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ENSEIGNEMENT DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

A

Du même auteur, aux Editions Dervy - La Cathédrale cosmique

© 1995 Éditions Dervy ISBN : 2-85076-700-X

Raymond BERNARD

ENSEIGNEMENT DES MAITRES DE LA CONNAISSANCE

Édité sous la direction de Geneviève Dubois

Éditions Dervy

130, boulevard St-Germain 75006 PARIS

Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu ’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent ... Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s ’attarde avec hier ...

Khalilo Gibran - Le prophète

Cet ouvrage est dédié en affectueux hommage à mon fils Christian

ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

INTRODUCTION

Les Maîtres de la Connaissance dont il est question dans cet ouvrage symbolisent et personnifient un degré ou état inté­ rieur obtenu par une visualisation dans laquelle peut être incluse la construction mentale d’un édifice particulier et c’est le choix que j ’ai fait pour parvenir plus aisément à une harmonisation avec le Soi.

Les Maîtres de la Connaissance mentionnés n’ont donc pas d’existence réelle, mais les enseignements qui sont commu­ niqués sont, eux, parfaitement représentatifs de tout ce que la tradition, au cours du temps, a transmis dans des milieux ou cénacles souvent fermés au public en général, ou encore débat­ tus lors d’assemblées réservées. Ces enseignements ont été pré­ sentés par l’auteur, sous la même forme, parfois avec les mêmes mots dans des manuscrits ou des livres dont la diffusion était très limitée et dépassait rarement les limites de ceux à qui ils étaient particulièrement destinés. Ces limites, dans ce livre, sont dépas­ sées et chaque fois qu’il était nécessaire, les rectifications ou les transformations voulues ont été opérées sans que la portée des enseignements ait été en quoi que ce soit diminuée.

Toutes les précisions utiles ont été apportées pour que le lecteur étranger aux sujets traités ou habitué à une présentation différente des enseignements liés à la tradition ou aux questions spirituelles, puisse suivre les messages, y participer et, éventuel­ lement, s’il le décide, les recueillir lui-même en se conformant à la technique observée et présentée dans tous les détails.

Dans un précédent ouvrage, L a C a t h é d r a l e C o s m iq u e , de larges explications avaient déjà été données sur la technique

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elle-même, de sorte que ceux et celles qui l’ont lu ne seront pas en terre nouvelle ou étrangère. Mais ils trouveront de nouveaux principes et exemples qui les aideront à comprendre mieux encore cette technique et à l’appliquer plus efficacement eux- mêmes, s’ils ont choisi de l’adopter.

En ce qui concerne les sujets abordés, ils sont naturelle' ment différents et se rapportent à des connaissances et réflexions des domaines les plus divers. Il ne peut faire de doute qu’ils sont pleinement inclus dans les enseignements liés à la tradition uni­ verselle, même si, pour être efficaces, ils ont été, dans une mesure plus ou moins grande, adaptés au monde moderne.

L’auteur tient ici à exprimer sa profonde reconnaissance à Gilles Kronenberger qui, avec une inlassable patience et un dévouement de tous les instants, s’est attaché à lire et relire le manuscrit de cet ouvrage, comme il l’avait déjà fait pour le pré­ cédent, La C a t h é d r a l e C o s m iq u e , à lui soumettre les correc­ tions ou précisions qui semblaient nécessaires, et enfin mettre le texte dans sa forme définitive.

Il tient à remercier également très sincèrement Jean-Marie Vergerio pour son aide et son appui constants et dévoués.

Si l’auteur peut, en conclusion, exprimer un souhait, c ’est que les lecteurs de ce livre trouvent un encouragement dans leurs propres efforts, dans leur recherche d’une plus grande connaissance ou une stimulation - s’ils ne l’ont pas entre­ prise - à commencer une telle recherche.

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OBSERVATION, VISUALISATION ET COMMUNION COSMIQUE

Nombreux sont ceux qui, dans une voie de développement personnel, cherchant à atteindre un degré plus ou moins élevé de communion intérieure, ont renoncé devant les difficultés ren­ contrées et ce qu’ils ont considéré comme d’irrémédiables

échecs. En fait, chez la plupart, l’échec - si échec il y a -

est dû

essentiellement au découragement ou à une regrettable négli­ gence. Après plusieurs essais supposés infructueux, la tentation est grande, il est vrai, de renoncer à de nouveaux efforts, mais le plus souvent, tout en n’ignorant pas les bienfaits et l’aide puis­ sante de la communion cosmique, beaucoup seront poussés à se fier à leur seul raisonnement pour harmoniser des conditions défectueuses et apporter à quelque problème sa solution humaine au lieu de rechercher d ’abord plus de lumière et de force dans le domaine de la spiritualité la plus pure.

A mon avis, l’échec d’une tentative pour se situer sur un plan spirituel est dû, d ’une part, à une méconnaissance des principes régissant la visualisation véritable. Ces principes ne doivent pas être lus. Il faut les étudier d’une manière incessante et s’en imprégner si complètement qu’ils deviennent une partie vivante de l’être tout entier et qu’il s’établisse, au moment où la communion cosmique est recherchée, une sorte d’automatisme où le geste est accompli sans que le mental ou la pensée objec­ tive intervienne au premier plan. Cet automatisme pourrait être

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appelé attitude intérieure, celle-ci prenant le relais du moi objectif pour diriger l’expérience aussitôt que la décision de tenter celle-ci a été prise. Or, ce résultat ne peut être atteint que si le mental est saturé de la technique à suivre.

La visualisation est un élément fondamental dans la recherche de tout contact spirituel et même dans la vie mys­ tique en général. On oublie trop que le raisonnement et la parole sont les facultés dont jouit l’homme pour s’exprimer sur le plan physique uniquement et communiquer avec autrui sur ce même plan. On ne s’exprime et on'ne communique pas avec

les autres plans et avec le moi intérieur de cette manière. Le seul moyen d ’y parvenir, l’unique faculté donnée à l’homme

dans ce but, c ’est la visualisation

et c’est pourquoi, dans toute

technique initiatique, mystique et même religieuse, les mots et les gestes, le verbe et le mouvement, le son et le rituel n’ont d’autre dessein que de faciliter - voire de susciter - une visuali­ sation intérieure grâce à laquelle l’état ou communion sera éta­ bli. Chants, prières, psalmodies, incantations, processions, sta­ tues et images, et les différentes formes actives adoptées sous toutes les latitudes, n’ont d’autre but. Aussi, la visualisation est-elle primordiale dans toute la vie spirituelle, quelle que soit sa forme et le plus humble fidèle visualise sans le savoir. L’initié et l’adepte, de leur côté, apprennent à visualiser avec méthode pour atteindre avec maîtrise le domaine de la connais­ sance et franchir avec succès les étapes de leur évolution.

Visualiser signifie voir intérieurement et il est évident qu’on ne peut y parvenir sans avoir en tout premier lieu déve­ loppé la faculté d'observation objective. Nombreux sont ceux qui regardent sans voir. Ils vont, tels des automates repliés sur eux-mêmes, sans observer ce qui les entoure, sauf si cela pré­ sente un intérêt immédiat. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit, pour eux, de construire une image mentale, ils éprouvent d’insur­ montables difficultés. L’observation est volontaire. Il faut, au début tout au moins, vouloir observer et, dans ce but, vouloir

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reporter l’attention du dedans vers le dehors. Il faut regarder consciemment autour de soi, examiner les visages, les êtres, les choses avec la même intensité qu’un photographe ou un peintre préoccupé du moindre détail. Au début, c’est une entreprise difficile, mais la persévérance conduit à des résultats tels qu’un automatisme, là aussi, s’établit avec, pour conséquence, une observation de plus en plus rapide, une mémoire de plus en plus fidèle et une facilité considérable de visualisation efficace.

Dans la visualisation, les résultats de l’observation s’al­ lient à l’imagination. Dans l’image à édifier, les bases sont fournies par l’observation. En ce qui me concerne - et comme je l’ai écrit ailleurs* - j ’ai toujours eu l’habitude de bâtir ma méditation sur la visualisation d’une cathédrale. J’aurais pu tout aussi bien choisir une mosquée, une synagogue, un temple ou quelque autre édifice, même profane, mais une cathédrale m ’inspire davantage et c ’est pourquoi je l’ai choisie comme base de ma visualisation personnelle. J’ai vu, certes, plus d’une cathédrale, et dans chacune quelque chose m’a inspiré davan­ tage. L’observation procure la connaissance fondamentale du sujet. Le rôle déterminant de l’imagination sera de conférer l’efficacité au tableau mental en lui ajoutant ce qui peut provo­ quer l’émotion intérieure et l’exaltation spirituelle. Dans mon propre exemple, cela s’obtiendra en réunissant dans la cathé­ drale imaginaire tous les quelque chose qui ont pu m’inspirer dans les différentes cathédrales que j ’ai visitées et aucun détail n’est inutile. Je devrai voir d’abord la cathédrale dans son ensemble, comme si je la survolais, puis en examiner les parti­ cularités extérieures pour m’approcher enfin du portail central et pénétrer à l’intérieur où le même soin est à apporter à la visualisation, en lui ajoutant, si possible, l’impression d ’une odeur d ’encens et d’autres éléments particuliers que je peux souhaiter. La règle, c’est qu’il faut vivre la visualisation, s’y intégrer comme si elle devenait notre conscience elle-même.

*

L a

C a t h é d r a l e

C o sm iq u e , chez le même éditeur

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Cette participation est comparable à l’état obtenu en assistant à la projection d’un film qui nous intéresse profondément. A ce moment-là, il y a, en effet, de notre part, intégration à l’intrigue et aux décors. Nous sommes tout entier le film et c’est exacte­ ment ce qui doit se produire dans la visualisation.

La visualisation, naturellement, a une fin, et lui succède la phase passive de l’expérience, la plus importante. La visualisa­ tion est le moyen d’atteindre un état déterminé. Cet état atteint, le moyen doit être oublié. La création mentale est achevée et le moment d’en tirer profit est venu. Il convient donc de cesser le travail de construction et de s’abandonner à l’état obtenu, avec ses propres images, ses pensées, ses émotions et ses impres­ sions. Quand ce moment est-il venu ? Il est impossible de don­ ner à ce sujet une indication précise. On peut dire que, dans une certaine mesure, le transfert s’opère de lui-même : la phase active se transforme lentement en état de réceptivité et l’on sait que la visualisation est terminée et que la communion est en cours. Deux questions se posent alors : combien de temps dure cette communion et quelles impressions en retire-t-on ?

La réponse à la première question est simple. Cette ques­

tion est une erreur en soi. Dans la vie courante de conscience

objective, tout s’évalue d ’après la notion

de temps. Or, dans

l’état de communion cosmique, le temps n’existe pas. C’est après l’expérience seulement, une fois revenu à l’état de conscience ordinaire, qu’on constate que l’expérience, dans sa phase de réceptivité, a duré une seconde, une minute ou un quart d’heure. On remarquera, en outre, que le résultat obtenu est identique et cela que l’expérience ait eu lieu pendant une seconde ou bien davantage, ce qui nous amène à la deuxième question et à sa réponse.

Pendant la communion, il y a connaissance au sens le plus absolu du terme. L’être est plongé au cœur de l’omniscience et de l’omnipotence. Si la visualisation a été conduite pour un but

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déterminé - solution d’un problème, question de santé, aide quelconque ou protection - la communion s’opère de telle sorte que le but sera atteint dans son contexte universel. Si la visuali­ sation n’a visé qu’à communier sans but précis, la communion aura lieu dans le contexte total et l’être en retirera ce qui lui est le plus profitable à ce moment-là et c’est sans doute la meilleure forme de contact, le moi intérieur sachant mieux que tous les raisonnements ce qui peut être utile à celui qui communie. Le point à retenir, c’est que, dans tous les cas, la communion se fait avec l’universel, c’est-à-dire le tout, avec cette seule différence que, dans le cas d’une visualisation dirigée vers un but défini, la réponse se dégagera du contexte général propre à toutes les formes de contact sans exception.

Il est important de se souvenir qu’à l’instant de la commu­ nion, il n’y a pas perception. La connaissance est informulée. C ’est dans le temps très bref du retour progressif à la conscience objective, pendant la période située entre la com­ munion proprement dite et la pleine conscience au niveau phy­ sique, que la réponse ou l’aide attendue, ou encore le message possible et les impressions proprement dites prennent une forme perçue ou consciente. Autrement dit, c’est au fur et à mesure que l’on revient au monde extérieur que la communion revêt une forme perceptible, qu’elle s’habille de compréhen­ sion humaine. Naturellement, la communion peut être si brève du point de vue des notions temporelles, et le retour être si rapide que la perception peut sembler concomitante avec la communion, mais ce n ’est pas le cas. Il se produit, en quelque sorte, un processus inverse à celui de la visualisation. La visua­ lisation a cessé juste avant la communion et, après celle-ci, la connaissance va prendre corps progressivement et être com­ prise dans l’aspect particulier pour lequel elle a été recherchée. Il est fréquent qu’au même moment, il y ait impression d’images, d’encens ou d’autre chose. Cela varie avec chacun et est fonction aussi du contact réalisé, car celui-ci, au niveau de la connaissance intégrale, a pu permettre une harmonie définie

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compréhension soit reçue comme il se doit et il saisira toutes les occasions où la conscience objective sera moins active, y

compris

l’instant d ’une émotion, d ’une frayeur ou d ’une sur­

prise. A l’extrême, la compréhension pourra avoir lieu après que le problème a été résolu, l’aide accordée, la santé réta­ blie, car le résultat de la communion est présent en celui qui l’a conduite et ce résultat opère même à son insu. Ainsi, l’at­ titude convenable est adoptée dans la circonstance attendue, l’inspiration nécessaire apparaît pour la solution du pro­ blème, les conseils médicaux produisent un effet rapide et amplifié, et un peu de réflexion amènera alors à comprendre que si l’on a été guidé de cette façon, c ’est à la suite de la communion accomplie précédemment.

C’est presque un lieu commun, de nos jours, d’affirmer la force créatrice de la pensée et de souligner que celle-ci est plus puissante et effective que le seront jamais tous les efforts humains. La cathédrale que je forme mentalement a été bâtie à l’aide de cette force créatrice. Cela signifie qu’elle existe réel­

lement. Certes, elle est d ’une

nature telle qu’elle ne peut être

perçue par les sens objectifs, mais les pensées le sont-elles par ce moyen limité ? Or, chaque homme est le reflet de ses pen­ sées et son existence entière, son bonheur, ses réalisations en sont le résultat. L’édifice visualisé - pour moi, une cathédrale - est, lui aussi, connu à travers ses effets sur ceux qui s’y rendent régulièrement et sur quiconque a été aidé par son intermédiaire. Il est aussi réel, aussi vivant que l’âme dont notre corps est le temple. Il est aussi vrai que l’édifice de pierre où le fidèle a coutume d’aller prier, mais il est plus facilement accessible puisqu’il peut être atteint du lieu même où l’on se trouve, que ce soit dans la quiétude du foyer ou dans le vacarme et l’agita­ tion de la rue. Il suffit de procéder à une brève purification mentale. La visualisation sera l’étape décisive et si elle paraît longue au début, difficile peut-être, la répétition la rendra pro­ gressivement si rapide et si efficace que l’édifice mental sera atteint presque simultanément avec le désir de s’y rendre. Une

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telle construction spirituelle peut être le lieu où, par simple réflexe devant quelque circonstance que ce soit, l’on s’élève pour recueillir un message, une direction, une inspiration ou une aide. C’est elle qui peut présider à toute recherche ou expé­ rience spirituelle. C’est sous son égide, en sa présence, que l’on peut construire sa vie. L’existence entière est alors baignée

d ’une harmonie et d ’une compréhension infinies et son évolu­

tion intérieure se déroule dans une ambiance de hautes vibra­ tions spirituelles. Les difficultés humaines, les expériences pénibles sont éclairées d ’une compréhension parfaite aidant à les surmonter, voire à en accepter le poids temporaire. En un mot, l’on partage constamment le privilège d’une connaissance toujours à notre portée selon l’étape atteinte sur le sentier, et l’on baigne dans la lumière incréée prête à se manifester en soi

et à travers soi.

Mon intention est de vous révéler maintenant quelques- unes des notions, intuitions et expériences que j ’ai pu retirer en relation avec une telle construction mentale, en l’occurrence une cathédrale symbolique et imaginaire. Mon souhait est que cet ouvrage incite à nouveau mes lecteurs à user largement, eux aussi, des avantages exceptionnels offerts par l’harmonisation intérieure et les contacts cosmiques. Ces avantages ne sont pas réservés à l’auteur de ces pages ni à quelques-uns. Ils sont à la disposition de tous, et pour les partager comme je l’ai fait, il suffit, avec un désir sincère, de se conformer à la grande loi de la visualisation et d ’emprunter ainsi avec confiance l’excellent sentier conduisant au rendez-vous sublime du Soi.

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UNE CATHÉDRALE

Il m’a souvent été demandé, et de nombreuses lettres m ’ont aussi été écrites à ce sujet, si je pourrais, dans un ouvrage, décrire plus en détail la cathédrale que j ’imagine pour y situer mes contacts possibles avec le Soi et l’expérience répé­ tée de ce que l’on appelle d’une manière maintenant générali­ sée communion cosmique. J’en suis venu à la conclusion qu’une telle description pourrait être utile à quelques-uns et les aider dans la construction de leur visualisation. Je vais donc décrire ici la cathédrale imaginaire que j ’ai bâtie pour un travail spirituel spécifique, non pas une cathédrale, mais prétentieuse­ ment ma cathédrale.

J’invite donc mes lecteurs à m ’accompagner maintenant dans ma visualisation et à partager les impressions intérieures de ma construction imaginaire. Ma cathédrale, ils vont ainsi la voir avec moi, dressée dans l’espace, très loin au-dessus de la terre, immense et comme intégrée à la lumière solaire qui en souligne les contours tout en la dissimulant aux regards de l’homme. Elle est là, brillant d ’un éclat plus pur que le diamant.

Note : La description de cette cathédrale imaginaire, telle qu 'elle a été longuement

expliquée en ces quelques pages, a été, dès qu’elle fut connue de lui en communica­

tion privée dès avant 1977, le fondement même de l’inspiration

du célèbre peintre

espagnol Nicomedes Gomez, dont l ’immense toile intitulée La Cathédrale de l ’Ame a été offerte, et pendant des années exposée dans la galerie d ’art du très vaste

Musée Rosicrucien de San José, en Californie.

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A une certaine distance, elle semble transparente et une atten­ tion soutenue est nécessaire pour en distinguer l’architecture. La conception de l’édifice que j ’imagine est prodigieuse. Ma cathédrale mêle harmonieusement le roman et le gothique, comme pour affiner ce dernier et lui ôter toute rudesse. Sept flèches pyramidales s’élancent vers l’infini. L’une d ’elles, à l’arrière de l’édifice, plus massive, plus haute que les autres,

entourée à la base de sept flèches plus petites, est surmontée d’une immense croix d’or, au centre de laquelle s’épanouit le rubis d ’une rose dont le rayonnement se réfléchit dans toutes les directions de l’espace et enveloppe la terre lointaine de son apaisante lumière. L’on devine de l’extérieur trois nefs voûtées d ’ogives' que contrebutent de gracieux arcs-boutants. De chaque côté, marqués de deux flèches, d’impressionnants por­ tails gravés de deux triangles entrelacés s’abritent sous de larges voussoirs aux archivoltes ornementées de mille sym­ boles. Cette partie de ma cathédrale imaginaire supporte la haute flèche centrale aperçue précédemment. Elle constitue presque le point central de la cathédrale et, d’un autre côté, l’arrière du bâtiment dont la forme arrondie suggère une cha­

pelle templière. A cette vue d ’ensemble, ajoutez les

innom­

brables fenêtres hautes aux vitraux chatoyants dont on ne peut voir distinctement du dehors les motifs, l’immense rosace aux fines ciselures, portez le monument tout entier à des propor­ tions infinies et vous aurez une idée très générale de la magni­ ficence que lui attribue mon imagination.

Mais approchons de la cathédrale et préparons-nous à y entrer. La façade est d’une splendeur inégalable. Deux portails moins grands encadrent le gigantesque portail central surmonté d ’un triangle dont la pointe supérieure atteint le bas de la rosace et que les triangles, au-dessus des portails voisins, rejoignent à ses deux extrémités inférieures. Au sommet, un autre triangle dentelé dresse sa pointe supérieure à mi-hauteur des deux flèches cachées en partie par une muraille de cent quarante quatre niches, où s’abritent autant de statues que l’on peut sup­

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sage différent. Les seuls symboles également compréhensibles de tous sont les deux immenses triangles gravés sur les portails principaux et entourés d ’un cercle parfait. L’un est disposé avec l’apex en haut, l’apex de l’autre étant dirigé vers le bas. II n’y a aucun autre symbole sur les portails. Ils veulent ainsi signifier l’importance du triangle dans l’ultime démarche inté­ rieure vers la perfection et l’unité. Parfois, quand on commence à s’élever en imagination vers la cathédrale, celle-ci apparaît dans le lointain, plongée dans les nuages et l’on croit alors avoir compris où s’enfouissent ses insaisissables fondations, mais en se rapprochant, les nuages se dissolvent et l’on se rend compte qu’ils étaient l’illusion d’un mental encore enchaîné à la terre avant que l’être, dans la visualisation effectuée, s’élance vers les hauteurs sublimes qu’il se proposait d’atteindre.

Le moment est venu d’entrer. Comme un souffle sur notre âme, une étrange musique aux rythmes inconnus nous accueille, à peine le grand portail franchi. D’autres entrent en même temps que nous, et l’on se sent incapable de définir exac­ tement leur race ou leur nationalité. Cependant, au signe qu’ac­ complissent certains, on reconnaît leur croyance. En voici un qui, après une génuflexion, effectue un signe de croix. En voici un autre qui couvre sa tête. Ici un troisième rend à Allah l’hom­ mage de sa foi. Là enfin, un visiteur accomplit un geste tradi­ tionnel. L’ambiance est saisissante. Alors que, du dehors, la cathédrale, selon la visualisation imaginaire qui l’a édifiée, paraît transparente comme du verre, à l’intérieur, tout est pénombre. L’impression est plutôt celle de l’étemel crépuscule de multiples soleils dont l’adieu se refléterait dans l’innom­ brable des vitraux. Ce qui frappe, en effet, le visiteur à peine le portail franchi, c’est la splendeur et le nombre des vitraux don­ nant sur la nef principale.

Toute l’histoire et la sagesse de l’univers sont rassemblées là en des couleurs que seule l’âme peut percevoir dans l’absolu de sa communion. Dès mon premier contact avec la cathédrale,

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il y a bien des années, la contemplation de la sagesse ainsi per­ pétuée pour la vision intérieure de quiconque viendrait commu­ nier en ces lieux, avait ému mon être. Ce qui attire ensuite l’at­ tention, c ’est, dans le chœur, au-dessus de l’autel, un immense joyau triangulaire dont la pointe est dirigée vers le bas. Des forces magnétiques invisibles le soutiennent et sa couleur est un violet pâle sur lequel ressort le violet foncé des symboles de lumière, de vie et d’amour gravés à chacune des pointes du tri­ angle. Un soleil représente la lumière, un homme, les bras étendus de chaque côté du corps, symbolise la vie et un cœur est l’emblème de l’amour. Juste au-dessous du triangle se trouve le vaste autel, lui-même triangulaire, sur lequel, à chaque pointe, brûle sans se consumer jamais, un énorme cierge. Les vibrations cosmiques illu­ minent l’autel d’une lumière également violette, si bien que le chœur tout entier semble plongé dans un léger halo, presque un nuage, de cette couleur. On atteint l’autel par trois marches, mais c'est sept marches qui doivent être gravies par le maître ou l'ora­ teur pour parvenir au pupitre placé dans l’abside sous un dais d’une blancheur irréelle. De nombreuses stalles scellées aux murs entou­ rent l’abside et le chœur, et on y accède par trois marches qui se prolongent en demi-cercle dans toute cette partie de la cathédrale.

Il faut aussi monter trois marches pour atteindre le chœur,

mais celui-ci est

séparé

de

la

nef par

une clôture

aux petites

colonnes ouvragées, placée sur la troisième marche d’un côté à l’autre de la cathédrale. Cette clôture, comme le pupitre magistral et les stalles, donnent un indescriptible éclat doré qui, loin de gêner la vision intérieure, l’apaise au contraire et la retient. Sur la gauche, proche de la clôture, une console supporte une vasque rouge transparente, dans laquelle brille perpétuellement une flamme vivante. Sur la droite, une autre console lui fait écho, avec

une vasque aux reflets métalliques d’où s’élève un discret nuage d’encens qui emplit toute la cathédrale.

Une quantité inimaginable de bancs à larges dossiers occupent les côtés de la grande nef. C ’est là que se tiennent

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ceux que j ’imagine venant méditer dans la cathédrale ou parti­ ciper aux cérémonies, et ils sont toujours, dans ma visualisa­ tion, en nombre incalculable quelle que soit l’heure sur terre. Sur les bas-côtés, il n’y a pas de bancs, mais des prie-dieu en larges rangées, sauf à hauteur des piliers. Certains pourraient y trouver une quiétude plus grande, face aux symboles illuminés qui, gravés sur la muraille ou déposés sur de splendides autels rectangulaires, rappellent, sur chaque bas-côté, les grandes reli­ gions existant encore sur terre, y compris les différentes voies offertes par le bouddhisme et les traditions orientales. Il y a enfin des sanctuaires et maintes petites chapelles dans les bas- côtés. On aperçoit dans un angle du sanctuaire une table fine­ ment ciselée séparant deux fauteuils dont l’un est plus ouvragé que l’autre. Ce sont là des tables de communion où mon imagi­ nation suppose que le disciple peut rencontrer un sage et rece­ voir de lui l’illumination directe aussi bien que des enseigne­ ments, des conseils et une direction.

Tel est ce qui, dans la cathédrale que je visualise et que je décris pour vous, a jusqu’ici retenu mon attention, mais chaque contact amène une nouvelle découverte, car pour connaître un édifice d’une immensité aussi inconcevable, aussi prodigieuse, des années ne suffisent pas. De plus, il appartient à chacun de ceux qui choisissent une cathédrale pour leur visualisation, de pousser plus loin leurs investigations et d’admirer ce qui répond le plus à leur désir, à leur inspiration intérieure.

La tendance générale serait de n’entrer dans ce haut lieu imaginaire que s’il y a quelques raisons humaines de le faire, et ce serait une erreur. Il faut s’y rendre pour apprendre à le connaître et au besoin apporter sa propre pierre pour le magnifier encore. De ces seules visites qu’aucun intérêt personnel ne sus­ cite, l’on retire toujours davantage en connaissance et un intense sentiment de joie, de paix, de détente et de réconfort. On sait se trouver dans le saint des saints, dans un lieu de perfection et de puissance, et l’âme se réjouit dans cette sublime ambiance du

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sacré. Dans ma visualisation personnelle, si l’autel de ma cathé­ drale est particulièrement illuminé, cela indique pour moi qu’une cérémonie spéciale a lieu. Interrompant toute investigation, il est nécessaire, dans ce cas, que dans mon image mentale, je prenne place dans la nef ou sur les bas-côtés pour participer à la cérémo­ nie, l’état de passivité étant essentiel pour recevoir l’influx magnétique alors dispensé. Dès que le contact avec la cathédrale est établi, l’âme saura si une telle période correspond aux besoins du moment et, d’elle-même, agit en conséquence. En ce qui me concerne, si elle n’éprouve aucune impression de ce genre, je peux sans problème procéder à la visite projetée en vue de connaître mieux ma cathédrale. Le même principe peut être observé quelle que soit la représentation que l’on a choisie.

L’une des nefs transversales de ma cathédrale nous inté­ resse davantage pour les communications que je vous destine. Cette nef est bordée de petits sanctuaires où travaillent des per­ sonnes intéressées par les traditions et leurs œuvres. Mais si je mentionne particulièrement ces sanctuaires, c ’est que j ’en ai imaginé un qui m’est réservé, et c’est là que j ’ai situé les mes­ sages et les instructions dont je veux vous faire part. Mon sanc­ tuaire, je l’ai placé à l’extrémité de la nef transversale sur le côté droit. Il y a, sur la rangée qui lui fait face, au-delà de la nef, douze sanctuaires semblables les uns aux autres, suivis de trois sanctuaires plus lumineux comme s’ils étaient d’un plan diffé­ rent. Le mien contient les symboles de ces douze sanctuaires et des trois supplémentaires avec quelque chose en plus que je ne peux préciser ici. De hautes grilles protègent chacun de ces sanc­ tuaires, et le mien est complètement clos, de sorte que je peux travailler et avoir des entretiens secrets sans attirer l’attention. Le mur de mon sanctuaire est fait d’un immense vitrail dont les symboles sont significatifs pour moi avec, en bas à droite, une petite fenêtre transparente que je puis ouvrir sans être obligé de me lever de mon fauteuil et à travers laquelle je puis contempler un spectacle miraculeux dont je traiterai dans le cours de ce livre.

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Mon bureau, je l’ai imaginé d’une rare perfection tout en étant extrêmement pratique et il s’assortit fort bien à mon fau­ teuil et à celui prévu pour un visiteur éventuel. J’ai toujours pré­ féré un bureau net à une masse de dossiers inutiles qui ont leur place ailleurs et qui gênent le travail tout en favorisant désordre, oubli et perte d’un temps précieux, et ici, je sacrifie à ce goût de simplicité. J’ai cependant toujours sous la main quelques feuilles vierges et un crayon. Je les appelle, en souriant de moi-même, ma mémoire. Bien entendu, je dispose aussi d’un meuble placé derrière mon fauteuil et tous mes dossiers y sont classés en bon ordre. Toujours selon ma terminologie personnelle, je les nomme mes souvenirs ! La partie plus sacrée de mon sanctuaire est évidemment un genre d’autel, sur lequel des bougies sont sans cesse allumées et elles ne se consument jamais, irradiant ainsi une lumière perpétuelle.

C’est là le symbole qu’une partie de moi-même est, dans cette cathédrale imaginaire, prête à accueillir à tout moment qui­ conque désire communiquer avec moi et à transmettre l’aide et la lumière que ce haut lieu peut dispenser à qui se met en résonance avec lui.

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SUR UN PRINCIPE FONDAMENTAL

Je forme ce soir l’image mentale de ma cathédrale et de mon sanctuaire nécessaire à mon harmonisation intérieure. Je m’assois donc à mon bureau et, m’abandonnant à la rêverie, je contemple, par la petite fenêtre, dans le lointain, le mont suprême de l’illumination où résident, dans ma visualisation,

les plus grands de tous les maîtres. Un peu plus bas, dans la masse compacte de cette unique montagne spirituelle, j ’aper­ çois d ’autres sommets ; ici, c ’est la retraite permanente de frères en blanc, là, un peu plus loin, le mont Akasha et ainsi, à l’infini, ma pensée vole d’une vallée à l’autre, reconnaissant la vérité et l’unité dans la multiplicité des sentiers que gravit une foule innombrable sans savoir que le but est proche et qu’il sera une étape, sans comprendre que d ’autres qu’ils supposent éga­ rés, atteindront par des chemins différents, des sommets aussi élevés et que tous seront réunis dans le sentier final conduisant

au mont suprême

Et mon regard revient vers ce mont de

... l’illumination où œuvrent les Sublimes.

J’imagine maintenant un Sage, un Maître de la Connaissance, entrant dans mon sanctuaire privé et je le vois s’asseoir en face de moi. Je sais aussitôt que je dois prendre le crayon de mon attention et préparer devant moi les pages blanches de ma mémoire. Je vais écrire sous la dictée du Maître les notes de mes souvenirs. Je suis prêt et il parle, du moins je l’imagine, de la même manière que, dans un autre ouvrage, je

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

moment : celui de la dispersion. Combien en sont encore aux errements du psychisme ! Ils ne peuvent se dégager de la gangue de leurs rêves. Les émotions qu ’ils recherchent sont empreintes d ’une vague sentimentalité et ils se com­ plaisent dans une sensiblerie paralysante. Ils appellent

connaissance les phantasmes d ’une

satisfaction intellec­

tuelle ou émotive où toutes sortes de sentiments obscurs se mêlent à leur insu et ils vont, dans une illusion q u ’ils croient vérité, à la recherche d ’illusions semblables, parfois de disciples dont ils pourront être les pontifes et dont la vénération emplira d ’aise leur conscience submergée de fausse sagesse. En tout cela se situent l’illusion et l’ineffi­ cacité de la dispersion. La visualisation, au contraire, sup­ pose que le choix est fait et la technique adoptée définiti­

vement.

