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L’é léctromagné tismé

Introduction

Histoire ; Que verrons-nous ?

Les champs électriques et magnétiques Les charges électriques

L’électricité statique ; L’électroscope ; Charges de signes différents ; Loi de Coulomb ; Unité de charge électrique ; Les particules chargées

L’électricité

Le courant électrique ; Pile ; L’ampère ; Résistance électrique

Les aimants

Description des aimants ; Aimants naturels ; Comportement des aimants ; Découper un aimant

Champs

Le concept de champ en physique ; Champs scalaires et vectoriels ; Lignes de champ ; Visualiser le champ

Champ électrique

Visualisation ; Champ électrique ; Loi de Gauss ; Condensateur

Champ magnétique

Forme du champ magnétique ; Loi de Gauss

Effets dynamiques Effet des champs électrique sur les charges et les aimants

Effet du champ électrique sur une charge ; Champ électrique de deux charges ; Effet sur un aimant

Effet des champs magnétiques sur les charges et les aimants

Effets du champ magnétique sur un aimant ; Addition des champs magnétiques ; Effet du champ magnétique sur une charge

Variation des champs électriques

Variation de l’intensité ; Variation de la direction

Variation des champs magnétiques

Variation de l’intensité ; Force électromotrice

Mouvement

Courant électrique ; Relativité ; Repère ; Principe de relativité ; Principe de relativité galiléen ; Principe de relativité restreint ; Un principe logique ; Les transformations ; Principe de relativité généralisé ; Classement des repères ; Effet du mouvement ; Autre effet ; Effets entre courants

Electromagnétisme Equations de Maxwell Potentiels

Définition ; Arbitraire de jauge ; Jauge de Coulomb ; Jauge de Lorentz ; « Tenseur » électromagnétique

Les ondes électromagnétiques

Solutions ondulatoires ; Variation dans l’espace et le temps ; Propriétés ; Energie ; Spectre

Autres aspects Interférences

Interférences ; Réflexion ; Réfraction ; Diffraction

Milieux matériels

La matière ; Polarisation ; Magnétisation ; Vitesse des ondes électromagnétiques

Effet Tcherenkov

Les photons

Spectre des atomes ; Le corps noir ; L’effet photoélectrique ; La mécanique quantique ; Structure des atomes ; Le modèle de Bohr ; La mécanique quantique ; Mécanique quantique ondulatoire ; Principe d’indétermination ; Description par les états ; Evolution et mesure ; Les atomes ; Spin ; Principe d’exclusion ; Le cas du champ électromagnétique ; La quantification du champ ; L’oscillateur harmonique ; Champs libres ; Espace de Fock ; Champs en interaction ; Théorie des perturbations ; Développement perturbatif ; Théorie des collision ; Traduction graphique ; Convergence du calcul ; Portée des interactions ; Virtuel et réel ; Théories de jauge ; Symétries ; Invariance de jauge ; Invariance locale ; Théorie de jauge

Interactions dérivées

Définitions ; Interactions fondamentales ; Interactions dérivées

Références

Introduction

L’électromagnétisme est la théorie unifiant l’ensemble des phénomènes liés à l’électricité et le magnétisme.

Nous allons en donner une présentation vulgarisée, aussi précise et détaillée que possible, mais sans utiliser de développements mathématiques. Cette dernière contrainte limite l’usage que l’on peut faire de ces connaissances et c’est donc un choix à faire. L’approche vulgarisée reste malgré tout une bonne introduction au sujet.

Histoire

L’histoire de l’électromagnétisme est extrêmement longue, vaste et complexe. Nous n’en donnerons ici en introduction qu’un bref aperçu résumé.

L’histoire remonte loin : à l’antiquité. On retrouve ainsi les noms de philosophes tels que Thalès de Milet, Platon, Pline l’Ancien, Plutarque, Démocrite. Leurs travaux étaient essentiellement basés sur l’observation : les propriétés de l’ambre (d’où est venu le nom de l’électron, Elektron en grec), la foudre, la pierre d’aimant (aimant naturel).

Leur approche était philosophique, presque toujours fausse, et peu expérimentale : on raisonnait mais on ne tentait pas de le vérifier. De plus les divers phénomènes n’étaient pas unifiés. Leurs études ont eu toutefois le mérite d’attirer l’attention et de dresse l’inventaire des phénomènes naturels liés à l’électricité et le magnétisme.

Il y eut quelques avancées mineurs éparses par la suite, durant le Moyen-Age. Mais c’est surtout au 18 e siècle et au 19 e siècle que les avancées furent les plus spectaculaires. On peut vraiment les qualifier de siècles d’or pour l’électricité et le magnétisme.

Donnons, sans détailler les contributions, une liste de noms. Elle montre combien le sujet fut étudié mais aussi complexe. Stephen Gray, Charles François de Cisternay Du Fay, von Kleist, Musshenbroek, Benjamin Franklin, Thomas François Dalibard, Aepinus, Robert Symmer, Torbern Olof Bergman, Henry Cavendish, Charles Augustin Coulomb, Louis Guillaume Le Monnier, Walsh, Luigi Galvanin Alexandre Volta, Sulzer, Jean Antoine Nollet, Sir Humphrey Davy, Jakob Berzelius, Auguste de La Rive.

Cette période, surtout au 18 e siècle, fut caractérisée par plusieurs choses :

Une accumulation impressionnante de connaissances sur l’ensemble des phénomènes liés à l’électricité et le magnétisme. Tout le monde doit connaitre par exemple l’expérience de Benjamin Franklin qui utilisa un cerf-volant pour capter la foudre et put ainsi montrer que la foudre était bien de nature électrique.

La science moderne était essentiellement expérimentale. De très nombreuses expériences furent ainsi réalisées et surtout des mesures de plus en plus précises, permettant de quantifier les résultats et d’établir les premières règles rigoureuses auxquelles obéissaient ces phénomènes.

Les premières théories. La situation était extrêmement confuse tant il y avait de phénomènes différents. Il était difficile de savoir ce qui était fondamental ou la conséquence de plusieurs effets plus élémentaires. Ces théories, souvent fausses, furent avant tout des tentatives pour essayer de mettre de l’ordre dans le chaos.

Les premières applications. Citons par exemple la pile de Volta. Le simple fait d’avoir du courant à volonté facilita la recherche. On passait aussi d’une étude de l’électricité statique

stockée dans des condensateurs à une étude dynamique (courant électrique, phénomènes variables dans le temps). Ce fut une petite révolution en soi.

A la suite de cela, une deuxième période s’ouvrit, surtout au 19 e siècle, où on commença a établir des liens entre l’électricité et le magnétisme. Citons les noms de Hans Christian Oersted, Jean Baptiste Biot, Félix Savart, Pierre Simon de Laplace, André Marie Ampère, François Arago, Johann Schweiger, Thomas Johann Seebeck, Georg Simon Ohm. Cette période fut aussi marquée par une explosion du nombre d’applications et d’inventions divers, comme l’électro-aimant, le thermocouple, …

La situation était mûre pour une percée. Michael Faraday, expérimentateur de génie, entreprit une étude précise et systématique des liens entre électricité et magnétisme. Il dégagea plusieurs aspects importants et forgea le concept de « champ ». Il étudia aussi les phénomènes de propagation des champs électriques et magnétiques.

James Clerck Maxwell, réalisa alors la première véritable synthèse théorique de ces avancées. Cette synthèse fut quelque peu améliorée par la suite, mais l’essentiel était là. Il donna la formulation mathématique précise du concept de champ, établit les équations (en fait plus compliquées à l’époque) qui portent son nom. Sa théorie permit d’établir définitivement que la lumière n’était rien d’autre qu’une onde électromagnétique.

Ce ne fut pas la fin de l’histoire. Avec la découverte de l’électron, la découverte des ondes radios, la théorie quantique, et une pluie d’inventions, le 20 e siècle apporta des contributions majeures. Mais nous arrêterons ici ce bref résumé historique.

Que verrons-nous ?

Nous ne suivrons pas l’approche historique et nous privilégierons une approche explicative plus directe.

De même, nous n’aborderons pas une série d’aspects :

Les propriétés électriques et magnétiques des substances, pour ces dernières nous renvoyons à l’article « Thermodynamique et Physique statistique ».

La relativité restreinte, que l’on peut voir dans l’article « Cours de relativité restreinte ».

Le laser, pour lequel un article spécifique a été écrit.

Mais l’électromagnétisme est déjà suffisamment vaste et touche bien des choses. Nous étudierons les aspects liés à l’électricité, au magnétisme, aux liens entre les deux puis nous verrons la description unifiée avec les ondes électromagnétiques. Nous toucherons aussi quelques mots des interactions dérivées ou de la description quantique.

Les champs électriques et magnétiques

Les charges électriques

L’électricité statique

Tout le monde connait l’électricité statique. Il suffit parfois de porter certains vêtements ou de marcher sur certaines moquettes pour créer de l’électricité statique. Celle-ci se manifeste ensuite par contact, en touchant un objet en métal ou une autre personne. Cela provoque une petite décharge électrique désagréable.

Avec certains vêtements, on peut même observer le phénomène dans le noir. En retirant le vêtement, on voit celui-ci parcouru de zébrures faiblement lumineuses qui sont des décharges d’électricité statique.

On voit là aussi toute de suite le rapport avec la foudre. Les nuages d’orage se chargent d’électricité statique et lorsqu’il y a une forte accumulation, une décharge électrique se produit entre nuages ou avec le sol : l’arc de foudre ou éclair.

On a donc un phénomène d’accumulation de ce qu’on appelle des charges électriques. Elles s’accumulent facilement dans des matériaux non conducteurs d’électricité pour se vider au contact d’un conducteur, par exemple un métal.

On produit très facilement de telles charges en utilisant :

Un bâton en verre (isolant et qui sert à stocker les charges électriques).

Une substance génératrice d’électricité statique tel que de l’ambre, un peau de chat ou certains tissus synthétiques.

En frottant la substance sur le bâton.

synthétiques.  En frottant la substance sur le bâton. Ce phénomène de création de charges électriques

Ce phénomène de création de charges électriques s’appelle triboélectricité, littéralement

« électricité par frottement ». Il peut être rendu plus efficace à l’aide de divers dispositifs :

On peut utiliser une bande placée sur des poulies et se déroulant avec un moteur (ou une manivelle). La bande frotte sur des balais et des fils métalliques conduisent les charges vers leur lieu de stockage ou d’utilisation.

On peut stocker une quantité élevée de charges électriques à l’aide d’une bouteille de Leyde.

électriqu es à l’aide d’une bouteille de Leyde . On apporte les charges électriques qui sont

On apporte les charges électriques qui sont stockées dans la tige de métal. C’est en fait un condensateur dont nous comprendrons mieux le fonctionnement plus tard.

L’électroscope

Une fois qu’on a créé des charges électriques, on peut les étudier. Divers instruments et expériences existent. Des instruments parfois fort anciens, d’autres très modernes. Mais un instrument très simple permet de visualiser clairement et de bien comprendre les propriétés des charges électriques : l’électroscope.

C’est une bouteille bien isolée, avec une tige métallique entrant à l’intérieur. A l’extrémité de

C’est une bouteille bien isolée, avec une tige métallique entrant à l’intérieur. A l’extrémité de la tige, on a deux lamelles articulées qui peuvent tourner sans résistance autour du pivot qui les rattache à la tige. Ces lamelles sont extrêmement légères et la moindre force suffit à les déplacer.

Plaçons un bâton chargé de charges électriques contre l’électroscope.

chargé de charges électriques contre l’électroscope. On constate que les lamelles se repoussent et s’écartent.

On constate que les lamelles se repoussent et s’écartent. Les charges électriques passant facilement par le conducteur atteignent les lames ce qui provoque le phénomène.

Retirons le bâton.

On constate que les lamelles restent écartées. Le phénomène n’était donc pas simplement dû au

On constate que les lamelles restent écartées. Le phénomène n’était donc pas simplement dû au contact avec la bâton, ce qui montre que « quelque chose » (les charges électriques) a bien été transféré dans l’électroscope.

Charges de signes différents

Nous pouvons maintenant faire des expériences avec différentes substances frottées ou non frottées.

Notons que nous pouvons relier notre électroscope à la terre par un fil.

pouvons relier notre électroscope à la terre par un fil. Le fil métallique étant un bon,

Le fil métallique étant un bon, conducteur, les charges électriques se dispersent facilement et l’électroscope se décharge. C’est un moyen simple pour remettre l’électroscope « à zéro ».

Partons d’un électroscope chargé et plaçons dessus un bâton qui n’a pas été chargé :

et plaçons dessus un bâton qui n’a pas été chargé : On constante qu’il n’y a

On constante qu’il n’y a aucun changement, les lamelles restent écartées. Le bâton étant un très mauvais conducteur, les chargent ne s’y déversent pas et les charges dans l’électroscope restent les mêmes.

Partons toujours d’un électroscope déjà chargé et essayons de toucher avec le bâton également chargé :

et essayons de toucher avec le bâton également chargé : A nouveau, rien ne change. Les

A nouveau, rien ne change. Les charges ont déjà envahi l’électroscope et donc les lames restent dans leur position. Au mieux, avec un bâton frotté plus vigoureusement verrait-on les lames s’écarter un tout petit peu plus car il y aurait plus de charges.

Pourquoi un bâton « simplement » chargé ne continue-t-il pas à alimenter l’électroscope ? Les lames se repoussent, cela signifie que les charges électriques ont tendance à se repousser les unes les autres. Donc, en essayant d’apporter de nouvelles charges, rien ne change (sauf si on en apporte vraiment énormément) car il y a déjà des charges qui repoussent celles qu’on essaie d’apporter.

En essayant avec d’autres substances, rien ne semble vraiment changer. On peut essayer aussi d’autres bâtons (en résine ou en ébonite). Et tout à coup, tout change. En partant d’un électroscope chargé on a ceci :

change. En partant d’un électroscope chargé on a ceci : Les lamelles retombent ! Il n’y

Les lamelles retombent ! Il n’y a plus de charges dans l’électroscope ?

Aurions-nous découvert une substance qui aspire les charges ? Mais pourquoi faut-il alors frotter le bâton ?

Pour vérifier, parton d’un électroscope non chargé et appliquons le bâton avec la nouvelle substance.

Ca fonctionne aussi ! Il y a donc bien des charges. Et on peut refaire

Ca fonctionne aussi ! Il y a donc bien des charges. Et on peut refaire les mêmes expériences et si on remet un bâton comme celui utilisé au départ, l’électroscope se décharge à nouveau !

On en déduit qu’on a deux charges de nature opposée. Chacune séparément a exactement les mêmes effets dans l’électroscope. Répulsion, chargement de l’électroscope,… Mais mises ensemble elles se neutralisent.

Mieux encore. On peut améliorer le système de transfert de charge par frottement pour utiliser deux objets (de nature différente) frottés ensembles. On obtient alors un objet chargé d’une manière et un objet chargé de l’autre manière.

On en déduit qu’il y a toujours présence de deux types de charges, qui en conditions normales se neutralisent, mais qui peuvent être séparées par frottement.

On dit de certaines de ces charges qu’elles sont négatives (signe « - ») et les autres sont positives (« + »). Cela cadre bien avec cette idée de neutralisation. Si on a dix unités de charge positive (quelles que soient ces unités, nous en reparlerons ci-dessous) et 8 négatives, en les mélangeant on obtient 10 8 = 2 unités positives. Et si on a la même quantité 4 4 = 0, il y a neutralisation.

Toutefois, le choix de dire « + » ou « - » pour les unes et les autres ne traduit pas une qualité particulière de ces charges. Le choix est arbitraire et fut fait de manière historique il y a très longtemps.

Loi de Coulomb

La répulsion dite électrostatique entre charges de même signe est, nous l’avons vu, évidente. De même, les charges de signes opposés s’attirent ce que l’on constate lors de la neutralisation.

Mais il est utile de le vérifier directement.

Pour cela, on peut utiliser deux petites billes légères suspendues par de fins fils. On

Pour cela, on peut utiliser deux petites billes légères suspendues par de fins fils. On communique une charge électrique aux petites billes et ainsi on vérifie que les charges de même signe se repoussent et celles de signes opposés s’attirent.

Mieux encore. Connaissant le poids de ces billes, ainsi que leur distance et l’angle d’inclinaison des fils, on peut calculer la force de répulsion et d’attraction. Et en retour cela permet de calibrer et mesurer la quantité de charge électrique portée par la bille. C’est ainsi que Coulomb a découvert la loi qui porte son nom.

La force exercée sur une charge électrique

par le produit des deux charges et inversement proportionnelle à la distance qui les sépare.

par une autre charge

est (au signe près) donnée

C’est une loi très simple, qui ressemble d’ailleurs beaucoup à la loi de l’attraction universelle de Newton (sauf que là c’est les masses qui interviennent et elle est toujours attractive).

Unité de charge électrique

La méthode ci-dessus offre aussi une opportunité de définir une unité de charge électrique. En disant que l’unité de charge est celle donnant une unité de force pour une unité de distance, on définit ainsi l’unité à laquelle on a donné le nom du découvreur de la loi ci-dessus : le Coulomb, abrégé comme C.

Les particules chargées

A la fin du dix-neuvième siècle, Thomson découvre les rayons cathodiques. Ce sont des particules, rapidement appelées électrons, qui sont émis par une cathode chauffée à l’intérieur d’un tube à vide. Le dispositif s’appelle une diode.

, qui s ont émis par une cathode chauffée à l’intérieur d’un tube à vide. Le

La cathode est reliée à une pile, le courant provoquant l’échauffement du fin fil de la cathode. L’anode est reliée à la borne positive d’une pile. On observe alors un courant qui passe dans le vide entre la cathode et l’anode.

Très rapidement on a pu vérifier plusieurs choses :

Les électrons sont sensibles aux charges électriques (et on le verra aux champs magnétiques).

Leur charge est négative.

Ce sont des particules extrêmement légères, beaucoup plus que le reste de la matière.

Ainsi naquit l’idée que la matière était constituée :

D’une masse chargée positivement, assez importante et donc généralement immobile.

D’électrons.

Les deux charges étant en quantité habituellement égale (matière neutre).

Le concept d’atome, assez ancien, pris une forme nouvelle même si la structure de l’atome restait encore à l’époque assez mystérieuse.

Ainsi, lorsque l’on frotte un matériau, ce qui est arraché à celui-ci ce sont des électrons, de charge négative, et si la substance prend une charge positive c’est par déficit d’électrons, les charges positives immobiles devenant plus nombreuses.

Donc, dans nos expériences les charges mobiles sont toujours des électrons et l’expérience du bâton chargé positivement qui décharge l’oscilloscope consiste bien à « aspirer » les électrons dans l’électroscope pour rejoindre et neutraliser les charges positives du bâton qui les attirent.

Mais il est un fait que les expériences menées plus haut ne permettaient pas de trancher : un seul « fluide » électrique ou deux ? Au tournant du 18 e et 19 e siècle la question n’était pas encore tranchée.

Il restait à mesurer la charge électrique d’un seul électron. Mais comment faire ? Ce sont des particules microscopiques, impossible à observer individuellement. C’est Millikan qui réussit cet exploit. Il fabriqua d’abord de minuscules gouttelettes, c’est-à-dire un fin brouillard. C’est assez facile à faire en fait.

un fin brouillard. C’est assez facile à faire en fait. On part d’un air saturé en

On part d’un air saturé en humidité dans un piston et on tire sur le piston. Il apparait alors de fines gouttes d’eau ou tout autre fluide intéressant. Millikan utilisa des gouttelettes d’huile qui sont bien isolantes et font fonction de « bâton ».

Puis il chargea ces gouttelettes avec des électrons. Là encore ce n’était pas très difficile. Il suffisait d’employer, par exemple, des rayons cathodiques envoyés directement sur les gouttelettes.

Là où c’était plus difficile c’était de réussir à observer ensuite attentivement le mouvement des gouttes, une à une, avec un brouillard suffisamment fin pour que les goutes ne s’agglomèrent pas.

