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Mécanique Quantique

Tome I. Histoires, bases et anciennes théories

I. Introduction

II. Histoire

III. Bases physiques

IV. La théorie de Bohr

V. L'expérience de Young

VI. Principes de base

Tome II. L'équation de Schrödinger

I. Hamiltonien

II. Equation de Schrödinger

III. Applications

IV. Etats liés

V. Théorie des collisions

VI. Formulation matricielle

Annexes Tome III. Symétries et spin

I. Théorie des groupes

II. Symétries

III. Spin

IV. Particules identiques et spin

V. Physique statistique

VI. Formulation matricielle

Annexes

Tome IV. L'atome d'hydrogène, les atomes et la matière

I. Atomes et molécules

II. Rayonnement

III. Structure hyperfine

IV. Maser et Laser

V. Matière

VI. Le magnétisme

VII. Supraconductivité

Tome V. Mécanique quantique relativiste

I. Vers une équation d'onde relativiste

II. Equation de Dirac

III. Solutions

IV. Hydrogénoïdes

V. Théorie des trous

VI.

Propagation et diffusion

Tome VI. Théories à variables cachées, théorèmes et décohérence

I. L'intrication quantique

II. Contextualité

III. Autres théorèmes

IV. Logique quantique

V. Applications

VI. Décohérence

VII. Théorie de Bohm

Tome VII. Interprétation de la mécanique quantique et classicalité

I. Introduction

II. Position du problème

III. Interprétations

IV. Expériences

V. Du quantique au classique

VI. Références

Tome II. L'équation de Schrödinger

I. Hamiltonien I.1. Dépendances des amplitudes en fonction du temps I.1.1. Atomes au repos, états stationnaires I.1.2. Mouvement uniforme I.1.3. Energie potentielle, conservation de l'énergie I.1.4. Forces, la limite classique I.2. Matrice hamiltonienne I.2.1. Amplitudes et vecteurs I.2.2. Décomposition des vecteurs d'états I.2.3. Quels sont les états de base du monde ? I.2.4. Comment les états évoluent dans le temps I.2.5. La matrice hamiltonienne I.2.6. La molécule d'ammoniac I.3. Le méson K de charge nulle I.4. Généralisation aux systèmes à N états II. Equation de Schrödinger II.1. Développement de l'équation II.1.1. Propagation dans un réseau cristallin II.1.1.1. Etats d'un électron dans un réseau à une dimension II.1.1.2. Etats d'énergie définie II.1.1.3. Etats qui varient dans le temps II.1.1.4 Un électron dans un réseau à trois dimensions II.1.1.5. Autres états dans un réseau II.1.1.6. Diffusion par les imperfections dans un cristal II.1.1.7. Capture par une imperfection d'un réseau II.1.1.8. Amplitudes de diffusion et états liés II.1.2. Variation des amplitudes avec la position II.1.2.1. Les amplitudes le long d'une droite II.1.2.2. La fonction d'onde II.1.2.3. Les états de moment défini II.1.2.4. Normalisation des états en x II.1.3. L'équation de Schrödinger II.2. Interprétation de la fonction d'onde II.3. Les niveaux d'énergie quantifiés II.4. Fonctions propres et valeurs propres II.5. Postulats d'interprétation et fonctions propres de l'énergie

II.6. Fonctions propres de l'impulsion

III. Applications III.1. Puits de potentiel carré à une dimension

III.2. Mouvement d'un paquet d'ondes libre à une dimension

IV. Etats liés IV.1. Oscillateur harmonique linéaire IV.2. Potentiels à symétrie sphérique à trois dimensions IV.3. Puits de potentiel carré à trois dimensions

V. Théorie des collisions

V.1. Barrière de potentiel carrée à une dimension V.2. Collisions à trois dimensions V.3. Diffusion par des potentiels à symétrie sphérique V.4. Diffusion par des potentiels complexes V.5. Diffusion par un champ coulombien

VI. Formulation matricielle VI.1. Algèbre matricielle VI.2. Théorie des transformations VI.3. Equations du mouvement VI.4. Théorie matricielle de l'oscillateur harmonique

Annexes

A.1. Tableau des particules élémentaires

Tome II L'équation de Schrödinger

Ce Tome II s'attaque à l'équation de Schrödinger si emblématique de la mécanique quantique. Non contente d'être au cœur de la théorie et des cours sur la mécanique quantique, elle a aussi une importance historique considérable puisque ce fut la première équation formulée dans ce nouveau cadre théorique. Lorsque Schrödinger la présenta la première fois, il fallut d'ailleurs un certain temps pour qu'il explique le cheminement qui l'avait conduit à cette équation qui semblait tomber du ciel. Depuis, bien entendu, elle est nettement mieux maîtrisée et sa déduction peut se faire de diverses manières.

Ici nous effectuerons une approche de son élaboration en utilisant ce que nous avons vu, les amplitudes et leurs propriétés.

Nous commencerons par revenir un peu sur le formalisme et par introduire la matrice hamiltonienne qui permet de décrire l'évolution des états au cours du temps.

Puis, nous en viendrons à la déduction de l'équation de Schrödinger et quelques applications simples.

Nous serons alors bien armés pour décrire les deux grands volets des systèmes quantiques : les états liés, comme l'atome, et les états non liés plus communément appelés collisions.

Enfin, nous ferons le lien entre le formalisme de la fonction d'onde et un formalisme général, plus proche de celui des amplitudes que nous avons utilisé jusqu'ici et appelé formulation matricielle.

I. Hamiltonien

La matrice hamiltonienne est la matrice qui permet d'étudier l'évolution des états quantiques au cours du temps.

Le lien avec la formulation hamiltonienne de la mécanique analytique est d'ailleurs immédiat.

Nous commencerons par étudier comment les amplitudes varient dans le temps.

Puis, après être revenu quelque peu sur le formalisme, nous introduirons la matrice hamiltonienne.

Enfin, armé de ce nouvel outil, nous pourrons étudier quelques systèmes simples à deux états.

I.1. Dépendances des amplitudes en fonction du temps

I.1.1. Atomes au repos, états stationnaires

Nous voudrions maintenant discuter un peu le comportement des amplitudes de probabilité en fonction du temps. Nous disons "un peu" parce que le comportement réel dans le temps implique nécessairement le comportement dans l'espace. On se trouve alors immédiatement entraîné dans la situation la plus compliquée qui soit, dès qu'on veut la décrire correctement et en détail. Nous retrouvons toujours cette difficulté : nous pouvons traiter quelconque chose soit de façon logiquement rigoureuse mais tout à fait abstraite, soit de façon pas rigoureuse du tout mais qui nous donne quelque idée de la situation réelle et en remettant à plus tard un traitement plus soigneux. En ce qui concerne la dépendance en énergie, nous prendrons la deuxième méthode. Nous ferons un grand nombre de pures affirmations. Nous n'essayerons pas d'être rigoureux, nous vous dirons juste les choses telles qu'on a trouvé qu'elles étaient, pour vous donner quelque idée du comportement des amplitudes en fonction du temps. Au cours de l'exposé, la description deviendra de plus en plus précise. Ne vous énervez donc pas si nous avons l'air de sortir les choses d'un chapeau. Bien sûr, ce chapeau contient tout : l'expérience et l'imagination des gens. Mais comme cela nous prendrait trop de temps de suivre le développement historique, nous devons faire un plongeon quelque part. Nous pourrions plonger dans l'abstrait et en déduire tout, ce que vous ne comprendriez pas, ou bien, nous pourrions discuter un grand nombre d'expériences pour justifier chaque affirmation. Nous avons choisi de faire quelque chose qui soit entre les deux.

Un électron tout seul dans le vide peut, dans certaines circonstances, avoir une énergie bien définie. Par exemple, s'il est au repos (c'est-à-dire s'il n'a pas de mouvement de translation, pas d'impulsion ni d'énergie cinétique), il a son "énergie de repos". Un objet plus compliqué comme un atome peut aussi avoir une énergie définie quand il est arrêté, mais il peut aussi être excité et être dans l'un de ses niveaux d'énergie (nous décrirons plus tard la machinerie qui est derrière tout cela, il suffit juste de savoir pour le moment que les expériences de spectroscopie confirment cela). Nous considérerons souvent un atome dans un état excité comme ayant une énergie définie mais, en réalité, cela n'est qu'approximatif. Un atome ne reste pas excité éternellement car il peut se décharger de son énergie grâce à son interaction avec le champ électromagnétique. Il y a donc une certaine amplitude pour qu'un nouvel état soit créé, l'atome étant dans un état d'excitation plus bas

et le champ électromagnétique dans un état supérieur (émission d'un photon). L'énergie totale du système est la même avant et après mais l'énergie totale de l'atome est réduite. Si bien qu'il est inexact de dire qu'un atome excité a une énergie bien définie. Mais c'est souvent commode et ce n'est pas trop faux.

Incidemment, pourquoi cela se passe-t-il toujours dans le même sens ? Pourquoi un atome rayonne- t-il de la lumière ? La réponse a quelque chose à voir avec l'entropie. Lorsque l'énergie est dans le champ électromagnétique, elle peut y être de tant de façons différentes, elle a tellement de places où elle peut aller, que si nous cherchons les conditions d'équilibre, nous trouvons que, dans la situation la plus probable; le champ est excité, c'est un photon, et l'atome est désexcité. Il faut au photon beaucoup de temps pour revenir à la même place et trouver qu'il peut cogner l'atome à nouveau. C'est tout à fait analogue au problème classique : pourquoi une charge accélérée rayonne- t-elle (elle pourrait très bien changer de direction sous l'impact d'un photon) ? Ce n'est pas parce qu'elle "veut" perdre de l'énergie, car, en fait, lorsqu'elle rayonne, l'énergie du monde est la même qu'avant. Radiation ou absorption vont toujours dans le sens de l'entropie croissante. La situation est d'ailleurs différente lorsque l'atome est placé dans un bain de photons. Le champ électromagnétique est alors hautement excité et l'atome a nettement plus de chance d'absorber un photon. Nous reviendrons plus tard sur ce problème dit de la "flèche du temps" d'une manière beaucoup plus générale.

