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Université de BEJAIA - Cours Réseaux - 3 ème Année LMDA Informatique - Mr HAMOUMA MOUMEN

CHAPITRE 3 : LA COUCHE PHYSIQUE ET LIAISON DE DONNEES

1. LA COUCHE PHYSIQUE :
La couche physique est la première couche du modèle de référence OSI. Elle s’intéresse
principalement à la transmission effective des flots de données qui s’échangent entre les machines
connectées à un réseau de communication.

La transmission des données se fait au niveau binaire, c'est-à-dire que ces données sont envoyées sous
forme de séquences de bits 0 et 1. La transmission peut se faire soit en bande de base suivant un
codage particulier soit en utilisant une technique de modulation.

La transmission est généralement faite en série et parfois en parallèle ; de façon monodirectionnelle ou


bidirectionnelle ; en mode asynchrone ou en mode synchrone.
Les signaux représentant une transmission peuvent subir des atténuations et être mélangés avec du
bruit ce qui rendra parfois la réception des signaux difficile.

Les transmissions se font à travers des supports avec ou sans guide physique comme le câble coaxial,
la fibre optique ou en utilisant les ondes hertziennes.

Dans la suite de cette partie, nous allons traiter tous ces éléments cités ci-dessus brièvement.

1.1. Caractéristiques d’un signal physique en transmission de données


Tout message est constitué par une information (sa signification) et par un signal qui en est la forme
physique. Le signal est analogique ou constitué de grandeurs discrètes. On parlera alors de signal
digital ou numérique.

Le signal analogique est une onde électromagnétique qui se caractérise par une amplitude Y, une
fréquence F et une phase j. La fréquence est exprimée en hertz (hz), c'est-à-dire en nombre de cycles
par seconde. L’amplitude Y varie en fonction du temps t, selon l’équation mathématique suivante :

Y(t) = A sin(wt+j)

Avec A représentant l’amplitude maximale, w la pulsation avec w=2pF et j la phase à l’origine (à t=0).

Une onde se reproduit identique à elle-même au bout d’un certain temps T, appelé période (T=1/F).
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Affaiblissement et rapport signal/bruit

Tout signal transmis, quel que soit le canal qu’il emprunte, va subir quelques déformations ; pour le
récepteur, le modèle physique risque d’être différent de ce qu’il était à l’émission. Dès lors, si l’on ne
prend pas garde aux imperfections affectant la transmission, émetteur et récepteur risquent de ne plus
pouvoir communiquer.

Les altérations que risque de subir un signal pendant sa transmission sont essentiellement au nombre
de trois : affaiblissement, distorsion et bruits parasites.

La signal transmis a une tension plus petite à la réception qu’à l’émission, ce qui atteste d’un
affaiblissement, dû en partie :

- soit à la résistance électrique des conducteurs ;

- soit à la dispersion s’il s’agit d’ondes hertziennes.

L’affaiblissement s’exprime en décibels, par l’expression suivante :

A = 10 log10 (Pémission/Préception) décibels

Avec Pémission représentant la puissance du signal à l’émission et Préception la puissance du même signal à
sa réception.

En plus de l’affaiblissement d’un signal et à cause de certaines caractéristiques physiques (phénomène


d’impédance), un signal subit des distorsions. Par ailleurs, tout signal est affecté d’un bruit, c'est-à-dire
des signaux parasites qui se superposent au signal utile. Le plus souvent ces signaux parasites
proviennent du canal de transmission. Une caractéristique intéressante du signal est le rapport
signal/bruit, S/B, entre la puissance maximale PS du signal et la puissance PB du bruit :

S/B = 10 log10 (PS/PB) décibels

Bande passante

La bande passante d’un support de transmission est la plage de fréquences dans laquelle le support est
capable de faire véhiculer des signaux sans que leur affaiblissement ne soit trop important. La bande
passante est exprimée en Hertz.