« S ’il en est ainsi, alors la puissance de visualisation se développera à chaque pas accompli sur le sentier spiri­ tuel choisi et les résultats seront obtenus avec une facilité croissante. Mais dès les premières tentatives, si le processus est bien suivi, un succès, même partiel, couronnera l’effort fourni et constituera un grand encouragement. Au niveau du subconscient, le fait d’appartenir à une organisation définie est déjà une visualisation en soi. Le moi intérieur sait qu’il est intégré à une assemblée spécifique. Toutes les pensées sont conditionnées par cette adhésion, volontaire à l'origine, à une voie particulière et les réactions profondes de l’être suivent une direction précise vers un but d ’abord pressenti, puis de plus en plus formulé et distinct au fur et à mesure que la progression se poursuit. Cette ambiance intérieure a donc ses prolongements dans la méthode de visualisation adoptée et celle-ci, à partit de ses quelques éléments de base, notamment l’observation et l’imagina­ tion créatrice, peut progressivement se développer en une technique personnelle ayant pour cadre les données inté­ rieures propres à chacun.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Il faut ainsi progresser lentement et, longtemps, une visualisation incluant les moindres détails sera essen­ tielle. Le rôle de l'observation étant rappelé, aucun pro­ blème n’est soulevé lorsqu’il s’agit de procéder au tableau mental. Sur la toile vierge, après que les grands traits ont été tracés, chaque détail saura prendre sa place et chaque couleur rendra sa note exacte. Le peintre, celui qui visua­ lise, entreprend une tâche exaltante. Il crée pour lui-même le plus magnifique tableau qui soit, un tableau qui soulè­ vera son enthousiasme, ses émotions supérieures et finale­ ment son âme. Son tableau est un mandala qu ’il parcourt jusqu’en son centre où se tient la vérité qu’il recherche. Il en apprécie chaque état, mais arrivé au but, il les oubliera tous dans l’ultime communion d ’où il retirera puissance et efficacité.

«

Pourquoi

tant insister sur la visualisation ? La

réponse est simple : la visualisation est la clé de toutes les choses cachées. Elle est la voie de la connaissance, elle est la source de tous les pouvoirs et de toutes les réalisations spi­ rituelles, mentales et même matérielles. Elle est le principe fondamental sur lequel s’appuient tous les autres, quel que

soit leur domaine.

« Cette clé qui ouvre toutes les portes est donc l’outil essentiel donné à l’homme pour la réalisation de ses désirs légitimes et avant tout pour son évolution spirituelle. Il est clair qu’une visualisation parfaitement menée produira tou­ jours le résultat escompté, sauf si son but est de quelque façon nuisible à autrui ou à celui qui l’effectue sans mesurer les mauvaises conséquences que sa réalisation aurait pour lui. Seule, une visualisation concernant l’évolution spiri­ tuelle sera constamment efficace, étant bien précisé que le progrès ainsi obtenu sera fonction du degré atteint précé­ demment sur le sentier de la spiritualité. En tout cas, il en résultera toujours une lumière plus grande. Aucune visuali-

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

sation n’est inutile. Si, pour une quelconque raison, la réali­ sation espérée ne peut être accordée, on en aura conscience au moment de la visualisation et, si tel n’était pas le cas, une inspiration viendrait tôt ou tard, d ’une manière ou de l’autre, pour diriger l’attention vers une autre voie ou une autre solution.

« Tu as maintenant matière à d ’utiles réflexions et la question de la visualisation me semble éclaircie dans tous ses détails. Si chacun en comprend l’importance, un grand pas sera accompli, mais insiste sur la pratique. La connais­ sance des principes est inutile si elle reste purement théo­ rique. J ’ai dit ! »

Il est temps de réintégrer ma demeure terrestre et, curieu­ sement, je constate que cela s’accomplit, dans une certaine mesure, par une sorte de visualisation inverse. La descente s’opère, en effet, par degrés, et je remarque qu’il est possible de ralentir encore la prise de conscience objective pour en analyser les étapes et que, dans ce cas, la vibration du souvenir se déve­ loppe alors en images plus nombreuses, plus nettes et plus pré­ cises. C’est une leçon à retenir : lentement est, dans la visualisa­ tion et toutes ses phases, un mot clé.

Les commentaires du Maître sur le principe de la visuali­ sation m’amènent à penser, au moment où je les rédige, que le fruit d’une expérience peut être utile à beaucoup et je n’hésite­ rai donc pas à rapporter ici la mienne. Tout peut être sollicité du Cosmique, à condition que ce qui est demandé renferme, à part égale, intérêt personnel et altruisme. Or, cette exigence est une source de problèmes pour un grand nombre. Où s’arrête, en effet, l’intérêt personnel et où commence l’altruisme ? Si quel­ qu’un a besoin d’argent pour faire face à une redoutable échéance, comment saura-t-il définir, dans les réflexions qui précèdent la visualisation, ce qui, dans sa demande, est utile à autrui ? A cette question, il y a toujours une réponse possible.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Dans le cas mentionné, si l’échéance ne peut être respectée, quelqu’un en souffrira, soit celui à qui la somme est due et avec lui peut-être, ses collaborateurs et employés, soit même, à tra­ vers le débiteur, la famille dont celui-ci a la charge. Mais com­

ment en être sûr ? Comment avoir la

certitude que cette

demande particulière ou une autre peut être faite ? C’est là qu’une méthode personnelle, bâtie alors que j ’étais encore néo­ phyte et que j ’ai longtemps employée, que j ’emploie encore quelquefois, m’a été d’un considérable secours. Cette méthode, la voici.

Le Cosmique est tout. Sa création est l’univers entier et ce qu’il contient, c’est-à-dire, en particulier, notre terre et l’huma­ nité entière, telle qu’elle est dans l’ensemble de ses caractéris­ tiques, les bonnes et celles que, par manque de sagesse et de compréhension, on juge moins bonnes. Et cette conscience, c ’est donc aussi vous, moi et tous les autres. Par conséquent, si j ’adresse une demande à cette Conscience Universelle, à cette Intelligence, c ’est sans doute à l’univers que cette demande est faite, mais c’est aussi à l’humanité, à vous et à tous les autres. Or, ma demande, pour être comprise et être accueillie par cette Intelligence, doit être transmise au moyen de la visualisation. Je l’ai expliqué à différentes reprises, et le Maître a apporté de nouvelles précisions à ce sujet. Si je devais me présenter à vous ou à quelque assemblée humaine pour effectuer ma demande, et si je devais la formuler à haute voix depuis une estrade, il est évident que si, précédemment, je ne me rendais pas pleinement compte que mon désir est absurde, impossible à satisfaire ou nuisible à quelqu’un, j ’en aurais alors la certitude au moment de vous le soumettre, voire après les premiers mots de l’exposé que j ’entreprendrais devant vous. La lumière se ferait en moi et je me retirerais en reconnaissant la vanité de ma demande.

Ayant médité sur cet aspect des choses, je résolus d’agir, dans toutes mes visualisations, même celles que mon raisonne­ ment supposait fondées, comme si je devais présenter solennel­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

lement ma demande à une assemblée humaine et je constatais vite que le moyen employé m’aidait même à oublier complète­

ment mon désir après l’avoir visualisé de cette manière et l’on

sait que c ’est là

une condition absolument nécessaire pour que

le Cosmique entende la sollicitation qui lui est soumise.

J’opérais donc, j ’opère encore de la manière suivante et cela quel que soit le désir que j ’ai à exprimer ou l’objet de ma demande. Je visualise un vaste édifice qui, le temps de ma visualisation, devient pour moi la résidence du Cosmique. Je gravis le haut de l’escalier conduisant à une porte immense que je franchis et, à travers un grand vestibule, je m’approche d’un huissier âgé, vêtu de noir, pour lui dire que je viens formuler une demande au Cosmique. Il me présente un formulaire sur lequel j ’indique mes noms, prénoms et adresse. Il remet aussi­ tôt le formulaire à un huissier plus jeune qui se dirige vers une porte de bois à deux battants qu’il ouvre à demi pour tendre le document à une main qui le saisit et referme la porte. J’ai eu le temps, cependant, d’entendre un orateur présenter une requête d ’une voix forte à une assemblée que je n’ai pu voir. Je m’as­ sois sur un banc pour rassembler mes idées. L’attente n’est pas longue. La porte de bois s’ouvre et je suis appelé. Je me lève, j ’entre dans une salle aux dimensions gigantesques et, précédé d’un huissier, j ’avance le long du couloir central, tandis que des milliers de têtes se tournent vers moi et me considèrent avec attention tandis que je passe. Je reconnais quelques-uns de ceux qui vont entendre ma requête : il y a là, notamment, ma famille, mes amis, mes relations, mes collaborateurs, mes disparus, et tous me regardent avec une attention bienveillante. Au fond, sur l’estrade, près de laquelle je serai bientôt, en demi-cercle tout autour, sont assis les Êtres que je vénère et au-dessus brille le nuage de la sainte présence. Me voici sur l’estrade, face à cette masse innombrable de spectateurs dont les yeux et l’at­ tention sont fixés sur moi. Je sens autour de moi ceux qui sont là, plus proches. Je sens derrière moi la sainte présence ...

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Alors, dans un silence absolu, ayant prononcé mon nom, j ’expose distinctement ma requête devant l’assemblée et j ’en­ tends ma voix se répercuter à l’infini sous les hautes voûtes. Dès que j ’ai terminé sur les mots : « Avec confiance, sûr de la réponse, je vous transmets ma requête. », je quitte l’estrade, je sors de la salle et, le vestibule traversé, je descends l’escalier et je redeviens objectivement conscient.

Plusieurs points sont à souligner en relation avec cette

visualisation. Tout d ’abord, aussitôt que

ma demande a été

faite et que je quitte l’estrade, je cesse immédiatement d’y

penser et mon attention se porte uniquement sur l’assemblée

au milieu de laquelle je passe, puis sur la porte, le vestibule et enfin le grand escalier. Une fois à nouveau sur le plan objectif, je vaque à d’autres occupations et j ’attends avec confiance la réponse. Je sais qu’elle viendra d’une façon ou de l’autre, par un signe, une intuition, une proposition, par exemple. Ma requête, je n ’en doute pas, est dans les meilleures mains qui soient, celles de l’Intelligence Cosmique, et à travers elle, de Dieu et Dieu ne laisse jamais une demande sans réponse. Si,

sur l’estrade, je n ’ai pas été saisi

de doute ni perçu que ma

requête n’était pas valable, et si j ’ai ainsi poursuivi, sûr de moi-même, jusqu’au bout, j ’aurai ma réponse. Face à rassem ­ blée, ma demande a été complète, précise, détaillée. Rien n ’a été laissé dans le vague. J’ai exposé mon problème dans toutes ses phases sans exception et sans dissimuler quoi que ce soit qui risquerait de rendre vaine ma requête. Je n’ai à aucun moment suggéré une solution à l’assemblée. Je ne lui ai pas dit comment mon problème devait être résolu, ma requête satis­ faite ou mon désir exaucé. Si je connaissais la solution, ma visualisation aurait été inutile. J’ai transmis ma sollicitation à la toute-puissance cosmique et ma sollicitation seulement. J ’ai confiance, car le Cosmique, lui, sait comment la réaliser pour mon plus grand bien, compte tenu du bien de tous, et il la réali­

sera.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Enfin, pour être efficace, cette visualisation doit être

vécue, vivante. Il faut voir l’assemblée, la sentir, s’entendre parler sans perdre de vue ceux qui écoutent la requête. Il faut vivre chaque phase de la visualisation comme si elle était réelle et elle l'e st, car le Cosmique, je le répète, est Tout en tout et, par cette visualisation, c’est à lui, en dernière analyse, que l’on s’adresse. Je souhaiterais que beaucoup adoptent cette méthode qui,

si longtemps,

m ’a été personnelle. Il n’y a aucune raison pour

qu’elle ait été sans cesse efficace pour moi et qu’elle ne le soit pour tous les autres. Elle contribue, en outre, au développement de la concentration et si, au début, la visualisation est longue, la pratique la rend facile et rapide sans que son efficacité en souffre. Puisse-t-elle apporter à d’autres les intenses satisfac­ tions qu’elle m ’a prodiguées ! C ’est le vœu ardent que je for­ mule au moment de clore ces premières considérations sur un message reçu dans ma Cathédrale.

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CYCLES, JOUR SOLAIRE ET EXPÉRIENCES PSYCHIQUES

Ce soir, je conçois mon sanctuaire privé tel que je l’ai ima­ giné et établi dans ma Cathédrale, dans une demi-obscurité, et je distingue à peine le Maître de la Connaissance venu m’instruire. Il est apparu précédé du AUM sacré qui semble, dans ma cathé­ drale, le signe des Maîtres. Celui qui est là, je le reconnais, dans la terminologie que je me suis composée, comme le Maître de VExpérimentation, car ses messages ont toujours un caractère pratique, et si ses instructions sont attentivement suivies, le plus grand profit en est retiré. Je lui prête donc une immense atten­ tion, prenant davantage de notes pour le souvenir, une fois là- bas, des moindres détails. Je suis prêt et le Maître de la Connaissance le sent.

« Je vais revenir, aujourd’hui, sur un sujet de la plus haute importance et je n’ignore pas que, ce faisant, je répéte­ rai, parfois mot à mot, ce que je t’ai déjà enseigné en d’autres occasions, mais la connaissance, pour être bien assimilée, implique une constante répétition. Or, un message reçu est souvent suivi quelques jours, puis mis de côté et, en fin de compte, oublié. De bien des façons, tu as transmis ce que je t’ai appris et tu le rappelles en diverses circonstances. En rap­ pelant, une fois de plus, ces mêmes conseils, tu manifesteras l’importance que les Maîtres de la Connaissance leur accor­ dent et beaucoup verront dans ce fait une indication précise :

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celle qu’ils doivent mettre en pratique ces instructions s’ils veulent progresser efficacement dans la voie choisie. Ainsi, écoute une nouvelle fois ma leçon et respecte scrupuleuse­ ment mes directives. « Beaucoup éprouvent de grandes difficultés pour parvenir aux contacts cosmiques et, la plupart du temps, c’est par absence d ’une technique pourtant simple, mais qui mérite que l’on s’y arrête, car on la néglige trop. C ’est de cela que je veux t’entretenir.

« Q u’entend-on par contact ? Il est utile de préciser que dans ce terme est incluse l’idée d ’accord. Être en contact avec quelque chose signifie être en harmonie, en accord avec cette chose. Naturellem ent, cette harmonie implique aussi un sentiment d ’unité. On peut, dans une certaine mesure, garder son individualité, mais il y a, dans tout contact, certaines qualités ou conditions qui sont communes à la chose avec laquelle on est en accord et à soi-même. Il doit y avoir un lien d ’échanges réciproques, sinon il n’y a pas contact. En physique, il existe un mot qui convient parfaitement à ce dont je parle. Ce mot est résonance. Il désigne l’harmonie vibratoire, celle qui, par exemple, existe entre deux diapasons de même fréquence. Quand l’un se fait entendre, l’autre répond aux vibrations qui le frappent.

« Mais ce que je veux examiner, c’est le contact cos­ mique. Cela exige, en tout premier lieu, que nous reve­ nions sur la nature du Cosmique, sur ce que signifie exac­ tement ce mot souvent employé sans la parfaite compréhension. Le Cosmique est cette intelligence suprême dans laquelle sont incorporées, en fait, toutes les forces, toutes les réalités qui se manifestent à nous dans les divers phénomènes dont nous faisons l’expérience. La Conscience Cosmique donc, c’est l’unité de toute réalité. Elle est à la fois le monde matériel, physique, et ce que les

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hommes en sont venus à désigner sous le nom de spirituel. La distinction entre les deux, le matériel et le spirituel, réside uniquement dans l’étendue ou la qualité de la mani­ festation. Le Cosmique, en tant que force et intelligence universelle, fonctionne à la fois d ’une manière finie et infi­ nie. Les manifestations finies du Cosmique sont une forme réduite, limitée, de phénomènes que nous ne pouvons per­ cevoir que d ’une manière objective. Pour user d ’une analo­ gie sim ple, considérons une étoile dans le ciel. Aussi immense qu’elle puisse être, elle est en quelque sorte plus réduite, plus limitée, par comparaison à toutes les galaxies de cieux.

« Quand on veut entrer en contact avec le Cosmique, ce que l’on cherche est une unité, une harmonie qui ne s’étend pas simplement à quelque forme particu­ lière de phénomène ou à une catégorie définie de choses. Ce que l’on cherche, c’est engloutir, fondre sa conscience dans le tout, dans ce tout dont la conscience fait véritable­ ment partie. En réalité, cette unité existe en permanence, mais notre but dans le contact cosmique est de réaliser, de comprendre, de sentir cette unité. L’harmonie avec le Cosmique requiert la mise en œuvre de la conscience uni­ verselle en nous et c’est de cette manière que nous pouvons alors nous élever jusqu’au grand tout.

« Le mysticisme est une science, aussi bien dans la méthode que dans la manière analytique dans laquelle s’appliquent ses techniques. Les objets, naturellement, sont tout à fait différents de ceux poursuivis par la science classique, mais ils n’en constituent pas moins une méthode intelligente et systématique pour l’emploi de certaines lois. Parce qu’il est une science, le mysticisme a été amené à découvrir qu ’il y avait certaines conditions et certains moments précis particulièrement favorables aux contacts cosmiques. Les taches solaires ont des effets définis sur les

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émotions humaines, sur les centres psychiques. Nul n’ignore, et la science l’a révélé, que les taches solaires affectent l’atmosphère, en ce sens qu’elles ralentissent les vagues électromagnétiques, en fait qu’elles abaissent leur fréquence. Par voie de conséquence, les taches solaires per­ turbent les émissions de radio et de télévision, et elles affectent même, à quelque degré, les câbles sous-marins.

« Depuis des siècles, les mystiques connaissent les effets des taches solaires sur l’homme. L’homme est un être électromagnétique. Le monde forme un vaste champ d ’énergies diverses. L’homme vit dans ce champ et tout mystique doit savoir clairement que la plus grande partie de cette énergie dont l’homme est composé, et qui émane de lui, vient du soleil. Ainsi, tout changement de condi­ tion, dans le soleil, affecte nos glandes, nos centres psy­ chiques et notre moi mental et émotif.

« Chacun sait, par ailleurs, que la lune affecte la pesanteur et les marées, mais ce que le m ystique doit savoir, c’est que la lune a une influence, un effet polarisant sur la nature électrique de l’énergie nerveuse. Elle affecte l’équilibre délicat de l’aura psychique. Le plus grand effet du soleil porte sur la vitalité de l’être humain. Mais ce que la lune, de son côté, influence le plus, c’est le moi psy­ chique et mental de l’homme. Quand la lune monte, de la nouvelle lune à la pleine lune, elle réfléchit à ce moment au maximum la lumière du soleil. C ’est alors qu’elle est le plus visible pour l’homme et qu’elle a sa plus grande influence sur les choses vivantes. Dans les quatorze der­ niers jours de son cycle, soit de la pleine lune à la nouvelle lune, sa lumière commence à diminuer, mais c’est alors qu’elle est dans son premier cycle, le cycle ascendant, que ses effets sur l’homme sont les plus positifs. Le second cycle, de la pleine lune à la nouvelle lune, est plus ou moins négatif dans ses effets sur l’humanité. Au cours de la

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période positive, les rapports de la lune avec les rayons cos­ miques et les autres forces cosmiques sont beaucoup plus grands.

«

Il faut noter et se souvenir que les contacts cos­

miques sont bien meilleurs au cours de cette première période, celle où la lune est montante. Elle est la meilleure pour les exercices psychiques et la projection de la conscience. On constatera par ailleurs qu’au cours de cette première période, il y a, pour chacun, un jour défini qui est le m eilleur possible pour les contacts cosmiques, un jour compris entre la nouvelle et la pleine lune. Ce jour, chacun doit le déterminer pour soi-même, le découvrir par sa propre expérimentation. Ce jour est celui où les centres psychiques sont en harmonie avec les vibrations cosmiques émanant du soleil et de la lune. L’influence de la lune sur les émotions et les centres psychiques varie en intensité de minute en minute. Toutes les sept minutes, il y a un nou­ veau degré — un degré différent d ’harmonie - créé dans le corps humain.

« Après avoir découvert le m eilleur jour de la période lunaire, il faut apprendre à déterminer ensuite quel moment produit les meilleurs résultats pour soi. Il est un ancien principe mystique qui établit que le jour de la naissance est le jour solaire, le jour où tout l’organisme, tout l’être, est en harmonie plus étroite avec les forces cos­ miques. Par conséquent, si quelqu’un est né un mercredi, un jeudi ou un vendredi, ce jour est son jour solaire. La vie n’est pas seulement divisée en sept cycles de sept périodes, la relation de l’homme avec le divin et le cos­ m ique possède, elle aussi, sept degrés qui sont les sept jours de la semaine, mais il faut bien noter ceci : la semaine cosmique commence le jour de la naissance, c’est- à-dire le jour solaire, et ce jour particulier est le meilleur pour revitaliser, pour régénérer les forces vitales.

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« Bien que tous les hommes soient des êtres organiques identiques, il y a des différences fonctionnelles entre eux et cha­ cun doit tirer profit de ces variations personnelles de sa propre nature et découvrir sa meilleure période pour les contacts cos­ miques.

« Voyons maintenant comment opérer pour de tels contacts, et demandons-nous quels avantages nous pouvons retirer des contacts cosmiques ? Voici tout d’abord ce qu’il faut faire. A l’occasion du jour solaire, si cela est possible et si les conditions météorologiques le permettent, l’on doit s’as­ seoir au soleil. Il faut placer le visage au soleil et laisser pen­ dant quelques minutes ses rayons frapper le visage, le cou et les bras. On se met, ce faisant, en harmonie avec les diverses radiations solaires. Certaines de ces radiations sont connues de l’homme : il les a isolées et il connaît leur place dans le spectre électromagnétique ; c’est là un simple point de phy­ sique. D ’autres radiations restent encore à découvrir par l’homme et ce sont celles-ci qui, précisément, permettent d’être psychiquement en rapport avec le Cosmique. Au moment où l’on se trouve dans la position indiquée, on doit demander à être aidé et guidé d ’une manière constructive au cours des contacts. Il va de soi que l’on doit être sincère. On ne peut pas cacher au Cosmique le but réel que l’on poursuit. On ne peut, en quelque sorte, exprimer son désir du bout des lèvres et, en soi-même, vouloir quelque chose de différent. Ce que l’on demande doit être digne de la conscience, de son moi moral. Ce doit être quelque chose que l’on s’est efforcé de faire par soi-même auparavant. Si, d’un autre côté, on n’a, à ce moment, aucun problème particulier à résoudre, il convient d’offrir d’être soi-même un intermédiaire pour aider autrui et demander à être dirigé, à faire ou à dire ce qui sera utile à quelqu’un d’autre.

« Il n’est pas nécessaire de s’asseoir toujours au soleil pour parvenir au contact cosmique, bien que cette méthode

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soit la meilleure pour les glandes et les centres psychiques. Mais chaque fois que l’on fait ce contact, expérimente cette harmonie, on doit observer les quelques principes que je vais indiquer. Il faut visualiser sa conscience sous la forme d ’une spirale ascendante de cercles concentriques s’élevant de plus en plus haut et représentant la conscience montant jusqu’à l’infini. Cette image mentale symbolique aidera chacun à mieux fondre sa conscience dans le tout cosmique. Il faut éviter toute tension ainsi que toute position bizarre. Par ailleurs, l’on doit desserrer ses vêtements, de manière à ne pas être conscient de leur pression sur le corps. On doit choisir une chaise ou un fauteuil sur lequel on puisse appuyer la tête et les bras.

« Il est absolum ent faux de penser q u ’il n’y a aucune relation possible entre le contact cosmique et les réalités de la vie. L’épanouissement spirituel doit amener le bonheur objectif, physique et matériel. C ’est une erreur profonde que de nier le corps et ses désirs naturels. Une

telle manière d ’agir détruit

les relations harmonieuses de

l’être physique avec le moi spirituel. On doit considérer le corps comme étant le véhicule de l’être intérieur que l’on développe, grâce aux diverses expériences rencontrées sur terre.

« La première et la plus importante manifestation du contact, de l’harmonie cosmique, est une attitude de tolérance. Une étrange transformation se produit dans le corps. Les préjugés se tempèrent d ’une compréhension inconnue auparavant. Ce que l’on ne pouvait adm ettre, on le suppose alors plus aisément. Si l’on réussit dans les contacts cosmiques, on constate que la paix intérieure, la plus riche récompense de la vie, est atteinte.

« Voici un autre point qui, je pense, te paraîtra inté­ ressant : dans les divers exercices mystiques, le disciple

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utilise des outils définis. Or, pour parvenir à la perfection

dans un travail quelconque,

l'on doit savoir com m en t se

servir de ses outils, les comprendre. L’un de nos principaux outils est la visualisation. Celle-ci est liée à la vision, bien qu’il ne s’agisse pas toujours de celle perçue par les yeux physiques, mais de celle réalisée sur l’écran de la conscience sans l’aide de la faculté de la vue. Généralement, dans la visualisation, l’on prend dans les réserves de la mémoire une impression visuelle pour composer une image mentale sur l’écran de la conscience. Le degré de visualisation, sa perfection, dépend du pouvoir de concentration. On doit être à même d ’amener à l’avant de la conscience diverses sensations visuelles, telles que couleurs, formes, dimen­ sions, ainsi que diverses sensations ou impressions plai­ santes ou déplaisantes, de nature olfactive et auditive et cela de manière à parvenir à une pleine réalisation de ces sensa­ tions. La visualisation parfaite n’est pas une image vague et sans contours. Tout ce qui est lié à cette image doit être précis. Si l’on veut visualiser une salle que l’on a connue enfant ou adolescent, l’image doit être complète, elle doit avoir la précision, le réalisme et la perspective de l’univers à trois dimensions. L’observation est importante dans la visualisation parfaite. Il est nécessaire de tenter de com ­ prendre ce que l’on voit et, ainsi, on s’en souviendra. Certaines personnes ont une disposition naturelle pour l’observation, d ’autres doivent cultiver cette qualité. Chaque jour, avant de se coucher, le disciple doit s’efforcer de se rappeler ce qu’il a vu au cours de la journée, au travail

ou en faisant des courses. S ’il ne peut se souvenir de rien qui soit vraiment précis, alors il n’a pas fait usage de ses facultés d ’observation.

« Dans une école pythagoricienne, il y a de cela des siècles, tous les étudiants devaient obligatoirement revoir chaque soir tout ce qu’ils avaient fait pendant la journée.

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« La visualisation et l’imagination ont besoin des impressions que l’on reçoit, pour avoir une base de travail. La visualisation doit avoir un caractère réel. L’image visuelle doit stimuler toutes les facultés qui ont quelque lien avec elle et pas simplement la vue, mais aussi toutes les émotions et le moi psychique lui-même. Il n’est pas suffisant de voir seulement. Il faut sentir, entendre et se placer dans l’image, devenir entièrement subjectif pendant une minute ou deux comme si on ne faisait plus qu’un avec les personnages et leur ambiance.

« Lorsqu’on visualise une personne dans le but de se projeter vers elle, il faut, pour obtenir les meilleurs résul­ tats, la connaître. Le disciple doit être à même de la voir parfaitement dans son esprit, de manière à donner à l’image un caractère réel. Il faut donc qu’il puisse se rappeler la voix

de cette personne, son expression, ses caractéristiques, qu’il sente sa poignée de main et, s’il s’agit d ’une femme, l’odeur du parfum qu’elle emploie. Si le disciple observe toutes ces indications, quand il visualisera, il notera l’efficacité qui résultera de l’image q u ’il a créée. L'imagination, je le répète, implique les principes psychiques de la visualisa­

tion.

Si l’on ne peut visualiser d ’anciennes expériences avec

assez de précision pour éveiller la partie émotive de l’être, alors on ne peut pas réussir dans la création mentale. Un exercice très simple est donné dans les enseignements spiri­ tuels et particulièrement ceux de l’Ordre de la Rose-Croix AMORC pour aider à la visualisation. C ’est celui du cercle.

« Il faut visualiser un cercle de deux mètres de dia­ mètre et se voir dans le centre de ce cercle. Dans ce but, on commence mentalement par tracer un arc de cercle. Avec les yeux de l’esprit, on étend une partie de cet arc de cercle en allant vers la gauche et, de cette manière, tout autour de soi. On doit renouveler cette expérience souvent. Elle est extrêmement utile pour parvenir à une bonne visualisa­

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infinie. Comme base de départ, il reconnaît l’intégralité de son être, et cette intégralité, il entreprend de la découvrir et de la vivre.

Il est normal, cependant, que la relation d’expériences dépassant le cadre humain soulève le doute chez autrui. Des expériences de ce genre concernent celui qui les traverse. Elles ne sont pas transmissibles sous forme d’explications et d’autres ne peuvent les appréhender d’une manière identique. Là est sans doute la raison de l’injonction occulte : Se taire /, sauf si l’expérience peut être éprouvée par tous d’après une technique à portée de chacun.

De toute façon, le fait que l’homme soit un être total et que le cherchant entreprenne de le vérifier et de le vivre pour lui-même, implique la reconnaissance - en attendant la connaissance - d ’une existence elle aussi totale, c ’est-à-dire l’expression de l’être aux différents niveaux qui le constituent, depuis la manifestation physique jusqu’aux plans les plus sub­ tils. La transmission de pensée et les rêves, par exemple, que le profane tente d’expliquer par une démarche imparfaite à partir de constatations éparses, le cherchant apprend à les situer dans le tout auquel il se rattache et dont il a entrepris la lente décou­ verte, chaque particularité du monde sensible ou du domaine qui échappe à sa perception sensorielle s’inscrivant peu à peu à sa vraie place dans sa vision totale de l’univers.

C’est pourquoi je n’hésite pas à prétendre qu’il est pos­ sible à une phase de notre être intégral de se trouver ailleurs sans que le corps, et par conséquent le mental, le perçoivent. Les possibilités subconscientes sont infinies et le subconscient, agissant uniquement de façon déductive, si l’intention est diri­ gée, captée dans une direction précise, le subconscient entraî­ nera la totalité de l’être dans cette direction. Ce sera le cas notamment dans une méditation. Les sens physiques, on le sait, ne perçoivent qu’une portion infime du clavier vibratoire uni­

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versel, mais, par son être intérieur, l’homme reste en contact avec le clavier tout entier. Ainsi, même un bref raisonnement rendrait plausible et possible la présence - même inconsciente - sur un plan plus universel de tout cherchant en méditation et en apparence tout à fait isolé.

Je voudrais que tout soit très clair dans la pensée de mes lecteurs et je leur recommande instamment de relire avec atten­ tion et tout au moins de se souvenir de ce que j ’ai, dans ces pages, longuement mentionné au sujet de la visualisation, de la création mentale et des contacts avec le Soi. L’aspect édification mentale est essentiel et, une fois de plus, je rappellerai que la

pensée crée, mais ce

qui

compte surtout, c ’est l’intention posi­

tive et le résultat. Or, ce dernier est toujours obtenu au niveau le

plus élevé de ceux qui sont concernés par l’intention.

Mon propos n’est pas maintenant de vous enseigner les bases de l’astrologie. Ces bases, vous pouvez les recueillir dans tout manuel sérieux. Je n’ai pas davantage l’intention de souli­ gner l’esprit dans lequel vous devez entreprendre cette étude, si elle vous intéresse. Par définition, un cherchant n’ignore pas les dangers de la prophétie, surtout si celle-ci le concerne, car il apprend à connaître la puissance créatrice de la pensée, la force de la suggestion et le pouvoir du subconscient dans son action déductive. Il sait que si, dans sa sensibilité particulière, il se prête à ce genre dinfluence, lui-même créera ce qui lui a été suggéré et qu’il aura accepté sur le plan de l’émotion. Il se sou­ viendra donc, à tout instant, qu’il a choisi de devenir le maître de sa destinée et il refusera catégoriquement de se laisser entraî­ ner, sous la volonté de quelque prétendu prophète, par une curiosité dont il mesure le péril et le caractère malsain.

Pourtant, il ne repoussera pas le cadre que peut lui offrir la connaissance d’une science antique telle que l’astrologie, à condition que le cadre soit exempt de toute prophétie et défi­ nisse seulement les inclinations, les tendances que lui désigne

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

le ciel et dont, sans doute, il devrait tenir compte davantage encore s ’il n’était pas engagé dans la voie de la haute sagesse. Il pourra, de cette façon, comprendre les défauts auxquels son travail spirituel lui a permis d’échapper, ceux qu’il lui faut encore maîtriser et les qualités particulières qu’il lui est pos­ sible de développer. Enfin, il pourra déterminer mieux les cir­ constances éventuelles des expériences qu’il doit rencontrer pour compenser des actes passés ou pour avancer sur le sentier, et il saura, de cette façon, quelles qualités il lui faut manifester pour éviter ou surmonter ces circonstances. En d’autres termes, le cherchant n’accepte pas les tendances du ciel dans un état d’esprit négatif. Il en admet la possibilité ou l’éventualité, mais il adopte aussitôt une attitude positive et il met immédiatement en œuvre les facultés dont il dispose pour écarter ou dominer le passage difficile qui est supposé se présenter. S’il agit autre­ ment, si la crainte le saisit, il ne réagit pas correctement. Il se livre tout entier à la suggestion et à l’autosuggestion, devenant la proie facile de circonstances acceptées et amplifiées par le mental.

