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LE CHAÎNAGE

Introduction
Autrefois les arpenteurs utilisaient une véritable chaîne composée de maillons pour mesurer une distance entre deux points. C'est
pourquoi cette opération s'appelle un chaînage. Aujourd'hui la chaîne a été remplacée par un ruban à mesurer, généralement
fabriqué en acier. Ces rubans sont étalonnés en mètres (SI) ou en pieds. Les rubans utilisés en arpentage ont habituellement des
longueurs de 30, 50 ou 100 mètres.

Il existe d'autres méthodes pour mesurer une distance. Le télémètre électronique transmet une série d'ondes à une vitesse
constante. Celle-ci est réfléchie sur un prisme et revient vers son point de départ. Le temps entre l'émission et la réception permet
de calculer la distance entre le télémètre et son prisme. On peut également obtenir une distance par calcul (méthode
d'intersection). Sur des distances relativement courtes (inférieures à 30 mètres) les meilleures précisions sont obtenues par un
chaînage.

Il semble facile de mesurer une distance avec un ruban. Cependant les résultats obtenus varient en fonction des conditions
d'observation. Il faut donc utiliser une bonne technique de mesurage et corriger les observations adéquatement.

1 Les techniques de chaînage


Le chaînage s'effectue par deux opérateurs, le chaîneur arrière (celui qui occupe initialement le point de départ et qui tient le zéro
du ruban) et le chaîneur avant (celui qui a avance vers le point en déroulant le ruban). Pour des mesures longues, les chaîneurs
doivent effectuer plusieurs portées ayant la longueur nominale du ruban. Par exemple, pour mesurer une distance de 187 mètres
avec un ruban de 30 mètres, il faudra 6 portées de 30 mètres et une autre de 7 mètres. Le chaîneur arrière doit vérifier
l'alignement du chaîneur avant pour chaque nouvelle portée. Ce dernier utilise alors un jalon ou une fiche qu'il implante dans la
ligne à mesurer, au bout de son ruban (il est plus facile de procéder à l'alignement avec des fiches parce qu'elles sont plus minces
que les jalons). On ramasse les fiches lors du chaînage de retour.

Tout au long du mesurage, le chaîneur arrière aligne le chaîneur avant avec des signes de main vers la gauche ou vers la droite.
De plus il doit noter le nombre de portées complètes effectuées. La dernière portée est rarement complète. Le chaîneur arrière
met en coïncidence l'origine (zéro) du ruban avec le point de départ du chaînage. Le chaîneur avant dépose le ruban sur le point
d'arrivée. Il fait signe au chaîneur arrière de lâcher la tension puis il tire sur le ruban pour amener une graduation exacte sur le
point. C'est donc le chaîneur arrière qui applique la tension et effectue la lecture sur la longueur excédentaire. Il doit ajouter cette
lecture à la valeur du trait exact lue par le chaîneur avant.

La présence d'obstacles peut empêcher l'alignement d'une portée. Dans ce cas, les opérateurs peuvent implanter une portée non
alignée. Ils doivent alors mesurer l'écart d'alignement entre la portée non alignée et la ligne de chaînage. Cette mesure est
perpendiculaire à la ligne de chaînage.

La technique de chaînage adoptée dépend des conditions dans lesquelles la mesure doit être effectuée. Le principal paramètre est
la topographie du terrain. Selon le terrain on peut faire un chaînage supporté horizontal ou en pente, ou un chaînage suspendu
horizontal, en pente ou par cultellation (fragmenté).
1.1 Chaînage supporté
Cette technique ne peut être utilisée que dans des conditions idéales que l'on retrouve surtout en laboratoire ou sur une route
horizontale. De plus il ne doit pas y avoir d'obstacles entre les deux points à mesurer. On peut aussi mesurer avec une chaîne
supportée lorsque le terrain a une pente uniforme entre les points. Il suffira alors de corriger les observations pour les ramener à
l'horizontale.

1.2 Chaînage suspendu


Il est bien rare que les conditions idéales (surface plane, horizontale et sans obstacles ) prévalent lors de la prise de mesures.
Souvent les chaînages doivent être effectués sur une surface relativement plane mais comportant des obstacles. Les opérateurs
doivent alors suspendre le ruban au-dessus des obstacles suffisamment haut pour que le ruban ne soit pas en contact avec eux. Il
est préférable d'utiliser des jalons. On placera le zéro sur le jalon placé à côté du premier point. L'autre jalon sera placé vis-à-vis
la graduation indiquant la longueur nominale du ruban. Les opérateurs peuvent combiner des portées de chaîne supportée avec
des portées de chaîne suspendue à condition de l'indiquer clairement dans les notes. Les portées de chaîne suspendue devront être
corrigées par calcul afin d'éliminer l'effet de la chaînette.