Vitesse de transmission et capacité

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La transmission des signaux est faite à une certaine vitesse Vt, on parle de vitesse de transmission
(mais aussi de débit binaire). La vitesse Vt représente le nombre de signaux élémentaires ou unités
binaires d’information (bits) transmis par seconde.

Vt = R log2(n) bit/s

Avec R = 1/T où T est le temps de base pour la transmission d’un signal élémentaire et n la valence du
signal. R est appelée la rapidité de modulation. La valence d’un signal est le nombre de bits portés par
le signal pendant T. Dans le cas le plus simple, un signal porte la valeur d’un bit (soit 0 ou 1), dans ce
cas la valence n=2. Si la valence n=4, c'est-à-dire que le signal porte la valeur de deux bits en même
temps (soit 00, 01, 10 ou 11).

Comme le montre l’expression précédente, la vitesse de transmission augmente avec l’augmentation


de la valence. Néanmoins, la valence n est majorée, à cause du bruit, par la valeur de nmax qui vaut :

nmax = (1+PS/PB)1/2

Par ailleurs, la rapidité de modulation est aussi majorée par la valeur Rmax qui vaut :

Rmax = 2 W Hertz

Avec W la bande passante du support de transmission utilisé pour faire transiter le signal.

A partir des deux expressions précédentes, on détermine aisément la vitesse de transmission maximale,
plus connue sous le nom de capacité du support de transmission C qui vaut :

C = Rmax log2(nmax) = 2 W log2(1+PS/PB)1/2 bit/s

Temps de transfert

C’est la durée qui sépare le début d’une émission de la fin de la réception. Il est égal à :

Ttransfert = Témission + Tpropagation seconde

Avec Ttransmission = L/Vt où L est la longueur à parcourir par le signal et Vt la vitesse de transmission ;
Tpropagation = L/Vp où Vp est la vitesse de propagation du signal à l’intérieur du support de transmission
(par exemple, la vitesse de l’électricité (environ 2.108 m/s) dans un support métallique ou la vitesse de
la lumière (3.108 m/s) si c’est de la fibre optique).

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Généralement, Tpropagation est négligeable devant Témission et donc Ttransfert est presque égal à Témission.

1.2. Modes de transmission

1.2.1. Mode de dialogue

Une liaison entre 2 équipements E1 et E2 peut être simplex (unidirectionnelle), dans ce cas E1 est
toujours l'émetteur et E2 est toujours le récepteur ; c’est une communication dans une seule direction.
La communication est half-duplex (bidirectionnelle à l'alternat) quand le rôle de E1 et E2 peut changer,
la communication change de sens à tour de rôle (comme avec des talkies-walkies ou les deux
personnes communiquent à tour de rôle et jamais en même temps). Elle est full-duplex
(bidirectionnelle simultanée) quand E1 et E2 peuvent émettre et recevoir en même temps (comme dans
le cas du téléphone).

1.2.2. Transmission série et transmission parallèle

La transmission d’une série de bits s'effectue en série ou en parallèle. C’est la transmission en série qui
est la plus utilisée dans les réseaux de communication. En série, les bits d’un octet vont être transmis
l’un à la suite de l’autre sur un même fil d’un émetteur vers un récepteur (figure 3.1).

En parallèle, les bits d'un même caractère sont envoyés en même temps chacun sur un fil distinct. Si le
caractère est codé sur 8 bits, il faut donc 8 fils, un par bit (figure 3.2).

La transmission en parallèle pose des problèmes de synchronisation ce qui implique une utilisation sur
de courtes distances (quelques mètres). Par ailleurs, chaque fil a tendance à perturber ses voisins, par
conséquent, la qualité du signal est rapidement dégradée.

En résumé, les bits d’un caractère sont envoyés simultanément lorsque la transmission est en parallèle.
Par contre, ils sont envoyés successivement lorsque la transmission est en série.

Figure 3.1 : Transmission en série

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Figure 3.2 : Transmission en parallèle

1.2.3. Transmission asynchrone

Dans la transmission asynchrone (ou arythmique), les caractères, formant une donnée à transmettre,
sont envoyés de façon irrégulière sur la ligne ; c'est-à-dire que l’intervalle de temps entre deux
caractères est quelconque. L’exemple type de ce mode de transmission est la frappe au clavier d’un
terminal qui se fait selon une vitesse non uniforme et qui a pour effet de faire varier l’espacement des
caractères.

