Vous êtes sur la page 1sur 13

A

/^v

Tf

iQ^'

FONDÉE

H. GAIDOZ

1870-1885

CONTINUÉE PAR

w

f

V*

L/

V"^J

H. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE

1886-1910

DIRIGÉE PAR

JOSEPH LOTH

Professeur au Collège

de France

AVEC LE CONCOURS DE

G. DO'l'TIX

Doyen de la Faculté des

Lettres de Rennes

E. ERNAULT

Professeur à l'Université

de Poitiers

J. VENDRYES

Chargé de cours

à l'Université de Paris

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT

Année 191 1. Vol. XXXII

PARIS LIBRAIRIE Honoré CHAMPION, ÉDITEUR

), au Al MALAQ.UAIS (6 e )

I

9

I

I

CHRONIQUE

DE NUMISMATIQUE CELTIQUE

La Numismatique celtique, négligée pendant une période

assez longue, a reconquis une faveur méritée. On en sera con- vaincu par l'exposé rapide qui suit.

Dans un travail récent, plus spécialement consacré aux ori- gines de la monnaie dans les pays grecs, M. Joseph Déchelette a écrit un paragraphe sur la drachme et l'obole primitives chez

les Celtes '. Il cite un faisceau de sept broches de fer, qui a été

trouvé dans le lit de la Saône, à Chalon. Sans vouloir toucher au fond de la question, je puis dire que cette découverte isolée * ne prouve pas que cette monnaie supposée ait eu cours en Gaule. A l'époque où cet objet étrusque a été apporté sur notre sol, les Celtes étaient en possession d'un moyen d'échange

beaucoup plus répandu : la hache ou ccli de bronze 5 .

Grâce à l'obligeance de M. E. Pottier, qui a déjà entretenu plusieurs fois 4 l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,

des fouilles faites à Montlaurès (près de Narbonne), j'ai pu exa-

miner les empreintes

des

monnaies recueillies sur cet

emplacement, de 1905 à 1909. La majorité est représentée par des pièces à légende celtibérienne (attribuée généralement à

1.

à 40.

Les origines de In drachme et Je

l'obole, dans la Rev. nain.,

191 1, p.

32

2. La découverte de Somme-Brionne ne fournit pas des éléments assez

précis et je laisse de côté les Celtes de la Gaule cisalpine

3. Vov. sur cette question mon

Traité des monnaies gauloises, p. 22 à

24.

4. 19 mai 1905, 2 juin

1907, et en 1909 (Académie des Inscriptions et

Belles-Lettres, Comptes rendus, 1909, p. 989-990).

Chronique de numismatique celtique.

397

Narbonne) * au-dessous d'un taureau 2 ou d'un hippocampe,

et par des bronzes des rois Bôkios et Bitovios. Il y a aussi une

de Bridiers, une monnaie à la croix, des imi-

tations de la drachme de Massalia, une drachme, une obole et

une hémi-obole de Massalia ainsi que des bronzes au taureau

et au dauphin de la même cité, des grands et moyens bronzes d'Emporiae et de Tarraco-Cesse, une monnaie arverne (Motiti-

diaca), des pièces des Baléares, un as et un demi-as romain et

un denier, qui est probablement du monétaire M. Acilius

M. f.

L'ensemble de ces trouvailles paraît indiquer que l'oppidum de Montlaurès n'a guère été occupé après le second siècle avant

notre ère. La quantité de monnaies avec une légende celtibé-

rienne et avec les noms des rois longostalètes apporte aussi

pièce du type

de bons renseignements sur la population de l'oppidum et con- firme encore le classement de certaines espèces.

M. H. de La Tour a consacré une note

intéressante aux

découvertes faites sur un plateau du Cantal 5 . Il s'agit surtout

de monnaies arvernes de la dernière période de l'indépendance. Une pièce avec la petite tête au-dessus du cheval a été le point

de départ d'observations sur l'attribution des monnaies de cette

catégorie aux Bituriges. Les remarques de M. de La Tour

étant en opposition avec les passages de mon Traité des mon-

naies gauloises j'avais déjà mis en relief les difficultés de la

question, j'ai de nouveau exposé 4 les raisons qui sont en faveur

1. Je transcris cette légende par Nerênen. J'ai d'ailleurs remarqué que, sur des exemplaires de basse époque, la sixième lettre présente deux formes différentes de celle qu'on lit le plus souvent

2. Il y a des spécimens plus ou moins dégénérés indiquant des émissions

successives. Sur les pièces delà région de Narbonne, vov. outre les ouvrages

numismatiques les plus connus : E. Hùbner, Monumenta linguae ibericae,

1893, p. 13 et 14; G. Amardel, Les monnaies des Elisyques et les autres mon-

nayages narbonnais dans Bull, de la Commission archéol. de Narbonne, t. X.

