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Tout compte fait, on aboutit

aux conclusions

suivantes:

1. Le nom hongrois des Roumains, á savoir oláh, n'a pris sa

forme „magyarísée" que vers le milieu du XIII e siécle. II s'ensuit

que nos contacts avec ce peuple balkanique ne peuvent pas re- monter á une époque beaucoup plus ancienne.

2. Les termes traditíonnels de la latinité de Hongrie sont

Ola-

chi Romani que nous avons relevé dans une charte papaié d'Avi- gnon, témoigne du rayonnement européen de la latinité propre á notre pays: mérne á Avígnon cette forme Olachi n'est pas chose qu'une variante relatinisée du nom hongrois des Roumains. 12

Ladislas Gáldi.

Olachus (Volachus) et non Valachus, Valachalis. Le terme

Le

témoignage

des

IV.

chartes

antérieures

á

1222

Bien que les premiéres mentíons incontestables des Rou-

mains transylvains ne remontent qu'á la troisiéme décade du

XIII

e siécle, les savants roumains ont souvent essayé de relever

des

données plus anciennes dans les chartes latines de Hongrie.

Etánt donné que, malgré plusieurs réfutations catégoriques, ces prétendus témoignages de la présence des Roumains sur le sol

de la Hongrie historique ne cessent de circuler aussi bien dans

les ouvrages roumains que dans ceux destinés á l'étranger, nous

avons jugé nécessaire de passer en revue les données que nous avons vu le plus souvent revenir dans les díscussions des der-

níéres années, pour en finir une fois pour toutes avec la légende

des témoignages antérieurs á 1222.

Avant de commencer notre revue critique, il convient de rap- peler que Georges §incai, le pére de l'historiographie roumaine (1755—1816), dont presque toutes les sources manuscrites sout dues á la générosité des humanistes hongrois du XVIII e siécle, 1

chorum (No. 209), possessionum Olacharum (en fonction d'adjectif! No. 232), etc, Ce n'est que par exception qu'on reléve d'autres variantes, comme ces Walachi, Walachos magna villa Walachikalis dont il est questíon, en 1383, dans un document de Nagyszeben (No, 269). Cf. aussi 1385 (Déva): Wolahus

(No.

290).

12 Inutile d'ajouter qu'au point de vue sémantique il n'est pas absolu-

ment certain que tous ces Valachi

(voir p. XI.), 1 Cf. L, Gáldi: XVIII. századi humanizmusunk és a románság (L'huma- nisme hongrois du XVIII e siécle et les Roumains). Budapest, 1940, p. 18 ss.

aient réellement été de nationalité roumaine

n'avait admis dans ses Annales (Iironica RománilorJ aucune

fűt antérieure au XIII e siécle. Bien plus

tard Ovidé Densusianu, l'auteur de la premíére grandé histoire de la langue roumaine (1873—1938), fut moins prudent puisqu'il a déjá essayé d'infirmer l'argument connu sous le nom de ,,mu- tisme des sources" par quelques noms tirés des chartes latines de Hongrie du XI e et du XIIe siécles. 2 Ses interprétations, formu- lées d'une maniére assez suggestive, eurent la vie dure; trente ans plus tard le regretté Nicolas Dráganu, professeur de philo- logíe roumaine á l'Université de Kolozsvár en tira tout un gros volume animé de tendances patriotíques, 3 et M. Aurélien Sacerdo^eanu, élévé de M. Nicolas Iorga, y fit également allusion dans son étude d'histoire médiévale. 4 Bien que nous ayons aus- sitőt démontré 5 que la plupart des chartes citées par le dernier auteur sont des faux, quelques-unes de ses explications fantaisis- tes ont pénétré non seulement dans l'article, d'ailleurs trés ju- dicieux, de M. A. Otetea, 5a mais aussi dans les deux grandes

preuve documentaire qui

synthéses modernes de l'histoire roumaine. 6 Néanmoins c'est un fait significatif que les derniers défenseurs de la continuité latino-

p. ex, G. I. Brátianu, 7 ont

roumaine. Paris, 1901, I, p. 316 ss.

3 N. Dráganur Románii in veacurile IX—XIV pe baza toponimiei §i a

onomasticei. Académie Roumaine. Studii ?i Cercetári. XXI. Bucarest, 1933.

A l'avis de M. Marius Valkhoff, le distingué romaniste hollandais, „en le

lisant nons ne pouvons nons dérober á l'impression que l'auteur, comme

M. Diculescu, a été un peu trop plein de son sujet et s'est laissé

•entrainer par sa thése". Chronique roumaine (1932—38. Neophilologus, XXIV, p. 257, Pour le patriotisme de Dráganu cf. les constatations de M. Iorgu Ior-

dan: ,,Este sigur cá Dráganu s'a láset, intr'o oarecare másurá, influientat de atmosfera moralá in care s'a náscut, s'a formát a tráit pana la moarte.

roumaine de Transylvanie, comme

2 O. Densusianu: Histoire de la langue

autrefors

Dar

$i

influientele extra§tiintifice s'au exercitat asupra lui in mod involuntar

1940,

asupra istoriei Románilor in Evul Mediu.

chiar

4 A

incon$tient"

(Insemnári

Ie?ene,

avril,

p,

151),

Sacerdoteanu:

Considerafii

Bucarest,

1936.

L.

Otetea:

Gáldi,

O

mars

1938,

p.

sint

nu

se

Ibid.

méme

pot

p.

