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2004

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Remerciements
S’adressant aux architectes et ingénieurs, enseignants et professionnels,
ainsi qu’aux étudiants et chercheurs, la collection des cahiers
parasismiques constitue un ensemble de référence des connaissances
nécessaires à la conception, la construction et la protection des édifices et
des villes contre le phénomène sismique.

Cette collection a été développée avec l’aide du Ministère de l’Ecologie et
du Développement Durable dans le cadre du programme d’actions confié
aux Grands Ateliers pour améliorer l’enseignement des concepts et
méthodes de la conception et de la construction parasismiques au sein des
formations initiales des divers intervenants de l'acte de construire.

Elle est publiée par les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, groupement
d’établissements d’enseignement supérieur d’architecture, d’ingénierie,
d’art et de design, destiné à faire progresser la formation et la recherche
sur la construction et les matériaux.


La collection comprend actuellement les cahiers suivants :
1. Conception parasismique, niveau avant-projet, Milan Zacek,
2. Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,
2-a. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des
bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton
armé, Milan Zacek
3. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique, objectifs et
problématique. Patricia Balandier,
4. Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs, Patricia
Balandier.


A paraître :
5. Comportement dynamique des structures
6. Construction parasismique, se déclinant sur les diverses technologies :
béton armé, acier, bois, constructions en terre, ainsi que sur le second
œuvre.
MILAN ZACEK
cahier 1
conception
parasismique
NIVEAU AVANT-PROJET
Septembre 2003
1
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
SOMMAIRE
PREAMBULE 3
1.PERTINENCE DE LA CONCEPTION PARASISMIQUE
DES OUVRAGES 5
1.1. Notion de construction parasismique 5
1.2. Limites des règles parasismiques 6
1.3. Règles parasismiques et conception architecturale 9
1.4. Conclusion 10
2.CONCEPTION PARASISMIQUE NIVEAU AVANT-PROJET 11
2.1. Incidence de la conception sur le comportement
des constructions sous seismes 11
2.2. Parti architectural 13
2.2.1. Forme des bâtiments 13
2.2.2. Hauteur et élancement des bâtiments 32
2.2.3. Couplage de bâtiments 33
2.2.4. Présence de niveaux décalés 34
2.2.5. Parties de bâtiment et détail architectural 35
2.3. Parti constructif 50
2.3.1. Comportement des structures exposées à un
séisme 50
2.3.2. Choix de la structure 53
2.3.3. Conception des systèmes porteurs 62
2.4. Stabilité horizontale 69
2.4.1. Stabilité des constructions vis-à-vis des charges
latérales 69
2.4.2. Rôle et constitution du contreventement 69
2.4.3. Diaphragmes 69
2.4.4. Palées de stabilité (éléments verticaux de
contreventement) 73
2.5. Pondération des conséquences d'une conception de
bâtiment inapropriée 80
GLOSSAIRE 83
BIBLIOGRAPHIE 87
CREDITS 89
3
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
PREAMBULE
Ce guide s'adresse en premier lieu aux enseignants des écoles d'architecture.
Il constitue le premier fascicule d'un futur ouvrage traitant de la protection
parasismique à l'échelle d'un bâtiment (neuf ou existant), ainsi qu'à l'échelle
d'une ville.
L'objectif visé est de réaliser une synthèse de la problématique en mettant
en évidence d'une manière argumentée et illustrée, les problèmes posés et
les solutions qui peuvent y être apportées.
La conception parasismique des bâtiments étant très peu enseignée dans
les écoles d'architecture, nous souhaitons que le présent ouvrage puisse
aider à combler cette lacune. En effet, la France possède de nombreuses
régions sismiques et l'occurrence de tremblements de terre destructeurs
n'y est pas exclue. L'absence de formation des concepteurs de projets à la
construction parasismique n'est donc pas défendable. Ils ont pour mission
de réaliser pour leurs clients des ouvrages fonctionnels et sûrs.
L'architecte peut jouer un rôle important dans la protection des bâtiments
contre les effets des séismes. Il est de son intérêt d'acquérir cette
compétence, de la revendiquer et de la faire valoir.