1908-1909, p. 131

et s. ; cf. ïbid., p. xxxvn.

Pajès-Allary à Chastel-sur-

Murat (Cantal), dans le courant de F an née 190S, dans les rapports delà Société préhistorique de France, séance du 24 juin 1909, t. VI, p. 289 à 296, 4 fig. grandies.

4. A. Blanchet, Le trésor de Marcillat dans la Rev. uum., 1910, p. 461 à

3. Note sur les monnaies recueillies par M. J.

476, pi. XI.

398

A. Blanche!.

d'une attribution différente de celle acceptée jusqu'à ce jour, pour ce groupe monétaire. Le trésor de Marcillat (arr. de Bous-

sac, Creuse) est venu à point pour fournir de nouveaux élé-

ments d'étude, qui autorisent à délimiter la sphère d'influence

du monnayage biturige et celle du monnayage lémovique. Ce

même dépôt contenait des pièces d'or dont le système n'est pas biturige et dont l'aire de répartition s'est étendue vers l'ouest.

Parmi les séries gauloises, souvent si difficiles à classer chro-

nologiquement, celles du type dit « à la croix », sont parti-

culièrement rebutantes pour diverses raisons, dont la principale est que la seule trouvaille de pièces de ce genre, mêlées à des monnaies romaines, fut dispersée avant d'être étudiée. Une

découverte fa i te à Bompas (à 6 kilom.

de Perpignan), le

24 décembre 19 10, vient d'apporter un renseignement précieux.

En

effet, dans un vase

de terre,

600

pièces à la croix (tête

grossière devant laquelle sont deux dauphins ; au revers, croix cantonnée de la hache, d'une sorte d'anneau allongé et de

deux amandes pleines), étaient associées à treize deniers de la République romaine dont un, le plus caractéristique, repré-

senté par deux exemplaires qui sont les mieux conservés de

tout* le lot. Or ces deux deniers, au type de la Victoire et de l'aigle légionnaire entre deux enseignes de cohortes, ont été frappés au nom de C. Valerius Flaccus, imperator et propré- teur en Gaule (83 av. J.-C.) il obtint divers succès mili-

taires; ce général remporta aussi une victoire sur les Celtibé-

riens d'Espagne. On peut conclure, sans trop de témérité, que le dépôt de Bompas a été confié à la terre peu de temps après

col du Pertus

83 ; il peut être contemporain du passage du

par Pompée (vers 77 av.

chronologique pour le classement des pièces à la croix et, par

suite de l'état d'usure déjà avancé du type qui

majeure partie du dépôt, on peut conclure que ce type doit

appartenir à la fin du second siècle avant notre ère '.

Le monnayage à'Avenio a fait l'objet d'une étude substan-

tielle de M. Eugène Duprat, qui a soigneusement réuni les

formait la

une base

notre ère). C'est donc

1. Cf. ma note dans la Rev.

iiiim., 191 1, p.

259, fig.

Chronique de numismatique celtique.

399

exemplaires connus des diverses pièces gauloises d'Avignon 1

.

Il s'est laissé entraîner par des rapprochements peu concluants

de celui du

que les

denier de M. Volteius, et il en a tiré la conclusion

monnaies d'Aveiiio ne sauraient être antérieures à 88 av. J.-C. Le sanglier est un type trop commun en Gaule pour

que le rapprochement s'impose sans restriction.

sur l'origine du sanglier, qui

aurait

été imité

A Essey-lès-Nancy, en 1909, des monnaies de bronze coulé

des Leuci ont été recueillies, associées à des rouelles, dans une

sorte de puits, profond d'un mètre seulement. Les pièces

étaient éparses dans une terre qui paraît avoir servi à rem-

blayer ce puits 2 , Il est donc difficile d'émettre une opinion

nature réelle de ce gisement et sur l'association des

monnaies et des rouelles.

Une note sans valeur, basée sur un travail antérieur du

D r Leblond, a été consacrée à la circulation des monnaies de

Bellovaci 3 .

