (AZP4 3.2.53).

- des correspondances de guerre, illustrées de poèmes, adressées à Pierre Azéma de Montpellier

par Léon Teissier Sous lieutenant au 416e régiment d’infanterie. flammes postales “per Franço e miejour fau tène toujour! (A. Brabo). - une lettre du Lieutenant colonel Gros Long - plus connu sous le pseudonyme de Pierre Dévoluy

- à Pierre Azema du 5 août 1918 sur la mort de Louis Bonfils, soldat ayant rédigé une correspondance de guerre nourrie tout en occitan.

5 août 1918 sur la mort de Louis Bonfils, soldat ayant rédigé une correspondance de guerre

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Correspondance de Marius Jouveau

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds Jouveau [JOU 40]

Marius Jouveau (1878 - 1949), majoral du Félibrige (1913) lorsque la guerre éclate est mobilisé au front et entretient une correspondance continue avec sa famille et avec les autres félibres mobilisés. La plupart des lettres qu’il reçoit sont écrites en occitan et proviennent de nombreux collaborateurs des revues qu’il anime, mais aussi des sympathisants de la cause provençale comme Jules Bellaudy, journaliste politique et critique d’art proche des félibres qui prend position en 1916, en faveur du 15e Corps. (Voir Affaire du 15e Corps p.86).

d’art proche des félibres qui prend position en 1916, en faveur du 15e Corps. (Voir Affaire

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Correspondance Louis Bonfils

Lieu de conservation : Médiathèque Emile Zola (Montpellier) Document disponible en ligne :

Louis Bonfils (1891 1918) est un félibre montp elliérain, mobilisé sur le front dés le début de la Première Guerre mondiale. Du front, il écrit régulièrement à Pierre Azéma, félibre montpelliérain directeur du journal Lo Gal, réformé et retourné à l'arrière. Avant le début de la guerre, Bonfils est très engagé dans le mouvement félibréen, ses premiers vers sont publiés dans la revue occitane la Campana de Magalouna en 1908. Avec Pierre Azéma et Pierre Triaire il se lance dans le théâtre et rédige avec ces derniers la saynète Jout un balcon. Ils fondent ensemble en 1912 une société théâtrale : La Lauseta. Capitaine au 319ème régiment d'infanterie il publie des articles tout au long du conflit dans Lou Gal, sous le pseudonyme de Filhou. Il y publie des « tableaux de guerre » et chroniques dans lesquelles il commente l'actualité du point de vue de la doctrine félibréenne. Dans le même temps il adresse une correspondance nourrie à Pierre Azéma, intégralement en occitan et dans laquelle il développe une forte critique de la hiérarchie militaire. Dans une de se s lettres, il indique d'ailleurs qu'une d’entre elles a été interceptée par la censure car rédigée en français et contenant des critiques contre la hiérarchie. Pour lui, la langue occitane, généralement non comprise par la censure, est également un moyen d e faire parvenir ses idées et critiques à l'arrière. Il retranscrit presque quotidiennement ce qui se passe sur le front, en première ligne. Il veut être le relais des petites gens, soldats de première ligne qui n'ont habituellement pas le temps ni les moyens de s'exprimer (les journaux de tranchées sont souvent réalisés loin de la ligne de front et souvent par des soldats non-combattants). En 1915, quelques mois après l'affaire du 15ème corps, Louis Bonfils commande une compagnie à recrutement normand et parisien ; l'ensemble de sa correspondance est alors centré sur la complexité de rapports Nord/Sud. Suite à cet épisode, il se lance dans une lutte pour la cause des méridionaux humiliés après l’affaire du 15ème Corps et la défense de la dignité de leur langue. Il signale d'ailleurs à plusieurs reprises qu'il est un des seuls gradés à s'adresser à ses hommes et lancer des ordres de combat en langue d'oc, ce qui participe selon lui à sa popularité. Le capitaine Bonfils meurt au combat à Mélicoq le 11 juin 191 8. Au lendemain de la mort de son correspondant et à la fin de la guerre, Pierre Azéma destinataire de toutes ces lettres décide de les publier. Il commence alors à les recopier. Ces 90 feuillets 21 x 27 cm, déposés à la médiathèque de Montpellier, recopié s de la main de Pierre Azéma sont aujourd'hui la seule trace qu'il nous reste de cette correspondance 17 . Il ne s'agit cependant pas d'une retranscription intégrale, quelques passages jugés délicats semblent avoir été coupés. On ne trouve également pas de

17 Voir : Jean-Pierre Cavaillé, “Les Lettres du front du félibre Louis Bonfils” dans : Amb un fil d’amistat, mélanges offerts à Philippe Gardy, Toulouse, Centre d’étude de la littérature occitane, 2014, p. 313-325.

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mention des publications de Bonfils dans le journal Lo Gal dont la publication est assurée par Pierre Azéma. Enfin, tous les passages qui contiennent des informations plus personnelles

semblent également n'avoir pas été recopiés. Il

s'agit de plus d'une correspondance à sens unique : Azéma n'a recopié que les lettres qu'il avait

(nouvelles sur l'état moral et l'état de santé

)

reçu de Bonfils.

Correspondance Valère Bernard (Affaire Folco de Baroncelli)

Lieu de conservation : CIRDÒC (Béziers) : Bibliothèque et Archives du Collège d’Occitanie, fonds Valère Bernard [CQ 105/2]

En 1915, une mesure disciplinaire était prise contre le soldat Folco de Baroncelli- Javon (1869 - 1943) - classe 1889, 118ème Territorial, 14ème Cie -, membre actif du félibrige, poète et manadier camarguais, “pour avoir tenu des propos démoralisants”. Baroncelli est alors condamné à une peine disciplinaire : la détention en forteresse à Toul. Cette sanction déclenche une levée de boucliers au sein des membres du Félibrige qui militent pour sa réhabilitation. Tous cherchent un moyen de faire pression sur le commandement pour obtenir la réhabilitation du soldat. Cela aboutira à la publication d’une pétition en français adressée au Commandant de la XVème Région et demandant l’acquittement de Folco de Baroncelli.

Un échange nourri de correspondances entre les grands noms du Félibrige a pu être conservé dans les collections du Collège d’Occitanie au sein de la correspondance de Valère Bernard (1860- 1936) alors Capoulié. Outre les documents sur l’affaire elle - même, le dossier contient des échanges de lettres entre félibres pour sa réhabilitation et le texte imprimé d’une pétition en français visant à sa réhabilitation. Une lettre de Marguerite Priolo, adressée à Valère Bernard, datée du 18 août 1915 indique que grâce à l’action de ses amis félibres, Folco de Baroncelli a pu être acquitté et échappe donc à l’emprisonnement.

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[La guerre 1914 à Toulouse]. Hôpital militaire de Toulouse

1914-1918., cliché Louis

Albinet. Lieux de conservation : Archives municipales de Toulouse, collection Jacques Sicart [1 Num 6/57] Description physique : Reproduction, Archives municipales de Toulouse, 2008, Procédé numérique, 1629 x 1059 pixels, carte postale N&B. Document reproduit. Format : 9 x 14 cm. Technique : phototypie. Document disponible en ligne :

Mentions

d’édition : Hôpital militaire de Toulouse "Entrée principale"

Carte postale représentant l’hôpital militaire Larrey de Toulouse. Des hommes en uniforme et deux hommes en costume posent devant la porte d’entrée. Le recto de la carte est entièrement rédigé en occitan : l’expéditeur y raconte son entrée et séjour à l’hôpital.

Lettre d’Anna Mouton de Montbrun (Saint-Gineys-en-Coiron, Ardèche)

Source : Bruno Teyssier. Revue de la société des enfants et amis de Villeneuve -de-Berg, n° 54, 1998; J.B. Martin (dir), Les poilus parlaient patois. Documents dialectaux de Rhône-Alpes : un regard différent sur la guerre de 1914-1918.

Lettre d’Anna Mouton à son futur mari, Amédée Teyssier, soldat sur le front en date du 20 octobre 1918. Dans cette lettre entièrement rédigée en occitan, dans une graphie non normalisée, très phonétique, la fiancée reproche à son futur mari la brièveté de ses lettres, pensant qu’il a plus de temps libre qu’elle…

4.2.2 Correspondances avec des mentions en occitan

Correspondance du sergent fourrier Pagès (1915)

Source : Al Canton - Mur de Barrez. Rodez: Mission départementale de la culture, 1996. Lieux de conservation : Collection privée - Mme Joséphine Pagès, Brommes, Mur de Barrez (Aveyron)

Le sergent Antoine Pagès originaire du nord-Aveyron (Brommes) écrit quotidiennement à son épouse Emilie pour lui parler de sa vie quotidienne. La correspondance en français est émaillée de nombreux termes ou expressions en occitan. Elle se compose de 36 le ttres sur papier libre et cartes militaires datées de 1915 à 1917. La plupart des lettres sont adressées depuis Rodez (13 lettres), du Camp du Larzac (4), de Bédarieux (14), Troyes (1) jusqu’à son arrivée sur le front (2) le 9 août 1915. Deux autres lettre s écrites en 1917, probablement au retour de permission, nous indiquent que la correspondance est incomplète.