Si l’on laisse tomber les gouttes sur une plaque métallique chargée électriquement, alors la goutte va tomber plus ou moins vite selon l’attraction ou la répulsion par la plaque, c’est-à-dire selon la charge portée par la goutte. Ce procédé délicat permettait ainsi de mesurer la charge portée par chaque goutte.

L’idée était d’espérer que par cette méthode, chaque goutte ne porterait que très peu de charge,

très peu d’électrons. Et en effet, ça marche ! Millikan put mesurer les charges des infimes gouttes et vit qu’elles portaient toutes une charge donnée par un nombre entier de fois une quantité

élémentaire

. On pouvait supposer que cette quantité élémentaire était la charge d’un seul

électron.

La valeur trouvée pour

une charge vraiment très faible.

Les notations exponentielles permettent de noter des nombres très grands ou très petits, 10 « exposant » n indique la présence de n zéros.

Ainsi par exemple

et confirmée depuis par des expériences modernes est

,

,

.

soit

Cela veut dire que dans un Coulomb il y a environ six milliards de milliards d’électrons.

Pour terminer, notons que la masse de la matière, hors électrons, les atomes, sont généralement immobiles, par exemple dans la structure cristalline d’un métal. Mais dans un gaz ou une solution liquide, ils peuvent être mobiles. Lorsque l’atome manque d’électrons, on parle d’un cation, il est alors chargé positivement et lorsqu’il a trop d’électron on parle d’anion et il est chargé négativement. Dans les deux cas ce sont des ions. Ainsi, le sel de cuisine (chlorure de sodium) se

décompose dans l’eau en ions

salée peut conduire le courant, les ions faisant office de porteurs de charges électriques.

et

. L’eau pure est un assez bon isolant électrique mais l’eau

L’électricité

Le courant électrique

Nous avons déjà plusieurs fois cité le mot « courant électrique ». Par définition, un courant électrique est tout simplement un flux de charge électriques, un déplacement de celles-ci. Ce déplacement peut se faire à l’air libre ou au sein d’un conducteur électrique tel qu’un métal. Nous en avons déjà vu plusieurs exemples :

Le courant de charges dans le fil relié à la terre permettant de décharger l’électroscope.

Les éclairs, dans l’air.

Les rayons cathodiques, dans le vide.

Le mouvement des ions dans l’eau salée parcourue par un courant électrique.

Par définition, le sens du courant est celui des charges positives. Les électrons ayant une charge négative, dans un fil électrique le sens du courant est opposé au sens des électrons. Ce choix quelque peu malheureux résulte du choix originel du signe des charges et ne saurait plus être changé.

Pile

La pile électrique fut inventée par Volta.

C’est un empilement de disques de métaux différents, par exemple alternativement des disques de cuivre

C’est un empilement de disques de métaux différents, par exemple alternativement des disques de cuivre et de zinc, séparés par des bandes de tissu fin imbibées d’une solution acide ou saline.

Depuis, on a inventé toutes sortes de piles utilisant toutes sortes de substances chimiques, comme les piles alcalines et leurs métaux alcalins (comme le sodium) ou les batteries au plomb plongée dans de l’acide sulfurique.

L’important est que cet empilement est le lieu de réactions chimiques échangeant des électrons entre les différentes parties métalliques. La pile peut ainsi débiter un flux d’électrons par sa borne « - », et capter ce même flux par la borne « + », ce qui permet d’entretenir les réactions chimiques.

La pile cesse de fonctionner lorsque les réactions chimiques ont épuisés les composés chimiques nécessaires à leur fonctionnement.

Une pile a plus ou moins tendance à fournir un fort flux d’électrons. On parle de voltage ou de tension électrique. L’unité de mesure, basée sur des piles étalons construites de manières très précises, est le Volt, abrégé V.

L’ampère

Une expérience intéressante consiste à relier un électroscope à la pile.

consiste à relier un électroscope à la pile. Les lames s’écartent, les électrons étant attiré par

Les lames s’écartent, les électrons étant attiré par l’autre borne de la pile reliée à une plaque sous l’électroscope (ou l’inverse selon le sens de branchement).

Cela montre le caractère « flux de charges » de la pile et de son courant. L’important est qu’il est possible de mesurer la quantité de charges ainsi délivrées par la pile. On définit alors une unité de mesure pour le courant électrique : l’Ampère, abrégé A, est le courant correspondant à une flux de un Coulomb par seconde.

Notons qu’un fil électrique en soi ne porte pas de charge électrique, il est neutre. Dans le métal du fil, les charges positives des atomes métalliques neutralisent les charges négatives des électrons. La

grosse différence est que les charges positives ne se déplacement pas mais les électrons oui, et ce sont donc eux qui sont responsable du courant électrique.

Résistance électrique

Le courant n’est pas infini lorsque l’on branche le fil entre les deux bornes de la pile, bien qu’il puisse être fort important (mettre une batterie au plomb en court-circuit provoque une violente décharge). Le fil oppose une certaine résistance au passage du courant.

Il est clair aussi que si la tension est plus élevée, par exemple en mettant plusieurs piles en séries, on va avoir un courant plus important.

En effectuant un grand nombre d’expériences, Ohm a ainsi établit la loi qui porte son nom, la loi d’Ohm :

est le courant,

la tension d’alimentation et

la résistance du circuit.

Cela permet de définir l’unité de résistance électrique, le Ohm (noté circuit laissant passer un ampère sous un volt.

), qui est la résistance d’un

Joules, lui, a établi que la puissance débitée par la pile, c’est-à-dire l’énergie par unité de seconde, est , elle se mesure en Watt (W), et c’est une énergie fournie par seconde, l’énergie étant mesurée en Joules (J).

Quand on se rappelle la définition du courant, on voit que si une certaine charge

sous une tension

, cela équivaut à une énergie

.

est transférée

Enfin, on vérifie facilement que l’énergie débitée est

cela porte le nom de effet Joules. C’est exactement le principe du radiateur électrique ou du fer à

repasser électrique.

, c’est la chaleur dégagée par la résistance et

Les aimants

Description des aimants

Nous avons déjà tous vu, touché et même joué avec des aimants de différentes formes et tailles. On en trouve de nombreux dans le commerce : sous forme de pastilles ou de petits objets décoratifs pour coller sur la porte d’un frigo, à l’intérieur des haut-parleurs d’une chaîne Hifi,…

Souvent, les aimants ont la forme d’un simple parallélépipède :

L’aimant possède deux extrémités aux propriétés opposées (un peu comme les charges positives et négatives).

L’aimant possède deux extrémités aux propriétés opposées (un peu comme les charges positives et négatives). Ces extrémités sont appelées des pôles, un pôle nord et un pôle sud.

Les couleurs rouges et noires sont conventionnelles et parfois peintes sur les aimants afin de distinguer facilement les deux types de pôles.

Aimants naturels

L’aimant naturel par excellence est la Terre elle-même.

L’aimant naturel par excellence est la Terre elle -même. La Terre se comporte comme un gigantesque

La Terre se comporte comme un gigantesque aimant dont les pôles magnétiques sont situés aux pôles géographiques. A noter que ceux-ci sont inversés : le pôle nord magnétique est situé en antarctique, le pôle sud magnétique est situé en arctique. La confusion entre les deux est fréquente.

Le fait que la Terre se comporte comme un gigantesque aimant permet la conception de boussoles qui sont elles-mêmes de petits aimants placés sur un pivot. Les boussoles existent depuis l’antiquité car l’existence d’aimants naturels a été découverte très tôt, ce sont les pierres d’aimant. Ce sont des minéraux composés de magnétite, un minerai de fer qui s’aimant spontanément et facilement.

Notons d’ailleurs que les laves des volcans contiennent de la magnétite.

Lorsque la lave est en fusion, la magnétite n’est pas aimantée. Mais lorsqu’elle refroidit, la magnétite s’aimante et s’oriente en fonction du champ magnétique terrestre. Elle garde donc l’empreinte de l’orientation du champ magnétique de la Terre.

de l’orientation du champ magnétique de la Terre. Ainsi, en datant différentes coulées de laves fossiles

Ainsi, en datant différentes coulées de laves fossiles et en mesurant l’orientation de l’aimantation de la magnétite, on peut déterminer quelle était l’orientation du champ magnétique de la Terre à cette époque. Le champ magnétique terrestre a en effet évolué avec de temps à autre (tous les quelques milliers d’années) des inversions des deux pôles. En retour, lorsque l’on trouve des fossiles d’animaux pris en sandwitch entre des coulées de lave, c’est une aubaine car la détermination de l’aimantation de ces coulées permet de savoir à quelles époques elles se sont formées et cela permet donc une datation très précise des fossiles.

Comportement des aimants

Les aimants s’attirent et se repoussent en fonction de leurs orientations et de leur distance. Sans surprise, cette force d’attraction ou de répulsion diminue avec la distance (grosso modo comme le cube de la distance, mais la relation n’est pas simple et dépend de l’orientation de la forme des aimants).

La direction des forces est par contre assez simple :

La direction des forces est par contre assez simple : Lorsque deux pôles de même nature

Lorsque deux pôles de même nature sont face-à-face, ils se repoussent et lorsque deux pôles de nature différente sont face-à-face, ils s’attirent. On retrouve là, la même analogie qu’avec les charges électriques.

Lorsque les aimants se repoussent, la situation est fortement instable. Le moindre basculement a tendance à s’amplifier, d’autant que les pôles de nature différente s’attirent. On se retrouve donc généralement dans une des configurations suivantes :

donc généralement dans une des configurations suivantes : Les aimants se collent l’un contre l’autre à

Les aimants se collent l’un contre l’autre à la queue-leu-leu ou bien en se mettant tête-bêche. Dans les deux cas, les pôles de nature opposée se retrouvent l’un contre l’autre.

Découper un aimant

Les charges positives et négatives pouvaient être isolées. Peux-t-on faire de même avec un aimant ? Peut-on isoler un pôle ?

La réponse est non ! Essayons de découper un aimant afin d’isoler un pôle.

! Essayons de découper un aimant afin d’isoler un pôle. Si l’on découpe l’aimant, on n’obtient

Si l’on découpe l’aimant, on n’obtient pas un pôle isolé mais de petits aimants, chacun avec deux pôles. On peut les découper indéfiniment, on obtient toujours le même résultat. Le découpage peut continuer jusqu’au niveau atomique, et ça revient toujours au même : chaque atome se comportant comme un minuscule aimant avec deux pôles. En fait, un aimant de grande taille n’est jamais que des milliards de milliards d’aimants atomiques « collés » ensembles.

On dit que les deux pôles d’un aimant forment un dipôle. Tandis que les charges, isolées, forment des monopôles. Notons que si l’on place ensemble une charge positive et une charge négative (ce qui est facile puisque ces charges s’attirent) on a là aussi un dipôle, mais électrique cette fois. Une situation courant au niveau des molécules. Par exemple, les molécules de sel ont cette nature. Nous

avons vu que les ions sodium et chlore se baladaient librement dans l’eau. Mais un morceau de sel

n’est rien d’autre que ces mêmes ions attachés les uns aux autres

, formant des dipôles.

Les monopôles magnétiques n’existent pas. On n’en a jamais trouvé dans la nature malgré des recherches intensives.

Champs

Le concept de champ en physique

Un champ en physique est un concept qui n’a rien de si extraordinaire ou de particulièrement abstrait. C’est juste une grandeur physique quelconque qui prend une valeur en tout point et qui peut changer au cours du temps.

Donnons deux exemples.

Considérons une pièce dans une habitation et mesurons la température de l’air.

dans une habitation et mesurons la température de l’air. Mais la température peut légèrement varier en

Mais la température peut légèrement varier en chaque point. On mesure et on a donc une température différente (ou identique !) en chaque point. Sur ce dessin, seuls quelques points sont indiqués, mais c’est vrai de chaque point.

L’ensemble de toutes cette température est un champ de températures.

Considérons maintenant une rivière.

En chaque point, l’eau a une certaine vitesse. On a cette fois un champ de

En chaque point, l’eau a une certaine vitesse. On a cette fois un champ de vitesses.

Champs scalaires et vectoriels

Les deux exemples ci-dessus ont une différence importante.

Dans le cas du champ de températures, on a en chaque point une grandeur caractérisée par un simple nombre (la température). On parle alors de champ scalaire.

Dans le cas du champ de vitesses, par contre, en chaque point on n’a pas un simple nombre mais une vitesse. Une vitesse est une grandeur qui a une certaine valeur, on parle du module de la vitesse, qu’on peut mesurer par exemple en km/h, mais elle a aussi une direction. On peut la représenter par une flèche, la longueur de la flèche indiquant le module de la vitesse et bien entendu la direction de la flèche représente la direction de la vitesse.

Une grandeur qui a un module et une direction est appelée un vecteur, c’est donc un champ vectoriel.

Il existe d’autres sortes de champs (spinoriels, tensoriels) dont la définition mathématique est plus compliquée, mais nous n’en aurons pas vraiment besoin.

Lignes de champ

Pour un champ vectoriel, en chaque point on a une flèche qui indique une direction. Si l’on suit cette direction, on arrive sur d’autres points avec là aussi des flèches. En procédant ainsi pas à pas, on construit une courbe orientée appelée ligne de champ.

construit une courbe orientée appelée ligne de champ . Dans le cas de notre rivière ces

Dans le cas de notre rivière ces lignes de champ sont simplement les lignes de courant de l’eau.

Ces lignes de champ sont très pratiques pour représenter un champ vectoriel, même si les modules ne sont pas clairement visibles sur la courbe (la courbe donne seulement la direction des flèches).

On peut représenter ainsi un ensemble de lignes de champ.

On peut représenter ainsi un ensemble de lignes de champ. En fait, en chaque point il

En fait, en chaque point il y a une telle ligne de champ, mais si on les dessinait toutes on aurait une image totalement noire ! En représenter un certain nombre donne une bonne idée de la forme du champ vectoriel.

Visualiser le champ

Dans le cas des charges électriques et des aimants, comment visualiser l’éventuelle présence d’un champ ? La manière la plus simple est d’en étudier les effets. Tout comme la température en un point de la pièce affecte le thermomètre qu’on y place.

Par exemple, la limaille de fer est formée de petits brins de fer. Elle est assez pratique car elle réagit bien tant aux charges électriques qu’aux aimants. De plus l’orientation des petits brins est une indication supplémentaire de ce qui se passe.

est une indication supplémentaire de ce qui se passe. Il suffit de placer la limaille sur

Il suffit de placer la limaille sur une feuille, de la secouer un peu pour aider les brins à glisser. Et on observe alors les effets de la source placée en-dessous. On va donc s’en servir pour visualiser ce qui se passe et nous vous engageons à faire de même avec un peu de limaille de fer et un aimant par exemple, cela aide autant à vérifier qu’à visualiser ce qui se passe. Rien de tel que l’expérimentation personnelle pour comprendre la physique.

Champ électrique

Visualisation

Prenons une charge électrique, par exemple notre bâton chargé d’électricité positive, et utilisons la limaille de fer.

positive, et utilisons la limaille de fer. On voit que les petits brins sont attirés par

On voit que les petits brins sont attirés par la charge et s’orientent en étoile autour d’elle. On peut donc en déduire que le champ à cette forme pour une charge sphérique :

que le champ à cette forme pour une charge sphérique : Pour des raisons de symétrie,

Pour des raisons de symétrie, on s’attend effectivement à une forme de ce genre. On pourrait aussi avoir une autre forme a symétrie sphérique avec des lignes de champ circulaire. Mais les lignes de champ étant orientée et aucune orientation privilégiée n’existant pour une simple sphère, il n’y aurait pas eu de justification à avoir une orientation des lignes plutôt qu’une autre. En fait pour une sphère (et non un simple disque comme sur le dessin) la seule structure strictement symétrique est celle-ci-dessus qui est donc logique.

Champ électrique

Ce champ est appelé champ électrique. L’expérience simple ci-dessus ne permet pas de connaitre l’orientation ou l’intensité du champ. Il faut pour cela utiliser les effets que nous verrons plus loin et des instruments de mesure qui exploitent ces effets.

Voici le champ électrique d’une charge positive :

Notons que l’intensité du champ (la grandeur des flèches) diminue comme charge) , ce qui

Notons que l’intensité du champ (la grandeur des flèches) diminue comme charge), ce qui n’est pas une grande surprise vu la loi de Coulomb !

Pour une charge négative on a :

vu la loi de Coulomb ! Pour une charge négative on a : Le sens inverse

Le sens inverse est assez logique.

(

étant la distance à la

Loi de Gauss

Mesurons le flux du champ électrique, c’est-à-dire la quantité de champ électrique traversant une surface.

Il dépend de la surface totale des intégrales, bien trop complexes pour cette étude vulgarisée.

Il dépend de la surface totale

des intégrales, bien trop complexes pour cette étude vulgarisée. Mais dans le cas le plus simple, si le

champ est d’intensité constante et perpendiculaire à la surface, le flux total est simplement le produit .

et de l’intensité

du champ. La formulation mathématique utilise

Considérons maintenant une surface fermée entourant une charge :

maintenant une surface fermée entourant une charge : Le calcul montre alors que le flux total

Le calcul montre alors que le flux total sortant de la surface S (en changeant le signe si le flux est entrant) est égal à la charge électrique contenue dans la surface S. C’est la loi de Gauss.

Notons que le résultat ne dépend pas de la surface du moment qu’elle est fermée et entoure la charge. C’est une loi mathématique appelée théorème de Gauss très utilisé en mathématique et en physique.

Notons que ce théorème permet une déduction inverse. Supposons que le flux de champ électrique soit conservé, constant quel que soit la surface S ci-dessus. Alors, puisque la surface d’une sphère est

proportionnelle au carré de son rayon

électrique varie inversement en

, pour que le flux reste constant, il faut que le champ

.

Condensateur

Considérons maintenant deux surfaces métalliques qui se font face, l’une avec une charge positive, l’autre avec une charge négative. Le champ a alors la forme suivante (en regardant les surfaces par la tranche) :

forme suivante (en regardant les surfaces par la tranche) : C’est en fait ce qu’on appelle

C’est en fait ce qu’on appelle un condensateur que l’on peut charger, par exemple, avec une pile.

que l’on peut charger, par exemple, avec une pile. Ceci explique le fonctionnement du circuit avec

Ceci explique le fonctionnement du circuit avec l’électroscope.

Notons que les charges + et – s’attirant, le condensateur une fois chargé a tendance à le rester, sauf si on relie par un conducteur les deux faces, ce qui permet aux charges de se neutraliser. Cette capacité de rétention d’une charge est très utile et le condensateur trouve pleins d’applications tant en électricité qu’en électronique.

La charge stockée dans le condensateur a une limite, car dès que des charges sont stockées sur les plaques, elles ont tendance à repousser celles venant de la pile. La charge s’arrête lorsqu’il y a équilibre, c’est-à-dire lorsque la tension électrique aux bornes du condensateur est égale à celle de la pile. Plus cette tension est grande, plus on peut stocker de charges. Et plus la distance entre les deux plaques est courte plus on sait stocker de charges, leur attraction mutuelle sur les deux plaques facilitant leur stockage.

Ceci nous donne une unité pour la mesure du champ électrique : il se mesure en Volt par mètre (V/m).

On voit donc l’étroit lien entre pile et champ électrique. En accumulant des charges + et a ses bornes la pile génère un champ électrique qui va permettre de créer un courant si on place un conducteur. Il y a identité (ou presque) entre tension et champ électrique.

Champ magnétique

Forme du champ magnétique

Nous pouvons répéter l’expérience de la limaille de fer en utilisant cette fois un aimant.

de la limaille de fer en utilisant cette fois un aimant. Cela nous donne une idée

Cela nous donne une idée du champ magnétique qu’on peut mesurer plus précisément avec des instruments de mesure appropriés. On a :

avec des instruments de mesure appropriés. On a : Loi de Gauss Voyons quel est le

Loi de Gauss

Voyons quel est le flux du champ magnétique à travers une surface fermée entourant l’aimant.

