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Introduction (rappels)

Historique et évolution de l’amélioration des plantes

La sélection végétale a commencé lorsque l’Homme a appris à choisir des plantes capables de
le nourrir et de nourrir son bétail. Les méthodes de sélection pratiquées par l’Homme aux
début de la domestication des plantes semblent être primitives par rapport à celles utilisées de
nos jours par les sélectionneurs. Les formes modernes de l’amélioration des plantes sont
apparues aux XIXéme siècle après un long processus d’élaboration d’une méthode de sélection.

Domestication inconsciente →jardinage →échange →codification de l’agronomie→ maitrise des


descendances renforcée par les premières lois génétiques → développement de l’amélioration
des plantes en tant que science et éruption des biotechnologies.

Les repères historiques de la sélection

Progrès des connaissances


1676. Découverte du rôle des organes sexuels chez les végétaux par Millington- Grew.
1880. Visualisation des chromosomes par Strasburger-Boveri, et mise en évidence de leur
implication dans la division cellulaire.
1900. M i s e e n a p p l i c a t i o n d e s l o i s d e M e n d e l s u r l ' h é r é d i t é . S e s t r a v a u x s u r l e
croisement de deux variétés de petits pois définissent les règles de base de la génétique. C'est la
naissance de la sélection des plantes.
1902. Découverte de la totipotence des cellules végétales par Haberland. Un tissu végétal
est capable de régénérer une plante.
1908. Découverte de l'intérêt des hybrides par Shull sur le maïs. Le croisement de deux
lignées permet d'obtenir un hybride qui exploite l'hétérosis.
1953. Description de la structure en double hélice de l'ADN par Watson et Crick.
1960. Découverte du code génétique par Crick, Nirenberg, Mathaeri et Ochoa.
1965. D é c o u v e r t e d e s e n z y m e s d e r e s t r i c t i o n p a r A b e r, S m i t h e t N a t h a n s . C e s
protéines coupent l'ADN au niveau de sites particuliers.
1977. D é c o u v e r t e d u t r a n s f e r t d e g è n e s p a r d e s a g r o b a c t é r i e s , b a c t é r i e s d u s o l
pathogènes de nombreuses espèces végétales, par Schell. Il a montré que la virulence de
ces bactéries est due à un transfert de gènes de la bactérie vers les cellules végétales.

Progrès des techniques


Les progrès des connaissances ont permis ensuite de mettre au point les techniques. Voici quelques
exemples d’application :

1911. Notion de liaison génétique par Morgan. Il démontre que les gènes sont disposés de façon de
façon linéaire sur les chromosomes et que de plus, lorsqu'ils sont situés sur le même
chromosome, ils sont transmis à la descendance comme une seule unité. On dit qu'ils sont liés.

1935. Première carte génétique partielle du maïs par Emerson.


1950. Première technique de culture in vitro. Il s’agit de la technique de la multiplication végétative,
développée par Morel et Martin, sur la pomme de terre.

1961. Illustration des principes d'analyse des locus impliqués dans la variation des
caractères quantitatifs, par Thoday.

1964. Premières cultures de cellules sexuelles mâles chez le Datura innoxia, par G u h a
et Maheshwari. Elles ouvrent la voie à la production de plantes
haploïdes.
1975. Description de la méthode de Southern, du nom de son inventeur. Le principe de la technique
repose sur l'hybridation de l'ADN avec une sonde d'ADN marquée.

1978. Première fusions de protoplastes, par Melchers. Elles permettent de s’affranchir partiellement
de la barrière entre espèces.

1983. Premiers tabacs transgéniques obtenus en même temps par une une équipe belge et
une équipe américaine.

Origine de la variabilité génétique

La biodiversité est le résultat des modifications de génome des différentes espèces au cours de
l'évolution. Ces modifications sont les mutations, de différents types. Elles se produisent
spontanément ou sous l'influence d'agents mutagènes. Elles sont généralement réparées, ou la
cellule est détruite, mais parfois elles échappent à ces systèmes et se transmettent.

