Vous êtes sur la page 1sur 11
Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) FICHE TECHNIQUE POUR LA CULTURE DU MIL Amadou Fofana

Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA)

FICHE TECHNIQUE POUR LA CULTURE DU MIL

Amadou Fofana (CRZ/KOLDA)***, Saliou Diangar (CNRA/BAMBEY), Demba Farba Mbaye (CNRA-BAMBEY) Omar Diouf (CERAAS/THIES) et Djibril Badiane (CRZ/KOLDA).

*** : Correspondant : Amadou Fofana, chargé de recherche, CRZ/KOLDA, BP 211, Kolda Tél. :

(221) 33 996 11 52 / 94 (Service) ; e-mail :

I. INTRODUCTION

Le mil (Pennisetum americanum) est la céréale la plus importante au Sénégal aussi bien du point de vue des superficies cultivées que de la production. Il occupe en moyenne annuellement 72% des surfaces emblavées en céréales et représente 60% de la production nationale.

Le mil est une céréale particulièrement adaptée aux sols pauvres et à une pluviométrie faible. Il est cultivé dans toutes les régions du pays mais le Bassin arachidier constitue la principale zone de culture.

Deux types de mil se retrouvent généralement au Sénégal :

le mil souna, précoce (80-100 jours) qui occupe environ 85% des superficies en mil et se retrouve surtout dans les zones les moins arrosées ;

le mil sanio, tardif (130–150 jours) et photo-sensible dont la culture est essentiellement localisée dans les zones les plus pluvieuses (Sud et Est). Son aire de distribution s’est rétrécie à cause de la baisse de la pluviométrie.

Le mil représente l’aliment de base de la majeure partie de la population qui la consomme essentiellement sous forme de couscous et quelquefois sous forme de bouillie liquide ou pâteuse. Actuellement, il fait l’objet d’une forte transformation semi-industrielle en dérivés depuis la dévaluation du FCFA sous l’impulsion du GIE de transformation des céréales locales.

Du fait de son importance sur le plan économique et social, les pouvoirs publics en ont fait une culture prioritaire pour améliorer la couverture des besoins alimentaires qui est actuellement de

52%.

La culture du mil est confrontée à des contraintes d’ordre variétal, agronomique, écologique et socio-économique qui expliquent les faibles rendements observés en milieu paysan de l’ordre de 640 kg/ha.

Des recommandations techniques sont disponibles pour améliorer la production. Le présent document fait le point à l’intention des producteurs et des services d’encadrement.

II. PHASES DE DEVELOPPEMENT DU MIL

Le développement du mil peut être subdivisé en six (6) stades principaux :

La levée

Les graines semées dans de bonnes conditions d’humidité lèvent en 2 ou 3 jours. La levée est matérialisée par l’émergence du coléoptile à partir de la surface du sol.

Le tallage

Il est caractérisé par le développement de talles à partir de la touffe principale. Généralement la feuille de la première talle apparaît 12 jours après la levée dans l’aisselle du coléoptile. Le nombre de talles produit est très important chez les variétés traditionnelles. Le nombre de talles qui vont fleurir dépend aussi bien de la variété que des conditions environnementales.

La montaison

Durant cette phase, la plante s’allonge par fabrication et élongation des entre-noeuds. La plante atteint sa taille maximum à la fin de la montaison.

L’épiaison

Elle correspond à la formation de l’épi ou chandelle. Le développement de l’épi commence à l’intérieur de la tige au cours de la montaison mais sa croissance n’est active qu’après l’allongement de la tige.

La floraison

La fleur comprend à la fois une partie mâle et une partie femelle. Les stigmates (fleur femelle) apparaissent généralement 3-5 jours après l’apparition de l’épi à partir du sommet. Ils ont l’apparence de filaments blancs. La floraison mâle intervient 3-4 jours après la floraison femelle avec l’émergence d’anthères qui renferment le pollen. Le stade 50% floraison est atteint quand les stigmates apparaissent au milieu de l’épi.

