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UNIVERSITÉ DE LIÈGE – FACULTÉ DES SCIENCES APPLIQUÉES

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT


EVALUATION ET CONCEPTION DES ECO-QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST

TRAVAIL DE FIN D’ÉTUDES RÉALISÉ EN VUE DE L’OBTENTION DU GRADE DE MASTER EN


INGÉNIEUR CIVIL ARCHITECTE

Mohamed Alamine Manet - Année académique 2014/2015 - Promotrice : Sigrid Reiter


ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE
DEVELOPPEMENT

EVALUATION ET CONCEPTION DES ECO-QUARTIERS EN AFRIQUE


DE L’OUEST

Travail de Fin d’Études réalisé en vue de l’obtention du grade de Master


Ingénieur Civil Architecte par :

Mohamed Alamine Manet


Année académique : ..........................2014-2015

Promotrice : ...................................... Sigrid Reiter

Membres du jury: .............................. Shady Attia

……………………. Jacques Teller

……………………. Anne –Françoise Marique

Président du jury : Pierre Leclercq

Illustration de la page de garde: © Atelier Targowla – Vue projet Sébénikoro 2000


Remerciements

J’aimerais adresser mes sincères remerciements à toutes les personnes qui ont participé
de près ou de loin à la réalisation de ce travail.

À Madame Sigrid Reiter, promotrice de ce travail, pour ses conseils, ses orientations, sa
disponibilité, sa réactivité et ses encouragements.

À Messieurs Shady Attia, Jacques Teller et Madame Anne-Françoise Marique,


membres de mon jury, pour leurs conseils et orientations dans mes recherches.

À Monsieur Denis Targowla, architecte-paysagiste, pour toutes les informations


fournies, sa grande disponibilité et son soutien.

À Madame Samia Ben Rajeb, pour ses conseils, sa disponibilité et ses encouragements.

Mes remerciements vont également à Monsieur Pierre Leclercq et Madame Christine


Meurens pour leur accompagnement et soutien dans mon intégration académique et
sociale à Liège.

Aux personnes qui ont répondu à mon questionnaire.

Enfin, à ma famille et mes amis, pour leur soutien, encouragements et la relecture de ce


travail.

Je vous suis reconnaissant.


« Raisonner globalement, agir localement, telle est la
devise du développement durable »

Jérôme Chaib
Table de matières
INTRODUCTION 5
Enjeux du développement durable 6
La ville durable, une option 7
Du quartier durable à la ville durable 9
Et en Afrique ? 10

CHAPITRE 1 15
1.1 L’éco-quartier 15
1.1.1 Développement durable 15
1.2.1 Historique et Définition 21
1.1.2.1 Rappel historique 21
1.1.2.2 Définitions 24
1.1.3 Enjeux – Défis – Objectifs 26
1.1.4 Qu’est-ce qu’un référentiel, une charte, un label 35
1.1.5 Exemple d’éco-quartier : Vauban à Freiburg 36

1.2 Afrique de l’Ouest 39


1.2.1 Géographie 39
1.2.2 Population & Urbanisation 41
1.2.3 La Mobilité 42
1.2.4 L’Énergie 43
1.2.5 L’Afrique de l’Ouest et le changement climatique 44
1.2.6 La “soutenabilité” en Afrique 46
1.2.7 Conclusion 48

1.3 Conclusions 48
1.3.1 Terminologie et définition 48
1.3.2 Zone étudiée 49

CHAPITRE 2 50
2.1 Le référentiel quartier durable wallon 51
2.2 Le référentiel INDI 53
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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 2
2.3 Analyse des référentiels 58
2.3.1 Mobilité 61
2.3.2 Mixité 61
2.3.3 Optimisation et gestion des ressources 66
2.3.4 Aménagements 73
2.3.5 Participation et gouvernance 76
2.3.6 Protection de l’environnement 78

2.4 Conclusion 80

CHAPITRE 3 82
3.1 Méthodologie 82
3.1.1 L’hypothèse 83
3.1.2 Le champ de l’étude 84
3.1.3 L’observation 85
3.1.3.1 Le questionnaire 87
3.1.3.2 Le projet d’éco-quartier 88
3.1.3.3 L’entretien 89
3.1.4 Traitement des données 90

3.2 Analyse des résultats 91


3.2.1 Profil de l’échantillon 91
3.2.2 Image de l’éco-quartier 93
3.2.3 Pertinence des thèmes et critères 98
3.2.3.1 Questions portant sur des thèmes généraux 98
3.2.3.2 Questions portant sur les critères et mesures 106

3.3 Conclusions 113

CONCLUSION 116
Référentiel de conception et d’évaluation des éco-quartiers en Afrique de
l’Ouest 119

BIBLIOGRAPHIE 125
LISTE DES FIGURES 130

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LISTE DES TABLEAUX 132

ANNEXES 133
I. Questionnaire 134
II. Grille de calcul Excel 138
III. Graphiques 140
IV. Projet de Sébénikoro 147
V. ‘Literature Review’ 154

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INTRODUCTION
La notion de développement durable est définie comme un « développement
[…] qui assure la satisfaction des besoins essentiels des membres des générations
actuelles, et tout particulièrement des plus démunis d’entre eux, tout en sauvegardant la
capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins » (ONU, 1988).

L’accent est donc mis sur les liens entre pauvreté, dégradation de l’environnement et
croissance, ce qui a donné une représentation schématique en trois piliers :

Figure 1. Les trois piliers du développement durable (Wikipédia).

Dès le 18ème siècle, des courants tels que le malthusianisme et le naturisme initient une
réflexion sur la durabilité en mettant en évidence l’épuisement à terme des ressources
naturelles et la nécessité de préserver l’environnement, mais la notion de développement
durable n’apparaît véritablement qu’avec l’émergence de l’écologie politique vers la fin
des années 1960 (Guyonnet, 2007). Dès lors, les experts et organisations attirent
l’attention sur les dégradations que subit notre planète et alertent sur les conséquences
qu’elles peuvent avoir pour les hommes. Celles-ci sont liées à des phénomènes
majeurs : l’accroissement rapide de la population - le gaspillage des matières premières
et des sources d’énergie fossiles – la dégradation de l’air, de l’eau et du sol –
l’abondance des déchets. La cause de ce changement climatique est due à une
consommation excessive d’énergie et à une pollution extrêmement dense de
l’atmosphère. Notons que la consommation d’énergie mondiale a doublé entre 1960 et
2000 et que l’humanité rejetait 28 milliards de tonnes de gaz à effet de serre en 2005.

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Les changements climatiques ont des conséquences multiples qui sont maintenant
perceptibles par la population: fonte des calottes glacières, inondations, désertification,
torrents de boue, cyclones. Ces catastrophes naturelles et les destructions qu’elles
entraînent ont également un impact sensible sur le PIB des pays souvent très pauvres
(Liébard & De Herde, 2005).

Enjeux du développement durable

La population de la terre a augmenté de quatre fois en un siècle. Les problèmes de


nourriture, de logement des populations ainsi que la qualité de leur vie sont, entre
autres, les conséquences directes de cette augmentation exponentielle de la population et
ceux-ci se remarquent d’avantage dans les pays ou régions défavorisés, sujet à un
accroissement plus soutenu (Gauzin-Müller, 2001). En même temps l’emploi des
matières premières dépasse de 30% les capacités de renouvellement des ressources et
d’absorption de la pollution due à l’activité humaine, provoquant une empreinte
écologique1 allant de 12 hectares/habitant en Amérique du Nord à moins de 2
hectares/habitant dans les continents émergents.

Outre les dégradations du milieu naturel, le réchauffement de la planète a également été


observé par les spécialistes du climat. Mais les observations avaient été considérées
avec scepticisme.

C’est au début des années 90, suite au sommet de la Terre organisé par les Nations
Unies à Rio de Janeiro que l’opinion fut alertée sur les conséquences du pillage des
matières premières, sur l’augmentation inquiétante de l’effet de serre et sur la
dégradation rapide et spectaculaire des systèmes écologiques. Cette conférence a
consacré le développement durable comme l’une des premières préoccupations
mondiales avec la signature solennelle de la “Déclaration de RIO sur l’environnement”
par environ 150 chefs de gouvernement et l’adoption d’une déclaration de propositions
du nom de “Agenda pour le 21ème siècle” et dite “Agenda 21” récapitulant la volonté des
États à mettre en œuvre des pratiques environnementales, sociales et économiques dans
le développement à toutes échelles territoriales (Guyonnet, 2007).

Quelques années plus tard, lors de la deuxième conférence des Nations Unies sur le
changement climatique, qui s’est déroulée à Genève en 1996, les experts ont confirmé
que les désastres naturels significatifs ont été multipliés par quatre au cours des trente
dernières années. Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat
(GIEC) estime qu’au 20ème siècle la Terre s’est réchauffée de 0,3 à 0,6°C, que le niveau

1
L’empreinte écologique est un indicateur qui mesure la superficie (hectares globaux) dont une personne
ou une population (pays, ville) a besoin pour maintenir son mode de consommation ou son style de vie
(nourriture et fibres consommées ; déchets provenant de la consommation d’énergie, infrastructure).
L’empreinte écologique peut être utilisée comme indicateur pour comparer la performance
environnementale de différents scénarios et suivre la mise en place de plans d’actions sur le long terme. Il
s’agit, en outre, d’un excellent outil pédagogique et de dialogue entre élus, associations et citoyens
(Lambert, 2005, p.14).

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des océans a monté en moyenne de 25 cm et que si des mesures efficaces ne sont pas
prises rapidement, on peut vraisemblablement s’attendre au cours du 21ème siècle à un
réchauffement de 2° à 5°C et à une augmentation du niveau des océans qui entraînera la
destruction de nombreuses cités (Liébard & De Herde, 2005).
La conférence de Johannesburg en 2002 était très attendue dans le sens où on devait
faire un bilan des premières orientations fixées une décennie plus tôt à la conférence de
RIO. Johannesburg était également appréhendée pour produire des résultats concrets en
termes de décision dans le domaine du développement durable. Mais, en dépit d’un
grand nombre de participants à cette conférence - plus de 60.000 participants de 191
États, entreprises et ONG, les résultats se sont limités aux déclarations au lieu de prises
de mesures concrètes. Comme l’a écrit Jacques Theys, « à force de vouloir tout englober
et de chercher désespérément à concilier l’inconciliable, le “développement durable” est
encore le plus souvent, rangé dans la catégorie des “bons sentiments” (‘whisfull
thinkings’) – (…) sans contenu opératoire » (cité par Guyonnet, 2007, p. 9).

Aujourd´hui, plusieurs décennies après les premières constatations du changement


climatique, nos sociétés ont encore un défi à relever : celui de mettre en œuvre à
différentes échelles territoriales, des mesures opérationnelles et pratiques quotidiennes
en relation avec le concept de développement durable afin de faire face aux
dégradations de plus en plus alarmantes.

La ville durable, une option

D’ici 2050, on estime que les trois quarts de la population mondiale vivront dans une
ville, ce qui fait d’elle une échelle prioritaire d’intervention. De la conférence de Rio de
Janeiro en 1992 et la formulation de l’Agenda 21, on appréhende toute l’importance
qu’on devrait porter sur la ville et l’urbanisme, en vue de la concrétisation d’un
développement durable. Or, les villes deviennent aujourd’hui des entités dans la
recherche constante du maximum de flux (humain et économique) qui ont pour but
d’attirer le plus de monde possible ; des touristes, des habitants, des sociétés, des
congrès et des manifestations. Cette recherche entraîne avec elle des problèmes tels que
la mobilité, la qualité du cadre de vie ou l’impact environnemental. La ville doit donc
faire face à de nouvelles problématiques.

Nous sommes confrontés aujourd’hui à un développement anarchique des villes, une


croissance démesurée des transports autoroutiers, à la pollution intensive due aux
activités humaines. On remarque une croissance urbaine un peu partout dans le monde
depuis la Révolution Industrielle, liée à un étalement urbain peu dense et peu organisé.
Cet étalement urbain se caractérise par une augmentation des surfaces construites par
personnes, notamment liée à l’augmentation de la part de maisons individuelles (56,6%
de 1948 à 2001 en France selon l’Institut National de la Statistique et des Études
Économiques –INSEE- et plus de 60% en Afrique) par rapport aux logements collectifs.

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L’étalement territorial accroît les tendances à la ségrégation sociale, augmente les frais
de la collectivité par rapport aux infrastructures, génère une surconsommation des zones
naturelles et induit une consommation énergétique accrue tant au niveau de l’utilisation
des bâtiments que de l’augmentation des transports automobiles (Liébard & De Herde,
2005).

La segmentation en zones d’activités distinctes des villes (lotissements, zones


commerciales, zones industrielles, etc.) conduit à une typologie urbaine
monofonctionnelle provoquant des déplacements plus fréquents et plus longs entre
zones urbaines différentes ; une perte de contacts sociaux, une apparition de
phénomènes de privatisation de l’espace public et d’exclusion sociale. Les personnes
précarisées (bas revenus, chômeurs, etc.)se concentrent souvent dans des quartiers
défavorisés (Reiter, 2013) dont les services et les espaces publics sont de moindre
qualité (tels que les quartiers spontanés du centre ou de la périphérie en Afrique).

Ainsi, aux problèmes spécifiques, environnementaux et économiques de l’étalement


urbain (construction, entretien et amortissement des réseaux et équipement publics,
artificialisation des sols, hausse des dépenses énergétiques, pollution, etc.) s’ajoutent de
cruciales interrogations sociales et politiques sur la mixité, l’accès généralisé aux
aménités urbaines et à une qualité de vie tant désirée, ainsi que sur les capacités à « faire
société » (Guyonnet, 2007, p.11).

Concevoir un bâtiment durable nécessite d’organiser la relation entre l’architecture et


son milieu, c’est-à-dire les faire cohabiter, sous l’angle d’une double responsabilité:
celle du respect du milieu actuel et celle du respect du milieu en gestation pour les
générations futures. Une architecture soutenable, qui favorise les solidarités, qui soit
efficace sur le plan environnemental, économe en ressources et créatrice de sens est un
défi pour nos sociétés contemporaines (Liébard & De Herde, 2005), autrement dit, un
urbanisme basé sur les principes de globalité, de long terme et de participation de la
société civile du développement durable. L’association SUDEN (Sustainable Urban
Development European Network / Réseau Européen du Développement Urbain
Durable) a donné la définition suivante:

Le développement durable urbain pose comme hypothèse que la ville a certes


besoin d’un développement économique mais celui-ci doit être mené en respectant
les critères du développement durable pour chacun de ses piliers : équité sociale,
qualité environnementale, préservation des ressources et du patrimoine, cohérence
des territoires. Faute de quoi le développement économique sera contre-productif et
la ville n’atteindra pas ses objectifs de cohésion sociale et de qualité de vie
indispensable pour l’attractivité de la ville.

En clair, le défi des politiques de développement durable urbain est d’introduire


dans la ville la négociation, la concertation, la discussion entre les différents
acteurs sociaux, économiques, défenseurs de l’environnement et du cadre de vie,…
pour rendre durable un développement qui aujourd’hui ne l’est pas (Charlot-
Valdieu & Outrequin, charte SUDEN, www.suden.org).

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L’Agenda 21 définie lors de la conférence de Rio prône le rôle essentiel et l’implication
que doivent avoir les autorités locales dans l’élaboration des politiques permettant la
mise en application du développement durable. Cette implication commence d’abord
par l’adoption d’Agendas 21 locaux couvrant l’ensemble des domaines où elles
interagissent : l’économique, le culturel, le social, l’aménagement du territoire et
l’environnement. En référence à l’article premier de la Déclaration de RIO (1992), le
développement durable est « avant tout une démarche politique qui s’appuie sur une
vision du progrès social ou du développement humain reposant elle-même sur la
nécessité de mettre l’homme au centre des préoccupations » (Charlot-Valdieu &
Outrequin, cité par Guyonnet, 2007, p.12) et nécessite une implication des élus pour sa
réalisation à travers une politique « reposant sur la solidarité, l’équité, la participation et
la transversalité » (Guyonnet, 2007, p .12).

On constate depuis une décennie, un peu partout et en majorité dans les pays
développés, une volonté locale de développement urbain durable qui s’exprime à
différentes échelles territoriales, par l’adoption d’un Agenda 21 régional ou
d’agglomération, ou par des projets d’éco-construction ou de quartier durable ; certains
allant jusqu'à la définition de critères de régulation de ce dernier.

Du quartier durable à la ville durable

Le principe de subsidiarité consacré par le Traité de Maastricht (1992) « dit que l’action
publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être entreprise à la plus petite entité capable de
résoudre le problème d’elle-même » (Marique, 2009, p.12). Le quartier durable peut être
considéré comme des zones d’expérimentation délimitées avec une identité cohérente,
des approches de durabilité d’une ville. Le quartier est un espace plus homogène et
réflexif facilitant l’action, ainsi permet-il de faire face aux difficultés qu’impose la
globalité du processus de mise en application des aspects du développement durable.
Comme le soulignent Catherine Charlot-Valdieu et Cyria Emeliannoff:

L’échelle d’un quartier s’avère pertinente dans une approche de développement


durable : à l’heure où on ne maîtrise pas encore toutes les dimensions du
développement durable à l’échelle d’une ville, le quartier, plus homogène, permet
d’expérimenter des mesures appropriées au territoire et à ses spécificités. Par
ailleurs la participation des habitants comme leur perception est plus active et réelle
au niveau des quartiers (cité par Guyonnet, 2007, p.13).

Ainsi, depuis la fin des années 90, on voit émerger dans tous les coins du monde des
quartiers durables dont l’un des premiers, un précurseur, le plus connu et le plus souvent
cité en exemple est le quartier Vauban. Le quartier Vauban a été réalisé à Fribourg-en-
Brisgau (Bade-Wurtemberg, au sud-ouest de l’Allemagne) sur une base militaire
française désaffectée de 41 hectares; c’est l’une des vitrines mondiales des bonnes
pratiques en matière de développement durable urbain. La particularité du quartier est
qu’il développe des principes écologiques et qu’il place les habitants au cœur des
initiatives et des réalisations.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 9
D’autres quartiers durables, soit des nouveaux quartiers ou des réaménagements de
quartiers existants, ont également vu le jour. En Europe, on peut notamment citer les
quartiers durables suivants (Marique, 2009, pp. 16-17):

 Bo01 à Malmö en Suède : nouveau quartier construit comme une vitrine des
technologies environnementales, pour donner un nouvel élan à la ville ;

 Hammarby à Stockholm en Suède : nouveau quartier construit pour étendre le


centre-ville de Stockholm et fournir un logement de haute qualité ;

 BedZED à Beddington au Royaume-Uni : nouveau quartier, réalisation pilote


d’un promoteur et d’un architecte orientés vers le développement durable ;

 Vesterbro à Copenhague au Danemark : rénovation d’un quartier dense et


paupérisé situé dans le centre-ville de la capitale danoise ;

 Augustenborg à Malmö en Suède : rénovation d’une cité sociale multiculturelle


en déréliction ;

 Kronsberg à Hanovre en Allemagne : nouveau quartier érigé à l’occasion de


l’exposition universelle 2000, recherche d’un effet vitrine tout en combinant
qualité environnementale et attentions sociales (Marique, 2009, pp. 16-17).

Et en Afrique ?

Cette question est à la base de la genèse de ce travail. Après ‘mes’ premiers cours de
Méthodologie architecturale où on parlait de construction bioclimatique et par la suite
du cours de Conception environnementale qui aborde la question du quartier durable,
les questions de savoir où en était-on en Afrique et qu’est-ce qui pourrait y être fait
‘me’ revenaient à la fin de chaque cours.

Un développement soutenu s’avère plus que nécessaire aujourd’hui sur le continent


africain. Selon le rapport “Le développement économique en Afrique : transformation
structurelle et développement durable” publié en Juin 2012 par la Conférence des
Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), depuis dix ans, la
croissance en Afrique excède 5% par an en moyenne. Mais ce bon chiffre cache une
réalité moins souriante du fait qu’elle repose sur l'exploitation de ressources naturelles
non renouvelables et s'avère insuffisamment créatrice d'emplois en raison de la faible
valorisation des produits de base qu'exporte l’Afrique (Faujas, 2012).

L’Afrique compte cinquante-quatre pays, avec seulement trois villes figurant sur la liste
des mégapoles (comptant une population de plus de 10 millions d’habitants) : Lagos, Le
Caire, Kinshasa. Dans vingt à trente ans, elles seront six de plus. Perçue comme une
calamité par certains économistes du siècle dernier, l’urbanisation africaine est au
contraire un réservoir de croissance, produisant jusqu’à 80% des richesses dans certains
pays. Dans “The Role of Cities in Africa’s Rise”, une étude récente de KPMG, on
apprend que «la dépense des consommateurs dans les centres urbains africains devrait

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 10
tripler d’ici 2030» (Delamarche, 2013, p. 90). De plus, l’urbanisation du contient, parmi
les plus lentes à l’échelle mondiale se singularise par plusieurs traits; elle ne s’est pas
faite avec l’industrialisation comme ce fut le cas des villes européennes dans les années
1930 et celles des villes chinoises d’aujourd’hui, en plus, elle est héritière de la période
coloniale.

Ainsi, «dans toute leur diversité, les municipalités africaines partagent une
préoccupation : répondre aux besoins de dizaines de millions d’urbains demain, alors
que les infrastructures sont quasi-inexistantes aujourd’hui » (Delamarche, 2013, p. 90).

Le défi du continent africain s’avère double. D’une part, il doit faire face à la croissance
urbaine et d’autre part, faire en sorte que les mesures prises soient durables, c’est-à-dire
que les villes et métropoles doivent s’inscrire dans un processus urbain durable. Les
mesures doivent alors prendre en compte les préoccupations écologiques, socio-
économiques et techniques. De plus, « il faut que les Africains évitent de reproduire les
erreurs commises par l’Europe. Il est toujours plus coûteux de revoir un modèle
énergétique que de le concevoir, comme il est souvent plus difficile de démanteler des
infrastructures que d’en créer de nouvelles » (Nicolas Hulot, cité par
afriquecroissanceverte.com, 2013).

L’économiste Bineswaree Bolaky, de la section Afrique de la CNUCED, explique que


l’Afrique à besoin de promouvoir dans les années à venir des activités de plus haute
valeur ajoutée. Selon lui, «le Botswana a montré la voie en créant une joaillerie de
qualité pour valoriser ses pierres et ses métaux précieux. Les produits agricoles peuvent
être élaborés grâce à une industrie agroalimentaire de qualité comme en Afrique du
Sud» (cité par Faujas, 2012, para. 4). D’autres initiatives fleurissent également sur le
continent dont des éco-quartiers, comme Eko Atlantic City au Nigeria ; celui de
Sebenikoro au Mali et qui fera sujet d’analyse dans ce travail.

C’est dans cette ligne de création de valeur ajoutée, que ce travail, dirigé par le
Professeur Sigrid Reiter et l’apport des différents membres du Jury, s’inscrit. L’objectif
de ce Travail de Fin d’Études sera de se référer à des “Référentiels Quartiers Durables”
existants et des réalités africaines, afin d’aboutir à la définition d’un essai de référentiel
quartier durable pour l’Afrique de l’Ouest. Ce ne sera pas une imposition de référentiels
européens à l’Afrique mais un essai d’adaptation de bonnes pratiques Européennes et de
valorisation de bonnes pratiques Africaines pour faciliter la mise en œuvre des quartiers
durables en Afrique de l’Ouest. Il s’adressera à tous les acteurs locaux empreints d’un
développement soutenu de l’urbanisation ouest-africaine.

Pour ce faire, nous nous inspirerons de la démarche développée dans le “Manuel de


recherche en sciences sociales” de Quivy et Van Campenhoudt (2006). Ce manuel est
conçu pour aider à réaliser une recherche et un travail dans les sciences sociales. C’est
un support méthodologique qui permet de traiter une question de sa formation jusqu'à
son élucidation, et dispose d’une conception didactique qui le rend directement
utilisable. Certes, la discipline diffère, mais la démarche est facilement transposable et a

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 11
déjà été expérimentée dans d’autres travaux d’étudiants de la Faculté des Sciences
Appliquées de l’ULg. Cette démarche se structure en sept étapes :

La question de départ Introduction

L’exploration
Etat de l’art

La problématique
Analyse des thèmes et
La construction d’un modèle critères
d’analyse

L’observation Durabilité en Afrique de


l’Ouest

L’analyse des informations

Définition d’un référentiel


Les conclusions adapté

Figure 2 : Les étapes de la recherche (Quivy & Van Campenhoudt (2006) et transposition au
TFE.

Concrètement, ce Travail de Fin d’Études s’articulera autour de deux grandes parties.


Une première partie théorique abordera le cadre de référence (chapitre 1) où on
s’attèlera à la définition des termes, des enjeux, défis d’un éco-quartier et un diagnostic
de la situation géographique et urbanistique de l’Afrique de l’Ouest.

La seconde partie d’application consistera, dans un premier temps, à l’établissement


d’une grille de lecture des critères de conception et évaluation d’éco-quartiers découlant
de l’étude de référentiels existants. Cette grille de critère nous permettra de définir une
hypothèse de base (chapitre 2). Ensuite, à partir du diagnostic déjà fait, la connaissance
des textes, nous entamerons une analyse de la durabilité en Afrique de l’Ouest (dont la
méthodologie sera détaillée) pour vérifier notre hypothèse de base (chapitre 3). Cette
vérification se basera sur un ensemble d’observation, à savoir un questionnaire, des
entretiens et l’analyse de l’éco-quartier de Sébénikoro. L’objectif sera double : vérifier
notre hypothèse de base mais aussi évaluer les thèmes et critères la constituant. Cette
évaluation se faisant sous trois aspects ; L’Acceptabilité – la Praticabilité – la
Systématicité, nous permettra alors de définir un référentiel adapté.

C’est-à-dire, après avoir acquis des connaissances relatives au sujet (chapitre1), nous
établirons une grille de lecture qui répertorie les thèmes et critères primordiaux à la
conception d’un éco-quartier (chapitre 2). Cette hypothèse sera alors vérifiée et évaluée
pour le contexte ouest-africain (chapitre 3), pour finalement tirer des pistes de
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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 12
recommandation pour la conception et l’évaluation des éco-quartiers durables dans la
zone d’étude définie (conclusion).

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 13
Nous présentons ci-dessous l’organigramme du Travail:

Etat de l’art

CHAPITRE 1
Cadre de Référence

Qu’est-ce qu’un éco-quartier, les enjeux et défis ?

Quelle est la situation géographique, socio-économique et urbaine de l’Afrique de


l’Ouest ?

Du diagnostic à la recherche de solutions

 Référentiel Quartier Durable Wallon

CHAPITRE 2
Référentiel INDI

Analyse des thématiques et critères

Quels sont les thématiques et critères les plus pertinents d’un référentiel au niveau
d’une région et d’un pays ?

D’une solution théorique à l’expérimentation pratique

CHAPITRE 3
Durabilité en Afrique de l’Ouest

Quels thèmes et critères pour les éco-quartiers en Afrique de l’Ouest?

De l’expérimentation pratique à un résultat


CONCLUSIONS

Définition d’un référentiel adapté

Pistes de recommandations pour la conception et l’évaluation des éco-quartiers en


Afrique de l’Ouest.

Figure 3: Organigramme du TFE.

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CHAPITRE 1

État de l’art

Cadre de Référence
Qu’est qu’un éco-quartier, les enjeux et défis ?
Quelle est la situation géographique, socio-économique et urbaine de l’Afrique
de l’Ouest ?

Ce chapitre, intitulé État de l’art est un condensé de ce qui existe en termes de


connaissance sur le sujet. Il nous permet ici, de mieux faire connaître le sujet d’études à
travers diverses définitions de termes et de contextes. L’état de l’art portera sur deux
grandes questions, à savoir : ce qu’est qu’un éco-quartier, ses enjeux et défis, dans un
premier temps, et ensuite quelle est la situation géographique, socio-économique et
urbaine de l’Afrique de l’Ouest.
Répondre à ces questions, nous permettra de situer le sujet et d’avoir des bases solides
quant à la question principale du Travail de Fin d’Études.

1.1 L’éco-quartier
1.1.1 Développement durable
Le concept de développement durable connaît une multitude de définitions. À l’origine,
il a été considéré comme une démarche intégrée, ayant pour objectif le progrès, en
prenant en compte les préoccupations environnementales, sociales et économiques et la
mise en place de nouveaux partenariats et modèles de gouvernance. Le développement
durable est défini comme étant le développement qui répond aux besoins du présent
sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs (ONU,
1988). La Commission Européenne en donne aussi une définition complémentaire « une
politique et une stratégie visant à assurer la continuité dans le temps du développement
économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les
ressources naturelles indispensables à l’activité humaine » (Commission Européenne,
CE 30/3/92). Pour Charlot-Valdieu et Outrequin, « le développement durable apparaît
comme une stratégie politique visant à être gagnants sur les trois terrains de l'économie,
du social et de l'environnement » (1999, p. 5).

Cependant avec la crise économique mondiale, on aperçoit une limite dans le concept de
développement durable qui, comme le montre sa définition (celle mondialement adoptée
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du rapport Brundtland citée ci-dessus), est focalisé sur une réflexion sur les ressources
planétaires et leur accessibilité pour les générations présentes et futures sans prendre en
compte, ni les aspects de la crise économique, propre à notre monde actuel, ni les
processus politiques et de participation nécessaires pour les atteindre. Pour inclure ces
processus, la Fondation pour les Générations Futures place au cœur du développement
durable la participation des acteurs de la société :
Une société soutenable est alors une société qui persiste et prospère, qui offre une
grande qualité de vie pour tous ses habitants, de manière juste et équitable. Une
société où les besoins de tous sont satisfaits, maintenant et demain, en respectant
les limites des écosystèmes et ressources naturelles, dont toute vie dépend. Une
société où les citoyens gardent la maîtrise démocratique du choix de leurs modes
de développement (Fondation pour les Générations Futures, para. 2).

Ainsi, pour faire face aux défis, la participation des acteurs de la société est nécessaire
afin de développer une « approche globale systémique à 360° » (Fondation pour les
Générations Futures, para. 3) qui maintiendra la relation entre « 4 dimensions ou “4 P” :
sociale (People), environnementale (Planet), de prospérité, notamment économique
(Prosperity) et de gouvernance (Participatory governance) » (Fondation pour les
Générations Futures, para. 3).

Figure 4: Une approche globale, à 360° (source : Fondation pour les Générations Futures).

Charlot-Valdieu et Outrequin (2012) estiment aussi que le concept connaît un flou lié,
d’une part, aux différentes interprétations de sa définition et, d’autre part, aux
différents niveaux de prises de décision et échelles territoriales auxquelles le terme
« durable » est associé : ville, quartier, bâtiment. Ils en viennent à se demander s’il faut
abandonner ces termes ou leur redonner un sens.

Les premiers travaux sur le développement durable se sont d’abord préoccupés des
thèmes circonscrits et non des territoires. Le rapport Brundtland (1987) évoquait les
problèmes liés à la consommation énergétique des villes, aux transports automobiles et
à la dispersion urbaine, avec un accent particulier sur la situation urbaine des pays du
Sud, où l’aménagement d’une trame urbaine de ville et le maintien de l’habitat rural
était préconisé. Dans l’optique d’un développement, il s’agissait de freiner les rythmes

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d’urbanisation et de concentration dans les grandes métropoles (Charlot-Valdieu &
Outrequin, 2009a).

Vu que le quartier est un morceau de la ville, il se révèle intéressant et judicieux de


donner d’abord la définition de cette dernière, de faire un bref rappel de ce qu’est
l’aménagement durable, avant de se lancer proprement dit dans la présentation de ce
qu’est un éco-quartier ainsi que ses enjeux et objectifs. De même, la question du
développement durable ne se traite pas de la même façon selon qu’il s’agisse de son
intégration à un lotissement ou à une région, car ces enjeux, objectifs, méthodes et
outils utilisés ne seront pas les mêmes selon l’échelle.

À la première conférence des Nations Unies sur l’environnement en 1972 à Stockholm,


la ville qui abritait déjà plus de 50% de la population mondiale a été considérée comme
un acteur majeur. Tous les accords signés par la suite ont montré qu’un développement
durable global ne peut se faire qu’avec des relais locaux. La ville fut choisie comme
l’échelon au niveau duquel il faut impliquer des acteurs capables de porter, à leur tour,
la thématique du développement durable. Mais, le terme de “ville durable” n’est apparu
qu’en 1988 et ce n’est qu’en 1996 que le sommet Habitat II a prudemment abordé le
sujet (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009a).

Lors de la première biennale des villes et urbanistes d’Europe en 1995 à Lyon, les
urbanistes ont essayé d’établir la nécessaire relation entre la ville et le développement
durable. Ils ont alors proposé le renforcement d’une triple approche :

 écosystémique, délibérément scientifique, se préoccupant de la ville comme


consommatrice de ressources naturelles,

 patrimoniale, privilégiant l’entrée culturelle, avec le souci de sauvegarder la


diversité, les caractères déjà acquis, l’amélioration du cadre de vie, la
permanence de certaines valeurs attachées aux lieux,

 participative, privilégiant l’entrée politique et visant à susciter une meilleure


prise en compte des réalités locales et de la pluralité des intérêts en cours
(Comité de Pilotage, cité par Charlot-Valdieu & Outrequin, 1999, p. 10).

Cette approche présente la ville avec ses fonctions de consommatrice de ressources


possédant un patrimoine naturel, social et culturel à protéger, et aussi un lieu où doit
s’exercer une démocratie. Mais le Comité de Pilotage (1995) des urbanistes ajoute que
le souci commun est « l’aptitude de la société urbaine à se reproduire dans son contexte
et à reproduire celui-ci dans un souci de permanence » (cité par Charlot-Valdieu &
Outrequin, 1999, p.10). Ainsi les différents aspects évoqués dans la définition générale
du développement durable se retrouvent au niveau de la ville durable.

