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Fiche 7 

: Vers une efficacité pédagogique en classe de seconde.

ELABORER UNE STRATEGIE PEDAGOGIQUE


L’enseignement en classe de seconde doit prendre en compte la rupture avec une culture
du 1er cycle dans lequel les ambitions des élèves semblent souvent très proches, il doit
également intégrer l’objectif de détermination avec les options qui lui sont associées
(MPI, ISI, ISP, LV2, Latin, SES…). Cet enseignement se doit d’être diversifié, efficace et
adapté aux ambitions de chaque élève, pour ce faire il est nécessaire que les équipes
pédagogiques investissent sur des stratégies innovantes.

1. Quelques idées simples sur ce qu’est « apprendre » :


 Il n’y a pas de lien direct entre enseigner et apprendre (il ne suffit pas de bien donner
son cours pour que l’élève apprenne), il n’y a pas non plus de lien entre enseigner et
informer (une information transforme rarement en profondeur la pensée).
 Apprendre c’est élaborer une conception de la réalité à partir d’informations (écrits,
sons, images…) que le cerveau reçoit ou recherche. Cette conception met en relation des
données, propose un résultat, formule des hypothèses, mobilise un raisonnement… pour
expliquer ce qui se passe, anticiper, organiser un comportement…
 Apprendre est une métamorphose. La compréhension d’un savoir est le résultat d’une
transformation souvent radicale d’une représentation*. Quant notre expérience apparaît
périmée et inadéquate, le cerveau élabore une autre conception pour traiter la situation.
 Tout le paradoxe de l’action « d’apprendre » apparaît alors:
- Seul « l ‘apprenant » peut le faire ! Par ailleurs il ne peut élaborer que les seules
représentations compatibles avec ce qu’il est.
- Ces apports de connaissances sont le résultat d’interactions avec l’environnement
(didactique de la discipline).
* Image mentale construite en substitution de la réalité.

2. Elaborer une stratégie : de quoi parle-t-on ?


 Il s’agit de concevoir et organiser des activités pédagogiques (cours, TD, TP) en
s’appuyant sur des démarches, des modèles et des méthodes afin de faciliter les
apprentissages des élèves et leur investissement.
 Cette stratégie se définit en regard de l’objet de l’apprentissage (connaissance, aptitude,
attitude…) de son importance pour une compréhension de ce qui va suivre (passage
critique) et de sa complexité ainsi que du niveau de performance attendu (reproduire,
réciter, retrouver une loi, appliquer, transférer, créer, choisir, argumenter…).

3. Les activités pédagogiques : 


 On se propose de définir les activités pédagogiques par rapport aux trois configurations de
classe (entière, groupe de TD, groupe de TP) qui dans tous les cas ont pour vocation
d’apporter, de structurer et d’organiser les connaissances des élèves.

En classe entière
- Il s’agit d’une activité au cours de laquelle l’enseignant dispense la leçon. Elle peut
s’appuyer sur la dictée ou la prise de notes, un polycopié, un manuel scolaire.
- Suivant sa place dans le processus d’apprentissage, on parlera d’activité
d’introduction ou d’activité de synthèse.
- L’activité d’introduction précède les activités en groupe (TD ou TP), l’enseignant
apporte le savoir ou prépare ses élèves avec sa rencontre, il est perçu comme le seul

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détenteur de ce savoir aux yeux des élèves. Il s’applique à choisir des exemples pour
établir une corrélation entre connaissances et aptitudes.
- L’activité de synthèse fait suite aux activités de groupe (TD ou TP). Dans le cas
d’une démarche inductive, l’enseignant fait émerger le savoir en se positionnant
comme le médiateur entre savoir et élève. Pour cela, il s’appuie sur le processus de
découverte de cette connaissance lors des activités de groupe.
En groupe de TD
- Cette activité repose sur la participation active de l’élève, elle nécessite une banque
d’exercices dont la qualité, la pertinence et la cohérence avec les objectifs doit être
remarquable. Suivant sa place dans le processus d’apprentissage, elle peut avoir deux
vocations : l’application (logique déductive) ou la découverte (logique inductive).
En groupe de TP
- Cette activité mobilise complètement l’élève (réflexion et action), elle permet la
confrontation à une réalité et aide à l’appropriation ou à la compréhension des
phénomènes.
- Elle constitue un lieu privilégié d’échange d’idées, de travail en commun,
d’explications réciproques et là aussi, suivant sa place dans le processus
d’apprentissage, elle peut avoir deux vocations : l’application (logique déductive) ou
la découverte (logique inductive).