La maturation

La maturation se fait selon trois (3) stades : laiteux, pâteux et maturité physiologique.

- le stade laiteux est caractérisé par la présence d’un liquide laiteux dans la graine.

- le stade pâteux est matérialisé par un changement dans l’endosperme qui passe de l’état liquide à l’état solide.

- la maturité physiologique est marquée par l’apparition d’une tâche noire au niveau de la région hilaire de la graine. Elle intervient 20-25 jours en général après la floraison.

III. PRINCIPALES CONTRAINTES A LA PRODUCTION DU MIL

Le mil est sous l’influence de contraintes biotiques et abiotiques qui freinent son développement. Certaines d’entre elles sont communes à toutes les zones de culture : le striga, la baisse de la fertilité des sols, l’inadaptation du matériel végétal, le faible niveau de technicité et le faible pourvoir d’achat des producteurs. D’autres, spécifiques à des zones dont les plus importantes sont :

Zone Nord

- pluviométrie faible et irrégulière ;

- insectes : mineuse de l’épi (Heliocheilus albipunctella) et molenei)

chenille poilue (Amsacta

Zone Centre Nord

 

-

réduction du cycle hivernal avec de fréquentes poches de sécheresse ;

 

-

insectes : mineuse de l’épi et foreur des tiges (Coniesta ignifusalis) ;

-

maladies :

mildiou

(Sclérospora

graminicola),

ergot(Claviceps

fusiformis)

et

charbon (Tolyposporium penicellariae);

- mauvaise herbe (Striga hermonthica)

Zone Centre Sud

- baisse de la pluviométrie;

- insectes : mineuse de l’épi, foreur des tiges et cantharides ;

- maladies : mildiou, charbon et ergot ;

- striga.

Zone Sud et Est

- insectes : foreur des tiges et cantharides ;

- maladies : mildiou, charbon, ergot et pyriculariose.

- striga.

IV.VARIETES

L’objectif de tout programme d’amélioration variétale est la mise au point de variétés productives, adaptées aux conditions agro - écologiques et répondant aux besoins des utilisateurs. Dans ce cadre, un important travail d’introduction et de création variétales a été conduit par l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles pour mettre à la disposition des producteurs du matériel végétal performant apte à rehausser significativement le niveau de productivité du mil. Les principaux critères de sélection sont l’augmentation du rapport grain/paille, le cycle et la résistance aux maladies et aux insectes. La sélection pedigree pour la création de lignées, la sélection récurrente et l’exploitation du phénomène de l’hétérosis par l’hybridation sont les méthodes de sélection les plus couramment utilisées dans la création variétale. Ce travail qui a intéressé principalement le Bassin arachidier a permis la recommandation des variétés suivantes :

       

COMPORTEMENT VIS AVIS MILDIOU

 

ZONE

DE

VARIETE

CYCLE

HAUTEUR

LONGUEUR

RENDE

RECOMMAN

PLANTE

EPI

 

MENT

DATION

           

Centre Sud,

SOUNA 3

90-95 j

242

cm

52

cm

Sensible

3,5t/ha

Sénégal Oriental

         

2,6t/ha

Centre Nord

(Centre

IBV 8004

75 j

220

cm

37

cm

Peu sensible

Nord) ;

Nord

   

1,4t/ha

(Nord)

IBV 8001

75-85 j

225

cm

33

cm

Peu sensible

3,4 t/ha

Centre Sud

IBMV

75- 85 j

224

cm

51

cm

Peu sensible

2,5t/ha

Centre Nord

8402

   

Ces variétés sont des synthétiques dont les semences doivent être renouvelées après trois années de culture. Il est conseillé aux producteurs de respecter le zonage afin de minimiser les problèmes liés à la pluviométrie et au parasitisme.

V. TECHNIQUES CULTURALES

Type de sol

Le mil est adapté au sol sableux (type dior) et au sol sablo-argileux (dior-deck).

