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LE STUDIO – PHILHARMONIE

Chant de la Terre
Musiciens de l’Orchestre de Paris
Samedi 16 février 2019 – 16h30
Vous avez la possibilité de consulter les programmes de salle en ligne, 5 jours avant chaque concert,
à l’adresse suivante : www.philharmoniedeparis.fr
WEEK-END MAHLER

Confronté à la difficulté de faire apprécier ses œuvres du public, Mahler avait


affirmé : « Mon temps viendra. » Il avait raison : s’il souffrit longtemps d’un
manque certain de considération, son temps aujourd’hui est venu, et bien
venu, depuis un peu plus d’un demi-siècle. L’univers de celui qui considérait
que la symphonie devait être « un monde » à elle seule est dorénavant sorti
de son long purgatoire. Dans cet ensemble remarquablement construit, la
Philharmonie pioche quelques partitions, pour la plupart avec voix.

Les Bamberger Symphoniker donnent la Symphonie n° 3, hymne à la nature


dans tout ce qu’elle a « de grand, de terrifiant aussi bien qu’aimable », expli-
quait le compositeur, qui affirmait aussi qu’« une fois encore, je ne gagnerai
pas un sou avec ma Troisième Symphonie car les gens ne comprendront rien ».
Incroyablement ample, tant en termes de durée que d’effectif orchestral, la
symphonie s’achève sur le premier exemple d’adagio mahlérien où « tout se
résout dans la paix et dans l’Être ».

Valery Gergiev, lui, propose un panorama en deux soirées : l’une est consacrée
à la Symphonie n° 8 « Des mille », qui se fonde sur l’hymne Veni Creator Spiritus (pour
sa première partie) et sur le second Faust de Goethe (deuxième partie) ; l’autre
met en regard la Symphonie n° 4 – la plus « classique » ou la plus « viennoise »
de toutes, qui peint « le bleu uniforme du ciel » (Mahler dixit) et emprunte
comme les deux symphonies précédentes au Knaben Wunderhorn – avec Le Chant
de la Terre, fusion idéale de l’univers symphonique et de l’univers vocal fondée
sur des réinterprétations germaniques de poèmes chinois du viiie siècle. Cette
œuvre, qui « tend vers l’inconnu du point de vue musical comme du point
de vue poétique » (Zoltan Roman), est également donnée par les musiciens
de l’Orchestre de Paris, cette fois en version de chambre, dans l’arrangement
travaillé par Schönberg pour sa Société d’exécutions musicales privées, née
au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Enfin, le «  concert sur instrument du Musée  » d’Armelle Khourdoïan et


Edna Stern donne un aperçu des lieder du compositeur en les mettant en
regard de ceux, légèrement antérieurs, de Brahms et d’Alma Mahler, dont le
talent musical réel fut malheureusement contrarié par son mariage.
WEEK-END MAHLER

Vendredi 15 février Samedi 16 février


20H30 CONCERT SYMPHONIQUE 15H00 CONCERT SUR INSTRUMENT
DU MUSÉE
BAMBERGER SYMPHONIKER /
JAKUB HRŮŠA SALON ALMA MAHLER
ARMELLE KHOURDOÏAN, SOPRANO
BAMBERGER SYMPHONIKER
EDNA STERN, PIANO ÉRARD 1891
CHŒUR DE FEMMES ET D’ENFANTS
DE L’ORCHESTRE DE PARIS Alma Mahler
JAKUB HRŮŠA, DIRECTION Kennst du meine Nächte
BERNARDA FINK, MEZZO-SOPRANO Bei dir ist es traut
LIONEL SOW, CHEF DE CHŒUR
Ich wandle unter Blumen
EDWIN BAUDO, MARIE DEREMBLE-WAUQUIEZ,
Leise weht ein erstes Blühn
MARIE JOUBINAUX, BÉATRICE WARCOLLIER, Gustav Mahler
CHEFS DE CHŒUR ASSOCIÉS Frühlingsmorgen
Gustav Mahler Scheiden und Meiden
Symphonie n° 3 Ablösung im Sommer
Erinnerung
Clé d’écoute à 19h45 Johannes Brahms
SUR LES PAS DES BAMBERGER Meine Liebe ist grün
SYMPHONIKER Wir wandelten, wir zwei zusammen
Wiegenlied
4 Klavierstücke op. 119
Wie Melodien zieht es mir
Alexander von Zemlinsky
4 Fantasien über Gedichte von Richard Dehmel

16H30 CONCERT

CHANT DE LA TERRE – MAHLER


MUSICIENS DE L’ORCHESTRE DE PARIS
CLÉMENT MAO-TAKACS, DIRECTION
MARION LEBÈGUE, MEZZO-SOPRANO
YU SHAO, TÉNOR
Gustav Mahler
Le Chant de la Terre (orchestration
d’Arnold Schönberg)
Dimanche 17 février
20H30 CONCERT SYMPHONIQUE 16H00 CONCERT SYMPHONIQUE

CHANT DE LA TERRE – MAHLER SYMPHONIE DES MILLE


MÜNCHNER PHILHARMONIKER – MAHLER
VALERY GERGIEV, DIRECTION MÜNCHNER PHILHARMONIKER
GENIA KÜHMEIER, SOPRANO PHILHARMONISCHER CHOR MÜNCHNER
CLAUDIA MAHNKE, ALTO ORFEÓN DONOSTIARRA
SIMON O’NEILL, TÉNOR AUGSBURGER DOMSINGKNABEN
Gustav Mahler VALERY GERGIEV, DIRECTION
Symphonie n° 4 SIMONE SCHNEIDER, SOPRANO
Le Chant de la Terre JACQUELYN WAGNER, SOPRANO
REGULA MÜHLEMANN, SOPRANO
CLAUDIA MAHNKE, ALTO
KATHARINA MAGIERA, ALTO
SIMON O’NEILL, TÉNOR
MICHAEL NAGY, BARYTON
EVGENY NIKITIN, BASSE
JOHANNES BERGER, ORGUE
ANDREAS HERRMANN, CHEF DE CHŒUR
AC T I V I T É S JOSÉ ANTONIO SÁINZ ALFARO, CHEF DE CHŒUR
EN LIEN AVEC LE WEEK-END MAHLER REINHARD KAMMLER, CHEF DE CHŒUR
Gustav Mahler
VENDREDI
Symphonie n° 8 « Des mille »
Colloque de 9h à 18h30
L’ÉCHO DU RÉEL

SAMEDI
Le Lab à 11h
QUAND MAHLER CHANTE
FRÈRE JACQUES

Visite-atelier du Musée à 14h30


L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE

DIMANCHE
Un dimanche en orchestre à 14h
GUSTAV MAHLER - SÉANCE
PONCTUELLE
PROGRAMME

Gustav Mahler
Le Chant de la Terre (arrangement d’Arnold Schönberg)

Clément Mao-Takacs, direction


Marion Lebègue, mezzo-soprano
Yu Shao, ténor

Coproduction Orchestre de Paris, Philharmonie de Paris.

FIN DU CONCERT (SANS ENTR ACTE) VERS 17H40.

  LIVRET PAGE 26
Musiciens de l’Orchestre de Paris
Anaïs Benoit, flûte
Gildas Prado, hautbois
Philippe-Olivier Devaux, clarinette
Lionel Bord, basson
Jérôme Rouillard, cor
Simon Zaoui, piano *
Yohann Juhel, accordéon *
Jacques Comby, célesta *
Vincent Buffin, harpe *
Emmanuel Hollebeke, percussions
Nicolas Martynciow, percussions
Vitier Vivas, percussions *
Caroline Vernay, violon 1
David Braccini, violon 2
Béatrice Nachin, alto
Frédéric Peyrat, violoncelle
Marie van Wynsberge, contrebasse

* Musiciens supplémentaires
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LES ŒUVRES

Gustav Mahler (1860-1911)


Das Lied von der Erde [Le Chant de la Terre] (arrangement
d’Arnold Schönberg)

I. Das Trinklied vom Jammer der Erde (Chanson à boire de la douleur de la Terre)
II. Der Einsame im Herbst (Le Solitaire en automne)
III. Von der Jugend (De la jeunesse)
IV. Von der Schönheit (De la beauté)
V. Der Trunkene im Frühling (L’Homme ivre au printemps)
VI. Der Abschied (L’Adieu)

Composition : 1908 ; arrangement de Schönberg en 1920.