Au niveau du récepteur, il est nécessaire qu’il reconnaisse les caractères ainsi envoyés. C’est pour cela,
que chaque caractère à envoyer est précédé par un bit particulier marquant le début du caractère, le bit
start. Cela permet au récepteur de se synchroniser. Les bits du caractère sont ensuite envoyés à
intervalle fixe et constant à la cadence d’une horloge. Après la fin de l’envoi du dernier bit du
caractère, un deuxième bit particulier est envoyé, le bit stop. Dans certaines situations, plus d’un bit
stop sont envoyés. La figure 3.3 montre la transmission asynchrone de la lettre ‘S’.

Normalement, au repos, la ligne de transmission est à l’état binaire 1; le passage de la ligne à l’état 0
indique au récepteur un bit start, donc le début de transmission d’un caractère. Pour le distinguer du bit
start, le bit stop a la valeur 1. Ainsi, ces deux bits particuliers servent à caler l'horloge du récepteur
pour qu'il échantillonne le signal qu'il reçoit afin d'y décoder correctement les bits.

Figure 3.3 : Transmission asynchrone de la lettre ‘S’


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1.2.4. Transmission synchrone

En transmission synchrone, il n’est pas nécessaire d’insérer de bits délimiteurs entre chaque caractère
transmis. En mode synchrone, les caractères d’un bloc de données sont transmis sans discontinuité et
de façon régulière du premier au dernier. Pour cela, émetteur et récepteur possèdent une horloge de
même fréquence.

Dans ce mode, dès qu’une communication est établie, les équipements de transmission de l’émetteur et
du récepteur sont synchronisés. Ils transmettent sans discontinuité pour entretenir la synchronisation,
même en cas d’absence de données. Un caractère spécial, de remplissage, est inséré sur la ligne en cas
d’absence d’une donnée pour ne pas interrompre la communication.

Dans le mode synchrone l'émetteur et le récepteur se mettent d'accord sur une base de temps qui se
répète régulièrement durant tout l'échange. Ce qui exige que les horloges du transmetteur et récepteur
soient stables pendant une longue période de temps.

1.3. Transmission en bande de base


La transmission en bande de base consiste à envoyer directement sur le support de transmission les
suite de bits à l'aide de signaux sous forme de créneaux constitués par un courant électrique pouvant
prendre 2 valeurs, une valeur pour représenter un bit à "1" et une deuxième valeur représentant un bit à
"0".

Il existe plusieurs codages différents utilisés par la couche physique. Le codage tout ou rien correspond
à une tension nulle pour indiquer "0" et une tension positive (par exemple, + 5 Volts) pour représenter
le "1". Le codage Non Retour à Zéro (NRZ) code le "0" par une tension négative (par exemple, + 5
Volts) au lieu d’une tension nulle comme c’est le cas dans le précédent codage. Figures 2.4 et 2.5
montrent comment la séquence 10111001est codée à l’aide des deux codages précédents.

Figure 3.4 : Codage tout ou rien Figure 3.5 : Codage NRZ

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Figure 3.6 : Codage bipolaire Figure 3.7 : Codage RZ

Figure 3.8 : Codage Manchester Figure 3.9 : Codage Miller

Le codage tout ou rien et le codage NRZ ont pour défaut de créer des courants continus entre les
stations. D’autres codages existent :

• Codage bipolaire (figure 3.6) : c’est un code tout ou rien, dans lequel le bit "1" est indiqué par
une tension positive ou négative à tour de rôle, de façon à éviter les courants continus. Ce code
laisse le bit "0" représenté par une tension nulle.
• Le codage Retour à Zéro (RZ, figure 3.7): c’est un code tout ou rien où le "0" est codé par une
tension nulle et le "1" par une tension positive qui est annulée au milieu de l'intervalle de temps
prévu pour la transmission d'un bit.
• Code Manchester (figure 3.8) : appelé aussi codage biphase-L ou biphase-level ou encore
biphase, représente un bit à "1" par une transition de haut en bas au milieu de l’intervalle et un
bit à "0" par une transition de bas en haut au milieu de l’intervalle.
• Code de Miller (figure 3.9) : appelé aussi Delay Modulation, permet de diminuer le nombre de
transitions. Ce code représente un bit à "1" par une transition au milieu de l’intervalle, il
n'effectue pas de transition pour un "0" suivi d'un "1". Une transition est effectuée en fin
d'intervalle pour un "0" suivi d'un autre "0".

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2.4. Transmission modulée


Le principal problème de la transmission en bande de base est la dégradation du signal très rapidement
en fonction de la distance parcourue, c'est pourquoi elle n'est utilisée qu'en réseau local (inférieur à 5
km). Il serait en effet trop coûteux de prévoir des répéteurs pour régénérer régulièrement le signal.
C'est pourquoi sur les longues distances on émet un signal sinusoïdal, appelé porteuse, qui, même s'il
est affaibli, sera facilement décodable par le récepteur. Ce signal sinusoïdal est obtenu grâce à un
modem (modulateur - démodulateur) qui est un équipement électronique capable de prendre en entrée
un signal en bande de base pour en faire un signal sinusoïdal (modulation) et l'inverse à savoir restituer
un signal carré à partir d'un signal sinusoïdal (démodulation). Autrement dit il permet de passer de
signaux numériques discrets (0 ou 1) à des signaux analogiques continus.

Figure 3.10 : Modulation d’amplitude Figure 3.11 : Modulation de fréquence

Figure 3.12 : Modulation de phase

Il existe trois types de modulation suivant que l’on modifie un ou plusieurs paramètres de la porteuse
qui sont l’amplitude, la fréquence ou la phase :

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• La modulation d'amplitude (figure 3.10) : elle consiste à faire varier l’amplitude de la porteuse
comme une fonction du temps ; les valeurs binaires "0" et "1" correspondent à deux amplitudes
différentes de la porteuse. Cette technique est sujette à des perturbations (orage, lignes
électriques...), car si un signal de grande amplitude, représentant un "1", est momentanément
affaibli, il y a un risque que le récepteur l'interprétera à tort comme un "0".
• La modulation de fréquence (figure 3.11) : elle consiste à faire varier la fréquence de la
porteuse comme une fonction du temps ; les valeurs binaires "0" et "1" correspondent à deux
fréquences différentes de la porteuse. Dans cette technique, l'amplitude importe peu, ce qui
donne un signal résistant aux perturbations (la radio FM est de meilleure qualité que la radio
AM, et elle est assez facile à détecter.
• La modulation de phase (figure 3.12) : elle consiste à faire varier la phase de la porteuse
comme une fonction du temps ; les valeurs binaires "0" et "1" correspondant à deux déphasages
différents de la porteuse. Dans l’exemple, la phase du signal change de 180° suivant qu'il s'agit
d'un "0" (phase montante) ou d'un "1" (phase descendante).

Dans les exemples donnés ci-dessus on a seulement 2 niveaux possibles à chaque fois, donc on a
uniquement la possibilité de coder 2 valeurs différentes à chaque instant. De manière plus
sophistiquée, il existe des modems capables de moduler un signal suivant plusieurs niveaux, par
exemple 4 fréquences différentes que le modem récepteur saura lui aussi distinguer. Dans ce cas,
chaque signal envoyé code 2 bits. Il est même possible de transmettre des signaux mêlant les
différentes modulations présentées comme dans le cas de la norme V29 qui module à la fois
l'amplitude du signal sur 2 niveaux et la phase sur 8 niveaux (0°, 45°, ..., 315°). En combinant les 2
modulations, on obtient ainsi 16 signaux différents possibles à chaque instant, permettant de
transmettre simultanément 4 bits à chaque top d'horloge.