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UNIVERSITE IBN TOFAIL

Faculté des Sciences - Kénitra


Année universitaire 2016/2017

MASTER 1:,
Option : Ingénierie de la Valorisation des Ressources Naturelles
et Management de Qualité

Extrait du cours :
Economie et stratégies
agricole et agro alimentaire

Thami LAASSILI, consultant/formateur en Développement Humain Durable


PARTIE 1 :
Eléments de terminologie

Thami LAASSILI, consultant/formateur en Développement Humain Durable


Master 1- Option : Ingénierie de la Valorisation des Ressources Naturelles et Management de Qualité
Economie et stratégies agricole et agro alimentaire - Année universitaire 2016/2017

Action = titre de propriété représentant une part du capital d’une société.


Celui qui détient une action est propriétaire d’une part de la société et obtient
une part des bénéfices (dividendes) chaque année
Agriculture = Travail de la terre pour produire des produits agricoles qui
deviendront ensuite des produits alimentaires (cultures et élevage).
Assolement = division des terres cultivables en 2 ou 3 soles = la même culture
revient sur le même terrain tous les 2 ou 3 ans afin de limiter l’épuisement et
l’érosion des sols
Autarcie = système économique par lequel un pays tente de se suffire à lui-
même et de limiter ses importations. Vivre en autarcie c’est produire tout ce
dont on a besoin
Balance commerciale = différence entre la valeur des exportations et celle des
importations. Si la valeur des exportations est supérieure à celle des
importations, la balance commerciale est excédentaire. Sinon elle est
déficitaire.
Banque = entreprise utilisant l’argent des personnes et des entreprises pour
faciliter leurs paiements et pour le prêter contre intérêts à d’autres personnes
ou entreprises
Thami LAASSILI, consultant en formation et développement durable
Master 1- Option : Ingénierie de la Valorisation des Ressources Naturelles et Management de Qualité
Economie et stratégies agricole et agro alimentaire - Année universitaire 2016/2017

Entreprise = Unité économique autonome qui produit des biens et/ou


des services pour les vendre et réaliser des bénéfices.
Stratégie: Ensemble d’actions coordonnées, d'opérations habiles, de
choix d'objectifs et de moyens qui orientent à moyen et long terme les
activités d'une organisation, en vue d'atteindre un but précis
Libre-échange = système dans lequel les échanges commerciaux entre
Etats sont libres et les droits de douane supprimés (par opposition au
protectionnisme).
Le Produit intérieur brut ou P.I.B. est défini comme étant la somme des
valeurs ajoutées réalisées à l'intérieur d'un pays par l'ensemble des
branches d'activité (auxquelles on ajoute la TVA et les droits de douane),
pour une période donnée, indépendamment de la nationalité des
entreprises qui s'y trouvent.
La valeur ajoutée (V.A.) : la différence entre la valeur finale de la
production (valorisée par le chiffre d'affaires) et la valeur des biens
consommés par le processus de production (consommations
intermédiaires, comme les matières premières).
Thami LAASSILI, consultant en formation et développement durable
NOTION DE PROJET
Qu'est ce qu'un projet ?
"Ce que l'on a l'intention de faire. Cela sous entend
l'intention d'agir, une idée à réaliser." (Larousse)
Un projet, c'est non seulement une INTENTION de faire
ou une idée nouvelle à réaliser, mais c'est aussi la
DEMARCHE à mettre en place pour réaliser cette idée.

L'élaboration du projet nécessite de définir des objectif.


La réalisation des objectifs s'appuie sur la mise en place
d'actions.