Toutefois, la durabilité d’une ville ne dépend pas de la pérennité de la ville ni de son


patrimoine, ni celle des services qu’elle fournit. Le développement durable d’une ville
doit prendre en compte l’environnement global de la ville et la contribution de la ville à
l’amélioration de l’environnement global, c’est-à-dire conserver cette interdépendance

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entre la ville et son milieu et la liaison qui doit s’établir entre eux, tout en tenant
compte des problèmes actuels de la ville :

L’objectif est donc de concilier les problèmes de la ville : exclusion sociale,


dégradation de la santé, chômage, dégradation du patrimoine culturel, etc. avec les
objectifs d’un développement durable : solidarité entre le présent et le futur, entre
ici et ailleurs, entre le local et le global (Charlot-Valdieu & Outrequin, 1999, pp.
10-11).

En réalité, il n’y a pas une définition consensuelle et universelle de la ville durable et,
du coup, de nombreuses définitions existent. Nous reprenons ici celle livrée par
Charlot-Valdieu et Outrequin:

Comme François Asher, nous n’assimilons pas la ville verte à une ville durable.
Selon nous, la ville durable doit être solidaire de l’espace (ne pas reporter sur les
autres populations et écosystèmes ses coûts de développement) et dans le temps
(ne pas reporter sur les générations futures ses propres coûts de
développement) (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, pp.19-20).

Cela implique d’appliquer à la ville les cinq principes proposés par le Bureau Fédéral
du Plan en Belgique:

 “Principe d’intégration des composants du développement durable” : car un


développement n’est durable que lorsqu’il est économique, accompagné d’une
amélioration à la fois sociale et environnementale tout en se donnant les
réglementations et outils de gouvernance nécessaires à sa durabilité. Ce qui
démontre la large différence entre ville verte et ville durable.

 “Principe de double équité, intra et intergénérationnelle” : une ville qui tient


compte des autres et du futur.

 “Principe de précaution et de reconnaissance des incertitudes scientifiques” :


une ville qui réduit les risques locaux et planétaires en privilégiant des choix
réversibles.

 “Principe de responsabilité commune mais différenciée” : une ville qui s’inscrit


dans un processus précisant la responsabilité de chaque acteur.

 “Principe de participation des citoyens” : une ville centrée sur le citoyen. Elle
prend en compte ses besoins, ses désirs et ses compétences de manière réaliste.

L’importance de l’aspect politique et de la coopération entre les acteurs, déjà introduite


par la définition du développement durable donnée par la Fondation pour les
Générations Futures, est encore précisée dans cette citation :

La ville durable vise le progrès (ce dernier n’étant pas synonyme de croissance
économique). Elle ne peut se construire qu’avec une coopération et une
concentration entre tous les acteurs (en sus de décision et d’actions au niveau
national).

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Des stratégies coopératives, des synergies doivent être recherchées entre les acteurs
publics et privés ; la chaîne des acteurs doit être efficace et elle doit permettre à ces
derniers de travailler ensemble dans une vision partagée et cohérente de l’avenir du
territoire. Tous les habitants contribuent à rendre la ville durable (par leur travail,
en gérant leur déchet, en respectant leurs voisins, etc.).
Enfin, la ville durable est un projet politique, un objectif global qui doit guider les
politiques ou stratégies d’aménagement et de développement urbains, mais aussi
l’ensemble des politiques d’une collectivité : éducation, formation, solidarité,
emploi, etc. (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p. 20).

L’aménagement durable, la ville durable et le quartier durable sont les territoires


d’application du développement urbain durable. L’aménagement durable concerne tous
les acteurs : des services de l’État, services municipaux, promoteurs, bailleurs sociaux,
etc., aux habitants et usagers. Il constitue une réponse à l’urbanisation moderne, qui se
caractérise par la formation de régions métropolitaines de plus en plus insérées dans les
réseaux d’échanges internationaux et ayant pour impact l’utilisation du transport
motorisé pour assurer la cohérence de fonctionnement des espaces qui sont construits de
plus en plus étalés, hétérogènes et fragmentés. De plus, l’utilisation exponentielle de
véhicules génère des dommages irréparables sur les écosystèmes, les ressources
naturelles et la qualité de vie des citadins.
Charlot-Valdieu et Outrequin définissent quatre piliers ou enjeux pour une stratégie de
développement durable à l’échelle d’un territoire :

 Prendre en compte les différents enjeux globaux de la planète : l’effet de serre, la


préservation des ressources et de la biodiversité…;

 Prendre en compte les enjeux locaux (environnementaux, sociaux et


économiques) afin d’assurer la qualité de vie des habitants et usagers;

 Prendre en compte les enjeux territoriaux et contribuer à la durabilité du


territoire dans lequel il se trouve (ville, agglomération, région...);

 Mettre en œuvre une nouvelle gouvernance (nouvelles méthodes et nouveaux


outils) (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p. 22).

Toutes ces définitions, bien que différentes dans leur structuration, se rejoignent sur un
grand nombre de points ; ce qui nous permet de mieux comprendre le concept de ville
durable.
L’aménagement durable, quant à elle, peut concerner différentes parties du territoire,
allant d’un bâtiment ou d’une zone de proximité (rue ou place) à une zone plus
importante (une ville). En dépit du fait que certains pays de l’Union Européenne avaient
profité de la transposition de la circulaire 2001/42/CE relative à l’environnement pour
intégrer d’autres aspects de durabilité dans les documents d’urbanisme et
d’aménagement du territoire, le développement durable peine à faire une place dans
tous les projets d’aménagement (SUDEN, s.d.).
L’aménagement occupe une grande place dans l’urbanisme durable car c’est par ses
projets que se dessine la ville de demain, ce qui lui confère également une grande place
dans les dépenses des communes. Les projets d’aménagement se composent d’une

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phase de définition du projet (parti d’aménagement, esquisse, avant-projet et projet) et
d’une seconde phase de définition des opérations constituant le projet (Charlot-Valdieu
& Outrequin, 2009a). L’opération d’aménagement contiendra toutes les options ou
cibles relatives à la qualité environnementale, les orientations d’aménagement et visera
à définir les choix cohérents avec l’environnement économique et social de la zone ainsi
que le positionnement de la zone sur le territoire.
Dans l’optique d’un développement durable, l’aménageur va établir dans son projet des
objectifs qui permettront de définir et structurer le projet. Ces objectifs devront se
décliner en:
 Objectifs locaux pertinents qui vont s’imposer aux acquéreurs et pourront être
annexés aux contrats de cession ;

 Objectifs spécifiques pour l’entreprise en charges de l’aménagement de l’espace


publics (l’aménageur) ;

 Mesures d’accompagnement assurant la cohésion de la conduite de projet avec


les principes d’action du développement durable (transversalité, stratégie
d’amélioration, coût global…) et la réalisation des objectifs initiaux du projet
(impliquant la concertation mais aussi le contrôle, le suivi et l’évaluation des
opérations et du projet) (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009a, p. 38).

Partant des enjeux pour une stratégie de développement durable, Charlot-Valdieu et


Outrequin (2009a) estiment que l’aménagement durable se caractérise par la mise en
œuvre d’une démarche projet, laquelle doit être l’expression d’une volonté politique et
doit se caractériser par une nouvelle façon de penser et d’agir. On peut la résumer ainsi :

1) Une approche « systémique » :


 raisonnant en cycle : cycle de l’eau, cycle de l’énergie et cycle des
matériaux.
 raisonnant en écosystème : gestion des déchets, gestion des flux ; et centrée
sur la cohérence économique, ce qui a aussi à voir avec la faisabilité
économique des projets ;
2) Une démarche qui associe le sensible (architecture) et l’ingénierie technique et
économique (performance et évaluation) ;
3) La prise en compte du long terme : économie de ressources naturelles,
investissements évités (réseaux), prévention et lutte contre le changement
climatique ;
4) Une nouvelle gouvernance : la participation des différents acteurs et
particulièrement des habitants citoyens ; des partenariats multiples (public-privé,
entreprises-clients, etc.) et de nouvelles règles de marché (partenariat public-
privé, dialogue compétitif, etc.) ; une nouvelle culture urbaine, pluridisciplinaire
et transversale.
On peut alors proposer, sur base des concepts de ville durable et aménagement durable,
qu’un projet d’éco-quartier (qui n’est autre qu’un morceau de ville), contribue à
l’établissement d’une ville durable et d’aménagement durable. L’éco-quartier constitue
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donc le socle de mise en pratique d’un aménagement durable, la base ou la première
unité d’une ville durable et doit donc prendre en compte les stratégies de ces derniers.
D’où, l’éco-quartier peut être assimilé à une petite entité mais qui doit tenir compte
d’une multitude de politiques de durabilité.

1.1.2 Historique et Définition


Il n’existe pas encore une définition universelle du terme “éco-quartier” ou “quartier
durable”. Cette absence de définition concrète entraîne, d’une part, le risque que tout
nouveau projet d’aménagement intégrant quelques aspects de durabilité prétende à
l’appellation et, d’autre part, une confusion dans la différentiation des deux termes qui
sont, généralement utilisés comme synonymes.
Ainsi avant de donner toute une série de définitions, il est d’abord important de se
mettre d’accord sur une terminologie :

Le terme “éco-quartier” relève davantage de l’écologie alors que le terme


quartier durable comprend aussi les dimensions économiques, sociales et
participatives (en supposant la mise en œuvre d’une démarche de
développement durable), mais à la suite des orientations données par Jean
Louis Borloo, alors ministre d’Etat, le terme “éco quartier” l’a remporté et il
est utilisé aujourd’hui en France indifféremment pour les deux types de
projet (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b, p. 16).
L’éco-quartier était considéré comme un quartier écologiquement performant car
associant les unités : écologie et quartier. La signification du mot éco-quartier a changé,
aujourd’hui, elle fait référence à des objectifs environnementaux, sociaux et
économiques, et bon nombre d’acteurs dont les pouvoirs publics adhèrent à cette
orientation. L’éco-quartier est aujourd’hui une unité regroupant les considérations
environnementales mais aussi sociales et économiques : « éco-quartier apparaît
finalement avant tout comme une porte d’entrée sur l’urbanisme nouveau pour le grand
public et un terme fédérateur » (Boutaud, 2009, p. 9). Et si quartier durable, comme
agriculture durable ou ville durable, peut continuer d’évoquer théoriquement et de
manière générale un certain nombre de concepts et d’idées maîtresses, il semble en
revanche beaucoup moins adapté pour la désignation du quartier dans sa matérialité.
Pour toutes ces raisons et d’un choix personnel, le terme “éco-quartier” sera celui utilisé
dans ce Travail, pour désigner un quartier qui intègre tous les aspects du développement
durable.

1.1.2.1 Rappel historique


La première transposition de l’écologie à l’habitat remonte en 1892 lorsque Frigtjof
Nansen, grand explorateur norvégien, a réussi grâce à son bateau prénommé le Fram, un
exploit scientifique et humain. Le Fram (signifiant « en avant ») a été conçu pour
traverser les glaces du Nord sans dommages physiques. Mais face aux intempéries et
aux températures des plus basses, Nansen, souhait réagir avec la construction d’un
container ‘in-traversable’ par les conditions extérieures (Simon, 2010).

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Rappelons que, des courants tels que le malthusianisme et le naturisme avaient initié dès
le 18ème siècle, une réflexion sur la durabilité en mettant en évidence l’épuisement à
terme des ressources naturelles et la nécessité de préserver l’environnement mais la
notion de développement durable n’apparaît véritablement qu’avec l’émergence de
l’écologie politique vers la fin des années 1960 (Guyonnet, 2007).

L’urbanisme hygiéniste

Les périodes de l’histoire sont souvent corrélés des utopies urbaines. Celle du 21ème
siècle, semble pour nombre de personnes, être liée à l’utopie de la construction des éco-
quartiers. Mais le phénomène ne date pas de ce siècle, elle est en fait le produit d’une
succession d’œuvres urbanistiques, ayant pour principale objectif la maîtrise de la ville
anarchique (Blanck, 2011). Dès le 19ème siècle, on voit apparaître une urbanisation
prenant en compte les problèmes de propreté : on parle alors d’urbanisme hygiéniste
pour trouver solution à la ville dense et multifonctionnelle héritée du Moyen Âge et de
la Révolution Industrielle. C’est suite aux préoccupations des hygiénistes par rapport à
la misérable vie que mènent les ouvriers dans les pays industrialisés, qu’un intérêt
nouveau pour l’habitat urbain voit le jour. Les préoccupations ont fait évolué la ville en
ce qui concerne la gestion des réseaux et le bâti (eau, assainissement, habitat salubre,
voies de communication, rationalisation). Cependant, on rentre dans la période où
l’urbanisme et l’architecture commencent à intervenir dans les orientations de
développement. Le premier, qui était jusque-là simple aménagement rationnel de la
voirie, devient une préoccupation globale et le second nourrit la réflexion des congrès
internationaux d'architecture moderne (Delpech, s.d.).

Dans le années 60-70, apparaissent des mouvements écologistes contre la ville et


prônant la vie à la campagne avec un développement d’habitations en périphérie des
villes. C’est pour faire face à la société fordiste et consumériste que la notion d’écologie
a vu le jour, pour ensuite aboutir à la celle de développement durable. Parallèlement à
cette évolution, on constate celle des éco-quartiers, qui peut être établie en trois
générations. La première, intervenue dans les années 1960 est celle des
expérimentations et qui se positionnaient clairement contre les villes diabolisées. Ces
premiers éco-quartiers étaient rares, éloignés des centres urbains et destinées
exclusivement au résidentiel, donc monofonctionnel. Le but initial était de réduire au
maximum l’empreinte écologique. La production de la ville est alors perçue comme la
source principale des nuisances environnementales et la solution envisagée était donc de
sortir de la ville de manière radicale. Ces types d’éco-quartiers étaient souvent de
l’initiative de groupes de personnes convaincus de l’importance de l’approche
écologique (Blanck, 2011 ; Souami, 2011). Ce n’est qu’à partir des années 90 que la
perspective va s’inverser, comme le soulignent Charlot-Valdieu et Outrequin, « l’année
1990 a marqué un tournant, un virage s’opérant vers une appréhension territoriale et
urbaine du développement durable, plus pragmatique et appliquée » (2009a, p. 22) et
commence à apparaître la deuxième puis la troisième génération d’éco-quartiers. Ce
sont ces éco-quartiers qui disposent de moyens (montage institutionnel et financier) et

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des solutions techniques innovantes (panneaux solaires, etc.). Si les éco-quartiers de
deuxième génération se construisaient généralement à l’occasion d’événements
urbanistiques exceptionnels (Exposition Universelle à Hanovre, Jeux Olympiques à
Londres), les éco-quartiers de troisième génération sont initiés de manière classique,
avec les outils ordinaires d’aménagement et intègrent les objectifs de qualité
environnementale.

Le Sommet de RIO (1992)

Lors de cette conférence, les villes étaient attendues pour la mise en place d’un Agenda
21, mais le problème urbain fut discuté quelques jours avant l’ouverture du sommet,
lors de rencontres organisées à Curitiba puis à Rio, par le groupe G4+ qui comprend les
quatre grandes associations internationales de villes – l’Union Internationale des
Collectivités Locales (LULA) – la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU),
Métropolis et le Sommet des grandes villes du monde – ainsi que des associations
régionales de collectivités locales. Un texte « l’engagement de Curitiba » adopté par
quelques 300 maires représentants leur ville, préconisait l’élaboration d’Agendas 21
locaux.

A travers ses 27 principes, la déclaration de RIO insiste sur le rôle des autorités locales
et la mise en œuvre d’un mode de production et de développement compatible et centré
sur l’homme. L’Agenda 21, quant à lui, s’inscrit comme un outil pragmatique dans la
mise en œuvre d’actions concrètes pour un développement durable. Non contraignant, il
invite les autorités des pays signataires à une politique de développement durable, de
façon à « trouver, au quotidien, un compromis équilibré entre préservation
de l’environnement, efficience économique et équité sociale ». Il s’agit d’une
orientation du développement durable prenant en compte l’importance d’agir
maintenant et sur le long terme, ainsi que de trouver un équilibre entre les trois piliers
du développement durable (ONU, 1993 ; Marique, 2009).

L’ICLEI2 définit l’Agenda 21 local comme :

Un processus multisectoriel et participatif qui vise à atteindre les objectifs de


l’Agenda 21 au niveau local. Il se fait grâce à la participation et l’élaboration d’un
plan stratégique d’actions visant le long terme et qui répond en priorité aux
problèmes locaux du développement durable.

L’Agenda 21 local, donne l’opportunité à tous les acteurs ; élus, citoyens, réseaux
associatifs, acteurs économiques, de contribuer à l’élaboration de leur commune, ville,
quartier de demain.

En Afrique de l’Ouest, des pays, villes et communes telles que Dakar, Ruffisque, Louga
(au Sénégal), la Côte d’Ivoire (à travers le Plan National d'Actions Environnemental en

2
International Council for Local Environmental Initiatives (Conseil international pour les
initiatives écologiques locales).

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 23
Côte d'Ivoire) ont élaboré à la suite du sommet, un Agenda 21 local. Mais
malheureusement, on assiste à une absence d’effectivité de ces programmes.

Le Sommet de Johannesburg (2002)

Le sommet de Johannesburg, s’est tenu du 26 août au 4 septembre 2002 en présence


d’une centaine de chefs d’états et environ 60 000 personnes dont des délégués, des
représentants d'ONG, des journalistes et des entreprises. Ce sommet a renouvelé les
engagements pour les principes de RIO, établis dix ans auparavant. Il a mis l’accent sur
la mise en pratique de l’Agenda 21 à différents échelles. Lors du sommet, M. Amara
Essy (Président intérimaire Commission de l'Union Africaine) déclarait : « En ce qui
concerne la mise en œuvre du plan, il faudrait, avant toute chose, accorder une attention
toute particulière aux questions liées au développement durable en Afrique, chaînon le
plus faible dans le processus de développement mondial en cours. Par ailleurs, la
promotion du développement durable en Afrique servirait de catalyseur dans la mise en
œuvre de l'Union africaine et de son programme, le NEPAD » (UA, 2002, para.21).

La ville apparaît désormais comme une solution et un lieu d’expérimentation. On passe


alors d’un type d’actions collectives d’initiatives citoyennes à une mobilisation
d’acteurs à toutes les échelles.

Mais, l’apparition des éco-quartiers s’explique en partie par le fait du coût élevé de la
réhabilitation qui fait que la mise en œuvre de normes environnementales plus exigeante
est facile dans le cas de planification ex nihilo. Ainsi, le choix a été fait d’investir
davantage dans de l’éco-construction neuve, en particulier dans le cadre de projets de
nouvelles zones urbaines. La ville revêt alors entièrement le caractère expérimental et
l’échelle du quartier est choisie parce qu’elle est le point intermédiaire entre une
intervention ponctuelle au niveau du bâtiment et la modification de l’image d’une ville,
c’est aussi un choix stratégique car, le quartier est un moyen de communiquer sur la
volonté de créer une ville durable (Blanck, 2011). Ainsi, l’échelle du quartier révèle son
potentiel de lien entre l’échelle du bâtiment et celle de la ville : « l’éco-quartier se situe
exactement au point de rencontres entre l’art de construire et l’art de gérer une ville
durable » (Lefèvre cité par Marique, 2009, p. 12).

1.1.2.2 Définitions

Tout comme la ville durable, l’aménagement durable, le terme “éco-quartier” ne connaît


pas encore une définition académique. Nous allons passer en revue quelques définitions
proposées par des auteurs et spécialistes. Tout comme pour le concept de durabilité, ces
différentes définitions sont riches en enseignement.

Boutaud donne une définition de l’éco-quartier selon trois aspects :

 (Scientifique) : Un espace bâti nouveau ou reconverti de la ville, dans ou à


proximité d’un centre urbain dense, de l’échelle d’un quartier, ayant pour
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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 24
vocation d’appliquer, de préserver et de développer sur le temps long
l’ensemble des principes environnementaux, sociaux et économique de
développement durable qui ont gouvernés à sa conception

 (Usuel) : Dans le langage courant, un quartier d’une ville désigné comme tel par
ses initiateurs et répondant à un certain nombre de principes
environnementaux, sociaux ou économiques […].

 (Institutionnel) : Un terme labellisé (« ÉcoQuartier ») en 2008, par le MEEDDM


dans le cadre d’un concours sur la ville durable afin notamment de dynamiser
le développement des pratiques d’urbanisme durable en France Boutaud
(2009, pp. 9-10).

D’après la Revue durable :

Un éco-quartier est à la fois une vitrine et à la fois un symbole de manifestation


concrète des avancées de la politique écologique, il rend visible une intention et
attire le regard des citadins sur les mutations urbaines amorcées pour négocier le
virage de la durabilité […] Un éco-quartier est ainsi autant un lieu pilote qu’un
aboutissement : il tire la ville vers le durable autant que la politique de durabilité de
la ville le pousse à éclore (Revue durable, cité par Bonard & Matthey, 2010, p. 2).

Charlot-Valdieu et Outrequin (2009b, p. 22) définissent l’éco-quartier comme « un


quartier conçu (ou renouvelé) avec une démarche environnementale, laquelle porte
notamment sur le paysage ou « la végétalisation des quartiers » et la qualité
environnementale des bâtiments (le plus souvent encore aujourd’hui uniquement des
bâtiments neufs) ».

Partant des trois générations évoquées plus haut, on peut distinguer trois types d’éco-
quartiers (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009a ; Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b ;
Souami, 2011) :

 Les “protoquartiers” : initiés par des militants (formant un noyau dur) qui se
structurent pour construire ou être promoteurs d’un quartier. C’est le cas d’une
partie du quartier Vauban à Fribourg en Allemagne, constitué principalement de
bâtiments réhabilités par des associations de propriétaires (les Baugruppen), qui
totalisent soixante-huit logements.
 Les “quartiers prototypes” : ce type de quartier correspond à ce que l’on désigne
par le “modèle nord européen”. C’est le plus connu et c’est ce modèle qui a
inspiré, motivé ; aidé à mobiliser et illustrer des projets d’éco-quartiers au sud de
l’Europe. On les qualifie également de techno-quartiers tels que Bo0I à Malmö
ou Hammerby à Stockholm, plus chers à mettre en œuvre et plutôt réservés à des
populations aisées, mais extrêmement performants sur le plan environnemental
et qui servent de vitrines. Ainsi, par exemple, Hammerby a accueilli plus de 70
000 visiteurs en 2005.
 Les “quartiers types” : plus reproductibles car conçus à partir des outils
d’aménagement classique et adaptés à intégrer les principes de durabilité.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 25
Figure 5: Quartier Vauban (Wikipédia).

Figure 6: Quartier Bo01 (dac.dk).

Cependant, Charlot-Valdieu et Outrequin préfèrent parler de “projet d’éco-quartier”


plutôt que “d’éco-quartier”. Et ils définissent alors le premier comme :

Un projet d’éco-quartier se caractérise par la mise en œuvre d’une démarche projet


visant à répondre – à son échelle – aux enjeux globaux de la planète, aux enjeux
locaux afin d’améliorer la qualité de vie de ses habitants et usagers, et de
contribuer à la durabilité de la ville (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b, p. 18).

En conclusion nous pouvons affirmer qu’un éco-quartier tient compte des enjeux du
développement durable tant à l’échelle globale que locale et qu’il a pour finalité le
bien-être de l’ensemble des résidents.

1.1.3 Enjeux – Défis – Objectifs

Les enjeux et défis des éco-quartiers sont directement en relation avec ceux du
développement durable, car un projet d’éco-quartier doit être conçu autour du
croisement des objectifs ou finalités du développement durable avec les principes de ce
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 26
dernier (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b). Ces enjeux et défis, en fonction des
lieux et des approches, sont déclinés de différentes manières. Certains spécialistes
l’énoncent en partant des trois piliers qui structurent le développement durable. Pour
Charlot-Valdieu et Outrequin:

Pratiquant cette référence aux quartiers durable depuis 1998 dans nos analyses de
territoire pour différentes collectivités en France, nous en sommes arrivés à la
conclusion que commencer par cette approche par pilier n’est pas opérationnel et
génère de nombreuses redondances et/ou des oublis importants (Charlot-Valdieu &
Outrequin (2009b, p. 18).

Nonobstant cette différence dans la stratégie d’énonciation, tous sont d’accord que
certains éléments doivent guider tous les aménageurs et décideurs politiques dans la
conception d’un éco-quartier.

Pour énoncer les enjeux, défis et objectifs des éco-quartiers, nous avons choisi
d’énumérer principalement ceux retenus par les chercheurs3 Charlot-Valdieu et
Outrequin (2009b, 2012). Leur point de vue sera à certain niveau, soutenu par celui
d’une association4 (Éco-quartier), d’un bureau d’études5 (LesEnR) spécialisés dans le
développement durable pour la construction de la ville. Un tableau fera le récapitulatif
de ces enjeux en fin de section.

Lorsque des aménageurs ou décideurs politiques s’engagent à mener un projet d’éco-


quartier, ceux-ci doivent s’attacher à une démarche visant à répondre aux enjeux
suivants (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b, 2012) :

 Prendre en compte localement les grands enjeux locaux

 Répondre de façon cohérente aux enjeux locaux

 Contribuer à la durabilité de la ville

3
Catherine Charlot-Valdieu & Philippe Outrequin sont deux chercheurs impliqués, depuis de
nombreuses années, dans plusieurs projets européens liés au développement durable à l’échelle
territoriale et sont à l’origine de la création de l’association SUDEN pour la promotion du
développement urbain durable.

4
L’association Éco-quartiers a pour but de promouvoir les initiatives s'inscrivant dans le champ
de la ville durable et des éco-quartiers. L’association Éco-quartiers est composée de personnes
morales (associations et entreprises) et d’individus.

5
LesEnR est un bureau d'études spécialisé dans le développement durable pour la construction
de la ville. Intervient auprès des collectivités, aménageurs, promoteurs et entreprises mais aussi
urbanistes et architectes pour intégrer le développement durable au sein des projets. Spécialistes
reconnus du développement durable depuis 2006, il intervient sur les différentes échelles de la
ville, territoires, quartiers et bâtiments en maîtrise d'ouvrage et en maîtrise d'œuvre.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 27
 Une nouvelle gouvernance

Ces enjeux vont être décrits en détail ci-dessous :

Enjeu1 : Prendre en compte localement les grands enjeux globaux

Cet enjeu se décompose en trois principaux thèmes, dont le premier est : la lutte contre
le changement climatique et l’effet de serre, et la préservation des ressources
énergétiques.
La quasi-totalité des scientifiques s’accordent à dire que l’activité humaine est le
principal responsable du changement climatique avec notamment l’émission des gaz à
effet de serre (GES)6 issu principalement de la combustion des énergies fossiles
(charbon, pétrole, gaz naturel), de l’agriculture et de l’industrie. Le gaz carbonique
(CO2) représente 60% des gaz à effet de serre et peut demeurer dans l’atmosphère
durant un siècle. La part importante de ce gaz provient des bâtiments et des transports.

Figure 7: Bilan (%) effet de serre de la consommation annuelle d'un européen (source: Bio
Intelligence Service).

L’enjeu du changement climatique est planétaire et inquiétant. Vu l’évolution des


émissions des gaz à effet de serre, le GIEC 7 prévoit une augmentation de la

6
Le protocole de Kyoto signé en 1997 a retenu six gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone,
le méthane, le protoxyde d’azote, ainsi que trois gaz fluorés.

7
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) [Intergovernmental
Panel on Climate Change - IPCC] est un organisme chargé du suivi scientifique des
négociations internationales sur le changement climatique.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 28
consommation de pétrole à 70% d’ici 2050 avec une émission de CO2 augmentant de
130%, ayant pour conséquence une augmentation de la température mondiale, une
modification de tous les aspects de la vie humaine et un changement irréversible de
notre environnement. Dans son rapport de 2013, M. Thomas Stocker, coprésident du
Groupe de travail I, a affirmé que «les émissions continues de gaz à effet de serre vont
entraîner la poursuite du réchauffement et l’altération de toutes les composantes du
système climatique. Pour limiter le changement climatique, il faudra réduire
notablement et durablement les émissions de gaz à effet de serre […] il est prévu qu’à la
fin du 21ème siècle, l’augmentation de la température à la surface du globe devrait être
supérieure à 1,5°C par rapport à l’époque allant de 1850 à 1900 dans tous les scénarios
envisagés sauf le plus bas, et à 2°C dans les deux scénarios les plus élevés. Les vagues
de chaleur sont susceptibles de se produire plus fréquemment et de durer plus
longtemps. Du fait du réchauffement du globe, on s’attend à ce que les zones humides
soient davantage arrosées et à ce que les zones sèches le soient moins, bien qu’on
prévoie des exceptions» (Bureau de Presse du GIEC, 2013).

Pour faire face, des initiatives ont été envisagées et des conférences sur le changement
climatique ont lieu pour une mobilisation mondiale. L’Union Européenne et la France
se sont engagés à diviser par 4 (Facteur 4) leur émission de gaz à effet de serre.
L’Europe suggère aux États un engagement à l’horizon 2020, dans les objectifs « 3 X
20% » du paquet «Énergie Climat» visant à : réduire de 20% les émissions de GES ;
améliorer de 20% l’efficacité énergétique; porter à 20% la part des Énergies
Renouvelables dans la consommation finale d’énergie. La France, à travers le “Grenelle
de l’Environnement”, a promulgué des lois instituant des documents prescriptifs et/ou
obligatoires relatifs au climat, l’air et les énergies renouvelables, afin que les
collectivités intègrent dans leur démarche des politiques et stratégies visant l’atténuation
et la lutte efficace contre le réchauffement climatique (Charlot-Valdieu & Outrequin,
2012).

Dans la conception d’un éco-quartier, on peut faire face à cet enjeu en intervenant sur 4
domaines (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012) :

1- La gestion de l’énergie dans la conception du projet : il s’agit de mettre en place


de mettre en place une stratégie visant, d’une part, à développer les énergies au
niveau local (souvent énergies renouvelables) et d’économiser celles importées à
partir de l’étude d’approvisionnement énergétique et, d’autre part, avoir une maîtrise
(connaissance) sur les appareils prévus ou utilisés (origine, consommation).

2- La gestion de l’énergie dans les bâtiments (neufs et existants) : vise à promouvoir


une autonomie de la consommation des bâtiments, c’est-à-dire que les bâtiments
consomment moins qu’ils ne produisent. Cela passe par l’atteinte d’un niveau de
performance et d’exigences de plus en plus élevé, on parle de maison passive et plus
encore de bâtiments à énergie positive. En général, on se fixe dans les éco-quartiers
des niveaux de performances pouvant anticiper les réglementations thermiques

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 29
(PEB8 en Wallonie, BBC Effinergie9 en France). Atteindre ces performances consiste
à mettre en œuvre des dispositifs, démarches architecturales et techniques de
construction : orientations des constructions, ensoleillement, dimensions des
ouvertures, compacité du bâtiment, mitoyenneté, protections contre le soleil et
l’infiltration, mise en œuvre d’une isolation thermique. Pour les bâtiments existants,
il s’agit d’élaborer une stratégie de réhabilitation énergétique sur l’ensemble du parc
immobilier. Comme pour d’autres éléments, le quartier constitue un laboratoire
d’expérimentation de ces stratégies avant leur mise en œuvre à l’échelle de la ville
et/ou du pays.

3- L’ambiance lumineuse : qui « est une résultante de l’éclairage public et des


pollutions lumineuses. Elle contribue à la qualité de vie dans le quartier (sécurité,
bien être, mise en valeur du patrimoine » (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p.71).

4- La gestion des déplacements : l’objectif principal est de réduire la part de la voiture


et d’augmenter celle des modes doux (marche, vélo). On accorde généralement plus
d’espace à la circulation (environ 70%) au détriment des autres usagers. L’objectif
est alors de : privilégier les circulations douces, favoriser l’accès aux transports
collectifs, réduire l’impact de la voiture, organiser la logistique et renforcer
l’accessibilité de tous les équipements et espaces publics.

Le second thème de ce premier enjeu ‘Prendre en compte localement les grands enjeux
globaux’ est la préservation des ressources naturelles. Un développement durable,
selon Brundtland, est un développement qui satisfait nos besoins actuels et ne nuit pas à
ceux des générations futures. Nos prélèvements de ressources doivent se faire avec
maîtrise. À l’échelle du quartier, Charlot-Valdieu & Outrequin (2012) portent l’accent
sur quatre ressources : l’Espace, l’Eau, la Biodiversité et les Matériaux. Ce thème
s’articule autour des aspects suivants :

1- La consommation d’espace : Lorsqu’elle n’est pas maîtrisée, elle conduit à un


étalement de la ville c’est-à-dire une diffusion et installation de la ville au-delà
de ses limites. La ville s’installe partout (terrain lointain) et ayant pour corolaire
l’augmentation de la mobilité et du coût du foncier. Il s’agit alors de trouver des
moyens d’utiliser l’espace de manière efficace. En contribuant à la cohérence

8
« Réglementation sur la Performance Energétique des bâtiments entrée en vigueur depuis le
1er septembre 2008 en Région Wallonne et s'applique à l'ensemble des bâtiments (sauf
exceptions explicitement visées par la réglementation) pour tous les travaux de construction, de
reconstruction et de transformation nécessitant l'obtention d'un permis d'urbanisme »
(www.energieplus-lesite.be/).

9
« Le label BBC Effinergie vise à identifier les bâtiments neufs ou parties nouvelles de
bâtiments dont les très faibles besoins énergétiques contribuent à atteindre les objectifs de 2050
: réduire les émissions de gaz à effet de serre par 4 » (http://www.effinergie.org/)

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 30
globale du territoire, l’éco-quartier doit réduire ce phénomène et compléter la
ville, le bourg, le village (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012).

