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I - INTRODUCTION

I.1 -CLASSIFICATION DES DIVERSES TECHNIQUES D'IRRIGATION

A LA PARCELLE
Les techniques d'irrigation à la parcelle peuvent. d'un point de vue très général, être classées en deux catégories:
i. Les techniques qui entraînent une humidification plus ou moins uniforme de la
totalité du sol sans tenir compte du dispositif cultural (à la volée ou en ligne) et
que l'on peut classer en deux groupes:

a. celles qui apportent l'eau sous la surface du sol avec réglage du niveau de
la nappe (contrôle de nappe);

b. celles qui apportent l'eau en surface en la répartissant sur le sol soit par
simple gravité (irrigation par submersion ou par ruissellement), soit en
utilisant des tuyaux sous pression (irrigation par aspersion).

ii. Les techniques qui entraînent l'humidification d'une partie seulement du sol et que
l'on peut également classer en deux groupes:

a. celles qui apportent l'eau sous la surface du sol en utilisant des tuyaux à
faible débit (subirrigation);

b. celles qui apportent l'eau en surface en la répartissant sur le sol, soit par
simple gravité (irrigation à la cuvette ou à la raie), soit en utilisant des
tuyaux sous pression.

I.2 - DEFINITION DE L'IRRIGATION LOCALISEE

L'irrigation localisée couvre en principe l'ensemble des techniques qui


entraînent l'humidification d'une partie seulement du sol, mais ce terme s'applique plus
particulièrement à celles qui n'apportent l'eau qu'au pied des plantes, dans la zone racinaire.

Nous ne traiterons dans ce bulletin que des techniques particulières d'irrigation localisée
qui ont été développées depuis environ 15 ans. Leurs caractéristiques essentielles sont des apports
à faibles débits et faibles doses d'eau et d'engrais, localisés dans la zone racinaire des cultures, au
moyen d'organes de distribution (ou distributeurs) tels que goutteurs, ajutages, tuyaux poreux, etc.,
qu'ils soient placés au-dessus ou-en dessous de la surface du sol.

Le tableau 1 juxtapose la terminologie que nous utiliserons et celle que l'on trouve en
différents pays en ce qui concerne les diverses parties constitutives d'un réseau d'irrigation
localisée.
Tableau 1 TERMINOLOGIE

Parties constitutives Termes utilisés dans Termes utilisés ailleurs


ce bulletin
La méthode et ses différents Irrigation localisée Micro-irrigation*,
systèmes irrigation goutte à goutte,
irrigation par suintement,
irrigation diuturnale,
irrigation journalière,
irrigation par gorgées
Systèmes analogues, mais Subirrigation
avec distributeurs enterrés
Organe de distribution de Distributeur(goutteur, ajutage, Emetteur, sortie spaghetti,
l'eau (avec débit déterminé) minidiffuseur, selon les systèmes) microtube (à la place de
au pied de la plante capillaire), orifice
calibré (à la place d'ajutage)
Conduite disposée parallèle- Rampe Conduite de distribution
ment aux rangs de la culture
et qui porte des distributeurs
à intervalles réguliers
Conduite qui répartit l'eau Porte- rampes Conduite de répartition
entre plusieurs rampes
Conduite qui relie l'unité de tête Conduite
au(x) principale
porte- rampe (s)
Réservoir utilisé pour l'injection Distributeur
d'engrais d'engrais Fertiliseur, injecteur d'engrais
dans l'eau d'irrigation

Nous utiliserons le terme "d'irrigation localisée", mais il faut signaler que le terme recommandé
par la CIID (Commission internationale pour l'étude des irrigations et du drainage)
est "micro- irrigation", alors que l'ASAE (Association américaine des ingénieurs du génie rural)
a choisi le terme "d'irrigation goutte à goutte".

1.3 BREF APERCU HISTORIQUE

L'irrigation localisée a été pour la première fois utilisée sous serre en


Angleterre à la fin des années 1940 et en plein champ en Israël dans les années 1950.
Son importance commerciale s'est développée dans les années 1960 à la suite des travaux de
mise au point réalisés en Israël et de l'apparition de tuyaux en matière plastique relativement
bon marché.
Les premières applications à la parcelle ont été faites dans les régions désertiques où
les méthodes classiques (irrigation de surface ou par aspersion) donnaient de
mauvais résultats en raison de la nature des sols (sableux) et des eaux (salC-es).
Dans ces conditions particulières, les systèmes d'arrosage localisés ont donné des résultats très
encourageants par rapport aux systèmes d'arrosage de surface ou par aspersion. En outre,
l'irrigation localisée suscitait un vif intérct du fait que, par ses propres mérites, elle
apparaissait comme un concurrent potentiel des méthodes d'irrigation classiques.
Les surfaces irriguées en localisé augmentent alors rapidement. Une enquête mondiale

effectuée en 19751 montre que la surface totale ainsi irriguée est de 109 389 ha contre 57 874 ha

en 1974, avec un total pour 1980 de 348 042 ha environ.

Après 15 Années de recherches et d'essais, la conclusion est que l'irrigation localisée peut

être considérée comme une solution pratique au problème de la sécheresse au même titre que les

méthodes traditionnelles de l'irrigation de surface et de l'irrigation par aspersion. Lorsqu'elle est

bien conçue et bien utilisée, l'irrigation localisée est certainement la méthode la plus efficiente de

distribution et d'apport de l'eau aux plantes, en même temps que la technique idéale de fourniture

des éléments fertilisants. Cependant, dans chaque cas particulier, il convient de peser ses

avantages et ses inconvénients par rapport à ceux des méthodes classiques. La décision finale doit

être prise en fonction du revenu net dégagé, déduction faite des coûts d'amortissement et de

fonctionnement.

