Vous êtes sur la page 1sur 215

SOURCES CHRÉTIENNES

N° 400

A THANASE D'ALEXANDRIE

VIE D'ANTOINE

INTRODUCTION, TEXTE CRITIQUE,


TRADUCTION, NOTES ET INDEX

PAR

G. J. M. BARTELINK
Professeur émérite à l'Université de Nimègue

Ouvrage publié avec le concours


du Centre National de la Recherche S cientiftque
et de l'Œuvre d'Orient

LES ÉDITIONS DU CERF, 29, Bd de Latour-Maubourg, PARIS i


1994
AVANT .PROPOS

La publication de cet ouvrage a été préparée avec le concours


de l'Institut des « Sources Chrétiennes» En 1979, pendant le Seventh International Conference
(U.R.A. 993 du Centre National de la Recherche Scientifique)
on Patristic Studies à Oxford le regretté Père Claude
Mondésert, alors directeur des Sources Chrétiennes, m'in-
vita à préparer pour cette collection une édition du texte
grec de la Vie d'Antoine d'Athanase.
C'est de bon cœur que nous avons accepté cette requête,
en pleine conscience d'ailleurs de la vaste tâche qui nous
attendait, étant donné le grand nombre des manuscrits de
cette Vie. Dix ans plus tard nous avons décidé, après avoir
consulté la direction des Sources Chrétiennes, de nous
restreindre aux quelque cinquante manuscrits collationnés
jusqu'alors, convaincus que les matériaux recueillis
suffisaient à établir un texte qui marquerait un net progrès
sur la dernière édition critique, celle du mauriste Bernard
de Montfaucon (1698).
Nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont procuré
des microfilms et des reproductions photographiques de la
Vie d'Antoine: les services photographiques de l'Institut
de Recherche et d'Histoire des Textes, et de la Bibliothè-
que Nationale à Paris, de la Bibliothèque Bodléienne à
Oxford, de la Bibliothèque des bollandistes à Bruxelles, de
. la Bibliothèque Ambrosienne à Milan et de la Bibliothèque
Vaticane à Rome.
© Les Éditions du Cerf, 1994· Nous voulons en particulier exprimer ici notre grande
ISBN: 2-204-°4985-9 reconnaissance envers le Révérend Père Dominique Ber-
ISSN : °75°-197 8 trand, Directeur de l'Institut des Sources Chrétiennes, et
8 AVANT-PROPOS

ses collaborateurs, qui non seulement nous ont donné des


conseils utiles et éliminé de notre manuscrit mainte
inexactitude, mais qui ont bien voulu aussi se charger de
la correction et de l'amélioration de notre français défec-
tueux. ABRÉVIATIONS ET SIGLES

G.B.
AB Analecta Bollandiana, Bruxelles.
AC L'Antiquité Classique, Louvain.
ASS Acta Sanctorum. Bruxelles.
BHG Bibliotheca Hagiographica Graeca, Bruxelles_
CCL Corpus Christianorum, Series Latina, Turnhout.
CSCO Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium,
Louvain.
CSEL Corpus Scriptorum~ Ecclesiasticorum Latinorum, Vienne.
DA CL Dictionnaire d'Archéologie Chrétienne et de Liturgie,
Paris.
DHGE Dictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclésiasti-
ques, Paris.
DS Dictionnaire de Spiritualité, Paris.
DTC Dictionnaire de Théologie Catholique, Paris.
GCS Die Griechischen Christ lichen Schriftsteller der ersten
(drei) Jahrhunderte, Berlin-Leipzig.
JbAC Jahrbuch für Antike und Christentum, Münster.
JThS Journal of Theological Studies, Oxford.
PG Patrologia Graeca, Paris.
PL Patrologia Latina, Paris.
PO Patrologia Orientalis, Turnhout.
PW Realencyclopiidie der classischen Altertumswissenschaft,
Stuttgart.
RAC Reallexikon für Antike und Christentum, Stuttgart.
RBen Revue Bénédictine, Maredsous.
SC Sources Chrétiennes, Paris.
SH Subsidia Hagiographica, Bruxelles.
SO Spiritualité Orientale, Bellefontaine.
TU Texte und Untersuchungen zur Geschichte der alt-
christlichen Literatur, Leipzig.
10 ABRÉVIATIONS ET SIGLES

TWNT Theologisches Worterbuch zum Neuen Testament,


Stuttgart.
VA Vita Antonii.
VChr Vigiliae Christianae, Amsterdam.
BIBLIOGRAPHIE

1. ÉDITIONS DU TEXTE GREC 1

D. HOESCHEL, Vita s. Antonii Eremitae a D. Athanasio Graece


scripta, e codice Boico nunc primum edita. Cum Davidis
Hoeschelii Augustani interpretatione ac notis, Augustae
Vindelicorum, ad insigne pinus, imprimebat David Franck,
Augsbourg 1611 (= HOESCHEL).
1. PISCATOR, Sancti Patris nostri Athanasii Archiepiscopi
Alexandriae opera quae reperiuntur omnia. Cum indicibus
necessariis. Tomus secundus, Paris 1627, p. 450-505 (= PIS-
CATOR).
Sancti Patris nos tri Athanasii Archiepiscopi Alexandriae Opera
quae reperiuntur omnia. Editio nova juxta Parisinam Anni
MDCXXVII adstructa cum indicibus necessariis. Tomus
secundus, Cologne 1686, p. 450-505.
J. LOPIN et B. DE MONTFAUCON, Sancti Patris Nostri Athanasii
Archiep. Alexandrini Opera omnia quae exstant ... Tomi
primi pars secunda, Paris 1698, p. 793-886.
J. P. MIGNE, Patrologia Graeca 26, Paris 1857, c. 837-976
(réimpression du texte des mauristes).
A. F. MAUNOURY, Vie de saint Antoine par saint Athanase,
Paris 1855 (édition scolaire abrégée; texte des mauristes;
nombreuses réimpressions).

1. La première édition latine de la VA parut à Paris en 1572. Elle


était de la main de Sébastien Nivelle et complétait la réédition des
œuvres d'Athanase en latin par P. Nanninck (première édition chez
Froben, Bâle 1556). Elle se maintint jusqu'en 1698, lorsque B. de
Montfaucon publia sa nouvelle édition du texte grec munie d'une
nouvelle traduction latine. La traduction de la VA par Nivelle fut
incorporée dans la première édition ~ grecque des œuvres d'Athanase
par Jean Commelinus (Heidelberg 1600-1601). Une édition pari-
sienne de· l'editio Commeliniana parut en 1608.
BIBLIOGRAPHIE 13
12 BIBLIOGRAPHIE

B(oc; xexL 7toÀ~"t"dlX "t"oti 'Ocr(ou IIIX"t"poc; ~[Lw'J 'AV"t"wv(ou, dans R. C. GREGG, Athanasius. The Life of Antony and the Letter to
MÉyIXc; 'A6IX'JtX:crwc; IV (B~oÀw6~x'YJ 'EÀÀ~'Jw'J IIIX"t"Épw'J XIXL Marcellinus (The Classics of Western Spirituality 16),
'ExXÀ'YJQ"LIXcr"t"~xwv ~UyypIXcpÉW'J), Athènes 1963, p. 11-57 Londres-New York 1980, p. 29-99.
(réimpression de PG 26, 837-976, avec quelques correc-
tions). 3. Traductions allemandes
L. CLARUS, Das Leben des heiligen Antonius von Athanasius
dem Grossen, Münster 1857.
P. A. RICHARD, Des heiligen Athanasius Leben des heiligen
II. TRADUCTIONS EN LANGUES MODERNES Antonius (Ausgewiihlte Schriften des heiligen Athanasius
2), Kempten 1875, p.217-330.
1. Traductions françaises H. MERTEL, Des heiligen Athanasius Leben des heiligen
Antonius (Bibliothek der Kirchenviiter 2 31), Kempten 1917,
R. ARNAULD D'ANDILLY, La Vie de saint Antoine écrite par saint p.687-777.
Athanase, patriarche d'Alexandrie et traduite sur l'origi-
nal grec dans Les Vies des saints Pères des déserts et de 4. Traductions espagnoles
quelques saintes ... , Paris 1653. Nombreuses reéditions :
1668, 1680, 1701-1702, 1733 (t. l, p. 18-122). Cette traduc- A. BALLAN 0, Vida de san Antonio, padre de los monjes
tion a été reprise et annotée par P. Tremblay, Ottawa- (Espiritualidad monastica, Fuentes y Estudios 1), Zamora
Montréal 1947. Elle est reproduite dans R. DRAGUET, Les 1975.
Pères du désert, Paris 1949, p. 1-74. Vida de san Antonio, introd., trad. y notas por los monjes de
B. LAVAUD, Antoine le Grand, père des moines. Sa Vie par saint Isla Liquîna, Isla Liquîna 1975.
Athanase ... , Lyon 1943. Cette traduction a été reprise dans
SAINT ATHANASE, Vie et conduite de notre père saint 5. Traduction danoise
Antoine (SO 28), Bellefontaine 1979, puis dans SAINT H. F. JOHANN SEN, Den hellige Antonius; Liv, og andre skrifter
ATHANASE, Antoine le Grand, Père des moines (Foi Vivante om munke og helgener i Aegypten, Palestina og Syrien,
240). Présentation par A. de Vogüé, O.S.B., Paris 1989 Copenhague 1955.
[= DE VOGüÉ 1989].
P. DESEILLE, Les saints moines d'Orient (Les écrits des saints), 6. Traduction néerlandaise
Namur 1958 (extraits). C. W AGENAAR, Leven, getuigenissen, brieven van de heilige
Antonius abt (Monastieke Cahiers 17), Bonheiden 1981.
2. Traductions anglaises
H. ELLERSHAW, Life of Antony, dans Select Writings and Letters
of Athanasius, Bishop of Alexandria, edited by A. Robert- III. VERSIONS ANCIENNES
so?-, New York-Oxford-Londres 1892 (A Select Library of
N~cene and Post-Nicene Fathers of the Christian Church 1. Version latine
Second Series 4), p. 195-221. '
J. B. McLAUGHLlN, St. Antony the Hermit by St. Athanasius, a. Version latine anonyme
New York 1924. G. GARITTE, Un témoin important du texte de la Vie de S.
R. T. MEYER, St. Athanasius. The Life of saint Antony Antoine par S. Athanase. La version latine inédite des
(Ancient Christian Writers 10). Westminster, Maryland- Archives du Chapitre de Saint-Pierre à Rome, Bruxelles-
Londres 1950, p. 17-98. Rome 1939.
14 BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE 15

H. HOPPENBROUWERS, La plus ancienne version latine de la Vie


de saint A.n~oine de. sa:int Athanase. Étude de critique tex- 6. Version slave
tuelle (LatmLtas Chnst~anorum Primaeva 14), Nimègue 1960.
Sur cette version en slave ancien, très littérale et dont le texte
G.1. M. BARTELIN~,. Vita di Antonio (Vite dei Santi 1), Rome n'a pas encore été édité, voir A. DE SANTOS OTERO, « Die
1974 [texte cntIque, traduction italienne et commentaire]. altslavische Uberlieferung der Vita Antonii des Athanasius »,
b. Version latine d'Évagre d'Antioche Zeitschrift für Kirchengeschichte 90, 1979, p. 242-252.
PC 26, 833-976 (texte de Montfaucon)
7. Version éthiopienne
PL 73, 125-170 (texte de Rosweyde = ASS Jan. 2, Antverpiae
1643, p. 120-141). L'édition commencée par le Père Louis Leloir (t) pour la série
CSCO est poursuivie par Marie-Joseph Pierre. Voir LELOIR,
2. Version copte « Premiers renseignements sur la Vie d'Antoine en éthiopien ».
dans 'AvTit5w(!ov. Hulde aan Dr. Maurits Ceerard bij de
G. GARITT~, S. Antonii Vitae uersio sahidica (CSCO 117-118), voltooiing van de Clavis Patrum Craecarum, Wetteren 1984,
Louvam 1939-1967 [texte critique et traduction latine]. p. 9-11; ID., « Le prophétisme ecclésial d'Antoine », dans After
Chalcedon. Studies in Theology and Church History, offered ta
3. Version syriaque prof Albert van Roey for his seventieth Birthday (Orientalia
F. SCHULTHESS, Probe einer syrischen Version der Vita St. Lavaniensia Analecta 18), Louvain 1985, p.217-231.
Antonii, Leipzig 1894 (ch. 1-15).
P. BEDJAN, Acta Martyrum et Sanctorum, t. 5, Paris-Leipzig
1895, p. 1-121. IV. 1. ÉTUDES SUR LA VIE D'ANTOINE (sélection)
E. A. W. BUDGE,. The Book of Paradise, t. 2, Londres 1904, p. 3-
92 [traductIOn anglaise: ibid., t. l, p. 1-108). Louise ABRAMOWSKI, « Vertritt die syrische Fassung die ursprün-
R. DRA~uET, La Vie primitive de S. Antoine conservée en gliche Gestalt der Vita Antonii? Eine Auseinandersetzung
S'(naqy: e (CSCO 417-418), Louvain 1980 [texte critique, mit der These Draguets », dans Mélanges Antoine Cuillau-
dIscussIOn et traduction française]. mont (Cahiers d'Orientalisme 20), Genève 1988, p. 47-56.
A. SMITH LEW!S et M. DUNLOP GIBSON, Palestinian Syriac Texts H. W. J. ADAMS, « Saint Antony of Egypt », Cisterciensian
f'.om Pahmpsest Fragments in the Taylar-Schlechter Collec- Studies 14, 1979, p. 156-170; 269-279.
t~.on, L?ndres 19?0, p. 89-104 [fragments en Syro-Palesti- Monique ALEXANDRE, « A propos du récit de la mort d'Antoine
men, dIalecte synaque de Palestine à l'usage des Melkites]. (Athanase, Vie d'Antoine. PC 26, 968-974, §89-93). L'heure
de la mort dans la littérature monastique », dans Le Temps
4. Version arménienne chrétien de la fin de l'Antiquité au Moyen Age, Ille-XIIIe
E. TAYECI, S. Athanasii patriarchae Alexandriae homiliae siècles, Paris 1984, p. 263-282 (= ALEXANDRE 1984).
epistulae et controversiae (armeniace), Venise 1899, p. 533: P. ALVAREZ, « Demon Stories in the Life of Antony by
614 {aux pages 533-536 on trouve la préface et le premier Athanasius », Cisterciensian Studies 23, 1988, p. 101-118.
chapItre dans une autre version arménienne]. B. ALTANER, « Augustinus und Athanasius », RBen 59, 1949,
p. 82-90 (= Kleine Patristische Schriften, Berlin 1967,
5. Version géorgienne p. 260-268).
V. IMNAISVILI, At'anasi Alek'sandreli CChovrebay cmidisa Anto- E. AMÉLINEAU, « Saint Antoine et les commencemènts du
nisi, (Dzveli k'art'uli enis k'at'edris sromebi 12) Tbilissi monachisme chrétien en Égypte », Revue de l'histoire des
1870. ' religions 65, 1912, p. 16-78.
16 BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE 17

H. BACHT, « Antonius und Pachomius. Von der Anachorese zum G. COUILLEAU, « La liberté d'Antoine ,), Studia Anselmiana 70,
Zonobitentum ,), Studia Anselmiana 38, 1956, p.66-107. 1977, p. 13-40 (= COUILLEAU).
G. BARDY, art. « Antoine ,), DS l, 1937, c.702-708. 1. DANIÉLOU, « Les démons de l'air dans la • Vie d'Antoine' ,),
1. W. BARNARD, « The Date of S. Athanasius' Vita Antonii ,), Studia Anselmiana 38, 1956, p. 136-147 (= DANIÉLOU).
VChr 28, 1974, p. 169-175. V. DESPREZ, « Saint Antoine et les débuts de l'anachorèse »,
T. D. BARN ES, « Angel of light or mystic initiate ? The problem of
Lettre de l'Abbaye Saint-Martin de Ligugé 237, 1986,
p. 23-36; 238, 1986, p. 10-38 (= DESPREZ).
the Life of Antony'), JThS 37, 1986, p. 353-368.
H. DORRIES, Die Vita Antonii als Geschichtsquelle (Nachrich-
G. J. M. BARTELINK, « Einige Bemerkungen über Evagrius' von ten der Akademie der Wissenschaften in Gottingen, Phil.-
Antiochien tlbersetzung der Vita Antonii ,), RBen 82, 1972, hist. Klasse 14), Gottingen 1949, p. 357-410 (Réimpression
p.98-105. dans Wort und Stunde l, Gottingen 1966, p. 145-224)
G. J. M. BARTELINK, « Grécismes lexiocologiques et syntaxiques [= DORRIES].
dans les traductions latines du IV· siècle de la Vita Antonii A. EICHHORN, Athanasii de vita ascetica testimonia collecta,
d'Athanase ,), Mnemosyne 30, 1977, p. 388-422. Halle 1886.
G. J. M. BARTELINK, « Observations de critique textuelle sur la P. FORcE, « La traduction latine proposée par Migne au regard de
plus ancienne version de la Vie de saint Antoine par saint son édition de la Vie d'Antoine par Athanase d'Alexandrie ,),
Athanase », RBen 81, 1971, p. 92-95. . dans Migne et le renouveau des études patristiques. Actes
G. J. M. BARTELINK, « Die iilteste lateinische Übersetzung der du colloque de Saint-Flour (7-8 juillet 1975), éd. A. Man-
Vita Antonii des Athanasius im Lichte der Lesarten einiger douze et J. Fouilheron (Théologie historique 66), Paris,
griechischen Handschriften ,), Revue d'Histoire des Textes, 1985, p. 255-317.
11, 1981, p. 397-413 (= BARTELINK 1981). J. A. FRANCIS, « Pagan and Christian Philosophy in Athanasius'
G. J. M. BARTELINK, « Echos aus Platons Phaedon in der Vita
Vita Antonii ,), American Benedictine Revue 32, 1981,
Antonii? ,), Mnemosyne 37, 1984, p. 145-147. p. 100-113.

G. J. M. BARTELINK, « Eine Reminiszenz aus Platons Timaeus in K. S. FRANK, art. « Antonius Aegyptius monachus ,), Augustinus-
der Vita Antonii ,), Mnemosyne 40, 1987, p. 150 (= BARTE- Lexikon l, 1988, c. 281-283.
LINK 1987). G. GARITTE, « Histoire du texte imprimé de la Vie grecque de
saint Antoine ,), Bulletin de l'Institut historique Belge de
A. C. BAYNES, « St. Antony and the Demons ,), Journal of
Rome 22, 1942-43, p. 5-29 (= GARITTE 1942-43).
Egyptian Archeology 40, 1954, p.7-1O.
G. GARITTE, « Le texte grec et les versions anciennes de la Vie de
E. BETTENCOURT, « L'idéal religieux de saint Antoine et son saint Antoine ,), Studia Anselmiana 38, 1956, p. 1-12
actualité ,), Studia Anselmiana 38, 1956, p. 45-65 (= BET- (= GARITTE 1956).
TENCOURT).
G. GARITTE, « Réminiscences de la Vie d'Antoine dans Cyrille de
1. BOUYER, La Vie de saint Antoine. Essai sur la spiritualité du Scythopolis ,), dans Studi Bizantini e neoellenici 9 (= Sillo-
monachisme primitif, Abbaye de S. Wandrille 1950, Belle- ge Bizantina in onore di S. G. Mercati), Rome 1957,
fontaine 19772 (SO 22) [= BOUYER]. p. 117-122 (= GARITTE 1957).
B. R. BRENNAN, « Dating Athanasius' Vita Antonii ,), VChr 30, F. GIARDINI, « Doctrina espiritual en la Vita Antonii de san
1976, p. 52-54. Atanasio ,), Teologia espiritual4, 1960, p. 377-412; 7, 1963,
G. M. BROWNE, « Coptico-Graeca : The Sahidic Version of St p. 681-70l.
Athanasius' Vita Antonii ,), Greek, Roman, and Byzantine W. HENGSTENBERG, Das griechische Januar-Menologium, Frei-
Studies 12, 1971, p. 59-64 (= BROWNE). sing 1910.
18 BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE 19

1. HERRERA, (, Ternas neotestamentarios de huida deI mundo en W. SCHNEEMELCHER, (, Das Kreuz Christi und die Damonen.
la Vida de Antonio de san Atanasio », Yermo l, 1963, Bemerkungen zur Vita, Antonii des Athanasius 'i, dans
p.287·303. Pietas. Festschrift für Bernhard Kotting, éd. E. Dassmann
L. VON HERTLING, Antonius der Einsiedler, Innsbruck 1929 et K. S. Frank (JbA C, Erganzungsband 8), Münster 1980,
(= VON HERTLING 1929). p.381-392.
L. VON HERTLING, (, Studi storici antoniani 'i, Studia Anselmiana R. STAATS, (, Antonius », dans Alte Kirche 1 (= Gestalten der
38, 1956, p. 13-34 (= VON HERTLING 1956). Kirchengeschichte 1), Stuttgart 1984, p. 236-249.
H. W. HOPPENBROUWERS, (, La technique de la traduction dans B. STEIDLE, « Homo Dei Antonius. Zum Bild des • Mann Gottes '
l'Antiquité d'après la première version latine de la Vita im alten Monchtum 'i, Studia Anselmiana 38, 1956, p. 148-
Antonii », Mélanges Christine Mohrmann. Nouveau Re- 200 (= STEIDLE 1956).
cueil, Utrecht 1973, p. 89-95. J. STOFFELS, (, Die Angriffe der Damonen auf den Einsiedler
J. LEcLERcQ, « Saint Antoine dans la tradition monastique Antonius 'i, Theologie und Glaube 2, 1910, p. 721-732; 809-
médiévàle », Studia Anselmiana 38, 1956, p. 229-247 830.
(= LEcLERcQ 1956). V. TANDOI, « Sul testo della Vita Antonii nella più antica
R. LORENz, « Die griechische Vita Antonii des Athanasius und versione Latina (Note marginali a un' edizione critica
ihre syrische Fassung. Bemerkungen zu einer These von recente) 'i, Studi Italiani di Filologia Classica 50, 1978,
R. Draguet », Zeitschrift für Kirchengeschichte 100, 1989, p. 161-190.
p.77-84. M. TETz, (, Athanasius und die Vita Antonii 'i, Zeitschrift für die
A. LOUTH, (, St. Athanasius and the Greek Life of Antony 'i, JThS neutestamentliche Wissenschaft 73, 1983, p. 1-30 (= TETz
39, 1988, p. 504-509. 1983).
M. J. MARx, (, Incessant Prayer in the Vita Antonii 'i, Studia B. R. V OSS, « Bemerkungen zu Euagrius von Antiochien. Vergil
Anselmiana 38, 1956, p. 108-135 (= MARx 1956). und Sallust in der Vita Antonii 'i, VChr 21, 1967, p. 93-102.
J. MAYER, « Über Achtheit ,und Glaubwürdigkeit der dem A. WILMART, « Une version inédite de la Vie de s. Antoine 'i,
heiligen Athanasius dem Grossen zugeschriebenen Vita RBen 31, 1914, p. 163-173.
Antonii », Der Katholik 66, l, 1886, p. 619-636; 66, 2, E. WOLFLE, (, Literarische Abhangigkeit der Vita Hypatii von
1886, p. 72-86; 173-193. der Vita Antonii 'i, dans ID., Hypatios. Leben und Bedeu-
E. P. MEYERING, Athanasius, De incarnatione Verbi. Einleitung, tung des Abtes von Rufiniane, Francfort 1986, p. 23-38.
Übersetzung, Kommentar, Amsterdam 1989 (= MEYERING).
Christine MOHRMANN, (, Note sur la version latine la plus
ancienne de la Vie de saint Antoine par saint Athanase 'i, IV, 2. FORME LITTÉRAIRE DE LA VIE D'ANTOINE
Studia Anselmiana 38, 1956, p. 35-44 (= MOHRMANN
1956). G. 1. M. BARTELINK, « Die literarische Gattung der Vita Antonii.
P. MONCEAUx, (, Saint Augustin et saint Antoine 'i, dans Miscel- Struktur und Motive 'i, VChr 36, 1982, p. 38-62 (= BARTE-
lanea Agostiniana 2, Rome 1931, p. 61-89. LINK 1982).
1. ROLDANUS, Le Christ et l'homme dans la théologie d'Athana- L. BIELER, 0e:'i:oç (Xv~p. Das Bild des « gottlichen Menschen li in
se d'Alexandrie (Studies in the History of Christian Spiitantike und Frühchristentum 1-11, Vienne 1935 (réimpr.
Thought 4), Leyde 1968 (= ROLDANUS 1968). Darmstadt 1967) [= BIELER].
J. ROLDANUS, (, Die Vita Antonii aIs Spiegel der Theologie des S. CAVALLIN, Literarhistorische und textkritische Studien zur
Athanasius und ihr Weiterwirken bis ins 5. Jht. 'i, Theologie Vita S. Caesarii Arelatensis (Lunds Universitets Arsskrift.
und Philosophie 58, 1983, p. 194-216 (= ROLDANUS 1983). N. S. Avd. l, 30, 7), Lund 1934.
20 BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE 21
2
H. DELEHAYE, Les légendes hagiographiques, Bruxelles 1906 •
H. DELEHAYE, Les passions des martyrs et les genres littéraires,
Bruxelles 1921, 19662 • V. LES LETTRES D'ANTOINE
A. J. FESTUGIÈRE, « Lieux communs littéraires et thèmes de
folklore dans l'hagiographie primitive '>, Wiener Studien 73, SAINT ANTOINE, Lettres. Introduction par A. Louf, traduction par
1960, p. 123-152. les moines du Mont des Cats (SO 19), Bellefontaine 1976.
A. J. FESTUGIÈRE, « Sur une nouvelle édition du De vita G. COUILLEAU, « L'alliance aux origines du monachisme égyp-
Pythagorica de Jamblique '>, Revue des Études Grecques 50, tien '>, Collectanea Cisterciensia 39, 1977, p. 170-193.
1937, p. 470 s. (= FESTUGIÈRE 1937).
G. GARITTE, « Un fragment grec attribué à saint Antoine l'Ermi-
K. HOLL, « Die schriftstellerische Form des griechischen Heili- te '>, Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome 2,
genlebens '>, Neue Jahrbücher für das klassische Altertum 1939.
29, 1912, p. 406-427.
G. GARITTE, « Une lettre grecque attribuée à saint Antoine '>, Le
F. LEo, Die griechisch-romische Biographie nach ihrer literari- Muséon 53, 1942, p. 97-105 (= GARITTE 1942).
schen Form, Leipzig 1901.
G. GARITTE, « Les lettres de saint Antoine en Géorgien '>, Le
1. LIsT, Das Antoniusleben des hl. Athanasius des Grossen. Muséon 64, 1951, p. 267-278.
Eine literar-historische Studie zu den Anfiingen der byzan-
tinischen Hagiographie (Texte und Forschungen zur byzan- G. GARITTE, Lettres de S. Antoine. Version géorgienne et
tinisch-neugriechischen Philologie 11), Athènes 1930 fragments coptes, édition et traduction (CSCO 148-149),
(= LIsT 1930). Louvain 1955 (= GARITTE 1955).
G. LucK, « Die Form der suetonischen Biographie und die frühen G. GRAF, Geschichte der christlichen arabischen Literatur 1
Heiligenviten '>, dans Mullus.Festschrift Th. Klauser (Studi e Testi 118), Città del Vaticano 1944, p.457-458.
(JbAC, Ergiinzungsband 1), Münster 1964, p. 230-241. F. KLEJNA, « Antonius und Ammonas, eine Untersuchung über
H. MERTEL, Die biographische Form der griechischen Heiligenle- Herkunft und Eigenart der iiltesten Monchbriefe '>, Zeit-
genden, Munich 1909 (= MERTEL). schrift für katholische Theologie 62, 1939, p. 309:348
(= KLEJNA 1939).
M. PELLEGRINO, Vita e martirio di San Cipriano (Verba
Seniorum), Alba 1955~ W. MYSZOR, « Antonius-Briefe und Nag-Hammadi-Texte '>, JbAC
32, 1989, p. 72-88.
A. PRIESSNIG, Die biographischen Formen der griechischen
Heiligenlegenden in ihrer geschichtlichen Entwicklung, S. RUBENSON, The Letters of St. Antony. Origenist Theology,
Munich 1924. Monastic Tradition and the Making of a Saint (Bibliothe-
ca Historico-Ecclesiastica Lundensis 24), Lund 1990 (= Ru-
R. REITZENSTEIN, Hellenistische Wundererziihlungen, Leipzig BENSON).
1906.
R. REITZENSTEIN, Des Athanasius Werk über das Leben des
Antonius. Ein philologischer Beitrag zur Geschichte des
Monchtums (Sitzungsberichte des Heidelberger Akademie VI. ANTOINE DANS L'ART, LE CULTE ET LE FOLKLORE
der Wissenschaften, Philos.-hist. Klasse 5), Heidelberg
1914 (= REITZENSTEIN 1914). Cl. CHAMPION, Saint Antoine ermite (L'art et les saints), Paris
M. SCHUETT, « Vom hl. Antonius zum hl. Guthlac. Ein Beitrag s.d.
zur Geschichte der Biographie '>, Antike und Abendland 5, G. FERRARI, « Sources for the early Iconography of St. Antho-
1956, p. 75-91. ny '>, Studia Anselmiana 38, 1956, p. 248-253 (répertoire
d'images d'Antoine des VIlle-XIIIe siècles).
22 BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE 23

G. KORTE, Antonius der Einsiedler in Kult, Kunst und G. DAGRON, (' Les moines et la ville. Le monachisme à Constanti-
Brauchtum Westfalens, Werl 1952. nople jusqu'au concile de Chalcédoine (451) )i, dans Travaux
H. KÜNSTLE, Ikonographie der christlichen Kunst 2. Ikonogra- et Mémoires 4 (Centre de recherche, d'histoire et civilisation
phie der Heiligen, Fribourg 1926, p. 66-72. byzantine), Paris 1970, p. 229-276.
P. N OORDELOOS, (, De iconographie van het bezoek van Antonius A. J. FESTUGIÈRE, Antioche païenne et chrétienne. Libanios,
de Groote aan Paulus van Thebe )i, Gildeboek 24, 1941, Chrysostome et les moines de Syrie, Paris 1959.
p.33-73. A. J. FESTUGIÈRE, Historia monachorum in Aegypto. Édition
L. RÉAU, Iconographie de l'Art Chrétien 3. Iconographie des critique du texte grec et traduction annotée (SH 53),
Saints, Paris 1958, p. 101-115. Bruxelles 1971.
M. SAUSER, art. « Antonius Abbas )i, Lexikon der christlichen K. S. FRANK, Grundzüge der Geschichte des christ lichen Monch-
Ikonographie 5, 1973, c. 205-217. tums (Grundzüge 25), Darmstadt 1975.
M. WARD, The Saints in Pictures. St. Anthony of Egypt, A. GUILLAUMONT, Les « Kephalaia gnostica >i d'Évagre le
Londres-New York 1950. Pontique (Patristica Sorbonensia 5), Paris 1962.
A. GUILLAUMONT, (, Le site des' Kellia' (Basse-Égypte) )i, Revue
archéologique, juillet-sept. 1964, p. 43-50.
VII. LE MONACHISME (sélection) A. GUILLAUMONT, Kellia 1 (Fouilles de l'Institut d'archéologie
orientale du Caire 28), Le Caire 1969.
H. BACHT, (, Pakhome et ses disciples )i, dans Théologie de la A. GUILLAUMONT, Aux origines du monachisme chrétien. Pour
Vie monastique, Paris 1961, p. 39 s. une phénoménologie du monachisme (Sa 30), Bellefontaine
1979.
G. J. M. BARTELINK, (, Les rapports entre le monachisme égyptien
et l'épiscopat d'Alexandrie (jusqu'en 450) », Alexandrina. F. HALKIN, S. Pachomii Vitae Graecae, Bruxelles 1932 (= HAL-
Mélanges offerts à Claude Mondésert s.j., Paris 1987, KIN).
p.365-379. K. HEUSSI, Der Ursprung des Monchtums, Tübingen 1936,
Th. BAUMEISTER, (, Die Mentalitiit des frühen iigyptischen Aalen 1981 2 (= HEUSSI).
Monchtums. Zur Frage der Ursprünge des christlichen L. Th. LEFORT, Les vies coptes de saint Pachome et de ses
Monchtums », Zeitschrift für Kirchengeschichte 88, 1977, premiers successeurs, Louvain 1943.
p. 146-160. L. Th. LORIÉ, Spiritual Terminology in the Latin Translations
C. BUTLER, The Lausiac History of Palladius, 1-11, Cambridge of the Vita Antonii (Latinitas Christianorum Primaeva
1898-1904. 11), Nimègue 1955 (= LORIÉ).
CALLINICOS, Vie d'Hypatios (SC 177), éd. G. 1. M. Bartelink, 1. AUF DER MAUR, Monchtum und Glaubensverkündigung in den
Paris 1971. Schriften des hl. Johannes Chrysostomus, Freiburg 1959.
P. CANIVET, Le monachisme syrien selon Théodoret de Cyr A. MEREDITH, « Ascetism, Christian and Greek », JThS 27, 1976,
(Théologie historique 42), Paris 1977. p.313-332.
O. CHADWICK, John Cassian. A Study in primitive Monasticism, J. PARGOIRE, (, Les débuts du monachisme à Constantinople »,
Cambridge 1950, 1967 2 • Revue des Questions historiques 65, 1889, p. 67-153.
D. J. CHITTY, Et le désert devint une cité (Sa 31), Bellefontaine A. QUACQUARELLI, Lavoro e ascesi nel monachesimo deI IV e V
1980. secolo (Quaderni di 'Vetera Christianorum ' 18), Bari 1982.
H. CROUZEL, (, Origène précurseur du monachisme )i, dans P. RESCH, La doctrine ascétique des premiers maîtres égyptiens,
Théologie de la Vie monastique, Paris 1961, p. 15 s. Paris 1931 (= RESCH 1931).
24 BIBLIOGRAPHIE

S. SCHIWIETZ, Das morgenliindische Monchtum 1, Mayence


1904.
THÉODORET DE CYR, Histoire des moines de Syrie (SC 234 et
257), éd. P. Canivet, Paris 1977, 1979.
H. WEINGARTEN, Ursprung des Monchtums im nachconstantini-
schen Zeitalter, Gotha 1877.

INTRODUCTION
CHAPITRE PREMIER

L'AUTEUR ET L'ŒUVRE

la. Athanase d'Alexandrie (vers 295-373),


auteur de la Vie d'Antoine

Ce ne fut probablement que peu de temps après la mort


d'Antoine (356) que l'évêque Athanase l se décida à écrire
sa vie pour présenter aux moines un modèle de vie
ascétique. Par cette initiative heureuse la renommée du
« père des moines ) se répandit bientôt dans tout le monde
connu.
Cette biographie de la main d'Athanase est déjà men-
tionnée aux environs de 380 par Grégoire de Nazianze qui,
dans son éloge de l'évêque alexandrin 2, s'exprime ainsi:
« Il a écrit la Vie du divin Antoine en guise de règle
monastique présentée sous forme de récit. ) Vient ensuite,
vers 392, le témoignage explicite de Jérôme 3. A ces
témoignages de contemporains d'Athanase, prononcés
peu d'années après son décès, s'ajoutent, dès le début du
ve siècle de nombreux autres textes 4.

1. Sur la vie et les œuvres d'Athanase on consultera J. QUASTEN,


Patr6logy, t. 3, Utrech-Anvers 1960, p. 20-79 (VA: p. 39-45);
J. MOSSAY, dans SC 270, p. 86-88. Sur la date de composition de la
VA voir, dans Bibl. IV, l, les études de BARNARD (fin 357 ou début
358) et de BRENNAN (peut-être après l'Historia Arianorum, soit après
fin 358).
2. Or. 21, 5.
3. De uir. ill. 87 et 125.
4. Voir Introd. l, lc (Testimonia), p.37-41.
28 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 29
Pendant presque douze siècles aucun doute n'a plané grandes parties de la VA, de sorte qu'il ne resterait guère
sur la paternité littéraire d'Athanase, à qui les manuscrits plus à Athanase qu'un rôle de rédacteur. Passons en revue
grecs, sans exception, attribuent la VA 1. A ces critères brièvement l'histoire de ces discussions.
externes vient s'ajouter un critère interne : la présence Au XVIe siècle certains Réformateurs émirent pour la
dans la VA de parallèles avec d'autres ouvrages d'Atha- première fois des doutes sur l'authenticité de la VA, qui
nase, qui touchent aussi bien le contenu que des particula- n'était alors connue que dans la traduction latine d'Évagre
rités stylistiques 2. d'Antioche. Les Centuriateurs de Magdebourg furent les
Cependant, depuis la Réforme et jusqu'à nos jours, il y premiers à mettre en question la paternité littéraire
a eu, de temps à autre, des discussions sur l'authenticité de d'Athanase \ d'ailleurs sans fournir d'arguments. Au
la VA. Le fait qu'elle soit la première biographie consacrée siècle suivant, Petrus Felckmann, qui publia une édition
à un moine et qu'elle ait eu un grand retentissement dans gréco-latine de la VA, dont le texte grec était celui de
le monde chrétien y a sans doute joué un rôle. Le débat l'editio princeps de David Hoeschel, contesta lui aussi son
reflétait une appréciation divergente du monachisme de la authenticité.
part des catholiques et des protestants, et les divisa Dans son Introduction à la version d'Évagre de la VA,
pendant des siècles. Il fut ranimé en 1877 par une Rosweyde, par contre, la défendit 2. Il examina et réfuta les
publication de H. Weingarten. Quelques années plus tard arguments allégués contre l'authenticité par Hospinianus
J. Mayer et A. Eichhorn entreprirent de réfuter ses et Scultetus. A leur assertion que la VA ne serait qu'un
arguments (1886), et presque tous les savants se rangèrent appendice récent aux autres œuvres d'Athanase et qu'il
de leur côté (de même plus tard Butler, von Harnack, n'existait pas de texte grec, il put répondre à bon droit que
Heussi, Holl, Lefort et Reitzenstein). La question sembla le texte latin était imprimé depuis longtemps sous le nom
alors tranchée définitivement et von Hertling put dire en d'Athanase et que récemment (en 1611) Hoeschel avait
1956 : « La Vita è generalmente riconosciuta come opera di publié l'editio princeps du texte grec. D'après eux on ne
Atanasio 3. » On est revenu toutefois récemment sur cette retrouvait pas dans la VA, telle que nous la connaissons,
question. Partant de la version syriaque de la VA, qui était les règles pour la vie monastique qu'Athanase, selon
pour lui la traduction d'un texte grec primitif avec des Grégoire de Nazianze, s'était proposé de donner. Rosweyde
traits copticisants, R. Draguet en vint à rejeter la paternité récusait aussi cet argument puisque dans sa Préface
littéraire d'Athanase (1980). Quelques années plus tard Athanase nous présente expressément la vie d'Antoine
u?e t~ute autre hy~)Othèse fut émise par M. Tetz (1983) : elle-même comme une norme pour la vie ascétique, et que
SeraplOn de Thmms ne serait pas seulement l'informateur les exhortations d'Antoine lui-même dans son grand
dont Athanase parle dans la Préface (5), mais l'auteur de discours contiennent mainte règle utile. Le débat sur
l'authenticité était également empreint de subjectivité dans
1. A cause de son sujet spécial la VA a connu une transmission
séparée de celle des écrits dogmatiques et polémiques d'Athanase.
Elle a trouvé place dans les ménologes de janvier et dans les recueils 1. Centuria IV, 10, Bâle 1560, p. 1306: ({ Legitur passim in
d'écrits ascétiques et hagiographiques. narrationibus de vitis sanctorum Antonii vita eo titulo, quasi ab
2. Voir Introd. l, lb, p. 36-37. Athanasio conscripta et ab Euagrio presbytero Latine facta sit. ')
3. VON HERTLING 1956 (Bibl. IV, 1), p. 15. 2. In Vitam Beati Antanii praeludia. Natatia (PL 73, 120).
30 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 31

la mesure où le genre littéraire de la VA était en jeu. Rufin 1. En fait, les critères dont Weingarten se servait
Rosweyde s'opposait à la conception de ses adversaires qui pour dénier l'authenticité s'avérèrent faibles.
considéraient les récits de la VA comme ridicules, puérils Pendant à peu près un siècle l'authenticité athanasienne
et incompatibles avec les idées dont font preuve les autres de la VA ne fut pratiquement plus contestée 2 et, en
écrits d'Athanase. Enfin la réfutation du dernier argument discutant des origines du monachisme, Heussi (1936) se
de ses adversaires (Antoine, &YPOCfJ.fJ.oc't'oc;; dans la VA, était prononça en sa faveur. En pesant les arguments utilisés
qualifié de O'xoÀocO''t'Lx6c;; par la Souda) était simple : le jusque là et en y ajoutant les siens propres, il ne put que
moine égyptien Antoine n'est pas à identifier avec l'avocat conclure qu'Athanase en est l'auteur. On ne pouvait pas
mentionné par la Souda. passer sous silence les témoignages presque contemporains
Nous ne suivrons pas en détail ce débat qui, souvent lui attribuant la VA, et celle-ci comporte des idées
dominé par des idées préconçues, s'est traîné pendant des spécifiquement athanasiennes. Heussi fit observer égale-
siècles 1. Relevons seulement que la discussion se ranima ment que certains passages de la VA montrent que l'auteur
quand, en 1877, H. Weingarten publia une étude sur occupait un rang élevé dans la hiérarchie~ ecclésiastique
l'origine du monachisme 2. Selon lui, le monachisme d'Égypte, qu'il était connu en dehors de l'Egypte - c'est
n'aurait pris naissance qu'après la mort de Constantin et à lui qu'on s'adresse pour obtenir des renseignements sur
ne se serait manifesté qu'après 340. Il considérait en Antoine - et qu'il aurait voulu faire venir des moines
quelque sorte les moines égyptiens comme les successeurs pour l'informer. Les remarques sur le respect d'Antoine
des reclus (xoc't'0Xo() du grand temple de Sérapis, et le pour le clergé (67, 1-2) et sur son manteau (91,8-9; 92, 3)
monachisme chrétien comme une imitation d'une forme cadrent bien avec ces données. La Préface nous renseigne
païenne de monachisme. Enfin, ce qui. nous intéresse sur les rapports de l'auteur avec Antoine : il l'a vu
surtout ici, Athanase ne pouvait être l'auteur de la VA. plusieurs fois, mais il reçoit des renseignements plus
Cette étude provoqua plusieurs réactions. Hilgenfeld détaillés de quelqu'un qui a séjourné avec lui pendant un
notamment, et d'autres avec lui, s'y opposèrent, et quel- certain temps. Cela suggère que l'auteur se trouve à une
ques années plus tard, en 1886, J. Mayer et A. Eichhorn certaine distance d'Antoine. Enfin Heussi fait remarquer
réfutèrent les idées de Weingarten 3. Le premier allégua que la VA ne peut avoir été écrite après la mort
toute une série de parallèles entre la VA et d'autres d'Athanase (373), puisque avant cette date la traduction
ouvrages d'Athanase, en premier lieu le De incarnatione 4. latine d'Évagre existait déjà. Toutes ces données s'accor-
Eichhorn, de son côté, releva l'importance de certaines dent bien avec l'hypothèse de la paternité littéraire
données historiques en faveur de la paternité littéraire d'Athanase 3.
d'Athanase et de l'authenticité de la VA, notamment les .1. Voir Introd. I, lc (Testimonia), p. 37-40.
témoignages de Grégoire de Nazianze, de Jérôme et de 2. Cf. HEUSSI (Bibl. VII), p. 79 : (, Seitdem ist der Widerspruch
gegen die Athanasianische Herkunft des Werkes verstummt; For~­
cher wie LOOFS, HOLL, REITZENSTEIN, ED. SCHWARTZ setzen SIe
1. Voir l'aperçu chez HEUSSI (Bibl. VII), p. 2-8. einfach voraus. " Voir aussi J. GRIBOMONT, Dizionario degli istituti
2. Cf. Bibl. VII. di perfezione l, 1974, c. 700. , . . .
3. Cf. Bibl. IV, 1. 3. C'est l'opinion de presque tous les specialistes du mo~achisme
4. Voir Introd. I, lb, p. 36-37. primitif. Ainsi, plus récemment, K. S. Frank; U. Ranke-Hememann.
32 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 33

Draguet, dans l'Introduction à son édition critique de la particularités de cette version s'expliquent mieux en
version syriaque de la VA (1980), a contesté qu'Athanase admettant un original copte, écrit par un moine anonyme
soit l'auteur du texte grec 1. Selon lui la version syriaque, qui connaissait Antoine de près. Barnes allègue sept
faite en Perse au ve ou au VIe siècle -elle contient une passages (par exemple Pr. 5 : la version syriaque parle de
phrase qui est sans doute d'inspiration nestorienne - , a navigation sur le Nil, en Haute-Thébaïde; 14, 2 : fle:flU-
été traduite sur un original grec copticisant, qui ne peut cr't'IXYW'(Ylflévoç, « initié », rendu en syriaque par « ange de
pas être le texte grec dont nous disposons aujourd'hui. lumière ») pour montrer que la version syriaque et le texte
Celui-ci ne serait qu'une adaptation de ce texte grec grec que nous connaissons aujourd'hui remontent l'une et
copticisant. l'autre à un original copte perdu. Il n'a pas réussi toutefois
Que penser de cette thèse de Draguet qui renouvelle la à nous convaincre : on peut penser tout autant à des
discussion sur la paternité littéraire de la VA? Son ajouts, des omissions (notamment des éléments spéci-
premier point faible est qu'il lui faut supposer que ce texte fiquement grecs) ou des modifications dues au traducteur
grec copticisant a circulé pendant plus d'un siècle - en syriaque.
concurrence avec le texte grec tel que nous le connaissons Tout en acceptant provisoirement l'hypothèse d'un
- sans laisser aucune trace. Ensuite étant donné que le original copte, Louth (1988) s'oppose à Barnes en consi-
texte que nous connaissons existait déjà vers 370 - date dérant Athanase comme l'auteur du texte grec de la VA.
à laquelle il avait déjà été traduit deux fois en latin - , il Pour le montrer il a examiné - à la suite de Tetz et de
faut supposer que la rédaction du texte grec copticisant et Roldanus - les passages de la VA qui trahissent une
son adaptation ont pris place entre cette date et la mort théologie spécifiquement athanasienne, spécialement ceux
d'Antoine (356). qui n'ont pas de parallèle dans la version syriaque.
La plupart des spécialistes ne semblent pas avoir été R. Lorenz (1989) 1 a combattu avec de solides arguments
convaincus par la nouvelle théorie 2. Cependant, dans un la thèse de Draguet et la modification que Barnes en a
article de 1986, Barnes 3 a réagi de façon positive à la thèse présentée. Il considère plusieurs détails de la version
de Draguet, mais en la modifiant. Il admet l'existence d'un syriaque comme des ajouts du traducteur, destinés à
original copte, destiné aux monastères pachômiens, dont la expliquer au lecteur des situations proprement égyptien-
version grecque que nous connaissons serait une adapta- nes. L'omission de détails spécifiques, peu intéressants
tion destinée aux régions de culture et de langue grecques. pour le lecteur syrien, s'explique de la même manière. En
Mais Athanase ne saurait être l'auteur de ce texte analysant le ch. 14 Lorenz montre que le texte syriaque
grec. Selon Barnes, en effet, les arguments linguistiques n'est qu'une modification du texte grec: même les traits
sur lesquels Draguet fonde sa théorie d'une version néo-pythagoriciens n'y manquent pas totalement. Le pas-
syriaque faite sur un texte grec sont faibles, et les sage de la Préface syriaque concernant l'interruption de la
navigation sur le Nil ne provient que d'un manque de
compréhension du traducteur et ne saurait témoigner en
1. Sur cette question, voir aussi Introd. II, 2c (La version faveur d'une source indépendante, ce qui implique que la
syriaque), p. 98-99.
2. Kannengiesser, Tetz et Couilleau.
3. Cf. Bibl. IV, 1. 1. Cf. Bibl. IV, 1.
34 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 35

VA n'a pas été écrite pour des moines pachômiens en faisant allusion à Élisée héritant du manteau d'Élie (III
Thébaïde, mais pour des destinataires en Occident 1. La Rois 19, 19; IV Rois 2, 8).
conclusion de Lorenz, à laquelle nous nous associons, est M. Tetz esquisse ensuite le profil de l'évêque Sérapion
que la VA syriaque n'est pas un témoin indépendant de la qui, entre 350 et 369, échangea des lettres avec l'archevê-
Vie d'Antoine 2. que d'Alexandrie. Il constate des différences essentielles
En 1983, M. Tetz lança, avec toute la prudence néces- entre la théologie de Sérapion et celle d'Athanase en
saire, la thèse selon laquelle Athanase ne serait pas l'auteur comparant la lettre de Sérapion à propos de la mort
mais le rédacteur d'une grande partie de la VA 3. Athanase d'Antoine avec une lettre semblable d'Athanase à Hor-
n'aurait fait que rédiger des textes écrits par Sérapion, siese, supérieur des pachômiens depuis 368, année de la
évêque de Thmuis en Basse-Égypte. M. Tetz part de mort de Théodore. Dans les écrits de Sérapion l'incarna-
quelques textes de la VA. Il y a d'abord le texte de la tion et la rédemption, la grâce et la croix, n'ont pas la place
Préface (5), où il y est question de l'informateur d'Atha- centrale qu'elles ont chez Athanase. Dans la lettre fort
nase, qui versait de l'eau sur les mains d'Antoine (passage rhétorique de Sérapion aux disciples d'Antoine, c'est ce
crucial où il faut modifier le texte de Montfau- dernier qui est au centre et joue le rôle principal au profit
con) : l'allusion à IV Rois 3, 11 évoque une relation de du monde, tandis que la relation christologique, qui est au
maître à disciple. Le nom n'étant pas mentionné, Tetz centre de la pensée d'Athanase, n'y est relevée nulle part.
admet qu'il s'agit vraisemblablement d'un nom bien Dans la lettre analogue où Athanase évoque la mémoire de
connu, et il arrive ainsi à la conclusion que cet informateur Théodore, la relation d'Antoine avec le Seigneur est
ne peut être autre que Sérapion, un des amis intimes nettement relevée: c'est la même conception que dans la
d'Antoine, évêque de Thmuis depuis 338 4 • La VA nous le VA, où Athanase met l'accent sur le Christ qui, par sa
montre encore à la montagne intérieure, où il est témoin grâce, opère dans l'homme.
d'une vision d'Antoine (82, 7-9). Et si nous y lisons enfin Il est fort possible que l'informateur mentionné par
(91, 8-9) qu'Athanase et Sérapion ont tous deux reçu en Athanase dans la Préface soit Sérapion, et qu'Athanase lui
legs un vêtement d'Antoine, c'est qu'Athanase veut souli- doive certaines données sur Antoine. Mais que Sérapion ait
gner une relation personnelle avec le grand ermite en rédigé lui-même une Vie, qu'Athanase aurait incorporée
dans sa propre Vie d'Antoine, ne semble pas prouvé. Les
arguments linguistiques et stylistiques allégués par Tetz
1. Voir Introd. 1, 2b (les destinataires de la VA). pour attribuer certaines parties de la VA à Sérapion ne
2. De même, en comparant une série de passages, Louise nous semblent pas tout à fait convaincants. Nous sommes
ABRAMOWSKI (1988, cf. Bibl. IV, 1) conclut - avec des arguments
très forts - que la thèse de Draguet est à rejeter : la version syriaque plutôt frappés par la grande unité de style de la VA. Il
n'est qu'une adaptation élargie et nivelante du texte grec. reste· cependant que, sur le rôle exact de Sérapion, le
3. Cf. Bibl. IV, 1. dernier mot n'a pas encore été dit.
4. L'identification de l'informateur d'Athanase avec Sérapion de
Thmuis, fondée sur la teneur authentique du texte grec~ avait déjà été
proposée par A. GUILLAUMONT dans l'Annuaire de l'Ecole Pratique
des Hautes Études, ve section, Sciences religieuses 79, 1971-1972,
p.320-321.
36 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 37

- VA 79, 5-6, cf. De incam. 28, 4; 52, 5 : mépris de


lb. Les accords entre la Vita Antonii, le Contra gentes la mort chez les martyrs chrétiens.
et le De incarnatione Verbi
2. Expressions analogues.
Comme on l'a constaté depuis longtemps, il y a un
certain nombre d'accords entre les traités apologétiques - VA 74, 7 : xcxl. E'LeE ••• xcxl. (J.~, cf. C. gentes 10 (SC
Contre les païens (SC 18 bis) et Sur l'incamation du Verbe 18 bis, p. 82, 1. 3-4) et 15 (SC 18 bis, p. 100, 1. 1-2. 13-
(SC 199), composés probablement à Trèves en 335-337 1, 15) : à la structure identique de la phrase correspond un
et la VA, écrite au moins vingt ans plus tard. Ces contenu analogue.
ressemblances sont si fortes qu'il ne peut guère y avoir de - VA 79, 2, cf. De incam. 41, 2 ; 42, 5 : la tournure
doute que les trois écrits ne soient du même auteur. Elles XÀEtr1jC; éX~wc;.
fournissent donc un argument important en faveur de - VA 79, 2, cf. De incam. 38, 6; 46, 1-4 : la tournure
l'authenticité athanasienne de la VA. Les parallèles se TI6't'E ••. EL (J.~ /Sn (dans De incam. 46, 1-4 l'interrogation
concentrent dans les chapitres 74-79 (débat d'Antoine avec rhétorique avec 7t6't'E ne se trouve pas moins de 6 fois).
les philosophes païens). Ils concernent aussi bien le - VA 87, 3-6, cf. De incam. 18,4-6: série de phrases
contenu que l'expression. oratoires commençant par 't'~C;
- VA 7,9: ô voüc; 't"'iic; tjJUX'Ïjc;, cf. C. gentes 26; 30; 32.
1. Parallèles se rapportant au contenu.
- VA 75, 3, cf. C. gentes 1 ; De incam. l, 1 : les païens le. Testimonia l
se moquent de la croix du Christ, mais ils ne voient pas sa
puissance qui se manifeste dans la résurrection.
Vers 376 1. Jérôme, Vita Pauli, Pro : « La vie d'An-
- VA 76, 2-3, cf. C. gentes 8 (où figure aussi la citation
toine nous a été transmise avec soin, tant en
de Rom. l, 25) ; 9 et 27-29 : divinisation des éléments et
grec qu'en latin 2» (sans mention d'auteur).
vénération des créatures au lieu de Dieu, créateur de
l'univers.
- VA 76, 2, cf. C. gentes 9 s. : la mythologie païenne. Vers 380 2. Grégoire de Nazianze, Or. 21, 5 (in
- VA 79, 1-2, cf. De incam. 11, 6; 31, 2 ; 48, 3 : la laudem Athanasii) : « Proposer tous les détails
venue du Christ sur la terre et la puissance du signe de la de sa vie (d'Athanase) à l'admiration dépasse-
croix ont mis fin à la divination païenne des oracles. rait sans doute les limites de ce que j'entre-
- VA 79, 4, cf. De incam. 46, 4; 47, 5 : l'Église a prends ici; ce serait un ouvrage historique
rempli toute la terre. plutôt que des louanges. Si l'on écrivait tout
- VA 79, 4, cf. De incam. 28, 1 ; 48, 2 : la chasteté et
la vertu de virginité prospèrent chez les chrétiens. 1. On verra aussi les listes dans PC 26, 823-834 et chez
A. EICHHORN, Athanasii de vita ascetica testimonia collecta, Halle
1886, p. 36 s.
1. Cf. KANNENGIESSER, dans SC 199, p. 7. 2. PL 23, 17.
38 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 39

cela, ce serait un livre instructif et agréable que nous l'apprend le texte célèbre des Con-
pour la postérité et je souhaiterais le faire fessions de saint Augustin (8, 14), où Ponti-
comme lui-même écrivit la vie du divin cien, haut fonctionnaire à Milan, mentionne
Antoine en guise de règle monastique présen- l'ermite d'Égypte: «Il raconta l'histoire d'An-
tée sous forme de récit 1) (trad. J. Mossay). toine, ce moine égyptien, dont le nom brillait
d'un éclat prestigieux auprès de tes serviteurs,
Vers 380 3. Jérôme, Chronicon (1ge année de mais qui pour nous, jusqu'alors, restait caché)
Constantin) : « Le moine Antoine meurt à l'âge (trad. Tréhorel et Buissou). Ponticien décrit
de cent cinq ans 2. ) ensuite (8, 15) comment, aux environs de
Trèves, un codex contenant la VA provoqua la
Vers 390 4. Jean Chrysostome, In Matth. homo 8, 5 : conversion soudaine de deux agentes in rebus
« lelivre qui contient la vie de celui-ci (fonctionnaires impériaux) : « En flânant (ils
(Antoine) 3 ). débouchèrent) sur une cabane où habitaient
certains de tes serviteurs, pauvres en esprits, de
~92/393 5. Jérôme, De uir. ill. : « On a de lui ceux à qui appartient le royaume des cieux. Et
(Athanase) ... une histoire contenant la vie du ils trouvèrent là un livre qui retraçait la vie
moine Antoine) (87). « Le moine Antoine, d'Antoine) (trad. Tréhorel et Buissou). C'était
dont Athanase, évêque d'Alexandrie, a exposé probablement la traduction d'Évagre d'Antio-
la vie dans un livre remarquable, a envoyé sept che. Un peu plus loin (8, 29) Augustin établit
lettres en copte ... à différents monastères. un parallèle entre la vocation d'Antoine et sa
Elles ont été traduites en grec; la principale propre conversion, occasionnées toutes deux
est adressée aux Arsinoïtes. Il brilla sous le par un texte biblique, pris au hasard (Rom.
règne de Constantin et de ses fils, et vécut cent 13, 13) ou entendu fortuitement : « J'avais
cinq ans ) (88). « Évagre, évêque d'Antioche, ... entendu dire en effet à propos d'Antoine qu'il
a également traduit dans notre langue la vie du avait tiré de la lecture de l'Évangile, pendant
bienheureux Antoine, écrite en grec par Atha- laquelle il était survenU par hasard, un aver-
nase 4) (125). tissement personnel, comme si on disait pour
lui ce qu'on lisait: 'Va, vends tout ce que tu
Vers 397 6. Déjà aux environs de 375, moins de vingt possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un
ans après la publication du texte grec de la VA, trésor dans les cieux; et viens, suis-moi'
une version latine circulait en Occident ainsi (Matth. 19, 21). Un tel oracle l'avait aussitôt
amené vers toi, converti) (trad. Tréhorel et
Buissou).
1. PL 35, 1085D-I088A; SC 270, p. 118.
2. GCS Eusebius 7, p. 240. Vers 400 7. La Première vie grecque de saint pa,chôme
3. PG 57, 89.
4. PL 23, 693.711-713.
(120) signale la visite des moines pachômiens
40 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 41

Zachée et Théodore à Antoine qui «( se trouvait étonnante à son (= Amoun) sujet dans la Vie
sur la montagne extérieure .) et «( était extrême- d'Antoine 1 ••)
ment âgé .). Ce même passage fait allusion à la
VA : «( Ta renommée s'en est allée jusqu'aux Vers 428 12. Augustin, De doctr. christ., Pro 4 :
empereurs.) (cf. VA 81) ; «( Chacun des anciens Antoine, moine égyptien, homme saint et
«(
moines ... pratiquait l'ascèse isolément.) (cf. parfait, sans savoir du tout lire, a retenu,
VA 3, 2) 1. dit-on, de mémoire, en les écoutant, les saintes
Deuxième vie grecque de saint Pachôme 4 : Écritures, et les a comprises, en les méditant
«( Le très saint évêque Athanase, dans ses écrits, avec sagesse.) (trad. Combès et Farges).
apporte un témoignage détaillé à son (=
Antoine) sujet 2 ••) ve siècle 13. Apophtegmes, Sisoës 25 : «( Des ariens
vinrent trouver un jour abba Sisoës sur la
Vers 400 8. Rufi.n, Hist. mon. 30: «(... comme le montagne d'abba Antoine ... Le vieillard ...
rapporte cet écrit qui retrace la vie d'Antoi- appela son disciple et lui dit : • Abraham,
ne .). apporte-moi le livre de saint Athanase, et
Vers 405 9. Rufin, Hist. eccl. l, 8 : «( Puisque nous lis-le 2'.) (trad. J.C. Guy).
avons mentionné un si grand homme, Antoine,
... je voulais dire quelque chose sur ses vertus 440-450 14. Sozomène, Hist. eccl. 1,13, fait plusieurs
et ses instructions .... Ce livre, écrit par emprunts à la VA 3.
Athanase et qui a également été édité en latin,
m'en empêche 4 ••) Vers 440 15. Socrate, Hist. eccl. : «( Ce que fut le
Vers 420 10. Paulin de Milan, Vita Ambrosïï, Pro : moine Antoine, ... il est superflu d'en parler.
«( ... de même que ces bienheureux, l'évêque Athanase, l'évêque d'Alexandrie, nous a en
Athanase et le prêtre Jérôme, se sont attachés effet devancé en publiant un livre sur sa vie .)
à écrire les vies de ces saints hommes du (l, 21) ; «( L'âme d'Amoun, Antoine, qui vivait
désert, Paul et Antoine ... 5 .) de son temps, la vit emportée par les anges,
comme le dit dans sa Vie l'évêque d'Alexan-
Vers 420 Il. Palladio s, Hist. Laus. 8, 6 : «( Le bien- drie, Athanase 4.) (4, 23).
heureux évêque Athanase a raconté une chose
Vers 730 16. Jean Damascène emprunte des formules
et même parfois des phrases entières à la VA.
1. Éd. F. Halkin, p. 77; trad. A. J. Festugière, dans Les moines
d'Orient IV, 2, Paris 1965, p. 225.
2. Éd. F. Ha1kin, p. 169. 1. Éd. A. Lucot, p. 72.
3. PL 21, 455 D. 2. PC 65, 400.
4. PL 21, 477 C-478 A; ces Eusebius 2, p. 971. 3. ces 50, p. 27-20; se 306, p. 168-176.
5. PL 14, 27 A. 4. PC 67, 133 C-l36A. 512B.
L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 43
42 INTRODUCTION

Ainsi dans l'Histoire de Barlaam et Joasaph 1 mourut en 356, date confirmée par une lettre de Séra~ion
et dans l'Or. 1 (de imaginibus) : « le bienheu- de Thmuis aux disciples d'Antoine 1. Ses parents étalent
reux Athanase ... voulait faire disparaître la des Coptes de bonne famille; et déjà chrétiens (l, 1).
coutume inconvenante des Égyptiens qui ne Enfant, il n'aimait ni l'école ni les jeux avec d'autres
cachaient pas leurs morts sous terre mais les enfants, mais il fréquentait l'église avec ses parents et
mettaient sur des lits et des civières, oÙ-x. Ù7tO écoutait attentivement les lectures bibliques (l, 2-3).
r1îv ~XpU7t't"ov, ocÀÀ' È7tl. XÀLVWV XIXl. aXL!l7to8[wv A l'âge de dix-huit ou vingt ans, donc vers 270, la mort
hL60uv 2» (cf. VA 90, 1.7). de ses parents le chargea de la responsabilité de sa petite
sœur (2, 1). Peu après, vint le moment qui déciderait de sa
vie. La lecture d'un texte de l'Évangile dans l'église de son
2a. Les données biographiques village le fràppa vivement : « Si tu veux être parfait, va,
de la Vie d'Antoine sur Antoine vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et
viens, suis-moi, et tu auras un trésor dans les cieux»
C'est en premier lieu la biographie écrite par Athanase (Matth. 19, 21; VA 2, 3). Antoine vit dans ce texte un
peu après la mort d'Antoine qui nous informe sur la vie de oracle divin qui lui était personnellement destiné et, rentré
cet ermite égyptien. Bien. que les idées d'Athanase trans- chez lui, distribua les champs qu'il avait hérités aux gens
paraissent au travers de cet écrit 3 et qu'il soit presque du village. Il vendit aussi le reste de ses biens pour en
impossible d'en détacher les faits, il est certain qu'Antoine donner l'argent aux pauvres, ne réservant qu'une petite
est une figure historique, et qu'il a eu des disciples. Outre somme pour sa sœur (2, 4-~). Peu après Ant?in~ pr~nait
la VA, sept lettres attribuées à Antoine et un certain une décision encore plus radIcale. De no.uveau Il s appliqua
nombre d'apophtegmes sous son nom, nous fournissent à lui-même un texte de l'Évangile lu à l'église. Ayant
des renseignements supplémentaires 4. . entendu lire: « Ne vous mettez pas en peine du lende-
Il naquit, selon la Vie, dans un village égyptien situé main» (Matth. 6, 34), il distribua aux pauvres ce qui lui
dans la vallée du Nil 5. La VA (89, 3) nous apprenant qu'il restait, confia sa sœur à des femmes pieuses et se' mit à
est mort agé de 105 ans, on peut en conclure qu'il est né pratiquer la vie ascétique (3, 1). • . '". A ,

vers 251, puisque, selon la Chronique de Jérôme, Antoine Antoine ne fut pas le premier ascete. Un erffilte deJa age
vivait dans un village voisin et devint son maître spirituel
1. Voir Introd. I, 2m, p. 69. (3, 3). La Vie nous apprend aussi qu'Antoine se rendait,
2. Éd. B. Kotter, p. 116. pour les consulter, auprès d'autres ascètes du voisinage,
3. Voir Introd. I, 2h, p.57-58 (respect d'Antoine pour la qui s'adonnaient à une forme spécifique d'ascèse! telle que
hiérarchie ecclésiastique), et I, 2j, p. 59-61 (Antoine contre les ariens
et les mélétiens).
la prière ou l'abstinence (3, 4; 4, 1). L'ascèse est comme
4. Voir aussi la notice du Synaxaire arabe Jacobite (PO 56, p. 661-
666) et A. GUILLAUMONT, art. « Antony of Egypt », Coptic Encyclope-
dia, New York 1991, p. 148-150.
5. Le village de Coma, selon SOZOMÈNE, Hist. eccl. l, 13, 2 1. Éditée par R. DRAGUET : « Une lettre de Sérapion de Thmuis
(aujourd'h,ui Qïman al-Arias, dans la région de AI-Ouasta, en aux disciples d'Antoine (A.D.) en version syriaque et arménienne »,
Moyenne-Egypte). Le Muséon 64, 1951, p. 1-25.
44 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 45

un métier qu'il faut apprendre graduellement, un àtywv, où montagne, Antoine donnait des conseils. Il les encoura-
l'on avance par la voie de la prière et de l'abnégation. geait et guérissait les malades (56-58 ; 61 ; 63-64 ; 84-85). Il
Antoine vécut ensuite pendant un certain temps dans un percevait des choses qui se passaient à grande distance
tombeau (8, 1-2). A l'âge de 35 ans (donc vers 285), selon (59: deux frères en danger dans le désert; 60 : l'âme
la VA (10, 4), il se retira dans une fortification abandonnée d'Amoun portée vers le ciel), avait le don de prédiction
de l'autre côté du Nil, où il passa vingt ans (12, 3 - (62 ; 86) et de discernement des esprits, et était favorisé de
14, 1 ; jusque vers 305), pour s'y perfectionner et combat- visions (65-66 ; 82). La VA nous présente Antoine comme
tre les démons. Il se retira alors dans le désert, à la un fervent disciple de la foi orthodoxe : il met en garde
montagne de Pispir (aujourd'hui Deir-el-Meimoun) à l'est contre les ariens et les mélétiens (68), et témoigne de son
du Nil, où il eut des disciples qui voulaient imiter sa respect à l'égard de la hiérarchie (67). On l'invita même à
manière de vivre. Pendant la persécution de Maximin Daia venir à Alexandrie pour y réfuter les ariens (69-70)$. Des
(311 : un synchronisme) il se serait rendu à Alexandrie philosophes païens vinrent le voir à la montagne extérieure
pour soutenir les martyrs, désirant être martyr lui-même et, bien que n'ayant pas appris les lettres, Antoine se
(46, 1-2). A son retour il pratiqua l'ascèse comme un montra supérieur dans· le débat (72-80). Sa renommée
martyre quotidien. C'est ainsi du moins que la Vie (47, 1) s'accrut de telle sorte que même les empereurs lui
décrit le moine Antoine comme un nouveau héros, écrivaient et désiraient recevoir réponse de lui (81). La
successeur du martyr 1. Vita Pachomii nous renseigne sur une visite rendue à
Encombré par le nombre croissant de visiteurs, Antoine Antoine par un groupe de moines pachômiens peu après la
se retira enfin, à trois jours de route plus loin, dans la mort de Pachôme en mai 346 2. Pour les moines des
partie orientale du désert arabique, la région montagneuse alentours Antoine était comme un pèrè (88, 1).
de Quolzoûn. La tradition localise son ermitage dans Antoine annonça à l'avance sa mort; donna ses derniers
l'actuel Ouadi-al-Arab, à une trentaine de kilomètres de la conseils (89) et ordonna aux deux moines, qui demeuraient
Mer Rouge, là où se trouve aujourd'hui le monastère avec lui dans la montagne intérieure, de tenir caché
Deir-amba-Antonios (ou Deir-al-Arab). Athanase l'appelle l'endroit de sa sépulture. Bien que l'âge que lui attribue la
la montagne intérieure (51, 1). De là il retournait de temps VA au moment de sa mort, 105 ans, puisse susciter
en temps à Pispir (la montagne extérieure) pour y visiter quelques doutes, il reste qu'Antoine a certainement appar-
ses disciples. tenu à la première génération des moines égyptiens et que,
Là encore, selon la VA (52-53), les démons continuèrent dès les premiers temps du monachisme, son autorité fut
de l'attaquer, mais Antoine, par sa confiance dans le incontestée. Déjà durant sa vie, bien que caché dans la
Seigneur, échappa aux artifices de l'Ennemi et de ses montagne (93, 1), il était devenu célèbre dans le monde
satellites. Satan dut s'avouer vaincu et s'enfuit. Aux entier, jusqu'en Occident.
moines et aux autres gens qui lui rendaient visite à la

1. Sur les phases qui marquent les progrès d'Antoine dans


l'ascèse, voir, par exemple, BETTENCOURT 1956 (Bibl. IV, 1), p. 48- 1. La Lettre 7, 17 mentionne Arius.
58. 2. Cf. Introd. I, le, p. 39-40.

L
L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 47
46 INTRODUCTION

2b. Les destinataires de la Vie d'Antoine


2c. La Vie d'Antoine, première biographie d'un moine
La Préface de la VA nous apprend que celle-ci a été
écrite en réponse à une demande de moines venus La VA se trouve aux origines de l'hagiographie chré-
d'ailleurs. On admet généralement qu'il s'agit de moines tienne. En quelques décennies elle fut connue un peu
d'Occident pour les raisons suivantes. D'abord l'expression partout dans le monde chrétien et servit d'.exemple P?ur
« la saison de naviguer» (Pr. 5) s'applique mieux à la mainte autre biographie. Ce rôle lui a valu une attentIOn
navigation en Méditerannée qu'à celle sur le Nil entre spéciale de la part des c~ercheur,s ,mod~rnes. Leurs
Alexandrie et la Haute-Égypte, d'autant qu'Alexandrie recherches ont montré que 1 arbre genealoglque des pre-
était le point de départ de la route maritime la plus mières biographies chrétiennes est assez complex~, et c'est
fréquentée d'Orient en Occident, celle de Rome. Il y a à bon droit que J. Fontaine, en en dressant le bIlan dans
ensuite le titre donné à la Vie dans beaucoup de manus- son Introduction à la Vita Martini de Sulpice Sévère, a
crits : « Lettre aux moines à l'étranger» (È\I T~ çÉ\l1l; relevé qu'il ne fallait pas se restreindre à l'analyse du genre
Évagre : ad peregrinos fratres). Ce titre oriente dans le littéraire du ~LOÇ, dominé par des règles strictes, mais qu'il
même sens, puisque dans les trois autres passages où se faut envisager la tradition littéraire dans toute son étendue;
rencontre ~ çÉ:\I'Y) chez Athanase (PC 25, 252. 272.345) le Outre le ~LOÇ profane, l'élément judéo-chrétien a exerce
terme semble désigner la Gaule ou l'ltalie,-et la finale de la une influence considérable sur la façon dont Athanase
Vie nous dit que la renommée d'Antoine s'est portée en décrit Antoine. Tant la figure de l'homme de Dieu dans
Espagne et en Gaule, à Rome et en Afrique (93, 5). l'Ancien Testament: Moïse, Élie ou d'autres prophètes,
Que les destinataires soient des moines, la Préface le que celle des apôtres et des martyrs· y ont laissé leurs
montre. Athanase y relève leur émulation avec les moines traces. Les Vies de philosophes profanes, notamment
égyptiens: chez eux aussi il y a des ermitages d'ascètes; la néo-platoniciens, de l'époque impériale, contiennent elles
VA peut leur servir de modèle d'ascèse. l'adresse ~ aussi des éléments qui nous' font mieux comprendre les
e:ÙÀ&:Qe:LIX ufl.W\I, « Votre Piété », convient particulièrement à débuts de la biographie chrétienne, mais, malgré une
des moines. certaine analogie, les buts poursuivis par ces philosophes
Il faut enfin rappeler les relations d'Athanase avec sont différents de ceux de l'ascétique chrétienne. Les
l'Occident: il fut banni à Trèves en 336-337 et passa à conceptions nouvelles développées par le christianisme se
Rome en exil 1 les années 339 à 345. La présence reflètent dans la façon dont un auteur chrétien comme
d'anachorètes à Trèves vers 380 2 est vraisemblablement à Athanase décrit un personnage extraordinaire. Déjà en
mettre en relation avec le séjour qu'y fit Athanase. En tout 1935, 1. Bieler, dans son ouvrage 0e:'Loç &:\I~p, avait
cas Athanase avait bon nombre de contacts avec l'Occi- esquissé les différences entre l'homme héroïsé de la Vita
dent, qu'il n'a pas hésité à exploiter. profane et le saint chrétien : chez les chrétiens « l'homme
de Dieu» a succédé à « l'homme divin », et l'homme
1. Voir aussi A. JÜLlCHER, art. (, Athanasios », PW Il, c. 1935- héroïsé, en pleine possession de l' &:pe:T~ éthique ou
1938.
2. Cf. Introd. I, lc, p. 38-39.
politique et qui se suffit à soi-même, a cédé la place à
48 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 49

l'homme de Dieu chrétien, guidé par la grâce et qui n'est que nombreuses sont les tactiques de l'Adversaire ») 1.
qu'un instrument dans la main de Dieu. C'est ainsi que Antoine commence son discours aux moines (16-43) en
dans la Vita chrétienne ce sont notamment les miracles - disant que ses paroles ne font que développer des pensées
témoignage du haut degré de perfection que le saint a su bibliques : « Les Écritures suffisent à notre instruction 2. »
atteindre - qui viennent confirmer que Dieu opère par Les citations scripturaires lui servent à souligner le fond
l'entremise de son serviteur. Athanase ne cesse de dire que biblique de l'idéal ascétique.
ce n'est pas Antoine qui fait les miracles, mais Dieu, par Même dans les quelques cas où Athanase fait usage
son intermédiaire. d'expressions d'origine profane, il ne manque pas d'en
Avant de parler des éléments profanes, relevons les fournir un équivalent biblique. Ainsi, lorsqu'il mentionne
modèles bibliques qui n'ont guère reçu jusqu'ici l'attention parmi les qualités d'Antoine l' àt't"OCpOC~LOC, « l'imperturbabi-
qu'ils méritent. lité », terme stoïcien, il fait intervenir aussitôt une citation
biblique: « Son âme étant sans trouble (àt66puooç;), ses sens
extérieurs étaient aussi sans agitation ... conformément à la
2d. L'influence biblique dans la Vie d'Antoine parole de l'Écriture : ' Quand le cœur se réjouit, le visage
est serein, sombre quand il est triste' (Prov. 15, 13»)
Rien que le nombre des citations et allusions bibliques (67, 6).
- plus de deux cents - montre l'importance de l'arrière-
fond scripturaire dans la VA. L'idéal ascétique d'Antoine
2e. L'exemple des grandes figures de l'Ancien Testament
prend ses racines en premier lieu dans le Nouveau
Testament : ce sont deux textes évangéliques (Matth. Le rôle des allusions aux héros de l'Ancien Testament
19, 21 : « si tu veux être parfait ... » ; Matth. 6, 34 : « ne dans la VA est clair : Athanase veut suggérer qu'on
vous mettez pas en peine du lendemain ») qui ont déter- retrouve chez Antoine leur ascèse et leurs dons charisma-
miné l'orientation de sa vie. tiques. Comme Moïse, Samuel, Élie, Élisée et d'autres
Pour justifier les éléments principaux de l'ascèse (prière, prophètes, Antoine est appelé « homme de Dieu» (70, 2).
méditation et travail manuel), l'auteur de la VA fait appel Parfois de simples détails servent à évoquer une des
à des textes bibliques (3, 1 et 6 citant Matth. 6, 6 et II grandes figures d'autrefois. C'est ainsi qu'au début et à la
Thess. 3,10). Il Y a, dans l'ascèse d'Antoine, une différence fin de la Vie apparaît une allusion au patriarche Jacob, sans
essentielle avec celle des philosophes (surtout néoplatoni- . ., 3
que son nom SOIt mentIOnne .
ciens) : elle tire sa force du Christ et se dirige vers lui. Au Athanase établit également un parallèle entre Antoine,
moyen de textes bibliques, Athanase explique que c'est le l'ascète qui le premier a habité le désert, et Moïse, le chef
Christ qui assiste Antoine et lui donne la force dans la lutte des juifs dans le désert du Sinaï. Comme pour Jacob, ne
contre les démons (5, 5 citant 1 Cor. 15, 10). L'évocation
de la tentation du Christ lui-même dans le désert soulage 1. Voir aussi 43, 3.
l'ascète dans sa lutte contre les démons. Une grande part 2. Voir aussi 46, 6.
de la démonologie, si importante dans la VA, repose sur 3. VA 1, 3 évoque Gn 25, 27 : « Jacob était un homme simple,
habitant une maison. » VA 92, 1 fait écho à Gn 49, 33 : « Jacob ...
des textes scripturaires (7, 3: « sachant par les Ecritures mit ses pieds sur son lit, il défaillit et fut ajouté à son peuple. »
50 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 51

sont mentionnées que des ressemblances extérieures : IV Rois l, 9). Autant «( la montagne.) (lieu au-dessus du
malgré leur âge, Moïse et Antoine avaient conservé une monde mauvais) que «( être assis.) (calme intérieur, stabi-
bonne vue et une bonne dentition (93, 2, cf. Deut. 34, 7 lité) y ont un arrière-fond symbolique. Autre allusion
LXX) et personne ne sait le lieu où ils sont ensevelis encore à Élie, quand Athanase nous dit qu'il a reçu des
(92, 2, cf. Deut. 34, 6). Quand il annonce sa mort informations sur Antoine «( de celui qui fut longtemps avec
prochaine (91, 2), Antoine se sert de l'expression «( s'en lui et versait de l'eau sur ses. mains .), comme Elisée l'avait
aller par la voie des pères .), voisine de celle que la Bible fait pour Élie (Pr. 6, cf. IV Rois 3, 11). A. de Vogüé a
met dans la bouche de Josué (Jos. 23, 14) et de David relevé que le «( dialogue au bord du Nil (49, 2-5) fait
(III Rois 2, 2). clairement écho à celui du Seigneur et du prophète au
Lorsque Athanase mentionne le visage rayonnant, mont Horeb (III Rois 19, 9-15). Jadis pris comme modèle
miroir de l'âme pure, comme un trait caractéristique de vie solitaire, Élie devient ici le type de l'homme mû par
d'Antoine, il renvoie explicitement au récit biblique Dieu l .). Enfin le legs du manteau d'Antoine et d'une de
rapportant l'onction de David par Samuel (67,8, cf. 1 Sam. ses deux mélotes à Athanase évoque le récit du manteau
16, 12). Quelques lignes plus haut, lorsqu'il dit qu'«( An- laissé par Élie à son successeur Élisée (91, 8, cf. IV Rois
toine ne se distinguait pas des autres par la taille ou la 2, 13 s.).
corpulence, mais par l'état de ses mœurs et la pureté de Quand Antoine discute du pouvoir de prédire l'avenir et
son âme .), il fait allusion à un autre passage de ce même de voir des choses éloignées, c'est l'exemple d'Élisée qui
récit: «( Ne fais pas attention à son extérieur ni à sa taille est évoqué. Après avoir relevé que c'est un don qui n'est
... l'homme voit la face, mais Dieu regarde le cœur.) nécessaire à personne et qu'il ne faut pas faire cas des
(67, 5, cf. 1 Sam. 16, 7). connaissances extraordinaires, ni les désirer comme
Élie, l'homme de Dieu qui pendant quelque temps mena récompense de l'ascèse, Antoine dit que pour recevoir
une vie austère dans la solitude, est mentionné expressé- cette grâce il faut être pur d'esprit: «( Car je crois, moi,
ment par Antoine comme son idéal et son modèle. Il cite qu'une âme entièrement purifiée et qui est conforme à sa
une parole d'Élie qu'il considère comme essentielle pour la nature peut, devenue transparente, voir plus et plus loin
pratique ascétique : «( Le Seigneur est vivant, devant qui je qUè les démons, car elle a le Seigneur pour les lui révéler.
me tiens aujourd'hui.) (7,12-13, cf. III Rois 18, 15; 17, 1), Telle était l'âme d'Élisée quand elle voyait ce qui concer-
et fait «( remarquer qu'en disant' aujourd'hui', Élie ne nait Giézi et apercevait les troupes qui l'entouraient.)
mesurait pas le temps passé, mais, comme s'il débutait (34, 2-3, cf. IV Rois 5, 26 ; 6, 17).
constamment, qu'il s'efforçait chaque jour de se montrer à On relève enfin l'exemple de Job. Dans son long
Dieu tel qu'il faut paraître devant Dieu: pur de cœur, et discours aux moines, Antoine, parlant des tentations du
prêt à obéir à sa volonté et à nulle autre. Il (Antoine) disait
1. DE VOGüÉ 1989 (Bibl. II, 1), p. xv. Voir la liste des parallèles
que l'ascète doit apprendre toujours dans la conduite du chez STEIDLE 1956 (Bibl. IV, 1), p. 163 : peut-être faut·il voir dans la
grand Élie, comme dans un miroir, la vie qu'il doit lutte d'Antoine contre les philosgphes païens et les hérétiques (VA
mener .). Les nombreux passages de la VA qui nous 72·82) un parallèle avec celle d'Elie contre les adversaires du Dieu
d'Israël (III Rois 18-20; IV Rois 1). Autres parallèles: le séjour
montrent Antoine «( assis sur la montagne .) font également dans le désert (III Rois 18, 4 s.), la mélote (IV Rois l, 8), la
allusion à Élie (59, 2; 60, 1; 66, 1; 84, 2; 93, 5; cf. nourriture de pain et d'eau (III Rois 19, 6).
52 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 53

diable et des démons, montre par l'exemple de Job que le L'exemple de la vie apostolique est lui aussi expressé-
diable n'a aucun pouvoir contre les hommes: « trouvant ment présent dans la VA. Dès le début, les apôtres sont
Job fortifié de tous côtés, l'Ennemi se retira loin de lui) évoqués comme exemples de la vie ascétique que le jeune
(42, 8). Antoine disait que les démons « apparaissent Antoine va mener. Au moment qui s'avéra décisif pour
souvent tels que le Seigneur fit connaître le diable à Job ) toute sa vie, il pense aux apôtres qui avaient tout quitté
(24, 1). La VA cite alors d'importants extraits de la pour suivre le Seigneur (2, 2, cf. Matth. 4, 20 ; 19, 27) et
description de Léviathan dans le livre de Job (Job 41, à la communauté des premiers chrétiens à Jérusalem, où
10-13.19.23-24 : le monstre se vante de sa force). Pour nombre de fidèles, vendant leurs biens, en déposaient le
illustrer l'impuissance du diable, Antoine se sert d'autres prix aux pieds des apôtres (Act. 4, 35).
passages de ce livre (24, 4-5, cf. Job 40, 25-26. 29 : le Pour légitimer son ascèse, Antoine, à plusieurs reprises,
monstre pris à l'hameçon, lié comme un passereau). fait appel aux épîtres de saint Paul. Ses paroles lui
L'histoire de Job nous apprend, dit Antoine, que le diable confirment la nécessité du travail manuel et de la prière
continuelle, deux éléments indispensables à l'ascèse (3, 6,
ne peut rien faire sans la permission de Dieu (29, 1-5, cf.
cf. II Thess. 3, 10 ; l Thess. 5, 17). Athanase nous dit
Job 1, 15-22; 2, 1-7). Tant au ch. 24 qu'au ch. 29 le texte
qu'Antoine pratiquait l'ascèse en réduisant son corps en
de la VA est ainsi imprégné de citations ou d'allusions au
servitude (7, 4, cf. l Cor. 9, 27) et qu'en l'accoutumant aux
livre de Job. Job, qui a résisté au diable et l'a rendu
austérités il méditait une autre parole de l'Apôtre :
impuissant, est un exemple biblique pour l'ascète. C'est « Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort) (7, 8,
encore à deux textes voisins pris dans ce livre que font cf. II Cor. 12, 10). C'est également un passage de Paul
allusion deux passages de la VA montrant Antoine vivant qu'Antoine répétait toujours pour se dire que l'ascèse est
en paix avec les bêtes sauvages, ou les chassant par sa un perpétuel recommencement : « Oubliant ce qui est
parole comme par un fouet (51, 5 ; 52, 3 ; cf. Job 5, 21.23). derrière moi et tendu de tout mon être vers ce qui est en
avant) (7, 11, cf. Phil. 3, 13). Dans sa lutte contre les
démons, si centrale dans la Vita, Antoine se sentait
2f. L'exemple de la vie évangélique et apostolique
soutenu par la parole de l'Apôtre : « Rien ne me séparera
La vie d'Antoine est également une imitatio Christi. De de l'amour du Christ) (9,2; 40, 5, cf. Rom. 8, 35). Parmi
Vogüé l'a bien défini : « Les évangiles demeurent à les nombreuses citations des épîtres de Paul signalons
l'arrière-plan de la biographie athanasienne. L'enfance encore celle-ci. Lorsque Antoine se voit conduit à travers
pieuse d'Antoine, soumis à ses parents et uniquement l'air (65, 2.9), Athanase renvoie à saint Paul « ravi jusqu'au
curieux de choses de Dieu, l'appel qu'il entend du Christ, troisième ciel) (65, 8-9, cf. II Cor. 12, 2-4). Enfin, tout
sa tentation par le diable au désert, son long discours comme saint Paul à l'Aréopage, le simple moine a discuté
inaugural suivi de miracles et d'enseignement et de avec les philosophes païens. Quand Antoine leur dit: « Et
controverses, tout cela rappelle les synoptiques 1 ) comment, tout en vous moquant de la croix, n'admirez-
vous pas la résurrection ?) (75, 3), le lecteur attentif
entendra un écho de Act. 17, 32 : «Ayant entendu parler
1. DE VOGüÉ 1989 (Bibl. II, 1), p.XXII; cf. STEIDLE 1956 (Bibl.
de la résurrection des morts, quelques-uns se moquaient. )
IV, 1), p. 168-170.
54 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 55

révoltés contre Dieu, ce qui fut la cause de leur chute du


ciel. Ayant perdu leur état originel, ils voltigent dans l'air
2g. Le rôle du diable et des démons
(cf. 22, 2), maintenant leur séjour principal 1.
C'est le Christ devenu homme qui a brisé définitivement
Le lecteur moderne de la VA ne manquera d'être frappé
la puissance des démons. En se tenant sur leurs gardes et
par le rôle extraordinaire qu'y jouent Satan et les
en faisant appel au Christ les chrétiens peuvent parer leurs
démons 1. Ils sont présents un peu partout dans la
assauts. Devant le signe de la croix ils disparaissent
biographie d'Antoine. Ce fait n'est pas propre à la VA.
« comme la cire se fond devant le feu », et ils s'évanouissent
C'est un trait commun aUx écrits monastiques des pre- « comme disparaît la fumée» (13, 7, cf. Ps 67, 2-3) 2.
miers temps: 11 cadre bien avec la croyance populaire du Devant leurs menaces il faut dire des psaumes (39, 3 ;
IVe siècle selon laquelle les démons séjournent surtout dans
40, 5) et invoquer le nom du Christ (40, 2; 41, 6; 53, 2;
l'air et dans le désert 2. Malveillants, dangereux et mena- 63, 3 ; 71, 2 ; 78, 4 ; 80, 4). Le moyen le plus efficace contre
çants, ils hantent les ruines, les tombeaux et les anciens eux est la foi ferme et la confiance dans le Seigneur
temples. Leur seul but est de nuire aux hommes. Les (23, 2.6). Leur apparence terrifiante est trompeuse: leur
milliers d'amulettes retrouvées montrent que les esprits venue en grand nombre est bien la preuve de leur
mauvais étaient considérés comme la cause de la plupart impuissance. Quand on se trouve en face d'une apparition,
des maladies. qui peut être bonne ou mauvaise, il faut toujours
Dans son grand discours adressé aux moines (16-43) demander d'où elle vient 3. De cette façon on réussit à
Antoine développe toute une démonologie. Il s'étend sur la rendre aussitôt impuissante une VISIOn diabolique
lutte que les ascètes doivent mener contre les démons et
(41, 1-3). Il ne faut jamais prêter l'oretlle aux démons,
sur les moyens de leur résister. En montrant leurs efforts
même s'ils semblent donner de bons conseils, car ils ne
ininterrompus et leurs fourberies, Antoine ajoute qu'il ne
visent qu'à notre perdition (26, 6). L'histoire de Job nous
faut pas trop s'en inquiéter puisqu'en fait leur pouvoir
fait voir leur véritable faiblesse (29).
contre l'homme n'est que restreint. Il n'existe pas de
Leurs prétendues prophéties n'en sont pas (31, 1) : leurs
principe indépendant du mal : le diable et les démons ne
corps subtils leur permettant de se déplacer vite, ils ne font
sont que des créatures. Ces esprits créés bons, se sont
que dire ce qu'ils ont déjà vu ailleurs, mais que nous
ignorons. Dans d'autres cas ils devinent, tout comme
1. Cest un: thème qui ne manque pas dans les Lettres d'Antoine. l'expérience permet souvent aux médecins de prédire
Ainsi Ep. 1, 41 : « Tertius motus est a malis spiritibus, nam temptant l'issue d'une maladie et aux agriculteurs et matelots de
inuidia et uolunt diuertere (eos) qui conantur se ipsos sanctificare » prédire le temps.
(éd. Garitte, p. 2). Voir A. et C. GUILLAUMONT, art. « Démon. Dans
la plus ancienne littérature monastique. Les vies des moines du IV·
siècle », DS 3, 1957, c. 189-196. 1. Voir DANIÉLOU (Bibl. IV, 1), p. 136-147, et, dans VA 65, les
2. Sur le lien entre les démons, le désert et l'anachorèse dans la démons qui se disputent l'âme qui s'élève dans le ciel, après la mort.
Vie d'Antoine, voir A. GUILLAUMONT, « La conception du désert chez 2. Voir aussi 23, 4; 35, 2; 53, 2; 78, 5; 80, 4.
les moines d'Égypte », RHR 188, 1975, p. 3-21, repris dans ID., Aux 3. Cf. R. M. PETERSON, « 'The Gift of Discerning Spirits' in the
origines du monachisme chrétien (Sa 30), p. 69-87, spécialement Vita Antonii 16-44 », dans Studia Patristica 17 2 , Oxford 1982,
p.78-80. p. 523-527.
56 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 57

