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Physique quantique I

Thierry BASTIN

I.P.N.A.S., bât. B15


Tél : 04/366.36.93
e-mail : T.Bastin@ulg.ac.be

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Chapitre 1

Ondes et particules
Introduction aux idées fondamentales
de la physique quantique

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Hypothèse atomique (début XIXe siècle)
Toute substance peut se décomposer en un ensemble de corps simples.

Une centaine de corps simples connus (hydrogène, carbone, oxygène, . . . )


et classifiés (7→ tableau périodique)

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Apparence physique

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Hypothèse de Dalton (1805)

Les corps simples sont formés de particules identiques, qui traversent sans ja-
mais se laisser subdiviser les diverses transformations physiques et chimiques.
Insécables par ces moyens d’actions, on peut les appeler ATOMES.
Hypothèse refusée par les positivistes, . . . mais acceptée par d’autres.
Aujourd’hui, on peut “voir” les atomes individuellement.

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“Voir” les atomes

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“Voir” les atomes

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“Voir” les atomes

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Propriétés des atomes

Taille : de l’ordre de l’Å (1 Å = 10−10 m)


Masse : de l’ordre de 1.67 · 10−27 kg (pour l’atome d’hydrogène)

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Les lois qui “gouvernent” les atomes

On pense d’emblée à la mécanique classique (lois de Newton).


L’état d’un atome = connaissance de sa position r(t) et de son impulsion p(t)
en tout instant t.
Premiers succès rencontrés avec la théorie cinétique des gaz (1850 - 1860).
Plusieurs expériences vont venir remettre cela en question.
En réalité, les entités microscopiques obéissent à d’autres lois
→ Les lois de la mécanique quantique.

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Naissance de la mécanique quantique

Liée à l’observation de phénomènes “incompréhensibles” par les lois connues à


l’époque (mécanique de Newton, électromagnétisme de Maxwell) :
1. Rayonnement du corps noir
2. Lumière émise par des décharges dans les gaz (spectres de raies)
3. Comportement ondulatoire des électrons

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Naissance de la mécanique quantique

Liée à l’observation de phénomènes “incompréhensibles” par les lois connues à


l’époque (mécanique de Newton, électromagnétisme de Maxwell) :
1. Rayonnement du corps noir
2. Lumière émise par des décharges dans les gaz (spectres de raies)
3. Comportement ondulatoire des électrons

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Le corps noir

Les corps chauffés émettent du rayonnement (incandescence)


Ex. : barreau de fer chauffé, filament d’une ampoule : rouge foncé → rouge
brillant → jaune → blanc
On peut analyser la composition spectrale du rayonnement (prisme par ex.)

On observe un spectre continu

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Le rayonnement émis dépend de la température T du corps
(quantité et composition spectrale)

Le rayonnement émis dépend aussi de la nature du corps

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Emission/absorption de lumière par la matière
Finc
Fréfl Fémis

Fabs T

Emission : Chaque unité de surface d’un corps à temp. T émet du rayonnement


Flux émis∗ (Fémis ) = qté d’énergie émise par unité de surface et de temps (W m−2 )

Absorption/Réflection : Chaque unité de surface qui reçoit un flux incident de


rayonnement (Finc ) va
– en absorber une partie (Fabs )
– en réfléchir et diffuser une autre partie (Fréfl ) Finc = Fréfl + Fabs
Fabs
Coefficient d’absorption : a ≡ ∗
appelé aussi puissance rayonnée
Finc
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Définition du corps noir
Finc
Fréfl Fémis

Fabs T

F Pour tous les matériaux : Fémis , Fabs et Fréfl dépendent de la long. d’onde λ
(explique leur couleur, on écrit explicitement Fémis (λ), Fabs (λ) et Fréfl (λ))
F Équilibre radiatif : Fabs (λ) = Fémis (λ) (hors équilibre T du corps varie)
Fémis (λ)
F A l’équilibre, ne dépend que de T (indépdt de la nature du corps)
a(λ)
Corps noir : Corps qui absorbe toutes les radiations, qui ne réfléchit rien
F
a(λ) = 1, ∀ λ ⇔ Fréfl (λ) = 0, ∀ λ

F Un corps noir apparaı̂t . . . parfaitement noir à température ambiante, . . .


mais pas à plus haute température Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Réalisation expérimentale d’un corps noir
Aucun matériau n’est réellement un corps noir (mais beaucoup s’en rappro-
chent, malgré les apparences ; par ex : Terre, Soleil)

Kirchhoff (1860) Si l’espace est entouré par une paroi ayant une température
homogène et tel que les rayons ne puissent y pénétrer que par une petite ouver-
ture, alors le rayonnement émis par l’ouverture est le même, qualitativement et
quantitativement, que s’il provenait de la surface d’un corps noir réel de même
température.

Spectromètre

T
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Lois du corps noir
. . . tirées de l’expérience
- Le rayonnement émis par un corps noir est indépendant de la nature et de la
forme de ce corps. Il ne dépend que de sa température T . L’émission du corps noir
présente un caractère universel.

R
- Loi de Stefan-Boltzmann (1879) : Flux total rayonné dλ Fémis (λ) ≡ S = σT 4 ,
σ = cte de Stefan-Boltzmann = 5.67 · 10−8 Wm−2 K−4

- Loi de Wien (1893) : λm T = cte = 0.29 cm K


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La catastrophe ultraviolette
- Avant 1900, aucune théorie n’est en mesure d’expliquer la forme de la courbe de
la puissance rayonnée Fémis (λ). La thermodynamique et l’électromagnétisme
classique donne la loi de Rayleigh-Jeans.
2πckT R
- Loi de Rayleigh-Jeans : Fémis (λ) = Pb : S ≡ dλ Fémis (λ) = ∞
λ4
- Loi en désaccord avec l’expérience vers les faibles λ (catastrophe ultraviolette)

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La loi de Planck

- Planck découvre une loi en 1900 en accord avec l’expérience !


2πhc2 1
- Loi de Planck : Fémis (λ) = 5 hc/λkT
,
λ e −1
h = cte de Planck = 6.62 · 10−34 J s

- . . . mais la loi est obtenue au prix d’hypothèses en contradiction avec la


physique classique

Exercice : Vérifier que la loi de Planck redonne bien la loi de Stefan-Boltzmann :


Z
2π 5 k4 4 4
S≡ dλ Fémis (λ) = 2 3
T ≡ σT
15c h

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Les hypothèses de Planck (1900)

Contrairement à ce qu’exige la théorie classique, l’échange d’énergie entre la


matière et le rayonnement ne peut se faire que de façon discontinue, discrète
(par quanta).
Plus précisément, tout échange d’énergie entre la matière et la partie du
rayonnement à la fréquence ν ne peut se faire que par pas de

E = hν

où h est la constante de Planck


E = hν est appelé un quantum d’énergie

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Vision classique de l’émission de rayonnement
Dipôle oscillant : Une charge qui effectue un mouvement oscillatoire à la
fréquence ν émet du rayonnement (une onde électromagnétique) de fréquence
c
ν, de longueur l’onde λ =
ν
E(x,t) = E(x) eiω t
Finc

x B(x,t) = B(x) eiω t


q

O
Finc ÷ (qd)2
d

En électromagnétisme classique, rien n’interdit d’augmenter continûment la


puissance rayonnée

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Rappel : les ondes électromagnétiques

– vitesse de propagation : c = 3 · 108 m s−1 (dans le vide)


la
– la
fréquence ν (nbre d’oscillations/unité de temps)
– la
pulsation ω = 2πν
c
– la
longueur d’onde λ =
ν

– le nombre d’onde k = (⇒ ω = ck)
λ

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Nature corpusculaire du rayonnement

Einstein (1905) : Les quanta de Planck sont des corpuscules

⇒ Le rayonnement est constitué de corpuscules (appelés photons)


h
– d’énergie E = hν = ~ω ~=

E hν h
– d’impulsion p = = = = ~k
c c λ
La matière (les atomes) peut émettre ou absorber ces photons

⇒ Le rayonnement présente une double nature :


– corpusculaire (les photons)
– ondulatoire (montré par expériences d’interférence)

Il devient difficile de se faire une image précise du rayonnement !

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Naissance de la mécanique quantique

Liée à l’observation de phénomènes “incompréhensibles” par les lois connues à


l’époque (mécanique de Newton, électromagnétisme de Maxwell) :
1. Rayonnement du corps noir
2. Lumière émise par des décharges dans les gaz (spectres de raies)
3. Comportement ondulatoire des électrons

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Les spectres de raies
Avec une décharge électrique dans un gaz d’atomes

H Spectromètre
1000 V

-
on observe un spectre de raies caractéristiques du gaz :

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Spectra of Gas Discharges Page 1 sur 3
Chaque élément possède son propre spectre
Hydrogen

Helium

Lithium

Oxygen

Carbon
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Les spectres de raies émis par les atomes sont tout-à-fait inexpliqués par la
physique classique.
Il faut attendre 1914 pour obtenir une ébauche d’explication, 1926 pour une
explication correcte.
1914 : le modèle de Bohr
1926 : naissance de la mécanique quantique
La découverte de l’électron va contribuer à cette explication

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

anode
+

1000 V

- vers pompe à vide


cathode

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

anode
+

1000 V

- vers pompe à vide


cathode

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

anode
+

1000 V

- vers pompe à vide


cathode
« Rayonnement cathodique »

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

1000 V
+

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

1000 V
+

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La découverte de l’électron
C’est l’observation du rayonnement cathodique qui va contribuer à la
découverte de l’électron

1000 V +
+

-
E

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La découverte de l’électron
⇒ Le rayonnement cathodique = flux de particules chargées - (1897)

1000 V +
+

-
E

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La découverte de l’électron
Le rayonnement cathodique = flux de corpuscules chargés - (1897)

→ les électrons :
– Charge : −e = −1.6 · 10−19 C
– Masse : m = 9.11 · 10−31 kg

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Où sont les électrons dans la matière ?

– Les électrons se trouvent dans les atomes mêmes


– Ils peuvent aussi se mouvoir librement → explication du courant électrique
– Dans le tube de Crooks, ils sont éjectés de la cathode → rayonnement cathodique

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Le modèle atomique de Thompson (1904)

Un atome = sphère chargée uniformément positivement, avec des électrons


répartis dedans
Des expériences viendront rendre ce modèle rapidement caduque

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Le modèle atomique de Rutherford (1911)

Un atome = noyau positif avec des électrons (vus comme des corpuscules)
orbitant autour
Problème : le système doit être instable.
Une charge en accélération émet du rayonnement ⇒ perd de l’énergie ⇒
devrait finir au centre

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Le modèle atomique de Bohr (1914)

- Les orbites des électrons sont circulaires.


- Seules certaines orbites sont permises :
→ le moment cinétique est quantifié : L = n~ (n = 1, 2, . . .)

- Le mouvement des électrons sur une orbite est stable (pas d’émission de
rayonnement → contraire à l’électromagnétisme de Maxwell)
- Cette émission est produite par le “saut” brusque d’un électron d’une orbite
à l’autre (contraire à la mécanique Newtonienne)
Bohr lui-même considérait ce modèle absurde ! Mais ce modèle est le premier
qui parvient à prédire les longueurs d’onde des raies de l’atome
d’hydrogène ! Par contre il ne marche pas pour d’autres atomes.

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Les orbites de Bohr de l’atome d’hydrogène
Equation de Newton : F = ma r
. &
e2 v2 L2
m = (car L = mvr)
4πε0 r2 r mr3

e2 L2 4π²0 2 4π²0 ~2 2
Donc 2
= ⇔ r= L = n avec L = n~
4πε0 r mr3 me 2 me 2

4π²0 ~2
Rayons permis : rn = n2 a0 a0 = rayon de Bohr = 2
= 0.529 Å
me

Energie de l’électron sur une orbite :


1 2 e2 1 e2 e2 1 e2
E = K + U = mv − = − =−
2 4π²0 r 2 4π²0 r 4π²0 r 2 4π²0 r

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Quantification de l’énergie

1 e2 RH me4
En = − =− 2 RH = cte de Rydberg = 2 2 = 13.6 eV
2 4π²0 rn n 8²0 h

Saut d’orbite : émission ou


n =¶ E¶= 0 absorption d’un quantum de
: :
n=3 E3= -1.51 eV rayonnement (un photon) à la
IR
fréquence ν telle que :
n=2 E2= -3.39 eV
visible
hν = En − En0
µ ¶
1 1
= −RH 2
− 02
n n
Lyα (1215.7 Å)
Conservation de l’énergie
n=1 E1= -13.6 eV (ce que l’atome perd,
Raies UV
le rayonnement le gagne)

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Naissance de la mécanique quantique

Liée à l’observation de phénomènes “incompréhensibles” par les lois connues à


l’époque (mécanique de Newton, électromagnétisme de Maxwell) :
1. Rayonnement du corps noir
2. Lumière émise par des décharges dans les gaz (spectres de raies)
3. Comportement ondulatoire des électrons

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Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par une ouverture circulaire

La dimension de l’ouverture doit être de l’ordre de λ (de l’ordre du µm)


Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par une ouverture circulaire

La dimension de l’ouverture doit être de l’ordre de λ (de l’ordre du µm)


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Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par une fente

La taille des fentes doit être de l’ordre de λ (de l’ordre du µm)


Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par un réseau (ensemble de fentes)

La taille des fentes doit être de l’ordre de λ (de l’ordre du µm)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par un réseau (ensemble de fentes)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par un réseau (ensemble de fentes)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences de
diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par un réseau (ensemble de fentes)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Phénomènes ondulatoires
La nature ondulatoire d’un système physique est montré par des expériences
de diffraction et d’interférence.
La lumière possède un comportement ondulatoire :

Diffraction par une grille (réseaux croisés)

La taille des ouvertures doit être de l’ordre de λ (de l’ordre du µm)

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Diffraction des rayons X
Les rayons X sont de même nature que la lumière. Seule varie leur longueur
d’onde qui est plus courte.
Longueur d’onde typique : de l’ordre de l’Å :

doit se comporter pour les rayons


⇒ Un cristal X comme une grille se comporte
pour la lumière

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Diffraction des rayons X
Effectivement !

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Diffraction des électrons
Et si on envoie plutôt un faisceau d’électrons

1000 V
+

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Nature ondulatoire des électrons

Les expériences de diffraction de faisceaux d’électrons sur des cristaux


suggèrent que les électrons ont un comportement ondulatoire

⇒ A l’instar du rayonnement, les électrons présentent une double nature :


– corpusculaire (exp. de Thompson → déviation d’un faisceau d’électrons)
– ondulatoire (expériences de Diffraction)

Il devient difficile de se faire une image précise d’un électron !

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Nature corpusculaire du rayonnement

Einstein (1905) : Les quanta de Planck sont des corpuscules

⇒ Le rayonnement est constitué de corpuscules (appelés photons)


h
– d’énergie E = hν = ~ω ~=

E hν h
– d’impulsion p = = = = ~k
c c λ
La matière (les atomes) peut émettre ou absorber ces photons

⇒ Le rayonnement présente une double nature :


– corpusculaire (les photons)
– ondulatoire (montré par expériences d’interférence)

Il devient difficile de se faire une image précise du rayonnement !

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Hypothèse de de Broglie (1924)

Les corpuscules matériels, tout comme les photons, peuvent avoir un aspect
ondulatoire

A tout corpuscule matériel d’énergie E et d’impulsion p est associé une onde,


de pulsation ω = 2πν et de vecteur d’onde k donnés par les mêmes relations
que pour les photons :
– E = hν = ~ω
2π h
– p = ~k ⇒ Longueur d’onde de l’onde associée : λ = =
k p

Exemple : 1 faisceau d’électrons accélérés sous une d.d.p. de 1000 V :


p2 h
E= = 1000 eV ⇒λ= √ = 0.39 Å (comme les rayons X)
2m 2mE

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Nature ondulatoire des objets macroscopiques

Les propriétés ondulatoires de la matière sont impossibles à mettre en


évidence pour des objets macroscopiques :

Exemple : grain de poussière de 1 µm de diamètre → masse m ' 10−15 kg


h
Pour une vitesse v de 1 mm/s, on trouve λ = mv = 6.6 · 10−6 Å

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Description d’une particule matérielle
Postulats de la physique classique
– Particule = système caractérisé par une position r et une vitesse v en tout
instant t (6 paramètres)
– État d’une particule en t = donnée de r(t) et de v(t)
– Équation de Newton → équation permettant de calculer r(t) et v(t), ∀ t sur
base de la connaissance a) des forces F(r, t) qui s’exercent sur la particule et b)
de r(t) et v(t) en un instant initial t = t0 :

dp d2 r
F(r, t) = =m 2
dt dt
– Trajectoire : Courbe donnée par l’ensemble des points r où passe la particule
Si les forces sont conservatives (càd s’il existe V (r) tel que F(r) = −∇V (r)),
Alors T (r) + V (r) = cte au cours du temps (notée E)

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Description d’une particule matérielle
Postulats de la physique quantique
– Particule = système caractérisé par une fonction d’onde ψ(r, t) à valeur
complexe en tout instant t (∞té de paramètres).
– État d’une particule en t = donnée de ψ(r, t)
– Équation de Schrödinger → permet de calculer ψ(r, t) sur base de la
connaissance a) de l’énergie potentielle V (r, t) de la particule et b) de la
fonction d’onde ψ(r, t) en un instant initial t0 :

∂ ~2
i~ ψ(r, t) = − ∆ψ(r, t) + V (r, t)ψ(r, t)
∂t 2m

avec ∆ = ∂ 2 /∂x2 + ∂ 2 /∂y 2 + ∂ 2 /∂z 2


– |ψ(r, t)|2 d3 r = probabilité de présence de la particule à l’instant t dans le
volume d3 r situé en r
– |ψ(r, t)|2 est appelé densité de probabilité de présence
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Quelques premières observations

• La notion de trajectoire n’existe plus en physique quantique. Seule compte la


donnée de ψ(r, t), ∀t
Z
• Probabilité de trouver la particule quelque part dans l’espace : d3 r|ψ(r, t)|2
Z
⇒ il faut que d3 r|ψ(r, t)|2 = 1, ∀t

→ la fonction d’onde doit être de carré intégrable et normée

• L’équation de Schrödinger est linéaire et homogène en ψ :


ψ1 (r, t) et ψ2 (r, t) sont solutions ⇒ λ1 ψ1 (r, t) + λ2 ψ2 (r, t) est solution ∀λ1 , λ2

• L’équation de Schrödinger est du premier ordre en t :


⇒ La connaissance de ψ(r, t) en t = t0 est suffisante (mais nécessaire) pour
déterminer univoquement ψ(r, t), ∀t

• La détermination de l’état du système est plus compliquée en physique


quantique : résolution d’une équation aux dérivées partielles

• Pour désigner l’énergie potentielle V (r, t), on utilise plutôt le terme de potentiel
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Première étude de l’équation de Schrödinger :
Cas du potentiel V (r) indépendant du temps

µ ¶
∂ ~2
i~ ψ(r, t) = − ∆ + V (r) ψ(r, t)
∂t 2m

Existe-t-il des solutions de la forme ψ(r, t) = φ(r)χ(t) ?


φ(r)χ(t) est solution ssi
µ ¶
∂ ~2
i~ χ(t)φ(r) = − ∆ + V (r) φ(r)χ(t)
∂t 2m
µ ¶
i~ d 1 ~2
⇔ χ(t) = − ∆ + V (r) φ(r)
χ(t) dt φ(r) 2m


 d
 i~ χ(t) = Eχ(t) Sol. : χ(t) = Ce−iEt/~
⇔ µ dt


 ~2
 − ∆ + V (r) φ(r) = Eφ(r)
2m
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Equation de Schrödinger indépendante du temps

La fonction cE φE (r)e−iEt/~ est solution de l’équation de Schrödinger


µ 2

∂ ~
i~ ψ(r, t) = − ∆ + V (r) ψ(r, t) (1)
∂t 2m
ssi φE (r) vérifie l’équation de Schrödinger indépendante du temps
µ 2

~
− ∆ + V (r) φE (r) = EφE (r)
2m

X
Toute combinaison linéaire cE φE (r)e−iEt/~ est encore solution de (??).
E

C’est l’expression de la solution la plus générale (on le verra par la suite).

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Conditions sur E

La fonction d’onde
X
ψ(r, t) = cE φE (r)e−iEt/~ (1)
E
doit être de carré intégrable
⇒ Elle doit être bornée en l’infini ⇒ Les φE (r) doivent l’être aussi
µ 2

~
− ∆ + V (r) φE (r) = EφE (r) n’admet pas de solutions bornées ∀ E.
2m

Soit D l’ensemble des valeurs de E pour lesquelles c’est le cas. Ne peuvent


figurer dans la somme que des φE (r) avec E ∈ D.
La somme (1) peut devenir une intégrale si E varie sur un espace continu.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


La particule libre : V (r) = 0

∂ ~2
Equation de Schrödinger : i~ ψ(r, t) = − ∆ψ(r, t) (1)
∂t 2m
2
~
Sol. la plus générale : cb lin. de φE (r)e−iEt/~ avec − ∆φE (r) = EφE (r)
2m
ik·r ~2 k 2
E>0 φE (r) = e avec k quelconque tel que = E,
2m
~2 κ2
E<0 φE (r) = eκ·r avec κ quelconque tel que = −E, Solution non bornée
2m
i(k·r−ω(k)t) ~k 2
⇒ Sol. la plus générale : cb. linéaire de e avec ω(k) =
2m
On peut l’écrire sous la forme :
Z
1 3 i(k·r−ω(k)(t−t0 ))
ψ(r, t) = d k g(k)e g(k) quelconque
(2π)3/2

On appelle cette solution un paquet d’ondes planes à 3 dimensions


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La fonction d’onde est complètement déterminée par les conditions initiales :
Z Z
1 3 ik·r 1 3 −ik·r
ψ(r, t0 ) = d k g(k)e ⇒ g(k) = d r ψ(r, t 0 )e
(2π)3/2 (2π)3/2

g(k) est la transformée de Fourier (TF) de la fonction d’onde à l’instant initial

Ces relations ne sont pas limitées au cas de la particule libre. On peut


toujours écrire ψ(r, t0 ) sous la forme d’une TF.
La formule de Parseval-Planckerel donne
Z Z
d3 r|ψ(r, t0 )|2 = d3 k|g(k)|2

⇒ La fonction d’onde est normée ssi g(k) l’est.

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Le paquet d’onde gaussien

a3/2 − a2 (k−k0 )2
g(k) = 3/4
e 4
(2π)
Z
Le paquet d’onde est bien normalisé : d3 k |g(k)|2 = 1

3/2 Z
1 a 3
2
− a4 (k−k0 )2 ik·r
ψ(r, t0 ) = 3/2 3/4
d ke e
(2π) (2π)
µ ¶3/4
2 ik0 ·r −r2 /a2
= 2
e e
πa
µ ¶3/2
2 2 −2r2 /a2
⇒ |ψ(r, t0 )| = e
πa2

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Le paquet d’onde gaussien : probabilité de présence

µ ¶3/2
2 2 −2r2 /a2
|ψ(r, t0 )| = e
πa2

La densité de probabilité de présence |ψ(r, t0 )|2 est une gaussienne

− centrée en : r=0
µ ¶3/2
2
− d’amplitude :
πa2
a
− de largeur∗ : ∆r =
2
⇒ La position de la particule n’est pas parfaitement déterminée. C’est
l’indéterminisme quantique. Le résultat d’une mesure de position de la particule est
affecté d’une incertitude.

