Doter la France d’entreprises de taille intermédiaires (ETI) compétitives

http://lecercle.lesechos.fr/print/33172

Publié sur Le Cercle Les Echos (http://lecercle.lesechos.fr)

Doter la France d’entreprises de taille intermédiaires (ETI) compétitives
Dans la compétition mondiale, le bien être de nos concitoyens, la lutte contre le chômage, l’accroissement des recettes fiscales dépendent du nombre et du dynamisme de nos entreprises, notamment industrielles. On connaît l’importance de celles-ci et leur effet d’entrainement sur l’ensemble de l’économie.
Or si la France a de nombreux atouts, elle souffre depuis une vingtaine d’année d’un effondrement de sa compétitivité. Le coût du travail y est maintenant le plus cher d’Europe et les prélèvements fiscaux les plus élevés en pourcentage du PIB. La part de l’industrie décline rapidement dans notre pays, non seulement face à la Chine, mais aussi à nos voisins européens. Ce déclin n’est certainement pas inéluctable. Mais il suppose de mettre rapidement en place une politique résolument dirigée vers l’amélioration de la compétitivité. La france compte 4600 ETI, soit trois fois moins d’ETI que l'Allemagne

Lorsqu’on analyse plus avant le nombre et la taille des entreprises en France, il apparaît immédiatement que la faiblesse principale de notre économie est due au nombre limité d’ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), de 250 à 5000 salariés. Si la France dispose d’un tissu dynamique de TPE et de PME et de 40 grandes entreprises dans les 500 premières mondiales contre 39 pour l’Allemagne, elle compte 4600 ETI, soit trois fois moins d’ETI que cette dernière et deux fois moins que l’Angleterre. Pourquoi une telle lacune ? La réponse est à trouver pour une grande part dans la fiscalité française. Les PME sont protégées par des seuils et moins concernées par les effets de

1 sur 2

28/06/2013 09:20

Doter la France d’entreprises de taille intermédiaires (ETI) compétitives

http://lecercle.lesechos.fr/print/33172

l’impôt sur le patrimoine. Les grandes entreprises échappent en partie, grâce à leur implantation internationale et à leur actionnariat dispersé, au poids des réglementations françaises. Il n’en va pas de même des ETI enracinées sur notre territoire et très majoritairement à capitaux familiaux. Ces dernières, selon une étude de la Cour des Comptes, paient un IS moyen de 10% supérieur aux grandes entreprises. A cela s’ajoute une liste à la Prévert de taxes additionnelles liées à l’activité en France (Contribution économique territoriale, 1% logement, taxe handicapés, taxe d’apprentissage, taxe transport, Contribution sociale de solidarité etc…) qui peuvent totaliser l’équivalent de 10% d’IS supplémentaire. Une entreprise de 500 salariés paie en moyenne et par salarié cinq fois plus qu’une entreprise de 5000 salariés Moins connues, dans le domaine social, les lois de représentation du personnel inadaptées à la taille ETI génèrent pour celles ci des surcoûts considérables: une entreprise de 500 salariés paie en moyenne et par salarié cinq fois plus qu’une entreprise de 5000 salariés. On estime à plus d’un milliard d’euros l’économie réalisable en proportionnant ces réglementations, sans en changer l’esprit, comme cela est déjà fait pour les PME. Enfin les ETI sont à 85% des entreprises familiales. L’imposition sur le patrimoine et particulièrement l’ISF, spécificité française, les affectent à deux titres. D’une part en incitant les actionnaires familiaux non dirigeants, donc soumis à l’ISF sur des actions bloquées, à réclamer la vente de l’entreprise, dès lors que celle-ci investit et ne distribue pas ou peu de dividendes. Or c’est souvent le cas des ETI qui visent le développement à long terme plus que le haut rendement immédiat. D’autre part en dissuadant les ETI de se coter en Bourse pour éviter des valorisations excessives les empêchant de se transmettre, ce qui freine un accès au financement. Face à cette situation, il est urgent de réagir. Dans le débat actuel sur la suppression du bouclier fiscal et de l’ISF, la priorité doit être donnée à la préservation des entreprises françaises dont dépendent richesse et emploi. L’ISF sur les parts d’entreprise déstabilise artificiellement les entreprises familiales Les ETI ont besoin de temps pour se développer, et donc d’un actionnariat stable. Celui-ci permet de mettre en place une politique de long terme, d’investir, d’imaginer des produits, de construire des équipes, et développer les marchés à l’exportation. L’ISF sur les parts d’entreprise déstabilise artificiellement les entreprises familiales. Aucun autre pays européen ne pratique une telle fiscalité. La maintenir, c’est laisser se poursuivre l’hémorragie et la vente prématurée d’ETI françaises, le plus souvent à des groupes étrangers trop heureux de racheter des parts de marché, ce au détriment du développement de notre économie et de l’emploi en France. Meilleure gestion de l’Etat et de la sécurité sociale, baisse des charges qui pèsent sur le travail, poursuite des efforts entrepris pour favoriser la recherche, encouragement de ceux qui entreprennent, autant d’éléments d’une vraie politique industrielle qui permettra à la France d’assoir son indépendance et d’assurer le bien être des français dans une économie mondiale compétitive.

Philippe d Ornano
URL source: http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/221133172/doter-franceentreprises-taille-intermediaires-

2 sur 2

28/06/2013 09:20

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful