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Cours de géologie - Structure interne du globe N.

Mancer

LE POURQUOI DE LA GEOLOGIE

Dans tout projet de génie civil, le géologue intervient en concertation avec le maitre d’œuvre et en
liaison avec les différents spécialistes intervenant sur le projet (ingénieurs en : géotechnique, voies et
ouvrages d’art, etc…)
L’ingénieur géologue intervient à plusieurs niveaux ou étapes d’un projet en génie Civil :
1. à l’amont du projet dans le choix du site, où il est impératif d’identifier les contraintes
majeures liées à la nature des terrains, à la structure, à la morphologie et aux évolutions
actives ;
2. au cours des essais géotechniques et l’interprétation des résultats et leur interpolation pour
affiner les connaissances et contrôler les hypothèses ;
3. au cours des travaux dans la réorientation éventuelle du projet pour causes de résultats non
conformes aux hypothèses de départ.

Le lien entre la géologie et le Génie civil est très étroit, d’où l’intérêt de l’ingénieur en génie civil à
étudier la géologie.

Tout ouvrage (barrages, viaducs, ponts, autoroutes, bâtisses), repose sur un socle ou une assise
appelé fondation, qui garantit sa stabilité. En effet des fondations bien étudiées et bien exécutées
sont la garantie d’un ouvrage sûr.

Les difficultés liées à l’eau peuvent concerner tous types d’ouvrages ou d’aménagement que ce soit
en phase de réalisation ou d’exploitation et quelle que soit leur nature.

La résolution des problèmes liés à l’eau passent par la mise en œuvre d’une étude hydrogéologique
classique.

Cette étude hydrogéologique classique doit :

 Etre adaptée au concept naturel et aux particularités des aménagements concernés.


 Prendre en compte les données historiques, et les équipements périphériques du site (points
d’eau), ce qui va permettre de bien apprécier les fluctuations piézométriques de la nappe
dans le temps et la portée des travaux du site, sur l’environnement naturel et humain.

L’ingénieur en Génie Civil qui projette de réaliser un ouvrage se trouve nécessairement mis en
présence du « terrain » qui constitue le support de cet ouvrage.
Il est important donc pour cet ingénieur de posséder des notions en science de la terre, afin de
pouvoir dialoguer avec le géologue qui sera associé à ce projet.

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DEFINITION DE LA GEOLOGIE :
DEFINITION :
La géologie est la science qui étudie les matériaux constituant la croûte terrestre, leur agencement
ainsi que tous les phénomènes auxquels ils sont soumis, tant en surface qu’en
profondeur. Aussi ceux qui leur ont donné naissance
La géologie est subdivisée en plusieurs sciences dérivées et complémentaires :
 Cristallographie : étude de l’agencement des cristaux composant les corps solides,
particulièrement les minéraux ;
 Minéralogie : étude descriptive des propriétés physiques et chimiques des
minéraux constituant les roches ;
 Pétrographie : étude de l’association des minéraux constituants des roches, de la
genèse et du milieu de dépôt de ces roches ;
 Sédimentologie : étude du mode de dépôt et formation des roches sédimentaires
et leurs constituants, étant donné que celles –ci constituent la grande partie de
l’écorce terrestre ;
 Stratigraphie : étude des relations mutuelles des couches sédimentaires ;
 Paléontologie : étude des vestiges (restes) organique enfouis dans les roches et
permettant de dater et reconstituer l’histoire de l’évolution de la vie sur terre ;
 Paléogéographie : étude des géographies anciennes et reconstitution du visage de
la terre aux diverses époques géologiques ;
 Tectonique : étude des déformations de l’écorce (plis, failles, formation de chaîne
de montagnes etc.)
 La Géologie appliquée : est une science industrielle qui s’est développée dès le
début du XX siècle. Son domaine d’intervention est le milieu naturel, source de
toute substance minérale ou encore énergétique.
Les centres d’intérêt de la géologie appliquée sont vastes on cite :
 L’hydrogéologie : se spécialise dans la recherche et l’exploitation des
gisements d’eau souterraines (nappe aquifère), dans l’étude de la
qualité des eaux ainsi que dans leur protection ;
 La prospection pétrolière : la recherche des hydrocarbures liquide ou
gazeux ;
 Prospection minière : l’étude et l’exploitation des gîtes métalliques ;
 Géologie de l’ingénieur : appelée aussi géotechnique ou mécanique
des sols, on désigne par géologie de l’Ingénieur l’application des
sciences de la terre aux travaux publics et au Génie Civil.
Elle étudie les propriétés mécaniques des roches et des sols.
Ses domaines d’intervention :
 Fondation d’ouvrage d’art
 Fondation des bâtiments
 Tunnels
 Barrages
 Terrassement, grand travaux
Aux connaissances classiques de la géologie, le géologue appliqué associe les
techniques de l’ingénieur (les forages de reconnaissance, la géophysique).

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1. Les forages de reconnaissance : on appelle forage de


reconnaissance, un trou de faible diamètre, de quelques
mètres de profondeur en Génie Civil, de dizaines à centaines
de mètres en hydrogéologie, de plusieurs milliers de mètres
en prospection pétrolière.
Celui-ci permet de reconnaitre les différents niveaux rocheux,
grâce à des échantillons récupérés sous deux formes :
 Cuttings : roches broyées en débris
 Carottes : cylindres intacts de roches découpées par carottier
2. La géophysique :
Est l’étude de la terre et de ces constituants par des
techniques et méthodes physique auxquelles sont
appliquées des lois physiques.
 La sismique : repose sur la mesure des vitesses de
propagation d’ondes sismiques élastiques
provoquées ou naturelles. Cette vitesse varie avec le
changement de matériaux, et le degré de
fracturation de la roche.
 L’électrique : son principe est la mesure des
résistivités électriques des roches, grâce à un
courant continu envoyé par deux électrodes (A, B).
Par définition la résistivité d’une substance exprime
son degré d’opposition au passage du courant
électrique
Une roche sèche est un mauvais conducteur, par
contre une roche imbibée est un bon conducteur,
donc de faible résistivité
 Magnétisme : en prospection minière, on analyse les
anomalies des champs magnétiques liés à des
substances ferromagnétiques.
 Gravimétrie : a pour objet la mesure des variations
apportées à l’intensité de la pesanteur liées à une
répartition non homogène des masses minérales du
sous- sol de densité différentes.
Le but de cette méthode est la recherche des
anomalies imputables aux variations de densité du
sous-sol. La micro-gravimétrie est adaptée à la
recherche de vides peu profonds plus ou moins
remblayés ou inondés, de filons ou de zones
fracturées, ou encore à la recherche de zones
karstiques et d’altération ou de zones d’alluvions
 Diagraphie : consiste à mesurer, à l’aide de
différentes sondes les caractéristiques des roches
traversées lors d’un forage (résistivité, polarisation
spontanée, gamma ray, diamétreur, etc…).

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STRUCTURE INTERNE DU GLOBE ET METHODES DE PROSPECTION

La structure interne du globe a été étudiée ou abordée :


 Par des mesures directes (une mesure directe est par définition tout résultat obtenu
directement à partir de l’instrument de lecture : mesure d’une longueur « pied à coulisse ou
mètre ruban », conductivité « conductivimètre », tension « voltmètre »,
vitesse « tachymètre » etc…
 En analysant les mesures indirectes, celles fournies d’une manière générale par les méthodes
de prospection géophysiques :
o Les ondes sismiques, engendrées par des tremblements de terre naturels ou
artificiels.
o Les évaluations de la gravité.
o Etude du champ magnétique terrestre

LES METHODES INDIRECTES, LA GEOPHYSIQUE

La géophysique est par définition l’étude de la terre et de ces constituants par des techniques
et méthodes physiques auxquelles sont appliquées des lois physiques
Parmi ces méthodes physiques :
A) LES METHODES ELECTRIQUES
 La polarisation spontanée
On mesure les courants électriques naturels liés aux différentes roches constituant le
sous-sol.
 La méthode électrique des résistivités
La méthode repose sur l’étude de la conductivité électrique des roches, celle-ci est directement liée à
sa nature et sa teneur en eau. On mesure en fait la résistivité électrique (inverse de la conductivité)
qui s’exprime en ohmmètre (Ω.m).

Le principe consiste à injecter dans le sol un courant continu d’intensité I entre deux électrodes
extrêmes A et B (ligne d’émission) et à mesurer la différence de potentiel V crée entre deux

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électrodes médianes M et N (ligne de réception). L’intensité I est affichée sur un ampèremètre et la


différence de potentiel V est mesurée sur un potentiomètre. Les quatre électrodes sont disposées
dans un même alignement et symétriquement par rapport au centre du dispositif.

