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Avant de commencer mon intervention, je voudrais remercier vivement les deux
jeunes avocats qui m'ont précédée et qui ont rappelé l'importance de
l'engagement de l'avocat dans les circonstances les plus difficiles de la vie
sociale.

A l'heure des bilans, comme l'est la fin d'un bâtonnat, la balance est
toujours difficile entre inquiétude et espoir.

L'inquiétude peut se résumer en un mot : celui de suspicion.

La suspicion, quand elle tend à se diffuser dans toute une société,
discrédite, paralyse et détruit tout lien social. Je voudrais évoquer sa
progression catastrophique dans trois domaines qui font le socle de nos
libertés.

1 - Il s'agit d'abord du rapport existant entre liberté et sécurité dans le
domaine de la lutte contre le terrorisme et du contrôle de l'immigration.

Une nouvelle logique juridique repose de plus en plus fréquemment
sur la suspicion.

Ainsi, les nouvelles assignations à résidence pourront frapper les
personnes simplement suspectées de terrorisme ainsi que leur
entourage.
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Mais aussi les mesures de surveillance individuelle à l’encontre de toute
personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser
que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité

Le défenseur des droits, Jacques Toubon a ainsi estimé que la France
était installée dans une « ère des suspects ». Et que la loi antiterroriste
constitue une "menace sur nos droits parce qu'elle remplace très
souvent les faits par le soupçon".

Cette logique imprègne toutes les lois antiterroristes de ces dernières
années : les textes déplacent sans cesse la responsabilité vers l’amont,
vers l’intentionnalité, vers la dangerosité.

«  On peut aujourd’hui poursuivre un individu avant même qu’il ait fait la
moindre tentative, ajoute Mireille Delmas-Marty.

Notre pays est passé en moins de deux ans d’un état d’exception qu’est
l’état d’urgence à une société de surveillance, à une société de suspicion
généralisée.

Le défenseur des droits parle de pilule empoisonnée pour la cohésion
sociale

Notre barreau, soucieux de cette évolution avait dès le début de l’année
2016, organisé une table ronde à l’université sur : Liberté, sécurité, faut-il
choisir ?
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Avant le vote de la loi renforçant la lutte contre le terrorisme, le barreau
de Lyon avait adopté une motion pour appeler les parlementaires à une
grande vigilance.

Aujourd’hui, ce sont les acteurs de la justice qui doivent rester vigilants
pour conserver un minimum de cohésion sociale et éviter les drames liés
à la suspicion généralisée.

Cette suspicion prend un tour dramatique quand elle aboutit à la mise en
danger de la vie d’autrui comme c’est le cas des mineurs isolés
étrangers aujourd’hui appelés mineurs non accompagnés.

Je voudrais vous raconter l’histoire de Souleymane

Souleymane C. est né le 3 décembre 2001 à CONAKRY (Guinée), de
nationalité guinéenne.
Il a été victime de maltraitance de la première épouse de son père : il
recevait des coups, faisait toutes les taches ménagères et n'a jamais été
envoyé à l'école. Son père lui, était gravement malade.
Souleymane a quitté la Guinée en juin 2016. Il a trouvé un transporteur,
qui lui a proposé de l'emmener. Il a traversé le Mali, le Burkina et le
Niger avant d’arriver en Libye où il a été enfermé dans une cour avec de
nombreux autres migrants.

Souleymane est resté là cinq mois et son état de santé s'est dégradé.
D’autres sont morts devant lui. Souleymane n'avait plus aucune force
pour bouger. Un gardien armé libyen acceptait de lui faire apporter de
l’eau, sans quoi, il n’aurait pas survécu. Un jour, le gardien l'a fait porter
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par d'autres dans un pick-up , Souleymane a été porté jusque sur un
zodiac; il était alors incapable de marcher.
L’embarcation a été secourue en mer et Souleymane est arrivé sur les
côtes siciliennes. De là, il a été emmené à MILAN, dans un « campo »
pour mineurs. Il y est resté quatre mois, sans recevoir de soins, malgré
ses demandes répétées.
Quand il s'en est senti capable il a décidé de partir pour la France. Il a
pris un train Milan-Lyon.
Arrivé à Lyon le 15 juillet 2017, il s’est rendu à la MEOMIE le 17 juillet ,
où rendez-vous lui a été donné pour le 27 juillet 2017.

Le 19 juillet, Souleymane était mourant sur un banc place Jean Macé.