1.4 EXEMPLE D'INSTALLATION D'IRRIGATION LOCALISEE

La figure 1 montre les composants essentiels d'une installation d'irrigation

localisée, qui sont:


i. Un point de fourniture d'eau sous une pression appropriée. Une crépine filtrante peut être
nécessaire si la ressource en eau, constituée par un petit barrage (lac collinaire) ou un
cours d'eau, contient de la matière organique ou des particules en suspension, mais non si
elle est relativement propre. La pompe est en général de type centrifuge, mais, pour de
petites installations, une pompe à piston peut tout à fait convenir. L'eau peut également
provenir d'un réseau de distribution publique.

ii. L'l'unité de tête", reliée au point de fourniture d'eau. Elle permet de réguler la pression et
le débit, de filtrer l'eau et d'y introduire des éléments fertilisants. Parfc)is, des régulateurs
de pression et des filtres secondaires sont placés en tête des porte-rampes ou même des
rampes.

Pour introduire des éléments fertilisants, on utilise le plus souvent un réservoir que l'on remplit
d'engrais soluble, azote en particulier: c'est un petit récipient sous pression avec une entrée et une
sortie. Une fraction du débit est dérivée de la conduite principale, envoyée dans le réservoir, s'y
enrichit en engrais, puis est réinjectée dans la conduite principale. Avoir un bon filtre principal est
une chose primordiale dans toutes les unités de tête. Le filtre à sable (ou à gravier), avec vannes
permettant un nettoyage par contre-courant, est le meilleur, mais, avec de l'eau claire, un simple
filtre à tamis peut suffire. Quand l'eau contient beaucoup de sable, on doit installer des filtres
spéciaux, appelés dessableurs, qui fonctionnent suivant le principe du vortex.
iii. la conduite principale qui relie au point de fourniture d'eau les divers porte-rampes.
iv. Elle peut être en amiante-ciment, en PVC-rigide ou en acier

Coopérative de mise en valeur agricole. Université de Californie, Comté de San


Diego. 1975.

galvanisé comme en irrigation par aspersion. Pour les petites installations,

du PE 1 peut également être utilisé.

HD

iv. Les porte-rampes qui alimentent les rampes d'un seul côté ou des deux côtés. Ils peuvent

êtrejboit en polyéthylène moyenne densité (PE), soit en chlorure de polyvinyle rigide

(PVC).
V. Les rampes, qui sont toujours en PE . à 1 'exception de quelques installa-

tions où l'on a utilisé du PVC rigije de petit diamètre. Les distributeurs y sont f ixés avec
un espacement prédéterminé, 'ou près des arbres pour les vergers. Il existe d'autres types
de rampes qui assurent à la fois le transport et la distribution de l'eau, par exemple les
rampes (ou gaines) Poreuses ou perforées (à simple ou double section).

vi. Les distributeurs, qui constituent la partie essentielle de l'installation. C'est à partir d'eux
que l'eau sort, à la pression atmosphérique, en débits faibles et réguliers. Ils peuvent être
des goutteurs à très faible débit (quelques 1/h), dont il existe de très nombreux types
différents, des ajutages ou des minidiffuseurs dont le débit est un peu plus important
(quelques dizaines de 1/h).

La plupart des installations d'irrigation localisée sont des installations


entièrement fixes, mais quelques-unes sont déplaçables, soit pour desservir des cultures
saisonnières (maraîchage), soit pour couvrir une plus grande surface avec un équipement donné.

1.5 AVANTAGES ET DIFFICULTES DE L'IRRIGATION LOCALISEE

1.5.1 Avantages

i. Exploitation plus facile

Un avantage indéniable de l'irrigation localisée est qu'elle ne gêne en rien les autres opérations
culturales. Par exemple, les traitements, la récolte, la taille, etc., peuvent être faits en cours
d'arrosage. Ceci constitue un amantage majeur pour les vergers et les vignobles. Beaucoup
d'agriculteurs qui utilisent maintenant cette technique estiment que l'aspect "facilité d'exploitation"
ou "accessibilité à la parcelle à tout moment" constitue-le principal avantage.
ii. Diminution du travail

il y a économie de temps de main-d'oeuvre par rapport aux méthodes traditionnelles de l'irrigation


de surface ou de l'irrigation par aspersion. ceci est capital dans les pays où la main-d'oeuvre est
rare et chère. En fait, une installation peut fonctionner avec très peu de main-d'oeuvre, mais
seulement si elle est bien conçue, correctement posée et si l'eau est propre ou bien filtrée.

PE HD @ Polyéthylène haute densité. PE BD = Polyéthylène basse densité.

iii. Maîtrise de l'eau et des engrais

On peut fixer de façon très précise le niveau d'apport de l'eau et des engrais, ainsi que la fréquence

des apports. Une culture ne doitpas souffrir d'un rationnement, sauf si c'est de manière délibérée.

La possibilité d'apporter directement aux racines de la culture des quantités contrôlées d'eau et

d'engrais ne peut donc qu'augmenter la croissance et la vigueur des plantes jeunes et aider à

accroître les rendements des plantes adultes. Cependant, il ne faut pas s'attendre à dépasser 10 à

20 % d'augmentation de récolte par rapport à une irrigation traditionnelle bien conduite.

L'apport direct de l'eau aux racines, par un réseau de conduites étanches, entraîne une économie

d'eau, ce qui est d'un grand intérêt dans les périmètres où la ressource en eau est limitée et/ou
chère. Mais il ne faut pas espérer des économies d'eau spectaculaires. Il y a des parcelles en

irrigation localisée nettement sous-irriguées, parce qu'on n'y utilise pas assez d'eau. On peut

compter, par rapport à une irrigation de surface ou d'aspersion bien conduite, environ 20 à 30 %

d'eau en moins, peut-@tre 50 % par rapport à une irrigation de surface mal conduite. Mais des

économies de 5 % seulement ont été enregistrées dans le cas d'irrigations localisées conduites de

façon inefficace.

iv. Lutte plus facile contre les mauvaises herbes et les ennemis des cultures

En raison du fait que ni le feuillage, ni la surface du sol ne sont humidifiés, ainsi que des

possibilités de circulation à tout moment, une installation d'irrigation localisée permet une lutte

plus aisée, plus efficace et moins coûteuse contre les mauvaises herbes et les ennemis des cultures.
V. Utilisation possible d'eau salée