Textes : poèmes de Li Tai Po (701-763), Ts’ien Ts’i (722-780), Wang Wei (698-761) et
Mong Kao Jen (c. 689-740), traduits par l’écrivain autrichien Hans Bethge, publiés
dans le recueil La Flûte chinoise (1907).
Création : posthume, le 20 novembre 1911, à Munich, sous la direction de Bruno Walter,
lors d’un concert donné à la mémoire de Mahler.
Effectif original : 3 flûtes, 3 hautbois, 5 clarinettes, 3 bassons – 4 cors, 3 trompettes,
3 trombones, tuba – glockenspiel – célesta – mandoline – 2 harpes – cordes.
Effectif version Schönberg : ténor, baryton – flûte, hautbois, clarinette,
basson – cor – piano, harmonium, célesta – harpe – percussions – violons, alto,
­violoncelle, contrebasse.
Édition : 1912, Universal Edition pour l’original ; 1983 pour la version Schönberg.
Durée : environ 60 minutes.

« Gustav Mahler : cet homme avait besoin de résistances, il les


aimait, les désirait, elles étaient le sel amer de son quotidien,
qui ne faisait qu’accroître sa soif de sources éternelles. »
Stefan Zweig, Le Retour de Gustav Mahler

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À en croire les écrivains et intellectuels pour qui l’art de Gustav Mahler
fut l’un des plus subtils et importants du tournant des xixe et xxe siècles,
constituant un bouleversant adieu au romantisme, il n’est guère de par-
tition plus profondément mahlérienne que Le Chant de la Terre : ainsi de
Stefan Zweig, l’un des plus fins analystes des derniers feux de la Vienne
impériale, de Theodor Adorno, qui perçut chez Mahler la puissance de
l’élément narratif et romanesque, ou encore de Thomas Mann, ami intime
du plus grand des chefs mahlériens, Bruno Walter.

Élaborée durant l’été 1908, cette partition profondément originale


condense toute l’inquiétude, tout le sens du tragique – mais toute l’ironie
aussi – qui sont la marque du génie mahlérien. Il faut dire que la période,
pour le compositeur, était particulièrement sombre : après avoir perdu sa
fille aînée et avoir été évincé – en raison de l’antisémitisme ambiant – de
la direction de l’Opéra de Vienne, voilà que la maladie le rattrapait. Ce
pessimisme, tempéré toutefois de détachement philosophique, transparaît
dans l’œuvre, que Mahler élabora à partir d’un recueil de poèmes chinois
anciens que lui avait transmis son ami Theodor Pollak, et qui avaient été
adaptés (plus que traduits) en allemand par le poète autrichien Hans
Bethge. Même si elle ne figure pas au nombre des Symphonies, c’est
bien une logique symphonique qui anime ce cycle de six lieder pour
grand orchestre et deux voix solistes : il en possède incontestablement
l’ampleur, et fut du reste composé conjointement à la Neuvième, qui en
partage la liberté formelle et l’esprit.

Le premier lied, Chanson à boire de la douleur de la Terre (ténor), célèbre


l’ivresse de manière à la fois véhémente et ironique : les fanfares des cors,
la stridence des bois n’empêchent pas que se propage un sentiment de
profonde solitude, avant que ne soit proclamée, à la fin, l’inéluctabilité
de la mort. Le deuxième, Le Solitaire en automne (alto ou baryton) fait
office de lamento introspectif, l’angoisse étant en partie apaisée, mais
non abolie, par le refuge de la nature. Il est musicalement remarquable
par sa texture chambriste. Les trois lieder qui suivent, délicates minia-
tures, ont ensemble une fonction de scherzo : De la jeunesse (ténor),
usant de sonorités cristallines (triangle), évoque musicalement la Chine ;
De la beauté (alto ou baryton) convoque pour sa part la grâce des
jeunes filles en fleur, abritant en son centre un passage plein d’alacrité

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rythmique ; L’Homme ivre au printemps (ténor), retrouve, illustré par des
dissonances, le thème d’une illusion de bonheur dans l’ivresse. Puis vient
l’ultime mouvement, L’Adieu, plus poignant et intense à lui seul que les
cinq autres réunis. Le génie dramatique et mélancolique de Mahler éclate
dans cette page exceptionnelle, où la cantilène comme suspendue du
chant, mystique et figée, s’oppose au discours morcelé de l’orchestre,
le trouble harmonique à la mélopée déchirante du hautbois. Le sommet
émotionnel est atteint lorsque la voix, portée par l’étrangeté du célesta,
répète par sept fois le mot « Ewig » (éternellement) : adieu déchirant à
l’amitié, à la vie, et à la musique.

Profondément admiré par Alban Berg, qui s’en inspira pour sa Suite lyrique
pour quatuor à cordes, Le Chant de la Terre frappe par ses contrepoints
intérieurs et son traitement chambriste de l’orchestre symphonique.
C’est cette raison, à laquelle s’ajoute le fait que la présence d’une cellule
structurante de trois notes anticipe d’un certain point de vue le principe
de la série, qui incita Arnold Schönberg, en 1920, à en proposer une
transcription pour un ensemble de treize instrumentistes. Achevée en 1983
par le musicologue Rainer Riehm, cette version dépouillée, qui met à nu
les intentions du compositeur, ne rend l’œuvre que plus bouleversante.

Repères bibliographiques
Henry-Louis de La Grange, Gustav Mahler, Paris, Fayard (3 vol.), 1979.
Marc Vignal, Mahler, Paris, Le Seuil, coll. « Solfèges », 1982.
Christian Wasselin, Mahler, la symphonie-monde, Découver tes
Gallimard, 2011.
Stefan Zweig, Le Retour de Gustav Mahler, Arles, Actes Sud, 2012.

Frédéric Sounac

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LES COMPOSITEURS

Gustav Mahler Mahler : en lui se concentrent la fin


Dans son imposante production sym- d’une époque heureuse (Le Monde
phonique, écrite dans la grande ombre d’hier de Stefan Zweig) et le sentiment
beethovénienne mais ouvrant par prophétique, souvent angoissé, du
moments sur la plus radicale moder- monde à venir.
nité, Mahler a toujours mobilisé un
imaginaire narratif. Auteur d’admirables Arnold Schönberg
cycles de lieder avec orchestre (Lieder Figure tutélaire et paternelle de toute la
eines fahrenden Gesellen, Rückert- musique du xxe siècle, créateur et théo-
Lieder, Kindertotenlieder), il avait ricien infatigable, Schönberg fut pour-
acquis une science confondante des tant un autodidacte, résolu dès sa jeu-
« effets de sens » induits par certaines nesse (où il fut tout de même soutenu
harmonies ou détails d’orchestration. par Alexander von Zemlinsky, Richard
L’usage récurrent de la voix, dans ses Strauss, puis Gustav Mahler), à frayer sa
symphonies, témoigne conjointement propre voie. Le lyrisme post-romantique
de ce désir de récit, transformant de et atonal de ses premières partitions,
grandes pages d’orchestre en fables comme La Nuit transfigurée, contraste
évocatoires. Pourtant, malgré le surnom avec l’expressionnisme de cabaret de
donné à certaines partitions (« Titan », Pierrot lunaire, œuvre qui fit scandale,
pour la Symphonie no 1, « Résurrection » mais lui apporta la renommée. Son
pour la Symphonie no 2, « Chant de la nom demeure pourtant à jamais asso-
nuit » pour la Symphonie no 7), les « pro- cié (avec celui de ces deux disciples,
grammes » suivis par le compositeur, Alban Berg et Anton Webern), à la
une fois l’œuvre achevée, demeurent « seconde École de Vienne », c’est-à-dire
sous-jacents. Le récit apparaît en à la mise au point de la technique d’écri-
quelque sorte retiré, comme si son ture sérielle. Avec la « composition à
rôle poétique, une fois rempli, était douze sons », Schönberg tira des consé-
de s’effacer pour libérer l’imaginaire quences logiques mais radicales de
propre à chaque auditeur. C’est « le dra- l’épuisement du système tonal, et dicta
matique », plutôt qu’un drame précis, le ton de la modernité. Doublement
le « tragique », plutôt qu’une tragédie, honni sous le Troisième Reich en tant
le « sentiment du deuil », plutôt qu’un que Juif et compositeur « formaliste »,
décès, que nous livre, de manière à Schönberg dut s’exiler aux États-Unis,
la fois abstraite et sensible, l’art de pays dont il prit la nationalité. C’est là

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qu’éclata la courte mais intense polé-
mique qui l’opposa à l’écrivain allemand
Thomas Mann, qui dans son roman Le
Docteur Faustus avait métaphorisé
la montée du nazisme par la mise au
point de la technique sérielle. Auteur
de nombreuses pièces pour piano et
de musique de chambre, Schönberg
est notamment l’auteur de Pelléas et
Mélisande (1903), des Variations pour
orchestre op. 31 (1926), d’un Concerto
pour violon (1936), d’un Concerto pour
piano (1942), mais aussi des Gurre-
lieder (1900-1913) et de l’opéra Moïse
et Aaron (1930-1932).