Les noyaux peuvent aussi exister dans différents niveaux d'énergie et, à l'approximation où l'on néglige tous les effets électromagnétiques, nous pouvons dire qu'un noyau dans un état excité y reste. Bien que nous sachions qu'il n'y reste pas toujours, il est souvent utile de commencer avec une approximation quelque peu idéalisée et plus facile à résoudre. De plus, c'est aussi une approximation légitime dans certaines circonstances. Un exemple typique est l'introduction de la loi de la chute des corps où l'on néglige d'abord la friction et pourtant il n'y a presque aucun cas où il n'y ait une certaine friction.

Il y a ensuite les "particules étranges", subnucléaires, et qui ont des masses variées. Mais les plus lourdes se désintègrent spontanément en donnant les plus légères, si bien qu'à nouveau il n'est pas correct de dire qu'elles ont une énergie définie avec précision. Ceci ne serait vrai que si elles vivaient éternellement. Si bien que lorsque nous faisons l'approximation qu'elles ont une énergie

définie, nous oublions le fait qu'elles doivent exploser. Pour le moment, nous oublierons donc, intentionnellement de tels processus et nous apprendrons plus tard comment les prendre en compte.

Supposons que nous ayons un atome ou un électron ou n'importe quelle particule qui a au repos une

énergie bien définie

entier multipliée par

une masse différente de la masse du même atome dans son état fondamental (l'état fondamental est

l'état de plus basse énergie). Nous appellerons

E

c

0

2

. Ce que nous voulons dire par l'énergie

E

0

est la masse de l'objet tout

. Cette masse comprend toute énergie interne, si bien qu'un atome excité a

E

0 "l'énergie au repos".

Pour un atome au repos, l'amplitude quantique pour trouver l'atome en un certain endroit est la même partout. Elle ne dépend pas de la position. Cela signifie, bien entendu, que la probabilité de trouver l'atome est partout la même. Mais cela veut dire plus. La probabilité pourrait être indépendante de la position, la phase de l'amplitude, elle, changeant de point en point. Mais, pour une particule au repos, l'amplitude complète est partout la même. Elle dépend cependant du temps.

Pour une particule dans état d'énergie défini temps t est

(1)

où a est une certaine constante. L'amplitude pour être en un point quelconque de l'espace est la même pour tous les points, mais elle dépend du temps suivant (1). Nous supposerons simplement que cette règle est vraie. Notons toutefois que cela correspond à une onde stationnaire de longueur d'onde nulle, ce qui est évident si l'on se souvient de la règle de de Broglie liant vitesse et longueur d'onde et sa fréquence est simplement donnée par la règle liant énergie et fréquence.

E

0

, l'amplitude pour trouver la particule en (x, y, z) au

i(E

0

/h

)t

ae

Bien entendu, nous pourrions aussi écrire (1) comme

(2)

avec

(3)

où m est la masse au repos de l'état atomique ou de la particule. Il a trois façons différentes de spécifier l'énergie : par la fréquence d'une amplitude, par l'énergie au sens classique ou par l'inertie. Elles sont toutes équivalentes. Ce sont seulement des façons différentes de dire la même chose.

ae

h

i

t

= h

= E

0

= mc

2

Vous pensez peut-être qu'il est étrange de penser d'une "particule" qu'elle a la même amplitude pour être trouvée partout dans l'espace. Après tout, nous imaginons d'habitude comme un petit objet situé "quelque part". Mais n'oubliez pas le principe d'indétermination. Si une particule a une énergie définie, elle a aussi une impulsion définie. Si l'incertitude sur l'impulsion est zéro, la relation d'indétermination, p x h , nous dit que l'incertitude sur la position doit être infinie et c'est exactement ce que nous disons quand nous disons qu'il y a la même amplitude pour trouver la particule en tout point de l'espace. Ce caractère ubiquiste est également lié au fait que la particule a aussi des caractéristiques ondulatoires, bien sûr.

Si les différentes parties d'un atome sont dans des états différents avec différentes énergies totales, alors, la variation de l'amplitude dans le temps est différente. Si vous ne savez pas dans quel état se trouve l'atome, il y aura une certaine amplitude pour qu'il soit dans un état et une certaine amplitude pour qu'il soit dans un autre et chacune de ces amplitudes aura une fréquence différente. Il y aura une interférence, comme dans un battement, entre ces différentes composantes et elle pourra apparaître comme une probabilité variant dans le temps. Quelque chose "se passera" dans l'atome, même si celui-ci est "au repos", c'est-à-dire si son centre de gravité ne se déplace pas. Par contre, si l'atome a une énergie bien définie et si vous cherchez n'importe quelle probabilité le concernant, la réponse est indépendante du temps. Quoique les amplitudes dépendent du temps, si l'énergie est définie, elles changent comme l'exponentielle d'un nombre imaginaire pur et leur module ne change pas.

C'est pourquoi nous disons souvent qu'un atome dans un état d'énergie définie est dans un état stationnaire. Quelles que soient les mesures que vous faites de ce qui est à l'intérieur, vous trouverez que rien ne change avec le temps (pour les probabilités). Pour que les probabilités changent dans le temps, il faut avoir une interférence de deux amplitudes ayant des fréquences différentes et cela veut dire que nous ne pouvons pas savoir quelle est l'énergie. L'objet considéré aura une amplitude pour être dans un des états d'énergie et une autre amplitude pour être dans l'autre état d'énergie. C'est là la description quantique des choses dont le comportement dépend du temps.

Si nous avons des conditions telles qu'il y ait un mélange de deux états différents avec des énergies différentes, alors l'amplitude de chacun des deux états change avec le temps suivant l'équation (2), comme, par exemple

(4)

e

i(E

1

/ h

)t

e

i(R

2

/ h

)t

et

Et si nous avons une certaine combinaison des deux, nous aurons une interférence. Mais remarquez que rien ne changerait si nous ajoutions une constante aux deux énergies. Si quelqu'un d'autre utilisait une échelle d'énergie différente, dans laquelle toutes les énergies seraient augmentées (ou diminuées) d'une quantité donnée, disons A, les amplitudes des deux états seraient alors, du point de vue de ce quelqu'un

(5)

e

i

(

E

1

+

) / h

A t

e

i

(

E

2

+

) / h

A t

et

Toutes ces amplitudes seraient multipliées par le même facteur

linéaires ou les interférences auraient le même facteur. Lorsque nous prenons le carré du module pour trouver les probabilités, tous les résultats sont identiques. Le choix d'une origine pour notre échelle d'énergie ne change rien. Nous pouvons mesurer l'énergie à partir de n'importe quel zéro. Des considérations relativistes montrent qu'il est plus élégant de mesurer les énergies de telle façon que la masse au repos y soit comprise, mais, pour beaucoup de discussions non relativistes, il est souvent agréable de soustraire une certaine quantité standard de toutes les énergies considérées. Par

exemple, dans le cas d'un atome, il est commode, d'habitude, de soustraire l'énergie

la masse de l'ensemble des morceaux, le noyau et les électrons, lorsqu'ils sont séparés, ce qui, bien entendu, est différent de la masse de l'atome tout entier dans son état fondamental. L'énergie qui apparaît alors est juste l'énergie d'excitation de l'atome. Par conséquent, nous déplacerons parfois notre zéro d'énergie d'une constante très grande mais cela ne changera rien à condition que nous déplacions d'une même constante toutes les énergies apparaissant dans un calcul donné. Voilà pour ce qui concerne une particule au repos.

i(A

/ h

)t

et toutes les combinaisons

e

m c

s

2

m

s

est

I.1.2. Mouvement uniforme

Si nous admettons que la théorie de la relativité est juste, une particule au repos dans un système d'inertie peut être en mouvement uniforme dans un autre système d'inertie. Dans le système de la particule au repos, l'amplitude de probabilité est la même pour tous les x, y, z mais elle change avec t. La grandeur de l'amplitude est la même pour tout t mais la phase dépend de t. Nous pouvons faire une image du comportement de l'amplitude en traçant les lignes d'égales phases, disons les lignes de phase zéro, en fonction de x et de t. Pour une particule au repos, ces lignes d'égale phase sont parallèles à l'axe x et sont également espacées le long de la coordonnée t, comme le montrent les lignes en pointillés de la figure ci-dessous.

montrent les lignes en pointillés de la figure ci-dessous. Dans un autre système de coordonnées (

Dans un autre système de coordonnées (x , y , z , t ), en mouvement par rapport à la particule, disons dans la direction x, les coordonnées x et t de tout point de l'espace sont reliées à x et à t par les transformations de Lorentz. Cette transformation peut être représentée graphiquement en traçant les axes x et t comme on l'a fait ci-dessus. Vous pouvez voir que dans le système x , t les points d'égale phase ont un espacement différent le long de l'axe t si bien que la fréquence de

la variation dans le temps est différente (nous supposerons que la phase doit avoir la même valeur pour des points correspondant des deux systèmes). C'est là un point subtil puisque la phase d'une amplitude quantique est pour une grande part arbitraire puisque l'on mesure uniquement des probabilités. Une justification complète de cette hypothèse demande une discussion plus détaillée qui tienne compte des interférences de deux ou d'un plus grand nombre d'amplitudes. Mais on en devine aisément le contenu puisque deux phases s'annulant par interférence donnent une amplitude nulle et donc une probabilité et la non survenance d'un événement doit être indépendante du référentiel choisi. Seule une phase constante arbitraire pourrait être ajoutée aux amplitudes et on peut la choisir nulle. Il y a aussi une variation de la phase avec x si bien que l'amplitude de probabilité doit être une fonction de x .

Dans une transformation de Lorentz de vélocité v, dans la direction des x négatifs par
Dans une transformation de Lorentz de vélocité v, dans la direction des x négatifs par exemple, le
temps t est relié au temps t par
2
t
x v
/
c
(1)
t =
2
2
si bien que notre amplitude varie maintenant comme
1
v
/
c

(2)

e

(

i

/

h

)

E

0 t

= e

(

i

/

)

h

E

2 2 t / 1 v / c 0
2
2
t
/
1
v
/
c
0

E vx

0

/ c

2

2 2  1 v / c 
2
2
1
v
/
c

Dans le système primé, elle varie dans l'espace aussi bien que dans le temps. Si nous écrivons l'amplitude comme

(3)

nous voyons que

d'énergie au repos

e

i

/ h

(

)

E t

p

p x

E

0

/

2 2 1 v / c
2
2
1
v
/ c

E

=

p

est l'énergie calculée classiquement pour une particule

p

=

E

p

v / c

E

0

voyageant avec la vitesse v et

2 est l'impulsion correspondante.

