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LE PORTRAIT

Définition

Qu’est-ce qu’un portrait en littérature ?


n.m : texte descriptif présentant l’aspect physique ou moral d’un personnage, fréquemment utilisé dans
le roman, lorsque le narrateur veut faire en sorte que son lecteur puisse imaginer « à quoi ressemble »
un personnage.

Sur le site de la BnF http://classes.bnf.fr/portrait/litterature/index.htm


Petite histoire du portrait littéraire
Le portrait devient à la mode en littérature au XVIIe siècle, sous l'influence de la société précieuse.
On va surtout le trouver dans le roman, par exemple chez Scarron qui l'utilise dans Le roman comique,
ou chez Madame de La Fayette dans La Princesse de Clèves. Molière l'exploitera aussi, par exemple
dans la fameuse galerie de portraits dressée par Célimène dans Le Misanthrope.
Chez les auteurs de mémoires comme le Cardinal de Retz ou Saint-Simon, le portrait sert souvent de
pause narrative, élogieux voire satirique, il sait faire valoir son auteur. Tous les moralistes que sont ces
auteurs mais surtout La Bruyère ou encore La Rochefoulcaud vont le développer.
Mais c'est surtout dans les romans du XIXe siècle que le genre du portrait devient incontournable. Il va
servir à définir les personnages selon trois critères fondamentaux, abondamment croisés.
- Critères physiques: traits du visage, allure, pose du corps.
- Critères psychologiques, moraux: sentiments, caractère, pensées des héros.
- Critères sociaux: appartenance à un milieu défini, vêtements, habitat, langage, métier,
fréquentations, idéologies.
Les écrivains du XIXe siècle vont même s'appliquer à observer et à examiner les caractères d'après le
physique des individus d'où les nombreuses comparaisons animales qui émaillent les œuvres de Balzac
ou de Zola.
En outre le portrait peut prendre des formes très différentes.
- Il peut se présenter sous forme argumentative.
- Il peut être positif ou négatif, faire l'éloge ou le blâme d'un personnage.
- Il peut être purement narratif et renseigner simplement sur le héros.
- Il peut témoigner, en donnant le point de vue en focalisation interne d'un personnage.
- Il peut être purement documentaire et révéler les conditions de vie difficiles ou aisées des
protagonistes.
- Il peut être imaginaire et poétique, par exemple dans l'évocation d'un personnage rêvé, mort,
irréel ou encore absent.
- Il peut aussi être réaliste et contribuer à rendre vraisemblable un type de personnages. Enfin le
portrait se doit d'être au service du langage : décrire, c'est savoir manier le détail à la nuance
près, avec art.
Disons donc que le portrait a toujours un objectif et une fonction. Il est le reflet, la traduction des
intentions de l'auteur ou du personnage qui l'emploient et il est indispensable pour bien comprendre le
récit qui l'utilise et dans lequel il est inséré.

Qu’est-ce qu’un portrait en art ?


Représentation de quelqu'un par le dessin, la peinture, la photographie, etc
- Le portrait de quelqu’un mais aussi la manière dont l’auteur présente le portrait (interprétation)
- Le portrait est donc déjà une interprétation et transcription, donc choix, pour rendre l’apparence
extérieure d’une personne, quel que soit le degré de réalisme. Bien qu’uniquement visuel, le
portrait peut rendre très sensible la personnalité intérieure du modèle, par de nombreux indices
tels que la pose, l’expression de la physionomie, etc.
- Le problème du portrait peint peut être envisagé selon un triple point de vue :
o historique (évolution d'un type, en buste ou en pied, statique ou animé, sur fond neutre,
dans un intérieur ou dans un paysage),
o sociologique (témoignage d'une société et de ses structures),
o esthétique (dans la mesure où l'imitation et l'imagination interviennent à divers degrés).
1 Document d’accompagnement fourni pour le défi écriture du BEF FLY 2015-2016
Synonymes : autoportrait, buste, caricature, croquis, description, figure, image, peinture, physionomie,
profil, réplique, silhouette, tête, visage.
Article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».
Écrire un portrait

In. L’école aujourd’hui, journal interactif de la maternelle et de l’élémentaire - « Pédagogie », par Françoise Picot

Objectifs
- dégager les différentes caractéristiques d’un portrait
- constituer le champ lexical du portrait
- utiliser les caractéristiques définies et le lexique
- rédiger un portrait

Différentes étapes
Lire des portraits et analyser leur structure
- Relever dans les histoires lues et dans les portraits ci-après des éléments décrivant les
personnages. Mémoriser quelques portraits.
- Sur trois affiches, classer les éléments relevés suivant les précisions qu’ils donnent :
o le physique du personnage : on voit comment est le personnage ; on peut le dessiner si
on veut.
o son caractère
o d’autres renseignements : son nom, le lieu où il vit, ce qu’il aime ou n’aime pas …
- Constater qu’il y a souvent au début du portrait une phrase le présentant. Relever les différentes
manières d’introduire le personnage : phrase interrogative ou non, le nom du personnage suivi
de est , C’est …etc. Il y a parfois à la fin du portrait une appréciation personnelle du narrateur sur
le personnage : Bref, c’était une vilaine sorcière !
- Remarquer que, dans une histoire, les éléments décrivant un personnage peuvent se trouver à
plusieurs endroits du texte. Le portrait physique des personnages n’est pas toujours fait, le
caractère des personnages n’est pas toujours indiqué clairement, il faut parfois le déduire de ses
actions.