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LES INTERPRÈTES

Marion Lebègue Hélène de Troie (La Belle Hélène),


Premier Prix des Concours interna- Regina (La Princesse de Trébizonde,
tionaux de chant de Toulouse et de Offenbach). Son répertoire comprend
Marmande 2014 et Troisième Prix en outre : Vitellia, Sesto, Cherubino,
d’opéra de l’ARD International Music Zerlina ou Elvira (Mozart), Romeo
Competition 2015 à Munich, Marion (Bellini) Siebel et Stefano (Gounod),
Lebègue est diplômée du Pôle supé- Marguerite (Berlioz), Charlotte, Dulcinée
rieur national de Paris depuis 2015 (Massenet), Der Komponist (Strauss),
(classe de Blandine de Saint-Sauveur). ou encore, Concepción (Ravel). Elle a
Cette saison, outre ce concert à la travaillé avec les metteurs en scène
Philharmonie, parmi ses projets se Daniel Mesguich, Vincent Vittoz, Nadine
trouvent : Suzuki (Madame Butterfly, Duffaut, Alex Ollé (La Fura dels Baus),
Opéra de Rouen), Dorabella (Così Nicolas Joël, Jean-Louis Grinda ou Paul-
fan tutte, Opéra de Saint-Étienne), Émile Fourny, et les chefs d’orchestre
Rosine (Le Barbier de Séville, Opéra Leonard Slatkin, Jacques Mercier,
de Toulon), Rosette (Manon, Opéra Maurizio Bennini, Jordan de Souza
Comique, Opéra national de Bordeaux), ou Danielle Callegari. En concert, elle
Annina (La Traviata, Opéra de Paris), le chante (alto solo) dans la Petite Messe
rôle-titre de Madame Favart (Opéra solennelle de Rossini, les Stabat Mater
Comique, Opéra de Limoges, Théâtre de Dvořák, de Pergolèse et de Rossini,
de Caen), Berta (Le Barbier de Séville, les Requiem de Mozart, Duruflé et
Opéra de Paris). Elle donne également Verdi. Dans le répertoire allemand,
un récital avec orchestre à l’Opéra elle est soliste dans les Wesendonck
Comique autour de Gounod et Lieder de Wagner, les Sieben Frühe
Massenet, Cinq Poèmes de Baudelaire Lieder de Berg, le Lied der Waldtaube
de Debussy et des Mélodies de Duparc (Gurre-lieder) de Schönberg, les Lieder
avec orchestre, sous la direction de eines Fahrenden Gesellen ou Urlicht
Clément Mao-Takacs à Royaumont. (Symphonie no 2) de Mahler sous la
Sur scène, elle interprète les rôles de direction de Clément Mao-Takacs.
la Deuxième Dame (Die Zauberflöte),
Carmen et Mercedes (Carmen), La Yu Shao
Muse, La Mère et Nicklausse (Les Après des études au Conservatoire de
Contes d’Hoffmann), Emilia (Otello), Shanghai, Yu Shao obtient sa licence
le rôle-titre dans Orphée de Gluck, de musique en 2008. La même année,

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il se rend en France afin de travailler sa Concertgebouw de Bruges avec le
technique vocale auprès d’Éléonore Brussels Philharmonic. Par la suite, il
Jost et de Leontina Vaduva. En 2012, se produit en récital au Palazzetto
il entre à la Chapelle musicale Reine Bru Zane de Venise et en concert
Élisabeth en Belgique et se perfec- avec l’Orchestre National de Metz
tionne auprès de José van Dam. Il est à l’Arsenal de Metz et à Sarrebruck.
lauréat du Concours Reine Élisabeth À l’Opéra national de Montpellier, il
et du Concours de Toulouse en 2014. interprète les rôles d’un berger et d’un
Avec l’Académie de l’Opéra national jeune marin dans une version de concert
de Paris qu’il intègre en 2014, il inter- de Tristan und Isolde. Il remporte
prète les rôles de Pylade (Iphigénie en en 2018 le Premier Prix du Concours
Tauride) au Théâtre de Saint-Quentin- Bordeaux Médoc Lyrique. Parmi ses
en-Yvelines et de Ferrando (Così fan projets, citons le rôle du Steuermann (Le
tutte) à la Maison des Arts de Créteil Vaisseau fantôme) à l’Opéra de Rennes,
et au Théâtre d’Antibes. Par la suite, il de Nantes et d ­ ’Angers. Il reviendra par
chante dans les productions d’Aïda puis la suite à l’Opéra national de Paris pour
de Lucia di Lammermoor (Normanno) la production de Il Trovatore.
à l’Opéra Paris-Bastille. Il interprète
également les rôles du Steuermann Anaïs Benoit
(Le Vaisseau fantôme) à l’Opéra de Lille Anaïs Benoit a 8 ans lorsqu’elle com-
et de Bénédict (Le Timbre d’argent, mence à étudier le piano et la flûte.
Saint-Saëns) à l’Opéra Comique. Il est Après une licence de musicologie à la
à l’Opéra national de Bordeaux, et Sorbonne, elle entre au Conservatoire
de nouveau à l’Opéra Comique pour de Paris (CNSMDP) et y obtient son prix
la production de Mârouf, savetier du dans la classe de Pierre-Yves Artaud
Caire. En concert, Yu Shao interprète trois ans plus tard. Membre de
le Requiem de Mozart à l’Opéra de l’Orchestre français des jeunes en
Saint-Étienne et se produit en récital à 2003 et 2004, elle est de 2004 à 2006
l’Amphithéâtre de Paris-Bastille. Il enre- seconde flûte et piccolo à l’Orchestre
gistre, avec Hervé Niquet et le Brussels National de Belgique. Elle est nommée
Philharmonic, les cantates Fernand et La en 2006 petite flûte solo à l’Orchestre
Vendetta de Gounod (label Palazzetto de Paris, Christoph Eschenbach étant
Bru Zane). Plus récemment, Yu Shao alors directeur musical de l’orchestre.
interprète le rôle de Ruiz (Il Trovatore) Anaïs Benoit est depuis 2012 profes-
à l’Opéra national de Paris et chante la seur de piccolo au CRR de Boulogne
partie de ténor soliste dans La Création Billancourt ainsi qu’au Pôle supérieur
d’Haydn au Flagey de Bruxelles et au Paris-Boulogne. En parallèle de