8 C.

notre

7

G.

C.

I.

Giurescu:

texte).

Brátianu:

1937.

Bucarest,

5 Cf.

A.

5a

AECO.

enigma

III,

ss.

§i

p.

un

267—70.

miracol

din

istoricii

Lot

7.

istoric:

poporul

prea

román.

Insemnári

cuprinse

acelea

d-lui

cf,

Ie§ene,

aceste márturii,

care

Lot."

le

article

532

(„unele

de

diplomele

in

unguri

ca

observa^ia

sur

les

care

falsé,

sint

Totu$i

considerate

ajung

l'étude

0{etea

Istoria

et

de

et

contesta

537).

de

Pour

M.

restrángá

M,

notre

F,

note

absolutá

a

invasions

1935.

I.,

N.

le

barbares

Iorga,

peuple

His-

toire des Roumains. Bucarest, 1937. III (les renvois précis suivront plus bas

dans

rou-

main.

Románilor.

un

Bucarest,

miracle

Une

énigme

historique:

préféré ne tirer aucune conclusion de ces pseudo-arguments qui n'ont fait qu'enrichir ce trésor de légendes dont est entouré le „mythe" de la romanité de Transylvanie.

Ceci dit, nous n'avons qu'á aborder l'examen des données sur lesquelles les auteurs roumains ont cru devoir attirer l'attention des chercheurs. Avant 1002. Dans la charte de donation que saint Etienne

accorda aux religieuses grecques de

rencontre, entre autres, le toponyme de Má^ia qui correspond au nom d'un ancien village et d'une ferme actuelle du com. Vesz- prém (en Pannonié!). Dráganu (o. c. p. 144) a essayé de rattacher cette dénomination au roumain mama „mére", mais M. E. Kniezsa a démontré qu'on devrait plutőt penser á un radical turc (Mamai), germaníque (Mama, MammoJ ou slave [Mama, cf. pol. Mamca). 9 Le mérne auteur a constaté que „der Ortsname am wahrschein- lichsten auf einen Personennamen zurückgeht" (1, c.). Cette hypothése a été plus largement développée par M. Jean Melich, professeur á l'Université de Budapest, qui l'a identifié avec le nom grec de Má/xctg ("Ayiog 31c(/xag). í0 M. Désiré Pais, pro- fesseur á la mérne Université, a proposé d'y voir un nom de

Mama; Mamenka,

nom de riviére au com. Varasd, en Croatie. 11 — Rappelons en-

core que N. Iorga a également fait allusion á cette charte grecque, constatant que le nom de Mslsy.ő\a ,,correspond au Meledic du

,,est Zagra-

Malheureusement ces expli-

la vailée de Veszprém, 8

on

source d'origine slave (cf. 1082: ad fontem

district valaque de Buzáu" et que „2ayáQ/2()vsv"

via comme le Zagreb de Croatie." 12

Az

(Liste critique des chartes

Ómagyar

olvasókönyv (Chrestomatie de l'ancien hongrois). Pécs, 1929, p. 14 ss. Pour

les

des

p.

árpádházi királyok okleveleinek

^ Pour

rois

détails

les

éditions

et

les

remarques

kritikai

1923.

J.

de

critiques

cf.

E.

Szentpétery:

Pais:

monostorok

á

l'époque

jegyzéke

1.

E.

grecque

arpadiens).

de

la

Budapest,

cf.

Jakubovich—D.

Görögnyelvű

en

fondation

Moravcsik:

langue

Szent

de

István

korában

Monastéres

Hongrie

Saint Etienne.

Szent

István

Emlékkönyv.

1938.

I,

p.

408

ss.

Le

commentaire

linguistique

de

cette

charte

grecque

est

due

á

M.

D.

Pais:

A

veszprémvölgyi

apácák görög oklevele,

de Veszprémvölgy

II,

mint nyelvi emlék (La charte grecque des religieuses

comme

monument

linguistique).

Szent

István

Emlékkönyv.

Pseudorumanen

in

Pannonién

und

in

den

Nordkarpathen.

p.

9

607

E.

ss.

Kniezsa:

AECO,

II.

10 J.

p.

184—5.

Melich,

A

Máma

helynév

(Le

toponyme

Máma).

Magyar

Nyelv,

1939.

p.

143

ss.

 

11 Nyelv,

Magyar

1939,

p.

319

ss.

12 de

Revue

Sud-Est

Européen.

 

1940.

p.

80

propos

de

l'étude

de

M.

A.

Gyóni,

Magyarország

és

a

magyarság

 

a

bizánci

források

tükrében

cations sont dues uniquement á l'ignorance des recherches hon- groises s'y rapportant, quisque l'on sait bien que ^ eIsköI o dérive du hongrois meleg fmelekj á l'aide du suffixe diminutif -di qui est extremement fréquent dans les anciennes toponymie et anthro- ponymie hongroises, 13 et que octyágfigvav (dans la transcription de 1109: villa zaarberin) est composé du hongrois szár „jaune, pále, chauve" (du turc sayar), et du nom de lieu Berény qui est éga- lement d'origine turque. 14

 

1002.

Pour

expliquer

 

le

nom

d'Apuring,

attesté

pour

 

la

premiere

fais

dans

la

charte

de

fondation

de

l'évéché

de

Vesz-

prém

(Pannonié),

Dráganu

avait

renvoyé

au

roumain

aprig

 

(o.

c. p. 182). Comme M. Kniezsa l'a démontré

(AECO,

II,

p.