∗ On définit ici la largeur d’une gaussienne comme étant l’écart par rapport au centre de

la gaussienne où la fonction est réduite d’un facteur e
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Le paquet d’onde gaussien : probabilité de présence (vue 3D)

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Le paquet d’onde gaussien : probabilité de présence (coupe 2D)

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Le paquet d’onde gaussien : probabilité de présence (coupe 1D)

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Le paquet d’onde gaussien : évolution libre

3/2 Z
1 a 3
2
− a4 (k−k0 )2 ik·r −i ~k
2
ψ(r, t) = d ke e 2m (t−t0 )
e
(2π)3/2 (2π)3/4
2
µ ¶
2 3/4 (r−
~k0
m
(t−t0 ))
2a 1 iϕ(t) ik0 ·r

a2 +
2i~(t−t0 )
= ³ ´3/2 e e e m
π 2i~(t−t0 )
a2 + m

avec
~k02 (t − t0 )
ϕ(t) = −
2m

~k0 2
µ ¶3/2 (
2 r−
m
(t−t0 )
− µ 4~2 (t−t )2 ¶
)
2 1 a2 1+ 0
⇒ |ψ(r, t)|2 = ³ ´ e m2 a4
πa2 4~2 (t−t0 ) 2 3/2
1+ m 2 a4

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Le paquet d’onde gaussien : évolution libre

~k0 2
µ ¶3/2 (
2 r−
m )
(t−t0 )
− µ 4~2 (t−t )2 ¶
2 1 a2 1+ 0
|ψ(r, t)|2 = ³ ´ e m2 a4
πa2 4~2 (t−t0 )
2 3/2
1+ m 2 a4

La densité de probabilité de présence |ψ(r, t)|2 est une gaussienne

~k0
− centrée en : r = v0 (t − t0 ) avec v0 = m ⇒ le centre du paquet d’onde
se déplace à la vitesse v0
µ ¶3/2
2 1
− d’amplitude : ³ ´3/2 & avec t
πa2 4~2 (t−t0 ) 2
1+ m2 a4
⇒ le paquet d’onde s’étale
r
a 4~2 (t − t0 )2
− de largeur : ∆r = 1+ % avec t
2 m2 a4

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Le paquet d’onde gaussien : évolution non libre

Soit la fonction d’onde à l’instant initial donnée par un paquet d’onde


gaussien :
Z
1 3 ik·r a3/2 − a2 (k−k0 )2
ψ(r, t0 ) = 3/2
d k g(k)e avec g(k) = 3/4
e 4
(2π) (2π)
µ ¶3/4
2 ik0 ·r −r2 /a2
= 2
e e
πa

Si V (r) 6= 0, l’évolution dans le temps de la fonction d’onde n’est plus donnée


par Z
1 3 i(k·r−ω(k)(t−t0 ))
ψ(r, t) = d k g(k)e
(2π)3/2
Il faut résoudre explicitement l’équation de Schrödinger.
La solution dépend de la forme de V (r)

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Chapitre 2

Les bases mathématiques


de la physique quantique

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Espace des fonctions d’onde d’une particule

Les fonctions d’onde ψ(r, t) de la mécanique quantique doivent être de module


au carré intégrable (condition imposée par l’interprétation probabiliste).
On leur impose d’appartenir à l’espace d’Hilbert des fonctions à valeurs
complexes L2 (R3 ).

L2 (R3 ) est l’espace vectoriel-complexe


Z des fonctions de carré intégrable
– muni du produit scalaire hφ, ψi = d3 r φ∗ (r)ψ(r), Attention à l’*
Z
– et de la norme kψk = hψ, ψi1/2 ⇒ kψk2 = d3 r |ψ(r)|2 ,
C’est un espace complet (toute suite de Cauchy y converge)
⇒ c’est un espace d’Hilbert.

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Espace d’Hilbert
La mécanique quantique fait un usage intensif des espaces d’Hilbert définis sur le corps des
complexes et utilise des notations qui lui sont propres. Il est important de les maı̂triser.

Un espace d’Hilbert H est un espace vectoriel muni d’un produit scalaire,


d’une norme et d’une distance définies à partir du produit scalaire et qui est
complet (toute suite de Cauchy y converge).

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Espace vectoriel - notations de Dirac
Un espace vectoriel sur un corps K = C ou R est un ensemble E d’éléments, notés ici
|ψi, |φi, |χi, . . . et appelés vecteurs kets, sur lequel une opération d’addition et de
multiplication par un scalaire sont définies :

+ : E × E → E : (|φi, |χi) → |φi + |χi ≡ |φ + χi ∈ E


· : K × E → E : (λ, |φi) → λ|φi ≡ |λφi ∈ E

telles que, ∀λ, µ, |φi, |χi, |ψi


– (|φi + |χi) + |ψi = |φi + (|χi + |ψi)
– |φi + |χi = |χi + |φi
– ∃ 0 ∈ E : |φi + 0 = |φi (notation spéciale pour l’élément neutre de E)
– ∀|φi, ∃(−|φi) ∈ E : |φi + (−|φi) = 0 (notation : |φi − |χi ≡ |φi + (−|χi))
– λ(|φi + |χi) = λ|φi + λ|χi
– (λ + µ)|φi = λ|φi + µ|φi
– (λµ)|φi = λ(µ|φi)
– 1|φi = |φi

La mécanique quantique considère quasi-exclusivement des espaces vectoriels définis


sur le corps des complexes : K = C (espaces vectoriels dits complexes)
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Structures d’espaces vectoriels standards

E |φi |χi |φi + |χi λ|φi


             
c1 d1 c1 d1 c1 + d1 c1 λc1
 .   .   .   .   .   .   
Cn  .   .   . + .  =  .  λ .  =  .. 
 .   .   .   .   .   .   . 
cn dn cn dn cn + dn cn λcn

L2 (R3 ) φ(r) χ(r) φ(r) + χ(r) λφ(r)

L2 (R) φ(x) χ(x) φ(x) + χ(x) λφ(x)

Mn (C) A B A+B λA

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Dimension d’un espace vectoriel

Base (algébrique) d’un espace vectoriel E :


tout ensemble fini de vecteurs kets, {|u1 i, . . . , |uN i}, qui soit linéairement indépendant et
générateur de l’espace E :
P
− N i=1 λi |ui i = 0 ⇒ λ1 = . . . = λN = 0
PN
− ∀|φi ∈ E, ∃c1 , . . . , cN ∈ K : |φi = i=1 ci |ui i

ou, si un tel ensemble n’existe pas, tout ensemble infini de vecteurs kets tels que
− tout sous-ensemble fini soit linéairement indépendant
− tout vecteur ket de E puisse s’exprimer comme une combin. linéaire finie d’éléments
de l’ensemble infini.

Théorème : La décomposition d’un vecteur ket dans une base est unique.

Théorème : Tout espace vectoriel E possède des bases et elles ont toutes le même nombre
d’éléments, appelé la dimension de l’espace vectoriel, dim(E).

Exemples : dim(Cn ) = n, dim(L2 (E ⊂ Rn )) = ∞


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Espace normé

Espace normé : espace vectoriel muni d’une norme

Une norme sur un espace vectoriel E est une application

k · k : E → R+ : |φi → kφk

telle que, ∀λ, |φi, |χi,


kλφk = |λ|kφk
kφk = 0 ⇒ |φi = 0
kφ + χk 6 kφk + kχk

1 vecteur ket |φi est dit normé si kφk = 1

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Espace préhilbertien

Espace préhilbertien : espace vectoriel muni d’un produit scalaire

Un produit scalaire sur un espace vectoriel E défini sur un corps K est une
application
h·|·i : E × E → K : (|χi, |φi) → hχ|φi
telle que
hφ|φi > 0, hφ|φi = 0 ⇒ |φi = 0
hφ|χi = hχ|φi∗
hχ|λ1 φ1 + λ2 φ2 i = λ1 hχ|φ1 i + λ2 hχ|φ2 i, ∀λ1 , λ2 ∈ K
hλ1 χ1 + λ2 χ2 |φi = λ∗1 hχ1 |φi + λ∗2 hχ2 |φi, ∀λ1 , λ2 ∈ K

2 vecteurs kets |φi et |χi sont dits orthogonaux si hφ|χi = 0

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Produits scalaires usuels

E |φi |χi hφ|χi


   
c1 d1 n
 .   .  X
Cn  .   .  c∗i di
 .   . 
i=1
cn dn
Z
L2 (R3 ) φ(r) χ(r) d3 r φ∗ (r)χ(r)
Z
L2 (R) φ(x) χ(x) dx φ∗ (x)χ(x)

Mn (C) A B Tr(A† B)

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Norme associée au produit scalaire

Pour un espace préhilbertien, l’application

kφk = hφ|φi1/2

est une norme, appelée appelée norme associée au produit scalaire.

Par défaut, tout espace préhilbertien est muni de cette norme


(et est rendu normé de la sorte)

Nous avons dans ce cas l’inégalité de Schwarz

|hχ|φi| 6 kχkkφk

l’égalité n’étant réalisée que si |φi et |χi sont linéairement dépendants

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Normes associées aux produits scalaires usuels

E |φi kφk
 
c1 Ã n !1/2
 .  X
Cn  .  |ci |2
 . 
i=1
cn
µZ ¶1/2
L2 (R3 ) φ(r) d3 r |φ(r)|2
µZ ¶1/2
L2 (R) φ(x) dx |φ(x)|2

¡ †
¢1/2
Mn (C) A Tr(A A)

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Formules de polarisation

Dans tout espace préhilbertien et pour la norme associée au produit scalaire

1¡ 2 2 2 2
¢
hχ|φi = kχ + φk − kχ − φk − ikχ + iφk + ikχ − iφk , si K=C
4

1¡ 2 2
¢
hχ|φi = kχ + φk − kχ − φk , si K=R
4

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Espace métrique

Espace métrique : ensemble non vide muni d’une distance

Une distance (ou métrique) sur un ensemble non vide M est une application

d(·, ·) : M × M → R+ : (φ, χ) → d(φ, χ)

telle que, ∀φ, χ, ψ,


d(φ, χ) = 0 ⇔ φ = χ
d(φ, χ) = d(χ, φ)
d(φ, χ) 6 d(φ, ψ) + d(ψ, χ) (inégalité triangulaire)

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Distance associée à la norme

Pour un espace normé, l’application

d(φ, χ) = kφ − χk

est une distance, appelée distance associée à la norme

Par défaut, tout espace normé est muni de cette distance (et est rendu
métrique de la sorte)

Cette distance vérifie les propriétés complémentaires, ∀λ ∈ K, |φi, |χi, |ψi


d(φ + ψ, χ + ψ) = d(φ, χ)
d(λφ, λχ) = |λ|d(φ, χ)

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Convergence d’une suite d’éléments d’un espace métrique

Définition : dans un espace métrique M, une suite d’éléments φn (n ∈ N) est


dite converger vers un élément φ ssi la suite de nombres réels positifs

d(φn , φ) → 0 ⇔ ∀² > 0, ∃N : ∀n > N, d(φn , φ) < ²

auquel cas la suite d’éléments φn est dite convergente (ou converger)


On écrit
φn → φ ou lim φn = φ
n→∞

La notation lim φn n’a de sens que si la suite d’éléments φn converge


n→∞

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Convergence dans un espace normé

Convergence : Dans un espace normé, |φn i → |φi ⇔ kφn − φk → 0

Propriétés :
– |φn i → |φi, |χn i → |χi ⇒ |φn i + |χn i → |φi + |χi,
en particulier |φn i + |ψi → |φi + |ψi, ∀|ψi
– |φn i → |φi, λn → λ ⇒ λn |φn i → λ|φi,
en particulier µ|φn i → µ|φi, ∀µ
– |φn i → |φi ⇒ kφn k → kφk

Dans un espace préhilbertien E (muni de la norme associée au produit scalaire),


– |φn i → |φi, |χn i → |χi ⇒ hφn |χn i → hφ|χi (le prod. scal. est continu)
– |φn i → |φi ⇒ hφn |χi → hφ|χi, ∀|χi ∈ E
(si dim(E) est fini, la réciproque est vraie)
– hφn |χi → hφ|χi, ∀|χi ∈ E et kφn k → kφk ⇒ |φn i → |φi

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Limite dans un espace métrique

Définition : dans un espace métrique M, une “fonction” φ(t) (t ∈ R) est une


application
R → M : t → φ(t)

La fonction φ(t) est dite tendre vers un élément χ si t tend vers t0 ssi

lim d(φ(t), χ) = 0
t→t0

On écrit dans ce cas


lim φ(t) = χ
t→t0

La fonction φ(t) est dite continue en t = t0 ssi lim φ(t) = φ(t0 )


t→t0

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Limite et dérivabilité dans un espace normé

Définition : dans un espace normé,


lim |φ(t)i = |χi ⇔ lim kφ(t) − χk = 0
t→t0 t→t0

|ψ(t + ∆t)i − |ψ(t)i


Définition : |ψ(t)i est dit dérivable en t si la limite lim
∆t→0 ∆t
existe, auquel cas on définit le vecteur dérivé
d |ψ(t + ∆t)i − |ψ(t)i
|ψ(t)i ≡ lim
dt ∆t→0 ∆t
Règles de dérivation :
d d d
(|ψ1 (t)i + |ψ2 (t)i) = |ψ1 (t)i + |ψ2 (t)i,
dt dt
µ ¶ dt
d d d
(λ(t)|ψ(t)i) = λ(t) |ψ(t)i + λ(t) |ψ(t)i,
dt dt dt
d d d
hψ1 (t)|ψ2 (t)i = h ψ1 (t)|ψ2 (t)i + hψ1 (t)| ψ2 (t)i, dans un espace préhilbertien
dt dt dt
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Suite de Cauchy - espace complet - espace d’Hilbert

Définition : dans un espace métrique M, une suite d’éléments φn (n ∈ N) est


dite de Cauchy si
∀² > 0, ∃N : ∀p, q > N, d(φp , φq ) < ²

Théorème : Toute suite convergente est de Cauchy, mais pas nécessairement


l’inverse

Espace complet : espace métrique où toute suite de Cauchy est convergente

Espace de Banach B : espace normé complet vis-à-vis de la distance associée à


la norme

Espace d’Hilbert H : espace préhilbertien de Banach vis-à-vis de la norme


associée au produit scalaire

Un espace d’Hilbert est de Banach, mais pas l’inverse

Théorème : Tout espace normé de dimension finie est complet Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Séries dans des espaces normés et de Banach

Dans un espace normé, une série est une suite |Φn i (n ∈ N) de sommes
partielles
Xn
|Φn i ≡ |φi i
i=0

La série est dite convergente (ou converger) si la suite |Φn i converge et on note

X n
X
|φi i ≡ lim |φi i
n→∞
i=0 i=0

P
Dans un espace de Banach B, si la série numérique à terme positifs i kφi k
+
P
converge dans R , alors la série i |φi i converge dans B et
°∞ °
°X ° X ∞
° °
° |φi i° 6 kφi k
° °
i=0 i=0

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Espaces d’Hilbert H de dimension finie N

Un espace H de dimension finie N possède des bases (algébriques) de N vecteurs.


Une base b = {|u1 i, |u2 i, . . . , |uN i} est orthonormée si

hui |uj i = δij , ∀ i, j = 1, . . . , N

Toute base peut être rendue orthonormée via le procédé de Gram-Schmidt.


Pour toute base orthonormée, on a, ∀|ψi ∈ H,
N
X N
X
|ψi = ci |ui i avec ci = hui |ψi, et on a kψk2 = |ci |2
i=1 i=1

 
c
 1 
 . 
Le vecteur colonne cψ =  ..  est dit représenter le vecteur |ψi dans la base b
 
cN
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Espaces d’Hilbert H de dimension infinie

Les bases algébriques des espaces d’Hilbert de dimension infinie sont non-dénombrables
(conséquence du théorème de Baire).
Une famille dénombrable de vecteurs kets |un i ∈ H (n ∈ N) est orthonormée si

hui |uj i = δij , ∀ i, j

Une famille orthonormée de vecteurs kets |un i est totale si le seul vecteur ket
orthogonal à tous les |un i est le vecteur ket nul 0.
Une famille orthonormée totale ne forme jamais une base algébrique, mais on a, ∀|ψi ∈ H,

X ∞
X
|ψi = ci |ui i avec ci = hui |ψi, et kψk2 = |ci |2
i=1 i=1

Les familles orthonormées totales portent le nom de bases hilbertiennes.

Pour les espaces d’Hilbert de dimension infinie, seuls les espaces dits séparables possèdent
des bases hilbertiennes. Seuls ces espaces interviennent en mécanique quantique et sont
considérés ici.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Bases orthonormées

On désignera par base orthonormée toute base orthonormée au sens


algébrique si dim(H) est fini, toute base hilbertienne sinon

Soit {|ui i} une base orthonormée, on a dans les 2 cas, ∀|ψi ∈ H,


X X
2
|ψi = ci |ui i avec ci = hui |ψi, et kψk = |ci |2
i i

où la somme est une finie dans le premier cas, infinie dans le second (une
série). Ce développement est unique.

Critères d’égalité de 2 vecteurs kets

|ψi = |φi ⇔ hui |ψi = hui |φi, ∀ i ⇔ hχ|ψi = hχ|φi, ∀ |χi

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Les opérateurs linéaires

Un opérateur linéaire  agissant dans un espace d’Hilbert H est une loi qui
associe à tout vecteur ket |φi d’un certain sous-espace vectoriel DÂ ⊆ H, appelé
le domaine de définition de l’opérateur Â, un autre vecteur ket de H, noté

Â|φi ≡ |Âφi

La loi vérifie

Â(λ1 |φ1 i + λ2 |φ2 i) = λ1 Â|φ1 i + λ2 Â|φ2 i, ∀|φ1 i, |φ2 i ∈ DÂ , λ1 , λ2 ∈ K (2)

Un opérateur est donc une application interne

 : D → H : |φi → Â|φi ≡ |Âφi

vérifiant la relation de linéarité (1).

Dans la suite de ce cours, on parlera simplement d’opérateurs  (le terme


linéaire est sous-entendu). La définition d’un opérateur requiert la donnée de la
loi et du domaine de définition.
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Noyau et image d’un opérateur

Le noyau (kernel) d’un opérateur :

ker(Â) ≡ NÂ = {|φi ∈ DÂ : Â|φi = 0}

NÂ est un sous-espace vectoriel de H. Sa dimension définit la nullité de Â.

L’image (range) d’un opérateur :

ran(Â) ≡ RÂ = {Â|φi : |φi ∈ DÂ }

RÂ est un sous-espace vectoriel de H. Sa dimension définit le rang de Â.

Si dimDÂ est fini (c’est toujours le cas si dimH est fini),

dimNÂ + dimRÂ = dimDÂ

Opérateur injectif : opérateur tel que

|φ1 i 6= |φ2 i ⇒ Â|φ1 i 6= Â|φ2 i ⇔ NÂ = {0}

Opérateur surjectif : opérateur tel que RÂ = H


Opérateur bijectif : opérateur injectif et surjectif
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Egalité de 2 opérateurs

Deux opérateurs  et B̂ sont dits égaux, et on écrit  = B̂, si leur domaine sont
égaux
DÂ = DB̂
et leur application sur tout vecteur ket du domaine est égale :

Â|φi = B̂|φi, ∀ |φi ∈ DÂ = DB̂

Un opérateur B̂ est dit être une extension d’un opérateur Â, et on écrit  ⊂ B̂ ou
B̂ ⊃ Â, si
DÂ ⊂ DB̂
et
Â|φi = B̂|φi, ∀ |φi ∈ DÂ ⊂ DB̂

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Notation du produit scalaire

Notation non ambiguë du produit scalaire entre un vecteur |χi et Â|φi ≡ |Âφi :

hχ|Âφi

On utilise plutôt la notation


hχ|Â|φi
en retenant toujours que l’opérateur  agit sur le vecteur de droite.
On a donc
hχ|Â|φi ≡ hχ|Âφi

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Formule de polarisation

Si K = C, pour tout opérateur  :


1h
hφ|Â|χi = hφ + χ|Â|φ + χi − hφ − χ|Â|φ − χi
4
i
−ihφ + iχ|Â|φ + iχi + ihφ − iχ|Â|φ − iχi , ∀|φi, |χi ∈ DÂ

Si K = R, il n’existe aucune formule similaire . . .

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Inverse d’un opérateur

Un opérateur  est dit invertible s’il existe un opérateur B̂ défini sur R tel que

B̂(Â|φi) = |φi, ∀|φi ∈ DÂ , et Â(B̂|φi) = |φi, ∀|φi ∈ RÂ

Dans ce cas, l’opérateur B̂ est unique, est noté Â−1 et porte le nom d’inverse de Â. On a

DÂ−1 = RÂ , RÂ−1 = DÂ

Théorèmes :
– Un opérateur  est invertible si et seulement si il est injectif : N = {0}
– Si un opérateur est invertible, son inverse est bien un opérateur linéaire
– Si un opérateur est invertible, son inverse est invertible et (Â−1 )−1 = Â

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Premiers exemples . . . élémentaires

Dans tout espace d’Hilbert H, on définit


– l’opérateur nul :
0 : H → H : |φi → 0|φi = 0
– l’opérateur identité :

1̂ : H → H : |φi → 1̂|φi = |φi

L’opérateur identité est invertible et 1̂−1 = 1̂.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérations avec des opérateurs

Soient  et B̂ 2 opérateurs agissant dans un espace d’Hilbert H,


respectivement de domaine DÂ et DB̂ . On définit
– l’addition de  et B̂ comme étant l’opérateur

 + B̂ : D ∩ DB̂ → H : |φi → ( + B̂)|φi = Â|φi + B̂|φi

– la multiplication de  par un scalaire λ ∈ K comme étant l’opérateur

λ : D → H : |φi → (λÂ)|φi = λ(Â|φi)

– le produit de  par B̂ comme étant l’opérateur

ÂB̂ : DÂB̂ = {|φi ∈ DB̂ : B̂|φi ∈ DÂ } → H : |φi → (ÂB̂)|φi = Â(B̂|φi)

Si  et B̂ sont invertibles, le produit l’est et (ÂB̂)−1 = B̂ −1 Â−1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’espace L(H)

Pour tout espace d’Hilbert H, l’ensemble des opérateurs linéaires dont le domaine de
définition est l’espace H tout entier, muni des opérations d’addition et de
multiplication par un scalaire est un espace vectoriel, que nous notons L(H).
∀Â, B̂, Ĉ ∈ L(H), λ, µ ∈ K, on a
– ( + B̂) + Ĉ =  + (B̂ + Ĉ) – λ( + B̂) = λ + λB̂
–  + B̂ = B̂ +  – (λ + µ) = λ + µÂ
– ∃ 0 ∈ L(H) :  + 0 =  – (λµ) = λ(µÂ)
– ∀Â, ∃(−Â) ∈ H : Â + (−Â) = 0 – 1Â = Â
Notation : Â − B̂ ≡ Â + (−B̂)
Dans l’espace L(H), l’élément nul est l’opérateur nul.

Pour tout opérateur linéaire Â, on a Â0 = 0.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Commutateur

Le commutateur [Â, B̂] de 2 opérateurs  et B̂ est défini par

[Â, B̂] = ÂB̂ − B̂ Â

de domaine D[Â,B̂] = DÂB̂ ∩ DB̂ Â

Propriétés :

[Â, B̂] = −[B̂, Â]


[Â, λB̂] = [λÂ, B̂] = λ[Â, B̂]
[Â, B̂ + Ĉ] = [Â, B̂] + [Â, Ĉ]
[Â + B̂, Ĉ + D̂] = [Â, Ĉ] + [Â, D̂] + [B̂, Ĉ] + [B̂, D̂]
[Â, B̂ Ĉ] = [Â, B̂]Ĉ + B̂[Â, Ĉ]

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs continus

Un opérateur Â, de domaine DÂ , est dit continu en |φi ∈ DÂ si, pour toute suite
de vecteurs kets |φn i ∈ DÂ convergeant vers |φi, on a

Â|φn i → Â|φi

c’est-à-dire si
lim |φn i = |φi ⇒ lim Â|φn i = Â|φi
n→∞ n→∞

Un opérateur est dit continu s’il est continu en chaque vecteur ket de son
domaine. On a dans ce cas pour toute suite |φn i convergente dans le domaine

 lim |φn i = lim Â|φn i


n→∞ n→∞

Un opérateur continu “passe à travers” la limite.