5
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
1 PERTINENCE DE LA CONCEPTION
PARASISMIQUE DES OUVRAGES
1.1. NOTION DE CONSTRUCTION PARASISMIQUE
Dans la pratique, on appelle " parasismique " un ouvrage conçu et réalisé
conformément aux règles parasismiques en vigueur. Cette conformité
est généralement interprétée comme une garantie de résistance aux
tremblements de terre. Cependant, cette interprétation ne résiste pas à
l'examen. Bien qu'un niveau suffisant de résistance aux tremblements de
terre est souvent obtenu par l'application des règles parasismiques, des
effondrements d'ouvrages ou de parties d'ouvrages lors d'un séisme violent
ne sont pas exclus.
L'objectif visé par les règles parasismiques n'est pas le même que celui d'un
architecte maître d'œuvre d'une opération :
• Les règles parasismiques visent un résultat global à l'échelle
de la zone touchée par un séisme. L'éventualité d'échec est
admise ; toutefois, la probabilité de pertes en vies humaines doit
rester très faible.
D'une part, le niveau de protection recherchée, fixé par la
puissance publique ne correspond pas à une protection totale,
mais résulte d'un compromis entre le coût de la protection et
le risque que la collectivité est prête à accepter. On estime que
la probabilité pour une construction de se trouver durant sa vie
près de l'épicentre d'un séisme très destructeur est suffisamment
faible pour qu'on puisse la négliger. Ainsi, des bâtiments calculés
aux séismes se sont effondrés, pour ne citer que des cas récents,
à Los Angeles en 1994 (fig. 1.1.) et à Kobé (Japon) en 1995 (fig.
1.2.). Or, le respect des règles parasismiques dans ces pays est de
rigueur et la qualité d'exécution parmi les meilleures du monde.
D'autre part, les règles doivent être relativement simples pour
être applicables et appliquées. Le niveau d'agression sismique et
le comportement des constructions en régime dynamique sont
donc pris en compte d'une manière forfaitaire, et de nombreuses
distorsions par rapport à la réalité existent.
Malgré cette relative simplicité, on observe parfois le non-respect
en France des méthodes de calcul requises pour les bâtiments de
forme irrégulière, plus complexes que le calcul des ouvrages de
formes simples.
On peut raisonnablement penser qu'une sophistication des règles
actuelles donnerait lieu, dans leur application, à de nombreuses
"impasses", notamment à l'échelon des bureaux d'études. En effet,
cette sophistication pourrait entraîner la nécessité d'acquérir une
Fig. 1.1. - Bâtiment à usage
de parking, réalisé selon
les règles parasismiques
américaines. Effondrement
dû à une conception
peu judicieuse : la rampe
d'accès aux étages limitait la
déformabilité des poteaux
qui la supportaient. Faire
porter la rampe par un
voile de béton armé aurait
constitué une solution
plus adéquate (séisme de
Northridge, Californie,
1994).
Fig. 1.2. - Basculement d'un
bâtiment calculé au séisme
suite à l'effondrement du
rez-de-chaussée commercial
dont la rigidité horizontale
était très inférieure à celle
des étages (séisme de Kobé,
1995).
les grands ateliers

6
formation spécifique dans ce domaine, ce qui n'est pas le cas
actuellement.
• L'architecte a pour mission de réaliser pour son client un
ouvrage qui présente toutes les garanties de confort et de
sécurité, un ouvrage " sur mesure ". Or, une simple application
des calculs parasismiques à un projet de bâtiment qui ne favorise
pas la résistance aux charges dynamiques ne peut lui conférer un
comportement efficace vis-à-vis des séismes. Un bâtiment ne peut
résister aux tremblements de terre par la seule vertu des calculs.
Au contraire, la conception devrait être judicieuse pour pallier les
effets pervers des hypothèses réglementaires.
Les enseignements tirés des séismes destructeurs survenus dans le
passé ont permis de constater qu'une construction, pour être
réellement parasismique, doit réunir trois conditions :
- conception architecturale parasismique ;
- respect des règles parasismiques (celles-ci concernent des
dispositions constructives et le dimensionnement) ;
- exécution de qualité.