2- La Biodiversité, la gestion des Eaux et des Matériaux : constituent les trois


autres thèmes de la préservation des ressources naturelles. Il s’agit d’orienter nos
modes de production et de consommation vers une économie plus sobre et de
lutter contre l’artificialisation des espaces et la banalisation des paysages
(objectifs relatifs à la biodiversité de la SNDD 2010-201310). La gestion durable
de l’eau dans un éco-quartier, implique d’assurer sa qualité et son accessibilité,
d’économiser la ressource et minimiser l’impact de l’urbanisation sur les
réseaux et la biodiversité. Gérer les matériaux de construction consiste, d’une
part, à réduire l’impact des matériaux sur l’environnement, c’est-à-dire réduire
au maximum son énergie grise et, d’autre part, à participer à la performance des
ouvrages (grâce à des matériaux efficaces) et à améliorer les conditions de
travail avec une meilleure ouvrabilité. Certains éléments de ce point seront
d’avantage détaillés au chapitre suivant.

3- La lutte contre la pauvreté et l’exclusion à l’échelle du territoire : À toutes les


échelles territoriales, c’est l’accès à l’emploi et au logement qui permet de lutter
contre l’exclusion et la pauvreté. L’éco-quartier assure dans ce cas l’offre au
logement à toutes les couches de la société à travers la mixité sociale, qu’il vise.

Enjeu 2 : Répondre de façon cohérente aux enjeux locaux

Concevoir un éco-quartier, c’est aussi apporter des réponses qui permettent de faciliter
et d’améliorer la qualité de vie des usagers. Mais ces réponses doivent avoir trois
niveaux de cohérence : entre elles, avec les objectifs poursuivis par le projet et à
l’échelle de la ville. Comme on l’avait défini, un éco-quartier ne se limite pas
uniquement à l’aspect environnemental, il offre un cadre de vie confortable pour ses
habitants et usagers (LesEnR, s.d.).

Cet enjeu peut être subdivisé en 4 thèmes :

1- Accessibilité à des services et équipements de qualité : l’objectif de ce thème est


de proposer une variété de fonctions économiques, sociales, culturelles et
naturelles tout en veillant à leur possibilité d’adaptation et de réversibilité à long
terme. Il faut également tenir compte de la proximité des équipements et de leurs
usages. La proximité est directement liée à la possibilité de s’y rendre à pied et
l’usage permettra de privilégier des équipements utilisés par 50% de la
population, plutôt que ceux utilisés par 5% des habitants du quartier. La mixité
fonctionnelle vise également comme objectif, d’amener les concepteurs à faire

10
La stratégie nationale de développement durable 2010-2013 : vers une économie verte et
équitable, propose une architecture commune à tous les acteurs de la nation, publics et privés,
pour les aider à structurer leurs propres projets de développement durable.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 31
des études préalable sur les besoins du quartier, afin d’avoir un aperçu en terme
d’équipements et de services.

2- La qualité des bâtiments, logements et des espaces privés : pour l’association


Éco-quartier, en adaptant nos modes de vie on parvient à réduire notre empreinte
écologique, ce qui implique également une influence positive sur les logements
et lieux de travail ainsi que dans les espaces et les services. L’ensemble de ces
éléments participent aussi à l’attractivité des villes de demain, parce que c’est
cet ensemble (logements individuels, espaces publics extérieurs, équipements
publics, espaces culturels, etc.) qui déterminent la qualité de vie dans une ville.

3- La qualité des espaces publics et des espaces verts : est lié à d’autres thèmes,
la qualité du paysage, la biodiversité, la qualité d’usage et la mixité, ce qui fait
de lui, un thème important et participe par ailleurs à avoir une densité acceptable
et acceptée (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012).

4- La sécurité, risques, santé et réduction des nuisances : participe, d’une part, à


la qualité de vie des habitants et, d’autre part, à la protection de l’environnement
et peut prendre en compte des indicateurs comme la sécurité des personnes, la
gestion des ordures ménagères et la réduction de la vulnérabilité aux risques
technologiques.

Enjeu 3 : Contribuer à la durabilité de la ville

L’éco-quartier doit respecter et restaurer l’équilibre naturel. Pour cela, il doit assurer
une continuité écologique, la diversité des espèces animales et végétales et être moins
émettrice de carbone à travers de nouvelles pratiques plus sobres de production et
consommation de carbone. Comme le dit l’association Éco-quartier, « harmonieux et
fluides, les liens qu’il [éco-quartier] tisse avec son environnement local s’inscrivent
dans une démarche globale et sont porteurs de nouvelles valeurs qui réconcilient bien-
être et sobriété » (Eco-quartier, s.d.). Chaque éco-quartier doit contribuer à cette
durabilité à travers les thèmes :

1- La participation à l’effort collectif et intégration du quartier dans la ville : ce


thème est très transversal et doit être représenté dans chacun des piliers du
développement durable. Il doit également être pris en compte dans les stratégies
d’aménagement de la ville, qui devra se faire de manière cohérente et équitable
s’appuyant sur une véritable stratégie foncière, une forme urbaine de qualité
ainsi qu’un réseau viaire et un réseau de transport en commun cohérent (Charlot-
Valdieu & Outrequin, 2012).

2- La solidarité et politique de mixités : Le développement durable prône l’équité


et une plus grande solidarité, donc un quartier durable est aussi solidaire. La
politique de mixité à l’échelle du quartier se décline en particulier par la
diversité de l’offre de logements : logements sociaux pour des familles à faible
niveau de ressources, des logements adaptés aux personnes âgées ou à mobilité
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 32
réduite, des logements abordables etc. «L’éco-quartier n’est pas le refuge de
quelques-uns comme le sont les condominiums américains. Il doit être ouvert
(accessible à tous) et reproductible» (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p. 98).

3- Culture, éducation et formation : Elles peuvent permettre de bâtir une politique


concrète de développement durable au niveau local. Cette politique locale,
permet de manière efficace à avoir une réflexion sur les modes de
consommation, d’échanges, d’épargne et d’action entre les hommes.

Enjeu 4 : Une nouvelle gouvernance

Pour le bureau d’études EnR, la gouvernance est un moyen de faire participer les
citoyens dans le processus de réflexion et d’élaboration d’un projet de quartier durable,
elle permet également l’acceptabilité d’un “mode de vie durable” et l’adhésion à des
valeurs communes. Les thèmes retenus pour cet enjeu sont :

1- Une nouvelle façon de penser et d’agir : Il s’agit de mettre en place des modes
de réflexion innovants (analyse du cycle de vie, approches systémiques) d’un
système de gestion du projet. Ceci implique le recours à maîtrise d’ouvrage
développement durable et non pas uniquement environnementale.

2- Évaluation et la capitalisation comme méthode d’apprentissage et


d’amélioration : Il s’agit d’estimer l’impact du projet sur son environnement et
pouvoir en tirer profit tant sur le plan local que international. La construction des
éco-quartiers s’est souvent accompagnée de mesures innovantes qui ont été mis
en œuvre pour faire face à d’autres situations.

3- Partenariats : Il s’agit de mettre en place un partenariat entre les différents


intervenants : publics/privés – bailleurs/collectivités locales –
collectivités/associations, etc. Ces partenariats dépendent des acteurs locaux et
du contexte local.

4- Participation des habitants et usagers : Comme envisagé par la Fondation pour


les Générations Futures, la participation est indispensable dans un processus de
développement durable. Un éco-quartier doit associer les habitants dans sa
conception et sa gestion.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 33
Ci-dessous, le tableau récapitulatif de ces enjeux :

ENJEUX OBJECTIFS THEMES


Prendre en compte localement les grands enjeux

 La gestion de l’énergie dans la


conception du projet
La lutte contre le changement climatique et
 La gestion de l’énergie dans les
l’effet de serre, et la préservation des
bâtiments (neufs et existants)
ressources énergétiques
 L’ambiance lumineuse
 La gestion des déplacements
globaux

 La consommation d’espace
 La biodiversité
La préservation des ressources naturelles  La gestion durable de l’eau
 La gestion des matériaux et des
ressources naturelles

La lutte contre la pauvreté et l’exclusion à


l’échelle du territoire  Emploi et insertion

 Accessibilité à des services et


cohérente aux enjeux
Répondre de façon

équipements de qualité
 La qualité des bâtiments, logements et
locaux

Faciliter et améliorer la qualité de vie des des espaces privés


habitants, des riverains et des usagers  La qualité des espaces publics et des
espaces verts
 La sécurité, risques, santé et réduction
des nuisances

 La participation à l’effort collectif et


Contribuer

durabilité
de la ville

Prise en compte des éléments essentiels la


intégration du quartier dans la ville
à la

ville durable : l’emploi local, ville post


 La solidarité et politique de mixités
carbone, mixité sociale, etc.
 Culture, éducation et formation

 Une nouvelle façon de penser et d’agir


gouvernance

Il s’agit des principes à appliquer dans la  Évaluation et la capitalisation comme


Nouvelle

conception et la mise en œuvre d’un projet méthode d’apprentissage et


de quartier durable (ou pour son d’amélioration
évaluation)  Partenariats
 Participation des habitants et usagers

Tableau 1: Récapitulatif des enjeux de l’éco-quartier (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin,


2012).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 34
1.1.4 Qu’est-ce qu’un référentiel, une charte, un label

Dans le domaine des éco-quartiers, « un référentiel est un outil d’aider à la décision et la


mise en œuvre des projets d’éco-quartier ainsi qu’un outil d’évaluation au service d’une
stratégie d’amélioration continue, un outil de dialogue renforçant la transversalité des
projets et un outil de communication » (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p.27).

Il y a lieu de faire la distinction entre un référentiel éco-quartier, un label et une charte.

Les labels et certifications dans le domaine architectural ou urbanistique demeurent


jusqu’aujourd’hui thématiques et portent le plus souvent sur les bâtiments, plutôt que
sur les portions de territoire. Parmi les plus connus, nous avons les labels LEED,
BREEAM, HQE, MINERGIE, VALIDEO en Belgique, et portent très souvent sur des
thèmes environnementaux et certains sur le mode de management également. Certains
de ces labels ont développé une variante applicable au quartier LEED ND
(Neighboourhood development) (USA), BREEAM Communities (GB), CASBEE Urban
Development (Japon) et HQE-Aménagement (France). Ces outils sont plus à vocation
promotionnelle et commerciale (ils sont d’ailleurs payants) et sont centrés sur la
demande alors que les collectivités raisonnent en termes d’offre, d’où la question de
savoir quelle serait l’utilité d’un label11 (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ;
Bellefontaine, Bottiau, Léonard, Meuris & Vanderstratten 2011). Certes, les labels
proposent un ensemble de critères et thèmes pour aider les acteurs et les citoyens à
orienter leur localité vers un développement durable mais malheureusement ils ne
correspondent pas aux problèmes de la localité car ils sont conçus dans un cadre général
et non spécifique. D’après Bellefontaine et al. (2011, p. 8), « un label est un parcours
pédagogique qui possède un pouvoir éducatif et didactique et qui suscite la
communication entre les acteurs mais aussi la difficulté d’établir des critères quantitatifs
qui tiennent tout de même compte du contexte dans lequel l’éco-quartier vient
s’implanter ».

La charte, elle, est un document global qui spécifie les orientations d’une collectivité et
encadre les démarches locales mise en place. La charte peut être initiée à différentes
échelles, elle peut se faire par thématique (par exemple, une charte environnementale),
porter sur des projets d’éco-quartier d’une localité ou même sur un projet spécifique.

Un référentiel, quant à lui, est un ensemble d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs,


comportant des valeurs seuils bien définies, permettant de répondre aux objectifs et de
situer un quartier dans une ville. Le référentiel, par sa spécificité à répondre aux enjeux
et besoins locaux, constitue un outil important d’aide à la décision, à la mise en œuvre
d’un projet et d’évaluation. Un référentiel peut être considéré comme la substance
nourricière permettant de définir une norme (document à valeur règlementaire) ou une

11
Pour plus d’informations sur la question du label, voir pages 7-9 de : Bellefontaine, L.,
Bottiau, V., Léonard, F., Meuris, C., & Vanderstratten, P. (2011). Eco-quartiers. In Notes de
Recherche de la CPDT 16. Namur : Région wallonne.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 35
charte (document à valeur d’orientation). Les normes ou chartes permettent d’assurer le
respect de critères définis et présentent donc un gage de qualité pour les futurs résidents
des éco quartiers (Bellefontaine et al. 2011). D’où la difficulté même d’appréhender la
différence entre référentiel et charte.

Un référentiel éco-quartier doit reposer sur une définition claire des concepts et des
démarches, et, a fortiori, d’un projet d’éco-quartier ; il doit aider à la conception et
à la conduite du projet et, pour ce faire, il doit d’une part croiser les thématiques et
d’autre part aborder à la fois les différentes échelles territoriales (quartier dans la
ville), les différents acteurs concernés et les différentes phases du projet. C’est un
outil de dialogue qui renforce la transversalité et permet l’amélioration continue du
projet. C’est aussi un outil d’évaluation, à la fois pour le projet et ses différentes
opérations et pour la qualité de vie dans le quartier, aujourd’hui et demain. Enfin,
c’est un outil de communication (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p. 29).

On peut citer quelques exemples de référentiels : Référentiel Quartier Durable Wallon,


Référentiel INDI, Référentiel Aménagement Durable Ville de Rennes, l’Outil Quartiers
Durables by Sméo en Suisse, le Référentiel Quartier Durable en Pays d’Aix. On
constate aussi qu’en dépit de la réalisation (par exemple, Sébénikoro au Mali,
Bougtenga-Gounghin au Burkina Faso) et de futures réalisations (Eko Atlantic au
Nigéria), l’Afrique connaît une absence de référentiel adapté. Les projets cités ont été
réalisé sur base d’expériences locales, étrangères et adaptées à la réalité africaine. C’est
pour cela que nous avions initié ce travail qui aura pour finalité de définir un essai de
référentiel adapté pour l’Afrique de l’Ouest.

1.1.5 Exemple d’éco-quartier : Vauban à Freiburg


Comptant plus de 5000 habitants, 600 emplois et un centre de service, le quartier du
Vauban situé à Freiburg en Allemagne, a été planifié en 1993 sur une ancienne caserne
militaire de 38 ha. Les travaux de construction ont débuté en 1997 avec la prise en
compte dès le début du projet, des problèmes liés à la mobilité, l’énergie, le logement et
les aspects sociaux. Le quartier a été conçu dans le but d’absorber un problème de
logement dû à une croissance de la population pour étudiants (Fribourg est une grande
ville universitaire, avec 30 000 étudiants - environ 15 % de la population en 1993). Mais
les véritables facteurs déclencheurs du projet ont été l’engagement et la créativité des
gens qui se sont impliqués avec un objectif commun : celui de créer un quartier durable
(Energy-cities, 2008 ; Rabie, 2009).

Les auteurs du projet ont mis l’accent sur un certain nombre d’éléments pour la
conception du quartier (Energy-cities, 2008 ; Rabie, 2009):

 Énergie: le quartier prône deux modèles d’optimisation énergétique, la première


consiste en l’utilisation d’énergies renouvelables notamment pour le chauffage
et la fourniture en électricité, grâce à un réseau de chauffage à distance pour
l’ensemble du quartier et des unités de cogénération, fonctionnant soit aux

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 36
granulés de bois (80%) soit au gaz (20%), un usage actif de l’énergie solaire
(2500 m² de panneaux photovoltaïques et 500m² de panneaux solaires
thermiques) font de Vauban l’un des plus grands quartiers solaires européens.
La deuxième approche est l’économie d’énergie par la mise en œuvre de
techniques de construction. Tous les nouveaux bâtiments consomment 65
kWh/m/année; 92 unités correspondent à des standards de bâtiments passifs,
avec une consommation de 15 kWh/m2/an; 10 unités à des bâtiments passifs
améliorés, à savoir des bâtiments « énergie plus » (c’est-à-dire qui produisent
plus d’énergie qu’ils n’en consomment).

 La Circulation : la gestion du trafic et des transports publics est une véritable


innovation dans le quartier. La philosophie du “vivre sans voiture” est de mise
dans l’ensemble, ce qui permet une amélioration de la qualité de vie. Ainsi, à
Vauban, les écoles, magasins, parcs, etc., sont tous accessibles en quelques
minutes à pied et à vélo. La majorité des immeubles ne disposent pas de garage
ou de parking intégré sur leur parcelle (sur de larges parts de la zone
résidentielle, le plan de quartier interdit la construction de places de parking sur
les propriétés privées); les véhicules privés sont garés dans un parking municipal
situé à la périphérie de la zone résidentielle, la circulation dans le quartier
n’étant autorisée qu’à l’occasion d’opérations de prise en charge ou de livraison.
La vitesse maximale autorisée est de 30Km/h sur la voie principale et 5km/h
(vitesse à pied) dans les ruelles. Un système d’auto-partage est mis en œuvre
pour permettre aux habitants de rallier les plus grandes distance. Deux lignes de
bus et un tram relient Vauban au centre-ville, à la gare principale et à l’aire de
loisirs de Hexental.

 Gestions des eaux: Le plan d’urbanisme de la ville stipule qu’il n’y aura pas
d’évacuation vers l’extérieur, l’eau de pluie doit réalimenter la nappe phréatique
locale par infiltration dans le sol (le système couvre 80% de la zone
résidentielle). Les toitures végétales permettent d’en retenir une certaine
quantité, la collecte dans des citernes permet de l’utiliser pour laver le linge,
pour les toilettes des écoles et pour l’arrosage des jardins. D’après Energy-
cities :

[Le] projet pilote fonctionne avec un nouveau système de bio-épuration: les eaux
noires sont aspirées par un système sous vide vers un puits de biogaz où les
matières solides fermentent en milieu anaérobie avec les déchets organiques
ménagers, générant du biogaz qui est utilisé pour les cuisinières. Les eaux grises
restantes sont nettoyées par des plantes filtrantes et réinjectées dans le cycle de
l’eau (Energy-cities, 2008, p.17).

 La Participation : trois catégories d’acteurs ont travaillé de concert pour la


réalisation de ce quartier ; les deux premiers étaient des émanations des autorités
locales: Groupe de Travail Municipal Vauban représentant l’échelon
politique, Groupe de Projet Vauban l’échelon administratif et opérationnel et,
le troisième, l’association Forum Vauban, qui représentait en quelque sorte la

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 37
«société civile face au politique» (Rabie, 2009, p. 7). La participation a été
présente sur l’ensemble du processus de conception, réalisation et continue
encore dans la gestion du quartier :

Le travail du Forum Vauban a agi sur toutes les échelles, à partir du niveau de
l’aménagement global du quartier jusqu’à la conception de chaque parcelle par les
Baugruppen concernés. Le Forum, à travers le processus dit “apprendre en
planifiant” a mis en place une méthodologie de travail collectif très réussie où les
différents groupes de travail avançaient par décisions consensuelles, avec un esprit
d’expérimentation qui permettait la remise en question constructive en fonction des
réalités rencontrées sur le terrain (Rabie, 2009, p. 22).

Dans le quartier, plusieurs groupes de propriétaires ont pu créer une vie


communautaire finement équilibrée (coopératives d’alimentation, marché
fermier, centre maternel, jardins et espaces verts partagés, écoles et jardins
d’enfants, etc.).

Figure 8: De gauche à droite, haut en bas : Place du marché, l’Alfred-Döblin-Platz (source :


Vauban.de) - Terminus avec accès vélo de la ligne 3 au fond de l’Allée Vauban - Fossé de rétention
des eaux de pluie jusqu’à leur réabsorption par le sol (source : Rabie, 2009).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 38
1.2 Afrique de l’Ouest

Dans cette partie de l’état de l’art, nous allons nous intéresser à la zone dans laquelle se
situent les pays “sujets” de ce travail. Compte tenu de la similitude des situations dans
les différents pays de la région ouest-africaine, cette partie abordera les thèmes liés à la
situation géographique, socio-économique et urbanistique de la région et on précisera,
s’il y a lieu, les grandes différences qui existent dans différentes parties ou d’un pays à
l’autre.

1.2.1 Géographie

Limitée par l’Afrique centrale à l’Est, l’Océan Atlantique à l’ouest, le Maghreb au Nord
et le Golfe de Guinée au Sud, la région ouest-africaine est imposante de par sa taille et
sa population. Elle a une superficie d’environ 7,9 millions de km² (soit 2,4 fois la Chine
ou 1,8 fois les 27 pays de l’Union Européenne) et compte environ 320 millions
d’habitants (plus peuplée que les États-Unis). L’Afrique de l’Ouest est une région
constituée par des groupes ethniques ayant des liens historiques et relations
socioculturelles fortes, les mêmes appartenances identitaires, ainsi que des influences et
héritages communs.

L’Afrique de l’Ouest est constituée de 16 pays : Benin – Burkina Faso – Cap-Vert –


Côte d’Ivoire – Gambie – Ghana – Guinée – Guinée-Bissau – Libéria – Mali –
Mauritanie – Niger – Nigéria- Sénégal – Sierra Léone – Togo. Huit de ces pays sont
francophones. Leurs voisins sont des pays anglophones tels que le Nigeria, le Ghana, la
Gambie, la Sierra Leone et le Liberia; mais aussi lusophones, comme le Cap-Vert et la
Guinée-Bissau.

L’Afrique de l’Ouest est constituée par deux zones climatiques : au Sud, un climat
chaud et humide, d’abondantes pluies et des forêts ; et au Nord, on retrouve des
savanes, des steppes et des régions désertiques. La zone chaude et humide comprenant,
entre autres, la Guinée, le sud du Sénégal, est caractérisée par un fort rayonnement
solaire, des températures élevées allant de 20°C à 35°C. La saison chaude (novembre à
avril) et la saison pluvieuses (mai à octobre) sont les deux périodes semestrielles
caractérisant ce climat. La première se distingue par « les amplitudes quotidiennes de
températures de l’ordre de 6-10°C, la période la plus chaude de l'année se situe entre
mars et mai» (Guedes, 2014, p. 429), et un début plutôt frais avec des températures
minimales inferieures à 20°C. La saison pluvieuse se distingue par « un taux d'humidité
élevé, 1000 à 1600 mm de pluie par an. Les fortes pluies se produisent surtout au mois
d'août» (Guedes, 2014, p. 429).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 39
PAYS / CAPITALE SUPERFICIE POPULATION CLIMAT
18.365.123 habitants
Burkina Faso / Ouagadougou 274.200 Km² Climat tropical
(2014)
25.232.905 habitants Climat équatorial et tropical de
Côte d’Ivoire / Abidjan 322.462 Km²
(2012) savane
11.176.026 habitants
Guinée / Conakry 245.857 Km² Climat tropical
(2013)
Diversité climatique : au nord
14.528.662 habitants
Mali / Bamako 1.240.192 Km² climat désertique, sec au centre
(2011)
et tropical au sud.
Diversité climatique : au nord,
14.133.280 habitants
Sénégal / Dakar 196.722 Km² climat désertique et climat
(2013)
tropical au sud.

Tableau 2: Description de quelques pays de l'Afrique de l'Ouest.

Sur le plan économico-politique, la CEDEAO (Communauté Économique Des États de


l’Afrique de l’Ouest) est l’institution qui regroupe tous les états de la sous-région
hormis la Mauritanie qui est membre de la Ligue Arabe. Son but initial etait d’avoir une
union économique et monétaire, mais en 1990 ses attributions s’étendirent au maintien
de la paix et de la stabilité dans la sous-région à travers son groupe militaire
d’intervention (ECOMOG).

Figure 9: Carte des États membres de la CEDEAO (source: Wikipédia).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 40
1.2.2 Population & Urbanisation

En 2011, 44,9 % (soit 140,1 millions) de la population ouest-africaine vivaient dans des
zones urbaines. À l’horizon 2020, la population urbaine sera d’environ 190 millions de
citadins soit 49,9 % de la population. Elle sera majoritairement urbaine (environ 65,7%)
en 2050. Cette augmentation fait de l’Afrique de l’Ouest, la seconde région (après
l’Afrique de l’Est) dont l’urbanisation est la plus rapide sur tout le continent.

Figure 10: Population de l'Afrique de l'Ouest 2000-2050 (source : Caramen, 2014).

Caramen, reprenant les données des Nations Unies, dit « qu’il existe en Afrique de
l’Ouest, 1017 zones urbaines de plus de 10.000 habitants, dont 104 qui en abritent plus
de 100.000, et l’on estime que 481 nouvelles zones vont devenir « urbaines » entre l’an
2000 et 2020 » (Caramen, 2014, p. 100). Sous la double pression de l’accroissement de
la population et des migrations « rural-urbain », plusieurs villes de l’Afrique de l’Ouest
dont le Cap-Vert en 1998, la Côte d’ivoire en 2010 ont vu leur population
majoritairement urbaine. Le Burkina le sera vers 2042, tandis que la population
nigérienne ne sera encore urbanisée qu’à 37,1% au milieu du siècle. C’est dire que nous
sommes face à des contextes différents entre les pays mais aussi entre les villes d’un
même pays : en 2000, 14 agglomérations urbaines comptaient plus d’un million
d’habitants et Lagos était la seule méga-cité. En 2025, on aura 27 villes de plus de 1
million d’habitants et la pression que subissent certaines capitales poussera à la création
de nouvelles villes pour faire face à cette augmentation de la population, c’est le cas de
Conakry, Ouagadougou ou Niamey, qui connaissent une population urbaine de plus en
plus élevée (Caraman, 2014).

Figure 11: Dynamique de la population des villes d’Afrique de l’Ouest de plus de 750 000 habitants
2011 (source: Caramen, 2014).
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 41
Sur le plan socio-économique, on assiste à la même disproportion. En général, l’Afrique
de l’Ouest connaît une forte croissance économique ces dernières années (6 à 7% par
an). Cette croissance est essentiellement due à l’augmentation de la production de
pétrole (notamment au Nigéria) et autres minerais. L’agriculture contribue aussi à cette
croissance. Toutefois, l’écart de revenus entre rural et urbain reste très prononcé, de
même que la pauvreté et l’inégalité le sont en ville. Ceci donne à penser que la
croissance économique ne contribue guère à améliorer les conditions de vie de la
population, entraînant du coup la prolifération des taudis et établissement informels,
ainsi que l’absorption de la majorité de la main d’œuvre dans la sphère informelle,
notamment dans les villes.

Cette urbanisation accélérée a pour conséquence entre autre : la détérioration de


l’environnement, l’informalité généralisée, la ségrégation spatiale, des politiques
publiques inadaptées, le manque de corrélation entre besoins des citadins et
infrastructures, et la faible redistribution de l’économie (Chenal, 2013). Elle impose une
forte pression sur le foncier. Les villes ouest-africaines comportent des zones
résidentielles (à proximité des grandes fonctions politiques, économiques et
commerciales) accessibles qu’a une certaines classes tant le coût du foncier est
inabordable pour les citadins de bas revenus, qui sont « forcés de s’établir dans la
périphérie ainsi que dans des milieux écologiquement fragiles comme les zones
humides et les estuaires. Les risques pour la santé en sont plus prononcés, comme
l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité aux évènements extrêmes, dont les
inondations » (Caramen, 2014, p. 115).

En somme, l’Afrique de l’Ouest doit pouvoir faire face à sa croissance


démographique et à cette urbanisation qui ne prend pas en compte son développement
économique. Elle doit aussi aux changements climatiques, qui sont certes de nouveaux
enjeux, mais qui ont quand-même tout le mérite d’être pris en compte dans les futurs
projets de planification urbaine.

1.2.3 La Mobilité

Il faut tout d’abord signaler que l’augmentation continue et rapide de la population des
pays est caractérisée par une croissance naturelle. En termes de déplacement, le flux
migratoire entre les villes et les campagnes augmente également. Cette observation est
de même dans les grandes villes où existent des zones uni-fonctionnelles. Cette uni-
fonctionnalité, engendre une attractivité du centre-ville, ainsi que des flux de
déplacements importants puisque le nombre d’emploi, d’infrastructures et des services
de base sont souvent insuffisants dans les zones périphériques. En Afrique de l’Ouest,
on assiste à une diminution du transport en commun et de la marche à pied, au profit du
déplacement individuel, qui se fait en majorité en engins motorisés. Cette diminution du
transport constitue un frein au développement:

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 42
Apart from the day-to-day difficulties that are created by inadequate transport
supply, a number of studies on the links between poverty and transport show that
factors which impede mobility also limit access to the resources which are
necessary to escape from poverty12 (Olvera, Plat & Pochet, 2013, p. 56).

En Afrique en général, les acteurs urbains se sont plus intéressés à construire des routes
que de s’atteler à développer un service de transport en public. Aujourd’hui, la part de la
voiture augmente et cela de plus en plus à cause de l’étalement urbain. Or on sait
l’importance qu’a d’avoir accès au centre-ville pour les personnes à revenus limités ou
pour des ménages résidants en périphérie et n’ayant pas les moyens d’avoir un véhicule.
Le constat est qu’on est face à un disfonctionnement du secteur du transport. Non
seulement l’accès au transport en commun est réduit mais les conditions de voyage sont
aussi mauvaises (congestion, la pollution et les accidents). Vu l’impact que peut avoir
un système de transport pour le bien-être, voire la réduction de la pauvreté, les pays ont
tout intérêt à attribuer à la mobilité, toute l’attention dans les aménagements urbains.

1.2.4 L’Énergie
La place de l’énergie dans la réduction de la pauvreté n’est plus à démontrer. Les
services énergétiques accessibles, efficaces et efficients (respectant l’environnement)
sont des éléments clés pour un développement durable. La disponibilité énergétique y
compris pour les couches les plus pauvres, ne serait-ce que pour les services de base
telles que l’éclairage et la cuisine, permet de favoriser la croissance économique, limiter
la pollution et la déforestation.

En Afrique de l’Ouest, l’électricité est essentiellement fournie par le gaz naturel et les
barrages électriques qui se concentrent en Guinée, au Ghana et au Nigéria. Malgré cette
situation de forte précarité énergétique en Afrique (589 millions de personnes sont sans
électricité soit environ 60% de la population), quelques villes ouest-africaines tirent leur
épingle du jeu par rapport aux campagnes. Mais en dépit de l’abondance des ressources
d’hydroélectricité, de gaz et pétrole, la région ouest-africaine est encore vulnérable sur
le plan énergétique car la grande partie de la production énergétique (60%) provient des
combustibles fossiles et les cours de ces derniers sont instables. On se retrouve face à
une insatisfaction de la demande énergétique de plus en plus croissantes des villes
ouest-africaines (7% et atteindra 140 TWh en 2020) (Caramen, 2014).

12
« Outre les difficultés quotidiennes qui sont créés par l'offre insuffisante de transport en
commun, un certain nombre d'études sur les liens entre la pauvreté et le transport indiquent que
les facteurs qui entravent la mobilité limitent également l'accès à des ressources qui sont
nécessaires pour échapper à la pauvreté » (Traduction personnelle).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 43
En plus des ressources, d’autres éléments concourent à la précarité énergétique en des
régions africaines, dont :

the lack of high voltage transmission lines and distribution grids,

the lack of interconnection between regional grids;

the wrong management of existing power plants;

the weak implication of private sector in the research of solutions that can favor the
access of the households to reliable energy services13 (Azoumah, Yamegueu
Ginies, Coulibaly & Girard, 2010, p. 132).

Pour faire face, les États d’Afrique de l’Ouest, en plus d’une politique de l’énergie,
devraient profiter du potentiel d’énergies renouvelables14 dont dispose la région. Cette
politique de l’énergie pourra contenir des accords de développement de réseaux
nationaux ou sous-régionaux. Une politique de production d’énergies renouvelables
décentralisées, afin de garantir à l’échelle locale un complément de l’offre et d’alléger
la pression sur les réseaux nationaux et régionaux.

1.2.5 L’Afrique de l’Ouest et le changement climatique

Le GIEC, dans son dernier rapport a annoncé qu’au 21ème siècle, le réchauffement
climatique en Afrique sera plus important qu’au niveau mondial. Sur une période de
cent ans, la température sur le continent aura augmenté de 3 à 4° en 2080/99, soit 1,5
fois plus qu’au niveau mondial. La situation en Afrique de l’Ouest sera la même :
érosion des sols, ondes de tempête et intrusions salines dans les zones côtières,
inondations en ville, hausse des températures ambiantes, régimes de précipitations plus
variables, et extension des déserts surtout dans la partie nord de la sous-région, sont à
craindre. Les zones plus arides vont connaître des épisodes de sécheresse fréquents et
plus prolongés, et les zones humides vont l’être encore plus (Caramen, 2014 ; Perret,
2009).

13
« L’absence de lignes de transmission à haute tension et des réseaux de distribution, l'absence
d'interconnexion entre les réseaux régionaux; la mauvaise gestion des centrales existantes; la
faible implication du secteur privé dans la recherche de solutions qui peuvent favoriser l'accès
des ménages à des services énergétiques fiables » (Traduction personnelle).
14
« Biocarburant et biogaz sont à même de renforcer la résilience énergétique – et de boucler
des cycles – à l’échelle même des ménages, d’autant qu’il s’agit là de ressources renouvelables
largement inexploitées. Le potentiel hydroélectrique – de l’ordre de 23 000 MW – n’est encore
exploité que dans la proportion de 16 %. Le potentiel du rayonnement solaire moyen annuel est
lui aussi important, de l’ordre de 5-6 kWh/m2par jour. En outre, le potentiel existe dans la sous-
région pour les éoliennes, en mer pour les énergies marémotrice, houlomotrice et thermale »
(Caramen, 2014, p. 126).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 44
L’Afrique de l’Ouest connaît également une variation des précipitations avec des
épisodes de forts déficits en 1972-73, 1982-84 et 1997. La tendance est beaucoup plus
forte dans le sahel : de 1970 à 2006, et en saison pluvieuse, on a observé une baisse de
pluviosité de 50mm dans certaine partie du Burkina, sur le littoral du Ghana et de la
Côte d’Ivoire. La baisse de la pluviométrie n’a pas non plus épargné les zones
soudanienne et guinéenne, tandis qu’elle a augmenté entre 50 à 100 mm, voire 250 mm
de mai à octobre dans la plupart des zones côtières. À cause de ces variations et
insuffisance de données, les projections concernant les précipitations sont incertaines.
On aurait tendance à conclure à partir de la moyenne simple des scénarios, que la région
sahélienne ne connaîtra qu’une légère humidification tandis que la côte guinéenne ne
subirait pas de changement (Caramen, 2014 ; Perret, 2009).