Théorème : Un opérateur est continu si et seulement si il est continu en un seul


vecteur ket de son domaine.
Donc  est continu si et seulement si |φn i → 0 ⇒ Â|φn i → 0.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Opérateurs bornés

Un opérateur Â, de domaine DÂ , est dit borné s’il existe un nombre α > 0 tel que

kÂφk 6 αkφk, ∀|φi ∈ DÂ

auquel cas la fraction kÂφk/kφk admet une borne supérieure sur DÂ \ {0}.
Théorèmes :
– Tout opérateur borné défini sur un sous-espace de H admet toujours une extension bornée sur tout
l’espace d’Hilbert. Sans perte de généralité, les opérateurs bornés peuvent toujours être supposés
définis sur tout l’espace d’Hilbert : DÂ = H (hypothèse implicite pour la suite).
– Un opérateur est borné si et seulement si il est continu.
– Tous les opérateurs définis dans des espaces d’Hilbert de dimension finie sont toujours bornés.
Exemples :
– L’opérateur identité et l’opérateur nul sont bornés.
– Dans l’espace d’Hilbert H = L2 (R) des fonctions de x, les opérateurs ·x et −id/dx sont non bornés et
leur domaine de définition ne couvrent par l’espace d’Hilbert tout entier (mais néanmoins un
sous-ensemble dense de H).

Définition :

L’ensemble des opérateurs bornés définis sur l’espace d’Hilbert tout entier est noté B(H)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs bornés

Si  est un opérateur borné et {|ui i} une base orthonormée, alors pour tout
état
X
|ψi = ci |ui i, avec ci = hui |ψi
i
on a
X X
Â|ψi = Â ci |ui i = ci (Â|ui i)
i i

En dimension finie, cela résulte simplement de la linéarité de  ; en dimension infinie


cela résulte en outre de la continuité de  :

X n
X
 ci |ui i ≡  lim ci |ui i
n→∞
i=1 i=1
Xn
= lim  ci |ui i (continuité de Â)
n→∞
i=1
n
X ∞
X
= lim ci Â|ui i ≡ ci Â|ui i (linéarité de Â)
n→∞
i=1 i=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs non-bornés

Pour les opérateurs non-bornés, on perd la continuité des opérateurs. Cette perte
signifie notamment que si  est un opérateur non-borné, de domaine D ,

|φn i → |φi, avec |φn i, |φi ∈ DÂ ; Â|φn i → Â|φi

Il ne faudrait cependant pas croire que cela signifie

|φn i → |φi, avec |φn i, |φi ∈ DÂ ⇒ Â|φn i 9 Â|φi

car c’est inexact. On peut parfaitement avoir Â|φn i → Â|φi dans ce cas. On est
juste sûr que cela n’est pas vrai pour toute suite |φn i convergente (sinon l’opérateur
serait borné).
Si  est un opérateur non-borné et |φn i ∈ D → |φi ∈ H, on peut avoir
– Â|φn i 9
– Â|φn i → |χi, avec |χi = ou 6= Â|φi si |φi ∈ DÂ

Si  est un opérateur non-borné et |φn i ∈ D → |φi, |φ0n i ∈ D → |φi, on peut
avoir Â|φn i et Â|φ0n i convergeant vers des limites différentes . . .

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs fermés

Dans la “jungle” des opérateurs non-bornés, certains sont “un peu” moins
problématiques.
Certains opérateurs  sont tels que, pour toutes les suites |φn i ∈ D convergeant vers
un certain vecteur |φi ∈ H et pour lesquelles les suites Â|φn i convergent, toutes ces
suites Â|φn i ont la même limite, |φi ∈ DÂ et la limite des suites Â|φn i vaut Â|φi. On a
alors un opérateur fermé.
Les opérateurs bornés sont fermés.

Comparaison opérateurs bornés et opérateurs fermés

opérateur borné opérateur fermé


(i) ⇒ (ii) + (iii) (i) + (ii) ⇒ (iii)

(i) |φn i ∈ DÂ → |φi ∈ H, (ii) Â|φn i → |χi, (iii) |φi ∈ DÂ , |χi = Â|φi

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs fermés - opérateurs bornés

Soit une suite |φn i convergente, chaque |φn i appartenant au domaine DÂ d’un
opérateur Â. L’affirmation

 lim |φn i = lim Â|φn i


n→∞ n→∞

est
opérateur borné opérateur fermé opérateur non-fermé
toujours vraie toujours vraie pas toujours vraie
. . . si Â|φn i → . . . même si Â|φn i →
et limn→∞ |φn i pourrait ne pas
appartenir à DÂ !

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs fermés - opérateurs bornés

X
Soit une série convergente ci |ui i, chaque |ui i appartenant au domaine DÂ
i=1
d’un opérateur Â. L’affirmation

X ∞
X
 ci |ui i = ci Â|ui i
i=1 i=1

est
opérateur borné opérateur fermé opérateur non-fermé
toujours vraie toujours vraie pas toujours vraie
P P
. . . si ∞i=1 ci Â|ui i → . . . même si ∞ i=1 ci Â|ui i →
P
et ∞ i=1 ci |ui i pourrait ne pas

appartenir à DÂ !

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs bornés

Un opérateur Â, de domaine DÂ , est dit borné s’il existe un nombre α > 0 tel que

kÂφk 6 αkφk, ∀|φi ∈ DÂ

auquel cas la fraction kÂφk/kφk admet une borne supérieure sur DÂ \ {0}.
Théorèmes :
– Tout opérateur borné défini sur un sous-espace de H admet toujours une extension bornée sur tout
l’espace d’Hilbert. Sans perte de généralité, les opérateurs bornés peuvent toujours être supposés
définis sur tout l’espace d’Hilbert : DÂ = H (hypothèse implicite pour la suite).
– Un opérateur est borné si et seulement si il est continu.
– Tous les opérateurs définis dans des espaces d’Hilbert de dimension finie sont toujours bornés.
Exemples :
– L’opérateur identité et l’opérateur nul sont bornés.
– Dans l’espace d’Hilbert H = L2 (R) des fonctions de x, les opérateurs ·x et −id/dx sont non bornés et
leur domaine de définition ne couvrent par l’espace d’Hilbert tout entier (mais néanmoins un
sous-ensemble dense de H).

Définition :

L’ensemble des opérateurs bornés définis sur l’espace d’Hilbert tout entier est noté B(H)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Norme d’un opérateur borné - L’espace B(H)

Pour tout espace d’Hilbert H, si  et B̂ sont 2 opérateurs bornés,  + B̂ et


λ le sont aussi ⇒ l’ensemble B(H) des opérateurs bornés définis sur H est
un espace vectoriel.
Dans l’espace B(H), l’application

kÂφk
kÂkop ≡ sup = sup kÂφk
kφk6=0 kφk kφk=1

est une norme, appelée norme d’opérateur. L’espace B(H) muni de cette
norme est complet et définit un espace de Banach.
Les opérateurs identités et nuls sont bornés, respectivement de norme 1 et 0.
Si  et B̂ sont bornés, le produit ÂB̂ (et B̂ Â) est borné et on a

kÂB̂kop 6 kÂkop kB̂kop

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Egalité de 2 opérateurs bornés

Deux opérateurs bornés sont égaux si leur application sur tout vecteur est
égale :
 = B̂ si, par définition, Â|φi = B̂|φi, ∀ |φi ∈ H

Critères d’égalité

Soit {|ui i} une base orthonormée de l’espace d’Hilbert H,

 = B̂ ⇔ Â|ui i = B̂|ui i, ∀i
⇔ hχ|Â|φi = hχ|B̂|φi, ∀ |χi, |φi ∈ H
⇔ hui |Â|uj i = hui |B̂|uj i, ∀ i, j
⇔ hφ|Â|φi = hφ|B̂|φi, ∀ |φi ∈ H (uniquement si K = C)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Matrice représentant un opérateur borné

La donnée d’un opérateur borné Â et d’une base orthonormée b = {|ui i}


permet de définir la matrice A représentant l’opérateur  dans la base b,
d’éléments
Aij = hui |Â|uj i

Cette matrice est de dimension dim(H) × dim(H)


Le vecteur représentant le ket Â|ψi est le vecteur Acψ (la continuité des
opérateurs bornés assure que les sommes convergent toujours si dim(H) = ∞).

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Suite convergente d’opérateurs bornés

Convergence uniforme : Une suite d’opérateurs bornés Ân est dite converger
uniformément vers un opérateur borné Â, et on écrit
u
Ân → Â ou u lim Ân = Â, si kÂn − Âkop → 0
n→∞

Convergence forte : Une suite d’opérateurs bornés Ân est dite converger fortement
vers un opérateur Â, et on écrit
s
Ân → Â ou s lim Ân = Â, si Ân |φi → Â|φi, ∀|φi ∈ H
n→∞

Dans ce même ordre d’idée, nous avons la notation



X n
X ∞
X n
X
u Âi ≡ u lim Âi , s Âi ≡ s lim Âi
n→∞ n→∞
i=1 i=1 i=1 i=1

Théorème :
u s
Ân → Â ⇒ Ân → Â

Dans la pratique, les indices u et s ne sont pas indiqués et on précise le type de


convergence
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Limites d’opérateurs bornés dépendant d’un paramètre

Un opérateur borné dépendant d’une variable quelconque t, Â(t), est une


application
R → B(H) : t → Â(t),

Les opérateurs bornés Â(t) sont dits tendre uniformément vers B̂ si t tend vers a
ssi
lim kÂ(t) − B̂kop = 0
t→a

Les opérateurs bornés Â(t) sont dits tendre fortement vers B̂ si t tend vers a ssi

lim Â(t)|φi = B̂|φi, ∀|φi


t→a

On écrit dans ce cas


lim Â(t) = B̂
t→a

La notation limt→a Â(t) n’a de sens (et désigne un opérateur) que si les
opérateurs Â(t) tendent bien vers un certain opérateur si t tend vers a.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Dérivée d’un opérateur

Soit Â(t) un opérateur borné dépendant d’une variable quelconque t.


Â(t + ∆t) − Â(t)
Définition : Â(t) est dit dérivable en t si la limite lim
∆t→0 ∆t
existe, auquel cas on définit l’opérateur dérivé

d Â(t + ∆t) − Â(t)


= lim
dt ∆t→0 ∆t

Règles de dérivation :

d dF̂ dĜ d dF̂ dĜ


(F̂ + Ĝ) = + , (F̂ Ĝ) = Ĝ + F̂
dt dt dt dt dt dt

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Fonctions d’opérateurs bornés

Soit une fonction F (z) avec un développement de Taylor convergent dans un


certain domaine du plan complexe |z| < R :

X
F (z) = cp z p
p=0

On définit, pour tout opérateur borné Â, l’opérateur



X
F (Â) = cp Âp
p=0

L’opérateur F (Â) n’est défini que si la série est convergente.

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Exemple important : l’opérateur eÂ

Pour tout opérateur borné Â, on définit l’opérateur e par



X Âp
e =
p=0
p!

La série est uniformément convergente quel que soit  borné.


Si  et B̂ commutent, alors

eÂ+B̂ = e eB̂ = eB̂ eÂ

On a par ailleurs
d Ât
e = ÂeÂt
dt

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L’adjoint d’un opérateur borné

Théorème : Pour tout opérateur Â, il existe un et un seul opérateur B̂ défini


sur H vérifiant
hχ|B̂φi = hÂχ|φi, ∀ |χi, |φi ∈ H

L’opérateur B̂ est dit l’opérateur adjoint de l’opérateur  et noté † :

hχ|† φi = hÂχ|φi, ∀ |χi, |φi ∈ H

L’opérateur adjoint † est borné et

k† kop = kÂkop , k† Âkop = kÂk2op

Propriétés :
(† )† =  (λÂ)† = λ∗ †
( + B̂)† = † + B̂ † (ÂB̂)† = B̂ † †

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L’adjoint d’un opérateur - cas non-borné

Théorème : Si  est un opérateur non-borné à domaine dense, alors il existe un


ensemble D de vecteurs kets |φi tel que pour chacun d’eux, il existe un unique vecteur
ket |ψi tel que
hÂχ|φi = hχ|ψi, ∀ |χi ∈ DÂ

Théorème : L’adjoint d’un opérateur Â, noté † , est l’opérateur de domaine D† = D
tel que
† |φi = |ψi, ∀|φi ∈ D†

L’opérateur † est donc tel que

hχ|† φi = hÂχ|φi, ∀|φi ∈ D† , |χi ∈ DÂ

Pour un opérateur borné, D† = D = H.


Pour les opérateurs non-bornés, on a souvent D ⊂ D† .
Si  ⊂ † , on parle d’opérateur symétrique.
Si  = † , on parle d’opérateur auto-adjoint.
Les physiciens ne font pas cette distinction et parlent toujours d’opérateurs hermitiens
ou d’observables.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
L’adjoint d’un opérateur borné
L’opérateur adjoint de l’opérateur  est noté † :

hχ|† φi = hÂχ|φi, ∀ |χi, |φi ∈ H

et on a
k† kop = kÂkop , k† Âkop = kÂk2op

Propriétés :
(† )† =  (λÂ)† = λ∗ †
( + B̂)† = † + B̂ † (ÂB̂)† = B̂ † †

Opérateurs spéciaux :
Opérateur  tel que
Opérateur normal †  = †
Opérateur auto-adjoint (hermitien) † = Â
Projecteur † =  et Â2 = Â
Opérateur isométrique †  = 1̂
Opérateur unitaire †  = † = 1̂

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateur normal

Un opérateur  borné, ou fermé à domaine dense, est dit normal si

†  = †

Propriétés spécifiques des opérateurs normaux

–  est normal ssi kÂφk = k† φk, ∀|φi ∈ DÂ


– Â est normal ssi α1̂ − Â est normal, ∀α ∈ C
– Si  est normal et borné, kÂn kop = kÂknop , ∀n ∈ N

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Opérateur hermitien

Un opérateur  borné, ou à domaine dense, est dit auto-adjoint (ou


hermitien) si
† = Â
Si  et B̂ sont hermitiens, λ + µB̂ est hermitien si λ, µ ∈ R
ÂB̂ n’est hermitien que si [Â, B̂] = 0

Critères d’hermiticité

 est hermitien ⇔ hχ|Â|φi = hφ|Â|χi∗ , ∀ |φi, |χi


⇔ hui |Â|uj i = huj |Â|ui i∗ , ∀ i, j
⇔ hφ|Â|φi ∈ R, ∀ |φi (uniquement si K = C)
L’opérateur identité et l’opérateur nul sont hermitiens.

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Projecteur sur un vecteur normé

− Le projecteur sur un vecteur normé |ψi est l’opérateur P̂ψ défini sur tout
l’espace d’Hilbert par
P̂ψ |φi = hψ|φi|ψi

− Notation usuelle : L’opérateur P̂ψ est noté |ψihψ|


− P̂ψ transforme tout vecteur en un ket proportionnel à |ψi
− P̂ψ est un opérateur linéaire, borné (kP̂ψ kop = 1), hermitien et positif.
− P̂ψ est un projecteur : P̂ψ2 = P̂ψ
− P̂ψ |λψi = |λψi

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Projecteur sur un sous-espace

Si {|u1 i, . . . , |uq i} désignent q vecteurs orthonormés de H :

hui |uj i = δij , ∀ i, j = 1, . . . , q

on appelle P̂q le projecteur sur le sous-espace Eq sous-tendu par les q vecteurs


l’opérateur
X q
P̂q = |ui ihui |
i=1

On a
P̂q |ψi ∈ Eq , ∀ |ψi ∈ H et P̂q |ψi = |ψi, ∀ |ψi ∈ Eq

− P̂q est un opérateur linéaire, borné, hermitien et positif.


− P̂q est un projecteur : P̂q2 = P̂q

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Relation de fermeture

Si {|ui i} désigne une base orthonormée de H, le projecteur P̂H sur l’espace


complet est l’opérateur
X
P̂H ≡ |ui ihui |
i

Il vérifie la relation de fermeture :


X
|ui ihui | = 1̂
i


X
En dimension infinie, la série |ui ihui | converge fortement.
i=1

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Opérateur isométrique

Un opérateur Û borné est dit isométrique si

Û † Û = 1̂

Critères d’isométricité

Û est isométrique ⇔ Û conserve le produit scalaire : hÛ φ|Û χi = hφ|χi, ∀ |φi, |χi

⇔ Û conserve la norme : kÛ φk = kφk, ∀ |φi

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Opérateur unitaire

Un opérateur Û borné est dit unitaire si

Û † Û = Û Û † = 1̂

Propriétés :
– Û est unitaire ⇒ Û est surjectif : RÛ = H
– Û est unitaire ⇔ Û est invertible et Û † = Û −1 ⇔ Û † est unitaire
Un opérateur unitaire est donc également injectif, et donc bijectif.
– Û est unitaire ⇔ Û est isométrique et Û est surjectif
– En dimension finie, opérateurs unitaires et isométriques coincident :
Û est unitaire ⇔ Û est isométrique

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La racine carrée et la valeur absolue d’un opérateur borné

Définition : Un opérateur borné  est dit positif, et on écrit  > 0, si  = † et

hφ|Â|φi > 0, ∀|φi ∈ H

Théorème : Pour tout opérateur positif Â, il existe un unique opérateur positif B̂ tel
que
B̂ 2 = Â
Cet opérateur porte le nom de racine carrée de Â, et on écrit
p
B̂ = Â ≡ Â1/2

Théorème : La racine carrée de  commute avec tout opérateur borné qui commute
avec Â.
Définition : Pour tout opérateur borné Â, l’opérateur †  > 0 et on définit la valeur
absolue p
|Â| = † Â

Si on a |λÂ| = |λ||Â|, ∀λ ∈ C, en général |ÂB̂| 6= |Â||B̂| et |† | 6= |Â|.


Théorème : Â > 0 ⇔ |Â| = Â, en particulier la valeur absolue de |Â| est |Â|.
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Trace d’un opérateur - Espaces de dimension finie

Soit une base orthonormée {|ui }. Pour tout opérateur Â, la somme
PN
i=1 hui |Â|ui i est un invariant (ne dépend pas de la base orthornomée) et définit
la trace de l’opérateur :
XN
Tr = hui |Â|ui i
i=1

Propriétés :
– Tr† = (TrÂ)∗ (donc si  = † , Tr ∈ R)
– Tr( + B̂) = Tr + TrB̂
– Trλ = λTrÂ
– TrÂB̂ = TrB̂ Â
– La trace est invariante par permutation cyclique :
TrÂB̂ Ĉ = TrĈ ÂB̂ = TrB̂ Ĉ Â
– Si  > 0, Tr > 0 et Tr = 0 ⇔  = 0
– |TrÂ| 6 Tr|Â|
– kÂkop 6 Tr|Â|
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Trace d’un opérateur borné - Espaces de dimension infinie

Soit une base orthonormée {|ui i}. Pour in opérateur borné Â quelconque, la série
P∞
i=1 hui |Â|ui i peut ne pas converger et sa limite peut même dépendre de la base
orthonormée . . . . Pour les opérateurs de classe trace, cela n’arrive pas et la notion de
trace peut être définie.
P
Définition : Un opérateur  est dit de classe trace si la série ∞ i=1 hui ||Â||ui i
converge (la limite de cette série est toujours indépendante de la base orthonormée).
P
Dans ce cas, la série ∞i=1 hui |Â|ui i converge également et sa limite est aussi
indépendante de la base orthonormée. Elle définit la trace de l’opérateur  :

X
Tr = hui |Â|ui i
i=1

Si  et B̂ sont 2 opérateurs de classe trace,  + B̂ et λ le sont aussi ⇒ l’ensemble des


opérateurs de classe trace définis sur un espace d’Hilbert H est un espace vectoriel, noté
B1 (H). C’est un sous-espace vectoriel de l’espace B(H).

Exemple emblématique : l’opérateur identité est borné mais n’est pas de classe
trace.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Trace d’un opérateur borné - Espaces de dimension infinie

Propriétés :
– Si  et B̂ sont de classe trace,  + B̂ l’est aussi et Tr( + B̂) = Tr + TrB̂
– Si  est de classe trace, λ l’est aussi ∀λ ∈ C, et Trλ = λTrÂ
–  est de classe trace ssi son adjoint l’est et Tr† = (TrÂ)∗ , Tr|† | = Tr|Â|
(donc si  = † , Tr ∈ R)
– Si  est de classe trace et B̂ est borné, les produits ÂB̂ et B̂  sont de classe trace et
on a
TrÂB̂ = TrB̂ Â
– Si  est de classe trace et B̂ et Ĉ sont bornés, tous les produits de ces 3 opérateurs
sont de classe trace et on a

TrÂB̂ Ĉ = TrĈ ÂB̂ = TrB̂ Ĉ Â

– Si  > 0 est de classe trace, Tr > 0 et Tr = 0 ⇔  = 0


– Si  est de classe trace, kÂkop 6 Tr|Â| et |TrÂ| 6 Tr|Â|

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Opérateurs d’Hilbert-Schmidt - L’espace B2 (H)

Un opérateur borné  est dit d’Hilbert-Schmidt si l’opérateur positif †  est de classe
trace.
Pour tout espace d’Hilbert H, si  et B̂ sont 2 opérateurs d’Hilbert-Schmidt,  + B̂ et
λ le sont aussi et † B̂ est de classe trace ⇒ l’ensemble des opérateurs de
Hilbert-Schmidt définis sur H est un espace vectoriel, noté B2 (H). Dans cet espace,
l’application
hÂ|B̂iHS ≡ Tr† B̂
y définit un produit scalaire. L’espace B2 (H) muni de ce produit scalaire et de la norme
associée est complet et définit un espace d’Hilbert.
Pour tout opérateur d’Hilbert-Schmidt

kÂkop 6 kÂkHS

Nous avons
B1 (H) ⊆ B2 (H) ⊆ B(H)
l’égalité n’ayant lieu que pour les espaces d’Hilbert H de dimension finie. Par exemple,
en dimension infinie, l’opérateur identité n’est pas d’Hilbert-Schmidt.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Opérateurs d’Hilbert-Schmidt - L’espace B2 (H)

Quelques propriétés complémentaires des opérateurs de Hilbert-Schmidt (H-S)


– Un opérateur borné  est de Hilbert-Schmidt ssi son adjoint † l’est et

k kHS = kÂkHS

– Un opérateur borné Â est de Hilbert-Schmidt ssi sa valeur absolue |Â| l’est et

k|Â|kHS = kÂkHS

– Si  est de Hilbert-Schmidt et B̂ est borné, alors les produits ÂB̂ et B̂  sont de Hilbert-Schmidt et

kÂB̂kHS 6 kÂkHS kB̂kop et kB̂ ÂkHS 6 kB̂kop kÂkHS

– Si  et B̂ sont de Hilbert-Schmidt, alors les produits ÂB̂ et B̂  sont de classe trace et

TrÂB̂ = TrB̂ Â

– Un opérateur est de classe trace ssi il peut s’écrire comme le produit de 2 opérateurs de
Hilbert-Schmidt
– Si  est de classe trace,  est de Hilbert-Schmidt et on a

kÂkop 6 kÂkHS 6 Tr|Â|

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equations aux valeurs propres - espaces de dimension finie

|φi ∈ H (|φi 6= 0) est dit un vecteur propre de  avec la valeur propre a ssi

Â|φi = a|φi

→ Les valeurs propres d’un opérateur sont les racines de l’équation


caractéristique det(A − aI) = 0

L’ensemble des valeurs propres de  est appelé le spectre de Â.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Cas des opérateurs normaux (†  = † )

– Des vecteurs propres relatifs à des valeurs propres distinctes sont orthogonaux.
– Si une valeur propre an est gn -fois dégénérée (racine gn -uple de l’équation
caractéristique), il est possible de trouver gn vecteurs propres orthonormés
relatifs à an . Soient |n, ri ces vecteurs propres :

Â|n, ri = an |n, ri hn, r|n0 , r0 i = δnn0 δrr0

⇒ Il est toujours possible de former une base orthonormée avec l’ensemble des
vecteurs propres d’un opérateur normal :

{|n, ri, ∀ n et ∀ r = 1, . . . , gn } forme une base orthonormée

– Un opérateur est hermitien ssi ses valeurs propres sont réelles : an ∈ R


– Un opérateur est unitaire ssi ses valeurs propres sont de module 1 : an = eiαn , αn
réel

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Cas des opérateurs normaux (†  = † )

Soit P̂n le projecteur sur le sous-espace En des vecteurs propres de an :


gn
X
P̂n = |n, rihn, r|
r=1

Nous avons la relation de fermeture


X gn
XX
P̂n = |n, rihn, r| = 1̂
n n r=1

De ÂP̂n = an P̂n , on déduit la relation de décomposition spectrale de Â

X X gn
X
 = an P̂n ≡ an |n, rihn, r|
n n r=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Dans l’expression
gn
X
P̂n = |n, rihn, r|
r=1

le projecteur P̂n est indépendant du choix des gn vecteurs propres


orthonormés relatifs à an :

Si {|un,r i, r = 1, . . . , gn } et {|vn,r i, r = 1, . . . , gn }
sont 2 ensembles distincts de vecteurs propres orthonormés relatifs à an
gn
X gn
X
Alors |un,r ihun,r | = |vn,r ihvn,r | ≡ P̂n
r=1 r=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Théorème

Si  est un opérateur normal avec an et |un,r i respectivement ses valeurs


et vecteurs propres :
Â|un,r i = an |un,r i
Alors, pour tout opérateur B̂ commutant avec  ([Â, B̂] = 0), nous avons

hun,r |B̂|un0 ,r0 i = 0 si n 6= n0

hun,r |[Â, B̂]|un0 ,r0 i = hun,r |ÂB̂ − B̂ Â|un0 ,r0 i = hun,r |ÂB̂|un0 ,r0 i − hun,r |B̂ Â|un0 ,r0 i
X X
= hun,r |Â|un00 ,r00 ihun00 ,r00 |B̂|un0 ,r0 i − hun,r |B̂|un00 ,r00 ihun00 ,r00 |Â|un0 ,r0 i
n00 ,r 00 n00 ,r 00

= (an − an0 )hun,r |B̂|un0 ,r0 i

0 0
Or [Â, B̂] = 0 ⇒ hun,r |[Â, B̂]|un0 ,r0 i = 0, ∀n, n , r, r
0 0
⇒ (an − an0 )hun,r |B̂|un0 ,r0 i = 0, ∀n, n 6= n, r, r
0 0
⇒ hun,r |B̂|un0 ,r0 i = 0, ∀n, n 6= n, r, r

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Théorème fondamental

Soient 2 opérateurs normaux  et B̂. Ils commutent ([Â, B̂] = 0) ssi il est
possible de trouver une base orthonormée de vecteurs propres communs
aux 2 opérateurs. Â et B̂ sont dits compatibles.

