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Généralités sur le contrôle de qualité en biologie clinique et la bonne utilisation des résultats des CQ ProBioQual

Les Biologistes animateurs de ProBioQual 1

Plan détaillé

I. - INTRODUCTION

2

II.

- GENERALITES SUR LE CONTROLE DE QUALITE

2

 

II.1 - Le contrôle de qualité II.2 - Contexte réglementaire, les prescriptions du GBEA II.3 - Le contrôle "permanent", CQI ou CIQ II.4 - Les enquêtes inter laboratoires, CQE ou CEQ

2

2

3

4

III. - GESTION DU CONTROLE DE QUALITE

4

 

III.1 - Certification III.2 - L'offre de ProBioQual III.3 - Le choix des préparations de contrôle III.4 - Utilisation d'Internet

4

4

5

5

IV. - CQI

6

 

IV.1 - Choix des niveaux de contrôle IV.2 - Marquage CE IV.3 - Choix des valeurs cibles et des limites acceptables IV.4 - Fréquence de passage et positionnement IV.5 - Exploitation longitudinale

6

6

6

6

7

V.

- CQE

8

 

V.1 - Organisation générale V.2 - Organisation des traitements statistiques V.3 - Choix des limites acceptables V.4 - Graphiques V.5 - Notation V.6 - Exploitation longitudinale V.7 - Apports du contrôle externe

8

8

9

10

14

14

16

VI.

- DISCUSSION, CONCLUSION

16

VII. - BIBLIOGRAPHIE

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1 ProBioQual – 9 rue du professeur Florence – 69003 LYON - Tél : 04 72 65 34 90 - Fax : 04 78 85 97 77

I. - INTRODUCTION À l'instar des autres pays européens, c’est au début des années 70 que les biologistes français ont pris conscience de l’importance du contrôle de qualité des examens de laboratoire. En particulier, les laboratoires hospitaliers ont développé des procédures de contrôle de qualité et ont entrepris une réflexion approfondie sur cette pratique et diligenté différentes expériences qui ont abouti :

- d’une part à l’organisation à Lyon en 1971 des Journées Nationales de Biologie (JNB) pour présenter les résultats de cette réflexion, et sensibiliser l’ensemble des biologistes à l'intérêt de cette démarche,

- d’autre part, à la constatation que pour être pleinement efficaces, les efforts développés dans ce domaine devaient dépasser l’échelle d’un laboratoire ou d’un petit nombre de laboratoires, pour regrouper de nombreux laboratoires géographiquement proches. C'est ainsi que ProBioQual a été créé en 1972 sous la forme juridique et administrative d’une association sans but lucratif régie par la loi du 1 er juillet 1901. L'objectif était et reste de regrouper et coordonner les initiatives concourant à la promotion de la biologie clinique, d'organiser des programmes de contrôle de qualité à l'attention des laboratoires publics et privés ainsi que d'apporter une aide au perfectionnement des connaissances des personnels de ces laboratoires. Actuellement, ProBioQual compte parmi ses adhérents plus de 1500 laboratoires répartis sur tout le territoire national dont seulement 1/3 environ en région Rhône-Alpes. Chaque programme de contrôle de qualité est piloté par des biologistes hospitaliers dont certains sont universitaires.

II. - GENERALITES SUR LE CONTROLE DE QUALITE

II.1 - Le contrôle de qualité Dans un laboratoire, la démarche cohérente de la part du biologiste devrait être la suivante :

Lors de l'introduction d'une nouvelle technique, d'un nouvel analyseur dans un laboratoire (ou de l'adaptation d'une nouvelle technique sur un analyseur existant), il est important de tester cet analyseur ou cette technique pour en connaître la qualité, les performances, et les confronter aux exigences cliniques actuellement admises ; il s'agit de la

VALIDATION DE TECHNIQUES.

Puis, il faut introduire en routine cette technique ; pour un analyseur, il s'agit d'installer la machine dans de bonnes conditions, et après une période de familiarisation, en définir les conditions d'exploitation, et les procédures d'entretien régulier et systématique permettant de garantir un fonctionnement correct et de prévenir une dégradation du fonctionnement ; c'est la MAINTENANCE PREVENTIVE.

Il faut alors mettre en place un certain nombre d'indicateurs pour s'assurer en permanence du maintien de la qualité des résultats et signaler immédiatement, en temps réel, toute anomalie : c'est le CONTRÔLE DE QUALITE.

En cas d'anomalies constatées entraînant le rejet des séries en cours, il faudra alors mettre en oeuvre des procédures de dépannage plus ou moins lourdes selon les cas ; c'est la MAINTENANCE CURATIVE.

Le plus souvent, la philosophie est la suivante : utiliser des systèmes de contrôle à "double détente". Un contrôle permanent (CQI du GBEA) avec des préparations dont les taux sont connus des utilisateurs (biologistes et techniciens) est associé à des enquêtes (CQE ou EEQ) de périodicité variable (hebdomadaire, mensuelle, etc) en aveugle tant pour le biologiste que pour le technicien. Bien entendu, les contrôles ponctuels et permanents sont complémentaires. Le contrôle permanent doit être systématique, c'est à dire concerner chaque série d'analyse, même si cette série ne concerne qu'un ou deux spécimens, en routine comme en urgence (gardes). Ce contrôle permanent est l'assurance qualité du technicien comme du biologiste ; c'est lui qui le sécurise sur le bon fonctionnement des systèmes analytiques, et qui permet la validation "technique".

II.2 - Contexte réglementaire, les prescriptions du GBEA Ainsi, bien avant que le législateur, en 1975, fixe un cadre précis à l’exercice de la biologie et impose un contrôle de qualité des examens de laboratoire, ces associations existaient, avaient développé les concepts de maîtrise de la qualité et contribué à l'amélioration des pratiques. Le programme organisé par la SFBC regroupait à cette époque 1600 laboratoires participants à titre volontaire.

La publication, le 7 décembre 1978, du décret 78-1147 portant sur l'obligation de participation aux opérations de contrôle de qualité entérinait totalement l’esprit dans lequel elles fonctionnaient et fonctionnent encore. En effet, nos activités étaient décrites dans le cadre de l’article 12 : « Des contrôles de qualité des analyses peuvent être organisés régionalement dans le but d’apporter aux laboratoires une assistance technique, et de promouvoir un contrôle permanent de leur bon fonctionnement ». Ces associations étaient pour la plupart, agréés par le Ministère des Affaires Sociales et de l’Emploi pour le « contrôle de qualité facultatif des analyses de Biologie Médicale ». Le décret 94-1049 du 2 décembre 1994 n’a pas repris cette disposition ; cependant, le GBEA (Arrêté du 26 novembre 1999 publié au JO du 11 décembre 1999, pages 18441 à 18452) indique alinéa V.-2.2. Autres contrôles externes de qualité : « Il est recommandé que le laboratoire participe à des contrôles de qualité externes organisés par des sociétés scientifiques, des groupements de biologistes ou tout autre organisme présentant les garanties nécessaires ». Néanmoins, ce décret précise clairement les conditions d'organisation des contrôles :

Contrôle national obligatoire :

- ce contrôle est exécuté au plan technique par l'agence du médicament, devenue l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, ou AFSSAPS (article 3).