Analyser la manière dont le portrait est écrit : lexique, structure des phrases
- Relever les verbes utilisés et écrire des phrases pour les employer : avoir, porter, être, posséder,
vivre, aimer
o Constater que certains verbes donnent du mouvement au portrait physique : Sa queue et
sa crinière flottaient dans le vent. De longues dents, de vraies dents de loup qui grincent
pendant la nuit quand le vent souffle sur les toits. Des cheveux bleus qui descendaient en
vagues sur ses reins. Ses yeux bleus rient tout le temps.
o Ajouter des verbes pour donner du mouvement à certains éléments descriptifs.
- Travailler sur les comparaisons :
o Dans les éléments collectés, relever les comparaisons : les yeux noirs comme un puits, il
ressemblait à etc. En imaginer d’autres. Ajouter des comparaisons dans certains portraits.
- Travailler sur les expressions imagées : jeter un coup d’oeil, une vraie poule mouillée, un vrai
diable, casse-cou
- Travailler sur l’énumération :
o Remarquer la présence de la virgule et du et : Clémentine avait les cheveux roux, de
grands yeux verts et des taches de rousseur au bout du nez. Récrire certains portraits en
utilisant l’énumération.
- Transformer des phrases pour prendre conscience que les informations peuvent être données de
manière différente :
o Elle était tordue, bossue, elle avait le nez crochu, avec des verrues et des touffes de poils
piqués dans les verrues.  Elle était tordue, bossue, elle avait le nez crochu, avec des
verrues. Des touffes de poils étaient piqués dans les verrues
o Ses cheveux étaient collés sur sa tête, sa robe dégoulinait et ses souliers de soie étaient
couverts de boue.  Elle avait ses cheveux collés sur sa tête, une robe qui dégoulinait et
des souliers de soie ouverts de boue.

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o Elle avait des yeux noirs comme un puits, des cheveux bleus qui descendaient en vagues
sur ses reins, et la peau blanche comme un jardin sous la neige.  Elle avait des yeux
noirs comme un puits. Ses cheveux bleus descendaient en vagues sur ses reins. Sa peau
était blanche comme un jardin sous la neige.

Suggestions d’activités pour s’approprier la manière de faire le portrait d’un personnage


Compléter un portrait :
- Dans des histoires lues ou dans les portraits ci-après, écrire une phrase décrivant physiquement
un personnage si ce n’est pas fait.
- Toujours dans des histoires lues ou dans les portraits ci-après, rechercher des traits de caractère
possibles pour un personnage décrit physiquement. Enrichir ainsi la collecte de termes donnant
le caractère d’un personnage.
- Faire de même en ajoutant des renseignements sur ses goûts, l’endroit où il vit etc.
Transformer un portrait en décrivant le personnage contraire. Par exemple : Romuald est un vieux
souriceau aux moustaches bien peignées.
Récrire un portrait en utilisant des expressions synonymes de celles employées. Enrichir ainsi la collecte
du lexique du portrait.

Imaginer le portrait de personnages de contes connus


On peut introduire l’activité avec l’album Portraits en pied des princes, princesses et autres bergères des
contes de notre enfance de JO Hoestlandt et Nathalie Novi. http://www.ricochet-
jeunes.org/livres/livre/2881-portraits-en-pied-des-princes-princesses-e
C’est une galerie de portraits de personnages de contes: Hansel et Gretel, la Petite sirène, la Princesse
au petits pois, la Bergère et le ramoneur, le Petit Chaperon rouge, la Petite Fille aux allumettes, Peau
d'âne, Barbe Bleue, Dame Holle, Le Chat Botté, La Reine des neiges...
Pour illustrer ces personnages, Nathalie Novi a choisi de réaliser leur portrait "à la manière de peintres
célèbres". De référence en référence, on reconnaît le style de Picasso pour Le pêcheur et sa femme, de
Vélasquez pour la Princesse au petit pois, d'Ingres dans Peau d'Ane, de Modigliani pour la Petite Sirène,
de Van Gogh pour la Petite Fille aux allumettes , de Chagall pour Hansel et Gretel, de Magritte pour le
Chat Botté …
- Feuilleter le livre et s’amuser à retrouver le petit pois caché sur chaque double page.
- Les textes sont difficiles, on peut néanmoins en lire quelques extraits: le début de Hansel et
Gretel, du Chat Botté ou de Barbe Bleue.
- Réaliser des portraits de personnages de contes (Boucle d’Or, Blanche Neige, le Trois Petits
Cochons etc.) en employant les éléments collectés lors des activités précédentes et en utilisant
une ou plusieurs structures de portraits lus et/ou mémorisés. Les illustrer et les relier pour
constituer un album.

Éléments décrivant des personnages


C’était une charmante vieille dame aux joues roses, et presque sans rides, malgré ses quatre vingt huit
ans ; Onésime et le diable, MS Roger, Epigones

Vous connaissez Coralie ? Elle a de beaux cheveux longs, blonds tout bouclés. Coralie, miss Chichis,
Pakita, Rageot

Albert est un bon conducteur de taxi, prudent, gentil, poli mais étourdi. Les trois taxis, Au fil des mots
CE1 Nathan

Il était un vieux soldat, bien vieux et bien fatigué. Ce vieux soldat était resté de longues années à la
guerre. Et maintenant, il vivait tout seul dans une pauvre maison, sur la montagne. Le soldat n’avait plus
qu’un ami : un cheval. Ah ! C’était un joli cheval, doux et gentil ! Ce petit cheval était tout brun. Mais il
avait une patte blanche. Une seule : à cause de cela on l’appelait Patte Blanche. Patte blanche avait une
belle crinière, une longue queue. Il aimait bien galoper dans les prés. Sa queue et sa crinière flottaient
dans le vent. Le vieux soldat et le cheval, Conte populaire de Pologne

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Clémentine avait les cheveux roux, de grands yeux verts et des taches de rousseur au bout du nez. Elle
était très jolie mais sa famille se faisait du souci, parce qu’elle aimait trop les farces. La princesse qui
détestait les princes charmants P.Thies, Flammarion

Perrier, un tout petit cochon, vit dans une très belle ville ; il est toujours très bien habillé car sa maîtresse
la riche Marbella, l’emmène souvent dans de belles réceptions. Tout le monde l’aime parce qu’il est tout
rose et tout propre. Un cochon nommé Perrier, E Spurr, M Matje Albin Michel

Romuald est un jeune souriceau aux moustaches mal peignées, à la longue queue, et aux idées un peu
courtes. Depuis sa naissance, il vivait dans le trou de la bibliothèque et s’y ennuyait car il lui était interdit
de jouer avec les autres souriceaux de la maison. Tibert et Romuald, A Jonas, Milan Jeunesse

Ce soir Mr et Mme Cordonnier s’en vont au théâtre et puis dîner au restaurant. Monsieur Cordonnier
porte sa belle chemise mauve et sa cravate à pois qui lui serre un peu le kiki et sa femme a posé sur ses
épaules son beau châle qui brille. Les frayeurs de la baby sitter , J Hoestland, Thierry Magnier