Vous savez que x

= (t, x, y, z)

et

p

=

(

E, p

x

, p

y

, p

s

)

sont des quadrivecteurs et que

p

x

= Et

p x

est un scalaire invariant. Dans le système de la particule au repos,

p

x

est

exactement Et. Donc, si nous passons dans un autre système, Et sera remplacé par

(4)

E t

p x

L'amplitude de probabilité d'une particule d'impulsion p sera alors proportionnelle à

(   i / h )  E t p◊x  p (5) e
(
i
/
h
)
E
t p◊x
p
(5)
e
E
p est l'énergie d'une particule d'impulsion p, c'est-à-dire
(
2
(6)
E
pc
)
2 +
E
p =
0
où, comme auparavant,
E
est l'énergie au repos. Pour les problèmes non relativistes, nous
0
pouvons écrire
(7)
= m c
2 +W
E p
s
p

général,

d'excitation, que nous pouvons appeler "l'énergie interne". Nous écrirons alors

(8)

et l'amplitude serait

(9)

W

p

est l'énergie que l'atome a, en plus de l'énergie au repos

m c

s

2 de ses constituants. En

W

p

inclut à la fois l'énergie cinétique de l'atome et son énergie de liaison ou son énergie

W

p

=

e

(

i

/

h

)

W

int

+

W

p

t px

2

p

2

m

Comme nous ferons en général des calculs non relativistes, nous utiliserons cette expression pour les amplitudes de probabilité.

Remarquons que notre transformation relativiste nous a donné la variation de l'amplitude d'un atome qui se déplace dans l'espace, sans aucune hypothèse supplémentaire. Le nombre d'ondes, pour la variation dans l'espace est, d'après (9),

(10)

si bien que la longueur d'onde est

(11)

k =

p

h

2

h

=

=

k p

C'est la même longueur d'onde que nous avons employée auparavant pour des particules d'impulsion p. Cette formule fut tout d'abord obtenue par de Broglie, exactement de cette façon. Pour une particule en mouvement, la fréquence des variations d'amplitude est encore donnée par

(12)

h

= W

p

Le carré du module de (9) est exactement 1 et, par conséquent, pour une particule en mouvement, ayant une énergie bien définie, la probabilité de la trouver est la même partout et ne change pas avec le temps (il est important de remarquer que l'amplitude est une onde complexe. Si nous utilisions une onde sinusoïdale réelle, son carré changerait de point en point, ce qui ne peut être correct).

Nous savons, bien entendu, qu'il y a des situations où les particules vont d'une place à une autre si bien que leur probabilité dépend de la position et change avec le temps. Comment décrivons-nous de telles situations ? Nous pouvons le faire en considérant des amplitudes qui sont des superpositions de deux amplitudes (ou plus), chacune correspondant à un état d'énergie définie. Le calcul est semblable à celui de l'optique et la somme de deux amplitudes ayant des nombres d'onde

k (c'est-à-dire des impulsions) et des fréquences

des bosses d'interférence, ou des battements, si bien que le carré de l'amplitude varie dans l'espace

et dans le temps. Ces battements se déplacent avec une "vitesse de groupe" donnée par

(13)

k

des ondes plus compliquées, constituées de la somme de plusieurs amplitudes, toutes proche d'une

même fréquence, la vitesse de groupe est

(14)

(c'est-à-dire des énergies) différentes donnent

v g

v

g

= k et
=
k
et

=

d

dk

sont les différences entre les nombres d'ondes et les fréquences des deux ondes. Pour

En prenant

= E

(15)

v

g =

dE

p

dp

p

/ h

et k = p / h , nous voyons que

En utilisant l'équation (6), nous avons

(16)

dE

p

dp

2

p

E

p

= c

Mais

(17)

p = dE p =

E

mc

p

dp

m

2

, si bien que

ce qui est précisément la vitesse classique. De même, si nous utilisons l'expression non relativiste, nous avons

(18)

et

W

 

=

p

et

k =

p

 

h

h

d

dW

=

=

d

p

2

dk

 

dp

dp

2

m

=

(19)

p

m

qui est à nouveau la vitesse classique.

Notre résultat est alors le suivant : si nous avons plusieurs amplitudes pour des états purs d'énergie ayant presque la même énergie, leur interférence donne des "bosses" dont la probabilité et celles-ci se déplacent dans l'espace avec la vitesse d'une particule classique ayant cette énergie. Nous devons remarquer, cependant, que lorsque nous disons que nous pouvons ajouter deux amplitudes ayant des nombres d'ondes différents, pour obtenir un battement correspondant à une particule en mouvement, nous avons introduit quelque chose de nouveau, quelque chose que nous ne pouvons pas déduire de la théorie de la relativité. Nous avons décrit ce qu'était l'amplitude d'une particule à l'arrêt et nous avons déduit ensuite ce qu'elle deviendrait si la particule était en mouvement. Mais nous ne pouvons pas déduire de ces arguments ce qui se passerait s'il y avait deux ondes se déplaçant avec des vitesses différentes. Si nous arrêtons l'une, nous ne pouvons pas arrêter l'autre. Nous avons donc ajouté tacitement l'hypothèse supplémentaire que non seulement (9) est une solution possible mais encore qu'il peut y avoir de telles solutions avec différentes valeurs de p pour ce même référentiel et que les différents termes interfèrent.

I.1.3. Energie potentielle, conservation de l'énergie

Nous voudrions discuter maintenant ce qui se passe lorsque l'énergie de la particule peut changer. Nous commençons en imaginant une particule qui se déplace dans un champ de forces décrit par un potentiel. Nous discutons tout d'abord l'effet d'un potentiel constant. Supposons que nous ayons une

grande boite en métal, que nous avons chargée à un potentiel électrostatique

comme ci-dessous.

chargée à un potentiel électrostatique comme ci-dessous. S'il y a des objets chargés à l'intérieur de

S'il y a des objets chargés à l'intérieur de la boite, leur énergie potentielle est q , ce que nous

appellerons V, et elle est absolument indépendante de la position. La physique ne peut donc pas changer à l'intérieur car un potentiel constant n'introduit aucune différence en ce qui concerne ce qui se passe à l'intérieur de la boite. Nous n'avons maintenant aucun moyen de déduire la réponse si bien que nous devons la deviner. La façon de deviner qui marche est plus ou moins ce que vous attendiez : pour l'énergie, nous devons employer la somme de l'énergie potentielle V et de l'énergie

p qui est elle-même la somme des énergies internes et cinétiques. L'amplitude est proportionnelle

à

E

(1)

e

(

i

/ h

)

  

E

p

+V

t

p x

Le principe général est que le coefficient de t, que nous pouvons appeler

l'énergie totale du système : énergie interne (ou "masse"), plus énergie cinétique, plus énergie potentielle :

(2)

, est toujours donné par

h

=

E

p

+

V

Ou, dans les situations non relativistes,

(3)

+

2

p

2

m

+

h

= W

int

V

Que peut-on dire maintenant des phénomènes physiques à l'intérieur de la boite ? Qu'obtiendrons- nous s'il y a différents états d'énergie ? L'amplitude de chaque état a le même facteur supplémentaire

(4)

par rapport à ce qu'elle serait pour V = 0. C'est exactement comme un changement du zéro de l'échelle d'énergie. Cela produit un même changement de phase pour toutes les amplitudes mais, comme nous l'avons vu auparavant, cela ne change aucune des probabilités. Tous les phénomènes physiques sont les mêmes (nous avons supposé que nous parlions de différents états d'un même

objet chargé, si bien que q

en passant d'un état dans un autre nous obtiendrions un résultat tout à fait différent. La conservation de la charge évite cela).

(i

/ h

)Vt

e

est le même pour tous les états. Si un objet pouvait modifier sa charge

Jusqu'ici, notre hypothèse est en accord avec ce que nous attendions d'un changement de niveau de référence pour l'énergie. Mais, si elle est vraiment exacte elle devrait également être vraie pour une énergie potentielle qui n'est pas une simple constante. En général, V peut changer de façon arbitraire, à la fois dans le temps et dans l'espace, et le résultat complet pour l'amplitude doit être exprimé par une équation différentielle. Nous n'avons pas l'intention de nous occuper du cas général dès maintenant et nous voulons seulement avoir quelque idée de la façon dont les choses se passent, si bien que nous ne considérerons qu'un potentiel constant dans le temps et variant lentement dans l'espace. Nous pourrons alors faire la comparaison entre les idées classiques et quantiques.

Supposez que nous considérions la situation ci-dessus où l'on a deux boites maintenues à des

Supposez que nous considérions la situation ci-dessus où l'on a deux boites maintenues à des

potentiels constants

doucement d'une boite à l'autre. Nous imaginons qu'une certaine particule a une amplitude pour être trouvée dans l'une de ces régions. Nous supposons aussi que l'impulsion est suffisament grande pour que le potentiel soit presque constant dans n'importe quelle petite région contenant plusieurs longueurs d'onde. On peut alors penser que l'amplitude doit avoir la forme (1) dans toute région de l'espace avec le V correspondant à cette région.

1 et

2 et une région intermédiaire où nous supposerons que le potentiel varie

Considérons le cas spécial dans lequel

où de plus

deuxième boite. Classiquement, elle irait plus vite dans la deuxième boite, elle aurait plus d'énergie et, par conséquent, plus d'impulsion. Voyons maintenant comment tout cela peut sortir de la mécanique quantique.

