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Transformation de la matière 1

L1S1

Chapitre 3 : Cinétique chimique et radioactivité

Dr. Matteo Mauro

IPCMS et Faculté de Chimie


Université de Strasbourg
mauro@unistra.fr

1
La cinétique chimique

Un des buts principaux des expériences de cinétique chimique est


d’établir comment la vitesse d’une réaction dépend de la
concentration des espèces chimiques impliquées ainsi que
l’évolution temporelle d’une réaction chimique.

La loi de vitesse de la réaction pouvant être déterminée


qu’expérimentalement.

2
La vitesse moyenne
Considérons la réaction générique suivante:

AàB

On suit l’ évolution de la réaction dans un réacteur qu’on peut


considérer un système fermé de volume et à température constante.

Supposons que nous connaissions la concentration du produit B en


un instant t1, [B]t1, et un laps de temps plus tard, à l’instant t2, nous
trouvions une concentration [B]t2.

Le changement de la concentration sera


Δ[B] = [B]t2 - [B]t1
qui est positif car la concentration de ce produit augment avec le
temps 3
La vitesse moyenne
AàB
de même, Δt = t2 - t1 est positif.

On peut définir la vitesse moyenne de variation de concentration


selon la formule suivante:

en utilisant un intervalle Δt aussi faible que possible, on aura que la


vitesse d’apparition du produit B est

avec d[B]>0 car le produit [B] augment dans le temps.


Pour la réaction A à B, 1 mole de A disparaît et 1 mole de B
apparaît. Donc, -d[A] = d[B] et
4
La vitesse de réaction

Ce qui nous intéresse en réalité est connaître la vitesse de réaction,


v(t), en un instant donné. Pour une réaction générique

aA + bB à cC + dD
On peut définir la vitesse de réaction, v(t), selon l’expression
suivante:

négatif car disparition positif car apparition des


des réactifs produits

avec v(t) exprimée en concentration.temps-1.

La vitesse d’une réaction est toujours une grandeur positive.


La vitesse d’une réaction varie avec le temps. 5
La vitesse de réaction: influence de la concentration

Soit la réaction générique


aA + bB à cC + dD
la vitesse de réaction, v(t), est très souvent proportionnelle aux
concentrations des réactifs, élevés à des puissances entières.

Les constantes α et β sont les ordres partielles de la réaction.


α : ordre partiel par rapport à A
β : ordre partiel par rapport à B

α  + β = ordre global

La constante de proportionnalité, k, est appelée constante de


vitesse de la réaction, qui dépend de la température. Son unité
dépend de l’ordre globale de la réaction. 6
La vitesse de réaction: de quoi dépende la vitesse de
réaction?
•  Concentration des réactifs, mais rarement des produits aussi
•  Si gaz, pressions partiels des réactifs, mais rarement des produits
•  Température

La loi de vitesse d’une réaction

Soit la réaction générique avec un seul réactif


aA à bB

L’équation cinétique sera exprimé par

7
La loi de vitesse d’une réaction

Soit la réaction générique avec un seul réactif


aA à bB
L’équation cinétique sera exprimé par

La loi d’Arrhenius

La vitesse de réaction augmente avec la température suivant la


loi (expérimentale) d'Arrhenius :
−Ea
k = Arr exp( )
RT
Où : Ea est l'énergie d'activation et Arr une constante appelé facteur
d'Arrhenius. Ea et A ne dépendent pas de T
Réaction d’ordre 1

Nombreuses réactions déroulons avec une proportionnalité directe


entre vitesse et concentration du réactif à α = 1, réaction d’ordre 1.
Soit la réaction générique avec un seul réactif

AàB

L’équation cinétique sera exprimé par

La désintégration radioactive spontanée de certains isotopes


instables est un bon exemple de réaction d’ordre 1.
9
Réaction d’ordre 1

Après intégration

ou

avec k en temps-1 10
Réaction d’ordre 1
Pour une réaction d’ordre 1 on obtient une droite quand on porte
graphiquement ln[A] en fonction du temps.

Le temps de demi-réaction
Le temps de demi-réaction, t1/2, est le temps nécessaire pour que la
moitié de la quantité initiale du réactif ait réagi.

Pour une réaction d’ordre un, le temps de demi-réaction est


indépendante de la concentration initiale. 11
3.1 Les composants du noyau
3.1.1 Rappels sur le noyau atomique

La plupart des éléments ont un isotope stable indéfiniment.