Précédents culturaux

Le mil est un mauvais précédent pour lui–même bien que cette pratique soit utilisée dans les champs de case où le niveau de fertilité est généralement satisfaisant. L’arachide ou le niébé ou la jachère constitue un bon précédent pour le mil. Pour permettre la régénération du sol, il est nécessaire d’appliquer une rotation appropriée. La rotation préconisée pour le Centre Nord et le Centre Sud est : mil-arachide- sorgho-arachide.

Préparation de terrain

Après la coupe des petits arbustes et le nettoyage du terrain, il faut procéder à un labour profond (15 cm) en humide à la charrue suivi d’une reprise à la herse ou au canadien.

Dans le cas d’une préparation légère, faire un passage en humide la houe sine en croisant dans les deux sens.

Traitement de semences

Pour protéger les graines contre les nuisibles du sol et les oiseaux, il est conseillé de les traiter avant le semis avec de l’Apron Star à la dose d’un sachet de 2 g par kilogramme de graine.

Semis

Le semis peut se pratiquer en sec avant le début de l’hivernage ou en humide. En humide, la date de semis varie d’une zone à l’autre dépendant du début des pluies. Toutefois, il est recommandé de semer quand les pluies se sont bien installées après une pluie utile de 10-15 mm. Les semis précoces doivent être privilégiés pour profiter du pic d’azote qui intervient au début de l’hivernage.

Le semis peut se faire manuellement après rayonnage aux écartements de 90 cm x 90 cm ou mécaniquement avec un semoir muni d’un disque à 8 trous avec cache en culture pure. Les caractéristiques de ce disque sont : distance entre poquets de 98 à 100 cm, une longueur moyenne du poquet de 16 cm et un nombre moyen de graines par poquet de 38. La dose de semences est de 3 – 5 kg/ha.

Démariage

La recherche a toujours recommandé le démariage à 3 plants par paquet . Il doit se situer entre le 8 ème et 15 ème jour après la levée de préférence après une pluie. En cas d’absence de pluie durant la période indiquée, procéder au démariage l’après-midi en évitant de laisser les racines à nu en plombant autour des poquets avec le poing. Il faut procéder au repiquage des poquets manquants au moment du démariage si le sol est suffisamment humide.

Sarclo-binages

Comme chez les autres cultures, le contrôle des mauvaise herbes par des sarclo–binages est un gage pour obtenir de bons rendements. Deux sarclo–binages sont généralement recommandés :

-

Le premier comprend deux phases, une mécanique à 8 jours après la levée et une manuelle au démariage.

-

Le deuxième qui consiste en une phase mécanique a lieu 15 jour après le premier.

-

D’autres sarclo-binages peuvent être effectués à la demande.

Fertilisation

Bien que le mil soit une plante adaptée aux sols pauvres, il répond bien à la fertilisation. Les travaux effectués par l’ISRA ont abouti à des recommandations ayant donné des résultats satisfaisants.

Fertilisation minérale

Les recommandations pour les différentes situations culturales sont :

* Système extensif :

-150 kg/ha de 14 – 7 – 7 au semis

* Système semi-intensif :

- 400 kg/ha de tricalcique

) au semis -150 kg/ha de 10 – 21 – 21 )

)

-100 kg/ha d’urée (50 kg/ha au démariage et 50 kg/ha à la montaison).

* Système intensif

- 400 kg/ha de tricalcique ) ) au semis - 150 kg/ha de 10 – 21 – 21)

la

montaison). Le NPK peut être appliqué après le labour, avant semis et enfoui par hersage ou après semis. L’urée doit être enfouie après application par un binage autour du poquet. Il faut éviter de la projeter sur le feuilles sinon il y a risques de brûlures, et de l’appliquer en cas de stress hydrique très sévère.