Dans la VA les démons se métamorphosent parfois en Les visions d'Antoine se trouvent réunies principalement
bêtes farouches et en reptiles (9, 6). Longtemps avant aux ch. 58-66. D'autres sont rapportées peu avant le récit
Athanase les chrétiens avaient établi des liens entre les de sa mort (82 et 86), qu'il a, comme il va de soi, prédite.
démons et les animaux. Des textes bibliques y avaient joué Antoine guérit les malades et connaît à l'avance leurs
un rôle (la liste des animaux impurs de Lév. Il ; le diable maladies (58 : la jeune fille de Busiris ; 61 : Polycratie) ; il
qui rôde comme un lion rugissant: 1 Pierre 5, 8). « Il sait d'avance qui le visitera (62) ; il voit de loin qu'un frère
semble, dit Origène, qu'il existe une communication entre est en danger de mort (59). Il voit l'âme de l'ascète Amoun
chaque espèce d'animaux et les démons 1 .•) Des traces de enlevée au ciel (60) et contemple la sienne montant au ciel
la théorie développée par Origène sur les classes de (65-66) 1.
démons et leurs activités propres se trouvent dans la VA Une autre preuve que le saint a atteint un haut degré de
(6, 2 : l'esprit de fornication). Mais Antoine préfère ne pas perfection et a rétabli en soi l'état paradisiaque auquel
aborder ce thème: « Il y a entre eux de grandes différences. l'homme aspire, est son pouvoir sur les animaux sauvages.
Sur leur nature et leur diversité, il y aurait beaucoup à Les bêtes féroces vivant en paix avec le saint sont devenues
dire, mais un tel exposé appartient à de plus grands que un motif obligé des écrits hagiographiques 2. Dans la VA
nous .) (21, 4-5). on peut signaler les passages suivants : les crocodiles
C'est la vie vertueuse qui donne la grâce de vaincre les n'inquiètent pas Antoine quand il traverse le canal d'Ar-
démons (30, 2). Nos progrès les affaiblissent et ils ne sinoë (15) : une fois réprimandés, les animaux sauvages qui
peuvent rien contre celui qui désire les choses du Seigneur endommagent ses légumes ne s'approchent plus (50) et
(42, 7), mais les sentiments de crainte bouleversent l'âme, font la paix avec lui (51). Un apophtegme attribué à
et ils en profitent pour nous attaquer en les exagérant Antoine dit : « L'obéissance vous assujettit les animaux.)
(42, 6). C'est ainsi que, par notre crainte, nous sommes (Apophthegmata, Antonios 36, PC 65, "88B).
nous-mêmes la cause de leurs assauts. Le danger existait bel et bien d'une tension entre l'ascète
aux dons charismatiques et le clergé officiel, entre le moine
vivant loin de l'Église institutionnelle mais possédant le
2h. Le charismatique qui a atteint une grande perfection charisme des guérisons et d'autres miracles, et le fonction-
naire ordonné représentant le pouvoir traditionnel 3. C'est
Ayant atteint une sainteté parfaite Antoine fut jugé
digne de visions et de la contemplation de choses secrètes, sur cette toile de fond que se détache le portrait appuyé
privilège qui prouve la pureté de son âme 2. Le don de qu'Athanase fait d'Antoine témoignant de son respect
prophétie, qu'Antoine lui-même à d'ailleurs relativisé 3, envers la hiérarchie ecclésiastique : il inclinait la tête
devint par la suite un topos de la biographie chrétienne 4. deva:t;tt les évêques et les prêtres et cédait le pas aux diacres

1. Cf. JÉRÔME, In Hiezech. 44, 22 : (' et reliquarum bestiarum


quas in uarietate daemonum accipimus ••. 1. Cf. aussi Apophthegmes, Antoine 14.18.30.
2. Cf. HEUSSI (Bibl. VII), p. 178-182. 2. Voir HEUSS 1, p. 174ss.; J. BERNHART, Der Heilige und das
3. VA 34, 1; cf. 34, 2 (la pureté de l'âme en est une condition Tier, Munich 1937; H. WADDELL, Beasts and Saints, Londres 1945.
nécessaire) . 3. Cf. B. BRENNAN, ({ Athanasius' Vita Antonii. A sociological
4. Cf. BIELER (Bibl. IV, 1), t. 1, p.87-93. interpretation .), VChr 39, 1985, p. 209-227.
58 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 59

en ce qui concerne la prière (67). Ce sont là sans doute des Origène 1 également le martyre est plus que donner la vie
accents mis par Athanase lui-même pour des raisons pour la vérité. L'essentiel du martyre est l'attitude par
évidentes de politique ecclésiastique. laquelle on se détache de tout ce qui est terrestre. Celle-ci
peut-être acquise non seulement pendant les persécutions
devant le tribunal du juge, mais aussi en temps de paix.
2i. Le moine successeur du martyr Quand on n'est pas appelé au martyre, on peut s'imposer
à soi même un martyre ascétique quotidien 2. Ces idées
Quand les persécutions prirent fin, ce furent les grands furent accueillies dans les milieux monastiques et, de plus
ascètes du désert qui devinrent les nouveaux héros en plus, la vie acétique des ermites et des moines
chrétiens. Leur vie austère était une profession de foi cénobitiques fut considérée comme un équivalent du
héroïque qui les portait à un niveau presque égal à celui martyre.
des martyrs. Ces idées sont présentes dans la VA. Pendant
la persécution de Maximin Daia (311), la dernière grande
persécution, Antoine se rendit à Alexandrie pour apporter 2j. Antoine défenseur de l'Église
son soutien aux martyrs et, si possible, être martyr contre les hérétiques et les schismatiques
lui-même (46). Il regretta vivement de n'être pas appelé au
martyre (les martyrs sont des « appelés» : xÀ'Y)6Év't'Eç ; le Athanase décrit Antoine comme un ennemi acharné de
martyre est une grâce), et c'est pourquoi, nous dit l'hérésie arienne. Bien que ce portrait puisse reposer sur
Athanase, il pratiqua ensuite l'ascèse comme un martyre des données historiques, il est plutôt celui d'Athanase lui-
quotidien (47, 1) 1. même, qui pendant toute sa vie fut un ardent défenseur de
L'idée n'était pas tout à fait nouvelle. La spiritualisation la doctrine de Nicée. Les formules qu'Athanase met dans
du martyre apparaît déjà chez Clément d'Alexandrie 2. la bouche d'Antoine sont au fond les siennes, comme le
Pour lui, l'essence du martyre n'est pas le sacrifice de la montre une comparaison avec ses écrits contre les ariens 3.
vie pour la foi, mais l'acte d'amour parfait dont il Il est évident qu'Athanase voulut s'assurer du support des
témoigne. On peut, pour ainsi dire, être martyr par moines dans sa lutte pour défendre l'orthodoxie.
l'observance stricte des commandements de Dieu pendant Il est difficile de savoir dans quelle mesure Antoine était
toute la vie. Le témoignage par une vie parfaite est en au courant du débat avec les ariens, quelle était sa position,
quelque sorte pour Clément un parallèle du martyre. Pour et même s'il se trouva mêlé à la discussion 4. Les

1. Exhort. ad mart. 11; In Num. homo 10, 2.


1. Kodl' ~fLÉpOCV fLOCP'l"UPWV T'ii cruve:~81)cre:~. Le,s traductions varient. 2. H. DELEHAYE, Sanctus. Essai sur le culte des saints dans
L'anonyme: martyrium dicens conscientiae; Evagre : quotidianum l'Antiquité (SH 17), Bruxelles 1927, p. 109·113; cf. STEIDLE 1956
fidei et conscientiae martyrium merebatur; Lavaud: « par la (Bibl. IV, 1), p. 170-172.
conscience .); De Vogüé: « de la conscience .); on pourrait peut-être 3. Cf. DORRIES (Bibl. IV, 1), p. 390.
proposer: « devant (en présence de) sa conscience .). Il y a 4. Cf. R. GREGG et D. GROH, Early Arianism. A View of
réminiscence de II Cor. l, 12, mais fLOCP'l"UPe:ï:v ne signifie plus Salvation, Philadelphie 1980, ch. 4. La lettre 7 d'Antoine (si on
simplement « témoigner .), il connote « être martyr ». admet l'authenticité) fait une sévère critique d'Arius (CSCO 142,
2. Strom. 4, 4, 15 (éd. Stiihlin, p. 255). p.30).
60 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 61

Apophtegmes qu'on lui attribue ne-fournissent aucune après 325, peu à peu, quelques groupes choisirent le parti
indication sur son intérêt pour les discussions théologi- d'Athanase. La VA nous montre que dans les années
ques. Tout comme Athanase voulut obtenir le support des cinquante leur défaite n'était pas encore totale.
moines, les ariens, de leur côté, cherchèrent à persuader
ces habitants du désert de prendre parti pour eux (69, 1 :
2k. Antoine « père des moines»
les ariens prétendent qu'Antoine partage leurs concep-
tions). La correspondance d'Athanase confirme que dans
Si, dès le début, Antoine fut considéré généralement
les années cinquante du IVe siècle les ariens cherchèrent un
comme le fondateur et le « père des moines », cet honneur
appui auprès des moines 1.
n'était cependant pas tout à fait incontesté. C'est ainsi que,
Outre les ariens hérétiques il y avait en Égypte les
dans sa Vie de Paul, écrit plutôt légendaire, Jérôme
mélétiens schismatiques. Selon la VA (68, 1 ; 89, 4)
attribue ce titre à son héros, Paul de Thèbes 1.
Antoine mettait expressément en garde ses disciples contre
les mélétiens, qui avaient des adhérents parmi les moi- En fait, Antoine n'était pas le premier. La VA elle-
nes 2: des lettres sur papyrus, écrites entre 330 et 340, même nous apprend que, déjà avant Antoine, le mona-
nous informent qu'il existait un groupe de moines mélé- chisme avait pris des racines en Égypte : il y avait des
tiens précisément dans le nome d'Héracléopolis où ascètes aux alentours du village d'Antoine (3). L'épisode
Antoine était né. Ce schisme, qui avait éclaté après les d'Amoun, destiné à souligner les contacts d'Antoine avec
persécutions de 306 et 311, fut provoqué par l'évêque les anachorètes de Nitrie, nous informe sur l'existence
Mélétios de Lycopolis (mort après 325) et porta atteinte d'autres groupes d'ermites en Égypte (60-61). Pendant sa
aux droits de l'évêque Pierre d'Alexandrie. Tandis que vie, l'influence d'Antoine s'exerça principalement au voi-
celui-ci était caché pendant les persécutions, Mélétios avait sinage du mont Pispir, mais il avait aussi des diciples au
ordonné des prêtres en dehors de son évêché. Excommu- Fayoum : pour aller les voir il traverse le canal d'Arsinoë
nié par un synode alexandrin, Mélétios attaqua l'attitude (15) et, selon Jérôme, une de ses lettres était adressée aux
indulgente de Pierre envers les lapsi (ceux qui avaient Arsinoïtes 2. Les écrits monastiques mentionnent plusieurs
succombé pendant les persécutions) et contesta l'autorité ascètes qui auraient été des disciples d'Antoine. Parmi eux
du chef de l'Église d'Égypte. Le nombre de ses adhérents se trouvaient des ascètes fameux, tel Macaire l'Ancien (le
s'accrut rapidement de sorte qu'en 325 « l'Église des Grand, ou l'Égyptien), à son tour père spirituel de
martyrs» fondée par lui comptait déjà 29 évêques. Le nombreux solitaires dans le désert de Scéte 3. Selon le texte
concile de Nicée (325), tout en établissant un compromis grec de l'Historia monachorum (21, 1-2), « il avait, comme
provisoire, ne réussit pas à mettre fin au schisme. Les Antoine, accompli quantité de miracles, des guérisons et
mélétiens, dans leur résistance contre l'autorité de l'arcHe-
vêque d'Alexandrie, se rangèrent du côté des ariens, mais,
1. Cf. Selon JÉRÔME également (Vita Hil. 3), Hilarion était le
fondateur du monachisme en Palestine.
1. Cf. Epist. ad monachos (PC 26, 1185-1888). 2. Voir Introd. 1, lc (p. 38).
2. Cf. THÉODORET, Hist. eccl. 1,9,14; H. IDRIS BELL, Jews and 3. RUFIN, Hist. mon. 28; Apol. in Hier. 2, 12. Cf. A. GUILLAU-
MONT, art. (, Macaire l'Égyptien », DS 10, c. 11-13.
Christians in Egypt, Westport 1972 2 , p. 42.
62 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 63

des ~rodiges, en tel nombre qu'on ne saurait les dire tum l, que la VA était dominée par un idéal éthique
tous .» Antoine lui aurait légué ses pouvoirs surnaturels. homogène (le progrès spirituel intérieur accompagné de
Toujours selon le texte grec de l' Historia monachorum l'accroissement de la force charismatique donnée par
(20, 13), Cronides, qui habitait en Nitrie, était un des plus Dieu), il développa cette idée dans ses recherches sur la
anciens disciples d'Antoine. Elle nous dit ailleurs (15, 1) structure des Vies de saints 2. Holl considère la biographie
qu'Ammonas succéda à Antoine à Pispir, et ensuite comme un moyen dont l'auteur chrétien se sert pour
Pityrion : «( Nous avons vu en Thébaïde une haute illustrer un idéal. La VA, premier exemple important,
montagne surplombant le fleuve, très effrayante et à pic, et décrit ainsi pour lui l'ascension spirituelle d'Antoine,
des moines qui habitaient là dans des cavernes. Ils avaient ascension qui s'effectue pas à pas, de degré en degré, par
un père, du nom de Pityrion, qui avait été l'un des de durs efforts et par une lutte ininterrompue contre le
disciples d'Antoine. » La valeur historique de ces données mal. La VA est une œuvre bien structurée et homogène.
n'est que modeste, mais elles montrent au moins que peu Athanase a trouvé, selon lui, des exemples dans les Vies de
après la mort d'Antoine, selon la tradition, plusieurs philosophes (comme les Vie de Pythagore, ou la Vie
ascètes se vantaient d'être des disciples de l'ascète le plus d'Apollonius de Tyane par Philostrate). Bien que dans ces
renommé. Vies un tel progrès ne semble pas jouer un rôle important,
Holl admet à bon droit que la description d'un progrès
continu dans la vertu, accentué par des déplacements
21. La forme littéraire de la Vie d'Antoine locaux, est un trait caractéristique de la VA. Bien que peu
élaborées, les observations de Holl sur les relations de la
Les recherches sur le genre littéraire et la structure de la VA avec quelques Vies de philosophes ont été utiles. Il est
VA commencent par une étude de Mertel 2 • Pour lui cette probable qu'Athanase a connu la Vie' de Plotin par
Vie part du schéma chronologique des biographies péri- Porphyre, dont plusieurs motifs ont leur parallèle dans la
patéticiennes ou de celles de Plutarque, un des principaux VA: abstinence de nourriture, relations avec l'empereur
types distingués par Léo dans son étude fondamentale sur (motif également présent dans la Vie d'Apollonius),
la biographie dans l'Antiquité 3. On s'accorde aujourd'hui description du caractère du philosophe (avec accent sur la
à penser que la construction de Mertel est plutôt forcée. Il 7tpcx6"t"Y)c:;), honte pour le corps 3.
dut avouer d'ailleurs lui-même que les discours et les R. Reitzenstein, qui déjà dans ses Hellenistische Wun-
descriptions de miracle étaient des éléments qui portaient dererziihlungen 4 avait discuté les descriptions de miracle
atteinte à ce schéma. Ce ne sont certainement pas les Vies de la VA (57-67), traita quelques années plus tard de
de politiciens, rhéteurs et généraux qui on~ inspiré Atha- plusieurs problèmes touchant à sa forme et à son conte-
nase. nu 5. C'est son mérite d'avoir découvert quelques
Vint ensuite Holl. Après avoir suggéré, dans son étude
Enthusiasmus und Bussgewalt beim griechischen Miinch- 1. Leipzig 1898, p. 144-153.
2. HOLL (Bibl. IV, 2).
1. Cf. Apophtegmes, Macaire 4. 3. Vita Plot. l, 1s., cf. VA 60, 6.
2. MERTEL (Bibl. IV, 2); cf. BARTELINK 1982 (Bibl. IV, 2). 4. Leipzig 1906.
3. LEO (Bibl. IV, 2). 5. REITZENSTEIN 1914 (Bibl. IV, 2).
64 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 65
emprunts incontestables à une biographie de Pythagore deux parties principales (1-48 ; 49-88), précédées d'une
utilisant les mêmes sources que celles de Porphyre et Préface et suivies d'une brève conclusion (89-94). Les deux
Jamblique 1. On ne saurait cependant se joindre aux parties principales comportent chacune trois parties.
conclusions extrêmes de Reitzenstein pour qui l'idéal de
l'ascète chrétien, tel qu'on le trouve dans la VA, est I. Première partie (1-48 ; césures après les ch. 7 1 et
esquissé essentiellement d'après l'idéal pythagoric.ie~ d~ la 14~.
perfection humaine. Les quelques emprunts htteralres - 1-7 : premiers exercices dans l'ascèse.
d'Athanase sont plutôt destinés à établir un contraste
-'- 8-14 : Antoine se retire dans le désert, d'abord dans
entre Antoine et les ascètes pythagoriciens. Nous avons
un tombeau (8-10), puis, pendant vingt ans, dans un fort
déjà relevé plus haut l'inspiration bibliq?e 2 de pd~a~
désert, luttant avec les démons dans leur propre domaine.
d'Antoine. Selon Reitzenstein, Athanase n a pas reUSSI a
combiner les éléments hétérogènes - provenant des Vies - 15-48 : cette section, presque entièrement remplie
de philosophes, de l'arétalogie 3 et du ~[oC; profane - que par le grand discours d'Antoine aux moines (16-43), est
rassemblerait la VA. Cet échec et les quelques cas encadrée par la visite d'Antoine aux frères (15) 3 et par la
manifestes de dépendance littéraire l'ont amené à pronon- description de la cité céleste des moines (44) et de leur vie
cer un jugement sévère sur l'ouvrage d'Athanase, juge- dans le désert (45-48).
ment partagé par Bousset, pour qui Athanase n'avait fait
que piller l'œuvre des autres et parer son héros des plumes II. Seconde partie (49-88 ; césures après les ch. 55 et 66).
d'autrui 4. Ils n'ont pas vu la fonction de ces emprunts: - 49-55 : après son séjour à Alexandrie pendant la
établir un contraste entre Antoine et ces héros païens, et persécution de Maximin, Antoine, pour éviter le nombre
montrer le héros chrétien vainquant l'idéal païen 5. toujours croissant des visiteurs, s'enfonce' encore davan-
tage dans la solitude.
L'analyse de la structure de la VA pose moins de - 56-66 : miracles et visions d'Antoine.
problèmes que celle des influences li~téraires. Tout en - 67-88 : les qualités d'Antoine: l'humilité (67), la foi
présentant certaines différen?es, pl';lsleurs .a~al~s~s ne (68-71), la perspicacité (72-73) ; discussion avec les
s'écartent guère de celle de Reltzenstem. CelUI-Cl dlstmgue philosophes païens (74-80) ; renommée d'Antoine (81 :
correspondance avec l'empereur) ; visions, miracles et
exhortations.
1. Ibid., p. 16.
2. Cf. Introd. l, 2e. 2f, p. 49·53, et FESTUGIÈRE 1937 (Bibl. IV, 2),
qui réfute de manière convaincante }es théories de Reitze~st~in.
3. Sur l'arétalogie on verra R. '~EITZENSTEIN, Hellemstlsche
1. De même MERTEL et HOLL (Bibl. IV, 2).
Wundererziihlungen, Leipzig 1906, passim. 2. PRIESSNIG (Bibl. IV, 2) considérait VA 15-88 en totalité comme
4. W. BoussET, Aphophthegmata. Studien zur Geschichte des
la partie principale. Pour HEussI ([Bibl. VII] p. 87), qui insistait sur
iiltesten Monchtums, Tübingen 1923, p. 260.
la cohérence des ch. 1-14, il .y avait également une césure après le
5. Cf. DORRIEs (Bibl. IV, 1), p. 401, n. 59 : « alles das, was die ch. 14.
Gegenseite ihren Heroen nachrühmte, ist hier durch einen kulturlo-
3. Le Père A. DE VOGÜÉ, dans sa présentation de la traduction de
sen Kopten erreicht, aber nicht aus eigener Kraft sondern durch den la VA par B. Lavaud (Bibl. II, 1), place la césure après le ch. 15 et
in ihm wirkenden Kupwc;. » divise la VA en trois parties (1-15; 16-48; 49-94).
66 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 67
Les ch. 89-92 décrivent la mort et la sépulture d'Antoine; peut pas non plus admettre son opinion selon laquelle une
les ch. 93-94 sont un épilogue. seule vertu serait particulièrement mise en valeur dans la
~A :, la piété ; ~'autres vertus, telles que la foi et
Dans son étude sur la forme biographique des légendes 1 Intelhgence, sont egalement mises en lumière. Ses remar-
grecques des saints, A. Priessnig 1 fait une analyse de la ques sur l'ascension graduelle vers Dieu comme un
VA. Il retourne au point de vue de Mertel en considérant éléme~t caractéristique de la VA méritent cependant
la structure cie la Vie plutarchique comme l'exemple attentIOn. A notre avis, List va trop loin quand il admet
formel : les gestes d'Antoine seraient en général disposés que la VA a été écrite à l'imitation et contre la Vie de
en ordre chronologique, mais dans quelques parties il Plotin:, et q~'ene, est un ouvrage polémique dirigé contre
découvrit des procédés suétoniens. Dans ce cadre, les la philosophIe neoplatonicienne. La structure des deux
récits de miracles et les discours n'ont guère de fonction: Vies diffère tr~p pour que nous puissions partager ce point
pour Priessnig ce sont des arétalogies et des traités en de vue. Une Influence de la Vie de Plotin sur la VA est
forme d'excursus. qu'on pourrait en fait éliminer. Mais, cependant possible : Athanase peut fort bien avoir connu
comme nous l'avons déjà fait observer à propos de l'étude l'ouvrage de Porphyre. Si une opposition consciente est
de Mertel, il ne faut pas mesurer la biographie chrétienne peu probable, il y a des concordances de détail : la
exclusivement à l'aide de normes païennes 2. d~scription ~e l'ascèse et de l'effort pour s'approcher de
List 3 par contre définit formellement la VA comme un DIeu ; PlotIn et Antoine ont tous deux le charisme de
enkomion, conforme aux l'ègl€s des manuels de rhétorique. perc~voir l'intérieur de l'homme ; tous deux sont honorés
11 n'y aurait qu'une seule différence à noter : le classement par 1 empereur; tous deux combattent les adeptes d'autres
des gestes d'après des degrés de vertu au lieu de catégories groupes.
de vertu. Quoique Athanase connaisse sans doute les règles . Comme List, Cavallin \ qui fait des observations judi-
de l'éloge, cette thèse de List ne saurait convaincre. Les Cieuses sur la biographie, considère la VA comme un
parties principales de la laudatio qu'il veut retrouver dans enkomi?n~ él~boré, d'a~r~s un des premiers exemples de ce
la VA sont en majeure partie de nature générale de sorte ge~re htteraIre, 1 Agesûaos. Le fait qu'on ne retrouve
qu'elles figurent dans presque toutes les biographies : g?ere ?ans la VA la disposition de cet éloge, avec sa
nation, parents, éducation, formation, genre de vie, gestes, separatIon nette des ËpyOt et des àtPS:'rOtL, rend cependant
mort, sépulture ; une des parties, les È1tL'"J3s:u(.LOt'r0t (genre cette hypothèse peu vraisemblable.
de vie, attitude) ne comprend qu'un seul chapitre (4) ; les . ~ans son étude sur le monachisme primitif, Heussi'
7tp&:~S:LC; par contre, presque tous les autres (5-89). On ne distIngue dans la VA plusieurs couches dont la valeur
historique varie, sans pourtant analyser' toute la VA 2.
1. Bibl. IV, 2. Meyer (1950), dans l'Introduction à sa traduction de la
2. PRIESSNIG considère comme rubriques suétoniennes V A 39-41 VA, se limite à un bref aperçu sur le status quaestionis 3.
(Antoine parle de son expérience personnelle des démons) et VA 55-
66; de même VA 4 (série de vertus). Il critique d'autre part 1. Bibl. IV, 2.
Reitzenstein, qui voit dans VA 67-80 une description suétonienne de 2. HEUSSI (Bibl. VII), p. 87 s.
mores et forma. , 3.. Bibl. !I, 2. Cf. les o~~er;a~ons de J. FONTAINE (SC 133, p. 71) :
3. Bibl. IV, 2. ~ Mals les etapes de cet ItIneraIre sont moins claires que celles des
68 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 69
auteur avait subi l'influence de la VA 1. Sur les relations
2m. Quelques observations entre la VA et la Vie d'Hypatios par Callinicos on
sur l'influence de la Vie d'Antoine consultera l'édition de la Vita de ce moine phrygien, où est
présentée une liste des analogies et des parallèles 2.
Dès le début la VA servit de modèle pour les écrits Garitte a relevé vingt-sept passages dans l'œuvre de
hagiographiques. Les auteurs de vies de moines, notam- Cyrille de Scythopolis (vers 440) qui démontrent l'in-
ment, s'en sont inspirés. Jérôme, fort impressionné par le fluence de la VA sur ces biographies de moines palesti-
monachisme, écrivit trois vies de moines, plus ou moins niens. B. Flusin, qui en a relevé encore deux autres,
romancées. Il connaissait bien la VA, dont son ami Évagre reprend les conclusions de Garitte «( affluent sans cesse à sa
d'Antioche avait fait une traduction latine 1. Sa première mémoire les récits, les expressions et les tournures de la
Vie, celle de Paul de Thèbes (vers 374), la présuppose Vie athanasienne ») et note pour sa part « que l'influence
déjà. qu'a exercée la Vie d'Antoine sur Cyrille est de toute
Dans la Vita Martini de Sulpice Sévère, écrite avant première importance. Les Vies de Cyrille ... empruntent à
400, certains détails rappellent également la VA 2, et dans Athanase et la forme littéraire qu'il a créée et les
la Vita Pachomii, qui date de la même époque, les conceptions de l'ascèse et de la sainteté qu'il développe 3. »
emprunts sont assez nombreux 3. Pour les esquisses bio- On trouve des traces de l'influence de la VA dans la Vie
graphiques de son Histoire Lausiaque (vers 420) Palladios de Sainte Synclétique 4. Dans l'Histoire de Barlaam et
l'a également utilisée 4. D'autres auteurs chrétiens y ont Joasaph (37, 340-343), Jean Damascène emprunte explici-
fait sans le dire des emprunts formels 5. Dans son tement dès formules et même des phrases entières à la VA,
Introduction à l'Homélie VIII (sur Antoine) d'Hésychios par exemple dans son récit de la tentation de Joasaph par
de Jérusalem (vers 430), M. Aubineau a prouvé que cet le diable 5.

1. M. AUBINEAU, Les homélies festales d'Hésychius de Jérusalem


pérégrinations successives de l'ermite. 1) Pour la problématique (SH 59), Bruxelles 1978, p. 268-271.
générale on consultera les articles (c Biographie 1) dans DS (1937) et 2. s.r: 177, p.33-38. Voir aussi ROLDANUS 1983 (Bibl. IV, 1);
RAC (1954), ainsi que BARTELINK 1982 (Bibl. IV, 2). E. WOLFLE, Hypatios. Leben und Bedeutung des Abtes von
1. Cf. J. PLESCH, Die Originalitiit und literarische Form der Rufiniane, Francfort 1986, p. 23-38.
Monchbiographien des hl. Hieronymus, Munich 1910, p. 52-53. Voir 3. GARITTE 1957 (Bibl. IV, 1), p. 117-122 (citation p. 122);
Introd. l, le, nO 1 et 5, p. 37-38, et J. GRIBOMONT, (c Panorama des B. ~LUSIN: Miracle et histoire dans l'œuvre de Cyrille de Scytho-
influences orientales sur l'hagiographie latine 1), Augustinianum 24, pohs, P~ns 1983, p. 44 s.; 241 s.; 251 (citation p. 45).
1984, p.14. .. 4. VOIr dom L. REGNAULT, Introduction à la Vie de sainte
2. Cf. H. DELEHAYE, S'aint Martin et Sulpice Sévère, AB 38, Synclétique (SO 9), p. III-XVII. Voir aussi J. DAVID, art. (c Antoine 1),
1920, p. 20 s.; J. FONTAINE, Introduction à la Vie de S: Martin, S.C DHGE 3, 1924, c. 726-735; B. KURTZ, (c From St. Antony to St.
133, p. 101 : (c Si marqué qu'ait été le dessein de la VLe de Martm Guthlac .. A St?dy in Biography 1), dans University of California
par la lecture et les souvenirs de l'œuvre d'Athanase ... 1) Pubhcatwns m modern Philo logy 12, Londres 1927, p. 120;
3. Cf. W. BoussET, Apophthegmata. Texte. Überlieferung und P. NooRDELoos, (c St. Antonius in de litteratuur 1), Annalen Thijm-
Charakter der Apophthegmata Patrum, Tübingen 1923, p. 258. genootschap, 44, 1956, p. 294-317.
4. Par exemple: Hist. Laus. 26, 5.15; 28, 18. 5; = Bref il ~oul~v~ ~n son esprit ~n grand tourbillon de pensées
5. Cf. MERTEL (Bibl. IV, 2), p. 37. (KtX~ oÀwç 7toÀuv exU't'cr e:ye:~pe: )(OV~op't'ov 't'wv Àoy~af1.wv Èv "Îi 8~exvo(tf),
70 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 71
En Occident, dans les Prologues des Vitae, l'appel à la
.VA comme modèle de l'hagiographie est devenu tradition-
. nel. Depuis Paulin de Milan l s'est constitué un catalogue 2n. Les lettres d'Antoine
de trois modèles pour le genre biographique : Athanase,
Vie d'Antoine; Jérôme, Vie de Paul de Thèbes et Sulpice Jusq,u'~.u~e Aépoque récente la recherche n'avait guère
Sévère, Vie de Martin 2. accorde d mteret aux lettres attribuées à Antoine. C'est le
En Occident au Moyen Âge (c la Vita Antonii fournit des ,. du P'ere V . Desprez l de les avoir exploitées dans
mente
thèmes à l'hagiographie ... on rapporte ses paroles et ses son analyse de la VA. Quelques années plus tard M. S.
visions, on propose en exemple ses vertus 3 ». Antoine, Rubenson leur consacra tout un ouvrage 2.
dont la Vie, dans la traduction d'Évagre, se trouvait dans , ~n. sait ,qu'autrefois les savants, en grande majorité,
presque toutes les bibliothèques des monastères, est ?esitruent a en admettre l'authenticité. Aujourd'hui un
considéré partout comme le père du monachisme, il est Jugement plus favorable se fait jour. Il y a d'ailleurs (outre
pour les moines le témoin de l'idéal monastique. Antoine VA .81) des témoignages anciens selon lesquels Antoine
est parfois présenté comme docteur : on compose des ~er~t l'auteur de lettres. Jérôme atteste qu'Antoine avait
centons à partir de ses Apophtegmes et de ses discours 4. ecr~t sept lettres en copte, bientôt traduites en grec 3. Il est
Le thème des tentations était bien connu, mais les vrrusemblab~e que les ~ept l~tt~es attribuées à Antoine que
descriptions détaillées manquent : (c Toute l'imagerie dia- nous connaIssons aUJourd hUI par des versions latine
bolique dont S. Athanase avait entouré la grande figure de géorgienne et syriaque, ainsi que par des fragments coptes:
S. Antoine - et qui devait tenir tant de place, en Flandre sont les sept lettres mentionnées par Jérôme.
et ailleurs, dans la peinture du xve siècle et de la Du texte c?pte original on ne possède plus aujourd'hui
Renaissance - fut pratiquement négligée des siècles que deux feUIllets d'un manuscrit du XIe siècle conservé à
monastiques du moyen âge occidental 5. » Naples 4 et quelques citations faites par Bésa 5. Heureuse-
Enfin, c'est par la voie des traductions slaves, que la VA ment les manuscrits 25 et 35 (tous deux du xe siècle) du
a influé sur les débuts de l'hagiographie russe 6. fonds géorgien de la bibliothèque de Sainte-Catherine au
Sinaï nous ont préservé un texte presque complet des sept
lettres d'Antoine en géorgien 6. De la version grecque il ne

1. Voir Bibl. IV, 1.


comme il est écrit quelque part au sujet du grand Antoine 1) (cf. VA 2. Voir Bibl. V.
5, 3). 3. Cf. Introd. l, le, nO 5, p. 38.
1. Vita Ambr. 1. 4. E. O. WINSTEDT, c( The original Text of one of St Antony's
2. Cf. W. BERSCHIN, Biographie und Epochenstil im lateinischen Letters 1), IThS 7, 1905-1906, p. 540-545.
Mittelalter, Stuttgart 1986-1988, t. l, p. 213; t. 2, p. 30. Vers 640 ce 5. Enes sont conservées dans le ms. copte Londres. Br. Mus. Or.
canon de trois sera devenu un canon de sept. 8810 (Curzon 109). Voir G. GARITTE, « A propos des lettres de
3. LECLERCQ 1956 (Bibl. IV, 1), p.231. S. Antoine l'ermite~, Le Muséon 52, 1939, p. 12-3l.
4. Ibid., p. 241-244. 6. ,Cf. G. GARITTE, «Les Lettres de S. Antoine en géorgien 1), Le
5. Ibid., p. 24l. Museon 64, .1951, I;" 267-278; GARITTE 1955; KLEJNA, 1939 (Bibl.
6. Cf. lntrod. Il, 2c, p. 100. V). La verSiOn synaque de la première lettre a été publiée par
72 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 73
e
reste aujourd'hui qu'un bref fragment l, mais au xv siècle Ep. 4, 4). Ils pourraient, selon Desprez, être la cause de
le texte grec existait encore, comme le montre la traduction leur faible diffusion, et être dus à l'influence de Didyme
latine qu'on en fit alors 2. Par contre la lettre grecque l'Aveugle, à qui, selon Palladios et Sozomène, Antoine a
attribuée à Antoine par le codex App. 46 de la bibliothè- rendu visite. Rubenson, de son côté, cherche une explica-
que municipale de Nuremberg n'est certainement pas de tion dans le passage de la VA (3, 2-4) rapportant
lui, comme Garitte l'a établi 3. qu'Antoine, après sa conversion, s'était mis à l'école de
VA 81 mentionne une lettre qu'Antoine aurait écrite plusieurs ascètes aux alentours de son village. En ren-
aux empereurs (Constantin et ses fils). Les Vies coptes de voyant aux études de Desprez et surtout de Rubenson,
Pachôme mentionnent deux lettres d'Antoine, l'une adres- contentons-nous d'observer que les lettres modifient
sée aux moines de Tabennisi pour les consoler de la mort l'image d'Antoine. Elles montrent en effet qu'Antoine,
de Pachôme et de son successeur Pétronios, l'autre à tout en ignorant les lettres profanes, disposait de quelques
Athanase à la même occasion 4 : « Ensuite, il écrivit connaissances théologiques.
également une lettre à l'athlète du Christ, l'archevêque Récemment W. Myszor 1 a comparé quelques thèmes
Athanase, l'invitant à consoler, lui aussi, les frères par de qui se trouvent dans les lettres d'Antoine et dans les textes
joviales paroles, parce que leur père (Pachôme), ainsi que de Nag-Hammadi : la connaissance de soi-même, l'oÙcrLIX
celui qu'il avait établi comme son successeur, apa Pétro- voe:poc, l'âme et l'ascèse. A. Louf et A. Veilleux 2 avaient
nios, étaient décédés 5. » déjà constaté une certaine affinité entre le gnosticisme et
Le père Desprez a exploité les données des lettres les lettres d'Antoine. Myszor pense qu'en ce qui concerne
d'Antoine en les comparant avec les discours qu'Athanase les thèmes mentionnés, il faut admettre un système de
a mis dans sa bouche. Le langage obscur de ces lettres pensée commun d'origine platonicienne,. mais avec des
convient bien, comme le suggère Desprez, à un autodi- différences d'accent. Dans les lettres, par exemple, l'unité
dacte peu érudit. Ce qui nous surprend surtout, ce sont les originelle, à laquelle l'homme s'efforce de retourner au
traits origéniens (par exemple des traces de la doctrine de moyen de l'ascèse, consiste dans l'assujettissement de tout
la préexistence des âmes : tous les êtres sont nés dans le l'homme à l'esprit, assujettissement auquel le corps prend
Logos en Ep. 4, 85 et 5, 10 ; la description de l'ascèse en part également. Dans les textes de Nag-Hammadi le Nous,
presque comme un être indépendant, se détourne de l'âme
et du corps.
F. NAU dans la Revue de l'Orient Chrétien 14, 1909, p. 282-297.
Traduction française des lettres par des moines du Mont des Cats
(50 19).
1. Lettre 1,~-41 : PC 65, 84AB; cf. F. NAU, art. cit., p. 286,
n. 1.
2. Dans PC 40, 977-1000 (avec un ordre des lettres un peu
différent de celui de la version géorgienne). 1. W. MYSZOR, i' Antonius-Briefe und Nag-Hammadi-Texte »,
3. Cf. GARITTE 1942 (Bibl. V). IbAC 32, 1989, p. 72-88.
4. Cf. L. T. LEFORT, Les Vies coptes de 5. Pacôme et de ses 2. A. LouF, Introduction à ANTOINE, Lettres (50 19), p. 15;
premiers successeurs, Louvain 1943, p. 274-275. A. VEILLEUX, i' Monachisme et gnose », Laval théologique et
5. Ibid., p. 275 (ch. 127, cod. 5ahidique 55). philosophique 40, 1984 p. 275-294; 41, 1985, p. 3-24.
74 INTRODUCTION L'AUTEUR ET L'ŒUVRE 75

Selon la tradition, en 561, plus de deux siècles après sa


20. Les apophtegmes au nom d'Antoine mort, on découvrit l'endroit où il était enseveli, et ses
ossements furent transférés à Alexandrie. Quand en 635 les
Dans la grande collection alphabétique des Sentences Arabes s'emparèrent de l'Égypte, on mit en sûreté ses
des Pères du désert, trente-huit apophtegmes au nom restes à Constantinople. En 1070, l'empereur byzantin en
d'Antoine occupent la première place 1, et ils figurent fit don à un seigneur français, Jocelyn, qui les ramena dans
souvent dans d'autres collections. En étudiant l'historicité ses terres, à la Motte-Saint-Didier, dans le Sud de la
de la VA, Hermann Dorries a cherché à exploiter ce
France, où une église fut construite pour abriter ces
dossier 2 et à y découvrir des éléments authentiquement
reliques. C'est aujourd'hui l'église de Saint-Antoine en
antoniens. Il a pu montrer qu'on y décèle certains Dauphiné (Isère) 1. En 1095, un noble dauphinois y fonda
parallèles avec la VA. Il est cependant très difficile un hôpital où étaient soignés des malades atteints du « mal
d'arriver sur ce sujet à des conclusions certaines, car les
des ardents» ou « feu Saint-Antoine» (l'ergotisme). Cet
Apophtegmes se composent de matériaux très disparates, hôpital se trouva bientôt à la tête d'un ordre, celui des
élaborés au fil du temps, ce qui rend presque impossible Hospitaliers de Saint-Antoine, ou antonins 2, qui reçut des
d'en découvrir le noyau primitif, d'autant qu'une édition
constitutions analogues à celles des ordres de chevalerie.
critique manque toujours.
Durant leur âge d'or (1300-1500) les antonins eurent
jusqu'à 360 hôpitaux, dont 25 en France. La sécularisation
2p. Le culte d'Antoine de 1803 mit fin à leur activité. Les Hospitaliers vénérèrent
Antoine qui, selon la Vie, était de famille noble (Évagre :
Antoine voulait que personne ne connaisse le lieu de sa nobilibus parentibus natus) et qui était un combattant
sépulture, sauf les deux moines qui l'enseveliraient (91, 7). (spirituel, contre les démons). .
Les antonÏ!ls furent les propagateurs du culte d'Antoine
1. PC 65, 76-88. Traduction française par L. Regnault: Les au Moyen Age. On le vénérait surtout comme saint
sentences des Pères du désert, collection alphabétique, Solesmes guérisseur, on l'invoquait non seulement pour être délivré
1981, p. 13-22; J.-Cl. Guy: Les apophtegmes des Pères du désert du « feu Saint-Antoine », mais aussi de la peste et autres
(Sa 1), p. 20-29. maladies contagieuses. Comme il était parfois représenté
2. H. DORRlEs, (' Die Vita Antonii aIs Geschichtsquelle », dans
ID., Wart und Stunde 1, Giittingen 1966, p. 186. - Th. BAUMEISTER avec un faisceau de flammes à la main, on le considéra
(Bibl. VII) a exploité les Apophtegmes d'Antoine comme source de aussi comme protecteur contre l'incendie et on plaça son
la mentalité des moines égyptiens. Bien qu'il faille faire usage des image au-dessus de la porte de la maison.
sentences au nom d'Antoine avec une certaine prudenge, il relève L'attribut par excellence d'Antoine fut le porc, sans
cependant que, dans les cercles des anachorètes de Basse-Egypte d'où
proviennent les Apophtegmes, l'affinité avec le monde d'idées
doute parce que, en récompense des soins prodigués aux
d'Antoine pourrait avoir été plus grande que chez Athanase. Il
signale dans les Apophtegmes d'Antoine plusièurs idées caractéristi- 1. Cf. dom DIJON, L'église abbatiale de Saint-Antoine en
ques de la mentalité des moines coptes, ainsi la gonception que la Dauphiné, Grenoble-Paris 1902.
tentation reste active jusqu'à la mort (qui pour les Egyptiens possède 2. Cf. V. ADvIELLE, Histoire de l'ordre hospitalier de saint
toujours quelque chose d'effrayant), et la façon dont on exploite la Antoine, Paris 1883; R. SANDELL-DuPELEY, Saint-Antoine en
Bible pour les besoins pratiques. Dauphiné au temps de la peste de feu, Grenoble 1988.
76 INTRODUCTION

malades, les Antonins finirent par être les seuls à conserver


la permission de laisser courir librement leurs porcs. Dans
beaucoup de villages existait la coutume d'élever un porc
- avec une sonnette au cou - qui était abattu le
CHAPITRE II
17 janvier, jour de la Saint-Antoine. La viande, d'abord
bénite à l'église, était distribuée aux pauvres. Son patron-
age fut étendu aux autres animaux domestiques, aux MANUSCRITS, TRADUCTIONS ANCIENNES
porchers, aux bouchers et aux fabricants de brosses en soie ET ÉDITIONS
de porc. Le 17 janvier, on bénissait les étables.

2q. Antoine dans l'art 1. LES MANUSCRITS

Les images du saint populaire qu'était Antoine au Les manuscrits qui nous ont conservé le texte grec de la
Moyen Âge sont nombreuses et variées : des portails et des VA sont très nombreux (plus de 165). Jusqu'ici G. Garitte
chapiteaux dans les églises qui lui étaient consacrées, des a été le seul qui ait fait des études préliminaires sur la
fresques, des mosàiques et des illustrations dans les tradition manuscrite de ce texte 1. Ses recherches, auxquel-
manuscrits. Mentionnons seulement deux thèmes parti- les nous pouvons nous relier, l'amenèrent à effectuer une
culièrement en vogue parmi les peintres : la lutte d'An- première répartition des manuscrits en deux groupes : les
toine contre les démons, souvent représentés sous la figure manuscrits méta phrastiques et les manuscrits non-
d'animaux (Jérôme Bosch, Ruys, le Tintoret et Matthias méta phrastiques. Les différences entre ces deux groupes ne
Grünewald: retable d'Isenheim), et la rencontre d'Antoine sont cependant pas très importantes. En effet, quand, au
avec Paul l'Ermite 1. xe siècle, la VA fut incorporée dans le recueil de
ménologes compilé par Syméon le Métaphraste, elle faisait
partie des quelques Vies que Syméon n'avait pas récrites,
puisqu'elle présentait un certain niveau littéraire 2. Ce sont
les ménologes de janvier qui contiennent la Vie, parce que,
selon le calendrier liturgique, le jour de la mort d'Antoine
était commémoré le 17 janvier 3.

1. GARITTE 1942-43 .(Bibl. IV, 1), p. 5-29.


2. Cf. A. EHRH~RD, Uberlieferung und Bestand der hagiographis-
chen und homtletLschen Literatur der griechischen Kirche von den
Anfiingen bis zum Ende des 16. lahrhunderts [t. I-III (TU 50-52)
Leipzig ~936-1952 (= EHRHARD I-III)], t. II, p. 687-699. '
3. VOlr W. HENGSTENBERG, Das griechische lanuar-Menologium
Freising 1910. '
1. Voir Bibl. VI.
78 INTRODUCTION MANUSCRITS 79

Garitte constata que « la plupart des manuscrits méta- intérêt, tant par leur ancienneté que comme témoins de
phrastiques transmettent de la Vie un texte d'une unifor- traditions indépendantes.
mité frappante 1» auquel il donna le nom de « vulgate Les travaux préparatoires en vue de la présente édition
métaphrastique». Mais il constata aussi que, parmi les ont commencé en 1980, quand le Père Cl. Mondésert nous
manuscrits métaphrastiques, certains offrent « un type de a proposé d'entreprendre ce travail pour les Sources
texte se différenciant nettement du type uniforme conservé Chrétiennes. Au fil des ans nous avons été conduit à
par la majorité des codices de cette espèce ... et présentent prendre la décision de nous limiter, afin de pouvoir mener
de la VA un texte irréductible à la vulgate métaphrasti- à terme cette édition dans un délai raisonnable. C'est donc
que 2». Nos recherches ont confirmé ses vues sur ces deux d'abord une raison d'ordre pratique qui nous a amené à
groupes et sur la valeur et l'importance de certains restreindre le nombre des manuscrits à collationner. A
notre avis, toutefois, la cinquantaine de manuscrits dont
manuscrits.
nous disposions par la bienveillance des bibliothèques
Pour établir le texte grec de la VA nous avons
mentionnées ci-dessus suffit - avec l'aide des versions
collationné complètement un assez grand nombre de
anciennes - pour donner à notre édition une base assez
manuscrits (près d'une cinquantaine). A cette fin nous
solide.
nous sommes procuré des microfilms et des photographies
auprès de plusieurs bibliothèques (la Bibliotheca Vaticana
à Rome, la Bibliothèque Nationale et l'Institut de Recher- la. Liste des manuscrits collationnés 1
che et d'Histoire des Textes à Paris, la Bibliothèque des
bollandistes à Bruxelles, l'Ambrosiana à Milan et la VaticanU8 gr. 504, pap., s. XII (1105), f. 164v-
Bodleian Library à Oxford). Les manuscrits collationnés 174v. B
appartiennent tous aux trois principaux groupes distingués Vaticanu8 gr. 566, parch., s. XI, f. 331-364. C
par Garitte sur la base de ses sondages, c'est-à-dire les Vaticanus gr. 817, parch., s. XI-XII, f. 154v-
ménologes métaphrastiques, les témoins premétaphrasti- 204v.
ques et les manuscrits non-métaphrastiques.
Nous avons également utilisé les versions anciennes
dans la me~ure où elles sont accessibles et utilisables (pour dans deux articles de 1984 et 1985 (Bibl. III, 7). Dans le premier
un non-spécialiste des langues orientales les versions article, où il traduit et discute VA 51, il arrive à la conclusion qu'en
géorgienne et arménienne restent un livre clos) : les général (à l'opposé de la traduction syriaque) la traduction éthiopien-
ne s'écarte peu du texte grec. Il signale cependant trois cas où les
versions copte-sahidique et syriaque, l'ancienne version textes éthiopien et syriaque de VA 51 vont de pair contre les leçons
latine anonyme et celle d'Évagre 3. Elles sont d'un grand de Montfaucon. Ce sont là justement des passages dans lesquels nous
avons été amené à modifier le texte de la PC. Il semble donc que la
1. GARITTE 1956 (Bibl. IV, 1), p. 2. traduction éthiopienne soit encore plus littérale que ne le supposait le
2. Ibid., p. 2. Père Leloir.
3. Nous n'avons pu consulter qu'une partie de la traduction 1. Après avoir achevé l'établissement du texte nous avons pu
éthiopienne, dont l'édition pour la série CSCO commencée par le collationner encore, grâce à la bienveillance des Pères bollandistes à
Père L. Leloir (t) est poursuivie par M. J. Pierre. Celui-ci nous avait Bruxelles, les mss Jérusalem 18 (XIe S., f. 9O'"-120V ) et Athos
fourni quelques informations sur le caractère de cette traduction Kuthumus 37 (x' s., f. 179"-215), qui confirment souvent nos leçons.
80 INTRODUCTION MANUSCRITS 81

Vaticanus gr. 818, parch., s. XI, f. 112-152v. O"f. Baroccianus gr. 183, parch., s. XIII exeunte,
Vaticanus gr. 824, parch., s. XI, f. 214-259. D f. 122r-15lr. 0
Vaticanus gr. 826, parch., s. X exeunte-XI, O"f. Bodleianus gr. Auct. parch., s. XI-XII, f. 212v-
E E 5.4, 219v. p
f. 86-115.
Vaticanus gr. 866, parch., s. XI-XII, f. 228r- Coislinianus gr. 258, parch., s. XII, f. 250r-303v. Q
23Ov. 245.231-244. F Coislinianus gr. 282, parch., s. XI-XII, f. 176v-
Vaticanus gr. 1479, pap., s. XVI, f. 1-68. 201v. R
Vaticanus gr. 1581, pap., s. XIV-XV, f. 102-19Ov. Coislinianus gr. 307, pap., s. XVI (1552), f. 84v-
parch., s. X ineunte, f. 29v- 113.
Vaticanus gr. 1589,
51v. G Coislinianus gr. 368, parch., s. X, f. 93-175. S
Vaticanus gr. 1638, parch., s. XI exeunte, Coislinianus gr. 383, pap., s. XV, f. 187v-257v. T
f. 268v-328v. H Parisinus gr. 513, parch., s. X, f. 269-311v. U
Vaticanus gr. 1697, pap., s. XV-XVI, f. 1-45v. Parisinus gr. 952, pap., s. XVII (1608), f. 1-40.
Vaticanus gr. 1790, parch., s. XI, f. 169v-213v. Parisinus gr. 1147, pap., s. XV, f.82-179.
Vaticanus gr. 1806, parch., s. XII, f. 57v-97v. Parisinus gr. 1185A, pap., s. XIV, f.39-66. V
Vaticanus gr. 1890, pap., s. XV-XVI, f.12-15.572- Parisinus gr. 1448, parch., s. X-XI, f. 162v-205.
575v.596.598v.599.602- Parisinus gr. 1464, parch., s. XII, f. 140-194.
605v. Parisinus gr. 1467, parch., s. XII, f. 176v-229v.
Vaticanus gr. 1991, parch., s. XIII, f. 91-119v. 1 Parisinus gr. 1472, parch., s. XI, f. 131-172v.
Vaticanus gr. 2045, s. XI, f. 304r-365v. Parisinus gr. 1473, parch., s. XI,.f. 109-143v.
Ottobonianus gr. 74, pap., s. XVII, f. 216-247. Parisinus gr. 1493, parch., s. XI, f. 215-300. W
Ottobonianus gr. 88, parch., s. XI-XII, f. 188- Parisinus gr. 1508, pap., s. XII-XIII, f. 19Ov-
227v. 237. X
Ottobonianus gr. 373, parch., s. IX-X, f. 14-57. A Parisinus gr. 1536, parch., s. XI, f. 99v-141v. Y
Chisianus gr. 40, parch., s. XI, f. 14lv-179r. Parisinus gr. 1557, pap., s. XVI (1567), f. 152-
Urbinas gr. 86, pap., s. XV, f. 1-46. 187v. Z
Vatopedinus gr. 82, f. 12r-50r. K
f. 128v-l58r.
Commençons notre exposé sur les manuscrits de la VA
Atheniensis gr. 231,
parch., s. XI, f. 149-190r.
par un exemple caractéristique : VA 3, 1 1. La tradition
Ambrosianus gr. 46,
L
manuscrite se divise entre 7tlltp6e:vwvllt (adopté par Mont-
Ambrosianus gr. 51, pap., s. XIV, f. 58v-104r.
faucon) et 7tlltp6e:vLlltv. Numériquement la première leçon
Ambrosianus gr. 262, pap., s. XIV exeunte, f. 237v-
280r. M
Ambrosianus gr. 515, pap., s. XV, f. 24lr-312v. 1. Voir G. GARITTE, (1 Un couvent de femmes au Ille siècle? Note
Ambrosianus gr. 741, pap., ca. 1600, f. 92-164. sur un passage de la Vie grecque de S. Antoine », dans Scrinium
O"f. Baroccianus gr. 158, pap., s. XV, f. 363r-37lr. N Lovaniense. Mélanges historiques E. van Cauwenbergh, Louvain
1961, p. 150-159.
INTRODUCTION MANUSCRITS 83
82
est la mieux représentée (34 des manuscrits consultés par voüv (qui figure aussi dans les manuscrits anciens Jérusa-
Garitte contre 15 pour 1tlXp6EVLIXV). Cependant, com~e lem 18 et Athos Kuthumus 37). Cette leçon se reflète dans
Garitte le fait observer, «( le grand nombre des manuscnts quelques traductions anciennes (a : animi intellectum; b :
qui lisent ELÇ 1tlXp6EVWVIX est illusoire 1 1), puisque ~a plupart. sensum animi), et, de plus, la tournure est tout à fait
d'entre eux sont des ménologes métaphrastIques qUI athanasienne. La formule /) voüç 't'1jç ~ux.1jç se trouve dans
remontent tous à un archétype, l'édition établie par d'autres ouvrages d'Athanase (par exemple dans les ch. 26,
30 et 32 du C. gentes)!, et l'expression voisine 't'à vOEpàv
Syméon.
Il n'y a pas de doute que 1tlXp6EVLIXV ne soit la leçon 't'1jç ~ux.1jç, dans la VA (5, 5; 20, 5; 45, 2). En 7, 9, voüç
originale. Elle se reflète dans les traditions ind~pendan~es ne se trouve que dans neuf des manuscrits collationnés
de plusieurs versions anciennes : la VerSI?n latme (ADELMOQRS), dont les deux premiers sont préméta-
anonyme, celle d'Évagre (probablement), la verslOn copte· phrastiques. Mais la leçon 't'6voç s'est déjà glissée dans
sahidique et la version arménienne. ~'analyse des ~anus­ d'autres manuscrits prémétaphrastiques (CH).
crits confirme que 1tlXp6EVLIXV represente un~ ~nCle~ne VA 13, 6 présente un cas analogue, mais les traces de
tradition, ce que Garitte a bien vu ~t fo~u.Ie amSl : «( C est voüç y sont encore plus rares. Hoeschel et Montfaucon ont
elle qui se lit dans les vieux recueIls anteneurs, ~h~onolo­ tous deux la leçon 't'WV ocv<.ù 6E<.ùP'r)fLOC't'<.ùV. Seuls quatre des
giquement ou génétiquem~nt, au Mé~aphraste : ams:, dans manuscrits collationnés lisent (èv) 't'i!> vi!> au lieu de ocv<.ù :
les antiques recueils de VIes de mome~ tel~ qu~ IOttob. AC (prémétaphrastiques), K et Ambr. gr. 515. Mais un
Gr. 373, du Ixesiècle, qui est le,plus anclen temom gre~ de certain nombre d'indices font penser que ocv<.ù n'est pas
la Vie, et le Vat. gr. 1589, -du xe siècle; dans les VIeux correct et qu'Athanase veut dire que les visions se
ménologes prémétaphrastiques com~e ~es Va~. gr., 1638, manifestent dans le voüç. Si la traduction d'Évagre, libre
866 et 824 dans les collections non menologlques telles ici comme elle l'est souvent, ne donne pas d'équivalent, la
que les Va~. gr. 566, 826 et 2592 et le Coislin 258 2. 1) traduction latine anonyme lit : uisionum et intellect us
quae fiebant in mente ipsius, et la version sahidique :
uïsiones quae cotidie in eius intellectu fieri.
lb. L'intérêt des traductions anciennes
pour l'établissement du texte
le. Les manuscrits non utilisés
Il arrive qu'une leçon qui a disparu de la plupart. des pour l'établissement du texte
manuscrits grecs peut être dépistée à l'aide desAtrad~ctlO~s
1. En premier lieu nos collations ont confirmé ce que
anciennes. C'est ainsi que la leçon voüt; peut etre retabhe
Garitte avait déjà constaté par ses sondages dans les
dans un certain nombre de passages. En 7, 9la plupart des
manuscrits présentent la leçon 't'1jç ~ux.1jt; 't'àv 't'6vov. Dans
quelques-uns on trouve cependant la leçon 't'1jç ~ux.1jt; 't'àv 1. Voir P. T. CAMELOT, dans SC 18 bis, p. 134, n. 2, qui renvoie à
ROLDANus 1968 (Bibl. IV, 1), p. 53·55. C. KANNENGIESSER, dans SC
1. Ibid., p. 152. 199, p. 77·78, fait remarquer que ~ le 'lOUe; n'est pas une faculté
distincte de la IjiU)(~. »
2. Ibid., p. 157.
84 INTRODUCTION
MANUSCRITS 85
manuscrits, notamment ceux du Vatican et de la Biblio- 2,
gr. 2045, Chisianus 40 \ Par. gr. 1147 Par. gr. 1448 3 (le
thèque Nationale à Paris: la vulgate métaphrastique, ~~en
Reg. 1 de Montfaucon), Par. gr. 1464 \ Par. gr. 14675,
que numériquement très forte, représente une tradItIon 6
Par. gr. 1472 (le Ca lb. 3 de Montfaucon), Par. gr. 14737
très uniforme. C'est cette tradition qui a prédom~né (le Calb. 1 de Montfaucon), Athen. gr. B. N. 231, Ambr. gr.
jusqu'ici dans les éditions. L' editia princeps de Hoeschel se 46 et Ambr. gr. 515.
fonde exclusivement sur un ménologe métaphrastique, et,
malgré l'adoption de certaines leçons du Reg. 2 et du Calb. 2. Nous pouvons ensuite faire abstraction de trois
2 (Par. gr. 1508 et Par. gr. 1536), des « métaphrastes manuscrits qui manifestent une grande affinité avec d'au-
mixtes », les leçons de la Vulgate métaphrastique prédo- tres, de meilleure qualité.
minent également dans l'édition de Montfaucon. - a. Vaticanus gr. 1890 8 • Il est à peu près identique au
Vu l'uniformité de cette tradition nous avons pensé Vat. gr. 566 (= C), qui possède en plus des variantes
qu'un nombre restreint de manuscrits de cette catégorie écrites au-dessus et en marge. Les feuillets sont en
suffisait pour l'établissement du texte. C'est pourquoi les
manuscrits suivants appartenant à cette catégorie n'entre-
1. Cf. P. FRANCHI DE' CAVALIERI, Codices Graeci Chisiani et
ront plus en ligne de compte : Ottab. gr. 88 \ Vat. gr. Borgiani, Rome 1927, p. 83; H. DELEHAYE, dans AB 16, 1897,
817 2 , Vat. gr. 818 3 , Vat. gr. 1790 4 , Vat. gr. 1806 5 , Vat. p. 305 ss. Le Chisianus 40, ménologe métaphrastique du XIe S.,
présente des corrections, dans le texte et en marge (d'une seconde
main).
1. Cf. E. FERON et F. BATTAGLINI, Codices manuscripti Graeci 2. Cf. Catalogus codicum hagiographicorum Graecorum Biblio-
Ottobonianae Bibliothecae Vaticanae, Rome 1893, p. 54. ( = FERoN- thecae nationalis Parisiensis, ediderunt hagiographi Bollandiani et
BATTAGLINI). L'Ottob. gr. 88 est un lectionnaire liturgique d? XIIe s. H. Omont (SH 5), Bruxelles 1896, p. 68 (= Ca~. cod. hag. gr. Par.);
qui contient la première moitié de janvier. La VA se trouve a la fin ; EHRHARD III, p. 925; F. HALKIN, Manuscrits grecs de Paris.
les dernières lignes manquent. Inventaire hagiographique (SH 44), Bruxelles 1968 (= HALKIN), le
e
2. Cf. R. DEVREEsSE, Codices Vaticani Graeci 604-866, Rome Par. gr. 1147, du xv s., contient 3 textes, dont la VA est le dernier.
1950, p. 352 (= DEVREESSE III). Le Vat. gr. 817 du XI~-XIIe s., 3. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 111-112; EHRHARD II, p. 536;
contient la première moitié d'un ménologe métaphrastIque de HALKIN, p. 159. Le Par. gr. 1448, du Xe_XIe S., est un ménologe
métaphrastique de janvier contenant les 2-18 janvier.
janvier; cf. EHRHARD II, p. 531-532; 538.
3. Cf. DEVREESSE III, p. 353; EHRHARD II, p. 573;. Catalogu.s 4. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 138; EHRHARD II, p. 537;
codicum hagiographicorum Graecorum Biblio!hec;"e Vat~ca.nae, edI- HALKIN, p. 169. Le Par. gr. 1464, du XIIe s., est un ménologe
derunt hagiographi Bollandiani et P. FranchI de CavalIen (SH 7), métaphrastique de janvier contenant les 11·20 janvier.
Bruxelles 1899, p. 66-67 (= Cat. cod. hag. gr. Vat.). Le Vat. gr. 818, 5. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 140-142; EHRHARD II, p. 570;
du XIIe s. est un ménologe métaphrastique de janvier. HALKIN, p. 170. Le Par. gr. 1467, du XIIe s., est un ménologe
métaphrastique de janvier.
4. Cf.P. CANART, Codices Vaticani Graeci 1745-1962, Città deI
6. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 152-153; EHRHARD II, p. 537;
Vaticano 1970, p. 140 (= CANART); EHRHARD Il, p. 539; Cat. cod.
hag. gr. Vat., p. 167-168. Le Vat. gr:, 1790,. ~~ XIe. S., .est un HALKIN, p. 174. Le Par. gr. 1472, du XIe S., est un ménologe
ménologe métaphrastique pour la premlere mOItIe de JanVIer. Cf. métaphrastique de janvier contenant les 5-17 janvier.
GARITTE 1942-43 (Bibl. IV, 1), p. 167-168. 7. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 153; EHRHARD II, p. 537;
5. Cf. CANART, p. 168-169; EHRHARD Il, p. 584; Cat. cod. hag. HALKIN, p. 174. Le Par. gr. 1473, du XIe S., est un ménologe
métaphrastique de janvier contenant les 4-18 janvier.
gr. Vat., p. 170. Le Vat. gr. 1.806 est un ménologe mét~ph~astique
fragmentaire de janvier (il ne contient que les 14-17 JanvIer). 8. Cf. CANART, p. 500. Le Vat. gr. 1890, du XVe-XVI e s., est un ms.
de contenu mixte.
86 INTRODUCTION MANUSCRITS 87
désordre et il est incomplet : les ch. 8 à 22 manquent, on Exemples d'additions communes rares: 5,4 crx.6Àoc~e • xoct Èx
saute ensuite du ch. 35 au ch. 81, viennent enfin les ch. 70 TOOTWV Il 13,7 xoct ot 3tXOCLOL eùcppocv6~Twcrocv (= Ps. 674)
à 80. addition déformée dans le Vat. gr. 1581. ' ,
Présentons, pour illustrer leur étroite parenté, quelques leçons Exemples d'omissions ou de déformations du Vat. gr. 1581 :
identiques remarquables : 3,5 -rijç occrx~crewç ocyoowx. au lieu de 19,5. où 3ucrx~Àwç au lieu de où 3' IlÀwç Il 23,5 xoct T'ijÇ fLeytcrT1jÇ
au lieu de T1jç crTéY1Jç.
T6vov -rijç occrx~crewç (presque tous les manuscrits) 1124,2 È~1i~ev
au lieu de È~~Àey~ev (la plupart des manuscrits) Il 31,6 TOÜ
3. Enfin six manuscrits tardifs ont été éliminés. Ils n'ont
7tepmOCTOüvTOÇ ù7tocrTpétj;OCVTOÇ au lieu de TooV -TOOVTWV
pas de vale.ur indé;endante : Vat. gr. 1479 \ Ottob. gr.
ù7tocrTpecp6vTwv (presque tous les manuscrits) Il 82,13 omission
74 2, Ur~in. gr. 86 , Ambr. gr. 741 4, Par. gr. 952 5 , Coisl.
de xoct 3LOCVOtOCÇ ÈcrTLV oùx op6'ijç (omission rare) Il 87,3 gr. 307 .
cpLÀocv6pw7ttocv au lieu de cpLÀtOCV (la majorité des manuscrits).
1
- b. Vaticanus gr. 1697 • Il a un grand nombre de leçons
en commun avec le Coisl. gr. 383 (= IJ, mais il lui est Id. Les manuscrits utilisés pour l'établissement du texte
clairement inférieur. Assez tardif, il présente en outre
davantage d'irrégularités, de fautes et d'omissions. Parmi les manuscrits retenus pour établir le texte on
peut en regrouper quelques uns qui ont de nombreux traits
Exemples de leçons notables communes aux deux manuscrits :
communs: 1. A et D; 2. Cet H (T, U, Vet Y); 3. E et
24,2 OCÙTOV ~3eL~ev au lieu de È~~Àey~ev OCÙTOV Il 13,7 addition
après 6eoü de xoct ot 3tXOCLOL eùcppocv6~crovTocLII 14,2 OC~LW(1(XVTWV Q; 4. B, 1 et L; 5. W et Z (représentant la vulgate
au lieu de È~eW(1(XVTWV Il 24,4 ocÀ~6eLocv au lieu de ocÀ1j6è:ç.
1. Cf. Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 126; EHRHARD III, p. 950. Le
Exemples de fautes du Vat. gr. 1697 : 10,4 1j!)XeTo au lieu de
Vat. gr. 1479, du XVI" s., ne contient que la VA et reproduit le même
tcrx.ucrocv Il 19,4 30xoüvnç au lieu de 7tpocr30xoovnçll 23,5 fLee' texte que le Par. gr. 952 corrigé.
1JfLiiç au lieu de fLee' ~fLépocç. ~. Cf. FERON-BATTAGLINI, p. 46-47 : saec. XVII, et pluribus in
Exemples d'omission : 14,4 Ù7tO yéÀWTOÇ ~ XOCT1jcpelocç loc~s manum prodit Leonis Allatii.
cruvexofLév1j Il 18,2 xoce' ~fLépocv, wç Èv Tli> eùocyyeÀtcp yéypOC7tTOCL 3. Cf. C. STORNAJOLO, Codices Urbinates Graeci Bibliothecae
Il 23,3-5 xoct Àomov È7tL~OCtvoUTLV (saut du même au même). ~atic~nae, Rome 1895, p. 132; Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 242.
L Ur?ln. gr: 86, du XV" s., qui ne contient que la VA, est caractérisé
- c. Vaticanus gr. 1581 2 , du XIVe_XV e siècle. Il corre- par 1 emplOi de synonymes remarquables (ainsi en 30 2 7tpO 7ta.VTWV
au lieu de ltP01)youfLÉVWÇ). ' ,
spond au Vat. gr. 2045, manuscrit métaphrastique 3, dans
.4 .. Cf. A. MARTINI et D. BAsSI, Catalogus codicum Graecorum
toutes les leçons essentielles et lui est nettement infé- B~blwthecae Ambrosianae, Milan 1906 (réimpression Hildesheim-
rieur. Ne,w, Y,or~ 1978 :=_ MAR:INI-BASSI), nO 741. Le ms., du XVI"-XVII" s.,
a ete ecnt par 1 Ecossais David Colville.
1. Cf. C. GIANELLI et P. CANART, Codices Vaticani Graeci 1684- 5. Cf. H. OMONT, Inventaire sommaire des manuscrits de la
1744, Città dei Vaticano 1961, p. 24-25. Le Vat. gr. 1697 date du xv"- Bibliothèque Nationale l, Paris 1888, p. 184; EHRHARD III, p. 950;
XVI" s. La VA est le premier texte. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 55; GARITTE 1942-43 (Bibl. IV, 1), p. 12.
2. Cf. C. GIANELLI, Codices Vaticani Graeci 1485-1683, Città dei 6. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 316-321; EHRHARD III, p. 150-
Vaticano 1950, p. 187-188 (= GIANELLI). Le Vat. gr. 1581, du XIV<- 15~; R. DEvREEssE, Le fonds Cois lin, Paris 1945, p. 295-298. Le
XV" s., contient des Vies et des Martyres de saints. ç:o~s.z. gr:. 307, de l'an 1552, contient des panégyriques de saints, de
3. Voir ci-dessus, § 1. Janvier Jusqu'au 31 août.
88 INTRODUCTION MANUSCRITS 89
métaphrastique) ; 6. G et X (1 présente parfois les mêmes e
Bien que A, manuscrit du IXe_X siècle, représente une
leçons). tradition ancienne, il n'en contient pas moins un assez
Nous avons déjà constaté que les manuscrits les plus grand nombre de fautes et d'omissions.
anciens sont souvent de grande importance, notamment Exemples : 24,9 O"X6TOUÇ au lieu de 7tup6ç Il 25,2 wç
quand leurs leçons s'écartent de la vulgate métaphrastique 7tEP~XOpEOO'IITEÇ MyouO"~v xoc.l au lieu de &O"7tEp ~Xw ÀéyouO"w Il
et sont appuyées en même temps par les traductions 33,4 XOCTOCO"XEU~V au lieu de XOCTtXO"TOCO"~V Il 45,1 fLév Ta au lieu
anciennes. Il s'agit de A (Ottob. gr. 373), C (Vat. gr. 566), de fLévTO~ Il 45,7 omission de XOCL UfLEL'Ç - fLETEWp(~E0"6E.
D (Vat. gr. 824), E (Vat. gr. 826), G (Vat. gr. 1589) et H
Dans un certain nombre de cas, R (Coisl. gr. 282)1
(Vat. gr. 1638). Ensuite ce sont notamment les manuscrits
partage quelques leçons remarquables de A.
métaphrastiques « mixtes » qui nous intéressent tels que U
(Par. gr. 513), X (Par. gr. 1508) et Y (Par. gr. 1536). Les Exemples: 43,2 7tÀ'1JpocpopoüO"~ : 7tÀ'1Jpocpop~O"ouO"~v AR Il 44,2
deux derniers font partie des six manuscrits parisiens tiyocÀÀ~WfLévwv : tiyOCÀÀ~6VTWV AR Il 57,1 XOCL 7ttX60ç : XOCL am.
utilisés par B. de Montfaucon (respectivement Reg. 2 et AR Il 66,3 7tOCP' OCÙTOÜ : U7t' OCÙTOÜ AOR.
Colb. 2) et sont responsables d'un certain nombre de
leçons non-métaphrastiques dans son édition. C Vaticanus gr. 566
H Vaticanus gr. 1638
A Ottobonianus gr. 373
D Vaticanus gr. 824 Les manuscrits C 2 et H 3 portent un texte non-
Les manuscrits Al et D 2 sont des ménologes préméta- métaphrastique dont les leçons sont souvent identiques
phrastiques ayant en commun beaucoup de leçons notables avec celles de A et de D. Mais ils ont éga~ement beaucoup
qui s'écartent de l'édition des mauristes. Dans les cas, de leçons en commun qui s'en écartent. Les leçons
assez nombreux, où elles sont confirmées par les traduc- spécifiques de C et H se trouvent aussi presque toujours
tions anciennes (et souvent aussi par d'autres témoins dans quelques autres manuscrits, en premier lieu dans T
importants), nous n'avons pas hésité à les accepter.
Exemples: 2,2 7tEPL 7ttXnwv (7tEpmOCTWv r) de omnibus a Il 3,1 1. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 306·307; EHRHARD III, p. 940-
uirginitatemall 3,4 Àocowv ~v (Àocowv
7tOCp6EV(OCV (7tOCp6EVWVOC r) 94.1; I?EVREESSE, Le fonds Coislin, p. 262-264; A. J. FESTUGIÈRE,
È:7tOCVflE~ r) accepisset a Il 4,2 È:O"7t003OC~EV (XOCL 0"7tou3tX~wv r) Hzstona monachorum in Aegypto (SH 34), Bruxelles 1961,
satagebat a Il TIX 7ttXVTOC (TIX 7ttXVTWV r) omnia a Il 5,3 p. LXXIII-XCV; 1. C. GUY, Recherches sur la tradition grecque des
tiVOCTPE7t6fLEV6v TE Tii 7t[O"TE~ (XOCL tiVOCTPE7t6fLEVOV Tii 7toÀÀ'!i Apophthegmata Patrum (SH 36), Bruxelles 1962, p. 120-121; 125-
7t[O"Te:~ r) repelli quidem afide a Il 7,9 Tav VOÜV TIjç \jJUX~ç A T~Ç
188. Le Coisl. gr. 282, du XIe_XIIe S., contient des textes ascétiques et
hagiographiques.
\jJUX~ç Tav VOÜV D (T~Ç \jJUX~ç Tav T6vov r) : animi intellectum
2. Cf. R. DEVREESSE, Codices Vaticani Graeci 330-603, Rome
a. 1937 (= DEVREESSE II), p. 451; Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 8. Le
Vat. gr. 566, du XIe S., contient des Sermons de Jean Chrysostome et
d'autres, et des Vies de saints prémétaphrastiques.
1. Cf. FERON-BATTAGLINI, p. 191. 3. Cf. GIANELLI, p. 343-345; Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 144 s.;
2. Cf. DEVREESSE III, p. 362. Le Vat. gr. 824, ms. du XIe S., EHRHARD l, p. 542-544. Le Vat. gr. 1638, du XIe S., contient des Vies
contient des Vies de saints. et des Passions prémétaphrastiques de saints du 1 au 17 janvier.
90 INTRODUCTION MANUSCRITS 91
(Coisl. gr. 383)\ U (Par. gr. 513)2, V (Par. gr. 1185A)3 et Les manuscrits E l et Q 2, des métaphrastes mixtes, sont
y (Par. gr. 1536)4. 0

étroitement apparentés. L'orthographe de E est plus


Exemples de leçons remarquables du groupe CHTUVY : 46,6 vulgaire que celle de Q. On y trouve, par exemple, l'accu-
cpUÀŒ'M"WV : 8LotcpUÀŒ'M"WV CHTUVY Il 48, 2 e:lm:v : ~Àe:ye:v satif 6uylX't"ÉplXv, ainsi que beaucoup de iotacismes, tel
CHTUVY Il 51,1 fL6voç ~v inu. CHTUVY Il 51,4 XŒfL1t'fWV : OtVuÇIXL au lieu de OtV01ÇIXL. Les différences qui ne concernent
xÀ(vwv CHTUVY Il 54,8 TIjv 'fe: 'fë;>v fLOVotXWV : 'fWV fLOVotXwV pas l'orthographe sont peu nombreuses, mais il y en a.
'f~V CHTUVY Il 80,3 Xot'fotp(O"otn : 6e:pot1te:oO"otn CHTUVY Il
81,2 hL : É:v CHTUVY Il 82,4 OCVotO"'fOtç omo CHTUVY Il 85,2 Exemples : 44,4 b &8LXWV ~ add. Q post É:xe:'L Il 46,5 1tpii1;LV
É:fL6pot80ve:Lv : É:fL6pot8üvotL CHTV. Parfois C fait défaut : 17,7 E : 'fOC1;LV Q Il 86,5 1tIXP' IXÔ'féi> Q : 1tIXP' IXÔ'fWV E.
fLe:6'kotu'fwV ÎipotL inu. HNTUVY Il 48,2 &1;LWV : ~1;(ou HTVY Il
50,6 8LOt 'fOÜ'fO : 8L' otÔ'fOÜ HTUVY Il 55,2 O"otpxLXWV : IipXELV Les cas ne sont pas rares où, parmi les manuscrits
'fWV HTVY (&pX~v 'fWV u) Il 72,1 : &n(vouç : e:iJvouç HTVY Il utilisés, E et Q sont les seuls représentants d'une leçon.
79,2 1totp' : 8L' HTUVY Il 82,10 vüv : &v6fLwÇ HTVY. Exemples : 16, 1.17 'fOÜ omo EQ Il 17,7 cpLÀo1;e:v(1X : CPLÀ01tOV(1X
EQ Il 78,1 8LOt ' IljO"Oü XPLO"'fOÜ omo EQ Il 79,2 É:Àe:n6 fLe:vlX :
T et Vont souvent des leçons communes qui leur sont É:1te:pX6fLe:VIX EQ Il 81,2 ~1XO"LÀélXç : ~IXO"LÀélX EQ 1181,4 XpLO"'fLIXVO( :
propres: Iiv6pw1t0L EQ.
46,4 ~fL1tpo0"6e:v omo TV Il 48,2 XpLO"'t"éji : 6e:éji TV Il 65,4
&x6>ÀU'fOç : &x6ÀotO"'foç TV Il 73,3 e:üpe:~v : É:cpe:upe:~v TV Il 79,2 La. parenté étroite des deux mansucrits est soulignée par
'fotÜ'fot 1tOCV'fot inu. TV Il 79,4 1te:pLXÀe:L6fLe:VIX : 1te:pLO"O"WÇ certames fautes communes.
xÀe:·,~6fLe:vlX TV Il 82,4 O"nvoc~wv : O"nvIXYfL6ç TV Il 82,5 EJ8,2 XIX'flXpye:'L'fIXL : xIX6l)ye:'L'fIXL EQ Il 78,4 cpo6e:'L0"6e: : ~ye:'L0"6e:
8L6>XÀljO"lXv : 8LOXÀljO"lXv'fWV TV Il 93,1 'fOÜ'fO : 'fIXO"lJÇ TV.