Une ligne de champ qui sort de la surface est comptée positivement et une ligne

Une ligne de champ qui sort de la surface est comptée positivement et une ligne de champ qui entre est comptée négativement. Comme toute ligne de champ quittant le pôle nord revient au pôle sud, toutes les contributions s’annulent et le résultat est… 0 !

C’est vrai de toute surface fermée traduisant le fait que l’on a que des dipôles, c’est-à-dire pas de monopôles magnétiques ou, si vous préférez, pas de « charge magnétique ».

Notons que l’unité de mesure du champ magnétique est le Tesla. On parle aussi de champ d’induction magnétique.

Effets dynamiques

Jusqu’ici nous avons vu des cas « statiques » : sans influences mutuelles entre charges ou aimants, sans mouvement. Voyons maintenant ces situations plus complexes en commençant par les effets du champ électrique.

Effet des champs électrique sur les charges et les aimants

Effet du champ électrique sur une charge

Nous avons vu que les charges de même signe se repoussent et que celles de signes différents s’attirent. Mais cela semble peu satisfaisant physiquement car, comment ces charges peuvent-elles s’influencer à distance ? La solution est évidemment du côté du champ électrique.

L’effet du champ électrique sur une charge est assez simple :

La charge électrique subit une force exercée par le champ électrique qui tend à l’entraîner

La charge électrique subit une force exercée par le champ électrique qui tend à l’entraîner dans le même sens que le champ électrique.

Attention, dans cette représentation, le champ électrique en question est un champ électrique externe, produit par quelque chose d’extérieur à la charge électrique. La charge électrique émet aussi son propre champ, ce qu’on verra après. Mais la charge électrique n’est pas sensible a son propre champ, ne fut-ce que pour des raisons de symétrie (le champ est émis de manière identique dans toutes les directions).

On devine facilement ce qui se passe avec une charge électrique négative :

ce qui se passe avec une charge électrique négative : La force est exercée dans l’autre

La force est exercée dans l’autre sens.

On comprend alors facilement pourquoi il y a attraction ou répulsion entre charges. Par exemple, avec deux charges positives, on a simplement :

pourquoi il y a attraction ou répulsion entre charges. Par exemple, avec deux charges positives, on

Champ électrique de deux charges

Si on a deux charges comme ci-dessus, les champs électriques s’ajoutent. Les champs étant décrits par des vecteurs, l’addition est celle des vecteurs dont la règle d’addition se décrit très simplement à l’aide d’un graphique :

se décrit très simplement à l’aide d’un graphique : En procédant ainsi on trace facilement le

En procédant ainsi on trace facilement le champ électrique total produit par deux charges électriques.

Ainsi, pour deux charges de même signe, on trouve :

Ainsi, pour deux charges de même signe, on trouve : En particulier, exactement entre les deux

En particulier, exactement entre les deux charges, les champs électriques sont égaux et opposés et donc s’annulent.

Pour deux charges de signes opposés, on trouve :

Notons que la forme du champ est tout à fait analogue au champ magnétique d’un

Notons que la forme du champ est tout à fait analogue au champ magnétique d’un aimant car on a ici un dipôle électrique, formé de deux charges opposées, tout comme un aimant est composé de deux pôles opposés. On voit la forte analogie entre les deux types de champs.

Effet sur un aimant

Le cas des aimants est plus simple. Si l’aimant est immobile (nous le mouvement après), alors l’aimant ne subit aucun effet dans le champ électrique.

Effet des champs magnétiques sur les charges et les aimants

Les effets sont tout à fait semblable à ce qui précède mais avec le rôle inversé des charges électriques et des pôles magnétiques, ce qui montre encore cette remarquable symétrie, mais aussi la différence du fait que les aimants sont toujours des dipôles.

Effet du champ magnétique sur un aimant

Un champ magnétique exerce une force sur un pôle magnétique. Le signe de la force dépend du sens du champ magnétique et du sens du pôle magnétique. Ainsi, pour un pôle nord, la force est dans le même sens que le champ et pour un pôle sud, la force est inverse.

De plus, comme on a toujours des dipôles nord sud, la force appliquée est opposé sur chaque pôle de l’aimant et comme tout fragment de l’aimant est aussi un aimant, ces forces sont réparties sur tout l’aimant.

Prenons d’abord comme exemple le cas d’un aimant parallèle au champ magnétique.

Les deux forces, étant de même grandeur et de direction opposées, s’annulent et l’aimant est

Les deux forces, étant de même grandeur et de direction opposées, s’annulent et l’aimant est immobile (mais la situation peut être instable, comme ci-dessus, un tout petit écart au parallélisme faisant passer au cas suivant). Elles provoquent juste des contraintes mécaniques sur l’aimant (qui est comprimé ou étiré).

Par contre si le champ magnétique a une intensité différente aux deux extrémités de l’aimant, alors les forces sont différentes et on a une force nette qui déplace l’aimant. L’aimant n’est donc sensible qu’à la variation du champ magnétique. Nous avons vu que l’intensité des champs variait

généralement comme l’inverse du carré de la distance :

variation change comme propriété générale des dipôles.

. Mathématiquement on montre que la

. Les forces entre aimant diminuent donc vite avec la distance, une

Voyons maintenant le cas d’un aimant perpendiculaire au champ :

Il a donc tendance à tourner pour s’orienter parallèlement au champ (on dit que l’aimant

Il a donc tendance à tourner pour s’orienter parallèlement au champ (on dit que l’aimant subit un « couple » ou « couple de forces ».

Avec le champ émit par un aimant, ceci explique facilement les effets constatés entre aimants.

Addition des champs magnétiques

Ici aussi l’addition est la somme des vecteurs. Cela donne pour par exemple des aimants têtes bêches :

magnétiques I ci aussi l’addition est la somme des vecteurs . Cela donne pour par exemple

Effet du champ magnétique sur une charge

Comme précédemment, si la charge est immobile, le champ magnétique n’a pas d’effet.

Variation des champs électriques

Supposons que l’on ait un champ électrique dont l’intensité varie au cours du temps. On constate alors l’apparition d’un champ magnétique ! Cela montre bien à quel point les deux sont liés.

Variation de l’intensité

Considérons un champ électrique linéaire le long d’une ligne et dont l’intensité augmente au cours du temps.

ligne et dont l’intensité augmente au cours du temps. On constate alors la présence d’un champ

On constate alors la présence d’un champ magnétique égal à la vitesse de cette variation. La forme des lignes de champs magnétique n’est pas immédiate. Elle est reliée à la variation par ce qu’on appelle un « rotationnel » en mathématique. Mais on peut heureusement le visualiser facilement.

Mais on peut heureusement le visualiser facilement. On a donc apparition d ’une ligne de champ

On a donc apparition d’une ligne de champ magnétique circulaire.

Notons que si le champ électrique diminuait d’intensité, on aurait le même champ magnétique mais orienté dans l’autre sens.

Variation de la direction

Lorsque la direction du champ électrique varie, cela correspond aussi à une variation au cours du temps.

Mais ici la variation est perpendiculaire au vecteur champ électrique. Pendant un court instant on

Mais ici la variation est perpendiculaire au vecteur champ électrique. Pendant un court instant on a un vecteur variation perpendiculaire, ce qui donne le résultat suivant.

perpendiculaire, ce qui donne le résultat suivant. Variation des champs magnétiques Considérons maintenant un

Variation des champs magnétiques

Considérons maintenant un variation du champ magnétique. Dans ce cas, comme on s’y attendrait, on constate alors la présence d’un champ électrique. On appelle ce phénomène : induction.

Variation de l’intensité

Considérons le cas analogue au précédent où l’intensité du champ magnétique augmente :

de l’intensité Considérons le cas analogue au précédent où l’ intensité du champ magnétique augmente :

Notons que pour une augmentation du champ magnétique, le champ électrique est orienté dans l’autre sens (par rapport au cas précédent).

Force électromotrice

On met facilement ce phénomène en évidence avec l’expérience suivante :

ce phénomène en évidence avec l’expérience suivante : Imaginons un circuit fermé composé d’une bobine et

Imaginons un circuit fermé composé d’une bobine et d’une lampe. En l’absence de source de courant, la lampe est bien sûr éteinte. Si l’on place un aimant immobile dans la bobine, rien de spécial ne se passe. Mais faisons maintenant avancer cet aimant. Alors, pendant qu’il passe dans la bobine, la lampe s’allume.

Ce qui se passe est que la variation du champ magnétique, dû au déplacement de l’aimant, induit un champ électrique circulaire comme ci-dessus. Ce champ électrique agit alors sur les électrons qui se mettent en mouvement. On a apparition d’un courant électrique et donc d’un voltage aux bornes de la bobine appelé force électromotrice.

C’est sur ce principe que fonctionnent les dynamos et les alternateurs.

Mouvement

Courant électrique

Considérons une charge électrique en mouvement :

les dynamos et les alte rnateurs. Mouvement Courant électrique Considérons une charge électrique en mouvement :

On définit le courant électrique comme un vecteur ayant pour direction celle du mouvement des charges électriques et pour grandeur la densité de charge fois la vitesse. Ici, pour une charge unique, ponctuelle, la courant est un peu particulier car il est concentré en un seul point.

On considère plutôt un flux continu (ou considéré comme tel) de charges électriques :

continu (ou considéré comme tel) de charges électriques : Dans le cas d’un fil électrique, le

Dans le cas d’un fil électrique, le courant est donné par la densité d’électrons fois la vitesse des électrons. Notons qu’ici le sens est inversé car les électrons ont une charge négative.

Dans un fil électrique, la charge positive des atomes (immobiles) neutralise la charge des électrons. La charge électrique totale est donc neutre. Mais les électrons étant mobiles, on a bel et bien un courant électrique. On peut donc avoir un courant même sans charge électrique (nette).

Au quotidien c’est plutôt de ce cas là dont on parle. On parle de courant électrique dans un fil. Mais en électromagnétisme on parle de courant dans tous les cas, c’est nécessaire. Par exemple, la foudre est formé d’un puissant flux d’électrons ayant à la fois une charge électrique (il n’y a pas de charge positives, pas de fil électrique) et un courant (les électrons sont mobiles).

Relativité

Donnons maintenant quelques notions de base de la relativité, nous en aurons besoin. En fait, nous n’en donnons qu’une larme, ce n’est pas une étude de la relativité. Nous aurons besoin seulement du principe de relativité.

Repère Un repère ou référentiel est une méthode pour repérer des objets, des événements, pour les situer les uns par rapport aux autres.

On utilise pour cela un point de référence. Ca peut être on objet concret : une borne kilométrique, un immeuble, un train,… ou un point tout à fait arbitraire que l’on identifie par une méthode quelconque pratique ou purement théorique.

A partir de ce point, on choisir des directions arbitraires permettant de repérer les objets et les événements par rapport à cette référence. Ca peut être des directions physiques tel que le nord, le sud, l’est, le haut, le bas,… Ou bien des directions quelconques matérialisées par exemple par une flèche dessinée sur le sol.

On mesure ensuite les distances séparant un objet ou un événement du point de référence selon les directions. Ces mesures sont réalisées à l’aide de règles étalons dont la longueur arbitraire a été choisie par consensus et tous les étalons sont identiques par construction ou comparaison.

Les distances ainsi obtenues s’appellent des coordonnées.

Un exemple est donné par les coordonnées géographiques quand on dit : ce point est

Un exemple est donné par les coordonnées géographiques quand on dit : ce point est situé par 12 degrés de latitude nord, 31 degrés de longitude est et 100 mètre d’altitude. Ou lorsque l’on dit « le magasin est situé à 3 km à l’est de la vile de Cul-de-sac ».

A ces coordonnées dites spatiales il faut ajouter le temps. Que ce soit pour déterminer l’instant d’un événement (pour se rendre à un festival il faut savoir où se passe mais aussi quand !) ou pour suivre le mouvement d’un objet, c’est-à-dire sa position ou ses coordonnées changeant au cours du temps.

Pour cela on dote le référentiel d’une horloge standard (étalon) dont le zéro (l’instant où elle indique minuit) est choisi arbitrairement ou par convention. Tout événement est alors repéré par trois coordonnées spatiales (comme latitude, longitude, altitude, dû au fait que notre espace a trois

dimensions) et une de temps : (

).

Notons que le référentiel lui-même peut être en mouvement (par rapport à un autre référentiel). Par exemple si le point de référence est un train ou si les directions de référence (appelées axes) varient au cours du temps (par exemple, la Terre étant en rotation, la direction donnant la longitude change au fur et à mesure que la Terre tourne et se déplace dans le système solaire).

Principe de relativité Le principe de relativité affirme que tous les repères sont équivalents. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils ont identiques. Cela ne signifie donc pas qu’un objet qui serait immobile dans K serait immobile dans tout repère K’. Ce serait faux. Cela signifie seulement que les lois physiques s’expriment de la même manière qu’on les considère du point de vue de K ou du point de vue de K’.

En particulier, si on a certaines conditions dans K conduisant à certains effets, alors en reproduisant exactement les mêmes conditions du point de vue de K’ (par exemple si un appareil était immobile dans K, on choisit un appareil identique mais immobile dans K’) on aura alors les mêmes effets mais du point de vue de K’.

Principe de relativité galiléen Est-ce que la physique classique respecte ce principe ? La réponse est oui.

Considérons deux repères K et K’ comme ci-dessus avec une vitesse V constante l’un par rapport à l’autre (le point de référence de K’ se déplace à la vitesse V si on le mesure dans le repère K). On dit alors que K’ est en mouvement de translation uniforme dans K. Considérons un objet soumis à des forces et obéissant dans K à la loi de la dynamique de Newton : force = masse * accélération. Quel est l’expression de cette loi dans K’ ? On montre facilement que cette loi garde la même forme.

Les lois classiques sont vraies pour ces repères dits galiléens.

Notons que dans un repère K’’ accéléré avec une accélération g, la loi de Newton n’est plus respectée (on retrouve les lois classiques en ajoutant des forces virtuelles). Mais il suffit de choisir un repère K avec une accélération g par rapport à K’’ pour que tout redevienne correct. Il est donc toujours possible de trouver un tel repère.

Physiquement, on peut effectuer des vérifications pour voir si un repère est bien galiléen (une procédure classique utilise le pendule de Foucault).

Principe de relativité restreint Puisque ce principe est constaté expérimentalement, on l’adopte aussi en relativité restreinte.

On considère donc que les lois physiques conservent leur validité, leur forme, dans tout repère galiléen.

Un principe logique Les repères et systèmes de coordonnées sont des conventions arbitraires qui nous servent à plaquer des étiquettes sur les événements. Effectuer un tel choix ne devrait pas empêcher une pomme d’être attirée par la Terre ou la poudre à canon d’exploser si on l’allume. Le déroulement des phénomènes physiques ne dépend pas de la manière dont nous décidons de les décrire. Seule la description que l’on en fait peut changer.

Nous appellerons lois naturelles la manière dont les phénomènes physiques se déroulent réellement, indépendamment de toute manière de les décrire (cette appellation est personnelle).

Les lois physiques sont la description que nous en faisons à l’aide de nos théories, de nos outils mathématiques.

La physique doit donc obéir à un idéal : les lois physiques doivent être le plus fidèles possibles aux lois naturelles. On doit se rapprocher le plus possible de la manière dont les phénomènes se déroulent réellement. Et on doit donc respecter cette indépendance de la description en fonction du repère.

Les transformations

Passer d’un repère à l’autre nécessite des règles, comme les transformations de Galilée ou de Lorentz qui disent comment sont reliées les coordonnées de deux repères. Plus précisément, si l’on a

les coordonnés ( coordonnées (

) d’un événement dans un repère K, ces transformations donnent les ) de ce même événement dans le repère K’.

Mais on n’a pas de certitude qu’elles soient parfaites. Ce serait prétentieux de croire qu’on peut trouver les lois naturelles avec perfection. Elles ne restent qu’un idéal qu’on essaie d’atteindre. Et cet idéal ne peut être atteint qu’en observant la nature et en effectuant des expériences et des mesures pour voir comment les choses se passent réellement. On ne découvre pas la réalité du monde en restant assis dans un fauteuil.

C’est donc l’étude des phénomènes et le respect du principe de relativité qui sert de guide pour trouver les transformations qui doivent s’appliquer.

Principe de relativité généralisé On peut aussi étendre ce principe à tous les repères, y compris les repères accélérés. Le caractère logique du principe nous y pousse naturellement.

Mais c’est beaucoup plus compliqué. Cela donne la relativité générale. Ici on se retreint aux repères galiléens, d’où le nom de relativité restreinte.

Classement des repères Il peut sembler étrange de vouloir classer les repères alors qu’on a dit qu’ils étaient équivalents. Mais on a dit aussi qu’ils n’étaient pas identiques. Ils ne sont équivalents que du point de vue des lois physiques et un objet immobile dans K sera en mouvement dans K’.

Attention : il n’y a pas de réel consensus sur ces dénominations. Mais ces distinctions aident à y voir plus clair.

Repère particulier. C’est juste un repère quelconque K que l’on a choisi pour attribuer les coordonnées aux événements.

Repère privilégié. Un tel repère est privilégié par la présence d’un objet important ou d’un phénomène immobile dans ce repère.

Des exemples sont le référentiel du laboratoire, le référentiel géocentrique lié à la Terre et le référentiel héliocentrique.

Si l’éther existait, le repère lié à cet éther serait juste un repère privilégié et cela ne changerait pas le principe de relativité.

De même il existe en cosmologie un repère privilégié dit comobile immobile par rapport au gaz primordial à l’origine de l’univers. La Terre est en mouvement dans ce repère comme on peut le constater en mesurant une dissymétrie dipolaire dans le rayonnement cosmologique fossile.

Repère absolu. C’est un repère dans lequel les lois physiques prennent une forme particulière. C’est à éviter puisque l’on choisit de respecter le principe de relativité.

Mais rien n’empêche de formuler les lois en violant ce principe. En particulier pour des raisons de simplicité. Un exemple est le choix de la jauge de Coulomb qui donne une forme plus simples aux lois de l’électromagnétisme dans le repère ou les charges électriques sont statiques. Nous reviendrons sur cette notion de jauge.

Un tel choix peut introduire des effets artificiels qui ne sont qu’une manifestation théorique du choix réalisé. Ainsi, en jauge de Coulomb on a un potentiel électrostatique agissant instantanément à distance (cet effet ne peut être utilisé pour transmettre de l’information puisque les charges sont statiques et que ce potentiel ne change pas. Et dans K’ ce phénomène est compensé par d’autres effets empêchant tout signal d’avoir une vitesse plus grande que celle d’une onde électromagnétique).

Si l’on respecte le principe de relativité, on n’aura pas de repère absolu et on n’aura que des repères relatifs.

Si on constate une différence de comportement des lois dans un repère, on doit considérer considéré cela comme :

o

Soit une erreur dans la formulation de ces lois physiques.

o

Soit comme un effet physique lié à un phénomène inconnu « immobile » dans ce repère. C’est d’ailleurs par un raisonnement de ce type (mais dans l’autre sens) que l’on en déduit l’absence d’éther puisque aucun effet du changement de repère sur la propagation de la lumière ne peut être détecté dans le vide.

Effet du mouvement

Considérons une charge électrique en mouvement dans un champ magnétique.

charge électrique en mouvement dans un champ magnétique. Quelle va être l’influence du champ magnétique sur

Quelle va être l’influence du champ magnétique sur cette charge électrique ? Nous avons déjà dit qu’un champ magnétique n’avait pas d’influence sur une charge électrique immobile. Mais que se passe-t-il si elle est en mouvement ?

En savons-nous déjà assez pour le déduire ? La réponse est oui, grâce au principe de relativité ! Physique la situation doit être analogue vue comme ci-dessus ou « vue » par la charge électrique, c’est-à-dire dans un référentiel attaché à cette charge.

