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2 Centre de recherches routières

Guide pratique

Stabilisation des sols pour


couches de sous-fondation

Complément au Code de bonne pratique R 81/10


* Table des matières

1. Introduction 2

2. Prélèvements d’échantillons représentatifs 5

3. Détermination de l’homogénéité / hétérogénéité des matériaux 6

4. Analyse des échantillons 7

5. Etude de formulation 8

6. Exécution 11

6.1 Traitement 11
6.2 Compactage 13
6.3 Protection 14
6.4 Traficabilité et protection contre les sollicitations de trafic 15
6.5 Conditions climatiques 15
6.6 Stockage du sol traité 16

7. Contrôles 17

7.1 Contrôle du produit utilisé 17


7.2 Contrôle de l’exécution 17
7.3 Contrôle du mélange 18
7.4 Contrôle du compactage 18

8. Normes 19

Remarque préliminaire

Ce document est un guide pratique. Il suggère les principes et la manière pratique d’aborder le problème
du traitement des sols. Il ne se substitue pas aux normes en vigueur ni aux cahiers des charges-types.

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Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

1 Introduction

Lors de la construction de routes, pistes cyclables et plateformes industrielles, les sols fins sensibles à
l'eau et/ou trop humides, peuvent être réutilisés comme matériau de sous-fondation après stabilisation
par un ou plusieurs agents de traitement.

Revêtement
Fondation

Sous-fondation
Fond de coffre

(Remblai)

Sol naturel

Des applications en fondation sont également possibles, mais les expériences belges actuelles se
limitent aux routes à trafic limité et aux pistes cyclables.

L'ajout d'un agent de traitement permet d'assurer, par une mise en œuvre correcte, une traficabilité de la
couche, l'obtention des compacités visées, une portance élevée et une durabilité de cette portance dans
le temps sous l'influence de l'eau et du gel.

Le choix de l'agent de traitement et son dosage sont déterminés par le type de sol, sa teneur en eau au
moment du traitement ainsi que les caractéristiques visées.

Une couche de sous-fondation en sol fin stabilisé garantit des portances à long terme élevées, qui
dépassent celles obtenues par des couches de sous-fondation traditionnelles en empierrement pour une
épaisseur identique. Ainsi, l'épaisseur de la sous-fondation peut être optimisée par rapport à une sous-
fondation en empierrement, à condition que l'épaisseur de la couche stabilisée soit de minimum 15 cm et
que la structure résultante réponde aux exigences de mise hors gel de la structure.

Ce guide pratique présente une approche opérationnelle de la stabilisation des sols. Il est constitué
d'organigrammes facilitant une décision quant à la pertinence d'une stabilisation du sol.

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Guide pratique

Le guide est un complément au document théorique général R 81/10 Code de bonne pratique pour le
traitement des sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques qui reprend des informations
complémentaires indispensables à la compréhension du présent fascicule:

- description des différents types sols et de leurs caractéristiques ainsi qu'un aperçu des essais de
laboratoire à réaliser pour évaluer la pertinence d'un traitement et les dosages à appliquer;
- description des différents agents de traitement et de leurs effets sur le sol;
- description de la conduite du chantier ainsi qu'un aperçu du matériel disponible pour traiter les sols
à la chaux et/ou au liant hydraulique (ciment ou liant hydraulique routier (LHR)).

Le présent guide n'a pas la vocation de se prononcer quant à la qualité environnementale du sol à
recycler et part du postulat que les terres que l'on veut stabiliser répondent aux exigences des
législations environnementales en vigueur pour l'application considérée.

Les différentes étapes à envisager en vue d'une stabilisation d'un sol pour utilisation comme couche de
sous-fondation ou de fondation sont:

avant l’exécution des travaux:

- prélèvements d'échantillons représentatifs.