E Vaticanus gr. 826 B Vaticanus gr. 504


Q Coislinianus gr. 258 1 Vaticanus gr. 1991
L Ambrosianus gr. 51

l. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 323·324; DEVREESSE, Le fonds Les manuscrits B 3, [4 et L 5 ont certains traits en
Coislin, p. 365-366; EHRHARD III, p. 17·18. Le Coisl. gr. 383, du commun.
xv· s., est un ménologe métaphrastique abrégé, contenant des Vies
de saints de janvier à août. l. Cf. Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 81; DEVREESSE III, p. 364. Le
2. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 11·12; EHRHARD l, p. 540·542. Il Vat. gr. 826 date du XI· S. ou de la fin du XC s.
s'agit d'un ms. prémétaphrastique, du xe s., contenant un ménologe ~. ~f. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 306; DEVREESSE, Le fonds
du 1 au 17 janvier. ~o~~lm, p. 236. Dans le Coisl. gr. 258, du Xue s., la VA est le
3. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 84·85; EHRHARD III, p. 120·123. SIXleme et dernier texte.
Le Par. gr. 1185A, du XIV· s., est un métaphraste mixte. 3. Cf. DEVREESSE II, p. 338s. Le Vat. gr. 504 date de l'an 1105.
4. Cf. Cat. cod. hag. gr. Par., p. 235-236; EHRHARD II, p. 571· La VA Y a été divisée en 4 Koc610'fLOC'fOC ou .xvOCyVWO'e:L<;.
572. Le Par. gr. 1536, du XI· s., est un métaphraste mixte. C'est le 4. Cf. Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 177-178.
Colb. 2, utilisé par B. de Montfaucon. Cf. GARITTE 1942-43 (Bibl. 5. Cf. MARTINI-BASSI, p. 60-61; A. EHRHARD, dans Ro'mische
IV, 1). Quartalschrift 11, 1897, p. 162.164.
92 INTRODUCTION MANUSCRITS 93

a. Des transpositions : 70,4 TOUTOUC; devant e:l'lIXL Il 72,2 méta phrastiques, tradition sur laquelle se base en premier
'EÀÀ1l'lEC; devant ~À6o'l Il 73,1 YP&:fLfLIXTIX devant fL~ Il 81,6 lieu d'édition de B. de Montfaucon. C'est ainsi que nous
IXÙTOÙC; après ~;LOU. n'avons utilisé que les manuscrits W 1 et Z 2 comme
h. Des inversions : 66,2 yOÜ'I TIXÜTIX. témoin de la vulgate métaphrastique. Les cas ne sont pas
c. Des additions: 49,1 TLC; : ~Àé:7tW'I add. BIL Il 58,4 IXÙTà'l : È'I rares où - à la lumière des leçons des manuscrits
tXÀ1l6d~ add. BIL Il 81,6 ~YW'IL~ETO : LO"XUpWC; add. BIL. prémétaphrastiques, notamment quand elles sont
Notamment des additions pieuses: 54,4 8è : TLfLLOC; add. BIL Il appuyées par les traductions anciennes - il a paru
54,5 XIXTIXO"XE6lj'lIXL : XIXT' OLXO'l0fL(lX'I 6EOÜ add. BI Il 54,6 nécessaire d'abandonner les leçons de la vulgate métaph-
7tIXTé:plX : Xp'lJO"Tà'l praem. BI Il 56,2 yé:pO'ITOC; : oO"tou praem.
rastique de l'édition des mauristes.
IL.
Autres exemples de leçons communes: 47,2 Té:ÀOUC; au lieu de Exemples: 23,1 flU7tIXPOL : 7tO'l1lPOL WZ r (sordidae a, obscenis
Te:ÀEUTljC; Il 55,1 7t&:ÀL'I tX7tljÀ6E'I au lieu de ELcrljÀ6E 7t&:ÀL'I 1155,8 h, impurae c) 1166,5 È'I6EL : È'IE'I6EL WZ r 1180,1 EL 8è: L80ù WZ
&7tEp au lieu de &. Il 55,10 ~ x&'1 I)ÀWC; au lieu de XIXL I)ÀWC; r (si autem a).
TOÜ Il 58,1 WTtW'I au lieu de lilTW'I Il 59,4 8PlXfL6'ITEC; au lieu de
ÈÀ66'1TEC;. G Vaticanus gr. 1589
X Parisinus gr. 1508
B a un grand nombre de leçons doubles (variantes
entrées dans le texte) Le manuscrit G 3 est un manuscrit prémétaphrastique
Exemples: 58,1 IXLO"Xpà'l XIXL OLXTpà'l Il 69,1 XIXL È6ufLoÜTO XIXT'
important dont les leçons s'accordent souvent avec celles
ÈXé:L'IW'I XIXL È6IXUfLlX~E'I tXXOUO"IXC;.
de A. Il a un certain nombre de leçons spécifiques en
commun avec X 4, le Reg. 2 de Montfl;lucon, un méta-
Le manuscrit S (Coisl. gr. 368)1 a certaines leçons phrastique mixte.
remarquables en commun avec L.
Exemples : 23,1 TL6é:'1IXL O"x&:'18IXÀIX mu. ex Il 54,1 tX7tIX'IT~­
Exemples: 7,3 ~8o'l'ii : ~80'lIXLC; LS Il 16,5 x60"fL<P : TOUT<p add. O"IXO"L'I : tX1t1j'lT1lx60"L'I ex.
LS Il 27,5 8è : ~fLiic; add. LS Il 31,5 7tEpmIXTEL'I am. LS Il 46,5
7tpii;L'I : 7tp60"TIX;L'I LS Il 51,1 AÙTàc; - O"xoM~w'I am. LS 1160,9 1. Cf. Gat. cod. hag. gr. Par., p. 179-11m; EHRHARD II, p. 537. Le
TE6EL0"6IXL : tX7tOTE6e:"i0"6IXL LS. Par. gr. 1493, du XIe S., est un ménologe métaphrastique de janvier
qui contient les jours 4 à 18.
2. Cf. Gat. cod. hag. gr. Par., p. 265-267; EHRHARD II, p. 572. Le
W Parisinus gr. 1493 Par. gr. 1557 est un ménologe métaphrastique de janvier (tardif:
Z Parisinus gr. 1557 1567).
3. Cf. Gat. cod. hag. gr. Vat., p. 130-132; GIANELLI, p. 211-212;
Nous avons restreint délibérément le nombre des EHRHARD l, p. 455; II, p. 354. Le Vat. gr. 1589, du xe s., est un ms.
témoins de la tradition très uniforme des ménologes prémétaphrastique, qui contient des Vies de saints.
4. Cf. Gat. cod. hag. gr. Par., p. 196-198; EHRHARD II, p. 571. Le
Par. gr. 1508, du XIIe_XIIIe s. (le Regius 2 de B. de Montfaucon), est
1. Cf. Gat. cod. hag. gr. Par., p. 322-323; DEvREEssE, Le fonds un ms. métaphrastique mixte de janvier. La VA est le 14e texte. Cf.
Gois lin, p. 352-353. Le Goisl. gr. 368 est un ms. du xe s. ; la VA est GARITTE 1942-43 (Bibl. IV, 1), p. 26. Ce ms. présente de nombreuses
le quatrième texte. variantes très individualisées.
94 INTRODUCTION TRADUCTIONS ANCIENNES 95

1 va souvent de pair avec GX. deux manuscrits d'Oxford: N (Oxf. Baroee. 158) 1 et P
Exemples : 23,1 qnÀo7tOVoüV't"lXe; 7tOVOÜV't"IXe; GX. La leçon (Oxf. Bodl. gr. Auct. E 5.4) 2.
m:LvWV'!IXe; de 1 en dérive Il 23,2 7t(7t'!OUO"LV eù6ùe; : eùO&We;
7t(;t'!OUO"LV GIX Il 24,4 7tlXpdt '!oü ~w'"ipoe; ante '!éjl transp. GIX *
Il 26,1 7tlXpdt : &7tO GIX Il 26,4 IPPOV7)CfIXV't"Oe; : IPpovoüV't"oe; GILX. **
La diversité de la tradition manuscrite de la VA crée de
X se joint parfois à B et l. nombreuses difficultés pour l'éditeur de cette Vie. Nous ne
Exemples : 31,~ 7tIXLe; '!Le; : '!Le; omo BILX Il 31,5 7tOL~CfIXL 8UVIX'!IXL prétendons pas avoir dit le dernier mot. Nous nous
inu. BIX Il 31,6 '!wv 7tepmlX'!ouV't"wv {moCf'!peIP0V't"wv : '!OÜ sommes seulement proposé d'améliorer le texte de B. de
7tepmIX'!oüV't"oc; {moCf'!p&IPOV't"oe; BeILX. Montfaucon en élargissant la base de l'édition et en
accordant une attention Spéciale, parmi les quelques
Restent un certain nombre de manuscrits qui présentent cinquante manuscrits collationnés, à la tradition préméta·
beaucoup de traits individuels. Le manuscrit F (Vat. gr. phrastique, ainsi qu'aux versions anciennes, notamment à
866) 1 s'accorde dans la plupart des cas avec A et D. Le
celles qui sont très littérales.
manuscrit 0 (Oxf Baroee. gr. 183) 2 est caractérisé par de
nombreuses déformations (ainsi 6,1 KIX't'lXoIXÀeLv
KIX't'IXÀlXoeLv 0). Parfois il va de pair avec G (59,1 360 omo
GO Il 60,4 KIXL 1tOÀÀIX - yeyEv7jCf6lXL omo GO Il 75,9 II. LES TRADUCTIONS ANCIENNES
1tVE6!L1X't'1X : 1t't'w!L1X GO Il 81,1 1tEp( omo GO). De temps en
temps nous trouvons également 0 dans la même série de
manuscrits que K 3 (ainsi 5,2 't'pocp7je; : 't'pucp7je; KNORZ Il 211. La traduction latine anonyme
5,2 lXù't'7je; È(r't'LV inu. BEGKOQS Il 5,7 't'ou 6e;ou omo
KNOVY Il 6,1 cp<ùv7i, ËÀEyEV inu. EGKOQS Il 9,4 ÈÀ6ELV :
eLGEÀ6ELV KNO). Le manuscrit M (Ambr. gr. 262) 4 a de Déjà avant la publication de la traduction d'Évagre,
nombrellses fautes dues à un copiste négligent (ainsi 80,3 dont le terminus ante quem est 373, une autre version
KIX't'lXp(GIX't'E : KIX't'lXpy~GIX't'E M). Enfin nous avons utilisé latine, restée anonyme, avait vu le jour. Le texte, découvert
par A. Wilmart, a été publié par Garitte (1939), puis par
Hoppenbrouwers (1960) et Bartelink (1974). Cette version
1. Cat. cod. hag. gr. Vat., p. 83·93; DEVREEssE III, p. 434 s. ;
EHRHARD l, p. 338·346. Le Vat. gr. 866, du XIe·XII e S. est un
ménologe non métaphrastique pour l'année entière. 1. L'Oxf Barace. gr. 158 est acéphale (il commence vers la fin du
2. L'Oxf Barace. gr. 183 est un métaphraste mixte. Dans la marge ch. 3); les pages sont en désordre; les ch. 66-94 manquent. Cf. H: O.
se trouvent quelques gloses. Malgré les déformations il a souvent COXE, Bodleian Library Quarto Catalogues. I. Greek Manuscnpts,
conservé des leçons primitives correctes. Oxford 1853 (1969 2 ), c. 268·272 (= COXE).
3. L'Athos Vatoped. 82 est un métaphraste mixte. 2. L'Oxf Bodl. gr. Auct. E 5.4, du XIe·XIIe s., est acéphale (les
4. L'Ambr. gr. 262, métaphrastique, a été écrit vers la fin du ch. 1·36 manquent). Les Notae ajoutées à l'editio princeps de
XIVe siècle. Quelques pages sont m~tilées et il y a des taches Hoeschel présentent des lectiones variae de ce ms., relevées par
d'humidité. Cf. MARTINI.BASSI, p.292.294. Henry Savile (cf. COXE, c. 655).
96 INTRODUCTION TRADUCTIONS ANCIENNES 97

qui ne semble pas avoir eu une grande diffusion - nous néologisme. Aut:r~e argument: il est peu probable qu'après
n'en connaissons qu'un seul manuscrit - est, contraire- la traduction d'Evagre, ouvrage soigné du point de vue
ment aux exigences de la tradition littéraire, assez littérale, stylistique, on se soit mis à en faire une seconde répondant
bien que le traducteur, sans doute un dilettante, aille beaucoup moins bien aux exigences stylistiques.
parfois jusqu'à viser à des effets rhétoriques 1. A cause de sa littéralité la traduction latine anonyme est
Hoppenbrouwers s'est efforcé d'identifier ce traducteur un témoin de grand intérêt 1. Voici quelques passages où
anonyme. Partant du fait que quelques additions trahis- cette version (= a) rend le texte correct, différent de celui
sent quelqu'un connaissant bien l'Égypte et les lieux où de Montfaucon :
vivaient les ermites, il le cherche parmi les moines de - 3,1 Et.; 7tlXp6EVLIXV (Et.; 7tlXp6EVWVIX Montfaucon)
langue latine séjournant en Égypte dont nous connaissons dtvlX"t"pérpE0"6IXL, cf. a : ut nutriretur ad uirginitatem.
les noms. Il suppose qu'il s'agit d'Isidore, le plus connu - 87,5 è~7JplX(VE"t"O "t"WV ~8ovwv (è~7JPVEL't"O "t"oc.; ~8ovoc.; Mont-
d'entre eux: ce ne saurait être qu'une hypothèse 2. Dans faucon), cf. a: aruerunt in eo lasciuiae uoluntates (= uolup-
le seul manuscrit parvenu jusqu'à nous 3 cette traduction tates). La tradition manuscrite grecque (et la version sahidi-
est attribuée à Jérôme, ce qui est impossible du point de que) nous apprend qu'il faut lire è~7JPIX(VE"t"O.
vue stylistique. - 88,1 -ri)v 6PfL~v XIXL -ri)v 0"7toIJ8~v "t"oG èmOOIJÀEUELV (-ri)v
C'est sans doute cette version anonyme que vise Évagre O"7toIJ8~v XIXL "t"~v 6PfL~v, "t"oü"t"o oùx ~yV6EL Montfaucon), cf. a :
et impetus et instantiam insidiarum sciebat. Ici encore la leçon
dans son épilogue par les mots ad uerbum expressa de a est conforme à celle des meilleurs manuscrits 2.
translatio. Qu'elle soit antérieure à la version d'Évagre,
ressort notamment du fait que le vocabulaire monastique y
est encore peu développé, comme Lorié l'a démontré de 2b. La traduction d'Évagre d'Antioche 3
façon convaincante 4. Si le traducteur anonyme se sert par
exemple de certaines circonlocutions pour traduire La traduction d'Évagre est libre et tire même souvent
fLQVcxcr't"~pwv (locus monachorum, mansio monachorum, sur la paraphrase. Lui-même, dans sa lettre dédicace, l'a
etc.), c'est que monasterium, employé pour la première caractérisée ainsi : ut nihil desit ex sensu, cum aliquid
fois dans la traduction d'Évagre, n'était pas encore en desit ex uerbis 4, formule traditionnelle exprimant la
usage lorsqu'il traduisait et qu'il n'a pas voulu forger un manière de traduire ad sensum, la plus en usage dans
l'Antiquité.
1. Voir LORIÉ (Bibl. VII), p. 20; MOHRMANN 1956 (Bibl. IV, 1), Cette traduction est marquée par une certaine recherche
passIm.
2. H. W. HOPPENBROUWERS, (, La technique de la traducton dans
l'Antiquité d'après la première version latine de la Vita Antonii '),
dans Mélanges Mohrmann, Nouveau Recueil, Utrecht 1973, p. 80- 1. Sur le caractère de cette traduction anonyme on consultera
95. aussi MOHRMANN 1956 (Bibl. IV, 4).
3. Cod. Basilicanus A.2. des Archives du Chapitre de Saint- 2. Cf. BARTELINK 1981 (Bibl. IV, 1), p. 397-413.
Pierre à Rome (XIe S.), aujourd'hui à la Bibliothèque Vaticane 3. PC 26, 837-976 (texte de Montfaucon); PL 73, 125-168 (texte
(minuscule romanesque, style Farfa). de Rosweyde).
4. Cf. LORIÉ (Bibl. VII), p. 43-45. 4. Cité par JÉRÔME, Ep. 57, 6.
INTRODUCTION TRADUCTIONS ANCIENNES 99
98
poétique 1. Les réminiscences virgiliennes notamment sau- L'édition de Draguet est pourvue d'une Introduction où il
tent aux yeux; quelques autres, de Sanust~, méritent émet une hypothèse qui mérite attention. Partant d'une
également d'être relevées, et le traducteur faIt usage de analyse linguistique de la version syriaque, où se trouverait
procédés rhétoriques qu'on .trouve rarement dans des un grand nombre d'anomalies - selon lui des copticismes
traductions. Il s'efforce de styliser et de donner au texte un (aux spécialistes d'en juger) - , Draguet admet l'existence
caractère plus littéraire. Un seul exemple suffira: Évagre d'une Vie grecque, écrite dans un grec copticisant,
rend (l.É:yoc O'1."ev6t~occ; (82, 6) par une l?ngue p~ase aujourd'hui perdue. A l'appui de cette thèse il présente
tripartite: « singultus occupant uocem, li~gu~ fletlbus une liste de 30 types de copticismes, répartis sur 400
praepeditur, et in medio conatu sermo geffilt.u mterrum- passages 1. La version syriaque n'aurait pas été faite sur un
pitur. ) Outre les figures rhétoriques, Év~gre ajoute encor.e texte copte, mais sur un texte grec ayant des traits
des éléments se rapportant au contenu . Il porte un ~lf copticisants, ce qui n'aurait rien d'étonnant dans le milieu
intérêt aux anges, aux démons et à la victoire de la crolX bilingue de l'Égypte du IVe siècle 2.
du Christ; il mentionne ainsi parfois expressément les La version syriaque, qui serait à dater du Ve_VI e siècle et
anges là où Athanase s'exprime d'une manière vague,. par aurait été faite en Perse (il s'y trouve une addition teintée
exemple en 65, 2 où il rend urc6 1."LVWV par ab a~gelts. de nestorianisme), nous a été transmise dans une recension
La traduction d'Évagre a eu beaucoup de succes comme longue et brève. Le texte long a le même contenu que notre
en témoigne le grand nombre de manuscrits. Une édition texte grec. Le texte court se retrouve intégralement dans le
critique manque toujours. Sur l'usage que Montfaucon en texte long, dont il représente un peu plus de la moitié.
a fait voir ci-dessous 3. C'est une édition abrégée du texte long, faite dans
l'intention de tout concentrer sur la biographie d'Antoine.
Ce sont justement le long discours aux moines et la
2c. La version syriaque discussion avec les philosophes païens qui manquent.

En 1980 R. Draguet publia une édition critique, basée


sur 14 manuscrits, de la version syriaque de la VA. Par des 2d. La version copte (sahidique)
publications antérieures nous savions. déjà .que,. ,cet~e
traduction est assez libre: en 1895 BedJan avaIt deJa faIt Le texte copte (sahidique) nous a été entièrement
paraître une édition, basée sur 4 man~scrits, ~o~t transmis par un manuscrit trouvé en 1910 à Hamuli, au
E. Budge avait donné, en 1904, une traductlOn anglaIse . sud de l'oasis du Fayoum. De plus nous disposons de
quelques fragments de quatre autres manuscrits. Le
1. B. R. V088, C' Bemerkungen zu Euagrius von Antiochien. Vergil
manuscrit complet, écrit en 822/823, appartient aujour-
und Sanust in der Vita Antonii .), VChr 21, 1?67 , p. 93..1O~.
2. G. J. M. BARTELlNK, (' Einige Bemerkungen uber Euagrms von
Antiochien Übersetzung der' Vita Antonii' ~, RBen 82, 1972, p. 98· 1. Le jugement à porter sur la valeur probante de ces matériaux
est réservé aux spécialistes.
105. 2. Sur les conséquences de cette hypothèse en ce qui concerne
3. Introd. II, 3d, p. 106.
l'authenticité athanasienne de la VA, voir Introd. l, la, p. 32-33.
4. Cf. Bibl. III, 2.
100 INTRODUCTION
ÉDITIONS 101
'On connaît au mo~ns 29 manuscrits slaves de la VA, qui
d'hui à la collection Pierpont Morgan (M 579 : la VA se
trouve fol. 15v-72r). Le texte, qui se caractérise par une d~tent presque tous des XIVe-XVIIe siècles. La plupart
grande fidélité \ a été publié en 1949 par G. Garitte 2. Il
d ent:e eux, n~tamment les plus anciens, n'appartiennent
comporte cependant quelques additions, et surtout pas mal
pas, ~ des menologes mais à des collections d'écrits
d'omissions, dont quelques-unes s'expliquent par homéo-
as~~tIques. De Santos Otero conclut en ces termes : « Les
téleute. cnteres externes méritent d'être pris en considération en
La version copte représente une tradition indépendante,
faveur. d~ la crédibilité de la version en vieux slave;
qui a une certaine valeur pour l'établissement du texte
celle-cl" des lors, ne devrait plus être négligée à l'avenir 1. »
grec. Un exemple suffira. En 13,6 le texte de Montfaucon
Il est d a~tant,P~~s regrettable que nous ne disposions pas
lit "wv ocvw ee:Wp'YJfLOC"WV. Or nous trouvons dans la encore dune edltlOn de cette version.
traduction sahidique : uisiones quae cotidie in eius intel-
lectu fieri ... (retraduction latine par Garitte). Cette leçon
de la version copte est confirmée tant par la version latine
anonyme (quaefiebant in mente ipsius) que par la leçon de III. LES ÉDITIONS
certains manuscrits grecs ("wv Èv v(jl ee:Wp'YJfLOC"WV).

3a. L'editio princeps de David Hoeschel (1611)


2e. La traduction en vieux slave
L'édition de David Hoeschel (Augsbourg 1611) 't'
E't d' , a ee
Il n'existe pas encore d'édition de la traduction slave de al e apr.es u~ s~ul, manuscrit (codex Boicus) qui se
la Vita Antonii. Dans un article de 1979, De Santos Otero trouve aUJourd hUI a la Staatsbibliothek de Munich
a fait des observations préliminaires, dont nous résumons (Monac: gr. 65). Le texte grec, qui n'est pas encore divisé
ici quelques-unes 3. Il semble, d'après le colophon de en chapItres, est pourvu d'une traduction latine de la main
plusieurs manuscrits, que la traduction slave de la Vita de l'éditeur, et dans la marge se trouvent un certain
Antonii ait été faite en Bulgarie aux environs de 900. nombre de notes sur le texte. Un appendice contient des
Comme la plupart des traductions en vieux slave, elle est notes de .Hoeschel, ~es corrections de fautes d'impression
assez littérale. Dès la deuxième moitié du XIe siècle on la et une lIste de vanantes enregistrées par Henri Savile
connut à Kiev, où elle servit de modèle pour la Vie de ~'~~rès un ?o.dex d'Oxford (Bodl. Auct. E 5.4). Dans les
Feodosij par Nestor, abbé à Kiev, et pour les débuts de edltlOn~ ulteneures les notes marginales de Hoeschel, ses
l'hagiographie russe en général. corre~tlOns . et les variantes fournies par Savile ont été
parfOIS repnses ; dans d'autres cas on les a fait rentrer dans
1. GARITTE 1956 (Bibl. IV, 1), p. 7: (, La version ... est très le text~ .. L'édition de Hoeschel, qui ne présente que la Vita
littérale, et fournit de ce fait des données précieuses pour la 1,nt.o~n, peut être considérée comme un supplément à
connaissance du texte grec prémétaphrastique. » 1edltlOn des Opera omnia d'Athanase de 1600-1601 ,
2. CSCO 117 (texte; sur les manuscrits voir p. HV) et 118
(traduction latine littérale du texte copte).
3. DE SANTOS OTERO (Bibl. III, 6), p. 242·252. 1. Ibid., p. 252.
102 INTRODUCTION ÉDITIONS 103
reflétant ainsi la tradition isolée de la Vie dans les codex de Charles de Montchal, archevêque de Toulouse
manuscrits. A partir de 1627 elle trouva place dans les (mort en 1651), vint ensuite entre les mains de Le Tellier
éditions des œuvres complètes d'Athanase. (n° 63) avant d'être incorporé, en 1700, dans la Bibliothè-
Hoeschel, qui n'avait à sa disposition qu'un seul manus- que du Roi (Regius 2942) 1. Aujourd'hui c'est le Parisinus
crit, dut faire face aux problèmes qui se posent dans un tel Graecus 952 (40 ff., papier, copié en 1608 ; il ne contient
cas : impossibilité de suppléer les omissions et de décou- que la VA).
vrir les inversions, difficulté d'émender les fautes évidentes Pas plus que Hoeschel, Piscator n'avait pourvu le texte
du texte. Il n'a pu y remédier qu'en partie seulement, à d'une division en chapitres (c'est à Montfaucon que nous
l'aide de la collation du manuscrit d'Oxford faite par la devons). En général son texte de la VA ne diffère guère
Savile, et de la traduction latine d'Évagre. de celui de l'editio princeps. Les notes marginales de
Montfaucon déclare avoir fait usage de lectionibus Hoeschel ont été reprises pour la plupart (par exemple
D. Hoeschelii (tome II, p. 835), mais on peut douter qu'il 5, 2 : OCLVÉcre:LC; dans le texte, OCVÉcre:LC; en marge), mais les cas
ait eu en main l'édition elle-même. Comment expliquer où Fischer a fait rentrer dans le texte les conjectures de
autrement sa remarque sur 't"pLXLVOV (47, 2) : «( Editi (sic), Hoeschel ne manquent pas : par exemple 37, 3 : où
't"pUXLVLOV », alors que Hoeschel offre la leçon 't"pLXLVOV ? Ou cruve:XWp1)cre:; 40, 1 : ÈvÉ1t't"ucroc (inspiré de la traduction
qu'il corrige en 55, HIe ~À6t7tncr6ocL de ses prédécesseurs d'Évagre); 85, 1 : 1tocpiX 't"WV 8e:o!J.ÉvCùv (= Hoeschel in
en ~Àém:cr6ocL, sans mentionner qu'on trouve dans les margine, dans le texte 1te:pt 't"WV 8.), repris dans l'édition de
Notae de l'édition Hoeschel (p. 164) cette leçon correcte? Cologne (Montfaucon: 1te:pt) 2.
Un certain nombre de coquilles du texte de Hoeschel a
été corrigé dans l'édition de 1627, mais quelques nouvelles
3b. L'édition de Paris (1627) fautes s'y sont glissées, qui se retrouvent parfois dans
l'édition de 1686. C'est ainsi qu'on y trouve pour la
En 1627 l'édition de Hoeschel fut reprise par 1. Piscator première fois en 44, 1 la leçon fautive 1tOCpe:xoocÀe:1''t"o
(J. Fischer) dans son édition des œuvres complètes (Hoeschel : 1tOCpe:XOCÀe:1''t"O), qui a même induit en erreur
d'Athanase 1. C'est une adaptation de l'editio princeps des l'éditeur prudent qu'est Montfaucon. D'autres exemples de
Opera omnia d'Athanase en grec, parue à Heidelberg en perpétuation de telles fautes montrent que les auteurs de
1600-1601, et où manquait encore la VA. Comme il le fait l'édition de 1686 n'ont pas consulté celle de Hoeschel : 65,
observer dans son Introduction (p. III), Piscator a colla- 5 &.xwÀ1)'t"OC; (&.xwÀu't"oc; Hoeschel) ; 81, 2 1te:pt 1toÀÀOUC; 't"LVOC;
tionné pour la VA un manuscrit qui n'avait pas encore ét.é (1te:pt 1toÀÀOU 't"LVOC; Hoeschel).
utilisé : «( Quae in S. Antonii vita ex Ms. codice Reueren-
diss. et Clarissimi Domini Caroli de Montchal. Abbatis S.
Amantii suppleui et emendaui seorsim Typographus dabit,
aut Hoëschelianis notis inseret, mihi enim nunc eorum
copia non est, nec ita, uti vellem, recensere licet.» Ce
1. Cf. GARITTE, 1942-43 (Bibl. IV, 1), p. 12-13.
2. Note 91 ad loeum : (f Editi 7tOl:p~. In manuscr. omnibus legitur
1. Voir Bibl. 1. m:pL .)

1
104 INTRODUCTION ÉDITIONS 105

progrès réel sur celle de Hoeschel qui, outre une liste de


leçons d'un manuscrit d'Oxford, ne disposait que d'un seul
3c. L'édition de Cologne (1686) manuscrit. Le savant mauriste fut à même d'améliorer
considérablement le texte de Hoeschel et de suppléer
A part un certain nombre de modifications (entre autres quelques omissions de l'editio princeps. Nous trouvons
1
dans la ponctuation) l'édition de 1686 reproduit cell.e de toutefois dans son édition quelques fautes qui n'ont aucun
Piscator (1627). Voici quelques exemples de modlfic~­ appui dans les manuscrits, telles que ÈXL'V€L au lieu de
tions : Pro 3 f}€À~cr€crf}OCL (Piscator f}€À~cr€'t"OCL) ; 81, 2 7t€?~ ÈxL'V€LTO (9, 6); 7tOCP€XOOCÀ€L't"O au lieu de 7tOCP€XOCÀ€L't"O
't"OCLe; (Hoeschel et Piscator È7tl 't"OCLe; ; Montfaucon : « EdIt!, (44, 1) ; oc'V€Àf}€ au lieu de OC7t€Àf}€ (49, 4).
7t€pl 't"ocLe; », mais, comme on peut le constater, cela ne vaut Les critères qui ont guidé le travail de Montfaucon ne
que pour l'édition de 1686). Quelques notes marginales de sont pas tout à fait clairs. Il semble certain toutefois qu'il
l'édition de 1627 ont été incorporées dans le texte, par a eu constamment sous les yeux la traduction d'Évagre,
exemple 50, 9 ~ÀOC7t't"€'t"e (Piscator ~~OC':~'t"OCL, avec corr~c~ aide judicieuse puisque le texte d'Évagre repose sur une
tion). Une faute d'impression de 1 edltlOn de 1627 a ete tradition indépendante. Malheureusement cette traduction,
également reprise : 90, 2 Of.lo'VLcroLe; (Hoeschel àf}o'VLo;e;; très libre, ne peut rendre autant de services qu'on le
Montfaucon : « Editi vero, àf}o'VLcroLe; »). Une faute s est souhaiterait. Voici quelques passages du texte de Montfau-
glissée en 89, 4 où XOL'VW'VLOC'V, qui figure dans ~es éditio~s con, où l'influence d'Évagre semble se manifester: 48, 4
antérieures, a été omis. Les quelques douze hgnes apres Èxocf}€u3o'V (Évagre : darmiebant, Hoeschel : Èxocf}1j'V't"o);
. 2
Ècpp6'V't"L~€'V (13, 4) manquent toujours . 56, 1 oIe; ~OUÀ€'t"OCL (Évagre : quibus uellet, Hoeschel : I)croc
~OUÀ€'t"OCL). Parfois Montfaucon cite expr~ssément Évagre.
Ainsi en 31, 5 à l'appui de sa leçon 7tOCLe; 't"Le; : « Sic Regius
3d. L'édition de Bernard de Montfaucon (1698) secundus et Colbertin. 2 atque ita legisse videtur Eva-
grius » ; en 6, 2 à l'appui de È'YxPoc't"euofLé'Voue; : « Sic Regius
Bien que, à la lumière de la tradition manuscrite très 2 et Colbert. 2 atque ita legit Evagrius. Editi et alii,
vaste de la VA, la base de l'édition de Montfaucon soit tl7toxPL'VofLé'Voue;. »
assez étroite (6 manuscrits parisiens) 3, elle constitue un Ensuite, il saute aux yeux que Montfaucon a une
certaine prédilection pour le Calb. 2, le Par. gr. 1536
1. Voir Bibl. 1. d'aujourd'hui (Y) 1. Il en préfère parfois les leçons à celles
2. Nombre de formes remarquables figurant dans les éditions de de ses autres manuscrits parisiens. Ce fut un choix assez
1611 1627 et 1686 ont été modifiées par Montfaucon sur la base de heureux car le Calb. 2 est un ménologe « mixte» qui offre
ses c~llations. Exemples: 48, 1 6uya:d:pocv : Montfaucon -'t"É:poc; 78, 2
7te:pe:~1lôiJ.e:voc : Montfaucon ~7te:pe:~1lôiJ.e:6oc; 82, 12 oljle:'t"e: : Montfaucon souvent de meilleures leçons que les ménologes méta-
oljle:cr6e:. , V . phrastiques. Montfaucon ne l'a cependant justifié nulle
3. Parfois cependant, il s'est procuré des leçons d autres mss. ou part. Souvent donc, le prudent mauriste a fait un choix qui
PC 26, 839 C : « praeterea in manuscri~t. V atic~no nota~o 566 .ut plus tard s'est révélé juste.
monuere fratres nostri, item in manuscnpt. Anghcano cUJus l~c~lO­
nem nobis transmisit vir clarissimus et eruditissimus Jacobus MIlhus,
principalis collegii Sancti Eadmundi Oxoniensis ... » 1. Comme l'a établi GARITTE 1942-43 (Bibl. IV, 1), p. 26.
106 INTRODUCTION ÉDITIONS 107

Dans quelques cas cependant la leçon du Colb. 2, isolée,


3e. La réimpression du texte de Montfaucon
est à rejeter.
par Migne (PG 26, 837-976)
Exemples: 37,1 't"o(vuv Montfaucon :~ Sic Colbertinus secundus
solus, quem tamen sequi visum est,) (mais 't"LVWV, mieux L'édition de Montfaucon a été reproduite à peu près
représenté dans les manuscrits, est à préférer) Il 38,2 't"oiho telle quelle, avec son apparat critique, dans la PC de
~wTIjpoc; Montfaucon, qui suit la leçon, isolée, du Colb.2
Migne, d'après la réédition de l'évêque N.A. Giustiniani
(contre 't"oti 8è ~wTIjpoc; qui est pourtant meilleur) Il 67,1 7tpOC; (Padoue 1777). On relève des modifications d'intérêt
8è Montfaucon: « Sic Colb.2, alii 7tWC; 8è» (toute la tradition
secondaire concernant l'orthographe (par exemple 17, 3
manuscrite, y compris les versions anciennes, témoigne pour-
tant en faveur de 7tWC; 8è) Il 82,3 ~oÀe:m; XlXt Montfaucon : ~ Sic ~PCXY(J.ljt;;, ~PIXY(J.OCt;; Montfaucon : 8pIXX(J.'ijC;, apIXX(J.OCt;; PC), la
Colb. 2, quem sequimur. Editi vero 't"Uyx'ŒVWV xlXl ~Àé7twv, ponctuation, un usage abondant des capitales, l'impression
minus recte') (mais XlXt ~Àé7twV est correct; cf. a : et uidens). en italique des citations bibliques et la correction de
quelques fautes d'impression l • Les modifications orthogra-
Parfois Montfaucon fait appel à l'accord entre le Colb. 2 et phiques (v ephelcystique, 5u-rwjol5-rWt;;, 5-r' &.vj5-rlXv, (J.'Y)a'
Évagre. 5Àwt;;j(J.'Y)aoÀWt;;j(J.'Y)fJ' 5Àwt;;, etc.) ont été apportées de façon
Exemples: 7,1 ~ 't"Ci>' AV't"wv(~ Montfaucon : ~ Sic Colbertin. peu systématique. Le nombre des corrections est très
2, cui accinit Evagrius » 119,1 8L!X 't"!XC; 7tÀljY6cc; Montfaucon: « Ita limité (par exemple 18, 2 ocpé:o'Y) Montfaucon : ocpéaxY) PC
Regius 2 et Colbert. 2, et sic legit Evagrius. Editi et alii 8L!X 't"!Xc; 1167,5 -rà 7tÀOC-re:L Montfaucon: -r0 7tÀOC-re:L PC Il 76,2 xOp'Y)t;;
È:x 't"WV 8lXL(J.6vwv 7tÀljY6cc;» (Évagre : propter recentes plagas) Il Montfaucon : Kop'Y)t;; PC. Dans quelques cas on a préféré
4,4 OL OC7tO TIjc; X6>(J.ljC; XIX! OL qnÀ6xIXÀoL Montfaucon : ~ Sic Reg. une variante (9, 4 opii-re:, Ëcp'Y) Montfaucon: Ëcp'Y), Opii-rE PC
2 et Colbert. 2, xlXt OL deest in editis et aliis. ') Bien qu'il ne le Il 14, 2 XIX-rIXOIXÀÀOv-rWV Montfaucon: XIX'tIXOIXÀ6V-rWV PC Il
mentionne pas expressément, Évagre (et aliis) semble être visé
ici.
20, 9 IXÙTIjV é1la7te:p Montfaucon: é1la7te:p IXÙTIjV PC Il 40, 1
XlXp[ao(J.IXL Montfaucon : XlXp[aw(J.IXL PC Il 84, 1 0 aL'
Dans d'autres cas Montfaucon n'a pas adopté la leçon du 'Av-rwv[ou Montfaucon: aL' 'Av-rwv[ou PC Il 91, 6 OCcplj-rE
Colb. 2 sans qu'on puisse se l'expliquer. Montfaucon: occpdn PC).
Ainsi en 28,10 È:xrpooe:'i:v a été reçu dans le texte (~Sic Regius
secundus et Colbert. 2; editi È:xrpooe:'i:v (J.6vov 7te:LpŒ~OUC1LV '»), En 1963 le texte de la PC a été réimprimé dans la série
tandis qu'un peu plus bas (29,1), Montfaucon a préféré grecque de la BLOÀL06~x'Y) TIIX-répwv 2. L'édition souvent
7tlXpIX8L8oûc; bien que 7tlXpIX8oûc; (Reg. 2 et Colb. 2) soit fort bien réimprimée de Maunoury 3 est incomplète et destinée à
représenté dans la tradition (cf. a : qui tradidit).
Dans quelques cas enfin, Montfaucon n'a pas suivi le
Colb. 2 mais a opté pour une leçon qui, plus tard, s'est 1. Inversement, le texte de la PC n'est pas exempt lui-même de
fautes d'impression: 20, 1. 20 ÉXOÛ07lC;; 35, 1. 22 xlX't"lXuy~ofLév1)v; 50,
révélée incorrecte : 1. 26 XIXÀE1t"~C;; 57, 1. 4 E()ÇEcr6IXL; 67, 1. 31 ÈmyLvwcrxE't"O; 85, 1. 9
3,1 aoûc; n IXÙ't"1}V e:lc; 7t1X1l6e:vwvlX (7t<X.1l6e:vtlXv Colb. 2) ÈK8LIX't"p1ôov-re:c;.
ocvoc't"llÉ;qle:cr6oc~ Il 50,4 e:ùn)...'ij (occr6e:v'ij Colb. 2 et Savile) Il 88,2 2. Voir Bibl. 1.
7tOCllocxoc)...(;)v (7tOCIl' È:xe:tvwv Colb. 2). 3. Voir Bibl. 1.
108 INTRODUCTION

l'usage scolaire. Koch et Rouët de Journel-Dutilleul ont


incorporé dans leurs anthologies de textes ascétiques
quelques chapitres de la VA 1.

* LISTE DES VARIANTES


**
Notre traduction n'est pas la prem1ere en langue par lesquelles la présente édition s'écarte de l'édition de Montfaucon
française: celles de R. Arnauld d'Andilly (1653, 194~) et (compte non tenu des simples variantes orthographiques)
de B. Lavaud (1943, 197~, 19S93) l'ont précédée, sans
compter les traductions partielles. Nous les avons consul-
Présente Édition Montfaucon (r)
tées régulièrement, mais notre traduction a été faite sur (chapitre et ligne)
une nouvelle édition critique du texte, qui diffère à
maintes reprises du texte de B. de Montfaucon, sur lequel Pr.,2 lme:poOl:ÀÉ0"601:t U7te:po6tÀÀe:0"601:t
les traductions précédentes ont été établies. 9 7tWe; 87twe;
19 omtO"Te:LTe: &mO"~O"1)Te:
21 TOO"OI:UTOI: [LoÀte; ~oyte; ;OO"OI:UTOI:
23 È:mO"TéÀÀw e:7ttO"Te:tÀW
24 'Y[Le:Le; XOI:t U[Le:Le;
25 [LoÀte; [Loyte;
29 T(X:1.OI: wç &v
31 ypOl:[L[LOI:T1)qlOpOe; ypOl:[L[LOI:TOqlOpOe;
33 7tOl:pOC TOU &XOÀOU6~0"0I:VTOe; 7tOl:P' "OI:ÙTOU &xoÀou6~0"0I:e;
34 È:mxÉOI:VTOe; È:mxÉwv
35 xe:tpOe; Xe:LpOl:e;

l, 2-3 xptO"TLOI:VWV 1lè: XOI:t XPtO"TtOl:VWV


9 ye:ypOl:[L[Lévov ye:ypOl:[L[LÉvov 7te:pt TOU [OI:XWO

2, 5 TWV yovéwv TWV yovéwv OI:ÙTOU


7 7te:pt mxVTwv 7te:pmOl:TWV
16 O"OU O"Ot
25 [XOI:VOV &pyuptov &pyUpLOV [XOI:VOV
Iltéllwxe: IlÉllwxe:

3, 6 ;'OI:p6e:v!0I:\I 7tOl:p6e:vwvOI:
19 e:qlolltov È:qlolltOV TL
20 ~v è;;C(xV~~L ,
26 TOLe; lle:o[LÉVOte; e:te; TOUe; Ile:O[Le:Voue;
1. H. KOCH, Quellen zur Geschichte des Askese und des Monch·
4, 15 È:O"7touIlOl:~e:v XOI:t O"7toull6t~wv
tums, Tübingen 1933, p. 78·85; M. J. ROUET DE JOURNEL et J.
7t6tVTOI: 7t6tVTWV
DUTILLEUL, Ênchiridion asceticum, Barcelona 19474, p.92-113.
110 LISTE DES VARIANTES LISTE DES VARIANTES 111

5, 3 Èm:XeLpe:t ÈmXe:tpe:î (LOL KIXL TWV cpWVWV ol


12 &:7t0ax.tmxt &:7t~cr1-0tVtcrlXt 1ji6cpOt
16 &:vovrpe:7t6(Le:v6v Te: KlXt IXVIXTpe:7t6(Le:vov 30 8è Kat
7ttcrTe:t 7tOÀÀ!i 7ttcrTe:t 33-34 È1; Ù(LWV ÈÀ6e:îv ~VIX ~VIX È1; Ù(LWV ÈÀ6e:îv
25 KIXL v1)crntlXtC; KIXL TlXîc; e:ùXlXîC; KIXL \I1)C1Te:Loctc; 36 rVWptcr(L1X 8è YVWptcr(L1X
29 8t' 1X1J..OV TIJV TIJV 8t' IXÙTOV
31 7tÀcXV1)C; ÈKeLVOU ÈKeLVOU 7tÀciV1)C; 10, 2 IXUTcp yÉyOve:v IXÙTOÜ 7tlXplXyÉyOve:v
32 WC; àpyt~O(LÉVcp àpyt~o(LÉVcp 6 7t6voC; 8è 8è 7t6voC;
39 crlXpKOcpOpOÜVTOC; crcXPKIX cpOpOÜVTOC; 12 TOV crov &:YWVtcr(LOV TO crov &:yWVtC1(L1X
41 o(hwc; 6VTWC; 17 e:IXe:v e:IXe: TO 7tp6Te:pOV

6, 7 È7tIXVÉOlXtVe:V È7tÉOlXtve:v Il, 6 7tcXÀtV KIXL 7tcXÀtv


9 È7t' I1ÀÀotC; È7tL 7toÀÀoîC; 9 crUVte:lc; cruve:lc;
10 7t6votC; 7t6votC; 7tpocrOIXÀWII 10 8t~Àe:yxe: ~Àe:yxe:
14 Ve:WTÉpWV IIÉWV 11 Èp1)(Ltqt Èp~(LCP
16 Ù7tOKpWO(LÉVOUC; ÈyKpIXTe:UO(LÉVOUC; 12 oùx où8É
20 TOcrIXUTcXKtC; 8è KIXL TOcrIXUTcXKtC;
24 &:cr6e:\i'1jc; Ù7tcXPXe:tC; &:cr6e:1Il)C; 12, 18-19 ÈyKIXTIX8u6(Le:1I0C; ÈII Tii> (LO- ÈyKIXTIX8u6(Le:1I0C;
27 (LÉÀIXC; (LÉÀIXC; ÈKe:îIlOC; VlXcrT1)ptcp

7, 2-3 'AI/TWlltW Tc;l &:V't'WVL(}) 13, 12 Ècpp6VTt~e:1I ÈKeLIIWII ÈKeLIIWII Ècpp6I1Tt~e:1I


27 7tOÀÀciKt~ 7tOÀÀcXKtC; 8è: 16 1
crcpplXytcrlXI/Te:c; crCPPlXyt~IXTe:
28 (L611011 ü8wp ü8wp (LOVOII I1mn xa!. &7tL't'E
31 TWII TOtOUTWII TOtOÜTOIi 17 É:IXUTOUC; É:lXuToîc;
38 1I0ÜII T611011 21 Tii> llii> TWII.I1VW
44 (LeL~OIlIX (LeL~W 22 7tlXpe:îXe: rt,IXPeLXe:;O
51 &:e:l &:PXl)1I &:pXl)v lXe:t 23 7tÀe:tOIlIX e:tC; 7tÀe:tolllX
52 Tii> 6e:ii> 7tlXptcrTcXlle:tll 7tlXptcrTcXlle:tll 29 &:7tOÀOÜIITlXt &:7t6ÀOtIiTO
55 É:IXUTii>' ~e:î Èv É:IXUTii> 8e:î1l
14,4 ~1)ÀWcrlXt 6e:t-6I/Twv Tljll 11(1)- 6e:À6VTWV IXÙTOÜ TIJv I1crK1)-
8, 4-5 ELÇ êv 'rwv lJ.vllfLrX't'WV e:Lcre:À6wII e:LC; ~II TWII (L1I1)- crtll IXÙTOÜ crtll ~1)ÀwcrlXt
e:Lcre:À6wII (LcXTWII 12 TOtOÜTOIi 8è TOtOÜTOC; yocp ~II
8 7toÀtcr71 È(L7tÀ~C17J 14-16 crulle:crTIXÀ(LÉII1) ••• 8tIXKe:XU- crulle:crTIXÀ(LÉIIOIi ••• 8tIXKe:XU-
15 o yVWpt(LOC; 7tlXplXytlle:TlXt 7tlXplXytlle:TlXt 0 yvwpt(LOC; (LÉII1) .•. crUlle:X 0 (LÉII1) (LÉIIOII ••• crulle:X6(Le:lloli
17 &:7tÉcpe:pe:1I ~cpe:pe:v
19 7te:pte:KIX6É~0IlTO 7tlXpe:KIX6É~0I/T0 15, 2 8toc TOÙC; &:8e:Àcpoùc;

9, 3 ,...
16, 2-3 IXKOUcrlXt 7tlXp " IXUTOU... 7tlXp
, IXUTOU , -
, ... IXKOUcrlXt
ÈK TWII 8IXt(LOIIWII 7tÀ1)yocC; 7tÀ1)yOCC;
6 7tÀeLOVIX 7tÀeLOIIIXC; 7 e:r Tt &
13 'OpiiTe:, ~CP1) ~CP1); opiin 12 K1X6' ,~(LÉpIXII, WC; &:pX6(Le:1I0t WC; &:pX6(Le:1I0t KIXe' ~(LÉpIXII
22-23 KIXL &:cr7t(8wv IXcr7tt8wII
24 ÈKtlle:îTO Èx.Lver. 17, 23 ~H 8toc Tt Tt
27-28 8e:tllot 7tcXVTWV ijcrlXII TWV 7tcXI/TWV o(LOü ijcrlXII TWV tplXt- 25 crwcppocrUV1), 8tKlXtOcrUII1) 8tKlXtocrUII1), crwcppocrUV1)
tplXtllO(LtVWII o\LOü ot 6u- 1I0\Ltvwv ot I\IOtpOL 8e:wot, 28 1;e:VtIXII ~fLîll ~(LîIl 1;e:lltlXlI
112 LISTE DES VARIANTES LISTE DES VARIANTES 113

18, 8 tXpÉcr1) tXpÉcrK1) 28, 2 Ta: a.ÙTcX 't",x 7te:p! <Xù't"wv


9-10 Èm[-'-dvw[-'-e:v Èm[-'-Évw[-'-e:v 13 't",xç 6ûp<xç 6ûp<xç
14 'Ioûll<xç a 'Ioûll<xç 21 apwmv apwcrLv É:<xu't"wv
23 Ècrnv <Xù't"o'i:ç <Xù't"oï:ç Ècrn
19, 17 'Em6u[-'-(<xv 27 Ë[-'-e:ÀÀov ,xv Ë[-'-e:ÀÀov
36 ~PXov't"o ,xv ~PXoV't"o
20, 1 TIjç allou -il allw
-ni ,
41-42 K<X't"<XKÉXP1)'t"<XL K<X't"<XXpOC't"<XL
2 cp6Q:crw[-'-e:v cp6Q:crw[-'-e:v È7tL 't",x Ë[-'-7tocr6e:v
51 oIo( dcrLv ol ll<x([-'-ove:ç ll<x([-'-ove:ç, o[o( dmv
5-6 dç TIjv [3<xmÀd<xv Èv T7i [3<xcrLÀdCf 52 7te:LpQ:~OUcrLv ÈKCPOOe:ï:V ÈKCPOOe:ï:V 7te:LpQ:~OUcrLV
14 ou't"e: tX7toll1)[-'-(<xç tX7toll1) [-'-iicr<XL
27
33
KÀ(V1)
ÀOyLcr[-'-WV flU7t<XPWV
ÈKKÀ(V1)
pU7t<Xpwv ÀOyLcr[-'-WV
29, 4 ë1tCXLcr€V tXtrC'ov , -
e:Ke:LVOV -
e:7t<XLcre:V
6 7t<xp<xlloùç 7t<xp<xllLlloùç
34 7t<xp<x6~K1)V 7t<xp<XK<X't"<x6~K1)V
8 À<xowv Àomàv À<xowv
21, 7 't"1)p~crw[-'-e:v 't"1)pw[-'-e:v 14 ÈyÉve:'t"o Èy(ve:'t"o oÀe:6poç
11 tXPX,xç tXpx,xç K<XL 16 't"oï:ç e:ù<xyye:À(OLÇ 't"iii e:ù<xyye:À(cp
12 't"ou <xlwvoç TOÛ-rOU 't"Oû't"ou 20 Ëxoumv È~oucr(<xv Ëxoumv
14 a.ù-rwv €O'TLV è:O''t'LV a.ÙTWV
16 llL<Xcpop,x ~ llL<Xcpop,x 30, 1 lle:ï: CPOOe:ï:cr6<XL CPOOe:ï:cr6<XL lle:ï:
2 7tpocr7toLe:ï:cr6<XL lle:llLÉv<XL
22, 12 ELen'\) (l.,l)"t'wv 3 {)O'cp (Serov
" , ... (, , ...
11 7t<X't"ouv't"<xç
20 <X7t <xu't"wv U7t <xu't"wv K<X't"<X7t<X't"ouv't"<xç

23, 4 n6Év<XL n6Év't"e:ç 31, 10 tXv6pûmwv tXv6pw7twv, K<X!


5 pU7t<XpOL 7tOV1)pOL 12 7t~OÀÉ;re:L 7tpOÀÉye:L, 7tpoÀ<x[-'-oQ:vwv
10 pU7t<xpwç ilL' pU7t<xpocç 15 't"<X 7t<Xv't"<X 1trX'V't'cx .

17 't"LÇ É:<xu't"àv É:<xu't"6v nç 20 K<XL 7tpoÀ<xoe:ï:v 7tpoÀ<Xowv


21 [3p<xllûvoV't"<X [3p<xllûv<xv't"<X
24, 3 e:Illoç wç e:Illoç 25 ÈÀ6e:ï:v <Xù't"6v <Xù't"àv ÈÀ6e:ï:v
8 Il<XL[-'-6vwv Il<XL[-'-ov(wv 26 't"ou't"ov 't"oû't"ouç
12 TIjv 6Q:À<xcrcr<xv 6Q:À<xcrcr<xv
16 X<XL K<XL 7tQ:ÀLV ilL' É:'t"Épou 32, 12
19 't"Q:X<X 7tWç 't"<xu't"<X, Il7tWç
38 <Xù't"o'i:ç <Xù't"<x'i:ç 33, 8 't",x 't"OL<XU't"<X 't"OL<XU't"<X
40-41 TOÙÇ tXv6pûmouç ÈKCPOOe:'i:v hcpooe:ï:v 't"oùç tXv6pw7touç 14 Xe:L[-'-WV<X ~ Xe:L[-'-WV<X
45 Kup(ou XpLcr't"OU 17 7tpOÀÉyoucrLv ÀÉyOUcrLV
19 X<XL 't"oï:ç 't"orç
25, 2.crX1)[-'-<X't"(~e:cr6<XL [-'-e:'t"<xcrX1)[-'-<X't"(~e:cr6<XL
, ,
6 't"<xu't"<X 7tOÀÀQ:KLÇ &7te:p <xve:- 't",x <Xù't",x 7tOÀÀQ:KLÇ &7te:p tXvÉ- 34, 1 7tOLe:ï:cr6<XL 't"<xu't"<X 't"<xih<x 7tOLe:ï:cr6<XL
yVWcr't"<XL, 7tOÀÀQ:XLÇ llÈ: yVWcr't"<XL 3 K<XÀWÇ K<XÀWÇ 7toÀL't"e:u6[-'-e:VOL
14 ÈydpWcrLV llLe:ydpwcrLv 8 K<x6<xpe:ûcr<xcr<x K<x6<xpe:ûoucr<x
[-'-1)Il' [-'-~6' 12 't",x 't"ou 't'1X x,a.'t'èt Tav
7te:pL
26, 12 't",xç yp<xcp,xç 't",xç &y(<xç yp<xcp,xç
21 7tOLOUcrL X<XL KpO't"OUcrLV 7tOLOUcrL 35, 7 't"oû't"ouç
114 LISTE DES VARIANTES LISTE DES VARIANTES 115

13-14 TWV tpauÀwv xaL TWV ocya- TW\I ocyOt6w\I xaL TW\I tpau- 43, 1 -
)(ClL ydtp xou\ TOUTO xaL TOÜTO 8È
6wv ÀW\I 3 7tpOxOtTam7tTéTw TLÇ 7tpOXOtTOCm7tTE
15 (J.Èv iJ.È\I ydtp 4 ÈpWTOCTW ÈpwTa
17 "t"1JV tpwv~v Ttjç cpW\I~ç 9 NOtU~ '1 'lO"oüç \lOtU~
19 YLve:0"6aL xaL 6ocpO"oç xaL 6ocpO"oç ÈyyL\le:0"6aL
22 8L' ÉauTtjç U7t' aùTtjç 44, 3 7tape:xaÀe:LTo 7tOtpEXOOtÀELTO
6 X,OCpL\I Tij> 'A\lTw\lL<p OC\lTW\lL<p X,OCpL\I
36, 3 xLv~(J.aTa 14 ÈXe:L èxEL 0 OC8LXW\I ~
8 TLvaç TL\lOt 20 wO"eL XÉ8pOL XOtL WO"Et XÉ8pOL
16 'Iwocw'lç o twocw'lç
20 Étp080ç 7) Étp080ç 45, 5 KaL ydtp XOtL xOt! ydtp
7 O"w(J.aToç O"W(J.OtTOÇ Épx,E0"6aL
37, 2 TLVWV TOL\lU\I ÀOyL1:0(J.e:\lOç TO TYjÇ ljiuX,Yjç TO Ttjç ljiuX,Yjç ÀOyL1:0(J.E\lOÇ
\
ljiuX,~ 7) ljiuX,~ 18 xaL iJ.iiÀÀo\l xOt!
3 tino ~wv TW\I 22 T1j ljiuX,7i T1j ljiuX,7i u(J.W\I
25 Èm1:'lToüO"L\I Èm1:'lTEL
38, 1 8aL(J.ovaç 26 1:'lTe:LTe: 1:'lTELTE 7tpWTO\l
6 TOÜ 8È TOÜTO
7 ÈO"TL TO Épyov Épyo\l ÈO"TL\I 46, 5 'A7tÉÀ6w(J.e:\I OC7tÉÀ6W(J.E\I xat 7)(J.ELÇ
12 7) X,OCpLÇ 7) X,OCpLÇ aôT7J ocyw\lLO"w(J.e:6a ocyw\lL1:W(J.E60t
13 ÀÉyOUO"LV ÀÉyouO"L\I· KupLE 13 Ttjç e:tç TOÜTO 0"7tou8~ç xat "t"1J\I EtÇ TOÜTO 0"7tou8~\1
19 Àa(J.7tpwç Àa(J.7tpo\l
39, 11 'A",,' U(J.L\I xaL U(J.L\I 21 "t"1J\I 7tpii1;L\I Ttjç Toc1;EWÇ
12 THÀ60\l ~À6o\l 7tOTE 26-27 OtÙTOÇ èx TW\I ypatpw\I èx TW\I ypOttpw\I aÙToç
24 (J.É\le:L\I (J.É\lW\I 29 ÈO"7tou8a1:o\l ÈO"7tOU8OC1:0\lTO

40, 3-4 x,apLO"o(J.aL x,apLO"W(J.aL 47, 8 TO O"w(J.a O"W(J.Ot


7 Tij> Èv -rc7> 9 ÀOÜO"OtL ÀouO"aç
9 xaL ŒpTW\I e:IX,e: E:x,W\I ŒpTW\I (J.'l8' (J.W'
21 7te:O"O\lTa Èx TOÜ oùpOt\lOÜ 7tEO"O\lTa OC7to\lL1ji0t0"60tL OC7tO\lLljiaç
22 (J.e:Te:O"x''l(J.OCTLO"a (J.ETEax.'l(J.OCTLO"a TOtÜTOt 10 È(J.OOtÀe:L\I OC\lOtax.O(J.E\lOÇ È(J.OOtÀe:L\I

41, 1 wç ŒtppW\I ŒtppW\I 48, 6 È1;e:À6e:L\I


2 octpooLa\l OCO"tpOCÀe:LOt\l XOtL OCtpOOLOt\l 14 Te:
mO"Te:uO"aTe: mO"TEuO"OtTÉ (J.OL
8 (J.e: XaTapW\lTOtL (J.OL XOtTOtpW\lTOtL 49,8 xaL t\lOt
10
20
trw,
AxouO"aç 8È ÈXe:L\lOÇ
, -
èyw 0 È\loX,ÀW\I OtÙTOLÇ
, ,
EXEL\lOÇ OtXOUO"Otç
15
18
yL\lO(J.É\lOtç OX,À~O"e:LÇ
7tÀe:LO\lOt
(J.OL yL\lo(J.É\laç È\lOX,À~O"ELÇ
7tÀe:LW
20 Œ7te:À6E Œ\lEÀ6E
42, 4 TOLOtuTaç TOO"OtUTaç ÈO"wTÉpa\l È\l80TÉpOt\l
6 TOUT<p Tij> Tp07t<p T OÜTO\l 00\1 TOV Tp07tO\l 28 À(a\l ulji'lM\I ulji'lÀà\l ÀLOt\l
9 ~OtO"TOCO"OtÇ ~OtO"Toc1;Otç
31 èv TOLÇ TOLÇ 50, 4-5 É(J.ELVEV É(J.E\lE\I
33 e:upW\l L8w\I 5 O"Ul/O\lTOÇ GU\lO\lTOÇ OtùTij>
116 LISTE DES VARIANTES
LISTE DES VARIANTES 117
9 OC1tO T1jv cX:1tO 58, 2 olK't'pov
10 cX0"6EV'ij EÙ't'EÀ'ij 1X10"Xpov
7 'Av't'wvwv 't'àv &:V't'WVLO'V
14 'tWEÇ -nVEÇ €KEL 21 (; Kûp~oç
16 -nvocç 't'~vocç 7tpOç È:7tÉve:uae:v Ô KÛpWÇ
23 €KEL €KEi.' OUO"lIÇ
24 dO"EpxofLé:vouÇ €PxofLé:vouÇ

51, 3 dO"EPX6fLEVO~ 8~IXKOVOÜV't'EÇ IXÙ't'<r


59, 1 -n vwv cX8EÀtpWV cX8EÀtpwv ~(VWV
XCXL tvlX 3 00'.1
yoüv
3-4 IhIXKOVOÜV't'EÇ €K6fL~~OV dO"EPX6fLEVOL KOfL1~wO"~v
13-14 -nç ~lI~O"Yl ~lI~O"Yl -nç
14 fL~ KlXt
9 Il7tÀwv wç Il7tÀwv fL~
10 O"mv6~pwv 611P1wv
17-18 8d1;lXv't'oç KlXt cX7tOKIXÀÛ- cX7tOKIXÀÛ<jIIXV't'OÇ
y~v6fLEVOV YEv6fLEVOV <jIIXV't'OÇ
12 dO"EÀ66v't'lXç dO"EpxofLé:vouÇ
14 6E<r Kup1!p 60, 7 ~pouç y~pwç
15 €PlIfL1q: €P~fL!P 20 YUfLvOV 18ELv 18ELV YUfLVOV
'nÇ ~wç
52, 5 yoüv 't'OLVUV 22 cXv~p Kcxt ext)"t'oç KlXt IXÙ't'OÇ &v~p
7 7tEp~EKÛKÀWO"IXV IXlhov 7tEp~EKÛKÀWO"IXV 31 €1tL dç
9 O"UV~EtÇ O"uvdç 40 <jIux~v IXÙ't'OÜ <jIux~v
yé:pwv yé:pwv IXÙ't'OU
53, 1 42 €6IXÛfLIXO"IXV €6IXÛfLlX~OV
54, 7 cXO"KlI't'~P~OV fLOVIXO"'t'~p~OV
12 cX7tOyV6V't'EÇ IXtpllKIXV cX7tEÀ- cXtp'ijKIXV cX7tEÀ6Ei.'v, cX7toyv6v-
61, 2-3 CXÙTO" ~çLwae: ~çL(ùO'ev cxô't'O"
6Ei.'v ÉIXU-r1j 't'EÇ ÉIXU't'WV 14 IXÙ~V (; Kûp~oç o KÛpWÇ IXÙ~V
16 ô8wp ô8wp €1;EÀ6E'i:v
15 7tlXpEK,xÀE~ 7tlXpIXKIXAWV
18 7tÀlIpÛ)(l"IXV't'EÇ 7tÀ~O"IXV't'EÇ
19-10 7tEp~E~À~y'ijVIX~ 7tEP~E~À1I6'ijvlX~ 62, 8 ~ÀÉ:7tWV KlXt ÀÉ:ywv ÀÉ:ywv KlXt ~ÀÉ:7tWV
21-22 tJ8EUO"IXV 8~w8EUO"IXV 9 't'oû't'o~ç 't'OÛ't'!p
27 8è oOv
63, Il 8è 7t,xV't'EÇ
55, 2 T6't'E XOCL "t'OTe:
,
23 cXVIXKp1vE't'E cXVIXKp1vE't'E, KIX~
64, 2 81X1fLWV
46 7toÀÙ fLiiÀÀov 81X1fLwV ÈKELVoç
3 ~v ~E~
49 yp,x<jlIX~ yp,xtpELV
7 VÛK't'1X VÛK't'1X 7tiiO"IXV
50 fL'Y)8' fL~6' 12 yocp 8è
56, 3 è\l XIX! €V
€7t7)KOUEV 0 Kûp~oç o KÛpWÇ €7t7)KOUEV 65, 2 dp~KlXm dp~KIXO"~ 7tEpt IXÙ't'OÜ
7 p-0vou 1
fL6vov 3 OÙK €O"'t't oùxé"n
12 Av't'wv~!p 't'~ OC\l"C'W'V(tp 13 YEVé:O"EWÇ yEVV~O"EWÇ IXÙ't'OÜ
't'cr 6E<r fLOV!P
14 fLèv tLÈv &:7tO
YEVé:O"EWÇ yEVV~O"EWÇ IXÙ't'OÜ
57, 10 !L0VOV wç fLOVOV 19 IlÀoç IlÀwç
11 È,7tÉ:7tIXU't'O 't'à 7ttXfloc; 7tÉ:7tIXU't'O 't'OU 7ttl.60UC; 32 €fLVlIfLOVEÛOfLEV fLV'Y)fLOVE6wfLEV
118 LISTE DES VARIANTES
LISTE DES VARIANTES 119
66, 8 T67toç <xùT'ii <xùT'ii T67tOç 20 TWV O"O<pWV ÈO"n ÈO"n TWV O"O<pWV
11 tXv<xoÀÉtjJ<xç ÈIlEWPllO"É T~V<X ÈIlEWPllO"É T~V<X fL<XXPOV tiV<X- 22 Nou Oùp<xVOU
fL<XXPOV OÀÉtjJ<xç 23 bpL~OVTEÇ XWp(~OVTEÇ
15 tXfLEPLfLVWÇ Àomov Àomov tXfLEPLfLVWÇ 28 7tÀ&:v<xç 7tÀ<XViiO"IlE OT~, 7tEPL
18 yÉyovE ÈyÉVETO 36 VOfL(~llTE VOfL(~ETE
20 ÈV6E~ ÈVEv6E~
24 &ÀÀ' Wç 75, 15 tX8~XELV tX8~XELV É<XUTOÙÇ
U7tEp<XV<XO<XLVOVT<XÇ U7tEpO<XLVOVT<XÇ 16 èvTÙXETE ~VTUyx,xV~TE
30-31 TOt TÉXV<X TOLÇ TÉXVO~Ç 17 tX7to8dxvuO"~v <X7t08E~XVUOUO"~V
32 yLVET<X~ TO 8~1jYllfL<X TO 8~1jY1lfL<X yLVET<X~
76,4 ~V &:p7t<X~v &:p7t<X~V
67, 1 IIwç 7tpOç 8 où ctÙTOV où
T'ii tjJ Ux.7i ~V tjJUX~V 11 Il<XUfL,xO"<x~ Il<XUfL,xO"<x~ fL6vov
12 7tOÀÀ1jV. K<XL 7t<xp,x8o~ov 7tOÀÀ~V X<XL 7t<xp,x8o~ov.
24 7tp60"W7tOV Il,xÀÀE~ Il,xME~ 7tp60"W7tOV 77, 6 TWV 8~Ot TWV
31-32 II6TE ••• 1\ 7t6TE OÙ8É7tOTE ••• OÙ8É1COTE 7 Et7t<XTÉ fLO~ EL7t<XTE
18 8~Ot 7tLO"TEWÇ ~fLELÇ Èx 7tLO"TEWÇ
68, 8 'ApE~<XV~V TWV tipE~<XVWV
12 O<pEWV O<pEWV lou
78,4 TOU IlEOU IlEOU
5 ~fLErÇ fL~ fL<x1l6vTEç fL~ fL<x1l6vTEç ~fLELÇ
69, 2 ÈXeLVOU TOt <XÙTWV ÈXeLVO~Ç TOt <XÙTOt 10 <P<XVT,xO"fL<XT<X <p,xO"fL<XT<X
15-16 TOV IlEOU A6yov TOU IlEOU X<XL Myov
13 XP~O"T~<XVWV XP~O"T~<XV~O"fLOU
17 7ttO"TEUETE 7t~O"TEUO"<XTE
14 UfLWV UfLLV

79, 1 UfLWV ÈO"nv UfLWV


70, 2 TO~OUTOU TOU TO~OUTOU
2 È7t<XO~8L<X~ È7t<XO~8<XL
tXvllpw7tou OtV8poç
7 8~' <XÙTOU 7tOMOÙÇ 7tOÀÀOÙç 8~' <XÙTOU
12 8~8<xO"x<XÀL<X ~ 8~8<xO"x<XÀ(<x
12 èv ÈV~<XUT<;i
13 7tOM,xX~Ç 7t<XpOt ~<xO"~ÀÉWV 7t<XpOt ~<xO"~ÀÉWV 7tOÀÀ&:x~ç
ÈV~<XUT<;i
14 tXV<XTpE7t6vTWV
17 ,xv tXfL<P~o,xÀÀO~ tXfL<P~O&:ME~
Ot7tOTpE7t6VTWV
80, 2-3 El 8è: l80ù
71, 7 7tPOO"EUXOfLÉVOU 7tpOO"EU~<XfLÉVOU
4 7tE~1l0L ••• 'EÀÀllV~x'ijÇ 7tE~1l0LÇ ••• ÉMllV~x'ijÇ Myo~ç
11 t8LOV TOV L8~ov
7-8 7t,xO"XOVTEÇ U7ta 8<X~fL6vwv U7ta 8<X~fL6vwv 7t,xO"XOVTEÇ
7tE~piiO"<x~ TOV 'AVTWVLOV
10 É<XUTWV <XÙTWV
72,4 Tav tXVTWV~OV 7tE~piiO"<x~
11 otqc ~OUÀEO"IlE fl ,xv ~OUÀllO"IlE
14-15 Il<XUfL,xO"<XVTEÇ Il<XUfL,x~OVTEÇ
17 Àomav X<XL •.• KUpLcp X<XL ••• XUpLcp Àomov
24 rtVEO"IlE wç ~fLELÇ. K<XL X<xt I5tjJEO"IlE
73, 14 T6v TE
OtjJEO"IlE
26 ÈVEPyoUfLÉVll ÈVEPYOUfLÉVllÇ
74, 1 hÉpwv ÈÀIl6VTWV ÈÀIl6vTWV ÉTÉpWV nvwv
O"X.'ijTE
4 TE 8è: O"XOLllTE
10 ÀEYOfLÉVO~Ç 7t<XP' UfLLV 7t<XP' UfLLV ÀEYOfLÉVOLÇ 81, 8 01)"
11 ~fLLV 8è:
~fLWV 9 Tl
14 È7tÀ<xv1jllll ÈTp,x7tll fL~
15 7t,xVTWV TWV TWV
18 TOV IlEOV Ta IlELOV 16 tX7topp~<pIlÉVTEç 7tpOpp~<pÉVTEÇ
120 LISTE DES VARIANTES LISTE DES VARIANTES 121
83,10 XIX! ~M7tw" 89,5 7tPOfLIX6w" 7tpocrfLIX6w"
15 &"lXcrTOCe, 1)uXeTO 1) uXeTo 6 UfLL" UfLW"
17 XtXL ai oL 17 TE 8è
26 TOÙe, TOC 24 fLiiÀÀo" ÉIXUTOÙe, ÉIXUTOÙe, fLiiÀÀo"
34 ÈP':lXcr~W" " ~P'ÇlXcrT1)ptW~ ~" ~" TE
38 7tpIXTTOUm" IXÀO,We, IXÀO,We, 7tpIXTTOUcr~"
42 x6crfLo" IXÙTIje, ÉIXUT'ije, x6crfLo" 90, 1 IXÙTÔ" fLEL"IX~ fLEL"IX~ IXÙTÔ"
49-50 &Ào,oe, XIX! &,o"oe, &,o"oe, XIX! &Ào,oe, 6 6,x7tn~" fLÈ" fLè" !l,x7tTE~"
11 XIX! ÀIX"LXOÙe, 0fLOtWe, 8è XIX! ÀIXLXOÙe,
84, 3-4 Kupwe, ~" (, xup~oe, 13-14 TW" 7tpOcp1)TW" fLÉXP~ "u" TOC TW" 7tpOcp1)TW" crWfLlXTIX
5 ~" ~
' ,
~ crWÇETIX~ fL"~fLIXTIX fLÉXP~ "u"
crWÇETIX~ de,
9-10 !Xtrrov IX7tO TOU OPOue, &~à 't'OÙ opouç CXÙTO" fL"~fLIXTIX
15 K(XL 8v't'cxç O"TIXe, 14 TÔ IXÙTOU 8È cxù't'o 8È 't'à
23 m~" O'rL 7tÀ~" 19 fLÈ" 0;)" 0;)"
20 ÀO mô" U7tÔ ,'ij" U7tO r"ilv ÀOf.7tO"

85, 1 ,OU" 0;)" 91, 5 OVTCXÇ OÙ" cru,,6nlXe,


12 ~pIXM"o"Tee, ÈfLopIXM"onee,
20
13 XIX! ~nplX 7toÀÀoc 7tIXP' 7tIXP' IXÙTOU XIX! ~TeplX
fL1)8' fL~!l'
22 7tpOlXtpEm" IXrpEcr~"
IXÙTOU 7toÀÀoc
~7tOU8&:ÇETE cr7tOU8,xcrIXTE
26 " KIX! IXÙTO! TIXUTIX X.CXL CXÙTOL. Tau't'cx
86, 7 7tIXUcrlX~ 7tIXUcrlX~ 0;)" 28 &cp'ijTE &cpELTE
8 ~ àp,~ cre cre ~ àp,~ 32 7tlXuEcr61X~ 7tIXUcrlXcr!llX~
9 ~81) ~81) È7t! crÉ 41 ~EplX7ttW"~ ~lXplX7ttW"~
15 TIje, ,AÀe~IX,,8pdlXe, &Àe~IX,,8petlXe,
20-21 oL r7t7tO~ 8~1X7tlXtÇe~" 7tlXtçe~" 92, 5 7tPOcrETÉ61) XIX! IXÙTÔe, 7tPOcrETÉ!l1)
22 Il,, ~ , 11 fLÉ,1X TL fLÉ,1X
24 8~ecr7t,xplX~e IXÙTOU ecr7tlXplX~e IXÙT~
26 'A"Tw"we, (, &"TW"We, 93, 2 ~ &PX~ &px~
4 'A"TW"We, &'VTWVLOÇ, (;
87, 18 È,t"eTo È,É"eTo 13 ,É,o"lXm È,E,6"E~crlX"
19 È~1)plXt"eTo TW" ~80"w" È~1)p"eLTO TOCe, ~80"oce, 23 6EOU we, !lEOU
30 MX"o" MX"oue,
88, 2 'A"TW"tOU TOU &"TW"tOU
3 È,t"wcrxe" È7te,t"wcrxe"
94, 6 dcr,x,E~ &,E~
4 Ëxe~ ElXe 8 IXÙTW" &pE~" &pET~" IXÙTWV
0PfL~" XIX! T~" cr7tou8~" cr7tou8~" XIX! ~" OPfL~"
13 EÙcrEOWC, de, IXÙTÔ" de, IXÙTÔV EÙcrEOWC,
4-5 TOU È7t~oouÀeue~" TOUTO oùx i),,,6e~
6 &ÀÀoc ,ocp &ÀÀoc
7 7tIXP' Èxd"w" 7tlXpIXXIXÀW"
9 7t1X"OUp,tlXe, XIX! TOCe, &cr6e- &cr6e"dlXe, XIX! TOCe, 7t1X"OUP-
"dlXe, ,tlXC,
10 È7tIXÀe~cp6de, È7tIXÀ~cpdc,
Sigles de l'apparat critique

A Ottob. gr. 373 o Oxf Barace. gr 183


B Vat. gr. 504 P Oxf. Bodl. gr. Auet. E 5.4
C Vat. gr. 566 Q Coisl. gr. 258
D Vat. gr. 824 R Coisl. gr. 282
E Vat. gr. 826 S Coisl. gr. 368
F Vat. gr. 866 T Coisl. gr. 383
G Vat. gr. 1589 U Par. gr. 513
H Vat. gr. 1638 V Par. gr. 1185A
1 Vat. gr. 1991 W Par. gr. 1493
K Athos Vatoped. 82 X Par. gr. 1508 TEXTE ET TRADUCTION
L Ambr. gr. 51 y Par. gr. 1536
M Ambr. gr. 262 Z Par. gr. 1557
N Oxf Barace. gr. 158

a Traduction latine anonyme (éd. Bartelink)


b Traduction latine par Evagre (PG 26)
e Traduction sahidique (éd. Garitte)
d Traduction syriaque (éd. Draguet)

o lfditio princeps par Hoeschel (Augsbourg 1611)


p Edition Piscator (Paris 1627)
q Édition de Cologne (1686)
r Édition Montfaucon (Paris 1698)
A8ANA~IOT APXIEIIŒKOIIOT AAEEAN~PEIA~ LETTRE D'ATHANASE,
EIIŒTOAH IIPO~ TOT~ EN THI EENHI ARCHEVÊQUE D'ALEXANDRIE,
MONAXOT~ IIEPI TOT BIOT TOT MAKAPIOT AUX MOINES À L'ÉTRANGER
ANTON lOT TOT MEr AAOT SUR LA VIE DU BIENHEUREUX
ANTOINE LE GRAND 1

IIPOOIMION Préface
Athanase répond aux moines qui veulent être informés
sur la vie, l'ascèse et la mort d'Antoine
837 1.'A "{a6~v &fLLÀÀav È:ve:cr't"~cracr6e: 7tpàç 't"oùç È:v
AL"{U7t't"<p fLovaxoùç ~'t"OL 7tapLcrw6~vaL ~ xat tme:poaÀ€cr6aL 1. C'est un bon combat que vous avez engagé avec les
moines 2 d'Égypte, en vous proposant de les égaler ou
Titulus 'A6<XVllmLOU - [J.e:yocÀou D : 'A6<xv<xcrLOU Èmcrx07tOU 'AÀe:-
~<xvapd<xç 7tpOç TOÙÇ Èv -r?i ~Év71 [J.ov<xxoùç ÈmcrToÀ~ Etç TOV ~LOV TOÙ avons préféré la leçon du ms. prémétaphrastique D, peu différente de
OcrLOU 7t<XTpOÇ ~[J.wv 'AVTWVLOU G Toù Èv dtyLQLÇ 7t<XTpOÇ ~[J.wv celle du ms. prémétaphrastique G et qui a des résonnances dans L et
'A6<xv<xcrLOU ocpXLe:mcrxo7tou 'AÀe:~<xvapd<xç Etç TOV ~LOV TOÙ OcrLOU S. On rapprochera aussi Pachomii uita prima 99 (éd. F. Halkin,
7t<XTpOÇ ~[J.wv 'AVTWVLOU LS BLOÇ TOÙ OcrLOU 7t<XTpOÇ ~[J.wv 'AVTWVLOU p. 66, 1. 24-25) : 0 ~LOÇ TOÙ [J.<xx<xpîou 'AVTWVLOU 7tpOç TOÙÇ Èv -r?i ~€v71
cruyyp<xcpe:lç \mo 'A6<xv<xcrLOU ocPXLe:mcrxo7tou 'AÀe:~<xvapd<xç 7tpOç TOÙÇ [J.ov<xxoùç.
Èv -r?i ~Év71 [J.ov<xxouç A BLOÇ X<XL 7tOÀLTe:L<X TOÙ dtyLou 7t<XTpOÇ ~[J.wv 2. « Moine ,), [J.ov<xxoç. Dans la VA, [J.ov<xxoç désigne essentielle-
,AVTWVLOU cruyyp<xcpe:lç \mo TOÙ Èv dtyLQLÇ 7t<XTpOÇ ~[J.wv 'A6<xv<xcrLOU ment le solitaire, celui qui vit dans la solitude. Certains emplois de
ocPXLe:mcrxo7tou 'AÀe:~<xvapd<xç E moÇ X<XL 7tOÀLTe:L<X TOÙ OcrLOU 7t<XTpOÇ [J.ovoç ou de [J.ov~P1)ç en éclaircissent le sens : Antoine vit « seul,) (8,
~[J.wv 'AVTWVLOU TOÙ [J.e:yocÀou cruyyp<xcpe:lç 7t<xplÎl 'A6<xv<xcrLOU Èmcrxo7tou 2; 9, 1; 12, 4; 51, 1; cf. 45, 1). Le moine mène une « vie solitaire ,)
,AÀe:~<xvapd<xç T '0 ~LOÇ X<XL 7tOÀLTd<x TOÙ OcrLOU 7t<XTpOÇ ~[J.wv (3,3; 14, 7; 25, 4). Le mot [J.ov<xxoç ne désigne jamais dans la VA un
'AVTWVLOU cruyyp<xcpe:lç 7t<xplÎl TOÙ Èv dtyLQLÇ 7t<XTpOÇ ~[J.wv 'A6<xv<xcrLou individu vivant dans un XOLVOOLOV. ~ On y trouve cependant
TOÙ [J.e:yocÀou V BLOÇ (X<XL 7tOÀLTe:L<X add. Y) TOÙ OcrLOU 7t<XTpOÇ ~[J.wv quelques passages où il est question de solitaires vivant dans des
'AVTWVLOU ('AVT. post Èp~[J.OU transp. Y) TOÙ X«61)y1)TOÙ TYiÇ Èp~[J.ou ermitages peu éloignés les uns des autres (44, 2-3). Antoine est le
cruyyp<xcpe:lç \mo (7t<xplÎl Y) TOÙ Èv dtyLQLÇ (TOÙ Èv dty. am. Y) 'A6<xv<XcrLOU guide spirituel de plusieurs moines (54, 1), il mange et prie avec eux
ocpXLe:mcrxo7tou 'AÀe:~<xvapd<xç UY BLOÇ TOÙ OcrLOU 7t<XTpOÇ ~[J.wv (45, 3; 63, 1). Sa sœur avait la direction spirituelle de plusieurs
'AVTWVLOU ôv aL1)y~cr<XTO 0 [J.<XXOCpLOÇ 'A6<xvOCcrLOÇ H BLOÇ X<XL 7tOÀLTd<x moniales (54, 8). On pourrait parler d'une phase de transition entre
TOÙ ocrîou 7t<XTpOÇ ~[J.wv 'AVTWVLOU X l'érémitisme et le cénobitisme. ~ Nous avons traduit systématique-
ment [J.ov<xxoç par « moine ,), mais ce terme désigne toujours dans la
[NP desunt VA un moine qui vit seul. ~ Sur l'emploi de [J.ov<xxoç dans les textes
Pr., 2 ~ am. S Il \me:poocÀÀe:cr6<XL BDGLMOQRX r du monachisme primitif on consultera E. A. JUDGE, « The earliest
Use of Monachos for • Monk' (P. Coll. Y outie 77) and the Origins of
1. Le titre original est perdu. Les mss en donnent des formes très Monasticism ,), ]bA C 20, 1977, p. 72-89; E. DEKKERS, « Mov<xxoç :
variées. L'original se présentait peut-être sous une forme brève solitaire, unanime, recueilli ,), dans Fructus centesimus. Mélanges
voisine de celle qu'on trouve dans certains mss contenant la version offerts à Gérard J. M. Bartelink à l'occasion de son soixante-
d'Évagre : Athanasius episcopus ad peregrinos fratres ('A6<xvOCcrLOÇ cinquième anniversaire, publiés par A. A. R. Bastiaensen, A. Hilhorst
È7tLcrX07tOÇ 7tpOç TOÙÇ Èv -r?i ~Év71 ocae:Àcpouç). Pour cette raison nous et C. H. Kneepkens, Steenbrugge 1989, p.91-104.
126 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE Pr., 1·4 127

't'OU't'OUe; 7tpOe:À6!J.e:VOL...yj XOC't" Œpe:T"1)V U!J.WV ŒO'X~O'e:L. KocL même de les dépasser par votre ascèse pour parvenir à la
Y<XP xocL 7tOCp' U!J.LV Àomàv !J.OVOCO''t'~pLOC, xocL 't'à 't'wv vertu. En effet, chez vous aussi, on trouve maintenant des
5 !J.OVOC:x.WV 6vo!J.oc 7tOÀL't'e:Ue:'t'OCL. Tocu't"YJv !J.ÈV oÙV T"1)V 7tp66e:- ermitages 1 et le nom de moine y a acquis droit de cité. Ce
O'LV 8LXOCLCùe; &'01 't'Le; È7tOCLvéO'e:Le: XOCL e:ù:x.o!J.évCùv U!J.WV 0 6e:àe;
dessein mérite sans doute à bon droit la louange, et puisse
Dieu, par vos prières, l'accomplir. 2. Mais, puisque vous
't'e:Àe:WO'e:Le:V. 2. 'E7te:L8~ 8È Œrrn-riJO'OC't'e: xocL 7tOCp' È!J.oG
m'avez interrogé sur le genre de vie du bienheureux
7te:pL 't'l'je; 7tOÀL't'e:LOCe; 't'oG !J.OCXOCpLOU 'AV't'CùvLou, !J.OC6e:LV Antoine, avec le désir d'apprendre comment il commença
6éÀoV't'e:e; 7tWe; Te: ~p~oc't'o 't'l'je; ŒO'X~O'e:Cùe; xocL 't'Le; ~v 7tpà l'ascèse, qui il était auparavant, quelle fut la fin de sa vie
10 't'OCU't"YJe; XOCL 07tOLOV ~O':x.e: 't'oG ~LOU 't'à 't'hoe; xocL et ŒÀ'Yj6Yj 't'<X et si ce que l'on dit de lui est vrai, afin de pouvoir, vous
7te:pL ocù't'oG Àe:y6!J.e:voc ÈO''t'LV, tvoc xocL 7tpàe; 't'àv ÈXe:LVOU aussi, imiter son zèle, j'ai reçu votre ordre avec un grand
~l'jÀov éocu't'oùe; ŒYOCY'YJ't'e:, !J.e:'t'<X 7toÀÀl'je; 7tP06U!J.LOCe; È8e:- enthousiasme, 3. car, pour moi aussi, le seul fait de me
~oc!J.'Yjv 't'à 7tOCp' u!J.wv È7tL't'OCy!J.OC. 3. KŒ!J.oL Y<XP !J.éyoc souvenir d'Antoine est d'un grand profit 2. Or je sais que
xép80e; wcpe:Àe:LOCe; ÈO''t'L xocL 't'à !J.6vov 'A'I!'t'CùvLou !J.v'Yj!J.O- vous aussi, après en avoir entendu parler, non seulement
15 Ve:Ue:LV. Or8oc 8é, 8't'L XOCL U!J.e:Le; ŒXOUO'OCV't'e:e;, !J.e:'t'<X 't'oG vous admirerez cet homme, mais vous voudrez également
6OCU!J.OCO'OCL 't'àv &v6pCù7tOV, 6e:À~0'e:'t'e: XOCL ~'YjÀWO'OCL T"1)V imiter son dessein. Pour des moines, en effet, la vie
ÈXe:LVOU 7tp66e:O'w. "EO''t'L Y<XP !J.0VOC:x.OLe; txocvàe; :x.OCpOCX't'~p
d'Antoine suffit comme modèle 3 d'ascèse. Ce que vous
' "OCO'X'YjO'LV 0" A
7tpOe; ' (J.'
V't'CùVLOU t-'LOe;. 0 7~e; !J.e:v
,
ouvT
'YjxouO'oc't'e:
, , avez entendu sur lui de ceux qui vous ont apporté des
informations, ne refusez donc pas de le croire 4, mais
7te:pL ocù't'oG 7tOCp<X 't'wv Œ7tOCyye:LÀOCV't'CùV, !J.~ Œ7tLO''t'e:L't'e:,
II OCV'
' t'CÙe; pensez plutôt en avoir appris trop peu de leur bouche. Eux
20 0'À'LyOC oe:!J.oc
~, -ÀÀ' ,
0'01 ocx'YjXOe:VOCL 7tOCp ,OCU'
,- ''t'
t'CÙV V0!J.L~e:'t'e:.
aussi, sans aucun doute, ce n'est pas sans peine qu'ils en
y<xp XŒXe:LVOL 't'oO'ocG't'oc !J.6ÀLe; 8L'Yjy~O'OCV't'0. 4. 'E7te:L
ont raconté autant, 4. puisque de mon côté, à votre
XŒyW, 7tpo't'pOC7te:Le; 7tOCp' u!J.w'1' 80'oc &'01 8L<X 't'l'je; È7tLO''t'OÀl'je; instigation, tout ce que je vais vous faire savoir par la lettre

4 Xotl} omo EMQSTXY 0115 i:lvo(J.ot : O"x'ij(J.ot MWZ 0 nomen a Il


8 (J.otXotpLOU : OCyLOU W 0 Il 97twç : &7t(oç LTWXZ r Il 10 7tOLOV G Il toutefois qu'il pouvait y avoir des ermitages à peu de distance les uns
TO\) ~LOU Ta : Ta TO\) ~LOU CBGUVXY Il 12 IXYYJ0"6e A Il 7toÀÀ'ijç : T'ijç des autres.
add. ACEKNQTVY Te add. X Il 15 TO\) : . Ta DGHLOUV Il 16 2. Il ne s'agit probablement pas d'une réminiscence directe de
ocv6pw7toV : ocv8pot ABDORU Il 18 IXO"x1lO"tv : ocpeTIjv Xotl praem. BD Il XÉNOPHON, Memorabilia 4, l, 1 : ~ même le souvenir de (Socrate)
mÇ : & BCHSTUVXY &O"ot A Il o?Îv omo 0 1119 OC7ttO"TeL-re : OC7ttO"T'ij-re bi~n qu:il ne ~oit plus parmi no~s, n'apporte pas peu de profit à ceu~
DOVY oc7ttO"TYjO"e-re A OC7ttO"TYjO"1lTe CRTUWXZ r Il 21 TOO"ot\)Tot qUI avalent 1 habitude de le frequenter $. Il s'agit plutôt d'un lieu
(J.6Àtç : [L6ytç· TOO"ot\)Tot WZ r (J.6Àtç 8è: TOO"ot\)Tot X Il [L6Àtç : (J.6ytç commun.
BDEMNQSWZ r Il TOO"ot\)Tot (J.6Àtç 8t1lnO"otVTO : (J.. 8. T. T Il 22 &O"ot 3. La vie du saint est un modèle pour les autres. Cf. AMBROISE,
OCV : &O"ot G &O"ot 8' &v C~HKMOSTXY De Joseph~ 1 (CSEL 32 2 , p. 73) : norma uiuendi; JÉRÔME, Ep. 52, 4
ad ~epo~18num (CSEL 54, p. 421): normamque uitae eius (sc.
Heüodort~; ID.,. Ep. 24, 1 ad Marcellam (CSEL 54, p. 214) :
1. Dans la VA, (J.OVotO"TYjptov désigne toujours la demeure d'un conueTsattOnem tUtUS perfectae uitae normam arbitrent ur.
ascète individuel, un ~ ermitage $ (<< dwelling of a solitary monk $ 4. Lieu commun dans la préface d'une biographie. Voir, par
LORIÉ [Bibl. VII], p. 44). Nulle part il n'y désigne un xotv6ôtov, un exemple, Mt'RC LE DIACRE, Vita Porphyrii 3, 18 s. (éd. Grégoire et
couvent où plusieurs moines vivent ensemble. Le ch. 44 montre Kugener, p. 3).
128 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE Pr., 4-5 129

O"'YJfLIXVW ,
"
oÀ~ylX
....),
"t"wv e;xe;~vou
"
fLv'YJfLove;uO"lXç
fi 1
e;7t~O""t"e;AI\w. que je vous adresse, c'est le petit nombre des épisodes de
'YfLe;'i.'Ç ~è: fL ~ 7tIXUO"'YJO"Oe; "t"OÙç èvOév~e; 7tÀéov"t"lXç èpw"t"ocv. sa vie dont je me souviens 1. Vous-mêmes, ne cessez pas
25 "IO"wç ytXp, htXO""t"oU ÀéyOV"t"Oç 87te;p oï~e;, fL6À~ç è7tIX!;[w: -f) d'interroger ceux qui viennent d'ici par mer. Car, selon
7te;pL "
e;xe;~vou ,
ye;v'YJ"t"IX~ '1> ,
o~'YJY'YJO"~ç. 'El?uOUÀ'OfL'YJV ylXp
" ouv,
toute probabilité, même si chacun dit ce qu'il sait, le récit
de sa vie sera difficilement digne de lui. Je voulais donc, au
840 ~e;!;tXfLe;vOç UfLWV "t"~V èmO""t"oÀ~v, fLe;"t"IX7téfLljJlXO"OIX[ "t"LVIXÇ
reçu de votre lettre, envoyer chercher quelques-uns des
"t"wv fLOVIXXWV, "t"wv fLtXÀ~O""t"1X 7tuxv6npov e:lw06"t"Wv 7tpOç
moines, qui avaient l'habitude d'aller très fréquemment lui
1X1hov 7tlXplXy[ve;O"OIX~. TtXxlX "t"~ 7tÀéov fLlXOWV 7tÀ'YJpéO""t"e;pov rendre visite. J'en aurais probablement appris davantage
30 UfLLV èmO""t"e;[Àw. 5. 'E7te;~~~ ~è: y~p XIXL 0 XIX~pOÇ "t"WV pour pouvoir vous en écrire plus complètement. 5. Mais
, ,
7tÀw~fLwV O"uve;xÀe;~e; XIX~ 0
, ( ' "e;O"7te;u 8e;v, 8'
yplXfLfLlX"t"'YJcpopoç ~IX puisque la saison de naviguer allait finir, et que le porteur
, ,
"t"oiho &7te;p IXU"t"OÇ ' (7tO ÀÀ'IXX~Ç ylXp
"t"e; y~VWO"XW , "
IXU"t"OV de la lettre était pressé, je me suis hâté d'écrire à Votre
ÉWpIXXIX) XIXL oc fLIXOe;'i.'V ~~UV~O'YJV 7tlXp~ "t"OU OCXOÀOUO~O"IXV­ Piété ce que je sais moi-même - car je rai vu souvent-
"t"Oç IXÙ"t"CJ) Xp6vov OÙX OÀ[yov XIXL èmxélXv"t"oç ÜaWp XIX"t"~ et ce que j'ai pu apprendre de celui qui fut longtemps son
35 xe;~poç IXÙ"t"OU a, yptXljJlX~ "t"ri e;ÙÀIXOe;[~ UfLWV èO"7tOU~IXO"IX, compagnon et qui versait l'eau sur ses mains a2. En tout
7t1XV"t"IXX OU "t"-Yjç OCÀ'YJ0e;[lXç CPPOV"t"[O"IXÇ, rVIX fL ~n 7tÀéov "t"~ç j'ai veillé à la vérité. De la sorte, si quelqu'un en entend
OCXOUO"IXÇ ocmO""t"~O"?J, fL~"t"e; 7ttXÀ~V èÀtXnovlX "t"OU aéov"t"oç
dire davantage, il ne refusera pas de le croire; si, en
revanche, il en apprend moins qu'il ne faudrait, il ne
fLIXOWV, XIX"t"lXcppOV~O"71 "t"OU ocv~p6ç.
méprisera pas cet homme.

