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L'extrême droite « folkiste » et

l'antisémitisme
Stéphane François1

Il existe en France depuis le milieu des années soixante-dix une extrême droite
visible qui se réclame du paganisme. Ce paganisme contemporain, ou
néo-paganisme, s'est manifesté en premier, en 1963, dans le discours du
groupuscule/revue Europe-Action proche des néo-nazis, puis à partir de 1968
au sein du GRECE (Groupement de Recherche et d'Etudes pour la Civilisation
Européenne), lui-même héritier du précédent, et enfin dans ses dissidences
radicales apparues au milieu des années quatre-vingt. Ce sont ces derniers
groupes que nous appelons l'extrême droite « folkiste ». Nous avons constaté
en travaillant sur notre thèse consacrée à la Nouvelle Droite, que ce courant,
qui reste des plus groupusculaires (quelques centaines de militants), tend à se
développer et surtout à se radicaliser depuis la fin des années quatre-vingt-dix.
Nous avons privilégié les sources écrites et été amené à brasser cette
littérature folkiste (ouvrages, revues, brochures notamment) du fait de leur
dissidence du GRECE. C'est en prenant conscience de la nature de celle-ci et
de son aspect à la fois aberrant et dangereux que nous avons décidé d'écrire
cet article. En effet, ces groupuscules néo-païens ont repris et réadapté un
discours pagano-raciste à la généalogie tortueuse.

Qu'est-ce que le néo-paganisme ?


Le paganisme vient du latin paganus, paysan, et se dit surtout, par opposition à
chrétien, des peuples polythéistes ou de ce qui se rapporte à ces peuples ou à
leurs dieux. Ainsi, le paganisme est le nom donné par les chrétiens des
premiers siècles au polythéisme gréco-romain, auquel les habitants des
campagnes restèrent longtemps fidèles, puis ultérieurement, aux populations
non évangélisées. Cette définition peut être enrichie d'un aspect ethnique, les
païens, les pagani, étant les « gens de l'endroit » et les chrétiens, les alieni, les
« gens d'ailleurs »2. Cet aspect ethnique a considérablement marqué le
néo-paganisme. Ce dernier existe grosso modo depuis la seconde moitié du
XVIIIe siècle en Europe. À l'origine de celui-ci, il y a une fascination/idéalisation
pour le paganisme antique. La rupture avec le christianisme, élément constitutif
du néo-paganisme contemporain, a été toutefois progressive. Le
néo-paganisme contemporain n'a que très peu à voir avec le paganisme
antique. En effet, le premier se structure autour d'un concept moderne, le
panthéisme. Sa modernité s'exprime aussi par son individualisme à l'opposé du
paganisme « traditionnel », de nature holiste. Le néo-paganisme se manifeste
enfin par la non-distinction entre le sacré et le profane, celle-ci étant
fondamentale, a contrario, dans le paganisme3. De fait, la notion de sacré chez

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les néo-païens est caractérisée par le « bricolage » au sens, non péjoratif,
défini par Claude Lévi-Strauss4, c'est-à-dire composé d'éléments disparates
rassemblés et synthétisés par un individu ou un groupe d'individus. Néanmoins,
ce bricolage renvoie à une conception précise de la religion. Ainsi, le
néo-paganisme se fonde sur un refus, parfois virulent, des valeurs et des
dogmes des religions bibliques : refus de l'universalisme, refus du prosélytisme,
etc. La principale composante cultuelle de ce néo-paganisme est une
conception panthéiste (la divinité est identifiée au monde) et/ou polythéiste (qui
admet une pluralité de dieux) de la religion.
Il existe différentes formes de néo-paganisme : la première, souvent
idéologiquement à droite, fait référence à des divinités ou à une tradition
cultuelle précise et a généralement un fondement ethnique : il s'agit la plupart
du temps d'une reconstruction d'une religion préchrétienne fondée sur des
recherches historiques ; la seconde, plutôt à gauche, renvoie à un discours
écolo-panthéiste souvent de nature universaliste et à un paganisme créé de
toutes pièces ; enfin la troisième regroupe sous le terme générique de
paganisme un choix philosophique et/ou artistique. Les néo-paganismes, dont
nous allons parler dans cette étude, font partie de la première catégorie et sont
des reconstructions des paganismes celtes et germano-scandinaves, symboles
de la « race blanche » et des Indo-Européens. Ces derniers auraient constitué
un ensemble humain, spirituel et matériel de première importance au sein de
l'humanité. Peuples guerriers au mode vie hiérarchisée, ils auraient formé une
puissante communauté ayant atteint un haut degré de culture et de civilisation
qui aurait civilisé les populations conquises.