→ Si [Â, B̂] = 0, il est possible de trouver une base orthonormée de vecteurs


|uin,p i tels que

 Â|ui i = a |ui i
n,p n n,p
 B̂|ui i = bp |ui i
n,p n,p

L’indice i sert à repérer les différents vecteurs propres relatifs aux mêmes
valeurs propres an et bp .

Généralisation : Soient P opérateurs normaux Â, B̂, Ĉ, . . . Ils commutent 2


à 2 ssi il est possible de trouver une base orthonormée de vecteurs propres
communs aux P opérateurs.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Ensemble complet d’opérateurs qui commutent

Un ensemble complet d’opérateurs qui commutent (E.C.O.C.) = ensemble


d’opérateurs hermitiens
– qui commutent 2 à 2,
– pour lesquels il existe une seule base orthonormée de vecteurs propres communs
à tous les opérateurs.
Dans ce cas, la donnée des valeurs propres de tous les opérateurs suffit à déterminer
univoquement un vecteur propre commun unique.

Ex. : Si  et B̂ forment un E.C.O.C., il existe un ensemble de vecteurs orthonormés {|un,p i} qui


constitue une base telle que 
 Â|u i = a |u i
n,p n n,p
 B̂|un,p i = bp |un,p i

La donnée de an et bp détermine univoquement le vecteur propre commun aux 2 opérateurs


relatifs à ces valeurs propres. Il n’y a pas besoin d’un indice i supplémentaire.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Fonctions d’opérateurs : valeurs propres

Si |un i est un vecteur propre de  relatif à la valeur propre an , alors |un i est
un vecteur propre de F (Â) relatif à la valeur propre F (an ) :

Â|un i = an |un i ⇒ F (Â)|un i = F (an )|un i

Si  est un opérateur normal,


X X
 = an P̂n ⇒ F (Â) = F (an )P̂n
n n

Conclusions :
– Les valeurs propres de F (Â) sont données par F (an )
– Les vecteurs propres de F (Â) sont les mêmes que ceux de Â

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equations aux valeurs propres - espaces de dimension infinie

|φi ∈ H (|φi 6= 0) est un vecteur propre de  avec la valeur propre a ssi


Â|φi = a|φi (1)

Contrairement aux espaces de dimension finie, l’équation (1) ne possède pas


nécessairement de solutions (même pour un opérateur borné !)
d
Exemple : dans H = L(2) (R) avec l’opérateur −i dx :
d
L’équation − i φ(x) = aφ(x) possède comme solution φa (x) = Ceiax ∈
/ L(2) (R)
dx

En réalité, la généralisation de (1) aux espaces de dimension infinie n’est


assurée que pour une classe d’opérateurs particuliers : les opérateurs dits
compacts qui forment un sous-espace vectoriel B∞ (H) des opérateurs bornés :
B1 (H) ⊆ B2 (H) ⊆ B∞ (H) ⊆ B(H)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equations aux valeurs propres - espaces de dimension infinie

Les physiciens passent outre ces difficultés en utilisant des “pseudo-vecteurs


propres”, c’est-à-dire des objets vérifiant formellement l’équation aux valeurs
propres Â|φi = a|φi, mais qui n’∈ / H.

Spectre de  = l’ensemble des valeurs de a pour lesquels il existe des


“pseudo-vecteurs propres” (on parlera simplement de vecteurs propres)

Suivant ces définitions, le spectre de  peut être


– discret : ensemble de valeurs propres an étiquetées par un indice discret n
– continu : ensemble de valeurs propres a(ν) étiquetées par un indice continu ν
– discret et continu : {an , n = 1, . . .} ∪ {a(ν), ν ∈ I}

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Cas des opérateurs hermitiens ( = † )

On retrouve des propriétés formellement analogues aux espaces de dimension finie

− Spectre discret : Â|n, ri = an |n, ri avec hn, r|n0 , r0 i = δnn0 δrr0


L’indice r distingue différents vecteurs propres orthogonaux relatifs à 1 même valeur propre an .

− Spectre continu : Â|ν, si = a(ν)|ν, si avec hν, s|ν 0 , s0 i = δ(ν − ν 0 )δss0


L’indice s (discret ou continu) distingue différents vecteurs propres orthogonaux relatifs à 1 même
valeur propre a(ν).

− Spectre discret et continu : hn, r|ν, si = 0


X XZ
− Relation de fermeture : |n, rihn, r| + dν |ν, sihν, s| = 1̂
n,r s
X XZ
− Décomposition spectrale : Â = an |n, rihn, r| + dν a(ν)|ν, sihν, s|
n,r s

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L’espace L2 (R3 )

− Une suite de fonctions um (r) (m ∈ N0 ) est orthonormée ssi


Z
hui , uj i = d3 r u∗i (r)uj (r) = δij

− Une suite orthonormée de fonctions um est totale ssi la seule fonction


orthogonale à tous les um est la fonction nulle 0.
− Pour toute suite orthonormée totale um , toute fonction ψ peut s’écrire

X Z
ψ(r) = cm um (r) avec cm = hum |ψi = d3 r u∗m (r)ψ(r)
m=1


X
et on a kψk2 = |cm |2
m=1

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Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R3 )

Par exemple, pour “toute” fonction ψ(r), nous pouvons définir (TF)
Z Z
1 3 −ik·r 1 3 ik·r
g(k) = d r ψ(r)e ⇔ ψ(r) = d k g(k)e
(2π)3/2 (2π)3/2

1 ik·r
On considère que les fonctions 6∈ L2 (R3 ) vk (r) = 3/2
e forment une
(2π)
“base continue” (d’indice continu∗ k) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z
hvk , vk0 i = d3 r vk∗ (r)vk0 (r) = δ(k − k0 )

Z Z
On a ψ(r) = d3 k g(k)vk (r) avec g(k) = hvk , ψi = d3 r vk∗ (r)ψ(r)
Z Z
et kψk2 = d3 r|ψ(r)|2 = d3 k |g(k)|2 = kgk2 ⇒ g(k) ∈ L2 (R3 )
∗ un triple indice continu kx , ky , kz
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Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R3 )

1
En posant p = ~k et ψ(p) = ~3/2 g(k = p~ ), on peut aussi écrire :
Z Z
1 3 i 1 − ~i p·r
ψ(r) = d p ψ(p)e ~ p·r ⇔ ψ(p) = d 3
r ψ(r)e
(2π~)3/2 (2π~)3/2

1 i
On considère que les fonctions 6∈ L2 (R3 ) vp (r) = e ~ p·r forment une
(2π~)3/2
“base continue” (d’indice continu∗ p) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z
hvp , vp0 i = d3 r vp∗ (r)vp0 (r) = δ(p − p0 )

Z Z
On a ψ(r) = d3p ψ(p)vp (r) avec ψ(p) = hvp , ψi = d3 r vp∗ (r)ψ(r)
Z Z
et kψk2 = d3 r|ψ(r)|2 = d3 p |ψ(p)|2 = kψk2 ⇒ ψ(p) ∈ L2 (R3 )
∗ un triple indice continu px , py , pz
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La représentation |pi
1 i
p·r (2) 3
|pi est le vecteur ket vp (r) = e ~ de L (R )
(2π~)3/2

L’ensemble des vecteurs |pi (aussi notés |px , py , pz i) forme une base continue :

− hp|p0 i = δ(p − p0 )
Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi =d3 p hp|ψi|pi
Z
− Relation de fermeture : d3 p |pihp| = 1̂

− Les composantes hp|ψi du ket |ψi dans la base {|pi} sont égales au
produit scalaire ψ(p) = (vp , ψ) de la fonction ψ(r) ∈ L(2) (R3 ) associée au ket
|ψi ∈ H ⇒ ces composantes donnent directement la valeur de la TF ψ(p)
Z Z
− kψk2 = d3 p |hp|ψi|2 = d3 p |ψ(p)|2 ψ(p) = hp|ψi

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R3 )

Autre exemple : les “fonctions” delta. Pour toute fonction ψ(r), nous avons
Z Z
ψ(r0 ) = d3 r ψ(r)δ(r − r0 ) ⇔ ψ(r) = d3 r0 ψ(r0 )δ(r − r0 )

Les “fonctions” 6∈ L2 (R3 ) ξr0 (r) = δ(r − r0 ) forment une “base continue”
(d’indice continu∗ r0 ) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z
hξr0 , ξr00 i = d3 r ξr∗0 (r)ξr00 (r) = δ(r0 − r00 )

Z Z
On a ψ(r) = d3 r0 ψ(r0 )ξr0 (r) avec ψ(r0 ) = hξr0 , ψi = d3 r ξr∗0 (r)ψ(r)
Z Z
et kψk2 = d3 r|ψ(r)|2 = d3 r0 |ψ(r0 )|2 : ψ(r0 ) ∈ L2 (R3 ) (évidemment !)
∗ un triple indice continu x0 , y0 , z0

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La représentation |ri

|r0 i est le vecteur ket ξr0 (r) = δ(r − r0 ) de L(2) (R3 )

L’ensemble des vecteurs |r0 i (aussi notés |x0 , y0 , z0 i) forme une base continue :

− hr0 |r00 i = δ(r0 − r00 )


Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi = d3 r0 hr0 |ψi|r0 i
Z
− Relation de fermeture : d3 r0 |r0 ihr0 | = 1̂

− Les composantes hr0 |ψi du ket |ψi dans la base {|r0 i} sont égales aux
composantes ψ(r0 ) = (ξr0 , ψ) de la fonction ψ(r) ∈ L(2) (R3 ) associée au ket
|ψi ∈ H ⇒ ces composantes donnent directement la valeur de ψ(r) en r0
Z Z
− kψk2 = d3 r0 |hr0 |ψi|2 = d3 r0 |ψ(r0 )|2

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


La représentation |ri

L’ensemble des vecteurs |r0 i est plutôt noté directement {|ri} ou même plus
explicitement {|x, y, zi}. Nous avons :

− hr|r0 i = δ(r − r0 )
Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi =d3 r hr|ψi|ri
Z
− Relation de fermeture : d3 r |rihr| = 1̂

− Les composantes hr|ψi du ket |ψi dans la base {|ri} donnent


directement la valeur de la fonction ψ(r) ∈ L(2) (R3 ) associée à |ψi :
ψ(r) = hr|ψi
Z Z
− kψk2 = d3 r |hr|ψi|2 = d3 r |ψ(r)|2

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Le produit scalaire hr|pi

La composante d’un vecteur |pi sur un vecteur de la base |ri est donnée par

1 i
hr|pi = vp (r) = e ~ p·r
(2π~)3/2
Z Z
En effet, hr0 |pi = d3 r ξr∗0 (r)vp (r) = d3 r δ(r − r0 )vp (r) = vp (r0 )

Inversement, nous avons immédiatement


1 − ~i p·r
hp|ri = vp∗ (r) = 3/2
e
(2π~)

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Bases discrètes versus bases continues

Base discrète {um (r)} “Base continue” {wα (r)}

Relation d’ortho-
normalisation
hui , uj i = δij hwα , wα0 i = δ(α − α0 )

X Z
Développement
ψ(r) = cm um (r) ψ(r) = dα c(α)wα (r)
d’une fonction
m=1
Coefficients du
développement
cm = hum , ψi c(α) = hwα , ψi

X Z
Produit scalaire hφ, ψi = b∗m cm hφ, ψi = dα b∗ (α)c(α)
m=1
X∞ Z
Carré de la norme kψk2 = |cm |2 kψk2 = dα |c(α)|2
m=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Bases discrètes versus bases continues

Base discrète {|ui i} “Base continue” {|wα i}

Relation d’ortho-
normalisation
hui |uj i = δij hwα |wα0 i = δ(α − α0 )

X Z
Développement
|ψi = ci |ui i |ψi = dα c(α)|wα i
d’une fonction
i=1
Coefficients du
développement
ci = hui |ψi c(α) = hwα |ψi

X Z
Carré de la norme kψk2 = |ci |2 kψk2 = dα |c(α)|2
i=1

X Z
Relation de fer-
|ui ihui | = 1̂ dα |wα ihwα | = 1̂
meture
i=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’opérateur r̂ de l’espace L2 (R3 )

On définit les opérateurs x̂, ŷ et ẑ selon




 x̂ : ψ(r)
 → x̂ ψ(r) = xψ(r)
ŷ : ŷ ψ(r) = yψ(r)



ẑ : ẑ ψ(r) = zψ(r)

On appelle opérateur vectoriel r̂ la donnée des 3 opérateurs x̂, ŷ et ẑ.




 x̂ψ(r)

La notation r̂ψ(r) est une notation abrégée pour désigner ŷψ(r)



ẑψ(r)
Les opérateurs x̂, ŷ, ẑ sont fermés et de domaine dense (donc possèdent un adjoint).



 hr|x̂|ψi = xhr|ψi

∀|ri, hr|r̂|ψi = rhr|ψi ⇔ hr|ŷ|ψi = yhr|ψi



hr|ẑ|ψi = zhr|ψi

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’opérateur r̂

Z
− Formule utile : hφ|r̂|ψi = d3 r φ∗ (r)rψ(r)

Z Z
En effet, hφ|x̂|ψi = hφ|1̂x̂|ψi = hφ| d3 r |rihr|x̂|ψi = d3 r hφ|rixhr|ψi
et idem pour ŷ et ẑ

− r̂ est hermitique : hφ|r̂|ψi = hψ|r̂|φi∗


Z µZ ¶∗
En effet, hφ|r̂|ψi = d3 r φ∗ (r)rψ(r) = d3 r ψ ∗ (r)rφ(r) = hψ|r̂|φi∗

− |ri est vecteur propre de r̂ avec la valeur propre r : r̂|ri = r|ri

En effet, ∀|φi, hφ|x̂|ri = hr|x̂|φi∗ = (xhr|φi)∗ = hxr|φi∗ = hφ|xri ⇒ x̂|ri = x|ri


et idem pour ŷ et ẑ
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
L’opérateur F (r̂) de l’espace L2 (R3 )

Pour toute fonction F (r), on définit l’opérateur F ˆ(r) ≡ F (r̂) selon

F ˆ(r) : ψ(r) → F ˆ(r)ψ(r) = F (r)ψ(r)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’opérateur p̂ de l’espace L2 (R3 )

On définit les opérateurs p̂x , p̂y et p̂z selon




 p̂x : ψ(r) → p̂x ψ(r) = (~/i)∂/∂x ψ(r)

p̂y : p̂y ψ(r) = (~/i)∂/∂y ψ(r)



p̂x : p̂z ψ(r) = (~/i)∂/∂z ψ(r)

On appelle opérateur vectoriel p̂ la donnée des 3 opérateurs p̂x , p̂y et p̂z .




 p̂x ψ(r)

La notation p̂ψ(r) est une notation abrégée pour désigner p̂y ψ(r)



p̂z ψ(r)
Les opérateurs p̂x , p̂y , p̂z sont fermés et de domaine dense (donc possèdent un adjoint).



 hp|p̂x |ψi = px hp|ψi

∀|pi, hp|p̂|ψi = php|ψi ⇔ hp|p̂y |ψi = py hp|ψi



hp|p̂z |ψi = pz hp|ψi

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’opérateur p̂

Z
− Formule utile : hφ|p̂|ψi = d3 p φ̄∗ (p)p ψ(p)

Z Z
En effet, hφ|p̂x |ψi = hφ|1̂p̂x |ψi = hφ| d3 p |pihp|p̂x |ψi = d3 p hφ|pipx hp|ψi
et idem pour p̂y et p̂z

− p̂ est hermitique : hφ|p̂|ψi = hψ|p̂|φi∗


Z µZ ¶∗
En effet, hφ|p̂|ψi = d3 p φ̄∗ (p)pψ(p) = d3 p ψ̄ ∗ (p)pφ(p) = hψ|p̂|φi∗

− |pi est vecteur propre de p̂ avec la valeur propre p : p̂|pi = p|pi

En effet, ∀|φi, hφ|p̂x |pi = hp|p̂x |φi∗ = (px hp|φi)∗ = hpx p|φi∗ = hφ|px pi ⇒ p̂x |pi = px |pi
et idem pour p̂y et p̂z
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Relations de commutation canoniques

[x̂, ŷ] = [ŷ, ẑ] = [ẑ, x̂] = 0


[p̂x , p̂y ] = [p̂y , p̂z ] = [p̂z , p̂x ] = 0
[x̂, p̂y ] = [x̂, p̂z ] = [ŷ, p̂x ] = [ŷ, p̂z ] = [ẑ, p̂x ] = [ẑ, p̂y ] = 0

[x̂, p̂x ] = [ŷ, p̂y ] = [ẑ, p̂z ] = i~

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


L’espace L2 (R)

− Une suite de fonctions um (x) (m ∈ N0 ) est orthonormée ssi


Z +∞
hui , uj i = dx u∗i (x)uj (x) = δij
−∞

− Une suite orthonormée de fonctions um est totale ssi la seule fonction


orthogonale à tous les um est la fonction nulle 0.
− Pour toute suite orthonormée totale um , toute fonction ψ peut s’écrire

X Z +∞
ψ(x) = cm um (x) avec cm = hum |ψi = dx u∗m (x)ψ(x)
m=1 −∞


X
et on a kψk2 = |cm |2
m=1

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R)

/ à L2 (R).
Il est parfois “commode” d’introduire des “bases” de fonctions n’∈
Par exemple, pour “toute” fonction ψ(x), nous pouvons définir (TF)
Z +∞ Z +∞
1 1
g(k) = √ dx ψ(x)e−ikx ⇔ ψ(x) = √ dk g(k)eikx
2π −∞ 2π −∞

2 1 ikx
6 L (R) vk (x) =
On considère que les fonctions ∈ √ e forment une

“base continue” (d’indice continu k) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z +∞
hvk , vk0 i = dx vk∗ (x)vk0 (x) = δ(k − k 0 )
−∞

Z +∞ Z +∞
On a ψ(x) = dk g(k)vk (x) avec g(k) = hvk , ψi = dx vk∗ (x)ψ(x)
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
et kψk2 = dx|ψ(x)|2 = dk |g(k)|2 = kgk2 ⇒ g(k) ∈ L2 (R)
−∞ −∞
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R)

En posant p = ~k et ψ(p) = √1 g(k


~
= ~p ), on peut aussi écrire :
Z +∞ Z +∞
1 i 1 − ~i px
ψ(x) = √ dp ψ(p)e ~ px ⇔ ψ(p) = √ dx ψ(x)e
2π~ −∞ 2π~ −∞

1 i
2
6 L (R) vp (x) = √
On considère que les fonctions ∈ e px forment une
~
2π~
“base continue” (d’indice continu p) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z +∞
hvp , vp0 i = dx vp∗ (x)vp0 (x) = δ(p − p0 )
−∞

Z +∞ Z +∞
On a ψ(x) = dp ψ(p)vp (r) avec ψ(p) = hvp , ψi = dx vp∗ (x)ψ(x)
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
et kψk2 = dx|ψ(x)|2 = dp |ψ(p)|2 = kψk2 ⇒ ψ(p) ∈ L2 (R)
−∞ −∞
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
La représentation |px i ≡ |pi

Dans tout espace d’Hilbert H isomorphe à L2 (R),


1 i
|pi est le ket associé à l’“élément” vp (x) = √ e ~ px de L(2) (R)
2π~

L’ensemble des vecteurs |pi forme une base continue :

− hp|p0 i = δ(p − p0 )
Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi =dp hp|ψi|pi
Z
− Relation de fermeture : dp |pihp| = 1̂

− Les composantes hp|ψi du ket |ψi dans la base {|pi} sont égales au
produit scalaire ψ(p) = (vp , ψ) de la fonction ψ(x) associée au ket
|ψi ∈ H ⇒ ces composantes donnent directement la valeur de la TF ψ(p)
Z Z
− kψk2 = dp |hp|ψi|2 = dp |ψ(p)|2 ψ(p) = hp|ψi
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Les “bases” n’appartenant pas à L2 (R)

Autre exemple : les “fonctions” delta. Pour toute fonction ψ(x), nous avons
Z +∞ Z
ψ(x0 ) = dx ψ(x)δ(x − x0 ) ⇔ ψ(x) = dx0 ψ(x0 )δ(x − x0 )
−∞

Les “fonctions” 6∈ L2 (R) ξx0 (x) = δ(x − x0 ) forment une “base continue”
(d’indice continu x0 ) obéissant à la relation d’orthonormalisation
Z +∞
hξx0 , ξx00 i = dx ξx∗0 (x)ξx00 (x) = δ(x0 − x00 )
−∞

Z +∞ Z +∞
On a ψ(x) = dx0 ψ(x0 )ξx0 (x) avec ψ(x0 ) = hξx0 , ψi = dx ξx∗0 (x)ψ(x)
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
et kψk2 = dx|ψ(x)|2 = dx0 |ψ(x0 )|2 : ψ(x0 ) ∈ L2 (R) (évidemment !)
−∞ −∞

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La représentation |xi

|x0 i est le vecteur ket ξx0 (x) = δ(x − x0 ) de L(2) (R)

L’ensemble des vecteurs |x0 i forme une base continue :

− hx0 |x00 i = δ(x0 − x00 )


Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi = dx0 hx0 |ψi|x0 i
Z
− Relation de fermeture : dx0 |x0 ihx0 | = 1̂

− Les composantes hx0 |ψi du ket |ψi dans la base {|x0 i} sont égales aux
composantes ψ(x0 ) = (ξx0 , ψ) de la fonction ψ(x) ∈ L(2) (R) associée au ket
|ψi ∈ H ⇒ ces composantes donnent directement la valeur de ψ(x) en x0
Z Z
− kψk2 = dx0 |hx0 |ψi|2 = dx0 |ψ(x0 )|2

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La représentation |xi

L’ensemble des vecteurs |x0 i est plutôt noté directement {|xi}. Nous avons :

− hx|x0 i = δ(x − x0 )
Z
− ∀|ψi ∈ H, |ψi = dx hx|ψi|xi
Z
− Relation de fermeture : dx |xihx| = 1̂

− Les composantes hx|ψi du ket |ψi dans la base {|xi} donnent


directement la valeur de la fonction ψ(x) ∈ L(2) (R) associée à |ψi :
ψ(x) = hx|ψi
Z Z
− kψk2 = dx |hx|ψi|2 = dx |ψ(x)|2

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Bases discrètes versus bases continues

Base discrète {um (x)} “Base continue” {wα (x)}

Relation d’ortho-
normalisation
hui , uj i = δij hwα , wα0 i = δ(α − α0 )

X Z
Développement
ψ(x) = cm um (x) ψ(x) = dα c(α)wα (x)
d’une fonction
m=1
Coefficients du
développement
cm = hum , ψi c(α) = hwα , ψi

X Z
Produit scalaire hφ, ψi = b∗m cm hφ, ψi = dα b∗ (α)c(α)
m=1
X∞ Z
Carré de la norme kψk2 = |cm |2 kψk2 = dα |c(α)|2
m=1

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L’opérateur x̂ de l’espace L2 (R)

On définit l’opérateur x̂ selon

x̂ : ψ(x) → x̂ ψ(x) = xψ(x)

L’opérateur x̂ est fermé et de domaine dense (donc possède un adjoint).