Agénor et Abélard étaient deux frères fils de roi. Ils vivaient il y a très longtemps dans une lointaine
contrée. Hélas, bien que jumeaux, ils ne s’entendaient guère et se chamaillaient à longueur de journée ?
L’un d’eux aimait grimper aux arbres, l’autre avait le vertige. Agénor et Abélard, les frères-bagarre, S
Mathuisieult Magnard jeunesse

Vous connaissez Léonard ? Léonard est mon ami, et moi, je suis la seule amie de Léonard. Il a les
cheveux frisés et l’air très doux. Il est bizarre Léonard, Pakita, SEDRAP

Zozo était un petit garçon têtu et pas sage du tout. Il lui arrivait pourtant d’être mignon quand il ne criait
pas. Blond et frisé, avec sa figure ronde et ses joues toutes rouge, ses grands yeux bleus, il ressemblait
à un ange, mais c’était un vrai diable ! Aussi l’appelait-on souvent en riant Zozo la tornade. À sept ans,
Zozo était fort comme un petit boeuf. Il habitait une jolie ferme nommée La Pommeraie. Zozo la
Tornade, A Lindgren, Hachette

Au milieu d’une sombre forêt, dans une caverne humide et grise, vivait un monstre poilu. Il était laid ; il
avait une tête énorme directement posée sur deux pieds ridicules, ce qui l’empêchait de courir. Il ne
pouvait donc pas quitter sa caverne. Il avait aussi une grande bouche, deux petits yeux glauques, et
deux longs bras minces qui partaient des ses oreilles et qui lui permettaient d’attraper des souris. Le
monstre avait des poils partout : au nez, aux pieds, au dos, aux dents, aux yeux et ailleurs. Ce monstre
là rêvait de manger des gens. Le monstre poilu, H Bichonnier, Gallimard

Ses cheveux étaient collés sur sa tête, sa robe dégoulinait et ses souliers de soie étaient couverts de
boue. Elle était toute seule sans la moindre servante. Mais elle insistait et disait qu’elle était bien une
princesse. La princesse au petit pois, conte d’Andersen

Le bonhomme qui vient d’emménager dans la maison noire, la maison d’à côté, a une allure bizarre. Des
cheveux sombres en bataille, des sourcils en broussaille et un menton pointu. De longues dents, de
vraies dents de loup qui grincent pendant la nuit quand le vent souffle sur les toits. Je l’ai vu comme je
vous vois ! Il porte toujours des lunettes noires sous lesquelles se cachent, j’en suis sûre, des yeux
jaunes et fendus. L’autre jour, j’ai jeté un coup d’oeil sur sa boîte à lettres et j’ai lu : M.J.L. Garou. Un
nom à donner des frissons ! L’étrange Monsieur Garou, A. Rocard, Flammarion

Je m’appelle Lisa, j’ai presque sept ans et un frère jumeau. Il s’appelle Tim. Moi, je suis plutôt casse-
cou. Lui , il a peur de tout. Une vraie poule mouillée ! Grosse peur dans l’ascenseur, S Valente Rageot

Jules est un drôle de bonhomme, tout grand, tout maigre et moustachu. Il habite une petite chambre, là
haut sous les toits avec Théodule, son ami le chat. Jules et son chapeau magique, A Fuschshber,
Nathan

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Quand elle eut huit ans, Mystère devint la plus belle des petites filles. Elle avait des yeux noirs comme
un puits, des cheveux bleus qui descendaient en vagues sur ses reins, et la peau blanche comme un
jardin sous la neige. Mystère, M A Murail, Gallimard jeunesse

Il était une fois un ogre, un vrai géant qui vivait tout seul. Comme la plupart des ogres, il avait des dents
pointues, une barbe piquante, un nez énorme et un grand couteau. Il était toujours de mauvaise humeur
et avait toujours faim. ce qu’il aimait le plus au monde, c’était de manger des petits enfants à son petit
déjeuner. Le géant de Zéralda, TT Ungerer, L’ École des Loisirs

C’est une vieille dame aux cheveux blancs qui porte sur le sommet de sa tête un drôle de petit chapeau
à voilette. Quand on l’embrasse, elle sent bon la lavande et toutes les fleurs odorantes de son jardin : la
rose grimpante et le lys majestueux, la timide violette et l’oeillet curieux… Tante Joséphine, c’est un
bouquet joyeux ! Derrière les verres de ses lunettes, ses yeux bleus rient tout le temps et vous regardent
avec malice. La fossette du sourire creuse sa joue droite en relevant le coin de sa bouche. Joyeux
anniversaire, Gaspard ! Ixel sait lire CE1 Hachette

Échalotte est une vraie sorcière. Elle était tordue, bossue, elle avait le nez crochu, avec des verrues et
des touffes de poils piqués dans les verrues. Elle grimaçait tout le temps. Elle portait un chapeau noir,
un long manteau tout noir, possédait un chat tout noir, un corbeau tout noir, et un crapaud tout blanc par
suite d’une erreur de manipulation. Bref, c’était une vilaine sorcière ! La courte échelle, CE1, Hatier

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Des conseils pour bien rédiger un portrait

1) Le portrait des idées pour bien rédiger


On commence par évoquer l'âge de la personne (adolescent, jeune, vieux...) puis la taille (courtaud,
trapu, haut...) ensuite la masse (mince, gros, ventru, obèse, corpulent...) enfin l'attitude (leste, souple,
gracieux, prompt...).

a) Tu fais le portrait physique avec des détails se rapportant.....


Aux traits du visage, à la forme du corps, aux vêtements, aux gestes et aux jeux de physionomie (traits
du visage exprimant le tempérament, le caractère d'une personne), à la voix.

2) Des procédés
Tu peux commencer par faire, au brouillon, le signalement de la personne. Le signalement de la
personne est l'ensemble des indications qui permettent de la reconnaître.
a) Son état civil son nom, son âge, son milieu : lieu de vie (ville, hameau, etc), profession
b) Ses traits physiques Sa silhouette (grande, corpulente, droite, courbée, maigre, etc.), les détails de
son apparence. Ils peuvent se rapporter au visage, au corps, aux vêtements, à la voix, aux attitudes, aux
gestes. etc.