Tout cherchant ou spiritualiste doit être vigilant et se sou­ venir sans cesse des dangers de la prophétie quand celle-ci le concerne, quelle que soit la forme qu’elle peut revêtir. Ce sérieux avertissement étant donné, il est bon de connaître toute science sérieuse - et l’astrologie en est une - sans jamais subir. L’on remarquera, en examinant les bases de l’astrologie, que le ciel offre en même temps l’expérience et les qualités néces­ saires pour la rencontrer. Il n’y a pas de thème purement positif ou purement négatif, et qui insisterait sur l’un ou l’autre aspect exclusivement commettrait une faute grave d’interprétation et que celle-ci soit volontaire pour quelque motif obscur toujours discernable, malgré tout, soit involontaire, par manque de connaissance ou simplement de psychologie, elle sera karmi- quement à compenser par son auteur. Le meilleur moyen d’ob­ tenir une interprétation valable est de dresser son thème soi- même, quitte à le comparer ensuite aux conclusions d’un autre.

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On se connaît soi-même mieux que quiconque pourrait le faire et c’est pourquoi une connaissance des bases de l’astrologie est recommandée, étant entendu que cette connaissance doit s’éta­ blir et s’appliquer dans la vigilance et l’attitude sur laquelle je viens longuement de m’étendre.

Ces considérations étant faites et l’avertissement néces­ saire étant donné, je peux en venir à une révélation. J’emploie ce terme à bon escient, car ce que je me propose de dire est encore inconnu, même des astrologues les plus experts. Cette révélation appartient à un domaine supposé perdu de la Sagesse. Elle intéressera d’ailleurs uniquement ceux qui admettent la loi de la réincarnation et, pour eux, elle sera un appui de plus dans leur effort vers davantage de lumière. Les autres, il est vrai, pourront toutefois ajuster cette révélation à leur croyance particulière.

Avant tout, au sujet de la réincarnation, il est un point sur lequel il faut insister. Ce que j ’ai rappelé au sujet de la prophé­ tie et de la suggestion s’applique encore dans ce domaine, avec autant de force. Certains ont une regrettable tendance à recher­ cher systématiquement leurs incarnations passées. Ils y passent tant de temps parfois, qu’ils en négligent leur incarnation pré­ sente, la seule dont ils soient sûrs et la seule qui compte pour leur avenir, puisqu’elle est la résultante de toutes les précé­ dentes. Après tout, pour avoir quelque lueur véritable et fondée sur nos incarnations passées, il suffit de considérer ce que nous sommes présentement avec nos tendances, nos qualités et nos défauts. Notre personnalité actuelle résulte de nos efforts et de nos chutes de naguère. A quoi peut bien servir de savoir qu’on fut roi ou berger ? Nous sommes maintenant ce que nous sommes et c’est sur cette base que nous devons édifier notre évolution, non sur ce qui fut.

Il n’y a, fort heureusement, rien d’irréaliste dans l’astrolo­ gie bien conçue, même si elle est examinée en relation avec la

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONN AISS ANCE

loi de la réincarnation. Elle concerne, en effet, l’homme dans son état présent, dans cette résultante que je mentionnais précé­ demment et elle est ainsi éminemment actuelle. La révélation dont il est question se rapporte aux conclusions à tirer des notions générales de signe et d’ascendant.

Il est évident que le signe de naissance, Bélier, Taureau, etc. représente l’acquis, c’est-à-dire qu’il exprime la résultante des incarnations passées. Les qualités et les défauts qu’il porte représentent le degré atteint à la fin de la dernière incarnation. C’est sur ces bases que l’incarnation nouvelle devra s’édifier et il est clair aussi que les circonstances proposées seront celles qui permettront le mieux un épanouissement réel et efficace à partir de l’acquis. A cette conclusion, tout astrologue peut se rattacher, mais ce qui est perdu et encore inconnu de l’astrolo­ gie actuelle, c’est que le signe ascendant déterminé par Vheure de naissance, représente le but à atteindre, l’acquis à réaliser au cours de l’existence dans le cycle d’évolution que doit suivre une âme. Autrement dit, le signe de naissance est le point de départ d ’une existence déterminée et le signe ascendant est le point d’arrivée proposé à cette même existence. L’analyse des potentialités de chacun de ces deux signes dans un thème donné est donc significative pour une compréhension satisfai­ sante de ce qui est attendu d’une incarnation particulière. Il est possible de définir les qualités existantes et celles que l’on doit acquérir ou renforcer, les imperfections présentes et celles que l’on devra éviter et ainsi de suite. Si le signe de naissance et le signe ascendant sont identiques, le thème revêt une importance toute particulière. Les qualités et les imperfections - le perfec­ tible - sont amplifiées et l’incarnation a une valeur très particu­ lière pour la poursuite de l’évolution et du grand retour.

L’on comprend ainsi que le signe de naissance dans une incarnation nouvelle était le signe ascendant à la fin de l’incar­ nation précédente et que le signe ascendant deviendra le signe de naissance de l’incarnation suivante, si l’existence a été

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conduite comme il se doit. Que se passe-t-il alors, si l’existence n’a pas rempli cette obligation ? Sachant que l’évolution ne recule jamais et qu’on la reprend, dans chaque existence, au point atteint dans la précédente, il en résultera, dans la vie sui­ vante, un signe de naissance et un signe ascendant identiques à ceux de l’existence actuelle, car toutes les leçons doivent être bien apprises pour qu’un progrès ultérieur puisse être envisagé. Pour que le signe ascendant devienne le signe de naissance de l’incarnation suivante, il faut que la moitié du chemin au moins ait été accomplie. Si ce résultat est obtenu, le signe de nais­ sance sera plus ou moins avancé en degré (disons dans les décans du signe, bien que cette expression soit si contestable) et l’on voit qu’il est possible, en examinant le degré d’un signe de naissance, de déterminer dans quelle mesure l’existence antérieure a été menée à bien.

Je m’efforce de m’exprimer le plus simplement possible

pour être compris, même de ceux ayant de l’astrologie une connaissance encore rudimentaire. Les astrologues plus experts

sauront revêtir d ’une terminologie plus précise ce

que je veux

expliquer avec simplicité au bénéfice de tous. Il me serait diffi­ cile d’approfondir cette question sans entrer dans des considé­ rations techniques auxquelles je me refuse. J’ai souligné ce que l’astrologie représente pour le cherchant et mon rôle n’est pas d’insister sur les détails d’une science complexe. Les points que j ’ai traités, chacun est à même de les bien comprendre et de les utiliser avec profit pour une meilleure appréciation de ce qu’il est et de ce qu’il peut atteindre. Des études plus com­ plexes pourront être faites sur ces bases sans que j ’y engage ma responsabilité. J’ai révélé un principe dont il était jadis, au temps où l’astrologie était une science parfaite, tenu soigneuse­ ment compte et je crois que la connaissance et l’utilisation de ce principe sont essentielles pour bénéficier efficacement des lumières de l’astrologie avec l’attitude sur laquelle j ’ai tant insisté. Je n’avais pas d’autre objectif dans ce chapitre qu’ex­ ceptionnellement j ’ai choisi de consacrer à l’examen d’un sujet

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

spécifique laissé à l’appréciation de chacun. Le but ultime de l'homme est la connaissance, l’acquisition de la lumière, par l’initiation et tout ce qui peut contribuer à atteindre ce but est utile, mais rien ne doit être considéré comme la voie exclusive pouvant y conduire. Il faut savoir utiliser raisonnablement l’en­ semble de ce qui est mis généreusement à notre disposition en revenant sans cesse à la pratique et à ce que l’on appelle une technique de libération sûre et éprouvée.

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LES POUVOIRS PSYCHIQUES

L’on peut souvent être effrayé de la légèreté avec laquelle ce sujet est abordé par des spiritualistes ayant atteint un avan­ cement certain. Chercher plus de lumière auprès de quelqu’un supposé plus avancé est souvent une erreur qui peut être fatale dans une démarche qu’il faut effectuer avec prudence et dans l’impersonnalité. Accorder sa confiance à qui est réputé être depuis longtemps dans une démarche spirituelle, peut consti­ tuer un danger dont il faut se garder avec vigilance. Un sage n’adopte pas d ’attitude compassée ni un mode particulier de vie publique. Il s’efforce au contraire de passer inaperçu parmi les hommes et même parmi ceux qui croient le bien connaître et, pour cela, avec les autres, il veut être comme les autres et ne pas s’en différencier le moins du monde, même si, pour un temps, il doit épouser leurs faiblesses. Il ne se révélera qu’à celui qui l’a reconnu et qui a su dominer l’ultime obstacle des apparences, car il est vrai que le maître n’apparaît que si le dis­ ciple est prêt. Toute autre considération est illusion. Il faut faire preuve constamment de circonspection et prendre garde de ne pas succomber au mirage d'apparences physiques, morales, intellectuelles ou spirituelles, même si celles-ci sont revêtues des qualités extérieures que de fausses conceptions et de regret­

tables confusions attribuent

à l'évolué ...

Me voici donc, une fois encore, dans cette ambiance spiri­ tuelle de ma cathédrale qui régénère l’être entier et lui redonne

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

force, vigueur et courage. Mes pensées de la matinée, réappa­ rues à ma conscience le temps d’un éclair, m’amènent à réflé­ chir plus intensément à la question des pouvoirs psychiques ... Comme j ’aurais besoin d’une formulation plus précise pour les situer dans leur contexte véritable ! Comment expliquer d ’une manière significative leur nature secondaire par rapport à l’es­ sentiel auquel ils sont subordonnés, dont ils ne sont qu’une conséquence et sans lequel ils ne sont que déviation redoutable ! Le verbe d’un Maître de la Connaissance serait ici déterminant pour une formulation appropriée, et je l’appelle de

toute mon âme

et mon appel est entendu. Vite, j ’ouvre le

... registre de ma mémoire et, sous la dictée du Maître aujourd’hui invisible, mais dont la voix retentit en moi de sa puissance infi­ nie, je note le message, que je transcrirai plus tard, une fois revenu au plan objectif, en termes compréhensibles par d’autres et par moi-même :

« Il n'y a pas de pouvoirs psychiques au sens où on l’entend généralement. L’homme est un être total et, en tant que tel, il dispose d ’exceptionnelles facultés dont il ne développe généralement, en raison de son éducation et de son mode de vie, q u ’une infime partie, que la science elle- même situe entre cinq et dix pour cent. Cette simple défi­ nition permet de résoudre le prétendu problème des pou­ voirs psychiques. Ils ne sont pas un don. Tous les hommes, sans exception, en disposent, mais seuls les utilisent ceux qui apprennent à les développer, tout comme on développe la mémoire, la concentration, par exemple, avec cette diffé­ rence essentielle toutefois qu’ils se développent harmonieu­ sement par la seule acquisition de la connaissance dans sa théorie et sa pratique. Il en résulte que c’est seulement en avançant sur le sentier de la connaissance qu’on peut espé­ rer mettre progressivement en pleine activité les facultés ou pouvoirs que tout homme porte potentiellement en lui- même, et cela est si vrai que le cherchant sincère s’aperçoit, dans sa démarche en apparence si lente, qu’il n’est plus le

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

même, qu’il se transforme et que de nouvelles possibilités surgissent en lui, même s’il n’en comprend pas immédiate­ ment la portée ni le sens.

« Dire de quelqu’un qu ’il a des pouvoirs est ainsi fon­ damentalement erroné, et il est préférable de constater q u ’il a atteint un certain degré d ’évolution, ce qui implique un plus large usage des facultés latentes en tout être humain, encore que le véritable m ystique évolué ne fera aucun cas particulier des facultés qu’il a éveillées. Il les considère comme une incidence de sa progression sur le sentier, et s’il s’en sert, comme c’est son droit et son devoir, il le fera discrètement sans jamais accepter d ’en faire la démonstration pour satisfaire la curiosité de qui que ce soit. Sa recherche est basée sur la vérité à jamais renfermée dans le conseil de Jésus : « Cherchez d ’abord le royaume de Dieu (en d ’autres termes, progressez vers la connaissance) et tout le reste vous sera donné par surcroît. »

« Assurément, certains recherchent les pouvoirs pour eux-mêmes. Ceux-ci ne se développent pas harmonieuse­ ment en eux. L’effort porte sur l’utilisation d ’une ou deux facultés exceptionnelles et la recherche est ainsi faussée au départ. Comme il n’y a pas en même temps connaissance, il en résulte une mauvaise interprétation de certains phé­ nomènes, une utilisation erronée dans un but souvent égoïste et des effets qui peuvent être dangereux même et surtout pour celui qui joue de la sorte avec des facultés qu ’il ne comprend pas. C ’est ce que font les adeptes de la m agie noire et de la sorcellerie dont je t’entretiendrai en une autre occasion.

« Les facultés latente en l’homme correspondent à des centres définis appelés chakras. Or, ceux-ci sont des transformateurs qui ont pour mission de ramener le taux de fréquence de hautes vibrations de l’énergie universelle à un

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

taux moindre permettant un effet constructif sur le plan humain. L’homme coopère ainsi au plan cosmique. Il est un transformateur sacré, un missionné de Dieu. Tout au moins, il doit le devenir et c’est ce que cherche le véritable spiritualiste en se développant harmonieusement.

« Mais allons plus loin dans notre analyse. Il n’y a, dans l’univers, qu’une force ou énergie unique. L’univers est une cellule aux proportions infinies et, selon la loi fon­ damentale établissant que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, la comparaison avec une cellule animale est révélatrice. Intéresse-<•<"»! davantage à la vie cellulaire. Approfondis cette étude. Elle renferme la clef, la solution ultime de l’organisation de l’univers. C ’est du noyau de la cellule universelle qu’émane la force ou énergie unique dont je viens de parler. Ce noyau, tu peux le considérer comme le siège de Dieu et tu auras raison. L’univers n’existe que par lui, et sans lui rien ne serait. L’énergie unique donne vie à tout ce qui existe et par tout ce qui existe, elle s’exprime. Elle est ainsi à la fois créatrice et uti­ lisatrice. Son but est le bien et la permanence de l’en­ semble cellulaire universel. Il y a donc constance dans l’univers. Rien ne se perd, rien ne se crée. Construction et destruction s’équilibrent, et toute théorie scientifique s’éloignant de cette vérité de base est, dès le départ, com­ plètement erronée.

« Appliquée au niveau de l’homme, la loi unique par laquelle il est se sert également de lui pour atteindre son but et, de surcroît, elle établit chez lui les conditions nécessaires à l’évolution de la personnalité animique tem­ porairement incarnée. L’on peut ainsi comprendre, en der­ nière analyse, que les chakras ou centres psychiques, sont les transformateurs de l’énergie unique vers un but déter­ miné qui n’est autre que l’expression de cette énergie à un taux vibratoire inférieur correspondant à ce qui devient,

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

pour l’homme, le manifesté. C ’est donc par les centres psy­ chiques ou chakras que la vie humaine est maintenue sur terre, car ce sont eux qui transforment l’énergie unique en ce milieu vibratoire où baigne l’homme, où il se meut, où il agit, en un mot où il est. Il en résulte que les centres psy­ chiques ou chakras sont en plein état d ’activité chez tous les hommes sans exception aucune et que ce que l’on appelle facultés ou pouvoirs psychiques ne sont à propre­

ment parler endormis

chez personne. A titre d ’analogie,

l’électricité a toujours existé, mais elle a été ignorée jus­ q u ’à ce que l’homme apprenne à l’utiliser et développe progressivement sa maîtrise sur cette manifestation parti­ culière de l’énergie unique. De même, cette énergie unique, qui s’exprime à travers chaque être par l’intermé­ diaire des chakras ou centre psychiques, met en action, chez tous, les facultés ou pouvoirs correspondants, mais ne peuvent en bénéficier dans un but évolutif que ceux qui en

ont pris conscience, non pas d ’une manière intellectuelle et spéculative, mais par une pratique progressive conduisant à la participation consciente au grand œuvre cosmique.

« Aussi longtemps que la démarche n’est pas entre­ prise vers cette réalisation suprême, l’homme reste un transformateur utile à l’ensemble et pleinement utilisé

dans ce but, mais il remplit ce rôle d ’une manière passive,

inconsciente et naturellement sans

participation d ’aucune

sorte, avec, cependant, de temps à autre, quelque lueur qu’il reconnaîtra sans compréhension véritable sous le nom d ’intuition, de télépathie, etc. Si un fait psychique l’a par­ ticulièrement frappé, il arrivera qu’il essaie de le repro­ duire et il entreprendra de développer ce qu’il croit une faculté spéciale sans prendre garde au danger mortel qu’il encourt en agissant de la sorte, semblable en cela à l’igno­ rant qui, ayant découvert une propriété de l’électricité, tenterait, sans guide sérieux, des m anipulations, sans se douter qu’une force bonne, mal dirigée ou mal employée,

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

peut

produire des résultats extrêmement destructeurs,

d ’abord pour lui-même.

« L’on en revient ainsi, une fois de plus, à la question fondamentale de la prise de conscience, et une expérience millénaire a démontré que cette prise de conscience ne peut être réalisée efficacement et sans danger que dans le cadre d ’une organisation valable. D ’une part, la force puis­ sante de l’égrégore d ’une telle organisation est, en soi, une protection totale contre les effets malheureux et destruc­ teurs de manipulations extérieures du genre de celles dont je parlais précédemment. D ’autre part, une technique éprouvée conduit le cherchant, le disciple, à la prise de conscience progressive et harmonieuse qui constitue la véritable maîtrise de la vie, et la compréhension et l’utili­ sation des facultés ou pouvoirs psychiques accompagnent seulement l’évolution elle-même. Ces facultés, ou pou­ voirs, ne sont ainsi que ce qu ’ils doivent être : un aspect, une incidence de l’ensemble, et, dans cette démarche spiri­ tuelle authentique, ils ne présentent naturellement, à aucun égard, le caractère de danger, d ’erreur, voire de superstition que revêtent les tentatives ignorantes, incom­ plètes, anarchiques et, en dernier ressort, inefficaces, de celui qui, sottem ent, perdrait son temps et sa vie à la recherche de prétendus pouvoirs dont il récolterait, au mieux, illusion pour lui-même et sans doute pour quelques autres, et, au pire, la mort spirituelle, mentale et peut-être physique. »

Revenu au plan de l’expression physique, je me précipite à mon bureau pour donner forme au message reçu. Assurément, les éclaircissements apportés sur les facultés psychiques et les avertissements donnés sur la recherche stérile et dangereuse de prétendus pouvoirs permettent de comprendre l’illusion de la sorcellerie et de la magie noire, mais le Maître de la Connaissance a promis de préciser sa pensée à cet égard lors

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

d ’un prochain contact. Je ne veux pas trop attendre pour en savoir davantage, si bien entendu, lui-même accepte d’en faire le sujet de son entretien. Dès ce soir, donc, je me rendrai dans ma cathédrale en visualisant cette question particulière. J’ai hâte de connaître, sur ces problèmes, la réponse, la vérité d’un Maître de la Connaissance.

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MAGIE NOIRE ET SORCELLERIE

C’est presque un lieu commun de différencier la magie noire de la magie blanche, et pourtant, nombreux sont encore ceux qui, au seul nom de magie, frémissent d’une crainte mal dissimulée, même si, dans un sourire forcé, ils prétendent ne pas y croire. Le mot magie, seul, ne renferme cependant rien de des­ tructeur ni de profondément incompréhensible. La magie, fon­ damentalement, est la science des mages, c’est-à-dire des hauts initiés qui ont étudié en de longues recherches, dans une démarche persévérante vers la connaissance, la loi fondamentale et unique de l’univers et qui ont ainsi appris à en maîtriser les effets ou lois secondaires dont l’homme a le privilège de pouvoir disposer si les conditions exigées par l’évolution sont remplies.

Le fait que certains, sans satisfaire à ces conditions et notamment sans acquérir la connaissance, inversant ainsi le pro­ cessus ou ignorant l’aspect fondamental dont tout dépend, aient tenté d’utiliser quelque loi secondaire découverte par hasard ou à tâtons, sans objectif altruiste et dans une volonté de domina­ tion personnelle, ce fait a conduit à distinguer nettement les deux phases de la magie et à qualifier de noire celle entreprise à des fins destructrices ou simplement de nature strictement égoïste. La distinction marquée dans un sens devait nécessaire­ ment l’être dans l’autre, et la science véritable, la maîtrise authentique à laquelle le mot magie devrait être exclusivement réservé, a été ainsi dite blanche, ce qualificatif la situant à l’op­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Je comprends que tu aies souhaité aussi rapide­ ment les éclaircissements promis sur la magie noire et la sorcellerie. Ils complètent les explications concernant les pouvoirs psychiques dont je t’ai entretenu à notre toute récente rencontre et il est mieux, en effet, que ce sujet soit épuisé avant les indications que te donnera prochainement un autre guide sur les contacts avec les disparus, question

qui présentera

pour toi et pour beaucoup d ’autres, je le

sais, un intérêt prodigieux. Mais n’anticipons pas sur ce qui n’est pas ma mission auprès de toi, et venons-en au problème qui doit nous préoccuper maintenant.

« La magie noire est une déviation de la magie sainte et véritable, tu l’as compris. Elle est même radicalement son opposé. Elle est l’obscurité, la nuit et le mal par com­ paraison avec la magie blanche qui est la clarté, le jour et le bien. La magie noire, c'est la mort tout comme la magie blanche est la vie, et pourtant, il ne manque aux magiciens noirs qu ’un peu de lumière pour transmuer leurs opéra­ tions répréhensibles et sordides en résultats constructifs et bénéfiques, mais il est bien évident qu’ils n’en veulent pas puisque les buts poursuivis par eux sont égoïstes et que leur intention est im pure ...

« Ces préliminaires te surprendront peut-être puis­ qu’ils impliquent que la magie noire existe, alors que tu pouvais supposer le contraire. Rassure-toi cependant, car je t’entretiendrai aussi des résultats et tu constateras que tes conceptions antérieures sont parfaitement fondées. En tout cas, on ne peut nier la magie noire puisque certains l’exer­ cent et elle n’est pas seulement pratiquée en Afrique ou sur un continent particulier. Elle l’est partout, et la pratique de la magie noire, tu as raison, c’est bien la sorcellerie sous ses différentes formes et procédés.

« En fait, le magicien noir ou sorcier fait appel aux

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

mêmes lois secondaires que le magicien blanc ou adepte, mais en les transmuant, en les utilisant pour un but des­ tructeur et mauvais. Certes, le sorcier n’a aucune connais­ sance véritable des lois secondaires qu’il emploie. Il est dans la situation d ’un enfant qui a appris qu’en connectant le fil d ’une lampe de chevet à une prise de courant, la lumière surgira et qui ignore qu’en branchant le fil sur une prise d ’un voltage plus puissant, il risque l’accident pour lui-même. La prise de courant est la même pour le m agi­ cien blanc et le magicien noir, mais le magicien blanc connaît toutes les lois secondaires, car il connaît la loi unique et il s’y rattache pour le bien dans une perspective purement altruiste, tandis que le sorcier n’a en vue que le résultat égoïste et mauvais qu’il poursuit et la connais­ sance ne l’intéresse pas puisque, fondamentalement, elle

incite à

l’altruism e et au bien. La différence essentielle

entre le magicien blanc et le sorcier est donc aussi dans l’intention et, à cet égard, l’un et l’autre sont aux anti­ podes. L’intention mauvaise, égoïste, destructrice, jalouse, méchante, etc., est le point commun entre tous les sorciers

du monde, quelle que soit la forme que prennent leurs pra­ tiques. D ’ailleurs, toutes ces pratiques se ressemblent. Le support utilisé, le langage employé, le gestes effectués varient, mais partout il s’agit de créer chez le sorcier les conditions vibratoires intérieures permettant de transmuer une énergie bonne en soi, vers des résultats destructeurs. Il s’agit aussi, si celui pour qui l’opération est effectuée est présent, de le mettre en condition de réceptivité, d ’accep­ tation, pour que la pratique agisse, et nous en venons à l’importante question des résultats.

« Il est absolument vrai d ’affirmer que la magie noire, la sorcellerie, est sans aucun effet sur quiconque ne croit pas en ses résultats et n’admet pas un un seul instant la possibilité d ’être atteint par elle. Il est clair, pourtant, q u ’il ne suffit pas de déclarer du bout des lèvres ne pas

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

croire en la sorcellerie. Un refus intellectuel est insuffisant. Il faut que la conviction soit profonde, inscrite d ’une manière indélébile dans le subconscient, invincible quels que soient les arguments présentés. Naturellement, en ce domaine, l’éducation et le m ilieu jouent un rôle fonda­ mental.

« Considérons le cas de l’Afrique noire, par exemple. Dès la tendre enfance, l’Africain, généralement, est habitué à croire aux sorciers et à les craindre. Il naît et grandit dans un milieu où, jour après jour, il est condi­ tionné par cette croyance et celle-ci est gravée dans son subconscient depuis son plus jeune âge, sans cesse ali­ mentée par ce qu ’il voit et entend. Il admet ainsi que la sorcellerie puisse agir sur lui et même si une éducation plus poussée lui fait reconnaître mentalement, intellec­ tuellement, que la sorcellerie n’a aucune efficacité, aucun résultat possible, il lui faudra longtem ps pour que son subconscient soit délivré de sa croyance passée et puisse s’imprégner de la vérité qui le rendra invulnérable. Dans ces conditions, évidem ment, la sorcellerie agit tout comme elle agit en d ’autres pays, y compris l’Europe et les villes dites les plus civilisées, chez ceux dont le sub­ conscient admet la possibilité de l’envoûtement, du mau­ vais sort, etc. Jam ais, cependant, la sorcellerie n’agira sur celui chez qui le subconscient a été habitué à nier, à refu­ ser tout pouvoir à la sorcellerie et à la m agie noire. La meilleure preuve réside dans le fait que des pratiques de sorcellerie effectuées sur des personnes n’ayant jamais cru en leurs pouvoirs sont sans aucun effet, alors qu’elles sont efficaces sur quiconque admet la possibilité d ’être atteint par elles. Il y a, en Europe et dans les pays les plus déve­ loppés du monde, autant de sorciers et m agiciens noirs qu’en Afrique et dans les pays où la sorcellerie est réputée courante, mais en Europe et dans les pays développés, la sorcellerie est inefficace, sans résultat, parce que l’éduca-

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

tion et le m ilieu ne lui accordent aucun crédit et que la croyance et l’acceptation de ces pratiques ne sont pas gra­ vées dans le subconscient du plus grand nombre.

« Je n’insisterai pas sur les malheurs du sorcier et du magicien noir. Chacun peut les comprendre. Il reçoit dans la même mesure où il voulait donner. Ce qu’il dirigeait vers d’autres, lui-même le recueille tôt ou tard et d’autant plus rapidement que le destinataire refusait, dans son sub­ conscient, ce qui lui était envoyé. Il va sans dire que la compensation, le karma du sorcier, sera redoutable. A tous égards, son sort n’est pas enviable, mais il en est l’auteur ...

« Puisque j ’ai mentionné l’Afrique noire, une brève remarque est à faire. Il y a, là-bas, des sociétés secrètes authentiques et hautement respectables. Elles n’ont rien à

voir avec la sorcellerie, mais elles sont en très petit nombre et la plus grande prudence s’impose pour ne pas com­

mettre de graves erreurs

...

»

Je me retrouve si brusquement sur terre, et si rapidement conscient objectivement que j ’hésite quelques instants à consi­ dérer ces derniers commentaires comme émanant du maître lui- même. Dans tout contact cosmique, une part de l’acquis per­ sonnel n ’est jamais absente et le reçu s’imprégne de l’expérience propre. Quoi qu’il en soit, ces commentaires, même s’ils ont d’une certaine façon recueilli mon empreinte, le maître aurait pu les exprimer lui-même.

Les contacts avec les disparus ! Le sujet, c’est vrai, est d’im­ portance. Je me préparerai ces jours prochains à recueillir un mes­ sage de l’au-delà du temps sur cette émouvante question ...

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LA VIE POST-MORTEM

De tous les événements de l’existence humaine, le plus fascinant - le plus inéluctable aussi - est incontestablement la mort. Des milliers d ’ouvrages, d’articles de revue, de confé­ rences et de sermons lui ont été consacrés et le sujet, cepen­ dant, demeure inépuisable. Dans un autre ouvrage, j ’ai moi- même longuement examiné, du point de vue spirituel, les circonstances entourant la mort et ce que devenait, ensuite, la personnalité animique libérée des chaînes corporelles. Dans un autre chapitre, nous examinerons ce même sujet, considéré à partir des possibilités de contact avec les disparus. Toutes les explications apportées de tous côtés devraient apparemment suffire comme base de réflexion personnelle, mais la mort peut, à ce point, influer sur la compréhension de la vie et sur la manière de conduire celle-ci, qu’il n’est jamais inutile de médi­ ter souvent sur l’échéance ultime à laquelle, tôt ou tard, l’homme doit faire face.

Méditer sur la mort et s’intéresser aux problèmes qu’elle soulève, ce n’est, à aucun égard, adopter une attitude morbide ni s’abandonner à une conception pessimiste ou fataliste de l’existence humaine. C’est apprendre à se souvenir que chaque instant de la vie revêt une importance extrême et que des états ou conditions comme l’ennui et la paresse, par exemple, ou des sentiments inharmonieux, entretenus envers soi-même ou envers les autres, sont non seulement préjudiciables à une exis-

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

tence paisible et efficace mais encore inutiles et vains, dans le bref laps de temps consenti à l’homme pour chacune de ses incarnations. Les moines qui, dans certains Ordres religieux, doivent, jour après jour, passer un moment à creuser leur tombe dans l’enceinte de leur monastère, ont certainement une conscience plus aiguë de la valeur de la vie que la plupart des gens uniquement préoccupés des circonstances de l’existence matérielle. Il en est de même de ceux qui, spiritualistes ou non, envisagent souvent l’issue inévitable qui mettra fin à leurs acti­ vités en ce monde.

Beaucoup évitent de penser à la mort, par crainte ou superstition. Quelques-uns vont jusqu’à supposer qu’en accor­

dant attention à ce sujet, ils risquent de hâter l’échéance redou­

tée. D ’autres, les plus nombreux, se refusent

à réfléchir à un

événement qui les effraie par l’inconnu absolu qu’il représente pour eux. Il faut reconnaître que les religions existantes sont largement responsables de cet état de fait. Longtemps, dans le passé, une pompe solennelle d’infinie tristesse a entouré les funérailles. En cette occasion, un véritable culte entourait la dépouille charnelle. Le corps était l’objet des plus grandes attentions et la personnalité animique qui l’avait quitté, presque complètement oubliée. Selon le psaume utilisé dans cette occa­ sion, la mort devenait un jour de colère. Dans ces conditions, comment s’étonner qu’une crainte irrésistible ait pu, année après année, siècle après siècle, saisir ceux qui étaient témoins de scènes aussi impressionnantes et s’ancrer profondément

dans la conscience humaine ! Si l’on ajoute à cela les concep­

tions religieuses admises jusqu’à une date

récente d ’un enfer

éternel et d’un purgatoire temporaire, l’un et l’autre de feu et l’un et l’autre présentés, non comme symboles, mais comme réalités, l’on comprend la répugnance d’un grand nombre à considérer davantage ce qui a lieu après la mort, même si, en dernière analyse, un paradis de lumière et de joie est promis aux hommes de bonne volonté. Le temps de l’ignorance et des

consciences maintenues, par la peur, en esclavage, est mainte­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

nant révolu, et il est inutile de rechercher les motifs qui ont pu amener ceux qui, au cours des âges, avaient la responsabilité des âmes, à user d’arguments répréhensibles, pour asseoir un pouvoir, hélas, plus temporel que spirituel. Sans doute y a-t-il eu, à cette situation, une raison profonde et peut-être de bonnes intentions, dont, dit-on, l’enfer, précisément, est pavé. Il n’ap­ partient à personne de juger. Le châtiment est inclus dans toute faute et chaque erreur doit être redressée, mais toute discus­ sion, à ce sujet, serait vaine. En ce domaine, plus qu’en tout autre, il faut laisser les morts enterrer les morts.

On se demande parfois pourquoi, dans des enseigne­ ments de haut caractère mystique est désignée sous le nom de transition, la séparation définitive de la personnalité animique et du corps physique. La raison est simple. Le mot transition représente plus exactement ce qui se passe à ce moment là. Il n’y a, certes, aucune objection à l’emploi du terme mort, bien que celui-ci soit chargé d ’une compréhension défectueuse et se rapporte, de façon plus précise, à la fin du corps physique. Transition, cependant, s’applique beaucoup plus exactement à l’ensemble du processus qui se produit au moment où la per­ sonnalité animique se retire du plan physique pour se situer, ensuite, sur un plan différent. Elle transite véritablement d’un niveau à un autre et la mort n’est finalement qu’un phénomène de transfert de conscience.