23 È:mcr't'ÉÀÀw : È:mcrn:Àw R : È:mcrn:LÀw BCDGLMQTUVWXZ r Il p. 6 s., renvoie à LUCIEN DE SAMOSATE, Demonax 67 : oÀlyoc 7ttivu È:K
24 'YfLELÇ : Kod praem. BDMORTWYZ r Il È:v!lÉV/)E 7tÀÉov't'ocç : ~V!lEV 7toÀÀwv OC7tEfLVllfL6vEucroc, Kocl ~cr't'LV OC7tO 't'oû't'wv 't'OLÇ OCVOCyLyVWcrKOUcrL
7tÀ. R È:V't'EU!lEv 7tÀ. S ~V!lEV /)LOC7tÀ. A È:V!lÉV/)E /)LOC7tÀ. B È:V't'EU!lEV Àoyl~Ecr!locL, 07tOLOÇ È:KELVOÇ ocv~p È:yÉVE't'O. Voir aussi le chapitre final
/)LOC7tÀ. G È:V't'Eu!lEv OCVOC7tÀ. 0 Il 25 yocp am. ACEGHKQRSUVY Il (90) de la Pachomii uita altera (éd. F. Halkin, p. 269, 1. 8-9) : 't'ocu't'oc
fL6YLÇ BDEMNQSWZ r Il 26 yÉvll't'ocL /)L~YllcrLÇ inu. ABG Il 29 Ttiloc : /)È: ~fLELÇ yEypocCP~XOCfLEV È:K 7tÀEL6vwv oÀlya.
'lvoc praem. V wç liv BDLMTWZ r forsitan a Il 7tÀllpÉcr't'oc't'ov CY Il 2. Montfaucon a maintenu ici la leçon 7tap' ocù't'ou OCKOÀOU!l~crocç ...
31 ypocfLfLoc't'orp6poç ELMORX r Il 32 't'E am. ACGHUVXY Il 33 & È:mlÉW\l, ce qui impliquerait qu'Athanase ait pratiqué l'ascèse
fLOC!lELV : & am. ACEHKLMOSTVXY 7tOCP' ocù't'ou add. D Il 7tOCpOC pendant un certain temps comme disciple d'Antoine, mais le
't'ou <hoÀou!l~crocv't'oç : 7tOCP' ocù't'ou &:xoÀou!l~crocç CHOTVXY r Il 34 biographe n'a pas été un novice du Père du désert. La leçon correcte
È:mlÉOV't"OÇ ADERS È:mlÉwv HVXY r È:mlÉOV 't'o 0 Il 35 lELpOCÇ est 7tapoc 't'ou OCKOÀou!l~crav't'oç ... È:mlÉaV't"oç, comme l'avaient déjà vu
ABCGHKLOUY r Il 37 ~Àoc't"'t"ov ALRSWZ VON HERTLING 1929 (Bib. IV, 1), p. 7 s.; 1956, p. 22-23 et HEUSSI
(Bibl. vlI), p. 82-83. Selon l'hypothèse de TETZ 1983 (Bibl. IV, 1),
p. 7, cet informateur d'Athanase ne serait autre que l'évêque et
Pro a. Cf. IV Rois 3, 11
ancien moine Sérapion de Thmuis (cf. JÉRÔME, De uir. ill. 99) qui,
selon la VA, était un ami intime d'Antoine: il fut témoin d'une de
1 Variante du lieu commun OÀLyOC È:K 7toÀÀwv; cf. ATHANASE, De ses visions (VA 82, 3) et Antoine lui légua l'une de ses mélotes (VA
inc~rn. 1, 1 (SC 199, p.258). REITZENSTEIN 1914 (Bibl. IV, 2), 91, 9; 92, 3). Voir également p. 34-35 et p. 34, n. 5.
130 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 1, 1-4 131

1, 1. 'A'J't"WVLOC;; yé,voc;; fLÈv ijv Alyu7t""C'LOC;;, EÙyEVWV àÈ


841 yovéwv XlXt 7tEPLOUO"(IXV IXÙ't'OCpX1j XEX't'1jfLévwv. XpLO"'t'LIXVWV Naissance et jeunesse d'Antoine
àÈ IXÙ't'WV ()'J't"wv XpLO"'t'LIXVLXWC;; àV~yE't'O XlXt IXlh6c;;. 2. KlXt
7tIXLà(ov fLÈv WVÈ't'pé,<pE't'O 7tlXpdt 't'orc;; yovEUO"L, 7tÀéov IXÙ't'WV 1, 1. Antoine était égyptien de naissance. Il était de
5 XlXt 't'OU O'{XOU fL1jàÈv hEpOV yLVWO"XWV. 'E7tELà~ àÈ XlXt parents nobles qui possédaient une assez grande fortune.
Parce qu'ils étaient eux-mêmes chrétiens \ c'est chrétien-
IXÙ~~O"IXC;; È:yéVE't'O 7tlXrC;; a XlXt 7tpOé,X07t't'E -r1i ~ÀLX(~ b,
nement qu'il fut lui-même éduqué. 2. Petit enfant, il fut
YPOCfLfLlX't'lX fLÈV fLIX6ErV OÙX ~VéO"XE't'O, ~ouMfLEVOC;; h't'àc;;
élevé chez ses parents et ne connût rien en dehors d'eux et
dVIXL XlXt 't'YjC;; 7tpàc;; 't'OÙC;; 7tlXràlXC;; O"uv1j6dlXc;;. 3. T~v àÈ de la maison. Il grandit, devint enfant a et avançait en
Èm6ufLLIXv 7tiiO"IXV dXE, XIX't'dt 't'à YEyplXfLfLévov, wc;; &7tÀIXO"- âge h, mais il refusa d'apprendre les lettres, car il voulait
10 't'oc;; olxciv È:v 't'ij olx(~ IXÙ't'OU c. ~UV~yE't'O fLé'J't"OL fLE't'dt 't'WV éviter la compagnie des autres enfants. 3. Tout son désir
yové,wv Èv 't'éf> XUPLIXXéf>. KlXt othE WC;; 7tlXrC;; Èpp~6UfLEL othE était, comme il est écrit, d'habiter tout simple dans sa
wC;; 't'ij ~ÀLXL~ 7tpox67t't'wv d XIX"'C'E:<pp6vEL, àÀÀdt XlXt 't'orc;; maison c. Il se rendait pourtant avec ses parents à la
yOVEUO"LV tl7tE't'OCO"O"E't'O e XlXt 't'orc;; àVlXyvWO"fLlXO"L 7tpoO"é,xwv f maison du Seigneur 2. Enfant, il n'était pas paresseux;
't'~v è~ IXÙ't'WV W<péÀELIXV Èv ÉIXU't'éf> àLE't'~pEL. 4. OÜ"'C'E: àÈ avançant en age d, il ne méprisait pas ses parents, mais leur
15 7tOCÀLV WC;; 7tlXrC;; È:v fLE't'pL~ 7tEpLOUO"L~ WYXOCVWV ~VWXÀEL était soumis e. Il était attentif aux lectures f et en conser-
't'orc;; yOVEUO"L 7tOLX(À1jC;; XlXt 7tOÀU"'C'E:ÀOUC;; ~VEXIX 't'pO<pYjc;; OÜ't'E vait intérieurement le fruit. 4. Cet enfant qui vivait dans
" EX 't'IXU't'1jC;;
't'IXC;; , ,~,
1jOOVIXC;; ,,...,
E ...1j't'EL. M'OVOLC;; ~'7
oE "
O~C;; 1jUpLO"XEV une honnête aisance n'importunait pas ses parents pour
~pxci't'o XlXt 7tÀéov oùàÈv È~~'t'EL. avoir une nourriture variée et délicate, et ne cherchait pas
le plaisir qu'elle procure. Il se contentait, uniquement de ce
qu'il trouvait et ne cherchait rien de plus.

[NP des.unt
1, 1 yÉvoç : "à praem. A omo UV Il yÉvoç fLè:v inu. M Il 1. Formulation analogue: Pachomii uita altera 30 (éd. F. Halkin,
2-3 xpLcmlXvwv 3è: (n V) : XlXt X. GTUXY Il 3 IXÙ"WV OV"WV : inu. p. 198, 1. 7-8) XpLcrTLIXVWV yovÉwv Ù7t&:PXwv XlXt "(IXV 7t&PLrpIXVWV (sur
BLMVWZ onwv "wv yovÉwv IXÙ"Oi) V Il 5 fL1J3è:v : où3è:v CHRUVY les parents de Théodore, compagnon de Pachôme). Pachôme par
Il fL1J3è:v h&pov yLVWcrXWV : fL~ yLvWcrxwv t A fL1J3è:v Èmcr"&:fL&vOÇ ~. contre, ~~ f~ndat~ur du ,cénobitisme, était fils de parents païens:
G Il yLvwcrxwv : È1tLCH&:fL&VOÇ ~ yLvwcrxwv B Il 9 Y&YPlXfLfLÉvOV : 7t&pt ( Pachomn uaa pnma 5 (ed. F. Halkin, p. 4, 1. 11). Selon SOZOMÈNE
"oi) LIXXWO add. KQWZ r de iacob add. a Il 14 Èv ÉIXU"<ll : Èv, omo (Hist. eccl. l, 13, 2; SC 306, p. 170-171) Antoine naquit à Koma
ELOQTX sibi a apud se c 1115 Èv omo S 1116 ~V&X&V EQR Il oun : (= Qïmân al-Ariâs).
3è: add. BGU Où3è: CHVY Il 173è: omo EQ Il oIç 1J\JpLcrX&V : "oLç 2. Le terme XUPLIXX6v, dérivé de Kupwç, n'est pas très fréquent
&ÙPLcrxofLÉvOLÇ A dans la littérature chrétienne (dans la V4 . 1 3· 2 2 4' 3 l' 8 3'
70, 2; 82, 7, et l'adjectif XUPLIXX6ç : 35: 3); ile~t ~é~~~ins' p~ssê
d~s les lan,gues germaniques (Kirche, church, kerk). Cf. F. J.
1. a. Cf. Lc 2, 40 Il b. Cf. Lc 2, 5211 C. Cf. Gen. 25, 2711 d. Cf. Lc 2, DOLGER, « KIrche aIs Name für den christlichen Kultbau ,), dans AC
52 Il e. Cf. Lc 2, 51 Il f. Cf. 1 Tim. 4, 31 6, p. 166-170.
132 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 2, 1-4 133

Les paroles de l'Évangile sur la perfection


le décident à se convertir

2, 1. Après la mort de ses parents, il resta seul avec une


sœur encore fort jeune. Il avait environ dix-huit ou vingt
ans quand il dut prendre soin de la maison et de sa
sœur. 2. Six mois n'étaient pas encore écoulés depuis la
mort de ses parents que, allant à la maison du Seigneur,
comme à l'accoutumée, et songeant en lui-même, il
réfléchissait à tout ceci : comment les apôtres avaient tout
abandonné pour suivre le Sauveur a; comment d'autres,
d'après les Actes, vendaient leurs biens, en ap{?ortaient le
prix et le déposaient aux pieds des apôtres pour être
distribué aux indigents; enfin, quelle grande espérance
leur était réservée dans les cieux cl. 3. Le cœur occupé de
ces pensées, il entra dans l'église, et il se trouva qu'on lisait
justement l'Évangile; il entendit le Seigneur dire au riche:
« Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes
et donne-le aux pauvres, et viens, suis-moi, et tu auras un
trésor dans les cieux d.) 4. Antoine, comme si le souvenir
des saints, qu'il venait d'avoir, lui était venu de Dieu et
comme si la lecture avait été faite pour lui 2, sortit
[NP desunt , ,
2 2 f-lliXç om. S Il hwv : post EtXOCl"\ transp. AEQ post ox-:,w
tra~sp. G om. H 112-3 hwv - EtXOO"l : Èyyùç hwv iLXO~1 B Il ~'t"wv 1. L'exhortation à la vie parfaite et ascétique mentionne souvent la
Èyy~ç inu. S 113 Èyyùçpost. ox't"w transp. L om. Kil 5 't"wv yOVEW~ : récompense céleste. Ainsi, par exemple, Pachomii uita altera 71 (éd.
"ô't"oi) add. BDGLMWZ r parentum suor~m a Il 6 cruv"y"ywv F. Halkin, p.244, 17 s.).
ACGLMOQSTUX Il 7 7tEpl 7t,xv't"wv : 7tEp\1tot't"WV BEQ~T~YZ r, de 2. La lecture de l'Évangile est ainsi considérée par Antoine comme
omnibus a progrediens c Il 9 IIp,xçEcrl: add. 't"WV ot,;ocr't"oÀwv un oracle personnel. De tels oracles, souvent au moyen d' apertio
GS actibus apostolorum a Il, 7twÀ~crotV't"EÇ A Il 12y_7tl;; : 1) !"lj'em. libri, dont les teXtes chrétiens nous fournissent plusieurs exemples,
HTX Il 13-14 't"6't"E 't"o EÔotyyEÀIOV om. U Il 14 EUotyyEÀIOV. otylO'I ont eu des prédécesseurs païens (voir le dossier chez P. COURCELLE,
E Il 16 7t,x'l't"ot om. ABHOQZ Il 't"~ \l7t,xP;(O'l't",x crou (crOI « L'enfant et les 'sorts bibliques' », VChr 7, 1953, p. 194 s.).
-t;~~XY r): crou 't"~ ~oç:
\l7t,xP;(ov't"ot ABDHOZ Il i):ot30ç EQS Quelques parallèlles : CYRILLE DE SCYTHOPOLIS, Vita Cyriaci, éd. E.
i)1,xi)OU G Il 7t't"W;(oï:ç : praem. 't"oï:ç EGQSX Il 17 EV : 't"OIÇ add. W Schwartz, p. 224, 1. 4: Cyriaque se convertit aussitôt après avoir
entendu lire l'évangile du dimanche; THÉODORE DE PETRA, Vita
Sancti Theodosii, p. 7-8. ~ Le récit de la conversion d'Antoine a fait
2. a. Cf. Matth. 4, 20; 19, 27 Il b. Act. 4, 35-37 Il C. Cf. Col. l, 5: une forte impression sur Augustin dans une période cruciale de sa vie
Éphés. l, 18 Il d. Matth. 19, 21 (cf. Introd. l, le, n° 6, p. 38-39).
ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 2, 4 - 3, 1 135
134
20 fl.OC'"t'Oç, È~EÀeWV EÙeÙÇ ÈX '"t'OU XUpLOCXOU '"t'~ç fl.È:V X'"t'l)erELç &ç aussitôt 1 de la maison du Seigneur. Les biens qu'il avait
e:IXEV Èx 7tpoy6vwv (apOUpOCL ~È: ~erocv '"t'pLocx6erLOCL EUrpOpOL de ses ancêtres, trois cents aroures 2 de terre fertile et
xoct mXvu XOCÀOCC) , '"t'OC\hOCç ÈXOCpLerOC'"t'O '"t'oî.'ç OC7t() '"t'-ïjç XW fl."Y)ç , excellente, il en fit cadeau aux gens de son village pour
LVOC ELÇ fl."Y)~' (hLOUV oXÀl)erWmv OCU'"t'~ '"t'E xoct '"t'~
n'en être pas embarrassé le moins du monde, lui et sa
sœur. 5. Il vendit aussi les biens meubles qu'ils possé-
OC~EÀrp~. 5. T~ ~È: aÀÀoc éSeroc ~v ocù'"t'oî.'ç XLV"Y)'"t'OC, 7tOCV'"t'OC
daient, en reçut une somme assez importante et la
25 7twÀl)erOCç xoct eruvocyocywv LXOCVOV OCpyUpLOV, ~Lé~wXE '"t'oî.'ç
distribua aux pauvres, à l'exception d'une petite réserve
7t'"t'Wxoî.'ç, '"t'"Y)pl)erocç OÀtyoc ~L~ '"t'~V &~EÀrpl)V.
pour sa sœur.

Apprentissage de l'ascèse

3, 1. Entrant une autre fois à la maison du Seigneur, il


entendit le Seigneur dire dans l'Évangile: « Ne vous mettez
pas en peine du lendemain a. » Ne supportant plus d'at-
tendre, il sortit et distribua même cette réserve aux petites
gens 3. Il confia sa sœur à des vierges connues et fidèles, et
20 Eù6ùc; : Eù6é:wc; DR am. HZ OlU't"OV M Il èx: hô ABEGK la leur remit pour qu'elles la forment à la virginité 4.
QRY Il 23 èvoX}~cr(ù(m CEGHMQRS èVOXÀOUcrLV l!V èVOXÀ~crL~
y Il 23·24 0l0't"6v 't"E XOlt TIJV &aEÀCjl~V M Il 24 &aEÀCjl7J : add. OlU't"OU
CHSUVY Il 25 LXOlVÔV &pyûpLOv : inu. HKLTXY r LXOlVÔV am. S
LXOlVÔV Xpucrlov R pecuniam multam a Il aé:awxE KQRWZ r
ëaWXE L distribuit a Il 26 TI)P~crOlC;: aè: add. DEFGLMNOSTU
WXYZ l'aide de cette mesure, qui figure souvent dans les papyrus (cf. VA
17,4). La propriété foncière des parents d'Antoine (300 aroures) était
IP desunt assez grande (plus de 80 hectares). Cf. F. H. HULTSCH, art. (' Arura .),
3,1 aè: am. DEFGLMNOSTUWXYZ 112 't"éjJ E00lYYEÀlcp : àÀlycp Z Il PW 2, c. 1491. ~ M. J. BASTEN (Athanasius. Wirtschaftliches aus
3 't"~C;: TIJv LV Il 4 (LE't"plmc;: 7t't"wx0ï.'c; A aEO(Lé:vmc; R Il aè: : ::E seinen Schriften, Giessen 1928, p. 32) a supposé que ce fut pour des
CEGHLTVX am. QY Il 5 7tOlpOl't"L6é:(LEVOC; G Il yvwpl(LOlLc; A Il mcr't"OLC; raisons fiscales qu'Antoine ne vendit pas ses possessions foncières,
R II7tOlp6é:voLc; : &aàCjlOlï.'c;praem. H 115-6 aoûc; - 7tOlp6EVlOlV am. RU Il mais en fit cadeau aux gens du village. Les paysans libres, formant un
aOÛC; - &VOl't"pÉ:CjlEcr60lL am. 0 consortium, devaient se porter ensemble garants des taxes sur les
biens fonciers du village. Une vente aurait nui à leurs intérêts. Pour
3. a. Matth. 6, 34 «,
cette raison P. ROUSSEAU The formation of early ascetic communi·
ties : Sorne further reflections .), JThS 25, 1974, p. 115) traduit:
1. Une véritable conversion est radicale et se fait tout d'un coup. « pour que les gens du village ne l'importunent pas .).
Augustin relève ce trait caractéristique (cf. Introd. l, lc, nO 6, p. 3?). 3. De nouveau Antoine s'applique à lui même un texte biblique,
Le motif se trouve dans beaucoup de vies de saints, par exemple Vaa entendu fortuitement. Dans les oracles comme dans les rêves,
Honorati 8 et 24 (ilico). . répétition signifie confirmation.
2. "ApoupOl est le nom grec d'une ancienne mesure égyptienne de 4. Déjà Garitte, se basant sur les mss et la situation historique,
superficie (= 100 aunes égyptiennes = 275~ !Il ), res~ée. en usage ,au~
2 avait démontré que la leçon 7tOlp6EVhlVOl de Montfaucon est à rejeter
. époques ptolémaïque et romaine. Toute 1 Egypte etaIt arpentee a (cf. Introd. II, la, p. 81·82) .
136 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 3, 1-5 137

OCÙ't"~V dç 7tOCp6EV[OCV &:Voc't"pÉ:<pEa6ocL, OCÙ't"Oç 7tpO 't"liç obdocç Quant à lui, il s'adonnait désormais à l'ascèse devant sa
-Èax6Àoc~E Àomov 't"~ &:aX~aEL, 7tpOaÉ:XWV éocu't"<j) b XOCL maison, attentif à lui-même b et s'astreignant à une ferme
XOCp't"EpLXWÇ éocu't"ov &ywv. 2. OU7tW y&:p ~v OI.hWÇ Èv discipline. 2. En effet il n'y avait pas encore en Égypte de
ALyU7t't"<p auvExli f1-0voca't"~pLoc où3' oÀwç ~3EL f1-0VOCxoç 't"~V si nombreux ermitages et le moine ne savait absolument
10 f1-OCXP&:V ~P1)f1-0V. "Exoca't"oç 3~ 't"WV ~OUÀ0f1-É:VWV éocu't"<j) rien du grand désert. Quiconque voulait être attentif à
7tpOaÉ:XELV où f1-OCXP&:V 't"liç L3[ocç XWf1-1)ç xoc't"OCf1-6vocç
soi-même, s'exerçait seul non loin de son village 1. 3. Or,
il y avait alors dans le village voisin un vieillard qui depuis
~axEL't"o. 3. "Hv 't"o[VUV Èv 't"~ 7tÀ1)a[ov xWf1-71 't"6't"E yÉ:pwv,
" , , fJ..' " ....,~ \ sa jeunesse s'exerçait à la vie solitaire. Antoine le vit et
EX VEO't"1)'t"OÇ 't"OV f1-0V1)P1) I-'LOV ocax1)aocç' 't"OU't"OV LaWV
rivalisa avec lui dans le bien c. 4. D'abord il se mit lui
'AnwvLQç È~~ÀWaEV ÈV XOCÀ<j) c. 4. KOCL 7tpw't"ov f1-~V
aussi à habiter aux abords du village. De là, s'il entendait
15 ~p1;oc't"o XOCL OCÙ't"Oç f1-É:VELV ÈV 't"OLÇ 7tpO 't"liç XWf1-1)ç 't"67tOLÇ. parler d'un homme plein de zêle quelque part, il allait à sa
K&:xe:'L6EV E'': 7tOU 't"LVOC a7tOU3OCLOV ~XOUEV, 7tPOEPX6f1-EVOÇ recherche, comme l'abeille d prudente 2, et ne revenait pas
'Y'
ES1)'t"EL -
't"OU't"OV " 1) ao<p1)"f1-E
Wç ÀLaaoc. d K OCL' ou
" 7tpO't"EpOV ELÇ
, à son propre logis sans l'avoir vu, et il rapportait de chez
't"OV 'LaLOV 't"67tOV &:VÉ:xOCf1-7t't"EV, d f1-~ 't"oihov éWptltXEL XOCL lui comme des provisions pour cheminer vers la vertu.
&a7tEp È<p63LOV 't"liç dç &:pE't"~V 6301) 7tOCp' OCù't"01) ÀOCOWV 5. C'est donc là qu'au début il demeurait à se fortifier
20 ~v. 5. 'EXEL 't"O[VUV 't"&:ç &:PX&:ç 3LOC't"p[owv, 't"~v 3LtltVOLOCV l'esprit pour ne pas retourner vers les biens de ses parents
, '6'"
Ea't"OC f1-LsEV,
fI ,'\,.., l
07tWç 7tpOç f1-EV 't"OC 't"WV yOVEWV f1-1) E7tLa't"pE<p1)-
, , 1 ni se souvenir de ses proches, mais pour que tout son désir
't"OCL f1-1)3~ 't"WV aUyyEvwV f1-V1)f1-0VEU71' OÀOV 3~ 't"OV 7t660V
et tout son zèle fussent tendus vers l'effort ascétique.
XOCL 7tOCaOCV 't"~V a7tou3~v ~X71 7tEPL 't"OV 't"6vov 't"liç

6 7tocp6e:v(ocv : 7tocp6e:vwvoc BTWXZ r ad uirginitatem a ut ad


earum nutriretur exemplum b Il 7tpà TIje; obdoce; am. DLM Il obdoce; :
XWfl.'I)e; 0 Il 7 ÈcrX6Àoc~e: Àomàv inu. D Il ÉocUT0 am. M ÉOCUTOU U
Àomàv ÉOCUTOU V Il 8 &v&:ywv DHUY Il OÜ7tW ydtp ~v : oùx ~v ydtp
G Il ~v oihwe; inu. A Il O\)TWe; am. GHKRSTUVXY Il 9 cruve:xli
fl.0vOCO"TIJP~oc inu. CHTUVXY Il 11-12 xocTocfl.6voce; ~crXe:ï:TO inu. HK 1. Bien qu'appelé traditionnellement « père des moines» Antoine
Il 12 T6-re: am. HRUVY Il 13 Ve:6T'IJTOe; : Ve:WTÉpOU AGEFKLMOQS n'était pas le premier à pratiquer l'ascèse : il a été à l' écol~ d'autres
iuuentute a Il Tàv omo DKMOQ Il 14 'AVTWVWe; : 0 praem_ BCFLRU solitaires. L'ascétisme égyptien s'est développé en plusieurs endroits
Il Èv xocÀ0 : xocÀwe; OR Il fl.Èv am. AEGKOQUV Il 16 nvoc omo RUY simultanément. La VA elle-même prête attention à Amoun, fonda-
Il ~xoucre:v AF Il 7tpocre:px6fl.e:voe; ORUV Il 17 we; ~ : wcrd R Il 7tpWTOV teur du monachisme de Nitrie (ch. 65).
Q Il 19 Ètp6a~ov : n add. GKOSWZ r sumptus aptos a Il T~V 0 2. JEAN CASSIEN (Inst. 5, 4; SC 109, p. 194) se réfère à ce
Il 19-20 Àocowv ~v : Àocowv È7tocv~e:~ CHTVWXYZ r Àocoe:ï:v U ËÀoc- passage : uelut apem prudentissimam; cf. GRÉGOIRE DE NAZIANZE,
oe:v F Àocowv &Ve:TpÉtpe:TO 0 accepisset a accepto c Il 23 7toccrocv Ad Seleucum 44 (PC 37, 1580) : crotplie; fl.e:À(TT'I)e; Ëpyov ÈXfl.~fl.Oufl.e:voe;.
am. AQ Il cr7tOUa~V : Èm6ufl.(ocv xoct praem_ U Il 23-24 T6vov Tlie; &crx~­ S.ur ce~te métaphore dans les textes monastiques, voir G. PENCO, « Il
cre:we;: Tlie; &. &ywvoc CUV 7t6vov TIje; &. L slmbohsmo ammalesco nella letteratura monastica », Studia Monas-
tic~ 6, 1~64, p. 32-~~; C. GINDELE, « Bienen-, Waben- und Honigver-
glelChe III der. fruhen m~mastischen Literatur », dans Regulae
3. b. Cf. Deut. 4, 9; 15,9; Lc 17, 3; 21, 34; Act. 5,35; 20, 2811 c. Benedtctt Studta. Annuanum internationale VI-VII, Hildesheim
Cf. Gal. 4, 18 Il d. Cf. Provo 6, 8 1977-1978, p. 1-26.
138 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 3, 6 - 4, 1 139

ocax~ae:we;. 6. ELpyli~e:TO youv TIXLe; xe:paLv, ocxoualXe;· 6. Il travaillait cependant de ses mains l, pour avoir
845 « '0 ~è: ocpyoe; (.L"1)~è: èa(hÉ:Tw e • » KlXt TO (.Lè:v de; TOV &pTOV, entendu: « L'oisif qu'il ne mange pas e. » D'une part de
TO ~è: TOLe; ~e:O(.LÉVOLe; ocv~ÀLaxe:v. IIpoa"1)uxe:To ~è: auve:xwe;, son gain, il achetait du pain, et le reste il le dépensait pour
(.L1X6wv, {hL ~e:L XIXT' t~LIXV f 7tpoae:uxe:a6IXL OC~LIXÀe:L7tTWe; g. ceux qui étaient dans le besoin. Il priait continuellement,
7. KlXt yocp 7tpoae:Lxe:v QI'hw ûj ocvlXyvwae:L h, we; (.L"1)~è:v car il avait appris qu'il faut prier sans cesse g, seul f. 7. Il
TWV ye:yplX(.L(.LÉvwv OC7t' IXÙTOU 7tL7tTe:LV XIX(.LIXL i, 7tIiVTIX ~è: était si attentif à la lecture h qu'il ne laissait rien tomber à
terre i des paroles des Écritures mais les retenait toutes j et
30 XIXTÉXe:LV j XlXt Àomov IXÙT0 T~V (.LV~(.L"1)V OCVTt ~LOÀLWV
que la mémoire lui tenait lieu de livres.
yLve:a6IXL.
Il s'applique à l'ascèse
4, 1. O{hw (.Lè:v o0v é:lXuTov &ywv -f)ylX7tOCTO 7tlXpOC en imitant les vertus d'autres solitaires
7tIiVTWV 6 'AVTWVLQe;. AÙTOe; ~è: TOLe; a7tOU~IXLOLe; 7tpOe; oûe;
OC7t~Pxe;TO, yV"1)aLWe; u7te:Tliaae:To XlXt xlX6' é:IXUTOV é:xliaTou 4, 1. Se conduisant donc ainsi, Antoine était aimé de
TO 7tÀe:OVÉxT"1)(.L1X T-Yje; a7tou~-Yje; XlXt T-Yje; ocax~ae:we; xIXTe:(.Lliv- tous. Lui-même se soumettait sincèrement aux hommes
pleins de zèle 2 qu'il allait voir, et s'instruisait à fond du
zèle et de l'ascèse dans lesquels chacun d'eux excellait 3. Il
24 ELpyQ:1:e:TO - )(e:pcrt'l : ~pÇotTO TOL'IU'I Totre; )(e:pcrt'l &pyQ:1:e:cr6otL
A Il youv : 00'1 BKLMT Il 25 3è am. RT Il fL'Y)3è: : fL~ CDGMQSVY
opq non a Il TO'l &pTO'l : è:otUTO'l BWZ 0 &pTO'l S ad panem a Il
26 Toï.'e; 3e:ofLÉ:'1OLe; : de; TOÙe; 3e:OfLÉ:'10Ue; BKRTUWXZ r indigentibus aggiornamento. Roma, 15-17 marzo 1985. A cura di Sergio Felici,
a egentibus b Il crU'Ie:)(We;: 7tQ:'1TOTe: praem. 0 Il 27 fLot6w'I: 3è: Rome 1986, p. 141-150. .
add. M Il 29 om' am. M Il OC7t' otÙTOU 7tL7tTE:L'I : OC7t07tL7tTe:L'I R inu. T 2. L7toulhï.'oL, « hommes pleins de zèle .), deviendra un terme
Il 30 Xott: we; S Il otÙT<1i T~'1 fL'I~fL'Y)'1: T~'1 [LV. otÙTW'I R <xu't"W'I technique pour désigner ceux qui pratiquent l'ascèse afin d'acquérir
~'1 fL'I. S otÙTOU ~'1 [LV. UV Il ~LOÀLW'l: ~LOÀLOU GHNOTUVXY la vertu . Voir E. W IPSCYCK, « Les confréries dans la vie religieuse de
codicibus a libris b l'Égypte chrétienne .), dans Proceedings of the XII International
Congress of Papyrology, ed. by D. H. Samuel, Toronto 1970, p. 511-
IP desunt 525.
4, 2-3 AÙToe; ... U7te:TQ:crcre:TO : è:otUTO'l ... U7tÉ:TotO"cre:'1 CHNTUVXY Il 3. A propos de ce passage FESTUGIÈRE 1937 (Bibl. IV, 2), p. 491,
3 xot6' : 7tpOe; 0 Il 4 occrx~cre:we;: [Lot6~cre:we; M n. 1, fait observer que « le portrait du jeune Antoine paraît
certainement imité d'un ~LOe; pythagoricien ». Nous trouvons en effet
le même motif chez JAMBLIQUE, Vita Pyth. 13, 6-8: 86e:'1 7tpOe;
&7tot'ITote; TOÙe; [e:pÉ:ote; oc7te:3~[L'Y)cre:'1, w<:pe:Àoû[Le:'10e; 7totp' é:XQ:crT<p 8crot ~'1
3. e. II Thess. 3,10 Il f. Cf. Mauh. 6, 611 g. Cf. 1 Thess. 5, 1711 h.
cro<:pàe; ~XotO"TOe; .. Déjà de Socrate il est dit qu'il suivit l'enseignement
Cf. 1 Tim. 4. 13 Il i. Cf. 1 Sam. 3, 19; IV Rois 10,10 Il j. Cf. Lc 8, 15
de plusieurs philosophes (PLATON, Eutyphron 9 A; Théètète 150 B-
D). Cf. aussi CYRILLE DE SCYTHOPOLIS, Vita Euthymii (éd. E.
Schwartz, p. 146-148); GRÉGOIRE LE GRAND, In Hiezech. Hom. II, 5,
1. Comme en témoigne la VA, le travail manuel constituait dès le 21 (CCL 142, p. 291) : « Quand nous formons dans notre cœur le
début, un élément essentiel de la vie ascétique. Voir F. PERICOLI dessein de monter plus haut, nous sommes à l'affût des traits de
RmoLFINI, « Il lavoro nelle più antiche fonti monastiche (Vita di vertu que nous pourrions entendre raconter, nous feuilletons une vie
Antonio e Fonti pacomiane) .), dans Spiritualità del lavoro nella de saint tantôt l'une, tantôt l'autre ') (trad. C. Morel, SC 360, p. 267).
Catechesi dei Padri del III-IV secolo. Convegno di studio e Voir la liste des vertus en VA 17, 7.
140 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 4, 1-4 141

5 eOCVEV. Koc!. TOU [LÈV Tà ZOCp[EV, TOU ~È Tà 7tpàç TOCÇ EÙZOCÇ contemplait dans l'un l'amabilité, dans l'autre l'assiduité à
crUVTOVOV è:eEWpE~' xoc!. &ÀÀOU [LÈV Tà Ot6py"Y)"'C"Ov, &ÀÀOU ~È la prière; chez celui-ci il observait la patience, chez celui-là
Tà qnÀOCVepW7tOV XOCTEV6E~ • xoc!. Tél> [LÈV OtypU7tVOUn~, Tél> ~È l'amour des hommes. Il était attentif aux veilles chez l'un
qnÀoÀoyouvn 7tpocrEIZEV' xoc!. Tàv [LÈV è:v XOCpTE:p[~, Tàv ~È
et à l'amour de l'étude chez l'autre 1 ; il admirait l'un pour
, l , "0 1 Y ,-" ses austérités, l'autre pour ses jeûnes et son repos sur la
EV V"Y)crTE~OC~Ç XOC~ ZOC[LEUV~OC~Ç EVOCU[LOC",EV' XOC~ TOU [LEV T"Y)V
terre nue. Il faisait attention à la douceur de l'un et à la
10 7tpOC6T"Y)TOC, TOU ~È TIjV [LOCXpOeU[L[OCV 7tOCpET"Y)pEITO . 7tOCnWV
magnanimité de l'autre. Chez tous, il notait à la fois la
~È O[LOU T~V dç Tàv Xp~crTàv EÙcrÉOE~OCV xoc!. T~V 7tpàç piété envers le Christ et l'amour mutuel. 2. Fort de tout
OtÀÀ~ÀOUç OtyOC7t"Y)V è:cr"Y)[LEWUTO. 2. Koc!. o{hw 7tE7tÀ"Y)pW- cela, il revenait à l'endroit où lui-même se livrait à l'ascèse,
[LÉvoç U7tÉcrTpEcpEV dç Tàv 'lawv TOU OtcrX"Y)T"Y)p[OU T67tov' puis rassemblant en lui-même ce qu'il avait vu chez
Àomàv OCÙTàç TOC 7tOCp' exOCcrTOU cruvocywv ELÇ é:ocuTàv chacun, il s'efforçait de montrer en lui toutes ces ver-
15 è:cr7tOU~OC~EV è:v é:OCUTél> TOC 7tOCnOC ~E~XVUVOC~. 3. Koc!. yocp tus. 3. De ceux qui étaient de son âge, il n'était jaloux
7tpàç TOÙÇ XOCe' ~À~x[ocv 'lcrouç oùx ~v cp~"A6VE~XOÇ ~ [L6vov que sur un seul point : ne pas leur paraître inférieur dans
"~voc [L"Y)''>'' "
OEUTEpOÇ EXE~VWV ' -Tmç
EV f J t-'EI\T~Ocr~
..' ,
cpOC~V"Y)TOC~. K'
OC~
le mieux 2. Et il s'y employait de telle sorte qu'il ne faisait
TOUTO ~7tpOCTTE:V WcrTE [L"Y)~ÉVOC ÀU7tÛ'V, OtÀÀOC XOtxdvouç è:7t' de peine à personne, mais qu'ils éprouvaient eux aussi de
OCÙTél> ZOC[pE~V. 4. rrocnEç [LÈv o0v oL Ot7tà T-YiÇ XW[L"Y)ç xoc/.
la joie à son sujet. 4. Tous les habitants du village et les
gens de bien qu'il fréquentait, le voyant ainsi, l'appelaient
20 OL cp~"A6XOCÀO~, 7tpàç o0ç ElZE T~V crUV~eE~OCV, o{hwç ocùTàv
« Théophile 3 1). Les uns le chérissaient comme un fils, les
OpWVTEÇ, È:xOCÀouv eEOcp~À-Yi . xoc!. OL [LÈV wç UL6v, OL ~È wç
''>'. ' "Y)cr7tOC",OVTO.
, ''1'
autres comme un frère.
OCOEl\cpOV

6 È6e:Wpe:L am. 0 Il 7-8 Téj) 3è: qnÀoÀoyoGVTL : Omo G TOG 3è: TO


qnMÀoyov U Il 8 xocpTe:pi~: ÈyXpOCTe;[~ RNTUVXY Il 10 7tOCpe:TI)pe:L
RNTUVXY Il 11 de; : [Lè:v praem. AFGKQSUV TE: praem. CRY Il
TOV am. BCNORXY Il TIjv 2 : 3è: add. AEFGKOQU Te: add. 1. <1>LÀOÀoye:ï.'v a acquis en milieu chrétien un sens spécial: « lire,
BCRNY Il 12 oihw : OCÙTOÇ MR OOTOe; Y Il 13 tmoO'TpÉqJWV EGKLM étudier la Bible Il. Voir K. GIRARDET, « <1>LÀoMyoç und qJLÀOÀOye:LV Il,
QSTX Il TOG ciO'X'YlTIJpioIJ T07tOV inu. L Il 14 ÀOL1tov: xoct praem. Kleronomia 2, 1970, p. 323-333.
ACF Il OCÙTOe;: OCÙTOe; Te: Rom. ATXY Il ËXOCO'TOC Z Il O'IJvocyocywv 2. La rivalité entre les ascètes peut être une bonne chose. On se
ENQS Il 15 ÈO'7toû3oc~e:v: xoct 0'7toIJ3oc~wv WZ r satagebat a Il souviendra que la VA commence par le mot &[LLÀÀOC (Pr. 1).
7tOCVTOC : 7tOCVTWV RNTW r omnia ac Il y<Xp : xoct add. CERKLSTX 3. Le sens de 6eoqnÀ'ij est plutôt « aimant Dieu Il que « ami de
1117 ~e:ÀTLWTÉpOLÇ Q 1118 TOCGTOC A Il <:JO'TE: [L1)3Évoc ÀIJ7te:ï.'v : tvoc [L1)3Évoc Dieu Il, bien que pour le second sens on puisse faire appel à des
ÀIJ7te:ï.' R Il 18-19 È7t' OCÙTW : ÉOCIJTW G am. M È7t' OCÙTOV OR È7t' parallèles bibliques: Jac. 2, 23 (Abraham appelé qJ[Àoc; 6eoG) ; II Chr.
OCÙTOG V Il 19-20 xoct oL ~m. wz' Il 21 6e:OqJLÀ'ij : xocL praem EFKQ 20, 7 (Téj) ~yOC7t1)[LÉv<p O'OIJ dc; oclwvoc); Is. 41, 8. L'ancienne version
OCÙTOV praem N Il 22 ~O'7tOC~OVTO: OCÙTOV add. F latine traduit: theophilum, hoc est, qui Deum amat.
142 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 5, 1-3 143

5, L '0 ~È: flL0"6x~Àoç x~l cp80VEpOÇ ~L&:OOÀOÇ OÙX


'YJVEyXEV OpWV EV VEW't"Epcp 't"OL~U't"'YJV 7tpO EO"LV, ~ÀÀ
" (...., , l '8 "7
OL~
L'Ennemi s'efforce de le faire renoncer à la vie ascétique
À' ...., l , " 1
flEflE E't"'YJXE 7tOLELV, E7tEXELpEL X~L X~'t"~ 't"OU't"OU 7tp~'t"-

848 'rELV_ 2_ K~l 't"o flÈ:v 7tpw't"ov È:7te:Lp~~EV ~ù't"OV omO


5, 1. Mais le diable, ennemi du bien 1 et jaloux, ne
supporta pas de voir un tel dessein chez un jeune homme.
5 't"~ç OCO"X~O"EWÇ X~'t"~y~yELV, tl7toÙ&:ÀÀWV flV~fl'YJV 't"WV
Toutes ses manœuvres habituelles, il entreprit de les
X't"'YJflhwv, 't"~ç OC~EÀcp~Ç 't"~V X'YJ~EflOVL~V, 't"OU yÉVOuç 't"~V
exécuter aussi contre lui. 2. Il tenta d'abord de le
O~XEL6't"'YJ't"~, cpLÀ~pyUpL~V, cpLÀO~OÇL~V, 't"pocp~ç 't"~V 7tOL-
détourner de l'ascèse en lui remettant en mémoire ses
,~,
XL'À'YJV 'YJOOV'YJV, X~L"'t"~ç
"À ~ À
~ç" - I-'LOU,
~VEO"ELÇ 't"OU fJ.' X~L" 't"EÀOÇ
biens, le soin qu'il devait à sa sœur, ses relations
't"0 't"P~XÙ 't"~ç OCpE't"~Ç, x~l wç 7toÀÙç ~ù't"~ç È:O"'t"LV 0 7t6voç_ familiales, l'amour de l'argent, le désir de la gloire, le
10 Tou 'rE O"wfl~'t"oÇ 't"~v OC0"8ÉVEL~V U7tE't"WE't"O, x~l 't"OU Xp6vou plaisir d'une nourriture variée et les autres agréments de la
't"o fl~xoÇ- 3. K~l oÀwç 7tOÀÙV ~yELpEV ~ù't"ii'> XOVLOp't"OV vie, enfin l'âpreté de la vertu et les grands efforts qu'elle
ÀOYLO"flWV È:v 't"'ri ~L~VOL~, 8ÉÀwv ~ù't"OV OC7tOO"XLcreXL ~ç demande. Il lui représentait également la faiblesse du
op8~ç 7tpO~LpÉO"EWÇ. 'nÇ ~È: EI~EV É:~u't"ov 0 È:X8poç corps et la longueur de la vie. 3. Bref, il souleva en son
OC0"8EVOUV't"~ 7tpOç 't"~v 't"OU 'AV't"WVLOU 7tp68EO"LV x~l fl~ÀÀOV esprit un grand tourbillon de pensées, voulant le détacher
15 (, À' ( , .... , 1 1
de sa droite résolution. Mais quand l'Ennemi se vit faible
E~U't"OV X~'t"~7t~ ~LoflEVOV U7tO 't"'YJç EXELVOU O"'t"EppO't"'YJ't"oç,
, " ....., "
IXVIX't"pE7t0flEVOV 't"E 't"Tl 7tLO"'t"EL XIXL 7tL7t't"OV't"1X 't"IXLÇ O"UVEXEO"LV
..... , devant le dessein d'Antoine, et plutôt mis à terre par sa
'AV't"WVLOU 7tpOO"EUXIXLÇ, 't"6't"E ~~ 't"OLÇ È:7t' oflCPIXÀoU y~O"­
constance, repoussé par sa foi et succombant sous les
't"poç a 07tÀOLÇ É:IXU't"OU 8IXppwv XlXl XlXuxwflEVOÇ È:7tl 't"O\J-rOLÇ
prières continuelles d'Antoine, alors il. mit sa confiance et
sa fierté dans les armes situées près du nombril a2 : ce sont

IP desunt
5, IIMooÀoç : 30CLfLwV 0113 7tOLELV om_ A Il ÈmXELpEL HM r Il xoct om_
1. MLaoKIXÀoç, qui qualifie le démon, contraste apparemment avec
FU Il XOCTOC T01J..OU : XOCT' OCÙTOU ABC 115 XOCTOCyIXyELV : XIXTIXOIXÀELV G Il
cpL/..OKIXÀOÇ, employé un peu plus haut (4, 4). Sur ce terme, qui figure
tJ7to!)&ÀÀwv : Ù7tOOIXÀWV MO omo G IXÙT<;i add. R Il 7 qnÀocpyuptIX\I :
notamment dans les textes hagiographiques, voir G. BARTELINK,
TI)\I praem. F Il q:nÀ030~tIX\I : TI)v praem. F Il TPOcp1jÇ : TpUcp1jÇ KNORZ
(, MLaoKIXÀoç, épithète du diable », VChr 12, 1958, p. 37-44. Voir
o T1jç TPOcp1jÇ F TpOcpW\I E cibario a escae b Il 8 (X'.IÉaELç TOU
aussi VA 9, 4.
~tou inu. B Il 9 IXùT1jÇ ÈaTLv: inu. BEGKOQS ÈaTLv (, TIX{mlç
2. Dans son édition, Hoeschel (Notae, p. 127) renvoie au com-
L IXÙTOLÇ ÈaTLV F Il 7tO\lOç : TO\lOÇ H Il 11 IlÀwç : o{hwç praem. B Il
mentaire d'Olympiodore (PC 93, 425) sur Job 40, 16. Celui-ci offre
~ye:LpEV IXùT<;i : To{mp ~ye:Lpe:V F 1112 ÀOyLcr[lW\I : Dm. H 'rW'J praem.
deux explications de cette expression se référant selon lui à la
MX Il oc7tOaxtaIXL : oc7tocrT1jmxL CGNORTUVX OC7tOcrXOL\ltcrIXL BWZ r
débauche : elle désigne l'estomac qui signifie la voracité conduisant à
Il 13 7tpOocLpÉaEwç: 7ttaTe:wç R 7ttaTEwç XIXt 7tpOIXLpÉaEwç X Il la luxure, ou bien, par euphémisme, le [lOpLOV 6'l)ÀUKO\l, tout comme ~
14 oca6EVOU\lTIX : oc..OVOU\lTIX 0 Il ~6 OC\lIXTpE7tOfLEVO\l TE : XOCL oc. STWZ r
ocrcpû<; désigne dans la Bible le fJ.OpLO\l ocv8poç. '" Le texte hébreu de
Il T'ii 7ttaTEL: T'ii 7toÀÀ~ 7ttaTEL BWXZ r a fide a 1117 'A\lTw\ltou : TOU
Job 40, 15-24 parle de Béhémôth (l'hippopotame), considéré comme
praem. FGR Il È7t' : ù7t' 0 Il 18 T01J..OLÇ: XIXTIXOOCÀELV add. R
équivalent du dragon apocalyptique, Satan lui-même. La description
du diable ( VA 24, 1-3) fait de nombreux emprunts à celle de
Léviathan (le crocodile) de Job 40, 25-41, 26.
5. a. Cf. Job 40, 16
144 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 5, 3-7 145
("t"CXÛ"t"CX yocp Ècr"t"LV CXÙ"t"OÛ "t"àc. 1t'pW"t"CX KCX"t"àc. "t"WV VEw"t"ipwv là ses premiers pièges contre les jeunes gens. Il s'avance
20 ëVEapCX), 1t'pocriPXE"t"CXL KCX"t"àc. "t"OÛ VEw"t"ipou, VUK"t"àç f1.èV contre le jeune homme en le terrifiant la nuit et en le
cxù"t"àv 6opuowv, f1.E6' ~f1.ipcxv aè oihwç ÈVOXÀWV Wç KCXt molestant le jour, si bien que les témoins s'apercevaient de
"t"OÙç OpWV"t"CXç cxLcr6icr6cxL TIJV YLvof1.iV'1)v ocWPo"t"ipwv leur combat. 4. Le diable lui suggérait des pensées
1t'ocÀ'1)v_ 4. '0 f1.èv yàc.p tl1t'iOCXÀÀE ÀOYLcrf1.0ÙÇ flU1t'CXPOUÇ, 0 impures, mais Antoine les repoussait par ses prières. Il
l'excitait, mais lui, comme s'il croyait rougir, fortifiait son
aè "t"CXLÇ EÙXCXLÇ OCVhPE1t'E "t"ou"t"ouç. Kcxt 0 f1.èv ÈyCXpyOCÀL~EV,
corps par la foi et les jeûnes. 5. Le diable, ce misérable,
25 0 ai, wç ÈPU6PLiiv aOKWV, -r7i 1t'Ccr"t"EL KCXt V'1)cr"t"dCXLÇ hdXL~E en venait à prendre, de nuit, l'aspect d'une femme l et en
"t"à crwf1.cx- 5. Kcxt 0 f1.èv aLOCOOÀOÇ tl1t'if1.EVEV 0 &6ÀLOÇ KCXt à imiter parfaitement l'allure, à seule fin de séduire
wç yuv~ crX'1)f1.CX"t"L~Ecr6cxL vUK"t"àç KCXt 1t"ocV"t"CX "t"p61t'ov f1.Lf1.EL- Antoine. Mais lui, mettant le Christ en son cœur et
cr6CXL, f1.6vov LVCX "t"àv 'AV"t"WVLOV OC1t'cx"t"~cr71. '0 aÈ "t"àv réfléchissant à la noblesse que l'homme lui doit et à la
XpLcr"t"àv Èv6Uf1.0Uf1.EVOÇ KCXt aL' cxù"t"àv "t"~V EùyivELCXV, Kcxt "t"à dimension spirituelle de l'âme, éteignait le tison de la
30 VOEpàv "t"ljç y;uxljç ÀOyL~6f1.EVOÇ, OC1t'EcroivvUE "t"àv &V6pCXKCX tromperie du démon. 6. De nouveau l'Ennemi lui sug-
"t"ljç 1t'ÀciV'1)ç hdvou. 6. nOCÀLV "t"E 0 f1.èv Èx6pàç gérait les douceurs de la volupté, mais lui, comme plein de
tl1t'iOCXÀÀE "t"à ÀELOV "t"ljç ~aovljç. '0 ai, wç opyL~0f1.ivep KCXt colère et de tristesse, se représentait la menace du feu et le
Àu1t'ouf1.ivep ÈOLKWÇ, "t"~v OC1t'ELÀ~V "t"OÛ 1t'upàç KCXt "t"OÛ tourment du ver b. En lui opposant ces pensées, il
crKWÀ'1)KOÇ b "t"àv 1t'6vov Ève6uf1.EL"t"O· KCXt OCV"t"L"t"L6dç "t"CXÛ"t"CX traversait indemne ces épreuves. Tout cela tournait à la
35 aLioCXLVE "t"OU"t"WV OCOÀCXO~ç. TH v aè "t"CXÛ"t"cx 1t'OCV"t"CX 1t'pàç confusion de l'Ennemi. 7. Lui qui avait pensé se faire
semblable à Dieu C était ~aintenant le jouet d'un adoles-
849 CXLcrXUV'1)V YLv6f1.EVCX "t"oû Èx6poû. 7. '0 yàc.p VOf1.LcrcxÇ
cent; lui qui se vante de vaincre la chair et le sang était
Of1.0LOÇ YEvicr6cxL 6E<!> c U1t'à VECXVLcrKOU VÛV È1t'CXC~E"t"O. Kcxt 0
renversé par un homme revêtu de chair. Car le Seigneur
crcxpKàç KCXt CXLf1.CX"t"OÇ KCX"t"CXKCXUXWf1.EVOç u1t'à ocv6pw1t'ou
collaborait avec lui, lui qui pour nous a revêtu la chair et
crCXpKO<pOpOÛV"t"oç ocvE"t"pi1t'E"t"O. ~UV~pyEL yàc.p 0 KUpLOÇ
40 CXÙ"t"<!> , 0 crOCpKCX aL' ~f1.iiç <popicrcxç KCXt "t"<!> crWf1.CX"t"L aoùÇ "t"~V
EQT Il 35 &:ôÀOCôwc; G Il TOCUTOC 7tOCVTOC inu. H Il 35-36 7tpàe; ocLaxuv'Y)v
y~v6{le:voc inu. A Il 37 y[ve:a6oc~ KQWZ ~ae:a6oc~ F Il 39 aocpKoc
cpOpOUVTOe; BCEGKNOQRSWZ r Il 39-40 {; Kupwc; OCÙT<1> : inu. L
19 Ètl"'lW OCÙTOU mu. CRVXY Il OCÙTOU omo G Il 20 ~ve:8poc: T<l OCÙT<1> {; 6e:àc; R Il 40 OCÙT<1> omo G Il 8~' ~{liiC; cpopÉaocc; inu. LO Il
praem. K Il 7tpoaÉpxe:Toc~ : TOtVUV add. R 7tpOÉPXe:TOC~ EM Il 21 6opu- aW{locTL : ~{lwv add. G
ÔWV : 7toÀe:{lwv A Il 22 &:{lcpOTÉp<.ùV : TWV praem. F Èv &:{lcpOTÉpO~C;
o omo UV Il 23 tmÉôocÀe ANV Il pU7tOCpouc;: 7tOv'Y)poùe; R Il 25
7ttan~: KOCL TOC'Le; e:ùxoc'Le; add. DMSTWXZ r Il 25-26 ÈTe:lX~~e: Tà
aW{loc: ÈTe:lX~~e:TO G Il 26 U7tÉ{le:ve:v : -naxuve:TO h~ 8è L È7tÉ{le:ve:v 5. b. Cf. Judith 16, 17; Sir. 7, 17; Is. 66, 24; Mc 9, 48 Il C. Cf. Is.
OX È7tÉôoc~ve:v V Il 27 Èax'Y){lOCTt~e:TO TVX Il {l~{le:ta6oc~: È7to[e:~ 14, 14; Éz. 28, 2
CHNUVY È{lL{le:LTO TX Il 29 8L' ocùTàv TYjv: 8~' OCÙTWV TYjv N
TYjv 8~' ocùTàv BTWZ r Il 31 7tÀCiv'Y)e; hdvou : inu. BEMNOQWZ r Il
he:[vou omo 0 Il Te:: 8è LO omo WXZ Il 32 U7tÉôocÀe: ARLOV 1. Le diable transfiguré en femme: Pachomii uita prima 19 (éd.
È7tÉôocÀÀe: B Il we; opy~~o{lÉv~ : opy~~O{lÉv~ ABGLRWZ r we; opy~­ F. Halkin, p. 12,1. 24); Pachomii uita altera 10 (ibid., p. 175, 1. 26-
~6{le:voe; G Il 33 ÀU7tOU{le:voe; G Il ÈO~KWe; : 8e:8o~KWe; G Il 34 &:VTL6de; 176, 1. 1).
146 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 5, 7 - 6, 2 147

XOC"t'oc "t'ou aLocobÀou v~x'Y)v, &cr"t'E "t'6)'J oihwc; &ywvL~ofLévwv donné au corps la victoire sur le diable 1. Aussi chacun de
hoccr"t'ov ÀÉyELV' « OÙX È:yw aé, &'ÀÀ' 7J XOCpLC; "t'ou 6EOU 7J ceux qui combattent ainsi peut-il dire: « Ce n'est pas moi,
crùv È:fLot d .•)
mais la grâce de Dieu qui est avec moi d ••)

- wc;. oux
' 1)OUV1)
'''' '61) "t'ov
"A ' ''''' Le diable lui apparaît sous les traits d'un enfant noir
6, 1. TÉ:Àoc; youv, V"t'WVLOV Quo
, 8 - . '" ' '''1''1'' "8"1
È:v "t'OU"t'cp XOC"t'OCoOCÀELV 0 opocxwv, OCAAOC XOCL EOAE7tEV EOCU"t'OV • ,
6, 1. A la fin, le dragon, impuissant à terrasser Antoine
È:1;w60ûfLEVOV &.7tO "t'1jc; xocpaLocc; ocù"t'ou, "t'pt~wv "t'OÙC; àabv- même de cette manière, mais se voyant en outre chassé de
"t'OCC;, xoc"t'OC\ "t'O
" a ,XOCL' twcr7tEp
YEypocfLfLEVOV l 't:"
Ec."Lcr"t'OCfLEVOC;, 0l'oc; son cœur, grinçait des dents, comme il est écrit a. Hors de
5 È:cr"t'L "t'OV VOUV, "t'OLOU"t'OC; Ucr"t'EpOV XOCL <pOC'J"t'occr~~ fLÉ:ÀOCC;
-rii lui pour ainsi dire, tel il est spirituellement, tel il se
ocù"t'cl> <pOCtVE"t'OCL 7tOCLC;. KocL &cr7tEp t)7t07tL7t"t'wv OÙXÉ:"t'L fLÈ:V manifeste ensuite à lui sous les traits d'un enfant noir 2.
ÀOyLcrfLoLC; È:7tOCVÉ:OOCLVEV (È:XOÉ:OÀ1)"t'O yocp (; MÀLOC;) , Àomov Et, comme s'il se jetait à ses pieds, il ne le harcelait plus
aÈ: &v6pw7t~V7l XPWfLE:VOC; <pWV1l, EÀeyEV' IIoÀÀOùc; fLÈ:V par des pensées - car le Malin avait été jeté dehors - ,
, " '8 "1 - "" •
~7tOC"t'1)croc XOCL 7tÀELcr"t'OUC; XOC"t'EOOCAOV . VUV OE, WC; E7t OC
, , "ÀÀ
OLC; mais il se servait maintenant d'une voix humaine et
10 'XOCL È:7tL croL XOCL "t'OLC; crOLC; 7t6VOLC; ~cr6É:v1)croc. 2. Ehoc "t'ou disait: « J'ai trompé beaucoup de gens et en ai terrassé
bien davantage, mais maintenant, en employant contre toi
et tes efforts la tactique employé contre d'autres, j'ai eu le
dessous .•> 2. Comme Antoine l'interrogeait : « Qui es-
41 oi)-rwç: OV'l"Wç KWYZ r OV'l"Wç o1)-rwç B OC\mjl oi)-rwç QS
taliter a am. c Il 42 'l"OU eeou am. KNOVY

IP desunt
6, 1 oÙv T Il 'l"OU 'AV'l"Wv[ou 0 111-2 où3' Èv 'l"otmp : Èv où3evt 'l"OÛ'l"WV contre les démons et c'est à lui qu'il doit la victoire, non pas à ses
A où3è:v 'l"OU'l"O M Il 2 Xoc'l"OCootÀeî:v : xot'l"otÀocoeî:v 0 Il Ilpocxwv : IlLOCOOÀOÇ 'propres forces. L'homme participe à la nature divine (cf. 74, 4).
U Il 3 &7tO : Èx G Il 83ôv'l"ocç : otÙ'l"OU add. B 116 7totL3[ov R Il fLè:v am. L Il Toutes ces idées se retrouvent dans d'autres ouvrages d'Athanase
7 \)7totV~OocLvev KN È7t€OotLVev OWZ r È7t~pxe'l"o A Il ÈO€oÀ1)'l"O (ainsi De incarn. 1, 3; 8, 9).
X ÈXO€OÀ1)'l"otL Z Il 3ôÀwç: 3LOCOOÀOÇ K Il 8 cpwv'ii, EÀeyev inu. 2. C'est ici qu'apparaît pour la première fois dans la littérature
EGKOQS Il 9 7tÀdcr'l"ouç : 7tLO"l"OÙç F 7tÀdouç T Il Xot'l"€ootÀÀov BN Il monastique le motif du diable prenant les traits d'un enfant noir. La
vuv 3è: : xoct vuv AD xott vuv 3è: BCEHKLMOQSUV Il €7t' &ÀÀOLÇ : couleur noire étai! associée aux démons depuis le début du
È7tL 7toÀÀoï.'ç ABKLNWZ r in alios ac Il 10 crot: crè: U Il 7tOVOLÇ : christianisme: cf. EEhés. 6, 12 (, le prince des ténèbres >.), texte cité
am. U 7tpocrOotÀwv add. BKW r VA 21, 3. Dans l'Epître du Pseudo-Barnabé 4, 10, le diable est
désigné par (' le Noir» (cf. Apophthegmata Patrum, PC 65, l00C-
lQlA; 185B-D; 284A-B); sur ce thème: F. 1. DOLGER, Die Sonne
der Cerechtigkeit und der Schwarze, Münster 1918, p. 49-83. Sur le
5. d. 1 Cor. 15, 10 diable/enfant noir on verra: B. STEIDLE, (, Der kleine schwarze
6. a. Cf. Ps. 34, 16; 36, 12; Ill, 10; Mc 9, 18; Act. 7, 54
Knabe in der alten Moncherzahlung >', Benediktinische Monatschrift
34, 1958, p. 339-350; G. PENCO, (' Sopravvivenze della demonologia
antica nel monachesimo medievale », Studia Monastica 13, 1971,
1. En prenant la nature humaine le Sauveur a assuré la victoire de p. 31-36 (motif des démons se manifestant sous la forme de petits
l'homme sur la chair. C'est le Christ qui assiste l'ascète dans sa lutte éthiopiens).
148 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 6, 2.5 149
'AV'rCùVLOU 7tuvofLevou·
Cl1 T'~c; e-/. au, .0 'rOLOCU'- rOC
1 Àoc À-
CÙV 7tOCp , tu \ toi qui me tiens un pareil langage ? », aussitôt celui-ci
ÈfLOL; eùeùc; hiLvoc; otx'rp~c; ~cpLe~ cpCùvcX.c;· 'Eyw 'rlic; laissait échapper ces mots lamentables: « Moi, je suis l'ami
, " 'À " " ,,~
7topve~occ; e~fL~ cp~ Oc;· eyCù 'roc e~c; 'rOCU'r'Y)V eveopoc xoc~ 't'OUC;
1 "
de la fornication. C'est moi qui me suis chargé d'y amener
'rOCU'r'Y)C; yocpyocÀ~afLOùc; XOC'r~ 'rhlV veCù'rÉ:pCùv ocve(')eçcX.fL'Y)v par des pièges et d'y exciter les jeunes gens: on m'appelle
15 xoct 7tVeUfLOC 7tOpVeLOCC; b xé:xÀ'Y)fLOC~. Iloaouc; eÉÀOV't"OCC; aCù- l'esprit de fornication b. Combien en ai-je trompés qui
cppove~v
- 'Y)7toc'r'Y)aoc.
" l l 'oaouc; U7tOxp~vofLevouc; ( l ,
fLe're7te~aoc voulaient vivre dans la tempérance! Combien d'autres, qui
Iy
yocpyocÀ~",Cùv.
3 'E 1 , ~,,, ,.
• yCù e~fL~ o~ 0'11 xoc~ 0 7tpocp'Y)'r'Y)C; 1 faisaient profession d'y vivre, ai-je fait changer d'avis en
fLefLcpe'roc~ 'rouc; 7teaov'rocc; À'
l "
eyCùv· « Il V€UfLOC'r~ 7topve~occ;
1 1 les excitant. 3. Je suis celui dont parle le prophète quand
il blâme ceux qui sont tombés, en disant: ' Vous avez été
È7tÀocv~e'Y)'re c. » ô~' ÈfLOU y~p ~aocv he~vOL axeÀ~aeÉv'rec;.
égarés par l'esprit de fornication c. ' C'est moi, en effet, qui
20 'E yCù1 e~fL~ ,
0• 7t0 ÀÀ" ocx~C;
À
ao~ 0x 'Y)aocc;,
1 I~'
'roaocu'rocx~C; oe
leur ai fait un croc-en-jambe. Je suis celui qui t'ai souvent
ocvoc'rpOC7tdC; 7tOCp~ aou. 4.'0 (')È: 'Av'r&moc; eùxocp~a'r~aocc; troublé, mais qui, autant de fois, s'est vu repoussé par
'r<l> KUpL<p xoct xoc'roceocpp~aocc; ocù'rou cp'Y)at 7tpàc; ocù'rov· toi.» 4. Antoine rendit grâce au Seigneur, s'enhardit
IloÀÙ 'rOLVUV eùxoc'roccppov'Y)'roc; 'ruyxcX.ve~c;· xoct y~p fLÉÀocC; contre le démon et lui dit : « Tu es effectivement bien
852 d 'ràv vouv xoct wC; 7tOC~C; ocaeev~c; L)7tcX.pxe~c;· où(')efLLoc fLo~ méprisable, car tu as l'esprit noir et tu es faible comme un
25 Àomov ea'r~ cppov'r~C; 7tep~ aou . « K"UpLOC; yocp efLo~
1 , , , - , ,(.).!-,o'Y)vCl OC;,
enfant. Je n'ai plus désormais aucune raison de m'inquié-
, , , '.1.
xocyCù " Cl
e7t0'l'0fLoc~ 'rouc; exvpouc; fLOU
1 d
.» 5• TocU' - rOC ocxo-
, ter de toi. Le Seigneur est mon secours et je mépriserai mes

uaocc; 0 fLe occ; euvuc; ecpuye xOC'rOC7t'r'Y)<-,OCC; 'rOCC; cpCùvocc; xoc~\
1 • '0. \ ,f t:
1 \ ,
ennemis d.» 5. Ayant entendu cela, le Noir prit aussitôt
cpoo'Y)eetc; h~ xliv ÈyyLaoc~ 'r<l> ocv(')pL la fuite, car il redoutait ses paroles et craignait même de
s'approcher de l'homme.

11 o"ù omo EFS Il (, omo CDEHKLMSUVXY Il 13 'l"OCç ... Èv€iîpotç


EQ Il 14 Xot'l"OC 'l"WV ve:<.ù'l"€p<.ùv omo DM Il ve:<.ù'l"€p<.ùv : v€<.ùv WZ r Il
ocve:iîe:~&.fL"y)v ante Xot'l"OC transp. B Il 15 XotL 1tve:ufLot : iîLO praem. AU add. BUWZ r niger a inimicus c Il e:ùllùç : e:ùIlÉ<.ùç FR Dm. 0 Il
Il 16 ~1t&.'l""Y)O"ot : È1tÀ&.v"Y)O"ot U Èyw ~1t&.'l""Y)O"ot HNVY Il U1tOXPLVOfL€- e:ù6ùç Ëcpuye: inu. G Il 28 Ën ... ocviîp[ : oùxÉn ... 'l"OU ocviîpoç hOÀfLot
VOuç : ÈyxpotnUOfL€voUÇ CHNTXY r U1tOXPLvofLe:voÇ W 0 Èyxpot- M Il x&v ÈYY[O"otL : Xot'l"e:yye:LO"otL G x&v 1tpoO"e:yy[O"otL R Il 'l"OU ocviîpoç
'l"e:uOfL€VOUÇ XotL U1tOXPLVOfL€VOUÇ B fingentibus a tenuiter incipientes FGKLSUV
b Il fLe:'l"€1tE:LO"ot: ~1t&.'l""Y)O"ot GU Il 17 XotL Dm. N Il 19 È1tÀotv~Il"Y)'l"e: :
È1tÀotv~Il"Y)O"otv BCDGHKNRSTUVXY errastis a seducti estis b Il
~O"otV Dm. N Il 20 O"OL àXÀ~O"otç : inu. DEFKMOQRSWZ ÈvoXÀ~O"otç
O"OL L Il 'l"oO"otU'l"&.XLÇ iîè:: iîè: Dm. GNRY 'l". 'l"e: CEHS 1tOO"&.XLÇ 6. b. Cf. Os. 4, 12 Il C. OS. 4, 12 Il d. Ps. 117, 7
U 1tOÀÀ&'XLÇ 'l"e: V XotL 'l". BFLZ r Il 22 Kup[<p : Ile:<i> CNRTUVXY
Il 23 'l"Uyx'&.Ve:LÇ : U1t&.PXe:LÇ NWY Il 23-24 XotL yocp - U1t&.PXe:LÇ omo
BKU Il 24 U1t&.PXe:LÇ: 'l"Uyx'&.Ve:LÇ DEFQRS Dm. LMWZ r Il fLOL 1. Dans son discours aux moines, Antoine conseille de demander
Dm. Q Il
fLOL Àomov : 'l"o[vuv M Il Àomov : 'l"O[vuv Àomov B Dm. D Il d'abord au démon, quand il apparaît, qui il est et ce qu'il veut
24-25 ÈO"n cppOV'l"LÇ inu. AFGU Il yocp Dm. CH Il 27 fL€ÀotÇ : Èxe:L'voç (43, 1). Cf. Pachomii uita altera 81 (éd. F. Halkin, p. 258, l. 15-16).
150 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 7, 1-6 151
7, 1. Tou't"o 1tpw't"ov &8Àov 'Av't"wVLOU yÉyOVE XOC't"~ 't"OU
ÙLoco6Àou' flOCÀÀOV ÙÈ 't"OU ~W't"~pOç xoct 't"oiho yÉyOVEV Èv Antoine renforce son ascèse
'AV't"WVL<p 1 \ , (). .... , ( ,
't"0 XOC't"0PVWflOC, 't"OU 't"'Y)V « OCflOCp't"LOCV XOC't"OCXpL-
1

VOCV't"Oç ÈV "ri crOCpXL, tvoc 't"a ÙLXOCCWflOC 't"OU v6flOU 1tÀ'Y)pw8'!î 7, 1. Tel fut le premier combat remporté par Antoine
5 ÈV ~fl'i'J, 't"o'iç fl~ XOC't"~ crocpxoc 1tEpL1tOC't"OUcrLV, OCÀÀ~ XOC't"OC contre le diable. Mais ce fut plutôt, dans Antoine, le succès
1tVEUflOC a». 2. 'AÀÀ' OU't"E 'AV't"ù)VLQç, ÙlÇ tmo1tEcr6V't"oç du Sauveur, qui a condamné le péché dans la chair, pour
't"OU ÙocCflOVOÇ, ~flÉÀEL ÀOL1tav xoct xoc't"Ecpp6vEL ÉOCU't"OU, OU't"E que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui
o, ÈXvpoç,
n' , 'Y, )'t"'t"'Y)VELÇ,
wç n' "
E1tOCUE't"O 't"OU- ,EVEopEUELV.
~, II EPL'Y)P-
' marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit a.
\ , 'À' 2. Antoine cependant, bien que le démon se fut jeté à ses
XE't"O yocp 1tOCÀLV wç EWV, I.,'Y)'t"WV 't"LVOC 1tpOcpOCcrLV XOC't" ,
y - b ,
pieds, ne relâchait pas pour autant ses efforts et ne faisait
10 OCÙ't"OU. 3. '0 ùÈ 'Av't"wVLQç, floc8ci>v Èx 't"WV ypoccpwv
aucun cas de lui-même; de son côté, l'Ennemi, bien que
1toÀÀocç dVOCL 't"ocç fLE80ùdocç 't"OU ÈX8pou C, cruv't"6vwç vaincu, ne cessait pas de lui tendre des pièges. Il rôdait de
ÈxÉXP'Y)'t"O 't"'!î OCcrX~crEL, ÀOyL~6flEVOÇ O't"L, d xoct fl~ 'CcrXUcrE nouveau, comme un lion, cherchant b une occasion contre
't"~V XOCpÙLOCV Èv ~ùov'!î crwflOC't"OÇ OC1tOC't"~crOCL, 1tELpOCcrEL lui. 3. Antoine, sachant par les Écritures que nombreuses
1tOCV't"wç ÙL' É't"Épocç ÈVEùpEGcrOCL flE86ùou' ~cr't"L yocp CPLÀ- sont les tactiques de l'Adversaire C, persévérait intensé-
15 OCflOCP~flWV 0 ÙOCLflwv. 4.. MocÀÀov oôv xoct flocÀÀoV Ù1tE- ment dans l'ascèse, s'avisant que, si celui-ci n'avait pas eu
y
1tLOCl.,E 't"0\ crwfloc
- ,~
XOCL\ EOOUÀOCyWyEL , d, "'ÀÀ
fl'Y)1tWÇ, EV OC OLÇ VLX'Y)- ' la force de tromper son cœur par la volupté du corps, sans
crocç, Èv OCÀÀOLÇ Ù1tocrup'!î. BOUÀEÛE't"OCL 't"OLVUV crXÀ'Y)pO't"ÉpOCLÇ aucun doute il entreprendrait de lui tendre des pièges en
,
OCyWyOCLÇ - ,EOCU't"OV \ EVLI.,ELV.
'n'y 5 • K OCL\ 1t0 ÀÀ OL\ flEV \ E '8' y
OCU flOC 1.,0'1 , usant d'une autre tactique, car le démon est ami du
péché. 4. C'est ainsi qu'Antoine châtiait son corps de
ocù't"aç ùÈ pFfov 't"av 1t6vov ~cpEpEV. 'H yocp 1tp08UflLOC 't"~ç
plus en plus et le réduisait en servitude d, de crainte que,
20 y;ux~ç, 1toÀùv Xp6vov Èflfldvoccroc, ~ÇLV ocyoc8~v ÈVELpyoc~E't"O
victorieux sur certains points, il ne soit vaincu sur d'autres.
Èv OCÙ't"<J> , &cr't"E xoct flLXPOCV 1tp6cpOCcrLV Àocfloocvov't"oc 1tOCp' II résout donc de s'accoutumer à de plus dures austéri-
É't"Épwv, 1toÀÀ~v dç 't"oG't"o 't"~v cr1tOUÙ~V Èvùdxvucr8ocL. tés. 5. Beaucoup s'en étonnaient, mais lui endurait bien
6. 'H ypÛ1tVEL yocp 't"ocrou't"ov, ÙlÇ 1tOÀÀOCXLÇ xoct oÀ'Y)v 't"~v facilement l'effort. Car l'ardeur de l'âme, longtemps
entretenue, avait produit en lui une bonne habitude. Aussi
lui suffisait-il de recevoir d'autrui une petite impulsion,
pour faire preuve de beaucoup de zèle en ce sens. 6. Il
IP desunt veillait au point de passer souvent la nuit toute entière sans
7, 1 'A'I't'W'ILOU : 't'ou praem. EQ Il 2 iÎLlXoôÀou : ÈX.!lpou G Il 2-3 È'I
'A'I't'W'ILcp: È'I omo CFLR È'I 't'0 'A. HKTY r 't'0 'A. X (3L' EQ) 19 tl7tÉ<pe:pe:v L Il 19-20 't'1jç - ÈfLfLdvlXcrlX : 7toMv Xpôvov ÈfLfLdvlXcrlX
'A,movLou AMSUV IXÙ't'W 't'W 'A. B IXÙ't'W WZ in antonio ab Il TÎi ~ux?i A Il 20 È1;e:Lpyoc~e:'t'o A dpyoc~e:'t'o BDGLMNR Il 22 dç
3-4 xpL'IlXv't'oç H Il 4 T?i : i3LCf 'add. LS Il 6 oÔ3è F Il 'AV't'WVLOÇ: omo 't'oiho : èv 't'ou't'cp BD Il cr7tou3~v : IXÙ't'OV add. ADEGKMO IXÙ't'OU
M 0 praem. FNUV Il wç omo KLV Il 8 't'ou ève:3pe:Ue:LV: 't'ou omo add. LR IXÙ't'WV Q
M 't'OU't'OU ève:3pe:Ue:LV N 119 wç Àl:wv omo G Il h~"IJ't'wv R 119-10 ~"IJ't'wv
- IXÙ't'OU : 't'LVIX 7tpÔ<plXcrLV XIX't"IXÙ't'OU 7tOPL~ÔfLe:vOÇ K Il 11 èX6pou :
3LIXù6Àou KNU 3LIXù6Àou add. B 1112 xlX't'Lcrxucre:v A 1113 ~3oVIX\ç LS 7. a. Rom. 8, 3-411 b. Cf. 1 Pierre 5,811 C. Cf. Éphés. 6, 1111 d. Cf.
Il 15-16 \l7te:7tLe:~e: CHNT Il 17 ~OUÀe:'t'IXL EQR HîouÀe:'t'o DLM Il 1 Cor. 9, 27
152 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 7, 6-10 153

VUXTCX aLcxTe:Àe:Lv CXÙTOV OCÜ7tVOV. Kcxt Toiho aè: OÙX OC7tCXç sommeil. Et comme ce n'était pas une seule fois, mais très
25 &ÀÀ<x xcxt 7tÀe:LO'TOCXLC; 7tOL(;)V èElCXUfLOC~e:TO. "HO'ElL€ TE OC7tCXç souvent qu'il le faisait, il suscitait l'admiration. Il mangeait
T'ÎjC; ~fL€PCXC; fLe:T<X MO'LV ~À(OU, ~V a' ()Te: xcxt aL<X Mo, une seule fois par jour, après le coucher du soleil \ mais il
853 7tOÀÀOCXLC; xcxt aL<X Te:O'O'OCpWV fLe:TEÀOCfLocxve:v. Kcxt ~V CXÙTc» lui arrivait aussi de rester deux jours, souvent même
'Y(J TpOcp'YJ\ CXpTOC;
" XCXL, cxt'ÀCXC;, XCXL" TO 7tOTOV\ 1
fLoVOV f/8 wp.
U quatre jours, sans prendre de nourriture. Sa nourriture,
" . . ,,' , ,
7 • Il e:pL ycxp xpe:WV XCXL OLVOU 7te:pLTTOV e:O'TL XCXL e:ye:LV,' À' c'était du pain et du sel; sa boisson, de l'eau pure. 7. La
30 ()7tOU ye: oùaè: 7tCXp<X TOLC; OCMOLC; O'7tOUaCX(OLC; 'YJUp(O'Xe:TO TL viande et le vin, il est même superflu d'en parler, puisque
,
T(;)V TOLOUTWV. E'LC; oe:
"" TOV' "U7tVOV 'YJpXe:LTO
'-.1. 'j'LCXVL<p'
Cl' TO' ' 'oe:
'' chez les autres hommes pleins de zèle également, on ne
7tÀe:LO'TOV xcxt è7tt y'Îjc; fLOV'YJC; XCXT€Xe:LTO. 8.'AÀdcpe:O'ElCXL
trouvait rien de tel. Pour le sommeil il se contentait d'une
natte et même, la plupart du temps, couchait sur la terre
aè: èÀcx(<p 7tCXP71TELTO, À€ywv fLiiÀÀov 7tP€7te:LV TOÙC; Ve:WT€-
nue. 8. Il refusait toute onction d'huile en disant qu'il
pOUC; èx 7tpoElufL(CXC; ËXe:LV T~V OCO'X'YJO'LV xcxt fL~ ~'YJTELV T<X
convenait plutôt aux jeunes gens de pratiquer l'ascèse avec
35 XCXUVOUV"t"CX TO O'(;)fLCX, &ÀÀ<x xcxt èEl(~e:LV CXÙTO TOLC; 7tOVOLC;, ardeur et de pas chercher ce qui amollit le corps, mais bien
ÀOyL~OfL€VOUC; TO TOU &7tOO'TOÀOU P'YJTOV' « "OTCXV &O'Ele:V(;), de l'accoutumer à l'effort, en méditant le mot de l'Apôtre:
,
TOTe: '"
OUVCXTOC;, ' e• »
e:LfLL 9 • T'OTe: ycxp
'''À
e: e:ye:v "LO'XUe:LV T'Y-JC; « Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort e. » 9. Il
tjJux'Îjc; TOV VOUV, ()TCXV CXL TOU O'blfLCXTOC; &O'Ele:v(;)O'LV disait que l'intelligence 2 de l'âme se renforce justement
~aovcxL 10. Kcxt ~V CXÙTc»7tCXpOCaOçoc; oV"t"WC; xcxt oihoc; (; quand les plaisirs du corps faiblissent. 10. Il avait aussi

1. Cf. PHILON, Contempl. 34 : (' Aucun d'eux (les thérapeutes) ne


prendrait de,'nourriture ou de boisson avant le coucher du soleil, car
ils jugent la philosophie digne de la lumière et les nécessités
24 ocù't'àv omo AEFGKNOR Il ocu't'ov OCU7tVOV inu. L Il aè: omo corporelles dignes des ténèbres'> (trad. P. Miquel).
AEFHKLTU Il 257toÀÀlixtç AEGL Il n:: aè: AFHLNORTUY Il 2. Nous avons établi ici la leçon correcte: vouv au lieu de 't'6vov.
26 on: XOCL inu. G Il XOCL atdt: !J.e:'t'dt DM Il 27 7tOÀf..OCXLÇ: omo A L'expression TIjç tj;U)(liç [, vouç (ou TIjç tj;U)(liç 't'à ÀOyLxÔV) est tout à
aè: add. BHLRTVW r Il 't'e:crcrlipwv : ~!J.e:pwv add. B Il !J.e:'t'e:f..OC!J.oocve:v fait caractéristique d'Athanase (cf. C. gentes 26; 30 et 32). Sur le
omo 0 Il ocù't'ou HNOUY Il 28 't'à omo MR Il 't'à 7to't'ov : 7to't'oç UVY vouç, P.-T. CAMELOT (SC 18bis, p. 134-135, n. 2) s'exprime ainsi:
Il !J.6vov {)awp : inu. ANOSWZ r {)awp K !J.6vov 't'à {)awp C Il (, On serait tenté de penser qu'Athanase distingue, au moins
29 ydtp : aè: EQ Il Ècrn omo K Il 30 07tOU ye: : (l7t6't'e: ye: EH (m6't'e: virtuellement, l'esprit, vouç, mens, et l'âme, tj;U)(~, anima, principe
NQTUVXY ye: omo 0 Il oihe: A Il 31 't'wv't'owu't'wv: 't'OLOU't'OV de la vie sensible ... (En fait, Athanase) n'a pas voulu distinguer la
DLMORVWZ r 't'Otou't'Wv K Il ~L1i6cp DF ~L&:6ou UV Il 32 È7tL : ~\J)(~, âme inférieure et sensible, du vouç, partie intellectuelle de
TIjç add. N Il !J.6vov DM Il 33 !J.iiÀÀov omo EQ Il 34-35 't'à )(OCUVOUV F l'âme. Athanase ne partagerait pas ici cette psychologie' trichotomis-
Il 35 't'OLÇ omo L Il 36 ÀOyL~0!J.Évouç : Àoyt~6!J.e:voç AEFGHKMOQR te', qui distingue le corps, l'âme, l'esprit .•> C. KANNENGIESSER (SC
TUVXY xoc't'dt L Il "O't'ocv : 't'à praem. B 1137-38 't'liç ~u)(liç 't'àv vouv 199, p. 78) ajoute: (, L'âme contient le vouç ; il est le vouç de l'âme ...
inu. A Il 38 vouv : 't'ôvov BCGHKUVWXYZ or intellectum ac (le vouç est) le principe d'intelligibilité de l'âme au plan de l'être créé.
sensum b Il occr6e:voumv AEFGLMOQRUV Aussi l'âme ne fait que réfléchir comme en un miroir la lumière du
regard de ce vouç, originellement tourné vers le Logos-Image. De
même, le vouç est le principe d'unité de l'âme complexe et multiple
7. e. Il Cor. 12, 10 au niveau de l'agir humain .•>
154 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 7, 10·13 155