On utilise généralement le dispositif Schlumberger, où la distance MN est petite devant la distance


AB. L’opération permet de déduire la résistivité apparente du terrain ρa.
La résistivité est obtenue par la relation ρa= 𝐤. 𝐕/𝐈 , où k est un coefficient fonction du dispositif
adopté.
La résistivité des formations varie de quelques Ω.m pour les vases ou les argiles vaseuses, à
quelques dizaines d‘Ω.m pour les argiles, les marnes, et à plusieurs centaines ou milliers d’Ω.m pour
les calcaires, les granites sèches.

Le sondage électrique, permet de mesurer la résistivité apparente en écartant


progressivement les électrodes A et B du centre, donc en augmentant la profondeur d’investigation à
la verticale de la station de mesure. Permettant d'obtenir la succession verticale des résistivités.
En reportant sur un diagramme bi-logarithmique les résistivités apparentes calculées en fonction de
la longueur AB/2, on obtient une courbe caractéristique du sondage électrique réalisé ;
l’interprétation de la courbe caractéristique « courbe expérimentale » sur la base des catalogues des
courbes théoriques existantes, on détermine la résistivité vraie et l’épaisseur de chacune des
couches traversées.

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Le profil de résistivité ou trainé électrique, consiste à déplacer un dispositif AMNB


constant sur une surface ou le long d‘un tracé. On mesure ainsi la variation de résistivité du sous-sol
à une profondeur sensiblement constante, ce qui permet souvent en association avec des sondages
électriques, de détecter d’éventuelles variations latérales de faciès ou l’existence de failles.

Si les mesures sont suffisamment denses dans la zone d’étude, les résultats peuvent être présentés
sous forme de cartes de résistivité et traduisant directement les variations lithologiques du sous-sol.
Ces interprétations conduisent à une bonne amélioration de la connaissance géométrique des
formations géologiques, par corrélation avec les levés géologiques et les résultats de sondages

B) GRAVIMETRIE

La gravimétrie a pour objet l’étude de la variation du champ de gravité ou de la pesanteur, pour


déduire la répartition des masses au sein de la terre ainsi que sa structure et sa dynamique

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notamment la lithosphère. Cette dernière a permis de caractériser la forme de la terre par la


détermination du géoïde.

LE GEOIDE : depuis le 18ème siècle les études gravimétriques avait établi que la terre était un ellipsoïde
de révolution aplati aux pôles ; en effet si la terre était homogène et immobile sa surface serait une
sphère parfaite et une équipotentielle de gravité.

Les forces centrifuges dues à la rotation de la terre, lui ont imposé une forme elliptique aplatie aux
pôles (Req=6378km, Rp=6356km). Cette forme n’est pas un ellipsoïde de révolution car la répartition
des masses au sein de la terre est variée et complexe, La surface réelle de la terre est assimilée à une
surface appelée Géoïde.

Le géoïde est défini comme étant la surface équipotentielle de pesanteur coïncidant avec la surface
d’équilibre des mers et des océans, prolongée sous les continents, c’est la surface de référence
d’altitude 0.

La hauteur du géoïde est la distance par rapport à l’ellipsoïde de référence, elle ne dépasse pas la
centaine de mètres ; le géoïde est en tout point perpendiculaire au vecteur de gravité.

C) EXPLORATION SISMIQUE DE LA TERRE


LA SISMIQUE
Est la science des tremblements de terre naturels ou provoqués
UN SEISME
Correspond à une série de vibrations du sol, ressenties pendant quelques secondes à
plusieurs minutes.
Les séismes « dans leur très grande majorité » se produisent dans la partie supérieure de la
croûte terrestre, qui se caractérise justement par une déformation élastique et cassante. Les roches
peuvent se déformer de façon élastique puis, lorsque les forces appliquées dépassent un seuil, celles-
ci se rompent (ou glissent le long d’une fracture préexistante mais auparavant bloquée) : dans ce cas
les roches sont dites compétentes (cassantes).
Au contraire, dans les parties plus profondes de la croûte (continentale) et dans le manteau,
la déformation des roches est progressive, ductile, sans discontinuité : les roches sont dites
incompétentes.
Ces vibrations, qui correspondent en réalité à une séquence de déformations rapides des
terrains se propagent au cours du temps à partir d’une zone limitée (foyer, source ou hypocentre,