Le paganisme « völkisch »
L'apparition de ce type de pensée est une histoire complexe qui mériterait une
étude à elle seule. Elle plonge dans différentes genèses politiques, historiques
et métaphysiques. Le paganisme religieux est un héritier du romantisme par
son refus des Lumières et du libéralisme qui en découle, et par sa
reconstruction des passés nationaux.
Le néo-paganisme « völkisch » s'est développé en France dans les années
soixante, dans le groupuscule Europe-Action puis de façon systématique, la
décennie suivante, dans le discours du GRECE. Ces thèses lui ont ensuite
progressivement échappé, subissant des distorsions importantes. Ainsi, par
imprégnation idéologique et par les passages, d'un groupuscule à l'autre, des
ex-grécistes, le néo-paganisme va devenir, à partir de la seconde moitié des
années quatre-vingt, un élément important de la culture des droites radicales
françaises. Cependant, Pierre-André Taguieff insiste « sur un processus
souvent observé en histoire des idées : les représentations et les arguments
forgés par le GRECE dans les années soixante-dix lui ont progressivement
échappé, étant repris, retraduits et exploités par des mouvements politiques
rejetant l'essentiel de sa “vision du monde”. Il s'agit donc d'éviter d'attribuer au
GRECE les avatars idéologiques et politiques de certaines composantes de son
discours, et plus particulièrement de son discours des années soixante-dix »5.
De fait, les néo-païens d'extrême droite évoluent, pour beaucoup d'entre eux,
aux marges du néo-nazisme et de ceux qui ont été appelés les « Völkischer ».
Le courant völkisch est une forme du néo-paganisme germanique apparue en
Allemagne et en Autriche durant la seconde moitié du XIXe siècle. Le terme

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völkisch », réputé intraduisible en français, l'est souvent par « raciste ». La
racine « Volk » signifie « peuple », mais son sens va au-delà de celui de
« populaire ». Il peut être compris comme nostalgie folklorique et raciste d'une
préhistoire allemande mythifiée.
Les Völkischer sont en partie les héritiers de Johann Gottfried Herder pour qui
le nationalisme devait avoir des fondements ethniques. Ce courant bigarré
puisait ses références dans le romantisme, dans l'occultisme, dans les
premières doctrines « alternatives » (médecines douces, naturisme,
végétarisme, etc.) et enfin dans les doctrines racistes. La reconstitution d'un
passé germanique largement mythique a éloigné les Völkischer des religions
monothéistes pour tenter de recréer une religion païenne, purement
allemande6. Une frange des Völkischer se retrouvera d'ailleurs, lors de
l'avènement du national-socialisme, dans l'entourage de Heinrich Himmler, lui
transmettant ainsi sa doctrine7. Mais il est vrai que Himmler fit lui-même partie
de l'un de ces groupes, les Artamanen. Selon George Mosse, Hitler lui-même
avait adopté la vision irrationaliste et occultiste des Völkischer 8. Cependant, les
expériences païennes, qu'elles soient de droite ou de gauche, furent interdites
par le régime nazi dès la prise du pouvoir lors de la « mise au pas » de la
société allemande comme tous les mouvements religieux minoritaires. Les
groupes völkisch, qui refusèrent de se fondre au sein d'une structure nazie,
furent interdits.

Les filiations
Le néo-paganisme d'extrême droite contemporain est par conséquent un
héritage plus ou moins direct du bricolage doctrinal völkisch de la SS. En effet,
la « puissance de fascination exercée par le nazisme [est] interprétée comme
un ordre secret porteur de lumière (ou représentant la véritable religion
aryenne) en lutte contre les puissances des ténèbres (le dieu des Juifs ou des
chrétiens) »9. De fait, les néo-païens s'appuient souvent sur un corpus de textes
de SS historiques pour justifier leur discours, en particulier sur les textes de SS
français, comme Saint-Loup (pseudonyme de Marc Augier), Yves Jeanne et
Robert Dun (pseudonyme de Maurice Martin). L'ancien gréciste Pierre Vial
reconnaît la dette qu'il leur doit : il affirme d'ailleurs sans peine que Saint-Loup
est à l'origine de son paganisme10. Pierre Vial fut aussi l'ami de Robert Dun. De
même, l'écrivain Jean Mabire a sous-entendu, dans sa contribution à l'ouvrage
collectif Païens !, son intérêt pour le paganisme SS : « Pendant quelques
années, je me suis livré corps et âme à certaines formules que je ne renie pas
(comme beaucoup d'autres). Et dans une langue que je ne parlais pas, me
contentant de mots de passe : Gottglaubisch, Weltanchauung, Blut und boden,
Ahnenerbe. […] Disons que je mélangeais un peu politique, religion et esprit
guerrier. Comme le bonheur pour Saint-Just, le paganisme était une idée neuve
en Europe »11.
De fait, ces anciens SS ont toujours revendiqué leur « paganisme ». Ainsi, Yves
Jeanne a animé dans les années soixante-dix, une revue, Le Devenir
européen, dans laquelle il affirme son paganisme ethniste et communautaire.
Quant à Robert Dun, celui-ci a animé, sous le pseudonyme de « Gwawd », le
Groupe Druidique des Gaules. Il animait aussi le Cercle Lux Fero dont les
membres étaient « conscients “d'appartenir à une seule nation européenne de
plus en plus menacée d'engloutissement dans le melting-pot universel voulu par
les cosmopolites de tous poils” »12. Pour être admis dans ce groupe, il fallait