Je ne reviendrai pas sur les explications que l’on a pu lire ailleurs, dans d’autres ouvrages que j ’ai pu écrire ou que de nombreux autres auteurs ont pu présenter sur ce sujet. Il me semble préférable et plus approprié de considérer, ici, la mort d’un point de vue plus large et de l’étudier dans son rapport

la vie dont elle est un aspect. La mort, en effet, n ’existe pas. Seule la vie est étemelle, la mort n’étant qu’un des innom­

avec

brables éléments. C’est à partir de cette conception que nous examinerons, maintenant, la mort et l’état post-mortem de la personnalité animique.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

L’homme est accoutumé à s’exprimer sur le seul plan matériel. Toute son activité physique, mentale et même spiri­ tuelle y est concentrée. Pour lui, l’univers entier n’existe qu’en fonction de ce plan. En fait, chaque être humain est le récep­ tacle des forces, proches ou lointaines, agissant sur lui et à tra­ vers lui, aussi longtemps qu’il vit. Sur ces forces, il a théorique­ ment pouvoir et il dispose, pour cela, des facultés nécessaires. Son corps est doté de centres et mécanismes dont l’usage per­ mettrait une existence parfaite, conduite avec une maîtrise absolue. L’éducation reçue va, malheureusement, à rencontre d ’une telle réalisation, et l’homme, au lieu de dominer les forces à sa disposition, en est le jouet.

C’est l’œuvre notamment d’organisations spirituelles, tra­ ditionnelles, mystiques ou culturelles* de rééduquer progressi­ vement ceux qui ont pris conscience des possibilités humaines et de le faire, face à des résistances souvent sévères et toujours incompréhensives, dans un monde où tout semble en contradic­ tion avec les assurances prodiguées par la tradition. Pour com­ prendre l’opportunité exceptionnelle offerte par la vie sur terre, il est fondamental d’adhérer à une conception de l’univers qui transcende les croyances et théories habituelles. Il faut, égale­ ment, ne pas limiter la compréhension et les recherches unique­ ment aux phénomènes du monde tangible. Ce dernier doit être considéré comme faisant partie d ’un ensemble universel, visible et invisible, et non pas comme un tout en soi ou comme un élément primordial dont le reste dépend.

La personnalité animique voyage, pour ainsi dire, dans un univers infini, dont la création matérielle est un aspect et un aspect seulement. Cette personnalité qui, comme son nom l’in­ dique, réside au sein de l’âme universelle et que l’on appelle

*Celle, en particulier, de ['Ordre de la Rose-Croix A.M.O.R.C. dont le siège, en France, est sis au Château d ’Omonville, Le Tremblay. 27110 Le Neubourg. Le Grand Maître actuel est Serge Toussaint.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

communément du simple nom d’âme, est constamment en contact étroit avec l’univers infini et avec les autres personnali­ tés animiques, à quelque niveau et sur quelque plan qu’elles soient. Elle est aussi en contact, par l’intermédiaire du corps, avec les phases matérielles de ce même univers. A cet égard, elle enrichit sa propre expérience, tout en bénéficiant indirecte­ ment de l’expérience des autres personnalités et cela sans que, nécessairement, le mental s’en rende compte.

Il faut rappeler et souligner que l’enrichissement s’ef­ fectue au niveau du subconscient et se répercute, plus ou moins, dans l’existence humaine. Pour être perçu complète­ ment, l’harmonisation entre la personnalité animique et le corps doit être totale, et c ’est le but de l’existence sur terre. L’âme agit, alors, pleinement, par le corps et, ce faisant, elle prend conscience d ’elle-même. A la personnalité animique, ce n ’est donc pas seulement un champ de manifestation

terrestre qui est offert pour son évolution : c ’est tout un uni­

vers. Le

plan physique nest q u ’un moment de cet univers. Il

n’est q u ’un moment dans le champ infini d’expérience où la

personnalité animique doit se constituer, s’épanouir et, enfin, se connaître elle-même.

Si, à titre d’analogie, nous comparons l’âme universelle à un océan, la personnalité est, à jamais, au sein de cet océan, une goutte d’eau. Elle ne se distingue pas de la masse dans laquelle elle est intégrée, mais elle reste elle-même. Son destin n ’est pas, en fin de compte, de se dépersonnaliser dans l’océan. Il est de s ’impersonnaliser en lui après qu’elle ait pris conscience d’elle-même et de l’océan. Pour comprendre à quel point elle est liée à l’océan, il suffit de penser qu’une vague, aussi lointaine qu’elle soit, sera ressentie par elle. Et pour compléter notre exemple, si l’on considère que l’océan tout entier est formé de gouttes d’eau semblables, ayant le même destin, l’univers apparaît comme vivant, et le but ultime de l’évolution peut être appréhendé. Lorsque, par ses efforts et

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

par celui des autres, chaque goutte d’eau, chaque personnalité, aura accompli son destin, l’océan tout entier aura pris conscience de lui-même et ce sera la fin de l’aventure univer­ selle - le retour en Dieu.

Ainsi, la phase d’expérience humaine de la personnalité animique a son importance pour le destin de celle-ci et le destin universel dont il vient d’être question, mais cette phase n’est pas unique. Elle n’est pas un tout, même si l’homme lui confère une place privilégiée. La personnalité, sans doute, connaît l’ex­ périence humaine et elle lui est précieuse. Toutefois, simultané­ ment, elle connaît, autrement, des expériences innombrables, à des niveaux et sur des plans n’ayant rien de commun avec le monde physique.

La mort n’est donc que la fin du moment passé, par la per­ sonnalité animique, en contact avec les conditions matérielles. Lorsqu’elle ne dispose plus du corps physique lui permettant ce contact, elle n ’en continue pas moins à connaître les autres expériences qu’elle n’a, à aucun moment, cessé de partager sur des plans différents et, ce qui est important, elle ne cesse pas davantage d’être intimement liée aux autres personnalités qu’elle a rencontrées sur le plan physique, bien que son contact avec elles ait lieu à un autre niveau, que l’exemple des gouttes d’eau de l’océan unique et infini permet de comprendre.

Retirée du monde matériel, la personnalité animique tra­ verse des états successifs, mais ces états sont connus comme une partie de l’ensemble des expériences que continue à ren­ contrer la personnalité. Autrement dit, tout en traversant les états particuliers consécutifs à l’existence physique achevée, la personnalité animique recueille sans discontinuer les connais­ sances des plans différents avec lesquels elle est constamment restée en contact, et, à ce sujet, je voudrais rectifier une erreur d’interprétation qui s’est perpétuée depuis fort longtemps et qui a été à l’origine de bien d’autres erreurs.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Certaines philosophies se sont référé à sept véhicules et davantage qui constitueraient l’être en évolution. On a pu ainsi parler de plusieurs corps, depuis le corps physique jusqu’à des corps infiniment plus subtils. Ces explications ont l’avantage de favoriser une meilleure compréhension de certains pro­ blèmes. Malheureusement, prises à la lettre et devenant la base de théories de plus en plus élaborées et de plus en plus rigides et dogmatiques, elles ont été à l’origine de graves erreurs et de dangereux malentendus. En réalité, il y a bien sept plans ou niveaux fondamentaux mais, en aucune façon, il n’y a sept corps ou véhicules constituant l’être humain. Deux états fonda­ mentaux seulement sont à retenir, en ce qui concerne l’homme, d’une part, l’état ou corps physique et d’autre part la personna­ lité animique. C’est cette dernière qui est en étroit contact avec les sept plans ou niveaux fondamentaux, recevant d’eux les expériences auxquelles il a été fait précédemment référence, mais, elle-même, personnalité animique, forme un tout, un seul véhicule ou, si l’on veut, un seul corps, distinct du corps phy­ sique, et c ’est par elle que l’homme peut s’harmoniser consciemment avec l’un de ces sept plans. Il est du pouvoir de l’homme, de faire mouvoir l’aiguille de sa conscience sur le degré, plan ou niveau de son choix. Généralement, cela s’opère à son insu. Un travail sur lui-même lui apprend progressive­ ment à le faire selon son choix, en vue de son évolution et dans un esprit de service.

La vie post-mortem est donc la vie telle que la connaît, maintenant, notre personnalité animique, moins les circons­ tances et expériences de l’existence humaine. Ces mêmes circonstances et expériences, la personnalité animique les retrouvera, ici ou ailleurs, pour compenser les fautes com­ mises, pour se racheter et surtout pour apprendre, c ’est-à- dire, en dernière analyse, pour se connaître, pour prendre conscience et, par delà elle-même, unie indissolublement aux autres personnalités, contribuer au Grand Retour dans le sein de Dieu.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Un tel sujet mérite assurément d’être présenté à l’infinie sagesse du Soi où une lumière plus grande est, à jamais, à notre disposition. Une fois encore, j ’irai vers lui aujourd’hui pour vous mais, vous ne l’ignorez pas, le Soi vous accueillera tou­ jours vous-même, pour résoudre les problèmes qui se posent à vous et, sur le sujet de la vie post-mortem, vous recueillerez, dans vos contacts personnels, non seulement une connaissance plus vaste mais aussi une certitude intime - celle de la vanité de toute crainte, en relation avec la mort.

Je m’abandonne donc maintenant à la détente physique,

puis ma visualisation commence

et voici ma cathédrale.

... C’est la nuit et, cependant, j ’imagine les fidèles nombreux. Dans le silence beaucoup sont en médiation. Maître, je sollicite

plus de lumière

La vie post-mortem ! Et un Maître de la

... Connaissance est là, imaginé dans sa bienveillance coutumière.

J’écoute le message :

« As-tu jamais réfléchi, homme, que tu meurs chaque soir et, chaque matin, ressuscites ? As-tu jamais réfléchi que tu meurs chaque seconde en exhalant ton souffle et que, chaque seconde, tu ressuscites en inspirant ? As-tu jamais réfléchi que ta vie humaine qui a commencé par un premier souffle et s’achèvera par un dernier n’est faite, entre cette respiration unique de ton premier et de ton dernier jour, que d’un rythme plus bref où, à tout ins­

tant, tu connais et la vie et la mort ? Tu mesures le temps dont tu es esclave en années que tu supposes vivre, mais, pour l’insecte dont l’existence dure un seul jour, sa vie est aussi longue que la tienne et, mieux que toi, il en retire ce

qui était prévu pour lu i

Ainsi, craindre une expérience

... que tu traverses à chaque instant et que tu rencontres un peu plus longtemps chaque nuit, est une erreur. Sache ana­ lyser tous les éléments de ton existence consciente et tu ne craindras plus ...

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Réfléchis aussi à ceci : tu n’existes pas : tu es. Le monde qui t’entoure n’est pas ce que tu crois et toi-même, pas davantage. Le temps et l’espace sont ta création et n’ont aucune réalité. La matière n’a de solidité que celle

qui lui est, par toi, attribuée. Supprim e,

dans ta

conscience, toute notion de temps, d ’espace et de matière. Ton existence sera achevée et tu seras. Si tu n’existes pas, tu ne saurais mourir. Si tu prends conscience que tu vis, tu ne peux connaître la mort. Mais il est utile que tu supposes exister et mourir, car tu ne pourras comprendre et connaître la vie que de cette manière. Ainsi continue de rêver que tu existes et que ia mort est ton partage ... Continue de t’interroger sur elle et d ’être impressionné par l’inconnu de son mystère ...

« Ce que les hommes appellent la mort est un acte d ’amour, l’un des plus grands, peut-être, mais ils ne peu­ vent s’en rendre compte, aussi longtemps qu’ils vivent sur le plan physique. En un sens, il est bien qu’elle soit consi­ dérée avec appréhension, car, si elle était connue dans sa vérité, chacun serait constamment dans l’attente d ’un évé­ nement aussi prometteur. Certes, les derniers instants de l’existence humaine sont tragiques pour ceux qui entou­ rent le mourant, et lui-même subit une souffrance qui va s’atténuant au fur et à mesure que la personnalité ani­ mique quitte le corps, mais songe à la mère dans les dou­ leurs de l’enfantement. Celles-ci terminées, elle est toute à ia joie de tenir, en ses bras, l’être à qui elle a donné vie. La naissance au plan cosmique d ’une personnalité animique s’opère, le plus souvent, dans les souffrances physiques. L’éveil progressif dans l’autre monde n’en est pas moins un événement heureux.

« La vie post-mortem diffère peu, en définitive, de la vie sur le plan physique, quoiqu’elle soit d’un niveau et d ’une nature incomparables avec l’existence terrestre. En

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

fait, l’état est différent, mais les conditions qui le consti­ tuent ne le sont pas fondamentalement. Dans la vie humaine, beaucoup de temps est passé dans une attitude d ’introversion. La stim ulation, même extérieure, par les émotions et les pensées qu’elle provoque, ne produit pas -

du moins pas

longtem ps - une participation réelle au

monde et aux circonstances du dehors. L’homme existe dans un m ilieu physique, sans en être conscient d ’une

manière permanente. Il vit une bonne partie de son temps en lui-même dans une sorte de sommeil éveillé.

« C ’est le même état que connaît, sur le plan cos­ m ique, la personnalité anim ique. Au début, elle est comme endormie, rêvant qu ’elle est encore dans l’envi­ ronnement physique qui l’entourait, tandis qu’elle habi­ tait encore sa demeure corporelle. Puis, lentement, elle s’éveille au nouveau milieu qui est le sien. Comme l’en­ fant sur terre, elle fait connaissance des conditions dans lesquelles elle se trouve désormais, mais, à la différence de ce qui avait lieu dans l'incarnation, en se libérant de plus en plus des im pressions qui la rattachaient au monde physique, elle accomplit une progression de non­ retour, c'est-à-dire qu’elle s'intégre complètement à son nouveau m ilieu, sans aucun partage et sans participer davantage à l’ancien. Assurément, elle n’oublie pas, mais elle ne vit pas dans des souvenirs particuliers. Elle est ces souvenirs, depuis sa formation initiale au sein d ’un segm ent de l’âme universelle, pour la première fois en contact avec le monde de la manifestation.

« La personnalité animique libérée du corps phy­ sique apprend à être illim itée. Elle devient aussitôt ce qu’elle ressent et ce qu’elle ressent ne saurait être comparé avec des sentiments humains. Elle a naturellement une vie active mais aucun mot ne peut l’expliquer correctement. L’erreur, trop souvent commise par l’homme, est de suppo­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

ser que la personnalité animique agit et réagit comme si elle était dotée d ’un corps. On lui prête des sentiments humains, des émotions humaines, voire des sensations semblables à celles du corps physique. On l’imagine dans la terreur ou dans les pleurs, sans comprendre le ridicule de telles propositions. Il n’est pas inutile de répéter que la personnalité animique ne connaît que des états. A ces états, elle réagit, mais d ’une manière radicalement diffé­ rente du corps humain. En réalité, elle progresse de l’état d ’inconscience au plan où elle se trouve, à l’état de conscience quant à ce plan et quant à elle-même. Cette progression est plus ou moins rapide, encore qu’il n’y ait, à ce niveau, aucune valeur de temps, selon le degré d ’évolu­ tion spirituelle réalisé dans le monde. Il est évident qu’une personnalité animique ayant vécu, sur terre, dans des conditions purement matérielles, s’éveillera infiniment moins vite qu’une autre ayant connu une ambiance humaine de spiritualité. Tout, en somme, revient à une question d ’éveil et cet éveil commence sur terre pour se poursuivre outre-tombe, reprendre dans une autre incarna­ tion, se continuer au delà, et ainsi de suite. Pour la person­ nalité animique, il n’y a pas séparation. Il y a continuité.

« Dans tes explications, tu as désigné le but ultime que constitue le Grand Retour et tu as souligné l’interdé­ pendance des personnalités animiques vers ce but. Cette interdépendance est permanente. La comprendre, c’est reconnaître combien il est important pour l’homme de ne pas juger, de penser et d ’agir d'une manière juste et bonne, et surtout d ’aimer. Ce que l’homme fait à autrui, il le fait également à lui-même. Cette grande leçon est la clef de l'évolution véritable.

« Toute médiation sur la mort amène à une conclu­

sion importante, celle-ci : Une vie courte et bien remplie

est

préférable

à

une

vie

longue

et

vaine.

Le

jour

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

l’homme, tout en se conformant aux principes d ’une vie saine, s’occupera moins de son corps et davantage de son âme, un grand pas en avant aura été franchi par l’humanité. Le corps est un véhicule qu’il faut respecter, entretenir et aimer, afin de lui permettre d ’accomplir le service qui est le sien, dans les meilleures conditions possibles, et ce service est rendu à la personnalité animique. Lorsqu’il ne peut plus être assuré, il est juste et bien que son occupant l’aban­ donne et que la mort, alors, accomplisse son office. « Chaque fois qu’il se réfère à la vie, l’homme pense essentiellement au corps physique. Il est juste, certes, qu’il s’efforce de le m aintenir en bonne santé et m êm e de pro­ longer son usage. Cependant, si ce corps n’est plus à même de remplir son office, la personnalité animique aspirera à s’en retirer. Cela, à aucun égard, n’implique quelque assen­ timent que ce soit à l’euthanasie. A côté du karma spiri­ tuel, il y a le karma du corps, et celui-ci est plus collectif qu’individuel. L’homme tient tellement à la vie physique q u ’il use de tous les moyens pour la prolonger, tout en menant souvent, hélas, une existence désordonnée. De plus, il emploie inconsidérément tout un arsenal de médi­ caments, souvent sans nécessité ni conseil médical. Il se nourrit mal, accepte une pollution dangereuse, cherche le plaisir en évitant les conséquence naturelles qui gênent son égoïsme, et commet bien d’autres erreurs. Il en résulte un accroissement tragique de nouveau-nés débiles ou souf­ frant de malformations. Il en résulte aussi une résistance infiniment moindre aux conditions extérieures et le déve­ loppement de maladies graves ou chroniques, avec leurs conséquences. Cela constitue le karma du corps, dont l’homme est responsable. Les personnalités animiques, dans de tels corps, ne peuvent assurer leur destin, et il est faux de supposer qu ’il s’agit pour elles, ou pour l’entou­ rage im m édiat, d ’un karma ou d ’une leçon à apprendre. Certes, une grande et noble leçon pourra être connue de cette manière et, en dernière analyse, elle sera la source

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

d ’un considérable

progrès, si elle est reçue dans l’attitude

convenable et si l'amour prévaut sur la révolte ou la peine. Mais cette leçon n’est pas voulue par Dieu. Elle est donnée à l’homme par lui-même. Il en a créé les circonstances par ses propres erreurs physiques. Quant à savoir si la vie doit, à tout prix, être maintenue dans un corps de douleur auquel aucune amélioration n’est promise, c’est une déci­ sion que, seule, la société peut prendre sous l’autorité de personnes compétentes, et d ’abord du corps médical. Il n’est permis à personne de tuer. Mais il n’est pas, non plus, permis de prolonger, coûte que coûte, une existence sans

espoir, au prix de souffrances de plus en plus insuppor­ tables. Il faut savoir interrompre un traitement sans issue pour aider simplement à une mort paisible. C ’est à la société et aux médecins qu’il appartient de considérer cette question et de la résoudre. Mais, par dessus tout, c’est l’hu­ manité qui a le devoir de se réformer.

« Médite sur ces diverses questions, en relation avec la mort et ce qui lui succède. Toutes sont liées et toutes méritent attention et réflexion personnelles. La mort est une étape nécessaire. Les circonstances qui l’entourent, hormis les incidences karmiques, sont de la responsabilité humaine ...

« Réfléchis, enfin, que le corps physique peut ne pas

être une entrave à une expression plus libre de la personna­ lité animique. Certains cherchants apprennent à se libérer temporairement des lim ites corporelles. Ceux qui y par­ viennent n’ont-ils pas, ainsi, une expérience de la vie post­ mortem ? Alors, souviens-toi : l’univers est vie et il est unité ! L’homme seul distingue mort et division où n’existe aucune séparation, mais cela est nécessaire à son

expérience, à son évolution, à son retour

...

J ’ai dit

!

»

C’est dans un murmure que le Maître de la Connaissance

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

me semble avoir prononcé les derniers mots de son message ... Combien de temps a-t-il parié ? Quelques minutes ? Une frac­

tion de seconde ? Comment le temps compterait-il où il n’a pas

de réalité ! La parole m’a été transmise, une vibration

de

sagesse est entrée en moi. Que de mots il faudra, pour donner ce

qui a été intuitivement reçu dans l’harmonisation avec le Soi !

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CONTACTS AVEC LES DISPARUS

Des ouvrages paraissent chaque mois traitant de commu­ nications avec l’au-delà. Dans l’un d’eux, ancien, Pétain, héros de la Somme (sic), adressait un bref message à l’humanité ; dans l’autre, toute une famille disparue dans des circonstances tragiques demandait par la voix du médium à être dirigée et aidée sur le plan dont elle faisait la brutale expérience, et ainsi à l’avenant, des âmes errantes s’incorporant, le temps d’un appel, dans un être réceptif, communiquaient par son intermédiaire avec une assistance plus ou moins réduite, mais toujours impressionnée. J’ai lu ces livres d’un bout à l’autre, parfois par devoir, et plus souvent pour m’informer. Ceux-là, et d’autres parcourus depuis tant d ’années, n ’offrent généralement pas d’aspect particulier. Tous se ressemblent, les circonstances seules - lieu, personnalité du médium, par exemple - variant selon les auteurs et tous, naturellement, commettent une erreur semblable en supposant qu’une âme peut s’incorporer dans un être vivant et se substituer à sa personnalité pour délivrer quelque message, prodiguer quelque conseil ou demander assistance. Lorsque ce tels ouvrages émanent de personnes n’ayant qu’une connaissance rudimentaire des hauts principes spirituels, on peut, certes, les juger avec clémence et admettre qu’après tout, ils seront peut-être utiles, ne serait-ce que pour diriger, en fin de compte, certains chercheurs vers une lumière plus authentique. Mais quelques auteurs des livres ont parcouru longtemps une voie valable, et qu’ils puissent encore s’en tenir

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

aux théories qu’ils défendent ainsi implicitement peut sur­ prendre.

Le vieil homme n’est jamais complètement dépouillé, et il est vrai que d’anciennes croyances peuvent subsister en eux et rejaillir à l’occasion de quelque expérience.

La tradition spirituelle est cependant catégorique : les âmes qui ont quitté le plan physique n’y reviennent pas, du moins pour ceux qui y croient, avant le moment de leur réincar­ nation. Elles ne s’incorporent pas dans un médium pour com­ muniquer avec les vivants.

Cela implique-t-il que les communications avec les dispa­ rus sont impossibles ? Absolument pas. De telles communica­ tions sont possibles, mais elles s’opèrent d’une manière radica­ lement différente des pratiques généralement employées et elles ne nécessitent pas l’aide de médiums et encore moins de tables tournantes ou d’autres procédés du même genre.

Le moment est venu de recueillir la parole et, la visualisa­ tion achevée, je me retrouve, une fois encore, dans cette ambiance de haute spiritualité, de sublimes vibrations, dans l’attente du Maître de la Connaissance. Il connaît la question visualisée, et je n’ai pas à la répéter. Les mains jointes posées sur mon bureau, les yeux clos, je laisse ma conscience enregis­ trer le message vibratoire que, plus tard, sur le plan physique, traduira le langage :

«

La

vie

est

une

;

elle

domaine matériel.

ne

se

lim ite

pas

au

seul

« La vie est vibration et l’on pourrait dire que toute vibration est vie.

« La force universelle elle-même est vie, comme sont

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

vie les lois secondaires, les manifestations secondes de J’énergie fondamentale.

« La création est un respir, une contraction et une décontraction permanentes que l’homme distingue en

cycles qu’il connaît encore mal. Ce respir est vie lui-même. Ainsi la vie, je le répète, est une et tout est vie. La vie ren­ ferme la conscience et celle-ci est un flux qui, sans cesse, part de sa source cosmique - du noyau de la cellule univer­ selle — traverse tout et revient à cette source. Dans le flux de conscience et, par conséquent, de vie, l’homme occupe la place que lui a attribuée le plan cosmique. Il est le relais

de l’énergie unique vers

un but q u ’il ne comprendra

qu ’une fois réalisé, mais il est aussi le support que l’âme universelle emploie pour se personnaliser et devenir, en quelque sorte, consciente d ’elle-même par les expériences que l’incarnation lui propose. L’homme est ainsi, pour la vie, à la fois un écran et un transmetteur. La conscience en lui revêt plusieurs degrés, participant aux expressions les plus matérielles jusqu’aux phases les plus subtiles, les plus intérieures de son être.

« Dans la perception humaine, cependant, l’expres­ sion ou phase qui est particulièrem ent connue, et pour beaucoup, la seule, c’est l’expression ou phase matérielle, celle qui est accessible aux cinq sens aussi lim itatifs qu’ils soient. C ’est pourquoi l’homme souffre de la dispa­ rition physique d'un être cher. Quelles que soient ses croyances, il s’en tient à l’immédiat et il lui est difficile de comprendre que la vie est éternelle et une, et qu’elle se poursuit autant après la mort q u ’avant. Il charge cet inconnu de ses terreurs, de ses conceptions humaines, de ses superstitions et il lui confère une forme ou un état qu ’il n’a à aucun égard. Tu as expliqué l’essentiel de ce qui devait être su sur le véritable au-delà dans tout exposé sur la mort et aucune crainte ne devrait désormais

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

c’est seulement ensuite que le mental, impressionné par cet échange, vêtira de mots et de compréhension objective ce qui a eu lieu. L’on constatera alors que quelques secondes de communion ont besoin parfois de longs développements pour être assimilées sur le plan physique où, contrairement à l’autre, chacun est soumis aux limites de temps et d ’es­ pace. Il est possible, enfin, qu’il n’y ait, au retour, aucune impression marquante, mais ce dont on peut être sûr, c’est que le contact a eu lieu et la preuve est ainsi administrée — si besoin était — que la morte n’existe pas.

« Pour procéder à cette expérience, il est certes nécessaire de se placer dans une ambiance appropriée. Certains préféreront être couchés et d ’autres, une condi­ tion différente propice au contact recherché. Cependant,

dans tous les cas, l’on notera que l’efficacité la plus grande

s’obtient en se conformant

aux principes d ’harmonisation

avec le Soi et en opérant la visualisation du disparu. Voilà le véritable processus, le processus unique à suivre pour tout contact avec les disparus. J ’ajouterai que si ce proces­ sus peut être appliqué à volonté, il faut l’employer avec discrétion. L’homme n’est pas ici-bas pour passer toute sa journée en constante communication avec les disparus. S’il le faisait, il risquerait de se détacher peu à peu, non seule­ ment de ses desseins spirituels et de sa propre évolution, mais aussi de l’existence courante, elle-même si im por­ tante pour ses progrès spirituels et son expérience. Cette réserve faite, rien ne s ’oppose à ce q u ’une fois par jour et

même deux ou trois, le contact avec le disparu soit opéré.

« Une question pourrait être posée pour les adeptes de la réincarnation à propos des âmes réincarnées que l’on suppose encore sur le plan cosmique. Que deviendrait, dans ce cas, une tentative de communication ? La réponse est sim ple. Je l’ai dit au début de ce message : la vie est une. L'homme, même s'il ne s'en rend pas compte, est un

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

être cosmique. Par son corps, il se manifeste sur le plan physique, mais par la partie invisible de son être, il est sur tous les autres plans. Dans le cas qui nous préoccupe, il y aurait en quelque sorte transfert de la visualisation. A son insu, celui qui tente la communication serait dans la situa­ tion de quelqu’un voulant communier avec un vivant et ainsi le contact serait réalisé, même si l’aspect physique recouvrant l’âme recherchée n ’est plus, naturellement, le même qu’autrefois car tous les aspects antérieurs dont une personnalité animique a été revêtue au cours des âges la suivent à jam ais. Ils sont chacun comme l’une des notes que lam e reconnaîtra et auxquelles elle réagira. La ques­ tion de savoir si une âme est réincarnée ou non pour un contact psychique avec elle ne se pose donc pas. La com­ munication aura toujours lieu. Temps et espace sont bien des illusions physiques. J ’ai dit ! »

Curieusement, à peine ai-je réintégré mon corps physique que je pense à la remarque de l’un de mes amis ayant à diverses reprises effectué, selon les principes expliqués ici, une commu­ nication avec sa sa fille décédée depuis très longtemps, alors qu’elle était encore bébé. Chaque fois, il avait l’impression d’être en contact avec une femme d’une quarantaine d’années, et il est évident que cette âme s’était ainsi réincarnée presque aussitôt. Déjà, je réfléchis au prochain sujet à éclaircir dans mon harmonisation avec le Soi. Plusieurs déjà me viennent à la pen­ sée ...

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SECTES ET FAMILLES RELIGIEUSES

La nouvelle question que je me propose d’éclaircir aujourd’hui dans mon harmonisation avec le Soi est suscitée par un article dont l’auteur voile sous un pseudonyme les affir­ mations tendancieuses qu’il érige en affirmations catégoriques. Son désir est apparemment de nuire à certaines organisations et il est ainsi amené à habilement suggérer le danger de mouve­ ments dont il stigmatise le but prétendu par lui bassement astral. Ce genre d’insinuations ne peut avoir prise que sur des lecteurs non avertis. De tels auteurs sont quelquefois mus en général par des sentiments dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont loin d’être respectables, puisque fondés souvent sur la déception, et peut-être la vengeance contre une sanction pourtant hautement méritée.

L’orgueil est une calamité pour celui qui en souffre. Il le conduit aux actes les moins raisonnables, à une crainte injusti­ fiée créatrice de redoutables erreurs pour lui-même, au men­ songe, à l’insatisfaction et à de mauvaises actions qui, tôt ou tard, rejaillissent sur leur auteur. Il est à souhaiter que des articles de l’espèce de celui dont je parle n’influencent jamais l’authentique chercheur. Si l’astral, au sens que lui donne cet auteur, existait, ses théories pourraient démontrer que lui- même en est la proie abusée comme il pourrait avoir été lui- même, en d’autres occasions, abusé par d’autres mirages qui ébranlèrent en lui la plus élémentaire réflexion. Chacun tra­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

verse, dans le cycle de ces incarnations, la nuit obscure que connaît un chercheur, jouet de sa propre illusion.

A la suite de l’article auquel je me réfère, j ’en viens à pen­ ser, je ne sais par quelle association d’idées, aux sectes et familles religieuses qui prolifèrent sur notre terre. Sans doute est-ce en raison de l’intolérance dont certaines font preuve, ou encore parce que la plupart n’hésitent pas devant de menson­ gères insinuations du genre de celles dont l’article que j ’ai lu est truffé. Quoi qu’il en soit, c’est le sujet que je choisis pour mon contact de ce soir avec la Cathédrale Cosmique et j ’écoute le Maître de la Connaissance venu éclairer davantage ce sujet :

« Ta question, commence-t-il, est mal posée, bien qu’elle ait été assez compréhensible pour parvenir jusqu’à notre conclave et pour que j’aie été chargé d’y répondre. Tu sembles établir une différence entre les sectes et ce que tu appelles les familles religieuses. Or, ces dernières elles- mêmes sont des sectes. Curieusement, ce sont elles qui ont, intentionnellement, chargé le mot secte d ’un sens péjoratif, oubliant que, ce faisant, elles s’attribuaient aussi cette qualification restrictive.

« Réfléchis quelques instants : le monde compte près

de cinq milliards d ’habitants. La plus

importante expres­

sion de la pensée religieuse - le Bouddhisme sous ses

diverses formes - rassemble

Vient

ensuite l’Islam, avec

plus d ’un milliard d ’adeptes. un milliard d ’adeptes égale­

ment. En troisième position se situe le catholicisme, avec ses huit cents millions de baptisés, dont moins du ving­ tième sont régulièrement pratiquants. Puis c’est le protes­ tantisme et ses multiples branches, avec un nombre de fidèles approchant celui des catholiques. Toi-même, qui es de religion catholique et vis dans un pays à majorité théori­ quement catholique, n’échappes pas à une certaine ten­ dance à croire que ta religion est la plus importante du

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

monde et que ses injonctions plus ou moins fondées, variant avec les époques et les latitudes, sont déterminantes

pour

toute l’humanité. En

cela, comme beaucoup d ’autres,

tu as été longtemps dans l’erreur. Dans tout l’Orient, dans

tous les pays islamiques, dans les régions où le catholicisme est faiblement implanté, en Grande Bretagne, ou aux Etats-

Unis et dans bien d ’autres contrées,

les activités catholiques

et, à plus forte raison, ses avis, son influence et ses direc­ tives sont, ou bien totalement ignorés, ou bien mentionnés comme des nouvelles d ’intérêt à peine secondaire. Jam ais les informations les concernant n’occupent la première page des journaux, rarement elles sont mentionnées dans les émissions radiophoniques et plus rarement encore à la télé­ vision, contrairement à ce qui se passe dans les pays latins à

majorité catholique. Mais l’on pourrait en dire autant de l’Islam et du Bouddhisme. Les journaux ne parlent guère, dans les pays latins, de leurs activités religieuses !

« Considère ainsi les chiffres : un milliard de Bouddhistes, un milliard de musulmans, huit cents m il­ lions de baptisés catholiques, etc., aucun de ces chiffres ne représente la totalité de la population terrestre. Chacun est une portion, une section et chaque religion, par consé­ quent, au demeurant largement minoritaire, est une secte. En outre, des centaines de millions de personnes sont dites athées par les différentes sectes religieuses que je viens de citer. En réalité, elles sont ainsi nommées parce qu’elles ne

se rattachent pas aux dogmes et à une foi particulières qui, de la sorte, veulent utiliser le mot athée d ’une manière

aussi

péjorative quelles emploient,

pour d ’autres, le mot

secte qui leur revient également. Or, il y a fort peu d’athées

au sens absolu du terme. Parmi le nombre considérable de ceux qui ne sont fidèles d’aucune foi déterminée, beaucoup sont croyants et pratiquent une forme de religion person­ nelle se manifestant par des règles de vie et des principes moraux hautement valables et dénués de l’hypocrisie que

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

malheureusement suscitent, chez leurs fidèles tourmentés par l’opinion de leur église ou de leurs voisins, les sectes reli­ gieuses grandes ou petites.