Dans ce référentiel de la charge, celle-ci est immobile. Par contre le champ magnétique se déplace verticalement. Ce changement dans le champ magnétique implique l’existence dans ce référentiel d’un champ électrique perpendiculaire au champ magnétique et au mouvement. C’est-à-dire perpendiculaire au dessin. Ce champ électrique doit agir sur la charge lui communiquant une force également perpendiculairement au dessin.

Revenons au référentiel initial où la charge est en mouvement. Là aussi la charge doit subir une force perpendiculaire.

Il est facile de voir que cela va dévier la charge et lui communiquer un

Il est facile de voir que cela va dévier la charge et lui communiquer un mouvement circulaire autour des lignes de champ magnétique. Plus généralement, si la charge ne se déplace pas parfaitement perpendiculairement au champ magnétique, la charge va décrire un mouvement de spirale autour des lignes de champ.

décrire un mouvement de spirale autour des lignes de champ. Notons une situation importante où cela

Notons une situation importante où cela se produit. La Terre possède un champ magnétique qui agit comme un bouclier. Le vent solaire est constitué de particules chargées (essentiellement des électrons et des protons) très rapides et assez dangereuses. Ces particules s’enroulent sur les lignes de champ magnétique terrestre où elles effectuent des allers-retours entre les pôles (cette zone remplie de particules s’appelle les ceintures de Van Halen). Elles finissent par disparaitre en heurtant des molécules d’air résiduelles de la très haute atmosphère. Protégeant ainsi la Terre. Parfois, lorsque le flux est intense, quelques particules s’infiltrent aux pôles où le champ est plus faible,

créant des réactions chimiques dans l’atmosphère qui se manifestent pas les magnifiques aurores polaires.

Autre effet

Considérons une charge électrique. Nous savons que celle-ci a un champ électrique. Si la charge est en mouvement, cela signifie que le champ électrique est variable. Plus précisément, en un point donné, puisque la charge se déplace, le champ électrique ne sera pas le même à chaque instant.

Nous savons en outre qu’un champ électrique qui varie induit un champ magnétique.

champ électrique qui varie induit un champ magnétique. La situation est tout à fait analogue avec

La situation est tout à fait analogue avec ce que nous avons vu pour un aimant en mouvement.

La forme du champ magnétique se déduit facilement. Nous savons que le champ électrique diminue avec la distance. Donc, lorsque la charge se déplace, pour un point situé devant on a une augmentation du champ électrique. Pour un point situé à l’arrière, le champ électrique diminue au fur et à mesure que la charge s’éloigne, mais le champ est orienté dans l’autre sens. Dans les deux cas, cela induit un champ magnétique avec des lignes de champ circulaires, comme indiqué.

De plus, comme le champ électrique varie comme

temps qui passe (si la vitesse est constante), alors l’intensité du champ magnétique varie comme le long de l’axe de déplacement.

et que la distance

est proportionnelle au

Si maintenant au lieu d’avoir une seule charge on a un courant électrique uniforme, on doit avoir également un champ magnétique uniforme.

Effet entre courants Ce phénomène a une conséquence intéressante. Considérons deux fils électriques parallèles

Effet entre courants

Ce phénomène a une conséquence intéressante. Considérons deux fils électriques parallèles parcourus par un courant. Du fait du champ magnétique produit par ces fils, les deux fils vont avoir tendance à s’attirer ou se repousser.

fils vont avoir tendance à s’attirer ou se repousser. On peut voir cet effet de deux
fils vont avoir tendance à s’attirer ou se repousser. On peut voir cet effet de deux

On peut voir cet effet de deux manières :

Chaque fil électrique émet un champ magnétique et se comporte donc comme un aimant.

Par conséquent ces aimants s’attirent ou se repoussent.

Le champ magnétique émit par un fil agit sur les charges électriques en mouvement de l’autre fil par le mécanisme que nous avons vu ci-dessus. Cela tend à dévier les charges mais comme elles sont « bloquées » dans le fil, cela se traduit par une force.

Electromagnétisme

Equations de Maxwell

Récapitulons les différents effets rencontrés dans ce qui précède.

1)

La loi de Gauss.

Cette loi dit que le flux de champ électrique traversant une surface fermée est égal à la charge électrique inclue dans cette surface.

Il est possible de donner une formulation locale de cette loi grâce à un objet mathématique appelé « divergence ».

2)

Divergence de E = densité de charge électrique. Absence de monopôle magnétique.

La loi précédente s’applique aussi au champ magnétique, si ce n’est qu’il n’existe pas de « charge magnétique » (monopôles). Le flux de B à travers une surface fermée s’annule. Donc :

3)

Divergence B = 0. Courant et variation du champ électrique.

On a vu que l’on avait un champ magnétique circulaire lors d’une variation du champ électrique ou en présence d’un courant.

En fait, si on fait la somme d’un champ magnétique autour d’une courbe fermée (par exemple un cercle) entourant une surface S, ce qu’on appelle la « circulation » du champ, le résultat est égal au courant qui traverse cette surface plus la variation du champ électrique traversant cette surface également appelée « courant de déplacement de Maxwell » car il peut résultat d’un déplacement des charges électriques.

Là aussi on peut formuler localement cette relation grâce au rotationnel.

4)

Rotationnel B = courant électrique + courant de déplacement. Loi d’induction de Faraday.

C’est exactement la même loi que la précédente mais en inversant le rôle des deux champs et il n’existe pas de « courant magnétique » pour la même raison qu’il n’y a pas de charge magnétique. Donc :

Rotationnel E = - variation du champ magnétique.

Le signe moins (le fait que les lignes de champ soient orientée dans l’autre sens par rapport à la loi précédente, n’est pas anodin).

5)

Les quatre lois/équations précédentes forment ce qu’on appelle les équations de Maxwell. Mais il faut ajoute deux autres équations.

La première, très utile, se déduit de la définition du coutant et peut même se déduire des équations de Maxwell. Elle n’est donc pas une nouvelle loi, mais elle est pratique.

6)

C’est la loi de conservation de la charge.

Si l’on considère une surface fermée S, alors la quantité totale de courant entrant dans cette surface (donc les courants entrant moins les courants sortant) est égal à l’augmentation de la charge électrique dans le volume contenu dans cette surface. C’est ce qui se produit lorsque l’on charge un condensateur ou une bouteille de Leyde. Enfin, il y a la loi de Newton-Lorentz.

Celle-ci donne la force appliquée à une charge électrique. Comme nous l’avons vu :

La force = la charge fois le champ électrique appliqué + la charge fois la vitesse fois le champ magnétique (le résultat étant perpendiculaire au deux).

L’ensemble de ces équations est suffisant pour résoudre tout problème d’électromagnétisme. On choisit une situation avec des charges, des courants,… On donne les conditions initiales. Et quelques calculs (éventuellement très complexes, pouvant être numériques sur ordinateur) donnent la solution : c’est-à-dire à tout instant la valeur des champs et les positions des charges, etc.

Potentiels

Définition

Il est possible de simplifier les équations précédentes. Pour cela on définit les potentiels électromagnétiques. Tout d’abord le potentiel vecteur A qui a une grandeur et une direction en tout

point, et ensuite le potentiel scalaire

qui prend simplement une valeur en tout point.

Pour avoir la valeur de ces potentiels, on définit comment les champs électriques et magnétiques sont reliés aux potentiels.

La relation est mathématique et pas très intéressante en soi. Il faut juste savoir qu’elle existe. Nous a donnons pour la forme :

Champ électrique = - divergence de Champ magnétique = rotationnel de A

la variation de A au cours du temps

Si l’on substitue les potentiels dans les équations de Maxwell, on constate que les équations (2) et (4) sont automatiquement résolues. On n’a plus qu’à se préoccuper des équations (1) et (3) (numérotation de la section précédente). En fait, ce sont ces équations (2) et (4) qui permettent de faire cela, de définir les potentiels de manière à simplifier les équations.

Arbitraire de jauge

On constate qu’il existe un certain arbitraire dans le choix des potentiels. Supposons une fonction

totalement arbitraire. Alors on constate que si on ajoute à A les variations spatiales de

variation de

et à U la

avec le temps, alors les champs électriques et magnétiques restent inchangés.

On parle d’arbitraire de jauge (nom d’origine historique) ou d’invariance de jauge. Invariance car quel

que soit le choix de

phénomènes physiques associés.

, les champs électriques et magnétiques restent inchangés et donc tous les

Cela signifie que si on veut choisir des potentiels, il faut fixer cet arbitraire de jauge d’une manière ou d’une autre. C’est-à-dire qu’il faut choisir des règles permettant de fixer l’arbitraire de jauge, c’est-à- dire des règles permettant de trouver de manière univoque les potentiels en fonction des champs électriques et magnétiques. Cela s’appelle choisir une jauge.

Il existe de nombreux choix possibles plus ou moins pratiques selon les besoins. Citons les deux choix les plus courants.

Jauge de Coulomb Une règle particulièrement simple est de poser :

Variation dans l’espace de A = 0

Cela simplifie encore plus les équations. En particulier si les charges électriques sont statiques (immobiles).

Notamment, on peut calculer directement la valeur de U qui est donnée par la distribution des charges électriques. Pour une charge isolée c’est simplement la valeur de la charge divisé par la distance à la charge. C’est le potentiel de Coulomb.

Par contre ce choix ne marche que dans un référentiel donné. Si l’on change de référentiel, alors la relation ci-dessus ne peut pas s’appliquer. Cette règle impose donc un référentiel arbitraire dans lequel les lois physiques prennent une forme plus simple. Le principe de relativité n’est pas respecté, ce qui peut poser des difficultés si l’on travaille dans une situation où la relativité joue un rôle important.

Jauge de Lorentz

On choisit de poser :

Variation spatiale de A variation temporelle de U = 0

(pour être exact il y a aussi un facteur

, la vitesse de la lumière).

Ce choix est un peu plus compliqué mais on montre qu’il a l’avantage de respecter la relativité.

« Tenseur » électromagnétique

Le choix de la jauge de Lorentz relativiste est particulièrement élégant car il autorise un formalisme encore plus compact.

En relativité, on rassemble les quatre coordonnées de chaque événement (

espace à quatre dimensions (à la géométrie un peu particulière dite de Minkowski).

) pour décrire un

Dans ce formalisme les vecteurs de l’espace-temps ont aussi quatre coordonnées car en plus des trois directions de l’espace, il y a le temps. On parle de « quadrivecteurs ».

On montre ainsi que l’on a les quadrivecteurs suivants :

Le courant électrique :

(

Qui rassemble le courant j ordinaire et la densité de charge électrique

temporelle (là aussi nous avons omis le facteur

)

).

Le potentiel :

comme composante

(

)

Et mieux encore, on peut rassembler les vecteurs champs électriques et magnétiques E et B dans un « tableau » unique (en fait un objet mathématique appelé « tenseur »). Il est appelé tenseur

électromagnétique

ou champ électromagnétique.

Les équations deviennent très simple :

Variation de

= courant

Cela montre bien l’unité des deux champs : le champ électrique et le champ magnétique ne sont que deux facettes du même champ : le champ électromagnétique.

Les ondes électromagnétiques

Solutions ondulatoires

Les équations de Maxwell se résolvent facilement dans le vide, c’est–à-dire en l’absence de charges électriques et de courant.

Contrairement à ce que l’intuition pourrait laisser suggérer, les solutions ne sont pas nulles. On n’a pas nécessairement une absence de champs électriques et magnétiques. Nous avons vu la production de tels champs par des charges et des courants. On pourrait donc penser que de tels champs ne peuvent pas exister dans cette situation. Mais nous avons vu aussi que des champs électriques variables donnaient un champ magnétique et inversement.

Soyons clair : au départ, il faut forcément des charges électriques ou des courants pour créer les champs magnétiques et électriques. Mais un fois ceux-ci formé ils se propagent loin des charges et la variation de l’un peut créer l’autre. Il n’est donc pas si étonnant que ces champs puissent se maintenir et se propager.

Les solutions montrent que l’on a des ondes électromagnétiques. C’est-à-dire des champs électriques et magnétiques qui varient dans l’espace et le temps de manière périodique.

D’autres solutions sont possibles, mais le calcul montre qu’on peut les obtenir par combinaison des ces solutions ondulatoires.

Nous allons d’abord voir comment les champs électriques et magnétiques peuvent varier de concert et se maintenir l’un l’autre. Rassurez-vous, nous n’allons pas résoudre les équations ! Nous allons simplement utiliser ce que nous avons vu.

Ensuite nous décrirons les propriétés des ondes en général et des ondes électromagnétiques en particulier.

Variation dans l’espace et le temps

Considérons un champ électrique qui varie comme suit :

Les vecteurs champs électriques sont verticaux. Nous avons représenté la grandeur de ces vecteurs, c’est

Les vecteurs champs électriques sont verticaux. Nous avons représenté la grandeur de ces vecteurs, c’est-à-dire l’intensité du champ électrique. Cette intensité varie périodiquement le long de la ligne (sinusoïde). De plus, au cours du temps, le champ électrique se décale vers la droite (propagation).

Cela signifie qu’en un point donné, le champ électrique varie au cours du temps. Nous savons que dans ce cas, cela implique la présence d’un champ magnétique.

L’équation de Maxwell correspondante dit que le rotationnel (qui correspond à une variation spatiale) du champ magnétique est égal à la variation dans le temps du champ électrique. Le rotationnel implique aussi que ce champ magnétique sera perpendiculaire au champ électrique et à la propagation. On voit de plus que la variation spatiale de la sinusoïde est la plus forte quand la courbe passe pas la valeur minimale (sur la ligne) et la plus faible au sommet des bosses et des creux (la variation correspond à la pente de la courbe). Et il est facile de voir qu’il en est de même de la variation dans le temps.

Le résultat est un champ magnétique : qui varie périodiquement, qui varie de concert avec le champ électrique, et est perpendiculaire.

Mais la variation du champ magnétique entraîne aussi l’existence d’un champ électrique ! Les mêmes

Mais la variation du champ magnétique entraîne aussi l’existence d’un champ électrique ! Les mêmes raisonnements que ci-dessus d’appliquent. On doit donc avoir un champ électrique perpendiculaire au champ magnétique. En principe il devrait être opposé au champ électrique initial, mais c’est ici qu’intervient un aspect crucial que nous avons déjà relevé : l’équation correspondante a un signe négatif. Cela se traduit aussi par les orientations opposées des boucles de lignes de champs lors d’une variation de ces champs. Le résultat est que le champ électrique produit n’est autre que le champ initial !

Ces deux champs s’entretiennent donc l’un l’autre tout en oscillant et en progressant.

Propriétés

Donnons maintenant les principales propriétés des ondes :

Donnons maintenant les principales propriétés des ondes : Les ondes sont des phénomènes qui varient de

Les ondes sont des phénomènes qui varient de manière périodique dans l’espace et le temps et qui se propagent. C’est le cas des vagues, des vibrations sonores, des vibrations d’une corde de guitare,…

Prenons comme exemple, pour fixer les idées, une vague qui se propage dans l’eau. L’onde a deux caractéristiques importantes :

Elle se propage dans un milieu qui est répandu dans toute une région. Par exemple une étendue d’eau.

Une certaine grandeur varie périodiquement. Ici, pour des vagues, la grandeur qui varie est la hauteur de l’eau. Cette hauteur varie périodiquement dans l’espace : ce sont les ondulations de la vague. Elle varie aussi périodiquement dans le temps : en un point, on voit l’eau monter et descendre. Et enfin, cette variation se propage : les vagues avancent. Notez que l’eau reste sur place, c’est la vague qui se propage, pas l’eau.

Il y a plusieurs grandeurs caractérisant une onde :

La longueur d’onde est la distance séparant deux bosses.

La fréquence est le rythme auquel les bosses se répètent en un point. On peut aussi utiliser la période qui est le temps écoulé entre l’apparition de deux bosses en un point.

La fréquence se mesure en Hertz qui vaut un « battement par seconde » ou une bosse de l’onde par seconde.

La vitesse de l’onde est la vitesse à laquelle se propage l’onde. Notez qu’il y a un lien simple entre les trois grandeurs la vitesse de l’onde est simplement sa longueur d’onde fois sa fréquence.

L’amplitude de l’onde est la hauteur des bosses.

Et enfin le front d’onde est l’avant de l’onde, de la vague. Mais on parle aussi de front d’onde ou de plan d’onde pour identifier un endroit particulier comme le sommet du bosse qui se propage. A un instant donné, le décalage d’un front d’onde par rapport à un point d’origine arbitraire, pris comme référence, est appelé la phase de l’onde.

La grandeur qui varie n’est pas toujours une vibration ou une ondulation. C’est le cas pour une vague ou une corde qui ondule. Mais la grandeur qui varie peut être absolument quelconque. Par exemple, on peut avoir une onde de chaleur, dans ce cas c’est la température qui varie. On peut aussi avoir une onde de pression, comme pour le son. Lorsqu’il y a déplacement du milieu, on parle de vibration ou d’ébranlement. Si le mouvement du milieu, par exemple l’eau, se fait perpendiculairement à la direction de l’onde, on parle d’onde transverse. Par exemple l’eau monte et descend alors que la vague se propage horizontalement. Si le mouvement se fait d’avant en arrière, dans le même sens que l’onde, on parle d’onde longitudinale. Comme l’onde de pression ou les mouvements de l’air qui se comprime et se déprime se fait dans le sens de propagation de l’onde. Bien sûr, quelle que soit la grandeur qui varie on peut toujours le représenter comme ci-dessus sur papier. Horizontalement on note la position de l’onde, et verticalement on trace la grandeur qui varie, même si ce n’est pas transversal : pression, température.

Le front d’onde ci-dessus n’est un point sur le dessin ci-dessus que parce que vous voyez la vague en coupe, par le côté. Une vague est plutôt étendue et tout le front de vague (front d’onde) peut mouiller une bande de sable de largeur importante sur une plage. Le front d’onde peut ainsi avoir plusieurs formes.

On parle d’ondes planes lorsque le front est plan ou rectiligne, comme les vagues b

On parle d’ondes planes lorsque le front est plan ou rectiligne, comme les vagues biens droites arrivant sur une bande côtière. On parle d’ondes sphériques lorsque le front est sphérique ou circulaire, comme les ronds dans l’eau lorsque l’on y jette une pierre.

Dans le cas des ondes électromagnétiques, notons plusieurs particularités :

Les grandeurs qui varient sont les champs électriques et magnétiques.

Il n’y a pas de milieu dans lequel l’onde se propagerait, elle peut se propager dans le vide. Un tel milieu n’est pas nécessaire puisque, nous l’avons vu, les deux champs s’entretiennent mutuellement.

La vitesse des ondes électromagnétiques (dans le vide) est toujours égal à

(environ 300000

km/s, soit un milliard de kilomètres par heure).

Les ondes sont transverses. Les ondulations représentées plus haut pour l’onde électromagnétique ne sont pas des déplacements. Elles représentent l’intensité des champs. Mais les vecteurs E et B sont toujours perpendiculaires à la direction de propagation.

La direction du vecteur électrique est appelé la polarisation de l’onde. Il a été représenté verticalement plus haut mais il pourrait être horizontal. Il peut même varier et tourner au fur et à mesure que l’onde progresse (on parle de polarisation circulaire).

Energie

Puisque les ondes électromagnétiques se propagent, on peut se poser la question : est-ce qu’elles transportant de l’énergie ?

La réponse est oui. Et d’ailleurs c’est facile à voir. En effet, lorsqu’une onde électromagnétique arrive sur une charge électrique, celle-ci va être perturbée. En particulier, si elle est initialement immobile, le champ électrique va agir sur la charge et la mettre en mouvement. Comme le champ varie de manière périodique, la charge électrique va vibrer. Une charge vibrante contient une certaine énergie de vibration qui lui a donc été apportée par l’onde électromagnétique.