150

kg/ha

d’urée (75 kg/ha au démariage et

75

kg/ha à

-

Fertilisation organique

Les études sur la fertilisation organique ont permis la recommandation de doses de matière organique variant entre 5 et 10 t/ha. Devant la difficulté d’avoir des quantités suffisantes de matière organique pour respecter les doses préconisées, il est recommandé de répandre la matière en fonction des quantités disponibles en priorité au niveau des parties du champ les plus pauvres. Cette matière organique doit être enfouie dans le sol par un labour ou un grattage à la houe sine.

VI. PROTECTION PHYTOSANITAIRE

Contrôle des maladies

Mildiou

Symptômes

Symptômes foliaires

Les premières feuilles attaquées présentent une chlorose de la partie basale des limbes. Cette chlorose, réduite au départ, s’étend sur les feuilles nouvellement formées. Quand les conditions du milieu sont favorables, les plages chlorotiques se recouvrent de sporulation duveteuse blanchâtre. Parfois, il est possible d’observer des symptômes localisés constitués de plages couvertes de sporulation blanchâtre.

Symptômes sur les chandelles

Les épillets de l’épi se transforment en organes foliacés plus ou moins allongés et les chandelles se présentent sous forme de balai d’où le nom de « balai de sorcière » donné à cette maladie. Les différents aspects des symptômes sur les inflorescences sont les suivantes :

- hampes florales transformées en feuillets

- suppression totale de la chandelle

- épillets de la base de la chandelle transformés en feuillets alors que ceux du sommet restent normaux.

Symptômes sur la plante entière

La maladie se manifeste par un tallage excessif et un nanisme des plantes. Elle peut provoquer la mort si les attaques sont précoces et sévères.

Les symptômes sont visibles au stade plantule (jaunissement des feuilles) et au stade adulte (épis en balai de sorcière, feuilles jaunâtres et brunâtres, tallage excessif).

Lutte

- éviter la succession culturale mil sur mil,

- traiter les semences à l’Apron plus ou Apron Star avant semis à raison de 10g/ 0,75 kg de semences ;

- utiliser des variétés tolérantes (IBV 8004 – IBV 8001) ; (arrêter deux mois après le semis).

- détruire les pieds précocement malades par arrachage et brûlage.

Ergot

Symptômes

L’agent pathogène infeste les fleurs au stade de floraison femelle avant la formation des graines de pollen et se développe dans les ovaires en produisant un abondant liquide de couleur crème, rose ou rouge sucré et collant appelé miellat. Après, de longs organes durs appelés sclérotes se développent et deviennent noirs à maturité.

Charbon

Symptômes

Le charbon infecte les fleurs et les transforme en gros sacs noirs appelés sores. A l’état jeune, les sores sont plus verts que les graines non infestées. A maturité, ils deviennent brun et sombre.

Lutte contre l’ergot et le charbon

- éviter les semis tardifs,

- détruire les épis attaqués,

- éviter la succession culturale mil sur mil.

Contrôle des insectes

Iules et chenilles

Leur apparition intervient généralement entre 15 et 30 jours après la première pluie. Ils produisent des dégâts sur les plantules dès les premiers jours qui suivent la levée. Pour lutter contre ces ravageurs :

- créer un couloir de protection de deux mètres de large autour des champs ;

- intervenir par traitement à l’endosulfan (Thimul 35) à la dose de 800 g m.a/ha ou 2,5 l/ha (200 cc par pulvérisateur) ou au deltaméthrine à la dose de 15 g m.a/ha ;

- utiliser des appâts à base de son ou de coques d’arachides broyées et mélangées avec du Granox, Dialatox ou du Carbofuran, à raison de 400 g m.a / 30 kg de son.

Foreur des tiges

Les larves de l’insecte creusent des tunnels dans la tige en se nourrissant de la moelle. Les symptômes des dégâts sont d’une part le «coeur mort», d’autre part les tiges cassées, la formation nulle ou partielle de grains et la non épiaison. A l’extérieur, la présence des larves est matérialisée par des excréments sur les rebords de petits trous.