- détermination de l'homogénéité / hétérogénéité des matériaux et regroupement.
- analyse des échantillons par des essais d'identification:
- granulométrie «simplifiée»:
- Dmax (dimension du plus gros élément)
- passant à 2 mm
- passant à 63 µm
- valeur de bleu de méthylène (MB) (mesure indirecte de l'argilosité du sol)
- teneur en eau naturelle
- teneur en matières organiques (MO), sulfate, etc.
- essais d'aptitude (éventuellement)
→ Classification des matériaux
- étude de formulation: détermination du dosage optimal en agent de traitement

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pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

au moment de l'exécution des travaux:

- exécution: épandage - malaxage - compactage - protection

après exécution des travaux:

- contrôles:
- contrôle du produit utilisé
- contrôle de l'exécution
- contrôle du mélange sol - agent de traitement
- contrôle du compactage

Les organigrammes qui suivent respectent les conventions suivantes:

opérations réalisées par un laboratoire accepté par le maître d'ouvrage

détermination de l'aptitude du sol à être stabilisé

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Guide pratique

2 Prélèvements d'échantillons
représentatifs

Projet de stabilisation de sol

Pas de déplacement de sol


Déplacement de sol
(pas de déblais / remblais)

Consultation des cartes pédologiques et/ou


géotechniques

Identification des zones à


Sondage à la tarière (manuel/motorisé)
déblayer / remblayer et des zones
Fréquence conseillée(1):
à réutiliser en stabilisation
1 sondage tous les 1 500 m2
pour sous-fondation

Prélèvement d'échantillons Sondage à la tarière (manuel/motorisé)


dans la couche à traiter(2) (1 sondage tous les 2 500 m3)

Prélèvement d’échantillons
dans la couche à traiter(2)

1 La fréquence sera adaptée en fonction du projet, des conditions locales, des impositions du maître d'ouvrage. Celle-ci 5
peut être augmentée dans le cas de sols fortement hétérogènes
2 Il faut veiller à prélever suffisamment d'échantillons pour pouvoir effectuer les différents essais de laboratoire détaillés
ci-après (essais d’identification + essais de formulation). Pour chaque type de sol, un un minimum de 200 kg est
nécessaire.
Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

3 Détermination de l'homogénéité/
hétérogénéité des matériaux

Echantillons

Teneur en eau
(NBN EN 1097-5)

Regroupement des échantillons en groupes homogènes


par identification visuelle

Regroupement possible:
Regroupement impossible définition de groupes de matériaux
homogènes

Matériau très hétérogène et/ou contaminé: Mélange des échantillons appartenant à un


pas de traitement ou étude plus poussée même groupe

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Guide pratique

4 Analyse des échantillons

Mélanges d’échantillons appartenant


à un même groupe

Détermination des paramètres suivants:


- granulométrie simplifiée
(Dmax, passant à 2mm, passant à 63 μm)
- valeur de bleu de méthylène (MB) ou
indice de plasticité (Ip)
- teneur en eau naturelle
- matières organiques (MO)
(NBN 589-207, §4 et NBN EN 1744-1, §15)

Classification des matériaux sur base


des analyses

Teneur en MO > 3 % Teneur en MO ≤ 3 %

Pas de traitement(3) ou Risques de présence de


étude plus poussée sulfates, nitrates,
phosphates (sols pollués et
naturels spécifiques)

Pas de risques
Essais de l'aptitude du sol
au traitement
(R81/10)

Sol apte au Sol non apte au


traitement traitement

Pas de traitement(3) ou
étude plus poussée

3 Ceci n'exclut pas d'autres utilisations, tel que des applications en amélioration de sol. 7
Guide
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Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

5 Etude de formulation

L'étude de formulation permet de:

- fixer la quantité d'agent de traitement à utiliser;


- fixer la teneur en eau optimale de mise en œuvre (permettant un compactage correct du sol traité)
et la densité après compactage;
- vérifier les paramètres de:
- portance immédiate;
- portance à court terme;
- délai de mise en service de la couche;
- résistance à l'eau en immersion;
- résistance au gel.

Dans une étude de formulation, différents dosages sont évalués afin d'optimiser les quantités d'agent de
traitement. Des plages à balayer, en fonction du passant à 63 µm et de la plasticité du sol (Ip), sont
indiquées dans le tableau ci-dessous:

Plage à balayer
Passant au tamis Plasticité Chaux vive + liant hydraulique(4)
de 63 µm (%) du sol (Ip) Liant hydraulique
Chaux vive - CL90
(ciment ou LHR)(5)

> 35 % MB < 25 0,5 % - 1 % 4%-6%

12 % < < 35 % MB < 15

> 35 % 25 < MB < 60 1 % - 1,5 % 4%-6%


12 < Ip < 25
12 % < < 35 % MB > 15

> 35 % MB > 60 1,5 % - 2 % 4%-6%


Ip > 25
4%-6%

< 12 % MB > 2 / 3%-5%

Les pourcentages dans le tableau sont exprimés en masse sur la masse sèche du mélange.