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être celte, c'est-à-dire blanc. Toutefois, ces SS français furent recrutés sur le
tard (ils ne combattirent qu'à partir de 1944) et furent imprégnés de l'idéologie
des dernières années de la guerre, époque où la SS, pour attirer des étrangers,
fit l'éloge d'une aristocratie européenne. La dernière grande figure du nazisme
néo-païen fut Savitri Devi qui naquit à Lyon en 1905. Elle embrassa les idéaux
païens nationaux-socialistes dès les années trente. Elle partit en Inde à cette
époque à la recherche d'un paganisme aryen encore vivant. Là, elle rejoignit les
nationalistes hindous et épousa un Brahmane. Toutefois, ce n'est qu'après la
guerre qu'elle fit la propagande d'une religion « aryo-nazie » faisant d'Adolf
Hitler un avatar de Vishnu destiné à mettre fin à l'âge de fer et à inaugurer l'Âge
d'or. Elle devint alors une figure reconnue par les nazis et néo-nazis d'Europe et
d'Amérique13.
Donc, selon les néo-nazis « occultisants », il aurait existé au sein de l'Ordre noir
un autre ordre composé de l'élite de la SS, qui aurait reçu un enseignement
ésotérique païen structuré sur la mystique du sang, l'origine (mythique) des
populations germano-scandinaves et sur le paganisme nordique. Cette idée a
été notamment diffusée de nouveau en 1990 dans Nazisme et Ésotérisme, un
livre du militant folkiste espagnol Ernesto Mila14. Cet auteur y développe aussi
l'idée selon laquelle la SS était une caste guerrière dont le fonctionnement était
copié sur l'ordre des Chevaliers Teutoniques et sur celui des Templiers (des
habitués de la littérature ésotériques). Toutefois, celui-ci insiste, de façon
inquiétante, à la limite du négationnisme, sur le fait que « jamais la SS ne garda
les camps de concentration »15. L'ancien Waffen SS français Saint-Loup parle
un peu de cette quête mystique et de cet « enseignement » de la SS des
dernières années dans deux ouvrages16 dont l'un a été publié en 1968. Ses
thèses seront reprises par Jean-Michel Angebert, pseudonyme des
néo-droitiers Jean Angelini et Michel Bertrand, auteur de plusieurs livres
d'« histoire mystérieuse » dans les années soixante-dix. Michel Bertrand a été
en outre, avec Yves Jeanne, l'un des animateurs de la section française de la
World Union of National Socialists (WUNS), une association néonazie mondiale
fondée en 1962 par la fille de Christian Dior, Françoise Dior.
Le passage des idées des Völkischer historiques aux folkistes français s'est
aussi fait durant les années cinquante et soixante à travers la création de liens
entre les militants des différentes générations. Ainsi Pierre-André Taguieff a
montré17 la transmission de ces idées via la Northern League (fondée en 1957
sur l'initiative de Roger Pearson) et le recours doctrinal au raciologue nordiciste
nazi Hans F.-K. Gunther, lui-même membre fondateur de la Northern League et
décoré en 1941 par Alfred Rosenberg. Le but de la Northern League était
d'« unir les intérêts, l'amitié et la solidarité de toutes les nations teutoniques ».
Des membres du GRECE en firent partie et participèrent à certains colloques
de la Northern League ou à des manifestations de structures satellites de
celle-ci. Selon Pierre-André Taguieff, « la Ligue Nordique est assurément une
résurgence des nombreuses associations se réclamant de l'idéal
indo-germanique, aryen ou nordique, apparues en Allemagne dans le contexte
dessiné par la littérature völkisch »18.
La transmission est aussi perceptible dans le comité de patronage de la revue
« scientifique » du GRECE, Nouvelle École. Nous trouvons, par exemple, des
anciens SS (comme l'historien Franz Altheim, collaborateur de Himmler et
membre de l'Ahnenerbe, l'organisme de recherche de la SS), des
anthropologues nazis (Ilse Schwidestzki, Bertil J. Lundman, Hans F. K. Gunther

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jusqu'à son décès), des racistes ségrégationnistes américains
(Henry E. Garrett, Wesley C. George, Robert E. Kuttner), des théoriciens
racistes (R. Gayre of Gayre, Johannes D. J. Hofmeyr, Jacques de Mahieu),
ainsi que Goulven Pennaod (pseudonyme de Georges Pinault), un chargé
d'enseignement de la linguistique celtique à Lyon III. Celui-ci assume clairement
ses positions nationales-socialistes et régionalistes. Il a aussi collaboré à une
autre revue de la Nouvelle Droite proche des folkistes, les Études
indo-européennes. Ces personnes disparurent petit à petit du comité de
patronage au fur et à mesure des évolutions doctrinales d'Alain de Benoist mais
restèrent des références pour les folkistes.
Enfin, ces idées ont aussi été transmises en partie par l'aristocrate, artiste,
philosophe et historien des religions italien Julius Evola, autre grande référence
intellectuelle de la Nouvelle Droite. Celui-ci est un penseur complexe et
inclassable. Sa pensée est construite en réaction à l'aristocratie catholique, son
milieu d'origine, la tradition chrétienne et le « monde moderne ». Si sa critique
radicale du monde moderne, conçue après sa lecture des premiers livres de
René Guénon, est cohérente, ses propositions « politiques » sont empreintes
d'utopisme nostalgique et relèvent d'un bricolage mythologico-politique
dépourvu de fondements politiques réels. À partir de 1920-25, Evola se
rapproche des milieux ésotériques et francs-maçons. Il publie en 1928
Impérialisme païen, jetant les bases d'un mouvement plus fasciste que le
fascisme. La parution en 1934 de son livre Révolte contre le monde moderne lui
ouvre les portes de l'Allemagne nazie. Il accomplit, à partir de 1938, la tournée
des châteaux de l'Ordre de la SS et se passionne pour les études raciales en
compagnie du raciologue Ludwig Ferdinand Clauss, inventant le concept de
« race de l'esprit », visant les Juifs. Antisémite, il a écrit l'introduction de la
version italienne de 1938 des Protocoles des Sages de Sion. Il participe même
longuement à une revue violemment antisémite, La vita italiana. Cependant,
Evola ne se fait pourtant guère d'illusions sur la valeur du « paganisme » nazi
ou fasciste. Ses modèles étaient davantage les anciens ordres de chevalerie
teutoniques dont il voyait les incarnations modernes dans la légion de
l'Archange Michel, du Roumain Corneliu Codreanu, dans la Phalange de José
Antonio Primo de Rivera ou dans les SS. Julius Evola a réarmé moralement,
dès la fin de la guerre, l'extrême droite italienne, puis la Nouvelle Droite
européenne. Il publie après guerre deux ouvrages politiques Les Hommes au
milieu des ruines en 1953 et Chevaucher le tigre en 1961. Par la suite, il se
consacre de plus en plus à la contemplation, délaissant l'action.