1.2.1 Chaînage suspendu par cultellation (fragmenté)

En plus des obstacles, il arrive souvent que les chaînages doivent être effectués sur un terrain accidenté. Le chaînage par
cultellation consiste à morceler le travail en sections horizontales. Dans ce cas-ci, c'est la pente qui oblige le chaîneur avant à
suspendre la chaîne dans les airs.

Le chaîneur arrière met en coïncidence le zéro de la chaîne avec le point au sol. Le chaîneur avant suspend le ruban au-dessus du
sol à la même élévation que le chaîneur arrière. La longueur de la portée est habituellement inférieure à la longueur du ruban.
Elle dépend de la pente sur laquelle le chaînage s'effectue. Plus la pente est forte, plus les portées sont courtes et plus le nombre
de portées augmente.

Comme pour la technique précédente, le chaîneur avant doit indiquer le point au sol avec un jalon et appliquer la tension
standard. Il doit également se soucier de l'alignement si plus d'une portée est nécessaire. Le chaînage fragmenté est toujours
effectué en descendant la pente.

1.2.2 Chaînage suspendu en pente

En terrain accidenté, on peut mesurer une distance par le chaînage en pente. Pour chaque portée, on évalue l'angle d'inclinaison
du ruban avec un inclinomètre. Celui-ci est assez précis pour la plupart des travaux. L'inclinomètre peut aussi servir à contrôler
l'horizontalité du chaînage puisqu'une nivelle y est intégrée. Pour un chaînage de plus grande précision, le théodolite peut
remplacer l'inclinomètre.

2 Les différents types de graduations des rubans


Il existe trois types de rubans gradués (SI), chacun ayant sa propre technique de lecture. Le premier genre étant le plus vieux et le
dernier le plus récent.

2.1 Graduations millimètres intérieures


Le ruban est gradué aux mètres (ou décimètres) sur toute sa longueur. Pour compléter la lecture des graduations millimétriques
sont situées entre le zéro et le premier mètre (ou décimètre). Dans ce cas, l'opération s'effectue en deux (2) étapes. D'abord le
chaîneur arrière met approximativement le zéro du ruban en coïncidence avec le point arrière. Le chaîneur avant localise alors la
graduation supérieure la plus proche du point à mesurer. Le chaîneur arrière tire et applique la bonne tension. Il note la
graduation lue par le chaîneur avant et prend la lecture sur le point arrière. Pour obtenir la mesure, la lecture du chaîneur arrière
doit être soustraite de la valeur obtenue par le chaîneur avant. C'est le type de graduations qui peut occasionner le plus d'erreurs
de lectures.

2.2 Graduations millimétriques extérieures


Tout comme dans le cas des graduations millimétriques intérieures ce ruban est gradué aux mètres (ou décimètres) sur toute sa
longueur. Les graduations millimétriques sont situées sur le mètre (ou décimètre) excédentaire. Il origine au zéro du ruban et est
gradué dans le sens opposé du reste du ruban. La manière de procéder est similaire au cas précédent. D'abord le chaîneur arrière
met approximativement le zéro du ruban en coïncidence avec le point arrière. Le chaîneur avant localise alors la graduation
inférieure la plus proche du point à mesurer. Puis il tire jusqu'à ce que la graduation soit en coïncidence avec le point avant.

Le chaîneur arrière note la graduation lue par le chaîneur avant et prends ensuite la lecture sur le mètre excédentaire. Pour obtenir
la valeur finale, la lecture du chaîneur arrière doit être ajoutée à celle du chaîneur avant. Le seul désavantage est qu'il faut faire
des lectures aux deux bouts du ruban.

2.3 Graduations millimétriques complètes


C'est le mode de lecture le plus simple. Le chaîneur arrière met en coïncidence le zéro du ruban avec le point arrière. Le chaîneur
avant prend la lecture sur le ruban, vis-à-vis le point avant, en prenant soin d'appliquer la tension adéquate. Il peut noter les
observations lui-même dans le carnet de notes.

3 Les fautes lors d'un chaînage


Les fautes sont dues à un oubli ou à la maladresse des opérateurs. Elles peuvent être évitées par une attention constante sur le
travail à effectuer. Les fautes les plus courantes sont les suivantes :

Mauvaise identification de l'origine. Cette faute peut survenir lorsque le ruban comporte un mètre excédentaire. Il ne faut pas
confondre la lecture extrême du mètre excédentaire avec l'origine du ruban.

Oubli d'inscrire une portée. Cette faute peut survenir lorsque la distance chaînée comporte plus d'une portée. Chaque portée
effectuée doit être inscrite au fur et à mesure dans le carnet d'arpentage pour éviter cette faute.