Dans le tableau, le traitement est une opération séquentielle à plusieurs agents de traitement: par
exemple, un sol (tamis 63 µm > 35 % et 12 < Ip < 25, un sol limoneux) est d'abord traité à 1 - 1,5 % de
chaux vive et puis à 4 - 6 % de liant hydraulique. Dans ce cas, le liant hydraulique est incorporé deux
heures après ajout et malaxage du sol avec la chaux.

8 4 Une description des différents agents de traitement est fournie dans le document théorique R81/10 Traitement des
sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques
5 Le ciment CEM I (ciment Portland) n’est pas recommandé pour l’étude de formulation.
Guide pratique

Une alternative à un traitement séquentiel est l'utilisation de liants hydrauliques routiers contenant de la
chaux vive qui permettent de réaliser un traitement en une seule phase. Leur domaine d'application et
les dosages nécessaires sont à spécifier par le producteur.

Pour un traitement unique à la chaux ou LHR, un délai de 2 h est requis entre le malaxage du sol avec
l’agent de traitement et le compactage du mélange. Durant ces deux heures, les échantillons sont
conservés sous emballage fermé hermétiquement.

En pratique, pour les sols traités à la chaux ou au LHR en centrale, ce délai de 2 h entre le malaxage et
le compactage peut être plus long. En cas de traitement mixte (préchaulage en centrale), le délai de 2 h
entre l’ajout de la chaux et du liant hydraulique peut aussi être plus long. L’étude en laboratoire peut en
tenir compte et adapter les délais.

Nous conseillons fortement de réaliser une étude de formulation, ce qui permet de vérifier le
comportement du sol traité et de déterminer le dosage optimal à appliquer. Toutefois, si une étude n'est
pas souhaitée, on peut appliquer les dosages maximaux, mais il faut être conscient des risques
encourus (teneur en eau pas optimale, manque de résistance au gel, gonflement, etc.).

Remarques:

- Les sols insensibles au gel, c'est-à-dire 0/63 µm < 12% et VBS < 2, sortent du cadre du présent
document. Si nécessaire, dans le cas d'une sous-fondation, ils peuvent être traités au ciment.
- Les dosages à utiliser dépendent des propriétés du sol, de sa réactivité et du niveau de
performance à atteindre. Une étude de formulation permet de quantifier ces influences.
- Le tableau comprend des valeurs minimales de chaux vive. Si nécessaire, ces valeurs sont à
adapter selon la teneur en eau du sol.
- Dans l'étude, il faut pour chaque teneur en chaux vive utilisée, déterminer une nouvelle courbe
Proctor afin de connaître son optimum. Pour une variation de la teneur en liant hydraulique, il suffit
de déterminer une seule courbe Proctor à un dosage maximum, puisqu'une variation de dosage de
liant hydraulique influence peu la forme de la courbe Proctor.

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Guide
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Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

Choix du liant + dosage

Détermination
de la courbe Proctor normal OPN
+ portance (CBR / IPI) du sol traité
Valeur d’IPI à
Catégorie de sol
atteindre
Limons et argiles (25 < MB ≤ 60) 10
Limons et argiles peu plastiques (MB ≤ 25) 15
Détermination de la teneur en eau
(WOPN) + densité après compactage (kg/m3) Sables 15
Graves 20

Portance à court terme(6) IPI ≥ X


IPI (voir tableau)

Mise en œuvre de la couche suivante


lorsque: Rc ≥ 1 MPa ou
Rc ≥ 1,2 MPa ou 1,5 MPa selon trafic
(voir § 6.4) si sol traité au liant
hydraulique

Détermination de la résistance
à la compression Rc à 3, 7, 28 et 60 jours. Résistance à l'immersion:
Idem pour 28 jours + 32 jours Rc (28+32j) / Rc60 > 0,8 (MB ≤ 6)
en immersion(6) Rc (28+32j) / Rc60 > 0,6 (MB > 6)
(R81/10)

Résistance au gel du sol traité


à la chaux seule:
Rc > 2,5 MPa à 60 jours

Détermination de la résistance
à la traction indirecte Rit Résistance au gel du sol traité:
(«essai brésilien») à 28, 60 et 90 jours(6) Rit > 0,25 MPa à 60 jours
(R81/10)