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l’orchestre, elle se produit régu- de Paris en 1986. Il se produit égale-
lièrement en soliste et en musique ment en musique de chambre avec les
de chambre. ensembles 2E2M, TM+, Alternances,
Quintette Moraguès, Quatuor Sine
Gildas Prado Nomine, Quatuor Thymos, et les artistes
Natif de Lorient, Gildas Prado y com- Emmanuel Strosser, Claire Désert,
mence ses études musicales avant Schlomo Mintz, Philippe Bernold,
d’être admis au Conservatoire de Paris Philippe Cuper… Philippe-Olivier
(CNSMDP) où il obtient en 1996 un Devaux est également professeur
Premier Prix de hautbois. Il y poursuit de clarinette à l’École nationale de
ensuite un cycle de perfectionnement musique de Créteil.
auprès de Jacques Tys et Maurice
Bourgue. En 1998, il est hautbois solo Lionel Bord
du Mahler Chamber Orchestra, dirigé Lionel Bord commence le basson au
alors par Claudio Abbado. En 2000, CNR de Nantes avant de poursuivre ses
il rentre à l’Orchestre Symphonique études à l’ENM de Gennevilliers puis
de Bâle jusqu’en 2002, où il intègre au Conservatoire de Paris (CNSMDP)
l’Orchestre de Paris en qualité de cor dans la classe de Pascal Gallois, où
anglais solo. Gildas Prado participe à il obtient en 1998 un Premier Prix
de nombreux festivals de musique de de basson, ainsi qu’un Premier Prix
chambre et joue également au sein de musique de chambre. La même
de formations telles que le Budapest année, il remporte le Premier Prix du
Festival Orchestra dirigé par Iván Concours de musique de chambre de
Fischer, l’Orchestre Révolutionnaire la FNAPEC en quintette à vent. En 1999,
et Romantique dirigé par John Eliot il est admis à la Musikhochschule de
Gardiner, Les Dissonances de David Bâle où il poursuit sa formation auprès
Grimal, le World Orchestra for Peace de Sergio Azzolini. Après avoir été
dirigé par Valery Gergiev, ou le pendant trois ans le basson solo de
Mito Chamber Orchestra dirigé par l’Opéra de Rouen, il intègre en 2003
Seiji Ozawa. l’Orchestre de Paris, où il occupe
actuellement les fonctions de basson
Philippe-Olivier Devaux jouant basson solo. Titulaire du certifi-
Après avoir été membre de l’Orchestre cat d’aptitude, Lionel Bord a enseigné
Lamoureux de 1980 à 1986 et du au Conservatoire de Saint-Maur-des-
Kammer Ensemble de Paris sous la Fossés, puis au CNSMDP jusqu’en
direction d’Armin Jordan, Philippe- 2009. Parallèlement à son parcours
Olivier Devaux entre à l’Orchestre instrumental, il étudie la composition et

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l’orchestration auprès d’Allain Gaussin Simon Zaoui
avant d’être admis, en 2001, dans la Simon Zaoui est directeur artistique
classe ­d’Emmanuel Nunes au CNSMDP. du cycle musical de la Chapelle de
Il obtient un Prix d’analyse en 2002 et Kersaint-Landunvez et professeur titu-
un Prix de composition en 2006. Lionel laire de piano au Conservatoire de
Bord a reçu des commandes de nom- Vincennes. Il collabore régulièrement à
breux ensembles (Quatuor Habanera, la revue Pianiste. Depuis cette année, il
Duo Maderas, TM+, En s e m b l e est artiste associé à la Seine Musicale.
­i ntercontemporain, Utopik, Quatuor Il a travaillé sous l’œil attentif d’Émile
A xone) ainsi que de l’Orchestre Naoumoff – dernier disciple de Nadia
Poitou-Charentes, l’Orchestre de Boulanger – et au CNR de Boulogne-
Paris et l’Orchestre Philharmonique Billancourt avec Hortense Cartier-
de Radio France. Il a également col- Bresson et Xavier Gagnepain. Puis il est
laboré avec les ensembles Nomos, l’élève d’Alain Planès au Conservatoire
Smash, Multilatérale, l’Orchestre de de Paris (CNSMDP). Il a obtenu des
Pau-Pays de Béarn, l’Orchestre National mentions Très Bien aux récitals du prix
de France, et avec les chefs d’orchestre de piano et de musique chambre au
Guillaume Bourgogne, François-Xavier CNSMDP. Admis ensuite en cycle de
Roth, Arie Van Beek, Dominique My, perfectionnement, il part travailler
Christoph Eschenbach et Alexandre avec Tuija Hakkila à l’Académie Sibelius
Bloch. Lionel Bord est par ailleurs l’au- d’Helsinki. Il se perfectionne également
teur de nombreuses transcriptions auprès d’Aldo Ciccolini, Robert Levin et
et orchestrations. Menahem Pressler, et reçoit les conseils
de Pierre-Laurent Aimard, Jean-Claude
Jérôme Rouillard Pennetier et Christian Ivaldi. Lauréat
Après des études de cor et de percus- de nombreux concours internationaux
sions à l’École nationale de musique de piano (Brest, Jean Françaix, de
du Mans, Jérôme Rouillard entre au musique de chambre de Guérande en
Conservatoire de Paris (CNSMDP) en duo avec la violoniste Sarah Nemtanu,
1992 pour y étudier le cor dans la classe etc.), il a également reçu le soutien du
d’André Cazalet. Il y obtient, en 1996, mécénat musical Société Générale et
un Premier Prix à l’unanimité. En 1998, de la Fondation Meyer. Les dernières
il devient soliste à l’Opéra national de parutions discographiques de Simon
Paris. Assistant au CNSMDP depuis Zaoui sont consacrées à Gabriel Fauré,
1999, il rejoint l’Orchestre de Paris en dont il est un fervent interprète : Gabriel
février 2002. Fauré - Horizons, avec le violoniste
Pierre Fouchenneret, le violoncelliste

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Raphael Merlin et le ténor David Lefort, Diagonal avec lequel il enregistre pour
ses partenaires de prédilection (un l’émission Alla Breve diffusée sur France
double disque pour le Label Aparté, Musique. Dernièrement, Yohann Juhel
récompensé par The Guardian, The a collaboré avec l’Orchestre de l’Opéra
Times, Classica et Diapason). de Paris autour de la création de l’opéra
Trompe-la-Mort de Luca Francesconi,
Yohann Juhel créé au Palais Garnier en mars 2017.
Yohann Juhel est accordéoniste et Également très attiré par le tango,
bandonéoniste. Il se forme pendant Yohann Juhel est le bandonéoniste du
sept ans au sein du Conservatoire de quartet Carrasco « H » (avec lequel il
Paris (CNSMDP) où il obtient le master se produit aussi bien en France qu’en
d’interprétation avec les félicitations Jordanie dans le cadre du festival inter-
du jury, le certificat d’aptitude de pro- national de Jerash, en Suisse, au Liban
fesseur d’accordéon et le diplôme ou en Islande), du Cuarteto Levin, et du
d’Artiste interprète spécialisé dans le Collectif Polymorphe.
répertoire contemporain et la création.
En 2015, il devient également lauréat Jacques Comby
de la Fondation d’Entreprise Banque Jacques Comby naît et étudie à
Populaire. Révélé par l’émission de télé- Bordeaux. Il décide durant son ado-
vision Accordéons-nous sur France 2 en lescence de se consacrer entièrement
2010, Yohann Juhel joue régulièrement à la musique. Après l’obtention de
au côté de grands noms de la musique son baccalauréat à 16 ans, il réussit
classique comme le contrebassiste son diplôme d’études musicales l’an-
Bernard Cazauran, le pianiste de tango née suivante au CRR de Bordeaux.
Juan Carlos Carrasco ou encore la har- En 2009, il intègre le Conservatoire
piste Marielle Nordmann. Sa carrière national supérieur de musique et
en France l’amène à se produire dans de danse de Lyon où il travaille avec
de nombreuses salles comme la Maison Jean-Claude Pennetier, François-René
de la Radio, la Philharmonie de Paris, Duchâble, puis Denis Pascal et Florent
le Théâtre du Châtelet ou l’Ircam, ainsi Boffard. Il rencontre par ailleurs Aldo
que dans plusieurs festivals : Manifeste, Ciccolini à l’Académie de la Chaise-
Les Musicales de Croissy ou encore Les Dieu. Il se produit durant ces années
Musicales de Bagatelle. Sa passion pour en concert en soliste, ou en duo avec
la musique contemporaine l’amène à violoncelle ou clarinette, à Bordeaux,
collaborer avec différents ensembles à Lyon mais aussi en Espagne. Lauréat
comme l’Ensemble intercontemporain des Concours de Brest, de Lyon, il est
en Pologne, Red Note en Écosse ou également demi-finaliste au Concours