Mauvaise lecture due à l'inversion des chiffres. Cette faute peut survenir lorsque le ruban est à l'envers par rapport à
l'opérateur. Le chaîneur peut lire 46 au lieu de 64. Cette faute peut être évitée en vérifiant une graduation voisine. Par exemple si
la graduation voisine indique 63, le chaîneur constatera aussitôt sa faute et corrigera sa lecture.

Mauvaise tension. Cette faute survient si les opérateurs oublient d'appliquer la tension sur la chaîne ou appliquent une tension
inadéquate.

Mauvaise transcription. Cette faute survient lorsque le chaîneur transcrit incorrectement la lecture dans le carnet d'arpentage.
Une attention particulière évite ce type de faute.

4 Les erreurs accidentelles lors d'un chaînage


Par définition, une erreur est l'inexactitude qui découle de l'imperfection des instruments et de nos sens. Les erreurs sont
généralement petites mais leur accumulation peut devenir importante.

Les erreurs accidentelles sont difficiles à éliminer et à quantifier parce qu'elles sont de nature aléatoire. De plus elles peuvent
avoir des valeurs positives ou négatives. Pour quantifier une erreur accidentelle, il faut procéder à une analyse de précision. Seule
une bonne technique et un travail minutieux permettent de minimiser ce type d'erreurs. La seule consolation, face aux erreurs
accidentelles, est qu'elles ont tendance à s'annuler entre elles.

4.1 Le défaut de verticalité du jalon


Malgré les efforts fournis pour poser un jalon verticalement il existe toujours un angle, si petit soit-il, entre e jalon et la verticale
du lieu. Cette erreur angulaire provoque une erreur linéaire plus grande dans le haut du jalon que dans le bas. Il est donc toujours
préférable de faire les lectures dans le bas du jalon pour minimiser cette erreur.

4.2 L'incertitude sur la lecture du ruban


Ici on ne parle pas de faute de lecture mais plutôt d'une certaine imprécision de fabrication du ruban. En effet certaines
graduations peuvent amener des lectures trop courtes alors que d'autres provoquent des lectures trop longues. Par exemple, si le
système de marquage du ruban est précis à 0.1 mm près, une lecture de 20 mètres pourrait avoir une valeur située de 19.9999 m
alors que la graduation à 15 m mesurerait en réalité 15.0001 m.

4.3 L'incertitude sur les observations de température


Ceci résulte de l'imprécision des thermomètres. Un thermomètre précis au degré peut indiquer une valeur de 19 ou 21 degrés
alors que la température réelle est de 20 degrés.

4.4 L'incertitude sur la tension appliquée au ruban


Malgré tous les efforts pour appliquer une tension uniforme lors d'un chaînage il peut arriver que les chaîneurs appliquent une
tension inférieure ou supérieure à la tension d'étalonnage. Seule l'expérience peut arriver à minimiser ces erreurs.

4.5 L'incertitude sur la lecture de l'angle d'inclinaison


lors d'un chaînage en pente

Par exemple, lorsqu'on utilise un inclinomètre précis à 0o10' près, ceci implique nécessairement une erreur lors de la correction.
En effet si l'inclinaison est de 5o et que l'inclinomètre indique 5o10' , les corrections seront faites pour un angle de 5o10' et non
avec la vraie valeur de 5o00'. La correction sera donc trop grande par rapport à la réalité.

5 Les corrections d'erreurs systématiques lors d'un chaînage


Les erreurs systématiques sont difficiles à éliminer, mais sont assez faciles à quantifier. Bien qu'il soit difficile d'éliminer la
source d'une erreur systématique, il est relativement facile de corriger la mesure par une correction appropriée. Cette section
présente les différentes sources d'erreur systématique et les corrections à effectuer pour les annuler.

5.1 Correction pour l'erreur d'étalonnage


Aucun ruban ne possède de traits parfaitement exacts. L'écart entre la valeur vraie et la valeur inscrite sur le ruban pour une
graduation donnée est ce que l'on nomme l'erreur d'étalonnage. Pour être en mesure de calculer l'erreur d'étalonnage, il faut que
les traits utilisés soient étalonnés. L'étalonnage consiste à comparer le ruban à un étalon connu avec une plus grande précision.

La correction d'étalonnage Ce est donnée par la relation suivante :

où: Le : Valeur étalonnée du trait


Ln : Valeur nominale du trait (inscrite sur le ruban).
L : Longueur mesurée

Notez que la formule de correction considère l'erreur comme étant répartie proportionnellement sur toute la chaîne. Cette
affirmation est relativement exacte. Pour des travaux de grande précision il est important de faire étalonner le ruban aux
graduations utilisées.

Le signe de la correction est très important. Si la correction d'étalonnage est négative alors Le < Ln. La longueur indiquée est
trop grande et la distance doit être réduite. Si la correction est positive, la mesure est trop petite et la distance doit être
augmentée.