Remarques:
- En principe, le critère de résistance au gel est évalué à 60 jours, mais le délai peut être adapté en cas
de risque d'apparition de gel dans la couche traitée en fonction du schéma d'exécution de chantier
prévu (printemps, automne).
- Il faut tenir compte d'une évolution plus lente dans la couche traitée in situ par rapport aux conditions de
laboratoire à 20 °C, ce qui entraîne des écarts entre les résultats de laboratoire et le chantier.
- Pour un test déterminé, chaque résultat est la moyenne de trois valeurs, si ceux-ci diffèrent de max. 20 %.

10 6 Choix de la densification des éprouvettes.


En principe, les éprouvettes sont compactées à WOPN en Proctor normal (100% OPN). Cette densification est
toujours exprimée en pourcentage de OPN ou OPM. Elle peut être adaptée en fonction des possibilités de
l'entrepreneur d'atteindre ces densités sur chantier.
Guide pratique

6 Exécution

Le traitement du sol est réalisé in situ (traitement du sol en place sans déplacement de celui-ci) ou en
centrale de traitement (mobile ou fixe).

Les différents agents de traitement(7) sont:

- la chaux de classe CL90Q selon la norme NBN EN 459 correspondant aux exigences de la
PTV 459,
- le ciment selon la norme NBN EN 197-1,
- les LHR selon les normes en projet prEN 13282-1, prEN 13282-2 et prEN 13282-3.

Le dosage est calculé sur base de la masse sèche du mélange (1 % = 10 kg d’agent de traitement pour
1 tonne de mélange sec).

La réalisation d'une couche de sous-fondation qualitative implique que le fond de coffre réponde aux
exigences de portance (M1 ≥ 17MPa). Le fond de coffre doit permettre une bonne exécution des
opérations: épandage, malaxage, maintien de l'épaisseur et de l'homogénéité et un compactage efficace.
Dans certains cas, une amélioration de fond de coffre peut s'imposer.

La stabilisation peut être réalisée avec un seul produit (chaux, liant hydraulique) ou avec deux agents de
traitement différents. Si ces deux agents de traitement doivent être appliqués séparément, on traite
d'abord à la chaux afin de floculer et assécher le sol, ce qui facilite l'incorporation du liant hydraulique et
assure une bonne homogénéité du mélange.

Les deux traitements peuvent être exécutés la même journée en respectant un nivellement intermédiaire.
Le délai entre traitement à la chaux et traitement au liant hydraulique dépend de l'organisation du
chantier.

L'épaisseur de la couche étalée ne peut dépasser les possibilités du malaxeur et de l'atelier de


compactage.

6.1 Traitement

6.1.1 Traitement in situ

6.1.1.a Epandage de l'agent de traitement

L'épandage de l'agent de traitement se fait à l'aide d'un épandeur apte à respecter le dosage envisagé.
L'épandage doit se faire sur toute la surface à traiter par bandes parallèles adjacentes, bords à bords ou,
mieux, avec un recouvrement de quelques centimètres pour garantir une répartition uniforme.

7 Une description des différents agents de traitement est fournie dans le document théorique R81/10 Traitement des 11
sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques.
Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

Le dosage ne peut différer de ±10 % de la valeur du dosage prescrit.

L'opération doit être menée de façon à réduire au maximum la production de poussière.

En cas de précipitations, l'épandage est arrêté.

6.1.2.b Malaxage

Le malaxage a lieu soit dans une installation annexe, soit en couche étalée.

Le malaxage en couche étalée permet un rendement plus élevé dans des conditions de chantier
adaptées, c.-à-d. des grandes surfaces sans obstacles (tuyaux, chambres de visite,etc.).

Dans le cas d'un traitement en couche étalée, la couche de sol est malaxée d'une façon intensive après
l'épandage, jusqu'à obtention d'un mélange homogène sur toute la surface et dans toute l'épaisseur de
la couche traitée (couleur et structure uniformes). Seuls des malaxeurs à outils animés peuvent obtenir
une homogénéité suffisante.

Le malaxage s'effectue immédiatement (endéans le 1/4 h) après l'épandage pour éviter la dispersion de
l'agent de traitement par le vent (ainsi qu'une perte de réactivité dans le cas de la chaux). Il faut veiller à
ce que l'humidité du sol à stabiliser avant traitement corresponde à l'optimum déterminé par l'étude en
laboratoire.