40 ÀOYLcrfL6ç· où y~p 1jç[ou Xp6v<p fLeTpciv T~V T~Ç o:peT~ç cette pensée vraiment admirable: on ne devait pas mesurer
(~, ,~" ~, , \, l '" [j
OOOV, ouoe TlJV DL (XUTlJV OCVOCXWPlJcrLV, OCÀÀOC 7tOv<p XOCL Tri par la durée le chemin de la vertu, ni la vie à l'écart
7tpOocLpÉcreL. Il. AÙTOÇ oi)v oùx ÈfLVlJfL6veue TOU 7tOCpeÀ- pratiquée dans ce but, mais par le désir et par la
résolution. Il. Lui-même ne se souvenait pas du temps
66vTOÇ Xp6vou· O:ÀÀ~ xoc6' ~fLÉpOCV, Wç o:pX~V ËXWV T~Ç
passé, mais jour après jour \ comme s'il débutait dans
o:crx~crewç, fLd~ovoc TOV 7t6VOV eIxev dç 7tpOX07t~V Èm-
l'ascèse, il renforçait ses efforts pour progresser, en se
45 Mywv ÉOCUTi!> TO TOU IIocuÀou PlJTOV cruvexwç· « Twv répétant continuellement le mot de saint Paul : « Oubliant
omcr6ev ÈmÀocv6ocv6fLevoç, TO!:Ç aè: ËfL7tpocr6ev È7teXTeLV6- ce qui est derrière moi, et tendu de tout mon être vers ce qui
fLevoç f .» 12. fLvlJfLoVeuwv Te XOCL T~Ç cpWv~ç TOU est en avant f.» 12. Il se souvenait aussi de la parole du
7tpOcp~TOU 'HÀ[ou ÀÉyOVTOÇ· « Zri Kupwç, éj) 7tOCpÉcrTlJV prophète Élie 2 : « Le Seigneur est vivant, devant lequel je
ÈVb)7tWV OCÙTOU » cr~fLepov g. IIocpeTlJpe!:To ydtp 5n, cr~fLe- me tiens aujourd'hui g3. » Il faisait remarquer qu'en disant
50
,
pOV Àeywv, ' "efLeTpeL TOV
oux , 7tocpe ÀO I
VOVTOC XPOVOV ocÀÀ wç
' " ( « aujourd'hui », Élie ne mesurait pas le temps passé, mais,
,oceL\ ocpXlJV
,\ e ÀÀ'
XOCTOCuOC ofLevoç, XOCvIl' lJfLepocv
" , ,~)'
ecr7tOUooc",ev comme s'il débutait constamment, s'efforçait chaque jour
ÉOCUTOV Ti!> 6ei!> 7tOCpLcrTocveLv TmOUTOV olov Xp~ cpoc[vecr6ocL de se montrer à Dieu tel qu'il faut paraître devant Dieu:
pur de cœur et prêt à obéir à sa volonté, et à nulle
Ti!> 6ei!>, xoc6ocpov Tri Xocpa[q. XOCL hmfLov tmOCxoueLV Ti!>
autre. 13. Il se disait: « L'ascète doit apprendre toujours
~OUÀ~fLOCTL OCÙTOU XOCL fLlJaeVL ocÀÀ<p. 13. "EÀeye aè:
55 ÉOCUTi!>· ~e!:. TOV o:crXlJT~V èx T~Ç 7tOÀLTE:[OCÇ TOU fLeyocÀou
. 1. Antoine répète plusieurs fois ce conseil de considérer chaque
Jour comme le dernier et de toujours recommencer l'ascèse sans
regarder en arrière : 16, 3; 20, 2; 91, 3. Cf. aussi Apophthegmata
Patrum, Siluanus 11 (PC 65, 412C) : 6.ÛVOCTOCL ,xV6pûl7tOe; xoc6' ~fLÉpocv
~!XÀÀELV &:ex~v.
40 ~1;LOU : È:~~TEL H Il 41 OUTE F Il ocùTIje; ABDFGHKLMORSUXY
2. Sur Elie exemple de vie ascétique, voir Introd. l, 2e, p. 50-51.
42 oùv: yO\)V OQR Il TOÙe; 7tocpEl,66vTOCe; M Il 43 xp6vou: TGV
,Autres textes: TERTULLIEN, Mon. 8, 7; MÉTHODE D'OLYMPE, Symp.
X!XfLOCTOV add. L TGV 7t6vov add. U Il 44 fLEL~ûl W r Il 7t6vov:
10, 3; BASILE DE CÉSARÉE, Reg. fusius tractatae 23 (PC 31, 981);
T6vov AC DT 7t66ov EQ Il ~XELV L Il 45 é:ocuTiil omo N Il ITocûÀou :
JEAN CASSIEN, Coll. 18, 6, 2 (SC 64, p. 17); Inst. l, l, 2 (SC 109,
&:7toO"T6Àou ABH Il O"UVEXWe; omo L Il 46 È:7tLÀocv6ocv6fLEVOL LWZ 0
p. 36). La vie d'Antoine était à l'exemple d'Élie, d'Élisée et de Jean-
È:7tLÀocv6!XVOfLOCL MQ Il È:7tEXTELVOfLOC L L È:XTELVOfLOCL M È:XTELV6fLEVOL
Baptiste, nous dit la Vie de Pachôme (Vita prima 2, éd. F. Halkin,
W~ 0 Il 47 TE : 8È HO Il xocl omo B Il TIje; cpûlV~e; omo K Il 50 ÈfLE-
p.2, 1. 9-12; cf. Vita altera, 4, ibid., p.169, 1. 10-13). Voir
TpELTO G Il 7tOCpEÀ'Y)Àu66TOC G Il 51 &:d &:PX~v: inu. CHUVXYZ r
G. PENCO, « Le figure bibliche deI vir Dei nella agiografica
de; &:PX~v L &:d omo S semper initium a Il 52 Tiil 6Eiil 7tOCpLO"T!X-
monastica ,), Benedictina 15, 1968, p. 1-13.
VELV : Tep XUpLep 7t. R Tiil 6Eiil omo BLXY r deo adsignare a deo
3. Le mot O"~fLEpOV, « aujourd'hui '), repris dans la phrase suivante,
praebeat c Il 52·53 tpOCLVE0"6ocL Tiil 6Eiil : CPOCLVE0"6ocL ÈVW7tLOV TO\) 6EO\)
ne figure pourtant pas dans le texte cité (III Rois 17, 1). Il s'agit
EGQS YEvÉ0"6ocL ÈVW7tLOV TO\) 6EO\) 0 Il 53 È7tocxoûm K Il 54 ~ouÀ~­
prob~bleme~t d'une contamination avec un texte à peu près
fLOCTL : 6EÀ~fLOCTL AS li 55 é:ocuTiil : Èv praem. DMTUVWXZ r sibi a
Identique qm se trouve un peu plus loin (III Rois 18, 15), où O"~fLEpOV
Il 6.EL: 8ELV FKMOWZ r 8~ QR IITL 8EL CDHSTUVXY OÜTûl 8EL figure dans la proposition suivante: Zyi KÛpLOe; TWV 8uV!XfLEûlV <Il
oportebat a
7toc.pÉO"TIiv ÈVW7tLOV OCÙTO\), IITL O"~fLEpOV 6cp6~0"0fLOCL ocùTiil. COUILLEA~
(BIbl. IV, 1), p. 37, n. 98,ne considère pas impossible qu'Athanase
ait fait un emprunt à CLÉMENT D'ALEXANDRIE (Protr. IX, 84, 5-6; SC
7. f. Phil. 3, 13 Il g. III Rois 17, 1; 18, 15 2 bis, p. 153).
,

.l.
~
156 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 7, 13 - 8, 3 157

'HÀCou XIX't"IX!J.IXV66tve:~v, We; ÈV Ècr67t't"pcp 't"ov ÉIXU't"OU ~COV de la conduite du grand Élie, comme dans un miroir l, la
, 1
1Xe:~. vie qu'il doit mener sans cesse. »

8, 1. O{hw a~ oOv crucrq:>C'(çlXe; ÉIXU't"OV 0 'AV't"wvwe; Enfermé dans un tombeau,


, , , \ ,...., l ,
1X7t'Y)PXe:'t"o e:~e; 't"1X !J.IXXpIXV 't"'Y)e; XW!J.'Y)e; 't"U,(XIXVOV't"1X !J.v'Y)- il est roué de coups par les démons
!J.1X't"1X. 2. KlXt 7tlXplX'('(dÀIXe; Évt 't"(;)v '(vwpC!J.wv a~'
~!J.e:p(;)v 7toÀÀ(;)v lXù't"iil xO!J.C~e:~v 't"ov &p't"ov, IXÙ't"Oe; de; ~v 8, 1. S'enserrant donc lui-même dans ces étroites
856 't"(;)v !J.v'Y)!J.6t't"wv dcre:À6wv, xlXt xÀdcrlXV't"oe; Èxdvou XIX't"' limites, Antoine gagna les tombeaux qui se trouvaient à
IXÙ't"OU 't"~v 6UpIXV, ë!J.e:ve: !J.6voe; ëvaov. "Ev61X a~ !J.~ q:>É:pwv 0 distance du village. 2. Ayant recommandé à l'un de ses
Èx6p6e;, ocÀÀoc !J.~v XlXt q:>OOOU!J.e:voe; !J.~ XIX't"' oÀC'(ov XlXt 't"~v amis de lui apporter du pain de loin en loin, il entra dans
ëp'Y)!J.ov 7toÀCcrYl 't"~e; occrx~cre:we;, 7tpocre:À6wv Èv !J.~~ vux't"t un de ces tombeaux; l'autre ferma la porte sur lui et
!J.e:'t"oc 7tÀ~60ue; alX~!J.6vwv, 't"ocrou't"ov IXÙ't"OV holjJe: 7tÀ'Y)'(lXie;, Antoine demeura seul à l'intérieur. L'Ennemi ne l'y
10 we; XlXt &q:>wvov IXÙ't"OV OC7tO 't"(;)v ~lXcr6tVWV xe:icr61X~ souffrit pas, mais craignant que, sous peu, il ne fit du
XIX!J.IXL 3. ~~e:Oe:OIXWU't"O '(ocp o{hw crq:>oapoùe; '(e:'(e:v~cr61X~
désert la cité de l'ascèse, une nuit, entrant avec une troupe
de démons, il l'accabla de coups 2, au point qu'à cause des
't"oùe; 7t6voue; we; ÀÉ:'(e:w !J.~ MVlXcr61X~ 't"oce; 7tlXpOC ocv6pw7twV
tourments, il resta étendu sans voix sur le sol. 3. Il
7tÀ'Y)'(oce; 't"OLIXU't"'Y)V 7to't"è: ~6tcrIXVOV È!J.7tO~~crlX~. Be:ou aè:
assurait que les douleurs avaient été si vives qu'il pouvait
7tpovo~q.
1
ou '(lXp 7tlXpOpq. K'up~oe; 't"oue;
(' \ - \ e:'Àm",oV't"lXe;
''t' ' ,
e:7t
dire que les coups des hommes ne sauraient jamais causer
15 lXù't"6v), 't"~ Éç~e; 0 '(vwp~!J.0e; 7tlXplX'(CVe:'t"IX~ x0!J.C~wv 't"oùe; un tel tourment. Par disposition de la providence divine -
&p't"oue; IXÙ't"iil. 'AvoCçlXe; 't"e: 't"~v 6upIXv XlXt 't"ou't"ov tawv car le Seigneur n'abandonne jamais ceux qui espèrent en
'(.t' " " ....
XIX!J.IX~ xe:~!J.e:vov we; ve:xpov, j-'lXcr't"lXcrlXe; 1X7te:q:>e:pe:v e:~e; 't"o 't"'Y)e;
" «:
lui - , le lendemain son ami vint lui apporter des pains.
1 Ouvrant la porte, il vit Antoine couché à terre, comme

IP desunt mort. Il le souleva, le transporta à la maison du Seigneur


8, 1 O"rpLi;ocç F Il 2 T~Ç : ,x1tO praem. ADFOQR Il 4 1toÀÀwv ocùTiii :
inu. GS Il ocùTiii XOfLL~ELV : inu. ALRU Il OCÙTOÇ : add. 3è: ANZ 114-5 dç
- fLV1JfLIXTWV omo X Il 5 eLO"EÀBwv post OCÙTOÇ transp. DWZ r Il
XÀELO"OCVTOÇ È:xdvou : xÀdO"ocç NY Il 6 ËfLELVEV GLOU Il Ëv30v omo F Il
7 XOCT' OÀLyOV omo A Il xoc!2 omo K Il 8 1tOÀLO"Yi : È:fL1tÀ~O"Yi DMTWXZ
r È:fL1tÀ~O"ocÇ 1tOÀLO"Yi B olx~O"Yi V redderet ciuitatemall È:v omo F Il 1. L'image du miroir remonte à PLATON (Alcibiade l, 132 Es.) :
9 OCÙTOV ËXO\jlE inu. FG Il ËXOtjlE: Ë"rUtjlE LRS ëxotjlocv DHNY Il l'âme s'efforce de se voir elle-même comme dans un miroir. Ainsi
10 wç xoc!: WO"TE ANOR Il &rpwvov OCÙTOV inu. A Il ,x1tO : {mo H chez GRÉGOIRE LE THAUMATURGE, Remerciement à Origène 142 (SC
È:x 0 Il ~OCO"lXvWV : 1tÀ1JYwv HN Il 11 O"rpo3pwç AFGMUV O"rp63poc 148, p. 154) : É;OCUT~V WO"1tEp È:v XOCT61tTpcp opiiv fLEÀETWO"1JÇ. Mais les
R Il 12 wç: WO"TE AO Il 1tOCpoc: TWV add. AN Il 15 0 YVWPLfLOÇ auteurs chrétiens se servent surtout de cette image en rapport avec la
1tOCPOCYLVETOCL : inu. DMWZ r OCÙTOU post yv. add. U 0 yV. 1tOCpE- contemplation de Dieu, par exemple ATHANASE, C. gentes 34 (cf.
yévETO LR Il 15·16 TOÙÇ &pTOUÇ OCÙTiii: inu. 0 Il 16 OCÙTiii omo déjà PHILON, Lf!g. III, 101; Migr. 190).
CHKTVXY Il TE: 3è: ABEQRW Il 17 wO"d BCHNOTUVXY Il 2. Parfois les démons vont jusqu'à accabler de coups leurs
~occrToci;ocç AQS Il ,x1térpEpEV: ËrpEPEV DKMOWX r ,x1t~VEyXEV R victimes: Pachomii uita prima 20 (éd. F. Halkin, p. 13, 1. 5-7);
,x1t~yOCyEv U Pachomii uita altera 19 (ibid., p. 185, 1. 20-23).
158 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 8, 3 - 9, 4 159

xWfL'Y)e; xup~oc.xov Xoc.L "t"H}'Y)ow bd "t"lie; ylie;. 4. IIoÀÀoL TE au village et l'étendit à terre. 4. De nombreuses person-
"t"wv cruyyevwv, Xoc.L oL &:1t"0 "t"lie; xWfL'Y)e; 1t"ep~exoc.6é~0'J"t"0 We; nes de sa parenté et les gens du village restaient assis
20 È1t"L vexpéj'> "t"éj'> 'A'J"t"wv~cp. IIepL ~è: "t"0 fLecrovuxnov de; autour d'Antoine comme auprès d'un mort. Vers minuit,
S:oc.u"t"ov ÈÀ6wv 0 'Av"t"wvwe; Xoc.L ~~eyep6eLe;, we; d~e 1t"OCv"t"oc.e; Antoine revint à lui et s'éveilla. Voyant que tout le monde
xO~fLWfLévoue; Xoc.L fL6vov "t"ov yvwP~fLoV YP'Y)yopoüv"t"oc., dormait et que seul son ami veillait, il lui fit signe de venir
veucroc.e; 'Y)xe~v
1 fI
oc.u"t"ov
"
1t"pOe;
,
OC.U"t"OV,
, l 't:"
'Y)swu 1t"oc.'À ~v oc.u"t"ov
" à lui, et le pria de le soulever à nouveau et de le
fJ. ~I 't:' transporter aux tombeaux sans éveiller personne.
t-'oc.cr"t"oc.croc.~ xoc.~ oc.1t"ocpepe~v e~e; "t"oc. fLV'Y)fLoc."t"oc., fL'Y)0evoc. eSU1t"V~-
l '" ' " 1

25 croc.V"t"oc..
Les démons l'assaillent sous forme de bêtes sauvages
9, 1. 'A1t"'Y)véx.6'Y) oi)v 1t"oc.p~ "t"OÜ &:v~p6e;, Xoc.L cruv~6we; 9, 1. Il fut donc transporté par cet homme, et il était de
"t"lie; 6upoc.e; xexÀe~crfLév'Y)e;, €V~OV ~V 1t"OCÀW fL6voe;. 2. Koc.L nouveau seul à l'intérieur, portes fermées, comme à
cr"t"~xew fLè:v oùx '{crx.ue ~~~ "t"~e; Èx "t"wv ~oc.~fL6vwv 1t"À'Y)yoce;, l'accoutumée. 2. Il n'était pas à même de se tenir debout,
&:voc.xeLfLevOe; ~è: 'Y)üx.e"t"o. Koc.L fLe"t"~ "t"~v eùx.~v €Àeye fLe"t"~ par suite des coups reçus des démons, et il priait étendu
5 Xpoc.uylie;· "'n~é eLfL~ Èyw 'A'J"t"wvwe;' où cpeuyw "t"~e; 1t"oc.p' sur le sol. Après la prière il criait d'une voix forte: « Je suis
UfLWV 1t"À'Y)yoce;. Kocv y~p 1t"ÀeLOVoc. 1t"OL~cr'Y)TE, où~év fLe là, c'est moi Antoine, je ne fuis pas vos coups. Même si
« x.WpLcre~ &:1t"0 TIje; &:yOC1t"'Y)e; "t"OÜ Xp~cr"t"OÜ a». 3. Ehoc. Xoc.L vous en rajoutez, rien ne me séparera de l'amour du
".1. ÀÀ ev' « 'E'
e'foc. 'l:" 'Y)"t"oc.~ e1t" , efLe
oc.v 1t"oc.poc."t"oc.s e À''Y) , ou,
, , 1t"oc.pefLuo Christ a.» 3. Puis il psalmodiait: « Qu'une armée vienne
• , ,11', ,b
cpoo'Y)6~cre"t"oc.~ ~ Xoc.p~Loc. fLOU b.» 4. '0 fLè:v oi)v &:crx'Y)"t"~e; camper contre mo" mon cœur n en sera pas e» raye .»
10 Ècpp6ve~ Xoc.L €Àeye "t"oc.Ü"t"oc.. '0 ~è: fL~cr6xoc.Àoe; Èx.6pOe; Voilà ce que pensait et disait l'ascète. 4. Mais l'Ennemi,
qui hait le bien, s'étonna que même après avoir reçu de tel
6oc.ufLOCcroc.e;, {h~ Xoc.L fLe"t"~ "t"~e; 1t"À'Y)y~e; È6ocpp'Y)crev è:À6û'v,
coups, il eût la hardiesse de venir: il convoqua ses chiens 1
18 "6ie; omo EL Il lloÀÀo(: XOtL praem. A Il 19 1tEpLExodlÉ~OVTO :
1tiXpEXiX6é~OVTO ABCDMSUVWZ r ÈxiX6É~OVTO 0 circumsedebant
ac Il 22 ML fLôVOV : fLÔVOV 3È CHNUVXY Il 23 ~XELV iXtlT<)V : iXtmî'l 1. Notamment en Égypte, où le latrator Anubis (VIRGILE, Én.
~X€LV EQ ~xm iXlhij> GL Il 24 ~iXO"T6:O"iXL XiXL omo A Il &1tOq>ÉpELV : 6, 698) prenait une place dominante parmi les anciens dieux thé-
&1tEVEyXE~v F Il TO fLvrjfLiX A riomorphes, on en vint facilement à s'imaginer les démons en
forme de chiens. Les légendes hagiographiques coptes en présentent
FIP desunt maint exemple. Voir A. HERMANN, «Cerberus», RA C 2, C. 986;
9, 1 1tiXpOC : lmo AK Il 2 ~v 1t6:ÀLV inu. LT Il 3 O"TIjXELV : O"TrjViXL A. JACOBY, « Der hundskiipfige Damon der Unterwelt .), Archiv für
G LO"TiXO"6iXL Z Il 3LOC - 1tÀ"lly6:e; omo 0 Il Èx TC;W 30tLfLôVWV : omo Religionswissenschaft 21, 1922, p. 219-225; H. SCHOLZ, Der Hund
ETXY r daemonum ac il 6 K&v yocp : XotL yocp A x&v yocp XotL in der griechisch-romischen Magie und Religion, Thèse Berlin 1937;
B Il 1tÀdOViX : 1tÀdovote; HKTVXY r fLOL add. L XotL 1tÀdovot W CYRILLE DE SCYTHOPOLIS, Vita Sabae (éd. E. Schwartz, p. 95-96).
1tÀdw G 1tMov 0 pIura a : maiora b Il 7 &1t0 omo FNX Il 8 'Eocv : Cf. W.H. C. FREND (New College Bulletin 8, 1974, p. 26) : dans
yocp XiXL add. B Il 10 Èq>WVEL B Il TotÙTot : o{ÎTwe; A TOLotÙTot L TOC l'esprit' d'Antoine les démons étaient peut-être identifiés avec les
TOLotÙTot R Il fLLO"ÔXotÀoe;: XotL q>60VEpOe; add. BDMWZ Il 11 TOCe; : dieux de l'ancienne Égypte; J. G. GRIFFITH S, « A note on monasti-
TOO"otÛTiXe; 0 Il e:10"e:À6e:Lv KNO
cism and nationalism in the Egypt of Athanasius .), dans Studia
Patristica 162 , Berlin 1985, p. 26 : « In general the devil and demons
9. a. Rom. 8, 35~ Il b. Ps. 26, 3 described in the Life follow the pattern of Seth and his followers. »
160 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 9, 4-8 161

O"u"{xocMO"oct; ocù't'ou 't'OÙt; XUVOCt; XOCL ~LOCPP'Yj,,{VU!LEVOt;· et leur dit, furieux: « Vous voyez que ni par l'esprit de
'0 P ii't'E , €CP'Yj, (hL où 7tVEU!LOC'n 7tOpVELOCt;, où 7tÀ'Yj"{OCLt; fornication ni par les coups, nous n'avons pu faire cesser
è:7tocuO"OC!LEV 't'ou't'ov, !XÀÀoc XOCL 6pOCO"UVE't'OCL xoc6' lJ!LWv· cet homme, mais il s'enhardit même contre nous.
857 7tpoO"fÀ6W!LEV &ÀÀWt; OCÙ't'éj>. EüxoÀov ~E 't'éj> ~Loc06Àcp 't'oc dt; Attaquons-le donc autrement. ~> Il est facile au diable de
XOCXLOCV O"X~!Loc't'oc. 5. T6n ~~ oÔv è:v 't'~ VUX't'L x't'U7tOV prendre des figures diverses pour causer du mal.
!LEV 't'OLOU't'OV 7tOLOUO"LV Wt; ~OXELV 7t<Xv't'oc 't'àv 't'67tov è:XELVOV
5. Alors, la nuit, les démons font un tel vacarme que tout
Cl T OUt;
\ '1-\ -" , ' "
l'endroit semblait ébranlé. Les quatre murs l de la petite
O"ELEO"VOCL. OE 't'ou OLXLO"XOU 't'EO"O"OCpOCt; 't'OLXOUt; WO"7tEI'"l'l
maison furent comme rompus et les démons semblèrent
p~ÇOCV't'Et; OL ~OCL!L0VEt;, €~OÇOCV ~L' ocù't'wv è:7tELO"fpXE0"6ocL,
o.' '0. l , ~..... ,
faire irruption. Ils s'étaient métamorphosés en prenant
20 !LE't'OCO"X'Yj!LOC'nO"VEV't'Et; ELt; V'YjpLWV XOCL Ep7tE't'WV cpOCV't'OCO"LOCV.
l'apparence de bêtes sauvages et de reptiles. 6. Tout cet
6. KOCL ~v 0 't'67t0t; Eù6ùt; 7tE7tÀ'Yjpw!Lfvot; cpOCV't'OCO"LOCt; endroit parut aussitôt rempli en apparence de lions,
" , ~ l , " \
ÀE6v't'wv, OCpX't'WV, ÀE07tOCpOWV, 't'OCUpWV XOCL OcpEWV XOCL d'ours, de léopards, de taureaux, de serpents, de vipères,
'1-
!XO"7tLOWV XOCL \ ,
O"XOp7tLWV XOCL\ À'uxwv. KOCL\ EXOCO"'t'OV
" \
!LEV de scorpions et de loups. Chacun d'eux se mouvait selon
't'OU't'WV È:xLVEL't'O xoc't'oc 't'à t~LOV O"x1i!Loc. 7. '0 Mwv l'aspect qui était le sien. 7. Le lion rugissait dans
25 €OPUXE 6fÀwv è:7tEÀ6ELV, è:MXEL XEpOC't'L~ELV, 0 IScpLt;
0 't'OCUpOt; l'intention d'attaquer, le taureau semblait donner de la
, ,1 fi , (À '
€p7tWV OUX EcpVOCVE, XOCL 0
(-"
UXOt; 0P!LWV E7tELXE't'O.
KOCL\ corne, le serpent rampait, mais sans l'atteindre, le loup
éSÀWt; ~ELVOL 7t<XV't'WV ~O"OCV O!LOU 't'WV cpocLv0!Lfvwv OL 6U!LOL s'élançait, mais son élan était suspendu. Absolument
XOCL 't'WV cpWVWV OL ~6cpOL. 8. '0 ~E 'AV't'WVLOt;, !LocO"'t'L~6-
terrible était la fureur de toutes ces apparitions, jointe au
"il. ' 8 ELVO't'E-
' hurlement de leurs cris. 8. Antoine, fouetté et aiguil-
!LEVOt; XOCL\ XEV't'OU!LEVOt;
l
7tOCp , OCU't'WV,
,.....
Y)O"VE't'O !LEV
lonné par eux, sentait dans son corps des douleurs plus
30 pOU 7t6VOU O"W!LOC't'LXOU. 'A't'pf!LOCt; ~E !LiiÀÀoV 't'~ ~UX~
terribles encore. Mais, sans trembler ou· plutôt l'âme en
"(P'Yj"{OpWV !XVfXEL't'O. KOCL €O"'t'EVE !LEV ~LOC 't'àv 't'ou O"W!Loc't'Ot; éveil, il restait étendu, gémissait à cause de la douleur
, , '1-\ - '1- , \" À ''1'
7tOVOV, V'Yj cp wv oE 't'Y) OLOCVOL~ XOCL WO"7tEp X EUOC'owv physique, mais, l'esprit vigilant, il disait comme en se
1

12 oc.ù"mu 't"oùc; : inu. K 't"OÙC; Éoc.u't"ou A Éoc.u't"ou 't"OÙC; BCEGHLN 27 7ttX.V't"ûlV Dm. r Il ~croc.v ofLOU : inu. ACHLNSVWY r ~croc.v OUW Il
QRTUVX 1113 'OpiX't"E, ËCjl'Yj : i~,u. L r opiX't"E_ill) l!
opiX't"E T ËÀE- 27-28 oL IlUfLOL ML 't"wv CjlûlVWV oL ~OCjlOL: oL ~OCjlOL ilELVOL Xoc.L oL
yEV· OpiX't"oc.L, Cjl'YjcrLV R Il 15 EUXOÀoc. _ K Il 't"Cp: Ecr't",L p~ae~. K Il llufLOL Xoc.ÀE7tO[ r 't"wv CjlûlVWV Dm. CHNV 01 llufLoL XotL 't"WV CjlWVWV
16 crX~fLoc.'t"oc. : È:VEPYEî'V praem. N Il 't"1J Dm. H Il VUX't"L : EXELV1l c:dd . Dm. D Il 29 Xoc.L XEV't"OÛfLEVOC; Dm. S Il 7toc.p' : tm' BR Il 29-30 ilELVO't"~pou
BMO Il 17 !J.~'I : Dm. CMY !J.~'I't"OL W Il 't"OLO~'t"OV Dm. D ~ 't"OLOU't"OV 7tovou: ilELVO't"~pouC; 7tOVOUc; HUVY inu. R ilELVO't"tX.'t"ou 7tOVOU K
7tOLOUcrLV inu. BEGKQS Il 't"ov 't"07tOV È:xEî'vov mu. 0 Il È:XEL'IOV : Dm,.: Il 30 crwfLoc.nxou : 't"ou crWfLoc.'t"OC; CHNTUVXY corporis a Il 'A't"P~fLoc.C;
GT illum a Il 18 Toùc; ante 't"~crcroc.poc.c; transp. HNTUVXY Il 't"ou il~ : hpéfLoc.C; Xoc.L KG r lente vero a Il fLiXÀÀO'l Dm. TX Il fLiXÀÀov
Dm. L Il O'LXOU MR (~ 19 P'YjyVÛV't"EC; B Il 20 Cjloc.V't"oc.cr[oc.c; CD~GH~LO TÎi ~ux7î inu. CEHKLNOQ
STUXY Il 21 't"07tOC; : È:xEî'VOC; add. BH Il Eùllùc; 7tE7tÀ'YjPûlfLEVOC; mu.
HNTY Cjloc.V't"otcr[otC; Dm. HXY Il 21-22 Cjloc.v't"oc.cr[oc.v ÀEOV't"ûlV Dm; R I!
22 ÀEo7ttX.pilûlV : Xoc.L praem. BDEGHKLNQSTVX Dm. Y Il 't"otUpûlV . 1. Les démons ébranlent les parois. Cf. VA 39, 5; Pachomii uita
XotL praem. B Il Xoc.L 2 Dm. ARUWZ r Il 23 fL~v Dm. COTXY Il 2~ È:X[VEL prima 19 (éd. F. Halkin, p. 12, 1. 11-12); Pachomii uita altera 18
r Il LilLOV Dm. M Il 25 Il~ÀûlV È:7tEÀIlEî'V inu. L Il È:7toc.vEÀIlELV 0 Il (ibid., p. 184, 1. 6-8).
162 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 9, 8 - 10, 2 163
~ÀEyEV . 9. m MvoqJ.Cç "rLÇ ~v èv U[lLV, ~plŒ KOCL [l6vov èl; ~oquan~ ~'eux: 9. ,«( S'il y avait en vous quelque force,
u[lWV èÀ6ELV ~VOC. 'E7tEL?)~ ?)È È:ÇzvEôpwerEv u[lOCç 0 KÔPLOÇ, Il s~ralt a un seul ~ ~ntre ~ous de venir. Mais parce que
35 ?)LOC "rOU'!O K,xV '!cl> 7tÀ~6EL 7tELpli~E'!É 7tWç èKcpOOELV. le Seigneur vous a prive de VIgueur, vous essayez tant bien
rVWpLer[lOC ?)È '!-Yjç Oter6EVdocç U[lWV '!O '!OCç OtMywv U[lOCç que mal de m'épouvanter par votre nombre. Mais c'est un
[lL[lELer6ocL [lopcpliç. 10. 80cppwv youv 7tliÀLV ~ÀEyEV' m signe de votre faiblesse que d'imiter la forme d'êtres
~,
ouvocer 6E KOCL"1:' " ÀE, e
Ec.,ouerLOCV ocoE'!E KOC'! " E[lOU,
- [ll), [lE'ÀÀ E'!e, dépourvus de raison.~) 10. S'enhardissant donc il disait
encore : «( Si vous pouvez quelque chose, si v'ous avez
OtÀÀ' è7tLOl)'t"E' Et ?)È [l ~ Mvotcr6E, '!L [lli'!l)v '!ocpliererEer6E;
puissance contre moi, ne tardez pas, mais attaquez. Si vous
40 ~cppOCyLÇ yocp ~[lLV Kocl 't"ELXOÇ dç OtercpliÀELOCV ~ dç '!OV
ne pouvez rien, pourquoi vous déranger en vain? Car c'est
KÔpLOV ~[lWV 7tLer'!Lç c. Il. IIoÀÀoc "rOLVUV èmXELp~erocv­
un sceau pour nous et un mur pour nous protéger que la
'!EÇ hpL~OV KOC'!' OCÙ'!OU '!oùç o?)6nocç d, ()'!L f.l.OCÀÀOV
foi en notre Seigneur c.~) Il. Après plusieurs tentatives,
~7tOCL~OV Éocu'!oôç, KOCL OÙK èKELVOV. ils grinçaient des dents d contre lui, furieux de s'être joués
d'eux-mêmes plutôt que de lui.
860 10, 1. '0 ?)È KÔpLOÇ Où?)È èv '!OÔ'!<p è7tEM6E'!0 '!-Yjç
oc, 6À'l)erEwç 'AV"rWVLOU, ' oc, ÀÀ' ELÇ, OCV"rL
, 'À·1. '
l)'t'LV OCU'!<p yEyOVEV. Le Seigneur vient à son aide
'AvocoÀÉy;ocç youv, d?)E '!~v er'!Éyl)v (ûer7tEp ?)LOCVOLyO[lÉVl)v a
\ , .... , , 1 \ , ,
KOCL OCK'!LVOC '!LVOC cpw'!oç KOC'!EpX0[leVl)v 7tpOç ocu'!ov. 10, 1. Même en ce moment-là le Seigneur n'oublia pas
' , , ~, '1:' " ,
5 2 • KOCL OL [lev oOCL[loveç Ec.,OCLcpVl)Ç OCcpOCV'!OL yEyovocerLv, 0
" la lutte d'Antoine, mais lui porta secours. Levant les yeux,
7t6voç ?)È '!ou erw[loc'!oç Eù6ùç è7tÉ7tocu'!o, KOCL 0 OïKOÇ 7tliÀLV il vit le toit qui semblait s'ouvrir a et un rayon de lumière
~v OÀ6KÀl)POÇ. '0 ?)È 'Av'!wvLOç, octer66[lEVoÇ '!-Yjç OtvnÀ~- descendre vers lui. 2. Les démons avaient subitement
.1.
't'ewç, KOCL' À ' "ocvoc7tveuerocç KoucpLer 6eLç
7t eov ' '!E '!wv
-, 7tOVWV, disparu, la douleur de son corps avait aussitôt cessé et la
maison était de nouveau intacte. Antoine ressentit du
secours et, respirant plus à l'aise et soulagé de ses peines,
33·34 Èç UfLW'I ÈÀ6e:î.·'1 ~Wl.: ~'1iX Èç UfLW'I ÈÀ6e:ï.''1 BCWZ r ~'1iX demandait à la vision qui lui était apparue : «( Où
ÈÀ6e:ï.''1 Èç UfLW'I L Èç ufLw'I ~'1OC ÈÀ!kt''1 GOS Il 34 ÈÇe:'1e:UpLcre:'1 ABDEH
LNOQSX Il KUpLOC; : 6e:oc; B 1135 h<pooe:ï.''1 : fLe: add. B 1136 r'lwpLcrfLiX
al: : al: omo MTWZ r iudicium est autemall 't'~C; : omo HQST
't'W'I BCDKLNUV Il UfLOCC; omo KLOW Il 370iXppW'I '(OÜ'I: e:l't'iX
6iXppW'I D Il "(OÜ'I : OÛ'I CGHLNRTUVX Il 7tlXÀL'I omo K Il 39 Èm- transp. G Il (J)(j7te:p ante 't'~'1 cr't'É'('Yj'l transp. X Il 4 't'L'IiX: omo
OOC't'e: AEGKLUV ÈmMÀÀe:n QS Il fL~ : où G Il 40 ~fLï.''1 : è:fLOL NU ACDGHLNQRSTUVZ quemdam a Il 't'L'IiX <pw't'OC; inu. B Il ,x'lEPXO-
Il n.ï.xoç EtÇ ,xcr<pIXÀELiX'I : dç ,xcr<pIXÀELiX'I omo N ,xcr<pIXÀe:LiX XiXL 't'e:ï.xoç fLÉ'I'Yj'l ~ 7tpOcrEPXOtLÉ'I'Y)'1 R 1/ 7tpOç : È7t' AL 1/ 5 tLè:'1 omo G 1/ è:ÇiXL<p'l'Y)Ç
A Il 41 ~fLw'I omo GNO Il 7tLcr't'LÇ : è:À7tLC; K Il 42 XiX't" iXÙ't'OÜ omo K omo R 1/ 6 7tÔ'Ioc;aè:: inu. UWZ r 7tÔ'IOç 't'e: D<;KMV 1/ e:ù6Éwç
Il 43 É7tiXL1;:O'l É;iXU't'OÙC; inu. NOX Il he:ï.''1o'l : LcrXUO'l ,xaLx'ijcriXL add. GR 7tiXP' e:ù6ù V 1/ Eù6ùc; È7tÉ7tiXU't'O inu. K 1/ (è:)7tÉ7tiXU't'O : 7tÉ7tiXU't'iXL
CH NT AEHNUY 1/ 6-7 7tOCÀL'I ~'1 : inu. KX Il ~'1 omo Z 1/ 7 &'1't'LÀ~Ijie:WC; : 't'OÜ
6e:oü add. RU 1/ 8 xou<pLcr6dc; 't'e:: X. aè: BMNO XiXL X. G
FIP desunt
10, 1 è:'1 't'o{mp : È7tL 't'OÜ't'O G Il 2 ,x'l't'LÀ'YjIjiL'I : crU'IEcrL'I E IX.'1e:crL'I Q
Il iXÙ't'i'jl yÉ'(O'lE'I : iXÙ't'OÜ 7tiXpiX'(ÉyO'le:'1 BWZ or iXÙ't'OÜ yÉ'(o'le:'1 C Il 9. C. Cf. Provo 18, Il 1/ d. Cf. Mc 9, 18; Act. 7, 54
3 '(OÜ'I : OÛ'I AE '(~p CDHNQVXY Il TI)'1 cr't'€'('Yj'l post aLiX'IOLYOfLÉ'I'Yj'l 10. a. Cf. Act. 7, 55-56
164 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 10, 2 - Il 3 165
è:3ée:'t"0 't"'Îjç qJOCVeLcr'Y)ç 07t't"occrCocç Àéywv· II ou ~ç; ~~~ 't"C [L-YJ e aIS- U . P ourquOI. ne t ,es-tu pas manifesté dès le début
't . t l?
't:"
e:s ...,
ocpX'Y)ç "
e:qJOCV'Y)ç, fI~voc [LOU 't"ocç
\ ,~,
oouvocç ,
7tocucr'{Jç; 3• K OC~\
10 pour faire cesser mes douleurs?) 3. Alors une voix
qJwv-YJ yéyove: 7tpOç ocù't"6v· 'Av't"wv~e:, é:)3e: ~[L'Y)v, ocÀÀ~ parvint jusqu'à lui: « J'étais là, Antoine, mais j'attendais,
7te:p~é[Le:vov t3e:LV 't"ov crov ocywv~cr[L6v. 'E7te:L 00v tmé[Le:~vocç pou.r te vo~ ~om~attre. ~uisque tu as tenu bon et n'as pas
'0 (J. A' ,
\ , 1:: ,1 , , \ 1
xoc~ OUX 'Y)'t"'t"'Y)V'Y)ç, e:crO[LOC~ crOL oce:~ !,-,O'Y)voç xoc~ 7tOL'Y)crW cre: SUbI de defaIte, Je seraI toujours ton défenseur et je te
ovo[Loccr't"ov 7tocv't"ocxou ye:vécr6oc~. 4. T OCU't"OC ocxoucrocç, rendrai célèbre en tout lieu.) 4. Ayant entendu ces mots
15 ocvoccr't"~ç 'Y)UXe:'t"o· XOCL 't"ocrou't"ov 'Ccrxucre:v wç octcr6écr6oc~ Antoine se leva et priait. Il était tellement réconforté qu,il
ocù't"6v, (ln 7tÀeLOVOC MVOC[L~v ecrx~v È:v 't"i!> crW[LOC't"~ [LiiÀÀov ressentait dan~ son corps beaucoup plus de force qu'aupa-
ravant. Il allait alors sur ses trente-cinq ans.
~ç dXe:v. TH v 3è: 't"6n Àomov È:yyùç 't"p~lixo'J't"oc XOCL 7té'J't"e:
, -
e:'t"wv.
Antoine, premier ascète à s'enfoncer dans le désert

11, 1. Tri 3è: éç'Îjç 7tpoe:À6wv, e't"~ [LiiÀÀov 7tp06u[L6't"e:- Il, 1. Le lendemain, il quitta sa demeure, avec encore
poç ~v dç 't"-YJv 6e:ocréoe:~ocv, XOCL ye:v6[Le:voç 7tpOç 't"ov plus d'ardeur pour la piété. Il se rendit auprès du vieillard
yépo'J't"oc 't"ov 7tocÀoc~ov È:Xe:LVOV, ~çCou ~v ep'Y)[Lov otx'Îjcroc~ dont j'ai parlé et l'invita à venir habiter avec lui au
crùv ocu't"cp. 2. Tou 3è: 7tOCpoc~'t"'Y)croc[Lévou 3~1i 't"e: ~v ~À~xCocv désert. 2. Quand celui-ci eut refusé à cause de son âge et
5 XOCL 3~~ 't"0 [L'Y)3é7tw dvoc~ 't"o~ocu't"'Y)v cruv~6e:~ocv, e:ù6ùç OCÙ't"oç parce que ce n'était pas encore l'usage, lui-même sur
'A"'"' l'heure s"1.
elilnça vers 1a montagne 1 . Mais une fois encore
Wp[L'Y)cre:v
.1
e:~ç opoç.
,,,
AAOC\ 7tOCI\~V
'. 0" C I 1
e:xvpoç, A"' l
!,-,1\e:7tWV ocu't"ou
,-

't"-YJv cr7tou3-YJv XOCL 6éÀwv È:[L7t03(croc~ 't"ocu't"'Y)v, tméoocÀe:v l'Ennemi, voyant son zèle et voulant l'entraver, jeta à terre
È:v 't"OCLÇ 030LÇ ocpyupou 3(crxou [Le:yIiÀou qJocv't"occrCocv. sur la route l'apparence d'un grand. disque d'argent.
3. 'Av't"wv~oç 3é, cruv~dç 't"OU [L~croxIiÀou 't"-YJv 't"éxv'Y)v, ecr't"'Y), 3. Antoine devina la ruse de l'ennemi du bien, s'arrêta, et
s'adressant au disque, il confondit le diable qu'il y voyait
10 XOCL 't"i!> 3(crxcp, ~Àé7twV 't"ov È:v ocù't"i!> 3~liooÀov, 3~~Àe:YXe:

9 7tOU ~c;; ~L~ omo A Il ~e; : ~cr6oc G XÛpLe: add. U Il 9-10 [J.~ È;~
ocpx'iie;: !J.0L È;~ ocpx1je; oùx N Il 10 È;7te:cptXYIJe; A Il 12 LiMv: omo 3 èxe:î~ov omo GII ~~[ou: xoct praem. U Il 4 nom. AOSY Il
NOUVY post &ywvLcr[J.6v transp. A Il 't"av crav &ywvLcr!J.6v : 't"a crav ~ !J.1J 3E7t0't"e: B~~ Il e:tVOCL 't"OLOCÛ't"'I]V inu. ABELQRX Il e:ù6ùe; ocù't"ac; :
&ywvLcr!J.OC TWZ r 't"av crav ocywvoc G Il 00'1 : 3è B Il 14 ovo[J.occr't"av mu. BX Il OCU't"oc; omo EQ Il 6 7ttXÀLV: xoct praem. BCGTWZ r Il
7tocv't"ocxou inu. EOQV Il 7tocv't"ocxou ye:VÉcr6OCL inu. BX Il &.xoûcrocc; : 6 7,'t"oc~'t"'I]v ,: ,ocù't"~~ A Il 8 -r1l 63<;i GNOR Il !J.e:ytXÀ"l" LR Il 9 'AV't"WVLOC;
'AV't"WVLOe; add. GOU Il 167tÀdovoc 3ûVOC[J.LV inu. G Il ~crxe:v : ~Àocoe:v G 3e:: 0 3e: AV't"WVLOC; GU Il cruvdc; BEKLNRSTWZ r Il Ëcr't"'l] omo 0
EIXe: X Il 17 ~c; : ~ ~c; LSV ~ R ~cr7te:p U Il e:lXe:v : 't"a 7tpo't"e:pov 1~ X~L omo ~ Il 't"cjl 3[~xcp : 't"av 31crxov EOQVZ 't"OU 3[crxou U 7tOCp~
add. BCHNQTUXY r ante habuit a Il 't"o't"e: : 't"a praem. M omo S 't"CP 3LcrXcp XOCL R Il ~ÀE7tWV : XOCL add. K 't"a !J.Éye:60c; add. U Èvocn-
Il Àomav omo RX Il È;yyùe; ante 't"o't"e: transp. G omo U Il XOCL omo v[crocc; 0 Il 't"av Èv ocù't"<;i inu. G Il ~Àe:yxe HKVWYZ r 3Le:M"(Xwv U
ABHNOSXY

1. Ce passage a été cité par SYMÉON LE NOUVEAU THÉOLOGIEN


FIP desunt Catéchèses 6 (SC 1<:J4, p. 18, l. 62) : KÛpLe:, 7tOU ~c; Ëwc; ,xp't"L; ,
H, 1 7tpoe:À!lwv : omo K È;~e:À!lwv U Il [J.iiÀÀov omo EGOR Il 2 de;
, 1. C'est ~e ~ont ~Ispir, appelé plus loin 't"a Ë~w opOC;. Il se trouve à
~v !le:OcrÉOe:LOCV: -r1l !le:ocre:odCf A Il XOCL ye:vo[J.e:voc;: &p[J.1Jcre:v U Il l est du NIl, a enVIron 75 km au sud de Memphis.

j
166 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE II, 3 - 12, 2 167
Àe:ywv . II oue:v
1 10
e:v
" 1~I
e:p'YjfLLqt OLGXOC;; 0UX' "e:GTLV 'Y"~, " Yj
j OOOC; oc.UT' en disant: « D'où peut venir un disque dans le désert?
Te:TPLfLfLév'Yj, oÔx ~GTLV txvoC; 68e:uG<XVTWV c18é TLVWV' C~tte route n'est pas fréquentée, nulle trace de gens qui
e:X7te:GWV
, ,
oux
,
jOUVoc.TO Àoc.ue:LV
'Y'~I 0 -
fLEyLGTOC;
L " 4• 'AÀÀ'oc. Xoc.L,
WV. SOIent passés par ici! S'il était tombé, on s'en serait
f!' l , '.'. ,,.... 1 7
o oc.7tOÀe:Goc.c;, oc.Voc.GTpe:'I'oc.C; Xoc.L ~'YjT'YjGoc.C; e:upe:v .,\ ~,
OLoc. TO\
oc.v ape~çu, grand comme il est. 4. Et celui qui l'aurait perdu
861 ~P'YjfLOV e:IVoc.L TOV T67tov. Toiho Téxv'Yj TOU 8Loc.o6Àou serrut revenu sur ses pas, l'a"~rait cherché et l'aurait trouvé
ye:yove:v.
1 0"ux e:fL7tOOLGe:LC;
~I
e:v
"
TOUT<p fLOU T'Y' jV 07tPOUUfLLoc.V,
1
puisque l'endroit est désert. Voilà bien un artifice d~
~ 'e
o Loc.UOÀe:. T - , , , , 1 "
OUTO yoc.p « GUV GOL e:L'Yj e:LC; oc.7tW e:Loc.V ». 1 À a
diable! Tu n'entraveras pas comme cela mon ardeur
5. Koc.L TOUTO TOG 'AVTwvlou MyovTOC; è1;éÀL7te:v èxe:i.'voc;, diable. Puisse cela s'en aller avec toi d sa perte a. )} A ce~
WGe:L XOC.7tVOC; oc.7tO 7tpOGW7tOU 7tUpOC; b .
(\ " \ 1 1
mots d'Antoine, le disque s'évanouit, comme la fumée
devant le feu b.
12, 1. EITOt 7tOCÀLV OÔXéTL cpoc.VTOtGLoc.V, OCÀ'YjOLVOV 8è xpU-
GOV èPPLfLfLévov èv Toti.'c; 680i.'c; éwpoc.xe:v OC7te:pX6fLe:voC;. Ehe:
Il s'établit dans un fort désert
8è TOU èXOpoG 8e:l1;oc.VTOC;, e:he: TLVOC; xpe:lnovoc; 8uVOCfLe:WC;
~2, 1. Puis, une autre fois, ce n'est plus une apparence,
yUfLVoc.~OUG'YjC; TOV OCOÀ'YjT~V Xoc.L 8e:LXVUOUG'YjC; T<Ï> 8Loc.o6À<p,
~:us. de l.'or vérita?le qu:~ ~t j~té sur la route, tandis qu'il
5 (hL fL'Yj8è TWV ocÀ'YjOWC; cppovTl~e:L XP'YjfLOCTWV, othe: oc.ÔTOC; s elOIgnalt. Ou bIen c etait 1 Ennemi qui le lui avait
OC7t~yye:LÀe:V othe: ~fLe:i.'C; ~yvWfLe:V, 7tÀ~v (hL XpUGOC; ~v 6 montré, ou pien quelque puissance supérieure qui voulait
CPoc.LVOfLe:voc;. 2• '0 oe:
1 ~"AVTWVLOC; TO l "fLe:v
À7t- o 'YjUOC; e:uoc.ufLoc.-
'0 1
exercer l'athlète 1 et montrer au diable que même des
Ge:v, WC; 8è 7tGp tl7te:pOOCC;, oihwc; oc.ÔTOV 7toc.p'ÎjÀOe:v WC; fL'Yj8è richesses véritables le laissaient froid. Lui-même n'en a
~~n ?it et ~ous n'en savon~ rien, nous non plus, sinon que
c etaIt manifestement de 1 or. 2. Antoine s'étonna de la
quantité, et comme s'il sautait au-dessus d'un feu le
11 ~Àe:ye:\1 U Il È:P~fLlP CHKLNOQTUWXYZ r Il È:\1 È:plJfLLCf 3LcrxoÇ : 1 dépassa si vite qu'il ne se retourna même pas, mais hâta
31crxoç È:\1 È:P~fLlP T Il Yj Dm. EHNOQRUY Il cxu'rl] : Dm. AGLOR
È:\ITcxu6cx U 1112 OÙX È:crT~\1 tX\lOç : où3É È:crn\l '1X\loç CWZ r où3è: LX\lOÇ
o OÙX È:crTL\I où3è: tX\lOç B Il o3e:u6\1TW\I L cru\l03e:ucr,x\ITw\I M Il i:i3e:
Dm. 0 Il T~\IW\I : eX\l6p&l1tW\I U Il 13 È:X7te:crW\I : 3è: add. N OÙ\I add.
S où3è: 7t,xÀ~\1 praem. U Il fLÉycxÇ X Il 'AMiX: yiXp add. E Il XCXL Dm. 4 yutJ;\Icx~ou:rlJç; wç praem. 0 Il Ti;i 3Lcxô6ÀlP Dm. K Il 5 cppO\lTL~e:L
GO 1114 Û7tOcrTpÉIjICXÇ U Il È:m~lJ~crcxç Q Il e:up~crxe:\1 0 Il &\1 : CXÙTa\l U Il XPlJfLCXTW\I mu. L Il 6 /:In Dm. E Il 6-7 a cpcxL\l6fLe:\I0Ç : Ta 0PWfLe:\I0\l A
16 ye:yÉ\llJTCX~ A Il È:\1 TOUTlP post. 7tp06UfLLCX\l transp. EQ Dm. 0 Il Ta cpcxLv6fLe:\IOV 0 Il 7 3è: Dm. N Il 7tÀ~60ç Dm. R Il È:6cxUfLlXcre:\1 : È:6IXu-
fLOU: post 7tp06UfLLIX\I transp. GNRSU ante È\I transp. M Il fLOU T1j\l : fLcx~e:\1 GS oùx praem. M Il 8 wç; &cr7te:p A Il fL'Yl3è:: fL~ AL
T1j\l È:fL~\1 L Il 17 3~,xôoÀe: : 7tO\l'YlpÉ U Il e:tlJ : Dm. GLOQWZ el V Il
18 TIXUTCX ABCDOX Il TOU Dm. L Il È:~ÉÀme:\1 : È:~ÉÀe:L7te:\1 DKMNRSUW
Il È:xe:-r\loç: a 3LcrXOÇ praem. U Il 19 wç K Il xcx7t\laç: xlJpaç 0 lI. a. Act. 8, 20 Il b. Cf. Ps. 67, 2
FIP desunt
12, 1 cplX\lTlXcrLcx 0 Il eXÀ'Yl6wa\l 3è: : eXÀÀ' &.ÀlJ6~\Ia\l T 1\ XpucrLO\l
1. . Tout c~~m~ l~ ma~yr est parfois appelé athlète, ce titre
BCGRUX Il 2 È:WpIXXe:\1 Dm. 0 Il 7tcxpe:pX6fLe:\IOÇ A 3~e:pX6fLe:\I0Ç BCDX c~nVIent aUSSI a 1 ascete qUI lutte contre les démons; cf. Pachomii
113 3è: Dm. DEG Il Xpe:LTTO\lOÇ Dm. W Il Xpe:LTTO\lOÇ 8w,xfLe:WÇ inu. L Il uzta altera 19 (éd. F. Halkin, p. 185, 1. 13) : TO\l ye:wlXio\l &IlÀlJT~\I.
168 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 12, 2 - 13, 1 169

O''t"pOCqI'YjVOCL, cXÀÀ,x XOCL 8p6flCj> O'7tOUMO'OCL 't"oO'ou't"ov &O'n tellement sa course que le lieu resta caché et ignoré.
10 XpU..jJOCL XOCL ÀOC6€LV 't"àv 't"67tov. 3. MiiÀÀov oÛV XOCL fliiÀÀov 3. De plus en plus ferme en son dessein, il s'élança vers la
) l , 'D.
€7tL't"€LVOCÇ 't"'YlV 7tpOU€O'LV, WPfl'YlO'€V €LÇ 't"O opoç. K OCL\
tl " , '
montagne. Il trouva, au-delà du fleuve, un fort, désert et,
7tOCP€flooÀ~V EP'YlflOV XOCL 8L,x 't"àv xp6vov fl€O'~v €p7t€'t"wv avec le temps, plein de reptiles. Il s'y établit et en fit sa
€uPWV dç 't"à 7tépocv 't"OU 7tO't"OCflOU, eXeL fl€'t"é6'YlX€V €ocu't"6v, demeure. 4. Les reptiles battirent aussitôt en retraite
XOCL ~X'YlO'€V €v ocù-rYj. 4. T,x flè:v oÛv €p7t€'t"tX, &O'7t€P 't"Lvàç comme si quelqu'un les poursuivait. Quant à lui, il ferma
l'entrée et mit de côté du pain pour six mois - les
15 8LWXOV't"Oç, €Ù6Ùç cXV€XWP'YlO'OCV' ocù't"àç 8é, 't"~V €'(O'o8ov
Thébains ont cette coutume, et souvent ces pains se
cXvoc<pptX1;ocç XOCL &p't"OUç dç fl-YjVOCÇ ~1; cX7t06éfl€VOÇ (7tOLOUO'L conservent même toute une année. Puis, ayant de l'eau à
8è: 't"OU't"O 8'YjOOCLOL, XOCL 7tOÀÀtXXLÇ flévOUO'L XOCL 8Àov eVLocu't"àv l'intérieur, comme s'il était descendu au fond d'un
cXOÀOCOeLç), EXWV Ev80v 1J8Wp, &O'7t€P ev cX8U't"OLÇ eyxoc't"oc- sanctuaire, il resta seul à l'intérieur de l'ermitage, sans
8u6fl€VOÇ ev 't"ej> flOVOCO''t"'YlPLCj> fl6voç Efl€V€V Ev8ov, fl~'t"€ sortir lui-même ni voir personne de ceux qui
20 ocù't"àç 7tpO'LWV fl~'t"€ 't"LV,x 't"WV epXOflévwv ~Àé7twv. 5. Aù- venaient 1. 5. Il s'adonna longtemps ainsi à l'ascèse,
't"àç flè:v oÛV 7toÀÙv xp6vov 01J't"w O'UV-Yj..jJ€V cXO'xOUfl€VOÇ, XOC't"' recevant du pain deux fois par an uniquement d'en haut,
eVLocu't"àv fl6vov &vw6€v cX7tà 't"OU 8WflOC't"OÇ 8€unpov par le toit.
8€X6fl€VOÇ 't"oùç &P't"ouç.

13, 1. OL 8è: 7tpàç ocù't"àv epx6fl€VOL 't"WV YVWPLflWV, Nouveaux combats contre les démons
e7td fl~ O'UV€XWP€L 't"OU't"ouç dO'û6€LV, E1;w 7tOÀÀtXXLÇ
13, 1. Ceux de ses familiers qui venaient chez lui
~flépocç XOCL VUX't"ocç 7tOLOUVnç, ~XOUOV wç 6XÀwv Ev80v
restaient souvent dehors pendant des' jours et des nuits,
6opuoouV'rWV, X't"U7tOUV't"WV, <pWv,xç cX<pLév't"wv OLX't"p,xÇ XOCL
parce qu'il ne leur permettait pas d'entrer. Ils entendaient
à l'intérieur comme des troupes de gens qui faisaient du
vacarme, menaient grand bruit, poussaient des cris lamen-
9 XIXL am. AELOQ Il 0p0!l.IX[we; K Il ÈO'TWÛOIXO'EV A O'7touM~m E
Il 10 OC7tOXpÛ~IX~ BX Il MiiÀÀov l ; !l.è:v add. BWZ Il XIXL !l.iiÀÀov 2 am.
K Il 11 7tpo't'dvlXe; A Il KIXL ; de; R 1112 7tlXpE!l.OOÀ~V ; 7tlXpEVéoIXÀEV de;
't"1)v G 7tlXpIXOOÀ~V M 7tlXpE!l.OIXÀWV U 7tlXpe:!l.OIXÀe:1'V X Il 13 e:ûpwv FIP desunt
ante ëp'YI!l.ov transp. A Il de; ; È7tL X Il de; 't'o 7téplXV 't'oG 7to't'IX!l.0G 13, 2 't'oû't'o~e; ABEGRUVX 113 ~!l.éplXe; ; XIXL praem. DEGHMSTVY
am. A 1114 Toc !l.è:v ; XIXL praem. DR 1115 o~wxov't'oe; : IXÙ't'OC praem. 0 Il ~!l.€PIXC; XIXL VÛX't'IXe; inu. LX Il vux't'oc; GRU Il 1''l..À0v LXY Il l'rXÀwv
Il e:ù6éwe; R Il e:ù6ùe; ocve:XWp'YIO'IXV inu. EQ Il 16 OC7to6é!l.e:voe;; l{lxe:~ ëvoov inu. G Il ëvoo6e:v A Il 4 x't'U7toûV't'wv ; x't'Û7tOUe; 7tO~Oûv't'wv K XIXL
Èxe:1' add. B wX'YIO'e:v Èxe:1' D Il 17 XIXL &Àov ; de; &Àov 't'ov G &Àov x't'U7toûV't'wv GO XIXL R
't'ov R Il 18 ëvoov ôowp inu. AU Il ocOû't'<p G Il xlX't'lXou6!l.e:voe; GQ Il
19 Èv am. S Il Èv 't'c;:. !l.0VIXO''t''YIp[<p am. HNOTUVY r Il 20 !l.~Te: 't'LVIX ;
!l.'YI0évlX M Il 't'~VIXe; R Il 't'wv ÈpX0!l.évwv : ÈpX6!l.e:vov D Il AÙ't'oe; : 0 1. REITZENSTEIN 1914 (Bibl. IV, 2), p. 12 renvoie ici à LUCIEN DE
praem. EQ Il 22 !l.6vov ; OLe; praem. BL Il ,xvw6e:v am. KQRII OC7tO S~MOSAT.E, Philopsel.tdes 34 : « Il (Panchratés) avait, disait-on, habité
't'oG OW!l.IX't'Oe; post oe:x6!l.e:voe; transp. A Il 1le:{mpov: am. ABLOX vI~gt-tr~ls ~s sous terre, au tréfonds d'un sanctuaire, tandis qu'Isis
ante !l.6vov transp. CHNTY Il 23 oe:x6!l.e:voe; 't'oùe; ante OC7tO transp. G lUI enseIgnaIt les arts magiques. »
170 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 13, 1·7 171

5 xpot~6V't"wv· 2. 'A7t6G't'ot 't'wv ~fLe't'épwv. TL G01. Xot1. 't'Yi tables et vociféraient: 2. « Pars loin de notre domaine l,
Èp~fL<P ; Où cpépeLç ~fLwV 't'~v Èmoo\)À~v. 3. T~v fLè:v oÛV Que viens-tu faire dans ce désert? Tu ne peux pas
ocpX~v eïVotL 'nvotç GÙV otù't'<j) fLotXOfLévo\)ç ocv6pûmo\)ç Xot1. supporter nos machinations. ~ 3. Au début, ceux qui
't'01JTO\)Ç 8LOC XÀLfLcX.xWV eLGeÀl)À\)6évotL 7tpàç otù't'àv Èv6fLL~OV étaient dehors pensaient que c'étaient des hommes qui se
o~ ëçw6ev· wç 8è: 8LcX. 'tWOç 't'P\)fLotÀLOCÇ 7totpotXu~otvnç battaient avec lui, et qu'ils étaient descendus chez lui par
864 où8évot ëOÀe7tov, . 't'àn 8~ ÀOYLGcX.fJ.evoL 8otLfLOVotÇ eïVotL
des échelles. Mais comme en observant à travers un trou ils
't'ou't'O\)Ç, xot1. cpool)6évnç otÙ't'OL, 't'àv 'Av't'~vLov ÈxcX.ÀO\)V.
ne voyaient personne, ils jugèrent alors que c'étaient des
démons et, saisis d'effroi, ils appelaient Antoine. 4. Mais
4. 'O~' oe flot-ÀÀov 't'o\)'t'wv
' "
l)xo\)ev l),1"ecppov't'L~ev
y ' ,
exeLVWV.
lui écoutait davantage ceux-ci qu'il n'avait souci de
Kot1. 7tpoGeÀ6wv Èyyùç TIjç 6upotç, 7totpexcX.ÀeL 't'oùç ocv6p~- ceux-là. S'approchant de la porte, il exhortait ces gens à se
7tO\)Ç ocvotxwpe'Lv Xot1. fL~ cpooeL'G6otL· o{hw yocp ëÀeye retirer sans crainte : « Les démons, disait-il, se manifestent
15 't'OÙç 8otLfJ.OVotÇ cpotV't'otGLotÇ 7tOLeL'v xot't'OC 't'WV 8eLÀL~V't"wV. ainsi contre ceux qui ont peur. 5. Vous donc, signez-vous
5. TfLeL'ç oÛV GcppotyLGotVnç Éot\)'t'oùç ocmn 6otppotlv't'eç· et partez rassurés. Laissez-les se jouer d'eux-mêmes .•) Ainsi
Xot1. 't'ou't'O\)Ç occpen 7totL~eLv Éot\)'t'ouç. OL fLè:v oÛV OC7t~PXOV­ les gens s'en allaient, munis du signe de la croix 2, qui leur
't'O nnLXLGfLévOL 't'<j) Gl)fJ.eL<p 't'Otl G't'ot\)POti. '0 8è: ëfLeve, était comme un rempart, mais lui restait sans que les
Xot1. où8è:v ÈOÀcX.7t't'e't'o 7totp' otÙ't'wv· ocÀÀ' où8è: ëxotfJ.vev démons lui nuisent le moins du monde et sans se lasser de
, Y'
20 otywvL~0fJ.evoç.
6• 'H yotp 7tpOGVl)Xl)
1 Cl' -
't'wv ,
YLVOfJ.evwv combattre. 6. Car le nombre toujours croissant des
otù't'Otl 't'<j) v<j) 6ewpl)fLcX.'t'wv Xot1. ~ 't'wv ÈX6pwv ocG6éveLot visions qui se présentaient à son esprit et la faiblesse des
ennemis le reposaient grandement de ses peines et renfor-
7toÀÀ~v otù't'<j) 't'&v 7t6vwv ocvcX.7tot\)Àotv 7totpeL'xe Xot1. 7tÀeLOVot
çaient son ardeur. 7. Souvent ses familiers venaient le
7tpo6\)fLLotV 7totpeGxeuot~ev. 7. Kot1. yocp G\)vexwç 7totp-
'e ÀÀov OL" YVWPLfJ.OL VOfLL~OV't'eç
'Y ' , , , ,
voir et, croyant le trouver mort, ils l'entendaient psalmo-
euot eupLGXeW ot\)'t'ov vexpov,

O"LV GNORUVX Il 7tOtpdXE'l"O KVWZ r Il 23 7tpo6UfL1Otv : de; praem.


ACDKMWZ r TYjv praem. V : OtÙ'l"OU 'l"Yjv praem. G Il 23·24 7tOtpÉ-
5 xpOt~6v'l"wv: XOtL ÀEy6v'l"wV add. G Il ~fLE'l"ÉpWV: 'l"67tWV add. OOtÀÀov : 7tpoO"ÉOOtÀÀov M OtÙ'l"i;! add. 0 Il 24 EUp[O"XELV OtÙ'l"OV : inu.
BGNOX Il 6 'l"IXe; ÈmoouM:e; OS Il 7 dvOt1 : ~ilo~Otv praem. G Il 'l"LVOt BGLOUX OtÙ'l"OV EUpEiv R Il vExp6v : 'l"E6vtXVOtL M
M Il fLOtXOfLÉVOUe; : fLOVOtXOÙe; EKQ omo G qui litigabant cum eo a
Il 8 xÀ1fLOtXOe; LOR Il dO"EÀ"YjÀu6ÉvOtL 7tpOe; OtÙ'l"OV inu. A Il 9 OL Ë~W6EV :
OL &V6pW7tOL A omo 0 Il 10 ilYj ÀOYLO"tXfLEVOL : ilLEÀOy10"Otv'l"o L OCVOt- L Le désert est considéré comme le domaine spécifique des
ÀOYLO"tXfLEVOL R Il 11 Otù'l"t;)1 omo LO Il 12 ~XOUO"EV BW Il Ècpp6V'l"L~EV démons. Selon Athanase, c'est Antoine qui fut le premier ascète à
Èxdvwv inu. ENOQW r Il 137tOtpExtXÀEO"E BX Il 15 'l"OÙe; ilOt1fLOVOte; s'enfoncer dans le désert et à y lutter contre les esprits mauvais.
ante 7tOLEi:v transp. CHVY Il cpOtVTOt0"10tv ACDEKMQRUX Il 16 O"CPPOt- 2. Le signe de la croix du Christ, qui par sa venue sur la terre avait
y10"Ot't"E BWZ r Il &mn: XOtL praem. BWZ r Il 17 XOtL 'l"OIJTOUe; ~ rompu la puissance des démons (cf. ATHANASE, De incarn. 47; 48;
ÉOtU'l"OUe; omo HNOY Il ÉOtU'l"Oue;: ÉOtu'l"oie; NO rom. RY se a 53), est pour les solitaires - et pour les chrétiens en général ~ une
semetipsos b 1118 ËfLEVE : ~vilov add. G È7tÉfLEVE S 1119 7tOtp' : tm' A protection effective contre les at!aques des esprits malins. Quelques
Il 21 OtÙ'l"OU 'l"i;! vi;!: 7tOtp' OtÙ'l"OU 0 Il 'l"i;! vi;!: "wv ,xvw BDWZ r textes du IV' siècle: LACTANCE, Epitomé 46; CYRILLE DE JÉRUSALEM,
'l"WV &VW6EV M omo CEHLNQRSTUVY in mente a in eius intel- Catéchèses 13, 3; 16, 19. Cf. F.J. DÔLGER, Sphragis, Paderborn
lectu c Il 6EWPllfLtXTWV : PllfLtX'l"WV M 6EOU PllfLtXTWV A Il 22 ocvtX7tOtU- 1911, p. 171 s.
172 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 13, 7 ~ 14, 4 173

25 xod ~XOUoV odrrQu ~OCÀÀOVTOÇ· «'AWx.G-r~-rW 0 6eàç xocl. dier : « Que Dieu se lève et que ses ennemis soient
aLOCGxopmG6~-rwGOCV OL È:X6pol. OCÙ-rOU, xocl. qJUY€-rWGOCV OC7tà dispersés, et que ceux qui le haïssent fuient devant lui;
7tpOGÛmOU OCÙ-rOU OL flLGOUVTeÇ ocù-r6v. 'Qç È:XÀeL7teL XOC7t- comme disparaît la fumée, qu'ils disparaissent; comme la
v6ç, è:xÀem€-rWGOCv· Wç -r~Xe-rOCL x"Y)pàç OC7tà 7tpOGÛmOU cire se fond devant le feu, ainsi les pécheurs périront
devant Dieu a.» Et encore: « Toutes les nations m'ont
7tUp6ç, oihwç OC7tOÀOUVTOCL OL <XflOCP-rWÀol. OC7tà 7tpOGÛmOU
entouré, et au nom du Seigneur je les ai repoussées b. »
30 -rOU 6eou a. » Kocl. 7tOCÀLV· « IIocv-roc -roc ~6v"Y) è:xUXÀWGOCV fle,
XOCL\ -r4>
- OVOflOC-rL
, , K"UpLOU "Y)flUVOCfl"Y)V OCu-rOuç b . »
l " (
Antoine est forcé de quitter sa retraite
Son portrait à cette époque
14, 1. ELXOGL -rOLVUV È:yyùç h"Y) aLe-rÉÀeGev QI'hw xoc6'
Éocu't'à" OCcrXOUflEVOÇ, OUTE 7tpo·'wv Ot)'t'E 7tOCpcX 't't\lWV 14, 1. Près de vingt ans il mena donc ainsi en reclus la
Guvexwç ~Àe7t6flevoç. 2. Me-roc aè: -rocu-roc, 7toÀÀWV 7tO- vie ascétique : il ne sortait pas et on ne le voyait que très
6ouv-rwv xocl. ~"Y)ÀWGOCL 6eÀ6v-rwv ~v &GX'Y)GLV ocù-rOU, rarement. 2. Après cela, comme beaucoup désiraient et
5 oc"ÀÀ wv -re yvwPLflwv
" Àe6 'ov-rwv XOCL'(.l."
I-'L~ -r"Y)v 6' e
upocv xoc-rocuoc- voulaient imiter son ascèse et comme d'autres de ses
,
Àov-rwv eseWGocv-rwv, 7tpo"y)-À6'
XOCL"1:"' ev ' A °
'
V-rWVLOÇ "
WG7tep "
ex familiers étaient venus, avaient forcé et brisé sa porte et
-rLVOÇ ocM-rou fleflUG-rocywY"Y)flÉvoÇ xocl. 6eoqJ0pouflevoÇ. Kocl. voulaient le pousser dehors, Antoine sortit comme du fond
-r6-re 7tpw-rov oc7tà -r1jç 7tOCpeflooÀ1jç È:qJocv"Y) -rOLÇ È:À60UGL d'un sanctuaire où il aurait été initié aux mystères et
7tpàç ocù-r6v. 3. 'ExeLvOL flè:v oÔv, wç eraov, È:6ocUflOC~oV inspiré d'un souffie divin. C'est alors que, pour la première
fois, il sortit du fort et se fit voir à ceux qui venaient à
10 opWVTeç ocù-rOU -r6 Te GWflOC -r~v ocù-r~v ~ÇLV ~XOV, xocl. fl~-re
lui. 3. Quand ils le virent, ils furent dans l'admiration de
mocv6è:v wç OCYUflVOCG-rOV, fl~-re LGxvw6è:v wç OC7tà V"Y)GTeLWV
voir que son corps avait gardé le mêmè état: ni empâté par
865 xocl. flOCX"Y)Ç aocLfl6vwv, -rOLOU-rOV aè: olov xocl. 7tpà -r1jç
le manque d'exercice physique, ni amaigri par les jeûnes et
OCVOCxwp~Gewç ~aeLGOCV ocù-r6v. T1jç aè: ~ux1jç 7tOCÀLV la lutte contre les démons, mais tel qu'on l'avait connu
xoc6ocpàv -rà ~6oç. 4. ÜiS-re yocp wç tmà OCVLOCÇ GUveG-rocÀ- avant qu'il fit retraite. Quant à son âme, elle était dans un
état de pureté. 4. Elle n'était ni resserrée par la tristesse,
27-28 'Qç ~XÀe:bte:L xoc7tVaç omo L Il 28 ~xÀe:L7tÉ't"wcrOC'l : omo L ÈxÀL-
1tÉ't"wcrOC'l CHZ Il 29 om6ÀoL'I't"0 CEHKQSVY r 't"6 't"e: A 't"a EGOQ 't"a fLè:'1 R Il 11 wç &:YÛfL'Ioccr't"O'l: ~ wç
&:yûfL'Ioccr't"o'l post &:1ta '1"1)cr't"e:LW'I transp. WZ opq Il &:yûfL'Ioccr't"o'l : 1t6'10LÇ
add. 0 1112 xoct 1 omo WZ opq Il 't"OLQiho'l 3è: : 0'1 add. CHNTUV 3è:
IP desunt
omo L ~'1 add. MXY OpW'I't"e:ç ocù't"a add. G 't"OLOÜ't"OÇ y&:p ~'1 WZ
14, 2 1tOCpOC 't"L'IWV ('t"LVOÇ BEMQXZ) cruve:)(WÇ : crUVE)(Wç 1tOCpOC 't"LVWV
r 't"OLOÜ't"OÇ 3è: &.'1 0 't"OLOÜ't"OÇ 3è: ~'1 B Il olo'l xoct inu. M Il xoct 2 omo 0
(moç ANV) CHUY Il 3 ~Àe:1t6fLe:vOÇ : oPWfLe:voÇ 0 Il 3è: omo AGS Il 3è:
't"OCÜ't"!l( inu. BRX Il 3-4 1t060û'/'t"w'I : 1tOCŒ)(6'1't"w'I AEGKQRSU vexati
Il 13 ocù't"6 NV Il 3è: omo N Il 1tIXÀL'I omo AEOS Il 14 xoc6ocpa'l 't"a ~60ç
inu. BEFOQSX Il ~60ç : cru'Ie:L36ç R Il wç omo F Il (ma: &:1ta ENQT Il
a patientium b Il 4 Ç"1)ÀWcrOCL 6e:À6'1't"w'I: inu. 0 Il Ç"1)ÀWcrOCL post
14-16 cru'Ie:cr't"OCÀfLÉ'I"1) 3LOCXe:)(UfLÉ'I"1) cru'Ie:)(OfLÉ'I"1): -"1)'1 ter
&crX"1)crLv transp. WZ r Il TIJv &crX"1)crL'I ocù't"Oü : ocù't"Oü 't"~v' &. WZ r TIJv
AEGKLQR -0'1 ter NOUWZ r -0'1 ~v ter S
ocù't"Oü &. B TIJ'I &. 'A'I't"wv[ou CLTVXY Il ocù't"Oü omo ADM Il
5't"e: : 3è: A Il ~À66'1't"wv xoct omo R Il 5-6 xoc't"ocoocÀÀ6'1't"W'I BNOTUW Il
6 ~~e:wcrOC'l't"W'I : &:~LWcrOC'l't"W'I ABCEGKLMNOQRSTUVXY Il 7 xoct 1
omo M Il xoct 6e:orpOpoûfLe:voÇ omo OY c 119 fLè:v omo L 1110 ocù't"Oü 't"6 't"e: : 13. a. Ps. 67, 2-3 Il b. Ps. 117, 10
174 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 14, 4-7 175

15 [LÉV'Y) ~v, Othe: ucp' ~i3ov1jç i3~otXe:lU[LÉV'Y) oU're: UTCO yÉÀw"t'oç ni relâchée par le plaisir, ni sujette au rire ou au chagrin.
~ xot"t''Y)cpdotç auve:lO[LÉv'Y)- OU"t'e: yIXp ÉwpotXb.Jç "t'ov ;)lÀoV Quand il avait vu la foule, il n'avait pas été troublé, et
, f 0. ,1 ~ 1: \ , Y'" quand tant de gens le saluaient, il ne s'était pas réjoui,
e:"t'otPotlV'Y) OU"t'e: wç UTCO "t'oaou"t'wv Xot"t'otaTCot",O[Le:Voç e:ye:y'Y)-
6e:l, ocÀÀ' oÀoç ~v 'Laoç, wç UTCO "t'ou À6you xuoe:pVW[Le:voç mais il était resté parfaitement égal à lui-même, comme
quelqu'un que gouverne la raison l et qui se trouve dans
XIX/. Èv "t'c!} Xot"t'IX cpûmv Éa"t'wç_ 5. IloÀÀoùç youv "t'wv
son état naturel. 5. Le. Seigneur guérit par son intermé-
20 TCotp6v"t'wv "t'IX aW[LIX"t'ot TClÏal0V"t'IXÇ È6e:pIÏTCe:uae:v 0 Kû-
diaire beaucoup de ceux qui étaient présents et souffraient
pwç i3~' IXÙ"t'OU XIX/. &ÀÀouç OCTCO i31X~[LOvwv ÈxIX6IÏp~ae:v.
dans leur corps et il en purifia d'autres des démons. 6. Il
6. XlÏp~v "t'e: Èv "t'c!} ÀotÀe:r.v Èi3Œou "t'c!} 'AV"t'WVLcp' Xot/. O11TW donnait à Antoine une grâce dans ses paroles, de sorte
TCOÀÀOÙÇ [Lè:v ÀUTCOU[LÉvouç TClXpe:[Lu6e:'~"t'0, &ÀÀouç i3è: [LlXlO- qu'il consolait beaucoup d'affligés et en réconciliait d'au-
[LÉvouç i3~~ÀÀIX"t"'t'e:v dç cp~ÀLIXV, TCiimv ÈmÀÉywv [L'Y)i3è:v "t'wv tres qui se disputaient 2. Il disait à tous de ne rien préférer
25 Èv "t'c!} x6a[Lcp TCpOXpLVe:~V "t'1jç e:LÇ Xp~a"t'ov OCyIÏTC'Y)Ç- de ce qui est dans le monde à l'amour du Christ. 7. Dans
7. ~~IXÀe:y6[Le:voç i3è: xot/. [Lv'Y)[Love:ûwv TCe:p/. "t'wv [Le:ÀÀ6V"t'wv ses entretiens il faisait souvenir des biens futurs a et de
a l'amour de Dieu pour les hommes 3, lui qui n'avait pas
ocyIX6wv Xot/. "t'1jç dç ~[Liiç ye:vo[LÉv'Y)ç "t'ou 6e:ou cp~Àotv6pw­
TCLotÇ, « ()Ç oùx Ècpe:LalX"t'o "t'ou Li3Lou U[OU, ocÀÀ' UTCè:p ~[LWV épargné son propre fils, mais l'avait livré pour nous tous b.
TCIÏV"t'WV TCotpÉi3WXe:v otù"t'6v b », ~TCe:~ae: TCOÀÀOÙÇ ot[p~aota6ot~ Il persuada ainsi beaucoup de gens d'embrasser la vie
30 \
"t'OV 1
[LOV'Y)P'Y) fJ..'
!-,WV. K IX~\ OU"t'W lI\OLTCOV
fI "
ye:yOve: Xot~
\,
e:v ....
"t'o~ç solitaire. C'est ainsi que dès lors, dans les montagnes aussi,
;)pe:a~ [LOVota"t'~p~ot, Xot/. ~ ~P'Y)[Loç ÈTCOÀLa6'Y) [LOVotlWV, des ermitages s'élevèrent et que le désert devint comme
'<:: ., f i ' ,\ - ,~, C \, ,l.' \,
e:",e:I\VOV"t'WV IXTCO "t'WV ~o~WV XIX~ IXTCOypot't'ot[Le:vwv "t''Y)V e:v une cité de moines qui avaient quitté leurs biens C et
"t'oL'ç OÙpotvoL'ç TCQÀ~"t'dotV d. reproduisaient la vie de la cité céleste d.