Une installation qui réalise des apports d'eau fréquents, permet de conserver dans le sol une
tension d'eau très basse, donc de maintenir la concentration des sels dans l'eau du sol en dessous
des seuils dangereux pour les cultures. Ceci résoud la difficulté rencontrée avec les méthodes
traditionnelles où, en deux à trois semaines, l'humidité du sol varie entre la capacité au champ et
un niveau voisin du point de flétrissement. On évite également les brûlures de feuilles
occasionnées par une aspersion sur frondaison avec de l'eau salée.
Cependant, il faut se garder d'un optimisme exagéré en ce qui concerne le succès d'une irrigation localisée
avec eau salée, en raison de l'accumulation des sels toxiques dans le sol et de la déstructuration du sol par les sels
de sodium qui peut intervenir, comme avec toute autre technique d'irrigation.
vi. Meilleure utilisation des sols difficiles

Les sols très lourds, qui ont des vitesses de filtration de 2 à 4 mm/h, sont difficiles à irriguer par
aspersion. De même, les sols très légers ne peuvent être irrigués avec les techniques d'irrigation
de surface. Sur ces deux types de sols, l'irrigation localisée a été utilisée avec succès.
vii. Réduction des frais dtexploitation et utilisation de plus faibles débits

La mise en pression nécessaire en irrigation localisée est en général égale à 50-70 % de celle qui
est nécessaire en irrigation par aspersion classique. Les frais d'exploitation peuvent donc être
réduits. De plus, le débit utilisé est généralement faible, ce qui permet l'utilisation directe des
points d'eau à faible débit tels que certaines sources ou certains puits mal alimentés.

1.5.2 Difficultés

i. Sensibilité à l'obstruction

La principale difficulté rencontrée en irrigation localisée réside dans la facilité avec laquelle les faibles
sections de passage des distributeurs peuvent se boucher. Les causes en sont: le sable, le limon, la matière
organique, les algues, les gels bactériens, la précipitation d'engrais ou les engrais non dissous, la présence de fer,
colloïdal ou en solution, concomitante avec la présence de bactéries ferrugineuses, la présence de matières
colloïdales, la précipitation de carbonate de calcium à haute température. Une enquête récente a révélé que
l'obstruction était due à des
causes:

biologiques dans 37 % des cas chimiques dans 22 % des cas


physiques dans 31 % des cas Incertitude dans 10 % des cas

Une bonne filtration utilisant des filtres crépines autonettoyables et des filtres à sable (ou
gravier) peut éliminer le sable, le limon, les engrais non dissous et peut réduire de façon
marquée la matière organique, les algues et les gels bactériens. La protection, contre la
précipitation des produits chimiques ou le développement de bactéries ferrugineuses,
nécessite un prétraitement chimique de l'eau. Là oÙ le traitement, s'il est indispensable,
n'est pas possible pour des raisons pratiques ou économiques, on ne doit pas faire
d'irrigation localisée.

ii. Salinisation
Comme avec toute autre technique d'irrigation, il y a des dangers potentiels de salinisation, mais
on peut faire beaucoup en matière de sol et d'eau pour éviter que des dégâts se produisent.

Si l'on ne fait rien, des sels s'accumulent dans certaines zones, particulièrement aux limites
extérieures du volume de sol humidifié, et une légère pluie peut entraîner les sels en profondeur
dans la zone racinaire, en causant parfois de sérieux dommages aux cultures à enracinement
superficiel. Quand la pluviométrie est insuffisante, on peut être amené à faire, en plus, des
arrosages de surface ou par aspersion afin de réaliser un lessivage et d'entraîner l'excès de sel.

iii. Développement racinaire trop limité

En irrigation localisée, les racines se concentrent dans la zone humidifiée. Si cette zone est trop
petite, l'enracinement peut être insuffisant. Les rendements s'en ressentent et les arbres peuvent,
par vent violent, être déracinés. Toutefois, un positionnement correct des goutteurs peut prévenir
ce danger.

Un autre inconvénient d'un système racinaire trop réduit, qui s'est accoutumé à un
approvisionnement régulier en eau, est que, si la fourniture fait défaut, la plante souffre plus que
si elle s'était développée avec une irrigation traditionnelle. Donc, si le débit nécessaire en
irrigation localisée peut être plus réduit qu'en irrigation traditionnelle, sa fourniture doit être
d'une fiabilité absolue.

Bien que les cultures puissent se développer dans un sol partiellement humidifié, un pourcentage
minimal d'humidification du sol doit être atteint pour que l'on obtienne une croissance optimale.
Le pourcentage effectivement atteint est fonction de la dose apportée à chaque arrosage.

iv. Climatisation atmosphérique

Les installations d'irrigation par aspersion en couverture totale sont souvent utilisées pour
protéger du froid les arbres fruitiers et les légumes, pour protéger le gingembre du soleil, pour
augmenter l'humidité ambiante des cultures florales ou maraîchères. L'irrigation localisée
n'assure pas cette climatisation atmosphérique.

1.6 CONCLUSIONS

De l'expérience acquise jusqu'ici en matière d'utilisation de l'irrigation


localisée dans les diverses régions du monde, on peut tirer les conclusions suivantes:

. L'irrigation localisée ne saurait être considérée comme une panacée qui

pourrait se substituer à toutes les techniques éprouvées que sont les irrigations à la cuvette, par
submersion, à la raie, ou par aspersion. Ce n'est qu'une autre façon d'irriguer, et dans chaque cas
particulier il convient d'en considérer les avantages et les inconvénients par rapport aux techniques
plus traditionnelles.

. Lorsqu'on peut l'utiliser avec succès, un avantage considérable de cette méthode est
l'économie réalisée sur des ressources en eau réduites et l'élimination de la nécessité de procéder à
de coûteux travaux de drainage.