L’Afrique de l’Ouest est aussi exposée à la montée des eaux, surtout sa partie
méridionale et le Sud-ouest de la sous-région. Ces parties abritent de nombreuses zones
urbaines très densément peuplés. Le littoral atlantique entre Dakar et Douala (voir
Figure 12 ci-dessous) abrite une douzaine de peuplements de plus d’un million
d’habitants et 40% de la population de ces zones seront fortement affectées par les
inondations dues à l’augmentation du niveau de la mer. La montée prévue, d’un demi-
mètre, du niveau des mers d’ici 2100 va causer d’importantes pertes de terres du fait de
l’érosion et de la submersion :

Les six principales villes – Dakar, Conakry, Abidjan, Accra, Lagos et Lomé – et
d’autres plus petites – Banjul, Bissau, Cotonou et Porto-Novo – ainsi que d’autres
zones densément peuplées le long du delta du Saloum (Sénégal), du fleuve Sénégal
et des bouches de la Volta seront vraisemblablement affectées par cette montée, qui
se doublera d’intrusions d’eau salée dans les aquifères côtiers et les zones de
culture (Caramen, 2014, p.113).

Figure 12: Centres urbains et côtes vulnérables en Afrique de l’ouest (source: Caramen, 2014).
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 45
Une autre conséquence du changement climatique dans la sous-région, est la diminution
de la ressource en eau. La baisse de la pluviométrie à partir des années 1970 a provoqué
une diminution de l’écoulement des fleuves dont celui des fleuves Sénégal et Gambie de
près 60 %. Cette diminution a été relativement plus importante que celle des
précipitations. À côté des facteurs climatiques, l’accroissement des besoins en eau
constitue un facteur majeur du prélèvement de cette ressource. D’après Perret :

A l’avenir, les changements climatiques pourraient avoir des effets durables sur les
quantités d’eau en circulation dans les bassins et dans des nappes souterraines
rechargées en saison des pluies15. Mais globalement, l’Afrique de l’Ouest n’est pas
menacée à moyen terme par le manque d’eau renouvelable, même si des problèmes
locaux se poseront. Une meilleure exploitation et gestion régionale et intégrée de
l’offre d’eau renouvelable est indispensable (Perret, 2009, p. 264).

1.2.6 La “soutenabilité” en Afrique

À l’instar de tous les continents et régions du monde, l’Afrique de l’Ouest doit faire
face aux défis du changement climatique. Dans le contexte de dégradation de plus en
plus aggravée de l’écosystème, la préservation des ressources doit interpeler la
responsabilité de tous les citoyens. Comme évoqué dans l’Introduction, le continent
africain, en dépit de sa faible industrialisation, sa faible consommation et donc, de sa
faible participation à la pollution mondiale, est dans une position plus vulnérable que les
pays industrialisés.

Les débats concernant l’éradication de la faim, l’extrême pauvreté et les maladies


endémiques sont encore d’actualité en Afrique. Pour un développement durable, on a
besoin en Afrique de solutions efficaces et intégrées, établies pour le long terme et ayant
une large portée. La première mesure serait alors l’information et la mobilisation des
citoyens et surtout des professionnels pour une meilleure intégration de ces aspects dans
les projets (Guedes, 2014).

L’éducation, la formation tant du citoyen que des professionnels, la mobilisation des


médias et le degré d’alphabétisation de la population sont les premières démarches à
entreprendre. Ces démarches doivent permettre une prise de conscience des
conséquences du changement climatique. En termes d’éducation et de sensibilisation, la
présentation du développement durable ne doit pas être faite de la même manière qu’en
Occident où l’accent est d’abord mis sur la lutte contre les effets de serre, la
préservation des ressources énergétique et de la biodiversité. Le premier besoin de
l’Africain est de pouvoir satisfaire ses besoins de première nécessité. Donc :

[Le] développement durable devrait plutôt lui être présenté comme une réponse au
mécontentement des populations défavorisées qui généralement habitent non loin

15
« Avec un retour à de meilleures conditions pluviométriques, les nappes souterraines se sont
parfois reconstituées depuis les années 1990 au Sahel » (Perret, 2009, p. 271).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 46
des dépôts d'ordures et sont ainsi exposées à toutes sortes de maladies. Le
développement durable, comme une solution alternative au délestage grâce à la
diversification des sources d'énergies et aux bonnes pratiques d'économie d'énergie.
En d'autres termes, l'on devrait présenter le développement durable comme une
option concrète aux problèmes d'accès à l'eau potable, à l'assainissement, à
l'énergie et à la sécurité alimentaire (Dago, 2013, para. 13).

Le développement durable étant à ses premiers pas en Afrique en général et Afrique de


l’Ouest en particulier, cette explication permet ainsi l’adhésion de la population. On
crée alors un environnement social favorable aux mesures visant à faire face aux
dégradations.

Le second point où on peut intervenir est le domaine de la construction et de la


rénovation urbaine. Ce domaine peut même être considéré comme urgent, tant les
préoccupations relatives à l’habitat en Afrique de l’Ouest en particulier sont
nombreuses.

En dépit des avancements et mesures prises ces dernières années pour améliorer le
domaine de la construction et de l’aménagement urbain, l’Afrique a encore des défis à
relever pour une meilleure contribution de ce domaine dans le processus de
développement durable. De plus, le manque d’informations, d’études et la volonté
affichée des professionnels (architectes, urbanistes, etc.) relatifs à la construction
durable (prenant en compte le contexte climatique, la situation socio-économique et
culturelle) dans les pays africains, n’incitent pas la population à construire des bâtiments
durables. On est donc confrontés à un manque de législation adéquate, à une absence de
moyens d’incitation (subventions ou primes) pour la construction de bâtiments durables
et l’application de sanctions nécessaires à l’égard de ceux qui ne prendraient pas de
dispositions pour protéger l’environnement.

Selon les observateurs, la “soutenabilité” de la construction en Afrique passerait par


l’autosuffisance. Elle permet d’inciter à l’utilisation des ressources locales afin de
produire localement, d’une part, mais aussi de conduire des solutions plus viables en
termes de protection de l’environnement.

In political terms, measures to promote the use of low-cost local materials must be
implemented, simultaneously developing local typologies and construction
techniques, which prove to be decisive and efficient. Cooperativism and
associativism should be encouraged, leading to a network of solidarity and
cooperation among citizens and between the eco-technosphere and the biosphere16
(Guedes, 2014, pp. 422-423).

16
« En termes politiques, des mesures visant à promouvoir l'utilisation de matériaux locaux à
faible coût doivent être mis en œuvre, développer simultanément des typologies locales et
techniques de construction, qui peuvent être décisifs et efficaces. Les Coopératives et les
associations devraient être encouragées, afin de conduire à un réseau de solidarité et de
coopération entre les citoyens et entre l'éco-technosphère et la biosphère » (Traduction
personnelle).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 47
1.2.7 Conclusion

Aujourd’hui, les villes de l’Afrique de l’Ouest doivent pouvoir offrir à la population le


« droit à la ville » (Chenal, 2014), c’est-à-dire l’accession au foncier. Au vue de sa
croissance démographique, la question du foncier doit être primordiale dans les
politiques urbaines de l’Afrique de l’Ouest. Elles doivent pouvoir satisfaire la demande
de ces milliers de personnes qui n’ont pas accès au foncier libre, afin d’éviter l’éclosion
de bidonville. La question du changement climatique est aussi à prendre en compte. Au
moment où les villes grandissent, elles doivent faire face en même temps aux défis
environnementaux et énergétiques. L’énergie doit suivre la croissance économique car
la demande est fonction de la prospérité économique. La capacité énergétique doit
pouvoir assurer la demande de base et une large sensibilisation de la population pour
une utilisation responsable est nécessaire. En plus de la réduction de la mobilité, l’autre
élément primordial dans l’aménagement de la ville ouest-africaine est la gouvernance.
Nous devons nous poser ces quelques questions : Quelle ville voulons-nous ? Pour qui,
quels types d’habitants ?

1.3 Conclusions
Pour conclure ce chapitre de l’état de l’art (basé sur une matrice ‘literature review’ en
annexe), il nous semble judicieux de faire une synthèse portant sur: Terminologie et
définition (quartier durable vs. éco-quartier) – La zone étudiée.

1.3.1 Terminologie et définition


Rappelons que l’absence de définition concrète du terme relatif à l’intégration des
concepts de développement durable à l’échelle du quartier entraîne, d’une part, le risque
que tout nouveau projet d’aménagement intégrant quelques aspects de durabilité
prétende à l’appellation et, d’autre part, une confusion dans la différentiation des deux
termes (éco-quartier et quartier durable), qui diffèrent d’un territoire à un autre.

Le terme “éco-quartier” relevait davantage de l’écologie alors que le terme “quartier


durable” comprenait aussi les dimensions économiques, sociales et participatives. La
signification du mot “éco-quartier” a évolué, aujourd’hui elle fait référence également à
des objectifs environnementaux, sociaux et économiques, et bon nombre d’acteurs dont
les pouvoirs publics adhèrent à cette orientation. Toutefois, tous les ouvrages montrent
que, qu’il s’agisse d’éco-quartier ou quartier durable, cet espace doit intégrer les aspects
du développement durable.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 48
1.3.2 Zone étudiée

Et en Afrique ? Cette question est à la base de la genèse de ce travail. À la suite des


recherches ; il s’avère que cette question se doit d’être posée dans la mesure où la
majorité des études, expérimentations et projets ne concernent que les pays développés
ou les pays émergents.

Certes, il existe des documents et articles qui s’intéressent à des sujets liés au
développement durable en Afrique mais la majorité ne sont pas spécifiquement étudiés
et développés pour cette région du monde, qui est plus pauvre et plus exposée aux
dégradations de l’environnement. Les ouvrages sont généralement dans la phase
d’analyse et de constat des dégâts mais rares sont dans l’optique de proposer des pistes
concrètes d’action. On peut en déduire que l’on est plutôt dans la phase d’analyse que
celle d’application.

Or, les municipalités africaines partagent une préoccupation : répondre aux besoins de
dizaines de millions d’urbains de demain, alors que les infrastructures sont quasi-
inexistantes aujourd’hui. Il est donc important qu’elle dispose d’outils pour éviter de
faire les mêmes erreurs. Et c’est d’ailleurs dans cette optique que s’inscrit ce Travail :
proposer un outil d’aide à la conception et évaluation d’éco-quartiers en Afrique de
l’Ouest.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 49
CHAPITRE 2

 Référentiel Quartier Durable Wallon

 Référentiel INDI
Analyse des thématiques et critères

Quels sont les thématiques et critères les plus pertinents d’un référentiel
au niveau d’une région et d’un pays?

Deux référentiels de conception et d’évaluation d’éco-quartiers seront analysés


dans ce chapitre. Nous tenterons de dégager de cette étude, les thématiques et critères
les plus pertinents dans la conception d’un éco-quartier. Pourquoi deux référentiels ? –
Pour avoir une certaine viabilité de la pertinence des thèmes et critères abordés dans un
référentiel éco-quartier, il est intéressant de voir dans deux référentiels conçus dans des
contextes différents.

Le premier, celui de la région wallonne, élaboré sous la direction du Professeur Jacques


Teller par le Centre de recherche sur la ville, le territoire et le milieu rural (Lepur –
Ulg), est le premier document avalisé par la région wallonne. Il s’inscrit dans la
formalisation de balises et de repères utilisables lors de la conception et de l’évaluation
de nouveaux quartiers durables. Le second, le référentiel INDI (version 2012) ayant
pour zone d’application la France Métropolitaine, était au départ destiné à l’évaluation
de quartiers existants, mais s’est par la suite amélioré et aujourd’hui est applicable à
tous types de projet à l’échelle du quartier. Le référentiel prend en compte des
programmes plans d’actions nationaux, et est complémentaire avec d’autres outils
existants en France.

Pour répondre à la question principale de ce chapitre : Quels sont les thématiques et


critères les plus pertinents d’un référentiel au niveau d’une région et d’un pays?

Nous ferons, dans un premier temps, une description du contenu des deux référentiels
suscités, ensuite ferons une analyse des différents thèmes et critères (seul un certain
nombre de critères, ceux considérés les plus pertinents, seront analysés en détail), afin
d’élaborer une grille de thèmes et critères pertinents dans la conception et l’évaluation

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 50
d’un éco-quartier. La pertinence sera définie à partir des indicateurs d’intégration
(couvrant de multiples questions) tournés vers l’avenir (équité intergénérationnelle) et
développés avec la contribution de plusieurs parties prenantes (équité procédurale)
(Haughton & Hunter, 2003 ; Maclaren, 1996 repris par Sharifi & Murayama, 2012).
L’analyse sera basée sur : La couverture de la durabilité : Quels thèmes et critères ont
un impact sur la durabilité ?

2.1 Le référentiel quartier durable wallon


Principalement orienté vers l’évaluation dans la phase de planification et d’élaboration
de projet de quartier, le référentiel repose sur 25 critères couvrant 5 thématiques liées à
l’aménagement durable. Il n’aborde pas le processus de rénovation de quartier existant,
il est uniquement destiné aux nouveaux quartiers et peut servir d’outil de référence dans
une demande de permis, lors de concours ou d’appel à projet.

Servant de guide, d’outil d’aide à la conception de quartier durable, le référentiel se


devait d’être facilement lisible. Les critères sont alors expliqués de manière simple,
accompagnés d’illustrations de projets réalisés, de photos et schémas. Le référentiel
s’adresse aux acteurs de la planification urbaine qu’ils soient privés ou publics.

Le référentiel propose un seuil minimal à atteindre pour chaque critère :

[Et pour] prendre en compte les potentialités locales, les seuils minimaux proposés
pour certains des critères du référentiel sont renforcés si le nouveau quartier est
situé dans un pôle, un bourg ou un village central, tel que défini par le Schéma de
développement de l’espace régional (SDER). La définition de ces pôles ne doit pas
être appréhendée de façon figée. Des arbitrages locaux sont souhaitables de façon à
définir, en fonction des potentialités du site et en concertation avec les autorités
locales, si des seuils plus exigeants peuvent être envisagés pour certains projets de
quartiers durables (Teller, Marique, Loiseau, Godard, Delbar, 2014, p. 6).

Le référentiel ne se limite pas seulement aux problèmes énergétiques dans le bâtiment


mais couvre plusieurs éléments de durabilité à l’échelle du quartier : localisation,
diversité des fonctions, la gestion des déchets, etc. (Marique & Teller, 2014).

Le but du référentiel quartier durable wallon est « d’opérationnaliser le concept de


quartier durable en objectivant les critères minimums à respecter pour prétendre à cette
appellation» (Teller et al., 2014, p.6) et ne vise pas une « labellisation des quartiers
durables (des outils existant à cette fin) mais la formalisation de balises et de repères
utilisables lors de la conception et de l’évaluation de quartiers durables » (Teller et al.,
2014, p.6).

Ci-dessous, un tableau reprenant les thématiques et critères du référentiel quartier


durable wallon :

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 51
THEMATIQUES CRITERES

 Mobilité - Desserte en train


 Mobilité – desserte en bus, tram, métro
Les potentialités du site et du projet  Mixité fonctionnelle
 Équipement scolaire
 Densité nette de logements

 Mitoyenneté
 Ensoleillement et lumière naturelle
Les ressources  Besoins de chauffage
 Énergies renouvelables
 Matériaux et réversibilité

 Imperméabilisation
 Eau de pluie
Les milieux naturels
 Espaces verts
 Espèces plantées

 Liaisons du quartier
 Stationnement auto et vélo
 Paysage, architecture et image du quartier
Aménagements
 Appropriation -espaces privatifs
 Appropriation -équipements collectifs
 Gestion des déchets

 Mixité fonctionnelle
 Mixité sociale

Mixité et participation  Mixité des logements


 PMR
 Participation

Tableau 3: Tableau récapitulatif des thématiques et critères du référentiel quartier durable wallon
(adapté de Teller et al., 2014).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 52
Un quartier est durable en région wallonne lorsqu’il respecte 20 des 25 critères ci-
dessus, dont les critères obligatoires suivants: deux des trois critères (Mobilité desserte
en train - Mobilité desserte en bus, tram, métro - Mixité fonctionnelle) ainsi que la
densité, la mitoyenneté, les espaces verts, les liaisons du quartier et la mixité des
logements.

2.2 Le référentiel INDI


Le but premier du modèle INDI, avant d’être adapté au contexte français, est d’aider les
maîtres d’ouvrage à intégrer les objectifs du développement durable dans l’évaluation
d’un territoire et de projets urbains. C’est en 2002 que la première version d’INDI fut
élaborée pour l’évaluation des projets de différents maîtres d’œuvre dans la ville
d’Angers, avant d’être adapté au contexte européen. En 2005, dans le cadre du projet
européen SUSI-Man, une version pour le contexte français du renouvellement urbain
(INDI-RU.2005) est publiée. Depuis lors, le référentiel INDI a été régulièrement
amélioré pour différents projets d’aménagement. INDI, bien qu’initialement prévu pour
les projets de renouvellement urbain, est aujourd’hui utilisé pour tous types de projet,
« ceci étant l’une des raisons pour lesquelles il s’est affranchi de la structure de la
démarche HQE²R17 » (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 p. 35), et contient donc deux
catégories d’indicateurs, ceux concernant que les projets neufs et ceux ne concernant
que les quartiers existants. La version présentée dans ce Travail de Fin d’Etudes, est « le
millésime 2012, c’est-à-dire la version mise à jour après son utilisation comme outil
d’aide à la conception et d’évaluation après le Grenelle de l’Environnement » (Charlot-
Valdieu & Outrequin, 2012, p. 36). Il est défini pour l’échelle du quartier et pour les
aménageurs mais peut être aussi utilisé à l’échelle de l’opération (bâtiments, espaces
publics ou espaces verts) (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ; SUDEN).

La vocation du référentiel INDI (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012) est de contribuer


à l’amélioration de la qualité de vie pour tous les habitants en :

 Aidant les acteurs (maîtres d’ouvrages, aménageurs, promoteurs) à concevoir et


mettre en œuvre leurs projets et leurs opérations ;

 Aidant les maîtres d’ouvrage et aménageurs à suivre et à évaluer leurs projets en


vue de les améliorer (stratégie d’amélioration continue) ;

17
HQE²R est l'acronyme d'une démarche pour la transformation durable d'un quartier. Elle est
issue d'un projet européen coordonné par le CSTB et cofinancé par la Commission Européenne,
de début juillet 2001 à fin mars 2004 portant sur l’intégration du développement durable dans
les projets d’aménagement et de renouvellement urbain à l’échelle des quartiers et leurs
bâtiments (sustainable renovation of buildings towards sustainable neighbourhoods). Voir
www.suden.org

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 53
 Améliorant le dialogue entre les acteurs, donc de favoriser la transversalité et les
partenariats.

Ci-dessous, un tableau reprenant les thèmes et indicateurs du référentiel INDI :

THEMES INDICATEURS

 Orientation des bâtiments et optimisation des apports solaires


La gestion de l’énergie dans  Effet microclimatique
la conception du projet  Prise en compte du changement climatique
 Autosuffisance énergétique et utilisation d’énergies renouvelables

 Efficacité énergétique dans les bâtiments résidentiels (neufs et existants)


La gestion de l’énergie dans  Efficacité énergétique dans les bâtiments tertiaires privés
les bâtiments (neufs et  Efficacité énergétique dans les bâtiments tertiaires publics
existants)  Réduction des besoins d’éclairage artificiel
 Réduction de la consommation d’électricité non renouvelable

L’ambiance lumineuse  Niveau d’éclairement de l’éclairage public


 Pollution lumineuse

 Stationnement pour les bâtiments résidentiels et tertiaire


 Accès à des transports en commun structurants
 Offre de transports en commun
 Emplacement vélos dans les immeubles collectifs
La gestion des déplacements  Équipements vélos dans ou devant les équipements publics
 Cheminement pour les vélos
 Qualité des cheminements piétons
 Systèmes alternatifs de déplacements
 Bornes électriques pour le rechargement des véhicules
 Centre mutualisé de travail à distance

 Préservation des zones agricoles, forestières, boisées et humides


La consommation d’espace  Densité résidentielle nette moyenne
 Densité humaine nette

 Place des espaces naturels dans l’aménagement


 Connaissance et respect des continuités écologiques
 Coefficient de biotope, d’emprise végétale ou d’imperméabilisation
La biodiversité  Couverture arborée
 Gestion écologique
 Respect des arbres (enseignes publicitaires, chantier, avancées de
commerces…)
 Développement des espèces locales

La gestion durable de l’eau  Place de l’eau dans les aménagements paysagers


 Garantie de la qualité de l’eau potable et de la pérennité de la ressource et
prix de l’eau

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 54
 Limitation des fuites dans les réseaux
 Bâtiments économes en eau potable
 Récupération d’eau pluviale
 Espaces publics économes en eau potable
 Gestion des eaux pluviales
 Récupération et valorisation des eaux grises ou assainissement écologique
 Traitement optimisé et valorisation des eaux usées

 Utilisation des matériaux locaux


La gestion des matériaux et
 Éco construction et éco matériaux
des ressources naturelles
 Recours à des matériaux recyclés ou renouvelables

 Accès à l’emploi pérenne


Emploi et insertion  Insertion par l’économique
 Traitement de l’habitat insalubre
 Traitement de la précarité énergétique

 Économie résidentielle
 Mixité fonctionnelle
Accessibilité à des services et  Commerces de proximité
équipements de qualité  Proximité et accès aux équipements et services publics de qualité
 Accès aux soins de santé
 Qualité d’usage des services et équipements publics
 Réseaux numériques et très haut débit
 Coupures urbaines
 Qualité des accès aux immeubles résidentiels tertiaires et d’activité : voies
publiques, escalier (y compris accessibilité PMR)…
 Qualité d’usage pour certains locaux et équipements collectifs des bâtiments
tertiaires et d’activités (dont accessibilité PMR)
La qualité des bâtiments,  Qualité des bâtiments résidentiels et des logements
logements et des espaces  Interfaces espaces privés – espaces publics et préservation des intimités
privés  Confort acoustique (bruits extérieurs)
 Changement d’usage/adaptabilité des bâtiments et des logements face à
l’évolution des besoins
 Politique de stationnement
 Mutualisation des espaces de stationnement

 Qualité des entrées de ville ou du quartier


 Qualité du mobilier urbain et de l’éclairage public
 Qualité des voiries et des cheminements (accessibilité, continuité et
La qualité des espaces adéquation aux besoins présents et futurs)
publics et des espaces verts  Qualité paysagère, virtuelle, sonore et olfactive
 Propreté des espaces publics
 Qualité de l’air extérieur
 Qualité des clôtures
 Optimisation des réseaux (localisation, réserves, accès…)
 Dents creuses et friches urbaines

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 55
 Superficie d’espaces verts publics
 Espace dédié à de l’animation (temporaire ou permanente)
 Espace dédié à la voirie et à la voiture
 Sensibilisation et incitation aux alternatives à la voiture
 Aménagements modifiables (changement d’usages)
 Agriculture, alimentation et jardins familiaux

 Connaître et anticiper les risques naturels


 Sécurité des biens et des personnes
 Réduire la vulnérabilité aux risques technologiques
 Accidents du travail
La sécurité, risques, santé et  Nuisances des chantiers
réduction des nuisances  Gestions des déchets de chantier
 Réutilisation des équipements
 Gestion des ordures ménagères
 Valorisation des déchets verts
 Gestion des déchets d’activité
 Livraisons de marchandises
 Sols et sites pollués

 Vers une ville post carbone


 Mixité sociale dans la ville
La participation à l’effort  Économie locale ou endogène
collectif et intégration du  Économie durable et innovations
quartier dans la ville  Urbanisation cohérente et équipements structurants dans le quartier
 Favoriser la qualité de la forme urbaine
 Maillage des dessertes et cohérence de transports en commun
 Préserver le foncier

 Mixité sociale : logement locatifs sociaux


La solidarité et politique de  Mixité sociale : logements abordables ou à loyers maîtrisés
mixités  Mixité sociale : accession sociale
 Mixité sociale : logements très sociaux (y compris hébergement d’urgence)
 Mixité intergénérationnelle
 Diversité de l’offre de logements

 Préservation et valorisation du patrimoine


 Espace culturel
 Existence d’un lieu d’accueil spécifique et nature de son activité
Culture, éducation et  Démarche artistique dans la conception des espaces publics
formation  Information et sensibilisation des habitants
 Information et sensibilisation des acteurs de la ville
 Formation des professionnels
 Actions d’éducation à l’environnement, au développement durable et à la
citoyenneté

Une nouvelle façon de penser


 Transversalité de la structure de pilotage du projet
et d’agir

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 56
 Transversalité des compétences mobilisées et cohérence entre outils
réglementaires, juridiques et contractuels
 Maîtrise de l’économie du projet
 Analyse du coût global
 Nouveaux modèles économiques
Évaluation et la capitalisation
 Procédure d’évaluation
comme méthode
 Capitalisation, échanges, innovations et résilience
d’apprentissage et
 Outils d’alerte et résilience
d’amélioration
 Charte de développement durable du projet
Partenariats  Démarche partenariale sur la transition énergétique
 Partenariat professionnels à l’échelle du bâtiment
 Partenariats entre les acteurs du renouvellement urbain

 Participation des habitants et usagers


Participation des habitants et  Coproduction d’aménagement d’espace ou d’équipement public avec les
usagers habitants
 Coproduction de logement et coopératives de construction gérées par les
habitants

Tableau 4: Tableau récapitulatif de thèmes et indicateurs du référentiel INDI (adapté de Charlot-


Valdieu & Outrequin, 2012).

Le référentiel INDI se structure à l’image de la définition des enjeux faits par les auteurs
(voir chapitre 1 : Enjeux – Défis – Objectifs). La différence entre les enjeux qui sont
incontournables et les objectifs qui sont modulables, rend alors le référentiel adaptable
au contexte local, à l’importance du projet, à son positionnement et ses caractéristiques
spécifiques dans la stratégie de développement durable de la commune. C’est ce rôle
que lui confère ses auteurs : « un référentiel éco-quartier doit pouvoir s’adapter à
différentes structures et à différents objectifs locaux comme à différents types
d’utilisation, et c’est ce que nous avons recherché pour INDI » (Charlot-Valdieu &
Outrequin, 2012, p. 37).

Le référentiel INDI comprend deux systèmes de pondération dont le premier s’effectue


au niveau des indicateurs. Ce premier niveau d’agrégation consiste à la pondération par
indicateurs en fonction du niveau de satisfaction de la mesure qu’y est liée. Le second
système est l’agrégation par thème, c’est-à-dire la pondération des indicateurs au niveau
de chaque thème. Ces systèmes, disponibles sur un CD-Rom accompagnant le
référentiel, ne sont pas immuables (même s’ils sont figés sur le CD-Rom) et pourront
être modifiés en fonction de l’évolution du contexte réglementaire ou des objectifs
propres à un projet (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 57
2.3 Analyse des référentiels

À partir des tableaux précédents, on constate que les critères du référentiel quartier
durable wallon et les thèmes du référentiel INDI, expriment la même vision. Elles
présentent des éléments qui contribuent à la durabilité d’un quartier et qui, de ce fait,
sont importants à mettre en œuvre dans la conception de ce dernier. Le référentiel INDI
par contre, donne plus de détail sur les indicateurs qui contribuent à la définition des
thèmes. Ces indicateurs sont d’ailleurs liés aux objectifs et ambitions de la grille
“EcoQuartier 2011 du MEDDTL”18. Cette différence d’approfondissement peut
s’expliquer par :

 Une différence d’échelle territoriale : le référentiel INDI est complémentaire de


la grille “EcoQuartier 2011 du MEDDTL” et est destiné à tous les territoires de
la France métropolitaine, soit d’application sur 547.030 km2. Tandis que le
référentiel quartier durable wallon est d’application aux territoires de la région
wallonne (en Belgique). De même, ces deux pays (France et Belgique), n’ont
pas les mêmes durées d’engagement dans les initiatives de développement
durable. La première version d’INDI remonte à 2002, alors que la première
version du référentiel wallon date de 2014.

 Les auteurs du référentiel INDI justifient la plénitude des indicateurs par le fait
que la ville soit un système complexe qui ne doit pas être réduite à la trame
viaire, sanitaire ou à des considérations architecturales. En considérant la
complexité des tâches par les aménageurs et l’importance des thèmes concernés
ou impactés par un projet d’aménagement, un nombre important d’indicateurs
est requis pour évaluer un projet d’aménagement dans son ensemble. Pour
Charlot-Valdieu et Outrequin, « le quartier, comme la ville étant un système
complexe, l’évaluation d’un quartier ou d’un projet de quartier nécessite un
système d’indicateurs. INDI est un référentiel qui permet des évaluations. C’est
donc un système d’indicateurs et non pas un ensemble d’indicateurs » (2012, p.
42).

 Le référentiel quartier durable wallon se veut simple, explicite et compréhensible


par tous les acteurs (du métier de la construction, de l’urbanisme, des politiques,
les associations, etc.) (Teller et al., 2014).

La couverture de la durabilité : Quels thèmes et critères ont un impact sur la


durabilité ?

18
La grille “EcoQuartier 2011 du MEDDTL” est un outil de sensibilisation des élus et
d’orientation, très utile au moment de la décision de se lancer dans un projet d’éco quartier
(pour définir ses contours et sa localisation).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 58
Les éco-quartiers doivent pouvoir intégrer un certain nombre d’éléments liés à la
durabilité, afin de pouvoir prétendre participer à un développement durable urbain. Pour
savoir si un critère a un impact sur la durabilité, nous pouvons nous demander si le
critère en question favorise une des interactions (Équitable – Viable – Vivable) entre les
trois piliers du développement durable.

Figure 13: Les trois piliers du développement durable (Wikipédia).

Le référentiel quartier durable (correspondant à l’appellation éco-quartier dans ce


travail) wallon a été mis en œuvre pour définir un cadre dans la conception de nouveau
quartier durable. Le référentiel aborde cette question à travers les cinq thèmes qu’il
développe. Le référentiel INDI l´aborde également à travers les thèmes et indicateurs
suscités.

Pour faciliter l’analyse de ces éléments favorisant la durabilité dans ces deux
référentiels, nous allons d’abord élaborer une grille combinant les critères et thèmes afin
de faciliter leur repérage. Afin d’éviter de s’étaler, seuls quelques indicateurs (provenant
des deux référentiels) seront mentionnés.

Ce tableau nous permet également de mettre en évidence que, malgré une prise en
compte à différentes échelles territoriales, à différents niveau vis-à-vis des enjeux ; les
éléments pris en considération dans les deux référentiels sont en majorité les mêmes.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 59
THEMES CRITERES QUELQUES INDICATEURS

 Systèmes alternatifs de déplacement


La Gestion des déplacements (y  Centre mutualisé de travail à distance
compris la desserte en transport
Mobilité

en commun et promotion de la  Desserte en train


mobilité douce).
 Desserte en tram et métro
 Desserte en bus

 Mixité intergénérationnelle
 Fonctionnelle  Diversité de l’offre de logements
 Logements  Proximité et accès aux équipements et services
publics de qualité
 Sociale
 Accès aux soins de santé
Mixité

 Solidarité et politique de
mixité (y compris PMR)  Qualité d’usage des services et équipements
publics
 Culture, éducation et
formation  Information et sensibilisation des habitants
 Information et sensibilisation des acteurs de la
ville

 Densité nette de logements


 Efficacité énergétique dans les bâtiments
résidentiels (neufs et existants)
Optimisation et gestion des ressources

 Consommation d’espaces  Autosuffisance énergétique et utilisation


d’énergies renouvelables
 Optimisation énergétique.
Chauffage & Énergies  Imperméabilisation
renouvelables
 La récupération et gestion des eaux pluviales
 Consommation et gestion
des eaux  Garantie de la qualité de l’eau potable et de la
pérennité de la ressource et prix de l’eau
 Gestion des matériaux et
réversibilité  Utilisation des matériaux locaux
 Recours à des matériaux recyclés ou
renouvelables
 Éco construction et éco matériaux

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 60
 Architecturaux :
-Qualité des bâtiments  Orientation des bâtiments et optimisation des
(mitoyenneté, ensoleillement et apports solaires
lumière naturelle)
 Qualité des bâtiments résidentiels et des
-Qualité des logements logements
Aménagements

-Qualité des espaces privés

 Paysagers :  Interfaces espaces privés et espaces publics,


ainsi que la préservation des intimités
-Qualité des espaces privatifs,
collectifs, des espaces verts et des  Qualité des entrées de ville ou du quartier
liaisons du quartier  Superficie d’espaces verts publics

 Place des espaces naturels dans


 Biodiversité l’aménagement
l’environnement
Protection de

 Gestion des déchets  Connaissance et respect des continuités


écologiques
 Espèces plantées
 Gestion écologique
 Espaces verts
 Développement des espèces locales

 Participation  Partenariat professionnels à l’échelle du


Participation et
Gouvernance

bâtiment
 Evaluation
 Partenariats entre les acteurs du
 Partenariats
renouvellement urbain
 Emploi et insertion

Tableau 5: Grille des thèmes et critères.

2.3.1 Mobilité
La mobilité est évoquée dans le référentiel wallon à travers le premier thème qui traite
de la potentialité du site et du projet. En développant les critères liés à la localisation, la
mobilité et la mixité fonctionnelle, ce thème permet de s’assurer du choix d’un site et
des options de projet s’inscrivants dans les objectifs de développement durable. Le but
est, d’une part, réduire les déplacements sur de grandes distances, favoriser le
déplacement en mode doux et aussi garantir une qualité de vie dans le quartier en
assurant une certaine mixité de fonction. D’après Teller, «la localisation d’un quartier

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durable au sein d’un territoire bien desservi par les transports en commun et par
différentes fonctions de proximité participe au développement plus durable de nos
territoires » (Teller et al., 2014, p. 6).