∀|xi, hx|x̂|ψi = xhx|ψi

ˆ ≡ F (x̂) selon
On définit l’opérateur F (x)
ˆ : ψ(x) → F (x)
F (x) ˆ ψ(x) = F (x)ψ(x)

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L’opérateur x̂

Z
− Formule utile : hφ|x̂|ψi = dx φ∗ (x)xψ(x)

Z Z
Ēn effet, hφ|x̂|ψi = hφ|1̂x̂|ψi = hφ| dx |xihx|x̂|ψi = dx hφ|xixhx|ψi

− x̂ est hermitique : hφ|x̂|ψi = hψ|x̂|φi∗


Z µZ ¶∗
En effet, hφ|x̂|ψi = dx φ∗ (x)xψ(x) = dx ψ ∗ (x)xφ(x) = hψ|x̂|φi∗

− |xi est vecteur propre de x̂ avec la valeur propre x : x̂|xi = x|xi

En effet, ∀|φi, hφ|x̂|xi = hx|x̂|φi∗ = (xhx|φi)∗ = hx ξx |φi∗ = hφ|x ξx i ⇒ x̂|xi = x|xi

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L’opérateur p̂x ≡ p̂ de l’espace L2 (R)

On définit l’opérateur p̂ selon


~ d
p̂ : ψ(x) → p̂ ψ(x) = ψ(x)
i dx
L’opérateur p̂ est fermé et de domaine dense (donc possède un adjoint).

∀|pi, hp|p̂|ψi = php|ψi

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L’opérateur p̂

Z
− Formule utile : hφ|p̂|ψi = dp φ̄∗ (p)p ψ(p)

Z Z
En effet, hφ|p̂|ψi = hφ|1̂p̂|ψi = hφ| dp |pihp|p̂|ψi = dp hφ|piphp|ψi

− p̂ est hermitique : hφ|p̂|ψi = hψ|p̂|φi∗


Z µZ ¶∗
En effet, hφ|p̂|ψi = dp φ̄∗ (p)pψ(p) = dp ψ̄ ∗ (p)pφ(p) = hψ|p̂|φi∗

− |pi est vecteur propre de p̂ avec la valeur propre p : p̂|pi = p|pi

En effet, ∀|φi, hφ|p̂|pi = hp|p̂|φi∗ = (php|φi)∗ = hpvp |φi∗ = hφ|pvp i ⇒ p̂|pi = p|pi

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Bibliographie

– L. Debnath and P. Mikusiński, Introduction to Hilbert Spaces with Applications,


3rd Ed., Elsevier, London (2005)
– J. Blank, P. Exner, and M. Havliček, Hilbert Space Operators in Quantum
Physics, 2nd Ed., Springer, Prague (2010)
– C. Alabiso and I. Weiss, A primer on Hilbert Space Theory, Springer, London
(2015)
– C. Cohen-Tannoudji, B. Diu, and F. Laloë, Quantum Mechanics, Wiley-VCH,
Singapore (2005)
– M. Le Bellac, Physique quantique, EDP Sciences/CNRS Editions, Paris (2003)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Chapitre 3

Les postulats
de la mécanique quantique

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


1er Postulat
A tout instant t, l’état d’un système physique est décrit par la donnée d’un ket
|ψ(t)i normé appartenant à un espace d’Hilbert H.

Le ket |ψ(t)i est appelé le vecteur d’état du système (ou aussi l’état du système,
ou encore la fonction d’onde du système)
L’espace d’Hilbert H est appelé l’espace des états.

2ème Postulat
Toute grandeur physique mesurable A est représentée par un opérateur hermi-
tique  agissant dans l’espace des états H.

Toute l’astuce consiste à trouver les opérateurs qui représentent les diverses
grandeurs physiques. En réalité, on ne les “trouve” pas, on postule plutôt leur
forme.
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Règle d’obtention des opérateurs
(principe de correspondance)

? A la position r d’une particule est associé l’opérateur vectoriel hermitique r̂


? A l’impulsion p d’une particule est associé l’opérateur vectoriel hermitique p̂
? A toute grandeur physique A(r, p) est associé l’opérateur  = A(r̂, p̂), pour
autant que tous les produits r · p soient remplacés par les produits symétrisés
1
2 (r̂ · p̂ + p̂ · r̂) (sinon l’opérateur n’est pas hermitique) :

[x̂, p̂x ]
(r̂ · p̂)† = p̂† · r̂† = p̂ · r̂ 6= r̂ · p̂ car [ŷ, p̂y ] 6= 0
[ẑ, p̂z ]

7→ Il y a une correspondance formelle entre les grandeurs classiques et les


opérateurs quantiques (principe de correspondance)
p̂2 p̂2
7→ Exemples : L̂ = r̂ × p̂, Ĥ = + V (r̂) ≡ + V (x̂, ŷ, ẑ)
2m 2m
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3ème Postulat
La mesure d’une grandeur physique ne peut donner comme résultat qu’une des
valeurs propres de l’opérateur correspondant.

– La théorie quantique prédit des résultats de mesure qui seront toujours réels
puisque les opérateurs représentant les grandeurs physiques sont par hypothèse
hermitiques.
– Le 3ème postulat est à la base de la quantification que l’on observe pour certaines
grandeurs physiques : les résultats de mesure ne peuvent être quelconques, ils
appartiennent au spectre de l’opérateur représentant la grandeur physique, ce
dernier pouvant être discret . . . mais aussi continu (auquel cas la grandeur n’est
pas quantifiée).

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4ème Postulat (cas discret non-dégénéré)
Si l’état du système est caractérisé à l’instant t par le vecteur d’état normé
|ψi, alors la probabilité que la mesure d’une grandeur physique représentée
par l’opérateur  donne pour résultat une de ses valeurs propres discrètes et
non-dégénérées an est donnée par

P(an ) = |hun |ψi|2

où |un i est le vecteur propre normé relatif à la valeur propre an :

Â|un i = an |un i

Si |ψi = |un i, P(an ) = 1 : le résultat de mesure est prédit avec certitude.


Sinon les résultats de mesure sont indéterminés : on ne peut prédire par avance le
résultat d’une mesure (on ne connaı̂t que la probabilité d’obtention de tel ou tel
résultat) : c’est l’indéterminisme quantique, intrinsèque à la théorie.

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4ème Postulat (cas discret dégénéré)
Si l’état du système est caractérisé à l’instant t par le vecteur d’état normé
|ψi, alors la probabilité que la mesure d’une grandeur physique représentée
par l’opérateur  donne pour résultat une de ses valeurs propres discrètes et
dégénérées an est donnée par
gn
X
P(an ) = |hun,k |ψi|2 = hψ|P̂n |ψi
k=1

où gn est le degré de dégénérescence de la valeur propre an et les |un,k i sont


gn vecteurs propres orthonormés relatif à an :

Â|un,k i = an |un,k i, pour k = 1, . . . , gn

Pgn
Pour que ce postulat ait un sens, il faut que l’expression k=1 |hun,k |ψi|2 soit indépendante
des gn vecteurs propres de an choisis. C’est évidemment bien le cas puisque
Pgn 2 =
Pgn
k=1 |hun,k |ψi| k=1 hψ|un,k ihun,k |ψi = hψ|P̂n |ψi

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4ème Postulat (cas continu non-dégénéré)
Si l’état du système est caractérisé à l’instant t par le vecteur d’état normé
|ψi, alors la probabilité que la mesure d’une grandeur physique représentée par
l’opérateur  donne pour résultat une valeur comprise entre la valeur propre
continue et non-dégénérée α et α + dα vaut

dP(α) = |huα |ψi|2 dα

où |uα i est le vecteur propre normé relatif à la valeur propre α :

Â|uα i = α|uα i

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4ème Postulat (cas continu dégénéré)
Si l’état du système est caractérisé à l’instant t par le vecteur d’état normé
|ψi, alors la probabilité que la mesure d’une grandeur physique représentée par
l’opérateur  donne pour résultat une valeur comprise entre la valeur propre
continue et dégénérée α et α + dα vaut
µZ ¶
dP(α) = dβ |huα,β |ψi|2 dα

où les |uα,β i sont les vecteurs propres orthonormés relatif à la valeur propre α :

Â|uα,β i = α|uα,β i

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Conséquence importante du 4ème postulat
Deux vecteurs d’états |ψi et |ψ 0 i qui ne diffèrent que par un facteur
de phase global, c’est-à-dire tels que

|ψ 0 i = eiθ |ψi

avec θ réel, représentent le même état physique.


Toutes les prédictions physiques sur le système sont identiques
selon qu’il soit dans l’état |ψi ou |ψ 0 i.
En effet, les probabilités qu’une mesure d’une grandeur physique représentée par un
opérateur  donne par exemple pour résultat an , une valeur propre non-dégénérée,
valent
P(an ) = |hun |ψi|2 si le système est dans l’état |ψi
P(an ) = |hun |ψ 0 i|2 si le système est dans l’état |ψ 0 i

et ces 2 probabilités sont identiques : |hun |ψ 0 i|2 = |eiθ hun |ψi|2 = |hun |ψi|2

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5ème Postulat - postulat de réduction du paquet d’onde
Si à l’instant t, lorsque le système se trouve dans un état |ψi, la mesure d’une
grandeur physique représentée par l’opérateur  donne pour résultat an , l’état
du système immédiatement après la mesure devient

P̂n |ψi P̂n |ψiP̂n |ψi


q = =p
hψ|P̂n |ψi kP̂n ψk P(an )

où P̂n est l’opérateur de projection sur le sous-espace propre de an :


gn
X
P̂n = |un,k ihun,k |
k=1

En particulier, si an est une valeur propre non-dégénérée, l’état du système


immédiatement après la mesure est donné par |un i.

En d’autres mots, immédiatement après la mesure, l’état du système est toujours un


vecteur propre de  relatif à an . On parle de collapse de la fonction d’onde.
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6ème Postulat
L’opérateur associé à l’énergie totale du système est appelé l’opérateur hamilto-
nien et noté Ĥ(t). Il détermine l’état du système en tout instant t via l’équation
de Schrödinger :
d
i~ |ψ(t)i = Ĥ(t)|ψ(t)i
dt

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Préparation d’un état physique
Soit une grandeur physique représentée par un opérateur  dont toutes les
valeurs propres sont non-dégénérées. Prenons le cas pour simplifier de valeurs
propres discrètes.
⇒ il existe une et une seule base orthonormée de vecteurs propres de  :
{|un i} tels que
Â|un i = an |un i

⇒ Â forme un E.C.O.C.
Si une mesure de la grandeur physique est réalisée et que l’on trouve pour
résultat an , après la mesure, le système se trouve avec certitude dans l’état
|un i (en vertu du 5ème postulat)
⇒ on peut préparer le système physique à un instant donné (celui de la
mesure) dans un état bien déterminé.

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Préparation d’un état physique

Si les valeurs propres de  ne sont pas toutes non-dégénérées,  ne forme pas un


E.C.O.C. et on ne connaı̂t pas nécessairement l’état du système après la mesure.
Supposons par contre que  et B̂ forment un E.C.O.C. et soit {|un,p i} l’unique
base orthonormée de vecteurs propres communs à Â et B̂ :

 Â|u i = a |u i
n,p n n,p
 B̂|un,p i = bp |un,p i

Si une mesure de  et de B̂ est réalisée et que le résultat est an et bp , après la


mesure, le système se trouve avec certitude dans l’état |un,p i.

De manière générale, on prépare un système physique dans un état bien


déterminé en mesurant un ensemble de grandeurs physiques formant un
E.C.O.C.

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Probabilités de mesure

Soit un système physique dans l’état |ψi à l’instant t et un ensemble de


grandeurs physiques A, B, . . . représentées par des opérateurs Â, B̂, . . . à
valeurs propres discrètes (pour simplifier le raisonnement).
Si  forme un E.C.O.C., tel que

Â|un i = an |un i

Alors la probabilité qu’une mesure de  à l’instant t donne pour résultat an vaut

P(an ) = |hun |ψi|2

(→ expression directe du 4ème postulat)

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Probabilités de mesure

Si  et B̂ forment un E.C.O.C., tels que



 Â|u i = a |u i
n,p n n,p
 B̂|un,p i = bp |un,p i

Alors la probabilité qu’une mesure de  à l’instant t donne pour résultat an ,


puis qu’immédiatement après une mesure de B̂ donne bp vaut

P(an , bp ) = |hun,p |ψi|2

De manière générale, on a en outre

P(an , bp ) = P(bp , an ) si [Â, B̂] = 0 et P(an , bp ) 6= P(bp , an ) sinon

Si [Â, B̂] = 0, les 2 grandeurs sont dites mesurables simultanément.


L’ensemble de ces propriétés se généralisent pour N > 2 opérateurs.

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Mesure de la position d’une particule
La mesure de la position d’une particule ne peut donner qu’une valeur propre
de l’opérateur r̂, soit un vecteur r quelconque (3ème postulat).
La probabilité de trouver un résultat compris entre r et r + d3 r est donné par

dP(r) = |hr|ψ(t)i|2 d3 r = |ψ(r, t)|2 d3 r

Mesure de l’impulsion d’une particule


La mesure de l’impulsion d’une particule ne peut donner qu’une valeur propre
de l’opérateur p̂, soit un vecteur p quelconque (3ème postulat).
La probabilité de trouver un résultat compris entre p et p + d3 p est donné par

dP(p) = |hp|ψ(t)i|2 d3 p = |ψ(p, t)|2 d3 p

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Valeur moyenne d’une grandeur physique
Soit une grandeur physique A représentée par un opérateur Â,
Soit un système physique se trouvant à l’instant t dans l’état |ψi.
Le résultat de mesure de A est indéterminé. Parfois, il est telle valeur propre
ai , parfois il est telle autre.
Si le système est préparé à N reprises à l’instant t dans l’état |ψi,
N1 fois, le résultat sera la valeur propre a1 , . . . , Ni fois, le résultat sera ai , . . .
La valeur moyenne des résultats (notée hAiψ , hAi, ou hÂi) vaut

hAiψ = hψ|Â|ψi

En effet
N1 Ni X Nn X
hAiψ = lim ( a1 + . . . + ai + . . .) = an lim = an P(an )
N →∞ N N N →∞ N
n n

soit X X
hAiψ = an hψ|P̂n |ψi = hψ| an P̂n |ψi = hψ|Â|ψi
n n

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Ecart quadratique

Pour un système physique préparé dans un état |ψi, les résultats d’une mesure
de A sont dispersés autour de la valeur moyenne hAiψ
q
Écart quadratique (noté ∆ψ A ou ∆A) : ∆ψ A = h(Â − hAiψ )2 iψ

Nous avons
(∆A)2 = hA2 i − hAi2

En effet, (∆A)2 = hψ|(Â − hAi)2 |ψi = hψ|Â2 + hAi2 − 2hAiÂ|ψi = hA2 i − hAi2

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Inégalité de Heisenberg

Soient 2 grandeurs physiques représentées par les opérateurs  et B̂ :


Nous avons
1 ¯¯ ¯
¯
∆A ∆B > ¯h[Â, B̂]i¯
2

Si 2 grandeurs physiques ne commutent pas, il n’existe aucun état physique


minimisant simultanément ∆A et ∆B :

∆A → 0 ⇒ ∆B → ∞ et inversement

Cette constatation n’a pas lieu si les 2 grandeurs commutent : on peut avoir
∆A = ∆B = 0. Pour rappel, 2 grandeurs qui commutent sont dites compatibles.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Inégalités de Heisenberg

Des relations de commutation canoniques, on tire

~ ~ ~
∆x∆px > , ∆y∆py > , ∆z∆pz >
2 2 2
et
∆x∆py > 0, ∆x∆pz > 0, ∆y∆px > 0, ∆y∆pz > 0, ∆z∆px > 0, ∆z∆py > 0

Les mêmes composantes de la position et de l’impulsion d’une particule sont 2


grandeurs incompatibles. On ne peut les mesurer simultanément avec une
précision arbitrairement faible.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


6ème Postulat
L’opérateur associé à l’énergie totale du système est appelé l’opérateur hamilto-
nien et noté Ĥ(t). Il détermine l’état du système en tout instant t via l’équation
de Schrödinger :
d
i~ |ψ(t)i = Ĥ(t)|ψ(t)i
dt

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Equation de Schrödinger en représentation |ri
p2
Soit un système classique décrit par l’hamiltonien H(t) = + V (r, t)
2m
p̂2
Principe de correspondance : opérateur hamiltonien Ĥ(t) = + V (r̂, t)
2m
L’équation de Schrödinger s’écrit
d
i~ |ψ(t)i= Ĥ(t)|ψ(t)i
dt
µ 2 ¶
d p̂
⇔ i~ |ψ(t)i = + V (r̂, t) |ψ(t)i
dt 2m
µ 2 ¶
d p̂
⇔ hr|i~ |ψ(t)i = hr| + V (r̂, t) |ψ(t)i, ∀ |ri
dt 2m
µ ¶
∂ ~2
⇔ i~ ψ(r, t)= − ∇ + V (r, t) ψ(r, t) avec ψ(r, t) = hr|ψ(t)i
∂t 2m

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Equation de Schrödinger en représentation |pi

En représentation |pi, l’équation de Schrödinger est une équation intégrale :


µ 2 ¶
d p̂
i~ |ψ(t)i = Ĥ(t)|ψ(t)i = + V (r̂, t) |ψ(t)i
dt 2m
2 Z
∂ p 1 3 0 0 0
⇔ i~ ψ(p, t)= ψ(p, t) + 3/2
d p V (p − p , t)ψ(p , t)
∂t 2m (2π~)

avec, pour rappel, les TF


Z
1 3 − ~i p·r
ψ(p, t) = hp|ψ(t)i = d r ψ(r, t)e
(2π~)3/2
Z
1 3 − ~i p·r
V (p, t) = d r V (r, t)e
(2π~)3/2

A faire en exercice

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Conservation de la probabilité
d
La norme du vecteur d’état reste constante : kψ(t)k = 0
dt

d d d d
En effet, kψ(t)k2 = hψ(t)|ψ(t)i = h ψ(t)|ψ(t)i + hψ(t)| ψ(t)i
dt dt dt dt
1 1
= h Ĥ(t)ψ(t)|ψ(t)i + hψ(t)| Ĥ(t)ψ(t)i
i~ i~
−1 1
= hψ(t)|Ĥ(t)|ψ(t)i + hψ(t)|Ĥ(t)|ψ(t)i = 0
i~ i~

C’est propriété est fondamentale pour interpréter |ψ(r, t)|2 = |hr|ψ(t)i|2


comme densité de probabilité de présence d’une particule en r.

Z
hψ(t0 )|ψ(t0 )i = 1 ⇒ hψ(t)|ψ(t)i = d3 r |ψ(r, t)|2 = 1, ∀t

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Evolution de la valeur moyenne d’une grandeur physique

Soit une grandeur physique A représentée par un opérateur  (dépendant ou non


de t). Toute mesure de A à l’instant t se répartit autour de la valeur moyenne
hAi(t) = hψ(t)|Â|ψ(t)i
L’évolution au cours du temps de cette valeur moyenne est donnée par
* +
d 1 D E ∂ Â
hAi = [Â, Ĥ(t)] +
dt i~ ∂t

Constantes du mouvement

Si  ne dépend pas du temps, et si  et Ĥ(t) commutent


Alors la valeur moyenne hAi ne varie pas au cours du temps
 est appelé dans ce cas une constante du mouvement.
Si Ĥ est lui-même indépendant du temps, il est une constante du mouvement.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Théorème d’Ehrenfest
Soit une particule se propageant dans un potentiel V (r).
p̂2
L’opérateur hamiltonien est donné par Ĥ = + V (r̂)
2m
On a
d 1
hri = hpi
dt m
d
hpi = −h∇V (r)i
dt
soit
d2
m 2 hri = −h∇V (r)i
dt

La valeur moyenne de la position d’une particule obéit à une équation


formellement identique à l’équation de Newton

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Valeurs moyennes de la position r et de l’impulsion p

Z
hri = hψ(t)|r̂|ψ(t)i = d3 r ψ(r, t)∗ r ψ(r, t)

Z
hpi = hψ(t)|p̂|ψ(t)i = d3 p ψ(p, t)∗ p ψ(p, t)

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Cas des systèmes conservatifs

Système conservatif = système pour lequel Ĥ est indépendant du temps


Dans ce cas, les valeurs et vecteurs propres de Ĥ sont indépendants du temps.
Supposons (pour simplifier le raisonnement) le spectre de Ĥ discret :

Ĥ|φn,r i = En |φn,r i

L’ensemble des vecteurs propres |φn,r i forme une base. ∀ t, l’état du système
peut s’écrire
X
|ψ(t)i = cn,r (t)|φn,r i
n,r

et l’expression de la solution la plus générale de l’équation de Schrödinger s’écrit


X
|ψ(t)i = cn,r (t0 )e−iEn (t−t0 )/~ |φn,r i
n,r

où les cn,r (t0 ) sont les composantes de la fonction d’onde à l’instant initial.
L’état du système est parfaitement déterminé s’il est bien connu en t = t0
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En effet,
d
i~ |ψ(t)i = Ĥ|ψ(t)i
dt
d X X
⇔ i~ cn,r (t)|φn,r i = Ĥ cn,r (t)|φn,r i
dt n,r n,r

d X X
⇔ i~ cn,r (t)|φn,r i = En cn,r (t)|φn,r i
dt n,r n,r

d
⇔ i~ cn,r (t) = En cn,r (t)
dt
⇔ cn,r (t) = cn,r (t0 )e−iEn (t−t0 )/~

soit
X
|ψ(t)i = cn,r (t0 )e−iEn (t−t0 )/~ |φn,r i
n,r

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Les états stationnaires

Supposons qu’à l’instant initial, |ψ(t0 )i = |φn0 ,r0 i


Dans ce cas, cn,r (t0 ) = δnn0 δrr0 et |ψ(t)i = e−iEn0 (t−t0 )/~ |φn0 ,r0 i, soit

|ψ(t)i = eiθ |ψ(t0 )i avec θ = −En0 (t − t0 )/~

Les états |ψ(t)i et |ψ(t0 )i ne se distinguent que par un facteur de phase global.
Ces états sont donc physiquement indiscernables. Ils donnent lieu aux mêmes
prédictions physiques en tout instant t.