A partir de A = 210 (polonium), tous les nucléides sont radioactifs.

Ils ont aussi des isotopes instables qui se désintègrent spontanément (émission de
particules subatomiques ou de radiations électromagnétiques).

Ces isotopes instables ont dits radioactifs (radioisotopes).


N.B: On peut aussi générer des nucléides artificiels radioactifs

Radioactivité : Réaction nucléaire = changement au niveau du noyau 12


3.1.1. Rappels sur le noyau atomique

Noyau : particules chargés positivement + particules neutres

Forces présentes au sein du noyau :

•  Répulsions électrostatiques (coulombiennes) des protons


chargés positivement

B. Averill, P. Eldredge, Chemistry,


•  Force d’interaction nucléaire entre les nucléons assure la Principles, Patterns and Applications,
Pearson International Edition, San
cohésion du noyau (attraction à très courte distance) Fransisco, 2007, page 915

13
3.1 Les composants du noyau
3.1.2 Stabilité du noyau

Origine de l’instabilité nucléaire


•  Trop de protons par rapport au nombre de neutron
c.à.d., pas assez de neutron par rapport aux protons
•  Déséquilibre dans le forces au sein du noyau

Isotopes stables:
•  Z < 92: stables quand neutron/proton > 1 (sauf 1H and 3He)
•  Parité des nombres Z et N
•  Nombre magique (2, 8, 20, 50, 82 et 126)

Les nombres magiques correspondant à des valeurs particulières de N et/ou de Z.


Pour ces valeurs les noyaux sont particulièrement stables.
Z et N pairs 166
Pour Z > 92: aucun isotope stable Z pair et N impair 55
(tous artificiels et radioactifs) Z impair et N pair 52
Z et N impairs 6

Ex. 0 50 100 150 200

Sn Z = 50 possède 10 isotopes stables Nombre de nucléides stables


4 He Z = 2, N = 2
2
208 Pb
82 Z = 82, N = 126 Doublement magiques 14
1.  Les composants du noyau
1.2 Stabilité du noyau

Nucléides légers sont stables


quand N/Z ≈1
c.à.d., N ≈ Z

Région d’instabilité,
trop de neutrons
Région
d’instabilité
Nucléides plus lourds Emission beta (β-)
Emission alpha
nécessitons N/Z > 1 pour (α)
stabilité
c.à.d., N > Z

Région d’instabilité, trop


de protons
Emission positirons (β+)

18
3.1 Les composants du noyau
3.1.2 Stabilité du noyau

Lesquels de ces nucléides pensez vous être stables/radioactifs

98
43Tc
43 protons, 55 neutrons N/Z = 1,28

118
50Sn
50 protons, 68 neutrons, N/Z = 1,36

293
94Pu
94 protons, 199 neutrons, N/Z = 1,36
3.1 Les composants du noyau
3.1.3 Stabilité thermodynamique du noyau: le défaut de masse

La masse d’un noyau (Z protons et N neutrons) est toujours inférieure a la masse


totales des nucléons (sauf 1H).

La différence Δm = mnucléons – mnoyau > 0 est le défaut de masse

Ex.
noyau de 73Li
Masse du noyau: mLi = 7,01435 u
Masse des 7 nucléons: mnucléons = 3*mproton + 4*mneutron

Défaut de masse: Δm = mnucléons – mnoyau = (3*mproton + 4*mneutron) – mLi = 7,3079.10-29 kg

Avec mproton = 1,6727.10-27 kg


mneutron= 1,6747.10-27 kg
mLi = 7,01435 u * 1,66.10-27 kg = 1,1644.10-26 kg
3.1 Les composants du noyau
3.1.3 Stabilité thermodynamique du noyau : le défaut de masse

La masse d’un noyau (Z protons et N neutrons) est toujours inférieure a la masse


totales des nucléons (sauf 1H).

La différence Δm = mnucléons – mnoyau > 0 est le défaut de masse

Quel est l’origine de cette différence de masse (défaut de masse)?


3.1 Les composants du noyau
3.1.3 Stabilité thermodynamique du noyau : le défaut de masse

La masse d’un noyau (Z protons et N neutrons) est toujours inférieure a la masse


totales des nucléons (sauf 1H).

La différence Δm = mnucléons – mnoyau > 0 est le défaut de masse

Quel est l’origine de cette différence de masse (défaut de masse)?