C’est un jeune homme qui donne l’alerte. Il dit en parlant de Souleymane
qu’il a « reconnu l’aspect d’une personne, qui va « mourir » ».

Souleymane a été sauvé de justesse.

Je ne vais pas raconter son parcours administratif et judiciaire car il y
aurait beaucoup à dire.

Je ne raconte pas cette histoire pour pointer d’éventuels
dysfonctionnements mais pour poser une seule question :

Où est passé notre humanité ?

Combien d’enfants allons-nous laisser dans nos rues parce que nous les
suspectons d’être de jeunes majeurs ?
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J’ai même entendu qu’ils étaient baptisés cyniquement mijeurs, une
contraction de mineur et majeur.

Sommes-nous dans l’incapacité d’apporter en urgence une protection
minimum, tant matérielle que juridique aux mineurs qui sont quelques
centaines à Lyon?

Si un mot a toute sa consistance, c’est celui d’humanité. Il fait partie du
serment de l’avocat.

Il appartient à la justice de remplir sa mission et de protéger ces enfants.

2 - La suspicion affecte aussi la justice dans son ensemble.

La justice française est l'objet de maltraitance de la part de tous les
régimes politiques, de tous les gouvernements qui se sont succédé
depuis plus de deux cents ans.

La preuve peut en être trouvée dans les moyens indigents qui lui sont
consentis :

-sur les 28 budgets consacrés à la justice par les Etats membres de l'UE,
la France est au 14è rang

-elle est au 24e rang sur 28, pour le nombre de juges professionnels (10
juges pour 100 000 habitants, soit deux fois moins que la moyenne de
l'Union européenne).
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Comment un justiciable peut-il envisager un recours juridictionnel
lorsqu'il lui faudra attendre en moyenne :
- 304 jours une décision de première instance, contre
- 19 jours au Danemark, 91 aux Pays-Bas, ou 133 en Suède ?

A Lyon, il faut attendre des années, jusqu'à 5 ans, pour avoir un
jugement sur le fond en droit de la construction ou de sécurité sociale.

Est-il normal qu'un justiciable attende 7 mois avant de rencontrer un juge
aux affaires familiales ?

Sans parler des délais de convocation devant les juges des tutelles, les
juges des enfants.

Tant que la justice en France fera l'objet d'un tel désinvestissement, elle
ne pourra que provoquer méfiance et discrédit.

3 - Mais la suspicion ne frappe pas que la justice dans son
ensemble. Elle s'insinue dans les rapports que ses acteurs peuvent
entretenir.

Ainsi, les pouvoirs exécutif et législatif n'hésitent pas à modifier les
compétences du juge judiciaire et du juge administratif en jouant l'un
contre l'autre au détriment d’un certain nombre de contrôles et donc de
garanties destinées à assurer la protection des citoyens. Où est passé le
contrôle judiciaire ?
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Pire encore, certains n'hésitent pas à reporter sur les avocats la
responsabilité du mauvais fonctionnement de la justice.

En juillet 2016, un rapport commandé par le ministère de la justice sur la
sécurité des magistrats a rejeté sur certains avocats un certain nombre
de dysfonctionnements des juridictions pénales.

Il a eu un mérite : les avocats ont été unis pour le dénoncer.

Mais la justice ne gagne rien à ces querelles qui s’apparentent parfois à
des animosités personnelles.

Un illustre confrère lyonnais a écrit : tout fleuve a deux rives mais il coule
dans une seule direction, la mer.

Magistrats et avocats allons dans le même sens : nous faisons œuvre de
justice. Nous sommes alliés, nous allons dans la même direction.

Enfin, dans les affaires fortement médiatisées, la suspicion aboutit à
identifier les avocats avec leurs clients.
Ainsi, dans les "paradise papers", nos confrères fiscalistes sont accusés
d'être à l'origine des infractions commises par leurs clients, ou, à tout le
moins, on leur impute une part de leur responsabilité, a minima morale.

A qui la faute si l’Europe ne légifère pas sur la fiscalité ?

Constat similaire pour les avocats pénalistes.
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Un exemple récent : dans l’affaire Mérah. Un avocat de la défense se
voit dénier, par voie de presse, le droit de défendre un client comme il
l’entend, de parler de la mère de l’accusé… sous peine de se voir
reprocher son indécence, son obscénité même.

Cette suspicion est tout simplement attentatoire aux droits de la défense
et relève d'une méconnaissance totale du rôle de défense de l'avocat.