L’énergie se propage dans la même direction que l’onde, ce qui n’est pas une surprise, et la quantité d’énergie transmise est directement proportionnelle au carré du champ électrique (plus exactement

Spectre

Puisque la vitesse des ondes électromagnétiques est toujours la même, la connaissance de la longueur d’onde ou de la fréquence suffit à les caractériser. On a donc des ondes électromagnétiques de différentes longueurs d’onde dont les propriétés physiques sont liées à cette longueur d’onde ainsi qu’aux interactions avec la matière. Ainsi, selon la longueur d’onde, les ondes électromagnétiques ont différents aspects.

On découvre ainsi que la lumière visible est une forme d’onde électromagnétique, mais aussi les ondes radios, les infrarouges, les ultraviolets, les rayons X et les rayons gammas. Ils ne diffèrent que par la longueur d’onde. L’ensemble de toutes les longueurs d’onde (ou les fréquences) s’appelle le spectre.

que par la longueur d’onde. L’ensemble de toutes les longueurs d’onde (ou les fréquences) s’appelle le

Autres aspects

Interférences

Interférences

Les ondes ont quelque chose de particulier. Elles peuvent s’ajouter et se soustraire. On appelle cela des interférences.

et se soustraire. On appelle cela des interférences . Lorsque deux ondes se superposent, si les

Lorsque deux ondes se superposent, si les bosses sont en phase, c’est-à-dire au même endroit au même moment, elles s’ajoutent (l’eau est doublement soulevée). Et lorsque les bosses sont en décalage de phase (les bosses et les creux se superposent), elles se soustraient. Cela donne toutes sortes de situations intéressantes. Vous pouvez facilement observer ce phénomène en jetant deux pierres dans l’eau, à des endroits légèrement différents, et en regardant les vagues se croiser. Notez aussi qu’une fois le croisement effectué, les vagues continues comme si rien ne s’était passé, tout comme deux rayons de lumière se croisent sans s’altérer.

Une manière importante d’étudier la propagation des ondes est la méthode des ébranlements imaginée par Huygens. L’idée est qu’en chaque point, une onde qui passe excite le milieu. En chaque point excité, on a un « ébranlement » provoquant l’émission d’une onde sphérique de même amplitude. L’onde totale est la somme de toutes les ondes émises, celle-ci pouvant aussi intéférer.

Ca reste assez compliqué. Mathématiquement, c’est particulièrement ardu. Mais le principe est,assez simple. L’important est que si l’on considère les ébranlements produits par une onde plane, tous les ébranlements en tout point, et qu’on additionne toutes les ondes, on retrouve l’onde plane. Ce sont deux manières d’étudier la même chose ! Ou bien on regarde simplement l’onde plane se propager ou bien on fait la somme de toutes les petites ondelettes produites par les ébranlements.

Réflexion

Pourquoi quelque chose d’aussi compliqué ?

Cela permet d’étudier des situations plus compliquées où la propagation ne se fait pas simplement en ligne droite, comme la réflexion de la lumière par un miroir.

droite, comme la réflexion de la lumière par un miroir. On regarde les ébranlements produit par

On regarde les ébranlements produit par l’onde plane incidente en chaque point de la surface du miroir. En chacun de ces points, une onde circulaire est émise. En faisant la somme de toutes ces ondes, on trouve l’onde réfléchie, obéissant aux lois de la réflexion.

l’onde réfléchie, obéissant aux lois de la réflexion. Chaque onde sphérique est émise avec un décalage

Chaque onde sphérique est émise avec un décalage qui dépend de l’angle d’incidence. A cause de ce décalage, on calcule facilement que les ondes ne s’additionnent que dans une seule direction avec un angle de réflexion identique à l’angle d’incidence.

Réfraction

On peut aussi étudier la réfraction de la lumière passant dans un milieu transparent. Par exemple

dans l’eau. Pour obtenir les résultats requis il faut que la lumière ait moins vite dans l’eau, on trouve

Pour le comprendre faisons une analogie avec une troupe de soldats marchants en rangs d’oignons.

avec une troupe de soldats marchants en rangs d’oignons. Supposons que les soldats passent d’un sol

Supposons que les soldats passent d’un sol dur à une zone de sable où ils avancent beaucoup plus lentement. Alors les soldats situés à gauche ci-dessus atteignent la zone de sable avant ceux de droite. Ils se font rattraper par ceux de droite et cela va décaler la ligne

de front de la troupe. Pour rester bien alignés les soldats doivent bifurquer comme on le voit. On a un phénomène analogue avec les ondes et les fronts d’onde.

Diffraction

Lorsqu’on regarde un rayon lumineux on voit un trait étroit. Comment cela est-il possible avec les ondes qui sont uniformément réparties dans l’espace ?

Pour cela il faut regarder un autre phénomène, la réfraction.

cela il faut regarder un autre phénomène, la réfraction. Lorsqu’une onde frape le bord d’un obstacle,

Lorsqu’une onde frape le bord d’un obstacle, on a formation d’ondes circulaires. Souvenez-vous des ébranlements. Cela provoque une légère dispersion de l’onde par le bord de l’obstacle. C’est la réfraction. Les ondes se dispersent sur une largeur de quelques longueurs d’onde. Si la longueur d’onde est petite, l’effet est assez faible.

Prenons maintenant un trou comme ci-dessus. Le même phénomène se produit. Si le trou est petit, de l’ordre de la longueur d’onde, une onde circulaire apparait aux points ébranlés. L’onde plane est totalement dispersée. On peut faire l’expérience avec des vagues en observant leur arrivée sur une digue où une ouverture a été pratiquée. Un trou comme une tête d’épingle ne produit pas un beau rayon lumineux. On a juste une zone étincelante car la lumière est dispersée. Par contre, lorsque le trou est assez large, l’effet est marginal (toujours à cause des nombreuses ondelettes qui vont s’ajouter et se soustraire) et il reste un beau rayon lumineux. Un rayon lumineux constitué d’ondes de largeur courtes avançant de front est donc possible si le rayon lumineux n’est pas trop étroit.

Expérience de Young

Young a particulièrement étudier les interférences des ondes. Prenons la situation suivante avec des vagues.

des ondes. Prenons la situation suivante avec des vagues. Lorsque des vagues arrivent sur une digue

Lorsque des vagues arrivent sur une digue dans laquelle on a pratiqué une ouverture, on a la formation d’une vague circulaire à la sortie. Si on la fait suivre d’une digue avec deux trous, on a deux ondes circulaires. Les deux ondes vont se mélanger et interférer. Selon le point considéré on va avoir addition de deux bosses ou de deux creux, ou bien on va avoir une bosse et un creux en même temps, donnant une eau étale. Si on regarde la hauteur des vagues résultantes le long d’une plage, la hauteur des vagues varie périodiquement. La courbe ainsi obtenue s’appelle « figure d’interférences » et est très caractéristique des ondes.

On peut aussi faire l’expérience avec la lumière.

Il y a toutefois une difficulté. Comme avec les vagues, il faut des ondes régulièrement

Il y a toutefois une difficulté. Comme avec les vagues, il faut des ondes régulièrement espacées. C’est-à-dire avec une longueur d’onde bien précise. Pour cela on peut utiliser par exemple la lumière émise par du sodium incandescent. Il émet une lumière d’un orage vif et intense.

Et on obtient une figure d’interférence.

Ca montre aussi que la couleur est liée à la longueur d’onde. De plus, la largeur des raies sombres et claires sur la figure d’interférence dépend de deux choses :

La géométrie du dispositif : distance entre les fentes, distance entre les fentes et l’écran.

La longueur d’onde.

La relation est même assez simple. La largeur des raies permet ainsi de mesurer la longueur d’onde.

Milieux matériels

Jusqu’ici nous avons parlé uniquement de la propagation des ondes électromagnétiques dans le vide, sauf pour la réfraction mais même dans ce cas, nous avons vu cela du point de vue général des ondes et pas spécifiquement des champs électriques et magnétiques.

Quels sont les effets des champs électromagnétiques sur la matière et réciproquement ?

La matière

Une (très) brève description de la matière s’impose. La matière est composée d’atomes disposés de manière régulière ou plus ou moins complexe. Par exemple, pour le simple sel de cuisine, on a :

complexe. Par exemple, pour le simple sel de cuisine, on a : Les atomes de sodium

Les atomes de sodium (Na) et de chlore (Cl) (le sel étant du chlorure de sodium) sont disposés régulièrement, alternativement dans une structure cubique qui se reflète dans la structure cubique des cristaux de sel.

Chaque atome est composé d’un noyau massif chargé positivement et d’électrons petits et légers (plis de mille fois plus léger que le noyau) de charge négative.

de mille fois plus léger que le noyau) de charge négative. Le noyau est plutôt petit

Le noyau est plutôt petit et compact et les atomes sont dispersés à une grande distance du noyau (le dessin n’est pas à l’échelle). Certains de ces électrons tournent autour du noyau.

Polarisation

Attention, la polarisation dont il va être question ici n’a rien à voir avec la polarisation des ondes électromagnétiques dont nous avons parlé plus haut. Il est malheureux que le même mot soit utilisé mais c’est ainsi et on doit faire avec. La contexte permet heureusement de savoir de quoi on parle.

Supposons que l’on ait une substance quelconque plongée dans un champ électrique (appliqué de l’extérieur).

Le champ électrique E agit sur les noyaux et les électrons. De plus, les charges de ces derniers étant opposées, les forces subies également. On a donc une déformation des atomes. En fait, comme ce sont les électrons qui sont les plus légers, c’est essentiellement eux qui se déplacent.

Sous cette déformation, les atomes se transforment en dipôles électriques. Ce phénomène s’appelle la polarisation

Sous cette déformation, les atomes se transforment en dipôles électriques. Ce phénomène s’appelle la polarisation de la substance. Ces dipôles chargés créent eux-mêmes un petit champ électrique. Même s’il est très faible (un atome c’est minuscule), ils s’ajoutent et forment un champ électrique P non négligeable appelé polarisation aussi.

Ces deux champs sont opposés. A l’intérieur de la substance on a donc un champ total :

(en fait, avec des vecteurs, le signe est déjà inclus et il faudrait une addition, on met « - » pour montrer ici qu’ils sont opposés, ce n’est pas l’aspect mathématique qui nous préoccupe).

Pour des raisons de choix d’unité de mesure, la constante

On note aussi :

n’est pas égale à 1.

Où la valeur

réaction au champ électrique et donc

dépend de la substance. En particulier, dans le vide, il n’y a pas de substance, pas de

. Dans ce cas on a :

Tandis que dans un milieu matériel, on a

et on écrit :

Ces différentes constantes sont :

: constante diélectrique du vide.

: constante diélectrique de la substance.

: constante diélectrique relative de la substance.

Notons qu’il existe des matériaux anisotropes, c’est-à-dire dont certaines propriétés dépendent de la direction. C’est typiquement le cas des cristaux. Par exemple, les cristaux cubiques du sel ont des directions privilégiées : les axes de symétries du cube. Dans ce cas, la constante diélectrique peut

dépendre de la direction, c’est-à-dire que

champ électrique. On a aussi des cas où cette constante n’est pas un simple nombre car la direction de P n’est pas la même que E car la déformation des atomes dépend de la structure du cristal.

Magnétisation

Plaçons de même la substance dans un champ magnétique B. Les électrons dans les atomes ne sont pas immobiles. Ils sont donc influencés par le champ magnétique, ce qui déforme l’atome.

dépend de la substance mais aussi de la direction du

Le résultat net est que l’atome ainsi déformé acquiert une aimantation, c’est-à-dire développe un champ magnétique M. Notons que certains atomes présentent naturellement un tel magnétisme et le champ magnétique externe ne fait qu’orienter ces aimants atomiques.

Dans la matière on a donc un champ magnétique résultant :

Et là aussi la constante

est différente de 1 à cause du choix des unités de mesure.

De même que ci-dessus, on note :

Et

Avec :

: constante paramagnétique du vide.

: constante paramagnétique de la substance.

: constante paramagnétique relative de la substance.

Vitesse des ondes électromagnétiques

Il n’est pas très difficile d’adapter les équations de Maxwell pour utiliser les champs D et H et donc les adapter pour toute substance.

Les solutions ondulatoires restent les mêmes sauf la vitesse des ondes. Le calcul montre que la

vitesse

des ondes électromagnétiques est liée aux constantes diélectrique et paramagnétique par :

Et en particulier, dans le vide on trouve :

Cela permet de calculer l’indice de réfraction

de la substance.

Effet Tcherenkov

La relativité nous apprend qu’aucun corps ne peut dépasser la vitesse de la lumière dans le vide, soit , environ 300000 km/s. Mais dans une substance quelconque transparente, la vitesse de la lumière est plus faible. Par exemple, dans l’eau, la lumière se déplace à environ 200000 km/s.

Rien n’empêche donc qu’une particule puisse se déplacer plus vite que la lumière dans une substance donnée. Que se passe-t-il si une particule chargée électriquement se déplace plus vite que la lumière ?

Intuitivement : la particule émet un champ électrique. Du fait de son déplacement, le champ électrique va varier. Par exemple, pour un observateur situé devant, le champ électrique étant en , il va augmenter au fur et à mesure que la particule se rapproche. Mais les variations du champ électrique ne peuvent pas déplacer plus vite que les perturbations quelconques du champ électromagnétique, c’est-à-dire à la vitesse des ondes électromagnétiques, la vitesse de la lumière. Si la particule va plus vite que la lumière, ces modifications du champ électrique n’ont pas le temps de se propager vers l’avant et vont en quelque sorte s’accumuler devant la particule.

C’est tout à fait analogue au passage du mur du son par un avion où les vibrations sonores s’accumulent devant l’avion et forment une onde de choc responsable du « bang » supersonique (ce bang est la surpression de cette ond²e de choc lorsqu’elle passe au niveau de notre oreille).

On s’attend donc à ce que la particule chargée émette de même un flux d’ondes électromagnétiques.

C’est en effet ce qui est constaté et c’est appelé effet Tcherenkov.

Sous cette émission de rayonnement, la particule subit un freinage important jusqu’à la ramener à une vitesse égale à la vitesse de la lumière. Le rayonnement émit est d’ailleurs semblable au rayonnement de freinage, c’est-à-dire au rayonnement émit par une particule chargée lorsqu’elle est brutalement freinée ou déviée, par exemple lors d’un choc violent avec un obstacle. Ce phénomène est observé lorsque des électrons rapides viennent percuter une électrode biseautée. La déviation brutale des électrons s’accompagne d’un fort rayonnement dans le domaine des rayons X. C’est le principe des tubes Röntgen.

Le rayonnement émit est calculable en utilisant les équations de Maxwell. Le calcul n’est toutefois pas simple. Ce qui est facile à montrer, par contre, est la direction prise par le rayonnement. La méthode graphique est analogue à celle rencontrée dans l’analyse du passage du mur du son.

celle rencontrée dans l’analyse du passage du mur du son. Pour la particule moins rapide que

Pour la particule moins rapide que la vitesse de la lumière, les fronts d’ondes successifs étant plus

rapides, ils entourent la particule. Par contre, la particule plus rapide dépasse la particule. Les ondes s’accumulent sur le cône d’émission qui est d’autant plus pointu que la vitesse est rapide. L’angle au

sommet du cône est proportionnel à

et

est la vitesse de la lumière dans le milieu considéré

la vitesse de la particule. Les ondes émises sont surtout concentrées le long de ce cône.

On peut observer le rayonnement Tcherenkov dans les centrales nucléaires. La piscine dans laquelle est plongé le cœur irradie d’une lueur bleutée caractéristique. Celle-ci n’est pas due à la radioactivité

mais aux électrons rapides émis par le cœur. Une fois dans l’eau, ils émettent alors le rayonnement Tcherenkov.

Ce rayonnement est aussi très utilisé en physique des particules. La mesure du rayonnement est une bonne mesure de la direction et de la vitesse des particules chargées. Par exemple les grands détecteurs de neutrinos utilisent ce principe. Les neutrinos, particules légères sans charge électrique ont un caractère presque fantomatique (la plupart des neutrinos cosmiques ou émis par le Soleil traversent toute la Terre et continuent comme si de rien n’était). Leur absence de charge ne les rend pas non plus détectables par effet Tcherenkov. Mais lorsqu’un neutrino heurte un électron, ce qui arrivé à l’occasion, celui-ci est éjecté et peut être détecté par cet effet. La cuve d’eau du détecteur est tapissée de cellules photo-électriques ce qui permet une mesure précise et permanente sur une longue durée.

Les photons

Avant d’aborde la quantification du champ électromagnétique et le photon, il est nécessaire d’étudier quelques phénomènes et de plonger dans les eaux troubles de la mécanique quantique.

Spectre des atomes

Chaque atome peut émettre ou absorber de la lumière. Par exemple, si la matière est fortement chauffée, les atomes entrent en collision avec l'agitation thermique, les atomes sont alors dans un état excité qui se traduit par l'émission de lumière.

On constate que chaque type d'atome émet seulement certaines longueurs d'ondes (certaines couleurs). L'ensemble des longueurs d'ondes émises (ou absorbées) par un atome s'appelle son spectre.

La spectroscopie est donc l'étude du spectre d'un atome.

Il est assez facile d'observer le spectre d'un atome en dispersant les couleurs avec, par exemple, un prisme.

en dispersant les couleurs avec, par exemple, un prisme. Chaque spectre est unique. C'est un peu

Chaque spectre est unique. C'est un peu comme une empreinte digitale. Le simple fait de voir le spectre permet de connaître l'élément qui l'a émis. Ainsi, par exemple, l'observation du spectre d'une étoile permet de connaître sa composition. C'est de cette manière que l'on sait que notre Soleil est composé en grande partie d'hydrogène et d'hélium et d'un peu de carbone d'azote et d'oxygène.

C'est d'ailleurs comme cela qu'on découvrit l'hélium la première fois, d’om son nom tiré de hélios qui signifie soleil en grec.

L'atmosphère terrestre peut absorber aussi certains rayonnements. Par exemple, la couche d'ozone troposphérique absorbe les rayonnements ultraviolets les plus énergétiques et très nocifs et l'humidité de l'air et le gaz carbonique absorbe le rayonnement infrarouge provoquant l'effet de serre qui garantit à notre planète une température douce et favorable à la vie mais qui est aussi la cause de bien des soucis en ce début de vingt et unième siècle à cause de l'émission humaine d'une quantité trop importante de gaz à effets de serres.

quantité trop importante de gaz à effets de serres. Lorsque l'on observe des raies sombres sur

Lorsque l'on observe des raies sombres sur un spectre lumineux comme ci-dessus, on parle d'un spectre d'absorption. Lorsque l'on observe des raies lumineuses sur un font sombre (par exemple un gaz chauffé) on parle de spectre d'émission. Bien entendu, l'un est simplement le négatif de l'autre.

C'est grâce à ces spectres (dans la lumière visible, dans les ondes radios, etc.) que les astronomes explorent l'univers. Les spectres donnent énormément d'indications sur la nature des corps célestes observés, en tout premier lieu leur composition chimique.

Notons que l'absorption de certains rayonnements par l'atmosphère constitue aussi une gêne pour les astronomes qui voudraient observer l'univers dans cette gamme de rayonnement et qui ne peuvent, dans ce cas, compter que sur les observatoires placés en orbites.

Balmer découvrit que les longueurs d'ondes d'un spectre obéissent à des règles simples : si on a une

raie de fréquence

(mais pas une de fréquence

qu'avec certaines raies « proches »). Cette découverte est assez remarquable car le spectre s'étale largement (depuis les ondes radios jusqu'aux ultraviolets) et Balmer, à son époque, ne pouvait analyser que les raies en lumière visible, soit une toute petite partie du spectre et seulement quelques raies par atomes. Il fallait être très malin et très imaginatif pour découvrir ces règles sur seulement si peu de cas.

suivie d'une raie de fréquence

, alors on a aussi une raie de fréquence

, par exemple, la série ne continue pas, ça ne marche donc

Ces règles simples, ces régularités devaient être un voile levé sur les secrets de la structure des atomes. Encore fallait-il découvrir ces secrets.