. En matière de rendement agronomique des cultures irriguées, des essais ont montré une
augmentation du rendement ainsi qu'une diminution de la consommation d'eau par rapport aux
méthodes traditionnelles dans des conditions culturales difficiles: climat désertique, sol sableux,
eau salée. Mais, d'un autre côté, les techniques d'irrigation de surface ou par aspersion, bien
conduites sur de bons sols (terre franche) avec de l'eau de bonne qualité, ont produit des
rendements comparables à ceux qui pouvaient être obtenus, dans les mêmes conditions, en
irrigation

localisée, avec seulement une consommation d'eau un peu supérieure. Ceci conduit à
2. MODE DE CALCUL

2.1 BESOIN EN EAU DES CULTURES

La première étape de l'établissement d'un projet d'irrigation consiste à

déterminer les besoins en eau des cultures. On peut obtenir les données nécessaires en mesurant

les quantités d'eau utilisées par les cultures dans les conditions de la parcelle. Mais les procédures

de mesure directe sont longues et laborieuses, aussi un grand nombre de méthodes d'estimation

ont-elles été proposées. Les quatre méthodes les plus connues et utilisées consistent à appliquer

les formules de Blaney-Criddle et de Penman, à étaluer ou mesurer la radiation solaire et Ilévapo-

ration-bac.

2.1.1 Définition

En termes généraux, le besoin en eau d'une culture est équivalent au niveau

d'évapotranspiration nécessaire à sa croissance optimale.


De façon précise, le besoin en eau est défini comme le niveau d'évapotranspiration d'une
culture indemne de maladie et poussant dans une parcelle d'une surface supérieure à un hectare
dans des conditions optimales de sol. Ces dernières consistent en une fertilité et une humidité
suffisantes pour atteindre le potentiel de production de la culture dans le milieu considéré. Ce
besoin en eau est appelé ETM et s'exprime en millimètres par jour (mm/j).

2.1.2 Détermination

La précision de cette détermination dépend beaucoup de la nature des données


climatiques disponibles et de la précision de la méthode choisie pour estimer Ilévapotranspiration.
La méthode de Penman et celle de la radiation solaire sont les meilleures pour des estimations
moyennes sur de courtes périodes d'environ 10 jours. La méthode de l'évaporation-bac vient
souvent en second, mais peut être préférable avec un site de mesure excellent et des vents faibles.
Dans de nombreux climats, la méthode de Blaney-Criddle est la meilleure pour des périodes d'un
mois ou plus.

Le détail des procédures de calcul des besoins en eau des cultures figure dans le bulletin
24, série Irrigation et drainage de I'OAA. En bref, elles comprennent les quatre stades suivants:
i. Calcul de l'évapotranspiration de référence (ET

L'évapotranspiration de référence ET est définie comme "le niveau d'éva-


0
potranspiration d'une surface importante d'un gazon de hauteur uniforme @entre 8 et 15
cm), en croissance active, recouvrant complètement le sol et alimenté en eau de façon
non restrictive".

Compte tenu des données météorologiques disponibles, une méthode de

calcul d'ET est choisie: Penman, radiation solaire, évaporation-bac, 0


ou,une autre si elle est applicable.

ET est calculé par périodes successives de 30 ou mieux 10 jours en 9

utilisant les données climatiques moyennes de chaque période.

On fait l'analyse des valeurs extrêmes de ET 0 en amplitude et en fréquence

d'occurrence, puis on dresse la distribution fréquentielle

de ET

ii. Choix du coefficient cultural (k

k c est défini comme étant le rapport de l'évapotranspiration réelle d'une

culture ETM à l'évapotranspiration de référence ET , toutes deux établies 0


pour des grandes parcelles dans les conditions optimales de croissance.

Pour chaque culture, on déterminé la période de croissance avec ses dates de

mise en place (semis, repiquage, etc.) et de récolte.

Puis le coefficient cultural est choisi pour chacun des stades du cycle cultural,

compte tenu des conditions climatiques, et on peut alors établir sa courbe de

variation dans le temps.

iii. Calcul de l'évapotranspiration maximale de la culture (ETM)

L'évapotranspiration réelle de la culture, pour chacune des périodes de 30 ou 10 jours, est

calculée par la formule:


ETM = k - FT (1)
c 0

iv. Prise en compte des facteurs qui affectent ETM dans les conditions locales considérées

On détermine:

l'effet du climat et sa variabilité dans le temps et dans l'espace, l'effet de la

disponibilité de l'eau du sol (RFU).

On tient compte également de la courbe de réponse à l'eau de la culture (effet d'un

rationnement en eau sur le rendement).

Dans ce manuel, ETM sera déterminé en fonction de l'évaporation-bac classe A, qui utilise

le "coefficient bac" k b d'après la relation suivante

ET0 = k b E bac (2)


2.2 BESOINS EN EAU DES CULTURES EN IRRIGATION LOCALISEE

2.2.1 Influence du taux de couverture du sol

L'irrigation localisée est utilisée principalement pour les vergers et les


cultures en ligne oÙ une partie seulement de la surface est occupée par les plantes. Le feuillage de
ces plantes, quand elles sont jeunes et largement espacées, n'intercepte qu'une partie de la radiation
incidente. En irrigation de surface ou par aspersion, toute surface non recouverte par le feuillage
de la culture, si elle

est humidifiée par l'irrigation, subit une perte en eau, du fait de l'évaporation par le sol ou de la
transpiration des adventices, sans aucun bénéfice pour la culture. Les chiffres de besoins en eau,

déterminés,par les méthodes d'irrigation traditionnelles, comprennent cette perte. On doit donc, pour

calculer les besoins en eau en irrigation localisée, appliquer à ces chiffres un coefficient de réduction k

ou coefficient de couverture.