Si la longueur mesurée est égale à la longueur nominale, donc si on utilise la chaîne sur toute sa longueur, l'équation devient:
5.2 Correction pour l'erreur d'alignement
L'erreur d'alignement peut sembler être une erreur de type aléatoire. Or c'est bien d'une erreur systématique qu'il s'agit puisque la
correction d'alignement s'applique toujours dans le même sens et est toujours négative. Si on considère que e est perpendiculaire
à la ligne de visée, on peut calculer D par le théorème de Pythagore. La correction d'alignement devient alors:

où D : Distance dans l'alignement


L : Longueur mesurée
e : Écart d'alignement mesuré perpendiculairement à la ligne de chaînage.

5.3 Correction pour la réduction à l'horizontale


Lorsqu'un chaînage n'est pas horizontal, il faut apporter une correction que l'on nomme réduction à l'horizontale. Cette correction
est toujours négative. La distance horizontale réduite Dh est donnée par la relation suivante :

où L : Longueur mesurée en mètres.


: Angle d'inclinaison par rapport à l'horizontale.

La correction pour la réduction à l'horizontale est donc:


5.4 Correction de l'erreur causée par la dilatation thermique
Lorsqu'un chaînage n'a pas été effectué à la température d'étalonnage (20°C), il faut apporter une correction pour éliminer le biais
introduit par la dilatation thermique du matériau que l'on nomme correction de température. Si la température d'observation est
supérieure à 20°C, le ruban est dilaté et la mesure doit être augmentée. Dans le cas contraire (T < 20°C), le ruban est contracté et
la mesure doit être réduite. La correction de température est donnée par la relation suivante :

où L : Longueur mesurée en mètres.


k: Coefficient de dilatation thermique du matériau.
T :Température d'observation.
T0 :Température d'étalonnage = 20 oC.

Le coefficient de dilatation thermique est une caractéristique du matériau qui compose le ruban. Les coefficients de l'acier et de
l'invar sont respectivement de 11 p.p.m./°C et ~1 p.p.m./°C. Comme l'invar est un alliage d'acier et de nickel, son coefficient
varie en fonction de la proportion respective de ces deux métaux.

5.5 Correction de l'erreur due à l'élasticité du ruban


Lorsqu'un chaînage n'a pas été effectué à la tension d'étalonnage, il faut apporter une correction pour éliminer le biais introduit
par l'élasticité du ruban. L'élasticité du ruban est une caractéristique du matériau dont il est constitué. L'élasticité est quantifiée
par une grandeur physique que l'on nomme module d'élasticité E ou module de Young. La correction d'élasticité est donnée par la
relation suivante :

où P : Tension réelle appliquée au ruban (Kg)


P0 :Tension d'étalonnage (habituellement = 9 Kg)
L : Longueur du ruban en (mètres)
A : Section du ruban (mm2)
E : Module d'élasticité (Kg/mm2).

5.6 Correction de l'erreur due à la chaînette


Lorsqu'un chaînage a été effectué avec un ruban suspendu, une correction doit être apportée à la mesure pour éliminer le biais
introduit par la courbure de la chaîne, ce que l'on nomme la chaînette. La chaînette prend la forme d'une courbe qui tend vers la
parabole. La correction de chaînette est la différence entre la longueur de la courbe (valeur observée) et la ligne droite entre deux
(2) points (corde). La correction de chaînette est donnée par la relation suivante :

où w : Poids unitaire du ruban (Kg/mètre)


L : distance observée en mètres
P : Tension appliquée sur le ruban (Kg).
Cette relation est valable pour une ou plusieurs chaînettes. Plusieurs chaînettes peuvent apparaître si le ruban est en contact à plus
de deux endroits. La correction de chaînette est toujours négative puisque la corde est toujours inférieure à la distance observée.

6 Calcul de la distance entre deux points


Connaissant maintenant toutes les erreurs impliquées dans un chaînage, on peut calculer la distance entre deux points en
appliquant les corrections aux valeurs observées:

où : L Longueur mesurée sur une portée


Ce: Correction d'étalonnage
Ca: Correction d'alignement
Ch: Correction pour réduction à l'horizontale
CT: Correction pour la température
CP: Correction pour la tension
Cc: Correction pour la chaînette.

7 Exemple de chaînage
Quelle est la distance entre deux points sachant que les conditions d'observations sont les suivantes:

L'erreur d'alignement (e) est de 0.2 m.


Une première longueur de 30 m a été mesurée et l'inclinomètre indiquait que l'angle au-dessus de l'horizon était de 10o ( 1=
10).
Une autre longueur indiquait 18.539 m alors que l'angle sous l'horizon était de 7o ( 2 = 7).
La température d'observation était de 18 oC (T=18).
La tension appliquée lors du chaînage était produite par une masse de 8 kg (P=8).
Le ruban n'était pas supporté à longueur lors des observations (appliquer les corrections de chaînette).