84

ss,),

c'est

un

composé:

Apur

[Opour,

Apor)

 

„nom

de

personne"

 

-j-

igy,

ügy

,,cours

d'eau,

ruisseau,

fontaine," En outre,

on

dóit

fixer

á

la

mérne

année

la

premiére

apparition

du

nom

de

lieu

Corteu

que

M,

Sacerdoteanu

a

fait remonter,

d'aprés

une

édition

vieillie

de

la

charte,

á

1009. 15 Le

mérne

auteur

a

oublié

de

signaler

que

ce

nom

est

attesté aussi

dans

la charte

de fondation

de

l'Abbaye

de

Pannonhalma

(1001):

,,ei

curtem,

quae

vocatur

Cortou

 

.

.

.

tradidi." 16

Entre

1184—6

on

rencontre

la

variante

Kortu

et

il

y

a d'autres

données

pour

Kortou,

Kortó,

etc.

jusqu'en

1536. 17

Quant

á

l'étymologie

de

ce

nom,

l'auteur

roumain

 

n'a

émís

aucune

opinion

précise,

mais

il

est

á

supposer

qu'il

pensát

au

roumain

curte

,,cour"

(< lat, vulg. cortem

<

lat, class.

 

cohortem).

Inutile

de

dire

que

les

lois

phonétiques

suffisent,

á

elles

seules,

á

ruiner

cette

hypothése,

parce

que

le

nom

de

lieu

en

question

présente

toujours un

o dans sa premiére

syllabe

ce qui

le

distin-

gue

trés

nettement

du

mot

roumain

qui

a

participé

au

change-

ment

o>

u

de

la

romanité

orientale.

En

admettant

l'hypothése

de

resterait-elle

M,

Sacerdoteanu,

sans

aussi

la

explication.

finale

-eu

(plus

II

n'est

pas,

en

tard

-ou,

revanche,

-o)

impro-

-u,

Ungarn

u.

das

Ungarntum

im

Spiegel

der

byzantinischen

Quellen.

Budapest,

1938).

 
 

13

Cf. D.

País,

o.

c.

p.

639—40.

,

14

Cf. D.

Pais,

o.

c,

p. 621—22,

J.

Melich,

Magyar

Nyelv,

1940,

p.

11

ss.

13

O.

c.

p.

252

(d'aprés

Fejér,

Codex

Dipl.

I,

289).

Pour

la

date

v.

Szentpétery,

o.

c.

I,

p,

2—3.

 

16

A

pannonhalmi

Szt.

Benedek

Rend

története

(Histoire

des

Bénédéc-

tins

de

Pannonhalma),

Budapest,

1902,

I,

p,

589.

I,

p, 4. Cette localité se serait trouvée au com. de Somogy (Pannonié), c'est-

á-dire loin de toute région roumanophone. Pour d'autres tentatives de loca-

lisation

17 Monumenta

cf.

Romana

Episcopatus

I,

p.

Vesprimiensis.

255—6.

Budapest,

1896,

Pannonhalmi

Rendtört.

bable que nous ayons á fairé á un nom dérivé du néo-latin corte

plus haut), dont la

(cf.

ital.

corte,

etc,

et

„curtis

Cortouv.

forme, de type nettement occidental et non orientál, irait de pair avec les autres particularités de l'ancienne latinité pannonienne. 18 La diphtongue finale semble résulter d'une adaptation du terme aux fins de mots de l'ancien hongrois, En ce qui concerne ce Beren que M, Sacerdoteanu táche de „roumaniser" en Pereu, Bereu (1, c,), ce n'est certainement pas autre chose que le mérne nom de Berény que nous venons de reconnaitre dans octyctQ@Qvev.

1019. Contrairement aux deux chartes antérieures dont l'au-

thenticité ne pourrait étre contestée, celle de 1019 dont M. Sa- cerdoteanu a également invoqué le témoignage, est un faux qui fut fabriquée aprés 1308, c'est-á-dire au début de l'époque ange- vine. 19 II s'ensuit qu'elle n'a aucune valeur documentaire pour l'histoire des Roumains au XI e siécle. Les noms de Rada, Sniger et Borul qui figurent dans ce texte, sont d'origine slave et n'ont rien á voir avec les Roumains, 20

1024. C'est également un faux qui remonte aux années 40

du XIV e siécle. 21 On y lit la phrase suivante: ,,contulimus etiam praelato monasterio" (il s'agit de celui de Zalavár, en Pannonié) ,,piscinas simul cum insulis aquae Balatini, vna cum siluis adia- centibus ipsius Ecclesiae, Balavár, et Murul, nuncupatis cum duo- decim piscatoribus". 22 M. Sacerdoteanu en a fait la citation sui- vante: „piscina Murul nuncupatis cum duodecim piscatoribus" (dans le texte: Pescaria Murul). 23 Tout cela n'est qu'une illusíon puisque, mérne á l'avis de Dráganu, 24 il s'y agit d'une „silva Mu- rul". Néanmoins il est impossible de mettre en relation ce nom avec le roumain murul ,,le mürier", parce que les bonnes éditions de la charte présentent les lepons Burul ou Burull qui est d'ori- gine slave et non roumaine- 25

1036? Ignorant les recherches modernes de díplomatique

 

18 Cf.

L,

Gáldi:

Le

romanisme

transdanubien.

Roma,

1937.