M. Robert Forrer a consacré une étude développée au tré-

sor de monnaies d'or découvert à Tayac (arr. de Libourne) et

il a cru prouver que ce dépôt 4 avait été caché par un corps

sur la

de Cimbres et de Tigurins, qui auraient passé par la

Forêt

Noire et recueilli des statères boïens, puis en Belgique d'où

seraient venus des statères bellovaques ; enfin la bande, retour-

nant en arrière, serait revenue ensuite en Gaule, après avoir drainé des statères des Rauraques, des Ambarres et des Arvernes.

L'enfouissement aurait eu lieu en 113 avant notre ère.

1. Les monnaies d'Avennio, dans la Rev. mon., i9io,p. 160 à 182, pi. VII

et fig.

2. Comte J. Beaupré, L'oppidum de Sainte-Geneviève (Essey-les-Nancy),

fouilles de

raine').

/909. Nancy, 19 10,

p. 13, pi. I (Mém. de la Soc. d'Archéol. lor-

3. L. Coutil, Les monnaies des Bellovaques et leur dispersion dans F Eure et la Seine-Inférieure, dans le Cinquième Congres préhistorique de France, session

de Beauvais, 1909, p. 593-598. 4. Der Goldstaterfund von Tayac-Lïbourne, ein Dolcument der Cimbem- uud Tiguriner^uges von 11 3-105 vor Chr. Extr. du Jahrbuch der Ges.f. lothringische Gescb. uud Altertumskunde, t. XIX, 1907 (paru en août 1908). Mémoire réimprimé dans l'ouvrage intitulé Keltische Numismatik der Rhein- und Donau- lautle, Strasbourg, 1908 (p. 316 à 343, fig.).

400

A. Blanchet.

Il m'a paru nécessaire de réfuter cette théorie dont les résul- tats, s'ils étaient admissibles, apporteraient un trouble réel

dans le classement de diverses séries monétaires gauloises. Je crois avoir prouvé ' que la démonstration de M. Forrer repose

sur une pétition de principe. Les attributions de statères aux

Rauraques et aux Ambarres ne sont fondées sur aucune base

sérieuse ; les prétendus statères boïens n'existaient pas dans le

dépôt, qui comprenait surtout deux groupes de pièces, les unes

des Bellovaques, les autres émises dans une région centrale de

la Gaule. Des provenances et divers renseignements, ignorés

de M. Forrer, viennent à l'appui de mon opinion.

L'ouvrage cité dans la note relative au mémoire précédent

de M. Forrer n'a évidemment pas été conçu et composé pour

faire un livre 2 . On y trouve des chapitres dont la liaison n'est

pas évidente et certains de ces chapitres sont disproportionnés

avec les autres. L'illustration, qui est plutôt riche, n'est pas

toujours claire; elle restera cependant la partie la plus utile de

ce recueil de mémoires, dont quelques remarques utiles sur la

transformation des types celtiques du Danube ne suffisent pas

à faire pardonner une témérité trop grande et une ignorance

trop évidente des ouvrages les plus essentiels.

M. R. Forrer a fait analyser seize monnaies celtiques de

diverses provenances 5 . Il n'y a qu'à mentionner ce fait, sans oublier que des analysesdu même genreavaient déjà été faites.

Mais, selon son habitude, M. Forrer n'en fait aucune men-

tion.

Dans

une autre notice 4 ,

le même auteur revient sur les

i. Une nouvelle théorie relative à l expédition des Cimbres en Gaule, examen

et réfutation, dans la

fig-

2. Il est effectivement formé par la réunion d'études parues dans le

Jahrbuch de la Société d'histoire et d'archéologie lorraine, depuis 1901. Il

me paraît évident que l'auteur n'a eu l'intention de faire un livre qu'après

la publication de mon Traité des monnaies gauloises (1905).

Revue des études anciennes, t. XII, 1910, p. 21 à 46,

3. Analysai keltischer Miin~eti, dans la Zeitscbrift f. Ethnologie, 1909,

p. 458-462.

4. R. Forrer, Die Mïtn^en des Kemers Eccaios-lccius der Konnnaitare Cae-

sars. S. 1. n. d., gr. in-8°, 1 1 p., 4 fig. (Extr. du Jahrbuch der Ges. f. Lothrin-

gische Geschichte u. Altertumskunde, t. XXI, 1909, i er fasc).

Chronique de numismatique celtique.