Définition de référence de la variation génétique:


L'apparition de variantes génétiques (allèles, gènes ou génotypes).

La variation génétique est due aux changements dans la composition génétique, à distinguer
des différences dues aux facteurs du milieu.

variation
Ensemble des différences individuelles dues à la variabilité de la composition génétique et
(ou) du milieu influençant chaque individu. Les différences quantitatives sont exprimées par
la variance.

variation
Ensemble des différences entre individus de la même espèce dues à la variabilité de leur
composition génétiques ou du milieu dans lequel ils se sont développés.

• Notion de gène

Le gène est un segment d’ADN qui constitue l’unité de transmission héréditaire de


l’information génétique. Un gène est une entité contenant de l’information nécessaire à la
synthèse d’une macromolécule : ARN ou polypeptide. Il peut parfois permettre à lui seul
l’expression d’un caractère pour cela un gène est souvent qualifié « d’unité de fonction ».
L’emplacement d’un gène sur le chromosome est appelé locus.
Un gène peut exister sous plusieurs formes dites formes allèles. Lorsqu’un caractère ou une
fonction dépendent de plusieurs gènes, on dit qu’il est polygénique. Il arrive parfois qu’un
gène contrôle plusieurs caractères, par exemple par l’intermédiaire d’une enzyme unique mais
impliqué dans plusieurs réactions : on dit qu’il y a pléiotropie. Il existe des cas où un gène
contrôle le fonctionnement d’un autre gène : c’est le cas dans le phénomène d’épistasie.
On appelle génome l’ensemble de gènes d’un individu (entité génétique) et génotypes la
combinaison d’allèles sous la forme desquels se trouve les gènes.
Le phénotype correspond aux caractères exprimés par l’individu et résulte de la nature du
génotype et des conditions de l’environnement.

L’amélioration des plantes: un art et une science


1- Définition

L'amélioration de plantes se définie comme étant une évolution dirigée ou un ajustement des
plantes pour répondre mieux aux besoins de l’homme. C’est un métier qui aussi vieux que le
monde, en effet Harlan (1975) disait que l’homme s’initia à l’amélioration des plantes et à celle des
animaux dès l’instant où il prit la décision de choisir entre plusieurs individus qui se présentaient à lui
et ceci probablement pour se nourrir. Ces choix ont contribués grandement à la survie et à l’évolution
de la société humaine.

Ce travail primaire de sélection était long et imprécis, parce que non basé sur des critères reconnues
de tous. Ce métier tenait plus de l’art qui est propre à chaque “sélectionneur” que de la science. Il en
fût ainsi jusqu’à l’avènement des lois de Mendel sur l’hérédité des caractères simples, qui furent
découvertes, acceptées et appliquées dès le début du vingtième siècle, à l’amélioration des plantes.
Malgré cela, ce métier restait un art dans lequel les “sélectionneurs” cherchaient à modeler des
plantes qui ressemblent à un idéotype qui n’existait que dans leurs esprits. Les progrès fait dans le
domaine d’autres sciences telles que surtout la génétique et les statistiques ont grandement aidés à
l’évolution, de l’amélioration des plantes vers une science à part.

La sélection à ses débuts était basée surtout sur le jugement du sélectionneur et sur sa capacité
à identifier les génotypes supérieurs. De nos jours, et avec le développement
spectaculaire des sciences biologiques, la sélection végétale est devenue plus une science qu’un art,
puisqu’elle s’appuie sur les lois de la génétique et sur l’essor biotechnologique qui permettent aux
sélectionneurs de raisonner le choix des génotypes.

2- Objectifs
L’amélioration des plantes a pour but de créer de nouvelles variétés à partir de la
diversité existante. Elle consiste à croiser deux plantes choisies pour leurs c a r a c t è r e s i n t é r e s s a n t s e t
complémentaires afin de les réunir dans une seule. Par le choix des meilleures
plantes dans la descendance, les sélectionneurs aboutissent après un long travail
d ’ é p u r a t i o n s s u c c e s s i v e s à l a c r é a t i o n d ’ u n e nouvelle variété.