2 ) Des mots pour écrire un portrait physique


Le choix de quelques détails caractéristiques de la physionomie du personnage permet d'annoncer son
portrait moral:

Le visage peut être (maigre, osseux, ridé, lisse...).


• Sa forme (ovale, carré, arrondi...).
• Le teint (blanc, brun, rose, injecté de sang, bronzé, blême...).
• La physionomie (gaie, triste, froide, souriante...).
• Les cheveux (châtains, roux, ondulés, dorés, fauve, lisses, crépus, touffus...).
• Le front (étroit, large, bombé, aplati...).
• Les yeux (flamboyants, enfoncés, vifs, étincelants, cernés, tombants, larmoyants...).
• Le nez (retroussé, camus, en bec d'aigle, crochu...).
• La bouche (mince, charnue, épaisse, souriante, entrouverte...).
• Les joues (pommettes, creusées, joufflues...).
• Le menton (rond, carré, pointu...).

Carrure : taille, charpente, carcasse, stature...

Corps :
• grand, gigantesque, petit, nain, nabot, élancé, bien fait, svelte, robuste, sain.
• maigre, émacié, anguleux, hâve, squelettique, décharné...
• trapu, ramassé, gras, potelé, replet, dodu, rebondi, obèse... • . -
• difforme, bossu, bancal, mal bâti, gringalet, maladif...

Taille : grande, haute, moyenne, petite, minuscule, énorme, normale, ordinaire.

Vêtement :
• tenue, costume, robe, uniforme, toilette...
• loques, guenilles, nippes, accoutrement...
• léger, chaud, commode, ample, large, étroit, étriqué, serré...
• riche, somptueux, magnifique...
• vieux, usé, déchiré, rapiécé, élimé, démodé...

Tête :
• ronde, carrée, ovale, grosse, petite, plate, pointue...
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• belle, vilaine, laide, affreuse, difforme...
• chevelue, bouclée, tondue, rasée, chauve...

Visage :
• doux, fin, avenant, joli, gai, radieux, riant, serein, ouvert...
• ingrat, laid, mauvais, repoussant, triste, lugubre, morose...
• long, ovale, rond, étroit, pâle, blême, coloré, enflammé...

Nez : droit, crochu, recourbé, rond, pointu, épaté, camus, écrasé, aquilin...
Oreilles : larges, courtes, évasées, décollées, pointues, pendantes...

Yeux :
• noirs, gris, bleus, verts, pers, glauques, grands, gros, vifs, éteints, torves...
• bons, mauvais, doux, tristes, sévères, furieux, furibonds, farouches... Voix : aiguë, nasillarde, rauque,
grave, caverneuse, éraillée... .

Les membres:
• Les épaules (larges, étroites, carrées...).
• Les mains (douces, fines, massives, musclées, ridées...).
• Les jambes (musclées, grosses, arquées, élancées...).
• La démarche (majestueuse, gracieuse, vive, fière, raide, boiteuse, élégante...).

Après avoir tracé le portrait physique en choisissant les éléments particuliers du personnage, on doit
parler des occupations de ce dernier (vétérinaire, chômeur, architecte, fabricant, juge, dentiste,
fermier...)

3) Des mots pour écrire un portrait moral


Le caractère ou la situation sociale d'un personnage sont le plus souvent suggérés par le geste,
l'expression du visage, la façon de parler, par une occupation habituelle, par un acte exemplaire...
Mais on doit parler aussi:
• Qualités intellectuelles du personnage (instruit, cultivé, intelligent, sage, lucide, savant...).
• Les qualités morales (généreux, charitable, loyal, honnête, franc, aimable, ambitieux...).
• Les défauts intellectuelles (illétré, analphabète, inculte, idiot, débile...).
• Les défauts moraux (impoli, avare, hypocrite, curieux, arrogant, odieux...).
Il faut aussi brosser le portrait en action de la personne c'est-à-dire la présenter en train d'agir. Le
portrait en action nous éclaire sur le caractère du personnage.
• bon, sympathique, agréable, aimable, affable, facile, confiant, paisible, serein, courtois, gai, enjoué,
jovial, réservé, ouvert, franc, fidèle...
• doux, placide, débonnaire, calme, tranquille, patient, austère...
• froid, impassible, flegmatique...
• triste, mélancolique, taciturne, morose, sombre, maussade...
• rusé, astucieux, rapide, vif, lent, doux, violent, impétueux...
• mauvais, antipathique, hargneux, difficile, brusque, bougon, grincheux, tatillon, irritable, irascible,
susceptible, soupçonneux, ombrageux, grossier...

Le vocabulaire du portrait
Lorsque tu décris des personnages, commence par brosser leur portrait physique.

Le vocabulaire du visage
- Les noms : les cheveux, le front, les sourcils, les arcades sourcilières, les paupières, les yeux, la
pupille, l'iris, les oreilles, le lobe, le nez, les joues, les pommettes, les tempes, la bouche, la
commissure des lèvres, le menton...
- Les adjectifs et expressions pour qualifier :
o le visage : rond, carré, allongé, fin, épais, plein, épanoui, élégant, noble, lisse...
o le teint : blafard, blême, bronzé, cireux, clair, congestionné, éclatant, frais, hâlé, livide,
lumineux, mat, rougeaud...

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o les cheveux : auburn, blancs, blonds, châtains, cendrés, gris, noirs, poivre et sel, roux,
boudés, clairsemés, crépus, drus, frisés, frisottés, hérissés, lisses, ondulés...
o le front : bas, bombé, étroit, fuyant, haut, lisse, ridé...
o les sourcils : arqués, bien dessinés, broussailleux, droits, en accent circonflexe...
o les yeux : noisette, noirs, vairons, verts, bridés, brillants, écarquillés, en amande,
enfoncés, éteints, étincelants, exorbités, froids, globuleux...
o le nez : aquilin, bosselé, busqué, court, délicat, droit, écrasé, en trompette, épaté, fin,
large, long, retroussé
o les joues : caves, creuses, empourprées, granuleuses, lisses, pâles, pleines, veloutées...
o les oreilles : collées, décollées, grandes, petites, au lobe allongé, rebondi, percé...
o les lèvres : boudeuses, charnues, fines, gourmandes, minces, ourlées, pincées...
o le menton : avancé, avec une fossette, fuyant, en galoche, pointu, rond...
- Le vocabulaire du corps
o Les noms : tête, cou, nuque, poitrine, tronc, épaules, bras, aisselles, poignets, mains,
doigts, ventre, nombril, bassin, hanches, cuisses, fesses, genoux, rotules, mollets...
o Les adjectifs pour qualifier une allure, une attitude, une particularité physique : affecté,
altier, charpenté, chétif, costaud, courtaud, décharné, dégingandé, désinvolte, efflanqué,
élancé, élégant, fluet, fort, gauche, grand, gras, gros, ramassé, longiligne, malingre,
mince, musclé, obèse, osseux, petit, robuste, souple, svelte, trapu...