8—9.

 

19 O. c. p. 252; Szentpétery,

o.

c.

p,

4; Pannonh,

Rendtört,

p. VII, p. 505

ss.

20 o.

Kniezsa,

c.

AECO-

II,

p.

124—5.

 

21 Rendtört.

Pannonh.

VII,

p.

506.

 

22 Fejér,

Cod.

Dipl.

I,

p.

309

(nous

citons

le

texte

d'aprés

cette

édi-

tion

fautíve

parce

que

la

le?on

proposée

par

M.

Sacerdoteanu

provient

de

cette

source

douteuse).

 

23 Sacerdoteanu,

o.

c.

p.

253.

 

24 Dráganu,

o.

c.

p.

150.

25 Zalai

Okit.

I,

p.

2;

Pannonh.

Rendtört.

VII,

p.

480;

pour

letymologíe

cf.

Kniezsa,

o.

c.

AECO.

II,

p.

124—5.

 

hongroise, 20 M. Sacerdoteanu a fíxé (d'aprés Fejér, Cod. Dipl, I, p. 327) á 1036 la charte de donation des Bénédictíns de St. Maur oü l'on lít les noms géographiques suivants: „Cuppan, Pánnánád, Árpás, Magos, Quiarnul (Kajarhuul), Ocul Palaznok". 27 Une meilleure éditíon aurait pu apprendre á l'auteur qu'il avait tort de soup9onner dans la lecon Quiarnul la présence d'un article roumain f-ul). Les lepons exactes sont les suivantes: „Cuppan, Pannauad, Arpas, Mogos, Quiar, Nuul, Ocol, Poloznuk", 28 II s'agit donc de Kajár 29 et Nyul (cf, hongrois nyúl ,,liévre"), deux pos- sessions distinctes de l'abbaye de Bakonyvár, Quant á Ocol, il correspond au toponyme Akol qui remonte, en tant que mot hon- grois, au slave okol: ,,círculus, areola, castra". Etánt donné que ce terme a survécu en hongrois jusqu'á nos jours, 30 on ne pour- rait pas le rattacher au roumain ocol qui remonte d'ailleurs á la mérne forme slave, 1055. Une des plus anciennes traces pseudo-roumaines serait le nom géographique de Petra qui parait dans la charte de fon- dation de l'Abbaye de Tihany (com, de Zala, prés du lac Ba- laton), A l'avis de Densusianu, ,,la mérne localité reparait dans un document de 1211, Monumenta Hungáriáé hist. dipl, VI, 207; comp, les nombreuses localités Piaira qu'on rencontre dans la toponymie de la Roumanie et de la Transylvanie," 31 Cette asser- tion renferme plusieurs erreurs, Tout d'abord il convient de pré- ciser que ce document de 1211 auquel l'auteur roumain renvoíe, n'est pas, á partir des termes „quídquid ad Ecclesiam" et y com- pris aussi le passage ,,est ín eodem lacu (c. á. d, Balaton) locus, qui vocatur Petra", qu'une transcription littérale de la charte de 1055, II s'ensuit qu'il ne peut guére étre question d'une seconde mention, D'autre part, il est certain que le terme de Petra, qui est bien connu dans la latinité biblique et médiévale, est la tra- duction latiné (et non roumaine!) de la seconde partié de la dénomination hongroise d'Oroszkő ,,pierre des Russes", 32 Quant á

28

27

28

29

Szentpétery,

o.

c,

p.

5,

C'est

un

faux,

Fejér,

Cod.

Dipl.

I,

p

328.

Pannonh.

Rendtört.

VIII,

p.

224

ss.

Kniezsa:

Ungarns

Völkerschaften

im

fabríqué

vers

1230.

XI.

Jahrhundert.

AECO.

IV.

p.

390.

30 Gombocz—Melich:

Magyar

Etymologiai

col.

Szótár

(Dictionnaire

11,

o.

c-

I,

p.

265,

113, E. Kniezsa,

E.

Madzsar,

logique

31

teanu,

32

II,

de

la

langue

hongroise).

O,

Densu?ianu,

o,

c,

I,

p,

o,

c.

p.

253,

etc.

L. Erdélyi,

dans

Pannonh.

141,

Selon

l'aimable

I,

49—50.

cf,

316,

Giurescu,

p.

Rendtört.

X,

du

p.

commumcation

professeur

Etymo-

Sacerdo-

AECO.

n'est

il

ces Piatra qu'on pourrait démontrer, selon Densu^ianu, aussi dans la toponymie de la Transylvanie, il suffit de rappeler qu'en 1808 aucun nom de ce genre n'a encore figuré dans le répertoire géo- graphique de Lipszky. Tous ceux qu'on y trouve actuellement (comme - Subpiatrá—Kőalja, com. de Bihar, etc.) ne sont que les traductions des dénominations hongroises correspondantes. — Pour ce qui est du nom de Fancel, attesté également des 1055 (plus tard on aura Fonchol, Fanchol, Fancsal), il ne contient cer- tainement pas le suffixe diminutif roumain -el comme Dráganu le

suppose (o, c. p. 353—4). L'étymologie de ce nom est d'ailleurs assez obscure (cf. Fancs, Fancsika, etc.). 33 En outre, il faut s'in- scrire en faux contre une autre assertion de M. Sacerdoteanu qui cherche á expliquer par le roumain tous les dénominations souli- gnées dans le passage suivant de la mérne charte: „Kukurea, [recte: bukurea], hinc ad Fizeg azaa, deinde ultra Fizeg [recte:

Fyzeg] ad Brokina rea [rejcte: Brokinarea] et

[recte: hoduuturea]", 34 Comme nous avons dit ailleurs, 35 dans ce

Noguazah Febe rea [recte: Noguazahfeherea]

[recte: hoduuturea]". 34 Comme nous avons dit ailleurs, 35 dans ce passage — que l'auteur roumain a reproduit avec une série de

le<;ons fautives 36 — l'élément rea n'est pas le féminin de l'adjec-

tif roumain ráu „mauvais" (du latin

suffix e hongroi s indiquant la direction (p. ex. Morus- uusasara-kuta-rea" vers la fontaine du marché de Morus"). 37 Ceci dit, il est inutile d'ajouter que ces termes n'ont rien á voir avec la langue roumaine. 38

par aux Bénédictins de Garam 39 Densusianu avait cru pouvoir dé-

Mortis

hodu utu rea

reus), mais un ancie n

1075. Dans la lettre

de donation accordée

le roi Géza

I er

pas exclu d'identifier cette localité avec celle de Kövesd (com. de Zala). Pour comprendre la dénomination d'Oroszkő, il faut préciser que le roi André I er , ayant pour épouse une femme russe, fonda l'Abbaye de Tihany ,,pro coniugis salute", et qu'Orosz&ő pouvait bien étre une colonie ou un monastére russe, appartenant aux domaines de la reine (cf. 1267: cellám monachorum, que

Vruzku

vulgariter

nominatur,

Pannonh,

Rendtört.

X,

p,

526.)

33 Voir

E.

Kniezsa,

o.

c.

AECO.

 

I,

p.

143.

 

34 Sacerdoteanu,

o.

c.

p.

253,

note

7.

35 Gáldi,

L.

AECO.

III,

p.

269.

36 Sacerdoteanu

M.

parait n'avoir pas utilisé l'édition critique de L,

Erdélyi

qui

est

d'environ

30

ans

plus

ancienne

que

son

étude,

37 l'origine

A

ce

rea

(aujourd'hui

 

-ra,

-re)

était

un

adverbe

de

lieu.

38 est

II

á

remarquer

que

M.

Sacerdoteanu

n'a

fait

aucune

tentative

pour expliquer aussi „roumains".

les

premiers

 

termes

de

ces

prétendus

compéses

39 L'authenticité

de

cette

charte

a

été

contestée

non

seulement

par

les

montrer

les

dénominations

roumaines

de

,,mons

Sorul"

 

(,,comp.

Surul,

Sura,

montagne

et

collíné

des

districts

d'Arges

 

et

de

Me-

hedinti")

et

de

Kusticza

(,,comp.

de

dr.

costi§e,

costitá") 40

Sans

admettre

les

explicatíons

de

Densusianu,

Dráganu

y

a

découvert

le

nom

d'une

„piscina

quae

vocatur

Rotunda"

qu'il

a

essayé

d'identifier avec

le

terme

roumain

de

Rotunda

(de

rotund,

,,rond"). 41

Cette

hypothése,

qui

est

pareille

á

celle

fondée

sur

Petra,

a

été

réfutée par

MM.

Tamás

et

Kniezsa

qui ont

fait

voir

que

le

terme

de

Rotunda

n'est

que

la

traduction

latiné

d'un

hongrois Kerektó

(litt. ,,lac

rond"). 42 Dans

ces conditions

les

con-

clusions

de

M. Gíurescu,

 

quí

a

énuméré,

une

fois

de

plus,

les

noms de Sorul,

Rotunda

et

Crys,

et

de M. Sacerdoteanu

qui

per-

siste á erőire

dans

le caractére

roumain

de Pesznicze,

Ludan,

Bi-

hor,

Bucur,

etc. 43

ne

sont

que

des

redítes

qui

ne

méritent

pas

d'étre

longuement

discutées.

A

propos

de

cette

année

il

faut

encore

rappeler

que

c'est

alors

que

paraít

pour

la

premiére

fois

le nom

de

Torda—Turda

dans

les

chartes

de

Hongrie.

Ce

serait

la

premiére

d o n n é e

qui

ait

trait

non

pas

aux

Pseudo-

Roumains

des

autres

régions

de

la

Hongrie,

mais

á

la

population

roumaine

de

la

Transylvanie.

Dráganu

avait

essayé

de

la

fairé

dériver

du

latin

turda,

féminin

de

turdus

,,grive,

litorne", 44

mais il a renoncé plus tard

cité,

p. 453—6 toute une série de noms géographiques „roumains" en

,,Satui

I,

á cette

a

étymologie.

d'aprés

1082.

M.

Sacerdoteanu

Fejér,

á

l'an

Cod.

1037):

Dipl.

-ul (artiele défini! cf. plus haut Quiarnul,

Pechül ( = Pecul, Petrul sau Peciul), Chukus (al. Chudul), Ko-

hul, Vaschul,

Kapui".* 5 Pour diminuer l'importance de ces don-

historiens hongrois

(cf.

I.

Acsády:

A

magyar

jobbágyság

története,

p.

47,

Szentpétery,

o.

c.

p.

8),

mais

aussi

par

N.

Iorga:

Histoire

des

Roumains.

III,

p.

29.

40 Histoire

de

la

langue

roumaine,

I,

p.

316.

 

41 p.