1.2. LIMITES DES REGLES PARASISMIQUES
La nécessité d'avoir des règles parasismiques simples, faciles à utiliser, ainsi
qu'un compromis entre un niveau de protection parasismique acceptable
et son coût, a été évoquée plus haut. Dans le but d'apprécier le degré de
prise en compte par les règles de l'agression sismique et du comportement
réel des structures, quelques démarches réglementaires sont commentées
dans ce qui suit.
• Niveau d'agression sismique
- Les constructions courantes ne sont pas calculées pour résister
au séisme maximum plausible dans la zone concernée, car la
probabilité de son occurrence durant la vie d'une construction est
faible (sa période de retour étant généralement longue). Un tel
séisme peut cependant se produire. Par exemple à Kobé en 1995,
des constructions réglementairement calculées pour des charges
sismiques équivalentes à 30 % de leur poids, ont subi des charges
2,5 fois plus élevées. Elles n'ont pas pu leur résister.
- Le zonage sismique (et par conséquent le niveau de protection
exigé) est basé sur la connaissance de la sismicité historique.
L'ignorance de séismes violents survenus dans le passé équivaut à
une sous-estimation du mouvement sismique de référence.
A ce propos, il est intéressant de noter que plusieurs cantons du
département des Bouches-du-Rhône sont classés en zone II (zone
la plus forte en France métropolitaine) en raison du séisme de
Lambesc (intensité VIII-IX, magnitude 6,3) survenu en 1909, alors
qu'aucune activité sismique antérieure importante n'y est connue.
Si ce séisme à longue période de retour ne s'était pas encore
produit, la zone aurait été classée 0.
7
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Une solution à cette situation serait de fixer le niveau de protection
à partir d'un zonage sismotectonique qui tient compte des
structures sismogènes (failles). Cette démarche est obligatoire
pour les ouvrages à risque spécial (usines chimiques ou nucléaires,
barrages,...), soumis à une procédure plus contraignante que celle
des règles parasismiques.
- Les amplifications locales des secousses dues aux effets de
site et qui peuvent multiplier les charges sismiques par cinq ou
plus, ne sont prises en compte que partiellement. Lorsqu'un
effet topographique est possible, les règles PS 92 prévoient une
majoration des charges sismiques par un facteur de 1,4 maximum.
Quant aux effets d'amplification dynamique observée dans les sols
alluvionnaires de forte épaisseur, ils sont négligés (car mal connus).
A Mexico, lors du séisme de 1985, ce dernier type d'amplification
a atteint le facteur 7,5 pour les bâtiments à période propre
fondamentale de 2s (tours de 10 à 20 niveaux) fondés sur sols
alluvionnaires. Ces bâtiments se sont tous effondrés.
• Philosophie du calcul
Par commodité, le calcul des structures aux séismes est basé sur le concept
de force, alors qu'aucune force d'origine sismique réelle ne s'exerce sur
elles. Lors des tremblements de terre, les structures subissent une mise en
mouvement (de l'énergie cinétique leur est " injectée ") et des déformations
imposées. Leur survie en cas de séisme dépend davantage de leur capacité à
absorber cette énergie et à tolérer ces déformations, que de leur résistance
pure. On observe effectivement que les structures ayant une bonne
capacité à absorber l'énergie (par stockage temporaire et par dissipation) se
comportent mieux sous séismes destructeurs que d'autres, plus " résistantes
en soi ", mais qui n'ont pas cette capacité. Cette dernière est conférée aux
ouvrages lors de la phase de conception, qui est donc essentielle.
• Hypothèse de calcul
- Un séisme impose aux constructions une suite d'accélérations
violentes dont la durée peut dépasser 1 mn. Cependant, le calcul
réglementaire ne considère qu'une seule accélération (supposée
maximale), appliquée sans durée comme une force statique. Les
deux situations ne sont pas comparables car la durée de secousses
est un facteur de dommage important. Un séisme long est en
général plus destructeur qu'un séisme court plus fort.
- Pour le calcul aux séismes, les constructions sont considérées
comme non déformées au moment d'application des charges
sismiques. Or, la période des secousses étant dans la plupart des
cas plus courte que celle de l'oscillation des ouvrages, les charges
sismiques sollicitent dans ces cas plusieurs fois les ouvrages
déformés, avant leur retour en position initiale. Leur action réelle
est donc plus préjudiciable que dans le cas considéré par les règles
parasismiques.