« Tous les groupes humains : cercles, clubs, etc., sont également, de ce point de vue, des sectes. Il y a cependant une différence fondamentale entre ces derniers et aussi entre les quelques ordres initiatiques authentiques, et les grandes familles religieuses. Les cercles et clubs ont des buts tempo­ rels qu’ils définissent eux-mêmes et quelques-uns, il est vrai, ont des visées religieuses, ce qui, dans l’esprit que j’ai précisé, en fait des sectes, aussi insignifiantes soient-elles par le nombre. Une secte est religieuse quand elle affirme offrir une voie de salut et la plupart considèrent à tort, et contrai­ rement à tout principe véritable, qu’en dehors d ’elles, il n’est pas de salut. C’est pourquoi le mot secte convient mal aux organisations initiatiques. En leur sein sont réunis des cherchants de toutes les religions et de toutes les philoso­ phies, aussi bien que des ecclésiastiques de toutes dénomi­ nations et des personnes n’appartenant à aucune famille reli­ gieuse, petite ou grande, et il y a davantage : loin d ’éloigner le fidèle de sa religion, la recherche spirituelle a souvent pour conséquence subsidiaire de l’en rapprocher davantage.

« Une organisation initiatique ou spirituelle, certes, inclut dans la formation qu’elle peut dispenser l’examen de questions d’ordre spirituel ou métaphysique, et dans ce cas, elle propose un choix (non un dogme) qu’elle sait vrai. Dire pour cela qu’elle est religieuse au sens habituel de ce qualifi­ catif serait aussi absurde que de prétendre que les grands philosophes, Leibnitz, Kant et Bergson, par exemple, ont créé des religions parce qu’ils proposaient des solutions aux problèmes métaphysiques de l'humanité ! Quant aux ini­ tiations et aux rituels, leur conférer un caractère religieux est une erreur difficile à qualifier. L’initiation et le rituel sont une technique d ’éveil, de formation de l’être et de prise de

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

conscience vers une évolution de plus en plus élevée dont l’ultime étape est la maîtrise. Une religion donne aux acces­ soires, vêtements, matériels, etc., une valeur liturgique avec ses interdits et ses bienfaits supposés touchant parfois à la superstition. Pour une organisation traditionnelle, ces vête­ ments, ces accessoires, ce matériel ont une valeur exclusive­ ment de symboles. Ils ne sont rien en eux-mêmes. Ils sont une phase de la technique initiatique et ils n’ont de valeur que dans ce qu’ils représentent et dans l’effet qu’il s’agit de produire sur le participant, c’est-à-dire, éveiller le moi inté­ rieur, lui donner vie, réunifier l’être, conférer à l’homme son caractère cosmique total, sa nature de fils de la lumière, en un mot de maître. En outre, dans une organisation tradi­ tionnelle, la raison de chaque accessoire est pleinement expliquée, car la connaissance n’inclut aucune superstition, mais au contraire une participation comprise dans tous ses aspects.

« Le moment est venu de nous séparer. Auparavant, je te confirmerai simplement ce que tu as appris d ’autres sources prestigieuses. Une ère nouvelle est commencée et le monde assiste à la fin des religions telles qu’elles s’expri­ ment. Il suffit, pour s’en rendre compte, de considérer avec attention ce qui se passe sur toute la surface de la terre d ’une manière de plus en plus perceptible et, dans les quelques années à venir, ce fait sera visible pour tous. En fait, les reli­ gions prendront une forme différente, mais elles ne seront plus jamais ce qu’elles ont été et certaines, pourtant impor­ tantes, disparaîtront à jamais. Le temps du dogmatisme et de la foi aveugle est achevé. L’ère de la connaissance a com­ mencé. Aujourd'hui et dans l’avenir, les Maîtres de la Connaissance veillent avec une rigueur jamais égalée. Quiconque œuvre dans l’impersonnalité, plaçant l’organisa­ tion au sein de laquelle il lui a été proposé de servir avant toute pensée égotique et particulièrement toute considéra­ tion de prestige personnel auprès de qui que ce soit, au-

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

dedans et au-dehors, ou de jugement ou évaluation humaine

vis-à-vis

de quiconque sert ou a servi, recevra l’appui d ’en

haut. La règle demeure : chacun à sa place pour le service unique, chacun dans sa responsabilité hiérarchique propre pour le bien commun. Donne cet avertissement à tous : si quiconque choisi pour servir ne sait pas se dégager de lui- même et dépasser les néfastes injonctions de son ego, de son ressentiment ou de ses supposées déceptions, son action est entachée de personnalité au point que paraître devient un mobile de ses actions et réactions avec ce que cela implique

d ’obstruction et d’entrave dans le service commun et dans le service des autres. Aussi habile soit-il dans cette manière d ’agir, aussi obstiné soit-il dans ses motivations et le but qu’il poursuit, quelles que soient ses justifications pour lui- même dans ce qu’il accomplit, la sanction ne viendra d ’au­ cune autorité humaine, mais directement des Maîtres de la Connaissance suprême, du plan où ils opèrent et elle sera redoutable, dépassant, tout en l’incluant, la mise à l’écart de tout service, de toute responsabilité. En revanche, que celui qui sert dans l’impersonnaiité, avec une volonté de coopéra­ tion de tous les instants et qui sait dominer toutes ses impressions, suppositions et prétendus jugements pour com­ prendre et pardonner sans cesse, éloigne de lui toute crainte ! Il a l’appui cosmique et rien ne prévaudra contre lui.

« Médite sur ces grandes questions. Elles sont capi­ tales dans ces temps nouveaux où tant de bouleversements »

• sont en cours ...

Le Maître de la Connaissance se retire, et revenu au plan physique, dans cet immense temple de service qu’est notre terre, je transcris aussitôt le message reçu.

Prédictions ...

prophéties ! Voilà un intéressant sujet pour

ma prochaine méditation. Je m’y préparerai dès demain ...

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PROPHÉTIES ET PRÉDICTIONS

La question dont doit traiter ce chapitre est l’une des plus délicates qui puissent se présenter au spiritualiste et c’est aussi l’une des plus intéressantes. Il est possible de l’aborder de mul­ tiples points de vue, mais la solution vraiment satisfaisante repose naturellement sur l’application de la loi du triangle à ce sujet par­ ticulier. J’expliquerai donc tout d’abord mes conceptions person­ nelles concernant les prophéties et les prédictions, puis je me situerai dans mon harmonisation avec le Soi au niveau de la Cathédrale Cosmique pour solliciter davantage de lumière, et je transmettrai de mon mieux ce que j’aurai appris à ce sujet.

La loi du triangle longtemps tenue secrète à été plus large­ ment divulguée dans le monde par un grand mouvement, l’Ordre de la Rose-Croix AMORC depuis sa fondation moderne par le Dr H. Spencer Lewis dont la fonction tradition­ nelle a été jusqu’en 1939 celle d’Imperator. C’est ensuite Ralph M. Lewis qui a été élu à cette responsabilité suprême et c’est, depuis quelques années et pour la première fois dans les temps modernes, un Français, Christian Bernard qui, après une élec­ tion unanime, assume cette fonction mondiale. La loi du tri­ angle est fondamentale et s’applique à tous les domaines, du plus subtil au plus bas, dans l’univers visible et invisible de la création. Elle concerne, par conséquent, le problème des pro­ phéties et des prédictions autant qu’elle pourrait expliquer n’importe quelle autre question embarrassante pour la pensée

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

humaine. Mais ce que nous allons constater surtout, c’est le côté positif et utile qu’une connaissance satisfaisante de cette loi permet de réaliser. C’est simplement pour mémoire que je définirai ici, brièvement, la loi du triangle : cette loi signifie que si deux points, ou deux conditions, sont établis, il en résulte nécessairement une manifestation, qu’il s’agisse d’une mani­ festation psychique ou spirituelle ou, au contraire, d’une mani­ festation mentale ou matérielle.

Une prédiction valable - et en cela elle se rapproche de l’intuition pure - est donc le fait de percevoir deux points situés sur le plan cosmique. Celui qui prédit véritablement, au moment où il fait état d’un événement possible, conclut à une manifestation pouvant se produire et cette conclusion résulte d’un mécanisme subconscient déductif dont il ne se rend peut- être pas compte et dont l’origine est la perception par le moi intérieur de deux conditions situées sur le plan invisible. Le mécanisme déductif du subconscient est d’une rapidité extrême et si les deux conditions cosmiques sont solidement établies, l’événement pourra être déclaré imminent par celui qui prédit, s’il est particulièrement réceptif.

J’ai insisté, en effet, sur un qualificatif important : pos­ sible. Que les deux points ou conditions cosmiques soient sim­ plement à l’état de formation, de condensation ou qu’ils soient si formés que la manifestation est imminente ou même en cours, tant que l’événement n’est pas réalisé, il n’est que virtuel et, par conséquent, il peut être soit favorisé s’il est positif et bénéfique, soit évité s’il est négatif et malheureux. Il suffit pour cela d’agir sur les deux conditions cosmiques, ou même sur l’une d’elles seulement. De quelle manière, par quel moyen, en un mot comment ? Tout naturellement par la pensée et plus pré­ cisément par la visualisation : une visualisation qui part de l’événement prédit ou pressenti, vu comme possibilité à la pointe inférieure du triangle, qui voit ce point plus marqué ou, au contraire, l’efface mentalement, puis qui s’élève aux deux

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

points supérieurs invisibles du triangle et les renforce ou les dissout selon le cas. Aucune prédiction mauvaise n’est donc inéluctable. Toutes, au contraire, sont évitables si le processus de visualisation est convenablement suivi.

Au sujet des bonnes prédictions, il est naturel que l’on cherche à en accélérer la manifestation, mais, de toute façon, s’ils existent vraiment, la manifestation aura lieu. On peut être prévenu de l’événement de bien des manières, par l’intui­ tion, par des rêves, par un être réceptif et vrai, mais l’essentiel est de toujours réagir de la façon appropriée que j ’ai décrite. Il faut par-dessus tout se méfier des prophètes de malheur qui, la plupart du temps, ne perçoivent rien du tout et qui, pour abuser de la crédulité d’autrui ou simplement se rendre sottement intéressants ou encore recouvrir d’un prestige trompeur leur faiblesse, le vide de leur existence ou son échec, jettent à tort et à travers leurs prédictions inventées, établissant parfois de la sorte chez des être crédules les deux points inexistants auparavant.

De tels prophètes sont des êtres malfaisants et il faut s’en garder et les tenir à l’écart pour éviter leur néfaste suggestion. En tout cas, ceux qui liront ces lignes sauront désormais éviter les manifestations indésirables en agissant conformément au processus simple, mais efficace et définitif que j ’ai exposé, et ainsi nul ne doit être sujet à la crainte lorsqu’il s’agit de prédic­ tions d’où qu’elles viennent.

Les explications qui précèdent se rapportent surtout aux prédictions individuelles, à celles qui ont trait à soi-même ou à des personnes bien déterminées. Nous allons maintenant exa­ miner ce qui a lieu dans l’éventualité de prédictions intéres­ sant la collectivité, l’humanité dans son ensemble, et considé­

rer ainsi ce qu’il est plus approprié de revêtir du terme de

prophétie.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Une prophétie se rapporte à une période plus ou moins lointaine. Nul n’ignore les prophéties de Nostradamus et

celle de Malachie. Les questions qui se posent sont les sui­ vantes : si de telles prophéties sont valables, comment les deux points cosmiques du triangle peuvent-ils être établis

aussi longtemps d ’avance

? Cela signifie-t-il que tout est

écrit d’avance ? Y aurait-il prédestination en ce qui concerne

l’humanité dans son ensemble ?

A ces questions, j ’ai donné une réponse dans un livre inti­ tulé Le bossu d ’Amsterdam et, à partir de cette réponse, elles peuvent être résolues d’un point de vue particulier qu’il serait juste d’appeler unitaire car il considère la création dans son ensemble achevé et dans sa relation avec l’évolution humaine. Mais ce point de vue peut-être difficile à appréhender pour beaucoup et je donnerai donc ici une explication d’un moindre degré, plus facilement perceptible par l’intellect parce qu’édi­ fiée à partir du manifesté apparent et non du tout.

Un fait connu de tous les adeptes, c ’est que le monde évolue et se déploie en cycles dont les plus importants sont connus sous le nom d’ères : ère des Poissons, ère du Verseau, etc. Cette seule considération permet à l’initié de savoir ce qui a marqué les ères antérieures, ce qui marque l’ère présente et ce qui marquera les ères futures. Mais à l’intérieur de chacune de ces ères, un cycle se développe également : passage de l’ère précédente à la nouvelle, évolution lente, sommet, puis évolu­ tion vers l’ère nouvelle. Chaque ère renferme en puissance toutes les précédentes, elle en est la synthèse avant un départ nouveau. Or, chaque ère s’étend sur trente degrés. Elle se divise en trois parties de dix degrés chacune, c’est-à-dire que chaque ère s’étendant sur 2160 ans, comporte trois périodes de 720 ans chacune, et chaque degré d’une période est ainsi de 72 ans. On se trouve, par conséquent, en face d ’une part d’un grand triangle dont chaque côté mesure pour ainsi dire 720 ans et, à l’intérieur de ce grand triangle, d’un petit triangle de 24

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

ans de côté. Maintenant, chaque ère, synthèse des précédentes, est le retour des précédentes à un niveau supérieur.

Pour le sujet qui nous préoccupe, ce qu’il faut savoir, c’est que les prophètes appliquent cette connaissance, certains sans le savoir et d’autres en le sachant, comme ce fut le cas de Nostradamus dont on considère, dans certains cercles fermés, que le nom n’était pas celui d’un homme, mais recouvrait les travaux d’une assemblée de grands initiés qui pourraient être

de ceux auxquels, à ma façon, je me suis référé dans mon livre

Les maisons secrètes de la Rose-Croix.

Les prophéties authentiques sont donc la perception sub­ consciente par un sage des deux points cosmiques du grand ou du petit triangle. La perception de ces deux points inclut la compréhension de chacun des côtés du triangle. Elle en éclaire chaque degré. Il est important de noter aussi que la perception subconsciente des deux points cosmiques par le prophète abou­ tit à la vision des grands événements, mais que le prophète don­ nera à ceux-ci une compréhension basée sur son époque. J’entends par là qu’il revêtira les événements futurs des carac­ téristiques de la société dans laquelle il vit. Par exemple, Nostradamus parlera de rois pour tous les événements qu’il prophétise, car il n’a, de son temps, aucune notion de ce que peut être un président au sens moderne. Pour interpréter correc­ tement une prophétie, il est donc nécessaire d ’avoir une connaissance assez précise de l’époque où vivait le prophète. En outre, le vrai prophète, qui toujours est un sage, sait les évé­ nements principaux des ères passées et en particulier des plus rapprochées, dont la sienne. Ce savoir est l’un des points cos­ miques du triangle et ce point, on peut l’appeler à juste titre celui du karma positif et négatif accumulé par l’humanité. Le second point cosmique est celui des caractéristiques de l’ère ou des ères considérées. Le troisième point - la manifestation - est la vision de l’événement, de ce qui arrivera.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Une précision est encore à apporter : selon la qualité du prophète, la prophétie peut être historique, c ’est le cas de Nostradamus, religieuse dans certains de ses aspects, c ’est le cas de celle de Malachie, et elle peut prendre bien d’autres aspects, ceux-ci étant fonction de la personnalité du prophète. Elle peut concerner l’ensemble du destin de l’humanité - le grand triangle - ou une phase ou période de ce destin - le petit triangle. Voilà les bases qu’il faut avoir sur les prophéties, mais deux questions se posent : d’abord, l’accomplissement des pro­ phéties peut-il être accéléré ou annulé, comme c’est le cas pour les prédictions et alors comment ? Ensuite, pourquoi y a-t-il des prophéties et en quoi peuvent-elles être utiles ?

Ce sont les deux questions auxquelles je vais réfléchir

dans ma cathédrale

Aussitôt, le Maître de la Connaissance

... commence en ces termes :

« Tu te souviendras de tout ce dont tu dois te souvenir pour être immédiatement communiqué. D ’autres faits ne surgiront que plus tard à ta conscience quand le moment sera venu de les transmettre à d ’autres. Tout écrit est, pour ainsi dire, surveillé, guidé et il ne saurait en être autrement puisqu’ils visent à éclairer ceux qui cherchent, à leur trans­ mettre ce qu’ils doivent apprendre et s’efforcer de com­ prendre à ce stade précis de l’histoire de la lumière et de la connaissance. Avant ta venue en ces lieux cosmiques, tu as écrit quelques pages représentant ce que tu savais des pro­ phéties et des prédictions, mais jusqu’à l’instant précis ou tu as commencé à parler des ères, du grand et du petit triangle, tu ignorais tout à ce sujet. J ’ai imprégné ta conscience de ces connaissances et tu les as rédigées librement.

« Je ne vois que peu de chose à ajouter à ce que tu as écrit, sinon pour dire que les véritables prophètes sont rares, mais cela chacun le sait, et pour préciser que la pro­ phétie diffère des prévisions basées sur l’astrologie qui

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

indique des tendances, des possibilités dues à un climat planétaire déterminé et qui, parfois, peuvent être mal interprétées.

« En tout cas, les astres inclinent mais n’obligent pas. Les prophéties des sages sont fondées sur la connaissance et elle se situent ainsi au niveau de la certitude. Elles dési­ gnent le cadre de l’évolution planétaire et quelquefois uni­ verselle. Elles décrivent la scène sur laquelle vont jouer les

hommes et les décors qui vont l'entourer au cours des actes divers de l’histoire humaine. La pièce, en effet, est préparée et elle l’a été de telle sorte qu’elle permette aux hommes

d ’évoluer, de

prendre conscience, d ’opérer leur retour à la

source dont ils émanent. Mais attention ! La pièce n’est pas écrite dans tous ses détails, chaque répartie n’est pas rédigée dans un mot à mot rigide. La meilleure comparaison est celle de l’ancienne comedia dell’arte où une trame était, dans ses grands traits, définie à l’avance, mais où aucun détail n’était prévu, les situations s’enchaînant les unes aux autres au gré des acteurs, pourvu que les éléments fonda­ mentaux soient observés et le dénouement prévu respecté. Il en résultait que les réparties de l’un étaient fonction de ce que dirait l’autre et ainsi la pièce se déroulait de plus en

plus précise parce que se basant sur un enchaînement de situations posées par les acteurs eux-mêmes. Cette simple explication permet de comprendre les prophéties. Elles se rapportent aux éléments fondamentaux qui seront inélucta­ blement observés et au dénouement qui, de toutes les façons, le sera aussi. Mais ceci est à noter : un prophète d ’une lointaine antiquité ne pouvait pas être aussi précis qu’un prophète plus récent, tel que Nostradam us. Le déroulement de la pièce n’était pas aussi avancé. Il connais­ sait le point cosmique karma, le point cosmique ère, mais il ne pouvait percevoir la réaction des acteurs à chaque degré du grand triangle. Il le pouvait davantage sur le petit tri­ angle, mais dans les deux cas, il ne pouvait pressentir que

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

les éléments fondamentaux et quelques autres détails. Nostradam us, lui, était d ’une époque précédée d ’un long passé, la pièce était beaucoup plus avancée, les réparties antérieures avaient établi des situations précises s’ajoutant aux éléments fondamentaux, le point karma était plus chargé en bien et en mal et une lumière plus intense était réfléchie sur chacun des degrés du grand et du petit tri­ angle.

« La réponse à ta première question, la voici : l’ac­ complissement des prophéties ne peut être ni accéléré ni annulé en ce qui se rapporte aux éléments fondamentaux et au dénouement final, par la volonté des hommes. Seul, le point karma est influencé par les actes et le comporte­ ment de la collectivité humaine et ainsi les degrés ou péripéties secondaires peuvent être adoucis, voire trans­ mués. N ’oublie pas que le karma, les ères et les circons­ tances humaines et terrestres ont pour but l’évolution de l’humanité dans son ensemble et de tout homme en parti­ culier. Si une leçon a été suffisamment apprise par l’hu­ manité, un élément fondamental prendra moins d'impor­ tance. Il ne sera pas supprim é, mais l’humanité le rencontrera dans de meilleures conditions avec des effets, par conséquent, moindres. Il faut ajouter que les veilleurs suprêmes qui sont, dans ce domaine, les responsables ultimes peuvent, certes, décider l’accélération de certains événements s'ils constatent que cela est utile. Après tout, temps et espace ne sont que des notions humaines. C’est pourquoi peu de prophéties se risquent à préciser des dates irrévocables. Aucun prophète a u th en tiq u e ne le ferait. Il se contente — et c’est beaucoup — de révéler l’en­ chaînement des faits.

« Une remarque essentielle est à souligner. Les ini­ tiés ont un rôle à jouer dans l’histoire de l’humanité. Leur action doit s’exercer sur le point karma du triangle cos­ mique. L’action au bénéfice de l’humanité s’exerce collecti­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

vement de manière efficace. La mesure des pensées posi­

tives d ’un Ordre traditionnel faisant.

opère donc un travail bien­

« Pourquoi y a-t-il des prophéties et en quoi peu­

vent-elles être utiles ? Les prophéties sont des guides en

même temps qu’elles

démontrent la réalité d ’un plan uni­

versel. Certains les considèrent avec une crainte supersti­ tieuse, particulièrement ceux qui errent encore dans la val­

lée des larmes, à la recherche d ’un sentier de connaissance. Mais pour ceux qui gravissent le sentier, elles seront, d’une

part,

l’itinéraire et, d ’autre part, la source de méditations

efficaces sur le pourquoi de la création et sur le cadre offert à l’homme pour son évolution. L’adepte recherche la connaissance, il avance vers la maîtrise au sens le plus sacré du terme, et pour cela il doit examiner chaque détail du plan où il vit pour parvenir, en dernière analyse, à une syn­ thèse telle que la lumière, l’illumination en jailliront, avec la prise de conscience finale qui est le retour définitif à la source, au sein de la réalité. En pressentant, par les prophé­ ties véritables, le plan universel, le disciple se rapproche ainsi de la conscience cosmique, de la communion suprême. M ais, plus sim plement, il sait où il va avec le monde, il sait les circonstances où doit se dérouler son évo­ lution et il est préparé à retirer tout le fruit de l’expérience qui lui est proposée.

« D ’un autre point de vue, sans doute n’as-tu jamais réfléchi que les prophéties, si elles se réfèrent au monde, concernent aussi chaque homme en particulier et cela à chaque époque. Elles présentent symboliquement les cir­ constances que rencontrera chaque homme dans chacune de ses incarnations, ses luttes personnelles, ses expériences individuelles, etc. Elles sont donc aussi bien l ’histoire des hommes que l’histoire de chaque homme. Elles consti­ tuent dès lors un guide pour l’humanité et un guide pour

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ENSEIGNEMENTS DES MAITRES DE LA CONNAISSANCE

chacun. Médite sur cet aspect de la question des prophéties et remarque enfin qu’aucune prophétie n’est claire au point d ’être comprise sans effort et sans un laborieux travail d ’in­ terprétation, ce qui montre bien qu’elles sont destinées d ’abord aux adeptes et aux postulants à la lumière, sans pour autant être cachées à tous les autres. A elles, par excel­ lence, s’applique l’avertissement de Jésus « Que celui qui peut comprendre, comprenne. » Or, pour pouvoir com­ prendre, il faut vouloir chercher et quelquefois se taire, car la connaissance est à acquérir par l’effort personnel.

« J ’achèverai cette leçon sur un avertissement déjà donné, mais qu’il n’est jamais inutile de répéter : que le monde se garde des faux prophètes. Les vrais, les purs sont

rares. Ce sont des sages et, le plus souvent, ils se taisent, non par orgueil, certes, non par détachement, car ils sont

tout

amour, mais parce q u ’ils savent que tout a été dit,

bien

que tout n’ait pas été encore com pris

...

J ’ai dit.

»

104

LA GUÉRISON SPIRITUELLE

« Allez et guérissez les malades », a ordonné, il y a deux mille ans, Jésus, en ajoutant : « Ce que j ’ai fait, vous pouvez le faire et de plus grandes choses encore. » Il est donc virtuelle­ ment du pouvoir de tout homme de guérir son prochain et si je précise virtuellement, c’est que le terme est un mot clef dont le caractère restrictif souligne que, pour obtenir le résultat désiré, certaines conditions doivent être obligatoirement remplies. On oublie trop souvent que Jésus s’adressait à ses proches disciples, à ceux qu’il avait soigneusement préparés et formés, à ceux à qui, laissait-il entendre sans cesse, étaient réservées les perles de son message, les explications complètes et secrètes concer­ nant les principes profonds que la multitude n’aurait pu com­ prendre et admettre. Aucune dénégation ne résiste à cet égard à la simple lecture des Évangiles tels qu’ils nous ont été transmis. On ne peut en accepter les préceptes lorsqu’ils s’allient à des doctrines ou dogmes ultérieurs et en rejeter ou en interpréter, à l’encontre de tout bon sens, d’autres parce qu’ils semblent contredire ces mêmes doctrines ou dogmes.

Les Évangiles forment un tout dans lequel chaque mot a une valeur qu’il est impossible de contester sans altérer l’ensei­ gnement entier. Il est maintenant universellement connu que Jésus était essénien, donc membre d’une communauté et il faut être reconnaissant aux savants qui, après la découverte des manuscrits de la mer Morte, ont su résister à tant d’intrigues et

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

de pressions diverses pour révéler au monde ce fait capital qui, assurément, gênait des dogmes religieux sans doute trop rigides. Il est vrai que les temps étaient venus avec l’ère nouvelle et que la vérité aurait, de toute façon, éclaté comme elle éclatera encore malgré tout dans d’autres domaines, la longue période des mystères ou de ce que l’on appelait ainsi pour dissimuler la sagesse étant désormais révolue.

Mais là n’est pas la question. Ce qu’il importait de rappe­ ler, c ’est que l’ordre de guérir avait été donné à l’origine à un groupe restreint de disciples dûment préparés et, par voie de conséquence, à ceux qui recevraient une formation intérieure semblable à celle qui leur avait été dispensée, et qui auraient atteint le même degré d’évolution, le même état qu’eux-mêmes.

Je dois ici me faire bien comprendre. Je ne veux impli­ quer en aucune façon que seuls ceux qui furent ensuite formés et préparés par les proches disciples de Jésus étaient concernés par l’injonction de guérir donnée par Lui, mais je veux souli­ gner que nul ne peut prétendre guérir par l’application de prin­ cipes spirituels sans avoir acquis par une formation particulière le degré ou état intérieur auquel étaient parvenus les proches disciples de Jésus. J’ajouterai que ce degré ou état intérieur s’acquiert plus rapidement et plus efficacement, à condition qu’il y ait un travail sérieux et persévérant, au sein d’une orga­ nisation traditionnelle authentique, mais qu’on peut l’acquérir aussi - plus rarement, il est vrai - en dehors de toute organisa­ tion par l’observation solitaire, même inconsciente, de grands principes en tête desquels se situe l’amour du prochain, et nous aurons à revenir sur celui-ci.

Guérir est incontestablement l’un des pouvoirs mystiques qu’un épanouissement harmonieux développe chez le spiritua- liste sincère, cette constatation étant faite dans le strict esprit du chapitre consacré, dans ce livre, à l’examen de ce sujet particu­ lier. Mais il était utile d’insister sur le fait que le degré ou état

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRE S DE LA CONNAISSANCE

intérieur nécessaire pour pratiquer avec un absolu succès l’art de guérir pouvait être atteint, non seulement par une voie d’essence chrétienne et par une préparation dirigée, mais aussi par toute voie, quelle que soit sa dénomination religieuse, philosophique ou autre, et par un cheminement personnel et isolé aussi long et hasardeux qu’il soit par comparaison avec une technique éprou­ vée conduite dans un cadre ou milieu déterminé.

Ces quelques réflexions réduisent très sensiblement le nombre de ceux qui peuvent pratiquer la guérison spirituelle. Ce nombre se réduira encore au fur et à mesure de notre ana­ lyse, mais, au moment voulu, ma cathédrale délivrera son mes­ sage à ce sujet, et peut-être sera-t-il fait mention du miracle de la bonne volonté et d’un éclair - d’un seul éclair - d’amour, même chez le moins préparé. Nous verrons bien. En attendant, remarquons que les définitions données jusqu’ici conduisent à la nette conclusion qu’il y a de vrais et de faux guérisseurs, les premiers étant rares, extrêmement rares par rapport aux seconds qui pullulent et dont les pratiques, parfois scandaleuses et toujours intéressées, mériteraient pour leurs auteurs un quali­ ficatif plus fort encore, s’il existait, que celui de charlatans du malheur. Je prendrai un simple exemple : un guérisseur dont je tairai le nom, demandait, vers 1970, des honoraires de cin­ quante francs français de l’époque et une photographie à ceux qui, d’aventure, s’adressaient à lui. Il recevait ainsi chaque jour une dizaine de photographies en moyenne. Or, sa méthode, son unique travail, consistait à tenir chaque jour pendant quelques instants dans ses mains jointes les photographies qui lui avaient été envoyées. Sans doute obtenait-il de rares résultats, mais ceux-ci ne lui étaient pas imputables. Ils l’étaient aux malades eux-mêmes, chez qui une confiance sans réserve avait créé une visualisation efficace et le retour à l’harmonie intérieure dont leur corps avait besoin pour permettre à la nature, c’est-à-dire au flux cosmique, d’accomplir son œuvre de régénération. Bien entendu, le plus grand nombre ne se déclarait pas satisfait des services de ce guérisseur. Il a disparu depuis dans l’anonymat

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

de la foule et, selon la sagesse populaire, bien mal acquis

...

Or,

les exemples de ce genre sont innombrables ! Il a été longtemps, en Suisse, un canton où les guéris­ seurs étaient libres d’opérer à leur guise. Leurs officines se touchaient les unes les autres, et ils se livraient à une concur­ rence effrénée. Leurs gains, de ce fait, étaient pour la plupart modestes et beaucoup de ces guérisseurs renonçaient ainsi à leurs pratiques. Le feraient-ils si leur pouvoir était réel, si leur

but était désintéressé ? Chacun peut répondre à cette ques­ tion ...

J’ai mentionné précédemment que quelques malades d’un certain guérisseur s’étaient, sans s’en rendre compte, guéris eux-mêmes et l’on pourrait remarquer, à juste titre, qu’un malade se guérit toujours lui-même, quel que soit celui à qui il fait appel - guérisseur ou médecin - et quel que soit le médica­ ment qu’il absorbe éventuellement.

Je parlerai un peu plus tard de la médecine officielle, mais chacun aura déjà déduit de ce qui précède que l’élément fonda­ mental dans la guérison, spirituelle ou autre, est la confiance du malade et son état mental. Avant toute guérison, Jésus deman­ dait : « Crois-tu en moi ? » et II n’opérait qu’ensuite, car II savait que, sans le lien établi entre Lui et le malade par la confiance, aucun résultat ne pouvait être obtenu. Le succès relatif et temporaire de certains guérisseurs non préparés s’ex­ plique, d’une part, par la confiance qu’ils ont plus ou moins longtemps en eux-mêmes et, d ’autre part, par la confiance qu’éprouvent leurs malades à leur égard. Que cette confiance cesse d’un côté ou de l’autre et c’est l’échec définitif. Or, une telle situation ne se produit pas en ce qui concerne le véritable guérisseur, celui qui remplit la condition exigée de degré ou d’état intérieur sur lequel j ’ai apporté les explications voulues. Le seul fait de s’adresser à lui constitue la preuve de confiance nécessaire, et le véritable guérisseur possède en lui-même une confiance inébranlable, car elle est inhérente à son état. Il est

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

donc seul à pouvoir opérer une guérison, si la guérison est pos­ sible.

Ce que l’on appelle maladie est une rupture d’équilibre dans la transmission de l’énergie cosmique par son véhicule par­ ticulier qu’est le corps humain. C’est ainsi qu’à la suite d’erreurs répétées, un organe plus ou moins important n’est plus à même de remplir correctement sa fonction. Tout comme un élément défectueux d’un moteur d’automobile, la carence de l’organe produira des ratés dont se ressentira le véhicule physique entier ou même, dans un cas plus sérieux, amènera la panne complète si une intervention n’est pas faite rapidement. Naturellement, dans le corps physique - la science vient de le reconnaître - le centre fondamental se situe dans la tête au niveau du cerveau, le cœur apparaissant dès lors comme le second.

Il en résulte deux faits : le premier, c ’est que la pensée est maîtresse du corps et l’on comprend pourquoi la guérison requiert la confiance qui est une forme puissante de pensée positive ; le second, c ’est qu’un accroissement de la puis­ sance énergétique cosmique dans le corps, provoqué par le vrai guérisseur peut débloquer l’organe déficient et rétablir l’harmonie du circuit. Il se peut même, à l’extrême, qu’il se crée une forme de substitution, le circuit suivant un parcours différent pour que l’équilibre soit établi sans le concours de l’organe imparfait jusqu’à ce que celui-ci soit rétabli par le complément d’énergie cosmique et par l’état mental positif du malade.