3.1.4 Equivalence masse – énergie

1905: Einstein, théorie de la relativité


E = mc2

Quand a system gagne ou perte de l’énergie, il gagne ou perte de la masse aussi.


Variation d’énergie pour une réaction:

ΔE = Δmc2
Avec, en générale, Δm = mproduits – mreactifs
3.1 Les composants du noyau
3.1.3 Stabilité thermodynamique du noyau : le défaut de masse

La masse d’un noyau (Z protons et N neutrons) est toujours inférieure a la masse


totales des nucléons (sauf 1H).

La différence Δm = mnucléons – mnoyau > 0 est le défaut de masse

3.1.4 Equivalence masse – énergie

Quand a system gagne ou perte de l’énergie, il gagne ou perte de la masse aussi.


Variation d’énergie pour une réaction:

ΔE = Δmc2
Avec, en générale, Δm = mproduits – mreactifs

On peut déterminer la stabilité thermodynamique du noyau en calculant la variation


d’énergie pendant la formation du noyau à partir des nucléons constituants isolés.
3.1 Les composants du noyau
3.1.4 Stabilité thermodynamique du noyau : énergie de liaison du noyau

Energie de liaison du noyau = énergie libérée lors de la formation d’un noyau a partir
de ses nucléons isoles
ΔEl = Δmc2

Ex.
noyau de 73Li
ΔEl = Δmc2 = 7,3079.10-29 kg * (3.108)2 = 6,5577.10-12 J
6,557.10−12
E l = 1,602.10−13 = 40, 9 MeV
3.1 Les composants du noyau
3.1.4 Stabilité thermodynamique du noyau : énergie de liaison du noyau

Energie de liaison du noyau = énergie libérée lors de la formation d’un noyau a partir
de ses nucléons isoles
ΔEl = Δmc2

Ex.
noyau de 73Li
ΔEl = Δmc2 = 7,3079.10-29 kg * (3.108)2 = 6,5577.10-12 J
6,557.10−12
E l = 1,602.10−13 = 40, 9 MeV

Pour comparer la stabilité relative des différents noyaux, on calcule l’énergie de liaison
par nucléon:
40,9 MeV
El, parnucleon =
7
= 5, 84 MeV / nucléon

Un noyau est d’autant plus stable que l’énergie de liaison par nucléon est élevée

Rappel: l’électron volt est l’énergie acquise par un électron soumis a une différence de
potentiel de 1V 1 eV = 1,602.10-19 J; 1 MeV = 106 eV
1.  Les composants du noyau
1.3 Stabilité thermodynamique du noyau
1.3.3 Energie de liaison du noyau

Variation de l’énergie de liaison par nucléon en fonction du numéro atomique

Fission nucléaire

Fusion nucléaire
La radioactivité, les réactions nucléaires
Classes de noyaux radioactifs

•  Noyaux riches en neutrons: conversion neutrons en protons


•  Noyaux pauvres en neutrons: conversion protons en neutrons
pour augmenter N/Z
•  Noyaux lourdes (A≥ 200 et Z>83): tendance à émettre des
particules α
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

Différence entre réaction chimique et réaction nucléaire:

Réaction chimique: les éléments conservent leur identité (mouvement d’électrons)

Réaction nucléaire: changement d’identité de l’élément


N.B. équation reste équilibrée, c.à.d., Somme des numéros atomiques Z de chaque coté
de la réaction tour comme somme des nombres de masse A doivent être égaux.

Le nombre total de nucléons est conservé


2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

Différence entre réaction chimique et réaction nucléaire:

Réaction chimique: les éléments conservent leur identité (mouvement d’électrons)

Réaction nucléaire: changement d’identité de l’élément


N.B. équation reste équilibrée, c.à.d., Somme des numéros atomiques Z de chaque coté
de la réaction tour comme somme des nombres de masse A doivent être égaux.

Le nombre total de nucléons est conservé

La radioactivité est définit comme la propriété que possède certains éléments à perdre
une partie de leur masse en émettant des rayonnements.