4. Les démarches, modèles et méthodes : 


Définir un parcours raisonné d’apprentissage
- Il s’agit de choisir et d’organiser les activités pédagogiques en s’appuyant sur des
démarches (manière de conduire son action) et des modèles d ‘apprentissage.
- Puis de définir la manière dont sera « dispensé » le savoir au sein d’une activité
pédagogique en s’appuyant sur des méthodes.

Démarche déductive
- Elle fait appel à un raisonnement qui va du général au particulier. Le professeur
présente d’abord une loi ou une règle… puis propose des exercices d’application
de ce principe afin d’en renforcer la mémorisation et la compréhension.
Démarche inductive
- Elle fait appel à un raisonnement qui va du particulier au général. Le professeur
propose d’étudier des cas particuliers, à partir desquels les élèves vont reconstituer
la loi, la règle.
- Elle favorise l’apprentissage (j’ai fait, je retiens …), elle développe la capacité de
l’élève à apprendre (le pourquoi du comment…), elle favorise l’apprentissage de
l’autonomie et la responsabilité…
Démarches déductives ou inductives
- Quel que soit le type d’apprentissage, le professeur doit se poser la question…
Comme cela a été dit dans le paragraphe 2, ce choix dépend de l’objet, de sa
complexité, de son importance et de la performance attendue.
- Mais aussi des caractéristiques individuelles et collectives du groupe d’élèves.

Les modèles pour apprendre


Ils viennent d’être rappelés dans le dernier paragraphe :
- Le modèle transmissif, bien adapté lorsqu’il est associé à une démarche déductive
pour des objets simples et d’une importance non critique.
- Le modèle béhavioriste, très largement exploité en STI car permettant une
« traduction » aisée des référentiels de la discipline en activités de formation. Mais
supposé à tord d’être révélateur d’une démarche inductive.

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- Le modèle constructiviste, sans doute indispensable aux apprentissages
complexes et/ou critiques, il est associé à une démarche inductive.
Les méthodes
C’est un ensemble de techniques et de moyens pédagogiques que l’enseignant met en
œuvre dans une activité pédagogique pour atteindre un objectif.
- Les techniques regroupent tout ce qui est : exposé, démonstration, gestuelle,
présentation d’expériences, simulation, jeu de rôles, étude de cas, exercice
d’application, de recherche, expérience par l’élève, résolution de problème, exposé
par l’élève…
- Les moyens pédagogiques concernent tout ce qui est : objet réel utilisé, les
maquette, texte, dessin, photo, documents, tableau, film, CD, site, aide média…
Bien que très nombreuses ces méthodes peuvent faire l’objet d’une macro
classification :
- La méthode expositive qui est la plus traditionnelle, « il suffit d’enseigner pour
que l’élève apprenne »
- La méthode interrogative qui utilise des techniques d’animation en questionnant
l’élève pour guider sa réflexion et l’amener à trouver des solutions. L’élève peut
avoir l’impression de découvrir quelque chose mais c’est toujours l’enseignant qui
conduit la réflexion.
- La méthode active dans laquelle l’élève est l’acteur principal de son apprentissage.
L’enseignant prend en compte le motivation de l’élève, ses besoins, ses attentes et
lui propose des techniques à travers lesquelles il est amené à chercher, à créer, à
produire (ex :TPE).

5. Les phases « clé » d’une stratégie pédagogique : 


En fonction des choix effectués, la stratégie va plutôt conduire vers un conditionnement
des élèves ou vers le développement de l’autonomie et la valorisation de sa créativité.
1. Phase d’activation (Avant)
- Susciter la nécessité d’un savoir nouveau.
2. Phase de découverte (Apporter le savoir)
- Préparer à ou apporter un savoir nouveau (activité d’introduction).
- Faire découvrir ou faire appliquer la connaissance nouvelle (activité
de confrontation).
- Etablir le bilan sur les apprentissages nouveaux (activité de
synthèse).
3. Phase de transfert (Après)
- Permettre d’ancrer la connaissance nouvelle.
- Valider l’acquisition de cette connaissance.
4. phase de réinvestissement
- donner un sens à ce nouvel apprentissage.

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