Pense aussi à réaliser le portrait moral de tes personnages.


Les traits de caractère permettent de connaître le héros de façon plus intime : tu peux expliquer tout de
suite sa personnalité ou la faire deviner au fur et à mesure de l'histoire par son comportement, sa façon
de parler.
Le vocabulaire du portrait moral
- Qualités et défauts
o Les noms : amabilité, avarice, bonté, courage, égoïsme, fourberie, franchise, générosité,
honnêteté, humilité, irritabilité, jalousie, médisance, volonté...
o Les adjectifs : affectueux, compréhensif, doux, impatient, intolérant, tendre, violent

A lire aussi sur le site http://www.espacefrancais.com/le-portrait/

Sommaire
Le portrait physique
- Aspect général
- Le visage
- Les membres
Le portrait moral
Quelques conseils
Expression

LE PORTRAIT CHINOIS
1 - Choisissez vos questions (10 maximum) :
Si j'étais un mammifère ? Si j'étais une espèce menacée ? Si j'étais un peintre ?
Si j'étais un poisson ? Si j'étais un animal imaginaire ?
Si j'étais un oiseau ? Si j'étais un arbre ?
Si j'étais un serpent ? Si j'étais une plante ?
Si j'étais un insecte ? Si j'étais un arbre fruitier ?
Si j'étais une fleur ? Si j'étais un des cinq éléments fondamentaux ?
Si j'étais une saison ? Si j'étais un pays ?
Si j'étais une planète ? Si j'étais un pays africain ?
Si j'étais un fleuve ? Si j'étais un sport à la télé ?
Si j'étais un continent ? Si j'étais un département?
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Si j'étais une ville ? Si j'étais une station de ski ?
Si j'étais un sport? Si j'étais une club de football français ? Si j'étais un joueur de football
français ? Si j'étais un art martial ?
Si j'étais un paysage ?

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Travailler le portrait à partir d’extrait d’œuvres, de poésies, d’articles de journaux, …

Portrait d’un espoir régional : PATRICK BON


Patrick a eu dix-huit ans le 12 avril Tête, la relance et les montées
dernier. Il mesure un mètre quatre- offensives. Pourtant son point
vingts et pèse soixante-dix faible demeure une pointe de
kilogrammes. Il ales cheveux très vitesse insuffisante pour la
blonds, assez longs. Il s’exprime troisième division nationale dans
sans difficulté ni timidité, avec un laquelle il évolue habituellement.
léger accent parisien : Patrick est Le plus mauvais souvenir de sa
en effet originaire de la capitale. jeune carrière reste une fracture du
Il fréquente le lycée Marcel Pagnol, tibia à l’entraînement, il y a trois
Il est en terminale et ses matières ans. Son meilleur : le récent coup
préférées sont le sport – de téléphone de son entraîneur qui
naturellement – et les langues. Il lui annonçait sa sélection dans
parle volontiers de ses loisirs l’équipe de France « juniors » pour
préférés : la musique, les danses le prochain match du championnat
modernes et, à un degré moindre, d’Europe des nations.
le cinéma et la lecture. Souhaitons à Patrick Bon de bien
Patrick Bon, depuis six ans, joue représenter notre région à ce haut
au football et occupe le poste de niveau !
stoppeur. Ses points forts sont la Jean-Paul
La gazette des sports

DOUROFF, LE CLOWN
Ce visage tout blanc, ces yeux pétillants de malice, ces sourcils différents, l’un sévère et froncé, l’autre
gai s’envolant, cette voix extraordinaire et cet accent anglais que ce russe prenait pour parler français et
ce costume magnifique, bicolore et pailleté, tout cela m’enchantait. Je le considérais comme un être
irréel et j’étais en extase devant lui.
Sacha Guitry

C’était un laideron, petit et maigre, avec un nez en trompette, rouge et brillant. Ses joues larges
avaient un teint sale. Les yeux enfoncés disparaissaient presque derrière des pommettes osseuses et
saillantes. Ce visage était encadré de cheveux mi-longs, bruns et raides comme des baguettes de
tambour… L’ensemble de sa silhouette paraissait anguleux et maigre.
Anne-Marie Selinko, extrait de J’étais une jeune fille

James et ses tantes


Tante Eponge était petite et ronde, ronde comme un ballon. Elle avait de petits yeux de
cochon, une bouche en trou de serrure et une de ces grosses figures blanches et flasques qui ont l’air
d’être bouillies. Elle ressemblait à un énorme chou blanc cuit à l’eau. Tante Piquette, au contraire, était
longue, maigre et ossue, elle portait des lunettes à monture d’acier fixées au bout de son nez avec une
pince à linge. Sa voix était stridente et ses lèvres minces et mouillées.
Roald Dahl, extrait de James et la grosse pêche

Une barbiche noire taillée en pointe –un bouc– ornait son menton. Et ses yeux –ses yeux étaient d’une
merveilleuse limpidité. Ils semblaient vous lancer sans cesse des regards complices pleins d’étincelles.
Tout son visage était, pour ainsi dire, illuminé de gaieté, de bonne humeur.
Et, oh ! Comme il avait l’air futé ! Plein d’esprit, de malice et de vivacité !
Il avait de drôles de petits gestes saccadés, sa tête bougeait sans cesse et son vif regard se posait
partout, enregistrait tout en un clin d’œil. Tous ses mouvements étaient rapides comme ceux de
l’écureuil. Oui, c’était bien ça, il ressemblait à un vieil écureuil vif et malicieux.
Roald Dahl, extrait de Charlie et la chocolaterie

