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1.

INTRODUCTION
Le marché offre une multitude d’appareils différents pour mesurer et contrôler des ouvrages.
L'application spécifique est souvent déterminante car chaque équipement présente ses propres
avantages et inconvénients. Le choix de l’outil n’est pas dû au hasard mais comment ne pas se
tromper ? Au fil des années, ces outils ont évolué pour se maintenir au niveau des standards accrus
de qualité : les outils de mesure manuels subsistent toujours pour des applications simples de
contrôle, mais grâce à l’évolution de l’électronique et de l’informatique, les nouveaux appareils plus
sophistiqués et dits ‘’automatiques’’ ont su se faire une place prépondérante dans l’industrie et les
laboratoires de métrologie.

Savoir adapter un appareil à un type de travail bien précis est donc important et primordial.
La connaissance de l’outil doit donc être parfaite.

2. CARACTERISTIQUES METROLOGIQUES D’UN INSTRUMENT


DE MESURE
La métrologie est la science de la mesure. Elle définit les principes et les méthodes permettant de
garantir et maintenir la confiance envers les mesures résultant des processus de mesure. Il s'agit
d'une science transversale qui s'applique dans tous les domaines où des mesures quantitatives sont
effectuées.

Pour effectuer une bonne mesure, la maitrise parfaite maitrise de l’appareil tant en manipulation,
que dans sa qualité métrologique sont requises ; sans oublier évidemment les méthodes qui s’y
appliquent.

La qualité métrologique d'un instrument de mesure  est l'ensemble des données qui caractérisent la


qualité de la mesure effectuée par le dispositif considéré.

Les principales caractéristiques des instruments de mesure (ou propriétés métrologiques des
dispositifs de mesure) sont définies dans le cadre du Vocabulaire international de métrologie et
comprennent, entre autres :

 la sensibilité ;
 la justesse ;
 la fidélité.
Il est à noter que le terme « précision » n'est pas utilisé et constitue une erreur de langage en
métrologie. Ce terme est en effet absent du Vocabulaire international de métrologie1.

La sensibilité : c’est la plus petite variation de la grandeur à mesurer que l’instrument est
capable de déceler

La fidélité : c’est la capacité d’un instrument de donner toujours la même valeur d’une
grandeur mesurée plusieurs fois (c’est une qualité primordiale)

En dehors des conditions opératoires, la fidélité d'un appareil est essentiellement liée à deux types
de caractéristiques : la justesse et la fidélité.
Un appareil est exact s'il est à la fois juste et fidèle.
L'exactitude d'un appareil de mesure peut également être entachée par des causes extérieures :
 erreur opératoire,
 erreur provoquée par les grandeurs d'influences (température, pression etc),
 erreur de référence ou d'étalonnage,
 erreur d'hystérésis,
 erreur de finesse etc.

La justesse : c’est la capacité de donner une valeur exacte de la grandeur mesurée.

L'erreur de justesse est l'erreur globale résultant de toutes les causes pour chacun des
résultats de mesure pris isolément.
C'est donc l'aptitude de l'appareil à donner des résultats qui ne sont pas entachés d'erreur.
Dans le cas de mesures multiples c'est l'écart entre le résultat moyen et la valeur vraie.

3. TERMINOLOGIE

3.1 Mesurage

Le mesurage est l’ensemble des opérations ayant pour but de déterminer la valeur d’une grandeur ;
en topométrie, on utilise généralement le terme mesure, tant pour la méthode, que pour le résultat.
Rappelons qu’il ne faut surtout pas confondre mesure et calcul d’une valeur.