- Le facteur le plus destructeur observé lors des tremblements de
terre est la résonance des constructions avec le sol. La résonance
accroît considérablement les amplitudes d'oscillation et, par
les grands ateliers

8
conséquent, multiplie l'intensité des charges sismiques par un
facteur important (les charges sismiques sont proportionnelles
aux amplitudes d'oscillation, appelées " déplacements ").
Cependant, la résonance n'est pas spécifiquement prise en compte
dans le dimensionnement des ouvrages aux séismes. Les périodes
propres du sol d'assise et de la structure ne sont pas comparées
(la résonance se produit lorsqu'elles sont les mêmes ou très
proches), bien que la modification, lors de la phase du projet, des
périodes propres des bâtiments (si elle s'avérait souhaitable), soit
une démarche aisée. On peut, par exemple, ajouter des murs de
contreventement (pour raccourcir la période) ou opter pour des
façades légères à la place de murs de remplissage en maçonnerie
ou encore augmenter l'élancement du bâtiment (pour allonger sa
période).
- La stratégie de protection parasismique réglementaire consiste
à conférer aux constructions une ductilité suffisante pour éviter
leur dislocation lors des oscillations imposées. On accepte
donc des dommages localisés (rotules plastiques) bien placés,
économiquement réparables ou non, dans le but d'éviter
l'effondrement de l'ouvrage sur les occupants.
Le degré de ductilité, ou plus précisément de dissipativité car
d'autres mécanismes de dissipation entrent en jeu, est caractérisé
pour le calcul par un " coefficient de comportement ". Il s'agit
d'un coefficient diviseur des charges sismiques ayant une valeur
entre 1 et 8, selon la dissipativité estimée de la construction.
Cependant, ce coefficient est global et forfaitaire et sa valeur peut
parfois être très surestimée lorsque la structure comporte des
zones susceptibles de rupture fragile (poutres ou poteaux courts
ou bridés, poutres sollicitées en torsion, changements brusques
de section, percements importants, reports de charges, etc.), ce
qui est loin d'être rare. La structure est alors dimensionnée pour
des charges inférieures à celles qu'elle pourrait subir. En outre,
après la division des charges par un coefficient de comportement,
le calcul peut indiquer les sollicitations de compression dans des
sections dans lesquelles une traction ou un soulèvement peuvent
se produire.
- L'interaction sol-structure n'est pas prise en compte dans le
calcul réglementaire. Son incidence est le plus souvent favorable
(dissipation d'énergie), mais les cas défavorables ne sont pas rares
(accroissement de charges dans le cas de certaines structures
rigides).
Malgré l'existence des distorsions qui viennent d'être exposées, les
constructions conformes aux règles parasismiques montrent globalement
un comportement nettement meilleur que celles qui ne le sont pas. Les
échecs sont relativement rares.
Toutefois, ce fait ne devrait pas inciter à s'en contenter, car les bâtiments
conformes aux règles qui s'effondrent lors de séismes majeurs entraînent
eux aussi des pertes en vies humaines et représentent un échec personnel
pour l'architecte.
9
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
1.3. REGLES PARASISMIQUES ET CONCEPTION
ARCHITECTURALE
Les règles parasismiques françaises s'appliquent aux ouvrages à risque
normal, c'est-à-dire les ouvrages dont la ruine n'a pas de conséquences sur
l'environnement. Leur respect est obligatoire pour toutes les constructions
neuves dans lesquelles il y a une présence humaine permanente (classes
B, C, D), situées dans les zones Ia, Ib, II ou III. Les ouvrages à risque
normal échappent donc à cette obligation en zone 0, ce qui n'est pas le
cas des ouvrages à risque spécial (ouvrages dont la ruine ou même des
dommages mineurs peuvent avoir des conséquences catastrophiques
pour la population ou pour l'environnement : bâtiments de stockage de
produits toxiques, barrages,…).
En France, les règles parasismiques en vigueur sont les règles PS 92 (norme
P 06-013). Elles sont très proches de l'Eurocode 8 qui leur sera, à terme,
substitué.
Les règles PS 92, de même que l'Eurocode 8, portent sur deux
domaines
- dispositions constructives générales et dispositions particulières
à divers matériaux ou procédés de construction ;
- règles de calcul (évaluation des actions sismiques de calcul,
vérification de la résistance et des déformations
de la structure).