- les opérations de contrôle sont anonymes (article 4) ;

- le programme de contrôle est défini après avis d'une commission d'experts (articles 2 , 6 , 7) ;

- les résultats doivent être conservés 5 ans (article 12).

Les conditions générales :

Art 1 " Le contrôle de qualité a pour but de déterminer la valeur des résultats des analyses exécutées par chacun des laboratoires qui est soumis, compte tenu des techniques, des réactifs et du matériel employé, en les comparant, le cas échéant, avec les résultats obtenus par l'ensemble des laboratoires habilités à exécuter ces mêmes catégories d'analyses." Il tend d'une part à assurer la fiabilité et le perfectionnement des analyses de biologie médicale dans l'intérêt général de la santé publique et d'autre part, à permettre à chaque laboratoire de vérifier la valeur de ses techniques et son bon fonctionnement." Art 9 "Lorsque les résultats d'un laboratoire présentent des anomalies répétées ou importantes au regard de leur utilisation médicale, le cas du laboratoire est soumis anonymement à la commission de contrôle de qualité qui se prononce sur le caractère de gravité de ces anomalies. Lorsque celles-ci sont jugées graves, le laboratoire est obligatoirement signalé par le directeur général de l'Agence du médicament au ministre chargé de la santé à qui il communique les résultats, en vue de réaliser un contrôle prévu "

On voit donc clairement la marche à suivre :

- les valeurs obtenues dans chaque laboratoire sont comparées, non à une valeur "théorique", mais à la valeur de consensus obtenue avec l'ensemble des données, et ceci compte tenu des techniques, appareils, etc ;

- le droit à l'erreur existe ; il faut des anomalies "répétées" pour que le cas du laboratoire soit examiné ;

- enfin, le jugement porté prendra en compte les "exigences cliniques" (anomalies importantes au regard de l'utilisation médicale) ; ceci est important pour l'établissement des limites acceptables

- l'exploitation des résultats globaux des contrôles doit conduire à tirer des conclusions tant en ce qui concerne la qualité des techniques que des réactifs et du matériel ;

- etc. Ceci guide les modalités d'organisation de nos contrôles et de traitement des résultats.

II.3 - Le contrôle "permanent", CQI ou CIQ Le GBEA le définit clairement : "Contrôle de Qualité Interne ou C.Q.I. : ensemble des procédures mises en oeuvre dans un laboratoire en vue de permettre un contrôle de la qualité des résultats des résultats des analyses au fur et à mesure de l'exécution de ces analyses". Il s'agit donc d'un contrôle permanent, et consiste à introduire dans chaque série d'analyse un ou plusieurs échantillons de concentration connue ; la valeur trouvée est confrontée à la "valeur cible" et à des limites acceptables ce qui permet au technicien et au biologiste de valider ou de rejeter, en temps réel, la série d'analyses ; ce contrôle doit être systématique, concerner chaque série d'analyses pour assurer la fiabilité des résultats. La difficulté pratique est le sens donné au mot "série d'analyse" : s'agit-il de l'intervalle entre 2 calibrations ? Avec les analyseurs actuels dont les calibrations sont souvent réalisés par lot de réactif 1 fois par mois ou par trimestre, voire plus, il faut programmer un contrôle permanent sur d'autres critères, par exemple une fois par jour voire plus souvent. Le GBEA précise la place de ce CQI : c'est un des éléments de la validation analytique. " La validation analytique des examens doit être soumise à des procédures précises écrites. Elle ne doit être effectuée qu'après avoir vérifié les indicateurs de bon fonctionnement des instruments et pris connaissance des résultats du contrôle de qualité interne". Et au chapitre V.3 le GBEA stipule : " Le contrôle de qualité interne est indispensable pour permettre de déceler les anomalies et les erreurs des mesures pour y remédier immédiatement. Il est organisé par le biologiste qualifié chargé de l'assurance de qualité.

Il comporte toutes les mesures destinées à vérifier les différentes phases de l'activité permettant l'obtention des résultats, et notamment l'analyse d'échantillons de contrôle effectuée dans les mêmes conditions que celles appliquées aux échantillons biologiques. Mais, il est ambiguë dans la mesure où il est avare de directives sur la méthodologie du CQI :"Ces procédures opératoires doivent préciser la fréquence de passage des échantillons de contrôle et les valeurs acceptables pour chaque constituant. Elles doivent également comporter les instructions concernant les mesures à prendre en cas d'anomalies constatées." Néanmoins, il est clair sur la différence entre calibrateurs et contrôles :"Il est rappelé que les échantillons de contrôle ne peuvent en aucun cas se substituer aux échantillons de calibrage des mesures et, inversement, les échantillons de calibrage ne peuvent être utilisés en même temps comme échantillon de contrôle."

II.4 - Les enquêtes inter laboratoires, CQE ou CEQ Le GBEA indique :" Evaluation externe de la Qualité ou E.E.Q. : antérieurement connu sous le nom de contrôle externe de qualité, l'E.E.Q. correspond au contrôle, par un organisme extérieur, de la qualité des résultats fournis par un laboratoire. Ce contrôle rétrospectif permet une confrontation inter- laboratoires en vue d'améliorer la qualité du travail de l'ensemble des participants. L'organisme extérieur adresse les mêmes échantillons aux différents laboratoires, collationne les résultats obtenus, les analyse et les transmet avec commentaires aux laboratoires participants." Il s'agit donc de contrôles ponctuels (enquêtes), de "sondages"qui permettent aux biologistes, régulièrement et en aveugle, de confronter leurs résultats, et surtout de savoir si la réponse fournie est "bonne" ou "mauvaise" en appréciant la différence constatée entre cette réponse et la valeur théorique, ou du moins la "valeur cible". Et, au chapitre V.2.2 , le GBEA précise" Le laboratoire peut participer à des contrôles de qualité externes organisés par des sociétés scientifiques, des groupements de biologistes ou tout autre organisme présentant les garanties nécessaires". La participation à ces contrôles est obligatoire dans la norme ISO 15189 qui précise que "le laboratoire doit participer à des comparaisons inter laboratoires, telles que celles organisées dans le cadre de programmes d'évaluation externe de la qualité".

On voit donc que les différentes réglementations et recommandations sont claires. Depuis 1972, ProBioQual a cherché à apporter des réponses adaptées et évolutives en fonction des progrès de la connaissance en apportant aux biologistes toutes les garanties de sérieux indispensables pour instaurer une confiance réciproque et en mettant en œuvre les outils modernes de communication. C'est ce que nous allons développer.