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Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l’œil fixe et assuré, les épaules
larges, l’estomac haut, la démarche ferme et délibérée. Il parle avec confiance ; il fait répéter celui qui
l’entretient, et il ne goûte que médiocrement tout ce qu’il lui dit. Il déploie un ample mouchoir et se
mouche avec grand bruit ; il crache fort loin, et il éternue fort haut. Il dort le jour, il dort la nuit, et
profondément ; il ronfle en compagnie. Il occupe à table et à la promenade plus de place qu’un autre. Il
tient le milieu en se promenant avec ses égaux ; il s’arrête, et l’on s’arrête ; il continue de marcher, et
l’on marche : tous se règlent sur lui. Il interrompt, il redresse ceux qui ont la parole : on ne l’interrompt
pas, on l’écoute aussi longtemps qu’il veut parler ; on est de son avis, on croit les nouvelles qu’il débite.
S’il s’assied, vous le voyez s’enfoncer dans un fauteuil, croiser les jambes l’une sur l’autre, froncer le
sourcil, abaisser son chapeau sur ses yeux pour ne voir personne, ou le relever ensuite, et découvrir son
front par fierté et par audace. Il est enjoué, grand rieur, impatient, présomptueux, colère, libertin,
politique, mystérieux sur les affaires du temps, il se croit des talents et de l’esprit. Il est riche

Ce Népomucène, c’est un drôle de zèbre


(C’est-à-dire un drôle de personnage)
Il est long comme un jour sans pain et léger comme une plume ; il marche droit comme un i. Il
court comme un lièvre et chante comme un rossignol.

Le dimanche il est malin comme un singe, les autres jours il est curieux comme un chat ; il est
rarement bête comme une oie. Il est parfois bavard comme une pie, sauf pour dire bonjour : il est alors
muet comme une carpe.
Quand il a une faim de loup, il est d’une humeur de dogue ; mais le reste du temps, il est gai
comme un pinson. La nuit, il dort comme un loir, mais le jour, il est vif comme un écureuil.
En hiver, quand il fait un froid de canard, il se couvre comme un oignon.
En été, il nage comme un poisson et il rit comme un fou.
Il habite le château de la Belle au Bois Dormant.
Pour sortir, il met les bottes de sept lieues du Petit Poucet. Et quand il voyage, il emprunte le
carrosse de Cendrillon.
Pour être beau, les jours de fête, il met les habits du marquis de Carabas, le chapeau à plumes
du Chat Botté et les bijoux de Peau d’Ane.
Oui vraiment, Népomucène est un drôle de zèbre.

Otto avait des cheveux courts, roux, taillés en brosse et de larges oreilles décollées. Il était
grand et maigre, couvert de tâches de rousseur. Mais ce n’était pas de jolies petites tâches de rousseur
comme celles qui attendrissent quand on les voit sur le nez en trompette des petites filles. Otto était
carrément bicolore, blanc avec des taches marron comme un petit chien. On aurait cru qu’il avait
stationné un peu trop près d’un peintre en bâtiment qui aurait peint un mur en marron avec un pistolet à
peinture. Otto présentait des spécimens de tâches de rousseur tout à fait extraordinaires. Sur la joue
gauche, par exemple, il en avait une qui ressemblait à l’Afrique, depuis Le Caire jusqu’au cap de Bonne-
Espérance. Et juste à côté du nombril, sur la droite, il avait une tâche de rousseur géante en forme de
cœur. Un cœur gros comme l’ongle du pouce, avec un petit pédoncule qui partait du milieu vers le haut.
Comme l’as de pique de nos cartes à jouer.
Voilà pourquoi, dans la classe, tout le monde l’appelait l’ « As de pique ».

[…] Daniel était petit et rondouillard, blond et rose. Il était tout rond, et pourtant, on ne le voyait pas
manger tellement. Et il avait le teint coloré, alors qu’il n’aimait pas le grand air. Et c’était lui qui obtenait
les meilleures notes en classe. Pourtant personne n’avait encore cru remarquer qu’il travaillât
beaucoup, ni qu’il fût particulièrement attentif pendant les cours. . Le plus souvent, Daniel était dans son
coin, les yeux mi-clos et il suçait son pouce. On aurait pu croire qu’il allait s’endormir. De temps en

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temps, d’ailleurs, même les professeurs le croyaient. « Réveille-toi, Daniel ! » disaient-ils très gentiment,
car les professeurs parlent toujours très gentiment aux meilleurs élèves. Alors, Daniel retirait le pouce
de sa bouche et marmonnait :
je ne dors pas, je pense.
A quoi pensait-il, il ne le disait jamais.
Quand on lui demandait, il faisait des réponse évasives : « Je réfléchis, comme ça », ou encore :
« Je me laisse aller à mes pensées, elles m’emportent et je les suis. »
Voilà pourquoi on appelait Daniel le « Penseur ».
Christine Nostlinger, extrait de Le penseur mène l’enquête
Leur institutrice s’appelait Mlle Candy et devait être âgée d’environ vingt-trois ou vingt-quatre ans.
Elle avait un ravissant visage ovale et pâle de madone avec des yeux bleus et une chevelure châtain
clair. Elle était si mince et si fragile qu’on avait l’impression qu’en tombant elle aurait pu se casser en
mille morceaux, comme une statuette de porcelaine. Mlle Jennifer Candy était une personne douce et
discrète qui n’élevait jamais la voix, que l’on voyait rarement sourire mais qui possédait le don
exceptionnel de se faire adorer de tous les enfants qui lui étaient confiés….. Mlle Legourdin, la directrice,
était d’une autre race : c’était une géante formidable, un monstrueux tyran qui terrorisait également
élèves et professeurs. Même à distance, une aura de menace l’enveloppait et, de près, l’on sentait les
émanations brûlantes qu’elle dégageait comme une barre de métal chauffé à blanc. Lorsqu’elle fonçait-
Mlle Legourdin ne marchait jamais ; elle avançait toujours comme un skieur, à longues enjambées, en
balançant les bras-, donc lorsqu’elle fonçait le long du couloir, on l’entendait toujours gronder et
grommeler, et si un groupe d’enfants se trouvait sur son passage, elle chargeait droit dessus comme un
tank, projetant les petits de part et d’autre.
Roald Dahl, extrait de Matilda