L’émission de ce rayonnement est le résultat de la transformation spontanée de


l’élément initiale en un autre par suite de la modification de la composition de son
noyau
•  Rayonnement α Notation:
•  Rayonnement β
•  Rayonnement γ 1
1 p : proton
1
0 n : neutron
0
−1 e : électron
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.1 Emission α

Correspond à l’émission d’un atome d’hélium (2 protons, 2 neutrons)


Changement de Z et A, formation d’un noyau Y

A A−4 4
Z X→ Z−2 Y + He2
Nucléide Nucléide Particule
parent fille α

4
La particule a est parfois aussi notée:
2 α

L’atome formé se trouve sous forme ionisé Y2-. Les particules α sont des hélions 42He2+
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.2 Emission β

Emission β-: correspond à l’émission d’un électron


Changement de Z, même A, formation d’un noyau Y

A A 0
Z X→ Z+1 Y+ e −1
Nucléide Nucléide Electron ou
parent fille particule β-

Un neutron du noyau se transforme en proton

1 1 0
0 n → p+ e 1 −1
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.2 Emission β

Emission β+: correspond à l’émission d’un positron (01e)


Changement de Z, même A, formation d’un noyau Y

A A 0
Z X→ Z−1 Y+ e 1
Nucléide Nucléide Positron ou
parent fille particule β+

Un proton du noyau se transforme en neutron

1 1 0
1 p→ n+ e 0 1
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.3 Capture électronique

Absorption d’un particule par le noyau (et non pas éjection d’une particule comme
précédemment)
•  Un noyau capture un électron présent dans le nuage électronique de l’atome
•  Un proton de l’atome est alors converti en neutron

1 0 1
1 p+ e→ n
−1 0
L’atome possède un proton en mois (Z-1). Pas de changement de A.

A 0 A
Z X+ e→ −1 Z−1 Y
Nucléide électron nucléide
parent fille
Quand un électron d’une couche supérieure va prendre la place de celui capté par la
noyau, des rayons X sont émis
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.4 Rayonnement γ

Consiste en un rayonnement électromagnétique émis par l’atome Y résultant d’une


radioactivité α ou β
Emission d’un photon γ

A
Z
ou β
X !α!! → A'Z 'Y * → A'Z 'Y + photon γ
Niveau instable
Y*
Un rayonnement γ n’a pas de charge ni de masse
γ
Aucun changement du nombre de masse ou du numéro
atomique de l’élément. Y
Niveau stable
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.5 Réaction de transmutation nucléaire et fission nucléaire

Transmutation = convertir un noyau stable en un noyau plus gros par bombardement


avec des particules subatomiques

Exemples:
1919, Rutherford:

14
7 N + 24 He → 178 O + 11 p
1933, Joliot-Curie: premier isotope artificiel radioactif
27
13 Al + 24 He → 15
30
P + 01n
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.5 Réaction de transmutation nucléaire et fission nucléaire

Transmutation = convertir un noyau stable en un noyau plus gros par bombardement


avec des particules subatomiques

Fission nucléaire = rupture d’un noyau en au moins 2 noyaux plus petits et éjection
possible de nucléon(s)

La fission peut être provoque artificiellement par un bombardement de neutrons

238 1 140 93 1
92U+ n→ 0 56 Ba + Kr + 3 n + énergie
36 0

La fission peut être naturelle et provoquée par l’agitation naturelle des nucléons
d’un noyau lourd dont N/Z élevé
244
96 Am → 134
53 I + 107
42 Mo + 3 1
0n
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.5 Réaction de transmutation nucléaire et fission nucléaire

Transmutation

Fission nucléaire
U-235 et Pu-239 peuvent subir une fission nucléaire induite par bombardement de
neutrons (isotope fissile)
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.5 Réaction de transmutation nucléaire et fission nucléaire

Fission nucléaire
Les neutrons qui sont libérés lors d’une réaction de fission peuvent à leur tour
provoques le fission d’autres atomes et générer une réaction en chaine

Libération d’un quantité principe de fonctionnement des


d’énergie très importantes centrales nucléaires
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.3 Types de désintégration

2.3.6 Aperçu sur les réactions nucléaires


2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.4 Ecriture d’équations de décroissance radioactive

Exemples: écrire l’équation de décroissance de 224Ra et 216Po (désintégration de type α)




Méthode:
1.  Écrire les éléments connus de part de l’autre de l’équation de réaction
224
88 Ra → ?? ?+ 24 He
2. Identifier le numéro atomique et nombre de masse de l’élément formé

224 220 4

88 Ra → 86?+ He 2

3. Identifier l’élément formé

224 220 4

88 Ra → Rn + He
86 2

4. Ne pas oublier d’indiquer les particules mises en jeu pour obtenir une équation équilibrée
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.5 Décroissances successives