Défendre, a écrit Robert Badinter, ce n’est pas aimer, c’est aimer
défendre, toujours et inlassablement »

Faut-il rappeler encore et toujours que l'exercice de la défense fait parte
du socle de la démocratie, que l'écho surmédiatisé de certaines affaires
ne doit pas faire oublier la fonction indispensable des avocats,
partenaires de justice.

L’avocat peut être comparé au rosier que l’on trouve devant les rangs
des vignes

Vous connaissez sans doute cette pratique viticole qui consiste à planter
un rosier au début de chaque rang de vigne : le rosier doit prévenir le
viticulteur de l’apparition de l’oïdium, une maladie causée par un
champignon à peu près aussi destructeur que le mildiou.
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Le rosier étant plus sensible que la vigne à l’oïdium, il sera sa première
victime, prévenant le viticulteur d’une attaque imminente sur ses vignes.

Eh bien l'avocat joue le rôle de sentinelle en matière de défense des
droits et des libertés.

Il est le signal d’alarme des atteintes à venir.

Regardez ce qui se passe dans trop de pays où des avocats, des
bâtonniers, sont mis en détention simplement parce qu’ils défendent les
valeurs démocratiques.

C'est l’honneur et la raison d'être de l’avocat que d'assumer cette
fonction.

L’avocat n’est pas là pour être aimé mais seulement considéré et
respecté. Quand il ne l’est pas, le bâtonnier doit intervenir.

Mais les sujets d'inquiétude que je viens d'évoquer ne doivent pas
entraver les progrès significatifs, parfois enthousiasmants qui jalonnent
nos actions.

Sans prétendre à l'exhaustivité, j'en évoquerai quatre :

1 – Première action : Diffuser la culture juridique dans la cité
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L'atteinte de cet objectif passe par la mise en œuvre et la mutualisation
de moyens mais aussi par une grande proximité.

Je citerai :

- le travail collaboratif et de proximité avec les acteurs économiques :
l’avocat est aux côtés des entrepreneurs. Les avocats conseillent le chef
d’entreprise. Le barreau organise des consultations à la CCI, les
syndicats patronaux, la chambre des métiers, forum de l’entreprenariat,
start up…

- le développement de l’accès au droit avec la prochaine mise en
circulation du "bus du droit", qui sillonnera la Métropole, grâce au
volontarisme de l’ensemble des acteurs (Préfecture, Métropole,
ministère de la justice, restaurants du cœur et barreau).

- l'accueil de collégiens de classe de troisième, venant de zone
d'éducation prioritaire pour leur stage de découverte. Je suis heureuse
que nos amis notaires et experts-comptables nous rejoignent dans cette
initiative.
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- la poursuite du développement des modes amiables avec le centre de
justice amiable des avocats, le centre interprofessionnel de médiation et
d’arbitrage (CIMA) l'office des modes amiables, la justice restauratrice.

2 – Deuxième axe de développement : Le numérique qui est une
chance pour les avocats, un outil qui leur permet d’adapter leur
offre de service aux attentes des citoyens et des entreprises

L’un des défis de l’avocat du 21 ème siècle, c’est de faire preuve d’écoute
et d’innovation pour répondre à toutes les attentes des citoyens.

La création par le barreau de Lyon d’un incubateur a d’ores et déjà
permis de réunir quatre projets très innovants menés par des consœurs
et confrères talentueux.

Je remercie le président du CNB Pascal Eydoux pour le Village des
incubateurs lors de la convention nationale des avocats à Bordeaux.
Sa fréquentation montre à quel point les avocats sont intéressés.

En parallèle, le barreau accompagne les confrères dans cette
transformation numérique. Il est de notre responsabilité de veiller à
réduire la fracture numérique pour que personne ne reste sur le bord du
chemin.
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Nouveaux confrères qui venez de prêter serment, le barreau compte
sur vous pour que vous adoptiez l’attitude du e.avocat et que vous
soyez contagieux dans les cabinets que vous rejoignez.

Parmi les innovations attendues, celle de la "justice prédictive" est
devenue quasi obsessionnelle. Nous savons que cette expression est
impropre, mais elle est explicite. Elle arrive dans notre exercice
professionnel. Nous devons travailler main dans la main avec les
juridictions sur ce sujet.

L’idée ce n’est pas de devenir des prédictors mais d’utiliser cet outil pour
mieux accompagner nos clients.

La justice prédictive, c’est une aide à la décision et non une machine à
faire les décisions. Elle exige un nouveau positionnement des avocats
dans leurs relations avec leurs clients justiciables.

