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5 exercices pour une bonne coordination pneumo/phonique*

(*entre le souffle et le début du son) (maj : 7/2011)

Tout exercice doit être exécuté toujours dans une sensation de calme, de bien être et de confiance en soi!

R1) Les détentes (D) : souffler doucement, sans


bruit, par des toutes petites bouffées d’air, et observer
(ou rechercher!) ensuite la réaction de la musculature
costo-abdominale à l’entrée de l’air (la détente = D,
vers l’extérieur ), en l’associant à une sensation de
fraîcheur (position de l'inspiration profonde, ou forte,
de la glotte: apnée ouverte). En faisant l’exercice,
avec les mains, passer du bas du ventre à la région
autour de l'ombilic, au-dessous des côtes flottantes,
au dos, à l’épigastre pour « sentir » toute la
musculature qui intéresse la technique respiratoire de
l’appoggio. Dans cette exploration sensorielle avec les
mains, attention de ne pas crisper les bras, les mains
et/ou les épaules. Dans l'exploration des mouvement
sur les côtés et sur le dos, poser le dos des mains (et
non la paume!) comme pour danser la tarentelle ...
Alterner ensuite les détentes avec des consonnes non-voisées : « ch »[S], ou « ss »[s], ou [ks] :
[S] D [S]D [S] D. Puis, y associer des voyelles sur 3*D 2 D 1 D : [Sa] D [Sa] D [Sa]D , etc...
* Les N° cardinaux indiquent les intervalles d'une gamme 3 2 1 … : par exemple mi, re, do, etc...

R2) Souplesse de la musculature antagoniste : à l’aide des phonèmes « ch » [S] , « ss » [s] ,


« xs » [ks] , (attention à la souplesse de la mâchoire) stimulez souplement la musculature costo-
abdominale en faisant des petits mouvements vers l’intérieur sur des rythmes précis! Attention de ne pas
inverser ce geste, en poussant vers l’extérieur (affondo), car cela est préjudiciable pour une bonne
technique de l’appoggio. Chacun doit trouver son propre rythme (lent au début), afin de contrôler le
relâchement (détente) qui doit intervenir après chaque phonème prononcé. Une fois ressenti ce contrôle
on peut accélérer, petit à petit, jusqu’à l’exercice du « petit chien » (langue relâchée). Et on vocalise sur :
3 2 1
chat D chat D chat, et/ou chaud D..., chou D…, etc...; en choisissant une voyelle qui facilite l'émission.
Variante de R1 et ou R2 en mouvement :
sur une ouverture des jambes, avec les pieds parallèles, se balancer de droite à gauche sans déhancher (le
bassin restant parallèle au sol !) : a) en expirant à droite, et en prenant l’air silencieusement à gauche, puis
inverser ; b) doubler ensuite les expirations, en laissant l’espace de la prise d’air au milieu…
On peut ajouter des gestes chorégraphiques avec les bras pour aider le mouvement, tout particulièrement
pour les étudiants de chant moderne !
R3) L’ « appoggio » : en gardant la consonne « ch » [S] ou « ss » [s], distiller l’air petit à
petit, tout en maintenant l’ouverture des côtes flottantes le plus longtemps possible en évitant toutefois
l’épuisement complet du souffle… Au moment de l’attaque un petit mouvement vers l’intérieur met en
marche la musculature qui doit être tout de suite après maintenue en équilibre entre deux forces : la
poussée intérieure (« sostegno ») et la poussée extérieure (« affondo »). Lorsque le souffle est presque
épuisé déclencher la détente D en l'associant à une sensation de fraîcheur au fond de la gorge: apnée
ouverte! Cette « mécanique » respiratoire est particulièrement importante dans le chant lyrique.
Pour R3 en mouvement, marcher calmement, le plus naturellement possible, sans raidir le corps.
Les chanteurs des répertoires de musiques actuelles (chant moderne!) n'atteindront pas un
appoggio complet , sauf à vouloir reproduire une émission de type classique ou lyrique correcte!
Lors de ces exercices, vérifier que le cou et la mâchoire, restant « mobiles », ne se crispent pas.
R4) Ouverture du bas du dos (variante de l'exercice E. Howard) : avec les mains « en
tarentelle »* , dans le bas du dos, répéter 5 s-s-s-s-s-s saccadés, en sentant une poussée des mains vers
l’extérieur (affondo), et cela en même temps que des mouvements légers vers l’intérieur dans les muscles
du bas du ventre et autour du nombril. Si vous ne sentez toujours pas l’ouverture du bas du dos, inclinez-
vous en avant tout en lâchant votre bassin en antéversion (en remontant légèrement les fesses, pour
retrouver la « cambrure physiologique » entre L4 et L5 ; les genoux doivent être légèrement fléchis.
* Rappel : en posant le dos de la main et non les paumes, afin de garder plus facilement les épaules basses.
Il faut surtout se souvenir, avec ses propres sensations (proprioception), des gestes respiratoires
nécessaires avant le « début du son » : relâchement du ventre en même temps que l’ouverture des côtes,
du dos et de l’épigastre. On explore ainsi la musculature antagoniste (à la remontée du diaphragme!),
dans une sorte de « carte géographique » en forme de « losange »: bas du ventre, côtes et dos ouverts,
jusqu’à l’épigastre; décrite ainsi par la pédagogue anglaise Noëlle Barker(Guildhall School of London).
R5) La prise d'air silencieuse (exercice Allan Wright : http://allanwright.fr Le Chanteur Moderne)
Extrait de : http://allanwright.fr/
Le Chanteur Moderne, Outils et conseils
pour les chanteurs futés :
Bossons ensemble!
Semaine 1 - « la gorge ouverte »

1)Dans le dessin en haut à gauche on


voit les fausses cordes et les vraies
cordes réagir ensemble.
2)Dans le dessin central on est dans
l'impossibilité de chanter avec
facilité et on risque de se faire mal
(ou bien on produit des sons comme
dans la voix saturée, n.d.c.)
3)Dans le dessin en bas par contre
les vraies cordes sont en abuction,
Dans ce dessin vous voyez en haut mais les fausses cordes sont bien
les fausses cordes et en bas ouvertes, ce qui est excellent pour
les vraies cordes vocales une bonne hygiène vocale et une
(avec les bords en « souligné ») . production sonore aisée.
Pour être capables de commencer le son à partir d'une apnée ouverte (respiration profonde), bouchez-
vous les oreilles, et écoutez votre respiration bruyante (accompagnée d'un sifflement), puis éliminez
le bruit et sentez la sensation d'ouverture et de fraîcheur qui l'accompagne (d'après Allan Wright).
Débutez vos sons en coordonnant cette sensation avec l'appoggio. Le phoniatre italien Franco Fussi
l'appelle la « phase silencieuse de la prise d'air ». Dans le dessin ci-dessous, extrait du manuel de
phonétique de Bertil Malmberg, on retrouve la position B (apnée ouverte!), idéale pour tout début de son.
En C la position à éviter; autrement dit, pour obtenir un son qui peut produire de bonnes résonances, il
faut à tout prix coordonner « l'impulsion » du souffle avec la position B et non avec la position C...

Malmberg Bertil
La Phonétique
Paris 1994, Que sais-je n°637
P.U.F., 17ème édition.