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A son arrivée sur le front il écrit: “Je te raconte ma première nuit de tranchée près des boches…”; “nous voila partis quittant la ronde à peine à 500 mètres et nous enfilant dans un boyau [croquis dessiné dans la lettre] conduisant à la tranchée qui fait face à l’ennemi ”, comparant le boyau “au tudèl de la font” [tuyau de la source] et s’inquiétant pour savoir si la source (de sa maison) n’a pas tari “e a perpaus es pas tarida ?”. Il y évoque aussi les balles perdues qui passent sur les têtes faisant : “dsio, pio ! … Ieu qu’aimo pas las abelhas, aquò me fasia baissar lo cap…” [dsio, pio! moi qui n’aime pas les abeilles, cela me faisait baisser la te…]

Correspondance Martial Vialettes (17 février 1915)

Source : Al canton : Saint-Affrique. Rodez : Mission départementale de la culture, 2002 Lieux de conservation : Collection privée - Raymonde Vialette, Saint-Jean d’Alcas (Aveyron)

Martial Vialettes, sous-officier au 57ème régiment d’artillerie, originaire de Saint Jean d’Alcas correspond avec sa famille. Il y utilise l’occitan de façon conséquente. Du front, le 17 février 1915, il adresse dans sa correspondance le croquis de son abr i avec un commentaire en occitan.

Correspondance Clément Massignac (1894-1917)

Clément Massignac mobilisé le 8 septembre 1914 au 11e RI de Montauban est envoyé sur le front d’où il adresse 250 lettres pour une période de 879 jours de campagne. Sa correspondance régulière - soit un courrier tous les 3 à 4 jours - est écrite dans un style difficile, contraint par un faible niveau de scolarisation que marque la superposition du français à l’usage du gascon.

Pour en savoir plus : Laurent Ségalant. Lignes de vie, Des Gascons dans la Grande Guerre. 3 volumes. Orthez : Éditions Gascogne, 2009.

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Correspondance Marc Valette (1842-1945)

Dans ces lettres écrites par Marc Valette à sa mère depuis le front on peut suivre avec précision le quotidien d’un soldat du front qui décrit avec minutie son parcours durant la guerre. Il se retrouve ainsi en Belgique au début de la guerre, dans la Marne, en Champagne et en Artois en 1915 puis dans l’Aisne en avril 1917. Marc Valette s’autocensure pour ne pas effrayer sa « petite mère » (il cache sa participation à la bataille de Verdun et ne la dévoile que plus t ard), tout en expliquant ce qu’il voit et ce qu’il ressent… Marc évoque régulièrement le « pays » et note quelques phrases en occitan qu’il utilise avec ses camarades du Sud-Ouest.

Pour en savoir plus : Nathalie Salvy, mémoire de maîtrise « Petite mère… ». La correspondance de la famille Valette pendant la Grande Guerre (Université Toulouse le Mirail, sous la direction de R. Cazals, 2004 (BUTM, cote 11MM667, 1 et 2).

4.3 Enregistrements sonores

Enquête

Allemagne

linguistique

et

anthropologique

auprès

de

prisonniers

de

guerre

en

Lieux de conservation : Humboldt-Universität (Berlin), Lautarchiv Accès au catalogue : http://www.sammlungen.hu-berlin.de/sammlungen/78/

Enregistrements effectués sur des prisonniers de guerre en Allemagne au cours de la Première Guerre mondiale. Ces collectages réalisés par les universitaires allemands concernent les différents dialectes de la langue occitane référencés comme : auvergnat, gascon, saintongeais, dauphinois, franco-provençal, niçois, gascon, languedocien, limousin, occitan, provençal.

Fondée en 1915, la Commission phonographique royale de Prusse, qui regroupe une trentaine de chercheurs (linguistes, musicologues, anthropologues), mène durant la Première Guerre mondiale une vaste enquête sonore auprès des prisonniers de guerre, dans l’objectif annoncé de documenter les langues et musiques des peuples du monde. Jusqu’en 1918, ce sont 250 langues et dialectes d’Europe et de ses colonies, de Russie comme d’Amérique du Nord qui seront recueillis en près de 3 000 enregistrements. Pour cette étude linguistique et anthropologique (qui s’intéresse en particulier aux musiques traditionnelles) il est demandé aux prisonniers interrogés de s’exprimer dans leur langue maternelle pour réciter “la Parabole de l’enfant prodigue” 18 ,

18 Durant la guerre, la Commission prussienne de phonétique enregistre les prisonniers étrangers dans le cadre de son programme " Voix des peuples" (Stimmen fremder Völker). Noël Larribère, né en 1892, dit "La parabole de l’enfant prodigue" en occitan de Bigorre , au camp de Dyrotz en 1916. Présenté sur le site de l’Académie de Toulouse:

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interpréter des chansons ou narrer une histoire (contes populaires comme récits personnels). Un corpus de 1022 rouleaux de cire est ainsi constitué, accompagné d’une documentation méthodique : noms, dates, fiches de renseignements biographiques complètes sur l’informateur, transcriptions phonétiques et traductions des enregistrements. Aux côtés du gaélique, du créole ou du cheyenne, la langue occitane dans sa diversité est fortement représentée dans les enquêtes.

4.4 Photographies

[Carte postale - photographie “Lou Clot de Nouste” ]

Lieux de conservation : Archives d’agglomération de Pau, documents relatifs à Louis Péguilhan (1875- 1937) [15Z9 - 41Fi283]. Description physique : Carte postale Noir et Blanc. 90 x 140 mm

Photographie représentant l'entrée d'un abri réalisé dans une cave durant la guerre de 1914 - 1918 et baptisé “Lou Clot de nouste”. On y voit deux soldats.

[Photographies de soldats]

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) : Bibliothèque et archives du Collège d’Occitanie, fonds Armand Praviel [AL 002] Description physique : 6 cartes photographiques. 90 x 140 mm

Clichés représentant des groupes de soldats, souvenirs de guerre d’Armand Praviel (1875-1944), journaliste et écrivain, auteur d’une Anthologie du Félibrige (1909) et d’une Histoire anecdotique des Jeux-Floraux (1923). Les photographies représentent le lieutenant Armand Praviel à trois époques différentes. Une première série de deux clichés identiques le représente en compagnie d’autres soldats. Sur la seconde série il pose en compagnie d’officiers. Enfin la troisième série le représente alors qu’il est prisonnier de guerre en Allemagne à Osnabrück. On ne sait que peu de choses sur cette détention, si ce n’est qu’il profita de son temps libre pour lire l’intégrale des œuvres de Balzac et débuter la rédaction de son premier roman L'Assassinat de Monsieur Fualdès, - thème également traité par Balzac - qui connaît au début des années 1920 un succès important et de nombreuses rééditions.

Photographie : Un coin de la salle de rédaction de l’Écho [du Boqueteau] [= l’Ecò dóu Bousquetoun]

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) : Bibliothèque et archives du collège d’Occitanie, fonds Valère Bernard [CQ 102/1]. Description physique : 1 photographie. 90 x 130 mm

Photographie de deux soldats durant la guerre 1914 - 1918. Ces soldats posent devant une cheminée (dans un abri ?) où est portée la devise : "Lou canoun me fai canta " devise de L'Escolo dóu Boumbardamen . Au recto de la photographie mention manuscrite : "Un coin de la salle de rédaction de l'Echo" 19 . Voir article sur l’Ecò dóu Bousquetoun : p.6.

9 . Voir article sur l’ Ecò dóu Bousquetoun : p.6. 1 9 Photographie publiée dans

19 Photographie publiée dans : Jouveau Marius, Noto de guerro, op. cit. p. 11 et dans : Lou Prouvençau à l’Escolo . NS. La Grando guerro, n. 35, 2013, p. 79.

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4.5 Manuscrits

Velhada Lorana (1924) de Jules Cubaynes

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds de la Société Archéologique de Béziers [SAB -A-9-

014]

Description physique : manuscrit de 4 feuillets, 210 × 160 mm

Le manuscrit Velhada Lorana (1924) de Jules Cubaynes majoral du félibrige quercynois conte une veillée lorraine à laquelle il participa durant sa mobilisation. Il y raconte le vécu des paysans lorrains vivant la guerre de près, et qui lui rappellent la vie des paysans de son Quercy natal. S’il ne s’agit pas un poème précisément sur la guerre, le poème demeure néanmoins une évocation littéraire intéressante sur le vécu direct de personnes touchées par la guerre ainsi qu’une comparaison originale entre paysans lorrains et quercynois.

Lou matricule 1628 péndén la guerre (1931) d’Edouard Moulia

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [Ms 353] Description physique : Dactylographie de 55 feuillets, 270 × 210 mm

Document disponible

Edouard Moulia (1889- 1939) est un journaliste reconnu pour ses articles engagés. Lou matricule 1628 péndén la guerre (1931) est la dactylographie du roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience de la Première Guerre mondiale en tant que soldat "réserviste". Ce texte a été publié en 1931 (Orthez : imp. Nabère). Il en existe également une version destinée au théâtre publiée dans Reclams de Biarn et e Gascougne, 36ème année, p. 148.