Les objectifs de la sélection sont nombreux. Généralement, le premier critère évoqué est la
productivité. La productivité dépend de nombreux facteurs. Elle peut être le résultat de la
réduction des facteurs limitant du rendement, mais le potentiel de productivité peut également
être accru par une amélioration de la physiologie des plantes. Les espèces végétales sont également
plus ou moins plastiques C’est un objectif ambitieux, car il vise la création de cultivars «cutivated
varieties »ayant un ensemble de caractéristiques leur permettant d’être cultivés avec profit par le producteur et
d’être appréciés par le consommateur.
D’autre part, on demande de plus en plus à l’agriculture de respecter l’environnement, de contribuer à
ses activités industrielles et de produire des molécules à usage pharmaceutique..

Pour le producteur:
a) augmentation du rendement (aspect le plus important en amélioration des
plantes) Rdt grain + Rdt biomasse
b) Efficacité de la production
* Réduction de la hauteur : faciliter la récolte (sorgho)
* Résistance à l’égrenage (soja)
* Résistance à la verse (blé)
- diminution des frais culturaux et de la pénibilité (ç.a.d mécanisation)
c) A d a p t a t i o n : A p t i t u d e d ’ u n e p l a n t e à s ’ a d a p t e r à u n e
grande gamme de d’environnement en modifiant
c e r t a i n e s d e s e s c a r a c t é r i s t i q u e s morphologiques ou physiologiques.
♦ Résistances aux maladies, insectes et ravageurs (économie)
♦ Résistance aux froid, sécheresse et hautes températures (Précocité)
♦ Résistance aux sols acides et salins.
Pour le consommateur :
d) Amélioration de la qualité : Elle dépend de l’attitude des gens
utilisant le
produit final.
♦ Qualité boulangère (blé).
♦ Augmentation du taux et de la qualité des protéines des céréales ( b l é , maïs).
♦ Couleur, texture, forme et taille du fruit.
♦ Goût, …etc. (tomate, pomme PdT).

2-1- L’amélioration de la productivité

Le potentiel de production, comme tout autre caractère de la plante, peut être amélioré par la
sélection. Un rendement supérieur peut être obtenu par une accumulation des gènes favorables pour ce
caractère dans une plante et/ou par une modification de l'architecture de la plante pour lui permettre de
mieux utiliser les ressources du milieu dans lequel elle se développe (lumière, eau, minéraux du sol
etc..).

Cette progression de la productivité est due non seulement au progrès génétique, mais également à
l’évolution des techniques culturales : traitements, fumures préparation des sols et doses de semis…

2-2- L’adaptation des plantes au milieu


La sélection a permis d'étendre la zone de culture des espèces en les adaptant à des conditions
climatiques nouvelles comme le froid et la sécheresse ou d'autres stress climatiques
comme la verse due au vent et l'inondation.

2-2-1- Adaptation au milieu physique.

On peut étendre les limites de la zone de culture d'une plante cultivée en modifiant certaines
de ses caractéristiques morphologiques ou physiologiques. Le développement de variétés précoces
permettant d'échapper à la sécheresse à la fin du cycle végétatif est l'un des moyens d'adaptation aux
zones arides.

2-2-2- adaptation au milieu biologique

La résistance aux maladies aux insectes et à d’autre ravageurs permet d'augmenter et de


stabiliser la production. Cette résistance peut nous économiser les frais de traitements par des
pesticides et réduire les risques de pollution chimiques.

2-3- qualité

Le matériel végétal utilisé pour créer de nouvelles variétés est assujetti à des tests rigoureux de
qualité. La qualité boulangère est une nécessité pour les variétés de blé. La couleur, la texture, la forme
et la taille du fruit, le goût etc.. Sont des caractères importants que les sélectionneurs doivent prendre
en considération au moment de la sélection.