Au coin d’la rue du Jour


Et d’la rue Paradis
J’ai vu passer un homme
Y a que moi qui l’ai vu
J’ai vu passer un homme
Tout nu en plein midi
Y a que moi qui l’ai vu
Pourtant c’est moi l’plus petit
Les grands y savent pas voir
Surtout quand c’est marrant
Surtout quand c’est joli
Il avait des ch’veux d’ange
Une barbe de fleuve
Une grande queue de sirène
Une taille de guêpe
Deux pieds de chaise Louis treize
Un tronc de peuplier
Et puis un doigt de vin
Et deux mains de papier
Une toute petite tête d’ail
Une grande bouche d’incendie
Et ouis un œil-de-bœuf
Et un œil-de-perdrix
Jacques Prévert, Histoires

Mon oiseau bleu a le ventre tout bleu


Sa tête est d’un vert mordoré
Il a une tâche noire sous la gorge
Ses ailes sont bleues avec des touffes de petites plumes jaune doré
Au bout de la queue il y a des traces de vermillon

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Son dos est zébré de noir et de vert
Il a le bec noir les pattes incarnat et deux petits yeux de jais
Il adore faire trempette se nourrit de bananes et pousse un cri qui ressemble au sifflement d’un tout petit
jet de vapeur
On le nomme le septicolore
Blaise Cendrars, Au cœur du monde

Le monstre

C’est un très vieux robot


Fait de pièces et de morceaux :
Il a un corps de pompe, des jambes de force,
Des bras de levier, des mains de ressort,
La tête d’un train, des oreilles d’ancre,
La bouche d’un canon, une gorge de poulie
Et un nez de gouttière…

Certains ne pourraient pas


Supporter sa vue et le chasseraient !
Mais moi je ne le quitte plus : Je sais
Qu’il sera l’artisan de ma fortune.
J’ai deviné cela le jour
Où sur son front j’ai vu briller
Son unique œil cathodique.
Depuis ce jour j’attends
Le moment voulu pour le neutraliser
Et le démonter pièce à pièce.
Alors, entre ses poumons d’acier
Je pourrai enfin m’emparer
De son cœur d’or…
Pierre Ferran, in Jacques Charpentreau, L’almanach de la poésie, poèmes inédits ; Les Editions
Ouvrières.

Une femme d’une quarantaine d’années, que je n’avais jamais vue, était assise à côté de mon lit. Elle
était grande et belle, avec des cheveux bruns qui dégringolaient en boucles sur ses épaules. Elle était
très bien vêtue, avec un imperméable clair serré à la taille. Ses yeux bleus se sont posés sur moi. Elle
m’a souri et je lui ai rendu son sourire.
Cette femme-là ne ressemblait pas du tout à une infirmière.
« La mémoire kidnappée », Thierry Robberecht, coll. Souris noire, édition Syros

[…] Le marié était un beau gars, Jean Patu, le plus riche fermier du pays. C’était, avant tout, un
chasseur frénétique qui perdait le bon sens à satisfaire cette passion, et dépensait de l’argent gros
comme lui pour ses chiens, ses gardes, ses furets et ses fusils.
La mariée, Rosalie Roussel, avait été fort courtisée par tous les partis des environs, car on la trouvait
avenante et on la savait bien dotée ; mais elle avait choisi Patu, peut-être parce qu’il lui plaisait mieux
que les autres, mais plutôt encore, en Normande réfléchie, parce qu’il avait plus d’écus. […]
Extrait de « Farce normande », Contes de la bécasse, Guy de Maupassant, 1882

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Sur toutes les routes autour de Goderville, les paysans et leurs femmes s'en venaient vers le bourg, car
c'était jour de marché. Les mâles allaient, à pas tranquilles, tout le corps en avant à chaque mouvement
de leurs longues jambes torses, déformées par les rudes travaux, par la pesée sur la charrue qui fait en
même temps monter l'épaule gauche et dévier la taille, par le fauchage des blés qui fait écarter les
genoux pour prendre un aplomb solide, par toutes les besognes lentes et pénibles de la campagne. Leur
blouse bleue, empesée, brillante, comme vernie, ornée au col et aux poignets d'un petit dessin de fil
blanc, gonflée autour de leur torse osseux, semblait un ballon prêt à s'envoler, d'où sortait une tête, deux
bras et deux pieds.
Les uns tiraient au bout d'une corde une vache, un veau. Et leurs femmes, derrière l'animal, lui
fouettaient les reins d'une branche encore garnie de feuilles, pour hâter sa marche. Elles portaient au
bras de larges paniers d'où sortaient des têtes de poulets par-ci, des têtes de canards par-là. Et elles
marchaient d'un pas plus court et plus vif que leurs hommes, la taille sèche, droite et drapée dans un
petit châle étriqué, épinglé sur leur poitrine plate, la tête enveloppée d'un linge blanc collé sur les
cheveux et surmontée d'un bonnet. […]
Guy de Maupassant : La ficelle. Texte publié dans Le Gaulois du 25 novembre 1883, puis publié dans le
recueil Miss Harriet.

[…] C’était une grande paysanne, marchant à longs pas d’échassier, et portant sur un corps maigre et
plat une tête de chat-huant en colère. Elle passait son temps à élever des poules dans une petite cour,
derrière le cabaret, et elle était renommée pour la façon dont elle savait engraisser les volailles.
Extrait de « Toine », Guy de Maupassant

Je connaissais ce grand garçon qui s’appelait René de Bourneval. Il était de commerce aimable, bien
qu’un peu triste, semblait revenu de tout, fort septique, d’un scepticisme précis et mordant, habile surtout
à désarticuler d’un mot les hypocrisies mondaines. Il répétait souvent : « Il n’y a pas d’hommes
honnêtes, ou du moins il ne le sont que relativement aux crapules. […]
Extrait de « Le testament », Guy de Maupassant

[…] Mme D’Avancelles était au contraire une grande jeune femme brune et déterminée, qui riait d’un rire
sonore, au nez de son maître qui l’appelait publiquement « Mme Popote », et regardait d’un certain air
engageant et tendre les larges épaules et l’encolure robuste et les longues moustaches blondes de son
soupirant attitré, le baron Joseph de Croissard. […]
Extrait de « Un coq chanta », Guy de Maupassant