3.2. Valeur vraie d’une grandeur

La valeur vraie d’une grandeur est la valeur qui caractérise une grandeur parfaitement
définie ; dans les conditions qui existent au moment où cette grandeur est examinée.
La valeur vraie d’une grandeur est une notion idéale, qui en général, n’est pas connue. Par exemple,
on ne pourra jamais connaitre la valeur vraie de la longueur du local de classe qu’à une
approximation près ; cette valeur varie d’ailleurs en fonction de certaines conditions, comme par
exemple, la température (dilatation des matériaux).
Exemples des valeurs vraies :
- La  des dénivelles dans un cheminement fermé = 0
- La   int d’un triangle = 200gr
- La mesure d’un angle droit = 100gr
- Etc…

3.3. Valeur conventionnellement vraie d’une grandeur

C’est une valeur approchée de la valeur vraie d’une grandeur telle que ; pour la fin à laquelle
cette grandeur est employée, la difference entre ces 2 valeurs peut-etre negligée.
On determine generalement la valeur conventionnellement vraie de la grandeur au moyen
des methodes (comme par exemple le calcul de la moyenne arithmetique des mesures) et à l’aide
des instruments d’une précision convenable pour chaque cas particulier.
4. NOTIONS DE FAUTE ET ERREUR
Les mesures topométriques, comme toutes les mesures physiques, sont inévitablement inexactes.
Ces inexactitudes proviennent :
- Des instruments de mesure
- Des sens de l’observateur
- Et parfois des méthodes de mesures
En topométrie, on les classe en deux grandes catégories :
 Les fautes
 Les erreurs

4.1. Fautes

Une faute est une inexactitude dont l’ordre de grandeur est important par rapport à la précision
recherchée dans la mesure.
Les fautes proviennent d’une étourderie, d’une maladresse ou d’un oubli. Les fautes ne sont
susceptibles d’aucune analyse mathématiques ; le seul moyen de les déceler est d’effectuer des
mesures surabondantes ou répétitions de mesures.

Exemples :
- Fautes de 1m sur une lecture sur mire en nivellement
- Oubli d’une portée de chaine en mesure de distance

Il est donc indispensable de les éliminer. Pour cela on utilise :


- Le contrôle direct qui consiste à recommencer la mesure par le même procédé
- Le contrôle indirect avec une mesure ou un calcul avec une méthode différente.
Nota : (sans contrôle, ni vérification en topo, la mesure n’est pas valable !!!)

4.2. Erreurs

4.2.1. Erreurs systématiques

Une erreur systématique est une erreur qui, lors de plusieurs mesurages effectués dans les mêmes
conditions, reste constante en valeur absolue et en signe. Elle est due à une cause determinée :
Exemple :
- Erreur de dilatation de la chaine
- Erreur de collimation verticale
- Erreur de niveau apparent
- Etc…
Dans la plupart des cas, les causes sont connues, elles doivent donc être éliminées

Application : On mesure plusieurs fois avec un ruban de 30m, la longueur d’une base d’étalonnage
dont la valeur déterminée est de 120.428m. Complétez le tableau ci-dessous

Distances mesurées 120.551 120.548 120.547 120.559


Erreur Systématiques
Erreurs systématiques moyennes
4.2.2. Erreurs accidentelles

Une erreur accidentelle est une erreur qui varie de façon imprévisible en valeur absolue et en
signe lorsqu’on effectue un grand nombre de mesurages de la même valeur d’une grandeur dans des
conditions pratiquement identiques.
Il s’agit des erreurs d’observation, qui n’ont aucun caractère systématique. On admet par
définition que leur influence s’élimine dans le résultat final, si l’on recommence un très grand
nombre de fois les opérations (théoriquement, un nombre infini de fois)
En conséquence, cela veut dire que :
- Les erreurs accidentelles sont indifféremment positives et négatives
- A toute erreur positive, correspond une erreur semblable négative.
Exemple : Appréciation du mm sur une mire ou une chaine.
Application : On mesure plusieurs fois avec un ruban de 30m, la longueur d’une base d’etalonnage
dont la valeur déterminée est de 151.128m. Complétez le tableau.