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c’est l’endroit où se produit la rupture ; l’épicentre étant le point de la surface du globe à la verticale
de l’hypocentre).
Le séisme engendre donc des ondes élastiques, car à chaque oscillation, les matériaux se
déforment puis reviennent à leur position initiale en transmettant l’impulsion à leur voisinage
immédiat.
Deux types d'ondes se succèdent, les ondes de volume qui traversent la terre et les ondes de
surface qui se propagent et restent piégées à la surface. La vitesse de propagation de ces ondes
dépend des structures géologiques traversées :

LES ONDES DE VOLUME

Les ondes de volume se propagent comme les rayons lumineux, donc réfléchies ou réfractées à
chaque changement de milieu. Leur temps de parcours dépend de la densité du matériau traversé
(sachant que la densité augmente avec la profondeur voir figure), et n'arrivent pas toutes en même
temps, ni au même endroit. On distingue :
 Les ondes P
Appelées aussi ondes primaires, ondes de compression ou ondes longitudinales. Le
déplacement du sol qui accompagne leur passage se fait par des dilatations et des
compressions successives dans la croute terrestre. Ces déplacements du sol sont parallèles à
la direction de propagation de l'onde. Leur vitesse est habituellement ≥ à 6km/s.
Elles sont les premières à être enregistrées par les sismographes, et sont responsables du
grondement sourd que l'on peut entendre au début d'un tremblement de terre.

 Les ondes S
Dites ondes secondaires, ondes de cisaillement ou ondes transversales, à leur
passage, les mouvements du sol s'effectuent perpendiculairement au sens de propagation de
l'onde. Leur vitesse est habituellement ≤ à 6km/s.
Ces ondes apparaissent en second sur les sismogrammes, ne se propagent pas dans les
milieux liquides, et sont en particulier arrêtées par le noyau externe de la terre.

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ENREGISTREMENT, ANATOMIE ET EXPLORATION DES SIMOGRAMMES

Le sismographe enregistre les mouvements du sol sur support visuel appelé sismogramme.
Sur un enregistrement on constate une succession de trains d’onde d’amplitude et de
fréquences multiples. Ces différentes ondes correspondent à des mouvements du sol variés, trois
grandes catégories d’ondes sont distinguées :
a. Les premières ondes enregistrées par les appareils, ou ondes P (pour premières).
Elles impriment au terrain un mouvement de type compression-dilatation dans la
direction de propagation de l’onde.
b. Un deuxième train d’onde bien visible, enregistré un peu plus tard, correspond aux
ondes dites S (pour secondes). Le mouvement du sol est cette fois perpendiculaire à
la direction de propagation.
c) Une troisième série d’ondes, encore plus tardive, apparaît sur les sismogrammes
enregistrés à une certaine distance du séisme. Ces ondes ont une amplitude bien
supérieure aux autres et une fréquence plus faible. Ce sont les ondes les plus
destructrices, en raison de leur amplitude et du fait de la complexité des
mouvements du sol correspondants. Elles sont appelées ondes L (longues), ou ondes
de surface car elles sont guidées par la surface. Deux sous-catégories sont
distinguées parmi ces ondes : les ondes de Love, qui correspondent à des
mouvements cisaillants, et les ondes de Rayleigh, qui impriment à une particule du
terrain un mouvement elliptique rétrograde dans l’axe de propagation de l’onde.

TYPES DE SEISMES
1. LES SEISMES SUPERFICIELS, le foyer est situé entre 0 et 60km de profondeur (souvent
moins de 20km).
2. LES SEISMES INTERMEDIAIRES, le foyer est situé entre 60 et 300km de profondeur
3. LES SEISMES PROFONDS, le foyer est situé entre 300 et 700km de profondeur.

CAUSES DES SEISMES

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1. LES SEISMES TECTONIQUES, correspondent à une libération d’énergie, occasionnée par le


décalage brutal de deux compartiments le long d’une faille, ou par une rupture des
roches et la production d’une faille.
2. LES SEISMES VOLCANIQUES, provoqués par un déplacement de magma.
3. LES SEISMES D’EFFONDREMENT, provoqués par tous type d’effondrement profond
4. LES SEISMES ARTIFICIELS, dues aux explosions et vibrations de toutes natures produites
par l’homme.
5. LES SEISME INDUITS, séismes provoqués par une activité humaine involontaire,
n’impliquant pas l’utilisation d’explosifs. Ils sont causés par :
Des essais nucléaires souterrains
La mise en eau ou vidange d’un barrage (colonne d’eau supérieure à 100m)
Des explosions minières pétrolière ou gazière (charbon, pétrole, gaz,
minerais, sel).