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d’Aix-en-Provence 2011. Par ailleurs, pièces pour différents ensembles.
il s’intéresse à la musique contempo- Titulaire d’un Prix supérieur de harpe
raine : il rencontre les compositeurs au Centre supérieur de musique du Pays
György Kurtág et Bruno Mantovani. basque, à San Sebastiàn en Espagne,
En 2012, il obtient sa licence et entre d’une équivalence du diplôme d’État
en master au Conservatoire de Paris et d’une licence de musicologie à la
(CNSMDP), dans la classe de Denis Sorbonne, sa formation est marquée
Pascal et Varduhi Yeritsyan. Il obtient par l’enseignement de Frédérique
son master avec les félicitations du Cambreling (harpe) et de Gabriel Loidi
jury en juin 2015. Il s’est produit ces (musique de chambre).
derniers temps à Paris, à la Fondation
Singer-Polignac, à l’hôtel de Soubise, Emmanuel Hollebeke
mais également à la Salle Henry Le Emmanuel Hollebeke commence
Bœuf à Bruxelles pour le Concerto de le piano à 5 ans avec Nicole Simon
Ravel. Il intègre par ailleurs la formation Laroche puis se dirige deux ans plus
diplômante au CA au CNSMDP en 2015. tard vers la percussion, qu’il étudie avec
François Vilacèque au Conservatoire
Vincent Buffin à rayonnement départemental de
Vincent Buffin fait ses premières armes Bourg-La-Reine/Sceaux. En 2008, il
à l’orchestre au Teatro Lirico Giuseppe se perfectionne avec Francis Brana au
Verdi de Trieste. S’ensuivent de nom- Conservatoire à rayonnement départe-
breuses participations à différentes mental de Créteil et entre à l’unanimité
autres formations en Europe (le Teatro au Conservatoire de Paris (CNSMDP),
dell’Opera de Rome, l’Orchestre où il travaille avec Michel Cerutti.
des Arènes de Vérone, l’Orchestre Il obtient en 2013 le master de percus-
Symphonique de Bilbao, le Klangforum sion mention très bien. Passionné par
Wien, l’Ensemble intercontempo- le répertoire symphonique orchestral,
rain, l’Orchestre National de France, il se produit avec des formations telles
l’Orchestre Philharmonique de que le Gustav Mahler Jugendorchester,
Strasbourg, etc. Des ensembles l’Orchestre National de France ou
de chambre – comme le Secession l’Orchestre Philharmonique de Radio
Orchestra (dir. Clément Mao-Takacs) France sous la direction de Daniele
et la Symphonie de Poche, avec les- Gatti, Sir Colin Davis ou Esa-Pekka
quels il travaille régulièrement –, le Salonen. Il intègre l’Orchestre de Paris
poussent à développer son goût pour en 2012.
l’écriture. Il écrit ainsi un conte destiné
aux enfants et arrange de nombreuses

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Nicolas Martynciow France. Titulaire du certificat d’aptitude
Percussionniste, batteur et compositeur, de professeur de percussion, Nicolas
Nicolas Martynciow fait partie des per- Martynciow a notamment enseigné la
cussionnistes français à la renommée percussion au Conservatoire Hector
internationale. La batterie, son instru- Berlioz du 10 e arrondissement de
ment de prédilection, l’amène, à l’âge Paris et au Conservatoire de Créteil.
de 15 ans, à découvrir l’univers des per- Actuellement, il enseigne les percus-
cussions. Il étudie la percussion auprès sions d’orchestre au CNSMDP ainsi
de Claude Giot et de Philippe Boisson qu’au Pôle d’enseignement supérieur
au Conservatoire de Saint-Étienne, sa de musique de Bordeaux et est
ville natale, puis auprès de Francis Brana régulièrement invité à donner des
au Conservatoire de Créteil. En 1990, master-classes. Compositeur, il dirige
il est diplômé des 1ers Prix de percus- une collection aux Éditions Gérard
sion et de musique de chambre du Billaudot. Ses pièces sont jouées dans
Conservatoire de Paris (CNSMDP) dans le monde entier. Ses œuvres pour per-
la classe de Jacques Delécluse. Caisse cussion Sweet Swaff, La Festa per Due,
claire solo à l’Orchestre de Paris depuis Zoo ont été jouées à l’Opéra Garnier,
1995 (dir. Daniel Harding), il a joué à l’Opéra Comique, à la Salle Pleyel,
sous la direction de chefs prestigieux au Théâtre de l’Athénée, à la Maison
comme Pierre Boulez, Semyon Bychkov, de Radio France. En janvier 2011,
Christoph von Dohnányi, Christoph son quatuor pour percussion Sweet
Eschenbach, Valery Gergiev, Carlo Swaff a été diffusé sur France Musique
Maria Giulini, Bernard Haitink, Neeme au cours de l’émission Le Matin des
et Paavo Järvi, Lorin Maazel, Georges musiciens. Ses pièces pour caisse claire
Prêtre, Esa-Pekka Salonen, Wolfgang Impressions et Tchik sont jouées et
Sawallisch ou encore Sir Georg Solti. données dans les plus grands concours
En qualité de chambriste, il s’est pro- internationaux mondiaux. Sa méthode
duit notamment auprès de Emmanuel Tac Tic, pour débuter la percussion
Strosser (piano), Claire Désert (piano), fait l’unanimité. Il est « Artiste Zildjian »
Béatrice Uria-Monzon (chant), Philippe depuis 2013 et « Artiste Resta-Jay »
Meyer (écrivain, comédien), Jean percussion depuis 1995.
Rochefort (comédien), le Trio Wanderer,
l’Ensemble Carpe Diem (dir. Jean-Pierre Vitier Vivas
Arnaud), l’Ensemble Diabolicus/Les Né à Caracas, Vitier Vivas remporte
Solistes de Paris (dir. Éric Picard), Sirba un Premier Prix à l’unanimité avec féli-
Octet (dir. Richard Schmoucler), les per- citations du Conservatoire supérieur
cussionnistes de l’Orchestre National de de Paris-CNR. Il collabore avec les

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principaux orchestres de la capitale à des ensembles tels que Diabolicus,
française, notamment avec l’Orchestre les Dissonances, l’European Camerata.
de Paris en concerts réguliers, enre- Elle effectue également une série de
gistrements et tournées à l’étranger. concerts en France et en Europe avec le
Spécialiste des musiques et des rythmes quatuor Psophos. Plus récemment, elle
latino-américains, il se produit réguliè- est invitée à se produire aux festivals de
rement avec son groupe de latin-jazz Waldenbourg, Laichingen, Saint-Victor-
Cientoveinte et avec son trio 3Ensemble sur-Loire-BWd12, Chaillol, etc.
qui mélange musiques classique et tra-
ditionnelle latino-américaines. David Braccini
Après des études musicales au
Caroline Vernay Conservatoire de Bastia, David Braccini
Caroline Vernay commence le violon intègre le Conservatoire supérieur de
à l’âge de 6 ans au CNR de Lille, où Paris-CNR où il obtient la médaille
elle obtient une médaille d’or en 1996. d’or à l’unanimité dans la classe de
En 1997, elle entre au Conservatoire de violon d’Huguette Déat. Bientôt, sa
Paris (CNSMDP) dans la classe d’Olivier passion pour la musique de chambre
Charlier. En 1999, elle obtient le prix l’amène à créer son propre ensemble
de la SACEM en quatuor avec piano. et il fonde le Quatuor Hölderlin, tout
En 2000, elle entre à l’Orchestre de en suivant l’enseignement du Quatuor
Paris et est amenée à faire de nombreux Isaÿe. Il se perfectionne auprès de
concerts en musique de chambre avec Margarita Karafilova au Conservatoire
les solistes de l’orchestre dans des lieux de Lausanne et remporte un Premier
prestigieux telles que le Guggenheim Prix de virtuosité. Il est membre du
Museum, l’Opéra Comique, les Bouffes European Union of Chamber Orchestra
du Nord, le Théâtre du Châtelet, au de 1996 à 2000, ce qui lui donne
Festival d’Annecy. En 2001, Caroline l’opportunité de jouer dans le monde
Vernay obtient un Premier Prix de violon entier (Allemagne, Brésil, Italie, Royaume-
à l’unanimité et un Prix spécial du jury. Uni, Moyen Orient et Asie). Il se produit
Un an plus tard, son quatuor à cordes au sein des plus grandes phalanges
est récompensé d’un Premier Prix men- symphoniques parisiennes et, abordant
tion très bien à l’unanimité, premiers différents styles musicaux, il collabore
nommés, au CNSMDP, dans la classe aussi bien avec les ensembles Harmonia
d’Alain Meunier. Le quatuor se perfec- Nova ou Le Banquet dont il est violon solo,
tionnera par la suite avec le Quatuor qu’avec l’orchestre de chambre Pelléas ou
Ysaÿe. Parallèlement à son activité l’ensemble 2E2M. David Braccini intègre
d’orchestre, Caroline Vernay participe l’Orchestre de Paris en 2008.