III. - GESTION DU CONTROLE DE QUALITE

III.1 - Certification La qualité du travail réalisé par ProBioQual depuis 1972 avec des biologistes hospitaliers ou hospitalo-universitaires et des personnels compétents (informaticien, secrétaires, etc) est attestée par l'obtention en décembre 2003 de la certification ISO 9001 (v2000) pour l'ensemble de ses activités, et annuellement renouvelée depuis

III.2 - L'offre de ProBioQual

En biochimie, ProBioQual propose une offre très large portant sur plus de 140 analytes :

- En biochimie classique (sérum et urines) :

Électrolytes, substrats

20

Enzymes

8

Protéines (y compris l'électrophorèse)

17

- En biochimie "spécialisée" :

Marqueurs

cardiaques, peptides natriurétiques

5

Marqueurs

métaboliques

5

Marqueurs

tumoraux

8

Hormonologie

urinaire

11

Hormonologie

sérique

26

Divers (vitamines, autres)

4

- En pharmaco- toxicologie :

Médicaments

14

Toxiques

(sang)

2

Toxiques

(urines)

8

En hémostase, ProBioQual propose également une offre très large portant sur plus de 19 analytes, tant dans le domaine de l'hémostase classique que dans celui du contrôle des traitements à l'héparine.

Le tableau suivant résume l'offre actuelle :

   

CQE

   

CQI

(contrôle ponctuel)

 

(contrôle permanent)

 

Année de

Nombre de

 

Nombre

Fréquence (n par an)

Année de

Nombre de

Nombre

création

participants

d'analytes

création

participants

d'analytes

en 2007

   

en 2007

Biochimie

Biochimie sérique

1972

600

 

46

40 + 10

1972

350

44

Biochimie urines

1986

450

 

14

11

1997

150

11

Appareils de photométrie

1976

100

 

λ et A

1

 

/ /

/

Hormonologie urinaire (stéroïdes et catécholamines)

1983

70

 

12

6

 

/ /

/

Marqueurs cardiaques

2000

335

 

3

4

 

/ /

/

Peptides natriurétiques

2008

/

 

2

4

 

/ /

/

Alcoolémie

2000

225

 

1

2

 

/ /

/

Cotinine urinaire

2004

35

 

1

3

 

/ /

/

Médicaments et toxiques (sérum)

1993

270

 

18

4

 

/ /

/

Toxicologie urinaire (dépistage)

2007

100

 

8

2

 

/ /

/

Immunodosages avec marqueur

             

- analytes "courants", 1 niveau

1977

495

 

27

6

- analytes "courants", 2 niveaux

252

27

6

1977

160

43

- analytes spécialisés, 2 niveaux

 

166

17

6

Marqueurs sériques de la trisomie 21

2002

65

 

3

6

/

/

/

Hémostase

Hémostase "classique"

1975

670

 

14

8

1975

250

3

Héparine

1990

270

 

2

3

1990

40

2

D-Dimères – Willebrand

2000

360

 

2

4

/

/

/

III.3 - Le choix des préparations de contrôle C'est un point fondamental ; en effet, pour que les résultats des contrôles soient exploités avec pertinence, il faut trouver des préparations de contrôle ayant un comportement le plus proche possible de celui des spécimens de patients. A dire vrai, c'est impossible ; on ne peut qu'essayer de s'en rapprocher et c'est pour cette raison que nous utilisons 2 approches : d'une part, l'achat après établissement d'un cahier des charges détaillé de produits fabriqués industriellement et soigneusement contrôlés avant acceptation, d'autre part en utilisant, essentiellement pour des contrôles ponctuels, des spécimens de patients (sérums, urines, liquides d'épanchement) obtenus en respectant des règles strictes et conditionnés en "nouilles". Ces préparations font l'objet d'essais systématiques :

- D'une part généraux en vue de s'assurer de leur innocuité (recherche d'antigènes : HBV, HCV, HIV, etc), de vérifier leurs caractéristiques générales (pH, turbidité, spectre d'absorption UV- Visible, homogénéité) ; pour certains, les conditions de reconstitution et leur stabilité avant et après reconstitution sont testées.

- D'autre part particuliers afin de vérifier leur comportement avec les principaux systèmes analytiques du marché.

III.4 - Utilisation d'Internet La mise à disposition d'un site Internet offre aux laboratoires qui le souhaitent les facilités suivantes :

- Téléchargement des plannings des contrôles, des notes techniques, etc

- Accès rapide aux archives.

- Aide au codage (technique, appareil).

- Saisie directe des résultats avec possibilité d'utiliser, pour certains programmes, les unités traditionnelles ou les unité du système "SI". Cette saisie est possible jusqu'à la dernière minute, en général à 12h00 du jour prévu pour le traitement.

- Envoi d'un accusé de réception, preuve de l'enregistrement de la saisie, et qui permet, le cas échéant la correction d'une erreur.

- Envoi dès la fin du traitement des résultats personnalisés.

- Archivage possible de l'ensemble des documents sur votre disque dur.

- Mise à disposition d'une boite "archives" sur notre serveur.

IV. - CQI

IV.1 - Choix des niveaux de contrôle Le nombre et le profil des sérums de contrôle doivent être adaptés en fonction des caractéristiq ues analytiques des techniques surveillées : domaine de mesure, contamination, procédures de calibrage, etc; et en fonction des applications diagnostiques : notion de "niveau de décision". En effet, il faut choisir des contrôles efficaces c'est à dire aptes à déceler le plus précocement possible une anomalie et, par conséquent, ne pas utiliser un niveau unique proche du niveau de calibration, préférer 2 niveaux, un taux bas et un taux élevé, voire 3 ; ceci s'applique aussi bien pour les contrôles ponctuels (CQE) que pour le contrôle interne (CQI).

IV.2 - Marquage CE Depuis plusieurs années, pour respecter scrupuleusement la réglementation, les préparations destinées à ces contrôles internes c'est-à-dire participant directement au rendu des résultats (validation technique) font l'objet d'un marquage CE, marquage réalisé le plus souvent avec la collaboration active de nos fournisseurs.

IV.3 - Choix des valeurs cibles et des limites acceptables Depuis quelques années, afin d'éviter des périodes probatoires longues et fastidieuses, et pour permettre au plus grand nombre de disposer de valeurs cibles en adéquation avec les techniques utilisés – c'est à dire aux couples réactif/appareil – nous avons choisi de faire passer les produits de contrôle destinés à nos contrôles permanents lors d'enquêtes inter laboratoires quelques semaines avant. Cette approche permet une très bonne consolidation des valeurs cibles, sur un échantillon plus important que celui de l'utilisateur de ces contrôles permanents. Un souci actuel est l'apparition en cours de nouveaux systèmes analytiques, ou de changement important sur un système existant. En ce qui concerne les limites acceptables, nous suivons le plus souvent les indications du protocole VALTEC, et du document "Analyses de Biologie médicale : spécifications et normes d'acceptabilité à l'usage de la validation de techniques".