16 ~ : xocL G Il 17 wç omo EFLX Il oc(moc~6[J.e:voç R Il 18 wç omo


AF 1119 xocL - é:O'-rwç omo F 1119-20 -rwv TCocp6v-rwv post Hle:p6me:uO'e:v
transp. F Il -rwv TCocp6v-rwv -roc O'w[J.oc-roc TC!XO';(OV-rocç : TC!XO';(OV-rocç -rwv 14. a. Cf. Hébr. 10, 1 Il b. Rom. 8, 32 Il C. Cf. Le 18, 28 Il d. Cf.
TCocp6v-rwv CGHNRTUVY -roc O'w[J.oc-roc omo DFS Il 20 -roc O'w[J.oc-roc Phil, 3, 20; Hébr. 12, 23
TC!XO';(OV-rocç : xocL TCocO';(6v-rwv A Il a omo F Il 21 OCTCO aocL[J.6vwv : {mo a.
O;(Àou[J.É:vouç A UTCO a. O'uve:;(o[J.É:vouç G Il È:XOC!lOCpLO'e:V: 7tocO'xov-rocç
praem. H 1122 -re: : ai: BO omo F Il è:aŒou : (, XUpLOÇ praem. BX Il
-riJ)2 omo ADEFGQV Il 23 TCocpe:[J.uBe:ï:-ro : TCOCpe:X!XÀe:L A Il ai: omo F Il 1. La formule (' être gouverné par la raison » est stoïcienne, tout
24 ~LÀ~OCV: W~É:Àe:LOCV U Il -rwv omo G Il 25 XpLO'-r6v: -rov praem. comme la suivante (, se trouver dans son état naturel »). Mais on peut
AEFK Il ocY!XTC1lÇ : TCLO'Te:WÇ U Il 26 ai: : -re: EG Il [J.V'l)[J.ove:uwv : TCOCPOCL- supposer ici une allusion sous-jacente au Logos chrétien.
vwv [J.v'l)[J.OVe:Ue:LV WZ r memoriam faciens a Il 27 -rou : UTCO praem. 2. Les mêmes activités d'Antoine (consolation, réconciliation) sont
A Il 28 lîç: wç BQTXY Il tl3Lou : é:ocu-rou D Il 28-29 ~[J.wv TCOCV-rWV mentionnées en 85, 3.
inu. R Il 29 ocù-r6v : é:ocu-r6v BWZ é:ocu-rov [J.É:;(PL Bocv!X-rou R Il ëTCe:LO'e: : 3. La (, philanthropie» de Dieu (cf. Tit. 3, 4) est un thème
X<XL oil't'wç -roï:ç O''I)p'l)VLmç À6yOLÇ praem. Z Il oclp~O'ocO'BocL : è:xÀÉ~OCO'!lOCL fréquent chez Athanase : De incarn. l, 3; 4, 2.5; 16, 5; C. gentes 35.
L Il 30 Àomov yÉ:yove:: ye:y6VIXO'L Àomov G Il 31 [J.OVOCO'~pLOC ante C. KANNENGIESSER (SC 199, p. 363, n. 21) et P.-T. CAMELOT (SC 18,
xocL è:v -roï:ç Ope:O'L transp. A Il [J.oVOCO'-r~pLOC : O'uve:;('ij praem. G Il è:TCO- p. 179, n. 1), fournissent des textes et des indications bibliographi-
ÀLO'B'I) : uTC6 add. BEZ è:TCÀ~O'B'I) LNQSTVWX ques.
176 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 15, 1 - 16, 1 177

15, 1. Xpdocç 3è: ye:vo!J.éV'YJç 3Le:À6e:'i:v OCtl't"ov 't"~v 't"OU


'ApO"e:vot't"OU 3LWpUyOC (Xpdoc 3è: ~V ~ 3LOC 't"OÙç oc3e:Àcpoùç Il devient un père pour les moines des alentours
È:7tCO"xe:tjnç a), 7tÀ~P"YJç ~v ~ 3LWpU~ xpox03dÀwv. KOCL !J.ôvov
'l::' " eOCU'
' t"Oç
1 15, 1. Il dut un jour franchir le canal d'Arsinoë 1
e:Uc.,OC!J.e:VOç e:Ve:o"Y) 't"e: XOCL\ 7tOCv't"e:ç
1 1: \ ,.....
OL O"UV OCU't"<p, XOCL \

c'était pour aller visiter les frères a. Ce canal était rempli de


5 3L"ÏjÀ60v OCOÀOCOe:LÇ. 2. 'l7toO"'t"pétjJocç 3è: e:lç 't"o !J.OVOC-
crocodiles. Il se contenta de dire une prière, entra dans
O"'t"~pLOV 't"wv ocu't"wv e:tXe:'t"o O"e:!J.vwv XOCL Ve:OCVLXWV 7tÔVWV. l'eau, lui et tous ceux qui l'accompagnaient, et ils traver-
3. LlLOCÀe:yÔ!J.e:vôç n O"uve:xwç, 't"WV !J.è:v ~3"Y) !J.ovocxwv 't"~v sèrent indemnes 2. 2. Revenu à son ermitage, il reprenait
7tp06u!J.Cocv "Y)\)~ocve:, 't"WV 3è: &:AÀwv 't"oùç 7tÀdO"'t"ouç e:LÇ ses sublimes et généreux efforts. 3. Par des entretiens
. ~pw't"oc 't"liç ocO"x~O"e:wç È:XCVe:L. KOCL 't"ocXéwc;;, ~ÀxoV't"oc;; 't"OU fréquents il augmentait la ferveur de ceux qui étaient déjà
10 ÀÔyou, 7tÀe:LO"'t"OC yéyove: !J.oVOCO"'t"~pLOC XOCL 7t6tV't"WV OCÙ't"WV wç moines et suscitait chez la plupart des autres le désir de la
7tOC't"~p XOC6"Y)ye:L't"0. vie ascétique. Bientôt, sous l'attirance de sa parole, il se fit
de très nombreux ermitages, et il les dirigeait tous comme
16, 1. ML~ youv ~!J.ép~ 7tpoe:À6wv, XOCL 7tiXV't"WV 't"WV un père.
!J.OVOCXWv È:À6ôV't"wV 7tpOC;; OCÙ't"OV OC~LOUV't"WV 't"e: OCXOUO"OCL
.Antoine s'adresse aux moines 3
868 7tOCp' OCÙ't"OU ÀÔyov, ~Àe:ye:v OCÙ't"OLÇ 't"-n ALyU7t't"LOCX-n cpwv-n
Les efforts ascétiques sont brefs
et nous valent une récompense éternelle

IP desunt 16, 1. Un jour, comme il sortait, tous les moines vinrent


15, 1 otù"t"ov : 1tO"t"e: add. C Il 2 IhwpUYfLot NO Il xpdot : ~ praem. C Il à lui et demandèrent à entendre queique parole de sa
2-3 ~ 3L1X - ~v omo Y Il 2 3L1X "t"oùç &3e:À'Poùç : "t"WV &3e:À'Pwv GWZ bouche. Alors il leur dit en copte 4 : « Les Écritures
r 3L1X TI)v 1tpOç "t"oùç &3e:À'Poùç EQ Il 3 È1tEcrxe:tVLv EG II1tÀ~PYJç : oi'iv
add. F XotL 1tÀ~PYJç G Il 4 otù"t"ôç : XotL praem. BCDEGKMOQUVWZ
Il oL crùv otù"t"éj) ante 1tcXv"t"e:ç transp. R Il 4-5 XotL 3rïjÀ6ov : xotL omo
ADEFGMOQRSUW 3Le:À6ôv-re:ç L Il 6 "t"wv otù"t"wv e:LXe:"t"o: otù"t"où (district) du même nom (aujourd'hui Fayoum), appelée Crocodilopo-
YJt)Xe:"t"o "t"wv 0 Il e:LXE't"O : YJt)Xe:"t"o F Il VEotVLXWV : &vYJxé:cr"t"wv V Il 7 "t"E : lis aux temps d'Hérodote. Elle était située à environ 75 km à l'ouest
3è: R Il 9 ÈXEVEL : ÈxdvYJç X Il 10 otù"t"wv omo G de Pispir. Cf. R. PIETSCHMANN, art. « Arsinoë .), PW 2, c. 1277 s.
2. Cf. Pachomii uita altera (éd. F. Halkin, p. 186, 1. 22-24) : les
IP desunt crocodiles transportent fréquemment Pachôme de l'autre côté des
16, 1 yoùv : oi'iv L Il 2 ÈÀ6ôV"t"wv 1tpOç otù"t"ov : 1tpOç Éotu"t"ov ÈÀ6ôv"t"wv fleuves; RUFIN, Hist. mon. Il; Vitae Patrum 8, 59.150.
G Il &1;LOUV"t"WV : XotL praem. CEGHLMOTY Il TE: omo A Il 2-3 &XOÙcrotL 3. Ce long discours aux moines remplit presque un tiers de la VA
1totp'otù"t"où inu. BDLWZ r 113 7totp' otù"t"où ÀÔyov inu. Mil Atyu1t"t"Eqt R (16·43). Il faut y voir le moyen littéraire dont s'est servi Athanase
pour présenter les idées d'Antoine sur la vie ascétique. Les
correspondances avec certains passages d'autres ouvrages d'Athanase
15. a. Cf. Act. 15, 36 nous apprennent qu'il y a mêlé ses propres conceptions.
4. Ne sachant parler que le copte, Antoine avait besoin d'un
interprète quand il s'entretenait avec des Grecs (74, 2; 77, 1). Selon
1. Le canal d'Arsinoë était situé entre le Nil et le lac Moeris (cf. PALLADIOS (Hist. Laus. 21,15) c'était le moine Cronios qui traduisait
HÉRODOTE 2, 148). Arsinoë était la ville principale du nomos en grec les paroles d'Antoine.
178 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 16, 1-6 179

'"t"otu'"t"ot - '"t"èt.c; fLÈ:v ypotcpèt.c; ~KotVèt.C; dVotL 7tpOC; ~L~oto-KotÀLotV, suffisent à notre instruction l, mais il est bon de nous
5 ~fLOCC; ~È: KotÀOV 7totpotKotÀe:~V OCÀÀ~ÀOUC; &V '"t"ij 7tLo-nL, Kott encourager mutuellement dans la foi, et de nous fortifier
OCÀe:Lcpe:LV &V '"t"O~C; À6yOLC;. 2. Kott ufLe:~C; '"t"OLVUV wc;'"t"Éx.Vot par des paroles. 2. Vous, comme des enfants, en disant ce
cpépe:'"t"e: '"t"<J> 7tot'"t"pt Myovnc; e:'{ TL o'Œotn· KOCyW ~È: wc; '"t"ij que vous savez, vous apportez quelque chose à votre père,
et moi, comme votre aîné par l'âge, je vous transmets ce
~ÀLKL~ 7tpe:o-ounpoc; UfLWV, & oI~ot Kott &v 7te:7te:LP ot fL otL
que je sais et dont j'ai fait l'expérience. 3. Que notre zèle
fLe:'"t"ot~ŒwfLL. 3. "Eo-'"t"w ~È: 7tPO'YlYOUfLévwc; KOLV~ 7tOCo-LV
commun soit d'abord de ne pas nous relâcher après avoir
10 otü'"t"'Yl o-7tOU~~, ocpÇotfLévouc; fL ~ U7te:V~OUVotL fL 'Yl~È: &KKotKe:~v
commencé, de ne pas perdre courage dans les efforts et de
&v '"t"o~c; 7t6VOLC; fL'Yl~È: Mye:LV· 'EXPOVLo-otfLe:v &v '"t"ij OCo-K~o-e:L . ne pas dire : 'Il Y a longtemps que nous pratiquons
OCÀÀèt. fLocÀÀoV Kotv0' 'YlfLe:PotV 1: 1 1:
wc; ,'
otPXOfLe:VOL, '"t"'Y,l V 7tpO e'
UfLLotV l'ascèse.' Au contraire, chaque jour, comme si nous
&7totUÇ~o-wfLe:v. 4. "OÀoc; yèt.p 0 '"t"WV ocvepûmwv ~LOC; ne faisions que commencer, augmentons notre ferveur.
~potxu'"t"ot't"6c; &o-'t"L, fLe:'t"POUfLe:voC; 7tpOC; 't"Oùc; fLéÀÀov't"otC; 4. Car toute la vie de l'homme est bien courte 2 comparée
15 ottWVotC;, &o-'t"e: Kott 7tIXV't"ot 't"OV Xp6vov ~fLWV fL'Yl~È:V dVotL aux siècles futurs, de sorte que tout notre temps n'est rien
7tpOC; 't"~V ottÛMOV ~w~v. 5. Kott 7tOCV fLÈ:v 7tpocYfLot &v 't"<J> auprès de la vie éternelle. 5. Toute chose en ce monde se
,
KOO-fL<P 't"OU- otSLOU
't:' 1 l
7tL7tpoto-Ke:'t"otL, KotL, , ','
Lo-OV Lo-<p 't"LC; &.V 't" L- vend à son juste prix et l'on échange une chose contre une
, , </0' , À' - , , y - a 'À'
Kot't"otÀÀoto-o-e:L, 'Yl Oe: e:7totyye: Lot 't"'YlC; otLWVLOU SW' YlC; 0 LyOU autre d'égale valeur, mais la promesse de la vie éternelle a
't"LVOC;
" otyopotSe:'t"otL.
'y 6• r'e:ypot7t't"otL yotp·'A « 'L 'YlfLe:potL
" 't"'Y-lC; s'achète bon marché. 6. Il est écrit en effet: • Les jours de

Parallèles dans les œuvres d'Athanase : C. gentes 1 (AÙT<ipXE~Ç fLè:v


4 TOCUTOC om. G Il 5 xocÀàv: fLÎiÀÀoV add. CHNY am. KS Il T"iJ y<ip e:Lcnv ad &y~oc~ xoct 6EÔ7tVEUcrTO~ rpoccpoct 7tpOç T~V TIjç ,xÀ'Y)6docç
om. L Il 6 T01vuv : fLè:v R Il &ç am. T Il &ç TÉXVOC: cIl Te:xv1oc E Il È:7tocYYEÀ1ocv); Ep. de Synodis 6; Ep. ad ep~scopos Aegypti et
7 cpÉpETE T<il 7tOCTpt inu. A I~ ÀÉy~VT~Ç : ÀÔyov A, Il ~ T~.; ~ YWZ r Libyqe 4. Dans son Apophtegme 3 (PC 65, 76), Antoine fait appel
~ n Q ~TO~ M IST, 0 oc XOC, E~ n B Il 8 ufLWv: U7tOCpXWV G aux Ecritures comme guide dans toutes !es actions : ({ En tout ce que
e:LfL' 0 Il & am. M Il oI8oc ; Te: prae";,,. A Il cIlv : & A Il ,,9 fLETOC8Œ~~, ; 1 tu entreprends, aie le témoignage des Ecritures. » ~ Ici encore on
ùfLï:v add. G Il 7tiicr,v : 7tOCVTWV xoc~ praem. B Il 10 OCUT'Y) cr7tou8'Y) . 'Y) voit que l'ascétisme chrétien, tout en étant souvent en contact avec
cr7tou8~ OC\)T'Y) NO OC\)T'Y) am. HVY, Il ,xP~OCfLÉVOUÇ : ,xP~OCfLÉV?,Ç ~EQV l'idéal antique de la vie contemplative, est fondé en premier lieu sur
am. F Il È:7tEv80uvoc, A Il 11 fL'Y)8E: fL'Y)TE CHNVY fL'Y)8E vuv L Il des textes bibliques. Bien que la motivation biblique soit souvent
'EXpov1crocfLEv : iîn praem. 0 Il 'EXpov1crocfLEV È:v T"iJ ,xcrX~crE' inu. K Il accompagnée de justifications provenant de la philosophie profane,
12 fLiiÀÀov am. HTY Il xoc6' ~fLÉpocv &ç ,xPXÔfLEVO~: &ç ,x. xoc6' celles-ci ne viennent qu'en second lieu. Voir sur cette question: C.
~fLÉpocv DMWZ r xoc6' ~fLÉpocv ,x. E xoc6' ~fLÉpocv ,xp~<ifLEV?~ A Il TIBILETTI, ({ Motivazioni sull'ascetismo in alcuni autori cristiani »,
13 ,xvocU~~crWfLEv K Il "OÀoç : oÀ1yoç R Il 16 T<il am. K Il 17 xocrfL0 : dans Atti dell'Accademia delle Scienze di Torino, Classe di Scienze
TOUTW add. LS Il TOU ,x~10u : TOU am. EQ TOUTO ,x~10u F 1117-18 T'<; morali, storiche e filologiche 106, 1971-1972, p. 489-537.
,xVT~x'OCTOCÀMcrcrE' : ,xVT~XOCTOCÀÀ<icrcrETOC' L Il 19-20 Tliç ~wliç : TWV è:Twv 2. La brièveté de la vie humaine est un argument en faveur de
ACFGOR l'ascèse souvent allégué dans les textes ultérieurs (cf. Pachomii vita
altera 71 ; éd. F. Halkin, p. 245, 1. 14). Cette brièveté jouait un rôle
dans la consolatio profane (ainsi ARISTIDE LE RHÉTEUR, Or. 31
16. a. Cf. 1 Tim. 4, 8 Epitaphius in Eteon. 17, éd. B. Keil, p. 216, 8-9) et l'est demeurée
dans la consolatio chrétienne, où elle est opposée à l'éternité; cf.
1. Les Écritures sont la base de la vie chrétienne en général et de GRÉGOIRE DE NAZIANZE, In Caesarium 18 : où8è: [, 7tÎiç ,xv6pûmwv
la vie ascétique en particulier (cf. 46, 6; 89, 6 : È:x TWV ypoccpwv). ~10ç fLOCXPÔÇ, &ç Tjj 6d~ cpUcrE~ xoct &-rEÀEUT~TCp 7tOCPOCOOCÀE'i:V.
180 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 16, 6 - 17, 3 181
20 ~W~ç ~fLWV ÈV OCÙ't"OLÇ H)OOfL~KOV't"OC h'Y), È~V OÈ: ÈV notre vie sont chez nous de soixante-dix ans; chez les
ouVOCcr't"dOCLÇ, OyOO~KOV't"OC h'Y), KOC1. 't"a 7tÀELOV OCÙ't"WV K67tOç puissants, de quatre-vingts ans, et la plupart d'entre eux
KOC1. 7t6VOç b.» 7. "OTOCV 't"OLVUV 7tIXv't"OC T~ OyOO~KOVT~ sont labeur et peine b.' 7. Si donc nous avons passé tous
h'Y) ~ KOC1. hoc't"av OLOCfL.ELVWfLEV Èv -r?i OCcrK~crEL, OÙK 'lcroc TOLÇ nos quatre-vingts ans, et même nos cent ans, dans la vie
t
EKOC' ,,'
t"OV (J. '\'
E't"EcrL !-,OCcrL/\EUcrofLEV, ',\"'}."'''''
oc/\/\ c
ocvn 't"wv EKOC' \
t"OV , ....
OCLWVOCÇ ascétique, nous ne régnerons pas pendant U:ne période
25 OC~ÛlVWV ~OCcrLÀEUcrofLEV. 8. Koc1. È7t1. y~ç OCYWVLcrcX.fLEVOL, égale à ces cent ans, mais au lieu de ces cent ans nous
OÙK ÈV yTi KÀ'Y)POVOfLO\)fLEV, OCÀÀ' ÈV OÙpOCVOLÇ ~XOfLEV 't"~ç régnerons pendant les siècles des siècles. 8. Ayant
combattu sur terre, ce n'est pas sur terre que nous aurons
È7tOCyyEÀLOCÇ. IlocÀLV OÈ: rp60CpTaV OC7to6ÉfLEVOL Ta crwfLoc,
notre héritage, mais c'est dans les cieux que nous avons
OCrp6OCpTOV C OC7tOÀOCfLOOCVOfLEV ocù't"6.
nos promesses. Quand nous aurons déposé ce corps
a
corruptible, nous le recevrons en retour incorruptible c.
17, 1. "ncrTE 't"ÉKVOC, fL~ ÈKKOCKWfLEV fL'Y)OÈ: VOfLL~wfLEV
XPOVL~ELV ~ fLÉyoc 't"L 7tOLe:LV. « Où y~p OC;LOC 't"~ 7toc6~fLOC't"OC Ne pensons pas accomplir de grands exploits
't"O\) V\)V KOCLPO\) 7tpaç T~V fLÉMoucrocv OC7tOKocÀurp6~vOCL dç
~fLœç 06;ocv b.» 2. M'Y)oÈ: dç 't"av K6crfLov ~ÀÉ7tOVTEÇ 17,1. Donc, mes enfants, ne perdons pas courage a et ne
5 VOfLL~WfLEV fLEyOCÀOLÇ 't"Lcr1.V OC7to't"E't"ocX6ocL . KOC1. y~p KOC1. OCÙT~ pensons pas faire preuve de persévérance ou accomplir un
7tœcroc ~ y~ ~pOCxu't"OC-r'Y) 7tpaç ()ÀOV TaV oùpocv6v ÈcrTLV. exploit. En effet les souffrances du moment présent sont
3. m TOLVUV KOC1. 7toccr'Y)ç 't"~ç y~ç KUpWL È't"uYXOCVOfLEV KOC1. sans froportion avec la gloire qui se manifestera en
OC7tEToccrcr6fLE6oc 't"Ti yTi 7toccr71, OÙoÈ:v OC;LOV ~v 7tOCÀW 7tpaç nous. 2. Ne pensons pas, en regardant le monde, que
nous avons renoncé à de grandes choses. En effet, même
't"~v ~occrLÀdocv 't"WV oùpocvwv. 'nÇ y~p E'l TLÇ KOCTOCcppOV~crELE
toute la terre est bien petite à côté dù ciel tout entier.
869 fLLœç XOCÀK~Ç OPOCXfL~Ç, rVOC KEpO~cr71 xpucrœç OPOCXfL~Ç
3. Si donc nous étions maître de toute la terre et
hOCT6v, oihwç 0 7toccr'Y)ç 't"~ç y~ç KUpWÇ WV KOC1. OC7tOToccrcr6- 1 renoncions à toute la terre, ce serait sans proportion avec
fLEVOÇ ocù't"Ti, OÀLyOV OCcpL'Y)crL KOC1. hOCTOV't"OC7tÀoccrL0VOC le royaume des cieux. Comme quelqu'un qui mépriserait
une drachme de bronze pour gagner cent drachmes d'or,
ainsi celui qui est maître de toute la terre et y renonce
20 otOTotLe; FKX Il 21 TCÀe:LQ"TOV Y Il otOTWV : omo F otOTOU M Il
22 "OTotv : Mv A Il TO(VUV : 00'1 T Il mxV't"ot : TotUTot A omo HNTUY
Il 23 hl) post É:xotTOV transp. CDEFGKNSTUV Il ~ XotL É:XotTOV omo ~fLOCe; ilôf;otv : Mçotv -Àu<:p6~vot~ (-ÀuTC't"e:Q"6ot~ C) de; ~fLOCe; TZ aôÇIXv
W Il Èvil~otfLdv(ùfLe:v Y Il 23-25 il~otfLdv(ùfLe:v - otLWV(ùV ~otmÀe:uQ"ofLe:v : -Àu<:p6'iivIXL HLX ilôçotv -MTCTe:Q"6ot~ EOQSUVY -MTCTe:Q"6ot~ ilôçotv
xom,xQ"(ùfLe:v, 6À(yot TotUTot TCpOe; TOV fLéÀÀOVTot dwvot E (TOÙe; fLéÀÀov- AFKNR -MTCTe:Q"6ot~ G Il 4 M1Jilè: de; : ~fLEr:e; HNUVY Il 5 VOfL(Q"(ùfLEV
2
Tote; otLWVote; Q) Il 25 ÈTCL: T~e; add. T Il ocy(Ùv~~ÔfLe:VOL 0 Il 26 y'li : A Il Xott omo ALTUVY Il 8 T'Ii omo M Il y'li omo ACDHX Il Til y'li omo
Til praem. R Il OÙpotVo'Le; : TOLe; praem. N Il 27 ilÈ : Te: AGKLMQRTX LSU Il T'Ii y'li TCOCO"?) : otO't"'Y)V TCOCQ"otV N TCOCQ"~V FG Il &ç~OV ~v inu. BX Il
omo BW TO FO Il TO omo FSU Il 28 OCVotÀotfLôOCvofLEV X TCpOe; : il~oc L Il 9 d : omo E &'1 praem. Fil e:r ne; omo R 1111 T~e; omo
G Il T~e; y~e; omo X Il 12 otÙT~e; AU
IP desunt
17, 1 "QQ"TE : oùxouv CLNSTUVY Il 2 XpOV[~E~V : Èyxpov[~E:LV 16. b. PS. 89, 10 Il C. Cf. 1 Cor. 15, 42
N ÈYXpov[~e:~v èv "Îl OCQ"X~Q"E~ 0 Il nom. EO Il 3-4 ocTCoxotÀu<:p6~vot~ de; 17. a. Cf. Gal. 6, 9 Il b. Rom. 8.18
182 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 17, 3-7 183

À<X[LOOCVEL c. 4. m (»È: où(»È: 7toccr<x ~ -y1j tiÇL<X 'rWV oùp<xvwv laisse peu et reçoit le centuple c. 4. Mais si même toute la
ècrnv, 6 &p<x ticpde; OÀL-y<xe; tipoup<xe;, Ne; où(»È:v K<X'r<XÀL[L- terre n'est pas digne d'être comparée aux cieux, celui qui
15 7tOCVWV, K&V OLKL<XV ~ XPUcrLOV ~K<XVOV ticp7j, OÙK 0CPeLÀEL quitte quelques aroures de terre ne perd pour ainsi dire
K<XUxoccr6<XL ~ tiK'Y)(»LOCV. 5. "AÀÀwe; TE OcpeLÀO[LEV ÀOyL~E­ rien, et même s'il quitte une maison et une grande quantité
cr6<XL ()'rL, K&V [L~ ticpW[LEV (»L' tipE'r~V, tin' {)crTEpov d'or \ il ne doit pas en tirer orgueil, ni céder à l'abatte-
ti7t06v~crKOV'rEe; K<X'r<XÀLfL7tOCVO[LEV <Xù'rdt 7tOÀÀOCKLe; K<xt ote; où ment. 5. D'ailleurs, nous devons considérer que, même si
6fÀofLEV, Ne; è[Lv'Y)[L6vEucrEV 6 'EKKÀ'Y)crL<xcr~e; d. 6. ~Ldt 'rL nous ne les quittons pas par vertu, nous les laisserons en
20 oi'.iv [L~ (»L' tipE'r~V ~[LELe; K<X'r<XÀL[L7tOCVO[LEV, tv<x K<xt tout cas plus tard à notre mort, et souvent à ceux à qui
~<XcrLÀeL<XV KÀ'Y)pOVO[L~crW[LEV; ~Ldt 'rOU'rO [L'Y)(»È: 'rOU K'roccr6<XL
nous ne voudrions pas, comme le rappelle l'Ecclésias-
te d. 6; Pourquoi donc ne pas les laisser par vertu 2, pour
ne; ~[LWV èm6u[LL<XV À<X[Lo<xvf'rw. TL -ydtp Kfp(»oe; 'r<XU'r<X
hériter ainsi du Royaume? C'est pourquoi aucun d'entre
K'roccr6<XL, & [L'Y)(»È: <XLpO[LEV fLE6' É;<xu'rwv; 7. 'IR (»Ldt 'rL où
nous ne doit même se laisser envahir par le désir de
fLocnov èKELV<X K'rW[LE6<x, & K<xt [LEe' É;<xu'rWV iip<XL (»UVOC[LE- posséder. Quel profit en effet à posséder ce que nous
25 6<x, &nvoc. ècr'rL cpp6V'Y)crLe;, crwcppocrUV'Y), (»LK<XLQcrUV'Y), tiv- n'emporterons pas avec nous? 7. Pourquoi ne pas
(»PeL<X, crUVEcrLe;, ti-YOC7t'Y), cpLÀ07t'rWXL<X, 7tLcrne; ~ ELe; XpLcr'r6v, acquérir plutôt ce que nous pouvons emporter avec
,
<X0p-Y' ,
Y)crL<X, cpL ÀO<-,EVL<X;
l:' T.... 1
<XU'r<X K'rW[LEVOL, ( l
e:UP'Y)crOfLEV ,
<XU'r<X, nous : la prudence, la chasteté, la justice, la force 3,
7tpO É;<xu'rWV èKEL 7tOLQUV'r<X ÇEVL<XV ~[LLV èv 'r7j -y7j 'rWV l'intelligence, la charité, l'amour des pauvres, la foi au
7tp<xfwv e . Christ, la mansuétude, l'hospitalité? Si nous les acqué-
rons, nous les trouverons là-bas, où elles nous auront
devancés pour nous accueillir dans la terre des doux e.

13 oùo~ : où FHLNQX 1113-14 TÛlV OÙpotVWV &crm : inu. CHNTY


&crn TOU OÙpotVOU Y Il 140 &pot : inu. BCDEHLNOQSTX 0 R 0
yocp V Il OÀLyotÇ: ÉXotTaV F Il OÀLyotÇ ocPOÛpotç inu. BHNTXY Il
oùo~v : [L'Y)o~v HN Il XotTotÀL[Lrra:vwv : &crnv add. ABO &crTL XotTotÀL[L- 17. C. Cf. Matth. 19,29 Il d. Cf. Eccl. 2, 18-19; 4,8; 6, 2 Il e. Cf.
rra:vwv FLS Il 15 xpucrav ABCKLSUXZ Il LxotVaV Dm. AD Il occp'!î : Ps. 36, 11; Matth. 5, 5
TLÇ occp'!î BL OCcpLI1:L R OCCPL?J V Il 16 xotUX~crotcr6otL D Il 17 OL' : otÙTOC
praem. L Il ocÀÀ' Dm. L Il 19 wç - 'EXXÀ'Y)crLotcr~Ç Dm. T Il 20 [L~
ante xotTotÀL[Lrra:vo[Ll1:v transp. T Il ~[LI1:LÇ Dm. KY Il tVot Dm. F Il
21 ~otmÀdotv : OÙpotVWV add. BDLX Il 22 ~[LWV : u(J.wv BEX post 1. La pensée que toutes les richesses du monde ne sont rien en
&m6U[LLotV transp. HY Il 23 "H OLOC TL où : TL où W r ~ XotL OLOC TL comparaison du royaume des cieux est fréquente dans la littérature
où K TL oÔv [L~ Z TL oÔv ~ OLOC TL TL où B où ante xTw[L11:6ot chrétienne. Quelques passages: CYPRIEN, Ad Fortun. 13; AMBROISE,
transp. HTUY TL oÔv opq Il 24 &XI1:LVot Dm. A Il [L11:6' ÉotUTWV iXpotL De Iacob et uita beata 1.7.28; GRÉGOIRE DE NAZIANZE, Or. 7, 17;
inu. HNTUVY Il 25 crwcppocrûv'Y), OLXotLOcrûV'Y): inu. BDLMOWZ r JEAN CHRYSOST?ME: In Ep. ad. Rom. homo 15, 6 (PC 60, 528).
Dm. H OLXotLOcrÛV'Y) Dm. Y crwcppocrûv'Y) Dm. Z prudentia, iustitia .2. Le bu~ de 1 asce~e est la recherche de la vertu pour plaire ainsi à
a modestiam, iustitiam c Il 26 ~ dç : dç Tav BEHLOVWYZ r dç X DIeu. Antome y revIent plusieurs fois . 4 l' 7 10· 20 1· 44 1
&v A Il XpLcrTéiJ A Il 27 cpLÀO-ÇI1:VLot : cpLÀorrOVLot EQ Il 28 rrpa ÉotUTWV 3. La liste des vertus (cf. 30, 2) com~e~ce'pa~ les' qu~tre've~us'
Dm. G Il ~I1:VLot" ~[.Lr:" inu. DHLMOSUWZ r Il ~[LL\I Dm. K qui,' depuis Platon et les Stoïciens, sont qualifiées de (' principales »:
184 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 18, 1 - 19, 1 185

18, 1. "Qcr"t"E xot1. è:x "t"OI1"t"WV 7tELOé"t"w "t"LÇ é(xu"t"av [J.~


OÀLyWpELV· X(Xt [J.liÀLcr"t"(X, &IXv ÀoyEcr"Y)"t"(xL ~ouÀov é(xu"t"av Persévérons toujours
dV(XL "t"ou KupEou x(Xt ocpe:EÀov"t"(X "t"<il ~Ecr7tOT'() ~OUÀEUELV.
2. "QmtEp 013',1 0 ~ouÀoç oùx OCV "t"oÀ[J.~crYl ÀéYELV· 'E7tEL~~ 18, 1. A cause de cela aussi que chacun se persuade de
n'
5 XVEÇ , 1
ELpy(xcr(X[J."Y)V, "
OUX 1)'
Epy(X",O[J.(xL 1
cr"Y)[J.EpOV , ""
OUOE ,
"t"OV ne pas se laisser aller à la négligence, surtout s'il considère
qu'il est serviteur du Seigneur et obligé de servir son
7t(Xpe:ÀOoV"t"(X XPOVOV [J.E"t"pWV, 7t(XUcrE"t"(XL "t"WV é1;liç ~[J.EpWV,
maître. 2. De même en effet qu'un serviteur n'osera pas
OCÀÀIX x(XO' ~[J.ép(Xv, wç &',1 "t"<il EÙ(XyYEÀEep yéYP(X7t"t"(xL, "t"~V
dire : ' Puisque j'ai travaillé hier, je ne travaille pas
(Xù"t"~V 7tpoOu[J.E(Xv ~e:EXVUcrLV, LV(X "t"<il xupEep (Xù"t"ou ocpécrYl a
aujourd'hui', et qu'il ne mesure pas le temps passé pour
X(Xt [J.~ XLV~UVEUcrYl, o{hw X(Xt ~[J.ELÇ X(XO' ~[J.ép(Xv &m[J.EE- cesser de, travailler les jours suivants, mais que chaque
10 VW[J.EV "t"71 occrx~crEL, dMnç ()"t"L, &IXV [J.E(Xv ~[J.ép(Xv OC[J.E- jour, comme il est écrit dans l'Évangile, il montre la même
À~crW[J.EV, où ~LIX "t"av 7t(XPEÀOOV"t"(X XpOVOV ~[J.LV cruyxwp~­ ardeur afin de plaire à son maître a et ne pas courir de
crEL, OCÀÀIX ~LIX "t"~V OC[J.éÀEL(xV ocy(XV(XX"t"~crEL X(XO' ~[J.wv. risque; de même, nous devons nous aussi persévérer
3. ü{hw x(Xt &',1 "t"<il 'IE~ExL~À ~xoUcr(X[J.EV b. o{hw x(Xt chaque jour dans l'ascèse, sachant que, si nous sommes
'Iou~(Xç ~LIX vux"t"(X [J.E(Xv OC7tWÀEcrE x(Xt "t"ou 7t(xpEÀOOV"t"OÇ négligent un seul jour, le Seigneur ne nous pardonnera pas
15 XPOVOU "t"av xli[J.(X"t"ov c. en raison du temps passé, mais s'irritera contre nous en
raison de notre négligence. 3. Ainsi l'avons nous appris
chez Ézéchiel b ; ainsi Judas, pour une seule nuit, perdit-il
872 19, 1. 'EXW[J.EO(X 013',1, "t"é:xv(X, "t"liç OCcrX~crEWÇ, X(Xt [J.~
le labeur du temps passé c.
OCX"Y)~LW[J.EV. "EX0[J.EV ylXp &',1 "t"OU"t"ep X(Xt "t"av KUpLOV
crUVEpyOV, wç yéYP(X7t"t"(XL· II (xV"t"t "t"<il 7tpO(xLpou[J.évep "t"a Vivons comme devant mourir chaque jour
ocy(XOav « crUVEpyEL 0 OEaç dç "t"a ocy(XOOv a ». 2. ELÇ ~È; "t"a
19, 1. Pour cela, mes enfants, tenons bon dans l'ascèse
et ne cédons pas à l'abattement. Car en cela le Seigneur
collabore avec nous, comme il est écrit : 'Quiconque
IP desunt choisit le bien, Dieu collabore avec lui pour le bien a. '
18, 1 TOlJ-rWV : TOUTOU X TOLOUTWV KVY r his a Il 2 lloüÀov
ÉocuTàv inu. AGKL Il 3 TijJ llemt6T?l llouÀe:ue:LV inu. CHNTUVY Il
400v : y~p F Il ÀÉye:LV : TijJ KUp[<p OCÙTOÜ add. L 8n add. UVY Il e:py6v : ~o1)6àv KOCt ouve:py6v G ouve:pyOÜVTOC L Il IIocvTt: 8n K Il
6 TWV È~-Yiç ~[ke:pwv : ~[kÉpocv è~ ~[kÉpocç HNTUVY Il 8 OCÙTOÜ omo 4 ouve:pye:r (, 6e:àç : KOCt (, 6e:àç ouve:pye:r DMORWZ omo G Il dç Tà
DEKLRXY Il &pÉOX1] L r &pÉOe:L FGQRUX Il 9 bn[kÉvw[ke:v ABFV &yoc66v omo G Il Tà omo OSWZ Il 2 Eiç Ilè Tà: èv ilè: TiJi R Il
WXYZ r Il 10 Mv: !Xv CEFHKMNQRXY K!XV LS post ~[kÉpocv 4-5 Tà [k~ inu. M
transp. G Il ~[kÉpocv : wpocv ~ ~[kÉpocv CHTUV wpocv LS 1114 'Ioullocç :
(, praem. GKLMRSUVW r Il VUKTOC [k[ocv inu. BMX Il KOCt omo AFLNS

IP desunt 18. a. Cf. Le 17, 7-10; 1 Cor. 7,32; 1 Thess. 4,111 b. Cf. Éz. 3, 20;
19, 1 o0v, TÉKVOC omo G Il TÉKVOC : Tàv KtX[kOCTOV add. B Il 2 18,24; 33, 12-13; 33, 1811 e. Cf. Matth. 26, 47; Me 14,43; Le 22, 47;
tXx.1)IlLtXOW[ke:V GLQR èx.KOCKW[ke:V F Il tv TOÔT<p KOCt inu. CFHNU Il Jn 13, 30; 18, 3
2-3 Tàv KUpLOV ouve:py6v inu. HNTY Il 2 KUpLOV : 6e:àv G Il 3 ouv- 19. a. Rom. 8, 28
186 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 19, 2 - 20, l 187

2. Afin de ne pas nous laisser aller à la négligence, il est


bon de méditer le mot de l'Apôtre : • Chaque jour je
meurs b. ' Car si nous vivons nous aussi comme devant
mourir chaque jour l, nous ne pécherons pas. 3. Ce qui
veut dire: chaque jour, en nous levant, pensons que nous
ne parviendrons pas au soir, puis, au moment d'aller nous
coucher, pensons que nous ne nous réveillerons pas; notre
vie est- par nature peu assurée, et chaque jour nous est
mesuré par la Providence. 4. Si nous sommes dans de
telles dispositions et si chaque jour nous vivons de la sorte,
nous ne pécherons pas, nous ne désirerons rien, nous
n'aurons de ressentiment contre personne, et nous n'amas-
serons pas de trésors sur la terre c, mais, nous attendant
chaque jour à mourir, nous serons détachés et nous
pardonnerons tout à tous. 5. Le désir d'une femme ou
d'un autre plaisir impur, nous ne les retiendrons absolu-
ment pas, mais nous nous en détournerons comme de
choses passagères, toujours en lutte et voyant par avance le
jour du jugement. Car une plus grande crainte et la peur
des tourments dissipent toujours la douceur du plaisir et
redressent l'âme qui dévie.
20, 1. OÙXOUV &pÇOCfLEVOL xcd ÈmOOCV't"EC; ~3'YJ 'djc; 630u
TIjc; &pET1jC;, È7tEXTELVWfLEelX fL~ÀÀoV rvlX cpeOCCHùfLEV a . KIX1. L'âme a été créée belle et droite
5 ~fLiXç : 7te:pL Ta ,xyoc6av L Il ~fLiXç KOC'AOv : inu. AF omo BEQ 116 Ta
La vertu est au-dedans de nous
omo EQ Il ,x7t06VMKW : ÀÉyovadd. D Il "Av: èocv BCHLNRSTXY Il
7 wç omo X Il ,x7t06VMKOVTe:Ç : &fLe:v add. A Il ~WVTe:Ç A Il 8 TOLO\ÏTov : 20, 1. Nous avons donc commencé, et déjà nous sommes
TOÙTO A Il 9 vOfL1~OVTe:Ç L Il 11 tpÛcre:L : TIjç tpûcre:wç G Il 12 7tOCpOC : u7ta engagés sur la route de la vertu. Allons encore de l'avant
K 1113 3è: omo K Il o\hw ~WVTe:Ç inu. K &:7tOO'K07tOUVTe:Ç TO oihw ~'iiv U
Il 14 maç o~. LS Il 14-15 fL1)VLoùfLe:v mL o\he: : fL~v M Il 15 61)crocup1-
~WfLe:V L Il T1)ç omo CEHKLNQSTUVY Il 16 7tpocr3oKwvnç ,x7to6v~cr­ 19. b. 1 Cor. 15, 31 Il C. Cf. Matth. 6, 19
KW: ,x7t06vMKOVTe:Ç BEFLSX Il &:7t06v~crKe:tv: ,x7to6ocve:1'v VY Il 17 20. a. Cf. Phil. 3, 13.16
7t~m,7tocv~oc i.nu. A Il 'Em6ufL1ocv : èm6ufL1ocç ACH SUWY r 1118 fl1J7tOC-
~oc~ 1)~OV1)ç mu:. B Il KPOCTIJcrofLe:v :, èv ~fLLV add. LS Il 19 ,xyWVLWVTe:Ç
OCe:L : OC7tOcrK07tOUVTe:Ç U Il 20 7tpoOÀe:7tOVTe:Ç : wç ~ÀbtOVTe:Ç A ~ÀÉ7tOV­ 1. Le conseil de méditer toujours la mort et la punition éternelle
Te:Ç EQR Il 216 omo TY Il Àe:LOV: 7tÀe:LOV W opg est caractéristique des écrits monastiques (par exemple : Pachomii
uita altera 71; éd. F. Halkin, p. 24§, 1. 27.28), de même que le
P deest conseil de méditer continuellement l'Ecriture (par exemple VA 55,
20, 1 T'ii. 63<7> TVWYZ r Il 2 tp6occrwfLe:v : è7tL TOC ËfL7tpocr6e:v add. WZ 4 : la parole de l'Apôtre; Pachomii uita altera 21, éd. F. Halkin,
r peruemamus a p. 188, 1. 21·22 : les psaumes et l'évangile).
188 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 20, 1·5 189

fl'Y)~de; de; 'rOC ihdaw a'rpecpÉa6w, we; ~ yuv~ 'rou Aw'r b. afin d'atteindre le a but. Que personne ne se retourne vers
flcXÀ~a'roc 5'r~ Kupwe; e'ip'Y)xev . « Où~eLe; èmoocÀwv 'r~v XÛpOC l'arrière comme la femme de Lot h, surtout puisque le
5 br' &po'rpov XOCL a'rpoccpde; de; 'rOC cm(aw, eu6e'r6e; èa'r~v de; Seigneur a dit : ' Quiconque a mis la main à la charrue et
'r'Y,)V t'ocm
A À' -
e~ocv 'rwv ,
Oupocvwv - c. » 2• T'0 oe"" a'rpoccp'Y)VOC~
- se retourne vers l'arrière est inapte au royaume des
,~, tl " " À S-
ouoev e'repov ea'r~v 'Y) fle'rocfle 'Y) 'Y)VOC~ xoc~ 7tOC ~v xoafl~xoc'
" À cieux cl.' 2. Se retourner n'est rien d'autre que changer
cppoverv. M~ cpooeraSe ~È OCxouov-ree; 7tepL ocpe'r~e; fl'Y)~È son propos et penser de nouveau aux choses du monde. Ne
1;ev(~eaSe 7tepL 'rOÜ ov6flOC'roe;. 3. Où yocp flocxpocV OC cp , craignez pas quand vous entendez parler de vertu et ne
873 ~fl(;)v èa'r~v doM' Ë1;wSev ~fl(;)v auv(a'roc'roc~, èv ~flrv ~É vous étonnez pas de ce nom. 3. Car elle n'est pas loin de
nous d et ellè ne prend pas naissance hors de nous, c'est
èa'r~ 'ra Ëpyov XOCL euxof...6v èan 'ra 7tpiiYflOC, èocv fl6vov
notre affaire à nous, et la chose est aisée pourvu seulement
SeÀ~awflev. 4. "EÀÀ'Y)vee; flÈv oOv OC7to~'Y)floüm XOCL SCX-
que nous le voulions. 4. Les païens quittent leur pays et
Àocaaocv 7tep(;)mv e, tvoc YPcXflfloc'roc flcX6waLV, ~flere; ~È où traversent la mer e pour apprendre les lettres; nous, nous
xpe~ocv,,, ",
exoflev oU're '" ,
OC7tOo'Y)fl~oce; ""
moc 'A
'r'Y)v '
t'ocmÀe~ocv -
'rwv n'avons pas besoin de quitter notre pays pour le royaume
15 oùpocv(;)v oU're 7tepiiaoc~ ScXÀOC't"'t"ocv ~~oc 'r~v ocpe'r~v. <I>ScXaoce; des cieux, ni de passer la mer pour la vertu. Car le
yocp eI7tev 6 Kup~oe;· « 'H ~ocmÀdoc 'r(;)V oùpocv(;)v èv-rae; Seigneur a dit, le ~remier : 'Le royaume des cieux est
Ufl(;)v èa'rLv f.» 5. Oùxoüv ~ ocpe'r~ 'rOÜ 6ÉÀeLV ~fl&v au-dedans de vous .' 5. La vertu n'a donc besoin que
fl6vou xpe(ocv ËXeL, è7te~~~7tep èv ~flrv èan XOCL è1; ~fl(;)v de notre vouloir, puisqu'elle est en nous et prend naissance
auv(a'rOC'rOCL. T~e; yocp ~ux~e; 'ra voepav XOC'rOC cpuaLv de nous. Quand l'âme maintient sa faculté intellective dans

20. b. Cf. Gen. 19,2611 c. Lc 9,62; cf. 17,32 Il d. Cf. Deut. 30, 11
Il e. Cf. Deut. 30, 13 Il f. Lc 17, 21
4 Kûpwç : (, praem. ACGKNORSTVZ Il Kûpwç EtP1JXE'I : xûpwç
EI7tE'I DLMUY (, xûpwç EI7tE'I CFGKT EI7tE'I (, xûpwç HN Il ~OtÀC:}'I
BDEMNOSTUVWX opq Il XEîpOt: OtÙTOÜ add. BFLNWZ opq Il 1. Le 9, 62 se trouve déjà associé a Phil. 3, 13 et Le 17, 32 chez
5-6 dç TI)'1 ~OtcnÀdOt'l: È'I TÎi ~OtcnÀd~ BDFKLMNQWXZ r TÎi ORIGÈNE, In 1er. homo 13, 3. Voir W. VOLKER, Das Volkom-
~OtcnÀd~ ES Il 7 !.LETOt!.LE:À1J6~'10t~ : Ta praem. 0 Il XOtl 7tOCÀ~'1 inu. 0 Il menheitsideal des Origenes, Tübingen 1931, p. 158; MARX 1956
8 ilè: am. ADWZ Il 11 Ta 2 am. M Il È,x'l !.LO'lO'l inu. UV Il 1203'1 : (Bibl. IV, 1), p. 124-125.
am. EG y,xp BGSX Il 13 il~Ot7tEpWcn'l ELQS 7tÀÉOUO"L'l R Il 14 OUTE 2. Le royaume des cieux est en nous: cf. ATHANASE, C. gentes 30
OC7tOil1J!.LLOtÇ : oùilè: -il1J!.LLOtÇ CFY OUTE: am. NU OUTE -il1J!.L~aoù BGR (SC 18 bis, p. 150), où est également cité Le 17, 21. Voir MARX 1956,
WXZ -il1J!.L~aOtL r Il 15 7tEpiiaOtL 6ocÀOt't"'t"0t'l inu. U Il 16 EI7tE'I (, p. 126 s.; K. S. FRANK, 'AyyEÀLxaç ~LOÇ, Münster 1964, p. 92;

.L'""
KÛpLoçinu. OS Il 17 ~fl-W'I BOV Il TOÜ : Ta 0 Il 17-18 ~fl-W'I fl-O'lOU : J. RAASCH, « The monastic Concept of Purity of Heart », Studia
~!.Liiç NY Il 18 fl-O'lou: fl-O'lO'l BDGMRSTVX am. HNOY Il È7tEL- Monastiea Il, 1969, p. 288 s. ; COUILLEAU (Bibl. IV, 1), p. 26, n. 46.
il~7tEp : È7tELil-Yj y,xp S Il èv ~fl-ï:'1 ... È~ ~fl-Ù}'l inu. A Il ~fl-W'I : Ufl-W'I La formulation ~1;(ù6E'I ~fl-W'I de 20, 3 (qui n'est pas biblique) se
GM
""""i do"" C. gmu. 30.
190 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 20, 5-9 191

20 È:XOUO"'Y)C; 'Y) OCpE't"~ O"UV~O"'t"OC't"OCL. 6. Koc't"àt cpUO"LV 8È: EXEL, son état naturel l, la vertu prend naissance. 6. Elle la
{hocv wc; yÉyovE f1.Év71 . yÉyovE 8È: xocÀ~ XOCL Eù6~c; À~OCV. ~Làt maintient dans son état naturel quand elle demeure comme
't"oiho 0 f1.È:v 't"OU N ocu'Yj '1 'Y)O"ouc; 7tOCpocyyÉÀÀwv EÀEyE 't"ii'> elle a été faite. Or, elle a été faite très belle et très droite 2.
Àocii'> . « Eù6uvocn 't"~v xocp8~ocv Uf1.&v 7tpOC; Kupwv 't"OV 6EOV C'est pourquoi Josué, fils de Navé, disait au peuple en
'IO"poc~À g.» 7. '0 8È: 'lw&:w'Y)c;' « Eù6docc; 7tOLEr:n 't"àtc; l'exhortant : • Rendez droit votre cœur devant le Seigneur,
le Dieu d'Israël g . , 7. Et Jean-Baptiste:' Rendez droits
25 't"p~OOUC; h » uf1.&v. Tb yàtp Eù6e:r:ocv e:'lVOCL 't"~v Y;UX~v, 't"ou't"6 . h,'"
vos ch em~ns. .r..tre d '
rOlte, pour lame,
' Ac' est aVOIr . 1a
È:O"'t"L 't"o xoc't"àt cpUO"LV VOEpOV ocù't"'Yjc; wc; È:x't"~0"6'Y). II&:ÀLV 8È:
faculté intellective dans son état naturel, comme elle a été
(hocv xÀ~v71 xocL È:v 8LOCO"'t"pOcpij 't"OU xoc't"àt cpUO"LV yÉV'Y)'t"OCL, créée. Au contraire, quand elle dévie et se détourne de son
,
't"O't"E '.1.
XOCXLOC ,!,UX'Y-)C; ""Jl.EyE't"OCL. 8 • 0'UXOUV
- oux
,,,EO"n OUO"XE-
~
état naturel, alors on parle de dépravation de l'âme. 8. La
pÈ:C; 't"b 7tpiiyf1.oc. 'Eàtv yàtp f1.E~VWf1.EV wc; YEy6vocf1.EV, È:v 't"ij chose n'est donc pas difficile. Car si nous demeurons tels
30 àpE't"ij È:O"f1.EV· È:àtv 8È: ÀOyL~Wf1.E6oc 't"àt cpocuÀoc, wc; XOCXOL que nous avons été faits, nous sommes dans la vertu, mais
xpLv6f1.E6oc. 9. Et f1.È:v oi)v E~w6EV ~v 7tOpLO"'t"ÉOV 't"b si nous méditons des choses mauvaises, nous sommes jugés
7tpiiyf1.oc, 8UO"XEpÈ:C; oV't"WC; ~v' d 8È: è:v ~f1.r:v È:O"'t"L, méchants. 9. Si l'on devait se procurer la chose au
cpUJ...&:~Wf1.EV Éocu't"OÙC; à7to ÀOYLO"f1.&V pU7tOCp&v, XOCL wc; dehors, ce serait vraiment difficile, mais puisqu'elle est en
7tocpoc6~x'Y)v ÀOC06V't"EC;, 't"'Y)P~O"Wf1.e:v 't"ii'> Kup~cp i 't"~v y;uX~v nous, gardons-nous des pensées impures et, comme si nous
avions reçu un dépôt, conservons notre âme pour le

associée à des conceptions d'origine biblique et signifie maintenant:


20 ~ omo DELMQRS Il 21 [Ld\l7J A Il 23 TI)\I xocp8[oc\l : -rdtç xocp8[ocç selon la vraie nature de l'homme, telle que Dieu l'avait créée au
AQU -r~\I 080\1 R Il KûpLo\l : -rO\l praem. K Il -rO\l omo AEGQ Il début (cf. 34, 2 XOC8OCpEÛEL\I/XOC-rdt cpÛO"L\I). Bien que déchu de son état
25 -rp[oouç : 080ùç E Il u[LW\I : ocù-rou BCGOX -rou 8EOU L Il 26 ocù-r'ijç originel l'homme peut le retrouver par la grâce du Christ, qui s'est
wç È:x-r[cr8"1): ocùTI)\I È:X-r[cr8OCL K Il 27 È:xxÀ[\l7J BKLRSWZ r Il È:\I 1 fait homme pour nous et nous a fait participer à la nature divine (cf.
8LOCO"-rpOcpri : &\lOCO"-rpocp~ G È:\l8L6tcr-rPOcpoç 0 Il 29 'Edt\l ydtp omo X Il 74, 4). ~ A REITZENSTEIN (1914 [Bibl. IV, 2], p. 33) revient le mérite
ydtp omo 0 Il 29-30 È:\I -rri &pE't"'{i È:cr[LE\I omo 0 Il 30 ÀOyLcrÔ[LE8oc d'avoir reconnu l'influence philosophique présente dans tout ce
L ÀOy"l)crw[LE8oc OS Il 31 if1;w8E\I : ~[LW\I add. L Il ~\I 1tOpLcr-rÉO\l : chapitre, mais son interprétation (Athanase aurait tout simplement
inu. ACEGIKLQRSX 1tOpLcr-rEÛO\l't"EÇ 0 ~[LW\I È:crn HNUY ~[LW\I emprunté' l'idéal d'un sage néo-pythagoricien) s'est avérée trop
~\I V 1tOpLcrnXO\l ~\I V Il 31-32 -ro 1tpaY[LOC omo 0 Il -ro 1tpay[Loc, étroite (voir Introd. l, 21, p. 64). ~ Un exemple de la formule
8UcrXEpÈç O\l-rwç ~\I omo 1 Il 33 ÀOyLcr[LW\I pU1tOCpW\I inu. NOTWZ r Il opposée 1tOCpOl cpÛO"L\I se trouve dans les Apophthegmes, Poemen 68
34 1tocpoc8~x"I)\I : 1tOCpocxoc-roc8~x"I)\I BCKZ r parathecen a Il -r(ji Ku- (PC 65, 337C) : -rocû't""I)\I 1toÀm[oc\l if8wXE\I 0 8EOÇ -r(ji 'lcrpoc~À, -ro
p[<p : omo IMR -r(ji XPLcr-r(ji V &1tÉXe:cr8OCL -rW\I 1tOCp& rpÛcrL\I.
2. Associé•. à des passages bibliques (Jos. 24, 23; Matth. 3, 3), le
mot Eù8~ç joue aussi un rôle dans ce chapitre. Le péché a rompu
l'ordre et l'harmonie de la création : il faut rendre droit ce qui a été
20. g. Jos. 24, 2311 h. Matth. 3, 3; cf. Is. 40, 311 i. Cf. II Tim. 1, 14 distordu dans la nature humaine. ~ On relève des conceptions
semblables dans C. gentes 2 (wç yÉyO\lE\I è:1; &px'ijç); 7 (xoct OÙX 01to[oc
yÉyO\le:, -rOLOCÛ-r"l) xoct if[Le:L\le:\I) et Hist. Ar. II, 67. ~ Voir RESCH 1931
1. Des éléments philosophiques sont combinés ici avec la perspec- (Bibl. VII), p. 5-13; A. MEREDITH, « Ascetism, Christian and
tive chrétienne. La tournure xoc-rdt cpÛcrL\I, de frappe stoïcienne, est Greek .), JThS 27, 1976, p. 313-332.
192 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 20, 9 - 21, 3 193

35 '(V' ~1)'t'OÇ è:myv<j> 1"0 1t'OL1JfL~ ~Ù1"OU, oihwç oi)O"~v 1"~V Seigneur i, afin qu'il reconnaisse son œuvre, l'âme telle
,1. ,rI " 1
qu'il l'a faite.
't'UX1JV WO"1t'Ep 1t'E1t'O~1JXEV ~U1"1JV.

C'est contre les démons que nous luttons

21, 1. Que notre combat empêche l'impatience de nous


tyranniser et la convoitise de nous dominer. Car il est
écrit: • La colère de l'homme n'accomplit pas la justice de
Dieu a ; la convoitise, ayant conçu, enfante le péché; et le
péché, parvenu à son terme, met au monde la mort h. '
2. Nous conduisant ainsi, restons sobres en toute assurance
et, comme il est écrit, • gardons notre cœur avec tout le
soin possible c. ' Car nous avons des ennemis terribles et
fourbes, les mauvais démons. 3.' Et c'est contre eux que
nous avons à lutter, comme l'a dit l'Apôtre, nonpas contre
le sang et la chiLir, mais contre les principautés, contre les
puissances, contre les forces des ténèbres de ce monde,
contre les esprits mauvais répandus dans les cieux d. '

35 IXÙTOU : ~IXUTOU ACFGHITY Il 35·36 T~V tjJux.~v &cr1tEp 1tE1tO(1)- OC[J.lXpTLIX : oc. 3È G Il 5 TEÀEcr6'ijcrlX G Il 3È : 3~ AR II1toÀmucroc[J.EvoL M Il
XEV IXÙTÎjV : T~V tjJux.~v &cr1tEp 1t. lXùT6ç BHK T~V tjJux.~v &cr1tEp 6 XIXL, wç : wç EOQ XIXL, &cr1tEp K Il 7 'OlPÛl[J.EV DEFKOQTWZ
XIXL 1t. lXùT6ç ADEILQSX T~V tjJux.~v &cr1tEp XIXL 1t. IXÙ~V NSUVY r T1)pOU[J.EV M Il €IXUTÛlV omo 1 Il €IXUTÛlV ~v : inu. FLSX €IXUT{W
IXÙT~V &cr1tEp XIXL 1t. IXÙT~V WZ &cr1tEp XIXL 1t. IXÙTÎjV C &cr1tEp T~V W Il 7·8 ydtp ËX.O[J.EV inu. 1 Il 8 3ELVOÙÇ XIXL 1tlXvoupyouç.: xod 1t. 3.
IXÙT~V XIXL 1t. IXÙTÎjV r &cr1tEp XIXL È1tO(1)crEV IXÙT~V R animam sicut N Il XIXL 1tlXvoupyouC; omo F Il xlXxoupyouC; T Il 9 ÈcrTLV omo Y Il ÈcrTLV
fecit eam a ~fL~v inu. FHOUVZ Il wc; : xlX6wc; LS Il 11 Tdtçl omo K Il &:p)'.(xc; :
XIXL add. AEGINZ r Il 1tpàç TdtC; È~oucr(lXC; omo XZ Il 12 TOU lX!ûivoç
P deest TOUTOU: TOUTOU ADHKMNWY rom. R huius mundi a 1113 oi)v :
21, l "EcrTW : Ècrnv 0 Il ~[J.~v : u[J.~v T ~[J.ÛlV IXÙTÛlV Rom. S Il ydtp A
&:ywv omo S Il ~[J.ÛlV : U[J.ÛlV (TGV Q) S ~[J.iiç HNVY u[J.iiç TU
omo ILX Il 2 [J.~TE CHNUY Il XpIXTE~V ~[J.ÛlV Èm6u[J.LlXv: XpIXTE~
~[J.iiç ~ Èm6u[J.LIX 0 XpIXTE~V U[J.ÛlV Èm6u[J.LlXv T Il ~[J.ÛlV omo S Il
3 6py~ : [J.Èv add. BDEFGKLMQRSTX Il ÈpyOC~ETIXL AO Il 4 ~ 3È i 21. a. Jac. 1, 20 1/ b. Jac. 1, 15 1/ C. Provo 4, 23 1/ d. Éphés. 6, 12

~
194 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 21, 4 - 22, 2 195
ottrrwv È:(r'tw 0 0XÀOç È:V 1"<;> xoc6' ~fl.iiç OCÉpL, xoct fl.OCXpOCV 4. Nombreuse est leur troupe dans l'air qui nous entoure l
15 oùx dcrtv OC cp , ~fl.WV· 7t'OÀÀ~ 3è 1"LÇ È:cr1"LV È:V OCÙ1"O!.'ç et ils ne sont pas loin de nous. Il y a entre eux de grandes
3LOCcpOpOC. 5. Koct m:pt fl.èv 1"~ç cpUcrEWÇ OCÙ1"WV xoct 1"~ç diffé:ences 2. 5. Sur leur nature et leur diversité, il y
3LOCcpopiiç 7t'oÀùç OCV E'i'Yj À6yoç, xoct fY..ÀÀWV fl.EL~6vwv ~ xoc6' aurrut beaucoup à dire, mais un tel exposé appartient à de
~fl.iiç È:cr1"L 1"0 1"OLO\)1"OV 3L~y'Yjfl.OC . 1"0 3è V\)V XOC1"E7t'E!.'yOV xoct plus grands que nous 3. Ce qui nous est indispensable et
ocvocyxoc!.'ov ~fl.!.'v, yVWVOCL È:cr1"L fl.6vov 1"OCç xoc6' ~fl.wv OCÙ1"WV nécessaire maintenant, c'est seulement de connaître les
, fourberies qu'ils emploient contre nous.
20 7t'OCVOUpyLOCÇ.
Il faut connaître leurs manœuvres
22, 1. IIpw1"oV 1"OLVUV 1"0\)1"0 YLVeilcrxWfl.EV (hL oL
3ocLfl.OVEÇ où xoc6' & 3ocLfl.OVEÇ xOCÀO\)V"t"OCL, o{hw yEy6voccrLV .
22, l. Sachons d'abord que les démons n'ont pas été
,~"
OUOEV yocp XOCXOV
' "E7t'OL'YjcrEV 0
, VEOÇ.
CI 1 2 . 'AÀÀ'oc xoc À' ,
OL fl.EV créés tels que le laisse entendre leur nom de démons, car
Dieu n'a rien fait de mauvais. 2. Eux aussi furent créés 4
14 ocù-rwv post 0XÀoç transp. EFQ Il ocù-rwv Ècmv inu. DEFKOQTW
r Il Ècr-r~v {, 0XÀoç inu. R Il 15 ocq>' ~fLwV am. F Il Èv : XOCL praem. Outre les te.xtes néotestamentaires Éphés. 2, 2; 6, 12 (cf. FORSTER,
CDFHKORSUV Il 16 3~ocq>opo:: ~ praém. FNTWZ r XOCL praem. TWNT l, p'. 165) de nombreux passages se trouvent dans les écrits
BGIX Il -r~ç2 am. KLRSW Il 17 "A6yoç : {, "A6yoç GI Il 17·20 ~ xoc6' chrétiens. Par exemple chez TATIEN, Ad Graecos 15, 8, et ATHÉNAGO-
- 7tocvoupy[ocç : ocL xoc6' ~fLwV ocù-rwv 7tocvoupy[oc~ I Il 17-18 ~ xoc6' RE, Supplique 25; puis chez Origène et, sous son influence chez
~fLiiç am. L Il 18 -rOLOU-rO FX Il 19 fL6vov am. A Il 19-20 ocù-rwv Eusèbe, Athanase et les Cappadociens (voir E. MANGENO;, art.
7tocvoupy[ocç inu. U (, Démon d'après les Pères ,), DTC 4 1 , c. 339-384).
2. Avant le IVe siècle ce fut surtout Origène qui, se fondant sur
P deest une tradition déjà existante, releva les différences entre les démons
22, 1 y~vwcrxWfLe:v : y~vwcrxOfLe:v BCDFGIKMTUVWYZ y~vwcrxov­ ce qui l'amena à en distinguer plusieurs classes. Signalons u~
-re:ç L sciamus a Il 2 xoc6' ô : xoc6oc A Il o()-r(ù : xod add. K XOCXOL parallèle dans une lettre d'Antoine (Ep. 4 ad Arsenoitas, 56-60; éd.
add. M Il 3 où3è I 1 G. Garitte, p. 15-16) : (' Car tous (les esprits mauvais), tant qu'ils
sont, forment une seule et même nature spirituelle: c'est pour s'être
séparés de Dieu qu'ils ont vu s'établir entre eux de telles différences
1. Que les esprits mauvais aient leur séjour dans l'air qui nous par suite de la diversité de leurs activités ... C'est leur comportement
entoure, est une croyance généralement acceptée dans le christia- méchant qui fut cause qu'on les nomma menteurs, Satan, comme
nisme des premiers siècles. Athanase, par exemple, l'exprime dans le d'autres démons furent appelés esprits mauvais et impurs, esprits
De incarnatione (25, 5) : Èxm:crwv (le diable avec ses d~mons) OC7t() d'erreur, princes de ce monde, et ainsi des nombreuses autres espèces
-rou oùpocvou, m:pL -rov oc~poc -rov <T:l3e: xoc-rw 7tÀocvii-roc~. Etrangère à que l'on compte parmi eux,) (trad. sa 19, p. 72-73).
l'Ancien Testament et à la littérature apocalyptique JUlve 3. Sur les difficultés de la démonologie, voir ORIGÈNE, C. Celsum
préchrétienne, cette croyance figure dans le judaïsme rabbinique. 7, 67. Me:~ç6vwv ~ )toc6' ~fLiiç est une réminiscence de PLATON, Timée
Dans le monde grec, on trouve depuis l'époque hellénistique (cf. déjà 40 de (cf. BARTELINK 1987 [Bibl. IV, 1], p. 150): formulation
[PLATON ?], Epinomis 984e) l'idée que démons et genii séjournent d'Athanase mise dans la bouche d'Antoine.
dans l'air. (' Avec Plutarque - et surtout avec Porphyre - se . 4. La pensée centrale de la démonologie chrétienne est que le
répand, sans doute sous l'influence iranienne, la conception de l'air dI~bl~ - comme les démons -'- est une créature et qu'il n'est pas le
comme demeure d'anges malveillants, qui se nourrissent de la fumée pnncipe du mal (comme le veulent les Manichéens, qui professent un
des sacrifices et qui provoquent sur la terre des guerres et des dualisme), mais que, créé bon, c'est à lui-même qu'il doit sa chute et
famines ') (DANIÉLOU [Bibl. IV, 1],p. 137); cf. MEYERING, p. 193. sa situation actuelle.
196 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 22, 2-4 197
, \ ' " 1 ~",.,.. , 1
ye:yOVOC<JL XOCL OCU't"OL, e:X7te:<JQV't"e:e:; Oe: OC7tO 't"'Y)e:; OUpOCVLOU bons, mais, déchus de la sagesse céleste, rôdant désormais
l , 1.' \,.,.. i r;;:. 1 \
5 <ppOV'Y)<Je:We:;, XOCL I\OL7tOV 7te:pL 't"'Y)V y'Y)V XOCI\LVOOUfl.e:VOL, 't"OUe:; autour de la terre l, ils égarèrent les païens par leurs
fl.€V "EM'Y)vocc:; -Y)7t(X't"'Yj<JOCV 't"oc'Lc:; <pOCV't"OC<JLOCLC:;, ~fl.'Lv 3€ 't"o'Lc:; apparitions mensongères. Contre nous, les chrétiens, parce
XPL<J't"LOCVOî'c:; <p6ovouv-re:c:;, 7t(Xv't"OC XLVOU<JLV, 6éÀov't"e:c:; Èfl.7t03L- qu'ils nous envient, ils remuent tout dans le désir de nous
~e:LV ~fl.iic:; 't"ljc:; dc:; OÙpOCVOÙc:; cXv63ou, tvoc fl.~ 66e:v È~é7te:<JOV barrer le chemin qui monte au ciel, pour que nous ne
OCÙ't"OL cXvéÀ6Wfl.e:v ~fl.e:î'e:;. 3. aLO XOCL 7toÀÀljc:; e:ùxljc:; XOCL !D0ntions pas là d'où ils sont déchus. 3. C'est pourquoi il
10 cX<JX~<Je:WC:; È<J't"L XPELOC, tvoc 't"LC:;, ~OCbWV 3LcX 't"OU 7tVe:Ufl.OC't"OC:; faut beaucoup de prières et d'ascèse pour pouvoir, après
,
XOCPL<Jfl.OC ~,
OLOCXpL<Je:WC:; 'a
7tVe:Ufl.OC't"WV -
,YVWVOCL ~
OUV' Y) 6-'
Yl 't"OC xoc't" , avoir reçu de l'Esprit le charisme du discernement des
ocù't"ouc:;, XOCL 't"LVe:c:; fl.év d<JLV ocù't"WV €ÀOC't"'t"OV <pOCUÀOL, 't"LVe:c:; esprits a2, connaître ce qui les concerne, lesquels d'entre
~,
oe: "
e:Xe:LVWV .,'
<pOCUI\O't"e:pOL, XOCL"-,,~
7te:pL 7tOLOV e:7tL't"'Y)Oe:Ufl.OC eux sont moins méchants, lesquels plus méchants, à quelle
€XOC<J't"OC:; OCÙ't"WV €Xe:L ~V <J7tou3~v, XOCL 7tWC:; €XOC<J't"OC:; OCÙ't"WV sorte d'activité chacun d'eux s'intéresse, et comment
,
15 OCVOC' , t"OCL
t"pe:7te:' . XOCL" e:XOOCI\I\e:'
e '.,., t"OCL. 4• II OI\l\OC
.,.,' yocp , OCU' , t"WV
- e:<J'
, t"L chacun d'eux est mis en fuite et repoussé. 4. Nombreuses
sont, en effet,· leurs fourberies et leurs manœuvres insi-
't"cX 7tOCvoupye:Ufl.OC't"OC XOCL 't"cX 't"ljc:; ÈmbOUÀljc:; XLV~fl.OC't"OC.
dieuses. Le bienheureux apôtre et ses compagnons savaient
'0 fl.€V oi5v fl.OCXOCpLOC:; cX7t6<J't"oÀoc:; XOCL ot XOC't"' OCÙ't"OV ~3e:L­
tout cela quand il disaient: 'Nous n'ignorons pas ses
<JOCV 't"cX 't"OLOCU't"OC ÀéyOV't"e:t;· « Où YcXP OCÙ't"OU 't"cX VO~fl.OC't"OC . b , Quant 'a nous, l" expenence
d essems. . 3
que nous avons
cXYVOOUfl.e:v b » • ~fl.e:î'c:; 3€ cX<p' (;)V È7te:Lpoc6'Y)fl.e:v 7tOCp' ocù't"WV, faite de leurs tentations doit nous permettre de nous
20 O<pELÀOfl.e:v cXÀÀ~ÀOUC:; cX7t' OCÙ't"WV 3LOp6ou<J6ocL. 'Eyw youv, corriger les uns les autres. C'est pourquoi, moi qui ai d'eux
Èx fl.épouc:; 7te:'Lpocv OCÙ't"WV €XWV, WC:; 't"éXVOLe:; Àéyw. quelque expérience, je vous parle comme à mes enfants.

7tOCP' : 7tEPL 0 Il 20 OC7t'ocù't"wv : tm' ocù't"wv S rom. K Il OC7t' ocù't"wv


4 XOCL OCÙ-WL ante yEy6vocm transp. K Il omo: Èx F Il 5 7tEPL : 3wp!lOÜcr!lOCL inu. GIX Il yoüv: oÔv CFLMUVY fLÈv oÔv H Il
È7tL AO Il xocÀLv301JfLEVOL post Àomov transp. 0 xUÀLv80ûfLEVOL ADE 21 7tELpOCV ocù't"wv inu. F
GIKLMQRSX Il 6 ij7t!xT'YJcrocv : È7tMvlJcrocv A Il 7 7tocv't"oc: xoc!l'l)fLWV
add. 0 Il 8 l)fLéiç : omo IR l)fLLV OX Il 't"Yiç - ocv680u : TIJV &vo-
80v ORX Il Elç oùpocvoùç : Elç oùpocvov E oùpocvLou G Il 680ü K Il
9 È7tocvÉÀ!lW!J.('1 0 È7t~À!lw!J.e:v R Il XOCL 1 omo AR Il EÙxYiç XOCL omo G Il 22. a. Cf. 1 Cor. 12, 7.10 Il b. II Cor. 2, 11
10 Ècr't"L Xpdoc inu. AMS Il 8LOC 't"oü 7tVEÛ!J.OC't"OÇ omo H Il 't"OÜ : omo
o ocyLou add. A Il 11 xocPLcrfLoc 8LOCXpLcrEWÇ : 8LOCXpLcrELÇ A Il 7tVEU-
!J.OC't"wv omo M Il 12 ocù't"oûç : ocù't"wv M Il ElcrLV ocù't"wv : inu. AHNTY
1. Formulation semblable chez ORIGÈNE, C. Celsum 4, 92 (SC 136,
r e:lcrLv WZ opq ocù't"wv K Il ocù't"wv post ËÀoc't"'t"ov transp. BGIM Il
p. 414); 7tEcr6v't"Eç ÈI; oùpocvou ... È7t1 y'Ïjç xocÀLv80\)(J.EVOL.
13 xocxdvwv L 1114 ocù't"wv 2 omo ACDHIKLNQSVXY 1115 yocp : 7tOCP'
R Il ocù't"wv Ècr't"L : inu. CEFKLMQS ocù't"wv omo NWZ Il 16 7tOCVOUp- 2. ~our lutte~ efficacement contre les démons il faut avoir acquis
le chansme du dIscernement des esprits : cf. 35, 4; 44, 1. Voir REseH
ye:ûfLoc't"OC: xoc't"OC7tocvouPyE\lfLoc't"oc G Il XOCL 't"oc - XLV1j!J.OC't"OC omo A Il 1931 (Bibl. VII), p. 95-99.
18 't"oc1 : oi)v E omo F Il ocù't"oü: ocù't"wv EV Il 19 OCql' : Èql' 1 Il 3. OC7t' ocù't"wv reprend occp' c1iv.
198 ATHANASE D'ALEXANDRIE
VIE D'ANTOINE 23, 1.5 199

Ils essaient de nous tromper par tous les moyens possibles

23, 1. Donc, si les démons voient des chrétiens - quels


qu'ils soient, mais surtout des moines - travailler avec
joie et faire des progrès, ils essaient et s'efforcent d'abord
de mettre des obstacles sur le chemin a ; leurs obstacles, ce
sont les pensées impures. 2. Mais nous ne devons pas
craindre leurs suggestions, car par les prières, les jeûnes et
la foi au Seigneur, ils tombent aussitôt. Cependant, même
tombés, ils ne renoncent pas, mais reviennent encore avec
fourberie et ruse. 3. Puisqu'ils ne peuvent pas tromper le
cœur ouvertement et grossièrement par la volupté, ils
attaquent alors autrement. Cette fois ils façonnent des
apparences trompeuses et tâchent d'effrayer en se méta-
morphosant b et en prenant l'allure de femmes, de bêtes,
de serpents, de géants ou d'une grande troupe de soldats.
Mais même alors il ne faut pas craindre leurs apparences
trompeuses. 4. Car elles ne sont rien et disparaissent vite,
particulièrement si l'on se protège par la foi et le signe de
la croix 1. 5. Ils sont toutefois hardis et impudents à
P deest ,
23 \ 1 o;)v omo A Il xocl omo EQ Il 1·2 fL~V XpLO"TLOCVOUÇ : omo A Il
2 xp:O"nocvoùç omo DEFGIKLMOQRSUX_II fLOVOCXOUç : TO~Ç praem. Il &.1tOCT~O"OCL T~V xocp3locv post ~3ov-Yjç transp. CH Il 11 è1t(ooc1vwO"LV 1
R Il qnÀo1tOVOUVTOCÇ : Te: add. 0 1tOVOUVTOCÇ GX 1te:LVWVTOCÇ 1 Il Il &.VOC1tÀOCTTOVTe:Ç : &.VOC1tÀOCTTOVTOCL xoc1 S &.VOC1tÀOCTTOUO"L V 1tOLOUVTe:Ç
2·3 xocl 1tpOX61tTOVTOCÇ omo 1 Il 3 1tpÛlTOV omo EILMS Il 4 TPlOou : o Il 13 67)p1oc : xoc1 praem. GI Il 14 xoc1 1tÀ-Yj6oç O"TpocnwTwv omo F
Tp[OOUÇ ADGIKLOUX omo W Il TL6ÉvOCL omo 1 Il n6ÉvocL O"xocv- II1tÀ~67) LU 1115 3e:I : 3L,x AHLSTUVY 3~ FR post 3e:LÀLiiv transp.
,'locÀoc : inu. GX n6ÉvTe:ç O"xocv3ocÀoc CDMWZ r Tt6ÉfLe:vOL O"xocv3ocÀoc E Il 3e:LÀLiiv : Xp~ praem. A o<pdÀofLe:V add. CHLSTUVY Il où3è:
HNTY n6ÉvocL O"xocv(»OCÀwv K Il 4·5 OCÙTWV dO"LV inu. CHNUVY F 1116 xact omo LTVY Il TOCXU R Il fLOCÀLO"TOC : fL6vov L 1117 T<il O"7)fLdcp
Il dmv omo GI Il 5 pU1tocpol ÀOYLO"fL?1 :. 1toV'YJpo1 ÀOYLO"~o1 G~~Z TOU O"TOCUpOU : T<il O"TOCUP<il TOU XpLO"TOU R Il TLÇ ÉOCUTOV inu. CEHNOQ
rom. Y sordidae (impurae c) cogltatlOnes a obscems cogltatlO' TUVYZ r Il 18 TOÀfL7)Toc1 E Il 3è:: y,xp E Il )(oc1 À[ocv inu. BIX Il
nibus b Il ufLiiç LSTW Il 6 U1toooÀàtç : U1tooouÀàtç D èmoouÀ,xç NO À[ocv : dç 3e:LÀ[OCV 0 omo G Il 'E,xv y,xp : ~,xv 3è: A ,xv y,xp BEFGHI
NQTUVX
RX suggestiones a Il 6·7 xoc1 T'ii - 1tlO"Te:L omo A Il 7 1tl1tTOUmV
e:ù6ùç: inu. B e:ù6Éwç 1t. GIX 1t. M &.e:l e:ù6Éwç 1t. 0 Il,xoc1 ~m.
1 Il 8 1tpoO"ÉPXOVTOCL: 1tpo6UfL01 add. M Il 91tocvoupywç XOCL 30ÀLr:>ç
inu. A Il 9·10 h <pocve:pou xocl flU1tOCPWÇ : èx <pocve:pwv xoct pU1tOCpWV 23. a. Cf. PS. 139, 6 Il b. Cf. II Cor. 11, 13
ÀOYLO"fLwV C h <pocve:pou ~oc~pou R Il l~ pU1tocr:.wç ,3L', ~3ov'ijç ,: f)\)1t~­
piiç ~. GK r pu1tocpiiç 3L 7). ,H~~ pU1tOCpOU, ~L 7). A~ pU1tOCpOCç
N 3L,x pU1tOCpWV ÀOYLO"fLwV XOCL 3L 7). TUV 3L 7). C 1\ IlUVWVTOCL CH
1. Le signe de la croix : voir p. 171, n. 2; MEYERING, p. 321.
VIE D'ANTOINE 23, 5 - 24, 2 201
200 ATHANASE D'ALEXANDRIE
e 1 K OC~\ l'excès. S'ils sont vaincus de telle manière, ils attaquent de
ou't"wç
" "Y)'t"'t""Y)vwO"~\I,
, 0.- OCI\I\<p
".. 't"p07t<p
1
7tOCI\~\I
' . '
E7t~uOC~\loum\l.
_ 1 0. \ • 1 \ o." 1
nouveau d'une autre. Ils donnent l'illusion de prophétiser
20 7tpoO"7tmOu\l't"oc~ !1-OC\l't"EUEO"VOC~ XOC~ 7tpOI\EyE~\I 't"OC !1- EV "Y)!1-EPOCÇ et de prédire ce qui arrivera plus tard, d'être si grands
&pX 6 !1- E\lOC, aE~X\lUE~\I 't"E ÉOCU't"OÙç UY;"Y)ÀOÙç &XP~ 't"1jç O"'t"Éy"Y)ç qu'ils atteignent le toit, et d'une largeur immense, afin de
cp6cX\lo\l't"ocç XOC!. 7tÀOC't"Er:Ç 't"cJ> !1-EyÉ6E~ L\lOC, OÔç oùx pouvoir surprendre, du moins par de telles apparences,
~au\l~6"Y)O"oc\l IX7tOC't"1jO"OC~ 't"Or:ç ÀOY~O"!1-0r:ç, X&\I 't"OCr:ç 't"O~OCU't"OC~ç ceux qu'ils ont pas pu tromper par les pensées. 6. Mais
cpoc\l't"ocmoc~ç
l
Ucpocp7tocO"wm\l.
" 6 . 'E'~'
OC\l DE XOC~' fOU't"Wç
I
EUpWm
fI
. si, même après cela, ils trouvent l'âme fortifiée par la foi
25 TIj\l Y;UX~\I ~O"cpOCÀ~O"!1-É\I"Y)\I 't"'Îi 7t[O"'t"E~ xoc!. 't"'Îi &À7tŒ~ 't"1jç et l'espérance qu'elle a conçue, alors ils amènent avec eux
a~OC\lO[OCç, Àomo\l &7tcXyo\l't"oc~ 't"O\l &PXO\l't"OC Éocu't"(;)\I. leur chef. »

24, 1. Koc!. cpoc[\lE0"6oc~ ocù't"oùç 7toÀÀcXx~ç ~ÀEyE 't"mou- Il ne faut pas les craindre. Ils sont faibles
't"ouç, otO\l 't"O\l a~cXooÀo\l 't"cJ> 'Iwo 0 KupLOç IX7tEXcXÀUY;E
24, 1. « Ils apparaissent souvent, disait-il, tels que le
ÀÉyw\I • « OL ocp6ocÀ!1-o!. ocù't"ou daoç ÉwO"cp6pou. 'Ex 0"'t"6!1-oc-
Seigneur fit connaître le diable à Job : • Ses yeux ont
't"oç ocu't"ou EX7tOpEUO\l't"OC~ l\oc!1-7tOCOEç XOCLO!1-E\lOC~ xoc~ OLocppm-
, _, 1 • '''' 1 \ '"

l'apparence de l'étoile du matin. De sa bouche sortent des


5 't"OU\l't"OC~ &O"XcXpOC~ 7tup6ç' &x !1-UX't"~pW\I ocù't"ou È:X7tOpEUE't"OC~ flambeaux ardents et s'échappent des étincelles defeu. De
XOC7t\lOç\ 1 1 \ '0. l
XOC!1-~\lOU XOC~0!1-E\I"Y)Ç 7tUp~ OCVVpOCXW\I.
'H.1.'!'uX"Y)\
ses narines sort une fumée, comme d'une fournaise où
ocù't"ou &\l6pOCXEÇ' cpÀO~ aÈ È:x 0"'t"6!1-oc't"oç ocù't"ou &X7tOpEUE- brûle un feu de charbons. Son âme, ce sont des charbons.
't"oc~ a.» 2. TOLOU't"OÇ aÈ cpOC~\l6!1-E\lOÇ 0 't"(;)\1 aoc~!1-6\1w\I Une flamme sort de sa bouche a., 2. Apparaissant ainsi,
&pXW\I, È:XcpOOEr:, xoc6~ 7tpOEr:7tO\l, !1-EycXÀoc ÀocÀ(;)\I 0 7tOC\lOUp- le chef des démons, comme je l'ai dit, épouvante en faisant
, l 't: t: , \ , K' - !1-E\ \I '1 wu
\e le fanfaron, ce fourbe, comme le Seigneur l'en a encore
10 yoç, wç 7tocÀ~\I E<.,"Y)I\Eyr..,E\I
" OCU't"O\l 0 UPLOÇ, 't"<p
880 ÀÉyw\I' « "Hy"Y)'t"oc~ !1-È\I y~p O"Œ"Y)po\l &xupoc, xocho\l aÈ convaincu en disant à Job: • Il prend le fer pour de la

19 È7tLOOCLIJOUcr~1J : È7tLOOUÀEÛOUcr~1J 1 È7tE{J.OOCLIJOUcr~ T Il 20 Mye~1J AF BV Il 4 ÈX7tOpEÛE-rOC~ L Il Il~OCppL7t-rO'l-rOC~ AMX Il 5 ÈcrX&:poc~ : OCtcrXpOCL


Il ~{J.épocIJ EHKLQWZ Il 21 IlE~x'lûe~1J -rE : IlE~XlJûoucr~ IlÈ A IldxvucrL F octcrX&:poc~ MR Il Èx : -rW'I add. U Il 6-8 XOC7t'lOç - ÈX7tOpEÛE-rOC~
-rE F IlE~X'lÛIJ-rEÇ L Il 6<)i'IJÀoùç am. S Il 21-22 &XP~ ~ç cr-réY'IJç cp6&:- omo M Il 6 xocw{J.é\l'Y)ç post ,x'l6p&:xw'I transp. G Il 'H omo G Il
IJOIJ't"OCç : XocL cp6&:'IolJ-rocç {J.éXp~ -r~ç cr-réY'IJç A Il 23 ll~ocÀoy~cr{J.oîç A Il 6-7 ~ <)iux~ ocù-rou &'16pOCXEÇ omo D Il 7 cr-ro{J.oc-roç : -rou praem. BEF
-rOLOCÛ-rOC~Ç : omo KO -rocrocû-roc~ç R Il 24 ,xcpOCp7t&:crWcrLlJ R Il 'EoclJ : HNTV ocù-rou add. M Il 8 lloc~{J.o'lw'I : OOC~{J.O'lLW'l OW r daemonio-
OCIJ CEFHKNOQTUV Il 25 -r~IJ omo T Il -r'li 7tLcr-rE~ ante -r~1J transp. rum a Il 9 xoc6oc 7tpOEL7tO'l: XOC6&.7tEp d7to'l (7tpocrE~7tOIJ X) MC Il
K -r'li 'l'lJcr-rdrf L Il 26 O~OC'lOLOCÇ : {J.E-rOCIJOLaç WZ opq intellectus a Kaxoupyoç M Il 10 È~~Àeyçe'l : ëoe~çe'l ELMQTU Èç1jp~e'l D È~1j­
Il è:7t&:yolJ't"oc~: 7tOCpE~cr&:yoUcrLIJ (post &pXOIJ-roc) L Il -rOIJ : XOCL praem. ~elJ CFGIKRSY am. 0 Il ocù-rOIJ ante EOe~çelJ transp. Tante
AEQ Il ocù-rWIJ 0 È~~~EIJ y ante Èç~Àey~eIJ H Il ocù-rov : ocù-riji D Il rLÈ:v am. S Il
Il ~yEî-roc~ ABEGHIKQRUX Il {J.Èv yocp am. R Il yocp am. DFIMW
P deest
Il &xupoc : wç &xupoc ABCGINOQX uelut paleam a
24, 1 ~ocu-roùç AH Il 7toÀÀ&:JUç omo HTVY Il 7toÀMx~ç IfÀe:yE
inu. AEFGKS Il -rOLOÛ-rOUÇ : -ro~oûcrIlE EQ d'loc~ add. WZ Il 2-riji
'IÛlo 0 Kûpwç inu. E Il 0 Kûpwç ,x7tEX&:ÀU<)iE inu. BGX Il 3 dlloç : 24. a. Job 41, 10-13
wç dlloç BCDMTWXZ uelut species a Il cr-ro{J.oc-roç : -rou praem.
202 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 24, 2-5 203

W(J7tEp ~UÀOV croc6p6v b _ 3. "H Y'Y)"t'OCL ?)È: "t'1)V 6ocÀIXO"crocv paille, l ~airain pour du bois vermoulu b. 3. Il prend la
W(J7tEp €~ocÀWt"t'pov, "t'av ?)È: "t'ocp"t'ocpov "t'liç ocoucrcrou W(J7tEp mer pour un vase de parfums, le Tartare dans l'abîme pour
OCLXf-lOCÀW"t'ov' €Àoytcroc"t'o &oucrcrov wç 7tEpbtoc"t'ov c » • ?)LOC ?)È: un captif, il a considéré l'abîme comme une promenade c. '
15 "t'ou 7tpOcp~"t'OU' « EI7tEV 0 €X6p6ç' ÔL~~OCÇ KOC"t'OCÀ~ljJo- Et par le prophète: ' L'ennemi a dit: Je poursuivrai, je
, « T"'Y)V OLKOUf-lEV'Y)V
f-lOCL d » KOCL' '''...O/l.'Y)V KOC"t'OC/l.' ... '.1.
Y)'t'0f-lOCL "t'7)- XELPL, saisirai d" et : 'Je saisirai de ma main toute la terre
f-lOU wç VEOcrO"LOCV KOC~ wç KOC"t'OCÀEÀELf-lf-lÉVOC woc ocpw e. » Koc~
comme un nid, je la ramasserai comme des œufs
. abandonnés el. ' Les démons cherchent en tout à se vanter
oÀwç "t'OLOCU"t'OC K0f-l7tOC~ELV €7tLXELpOUcrL KOC~ €7tocyyÉÀÀOV"t'OCL
de choses pareilles et ils les proclament afin de tromper les
"t'ocxoc 7tWç OC7toc"t'~crWO"L "t'oùç 6EOcrEOOUV"t'OCç. 4. 'An' ~f-liiç
hommes pieux le cas échéant. 4. Mais même ainsi, nous
20 où?)' o\hwç 7tOCÀLV XP1) "t'oùç 7tLcr"t'oùç "t'ocç "t'E cpOCV"t'occrtocç les fidèles, nous ne devons pas craindre ses trompeuses
OCÙ"t'OU CPOOELcr6OCL KOC~ "t'OCLÇ cpwvoc'Lç ocù"t'OU 7tpocrÉx ELV. apparences, ni faire attention à ses paroles, car il ment et
'P'EU?)E"t'OCL yocp KOC~ où?)È:v oÀwç OCÀ'Y)6È:ç ÀOCÀEL. 'A f-lÉÀEL ne dit absolument rien de vrai. En fait, lui qui dit de si
"t'OLOCU"t'OC KOC~ "t'ocrOCU"t'OC ÀOCÀWV KOC~ 6poccruv6f-lEVOÇ, wç f-lÈ:v belles et de si grandes choses et qui se montre si hardi,
?)pOCKWV ELÀKucr6'Y) "t'<Jl OCyKtcr"t'pcp 7tOCpOC "t'ou ~w"t'lipoç, wç ?)È: comme un dragon il a été pris à l'hameçon par le Sauveur ;
25 K"t'livoç cpopooctocv ËÀOCOE 7tEp~ "t'ocç pLV oc ç , wç ?)È: ?)pOC7tÉ"t''Y)ç comme une bête de somme, on lui a mis une muselière
,~,~
KPLKcp oEoE"t'OCL "t'Ouç 1 -
f-lUK"t''Y)pocç KOCL1 .1. ...... '
't'E/I./l.Lcp ,
"t'E"t'pU7t'Y)"t'OCL "t'O1C autour des naseaux f. Comme un fugitif, on lui a attaché les
xdÀ'Y) f. 5. Koc~ ?)É?)E"t'OCL f-lÈ:v 7tOCpOC "t'ou Kuptou wç narines par une boucle et ses lèvres ont été percées par un
cr"t'pou6tov dç "t'a KOC"t'OC7tOCt~Ecr6ocL 7tOCp' ~f-lwv g • "t'É6ELV"t'OCL ?)È: anneau. 5. Il a été attaché par le Seigneur comme un
ocù"t'6ç "t'E KOC~ oE crùv ocù"t'<Jl ?)OCtf-lOVEÇ wç crKOp7ttOL KOC~ OcpELÇ passereau pour que nous nous moquions de lui g ; lui et ses
30 dç "t'a KOC"t'OC7tOC"t'ELcr6ocL h 7tOCp' ~f-lWV "t'WV XpLcr"t'LOCVWV. démons ont été réduits en scorpions et en serpents pour
que nous les foulions aux pieds h, nous les chrétiens.