Dráganu,

o.

c.

292.

42 Romains,

L. Tamás:

Romans,

Roumains

dans

l'histoire

de

la

Dacia

Trajane.

AECO.

II,

p.

323

ss.,

Kniezsa,

o.

c.

II,

93.

La

prudence

de

M.

Valkhoff nons parait exagérée:

,,Faut-il

lire avec Dráganu, »La piscine

dit

Rotunda« (roumanin rátund, rotund),

 

ou

avec

M.

Tamás

simplement

»La

piscine qu'on appelle ronde« (en hongrois on dans quelque langue qui ce Attendons les répliques et les »dupliques« et laissons provisoirement

question

sóit).

la

en

suspens".

Neophilologus,

XXIV,

p.

258.

43 Giurescu: Istoria

44

Cf. o. c. AECO,

Dacoromania,

I,

p,

215.

c.

o.

p.

45 Dráganu,

Románilor,

I,

p.

265;

Sacerdoteanu,

o,

c.

p.

253.

IV,

p.

1133—34,

Pour

un

Turz

de

1183

v.

Kniezsa,

478

ss.

nées, il convient de constater qu'elles se trouvent intercalés dans un faux peu antérieur á 1327. 40 En outre, c'est un bornage des possessions du chapitre de Veszprém, qui se référe naturellement á la Pannonié oü l'on a beau chercher une population roumaine. Quant aux noms, le premier dóit étre lu Pécsül, parce que plus tard on le retrouvera sous les formes de Pécsül et Pécsöl, A1 le second est un nom de personne d'origine non roumaine, 48 Vaschul est identique au nom slave de Vazul (cf. 1093: Vozul, plus tard Vászoly). 49 Au lieu de Kapui (cf. roumain capul ,,la téte") il faut lire Copul. 50 Le nom de Kohul n'existe pas dans la charte en ques- tion, — Pour le nom de Tat que Dráganu démontre dés la mérne année, cf. Kniezsa, AECO. II, p. 170. Aprés 1083. C'est dans la Vie de saínt Gérard, l'apőtre d'ori- gine vénitienne des Hongrois (mort en 1046 et canonisé en 1083 qu'on rencontre plusieurs mentions de l'urbs Morisena (p. ex, ,,In diebus illis erat quidam princeps in urbe Morisena nomine Acthum"), 51 Admettant l'hypothése de certains historiens rou- mains antérieurs, N, Iorga rapproche ce toponyme du roumain Murá§ana, 52 mais cette tentative est aussi absurde que celle d'ídentífier le nom d'Achtum (Ajtony), attesté dans le mérne passage, avec celui de Tuhutum, un des chefs des Hongrois et conquérant de la Transylvanie. 52a L'auteur roumain dóit avoir oublié qu'íl s'agit lá de deux noms totalement différents, 53 et que Morisena est tout simplement un adjectif lati n (et non roumain! ) tíré du nom de la Maros 54 qui, bien avant notre ére, est déjá cité par des sources grecques sous les formes de Magig ou Máoiaog.

1086.

Dráganu

fixe

á

cette

année

le

nom

du víllage

Goun

qu'il fait venir

du roumain

gáun

,,creux"

( <

lat.

cavonem).

Étant

IV,

45

48

47

48

49

50

p.

51

6.

Sacerdoteanu,

Szentpétery,

92,

„ex gracia

Csánki

Cf. villa Kopul, Fejér, Cod. Dipl.

Csánkí

o.

p.

o.

c.

c.

p.

comitis

p,

122.

p.

9,

254.

Gáldi,

Chudus

AECO.

III,

p.

Hazai

269.

III,

III,

terram."

Okmánytár,

IV,

p.

3.

I,

p,

456,

Copul,

Hazai

Okmánytár,

Scriptores

Rerum

Hung.

II.

p.

489.

1937,

III,

p.

26—7,

Vita S. Gerardi, éd. Szentpétery,

Bucarest,

52 Histoíre

des

Roumains.

S2a

53

Szótár,

XI,

p.

54

laláskori

L,

c.

Sur

l'étymologie

d 'Ajton y

v.

Gombocz—Melich:

Magyar

 

Etymologiai

I,

p,

41;

sur

celle

de

Tuhutum—Tétény

 

J.

Melich,

Magyar

Nyelv,

120.

De

l'ancien

hongrois

Moris,

cf.

Morisus.

1884," J,

Melich:

A

honfog-

Magyarország.

Budapest,

1925,

p.

52

et

Szentpétery,

o.

c.

II,

p.

480.

donné qu'il s'agit de Gyón (com. de Fejér), l'hypothése est inad- missible. 55 —• Ni le nom de la riviére Marczal (1086: Murzol, en Pannonié) n'a rien á voir avec les Roumains, bien que ce sóit un

des rares noms conservés depuis l'antíquité. 56 — Et que dire

nom de personne Grossus 51 qui peut venir aussi du latin médiéval, de l'ítalíen, etc. et qui, en outre, peut étre aussi la traduction d'un nom hongrois?