Cette démarche nécessite des MOYENS et doit être


réalisé dans un DELAI déterminé.
Cycle du projet
PARTIE 2 :
ECONOMIE ET STRATEGIE
AGRICOLES
INTRODUCTION
L’agriculture a été toujours un secteur stratégique pour le
développement socio-économique du Maroc. Depuis,
l’indépendance, le secteur agricole a connu de nombreux
programmes de développement agricole et rural et de réformes
structurelles pour permettre au pays d’assurer sa sécurité
alimentaire et de contribuer dans sa croissance économique. Malgré
ce soutien dont a bénéficié l’agriculture par le passé, elle reste un
secteur sous-développé.
Le secteur agricole représente 15 à 20 % du PIB national marocain.
L’agriculture est une source d’emploi majeure avec 3 à 4 millions
de ruraux travaillant dans le secteur agricole et 60 à 100.000
emplois dans l’agroalimentaire.
Le secteur agricole a une contribution décisive aux grands
équilibres macroéconomiques et à la balance commerciale du
pays.
INTRODUCTION
 La balance alimentaire est largement négative.
 70% des exploitants marocains ont une surface < 2,1 ha.
 La moyenne d’âge des agriculteurs est de 55 ans.
 Le secteur souffre des sécheresses récurrentes. En effet, 5 bassins
hydrauliques sur 8 sont en situation de déficit hydrique à court et
moyen termes.
Le contexte mondial marqué par la sécurité alimentaire, le
changement climatique, la hausse des prix des produits agricoles, la
responsabilisation des producteurs, la lutte contre la pauvreté, a
contraint le Maroc à revoir sa stratégie agricole dans le sens de la
mise à niveau, la restructuration et de la redéfinition des missions.
C’est dans cette perspective que la stratégie du Plan Maroc Vert a
été élaborée, à l’effet de rendre l’agriculture comme le principal
moteur de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15
prochaines années.
PRÉSENTATION SUCCINCTE DE L’AGRICULTURE MAROCAINE
Climat :
Sur le plan climatologique, le Maroc est dominé par le climat aride et semi aride à
influence méditerranéenne et océanique.
Les précipitations sont à fluctuation importante avec deux pics : novembre-
décembre et mars-avril une tendance à la baisse et une répartition inégale dans le
temps et dans l'espace.

Superficie et occupation du sol


La Superficie totale du pays s'élève à environ 69 millions d'hectares ; répartis
comme suite :
Superficie Agricole Utile (SAU): 8,7 M ha (13 %)
Parcours (sans foret) : 21 M ha (30 %)
Foret et nappe d'alpha : 8,3 M ha (13 %)
Terres incultes : 32 M ha (44%)
PRÉSENTATION SUCCINCTE DE L’AGRICULTURE MAROCAINE

La répartition de la SAU par cultures se présente, en moyenne,


comme suite :

 Céréales : 5,5 M ha (63 %)


 Arboriculture : 1.700.000 ha (20%)
 Légumineuses : 350.000 ha (4%)
 Cultures industrielles : 260.000 ha (3%)
 Cultures fourragères : 175.000 ha (2%)
 Maraîchage : 175.000 ha (2%)
 Jachères : 540 M ha (6%)
PRÉSENTATION SUCCINCTE DE L’AGRICULTURE MAROCAINE

La répartition de la SAU , selon les effectifs des exploitants:


 Le nombre des exploitations agricoles est d’environ 1,5 millions
dont 99,8 % sont des personnes physiques.
 Le nombre de ménages agricoles est de 1.493.361 (77,7% des ménages ruraux)
 Les exploitants sans terre représentent 4,3% du Nbre total des exploitants.
 Plus de la moitié (55%) ont moins de 3Ha.
70% des exploitations agricoles ont mois de 5 hectares
 4% des exploitants ayant plus de 20 ha disposent du tiers de la SAU totale.
 0,2 % des exploitants ont plus de 100 ha et détiennent 8,7% de la SAU.
 Les femmes exploitantes agricoles représentent 4,5%.
 L’âge moyen des exploitants est de plus de 55 ans.
 La SAU totale est répartie sur 9 528 685 parcelles.
 Le nombre moyen de parcelles par exploitation est de 6,4.
 La superficie moyenne par parcelle de 0,92 Ha.
PRÉSENTATION SUCCINCTE DE L’AGRICULTURE MAROCAINE
Statut juridique des terres /SAU

Le Melk (privé) et assimilé : 6 618 130 Ha, (75,8% de la SAU totale)
Le Collectif : 1 544 696 Ha, soit 17,7 % de la SAU totale.
Les terres Guich : 240.441ha, soit 2,8 % de la SAU totale ;
Les terres Habouss : 58.824ha, soit 0,6% .
Les terres du Domaine de l’Etat : 270.153 ha soit 3,1% de la SAU,
avec une forte concentration au niveau des exploitations de 100 h
a et plus (40,8% de la SAU Domaniale). Ces terres de l’Etat sont
cédées en location aux privés.
ATOUTS DE L’AGRICULTURE MAROCAINE
L'agriculture marocaine jouit de plusieurs atouts, dont principalement:

 L'aménagement de l'espace agricole à travers le développement de l'irrigation


(Petite et Moyenne Hydraulique) et la réhabilitation des infrastructures hydro-
agricoles dans les périmètres de grande hydraulique,
 la superficie irriguée est d’environ 1.3 M ha
 la diversification des spéculations végétales par l’introduction de nouvelles
cultures à rentabilité élevée, telles que les plantations fruitières, les cultures
fourragères et maraîchères et par l’amélioration des techniques et des facteurs
de production;
 Une main d'œuvre agricole qualifiée et très compétitive en terme de coût par
rapport aux concurrents
 Des avantages comparatifs avérés dans les fruits et légumes frais et transformés
ainsi que dans d'autres produits méditerranéens;
 Un développement d'une place de transformation de produits agro-
alimentaires potentiellement très compétitive.
 Un grand potentiel en produits de terroir et PAM
CONTRAINTES DE L’AGRICULTURE MAROCAINE
Par ailleurs, la productivité et la durabilité du secteur agricole sont entravées par les
facteurs suivants:

 Le climat, notamment, la fréquence et la sévérité des sécheresses (désertification);


 Le système foncier ne facilitant pas toujours un usage prudent ressources et
l’investissement à moyen et long termes;
 La dégradation des ressources, dont l’érosion des sols due à l’eau et au vent, la
perte de fertilité et la salinisation des sols, la baisse de niveau des nappes
aquifères, ainsi que la dégradation des parcours et forêts due au surpâturage, aux
mises en culture et à la collecte du bois et de plantes à des fins commerciales ou
pour servir de combustible.
 Le gaspillage énorme en eau
 La taille des exploitations,
 L’alimentation inadéquate, constitue la cause de la forte mortalité des jeunes
animaux et de performances de croissance et de reproduction.
 La cherté des concentrés, et autres produits de l’élevage,
 La gestion de la santé du troupeau est encore insuffisante,
 Les paquets techniques, personnel et vulgarisation sont insuffisants;
 La vulnérabilité des petits producteurs face à la sécheresse et vis-à-vis des
intermédiaires opérant dans le système de commercialisation;
 Le manque d’infrastructure adéquate pour valoriser les produits et en tirer une
meilleure valeur ajoutée.
ECHANGES COMMERCIAUX DU MAROC

Les principaux produits exportés sont :

 Les primeurs,
 Les agrumes,
 L’huile d’olive
 Le vin
 Les produits de cuir (maroquinerie).
 Les produits de la pêche (55 % des exportations alimentaires
agricoles et 400 000 emplois).
ECHANGES COMMERCIAUX DU MAROC

Les principaux produits importés sont :

 Les céréales,
 Les huiles et corps gras,
 Le sucre
 Les fourrages
 Les légumineuses
PARTIE 3 :
STRATEGIE AGRICOLE DU MAROC –

PMV
Aperçu sur l’historique de la politique agricole au Maroc
Plan Maroc Vert (PMV) : Nouvelle stratégie agricole au Maroc
Le contexte mondial actuel est marqué par:
 La sécurité alimentaire,
 Le changement climatique,
 La hausse des prix des produits agricoles,
 La responsabilisation des producteurs,
 La lutte contre la pauvreté.
Dans ce contexte, le Maroc a été contraint de revoir sa stratégie
agricole dans un sens de:
 Sa mise à niveau,
 Sa restructuration et
 La redéfinition de ses missions.

C’est dans cette perspective que le Plan Maroc Vert a été


élaboré en 2008 et ce, pour rendre l’agriculture le principal
moteur de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15
prochaines années.
Objectifs et stratégies d’intervention du PMV :
La finalité du PMV est la mise en valeur de l’ensemble du
potentiel agricole du territoire, afin de répondre à quatre
objectifs principaux constituant un enjeux important pour
l’économie national. Ces objectifs sont:

 l’amélioration des revenus des agriculteurs.


 la garantie de la sécurité alimentaire de 30 millions de
marocains.
 la protection des ressources naturelles des différentes
régions.
 l’intégration de l’agriculture marocaine au marché
national et international.
Axes d’intervention du PMV
Sur le plan économique, le PMV a pour ambition de multiplier par 2,5
la valeur ajoutée du secteur agricole qui passera de 38 à 100 milliards
de DH par an, et ce, moyennant une intervention qui, s’articule autour
de deux piliers:

Le premier pilier porte sur le développement d’une agriculture


moderne et à haute valeur ajoutée/haute productivité répondant
aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés, à
travers le financement de 1000 projets tant dans la production que
dans les industries agro-alimentaires.