12 c:'cr11:Ep : WC; G Il ~YEî:'l'CX~ ABEGHIQRUX Il 'l'~V am. DSWZ r Il


12-13 c:'CJ7tEp è~ocÀEm'l'pOV : WC; è. L WC; è~ocÀEm'l'OV Z Il 13 c:'cr11:Ep :
WC; L Il 14 èÀoy(crcx'l'O : 8& add. G Il wc; 11:EpL11:CX'l'OV : dc; 11:. CDEFKLM ÀÉye:~ D Mye:~ ~ ÀOCÀEî: B Il 23 XOCL 6p(XCJuv6[J-e:voc; : am. R XCXL am.
QSTUVY quasi ambulatorium a Il 15 11:po<p~'l'OU : MYE~ add. U Il 16 WZ erigens se audaciter a Il 24 'l'ê]> am. 0 Il ocyx(cr'l'pcp : 'l'OU cr'l'CXUpOU
xcxi' T~v : XCXL 11:ocÀ~v 8~' É'l'Épou' 'l'~V BQWZ r ~v ORTUY [J-Ep~W add. A Il 11:CXpOC 'l'OU ~W'l'1ipoc; ante 'l'ê]> transp. GIX 1125 11:e:pL : 11:CXpOC LS
crXuÀcx' ~v HIVY [J-Ep~W crxuÀcx' XCX'l'cxÀ~\jio[J-cx~ 'l'~V C XCXL 11:ocÀ~v' Il 27 'l'OU am. OR Il 28 11:CXP' ~[J-wv : 11:CXP' ù[J-wv E Ù11:è:p ~[J-wv G Il 8è:
'l'~V A Il XCX( - XCX'l'cxÀ~\jio[J-cx~ am. GM Il oÀ1)V am. HV Il 17 [J-OU am. am. F Il 30 11:CXP' ~[J-wv : ù<p' (Ù11:0 0 oc<p' EQ) ~[J-wv A
AEHKR Il ocpw : xod oùx ËCHCX~ ÔC; 8LCX<pe:Û~e:'l'CXL ~ OCV'l'e:L1te:~ [J-O~ add.
A XCXL OÙX ècr'!'LV ÔC; OCV'l'~cr'l'~crE'l'CXL [J-OL ~ ocv'l'~d1) [J-o~ add. K Il
18 'l'OLCXU'l'CX am. Z Il èmxo[J-11:OC~E~V B XO[J-11:OC~E~ S Il èmxe:~poum : XCXL
24. b. Job 41, 1911 e. Job 41, 23-2411 d. Ex. 15,911 e. Is. 10, 1411 f.
praem. S Il 19 'l'OCXCX 11:WC; : 'l'CXU'l'CX 011:W';; WZ r 'l'OCXCX 011:WC; B 11:WC;
Cf. Job 40, 25-26 Il g. Cf. Job 40, 29 Il h. Cf. Le 10, 19
'l'a.xcx l 'l'OCU'l'OC 'l'a.xoc 11:Wç L ne forte quomodocumque a Il OC11:OC~­
croucrw CGHlVY Il -1)\1ocç Dm. U Il 20 11:a.'kw Dm. UV Il 7ta.'kw X(l-Y) inu.
A.LQ Il 'toùc:, mcr'toùc:,: Dm. l 'toùc:, ~'è.ocr'è.~()\}'1'tocc:, G Il 't'è. Dm.
'B1JGll\..M.R Il '2.\ r:J.ù't()ü1 '. r:J.ù'tll.'1 ~l\.. 't()u'tou Q Dm. ~ Il '2.'2. où~~ 't Il 10, 14 (parole du roi des Assyriens) est appliqué aussi au
~il\{,)c, '. ~\l-{,)c, \...~ Dm. "f.... \\ ~'t-.{,)c, è!.'t-.1\\)'tc, inlL. 1. \\ Œ.'t-.~\)'è.\r:J.'1 Att,,,,,,,gp dans Ep. ad episcopos Aegypti et Libyae 1, 2.
204 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 24, 6 - 25, 2 205

6. Koc~ "t"OU"t"OU yvwp~(J[lOC, "t"a VUV ~[l~ç 7tOÀ~"t"e:ue:(J6oc~ XOC"t"' 6. La'preuve en est qu'aujourd'hui nous menons notre vie
, - ' 0yocp
OCU"t"OU. ' "t"'Y'jVf i
vOC, ÀOC(J(JOCV e:7tocyye:
' ÀÀ O[le:VOç
' 'l:' Àe:~cpe:~V
e:",OC ' contre lui : lui qui se vantait de dessécher la mer et de se
XOC~ "t"~V o~xou[léV'YJv XOC"t"OCÀOC[lO&.Ve:~V, ~30ù vuv où Mvoc"t"oc~ saisir de toute la terre, le voici maintenant incapable
XWÀU(JOC~ ~V OC(JX'Yj(J~V U[lWV, OCÀÀ' où3È È[lÈ ÀOCÀOUV"t"OC XOC"t"' d'empêcher votre ascèse, et moi de parler contre lui.
7. Ne faisons donc pas attention à ce qu'il dit, car il ment,
35 whou. 7. M~ "t"o[vuv 7tpo(Jéxw[le:v oïç &v ÀocÀ'ij (~e:u3e:"t"oc~
et ne redoutons pas ses illusions, car elles sont elles aussi
y&.p) [l 'Yj3È 3e:~À~w[le:v whou "t"dtç cpocV"t"oc(J[ocç, ~e:u3e:Lç XOC~
mensongères. 8. Ce n'est pas une lumière véritable qui
ocU"t"ocç "t"uyxocvou(Jocç. 8. Où ydtp cpwç È(J"t"~v ocÀ'Yj6Èç "t"a
apparaît en eux, mais ils offrent plutôt le prélude et l'image
cpoc~v6[le:vov Èv oclhoL'ç, "t"OU 3È ~"t"OL[loc(J[léVOU 7tUpaç OCÙ"t"oL'ç i du feu préparé pour eux i, et c'est par ce qui va les brûler
[l~ÀÀOV "t"OC 7tpOO[[l~OC XOC~ "t"OCç dx6vocç cpépou(J~v, XOC~ ÈV oïç qu'ils tâchent d'effrayer les hommes. 9. Ils apparaissent
40 XOC"t"ocxoc[e:(J6oc~ [léÀÀoUO"LV, ÈV "t"OU"t"OLÇ "t"OÙç OCV6pW7tOUç effectivement, mais ils disparaissent aussitôt, n'ayant
ÈxCPOOe:LV 7te:~p&.~ou(J~v. 9. 'A[léÀe:~ cpoc[vov"t"oc~ XOC~ 7t&.pocu- blessé aucun des fidèles, emportant avec eux le reflet du
"t"OC 7t&.À~V OCcpOCV[~OV"t"OC~, ~À&.~OCV"t"e:ç [lÈV où3évoc "t"WV m(J"t"wv, feu qui va les recevoir. Aussi, même alors, il ne faut pas les
881 cpépov"t"e:ç 3È [le:6' Éocu"t"wv "t"~V OCcpO[lO[WO"LV "t"OU [léÀÀoV"t"oç craindre, puisque, par la grâce du Seigneur, toutes leurs
OCÙ"t"OÙç 3éXe:(J6oc~ 7tUp6ç. "06e:v où3È oihw cpoOe:L(J6oc~ machinations se réduisent à rien.
45 "t"OU"t"OUç 7tpO(J~Xe:~' 7t&.V"t"OC ydtp OCÙ"t"WV 3~dt "t"~V "t"OU Kup[ou
Ne pas faire attention d leurs ruses
X&.p~V dç où3év È(J"t"~ "t"dt Èm"t"'Yj 3e:u [lOC"t"OC.

25, 1. Ils sont rusés, prêts à se transformer et à prendre


25, 1. Ll6À~0~ 3é d(J~ XOC~ hOL[lOL 7tpaç 7t&.v"t"oc [le:- toutes sortes d'aspects a. Souvent, sans se montrer, ils font
"t"ocMÀÀe:(J6oc~ XOC~ (JX'Yj[loc"t"[~e:(J6oc~ a. TI OÀÀ&.x~ç youv XOC~ semblant de chanter des psaumes, et ils rappellent des
~&.ÀÀe:~v [le:"t"' cJ>3~ç 7tpo(J7towuV"t"OC~ [l~ cpoc~V6[le:VOL, XOC~ passages tirés des Écritures. 2. Parfois aussi, lorsque
[lv'Yj[love:uou(J~ "t"WV oc7ta "t"WV ypoccpwv "AÉçe:wv. 2. "E(J"t"~ 3È nous lisons, ils répètent plusieurs fois eux-mêmes, comme
5 (he: XOC~ ocvocy~vw(Jx6v"t"wv ~[lwv, e:ù6ùç &(J7te:p ~Xw Àéyou-

31 ,o{rrou : ,OÛ,WII HTUVY ,oiho ADEFGINRSX ,Oû,<p K


huius rei a Il 31·32 7toÀm:ûe:0"6otL Xot,' otÙ,OU (otÙ,WII FKTUY) inu.
WZ Il 33 7totPotÀotfLQ,Xlle:L\I A Il t30ù IIUII omo G Il 34 UfLWII: ~fLwII P deest
AFHIOTUVWZ omo Q 1135 7tp60"XWfLe:1I G 1136 fL'tJ3È : fL~ Z 1137 <XÀ'tJ- 25, 1 3È : ,e: BGIX Il 1tpàe; : de; K omo 0 Il 1-2 ~ocÀÀe:0'6otL IR Il
6wc; A Il 38 ÈII otÙ,o~c;: ÈII otÙ,ot~c; INUWZ r ÈII otÙ,t;i LS 7totp'
2 XotL omo R Il O'X'tJfLot,l~e:0"6otL : fLe:,otO'X'tJfLot,l~e:0'6otL DZ rom. R
otÙ,O~ç D Il 7tUpOC; otù,o~ç: inu. AO 7tUpOç otù,Ol G Il otù,OLÇ omo
HTUVY Il 39 ,& 7tpoolfLLot Xotl ,&ç dx6110tç inu. CHTUVY Il 40-41
Il youli : O\)II CHTUVY fLÈII y&p 0 Il 3 fL~ : fL'tJ3È E fL'tJ3ÈII Q
,oùç <X1I6pcimouç Èxt'f'00e:LII inu. BDFWZ r Il 41 7te:LpOC~OIl,otL Z Il
Il ho ,WII ypott'f'wli : ypott'f'LXWII K Il 5 UfLWII FMRX Il &O'1te:p ~)(w
À€yOUO'LII: wc; 1te:pL)(Ope:UOUO'LIi )(ott A Il &O'1te:p : d add. D Il ~)(w : ~
41-42 XotL - &t'f'otlll~onotL omo 1 Il 427tocÀLII omo 0 Il ~M7t,ollnç R
praem. BSZ
Il fLÈII omo H Il 44 otÙ,Oùç 3ÉXe:0"6otL : inu. 0 3Lot3ÉXe:0"6otL X Il otÙ,Oùç
3ÉXe:0'6otL 7tUpoc;: otÙ,OLÇ 3Lot3ÉXe:0'6otL O'x6,ouç A Il 3ÉXe:0'6otL: 3Lot-
3ÉXe:0'6otL ABQX u7t03ÉXe:0'6otL U Il Où3È : olhe: A omo Y Il t'f'0oe:L0'6otL
post 7tpOO'~Xe:L transp. IKLRX Il 45 ,Oû,ouç : otù,Oùç 0 Il Kuplou : 24. i. Cf.· Matth. 25, 41
XPLO',OU ENSTVWYZ r xuplou xotl 6e:ou B 25. a. Cf. II Cor. Il, 14
206 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 25, 2 - 26, l 207

crLV OCÙ'tot 'tocihoc 1tOÀÀ!iXLÇ ocm:p &:vsyVWcr'tOCL, 1tOÀÀ!iXLÇ f3è: en écho, ce qui a été lu 1. Souvent, quand nous dormons,
xoct XOLfLWfLSVOUÇ -IJfLiiç f3LeydpoucrLV dç 1tpocreux!iç. Koct ils nous réveillent pour la prière. Et cela, ils le font sans
'tOU'to cruveXNç 1tOLOUcrLV, crxef30v fL~ È:m'tps1tovnç ~rUv
interruption, presque au point de ne pas nous permettre de
fL 'Y)f3è: xOLfLiicreOCL. 3. "Ecr'tL f3è: o'te xoct &:1tO'tu1touv-reç
dormir. 3. Quelquefois aussi, se cachant sous les traits de
moines, ils feignent de parler comme des hommes pieux,
10 zocu'toùç dç crX~fLoc'tOC fLOVOCXNV, wç eÙÀocoeîç 1tpOcr1tOLOUV-
pour nous égarer par leur ressemblance extérieure et pour
'tOCL ÀocÀeîv, rvoc 't<il OfLOLCP crX~fLOC'tL 1tÀOCV~crWcrL xoct ÀOL-
entraîner ensuite où ils veulent ceux qu'ils ont trom-
1tOV €VeOC eSÀOUcrLV ZÀxUcrWcrL 'toùç &:1toc't'Y)esv'tocç 1tOCp'
pés. 4. Mais il ne faut pas faire attention à eux, même
octrt'w\I. 4. 'AÀÀ' où Xp~ 7tpoaÉX€LV ŒtrrOLC;, KOC" e:~c; s'ils nous éveillent pour la prière, s'ils nous conseillent de
1tpocreux~v È:yeLpwcrLV, xciv crufLoouÀeuwcrL fL'Y)f3' oÀwç ne pas manger du tout, ou feignent de nous accuser et de
15 È:creLeLv, xciv xoc't'Y)yopeîv xoct oveLf3L~eLV 1tpOcr1tOLNv-rOCL, È:v nous reprocher des fautes qu'ils savent que nous avons
oIç 1to'te cruvsyvwcrocv -IJfLîv. Où y&:p f3L' eÙÀ!ioeLocv ~ autrefois commises. Car ce n'est pas par piété ou vérité
&:À~eeLOCv 'tOCU'tOC 1tOLOUcrLV, &:ÀÀ' rVOC 'toùç &:xepOCLouç dç qu'ils font cela, mais pour porter les gens simples au
&:1tOyvWcrLv È:VSyXWcrLv xoct &:VwcpeÀ~ ~v &crX'Y)crLV e'~1twcrLV, désespoir et leur faire entendre que l'ascèse est inutile,
vocu'tLiicrOCL 'te 1tOL~crWcrL 'toùç &:Vep6mouç, wç cpOp'tLXOU xoct 5. pour donner aux hommes la nausée de la vie solitaire,
~ (J,' \ ,~, ,
20
l ,1 ....,
t-'OCpu'tOC'tou OV'toç 'tou fLov'Y)pouç t-'LOU, XOCL efL1tOoLcrwcrL 'touç sous prétexte qu'elle est insupportable et extrêmement
xoc't' OCÙ'tNV 1toÀLnuofLsvoUÇ. lourde, et pour faire obstacle à ceux qui vivent pour les
combattre.
26, 1. '0 fLè:v OUV 1tpocp~'t'Y)ç &:1tocr'tocÀdç 1tOCp&: 'tou
Ils semblent parfois dire la vérité
'
K UpLOU ' ÀOCVLse
e'toc ')' ,
'touç ,
'tOLOU'tOUÇ À'eywv . 0'"UOCL « 0 C'est pour mieux nous séduire
1tO'tL~WV 'tov 1tÀ'Y)crLOV ocù'tou &:voc'tp01t~V eOÀep!iv a ). T &:
26, 1. C'est pourquoi le prophète envoyé par le Seigneur
6 otÙTOL : XotL praem. GHKMQSVY Il TotUTot 1toÀÀlh~ç li1tEp &\I~­ appelait misérables de tels êtres en disant: ' Malheur à qui
y\lWcrTot~ (OC\lÉy\lWTE ADEKMQR &\I~y\lW[LE\I BOWZ), 1toÀÀlix~ç ilè: : fait boire à son prochain le trouble qui le renverse a. ' Car
TOt otÙTOt (TO~otUTot H) 1toÀÀtXx~ç li1tEp &\I~y\lWcrTot~ CNTUVY a r ea
quae legimus c Il 7 Èydpwm\l A Èydpoucr~\I C Il 1tpOcrEUX~\I CHLT )(otL omo BDMRSWZ -~wcr~\I E -croucrt L -~oum\l OQ t\lot -crwcr~
UVY Il 8 [L~ : [L1)ilè: A XotL Y Il ÈmTp~1tO\lTEÇ : [L1)ilè: cruyzWpOU\lTEÇ F -~Ecreott V -crwcr[ TE U et impedimenta habeant a Il 21 otÙTa\l
add. B cruyzWpOU\lTEÇ GL Il ~[LL\I : U[LL\I BX u[L~ç DEFMOQ ~[L~ç W
RV Il 9 [L~TE CHTUY Il [L1)ilè: xO~[L~cr6ot~ : Xot6EUilELII A Il 10 crx1j[Lot
ABCLRSTX Il e;ùcrEoELÇ M Il 11 ÀotÀELV : t.jJtXÀÀELII CHUVY Il 1tÀotvwm P deest
E Il 121totp' : U1t' V Il 13 où Xp~ : OÙXL 0 Il 14 il~Eydpwmv WZ r 26,1 0;)\1 omo GI Il 1tpoCP~T1lÇ: 0 add. 0 Il 1totpOt: u1ta F ot1tO
Il crU[LOOUÀEUcrWcr~\I OY Il [L1)Ô' 1:lÀwç : [L~e' 1:lÀwç ADO r il~Ot Ta [L~ GIX Il TOU omo OR Il 3 Ta\l : Ta HLMU T<;i S Il otÙTOU omo AO
L Il 15 Ècr6[ELII : ottcr6tXve:cr6ot~ U Il XotL : x&\I ABX ~ os Il 16 crU\I~­
y\lwcrot\l: XotL praem. U Il 17 &À~6E~ot\l: il~' praem. XQ Il TotUTot : 26. a. Hab. 2, 15
TO~otUTot El TOUTO U Il &xEpot~OT~pOUÇ 1 Il 18 dcrEV~yXWcrt'i S Il
19 \lotuT~iicrotl TE: \lOCUT~OCcre:Tot~ GOQ R \lotUT~dcre:Tott M \lotucr'Yjiicroct
'te: A \locumoc\l 'te: K xott u Il 1tod\crQ('1'te:c; BDEFLMOQRSVWZ 1. Les démons répètent ce qu'ils entendent: dans l'Antiquité la
()i:l\\ \\ xQ(1. omo 0 \\ '2.\) \':,'1'tOC; post ~o\mx(}\) tTansp. F \\ xtJ.1. è\l-1to1'.lG(ÙG~ .. lecture se faisait à haute voix.
208 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 26, 1·6 209
\ ...., ~, , 'a"
yocp 't'OLOCU't'OC e:7tL't'1)oe:UfLOC't'OC XOCL e:vuufL1)fLOC't'OC OCVOC't'pe:7t't'LXOC
\ de telles machinations et de telles pensées renversent sur la
5 't''Ïjç dç àpe:'t'~v cpe:poua1)ç Èa't'LV 68ou. 2. '0 8è KUpLOÇ voie qui conduit à la vertu. 2. Le Seigneur, même quand
ocù't'àç 8L' É:ocu't'ou, XOChOL 't'àÀ1)8'Ïj ÀÉyov't'ocç 't'oùç 8OCLfLovocÇ les démons disaient la vérité - c'est en vérité, en effet,
(àÀ1)8'Ïj y~p €Àe:yov' « LÙ e:r 6 ILàç 8e:ou b »), <SfLwÇ qu'ils disaient: • Tu es le fils de Dieu b, - , leur fermait
cependant lui-même la bouche 3. et, les empêchait de
ÈCPLfLOU' 3. XOCL ÀocÀe:T.v ÈxwÀue:v c, fL~ 7ton fLe:'t'~ 't"Ïjç
d ' <!LVOC XOCL'
parler c, jour qu'ils n'aillent pas mêler à la vérité la
OCÀ1)Ve:LOCÇ
) CI' XOCL"'t'1)V
' ' ' LoLOCV
'' XOCXLOCVl' e:7tLa7te:LpWaLV
, ,XOCL
'semence de leur propre malice, et pour nous habituer,
10 ~fL.iÇ auve:8La71 fL1)8É7ton 't'OLç 't'OLOU't'OLÇ 7tpoaÉxe:LV, XOCV nous aussi, à ne jamais faire attention à de tels êtres, même
80XWaL 't'àÀ1)8'Ïj Mye:LV. 4. KOCL y~p à7tpe:7tÉç, €xoV't'ocç quand ils semblent dire la vérité. 4. Car il ne convient
~fL.iÇ 't'~ç ypoccp~ç XOCL ~v 7tOCp~ 't'ou LW't''ÏjpOÇ ÈÀe:U8e:PLOCV, pas, alors que nous avons les Écritures et la liberté qui
8LM:axe:a8ocL 7tOCp~ 't'ou 8Loco6Àou, 't'ou fL~ TYJP~aocV't'oç 't'~v nous vient du Sauveur, que nous nous laissions enseigner
'''''
LoLOCV 't'O'l:Cr.,LV e ,OC'ÀÀ' e:npoc d
OCVv
'CI" e:'t'e:pWV
, cppov1)aocv't'oç.
, par le diable, qui n'a pas gardé son propre rang e, mais
15 5. ÔL~ 't'ou't'O XOCL ÀocÀouV't'OC 't'ou't'OV 't'~ç à7tà 't'WV ypoccpwv s'est mis à p~nser autrement. 5. C'est pourquoi, même
ÀÉÇe:LÇ XWMe:L Mywv' « Téi'> 8è OCfLocP't'WÀéi'> e:I7te:v 6 8e:6ç' quand le diable cite des passages des Écritures, le
884 "1 VOC 't'L, au, )e:XOL1)ye:L
'" -'t, '" " t'OC fLoU XOCL"OCVOC
'OC OLXOCLWfLOC' e'
ÀOCfLuOCVe:LÇ Seigneur, l'en empêche en disant: • Mais au pécheur Dieu
't' Y)V OLOCV'Y)X'Y)V fLOU oLOC a't'0fLoc't'oÇ aou ;»
, '" CI' '" , , , f 6 n'
• ocv't'oc yocp , a dit : Pourquoi racontes-tu mes actes de justice et as-tu
7tOLOUaL (XOCL ÀOCÀouaL XOCL 8opuoouaL XOCL tl7tOXpLVOV't'OCL XOCL mon alliance à la bouche f?, 6. Ils font tout, en effet -
20 't'OCpOC't''t'OUaL
, )
7tpOç\
OC7toc'
"
t' Y)V 't'wv
....,
OCXe:pOCLWV.
1 K' ,
OCL x't'U7tOUç parler, faire du tumulte, feindre, causer du trouble - ,
pour tromper les gens simples. Voilà pourquoi ils font des
youv 7tOLOUaL XOCL xpo't'OUaL XOCL ye:ÀWaLV àcppovwç XOCL
, "Av oe: "'" fL'Y) 't'LÇ OCU' ,t'- , À ' bruits, applaudissent, rient follement ~t siffient. Mais si
aupL't''t'ouaLV. OLÇ 7tpoae:X71, omov
personne ne fait attention à eux, alors ils pleurent et se
XÀOCLOUaL XOCL 8p'Y)vOUaLV wç ~'t''t'l)8Évnç.
lamentent comme des vaincus.

4 xod Èv6u(L7)(LQ('t"Q( omo DIQS Il &:VQ('t"pE1t't"LXOC : &:VQ('t"pé1tEL XQ(L M


Il 5 <pEpOOcr7)Ç ÈO"'t"LV : inu. FGILX ÈO"'t"LV ante njç transp. 0 &:1tO- 17 8L1lYEL EKOQR Il 18 O"'t"O(LQ('t"oç : 't"ou praem. 0 Il 191toLOuO"L XQ(L
<pEpOOO"1lÇ U Il ÈO"'t"LV o8oi) : inu. A Il 6 Q(ù't"oç 8L' ÈQ(u't"ou : 8L' Q(ù't"ou ÀQ(ÀOUO"L inu. A Il XQ(L ÀQ(ÀOUO"L XQ(L 6opUOOUO"L omo OWZ 0 Il 6opuoouv-
R Il 't"&:À1l6'ij : &:À1l6'ij F XQ(L 't"Oc.À1l6'ij M Il 7 6EOU : 't"ou praem. 't"Q(L F Il XQ(L U1toxp[VOV't"Q(L: omo G post &:XEPQ([WV transp. IX Il
ABEKMRTUVXY Il g(Lwç : O(Lo[wç EFO omo AGIL Il 8 È<p[(Lou 19·20 U1tOXpLVOV't"Q(L XQ(L 't"Q(pa.'t"'t"OUO"L inu. HTY Il XQ(L 't"Q(ph't"OUO"L post
XQ(L omo 0 Il XQ(L ÀQ(ÀEï.V : inu. A XQ(ÀELV Y Il ÀQ(ÀEï.V ÈxWÀUEV: ÀÛ,OUO"L transp. U Il 20 't"Q(ph't"OV't"Q(L A Il &:XEpQ(LO't"épwv 0 Il 20·21 x't"o-
2 3
8LEXWÀUEV ÀQ(ÀEr.V 0 Il 9 XQ(X[Q(V: Xa.XWO"LV 0 Il XQ(L omo S Il XQ(L 1tOliÇ yoi)v 1tOLOUO"L : X't"li1tOUCIL yoi)v A Il 21 youv omo CGHILNTUVXY
omo DIR 1110 O"uvE6[O"Tl : -E6L!:Tl AFX -E6L!:EL GRU -EL6L!:o(LEV ÉQ(U- Il XQ(L xpo't"OUO"LV : omo CEGHL VWXYZ opqr XQ(L xpo't"ouç 1 Il &:<p6o-
't"oùç K -E't"LO"TJ HNTVY c Il 't"or.ç omo EGIX 1110-11 x&v -ÀÉYELV omo vwç W opq Il 22 "Av: Èocv BGILORTUVXY Il (L7) 't"LÇ: (L1l8dç
HY Il li &:1tpE1téç : XQ(L praem. G Il 127)(Locç 't"ocç ypQ(<pocç omo 0 Il 't"ocç : CHKRTUVY Il 22·23 Àomov XÀQ(LOliO"L inu. G Il 23 XQ(L 6P1lVOUO"LV
ocY[Q(ç add. Q opqr 6dQ(ç add. BDMWZ omo 0 Il ~wnjpoç : 7)(Lwv omo HKRY
add. R xupLou XQ(L O"w't"'Îjpoç (7)(LWV add. BGIX) L 1113 8L8a.O"XE0"6Q(L :
8È add. G Il 't"oul omo BCGHKOUVY Il 't"ou 2 omo FS Il 't"1lP7)o"Q(V't"oç :
<puMl;Q(v't"oç R 1114 <ppov7)o"Q(v't"oç : <ppovouv't"oç GILX XQ(L <ppovouv't"oç 26. h. Le 4, 41 ; Me 3, 1111 e. Cf. Le 4, 411/ d. Cf. Matth. 13, 25 1/ e
add. B 't"1JP7)o"Q(v't"oç D Il 15 6.LOC 't"ou't"O XQ(L : XQ(L 8LOC 't"ou't"O EQ Il Cf. Jude 6 1/ f. Ps. 49, 16
VIE D'ANTOINE 27, l - 28, l 211
210 ATHANASE D'ALEXANDRIE

27, 1. '0 [Lè:v 00v Kupwç wç 6e:oç ÈcpL[LOU TOÙÇ Ne pas les écouter. Ils nous trompent
3tlL[LOVtlÇ· ~[Locç 3É:, [Ltl66vTtlÇ tX7tO TWV OtyLWV, 7tpÉ:7te:~
XtlT' èxdvouç 7tO~e:LV, XIX!. [L~[Le:L()6tl~ T~V tXv3pdIXv 27, 1. Le Seigneur donc, en tant que Dieu, fermait la
IXUTWV. 2. KIX!. y&:p xtXxe:Lvm TIXUTIX ~ÀÉ:7tOVTe:Ç ~Àe:yOV· bouche aux démons. Il convient qu'instruits par les saints,
5 « 'Ev TW ()U()T.!(jVIX~ TOV Ot[LIXPTwMv ÈvIXVTLOV [LOU, ÈXwcpw- nous fassions comme eux et imitions leur courage. 2. Car
:, , , , , 't:' 0 - a
6"t)v XIX~ e:TIX7te:~vw6"t)v XIX~ e:m y"t)()tl e:o., lXylXvwv • )
3• K IX~' eux aussi, voyant cela, disaient: ' Lorsque le pécheur s'est
7tOtÀ~V. «
'Eyw' ~, «:, \ ,,,
De: W()e:~ XWcpOç oux "t)XOUOV, XIX~ ",,() "
, ,~\. e:l tenu devant moi, je me suis tu, j'ai été humilié et je n'ai
\ , , .. K " ln ( , pas osé proférer une seule bonne parole a., 3. Et encore:
OCÀIXÀOÇ oùx tXVOLyWV TO ()TO[LIX IXUTOU. IX~ e:ye:V"t)v"t)V W()e:~
,
ocv6pw7toç oux tlXOUWV .)
, ,b 4 • 0'UXOUV
- ,,-
XIX~ "t)[Le:~ç [L"t)T
'e: , Et moi, comme un sourd, je n'entendais pas, comme ltn
10 &XOUW[Le:v tlÙTWV wç &ÀÀOTpLWV bVTWV ~[LWV, [L~Te: muet qui n'ouvre pas la bouche. Je suis devenu comme un
homme qui n'entend pas b., 4. Donc ne les entendons
U7tIXXOUW[Le:v IXÙTWV, XOCV e:tç e:ùX~V È:ydpwmv, xocv ÀIXÀwm
pas, nous noq plus, puisqu'ils nous sont étrangers; ne leur
7te:p!. V"t)()Te:~WV. T~ 3è: 7tp06É:()e:~ T.!(jÇ tX()X~()e:wç ÉIXUTWV
obéissons pas, même s'ils nous éveillent pour la prière,
, , , " l , '0,..,
[LOCÀÀOV 7tpo ()e:XW[Le:v, XIX~ [L"t) 7ttlp e:xe:~vwv tl7tIXTW[Le:Vv.. même s'ils parlent de jeûnes. Pour l'ascèse, tenons-nous en
7tOtVTIX 7tpIXTT6VTWV [Le:T&: 36Àou. 5. Où 3e:L 3è: cpooe:L()61X~ plutôt à notre propre dessein et ne nous laissons pas égarer
15 IXÙTOUÇ, XOCV È7tÉ:PXe:()61X~ 30XW()~, XOCV 6OtVIXTOV tX7te:~ÀW()~~ • par eux, puisqu'ils font tout par ruse. 5. Il ne faut pas les
&()6e:Ve:LÇ YOtp dm XIX!. où3è:v MVIXVTIX~ ~ [L6vov tX7te:~Àe:LV. craindre, même s'ils semblent nous attaquer, même s'ils
nous menacent de mort, car ils sont impuissants et ne
28, 1. "H3"t) [Lè:v 00v 7te:p!. TOUTOU 7tlXpe:pX6[Le:voç e:'lp"t)- peuvent rien faire d'autre que menacer.
XIX· XIX!. vuv 3è: 7tÀIXTUTe:pOV e:L7te:LV T&: IXÙT&: oùx OXV"t)TÉ:OV .
&()CPIXÀ~Ç y&:p U[LLV ~ u7t6[Lv"t)()~ç ~()TIX~. 'Em3"t)[L~()IXVTOÇ Depuis la venue du Seigneur
le diable et les démons ont perdu tout pouvoir

28, 1. Jusqu'ici j'ai parlé de cela en passant. Maintenant


il ne faut pas hésiter à s'étendre davantage sur le même
sujet, car ce rappel sera pour vous une protection. Depuis
P deest , ,-
27 1 fLè:v oÙv : oè: 0 Il oÙv omo K Il wç : b KOR Il 8EOÇ : 1JfLûlV
add.' R Il 2 dty(ûlV : ypot<pwv xotL fLotXotp[ûlV ocvopwv add. 0 Il 4 ÀÉyou-
P deest
cnv 1 Il 5 ~fLoU K Il 6 &:yot80u K Il 8 otù-rou : fLOU K Il KotL omo
DEKQW Il ~yEv6fL1)v BCFGILNOTX 119 oùxouv omo AG Il XotL om._R
28, 1 oÙ'I omo M Il -rOU-rûl'l AR Il 1tocpEpX6fLEVOÇ : -fLévûlÇ CEH
LNQSTUV -fLévouç Y -fLé'lûlV A Il 1-2 dp~XotfLE'I CHLNTUVY
Il xotL ~fLE'i:'Ç fL~-rE : fL1)oè: ~fLclç 0 Il fL~-rE : fL~ G 1110 &:xouûlfLEV otÙ-rûlV
EÀe:yOV IX Il 2 1tÀot-rU-rÉpûlÇ U II1tÀot-ru-re:pov e:L1te:'i:'v inu. IX Il -roc otù-roc :
inu. M Il otù-rWV omo A Il OV-rûlV : otù-rWV praem. CEGK~MR~T _II
post oè: transp. X -rOt otù-rW'I DMR otù-rOt K -rOt 1tEPL otù-rwv (otù-rov
11 \l1totXOUûlfLEV otù-rwv (otù-ro'i:ç DMST) : È1totXOUûl[J.EV otÙ-rûlV (otu-rmç
W) Z r Il 3 ~fLî:'1 R Il ~ omo AOUW Il \l1t6fLV1JO"tÇ : ù1t68e:O"tç FG Il ~O"m
AFK) EQ ocVMxwfLEV otù-rWV P Il 1tpOO"EUX~V CG~nL~OTl!VY _II
12 T'ii oè: 1tp081:0"Et TIjç OCO"X7)O"EûlÇ omo S Il oè: omo R Il Eotu-rûl'l : Eotu-rmç o
ACGILOSX ~fLw'l HMTUV 1114 1tOC'l-rot : -rW'l praem. L yocp add.
o Il oè: : ~fLiiç add. LS Il 14-15 <poQE'i:0"8ott otù-rouç inu. ABEFGIKL
NOQSX Il 15 XOC'l1 - ooxwO"t'l omo R Il 16 yocp : 01: F 27. a. Ps. 38, 2-3 Il b. Ps. 37, 14-15

L
212 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 28, 1·5 213
TOU KUpLOU 7tbtTWXe:V 6 Èx6p6e;, XOCL ~cr6év'Y)crocv OCL la venue du Seigneur l'Ennemi est déchu et ses pouvoirs se
5 3uVOCfle:~e; OCÙTOU. 2. a~~ TOUTO youv fl'Y)3è:v 3uVocfle:voe; sont affaiblis 1. 2. Ainsi donc il ne peut rien, mais comme
()flWe; we; TUpOCWOe;, XOCL 7te:crwv, OÙX ~Pe:fle:~, &ÀÀ~ xocv un tyran, même déchu, il ne se tient pas tranquille et
885 À6yme; fl6vov &7te:~Àe:~. KOCL TOUTO ~xoccrTOe; UflWV Àoy~~é­ menace, ne serait-ce qu'en parole. Que chacun de vous
cr6w a , XOCL 3UVOCTOC~ XOCTOCcppOVe:~v TWV 3oc~fl6vwv. 3. Et flè:v réfléchisse à cela a : il peut alors mépriser les démons.
00v TOWUTO~e; crwfloccr~v ~crocv Èv3e:6évne; wcr7te:p Ècrflè:v 3· S'ils étaient liés, comme nous le sommes, à des corps
10 ~fle:~e;, 3uvOCTav ~v OCÙTO~e; Àéye:~v, ()n KPU7tTOflévoue; flè:v comme les nôtres, il leur serait possible de dire : ' Quand
, '0 , " , "~, fJ.",' les hommes se cachent, nous ne les trouvons pas, mais
TOUe; OCVVpW7tOUe; OUX e:uP~crxofle:v, e:UpOVTe:e; oe: I-'I\OC7tTOfle:v.

4: 'H3uvOCfle:6oc 3è: XOCL ~fle:~e; xpu7tT6fle:vm Àocv6ocve:w ocù- lorsque nous les trouvons, nous leur faisons du tort. '
TOUe;, "
XÀe:~OVTe:e; XOCT,OCUTWV ,-,
TOCe; 0 '
Vupoce;. 5• E'~'~ oe: oux , 4. Dans ce cas nous pourrions nous cacher et leur échapper
EtcrLV o{hwe;, &ÀÀ~ xe:xÀe:~crflévwv TWV 6upwv e:tcre:À6e:~v en leur fermant les portes. 5. Mais il n'en va pas ainsi:
15 ~I "...., " ,
OUVOCVTOC~, XOC~ e:v Tep 7tOCVT~ oce:p~ TUyXOCVOUcrLV OCUTm Te: xoc~
" , même portes fermées ils peuvent entrer, et ils se trouvent
partout dans l'air, eux et leur chef, le diable. Ils sont
6 TOUTWV 7tpWTOe; 3~ocooÀoe;, EtcrL 3è: xocx06e:Àe:~e; XOCL 7tpae;
malveillants et prêts à nuire, et, comme l'a dit le Sauveur
Ta ~M7tTe:~v hmflm XOCL, we; e:!7te:v 6 ~WT~p, Èç &px-Yie;
il est homicide dès l'origine, le père de la malice l~
, 0
OCVVpW7tOXTOVOe; " "
e:crT~V 0 T'Y- )e; XOCx~oce;
,
7tOCT'Y,~ '12 À
)P oLOCuO oe; b , diable b. Or, nous sommes en vie maintenant, bien pius,
~wfle:v 3è: vuv ~fle:~e; XOCL flocÀÀoV XOCT' OCÙTOU 7toÀ~Te:u6fle:6oc, nous menons notre vie contre lui. Il est donc clair qu'ils
20 ~ ....
o'Y)Àm " ~"
e:~crL fl'Y)oe:v ~crXUOVTe:e;.
1 0'"UTe: yocp T07tOe;
l
OCUTOUe;
, \ "
e:~e; TO n'ont aucun pouvoir. Aucun lieu ne les empêche de
ÈmoouÀe:ue:w xwMe:~ oun cpLÀOUe; ~flOCe; 6pwcr~v, tvoc comploter contre nous. Ils ne voient pas en nous des amis
,'~
, ,,"', 0" 0'
cpe:~crWVTOC~, OUTe: cp~l\ocyocvm e:~cr~v, ~voc owpVWcrWVTOCL, OCI\I\OC
'"'"" à épargner et ils ne sont pas amis du bien au point de
XOCL flOCÀÀ6v Etcr~ 7tOV'Y)pOL XOCL où3év ÈcrT~V OCÙTO~e; 7te:p~- vouloir nous corriger. Au contraire, ils sont mauvais et rien
,~
cr7tOUOOCcrTOV "
we; TO fJ.",' '"" , 0
I-'I\OC7tTe:~V TOUe; cp~I\OCpe:TOUe; XOC~ ve:ocre:-
ne leur est plus à cœur que de faire du tort à ceux qui

7to(T~p omo Z 111l~ocooÀoç : 0 praem. FKMQ 1119 Ilè: vuv : o15v L Il~ o15v
4 TOU: y,xp praem. S Il 6 &!J.wç - m:crwv omo A Il wç: 0 LWZ Z Il vuv Dm. AFO Il !J.iiÀÀov omo IL II7toÀmu6!J.Evo~ 1 1120 Il-YjÀo[ : IlE~ÀO[
omo N a quasi c Il 6-7 xod 7tEcrWV - !J.6vov omo F Il Oc.ÀÀ,x - LMSTUXY Ilè: add. BN IlE~ÀOL Ilè: (y,xp R) DOU Il O(ÙTOLÇ AG Il
Oc.7tE~ÀEL omo R Il 6 Oc.ÀÀtX : xod 0 Il 7 !J.6vo~ç K Il TOUTO : TO(u6' S Il
21 opwcr~v : ÉO(UTWV add. BWZ r Il 22 OthE: oùllè: HRTUY OUTE wç
ù!J.wv : ~!J.wv OX 7tOCVTWV add. K Il 7-8 Àoy~~écr6w : oihw praem. 1 oùllè: y,xp N Il 22·23 lvO( ll~op6wcrWVTo(~ - dcr~ omo E Il 23 XO(L
CEGHILQSTVY oihwç add. W Il 8 XO(L aûVo(To(~: oihwç TE !J.iiÀÀov omo G Il ÈcrTLV O(ÙTOî'Ç inu. ADHLMRWZ r Il 23-24 7tEp~­
aûV()((J60(~ EQ XO(L aûvO(cr60(~ 0 Il 9 èmllE6évTEÇ 0 èvIlu6évTEÇ R Il cr7tOÛIlO(crTOV omo W 0 Il 24 wç : flÀÀo d !J.~ D
&cr!J.È:v: XO(L GIX XO(L add. LZ Il 10 O(ÙTOÛÇ AFGHILQ Il !J.è:v omo
EOQ Il 11 ~À<i7tT0!J.EV : èOÀ<i7tTO!J.EV NTV ~À<i1ji0(~ dlluvOC!J.E60( R Il
12 'Hlluvoc!J.E60( Ilè: XO(L omo G 111lè: omo DLM Il XO(L omo F Il xpu7tT6!J.EVO~ 28. a. Cf. II Cor. 10, 7 Il b. Cf. Jn 8, 44
- O(ÙT01)Ç omo F Il À0(6ELV 0 1113 O(ÙTWV : ÉO(UTWV EQ Il T,xÇ omo Q r Il
14 XEXÀE~cr!J.évwv : XO(L XEXÀE~cr!J.évwv (XÀELO!J.évwv L) EGH Il TWV omo 1. Depuis la venue du Christ sur la terre, l'Ennemi a perdu sa
FIKL Il 14-15 dcrEÀ6ELV aûVo(VTo(~ inu. F Il 15 Tiii omo F Il TE : Ilè: M force .. Quelques autr~s text.es chez Athanase: De incarn. 47 s. : Ep.
Il 16 TOÛTWV 7tpWTOÇ inu. BCDEGILMQTWXZ Il 16-18 dcrL 1lÈ: - ad ep~scopos Aegypt~ et L~byae l, 2. La pensée se trouve fréquem-
ll~ocooÀoç omo E 1116 XO(X06EÀELÇ : XO(L praem. K Il 7tpàç : dç ACHTUV m~nt dans les écri,ts chrétiens, par exemple: JUSTIN, 1 Apol. 2, 5;
1117 0 ~WT~p, è~ ocpX'ÏÏç inu. GIL Il ~WTI]P : xûp~oç 0 1118 T'Ïjç xO(x[O(ç D~al. 45, 3; ORIGENE, C. Celsum 1, 31; AUGUSTIN, Enchir. 14, 50.

l
214 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 28, 5.10 215
25 oouv"t"ocç. 6. ~~iX oÈ: "t"a fJ."fJoÈ:v ouvoccrEloc~ 1tO~E'i:V, o~iX "t"OU"t"o aiment la .vertu. et ~onorent Dieu. 6. Mais puisqu'ils ne
oùoÈ:v 1tmoumv ~ fJ.6vov OC1tE~ÀOUcr~v. Et yiXp ~ouvocv"t"o, OÙX peuve~t rIen fane, Ils ne font rien d'autre que menacer.
~fJ.EnOV, ocn' EùElùÇ È:v~pyouv "t"a xocx6v, hO[fJ."fJv ~:x.OV"t"EÇ C~r s'Ils p~vaient, ils n'attendraient pas, mais exécute-
dç "t"OU"t"o "t"~v 1tpooc[pEmv, xoc~ fJ.IiÀ~cr"t"oc xocEl' ~fJ.wv. 'Iooù raIent aussItot le mal, leur volonté y étant toujours prête,
youv vuv cruvEÀEl6V"t"EÇ XOC"t"' ocù"t"wv ÀocÀoufJ.EV, xoc~ LcrOCcr~V surtout contre nous. Nous voici donc réunis maintenant
30 (h~ 1tpOX01t"t"6V"t"wv ~fJ.WV OCcrElEVOUcr~V ocù"t"oL 7. Et "t"o[vuv no~s ~arlons contre eux, et ils savent que nos progrès le~
e:ï:x.ov È:~oucr[ocv, oùoÉ:voc &v ~fJ.wv "t"wv :x.p~cr"t"~ocvwv occp-ïjxocv a~albhs~ent. 7. S'ils en avaient le pouvoir, ils ne laisse-
raI~nt v~vre aucun de nous, les chrétiens, car la piété est en
~-ïjv' « ~oÉ:ÀuyfJ.oc yiXp ~fJ.ocp"t"wÀ<Ï> ElEocrÉ:OE~OC c ». 8. 'E1tE~­
execratwn au pécheur c. 8. Mais comme ils ne peuvent
o~ oÈ: oùoÈ:v Mvocv"t"oc~, o~iX "t"oiho fJ.ocÀÀov Éocu"t"oùç "t"~"t"p<ûcr­
rie,n, c'est plutôt eux mêmes qu'ils blessent en ne pouvant
xoumv, (Sn fJ."fJ0È:v MvocV"t"oc~ 1tO~E'i:v c1v OC1tE~ÀOUcr~v. "E1tE~"t"oc executer aucune de leurs menaces. La réflexion suivante
35 XOCXE'i:VO ÀOy[~EcrElOC~ :x.P~, 1tpaç "t"a fJ.~ cpOOE'i:crElOC~ "t"01JTOUÇ . est également utile pour ne pas les craindre: s'ils avaient
d "t"a ouvoc"t"av tl1t-ïjP:x.EV ocù"t"o'i:ç, oùx ~P:x.ov"t"o fJ.E"t"' l):x.Àou du pouvoir, ils ne viendraient pas en foule ils ne
, \l>'
ouoE "" \l>' '!'"
cpocv"t"occr~ocç E1tOWUV OUOE fJ.E"t"occr:x."fJfJ.OC"t"~I.,0fJ.Evm EfJ.EVO-
D.'
susciteraient pas d'apparences trompeuses et ne :nachine-
OEUOV, ocÀÀ' ~pXE~ XOC~ fJ.6vov È:ÀElE'i:v ZVOC, XOC~ 1tm-ïjcroc~ "t"OU"t"O raient pas de métamorphoses. Il suffirait qu'un seul vînt, et
r/~' , (.A. fi. ""). rI ..... ( ,
01tEp ouvoc"t"oc~ xoc~ t-'0UI\E"t"OC~' xoc~ fJ.OCI\~cr"t"oc on 1tOCç 0 "t""fJv accomplisse ce qu'il peut et veut. Et surtout cette autre
40 È:~oucrCocv ~:x.wv où fJ.E"t"iX cpocV"t"occr[ocç ocvoc~pE'i: oùoÈ: "t"o'i:ç réflexion : celui qui en a le pouvoir ne cherche pas à tuer
o:x.Ào~ç ÈxCPOOE'i:, ocn' EÙElÙÇ wç ~OÛÀE"t"OC~ "t"ri È:~oucr[~ xoc"t"oc- par des apparences trompeuses ni à effrayer par des foules
• • A . '

888 xÉ::x.P"fJ"t"oc~. 9. 'AÀÀ' o~ OOC[fJ.OVEÇ, fJ."fJoÈ:v OUVIifJ.EVO~, 1toc[- malS aussItot, comme Il le veut, il use entièrement de son
i"
I.,oumv wç (', \ ..., ''''li.' , ' "
E1t~ crX"fJV"fJç, OCI\I\OC"t""t"OV"t"EÇ "t"ocç fLOPcpOCÇ xoc~ "t"ouç
~ouvoir. 9. Les démons, au contraire, .ne pouvant rien,
1toc'i:oocç È:xcpOOOUV"t"EÇ "t"ri "t"wv o:x.Àwv cpocv"t"occr[~ XOC~ "t"o'i:ç Jouent comme sur scène, changent de forme et effraient les
45 cr:x."fJfJ.oc"t"~crfJ.0'i:ç· È:~ c1v fJ.ocnov xoc"t"occppov"fJ"t"É:o~ wç OCcrElEVe:'i:Ç
enfants par des foules imaginaires et des déguisements. Il
faut donc les mépriser encore davantage en raison de leur
ocpdÀoumv e:ïvoc~. 10. '0 youv ocÀ"fJEl~vaç rxYYEÀOÇ, OC1tO-
faiblesse. 10. L'ange véritable envoyé par le Seigneur
cr"t"ocÀdç 1tocpiX "t"OU Kup[ou xoc"t"iX "t"wv 'Acrcrup[wv, où :x.pdocv
contre les Assyriens n'eut pas besoin de foules, ni d'une

25 fL1)ÔÈ:v: [1.~ GHN Il 26 ~ : d fL~ 0 Il ~ fL6vov ome:LÀouoW


am. Q Il OÙK : &'1 add. CGHNTUVXZ r Il 28 7tpoodpe:ow : 7tp66e:aLV
IX Koct 't"~v 7tp66e:I!LV add. B Il 'Iôoù: ~ôlJ UV Il 29 youv: oÛv 41 WC; : 8 CHNTUV I)crov 0 Il ~ouÀe:ûe:'t"aL Q Il 41-42 Ka't"axpYj't"ocL
LZ Il youv vuv : 't"OLVUV NO inu. EQ Il VUV : am. AUW KOCL praem. WZ ,0 Ka't"ocxpii't"OCL ,ABEFIKLQX r Il 42 'AÀÀ' ot: ot oûv U Il
BHIKTXY Il 'l1!OC(jLv : orôOCaLV CHNTUV Il 30 't"OLVUV : oÛv A Il 31 43 't"a: am. ~ Il fLOPcpocc; : cpWVOCC; T Il 44 ÈKcpOOOUV't"e:c; : &[1.7taLt;ov't"e:c; Q
OCcpYjKOCV ante ~fLWV transp. NTUVY Il 34 fL1)ÔÈ:v : où GWZ Il 36 OÙK : 1145 wV,: où !,ITV! Il [1.ocÀÀov: [1.cXÀLO''t'OC BINRX Il wc; : Kat praem.
&'1 add. BMWZ r Il fLe:'t"' IlXÀou: fLe:1"' IlXÀwv EFKLQSX fLe:'t"oc LRS Il OCcr6e:Ve:LC; : aôpocve:LC; A Il 46 ocpdÀouaL dvaL am V Il 46 oÛv
IlXÀwv BCY fLe:1"' IlXÀov G Il 37 I!X1)[1.oc't"Lt;6fLe:vOL CHNTUV Il 38 KOCL GIX Il &À1)~ç G Il 47 't"OU am. CHTUVZ Il Kuplou :. 6e:ou BFX
[1.6'10'1 ante ~pKe:L transp. GI KOCL am. Y Il &À6e:LV ~voc inu. BGIKLX
Il 39 1l7te:p : Koc667te:p R Il ÔUVtX't"OCL KOCt ~OÛÀe:'t"OCL inu. R Il fLiiÀÀov N
Il 40 où : fL6vov add. K Il 40·41 oùôÈ: 't"OLC; IlXÀOLC; &KcpOOe:L am. S Il 28. C. Sir. 1, 25

l
216 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 28, 10 - 29, 4 217
EcrXE'J 0XÀw'J, où qiOC'J't'OCcrLOCÇ 't'"Yjç E1;weE'J, où X't'll1tW'J, où apparence trompeuse, tout extérieure, ni de tumulte, ni
xp6't'w'J ocÀÀ' ~péfLoc 't'ji &1;OUcrLCf &xéXP'Y)'t'o xoct OC'JEL'ÀE'J d'applaudissements, mais il usa tranquillement de son
'CI" "~, , À ,~ d
50 EUVUÇ EXOC't'O'J oyoO'Y)XO'J't'OC 7tE'J't'E XL LOCOOCÇ • OL aè: fL'Y)aè:'J pouvoir et tua tout d'un coup cent quatre-vingt-cinq mille
aU'JOCfLE'JOL, oIoL eLcrL'J oL aOCLfLO'JEÇ, oihOL xoc'.i 't'OCLÇ qioc'J't'oc- hommes d. Mais ceux qui n'ont aucune puissance, tels les
crLOCLÇ 7tELpOC~OUcrL'J ÈxqiOOEL'J. démons, tâchent d'effrayer, au moins par leurs apparences
trompeuses.
29, 1. 'Eoc'J aé 't'LÇ 't'oc 't'ou lwo ÀOyLcr'Y)'t'OCL, xoct E'{7tYl'
~LOC 't'L o,)'J &1;EÀeW'J 6 aLOCOOÀOÇ 7toc'J't'oc xoc't" ocù't'ou Le diable ne peut rien sans la permission de Dieu
,
7tE7tOL'Y)XE'J; K'
OCL t'OoJ
't'W'J
1': l
fLE'J U7tOCpX0'J't'W'J
\ , ".L'À
OCU't'O'J E't'L WcrE'J, 't'oc'
aè: 't'éx'Joc OC'JEL'ÀE xoct E7tOCLcrE'J ocù't'à'J ~ÀXEL 7to'J'Y)p<j) a, 29, 1. Si quelqu'un réfléchit sur l'histoire de Job et dit:
• Pourquoi donc le diable est-il sorti et a-t-il tout fait contre
5 yL'Jwcrxé't'w 7tOCÀL'J 6 't'OLOU't'OÇ, ù>ç OÙX ~'J 6 aLOCOOÀOÇ 6
lui : le priver de ses biens, tuer ses enfants et le frapper
LcrXUW'J, ocÀÀ' 6 eEàç 6 7tOCpOCaOÙç ocù't'<j) 7tpàç 7tELpOC'J 't'à'J
lui-même d'une plaie maligne a ? ' il doit alors reconnaître
'Icilo. 2. 'AfLéÀEL fL'Y)aè:'J aU'JOCfLE'JOÇ 7tOL~crOCL, ~'t''Y)crE xoct
que ce n'était pas le diable qui était fort, mais Dieu, qui lui
Àocow'J Àomà'J 7tE7tOL'Y)XE'J. "Qcr't'E xoct &x 't'OU't'OU fLiiÀ- 3. avait livré Job pour l'éprouver. 2. Ce fut justement parce
l \ fI , 1 \ Cl'À 1':'
,~, D.
Ào'J xoc't'OCy'JWcr't'EOÇ Ecr't'L'J 0 EXVpOÇ O't'L, XOCL't'OL vE W'J, OUoE qu'il ne pouvait rien faire que le diable demanda la
10 Xoce' É'Jàç LcrXUcrE'J oc'Jepcil7tou aLXOCLOU. EL yocp LcrXUcrE'J, OÙX permission et n'agit qu'après l'avoir reçue. 3. Aussi
,\"
OC' "~"
J Yl't"Y)crE'J' OCL't''Y)crOCÇ tl
oE OUX OC7tOC" oc oc XOCL\ OEU't'EpO'J,
~'ÀÀ' ~ 1
faut-il encore pour cette raison mépriser davantage l'En-
,
qiOCL'JE't'OCL
, CI'
OCcrVE'J'Y)Ç XOCL
, ~,
fL'Y)oE'J
~ ,
OU'JOCfLE'JOÇ.
4• K'
OCL ou
, nemi puisque, bien qu'il le veuille, il n'avait aucun
CI "
vocufLoccr't'O'J EL XOC't'OC 't'ou
, - 'l'!?
WU
,,, .,
OUX LcrXUcrE'J, 07tOU yE OUoE
,~, pouvoir, même contre un seul juste. Car s'il avait eu le
,.... ...., .... , ,
XOC't'OC 't'W'J X't"Y)'JW'J OCU't'OU EyE'JE't'O, EL fL'Y) cruYXWp'Y)crocç 'Y)'J 0
" l ';' 1':
pouvoir, il n'aurait pas demandé la permission; et il ne la
demanda pas seulement une fois, mais deux fois, ce qui
montre qu'il est faible et qu'il ne peut rien. 4. Il n'est pas
48 €IX€\I IL Il 0XÀW\I : 07tÀW\I G Il où tpOC\lTOCcrLOCC; TIjc; : où8è: tpOC\lTOC- étonnant qu'il n'ait eu aucun pouvoir contre Job, puisque
crLOCC; 0 Il T'liC; omo ADEKLMQRSTUVXY Il TIjc; ~~w6€\1 omo FG Il
rien ne serait arrivé, même à ses troupeaux, si Dieu ne
lmJ7tOU U Il 49 KpOTOU BQSX Il KÉXP1JTOCL BILQRSUX Il 50 €ù6Éwc;
BHlLOUVX Il XLÀLOC8occ; : ,x\l8pw\I add. IL Il fL1J8è:\I : fL~ AI fL1J8è: N
Il 51 OrOL (o7toîm K) dm\l 01 8OCLfLO\l€C; : 8., OrOL dcrL\I WZ r dm\l 8. a Il 7t€LPoccrfLO\l CILOSX Il TO\l : TijJ AM TOU CHLOUY Il 7 fL1J8è:\I :
Q Il 52 7t€LPOC~OUcrL\l &Ktpoo€î\l: inu. DOZ r &. fLo\lo\l 7t. BW fL~ AKLTUV KOC! fL~ Y Il 8u\l1J6dC; L Il 8 ÀOCOW\I Àomo\l 7t€7tOL1JK€\I :
~ÀOCO€\I Z Il Àomo\l omo FHTW r Il 7t€7tOL1JK€\I om . W Il "QcrT€ omo
P deest DKM Il 9 0 È:X6poc; omo A Il othe CHILTY Il 9-10 où8è Koc6' &\lOC; :
29, 1 'E~\I : OC\l AFK Il T~ : TO BNTX omo U Il KOCL €m?) omo KOCT' où8€\loc; FOQ où8è:\I Koc6' boc; R Il 10 ,x\l6pw7toU omo IR Il Et
S Il 2 0;)\1 : omo IS \lU\I W Il &~€À6w\I 0 8LOCOOÀOC; inu. GL Il y~p : 1) 0 Il 13 d : ()"rL K Il Y€ omo UV Il 14 &yÉ\I€TO : &yL\I€TO KR
7tOC\lTOC : T~ add. KS Il oc1ho\l S Il 3 OCÙTOU IL OCÙTijJ R Il &tjJLÀWcr€\I : 7t€PL€yÉ\I€TO LSU È:M\lOCTO 0 È:yL\I€TO oÀ€6poc; BWZ r Il 14-15 cruy-
&crTÉP1Jcr€\I NS &YÛfL\lwcr€\I OU Il 3-4 T~ 8è: TÉK\lOC ,x\l€ÎÀ€ omo F xwp~crocc; ~\I 0 6€0c; : cru\I€xwp~61J tmo TOU 6e.oU 0
Il 4 TÉK\lOC : OCÙTOU add. G Il ~7tOCLcr€\I (~7t€cr€\I DEGS) OCÙTO\l : &K€î\lo\l
~7tOCLcr€\I BMWZ r ~7t€cr€\I OCÙTijJ (&7t' OCÙTO\l U) LR OCÙTO\l ~7t€cr€\I 0 Il
5 7tOCÀL\I omo 0 Il 0 TOLOU"WC;, wc; : (lTL oô-rOC; OÔK UV Il wc; : ()n EOQ 28. d. Cf. IV Rois 19, 35
Il 02 omo F Il 6 7tocpoc80ùc; : 7tOCPOC8L80ùc; DEFWZ r qui tradidit 29. a. Cf. Job 1, 15-22; 2, 1-7
218 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 29, 4 - 30, 3 219

15 ve:oç. 5 • 'A'"
Cl' , ~, XOtTOt, XOLpÜlV
/\/\ Ouoe: , "
e:Xe:L " e:c;,0U(JLOtV.
TYlV 1:" ' l'avàit pas permis. 5. Il n'a même pas autorité sur des
« IIOtpe:xocÀouv » yocp, wç Èv TOLç e:ÙOtyye:À(OLÇ yÉypOt1tTOtL, porcs, puisqu'ils suppliaient le Seigneur - comme il est
TOV KUpLOV, « ÀÉyovnç' 'E7t(Tpe:~ov ~flLV oc7te:À6e:Lv e:tç écrit dans les Évangiles - en disant : • Permets-nous
,
TOUÇ ,
XOLPOUÇ b
.» E'L oe:
'1" '1"
fl'Y)oe: ",
XOLpÜlV '1:"'
e:XOU(JLV e:<.,OU(JLOtV,
d'entrer dans les porcs b. ' S'ils n'ont même pas autorité
sur des porcs, à bien plus forte raison n'ont-ils pas autorité
7toÀÀ<j) flOCÀÀov Té;)V XOtT' dx6vOt 6e:où ye:ye:V'Y)flÉVÜlV
, o.' C ' "e:XOU(JLV e:<.,OU(JLOtV.
't:" contre l'homme fait à l'image de Dieu cl.
20 OtvvpÜl1tÜlV OUX
L'ascèse et la vertu
sont des armes puissantes contre les démons

30, 1. C'est donc Dieu seul qu'il faut craindre; eux, il


faut les mépriser et ne leur prêter absolument aucune
attention. ~Mais plus ils en font, plus nous devons renforcer
notre ascèse contre eux. 2. C'est une arme puissante
contre eux que la vie droite et la foi en dieu. C'est
pourquoi ils craignent le jeûne des ascètes, leurs veilles,
leurs prières, leur douceur, leur calme, leur mépris de
l'argent et de la vaine gloire, leur humilité, leur charité
pour les pauvres, leurs aumônes, leur patience et, avant
tout, leur piété envers le Christ 2. 3.. C'est pour cela

16 yrip : 01 SocLfLoVEÇ add. G Il Toîç EÙOCyye),LOLÇ : T<il EÙOCyyû,L<p TO'J praem. ABCEFIRSTU Il 7tLO"nc;; : ~fLW\l praem. GÈ;À1t~ç XOCL
CDGMWZ r in euangelio a Il yÉypOC7tTOCL omo R Il 17 T<il XUpL<p
praem. K Il youv : yocp BKLRX Il 6 OCcrX'1)T&V : fLovocX&v XOtL
EGOQ Il ~fLiiç ADEFQRU Il dç: x&v praem. BEGHLSVXY Il praem. G Il T~v2 : XOCL praem. EQ Il 7 ~crûXLOv MRS Il 9 TOV
18 fL'1)SÈ : fL~TE GO oùSÈ R fL~ SU Il XOLpWV : XOtTIX praem. AR XpLcrTav : xpLcrTav AEFLOQSTUVXY Tav XÛpLOV G 1110 EùcrHjELocv :
XOCTOC T&V praem. K T&V praem. 0 Il è:1;OUcrLocv : T~V praem. CDEF 7t[crnv XOCL praem. Q Il Ô.LOC TOUTO : SL' OCÙTa F Il 7tlXVTOC : TOCUTOC M
HKMQSUV Il 19 yEyov6TWV BIL YEvofLÉvwv EFQSX Il 20 oùx
1tXOUO"LV è:1;OUcrLocv : è:1;OUcrLocv omo CEFQRSTUVXY r T~V è:1;OUcrLOCV
Il tvoc : yocp add. G
oùx 1tXOUO"L IL où XUpLEûoucrL BDMWZ

P deest 29. b. Matth. 8, 31; Me 5, 12; Le 8, 32 Il C. Cf. Gen. 1.26-27; 5, 1;


30, 1 Tov : yocp add. A Il &poc : S1: 1 yocp Rom. S Il fL6vov :ante
9.6
<poodcr6ocL transp. ABHKLR post <pooEîcr6ocL transp. 0 Il SEL <poOEî-
cr60CL inu. r Il 2 XOCL : ~ praem. HT Il OCÙTêi:JV R ocùToîç (post
7tpOcr7tOLELcr6ocL transp.) K Il 7tpOcr7tOLELcr6ocL : SESLÉVOCL WZ r <pOOELcr6ocL
1 SdÎLÉVOCL ~ <pOOELcr6ocL B omo LM abiciendi a Il 3 XOCL omo LR 1. L'homme fait à l'image de Dieu: cf. ATHANASE, C. gentes 34;
Il 8crov HOWZ r 8croc N Il TOLOCUTOC T Il ~fL&V CHTUVY Il 5 ~[oç : De incarn. 3; C. Arian. 2, 78-80.
(; ~[oç D à ~L6c; à M Il àp6oc; : xoc6ocpoc; U Il ~ : omo F d R Il 6EOV : 2. Voir la liste des vertus en 17, 7.
220 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 30, 3 - 31, 3 221

Exwm ,"oùç '7tinounocç oclhouç. "Icrocm yocp ,"~v xoc'"' OCÙÛ;)V qu'ils font tout pour n'être pas foulés aux pieds. Ils savent
aoeûcrocv xocp~V ,"o~ç mcr,"o~ç 7tOCpOC ,"ou ~w'"lipoç, ÀÉyonoç en effet la grâce donnée contre eux aux fidèles par le
ocù,"ou . « 'Iaoù aÉawxoc UfL~v Èçoucr(ocv 7tocn~v È7tOCVW OcpEWV Sauveur quand il a dit: ' Voici, je vous ai donné le pouvoir
xoc~ crXOp7t(WV, XOC~ È7t~ 7tiicrocv ,"~v aUVOCfL~v ,"ou ÈXepou a. »
de fouler aux pieds serpents, scorpions et toute puissance
de l'ennemi a. '
31, 1. "Av '"o(vuv XOC~ 7tpOÀÉyE~v U7toxp(vwnoc~, fL~
Ne pas faire cas de leurs prédictions. Elles sont vaines
7tpocr7to~dcrew ,"~ç. IIoÀÀocx~ç yocp 7tpO ~fLEpWV ÀÉyoum
, '~À
,"ouç fLEVlJ.' 'Y()fLEpOCÇ
, , -
OC7tOCV,"Wv,"ocç OCoE l
cpouç' , "
xoc~ EPXOV,"OC~
31, 1. Dès lors, même s'ils font semblant de prédire
fLè:v Èxûvo~. IIowucr~ aè: '"ou'"o o;ho~, où X'Y)a6fLEVO~ ,"WV l'avenir, que personne n'en fasse cas. Souvent, en effet, ils
5 ocxou6v,"wv, ocÀÀ' LVOC mcrnuE~v ocù,"o~ç 7tdcrwmv ocù,"ouç, annoncent plusieurs jours à l'avance la venue de frères, et
XOC~ ,"6,"E Àomov U7tOXE~p(OUÇ ExonEç OC7toÀÉcrwcr~v. ceux-ci arrivent. Eux pourtant ne font pas cela par souci de
2. "OeEV où aE~ 7tpOcrÉXE~V ocù,"o~ç, ocnoc XOC~ ÀÉyonocç ceux qui les écoutent, mais pour les persuader d'avoir
ocVOC,"pÉ7tE~V Xp~, 5,"~ fL~ XPE(OCV EXOfLEV ~fLÛÇ ,"oU,"WV. T( confiance en eux, et pour les perdre ensuite une fois qu'ils
'a ,) À 1 l
yocp vocufLoccr,"ov, E~ E7t,"O,"EpO~Ç xpWfLEvm crwfLoccr~ fLocÀÀov
, .... les auront .bien en main. 2. Il ne faut donc pas se
10 '"WV OCVepW7tWV, ,"oùç ocpçocfLÉvouÇ 6aEUE~V ÉWpOCX6,"EÇ, préoccuper d'eux, mais plutôt les repousser quand ils nous
parlent, parce que nous n'avons pas besoin d'eux. Quoi
7tpoÀocfLoocvoucr~ '"0 ap6fLcp XOC~ OC7tocyyÉÀÀoumv; 3. Tou-
d'étonnant en effet si, ayant des corps plus subtils que les
'"0 XOC~ L7t7tcp nç ÈmxOCe~fLEVOÇ 7tpOÀÉyE~ ,"ou 6aEUOV,"OÇ
hommes 1 et voyant des gens se mettre en route, ils les
- 7tomv.
,"o~ç '''rl .l.oIcr,"E oua, "",EV ,"OU,"CP
, XP'Y') L I ' ,...
VOCUfLOC",E~V "
ocu,"ouç. précèdent à la course et les annoncent? 3. Cela, quel-
qu'un qui monte un cheval peut aussi le prédire 2 avant
celui qui chemine à pied. Par conséquent, même en cela il
Il 1tOtTOUVTOtÇ XOtTOt1tOtTOUVTOtÇ BDEKMWZ r ci1tOtTWVTOtÇ X
ci1tOtVTWVTOtÇ R Il 11-12 XOtT' OtÙTWV 806e:LO'OtV inu. 0 Il 12 XlXp~V :
OtÙTOï:Ç praem. R Il 13 OtÙTOU : OtÙTOï:Ç A OtÙT</l Yom. D Il ûrûv : 30. a. Lc 10, 19
TI)v add. OUZ Il È~ouO'[Otv: am. ERTVW TOU add. CDN XOtT,x
1tVe:UIJ.IXTWV cixOt6IXPTWV X
1. Selon Antoine les démons ont des corps faits d'une matière
P deest subtile, ce qui leur permet de se déplacer avec une grande vitesse. Il
31, l "Av : &,xv NO am. B Il "Av TO[VUV XOtL : TO[VUV xocv IX Il n'est pas le premier à émettre une telle opinion; cf. TERTULLIEN,
tJ7tOXp(VOVTOU BI Il 2 TLÇ : 1J.'lJ8dç F cixoue:~v add. Z Il ~1J.e:pwv : ~lJ.wv Apol. 22, 8 (les démons sont ailés et se déplacent instantanément;
OR Il 3 TOÙÇ : È1tL praem. 0 Il 1J.e:6' ~1J.é:pOtV ACHIKLNORTUVYZ ainsi ils peuvent annoncer des faits qui se passent au loin) ; 22, 10 (ils
xOt6' ~IJ.ÉpOtV F Il 4 TOUTO oihm : inu. BIL ol TmouTo~ EQ Il où : prévoient les phénomènes célestes tels que la pluie, parce qu'ils
OÙX wç B Il 6 Èmxe:~p(ouç A Il ci1toÀÉO'wmv: OtÙTOÙÇ add. ALS Il demeurent dans l'air). AUGUSTIN (De diuin. daemonum 3, 7) parle de
8 IJ.~ : où EKOQ Il 9 y,xp am. 0 Il 10 civ6pw1twV : XOtL add. DWZ leur (' aërii corporis superiorem mobilitatem; ... non solum cursus
r Il Il T</l 8p61J.<p am. Q Il 1tOtpOtyyÉÀÀoumv S Il 11-12 TOUTO am. quorumlibet hominum uel ferarum, uerum etiam uolatus auium
F Il 12 t1t1tOU UV Il xoc6~[.Le:voç BFIX Èmxoc6(crocç EQ Il 1tpoÀÉye:~ : incomparabiliter uincant ».
1tpOÀOtIJ.OIXVWV add. BGWZ r lJ.iiÀÀov 8È add. 0 1tpoo8e:ue:~ CHNY 2. rrpoÀÉye:~v TLVOÇ : ici avec le sens spécifique d'"~ annoncer avant
1tO~e:ï: 1tpoo8e:uwv T Il TOÙÇ 68e:uOVTOCÇ N un autre »; cf. 32, 3 : €Àe:ye: 1tpO TWV &ÀÀwv.
222 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 31, 3 - 32, 2 223

Où~È:V y~p 'r&V f1.~ ye.:VOf1.ÉVWV 1t'poy~vwcrXOU!nV, &ÀÀ~ ne faut pas les admirer. Ils ne savent à l'avance rien de ce
15 f1.6voç 0 6e.:6ç Ècrnv 0 'r~ 1t'1XV'r1X y~vwcrxwv 1t'pLV ye.:VÉcre.:Wç qui ne s'est pas encore produit. Dieu seul connaît toute
, - a
IXU'rWV. 4 • 0"U'rO~ oe.:
",,,IX (J.À' 'À
t-' e.:1t'Oucr~v, Wç X 'e.:1t''rIX~, 1t'pO'rpe.:-
, chose avant qu'elle ne se produise a. 4. Eux, ils annon-
X0V're.:ç &1t'lXyyÉÀÀoucr~V. II6crmç vuv 'r~ ~f1.&V, XIXL O'r~ cent ce qu'ils voient, en courant devant, comme des
O"uv~À60f1.e.:v XIXL 0f1.~ÀOUf1.e.:V XIX'r' IXÙ'r&V, crYJf1.IX[VOUcr~v, 1t'pLV voleurs. A combien annoncent-ils maintenant ce que nous
1t'lXp' ~f1.&V 'r~ç &1t'e.:À6~v &1t'lXyydÀY). 5. Tou'ro ~È: XlXl faisons - nous sommes réunis et parlons contre eux -
20 1t'1X"rÇ 'r~ç 'rlXxu~p6f1.0ç 1t'O~~crlX~ OUVIX'rIX~, XIXL 1t'pOÀIXOe.:"rV 'ràv
avant que quelqu'un de nous parte pour l'annoncer?
(J. ", "0 oe.:
", À'e.:yw, 'rowu'rov
- " e.:crnv. "A V nç IXPsYJ'rIX~
" 1:"
5. Un enfant bon coureur peut en faire autant et devancer
t-'PIXOUVOV'rIX.
celui qui va lentement. Voici ce que je veux dire : si
1t'e.:pmlX're.:"rv &1t'à 'r1jç eYJOlXt~oÇ, ~ &1t'6 'r~Voç &ÀÀYJç XWpIXÇ,
quelqu'un se met en route de Thébaïde, ou d'une autre
1t'pLV f1.È:v &pÇYJ'rIX~ 1t'e.:pmlX're.:"rv, oùx 'lcrlX!nv e.:L 1t'e.:pmlX'r~cre.:~. région, les démons ne savent pas s'il se mettra en route
IIe.:pmlX'rouv'rlX ~È: 'roU'rOV É:wplXx6nç 1t'po'rpÉXoucr~v, XIXL avant qu'il n'ait commencé à le faire. Mais l'ayant vu se
25 1t'pLV ÈÀ6ûv lXù'ràv, &1t'lXyyÉÀÀou!nv. 6. KIXL o{hw O"uf1.- mettre en route, ils courent devant, et l'annoncent avant
892 OIX[Ve.:~ 'rou'rov f1.e.:6' ~f1.ÉpIXÇ ÈÀ6e.:"rv.IIoÀÀ1Xx~ç ~È: 'r&v qu'il n'arrive. 6. Et ainsi se fait-il qu'il arrive quelques
, C l ",II" '"
1t'e.:pmlX'rouv'rwv U1t'ocr'rpe.:<pov'rwv e.:'fe.:UO"IXV'rO lXu'rm. jours après. Mais souvent, quand les voyageurs reviennent
sur leurs pas, ils se sont trompés.
32, 1. O{hw XIXL 1t'e.:pL 'rou 1t'O'rIXf1.[OU Ü~IX'rOÇ ~crnv on
"\ - 'E WpIXXO're.:Ç
' , 1t'0ÀÀ'" , Ils n'annoncent que ce qu'ils ont déjà vu
<pI\UlXpOU!nV. ylXp ouç ue.:'rouç y~v0f1.e.:vouç
Èv 'ro"rç 'r1jç AWw1t'[lXç f1.Épe.:!nV, XIXL e.:L~6're.:ç, wç Èç hdvwv
32, 1. De même, il leur arrive aussi de bavarder à propos
~ 1t'ÀYJf1.f1.UplX 'rou 1t'0'r1Xf1.0U y[Ve.:'rIX~, 1t'pLV ÈÀ6ûv e.:Lç 'r~v des eaux du fleuve. Lorsqu'ils ont vu des pluies abondan-
5 A'lyu1t''rov 'rà Ü~wp, 1t'pO'rpÉxovnç ÀÉyou!nv. 2. Tou'ro ~' tes dans les régions de l'Éthiopie, sachant que c'est la
cause de la crue du fleuve, avant que l'eau n'arrive en
Égypte, ils courent en avant et le disent. 2. Les hommes
14 YE'IOfLÉ'IW'I : YL'IOfLÉ'IW'I GHNST 7tpoYE'IOfLÉ'IW'I BEIQX 7tpO-
YL'IOfLÉ'IW'I L Il 7tpOYL'IWO"XOUO"L'I : yL'IWO"XOUO"L'I A Il 15 fLÔ'IO'l N Il
o omo U Il È:O"n'l - yL'IWO"XW'I : olOE'I TÔt mbToc 0 Il TÔt omo EHKL TW'I (Ù7tOO"TpEtjJ6t'l'rCù'l OQ) : TOU 7tEpmOCTOU'ITOe; Ù7tOO"'rpÉtjJOC'lTOe; BCILX
WXZ r Il 16 we; XÀÉ7tTOCL omo 1 Il 16-17 7tpOTpÉXO'lTEe; : 7tpOOÀÉ7tO'lTEe; Il 27 OCù'ro[ : oihoL CGKLNORSTUVY oi TOLOU'rOL DEFMQ
W Il 17 TÔt ~fL(;')\I : 'rÔt ~fLÉTEpOC XOCL B 'rÔt ~fLÉTEpOC 1 XOCL ~fLW'I Q
TÔt ~fLETÉpW'I X Il 18 XOCL OfLLÀoufLE'I omo 1 Il 19 ne; OC7tEÀ6w'l inu. P deest
BCHKLTUXY Il àmEÀ6w'I àmocYYED..rJ inu. M Il oÊ : o~ V Il 20 7tOCLe; 32, 1 OÔTW : OÛTOL A omo F Il 7tOTOCfLLOC[OU R Il ÔOOCTOe; : PEUfLOC'roe;
TLe; : TLe; omo BILX 7tiie; ne; WZ opq puer a Il 7tOL~O"OCL OU'lOCTOCL L Il 2 YL'IOfLÉ'IOUe; : YE'IOfLÉVoue; ABDEFKMQRWX omo 0 Il 3 fLÉPE-
inu. BIX Il XOCL 7tpoÀOCOe:L'I : 7tpoÀOCOW'I AGLTWYZ r antecedendo a O"LV ante T~e; transp. F Il iOô'lTEe; LO Il we; : on 1 Il È:1; hEÎ'Iw'I :
Il 21 ~pOCM'IOC'lTOC CDFIKMQWZ r Il "A'I : ÈcXv CGILNOSX Il 22 moe; post 7tOTOCfLOU transp. EQ è:1; hEÎ'Iou HKNTUVY Il 4 ~ : omo OR
ocÀÀ'lJe; inu. GHNRV Il 23 fLÊ'I omo F Il 7tEpmoc're:L'I omo LS Il 24 'rpÉ- we; M 1/ 5 7tEpLTpÉxonEe; 1
XOUO"L'I NTY Il 25 È:À6EL'I ocù'rO'l (OCÙTOÙe; G) : inu. CLMWZ r OCl)'l"(l'l
,hEÀeEL'I D Il OCù'ro[ add. L Il 26 'rou'roue; ABHMNOQTUVY r Il
fLEe' ~fLÉpoce; È:ÀeEL'I inu. BI Il 26-27 TW'I 7tEpmoc'roU'I'rW'I {moO"'rpEcpÔ'I- 31. a. CL Dan. 13, 35a
224 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 32, 2 - 33, 2 225

OCV XOCL O[ &V6PWrcOL dp~xoc(rLV, d "t"ocrOt)-rOV ~Mvoc'J"t"o l'annonceraient aussi bien, s'ils pouvaient courir aussi vite
~pocfle:r:v, ()crov he:îvOL. 3. KOCL &crrce:p 0 crxorcoe; "t"OU qu'eux. 3. Le guetteur de David, monté sur un lieu
~ocoŒ, ocve:px6fle:VOe; de; ut)i'Y)À6va, flocÀÀov "t"OU X&:"t"W élevé a, apercevait plus facilement celui qui venait que
,
fle:vov"t"oe; 'ei'
rcpoe:UI\e:rce: , ,
"t"ov e:pxofle:vov, XOCL ocu"t"oe; oe: 0(
"\~, l'homme resté en bas, et celui qui courait en avant
10 rcpo"t"pÉXwv ~Àe:ye: rcpo "t"wv &ÀÀwv, où "t"1Î fl~ ye:v6fle:VOC, rapportait lui aussi avant les autres, non pas ce qui ne
s'était pas encore produit, mais ce qui était déjà en train
ocÀÀIÎ "t"1Î ~~'Y) o~e:uo'J"t"OC XOCL YLv6fle:wx, Otl"t"W XOCL oihOL
de se produire; de même eux aussi se donnent délibéré-
X&:flVe:LV oc[pOUV"t"OCL XOCL cr'Y)flOC[VOUcrLV OCÀÀ~ÀOLe;, tvoc fl6vov
ment de la peine et s'informent les uns les autres à seule
, -
OCrcOC"t"WcrLV. 4• "Av fle:V"t"OL
' 'Y") rcpOVOLOC fle:"t"OC<"u
t:' "t"L (.1.
t-'0u- fin de tromper. 4. Toutefois, si la Providence, entre
Àe:Ucr'Y)"t"OCL rce:pL "t"wv u~hwv ~ "t"wv o~e:u6v"t"wv (~Çe:cr"t"L ylÎp temps, décide quelque chose au sujet des eaux ou des
15 ocù"t"~), èt)ie:ucrocv"t"o o[ ~OC[flove:e;, XOCL ~rcoc"t"~6'Y)crocv o[ rcpocr- voyageurs, comme cela lui est possible, les démons auront
e:crX'Y)x6ne; ocù"t"oîe;. menti, et ceux qui leur auront prêté attention auront été
trompés.
33, 1. ÜÜTCù O'uvÉcr't"l) T<X. 'TWV (E}J\.~vCùv ~CXV'Te:LCX xcxt
oihwe; èrcÀocv~6'Y)crocv rcocplÎ "t"wv ~OCLfl6vwv "t"a rcp[v, ocÀÀIÎ Ils conjecturent plutôt qu'ils ne prévoient
XOCL oihw rcÉrcocU"t"OCL Àomav ~ rcÀ&:v'Y). "'HÀ6e: ylÎp 0 KUpLOe; 0
crùv ocù"t"~ "t"~ rcocvoupy[~ OCÙ"t"wv XOCL "t"oùe; ~OC[flovoce; 33, 1. C'est ainsi que se sont constitués les oracles Ides
5 XOC"t"ocpy~croce; a. 2. Où~È;v ylÎp yLVWcrXOUcrL'J occp' É:ocu"t"wv, païens, et que ceux-ci ont été égarés autrefois par les
ocÀÀ' we; XÀÉrc"t"OCL, & rcocp' &ÀÀOLe; OpWcrLV, "t"OCU"t"OC ~LocMÀ­ démons; mais c'est ainsi qu'aujourd'hui l'erreur a pris fin,
ÀOUcrL XOCL flocÀÀoV cr"t"oxoccr"t"oc[ dcrLV ~ rcpoyvwcr"t"OCL. ~L6, car le Seigneur est venu qui a réduit à J'impuissance les
démons a et leur fourberies. 2. En effet, ils ne savent rien
par eux-mêmes, mais comme des voleurs, ce qu'ils voient
6 &v omo QX Il oL omo ADFGMRW Il dp~xoc(nv : omo A dp~­ chez d'autres, ils le communiquent; ils conjecturent plutôt
xe:~crocv F &v add. 0 Il d : dç KLN Il 7 lîcrov : &crTte:p M Il à
omo N Il 8 ùY;"fJMv : ily;oç EQ TOTtOV add. R Il 9 iJ.ÉVOVTOÇ omo EQ
5 KOCTOCPY'hcrocç : XOCT~PY"fJcre: FG
xocL ~v TtMv"fJv È~OCtpOCVLcrOCÇ add. R Il
Il TtpooÀÉTtCùV G TtpooÀÉTte:~v 1 Il 0 omo S Il 10 où omo HK Il 11 Tdt oùoè B Il ydtp: ocpoc CHKTY oov ocpoc G Il 6·7 o~ocMÀÀoucr~ :
~0"fJ àOe:UOVTOC : &.d OLOOe:UOVTOC 0 Il ye:voiJ.e:voc BCFGHIKOSTUVXYZ
o~ocÀocÀo;:;mv B o~ocyy~Àoucr~ N
Il XOCL oOTm : X&.Xe:LVO~ A XOCL OCÙTOL KX OÙTO~ omo W Il 12 xociJ.e:LV
A Il &.ÀÀ~Àmç : ocÀÀo~ç CHTUVY r sibi inuicem b alterutrum c Il
13 ''Av: Èdtv BIOS Il iJ.e:TOC~U omo 0 Il T~ omo AK Il 13·14 ~OUÀe:Ue:TOC~ 32. a. Cf. II Samuel 18, 24
IX Il 14 ~ : ~ Tte:pL BFT xocL Tte:pL DHKNRUVY xocL ISX Il 33. a. Cf. 1 Cor. 2, 6; Hébr. 2, 14.
15·16 ~1t(iT"fJcrocv TOÙÇ Ttpocre:crX"fJXOTOCç F

P deest 1. Cf. VA 79, 1. Remarques semblables sur les oracles et


33, l 'EM~vCùv : ooc~iJ.6vCùv S Il iJ.OCVTLOC~ M Il XOCL omo L Il 2 TtOCpdt : Ù1t(l le~. prédictio,!s des démons: ATHANASE, De incam. 46-47.55 (voir
G oL TtOCpdt WZ 0 Il TtpLV : TtpOTe:pOV S Il 3 TtÉTtOCUTOC~ Àomov inu. A Il I?ORRIES [BIbl. IV, 1], p. 178-180). Sur les conceptions chré-
Àomov : TO praem. BX Il 3·4 0 crùv : crùv ADMN ôç xocL G xocL crùv tI~nnes concernant les présages païens, voir, par exemple, ORI-
o Il 4 OCÙT'ii T'ii TtOCVOUpyLqt: T~V TtOCVOUpyLOCV G OCÙTOÙÇ XOCL ~v GENE, C. Celsum 4, 92 S. (SC 136, p. 414 s.) et 7, 2 S. (SC 150,
TtOCVOUpyLocv 0 Il xocL omo A Il 4·5 TOÙÇ OOtLiJ.ovocç XOCTOCpy~crOCç inu. A Il p. 14 s.).
,
1

l
VIE D'ANTOINE 33, 2-6 227
226 ATHANASE D'ALEXANDRIE
\ .... i. 1 ~,rl' , qu'ils ne prévoient 1. Ainsi, même si parfois ils disent la
XOCV OtÀ'Y)61j 1to't'E 't'CX 't'mcxu't'CX I\EyWO'LV, f1.'Y)0 OU't'Wç CXU't'OUç
, 3• K CXL\
\ " \ . ., " vérité, on ne doit pas pour cela les admirer. 3. Les
6CXUf1.CX~E't'W 't'LÇ. ycxp XCXL LCX't'pOL 1tELpCXV Exovnç
médecins aussi, parce qu'ils ont l'expérience des maladies
6 ' ' CXI\I\OLÇ
"" ' CXU't'"Y)V
"
quand ils ont observé la même maladie chez d'autre~
10 ,
't'&V VOO""Y)f1.CX't'WV, ''1''
E1tELOCXV EWp"Y)O"WO"LV EV 't'"Y)V

',160"0',1,
,
1tOÀÀCXXLÇ
Y'
O"'t'0XCXl.,0f1.EVOL
"
CX1tO
-
't'"Y)ç
6'
O"UV"Y) ELCXÇ personnes, émettent souvent un pronostic en vertu de leur
,
1tpOÀEyoumv. 4 • K' e -
CXL XUUEpV'Y)'t'CXL "
oE \XCXL
l ' yEwpym"1tCX À LV, expérience. 4. Les pilotes aussi, et les agriculteurs en
, , 6' (J.î l ,.... " 1 (X(j~V vertu de leur expérience 2 jugent de la disposition de j'air
CX1tO 't'1jç O"UV"Y) ELCXÇ I"'I\E1tOV't'EÇ 't'"Y)V 't'ou CXEpOÇ xcx't'CXO"'t' ,
1tpoMyoumv X EL f1.&VCX 1) Eu3LOV Oté:pcx ëO"E0"6cxL' xcxt où 3LeX. e~ p.rédisent la tempê~e ou le beau temps. Personne ne
15
-
't'OU't'O EX
, 6ELCXÇ
l ' ,
E1tL1tVOLCXÇ
,,!!. "
CXU't'Ouç r:T..V TLÇ EL1tOL 1tpOI\EyELV,
"\. 1
dIraIt pour autant qu'Ils prédisent par inspiration divine
,
OtÀÀ' Ot1tO ,
T1jç 1tELpCXÇ XCX~1 -
't'"Y)ç 6'
O"UV"Y) ELCXÇ. 5• "06 EV EL' "
XCXL OL mais plutôt, par expérience et habitude. 5. Si donc le~
,
3cxLf1.oVEç " CXU't'CX
't'CX , 1tO't'E O"'t'0XCXl.,0f1.EVOL
Y' • '
1tpOI\Eyoumv, '
f1."Y) LCX 3' démons eux aussi, par pronostic, font parfois de sembla-
_ , " 6 Y' '1" , , T' bles prédictions, on ne doit pas pour cela les admirer, ni
't'ou't'O 't'Lç CXU't'Ouç CXUf1.CXl.,E't'W f1."Y)OE 1tpOO"EXE't'W 't'ou't'mç. L
1 "\..... \ ,~, " leur prê~er, attention. Q~elle utilité y a-t-il d'ailleurs pour
893 yeX.p XP'Y)mf1.ov XCXL 't'OLÇ cxXOUOUO"L 't'O ELoEVCXL 1tCXpCX 't'OU't'wv
ceux qUI 1 entendent d apprendre d'eux, quelques jours
20 1tpO ~f1.Ep&V 't'eX. è:PX6f1.EVCX; "H 1tOlCX 0"1tou3~ 't'eX. 't'OLCXU't'CX
aupar~vant, .ce qui va arriver? Et pourquoi aspirer à
YLVb>O"XELV, xocv OtÀ'Y)6&ç yLVb>O"X71; Où yeX.p OtPE't'1jÇ è:0"'t'L connaitre ces choses, même s'il s'agit d'une connaissance
't'OU't'O 1toL"Y)TLx6v, où3€ ~60uç Otycx60u 1ttXV't'wç è:O"'t't 't'OU't'O vraie? Car cela ne mène pas à la vertu, et n'est en aucun
''1'' , ,- , '1'",
YVb>PLO"f1.CX. 6 • 0 uoELÇ ycxp "Y)f1.WV XpLVE't'CXL OLCX TL OUX cas l'indice d'une bonne conduite 3. 6. Nul d'entre nous
-'1'
OLOEV, XCXL" OUoELÇ
'1' , , y "O't'L
f1.CXXCXpLI.,E't'CXL '6 ' "
f1.Ef1.CX "Y)XE XCXL EyVW, en effet n'est jugé pour n'avoir pas su quelque chose et nul
n'est déclaré bienheureux pour l'avoir apprise et 'l'avoir

8 7tO're: 'rOC 'roLO(\hO( MyCùcm : Myoucr[v 7tO're: 'rOC 'rOLO(Ü'ro( A Il 'rOC


am. DLQRSWXZ r Il 9 xO(t 2 : ol BGIX am. AR Il 10 'rWV am.
23 u[L~V EQS 1] add. U Il 24 oŒO(ç CDEFGHMRTV Il
K Il ocÀÀOLÇ : &ÀÀ~Àmç 1 Il O(ù'rOü X Il 11 7tOÀÀIÎtXLÇ : 7tÀe:Lcr'rO( 0 Il
O:.OC 'r[ : 'ro(U'ro(
~o(Xo(PL~e:'ro(L : "f)[Lcùv praem. CHNTUV Il [Le:[L1Ît6"f)xe:: [L~ praem. L Il
&7tÔ : ÛlÇ praem. AFGLQ Il 12 7tIÎtÀLV post o~ transp. Q Il 13 &7tÔ
e:yvCùxe: G
'r1jç : &7tÔ \jiLÀ1jÇ F ÛlÇ &7tÔ L Il xo('rotcrxe:u~v A Il 14 Xe:L[LWVo( -
Ecre:cr60(L am. K Il Xe:L[LWVo( : Xe:L[LWVO(Ç AEFHNOQUV ~ pr?;em.
BWXYZ r Il Ecre:cr60(L ante ~ transp. BIX Il 14-15 où OLOC 'rOU'rO :
.~. L'opposition 7tpoyvCùcr'r~ç/cr'roXO(cr'r~ç se trouve aussi en Pacho-
où am. M où post 'roü'ro transp. T oùx ante OlV transp. !,.II. 15
mu vzta al~era. 82 (~d. F. Halkin, p. 259, 1. 25 s.).
Èm7tvo[O(ç : Èmvo[O(ç DFKOU 7tpovo[O(ç IWZ opq ut dmmi a
16 2. Les m~decms, pIlotes et agriculteurs peuvent prédire certaines
inspiratione c Il O(ù'roùçpost 'rLÇ transp. EGKLMQRSTV am. H 11 choses en raIson de leur expérience: ORIGÈNE, C. Celsum 4, 96 (SC
et am. MNT Il ol am. Q Il 17 'rOC O(ù'roc : 'rOC 'rOLO(Ü'ro( C 'rO(u'rO( GQRUV 136" p. 423). D~~s le. même contexte, déjà PLATON, Lois 709 B-C;
Il 7tO're: am. HRV Il 7tO're: cr'roXO(~6[Le:VOL inu. CG~TUY Il cr'rox~crôq~e:­ CICERON, De dzumatwne l, 50, 112; voir aussi MEYERING p 320-
vm L Il 7tpoÀé:yOUcrLV : Àé:yOUcrLv ACNWZ r ÀO(ÀCùcrLV 0 praedlxermt 321. ' .
a nuntiare b praedicunt c Il 18 'rOU'rO : 'ro(U'ro( BIL Il O(ù'roùç am. N
~. Ce ne s~nt pas les dons charismatiques qui sont importants
Il 19 xO(t am. EMQVWZ r Il 7tO(poc 'rou'rCùv: 7tO(P'O(ù'rwv BGILX Il malS les. progres dans le chemin de la vertu (cf. 17, 4). La perfection
20 ~7te:pX6[Le:vO( 0 Il "H am. 1 Il 21 XOlV &À"f)6wç yLVÛlcrX7J am., R c Il
ne consIste p~s dans le charisme de la prophétie, ni dans le don de
Ècm am. WZ Il 22 'rou'ro i am. FGILTX Il 7tOL"f)'rLX6v: yVCùpLcr[LO(
chasser les demons, ni dans celui de guérir les malades (cf. 38, 1).
praem. U Il 7tlÎtv'rCùç Ècr'rL inu. A Il 22-23 'roü'ro yVWpLcr[LO( inu. R Il
VIE D'ANTOINE 33, 6 - 34, 3 229
ATHANASE D'ALEXANDRIE
228
sue, mais chacun est jugé sur ceci : a-t-il conservé la foi b
et gardé fidèlement les commandements C.

