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Diana GRADU

Entendre et employer le français oral

Alphabet Phonétique International

(API)

Quelques remarques préliminaires :

L’orthographe française rend une prononciation qui date, en principe, du XIIᵉ siècle. Il
y a peu de correspondances entre la prononciation et l’orthographe, car le principe de
l’Alphabet Phonétique International, proposé par l’Association Phonétique Internationale,
est de représenter un son par un seul signe phonétique. Réciproquement, un signe
phonétique ne peut représenter qu’un seul son.1

Les plus anciens essais de fixer par écrit ces représentations remontent au XVIᵉ siècle,
lorsque le grammairien Louis Meigret avait pensé à une notation phonétique du français et
les phonéticiens ont finalement adopté, dès 1886, un alphabet unique. Son auteur est Paul
Passy.

Conçu à partir d’une base fonctionnelle, il se rend également utile dans la pédagogie
des langues et dans la recherche phonologique2.

On distingue deux types de transcription : la transcription phonétique qui retient les


réalisations moyennes et typiques du français et on la note par des crochets droits [..] et la
transcription phonologique dont on exclut les nuances individuelles, notée par des crochets
obliques /…/ et par des majuscules pour les archiphonèmes /E/3.
1
Pierre R. Léon, Prononciation du français standard, Paris, Didier, IVᵉ édition, 1978, p.11
2
Maria Pavel, Théorie et pratique de la phonologie du français, Editura Universității Alexandru Ioan Cuza, Iași,
1999, p. 11
3
Voir la définition de l’archiphonème, donnée par le http://www.cnrtl.fr/definition/archiphon%C3%A8me,
consulté le 5 novembre 2015.

A.− Représentant d'une paire de phonèmes dans des contextes où la paire n'a qu'un seul représentant
(certaines autres conditions étant satisfaites par ailleurs), l'opposition des deux phonèmes étant alors dite
neutralisée :
1. Dans les positions où une opposition neutralisable est effectivement neutralisée, les marques spécifiques
d'un des termes de l'opposition perdent leur valeur phonologique et les traits que les deux termes ont en
commun (c'est-à-dire la base de comparaison de cette opposition) restent seuls pertinents. (...) Par
archiphonème nous entendons l'ensemble des particularités distinctives qui sont communes aux deux
phonèmes. N.-S. Troubetzkoy, Principes de phonologie, trad. par J. Cantineau, Paris, Klincksieck, 1949, p. 81.
2. (...) En japonais l'opposition entre les consonnes mouillées (teintées de i ou de j) et non mouillées est
neutralisée devant e et i, les consonnes mouillées représentant l'archiphonème en question devant i, et les
consonnes non-mouillées le représentant devant e. N.-S. Troubetzkoy, Principes de phonologie, trad. par J.
Cantineau, Paris, Klincksieck, 1949p. 86.
Rem. Les neutralisations les plus intéressantes affectent non pas une paire, mais une série de paires ( cf. ex. 2).
Les rapports de l'archiphonème avec les phonèmes correspondants, quant à leurs caractéristiques phoniques
respectives, sont variables. Compte non tenu de la variation éventuelle des phonèmes, l'archiphonème peut se
réaliser comme l'un des phonèmes de la paire, ou alternativement comme l'un et comme l'autre des deux
phonèmes (cf. ex. 2), ou différemment des deux phonèmes. En ce qui concerne ses caractéristiques phoniques
pertinentes, l'archiphonème est constitué des traits pertinents communs aux phonèmes correspondants.

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Entendre et employer le français oral

Les trois variantes de R présentées sont, du point de vue de l’emploi, dominées par le
R pharyngal vibré /R/, le plus connu et le plus facile à prononcer.

Les noms propres sont précédés d’astérisque (*).

D’autres notations à retenir dans une transcription phonétique :

-la pause entre deux groupes rythmiques est marquée par une barre oblique ;

-la pause plus longue qui marque la fin de la phrase est marquée par deux barres
obliques ;

-les barres obliques encadrent la transcription phonologique ;

-la durée d’une voyelle est signalée par un point (durée courte) et deux points (durée
longue) ;

-la seule majuscule de la transcription est le R (sauf les archiphonèmes) ;

-la syllabe finale accentuée, du groupe rythmique, est précédée par le symbole [‘] ;

-l’intonation montante ou descendante est marquée par une flèche appropriée,


placée à la fin du groupe rythmique ;

-la dé-sonorisation d’une consonne est noté par le symbole [˅] mis sous la consonne ;

-la sonorisation est marquée par [˄] toujours sous la consonne en question ;

-les diphtongues sont notées par le symbole ͜ ;

Les symboles de l’alphabet phonétique international sont les suivants:

B.− [Avec une définition qui exclut la combinabilité des phonèmes] Élément abstrait dans lequel on englobe des
phonèmes apparentés :
3. L'archiphonème O [qui englobe /o/, /ɔ/, et /ɔ ̃/] sera conçu en dehors des propriétés de brièveté ou de
longueur, d'ouverture ou de fermeture, d'absence de nasalité ou de nasalité. Goug.Phonol.1935.