IV.4 - Fréquence de passage et positionnement Par définition, le contrôle permanent est l'introduction dans chaque série d'analyse d'un ou plusieurs échantillons de concentration connue ; la valeur trouvée est confrontée à la "valeur cible" et à des limites acceptables ce qui permet au technicien et au biologiste de valider ou de rejeter, en temps réel, la série d'analyses. Ce contrôle doit être systématique, concerner chaque série d'analyses pour assurer la fiabilité des résultats. La notion de série doit être précisée :

- Autrefois, en particulier au début de l'automatisation avec les analyseurs en flux continu on considérait qu'une série incluait une séquence d'étalonnage ; comme on étalonnait pour chaque série (chaque jour ou plusieurs fois par jour), on insérait dans chaque série au moins un échantillon de contrôle.

- Aujourd'hui, avec les analyseurs modernes, l'étalonnage, ou plutôt la calibration, est stable plusieurs semaines voire plusieurs mois. Il a donc fallu adapter la pratique et considérer que la série était l'intervalle de temps ou le nombre d'analyses pendant lequel on peut compter que la justesse et la fidélité du système analytique demeurent stables. Ainsi, en fonction de sa pratique, chaque biologiste doit ajuster cette durée en prenant en compte de la nécessité d'analyser les résultats des contrôles avant que les résultats des patients soient validés, et de la nécessité de réexaminer les résultats des patients obtenus depuis le contrôle précédent si un contrôle ne respecte pas les règles édictées. Par ailleurs, il faut bien distinguer le contrôle d'étalonnage, réalisé après un étalonnage, donc dans des conditions particulières et qui fournit une estimation "optimisée" de l'incertitude de mesure, d'un contrôle aléatoire, les échantillons de contrôle étant analysés au hasard, et qui fournit une estimation plus réaliste de l'incertitude de mesure. Enfin, la plupart des laboratoires passent un ou plusieurs contrôles en début de travail, souvent après les opérations de maintenance, pour valider le bon fonctionnement de l'analyseur ; de la même manière, en garde, les opérateurs (techniciens, internes) passent volontiers des contrôles pour se rassurer sur le bon fonctionnement des systèmes analytiques ; cette pratique est favorisée par l'apparition de systèmes, par exemple les analyseurs "étendus" de gaz du sang, qui proposent des contrôles embarqués particulièrement faciles à utiliser.

IV.5 - Exploitation longitudinale Elle est proposée aux laboratoires qui le souhaitent ; l’envoi des résultats se faisant par courriel avec un fichier Excel pré formaté par nos soins.

Exploitation longitudinale régulière (mensuelle le plus souvent) avec tests de justesse et de fidélité. Chaque mois ou selon une périodicité choisie par l’utilisateur, nous faisons des « calculs statistiques individuels » avec comparaison de la moyenne à la valeur cible (en fonction de la technique, et du CV à des valeurs seuils. L’utilisation des couleurs et des signes +, =, -, /, permets de visualiser rapidement la tendance. Bien entendu, les normes que nous utilisons pour apprécier la justesse sont différentes de celles mises en œuvre par ailleurs ; en effet, il s'agit ici de comparer la moyenne de n dosages (n proche de 24 si les contrôles sont passés une fois par jour et que le calcul est mensuel) à une valeur cible (en fonction de la technique).

mensuel) à une valeur cible (en fonction de la technique). • Exploitation cumulative annuelle : en

Exploitation cumulative annuelle : en fin d’année, une édition récapitulative synthétise ces informations.

d’année, une édition récapitulative synthétise ces informations. Généralités sur le contrôle de qualité - 7 -

V. - CQE Les contrôles ponctuels (enquêtes) sont des "sondages" qui permettent aux biologistes, régulièrement et en aveugle, de confronter leurs résultats , et surtout de savoir si la réponse fournie est "bonne" ou "mauvaise" en appréciant la différence constatée entre cette réponse et la valeur théorique, ou du moins la "valeur cible". ProBioQual s'efforce de satisfaire les exigences suivantes :

- Utiliser des échantillons de contrôle le plus appropriés possibles.

- Faire la distinction claire entre des caractéristiques de performance inhérentes à un dispositif et celles imputables aux utilisateurs.

- Assurer un traitement rapide des données en respectant les calendriers préétablis.

- Diffuser aux participants des rapports avec r les résultats clairement interprétés selon des critères établis.

- Proposer un suivi des performances non satisfaisantes par un service de conseil assuré par des praticiens experts dans leur domaine.

V.1 - Organisation générale Elle est conforme au schéma ci-dessous.

1. Distribution (le plus souvent envoi postal) des échantillons de contrôle (sérums de contrôle, spécimens frais, etc) à l'ensemble des participants ;

2. Ceux-ci réalisent les dosages prescrits ; on peut avoir 2 approches :

- Celle du GBEA : "Une participation loyale est indispensable pour qu'elle soit utile. Cette participation doit être un reflet exact de la pratique. Une optimisation artificielle des résultats du contrôle est inutile pour le laboratoire et nuisible pour la collectivité. Une participation rigoureuse, reflétant la pratique du laboratoire, est indispensable pour l'utilité de cette évaluation. Les résultats de celle-ci seront en effet très importants pour l'analyse globale qui sera effectuée au niveau national".

- Celle de ProBioQual, nous demandons avec insistance aux participants d'analyser les échantillons de contrôle avec le plus grand soin, et non au hasard dans les séries. En effet, nous considérons que le but de ces programmes n'est pas de révéler des défaillances humaines, mais qu'il faut, au contraire, essayer de juger tous les autres facteurs : valeur des méthodes employées, qualité des étalons au moment de leur utilisation, fiabilité des appareils, etc. Il faut donc exiger de l'opérateur qu'il travaille avec le maximum de soin, pour réduire, autant que possible l'influence du facteur humain. Cette exigence est, en outre, justifiée par le fait bien connu que les contrôles de ce type (sur des préparations inconnues) subissent en général un traitement "de faveur" dans les laboratoires. Nous pensons qu'il est donc préférable de se placer, volontairement, dans les meilleures conditions possibles. L'interprétation des résultats qui sera donnée pour chaque contrôle suppose que les conditions de travail sont celles qui précèdent, et ceci explique, dans certains cas, la sévérité apparente de nos limites acceptables.