3- Contribution de l’amélioration des plantes

Les effets les plus marquants de l’amélioration des plantes se sont manifestés tout le long de la
deuxième moitié du vingtième siècle, par une nette augmentation des rendements de plusieurs
espèces de plantes cultivées et ce dans plusieurs pays où les conditions s’y prêtent. Cette
augmentation de la productivité est due en partie à l’amélioration génétique et en parti à celle de
l’itinéraire technique devenue possible grâce aux progrès faits dans l’agro-industrie (fertilisation,
mécanisation des travaux, irrigation, lutte comme les ennemis des cultures). L’importante
augmentation des rendements en blé tendre, suite à l’introduction des gènes de nanismes apportés par
les blés Japonais du type Norin 10, a été spectaculaire au Mexique, aux Etats Unis, au Canada, au
Pakistan et en Inde, et a contribué à l’avènement de la révolution verte. Les rendements sont passés de
0,8 t/ha à des points qui affleurent largement le seuil de 6,0t/ha, et dès la fin des années 1970 (Hanson
et Borlaug, 1984).

Un autre exemple des effets de l'amélioration des plantes sur l'augmentation du rendement est
donné par celui d'orge et de blé en Angleterre. Le rendement de l'orge a augmenté de 28% entre 1967
et 1977 dont plus du tiers (10%) a été attribué à la sélection variétale. Pour le blé une augmentation de
rendement de 42%, a été observée entre 1967 et 1974. Plus de la moitie (30%) de ce gain était le
résultat direct de l'utilisation des variétés nouvelles.

L’amélioration des plantes a aussi contribué à l’extension de l’aire de culture de certaines


espèces comme le blé tendre qui s’est étendue vers le nord et vers l’équateur, pour occuper des zones
où avant cette plante ne pouvait s'accommoder et survivre. Cette extension de l’aire de culture a été
obtenue grâce des changements réalisés sur la plante pour quelle puisse s’adapter à des
environnements qui avant lui étaient hostiles. La sélection pour la réponse aux stimulus
environnementaux, la tolérance aux stress abiotiques et biotiques et l’ajustement du cycle de vie de la
plante pour qu’elle puisse faire une meilleure utilisation des potentialités de son environnement ont été
les caractères les plus marquants.

La découverte de l’effet d’hétérosis a été un pas décisive dans l’amélioration des rendements des
plantes allogames, comme le mais ( Zéa maydis L) et le sorgho ( Sorghum bicolor Moesch). Le
phénomène d’hétérosis a été exploité par l’utilisation des variétés hybrides en grandes cultures.

La découverte des gènes de résistance aux maladies et leur mode de transmissions héréditaires a
contribué à rendre les plantes moins sensibles aux stress biotiques, ce qui leur permet d’exprimer leur
potentiel génétique. La sélection des variétés de blé tendre résistantes aux rouilles (Puccinia sp) et
essentiellement à la rouille noire a contribué à la stabilité et l’amélioration des rendements dans le
nord américain où ces maladies faisaient des ravages avant les années 1930 (Rajram et Zilinsky, 1970).

La qualité des produits obtenus a été aussi un des résultats de la contribution de l’amélioration des
plantes, qui a participé au l’augmentation du pourcentage des huiles du soja ( Glycine Max L), du
colza, le taux de sucre de la canne et de la betterave (Beta vulgaris L.) et le taux de protéine des blés
tendre ( Triticum aestivum L), dur ( Triticum durum Desf.), de l’orge ( Hordeum vulgare L) et de
l’avoine ( Avena sativa L). L’amélioration des plantes a contribué à remodeler la forme, la senteur, la
couleur et le goût des fruits et fleurs chez diverses espèces de plantes.

L’utilisation des gènes de nanismes a contribué à l’intensification de la production, telle que la


mécanisation de la récolte du Sorgho et du mais , en plus d’autres attributs associés à ces gènes telles
que la précocité et la fertilité des plantes naines et semi naines comparativement aux plantes hautes de
paille. Ces améliorations et ajustement des plantes au service de l’homme ont été obtenus grâce à des
travaux qui ont duré parfois plus de 10 années. Pour obtenir une nouvelle variété de céréale à titre
d’exemple, il faut compter 12 à 16 années. C’est pour dire que le métier de sélectionneur demande de
la patience et de la persévérance.