Les « néo-völkischer » français : les folkistes


Les « néo-völkischer », ou « folkistes », français se reconnaissent par leur
discours ethno-différentialiste radical, identitaire et raciste. Cette tendance est
représentée en France par l'association politico-culturelle Terre et peuple,
fondée et animée par Pierre Vial, Jean Mabire et Jean Haudry. Vial assume
pleinement l'étiquette völkisch : « dans la mesure où la notion de communauté
du peuple est au centre de mes préoccupations et où tout ce qui est populaire
(ce mot est la traduction la moins insatisfaisante de völkisch) m'est cher, car lié
à l'identité »19. Les folkistes sont des « ethno-communautaristes » qui
défendent un paganisme ethnique fortement imprégné de nordicisme. Leur
pensée peut être résumée, sans sombrer dans le réductionnisme, par la devise
« une terre, un peuple ». Elle se caractérise par les traits suivants : refus de la

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mégalopole pour la vie dans des communautés villageoises ; éloge et défense
des particularismes régionaux ; attrait pour les activités folkloriques souvent de
nature païenne : célébration du solstice d'été, sapin de Noël, veillée, arbre de
mai, costumes régionaux, etc. ; éloge du naturisme et des médecines
naturelles ; refus du christianisme universaliste destructeur des particularismes
culturels locaux. Elle prône le régionalisme et refuse le métissage au nom de la
préservation des identités. Elle promeut donc un mode de vie autarcique,
antimoderne et respectant les identités régionales et folkloriques. Ainsi, les
étrangers sont associés à la mise en péril de ce mode de vie entre soi. En effet,
l'immixtion de ceux-ci dans cette vie autarcique, largement idéalisée, est perçue
comme l'un des effets de la modernité, destructrice d'identité.

Le retour de l'antisémitisme et du racialisme völkisch


L'antisémitisme réapparaît de façon violente dans certains groupuscules
folkistes. L'exemple du magazine Réfléchir et Agir, fondé en 1993 par Éric
Lerouge, qui se considère comme faisant partie de la Nouvelle Droite païenne,
est à ce titre symptomatique. Cette revue développe un discours aux
sous-entendus antisémites évidents : elle défend entre autres le Suisse Gaston
Armand Amaudruz, néo-nazi et antisémite notoire et Jean Plantin, un éditeur
négationniste français. Elle soutient aussi le néo-nazi et négationniste, proche
durant une période de la Nouvelle Droite, Olivier Mathieu. De fait, cette
publication se pose en défenseur de la civilisation européenne. Elle promeut
l'idée d'un grand ensemble européen « blanc » de Brest à Vladivostok, « avec
des idéaux socialistes et païens »20, c'est-à-dire nationaux-socialistes. Le ton
de cette revue est particulièrement violent et raciste. Robert Dun y a participé à
tous les numéros jusqu'à sa mort, tandis qu'elle se réfère explicitement à
Gunther. Nous y retrouvons aussi souvent une bonne des partie des folkistes
français de la première génération : Guillaume Faye, Pierre Vial, Jean Mabire,
Jean Haudry, Bernard Marillier ou Bruno Favrit.
L'une des références des néo-païens d'extrême droite, le chantre du nordicisme
et du racialisme Jacques de Mahieu, a permis l'élaboration d'un discours
antisémite fondé sur une approche « historique » et païenne. En effet, celui-ci
postula aux début des années soixante-dix que les peuples autochtones
d'Afrique du Nord (allant du Maroc jusqu'en Israël) parlant des langues
berbères sont des peuples racialement proches des Indo-Européens. Pour
étayer cela, Jacques de Mahieu avance la théorie selon laquelle ces peuples
utilisant des langues dites chamitiques, et qu'il appelle de façon générique les
« Libyens », se sont différenciés des Indo-Européens lors du recul des glaciers
il y a dix mille ans, les uns restant autour de la Méditerranée et les autres
montant vers le Nord à la poursuite des gros gibiers. Cette thèse fut ensuite
reprise par Jean Mabire qui l'enrichit à sa façon. En effet, ce dernier écrit
en 1978 dans Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens 21 que les Philistins,
peuple biblique, sont les descendants des « Peuples de la mer », d'origines
germaniques, selon la théorie d'un pasteur nazi, Jürgen Spanuth, qui ont
attaqué les Grecs et l'Égypte au XIIIe siècle avant notre ère. Ces « Peuples de
la mer » seraient des Hyperboréens fuyant la disparition de l'Atlantide,
correspondant selon Spanuth au site de l'île d'Héligoland, en Mer du Nord. Ces
peuples se seraient ensuite installés en Palestine avant de se faire massacrer
par les Hébreux. Cette vision de l'histoire porte en elle une forme implicite de
racisme : les Hébreux ont tué un peuple européen avancé réfugié en Palestine,

