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L’APHM EST PROCHE DE LA SATURATION - LES DEPROGRAMMATIONS ONT

DEBUTE

La deuxième vague de l'épidémie de COVID 19 que nous affrontons est responsable depuis
début août, d'une augmentation lente mais continue des hospitalisations conventionnelles et
des admissions en réanimation au sein des Hôpitaux Universitaires de Marseille*. Un tiers
des malades graves ont entre 40 et 65 ans.

Le rôle d’un Centre Hospitalier Universitaire, établissement de référence du Département et


de la Région, n’est pas d’être « alarmiste » ni de commenter, mais de soigner des patients,
de prévoir sereinement une réponse adaptée aux besoins de santé de la population du
Département et de la Région face à cette deuxième vague.

Les fluctuations au quotidien des chiffres et des courbes de l’épidémie sont largement
commentées ici et là, mais nous qui sommes au quotidien, 24 heures sur 24 sur le terrain, au
contact des malades, ne pouvons relâcher notre vigilance, quand la courbe d’occupation des
lits est ascendante depuis plus de 5 semaines.

Le Pôle des Maladies Infectieuses de l’APHM qui compte 75 lits à l’IHU, sans aucune
structure de réanimation ne traite qu’une partie des malades dont l’état ne nécessite pas les
prises en charge les plus lourdes. En outre il a été, comme lors de la première vague,
rapidement dépassé dans ses capacités d’hospitalisation conventionnelle. A ce jour, nous
accueillons 180 malades COVID, d’autres services de l’AP-HM ont donc logiquement dû
transformer certaines de leurs unités d'hospitalisation en unités dédiées pour prendre en
charge des patients atteints de la COVID-19.

Ce sont ainsi plus de 90 lits qui accueillent, en plus de l’IHU, des patients COVID au
détriment d’autres patients.

Les cas les plus graves ont été hospitalisés dans les différents services de réanimation de
l’AP-HM dont le niveau d’occupation dépasse la côte d’alerte.

Pour exemple aujourd’hui, malgré l’excellente coordination des services de réanimation et


notamment malgré des transferts vers les réanimations des établissements privés et publics
de notre territoire, plus de 40% des lits de réanimation de l’APHM sont occupés par des
patients COVID.

Ils ne sont donc plus disponibles pour accueillir des patients atteints d’autres affections
graves telles que des polytraumatismes, des cancers ou des greffes. Ces malades
méritent pourtant, eux aussi, toute notre attention

La tension sur les lits de réanimation nous a déjà contraints à des reports d’interventions
chirurgicales et de nouvelles déprogrammations de patients non-COVID sont déjà prévues la
semaine prochaine.

Chaque jour, malgré le stress et l’épuisement, c'est avec une cohésion extraordinaire que les
équipes soignantes font face. Les médecins et tous les soignants prennent en charge les
malades en totale coordination entre sites et au sein de chaque site.

Malgré tous nos efforts et nos demandes, nous ne trouvons pas les effectifs médicaux et
paramédicaux à embaucher pour augmenter notre capacité globale d'hospitalisation. Il faut
donc impérativement que le flux des hospitalisations COVID du département ralentisse très
rapidement afin que nous puissions prodiguer des soins de qualité à tous les malades.

Nous sommes parfaitement conscients des conséquences terribles de cette crise sanitaire sur
de nombreux secteurs de notre économie mais nous restons dans notre rôle de médecin : les
Politiques décident et nous prenons en charge les patients.

Personne n’a su prédire l'évolution de cette épidémie. Nous devons donc anticiper car
demain les équipes soignantes ne veulent pas avoir à choisir quel malade ira ou non en
réanimation.

Nous espérons tous que cette vague soit la plus courte et la moins meurtrière possible.
Comptant sur la solidarité de tous, les médecins de l’APHM unis contre cette épidémie
mettront tout en œ uvre pour que chacun reçoive les soins qui lui sont ou lui seront
nécessaires.