Séisme tectonique Séisme volcanique Séisme d’effondrement Séisme artificiel Séisme induit

STUCTURE INTERNE DU GLOBE

L’analyse sismologique de par le monde a permis d’élaborer un modèle de structure radiale


de la terre, caractérisé par des variations des ondes sismiques et par les changements de densité
avec la profondeur.

Le modèle proposé, en 1981, par Alan M. Dziewonski et Don R. Aderson, appelé PREM pour
preliminary Reference Earth Model, est l’un des plus connus, mais d’autres ont été publiés depuis,
comme le modèle IASP91 de Brian L., N. Kennett et Robert E. Engdahl.

Ainsi trois discontinuités ont été révélées individualisant quatre géosphères ; Par définition
une discontinuité est la surface de part et d’autre de laquelle les propriétés élastiques et de densités
changent brusquement.
La croûte terrestre
La discontinuité de Mohorovicic
Le manteau
La discontinuité de Gutenberg
Le noyau extérieur
La discontinuité de Lehman
Le noyau intérieur

1) La croûte ou écorce terrestre constitue 2% du volume terrestre, c’est la partie superficielle et


solide du matériau dont est formée la Terre.

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La croûte terrestre existe en deux variétés radicalement différentes, on distingue la croûte


continentale (30 % de la surface terrestre), la croûte océanique (70 % de la surface terrestre) :

 La croûte continentale forme essentiellement les continents. Certaines parties peuvent


toutefois se trouver immergées sous des mers ou des océans. La croûte continentale est
épaisse de 15 à 80 km, avec une moyenne de 30 km. Elle a une composition de roches
granitiques à dioritiques, riches en silice et alumine, de densité 2,7 à 2,8 g/cm³. Les plus
anciennes roches trouvées datent de 4 – 4,2 milliards d'années

 La croûte océanique forme essentiellement le fond des océans. Elle est beaucoup plus fine (5
à 7 km en général). Formée de roches basaltiques et de gabbro, pauvres en silice et riche en
alumine, elle est plus dense (3 g/cm³). les plus anciennes roches provenant de la croûte
océanique datent de 220 millions d'années.

 Les deux croutes constituent ce qu’on appelle le SIAL

2) Le manteau constitue 82% du volume terrestre, d’une épaisseur de 2900km est séparé de la
croute par la discontinuité du moho. Le manteau est formé de deux unités :
a) Le manteau supérieur : la partie supérieure du manteau supérieur forme avec le la croûte
terrestre la lithosphère, une partie rigide qui constitue les plaques tectoniques ou
lithosphériques. Par contre la partie inférieure ductile forme l’asthénosphère

La limite inférieure de la lithosphère (c'est-à-dire la limite entre la partie supérieure du


manteau supérieur rigide et la partie inférieure du manteau supérieur ductile de faible viscosité)
se trouve à l'isotherme où l'olivine (minéral largement dominant dans le manteau) atteint son
point de fusion : aux alentours de 1 300 °C. Cette profondeur varie de 20 km au niveau des
dorsales océaniques, à plus de 200 km sous les vieux continents.

La limite lithosphère-asthénosphère correspond donc à une limite mécanique : ce sont des


roches de compositions chimiques voisines, mais de comportement mécanique différent, cette
zone est appelée zone à faible vitesse (souvent abrégée LVZ d'après l'anglais Low Velocity zone ).

b) Le manteau inférieur est situé entre 700 et 2900km de profondeur


La forte différence de température entre la base du manteau inférieur (isotherme 3 000 °C
environ) d'une part et la transition asthénosphère-lithosphère (isotherme 1 330 °C) d'autre
part, les roches du manteau développent un gradient de densité important. Les parties
chaudes, moins denses, auront tendance à s'élever, tandis que les parties froides, plus
denses, auront tendance à s'enfoncer, créant les courants de convection.

 Le manteau est riche en magnésium (MgO), et peu en silice, il est dit SIMA pour
silicium et magnésium.

Le tableau suivant résume la composition chimique comparative de la croûte terrestre et du manteau

Composition Croûte continentale Croûte océanique Manteau


SiO2 60% 49% 44%
Al2O3 15% 16% 2%
MgO 3% 7% 37%

SIAL SIMA

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3) Le noyau constitue 17% du volume terrestre, est séparé du manteau par la discontinuité de
Gutenberg.
Le noyau externe est liquide, formé de fer, sulfures et peu de silice. Le noyau interne solide ou
graine, composé de Nickel et de Fer ; les deux noyaux sont séparés par la discontinuité de
Lehman.

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