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A antérieur /a/ artiste [artist], dame [dam], patte [pat], la [la], à [a]

A postérieur /a/ âme [a:m], pas (nom) [pa], mât [ma], pâte [pa:t]

E fermé /e/ mes [me], thé [te], musée [myze], aîné [ɛne], aimer [ɛme], chez [ʃe]

E ouvert /ɛ/ lait [lɛ], taie [tɛ], valet [valɛ], sel [sɛl], père [pɛ:R], tête [tɛ :t]

I /i/ il [il], île [il], Lille [*lil], lycée [lise]

O fermé /o/ beau [bo], sot [so], faux [fo], ose [o:z]

O ouvert /ᴐ/ sort [sᴐ:R], bol [bᴐl], folle [fᴐl], robe [Rᴐb], corps [kᴐ:R]

Ou /u/ loup [lu], fou [fu], toux [tu], coûte [kut], où [u]

U français /y/ lune [lyn], prune [pRyn], une [yn], eu [y], sûr [syR]

Eu fermé /ø/ peu [pø], ceux [sø], nœud [nø], heureux [øRø]

Eu ouvert /œ/ seul [sœl], , peur [pœ:R], heureuse fém. [-ø:z] ou [œ-]

E muet /ǝ/ appartement [apaRtǝmã], ornement [ᴐRnǝmã], marmelade [marmǝlad],


mercredi [mɛRkrǝdi], ce [sǝ], petit [pǝti]

A nasal /ã/ an [ã], pan [pã], temps [tã], enfant [ãfã], chambre [ʃã:bR]

O nasal /õ/ on [õ], ombre [õbR], marron [maRõ], compris [kõpRi]

E nasal /ɛ̃/ vin [vɛ̃], intime [ɛ̃tim], Enghien [*ãgɛ̃], faim [fɛ̃], pain [pɛ̃]

Eu nasal /œ̃ / un [œ̃ ], lundi [lœ̃ di], parfum [paRfœ̃ ], alun [alœ̃ ]

Yod /j/ fille [fij], hier [jɛ:R], soleil [sᴐlɛj], Mireille [*miRɛj], scier [sje], nier [nje]

Ué /ɥ/ nuit [nɥi], luit [lɥi], nuage [nɥaʒ], muet [mɥɛ], nuée [nɥe]

Oué /w/ Louis [*lwi], oui [wi], mouette [mwɛt], nouer [nwe], souhait [swɛ]

P /p/ Pape [*pap], appât [apa], apical [apical], pipe [pip], cap [kap]

B /b/ bal [bal], abbé [abe], robe [Rᴐb], snob [snᴐb]

T /t/ ton [tõ], été [ete] attend [atã], tête [tɛt], sept [sɛt]

D /d/ dent [dã], daim [dɛ̃], addition [adisjõ], aide [ɛd] sud [syd]

C /k/ car [kaR], coup [ku], accuser [akyze], clair [Klɛ:R] qui [ki], quart [ka:R], kilo [kilo], kiwi
[kiwi], bac [bak]

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Entendre et employer le français oral

G /g/ goût [gu], gars [ga:R], suggestion [sygʒɛstjõ], gag [gag], gang [gãg]

F /f/ fève [fɛ:v], effet [efɛ], affut [afy], étoffe [etᴐf], phonème [fᴐnɛm], philosophe [filᴐzᴐf]

V /v/ vie [vi], vain [vɛ̃], avoir [avwaR], rêve [Rɛ:v], avide [avid]

S /s/ sang [sã], si [si], sous [su], assaut [aso], assez [ase], ces [se], os [ᴐs]

Z /z/ zèbre [zɛbR], zone [zᴐn], pose [po:z], azur [azyR], gaze [ga:z], gaz [ga:z]

Ch /ʃ/ chante [ʃãt], chou [ʃu], achat [aʃa], cache [kaʃ]

J, G+E/I /ʒ/ joue [ʒu], juge [ʒyʒ], gilet [ʒilɛ], cage [ka:ʒ]

M /m/ mère [mɛR], maure [moR], aimer [ɛme], immobile [imᴐbil], femme [fam], idem [idɛm]

N /n/ nous [nu], nez [ne], inné [ine], aîné [ɛne], haine [ɛn], Eden [*edɛn]

N médio-palatal /ɲ/ gnôle [ɲᴐ:l], agnelet [aɲǝlɛ], cognac [kᴐɲak], ligne [liɲ]

N vélaire /ɳ/ living [liviɳ], parking [paRkiɳ], camping [kãpiɳ]

L /l/ lac [lak], lettre [lɛtR], colle [kᴐl], malade [malad], balle [bal], bal [bal]

R pharyngal vibré /R/ rare [RaR], rire [RiR], roue [Ru], arranger [aRãʒe], portrait [pᴐRtRɛ],
bar [baR]

R apical /r/

R pharyngal dévibré /ᴚ/