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Béatrice Nachin Frédéric Peyrat
Béatrice Nachin débute l’alto à l’âge de Depuis 2001 Frédéric Peyrat est membre
6 ans au Conservatoire de Nîmes. En de l’Orchestre de Paris. Il collabore
2004, elle obtient un DEM, puis se per- également avec Les Dissonances, qui
fectionne au CRR de Rueil-Malmaison interprète le répertoire symphonique
aux côtés de Françoise Gnéri, où elle sans direction. Prix de la SACEM au
sera récompensée d’un prix d’excel- 19e Concours européen de musique de
lence à l’unanimité. En 2008, elle intègre chambre de Paris au sein du Quatuor
le Conservatoire de Paris (CNSMDP) et Novo, il pratique la musique de chambre
rejoint la classe de Bruno Pasquier, puis dans des formations très variées : il a
de David Gaillard et de Nicolas Bône. donné de nombreux concerts en duo
Passionnée par la musique de chambre, avec piano, dont une intégrale des
elle suit également la Formation supé- sonates de Beethoven sur instruments
rieure de quatuor à cordes avec Marc d’époque, ou avec le Trio Henry, le
Coppey et Bertrand Chamayou. Déjà Quatuor Alma, le Quatuor Assaï, etc.
très motivée par le travail d’orchestre Il se produit régulièrement dans les
lors de son cursus au CNSMDP, elle par- festivals européens et dans les saisons
ticipe à l’Académie de l’Orchestre de musicales à Paris et en région. En soliste,
Paris pour la saison 2009-2010. De nom- Frédéric Peyrat s’est produit à plusieurs
breuses master-classes lui ont permis reprises avec l’Orchestre Symphonique
de bénéficier des conseils d’altistes de et Lyrique de Paris et, en 2016, avec
renom tels Tabea Zimmermann, Antoine l’Orchestre de l’Alliance Salle Gaveau
Tamestit, Jean Sulem, Sabine Toutain, à Paris dans le Triple Concerto de
Gérard Caussé, Hatto Beyerle, etc. Beethoven. Il est de 1999 à 2001 vio-
Avant d’intégrer l’Orchestre de Paris en loncelle solo de l’Orchestre des Régions
août 2013, elle se produit régulièrement Européennes avec lequel il enregistre un
avec l’Orchestre Philharmonique de disque Schoenberg/Chostakovitch, puis
Radio France et l’Orchestre National fait partie de l’ensemble Le Musiche,
de France, notamment sous la direc- composé de musiciens issus des
tion de Myung-Whun Chung, Kurt grandes formations européennes
Mazur, Esa-Pekka Salonen, Mikko (Philharmonie de Berlin, London
Frank, Daniele Gatti… Elle a eu par Philharmonic Orchestra). Premiers
ailleurs l’occasion de rejoindre Les Prix de violoncelle et de musique de
Dissonances avec David Grimal ainsi chambre au Conservatoire de Paris
que le Mahler Chamber Orchestra (CNSMDP) dans les classes de Jean-
dirigé par Daniel Harding. Marie Gamard, Philippe Muller, Daria
Hovora, Alain Meunier, Jean Mouillère,

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il a été formé par Annie Cochet, Xavier l’Orchestre National de Lyon en 2006,
Gagnepain, Hortense Cartier-Bresson. puis elle intègre en 2012 l’Orchestre
Frédéric Peyrat a aussi reçu les conseils Philharmonique de Radio France pour
de grands maîtres tels Günter Pichler, y être nommée deuxième soliste,
Régis Pasquier, Miguel Da Silva, Natalia avant de rejoindre l’Orchestre de Paris
Chakovskaya. Il joue un violoncelle Pieter en 2017. Elle enseigne également la
Rombouts fait à Amsterdam vers 1710. contrebasse au CRD de Romainville.

Marie van Wynsberge Clément Mao-Takacs


Marie van Wynsberge débute la Clément Mao-Takacs est diplômé du
musique en pratiquant la clarinette. Conservatoire de Paris (CNSMDP)
Rapidement, elle se tourne vers la ainsi que de l’Accademia Chigiana
contrebasse qui sera son instrument de de Sienne. Il est lauréat du Festival
prédilection. Très vite repérée pour ses de Bayreuth et a reçu le Prix « Jeune
qualités instrumentales et musicales, Talent » 2008 décerné par la Fondation
elle est sélectionnée pour entrer à l’Or- Del Duca. En 2013, il est le premier
chestre des Jeunes de la Communauté chef d’orchestre à devenir lauréat de
Européenne dès 2001. En 2005, la Fondation Cziffra. En tant que chef
après l’obtention de son DEM au invité, il s’est produit avec l’Orchestre
Conservatoire de Boulogne-Billancourt de la Radio norvégienne, l’Orchestre
dans la classe de Daniel Marillier, elle se Symphonique de Stavanger, le
distingue en remportant le Deuxième Philharmonique d’Oslo, l’Orchestre
Prix du Concours de cordes d’Épernay, Symphonique d’Odense, l’Orchestre
puis le Deuxième Prix ainsi que le Prix des Pays de la Loire, l’Orchestre de
du public et celui de la ville au Concours Bretagne, Avanti ! Chamber Orchestra
international de contrebasse Johannes de Finlande, ICE Ensemble de New
Matthias Sperger en Allemagne. Marie York et Bit20 Ensemble. En 2011, il
van Wynsberge se produit depuis régu- fonde Secession Orchestra, dont il
lièrement en soliste, accompagnée assure la direction musicale et artis-
par la Philharmonie de Chambre de tique. Reprenant les idéaux du courant
Pologne, l’Orchestre d’Auvergne, ou artistique de la « Sécession viennoise »,
en formation de musique de chambre son répertoire va des œuvres rare-
entourée de musiciens talentueux tels ment jouées de Mahler et Debussy
que François Leleux, Heinrich Fisch, jusqu’à la musique contemporaine.
Olivier Besnard, Svetlin Roussev… L’ensemble donne cinquante concerts
Passionnée par l’orchestre, Marie van par an, notamment au cours de ses
Wynsberge est nommée co-soliste de résidences au musée du Louvre et au

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Festival de Saint-Denis. Avec le met- von Dohnányi, Christoph Eschenbach
teur en scène, Aleksi Barrière, il fonde et Paavo Järvi se sont succédé ensuite
et dirige la compagnie La Chambre à la direction de l’Orchestre de Paris.
aux échos. Il est également fondateur Daniel Harding est devenu en 2016
et directeur artistique des festivals le neuvième directeur musical de
Intervalles et Terraqué. Spécialiste l’O rc hes tre de Par is, T homas
de l’œuvre de la compositrice Kaija Hengelbrock le rejoignant comme
Saariaho, il a dirigé la création de la chef associé. Ces deux chefs, aux pro-
version pour orchestre de chambre grammes novateurs, conjuguent leurs
de l’opéra La Passion de Simone, ainsi talents pour écrire une nouvelle page
que de nombreux concerts en France, de l’histoire de l’Orchestre de Paris et
en Europe ou à New York. Il a égale- insufflent déjà à l’orchestre une énergie
ment créé la version pour orchestre de nouvelle, faite de précision, d’alacrité
chambre des Quatre Instants dont il et de sens du théâtre. Au cours de la
est le dédicataire, la création danoise saison 2018/2019, l’orchestre retrouve
du concerto Notes on Light (avec le de nombreux grands artistes pour inter-
violoncelliste Jakob Kullberg), et dirige préter les œuvres majeures du réper-
très régulièrement d’autres œuvres de toire, parmi lesquels Lisa Batiashvili,
la compositrice finlandaise. En 2018, il Herbert Blomstedt, Gautier et Renaud
dirige notamment les concertos Aile du Capuçon, Isabelle Faust, Renée
Songe et Graal théâtre. Fleming, Christian Gerhaher, Matthias
Goerne, Pablo Heras-Casado, Janine
Orchestre de Paris Jansen, Paavo Järvi, Nikolaï Lugansky,
Première formation symphonique Radu Lupu, Denis Matsuev, Truls Mørk,
française, l’Orchestre de Paris donne, Antoine Tamestit, Michael Tilson
avec ses 119 musiciens, plus d’une Thomas, Yuja Wang, David Zinman
centaine de concerts chaque saison et Jaap van Zweden. L’orchestre joue
à la Philharmonie de Paris, lors de ses un rôle majeur au service des réper-
tournées ou de sa résidence au Festival toires des xixe et xxe siècles et de la
d’Aix-en-Provence. La phalange – qui création contemporaine. L’Orchestre
a donné son concert inaugural en de Paris accueille pour une deuxième
novembre 1967 sous la direction de saison Jörg Widmann en résidence et
son père fondateur et premier direc- assure la création européenne de son
teur musical, Charles Munch –, a fêté Concerto pour violon interprété par
son cinquantenaire en 2017. Herbert Carolin Widmann, la sœur du com-
von Karajan, sir Georg Solti, Daniel positeur. Il assure les créations fran-
Barenboim, Semyon Bychkov, Christoph çaises du Concerto pour deux pianos