Et voici venu le moment d’examiner l’utilité de la méde­ cine officielle et de la chirurgie, en commençant par un avertis­ sement : un vrai guérisseur, le guérisseur valable tel que je l’ai défini - et je le répète, il est rare comparé à la masse incroyable de charlatans - ce guérisseur n’interdit jamais à aucun malade de consulter un médecin, de se conformer aux ordonnances de celui-ci et même, si besoin est, d’avoir recours à la chirurgie.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

La médecine a des siècles de recherche derrière elle et elle a développé - et ne cesse de développer - ses connaissances au service de l’homme. Il est étrange de voir certains refuser la médecine et se servir de toutes les autres conquêtes de la science : électricité, gaz, etc. La médecine est une science de recherche permanente effectuée par des spécialistes ayant une expérience sans cesse développée par une pratique de tous les instants. Il existe sans doute de bons et de mauvais médecins, mais condamner la médecine à cause de ces derniers revien­ drait à condamner tous les garagistes parce que quelques-uns ne sont pas compétents ! La médecine considère le corps comme il se présente et elle est admirablement à même d’effec­ tuer actuellement un diagnostic aussi sûr que possible. Sa méthode est d’agir sur le corps à l’aide de moyens chimiques et matériels dont elle a éprouvé longuement l’efficacité. Avec la technique qui lui est propre, elle aide la nature à accomplir son œuvre. Le médecin ne prétend pas guérir : il favorise les condi­ tions de guérison. Le chirurgie, de son côté, intervient en der­ nier ressort pour les réparations nécessaires, après que tout ait été tenté et si le résultat ne peut être obtenu autrement.

Médecins et chirurgiens s’occupent dans le triangle humain, du troisième point, celui de la manifestation, autre­ ment dit : le corps uniquement. Leur science est donc néces­ saire au genre humain et leur mission est un acte de service, de dévouement et d ’amour voulu par la conscience cosmique et soutenu par elle. Les médecins remplissent leur fonction, les vrais guérisseurs la leur. Les uns et les autres, dans leurs domaines respectifs, n’ont d’autre but que d’alléger les souf­ frances humaines. Les uns et les autres exécutent l’ordre du Maître. Ils vont et guérissent les malades. C’est pourquoi inter­ dire à celui qui souffre les lumières et l’efficacité de la méde­ cine officielle est une grave erreur et parfois un crime. Qui édicterait à un malade une telle interdiction devrait être aussitôt classé parmi les faux guérisseurs. Quelle que soit leur sincérité

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

envers eux-mêmes et envers autrui, ils se leurrent et doivent être tenus pour dangereux. Je regrette d’avoir à être aussi net et catégorique. J’ai vu tant de fois le malheur s’abattre sur des êtres trop confiants qui auraient pu recouvrer, autrement, la santé, que ne pas donner clairement un avertissement eût été coupable. Il n’est jamais bon de chercher à plaire aux uns ou aux autre. Il faut soutenir la vérité envers et contre tout, même et à plus forte raison si cela est difficile.

C ’est pourquoi je dis aussi que la médecine a tort de mener une lutte sans merci contre les guérisseurs. Ce faisant, elle aide surtout à la propagande des charlatans par une effi­ cace publicité. L’auréole de martyre sert les incapables. Les pouvoirs publics n’empêcheront jamais celui qui souffre de rechercher une aide possible auprès des guérisseurs. Une liberté totale aurait pour résultat final de laisser le public faire usage de son bon sens, car on ne trompe pas longtemps la sagesse populaire si on lui fait confiance et si on ne la condi­ tionne pas par des interdits qui, le plus souvent, sont des indi­ cations. La liberté octroyée conduirait le malade à com­ prendre qu’il y a de vrais et de faux guérisseurs, tout comme il y a de bons et mauvais médecins, et l’ultime conséquence serait la réduction considérable du nombre de charlatans et une coopération efficace de la médecine officielle et des vrais guérisseurs. C’est là, d’ailleurs, ce qui finalement aura lieu au cours de l’ère nouvelle, et c’est ce qui déjà est commencé.

Les conditions de la véritable guérison spirituelle étant examinées, ]'utilité de la médecine et de la chirurgie étant rap­ pelée, étant de surcroît précisé que l’efficacité de la médecine allopathique et de la médecine homéopathique dépend de l’état, de la constitution et des réactions de chacun, ce qui réussit à l’un pouvant ne pas convenir à l’autre, et tout médecin devrait, selon le cas, user de l’une ou de l’autre de ces formes de traite­ ment sans sectarisme borné, je m’apprête maintenant à une har­ monisation intérieure sur ce sujet, conscient que dans ma cathé­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

drale un Maître de la Connaissance, une fois de plus, impré­ gnera ma pensée. Ma visualisation de la question à considérer sera brève puisque, d’une certaine manière, le contact est déjà établi.

J’écoute l’un des Maîtres de la Connaissance, désignation dont, dans ma visualisation et pour son efficacité, je revêts les degrés ou états de conscience atteints :

« Dans le sujet qui nous préoccupe, la nécessaire sévérité doit être compensée par l’amour et la compréhen­ sion. Aussi seras-tu heureux tout à l'heure de transcrire mon message beaucoup plus que tu l’as été par devoir en stigmatisant sévèrement les abus.

« Tu as différencié nettement le vrai guérisseur du faux de la même manière que tu as séparé le bon médecin

du mauvais. Dans les deux cas, ce qui distingue les uns des autres, c’est surtout, de la part de ceux qui méritent le

qualificatif de faux

ou de mauvais : une absence d ’amour

dont l’indifférence n’est qu’un aspect. L’amour véritable qui est intérieurement un don total de soi et qui diffère

radicalement de la sensiblerie de beaucoup qui croient ainsi, à tort, aimer, cet amour véritable est capable de miracles incompréhensibles au seul entendement humain. Une mère, par exemple, près de son enfant souffrant, accom plit autant que le médecin appelé au chevet de

celui-ci. En ce sens, elle est un vrai guérisseur, car elle aime vraiment. Le guérisseur, même faux, le médecin, même mauvais, peuvent l’un et l’autre accomplir de spec­

taculaires guérisons

s'ils ressentent, ne serait-ce q u ’une

fraction de seconde, un élan de véritable amour pour un malade. Cet élan, le vrai guérisseur, du fait de sa prépara­ tion et de sa formation intérieure, le ressent toujours. L’autre, le faux, ne l’éprouve que sporadiquement et, en de nombreux cas, rarement, ce qui explique ses fréquents

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

échecs. C ’est

un manque d ’amour

d ’interdire à un malade

de consulter un médecin ou d ’absorber certains remèdes. C ’est un manque d ’amour de ridiculiser un malade qui, outre la médecine, fait appel à un vrai guérisseur. Servir autrui est un acte d ’amour et le service im plique la connaissance, la tolérance et la vérité.

« S ’il en est ainsi, pourquoi de vrais guérisseurs et de bons m édecins n’obtiennent-ils pas un succès dans tous les cas ? Cette question mérite un examen attentif.

« Ce qui est essentiel, ce n’est pas la durée d'une existence, mais son contenu, et une vie courte peut être plus remplie et plus méritoire qu’une longue vie. Pour être

pénétré de cette vérité, il faut, ¿1 est vrai, avoir atteint un

degré défini d ’épanouissement

intérieur. Jusque-là, on est

la proie de ce genre de fétichisme corporel dont la consé­ quence est un désir constant de vivre plus longtemps et, dans ce but, de sacrifier à des régimes prétendus salvateurs qui sont souvent, en réalité, une agression pour le corps. La loi du juste m ilieu est certes rarement observée, bien qu’elle soit la règle d ’or, mais as-tu réfléchi que ceux qui s’astreignent à d ’inutiles régimes d ’une manière perma­ nente sont autant dans l’erreur que ceux qui se livrent constamment à des excès ?

« L’homme pour qui le corps et sa santé sont un souci constant et viennent avant toute autre considération, est comparable à l’idolâtre qui se soucierait toujours de l’aspect matériel de son église ou de son temple en ignorant que cette église ou ce temple a pour but la prière et la méditation. La vie corporelle est un risque permanent aussi bien dans ce que l’on mange, et même si l’on suppose manger bien, que dans les possibilités d’accident du monde moderne. Le corps est appelé à remplir sa fonction de support d ’expériences pour 1 ame qui l’habite temporairement. Lorsqu’il ne sera plus à

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L’ÂME ET LE CORPS PHYSIQUE

Le sujet de l’âme et du corps physique étant, dans une certaine mesure, lié au précédent et plus encore à celui qui le suivra et qui concernera les appétits physiques, il aurait peut- être convenu de les rassembler sous un même chapitre. Il m’est apparu cependant que ç’eût été là une source de confusion, trois aspects d’un problème unique devant toujours être exami­ nés d’un point de vue différent, avec, dans le développement, une argumentation divergente en apparence, quoique la conclu­ sion soit nécessairement identique.

De plus, je me suis rendu trois fois dans la cathédrale que j ’imagine pour avoir des éclaircissements sur chacun des ces aspects et le Maître de la Connaissance qui répondait à ma visualisation n’était pas, chaque fois, le même. On peut aisé­ ment en comprendre la raison. La visualisation, on le sait et je l’ai maintes fois répété dans ces pages, doit être nette et pré­ cise. Une question vague ne peut ainsi recueillir qu’une réponse générale, aux contours imprécis. En revanche, à un problème bien visualisé et attentivement délimité répondront des éclaircissements d’une extrême précision, même si un cer­ tain empiétement sur d’autres aspects du sujet est inévitable. J’avais donc posé, avant de rédiger le dernier chapitre, la ques­ tion de la guérison spirituelle. Mon nouveau contact intérieur, suscité quelque peu par les commentaires du Maître, devait tout naturellement se rapporter au corps physique dans sa relation

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

avec l’âme. Comment, en effet, fallait-il le considérer : comme un état ou ensemble de conditions nuisibles à dominer par une ascèse incessante et à vaincre comme une source de péché et de remords, ou bien à utiliser tel qu’il est, avec sa grandeur et ses faiblesses ?

Une fois parvenu au niveau visualisé, pour moi une cathé­ drale, il ne faut jamais répéter la question. Il faut rester dans un état de réceptivité et de passivité absolue pour que la conscience intérieure soit imprégnée de la réponse attendue. Je suis donc, maintenant, dans le silence et le Maître de la Connaissance parle :

« O ui, rien n’est plus vrai que de considérer le corps comme un tem ple pour l’âme qui l’habite. Ce temple est vivant aussi longtemps que son hôte y est pré­ sent et lui insuffle la vie. Le gardien du tem ple est le mental. Théoriquement, sa mission consiste à maintenir les lieux en bon état, à reconnaître les visiteurs que sont

les idées et à n’admettre que les bons, à veiller à ce que tout soit bien en ordre au-dedans et au-dehors et, d'une manière générale, à se conformer aux instructions éta­ blies depuis toujours pour une fonction comme la sienne. En pratique, malheureusement, ce gardien, souvent, s’en­ orgueillit de sa charge et il en vient à se supposer le

m aître avec toutes les erreurs

qu ’une conception aussi

erronée de sa mission implique et les réactions néfastes —

pour lui et pour le tem ple dont il a la responsabilité —

que lui vaut son attitude erronée.

Il arrive même q u ’il

devienne si préoccupé de ne pas paraître moins qu’il se prétend et si soucieux de son prestige qu’il oublie l’hôte véritable du temple et ne dirige plus vers lui les pensées voulues pour visiter l’authentique propriétaire des lieux. Des avertissements de plus en plus sévères lui sont natu­ rellement donnés par ce propriétaire autant que par les visiteurs. Ces avertissements prennent la forme de soucis,

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

de tourm ents, de remords et surtout d ’inquiétude et d ’insatisfaction, compensés généralement par une croyance religieuse quelconque procurant un apaisement passager, et cela durera jusqu’à ce que les expériences négatives répétées ayant entamé l’assurance trompeuse du mental, celui-ci capitule progressivement et redonne à l’âme sa véritable place et toute son influence, l’origine de cette salutaire capitulation coïncidant avec l’entrée sur le sentier, avec le début de la queste spirituelle ou tradi­ tionnelle.

« Il est évident que la façon dont le temple - c’est- à-dire le corps — est considéré, est fonction de l’ampleur prise par le mental. Chez qui lui est soumis entièrement, avec des conceptions plus ou moins athées ou simplement superstitieuses, le corps demeure au premier plan des pré­ occupations, avec ce que cela implique en excès de toutes natures et en craintes diverses dont, à l’extrême, celle de la mort. Le temple corporel est ainsi un objet d ’idolâtrie pure et simple.

« A l’opposé se trouve une conception du mental qui

est, elle aussi, une

forme grave d ’illusion, quoique celle-ci

puisse être le point de départ d ’une démarche plus authen­ tique. Le mental, dans ce cas particulier, interprète mal sa mission de gardien. Il ne se croit plus le gardien du temple qu ’est le corps, il laisse plus ou moins celui-ci à l’abandon, il se suppose le gardien de l’âme. Partant des fausses pré­ misses que des lectures ou une éducation erronée lui on t suggérées, il pense que le corps est une entrave à suppri­ mer, une prison dont il faut s’évader, un frein à écarter avec rigueur et sévérité. Il en résulte l’ascétisme sous ses m ul­ tiples aspects avec ses excès physiques et faussement spiri­ tuels. Le temple corporel est ainsi un objet de dédain, de répulsion, de crainte et de répression.

119

ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Dans l’un et l'autre cas, il y a naturellement erreur. La vérité, comme toujours, est dans le juste milieu. Dans cette voie moyenne qui est la vérité, le mental est un ins­ trument. Il donne une forme compréhensible aux im pul­ sions de l’âme, il les interprète valablement et, d ’un autre côté, il transmet à l’hôte du corps, après examen et analyse, les impressions reçues de l’extérieur. Il est vraiment le gar­ dien et s’améliore chaque jour davantage dans sa tâche, dans sa mission.

« Le temple de l’âme est alors considéré tel qu’il doit l’être. Il lui est accordé un<° attention raisonnable. Rien ne s’oppoo^, au contraire, à ce que tout soit fait pour qu’il soit embelli et rendu plus agréable. Il est l'objet de respect et de reconnaissance. Le temple de l’âme est d ’une perfection admirable. Il est une création que jamais aucune réalisa­ tion humaine n’atteindra. Il mérite les soins les plus atten­ tifs et s’il nécessite quelque réparation, celle-ci ne doit jamais être refusée. C ’est ce que tu as appris dans un autre contact au sujet de la guérison spirituelle. Certes, certains temples corporels sont plus beaux les uns que les autres selon les notions humaines de la beauté. Mais tous, du point de vue cosmique, sont nobles et beaux, car tous sont des temples et chacun doit aimer le sien.

« Situons-nous maintenant sur un plan plus élevé. L’âme universelle est vibration et il en est de même de l’âme incarnée, segment de l’âme universelle qui habite chaque temple corporel et qui transporte, pour ainsi dire, en celui-ci, au moment où elle y entre, la personnalité qui doit y commencer ou poursuivre son évolution jusqu’à la prise de conscience ultime. Mais tout est vibration et le corps physique l’est aussi. Ce qui différencie une manifes­ tation physique ou spirituelle d ’une autre, c’est sa fré­ quence vibratoire particulière et tout est dans tout. La per­ sonnalité animique est donc une vibration dans l’autre

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

vibration qu’est le corps. Les deux fréquences sont en har­

monie. Du moins, elles sont prévues pour l’être et cet état

d ’harmonie, d ’équilibre, c’est ce qu’on appelle

santé. S ’il

n’existe plus, c’est d ’abord parce que le gardien - le mental — ne remplit pas son rôle comme il se doit et l’on en

revient à l’importance fondamentale de la pensée positive. Les bonnes pensées, à tous égards, constituent vraiment une alchimie spirituelle dont la puissance régénératrice et simplement conservatrice est miraculeuse, tandis que leur

contraire, les pensées

négatives et malveillantes, sont d ’un

pouvoir destructeur incroyable, cela pour celui qui les entretient et pour nul autre que lui.

«

N ier

le corps

physique et ses

besoins est

une

inqualifiable sottise. Lui réserver une attention exclusive est un manque de réflexion. Le juger nuisible est une absence du plus simple bon sens.

« Des temples corporels sont nouveaux, on le com­ prend, d'autres sont plus vieux, on le comprend aussi, d ’autres enfin sont presque des ruines, on le comprend encore. Ces états correspondent à un cycle ! Ils dépendent de l’âge et également de la manière dont le gardien a compris sa fonction. Mais pourquoi certains de ces tem ples sem blent-ils, dès l’origine, mériter ce mot si expressif : ratés ? Autrement dit, comment expliquer les malform ations de naissance et même les détériorations plus ou moins graves subies dans le cours du cycle prévu pour le corps ? C ’est là un autre sujet qui obligerait à de longs développements. En bref, disons que l’âme a le corps qu’elle a mérité, plus exactement le corps qui lui est nécessaire pour la continuation de son évolution et cela résulte de l’application de la loi de compensation ou karma. On peut ne pas comprendre l’horreur de certaines situations, on peut refuser d ’admettre l’utilité de certains états physiques, mais cette impossibilité mentale de saisir

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

la raison des choses ne change rien à ce qui est. Dieu est Bonté. L’âme qui réside dans un corps im parfait savait, avant d'y pénétrer, qu'ii en serait ainsi et elle l'avait accepté, compris et même choisi. Elle comprendra après l'avoir quitté qu'il lui était nécessaire pour son propre épanouissement et, revenue au rythme de l’éternité, elle se souviendra et mesurera toute la valeur de cette imper­ fection physique temporaire pour son cycle évolutif.

« Lame ne souffre pas de l’état défectueux du corps. Elle sait. C’est le mental qui en est meurtri et se lamente. C ’est lui, le gardien, qui doit apprendre à accepter et à entretenir de son mieux le temple dont il lui faut prendre soin. Il doit l’aimer tel qu’il est. S’il ne le fait pas, il sera à nouveau, plus tard, dans une incarnation ultérieure, le gar­ dien d’un temple corporel d’un aspect imparfait.

« Pour ceux qui disposent d ’un corps plus conve­ nable, voir autour d ’eux des temples imparfaits est aussi une leçon. Ils ne doivent pas éprouver sim plement une compassion plus ou moins artificielle. Il doit en résulter un meilleur comportement mental pour eux-mêmes s’ils veulent éviter de rencontrer plus tard une semblable expé­ rience. Ils doivent rendre grâce de bénéficier du corps qu’ils ont et cela comporte tous les degrés. Le sourd doit agir ainsi : il pourrait être aveugle. Celui à qui il manque un doigt doit penser qu’il pourrait être manchot. Chacun pourrait être tel que celui dont il voit les imperfections corporelles et il le sera si, pour quelque raison, il éprouvait une horrible satisfaction — aussi secrète soit-elle — devant l’aspect physique de son prochain.

« Chacun peut ainsi com prendre que l’homme doit aimer son corps physique tel q u ’il est. Il faut être fier du temple de son âme. Retiens cette grande leçon.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Je sais que beaucoup s’interrogeront sur les appé­ tits physiques, sur les besoins inévitables du temple corpo­

rel. Un autre que moi t’enseignera à ce sujet et tu devras revenir ici aussitôt que possible pour qu’une conclusion soit apportée à cette importante leçon. Mon rôle a consisté à te montrer la grandeur du corps humain dans ses innom­

brables aspects. Si tu réfléchis à la notion d ’harmonie et

d ’équilibre dont il a été déjà fait mention tant de fois au cours de tes derniers contacts, si tu te souviens de la fonc­ tion du mental et de ses possibles errements, si tu consi­ dères les faits dans leur ensemble cosmique, compte tenu du principe de l’évolution et de la loi karmique, tes médi­ tations t’amèneront à des conclusions acceptables concer­ nant les appétits du corps, mais la notion de bien et de mal sera sans doute considérée aussi à ce propos par le Maître de la Connaissance que tu rencontreras bientôt. Tu peux maintenant retourner au monde. Ma mission, auprès de

toi, est maintenant achevée pour ce que j’avais à t’ap­

prendre cette

fois-ci. . .

»

Je dois reconnaître qu’il m’est aujourd’hui plus difficile que d’habitude de retourner au monde. L’ambiance de la cathé­ drale imaginée est toujours si apaisante, d’une pureté si incom­ parable que la conscience hésite à retrouver le tumulte du temps et de l’espace. Mais il le faut, car un autre temple là-bas, m’attend et j ’en ai besoin pour formuler la connaissance reçue.

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LES APPÉTITS PHYSIQUES

Je suis revenu le soir même dans la cathédrale que j ’ima­ gine pour mon contact intérieur. Ma visualisation était facilitée par le fait qu’elle se rapportait à une question complémentaire des précédentes, et particulièrement de mon dernier contact. En outre, le Maître de la Connaissance lui-même en avait défini le but. Je savais que la leçon porterait sur les appétits physiques. L’après-midi, à diverses reprises, j ’avais réfléchi à ce sujet. Dire que je n’en étais pas venu jusqu’ici à une certaine compréhen­ sion du problème serait inexact. Ma façon de voir les choses était même depuis longtemps bien établie et mon propre com­ portement, autant que les conseils qu’il m’était donné de prodi­ guer, reposaient sur ces bases dont j ’avais maintes fois éprouvé la solidité. Cependant, la lumière dispensée dans une harmoni­ sation avec le Soi éclaire toujours des détails imprévus et l’en­ semble apparaît dans une extraordinaire unité, source d’une action et d’un comportement plus efficaces et plus vrais. De plus, un Maître de la Connaissance n’hésite jamais à faire res­ sentir intérieurement des situations ou des faits qu’il serait diffi­ cile d’aborder en toute objectivité sur le plan humain par le seul raisonnement. Or, ces situations et ces faits ont été très long­ temps, pour un grand nombre - même s’il s’agit d’une minorité - un drame quotidien. C’est pourquoi je ne cache pas qu’une certaine curiosité se mêlait tout à l’heure à ma visualisation, bien que l’intense désir de savoir demeurait primordial dans ma hâte à me retrouver dans un état de questionnement intérieur.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

Je

suis prêt

: « Parle, Maître, ton serviteur t’écoute.

»

Comme est clair, vibrant, le verbe de celui qui, sans âge parce

qu’il est de tous les âges, révèle maintenant à ma conscience réceptive sa sainte Connaissance :

« Le mal n’existe pas en soi. D ’autres, avant toi, te l’ont rappelé à propos de questions particulières. Tu verras ce soir, une fois de plus, combien les conceptions humaines sont erronées, mais je t’expliquerai aussi pourquoi leur erreur elle-même est un bien pour l’humanité en général à un stade de son évolution collective et plus précisément sous certaines latitudes. Je ne t’enseignerai pas comme je vais le faire si deux instructeurs ne m ’avaient précédé et si leurs leçons n’avaient pas amené tout naturellement les conclusions que je me propose de te présenter. Tu n’aurais pu admettre aussi facilement ce que je vais t’apprendre, et ceux avec qui tu pourras t’en entretenir auraient eu plus de peine encore à le faire. Pourtant la vérité est vérité, même si quelques-uns, même si beaucoup, refusaient de la recon­ naître. Ils ne changeraient d ’ailleurs pas un seul iota à la loi. L’idée que l’homme se fait des choses le concerne. Elle n’influence en rien ce qui est en réalité.

« Il m ’appartient de t’entretenir des appétits phy­ siques, c’est-à-dire de ces besoins que, par nature, l’homme éprouve pendant le temps de son incarnation, et qu’il appelle hâtivement instincts, bon ou mauvais, selon l’édu­ cation qu ’il a reçue et l’époque où il vit. Or, le mot ins­ tinct est inexact. Il faut lui substituer celui de besoins que j’ai employé, car il convient mieux à tous égards.

Ces besoins se résument essentiellement à la nourri­ ture, à la boisson et à la sexualité. Or, aucun de ces besoins n’est mauvais. Tous sont naturels, quelles que soient les

formes qu’ils revêtent. C ’est

l’homme, et l’homme seul, qui

a établi entre eux des degrés de bien ou de mai, variant avec

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

chaque siècle, alors que tous ces besoins sont identiques en nature, sur un même plan de nécessité quoique soumis au

principe cyclique qui régit chaque chose. Du point de vue naturel, il n’y a pas de différence entre le désir de se nourrir

ou de

boire et l’impulsion sexuelle. C ’est l’homme qui a

édicté cette différence, c’est son mental qui l’a conçue et ce dernier l’a fait sous l’influence ou la suggestion de supersti­ tions et de dogmes nés des circonstances d ’une époque ou suscités par la sauvegarde de principes sans fondements

réels, mais utiles au bien d’une époque, d ’un continent ou

  • d ’un pays, ce qui les justifie tout au moins temporairement.

« Il n’en est pas moins vrai que la moralité d ’hier

n’est pas

la moralité d ’aujourd’hui, et que celle d ’au­

jourd’hui ne sera pas celle de demain. La moralité est, en effet, un effort pour maintenir les principes nécessaires à la vie sociale d ’un temps déterminé, avec pour base la com­

préhension de ce temps. Longtemps, très longtemps, la moralité a reposé sur des conceptions religieuses et celles-ci variant avec le lieu, elle a différé d ’un pays à l’autre à tel point qu’on peut parler, au même moment, non pas d ’une moralité universelle, mais de moralités multiples et parfois contradictoires. Mais ces temps sont depuis quelques décennies révolus et l’heure était venue, pour les hommes,

  • d ’un moralité personnelle fondée sur leur compréhension

individuelle et, curieusement, cette moralité a été plus uni­

verselle que toutes celles qui l’avaient précédées, pour la simple raison qu’elle était fondée sur un retour à la vérité

fondamentale de l’être, et sur un degré d ’évolution

infini­

ment plus élevé sur tous les plans. L’homme en est, depuis cette période, au point de connaître ce qui est bon pour lui. Il s’est libéré de plus en plus des contraintes qui lui étaient imposées. Il est devenu de plus en plus libre, car il est devenu lui-même et, en devenant lui-même, il est devenu tous les autres. Cependant, hier comme aujourd’hui et autant que jamais, le mental, gardien du corps — temple de

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

i’âme humaine - reste, pour chacun et pour tous, le grand régulateur et il doit maintenir la manifestation des besoins naturels dans le juste milieu. Il y a faute dans l’excès, mais il y a faute aussi, et autant, dans la répression totale et irré­ fléchie. L’excès, comme la répression, conduit à une rupture de l’harmonie, de l’équilibre, et c’est le mental lui-même qui est alors perturbé. Il se produit ce que certains nom­ ment excès de cérébralité. Il y a transfert des besoins au mental. Dans le cas de satisfactions excessives, le mental engendre lui-même le besoin de plus de satisfactions et de plus d ’excès encore. Dans le cas de la répression le mental entretient le besoin et l'amplifie à l'extrême. En revanche, si le besoin est raisonnablement assouvi, l’équilibre est maintenu et le mental conserve son rôle régulateur.

« La civilisation, ou ce qui est ainsi désigné, a sans aucun doute créé chez l’homme de nouvelles habitudes. L’alcool en est une, fumer en est une autre et le corps humain, dont on t’a dit déjà les splendeurs, s’est adapté tant bien que mal à ces besoins nouveaux. Mais là égale­ ment, il faut insister sur le fait que le juste milieu est une nécessité absolue. J ’insiste encore sur ce point : rien n’est mauvais si l’homme se conforme à la loi du milieu juste et bon. S’il ne le fait pas, il subira les effets négatifs du karma corporel. La durée de son existence en sera plus ou moins raccourcie. C ’est donc un choix qu’il fait, un risque qu’il accepte consciemment de courir, encore que la pensée posi­ tive, s’il y a recours constamment, peut amoindrir considé­ rablement les effets de son comportement. Il est important de noter ceci : la satisfaction raisonnable des besoins phy­ siques ne nuit à aucun égard à l’épanouissement intérieur, à l’évolution spirituelle et à l’ultime prise de conscience qui constitue la raison et l’aboutissement de l’incarnation humaine. Ce n’est pas la satisfaction de ces besoins qui est un frein. C ’est l’interprétation de cette satisfaction et de ces besoins par Je mental qui entrave le déroulement de

128

ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

J’évolution et cette interprétation est elle-même fonction

de la compréhension

acquise, du degré d ’évolution atteint.

Le cherchant avancé, à cet égard, est libre.

« Naturellement, l’interprétation du mental est per­ sonnelle comme l’est l’évolution et chacun, selon sa conscience et son degré de compréhension intérieure, doit conformer ses actes à son interprétation, sans cependant juger autrui à partir de lui-même. Nul ne doit adopter un mode de vie plus avancé, même s’il sait que ce mode de vie se rapproche davantage de la vérité, s’il n’a pas l’absolue conviction intérieure, la certitude née de la compréhension, qu’il agira ainsi de manière parfaitement conforme aux principes cosmiques authentiques. Je t’ai dit que la morale était désormais une notion individuelle. Chacun doit donc agir et réagir d ’après cette notion qui lui est propre et ne permettre à personne se prétendant plus avancé de lui sug­ gérer un comportement qu’il ne peut encore admettre. D ’ailleurs, si quelqu’un est vraiment avancé, jamais il ne se livrera à une telle suggestion. Seul, le ferait quelqu’un qui, sans aucun développement réel, aurait quelque prétexte ou intérêt, avouable ou non, à agir de la sorte. Chacun doit noter cette mise en garde et s’en souvenir. Dans mes expli­ cations, j’examine les faits dans leur vérité ultime, une vérité qu’il faut atteindre par l’expérience qui, seule, engendre la compréhension et la connaissance permettant de vivre la vérité. Autrement, la force profonde et la puis­ sance intérieure inébranlable font défaut et le mental, non encore maîtrisé, réagira par le doute et le remords. Il vaut mieux, pour certains, s’en tenir à d ’anciens préceptes moraux, aussi retardataires qu’ils soient, plutôt que d ’arri­ ver à semblable résultat en suivant de véritables principes qui ne sont ni compris ni assimilé au niveau du Soi.

« La connaissance que je te dispense en cette occa­ sion aidera cependant beaucoup à ne pas juger et ce sera là,

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

déjà un immense progrès pour eux et une forme de libéra­ tion. Je poursuivrai donc :

« Ce que j’ai souligné à propos de l’excès et de la répression étant bien retenu, l'alimentation et la boisson sont une affaire d ’ordre personnel. Il n’y a pas de régime type. A certains, une alimentation végétarienne convient,

à d ’autres non. Celui-ci a besoin de vin — voire d'alcool — pour celui-là, l’un et l’autre seront dangereux pour l’équi­

libre du corps. C ’est à chacun de définir, selon

les réactions

propres de son corps, ce qui lui convient et ce qu’il doit prohiber et il est certain que le régime adopté pourra varier avec les circonstances et avec l’âge. Le mental, une fois de plus, agira dans ce domaine en régulateur à partir des conclusions qu’il retirera des réactions corporelles. Quelques principes généraux resteront pourtant à jamais valables, sous la forme même que leur ont donné de grandes religions. L’Islam, par exemple, interdit le vin, l’alcool et le porc. Le climat de très nombreux pays isla­ miques justifie cette interdiction. Elle est, de toutes les façons, la règle à observer par tous ceux qui appartiennent à cette religion et la pratiquent. Le jeûne, de son côté, est recommandé par toutes ies religions à des époques diverses. Il est un bien pour le corps. D ’ailleurs, en ce qui concerne les cherchants, un jeûne relatif et raisonné doit être observé avant certaines expériences. Il peut être de quelques heures ou de quelques jours, selon le cas. Tous les besoins du corps sont alors suspendus, et non pas quelques-uns seulement. Le jeûne est sans excès et ne dure jamais au-delà d’une limite déterminée. La vie normale est ensuite reprise. Mais il n’y a pas - et il n’y aura jamais — de régime mystique ou spirituel. Tout ce qui a pu être écrit à ce sujet est né du fanatisme ou de l’ignorance. Nul régime ne favorise la spiritualité ! L’alimentation et la boisson sont le fait du corps et non de lam e.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Voici maintenant le dernier sujet que je dois abor­ der, et ce sera le plus délicat. Je vais te parler de principes concernant la sexualité et je le ferai d ’une manière ouverte, franche et sincère en m ’efforçant de n’en ignorer aucun aspect, bien que mon analyse évitera d'entrer dans d ’inutiles détails.

« La sexualité est, au même degré que les autres appétits, un besoin du corps. Elle n’en diffère à aucun égard. Il n’y a que le cycle naturel de ce besoin qui est par­ ticulier comme le sont les cycles des autres. Tout comme ce qui a trait à l’alimentation et à la boisson, les besoins sexuels varient également avec la constitution physique de chacun. Certains ont besoin, pour leur équilibre, de man­ ger ou de boire plus que d ’autres. De même, la sexualité de celui-ci peut être plus exigeante que celle de celui-là. Chacun doit être en mesure de déterminer ce qui est le mieux pour lui, étant bien entendu que la loi du milieu juste et bon demeure valable pour ce besoin et que le men­ tal reste le grand régulateur, là aussi.