Entre mobilité à travers la desserte en train, bus, tram et métro, le référentiel wallon
oriente vers des choix visant à optimiser la localisation du site dédié à recevoir un
nouveau quartier durable. Cette localisation près de ces transports contribue également à
leur attractivité, par exemple, celle de la gare qui polarise et alimente un territoire
beaucoup plus vaste que le quartier. Elle permet aussi de susciter un intérêt d’utilisation
du train chez les habitants et les travailleurs, ce qui permet de réduire l’usage individuel
des véhicules motorisés, donc de diminuer la pollution.

Le référentiel INDI, s’appuie sur la loi Grenelle 1 dont un chapitre est consacré sur
l’engagement politique en faveur d’une mobilité durable. L’objectif est de tenter de
réduire l’usage de la voiture dans les éco-quartiers de villes moyennes et importantes,
ceci nécessite toute une série de politiques qui dépassent en général l’échelle du
quartier. Ce sont des orientations qui se décident à l’échelle de la ville (développer les
transports en commun, la généralisation des zones 30, la mise en place d’un réseau de
stations de vélos en libre services, etc.) (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012).

Toutefois, une intervention au niveau du quartier est nécessaire. Elle porte sur tout ce
qui peut accroître la part modale du vélo et des déplacements doux. Ce sont, entre
autres, la distance entre les logements et les arrêts, la fréquence de la desserte ainsi que
la qualité du service, des arrêts et de leurs accès (Teller et al., 2014).

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Le site est situé à 1500m d’une gare de train % suffisant (96 à 100%)19 de logements situés à
InterCity ou InterRegion et à moins de 1000m moins de 300m d’un arrêt de Transport en
d’une gare locale Commun structurant
Qualité de l’offre de transport en commun en
Dans les pôles et bourg, le périmètre du site (700m) matière de tarification
est desservi par un arrêt de bus avec une fréquence
minimale cumulée de 34 passages par jour Qualité de l’offre de transport en commun en
matière de fréquence en semaine, le week-end et
Dans les villages centraux, la fréquence de passage le soir
sera de 20 par jour.
Qualité de l’offre de transport en commun en
termes d’accessibilité pour les personnes avec
handicap

19
Les valeurs données correspondent aux valeurs à atteindre pour avoir le meilleur score (5)
relatif à la mesure.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 62
Qualité de l’offre de transport en commun en
matière de sécurité
Qualité de l’offre de transport en commun en
matière de vitesse
Présence de systèmes (municipaux, privés ou
d’organisations associatives) favorisant le
covoiturage, l’auto-partage, systèmes de voiture
en libre-service, les navettes sur demandes, les
vélos à libre-service

En concertation avec les autorités locales, une note Nombre de m² (supérieur à 1,5m²) de SHON
fixe le nombre de places auto à développer et (surface hors œuvre nette) pour les rangements
précise la politique de stationnement à adopter. sécurisés et protégés par logement collectif

Chaque logement dispose d’un emplacement vélo, Présence d’abris sécurisés pour vélos devant ou
de préférence en intérieur. dans les équipements publics et commerces du
quartier ou à proximité

% (plus de 22%) de la voirie du quartier dédiée


aux vélos (ainsi qu’aux rollers, skates, etc.)

Des mesures sont prises pour améliorer la qualité


des cheminements piétons

Présence attendue d’un centre mutualisé de


service permettant le travail à distance dans le
quartier (e-travail, visioconférence, etc.).

Tableau 6: Evaluation de la mobilité (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012; Teller et al.,
2014).

2.3.2 Mixité
Elle peut être prise en compte sur trois niveaux d´intervention :

La mixité fonctionnelle

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’idée d’un urbanisme mixant les fonctions à
différentes échelles se fait de plus en plus claire. Bien que parfois considérée comme
floue, la mixité fonctionnelle peut se définir par « la combinaison dans un même espace
de plusieurs fonctions urbaines, qui induit la diversité des activités et, par suite,
l’imbrication des usages » (Van de Walle, 2007, p. 35). Autrement dit, un même « lieu
urbain » (Becue & Teller, 2005, p. 3) doit mélanger les affectations, les activités ou les
usages.
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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 63
Concevoir un nouveau quartier peut se faire sous une double approche, construire le
quartier dans une zone avec un bon potentiel en nombre de commerces, services, écoles
et équipements de proximité ou de combler les fonctions déjà existantes. D’une part,
l’arrivée de nouveaux habitants renforce l’utilisation des fonctions existantes et, d’autre
part, l’implantation de nouvelles fonctions pertinentes et complémentaires apporte une
plus-value au quartier et à ses habitants. Parallèlement, cette proximité des équipements
permet de réduire, voire éviter, l’usage de l’automobile. (Teller et al., 2014). La
première option privilégie l’implantation de nouveaux éco-quartiers près des centres
multifonctionnels. Pour la deuxième option, le choix du site et le recensement des
équipements déjà existants est primordiale. Cette démarche influence le programme de
conception en termes d’équipements mais aussi le niveau de la qualité de vie dans le
futur quartier.

Si la diversité et la proximité des fonctions contribuent à recourir aux modes doux pour
certains déplacements, elles ne suffisent pas à enrayer la voiture du quotidien
(notamment pour les déplacements entre le domicile et l’école primaire ou secondaire).
Pour Teller:

Une proximité entre les différentes fonctions est donc un critère nécessaire mais
non suffisant. En parallèle aux mesures de promotion des modes doux, il convient
également de veiller à créer, sécuriser et renforcer l’attractivité des itinéraires
piétons et vélos, par exemple en aménageant des espaces publics attractifs et
sécurisés ou des aires de jeux (Teller et al., 2014, p.14).

Ces nouveaux équipements doivent s´inscrire dans une optique de complémentarité de


l´offre existant dans l´environnement immédiat et non dans une optique concurrentielle,
ce qui permet d´éviter des quartiers monofonctionnels.

La mixité de logements

La conception d´un éco-quartier est une occasion pour développer une politique
d´accessibilité à un habitat décent pour les toutes les couches de la population. À travers
une concertation avec les autorités locales, la programmation des logements doit
prendre en compte les préoccupations en termes d´habitat (demande et offre) de la
localité. Envisager une mixité de logement (en offrant une diversité de logement), c´est
aussi promouvoir une mixité sociale dans le quartier, on permet ainsi l´accessibilité des
logements à différentes couches de la société. On conçoit alors un quartier avec une
forte diversité d´habitant dans le quartier (de la personne isolée à la famille nombreuse).
Cet aspect est important pour éviter de créer des quartiers à “identité unique”, qui certes
développeront des performances environnementales mais qui ne prendront pas alors en
compte l´aspect durabilité intégrale d´un éco-quartier. Outre la diversité des logements
(qui doivent s´adapter à l´évolution afin d´avoir le minimum de déménagement de la
famille), les espaces non bâtis doivent également être aménagés avec cette idée de
diversité pour créer des espaces publics et privés agréables et divers répondant aux
besoins d´un maximum de riverain créant des liens sociaux. La mixité de logements est
un critère obligatoire dans le référentiel quartier durable wallon.

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La mixité sociale

Pour ne pas créer des quartiers pour des personnes aisées, un éco-quartier doit favoriser
une diversité des ménages de statuts et conditions sociales différentes en assurant une
accessibilité des logements à des personnes précarisés et à faibles revenus. Le quartier
ne doit pas être la propriété d’un groupe de personnes.

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Le programme prévoit des équipements pour Favoriser la mixité fonctionnelle à l’immeuble.


compléter l’offre existante autour du site (périmètre
de 700m). Maximum (85 à plus) de logements à 300m d’un
pôle commercial, d’une école et de 500m
d’autres équipements (terrain de sport, centre de
loisirs).

Le nombre total de logements est défini avec les Prise en compte des besoins de logements
autorités locales conformément aux besoins et au sociaux dans la commune.
contexte local. Toutefois, le quartier comprendra
10% de studios et logements “1 chambre”, 10% de Diversité de l’offre de logement en termes de
logements “2 chambres”, 10% de logements “3 statut des occupants, types d’habitat et taille des
chambres et plus” et 10% de logements accessibles logements.
aux PMR. Offre de résidences pour différents statuts :
étudiants, jeunes travailleurs…

Offre de logements adaptables ou chambres ou


foyers et présence de structures d’aides pour
personnes âgées.

Au minimum 10% des logements du quartier sont Nombre suffisant (20 à 35%) de logements
accessibles à des ménages à revenus « moyens ». sociaux dans le quartier.
Les ménages acquéreurs s’engagent à occuper le
bien pendant une durée minimale de 5 ans. Nombre suffisant (80% à plus) de logements
abordables ou à loyers maîtrisés dans le quartier.

Tableau 7: Evaluation de la Mixité (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ; Teller et al.,
2014).

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2.3.3 Optimisation et gestion des ressources
Les projets d’éco-quartier sont des opportunités pour limiter les besoins, notamment
énergétiques, en intégrant des options urbanistiques, architecturales et techniques dès
l’élaboration du plan de masse des nouveaux quartiers. C’est également l’occasion de
prôner la protection de l’environnement en encourageant l’utilisation d’énergies
renouvelables, de matériaux à faible impact environnemental tout en assurant une
certaine réversibilité des opérations. La consommation du sol et la gestion des eaux,
sont également des éléments que prend en compte l´élaboration d´un quartier durable.

Consommation de l´espace

La densité constitue un critère primordial dans la conception d’un quartier voulant


intégrer les principes d’un développement durable. Une bonne densité permet d’éviter
un étalement urbain ainsi que ses corolaires : fragmentation écologique, déplacements
sur grandes distances, ségrégation sociale, gaspillage en matière d'occupation des sols,
etc. Ainsi, la densité associée aux critères de mobilité et de proximité des équipements
publics permet déjà d’avoir une base solide pour répondre de manière durable aux
problèmes des territoires (Teller et al., 2014). Une autre conséquence de la
consommation non efficace d’espace est son impact sur le prix du foncier, ce qui peut
empêcher l’accès à la ville à de nombreuses familles.

L’objectif est donc d’arriver à créer des espaces de vie de qualité tout en évitant un
surdimensionnement. On ne se limitera pas seulement à l’échelle du bâtiment, il faut
aussi gérer la répartition et l’articulation des espaces non bâtis.

La densité est un des critères obligatoires du référentiel quartier durable wallon, qui
impose un seuil minimum de densité nette de logement (la densité nette de logement
prend pas en compte dans le calcul, l’ensemble des surfaces dédiées à des occupations
collectives.)

Le référentiel INDI aborde la densité à travers trois indicateurs : Le premier est la


préservation des zones agricoles, forestières, boisées et humides, et a pour objectif de
protéger les zones agricoles. À l’image du LEED ND (label de certification qui impose
la construction sur un site ne comprenant pas plus de 75% de zones agricoles), le
référentiel INDI accorde sur dire d’expert : 0 points pour des importantes destructions, 2
pour les destructions limitées et 5 points pour aucune destruction en termes d’impact du
projet sur la destruction ou le maintien du foncier et sur la préservation ou la
destruction des zones forestières, boisées ou humides. La densité résidentielle est le
second indicateur et s’exprime en fonction du rapport entre le nombre de logements
attendus dans le quartier rapporté à la surface urbanisé du quartier et le nombre de
logements par hectare dans les zones urbanisées de la commune hors zone d’activité.
Ces deux valeurs doivent être validées en tenant en compte des espaces collectifs et plus
le ratio est élevé, plus on a des points pour l’indicateur (0 pour un ratio inférieur à 0,9 et
5 pour un ratio supérieur à 1,25). Le dernier indicateur lié à la consommation d’espace

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est la densité nette de population qui est noté en fonction du ratio entre la densité
humaine du quartier et la densité humaine de la commune (Charlot-Valdieu &
Outrequin, 2012).

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

- 30 logements par hectare dans les pôles et Aucune (ou moindre destruction) des zones
bourg agricoles, forestières, boisées et humides

- 40 logements par hectare dans les quartiers de


gare et le centre-ville. Nombre de logements dans le quartier élevé
(idéal : supérieur à 1,25 fois) par rapport au
- 20 logements, hors pôle et les villages centraux nombre de logements par hectare dans les zones
urbanisées de la commune.

Densité humaine élevé (idéal : supérieur à 1,30


fois) par rapport à la densité humaine dans la
commune.

Tableau 8: Évaluation de la mixité (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ; Teller et al.,
2014).

Optimisation énergétique (chauffage et énergies renouvelables)

Comme indiqué dans les enjeux, les défis énergétiques et environnementaux participent
pleinement aux objectifs à atteindre d’un nouveau quartier durable. La consommation
énergétique et la protection de l’environnement constituent des enjeux cruciaux de la
planète. La demande en énergie ne fait qu’augmenter passant de 2.17 kW à au moins 3
kW, les pays émergents accédant au “confort moderne”, soit de 30 TWan pour
l’ensemble de la population mondiale en 2030 dans l'hypothèse la plus défavorable, soit
presque deux fois la puissance actuellement consommée. La majorité de l’énergie pour
la demande actuelle est produite à partir de réserves fossiles : charbon, pétrole, gaz
(Hillairet, 2010). Alors l’objectif sera, d’une part, diminuer la demande énergétique et,
d’autre part, recourir à des sources d’énergies renouvelables :

Une réflexion globale intégrant les bénéfices (réponse aux besoins de chauffage et
en luminosité) et les inconvénients (surchauffe, inconfort visuel) apportés par
l’énergie solaire doit être menée lors de la composition urbanistique et
architecturale du nouveau quartier. Les gains énergétiques peuvent ainsi être
maximisés tout en évitant d’imposer une orientation stricte du bâti (Nord-Sud) qui
inhibe les diversités typologiques et spatiales que peut offrir un quartier (Teller et
al. 2014, p. 20).

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 67
La gestion de la compacité, la mitoyenneté, la densité dans la phase de conception du
projet permet de diminuer les besoins en chauffage. Une bonne approche du principe
d’architecture bioclimatique permet également de réduire la quantité d’isolants
nécessaires pour atteindre les niveaux de performances énergétiques 20 en vigueur (il est
d’ailleurs recommandé de viser des niveaux supérieurs aux seuils réglementaires), ce
qui engendre des bénéfices tant environnementaux (impact en cycle de vie)
qu’économiques (coût d’investissement moindre).

Ces besoins énergétiques, nécessaires pour assurer le confort thermique sont


uniquement liés aux caractéristiques constructives et à la fonction du bâtiment. En dépit
de la difficulté de déterminer la consommation énergétique (pour le confort thermique
mais eau chaude sanitaire, éclairage, etc.) dès la phase de conception, il est important
d’essayer les contenir de manière durable.

Les énergies renouvelables se positionnent donc comme une manière durable de


contenir nos besoins énergétiques. En effet, les énergies renouvelables engendrent peu
ou aucun déchet ou émission polluante, elles participent à la lutte contre l’effet de serre
et les rejets de CO₂ dans l’atmosphère et facilitent la gestion raisonnée des ressources
locales, génèrent des emplois.

[Ainsi,] le recours à des énergies dites renouvelables permet de minimiser l’impact


environnemental du projet. Les énergies renouvelables sont des énergies de flux
inépuisables, à l’inverse des combustibles fossiles et du nucléaire. Leur
consommation ne limite pas leur utilisation future. Cinq grandes catégories sont
reconnues comme énergie renouvelable: le solaire (photovoltaïque ou thermique),
l’éolien, la géothermie, l’hydraulique et la biomasse. Le recours aux énergies
renouvelables permet de réduire notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et
les émissions de gaz à effet de serre qui sont liées à leur combustion. Les énergies
renouvelables peuvent être utilisées pour la production de chaleur (chauffage et
eau chaude sanitaire) et pour la production d’électricité » (Teller et al., 2014, p.
22).

Une réflexion sur les modes de production d’énergie doit ainsi être menée dès les
premières phases de conception d’un projet de quartier durable. Une complémentarité
des énergies renouvelables est souhaitée afin de maximiser leur part dans la
consommation totale du quartier.

Le tableau suivant nous présente les mesures relatives à la gestion de l’énergie durable
dans les deux référentiels :

20
La réglementation PEB en vigueur en Wallonie intègre ces différentes problématiques en
deux indicateurs composites (Ew et Espec) qui abordent la performance énergétique globale du
bâtiment en prenant en compte la consommation théorique annuelle d'énergie primaire
nécessaire pour le chauffage, le refroidissement, les auxiliaires, la ventilation et éventuellement
l'éclairage du bâtiment (bureaux et écoles) ou l'eau chaude sanitaire (résidentiel), déduction faite
de l'énergie apportée par des sources domestiques d'énergies renouvelables (Teller et al., 2014).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
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MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Respect de la réglementation PEB en vigueur pour Respect de la RT 2012 + des bâtiments


l’ensemble des bâtiments. De plus, un ou plusieurs expérimentaux BEPAS ou BEPOS21.
bâtiments présentent des performances énergétiques
plus exigeantes que les directives PEB.

Assurer la garantie de qualité relative aux Taux d’utilisation (le maximum possible) pour
performances énergétiques fixées. les besoins énergétiques (électricité, chaleur)

Taux d’autosuffisance énergétique du quartier

50% des logements développés dans les pôles et Bonne inertie des bâtiments
bourgs sont mitoyens22 et 30% dans les villages
centraux

Profiter des apports solaires et de la lumière Bonne orientation générale des bâtiments du
naturelle23 en favorisant une bonne orientation des quartier
façades.
Prise en compte des contraintes microclimatiques
dans le quartier

Favoriser l’éclairage naturel

Tableau 9: Evaluation de la gestion durable de l'énergie (adapté de Teller et al., 2014; Charlot-
Valdieu & Outrequin, 2012).

21
La RT 2012 est la réglementation thermique en France (voir http://www.rt-batiment.fr/).
22
La mitoyenneté contribue à réduire les besoins énergétiques pour le chauffage des bâtiments,
la déperdition en limitant les surfaces de parois en contact direct avec l’environnement
extérieure (au moins 80% en contact avec une zone chauffée).
23
Profiter de l’ensoleillement et de la lumière naturelle consiste à faire usage des principes de
l’architecture bioclimatique pour bénéficier des apports solaires pour le chauffage et l’éclairage
des habitations du quartier.

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Consommation et gestion des eaux

La terre est recouverte par près de 70% de mers et océans mais seul 1% de ces eaux est
utilisable directement par l’homme. De plus, les activités humaines créent une
importante pression sur cette ressource, qui de toute façon retourne à la nature (par les
nappes phréatiques et dans la mer). La pollution de l’eau nuit de façon directe à
l’écosystème et indirectement sur la santé de l’homme et sur la situation socio-
économique24.

La gestion des eaux est alors relative aux mesures à entreprendre en ce qui concerne :

- La fourniture d’eau potable sur l’ensemble du territoire (autant dans les villes
que dans les bourgs, les villages, etc.),

- Le traitement et l’assainissement des eaux usées,

- La qualité de l’eau afin d’éviter toute infection,

- Le maintien et la protection des activités aquatiques.

Dans un éco-quartier, la gestion durable de l’eau implique alors:

- D’assurer une bonne qualité de l’eau à ses usagers à un prix “raisonnable”,

- De minimiser les impacts de l’urbanisation sur les réseaux et la biodiversité,

- D’économiser la ressource (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012, p. 82).

En région wallonne, la question relative à une bonne gestion de l’eau dans le but d’un
développement urbain durable est évoquée à travers deux critères : l’imperméabilisation
des sols et la gestion des eaux de pluies. L’objectif visé est d’avoir suffisamment de
surface perméable dans le quartier et, d’autre part, une gestion des eaux (issues de
l’usage domestique et des eaux pluviales) à travers un système séparatif qui permet la
protection de l’écosystème, mais offre aussi la possibilité de réutilisation des eaux de
pluies.

Ces critères permettent de réduire les risques d’inondations et la valorisation de l’eau de


pluie grâce à sa réutilisation pour des usages domestiques (alimentation des WC,
arrosages, etc.).

Le référentiel INDI aborde la question à travers 9 indicateurs (voir tableau 4). Ces
indicateurs énoncent un certain nombre de mesures liées à l’accessibilité, la qualité,
l’économie, la récupération et la réutilisation des eaux.

24
« La dégradation des écosystèmes ruine la pêche, l’agriculture et le pâturage, mais aussi le
tourisme et les loisirs, et compromet la survie des communautés rurales qui en dépendent »
(VivaScience, 2012, para. 4).

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 70
Le tableau suivant reprend des mesures mises en place par les deux référentiels :

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

30% de la surface totale du site de l’éco-quartier Bonne perméabilité du sol.


est perméable.

Un réseau séparatif des eaux usées et des eaux Récupération des eaux de pluies (bon % de la
de pluies est mis en œuvre si un exutoire naturel consommation d’eau potable).
peut être utilisé pour les eaux de pluies. S’il
n’existe pas d’exutoire naturel, des dispositifs de Traitement séparatif des eaux.
rétention, de stockage et/ou d’infiltration des Évaluation de la place de l’eau.
eaux de pluies sont mis en œuvre.
Bonne qualité (sanitaire, conformité
bactériologique) de l’eau.

Pérennité de la source.

Prix de l’eau (faible par rapport à la moyenne


nationale).

Bon rendement du réseau.

Faible consommation des bâtiments.

Récupération et valorisation des eaux grises.

Bonne qualité du réseau d’assainissement.

Tableau 10: Evaluation de la gestion des eaux (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ;
Teller et al., 2014).

La gestion des matériaux et réversibilité des opérations

Prendre en compte les « Ressources » implique aussi prêter une attention au choix des
matériaux et favoriser une flexibilité et adaptabilité de certains ouvrages.

L’utilisation de matériaux locaux permet de se conformer aux paysages du bâti local et


aussi favoriser les ressources locales tout en réduisant l’impact dû au transport des
matériaux. On vise également des matériaux efficaces qui peuvent contribuer à la
performance des ouvrages. Leur ouvrabilité permet une amélioration des conditions de
travail. Aujourd’hui, il n’est pas facile de déterminer l’impact, à la fois

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 71
environnemental, socio-économique et territorial des matériaux. L’analyse du cycle de
vie nous permet d’évaluer le contenu en énergie des matériaux, mais leurs performances
énergétiques dépendent de leur mise en œuvre (Teller et al., 2014 ; Charlot-Valdieu &
Outrequin, 2012).

Alors, le choix du matériau consistera à trouver un compromis entre la fonctionnalité,


la fonctionnalité, la performance technique, l’esthétique architecturale, le coût
économique, la durabilité et l’entretien, l’impact sur l’environnement, l’impact sur la
santé des personnes. Il nécessite une attention particulière et ne doit pas se faire sur base
d’une analyse simpliste des critères ou sur simple dénomination. Ce n’est pas parce
qu’un matériau est naturel qu’il a un impact environnement moindre par rapport à
d’autres (synthétique, sain, etc.).

Le choix d’un matériau doit idéalement tenir compte de:

 l’origine des matériaux,

 la possibilité de renouvellement ou la présence en quantité suffisante des matières


premières utilisées, sa consommation en énergie grise (quantité totale d’énergie
qu’il nécessite pendant tout son cycle de vie, depuis son extraction jusqu’à son
élimination),

 l’énergie grise est donnée soit en GJ/m³ ou en GJ/tonne. La pollution engendrée


par sa fabrication, sa mise en œuvre, son utilisation et son élimination
(poussières, solvants, COV, métaux lourds, …),

 sa durabilité: conservation de ses performances physiques dans le temps,

 les possibilités de réutilisation directe, de réemplois après une mise à neuf ou de


recyclage du matériau en fin de vie, afin de limiter les déchets produits et la
consommation de matières premières (Reiter, 2013, p. 7).

Dans les éco-quartiers, on veillera également à limiter la production de déchets


inhérents à la création du quartier lui-même.

De plus, un éco-quartier doit pouvoir s’adapter au changement de statut des habitants


(jeunes couples qui vont avoir des enfants, par exemple) sans que ces derniers ne soient
obligés de déménager. Pour atteindre ce but, la réversibilité des opérations nécessite
d’être prise en compte dès la phase de conception. Elle permet d’assurer une évolution
du quartier, respectueuse des besoins des usagers et de son environnement, y compris
en fin de vie et de réduire les déchets de chantier lors de la transformation des bâtiments
et des aménagements extérieurs.

Les référentiels proposent des mesures concernant l’origine, la mise en œuvre, la


réutilisation, la limitation des impacts liés aux matériaux tant dans la construction des
bâtiments que dans l’aménagement des espaces publics extérieurs.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 72
MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Prendre en compte l’origine et le mode de mise en La tonne de matériaux utilisés (pour les
œuvre des matériaux bâtiments et aménagements) représente plus de
10%25 en produits locaux et plus de 70% en
produits régionaux.

Au moins 30% des matériaux ont un label ou une


certification.

Plus de 40% de matériaux recyclés et


renouvelables pour les TP et le mobilier urbain.

Plus de 100 dm3/m2 de SHON pour le bâtiment,


sont en matériaux recyclés et renouvelables.

Rédiger une note d’estimation des déblais Exiger l’utilisation des matières premières
engendrés par le projet et la destination de ces secondaires (recyclées) ou recourir à des
déblais (mise en décharge, utilisation sur site, techniques économes en énergie pour les VRD,
etc.). Favoriser leur utilisation in situ. les sous-couches et les canalisations.
1

Plus de 60% des terres issues des terrassements


Assurer la réversibilité des aménagements, qu’il sont utilisées sur place ou à proximité (dans un
s’agisse des aménagements intérieurs aux rayon de 1 Km).
bâtiments ou des aménagements extérieurs.

Tableau 11: Evaluation de la gestion des matériaux (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012;
Teller et al., 2014).

2.3.4 Aménagements
La qualité du cadre bâti et non bâti participe à la qualité de vie dans les quartiers. Les
aménagements peuvent être abordés en deux volets :

L´aménagement architectural

Construire avec le climat et l´environnement (contexte, styles, etc.) est un atout dans la
conception des bâtiments et espaces privatifs d´un éco-quartier. Ce principe nous permet

25
Les valeurs données correspondent aux valeurs à atteindre pour avoir le meilleur score (5)
relatif à la mesure.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 73
de profiter des apports naturels mais aussi de développer un cadre de vie agréable. La
qualité architecturale ainsi que d´autres éléments, dont la performance
environnementale, sont des éléments qu´utilisent les villes, les associations, les porteurs
de réalisations pour construire des messages de promotion au niveau national et
international de leur projet. Un nouveau quartier, à travers son architecture, peut être
perçu comme un outil de marketing qui peut servir le promoteur (outil de vente), le
quartier et ses habitants (qualité de vie), la commune (création d’une nouvelle image de
marque) et même de la ville (tel le cas de la petite ville de Culemborg, qui a utilisé les
performances du quartier Eva Lanxmeer, pour devenir une référence et une destination
connue en Europe (Souami, 2011 ; Teller et al., 2014).

L´aménagement paysager

Une composition paysagère de qualité permet de développer au sein du quartier un


cadre de vie agréable, une bonne distribution permettant de réduire le recours aux
véhicules motorisés. De plus, « la densité recherchée […] ne peut être acceptable et
accepté qu’avec des espaces publics de qualité » (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012,
p. 87).

L´aménagement paysager implique, d´une part, la prise en compte de la connexion à


l´intérieur du quartier et celle avec son territoire élargi. Cette liaison du quartier consiste
en la création de nouveaux accès et le maintien de ceux préexistants dans le quartier.
Elle permet de développer des rencontres qui amélioreront à long terme les rapports
sociaux et la qualité de vie dans le quartier. Elle favorise aussi l´usage de moyens de
déplacement doux, surtout si les aménagements sont attractifs.

Lors de la conception des voiries, une attention est portée au contexte local (voiries
préexistantes, topographie, paysage), aux surcoûts collectifs importants d’infrastructures
et de services. Tous ces aménagements incluent l’accessibilité aux personnes à mobilité
réduite (Teller et al., 2014).

L´aménagement prend également en compte le stationnement tant des autos que des
vélos. Une bonne gestion globale du stationnement permet de réduire la consommation
du sol ainsi que les coûts de construction et entretiens qui y sont liés. L´estimation du
nombre de places de stationnement nécessaires est à définir par éco-quartier avec les
autorités locales car, autant qu´un excès, le manque de places est aussi une mauvaise
opération. Le premier, gaspille du sol qui aurait pu être utilisé pour d’autres affectations
et attire les voitures du voisinage, et le second engendre un report du stationnement sur
les quartiers voisins, c´est le cas du quartier GWL-Terrein à Amsterdam, dont la
réalisation ne répond pas aux intentions d´interdire la voiture (Souami, 2011). La
diversité dans l´usage des places de stationnement dont l´emplacement préférentiel est à
proximité des fonctions économiques (commerces, bureaux, etc.) et, pour le confort des
riverains, à une distance acceptable des logements (200 mètres, au maximum), est
encouragée. Cette diversité peut concerner non seulement les usagers mais aussi les
périodes d´usage, ainsi une alternance d´usage des aires de stationnement entre

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 74
travailleurs et habitants en soirée, voire avec d’autres utilisateurs tels que la clientèle
commerciale, peut être intéressant. La conception du quartier doit également prendre en
compte le stationnement des vélos. Ces emplacements doivent être facile d´accès et
sécurisés (Teller et al., 2014 ; Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012).

Un autre bénéfice de l’aménagement paysager est de participer à susciter un intérêt


général sur le plan culturel, écologique, environnemental et social. Il participe à la
sensibilisation, l’éducation aux enjeux de l’environnement, voire du développement
durable.

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Le site comprend moins de 20% de voiries en cul- Bon traitement des cheminements pour les PMR, y
de-sac. compris pour les personnes âgés et parents avec
poussette.

Assurer une bonne qualité de la voirie en ce qui


concerne : choix des matériaux, valorisation des
déchets, entretiens non polluants de la voirie,
réduction des nuisances éventuelles, mise en
valeur des espaces bâtis.

Moins de 12% de surface dédiée à la voirie et au


stationnement de surface /surface urbanisée.

L’auteur de projet doit adopter un parti Envisager des traitements pour assurer la qualité
architectural et urbanistique, et prendre en compte des entrées du quartier ainsi que la continuité et la
l’intégration du nouveau quartier dans son cohérence entre les espaces.
environnement. Favoriser une autonomie
architecturale. Prendre en compte le mobilier urbain et l’éclairage
public dans un cahier de prescriptions
environnementales, architecturales et paysagères.

Assurer la réversibilité des aménagements Assurer la qualité, la lisibilité et la hiérarchie des


extérieurs. espaces.

Nature des terrains utilisés pour l’éco-quartier.

Assurer la possibilité de changement d’usage des


espaces publics.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 75
Chaque logement comprend, au minimum, un Assurer une intégration paysagère des clôtures.
espace extérieur privatif d’un seul tenant de
minimum 6m². Offre structurée pour les espaces réservés à des
jardins familiaux, des actions favorisant les circuits
courts et l’agriculture de proximité.

Développer au minimum deux équipements Présence (très satisfaisante) d’espaces publics


collectifs de type module de jeux, plaine de sport, (ouverts ou fermés) pour des activités de loisir,
potager collectif, etc. d’échange et convivialité.

Disponibilité d’espaces publics utiles pour des


manifestations commerciales, ludiques, culturelles
et festives.

Si la superficie d’espaces verts et bleus dans un Plus de 30m²/habitant de surface d’espaces verts
périmètre de 700 mètres autour des limites du site publics utiles et de qualité disponibles.
est inférieure à 2.000m², les surfaces d’espaces
verts et bleus développées dans le nouveau
quartier représentent au minimum 30% de la
superficie du site.

Tableau 12: Evaluation des aménagements (adapté de Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012 ; Teller
et al., 2014).

2.3.5 Participation et Gouvernance


Dans l’entièreté des codes d’urbanisme, la concertation locale est obligatoire pour tout
projet d’une certaine envergure. L’émergence des éco-quartiers s’est accompagnée
d’une nouvelle manière de conception, mais aussi de concertation dans les projets
urbains. La nouveauté est l’implication, des riverains et des futurs habitants dès les
premières phases de la conception. La participation permet, d’une part, de
responsabiliser les populations vis-à-vis des enjeux du futur quartier durable, voire du
développement durable et, d’autre part, permettre aux concepteurs de prendre en compte
les attentes des futurs habitants, de développer un quartier qui garde un contact avec son
voisinage. Cette implication des habitants permet de s’assurer de la pertinence des
principes de conception et de garantir une réussite du projet. La sensibilisation et la
responsabilisation des habitants peut également garantir, un maintien des performances
sur le long terme du quartier (la gestion des ressources, notamment énergétiques ; la
gestion des déchets, etc.). La démarche de participation peut prendre plusieurs formes,
allant de l’initiation du projet par les futurs habitants, leur association, à la prise de

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 76
décisions ou à la réalisation de travaux, à la simple consultation26 (Souami, 2011 ;
Teller et al., 2014).

Outre l’implication des habitants, le développement d’un éco-quartier a connu la mise


en place d’un ensemble de nouvelles démarches (des modes de réflexion innovants, un
système de management de projet) et la capitalisation des expériences. Les quartiers
durables, mettant parfois en œuvre de nouvelles solutions techniques, ont permis à de
nombreux professionnels locaux et internationaux d’acquérir une expérience. Cette
capitalisation, fait du quartier un espace d’apprentissage particulièrement efficace. Dans
de nombreux projets, cette volonté de capitalisation de connaissances et de compétences
est nettement affichée dès l’amorce du projet, comme politique de formation et de
constitution de compétences à l’échelle du territoire.