Les caractéristiques du ruban sont les suivantes :


Le = 30.001 m
To = 20 oC
k = 11 x 10-6 / oC
Po = 9 kg
A = 3.5 mm2
E = 20000 kg/mm2
w = 0.025 kg/m.

Solution:
D = D1 +D2 = 29.5325 + 18.3970 = 47.9294.

Considérant les conditions d'observations et les caractéristiques du ruban, la distance entre les deux points est de 47.9294 mètres.

8 Exercices
Exercice 1 (961024)

La distance entre 2 points est égale à 25.432. Quelle devrait être la lecture effectuée sur votre ruban, si les conditions de mesurage sont les
suivantes:
Longueur nominale du ruban: 30 m
Température d'étalonnage: 20 C
Coefficient de dilatationt hermique: 11 ppm/ C
Tension d'étalonnage: 9 kg.
Lors du mesurage la chaîne était supportée aux extrémités seulement, au-dessus des points mesurés (pas de chaînage supporté).

Valeur réelle du 30 mètres: 29.995 m Écart d'alignement: 0.080 m


Angle d'inclinaison: 5 Température: 7 C
Section: 3.8 mm² Module d'élasticité: 18000 kg/mm²
Tension appliquée: 12.0 kg Poids unitaire: 0.038 kg/m

Réponse:
L = 25.543077 m

Exercice 2 (980928)

Vous devez déterminer la distance entre deux points, A et B, par un chaînage aller et un chaînage retour. Après l'aller vous brisez votre chaîne et
devez en prendre une autre pour le retour. Connaissant les caractéristiques de chaque chaîne et les observations s'y rapportant, calculez la
distance moyenne AB, l'écart entre les deux distances calculées (aller - retour). Si vous deviez avoir une précision de 1/5000, est-ce que le
chaînage est assez précis?

N.B.: Les chaînages sont suspendus et horizontaux. L'alignement est parfait.

Chaînage Aller Chaînage Retour


Longueur étalonnée 30.0035 29.997
T (C) 15 18
T0 (C) 20 20
P (kg) 9 5
P0 (kg) 9 5
2
A (mm ) 3 2
E (kg/mm2) 20000 19500
w (kg/m) .02 .0167
k (p.p.m.) 10.8 10.8
Longueur mesurée (1) 30.000 30.000
Longueur mesurée (2) 30.000 30.000
Longueur mesurée (3) 30.000 30.000
Longueur mesurée (4) 10.000 10.020

Réponses:
AB Aller = 99.989384 m; AB Retour = 99.969720 m; AB Moyenne = 99.979557;
Écart = 0.019674 m; Précision = 1/5082, donc assez précis.

Exercice 3 (970304)

Vous avez effectué un chaînage suspendu en pente entre les points A et B. Quelle est la distance AB si les conditions d'observations étaient les
suvantes:

Pente AB = 10o
Longueur mesurée AB = 30.000
Température (T) = 28 oC
Tension appliquée = 10 kg.
Les caractéristiques du ruban sont les suivantes:
Longueur étalonnée AB = 30.0143 m
Température d'étalonnage (T0): 20 oC
Coefficient de dilatationt hermique: 11 ppm/ C
Tension d'étalonnage (P0): 9 kg.
Poids unitaire (w): 0.020 kg/m
Section: 3.0 mm²
Module d'élasticité (E) = 22000 kg/mm² .

Réponse:
AB = 29.5571 m

Exercice 4 (011108)

Connaissant les caractéristiques d’un ruban et les conditions d’observations, calculez la distance entre les points, sachant que :
lecture observée sur le ruban = 28.529 m;
température d’étalonnage = 20°C;
température d’observation = 5°C;
tension d’étalonnage = 9 kg;
tension appliquée lors de la mesure = 7.5 kg;
angle vertical = 10° sous l’horizon;
poids unitaire 0.03 kg/m;
module d’élasticité = 20000 kg/mm2;
section = 3 mm²;
coefficient de dilatation thermique = 11 ppm/°C.

Réponse :
Distance = 28.0747 m

Exercice 5 (001026)
Vous chaînez une distance entre les points A et B. Vous avez mesuré exactement 5 longueurs avec une chaîne de 30 mètres, en chaînage
suspendu, sur un terrain horizontal, à une température de 15°C, en appliquant un tension de 6 kg. Déterminez la distance entre A et B,
connaissant les caractéristiques de votre ruban : A = 3.2 mm2, k=10.8 ppm, Po = 5 kg, E = 19800 kg/mm2, w= 0.018 kg/m et To = 20°C.