401

bronzes gaulois portant le nom Eccaios qui ont été attribués

autrefois au Rème Iccius, cité plusieurs fois dans les Commen-

taires de César. M. Forrer s'appuie sur une pièce celtique de

la région du Danube avec Eiccaio, pour avancer que Eccaios,

Eiccaios, Iccaios, Ikaios, Iccios, sont des formes voisines et suc-

cessives de même nom. Ce point est déjà fort douteux. Un

autre l'est encore davantage : c'est la décomposition du nom

TOTIKAIOC (lecture adoptée pour la circonstance par M. For- rer) ' en deux éléments TOT IKAIOC, qui constitueraient la

forme grecque du nom gaulois Tog Eccaios ou Tog Iccius, en

donnant à l'élément Tog la signification de « conducteur », « chef d'armée », etc. Je crains bien que les comparaisons phi-

lologiques de M. Forrer (ail. Herçpg; holl. Hertog; vieux-

saxon heritogo; dan. Hcrlitg) séduisent peu les celtisants 2

.

Quant à moi, je n'accepte pas l'attribution au Rème Iccius des

monnaies portant la légende Eccaios.

« philippe » a fourni à

au type du

M. R. Forrer, le sujet d'une étude 3 où, selon son habitude,

il a laissé à son imagination une entière liberté. Cette petite monnaie de bon or, qui peut appartenir au 111 e siècle avant

notre ère, serait un spécimen du monnayage des Arvernes ou

de la frontière septentrionale de leur empire (région de Bâle).

Rien ne le prouve. Il n'est pas probable non plus qu'il s'agisse d'une des plus anciennes copies du «philippe». Outre la

déformation de l'aurige, figuré par deux bourrelets informes,

la légende 0IAini"IOY est déjà dégénérée en ninnini- D'ail-

leurs, il n'y a pas de quarts de statère gaulois contemporains

Un quart

de statère

1 En réalité la pièce, dont la fabrique est analogue à celle de diverses monnaies des Suessions, porte plutôt TO I" I KA I O I TOC (Lecture de Maxe-

Werlv. M. Forrer me reproche d'avoir ignoré cette leçon : je l'ai donnée

dans mon Traité des monnaies gauloises, 1905, p. 142).

2.

11 est remarquable que M. Forrer citant les composés en -rix, n'ait

pas été frappé de la place qu'occupe ce terme.

3. R. Forrer, Ein frûhgallischer Pbilipper mit verrohtem Bigàlenker, dans les Berliner Mïm-blattcr, 191 1, 135-140, fig. L'auteur ne cite guère que

son livre Keltische Numismatik. Il affecte de croire que cet ouvrage contient

tout ce qu'on peut connaître sur la numismatique celtique, même en dehors

des monnaies de la région du Danube qu'il a étudiées spécialement. Ce fait

prouve à l'évidence qu'une science très incomplète suffit à l'auteur.

402

A. Blanchet.

des premières copies. Pourquoi M. Forrer a-t-il localisé son

quart de statèfe dans la région de Baie, chez les Protohelvètes ?

Pour arriver simplement à la théorie qu'il appuie de dessins

dont un, le principal maillon de la chaîne, ne dérive d'aucune

monnaie. D'après cette théorie, l'aurige détonné et le cheval,

réduit à trois globules, auraient produit le type des cinq glo-

bules renfermé dans un demi-cercle, qu'on voit sur tant de

statères scyphatès, fabriqués par les Celtes de la Bohême et de la

Bavière.

Compris de cette manière, le transformisme numismatique,

si fécond cependant, ne donnera jamais que des solutions

anti-scientifiques.

M. B. de Jonghe a repris la question des déformations suc-

cessives qui ont fait de la belle tête d'Apollon et du char con-

duit par l'aurige, si nets sur le statère de Philippe II, les types

presque informes des statères atrébates 1

L'hypothèse de M. Victor Tourneur sur les monnaies attribuées aux Tongrois, a suggéré à M. F. Huybrigts diverses

observations relatives surtout à la race du peuple qui aurait

.

émis ces pièces 2

.

M. Georges Cumont a signalé des bronzes des Silvanectes et

des Suessions recueillis, avec des bronzes de la région des

Aduatuques, au Titelberg, le riche gisement celtique du grand

duché de Luxembourg 5 .

Le même auteur a signalé aussi des statères, l'un au type de

Philippe, les autres analogues à ceux qui sont attribués aux

Eburones +.