Les propriétés physiques d’un système qui se trouve initialement dans un état
propre de Ĥ ne varient pas au cours du temps. Les états propres de Ĥ sont
appelés pour cette raison états stationnaires.

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Constantes du mouvement et systèmes conservatifs

Pour un système conservatif, si  est une constante du mouvement, alors


– La probabilité P(an , t) qu’une mesure de  en un instant t donne pour
résultat une de ses valeurs propres an est indépendante du temps :

P(an , t) = P(an , t0 )

– Si initialement le système se trouve dans un état propre de Â, alors il reste


perpétuellement état propre de  relatif à la même valeur propre (sans être
pour autant nécessairement stationnaire).

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Inégalité d’Heisenberg temporelle
Soit une grandeur physique A représentée par un opérateur  (indépendant de t).
Nous avons
1 ¯¯ ¯
¯ d 1 D E
∆A ∆H > ¯h[Â, Ĥ]i¯ , hAi = [Â, Ĥ]
2 dt i~
Soit ∆t défini par ¯ ¯
1 ¯
1 ¯d ¯
= ¯ hAi¯¯
∆t ∆A dt
∆t représente le temps caractéristique nécessaire pour que la valeur moyenne hAi
varie de ∆A.
~
Suivant cette définition de ∆t, il vient ∆H∆t >
2
On écrit souvent ∆E à la place de ∆H, et on obtient l’inégalité d’Heisenberg
temporelle
~
∆E∆t >
2

Le temps d’évolution caractéristique d’une grandeur physique A est


inversement lié à la dispersion sur l’énergie
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Inégalité d’Heisenberg temporelle

~
∆E∆t >
2

Si le système se trouve dans un état stationnaire, on a ∆E = 0 et ∆t = ∞ et


l’inégalité d’Heisenberg temporelle est bien respectée.

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Chapitre 4

L’oscillateur harmonique

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Intérêt de l’étude de l’oscillateur harmonique

? C’est un système pour lequel on peut résoudre rigoureusement l’équation de


Schrödinger.
? Beaucoup de systèmes physiques sont régis par les équations de l’oscillateur
harmonique.
? En particulier, le champ électromagnétique peut être vu comme une
collection d’oscillateurs harmoniques.

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L’oscillateur harmonique en physique classique

? Force de rappel : F (x) = −kx, où k est une constante


d 1
→ Force conservative : F (x) = − V (x) avec V (x) = kx2
-xM dx 2
q
k
0 ? Éq. de Newton : mẍ = −kx ⇔ x(t) = xM sin(ωt − ϕ) où ω = m

xM p2x 1 2 p2x 1
? Énergie totale : E = T + V = + kx = + mω 2 x2
x 2m 2 2m 2

V(x)
1
E = mω 2 xM 2
E 2
Valeurs possibles de E :
→ toutes les valeurs > 0
-xM 0 xM x

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L’oscillateur harmonique : description quantique

Postulat n˚1 : L’état de l’objet en oscillation devient décrit par une fonction
d’onde ψ(x, t) (notée |ψ(t)i) appartenant à l’espace d’Hilbert Ex = L2 (R)
L’évolution temporelle de |ψ(t)i est donnée par l’équation de Schrödinger
d
i~ |ψ(t)i = Ĥ|ψ(t)i
dt
où l’hamiltonien Ĥ est l’opérateur associé à l’énergie totale du système, soit

p̂2x 1
Ĥ = + mω 2 x̂2
2m 2

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L’espace d’Hilbert L2 (R)

→ Espace des fonctions ψ(x) de carré intégrable


1 i
px x
Les “fonctions” ξx0 (x) = δ(x − x0 ) et vpx (x) = 1/2
e ~ sont dites
(2π~)
former une base continue de l’espace L2 (R) car

− elles sont orthonormées :

(ξx0 , ξx00 ) = δ(x0 − x00 ), (vpx , vp0x ) = δ(px − p0x )


Z Z
− et ψ(x) = dx0 ψ(x0 )ξx0 (x), avec ψ(x0 ) = (ξx0 , ψ) = dx ξx∗0 (x)ψ(x)
Z Z
ψ(x) = dpx ψ(px )vpx (x), avec ψ(px ) = (vpx , ψ) = dx vp∗x (x)ψ(x)

Notation de Dirac : ξx0 (x) → |x0 i et vpx (x) → |px i


Ces vecteurs ket forment les représentations |x0 i et |px i

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Les représentations |xi et |px i

Relations d’orthonormation : hx|x0 i = δ(x − x0 ), hpx |p0x i = δ(px − p0x )


Z Z
Relations de fermeture : dx|xihx| = 1̂, dpx |px ihpx | = 1̂

1 i
Composantes : ψ(x) = hx|ψi, ψ(px ) = hpx |ψi, hx|px i = vpx (x) = e ~ px x
(2π~)1/2
Définition des opérateurs x̂ et p̂x :

x̂ : |ψi ∈ H → x̂|ψi tel que hx|x̂|ψi = xhx|ψi, ∀ |xi


p̂x : |ψi ∈ H → p̂x |ψi tel que hpx |p̂x |ψi = px hpx |ψi, ∀ |px i

|xi est vecteur propre de x̂ avec la valeur propre x : x̂|xi = x|xi


|px i est vecteur propre de p̂x avec la valeur propre px : p̂x |px i = px |px i
x̂ forme à lui seul un E.C.O.C. dans L2 (R) (de même que p̂x ).

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L’oscillateur harmonique : un système conservatif

p̂2x 1
L’hamiltonien Ĥ = + mω 2 x̂2 est indépendant du temps
2m 2
⇒ L’oscillateur harmonique est un système conservatif
⇒ La solution la plus générale de l’équation de Schrödinger est donnée par
X
|ψ(t)i = cn,r e−iEn (t−t0 )/~ |φn,r i
n,r

avec cn,r des nombres complexes quelconques et

Ĥ|φn,r i = En |φn,r i

⇒ Les états propres |φn,r i sont des états stationnaires

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Equation de Schrödinger indépendante du temps

µ ¶
p̂2x
1
+ mω 2 x̂2 |φi = E|φi
2m 2

soit, en représentation |xi,

µ 2 2

~ d 1 2 2
− 2
+ mω x φ(x) = Eφ(x)
2m dx 2

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Opérateurs de création et de destruction
µr ¶
1 mω 1
Définitions : − Opérateur de destruction : â = √ x̂ + i √ p̂x
2 ~ m~ω
µr ¶
1 mω 1
− Opérateur de création : ↠= √ x̂ − i √ p̂x
2 ~ m~ω
â et ↠ne sont évidemment pas hermitiques : â 6= â†
r
1 ~
Ces définitions s’inversent selon : x̂ = √ (↠+ â)
2 mω

i √
p̂x = √ m~ω(↠− â)
2

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Action des opérateurs â est ↠en représentation |xi
Ãr r !
1 mω ~ d
â = √ x+
2 ~ mω dx
Ãr r !
1 mω ~ d
↠=√ x−
2 ~ mω dx

En effet,
µr ¶ Ãr r !
1 mω i 1 mω ~ d
hx|â|φi = hx| √ x̂ + √ p̂x |φi = √ x+ φ(x)
2 ~ m~ω 2 ~ mω dx
µr ¶ Ãr r !
1 mω i 1 mω ~ d
hx|↠|φi = hx| √ x̂ − √ p̂x |φi = √ x− φ(x)
2 ~ m~ω 2 ~ mω dx

avec φ(x) = hx|φi

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Propriétés des opérateurs de création et de destruction

Relation de commutation canonique : [â, ↠] = 1


2
µ ¶
p̂ 1 1
Hamiltonien : Ĥ = x + mω 2 x̂2 = ~ω ↠â +
2m 2 2
On définit l’opérateur N̂ = ↠â
→ N̂ est hermitique : N̂ † = N̂
µ ¶
1
→ Ĥ = ~ω N̂ +
2
→ Les vecteurs propres de Ĥ sont ceux de N̂ , et vice-versa :
µ ¶
1
N̂ |φν i = ν|φν i ⇔ Ĥ|φν i = ~ω ν + |φν i
2

→ [N̂ , â] = −â, [N̂ , ↠] = â†

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Le spectre de l’opérateur N̂

Théorème : Les valeurs propres de N̂ sont tous les entiers non-négatifs.


Ces valeurs propres sont non-dégénérées.

Lemme I : Les valeurs propres de N̂ sont positives


En effet, soit |φν i un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre ν. On a

0 6 kâ|φν ik2 = hâφν |âφν i = hφν |↠â|φν i = hφν |N̂ |φν i = νhφν |φν i ⇒ν>0

Lemme II : Soit |φν i un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre ν


Si ν = 0, â|φν i = 0, sinon â|φν i 6= 0 et est vecteur propre de N̂ relatif à ν − 1
En effet, de kâ|φν ik2 = νhφν |φν i, on tire immédiatement â|φν i = 0 ssi ν = 0
et de [N̂ , â] = −â, on tire N̂ (â|φν i) = (âN̂ − â)|φν i = (ν − 1)â|φν i
Lemme III : Soit |φν i un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre ν
↠|φν i est tjrs non nul et est un vecteur propre de N̂ relatif à ν + 1
En effet, k↠|φν ik2 = h↠φν |↠φν i = hφν |â↠|φν i = hφν |↠â + 1|φν i = (ν + 1)hφν |φν i,
⇒ ↠|φν i est toujours différent de 0 (puisque ν > 0, lemme I).
D’autre part, de [N̂ , ↠] = ↠, on tire N̂ (↠|φν i) = (↠N̂ + ↠)|φν i = (ν + 1)↠|φν i

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Le spectre de l’opérateur N̂

Les nombres non-entiers ne sont pas des valeurs propres.


En effet, si ν non-entier > 0 était une valeur propre
alors il existerait un entier n > 0 tel que n < ν < n + 1.
En vertu du lemme II, tout vecteur propre |φν i de N̂ relatif à ν serait tel que
ân+1 |φν i serait un vecteur propre de N̂ non-nul relatif à ν − (n + 1) < 0,
ce qui contredit le lemme I

0 est une valeur propre non-dégénérée de N̂ .


En effet, |φ0 i est un vecteur propre de N̂ relatif à 0
⇔ â|φ0 i = 0 (⇒ découle du lemme II, ⇐ est trivial : N̂ |φ0 i = ↠â|φ0 i = ↠0 = 0 = 0|φ0 i)
µr ¶
1 mω i
⇔ √ x̂ + √ p̂x |φ0 i = 0
2 ~ m~ω
µr ¶
1 mω i
⇔ hx| √ x̂ + √ p̂x |φ0 i = 0, ∀ |xi
2 ~ m~ω
µ ¶
mω d
⇔ x+ φ0 (x) = 0 où φ0 (x) = hx|φ0 i
~ dx
1 mω x2
⇔ φ0 (x) = c e− 2 ~ où c est une constante quelconque
⇒ Les solutions de N̂ |φ0 i = 0 sont toutes proportionnelles entre elles : 0 est non-dégénérée

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Le spectre de l’opérateur N̂

Tous les nombres entiers positifs sont des valeurs propres.


En effet, soit |φ0 i un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre 0
⇒ ↠|φ0 i est un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre 1 (lemme III)
⇒ â†2 |φ0 i est un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre 2
...
⇒ â†n |φ0 i est un vecteur propre de N̂ relatif à la valeur propre n

Les valeurs propres entières n sont non-dégénérées.


La propriété est vraie pour n = 0. Supposons ensuite qu’elle soit vraie pour n quelconque et
vérifions qu’elle est vraie pour n + 1.
Soit |φn i un vecteur propre de N̂ relatif à n et soit {|φn+1,r i} un ensemble de vecteurs
propres de N̂ relatif à n + 1. On a
â|φn+1,r i = cr |φn i où cr est un nombre complexe (lemme II)
⇒ (n + 1)|φn+1,r i = N̂ |φn+1,r i = ↠â|φn+1,r i = cr ↠|φn i
cr
On a donc |φn+1,r i = ↠|φn i
n+1
⇒ Tous les vecteurs propres de N̂ relatifs à n + 1 sont proportionnels entre eux.

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Les vecteurs propres de N̂

On désigne par
? |φ0 i le vecteur propre normé de N̂ relatif à la valeur propre 0 tel que
³ mω ´1/4 1 mω 2
φ0 (x) = hx|φ0 i = e− 2 ~ x
π~

? |φ1 i le vecteur propre normé de N̂ relatif à la valeur propre 1 tel que

|φ1 i = c1 ↠|φ0 i, avec c1 réel et positif


...
? |φn i le vecteur propre normé de N̂ relatif à la valeur propre n tel que

|φn i = cn ↠|φn−1 i, avec cn réel et positif

1
On a cn = √ En effet, |φn i normé ⇔ 1 = hφn |φn i = hcn ↠φn−1 |cn ↠φn−1 i = |cn |2 n
n

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Suivant cette convention de phase :
↠â†2 â†n
|φn i = √ |φn−1 i = p |φn−2 i = · · · = √ |φ0 i
n n(n − 1) n!
et on tire


â |φn i = n + 1 |φn+1 i

â|φn i = n |φn−1 i
â|φ0 i = 0

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Le spectre de l’hamiltonien Ĥ
µ ¶
1
En = n + ~ω
2 √

â |φn i = n + 1 |φn+1 i

E â|φn i = n |φn−1 i
M
(n+1/2)Ñ ω φn
↠crée un quantum d’énergie ~ω
M
â détruit un quantum d’énergie ~ω
7Ñ ω / 2 φ3

5Ñ ω / 2 φ2 d’où l’appellation de ces opérateurs


3Ñ ω / 2 φ1

Ñω/2 φ0 L’état fondamental est d’énergie 6= 0


0

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Matrice représentant l’opérateur de destruction â
dans la base {|φn i}

√ √ √
anm = hφn |â|φm i = mhφn |φm−1 i = m δn,m−1 = n + 1 δn+1,m

 √ 
0 1 0 0 ···
 √ 
 0 0 2 0 ··· 
 
 √ .. 
 . 
 0 0 0 3 
 
.. .. .. .. ..
. . . . .

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Matrice représentant l’opérateur de création â†
dans la base {|φn i}

(a† )nm = (amn )∗

 
0 0 0 ···
 √ 
 1 0 0 ··· 
 
 √ 
 0 2 0 ··· 
 
 √ .. 
 . 
 0 0 3 
 
.. .. .. ..
. . . .

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Les états propres en représentation |xi

µ ¶1/4
β2 1 −β 2 x2 /2
φn (x) = √ e Hn (βx)
π n
2 n!
r · ¸n
mω d
où β = et Hn (x) est le polynôme d’Hermite d’ordre n : Hn (x) = 2x − 1
~ dx

En effet,
³ mω ´1/4 1 mω x2
φ0 (x) = hx|φ0 i = e− 2 ~
π~
µ ¶1/2 Ãr r !n
a†n 1 mω ~ d
φn (x) = hx|φn i = hx| √ |φ0 i = x− φ0 (x)
n! 2n n! ~ mω dx
soit
· µ ¶n ¸1/2 ³ · ¸
1 ~ mω ´1/4 mω d n − 1 mω x2
φn (x) = x− e 2 ~
2n n! mω π~ ~ dx

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Les polynômes d’Hermite

2 dn −x2
Définition : Hn (x) = (−1)n ex e
dxn
µ ¶
d
Relation de récurrence : Hn (x) = 2x − Hn−1 (x)
dx
µ ¶n
d
Il en résulte Hn (x) = 2x − 1, soit
dx

H0 (x) = 1
H1 (x) = 2x
H2 (x) = 4x2 − 2
H3 (x) = 8x3 − 12x

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Les états stationnaires φn (x) = hx|φn i
OscillateurHarmonique.nb
1 OscillateurHarmonique.nb
1 1
√ φ0 (βx) √ φ1 (βx)
β β
1 1

0.5 0.5

-6 -4 -2 2 4 6 -6 -4 -2 2 4 6

-0.5 -0.5

-1 -1

OscillateurHarmonique.nb
1 OscillateurHarmonique.nb
1 1
√ φ2 (βx) √ φ9 (βx)
β β
1 1

0.5 0.5

-6 -4 -2 2 4 6 -6 -4 -2 2 4 6

-0.5 -0.5

-1 -1

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Probabilité de présence pour les états stationnaires |φn i
1
OscillateurHarmonique.nb
1
OscillateurHarmonique.nb 1
|φ0 (βx)|2 |φ1 (βx)|2
β β
0.5 0.5

-6 -4 -2 2 4 6 -6 -4 -2 2 4 6

1
OscillateurHarmonique.nb
1
OscillateurHarmonique.nb 1
|φ2 (βx)|2 |φ9 (βx)|2
β β
0.5 0.5

-6 -4 -2 2 4 6 -6 -4 -2 2 4 6

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Probabilité de présence dans l’état n = 100

OscillateurHarmonique.nb 1
|φ100 (βx)|2
β
0.4

0.3

0.2

0.1

-15 -10 -5 5 10 15

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Limites classiques

Classiquement, un objet en mouvement oscillatoire d’énergie totale E oscille


entre les positions extrêmes −xM et xM avec
r
2E
xM =
mω 2
µ ¶
1
⇒ un objet d’énergie En = ~ω n + oscillerait classiquement entre −xM et
2
xM avec r r
2En ~ √
xM = 2
= 2n + 1
mω mω
soit

βxM = 2n + 1

La probabilité de présence |φn (x)|2 est non nulle au-delà de xM et −xM


(régions dites classiquement interdites). Cette particularité quantique & avec n.

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Valeurs moyennes et écarts-types de x̂ et p̂x dans un état |φn i

? Valeurs moyennes : hxiφn = 0, hpx iφn = 0


r r r
1 ~ xM 1√
? Écarts-types : ∆x = n+ = √ , ∆px = n+ m~ω
2 mω 2 2
µ ¶
1 ~
⇒ ∆x∆px = n + ~>
2 2

Un état stationnaire |φn i n’a aucun équivalent en mécanique classique : dans


cet état, l’énergie totale du système est non nulle alors qu’en permanence
hxi = hpx i = 0

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États non stationnaires

? États stationnaires :

|ψ(t0 )i = |φn i ⇒ |ψ(t)i = |φn i = |ψ(t0 )i

? États non stationnaires :


X X
|ψ(t0 )i = cn |φn i ⇒ |ψ(t)i = cn e−iEn (t−t0 )/~ |φn i 6= |ψ(t0 )i
n n

Dans ce cas, la fonction d’onde ψ(x, t) = hx|ψ(t)i évolue au cours du temps :

ψ(x, t) 6= ψ(x, t0 )

. . . et de même pour la probabilité de présence |ψ(x, t)|2 dx


Exemple : on peut avoir |ψ(t0 )i = |φ0 i + |φ1 i (voir animation)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Notations usuelles

|φn i → |ni, φn (x) = hx|ni

E
M √

(n+1/2)Ñ ω n â |ni = n + 1 |n + 1i

M â|ni = n |n − 1i
7Ñ ω / 2 3 â|0i = 0
5Ñ ω / 2 2

3Ñ ω / 2 1 Ĥ|ni = En |ni
Ñω/2 0
0

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États cohérents

Définition : Pour tout nombre complexe α, on définit l’état

X∞
− 21 |α|2 αn
|αi = e √ |ni
n=0 n!

Propriétés :
? Les états cohérents sont normés : hα|αi = 1
2
1
− 21 |β|2 +α∗ β
? Ils ne sont pas orthogonaux entre eux : hα|βi = e− 2 |α| 6= 0
? Ils sont vecteurs propres de â avec la valeur propre α : â|αi = α|αi
¡ 1
¢ 2 −n n
n
? hHiα = ~ω n + 2 , P(En ) = |hn|αi| = e , avec n = |α|2
n!

? ∆E ≡ ∆H = ~ω n

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Valeurs moyennes et écarts-types de x̂ et p̂x dans un état |αi
r
2~ √
? Valeurs moyennes : hxiα = Re α, hpx iα = 2m~ω Im α

r r
~ m~ω ~
? Écarts-types : ∆x = , ∆px = ⇒ ∆x∆px =
2mω 2 2
Les écarts-types sont indépendants de α et ils minimisent
l’inégalité d’Heisenberg. Le paquet d’onde est dit minimum
∆x 1 ∆px 1
? = → 0 pour |α| → ∞, = → 0 pour |α| → ∞
hxi 2 Re α hpx i 2 Im α

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Evolution temporelle d’un état cohérent

|ψ(t0 )i = |αi ⇒ |ψ(t)i = |αe−iω∆t i ≡ |α(t)i, avec ∆t = t − t0

r
2~
⇒ hxi(t) = |α| cos(ω∆t − ϕ), si α = |α|eiϕ


hpx i(t) = − 2m~ω |α| sin(ω∆t − ϕ)

Ces grandeurs évoluent temporellement comme les grandeurs classiques

∆x et ∆px sont indépendants du temps :


r r
~ m~ω
∆x = , ∆px =
2mω 2

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Probabilité de présence
r
2 2 2 mω − (x−hxi(t)) 2
|ψ(x, t)| = |hx|α(t)i| = |φ0 [x − hxi(t)]| = e 2∆x2
π~

La courbe de probabilité de présence est une gaussienne centrée en hxi(t) de


ω
variance ∆x2 ⇒ Le paquet d’onde oscille à la fréquence ν = 2π sans se
déformer (pas d’étalement). On retrouve un comportement classique. Les
états cohérents sont aussi appelés pour cette raison états quasi-classiques.

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Comportement pour |α| très grand
q
2~
L’amplitude d’oscillation du paquet d’onde (xM = mω |α|) devient grande et
la dispersion du paquet d’onde devient petite devant cette amplitude (le paquet
d’onde se rétrécit) :
∆x 1
= →0
xM 2 |α|
De même, la dispersion relative de l’impulsion et de l’énergie du système tend
vers 0 :
∆px 1 ∆E ~ω|α| 1
= → 0, = ¡ ¢
1 ' |α| → 0
pM 2 |α| hHiα 2
~ω |α| + 2

⇒ Le système se comporte comme une particule classique oscillante de position,


d’impulsion et d’énergie bien définie : l’état quantique qui décrit le mouvement
d’un oscillateur macroscopique est un état cohérent avec |α| très élevé.

Ex : Une bille de 50 grammes


q avec un mouvement d’amplitude de 1 cm à la fréquence
1 Hz donne |α| = 10−2 / mω2~
= 3.9 1014 ⇒ x∆x
M
' 10 −15
et ∆E
hHiα
' 10 −15

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Chapitre 5

Les moments cinétiques

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Le moment cinétique orbital

L’opérateur moment cinétique orbital est donné par

L̂ = r̂ × p̂

soit 

 L̂x = ŷ p̂z − ẑ p̂y

L̂y = ẑ p̂x − x̂p̂z



L̂z = x̂p̂y − ŷ p̂x

Les opérateurs ŷ,p̂z , . . . commutant, l’obtention de l’opérateur L̂ par le


principe de correspondance ne nécessite pas d’opération de symétrisation.

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Relations de commutation

 h i

 L̂x , L̂y = i~L̂z


 h i
 L̂y , L̂z = i~L̂x

 h i

 L̂ , L̂ = i~L̂
z x y

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Opérateur de moment cinétique

Tout opérateur vectoriel hermitique Ĵ = (Jˆx , Jˆy , Jˆz ) vérifiant


 h i

 Jˆx , Jˆy = i~Jˆz


 h i
Jˆy , Jˆz = i~Jˆx



 h i
 Jˆ , Jˆ = i~Jˆ
z x y

est appelé opérateur de moment cinétique.


Pour tout opérateur de moment cinétique Ĵ, Ĵ2 ≡ Jˆx2 + Jˆy2 + Jˆz2 est un
opérateur hermitique et il vérifie
h i
Ĵ2 , Ĵ = 0

ce qui signifie h i h i h i
Ĵ2 , Jˆx = Ĵ2 , Jˆy = Ĵ2 , Jˆz = 0

Exemple : L̂ est un opérateur de moment cinétique.