Bien que l'estimation précise de ce coefficient nécessite une recherche expérimentale plus

approfondie, on peut, en attendant, utiliser l'une ou l'autre des formules suivantes où CS, qui est le taux

de couverture du sol par la culture (à un stade déterminé de son cycle), représente la fraction de la

surface du sol réellement couverte par le feuillage des plantes en projection verticale.

i. Keller et Karmeli (1974) ont proposé:

Cs
k - - plafonné à 1 (3) r - 0,85'
ii. Freeman et Garzoli (communication personnelle) proposent:

k = CS + 0,5 (1 - CS) (4) r

Cette dernière relation étant basée sur l'hypothèse que l'évaporation sur la partie de la surface

non couverte par la culture intervient pour la moiti de sa valeur dans la transpiration de la

culture. Lorsque la culture couvre tout le sol, k r = 1. Mais lorsqu'elle n'en couvre qu'une faible

partie (CS @< 0,5), il est recommandé de prendre k = CS pour eviter d'avoir des chi es rop

élevés).
iii. Decroix, CTGREF (communication personnelle) propose-

k = O,l + CS, plafonné à 1 (5)


r

Le terme O,l tient compte de l'effet d'oasis qui est important quand le taux

de couverture de la culture est faible.

Cette formule simple donne des ordres de grandeur raisonnables. Cependant, le coefficient

obtenu doit être utilisé avec précaution et vérifié par des essais directs au champ.
Le tableau 2 indique les diverses valeurs de k résultant du calcul par les
r
trois formules en fonction de CS exprimé en pourcentage.

Tableau 2 VALEURS DE k r RESULTANT DES DIVERSES FORMULES PROPOSEES

Taux k selon:
de couverture r
de sol Keller et Karmeli Freeman et Garzoli Decroix (CTGREF)

10 0,12 0,10 0,20


20 0,24 0,20 0,30
30 0,35 0,30 0,40
40 0,47 0,40 0,50
50 0,59 0,75 0,60
60 0,70 0,80 0,70 -k

70 0,82 0,85 0 80
80 0,94 0,90 0:90
90 1 0,95 1 -4

100
2.2.2 Exemple de calcul à partir de l'évaporation-bac classe A

Site: Le Caire Culturer agrumes (CS = 60 %)

Vents modérés Humidité atmosphérique moyenne

i F A A $0

Ebac ium/j 3,3 4,5 6,4 8,5 11,2 12,8 Il,] 9,7 8,9 6,9 4,5 3,3

kb 0,7 0,7 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65

ET 0 mm/j 2,3 3,1 ù,2 5,5 7,3 8,3 7,2 6,3 5,8 4,5

kc # 0,75 0,75 0,8 0,8 0,8 0,85 0,85 0,85 0,85 0,85

ETM mm/j 1,7 2,3 3,4 4,4 5,8 7,1 6,1 5,4 4,9 3,8 2,2

kr* -E 0,8

ETM 1,4 1,8 2,7 3,5 4,6 5,7 4.9 4,3 3,9 3,0
en localisé mm/i

suivant méthode d'irrigation classique

ici k r= CS + 0,5 (1 - CS) = 0,6 +(O,5 - 0,4)= 0,8

2.3 BESOINS EN EAU D'IRRIGATION

2.3.1 Définition

Le besoin en eau d'irrigation, B, est la quantité d'eau que l'on doit appor-

ter à la culture pour être sÛr qu'elle reçoit la totalité de son besoin en eau ou une fraction déterminée de c

seule ressource en eau, le besoin en eau d'irrigation sera au moins égal au besoin en eau de la culture et il e

raison des pertes à la parcelle (besoins de lessivage, percolation profonde, inégalités de répartition, etc.).

A l'opposé, le besoin en eau d'irrigation peut être inférieur, et de beaucoup, au besoin en eau lorsqu

dernier à partir d'autres ressources que l'irrigation (pluie, réserve d'eau du sol, remontées capillaires à partir de

Le besoin d'irrigation net, B iet' est le volume (ou la hauteur) d'eau d'irrigation théoriquement
production normale sur l'ensemble de la surface cultivée (à l'exclusion des pertes et de la contribution des aut

Le besoin d'irrigation brut, B brut' est le volume (ou la hauteur) d'eau d'irrigation nécessaire en prat

les besoins de lessivage mais à l'exclusion de la contribution des autres ressources).

B net et B brut sont liés par l'équation suivante


brut B net (6)

avec R p= rendement de l'irrigation à la parcelle

L = besoins supplémentaires en eau pour le lessivage du sol.


r

2.3.2 Rendement hydraulique de l'irrigation en irrigation localisée

Le rendement hydraulique global R à la parcelle en irrigation localisée

peut être défini comme suit:

Définition théorique
E - Cu (7)

eau stockée dans la zone racinaire (en moyenne)


avec: E =

eau apportée (en moyenne)

C'est un coefficient (,<, 1) qui exprime l'efficacité de l'arrosage, c'est-à-dire le rendement du stockage de l'eau

dans le bol. Il tient compte des pertes inévitables (percolation profonde et autres pertes).

CU = coefficient d'uniformité en irrigation localisée “ 1). Il traduit l'uniformité de la distribution de l'

sur la parcelle.
R est donc un coefficient “ 1) et on obtient le besoin brut en divisant

par R le p besoin net.


p

En général, E et CU sont exprimés en pourcentage, et alors: R = E CU


p 10 000

Définition pratique
Pour déterminer les besoins bruts, il est plus facile d'exprimer R E et CU

par des coefficients supérieurs à 1 (nombres inverses de ceux qui résu 1 Îent de la

définition théorique). Dans ce manuel, c'est cette dernière définition qui sera utilisée. Le besoin brut d'irriga
sera alors obtenu en multipliant par R le besoin net. Dans ce cas:

. Lorsque R , E et CU sont exprimés en coefficients (,>, 1), la relation (7) est toujours valabler

. Par contre, lorsqu'ils sont exprimés en pourcentages (,> 100), elle s'écrit:

E - CU
R=

p 100

La valeur de E dépend de la façon pratique dont est conduite l'irrigation (programmation dose-fréque

Puisque, théoriquement, l'irrigation localisée ne doit pas provoquer de perte d'eau par percolation profond

n'est pas nécessaire, en général, de majorer les quantités nécessaires pour satisfaire les besoins théoriq

Cependant, sur les sols très perméables et à faible capacité de rétention, on doit accepter quelques pertes.

tableau 3 suggère quelques valeurs de E suivant la nature du sol.


2.2.2 Exemple de calcul à partir de l'évaporation-bac classe A

Site: Le Caire Culture: agrumes (CS = 60 %)


Vents modérés Humidité atmosphérique moyenne

i A A $0

Ebac mm/j 3,3 4,5 6,4 8,5 11,2 12,8 Il,] 9,7 8,9 6,9 4,5 3,3
kb 0,7 0,7 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65 0,65

ET 0 mm/j 2,3 3,1 4,2 5,5 7,3 8,3 7,2 6,3 5,8

kc # 0,75 0,75 0,8 0,8 0,8 0,85 0,85 0,85 0,85

ETM mm/j 1,7 2,3 3,4 4,4 5,8 7,] 6,1 5,4 4,9 3,8 2

kr* 0,8

ETM 1,4 1,8 2,7 3,5 4,6 5,7 4,9 4,3 3,9 3,0 1,8 1,4 en localisé mm/j

suivant méthode d'irrigation classique

ici k r = CS + 0,5 (1 - CS) = 0,6 +(O,5 - 0,4)= 0,8


2.3 BESOINS EN EAU D'IRRIGATION

2.3.1 Définition

Le besoin en eau d'irrigation, B, est la quantité d'eau que l'on doit appor-
ter à la culture pour être sûr qu'elle reçoit la totalité de son besoin en eau ou une fraction déterminée de c
ressource en eau, le besoin en eau d'irrigation sera au moins égal au besoin en eau de la culture et il est sou
,pertes à la parcelle (besoins de lessivage, percolation profonde, inégalités de répar@io@, c.

A l'opposé, le besoin en eau d'irrigation peut être inférieur, et de beaucoup, au besoin en eau lorsque
à partir d'autres ressources que l'irrigation (pluie, réserve d'eau du sol, remontées capillaires à partir de la napp

Le besoin d'irrigation net, B net , est le volume (ou la hauteur) d'eau d'irrigation théoriquement néce
normale sur l'ensemble de la surface cultivée (à l'exclusion des pertes et de la Contribution des autres ressourc

Le besoin d'irrigation brut, B brut' est le volume (ou la hauteur) d'eau d'irrigation nécessaire en pr
besoins de lessivage mais à l'exclusion de la contribution des autres ressources).

B net et B brut sont liés par l'équation suivante

brut net (6)

avec = rendement de l'irrigation à la parcelle


p

L = besoins supplémentaires en eau pour le lessivage du sol.

2.3.2 Rendement hydraulique de l'irrigation en irrigation localisée

Le rendement hydraulique global R à la parcelle en irrigation localisée

peut être défini comme suit:

Définition théorique:

R E - Cu (7)
p

avec: E = eau stockée-dans la zone racinaire (en moyenne)

eau apportée (en moyenne)

C'est un coefficient (.< 1) qui exprime l'eff icacité de 1 1 arrosage, c 1 est-à-dire le rendement du stockage de
sol. Il tient compte des pertes inévitables (percolation profonde et autres pertes).

CU = coefficient d'uniformité en irrigation localisée “ 1). Il traduit l'uniformité de la distribution de l'

parcelle.
R est donc un coefficient “ 1) et on obtient le besoin brut en divisant

par R le p besoin net.


p

En général, E et CU sont exprimés en pourcentage, et alors: R = E CU

p 10 000
Définition pratique

Pour déterminer les besoins bruts, il est plus facile d'exprimer R E et CU par des coefficients supérieu

(nombres inverses de ceux qui résultent de la


définition théorique). Dans ce manuel, c'est cette ière déf@ion qui sera
utilisée. Le besoin brut d'irrigation sera alors obtenu en ipliant par R le
besoin net. Dans ce cas: p

Lorsque R E et CU sont exprimés en coefficients 1), la relation (7)


est toujours valabler

Par contre, lorsqu'ils sont exprimés en pourcentages 100), elle s'écrit:

E - CU
R=

p 100

La valeur de E dépend de la façon pratique dont est conduite l'irrigation (programmation dose-fréquenc
théoriquement, l'irrigation localisée ne doit pas provoquer de perte d'eau par percolation profonde, il n'est p
en général, de majorer les quantités nécessaires pour satisfaire les besoins théoriques. Cependant, sur
perméables et à faible capacité de rétention, on doit accepter quelques pertes. Le tableau 3 suggère quelques
suivant la nature du sol.

Tableau 3 VALEURS DE E POUR DIVERSES TEXTURES DE SOL

Type de sol théorique pratique


Sable grossier, ou sol léger sur sous-sol gravier 87 115

Sableux 91 110

Limoneux 95 105

Argilo-limoneux ou argileux 100 100

En irrigation localisée, l'eau '@st transportée par un réseau de conduites sous pression jusqu'aux po
elle s'i#filtre dans le sol. L'uniformité de l'application de l'eau aux plantes dépend don égralement de l'unifor
la distribution, c'est-à-dire de la variation relative entre les débits distribués. La variation de débit en
distributeurs est fonction des variations de pression dans le réseau ainsi que des caractéristiques prop
distributeurs (loi débit-pression).

L'objectif essentiel à atteindre dans le calcul comme dans l'exploitation d'un réseau d'irrigation local
de fournir assez d'eau aux plantes qui sont les moins bien alimentées. Aussi le rapport entre le débit minim
débit maximal délivrés par les distributeurs dans l'ensemble du réseau est-il important àprendre en comp
l'uniformité de l'application. Ce rapport s'exprime par le coefficient d'uniformité CU (cf. chapitre 2.9).