24
de Bryce Dessner, interprété par Katia du Cercle de l’Orchestre de Paris, de
et Marielle Labèque, d’Alle vittime Groupe Fiminco, Natixis, SCOR et la
senza nome (Aux victimes anonymes) Fondation RATP.
de Peter Eötvös, sous la direction du
compositeur, et de Let me tell you de
Hans Abrahamsen. Il donne également
plusieurs œuvres de Thomas Adès et
accueille le compositeur britannique
pour diriger deux concerts au cours de
la saison. Avec le jeune public au cœur
de ses priorités, l’Orchestre de Paris
offre une large palette d’activités,
ouvertes au public scolaire ou familial
ainsi qu’aux publics plus éloignés de
la musique ou fragilisés. Il rejoindra en
juillet sa résidence au Festival d’Aix-
en-Provence pour y donner Salomé de
Richard Strauss (dir. Ingo Metzmacher).
Afin de mettre à la disposition du plus
grand nombre le talent de ses musi-
ciens, l’orchestre diversifie largement
sa politique audiovisuelle en nouant
des partenariats avec Radio Classique,
France musique, Arte, Mezzo et
France Télévisions.
L’Orchestre de Paris est soutenu Licences E.S. 1-1083294, 1-1041550, 2-1041546, 3-1041547 – Imprimeur : BAF

par le ministère de la Culture et la


Ville de Paris, depuis sa création.
Eurogroup Consulting, mécène prin-
cipal, soutient la saison sympho-
nique de l’Orchestre de Paris. Les
activités pour jeune public bénéficient
du soutien de la Caisse d’épargne
d’Île-de-France. L’Orchestre de Paris
bénéficie du soutien de nombreux
mécènes, notamment du Cercle de
l’Orchestre de Paris, de la Fondation

25
LIVRET

Gustav Mahler
Das Lied von der Erde Le Chant de la Terre

I. Das Trinklied vom Jammer der Erde Chanson à boire de la douleur de la Terre

Schon winkt der Wein im goldnen Pokale, Déjà le vin fait signe dans le gobelet d’or,
Doch trinkt noch nicht, erst sing ich euch ein Lied ! Mais ne buvez pas encore, d’abord je voudrais vous chanter
un chant !
Das Lied vom Kummer soll auflachend Le chant de la douleur en riant
In die Seele euch klingen. Wenn der Kummer naht, Résonnera dans votre âme. Quand la douleur s’approche,
Liegen wüst die Gärten der Seele, Les jardins de l’âme se trouvent déserts,
Welkt hin und stirbt die Freude, der Gesang. La joie, le chant se fanent et meurent,
Dunkel ist das Leben, ist der Tod. La vie est sombre ainsi que la mort.

Herr dieses Hauses ! Seigneur de cette maison !


Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Weins ! Ta cave est pleine de vin doré !
Hier, diese Laute nenn’ ich mein ! Ici, ce luth, je l’appelle mien !
Die Laute schlagen und die Gläser leeren, Frapper sur le luth et vider des verres,
Das sind die Dinge, die zusammen passen. Ce sont des choses qui vont ensemble.
Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit Un verre plein de vin au bon moment
Ist mehr wert als alle Reiche dieser Erde ! Vaut plus que tous les royaumes de ce monde !
Dunkel is das Leben, ist der Tod. La vie est sombre ainsi que la mort.
Das Firmament blaut ewig und die Erde Le firmament est toujours bleu et la terre
Wird lange fest stehen und aufblühn im Lenz. Se tiendra fermement longtemps et fleurira au printemps.
Du aber, Mensch, wie lang lebst denn du ? Mais toi, homme, combien de temps vivras-tu ?
Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen Pas plus de cent ans te sont accordés pour jouir
An all dem morschen Tande dieser Erde ! De toutes les vanités pourries de cette terre !

Seht dort hinab ! Im Mondschein auf den Gräbern Regardez en bas ! Dans le clair de lune sur les tombes
Hockt eine wildgespenstische Gestalt – Une forme sauvage et fantomatique est accroupie –
Ein Aff ist’s ! Hört ihr, wie sein Heulen hinausgellt C’est un singe ! Écoutez-le, comme son hurlement retentit
In den süßen Duft des Lebens ! Dans le doux parfum de la vie !
Jetzt nehm den Wein ! Jetzt ist es Zeit, Genossen ! Maintenant prenez le vin ! Maintenant il est temps,
camarades !
Leert eure goldnen Becher zu Grund ! Videz le gobelet d’or jusqu’au fond !
Dunkel ist das Leben, ist der Tod ! La vie est sombre ainsi que la mort.

II. Der Einsame im Herbst Le Solitaire en automne

Herbstnebel wallen bläulich überm See ; Les brumes bleuâtres de l’automne ondulent sur le lac ;
Vom Reif bezogen stehen alle Gräser ; Toutes les herbes se tiennent couvertes de givre :
Man meint’, ein Künstler habe Staub vom Jade On dirait qu’un artiste a disséminé de la poussière de jade
Über die feinen Blüten ausgestreut. Sur toutes les belles fleurs.

Der süße Duft der Blumen is verflogen ; Le doux parfum des fleurs s’est envolé ;
Ein kalter Wind beugt ihre Stengel nieder. Un vent froid les oblige à incliner leurs tiges.
Bald werden die verwelkten, goldnen Blätter Bientôt les feuilles fanées et dorées
Der Lotosblüten auf dem Wasser ziehn. Des lotus vont dériver sur l’eau.

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Mein Herz ist müde. Meine kleine Lampe Mon cœur est fatigué. Ma petite lampe
Erlosch mit Knistern ; S’est éteinte avec un crépitement ;
Es gemahnt mich an den Schlaf. Cela m’incite à dormir.
Ich komm zu dir, traute Ruhestätte ! Je viens vers toi,
Ja, gib mir Ruh, ich hab Erquickung not ! Oui, donne-moi le repos, j’ai besoin de réconfort !

Ich weine viel in meinen Einsamkeiten. Je pleure beaucoup dans ma solitude.


Der Herbst in meinem Herzen währt zu lange. L’automne dans mon cœur dure trop longtemps.
Sonne der Liebe, willst du nie mehr scheinen, Soleil de l’amour, ne brilleras-tu plus jamais à nouveau
Um meine bittern Tränen mild aufzutrocknen ? Pour sécher doucement mes larmes amères ?

III. Von den Jugen De la jeunesse

Mitten in dem kleinen Teiche Au milieu de la petite mare


Steht ein Pavillon aus grünem Se tient un pavillon de verte
Und aus weißem Porzellan. Et blanche porcelaine.

Wie der Rücken eines Tigers Comme le dos d’un tigre


Wölbt die Brücke sich aus Jade Le pont en jade se bombe
Zu dem Pavillon hinüber. Vers le pavillon.

In dem Häuschen sitzen Freunde, Dans la petite maison sont assis des amis,
Schön gekleidet, trinken, plaudern, Bien habillés, ils boivent, bavardent,
Manche schreiben Verse nieder. Quelques-uns écrivent des vers.
Ihre seidnen Ärmel gleiten Leurs manches de soie glissent
Rückwärts, ihre seidnen Mützen Vers l’arrière, leurs coiffures de soie
Hocken lustig tief im Nacken. Penchent drôlement sur le cou.