Il apparaît donc que ces règles n'imposent aucune disposition
architecturale ; elles s'appliquent sur un projet déjà défini qui peut, a
priori, être mal conçu du point de vue parasismique. Ce cas est d'ailleurs
assez fréquent, alors même que la conception des ouvrages joue un rôle
déterminant dans leur résistance aux séismes (cf. 1.1.).
Toutefois, afin de permettre aux constructeurs d'ouvrages modestes
d'obtenir une protection parasismique sans avoir recours à des calculs,
l'arrêté du 29 mai 1997 autorise l'emploi facultatif des règles PS-MI 89
révisées 92 (norme P 06-014) en lieu et place des règles générales (PS 92)
pour des bâtiments à risque normal de la classe B situés en zone Ia, Ib ou
II. Il s'agit principalement de maisons individuelles.
S'agissant de règles forfaitaires, leur domaine d'application est très restreint,
y compris en ce qui concerne la conception architecturale.
Exemples de restrictions permettant le recours aux règles PS-MI 89/92 :
- la construction ne peut comporter plus d'un étage sur
rez-de-chaussée ;
- la forme du bâtiment ne peut s'écarter que faiblement du
rectangle, les décrochements éventuels ne pouvant dépasser
au total le quart de la longueur du côté concerné ;
les grands ateliers

10
- les hauteurs des divers niveaux (sous-sol, rez-de-chaussée, étage
ne peuvent différer de plus de 30 % ;
- les porte-à-faux ne peuvent dépasser 1,50 m de portée.
1.4. CONCLUSION
Nous avons vu que la conception architecturale joue un rôle au moins aussi
important que l'application des règles parasismiques. Le comportement
d'un ouvrage sous séisme est pratiquement déterminé en amont des
règles, car c'est au moment de l'esquisse qu'on fixe la géométrie (donc
la répartition des masses et des éléments rigides), ainsi que le type de
structure et, par là, son mode de fonctionnement sous charges sismiques
L'architecte devrait par conséquent posséder dans le domaine parasismique
un bagage de connaissances solide.
Ce bagage doit lui permettre d'opérer, en amont des calculs, des choix
qui assureront à la construction projetée des conditions optimales de
résistance aux séismes, car il " doit " à son client un travail sur mesure
irréprochable.
Par ailleurs, une conception des bâtiments rationnelle permet de maintenir
le coût de leur protection parasismique à un niveau relativement faible.
La protection des ouvrages dont l'architecture n'est pas favorable à la
résistance aux séismes fait envoler les coûts.

11
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
2. CONCEPTION PARASISMIQUE
NIVEAU AVANT-PROJET
2.1. INCIDENCE DE LA CONCEPTION
SUR LE COMPORTEMENT DES CONSTRUCTIONS
SOUS SEISMES
Cet incidence est essentiellement de trois types :
1- Influence sur l'importance des actions sismiques
Rappelons que les actions sont les forces et les couples engendrés
par les charges permanentes, variables ou accidentelles, agissant
sur les constructions. Les actions sismiques sont considérées en
France comme accidentelles.
Une construction est un amplificateur des secousses qui lui
sont communiquées au niveau des fondations. Les amplitudes
des déplacements des niveaux supérieurs sont en général plus
importantes (parfois 3 à 4 fois) que celles du sol d'assise.
Or, les actions sismiques sont proportionnelles à ces déplacements
car les amplifications se produisent par effet de ressort (le bâtiment
en est un, encastré à sa base, fig. 2.1a.) ; la force dans un ressort,
donc aussi la charge sismique agissant sur la masse, est égale au
produit de la rigidité du ressort par le déplacement de la masse
(F = k.x), fig. 2.1b.
Etant donné que les déplacements des différents niveaux d'un
bâtiment dépendent de l'importance et de la répartition des
masses et des éléments rigides, donc du projet d'architecture, il
est possible de rechercher au stade du projet une amplification
limitée, ou même négative (atténuation), fig. 2.2. Cette dernière
est couramment obtenue par l'emploi d'appuis parasismiques,
appelés aussi isolateurs.