Si nécessaire, il faut ajuster la teneur en eau. Un apport d'eau éventuel, après scarification de la surface
adaptée à l'argilosité du sol, se fait la veille du traitement afin de permettre au sol d'absorber l'eau (pour
des sols très argileux, un délai plus important peut être nécessaire).

Le malaxage s'exécute par bandes longitudinales successives. Chaque bande recouvre la précédente
sur une largeur minimale de 10 cm. Aussi les bandes longitudinales se recoupent suffisamment pour que
les lieux d'arrêt du pulvimixeur ne soient pas des points faibles dans la structure.

L'opération est menée de façon à limiter la production de poussière.

En cas de précipitation soudaine, le malaxage est interrompu et un premier compactage est effectué. A
la reprise des travaux et dans le cas d'un traitement à la chaux, le malaxage est achevé avec, si cela
s'avère nécessaire par l'augmentation de la teneur en eau, un épandage complémentaire de chaux.

Dans le cas d'un traitement au ciment, le malaxage est achevé le plus vite possible et suivi par un
compactage final.

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Guide pratique

Dans le cas d’un traitement aux LHR, la possibilité d’interrompre l’exécution dépend du délai de
maniabilité du LHR (lié à la température sur chantier) et est à vérifier auprès du producteur.

6.1.2 Traitement en installation fixe ou mobile

6.1.2.a Dosage

L'installation doit permettre l'alimentation en agent de traitement de manière à respecter le dosage


envisagé. Le dosage ne peut différer de ± 10 % de la valeur prescrite.

6.1.2.b Malaxage

D'une manière générale, le traitement en installation annexe présente les avantages suivants:

- meilleure homogénéité du mélange;


- réduction des émissions de poussière.

Le mélange doit être homogène à la sortie de l'installation: aspect de couleur et de structure uniforme.

6.1.2.c Stockage

En cas d'utilisation de ciment, le stockage n'est pas autorisé.

6.1.2.d Chargement

La qualité du produit ne peut être endommagée lors du chargement. Il ne peut y avoir de formation de
bloc.

Pour plus de détails concernant ce paragraphe, on peut se référer au TRA 16 de COPRO Sols traités
sur site fixe.

6.2 Compactage

Le compactage de sol traité demande une attention toute particulière. La couche est compactée à la
densité exigée. Le nombre de passes dépend du type de sol, de l'épaisseur de la couche et du type de
compacteur.

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Guide
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Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

Afin d'obtenir le degré de compactage et la portance exigés, il est avisé de limiter l'épaisseur de la
couche à 30 cm. Une épaisseur supérieure peut être appliquée si l'entreprise prouve que les moyens de
compactage permettent une épaisseur supérieure (limitée à 45 cm).

Des valeurs pour l'épaisseur de la couche traitée et pour le délai de compactage peuvent également être
fixées dans les cahiers des charges (cahier des charges spécial, CCT RW99, CCT2010 ou SB250).

Le réglage définitif des couches stabilisées se fait par rabotage sur toute la surface et en aucun cas par
comblement des points bas par les matériaux provenant de l'écrêtage des bosses. Ce réglage suit
immédiatement le compactage.

Dans le cas de feuilletage superficiel dans la couche stabilisée, il faut adapter le type de compacteur
(combinaison de rouleau vibrant + compacteur à pneus) et son énergie appliquée, bien veiller le
maintien de l'humidité et réaliser un bon rabotage final.

En cas d'utilisation de chaux, il est conseillé, par temps sec, de laisser le mélange exposé à l'air
(généralement 1 à 3 h) pour favoriser l'évaporation de l'eau. La durée d'aération dépend aussi de
l'organisation du chantier.

Dans le cas de l'utilisation de ciment, le compactage se termine dans les 2 heures après le début de
malaxage.

Dans le cas de l'utilisation de LHR, le délai de maniabilité est à vérifier auprès du producteur.

6.3 Protection

6.3.1 Traitement à la chaux

Si pour des raisons d’organisation de chantier ou de conditions climatologiques, il n’est pas possible de
poursuivre immédiatement les travaux de couches complémentaires de la structure routière, la surface
du sol traité à la chaux doit être protégée contre les effets de l’humidification et d’assèchement.
La protection consiste en l’application, au plus tard en fin de journée, d’une émulsion de bitume à raison
de 0,7 l/m2, suivie éventuellement d’un sablage (sable C. 3.4.2, selon RW99) à raison de 3 kg/m2.