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Les opérateurs Jˆ+ et Jˆ−

? Définitions : Jˆ+ = Jˆx + iJˆy Jˆx = 21 (Jˆ+ + Jˆ− )



Jˆ− = Jˆx − iJˆy 1 ˆ
Jˆy = 2i (J+ − Jˆ− )

? Jˆ+ et Jˆ− sont adjoints l’un de l’autre : Jˆ±



= Jˆ∓
? Relations de commutation :
h i h i
Jˆz , Jˆ+ = ~Jˆ+ Jˆ+ , Jˆ− = 2~Jˆz
h i h i h i
Jˆz , Jˆ− = −~Jˆ− Ĵ2 , Jˆ+ = Ĵ2 , Jˆ− = 0

? Jˆ+ Jˆ− = Ĵ2 − Jˆz2 + ~Jˆz


Jˆ− Jˆ+ = Ĵ2 − Jˆz2 − ~Jˆz
Ĵ2 = 1 (Jˆ+ Jˆ− + Jˆ− Jˆ+ ) + Jˆz2
2

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Les valeurs et vecteurs propres de Ĵ2 et Jˆz

Nous notons les valeurs propres de Ĵ2 et Jˆz respectivement λ~2 et m~


λ>0
En effet, pour tout vecteur |ψi, hψ|Ĵ2 |ψi = hψ|Jˆx2 |ψi + hψ|Jˆy2 |ψi + hψ|Jˆz2 |ψi
= kJˆx |ψik2 + kJˆy |ψik2 + kJˆz |ψik2 > 0
Donc λ~2 hψ|ψi = hψ|Ĵ2 |ψi > 0

λ > 0 peut toujours être écrit sous la forme j(j + 1) avec j > 0 (convention)
En effet, pour λ donné, il suffit de résoudre l’équation du second degré j(j + 1) = λ
qui possède une et une seule racine > 0

Ĵ2 et Jˆz commutent mais ne forment pas nécessairement un E.C.O.C.


On peut donc trouver une base de vecteurs propres communs aux 2 opérateurs.
Soit {|k, j, mi} une telle base :

 Ĵ2 |k, j, mi = j(j + 1)~2 |k, j, mi
 Jˆz |k, j, mi = m~|k, j, mi
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Lemme I

Si |k, j, mi est un vecteur propre de Ĵ2 et Jˆz relatif aux valeurs propres
j(j + 1)~2 et m~, alors nécessairement

−j 6 m 6 j

En effet, nous avons pour tout vecteur propre normé |k, j, mi

0 6 kJˆ+ |k, j, mik2 = hk, j, m|Jˆ− Jˆ+ |k, j, mi = hk, j, m|Ĵ2 − Jˆz2 − ~Jˆz |k, j, mi
= j(j + 1)~2 − m2 ~2 − m~2 = [j(j + 1) − m(m + 1)] ~2
0 6 kJˆ− |k, j, mik2 = hk, j, m|Jˆ+ Jˆ− |k, j, mi = hk, j, m|Ĵ2 − Jˆz2 + ~Jˆz |k, j, mi
= j(j + 1)~2 − m2 ~2 + m~2 = [j(j + 1) − m(m − 1)] ~2

Il faut donc que j(j + 1) − m(m + 1) = (j − m)(j + 1 + m) > 0


j(j + 1) − m(m − 1) = (j + m)(j + 1 − m) > 0

soit −(j + 1) 6 m 6 j
−j 6 m 6 j + 1

ce qui ne peut être vérifié simultanément que si −j 6 m 6 j


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Lemme II

Si |k, j, mi est un vecteur propre de Ĵ2 et Jˆz relatif aux valeurs propres j(j + 1)~2
et m~, alors
(i) Si m = −j, Jˆ− |k, j, mi = 0
(ii) Si m > −j, Jˆ− |k, j, mi est un vecteur propre non nul de Ĵ2 et Jˆz relatif
aux valeurs propres j(j + 1)~2 et (m − 1)~

En effet

(i) kJˆ− |k, j, mik2 = (j + m)(j + 1 − m)~2 = 0 pour m = −j, ⇒ Jˆ− |k, j, −ji = 0

(ii) kJˆ− |k, j, mik2 6= 0 pour m > −j, ⇒ Jˆ− |k, j, mi 6= 0 pour m > −j
h i
De Ĵ2 , Jˆ− = 0, on tire Ĵ2 Jˆ− |k, j, mi = Jˆ− Ĵ2 |k, j, mi = j(j + 1)~2 Jˆ− |k, j, mi
h i
De Jz , J− = −~Jˆ− , on tire Jˆz Jˆ− |k, j, mi = (Jˆ− Jˆz − ~Jˆ− )|k, j, mi = (m − 1)~Jˆ− |k, j, mi
ˆ ˆ

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Lemme III

Si |k, j, mi est un vecteur propre de Ĵ2 et Jˆz relatif aux valeurs propres j(j + 1)~2
et m~, alors
(i) Si m = j, Jˆ+ |k, j, mi = 0
(ii) Si m < j, Jˆ+ |k, j, mi est un vecteur propre non nul de Ĵ2 et Jˆz relatif
aux valeurs propres j(j + 1)~2 et (m + 1)~

En effet, en suivant un raisonnement analogue au lemme II,

(i) kJˆ+ |k, j, mik2 = (j − m)(j + 1 + m)~2 = 0 pour m = j, ⇒ Jˆ+ |k, j, ji = 0

(ii) kJˆ+ |k, j, mik2 6= 0 pour m < j, ⇒ Jˆ+ |k, j, mi 6= 0 pour m < j
h i
De Ĵ , J+ = 0, on tire Ĵ2 Jˆ+ |k, j, mi = Jˆ+ Ĵ2 |k, j, mi = j(j + 1)~2 Jˆ+ |k, j, mi
2 ˆ

h i
De Jˆz , Jˆ+ = ~Jˆ− , on tire Jˆz Jˆ+ |k, j, mi = (Jˆ+ Jˆz + ~Jˆ+ )|k, j, mi = (m + 1)~Jˆ+ |k, j, mi

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Les valeurs de j et de m ne peuvent être
qu’entières ou demi-entières

Soit un vecteur propre non-nul |k, j, mi.


En vertu du lemme I, on doit avoir −j 6 m 6 j
Il existe donc 2 entiers p, q > 0 tels que

−j 6 m − p < −j + 1, j−1<m+q 6j

En vertu du lemme II, (Jˆ− )p |k, j, mi est un vecteur propre non nul de Ĵ2 et Jˆz resp.
relatif à j(j + 1)~2 et (m − p)~.
Si m − p 6= −j, Jˆ− (Jˆ− )p |k, j, mi serait un vecteur propre non-nul de Ĵ2 et Jˆz relatif à
j(j + 1)~2 et (m − p − 1)~ < −j~ (contradiction avec le lemme I). Il faut donc
m − p = −j (dans ce cas Jˆ− (Jˆ− )p |k, j, mi = 0 et la contradiction disparaı̂t).
De même, on doit avoir m + q = j (raisonner avec le lemme III)
Il faut donc j = p − m = q + m, soit 2j = p + q ⇒ j est un entier ou un demi-entier
et pareillement pour m (puisque m ne diffère de j que par un entier q)
⇒ les seules valeurs possibles de m sont m = −j, −j + 1, . . . , j − 1, j
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Théorème fondamental

? Les valeurs propres de Ĵ2 sont de la forme j(j + 1)~2 avec j entier ou
demi-entier > 0. Toutes les valeurs de j ne sont pas nécessairement réalisées.
? Les valeurs propres de Jˆx , Jˆy , Jˆz sont de la forme m~ avec m entier ou
demi-entier.
? Ĵ2 et Jˆz commutent mais ne forment pas nécessairement un E.C.O.C.
Il existe une base de vecteurs propres communs aux 2 opérateurs.
Soit {|k, j, mi} une
 telle base :
 Ĵ2 |k, j, mi = j(j + 1)~2 |k, j, mi
(1)
 Jˆz |k, j, mi = m~|k, j, mi

? Pour j donné, il n’existe que 2j + 1 valeurs de m pour lequel il existe des


vecteurs propres |k, j, mi vérifiant (1), à savoir m = −j, . . . , j.

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Représentation “standard” {|k, j, mi}

Soit E(j, m) le sous-espace de H formé par tous les vecteurs propres de Ĵ2 et
Jˆz relatifs aux valeurs propres j(j + 1)~2 et m~.
Soit {|k, j, mi, k = 1, . . . , g(j, m)} une base orthonormée de vecteurs propres de E(j, m)
½ ¾
1
Si m 6= j, |k, j, m + 1i = p Jˆ+ |k, j, mi
~ j(j + 1) − m(m + 1)
forme une base orthornormée de vecteurs propres dans l’espace E(j, m + 1)
½ ¾
1
Si m 6= −j, |k, j, m − 1i = p Jˆ− |k, j, mi
~ j(j + 1) − m(m − 1)
forme une base orthornormée de vecteurs propres dans l’espace E(j, m − 1)
La multiplicité g(j, m) est donc indépendante de m : g(j, m) ≡ g(j)

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Représentation “standard” {|k, j, mi}

On obtient une base dite “standard” de vecteurs propres communs à Ĵ2 et Jˆz
− en choisissant d’abord, pour chaque j, une base quelconque
de vecteurs propres {|k, j, ji}
− en construisant de proche en proche les vecteurs {|k, j, j − 1i}, . . . , {|k, j, −ji}
par application successive de Jˆ−

E(j, m = j) |1, j, ji |2, j, ji ... |g(j), j, ji


⇓ Jˆ− ⇓ Jˆ− ⇓ Jˆ−
E(j, m = j − 1) |1, j, j − 1i |2, j, j − 1i ... |g(j), j, j − 1i
⇓ Jˆ− ⇓ Jˆ− ⇓ Jˆ−
.. .. .. ..
. . . .
E(j, m = −j) |1, j, −ji |2, j, −ji ... |g(j), j, −ji
E(k = 1, j) E(k = 2, j) ... E(k = g(j), j)

Les espaces E(k, j) sont tous de dimension 2j + 1, hk, j, m|k 0 , j 0 , m0 i = δkk0 δjj 0 δmm0
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Représentation matricielle

Tous les opérateurs de moment cinétique (Jˆx , Jˆy , Jˆz ) peuvent s’exprimer en
fonction de Jˆ+ , Jˆ− et Jˆz .
Dans une base standard,

Jˆz |k, j, mi = m~|k, j, mi


p
ˆ
J+ |k, j, mi = ~ j(j + 1) − m(m + 1) |k, j, m + 1i
p
ˆ
J− |k, j, mi = ~ j(j + 1) − m(m − 1) |k, j, m − 1i

soit

hk, j, m|Jˆz |k 0 , j 0 , m0 i = m~ δkk0 δjj 0 δmm0


p
ˆ 0 0 0
hk, j, m|J± |k , j , m i = ~ j(j + 1) − m0 (m0 ± 1) δkk0 δjj 0 δm,m0 ±1

⇒ Les éléments de matrice sont indépendants de k

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Représentation matricielle

E(k, j) E(k0 , j) E(k00 , j 0 ) ...


matrice
E(k, j) 0 0 0
(2j + 1) × (2j + 1)

0
matrice
E(k , j) 0 0 0
(2j + 1) × (2j + 1)
matrice
E(k00 , j 0 ) 0 0 0
0 0
(2j + 1) × (2j + 1)
.. ..
. 0 0 0 .

Seules sont à connaı̂tre les matrices (2j + 1) × (2j + 1) pour chaque j

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j=0

Les matrices (2j + 1) × (2j + 1) = 1 × 1 sont des nombres

(Jˆz )(0) = hk, 0, 0|Jˆz |k, 0, 0i = 0

De même, (Jˆx )(0) = (Jˆy )(0) = (Jˆ+ )(0) = (Jˆ− )(0) = (Jˆ2 )(0) = 0

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j = 1/2

Les matrices (2j + 1) × (2j + 1) sont des matrices 2 × 2


 
(1/2) 1 1 ~ 1 0
(Jˆz )m,m0 = hk, , m|Jˆz |k, , m0 i = m~δm,m0 ⇒ ˆ
(Jz )(1/2)
= 
2 2 2 0 −1
De même
   
ˆ (1/2) ~ 0 1  ˆ (1/2) ~ 0 −i

(Jx ) = (Jy ) =
2 1 0 2 i 0
 
ˆ2 (1/2) 3 2 1 0 
(J ) = ~
4 0 1

dans l’ordre des vecteurs de base : m = 1/2, m = −1/2

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j=1

Les matrices (2j + 1) × (2j + 1) sont des matrices 3 × 3


Dans l’ordre des vecteurs de base m = 1, 0, −1 :

   
0 1 0 0 −i 0
ˆ ~  
ˆ ~  
(1) 
(Jx ) = √  1 0 1   (Jy ) = √ 
(1)
 i 0 −i 

2 2
0 1 0 0 i 0

   
1 0 0 1 0 0
   
(Jˆz )
(1)
= ~
 0 0 0 
 (Jˆ2 )(1) = 2~2 
 0 1 0 

0 0 −1 0 0 1

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Théorème de composition des moments cinétiques

Soit un opérateur de moment cinétique Ĵ1 agissant dans un espace d’états E1 . Soit
{|k1 , j1 , m1 i} une base standard dans E1 :

Ĵ21 |k1 , j1 , m1 i = j1 (j1 + 1)~2 |k1 , j1 , m1 i


Jˆ1z |k1 , j1 , m1 i = m1 ~|k1 , j1 , m1 i
p
ˆ
J1± |k1 , j1 , m1 i = ~ j1 (j1 + 1) − m1 (m1 ± 1)|k1 , j1 , m1 ± 1i

Soit un opérateur de moment cinétique Ĵ2 agissant dans un espace d’états E2 . Soit
{|k2 , j2 , m2 i} une base standard dans E2 :

Ĵ22 |k2 , j2 , m2 i = j2 (j2 + 1)~2 |k2 , j2 , m2 i


Jˆ2z |k2 , j2 , m2 i = m2 ~|k2 , j2 , m2 i
p
ˆ
J2± |k2 , j2 , m2 i = ~ j2 (j2 + 1) − m2 (m2 ± 1)|k2 , j2 , m2 ± 1i

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Théorème de composition des moments cinétiques
Dans l’espace E = E1 ⊗ E2 , les vecteurs

|k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i ≡ |k1 , j1 , m1 i ⊗ |k2 , j2 , m2 i

sont états propres communs aux opérateurs Ĵ21 , Ĵ22 , Jˆ1z et Jˆ2z :
2 2
Ĵ1 |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i = j1 (j1 + 1)~ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i
2 2
Ĵ2 |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i = j2 (j2 + 1)~ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i

Jˆ1z |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i = m1 ~|k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i

Jˆ2z |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i = m2 ~|k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i

Soit dans l’espace E l’opérateur de moment cinétique total

Ĵ = Ĵ1 + Ĵ2

dont on vérifie immédiatement qu’il s’agit bien d’un opérateur de moment cinétique.

Les vecteurs de base |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i ne sont pas états propres communs aux opérateurs Ĵ2 et Jˆz .

Dans chaque sous-espace E(k1 , k2 ; j1 , j2 ) de dimension (2j1 + 1)(2j2 + 1) sous-tendu l’ensemble de vecteurs
{|k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i, k1 , k2 , j1 , j2 fixés}, tous les vecteurs sont états propres de Ĵ21 et Ĵ22 relatifs à la
même valeur propre (resp. j1 (j1 + 1)~2 et j2 (j2 + 1)~2 ). Ils sont également états propres de Jˆ1z et Jˆ2z ,
mais chacun relatif à des valeurs propres différentes.

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Théorème de composition des moments cinétiques
Dans chacun des sous-espaces E(k1 , k2 ; j1 , j2 ), par combinaison linéaire des (2j1 + 1)(2j2 + 1) vecteurs
|k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i, il est possible de former une nouvelle base d’états propres communs non plus
aux opérateurs Jˆ1z et Jˆ2z , mais aux opérateurs Ĵ2 et Jˆz , relatifs à des valeurs propres J(J + 1)~2
et M ~ respectivement. Ces états restent également, de façon évidente, états propres communs aux
opérateurs Ĵ21 et Ĵ22 . Ils sont notés
|k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i
et vérifient
2 2
Ĵ1 |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i = j1 (j1 + 1)~ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i
2 2
Ĵ2 |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i = j2 (j2 + 1)~ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i
2 2
Ĵ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i = J(J + 1)~ |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i

Ĵz |k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i = M ~|k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i

Les valeurs de J et M sont données par toutes les valeurs variant par pas entiers entre les bornes

|j1 − j2 | 6 J 6 j1 + j2 , −J 6 M 6 J

Les nouveaux vecteurs de base peuvent s’exprimer en fonction des anciens selon

j1 j2
X X
|k1 , k2 ; j1 , j2 ; J, M i = hk1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 |k1 , k2 ; j2 , j2 ; J, M i |k1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 i
m1 =−j1 m2 =−j2

Les coefficients hk1 , k2 ; j1 , j2 ; m1 , m2 |k1 , k2 ; j2 , j2 ; J, M i portent le nom de coefficients de Clebsch-


Gordan. Ils s’avèrent être indépendants de k1 et k2 et la notation k1 , k2 est souvent omise.
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Retour au moment cinétique orbital

En représentation |ri, les 3 composantes de l’opérateur L̂ s’écrivent


µ ¶
~ ∂ ∂
L̂x = y −z
i ∂z ∂y
µ ¶
~ ∂ ∂
L̂y = z −x
i ∂x ∂z
µ ¶
~ ∂ ∂
L̂z = x −y
i ∂y ∂x

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Retour au moment cinétique orbital

En représentation |ri et en coordonnées sphériques (r, θ, ϕ)




 x = r sin θ cos ϕ

y = r sin θ sin ϕ



z = r cos θ

l’action des 3 composantes de l’opérateur L̂ s’écrit


µ ¶
∂ cos ϕ ∂
L̂x = i~ sin ϕ +
∂θ tan θ ∂ϕ
µ ¶
∂ sin ϕ ∂
L̂y = i~ − cos ϕ +
∂θ tan θ ∂ϕ
~ ∂
L̂z =
i ∂ϕ
µ 2 2

∂ 1 ∂ 1 ∂
d’où l’on tire L̂2 = −~2 + +
∂θ2 tan θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
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Fonctions propres communes à L̂2 et L̂z

ψ(r, θ, ϕ) est une fonction propre commune à L̂2 et L̂z relative aux valeurs
propres respectives l(l + 1)~2 et m~ ssi
 µ ¶

 ∂ 2
1 ∂ 1 ∂ 2

 − + + ψ(r, θ, ϕ) = l(l + 1)ψ(r, θ, ϕ)
∂θ2 tan θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2

 ∂

 −i ψ(r, θ, ϕ) = mψ(r, θ, ϕ)
∂ϕ
Les opérateurs différentiels n’agissent pas sur la variable r. Par conséquent,
une base de fonctions propres {ψ(r, θ, ϕ)} est donnée par un ensemble de
fonctions produits fk0 (r)gk,l,m (θ, ϕ) avec
 µ ¶

 ∂ 2
1 ∂ 1 ∂ 2

 − + + gk,l,m (θ, ϕ) = l(l + 1)gk,l,m (θ, ϕ)
∂θ 2 tan θ ∂θ sin θ ∂ϕ2 2


 ∂

 −i gk,l,m (θ, ϕ) = mgk,l,m (θ, ϕ)
∂ϕ

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Normalisation séparée

On s’assure que les fonctions propres ψ(r, θ, ϕ) sont normées en normant


séparément les parties radiales et angulaires (convention) :
Z ∞ Z 2π Z π
dr dϕ dθ r2 sin θ |ψ(r, θ, ϕ)|2 = 1
0 0 0

si Z Z Z
∞ 2π π
2 2
r |fk0 (r)| dr = 1, et dϕ dθ sin θ |gk,l,m (θ, ϕ)|2 = 1
0 0 0

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l et m sont entiers

En vertu de la théorie générale des moments cinétiques, les valeurs de l et m


ne peuvent être qu’entières ou demi-entières.
En effet,

−i gk,l,m (θ, ϕ) = mgk,l,m (θ, ϕ) ⇔ gk,l,m (θ, ϕ) = Fk,l,m (θ)eimϕ
∂ϕ

La fonction d’onde doit être univoquement déterminée. Il faut donc

gk,l,m (θ, ϕ = 0) = gk,l,m (θ, ϕ = 2π) ⇔ eim2π = 1

⇒ m ne peut être qu’entier (et l aussi par voie de conséquence)

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Toutes les valeurs de l sont réalisées

En vertu de la théorie générale des moments cinétiques (lemme III)

L̂+ gk,l,l (θ, ϕ) = 0


µ ¶
∂ ∂
⇔ i~eiϕ cot θ −i gk,l,l (θ, ϕ) = 0
∂ϕ ∂θ
µ ¶
d
⇔ − l cot θ Fk,l,l (θ) = 0

⇔ Fk,l,l (θ) = cl (sin θ)l

Pour l donné, il existe une seule fonction propre normée de L̂2 et L̂z relative à
l(l + 1)~2 et l~ respectivement, à savoir la fonction

Yll (θ, ϕ) = cl (sin θ)l eilϕ

⇒ g(l) = 1 et l’indice k est superflu. Cette solution existe ∀ l > 0.

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Normalisation de Yll (θ, ϕ)

Yll (θ, ϕ) est normée ssi


Z 2π Z π
dϕ dθ sin θ |Yll (θ, ϕ)|2 = 1
0 0
r
1 (2l + 1)!
⇔ |cl | =
2l l! 4π

Par convention, la phase de cl est choisie de manière telle que


r
l
(−1) (2l + 1)!
cl = l
2 l! 4π

Voir par exemple Cohen-Tannoudji pour les détails de ce calcul

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Les harmoniques sphériques

Par action répétée de l’opérateur L̂− , on forme une base standard de fonctions
propres Ylm (θ, ϕ) (m = l, . . . , −l) de L̂2 et L̂z relatives aux valeurs propres
respectives l(l + 1)~2 et m~ :

1
Ylm−1 (θ, ϕ) = p L̂− Ylm (θ, ϕ)
~ l(l + 1) − m(m − 1)
soit µ ¶
−iϕ
−e ∂
Ylm−1 (θ, ϕ) = p + m cot θ Ylm (θ, ϕ)
l(l + 1) − m(m − 1) ∂θ

Les fonctions Ylm (θ, ϕ) (m = l, . . . , −l) sont appelées harmoniques sphériques

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Les harmoniques sphériques
s
(−1)l 2l + 1 (l + m)! imϕ dl−m
Ylm (θ, ϕ) = l e (sin θ) −m
(sin θ)2l
2 l! 4π (l − m)! d(cos θ)l−m
soit
s
2l + 1 (l − m)! m
Ylm (θ, ϕ) = (−1) m
Pl (cos θ)eimϕ (m > 0)
4π (l + m)!
s
2l + 1 (l + m)! −m
Ylm (θ, ϕ) = Pl (cos θ)eimϕ (m < 0)
4π (l − m)!

avec les fonctions de Legendre associées


p dm
Plm (u) 2
= (1 − u )m Pl (u), (−1 6 u 6 1)
dum
et les polynômes de Legendre
(−1)l dl 2 l
Pl (u) = l l
(1 − u )
2 l! du
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Les premières harmoniques sphériques

l m Ylm (θ, ϕ) l m Ylm (θ, ϕ)


r
1 15
0 0 √ 2 ±2 sin2 θ e±2iϕ
4π 32π
r r
3 7
1 0 cos θ 3 0 (5 cos3 θ − 3 cos θ)
4π 16π
r r
3 21
1 ±1 ∓ sin θ e±iϕ 3 ±1 ∓ sin θ(5 cos2 θ − 1) e±iϕ
8π 64π
r r
5 105
2 0 (3 cos2 θ − 1) 3 ±2 sin2 θ cos θ e±2iϕ
16π 32π
r r
15 35
2 ±1 ∓ sin θ cos θ e±iϕ 3 ±3 ∓ sin3 θ e±3iϕ
8π 64π

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Parité des harmoniques sphériques

Une fonction ψ(r) est paire si ψ(r) = ψ(−r), impaire si ψ(r) = −ψ(−r)
Le changement de r en −r se traduit en coordonnées sphériques par

r→r
θ →π−θ
ϕ→π+ϕ

Nous avons
Ylm (π − θ, π + ϕ) = (−1)l Ylm (θ, ϕ)

⇒ Les harmoniques sphériques ont une parité bien définie et


la parité ne dépend que de l

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Quelques autres propriétés

Conjugaison complexe :

Ylm (θ, ϕ)∗ = (−1)m Yl−m (θ, ϕ)

Relation d’orthonormalisation :
Z 2π Z π
m ∗ m0
dϕ dθ sin θ Yl (θ, ϕ) Yl0 (θ, ϕ) = δll0 δmm0
0 0

Les Ylm (θ, ϕ) forment une base des fonctions de θ, ϕ :


Toute fonction f (θ, ϕ) peut s’écrire :
∞ X
X l
f (θ, ϕ) = cl,m Ylm (θ, ϕ)
l=0 m=−l

avec Z Z
2π π
cl,m = dϕ dθ sin θ Ylm (θ, ϕ)∗ f (θ, ϕ)
0 0
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Intégrale d’un produit
de 3 harmoniques sphériques

L’intégrale Z
Ylm
1
1
(θ, ϕ)Y m2
l2 (θ, ϕ)Y m3
l3 (θ, ϕ) dΩ

n’est non nulle que si


– m1 + m2 + m3 = 0,
– on peut former un triangle avec trois segments de longueur l1 , l2 , l3 ,
– l1 + l2 − l3 est pair

Ce résultat est en réalité un cas particulier d’un théorème beaucoup plus


général : le théorème de Wigner-Eckart.