3. Ensuite, ils remplissent le bordereau de réponse et en particulier codent leurs résultats (codes Bioforma) et inscrivent leur numéro d'anonymat et les envoient par la poste ou par Internet à l’organisateur. Actuellement (2007), nous avons près de 85 % des laboratoires qui ont choisi ce mode de transmission. Celui-ci présente de nombreux avantages : rapidité, fiabilité (pas de resaisie), souplesse (possibilité de plus en plus proposée de saisir dans les unités habituelles du laboratoire, ProBioQual ne diffusant les résultats qu'en unités SI.).

4. ProBioQual peut alors assurer la saisie des résultats (pour les transmissions par courrier ou Fax), et après

consolidation du fichier, réaliser l'exploitation statistique et édition d'histogrammes, tableaux de résultats de

toutes techniques confondues, puis en fonction des techniques,

calculs, et listes de notation, d'abord

appareils, étalons.

5. Diffusion de ces résultats à chaque participant, c'est à dire : résultats de l'ensemble, notation ou appréciation, et commentaires éventuels.

6. Enfin, réalisation d'études complémentaires en fonction des besoins révélés par ces contrôles sur les techniques, réactifs, appareils, etc. A partir de là, nous diffusons des notes d'information, et éventuellement, nous faisons des publications.

V.2 - Organisation des traitements statistiques Tous les programmes informatiques (gestions, inscriptions, statistiques …) sont développés par ProBioQual grâce à un biologiste informaticien (JC Eynard) ; et depuis bientôt 10 ans notre effort s’est porté sur l’amélioration d’un site Internet avec une saisie des résultats par Internet. En 2007, près de 85 % des inscrits utilisent ce moyen pour saisir directement leurs résultats, éventuellement dans l'unité qu'ils utilisent. Les autres continuent d'envoyer des bordereaux "papier" par courrier ou par fax ; ils font l'objet d'une saisie avec un certain nombre de sécurités : contrôle de vraisemblance, etc.

A partir du fichier de données, la séquence des opérations est la suivante :

1. Premier traitement destiné à dépister des anomalies éventuelles; valeurs aberrantes que nous éliminons du traitement statistique pour ne pas « polluer » le cœfficient de variation ; anomalies de codage donc certaines peuvent être corrigées en fonction d'une cohérence technique / appareil, d'antériorités, etc.

2. Utilisation d'un fichier de tri pré établi, dont l'actualité est vérifiée par édition d'un document "popularité" conduisant, le cas échéant à des modifications par l'apparition de nouvelles techniques, c'est-à-dire, le plus souvent, de nouveaux couples technique / appareil. Ceci est important en début d'année, plus rare ensuite.

3. Traitement définitif : sortie des histogrammes de fréquence ; calcul de la moyenne 2 fois tronquée (valeur

cible) , de l’écart type, du CV et des limites acceptables ; établissement d'une liste des laboratoires hors limites ; si l'enquête comportait deux niveaux, édition de diagrammes de Youden. Enfin, appréciation par laboratoire sous forme d’une notation, par apport à l'ensemble des techniques et pour la technique utilisée, de la qualité des résultats rendus. Ensuite, les résultats sont examinés par le ou les biologistes responsables du programme qui rédigent, le cas échéant, des commentaires rapides. Ainsi, pour un contrôle dont le jour limite et surtout l'heure limite d'acceptation des résultats (Internet, Fax) a été fixé par exemple au mardi à 12 heures, les résultats sont disponibles entre 17 et 19 heures et immédiatement diffusés par courriels avec des documents "pdf" personnalisés qui seront reçus dans la soirée et dans la nuit (temps d'envoi variable en fonction du nombre d'inscrits, de 3 à 8 heures). Pour ceux qui travaillent encore par courrier, le délai de réalisation des photocopies et d'envoi des résultats (non personnalisés) est de 24 à 48 heures.

V.3 - Choix des limites acceptables La conférence internationale de Stockholm de 1999 a établi une hiérarchie de modèles applicables. En descendant depuis le sommet de cette hiérarchie, les modèles proposés reposent sur :

- les exigences cliniques ; des objectifs précis sont définis par des cliniciens sur certains analytes. Compte tenu de l’hétérogénéité des besoins cliniques, cette approche est limitée à de trop rares cas (Cholestérol total, Triglycérides, HbA1c).

- les variations biologiques ; des formules proposées par CG Fraser permettent de calculer une erreur totale acceptable que l’on peut employer par extension comme limite acceptable.

- l’état de l’art ; il s’agit du reflet des performances obtenues par l’ensemble des laboratoires. C'est, par définition, une donnée en perpétuelle évolution. En pratique, nous nous appuyons sur l'état de l'art en nous inspirant largement du travail coordonné par Anne Vassault et auquel nous avions largement participé, cité plus haut, mais en prenant en compte aussi les exigences cliniques. Ces limites sont indiquées clairement dans les notes techniques diffusées avec chaque programme.

V.4 - Graphiques Plusieurs types de graphiques sont réalisés et diffusés ; l'utilisation d'Internet permet une diffusion personnalisée. Il s'agit :

V.4.1 - Histogrammes de fréquence

Par exemple, un contrôle mensuel urinaire :

R03/07/CMU PRO.BIO.QUAL CONTROLE MENSUEL BIOCHIMIE URINAIRE Acide Urique (mmol/L) Urine : 7U02 02/2007 CALCULS
R03/07/CMU
PRO.BIO.QUAL
CONTROLE MENSUEL
BIOCHIMIE URINAIRE
Acide Urique
(mmol/L)
Urine : 7U02
02/2007
CALCULS STATISTIQUES (LA : 21,0 %)
Codes SFBC
Labo XXX
Valeur rendue : 0,90 Ecart / cible générale : -2,0 %
N
Moy tr
ET tr
CV tr %
U
Tech
App
Et
Note générale : TB Note par technique : TB
E
N
85
URICASE POD CHROMOGENE + AOD
54
185
0,881
0,054
6,1
37
(
Limites acceptables : 0,696 - 1,066 )
1
4
3
1
E
NB
DQP
-
dont Rf. Roche sur App. Cobas 6000
E
NG
DQP
13
0,849
0,034
4,0
(
Limites acceptables : 0,671 - 1,027 )
6
6
1
E
NB
DW
-
dont Rf. Roche sur App. Hitachi
61
0,825
0,032
3,9
39
(
Limites acceptables : 0,652 - 0,998 )
17
4
1
E
NG
DQH
-
dont Rf. Roche sur App. Integra
E
NG
DQI
E
NG
DQL
47
72
0,911
0,021
2,3
(
Limites acceptables : 0,720 - 1,102 )
17
6
1
1
E
NJ
DB
-
dont Rf. et App. Thermo Scientific
25
0,942
0,033
3,5
(
Limites acceptables : 0,744 - 1,140 )
15
8
1
1
E
3K
FK
Tech. avec lecture réflectométrique (Vitros)
43
0,929
0,030
3,2
24
18
(
Limites acceptables : 0,734 - 1,124 )
1
E
SI
DF
URICASE 293 nm, Rf et app. Dade Dimension
56
0,987
0,055
5,6
(
Limites acceptables : 0,780 - 1,194 )
26 14
7
6
2
1
E
148
143
ENSEMBLE DES RESULTATS
425
0,918
0,064
7,0
(
Limites acceptables : 0,725 - 1,111 )
65
44
11
8
2
2
1
1
<
-0,03
0,13
0,29
0,45
0,61
0,77
0,93
1,09
1,25
1,41
1,57
1,73
1,89
>