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Guide pratique

6.3.2 Traitement au ciment ou LHR

La protection contre la dessiccation des matériaux traités au ciment ou LHR s’effectue en deux phases:
- la première phase consiste en un arrosage modéré à l’eau (sans ruissellement) de la surface du
matériau traité; cet arrosage s’effectue immédiatement après le dernier passage du ou des engins
de compactage;
- la seconde phase s’effectue au plus tard en fin de journée; elle consiste en l’application:
- d’une émulsion de bitume C60B1, à raison de 0,7 l/m2
- d’un épandage de sable, à raison de 3 kg/m2

6.4 Traficabilité et protection contre les sollicitations de trafic

Dans le cas d'un traitement au liant hydraulique, le délai de la mise en service de la couche traitée est
imposé par les études préliminaires. La règle est que(8):

- Rc ≥ 1 MPa si moins de 20 PL,


- Rc ≥ 1,2 MPa si 20 à 500 PL,
- Rc ≥ 1,5 MPa si supérieur à 500 PL.

Remarque
PL = Poids lourds dont le poids total est au moins égal à 35 kN.

Une attention particulière est demandée pour l’utilisation d’engins de manutention sur chenilles. Les
chemins de déplacement (et surtout les zones de giration) de ces engins doivent être protégés par une
couche granulaire d’une épaisseur suffisante ou par l’installation de plateaux en bois ou métalliques
temporaires, de manière à éviter l’endommagement de la couche de sol traité dont l’épaisseur minimale
doit être garantie.

6.5 Conditions climatiques

6.5.1 Traitement à la chaux

En cas de vent fort, de pluie persistante ou lorsque la température du sol à traiter est inférieure à 4 °C,
le traitement de sol est interrompu.

En cas de gel, les couches éventuellement décompactées lors du dégel sont recompactées au degré
imposé; les matériaux éventuellement détrempés sont retraités.

8 Guide technique de traitement des sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques – Application à la réalisation 15
d’assises de chaussées, LCPC-SETRA, septembre 2007
Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

6.5.2 Traitement aux LHR

Il est recommandé de ne pas traiter si la température est inférieure à 5 °C.

6.5.3 Traitement au ciment

La mise en œuvre est interdite lorsque la température de l’air mesurée sous abri, à 1,5 m du sol, est
inférieure ou égale à 1 °C à 8 heures du matin ou inférieure ou égale à -3 °C durant la nuit.

6.6 Stockage du sol traité

Un mélange sol-chaux peut éventuellement être stocké pendant une période maximale d'environ 3 mois,
pour autant qu'il soit protégé des précipitations.

En cas d’utilisation de LHR, le délai de maniabilité est à vérifier auprès du producteur.

Pour la zone de stockage du sol traité, il convient d'assurer un bon écoulement des eaux superficielles
afin d'éviter la stagnation de l'eau au pied des sols stockés.

Au moment de la réutilisation, il convient de remesurer la teneur en eau et d'éventuellement ajuster


celle-ci par un traitement complémentaire pour obtenir la teneur en eau optimale déterminée en phase
de projet.

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Guide pratique

7 Contrôles

Les tests qui permettent de contrôler les caractéristiques recherchées sont les suivants.

7.1 Contrôle du produit utilisé (agent de traitement ou sol traité en centrale)

Au moment de la livraison
Vérification des bons de livraisons, des marques de certification (COPRO, BENOR, marquage CE) et de
la conformité des agents de traitement aux exigences du cahier spécial des charges et à l'étude de
laboratoire. Si l'agent de traitement n'est pas conforme, procéder à la vérification des paramètres (voir
cahiers des charges et normes en vigueur).

Après stockage
Pour la chaux: vérification de la réactivité T60 et la teneur en CaO disponible (voir cahiers des charges).

7.2 Contrôle de l'exécution

Le contrôle de l'épandage se fait ponctuellement par le pesage d'une bâche de 0,5 m2 ou d'une
platine de surface connue et, en global, par le contrôle quotidien du poids total épandu sur une
surface donnée.