Des relevés de ce genre présentent toujours de l'intérêt ; car

ils forment la base des études sur la circulation monétaire

antique.

i. V" B. de Jonche dans la Rev. belge de numism., 1910, p. 215 a 251,

pi. III.

2. Dans les Annale.': du XXI e congres de la fédération arebéol. el hislor.

Belgique, Liège, 1909, t. I er , fasc. II, p.

353 a 3 0.

de

3. Dans les Annales de la Soc. d*archéologie de Bruxelles, t. XXIV, 1910,

p. 187 à 189.

4. G. Cumont, Monnaies gauloises trouvées dans la province de Luxembourg

et en Brabant, dans le même recueil, 1910, p. 387-394, pi.

Chronique de numismatique celtique.

403

Un jalon chronologique a été fourni par le dépôt monétaire de Gerenzago, qui contenait des imitations de la drachme

récente de Massalia, associées à des deniers romains dont le

plus récent est daté de l'an 92 av. J.-C. l MlM. J. Schuster et Georg Habichont signalé des trouvailles

.

de « Regenbogenschûsselchen » 2

.

A Karlstein, près de Reichenhall (Bavière orientale), on a découvert, de 190 1 à 1907, des restes d'habitations celtiques ;

,

qui contenaient diverses monnaies : petites pièces d'argent à la croix et du type helvète rayonnant, une imitation de la drachme de Massalia, des tétradrachmes de Nemet et çVAdnaiu

et surtout 56 petites pièces concaves d'argent présentant des

restes de tête et un cheval formé de globules et

de lignes

(poids o gr. 24 à o gr. 57). C'est un groupe monétaire dont

la localisation devient à peu certaine.

M. Kubitschek a étudié un dépôt d'une centaine de tétra-

drachmes celtiques, trouvés dans un vase de terre à Kroisbach, sur le lac de Neusiedl (en magyar Rakos ou Feitô-Rakos *).

Ces pièces sont des imitations du tétradrachme macédonien,

avec un fort relief, et appartiennent à des variétés du type

dont les cheveux sont ramenés en pointe au sommet de la

tête ; le cheval du revers est très musclé.

Deux belles monnaies, attribuées à des Boii de la Pannonie,

ont été l'objet de considérations artistiques ». On a trouvé divers outils et un tétradrachme déformé au

type de Philippe dans les substructions d'une fonderie où l'on

a voulu reconnaître un atelier monétaire celtique, à Szabadka (Comitat de Zala, Hongrie 6 ).

:. Serafino Ricci, dans le BoUttlino Util, di X11111., 1910, p. 145 à 14g.

2. Dans les M'Uteilungen der Bayerischen numism. Geselhchap, 1908- 1909,

p. 26 et suiv.

3. Hans von Koblitz, dans la Numismatiche Zeitschrift de Vienne, n. s !e

t. III, 1910, p. 34 à 36, pi. IV.

,

4. Wilhélm Kubitschek, dans la Numismatiche Zeitschrift de Vienne,

n. s j e, t. III, 1910, p. 37 à 43, pi. V, fig.

1 à 9. A la suite du même article,

l'auteur a étudié des pièces de

5. H. de La Tour, dans la

la trouvaille de Velem (pi. V, fig. 10 et 1 1).

Rev . des études anciennes, 1910, p. 181-182,

2 figures et 2 agrandissements du revers

6. Coloman de Darnay, dans VArchaelogiai Ertesitô (Budapest), t. XXX,

1910, p. 1 30 à I40,fig.

404

A. Manchet.

La station de l'époque du bronze, qui s'est perpétuée jus-

qu'à l'époque de La Tène, à Velemszentvid (Hongrie), a donné-

quelques monnaies celtiques ', qui ont pu y être importées.

Rien n'indique qu'elles ont été émises dans cette station.

Un amateur éclairé de la Hongrie, M. le comte Dessewfiy

(Déjeufi) a réuni une très belle collection de pièces celtiques,

presque toutes recueillies dans le pays même. Tous les trésors

importants, anciens ou récents, sont représentés dans cette suite, et beaucoup de provenancesjsolées ont été notées aussi

dans le recueil qui vient d'être publié par M. Edmond Gohl 2

.

Ce catalogue, qui sera continué, forme déjà un instrument de

travail très précieux.