Nadal de guerra, (Noël 1916) de Margareta Priolo (Marguerite Priolo)

Description physique : Poésie et traduction (F), 1 p. manuscrite Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), Bibliothèque et archives du Collège d’Occitanie, fonds Valère Bernard [CQ 102/1].

Dans ce poème de Noël Marguerite Priolo reprend les figures emblématiques de la fête religieuse (naissance de l’enfant Jésus, bergers…) et recontextualise ces éléments autour de la thématique de la guerre.

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La crous de guerro de Louis Abric (16 septembre 1915)

Description physique : Carte postale illustrée d'une Croix militaire peinte à la main, portant le texte :

"Gloire à nos braves " et au verso le poème manuscrit" : "La crous de guerro " de Abric, 16 septembre

1915

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), Bibliothèque et archives du Collège d’Occitanie, fonds Valère Bernard [CQ 102/1]

Court poème patriotique français, célébrant une victoire prochaine de la nation française.

Dins l’esil de Louis Bonfils (1914)

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers), fonds de la Société Archéologique de Béziers

[SAB-A-8-018]

Description physique : 3 feuillets, 220 x 140 mm.

Document disponible

Texte proposé par Louis Bonfils au concours de poésie de la Société archéologique scientifique et littéraire de Béziers. Dans ce poème de trois pages Louis Bonfils expose le mal- être de son vécu de soldat, les absurdités et les paradoxes auxquels lui et tous les combattants sont confrontés au quotidien.

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5. MONUMENTS AUX MORTS ET LIEUX DE MÉMOIRE

Présents dans quasi toutes les communes françaises, les monuments aux morts commémorant le sacrifice de toute une génération lors de la guerre 1914 - 1918 reflètent les traumatismes traversés par les populations de l'époque, aussi bien sur le front qu'à l'arrière. Si la plupart exaltent l'immense amour de la p atrie qui a mené ses enfants au sacrifice, quelques - uns, plus rares, se font la démonstration plus concrète de la douleur des survivants par l'utilisation, non pas d'allégories mais de personnages familiers, souvent mères ou veuves, pleurant leurs morts. Au sortir de la Grande Guerre les quelques 38 000 monuments qui fleurissent en France sont pour la plupart rédigés en français (ils restent commandités et en partie financés par les communes et l'Etat ), quelques uns portent pourtant des inscriptions occit anes. Loin d'être la langue du discours patriotique de l'après-guerre, l'usage de l'occitan sur ces lieux de mémoire d'un culte républicain rendu par l'ensemble citoyens aux citoyens tombés aux combats semble vouloir toucher au plus près la population en s 'adressant à elle dans sa langue courante, elle peut également être le reflet d'un militantisme linguistique dans une période où la "chasse au patois" est à son apogée. Quelques-uns de ces monuments aux morts portant des inscriptions en occitan, plus qu'une simple commémoration se voient chargés d'une force pacifiste ou tout au contraire, plus patriotique.

Aniane (Hérault)

Monument réalisé par le sculpteur héraultais Jacques Louis Robert Villeneuve, dit Jacques Villeneuve (1865- 1933), né à Bassan, élève d’Injalbert. Le monument réalisé entre 1923 et 1924 sera achevé le 24 juin 1924. Le monument se situe à l’entrée du cimetière vu village, sur un socle en forme d’obélisque. On y voit le visage d’un soldat visiblement très marqué par la douleur. Sur le socle, un court texte en occitan d’inspiration pacifiste, régionaliste et internationaliste attribué à Antonin Perbosc est présent, on le retrouve dans une graphie légèrement différente sur le monument de Saint-Félix-Lauraguais :

A nos morts La guerre qu’an vougut Es la guerra a la guerra Son morts per nostra terra E per touta la terra La guerre qu’ils ont voulu (faire) C’est la guerre à la guerre Ils sont morts pour notre terre Et la terre toute entière [Antonin Perbòsc]

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Les Baux-de -Provence (Bouches du Rhône)

Simple stèle mémoriale située dans le cimetière de la commune, le monument aux morts comprend au- dessus de la liste des morts pour la patrie une inscription en occitan : Aquesti di Baus soun morts per la Franço ( Ceux -là des Baux sont morts pour la France). Une autre phrase en français figure sur une plaque apposée au bas du monument : À la mémoire de celles et ceux qui sont morts partout dans le monde pour la France et pour la défense de la liberté.

Beaumont-du-Ventoux (Vaucluse)

Situé dans le cimetière de Beaumont- du- Ventoux, ce monument aux morts contient quelques vers en occitan adressant la reconnaissance de l’ensemble des habitants de la commune aux soldats morts pour la France :

Bravis Enfant mort per sousta Lou Nis, lou Dret la Liberta Vieures disn nosto souvenènço Per Gage de Reconneissenço Beu-Mount Respetuousamen Vous aubouro aquest Mounumen

1919

Braves enfants morts pour protéger Le nid, le droit, la liberté Vous vivrez dans notre souvenir En gage de reconnaissance Beaumont, respectueusement Vous érige ce monument

1919

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Bruniquel (Tarn et Garonne)

Bruniquel (Tarn et Garonne) Patriotique, le monument aux morts de Bruniquel (Tarn- et- Garonne) a été

Patriotique, le monument aux morts de Bruniquel (Tarn- et- Garonne) a été inauguré en 1922 et réalisé par le sculpteur local Jean Bélaygue. Félibre, ce dernier a a pposé un quatrain en occitan de sa composition qui exalte le sacrifice fait par les morts au combat au nom de la Patrie. Auteur d'une trentaine d'autres monuments aux morts dans la région, l'auteur avait l'habitude de composer pour chacun d'entre eux un po ème qu'il déclamait le jour de l'inauguration.

Sus aquel mounumein oun toun el s’escarquilho Passan y létxiras lou noum de la familho Qu’a de soun sang pagat de la Franço’n tailhou Que per ell’a dounnat ço qu’abio de milhou Sur ce monument où ton œil s’écarquille Passant tu y liras le nom de la famille Qui a payé de son sang une portion de France Qui, pour elle, a donné ce qu’elle avait de meilleur

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Cabannes (Bouches du Rhône)

Inauguré le 2 octobre 1921 par l’historien local Léopold Vidau, le monument aux morts de la ville de Cabannes représente un « poilu » fièrement dressé, le buste en avant. Le monument qui porte une inscription en français sera complété plus tard par une inscription en provençal extraite du discours prononcé par Vidau lors de l’inauguration :

Franço Per tu Li Cabanen An fa Ço que poudien France Pour toi Les cabannais Ont fait Ce qu’ils pouvaient

Cette inscription est loin d’être innocente, en effet parmi les 78 morts figurant sur la liste, ceux de l'année 1914 appartiennent tous aux régiments d'infanterie du 15ème Corps d'armée durement touchés lors des premiers mois de la guerre suite à de désastreuses décisions stratégiques et qui subirent à partir de la fin du mois d'août 1914 une importante calomnie par voie de presse (Voir :

Affaire du 15e Corps p.86). Cette affaire est restée très présente dans la mémoire de tous les provençaux d'après guerre mais n'a été que très peu traduite dans les monuments aux morts. Ce monument fait donc plus appel à la mémoire des disparus qu’à l’exaltation du sentiment patriotique.

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Châteauneuf de Gadagne (Vaucluse)

Ce monument sculpté par Jean-Pierre Gras, fils du capoulié du Félibrige Félix Gras, est situé sur le plateau de Campbau, près du château de Font - Ségugne, haut- lieu du Félibrige. Composé d'une pyramide de blocs de pierre portant une statue d'un « poilu » assis accoudé à un rocher, tenant un bouquet de fleurs, il comporte sur le côté une inscription reprena nt quelques vers de Félix Gras :

Ame moun vilage mai que toun village Ame ma prouvenço mai que ta prouvinço Ame la Franço mai que tout Félix Gras J’aime mon village plus que ton village J’aime ma Provence plus que ta province J’aime la France plus que tout Félix Gras

Clairac (Lot et Garonne)

Le monument aux morts de Clairac est inauguré en 1922, conçu par le sculpteur clairacais Eugène Delpech il est constitué d’un exèdre qui encadre une femme et son enfant en costumes régionaux, et est légendé d’une inscription en langue d’oc :

N’oublides pas Pichiou, lous tué soun mors per la Patriou N’oublie pas Petit, Les tiens sont morts pour la patrie

La-Fare -les -Oliviers (Bouches du Rhône)

Le monument aux morts de La- Fare- les- Oliviers situé au sein de son cimetière, est un monument massif dédié aux morts de toutes les guerres depuis 1870. Il représente une femme voilée, visiblement endeuillée et qui tient dans sa main droite un glaive. Ce monument est réalisé en 1920 par le statuaire marseillais Paul Gondard et est complété par quelques vers occitans du poète local Victorin Lavison.