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Chapitre 6

L’atome d’hydrogène

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Les constituants

L’atome d’hydrogène est le système constitué


d’un proton électron (-e)
– de masse mp = 1.7 · 10−27 kg
r
– de charge e = 1.6 · 10−19 C
et d’un électron
– de masse me = 9.11 · 10−31 kg noyau (Ze)
– de charge −e = −1.6 · 10−19 C

On appelle aussi ion hydrogénoı̈de le système constitué d’un noyau atomique


(de charge Ze) et d’un électron.
Par exemple : He+ , Li++ , . . . , U91+

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Description classique

Classiquement, l’étude de ce système consiste en l’étude du mouvement de


l’électron dans le champ électrique coulombien produit par la charge positive
centrale.

Dans ce champ, l’électron est soumis à la force électron (-e)

r
1 −Ze2 ◦ ◦ r
F= r (r ≡ )
4π²0 |r|2 |r|
noyau (Ze)

La force de Coulomb est une force centrale. La deuxième loi de Newton donne
dL
=r×F=0
dt

Le moment cinétique est une constante du mouvement et la trajectoire de


l’électron est située dans le plan passant par le noyau et perpendiculaire à L.

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Hamiltonien du système

La force électrique est conservative :


1 −Ze2
F = −∇V (r) avec V (r) =
4π²0 |r|

L’hamiltonien du système est donné par


p2 p2 1 Ze2
H= + V (r) = −
2me 2me 4π²0 |r|

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Description quantique

En ne tenant pas compte du spin, l’état de l’électron devient caractérisé par


une fonction d’onde ψ(r, t) (un vecteur d’état |ψ(t)i) appartenant à l’espace
d’Hilbert Er = L2 (R3 ).

Le vecteur d’état obéit à l’équation de Schrödinger


d
i~ |ψ(t)i = Ĥ|ψ(t)i
dt
avec l’opérateur hamiltonien
p̂2 p̂2 1 Ze2
Ĥ = + V (r̂) = −
2me 2me 4π²0 |r̂|

La solution la plus générale de l’équation de Schrödinger est donnée par


X
|ψ(t)i = cn,r e−iEn (t−t0 )/~ |φn,r i
n,r
où les |φn,r i forment une base de vecteurs propres de Ĥ, de valeurs propres En .
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Equation de Schrödinger indépendante du temps

Il faut donc trouver une base de vecteurs |φi obéissant à l’équation aux valeurs
propres (équation de Schrödinger indépendante du temps)

Ĥ|φi = E|φi

Cette équation s’écrit en représentation |ri


· 2 ¸
−~
∆ + V (r) φ(r) = Eφ(r)
2me

Comme le potentiel V (r) ne dépend que de la distance r de l’électron au noyau :


−1 Ze2 Zq 2 2 e2
V (r) = ≡− avec q =
4π²0 r r 4π²0
il est opportun de résoudre cette équation en coordonnées sphériques (r, θ, ϕ).

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Equation de Schrödinger en coordonnées sphériques

En coordonnées sphériques, le laplacien ∆ s’écrit


2
µ 2 2

1 ∂ 1 ∂ 1 ∂ 1 ∂
∆= r + + +
r ∂r2 r2 ∂θ2 tan θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
soit (voir chapitre V)
1 ∂2 L̂2
∆= 2
r− 2 2
r ∂r ~ r
−~2
⇒ L’hamiltonien Ĥ = 2me ∆ + V (r) s’écrit
−~2 1 ∂ 2 1 2
Ĥ = r + L̂ + V (r)
2me r ∂r2 2me r2
et l’équation de Schrödinger indépendante du temps prend la forme
· 2 2
¸
−~ 1 ∂ 1 2
r + L̂ + V (r) φ(r, θ, ϕ) = Eφ(r, θ, ϕ)
2me r ∂r2 2me r2

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Relations de commutation

On a h i h i h i h i
Ĥ, L̂x = Ĥ, L̂y = Ĥ, L̂z = 0 et Ĥ, L̂2 = 0

Par conséquent, Ĥ, L̂2 et L̂z sont 3 opérateurs compatibles et il existe une
base orthonormée de fonctions propres communes aux 3 opérateurs.
Or les fonctions propres communes à L̂2 et L̂z sont de la forme

φ(r, θ, ϕ) = R(r)Ylm (θ, ϕ)

⇒ Il paraı̂t opportun d’essayer de trouver une base d’états propres de Ĥ de


cette forme.
φ(r, θ, ϕ) est une fonction propre de Ĥ relative à la valeur propre E ssi

Ĥφ(r, θ, ϕ) = Eφ(r, θ, ϕ)

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Equation radiale

φ(r, θ, ϕ) = R(r)Ylm (θ, ϕ) est une fonction propre de Ĥ relative à la valeur


propre E ssi
· ¸
~2 1 d2 l(l + 1)~2
− r+ + V (r) R(r) = ER(r)
2me r dr2 2me r2

Cette équation porte le nom d’équation radiale. Elle est indépendante de m.


Notons En,l les valeurs propres de cette équation.
⇒ l’ensemble des valeurs propres de Ĥ est donné par {En,l }.

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Potentiel effectif

Posons R(r) = 1r u(r).


R(r) est solution de l’équation radiale et est une solution physiquement
acceptable ssi u(0) = 0 et u(r) obéit à
· 2 2 2
¸
~ d l(l + 1)~
− 2
+ 2
+ V (r) u(r) = E u(r)
2me dr 2me r

Cette équation est formellement identique à celle que l’on aurait à résoudre si,
dans un problème à une dimension, une particule de masse me se déplaçait
dans un potentiel effectif
l(l + 1)~2
Veff (r) = V (r) +
2me r2

tout en sachant que r ne peut prendre que des valeurs positives ou nulles.
l(l+1)~2
Le terme 2me r 2 porte le nom de barrière centrifuge.
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Changement de variable

Cherchons les solutions de l’équation aux valeurs propres pour E < 0.


Posons  
 ν = p−E /E  E = m Z 2 q 4 /2~2
I I e
avec
 x = 2r/νa  a = ~2 /me Zq 2

ũ(x) = u(r = νax/2) doit satisfaire


· 2 ¸
d l(l + 1) ν 1
− + − ũ(x) = 0
dx2 x2 x 4

Posons ũ(x) = xl+1 e−x/2 v(x). La fonction v(x) doit satisfaire


· 2 ¸
d d
x 2 + (2l + 2 − x) − (l + 1 − ν) v(x) = 0
dx dx

7→ Equation de Kummer dont la seule solution qui ne diverge pas à l’origine est
la série hypergéométrique confluente
v(x) = 1 F1 (l + 1 − ν, 2l + 2, x)
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KummersEquation.nb 1

In[1]:= u@x_ D := xl+1 −xê2 v@xD;


l Hl + 1L ν 1
expr = ∂x,x u@xD + J−  +  −  N u@xD;
x2 x 4
Simplify@exprD
Out[3]= −−xê2 xl HH1 + l − νL v@xD + H−2 − 2 l + xL v @xD − x v @xDL

−−xê2 xl
HH1 + l − νL v@xD + H−2 − 2 l + xL v @xD − x v @xDL

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La série hypergéométrique confluente

La série hypergéométrique confluente est la fonction 1 F1 (α, β, x) définie par


X∞
αx (α + 1)α x2 xn
1 F1 (α, β, x) = 1 + + + ··· = cn
β 1! (β + 1)β 2! n=0
n!
avec
(α + n − 1) · · · (α + 1)α α+n−1
cn = , càd cn = cn−1
(β + n − 1) · · · (β + 1)β β+n−1

? Cette série est 1 polynôme de degré p si α = −p, p entier > 0.


En effet, dans ce cas cp+1 = 0, et cp0 = 0, ∀ p0 > p
Si β entier > 0, ces polynômes sont les polynômes de Laguerre.

? Cette série est bien définie ∀ α, β, sauf pour β = −p, lorsque α est non-entier
En effet, dans ce cas cp+1 = ∞, et cp0 = ∞, ∀ p0 > p

? Cette série converge sur tout l’axe réel.


Γ(β) x α−β
? Comportement à l’infini si α 6= −p : 1 F1 (α, β, x) → Γ(α) e x , pour x → ∞.
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Les polynômes de Laguerre

dp −x p
Définition : L0p (x) =e x
p
(e x )
dx
k
d
Lkp (x) = (−1)k k L0p+k (x)
dx
(k, p = 0, 1, 2, . . . , ∞)

(p + k)!2
Propriété : Lkp (x) = 1 F1 (−p, k + 1, x)
p!k!

Relation d’orthonormalisation :
Z ∞
−x k k k (p + k)!3
e x Lp (x)Lq (x)dx = δpq
0 p!

Remarque : suivant les auteurs, diverses conventions sont utilisées pour définir les polynômes
de Laguerre.
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Equation différentielle de Kummer
· ¸
d2 d
x 2 + (β − x) − α f (x) = 0
dx dx

Si elles existent, les fonctions

1 F1 (α, β, x) et x1−β 1 F1 (α − β + 1, 2 − β, x)

sont 2 solutions linéairement indépendantes de l’équation de Kummer, et la


solution générale est une combinaison linéaire quelconque de ces 2 fonctions.

Dans le cas de l’atome d’hydrogène, on obtient l’équation de Kummer avec

α = l + 1 − ν, β = 2l + 2

La première solution existe toujours (β est un entier > 0), la seconde pourrait
ne pas exister, mais est de toute façon à rejeter car elle diverge à l’origine
(dépendance en x−(2l+1) ).
Nous avons donc v(x) = 1 F1 (l + 1 − ν, 2l + 2, x)
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Quantification de l’énergie

En conclusion,
u(r) ũ(x = 2r/νa)
R(r) = =
r r
est solution de l’équation radiale et ne diverge pas en r = 0 ssi
l −r/νa 2r
R(r) ∝ r e 1 F1 (l + 1 − ν, 2l + 2, )
νa
Problème : une telle solution diverge en l’infini et ne peut être de carré
intégrable. Pour r → ∞,
µ ¶−(l+1+ν)
l −r/νa Γ(2l + 2) 2r/νa 2r er/νa
R(r) → r e e ∝
Γ(l + 1 − ν) νa r

sauf si . . . l + 1 − ν est un entier 6 0 : la fonction 1 F1 est dans ce cas un


polynôme de degré ν − (l + 1) et R(r) → 0 en l’infini (vu le terme en e−r/νa ).
Il faut donc ν = entier n > l, soit
EI
E = En,l ≡− 2 avec n > l
n
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Fonctions radiales

Pour n, l donnés, la fonction radiale Rnl (r) est donnée par


µ ¶
−3/2 2r
Rnl (r) = a Nnl Fnl
na
avec
Fnl (x) = xl e−x/2 L2l+1
n−l−1 (x)

et où Nnl est une constante de normalisation obtenue par la condition


Z ∞
r2 |Rnl (r)|2 dr = 1
0

s
2 (n − l − 1)!
Cette constante est égale à Nnl = 2
n (n + l)!3

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Les premières fonctions radiales

n l Rnl (r)

1 0 2a−3/2 e−r/a

2 −3/2 ³ r ´ −r/2a
2 0 a 1− e
2 2a
1 r
1 √ a−3/2 e−r/2a
6 2a
µ ³ ´ ¶
2 r 2 r 2
3 0 √ a−3/2 1 − 2 + e−r/3a
27 3a 3 3a
µ ³ ´ ¶
8 r 1 r 2
1 √ a−3/2 − e−r/3a
9 6 3a 2 3a
4 ³ r ´2
−3/2
2 √ a e−r/3a
9 30 3a

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Notations spectroscopiques

Les niveaux d’énergie sont notés nl, avec la convention

Valeur de l Notation
0 s
1 p
2 d
3 f
4 g
5 h
.. ..
. .

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Niveaux d’énergie de l’atome d’hydrogène (Z = 1)

EI
En (eV) En = − 2
n
0
-0.85 4s 4p 4d 4f avec n > l
-1.51 3s 3p 3d

-3.4 2s 2p La position des niveaux


d’énergie ne dépend pas de l.
D’où la notation En et non
pas Enl .

Pour l’atome d’hydrogène,


me e4
-13.6 1s EI = 2 2 = 13.6 eV
8²0 h
l=0 l=1 l=2 l=3
On retrouve exactement les
résultats de la théorie de Bohr.
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En conclusion

Les niveaux d’énergie des atomes hydrogénoı̈des sont donnés par


EI
En = −
n2

Les fonctions propres relatives à ces niveaux d’énergies sont données par

ψnlm (r, θ, ϕ) = Rnl (r)Ylm (θ, ϕ)


avec 

 n = 1, 2, . . . ,

l = 0, 1, . . . , n − 1,



m = −l, . . . , l

Le degré de dégénérescence des niveaux d’énergie (multiplicité des valeurs


propres) vaut
n−1
X n−1
X n(n − 1)
gn = (2l + 1) = 2 l+n=2 + n = n2
2
l=0 l=0
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Transitions entre niveaux d’énergie

Les états propres de l’hamiltonien sont des états stationnaires. La description


quantique d’une particule matérielle ne permet donc pas d’expliquer le phénomène
d’émission spontanée (un électron sur un état d’énergie excité retombe spontanément
sur le niveau fondamental 1s).
L’émission spontanée trouve une explication seulement lorsque le champ
électromagnétique est lui-même quantifié (QED).
Par contre, nul besoin de la QED pour expliquer que des transitions entre niveaux
d’énergie sont possibles en plongeant l’atome dans un champ électromagnétique. Dans
ce cas, l’hamiltonien du système devient
(p̂ + eA(r̂, t))2
Ĥ(t) = + V (r̂)
2me

Si initialement |ψ(t0 )i = |ψnlm i, l’état du système va évoluer (car l’hamiltonien est


devenu dépendant du temps), et P(En0 ) peut devenir non nul. Si on trouve le système
dans un autre état |ψn0 l0 m0 i, on dit qu’il a effectué une transition entre les 2 états.

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Règles de sélection

Toutes les transitions entre les niveaux d’énergie ne sont pas possibles
(question de probabilité d’occurence du phénomène).
Il existe des règles (dites règles de sélection) qui permettent de prévoir si une
transition est possible ou non.
Pour les atomes hydrogénoı̈des, nous avons :

∆l = l0 − l = ±1
∆m = m0 − m = 0, ±1

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Structures fine et hyperfine

Si on tient compte du spin de l’électron, il y a un terme supplémentaire dans


l’hamiltonien qui résulte de l’interaction entre le moment magnétique de spin de
l’électron et le champ magnétique qu’il produit lui-même suite à son mouvement
autour du noyau (terme dit d’interaction spin-orbite).
Les niveaux d’énergie changent légèrement. Tous les niveaux de l 6= 0 se dédoublent.
Cette caractéristique s’appelle la structure fine des niveaux d’énergie.
La structure fine est faible (séparation entre les niveaux dédoublés : ∼ 10−4 eV).
Quand on tient compte en plus du spin du noyau, un nouveau phénomène de
dédoublement apparaı̂t (c’est la structure hyperfine). La structure hyperfine est
encore plus faible (∼ 10−7 eV).

C’est la structure hyperfine qui est responsable d’une raie de l’atome d’hydrogène de
longueur d’onde λ = 21 cm.

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Le continuum d’ionisation

Dans le cas E > 0, l’équation radiale


· ¸
~2 1 d2 l(l + 1)~2
− r+ + V (r) R(r) = ER(r)
2me r dr2 2me r2
possède une solution physiquement acceptable pour toutes les valeurs de E.
Par conséquent, les énergies positives ne sont pas quantifiées : toutes les valeurs
E > 0 sont permises. On parle du continuum d’énergies positives.
Dans un état d’énergie positive, la fonction d’onde n’est pas localisée au voisinage
du noyau et l’électron ne reste plus lié.

En portant l’électron d’un état d’énergie négative à un état d’énergie positive, on


ionise l’atome (arrachement de l’électron). C’est pourquoi ces niveaux sont dits
former le continuum d’ionisation.

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Annexe A
Equations différentielles
linéaires
Equation de Kummer

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Définitions

Equation différentielle linéaire d’ordre n :


dn y dy
an (x) n + · · · + a1 (x) + a0 (x)y = f (x)
dx dx

2
2d y
Exemples : x + y = x3 est linéaire
dx2
2
2d y
x + y 3 = 0 est non linéaire
dx2

Equation différentielle linéaire à coefficients constants :


dn y dy
an n + · · · + a1 + a0 y = f (x)
dx dx

f (x) = 0 ⇒ Equation homogène

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Eq. diff. linéaires homogènes du 2nd ordre

d2 y dy
a2 (x) 2 + a1 (x) + a0 (x)y = 0
dx dx
Forme standard :
(
d2 y dy p(x) = a1 (x)/a2 (x)
2
+ p(x) + q(x)y = 0
dx dx q(x) = a0 (x)/a2 (x)

La solution la plus générale de cette équation différentielle est la combinaison


linéaire de 2 solutions y1 (x) et y2 (x) linéairement indépendantes :
y(x) = C1 y1 (x) + C2 y2 (x)

Déf. : 2 fonctions y1 (x) et y2 (x) sont linéairement indépendantes sur I ssi


C1 y1 (x) + C2 y2 (x) = 0 ⇒ C1 = 0 = C2 , ∀x ∈ I

Thm. : 2 fonctions dérivables y1 (x) et y2 (x) sont lin. indépendantes sur I ssi
W [y1 , y2 ](x) ≡ y1 (x)y20 (x) − y10 (x)y2 (x) 6= 0, ∀x ∈ I
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Points ordinaires et points singuliers

d2 y dy
+ p(x) + q(x)y = 0
dx2 dx

– Point ordinaire : point x0 où p(x) et q(x) sont analytiques.


– Point singulier : point non ordinaire.
– Point singulier régulier : point singulier x0 tel que
(x − x0 )p(x) et (x − x0 )2 q(x) sont analytiques.
– Point singulier irrégulier : point singulier non régulier

Si x0 est un point singulier régulier, on appelle équation indicielle de ce


point l’équation

 p0 = lim (x − x0 )p(x)
x→x0
r(r − 1) + p0 r + q0 = 0
 q0 = lim (x − x0 )2 q(x)
x→x0

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Théorème d’existence de solutions analytiques

d2 y dy
2
+ p(x) + q(x)y = 0 (1)
dx dx

Si x0 est un point ordinaire, (1) possède 2 solutions linéairement


indépendantes de la forme

X
y(x) = an (x − x0 )n
n=0

De plus le rayon de convergence de ces séries est au moins égal à la distance


entre x0 et le point singulier le plus proche.

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Théorème d’existence de solutions analytiques

Si x0 est un point singulier régulier, avec r1 et r2 les 2 racines de son équation


indicielle (r1 > r2 ),
Alors il existe 2 solutions linéairement indépendantes de la forme
(a) Si r1 − r2 est non-entier,

X
r1
y1 (x) = (x − x0 ) an (x − x0 )n
n=0
X∞
y2 (x) = (x − x0 )r2 bn (x − x0 )n
n=0

(b) Si r1 − r2 est entier,



X
y1 (x) = (x − x0 )r1 an (x − x0 )n
n=0

X
r2
y2 (x) = Cy1 (x) ln(x − x0 ) + (x − x0 ) bn (x − x0 )n
n=0

Le rayon de convergence de ces séries est au moins égal à la distance entre x0 et le point
singulier le plus proche.
Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018
Equation de Kummer

d2 y β − x dy α
+ − y=0
dx2 x dx x
β−x
? p(x) = x , q(x) = − αx
? 0 est un point singulier régulier, p0 = lim xp(x) = β, q0 = lim x2 q(x) = 0.
x→0 x→0
? Equation indicielle : r(r − 1) + βr = 0. Racines : 0, 1 − β
? On a donc 2 solutions convergentes sur tout l’axe des x de la forme

X
y1 (x) = an xn
n=0

X
y2 (x) = x1−β bn xn
n=0

Si 1 − β est un entier négatif, la seconde solution contient en plus un terme en


y1 (x) ln(x)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equation de Kummer

X
Calcul de la première solution y1 (x) = an xn
n=0
d2 β−x d α
y 1 (x) + y1 (x) − y1 (x) = 0
dx2 x dx x
X∞ ∞
X ∞
X
⇔ an n(n − 1)xn−2 + (β − x) an nxn−2 − α an xn−1 = 0
n=0 n=0 n=0
X∞ ∞
X
n−2
⇔ an n(n − 1 + β)x − an (n + α)xn−1 = 0
n=0 n=0
X∞ X∞
⇔ an n(n − 1 + β)xn−2 − an−1 (n − 1 + α)xn−2 = 0
n=0 n=1
X∞
£ ¤ n−2
⇔ an n(n − 1 + β) − an−1 (n − 1 + α) x =0
n=1
⇔ an n(n − 1 + β) − an−1 (n − 1 + α) = 0, ∀n > 0
α + n − 1 an−1
⇔ an =
β+n−1 n
⇔ y1 (x) = 1 F1 (α, β, x), par définition de la série hypergéométrique confluente 1 F1 (α, β, x)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equation de Kummer : différents cas

X
y1 (x) = an xn est solution
n=0

⇔ an n(n − 1 + β) − an−1 (n − 1 + α) = 0, ∀n > 0


α + n − 1 an−1
⇔ an =
β+n−1 n
⇔ y1 (x) = 1 F1 (α, β, x)

Forme de la solution

α non-entier α entier 6 0
ou entier > 0 (= −p avec p > 0)
β non-entier polynôme de degré p
série bien définie
ou entier > 0 (an = 0, ∀ n > p)
β entier 6 0 non-défini p 6 p0 : polynôme de degré p
(−p0 avec p0 > 0) (an = ∞, ∀ n > p0 ) p > p0 : non-défini

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018


Equation de Kummer

X
Calcul de la seconde solution y2 (x) = x1−β bn xn
n=0

De manière analogue, on trouve : y2 (x) = x1−β 1 F1 (α − β + 1, 2 − β, x)

Thierry Bastin, Université de Liège, 2017 - 2018