1 =

0

, si bien que l'énergie potentielle est zéro à gauche et

q

2 est négatif, si bien que, classiquement, la particule aurait plus d'énergie dans la

Avec notre hypothèse, l'amplitude dans la première boite serait proportionnelle à

e

(

i /

h

)

+

W int

   

2 / 2

1

m

+

V 1

  t

  t 

p

1

x

t p

2

x]

p

(5)

et l'amplitude dans la seconde boite serait proportionnelle à

(6)

(nous admettons que l'énergie interne ne change pas et reste la même dans les deux régions). La question est alors : comment les deux amplitudes se raccordent-elles dans la région entre les deux

boites ?

e

(

i /

h

)[(

W

int

+

p

2

2

/ 2m

+

V

2

)

Nous allons supposer que les potentiels sont tous constants dans le temps, si bien que rien ne change dans les conditions du problème. Nous supposerons alors que les variations de l'amplitude (c'est-à-dire de la phase) ont la même fréquence partout, car, pour ainsi dire, il n'y a rien dans le "milieu" qui change avec le temps. Si rien ne change dans l'espace, nous pouvons considérer que l'onde d'une région "engendre" des ondes secondaires dans tout l'espace, oscillant toutes à la même fréquence, exactement comme des ondes lumineuses passant à travers des objets au repos sans changer de fréquence. Si les fréquences de (5) et (6) sont les mêmes, il faut que nous ayons

(7)

+

p

2

1

2

m

+

p

2

2

2

m

W

int

+

V

1

=

W

int

+

V

2

Les deux membres de cette équation ne sont rien d'autre que des énergies totales classiques, si bien que (7) est un énoncé de la conservation de l'énergie. En d'autres termes, l'énoncé classique de la conservation de l'énergie est équivalent à l'énoncé quantique, selon lequel la fréquence d'une particule est la même partout si les conditions ne changent pas avec le temps. Tout cela est en

accord avec l'idée que h

= E . C'est aussi une justification d cette règle quantique.

Dans le cas particulier où

V

1

=

0

et

V

2

est négatif, l'équation (7) montre que

p

2 est plus grand que

p

1 et, par conséquent, que la longueur d'onde des ondes est plus petite dans la région 2. Les

surfaces d'égale phase sont indiquées par les lignes en tirets dans la figure. Nous avons fait aussi un dessin de la partie réelle de l'amplitude qui montre à nouveau comment la longueur d'onde décroît en passant de la région 1 à la région 2. La vitesse de groupe des ondes, qui est p / m , augmente également de la façon prévue d'après la conservation classique de l'énergie puisque celle-ci n'est rien d'autre que l'équation (7).

Il y a un cas particulier intéressant où

, qui est donné par

p

2

1

/ 2m

. Alors

p

2

2

(10)

p

2

2

=

2

m

p

2

1

2

m

V

2

+

V

1

V

2

devient si grand que

V

2

V devient plus grand que

1

est négatif. Cela veut dire que

dirions que la particule n'entre jamais dans la région 2, elle n'a pas assez d'énergie pour escalader la barrière de potentiel. Cependant, quantiquement, l'amplitude est encore donnée par (6). Sa variation dans l'espace est encore comme

(11)

p

2 est un nombre imaginaire, disons ip . Classiquement, nous

e

(

i /h

)p

2 x

Mais si

Admettons que la particule va initialement dans la direction +x. L'amplitude varie alors comme

(12)

p

2 est imaginaire, la variation dans l'espace devient celle d'une exponentielle réelle.

p x / h

e

L'amplitude décroît rapidement avec les x croissants

Imaginez que les deux régions avec des potentiels différents soient très proches l'une de l'autre,

Imaginez que les deux régions avec des potentiels différents soient très proches l'une de l'autre, si

bien que l'énergie potentielle change brusquement de

dessus. Si nous dessinons la partie réelle de l'amplitude de probabilité, nous obtenons la dépendance indiquée sur la partie (b) de la figure. L'onde de la première région correspond à une particule essayant d'aller dans la seconde région, mais là, l'amplitude décroît très vite. Il y a une certaine chance pour qu'elle soit observée dans la seconde région, là où elle ne pourrait jamais aller classiquement, mais l'amplitude est très petite sauf au voisinage de la frontière. La situation est très semblable avec la réflexion interne de la lumière. Normalement la lumière ne sort pas, mais nous

V

1

à

V

2

comme le montre la figure (a) ci-

pouvons l'observer si nous plaçons quelque chose à moins d'une ou deux longueurs d'onde de la surface (ondes évanescentes).

De même, si l'on place une seconde surface près de celle où la lumière se réfléchit complètement, on peut obtenir un peu de lumière transmise dans le deuxième milieu. Il se passe quelque chose de semblable pour les particules en mécanique quantique.

de semblable pour les particules en mécanique quantique. S'il y a, dans une petite région, un

S'il y a, dans une petite région, un potentiel V, assez grand pour que l'énergie cinétique classique soit négative, une particule classique ne peut jamais passer au travers. Mais quantiquement, l'amplitude, qui décroît exponentiellement, peut passer à travers cette région et donner une petite probabilité pour que la particule soit trouvée de l'autre coté, là où l'énergie cinétique est à nouveau positive. La situation est illustrée ci-dessus. Cet effet est appelé "pénétration d'une barrière de potentiel" ou "effet tunnel".

La pénétration d'une barrière par une amplitude quantique donne l'explication, ou la description, de la

La pénétration d'une barrière par une amplitude quantique donne l'explication, ou la description, de la désintégration du noyau d'uranium. L'énergie potentielle d'une particule , comme fonction de la distance au centre est indiquée dans la figure (a) ci-dessus. Si on essayait de tirer une particule d'énergie E dans le noyau, elle subirait une répulsion électrostatique de la part de la charge

nucléaire Z et, classiquement, elle ne viendrait pas à une distance du noyau plus petite que

r 1 , là où

son énergie totale est égale à l'énergie potentielle V. Pourtant, plus près, l'énergie potentielle est beaucoup plus basse à cause de la forte attraction due aux forces nucléaires à courte portée. Comment se fait-il alors que, dans une désintégration radioactive, nous trouvions des particules

qui sont parties de l'intérieur du noyau et en sortent avec l'énergie E ? C'est parce qu'elles partent de l'intérieur du noyau avec l'énergie E et "s'infiltrent" à travers la barrière de potentiel. L'amplitude de probabilité est à peu près comme on l'a esquissée dans la partie (b) ci-dessus, quoique la décroissance exponentielle soit en fait beaucoup plus rapide que celle qui est indiquée. Il est en fait tout à fait remarquable que la vie moyenne d'une particule dans le noyau d'uranium soit aussi grande que 4 milliards et demi d'années, alors que les oscillations naturelles à l'intérieur du noyau

sont aussi rapides, de l'ordre de

10

22 par secondes ! Comment peut-on obtenir un nombre comme

10

9

années à partir de

10

22 seconde ? La solution vient de ce que l'exponentielle donne un facteur

terriblement petit de l'ordre de

définie. Une fois qu'une particule est dans le noyau, il n'y a presque pas d'amplitude pour la trouver au dehors. Cependant, si vous prenez assez de noyaux et si vous attendez assez longtemps, vous pouvez avoir de la chance et en trouver une qui est sortie.

45

e

, ce qui donne une probabilité de fuite très petite, quoique

I.1.4. Forces, la limite classique

Supposez que nous ayons une particule en mouvement, passant à travers une région où il y a un potentiel qui varie à angle droit avec le mouvement. Classiquement nous décririons la situation comme on l'a esquissée ci-dessous.

la situation comme on l'a esquissée ci-dessous. Si la particule se déplace le long de x

Si la particule se déplace le long de x et entre dans une région où il y a un potentiel qui varie avec y, la particule subit une accélération transverse due à la force F = V / y . Si la force n'est présente que dans une région bien limitée de largeur w, la force n'agit que le temps w/v. La particule reçoit une impulsion transverse

(1)

w

v

p

y =

F

L'angle de déflexion

p y

(2)

Fw

=

=

p pv

est alors

où p est l'impulsion initiale. En employant V / y pour F, nous obtenons

(3)

=

w

pv

V

y

(3) = w pv ∂ V ∂ y A nous maintenant de voir si notre idée

A nous maintenant de voir si notre idée que les ondes se comportent comme dans la section précédente permet d'expliquer ce même résultat. Nous considérons le même problème quantiquement, en admettant que tout est très grand en comparaison de la longueur d'onde de nos amplitudes de probabilité. Dans n'importe quelle petite région, nous pouvons dire que l'amplitude varie comme

(4)

e

(i

/

h

)[(W + p

2

/ 2

m+V )t px]

Pouvons-nous montrer que ceci donne une déflexion de la particule lorsque V a un gradient transversal ? Sur la figure ci-dessus nous avons esquissé ce à quoi ressembleront les ondes d'amplitudes de probabilité. Nous avons dessiné un ensemble de "nœuds" de ces ondes, que vous imaginez comme des surfaces où la phase de l'amplitude est zéro. Dans n'importe quelle petite région, la longueur d'onde, la distance entre deux nœuds successifs, est

(5)

=

h

p

où p est relié à V par

(6)

W +

2

p

2

m

+

V

=

const

.

Dans la région où V est grand, p est plus petit et la longueur d'onde est plus grande. Si bien que l'angle des plans nodaux change comme le montre la figure.

Pour trouver la façon dont l'angle entre les plans nodaux change, nous remarquons qu'il y a une différence de potentiel V = (V / y)D entre les deux chemins a et b de la figure, si bien qu'il y a une différence p entre les impulsions des deux chemins qui peut être obtenue à partir de (6) :

(7)

  p

2

=

2

m

p

m

p

=

V

Le nombre d'ondes p / h est par conséquent différent le long des deux chemins, ce qui signifie que les phases évoluent de façons différentes. La différence entre les accroissements de phase est k = p / h , si bien que la différence de phase accumulée sur la distance totale w est

(8)

(

phase

)

k

w

=

p

h

w

m

p

h

=

=

V

w

Ceci donne la quantité dont la phase du chemin b est "en avance" sur la phase du chemin a, lorsque les ondes sortent du potentiel. En dehors du potentiel une telle avance de phase correspond à une avance du plan nodal de

(9)

h

p

x =

2

(

)

phase =

(phase)

ou

(10)

x =

m

p

2

V

w

En nous rapportant à la figure, nous voyons que les nouveaux fronts d'onde font un angle par (11) x = D si bien que nous avons

(12)

D

m

2

=

V

w

p

donné

Ceci est identique à l'équation (3) si nous remplaçons p / m par v et V / D par V / y .

Le résultat que nous venons d'obtenir n'est correct que si les variations du potentiel sont lentes et sans discontinuités, ce que nous appelons la limite classique. Nous avons montré que dans ces conditions nous obtenons, pour une particule, le même mouvement que celui que nous avions obtenu à partir de F = ma , à la condition que nous supposions que le potentiel change la phase de l'amplitude de probabilité d'une quantité égale à Vt / h . A la limite classique, la mécanique quantique est en accord avec la mécanique newtonienne.

I.2. Matrice hamiltonienne

I.2.1. Amplitudes et vecteurs

Avant d'introduire la notion de matrice hamiltonienne, revenons sur le formalisme mathématique de la mécanique quantique que nous avons déjà présenté et que nous allons approfondir un peu au risque de quelques répétitions.