On peut noter les points suivants :

- Dans la dernière zone, on trouve l'ensemble des résultats (tri sur l'unité) avec l'effectif tronqué (élimination des valeurs aberrantes, c'est à dire au delà de ± 5 limites acceptables, puis 2 troncatures à 2 écarts types), la moyenne tronquée qui sera considérée comme la valeur cible, et le CV tronqué ainsi que les limites acceptables dont le pourcentage est rappelé dans le carré supérieur gauche. L'expérience montre qu'au fil des troncatures la moyenne "bouge" peu ou pas et reste proche de la médiane (ce qui est un signe de la normalité de la distribution) alors que le CV s'améliore. Lorsque ce n'est pas le cas pour la moyenne, cela indique que cette valeur "ensemble des résultats" est inutilisable car les différentes techniques ne sont pas transférables.

- Au dessus, on trouve le calcul et la représentation des données pour chaque technique (le plus souvent chaque couple technique / appareil) suffisamment représentée (n > à 7)

- Enfin, il s'agit d'un histogramme personnalisé (pour les inscrits Internet) et le laboratoire visualise facilement sa performance (en vert si elle est bonne, en rouge dans le cas contraire).

Autre exemple, un contrôle d'immunodosages avec marqueur.

exemple, un contrôle d'immunodosages avec marqueur . Sur cet histogramme, on distingue 3 zones : 1

Sur cet histogramme, on distingue 3 zones :

1 2 3
1
2
3

1. Histogramme général toutes techniques confondues sur lequel figurent la moyenne tronquée et les valeurs à + ou – 2 écarts-types.

2. Représentation des quantiles : sur le schéma sont indiquées :

- L'échelle des concentrations toutes techniques,

- La représentation des quantiles : 2,5 – 16 – 50 – 84 – 97,5 toutes techniques et par technique

Le x ème quantile est défini comme la concentration au dessous de laquelle se trouvent x% des valeurs.

Le 50 ème quantile (médiane) est représenté par un rectangle blanc, et les quantiles 2,5 – 16 – 84 et 97,5 par des rectangles noirs. L'intervalle entre les 16ème et 84ème quantiles correspondent à l'intervalle Moyenne Tronquée ± 1 ET Tr, et l'intervalle entre les 2,5ème et 97,5ème quantiles correspond à 'intervalle Moy Tr ± 2 ET

3. Données chiffrées de chaque technique :

effectif, effectif en % du total, effectif tronqué, écart type tronqué, CV tronqué, moyenne tronquée, moyenne en % de la moyenne générale, limites acceptables, % de laboratoires hors limites.

Le cas échéant (2 niveaux de contrôle), un diagramme de Youden est ajouté.

V.4.2 - Diagramme de Youden :

Il s'agit de la représentation en deux dimensions des valeurs trouvées par les laboratoires sur deux spécimens de contrôle. Celle-ci permet de visualiser et d'apprécier les composantes systématique et aléatoire de l'erreur totale. Il s'agit de construire un graphique avec :

- en abscisses, les valeurs trouvées pour le contrôle à taux bas ;

- en ordonnées les valeurs trouvées pour le contrôle à taux élevé ;

- on définit alors un carré (ou plutôt un rectangle) d'acceptabilité avec les limites acceptables des 2 contrôles ;

- la diagonale est la ligne de distribution normale; le centre la valeur cible des 2 contrôles.

Taux élevé

Ligne de distribution normale Zone des valeurs acceptables Limites acceptables Taux bas Limites acceptables
Ligne de distribution
normale
Zone des valeurs
acceptables
Limites acceptables
Taux bas
Limites acceptables

L'erreur total est définie comme l'écart entre la valeur trouvée et la valeur "vraie" (ou valeur cible). L'erreur totale peut être décomposée en partie constante, l'erreur systématique ou erreur de justesse, et une partie dont les variations sont imprévisibles, l'erreur aléatoire. D'une manière générale,

- Les résultats en dehors de la zone acceptable et proches de la ligne de distribution normale signent des problèmes de justesse : étalon ou calibrateur erroné, spécificité de la réaction de reconnaissance (anticorps en immunoanalyse), etc

- Les résultats dans l'angle inférieur droit signent des problèmes de linéarité,

- Des résultats éparpillés dans le graphique signent des problèmes de maîtrise de la technique (erreurs d'imprécision), respect plus ou moins strict des conditions expérimentales préconisées par le fabricant, etc.

Taux élevé Zones des problèmes de justesse Limites acceptables Taux bas Limites acceptables
Taux élevé
Zones des problèmes
de justesse
Limites acceptables
Taux bas
Limites acceptables

On peut l'utiliser en contrôle interne :

Chaque jour, on marque le point dont les coordonnées sont les valeurs trouvées dans la série (1, 2, 3, etc) :

- si ces valeurs sont à l'intérieur de la zone acceptable c'est bien ;

- si elles sont étalées le long de la ligne de distribution normale, ce la signale un problème de justesse jour à jour ;

- si

Taux élevé

5 2 1 4 3 6 7 8 Limites acceptables Taux bas Limites acceptables
5
2
1
4
3
6
7
8
Limites acceptables
Taux bas
Limites acceptables

gagnent

progressivement l'angle inférieur droit de la zone acceptable (même sans sortir), cela avertit d'une manière précoce sur un défaut de linéarité (valeurs basses un peu

hautes, valeurs élevés un peu basse), défaut pouvant être lié à la détérioration d'un capteur (filtre de photomètre par exemple), à la mauvaise conservation d'un réactif, etc.

ces

valeurs

- Bien entendu, en dehors du carré, cela indique des résultats hors limites.

On utilise très largement ce diagramme dans les contrôles externes. On représente les résultats obtenus par chaque laboratoire en fonction de la technique (ou du couple technique/appareil) utilisée. Ainsi, il est facile de repérer les écarts systématiques entre les valeurs fournies par deux ou plusieurs techniques (ou couple de pairs) ; il est également possible d'apprécier visuellement si une éventuelle erreur systématique doit être attribuée à la technique ou à l'utilisation qui en est faite par le laboratoire. Sur l'exemple ci-dessous, on voit la cohérence générale des résultats, mais aussi les rares techniques et laboratoires en difficulté. Le laboratoire concerné utilise Internet et le diagramme est donc personnalisé.