Auf des kleinen Teiches stiller Sur la petite mare, tranquille


Wasserfläche zeigt sich alles Est la surface de l’eau, tout apparaît
Wunderlich im Spiegelbilde. Merveilleusement comme dans un miroir.

Alles auf dem Kopfe stehend Tout se tient sur la tête


In dem Pavillon aus grünem Dans le pavillon de verte
Und aus weißem Porzellan. Et blanche porcelaine.

Wie ein Halbmond steht die Brücke, Comme une demi-lune se tient le pont,
Umgekehrt der Bogen. Freunde, L’arc inversé. Les amis
Schön gekleidet, trinken, plaudern. Bien habillés boivent, bavardent.

IV. Von der Schönheit De la beauté

Junge Mädchen pflücken Blumen, Des jeunes filles cueillent des fleurs,
Pflücken Lotosblumen an dem Uferrande. Cueillent des lotus au bord de l’eau,
Zwischen Büschen und Blättern sitzen sie, Au milieu des buissons et des feuilles, elles sont assises,
Sammeln Blüten in den Schoß und rufen Rassemblant les fleurs sur leurs genoux et s’appelant
Sich einander Neckereien zu. L’une l’autre, en se taquinant.

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Goldne Sonne webt um die Gestalten, Le soleil doré dépose ses rayons autour des formes
Spiegelt sie im blanken Wasser wider. Et les reflète dans l’eau brillante.
Sonne spiegelt ihre schlanken Glieder, Le soleil reflète leurs membres minces,
Ihre süßen Augen wider, Leurs doux yeux,
Und der Zephyr hebt mit Et le zéphyr soulève avec des caresses câlines le tissu
Schmeichelkosen das Gewebe
Ihrer Ärmel auf, führt den Zauber De leurs manches, la magie
Ihrer Wohlgerüche durch die Luft. De leur parfum à travers les airs.

O sieh, was tummeln sich für schöne Knaben Oh, regardez, comme des beaux jeunes gens s’ébattent
Dort an dem Uferrand auf mut’gen Rossen, Là, le long de la rive, sur leurs vaillants coursiers,
Weithin glänzend wie die Sonnenstrahlen ; Brillant au loin comme des rayons de soleil ;
Schon zwischen dem Geäst der grünen Weiden Déjà au milieu des branches des saules verts
Trabt das jungfrische Volk einher ! La troupe des jeunes gens arrive au trot !
Das Roß des einen wiehert fröhlich auf Le cheval de l’un d’eux hennit joyeusement
Und scheut und saust dahin ; Et s’emballe et file à grande vitesse ;
Über Blumen, Gräser, wanken hin die Hufe, Par-dessus les fleurs, l’herbe, les sabots volent,
Sie zerstampfen jäh im Sturm die hingesunknen Blüten. Écrasant les fleurs brisées dans sa course tempétueuse.
Hei ! Wie flattern im Taumel seine Mähnen, Ah ! Comme sa crinière flotte sauvagement dans son ivresse,
Dampfen heiß die Nüstern ! Comme la vapeur de ses naseaux est chaude !
Goldne Sonne webt um die Gestalten, Le soleil doré dépose ses rayons autour des formes
Spiegelt sie im blanken Wasser wider. Et les reflète dans l’eau brillante.

Und die schönste von den Jungfraun sendet Et la plus belle des jeunes filles lance
Lange Blicke ihm der Sehnsucht nach. De longs regards pleins de désir vers lui.
Ihre stolze Haltung is nur Verstellung. Son attitude fière n’est que simulation.
In dem Funkeln ihrer großen Augen, Dans les éclairs de ses grands yeux,
In dem Dunkel ihres heißen Blicks Dans la noirceur de son regard ardent,
Schwingt klagend noch die Erregung L’agitation plaintive de son cœur vibre encore.
ihres Herzens nach.

V. Der Trunkene im Frühling L’Homme ivre au printemps

Wenn nur ein Traum das Leben ist, Si la vie est seulement un rêve,
Warum denn Müh und Plag ? Pourquoi alors la misère et les soucis ?
Ich trinke, bis ich nicht mehr kann, Je bois jusqu’à ce que je ne puisse plus,
Den ganzen, lieben Tag ! Tout le long du cher jour !

Und wenn ich nicht mehr trinken kann, Et quand je ne peux plus boire,
Weil Kehl und Seele voll, Parce que mon gosier et mon âme sont pleins,
So tauml’ ich bis zu meiner Tür Je titube jusqu’à ma porte
Und schlafe wundervoll ! Et je dors merveilleusement !

Was hör ich beim Erwachen ? Horch ! Qu’entends-je à mon réveil ? Écoutez !
Ein Vogel singt im Baum. Un oiseau chante dans l’arbre.
Ich frag ihn, ob schon Frühling sei, Je lui demande si c’est déjà le printemps,
Mir ist als wie im Traum. Pour moi c’est comme un rêve.

Der Vogel zwitschert : „Ja ! Der Lenz L’oiseau gazouille : « Oui ! Le printemps
Ist da, sei kommen über Nacht !“ Est ici, il est arrivé cette nuit ! »
Aus tiefstem Schauen lausch ich auf, Des profondeurs de mon regard je regarde,
Der Vogel singt und lacht ! L’oiseau chante et rit !

31
Ich fülle mir den Becher neu Je remplis ma coupe à nouveau
Und leer ihn bis zum Grund Et la vide jusqu’au fond,
Und singe, bis der Mond erglänzt Et je chante jusqu’à ce que la lune brille
Am schwarzen Firmament ! Dans le firmament noir !

Und wenn ich nicht mehr singen kann, Et quand je ne peux plus chanter,
So schlaf ich wieder ein, Je m’endors à nouveau,
Was geht mich denn der Frühling an ! ? Car qu’est-ce que le printemps pour moi ?
Laßt mich betrunken sein ! Laissez-moi être ivre !

VI. Der Abschied L’Adieu

Die Sonne scheidet hinter dem Gebirge. Le soleil disparaît derrière les montagnes,
In allen Tälern steigt der Abend nieder Dans toutes les vallées, le soir descend
Mit seinen Schatten, die voll Kühlung sind. Avec ses ombres qui sont pleines de fraîcheur.
O sieh ! Wie eine Silberbarke schwebt Oh, regarde ! Comme une barque d’argent flotte
Der Mond am blauen Himmelssee herauf. La lune sur la mer céleste bleue là-haut.
Ich spüre eines feinen Windes Wehn Je sens le souffle d’un vent léger
Hinter den dunklen Fichten ! Derrière les sapins sombres !

Der Bach singt voller Wohllaut durch das Dunkel. Le ruisseau chante à haute voix à travers l’obscurité.
Die Blumen blassen im Dämmerschein. Les fleurs pâlissent dans le crépuscule.
Die Erde atmet voll von Ruh und Schlaf, La terre respire, pleine de paix et de sommeil,
Alle Sehnsucht will nun träumen. Tous les désirs vont maintenant rêver.
Die müden Menschen gehn heimwärts, Les hommes fatigués rentrent à la maison
Um im Schlaf vergeßnes Glück Pour, dans le sommeil, apprendre le bonheur oublié
Und Jugend neu zu lernen ! Et la jeunesse à nouveau !
Die Vögel hocken still in ihren Zweigen. Les oiseaux se serrent en silence sur leurs branches.
Die Welt schläft ein ! Le monde est endormi !

Es wehet kühl im Schatten meiner Fichten. Un souffle frais passe dans l’ombre de mes sapins.
Ich stehe hier und harre meines Freundes ; Je me tiens ici et j’attends mon ami ;
Ich harre sein zum letzten Lebewohl. Je l’attends pour un dernier adieu.
Ich sehne mich, o Freund, an deiner Seite J’aspire, ô mon ami, à être à ton côté
Die Schönheit dieses Abends zu genießen. Pour savourer la beauté de ce soir.
Wo bleibst du ? Du läßt mich lang allein ! Où restes-tu ? Tu me laisses si longtemps seul !
Ich wandle auf und nieder mit meiner Laute Je vais en haut et en bas avec mon luth
Auf Wegen, die vom weichen Grase schwellen. Sur des chemins gonflés d’herbe souple,
O Schönheit ! O ewigen Liebens – Ô beauté !
Lebenstrunkne Welt ! Ô monde ivre d’amour éternel et de vie !

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