Je ne doute pas que notre profession relèvera le défi.

Si nous voulons être des avocats « augmentés », comme le dit le jargon
informatique et non des avocats diminués car soumis aux seuls
algorithmes, nous devons agir de façon à toujours replacer au centre du
débat la seule chose qui vaille : l’humain.

3 – Troisième axe : Rassembler et unir notre profession
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Notre profession est diverse, par l'origine de ses membres, par ses
formes d'exercice professionnel.

D'une certaine manière elle est le reflet de la diversité des clients qu'elle
conseille et défend, et de la société dans son ensemble, et c'est bien
ainsi.

Pour autant, j'évoquerai sur deux sujets sur lesquels nous avons une
marge de progression.

Au plan local, notre profession va disposer dans les semaines qui
viennent de nouveaux locaux dans lesquels seront réunis, dans un
même immeuble, l’ordre, la CARPA, l’Ecole régionale des avocats. Nul
doute que ce rassemblement favorisera des synergies nouvelles, gages
d’une plus grande efficacité. Nous offrirons aux avocats un espace de
co-working, pardon pour cet anglicisme.

J’espère que nous arriverons au niveau de notre conférence régionale à
collaborer plus étroitement et je fais entière confiance à la Présidente de
la COBRA pour mener tambour battant les discussions.

Le second point concerne la disparité de revenus entre les avocats et
les avocates : une disparité de 45% au détriment de ces dernières.

Nous avons fait une enquête auprès des avocats de Lyon sur les raisons
de cette disparité.

Nous avons eu plus de mille réponses, ce qui représente près d’un tiers
du barreau, signe que la question intéresse femmes et hommes.
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L’idée est maintenant de proposer des actions concrètes pour changer la
situation.

Il est clair que cette inégalité reflète celle qui affecte les relations
hommes-femmes dans notre société.

Notre profession, comme les autres, reste marquée par un machisme
des plus archaïques.

Je pourrais citer quantité d'anecdotes qui témoignent de cet archaïsme,
archaïsme que j’ai constaté personnellement comme bâtonnière !

L’idée de remettre des prix « spéciaux machos exæquo » m’a même
effleurée tant j’ai été agacée intérieurement, pendant ces deux années,
par des comportements et des propos grossiers.

Mais le palmarès aurait débordé !

Alors paraphrasant Martine Aubry, je dirai: "le machisme ambiant,
comment vous dire… Ras-le-bol !"

Cela étant, si la parité est imposée lors des élections des conseils de
l'ordre et du Conseil national des barreaux, elle n’est pas imposée dans
le partage des responsabilités (présence des femmes dans les bureaux
des institutions, dans les présidences de commissions, etc.).
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Si nous voulons une profession unie, solidaire, il nous faut donner à
chacun la place qui lui revient, cela vaut pour les femmes, cela vaut pour
les jeunes confrères.

4 – enfin, nous devons rester attentifs au maintien de relations de
confiance entre les différentes professions du droit et en particulier
entre magistrats et avocats.

Cette confiance repose sur un pilier : la loyauté

Nous avons la chance à Lyon d'avoir avec tous les chefs de juridiction
un dialogue constant et institutionnalisé.

Les réunions périodiques avec le Président du tribunal, M. POLLE et le
Procureur de la République, M. CIMAMONTI, sans langue de bois, sans
connivence mais avec loyauté et respect pour nos missions respectives,
ont permis de dénouer les tensions, de trouver des solutions et de faire
avancer bien des projets, dont ceux que je viens de citer.

Nous ne devons pas craindre le débat contradictoire sur des sujets
majeurs comme :
- l'impossibilité d'arrestation dans l'enceinte du palais de justice (sauf
bien sûr l’arrestation à la barre ordonnée par un juge du siège),
- la construction de boxes intégralement vitrés interdisant la
communication entre prévenus et avocats,
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- la libre circulation des avocats au sein des palais de justice.

Sur tous les sujets que je viens d'évoquer, beaucoup reste à faire.
C’est ce qui est passionnant.

Il faut redoubler d'énergie dans l'unité de la profession. Nous
savons que notre ambition sert l'intérêt général et c'est là notre
justification.

J’ai aimé mon mandat.

Farid Hamel, qui me succédera dans quelques semaines est déjà
tellement investi que je pourrais d’ores et déjà me retirer sur la
pointe des pieds.

Je vous remercie de votre attention

Reprendre ensuite la parole pour annoncer la chorale des sans
papiers qui va illustrer une grande partie des propos
précédemment tenus.