Une augmentation des actions sismiques indésirable peut être
provoquée également à l'échelle d'un élément constructif. Par
exemple, les poteaux plus larges que les autres situés sur un même
niveau (fig. 2.82), ou les poteaux dont la déformabilité est bridée
par une allège (fig. 2.54), constituent des " points durs ", ce qui a
pour conséquence d'attirer les charges sismiques.
2 - Implication du type de sollicitation
Selon leur nature et leur forme, les éléments constructifs
" travaillent " en flexion, compression, torsion, etc. Lors des actions
dynamiques, le comportement des éléments fléchis (et dans une
certaine mesure celui des structures tendues ou comprimées),
les grands ateliers

12
sujets à une rupture ductile, est bien meilleur que celui des
éléments soumis à de fortes sollicitations de cisaillement ou de
torsion, dont la rupture est en général de type fragile. Or une
rupture fragile peut conduire à un effondrement rapide, alors
qu'un comportement ductile le retarde ou le prévient.
a) Amplification des déplacements b) Forces appliquées sur le ressort
Fig. 2.1. a,b - Amplification des oscillations par un ressort.
Fig. 2.2. - Exemple d'amplification et d'atténuation des accélérations par un bâtiment fondé
sur un sol donné (ici, sol dur). Le bâtiment A amplifie les secousses, le bâtiment B les
atténue. D'après la 2ème loi de Newton, les charges sismiques, qui sont des forces d'inertie,
sont égales, à une constante près, aux accélérations : F = m.a où m est la masse accélérée.
Le choix du parti architectural et du parti constructif, opéré par
l'architecte, fige généralement le " fonctionnement " mécanique
bâtiments amplifiant
les secousses
bâtiments atténuant
les secousses
bâtiments à 1 niveau
pour ordre croissant
de période propre
accélération
du plancher haut
accélération
maximale
du sol
bât A bât B
déplacements à la base
déplacements des masses
X
3
X
2
X
1
rigidité k
déplacements
F
3
= kx
3
F
2
= kx
2
F
1
= kx
1
13
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
du bâtiment et détermine donc la nature des sollicitations des
divers éléments structuraux, ainsi que son comportement sous
séisme.
3- Incidence sur les concentrations de contraintes
Les concentrations de contraintes facilitent la fissuration de la
structure. Lors de mouvements sismiques, les fissures peuvent
rapidement se propager et entraîner un effondrement partiel ou
total de l'ouvrage.
Les concentrations de contraintes peuvent être accrues ou, au
contraire, limitées par les options de projet liées à la géométrie
des bâtiments et de leurs parties. Elles se produisent de manière
privilégiée dans les angles rentrants apparaissant à l'échelle d'un
bâtiment, à celle d'un élément ou de la modénature.
2.2.PARTI ARCHITECTURAL
2.2.1.FORME DES BÂTIMENTS
Les options suivantes créent de bonnes conditions de résistance aux
séismes :
• Symétrie selon deux axes en plan
Les plans symétriques selon deux axes (s'ils sont simples et compacts, cf.
plus bas), présentent un bon comportement sous charges sismiques. Les
déformations d'ensemble sont prédominantes et les mouvements
différentiels limités.
Les plans carrés ou proches du carré conviennent très bien (fig. 2.3).
Une construction idéale présenterait la même rigidité dans toutes les
directions
Immeuble à Rome Immeuble du centre Immeuble Sunshine 60
John Hancock à Chicago à Tokyo
Fig. 2.3. - Bâtiments ayant un plan carré ou proche du carré. Leur comportement sous charges sismiques est en général satisfaisant. Cette
configuration a souvent été adoptée pour les tours car elles doivent résister à une autre force horizontale importante : le vent.
les grands ateliers

14
Fig. 2.5. - Mur courbe en maçonnerie et son éclatement sous charges horizontales d'une
certaine intensité. Son comportement ne peut être assimilé à celui d'une coque. Le danger
d'éclatement est aggravé par la présence de percements (baies).
horizontales. Un bâtiment cylindrique possède cette propriété mais pour
résister aux charges sismiques, sa structure doit constituer un système
tridimensionnel efficace (fig. 2.4). Les murs courbes en maçonnerie ne
conviennent pas car, sous charges horizontales, leur éclatement hors plan
est à craindre (fig. 2.5).