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Se vautre sias coucha, la Franço es pas couchado Pu grando que jamaï, graç’a vosti efort, Per counserva lounten vosto bello memory Vous ausso, de pertou de mounumen de glory Dourmes, enfant, dourmes, dourmes sublimei mort! Victorin Lavison Si vous, vous êtes couchés, la France, elle, ne l'est pas, Plus grande que jamais grâce à vos efforts. Pour conserver longtemps votre belle mémoire On vous élève partout des monuments de gloire. Dormez, enfants, dormez, dormez, sublimes morts. Victorin Lavison

Lavercantière (Lot)

sublimes morts. Victorin Lavison Lavercantière (Lot) Érigé en 1924 par Emile Mompart, sculpteur local blessé

Érigé en 1924 par Emile Mompart, sculpteur local blessé au combat, le monument aux morts de Lavercantière (Lot) est considéré comme l'un des plus représentatifs du sentiment pacifiste émergeant. Aux côtés de la formule canonique "Aux enfants de Lavercantière morts pour la France" figure l'inscription "Paourés Drolés" (Pauvres enfants), gravée aux pieds d’une Gourdonnaise en pleurs, en habit paysan. La douleur de la figure maternelle éplorée supplante l’exaltation du sacrifice patriotique.

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Le Paradou (Bouches du Rhône)

Placé dans le cimetière, ce monument aux morts est surmonté d’une croix. Une plaque en marbre blanc apposée sur sa base comporte quelques vers de Charloun-Rieu (1846-1924), poète-paysan, félibre originaire du Paradou :

Se soun mort per sauva la Franço

Apres tant de reboulimen Vieuran dins nosto remembranço A l’ombro daquest monumen Charloun Rieu S’ils sont morts pour sauver la France Après tant de turpitudes Ils vivront dans notre mémoire A l’ombre de ce monument Charles Rieu

Maillane (Bouches du Rhône)

Le monument sculpté par Henri Endignoux est situé au centre du cimetière. Représentant une

statue de « poilu » sur un piédestal à qui une femme en costume d’arlésienne offre une couronne de laurier, il comporte une dédicace en occitan :

A la memori

Di Maïanen

Mort

Sus lou Prat-bataie

1914-1918

En souveni pietadous

E recouneissent A la mémoire Des Maillanais Morts Sur le champ de bataille

1914-1918

En souvenir pieux Et reconnaissant

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Saint-Félix-Lauragais (Haute-Garonne)

Monument aux morts sur lequel est apposé un plaque contenant un poème pacifiste attribué à Antonin Perbosc, que l’on retrouve également sur le monument d’Aniane dans l’Hérault mais dans une graphie légèrement différente :

La guerra qu’an volguda Es la guerra à la guerra Son morts per nostra terra E per touta la terra La guerre qu’ils ont voulu (faire) C’est la guerre à la guerre Ils sont morts pour notre terre Et la terre toute entière (Antonin Perbòsc)

Saint-Rémy-de -Provence (Bouches du Rhône)

La réalisation de ce monument aux morts fut confiée en 1916 par le conseil municipal à un comité de 74 membres. Ayant rejeté plusieurs projets, le comité fait appel à une statuaire de la ville, Clara Saint René Taillandier. Inauguré le 29 mai 1921, il comporte une silhouette du mont des Alpilles sur laquelle une femme en costume d’Arlésienne hisse un panneau comportant une dédicace en occitan :

Glori Is efant De Sant Roumie Que soun mort Per la Patrio Dins la Grando guerro

1914-1918

Gloire Aux enfants De Saint Rémy Qui sont morts Pour la patrie Dans la Grande guerre

1914-1918

Au bas du monument, une veuve et un enfant éplorés ainsi qu’un groupe de « poilus » au combat sous un drapeau déployé expriment un patriotisme attristé.

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Saint-Saturnin-de -Lucian (Hérault)

Créé en 1934, au lieu- dit le Rocher des deux Vierges, à l’initiative des félibres de Clermont - l’Hérault, ce lieu est dédié aux félibres morts à la guerre de 14 - 18. Pour conserver leur souvenir furent plantés autant d’arbres que de félibres d isparus dans un site - inauguré les 9 et 10 juin 1935 - (voir p.80 : Antoulougio di felibre mort a la guerro ) qui conserve le nom de “bois des félibres”. Sur le rocher a été apposée une étoile à sept branches (symbole du félibrige) surmontant une inscription :

Als felibres morts per la patria Aux félibres morts pour la patrie

Sauveterre -du-Béarn (Pyrénées -Atlantiques)

Monument aux morts érigé par le sculpteur Ernest Gabard, il montre une femme éplorée, la tête dans les mains, aux côtés d’une inscription en gascon attribuée à lous Biarnès (les Béarnais) :

Hemnes secats boste perpère E siats hortes si diu sé pren, Arré nou couste aü co balent Enta ha la France mey bère ! (lous Biarnès)

1914

Femmes séchez votre paupière Et soyez fortes si Dieu nous prend, Il n’en coûte rien à un cœur valeureux

[si ce n’est] pour rendre la France plus belle (les béarnais)

1914

Toulon (Var)

Ce monument est réalisée entre août 1924 et juin 1925 par le sculpteur Honoré Sausse. On y voit un alignement de sept « poilus » et marins surmontés d'une femme voilée. Elle étend les bras, protégeant les soldats, à la manière d'une Vierge de Miséricorde du Moyen Age. Elle tient sur le bras gauche un bouclier qui la désigne comme l'allégorie de la France, attristée devant ses morts. une inscription en occitan est également présente sur le monument :

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Soun mouart pèr lou païs en fieu de la Prouvenço Davans lei Noum Sacra d’uno talo jouvenço Passant, descurbe-ti! Ils sont morts pour le pays en fils de la Provence Devant les noms sacrés d’une telle jeunesse Passant découvre-toi !

70

6. LITTÉRATURE

Dès le début du conflit la littérature fut mise à contribution. À l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse aucun concours n’eut lieu en 1915 en raison des évènements. En 1916 et en 1917 les concours sont rétablis avec l’ouverture en 1916 d’un concours exceptionnel aux poésies dédiées “À la gloire de l’armée française”.

En 1917 un double concours est ouvert aux poésies françaises et aux poésies en langue d’oc dédiées à la France. Sur les pièces présentées cent vingt huit sont en vers français et dix sept en langue d’oc. La Violette d’argent destinée à la meilleure poésie en langue d’oc sera attribuée à M. Louis Gouyer, de Pont Saint Esprit pour son “Oda a la Fransa” 20 . Les autres pièces seront analysées par le Baron Desazars de Montgailhard, l’un des quarante mainteneurs dans son rapport lu en séance publique le 3 mai 1917 qui mentionne entre autres poèmes reçus “La Bous de la Franço”.

En 1918, l'Académie attribuera une ou plusieurs Violettes d'argent aux meilleures poésies en langue d'oc traitant du sujet “La Fransa totjorn vivènta”. La primevère ira à la pièce intitulée “Lusido dins l’escur” en dialecte rhodanien de l’abbé Léon Spariat 21 et l’oeillet à la pièce intitulée “Fransa tremuda” de l’abbé Jules Cubaynes (p. 46-51). Les autres pièces relevées dans le rapport ont pour titre: “La Despacho”, “L’Estello”, “Le Pichot Tambour”, “La Guerro - Voe victis!”, “A la França éroïca e imortala”. D’autres so nnets reçus sont intitulés: “La Vòu dou Cluchiè qui clame le danger à la frontière, La guerra moundiala où il est question du fils mort pour la France. Ou encore la pièce intitulée “ço que diran les blats de la partizou” poème ariègeois, “Joffre lou catalan, nostre marescàu de Franço”, “Salut à Gallièni”, “Fe, Amour, Esperanço”, l’hymne “Visiu de victorio alpreb de la santo Viergo”, “Visiou de tranchado”, “Cocorico!”.

Au lendemain du conflit, la littérature reste encore imprégnée des souvenirs de guerre et la reprise de l’activité culturelle permet l’édition de textes nés et inspirés par la guerre. En 1919 les pièces primées au concours des jeux Floraux seront “Soulomi, Aven pas fa la grando guerro” de Pierre Fontan de Toulon 22 , “Nadal de Fransa” (p. 65-71) de l’abbé Jules Cubaynes, “Quau vivo? Franço!” (p. 72-83) de l’abbé Léon Spariat, “Lo Case” (p. 84-85) de M. Arthur Cambos de Bergerac.

En 1924 l’Association des écrivains combattants publie une Anthologie des écrivains morts à la guerre 1914-1918 qui relève après une courte notice biographique des extraits d’oeuvres. On y relève quatre auteurs occitans : Louis Bonfils, Roger Brunel, Francis Pouzol, Louis Dulhom- Noguès.

20 Recueil de l’Académie des jeux floraux, 1915-17, p. 81-91.

21 Recueil de l’Académie des jeux floraux, 1918, p. 37-45.

22 Recueil de l’Académie des jeux floraux, 1919, p. 43-64.

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6.1 Ouvrages publiés depuis la guerre jusqu’à nos jours

La guerre de 1914 - 1918 a laissé une trace importante dans la littérature d'expression occitane. Si pour des raisons évidentes la production imprimée reste modeste pendant la durée du conflit et trouve son expression diffuse dans les publications périodiques, elle devient plus importante au lendemain de la guerre. Les témoignages resurgissent alors et se confondent avec les hommages aux soldats disparus. Ce sont des transcriptions de correspondances, des récits ou poèmes du front ou des réédition de textes écrits ou édités en périod e de guerre. La production importante dès la fin du conflit s’étale jusqu’à nos jours au gré des découvertes et des hommages rendus. Les ouvrages sont ici relevés dans leur ordre de parution.