Le corps noir

Vous avez tous vu un morceau de métal chauffé au rouge. Lorsqu’un morceau de fer est chauffé très fortement, il devient lumineux. Plus il est chaud, plus il est lumineux et plus sa couleur tire vers le blanc.

Tout le monde sait aussi qu’un être vivant (un corps humain fait trente-sept degrés) émet du rayonnement infrarouge. C’est grâce à ce procédé que fonctionnent certains systèmes d’alarmes équipés de détecteurs infrarouges. De même, certaines lunettes de « vision nocturne » permettent simplement de voir les infrarouges. Beaucoup d’entre vous ont même sûrement déjà vu le film Predator avec Arnold Schwarzeneger où l’extraterrestre possède une vision infrarouge, ce qui permet au héros d’échapper à la créature en s’enduisant d’eau et de boue froide.

Vous avez peut-être déjà eut aussi l'occasion d'observer ces magnifiques photos du ciel prises dans l'infrarouge par certains satellites équipés de télescopes captant ce rayonnement (comme le satellite IRAS). On y voit de nombreux objets qui sont invisibles à la lumière visible tels que des nuages de poussières dans la galaxie, trop froids que pour émettre autre chose que du rayonnement infrarouge.

C’est donc un fait. Tout corps chaud émet un rayonnement. Ce rayonnement est d’autant plus intense et de longueur d’onde courte que la température est élevée. Mais comment étudier ce rayonnement ? Cela doit certainement être fort compliqué car on comprend aisément que le rayonnement doit dépendre non seulement de la température du corps mais aussi de sa nature, de sa composition.

Comment rendre les choses suffisamment simples pour les étudier ? Par exemple, pour étudier l'effet de la température seule. Dans cette optique, on définit un corps « idéal » appelé corps noir.

Un corps noir est un corps possédant deux propriétés :

Il est en équilibre thermique. C’est à dire qu’il a une température uniforme et constante.

Il absorbe tous les rayonnements sans exception. C’est à dire qu’il n’est pas réfléchissant.

C’est cette dernière propriété qui lui donne son nom de corps noir, car il absorbe toute la lumière comme de la couleur noire alors qu'une feuille blanche réfléchit presque toute la lumière qu'elle reçoit. Un miroir réfléchit aussi toute la lumière avec la propriété supplémentaire qu'il est tellement lisse que la lumière est toujours réfléchie dans une direction bien précise, ce qui permet de conserver la « forme » de l'image et donc d'y voir son reflet.

Comme le corps noir est en équilibre thermique, comme sa température ne varie pas, cela signifie qu’il reçoit autant d’énergie qu’il en émet. C’est à dire que tout rayonnement absorbé est réémit. Si ce n'était pas le cas, par exemple s'il absorbait plus d'énergie qu'il n'en émet, cette énergie accumulée sous forme thermique augmenterait rapidement la température du corps.

Un corps noir a une propriété extraordinaire qui a rapidement été constatée : son rayonnement est universel. C’est à dire qu’il émet un rayonnement électromagnétique qui ne dépend que de sa température, pas de sa nature. Qu’il soit en bois, en verre, en papier, peu importe, du moment qu’il se comporte comme un corps noir, il émet un rayonnement identique aux autres corps noirs.

Bien entendu, s’il émet toujours le même rayonnement et s’il réémet tout ce qu’il absorbe, il y a un problème. Comment ce qui est émis peut-il rester constant et universel si ce qui est reçu varie ? En réalité, ce n’est pas grave. Il suffit que le déficit d’énergie soit fournis (ou évacué) par une source extérieure afin de garder l’équilibre thermique, nous en verrons des exemples.

Cela se démontre aisément en utilisant les lois de la thermodynamique, en particulier la conservation de l’énergie totale et le second principe. Imaginons le dispositif suivant :

et le second principe. Imaginons le dispositif suivant : On a une boite parfaitement isolante et

On a une boite parfaitement isolante et réfléchissante. A l’intérieur on a deux substances différentes qui sont des corps noirs. Entre les deux, une paroi filtrante ne laisse passer que certaines longueurs d’ondes et est parfaitement réfléchissante pour le reste du spectre.

Imaginons qu’initialement la température soit uniforme dans toute la boîte. Puisque les parois et le filtre sont parfaitement réfléchissant et les parois parfaitement isolées, la seule évolution que pourrait subir l’ensemble c’est par le rayonnement qui passe à travers le filtre.

Supposons que le rayonnement de corps noir ne soit pas universel, qu’il dépende de la température mais aussi des substances concernées. Alors le spectre de corps noir des deux substances doit être différent au moins pour une partie des longueurs d’onde.

Choisissons un filtre qui ne laisse passer le rayonnement électromagnétique que dans cette gamme de longueur d’onde. Puisque le rayonnement est différent, il y aura plus de rayonnement qui passe dans un sens que dans l’autre.

Les substances étant parfaitement absorbantes (corps noirs), elles absorbent le rayonnement reçu. Le corps qui émet le moins de rayonnement dans la gamme de longueurs d’onde concernée, va en

recevoir plus qu’il n’en émet et l’inverse pour le second corps. Par conséquent le premier corps va s’échauffer et voir sa température augmenter tandis que le second va se refroidir.

Ce phénomène est directement en contradiction avec le second principe de qui n’autorise l’échange spontané de chaleur que d’un corps chaud vers un corps froid. Puisque les deux parties de la boîte se retrouvent à une température différente, elles pourraient servir de sources froide et chaude pour une machine thermique produisant de l’énergie mécanique ou électrique. L’énergie retirée pourrait simplement être rendue en ouvrant la boîte pour qu’elle reprenne la température ambiante puis on referme la boîte et on continue. On aurait ainsi une machine perpétuelle qui fournit de l’énergie indéfiniment. Ce qui est impossible.

Puisque tout cela découle de l’hypothèse d’un rayonnement non universel, cela démontre que le rayonnement du corps noir doit être universel selon la thermodynamique.

Revenons aux objets réels tels qu’un morceau de métal. Bien évidemment, une plaque de métal poli est un très mauvais corps noir car cette plaque n’absorbe pas tous les rayonnements, c’est un miroir ! Par contre, un objet peint en noir est un bon corps noir (si la peinture est « noire » également pour d’autres rayonnements que la lumière visible, c’est à dire si elle absorbe les infrarouges, etc.).

Un morceau de métal chauffé très fortement perd sa capacité de miroir et devient un bon corps noir.

D’une manière plus générale, même si le corps n’est pas parfaitement « noir » parce qu’il reflète un peu de lumière, ce n’est pas grave. Le rayonnement n’est plus universel mais il ressemble encore à celui du corps noir (on parle alors de corps gris). On peut aussi avoir un corps qui est un bon corps noir dans une certaine gamme de rayonnement. Par exemple, le corps humain reflète la lumière visible. Mais ce n’est pas grave, à trente-sept degrés Celsius, un corps humain émet surtout des infrarouges et, dans ce domaine de longueur d’onde, le corps humain absorbe les rayonnements infrarouges.

Un four fermé mais percé d’un petit trou et équipé d’un thermostat est un bon corps noir.

infrarouges. Un four fermé mais percé d’un petit trou et équipé d’un ther mostat est un

Plus exactement, c’est le trou qui est un corps noir ! La température du four et donc la température « vue » à travers le trou est constante et uniforme grâce au thermostat. Le rayonnement entrant (s’il existe) a peu de chance de ressortir même si les parois intérieures sont légèrement réfléchissantes, car il va se refléter un grand nombre de fois avant de réussir à repasser par le petit trou. Il sera donc quasiment absorbé en totalité. Ce dispositif permet d'étudier facilement un corps noir à une température quelconque dans un laboratoire.

Le soleil est un excellent corps noir ! C’est avec un tel exemple qu’on se rend compte que le nom est bien mal choisi. Sa température de surface est constante et uniforme (environ 6000 degrés) en dehors de quelques endroits (tâches solaires, protubérances solaires, des éruptions de matière solaire). Le rayonnement qui arrive sur lui est totalement absorbé (le soleil est composé de gaz qui ne se comporte certainement pas comme un miroir !).

Bien entendu, il n’y a pas beaucoup de rayonnement qui lui parvient. C’est lui qui est sensé éclairer les planètes, pas l’inverse ! Mais le soleil possède sa source d’énergie (un peu comme le four, sauf que pour le soleil c’est d’origine thermonucléaire) qui permet de maintenir l’équilibre thermique.

Voyons un peu à quoi ressemble ce fameux rayonnement de corps noir.

qui permet de maintenir l’équilibre thermique. Voyons un peu à quoi ressemble ce fameux rayonnement de

En bas on a indiqué la longueur d’onde émise. La hauteur de la courbe donne l’intensité du rayonnement (l’énergie émise par seconde par unité de surface, par exemple en Watt par mètre carré). On a tracé une courbe pour différentes températures.

On constate immédiatement plusieurs choses :

l’énergie totale est d’autant plus grande que la température est élevée. Elle est même proportionnelle à la puissance quatrième de la température (mesurée en Kelvin, c’est à dire à partir du zéro absolu qui vaut moins -273 degrés Celsius). C’est à dire que si la température double, l’énergie émise est multipliée par seize ! Ainsi, un morceau de métal chauffé à blanc émet une très grande quantité d’énergie (ça brûle, même sans toucher !).

Le maximum de la courbe, c’est à dire la longueur d’onde pour laquelle le rayonnement est le plus fort, se déplace vers les courtes longueurs d’ondes lorsque la température augmente. Un morceau de métal chauffé de plus en plus fort devient rouge, orange, jaune, blanc… A ce stade, il émet beaucoup de rayonnement bleu, mais comme il émet énormément d’énergie, même dans les autres couleurs (la courbe ci-dessus devient énorme), alors la couleur nous apparaît blanche.

Une lampe à incandescence fonctionne selon ce principe. Le filament est dimensionné de façon à s'échauffer à une température précise dont le maximum du rayonnement se situe dans la lumière visible et pour émettre une quantité d'énergie précise, on parle ainsi d'une lampe de 40 Watt, 60 Watt,…

Comment la théorie classique explique-t-elle ce rayonnement ? A ce stade, nous ne pouvons pas

connaître le mécanisme intime qui permet l’émission du rayonnement. Toutefois la théorie classique nous explique plusieurs choses :

La température est due, dans un solide, aux vibrations des atomes. Plus c’est chaud, plus ils vibrent fort. En fait, la température est une mesure directe de cette agitation.

Le rayonnement est une onde. C’est à dire une vibration électromagnétique qui se propage.

Les atomes contiennent des particules chargées, les électrons.

Les vibrations sont le domaine de la mécanique (et de la thermodynamique qui fait le lien avec la température).

Le rayonnement est le domaine de la théorie électromagnétique. La théorie de Maxwell montre qu'une charge qui est accélérée (par exemple, un électron « agité ») émet un rayonnement électromagnétique.

On peut supposer raisonnablement que les vibrations des atomes sont responsables du rayonnement émit, cela est cohérent avec le fait que l'agitation d'une charge provoque l'émission du rayonnement et avec le fait que ce rayonnement augmente avec la température (agitation plus grande). On peut également supposer que les vibrations sont reliées à celles du rayonnement. C’est à dire que la fréquence de vibration d’un atome correspond à celle de la lumière émise. Ce sont les seules hypothèses que l’on peut faire et elles sont logiques (et d’ailleurs parfaitement correctes, même après les problèmes que nous allons découvrir).

Que donne alors la théorie pour les courbes du corps noir ? Reprenons le graphique précédent et indiquons les courbes prédites par la théorie en bleu lorsqu'on effectue le calcul.

Il y a quelque chose qui cloche ! Regardons d’abord du côté des grandes longueurs

Il y a quelque chose qui cloche !

Regardons d’abord du côté des grandes longueurs d’ondes. Là, pas de problème. La théorie prédit exactement ce qui est observé. Et avec une grande précision encore. Notre hypothèse des vibrations semble donc bien correcte.

Regardons maintenant du côté des courtes longueurs d’ondes. Là, c’est la catastrophe (le problème fut d’ailleurs appelé catastrophe ultraviolette) ! La théorie prévoit que l’intensité du rayonnement doit continuer à grimper alors que l’expérience prouve le contraire.

La courbe théorique est même totalement absurde. Si on regarde l’énergie totale émise (donnée par la surface sous la courbe), la théorie dit qu’elle est infinie ! Il y a non seulement un problème mais, pire que cela, c’est même un très gros problème ! La théorie classique, pour les petites longueurs d’ondes est totalement erronées, complètement à côté de la plaque.

Pourquoi cet écart ? L’hypothèse des vibrations (liens entre vibrations des atomes et vibrations électromagnétiques) serait-elle fausse ? Mais alors pourquoi ça marche pour les grandes longueurs d’onde ? Y aurait-il moins de vibrations des atomes aux hautes fréquences ? Possible, mais pourquoi ? Il n’y a aucune raison physique apparente.

Le physicien Max Planck a eu alors une idée curieuse. Comment a-t-il eu cette idée ? Mystère. Le génie est parfois inexplicable !

Il s’est dit : et si l’énergie ne pouvait être émise que par « paquets » ? Peut-être existe-t-il un mécanisme inconnu dans les atomes qui empêche les vibrations atomiques de former des vibrations électromagnétiques n’importe comment. Il supposa que les paquets avaient une valeur très simple.

Pour une fréquence de vibration égale à

. est une constante appelée maintenant constante de Planck et identique pour toutes les fréquences,

toutes les températures,… (cette constante a une valeur extrêmement petite,

, un paquet aurait exactement une énergie égale à

J.s).

Lorsqu’un atome vibre à la fréquence

Mais il émet ce rayonnement par petites « bouffées » ayant une énergie

, il émet un rayonnement électromagnétique de fréquence

.

.

Regardons ce que cela change pour les grandes longueurs d’onde. Pour les grandes longueurs

d’onde, la fréquence est petite. Donc, la valeur

quantité d’énergie peut être émise (il suffit d’avoir la bonne quantité de petits paquets). Le calcul

montre que la courbe est inchangée. C’est déjà ça.

est très petite. Pratiquement n’importe quelle

Et pour les grandes fréquences, c’est à dire pour les courtes longueurs d’onde ? Là tout change !

L’énergie d’un paquet

car elle est limitée à un nombre entier d’une grosse quantité

devient grande. La matière ne sait plus émettre n’importe quelle énergie

.

Le calcul montre que la courbe théorique est fortement modifiée et… miracle ! Elle est exactement égale à la courbe mesurée. Avec une grande précision et pour toutes les longueurs d’onde et toutes les températures. Planck avait trouvé la clé.

Enfin, si on veut ! Car on ignore tout à ce stade de l’origine de ce phénomène. Quelle est le mécanisme qui provoque cette libération d’énergie par paquets ou par bouffées ? Et des paquets qui dépendent de la fréquence en plus. Mystère total. Mais le voile va bientôt se déchirer.

L’effet photo-électrique

L’effet photoélectrique est le phénomène où des électrons sont arrachés d’un métal par de la lumière. Ce phénomène est actuellement utilisé dans un grand nombre de dispositifs optoélectroniques mais il était déjà connu au début du vingtième siècle et fut étudié par Einstein (il obtint le prix Nobel pour cela).

Le phénomène fut découvert par Hertz. Celui-ci, pour étudier les ondes radios, utilisait un éclateur. C'est un petit dispositif avec deux boules métalliques et un arc électrique entre les deux boules. Hertz constata, par hasard, que s'il éclairait les boules avec de la lumière ultraviolette, l'arc électrique se déclenchait un peu plus facilement.

Il faut savoir que l'arc électrique n'est tout simplement qu'un flux d'électrons entre les deux boules, flux traversant l'air. L'aspect lumineux de l'arc est en fait dû à l'air : les électrons, en heurtant les molécules d'air, les excitent et leur font émettre de la lumière. Si l'arc a lieu dans le vide, il est invisible à l'œil nu et il se détecte en mesurant le courant électrique entre les boules. Donc, manifestement les ultraviolets « aident » les électrons à quitter les boules métalliques.

Hertz nota ce phénomène comme une simple anecdote. Ce qui l'intéressait, c'était les ondes radios. Pas la lumière, ni les électrons.

Par la suite, l'effet fut étudié plus en profondeur et on constata rapidement qu'il était plutôt incompréhensible.

Voyons cela d’un peu plus près en utilisant une diode.

Voyons cela d’un peu plus près en utilisant une diode. Que la diode contienne du gaz

Que la diode contienne du gaz ou qu’elle soit sous vide, le courant ne passe pas très facilement. Dans la diode que nous avions utilisée précédemment, un courant permettait de chauffer la cathode afin d’arracher plus facilement les électrons. Ici, nous avons supprimé ce dispositif. Pour que le courant passe, il faut appliquer une tension électrique considérable pour provoquer un arc électrique (environ 10000 Volts pour une diode de 10 centimètres).

Mais, si l’on éclaire la cathode avec une lumière ultraviolette, tout change. Le courant passe à nouveau facilement dans la diode car la lumière arrache les électrons de la cathode. Nous avons dit que la lumière était une onde, mais cela pose un problème. En effet, une onde, comme nous l’avons vu, est répandue uniformément dans tout l’espace. Si la lumière éclaire uniformément la cathode, l’énergie qui arrive sur chaque atome est très faible.

Un atome est si petit que la quantité d’énergie qu’il reçoit est vraiment infime. Même

Un atome est si petit que la quantité d’énergie qu’il reçoit est vraiment infime. Même avec une source de lumière très puissante, les électrons ne reçoivent pas assez d’énergie pour être arraché (on le calcule facilement). L’énergie nécessaire pour arracher un électron est en effet trop élevée (on peut la mesurer par d’autres méthodes, par exemple en mesurant et en calculant l’énergie thermique fournie lorsque l’on chauffe la cathode dans la première diode que nous avons vue ou en utilisant des processus chimiques avec échanges d'électrons).

Peut-être que l’énergie reçue s’accumule petit à petit ? Dans ce cas, lorsque l’énergie accumulée serait suffisante, l’électron pourrait être arraché. Le problème dans ce cas est double :

Le temps d’accumulation serait de plusieurs heures. Or l’effet photoélectrique est immédiat. Dès qu’on allume la lampe, le courant électrique se met à passer.

Tous les atomes subiraient ce phénomène, et d’un seul coup nous aurions un énorme paquet d’électrons arrachés. Ce phénomène n’est bien entendu pas observé.

Et si l’énergie qui arrive sur une grande surface se concentrait sur une petite surface pour arracher un électron ? Peut-être. Cela marcherait, effectivement. Mais pourquoi cet électron-là ? Si la lumière arrive sur toute la surface de la cathode, pourquoi l’énergie se concentrerait-elle sur telle petite portion de surface plutôt que telle autre ? Selon quelle règle ? De plus, s’il existait une telle règle (par exemple l’énergie se concentre au centre de la surface éclairée) ce serait toujours la même petite portion de surface qui recevrait l’énergie, c’est à dire que les électrons seraient toujours émis au même endroit de la cathode (par exemple au centre). Ce n’est pas ce qui se passe, bien que ce soit difficile à vérifier avec le dispositif ci-dessus, mais il peut aisément se perfectionner pour vérifier de quel endroit de la cathode les électrons sont arrachés. Le résultat est que les électrons partent d’un peu partout sur la cathode, d’une manière apparemment aléatoire.

Avant d’essayer de comprendre ce mystère, nous allons perfectionner le dispositif afin d’effectuer des mesures plus précises de l’énergie des électrons. En effet, l’énergie nécessaire pour arracher les électrons n’est pas encore bien connue. Nous avons dit qu’on pouvait la déduire à partir d’autres

phénomènes physiques comme le chauffage de la cathode, mais ces méthodes sont toujours indirectes. Il reste donc un doute que nous devons lever.