La première idée est la grande ressemblance mathématique entre les équations de la mécanique

quantique et le produit scalaire de deux vecteurs. Vous vous rappelez que si

états, l'amplitude pour partir de

complet d'états de base, des amplitudes pour aller de

et

sont deux

et finir en

peut être écrite comme la somme, su un ensemble

jusqu'à l'un des états de base et ensuite de

cet état de base jusqu'en (1) = ∑ i i
cet état de base jusqu'en
(1)
= ∑
i
i

tout i

:

Nous voulons comparer l'équation (1) avec la formule du produit scalaire de deux vecteurs B et A. Si B et A sont des vecteurs ordinaires à trois dimensions, nous pouvons écrire le produit scalaire de cette façon :

(2)

(

B

e

i

)(

e

i

A

)

tout i

avec la convention que le symbole

est alors ce que nous appelons d'habitude

et ainsi de suite. L'équation (2) est donc équivalente à

(3)

qui est le produit scalaire B A .

e i indique les trois vecteurs unité selon les directions x, y et z.

B

x

,

B e

2

est ce que nous appelons d'habitude

B

y

B e

1

B

x

A

x

+ B

y

A

y

+ B

z

A

z

En comparant les équations (1) et (2), nous pouvons voir l'analogie suivante : les états

correspondent aux deux vecteurs A et B. Les états de base i correspondent aux vecteurs particuliers

et

e , par rapport auxquels nous rapportons tous les autres vecteurs. Tout vecteur peut être représenté

i

comme une combinaison linéaire de trois "vecteurs de base"

coefficients de chaque vecteur de base dans cette combinaison, c'est-à-dire les trois composantes, vous connaissez tout sur ce vecteur. De façon semblable, tout état quantique peut être écrit

complètement par les amplitudes

coefficients, vous savez tout ce qu'il y a à savoir sur cet état. Du fait de cette grande analogie, on appelle souvent "vecteur d'état" ce que nous avons appelé un "état".

e . De plus, si vous connaissez les

i

i
i

pour aller dans les états de base et si vous connaissez ces

Comme les vecteurs de base sont tous à angles droits, nous avons la relation

(4)

e

i

e

j

=

ij

Cela correspond au caractère exclusif des états de base (états intermédiaires) entre les états de base i,

(5)

qui justifie l'affirmation que les états de base i sont tous "orthogonaux".

que les états de base i sont tous "orthogonaux". = ij Il y a une différence

=

ij

Il y a une différence mineure entre l'équation (1) et le produit scalaire. Nous savons que

(6) = Mais en algèbre vectorielle, (7) A ◊B = B ◊A
(6)
=
Mais en algèbre vectorielle,
(7) A ◊B = B ◊A

Avec les nombres complexes de la mécanique, il nous faut conserver l'ordre des termes alors que pour le produit scalaire habituel, cela n'a pas d'importance.

Considérons maintenant l'équation vectorielle suivante :

(8)

A

=

i

e

i

(

e

i

A

)

Elle est un peu inhabituelle, mais correcte. Elle signifie la même chose que

(9)

A =

i

A e

i

i

= A e

x

x

+ A e

y

y

+ A e

z

z

Remarquez cependant que l'équation (8) contient une quantité qui est différente d'un produit scalaire. Un produit scalaire est seulement un nombre alors que l'équation (8) est une équation vectorielle. L'une des grandes astuces de l'analyse vectorielle fut d'abstraire de ces équations l'idée de "vecteur". On pourrait, de façon semblable, être tenté d'abstraire de la formule quantique (1)

quelque chose d'analogue à un "vecteur" et, bien entendu, on peut le faire. Nous ôtons les deux côtés de l'équation (1) et nous écrivons l'équation suivante :

(10)

(1) et nous écrivons l'équation suivante : (10) des = ∑ i i i On considère

des

(1) et nous écrivons l'équation suivante : (10) des = ∑ i i i On considère

=

i i
i
i

i

On considère le crochet

souvent appelé un ket, comme nous l'avions déjà signalé, et le premier morceau

appelé un bra. Les demi-symboles

façon, ce ne sont pas des nombres, or, en général, nous voulons que les résultats de nos calculs soient des nombres. Si bien que ces quantités "brutes" ne sont que des étapes dans nos calculs.

"brutes" ne sont que des étapes dans nos calculs. comme fait de deux morceaux. Le deuxième

comme fait de deux morceaux. Le deuxième morceau

calculs. comme fait de deux morceaux. Le deuxième morceau et est est souvent sont souvent aussi

et

comme fait de deux morceaux. Le deuxième morceau et est est souvent sont souvent aussi appelés
comme fait de deux morceaux. Le deuxième morceau et est est souvent sont souvent aussi appelés

est

est souvent

sont souvent aussi appelés vecteurs d'état. De toute

Il se trouve que nous avons écrit la plus part de nos résultats avec des nombres (les amplitudes). Comment nous sommes-nous arrangés pour éviter les vecteurs ? Il est amusant de remarquer que même en algèbre vectorielle ordinaire, nous pourrions faire que toutes les équations ne contiennent que des nombres. Par exemple, au lieu d'une équation vectorielle comme (11) F = ma nous pourrions toujours écrire (12) C F = C (ma)

Nous avons alors une équation entre produits scalaires qui est vraie pour tout vecteur C. Mais si elle est vraie pour tout C, cela ne fait guère de sens de continuer à écrire le C ! Et si nous choisissons pour C un vecteur de base, l'équation (12) devient une relation entre composantes,

c'est-à-dire aussi une équation (ou plutôt des équations, pour chaques composantes) entre nombre. C'est exactement ce que nous avons fait avec les amplitudes d'être dans tel ou tel état de base i.

Regardez maintenant l'équation (1). C'est une équation qui est vraie pour tout . Pour alléger

l'écriture nous aurions pu laisser le

même information; à condition que nous admettions qu'elle doive toujours être "achevée" en la

"multipliant à gauche par", ce qui veut simplement dire en remettant à leur place, un certain

des deux côtés. L'équation (10) signifie donc exactement la même chose que l'équation (1), ni plus,

ni moins. Lorsque vous voulez des nombres, vous y mettez le

de côté et écrire à la place l'équation (10). Elle contient la

écrire à la place l'équation (10). Elle contient la que vous voulez. Vous vous êtes peut-être

que vous voulez.

l'équation (10). Elle contient la que vous voulez. Vous vous êtes peut-être déjà posé des questions

Vous vous êtes peut-être déjà posé des questions sur le

vraie pour tout , pourquoi gardons-nous ce

aussi bien être supprimé, si bien que nous n'avons plus que

(13)

de l'équation (10). Comme l'équation est

pouvait tout

? Et de fait, Dirac suggéra que le

|

=

i i
i
i

i

Et ceci est la grande loi de la mécanique quantique (il n'y a pas d'analogue en analyse vectorielle) !

Cette équation dit que si vous mettez n'importe quelle paire d'états

vous revenez à l'équation (1). Ce n'est pas vraiment utile, mais c'est une façon commode de se rappeler que l'équation (1) est vraie pour toute paire d'états.

et

à gauche et à droite,

I.2.2. Décomposition des vecteurs d'états

Continuons notre approfondissement du formalisme avec la décomposition des vecteurs d'états ce qui va nous permettre d'introduire les opérateurs.

Revenons à l'équation (10) de la section précédente. Nous pouvons la considérer de la façon suivante. Tout vecteur d'état peut être représenté comme une combinaison linéaire, avec des coefficients appropriés, d'un ensemble de "vecteurs" de base ou, si vous préférez, comme une superposition de "vecteurs unités" en proportions convenables. Pour bien montrer que les

coefficients i (1) i = C i
coefficients
i
(1)
i
= C
i

ne sont que des nombres ordinaires (complexes), supposez que nous écrivions

L'équation de la section précédente est alors identique à

(2)

de la section précédente est alors identique à (2) = ∑ C i i Nous pouvons

=

Cde la section précédente est alors identique à (2) = ∑ i i Nous pouvons écrire

i

i

Nous pouvons écrire une équation semblable pour tout autre vecteur d'état, disons

entendu des coefficients différents, disons

(3)

D , nous avons alors

i

coefficients différents, disons (3) D , nous avons alors i = ∑ i D i i

=

i
i

D

i

i

Les

D i ne sont rien d'autre que les amplitudes

i
i

.

i Les D i ne sont rien d'autre que les amplitudes i . , avec bien

, avec bien

Supposez que nous ayons commencé en ôtant le Nous aurions eut

dans l'équation (1) de la section précédente.

(4) = ∑ i i i En vous rappelant que
(4)
= ∑
i
i
i
En vous rappelant que
i = i
i
=
i

, nous pouvons écrire ceci comme

(5)

(5) = ∑ i D i i Maintenant, le fait intéressant est qu'il nous suffit de

=

i

D

i

i
i

Maintenant, le fait intéressant est qu'il nous suffit de multiplier l'une part l'autre les équations (5) et

(2) pour obtenir

indices car ils sont tout à fait différents dans les deux équations. Commençons par récrire l'équation (5) comme

(6)

Commençons par récrire l'équation (5) comme (6) D j j . Lorsque nous faisons cela, nous

D

j

j
j

. Lorsque nous faisons cela, nous devons faire attention à la sommation des

cela, nous devons faire attention à la sommation des = ∑ j ce qui ne change

=

j

ce qui ne change rien puisque nous avons juste renommé un indice muet. En la combinant avec l'équation (2), nous avons

(7) = ∑ D j i C j i ij Mais rappelez-vous que = i.
(7)
= ∑
D
j
i
C
j
i
ij
Mais rappelez-vous que
= i. Nous obtenons
j
i
=
, si bien que seuls nous restent les termes de la somme tels que j
ij
(8)
= ∑
D C
i
i
i
où, bien entendu,
D
=
i
=
i
et
C i =
i
. Nous voyons à nouveau la grande analogie
i

avec le produit scalaire

(9)

A

B

=

A B

i

i

i

La seule différence est dans la conjugaison complexe de

vecteurs d'états

pour aller de

équation n'est autre, bien sûr, que la première équation de la section précédente écrite avec des symboles différents. Nous n'avons donc fait que tourner en rond, pour nous habituer aux nouveaux symboles.