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les descendants des « Atlantes », pour prendre sa place. En outre, cette origine
« atlantéenne » des Indo-Européens sous-entend une supposée supériorité
civilisationnelle remplaçant le Ex oriente lux par un Ex septentrione dux. Mabire,
critique littéraire pour la presse d'extrême droite, notamment National Hebdo,
jusqu'à sa mort en 2006, a rendu un hommage indirect aux Juifs dans la notice
consacrée à Emmanuel Berl22, qu'il assortit néanmoins d'une remarque
étrange : « Juif sans honte mais sans racisme »23. Cela signifie-t-il que les Juifs
sont racistes vis-à-vis des non-juifs ? Dans ce cas, nous assistons à un
retournement du discours raciste : le « racisme » supposé des Juifs justifiant
leur persécution.
Le médiéviste disciple d'Evola, et auteur identitaire, Bernard Marillier, bien que
païen, utilise la théorie d'un Christ « aryen » victime des Juifs. En effet, il
postule que le Christ, Galiléen, descendrait de l'un de ces « Peuples de la
mer » septentrionaux. Ce discours est un héritage direct de la culture
ésotérico-raciste völkisch. Cette idée, antisémite, est apparue à la fin du XIXe.
Elle se retrouvait aussi dans les milieux du protestantisme nationaliste allemand
du « christianisme positif »24. Ces derniers refusaient les origines juives du
christianisme et désiraient les faire disparaître au profit d'une vision « aryenne »
de celui-ci. Certains partisans de cette vision croyaient que la Bible fut
originellement écrite en allemand. Une tendance de ceux-ci, les irministes,
professant un christianisme germanique, vénérait un prétendu ancien dieu
germanique, Krist, qui, selon eux, fut transformé en Christ par les chrétiens25.
Ces derniers voyaient dans l'apparition de la mystique des « peuples du
désert » l'origine de l'histoire conflictuelle de l'Europe. Cependant, le discours
faisant du Christ un Indo-Européen se rencontrait aussi à la même époque chez
les occultistes français. Mais il est vrai que l'antisémitisme était l'une des
choses les mieux partagées dans les années trente.
Bernard Marillier, soutient aussi l'idée racialiste d'un lien entre noblesse et race
nordique, un lien qu'il idéalise fortement : « Les textes profanes nous donnent
souvent la description du modèle racial du “vrai chevalier” : grand, élancé, blanc
de peau, corps bien découplé, visage gracieux et régulier, cheveux blonds
ondulés (symbole des forces psychiques émanées de Dieu, de la chaleur
spirituelle, et beauté royale), à l'image du roi David toujours représenté blond
roux et surtout du Christ à la chevelure d'un blond lumineux à l'exemple des
dieux ouraniens païens. Même si cette beauté, d'origine nordique, est restée un
idéal servant de référence symbolique, elle n'en a pas moins correspondu, du
moins à l'origine de la chevalerie, directement issue d'un substrat racial
nordico-germanique, à une réalité ethnique qui s'est conservée dans les hautes
couches de l'ordre chevaleresque (empereurs, rois, princes et barons), comme
en témoignent encore de nos jours certains éléments non dégénérés des
familles nobles françaises et européennes, beauté et noblesse étant liées »26.
Il faut donc reconnaître que l'antisémitisme des néo-païens d'extrême droite se
fonde, à l'instar de l'antisémitisme nazi, sur une vision raciale du Juif. Ce qui
place cette forme de néo-paganisme antisémite dans la tradition des cultures
antisémites du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Toutefois, cet
antisémitisme virulent s'est parfois transformé, après la Seconde Guerre
mondiale, dans les discours de leurs héritiers, en un anti-judéo-christianisme
plus « acceptable » qui permettra de violentes critiques de celui-ci. La critique
du judéo-christianisme a d'ailleurs longtemps été l'un des thèmes privilégiés du
GRECE. Ainsi, Pierre Vial condamnait en 1979, alors qu'il était membre du