A M. Edmond Gohl, le sympathique conservateur du Musée

national hongrois, on doit diverses études faites avec la plus grande conscience. Dans l'une, il a résumé tous les éléments

nécessaires pour classer géographiquement les monnaies cel-

tiques qu'on recueille habituellement en Hongrie >.

Dans le second mémoire, consacré aux monnaies d'or bar-

bares de la Hongrie 4 , M. Gohl a développé des observations

faites déjà en 1900 et en a ajouté d'autres fort utiles. Il consi-

dère comme appartenant à ce pays les pièces d'or portant le

nom de Biatec. Peut-être faut-il admettre comme autochtone

le monnayage qui a produit des pièces du type dégénéré d'Alexandre, ayant conservé un poids élevé, et aussi les pièces

de la trouvaille de Nagybiszterecz. En tout cas, les imitations

de Lysimaque, les regenbogenschilsselchen les plus anciens avec

leurs divisions (trouvailles de Jandorf, Nadasd, Velem), les types indistincts de Nadasd et les pièces assez anciennes avec

ciecin, sont à considérer comme des importations. Il semble

1. Colomaii Miske, dans le Numismatikai Kô^lôny, 1910, p. 100 à 104,

«g.

2. Grôf Dessewffy Miklâs barbâr Pèn~ei. Budapest, 1910, in-4 , 26 p. et

XVIII pi. en phototvpie. (Supplément) II. Budapest, 191 1 , p. 27:129,

pi. XIX à XXIV.

3. Note sur les monnaies barbares de la Hongrie, dans le Congrès inleru.

iiuin . de Bruxelles, .1910, p. 645 à 665, fig.

4.

Dans le Numismatikai Kàçlôny, 191 1, p. 52 à 70 et 82, fig. M. Gohl

avait déjà donné quelques résultats de ses recherches sur les trouvailles de

Chronique de numismatique celtique.

405

que les trouvailles indiquent chez les peuples du nord-ouest,

sur le Danube supérieur et dans la Bohême, une préférence

pour un étalon d'or, imité de celui d'Alexandre. Au contraire,

sur le territoire correspondant à la Hongrie actuelle, l'étalon

d'argent régna, tant par suite de la disette d'or pendant la période de La Tène que par suite de la circulation intense des « philippes » d'argent.

D'autres mémoires du même auteur ont été consacrés à

l'examen de deux trouvailles. Celle de Titel ' contenait des

tétradrachmes celtes attribués aux Scordisques, associés à des

drachmes grecques d' Apollonie et de Dyrrachium, dont l'émis-

sion est généralement placée vers le début du I er siècle avant notre ère. Le dépôt de Rakos, dans le comitat de Sopron, con-

tenait des monnaies des Celtes noriques 2

.

Pour les Celtes de la Bretagne insulaire, on notera une utile

communication sur les poids des barres de fer, trouvées à Meon

Hill (Gloucestershire) 5 , barres qui ont servi de monnaies, en

conformité avec le texte de César : «

aut taleis

« ferreis ad certum pondus examinatis, pro nummo »

Un vase de terre, dont la panse est décorée destries formant

des losanges, a été découvert, il y a quelques années, probable- ment à Southants (Angleterre) -t. Il contenait treize deniers

de la République romaine, des deniers de Tibère et de Vitel-

lius, et des imitations régionales de deniers de Jules César et

de Vitellius (à flan concave); vingt as depuis Agrippa jusqu'à

Hadrien; des imitations de Claude; 229 monnaies bretonnes,

frappées en billon,aux types analogues à ceux des Atrébates ;

306 pièces coulées avec des types encore plus informes, l'élément dominant est une sorte d'upsilon renversé, entouré

monnaies barbares en Hongrie, dans le même périodique (19 10, p. 68 et 69)

et signalé diverses variétés à noter pour le corpus qu'il a l'intention de publier (Jbid., 1909, p. 129 à 134, fig., et 1911, p. 24 à 27, fig.).

1. Numismatikai Kô^lôny, 1910, p. 112 et 113.

2. Ibid., p.

n 3 à 1 1 5 et 134.

3. Reginald Smith, dans les Proceedings of tht•Society oj( Antiquaries of

London, 1908-1909, p. 337 à 343.

4. G. -F. Hill, A hoard of Roman and British coins front Southants, dans

le Numismatic Chronicîe, 191 1, p. 42 à 56, pi. III à V et fig.

406

Â. Blanc bel.

de globules (restes de