Le contrôle de l'humidité du sol traité avant compactage se fait par la détermination de la teneur
en eau d'un échantillon retiré de la couche non compactée.

L'épaisseur de la couche après compactage est vérifiée par des sondages dans la couche traitée.
En cas de doute, une solution de phénolphtaléine peut indiquer la transition entre sol traité et non
traité.

Le cas échéant:

Contrôles du malaxage: divers essais de contrôle permettent de vérifier la bonne réalisation du


malaxage (profondeur de malaxage, homogénéité du mélange). Nous renvoyons le lecteur au
document théorique R81/10 Traitement des sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques pour la
description de ces essais.

Contrôle de portance: un échantillon de sol traité est compacté à l'énergie Proctor normal et la
valeur IPI ou CBR est vérifiée. A faire à chaque changement de dosage.

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Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

7.3 Contrôle du mélange (mélange frais)

Confection des éprouvettes Proctor normal dans un laboratoire et conservation des éprouvettes à 20 °C
en emballage étanche.

Détermination de la résistance sur trois éprouvettes à 60 j. La moyenne doit répondre au critère suivant:

Rit > 0,25 MPa

Dans le cas d'une stabilisation à la chaux seule: Rc > 2,5 MPa

Remarque
Cet essai de contrôle consiste à vérifier le produit et non la mise en œuvre. Pendant les délais requis
pour la réalisation des essais, la mise en œuvre se poursuit.

7.4 Contrôle du compactage

En surface: essai à la plaque dans le délai prescrit dans le cahier des charges. Le module de
compressibilité M1 doit être ≥ 35 MPa. (CCT RW99, CCT 2010, SB250).

Si les résultats ne conviennent pas, il est interdit de recompacter la couche stabilisée si elle est liée au
ciment. Dans ce cas, il y a trois options:

- suivre l'évolution à court terme (en cas de faible température);


- adapter la structure;
- enlever la couche stabilisée.

Pour une stabilisation au LHR, les recommandations liées au ciment sont d’application.

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Guide pratique

8 Normes

NBN EN 1097-5 (2008)


Essais pour déterminer les caractéristiques mécaniques et physiques des granulats –
Partie 5: Détermination de la teneur en eau par séchage en étuve ventilée.

NBN 589-207 §4 (1969)


Essais des sables de construction – Teneur en matières organiques.

NBN EN 1744-1 §15 (1998)


Essais pour déterminer les propriétés chimiques des granulats –
Partie 1: Analyse chimique – Détermination des composés organiques affectant la prise et le
durcissement du ciment.

NBN EN 933-9 (1998)


Essais pour déterminer les caractéristiques géométriques des granulats –
Partie 9: Qualification des fines – Essai au bleu de méthylène.

NBN EN 13286-2 (2004)


Mélanges traités et mélanges non traités aux liants hydrauliques –
Partie 2: Méthodes d'essai de détermination en laboratoire pour la masse volumique de référence et la
teneur en eau – Compactage Proctor.

NBN EN 13286-47 (2004)


Mélanges non traités et mélanges à la base de liant hydraulique –
Partie 47: Méthodes d'essai pour la détermination de l'indice portant Californien (CBR), de l'indice
portance immédiate (IPI) et du gonflement.

NBN EN 459-1 (2002)


Chaux de construction – Partie 1: Définitions, spécifications et critères de conformité.

NBN EN 459-2 (2002)


Chaux de construction – Partie 2: Méthode d'essai.

NBN EN 197-1 (2000)


Ciment – Partie 1: Composition, spécifications et critères de conformité des ciments courants.

19
Guide
pratique 2
Stabilisation des sols pour couches de sous-fondation

pr EN 13282-1 (2009)
Liants hydrauliques routiers – Partie 1: Composition, spécifications et critères de conformité des liants
hydrauliques routiers à durcissement rapide.

pr EN 13282-2 (2009)
Liants hydrauliques routiers – Partie 2: Composition, spécifications et critères de conformité des liants
hydrauliques routiers à durcissement normal.

pr EN 13282-3 (2009)
Liants hydrauliques routiers – Partie 3: Evaluation de la conformité.

Dépôt légal: D/2009/0690/13

ISSN 1376-9332
20
Centre de recherches routières

Code de bonne pratique pour


le traitement des sols à la
chaux et/ou
aux liants hydrauliques
CRR

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