Distances mesurées 151.133 151.124 151.120 151.135 151.140 151.138


Erreur Accidentelles

4.2. Erreurs vraies

L’Erreur vraie ‘’e’’ est la différence entre la valeur mesurée et la valeur vraie de la grandeur
mesurée.

e = résultat du mesurage-valeur vraie

Pour un grand nombre ‘’n’’ de mesures de la même grandeur ‘’x’’ on a :


e1=x1-x
e2=x2-x
ei=xi-x
en=xn-x
 ei 0
Les erreurs vraies étant de signes aléatoires et du même ordre de grandeur, leur somme est à peu
près nulle.

4.3. Erreurs apparentes

L’erreur apparente ‘’v’’ est la différence entre la valeur mesurée et la valeur la plus probable de la
grandeur mesurée. Elle est aussi appelée écart en mesure directe et résidu en mesure indirecte

v = résultat du mesurage - valeur la plus probable de la grandeur mesurée

v1=x1-x
v2=x2-x
vi=xi-x
vn=xn-x
 vi 0
4.4. Indices de dispersion (erreurs de fidelité)

La fidelité d’un instrument de mesure est la qualité qui caracterise son aptitude à donner,
pour une meme valeur de la grandeur mesurée, des indications concordantes entre-elles.
La dispersion des indications des phenomenes presenté par un instrument qui donne dans
une serie de mesurages d’une meme valeur de la grandeur mesurée, effectués dans les conditions
bien déterminées, des indications différentes.

Cette dispersion est exprimée quantitativement par l’étendue de la dispersion ou par un


indice de dispersion encore appelé erreur de fidélité.
Les différents indices de dispersion sont :
- L’erreur probable ep
- La moyenne arithmétique ea
- L’erreur moyenne quadratique ‘’emq’’ ou écart-type 
-
Les indices de dispersion sont des unités de mesure des erreurs accidentelles. On démontre (calculs
des probabilités) qu’ils sont liés par la relation :

4. emq = 5 ea = 6.ep
En topométrie, bien qu’il soit possible d’utiliser l’un ou l’autre des indices ; on adopte
l’Ecart-type ou l’erreur moyenne quadratique pour caractériser la précision d’un instrument de
mesure ou le résultat d’un mesurage.
4.4.1. Erreur probable e p

L’erreur probable est l’écart équiprobable qui a pour probabilité 1/2 de n’être pas dépassée en
valeur absolue.
Dans la pratique, le nombre de mesures effectuées est généralement insuffisant pour que le
procédé fournisse une valeur significative de l’erreur probable.

2 5
ep = 3 . emq = 6 ea

4.4.2. Erreur moyenne arithmétique e a

L’erreur moyenne arithmétique ‘’ea’’ est la moyenne arithmétique des valeurs absolues des erreurs

Pour ‘’n’’ erreurs vraies :

n
e i
ea  i 1
n
Avec :

‘’e’’ ou ‘’v’’ : les différents résidus


‘’n’’ : nombre de mesures
Pour ‘’n’’ erreurs apparentes :
n
v i
ea  i 1
n  0.5

4.4.3. Erreur moyenne quadratique ‘’emq’’ ou ecart-type 

L’erreur moyenne quadratique ‘’emq’’ ou ‘’ecart-type ‘’  ’’ est egal à la racine carrée de la


moyenne arithmétique des carrées des erreurs.
L’écart-type est une mesure de dispersion des valeurs autour de leur moyenne arithmétique

Dans le cas d’erreurs vraies :

n
 e i
2

 i 1
n
Avec :
Dans le cas d’erreurs apparentes : ‘’e’’ ou ‘’v’’ : les différents résidus
‘’n’’ : nombre de mesures

n
 v i
2

 i 1
n 1

Remarque : l’Ecart-type d’un appareil est généralement donné par le constructeur. Mais après
plusieurs années d’utilisation, avec l’amortissement de l’appareil et l’usure, cette valeur change
(décroit). L’écart type doit donc, dans ce cas, être déterminé expérimentalement, par un grand
nombre de mesures d’une grandeur.