« Ce que j’ai précisé au sujet de l’alimentation et de la boisson s’applique également à la sexualité. Il ne doit y avoir ni répression ni excès sur les bases qui constituent les normes de chacun. S’il y avait répression ou excès, le résul­ tat sur le mental et, par conséquent, sur le comportement ultérieur serait le même que dans des conditions sem ­ blables appliquées aux autres besoins corporels tels que la nourriture et la boisson. Ce qu’il faut souligner et répéter, c’est que la sexualité n’est pas un mal. Les tendances sexuelles sont aussi respectables que n’importe quel appé­ tit du corps. Ce qui a été enseigné par certaines doctrines dogmatiques est donc fondamentalement faux et bien des tourments et des malheurs auraient été évités à un grand nombre si des notions plus proches de la vérité leur avaient été inculquées. Il faut malheureusement constater que

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

c’est surtout parmi les gens se rattachant à la foi chré­ tienne que l’erreur a été la plus marquante, alors que rien de l'enseignement de Jésu s, et même dans les commen­ taires de Saint Paul, ne perm ettait les déductions qui furent ensuite érigées en dogmes. Saint Paul recomman­ dait et n’obligeait pas. De plus, il s’adressait à une élite. Il ne s’élevait avec violence que contre les excès. « D ’autres philosophies et d ’autres religions se sont davantage rapprochées de la vérité. Il est bon cependant de dire que certaines règles, aussi erronées soient-elles, ont eu leur nécessité à diverses époques et ont empêché bien des excès. Mais cette justification est, hélas !, compensée par les excès contraires qu’elles ont engendrés et par les consé­ quences mentales parfois tragiques dont elles ont été la cause. Actuellement, après des excès dus à la liberté retrou­ vée, on revient dans le monde à des conditions plus nor­ males, plus équilibrées, et le temps est proche où les véri­ tables principes seront universellement compris et observés pour le plus grand bien de l’humanité. « L’homme en est ainsi arrivé à un degré de compré­ hension où il sait qu’en assouvissant raisonnablement ses appétits physiques, loin de commettre quelque erreur ou péché, il maintient en lui l’harmonie, l’équilibre et évite de devenir ou de rester la proie de pensées torturantes, dans un repli morbide sur lui-même, avec le danger de

complexes plus ou négative constante,

moins graves et d ’une introspection génératrice d ’inutiles remords. Ainsi,

bien équilibré, son temple corporel régulièrement nettoyé des besoins qui lui sont inhérents, l’homme peut diriger son attention et ses pensées vers des objectifs plus constructifs et plus dignes.

« L’erreur possible n’est donc pas, je le répète, dans les appétits physiques en eux-mêmes. Elle est dans les interpré­ tations du mental. C ’est donc celui-ci qui doit être éduqué et qui, connaissant le corps, doit apprendre à se conformer à

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

la loi du juste milieu. Il n’y a pas d’autres recommandation à faire dans ce domaine, sinon de se libérer, si ce n’est déjà fait, de l’idée fausse et paralysante de prétendu péché.

« Les tendances sexuelles sont diverses, mais en quoi diffèrent-elles des goûts différents des uns et des autres, en ce qui a trait à la nourriture et à la boisson ? Certains aiment la viande et d ’autre non. Quelques-uns peuvent ne

pas apprécier tel ou tel mets. L’appétit sexuel est donc avant tout personnel, et je vais aborder un sujet particuliè­ rement délicat. Je le dois car il a été longtemps et, dans une certaine mesure, il est toujours à l’origine de considé­ rables drames intérieurs que la vérité et son acceptation unanime partout supprimeraient à jamais. Il y a ce qu’on appelle des minorités sexuelles. Dans les pays de formation chrétienne, elles ont été longtemps brimées, persécutées, considérées avec horreur et jugées sans la moindre charité. Or, tout ce qui existe a sa raison d ’être. Dès lors, comment ne pas admettre que l’existence de ces minorités a un motif

valable dans le m onde m anifesté ? Com m en t avoir

osé

considérer longtemps comme des pestiférés ceux qui ont des tendances différentes de celles de la majorité ? Ces ten­ dances, ils ne les ont pas désirées. Ils les ont et elles sont un appétit physique aussi justifiable que les autres et qui, en aucune façon, n’est condamnable s’il est assouvi,

comme les autres, d ’après la loi du milieu juste et bon, avec le mental comme régulateur.

« Pourquoi de telles minorités existent-elles ? La question même est absurde. On ne demanderait pas pour­ quoi certains n’aiment pas le fromage. J ’envisagerai cepen­ dant la double raison de l’existence de ces minorités. La première est en quelque sorte une défense de la nature elle- même. La population croît rapidement, trop rapidement. La nature tente ainsi de s’y opposer comme elle le peut en stérilisant, selon des moyens à sa disposition, une partie de

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

l’humanité. Mais ses efforts sont insuffisants et l’homme a reçu désormais l’impulsion de ralentir l’accroissement de la population mondiale par d ’autres moyens. Il en a décou­ vert certains et il en découvrira encore*. La deuxième rai­ son pour ceux qui croient en la réincarnation est le résultat de la loi de compensation ou karma. Les minorités sexuelles ont à connaître cette expérience, à en retirer une leçon positive pour leur évolution et, en dernière analyse, à la dominer en s’acceptant telles qu’elles sont.

« En tout cas, il est absolument faux de prétendre, comme certains auteurs inconscients de leurs responsabili­ tés ont osé longtemps le faire, qu’un homosexuel, par exemple, ne pouvait s’engager dans une voie spirituelle, mystique ou traditionnelle. Il le peut autant que qui­ conque et il progressera comme tous les autres s ’il fait preuve de la dévotion, du travail et de la persévérance nécessaires. Il ne doit pas plus que ceux ayant des appétits moins particuliers s’abandonner à l’excès ou à la répres­ sion. Il est vrai que le champ qui lui est ouvert pour la manifestation de ses appétits est plus limité, mais il existe cependant. L’erreur karmique qu’il pourrait commettre consisterait à se livrer à quelque prosélytisme, mais, s’il est éclairé, il ne le fera pas. Ce prosélytisme, d'ailleurs, est à prohiber, tout autant, dans la manifestation de tous les appétits, quels qu’ils soient. Il aurait, au demeurant, peu de chances, dans l’un ou l’autre cas, d ’être fructueux. On peut difficilement transformer les appétits de quelqu’un, en raison de leur caractère essentiellement individuel.

« Il est important de souligner que nul ne peut être sûr qu’il appartient vraiment à une minorité sexuelle. Si quelqu’un suppose que c’est son cas, il doit encore s’en assurer auprès d ’une personne compétente, c’est-à-dire

* Ce texte a été rédigé en 1970.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

d ’un médecin qui déterminera s’il ne s’agit pas d ’une

erreur d’interprétation du mental, d ’une

déficience glan­

dulaire ou d ’une

déficience pouvant être rectifiée par des

soins appropriés, ou encore d ’un psychologue très compé­ tent. Le nécessaire étant fait et aucun changement n’ayant été constaté, il faut alors s’accepter et mener sa vie confor­ mément aux particularités de ses appétits. Tous les appé­ tits physiques sont particuliers, même chez ceux qui se déclarent normaux. Il est donc mal approprié pour ces derniers de juger les autres anormaux ! En dernière ana­ lyse, les appétits physiques de quelqu’un le concernent.

Ils ne concernent pas les autres. Crois-tu que celui qui se préoccupe des appétits physiques et de la sexualité de son prochain n’est pas, lui, au sens fort du terme, un anormal ? Il démontre que son mental est préoccupé -

peut être torturé — par

les questions de ce genre et q u ’il

n’en est pas libéré par le comportement que j’ai défini

comme

étant du juste m ilieu ...

« Ce point important ayant été étudié avec franchise — et j’espère qu’il aidera beaucoup — revenons à des considé­ rations plus générales. Pour être libre mentalement dans la satisfaction naturelle et raisonnable de ses appétits humains, l'homme doit être fort devant l’exploitation com­ merciale qui est faite de ses besoins physiques. Je ne dis pas qu’il doive se couvrir le visage de ses mains. Je lui recom­ mande seulement de ne pas être perméable à cette exploita­ tion et de la regarder avec clairvoyance. Il n’a pas à se tenir à l’écart du monde où il vit. C ’est son laboratoire et il doit le bien connaître, mais il doit se garder de lui-même et ne pas provoquer le danger s’il se sait trop faible pour le domi­ ner. Il est vrai que des moyens efficaces et sûrs sont à la dis­ position de l’humanité. Des pays comme la Suède, le Danemark ou la Hollande, par exemple, les ont les pre­ miers employés en laissant une liberté totale aux diverses tendances humaines et l’on a constaté qu’à un excès de

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ENSEIGNEMENTS DES MAITRES DE LA CONNAISSANCE

curiosité a succédé l’indifférence. Il appartient donc aux hommes de définir les moyens d ’une libération efficace du mental dans ses interprétations erronées au sujet des appé­ tits physiques. Il sont encore actuellement occupés à cette tâche et il est à souhaiter que les prochaines années verront une amélioration croissante dans ce domaine, de sorte que l’exploitation malsaine des besoins physiques de l’homme perdra de plus en plus de sa vigueur et de son influence.

« A cette libération, à cette compréhension plus vraie du corps humain, de ses tendances et de ses besoins, doit s’ajouter une ouverture plus large vers la spiritualité authentique. Il faut que l’homme, délivré de ses inhibi­ tions mentales, tourne son attention vers la connaissance de soi et c’est pourquoi la responsabilité d ’organisations valables est considérable. Elles ont pour mission de conduire l'homme à un degré élevé de compréhension et d ’épanouissement intérieur et leur devoir est donc d ’adresser un appel plus large et plus soutenu au monde. L’humanité doit savoir que de telles organisations existent et peuvent lui offrir la possibilité de parvenir à un équi­ libre réel et finalement à la prise de conscience qui est le but. Si l’homme se libère seulement de son ignorance au sujet de son corps, de ses appétits et de sa nature m até­ rielle en général, sans compenser cette libération par la connaissance totale que perpétue la tradition véritable, il sera insatisfait et amené au désespoir. M atériellement comblé de science et de vérité sur lui-même, il lui man­ quera la conscience et c’est ce qui explique que dans les pays où la libération sexuelle a été complète, le nombre de suicidés est resté considérable.

« L’humanité s’est en tout cas, dans certains domaines, délivrée de conceptions surannées qui restrei­ gnaient ses possibilités d ’une plus large évolution. Plus ou moins vite, chacun est ainsi drainé vers les voies authen-

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L’ÂME DES ANIMAUX

Une intéressante question que se posent beaucoup de cherchants est celle-ci : Les animaux ont-ils une âme ? et, même dans le monde profane, le problème est implicitement soulevé par ceux, nombreux, qui constatent à propos d’un ani­ mal domestique qu’ils affectionnent particulièrement : Son intelligence est si vive q u ’il ne lui manque que la parole ! On ne peut cependant discuter de l’âme animale sans l’inclure dans un sujet d’une portée infiniment plus vaste : celui de la vie, de la conscience, de l’âme universelle et de l’évolution dans son ensemble. •

Ayant décidé de rechercher la lumière que le Soi peut dis­ penser sur cette question, j ’ai envisagé les limites précises que devait revêtir ma visualisation afin d’être assuré du succès de mes contacts intérieur à ce sujet, et j ’en suis venu à la conclu­ sion que trois entretiens seraient à nouveaux nécessaires.

le premier porterait avec précision sur l’âme des animaux. le second traiterait des vies successives. et le troisième concernerait la loi de compensation ou karma.

Le premier de ces entretiens fera l’objet du présent cha­ pitre. Déjà, après ma visualisation habituelle, un Maître de la Connaissance que j ’imagine le Maître Bienveillant s’adresse à mon âme attentive.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« On te l’a dit et répété ici même : la vie est une, le Cosmique est tout, et tout est dans tout. Tu as appris, par ailleurs, qu ’il n’y a q u ’une seule âme : l’âme universelle, qui est, comme la vie, un attribut du Cosmique. Cela signifie que le Cosmique inclut la vie et I ame universelle. Si, pour comprendre, l’intellect humain de devait pas diffé­ rencier, il pourrait tout revêtir du seul mot Cosmique, car le Cosmique est la manifestation de la loi suprême sur tous les plans. Tu peux même considérer les choses ainsi : Dieu est l’énergie et le Cosmique est cette énergie en mouvement, en action, prenant des formes innombrables ou, si tu veux, se manifestant à l’infini dans le visible et l’invisible. L’homme appelle lois les manifestations de cette énergie qu’il apprend à connaître, à pressentir ou à percevoir, mais ces lois ne sont pas secondaires. Elles sont un effet particulier de l’énergie unique en action.

« Puisque le Cosmique est tout et que tout est en lui, l’homme est naturellement en lui, mais le sont aussi i’animal, la plante et tout ce qui existe, et il en résulte que la vie et l’âme universelle pénètrent dans la moindre par­ celle de la création. La vie et l’âme universelle sont, par conséquent, dans l ’homme, certes, mais aussi dans les germes les plus microscopiques et, bien entendu, dans la graine, la plante et l’animal. Ce qui est, pour l’homme, inanimé possède donc aussi une âme et la vie, et il conviendrait ainsi beaucoup mieux de ne pas distinguer les êtres et les choses en animés et inanimés mais simplement entre doués de mouvement et inertes. Mais accorde-moi toute ton attention pour ne pas commettre d ’erreur et ne pas arriver à de fausses conclusions. Tout vit et tout a une âme, du point de vue cosmique ; cela ne signifie pas que tout a une conscience, que chaque être ou chaque chose est conscient de soi et a ainsi une personnalité animique. La personnalité se développe au sein de 1 ame universelle au cours de sa manifestation dans les êtres et les choses. Il est

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

bien évident que dans la roche, par exemple, il ne se crée pas, à proprement parler, de personnalité, car la roche ne rencontre aucune expérience lui permettant de se connaître elle~même, d ’avoir conscience de soi. Dans les végétaux, en revanche, commence à se développer une forme de conscience à un degré infime évidemment, et variant avec la qualité des plantes. Voilà pour ce qui concerne l’inerte et j’ajouterai à ce sujet que cet inerte est, dans une certaine mesure, influencé par son milieu et par l’homme. Il existe une forme d ’aura collective pour chaque règne et cette aura, de nature vibratoire, tu le sais, subit l’influence de l’aura des autres règnes, en particulier des règnes supé­ rieurs. Cette influence peut même être individuelle. Tu n’ignores pas que certaines plantes aiment ceux qui s’occu­ pent d ’elles.

« D ’un autre côté, nous avons les être doués de mou­ vement et le microbe lui-même en est un. Là aussi, une forrçie de conscience se développe, infinitésimale ou beau­ coup plus avancée. Cette forme de conscience, c’est à tort qu ’on l’appelle instinct, car si ce terme devait être employé, on devrait le faire aussi pour l’homme dont cer­ taines réactions sont visiblement dues aux attributs de son genre ou règne, et sont, pour cela, communes à chacun. Toutefois, de même que des hommes sont plus développés que d ’autres, avec une conscience plus large, de même la forme de conscience chez les êtres doués de mouvement varie en degré, d ’une part avec les espèces et, d ’autre part, à l'intérieur de chaque espèce. Quoi qu'il en soit, une per­ sonnalité se constitue au sein de l’âme universelle incorpo­ rée chez les êtres doués de mouvement et cette personna­ lité commence un cycle d'évolution millénaire qui s’achèvera dans l’homme et poursuivra ensuite dans l’homme, ou dans un état plus élevé, sa nouvelle étape d ’évolution car, arrivée au stade humain, il n’y a plus retour pour la personnalité animique.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Cette constatation implique, tu l’as compris, que la personnalité, à l’origine infiniment rudimentaire, lors­ qu’elle a atteint, dans son cycle d ’évolution, c’est-à-dire de prise de conscience supérieure à ce qu’elle était, un certain degré, cette personnalité s’incarne dans un animal. Il se

produit donc, à

ce moment-là, passage d ’un règne dans le

règne supérieur et, comme le veut la loi d ’évolution, il n’y

aura

jam ais retour au règne

précédent. La personnalité,

dans le règne végétal, par exemple, peut se développer en se réincarnant en des plantes diverses. Elle évolue dans le même règne, mais elle n’est pas obligée de revêtir successi­ vement toutes les formes sans exception de ce règne. Dans quelque plante que ce soit, elle peut atteindre, à un moment de son cycle de réintégration, le degré voulu d ’épanouissement de conscience pour passer dans le règne supérieur et s’incarner dans un animal se situant au plus bas de l’échelle évolutive de ce règne. La personnalité entreprend alors une nouvelle carrière. Elle rencontre des expériences plus poussées. Elle est plus proche du règne humain et, par conséquent, plus influencée par l’aura col­ lective et individuelle de celui-ci. Dans ce nouveau cycle, comme dans le précédent, la personnalité anim ique se réincarnera, selon ses besoins et une forme de karma, dans des espèces animales différentes jusqu’à ce que son déve­ loppement soit suffisant pour passer au règne supérieur -

celui de l’homme — et commencer son cycle final d ’évolu­ tion sur terre en des incarnations successives comme homme, et jamais plus dans les règnes précédents. En principe, dans chaque animal, la personnalité animique peut atteindre le degré exigé pour l’admission au statut

humain. Cependant d ’une manière générale, forme d ’un animal domestique ou très proche

c’est sous la de l’homme

que la personnalité animique parviendra au degré voulu pour son passage à l’état d ’homme. Il lui faudra sans aucun

doute plusieurs incarnations de cet ordre et dans quelques cas un très grand nombre pour que les conditions requises

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

de conscience soient remplies, mais cette présence répétée auprès de l’homme est nécessaire. Elle est comme un apprentissage, une préparation à son état futur.

« Tu peux donc, à la question posée, répondre positi­ vement : les animaux ont une âme, mais souviens-toi que le mot âme doit toujours être compris dans le sens d’âme-per- sonnalité ou, ce qui a la même signification, de personna­ lité animique, et cela s’applique également à l’homme. Nous reviendrons sur ce sujet dans notre prochain contact puisque c’est moi qui t’enseignerai sur les vies successives. En attendant, n’oublie pas que l’âme universelle, tout comme l’énergie électrique, par exemple, est pour ainsi dire statique. Elle est partout, et reste à jamais semblable à elle- même et parfaite. C ’est au moment où elle prend forme qu’une personnalité se constitue en elle et c’est cette per­ sonnalité — et non pas l’âme universelle ni son segment incorporé, manifesté — qui évolue en développant lente­ ment, progressivement, une conscience, une connaissance de soi de plus en plus grande, et cela va de la forme la plus élémentaire de vie jusqu’aux sommets les plus élevés de l’évolution et de la réalisation spirituelle de l’homme. Tu comprends aussi que rien n’est inutile dans la création. Tout, au contraire, est un hymne de joie au créateur, une manifestation de sa grandeur et de son amour.

« Une question subsidiaire se pose certainement à toi : puisque les animaux ont une personnalité animique, la viande ne devrait-elle donc pas être bannie du régime de l’homme ? Les réponses que tu as reçues à propos de la guérison spirituelle devraient te suffire pour parvenir à une conclusion valable, surtout si tu tiens compte aussi de ce que tu as appris à propos des appétits physiques. Mais j’ajouterai quelques explications. D ’abord, je te l’ai expli­ qué aujourd’hui : la plante elle-même est vivante, donc elle souffre, même si, comme tu le dis toi-même, l’oreille

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apogée à l’état d ’homme et qui engendre des satisfactions plus intenses, mais aussi une rigueur plus grande dans la rencontre des expériences à subir et des leçons à retirer du monde. Remarque, cependant, que dans tous les règnes, et cela est particulièrement visible chez les êtres doués de mouvement, les caractéristiques qui forment la trame fon­ damentale des expériences favorisant l’épanouissement de l'âme, sont les mêmes. Tous ces êtres connaissent, par exemple, l'amour et la haine, le courage et la crainte, la joie et la peine.

« Ce sera ma dernière observation dans notre contact sur ce premier sujet. Tu en déduiras une nouvelle preuve de l’unité cosmique, de la loi unique. Aucune séparation n’existe entre les être vivants et ils ne sont pas eux-mêmes distincts des choses. Il n’y a pas davantage séparation entre ce qui est nommé par l’homme visible et invisible. Tout est un et pour le comprendre, il faut aimer. Je t’attendrai pour notre entretien sur les vies successives dès que tu te sentiras prêt pour une nouvelle communion. »

L’état intérieur dans lequel je me plaçais s’est achevé et je suis revenu à la conscience du monde pour écrire ce que l’inspi­ ration avait révélé. Ces messages sont des outils. Ils offrent matière à réflexion et chacun en recueille les fruits qui peuvent l’aider à son stade particulier d’évolution ...

Dès maintenant, je vais me préparer à mon prochain contact sur les vies successives. Après ce que j ’ai appris aujour­ d ’hui, j ’aurai sans doute une compréhension plus grande à ce sujet après un nouveau contact avec le Soi, dans la forme dont je le revêts dans ma visualisation.

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LES VIES SUCCESSIVES

J’ai médité pendant quelques heures sur ce que mon der­ nier contact m’avait révélé, et je crois avoir pleinement com­ pris l’unité cosmique que de telles explications suggéraient et que depuis tant d’années j ’avais conçue comme l’ultime solu­ tion aux énigmes, grandes et petites, de l’univers visible et invisible dans ses nombreux aspects. L’origine de la vie et celle de la personnalité animique dans l’infiniment petit m’apparais­ sent plus clairement encore comme une réalité sublime. Je vois cette personnalité s’épanouir, étape par étape, utilisant tout le créé et ses règnes qui prennent un sens immensément plus vaste en devenant les véhicules multiples de l’âme en évolu­ tion. Le lien est établi entre ce qui semblait épars et un but infini est donné à chaque être et à chaque chose. Puis, voici la personnalité animique parvenue au stade de l’homme et elle va poursuivre son évolution, désormais, sous l’apparence humaine sans aucune possibilité de retour aux étapes franchies. C ’est sous l’aspect de l’homme qu’elle parviendra, tôt ou tard, à la prise de conscience finale, à la réalisation achevée, au but suprême de Tincarnation.

Le sujet des vies successives dont traitera ce soir le Maître de la Connaissance représentant l’état intérieur nécessaire à cette méditation particulière, a été si bien préparé par sa der­ nière causerie cosmique, que ma visualisation en est simplifiée et ma question posée de façon claire. Je m’élève donc aussi

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rapidement que d’habitude au niveau de la ma cathédrale. Le Maître de la Connaissance m’attend. Il est évident qu’il attache une importance extrême à l’enseignement qu’il me transmet en ce moment et il sait que ma conscience est prête à l’accueillir avec respect et reconnaissance. Il grave en moi sa parole, sa vibration de sagesse et de paix :

« La question traitée à ta dernière venue en ce lieu intérieur facilitera mon exposé et ta compréhension. Je préciserai donc immédiatement que des personnalités ani- miques sont bien actuellement en formation ou en voie de

développement sur

terre et ailleurs dans l'univers m ani­

festé, que certaines de ces personnalités animiques dites inférieures, en ce moment même, quittent leur demeure ou véhicule physique, tandis que d ’autres s’apprêtent à prendre possession d’un nouveau, dans un règne identique

ou non,

selon leur degré d ’épanouissement, mais tu auras

déjà compris qu’il est aussi des âmes ayant atteint, depuis

plus ou moins longtem ps et certaines depuis des m illé­

naires, le statut d ’homme,

qui se désincarnent ou se réin­

carnent au moment où nous sommes, toi et moi, en com­ munion cosmique. C ’est à celles-ci seulement que nous

allons nous intéresser, le sujet des personnalités animiques dites inférieures, particulièrement celles des animaux, ayant fait l’objet de notre dernier entretien ...

«

Et je voudrais d ’abord

éliminer le problème de

l’accroissement de la population utilisé comme objection à la réincarnation. Il n’est jamais inutile de rappeler — et je le ferai une fois encore — qu’il n’y a qu’une seule âme dans l’univers, qui est l’âme cosmique. Si besoin était, un seg­ ment de cette âme cosmique pourrait s’incarner dans des m illions d ’hommes nouveaux. Dès que le véhicule phy­ sique est prêt, elle en prend possession. L’électricien ne fait pas autre chose quand, dans une maison, il procède à l’ins­ tallation de nouvelles ampoules électriques. Si on le désire,

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il pourrait en installer dix, vingt et davantage dans la même pièce. Et c’est toujours la même électricité qui serait employée, quelle que soit la forme des ampoules. L’électricité reste à jamais semblable à elle-même. On ne peut la rendre responsable de l’imperfection des ampoules et celles-ci peuvent donner plus ou moins de lumière. Si une ampoule doit être changée, c’est toujours la même électricité qui produira la lumière dans la nouvelle ampoule. Il en est de même de l’âme universelle. Elle est infinie et sans tache. En s’incarnant en l’homme, elle est en lui le saint des saints, le segment parfait qui donne vie et lumière à son être. Dans le moule que constitue ce seg­ ment, la personnalité se crée ou poursuit son évolution. Elle est le résultat du contact de la conscience avec le monde et son environnement humain ainsi que des pen­ sées, des actes et des expériences de l’homme dans le milieu où il vit.

« Pourquoi l’âme universelle doit-elle s’incarner puisqu’elle est infinie et pure ? Elle le doit parce qu’il faut qu ’elle prenne conscience d ’elle-même. L’électricité ne rem plit son rôle pour l’homme que dans son utilisation par lui et pour lui. L’âme universelle n’atteint son objectif que dans l’incarnation. En réalité, elle renferme depuis toujours en elle toutes les personnalités, mais celles-ci, comme elle-même, étaient à l’état passif, sans conscience de soi, sans connaissance. L’involution dans l’univers mani­ festé permettra à ces personnalités de prendre conscience. Elles auront goûté à l’arbre de la connaissance et le résultat ultime sera une âme universelle consciente d ’elle-même où chaque personnalité connaîtra sa propre réalité et partici­ pera consciemment au plan cosmique. Il n’est pas aisé de comprendre ce qui est difficilement exprimable. Souviens- toi seulement que la création est un acte permanent d ’amour. Elle est le déroulement et l’accomplissement du plan et des objectifs cosmiques. L’origine est la non-

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conscience. Le but final est la conscience. La prise de conscience s’opère dans l’incarnation, et tout, y compris la loi de compensation ou karma, dont nous parlerons plus tard, ne vise que cet objectif.

« Certains confondent réincarnation et métempsy-

chose. D ’après cette dernière, l’âme pourrait revenir dans

le corps

d ’un animal après avoir connu l’expérience

humaine. Cette doctrine est fausse. Encore une fois, il n’y a pas, dans l’évolution, retour en arrière, et c’est pourquoi le mot réincarnation est préférable pour désigner les vies suc­ cessives de l’homme. On peut ou non admettre la doctrine de la réincarnation. Le refus, certes, ne change rien à la loi

et elle n’est pas suspendue par les dénégations de ceux qui ne veulent ou ne peuvent l’admettre. D ’ailleurs, l’homme n’est pas jugé sur ses croyances. Il l’est sur ses actes. Mais il vaut mieux ne pas reconnaître mentalement la réincarna­ tion et mener une vie bonne et efficace, plutôt que de perdre son temps et de passer des heures, des jours et des mois à la recherche de ses incarnations antérieures. Ce qui appartient au passé est un livre terminé dont chaque cha­ pitre a été assimilé. L’adolescent qui, au début de sa forma­

tion scolaire, a appris la table de

multiplication ou d ’autres

notions élémentaires fondamentales n’y revient plus ensuite. Il se contente de s’en servir. Connaître ses vies pas­ sées peut être une découverte intéressante, mais cela n’offre qu’un intérêt documentaire et une telle découverte est incontrôlable. Celui qui s’y livre peut aussi bien arriver à quelque conclusion juste que se fourvoyer dans les pires erreurs, et se fier, pour ses propres incarnations, aux pré­ tendues révélations d ’un médium, présente encore moins de certitude. Celui-ci peut inventer - et souvent il le fait — et, même s’il est sincère, il peut se tromper et être abusé par les illusions de son mental. Dans ce qu’il déclare voir

se mêlent sa propre subjectivité et éventuellement les lueurs qu’il peut recueillir sur son propre passé en les reje­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

tant de bonne foi sur qui le consulte. En réalité, les seules et véritables informations que l’on peut obtenir sur ses vies antérieures ne le sont que par soi-même. Les lectures d ’au­ trui ne présentent aucune certitude, même si, à l’extrême, un soupçon de vérité, dans un amas de fausses impressions, devait être décelé.

« Quelques-uns déclarent ne pas admettre la réincar­

nation parce qu’ils ne se souviennent pas de leurs vies pas­ sées, mais cet argument est absurde. Se souviennent-ils de

tout

ce qu ’ils

ont fait à deux,

cinq

ou dix ans et même,

avec précision, à une date beaucoup plus rapprochée ? Et parce que leur souvenir s’est estompé, osent-ils dire qu’ils

n’existaient pas à ce moment-là ?

« Dans certaines conditions, il est possible de connaître quelque circonstance, état ou expérience du passé. Cela se produit si cette connaissance présente une utilité pour la compréhension d ’une leçon de la vie pré­ sente, car tout ce qui est accordé à l’homme a pour but son évolution, et la loi cosmique est juste et bonne. Le réalisé, naturellement, connaît tout son passé parce que cette connaissance ne risque pas de lui nuire et il sait se taire sur lui-même. Si le souvenir total restait à l’homme, il n’en retirerait que la phase négative. Il se complairait à ressasser son passé et, bien souvent, il éprouverait regrets et remords. Aimant à se raconter, il saisirait toute occasion de parler de lui-même. Sa curiosité, enfin, lui ferait manquer les expé­ riences que lui offre son existence actuelle. Il se livrerait sans cesse à une analyse comparative et sa prise de conscience, c’est-à-dire le but, s’éloignerait encore.

« Chaque vie est, pour l’homme, le résultat de toutes les précédentes. Elle en est la synthèse en vue d ’une nou­ velle étape. En apprenant à se connaître lui-même, comme le fait le vrai cherchant, en travaillant et en persévérant, il

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

découvrira progressivement son acquis, ce qui est la consé­ quence de ses vies antérieures. Peu lui importe qu’il ait été roi ou berger. Ce qui compte, c ’est Je résuJtat de ses actes d ’autrefois et ce résultat, c’est ce qu’il est actuellement. Il doit partir de ces bases, dans le cadre des expériences qu’il traverse, pour avancer davantage. Sa vie future sera telle qu’il l’aura préparée dans son existence présente.

« Je crois que ces précisions situent aussi la question des vies successives sous son véritable aspect et dans les limites quelle doit revêtir pour le cherchant raisonnable et équilibré. Mais un problème reste à résoudre, celui-ci : la personnalité animique parvenue au stade humain se réin­ carne-t-elle toujours sur terre ? En d ’autres termes, peut- elle connaître ailleurs dans l’univers, sous quelque autre forme, les expériences nécessaires à son évolution ?

« La réponse à cette question est catégorique : oui, mais quelques explications s’imposent. Il t’a été dit et répété que, parvenue au stade humain, l’âme ne rétrograde pas. Sur terre ou ailleurs, elle ne peut donc prendre forme, se réincarner, que dans un véhicule de statut égal ou supé­ rieur à celui d ’homme, ce qui implique une double consé­ quence : d ’une part, si, ailleurs, le véhicule est d’un degré équivalent à celui du corps humain, la personnalité ani­ mique pourra ultérieurement se réincarner à nouveau sur terre et, d ’autre part, si le véhicule est d ’un degré supérieur, c’est ensuite dans un véhicule de statut similaire qu’elle poursuivra son expérience, soit sur terre, si le corps humain a atteint, à ce moment-là, dans son développement, un degré équivalent, soit ailleurs si, là seulement, les condi­ tions voulues sont remplies. Il en résulte encore que si le corps humain ne devait plus évoluer, s’affiner - ce qui, en principe, ne sera jamais le cas — il n’offrirait plus à la per­ sonnalité animique le milieu d ’expérience dont elle a besoin lorsqu’elle a atteint un certain degré d ’épanouisse­

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

ment nécessitant un véhicule supérieur d ’expression. Dans ce cas, naturellement, c’est toujours ailleurs que, par la suite, elle prendrait forme dans un véhicule adapté.

« J ’ai plusieurs fois mentionné le terme ailleurs et

celui-ci

désigne d’autres mondes, d ’autres galaxies, admet­

tant ainsi que la vie n’existe pas seulement sur terre. Elle existe, en effet, dans d ’autres systèmes planétaires. Les véhicules ou corps sont différents, le m ilieu l’est aussi, mais dans ces systèmes dont certains sont plus avancés et d ’autres moins, l’effet des expériences rencontrées par l’âme est de même nature que celles offertes par la terre, quoique d ’un degré plus ou moins élevé, d ’une intensité plus ou moins grande. Les expériences peuvent être com­ plètement différentes, leur effet visera au même but que sur terre : une prise de conscience plus large, et cet effet naît de réactions émotives bien similaires à celles de l’homme : amour et haine, douleur et joie, etc. Partout, la manifestation extérieure de la personnalité animique n’a pour objet que son évolution.

