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Les bicyclettes piégées à Boufarik

A 6 heures du matin, l’artificier m’ordonna de régler ma montre sur le système


d’horlogerie : il me les remet pour les placer dans les sacoches de la bicyclette. Après
les dernières recommandations de Si Smain, je fis mes adieux aux djounoud et à la
famille de Si Athman qui me souhaitèrent bonne chance.

Arrivé chez moi sain et sauf, je mis la bicyclette à l’entrée du couloir, je retirai
les bombes, les sacoches, les enveloppai dans ma veste et montai au refuge de mon
cousin Abdelkader où je les déposai dans un berceau. Une fois les bombes à l’abri, il
ne me restait plus qu’à contacter mon ami Khali. Je le retrouvai et lui donner rendez-
vous à 17 h30 ;

Les heures qui me séparaient du moment de l’attentat me parurent une éternité.


A 16 heures, je fis un tour en ville afin de repérer le trajet à suivre pour arriver au
grand boulevard sans risquer de tomber sur les patrouilles.

Je regagnai mon domicile où j’avais rendez-vous avec Khali. Celui-ci avait un


retard de quelques minutes et je me crus obligé de le rappeler à l’ordre en lui envoyant
mon cousin le chercher. Mais juste à ce moment là, Khali arriva avec sa bicyclette. Je
lui expliquai le plan d’action en détail, lui précisant qu’après l’attentat il devait passer
la nuit chez son oncle qui habitait près de moi, et qu’il devait placer sa bombe à un
endroit où il y aurait beaucoup de monde. Si tout passait très bien, nous rejoindrions le
maquis le lendemain.

Je fis rentrer sa bicyclette dans le couloir, je pris les bombes et les mis dans les
sacoches des deux bicyclettes. Les préparatifs terminés, nous primes nos vélos et nous
dirigeâmes vers le centre de la ville.

Arrivés à proximité du boulevard, nous nous séparâmes chacun de son coté. Je


déposai mon vélo devant la pharmacie de manière à barrer l’artère du boulevard qui
était très animés par les Européens qui attendaient l’ouverture du grand bal. Voyant
que mon tour n’arrivait pas et que la bombe allait éclater, je quittai les lieux promis à
la catastrophe ; je marchai droit devant moi tout en gardant mon sang-froid.

J’arrivai à proximité de l’école des filles, quand une déflagration terrible


déchira l’air. Peu après ; j’entendis les coups de sifflet, le ronflement des voitures, la
sirène, les rideaux des magasins qui se fermaient et les cris atroces des victimes.
Arrivé chez moi, une deuxième déflagration retentit.

Par SLAMANI NORDID, Les bicyclettes piégées à Boufarik

Dans Récit de feu, Présentés par Mahfoud Kaddach, ED.SNED.1976