Enfin, dans le cadre d’un processus d’amélioration et de diffusion d’un urbanisme


durable, une évaluation apparaît indispensable. Cette évaluation participe à l’orientation
et au pilotage des actions, programmes et politiques publiques. Elle doit associer et être
visible par tous les acteurs du projet et devrait poser la question, non pas uniquement de
durabilité du quartier mais de sa contribution à la durabilité de territoires urbains
complexes27 (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2012; Souami, 2011).

Les référentiels, quartier durable wallon et INDI, recommandent des mesures relatives à
la participation et la gouvernance dans la conception d’un éco-quartier énumérées dans
le tableau ci-dessous :

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

Rédiger une note relative à la participation de Rédiger une charte de participation dans le
deux groupes-cibles (les futurs habitants et les processus de conception et de mise en œuvre
riverains). La note doit reprendre les différentes du projet.

26
Le quartier Eva-Lanxmeer a été initié par les futurs habitants. La réalisation des toitures
végétalisées, ainsi que d’autres aspects environnementaux a été confiée aux habitants du
quartier Kreuzberg à Berlin (Souami, 2011).
27
Multiples évaluations de quartiers durables sont orientées sur leurs propres performances ou
caractéristiques intrinsèques (voir des évaluations centrées sur le quartier, p.79-84 Souami,
2011).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 77
étapes de l’élaboration du projet et les niveaux de
participation qui y sont associés. Mise en œuvre d’actions favorisant la
participation des habitants et usagers dans la
Organiser (hors cadre légal) au minimum une conception du projet, l’évaluation des
réunion publique avec les riverains. opérations et du projet, dans la vie du quartier.

Mise en œuvre d’action et procédures


envisageant la coproduction d’espace public, la
construction ou la rénovation d’équipements
publics et la réalisation d’espaces semi-publics
avec les habitants.

Programmer des opérations de production de


logements en coopératives de construction
gérées par les habitants.

Programmer la coproduction d’opérations de


construction ou de réhabilitation de logements
avec les habitants.

Assurer une large transversalité dans le comité


de pilotage, une diversité des compétences et
des disciplines dans le comité technique

Mise en place d’une procédure d’évaluation, de


partage d’expériences et de capitalisation des
résultats.

Présence d’une charte de développement


durable engageant les différents acteurs du
projet et développement d’un partenariat
(professionnel, etc.).

Tableau 13: Évaluation de la participation & gouvernance (adapté de Charlot-Valdieu &


Outrequin, 2012 ; Teller et al., 2014).

2.3.6 Protection de l´environnement

« …L’environnement n’est pas une abstraction, mais bien l’espace où vivent les
êtres humains et dont dépendent la qualité de leur vie et leur santé, y compris
pour les générations à venir » (CIJ, 1996, p. 226, par. 29).

Pour de nombreux observateurs, les quartiers durables sont la mise en œuvre de


politiques environnementales auxquelles on reprochait une intégration sur l’échelle
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 78
urbaine. De cette observation, on peut dire que la protection de l’environnement est
l’essence même de la démarche de conception, réalisation de projet urbain durable.
Tous les thèmes, critères et indicateurs des référentiels visent un but : celui de protéger
l’environnement. Elle est le début et la fin, en plus des autres aspects (sociaux et
économiques), de la conception d’un quartier durable.

La protection de l’environnement est un des axes de prise de décision relatifs à l’atteinte


d’un développement soutenu, et se concrétise par l’utilisation minimale des ressources
naturelles et par la lutte contre les pollutions, c’est-à-dire, par la réduction de
l’empreinte écologique.

La biodiversité, quant à elle, est tout ce qui nous entoure et permet à l’homme de vivre.
Elle est omniprésente au quotidien, y compris dans les villes. Or, le développement d’un
projet urbain a un impact sur la coexistence entre tous les êtres vivants. C’est pourquoi
la question de savoir quel impact peut avoir le projet sur l’écosystème reste importante.
L’objectif est donc de préserver cette diversité. De façon générale, il s’agit de préserver
la diversité des gènes (variétés de fleurs, de fruits, de légumes, d’animaux) des espèces
et des écosystèmes (protection des sols, gestion du cycle de l’eau), car « avant, on
espérait qu’en protégeant 20% de la surface de la planète, on couvrait 80% de la
biodiversité. Aujourd’hui, on sait que 20% d’espaces protégés, c’est seulement 20% de
diversité protégée » (Chevassus-au-Louis, cité par Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009b,
p. 50).

MESURES

REFERENTIEL WALLON REFERENTIEL INDI

En pôle, les plantations sont composées Organisation du projet autour des espaces
uniquement d’espèces indigènes et représentent naturels.
2 des 5 structures végétales principales. Dans les
villages centraux les plantations sont composées Mise en place d’un zonage avec les continuités
uniquement d’espèces indigènes et représentent écologiques.
3 des 5 structures végétales principales. Plan complet de gestion écologique de l’espace
ou des espaces.

Charte avec contrôle et pénalité relative à la


protection des arbres durant les phases de
chantier, puis d’exploitation du quartier.

Choix pour des espèces végétales locales très

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 79
favorables à la faune et à la biodiversité.

Des infrastructures de regroupement, de tri et de Gestion optimale des déchets ménagers : plus
collecte des déchets sont mises en place, avec de 80% de la population à moins de 100m d’un
une attention particulière portée à la collecte des point d’apport.
déchets de cuisine et/ou de jardin (compostage)
et à leur réutilisation dans le quartier. Limiter la quantité produite de déchets
ménagers.

Augmenter le taux de recyclage des ordures


ménagères.

Mise en place de collectes spécifiques


d’encombrants.

Réduire les nuisances dues à la collecte des


déchets.

Plus de 70% des déchets verts sont valorisés.

Charte favorisant le recyclage et la valorisation


des déchets d’activité.

Tableau 14: Evaluation de la protection de l'environnement (adapté de Charlot-Valdieu &


Outrequin, 2012 ; Teller et al., 2014).

2.4 Conclusion
Après l’analyse des référentiels, nous estimons pouvoir maintenant tirer une conclusion
découlant des observations.

Ces référentiels qui sont conçus à différentes échelles (région et pays) développent des
thèmes, critères et indicateurs pour la prise en compte de la durabilité à l’échelle du
quartier. Ces éléments convergent vers une vision identique, à savoir :

 La protection de l’environnement : à travers l’optimisation de la


consommation des ressources, la gestion des déplacements, la
performance des bâtiments, etc.

 Le bien-être et qualité du cadre de vie : à travers la mixité,


l’aménagement, tant des espaces bâtis que non-bâtis, etc.

Toutefois, on remarque également que l’agencement de ces éléments dépend totalement


du contexte local (à différente échelle), c'est-à-dire des défis et objectifs urbanistiques
des villes, régions, pays.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 80
Dans le tableau suivant, nous récapitulons les thèmes et critères que nous estimons les
plus pertinents dans l’évaluation et la conception d’un quartier. Ce résultat, en termes de
structure, se rapproche beaucoup plus du référentiel wallon, car nous avions opté pour
une structure simple.

THEMES CRITERES

Mobilité

Localisation Mixité fonctionnelle

Connexion du quartier avec son environnement

Consommation d’espaces

Gestion durable de l’eau

Gestion durable des ressources Gestion durable de l’énergie

Gestion des matériaux et des opérations

Gestion durable des déchets

Qualité du cadre de vie

Paysagers Biodiversité

Aménagements Connexion interne du quartier

Mixité sociale
Architecturales
Qualité du cadre de vie

Implication des habitants et riverains


Participation et Gouvernance
Capitalisation des expériences

Tableau 15: Grille des thèmes et critères pertinents dans la conception d'un éco-quartier.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 81
CHAPITRE 3

Durabilité en Afrique de l’Ouest

Quels thèmes et critères pour les éco-quartiers en Afrique de l’Ouest?

Déterminer les caractéristiques de la durabilité à l’échelle du quartier en Afrique


de l’Ouest est l’objectif du présent chapitre. Nous partirons des acquis des chapitres
précédents, d’un ensemble de données, pour répondre à la question principale de ce
chapitre : Quels critères pour un éco-quartier en Afrique de l’Ouest ?

3.1 Méthodologie
Comme dit dans l’Introduction, notre démarche s’inspire du “Manuel de recherche en
sciences sociales” de Quivy et Van Campenhoudt (2006). Des sept étapes qui
composent la méthodologie, ce chapitre ne développera que les quatre dernières car les
trois premières ont déjà été abordées dans les parties précédentes :

La question de départ

L’exploration

La problématique

La construction du modèle d’analyse

L’observation

L’analyse des informations

Les conclusions

Figure 14: Les étapes de la recherche (Quivy & Van Campenhoudt, 2006).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 82
La construction du modèle d’analyse est l’étape intermédiaire entre la problématique et
les tentatives (démarches, outils etc.) de résolution. La problématique de ce travail est la
question de la conception et l’évaluation d’éco-quartiers en Afrique de l’Ouest. Nous
partirons alors de la mise en place d’une hypothèse, qui sera ensuite soumise à une
observation basée sur un questionnaire, un entretien et une analyse d’un cas pratique
afin de vérifier et tirer des conclusions sur les éléments constitutifs de l’hypothèse de
départ.

3.1.1 L’hypothèse
Selon Quivy et van Campenhoudt (2006, p. 139), « une hypothèse est une proposition
qui anticipe une relation entre deux termes. Elle est donc une proposition provisoire,
une présomption, qui demande à être vérifiée ».

À la suite de l’analyse de référentiels de conception d’éco-quartiers, nous avions


remarqué que la protection de l’environnement et la qualité du cadre de vie étaient les
objectifs principaux visés par les référentiels. Ensuite, nous avions établi en fin de
chapitre précédent une série de thèmes et critères que nous considérons primordiaux
dans la conception d’un éco-quartier quel que soit l’échelle territoriale (région, pays,
etc.).

La grille de critères établie en fin du chapitre précédent et reprise ci-dessous, est notre
hypothèse de base. La vérification de cette hypothèse consistera à vérifier si, pour la
conception et l’évaluation d’un éco-quartier en Afrique de l’Ouest, les éléments
contenus dans cette grille sont les thèmes et critères primordiaux à mettre en œuvre pour
prétendre à l’appellation d’éco-quartiers.

THEMES CRITERES

Mobilité

Localisation Mixité fonctionnelle

Connexion du quartier avec son environnement

Consommation d’espaces

Gestion durable de l’eau

Gestion durable des ressources Gestion durable de l’énergie

Gestion des matériaux et des opérations

Gestion durable des déchets

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 83
Qualité du cadre de vie

Paysagers Biodiversité

Aménagements Connexion interne du quartier

Mixité sociale
Architecturales
Qualité du cadre de vie

Implication des habitants et riverains


Participation et Gouvernance
Capitalisation des expériences

Tableau 16: Grille des thèmes et critères pertinents dans la conception d'un éco-quartier.

3.1.2 Le champ d’étude


L’Afrique de l’Ouest a une superficie de 7,9 millions de km² (soit 2,4 fois la Chine ou
1,8 fois les 27 pays de l’Union européenne) et est constituée de 16 pays. Nous sommes
dans une région vaste et c’est pourquoi, dans le cadre de ce présent travail et surtout
dans cette phase d’analyse, nous bornerons notre étude à 5 pays de la zone. Ces cinq
pays sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali et le Sénégal. Ces pays
étaient tous dans le territoire de l’Empire du Mali avant la période coloniale.
Historiquement, on se trouve dans une seule entité territoriale. C’est pourquoi d’ailleurs
les modes de vie, dans ces pays sont quasi les même jusqu’aujourd’hui. De plus,
pendant la période coloniale (après la division de l’Empire en plusieurs territoires), ces
pays ont appartenu à la même fédération : L’Afrique Occidentale Française (AOF). Les
premiers outils et principes d’urbanisation de ces pays sont également identiques.

PAYS / CAPITALE SUPERFICIE POPULATION CLIMAT


18.365.123 habitants
Burkina Faso / Ouagadougou 274.200 Km² Climat tropical
(2014)
25.232.905 habitants Climat équatorial et tropical de
Côte d’Ivoire / Abidjan 322.462 Km²
(2012) savane
11.176.026 habitants
Guinée / Conakry 245.857 Km² Climat tropical
(2013)
Diversité climatique : au nord
14.528.662 habitants
Mali / Bamako 1.240.192 Km² climat désertique, sec au centre
(2011)
et tropical au sud.
Diversité climatique : au nord,
14.133.280 habitants
Sénégal / Dakar 196.722 Km² climat désertique et climat
(2013)
tropical au sud.

Tableau 17: Description des pays de l'étude.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 84
Figure 15: Pays de l'étude.

3.1.3 L’observation
L’observation est constituée des opérations à mettre en œuvre pour analyser l’hypothèse
de base. Le modèle est alors confronté à des données observables et les données
rassemblées sont analysées dans l’étape suivante. Comme recommandé dans le “Manuel
de recherche en sciences sociales” de Quivy et Van Campenhoudt (2006), l’observation
doit répondre aux questions suivantes :

 Observer quoi ?

Pour vérifier notre hypothèse, les thèmes et critères devront répondre à trois principes :

L’acceptabilité : Dès le début de ce travail, nous avions exprimé notre volonté de ne


pas imposer un référentiel mais d’élaborer un, qui prenne en compte les réalités
africaines et les bonnes pratiques. Les thèmes et critères résultent d’une analyse
personnelle. Il est alors question d’évaluer son acceptabilité par les personnes
concernées. Comment les futurs utilisateurs ou personnes concernées appréhendent-t-ils
les notions développées dans le référentiel ? C’est une manière d’acquérir le point de
vue de divers acteurs locaux.

La praticabilité : Il s’agit d’évaluer la possibilité de mise en œuvre d’un critère. Des


informations existent-elles ? Sont-elles faciles à trouver ? Concrètement comment peut-
on envisager la mise en œuvre d’un tel critère dans cette zone ? Telles sont les questions
auxquelles la praticabilité devra permettre de répondre.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 85
La systématicité : il s’agit de déterminer si l’agencement de ces critères entre eux est
objectif et peut par la suite produire un éco-quartier. La valeur quantitative ou
qualitative attribuée à chaque critère est-elle objective?

 Observer sur qui ?

Selon Quivy et Van Campenhoudt (2006, p. 148), « pour connaître le mode de


fonctionnement d’une entreprise, il faudra, le plus souvent, interroger ceux qui en font
partie, même si l’objet d’étude est constitué par l’entreprise elle-même et non par son
personnel». Dans notre cas, l’étude portera sur un échantillon. L’échantillon sera
constitué d’acteurs susceptibles d’être intéressés par la question. Toutefois, les
personnes ou espaces qui définiront l’étude devront se trouver dans les pays concernés
ou être confrontées aux réalités de ces pays. L’échantillon est constitué de 22
personnes reparties dans les différents pays concernés (pour le questionnaire), d’un
auteur de projets d’éco-quartier en Afrique de l’Ouest (pour l’entretien) et d’un projet
déjà exécuté (pour le cas pratique).

 Observer comment ?

Il s’agit ici de déterminer les instruments de l’observation et de préciser la manière de


collecter les données.

Dans un premier temps, nous avons envisagé d’analyser l’acceptabilité, la praticabilité


et la systématicité de notre hypothèse selon le schéma suivant :

Acceptabilité Questionnaire

Praticabilité Projet – Cas d’étude

Systématicité Entretiens

Figure 16 : Mode d’observation 1.

Mais, dans le cadre de ce travail, au vu du faible nombre de données, nous ferons


recours au procédé de « complémentarité des données ». Ainsi nous étudierons
l’acceptabilité, la praticabilité et la systématicité de notre hypothèse sur base de
l’ensemble de toutes les données, comme montré dans le schéma suivant :

Acceptabilité
Questionnaire

Praticabilité Projet – Cas d’étude

Systématicité Entretiens

Figure 17 : Mode d’observation 2.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 86
3.1.3.1 Le questionnaire
Le questionnaire est l’instrument de collecte de données qui nous permettra d’interroger
un échantillon représentatif de la population cible, sur une série de questions concernant
notre étude. Procéder à l’aide d’un questionnaire est particulièrement approprié
lorsqu’on a une importante population à interroger, car cette technique permet de
quantifier les données et ensuite les analyser, en plus, ceci implique la proposition d’une
série de réponses (Quivy & Van Campenhoudt, 2006). L’objectif de notre démarche est
d’interroger des acteurs locaux (politiques, architectes, urbanistes, citoyens, ONG,
etc.) sur leur perception d’un éco-quartier et le niveau d’importance qu’ils accordent à
différents thèmes, critères et mesures pour la mise en œuvre d’un éco-quartier.
L’enquête, en plus des autres instruments d’observation et de collecte de données,
cherche modestement à repérer un minimum de critères et mesures primordiaux pour la
conception d’un éco-quartier en Afrique de l’Ouest.

 Diffusion
Le mode de diffusion choisi pour ce questionnaire est la version électronique via un site
web. Ce mode a été choisi au détriment de la version papier à cause de la distance
(l’étude de déroulant en Belgique). Sous un graphisme simple et compréhensible, le
questionnaire a été établi et diffusé via plusieurs canaux afin de récolter un maximum de
participants, tout en veillant à respecter les caractéristiques de l’échantillon cible et à
garder un caractère anonyme. En plus du graphisme, une attention particulière a été
accordé aux temps de répondre aux questions (maximum 5 minutes). Des pré-tests ont
été effectués avant le lancement de l’enquête en ligne afin de réajuster et de clarifier
certaines questions et de se rassurer d’un bon fonctionnement du système.

Figure 18: Aperçu du questionnaire en ligne.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 87
 Type et Contenu

Le questionnaire (voir Annexes) est constitué de deux catégories de questions: les


questions ouvertes et les questions dites fermées, au nombre limité de réponses.
Certaines questions fermées sont accompagnées d’une possibilité de commentaires.
Ainsi, le répondant a la possibilité de compléter les réponses cochées (par exemple, les
aspects dans le choix de la localisation d’un éco-quartier).

En contenu, le questionnaire est subdivisé en trois parties :

- Identification du répondant : Il s’agit des questions relatives au pays et ville de


résidence, de la tranche d’âge et du statut socioprofessionnel du répondant. Ces
informations nous permettront de trier les réponses en fonction de ces catégories
si cela s’avère nécessaire dans notre analyse.

- L’image d’un éco-quartier : Cette partie comprend les questions relatives à


l’image qu’a le répondant d’un éco-quartier. C'est-à-dire, comment définit-t-il un
éco-quartier, ses motivations à y vivre, les caractéristiques que devrait avoir un
éco-quartier, les retombées d’un éco-quartier pour sa ville, sa commune, son
pays et le système de payement qui lui convient le mieux s’il devait habiter dans
un éco-quartier.

- La pertinence des éléments : Cette partie cherche à connaître le point de vue


des répondants par rapport à la pertinence des éléments à mettre en œuvre dans
la conception d’un éco-quartier. Elle est subdivisée en deux catégories : la
première est relative aux grandes thématiques (la localisation, les aspects
sociaux, environnementaux, etc.) et la seconde interroge sur la pertinence des
critères et mesures relatives aux thèmes globaux.

3.1.3.2 Le projet d’éco-quartier


Le projet de Sébénikoro 2000 en République du Mali est « l’un des éco-quartiers les
plus aboutis d’Afrique » (Myrtille Delamarche, 2013, p. 91). Aménagé par deux
groupes de maîtrise d’œuvre dont un local et un français, l’éco-quartier se veut un
modèle d’aménagement basé sur la mixité sociale. C’est dans un souci de répondre à
une demande d’habitat confortable à prix abordable, que le projet de Sébénikoro 2000 a
été initié, afin de permettre à environ 3000 personnes d’accéder à un logement établi
dans un urbanisme qui intègre la convivialité, la rencontre, la mixité autour
d’équipements structurants (places, rues, cheminements piétons, espaces verts, écoles,
commerces, etc.). Le programme de 600 logements établis sur 100 parcelles sociales
(200m²), 50 parcelles économiques (250m²) 200 parcelles standard (300m²) et 150 de
standing (350 à 400 m²). Le programme de conception prend également en compte les
aspects liés au développement durable et à l’urbanisme vert.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 88
Dans le cadre de ce travail, une analyse (essentiellement sur les thèmes globaux) de ce
quartier, nous permettra d’évaluer une possibilité de mise en œuvre de thèmes et critères
de notre hypothèse de base. Elle nous permettra également d’avoir une référence pour
une proposition de mesures relatives à la mise en œuvre pratique de ces derniers.

Figure 19: Plan d'ensemble projet de Sébénikoro 2000 (Source: Atelier Targowla).

3.1.3.3 L’entretien
L’entretien individuel est défini comme :

Une technique de recueil de l’information qui se déroule dans une relation de face-
à-face entre l’évaluateur et la personne enquêtée. C’est un outil simple et rapide
d’utilisation, dont les ressources nécessaires à sa réalisation restent abordables.
Ceci en fait un outil incontournable en évaluation (ec.europa.eu, p. 1).

Il permet de recueillir un nombre important d’informations tant dans le cadre de la


vérification de fait, des analyses, des propositions, que dans la quête de réactions aux
premières hypothèses et conclusions des évaluateurs. L’entretien individuel peut être
conduit de 3 façons différentes : non directif, semi-directif ou directif.

Dans le cas présent, nous avons fait recours à un entretien semi-directif. Dans un
entretien semi-direct, on obtient le point de vue des répondants à travers une trame
générale souple, construite à partir d’un guide d’entretien relatif au questionnement de
l’évaluation et qui permet de recentrer l’entretien. L’entretien n’est pas une succession
de questions précises mais n’est également pas ouverte.
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 89
Notre démarche s’est effectuée en deux étapes. La première, a été un entretien oral
portant sur les points :

- Zone d’étude.

- Construction et urbanisme durable en France et en Afrique de l’Ouest.

- Le projet d’éco-quartier de Sébénikoro (Mali).

La seconde, un entretien “écrit” où l’interviewé a répondu au questionnaire (présenté en


amont) avec une plus grande possibilité de commenter chaque réponse. Fort d’une
expérience de plus d’une décennie dans divers projets en Afrique de l’Ouest, M.
Targowla Denis, un des co-auteurs de l’éco-quartier de Sébénikoro a été l’interviewé
pour ces deux étapes. M. Targowla Denis, architecte et paysagiste est fondateur de
l’atelier Targowla, situé à Paris.

3.1.4 Traitement de données


Au point suivant, nous procéderons à l’analyse des résultats obtenus. Cette analyse sera
consacrée, dans un premier temps, à la présentation du profil des répondants. Ensuite,
nous présenterons quelques résultats relatifs à l’image d’un éco-quartier avant de passer
à l’analyse de la pertinence par critère. Les questions ouvertes relatives à l’image de
l’éco-quartier seront analysées qualitativement ou quantitativement en fonction des
besoins ou du résultat qu’on veut montrer. Nous essayerons également, sans pour autant
être dans la généralisation, de faire une corrélation entre le profil des répondants et
l’image qu’il a d’un éco-quartier. Nous dresserons alors quelques fiches “persona”.

Pour la partie consacrée à évaluer la pertinence des critères, comme expliqué plus haut,
nous optons pour un processus de “complémentarité de données”, c’est-à-dire que nous
nous inscrivons dans la globalité quant à l’utilisation des données dont nous disposons.

Les réponses aux questions ont été dans un premier temps retranscrites dans une grille
de calcul (jointe en annexe). Cette grille de calcul nous permet de faire apparaître les
tendances au sein de notre échantillon. Ces tendances, comme dans le questionnaire
vont de : Pas du tout important – Peu important – Sans avis – Important à Très
important. Nous pouvons aussi faire une classification en fonction des tendances selon
l’équivalence suivante :

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 90
Pas du tout Important
Tendance important Sans Avis
Peu important Très Important

Classe - Neutre +

Les résultats des entretiens de M. Targowla (co-auteur de projets d’éco-quartier en


Afrique de l’Ouest) et de l’analyse du projet viendront appuyer cette tendance. C’est-à-
dire que pour chaque critère, nous exposerons les résultats du questionnaire, les retours
de l’interview “oral et écrit” et décrirons les mesures qui ont été mises en œuvre dans
l’éco-quartier de Sébénikoro. À ce niveau, nous essayerons de savoir comment les
thèmes globaux ont été appliqués.

Enfin, un tableau récapitulatif fera la synthèse de cette analyse en faisant référence aux
trois principes : L’Acceptabilité – La Praticabilité – La Systématicité.

3.2 Analyse des résultats

3.2.1 Profil de l’échantillon


Cette analyse va porter sur 3 points. En premier, le pays de résidence des participants.
Ensuite la profession et en dernier point la tranche d’âge. Dans le questionnaire, les
questions relatives à ces trois étaient obligatoires, donc nous avions obtenu 100% de
réponses.

 Pays :

Les 22 participants sont repartis, en fonction de leur pays, de la manière suivante :

Figure 20: Répartition de l’échantillon par pays en nombre.


ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 91
Figure 21: Répartition de l’échantillon par pays en pourcentage.

On remarque une plus grande participation de Maliens et Guinéens. Ceci peut


s’expliquer par le fait que l’étudiant ait plus de contacts dans ces deux pays.

 Profession :

Les répondants appartiennent à diverses catégories professionnelles. Ici, outre la liste


préétablie, la possibilité d’annoter et préciser sa profession était disponible. Ainsi, les
participants sont : 3 architectes, 4 étudiants, 1 agent communal, 3 évoluant dans
l’enseignement ou la recherche et le reste dans des professions non reprises dans le
questionnaire. Parmi les réponses annotées, on retrouve 1 CEO, 1 steward, 1 agent de
développement, 1 consultant international, 1 entrepreneur du BTP, etc.

Figure 22: Répartition de l’échantillon par profession en pourcentage.

 Tranche d’âge :

La majorité des participants sont dans la tranche 25-35 ans. Néanmoins, toutes les
tranches d’âge ont participé à l’étude. Les participants vont de 18 à plus de 45 ans. Nous
estimons que la différence d’âge n’a pas d’influence sur les résultats. Mais, une question

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à laquelle nous ne pourrons répondre dans le cadre de cette étude, peut être évoquée : en
Afrique de l’Ouest, les 25-35 sont plus sensibles à la notion de développement durable ?

Figure 23: Répartition de l’échantillon par tranche d'âge en pourcentage.

3.2.2 Image de l’éco-quartier


Cette section analyse les réponses aux questions relatives à l’image que les participants
ont d’un éco-quartier et s’articule autour des points concernant, entre autres, la
définition, les caractéristiques et leur motivation d’y vivre.

 Définition :

Il était question de savoir la définition qu’attribuent les participants à l’éco-quartier. La


question précisait également, qu’aucun jugement ne sera fait (pas de bonne ou mauvaise
réponse) et que seul leur point de vue personnel nous intéressait. Deux mots ont été
régulièrement utilisés dans les réponses. Les termes Environnement et Ecologie sont
apparus respectivement dans une définition sur deux. D’autres termes comme
Développement durable, Économie, Ressources sont également employés pour définir
un éco-quartier. Le graphique ci-dessous, reprend le taux d’utilisation de mots clés.

Figure 24: Pourcentage d'utilisation d'un mot pour définir un éco-quartier.


ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 93
 Caractéristiques :

“Quelles sont, selon vous les caractéristiques que doit avoir un éco-quartier ? (citez le
maximum)”. Voici la question que nous avions demandée aux répondants. Les réponses
ont été diverses et variées, dépendant sûrement de la sensibilité de chaque répondant.
Parmi ces réponses, l’aménagement d’espaces verts, l’utilisation d’énergie
renouvelable, la gestion des eaux et des déchets ont été les plus cités comme
caractérisant un éco-quartier. Il n’est pas à exclure que les réponses peuvent aussi
émaner d’une volonté de combler un manque. Si l’éco-quartier se positionne comme
quelque chose d’innovant, on peut estimer qu’il doit satisfaire des besoins. Or, les
termes cités sont des éléments dont manquent cruellement la grande majorité des
quartiers ouest-africains. Donc, il est tout à fait juste, que les répondants veuillent
retrouver ces éléments dans un quartier qu’ils considèrent comme pouvoir répondre à
leurs besoins. Le nuage de mots suivant fait un inventaire des éléments qui caractérisent
un éco-quartier.

Figure 25: Nuage de mots caractérisant un éco-quartier.

Pour M. Targowla, la première caractéristique doit être la sécurisation du foncier « car


ce qui bloque le développement en Afrique, c’est avant tout le fait que le foncier, dans
les actes notariés est toujours contesté et contestable. Cette sécurité d’être seul
propriétaire est un point fort et est attractif pour la commercialisation ». Ensuite
viennent, la viabilisation, le site et le paysage, les économies d’énergie dans l’habitat,
les transports, etc.

 Modèle économique :
Ce point peut faire sujet d’une étude à part entière, mais dans le cadre de ce travail, nous
avions juste voulu avoir une tendance relative au mode de payement le plus approprié
pour acquérir un logement dans un éco-quartier. 86% des participants préfèrent un
système de payement en plusieurs tranches, tandis que 5% en une seule tranche et 9 %
proposent des systèmes alternatifs. Certes, le nombre de participants à l’étude ne nous
permet pas de faire une généralisation mais il faut noter que cette tendance reflète une
réalité, seule une infime minorité aura la possibilité de payer en une seule tranche car le
revenu de la majorité de la population ne permet pas l’acquisition par le biais de ce
système. Outre la possibilité de payer en plusieurs tranches, il est nécessaire d’éviter la
spéculation. Pour cela, un accompagnement, une vigilance et garantie de l’État à travers
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 94
des politiques pour un modèle économique relatif à l’acquisition d’un logement, est
nécessaire. Par exemple, en 2014, le gouvernement sénégalais a promulgué une loi
régulant le coût du loyer. Cette loi permet une large accessibilité du logement tout en
défendant l’intérêt des deux parties.

Figure 26: Moyens de payement appropriés.

 Motivation

À l’issue de l’analyse des réponses, on constate la qualité du cadre de vie, la propreté et


la tranquillité sont les éléments qui motivent majoritairement les répondants à vivre
dans un éco-quartier. D’autres éléments tels que la protection et préservation de
l’environnement, la vie collective, le contact avec la nature sont aussi mis en évidence
par les répondants. Tout comme les caractéristiques, on appréhende cette envie de
combler ce qui nous manque. On peut dire, que l’attente vis-à-vis de l’éco-quartier est
d’abord de satisfaire un besoin concret.

 Moyens et retombées

Les dernières questions ouvertes et relatives à l’image de l’éco-quartier étaient destinées


à savoir comment favoriser le développement d’un éco-quartier et quelles seraient les
retombées pour leur pays, ville ou commune. Une fois encore, ces questions sont
normalement des sujets d’une étude entière, mais nous avions, de manière basique,
voulu avoir quelques réponses dans le cadre de notre étude. Le tableau ci-dessous
reprend quelques réponses :

MOYENS RETOMBEES
 Sensibilisation de la population
 Socio-économiques
 Politiques Étatiques (Subventions
 Amélioration de la qualité de vie
– Outils et Plans d’urbanisme)
 Promotion d’une économie locale
 Coûts accessibles
 Promotion de l’éco-tourisme
 Participation de la population dans
 Attractivité
tout le processus

Tableau 18: Moyens (pour développer) et retombées d'un éco-quartier.

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QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 95
Pour finir l’analyse de cette section (image de l’éco-quartier) nous allons présenter
l’image qu’ont quelques « persona » d’un éco-quartier. Ces persona, ont été choisis en
tenant compte du pays, de la profession et aussi de la tranche d’âge afin d’avoir des
représentativités type mais diversifiées de l’échantillon.

PAYS : Mali

Âge : 25 – 35 ans

Profession : Ingénieur industriel

“Un éco-quartier est un quartier qui prend en compte les aspects du développement durable et
la préservation de l'environnement”.

Caractéristiques : Grande utilisation de l'énergie solaire - Système de recyclage de déchets -


Grande végétation.

Motivations : Contribuer à la préservation de l’environnement.

PAYS : Burkina Faso

Âge : 45 ans et plus

Profession : Entrepreneur BTP

“Un éco-quartier est quartier à la fois écologique et économique : se loger pas cher et avec un
meilleur environnement de vie”.

Caractéristiques : Environnement non pollué - système d'assainissement performant -


économie d’énergie - coût de revient accessible.

Motivations : La qualité du cadre de vie.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 96
PAYS : Burkina Faso

Âge : 25 -35 ans

Profession : Consultant International

“Un éco-quartier est quartier qui intègre la dimension écologique”.

Caractéristiques : Certains éléments sont nécessaires pour un éco-quartier: un système de


conduite des eaux usées, un système de gestion approprié des déchets, un schéma de
reconstruction du couvert végétal pour les zones asséchées

Motivations : Respect des règles et protection de l’environnement.

PAYS : Mali

Âge : 25 -35 ans

Profession : Architecte / Urbaniste

“Un éco-quartier est quartier qui prend en compte toutes les questions liées à la protection de
l'écosystème, la nature, la lutte contre la pollution et l’effet de serre”.

Caractéristiques : assainissement, voiries et réseaux divers...VRD incluant eaux (forages) et


électricité (panneaux solaires).

Motivations : Propreté, le calme, vie collective, contact avec la nature.

PAYS : Guinée

Âge : 25 -35 ans

Profession : Steward

“ Un éco-quartier est une zone urbaine répondant aux exigences des normes environnementales
par le développement d'infrastructures écologiques modernes, des transports en commun, par la
gestion optimale des eaux de pluies et le recyclage de déchets, tout en favorisant la mixité
sociale”.