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GRECE, « le fanatisme sectaire [qui] trouve son origine dans le monothéisme
des “religions du Livre”. […] Cette maladie de l'esprit touche aujourd'hui les
milieux les plus divers »27. Le Juif reste donc « une toxine sémite »28 qui est
combattue via le refus du monothéisme. De fait, ces néo-païens refusent d'être
« spirituellement des sémites ». Il ressort donc de la lecture des textes des
folkistes l'idée selon laquelle, le paganisme, en particulier les religions celte et
germano-scandinave doivent être protégés du christianisme, religion
universaliste destructrice d'identité. En effet, beaucoup de textes insistent à la
fois sur l'origine orientale, pour ne pas dire juive, d'un grand nombre de Pères
de l'Église et sur la destruction, consécutive à l'évangélisation, des lieux de
cultes païens.
Ces groupes ont aussi réhabilité le discours racialiste virulent et délirant des
racistes des années 1900-1930. Guillaume Faye, un ex-gréciste lui aussi, en
est son principal théoricien français contemporain, selon Pierre Vial. Ainsi, le
livre de Faye, Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance
européenne 29, est considéré par Pierre Vial comme le manifeste de la pensée
folkiste, ou identitaire, les deux étant visiblement des synonymes chez lui,
comme son « dictionnaire fondamental de 177 mots-clés » car « il manquait au
courant identitaire une véritable doctrine de synthèse idéologique et politique
qui au-delà de tous les partis, tendances, chapelles et sensibilités, rassemble
enfin autour d'idées et d'objectifs clairs l'ensemble des forces qui s'opposent au
dramatique déclin des Européens. […] Comme le fut pour la gauche du
XIXe siècle le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx, Pourquoi nous
combattons est destiné à devenir le manuel de base des forces identitaires
européennes du XIXe [XXIe ?] siècle. Sa possession et sa lecture attentive sont
absolument indispensables »30. En effet, Guillaume Faye est devenu le chantre,
depuis la fin des années quatre-vingt-dix, d'une philosophie raciste fortement
influencée par les thèmes « blubo » (de Blut und Boden, « Sang et Terre »).
Ainsi, il écrit que « l'enracinement est la préservation des racines, tout en
sachant que l'arbre doit continuer à croître. […] L'enracinement s'accomplit
d'abord dans la fidélité à des valeurs et à un sang. […] Il doit impérativement
inclure une dimension ethnique fondatrice »31. Il fait donc appel à la
« conscience ethnique » des Européens, c'est-à-dire à « la conscience
individuelle et collective de la nécessité de défendre l'identité biologique et
culturelle de son peuple, indispensable condition au maintien dans l'histoire de
sa civilisation et à l'indépendance de cette dernière »32.
De fait, le racisme différentialiste des folkistes se réclame d'une supposée
xénophobie antique, utilisant leur prisme néo-païen identitaire pour reconstruire
l'histoire des mentalités païennes européennes. Ils affirment donc que les
sociétés antiques pratiquaient le différentialisme radical en gardant jalousement
pour elles les bienfaits de leur religion. Ce type de propos est particulièrement
visible en ce qui concerne l'antisémitisme. Ceux-ci s'appuient sur des textes
antiques pour montrer l'intolérance des Juifs vis-à-vis des païens. L'historien
Maurice Sartre a montré cette intolérance religieuse des Juifs. Ainsi, il rappelle
que les Juifs antiques fuyaient la présence des païens et pratiquaient des rites
de purification s'ils les côtoyaient33. Cette attitude a alimenté la judéophobie des
Grecs et des Romains. Celle-ci était aussi liée au statut particulier du Juif,
accusé d'être un privilégié, et à l'incompréhension des peuples païens vis-à-vis
de cette religion. Cependant, cette xénophobie antique ne touchait pas
profondément ces sociétés puisqu'il était possible de s'y intégrer. Il s'agit donc

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d'une reconstruction anachronique de la mentalité antique, d'ailleurs
difficilement reconstructible du fait des évolutions considérables des mentalités
depuis cette époque.

Repositionnement ?
Comme dans beaucoup de groupuscules d'extrême droite, la « question juive »
reste chez les folkistes un thème important. Ainsi, Guillaume Faye lui a
consacré un chapitre entier de l'un de ses livres, paru en 2002, sobrement
intitulé La Nouvelle Question juive 34. Selon lui, l'État d'Israël va disparaître sous
la pression démographique palestinienne. Cependant, au cours des années
deux mille Guillaume Faye s'est rapproché de l'extrême droite juive du fait de sa
haine de l'islam. Cela l'a incité à chercher des alliés au sein du judaïsme
radical. Il n'est pas le seul.
En effet, une partie de ces extrémistes a adopté une attitude « philosémite ».
Ainsi, le folkiste Bruno Favrit louait, en 1996, le différentialisme du judaïsme :
« À cause de l'acharnement qu'il montra à ne pas se mélanger, à ne pas
s'intégrer aux autres peuples, le Juif fut sans cesse montré du doigt au cours
des âges »35. Il y a donc un renversement de la position idéologique de cette
droite radicale vis-à-vis du Juif : nous sommes passés de la haine du Juif parce
que Juif à un éloge du Juif parce que Juif. Cependant, il y a un enfermement
constant : le Juif reste enfermé dans une identité contraignante. Cette défense
du particularisme va aussi dans le sens du discours différentialiste identitaire,
pour qui la particularité est synonyme d'identité. Nous sommes donc en
présence de l'une des ambiguïtés majeures des folkistes : l'antisémitisme a fait
place à un éloge du communautarisme ethnico-religieux radical.
Dès lors, nous pouvons nous demander pourquoi certains folkistes développent
encore actuellement un discours antisémite. Il existe en fait plusieurs raisons.
La première reste la persistance d'un fort antisémitisme, très virulent, hérité de
l'extrême droite d'avant 1945. C'est dans cette catégorie que nous rencontrons
le plus de négationnistes. Cet antisémitisme violent se manifeste de plus en
plus souvent sous le prétexte d'un antisionisme radical. La seconde raison,
malheureusement peu étudiée et pourtant importante, est que l'antisémitisme,
malgré et surtout par sa condamnation, reste un ciment permettant l'union des
différentes tendances de l'extrême droite et l'« un des éléments les plus sûrs de
son identification »36. Cependant, même si l'extrême droite continue d'utiliser et
de diffuser les thématiques antisémites, elles sont largement supplantées par
un discours visant principalement les Maghrébins et l'islam. Cette évolution
montre aussi un complet retournement des positions de certains groupuscules
néo-nazis qui font traditionnellement preuve d'un philo-arabisme et d'un
pro-islamisme.
Si l'antisémitisme est encore omniprésent à l'extrême droite, il est également un
élément problématique. Il doit donc être tout à la fois maîtrisé, présent et
invisible. En effet, l'extrême droite n'a pas le choix, elle doit, pour s'intégrer dans
l'espace public, s'en démarquer (en apparence) et/ou subvertir cet espace
public. Les différentes stratégies mises en place pour se rapprocher de la
communauté juive, à la suite de la médiatisation soudaine d'un antisémitisme
arabo-musulman et le sentiment de peur que cela entraîne chez les Juifs de
France, participent de cette logique de démarcation. La problématique pour
l'extrême droite est donc de connaître le seuil de tolérance du repositionnement