Pour lutter contre cet insecte :

- semer le plus précocement possible ;

- faire des rotations culturales (mil-arachide-jachère-

- arrachage et brûlage des cœurs morts ;

- faire une bonne préparation du terrain avec une destruction des résidus des cultures précédentes ;

- mettre du Carbofuran autour des poquets après semis et au 30-40 ème jour après la levée ; - traiter les semences avec de l’Apron Star.

) ;

Cantharides

Elles apparaissent au moment de la floraison et dévorent les fleurs entraînant l’avortement des grains et la stérilité des épis.

Pour lutter contre les cantharides :

- traiter à l’endosulfan (Thimul 35) aux mêmes doses que pour les iules et les chenilles,

- brûler des pneus u allumer des feux autour des champs pour réduire les attaques,

- Faire des semis précoces.

Mineuse de l’épi

Cet insecte s’attaque aux épis. Les jeunes larves perforent les glumes et dévorent le cœur des florets. Elles se détectent par la présence de petites excrétions granulaires blanchâtres autour des fleurs. Les larves adultes coupent les pédoncules floraux en creusant des cavités circulaires dans l’épi empêchant la formation des graines ou en provoquant leur chute. Les larves soulèvent les fleurs endommagées au fur et à mesure de leur progression donnant des dégâts en spirales.

Pour lutter contre la mineuse :

- faire 1 ou 2 applications au Thimul 35 à la floraison à la même dose que pour les iules et les chenilles ou des applications (2) de Thiodan à la dose de 1,2 kg m.a / ha ; le 1 er traitement à la floraison mâle et le 2 ème , 10 jours après ;

- faire un labour de fin de cycle pour détruire les chrysalides et les larves en diapause ;

- utiliser des variétés tolérantes : Souna 3 ou IBV 8001 ;

- faire des lâchers de Bracon hebetor qui est un parasite s’attaquant aux différents stades de développement de la mineuse.

Contrôle du Striga

C’est une plante parasite des racines appelée localement Ndoukhoum en Ouoloff et Sillo en Peulh qui constitue un véritable danger pour les cultures de mil à cause des pertes énormes qu’elle occasionne. Elle possède des fleurs roses qui prennent une couleur violette après coupure. Les attaques du parasite provoquent le jaunissement des feuilles puis leur flétrissement. Les plantes de mil attaquées sont rabougries et improductives. En cas de stress hydrique, les plantes dépérissent et meurent. Les symptômes peuvent se manifester avant l’émergence du parasite.

Pour lutter contre le striga :

- faire un arrachage soigné et continu des plants de striga avant floraison et brûler après séchage. L’arrachage doit continuer même après la récolte de la parcelle ;

- faire une rotation avec de l’arachide ;

- utiliser la combinaison fumure organo-minérale - rotation avec légumineuse (arachide-) – sarclo- binage complémentaire à la houe sine à 60-65 jours après semis.

VII. RECOLTE ET SECHAGE

Il faut récolter à maturité complète. La maturité physiologique est atteinte quand :

- les 2/3 au moins des feuilles de la plante prennent une couleur jaune

- une tâche noire apparaît dans la région hilaire des graines

Les épis récoltés doivent être séchés au soleil pendant 2-4 jours à une humidité de 14% avant stockage pour avoir une bonne conservation. Les chandelles doivent être étalées sur un lit de pailles ou à défaut sur des claies surélevées recommandées par l’ISRA où les bottes sont entrecroisées.

Le mil est très souvent attaqué par de nombreux insectes durant le stockage. Parmi ceux–ci, Sitotroga cerealella (OLIV.) ou aleucite représente de loin le principal ravageur des épis stockés dans les greniers traditionnels et une sérieuse menace à la conservation des semences en milieu paysan. Les pertes occasionnées peuvent aller jusqu’à 80%. La femelle pond des œufs sur les graines soit avant la récolte ou dans le lieu de stockage. Les larves après éclosion, pénètrent à l’intérieur de la graine. L’adulte au terme de sa croissance sort de la graine par un trou qui représente les symptômes des dégâts. Sur les épis, les dégâts, très peu apparents se manifestent par un rendement au battage extrêmement faible du fait qu’un grain attaqué est perdu