En première approximation, certains auteurs proposent de fixer à 10 % des besoins nets la quantit
supplémentaire que nécessitent le lessivage et les pertes inévitables par percolation profonde, ce qui f
l'équation donnant le besoin d'irrigation brut devient:

B brut @ 1,1 - CU - B net (8)

2.3.3 Relation entre les besoins en eau d'irrigation et les besoins en eau des cultures

En conclusion des paragraphes 2.3.1 et 2.3.2, on peut, en irrigation loca-


lisée, exprimer les besoins en eau d'irrigation (nets et bruts) par les équations ci-après:

B net @ ETM k r + Lr - RN (9)

B = ETM R + L - RN
brut

= E bac k b - RN (10)

avec RN = ressources naturelles contribuant, en plus de l'irrigation, à l'alimentation en eau de la culture.

2.4 DISTINCTION ENTRE LES BESOINS D'IRRIGATION DE POINT LES BESOINS D'IR

REELS
Il y a lieu de faire une nette distinction entre les besoins d'irrigation de

pointe qui sont utilisés pour le calcul du diamètre des conduites, du débit des pompes, etc., et les besoins

réels à satisfaire pour le fonctionnement du réseau. Ce qui importe surtout au concepteur, ce sont les besoi

qui permettent de calculer hydrauliquement l'installation. Les besoins réels, qui intéressent l'irrigant, sont

faisant varier la durée ou la fréquence des arrosages et non pas en modifiant le débit hydraulique de l'installa

2.4.1 Besoins d'irrigation de pointe (BIP) Deux cas sont à considérer:

L'irrigation est la seule ressource disponible pour la culture.

L'irrigation est complémentaire aux ressources naturelles (pluie essentiellement).

i. Cas où l'irrigation est la seule ressource disponible: D'après les paragraphes 2.3.1 à 2.3.3, on a dans c

B brut = E bac . k b - k c - k r - E - CU + L r (11)

On voit que, pour un sol donné (E constant), un besoin donné de lessivage (L constant), le be

d'irrigation sera fonction de k (coefficient cul-


r c
tural), de k (coefficient de couverture) ou de CS (couverture du sol), enfin de
r

E ba (évaporation-bac classe A). Le calcul hydraulique de l'installation sera fait en Déterminant le m

produit E bac - k c - k r

Evaporation-bac classe A (E bac )

Le choix de la valeur à adopter sera un compromis entre le coût nécessaire pour


satisfaire les besoins de pointe absolus et la perte de rendement qui est après avoir au cas
où seule une fraction de ceux-ci est satisfaite.

Ce compromis dépend d'abord de la différence entre la demande climatique de


pointe de certains jours exceptionnels et la "pointe moyenne" calculée sur une période chaude et
sèche - par exemple sur le mois de pointe. Il dépend ensuite de la possibilité que présente
la culture considérée de maintenir sa transpiration à son maximum potentiel dans les
conditions de cette demande climatique maximale. Même alimentée en suffisance, il n'est pas
certain que le circuit physiologique, qui conduit l'eau du sol à l'atmosphère en passant par les
racines, les tiges et les feuilles, ait une capacité de transport suffisante pour empêcher
la fermeture des stomates. En troisième lieu, il est très difficile de déterminer de façon précise
la perte de production qui résulterait d'une non-satisfaction des besoins de pointe qui ne
se manifestent que pendant très peu de temps. Pour certaines cultures, cela dépend beaucoup
de la période du cycle végétatif au cours de laquelle intervient cette pointe.

En conséquence, il est proposé, pour des vergers bien établis, avec


enracinement puissant, de prendre la valeur de E qui correspond à la moyenne bac

journalière du mois de pointe. Cette valeur sera peut-être les 3/4, ou même jours except
moitié de la pointe qui peut être enregistrée certains ' ionnellemen
chauds et secs, mais, dans la plupart des cas, elle couvrira les besoins dans 90 96 % du nombre
de jours. Pour les cultures plus exigeantes en eau, plus délicates et à enracinement plus faible,
on prendra la valeur de E bac qui correspond à la moyenne journalière de la décade de pointe.
Baars (1976) propose en première approximation d'admettre que le dimensionnement d'une
installation est optimal quand il permet de satisfaire les besoins de pointe trois années sur
quatre.
Couverture de sol (k ou CS)
1

En général, on utilise la valeur qui correspond à des plantes adultes (cas des vergers). On calcule
l'installation pour ce besoin futur, et on réduit le nombre d'heures d'utilisation par jour tant qu'elles n'ont pas atteint
leur plein développement. La seule exception à cette façon de faire serait dans le cas d'arbres qui mettraient très
longtemps pour parvenir à l'âge adulte. Dans ce cas, la pleine utilisation ne serait atteinte qu'au bout d'une trop
longue période et il pourrait être plus économique de faire une première installation plus réduite que l'on
renforcerait le moment venu. La décision dépend \de chaque cas particulier (contexture du réseau et conditions
économiques).

Coefficient cultural (k

La valeur maximale à prendre en considération pour chaque culture peut être


trouvée dans les tableaux publiés par les stations agro-météorologiques locales et/ou par les
stations de recherche.

Conclusion

Le dimensionnement d'un réseau d'irrigation localisée ainsi que son temps maximal de
fonctionnement journalier dépendent du besoin d'irrigation de pointe (BIP). E* bac étant la
"pointe moyenne" de E bac définie ci-dessus, le besoin de pointe sl exprime comme suit, en
mm/j:

BIP = E* (12)
bac b c r p r

Ce qui donne, en volume d'eau appliqué (1/j/plante):


BIP A ( E* bac ' k b ' k c - k r - R p + L r (13)
avec: A surface totale par plante en m 2

E bac en mm/j

Si les arrosages sont programmés en fonction d'une valeur déterminée de


E bac plutât que d'une valeur journalière, BIP, qui représente alors la dose d'arrosage, en
1/arrosage/plante, devient:
BIP = A ( E - k - k . k - R + L (14)
0

E 0 étant la valeur de E bac choisie pour déterminer la fréquence des arrosages, en MM.
Pour de nombreuses cultures parvenues à leur plein développement, sur des
sols à bonne capacité de rétention, CS, donc k , est voisin de 1, k également,
r
alors que, en beaucoup d'endroits, k fluctue autour de 0,8. D'où 1 équation sui-
b
vante qui permet une estimation rapide de BIP:

BIP @ 0,8 A (15)

avec BIP en 1/j/plante

ou BIP @ 0,8 A R+L (16)

avec BIP en 1/arrosage/plante.


ii. Cas oÙ l'irrigation est complémentaire aux ressources naturelles (pluie essentiellement)
Dans beaucoup de régions, les pluies, la réserve d'eau du sol, les remontées

capillaires, peuvent satisfaire une partie des besoins en eau de la culture pendant tout ou

partie de la campagne. Dans ces conditions, l'irrigation n'est qu'une ressource en eau

complémentaire. Il convient alors d'en tenir compte et de modifier l'évaluation des besoins

en eau d'irrigation, qui sont plus réduits. Seules des expérimentations locales, pour chaque

culture et chaque type de sol, permettent alors de déterminer la part des besoins en eau qui

peut être couverte par les ressources naturelles. Dans le cas de cultures à faible enracinement

en sols légers, cette part peut être très faible. Pour les cultures à enracinement profond, telles

que les arbres, et en sols à forte capacité de rétention, elle peut être importante
2.4.2 Besoins d'irrigation réels

En exploitation normale, l'irrigant doit déterminer la quantité d'eau à


appliquer, soit par jour, soit par arrosage, en modifiant les équations (12) à (16).

Le coefficient cultural k et le coefficient de couverture k sont à évaluer en


r
fonction du stade végétatifs La valeur E* est à remplacer par l'évaporation
1 b ac
journalière du mois ou de la décade considérée.

Si on utilise la méthode du déficit d'arrosage constant, seuls k et k r doivent être modifiés.


Dans les périodes où la demande climatique est mcoindre,
l'ajustement se fait automatiquement en réduisant la fréquence des arrosages.
2.4.3 Exemple de calcul de BIP

Site- Chypre (Athalassa) Sol: sableux

Culture. verger de pruniers Dispositif de plantation: 5 m x 5 m

Santa Rosa

Cf. FAO Bulletin Irrigation et Drainage n 25, pour la façon de déterminer la pluie efficace.
Couverture (estimée): 75 %

Données climatiques: E bac classe A disponible sur 15 ans

Tableau 4 EXEMPLE DE DETERMINATION DE BIP

Mois F A A $0

E bac mm/j 1,4 2,2 3,5 4,6 6,3 8,9 8,6 7,8 6,6 4,3 2,4 1,7

kb 0,75 0,75 0,70 0,70 0,70 0,70 0,70 0,70 0,70 0,70 0,75 0,75

kc 0,45 0,80 1,05 1,15 1,15 1,10 0,85

kr < 0,85 ;>

ETM mm/j 1,2 3,0 5,6 5,9 5,3 4,3 2,2

E pratique % <- I,l ;>

CU pratique % 1,11 (CU théorique 90 %)

B brut n=/j 1,5 3,7 6,8 7,2 6,5 5,3 2,6

brut 1/j/arbre 37,6 91,5 169,7 179,6 162,9 131,8 66,4

BIP

à retenir
2.5 DISTRIBUTION DE L'EAU AUX PLANTES

2.5.1 Distribution de l'eau dans le sol et forme du "bulbe" humide

i. Généralités

Un apport d'eau ponctuel entraîne dans le sol une diffusion tridimensionnelle,

la forme du volume de sol humidifié (appelé "bulbe") dépendant principalement des forces capillaires et de la

Le sol étant un milieu très variable, ainsi en est-il de la forme du bulbe qui est influencée par la textu

perméabilités horizontale et verticale, la succion capillaire, la présence ou l'absence de couches imperméabl

débit, l'humidité initiale du sol.

Dans les sols à texture fine (argileux et limono-argileux), les forces capillaires sont puissantes et la

presque être négligée. Le bulbe a une forme massive avec une humidification latérale parfois plus imp

profondeur.

Dans les sols sableux profonds, les forces capillaires sont faibles et la gravité a une influence b

marquée. La composante verticale du débit est plus grande, la composante horizontale plus réduite, ce qui

forme du bulbe plus allongée.

Dans les terres limono-argileuses avec horizon supérieur sableux et horizon inférieur argileux, le bu

une forme de poire (figure 2). De nombreux

chercheurs s'efforcent de calculer la diffusion de l'eau, donc la forme des bulbes, en fonction des

propriétés physiques des sols. Les méthodes sont compliquées, laborieuses et les résultats peu

fiables du fait que les profils de sol sont rarement homogènes. Malgré cette complexité, il se

dégage quelques règles pratiques. La plus importante est que le volume de sol humidifié est plus

ou moins directement proportionnel au volume d'eau appliqué, et inversement proportionnel à la

teneur en
eau initiale du sol. L'extension horizontale
(y ) du bulbe est fonction de la n succion capillaire et de la racine carrée du temps d'application
(sauf s'il y a

obstacle au mouvement de l'eau vers le bas). La pénétration verticale (y r ) est


directement liée à y car le produit Y2 n y rest approximativement proportionnel au

volume d'eau applique (compte tenu de 1 humidité initiale et de la porosité du

soi).

SOL LOURD

SOL LEGER

Fig. 2 Types de diffusion latérale de l'eau dans le sol (forme des "bulbes")

En dépit de ces règles générales, il est très difficile de prévoir quel peut être dans un cas

donné le profil d'humidification et la forme du bulbe. Avant que des méthodes de calcul

mathématique plus simples et plus fiables soient mises au point, on ne peut que conseiller

d'utiliser des essais au champ ou des règles empiriques.

ii. Mesures au champ de la répartition de l'eau dans le sol

Puisqu'on ne peut observer le bulbe que dans un sol sec, les essais au champ
doivent être conduits dans une période sèche du cycle végétatif.

Il faut avoir l'équipement suivant:

un réservoir de 100 à 200 litres (fÛt à huile) où l'on maintient le niveau constant,
par un robinet à flotteur, par exemple;