[…] C’était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l’air vivace et maladif. Il allait, venait,
chantait, jouait à la « fayousse », grattait les ruisseaux, volait un peu, mais comme les chats et les
passereaux, gaiement, riait quand on l’appelait galopin, se fâchait quand on l’appelait voyou. Il n’avait
pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d’amour ; mais il était joyeux parce qu’il était libre. […]
Gavroche, Victor Hugo, Les Misérables, 3ème partie, V, 1 et 2, 1862

« Au physique, Grandet était un homme de cinq pieds, trapu, carré, ayant des mollets de douze pouces
de circonférence, des rotules noueuses et de larges épaules ; son visage était rond, tanné, marqué de
petite vérole ; son menton était droit, ses lèvres n'offraient aucunes sinuosités, et ses dents étaient
blanches ; ses yeux avaient l'expression calme et dévoratrice que le peuple accorde au basilic ; son
front, plein de rides transversales, ne manquait pas de protubérances significatives; ses cheveux
jaunâtres et grisonnants étaient blanc et or, disaient quelques jeunes gens qui ne connaissaient pas la
gravité d'une plaisanterie faite sur monsieur Grandet. Son nez, gros par le bout supportait une loupe
veinée que le vulgaire disait, non sans raison, pleine de malice. »
Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1833.

La demie sonna. Rouhaud marchait de long en large, tournant, au moindre bruit, l’oreille vers l’escalier.
Dans son attente désœuvrée, en passant devant la glace, il s’arrêta, se regarda. Il ne vieillissait point, la
quarantaine approchait, sans que le roux ardent de ses cheveux frisés eût pâli. Sa barbe, qu’il portrait
entière, restait drue, elle aussi, d’un blond de soleil. Et, de taille moyenne, mais d’une extraordinaire
vigueur, il se plaisait à sa personne, satisfait de sa tête un peu plate, au front bas, à la nuque épaisse,

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de sa face ronde et sanguine, éclairée de deux gros yeux vifs. Ses sourcils se rejoignaient
embroussaillant son front de la barre des jaloux. Comme il avait épousé une femme plus jeune que lui
de quinze année, ses coups d’œil fréquents, donnés aux glaces, le rassuraient.
Emile Zola, « La bête humaine », 1890

[…] Maître Cornille était un vieux meunier vivant depuis soixante ans dans la farine et enragé pour son
état. L'installation des minoteries l'avait rendu comme fou. Pendant huit jours, on le vit courir par le
village, ameutant tout le monde autour de lui et criant de toutes ses forces qu'on voulait empoisonner la
Provence avec la farine des minotiers. Alors, de rage, le vieux s’enferma dans son moulin et vécut tout
seul comme une bête farouche. […]
Extrait de « Le secret de Maître Cornille », Alphonse Daudet

Devant le guéridon, un homme était assis, de quarante à quarante cinq ans, petit, gros, trapu, rougeaud,
en bras de chemise, avec des caleçons de flanelle, une forte barbe courte et des yeux flamboyants...
Cet homme, c'était Tartarin, Tartarin de Tarascon.
Alphonse Daudet - Tartarin de Tarascon. (J'ai Lu)

Ah ! qu'elle était jolie, la petite chèvre de Monsieur Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa
barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui
lui faisaient une houppelande ! Et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre
son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre...
Alphonse Daudet - Lettres de Mon Moulin

Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Des
taches brunes causées par la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues ;
elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage ; ses mains portaient les entailles
profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons... Tout en lui était vieux,
sauf son regard qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer.
Ernest Hemingway - Le vieil homme et la mer. (Gallimard Folio)

Huckleberry portait des vêtements d'homme, toujours en lambeaux. Une seule bretelle retenait son
pantalon dont les jambes, toutes trouées, traînaient dans la poussière. Du printemps à l'automne, il allait
nu-pieds. A l'occasion, il employait les jurons les plus grossiers.
Mark Twain - Tom Sawyer. (Le Livre de Poche)

Il était une fois un ogre, un vrai géant, qui vivait tout seul.
Comme la plupart des ogres, il avait des dents pointues, une barbe piquante, un nez énorme et un grand
couteau. Il était toujours de mauvaise humeur et avait toujours faim.
Ce qu'il aimait le plus au monde, c'était de manger des petits enfants à son petit déjeuner.
Le géant de Zéralda . Tomi Hungerer

C'était au Roi des Chèvres que Toa avait vendu Afrique. Pas un méchant homme, le Roi des Chèvres.
Seulement, il aimait ses troupeaux plus que tout au monde. D'ailleurs, il avait des cheveux bouclés de
mouton blanc, ne mangeait que du fromage de chèvre, ne buvait que du lait de brebis et parlait d'une
voix chevrotante qui faisait frétiller sa longue et soyeuse barbiche de bouc.
L'oeil du loup. Daniel Pennac (Poche Nathan)

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Le journal du soir publiait une importante photo d'Augustus Gloop. Cette photo représentait un garçon
de neuf ans, si gros et si gras qu'il avait l'air gonflé avec une pompe extra-puissante. Tout flasque et tout
en bourrelets de graisse. Avec une figure comme une monstrueuse boule de pâte, et des yeux perçants
comme des raisins secs, scrutant le monde avec malveillance.
Charlie et la Chocolaterie. Roald Dahl (Gallimard Folio Junior)

Monsieur Jaime Lerôme est notre Principal. Rassurez-vous, il n'a jamais bu une goutte d'alcool de sa
vie. Petit-grand, gros-maigre, tel est le physique de cet ancien Professeur de physique-Chimie. Je
m'explique ! De grandes jambes toutes maigres supportent un petit torse rondelet ; au-dessus de cet
édifice contre nature est posé un ballon, mais un ballon de rugby, ovale.
Deux grands yeux tantôt riants, tantôt terrifiants, encadrent un nez tomate qui lui-même surplombe une
minuscule bouche dans laquelle une dizaine de dents attendent désespérément le dentier promis depuis
belle lurette mais soumis à une hypothétique augmentation.
Vous entourez ce ballon de rugby d'un collier artistiquement taillé et digne d'un maître de la Troisième
(République) voilà le portrait le plus fidèle que l'on puisse tracer de Jaime Lerôme.
Et moi, le soi-disant cancre du " Collège Jean Foupalourd " moi, j'aime Jaime !
Rififi au Collège. Régis Delpeuch (SEDRAP)

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