Caractéristiques : - La préservation de l’environnement - la mixité et équité sociale - le


développement d'activités économiques - la réduction de la consommation énergétique des
bâtiments - l'existence d'un réseau - d'assainissement

Motivations : Sécurité, la propreté, la qualité des infrastructures, le confort et la tranquillité.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 97
3.2.3 Pertinence des thèmes et critères

3.2.3.1 Questions portant sur les thèmes généraux


Il s’agit d’analyser les tendances relatives à la pertinence des thèmes globaux. Nous les
évaluerons à partir des réponses, de l’entretien et examinerons les moyens de mise en
œuvre via le projet d’éco-quartier de Sébénikoro 2000. La question demandant le niveau
d’importance dans la phase de conception de :

 Optimisation de la localisation :

La majorité des participants, 45%, estime que l’optimisation de la localisation est très
importante dans la conception d’un éco-quartier et 32% l’estime importante. Par contre,
9% estime l’optimisation de la localisation comme peu importante et 14% des
participants sont sans avis sur cette question.

Figure 27: Pertinence de l'optimisation de la localisation.

Dans l’éco-quartier de Sébénikoro, la question de la proximité d’équipements a été


résolue avec la seconde option, c'est-à-dire créer dans le quartier un ensemble
d’équipements pour absorber la demande. Ainsi, dans le quartier on retrouve des
d’équipements publics ou privés exceptionnels mais nécessaires, compte tenu de la
taille du quartier (écoles, lieux de culte, cliniques, hôtellerie, restauration, commerces,
sport, places publiques, construction de halles pour accueillir les fêtes et les marchés de
proximité (ifabaco.com). Un autre aspect et qui fait la spécificité du cas africain, est la
viabilisation préalable du site. En effet, les auteurs de projet ont fait d’abord la
connexion de toutes les parcelles au réseau d’eau et d’électricité. Pour l’évacuation des
eaux usées, au lieu de se connecter au réseau qui était loin du site, ils ont choisi le
prétraitement et rejet dans le fleuve Niger.

Pour la mobilité, les auteurs du projet ont su tirer profit de la présence de la route de
Guinée au bord du quartier. Cette route étant très desservie par les transports en
commun, les résidents n’ont qu’à traverser pour rejoindre les arrêts de bus vers
plusieurs directions. L’utilisation du fleuve Niger, qui est à l’autre bord du quartier,
avait été envisagée par le groupe de conception français. Mais cette idée n’a pas été
retenue car la majorité de la population n’est pas habitué au transport maritime.
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 98
Une autre alternative dans les éco-quartiers africains peut être l’utilisation des voies
ferrées, qui actuellement ne servent qu’au transport de produits et marchandises, pour
mettre en place des ‘tram-train’28.

Figure 28: Équipements dans le quartier de Sébénikoro (répertoriés sur une vue Google Maps).

 Optimisation des formes bâties :


45 % des répondants estiment cette thématique comme “Importante” et 36% l’estime
“Très Importante” dans la conception d’un éco-quartier. Seulement 5% estiment peu
importante l’optimisation des formes bâties, tandis que 14 % n’ont pas donné d’avis par
rapport à cette question. Il faut signaler, dès à présent, que cette question, soulève une
ambigüité. Il aurait été plus intéressant de parler de “optimisation du bâti” ou plus
globalement “d’aménagement du bâti et du non-bâti”.

28
« Véhicule dérivé du tramway, capable de circuler indifféremment sur des voies de tramway
classique et sur des voies de chemin de fer, il constitue un remarquable outil permettant
d’interconnecter les réseaux entre eux, de faire entrer des lignes suburbaines au cœur d’un
centre-ville — et donc de réduire les ruptures de charge dont on sait à quel point elle sont
pénalisantes dans l’attractivité d’un réseau de transport public —, d’éviter de dupliquer des
infrastructures là où ça ne se justifie pas pour d’autres raisons » (Schreuer 2010. para. 2).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 99
Figure 29: Pertinence de l'optimisation des formes bâties.

Pour s’inscrire dans une démarche sociale et pour optimiser la forme bâtie, l’éco-
quartier de Sébénikoro propose plusieurs typologies de bâtiments, allant du “très
économique” (Cf. plan en annexe) au “haut standing”. L’optimisation de la forme bâtie
vise non seulement une forte densité de l’habitat, des maisons accessibles à différents
statuts sociaux, et aussi le confort.

La mitoyenneté des bâtiments, n’était pas bien perçue par les futurs habitants car
traditionnellement les maisons africaines sont des 4 façades avec des grandes cours.
Mais après quelques années d’occupation, les habitants ont fait bon échos aux
concepteurs pour le confort. La mitoyenneté réduit en effet la surface périphérique en
contact avec la chaleur extérieure.

Figure 30: L’organisation sur 4 parcelles de 24 maisons pilote (Source : Palosa).

En ce qui concerne l’aménagement, la viabilité du site a été la première démarche dans


la réalisation de cet éco-quartier. La liaison du site avec son environnement a également
été traitée avec la réalisation d’un grand pont (50m) et deux petits ponts pour
l’accessibilité du site et sa liaison avec les quartiers voisins.

Les concepteurs ont ensuite défini les principes d’écoulement des eaux. Les eaux
convergent vers deux coulées vertes, qui sont également considéré comme vecteurs de
verdure privilégiant la fonctionnalité et l’esthétique paysagère. Pour économiser, les
concepteurs ont privilégié des voiries peu larges.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 100
Les voies principales sont bitumées tandis que les voies secondaires sont revêtues en
“bi-couche”. Cette organisation de la voirie permet un confort et le désenclavement des
lotissements existants.

Figure 31: Structuration de la voirie (Atelier Targowla).

 Optimisation de la consommation des ressources :


La gestion durable des ressources est un enjeu important dans un éco-quartier. C’est à
ce titre que nous avions voulu connaître le point de vue des répondants. La question
concernait l’optimisation de la consommation d’espace (par exemple, avoir des
parcelles réduites ou construire en hauteur), de la consommation d’eau potable, de la
consommation d’énergie et la consommation de matières (matériaux de construction et
déchets ménagers). Pour l’optimisation de la consommation d’espace, 36% estime peu
importante, 23% sans avis, 27% importante et 14% très importante (Cf. graphique en
annexe). Ce résultat reflète une pratique qu’on peut même qualifier de “socioculturelle”
dans l’habitat ouest-africain. En effet, comme expliqué plus haut, en Afrique de
l’Ouest, on est habitué à la construction 4 façades avec clôture. Il est donc tout à fait
compréhensible de constater une réticence par rapport à la réduction des parcelles et par
manque de moyens financiers, les constructions en hauteur ne sont pas toujours
évidentes.

Pour l’optimisation de la consommation d’eau potable (Cf. graphique en annexe), 73%


la considère très importante, 18% importante et 9% sans avis sur la question.

Pour l’optimisation de la consommation d’énergie et des matières (Cf. graphique en


annexe), 68% les considèrent très importantes, 18% importantes et 14% sans avis.

En général (figure ci-dessous), on remarque que la population interrogée accorde une


grande importance à l’optimisation des ressources dans la conception d’un éco-quartier.
Seule, l’optimisation de la consommation d’espace connaît une légère réticence et ceci,
éventuellement pour des raisons évoquées plus haut.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 101
Figure 32: Pertinence de l'optimisation des ressources (par personne).

Dans le quartier de Sébénikoro, la gestion optimale des ressources a été très tôt prise en
compte et bien développée dans le projet. De la gestion des eaux, de l’espace, de
matières, les concepteurs ont tenu à mettre en œuvre des mesures pour leur gestion
optimale.

Concernant la gestion des eaux, une gestion différenciée et fort optimale a été mise en
œuvre. Les eaux de pluie sont drainées, canalisées sur l’ensemble du site à travers un
système de noue, pour rejoindre le fleuve Niger. Le drainage a été préféré à
l’infiltration, car le site est naturellement inondable et la nappe phréatique contient
d’avance suffisamment d’eau. Des bassins d’orage sont également prévus et ces bassins
servent d’espaces de jeux et à d’autres utilités pendant la saison sèche.

Les eaux usées sont, quant à elles, d’abord décantées au niveau de chaque parcelle. Les
matières en suspension restées au fond d’une première cuve en béton sont vidées en cas
de nécessité. Les eaux déchargées sont alors dirigées vers une station d’épuration de
type jardin infiltrant, placée aux abords du bras de fleuve entrant dans le site. Le réseau
en PVC passe dans un lit de sable, les matières solides y sont retenues, et l’eau (quasi
propre) continue son chemin. Au-dessus des jardins infiltrants, des ficus de citron sont
plantés, profitant des matières comme engrais.

La gestion différenciée des eaux: eaux pluviales (drainage et gestion des orages),
eau potable (déserte personnalisée de chaque parcelle) et eaux usées (réseau,
tranchée drainante et station d’épuration) vient compléter le dispositif de
“développement durable” (IFA BACO29).

29
Société de promotion immobilière, maître d’ouvrage du projet d’éco-quartier de Sébénikoro
2000.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 102
Figure 33: Gestion des eaux.

Concernant l’utilisation des matériaux, les maisons de l’éco-quartier sont conçues avec
de la brique « H » (Cf. fiche descriptive en annexe), inventée par un des co-auteurs
locaux. Cette brique présente l’avantage d’être écologique (pas d’arrosage et utilisation
de la terre sur le site local), mais aussi d’assurer un confort thermique et acoustique dans
les maisons. Les concepteurs ont également tenu à assurer la réversibilité des opérations
et surtout offrir la possibilité d’extension (en hauteur) des maisons.

Figure 34: Brique "H" (Source : Palosa).

La gestion des déchets est prise en compte avec la réalisation de plusieurs points de
collecte garnie de points d’eaux pour assurer un nettoyage périodique et clos aux
regards.

 Optimisation des aspects sociaux :

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 103
La grande majorité des répondants place cette thématique dans la classe “+ ” avec 36%
la trouvant importante et 41% très importante. Néanmoins, 9% la trouve “pas du tout
importante” et 14% sont sans avis.

Figure 35: Pertinence de l'optimisation des aspects sociaux.

Notons que la ville africaine, en termes de logement social par exemple, se caractérise
par l’informalité, la faible viabilisation des terrains, la précarité et la rareté de
logements locatifs à prix accessible. Les principales victimes de cette absence d’offres
sont les jeunes travailleurs, jeunes couples, les jeunes familles en cours de construction
et les familles nombreuses et pauvres, soit plus de 50% de la population urbaine. Pour
positionner Sébénikoro 2000 à un niveau jamais égalé pour un programme à 75 %
social, économique et standard, en plus des accords administratifs, les concepteurs
techniques ont développé une série de mesures pour permettre la réalisation de
logements “vraiment” sociaux. Il s’agit d’unités d’habitation de petite surface et de coût
moyen, des lieux de vie conviviaux, une offre diversifiée de produits évolutifs et une
réflexion spatiale et technique intelligente. Toute cette batterie de mesures techniques a
pour but d’atteindre un objectif social et nécessaire pour la ville africaine.

En plus de ces mesures techniques, le quartier de Sébénikoro, c’est aussi :

La création d’une association syndicale qui a pour vocation de gérer et d’entretenir


le nouveau quartier en liaison avec la municipalité de la commune IV. L’objectif
affirmé est de responsabiliser les citoyens, les habitants et de les aider à faire de
Sébénikoro 2000 une réussite, un quartier agréable à vivre et respecté par ses
habitants et visiteurs (IFA BACO).

 Optimisation des aspects environnementaux :


Les tendances sont claires: 95% de la population considère ce thème comme “très
important”. Cette tendance est en concordance avec l’image que se fait la population.
Rappelons que dans la question relative à la définition, les termes “Environnement” et
“Ecologie” ont été utilisés dans la quasi-totalité des réponses. Donc cette tendance
confirme le lien entre éco-quartier et prise en compte de l’environnement. On peut
avancer que toute initiative de conception d’éco-quartier en Afrique de l’Ouest doit
impérativement tenir en compte la préservation et protection de l’environnement.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 104
Figure 36: Pertinence de l'optimisation des aspects environnementaux.

Pour intégrer l’aspect environnemental, le projet de Sébénikoro favorise la protection de


l’environnement et la biodiversité. Des arbres de haut jet sont plantés tout au long des
voiries, ainsi que sur les places et équipements publics pour apporter ombre, beauté et
utilité écologique. Le programme de conception prévoyait également la plantation de
haies vives et taillées en clôture ou massifs, mais aussi un arbre fruitier dans la majorité
des maisons. De plus la gestion aérienne des eaux de pluie favorise la biodiversité.

Figure 37 : Des arbres aux abords d’une route (Atelier Targowla).

L’ensemble des thèmes globaux que nous venons de décrire du point de vue des
répondants et de leur manière à être pris en compte dans le quartier de Sébénikoro, sont
classés comme très importants par l’architecte paysagiste Denis Targowla.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 105
Figure 38: Pertinence des thèmes (Targowla).

3.2.3.2 Questions portant sur les critères et mesures


Les questions abordées ont pour but de déterminer la pertinence d’un certain nombre de
critères via une série de mesures qui pourrait être envisagée.

 Questions par rapport au choix de la localisation :


De “Pas du tout important” à “Très important”, il est question de déterminer
l’importance de la proximité de certains éléments (emplois, commerces, école, etc.).

En termes de répartition des résultats selon leur degré d’importance, on constate une
similitude des tendances. La proximité d’emploi (Cf. graphique en annexe) est perçue
très importante par 23%, importante par 32%, peu importante par 27%. Le graphique
suivant nous donne les tendances par % et en nombre de répondant par élément.

Figure 39: Pertinence des éléments dans le choix de la localisation en nombre et en %.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 106
Aucune localisation ne semble obtenir 90% d’avis positif. Cependant, la proximité
d’une école (Cf. graphique en annexe) obtient une classe “ + ” avec 82% dont 46% des
répondants la trouvant importante et 36% très importante.

On remarque également de fort taux de “sans avis” notamment pour la proximité de


commerces, d’activités ou équipements attractifs ainsi que d’activités économiques (Cf.
graphique en annexe).

M. Targowla considère très importante la proximité des transports en commun et


importante la proximité des autres éléments.

Figure 40: Pertinence des éléments dans le choix de la localisation (selon M. Targowla).

 Question relative à la préservation des ressources :


Il s’agit d’évaluer l’importance d’éléments à mettre en œuvre pour la préservation des
ressources. Globalement, cette thématique est perçue comme importante par l’ensemble
de l’échantillon. L’accessibilité à l’eau potable, l’utilisation d’énergies renouvelables, la
gestion appropriée des déchets ménagers ont les plus grands taux d’avis “très
importantes” avec respectivement 91%, 86% et 86% (Cf. Graphique en annexe). Les
deux derniers éléments étaient déjà cités comme éléments caractéristiques d’un éco-
quartier dans la question ouverte, ce qui permet de voir une concordance et un
attachement des participants à ces deux éléments.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 107
Figure 41: Pertinence des éléments relatifs à la préservation des ressources en nombre et en %.

Ces éléments sont tous classés comme très importants dans la préservation des
ressources, selon le point de vue de M.Targowla :

Figure 42: Pertinence des éléments relatifs à la préservation des ressources (Targowla).

 Question par rapport à la conception sociale :


Pour prendre en compte l’aspect social dans la conception d’un éco-quartier, nous avons
souhaité connaître le degré d’importance qu’accordaient les participants à un certain
nombre d’élements. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les importances varient
d’un élement à l’autre. La participation des futurs habitants dans un processus de

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 108
developpement durable et le renforcement de la vie collective (Cf. graphiques en
annexe) ont les plus grand taux d’avis “très important”. La densité de population
suffisante, la mixité sociale, la mixité génerationnelle (Cf. graphiques en annexe) ont
des avis “peu important” élévés. Concernant la première, ce taux élevé peut s’expliquer
par le fait que cet élement n’est pas une réelle préoccupation du citoyen “lamda” car il
n’a pas conscience de la repercussion d’une densité suffisante sur son quotidien.
D’ailleurs, on constate que cet élément a été classé comme “très important”, en majorité
par des participants dont la profession (architecte, agent de développement, agent
communal, consultant international, étudiant) utilise le terme. Pour le second, comme
partout, l’acceptation de la mixité sociale n’est pas sujette à un refus mais à une
hésitation de part et d’autre. La question devrait etre : est-ce qu’ils sont prêts à se
mélanger? au lieu de : est-ce qu’ils veulent se melanger ? Nous estimons que la réponse
depend de la manière dont cette mixité sociale est traitée dans la conception de l’éco-
quartier. La mixité générationnelle (Cf. graphiques en annexe) est perçue comme “pas
du tout importante” par 9%, “peu importante” par 23%, “importante” par 27% , “très
importante” par 23% et 18% sont “sans avis”. Cette tendance traduit encore cette
volonté de faire de l’eco-quartier un élément de réponse aux problèmes et aux manques
car l’habit traditionnel africain est composé de foyers d’au moins deux générations
familiales.

Figure 43: Pertinence des éléments relatifs à la conception sociale en nombre et en %.

De manière générale, on constate :

- Des avis “ + ” à hauteur d’au moins 75% (Cf. graphiques en annexe) concernant
la securité des personnes et de leurs biens, la participation des futurs habitants

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 109
dans la conception du quartier, la participation des futurs habitants au
développement d’une économie locale, le renforcement du rôle de l’école dans
la lutte contre les échecs scolaires.
- La proportion d’avis “neutre” est élevé pour les coûts.
Pour M.Targowla, architecte paysagiste ayant travaillé sur plusieurs projets en Afrique
de l’Ouest, la Mixité sociale, la Mixité générationnelle et la Densité (30 à 35 logements
à l’hectare) sont très importantes dans la conception sociale d’un éco-quartier. Les
autres éléments etant classées “importants”.

Figure 44: Pertinence des éléments relatifs à la conception sociale (Targowla).

 Question relative à l’aménagement :


La question consistait à avoir l’avis des participants sur l’importance de plusieurs
éléments relatifs à l’aménagement d’un éco-quartier.

Figure 45: Pertinence des éléments relatifs à l’aménagement du quartier, en nombre et en %.


ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 110
Du graphique précedent, on peut faire les constats suivants :

- L’existance d’un réseau d’assainissemment local, la protection et valorisation de


l’environnement cumulent des avis “ + ” de 91% des participants. La qualité
architecturale des bâtiments et des espaces publics du quartier obtiennent des
avis “ + ” de 86% des participants (Cf. graphiques en annexe).
- La mise en oeuvre de cours communes (Cf. graphique en annexe) n’est pas bien
apprehendée par les participants, 27% l’estime “pas du tout importe”, 23% “peu
importante” et 36% “sans avis”. Cette retinence est également partagée par M.
Targowla (Cf. graphique ci- dessous).
- Les avis sont partagés concernant la qualité esthétique des bâtiments (Cf.
graphique en annexe), la presence d’espaces exterieurs privatifs (Cf. graphique
en annexe).
Du point de vue de M. Targowla, la disponibilité d’un réseau d’assainissement local, la
qualité architecturale des bâtiments, la qualité des espaces publics du quartier et la mise
en œuvre d’espaces exterieurs privatifs pour chaque logement sont des élements très
importants dans l’aménagement d’un éco-quartier en Afrique de l’Ouest. La protection
et valorisation de l’environnement, la qualité esthétique des bâtiments et logements
sont, quant’à eux des éléments importants, tandis que la possesion de maison et la
conception de cours communes sont respectivement “peu et pas du tout importantes”.

Figure 46:Pertinence des éléments relatifs à l’aménagement (Targowla).

 Question relative à la mobilité :


Il est question d’évaluer, non seulement la desserte, mais aussi des dispositifs pour
favoriser une mobilité durable. L’analyse nous permet de voir que, par rapport aux
autres éléments de la question, la mise en place d’infrastructure pour les modes doux
(Cf. graphique en annexe) est une préoccupation qui touche tous les pays, car 46% la
considère “très importante”, 36% “importante”, 9% “peu importante” et 9% “sans avis”.
Par contre, les avis concernant la mise en place d’aménagement pour favoriser

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 111
l’utilisation de motos (Cf. graphique en annexe), sont mitigés. Ceci s’explique par le fait
que, dans les pays concernés, seul le Mali et le Burkina Faso ont des taux élevés
d’utilisation des motos. On constate d’ailleurs que le haut degré d’importance à cet
aspect a été accordé par des répondants venant de ces pays. La fréquence régulière des
transports (Cf. graphique en annexe) a 64% d’avis “ + ”, 32% d’avis “ - ” et 4% d’avis
“neutre”. On peut envisager que la difficulté de mise en œuvre de cet élément conduit à
un désintéressement de la part des répondants. Enfin, la présence de place de
stationnement dans le quartier (Cf. graphique en annexe) est mieux perçue en degré
d’importance que la possibilité de stationner devant/dans son habitation.

Figure 47 : Pertinence des éléments relatifs à la mobilité, en nombre et en %.

M. Targowla, considère très importantes la possibilité de stationner devant/dans son


habitation et la mise en place d’infrastructure pour les modes doux. Il considère les
autres éléments comme importants dans un éco-quartier.

Figure 48: Pertinence des éléments relatifs à la mobilité (Targowla).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 112
3.3 Conclusions

Critiques et difficultés

Il faut tout d’abord signaler que les résultats issus de cette analyse ne peuvent pas être
généralisés, car nous avons étudié l’avis de quelques personnes représentant une infime
partie de la population des pays et analysé qu’un seul projet. Cependant, les résultats
peuvent être considérés significatifs du fait de l’utilisation de la complémentarité des
données et de la participation de différentes catégories socioprofessionnelles à
l’enquête.

Ensuite, la diffusion via Internet était la seule option pour avoir des avis. Mais cette
démarche a également eu un impact sur le nombre de répondants. En effet, l’accès à
Internet n’est assez répandu en Afrique de l’Ouest et le plus souvent il se fait via des
téléphones portables (accès difficile à certains sites Internet). On a alors pu avoir l’avis
que de personnes ayant à Internet. Également, l’utilisation dans le questionnaire de
quelques mots non familiers (par exemple optimisation, forme bâtie, etc.) a
certainement provoqué une réticence de répondre.

Récapitulatif

Au terme de cette analyse, nous pouvons faire les constats suivants :

 L’éco-quartier est perçu comme une réponse aux problèmes. Son premier rôle
est de combler un manque. Ce rôle est d’ailleurs soutenu par M. Targowla, qui
attribue comme première caractéristique à l’éco-quartier ouest-africain la
sécurité foncière.
 La qualité du cadre de vie, la protection de l’environnement, la propreté et la
tranquillité sont les éléments motivants à résider dans un éco-quartier. Comme
noté dans l’analyse, toute initiative de conception d’éco-quartiers en Afrique de
l’Ouest doit impérativement tenir en compte la préservation et protection de
l’environnement.
 Les thèmes globaux retenus comme primordiaux à la suite de l’analyse des
référentiels Wallon et INDI, sont tous aussi primordiaux dans la conception d’un
éco-quartier en Afrique de l’Ouest. On en conclut que les bases du
développement durable en général et particulièrement celles de la conception
d’éco-quartiers (éléments de notre hypothèse) sont identiques, que ce soit pour
une région, un pays ou de continents différents. Seule leur mise en œuvre diffère
(par exemple, en région wallonne la mobilité prend en compte la desserte en
train tandis que ce point n’a pas raison d’être dans le cas ouest-africain).
 La conception d’un éco-quartier doit prendre en compte les habitudes, quelques
pratiques traditionnelles afin que les mesures ne soient pas perçues comme une

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 113
contrainte. Pour cela, on a parfois besoin de faire des “compromis entre
mesures”. Par exemple, pour une densité optimale : réduire la taille des parcelles
mais offrir plusieurs typologies de bâtis (très économiques à haut standing),
offrir des espaces extérieurs publics plus généreux.
 La mise en œuvre de certaines mesures (par exemple la gestion des déchets : tri
sélectif) dans un éco-quartier en Afrique de l’Ouest nécessite une sensibilisation
préalable. D’où la participation des futurs habitants prend encore plus
d’importance dans le cas ouest-africain.

Dans le tableau ci-dessous, nous allons lier les éléments de notre hypothèse de base aux
trois principes : L’Acceptabilité – La Praticabilité – La Systématicité.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-
QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 114
THEMES CRITERES ACCEPTABILITE PRATICABILITE SYSTEMATICITE

Mobilité OK OK OK
Localisation

Mixité Fonctionnelle La proximité d’équipements A défaut de la proximité, prévoir En plus de la proximité d’équipements, la sécurité
nécessaires est la demande des équipements dans le quartier. foncière et la viabilité du site sont très
générale. La politique de mobilité est liée à importantes.
Connexion du quartier avec son environnement celle de la ville.

Consommation d’espaces OK OK OK
Gestion durable des

Gestion durable de l’eau Ce thème est perçu comme Les mesures doivent prendre en Très importante.
ressources

nécessaire. compte les habitudes et certaines


Gestion durable de l’énergie nécessitent, une sensibilisation
pour une meilleure utilisation.
Gestion des matériaux et des opérations

Gestion durable des déchets

Qualité du cadre de vie OK OK OK


Aménagement

Biodiversité Aménagement des espaces bâtis et Aménagement permettant de créer Très importante.
non bâtis pour assurer un cadre de des espaces agréables, contribuer à
Connexion interne du quartier vie agréable. une économie des coûts et
acceptabilité des certaines mesures.
Mixité sociale

OK OK OK
Participation et

Implication des habitants et riverains


Gouvernance

La sensibilisation de la population, La sensibilisation, l’information et Très importante.


l’accompagnement de l’État sont l’éducation des futurs habitants est
Capitalisation des expériences des moyens pour favoriser le nécessaire pour l’efficacité de
développement d’éco-quartiers. certaines mesures.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015).
115
CONCLUSION
Pour conclure ce travail, nous allons revenir sur certains points qui ont guidé
notre démarche et insister sur certains éléments indispensables à la construction d’un
urbanisme durable. Enfin, nous répondrons à l’objectif premier de ce travail, à savoir la
définition d’un référentiel adapté pour l’Afrique de l’Ouest.

Dans l’Introduction, nous avions fait une présentation du développement durable, ses
enjeux et les défis à relever. L’option d’une ville durable comme stratégie pour faire
face aux défis de la durabilité a été mise en évidence avant de présenter notre
méthodologie pour aborder concrètement la question.

L’étape “d’exploration de cette méthodologie nous a mené à aborder la question du


développement et de l’aménagement durable.

L’urbanisme durable est aujourd’hui une volonté de plusieurs villes du monde. Cet
urbanisme soutenu est encore plus souhaité pour les pays en voie de développement et
particulièrement en Afrique (qui connaît une démographie exponentielle). Il doit
prendre en compte les principes du développement durable, c’est-à-dire qu’il doit être :

 Social, pour renforcer l’équité sociale et la solidarité ;

 Économique, pour assurer une efficacité économique ;

 Environnemental, pour une meilleure qualité de vie locale et une protection et


préservation de l’environnement global.

En plus de ces éléments, la participation de tous les acteurs et l’approche par strates
territoriales (du bâtiment à la ville en passant par le quartier) sont nécessaires à prendre
en compte. La mise en œuvre d’un projet urbain durable repose sur un élément essentiel
qui est « la démarche, laquelle requiert une approche intégrée ou systémique de la ville,
du territoire et de ses acteurs, qui doit intervenir à toutes les étapes d’un projet, et plus
particulièrement dans ses phases amonts » (Charlot-Valdieu & Outrequin, 2009a, p.
278), qui consiste essentiellement en la définition des objectifs généraux de
développement durable, des modes de participation, du périmètre d’étude et de
l’horizon du projet. Cette démarche se poursuit dans la phase de réalisation avec la
définition et l’intégration des objectifs locaux de développement durable.

C’est partant du principe de subsidiarité, que le quartier assume la tâche de contribuer à


la construction d’une ville durable. Dès lors, la réalisation d’éco-quartiers doit répondre
aussi aux enjeux du développement durable de manière globale et au niveau local. Les
moyens pour y parvenir sont entre autres :

 La sensibilisation et l’information.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 116
 L’élaboration d’outils pour les professionnels.

Cette dernière est considérée comme un moyen de structurer et réglementer la


réalisation des éco-quartiers avec la mise en œuvre à différentes échelles et lieu, des
référentiels qui sont des outils d’aide à la conception et l’évaluation d’éco-quartiers.

Rappelons que dans notre travail, nous avions souhaité connaître quels étaient les
thèmes et critères les plus pertinents dans un référentiel. Pour cela, il fallait comparer au
moins deux pour en tirer des conclusions. Nous avions alors analysé les référentiels,
quartier durable wallon et INDI de la France métropolitaine. Nous avions constaté
que ces référentiels, qui sont conçus à différentes échelles (région et pays), développent
des thèmes, critères et indicateurs pour la prise en compte de la durabilité à l’échelle du
quartier. Ces éléments convergent vers une vision identique, à savoir :

 La protection de l’environnement : à travers l’optimisation de la consommation


des ressources, la gestion des déplacements, la performance des bâtiments, etc.

 Le bien-être et qualité du cadre de vie : à travers la mixité, l’aménagement tant


des espaces bâtis que non-bâtis, etc.

Mais que leur agencement dépendait totalement du contexte local (à différente échelle),
c'est-à-dire des défis et objectifs urbanistiques des villes, régions, pays.

De cette observation, nous avions élaboré une grille de thèmes et critères primordiaux
dans la conception des éco-quartiers. Cette grille a constitué d’ailleurs notre hypothèse
de base pour la partie d’analyse de la durabilité en Afrique de l’Ouest. Sa vérification et
son évaluation sous trois aspects : Acceptabilité – Praticabilité – Systématicité, s’est
opérée via une série d’observations basées sur un questionnaire, des entretiens et
l’analyse d’un projet d’éco-quartier au Mali (l’un des éco-quartiers les plus aboutis
d’Afrique).

À la suite de toute cette démarche, nous sommes maintenant à mesure de conclure ce


travail par la proposition de pistes de recommandation pour la conception et l’évaluation
des éco-quartiers en Afrique de l’Ouest. Ce référentiel ne prétend nullement être le
document indispensable dans cette démarche mais est un outil d’aide à la prise de
décisions à l’intention de tous les acteurs emprunts d’un développement urbain soutenu
en Afrique de l’Ouest. Il est constitué d’un ensemble de thèmes et critères, qui tiennent
compte des enjeux du développement durable et des éco-quartiers, des bonnes pratiques
occidentales et africaines, et des réalités africaines. Le référentiel est constitué de 17
critères repartis entre quatre (4) thématiques (Localisation/Choix du site – Gestion
durable des ressources – Aménagement – Participation et Gouvernance). Cette simple
structuration a été choisie pour faciliter son assimilation. Nous avons également
souhaité débuter avec des choses simples, compte tenu de la récente présence de la
préoccupation de développement durable en Afrique.

Les mesures relatives aux critères sont quantitatives et/ou qualitatives. Les valeurs et/ou
les recommandations proviennent de bonnes pratiques. À ce stade du document, elles ne
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 117
sont pas figées et peuvent être réajustées en fonction de futures recherches ou même en
fonction des politiques urbanistiques locales. Cette approche permet également
d’assurer une certaine flexibilité du référentiel. Il permet aussi d’ouvrir la voie à
d’autres sujets de recherche dont entre autres : la mise en œuvre concrète des thèmes et
critères ; les voies et moyens de développer les éco-quartiers en Afrique de l’Ouest ; la
performance des bâtiments en vue d’un urbanisme soutenu en Afrique de l’Ouest.

La dernière phase qui ne sera pas réalisée dans ce travail mais que nous recommandons,
est la validation du référentiel. La validation s’inscrit dans le souci de savoir si plusieurs
éco-quartiers, respectant ce référentiel peuvent prétendre être une ville durable. Cette
validation peut se faire, soit à partir d’une analyse de confirmation avec un plus grand
nombre de répondants et de différentes couches sociales, soit par l’implémentation dans
un projet concret.

Ci-dessous, le référentiel de conception et d’évaluation des éco-quartiers en Afrique de


l’Ouest :

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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 118
REFERENTIEL DE CONCEPTION ET D’EVALUATION DES
ECO-QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST

THEMATIQUE A : LA LOCALISATION / LE CHOIX DU SITE

La localisation / choix du site est la mesure intermédiaire entre la définition des objectifs et la réalisation du
projet. Elle nécessite une attention particulière et une collaboration entre l’auteur du projet et les services
publics. Regroupant les critères de viabilité, de mobilité, de mixité fonctionnelle, elle cherche à s’assurer que
le site correspond pour le développement d’un projet urbain soutenu. Il est à noter que le choix du site
conditionne considérablement le calcul de l’empreinte écologique.

Le site du projet doit obligatoirement se faire sur des terrains viabilisés, c’est-à-
Critère A1 : La Viabilité dire des terrains disposant des connexions sur le réseau public des eaux et
du site. d’électricité, au moins. Les connexions aux réseaux de téléphone sont
facultatives.

L’objectif étant la promotion de la mobilité douce, l’auteur de projet veillera à :

 Que la grande majorité des logements soit à moins de 500 mètres d’un
passage de transports en commun.
 Prévoir des infrastructures (y compris le stationnement) pour la
circulation en mode doux.
Critère A2 : La Mobilité.
 Prendre en compte la qualité et la sécurité des cheminements piétons.
En fonction de la typologie des bâtiments, l’auteur du projet prévoira des
stationnements dans ou près des habitations avec un ratio d’au moins 1 voiture
par logement.

Pour ce critère, une étroite collaboration avec les services publics de transport et
syndicats de transport est vivement recommandée.

Le programme devra prévoir la construction de :

 Une école publique : pour un quartier de plus de 6000 habitants (si l’école
Critère A3 : La Mixité la plus proche est à plus de trois (3) KM et l’école primaire à plus d’un
fonctionnelle. (1) KM).
 Une école privée en plus: pour plus de 8000 habitants.
 Un centre multifonctionnel facilement accessible de part et d’autre du
quartier.

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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 119
 Un lieu de culte (en fonction de la religion la plus pratiquée).
 Un espace de pratique sportive et/ou culturel (genre hall omnisport).
 Un marché couvert (surface en fonction de la population) si le marché le
plus proche est à plus de 2 km pour un quartier de plus de 1000 habitants.
La programmation (avec participation des futurs habitants) d’autres équipements
(tels que sanitaires, etc.) est encouragée.