Décroissance radioactive: au maximum Z diminue de 2 unités


•  les atomes de Z > 83 sont tous radioactifs
•  Décroissance radioactives successives

Familles radioactives:
Regroupent des nucléides radioactifs naturels
qui par filiation aboutissent à un isotope stable
du plomb

238
92U !8!!
α ,6 β
→ 206
82 Pb

237 7α ,4 β 207
92 U ! !!
→ 82 Pb
232
90Th !6!!
α ,4 β
→ 208
82 Pb
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.6 Pouvoirs ionisant et pénétrant: interaction avec la matière

Radiation non ionisante:


•  Basse en énergie
•  Lors de l’impact avec un atome, l’énergie est absorbée et ne provoque pas de
changement structuraux ou chimiques
•  Energie cinétique: rotation, vibration de molécule
•  Energie sous forme de chaleur

Radiation ionisante:
•  Haute en énergie
•  Lors de l’impact avec un atome excitation des électrons vers des niveaux
énergétiques plus élevés
•  Provoque des changement structuraux ou chimiques: ionisation de l’atome,
génération d’un cation

Pouvoir pénétrant
•  Interaction forte avec la matière
•  Dépende de la taille, masse et énergie des particules
2. La radioactivité, les réactions nucléaires
2.6 Pouvoirs ionisant et pénétrant: interaction avec la matière

Pouvoir pénétrant des différents rayonnements

Emission α
Emission β+
Emission γ

Feuille Qques mm Environ 1m


de papier d’aluminium de béton
ou de plomb

Distance de Distance de
Gamme d’énergie
Type pénétration dans pénétration dans
(MeV)
l’eau* l’air*
Particules α 3–9 < 0.05 mm < 10 cm
Particules β ≤3 < 4 mm 1m
Rayons X <10−2 < 1 cm <3m
Rayons γ 10−2–101 < 20 cm >3m
*Distance à laquelle la moitié de la radiation a été absorbée.
B. Averill, P. Eldredge, Chemistry, Principles, Patterns and Applications, Pearson International Edition, San Fransisco, 2007, page 928
Cinétique des réactions nucléaires: loi de décroissance radioactive

Soit la transformation: X →Y
Avec N0 = nombre de noyaux X à l’instant t = 0
N = nombre de noyaux X à l’instant t (N0 > N)

Entre les instants t et (t+dt), la variation de N est dN (<0)

La désintégration du noyau X suit une cinétique d’ordre 1


C’est-à-dire: la variation relative de N entre
− t et (t+dt) est proportionnelle à dt.

dN
Autrement dit: − = λ dt
N
La constante de proportionnalité λ est la constante radioactive (unité s-1)
Si on intègre entre les instants t = 0 et t N t
dN
∫ N = − ∫ λ dt
N0 0

On obtient la loi de décroissance radioactive


N
ln
N0
= −λ t N = N 0 e− λt
Cinétique des réactions nucléaires: période radioactive

Période radioactive = temps de demi-vie (symbole T, unité seconde « s »)


= laps de temps à l’issue duquel la moitié des noyaux X
initialement présents a disparu par désintégration radioactive
A ce moment là (t = T): N = N0/2

En remplaçant dans l’équation précédente (t = T)


N N 1
− ln = − ln 0 × = ln 2 = λT
N0 2 N0
ln 2 0, 693
T= =
λ λ

On peut réécrire la loi de décroissance


radioactive:
N 0, 693
ln =− t
N0 T
T N
t= ln 0
0, 693 N
Cinétique des réactions nucléaires: période radioactive

Exemple:
Pu-236 est un émetteur α possédant un temps de demi-vie de 2,86 années.
a) Si un échantillon contient initialement 1,35 mg de Pu-236, quelle masse de Pu-236
sera présente après 5,00 années?
236
94 Pu → 232
92 U + 4
2 He
minitiale = 1,35 mg, m5 ans = ?
Cinétique des réactions nucléaires: période radioactive
Exemple:
Pu-236 est un émetteur α possédant un temps de demi-vie de 2,86 années.
a) Si un échantillon contient initialement 1,35 mg de Pu-236, quelle masse de Pu-236
sera présente après 5,00 années?
236
94 Pu → 232
92 U + 4
2 He
minitiale = 1,35 mg, m5 ans = ?
1)  Déterminer la constante radioactive λ
Cinétique des réactions nucléaires: période radioactive