D . L'équation (8) dit donc que si les

i

i
i

ou

i
i
à
à

et

D . L'équation (8) dit donc que si les i i ou i à et sont

sont exprimés en fonction des vecteurs de base

, l'amplitude

est donnée par un genre de produit scalaire comme dans l'équation (8). Cette

Nous devrions peut-être insister à nouveau sur le fait que les vecteurs de l'espace à trois dimensions

sont écrits à partir de trois vecteurs orthogonaux, par contre, les vecteurs de base

mécanique quantique doivent former l'ensemble complet correspondant à un problème particulier. Selon la situation, deux, trois, cinq ou un nombre infini de vecteurs de base peuvent être nécessaires.

i
i

de la

Considérons maintenant le cas où des particules passent à travers un certain appareil, modifiant les

amplitudes. Si nous partons avec ces particules dans un certain état

ensuite à travers un appareil, si enfin nous faisons une mesure pour voir si elles sont dans un état , le résultat est donné par une amplitude qui peut être écrite comme

(10)

où A exprime la modification apportée à l'amplitude par l'appareil.

et si nous les envoyons

A
A

Un tel symbole n'a pas d'analogue direct en algèbre vectorielle (il est en fait plus proche de l'algèbre tensorielle, mais l'analogie n'est pas particulièrement utile, nous aurons des outils plus appropriés avec les opérateurs et les matrices). En considérant les états intermédiaires possibles (les états de base) à l'entrée et à la sortie de l'appareil, on peut automatiquement écrire (10) comme

(11)

A
A

=

i i A j j
i i
A j
j

ij

Ceci est un exemple de la règle fondamentale

|

=

i i
i
i

appliquée deux fois.

De même, si nous mettons un autre appareil B en série avec A, on peut écrire l'ensemble comme BA (vu comme une simple concaténation des deux symboles ou comme un produit qui reste à définir). On peut alors écrire

(12)

BA
BA

=

i i B j j A k k
i
i B j
j
A k
k

ijk

De nouveau, ceci provient directement de la méthode de Dirac avec la règle fondamentale. Rappelez-vous que nous pouvons toujours mette une barre | à la place du facteur i entre B et A.

Incidemment, nous pouvons considérer l'équation (11) d'une autre façon. Supposez que nous

considérions une particule entrant dans l'appareil A dans l'état

l'état

l'amplitude pour aller de

réponse est oui. Nous voulons que l'équation (11) soit remplacée par

(13)

et sortant dans l'appareil A dans

tel que

?" La

. En d'autres termes, nous pourrions nous demander : "pouvons-nous trouver un

=

i i
i
i

à

soit toujours et partout identique à l'amplitude

A
A
i à soit toujours et partout identique à l'amplitude A j Clairement, nous pouvons le faire

j

Clairement, nous pouvons le faire si

(14)

i
i

=

i A j j = i A
i A
j
j
= i
A

j

ce qui détermine

i
i

". Et pourtant

. "Mais non, cela ne détermine pas

", direz-vous, "cela ne détermine que

i
i

détermine bien

, car si vous avez tous les coefficients qui relient

aux états de base i,

notation et écrire le dernier terme de (14) comme

(15)

est alors défini de manière unique. En fait, nous pouvons jouer avec notre

i
i

=

i j j A
i j
j
A

j

Alors, comme cette équation est vraie pour tout i, nous pouvons écrire simplement

(16)

est vraie pour tout i, nous pouvons écrire simplement (16) = ∑ j j A j

=

j j A
j
j
A

j

Nous pouvons dire alors : "l'état travers l'appareil A".

est ce que nous obtenons si nous partons avec

et passons à

Un dernier exemple des trucs du métier. Nous partons encore avec l'équation (11). Comme elle est

vraie pour tout alors

et pour tout , nous pouvons les laisser tous les deux de coté ! Nous obtenions

(17)

A =

ij

i i A j j
i
i A
j j

En toute rigueur on devrait écrire |A| au lieu de A mais cela ressemblerait au symbole pour "valeur absolue de A", si bien qu'on supprime généralement les barres. De façon générale, la barre | se comporte comme le facteur un. Parfois, pour distinguer A d'un nombre ou d'une matrice, on l'écrit comme Â, nous le ferons parfois, mais le contexte permet toujours de savoir la nature de l'objet mathématique présent.

Qu'est-ce que cela signifie ? Cela ne signifie ni plus, ni moins que ce que vous obtenez si vous

remettez le

nous la multiplions "à gauche" par

(18)

et le

à leurs places. Telle qu'elle est, c'est une équation "ouverte" et incomplète. Si

c'est une équation "ouverte" et incomplète. Si , elle devient A = ∑ i i A

, elle devient

A

"ouverte" et incomplète. Si , elle devient A = ∑ i i A j j ij

=

i i A j j
i
i
A j
j

ij

ce qui est exactement (16), une fois de plus. En fait, nous pourrions simplement laisser les j de coté et écrire cette équation

(19)

= A A

laisser les j de coté et écrire cette équation (19) = A Le symbole A n'est

Le symbole A n'est ni une amplitude, ni un vecteur. C'est une nouvelle sorte d'objet mathématique appelé un "opérateur". C'est quelque chose qui "agit" (opère) sur un état pour produire un nouvel

état. L'équation (19) dit que

équation ouverte jusqu'à ce qu'elle soit complétée par un bra donné comme

(20)

ce qu'elle soit complétée par un bra donné comme (20) est ce qui résulte de l'action

est ce qui résulte de l'action de A sur

comme (20) est ce qui résulte de l'action de A sur . A nouveau, c'est une

. A nouveau, c'est une

pour donner

= A
=
A

Bien entendu, l'opérateur A est complètement déterminé si nous donnons la matrice des amplitudes

i A j
i
A
j

, que l'on écrit aussi

A , en fonction d'un ensemble quelconque de vecteurs de base.

ij

Notez aussi que les facteurs intervenant dans (12) ne sont rien d'autre qu'un produit matriciel de A et de B.

Nous n'avons réellement rien ajouté de nouveau avec cette nouvelle notation mathématique. Une des raisons pour l'introduire est de vous montrer comment on écrit des morceaux d'équations car vous trouverez dans de nombreux livres les équations écrites sous leur forme incomplète et il n'y a aucune raison que vous soyez paralysés lorsque vous les rencontrerez. Si vous le préférez, nous pouvons toujours ajouter les morceaux qui manquent pour avoir une équation entre des nombres qui ressemble à quelque chose de plus familier.

Par ailleurs, comme vous le verrez, la notation avec les bra et les ket est très commode. D'une part nous pouvons dès maintenant identifier un état en donnant son vecteur d'état. Quand nous voulons

désigner un état d'impulsion définie p, nous pouvons dire "l'état

d'un état arbitraire

pour désigner un état (c'est évidemment un choix arbitraire et nous aurions tout aussi bien pu

choisir d'employer le bra

p
p

". Nous pouvons aussi parler

d'employer le bra p ". Nous pouvons aussi parler . Pour être cohérent nous utiliserons toujours
d'employer le bra p ". Nous pouvons aussi parler . Pour être cohérent nous utiliserons toujours

. Pour être cohérent nous utiliserons toujours le ket et nous écririons

le bra p ". Nous pouvons aussi parler . Pour être cohérent nous utiliserons toujours le

).

I.2.3. Quels sont les états de base du monde ?

Nous avons découvert que n'importe quel état du monde peut être représenté comme une superposition, une combinaison linéaire avec des coefficients convenables, d'états de base. Vous pouvez vous demander tout d'abord, quels états de base ? Et bien, il y a de nombreuses possibilités différentes. Vous pouvez, par exemple, projeter un spin sur la direction z ou sur une autre direction. Il y a beaucoup, beaucoup de représentations différentes, qui sont les analogues des différents systèmes de coordonnées que l'on peut employer pour représenter des vecteurs ordinaires. Comme nous l'avions déjà signalé, un espace vectoriel a une infinité de bases. Ensuite, quels coefficients ? Et bien, ceci dépend des conditions physiques. Des ensembles de coefficients différents correspondent à des conditions physiques différentes. La chose importante à connaître est "l'espace" dans lequel vous travaillez. En d'autres termes, quelle est la signification physique des états de base ? La première chose qu'il faut donc savoir est, en général, à quoi ressemblent les états de base ? Vous pouvez alors comprendre comment décrire une situation donnée en fonction de ces états de base.

Nous voudrions anticiper un peu et parler un petit peu de ce que va être la description quantique générale de la nature, en termes d'idées courantes dans la physique d'aujourd'hui. Tout d'abord, on choisit une représentation particulière pour les états de base, différentes représentations sont toujours possibles. Par exemple, pour une particule de spin un demi, nous pouvons utiliser les états "plus" ou "moins" par rapport à l'axe z. Mais l'axe z n'a rien de spécial, vous pouvez toujours prendre n'importe quel autre axe si vous le préférez. Cependant, par souci de cohérence, nous prendrons toujours l'axe z. Supposons que nous commencions avec une situation à un électron. En plus des deux possibilités pour le spin ("en haut" et "en bas" le long de l'axe z), il y a aussi différentes possibilités pour l'impulsion de l'électron. Nous choisissons un ensemble d'états de base, chacun correspondant à une valeur de l'impulsion. Mais que faire si l'électron n'a pas d'impulsion définie ? Cela va encore. Nous ne faisons que dire ce que sont les états de base. Si l'électron n'a pas une impulsion définie il a une certaine amplitude pour avoir une impulsion donnée et une autre amplitude pour avoir une autre impulsion, et ainsi de suite. Et s'il n'est pas nécessairement en train de tourner spin en haut, il a une certaine amplitude pour être spin en haut avec une impulsion donnée et une autre amplitude pour être spin en bas avec la même impulsion, etc. La description complète d'un électron, pour autant que nous le sachions, ne requiert que l'impulsion et le spin pour

décrire les états de base. Un ensemble d'états de base

décrit par les différentes valeurs de l'impulsion et les positions en haut ou en bas du spin. Différents mélanges d'amplitudes, c'est-à-dire des combinaisons des C décrivent différentes situations. On décrit ce que fait un électron particulier en disant ce qu'est son amplitude pour être spin en haut ou spin en bas et pour avoir une impulsion ou une autre, et ceci pour toutes les impulsions possibles. Vous voyez ainsi ce qui intervient dans une description quantique complète d'un seul électron.

i
i

acceptable pour un seul électron est donc

Que dire des systèmes à plus d'un électron ? Les états de base deviennent alors plus compliqués. Supposons que nous ayons deux électrons. Tout d'abord, nous avons quatre états de spin possibles :

les deux électrons spin en haut, le premier en bas et le deuxième en haut, le premier en haut et le deuxième en bas, les deux en bas. Nous avons aussi à préciser que le premier électron a l'impulsion

p . Les états de base pour les deux électrons requièrent que

p

1 et le deuxième électron l'impulsion

2

l'on spécifie deux électrons et deux spins. Avec sept électrons, nous avons à spécifier sept de chaque.