-L’écart type d’une moyenne arithmétique (MA) vaut :

 d 'une Mesure
 MA 
n (pour plus d’explication voir le point 3.9)

4.5. Courbes de fréquences des erreurs accidentelles

(inserer cette courbe ici)

8
Tolérance T = 4.ep = 3  = 2.7 
Remarque : La formule précédente T = 2.7  est valable pour les écarts vrais ‘’e’’
Pour les écarts apparents, elle devient T = 2.58 

5. ECART TYPE EN FONCTION DE MESURE DIRECTES INDEPENDANTES

5.1. Fonction quelconque

Soit G, une grandeur fonction de diverses mesures directes indépendantes X,Y,et Z dont les écarts-

types respectif sont  x , y et  z
G  f ( X ,Y , Z )
On démontre aisément que l’écart-type
G est :
2 2 2
     
G 2
  F  . X 2   F  . Y 2   F  . Z 2
 X   Y   Z 

Exemple :
Dans la mesure des deux cotés d’un rectangle, soient  L et  l les écarts-types sur les
valeurs X et Y des cotés. Que vaut l’écart type  s de la surface ?

 L

 l

SL. l
2 2
   
S 2
  S  . L 2   S  . l 2
 L   l 
 S 2  l 2 . L 2  L2 . l 2   S  l 2 . L 2  L2 . l 2
5.2. Fonction lineaire

Soit G= a.X + b.Y + c.Z avec : X,Y,Z : mesures indépendantes

 X ,  Y ,  Z  : écarts types correspondants

a , b , c  : les coefficients de X,Y,Z

2 2 2
     
G 2
  G  . X 2   G  . Y 2   G  . Z 2
 X   Y   Z 

 G 2  a 2 . X 2  b2 . Y 2  c 2 . Z 2

5.3. La grandeur G est la somme de ‘’n’’ quantités mesurées avec le même dégrée
de précision

Par exemple, il peut s’agir de ‘’n’’ angles d’une polygonale ou des ‘’n’’ portées de ruban d’une
longueur

G = X1 + X2 +…. Xn

2 2 2
      
G 2
  G  . X 12   G  . X 2 2  ...   G  . Xn 2
  X1   X2    Xn 
 G 2  1. 2 X 1  1. 2 X 2  ...  1. Xn 2 or  2 X 1   2 X 2   2 Xn
(meme precision)
 G 2  n. X 2   G  n . X   X . n

Donc donc G   X n

5.4. La grandeur G est la moyenne arithmétique de ‘’n’’ quantités mesurées avec


un même dégrée de précision

Par exemple il peut s’agir d’une longueur ou d’un angle mesuré ‘’n’’ fois dans les mêmes
conditions

X 1  X 2  X 3  ...  X n
G
n
2 2 2
      
G 2
  G  . X 12   G  . X 2 2  ...   G  . Xn 2
 X1   X 2    Xn 
2 2 2
1 1 1
   . 2 X 1    . 2 X 2  ...    . Xn 2 or  2 X 1   2 X 2   2 Xn
n n n
(meme precision)

Donc
2 2 2
      
G 2
  G  . X 12   G  . X 2 2  ...   G  . Xn 2
 X1   X 2    Xn 
2 2 2
1 1 1
   . 2 X 1    . 2 X 2  ...    . Xn 2 or  2 X 1   2 X 2   2 Xn
n n n
(meme precision)

  2 X 1   2 X 2   2 Xn   2 X
donc :
2
1
 G 2
 n.   . 2 X
n
12
  G2  n. 2 . 2 X
n
1
  G2  . 2 X
n
1 2  2X  2X  X
 G  . X   
n n n n

X
 G 
n

http://benhur.teluq.ca/ST/sciences/sci1013/textes/B7.htm#justesse