Inconvénients des plans asymétriques ou ne possédant qu'une
symétrie selon un axe
Deux phénomènes sont plus particulièrement source de dommages
sismiques dans les bâtiments asymétriques : la torsion d'ensemble et les
concentrations de contraintes.
Ces phénomènes réduisent la capacité des constructions à absorber
l'énergie cinétique des oscillations (l'énergie non absorbée produit un
travail de rupture dans la structure). Par ailleurs, les formes simples
conduisent en général à des détails constructifs simples, plus faciles à
concevoir et à réaliser que ceux des structures complexes.
La torsion d'ensemble est l'un des facteurs de dommages sismiques
les plus destructeurs. Elle se produit lorsque le centre de rigidité d'une
construction n'est pas confondu avec son centre de gravité. Elle a donc
lieu quand les éléments de contreventement sont décentrés (cf. § 2.4.4.)
ou lorsque la configuration de l'ouvrage est à l'origine d'un excentrement
de ses parties latéralement rigides. Dans ces cas, sous l'action de forces
horizontales, l'ouvrage vrille autour d'un axe vertical. Au lieu de fléchir
comme un bloc, il subit à chaque niveau des déplacements horizontaux
différents (fig. 2.6a ; 2.7a). Ce type de sollicitation est mal toléré par la
structure.
Fig. 2.4. - Bâtiment
cylindrique possédant
une excellente résistance
tridimensionnelle (Peachtree
Center Plaza à Atlanta, arch.
J. Portman)
15
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Fig. 2.6. a,b - Bâtiments avec des ailes mécaniquement solidaires.
a) Déformation en vrille d'un bâtiment b) L'asymétrie de la rigidité transversale,
ne présentant qu'un axe de symétrie due à la forme du bâtiment, est
compensée par l'ajout d'un noyau rigide
Fig. 2.7 a,b. - Bâtiment ne possédant pas une symétrie biaxiale.
La symétrie du plan selon deux axes ou plus favorise donc le bon
comportement des bâtiment exposés à un séisme. Toutefois, la possibilité
de torsion ne doit pas être introduite dans l'ouvrage par la dissymétrie de
la structure, plus particulièrement de ses éléments rigides (éléments de
contreventement), fig. 2.102.
b) Exemple de dommages à l'intersection
des ailes d'un bâtiment (séisme de Kobé,
17.1.1995)
Dommages dus à des concentrations de contraintes
différence de rigidité
de forme compensée
différence de rigidité
de forme non compensée
a) Les ailes subissent des déformations de torsion " en vrille ". A l'intersection des ailes, des
dommages dus aux concentrations de contraintes sont fréquents, notamment lorsque les ailes
n'ont pas la même hauteur
les grands ateliers

16
Les concentrations de contraintes se produisent plus
particulièrement dans les angles rentrants formés par des saillies (fig. 2.8.),
retraits ou intersections des ailes d'un bâtiment. Ces dernières peuvent être
exposées à des sollicitations sévères étant donné que les ailes n'oscillent
pas en phase. Lors des mouvements sismiques, elles ont tendance à se
séparer (fig. 2.6.).
L'intensité des contraintes augmente avec la profondeur de l'angle. Pour
cette raison, les règles parasismiques PS-MI 89/92 (rappelons que leur
emploi est facultatif, cf. § 1.3.) limitent cette profondeur. Si l'on souhaite
utiliser ces règles, les saillies éventuelles ne doivent pas dépasser au total
le quart du côté du bâtiment concerné (fig. 2.8b).
a) Plan comportant de nombreuses saillies et retraits dont les angles rentrants sont le siège
de concentration de contraintes en cas de séisme
b) Limitation des saillies autorisant l'emploi (facultatif) des règles PS-MI 89/92
Fig. 2.8. a,b - Bâtiments présentant des volumes en saillie.
17
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Solutions permettant de corriger les conséquences de l'asymétrie
de la forme des bâtiments
• Joints parasismiques
Les configurations asymétriques peuvent, dans de nombreux cas, être
fractionnées en volumes simples par des joints parasismiques (fig. 2.9.).