1111. C'est á cette date (et aussi deux ans plus tard, cf. Fejérpataky, Kálmán király oki. p. 62) qu'on trouve la mention d'un mystéríeux ,,Mercurius princeps ultrasíluanus" en qui N, Iorga voit un „voévode roumain", ajoutant que „nous pouvons penser aussi aux localités de Transylvanie qui s'appelaient „Mier- curi" (mercredi); il y en a deux, qui sont trés anciennes: l'une au Sud-Ouest de la province (Reussmarkt), l'autre dans la pro- vince du Ciuc." 58 Nous avons déjá démontré ailleurs que cette argumentation est fondée sur les erreurs les plus singuliéres, D'une part, c'est un fait que le nom de Mercurius (qui avait déjá été porté par deux saints, l'un Sicilien, l'autre Cappadocien, á l'époque impériale romaine) était assez répandu en Hongrie:

outre ce Mercurius monachus (peut-étre de Székesfehérvár) qui

du

est mentionné par le chroniqueur Hartvik (Szentpétery, Scriptores II, p. 438), on connait deux seigneurs laics de ce nom; l'un était comte de Somogy et l'autre, comte de Győr, 59 Toutes ces person- nes vivaient dans la Hongrie Occídentale ce qui est un argument bien sérieux contre leur nationalité roumaine, D'autre part, — et c'est lá une preuve décisive qui écarte toute discussion — il est incontestable que la dénomination roumaine de Miercurea—

Ciuc

á la fin du XIX e siécle on disait encore couramment Ciuc—Sze- redet, voire Sereda—Ciucului (Moldovan—Togan, Dic{. numirilor de localitáti cu poporatiune romána din Ungarie, Sibíu, 1909, p. 204), d'aprés le hongrois Csik-Szereda. II s'ensuit qu'on ne peut établir aucun rapport entre le „princeps" (et non „voévode"!), de nationalité inconnue, du XI e siécle et le chef-lieu du „siége" de Csik, dont le nom, hongrois de Szereda, signifiant „mercredi" (comme d'ailleurs aussi le roumain Miercurea qui en est la tra-

á laquelle N, Iorga fait allusion, est de date trés récente:

55

59

57

58

59

Dráganu,

o.

c.

p.

136;

Kniezsa,

o.

c.

AECO,

I,

p.

153.

Dráganu,

o.

c,

p.

167;

Kniezsa,

o,

c,

AECO.

II,

121—2.

 

Dráganu.

o.

c.

p.

55,

Tamás—Treml,

Századok,

1934,

p

Iorga:

Histoire

des

Roumains,

III,

p.

33,

39.

Szentpétery,

o.

c.

I,

p.

69;

70—1.

 

duction), s'explíque par l'ancien jour du marché hebdomadaíre dans cette localité. 00

a plusieurs noms roumains, mais aucune des hypothéses s'y rap- portant ne résiste pas á la critique. Au lieu de ce Late que Drá- ganu a essayé de fairé venir du roum. lat, latá „large", il faut lire Latc; u le nom de la ,,ville Staul" (cf. Alistál, Felistál, villa- ges du com, Komárom) ne déríve pas du roumain staul ,,étable", mais probablement d'un mot wallon; 62 et la ,,píscína quae vo- catur Piscar" (cf. 1232, 1255: Piscarustou) porté une dénomina- tion latiné et non roumaine. 63

année

1113.

On

voulu

trouver

dans

les

chartes

de

cette

 

1135.

Dráganu

a

essayé

de

relever

dans

la

charte

de

fonda-

tion

de

l'abbaye

de

Bozók

trois

noms

roumains,

á

savoir

Crez,

Zaka

et Krysan,

mais il a cru nécessaire d'ajouter que ses

étymo-

logies ne

sont

pas

tout

á

fait sűres

(,,nu

sánt

tocmai

sigure",

o.

c.

p,

181),

Pour

leur

critique

cf. Kniezsa,

AECO.

I,

p,

178,

Les

mémes

remarques

valent

aussi

pour

ce

Crysan

dont

Densusianu

avait retrouvé le nom dans une charte

de

1209

(o.

c,

p,

318).

1138. Les noms „pseudo-roumains" sont nombreux á cette

date aussi. Pour Fons servus (Dráganu, ,oc. 353) cf. Kniezsa,

AECO. I, p, 142; pour „villa Humul" (Fejér, Cod. Dipl. II, p. 95) 64 cf. D, Pais, Magyar Nyelv, XIV, p, 69, oü l'on trouve les noms hongrois de Humor, Homoród etc. parmi lesquels se laisse ran- ger cette donnée aussi, N, Iorga fait également remarquer que „les noms roumains de personnes ne manquent pas dans cette Transylvanie du XII e siécle, On en trouve en 1138 dans telle do- nation faite á la Maison de Sainte-Marguerite de Demes: Socol, Simeon, Isaac". 65 Pour infirmer cette thése, il suffit de remarquer que le monastére de Demes (c. á, d, de Dömös) se trouvait á l'Ouest de Vác, sur le Danube, et que, par conséquent, on ne peut le mettre en aucune relation avec les Roumains de Transylvanie.

En ce qui concerne les personnes en question, on ne saít rien leur appartenance ethnique.

de

1145.

C'est

dans

la

transcription

de

1443 d'un

faux

daté

de

o,

c,

113;

00

61

62

63

p,

Cf,

Kniezsa,

G.

Densusianu:

L,

Gáldi,

o.

c.

Századok,

AECO.

II,

1939,

p.

p.

113.

357

Magyar

Histoire

Kniezsa,

o.

Nyelv,

de

1936,

p.

la

langue

II,

AECO.

c.

p.

et

ici

Bárczi,

172—3;

90—95.

roumaine,

137—9.

pour

64

65

v.