Réponse :
Distance AB = 149.944 m

Exercice 6 (000222)

Calculez la distance entre les points A et B sachant que vous avez noté 3 portées de 30 m et une portée de 15.678 m. Les observations sont faites
lors de chaînages suspendus horizontaux. L’alignement est considéré comme parfait.
Les caractéristiques du ruban sont : longueur étalonnée 29.997 m; section = 2.2 mm2; poids unitaire = 0.015 kg/m; tension d’étalonnage = 50 N
(équivaut à une masse de 5.1 kg); température d’étalonnage 20°C; module d’élasticité = 20000 kg/mm2; coefficient de dilatation thermique =
11.6 ppm/°C.
Les conditions lors du mesurage sont : température = 25°C; tension appliquée 6 kg.

Réponse :
Distance AB = 105.654 m

Exercice 7 (990929)

Calculez la distance entre deux points, après avoir effectué un chaînage suspendu et connaissant les caractéristiques du ruban utilisé (poids
unitaire = 0.025 kg/m, section = 3 mm2, module d’élasticité = 20000 kg/mm2, température d’étalonnage = 20°C, tension d’étalonnage = 5 kg,
coefficient de dilatation thermique = 11.8 ppm).
Température observée = 18°C, longueur étalonnée = 30.0026 m, erreur d’alignement = 0.010 m, distance observées : L1 = L2 = L3 = 30 m et L4
= 18.345 m, tension appliquée = 8 kg, Pente = -6%.

Réponse :
Distance = 108.127 m
Exercice 8 (990222)

Vous effectuez un chaînage horizontal suspendu sans tenir compte de la température ni de la correction de chaînette. Quelle serait la différence
entre vos résultats et la vraie distance, si vous avez mesuré 4 portées de 30 m. La température est de –20°C alors que la température d’étalonnage
est de 20°C; la tension applique est égale à la tension d’étalonnage, produite par une masse de 5 kg; le poids unitaire est de 0.020 kg/m; le
coefficient de dilatation thermique est de 12 ppm/°C.

Réponse :
Différence = -0.130 m

Exercice 9 (970311)

Vous mesurez une longueur de 247.80 m (avant correction de température) lorsque la température ambiante est de 23°C et que la tension
appliqué était de 8 kg. Quelle est la distance réelle entre les points si le chaînage a été effectué à plat sur une surface horizontale, et que les
caractéristiques du ruban sont :

Température d’étalonnage = 20°C; coefficient de dilatation thermique du ruban k = 11 ppm/°C; tension d’étalonnage = 9 kg; A = 3.5 mm2; E =
20000 kg/mm2.

Réponse :
Distance = 247.805 m

Exercice 10 (970304)

Vous mesurez une longueur de 342.30 m (avant correction de température) lorsque la température ambiante est de 23°C. Quelle aurait été la
distance mesurée (avant correction de température) si la température avait été de 15°C ? Le coefficient de dilatation thermique du ruban est k =
11 ppm/°C.
Réponse :
Distance = 342.330 m

Exercice 11 (961023)

Connaissant les caractéristiques de votre ruban et les conditions lors du mesurage, déterminez la distance mesurée (après toutes les corrections).
Longueur nominale du ruban : 30 m
Température d'étalonnage : 20 °C
Coefficient de dilatation thermique : 11 ppm/°C
Tension d'étalonnage : 9 kg
Longueur mesurée : 29.617 m Valeur réelle du 30 mètres : 30.001 m
Écart d'alignement : 0.099 m Angle d'inclinaison : 20°
Température : 14°C Section : 5.8 mm2
Module d'élasticité : 28000 kg/mm2 Tension appliquée : 7.5 kg
Poids unitaire : 0.021 kg/m

Réponse :
Distance = 27.8210 m
Le nivellement

Introduction
Le nivellement est un procédé qui permet de déterminer la hauteur d'un point par rapport à un niveau de référence. Celui-ci est le
niveau moyen des mers (N.M.M.) qui représente une surface équipotentielle ou le géoïde.

La verticale d'un lieu est la direction de la gravité en ce point, elle est comparable à la direction d'un fil à plomb. Si les points A
et B sont séparés de plusieurs kilomètres, la courbure terrestre fait que les verticales convergent. À cause de la courbure terrestre,
des changements de densité des masses et des masses cachées sous la surface de la terre, toutes les lignes verticales ne sont pas
parallèles, même lorsque les points sont rapprochés. Généralement, cependant, les variations de gravité sont petites et ces lignes
peuvent être considérées comme parallèles pour la plupart des applications, spécialement en topométrie. Les relevés qui ne
tiennent pas compte des variation de gravité considèrent que le niveau de référence est un plan.

Une ligne horizontale est perpendiculaire à la verticale du lieu. Les niveaux permettent de déterminer la différence d'élévation
entre deux points. On peut obtenir cette différence d'élévation en comparant les altitudes des points par rapport au N.M.M. Ces
différences d'élévation sont déterminées par des nivellements géométrique ou trigonométrique.