DEZEUZE, François. Per Joffre, de Ribasaltas, [Mount-Peliè] : [s.n.], [1915].

Cote CIRDÒC : [CBA 153-7]

Long poème patriotique à la gloire du Maréchal Joffre, vainqueur de la bataille de la Marne, daté du 15 mars 1915, à Montpellier, publié par François Dezeuze sous le pseudonyme de l’Escoutaire.

SPARIAT, Léon. La guerro de deman e ; Remembranço, Toulon, G. Mouton, 1917. Tiré à part du Bulletin de l’Académie du Var, 1917. (7 p.)

Cote CIRDÒC : [CBB 401-23]

Léon Spariat (1861 - 1936), majoral du félibrige en 1898 et titulaire de la Cigalo de Marsiho est un prêtre aumônier de l’hôpital maritime de Saint Mandrier près de Toulon. Il publie en 1918 et

guerre.

Les deux poèmes publiés contiennent ici le récit du vécu du soldat Léon Spariat, ils content la lassitude ressentie par Spariat et tous les autres soldats au quotidien.

1919

plusieurs

poèmes

sur

son

expérience

à

la

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SPARIAT, Léon. Lusido d’ins l’Escur, Lueurs dans l’ombre, [s.l.], [s.n.], 1918, (18 p.)

Cote CIRDÒC : [CBB 415-24]

Pièce écrite en “Hommage à l’Amérique” et couronnée aux jeux Floraux de Toulous e le 3 mai 1918. Le document contient le poème avec sa traduction suivi de l’extrait du rapport sur le concours de poèsie en langue d’oc par M. le Baron Desazars de Montgailhard suivi d’un extrait du Télégramme de Toulouse du 3 mai 1918. Le poème traite de l’espoir né chez le soldat Spariat lors de l’entrée en guerre des États - Unis d’Amérique.

SPARIAT, Léon. Quau vivo? - Franço!, Pièce qui a obtenu un rappel de primevère, Toulouse, Imp. Douladoure, 1919 (14 p.)

Cote CIRDÒC : [CBB 479]

Poème patriotique qui exalte la patrie et “l’âme vaillante du Midi” ( Amo valènto dóu Miejour). Le texte contient une traduction française.

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DARBLADE, Frantz. Pelut e Blu : Nadau gascon de la grane guerre : Nadal 1917 :

poème illustrad Sé bén à la Librairie Jeanne d'Arc , à Auch é en ço de l'autou, à Courrensan,

1919.

(Quatrième édicioun Cauques pèces inédites e pourtrèts nauèts - juin 1919)

Cote CIRDÒC : [CR XX-273]

Dans un volume luxueusement présenté, l’abbé François Darblade (1868 - 1946) a réuni poèmes, chants et prières dédiés aux « poilus » gascons et à leurs familles. L’ouvrage illustré de gravures et photographies comporte une partie à compléter (Lou soubeni gascoun - Paje reserbade à ue

photo d’un souldat défun ) par la famille

des soldats disparus.

( Lou soubeni gascoun - Paje reserbade à ue photo d’un souldat défun ) par la

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AZÉMA, Pierre. Lo bèu retour. Montpelhièr : ed. dau Gal, 1919.

Cote CIRDÒC : [CBB 406-14]

Mobilisé en 1915 au 122e régiment d’infanterie, Pierre Azéma est envoyé rapidement sur le front. Grièvement blessé d’un éclat d’obus, il retourne à l’arrière et fonde à Montpellier la première association des mutilés de guerre. De 1916 à 1920, il rédige le journal de langue d’oc Lou Gal, (voir p.13) “pour soutenir le moral des soldats et réfuter les calomnies odieuses propagées alors contre le 15e Corps”. 23 En septembre 1919, Pierre Azéma (1891 - 1967) écrit Lo Bèu retour, brûlot qui exprime la déception des anciens combattants et donne le récit du difficile retour des « poilus » en 1919.

BOUDON-LASHERME, Albert. Un journal de tranchée : l’Écho du boqueteau. Le Puy. Impr. des Félibres, 1919.

Cote CIRDÒC : [JOU C 308]

Au lendemain de la guerre, les textes parus dans le journal de tranchée : L’Écho du boqueteau sont réunis par Boudon- Lasherme, son rédacteur, dans un volume qui paraît en 1919, contenant l’historique du journal.

qui paraît en 1919, contenant l’historique du journal. 2 3 Omenatge a Peire Azema (1891 -1967)

23 Omenatge a Peire Azema (1891 -1967) , IEO CIDO, 1987, donne la liste des articles publiés par Pierre Azema notamment dans La Campana de Magalouna et surtout dans Lou Gal pendant la période de la guerre 1916-1918.

75

JOUVEAU, Marius. La flour au casco, pouesìo de guerro, Avignoun : Roumanille, 1919.

Cote CIRDÒC : [CAB 929]

Marius Jouveau publie en 1919 un recueil de poésies écrites pendant la guerre, ordonnées chronologiquement suivant les différents champs de bataille de juillet 1915 à octobre 1918 : En Argouno, En Voèvre, En Champagno, Davans Toul, Davans Flirey, Davans Verdun, En Loureno (courrespoundènci M. Jouveau - A. Boudon-Lashermes [poèmes]), A la Costo 304, En Itali, Soumo, Aisne e Oise, In Mémoriam. Certains de ces poèmes seront publiées dans les journaux d’époque (La Crounico de San Maiou ). Elles sont précédées par un historique de l’ Escolo dóu Boumbardamen

Lou Libre d’Or de Santo Estello - Li vitimo de la grando guerro - Nòstis eros, Avignoun :

Burèu dóu Felibrige, 1920.

Cote CIRDÒC : [CBB 794]

Pendant toute la durée du conflit le consistoire félibréen a continué de fonctionner. Il a ouvert un “Livre d’or” qui recensait les félibres morts à la guerre. Les noms des félibres y sont regroupés par Escolo avec une courte notice biographique, précédée par leur affectation militaire. L’ouvrage débute (p. 5- 15) par un hommage au soldats du 15e corps, constitué de soldats provençaux, injustement accusés de lâcheté et finalement réhabilités en juillet 1919 par le Maréchal Joffre. Il s’achève par un chapitre consacré aux “Escolo e journau dóu front” présentation des journaux du front et de leurs collaborateurs.

ARBAUD, Jóusé d’. Li rampau d’Aram, pouèmo, Aix en provence, Le Feu, 1920.

Cote CIRDÒC : [CAB 164]

Dans ce recueil de poèmes qu’il publie au lendemain de la guerre Joseph d’Arbaud rend hommage aux soldats méridionaux disparus dans les plaines du Nord, à travers quatre longs poèmes qu’il accompagne de notes biographiques sur certains d'entre-eux : Henri Bertrand de Dieulefit, Charles Benoit d’Avignon, Jean-Marc Bernard de Saint-Rambert d’Albon, Paul Fiolle de Pertuis, Frédéric Charpin de Saint-Martin-de-Castillon, Alexandre Peyron de Lamanon et Marcel Raybaud de Salon-de-Provence.

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POUZOL, Francis, Pouèmo, Letro et article, e li testimoni de sis amis, em’un retra, Ales, Lo Secret, 1921.

Cote CIRDÒC : [CAB 1056]

Françis Pouzol né en 1891 est tué au front en 1918. Fondateur de l’ Ecò dóu Bousquetoun et du Bulletin de l’Escolo dóu Boumbardamen, il collabore aussi à Marsyas, Cacalaca, Calendau et L’Armana occitan. Une partie de son oeuvre inédite est publiée de manière posthume par Sully- André Peyre qui préface l’ouvrage sous le pseudonyme de Jan de la Vaulongo. Cette édition comporte également des poèmes et des articles et une partie de la corresp ondance du soldat Pouzol écrite entre 1914 à 1918.

DELPON-DELASCABRAS, COURTIOL, G. , DEZEUZE, François. Grels de laurié, Montpellier : F. Dezeuze, 1921.

Cote CIRDÒC : [CBA 165-16]

Sous le pseudonyme Delpon- Delascabras, Louis Stehlé (1882- 1933) publie avec G. Courtiol et François Dezeuze, montpelliérain connu sous le nom de l’Escoutaire, un recueil de trois poèmes dédiés aux soldats de la grande guerre en évoquant ceux qui en sont revenus “Pèr lous que sount tournats”, ainsi que le souvenir de ceux du front “Pialuts” et de ceux qui ne reviendront pas “De qu’as revist? ”

ainsi que le souvenir de ceux du front “Pialuts” et de ceux qui ne reviendront pas

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PERBOSC,

occitana, 1923.

Antonin.

Cote CIRDÒC : [CBA 2]

Cansons

del

pòble ,

Toloza

:

Edicions

de

la

Revista

muzicala

Ce texte d’Antonin Perbosc, clairement pacifiste, est un hymne à la gloire des paysans, laboureurs, vignerons et bouviers qui jouèrent un rôle central pendant la Grande Guerre. Qual es que mai-que-mai a fach bàrri de carn tot lo temps qu’a calgut per menar l’orra guèrra à sa fin ? Los pacans, los omes de la tèrra. (Qui est-ce qui plus que tout a fait barrière de chair tout le temps qu’il a fallut pour mener l’horrible guerre à son terme? Les paysans, les hommes de la terre.)