Pour lutter contre Sitotroga ceralella, il faut :

- assainir le lieu de stockage qui doit être bien aéré et préalablement traité pour éviter les dégâts des ravageurs ;

- éloigner les greniers des champs de culture ;

- battre les épis à partir du mois de mai pour limiter la profondeur de la zone infestée par l’insecte ;

- traiter à la Deltaméthrine 0,05% (poudre) à la dose de 0,625 ppm ou au Bromophos 2% à la dose de 0,6kg/tonne de graines.

X. TRAITEMENT DES PAILLES

Les pailles peuvent être enfouies par un labour à la charrue dans le cas d’une culture attelée lourde si l’humidité le permet dès la fin de l’hivernage ou brûlées avant l’arrivée des pluies dans le cas d’une culture attelée légère ou manuelle.

La meilleure solution consiste à utiliser les pailles pour l’alimentation des animaux ou la fabrication de fumier et de compost.

XI. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Diangar, S. Agronomie du mil et des systèmes de production à base de mil dans le Bassin arachidier : acquis et perspectives. ISRA-CNRA/Bambey. 48p.

DRCSP. 1995. Acquis et perspectives du programme de recherche sur les céréales pluviales en zone sèche. Document préparé pour l’évaluation du PRAII. 32p.

Eppert, J. Le stockage des produits vivriers semenciers. Edition Maisonneuve et Larose. Vol 2.19p

Fofana, A. Fiches descriptives des principales variétés de mil. ISRA-CRZ/Kolda .6p

Fofana, A., et D. F. Mbaye.1993. Production du mil au Sénégal : contraintes et perspectives. Pages 134-141 in Proceedings of the Regional Pearl Millet Workshop,19-21 September 1990, ICRISAT Sahelian Center, Niamey, Niger.

Ganry, F., J. Bideau et R. Nicou. Action de la fertilisation azotée et de l’amendement organique sur le rendement et la valeur nutritionnelle du mil Souna 3. Agron. Trop. 29 (10) :1006-1015.

INSAH-CTA. Les ennemis des cultures vivrières dans le sahel. 128p.

IRAT. 1972. Les mils (Pennisetum thyphoïdes) cultivés au Sénégal. CRA-Bambey

Ndoye, M., et R. Gahukar, 1987. Les insectes ravageurs du mil en Afrique de l’Ouest et les moyens de lutte. Pages 183-194 in Proceedings of the International Pearl Millet Workshop, 7-11 April 1986, ICRISAT Center, Patancheru A. P.502 324, India : ICRISAT.

Pochtier,

CNRA/Bambey.

G.

1982.

Fiches

techniques

pour

l’expérimentation

agronomique.

SARV-ISRA-

Seck, D. 1991. Importance économique et développement d’une approche de lutte intégrée contre les ravageurs des stocks de maïs, mil et niébé en milieu paysan. Sahel. PV INFO N°33 :15-20.

Seck, D. 1992. Etude de l’efficacité biologique et de l’action résiduelle de trois insecticides sur Sitotroga cerealella Oliv.(Lep. Gelechiidae), ravageur du mil stocké en zone sahelienne. Mem. Soc. r. belge Ent. 35 :465-470

Singh, S.D., S. Ball and D.P. Thakur.1987. Problems and Strategies in Control of Downy Mildiou. Pages 161-172 in Proceedings of the International Pearl Millet Workshop, 7-11 April 1986, ICRISAT Center, Patancheru A.P. 502 324, India: ICRISAT

Thakur, R.P., and S.S. Chahal. 1987. Problemes and Strategies of Control of Ergot and Smut in Pearl Millet. Pages 173-182 in Proceedings of the International Pearl Millet Workshop, 7-11 April 1986, ICRISAT Center, Patancheru A.P.502 324, India: ICRISAT