R03/07/CMU

7U03

Diagramme de Youden :

micro Albumine (mg/L)

119,9 98,6 77,3 56,0 34,6 13,3 2,1 9,8 17,4 25,0 32,7 Laboratoire XXX
119,9
98,6
77,3
56,0
34,6
13,3
2,1
9,8
17,4
25,0
32,7
Laboratoire XXX

40,3

NEPHELOMETRIE Beckman (APS, Immage) (95,8 %) (95,8 %)

NEPHELOMETRIE Dade Behring (BNA, BN 100, BLN) (89,2 %) BLN) (89,2 %)

TURBIDIMETRIE Abbott sur Architect (93,8 %)NEPHELOMETRIE Beckman (APS, Immage) (95,8 %) NEPHELOMETRIE Dade Behring (BNA, BN 100, BLN) (89,2 %)

TURBIDIMETRIE Bayer (DCA 2000) (77,8 %)BLN) (89,2 %) TURBIDIMETRIE Abbott sur Architect (93,8 %) TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Dimension (100,0 %)

TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Dimension (100,0 %)Architect (93,8 %) TURBIDIMETRIE Bayer (DCA 2000) (77,8 %) TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Turbitimer (84,6 %)

TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Turbitimer (84,6 %)(77,8 %) TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Dimension (100,0 %) TURBIDIMETRIE Olympus (86,7 %) TURBIDIMETRIE Randox (54,5

TURBIDIMETRIE Olympus (86,7 %)(100,0 %) TURBIDIMETRIE Dade Behring sur Turbitimer (84,6 %) TURBIDIMETRIE Randox (54,5 %) TURBIDIMETRIE Roche Cobas

TURBIDIMETRIE Randox (54,5 %)sur Turbitimer (84,6 %) TURBIDIMETRIE Olympus (86,7 %) TURBIDIMETRIE Roche Cobas 6000 (80,0 %) TURBIDIMETRIE Roche

TURBIDIMETRIE Roche Cobas 6000 (80,0 %)TURBIDIMETRIE Olympus (86,7 %) TURBIDIMETRIE Randox (54,5 %) TURBIDIMETRIE Roche Tinaquant, app. Hitachi (73,7 %)

TURBIDIMETRIE Roche Tinaquant, app. Hitachi (73,7 %)Randox (54,5 %) TURBIDIMETRIE Roche Cobas 6000 (80,0 %) TURBIDIMETRIE Roche Integra (98,4 %) TURBIDIMETRIE Thermo

TURBIDIMETRIE Roche Integra (98,4 %)%) TURBIDIMETRIE Roche Tinaquant, app. Hitachi (73,7 %) TURBIDIMETRIE Thermo Scientific (Konélab (21,4 %) 7U02

TURBIDIMETRIE Thermo Scientific (Konélab (21,4 %)app. Hitachi (73,7 %) TURBIDIMETRIE Roche Integra (98,4 %) 7U02 Valeurs rendues : 22,4 (Urine 7U02),

7U02

Valeurs rendues : 22,4 (Urine 7U02), 71,4 (Urine 7U03) par technique Behring (DADE BEHRING) sur BN 2 néphélemètre (DADE BEHRING)

V.5 - Notation

On apprécie la performance du laboratoire par rapport à la valeur cible, et avec des bornes d'acceptabilité. La zone acceptable est divisée en 1/2 zones ; ainsi, on obtient :

TB, B+, B-

=

résultats acceptables

-1, -2, -3, +1, +2, +3

=

résultats inacceptables

Limites acceptables -3 -2 -1 B- TB B+ +1 +2 +3 Valeur cible
Limites acceptables -3 -2 -1 B- TB B+ +1 +2 +3 Valeur cible

Limites acceptables

-3

-2

-1

B-

TB

B+

+1

+2

+3

Limites acceptables -3 -2 -1 B- TB B+ +1 +2 +3 Valeur cible

Valeur cible

Cette appréciation est réalisée :

- Par rapport à l'ensemble des résultats ; ceci n'est pas toujours possible lorsque le niveau de standardisation est insuffisant ou inexistant, par exemple en enzymologie, pour certains immunodosages.

- Par rapport à la technique utilisée par le laboratoire, ou plus précisément par rapport au couple technique / appareil à condition que le nombre d'utilisateurs soit suffisant.

V.6 - Exploitation longitudinale Chaque laboratoire reçoit des documents permettant de suivre l'évolution de ses résultats au fil du programme. Par exemple, pour le contrôle trimestriel des dosages de médicament avec analyse, une fois sur deux, de deux spécimens de contrôle :

Mois JANVIER AVRIL JUIN OCTOBRE Sérum 6M01 6M02 6M03 6M04 6M05 6M06 Digoxine • résultat
Mois
JANVIER
AVRIL
JUIN
OCTOBRE
Sérum
6M01
6M02
6M03
6M04
6M05
6M06
Digoxine
• résultat trouvé
• valeur cible
• zone acceptable
• notation
A
B
C

Mais surtout, en fin de programme, différents documents récapitulatifs sont établis et diffusés.

L'exemple ci-dessous concerne le contrôle hebdomadaire en biochimie. En fin d'année, une édition récapitulative des notes est réalisée et un tableau est dressé classant les laboratoires selon leurs performances ; on voit que 2 laboratoires – 310 et 688 – sur l'ensemble du programme ont toujours été à l'intérieur des limites acceptables :

- Le laboratoire 310 a répondu 361 fois ; il a obtenu 341 fois la note TB, 14 fois la note B - et 6 fois la note B+ ;

- Le laboratoire 688 a répondu 233 fois ; il a obtenu 214 fois la note TB, 8 fois la note B- et 11 fois la note B+.

Il s'agit d'un indicateur précieux et pertinent pour juger de la performance d'un laboratoire, de l'effort de l'ensemble de l'équipe du laboratoire.

Bien entendu, la liste complète fait plusieurs pages (environ 600 laboratoires participent à ce programme).

