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Tassement des sols

Hommage au Hommage au
Pr Meissa FALL Pr Meissa FALL
1967-2015 1967-2015

Dr Adama Dione
La figure illustre une photo et un schéma de la célèbre tour penchée à Pise (Italie).
Cette tour fut commencée en 1173 par Bonanno Pisano et achevée en 1350. De forme cylindrique,
elle comporte 8 étages de 207 colonnes superposées et une hauteur de 54.60 m. La fondation
repose sur une couche de sable argileux de 4 m d’épaisseur, surmontant du sable. Ce dernier
surmonte une couche d’argile molle.
La pression transmise au sol en cas de la verticalité est de 514 kN/m2 et de 916 kN/m2 au
maximum après son inclinaison. Il s’agit d’un exemple concret de tassement différentiel dû à la
consolidation lente de l’argile molle, cette dernière n’étant pas homogène. Actuellement, on note
une vitesse de tassement d’environ 1 mm/an. Le tassement de la partie penchée a atteint 150 cm.
Effondrement spectaculaire d'un réservoir de blé ayant une capacité de 35000 m3 à
Transcona (Canada) en 1913. Au moment de l’accident, la pression transmise au sol est 363 kPa,
alors que la pression maximale admissible est de 147 kPa.
Le renversement de l’ouvrage a eu lieu quand il fut rempli à 88 % de sa capacité de stockage.
La fondation est un radier rectangulaire de 23.50 x59.50 m, épais de 0.60 m et fiché à 3.60 m
dans un couche d’argile vaseuse hétérogène reposant sur un substratum d’alluvions récentes.
Le projet ne comportait pas de campagne de reconnaissance géotechnique, mais les donnée
des sites voisins y ont été extrapolées (!).
La structure du silo en béton armé était suffisamment rigide pour manifester un renversement,
suite au mouvement exceptionnel du sol. La réparation, menée en 1916, comportait une reprise
en sous-œuvre sur des puits fondés sur le rocher et le silo fut opérationnel depuis.
Ce cas nous enseigne qu’investir dans une étude géotechnique préliminaire peut prévenir
des dépenses exorbitantes des travaux de réparation de l'ouvrage !
Définitions

Un sol est dit compressible si son volume peut changer. La


compressibilité d’un sol peut résulter de trois phénomènes :

1. La compression du squelette solide,


2. La compression de l’eau et de l’air qui remplissent les vides,
3. L’évacuation de l’eau contenue dans les vides.

On appelle tassement la déformation verticale d’un sol soumis à


des charges extérieures (fondation, remblais, digues,...). La part la plus
importante des tassements est généralement due à la compressibilité des
sols, c’est-à-dire au fait qu’ils peuvent diminuer de volume.

On appelle consolidation le phénomène de réduction de volume d’une


couche de sol saturé, par évacuation graduelle de l’eau, sous l’effet
d’une contrainte normale.
Si on connaissait la loi de comportement du sol, on pourrait connaitre les contraintes et les
déformations en tout point d’un massif et en déduire les tassements.

On peut sans trop d’erreur, utiliser la théorie de l’élasticité pour le calcul des contraintes
verticales puisqu’elles ne dépendent pas des caractéristiques élastiques : E, v. Mais cette
théorie n’est pas applicable pour le calcul des tassements. On peut utiliser alors plusieurs
méthodes dont la méthode oedométrique.
Composantes du tassement

Les tassements peuvent apparaître juste au début de la construction et se


stabiliser par la suite : il s’agit alors de tassement instantané et de
tassement de consolidation (primaire et secondaire) ; la consolidation est
un phénomène élasto-plastique, différé dans le temps dont la durée
dépend de la perméabilité du matériau.

Elle prend fin lorsque la pression interstitielle retrouve sa valeur initiale.