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vis-à-vis des Juifs. Elle n'entend pas perdre le soutien d'une partie de ses
éléments les plus radicaux qui ne sont visiblement pas tous prêts à pactiser
avec l'ennemi, de peur de perdre leur âme. En effet, certains groupuscules
viscéralement antisémites préfèrent se rapprocher des « nouveaux
judéophobes » plutôt que de se rapprocher des Juifs radicaux.
Le Juif reste donc, dans ce discours, le bouc émissaire : il est trop présent dans
les médias, dans la finance, etc. Il devient le moteur de la mondialisation
néo-libérale, le persécuteur des Palestiniens qui se battent pour retrouver leur
terre et garder leur identité (réapparition du discours identitaire), quand il ne
devient pas le principal allié de l'Amérique bushiste, persistance depuis
l'Antiquité d'une certaine forme de cosmopolitisme destructeur des identités à
travers la diffusion du judéo-christianisme. Toutefois, l'antisémitisme
contemporain minore l'importance ethnique, sans la faire disparaître pour
autant, pour remettre au premier plan la place prépondérante, à leurs yeux, des
Juifs dans les médias, la culture et les finances : Pierre Vial, par exemple, citant
l'économiste allemand Werner Sombart, voit l'origine du capitalisme dans le
judaïsme37, relançant implicitement les thèses antisémites sur le capitalisme
juif.
L'antisémitisme reste donc très présent dans cette extrême droite païenne
malgré son éloge d'une forme radicale du communautarisme. Toutefois, cet
antisémitisme feutré ne fait pas l'unanimité chez les néo-païens, y compris ceux
marqués à l'extrême droite. Ces derniers, philosémites, insistent sur l'origine
chrétienne de l'antisémitisme qui ne serait qu'une version laïque et racialiste de
l'antijudaïsme chrétien. Quel serait alors le pied de nez aux néo-païens
antisémites : l'antisémitisme si cher à leur cœur n'était qu'une persistance en
leur sein du christianisme tant détesté ! Quoi qu'il en soit, les folkistes
européens tentent de se fédérer depuis le début des années 2000 et de mettre
en place une synergie européenne. Ainsi, les différents groupuscules
européens de Terre et peuple se sont rencontrés en Espagne en
novembre 2005 pour leur deuxième colloque38. De fait, ces groupes folkistes
essaient de fonder un front anti-mondialisation, refusant le néolibéralisme, au
nom d'un socialisme identitaire, et surtout refusant l'essor de l'immigration extra
européenne au nom de la défense de la race blanche, un thème déjà très
présent dans le discours d'Europe-Action.
Que faire vis-à-vis cette idéologie aberrante ? L'interdiction aurait un effet
négatif en créant un ciment entre les militants. Il suffit de voir, pour s'en
convaincre, la réaction des adeptes de secte serrant les rangs derrière leur
gourou dès que les médias ou la justice s'intéressent à eux. En outre, leurs
publications circulent de façon souterraine. Une interdiction n'arrêterait pas leur
diffusion, d'autant plus qu'ils utilisent Internet. Enfin, la persécution les
radicaliserait encore plus. Les combattre par une analyse et une déconstruction
de leur discours, comme Raymond Aron désirait le faire vis-à-vis de celui du
GRECE, serait tout aussi inutile car ils n'acceptent pas ou peu la valeur des
travaux des universitaires aux « ordres », selon eux, de la « bien-pensance ».
L'une des solutions serait de contrer les effets négatifs du néolibéralisme et de
la mondialisation, deux de leurs chevaux de bataille importants avec
l'immigration… Dans le cas contraire, cette idéologie risque de se développer et
de gagner des militants déçus par l'atlantisme du Front national et l'activisme de
son courant chrétien traditionaliste.

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Le Banquet, n°24, 2007/1.