Exemple:
Pu-236 est un émetteur α possédant un temps de demi-vie de 2,86 années.
236
94 Pu → 232
92 U + 4
2 He

a) A quel temps t reste-t-il 0,100 mg de Pu-236 pour un échantillon de masse initiale


1,35 mg?
Cinétique des réactions nucléaires: activité

Soit la transformation: X →Y
dN
Comme − = λ dt
N
dN
On peut aussi écrire: λ N = −
dt
Il s’agit du nombre de désintégrations par unité de temps à l’instant t.
C’est l’activité (symbole: A) du radioélément X à l’instant t:
dN
A = λN = −
dt
Or:
En posant, A0 = λN0, on obtient: A = A0 e− λt
L’activité est la vitesse de décroissance radioactive

Unité: becquerel symbole: Bq

1 Bq corresponde à 1 désintégration par seconde


Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Datation radiocarbone: Willard Libby (1949, Nobel en 1960)

Formation de 14C: production faible de 14C par réaction des neutrons des rayons
cosmiques avec l’azote de l’atmosphère

14 1 14 1
7 N + n→ C+ H
0 6 1

Désintégration du 14C:

14 β−
6 C " "→ 14
N N + 0
−1 e

Demi-vie du 14C : T = 5730 années


Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Datation radiocarbone: Willard Libby (1949, Nobel en 1960)

Formation de 14C: production faible de 14C par réaction des neutrons des rayons
cosmiques avec l’azote de l’atmosphère

14 1 14 1
7 N + n→ C+ H
0 6 1

Désintégration du 14C: 14 β− 14 0
6 C " "→ N + e N −1
Demi-vie du 14C : T = 5730 années
Le 14C apparaît dans l’atmosphère sous forme de 14CO2
---> incorporation par photosynthèse dans les plantes

Comment déterminer l'âge d’un objet?


•  Organisme vivant: quantité de 14C (par gramme de C) = constante (A0)
(15,3 désintégrations par minute et par gramme de C total)
•  Organisme mort: ratio 14C/12C diminue avec un temps de demi-vie de 5740 années
•  Age maximum ≈50 000 années
Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Comment déterminer l'âge d’un objet?

Example: dans un objet ancien, on trouve un rapport 14C/12C = 25 % du rapport initial.


Quel est l’âge de cet objet?

Par définition, si N/N0 = 50% (c.à.d. N = N0/2), t = T = 5730 années pour le 14C
(N correspond au nombre de noyaux 14C au temps t et N0 au nombre de noyaux 14C au
temps t = 0)
Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Comment déterminer l'âge d’un objet?

Utilisation de l’activité du radioélément A ( = nombre de désintégration par unité de


temps à l’instant t, c.à.d. vitesse de décroissance radioactive à l’instant t)

A = A0 e− λt A
ou bien ln = −λ t
A0
T A 1 A
t= ln 0 = ln 0
0, 693 A λ A
Pour le 14C: A0 = 15,3 désintégrations par minute et par gramme de C, T = 5730 années
Donc:
5730 15, 3
t= ln
0, 693 A
Avec A exprimée comme nombre de désintégrations par minute et par gramme de C,
t exprimé en années.
Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Comment déterminer l'âge d’un objet?

Exemple 1: Utilisation de l’activité du radioélément A

Des échantillons de charbon de bois prélevés sur le site de Stonehenge en Angleterre


ont été analysés. La vitesse de désintégration d’est avérée valoir 9,65 désintégrations
par minute et par gramme de C. Quel est l'âge des ces échantillons?
Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Comment déterminer l'âge d’un objet?

Exemple 2

Un crâne est retrouvé et son origine daterait des Grecs anciens en 500 avant JC. Une
mesure de son activité radioactive donne une valeur qui correspond à 89% de l’activité
trouvée dans les organismes vivants.

Quel est l'âge de ce crâne? Est-il authentique?


Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Conditions pour une datation au 14C:

•  Objets « vivants » à un moment donné


•  Objets relativement jeunes ( < 50 000 années)
Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 14C

Conditions pour une datation au 14C:

•  Objets « vivants » à un moment donné


•  Objets relativement jeunes ( < 50 000 années)

Cinétique des réactions nucléaires: radio-datation au 238U/206Pb


Autre technique: détermination du ratio U-238/Pb-206 (datation uranium-plomb)
Ex. roche volcanique

•  Temps de demi-vie = 4,5*109 années

Equation globale des processus de désintégrations

238
92U → 206
82 Pb + 8 4
2 He + 6 0
−1 e