Le dispositif que nous allons utiliser est une triode.

Le dispositif que nous allons utiliser est une triode. La grille est portée à une tension

La grille est portée à une tension électrique négative, comme les électrons sont chargés négativement, ils sont repoussés par la grille. Toutefois, si la tension électrique de la grille est faible,

les électrons seront plus attirés par l’anode et ils arriveront à passer (à travers les trous de la grille). Il

existe donc une tension électrique

à partir de laquelle la grille va empêcher les électrons de passer.

Supposons qu’un électron d’énergie

l’électricité (et les expériences) nous apprennent que son énergie va varier s’il se déplace dans un champ électrique (par exemple, entre la grille et la cathode, il y a un champ électrique proportionnel à la tension électrique de la grille). C'est bien normal puisqu'il subit une force qui le pousse dans le sens du champ électrique et donc gagne de l'énergie cinétique (énergie de mouvement). L’énergie gagnée ou perdue par l’électron est tout simplement égale à la tension électrique multipliée par la charge de l’électron.

quitte la cathode. Que va-t-il se passer ? Les lois sur

Ici, les électrons sont repoussés par la grille. Lorsqu’ils s’approchent d’elle, ils perdent de l’énergie car ils doivent lutter contre le champ électrique qui les repousse. Cette énergie (que nous avons notée ) n’est rien d’autre que l’énergie cinétique des électrons (l’énergie due à leur mouvement). S’ils perdent trop d’énergie, ils s’arrêtent et le courant ne passe plus (ils font demi-tour et retombent sur la cathode).

Mais cette énergie, c’est l’énergie des électrons qui ont quitté la cathode. Ce n’est pas l’énergie reçue par l’électron (grâce à la lumière ultraviolette). Ce n’est pas non plus l’énergie nécessaire pour l’arracher à l’atome. Quel est le lien ?

Appelons

l’énergie nécessaire pour l’arracher à l’atome. Si

être arraché, il n’y a pas assez d’énergie. Si l’énergie

être arraché. Une partie de On aura donc tout simplement :

l’énergie reçue par l’atome. Appelons

l’énergie de liaison de l’électron, c’est à dire

, l’électron ne pourra pas

, alors l’électron peut-

est plus petit que

est plus grande que

sert à arracher l’électron et l’excès sert à propulser l’électron au loin.

Dans l’expérience, nous pouvons faire varier deux choses et nous pouvons mesurer deux choses.

Nous pouvons mesurer l’énergie

tension de la grille, et nous pouvons mesurer l’intensité du courant électrique, c’est à dire le nombre d’électrons qui passent. Nous pouvons faire varier l’intensité de la lumière ainsi que sa fréquence (c’est à dire sa longueur d’onde).

des électrons, comme nous venons de le voir en faisant varier la

Commençons par faire varier l’intensité lumineuse. Si l’on envoie une lumière deux fois plus intense, nous allons envoyer deux fois plus d’énergie sur la cathode. On s’attend donc à ce que l’énergie des électrons augmente avec l’intensité de la lumière. Faisons l’expérience et notons les résultats sous forme d’un graphique avec les deux valeurs mesurées (en noir l’énergie et en bleu le courant).

mesurées (en noir l’énergie et en bleu le courant). On s’est trompé, c’est le courant qui

On s’est trompé, c’est le courant qui varie ! Lorsque l’on double l’intensité de la lumière, c’est à dire lorsque l’on double l’énergie envoyée, les électrons gardent la même énergie, par contre, il y a plus d’électrons arrachés. Deux fois plus d’énergie implique deux fois plus d’électrons.

Voilà qui est assez curieux. Essayons alors de faire varier la fréquence de la lumière. A priori cela ne devrait rien changer.

On s ’est encore trompé ! Cette fois c’est le courant qui ne varie pas.

On s’est encore trompé ! Cette fois c’est le courant qui ne varie pas. Et l’énergie des électrons augmente avec la fréquence de la lumière. Donc l’énergie des électrons dépend de la fréquence de la lumière, c'est un résultat extrêmement intéressant.

Mais il y a une grosse différence avec le graphique précédent. On voit qu’en dessous d’une certaine

fréquence il n’y a plus de courant du tout car l’énergie des électrons est nulle, ça au moins on l’avait

prédit ! Lorsque la lumière a exactement la fréquence

nulle, et pour une fréquence un tout petit peu supérieure, les électrons commencent à avoir un peu

d’énergie. Donc, pour la fréquence

, les électrons ont une énergie exactement

, on a

.

Et pour une autre fréquence ? Par exemple, pour

relation entre ces valeurs

toutes ces valeurs on constate que :

les électrons ont l’énergie

. Quelle est la

et

? En effectuant l’expérience et en mesurant avec précision

,

) est la constante de Planck. Revoilà la constante que nous avions trouvé dans le

(

cas du corps noir ! Ce n’est sûrement pas une coïncidence !

Dans le corps noir nous avions supposé que l’énergie lumineuse ne pouvait être émise que par

paquets ou par bouffées

d’énergie

la lumière mais que la lumière est réellement composée de petits corpuscules d’énergie

entendu, nous savons que la lumière est une onde. Mais supposons, rien qu’un instant, juste pour voir, que la lumière n’est pas une onde mais qu’elle est composée de corpuscules. Revoyons tous les raisonnements précédents à la lumière de cette nouvelle hypothèse. Appelons ces corpuscules des photons.

. Supposons que la lumière soit réellement composée de paquets

. C’est à dire que l’on ne suppose pas que ces paquets soient une question d’émission de

. Bien

Tout d’abord, revoyons notre problème initial. Nous avons dit que dans le cas d’une onde,

l’énergie n’était pas suffisamment concentrée sur chaque atome pour arracher les électrons. Et pour des corpuscules ? Là, plus de problème ! En effet, les corpuscules sont une

concentration idéale d’énergie ! Chacun contient une quantité d’énergie égale à

heurte un électron, celui-ci reçoit le photon de plein fouet et il est arraché.

, lorsqu’il

Faisons varier l’intensité de la lumière. Si l’on double l’intensité de la lumière, l’énergie

lumineuse totale double. Mais la fréquence n’a pas changé, donc l’énergie des photons n’a pas changé. C’est donc le nombre total de photons qui a doublé. L’énergie des photons

n’ayant pas changé, lorsqu’ils arrachent un électron il n’y a aucune raison que l’énergie de l’électron soit différente. Par contre, comme il y a deux fois plus de photons, il y a deux fois plus d’électrons arrachés et l’intensité du courant double. Ca explique tout.

Faisons varier la fréquence. L’énergie reçue par l’électron est celle du photon, c’est-à-dire

que

électrons. En dessous d’une certaine fréquence, pas de courant. Ca marche aussi ! Donc,

. Si

est inférieur à

(

), il n’y a pas assez d’énergie pour arracher les

.

L’énergie communiquée à l’électron par un photon de fréquence

est :

( ). C’est exactement ce qu’on a mesuré ! Il n’y a pas de doute, la

lumière est composée de corpuscules ! De plus, cette simple hypothèse explique le corps noir. Plus besoin d’un mécanisme mystérieux provoquant l’émission de bouffées d’énergie. Ces bouffées sont tout simplement les photons eux même. Nous ne connaissons toujours pas ce mécanisme d'émission des photons dans le corps noir, mais le fait qu'ils soient émis sous forme de paquets n'a plus rien d'étrange : ce sont des paquets !

Conclusion qu'Einstein n'hésita pas à tirer de ses expériences contrairement à Planck qui fut beaucoup plus timoré pour oser lancer une telle hypothèse assez iconoclaste.

Mais comment la lumière peut-elle être composée de corpuscules ? Nous avons vu que la lumière était une onde électromagnétique due à la variation des champs électriques et magnétiques. Ce résultat est une conséquence inévitable des lois sur l’électricité et le magnétisme. De plus, les expériences sur les interférences confirment indubitablement ce résultat.

Mais un objet ne peut être à la fois une onde et un corpuscule, toutes leurs caractéristiques sont opposées. Comment est-ce possible ?

Pour comprendre, on va avoir besoin d’une nouvelle théorie. La mécanique quantique. C’est la théorie qui s’applique aux atomes et à tout ce qui est très petit. Nous ne déduirons pas la théorie du long cheminement expérimental qui a conduit à son élaboration. Nous donnerons directement la théorie.

La mécanique quantique

La mécanique quantique est la théorie de l’infiniment petit, des atomes et des particules élémentaires. C’est un monde mystérieux et une théorie difficile.

Nous allons entamer une longue excursion qui va nous emmener assez loin. A nouveau, nous n’expliquerons que ce dont nous avons besoin ou juste un peu plus.

Structure des atomes Quelle est la structure des atomes ?

La découverte des électrons par Thomson à la fin du dix-neuvième siècle montra que les atomes devaient être constitués d’une partie lourde et chargée positivement (on sait maintenant qu’elle est composée de protons et de neutrons) et de particules très légères chargées négativement, les

électrons. Restait la question de savoir quelle était la structure des atomes : étaient-ils comme un pudding, avec une masse positive fourrée d’électrons, comme le pensait Thomson, ou comme un petit système solaire ?

Pour Rutherford, l'atome devait plutôt ressembler à un petit système solaire.

devait plutôt ressembler à un petit système solaire. Un noyau très petit, très massif, constitué des

Un noyau très petit, très massif, constitué des protons, se situe au centre. Les électrons, petits et légers tournent autour. La force d'attraction entre charges électriques permettant à ces électrons de rester à une distance constante, cette force agissant comme la gravité pour les planètes.

Ce modèle a de nombreux avantages. Tout d'abord, les électrons loin du noyau sont aussi plus faiblement attirés par le noyau. Il devient aisé de les arracher pour produire un courant électrique.

Ensuite, les électrons sur des orbites différentes ont des énergies différentes et le passage d'une orbite à l'autre pourrait résulter de l'absorption ou de la libération d'énergie sous forme lumineuse et sous formes de raies lumineuses avec une fréquence bien précise, comme cela est observé (chaque type d’atome ayant ainsi une « signature » bien particulière, son spectre).

Ensuite, lors de contacts entre atomes, des électrons pourraient être échangés ou mis en communs ouvrant une voie sur l'explication de la chimie et de la valence des atomes (le nombre de liaisons que chaque atome peut établir avec ses voisins pour former une molécule).

De plus, ce modèle a une base expérimentale solide. Rutherford envoya sur des atomes un flux de particules alphas. Les particules alphas sont juste des noyaux d'hélium composés de deux protons et deux neutrons. Evidemment, on ne connaissait par leur composition à l'époque, on savait juste que les particules alpha étaient petites, massives (7340 fois la masse d'un électron) et chargées positivement. Les particules alpha étaient émises par la matière radioactive.

Les électrons, trop légers, n'influencent pas les particules alphas qui se contentent de les bousculer

Les électrons, trop légers, n'influencent pas les particules alphas qui se contentent de les bousculer comme des quilles. Nous n'avons pas dessiné les électrons ci-dessus. Par contre, les noyaux, beaucoup plus massifs, dévient fortement les particules alphas.

Ce que découvrit Rutherford c'est que les particules alphas sont rarement déviées. La plupart passent à travers une fine couche de matière sans être affectées.

Grâce à ces expériences très précises, Rutherford put déterminer que l'atome est constitué d'un noyau positif, très massif et très petit, très compact. Chaque noyau est séparé des autres noyaux d'atomes par beaucoup de vide.

Remplir ce vide avec des électrons tournant autour des noyaux était alors tout à fait logique (ne fut- ce que pour expliquer ce qui maintient les noyaux loin les uns des autres). En fait, Rutherford n'a établi son modèle qu'après ses expériences. C'est sur une base expérimentale qu'il a conçu son modèle. Celui-ci était le meilleur modèle rendant compte de l'ensemble des mesures effectuées. Une telle approche, lorsqu'elle est possible, garantit que le modèle conçu correspond effectivement à la réalité.

Le seul problème du noyau de Rutherford c'est qu'il n'est pas stable ! Du moins pour la théorie.

La théorie électromagnétique, et l’expérience, montre qu'une charge électrique qui est accélérée émet un rayonnement électromagnétique. Or, un corps qui tourne subit une accélération centripète. Donc, des électrons qui tournent émettent des ondes électromagnétiques.

C'est d'ailleurs sur ce principe que fonctionnent les antennes émettrices : des électrons tournant dans des boucles de fil électrique émettent une onde radio.

Selon le modèle de Rutherford, les électrons tournent autour du noyau et les atomes devraient donc émettre un rayonnement électromagnétique continu, ce qui n'est évidemment pas observé.

Plus grave, les électrons, en émettant du rayonnement, devraient perdre de l'énergie et tomber en spirale sur le noyau. L'atome de Rutherford est instable et devrait se transformer en atome de Thomson !

Or, force est de constater que la matière est stable. Elle ne s'effondre pas comme

Or, force est de constater que la matière est stable. Elle ne s'effondre pas comme dans la figure ci- dessus. Mais pourquoi ?

Voyons maintenant la première approche tentée pour résoudre ce problème.

Le modèle de Bohr Où en sommes-nous ? Nous avons maintenant deux problèmes. D'abord comment les électrons peuvent-ils "tenir" en l'air sans tomber sur le noyau en rayonnant des ondes électromagnétiques ? Ensuite, pourquoi l'énergie est-elle échangée par des quantités précises, toujours les mêmes (ce qui donne son spectre unique) ?

Une solution fut apportée par Bohr dans les années 1920. Si les lois physiques connues semblent en contradiction avec les données expérimentales, alors c'est que ces lois physiques sont incorrectes. L'expérience dicte la physique, pas l'inverse. En particulier, nous savons, grâce à l'expérience, que l'atome à bien la structure imaginée par Rutherford. Mais la physique prédit une émission d'ondes électromagnétiques qui n'est pas observée. Donc, Bohr affirma qu'à l'échelle de l'atome les lois de l'électromagnétisme ne sont plus valables.

Bohr postula alors trois lois décrivant l'atome de Rutherford.

Les électrons tournent autour du noyau de manière stable, sans émettre de rayonnement électromagnétique. On ne donne pas d'explication et on se contente de l'admettre.

Les électrons ne peuvent tourner que sur certaines orbites. La règle fait intervenir la vitesse et le rayon de l'orbite et un nombre entier n. Ce nombre est maintenant appelé nombre quantique principal et vient du fait que les orbites sont « quantifiées » (ce mot vient de « compter ») : il y a l'orbite 0, l'orbite 1, l'orbite 2, etc. Chaque orbite étant un peu plus grande que la précédente. Les électrons ne sont que sur ces orbites et jamais entre deux orbites. La région entre deux orbites est un no mans land.

La règle choisie par Bohr n'est pas aléatoire et a été choisie pour que les résultats correspondent aux données expérimentales ! Mais la règle ainsi obtenue est simple. Elle dit que le moment angulaire (l'équivalent de l'impulsion qui est égale à la masse fois la vitesse, mais pour les rotations, c'est-à-dire l'impulsion fois le rayon de l'orbite) est un nombre entier de fois une quantité minimale donnée (la constante de Planck divisée par deux pi).

Lorsqu'un électron change d'orbite, pour une raison quelconque, l'énergie acquise ou libérée se fait par l'absorption ou l'émission d'un photon de lumière ayant la même énergie.

L'énergie d'un électron sur une orbite se calculant selon les lois classiques de la mécanique et de l'électricité.

lois classiques de la mécanique et de l'électricité. Son modèle marchait très bien … au premier

Son modèle marchait très bien … au premier abord !

Le modèle de Bohr donne l'énergie des électrons dans un atome. Cette énergie se mesure facilement en regardant combien d'énergie il faut pour arracher un électron d'un atome.

De plus, du fait que les orbites sont quantifiées, l'émission de la lumière l'est aussi. Imaginons par exemple que l'on a seulement trois orbites 0, 1 et 2. Les électrons ayant les énergies respectives sur

, d'énergie , d'onde différente.

ces orbites de

. Alors, en changeant d'orbite, les électrons peuvent émettre des photons

et

. Ce qui correspond à trois ondes lumineuses de longueur

,

Bien entendu, si l'électron passe d'une orbite basse à une orbite haute, il gagne de l'énergie et donc absorbe un photon. S'il descend sur une orbite plus basse, il émet un photon. Ce qui correspond aux spectres d'absorption et d'émission.

De plus, on constate avec l'exemple ci-dessus, que l'énergie du premier photon plus l'énergie du deuxième photon est égale à l'énergie du troisième. C'est une simple conséquence de l'addition de l’énergie en passant d'une orbite à l'autre. Et traduit en fréquence (selon la règle découverte par Planck et Einstein que l'énergie d'un photon est proportionnelle à sa fréquence), cela redonne une règle découverte par Balmer sur l’additivité des fréquences des raies émises par les atomes.

On peut aussi représenter ce changement et l’émission associée en dessinant seulement les niveaux d’énergie.

Le temps mis par l’électron pour redescendre sur son orbite est variable. Il dépend de

Le temps mis par l’électron pour redescendre sur son orbite est variable. Il dépend de l’orbite. Le temps mis s’appelle demi-vie car au bout de cette durée, la moitié des électrons dans cette situation redescendent sur leur orbite de base. Supposons qu’on ait 1000 atomes excités et que la demi-vie soit de 1 seconde. Alors après 1 seconde, 500 atomes aurons émis un photon et il en restera encore 500. Après encore une seconde, il en restera 250, puis, 125, puis 62, etc. Ce comportement est typique des processus aléatoire « sans mémoire » (l’électron ne sait pas depuis combien de temps il attend pour redescende et a juste une certaine probabilité de descendre dans l’instant qui suit) que l’on rencontre en mécanique quantique.

L’ensemble des changements d’orbites possibles donne ainsi un ensemble de longueurs d’onde que l’atome peut émettre de cette manière.

d’onde que l’atome peut émettre de cette manière. On l’appelle le spectre d’émission (ou

On l’appelle le spectre d’émission (ou d’absorption) de l’atome.

Grâce à ce modèle, Bohr put calculer le spectre complet de l'hydrogène. Un résultat extraordinaire. On venait enfin de découvrir un de ces fameux secrets de l'atome.

Enfin, puisque les électrons ont une énergie précise, leur échange ou leur interaction entre atomes permet de calculer certaines règles de la chimie.

Défauts du modèle Ils sont très nombreux ! La théorie évolua d'ailleurs tellement vite à cette époque que le modèle de Bohr fut pratiquement mort avant même d'arriver à maturité ! Mais on le conserve au moins pour sa simplicité et son caractère pédagogique et intuitif.

On peut classer ses défauts en trois parties :

Théoriques.

o La théorie ne s'applique que si on a un seul électron. Elle est incapable de prendre en compte les interactions entre deux électrons. Elle traite donc des atomes appelés hydrogénoïdes qui sont des atomes dont on a arraché tous les électrons sauf un. On découvrit rapidement que lorsque l'on a plusieurs électrons, ceux-ci se disposent sur les orbites selon certaines règles : deux sur la première, six sur la suivante, etc. Ce qui conduit à la classification de tous les atomes. Mais la raison de cette ségrégation est assez mystérieuse à ce stade. En outre, comme signalé, les interactions entre électrons et avec le noyau modifient les orbites pour des atomes plus complexes que l'hydrogène.

o

La théorie donne des résultats absurdes pour des hydrogénoïdes dont la charge du noyau dépasse une certaine valeur et ne peut donc s'appliquer, par exemple, à l'uranium.

o

La théorie ne dit rien du noyau. Les protons sont tous chargés positivement. Ils devraient se repousser fortement. Qu'est-ce qui les maintient ensemble ?