Pour la prophétie, charisme qu'il ne faut pas désirer,


un cœur pur est nécessaire

34, 1. Il ne faut donc pas faire grand cas de ces choses,


ni pratiquer l'ascèse et peiner pour savoir le futur, mais
pour plaire à Dieu parfaitement Et il ne faut pas prier
&.

pour prévoir le futur, ni réclamer cela comme récompense


de l'ascèse, mais pour que le Seigneur nous aide b à vaincre
le diable. 2. Si nous tenons cependant aussi à prévoir,
soyons purs d'esprit. Car je crois, moi, qu'une âme
entièrement purifiée et qui est conforme à sa nature peut,
devenue transparente, voir plus et plus loin que les
démons, car elle a le Seigneur pour les lui révéler.
3. Telle était l'âme d'Élisée quand elle voyait ce qui
concernait Giézi et apercevait les troupes qui l'entou-
C

raient d.

, BILX Il ~XotcrTOÇ ~xeL inu. S Il


25 ~xocaToç post xpLaLV transp. Y Il <jJux~ : ~ praem. EGK Il 7tocvTocxôllev : 7tocvT66ev G OC7tO praem. R
26 È'lToMç : OCÙTOU add. X Il xoct am. F Il 9 É:aTwaoc : ÈaTLv, Ila<p 0 Il MVOCTOCL: y(veTocL R Il
11 KÛpLOV ocù-rij inu. R Il ocù-rij am. DI Il ~ am. R Il 11-12 'EÀLa-
P deest _. NORZ Il TOCUTOC am. A Il oun CHN aoc(ou ; <jJuX~ add. G Il 12 T~ TOU ; T~ XOCT~ TOV CHTY r XOCT~
34, 1 7tOLeï:allocL TOCUTOC mu. r ùi1è: _ ocaxeï:allocL TOU IX TOV RWZ 0 T~ B T~ am. N fLeT~ EQV fLÈv U fLeT~
TVY Il 1-2 oùi1è: i1L~ TOCUTOC am. DFMW~ ,0 11_0 GKQR Il ocaxeï:- TOU KL actus ares c Il rLe~~ ; Èn(~m K Ëpyoc add. F Il xoct :
'" ' - .
am. A Il 2 oLOC TOCUTOC . am.
MWZ a opq oLOC TOUTO
dd. MWZ Il
_ - GQY , 7toc/\LV add. F Il m:pt IXÙT~V; 7tept OCÙTOV (OCÙTOU M) FNS 7tOCP'
'>' dd MWZ Il 7tOVeL\I : 7tOLeL\I auX a , IXÙ~V QWZ r circa illam a circumstantes c Il 13 É:aTwaocç ; ouaocç
a Il ou : oe a . , D Il 3 ocÀwç: 7toÀLTeUofLe\lOL
2-4 ocÀÀ' t\lOC - 7tpoYL\lwaxwfLev am. x" , _ 7t 0- EQ É:aTwTocç N T~Ç 7tocaocç add. O.
add. BDMHX r bene ac Il ocpÉ:axwfLev L Il 3-4_ Eu~~Il~ Il 4 T~U-
Lvwaxw e\l am. G Il 3 Te : i1è: CHNTUY xocÀwç a . , -
y . _fL ILOR TOV UVX Il OC7tOCLTeï:v : ~fLiiç praem. G OC7tocyocyeLEv
TOV . TOUTO 5 - E Il 6 yÉ:V1JTOCL am
R OC7tOCLTOÙfLev T OC7tOCLTWfLev V Il au~wm EGMQX Il u ï:v EQ 33. b. Cf. II Tim. 4, 7 Il c. Cf. 1 Tim. 6, 14
Il 6-7 Et i1è: - fLÉ:ÀeL am. HUY Il 7 yLvwaxeLV 7 dd HNuY tvoc 34. a. Cf. 1 Thess. 4, 1 Il b. Cf. Mc 16, 20 Il c. Cf. IV Rois 5, 26// d.
, I l ' "ev BCEGLMS ouv a . "

Il xocllocpeuwfLev : xoc ocpeuaw r I l ' CILNSVX r xocllocpeûaocç Cf. IV Rois 6, 17


praem. 1 Il 8 y~p am. X Il xoc ocpeuouaoc

l
230 ATHANASE D'ALEXANDRIE
VIE D'ANTOINE 35, 1-4 231

Le discernement des esprits


Signes de la présence des bons esprits

35, 1. Par conséquent, quand ils viennent de nuit vers


nous et veulent annoncer l'avenir ou disent : • Nous
sommes les anges a" n'y faites pas attention, car ils
mentent. Même s'ils louent votre ascèse et vous déclarent
bienheureux, n'écoutez pas et ne faites aucun cas
d'eux. 2. Signez-vous plutôt, ainsi que la maison, et
priez: vous les verrez disparaître. 3. Car ils sont lâches et
redoutent fort le signe de la croix du Seigneur, puisque par
elle le Sauveur les a dépouillés et donnés en spectacle b. Si
avec encore plus d'impudence, ils tiennent bon 1, dansent
de façon burlesque et se montrent sous des apparences
variées, ne soyez ni inquiets ni effrayés et n~ faites pas
attention à eux, comme s'ils étaient de bons esprits.
4. En effet, il est facile et possible de distinguer la présence
des mauvais et des bons, si Dieu l'accorde. La vue des
saints 2 n'est pas accompagnée de troubles. Car il ne
disputera pas, il ne criera pas et l'on "n'entendra pas leur
NP desunt _ , voix c. Elle se produit tranquillement et doucement, de
35 1 ~!-,-iiç AMNYZ li 2 6ÉÀWO"L : !-,-ÉÀÀWO"LV K Il ÀOtÀe:L'J : Àe:ye:LV sorte qu'aussitôt la joie, l'allégresse et le courage s'insi-
ABEKLOQSY 7tpOÀÉye:LV F Il &O"!-,-È:v : !-,-È:v praem. OT Il 3 tjJe:u30v-
TOtL ya.p Dm. L Il ''Av: &!XV BCGILOSTVXY Il 4 &7tOtLVÉO"WO"L GR Il
ù!-'-wv . ~!-,-wv MO Il 5 &7tOtxoue:-re: ABEKOQ OCXOUe:Te: lU Il !-,-~6' : oü-re: BTVY Il TIjç (jlwv'fiç ADRSTVWZ r Il OtÙTWV : IXÙTOU BCGHI
!-,-~Te: RV !-,-'Yj3È: BDILX !-,-'Yj3' KMqsu ,XOt~ !-,-'Yj3' 0 Il T?U:,OLÇ W~ LTUX eius a eorum b
opq Il 6 !-'-iiÀÀov : !-,-OVOV A il !-,-iiÀÀo~ e:OtUTOUÇ z~u. EQ Il XOtL, e:uxe:0"6e: :
omo LO e:üXe:0"6É: Te: A Il 7 TOUTOUÇ yLVO!-,-e:V,ouç <,ye:vo!-,-e:vou ç , 0) .
OtÙToùÇ (XOtL add. C r) yLVO!-,-Évouç DMWZ Il Ot(jlOtVe:LÇ post TOUTOU~ 35. a. Cf. II Cor. 11, 1411 b. Cf. Col. 2, 1511 C. Is. 42, 2; Matth. 12,
19
transp. 1 Il 3'YjÀOL FIR 3e:LVOL M Il 8 7ta.vu : 7ta.VTWÇ ~ Il KU~LIXXOU
Dm. KX Il 9 bte:L3~7te:p : &7te:L3~ (yocp add. 1) H Il 1X7t03uO"IX!-,-e:voç
BCDHMTUVWYZ tl7te:x3uO"a.!-,-e:voç 0 Il 10 'Eocv : &v ACEFHKOQR
Il &vO"~XWO"LV AHILRTUVXY &ve:O"~xwO"L'J C é:O"~XWO"LV Q é:0"T'Yj- 1. Le verbe O"~Xe:LV est post.classique. On le trouve dans des
XOO"LV S é:O"~XOUO"LV 0 Il 11 &;e:PXO!-,-e:VOL DR è1;e:7te:px0!-,-e:VOL 0 textes hellénistiques et dana la LXX. Cf. ATHANASE, C. gentes (SC
18 bis, p. 100, 1. 8) : XOtL O"~XOVTe:Ç où O"~XOUO"L.
Il 12 7t~1;'YjTe: : XIXTŒ7t~1;mOtL Mil, 13 :?Jv : ;e: a~d. B~HI!MQl!XY
Il (jlIXUÀWV XOtL (~v add. M) TWV lXy0t6wv : OtyIX6wv XIXL TWV (jlOtuÀwv 2. Les &yLOL sont les anges (cf. VA 43, 2 et VA 43, 4 où il y a un
AWZ r ocyOt6wv DO Il 15 (lÈ:v : yocp add. EG~WZ r oi)v ad~. ,~ contraste avec 07tTIX0"(1X 3LIXOOÀLX~). On consultera sur cet emploi du
Il 16 orne: : où3È: BDHOQRY Il XpOtUyOCO"e:L : XplX;e:L AEF Il 17 ou8e: . terme chez Athanase la note de Kannengiesser sur ATHANASE, De
incarn. 3, 3 (SC 199, p. 273, n. 4), où se trouve un renvoi à VA 35, 4.
VIE D'ANTOINE 35, 4 - 36, 2 233
232 ATHANASE D'ALEXANDRIE
nuent dans l'âme. 5. Car avec eux est le Seigneur d, qui
est notre joie et la force de Dieu le Père e. Les pensées de
l'âme demeurent sans trouble et sans agitation, si bien
qu'illuminée, elle voit par elle-même ceux qui apparais-
sent. Un désir des biens divins à venir l'envahit, et elle
voudrait absolument s'unir à eux, si elle pouvait s'en aller
avec eux. 6. S'il s'en trouve pourtant qui, parce qu'ils
sont des hommes, craignent la vue des bons esprits, ceux
qui apparaissent les délivrent aussitôt de cette crainte par
l'amour, comme le fit Gabriel pour Zacharie f, l'ange qui
apparut au divin tombeau pour les femmes g, et celui qui,
dans l'Évangile, disait aux bergers: • Ne craignez
pas h.' 7. Car la crainte qu'on a d'eux ne vient pas de la
pusillanimité de l'âme, mais de la prise de conscience de la
présence des puissances supérieures. Ainsi en va-t-il de la
vue des saints.

Signes opposés qui manifestent la présence


36, 1. 'H ~è: 'rwv cpocuÀwv è:7tL~pO[L~ xocl. CPOCVTOCO"(OC des bons ou des mauvais esprits
're'rOCpocy[Ltv"Y), [Le:'roc x'rU7tOU xocl. ~Xou xocl. xpocuy~C;, otoc
, ~,
ocv ytVOL'rO ve:w'rtpwv OC7tOCLoe:U' rWV XOCL'À1l0"'rwv
-
XLV"Y), [Loc'roc. 36, 1. Au contraire, l'incursion "et l'apparition des
2. 'Eç c1v e:ù6ùc; y(Ve:'rOCL ~e:LÀ(OC ~UX~c;, 'r&:pocxoc; xocl. àt'rocç(oc mauvais esprits s'accompagnent de troubles, avec bruits,
rumeurs et cris, comme un remue-ménage de jeunes gens
mal élevés et de brigands. 2. Il s'en suit aussitôt

19 ytVe:cr6OCL xoc\ 6~pcroc; : xoct 6~pcr~e; ~yytVe:cr6~L (ytVe:cr6OCL.n~ AW,Z


r ÈyytVe:cr6ocL XOCL 6~pcroe; U II 20 oc; e:cr-nv : ocr'ne; K II 1)fLwV fLe:v
inu. G II xocp~: ~wTI]P F II 6e:ou : om. K xoct add. C II ~ om.
WZ II 21 't"e:: 3è G II 22 xoc't"oc~yoc~ofLé:v1)V : ~OCL, 3LOC~YOC~0,fL~V1)V, E,9 NP desunt
xoct ocùyoc~ofLé:V1)V H ocùyoc~OfLe:v1)v y II 3L e:ocu'1Je;: U7t OCU'1Je; 36, 2 x't"Û7tWV BITX II ~xoue; EIKLMOQ Il xpocuyiie; : ytVe:'t"OCL add.
BDMWZ rom. K II 23 7tb60e;: 6 praem. OSU II 24 fLÛ,Mv't"wv : G II 3 &v om. L II yÉVOL't"O : yÉV1)'t"OCL KS Ècr't"tv 't"ÛlV 0 yÉVOL't"O T II
OCyOC6ÛlV add. G II ocù....1]v DEQ II ~7t,~LcrLV ~Q II 25 cr~vOC;p6~VOCL : -~e:Lcr~ ve:W't"ÉpWV OC7tOCL3e:û't"wv: inu. 0 7tOCL~6v't"wv ve:w't"Épwv A Ilxtv1)crLe;
ACFGHIKLORX -6e:Lcrocv DM 1) -6e:LcrOC S II e:L OC7t1)PXe:'t"o. XOCL DMWZ r Il 4 e:ù6ùc; om. F Il 7tpocryîVe:'t"OCL AU Il 3e:LÀtOC <jJux~e;, 't"~­
OC7te:À6e:LV EQ II 'Edtv : ,xv AEFKOQR II 26 't"LVe:e; cpO(1)6ÛlcrL inu. BI pocxoe;: 't",xpocxoc; xoc! 3e:LÀîoc <jJUX~c; L II 't"~pOCXOL G Il xoc! om. R
II 28 rOCOpL~À : 0 praem. BO II 29 cpocvdc; : ocp6de; U cpocLv6fLe:~0e;"y
II 6dcp om. R II fLv~fLOC-n BKOR II 0 om. IKLOWZ 0 II 30, e:v 't"cp
e:ùocyye:Àtcp om. H II 32 -rije; 't"ÛlV om~ EQ II xpe:L't"'t"6vwv : fLe:;~OVW~ ~ 35. ~d. Cf. Matth. 1, 23; Rom. 8, 31 /1 e. Cf. Rom. l, 16; 1 Cor. 1,
II 7tOCpoucrtoce;: 07t't"occrtOCe; A II 33 oùV om. CEQTUVY II 07t't"OCcrLOC " 18.24 II f. Cf. Le l, 13 Il g. Cf.' Matth. 28, 5 Il h. Le 2, 10
7tOCpoucrtOC F
234 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 36, 2 - 37 1 235

5 ÀOYLerf.LWV, XOC"O)cpe:LOC, , --
f.LLerOç 7tpOç \ 't'OUç" ocerx"Y)'t'ocç,"8 OCX'Y) 'LOC, pusillanimité de l'âme, trouble et désordre des pensées,
M1tl), f.LV~f.L"Y) 't'WV OLxdwv xocl cp600ç 6ocvoc't'ou' xocl Àomov découragement, haine contre les ascètes, abattement, tris-
~7tL6Uf.LLOC xocxwv, OÀLyWpLOC 7tpOç -dJV OCpe:'t'~V xocl 't'oG ~6ouç tesse, souvenir des proches et crainte de la mort; et puis,
ocxoc't'ocer't'ocerLoc. 3. "O't'ocv 't'OLVUV 6e:wp~erocv't'éç 't'LVOCÇ désirs mauvais, négligence à l'égard de la vertu et
cpoo"Y)61j't'e:, M.v f.L€V e:ù6ùç 0 cp600ç occpocLpe:6ij, xocl ocv't" dérèglement des mœurs. 3. Lors donc que, à la vue de
l , , ",,, "6 l , quelques esprits, vous craignez, si la crainte est aussitôt
10 ~xdvou ye:V'Y)'t'OCL XOCpOC OCVe:XI\OCI\"Y)'t'Oç XOCL e:u Uf.LLOC XOCL
enlevée, et si à sa place se produisent joie ineffable,
6ocperoç xocl ocvocx't'"Y)erLç XOC& 't'wv ÀOYLerf.LWv hOCPOCÇLOC xocl 't'eX
"
OCÀÀOC oeroc ....
7tpoe:mov, '~I
OCVope:LOC 't'e: XOCL, ocyOC7t"Y)
" ,
e:LÇ \
't'ov e 1
e:ov,
confiance, courage, réconfort, tranquillité des pensées et
tous les autres sentiments que je viens de mentionner,
6ocpere:L't'e: XOCL' " e:uxe:er6e:. 4 • 'H' yocp Xocpoc" XOCLt"Y) xoc't'ocer't'oc-
,
force d'âme et amour de Dieu, ayez courage et priez.
erLç 't'1jç ljJux1jç 8dxvuerL 't'oG 7tocp6noç 't'~v ocyL6't'"Y)'t'oc. 4. Car la joie et le calme l de l'âme témoignent de la
897 O{hwç 'AB ' LOWV
opOCOCf.L ,~, ' K 'UpLOV "Y)yocI\I\Loceroc't'o
't'ov '"'' 1 a. XOCL'
sainteté de celui qui se rend présent. Ainsi Abraham,
'Iwocw"Y)ç, ye:vof.Lév"Y)ç cpwv1jç 7tOCpeX 't'1jç 6e:o't'6xou MocpLocç, voyant le Seigneur, exulta a de joie, et Jean, à la voix de la
« e:erXLp"O)ere:v e:v ocyocl\l\Locere:L b ». 5 • 'E'''-'
" " "" 1 ocv oe: cpocve:v't' wv
1
mère de Dieu 2, Marie, tressaillit de joie b. 5. Mais si,
" " 'ft:' Ct.
't'LVWV 't'OCpOCX"Y) ye:V"Y)'t'OCL XOCL x't'U7tOç e:",wve:v XOCL\ cpocV't'OCGLOC 1
quand certains se manifestent, il se produit du trouble, du
", avocvoc't'ou XOCL oeroc 7tpOe:L7tOV, y LVwerxe: -
xoerf.LLX"Y), XOCL" OC7te:LI\"Y) l , " -
bruit provenant de l'extérieur, des apparitions mondaines,
fI 'l ",,
20 't'e: O't'L cpOCUI\WV e:er't'LV e:cpOOOç. \11-
des menaces de mort et tout ce que je viens de mentionner,
sachez que c'est une attaque des esprits mauvais.
37, 1. Kocl YeXp xocl 't'oG't'o yvwpLerf.LOC Uf.LLV €er't'w . lhocv
't'LVWV ~7tLf.Lévrl 8e:LÀLweroc ljJux~, 7tOCpOUerLoc 't'WV ~X6pwv L'exemple du Seigneur

5 xotTI)qle:~ot : XotL XotTYJ<ptot L Il <Xx.'lJ3tot : oc6uiJ.tot A om. L Il 6iJ.V~iJ.'IJ 37, 1. Que ceci encore vous serve d'indice : lorsque
om. A Il o!xe:twv : rruyye:vwv Xott !3twv 7tŒ'V't'WV 0 Il qloôoç : oc<pOÔtot 0 l'âme de certains demeure pusillanime, c'est la présence
om. Z Il 7 àÀ~ywptot : XotL praem. BEFGHKLOPRSUXY Il TIJv om. F Il
8 ·'twotç: TlVot FKY r 'nve:ç W aliquid a aliquos c Il 8-9 T~votÇ
qloô'IJ67jTe: inu. LR Il Èocv : &v ACEFHKOQRTY Il e:ù6ùç 6 <pMoç inu. 36. a. Cf. Jn 8, 56 Il b. Lc l, 41
ACHOVY Il e:ù6ùç post ocqlot~pe:6ii transp. T 1110 ytVe:Tot~ GM Il 11 XotL
ocvŒxTYJmç om. M Il TOC om. 0 1112 OCYŒ7t1J : ~ add. U 1113 'H yocp : XotL
yocp ~ A 1113-14 )(otpOC XotL ~ XotTŒO'Totmç : XotTŒO'TotO'~Ç XotL ~ )(otpOC C Il 1. KotTŒO'Totmç. D'autres termes de la VA, qui caractérisent la vie
14 3e:~xvuoum G 1115 !3wv TGV Kup~ov post ~yotÀÀ~ŒO'otTO transp. BILX intérieure, vont faire partie du vocabulaire monastique: ocXotTotO'Tot-
Il Xott : o(hwç G Il 16 'IWŒW'lJç : 6 praem. DERZ rom. HTVY, Il O'tot (36, 2); oc-rotpot1;tot (43, 3); hŒpot)(OÇ (35, 5); 3t&:6e:O'tç (77, 4);
7totpotye:VOiJ.Év'IJç L Il qlwv7jç : T7jç praem. ACI?ILMOQR~TX Il 6e:o;o- XtV~fJ.otTot (55, 9); ÀoytO'fJ.Ot (passim). Cf. M. J. RONDEAU, « L'épître à
xou : XUp~OTOXOU CFGHOTUVY quae dommum pepent a Il Motp~otç Marcellinus sur les Psaumes'), VChr 22, 1968, p. 194-195 (comparai-
om. 0 Il 17 OCyotÀÀ~ŒO'e:~: TG ~pÉqloç add. CHTUVY Il 'Eocv: &v son entre la terminologie- de cette épître et celle de la VA).
ACEFKOQR Il 18 ytVe:Tot~ R Il 20 É<po3oç : ~ praem. ABDRWZ r 2. Sur le titre de «( mère de Dieu .), 0e:OT6xoç : B. SCHWEITZER,

N deest
37, 1 ~iJ.rv G Il (hotv : /.In praem. F Il 2 T~VWV : Tolwv KY r nvoç
F Il 3e:~ÀtwO'ot IjJU)(~ inu. P Il IjJU)(~ : ~ praem. AKRSVWYZ r
L""""ifl
«( Das Alter des Titels 0e:OT6xoç », Katholik 83, 1903, p. 97-113.; F.
1. DOLGER, AC 1, 1929, p. 118-123; 5, 1936, p. 152; H. RAHNER,
«( Hippolyt von Rom aIs Zeuge für den Ausdruck 0eoT6xoç »,

fÜJ J(nl'o&,,," 1'h"nlogi" 5., 1935, p. 7....1.


236 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 37, 1-4 237

€O"'nv. Où yiXp OCcp<XLpOUVT(U TIJV ~e:L!\L<XV OC7tO TWV TOLOIhwv des ennemis. Car les démons n'enlèvent pas leur pusilla-
ot ~<XLfLOVe:Ç, &O"7te:p 7te:7tOL-tlXe:V 0 fLéy<xç ocPX6tyye:Àoç T~ nimité, comme le fit le grand archange pour Marie a et
5 M<xpL~ a X<xt T<l> Z<XX<XpL~ b, X<xt 0 cp<xve:tç €V T<l> fLYYJfLdep pour Zacharie h, et celui qui apparut au tombeau pour les
T<X~Ç yUV<XLÇLV c. 2. 'AÀÀiX fLiXÀÀov (lT<XV 'ŒwO"L ~e:LÀLWVT<XÇ, femmes c. 2. Mais au contraire, quand ils les voient
r pusillanimes, ils renforcent leurs apparitions pour les
't:"
<XUc.,,<XVOUO"L \
T<XÇ 1
cp<XVT<XO"L<XÇ, LV<XI .fLe:h"OVWÇ
,,' '"
<XUTOUÇ X<XT<X-
épouvanter davantage, les attaquer ensuite et se moquer
1tT~ÇWO"L X<xt ÀOL1tOV €m66tVTe:ç, 1tpOO"1t<XL~WO"L ÀéYOVTe:Ç·
d'eux en disant : 'Tombez à terre et adorez-nous d. '
IIe:0"6vnç 1tpOO"XUV~O"<XTe: d. 3. Toùç fLèv o1)v "EÀÀ"Y)v<xç
3. C'est ainsi qu'ils ont trompé les païens et qu'ils ont été
D.
10 , '" 1
Otnwç 'Y)1t<XT"Y)O"<XV· OUTW y<xp e:VOfLLO"V'Y)O"<XV 1t<Xp ' "
rI -
<XUTOLÇ \"
considérés chez eux comme des dieux au nom menteur.
\jie:U~ÙlVUfLOL 6e:oL 'HfLiXç ~è oùx occpljxe:v 0 KupLoç Mais nous, le Seigneur n'a pas permis que nous soyons
OC1t<XT'Y)6ljv<XL 1t<XpiX TOU ~L<x06Àou, 01t'Y)VLX<X TiXç TOL<XUT<XÇ trompés par le diable, puisque, lorsque celui-ci mit en
<XÙT<l> 1tOLOUVTL cp<XVT<XO"L<XÇ €m 't"LfLWV e:'{P'Y)Xe:V· «( "Y1t<xye: œuvre de semblables illusions, il le menaça en disant :
, 1
01tLO"W fLOU, ~
~<XT<XV<X·
- 1
ye:yp<X1tT<XL 1
y<xp. K'UpLOV '[j
TOV 1
ve:OV , Passe derrière moi, Satan. Car il est écrit: Tu adoreras le
15 O"OU 1tpOO"XUV'Y)O"e:LÇ,
l
X<XL
,
<XUTep fLOVep
1.,
A<XTpe:UO"e:LÇ.)
1 e ~
Seigneur ton Dieu et tu le serviras, lui seul e., 4. Ce
4. MiXÀÀov o1)v X<xt fLiXÀÀov 0 1t<xvoupyoç ~LiX T<XUT<X fourbe, nous devons pour cela le mépriser de plus en plus.
Car ce qu'a dit le Seigneur, il l'a fait pour nous, afin que
X<XT<XcppOVe:L0"6w 1t<Xp' ~fLWV. "0 yiXp e:'{p"Y)xe:v 0 KupLoç,
.... I! \ I!.... , rI , ,(...., 1 les démons, nous entendant dire ces mêmes paroles, soient
TOUTO U1te:p 'Y)fLWV 1te:1tOL"Y)Xe:V, LV<X X<XL 1t<Xp "Y)fLWV <xxouov-
( ~ , , 1 \" 1 ~ , repoussés par le Seigneur qui les a employées pour les
Te:Ç OL OIXLfLove:Ç TIXÇ TOLIXUT<XÇ cpWVIXÇ <XVIXTpe:7tWVTIXL oL<X menacer.
20 ' K 'UpLOV, TOV
TOV \ "e:v TIXUTIXLÇ
, , . . e:1tLTLfL"Y)O"<XVTIX.
IXUTOLÇ " r

V Il 13 IX,)Té;i 7tO~OU\I'l"~ : IX,)TWV A


IX,)TW'J 7tOLOÛVTWV DMP C IX,)TOU
7tO~OUVTOÇ HV IXÙTé;i omo W Il 7tOLOUV'l"L CjlIXVTlXcr!IXÇ inu. EQ Il CPIXVTIX-
3 T~'J l3eû. (o('J post TOWÛTW'J transp. IX Il &:7tO : omo BDFILQSW cr!IXÇ : tVIX fLE~~6vwç IX,)TOV KIXTIX7tT~~7l add. CLS TUVY Il €7tL'l"LfLw'J :
XZ r ab a Il 4 OL I3IX!fLO'JEÇ post I3E~À!IX'J transp. L Il &CJ7tEp : wç IXÙTé;i add. CHSTVY Il €7tL'l"LfLWV e:'iPllKEv : €7tL'l"LfL~crwfLEV IX,)TOÙÇ
EQ Il &:PX.a:YYEÀOÇ: rlXop~~À add. BCGHMRTUVWYZ r &yyEÀOÇ ÀÉyovnç G Il ErpllKEV : EÀEyEV H d7tEV IL yètp praem. R KIXL
o magnus angelus ac Il 5 CjlIXVe:Lc; : &yyEÀOÇ add. T Il fLV~fLIXTL EQ Il d7tEV add. B Il 14 67t!crw fLOU omo E Il 16 oov : fLèv praem. LR
6 yU'JIXLi;!'J: &yyEÀOÇ add. F Il 'AÀÀàt : KIXL add. 0 Il &TIXV: €7tètv Il l3~èt TIXUTIX : l3~èt TOUTO ILX post ~fLwV transp. EQ Il 17 7tIXP' :
F Il 13e:~À~w'JTlXç: I3E~À~w'JTIX R I3~KIX!ouç ()'JTIXÇ V Il 7 €7tIXÛ~OUCrL'J F ùcp' EQ Il 19 OL I3IX!fLoVEÇ post Cjlwvètç transp. 1 Il TIXLÇ TOLIXÛTIX~Ç
IX1.îÇWcr~'J 0 Il TètÇ cplX'JTlXcr!IXÇ omo K Il 8 €Koa:\I'l"EÇ R Il 7tpOcr7tIX!~Wcr~
cpWVIXLÇ DEQ Il 20 TIXÛT(iL~ : IX,)TIXLÇ FHITUVY
BEFHKQTVWXYZ Il 9 7tpocrKu'J~crlXn : ~fLL'J add. G ~fLiiç add.
R 7tpOcrKU'J~crlX\I'l"EÇ M Il oov omo AGHKMPR Il 10 yètp : KIXL add.
D Il 7tIXP' IX,)TOLÇ omo WZ 0 Il lO-ll 7tIXP' IX,)TOLÇ IjJEul3wvufLo~ inu.
G Il llljJEUl3w\IUfLo~ 6EOL inu. 0 Il 0 Kûp~oç ante O,)K transp. BIL 37. a. Cf. Lc 1, 30 1/ b. Cf. Lc 1, 13 1/ c. Cf. Matth. 28, 5 1/ d. Cf.
Il 12 KIXTIX7tIXTIJ6'iiVIX~ A Il 7tlXpèt : Ù7tO AR Il 07tllV!KIX : KIXL U KIX!TOL Matth. 4, 9 1/ e. Matth. 4, 10; cf. Deut. 6, 13
238 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 38, 1-5 239

38, 1. Où ~EL ~È: È7t~ 't"<I> ~OCLfLOVOCÇ hO<xÀÀE~v xocuZii-


0"6oc~ où~' è:7t~ 't"OCLe; 6EpOC7tdoc~ç è:7tOCLpE0"6oc~, OÙ~È: 't"OV fLÈ:v
Chasser les démons et faire des guérisons
, e 'ÀÀ OV't"OC ooc~fLovocÇ
~ , 6OCUfLOCSE~V
'Y , ,~" , e 'À est un don du Sauveur
EXuOC fLovov, 't"ov OE fL'Y) EXuOC -
ÀOV't'OC è:~oU6EvELV_ 2. 'Ex<xO"'t"ou ~È: 't"~v &O"x'Y)O"~v xoc't"oc-
38, 1. Il ne faut pas se glorifier de chasser les démons,
5 fLOCV 6OCVE'' t"Cù 't"~ç, XOC~' "'Y) fL~fLE~O"
'6 Cù Xoc~' Y
S'YÀ '
) OU't"Cù, 'Y,,~
) o~Op-
ni s'enorgueillir de faire des guérisons. Il ne faut pas
6ou0"6cù. Ta yocp 7tmÛV O"'Y)fLELOC OÙZ ~fLWV, 't"oti ~È: ~Cù't"ljpoç admirer uniquement celui qui chasse les démons et
è:0"'t"~ 't"o ~pyov. 3. TOLe; yotiv fLoc6'Y)'t"OCLÇ ~ÀEyEV' « M~ mépriser celui qui ne les chasse pas. 2. Mais il faut
ZOCLPE't"E, 5't"~ 't"OC ~OC~fL6v~oc UfLLV U7tO't"<XO"O"E't"OC~, ocÀÀ' 5't"~ 't"OC examiner l'ascèse de chacun, puis l'imiter et la reproduire,
ov6fLoc't"oc UfLWV yÉypOC7t't"oc~ è:v 't"OLÇ OÙpOCVOLÇ a. ) To fLÈ:v yocp ou la corriger. Faire des miracles n'est pas notre œuvre,
900 è:v OÙpocv<I> yEyp<xcp6oc~ 't"OC ov6fLOC't"OC, fLocP't"up~6v è:0"'t"~ 't"lje; mais celle du Sauveur. 3. Il disait en effet à ses disciples:
~fLWV ocpE't"lje; XOC~ 't"oti ~LOU . 't"o ~È: è:xMÀÀELV ~OCLfLovOCÇ, 't"oti , Ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont
~E~Cùx6't"oe; ~Cù't"ljp6ç è:O"'t"~V ~ Z<Xp~ç. 4. "06EV 't"OLÇ fL~ è:v soumis, mais de ce que vos noms ont été inscrits dans les
OCpE't"~ ocÀÀ' è:v O"'Y)fLdmç xocUXCùfLÉVOLÇ XOC~ ÀÉyouO"~v' « Où cieux a. ' Que nos noms aient été inscrits dans le ciel, c'est
't"<I> 0"<1> ov6fLocn ~oc~fL6v~oc è:~EMÀofLEV XOC~ 't"<I> 0"<1> ov6fLOC't"~ là un témoignage de notre vertu et de notre vie, mais
15 ~UV<XfLE~e; 7tOÀÀOCç è:7tOL~O"OCfLEV b ;) OC7tEXpLVOC't"O' « 'AfL~V chasser des démons, c'est là le don gratuit du Sauveur.
ÀÉyCù UfLLV, OÙx. oI~oc ufLiiçc.) 5. Où yocp y~VWO"XE~ Kupwe; 4. Aussi à ceux qui se glorifiaient, non de leur vertu, mais
de leurs miracles et qui disaient: ' N'est-ce pas en ton nom
't"ocç o~oùe; 't"WV OCO"EOWV d. Koc66Àou ~È: EtZE0"6oc~ ~EL, xoc6oc
que nous avons chassé des démons, et en ton nom que nous
7tpOEL7tOV, ÀOCfLO<XVE~V Z<XP~O"fLoc ~~OCXp(O"ECùe; 7tVEUfL<X't"CùV e,
avons fait beaucf;)up de miracles b ? ' "il répondit : 'En
rvoc, xoc6we; yÉypOC7t't"oc~, « fL~ 7tocV't'~ 7tVEufLoc't"~ mO"'t"EUCù- vérité je vous le dis, je ne vous connais pas c.' 5. Car le
20 fLEVf ). Seigneur ne connaît pas les voies des impies d. En tout cas
il faut prier, comme je l'ai déjà dit, pour recevoir la grâce
N deest du discernement des esprits e, afin que, comme il est écrit,
38,1 bd : oùilÈ praem. ACEGHIOQTUV Il hOOCÀELV IOUW 112 flÈv nous ne nous fiions pas à tout esprit f.
omo TUY Il 3 iloc1flOVOCÇ: iloc1flOVOC CHTVY iloc~fl6v~oc GKMPWZ
r daemonemall fl6vov omo R Il ilÈ: TE M Il 3-4 hO&.MOVTOC :
iloc1flovocÇ add. B Il 4-5 flETOCflocv6ocvÉTW V Il 5 XOCL 2 : ~ CTY Il 5-6 XOCL
~'Y)Àou't"W, ~ ilwp60ucr6w omo 0 Il 6 yàtp: ilÈ GHTUV Il TOÙ ilÈ ÀOflEV BCK hO&.ÀÀoflEV U Il XOCL : où T Il 14-15 XOCL T<;i - È1tm~­
~wTIjpoç : Toiho cr. OY r ocÀÀàt TOU cr. A TOU cr. ilÈ L TOU yàtp cr. crOCflEV omo IL Il 15 oc1tExp1vOCTO: Mywv add. AZ (, xupwç add.
U TOU yàtp 6EOU XOCL cr. R saluatoris autem a sed saluatoris c Il 7 BIL OC1tOXp(VETOC~ P Il 'Afl~\I : ocfl~v add. HTUVY yocp add. S Il
ÈcrTLV omo V Il ÈcrTLV TO (TO omo T) Ëpyov : Ëpyov ÈcrT1v WZ r Il youv : 16 Où omo IL Il yocp y~VWcrXE~ inu. HI Il Kupwç: (, praem. L Il
yàtp oÙv Q Il ËÀEyEV: (, crwTIJP add. A Il 8 ÙflLV omo Y Il ÙflLV 17 EÜXEcr6oc~: xowXiicrlloc~ 00 U Il ild": omo K Xp~ S Il xocllwç A
Ù1t:OT&:crcrETOC~ inu. IL 119 ÈyyÉypOC1tTOC~ ABEFIKQRS Il Èv Toiç oùpocvoiç Il lB xoc p1crflocTOC DFGILRV X&:p~v U Il 19-20 mcrTEtJETE K
ante (Èy)yÉypOC1tTOC~ transp. ABCEFGIKQRSTVY 1110 oùpocvoiç EFG
Il ÈyyEyp,xq;>6oc~ KL yÉ:ypOC1tTOC~ 0 1111 ùflwV 1 Il TOUl omo 0 Il Èxoû.e"tV
ElU Il 12 x.,xp~<; : ocô't"'Y) add. ABDMPWZ r Il Toi<; fl-Y) : où Toi<; EQ Il
fl-Y) : flÈv D Il 13 ÀÉ:'{OIlO"\V : XÙ(l~E add. ABFLPRSWZ r Il 13-14 où a. Le 10, 20 Il b. Matth. 7, 22-23 Il e. Matth. 25, 12 Il d. Cf. PS.
T~ - È"E,E~,xÀOflEV omo T Il 14 lloc~fl(moc - OVOflOCT~ omo A Il t"E,E~OC)..- ; Provo 4, 19; 15, 9; lér. 12, 1 1/ e. Cf. 1 Cor. 12, 10 1/ f. 1 In 4, 1
240 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 39, 1·4 241
39, L 'EoouMfL'Y)v fLèv oi)v mW7t1)O"<XL X<xt fL'Y)~èv Èç
ÈfL<XU't"OU À€:YELV, eXpXEL0"6<XL ~è fL6vOLÇ 't"OU't"OLÇ. "Iv<x ~è fL~ Antoine parle de son expérience personnelle des démons
VOfLLO"'Y)'t"E 't"<xu't"oc fLE ÀéYELV OC7tÀwç, eXÀÀ' eX7tà 7tELp<xç x<xt
eXÀ'Y)6EL<xç mO"'t"EuO"'Y)'t"E 't"<xu't"oc fLE ~L'Y)YEL0"6<XL, ~LOC 't"ou't"o, X&V '39, 1. Je voudrais bien me taire maintenant et ne rien
dire sur moi-même, mais me contenter seulement de ces
5 Wç OC<PPWV Y€:VWfL<XL a, eX)..)..' OI~EV à eXxouwv Kupwç 't"à 't"OU
paroles. Cependant pour que vous ne pensiez pas que je ne
O"UVELM't"oç x<x6<xp6v b, X<xt O't"L où ~L' ÈfL<xu't"6v, 't"1)ç ~è UfLwV
fais que parler de ces choses \ mais pour que vous croyiez
eXYOC7t'Y)ç XOCpLV X<xt 7tpO't"p07t1)ç, &. EI~ov 't"WV ~<XLfL6vwv que je les ra:conte par expérience et en vérité, pour cela,
Èm't"'Y)~EufL<X't"<X, 't"<XU't"<X 7tOCÀLV À€:Yw. 2. IIoO"ocXLç ÈfL<XXOCPL- dussé-je passer pour insensé a - mais le Seigneur qui
O"OCV fLE, xeXyw x<X't"'Y)P<XO"OCfL 'Y) V <xù't"oùç Èv ov6fL<X't"L KUpLOU. entend connaît la pureté de ma conscience b et que ce n'est
10 IIoO"ocxLç 7tpOELp~X<XO"L 7tEpt 't"OU 7tO't"<XfLLOU {)~<X't"oç, xeXyw pas pour moi-même, mais par amour pour vous et pour
7tpàç <xù't"oùç ~ÀEYOV· 'AÀÀ' ufL'i:v 't"L 7tEpt 't"OU't"OU fL€:ÀEL; vous encourager - , je parlerai encore des machinations
3. THÀ60v eX7tELÀOUV't"EÇ X<xt È:xUXÀWO"OCV fLE wç O"'t"p<X't"LW't"<XL des démons que j'ai vues. 2. Combien de fois m'ont-ils
fLE't"OC 7t<XV07tÀL<XÇ. K<xt OCÀÀO't"E t7t7tWV X<xt 6'Y)pLWV X<xt proclamé bienheureux, et moi je les maudissais au nom du
ép7tE't"WV È7tÀ~pwO"<xv 't"àv oIxov· xeXyw ~1jJ<XÀÀov· (C Oi:i't"OL . Seigneur! Combien de fois m'ont-ils prédit la crue du
15 ÈV OCPfL<XO"L, X<xt Oi:i't"OL ÈV t7t7tOLÇ, ~fLELÇ ~è Èv ov6fL<X't"L Ku- fleuve, et moi je leur disais : • Mais que vous impor-
pLOU 6EOU ~fLwV fLEY<XÀuv6'Y)0"6fLE6<x c. » K<xt 't"<XLÇ EÙX<XLÇ te!' 3. Ils vinrent, menaçants, et m'entourèrent comme
eXVE't"pOC7t'Y)O"<Xv ÈXELVOL 7t<Xpoc 't"OU KUpLOU. 4. THÀ66v 7t0't"E des soldats armés de pied en cap. Une autre fois ils
Èv O"XO't"L~, <pw't"àç ~xov't"Éç <p<XV't"<XO"L<XV, X<xt ~ÀEYOV . "HÀ60- emplirent la maison de chevaux, de fauves et de reptiles,
fLEV <pOCV<XL O"OL, 'AV't"Ù>VLE. 'Eyw ~€:, x<XfLfLuWV 't"oùç o<p6<XÀ- et moi, je psalmodiais: • Ceux-ci dans l~urs chars, ceux-là
20 fLOUÇ, 'Y)ùX6fL'Y)V, X<xt Eù6ùç ÈO"o€:0"6'Y) 't"à <pwç 't"WV eXO"EOWV.
dans leurs chevaux, mais nous, c'est dans le nom du
Seigneur notre Dieu que nous nous glorifierons C. 'Et grâce
N deest à mes prières les démons furent repoussés par le Sei-
39, 1 {LÈ:v omo ABOT Il oOv omo LUV Il 2 è:{LOCUTOU: É:OCUTOU gneur. 4. Une autre fois ils vinrent dans les ténèbres. Ils
A OCÙTOU U Il {L6vov 0 Il {L6vo~ç TOÛTO~Ç inu. T Il TOÛTOLÇ : OCÙTOLÇ A Il paraissaient porter des lumières et disaient : • Nous
3 TOCUT~ {Le: : inu. BD Il {Le: omo ILWXZ Il 3·4 XOCL ocÀ7)6docç omo A Il
4 m(He:ûcr7)Te: TOCUT~ inu. U Il 1l~7)y~croccr6oc~ HLRV Il 5 wç omo F Il sommes venus t'éclairer, Antoine. ' Mais moi, fermant les
y[VW{LOC~ D y[vo{Loc~ X Il 5·6 TOU crUVe:~1l6TOÇ : crUVE~1l0Ç F Il 6 TIjç 1lÈ: : yeux, je priais et aussitôt la lumière des impies s'étei-
TIjç yocp A ocÀÀoc T1jÇ R Il 1lÈ: U{Lwv inu. 1 Il 7 lloc~{L6vwv : TOC add. X
Il 8 TOCUTOC omo R 111t~À~v omo FG Il IIocr~x~ç : 1toÀMx~ç CHSTUVYZ o Il 19 rp~voc[ cro~ inu. S Il 'Eyw IlÉ : xè:yw A Il 19·20 àrp6ocÀ{Loûç :
quotiens ab Il 9 Kup[ou : TOU praem. BR Il 10 dp~xocm AF Il 1tOTOC- flOU add. S Il Eù6Éwç ILU
{Lw.[ou R Il 11 ËÀEyOV omo F Il 'An' : XOCL BIWZ r Il T[ post 1tEPL
TOÛTOU transp. AEILOQ Il 12 7 HÀ6ov: 1tOTE add. BCGILSWZ r
post OC1tE~ÀOUVTEÇ transp. G Il wcrd CHTUY &cr1tEp L Il 13 ,xnOTE 39. a. Cf. II Cor. 11, 16; 12,6.1111 b. Cf. 1 Tim. 3, 9; II Tim. 1,3
Il c. Ps. 19, 8
t1t1tWV XOCL : t1t1tWV XOCL ,xÀÀOTE BCILWZ opq Il 13·14 XOCL É:p1tETWV
omo F Il 14 xocyw : XOCL è:yw HY Il 15 &p{Locm : t1t1tO~ç EGHKQTV Il
t1t1tOLÇ : &p{Loccrw EGHKQTV 1116 6e:ou ~{Lwv omo EKQRX Il 17 OCVE- 1. Ici, encore, il faut signaler dans le discours d'Antoine une
TP€1tOVTO A Il èxELVO~ omo K Il 1tOCpOC TOU: TOU LU Tiil àv6{Locn 0 formule ~ui porte l'empreinte du style d'Athanase. Cf. C. gentes 13
omo W 0 Il Kup[ou : crwTIjpoç Som. W 0 Il 18 rpWTOÇ ËXOVTEÇ inu. (SC 18 bIS, p. 96, 1. 7) : XOCL (J.~ TOL VO{L[crnç TOCUT~ {LE MyE~V ,x1tÀwç.
242 ATHANASE D'ALEXANDRIE
VIE D'ANTOINE 39, 4 - 40, 2 243
5. KlXt f.Le:'t'cX f.LljVIXC; QÀ(youC; ~À6ov wc; tjJocÀÀov't'e:c; KlXt
gnait. 5. Quelques mois après ils vinrent. Ils semblaient
ÀIXÀOUV't'e:c; Ii1tO 't'WV yplX<pwv. «( 'Eyw ~è: wad Khl<pOC; OÙK
d ", 8'e: psalmodier et citer les Écritures l, mais moi, comme un
~KOUOV .» Eae:~alXv 1to't'e: 't'O, 1
f.LoVlXa't''YJpLOV· , ,
e:yhl sourd, je n'écoutais pas d. Une autre fois ils ébranlèrent
,
'YJÙX0f.L'YJv "
IXK~V'YJ't'OC; ,
f.Le:ve:~v -
't'CP ,
<ppOV'YJf.LIX't'~. 6• K'
f.L ''''' IX~ e:~,.l,
l'ermitage, mais moi je priais de pouvoir demeurer
901 't'IXU't'1X 1tocÀ~v ÈÀ66v't'e:c; hp6't'ouv, Èaup~'t''t'OV, WPXOUV't'O. 'OC; immobile 2 dans mon esprit. 6. Après cela ils revinrent :
~è: 'YJùX6f.L'YJv KIX~" IXVe:Ke:~f.L'YJV
, .1.'"'' , e:u'6'UC;
'l'lXl\l\hlV KIX't', e:f.LIXU't'OV,
, ils battaient des mains, siffiaient et dansaient. Comme je
~p~IXV't'O 6p'YJve:'Lv KlXt KÀIX(e:~V, wa1te:p È~IX't'ov~alXv't'e:c;. priais et demeurais couché en psalmodiant à part moi, ils
'
7. 'Eyw ~è: ÈM~IX~ov 't'OV Kup~OV, ,
't'ov KlXve:I\OV't'1X KIX~
Cl ." ,
se mirent aussitôt à se lamenter et à pleurer, comme s'ils
J "1 \, ,
1tlXplX~e:~ Yf.LIX't'~alXv't'lX 't''YJV 't'OI\f.LIXV KIX~ 't''YJV f.LIXV~IXV IXU't'hlV.
, ....
défaillaient. 7. Mais moi, je glorifiais le Seigneur qui avait
abaissé et châtié de manière exemplaire leur audace et leur
fureur.
40, 1. 'E<pocv'YJ 1tO't'è: ~1X(f.LhlV utjJ'YJÀOC; À(IXV f.Le:'t'cX <pIXV't'IX-
a(lXC; KlXt 't'e:'t'6Àf.L'YJKe:v e:L1te:'LV' 'Eyw e:Lf.L~ ~ MvlXf.L~C; 't'ou
C'est grâce à l'aide du Christ qu'il repousse les démons
6e:ou a,
KlXt· 'Eyw e:Lf.L~ ~ 1tp6vmlX' 't'( am 6é:Àe:~c; XlXp(ao-
f.L1X~ ; 2. 'Eyw ~è: 't'6n f.L~ÀÀov Ève:<pua'YJalX KIX't" IXÙ't'OU, 40,1. Une fois, un démon apparut, donnant l'impression
5 't'OV Xp~a't'ov
\, l
OVOf.LlXalXC;, ",1.....,
KIX~ 't'U'I'IX~ 't'ou't'ov e:1te:xe:~P'YJalX.
1 KIXt
d'avoir une taille très élevée, et osa dire: 'Moi, je suis la
puissance de Dieu a " et : ' Moi, je suis la Providence. Que
veux-tu que je t'accorde?' 2. Alors moi, je soufilai
d'autant plus sur lui 3 en nommant le Christ, et je
21 fLe:T~ fL'liv<XÇ ~ÀLYOUÇ (ÔÀLy<XÇ Y) : fLe:T' ÔÀLy_<X Ç ~fLép~ç X Il wç
am. A Il 21-22 x<X~ ÀocÀoune:ç am. S Il 22 À<xÀouvnç (Àe:~ovnç M)
omo TWV ypoccpwv : .x7tO TWV ypoccpwv fLe:Àe:TWVTe:Ç A Il .x7tO : wç praem.
1 Il 23 'Ecmcrocv : ~x~voucrocv UV Il 24 <XxLV1JTOÇ fLéve:tv : .xXLV1JTOÇ fLévwv
1. Les démons citent les Écritures comme le fit Satan lui-même
DMQRSY r fLéve:~v am. 0 ut ... non moueatur a Il 25 ~~66vTe:Ç
~our tenter le Christ (Matth. 4, 6). Cf. VA 41, 3; ATHANASE. De
~Xp6TOUV : ~Xp6TOUV ~PX6fLe:vO~ X Il ~crup~~ov BCGKL Il 26 ~<XÀÀwv : lncam. 7, 16; JEAN CASSIEN, Coll. 1, 20 s.
ÀocÀwv F Il XOCT' ~fL<XUT6v : x<x6' É<xuT6v AR Il eùeùÇ (e:ù6éwç L) post
2. Cf. .xfLe:TOCXLV1JTOÇ dans 1 Cor. 15, 58. Voir J. FONTAINE « Un
6p1Jve:i.'v transp. BI Il 27 X<XL XÀOCLe:~V am. IS Il 28 ~36~<xcroc CHTUVY Il
cliché de la spiritualité tardive: stetit immobilis» dans Rom~nitas
TOV KUpLOV : am. 1 TOV 6e:ov QRS
- Christianitas. Untersuchungen zur Geschichte ~nd Literatur der
Kaiserzeit Johannes Straub zum 70. Geburtstag gewidmet, Berlin-
N deest New York 1982, p. 528-552.
4() 1 'Ecpocv1J : ~è: add. DPWZ opq IXÀÀon ~cpocv1J X Il ~ocLfLWV
u~'IJÀ6ç inu. M Il ÀLOCV am. ILM Il 3 X<XL' 'Eyw: xÈyw ABEFKRTU 3. Le rite de souffler sur le diable se pratiquait notamment lors du
baptê~e,. quand .le catéchumène manifestait par l'exsufflatio sa
VXY 113-4 xocPLcrwfL<X~ CFGMQR r 114 'Eyw : x.xyw X Il T6n am. IR Il
r~noncIatlOn au dIable. Selon le PS.-DENYS L'ARÉOPAGITE (De eccl.
T6Te fLocÀÀoV inu. 0 Il ~cpucr1Jcroc X Il 5 TU7tTIjcr<x~ FMPWZ opq Il ..u~oc~
TOUTOV inu. 0
hLerarch. 2, 6) le catéchumène recevait l'ordre de souffler trois fois
sur ?atan. - l!n parallèle avec -VA 40, 2 dans Pachomii uita altera
~O (ed. F., ~al~m:. p. 2~7, 1. 14) : ~<XL ~fLcpucr~cr<xç T0 7tve:ufLocn ÉÀe:ye:v .
~7tû,6e OC7t efL ou , ~~<xooÀe. - Evagre, qui traduit avec beaucoup
39. d. Ps. 37, 14 d emphase .(at elfo, sputaculum maximum in os eius ingeminans),
4(). a. Cf. Act. 8, 10 semble aVOIr lu eVe7tTUcroc (que nous n'avons d'ailleurs trouvé nulle
part dans les mss).
244 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 40, 2-6 245
É~oE;oc "t"E"t"UcpÉVOC~, XOCL Eù6ùc; 0 TIJÀ~xoihoc; crùv 7tocm "t"o~C; m'efforçai de le frapper - il me semble l'avoir
Éocu"t"Oü ~oc[fJ.0cr~v ljcpocv[cr01) "t"Cf> ov6fJ.oc"t"~ "t"OÜ Xp~cr"t"Oü_ effectivement frappé. Aussitôt cet énorme démon disparut
3. THÀ6É 7ton v1)cr"t"Euov"t"6c; fJ.OU XOCL wc;
fJ.OVOCXOC; 0 06ÀLOC;. avec tous les siens au nom du Christ. 3. Une fois, alors
KOCL ocp"t"<.ùv dXE cpocnoccr[ocv XOCL crUVEOOUÀEUE ÀÉywv . $OCyE, que je jeûnais, le Trompeur vint même sous les traits d'un
10 XOCL 7tOCücroc~ "t"NV 7tOÀÀNV 7t6vwv' OCV6pW7tOC; d XOCL cru, XOCL moine. On aurait dit qu'il portait des pains et il me donnait
fJ.ÉÀÀE~C; OCcr6EVÛV. 4. 'Eyw ~É, vo~crocc; ocù"t"OÜ "t"~v fJ.E6o- des conseils, en disant : 'Mange et cesse tous ces efforts ;
OE~OCV,
'" l OCVEcr"t"1)V
" "l:"
EUc.,OCcr 6OC~. K'OCXE~VOC;
- " ,1)VEyXEV' Ec.,E
OUX 'l:"'À ~7tE toi aussi, tu es homme et tu vas tomber malade.' 4. Mais
yocp XOCL ~~OC "t"~C; 6upocc; wc;
XOC7tVOC; b èE;EPX6fJ.EVOC; ècpocv1). moi, je m'aperçus de sa tactique et je me levai pour prier.
IIocrocx~c; èv "t"ri èp~fJ.cp cpocv"t"occr[ocv É~E~E;E xpucroü, LVOC fJ.6vov Lui ne le supporta pas; il s'évanouit et parut sortir par la
15 ocY;wfJ.OC~ XOCL ~ÀÉY;w. 5. 'Eyw ~È: xoc"t"Éy;ocÀÀov ocù"t"Oü, porte comme une fumée b. Combien de fois , au désert,
m" 1 montre' cl e l' or, en apparence, uniquement pour
a-toi
XOCXÛVOC; h~XE"t"O. IIoÀÀocx~c; Éxo7t"t"6v fJ.E 7tÀ1)yoc~C; xocyw
que je le touche et le regarde. 5. Mais moi, je disais un
ÉÀEyOV' « Où~Év fJ.E XWp[crE~ OC7tO "t"~C; ocyOC7t1)C; "t"OÜ
psaume contre lui, et il s'évanouissait. Souvent ils me
Xp~cr"t"oü c. » KOCL fJ.iiÀÀov OCÙ"t"OL fJ.E"t"OC "t"OCÜ"t"OC XOC"t"ÉX07t"t"OV
frappaient de leurs coups, et moi je disais : ' Rien ne me
ocÀÀ~ÀOUC;. 6. OÙX èyw ~È: ~fJ.1)v 0 7tOCUWV èxdvouc; XOCL séparera de l'amour du Christ c.' Et après cela ils se
20 XOC"t"OCpyNV, ocÀÀ' 0 KUpLOC; ~V, 0 ÀÉyWV' « 'E6EWpOUV "t"OV battaient encore plus entre eux. 6. Ce n'était pourtant
~oc"t"ocviiv WC; occr"t"pOC7t~V 7tEcr6noc d. » 'Eyw ~É, "t"ÉxVOC, pas moi qui les faisais cesser et les rendais impuissants,
fJ.V1)fJ.OVEUWV "t"OÜ OC7tocr"t"OÀ~XOÜ P1)"t"OÜ, « fJ.EncrX1)fJ.OC'"ncroc dc; mais c'était le Seigneur, lui qui disait: ' Je voyais Satan
èfJ.ocu"t"6v, LVOC fJ.OC6"f)"t"E e » fJ.~ èxxocxûv èv "t"ri OCcrX~crE~ fJ.1)~È: tomber comme un éclair d. ' Ainsi, mes enfants, me souve-
cpoOE~cr6oc~ "t"OÜ ~~oc06Àou XOCL "t"NV ~oc~fJ.6vwv ocù"t"OÜ "t"OCC; nant du mot de l'Apôtre, je me suis pris en exemple, pour
25 CPOCVTOCcr[OCC;. que vous appreniez e à ne pas vous décourager dans
l'ascèse, et à ne pas craindre les apparitions du diable et de
ses démons.

6 É301;oc : 't'OÜ't'O\l add. TV Il 7 't'0 : È:\I praem. AP Il 't'0 o\l6f1oc't'L


't'OÜ XpLO''t'OÜ : 3LQ: 't'O\l XpLO''t'O\l 1 Il XpLO''t'OÜ : xupîou K 6EOÜ 0 Il Il 3È omo Y Il 1tOCUW\I : 't'OCÜ't'oc 1tOLW\I dç G Il èxd\louç : oc,)'t'oùç OZ Il
8 THJ,.6É : 3È add. DEKLMPQWZ opq Il xocl omo TV Il 36ÀLOÇ : 3L,x- 19-20 È:xd\louç xocl xoc't'ocpyw\I : xocl /; xoc't'ocpyw\I oc')'t'ouç A Il 20 Ku-
ooÀoç add. D 3ELÀbÇ S 119 Kocl IXp't'w\I eIXE : xocl omo AFM (xoclIY) pLOÇ : 6eoç TY Il ~\I : ~f1W\I l"1)O'oüç XPLO''t'OÇ U omo 0 Il 211te0'6\1't'oc
IXp't'o\l ElXE\I LQU IXp't'o\l (IXp't'w\I E) ÉXW\I DGORSY ÉXW\I IXp't'w\I (1tL1t't'O\l't'OC G) : è:x 't'OÜ OÙpOC\lOÜ add. GO è:x 't'OÜ OÙpOC\lOÜ 1te0'6\1't'oc
WZ r IXp't'w\I È:1tOîEL K Il cpOC\l't'OCO'LOCÇ DUV Il O'U\lEOOUÀe:uE : fLOL add. BCHILPRTVY r eadentem a: eadentem de eaelo b Il 22 't'Oü
G Il 10 1toÀÀW\I omo K Il 1t6\1w\I omo D Il el: yQ:P praem. CGHLS OC7tOO''t'OÀLXOÜ P"I)'t'oü : 't'o 't'où oc1t0'0't'6Àou p"I)'t'6\1 0 Il P"I)'t'oü : Myou X
TUVY Il xocl 2 omo T Il xocl 3 omo 10 Il 11 OC0'6E\lEL\I: È:0'6îeL\I M Il Il f1e't'eO'X"I)f1,x't'LO'oc : 't'ocü't'oc add. BKQRWZ r Il 23 È:f1ocu't'6\1 : éocu't'6\1
11·12 f1e603doc\l : f1É6030\l CDGKMPUWXZ 1to\l"l)pîoc\l 1 Il 12 ÉO''t'"I)\I DR Il È:\I omo U Il f1"1)3È : xocl f1~ CHUY Il 24 xocl : ~ BIL Il 3OCLf16\1w\I :
R Il 13 xocl post 6upocç transp. L Il 3LQ: omo D Il 3LQ: 't'1jç 6upocç omo X Épyw\I 0
Il 6upŒoç S Il wç : wO'd Rom. U Il È:1;epx6f1e\loç È:q:>,x\l"l) : È:1;1jÀ6e\l 0
1114 XpUO'LOU CGHLRSTUVY XpuO'OÜ\I M 1115 3È omo L 1116 x&:xe'~­
\lOç È:'t'1jxe't'o omo A Il ÉX01t't'O\l : É't'U1t't'O\l V Il Éxo1t't'6\1 f1e : È:xo1t't'6f1"1)\1 40. b. Cf. PS. 36, 20 Il e. Rom. 8, 35.39 Il d. Cf. Le 10, 18 Il e.
SXII xocyw omo X Il 18 ÉX01t't'O\l CHUVY Il 19 ocÀÀ1jÀouç : éocu't'ouç 0 1 Cor. 4, 6
246 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 41, 1·5 247

904 41, L KOCL bt€La~ yéyovoc wç &<pp<ùv aLYJYOUfL€VOÇ a,


It'/~
O€SOCO" 6€ XOCL,'t"OU't"O
- "r;'I
1tpOç OC<pOOLOCV. K' l
OCL 1tLO"'t"€UO"OC't"€' ou, Satan s'avoue vaincu par les moines
.1. 'it'
'f€UOOfLOCL yocp. l "E XpOUO"€ 1ton 't"LÇ €V 't"cp fLOVOCO"'t"YJPLCP 't"YJV
1 l , - "

, YJV' 6 upOCV' 41, 1. Mais puisque je suis passé pour insensé a en


€fL ' XOCL, €s€
,~ À6' î'It'I
<ÙV €.oov 't"LVOC fLOCXPOV " '.1. À'OV
XOCL U'fYJ racontant tout cela, écoutez encore ceci pour ne plus avoir
5 <pocLv6fL€VOV. 2. Ehoc 1tu60fLévou fLOU' ~ù 't"(ç €I; é<pYJ' peur. Croyez-moi, je ne mens pas. Un jour quelqu'un
'Eyw e:LfLL 0 ~oc't"ocviiç. Ehoc Àéyov't"6ç fLOU' T( ouv èv-rocu6oc frappa à la porte de mon ermitage. Je sortis et vis paraître
1tlip€L; éÀey€v èX€LVOÇ . T( fLéfL<p0v-roc( fL€ fLli't"YJv o~ fLOVOCXOL quelqu'un d'une grandeur extraordinaire. 2. Comme je
XOCL o~ &ÀÀOL 1tlivnç xpLO"nocvo(; T( fL€ xoc't"OCpWv-rOCL xoc6' demandais: ' Qui es-tu?', il dit: 'Moi, je suis Satan. ' Je
wpocv; 3. 'EfLOU aè: €t1t6v't"oç' T( yocp OCÙ't"OLÇ èvOXÀ€LÇ; é<pYJ' dis ensuite :' Pourquoi es-tu ici? ' Il répondit: ' Qu'ont-ils
10 OÙX e:LfLL èyw, &ÀÀ' OCÙ't"OL 't"ocplinouO"Lv éocu't"ouç' èyw yocp à m'accuser sans raison, les moines et tous les autres
&0"6€v~ç yéyovoc. OÙX &véyv<ùO"ocv, on « 't"OU èX6pou è~é­ chrétiens? Pourquoi me maudissent-ils à toute heu-
Àmov oc~ POfL<pOCLOCL e:Lç 't"éÀoç, XOCL 1t6À€LÇ xoc6€î:À€ç b »; re ? ' 3. Comme je disais: ' Pourquoi donc les molestes-
4 • 0 ux€n , 1 't"01tOV l
€X<ù,
,1
ou'A/Àr-€ oç, ou" 1tO À LV. II OCV't"ocXOU - tu? ' il dit: ' Ce n'est pas moi, ce sont eux qui se troublent
eux-mêmes, puisque moi, je suis devenu faible. N'ont-ils
XPLO"nocvoL y€y6vocO"Lv' Àomov XOCL ~ épYJfLOÇ 1t€1tÀ-f)p<ù't"OCL
pas lu : Les glaives de l'ennemi ont perdu leur force pour
15 fLOVOCXWV. 'Eocu't"oùç 't"YJpd't"<ÙO"ocv XOCL fL~ fLhYJv fL€
6<ÙO"OCV. 5 . T'o't"€ 6ocufLOCO"OCÇ toujours et tu as détruit ses villes b? 4. Je n'ai plus de
XOC't"ocpocO"
1 l €y<ù
" 't"OU- KUpLOU,
1 'IV
-l,

î' " " A ' . 1 . " c '


lieu, plus de traits, plus de ville. Partout il y a des
XOCpLV, €.1tOV 1tpOç OCU't"OV'
1
€L 'f€UO"'t"YJç <ÙV XOCL fLYJO€1to't"€
l It"
chrétiens; aujourd'hui, même le désert s'est rempli de
My<ùv &À-f)6€LOCV, OfL<ÙÇ 't"OU't"O vuv, XOCL fL~ 6éÀ<ùv, €tPYJXocç moines. Qu'ils fassent attention à eux et ne me maudissent
&ÀYJ6éç' 0 yocp XpLO"'t"OÇ èÀ6wv &0"6€v-Yj O"€ 1t€1tO(YJX€ XOCL pas sans raison.' 5. Alors moi, admirant la grâce du
Seigneur, je dis au diable : 'Bien que tu sois toujours
N deest menteur C et que tu ne dises jamais la vérité, pourtant, sans
41, 1 Kod omo G Il wç : omo DEIKPUWYZ r uelut a quasi c le vouloir, tu viens de dire quelque chose de vrai, car le
Il 2 &<'jlOOLotV : &O'<'jlÔtÀELotV xotl &<'jlOflLotV DMPWZ r ut de cetero Christ, en venant, t'a rendu faible, et en te jetant à terre,
non timeatis a Il 7tLO''t"EUO'ot't"E : fJ.OL add. ADFLMPQSVWZ r Il
2·3 où Y;EUOOfLotL yÔtp : on où Y;. 0 Il 3 7t0't"€ nç inu. FOR Il nç
omo X Il 3·4 't"~v ÈfL~v post 6upotv transp. U Il 4 XotL 2 omo a Il 5 Ehot :
oè add. A Il 7tu60fL€VOU fLOU : 7tuv6otVOfL€VOU fLOU DGR 7tu66fLEVOÇ AOR Il 13 [lotV't"otXOÜ : OUotL EfLol praem. 0 Il 14 xotl omo MR Il ~
Èyw BI 7tu60fL€vCP fLOL Y Il ~ù omo CHSUY Il ~<'jl'Y) : <'jl'Y)O'LV (post ElfLL) omo X Il 7tE7tÀ~pCù't"otL: È7toÀL0'6'Y) A Il 14·15 7tE7tÀ~pCù't"otL fLOVotXW'I
U Il 6 'Eyw - ~ot't"otvêiç : Éotu't"ov ELVotL 't"ov O'ot't"otvêiv F Il fLOU: ÈfLoÜ inu. L Il 15 fL0'lM't"'Y)pLCù'l H Il 'Eotu't"oùç: o;)v add. E Il fLE: ÈfLè
EHTVY Il TL O;)V: o;)v A 't"L 1 Il 7 fL€fL<'jlOv't"otL fLE (fLOL F) : inu. BHLTY fLOL AR 1116 Èyw omo K Il KUpLOU : XpLO''t"OÜ CHLMTUVY
ADLOUX fLOL fL€fL<'jlOV't"otL B Il fLE omo 1 Il fLÔt't"'Y)v ante fL€fL<'jlOV't"otL christi a 1117 WV : EL F [117-18 xotl - vüv omo HU 1118 ofLCù<; 't"OÜ't"o
transp. G 118 oL IXÀÀOL 7tÔtV't"EÇ : 7tÔtV't"EÇ omo AB oL omo FHX 7tÔtV't"EÇ omo 0 Il 19 &À'Y)6t<;: 't"o &À'Y)6€<; 0 't"&À'Y)6€ç R &À~6ELotV HU Il
oL 0 oL IXÀÀOL oè 7tÔtV't"EÇ P Il fLE : fLOL ADKMPUWVXZ r Il 8·9 xot6' &0'6EVEI.V RU
&potV : omo 0 xot6' ~fLtPotV xotl &potV U Il 9 oè omo M Il TL : O't"L P Il
otù't"oùç 1 Il 0XÀEI.Ç F 7totpEVOXÀ'ÎjÇ 0 Il ~<'jl'Y) : ÈxEI.VOÇ add. Q 1110 Oùx
dfLl Èyw : où X Il dfLl Èyw inu. EQ Il Èyw : 0 È'I0XÀW'I otù't"OI.<; add.
IVWZ r ot'lno<; add. BCGKL ego ac Il yàtp : oè EQ Il 1llSn omo 41. a. Cf. II Cor. 11, 16; 12,6.11 Il b. Ps. 9, 7 Il C. Cf. ln 8,44
248 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 41, 5 - 42, 5 249

20 Xot't"otOotÀWV €yUfLvwcre:V. 6. "Axoucrotc; aè: €xe:"Lvoc; 't"o 't"OU t'a désarmé.' 6. Alors celui-ci, entendant le nom du
~w't"~poc; OVOfLot Xot/. fL~ <pÉpwv 't"~v &x 't"ou't"ou xotumv, Sauveur et n'en supportant pas la brûlure, disparut.
oc<potV~C; yÉyove:v.
Si nous ne craignons pas les démons, ils battent en retraite
42, 1. m 't"OLVUV xot/. otlJ't"OC; 0 aLOCOOÀOC; ofLOÀoYe:L fL1Jaè:v
MVotaSotL, o<Pe:LÀofLe:v 7totV't"e:ÀWC; Xot't"ot<ppOVe:LV otlJ't"OU 't"e: Xot/. 42, 1. Si donc le diable lui-même avoue qu'il ne peut
't"wv aotLfL6vwv otù't"ou. '0 fLè:v o,)v €XSpOC; fLe:'t"oc 't"wv Éotu't"ou rien, nous devons le mépriser complètement, lui et ses
XUVWV 't"OLotU't"otc; ~Xe:L 't"occ; 7totVOUpyLotC;' ~fLe:LC; aÉ, fLotS6v't"e:c; démons. Telles sont les fourberies de l'ennemi avec ses
chiens 1. Mais nous, instruits de leur faiblesse, nous
5 otù't"wv 't"~v ocaSÉve:LotV, Xot't"ot<ppOVe:LV otÙ't"wv aUVOCfLe:Sot.
pouvons les mépriser. 2. Ainsi ne soyons pas abattus en
2. Tounp 't"0 't"p6mp fL~7tpOXot't"ot7tL7t't"WfLe:V 't"~ aLotvoL~ esprit, ne méditons pas en notre âme sur ce qui peut nous
fL1J a è: ÀOyL~WfLe:Sot €V 't"~ !.Jiux~ ae:LÀLotC; fL1Jaè: OCVot7tÀoc't"'t"WfLe:V rendre pusillanimes et n'allons pas nous forger des sujets
Éotu't"o"Lc; <p6oouc; ÀÉyovnc;' M~ &pot aotLfLWv €ÀSwv OCVot't"- de crainte en disant: ' Pourvu qu'un démon ne vienne pas
pÉ!.Ji1l fLe: . fL~ &pot ~otcr't"ocaotC; Xot't"otoocÀ1l ~ €;otL<pV1JC; Èmcr't"occ; me terrasser; pourvu qu'il ne me soulève pas pour me
905 €x't"otpOC;'7l. 3. M1Ja' (lÀwc; €VSUfLWfLe:Sot 't"OLotU't"ot fL1Jaè: projeter par terre et ne me surprenne pas tout d'un coup
ÀU7tWfLe:Sot wc; OC7tOÀÀ.UfLe:VOL· SotPpwfLe:V aè: fL~ÀÀoV Xot/. pour me troubler.' 3. Ne réfléchissons surtout pas à cela
XotLpwfLe:v OCe:/. wc; cr<p~6fLe:VOL. 4. Kot/. ÀOYL~wfLe:Sot 't"~ et ne nous affiigeons pas comme si nous allions périr.
!.Jiux~ (l't"L KUpLOC; fLe:S' ~fLWV €cr't"LV a , 0 't"p07twcrotC; xot/. Soyons plutôt pleins de courage et réjouissons-nous tou-
xot't"otPY1JcrotC; botU't"ouc;.
1 , 1 K' otL " - " D . oe:
OLotVOWfLe:vot "-" XotL" e:VVUfLWfLe:-
D. 1 jours en pensant que nous sommes sauvés. 4. Pensons en
15 Sot OCe:/. (l't"L, OV't"OC; 't"ou KUpLOU fLe:S' ~fLWV, oùaè:v ~fL"Lv O[ notre âme que le Seigneur est avec nous a, lui qui les a mis
, D.' 7tOL1Jaoumv. 5• 'EÀD.I " en fuite et les a réduits à l'impuissance b. Considérons et
e:XVPOL 1
vOV't"e:c; yotp, 07tOLOUC; otV e:upw-
l " "

réfléchissons toujours que, le Seigneur étant avec nous, les


ennemis ne nous feront rien. 5. Car quand ils viennent,
20 XOC't"lxoocÀw\J : O"E: add. G Il 'AxouO"ocç 3è: EXE:L\JOÇ : 3è: omo EGK
QSX EXe:L\JOÇ <XxouO"ocç ADMPWZ r Il 3è: : oU\J V Il 't"à omo M Il
21 EX 't"ou't"ou : Exd\Jou IL Il 22 EyÉ\JE:'t"O AOR Z Il wç omo 1 Il Àoy~0"6[1-E:6oc F 1113 Kupwç : 0 praem. BDGHKLPSXZ
Il 't"p07twO"cX[l-E:\Joç BGZ Il 14 Koct 1 omo BCHIPTV Il 3è: omo DS Il
N deest 16 1tmoüO"~\J A 7tO~~O"wO"~v RS
42, 2-3 TE xoct - ocù't"Oü omo K Il 3 ocù't"Oü omo IL Il Éocu't"oü : ocù't"Oü
Z Il 4 XU\JW\J : xO~\Jw\Jw\J IV Il 't"mocu't"ocç : 't"oO"ocu't"ocç BDKMPTWXY
tales a Il 't"~ç omo V Il 7toc\Joupy1ocç : cpoc\J't"oc0"1ocç F Il 5 ocù't"w\J 1 : ocù't"Oü 42. a. Cf. Mauh. 1, 23; Rom. 8, 31 Il b. Cf. 1 Cor. 2, 6
GO Il ocù't"w\J 2 : OCÙTOÜ D Il 6 Toihov (ou\J add. DPX r) Tà\J Tp61tov
CHKQTVYV (punctum post Tp67to\J QTV) Il [I-~ : oU\J add. Q Il 1. Dans le monde égyptien, et copte notamment, on se représentait
7tpoxoc't"oc1t17t't"w[l-E:v (-O[l-E:V H) : xoc't"oc7t17t't"w[l-E:\J (-o[l-E:\J LS) BEIKOQ certains démons comme des chiens ou avec une tête de chien. Voir
RXYZ Il T7i : EV praem. R Il 7 [l-1)3è: - 3E:~À1ocç : [I-~TE 3E:~À~w[l-E:\J 0 Il A. JACOBY, (, Der hundskopfige Damon der Vnterwelt », Archiv für
3E:~À1ocç : 3E:~À1oc\J AEGQ 7tE:pt 3E:~À1ocç LS Il 8 ÉOCU't"OLÇ: Éocu't"oùç B Religionswissenschaft 21, 1922, p. 219-225; A. ERICH, Die Darstel-
OCÙ't"OLÇ Q E\J ÉOCUTOLÇ R Il cp6oo\J EQ Il &poc : 0 HTVY Il 9 &poc ~ocO"'t"cX­ lung des Teufels in der christ lichen Kunst, Berlin 1931. Cf.
O"ocç: &poc ~ocO"'t"cX~ocç ABFLSX r 3~ocoocO"'t"cX~ocç (-O"ocç TV) CHVY Pachomii uita altera 17 (éd. F. Halkin, p. 184, 1. 2) : les illusions
~ocO"'t"cX~ocç 1 Il 10 M1)3' : [I-~6' HTVVY Il E\J6u[l-1)6w[l-E:\J GILR Il 't"mocü- des démons sont considérées comme (, l'aboiement inutile des
TOC : 't"~ praem. EQ 1112 &e:t : omo ACHTVY post O"w1:6[1-E:vm transp. chiens ».
250 ATHANASE D'ALEXANDRIE VIE D'ANTOINE 42, 5-8 251

env ~fJ.iiç, 't'OLoihoL X<XL <XÙ't'OL y(VO'll't'<XL 7tpbÇ ~fJ.iiç, X<XL tels ils nous trouvent, tels ils se font eux-mêmes avec nous,
7tpbÇ &ç e:Up(O"XOUCrL'l/ ~V ~fJ.LV ~'II'\IO(<xç, o{hw X<XL <XÙ't'OL 't'ŒÇ et ils adaptent leurs illusions aux dispositions qu'ils
CP<XV't'<xO"(<xç OCCP0fJ.OLOÜO"LV_ 6_ 'EŒv fJ.è:v 013'11 ae:LÀLW'll't'<X