Anthologie des écrivains morts à la guerre 1914-1918, Amiens : Association des écrivains combattants, 1924 (5 volumes 1924-26).

Cote CIRDÒC : [CAC 863]

Cette Anthologie fournit une notice biographique pour chaque écrivain mort à la guerre suivie d’un choix de textes extraits de leur oeuvre. On y relève :

Louis Dulhom-Noguès (I, 227-234), auteur de poésies gascones publiées dans Era Bouts dera mountanho, biographie par Marc Leclerc, suivie du poème “Printemps”; Francis Pouzol (I, 553- 555), biographie par Frédéric Mistral neveu, suivie du poème “Autar”; Louis Bonfils (II, 72-78), biographie par Pierre Azema, suivie du poème “La Serenada” (1910); Roger Brunel (II, 94-98) biographie par Alcide Blavet, suivie des poèmes “La Provence” et “A la venus de Milo”.

AZEMA, Peire. A boulet rouge

1930.

Cote CIRDÒC : [CAB 878]

,

crounicas dau tems de la guerra. Touloun, La Pignato,

Ce livre est constitué de chroniques publiées dans Lou Gal entre 1916 et 1920. La couverture porte un vers de Mistral extrait du poème Calendau “T’apararen à boulet rouge Car es tu la

Patrio

Liberté”.

“Nous te défendrons à boulet rouge / Car c’est toi la Patrie et toi la

e tu la Liberta ”.

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MOULIA, Édouard. Lou Matricule 1628 péndén la guerre, Orthez, imp. Nabère, 1931.

Cote CIRDÒC : [CAB 3405]

A travers une trentaine de petites scènes en gascon, l’ouvrage autobiographique permet de suivre le parcours d’un soldat, de la caserne aux tranchées, à l'hôpital ou en permission, jusqu’à la fin de la guerre.

DANTOINE, Pierre. La guerre vue par Dantoine, Carcassonne : Impr. Rennes, 1932. 1

; 24 x 33 cm

vol. (non paginé [40] f.) : ill.,

couv. ill.

Cote CIRDÒC : [CR G-30]

Pierre Dantoine (1884- 1955), né à Carcassonne, soldat au 272e régiment d’infanterie consacre pendant la guerre son temps libre à la réa lisation de croquis et dessins dont une partie sera publiée après la guerre sous le titre La guerre vue par Dantoine (recueil de 43 dessins). Très attaché à sa région, Dantoine légende ses dessins humoristiques en occitan. Après la guerre, il collabore à plusieurs journaux régionaux comme La Dépêche du Midi et La Démocratie de l’Aude qui publieront ses dessins, estimés à près de 2000.

79

80
80

80

Antoulougio di felibre mort a la guerro, 1914-1918, Mount-Pelié : Vernhes, 1935.

Cote CIRDÒC : [F4]

Anthologie publiée dans le n°30 (1935) de Calendau, éditée à Montpellier. L’Antoulougio di felibre mort a la guerro est publiée à l’occasion de l’inauguration de la forêt de Santo Estello à Saint-Saturnin, près de Clermont-l’Hérault les 9 et 10 juin 1935. Le volume est exclusivement consacré aux félibres morts à la guerre. À l’intérieur on retrouve la liste alphabétique de tous les félibres, ainsi que leur production d’auteur de langue d’oc : poésie, prose, correspondance, essai

GASTELLU-SABALOT, JAN. Mariéte l'Au͏̈sérote : pastorale dramatique rimade én coate hèytes séguide per la musique, las danses e l'ésplic dous béstissis, [Orthez] :

[Moulia], 1936.

Cote CIRDÒC : [CAB 967]

Pastorale béarnaise en quatre actes se déroulant pendant la guerre : “L’a mou qué pioule”, “Lous Adius”, “La Guerre” et “La Nouce biarnése”. La pastorale raconte l’histoire de simples paysans envoyés à la guerre mise en parallèle avec celle de “profiteurs” restés à l’arrière et profitant de l’occasion pour s’enrichir. Le texte est publié par Yan dou Sabalot pseudonyme de Jan Gastellu- Sabalot. Le poème “Nous auts què-m lous pétits” (p.109) a été repris par Los de Nadau dans l’album “L’immortèla” ed. Ventadorn, 1978

MOULY, Henri. En tutant lo grelh, Rodez : Subervie, 1965.

Cote CIRDÒC : [CAB 256]

Henry Mouly raconte dans cet ouvrage l’histoire du Grelh Rouergat, école félibréenne rouergate à travers ses personnages et leurs aventures. Dans son premier chapitre il donne trois témoignages sur la guerre de 1914 (p. 17 - 50) : “Séguret, Volontaris, Verdun, Dins las peirieiras de Curlu, Una nuetch calhola, Vingt ans”.

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CASEBONE, Julien. U souldat biarnes a la guerre, Bordes (64320) : ed. de l'Escole Gastoû Febus, 1988. Traduction parue en 2011 : Yulien de Caseboune, Jean-Pierre Brethès (trad.) Un soldat béarnais dans la guerre, [s.l] : Institut Béarnais et Gascon, 2011.

Cote CIRDÒC : [CBB 372-1]

Julien Casebonne (1897 - 1978), félibre béarnais, issu d'une famille de paysans de la Vallée d'Ossau rejoint en 1923 l'Escole Gastoû Febus et commence dès 1927 à publier des romans (Esprabes d'Amou ), salués par ma critique de l'ensemble des revues gasconnes. Devenu Mèste en Gai Sabé, il est mobilisé en 1916 et est envoyé dès le mois d'août au Front. Il participera aux combats jusqu'à la fin de la guerre. Ce n'est qu'en 1968 que paraîtra en feuilletons, dans la revue Reclams de Biarn e Gascougne( n°3- 4 1968 à n°7- 8 1969 ; n° 3 - 4 à n°9- 10 1970) son journal de guerre, tenu au jour le jour, au plus près des combats. Il y raconte dans sa langue maternelle, depuis son départ du village d'Escou en 1916 à son retour à Pau en 1919, le quotidien d'un jeune soldat béarnais dans les tranchées.

JOUVEAU Marius. Noto de guerro, [s.l.], M.Th. Jouveau, 1980, 48 p.

Cote CIRDÒC : [CBB 403-14]

En 1980, Marie-Thérèse Jouveau publie les notes de guerre de Marius Jouveau, son beau- père, à partir de sa correspondance, des notes prises pendant la guerre et du journal tenu sur un carnet à partir de juillet 1915. Marius Jouveau (1878 - 1949) est le fils d’Elzéar ou Auzias Jouveau (1847 - 1917), facteur, chansonnier et Majoral du félibrige en 1897. Marius Jouveau naît à Avignon en 1878 où il est est enseignant. Fondateur et directeur de plusieurs revues félibréennes, Fe (1940), En Terro d’Arle (1907- 1912). Il devient directeur de la revue Lou Félibrige (1919- 1945) et de l’Armana Prouvençau (1906- 1913). Majoral du Félibrige en 1913 ; il en sera le capoulié de 1922 à 1941. Son fils René Jouveau (1906-1997) lui succédera comme capoulié de 1971 à 1982. C’est à son épouse Marie- Thérèse née Gauthier (1921 - 2005), également majoral du félibrige, que l’on doit la publication des carnets de guerre de Marius Jouveau.

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NOGUIER, Jorgi. Recaliéu e belugueto, pref. De Georges Martin, Nîmes : impr. Bene,

1980.

Cote CIRDÒC : [CAC 8426] (1980) ; autre édition CAC 8427 (2002)

L’auteur, félibre, lauréat des Jeux Floraux d’Alès et de la Société archéologique de Béziers a été correspondant de diverses revues occitanes notamment Lou Gal et Cacalaca à partir de 1917. Ce recueil posthume publié par sa fille regroupe un grand nombre de poèmes occitans écrits pendant la guerre (p. 22 - 57) avec leur traduction. Le premier poème Eli (Eux) s’adresse au sénateur Gervais 24 “sénateur embusqué et marchand de fromages” auteur de l’article du Matin sur les soldats du 15e corps. (Voir : affaire du 15e Corps p.86) 25 .

DURAND, Josè. La tuairo roujo, pouèmeis sus la Grando Guerro en vers perigordis (1932), [S.l.] : E. Kiefer-Durand, 1991.

Cote CIRDÒC : [CBB 404-7]

Le recueil de poèmes en occitan périgourdin est divisé en trois parties : Lou champ d’ounour e d’orrour ; Lus Bourruts dins lours talpanieras ; En çai de la rego de mort . Mobilisé, l’auteur témoigne de son vécu pendant la guerre et plus largement de la vie quotidienne des soldats dans les tranchées et à l’arrière.

POMMIER, Paul. Flour d’Ermas, Avignon : A. Barthélemy, 1993.

Cote CIRDÒC : [CAC 5466]

Ce recueil de poésies inédites de Paul Pommier (1888-1947) publié par son fils Georges Pommier, contient trois textes composés alors qu’il était soldat au front dans le secteur de Raulecourt (Meuse) : “Flour de Lourreno- Raulecourt (Meuse), 18 novembre 1914 ; “L’Ataco de Richecourt dou 15 desembre 1914- Raulecourt, 20 décembre 1914 ; “Gramaci a l’ouvroir de l’escolo maïco que m’a manda un paquet de Nouve- Raulecourt (Meuse), 1er janvier 1915.