Expérimentaux.

o

Lorsque l'on regarde attentivement le spectre d'un atome, on constate que chaque raie du spectre est en fait composée de plusieurs raies plus fines. On appelle d'ailleurs cela les structures fines et hyper fines. Le modèle de Bohr ne l'explique pas.

o

Lorsqu'on applique un champ magnétique à l'atome, les raies se dédoublent ou se triplent,… C'est l'effet Zeeman. Le modèle de Bohr ne peut l'expliquer.

o

Lorsqu'on applique un champ électrique à un atome, les raies se multiplient de manière considérable rendant le spectre très touffu. C'est l'effet Stark (la « forêt » de Stark). Le modèle de Bohr ne peut l'expliquer.

o

On observe également de nombreuses raies, principalement dans l'infrarouge et les ondes radios, non prédites par le modèle de Bohr et produites par les molécules.

o

Enfin, les raies n'ont pas toutes la même intensité. Certaines sont très brillantes, d'autres sombres. Certaines sont même parfois manquantes (ce que l’on appelle « règles de sélection »). De toute évidence, certains changements d'orbites sont plus faciles ou plus probables que d'autres. Le modèle de Bohr n'en dit rien.

Conceptuels.

o

Les lois ont un caractère très artificiel. On impose un certain nombre de règles sans explication. La loi sur la stabilité, en particulier, est barbare. On ne sait pas pourquoi c'est stable ? Et bien décrétons que c'est stable, point final ! Eh bien, non, on pouvait difficilement admettre qu'il s'agisse d'un point final.

Il s'agit plus d'un modèle, crée spécialement pour coller aux données expérimentales, plutôt qu'une théorie de l'atome ou des particules élémentaires.

Rejeter les règles de l’électromagnétisme à cette échelle et dire qu’un électron qui change d’orbite émet une onde électromagnétique est problématique.

o

Le modèle est semi-classique. Ainsi les électrons qui tournent autour de l'atome sont « quantifié » et les lois de l'électromagnétisme ne s'appliquent pas. Mais pour calculer l'énergie d'un électron on utilise ces mêmes lois. Pourquoi dans un cas et pas dans l'autre ? A partir de quand les lois classiques deviennent-elles applicables ?

Choisir d'appliquer la physique classique, un petit peu au bonheur la chance, quand ça nous chante, est un procédé assez bancal qui rend difficile toute prédiction nouvelle. Supposons que l’on perfectionne un peu le modèle en ajoutant un ingrédient quelconque. Doit-on appliquer les lois de l'électromagnétisme à cet ingrédient ou pas ?

o

Lorsqu'un électron change d'orbite : par où passe-t-il puisque la zone entre les deux orbites est interdite ?

o

Quel est le mécanisme d'émission de la lumière ? Le modèle de Bohr ne donnant qu'un bilan énergétique. Y a-t-il des directions privilégiées pour l'émission des photons ? La polarisation intervient-elle ? Toutes des questions sans réponse.

Sommerfeld améliora un peu le modèle en utilisant quelques raffinements :

L'effet de recul : sous l'effet de l'attraction de l'électron, le noyau doit lui-même avoir une légère rotation (légère car sa masse est beaucoup plus grande).

La relativité.

En plus des orbites circulaires, la possibilité (comme pour les planètes) d'avoir des orbites elliptiques caractérisées par un nouveau nombre entier (toutes les ellipses ne sont pas permises) l appelé nombre quantique orbital.

En prenant en compte ce nouveau nombre l la règle disant que le nombre d'électrons pouvant se placer sur une orbite est limité devenait simple. Deux électrons maximums pour un nombre n et un nombre l donné. Pourquoi deux et pas un (ou trois) ? Mystère. Bien qu'on devine qu'il doit exister un troisième nombre, lié à un mécanisme inconnu (il s'agit du « spin », équivalent à la rotation de l'électron sur lui-même, comme une toupie), prenant uniquement deux valeurs.

Avec ces améliorations, cela permit quelques améliorations notables mais mineures au vu de la pléthore de problèmes.

Nous allons maintenant améliorer la théorie mais en gardant à l’esprit que ceci n’est pas un exposé sur l’atome. Nous ne nous attacherons donc pas à résoudre tous ses mystères. Notre but est de mettre en place se dont nous avons besoin pour l’application à l’électromagnétisme.

La mécanique quantique Pendant que le modèle de Bohr subissait ses succès et ses avatars, la théorie quantique telle que nous la connaissons maintenant prenait naissance.

La mécanique quantique est la théorie qui s’applique aux atomes et aux particules élémentaires. En toute rigueur, elle s’applique à toutes les situations, y compris par exemple le lancer d’une balle de golf. Mais les corrections infimes apportées par la mécanique quantique à ce genre de cas et la difficulté des équations rendent inutile son usage pour les balles de golf ! Et l’on préfère alors utiliser les théories « classiques » (mécanique classique, hydrodynamique, etc.) Elle est malgré tout utilisée dans certains cas complexes tel que la chimie ou des objets macroscopiques (superfluides, supraconducteurs, ferromagnétisme, …) à l’aide de la physique statistique ou d’outils mathématiques particuliers.

La mécanique quantique est une théorie très puissante. C’est la théorie la mieux vérifiée de toutes les théories, dans tous les domaines (sauf la gravité) et toutes les expériences, avec une précision exceptionnelle. Elle explique nombre de phénomènes : les atomes, le magnétisme, la chimie, le laser, etc. La liste est longue.

On ne va pas tout présenter en détail, loin de là. On va expliquer un minimum pour comprendre l’essentiel des bases (ce sera déjà assez costaud comme ça). De même, on ne verra pas toutes les subtilités, propriétés, mystères et aspects parfois intriguant. C’est intéressant mais trop vaste pour cette petite étude.

Nous donnons ci-dessous les bases théoriques de la théorie, mais celle-ci étant fort mathématique, nous avons préféré l’écrire en petits caractères que vous pouvez sauter si cela ne vous intéresse pas.

Rappelons brièvement les bases mathématiques de la mécanique quantique.

Un système a un état décrit par un vecteur dans un espace de Hilbert H complexe, il sera noté typiquement comme

Les variables physiques sont des opérateurs agissant sur les vecteurs d’état. Les variables mesurables (les observables) sont des opérateurs hermitiques, c’est-à-dire tel que

.

.

Les valeurs prises par les variables sont le spectre des valeurs propres de l’opérateur (ces valeurs sont réelles pour les observables). Les seules valeurs mesurables sont ces valeurs.

L’espace de Hilbert étant un espace vectoriel, on peut définir différentes bases, totalement équivalentes. Par exemple les bases (ou bases d’un sous-espace) positions, impulsions, spins, énergie, etc. Le passage d’une base à l’autre s’effectue par une transformation unitaire U (avec

Le commutateur de deux opérateurs est : [

).

]

.

Pour la quantification, on part de l’hamiltonien classique (au moins quand il existe) et on obtient l’hamiltonien quantique après symétrisation (du type ab+ba) et remplacement des variables par des opérateurs. On impose entre valeurs conjuguées la relation

[ ]

est la constante de Planck divisée par

.C’est suffisant pour résoudre tout problème typique.

L’évolution dans le temps peut adopter plusieurs point de vue : ce sont les états qui varient (Schrödinger), ou les observables (Heisenberg) ou des cas mixtes (représentation interaction). On passe de l’un à l’autre par une transformation unitaire (qui ne correspond pas à un changement de base). Par exemple, dans le point de vue de Heisenberg, l’équation d’évolution d’un opérateur O est donné par :

[

]

Qui a l’avantage de mettre clairement en évidence les grandeurs constantes et le rapport à la physique classique (équation d’évolution dans l’espace des phases utilisant les crochets de Poisson). Dans le point de vue de Schrödinger, on a :

On travaille souvent dans la base position, dans ce cas les composantes d’un état s’obtiennent par le produit scalaire (complexe)

est la base position. On peut écrire ce produit scalaire comme une fonction de la position :

( ) appelé fonction d’onde. Pour

une particule de masse m soumise à un potentiel V, l’équation de Schrödinger prend la forme :

Elle peut être utilisée, par exemple, pour calculer les fonctions d’ondes et les niveaux d’énergie (valeurs propres de l’hamiltonien) d’un électron dans le potentiel coulombien d’un noyau (cas typique de l’hydrogène).

Mécanique quantique ondulatoire Une représentation typique des particules quantiques (électrons, photons,…) est sous forme d’ondes. Cela peut sembler étrange aux néophytes, qui auraient tendance à voir un électron comme une petite bille, mais la représentation sous forme d’ondes est bien plus proche de la réalité.

Comme exemple, citons juste l’expérience de Young :

Dans cette expérience, on envoie des vagues à travers deux ouvertures. Lorsque le creux d’une

Dans cette expérience, on envoie des vagues à travers deux ouvertures. Lorsque le creux d’une vague passant par une ouverture rencontre la basse d’une vague passant par l’autre ouverture, on obtient ce qu’on appelle une interférence : le niveau de l’eau s’égalise. On observe ainsi une figure d’interférences typique qui peut servir, par exemple, à calculer la longueur d’onde, comme nous l’avons déjà vu.

Cette expérience peut être réalisée avec de la lumière (ayant une longueur d’onde bien précise, avec un laser), le résultat est semblable. Cela montre le caractère ondulatoire indubitable des ondes électromagnétiques.

Mais l’expérience peut aussi être réalisée avec des électrons.

Une figure d’interférences est aussi observée. Cela montre que les électrons ont un caractère ondulatoire.

Une figure d’interférences est aussi observée. Cela montre que les électrons ont un caractère ondulatoire.

Il y a tout de même une différence typique par rapport aux vagues. Les impacts sur la cible sont ponctuels. Les électrons se comportent aussi, tout au moins lors de l’interaction avec la cible, comme de petits corpuscules. Mais cela ne concerne que l’interaction, pour l’essentiel l’électron se comportant bien comme une onde.

Notons que ces impacts ponctuels s’observent aussi avec la lumière si on utilise une lumière suffisamment faible pour avoir un photon à la fois.

L’expérience montre aussi qu’il y a une correspondance univoque entre l’énergie de la particule et sa

fréquence :

corps noir puis Einstein avec l’effet photoélectrique (électrons arrachés d’un métal par de la lumière

ultraviolette) qui ont découvert cette relation avec la lumière, montrant son caractère corpusculaire (petits paquets d’ondes d’énergie bien définie).

est la fréquence et

la constante de Planck. C’est Planck avec l’émission du

Il existe aussi une relation univoque entre la longueur d’onde et l’impulsion de la particule (pour une particule massive comme l’électron, c’est la masse fois la vitesse). C’est Louis de Broglie qui a découvert cette relation.

Notons que ces relations ainsi que le caractère ondulatoire des électrons sont utilisés couramment dans divers dispositifs comme, par exemple, les microscopes électroniques.

Principe d’indétermination L’onde correspondant à l’électron est généralement appelée fonction d’onde. Une représentation d’un électron localisé dans une petite région de l’espace peut être le paquet d’ondes :

région de l’espace peut être le paquet d’ondes : La particule (le paquet d’ondes) a une

La particule (le paquet d’ondes) a une certaine largeur que l’on peut noter

une certaine incertitude sur la position de la particule puisque cette position n’est pas tout à fait

précise, pas tout à fait ponctuelle : le paquet a une certaine étendue.

qui représente aussi

De plus, il ne s’agit pas d’une onde sinusoïdale. Les lois mathématiques sur les ondes montrent que la

longueur d’onde a aussi une certaine incertitude

. Les deux étant lié par :

Et ce quel que soit la forme du paquet d’ondes.

Puisque l’on peut relier la longueur d’onde à l’impulsion, la masse fois la vitesse, on trouve :

Où h est la constante de Planck.

On voit que la position et la vitesse ne peuvent pas être infiniment précis simultanément. Il y a forcément une certaine incertitude. Notons aussi que cette incertitude minimale est fort petite car la

constante de Planck est minuscule. Ce n’est que pour des objets ayant une masse cette incertitude devient appréciable (des électrons, par exemple).

très petite que

Cette relation est appelée relation d’indétermination de Heisenberg. On peut la vérifier expérimentalement de toutes sortes de manière. Elle est parfois vue comme un effet de la mesure, les particules quantiques étant tellement légère que la moindre perturbation modifie leur position et leur vitesse. Il est vrai que des expériences de pensée impliquant toutes sortes de dispositifs ingénieux et tenant compte de ces perturbations conduisent à ces relations. Mais en réalité cette indétermination est plus fondamentale qu’une simple incertitude de mesure et est liée à la nature ondulatoire des particules.

Ce phénomène a fait couler beaucoup d’encre et il a même semblé insupportable à certains (dont Einstein) au début de la mécanique quantique, et même encore maintenant pour quelques irréductibles. Les débats sur ce « principe d’incertitude » sont souvent interminables. Pourtant, vu sous l’angle ondulatoire, il n’est pas si mystérieux.

On peut montrer qu’il existe d’autres principes d’indétermination. L’un d’un entre eux est le suivant.

Considérons un processus changeant d’énergie,

incertitude sur les valeurs que l’on note

, en un temps

. Il y a là aussi une certaine

et

. Alors on doit avoir :

Cette relation peut aussi se démontrer avec les propriétés ondulatoires du paquet d’ondes, avec le rapport entre fréquence de l’onde et durée du paquet.

Description par les états L’explication ondulatoire a toutefois ses limites car les particules quantiques ne sont pas des ondes classiques. Plusieurs aspects les en distinguent. Citons les trois principaux :

On l’a vu plus haut, les interactions entre particules (électrons et cibles ci-dessus) sont ponctuelles. Ce n’est pas du tout comme ça que réagissent des ondes classiques comme les vagues ou le son où l’effet de l’onde est répartit tout le long du front d’onde (par exemple la trace mouillée très étendue d’une vague sur le sable).

Certaines grandeurs sont quantifiées, tel l’énergie, la charge électrique,…

Lorsque l’on a deux particules, la théorie nécessite de les décrire comme un tout. Il faut donc une onde décrite par sept paramètres : six variables positions (trois par particules) plus le temps. Alors qu’une onde classique a une valeur qui ne dépend que de quatre paramètres (trois de position et une de temps). En règle générale, il n’est pas possible de décomposer l’onde quantique totale en une somme ou un produit ou une quelconque relation mathématique générale de deux ondes classiques.

Il est donc utile d’introduire un autre formalisme. Nous allons le présenter ici mais sans entrer dans les aspects mathématiques qui ne seront pas nécessaires. Ce formalisme a l’avantage aussi d’être fort parlant et intuitif.

Considérons un système physique quelconque : une particule, un atome, un caillou, … Celui-ci peut être dans différents états que l’on peut caractériser par un certain nombre de variables tel que position, vitesse, etc. Nous représenterons l’ensemble de ces variables par α. L’état physique du

système s’écrit symboliquement :

c’est avant tout une représentation simple et commode.

appelé un ket. Peu importe sa signification mathématique,

Parfois, seules certaines variables nous intéressent. Par exemple, si la particule est à la position

écrira son état exemple.

, on

, en ignorant volontairement le détail des autres variables comme la vitesse, par

Une particularité de ces états est qu’ils sont soumis au principe de superposition. Par exemple, si

l’état

est une autre possibilité, alors la somme

est une solution possible pour l’état d’un système dans une situation donnée, et si

est aussi une solution possible.

Comment interpréter cette solution ? Prenons un exemple. Soit une particule qui peut se trouver en

indiquant que la particule est à la

ou bien en

, alors elle peut être dans les états

ou

position précise concernée. Mais l’état

particule peut être aussi bien en

inconnue, ce n’est pas une question d’ignorance. C’est plutôt comme si la particule était aux deux endroits en même temps !

est aussi une possibilité. Cet état signifie que la . Cela ne signifie pas que sa position est précise mais

qu’en

Ce caractère ubiquitaire des particules peut sembler extrêmement étrange. Il l’est beaucoup moins après ce que nous avons vu ci-dessus. Nous savons que la position peut être imprécise et qu’il s’agit d’une caractéristique fondamentale de la particule. Si on la représente comme une onde, on aurait une représentation pour cet état comme suit :

on aurait une représentation pour cet état comme suit : Notons que les ondes aussi sont

Notons que les ondes aussi sont soumises au principe de superposition. Quand deux ondes sont deux solutions possibles d’une équation des ondes, leur somme est aussi une solution possible.

Supposons que l’on ait une particule dans l’état

trouver à la position

exemple :

Peu importe sa signification mathématique. On peut le traduire par « c’est la possibilité que la

particule dans l’état α soit à la position dans l’état demandé.

, on aimerait savoir si dans cet état on peut la

. On écrira ça comme, par

ou bien si on peut la trouver avec une vitesse

soit aussi dans l’état

», c’est-à-dire que la particule avec les propriétés

. On traduit cela par le terme amplitude, c’est l’amplitude que la particule soit

L’ensemble de tous les états possibles forme un espace mathématique aux propriétés assez simples. Il permet en particulier de choisir des bases d’états qui d’une certaine manière couvrent toutes les possibilités.

Un exemple est la base position : c’est l’ensemble des états

possibles. On obtient tous les autres états par combinaison des états de base (comme pour la

particule en deux endroits ci-dessus).

pour toutes les positions

Notons que, puisque ces états décrivent des situations de « position

précise », alors :

La particule ayant une position

précise est évidemment trouvée en

.

Et :

⟨ ⟩

(pour des positions différentes)

La particule ayant une position

précise ne sera évidemment pas à un autre endroit.

Revenons à notre particule décrite par

valeur

sauf dans deux cas :

Et

. On aura, pour toute position

, une

C’est-à-dire que la particule a autant de chance d’être dans une des deux positions. En fait, pour être

exact on devrait écrire ½ (une chance sur deux) mais nous ferons le lien avec les probabilités plus bas. D’ailleurs mathématiquement on n’a ni 1 ni ½, mais peu importe. Ce qui compte ici c’est que les deux positions donnent des résultats identiques.

Tout état peut se décrire comme une superposition des états de base :

En disant qu’elle peut être en x, en y, en z, etc… C’est dans ce sens que la base couvre toute les possibilités.

Notons que cette gymnastique n’est pas inutile. Il est plus facile de travailler uniquement avec les états de base, bien définis et peu nombreux, que sur l’infinie possibilité de tous les états possibles.

. Toutes les bases sont équivalentes d’un point de vue mathématique. On passe aisément de l’une à l’autre par des opérations mathématiques élémentaires. On peut choisir toute base qui s’avère

pratique pour les raisonnements. Notons juste que

position précise, à cause du principe d’indétermination, dans l’état « vitesse

est forcément totalement indéterminée.

Il est également possible de choisir d’autres bases, par exemple la base des vitesses précises

ne peut pas être non nul pour une seule

précise », la position

Pour terminer cette petite excursion élémentaire dans les notations et leur usage, notons que l’on notre traditionnellement :

Qui est juste une autre notation. On l’appelle fonction d’onde, un terme que vous avez sûrement déjà entendu.

(

)

On peut aussi montrer qu’il y a une équivalence mathématique totale entre la représentation sous forme de ket (aussi appelés vecteurs d’état) et la représentation ondulatoire (non classique) avec la fonction d’onde.

Pour les explications, les deux sont parfois utiles. On peut aisément passer de l’une à l’autre.

Mais attention en raisonnant, car sans connaitre le formalisme mathématique rigoureux caché derrière il peut être impossible de voir pourquoi tel ou tel raisonnement est correct et tel autre complètement erroné. Une connaissance vulgarisée permet de comprendre certain aspects mais n’offre pas la moindre aide pour bâtir ses propres raisonnements, ce n’est qu’une traduction grossière d’un raisonnement mathématique rigoureux. C’est une faute très fréquente chez le néophyte qui, en plus, n’est même pas armé pour découvrir par lui-même qu’il commet une telle faute. Vous voilà prévenu, aussi décevant que cela puisse être. Aller au-delà d’une simple compréhension « superficielle » nécessite un travail certain impliquant d’absorber des connaissances mathématiques.

Evolution et mesure On peut écrire une équation d’évolution pour la particule qui n’est autre qu’une équation d’ondes. Quoi d’étonnant ? Ecrivons là sous une forme simplifiée :

Ici

contient sa descrip