Sacerdoteanu,

Iorga:

Pescan

Histoire

ibid.

o.

c.

des

p.

139.

p.

Roumains,

254.

III,

p.

99.

mérne

I,

p.

Pour

p,

35,

note

4.

316—7;

Lyuna

cf.

Dráganu,

p.

ibid.

de

voir dans le premier terme de ce composé le roumain apa „eau", tout en ajoutant qu'il pourrait s'agir aussi du mot hongrois apát „abbé, ,supérieur'\ Seule la seconde hypothése est admíssible:

c'est certainement apát tava c. á. d. „le lac de l'abbé," 06

pas

du roumain foetus, comme Dráganu l'a suposé, mais du hon- grois folt „tache." 07 1162. Comme en d'autres cas, Dráganu cherche á expliquer par le roumain le nom de lieu villa Vidza (com. de Sopron; cf. vita „vigne"), mais en mérne temps il admet la possibilité de le fairé dériver du slave Vit. 68

1145 qu'on lit d'une Apatthaua

piscina.

Dráganu

a

proposé

1152. Le nom de personne Fot

(ÁUO.

I,

p.

62)

ne déríve

 

1165.

Les noms de Edu et de Kokon ne dérivent pas du rou-

main

ied

< lat. haedus

et

de

cocon,

cucon

„enfant", comme

Drá-

ganu le veut, mais du hongrois Edde „Gilles" (AegidiusJ et du slave koka „oeuf". 69 12023. C'est á cette date qu'on rencontre le premier nom de personne qui peut étre d'origine roumaine, á savoir ce Fichur (cf. roumain fecior „garzon"), qui est porté par un serf au com.

de Bihar. 70 Les autres noms attestés dans la mérne charte (Qrud, Micus, Tata, Naqucz, Karachin, Qucus) ne s'expliquent pas par le roumain. 71

essaie d'expliqer par le

roumain, mais qui est probablement d'origine slave, 72 rappelons la dénomination „Salch vallis" (ÁUO. VI, p. 324) que le savant rou-

qu'on pourrait

main fait venir du roumain salce „saule", mais

considérer aussi comme un diminutif du hongrois Sál (de Saul). 73 1211. Nombreuses sont les dénominations de cette date qu'on a táché de mettre en rapport avec le roumain. Rappelons, á titre d'exemple, Kuine (nom de personne en Pannonié) que Dráganu rattache au roumain cáine „chien", mais qui repose sur une le^on

1208. Outre

ce

Lat

que

Dráganu

66 Dráganu,

o.

c.

p.

88;

Kniezsa,

AECO.

I,

o.

c.

p.

109,

67 Dráganu.

o.

c.

p.

63—4,

79.

Kniezsa,

AECO.

I,

p.

150.

68 Dráganu,

o.

c.

p.

153—4;

pour

l'étymologie

allemande

du

nom

v.

Kniezsa,

o.

c.

AECO.

II,

p.

152.

Pour

Kacil

oo Keczel,

Dráganu,

ibid.

p.

79,

Kniezsa,

p.

160.

69 AECO.

Cf.

Kniezsa,

I,

p.

140,

173.

70 Szentpétery,

o.

c.

p.

61.

71 Pour

les

hypothéses

de

Dráganu

cf.

o.

c.

p.

293,

mais

ajoutez

les

remarques

eritiques

de

L.

Tamás,

o.

c.

AECO.

II,

p.

320—1.

 

72 O.

c.

182

Kniezsa,

o.

c.

AECO.

I,

p.

183.

73 Kniezsa,

o.

c.

AECO.

II,

p.

143.

LIX

fautive au líeu de Kineh, 74 ensuite Nuuzou, Nuhzou qui n'est pas

(Jean), mais un nom verbal hon-

grois: Nyúzó, 75

identique au roumain ráu „mauvais", présente le radical hon-

(nom de personne) qui, au lieu d'étre

un diminutif roumain de Ioan

et enfin Rou

grois des mots ravasz

,,rusé"

et róka

„renard". 76

 

1213.

En

ce

qui

concerne

le

toponyme

de

,,villa

Zor"

que

Dráganu a relevé dans les Registres de Várad (p. 83), il n'a rien

á voir avec le roum. sorú,

f

sora

<

sororj."

1214.

Déjá Densu^ianu

avait découvert

dans

une

charte

de

l'abbaye de Lelesz le nom de Gemen

(Fejér,

III.

1.

p.

160) pour

le comparer au roumain Geamáná), 78 Dráganu a repris, mais sans

renvoyer á Densu^ianu, cette explication qui repose sur la mau- vaise éditíon d'un faux. Les noms de Bona, Válicka et Alba qu'il

d'origine

non-roumaine. 79

1217. Dráganu a cité Fagha, le nom d'une montagne au com.

de Heves (ÁÜO. XI, p. 140), le faisant dériver du roumain fag ,,hétre" (o. c. 210). L'étymologie n'a aucune chance de probabi-

lité, puisqu'íl a trait á un endroit éloigné des régions roumano- phones. II est encore á remarquer que 23 ans plus tard la mérne montagne sera mentionnée sous le nom de Fana (Szentpétery, o.

c. p. 209). 80

a encore

cités

á

propos

de cette

année,

sont,

eux

aussi,

 

1219.

Dráganu

a

proposé

de

fairé

dériver

le

nom

de

Batiz

qui

sera

souvent

attesté

á

partir

de

cette

année,

du

roumain

botez

,,baptéme",

mais