1 Le nivellement géométrique
1.1 Normes de précision du nivellement géométrique
Pour estimer la précision d'un nivellement il faut effectuer un aller et un retour. La différence entre les résultats obtenus lors de
ces expériences doit rencontrer les normes selon le type de précision désirée.

Précision Écart permis


Spécial ± 3 mm
1er ordre ± 4 mm
2e ordre ± 6 mm
3e ordre ± 8 mm
4e ordre ± 10 mm

où K est la distance parcourue en kilomètres.


1.2 Procédure pour chaque mise en station du niveau
Le nivellement géométrique s'effectue à l'aide d'un niveau. Voici la procédure détaillée pour chaque installation de niveau:

• On installe d'abord le niveau à une distance de 10 à 80 mètres du premier point dont l'élévation est connue (altitude
aRrière = alt R).
• On fait une lecture sur la mire placée sur ce point d'élévation connue (visée aRrière = R).
• On calcule l'élévation de la ligne de niveau: Alt N = alt R + R.
• Pour éliminer l'erreur de calage du niveau, la distance entre l'instrument et chacune des deux mires doit être comparable
(10%). Ceci permet d'augmenter considérablement la précision du nivellement.

• Une mire avant est placée dans la direction du point à déterminer, sur un point tournant (PT). On fait une lecture sur cette
mire (visée aVant = V). L'altitude du PT est calculée par:

alt TP = Alt N - V = alt R + R - V.

Maintenant que l'élévation du TP est connue, on déplace le niveau et on recommence la procédure en considérant le TP comme
le point d'élévation connue. En résumé, à chaque installation d'instrument il faut faire une lecture de mire sur un point d'élévation
connue (R), puis une lecture de mire sur le point à déterminer (V). La différence d'élévation entre les deux mires est égale à R -
V.

La dénivelée observée sera:

Dénivelée = +R -V.

Pour connaître l'élévation du point d'arrivée par rapport au point de départ,


Alt arrivée = alt départ + dénivelée.

1.3 La méthode pour le nivellement par cheminement


Pour cette méthode, les lectures sont effectuées seulement sur le fil niveleur, sur la visée arrière et la visée avant. On calcule la
dénivelée entre le point de départ d'arrivée et on évalue la distance parcourue sur une carte. Ce type de nivellement s'effectue
aussi pour tracer des profils de ligne centrale de routes. Les altitudes sont alors calculées à chaque chaînage piqueté.

1.3.1 Carnet de notes: Nivellement par cheminement


Voici un exemple de carnet de notes pour un nivellement par cheminement.

Visée arrière Visée avant Dénivelée


Remarques
R (+) (mm) V (-) (mm) (m)
2866 0535 850R
2681 0488 12:49
2711 0902 V1 18C
1797 1445
1635 1348
1718 0964 12:59

=13408 =5682 7.726 m T13


1.4 La méthode des trois fils
La méthode des trois fils permet de vérifier les données au fur et à mesure que le travail progresse. De plus, la distance entre le
point nivelé et l'instrument est calculée. Sur le terrain il faut lire la hauteur de chacun des fils du réticule. Dans l'ordre on lit le fil
stadimétrique inférieur, fil niveleur et fil stadimétrique supérieur. La façon de calculer la dénivelée change selon la constante
stadimétrique du niveau. Par exemple, lorsque la constante stadimétrique est inférieure ou égale à 200, on utilise seulement le fil
niveleur pour calculer la dénivelée. Cependant, si la constante est supérieure à 200 (soit 300 ou 400), on fera la moyenne des
trois lectures de la mire afin de compiler la dénivelée.

On calcule la somme des lectures. Celle-ci doit être très proche de la lecture moyenne * 3, sinon il y a une erreur de lecture ou de
calcul.

On détermine la distance en calculant la différence entre les fils haut et bas, multipliée par la constante stadimétrique de
l'instrument. Habituellement, celle-ci est égale à 100. Puisque les lectures sur la mire sont en millimètres et que la constante est
de 100, la différence de lecture en centimètres est égale à la distance en décimètres.

Les critères de précision sont au nombre de 4:

• La lecture du fil niveleur doit être supérieure à 20 cm au-dessus du sol.