24 Auguste Gervais (1857-1917), sénateur de la Seine.

25 Il s’y trouve aussi des copies de lettres de François Pouzol (avec fac -similé) et d’autres adressées à Louis Bonfils publiées dans Lou Gal.

83

Avant guerre Paul Pommier avait composé un poème aux accents fortement antimiltaristes “Per servi la patrio : I couscri de la classo 1910” qui faisait notamment allusion aux mutins languedociens de 1907 :

Un jour vous mandaran Contro li païsan Que poudrien estre vostri fraire ;

DELERIS, Ferran. Pèire e Marià, Tolosa : Institut d'Estudis Occitans, 1996.

Cote CIRDÒC : [R.LAN DEL]

Le roman conte la séparation tragique, de deux jeunes mariés Pèire et Marià, une semaine avant la mobilisation

BERLAND, Roland. Los Jorns Telhòu, Limoges : Cercle Limousin d'Etudes Occitanes et d'Action Populaire, 1996.

Cote CIRDÒC : [CAC 6229]

Le roman conte le vécu d’un soldat limousin plongé dans l’enfer de la guerre.

DEGIOANNI, Andriéu. Lou Tourteiròu, La Farlède, AVEP, 2003.

Cote CIRDÒC : [CAC 7292]

André Degioanni est né en 1930. Il laisse une oeuvre écrite importante de romancier. Lou Tourteiròu est la chronique d’un siècle illustrée d’une centaine de récits imagés. Parmi ceux- ci, plusieurs couvrent la période de la grande guerre: “An tua Jaurès” (1914), “Retour dei paire de sièis enfant” (1915), “Lou Desertour” (1916)”, “Fatima” (1917), “La Fieiro de Sant-Martin” (1918), “Clémenceau” (1919) (p. 30-42).

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BOUDON-LASHERMES, Vivo, 2008.

Albert.

Cote CIRDÒC : [CBB 785-30]

Ouros

de

guerro,

Saint-Martin-de-Valgalgue

:

Aigo

Ouros de guerro est un recueil composé quasi exclusivement de poèmes, textes et articles issus du bulletin L'Ecò dóu bousquetoun (voir p.6) et centrés sur le vécu quotidien du soldat Boudon.

ROUQUETTE, Max. Mièja-Gauta o Lo gentilòme de veire , Perpignan : Trabucaire, 2010.

Cote CIRDÒC : [R.LAN ROUQ]

Dernier roman de Max Rouquette, publié à titre posthume. Le personnage surnommé Mièja- Gauta est une gueule cassée de 14 - 18, il se fait appeler : Commandant X, son entourage le croit mort, il disparaît de la vie sociale. La rencontre entre le personnage et celui qui va raconter sa vie, alors jeune é tudiant en médecine, va se faire place de la Canourgue à Montpellier.

BOUERY, Jan-Bernat. Istòri d'un couscrit de 1913, raconte de la Grando Guerro, Marsiho : Prouvènço d'aro, 2012.

Cote CIRDÒC : [CAC 9460]

L’Istòri d’un couscrit de 1913 est un roman de Jan- Bernat Bouery inspiré de la vie de son père Irénée- François Bouery, “gueule cassée” de la Première Guerre mondiale, originaire de la Colle de Saint-Jean-du-Désert. Le roman bien que contant une biographie complète d’Irénée -François Bouery est principalement centré autour de son expérience de soldat. Le livre rapporte de manière romancée les souvenirs du fils qui évoque les longues discussions qu’il eut avec son père, au sujet de sa vie militaire.

Lou Prouvençau à l’Escolo : La Grando Guerro, n. 35, 2013.

Cote CIRDÒC : [C1]

Dans sa deuxième livraison de l’année 2013, la revue Lou Prouvençau à l’Escolo présente un dossier sur la Grande Guerre. On y retrouve des textes de Joseph d’Arbaud, de Marius Jouveau, J.P. Gras, Folco de Baroncelli, Auzias Lieutaud, J.B. Bouéry, Auzias Jouveau, Andriéu Degioanni et Paul Ruat accompagnés d’un dossier pédagogique réalisé par Natalie Seisson et Simon Calamel.

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MARTIN, Jean-Baptiste. Les poilus parlaient patois. Documents dialectaux de Rhône- Alpes, un regard différent sur la guerre de 1914-1918, Lyon, EMCC, 2014.

Cote CIRDÒC : [944.3 MAR]

Ce livre est une anthologie de textes occitans et francoprovençaux traduits en français. Une petite partie du livre est consacrée à l’occitan, minoritairement représenté dans la région Rhône - Alpes où est édité le recueil. La partie occitane est composé de lettres et poèmes de « poilus » ou de leur familles et sont principalement centrés sur le vécu et le quotidien des soldats.

6.2 Affaire du 15ème Corps (en français)

Au début du mois d’août 1914, l’annonce de mobilisation générale se propage partout en France. Les hommes en âge de combattre partent pour le front, des corps d’armée s’y retrouvent : le 15e est composé de soldats de Provence, des Alpes - Maritimes, de Corse, du Gard et de l’Ardèche il y côtoie le 20e corps de Lorraine et le 18e du Languedoc. Dans les premiers jours, ces trois corps d’armées ne cessent d’avancer, suivant la stratégie d'agression à outrance décrétée par le général Foch. Et pour cause, les allemands se dérobent au combat. Ce n’est que pour mieux prendre ces trois corps d’armée au piège et plus particulièrement le 20e corps lorrain, qui jouit d’une réputation d’excellent soldat et à qui l’ont prête le meilleur état d’esprit car premier concerné, géographiquement parlant, par les combats. Le 19 août, le 15e corps est immobilisé par d’intense bombardement près de Dieuze. Fidèle à sa stratégie, Foch décide de faire avancer le 20e corps alors tout proche. Les soldats allemands contrent habilement cette manœuvre et la retraite des lorrains qui rejoignent les positions du 15e corps est catastrophique. À partir du 22 août les positions se stabilisent, mais sans avoir pu tirer un seul coup de fusil certaines compagnies du Midi enregistrent des pertes de l’ordre de 80%. Pour ne pas affaiblir le moral de la nation, déjà mis à rude épreuve, Joffre désigne un coupable ce sera les soldats du 15e corps. Ces soldats sont déjà victimes à l’époque d’une très mauvaise image aux yeux des conservateurs et des nationalistes. Cette image est déjà encrée dans leur esprit depuis longtemps, elle est liée au succès récent du couard Tartarin de Tarascon et à la théorie des climats, vestige du XVIIIe siècle, qui prête aux soldats du Midi un caractère avilissant car notamment métissé, romanisé et enjuivé, et aux habitants des froides contrées du nord le dynamisme, l’énergie, la virilité et l’intelligence … Ces aprioris n’ont jusqu’alors que très peu influencé le soldat lambda septentrional. Cependant, l’accusation publique à laquelle les soldats méridionaux devront faire face sera particulièrement difficile à surmonter.

Le 24 août 1914 dans le journal Le Matin paraît un article signé d’Auguste Gervais et rédigé par le Ministre de la Guerre Adolphe Messimy (1), mettant en cause :

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une division du 15ème Corps composé de contingents d’Antibes, de Toulon, de Marseille et d’Aix [qui a] lâché pied devant l’ennemi (…) entraînant la retraite sur toute la ligne. Le ministre de la Guerre (…) a prescrit les mesures de répression immédiates et impitoyables qui s’imposaient. Les troupes de l’aimable Provence ont été prises d’un subit affolement. L’aveu public de leur faiblesse s’ajoutera la rigueur des châtiments militaires.

La presse régionale prend alors la défense des soldats méridionaux notamment Lou Gal et Le Petit Var. En 1915, quelques mois après l'affaire du 15ème corps, Louis Bonfils capitaine au 319e d’infanterie évoque dans sa correspondance la complexité de rapports Nord/Sud et se lance dans une lutte pour la cause des méridionaux humiliés et la défense de la dignité de leur langue. Il signale d'ailleurs à plusieurs reprises qu'il est un de s seuls gradés à s'adresser à ses hommes et lancer des ordres de combat en langue d'oc.

Affiche pour la réhabilitation 15ème corps (14 juillet 1932)

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) Fonds Azéma [AZP 9-1-3-26; AZP 13-3-4-17].

Lors de la remise de la dignité de Grand Officier de la Légion d’honneur au Général Messimy (1869- 1935), en juillet 1932, le souvenir de la blessure faite à “l’aimable Provence” sera ravivée par un groupe de jeunes fédéralistes de Provence qui signent l’affiche “Aux anciens combattants provençaux une insulte !”.