« J ’ai mentionné

que d ’autres systèmes planétaires

sont moins avancés que le tien et tu en as déduit avec rai­ son que des âmes actuellement sur terre avaient certaine­ ment connu une incarnation dans l’un de ces systèmes inférieurs. Cela est vrai, mais étant maintenant au stade terrien, elles n’habiteront plus jamais l’un de ces systèmes, car, dans ce domaine aussi, il n’y a jamais retour en arrière. Il n’est donc pas inutile de répéter, une fois encore, que la réincarnation de l’âme, du point de vue milieu planétaire, n’a eu lieu que dans un milieu égal ou supérieur à celui qui était précédemment le sien sous la forme humaine.

« Laisse-moi préciser aussi ceci, qui est important, et qui sera une nouveauté pour beaucoup. Le système solaire est le domaine de l’homme. Il est le passé de l’homme, son

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

présent (la terre) et son avenir. Chaque système planétaire est de même en évolution, avec ses planètes mortes, ses pla­ nètes vivantes et ses planètes en voie d ’évolution vers la vie, ce qui signifie que, dans la découverte des planètes entre­ prise par l'homme, celui-ci ne rencontrera pas des êtres vivants dans son système, mais des conditions permettant ou non la vie telle qu’il la connaît ou à laquelle son orga­ nisme lentement pourra s’adapter. Autrement dit, il décou­ vrira des astres morts - ils sont son passé — et il découvrira des planètes qui constituent son avenir, mais la terre, pour longtemps encore, sera son domicile. Chaque système pla­ nétaire, dans l’infini de l’univers, comporte de la même manière un passé, un présent et un avenir. Le présent est la planète active et cette planète est le lieu ou l’âme est appe­ lée à rencontrer les expériences nécessaires à son évolution. Or, la terre n’est qu’un de ces lieux. Tu as ainsi une vue plus vaste, infinie, de l’évolution et de l’épanouissement de la personnalité animique jusqu’à son ultime prise de conscience totale, et si tu ajoutes à cette connaissance ce que tu as appris dans un contact précédent à propos de 1 ame des animaux, tu ressentiras une nouvelle fois la gran­ deur et l’unité de la création.

« Pour tes méditations, je suggérerai, sans y répondre, une considération de vaste portée. L’espace n’existe que pour le corps physique et il en est donc de même en ce qui concerne la distance. Dans ces conditions, y a-t-il séparation ou distance entre les planètes ? L’univers n'est-il pas simplement parce que tu es ? Tout n’est-il pas en toi ? A ces questions, toi seul peux répondre pour toi- même, car une telle connaissance ne peut être raisonnée. Elle est sentie, réalisée comme un éclair de lumière totale. Elle est l’illumination, la prise de conscience finale qui per­ met de comprendre l’antique parole de sagesse : Connais- toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

« Je voudrais maintenant attirer ton attention sur le point suivant : le temps comme l'espace n’existent pas en tant que tels. Ils constituent une notion humaine et ne sont réels que pour l’homme pendant sa vie consciente dans l’in­ carnation. Sur le plan cosmique, temps et espace n’ont aucune réalité. Ainsi, une périodicité dans la réincarnation qui est vraie, considérée au niveau humain, dans les limites de temps et d ’espace, n’a aucun sens, examinée du point de vue cosmique. A ce niveau, en effet, la réincarnation est immédiate. Pour user d ’une comparaison à l’aide du lan­ gage, hélas ! limité de l’homme, le temps passé sur le plan cosmique entre deux incarnations équivaut à un sommeil d ’à peine une seconde au cours duquel se déroulerait un rêve qui pourrait exiger des années sur le plan physique. Cela, c’est la réalité. Il n’en reste pas moins que, pour com­ prendre et assimiler, le cerveau humain a besoin de diffé­ rencier et de mesurer, et c’est pourquoi il est bon de consi­ dérer les grands principes dans les limites de temps et d ’espaces propres à l’existence physique. Mais le cherchant doit sans cesse équilibrer la compréhension acquise en termes humains avec la connaissance qu’il peut appréhen­ der dans la réalité de son être jusqu’à ce que sa conscience évoluée vibre à jamais au rythme de la sagesse infinie où tout est perçu, connu en dehors de toute limitation.

« Il est inutile de chercher à prouver la réincarnation. J ’ai fait à son sujet les réserves voulues. Cependant, si besoin était, un exemple pourrait être proposé à l’intention du monde chrétien, dans la terminologie qui lui est propre. Jésus est considéré par tout chrétien comme le sauveur des hommes. Il est venu racheter les péchés des hommes. Il aurait pourtant été du pouvoir de Dieu, tel que l’enseigne le Christianisme, de décider que tout le passé jugé impie était oublié, pardonné et qu’un cycle nouveau commençait, sans qu’il y ait incarnation divine. Au lieu de cela, Jésus-Christ vint dans le monde, parmi les hommes, et les péchés commis

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

dans la chair furent rachetés dans la chair. L’ultime "Tout est consommé” indique que le karma humain était compensé par l’exemple et les souffrances du fils de Dieu devenu, pour sa mission de rachat, fils de l’homme. Ainsi, est-il vrai, là aussi, que doivent comprendre ceux qui peuvent com­ prendre. Quelle que soit la terminologie, quelles que soient les croyances, la vérité transparaît toujours et partout ...

« J ’en ai terminé sur les vies successives, mais nous y reviendrons indirectement en examinant la loi de compensa­ tion ou karma. Ce sera notre prochain sujet, dès que tu te

sentiras prêt

...

»

Sur ces mots, dans cette dernière vibration de connaissance dont il imprègne ma conscience, le Maître de la Connaissance se retire et je rejoins la terre, mon corps, afin de rédiger le message.

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LA LOI DE COMPENSATION OU KARMA

Il était naturel que l’examen d’un sujet tel que la loi de compensation ou karma vienne en dernier lieu dans les contacts consacrés à l’âme et à ses séjours successifs dans les demeures où elle rencontre, ici et ailleurs, les conditions favorisant son évolution et, en dernière analyse, son ultime prise de conscience. Il fallait d’abord comprendre la lente formation, dans le sein de l’âme universelle omniprésente, de la personnalité et la voir s’épanouir progressivement, à travers les divers règnes, jusqu’au stade humain. Il fallait, ensuite, envisager la personnalité ani- mique dans son évolution au cours de vies successives, en bri­ sant les limites généralement imposées par un faux raisonnement et de vieilles habitudes de penser qui restreignaient à la terre seule le champ d’expériences de cette personnalité. Cela, certes, impliquait, à diverses reprises, une référence à la loi de compen­ sation, mais celle-ci, pour être parfaitement comprise, devait être étudiée en un contact spécial constituant le couronnement tout autant que la conclusion des sujets examinés précédemment, et j ’avais trouvé logique que le Maître de la Connaissance procède ainsi, par degrés, dans son exposé.

Assurément, je n’avais pas manqué, à la suite de mon der­ nier contact, de réfléchir à nouveau à la formation de la person­ nalité animique, compte tenu des indications reçues sur l’exis­

tence

de la vie consciente dans d ’autres systèmes planétaires

dont certains étaient moins avancés que le nôtre. Ceux qui

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

l’étaient davantage ne me posaient aucun problème : la person­ nalité animique ayant atteint le stade d’évolution voulue y poursuivrait son épanouissement et ne reviendrait plus à la terre, aussi longtemps que celle-ci ne se serait pas développée au point de parvenir au degré de cet autre système, encore que, ce dernier évoluant lui-même, si l’âme retirait tout le profit attendu de ce milieu particulier, elle se retrouverait toujours en avance par rapport à l’expérience terrestre et n’aurait donc pas à y revenir. Elle pourrait même progresser dans l’environne­ ment d’un système planétaire plus avancé encore, si son niveau d’épanouissement le justifiait.

En revanche, le fait que des systèmes étaient moins déve­ loppés que le nôtre suggérait que des personnalités pouvaient s’y constituer aussi et s’y développer. Une analyse rapide de cette question m’avait conduit à la conclusion qu’il en était bien ainsi et que cela ne changeait rien à ce qui m ’avait été appris antérieurement. L’âme universelle pénétrant tout, dans ce tout, les divers systèmes planétaires avaient naturellement leur place. La formation de la personnalité dans l’âme univer­ selle infusée ailleurs, dans quelque véhicule, suivait un proces­ sus similaire à celui expliqué pour la terre. Sans doute les règnes pouvaient être différents, mais la progression, l’épa­ nouissement, étaient identiques, le résultat semblable, et, de

toute façon, à quelque moment, le degré d ’avancement

voulu

ayant été atteint, la personnalité animique poursuivrait ses pro­ grès sur terre ou dans un système de statut équivalent et vice­ versa, ne retournant plus au stade qu’elle avait dépassé.

Le voyage de la personnalité animique n’est donc pas limité à un seul environnement planétaire et l’on peut dire que le champ d’expériences - le laboratoire - de l’âme n’est pas seulement la terre. Il est l ’univers, un univers où tout est ordonné, y compris les étapes de l’évolution spirituelle et, le but ultime étant la prise de conscience totale, n’est-il pas prodi­ gieux de savoir que le cosmos tout entier est à la disposition de

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

la personnalité animique pour parvenir, tôt ou tard, à cette sublime échéance ? Comme on comprend aussi que certains puissent déclarer parfois qu’ils ne se sentent pas de ce monde ! Ils en ont connu un autre, mais il n’en reste pas moins qu’ils doivent apprendre à connaître celui-ci. Et, à nouveau, quel ordre, quelle méthode, quelle unité !

La loi de compensation ou karma, dans cette perspective, apparaît universelle et elle l’est. La connaissance n’est pas d’un temps ou d’un lieu. Elle ressortit à l’univers. Seuls se transfor­ ment les mots dont on la revêt, les explications dont on l’orne et la manière dont on la propage. Elle reste éternelle et à jamais semblable à elle-même ...

Je suis prêt, et le moment de recueillir plus de lumière est venu dans l’harmonisation avec le Hoi. Le Maître de la Connaissance symbolisant le plan de la recherche voulue, m’accueille et tout mon être intérieur l’écoute :

« Oui, dit le Maître de la Connaissance, la loi de compensation ou karma est universelle et elle s’applique à tous les degrés de l’univers, de l’inflniment petit à l’infîni- ment grand, prenant les aspects les plus divers. Il y a, tu l’as appris dans un contact précédent consacré à la guéri­ son, un karma corporel et je n’y reviendrai pas. Il y a un karma mental, en ce sens qu’une habitude de pensée bonne ou mauvaise a des effets d ’une nature semblable. Il y a, enfin, un karma spirituel, et celui-ci se rapporte directe­ ment à la personnalité animique. Mais, en réalité, ces m ul­ tiples aspects du karma ne sont que des nuances d ’une même loi appliquée à des conditions particulières, et la personnalité animique est, de près ou de loin, concernée par tous. Elle peut traverser, en effet, l’expérience d ’un corps en mauvaise santé et en retirer une utile leçon. Elle peut subir l’épreuve de pensées négatives et profiter de l’enseignement ainsi recueilli. Les aspects inférieurs du

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

karma - l’aspect corporel ou mental — peuvent provoquer en elle l’éclair de la connaissance et l’illuminer de sagesse. Tout, dans l’expérience à ses différents niveaux, se ligue pour favoriser une prise de conscience plus grande. Cependant, c’est surtout dans la rencontre de l’âme avec le milieu qui lui est offert par l’incarnation, que se situent les conditions les plus efficaces à l’épanouissement du Soi. La personnalité animique doit assurément profiter de toutes les leçons que lui propose l’existence. Le karma corporel dû à l’excès ou à la répression est enregistré par elle et, sans en subir elle-même les conséquences, elle apprend à distin­ guer la vérité de l’erreur, élargissant ainsi sa connaissance des oeuvres du monde. Elle perçoit la grandeur et les limites du corps qui l’abrite. Elle en vient à situer les iné­ luctables limites de temps et d ’espace par rapport à l’im­ mensité de l’infini où elle doit évoluer. Du tourment men­ tal, de la chaîne incessante des associations d'idées, elle retire comme leçon que seuls sont vrais la paix et le silence. Fondamentalement, l’épanouissement de la per­ sonnalité animique dépend des émotions engendrées par les circonstances que traverse l’homme au cours de son existence, et la douleur physique ou mentale est elle- même, en dernière analyse, une émotion, car, pour qu’il y ait souffrance, il faut qu’il y ait conscience de la douleur.

« Du point de vue karmique, chaque acte, chaque pensée, chaque parole et chaque omission ont leur consé­ quence positive ou négative, selon le cas.

« A chaque instant de la vie consciente, la loi de compensation ou karma est ainsi en action. Le karma peut

être im m édiat ou reporté à plus tard. Tout dépend

de la

leçon à apprendre. Si quelqu’un se brûle avec une allu­ mette, il est évident que la leçon sera immédiatement rete­ nue, qu’il agira ensuite avec prudence. Il ne sera pas néces­ saire qu ’il se brûle plusieurs fois avant de savoir qu ’il doit

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

faire attention. En revanche, si un homme persécute son

sem blable,

s’il le trompe en vue d ’obtenir quelque avan­

tage ou s’il agit mal envers quiconque, il peut être si pré­ occupé par le but qu’il envisage, et si ignorant de ce qu ’il risque karmiquement lui-même, que le règlement de la

dette ainsi contractée devra être remis à plus tard et que les circonstances devront être choisies pour que la leçon soit profitable et elle ne le sera parfois qu’après un long temps d ’épreuve qui cessera dès qu’elle aura été comprise.

« Il n’est pas juste de dire que la loi de compensation punit. Elle récompense tout aussi bien. Les joies d ’une existence, les moments de paix, de calme et de détente sont également un effet du karma quoique l’homme, mal­ heureusement, ait tendance à ne pas y prêter attention tan­ dis q u ’au moindre souci, il se lamente et se plaint de ce qu’il appelle son mauvais karma ! En réalité, la loi de com­ pensation ne punit ni ne récompense. Elle agit de manière impersonnelle et c’est l’homme lui-même qui la met en action, créant les conditions positives ou négatives dont il retirera la leçon utile à son évolution, à sa prise de conscience. La responsabilité d ’une situation repose donc avant tout sur l’homme lui-même. C’est Jui qui établit sa destinée et les étapes que celle-ci comportera. La loi de compensation ou karma trace la trame de son existence présente et future. Ce qu’il pense et accomplit prendra la forme de circonstances qui constitueront les leçons qu’il a décidé d ’apprendre et dont il recueillera l’épanouissement de sa personnalité animique.

« Le cherchant doit sans cesse se souvenir de cette notion de responsabilité personnelle dans les circonstances qu’il traverse et il doit s’efforcer de comprendre la leçon qu’il faut en retirer. Entre deux incarnations, la personna­ lité animique a conscience du but ultime à atteindre et elle perçoit que l’existence physique, dans sa brièveté, lui est

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ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES DE LA CONNAISSANCE

offerte pour y parvenir. Elle accepte donc les situations bonnes ou difficiles qu’elle rencontrera dans sa prochaine incarnation, mieux, elle souhaiterait les rendre plus profi­ tables encore tant elle a hâte d ’arriver à ce but grandiose qu ’elle pressent si puissamm ent alors qu’elle est libérée des entraves physiques. Mais il ne lui sera présenté, à son retour dans le manifesté, que ce qui peut être supporté par elle et par le véhicule qu’elle occupera temporairement, car la loi d ’évolution est juste et bonne et tout est ramené aux proportions humaines. Quoi qu’il en soit, chacun sur terre connaît les expériences qu ’il a accepté de traverser alors que sa personnalité animique se trouvait dans l’interlude cosmique. Aussi dures qu’elles puissent paraître, l’ensei­ gnement qui doit en être retiré est capital pour l’évolution de l’âme. Le spiritualiste recherche donc la signification et la leçon de toutes les circonstances, bonnes ou non, qui constituent la trame de sa vie, sachant qu ’elles cesseront dès qu’elles auront été comprises et assimilées, le rappro­ chant du but, d ’une prise de conscience plus grande.

« La loi de compensation ou karma n’est à aucun égard une loi d ’épreuve. Elle ne doit pas inspirer de crainte. Sans doute est-elle rigide dans son action imper­ sonnelle. Mais ce n’est pas elle que l’homme doit redouter. Ce sont ses propres pensées et ses propres agissements aux­ quels la loi de compensation, inéluctablement, s’appli­ quera.

« Une dernière question est à examiner, celle-ci : la loi de compensation, s’applique-t-elle avec la même rigueur à l’adepte ? La réponse est double : d’une part, si, avançant sur le sentier, la connaissance acquise ne l’amène pas à un com­ portement meilleur, il est évident qu’il sera plus coupable que l’ignorant, et la leçon à apprendre sera plus difficile, quoique la faculté de réparation volontaire lui soit laissée s’il veut en user à temps. D ’autre part, si sa sincérité est grande,

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FANTÔMES ET REVENANTS LE MONDE INVISIBLE

Le sujet des fantômes et des revenants est moins excep­ tionnel qu’on pourrait le supposer à notre époque. Des hebdo­ madaires à sensation, en France et ailleurs, n’omettent jamais de relater périodiquement l’histoire grossie, déformée ou inventée, de quelque étrange apparition d’un personnage depuis plus ou moins longtemps disparu, ou les visites faites par un être cher décédé à un parent ou ami angoissé d’un retour, même passager, aussi imprévu et raisonnablement impossible. Les livres sont nombreux qui traitent des fantômes, mais très rares sont ceux qui considèrent cette question avec sérieux et cherchent une explication acceptable à ces phéno­ mènes trop hâtivement classés dans un domaine dit paranor­ mal.

Quelques revues, cependant, abordent les problèmes psy­ chiques avec compétence. Parmi celles-ci, je citerai simple­ ment Le Triangle publié au Canada (C.P. 66 - Lassalle 650 - P.Q.). Car deux articles d’un numéro très ancien celui de juin 1973 où figure l’adresse ci-dessus, doivent retenir, en effet, notre attention, en relation avec le sujet dont nous traitons. Avec l’aimable permission que m’avait donnée la direction du Triangle, ces articles vous sont maintenant présentés in extenso. Le premier à pour titre : Maisons hantées ? En voici le texte :

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« Il est certain que ces récits peuvent avoir un fond de vérité, mais rien n'est dit sur les causes qui ont faire croire bien des gens sincères à des phénomènes inexistants. Les témoins, en ces circonstances, sont toujours impressionnés. Ils se suggestionnent eux-mêmes et relatent les faits tels qu 'ils les

voient et non tels qu ’ils sont. Le mystérieux les affole, ils per­

dent leur sang-froid et créent des

légendes ...

« Il fa u t être très sceptique sur les témoignages concer­ nant les faits de la vie courante, et encore plus lorsqu 'il est question des faits ayant rapport au surnaturel. Ici, nous entrons dans la fantaisie et l ’imagination joue un grand rôle. Au sujet de ces témoignages, voyez un accident qui se produit dans la rue. Vingt personnes sont présentes ; prenons-les indi­ viduellement et chacune vous rapportera une version diffé­ rentes dans les détails. Le plus curieux, c ’est que si, au bout d ’un certain temps, nous prions ces témoins de nous rappeler leur témoignage, celui-ci aura subi une déformation. Comment admettre que, de la part d ’une personne qui se trouve en pré­ sence de circonstances qui, pour elle, sont inexplicables et sur­ naturelles, la narration ne se trouve pas faussée ? Ces témoins sont de bonne foi, mais leur témoignage est suspect par rapport à la réalité. Ce qui est certain, c ’est qu’à côté des faits racon­ tés, si nous relevons ceux qui ont été étudiés, nous constatons que les maisons hantées s ’expliquent :

1 - par l ’imagination de ceux qui créent des légendes ;

  • 2 - par des mystifications auxquelles se livrent générale­

ment des enfants et personnes prédisposées à l’hystérie ;

  • 3 - par l ’intérêt q u ’ont des personnes à déprécier des immeubles ;

    • 4 - par vengeance ou désire de nuire à autrui ;

  • 5 - par suite de phénomènes naturels où l’acoustique joue souvent un rôle principal.

« En dehors de cela, pouvons-nous croire aux maisons hantées, ou est-ce une légende ? »

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Et l’article est suivi, sous le titre “En Angleterre”, de l’exemple suivant :

« A Cambridge, chaque année à la même époque, le

fantôm e d ’un étudiant noyé p ar un de ses camarades

dans

un étang, venait, la nuit de l'Ascension, se promener dans les couloirs du Christ’s College. Les étudiants sceptiques ayant organisé une surveillance, l ’apparition ne s ’est pas

produite et les années suivantes non plus. »

Le second article de la revue “Le Triangle”, qui pré­ sente pour un intérêt particulier, a pour titre : La grande question du spiritisme. « Faut-il y croire ?

« Il fa u t croire parce q u ’il est presque impossible de faire autrement.

« Le spiritisme est la fo i aux

esprits. Le nom le dit clai­

rement. Point n ’est besoin de le démontrer en appelant le latin à la rescousse. Tout le monde sait que spiritus veut dire âme, esprit. La survivance de l ’âme ne fa it de doute pour personne, pas même pour ceux qui ont profession de n ’y pas croire, qui se leurrent de paroles, et qui, au fo n d d ’eux-mêmes, s ’avouent le contraire de ce q u ’ils affirment. Car l ’homme ne saurait admettre, dans son fo r intérieur,

q u ’il ne peut avoir

conscience de l ’infini et de la pérennité

des choses. Et quel autre raison peut lui plaire mieux que le secret espoir de sa pérennité ? Tout proteste, en nous, contre la négation de l ’immortalité de l ’âme. Au surplus, nous ne pouvons concevoir que le seul monde peuplé soit celui que nous distinguons par nos fa ib les moyens. Le microscope nous montre tout un monde invisible. La foi, regard de l ’âme, nous fa it deviner, entrevoir, dans l ’espace profond, des légions d ’êtres inconnus de nous. Le vide n ’est qu ’un mot, il n ’y a point de vide. Tout est habité, n ’en doutons

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pas ; les esprits survivent aux corps ; donc, ils continuent d'exister après la mort ; donc, le spiritisme repose sur une base véridique.

« Les esprits peuplent l’invisible.

« Oui, les esprits remplissent l ’immensité, peuplent les mondes, ceci est absolument conforme aux croyances géné­ rales des peuples, aux traditions de tous les siècles, à l ’ensei­ gnement de toutes les religions, anciennes et modernes, absolu­ ment conforme au dogme catholique, pour ne citer que celui-là. En effet, tout se trouve au long, dans la Somme de Saint-Thomas d ’Aquin, un des plus grands docteurs, sinon le plus grand de l ’Église universelle.

« La théologie qui affirme la nécessité d ’une purification avant l’entrée en possession des joies étemelles, ne fixe pas un lieu unique pour l ’attente des âmes libérées du corps, mais qui ne sont pas pures. Elle admet que beaucoup restent dans les lieux ou le voisinage des lieux, où s ’écoule leur existence dans le temps. Elles voient ceux q u ’elles ont aimés, elles leur conti­ nuent leur intérêt et leur protection. Les esprits nous environ­ nent donc, mais ils échappent à nos sens parce q u ’ils sont dépouillés de toute matière.

« Il y a esprit et esprit.

« Ce que l ’on croit de lui suffit à expliquer la base sérieuse de la croyance au spiritisme. Plusieurs croient qu ’il est facile d ’entrer en communication avec ces esprits qui flo t­ tent autour de nous, pénètrent nos pensées, connaissent nos sentiments, et peuvent aider nos efforts si nous les en prions. Ils croient que les esprits peuvent, à la volonté d ’un médium, quit­ ter leur lieu de sérénité et de paix pour se manifester par des coups dans une armoire ! « Les fervents spirites conseillent, parce q u ’ils croient à

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même temps, laissent la voie ouverte à une plus large discus­ sion. En tout cas, ils posent parfaitement le problème auquel ce chapitre se propose d’apporter une solution.

Le spiritisme a été ridiculisé par les excès qu’il a engen­ drés et dont, certainement, la doctrine profonde n’était, en aucune manière, responsable. Des mouvements sérieux ont joint leur voix à celle des spirites attachés à maintenir, souvent sans succès, la pureté de leurs croyances fondamentales. Le véritable spiritisme n’a rien de commun avec les tables tour­ nantes et les nombreux médiums improvisés qui lui ont fait un tort considérable. Les fraudes si fréquemment constatées n’ont jamais été et ne sont pas le fait de spirites authentiques. Elles ont eu pour auteurs, la plupart du temps, des individus sans scrupule se servant du spiritisme pour tenter de se bâtir une renommée personnelle, à vrai dire douteuse, ou dans un but inavoué de lucre.

On ne peut, d’ailleurs, pas dire qu’il y ait une doctrine spi­ rite. Le spiritisme a quelques principes fondamentaux sur les­ quels se sont édifiées des théories diverses et parfois contradic­ toires. Cependant, des auteurs spirites, tels que Léon Denis et Alian Kardec, peuvent être considérés comme représentant le spiritisme authentique et, si une doctrine spirite est à recon­ naître comme valable, c’est assurément la leur. Tous deux ont contribué beaucoup à l’avancement de la spiritualité véritable dans le monde et, à eux, sont à associer tous les chercheurs et tous les groupements spirites sincères qui s’efforcent d’accom­ plir un travail sérieux au bénéfice de ceux qui sont intéressés par cette voie particulière de réalisation. Je le dis d’autant plus librement que je ne suis pas moi-même spirite.

Cette nécessaire mise au point me rend plus aisée la tâche, aujourd’hui entreprise, d’éclaircir le sujet des fantômes et des revenants, et je déclarerai, aussitôt, me rattacher sans réserve à l’explication en cinq points des maisons hantées, présentée par

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le premier article que j ’ai cité. J’ajouterai, néanmoins, un point qui me semble important. Certaines personnes, enfants, adoles­ cents ou adultes, doués d’une grande sensibilité ou sous le coup d’une forte émotion, la crainte comprise, peuvent mettre en action, sans les contrôler et sans même s’en rendre compte, des forces susceptibles de produire les phénomènes les plus divers et, il faut le reconnaître, les plus impressionnants.

L’homme est entouré de forces puissantes et son corps en renferme, mais celles-ci sont, pour ainsi dire, domestiquées et mues de façon ordonnée, selon le plan prévu par la nature. Ces forces sont à la disposition de tous et certains enseignements spi­ rituels expliquent la manière de les dominer progressivement et de s’en servir à bon escient. Cependant, certains se livrent à des expériences isolées, sans aucune direction ni surveillance, et libèrent soudain une énergie qui échappe à leur volonté. D’autres vivant dans un milieu de superstition craintive, peuvent se trou­ ver en face de conditions semblables. Il y a, enfin, ceux dont j ’ai parlé et qui souffrent d’une émotivité presque maladive. Les cir­ constances, pour eux, peuvent, un jour, être telles qu’ils seront à l’origine de phénomènes indésirables.

Tous ces cas ne sont pas fréquents mais ils devraient être soulignés, pour montrer que les faits insolites et étranges n’ont pas leur cause en dehors de l’homme, dans quelque entité invi­ sible, bienveillante ou non. Cette cause est en l'homme lui- même et il en est de même dans les circonstances où une per­ sonnalité secondaire ou, si l’on préfère, des tendances enfouies dans le subconscient, font brusquement surface chez quelqu’un qui apparaît, alors, jusque dans ses traits et son allure générale, nettement différent de ce qu’il est habituellement. L’erreur, une fois encore, consisterait à rejeter sur un être désincarné la res­ ponsabilité de ce qui a lieu. Ainsi, les cas dits de possession sont bien une réalité, mais le possédé l’est par lui-même, par l’un des éléments multiples qui constituent sa personnalité pro­ fonde et que les adeptes de la doctrine de la réincarnation

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l’entraînent vers eux pour un dernier adieu et, si les êtres chers ou l’un d’eux sont dans une période de calme et de réceptivité, la projection est alors perçue. De nombreuses expériences de ce genre ont été rapportées et beaucoup ont eu lieu qui n’ont jamais fait l’objet de récits.

Que croire du cas où quelqu’un, seul dans sa maison ou sortant de chez lui, affirme avoir aperçu un fantôme ? Cela nous ramène à une brève étude du monde invisible. Nous avons déjà, en effet, examiné bien souvent ensemble, la ques­ tion du monde invisible et nous l’avons fait de points de vue différents. Notre compréhension ne pourra qu’être approfon­ die si nous revenons aujourd’hui à ce même sujet, en nous situant encore à un autre niveau.

L’univers n’est pas vide. Nous le savons en vibration constante, à partir d’un point inconnaissable qui est Dieu. De ce point unique émane, dans un souffle, une première expres­ sion de la divinité, qui est l’énergie universelle au sein de laquelle est renfermée l’âme cosmique. Il est très difficile de trouver les mots adéquats pour expliquer un mystère aussi peu accessible à la pensée humaine. Ce qu’il est important de rete­ nir, c ’est que, malgré la diversité apparente, tout reste unité. L’énergie universelle est Dieu et l’âme cosmique est également Dieu. Autrement dit, Dieu, par sa propre énergie, anime l’uni­ vers : il lui donne une âme et, dans cette âme, il est. Cette éner­ gie, avec l’âme ainsi manifestée, s’exprime en des créations innombrables et, par elles, en d’autres créations et, de cette façon, à l’infini. Dieu ne retirera son souffle de l’univers qu’après la prise de conscience de la plus petite parcelle du créé. Le chemin inverse sera ainsi parcouru. Tout sera de nou­ veau en Dieu, au sein duquel tout n’a jamais cessé d’être. Tout a été, tout est et tout sera à jamais en Dieu. La création, dans son origine et sa fin, est un respir de Dieu.

Dans cette création où Dieu est en tout, il n’y a pas de sépa­

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ration véritable. Dans le souffle divin, tout, si je puis dire, est peuplé. En considérant le sujet des anges et des archanges - nous le verrons - les degrés d’une création unique nous apparaîtront, et nous observerons que les créatures ayant connu, pour leur prise de conscience, l’incarnation humaine, poursuivent, à d’autres niveaux, leur retour, après que les expériences terrestres aient permis de dépasser un stade définitivement assimilé.

Dans l’involution et l’évolution, dans l’expir et l’inspir de Dieu, tout est lié, en bas comme en haut, et chaque élément de la création visible et invisible se reflète dans le suivant. C’est pour­ quoi, l’homme, en se reconnaissant lui-même, connaît l’univers et les dieux. De même, en connaissant le visible, il peut connaître l’invisible. En considérant le monde, il peut com­ prendre ce qui est au-dessus et dont le monde est la réflexion. L’homme est, d’ailleurs, visible dans sa manifestation et invi­ sible dans sa réalité. Il lui est ainsi possible d’être conscient, soit dans son corps, soit dans son être réel, et s’il apprend à devenir conscient dans sa réalité, il connaît, alors, le monde invisible dont il n’a généralement conscience qu’après sa mort. La rup­ ture existant, pour lui, entre le visible et l’invisible est artifi­ cielle. Elle est due à son habitude de maintenir sa conscience au niveau de ce qui est perçu par les sens. Cela ne l’empêche pas, dans son intégralité, d’être aussi bien ici qu’au-delà.

Le monde invisible est, par conséquent, formé de tout ce qui a émané de Dieu et, à quelque stade que ce soit, gardé la conscience divine, les anges, par exemple - comme nous le verrons aussi - ou pris conscience d’une manière ou de l’autre, ou encore en cours de prendre conscience, comme les person­ nalités animiques incarnées et désincarnées. De plus, dans cet univers infini du respir de Dieu, tout vibre et tout vit. Si nous pouvons aller à l’invisible, l’invisible, de son côté, peut venir à nous, mais le percevoir implique un état fait de compréhension, de passivité et de silence. Les hautes sphères ne se trouvent pas en un lieu proche ou éloigné, haut ou bas, elles sont partout,

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Cependant, il est nécessaire d’ajouter que chacun a les expériences qu’il mérite. On se met en résonance avec le niveau auquel on est préparé et, dans la création, le négatif existant à part égale avec le positif en toutes choses pour que le manifesté soit rendu possible, celui qui a des dispositions néga­ tives s’harmonisera avec un plan de même nature. S’il évolue, ensuite, vers une qualité intérieure positive de ce même plan, il aura, alors, une impression opposée. En d ’autres termes, ce n’est pas le plan qui est positif ou négatif, bienveillant ou mal­ veillant. C'est celui qui en fa it l ’expérience. Il suffira à mes lecteurs de se souvenir de ces explications générales et de les adapter pour comprendre tous les cas semblables pouvant venir à leur connaissance.

Le dernier point à examiner est celui des animaux dont il est prouvé qu’ils perçoivent des conditions et des choses que nous sommes incapables de connaître par nos sens physiques. Les animaux, pourtant, n’ont pas une vie intérieure aussi avancée que l’homme. Comment, alors, expliquer leurs impressions ?

Les animaux sont doués de facultés leur permettant de connaître un champ plus étendu de perception. Sur le clavier cosmique, ils captent des octaves vibratoires plus élevés que l’homme. Les facultés dont ils disposent ne sont pas endor­ mies, comme c’