• La différence obtenue entre le fil niveleur et chacun des fils stadimétriques doit être inférieure ou égale à 2 millimètres (10
mm pour les mires graduées à tous les 5 mm).
• Les portées ne doivent pas dépasser une longueur de 80 m.
• À l'intérieur d'une même station, les distances mire-instrument doivent être égales (±10%). Cependant une différence
minimale de 3 mètres a été imposée afin d'éviter des déplacements fréquents d'instrument lorsque les portées sont très
courtes.
1.4.1 Carnet de notes: Nivellement à 3 fils
Date: 93/07/26
Opérateur: R. Plante
Coups arrière Coups avant
No Lect. Dif. dif. Lect. Dif. Remarques
2733 133 - 0394 141 - 12:49
2866 134 + 0535 140 + V1
1 3000 8599 267 +1 267 0675 1604 281 -1 281 18C

2440 241 - 0259 229 -


2 2681 241 + 0488 228 +
2922 8043 482 +0 749 0716 1463 457 -1 738

2432 279 - 0618 284 -


2711 279 + 0902 286 +
3 2990 8133 558 +0 1307 1188 2708 570 +2 1308

1608 189 - 1256 189 -


1797 188 + 1445 189 +
4 1985 5390 377 -1 1684 1634 4334 378 +0 1686

1525 110 - 1234 114 -


1635 109 + 1348 115 +
5 1744 4904 219 -1 1903 1463 4045 229 +1 1915

1665 53 - 0915 49 -
1718 54 + 0964 51 +
6 1772 5155 107+1 2010 1015 2894 100 +2 2015 13:11

centre = 13408 40224 +0 centre = 5682 17049 +3


X3 = X3=
40224 17046
+0 +3
dh = (40224-17049)/3 = 7.725 m Si constante stadimétrique > 200
dh = 13408-5682 = 7.726 m Si constante stadimétrique < ou = 200
(2010+2015=4025mm) X 100 Écart permis (4e ordre) = 32 mm * .63
K=
= 0.4025 km = 20 mm.
1.5 Profils de lignes centrales
Lors de la localisation d'autoroutes, de voies ferrées, etc., des piquets sont placées à des intervalles réguliers le long de la
ligne centrale. Ces intervalles sont de 10 m, 20 m ou 30 m, selon le cas. Il faut déterminer l'élévation de chacun de ces
points.

L'exemple qui suit permet de visualiser la relation entre la prise de notes et le chaînage effectué le long d'une ligne
centrale.
Nivellement par cheminement:

Point R (+) AN V (-) I (-) Altitude


BM22 0.710 AN5 = 104.010 103.300
1+000 0.759 103.251
1+020 0.814 103.196
1+040 1.165 102.845
1+060 1.230 102.780
1+080 1.489 102.521
1+100 2.073 101.937
1+120 R6 = 1.987 AN6 = 103.245 V5 = 2.752 101.258
1+140 2.051 101.194
1+160 1.736 101.509
1+180 1.488 101.757
1+200 1.300 101.945
1+220 1.429 101.816
1+240 R7 = 1.682 AN7 = 103.530 V6 = 1.397 101.848

2 Le nivellement trigonométrique
On peut mesurer indirectement une dénivelée en déterminant l'angle vertical et la distance entre deux points.
Connaissant l'altitude d'un point A et la hauteur du théodolite (HI) au-dessus de ce point, les altitudes des points B, B' et
B" seront :

altitude B' = altitude A + HI

altitude B = altitude A + HI + AB tan VAB


altitude B" = altitude A + HI + AB tan V'AB.

Exemple:

Altitude A = 102.457 m

HI = 1.3 m,

VAB = -15 et V'AB = +12,

AB = 125.753

Altitude B' = altitude A + HI = 102.457 + 1.3 = 103.757

Altitude B = altitude B' + 125.753 tan (-15) = 103.757 - 33.695 = 70.062

Altitude B" = altitude B' + 125.753 tan (12) = 103.757 +26.730 = 130.487.

3 Exercices supplémentaires
3.1 (981207)

Vous devez déterminer la hauteur d'une tour par nivellement trigonométrique. Cependant la partie inférieure est cachée par des
arbres. Vous observez donc le sommet de l'édifice et une cible située à mi-hauteur. Calculez la hauteur de l'édifice sachant que la
distance entre la tour et l'instrument est de100 mètres et que les angles verticaux sont V1 = 38 degrés et V2 = 29 degrés.

Réponse :
45.395 m.
3.2 (020124)

Vous faites du nivellement trigonométrique pour déterminer la hauteur d’un édifice. Vous êtes à une distance de 35 mètres de cet
édifice, l’angle vertical vers le sommet est de 30° au-dessus de l’horizon et l’angle vertical vers la base est de 10° sous l’horizon.
Pour vérifier votre hauteur, vous faites une autre station instrumentale, un peu plus près. Cette fois-ci vous observez des angles
de 35° au-dessus de l’horizon et de 12° sous l’horizon. Déterminer la hauteur de l’édifice et la nouvelle distance entre
l’instrument et l’édifice. Calculez également la différence d’élévation de l’instrument entre ces deux mises en station.

Réponse :
H = 26.3787 m
D2 = 28.8998 m
DH = -0.0286 m