Le Lapin à plumes supplément illustré du Canard poilu, [s.l.] : [s.n.], 1915-1916

Lieux de conservation : BnF Rés. Fol. Lc6-146 Dates extrêmes de publication connues : 1915-1916 Périodicité : Hebdomadaire Document disponible en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111441p

Journal officiel du 15e Corps qui reproduit des images de stéréotypes régionaux, largement diffusés par la litté rature et l’imagerie sous la IIIe République. On y relève dans le n°4 : “La babillarde”, poème et dessins humoristiques (évocation d’une correspondance entre un soldat marseillais et sa femme en provençal) 26 ainsi que dans le n° 8 “Les origines” poème et de ssins humoristiques qui joue sur la dialectique des petites patries locales au sein de la grande , française 27 .

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BELLEUDY, Jules. La Légende du XVe corps d'armée : L'Affaire de Dieuze, Avignon, Francois Séguin, 1916. - IV- 51 p. : 1 c. ; Grand in- 8

Lieux de conservation : BDIC Q 192 (F) - (ouvrage censuré, seul exemplaire connu)

Jules Belleudy 28 débute sa carrière comme jeune journaliste à Marseille dans L'Égalité sous le pseudonyme de Jules Béranger. Il collabore ensuite à l' Ordre social et au Phare du Littoral de Nice, puis de nouveau à L'Égalité à Marseille et à la Jeune République, qu'il fonde avec son ami le félibre Clovis Hugues. Rédacteur en chef du Journal du Midi à Avignon, il crée en 1877 Le Réveil du Midi, dont le premier numéro paraît le 12 ao ût, jour symbolique de sa sortie de prison, après un mois d'enfermement assorti d'une amende de mille francs, pour ses idées politiques et militantes parues dans le Journal du Midi. En 1916, il publie en plein conflit, un livre qui réhabilite sans appel l' honneur des régiments du 15e corps. L’ouvrage qui est publié à Avignon chez François Séguin sera aussitôt censuré. Il sera réédité après le conflit en 1921.

Général Carbillet, Premières armes d'une division du Midi sur le front : conférence du 18 janvier à Nice, Nice : impr. de l'Eclaireur, 1918.

Lieux de conservation : CIRDÒC (Béziers) [CBA 166-13] (+1) (seuls exemplaires connus)

Au cours de l’année 1918, une des premières publications visant à réhabiliter le 15e corps se fait à l’initiative de Pierre Devoluy, ancien capoulié du Félibrige et directeur de la revue Vivo

Prouvènço !. Celui- ci contacte le général Jean- Baptiste Jules Carbillet, grand - officier

national de la Légion d'honneur, qui apporte son témoignage lors d’une conférence donnée à Nice le 18 janvier 1918, et éditée par Devoluy la même année. Le général Carbillet porte notamment son regard sur “la calomnie contre les Poilus méridionaux”. (Voir : Le Boulet rouge, n. 13, mars avril 1918).

de l'ordre

BELLEUDY, Jules. Que faut-il penser du 15e corps ? Préf. du colonel Gros Long. Menton : Impr. coopérative, 1921. 1 vol. (XII-356 p.) : cartes ; 23 cm. - Notes bibliogr.

Lieux de conservation : BnF Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin 8- LF207- 966 (seul exemplaire connu).

Pierre Devoluy (pseud. de Paul Gros Long) préfacera une nouvelle édition de l’ouvrage de Jules Belleudy, en 1921.

MISTRE, Maurice. La légende noire du 15 e corps. L’honneur volé des Provençaux par le feu et l’insulte, St-Michel l’Observatoire : C’est-à-dire éditions, 2009.

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Jean-Yves Le Naour, La légende noire des soldats du Midi , Paris : Vendémiaire, impr. 2013, cop. 2013.

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7. ARTS SCÉNIQUES

BARTHE, Émile. Lous proufitaires Coumedio en bèrses lengadoucians, Béziers, [s.n.],

1922.

Lieux de conservation :

Lous proufitaires est un Jugement , motif classique du théâtre occitan et plus particulièrement de son théâtre de Carnaval. Ici, ce sont M. et Mme. Ventredor qui sont jugés pour s’être enrichis pendant la Première Guerre mondia le. La pièce se passe quelques temps après l’armistice dans un

tribunal. Elle met en scènes les accusés, un juge, deux avocats aux plaidoyers burlesques, ainsi que plusieurs témoins notamment d’anciens clients des époux Ventredor mais également le Soldat inconnu présent au nom de toutes les victimes civiles et militaires de la guerre. La pièce engagée, présentée dès 1922 rencontrera un grand succès et sera reprise jusqu’en 1959 29 . En savoir plus :

BOULOC, François. “S’enrichir pendant la Grande Guerre, une anomalie complexe. L’exemple des Profitaires d’Emile Barthe et des Marchands de gloire de Marcel Pagnol” [en ligne] http://www.crid1418.org/doc/textes/Bouloc_Barthe&Pagnol.pdf (consulté le 28 ocotbre 2014)

CIRDÒC (Béziers) [CO-D 153] (voir affiche ci-dessus)

NEYTON, André. La légende noire du soldat O.

Production : Centre dramatique occitan, 2013

Pourquoi le soldat O est- il mort ? Pas au bout des fusils de l’ennemi comme il est naturel selon les lois de la guerre. Mais tombé sous les balles de ses frères d'armes. Pas par le hasard tragique d'une erreur de tir comme il en existe naturellement dans toute guerre qui fait de son mieux et n'y parvient pas toujours. Mais dans le calme terrible et ordonnancé d'un peloton d'exécution. A qui le soldat O doit- il de n'avoir pas eu le temps de montrer le courage et la loyauté qu'il s'était promis face à l'ennemi ? A Montesquieu ? Michelet ? Victor Hugo ? Balzac ? Taine ou Daudet ? Pas encore à Céline ou Alexis Carrel. L'ombre de nos grands écrivains n'a-t-elle pas scellé par avance le sort du soldat O ? L’immense poids de leur renommée n’a - t- il pas eu sa part de

responsabilité dans son destin tragique? Sur un fond de légèreté va - t- en- guerre entretenue par une Madelon exaltant le courage d es "piou- piou de Provence", le Soldat O écrit entre deux obus. Il parle du trou creusé et recreusé dans la boue pour s'enterrer, des godasses qu'il a empruntées à celui qui n'en avait plus besoin - « il a

29 Cf. Emile barthe, Los Profitaires / Les profiteurs : comédie en langue d'oc avec la trad. française en regard ; préf. par Marcel Carrières et Léon Cordes. Paris, Les Amis de la Langue d'Oc, 1969. 172 p. (Collection des Amis de la langue d'Oc).

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fallu chercher pour enlever la deuxième à l'autre p ied, un peu plus loin » - du dernier colis, du papier à lettres qui ne supporte pas la pluie d'ici. La Madelon, omniprésente, le remet debout par la magie de son exhortation aux charmes débordants. Pendant que le soldat O raconte, des images défilent derrière lui. Celles d'une caméra qui fait ses premiers pas dans la vérité de la guerre. L'image bascule. L'opérateur n'a peut - être pas vu venir l’obus qui… On appelle le soldat O. Pour la relève ou pour monter à l'attaque? Il reviendra dans son nid de poule, blessé au pied. Le Soldat O sera donc fusillé.

Alors le soldat O se souvient. Il se souvient, puisque cela a été écrit, qu'il ne peut être qu'un lâche parce qu’il est du Midi. Il va alors se prêter, dans un procès tragi- comique, au jeu de l'ethnotype méridional auquel il était condamné par avance, un procès conduit par les plus emblématiques de nos grands écrivains, philosophes, historiens qui, à travers leurs écrits sur le Sud, sont étonnants de mépris, d'ironie voire d’hostilité. Un procès qui suscite des rires parfois grinçants et ébranle les gloires les plus immortelles.

1562 jorns : testimóni d’un chaple

Production : CEP d’OC avec J.P. Belmon, Liza, Joan Peire Cazot, 2014

Spectacle en occitan et français à partir de témoignages et chansons d’époque mettant en lumière l'impossible antimilitarisme, le racisme anti- sudiste, et la grande détresse de ceux qui vont disparaître dans la boue de la Somme.

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8. RESSOURCES EN LIGNE

La Primièra guèrra mondiala (consulté le 13 octobre 2014) Recueil de documents en occitan et en français pour la classe, mis à disposition par l’Académie de Toulouse et recueillis par Didier Agar (8 novembre 2013).

Le Bibliophile languedocien (consulté le 13 octobre 2014)

Un blog consacré aux livres, aux revues, aux écrivains, éditeurs, bibliophiles ou collections du Languedoc, publié par Guy Barral. Cont ient la transcription intégrale de la correspondance de Louis Bonfils (18 février 2012)

CRID (consulté le 13 octobre 2014) Site du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914 - 1918, association de chercheurs qui vise au progrès et à la diffusion des connaissances sur la Première Guerre mondiale, animé par Rémy Cazals éditeur des Carnets de guerre de Louis Barthas. Contient de nombreuses informations et un dictionnaire biographique des auteurs de témoignages de guerre.

MARSYAS2 (consulté le 13 octobre 2014) Transcription de l’intégralité du tout premier journal de tranchée félibréen qui a pour titre L’Echo des cagnas de Remières , du nom d’un lieu- dit de la commune de Seicheprey (près de Toul) où était cantonné Albert Boudon-Lashermes son animateur. http://marsyas2.blogspot.fr/2014/10/lecho-des-cagnas-de-remieres-une- idees.html

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