Si nous avons un proton et un électron, il nous faut spécifier la direction du spin du proton et son impulsion, la direction du spin de l'électron et son impulsion. Du moins, ceci est approximativement vrai. Nous ne savons pas réellement ce qu'est la représentation correcte du monde. C'est très bien de commencer en supposant que si vous spécifiez le spin d'un électron et son impulsion et de même pour un proton, vous avez tous les états de base. Mais alors, et les "entrailles" du proton ? Prenons la chose de la façon suivante. Dans un atome d'hydrogène qui a un proton et un électron, nous avons beaucoup d'états de base différents à décrire, les spins du proton et de l'électron en haut ou en bas et les différentes valeurs possibles des impulsions du proton et de

l'électron. Il y a donc différentes combinaisons des amplitudes

les caractéristiques de l'atome d'hydrogène tout entier comme une "particule". Si nous ne savions pas que l'atome d'hydrogène est fait d'un proton et d'un électron, nous aurions pu commencer en disant "oh !, mais je sais quels sont les états de base, ils correspondent à des impulsions particulières de l'atome d'hydrogène". Non, car l'atome d'hydrogène a des constituants internes. Il peut, par conséquent, avoir différents états d'énergie interne et il faut plus de détails pour décrire sa vraie nature.

C i qui, toutes ensembles, décrivent

La question se pose alors : le proton a-t-il des constituants internes ? La réponse est oui. Devons- nous décrire un proton en donnant tous les états possibles des quarks, gluons, mésons et autres particules étranges ? En principe oui. Et quoique nous supposions que l'électron soit simple, si bien que nous n'ayons à donner que son impulsion et son spin, peut-être allons nous découvrir demain que l'électron a aussi toute une mécanique interne. Cela voudrait dire que notre représentation est incomplète ou fausse ou approximative, de la même façon qu'une représentation de l'atome d'hydrogène qui le décrit seulement par son impulsion est incomplète puisqu'elle ne tient pas compte du fait que l'atome d'hydrogène peut avoir été excité. Si l'électron pouvait être excité et être changé en quelque chose d'autre, en muon par exemple (une espèce d'électron lourd observé en particulier dans les accélérateurs de particules), il serait alors décrit non seulement en donnant les états de la nouvelle particule, mais probablement aussi l'état de quelque mécanique interne compliquée. Aujourd'hui, le problème essentiel dans l'étude des particules fondamentales est de découvrir quelles sont les représentations correctes pour la description de la nature. Actuellement, nous nous contentons de deviner que pour l'électron il suffit de spécifier l'impulsion et le spin. Nous pensons aussi qu'il y a un proton idéal avec une structure interne et entouré de mésons pi, de mésons k, etc., qui doivent tous être décrits. Plusieurs douzaines de particules, c'est de la folie ! La question de savoir ce qui est une particule fondamentale et ce qui n'est pas une particule fondamentale, un sujet dont on entend souvent parler, revient à se demander à quoi ressemblera la représentation finale dans l'ultime description quantique du monde. Les impulsions des électrons seront-elles encore les bonnes quantités pour décrire la nature ? La question elle-même a-t-elle un sens ? On doit toujours se poser cette question dans toute investigation scientifique. Quoi qu'il en soit, il y a là un problème. Comment trouver une représentation ? Nous ne savons pas la réponse ! Nous ne savons même pas si c'est là le "bon" problème. Mais, si c'est le bon, nous devons d'abord essayer de trouver si une particule donnée est fondamentale ou non.

En mécanique quantique non relativiste, si les énergies ne sont pas trop élevées de façon que nous ne dérangiez pas le jeu interne des particules, étranges et autres, vous pouvez faire du très bon travail sans vous soucier de ces détails. Vous pouvez décider de ne spécifier que les impulsions et les spins des électrons et des noyaux. Tout se passera très bien. Dans la plupart des réactions chimiques et dans les autres phénomènes à basse énergie, rien ne se passe dans les noyaux. Ils ne sont pas excités. De plus, si un atome d'hydrogène se déplace lentement et qu'il se cogne doucement contre d'autres atomes d'hydrogène, sans jamais passer dans un état excité et sans

rayonner, ni rien faire de compliqué comme cela, mais en restant toujours dans l'état fondamental de son énergie interne, vous pouvez utiliser l'approximation selon laquelle vous parlez de l'atome d'hydrogène comme d'un objet, une particule, et vous pouvez ne pas vous soucier du fait qu'il peut se passer quelque chose à l'intérieur. Cela sera une bonne approximation tant que l'énergie cinétique, dans n'importe quelle collision est bien au-dessous de 10 électrons volts, l'énergie requise pour exciter l'atome d'hydrogène dans un état interne différent. Bien sûr, la mécanique quantique étant probabiliste on pourrait dire qu'il y a toujours une certaine probabilité pour que l'atome se retrouve dans un état excité. Cela est vrai mais on peut alors dire que l'approximation est acceptable si les amplitudes impliquant des changements de l'état interne sont extrêmement petites, négligeables en pratique, devant les amplitudes utilisées pour décrire l'objet comme une particule sans structure interne. Nous ferons souvent l'approximation selon laquelle nous ne tenons pas compte de la possibilité d'un mouvement interne, diminuant ainsi le nombre de détails que nous devons inclure dans nos états de base. Bien entendu, nous oublions alors certains phénomènes qui apparaîtraient (en général) à des énergies plus élevées, mais, en faisant de telles approximations nous pouvons simplifier énormément l'analyse des problèmes. Par exemple, nous pouvons discuter la collision de deux atomes d'hydrogène à basse énergie, ou n'importe quelle réaction chimique, sans nous inquiéter du fait que les noyaux atomiques pourraient être excités. En résumé, quand nous pouvons négliger les effets des états excités d'une particule, nous pouvons choisir un ensemble d'états de base constitué des états dont l'impulsion et la composante z du moment angulaire sont définis.

Une telle attitude pourrait être critiquée. Mais elle se justifie parfaitement pour deux raisons et se modère pour une troisième raison :

Nous n'avons pas la connaissance infuse de tout ce qui permet de décrire le monde. Nous

sommes bien obliger d'admettre notre méconnaissance de certains détails, de certaines lois physiques, des états de base complets du monde. Mais cela ne doit pas nous paralyser. Nous n'avons aucune chance de découvrir dans un éclair de génie l'infinie complexité du monde. Nous décrivons donc ce que nous connaissons et nous progressons en le confrontant à l'expérience et en améliorant nos théories. C'est d'ailleurs dans l'esprit de la méthode scientifique : c'est l'expérience qui nous guide, qui fixe les limites et qui tranche. La physique a aussi des buts pratiques. Elle n'est pas conçue uniquement comme une élégante description du monde devant laquelle on serait en extase en soupirant du bonheur du travail

accomplit. La physique est aussi construite pour comprendre les phénomènes physiques les plus divers, prédire leurs comportements, les maîtriser et les utiliser dans toutes sortes d'applications : lasers, transistors, télévisions, etc. Si l'on veut arriver à un tel résultat, il faut pouvoir mener les calculs et obtenir des résultats quantitatifs, des résultats numériques (des tensions, des positions, des intensités, des durées, etc.) Inutile de s'extasier devant des équations si elles ne servent pas ou si l'on est incapable de les résoudre. Or les équations peuvent vite devenir inextricables et impossibles à résoudre. Surtout si le système est un tant soit peut complexe et réaliste. Même des calculs numériques menés sur ordinateur trouvent vite leurs limites. Il faut donc bien, à un moment donné, faire des choix, des approximations. Dans ce cas, pourquoi s'encombrer de détails qui n'ont aucun impact sur les résultats (de préférence, quand même, après l'avoir vérifié) à cause de leur faiblesse (énergie infime par rapport à l'énergie totale, probabilité tellement faible qu'on n'a aucune chance de voir un résultat donné dans la vie d'un homme même pour un très grands nombres de systèmes) ? C'est certainement les premières approximations à effectuer ! Renoncer, dans une situation donnée, pour des raisons pratiques, pédagogiques ou autres, à décrire certains détails n'est pas un aveu d'échec. On sait que certains détails ont été négligés (en tout cas, maintenant, vous le savez). Et ces détails peuvent être étudiés plus tard, séparément ou dans une étude plus complète. Lorsque nous décrivons le fonctionnement d'une horloge en décrivant tous ses engrenages, il n'y a pas de honte à ignorer les cours de la bourse au Japon ou les couleurs du drapeau argentin dans la description de cette horloge. Il en est de même ici. Décrivons chaque chose posément, en fonction des besoins, des possibilités, des désirs,… Complétons progressivement nos descriptions, améliorons petit à petit notre connaissance du monde, c'est inévitable… et c'est aussi plus digeste pour le lecteur ! Rome ne s'est pas construite en un jour.

Notre problème, alors, pour décrire la nature est de trouver une représentation adéquate des états de base. Cela n'est que le commencement. Nous voulons de plus être capable de dire ce qui "arrive". Si nous connaissons l'état du monde à un moment donné, nous voulons connaître son état un peu plus tard. Nous avons donc aussi à trouver les lois qui déterminent comment les choses changent dans le temps. Nous abordons maintenant cette deuxième partie de la mécanique quantique, comment les états changent dans le temps.