1. Historien des idées, docteur en science politique, diplômé de l'IEP de Lille, auteur notamment de « The “Europagan”
Music: Between Radical Right and Paganism », 'Journal for the Studies of Radicalism', n° 1, janvier 2007, Michigan
State University ; 'La Musique europaïenne : ethnographie politique d'une subculture de droite', L'Harmattan, 2006, préf.
de Jean-Yves Camus ; « 'The Gods Looked Down ': la “musique industrielle” et le paganisme », 'Sociétés', n° 88-2,
juillet-août 2005, Bruxelles, De Boeck ; « Musique, ésotérisme et politique : naissance d'une contre-culture de droite »,
'Politica Hermetica', n° 17, année 2003, Lausanne, l'Âge d'Homme ; en coll. avec E. Kreis, « Le conspirationnisme
ufologique », 'Politica Hermetica', n° 19, année 2005, Lausanne, l'Âge d'Homme.
2. Pierre Chuvin, 'Les Derniers Païens', Belles Lettres, 1991.
3. Mircea Eliade, 'Le Sacré et le Profane', Gallimard, 1985.
4. Claude Lévi-Strauss, 'Le Regard éloigné', Plon, 1962, p. 32.
5. Pierre-André Taguieff, 'Sur la Nouvelle droite', Descartes et Cie, 1994, p. VIII.
6. Francis Bertin, « Ésotérisme et vision de la race dans le courant “völkisch” », 'Politica Hermetica', n° 2, Lausanne,
L'Âge d'Homme, 1988, p. 83-92.
7. Selon Guido Knopp, Himmler « devait nommer à des grades élevés de la SS de nombreux pionniers des idées
'völkisch 'de la période munichoise », Guido Knopp (dir.), 'Les SS. Un avertissement pour l'histoire', Presses de la Cité,
2004, p. 122.
8. George Mosse, 'La Révolution fasciste', Seuil, 2003, p. 159-182.
9. Pierre-André Taguieff, 'La Foire aux illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme', Mille et une nuits, 2005,
p. 399.
10. Pierre Vial, 'Une terre, un peuple', Éd. Terre et Peuple, 2000, p. 128-129.
11. Jean Mabire, « Itinéraire païen », 'in' Collectif, 'Païens ! Cheminements au cœur de la véritable spiritualité de
l'Europe', Saint-Jean-des-Vignes, Éd. de la Forêt, 2001, p. 110-111.
12. Jean-Yves Camus et R. Monzat, 'Les Droites nationales et radicales en France', Lyon, Presses Universitaires de
Lyon, 1992, p. 238.
13. Nicholas Goodrick-Clarke, 'Hitler's Priestess: Savitri Devi, the Hindu-Aryan Myth, and Neo-Nazism', New
York/Londres, New York University Press, 1998.
14. Ernesto Mila, 'Nazisme et Esotérisme', Puiseaux, Pardès, 1990.
15. 'Ibid.', p. 13-14.
16. Saint-Loup, 'Nouveaux Cathares pour Montségur', Presses de la Cité, 1968 et 'Götterdämmerung. Rencontre avec
la Bête', Art et Histoire d'Europe, 1986.
17. Pierre-André Taguieff, « L'héritage nazi. Des Nouvelles droites européennes à la littérature niant le génocide », 'Les
No''u''veaux Cahiers', n° 64, printemps 1981, p. 3-22.
18. 'Ibid'., p. 11 et p. 12.
19. Pierre Vial, 'Une Terre, un Peuple', Éd. Terre et Peuple, 2000, p. 65.
20. Non signé, « Un week-end identitaire », 'Réfléchir et Agir', n° 14, printemps 2003, p. 5.
21. Jean Mabire, 'Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens' [1978], Puiseaux, Pardès, 2002.
22. Jean Mabire, 'Que lire ?', tome 1, Lyon, Irminsul Éd., 2002, p. 29.
23. 'Ibid'., p. 30.
24. Jean Labussière, 'Nationalisme allemand et christianisme 1890-1940', Connaissances et savoirs, 2005.
25. En fait, l'origine de ce discours est à chercher dans les tentatives de conversion des peuples germaniques. En effet,
une version épique des Évangiles fut réalisée au IXe siècle, destinée à convertir les Saxons. Dans cette version Jésus
devient un prince germanique, ses disciples des vassaux et les noces de Cana, un festin guerrier.
26. Bernard Marillier, 'Chevalerie', Puiseaux, Pardès, 1998, p. 36-37.
27. Pierre Vial in 'Élément's, n° 31, août 1979, p. 36.
28. Pierre-André Taguieff, « L'héritage nazi », 'art. cit'., p. 8.
29. Guillaume Faye, 'Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne', L'Aencre, 2001.
30. Site Internet de Terre et Peuple, rubrique « lectures ».
31. Guillaume Faye, 'Pourquoi nous combattons, op. cit.', p. 113.
32. 'Ibid'., p. 78.
33. Maurice Sartre, « Des rites abominables et des mœurs effrénées »,' L'Histoire', octobre 2002, p. 32-35.

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34. Guillaume Faye,' ''Avant-Guerre. Chronique d'un cataclysme annoncé', L'Aencre, 2002, p. 133-152.
35. 'Ibid'., p. 33-34.
36. Michel Winock, 'Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France', Seuil, 2004, p. 77.
37. Pierre Vial, « Le christianisme et l'argent », 'Éléments', n° 50, printemps 1984, repris in 'Une terre, un Peuple', 'op.
cit'., p. 298.
38. Le sujet de la réflexion portait sur la potentialité de créer une Eurosibérie ethnico-politique, en fait l'unification des
peuples blancs européens sur l'aire de diffusion des Indo-Européens. Parmi les participants nous retrouvons le
nationaliste révolutionnaire italien Gabriel Adinolfi, rédacteur en chef de la revue 'Orion' et grand nostalgique de Benito
Mussolini, les Allemands Pierre Krebs, animateur du Séminaire Thulé, et Andreas Molau, rédacteur en chef de
'Deutsche Stimme' et enfin, Ernesto Mila, responsable de la section espagnole de Terre et Peuple, Tierra y Pueblo.

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