Le deuxième pilier concerne l’accompagnement solidaire de la petite


agriculture, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs les
plus précaires, notamment dans les zones enclavées. Dans ce cadre, il
sera procédé au financement de 545 projets dit « sociaux » par le
Fonds Hassan II pour le développement économique et social.
PARTIE 4 :
ECONOMIE
AGRO – ALIMENTAIRES
INTRODUCTION
L’industrie agroalimentaire (IAA) occupe une place stratégique dans
l’économie marocaine. Elle représente près de 30 % de la production
industrielle totale, ce qui en fait la deuxième branche industrielle du
pays. Elle compte près de 2000 entreprises, soit 25 % du total des
établissements industriels, et emploie plus de 100 000 personnes.
Le tissu des IAA marocaines est composé à 95 % de PMI de moins de
200 salariés et pour une infime minorité par de grands groupes
nationaux ou étrangers dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard de
dirhams. Mais malgré leur supériorité numérique, les PMI n’assurent
que 45 % de la production totale. Ces industries sont concentrées
dans la région Grand-Casablanca (31 %), suivie de la région Souss-
Massa-Draa (14 %). Certaines branches, en particulier celle des fruits
et légumes transformés, sont essentiellement tournées vers
l’exportation alors que d’autres sont exclusivement orientées vers le
marché intérieur (corps gras, industrie laitière, transformation des
céréales, boissons…).
INTRODUCTION
Mis à part quelques grandes entreprises, le secteur des IAA
demeure peu performant en raison des carences de plusieurs
facteurs : retard technologique, faiblesse de l’innovation,
qualité des produits insuffisante, sous qualification de la main
d’œuvre. Face aux exigences du secteur de la grande distribution
qui se développe et à la rude concurrence des produits
étrangers, qui, à l’avenir pourront bénéficier de la libéralisation
des échanges pour pénétrer plus facilement le marché intérieur,.
L'adoption d'une approche « filière » (production agricole,
transformation, distribution et commercialisation), qui constitue
un axe fort des projets développés dans le cadre du PMV depuis
2008, devrait contribuer à moderniser et améliorer la
compétitivité du secteur des IAA.
INDICATEURS CLÉS DE L’IAA AU MAROC
 Production : plus de 142 milliards de DH, dont 14% destinée à l’export (2013).
 Emploi : 137.535 en 2012 contre 94.763 en 2002.
 CA à l’export: 22 milliards DH(2014), 11,2% des exportations marocaines et 0,3% de la
part de marché mondiale.
 Importations: 24,3 Mds DH soit 6,3% des importations totales.
 Plus de 2.600 opérateurs (importateurs et exportateurs) (2014) contre 1.910 en 2007.
 30% des exportateurs de la filière sont également des importateurs de produits de
l’industrie alimentaire.
 Apparition de nouveaux produits (produits de confiserie et chocolaterie, préparation et
transformation des viandes…).
 L’UE représente 51,4% des échanges commerciaux marocains. Les principaux
partenaires commerciaux du Maroc sont l’Espagne et la France, lesquels représentent
plus de 55% du total des échanges avec l'UE.
 Trois régions participent pour les 2/3 des exportations de la filière (2013):
Souss-Massa-Darâa: 23,4 %, Laâyoune- Sakia-Lhamra et Dakhla-Oued- Dahab: 23,7 % et
Tanger-Tétouan : 15,2 %.
 Evolution de l'Investissement global IAA 4,5Mds DH en 2012, contre 3Mds DH en 2000.
PARTIE 5:
STRATEGIE DE L’INDUSTRIE
AGRO – ALIMENTAIRES (IAA)
AU MAROC
PRINCIPALES CONTRAINTES DU SECTEUR DES IAA
Le développement du secteur des IIA reste principalement
entravé par la problématique de l’approvisionnement et de
sa diversification ainsi que par plusieurs contraintes dont:

 Retard technologique,

 Faiblesse de l’innovation,

 Insuffisance de la qualité des produits,

 Sous qualification de la main d’œuvre.


1- STRATÉGIE DES IAA DANS LE CADRE DU PLAN MAROC VERT
Pour palier les contraintes entravant le développement des IAA, le Plan Maroc Vert, s’est
assigné d’intervenir sur 5 axes :

i) l’amélioration de l’offre en matière de produits agricoles destinés à


la transformation en quantité et en qualité,
ii) la création de zones industrielles dédiées à l’agro-alimentaire,
iii) l’amélioration des équipements de stockage et de réfrigération,
iv) la contractualisation des accords de libre-échange constitue une
réelle opportunité pour améliorer les performances à l’export et
v) la recherche de nouveaux débouchés (ciblage géographique,
ciblage en termes d’actions de promotion, accompagnement des
exportateurs dans le cadre de ces actions et développement des
marchés en raison de l’extension des modes de vie urbains, du
travail des femmes, du développement de la distribution
moderne, des activités de restauration et de tourisme).
FIN