I.2.4. Comment les états évoluent dans le temps

Nous avons déjà discuté la façon de représenter une situation dans laquelle nous plaçons quelque chose dans un appareil. Maintenant, un "appareil" commode, d'un emploi délectable, consiste à

attendre simplement quelques minutes, autrement dit : vous préparez un état

l'analyser, vous le laissez tel qu'il est. Peut-être l'abandonnez-vous dans un champ électrique ou magnétique particulier, cela dépend des circonstances. De toute façon, quelles que soient les

conditions, vous laissez l'objet tranquille du temps

sortir du premier appareil à

consistant simplement à attendre jusqu'à

on peut appliquer des forces extérieures ou pratiquer d'autres manœuvres de ce genre, si bien que

quelque chose se passe. Après avoir attendu, l'amplitude pour trouver l'objet dans un état

n'est pas exactement la même que si on n'avait pas attendu. Comme "attendre" n'est qu'un cas spécial "d'appareil", nous pouvons décrire ce qui se passe en donnant l'amplitude sous la même forme. Comme l'opération "d'attendre" est particulièrement importante, nous l'appellerons U au lieu

de A et nous écririons que nous voulons est

(1)

et, avant de

t

1

au temps

t

2 . Supposez que vous le laissiez

t 1 et dans l'état

et qu'il aille ensuite dans un "appareil", "l'appareil"

t

2

. Pendant ce temps là, il peut se passer diverses choses,

donné

(

U t

2

,t

1

)

pour spécifier le temps de départ et d'arrivée

t 1 et t . L'amplitude

2

départ et d'arrivée t 1 et t . L'amplitude 2 ( U t 2 , t

(

U t

2

,t

1

)
)

Comme toute autre amplitude, elle peut être représentée dans un système de base quelconque en écrivant

(2)

i i
i
i

(

U t

2

, t

1

) j j
)
j
j

ij

U est alors complètement décrit en donnant l'ensemble complet des amplitudes, la matrice

(3)

i
i

(

U t

2

, t

1

) j
)
j

Incidemment, nous pouvons remarquer que la matrice

que ce dont nous avons besoin. Le physicien théoricien de grande classe, qui travaille en physique des hautes énergies, considère des problèmes du type général suivant (c'est de cette façon que les

i
i

(

U t

2

, t

1

) j
)
j

donne beaucoup plus de détails

expériences sont généralement faites). Il part avec une paire de particules, comme deux protons, venant l'un vers l'autre de l'infini (dans le laboratoire, en général, une des particules est à l'arrêt et l'autre vient d'un accélérateur qui est pratiquement à l'infini à l'échelle atomique). La collision se produit et il en sort, disons, deux mésons k, six mésons pi et deux neutrons, chacun dans une certaine direction et avec une certaine impulsion. Quelle est l'amplitude pour que cela se produise ?

La mathématique ressemble à ceci : l'état

incidentes.

obtenez-vous six mésons sortant dans telle et telle direction et les neutrons dans telles directions

avec leurs spins de telle façon ? Autrement dit,

les spins, etc. pour toutes les particules finales. Le travail du théoricien est alors de calculer

l'amplitude (1). Cependant, il ne s'intéresse réellement qu'au cas particulier où

vaut + •

ce qui entre et sur ce qui sort). La limite de

ce que le théoricien veut est

(4)

spécifie les spins et les impulsions des particules

correspond à la question sur ce qui sort. Comme, par exemple, avec quelle amplitude

serait défini en donnant toutes les impulsions et

t

1

vaut

et

t

2

(il n'y a pas d'information expérimentale sur les détails de la réaction mais seulement sur

(

U t

2

,t

1

)

lorsque

t

1

et

t

2

+•

est appelé S et

S
S

Il pourrait encore, en utilisant la formule (2), calculer la matrice

(5)

qui est appelée la matrice S. Ainsi, si vous voyez un théoricien faisant les cent pas et disant "tout ce que j'ai à faire est de calculer la matrice S", vous saurez de quoi il s'agit.

i S j
i
S
j

Comment analyser, comment définir les lois de la matrice S est une intéressante question. En mécanique quantique relativiste, aux hautes énergies, on fait cela d'une certaine façon et, dans la mécanique quantique non relativiste, on le fait d'une autre façon qui est très commode (cette autre façon peut aussi être employée dans le cas relativiste, mais elle n'est plus alors aussi commode). Il

s'agit de calculer la matrice U pour un petit intervalle de temps, c'est-à-dire pour

l'un de l'autre. Si nous pouvons trouver une suite de tels U pour des intervalles de temps successifs, nous pouvons étudier comment les choses évoluent en fonction du temps. Vous pouvez vous rendre compte immédiatement que cette façon de faire n'est pas tellement bonne en relativité parce que nous n'avons pas envie de décrire l'aspect des choses, partout, "simultanément". Mais nous n'allons

t

2

et t

1

proches

pas nous inquiéter de cela pour le moment, nous allons seulement nous occuper de mécanique quantique non relativiste.

Supposez que nous considérions la matrice U pour un intervalle de temps de

grand que

t

passe lorsque vous attendez de

situation où nous avions deux appareils A et B en série. Nous pouvons alors écrire

(6)

que

t

1

à

t

3

qui est plus

plus petit

t

2

. Autrement dit, nous prenons trois temps consécutifs :

t

1

plus petit que

t

2

3 . Nous prétendons alors que la matrice qui fait passer de

(

U t

3

,t

1

)

(

= U t

3

,t

2

)

(

U t

2

,t

1

)

t

1

à t

2

et ensuite de

t

2

à

t

3

t 1 à c est le produit de ce qui se

. C'est exactement comme dans la

Autrement dit, nous pouvons analyser tout intervalle de temps si nous pouvons analyser une séquence de petits intervalles de temps. Nous n'avons qu'à faire le produit de tous les morceaux. C'est de cette façon que l'on analyse la mécanique quantique dans le cas non relativiste.

Notre problème est alors de comprendre la matrice

infinitésimal, c'est-à-dire pour t

un état, à quoi ressemble-t-il après un intervalle de temps infinitésimal t ? Voyons comment nous

pouvons écrire cela. Appelons l'état au temps t,

de

maintenant : quel état avons-nous après le petit intervalle de temps t ? La réponse est

(

U t

2

,t

1

)

pour un intervalle de temps

2

= t + t . Nous nous posons la question suivante : si nous avons

1

(t)

(nous étudions la dépendance dans le temps

pour ce que nous entendons par état au temps t soit parfaitement clair). Nous demandons

(7)

(7) ( t + t = ( U t + , t t ) ( t

( t

+

t

=

(

U t

+

,

t t

)

(t)

Ceci signifie la même chose que l'équation avec opérateur, c'est-à-dire que l'amplitude pour trouver

au temps t + t

est

(8)

(

(

t

+

t

) =
)
=

(

U t

+

,

t t

)

( t )

(t)

( t )

Comme nous ne sommes pas encore très forts dans ces raisonnements abstraits, projetons nos amplitudes dans une représentation bien définie. Si nous multiplions les deux cotés de l'équation (7)

par

(9)

i i
i
i

, nous obtenons

(

t

+

t

) = i
)
=
i

(

U t

+

,

t t

)

) ( t )

(t)

) ( t )

Nous pouvons aussi décomposer

(10)

(t) , ) j j
(t)
,
)
j
j

t t

sur les états de base et écrire

( t )

i
i

(

t

+

t

=

)

i
i

(

U t

+

j

Nous pouvons comprendre l'équation (10) de la façon suivante. Si nous appelons

l'amplitude pour être dans l'état de base i au temps t, nous pouvons étudier la variation de cette

amplitude (qui, souvenez-vous en, n'est qu'un nombre !) au cours du temps. Chaque

fonction de t. Nous avons aussi de l'information sur la façon dont les amplitudes

temps. A t + t , chaque amplitude est proportionnelle à toutes les autres amplitudes en t,

multipliées par un ensemble de coefficients. Appelons

(11)

C

i

( )

t

=

i
i

(t)

C

i

devient une

C i varient avec le

U ij

la matrice U, ce par quoi nous entendons

U

ij

=

i U j
i
U
j

Nous pouvons alors écrire l'équation (10) comme

(12)

t

C

i

(

t

+

t

)

=

U

ij

(

+

t,t C

j

t

)

( )

j

Ceci nous donne une idée de ce que va être la dynamique de la mécanique quantique.

Jusqu'ici nous ne savons pas grand chose sur les

il ne se passe rien, nous devons obtenir exactement l'état original. Donc

si i π j . En d'autres termes,

U ij

sauf ceci : nous savons que si t tend vers 0,

ii

tend vers 1 et

U

ij

0

U

0 . Nous pouvons aussi supposer que, pour de

U

ij

ij

pour t

petits t , chacun des coefficients

(développement au premier ordre pour des quantités infinitésimales). Nous écrivons donc

(13) U

U

ij

doit différer de

ij

par une quantité proportionnelle à t

ij

=

ij

+

K

ij

t

Cependant, on a l'habitude de sortir des coefficients

historiques entre autres. Nous avons un petit ennui ici avec nos notations. Dans le facteur ( i / h), le i signifie l'unité imaginaire et non pas l'indice i qui désigne le ième état de base ! Nous espérons que vous ne trouverez pas cela trop déroutant. Il n'y a que 26 lettres de l'alphabet, rajoutez les lettres grecques, les majuscules et divers ornements (comme un accent circonflexe) et vous avez pas mal de possibilités mais encore bien limitées face à l'infinie variété des grandeurs physiques. Des symboles utilisés avec plusieurs significations sont malheureusement inévitables. Le problème est amplifié par des usages historiques provenant de communautés de physiciens parfois fort différentes. Ainsi R est utilisé pour désigner la constante des gaz parfaits ou pour l'aimantation réduite ou la matrice de rotation ou parfois pour bien d'autres choses. Le contexte permet toujours de savoir de quoi on parle. Mais un minimum d'attention est requit.

K ij

un facteur ( i / h), pour des raisons

On préfère donc écrire

+

(14)

U

ij

(

t

t t

,

)

=

ij

i

H

h ij

(t) t

C'est bien entendu la même équation que (13) et, si vous voulez, elle ne fait que définir les

coefficients H

ij

(t)

. Les termes

H

ij

sont simplement les dérivées par rapport à

t

2

des coefficients

U

ij

(

t

2

,t

1

)

évalués à t

2

= t

1

= t .

En employant cette forme pour U dans l'équation (12), nous avons

(15)

t

)

=

j

C

i

(

t

+

ij

i

h

H

t C

j

ij

(t)

(t)

En prenant la somme sur le terme

dans l'autre membre de l'équation. En divisant alors par t nous reconnaissons une dérivée

ij

, nous obtenons juste C (t)

i

que nous pouvons faire passer

(16)

C

i

(

t

+

 

t

)

C

i<