Parfois, le tassement ne se stabilise pas et continue au-delà de la fin


supposée de la consolidation primaire : il s’agit alors de tassement à long
terme et ce phénomène est appelé consolidation secondaire ou fluage.
La compression initiale ou instantanée, lors de l’application de la charge.

La consolidation primaire qui correspond à la dissipation de la pression interstitielle .

La compression secondaire, qui se poursuit dans le temps après la dissipation de la


pression interstitielle et se traduit par la compression des grains solides.
Tassement des sols grenus
L’expérience nous apprend :

La compressibilité des sols grenus n’est due qu’à la compression du


squelette solide. Les tassements dans ces sols sont quasi
instantanés, ils ont lieu immédiatement au moment de l’apparition
des charges. Les tassements sont les mêmes que le sol soit sec, humide
ou saturé,

Les déformations dans les sols grenus sont dues à deux causes :

 D’une part un ré-enchevêtrement des grains qui provoque une


diminution de l’indice des vides,
 D’autre part une déformation des grains eux-mêmes sous l’action
des forces qui s’exercent à leurs points de contact.

En général, on néglige le tassement d’un sol grenu si à son voisinage il


existe une couche de sol fin saturé elle–même sollicitée.
Tassement des sols fins

Dans les sols fins, l'eau s'évacue moins vite, l’application d'une
surcharge est transmise d’abord à l'eau, après l’évacuation de l'eau :
transmission des charges se fait sentir par les grains solides

Pour simuler un sol cohérent à grains fins de faible perméabilité, on peut ouvrir la soupape et
permettre à l’eau de sortir lentement du cylindre. À mesure que l’eau est évacuée, sa pression
diminue et la charge ∆𝜎 est transmise au ressort qui se comprime sous cette charge. Lorsque
l’équilibre est atteint, l’eau ne s’écoule plus du cylindre, la pression interstitielle est redevenue
hydrostatique et le ressort est en équilibre avec la charge 𝜎𝑣+ ∆𝜎
L’abaissement du piston à la fin de la consolidation primaire
correspond au tassement final du sol ou tassement primaire.

Au-delà de cette phase, toute la charge est encaissée par le


ressort c’est à dire, le squelette solide. La pression interstitielle
dans le massif est égale à la pression hydrostatique. La pression
u induite par le chargement est nulle.

L’expérience montre que le sol continue à tasser une fois la


consolidation primaire achevée. Cette nouvelle phase de tassement
s’appelle consolidation secondaire. Elle est due à des
modifications dans l’arrangement des grains du squelette solide (cf.
tassement des sols grenus).

Les tassements dûs à la consolidation secondaire sont faibles dans


la plupart des cas (sols fins en particulier), et son effet peut être
négligé par rapport aux tassements de la consolidation primaire.
Déformation verticale d’un sol saturé en fonction du temps
Etude expérimentale : essai oedométrique
L’appareil comprend :

Une cellule contenant l’échantillon,


Un bâti de chargement.

Les organes essentiels de la cellule sont :

 Un cylindre en métal contenant l’échantillon,

 Deux pierres poreuses assurant le drainage des deux faces de


l’échantillon,
 Des comparateurs mesurant les déplacements du piston au 1/100,

 L’échantillon de sol ayant un diamètre de 70 mm et une


épaisseur initiale de l’ordre de 24).
Le bâti de chargement permet d’appliquer sur le piston des charges
verticales N correspondant à des pressions σ comprises entre 0,5 .103 Pa et 2,5
MPa
Appareil oedométrique
Les essais associés permettent d’établir deux types de courbes :

 Les courbes de compressibilité qui indiquent le tassement total


en fonction de la contrainte appliquée,

 Les courbes de consolidation qui déterminent le tassement de


l’échantillon en fonction du temps lorsqu’une contrainte
constante est appliquée.

L’essai consiste à appliquer à l’échantillon en présence d’eau, des


contraintes normales successives croissantes. Sous chaque palier de
chargement et après la quasi-stabilisation du tassement, celui-ci est
mesuré.