THEMATIQUE B : GESTION DURABLE DES RESSOURCES

Un des défis majeurs des éco-quartiers est la préservation des ressources. Cette thématique regroupant la
gestion optimale de l’espace, de l’eau, de l’énergie, des matériaux et des déchets vise à assurer un usage
maîtrisé des ressources.

L’auteur du projet veillera à assurer au moins une densité nette de 25


Critère B4 : Consommation logements par hectare. Il mettra en œuvre d’autres mesures (typologie des
d’espaces. bâtiments, espaces extérieurs publics) pour favoriser l’acceptabilité de
cette densité.

L’auteur du projet devra s’assurer tout d’abord de la disponibilité et


accessibilité à l’eau potable. Veiller à la mise en œuvre d’un réseau
(distribution, émission) efficace (rendement, économes, limitation des
fuites, etc..).

Ensuite, il doit prévoir un système de gestion différencié des eaux de


pluie et des eaux usées.

Concernant les eaux de pluie, le projet prend en compte sa gestion


Critère B5 : Gestion durable de optimale : soit un traitement avant rejet, soit par infiltration ou rétention
l’eau. (les deux dernières sont plus recommandées). Pour ces dernières, le choix
de la technique (noue, bassins de rétention, fossés à ciel ouvert et espaces
perméables), revient à l’auteur du projet. La réutilisation des eaux de pluie
dans les espaces publics ou dans les bâtiments est vivement
recommandée.

Pour les eaux usées, l’entièreté des logements doit être connectée à un
réseau d’évacuation et la mise en œuvre d’un réseau local
d’assainissement doit être envisagée. La valorisation des eaux usées, ainsi
que la sensibilisation (vis-à-vis des apports des produits et autres
détergents) des futurs habitants est encouragée.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 120
En amont, l’auteur du projet établira une étude sur l’approvisionnement
énergétique, soit par le réseau public ou par des énergies renouvelables
Critère B6: Gestion durable de (encouragées). Cette étude doit estimer un bilan énergétique et des pistes
l’énergie. de recommandation pour le couvrir. Il mettra en œuvre des mesures
durables allant dans le sens de la couverture du besoin énergétique tout en
accordant une attention particulière aux coûts.

Le choix des matériaux pour l’ensemble des opérations doit tenir compte :

 Son impact environnemental.


 Sa performance.
 Son ouvrabilité (conditions de travail, tant dans sa production que
B7 : Gestion des matériaux et dans la mise en œuvre et son entretien).
des opérations.
L’auteur du projet veillera alors à l’utilisation de matériaux locaux. Les
prescriptions visant les VRD, les opérations de terrassement et de
canalisations ; exigera l’utilisation des matières recyclées. La valorisation
des matières est vivement recommandée.

L’auteur veillera à assurer une flexibilité des opérations et offrira la


possibilité d’extension (au moins +1 étage) à tous les bâtiments.

Dans le quartier, on veillera à mettre en place des dispositifs de


regroupement des déchets. Une sensibilisation des futurs habitants sur le
Critère B8 : Gestion durable des tri des déchets est nécessaire. En fonction de la politique de gestion des
déchets. déchets à l’échelle de la ville, l’auteur du projet doit prévoir des mesures
relatives à la collecte et éventuellement à la valorisation des déchets
ménagers.

THEMATIQUE C : AMENAGEMENTS

Notons que la conception des espaces et leur agencement participent à la qualité et à l’attractivité, permet de
tenir compte de l’aspect social et environnemental mais aussi à rendre la densité acceptée et acceptable.
L’aménagement concerne les espaces bâtis et non bâtis. On parlera alors d’aménagement architectural et
paysager. Le but de cette thématique est de favoriser un cadre de vie agréable mais aussi assurer une
démarche durable. Cette qualité tiendra compte du volet architectural, environnemental, social et d’usage.

L’auteur du projet veillera à assurer pour l’ensemble des logements :

 Une qualité architecturale (conception bioclimatique, notion de

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 121
confort, agencement des pièces, etc.).
 Intimité des logements.

Critère C9 : Qualité du cadre de  L’adaptabilité (extension en priorité) pour faire face à l’évolution
des besoins.
vie.
La recherche du trait esthétique est encouragée.

Pour l’ensemble des espaces extérieurs, l’auteur du projet veillera à


assurer :

 La qualité paysagère.
 Proposer des modalités de gestion et de nettoyage des espaces
publics.
 Intégration paysagère des clôtures.
 Une surface importante d’espaces verts dans le quartier.

L’auteur du projet doit préciser comment le projet va protéger la faune et


flore existantes. Le projet devra donc tenir compte du site et de son
environnement. Il veillera à assurer également la continuité écologique à
travers des espaces verts, des haies et à avoir un taux de surfaces arborée
Critère C10 : Environnement et (30% sur la surface totale) en : plantation d’arbres et plantation d’arbres
Biodiversité. fruitiers dans les concessions.

Une sensibilisation des futurs habitants aux processus de développement


durable (enjeux, défis, moyens) et la constitution d’un groupe de
volontaires pour la protection environnemental du quartier est
recommandée.

L’auteur du projet assurera :

 La qualité des entrées du quartier.


 La qualité de l’entrée de chaque logement.
Critère C11: Connexion du  La circulation (priorité au mode doux) dans le quartier.
quartier.
 La connexion (priorité au mode doux) du quartier avec l’extérieur.
 La qualité (accessibilité, continuité, lisibilité, hiérarchie et
limitation de vitesse) des voiries.
La prise en compte des personnes à mobilité réduite (PMR) est vivement
recommandée.

Critère C12 : Mixité sociale.


La mixité devra être au centre des préoccupations dès les premières

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 122
phases du projet. Le projet doit contenir les typologies suivantes :
logements sociaux, logements très économiques, logements économiques,
logements haut standing, logements très haut standing. Avec un ratio de
75% pour les trois premières catégories et 25% pour les deux derniers.

Le projet devra également participer à renforcer la diversité en proposant


des typologies prenant en compte : le statut, la taille, le type d’habitat.

La présence d’espaces communs tels que des potagers, est vivement


recommandé, ainsi que des logements pour les PMR.

Note : La part de logement social est en fonction de la politique en vigueur dans


le pays. Il est d’ailleurs recommandé d’en prévoir plus que la réglementation (si
elle existe).

THEMATIQUE D : PARTICIPATION ET GOUVERNANCE

La construction d’un éco-quartier demande une nouvelle forme de gouvernance ou du moins une adaptation
pour faire face aux contraintes (multitudes de cibles, objectifs de contraintes, ambition d’amélioration du
cadre de vie, défis environnementaux, etc.) qui exigent un renforcement des partenariats. Ces partenariats
touchent tous les acteurs de la ville et concernent aussi particulièrement les futurs habitants dont la gestion du
quartier incombera. Le partenariat avec les politiques publiques est aussi nécessaire pour un
accompagnement administratif afin d’inscrire le projet dans la “formalité” qui est, elle-même, obligatoire.

L’auteur de projet veillera à mettre en œuvre :

 Des actions favorisant la participation des futurs habitants et


riverains dans la conception du projet.
 Des actions favorisant la participation des futurs habitants et
Critère D13 : Implication des riverains dans la programmation des équipements publics et
habitants. espaces communautaires.
 Des actions visant à favoriser la vie collective dans le quartier.
Une sensibilisation des futurs habitants aux processus de développement
durable (enjeux, défis, moyens) et la constitution d’un groupe de
volontaires pour la promotion des actions durables et d’une économie
locale est recommandée.

Critère D14 : Sécurité foncière. Le projet d’éco-quartier devra s’assurer de deux aspects fonciers :

 La protection juridique du foncier : l’ensemble des opérations


ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 123
foncières doivent obligatoirement suivre le processus
d’identification – transaction – enregistrement – sécurisation. Ce
processus sous contrôle d’un notaire. L’auteur du projet s’assurera
(enquête, contrôle, démarches administratives, etc.) que le foncier
est exempt de toute réclamation.
 Le projet minimise l’étalement urbain : mise en œuvre du critère
de consommation durable de l’espace (B4).

Toute initiative dans la conception du projet doit prendre en compte les


habitudes et des types d’usage. Il est recommandé que l’auteur de projet
Critère D15 : Us et usages. développe des scenarios d’usage afin de mieux planifier des mesures.
L’implication des habitants va de pair avec la prise en compte des us et
usages.

L’auteur du projet doit rédiger une note décrivant comment le projet


Critère D16 : Capitalisation des d’éco-quartier s’inscrit dans le processus de partage d’expériences,
expériences. participe à l’évolution de l’ingénierie locale et de la politique urbanistique
locale, fait la promotion de la durabilité auprès des habitants.

Note : On remarque dans ce référentiel la présence d’éléments spécifiques au cas ouest-


africain. Il s’agit du critère A1. Viabilité du site, du critère D.14. Sécurité foncière et du
critère D15. Us et usages.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »

Antoine de Saint-Exupéry

« Dans un environnement qui change, il n'y a pas de plus grand risque que de rester
immobile. »

Jacques Chirac

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 124
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Entretiens
Monsieur Denis Targowla, Architecte paysagiste, co-concepteur de l’éco-quartier de
Sébénikoro,

 en septembre 2014 (téléphonique),

 en janvier 2015 (Paris),

 en mai 2015 (téléphonique).

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 129
Liste des Figures
Figure 1. Les trois piliers du développement durable 5

Figure 2 : Les étapes de la recherche et transposition au TFE 12

Figure 3: Organigramme du TFE 14

Figure 4: Une approche globale, à 360° 16

Figure 5: Quartier Vauban 26

Figure 6: Quartier Bo01 26

Figure 7: Bilan (%) effet de serre de la consommation annuelle d'un européen 28

Figure 8: Exemples dans le quartier Vauban 38

Figure 9: Carte des États membres de la CEDEAO 40

Figure 10: Population de l'Afrique de l'Ouest 2000-2050 41

Figure 11: Dynamique de la population des villes d’Afrique de l’Ouest 41

Figure 12: Centres urbains et côtes vulnérables en Afrique de l’Ouest) 45

Figure 13: Les trois piliers du développement durable 59

Figure 14: Les étapes de la recherche 82

Figure 15: Pays de l'étude 85

Figure 16 : Mode d’observation 1 86

Figure 17 : Mode d’observation 2 86

Figure 18: Aperçu du questionnaire en ligne 87

Figure 19: Plan d'ensemble projet de Sébénikoro 2000 89

Figure 20: Répartition de l’échantillon par pays en nombre 91

Figure 21: Répartition de l’échantillon par pays en pourcentage 92

Figure 22: Répartition de l’échantillon par profession en pourcentage 92

Figure 23: Répartition de l’échantillon par tranche d'âge en pourcentage 93

Figure 24: Pourcentage d'utilisation d'un mot pour définir un éco-quartier 93

Figure 25: Nuage de mots caractérisant un éco-quartier 94

Figure 26: Moyens de payement appropriés 95

Figure 27: Pertinence de l'optimisation de la localisation 98

Figure 28: Équipements dans le quartier de Sébénikoro 99

Figure 29: Pertinence de l'optimisation des formes bâties 100

Figure 30: L’organisation sur 4 parcelles de 24 maisons pilote 100

Figure 31: Structuration de la voirie 101

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 130
Figure 32: Pertinence de l'optimisation des ressources (par personne) 102

Figure 33: Gestion des eaux 103

Figure 34: Brique "H" 103

Figure 35: Pertinence de l'optimisation des aspects sociaux 104

Figure 36: Pertinence de l'optimisation des aspects environnementaux 105

Figure 37 : Des arbres aux abords d’une route 105

Figure 38: Pertinence des thèmes 106

Figure 39: Pertinence des éléments dans le choix de la localisation en nombre et en % 106

Figure 40: Pertinence des éléments dans le choix de la localisation 107

Figure 41: Pertinence des éléments relatifs à la préservation des ressources en nombre et en % 108

Figure 42: Pertinence des éléments relatifs à la préservation des ressources 108

Figure 43: Pertinence des éléments relatifs à la conception sociale en nombre et en % 109

Figure 44: Pertinence des éléments relatifs à la conception sociale 110

Figure 45: Pertinence des éléments relatifs à l’aménagement du quartier, en nombre et en % 110

Figure 46:Pertinence des éléments relatifs à l’aménagement 111

Figure 47 : Pertinence des éléments relatifs à la mobilité, en nombre et en % 112

Figure 48: Pertinence des éléments relatifs à la mobilité 112

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 131
Liste des Tableaux
Tableau 1: Récapitulatif des enjeux de l’éco-quartier 34

Tableau 2: Description de quelques pays de l'Afrique de l'Ouest 40

Tableau 3: Tableau récapitulatif des thématiques et critères du référentiel quartier durable wallon 52

Tableau 4: Tableau récapitulatif de thèmes et indicateurs du référentiel INDI 54

Tableau 5: Grille des thèmes et critères 60

Tableau 6: Évaluation de la mobilité 62

Tableau 7: Évaluation de la mixité 65

Tableau 8: Évaluation de la mixité 67

Tableau 9: Évaluation de la gestion durable de l'énergie 69

Tableau 10: Évaluation de la gestion des eaux 71

Tableau 11: Évaluation de la gestion des matériaux 73

Tableau 12: Évaluation des aménagements 75

Tableau 13: Évaluation de la participation & gouvernance 77

Tableau 14: Évaluation de la protection de l'environnement 79

Tableau 15: Grille des thèmes et critères pertinents dans la conception d'un éco-quartier 81

Tableau 16: Grille des thèmes et critères pertinents dans la conception d'un éco-quartier 83

Tableau 17: Description des pays de l'étude 84

Tableau 18: Moyens (pour développer) et retombées d'un éco-quartier 95

Tableau 19 : Évaluation des thèmes et critères 115

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 132
ANNEXES

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 133
I. QUESTIONNAIRE

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 134
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 135
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 136
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 137
II. GRILLE DE CALCUL EXCEL
Pas du tout important
Peu Important
Sans Avis Important Très Important
TOTAL
Optimisation de la localisation 2 3 10 7 22
Optimisation de la consommation d'espace 8 5 6 3 22
Optimisation des formes bâties 1 3 10 8 22
Optimisation de la consommation d'eau potable 2 4 16 22
Optimisation de la consommation d'energie 3 4 15 22
Optimisation de la consommation des matières 3 4 15 22
Optimisation des aspects sociaux 2 3 8 9 22
Optimisation des aspects environnementaux 1 21 22

Pas du tout important


Peu Important
Sans Avis Important Très Important
TOTAL
Proximité d'emplois 1 6 3 7 5 22
Promité d'une école 4 10 8 22
Proximité de commerce 4 7 7 4 22
Proximité des transports en commun1 1 5 8 7 22
Proximité d'activités ou d'equipements
2 attractifs 2 7 4 7 22
Proximité d'activités économiques 1 2 6 8 5 22

Pas du tout important


Peu ImportantSans Avis Important Très Important
TOTAL
Accessibilité à l'eau potable 2 20 22
Gestion (recupération, evacuation) des eaux de pluie
1 4 17 22
Utilisation des eaux de pluie pour usage secondaire
3 2 4 13 22
Utilisation des materiaux de constructions locaux 1 3 10 8 22
Utilisation des materiaux à faible impact écologique 3 3 16 22
Utilisation d'energies renouvelables 1 1 1 19 22
Gestion appropriée des déchets ménagers 1 2 19 22

Pas du tout important


Peu ImportantSans Avis Important Très Important
TOTAL
Densité de population suffisante dans le quartier 5 4 6 7 22
Mixité sociale 1 4 5 5 7 22
Mixité générationnelle 2 5 4 6 5 22
Presence d'un ou plusieurs espace(s) communautaire(s)
3 4 5 10 22
Sécurité des personnes et leurs biens 1 3 3 15 22
Participation des futurs habitants dans1 la conception
1 du quartier
3 5 12 22
Participation des riverains dans la conception
2 du quartier
3 3 5 9 22
Engagement des futurs habitants dans le processus de developpement
1 durable
5 16 22
Participation des futurs habitants au developpement 1 d'une économie
3 locale
4 14 22
Renforcement de la vie collective 4 10 8 22
Renforcement du rôle de l'ecole et lutte contre l'echec scolaire
4 3 15 22
Le coût des habitations est accessible 1 7 6 8 22
Le coût des terrains est accessible 1 7 6 8 22

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 138
Sans Avis
Peu Important
Pas du tout important TOTAL
Important Très Important
Avoir chacun sa maison (propriétaire ou locataire) 4 5 2 11 22
Avoir des cours communes 6 5 8 3 22
Avoir des espaces exterieurs privatifs pour 3
1 chaque logement 6 6 6 22
Qualité des espaces publics du quartier 1 2 8 11 22
Qualité esthetique des bâtiments et logements 4 4 7 7 22
Qualité architecturale des bâtiments et logements 3 9 10 22
Protection et valorisation de l'environnement 2 6 14 22
Avoir un reseau d'assainissement local 1 1 1 19 22

Peu Important
Pas du tout important TOTAL
Sans Avis Important Très Important
3
Fréquence régulière des transports en commun 1 4 11 3 22
Mise en place d'infrastructure pour les modes doux 2 2 8 10 22
5
Mise en place d'amenagement pour favoriser 3
l'utilisation 3
des motos 7 4 22
Présence des place de stationnement dans le quartier3 2 10 7 22
1 habitation5
Possibilité des stationner devant/dans son 3 9 4 22

Participants
Burkina Faso 3
Côte d'Ivoire 2
Guinée 7
Mali 8
Sénégal 2

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 139
III. GRAPHIQUES

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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 140
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 141
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 142
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 143
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 144
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 145
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IV. PROJET DE SEBENIKORO

Type économique : 14.500


000 F CFA (23.015 euros)
Superficie de terrain: 200–
250 m² (économique)
Surface habitable: 69,05
m² salle de séjour: 24,60 m²
chambre I: 12,15 m² toilette:
3,70 m² Chambre II: 10,65
m² chambre III: 9,60 m²
cuisine extérieure: 5,50 m²
toilette extérieure: 3,00 m²
Terrasse couverte: 8,92 m²

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DESCRIPTIF TECHNIQUE DE LA BRIQUE H

La brique H est un aggloméré de ciment dont le dosage respecte les critères de normalisation NF.
Soit 40 briques / m3 pour un dosage à 250 kg de ciment / m3 de béton. Pour un dosage usuel au
Mali (voir en Afrique), le procédé permet d’obtenir 50 briques /m3.

Les dimensions de la brique H sont les suivantes :

 Longueur : 40 cm
 Hauteur : 20 cm
 Epaisseur : 15 ou 20 cm

La brique H ne disposant pas de margelles (ailes) latérales ni de fond permet de constituer un


appareillage alvéolaire. Le système permet le remplissage des briques H par la terre mélangé avec
3 à 5% de paille.
Le procédé de la brique H repose essentiellement sur 2 techniques :

- une brique en forme de H constituant un moule en aggloméré de ciment pour la terre mélangée
avec de la paille (système de coffrage perdu).
- un moulage de la terre mélangée avec la paille sans compactage.

Composition de la terre à respecter

70% de sable
20% d’argile
10% de limon.

Le principe constructif
Dans l’appareillage du mur en brique H mis à niveau et réglé, on coule mécaniquement l’adobe qui
se ramifie dans les alvéoles.
Il n’ y a pas de mortier de ciment entre les briques H. La liaison horizontale et verticale se fait grâce
à l’adobe et la paille.
L’ensemble de l’appareillage du mur est ensuite raidi par les chaînages verticaux et horizontaux.

La résistance à la compression :
La brique H creuse de 15x20x40 cm = 6, 45 bars
La brique creuse remplie d’adobe de 15x20x40 cm = 7, 17 bars

Résistance au feu
Matériau classé M0 (ne brûle pas), Résistance au feu : coupe-feu > 2 heures.

Avantages du procédé brique H


- économie de 30% à la confection par rapport à l’agglo classique.
- suppression des joints de mortier
- pas d’arrosage de durcissement de la brique
- bonne isolation thermique et acoustique
- pas de coffrage bois pour la réalisation des poteaux, poutres, linteaux et chaînages.
- rapidité dans la construction
- procédé respectant la démarche HQE (cf plaquette technique) *

Les pièces complémentaires :


- Les chaînages verticaux et horizontaux sont des U en agglo dans lesquels on coule le béton armé.
- Les hourdis sont des éléments constructifs dito la brique H. Ils sont posés sur des poutrelles en
béton armé. Les hourdis reçoivent 5 cm de béton de compression pour former la dalle de toiture.

* La brique H est une marque déposée. Médaille d’or au salon international de Genève, 2004*
* pour Aplus
RCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT : ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
de renseignements se conférer à la plaquette technique Brique H.*
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AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 153
V. ‘LITERATURE REVIEW’

APPORT POUR MON


REFERENCE SUJET RESULTATS CITATIONS
TFE

Le référentiel
Il définit 25 critères
représente un des
repartis en 5 grandes
ouvrages principaux
thématiques, avec des
de ce TFE. C’est
valeurs spécifiques à
partant des critères
Opérationnalisation du chaque critère selon
appliqués en région
concept de quartier durable qu’on soit en pôle ou
Teller, J. et al. (2014). wallonne, qu’on
en objectivant les critères hors pôle (exemple :
Référentiel quartiers définira la pertinence
minimums à respecter pour Densité : 30 logements / 0
durables. Namur : des critères dans
prétendre à l’appellation hectare dans les pôles et
Spw-DGO 4. l’établissement d’un
« quartier durable » en région 20 logements/ hectare).
éco-quartier. Cette
wallonne. Un quartier est dit
élaboration de critères
durable en Wallonie s’il
pertinents nous
respecte 20 des 25
permettra, enfin de
critères dont 5 critères
définir une hypothèse
obligatoires.
de base.

À l’instar du
référentiel wallon, cet
ouvrage est d’une
grande importance
Il expose la
dans ce TFE. Il permet
terminologie, les outils
également de définir
existants, les actions et
la pertinence des
Charlot-Valdieu, C., & les engagements de
éléments rentrant dans
Outrequin.P. (2012). l’État. Il précise les 4
Guide d’utilisation du la conception d’un
Concevoir et évaluer enjeux d’un projet
référentiel INDI s’appliquant éco-quartier. Plus
un projet d’éco d’éco-quartier, ainsi que 3
sur l’ensemble de la France poussé dans les détails
quartier avec le 20 thèmes du référentiel
métropolitaine. et s’appliquant à
référentiel INDI. Paris : et les détaille en 127
l’ensemble d’un pays
Le moniteur. indicateurs avec leurs
(inscrit depuis
méthodes de mesure,
longtemps dans la
leurs valeurs objectifs et
logique de la
seuils.
construction durable),
il permettra de raffiner
la pertinence des
critères.

Charlot-Valdieu, C., & L’éco-quartier sous Décrit les définitions, Document pour la
Outrequin.P. différents angles (définition, objectifs et principes de première partie de 15
(2009).Éco quartier : objectifs, enjeux et quelques l’éco-quartier. Fait un l’état de l’art : Qu’est

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 154
Mode d’emploi. Paris : outils). état de l’art en rappelant que l’éco-quartier, ses
Eyrolles. les principales enjeux et défis, son
démarches ou objectif. Cette étape
définitions proposées permet de faire
par les acteurs. Propose comprendre un
enfin un mode d’emploi élément essentiel du
et des outils pour sujet de TFE.
concevoir un projet de
quartier durable.

Analyse à l’échelle
urbaine les parcours
Chenal, J. (2013). La
ville ouest-africaine : historique, le
Description urbaine de
modèles de développement spatial,
l’Afrique de l’Ouest, ses Étude urbain de la
planification de les documents
enjeux et défis, quels zone du sujet de TFE, 0
l'espace urbain. d’urbanisme. À l’échelle
Lausanne : modèles pour planifier les Afrique de l’Ouest.
de l’espace public, la rue
MétisPresses. villes ouest-africaines.
est analysée comme
fixation des enjeux de la
ville.

Cet Atlas est à la fois le


Atlas régional de moteur et le résultat d’un Description du
l'Afrique de l'Ouest Description
travail de réflexion sur peuplement, de la
DOI : géographique, socio-
l’intégration régionale en population, du territoire 0
10.1787/20743556 économique de
Afrique de l’Ouest. Cartes, de la région ouest-
l’Afrique de l’Ouest.
statistiques et analyses à africaine.
l’appui.

Diagnostic et solution
Ce document nous
concernant l’habitat,
offre une référence
propose aux états
ONU. (2014). L’état quelques pistes de
correcte vis-à-vis de
des villes africaines : l’état de l’habitat en
recommandation quant à
Réinventer la transition Afrique de l’Ouest.
Décrit l’état de l’habitat l’amélioration de la
urbaine. Kenya : ONU- Ceci nous permet de 0
africain qualité de vie des
HABITAT faire un diagnostic
habitants, tout en
dans l’état de l’art
souciant des problèmes
avant de passer à
écologiques (durabilité)
l’étape d’analyse et de
auxquels l’Afrique est
proposition.
confrontée.

Guedes, M.C.
Très bonne base pour
(s.d).Sustainable Large approche de la
la partie architecturale
Architecture in Africa. Construire avec le climat en construction
(à l’échelle du 0
In Sustainability, Afrique bioclimatique en
bâtiment) pour le
energy and Afrique.
TFE.
architecture.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 155
Divers articles :

-Solar electricity in
Africa: a reality.

- The puzzle of
mobility and access to
the city in sub-saharan Base pour tout ce qui
Diagnostic.
Africa. concerne une -83
Problématique concernant Constat. référence scientifique
- Sustainable electricity l’Afrique de l’Ouest sous pour expliquer la -2
generation for rural and plusieurs aspects (mobilité, Enquête. problématique de
peri-urban populations - 13
électricité et énergie, ….) . l’énergie, de la
of sub-Saharan Africa: Quelques pistes de
mobilité dans cette - 13
The “flexy-energy” solutions.
région de l’Afrique.
concept.

- Urban sustainability
standards:
predetermined
checklists or adaptable
frameworks?

Article très abouti


Établie une grille de
dans la définition
comparaison relative
d’une grille de
aux questions et
A critical review of comparaison. Cette
principes de durabilité
seven select Analyse de sept outils grille nous inspirera
dans un quartier et
neighborhood d’évaluation et conception de dans l’élaboration 64
ensuite compare sur ces
sustainability quartier durable. d’une méthode de
critères définis, sept
assessment tools. comparaison des deux
outils de conception :
référentiels qui seront
(LEEDS, Ecocity
analysés dans le cadre
etc.…).
de ce TFE.

Nous servira de
Défini le cadre de référence référence pour définir
Fourni les outils à la fois
français et européen et décrit plusieurs thermes du
Charlot-Valdieu, C., & conceptuels,
différentes démarches de chapitre 1 (cadre de
Outrequin.P. (2009). méthodologique et
développement urbain référence), ensuite 2
Urbanisme durable. opérationnels aux
durable et analyse des projets pour la définition
Paris : Le Moniteur. professionnels de
d’aménagement et de d’une méthodologie
l’urbanisme.
renouvellement urbain. d’analyse d’un projet
d’éco-quartier.

Guedes, M.C. & Construire avec le climat en Large approche de la Très bonne base pour
Pereira, I.C. Afrique et précisément en construction la partie architecturale 0
(s.d).Sustainable Guinée Bissau. Exploite les bioclimatique dans le (à l’échelle du
construction and opportunités. pays. bâtiment) pour le
architecture in Guinea-

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 156
Bissau: Opportunities TFE.
and Challenges. In Low
cost sustainable
building solutions.

Analyse le processus
d’urbanisation
L’article aborde la faiblesse spectaculaire de
persistante de l’activité certaines villes
Piermay, J.L . (2003).
L’apprentissage de la productive, l’existence d’une subsahariennes, la
ville en Afrique sud- “fabrique sociale” réappropriation de la
Situation socio
saharienne. In Le extrêmement active dans les ville par les citadins.
urbaine et économico-
mouvement social. La villes d’Afrique Évoque la question des 7
découverte. DOI urbaine de la zone
subsaharienne. Elle pose la villes bouillonnantes de
: 10.3917/lms.204.0035 d’étude.
question de ce qui se trame dynamismes, d’intérêts
en ces lieux, de ce qui s’y et de stratégies diverses
construit et de ce qui s’y et contradictoires et
invente. aborde la question de la
gestion de la chose
collective.

Diop, M.C. (2001). Les Identifie les changements en


L’impact du sommet de
politiques sociales en matière de politique sociale Situation sociale dans
Copenhague sur le
Afrique de l’Ouest: intervenus dans certains pays la zone d’étude du
niveau social, l’aide et 14
Quels changements de l’Afrique de l’Ouest TFE, avec des
initiative sociales dans 5
depuis le Sommet de depuis la tenue du Sommet données fiables.
pays ouest-africains.
Copenhague. de Copenhague.

Étudie les aspects urbains de


L’urbanisation en l’Afrique en générale et
Perspectives urbaines en Référence sur le cadre
Afrique et ses donne quelques perspectives 0
Afrique. urbain en Afrique.
perspectives. sur ce que va devenir cette
urbanisation.

Définition des termes :


Définit les termes, les enjeux Référence pour la
La ville et le Développement durable,
de la durabilité et fait une partie état de l’art du
développement Aménagement durable, 0
relation entre la ville et le TFE (Développement
durable. ville durable etc. et leur
DD. durable).
relation.

Marique, A. F., & Compare une grille de


Reiter, S. (2011, July). Discute du contexte européen bonnes pratiques et
Cadre de référence –
Towards more favorisant l’émergence des caractéristiques, à une
sustainable résidence Belge afin Reproductibilité des
quartiers durable et analyse
neighbourhoods: are d'expliquer la difficulté éco-quartiers et 7
les bonnes pratiques
good practices d’élargir ces concepts. conceptualisation
reproductibles de certains
continue du sujet.
reproducible and quartiers “pilotes”. Enfin, propose plusieurs
extensible. In lignes directrices pour
Proceedings of promouvoir l'efficacité

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 157
International énergétique et la
Conference PLEA (pp. durabilité à l'échelle
27-32). urbaine afin de soutenir
la planification de
projets urbains plus
durables

Marique, A. F. (2009).
Analyse comparative et
Les quartiers durables :
synthétique des
processus de
processus de production
production et
Pose la question de de ces quartiers urbains
reproductibilité,
production et reproductibilité et proposition des pistes Cadre de référence –
Mémoire de Master 0
des quartiers durables et le et recommandations Approche structurelle.
Complémentaire en
processus pour y parvenir. visant à une meilleure
Urbanisme et
prise en compte de la
Aménagement du
durabilité dans le projet
Territoire « non
urbain.
publié » Ulg, Liège.

Analyse autour du
Boutaud, B. (2009). Se penche sur le concept de durabilité à
Quartier durable ou vocabulaire : éco-quartier et l’échelle du quartier afin Définition d’un
éco- quartier durable, lequel est de choisir le mot le vocable et du terme 20
quartier? Cybergeo: plus adapté à designer ce mieux adapté pour éco-quartier.
European Journal of type de quartier. désigner le quartier :
Geography.
éco-quartier.

ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT: ÉVALUATION ET CONCEPTION DES ÉCO-QUARTIERS EN
AFRIQUE DE L’OUEST (Mohamed Alamine Manet, 2014-2015). 158
ARCHITECTURE DURABLE DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT
EVALUATION ET CONCEPTION DES ECO-QUARTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST

Aujourd’hui, la recherche de solutions à travers l’habitat et la construction durable reste


un défi pour faire face aux dégradations que cause le changement climatique.
Le continent africain, lui, doit faire face à un double défi : comment contenir la
croissance urbaine d’une part et d’autre part, comment inscrire ses villes dans un
processus urbain durable. Certaines initiatives dont l’éco-quartier de Sébénikoro4 ont été
réalisées et ce Travail de Fin d’Études s’inscrit dans ce processus de création de valeur
ajoutée.
L’objectif est de se référer à des référentiels quartiers durables existants et des réalités
africaines afin d’aboutir à la définition d’un essai de référentiel quartier durable pour
l’Afrique de l’Ouest. Ce ne sera pas une imposition de référentiels européens à
l’Afrique, mais un essai d’adaptation de bonnes pratiques Européennes et de
valorisation de bonnes pratiques Africaines pour faciliter la mise en œuvre de quartiers
durables en Afrique de l’Ouest. Il s’adressera à tous les acteurs locaux empreints du
développement d’une urbanisation durable ouest-africaine.
La première phase du travail consiste en l’acquisition des connaissances relatives au
sujet (chapitre 1), ce qui nous permet d’établir une grille de lecture répertoriant les
thèmes et critères primordiaux à la conception d’un éco-quartier (chapitre 2). Cette
hypothèse sera alors vérifier et évaluer en terme d’acceptabilité, de praticabilité et de sa
systématicité dans le contexte ouest-africain (chapitre 3), pour finalement tirer des pistes
de recommandation pour la conception et l’évaluation de quartiers durables dans la zone
d’étude définie (conclusion) en tenant compte des enjeux du développement durable et
des éco-quartiers, des bonnes pratiques occidentales et africaines et, surtout, des réalités
africaines.
Le référentiel est constitué de 17 critères repartis entre quatre (4) thématiques :

 Localisation/Choix du site

 Gestion durable des ressources

 Aménagement

 Participation et Gouvernance
Cette simple structuration a été choisie pour faciliter son assimilation et du fait de la
présence récente de la préoccupation de développement durable en Afrique. Les
mesures relatives aux critères sont quantitatives et/ou qualitatives. Les valeurs et/ou les
recommandations proviennent de bonnes pratiques. À ce stade, elles ne sont pas figées
et peuvent être réajustées après leur validation dans un projet concret par exemple, ou
dans de futures recherches.
Travail de fin d’études réalisé en vue de l’obtention du grade de Master en Ingénieur Civil
Architecte par Mohamed Alamine Manet.

Faculté des Sciences Appliquées – Université de Liège – Année académique 2014-2015.