Ordre

Ordre

LABO

LABO

<

<

-2

-2

-1

-1

B-

B-

TB

TB

B

B

+1

+1

+2

+2

>

>

%

%

DLA

DLA

n

n

1 1

310

310

0

0

0

0

0

0

14

14

341

341

6

6

0

0

0

0

0

0

100,0

100,0

361

361

2

2

688

688

0

0

0

0

0

0

8

8

214

214

11

11

0

0

0

0

0

0

100,0

100,0

233

233

3

3

103

103

0

0

0

0

1

1

28

28

272

272

17

17

0

0

0

0

0

0

99,7

99,7

318

318

4

4

1627

1627

0

0

0

0

0

0

14

14

318

318

10

10

1

1

0

0

0

0

99,7

99,7

343

343

5

5

1256

1256

0

0

0

0

1

1

14

14

238

238

4

4

0

0

0

0

0

0

99,6

99,6

257

257

6

6

322

322

1

1

0

0

1

1

13

13

321

321

16

16

0

0

0

0

0

0

 

352

352

7

7

454

454

0

0

0

0

1

1

9

9

339

339

9

9

1

1

0

0

0

0

99,4

99,4

99,4

99,4

359

359

8

8

9

9

966

966

2223

2223

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

2

2

18

18

12

12

338

338

229

229

14

14

5

5

2

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

99,2

99,2

99,2

99,2

373

373

248

248

10

10

11

11

179

179

296

296

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

2

2

10

10

7

7

311

311

326

326

10

10

9

9

2

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

99,1

99,1

99,1

99,1

334

334

345

345

12

12

1924

1924

0

0

0

0

0

0

21

21

186

186

21

21

2

2

0

0

0

0

99,1

99,1

230

230

13

13

143

143

0

0

0

0

1

1

18

18

251

251

18

18

1

1

1

1

0

0

99,0

99,0

290

290

14

14

306

306

0

0

0

0

1

1

23

23

339

339

19

19

2

2

1

1

0

0

99,0

99,0

385

385

De plus ProBioQual réalise des études cumulatives sur plusieurs années pour apprécier l'évolution des performances ("état de l'art"). Dans l'exemple ci-dessous, emprunté au contrôle hebdomadaire de Biochimie, on voit clairement qu'entre 1998 et 2005, le nombre de résultats à l'intérieur des limites acceptables a favorablement et significativement augmenté : en 1998, environ 58 % des laboratoires avaient 90 % de leurs résultats (cumul des intervalles 90 à 95 et 95 à 100) dans les limites acceptables ; ce nombre passe à plus de 62 % en 2003, et atteint 73 % en 2005. L'amélioration de la qualité est incontestable d'autant plus que nos limites acceptables ne sont pas figées mais se resserrent au fil des années.

ne sont pas figées mais se resserrent au fil des années. Généralités sur le contrôle de

Représentation du Z-Score :

Ce type de diagramme est une carte de contrôle destinée au suivi de la variable Z (Z-score) sur les enquêtes annuelles (il est utilisé pour les immunodosages avec marqueur). Pour chaque spécimen de contrôle, on calcule cette variable en retranchant à la valeur trouvée par le laboratoire la moyenne tronquée (générale et de la technique utilisée), et en divisant la différence par l'écart type de la distribution : Ainsi, la variable Z est une expression de l'erreur systématique du laboratoire par rapport à la moyenne générale ; son unité est l'écart type. Ce diagramme permet à chaque laboratoire de suivre l'évolution de ses résultats au cours du temps et notamment après un changement de technique.

3 2 1 Sérum 1 0 Sérum 2 -1 -2 -3 0 1 2 3
3
2
1
Sérum 1
0
Sérum 2
-1
-2
-3
0
1
2
3
4
5
6
3 2 1 Série1 0 Série2 -1 -2 -3 0 1 2 3 4 5
3
2
1
Série1
0
Série2
-1
-2
-3
0
1
2
3
4
5
6

Dans l'exemple ci-dessus, on voit à gauche d'excellents résultats alors qu'à droite l'erreur systématique est importante.

V.7 - Apports du contrôle externe Comme nous l'avons vu, nous faisons des groupes de pairs (groupe technique / appareil) et nous montrons le comportement les uns par rapport aux autres de ces groupes de pairs (ce qui est rarement fait dans les contrôles commerciaux). Ainsi, cette approche permet non seulement à un laboratoire de bien se situer dans son groupe de pairs, mais aussi de bien mettre en évidence les biais entre groupes de pairs. Nous essayons d'en identifier les causes et de fournir, lorsque c'est possible, les pistes à suivre pour les corriger. Cette approche permet aussi d'avoir un reflet fidèle de la robustesse d'une technique (d'un groupe de pairs), et de la transférabilité des résultats Nous pensons constituer un observatoire de la popularité des méthodes analytiques, de leurs performances et ainsi aider les biologistes à sélectionner les meilleures.

VI. - DISCUSSION, CONCLUSION ProBioQual a plus de 35 ans d'existence. Le développement de nombreux programmes, la croissance importante du nombre de participants montre que les approches utilisées rendent service à de nombreux confrères. Clairement, nous avons commencé en proposant simultanément un programme permanent et un programme ponctuel en Biochimie "classique" (électrolytes, substrats, enzymes) ; puis, progressivement, nous avons suivi le développement de notre discipline et aussi celui de l'hémostase en développant des programmes nouveaux, en ajoutant des analytes. L'approche des fournisseurs sur les systèmes analytiques a changé ; pour différentes raisons liées à la complexité croissante des systèmes et aussi aux contraintes et exigences des systèmes d'assurance de la qualité auxquels ils sont soumis, le contrôle permanent a été progressivement inclus dans les coffrets de réactifs, et les systèmes analytiques ; autrement dit, il est devenu "captif". Pour ces raisons, nous proposons actuellement beaucoup plus de programmes de contrôle ponctuels que permanents. Nos développements portent sur des contrôles ponctuels, par exemple pour les peptides natriurétiques (BNP, NT-proBNP), la toxicologie. Nous pensons que notre approche et notre liberté d'expression sont utiles aux biologistes et aussi aux industriels.

VII. - BIBLIOGRAPHIE

- DUMONTET M. Mise en oeuvre, utilisation et exploitation du contrôle de qualité afin d'assurer la validation analytique, la maîtrise métrologique des instruments d'analyses et la détermination de l'incertitude de mesure. Spectra Biologie, 2007,26, n° 157 : 37-35

- DUMONTET M. Problématique de la maîtrise métrologique des instruments d'analyse automatique. Spectra Biologie, 2005,24, n° 147 :

35-39

- MASSEYEFF R. Plaidoyer pour la modernisation du contrôle interne de la qualité. Spectra Biologie, 2002,22, n° 127 : 28-33

- SZYMANOWICZ A., BOURGNE M.O., DENIS I., NEYRON M.-J. Optimisation de la gestion du contrôle de qualité. Partie I, l'approche méthodologique. Spectra Biologie, 2005,24, n° 147 : 40-8

- SZYMANOWICZ A., BOURGNE M.O., DENIS I., NEYRON MJ. Optimisation de la gestion du contrôle de qualité. Partie I, les résultats. Spectra Biologie, 2005,24, n° 147 : 40-48

- Document LAB GTA 06Les contrôles de la qualité analytique en biologie médicale. Révision 00 – Juillet 2005

- VASSAULT A, GRAFMEYER D, De GRAEVE J, COHEN R, BEAUDONNET A, BIENVENU J : Analyses de biologie médicale :

spécifications et normes d’acceptabilités à l’usage des validations de techniques .Ann Biol Clin 1999 ; 57 : 685-95.