Après avoir atteint la charge maximale on décharge également par


palier successifs en notant le gonflement du sol.
Courbe de compressibilité
Par convention, l’essai est réalisé en augmentant
toutes les 24 h la pression appliquée à
l’éprouvette et l’on admet que la déformation
finale sous chaque charge est celle que l’on
mesure au bout de 24 h.

On peut alors tracer le diagramme donnant la


variation de l’indice des vides « e » (en réalité
l’indice des vides « e », à la fin des 24h) en
fonction de la contrainte effective 𝜎’𝑣 (égale à
la contrainte totale, c’est-à-dire à la pression
appliquée 𝜎𝑣, puisque la pression interstitielle
est devenue négligeable à la fin de la
consolidation primaire).

On a pris l’habitude de représenter les variations


de l’indice des vides en fonction du logarithme
de la contrainte effective.

L’allure de la courbe obtenue est représentée sur


la figure.
CARACTÉRISTIQUES DE COMPRESSIBILE
Pression de préconsolidation

• faible tassement
• contraintes auxquelles le sol a déjà été soumis à un moment ou à
un autre de son histoire géologique, le sol a été soumis à une
pression ≤ σ'p (exemple : poids des terres)

• forte compressibilité
le sol ne peut pas supporter plus que σ'p sans se déformer de façon
importante
• le sol est soumis à des contraintes supérieures à toutes celles qu'il a
déjà connues
• courbe vierge de compressibilité

Pression de préconsolidation σ'p : la plus grande contrainte que le sol


a subi au cours de son histoire géologique

les sols sont donc des matériaux à mémoire


Indice de compression (Cc )
Indice de gonflement (Cs )

C'est la pente moyenne (au signe près) d'un cycle déchargement-


rechargement. ll est noté : Cs

Le module Oedométrique Le coefficient de compressibilité

Rapport de surconsolidation
Classification des sols selon la compressibilité

Sol normalement consolidé

Toute surcharge entraîne un tassement, dépendant de Cc


faibles tassements, voire négligeable
Sol sous-consolidé

consolidation primaire pas


terminée le sol n'a pas encore été
soumis à une contrainte aussi
élevée que σ'v0 (poids des terres
actuel)
Ex : remblai récent, mal compacté

Inconstructibles sans traitement particulier déformations même sans surcharge


Calcul du tassement

Sol normalement consolidé


Sol surconsolidé
Sol sous-consolidé

C'est la cas des sols en cours de consolidation sous I'effet de


leur propre poids (remblais récents, mal ou non compactés, vases
ou tourbes récemment formées).

Le processus de la consolidation primaire n'est pas terminé,


la surpression interstitielle n'est pas entièrement dissipée.

Ce sont des sols généralement inconstructibles, ils continuent à se


déformer même en l'absence de charge.
CALCUL DES TASSEMENTS : MÉTHODE DES COUCHES

Le tassement d’une semelle peut être calculé en divisant le massif de


sol en couches : pour chaque couche, on calcule les valeurs des
contraintes, initiale et finale, à mi-hauteur.

On détermine ensuite le tassement de chaque couche. Le tassement


total est la somme des tassements pour l’ensemble des couches :
CONSOLIDATION

Degré de consolidation
L’étude théorique concernant l’évolution du tassement en fonction du temps fait
intervenir un paramètre sans dimension qu’on désigne par facteur temps Tv. Il est
défini par la relation :

Le problème de la consolidation revient à déterminer le degré de consolidation U.


Théorie de la consolidation de Terzaghi

Hypothèses :
1- La couche compressible est homogène isotrope et saturée,
2- L’écoulement est unidirectionnel
3- La loi de Darcy est applicable
4- Le coefficient de perméabilité k est constant dans la couche compressible
5- Le milieu est infini dans le sens horizontal
6- La surcharge provoquant la consolidation est uniforme et appliquée
instantanément.
Ordre de grandeur des tassements admissibles