La largeur de ces derniers dépend de la déformation maximale des
blocs attenants, avec un minimum réglementaire qui est en France de 4
cm en zones Ia et Ib et de 6 cm en zones II et III. Acceptable pour des
constructions basses, la largeur des joints devient prohibitive dans le
cas des constructions élevées dont l'amplitude d'oscillation au sommet
peut être importante (fig. 2.9b). Pour ces constructions, le choix d'une
configuration simple est impératif.
Les joints parasismiques doivent avoir un tracé rectiligne sans baïonnettes,
être vides de tout matériau et éviter de couper les fondations lorsque des
tassements différentiels ne sont pas à craindre.
L'exécution des joints vides n'est pas sans difficultés. On peut utiliser des
coffrages extractibles en carton ou des prévoiles préfabriqués. Les joints
doivent être protégés contre l'introduction de corps étranger par des
couvre-joints, de préférence souples (tôles pliées, soufflets, etc. fig. 2.10a).
Les couvre-joints rigides peuvent être utilisés s'ils sont fixés d'un seul côté
du joint sous peine de dommages (fig. 2.10b).
Dans tous les cas, les joints entraînent un surcoût non négligeable et ne
doivent pas être recherchés a priori. Les joints prévus pour d'autres raisons
(dilatation thermique, tassement différentiel) doivent être traités comme
des joints parasismiques.
Fig. 2.9. a, b - Joints parasismiques.
d mini
bloc 1
bloc 2
d mini
bloc 2
bloc 1
déplacements
maximaux calculés
déplacements
maximaux calculés
a) Fractionnement des bâtiments à configuration
complexe par des joints parasismiques
b) Largeur minimale des joints parasismiques
les grands ateliers

18
• Compensation d'une " mauvaise " distribution de la rigidité
Pour faire coïncider ou rapprocher le centre de gravité d'un niveau avec
son centre de rigidité (qui est le barycentre des rigidités), il est possible
d'ajouter des palées de stabilité (murs de contreventement, palées
triangulées, noyaux fermés,…) dans les zones flexibles, de manière à
minimiser les déformations différentielles (fig. 2.7b, 2.11).
Fig. 2.11. - Compensation d'une " mauvaise " distribution de la rigidité. Des noyaux en
voiles de béton armé ont été ajoutés aux extrémités des ailes.
• Variation progressive de la rigidité
Cette démarche relève du parti architectural. Elle consiste à adoucir les
angles rentrants par une forme plus fluide du bâtiment (fig. 2.12). Il s'agit
d'une correction partielle mais efficace, souvent employée.
a) Couvre-joint à soufflet en
caoutchouc
b) Couvre-joint en tôle pliée
c) Dommages au revêtement
en pierre constituant un
couvre-joint rigide fixé
de part et d'autre du joint
(séisme de Kobé, Japon,
17.1.1995)
avant compensation après compensation
Fig. 2.10. a,b,c - Couvre-joints.
19
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Traitement d'un angle rentrant
Fig. 2.12. a, b - Variation progressive de la rigidité d'un bâtiment à ailes.
• Renforcement des angles rentrants
Cette solution, fréquemment utilisée aux Etats-Unis et au Japon, est
délicate à mettre en œuvre (fig. 2.13). Son efficacité n'a pas encore
été validée par les séismes majeurs. Elle implique un dimensionnement
généreux des porteurs verticaux situés dans les angles rentrants et présente
le danger de constituer des points durs qui " attirent " les sollicitations
d'origine sismique.
Fig. 2.13. - Renforcement d'un angle rentrant.
• Isolation parasismique
L'isolation parasismique est une stratégie de protection parasismique
non traditionnelle. Elle consiste à interposer entre la superstructure et les
fondations (ou un sous-sol) des appareils d'appui, appelés aussi isolateurs
car ils isolent partiellement la construction des secousses du sol (fig. 2.14a).
Les déplacements imposés à la construction par le séisme se localisent
principalement au niveau des appuis conçus pour les supporter sans
dommages. Les déformations de la superstructure sont ainsi minimisées,
de même que les concentrations de contraintes. La réduction des charges
sismiques au niveau des étages peut atteindre le facteur 5 ou plus.
En outre, la réponse (la réaction) de la construction est fonction des
caractéristiques des appuis. On peut donc chercher à corriger la possibilité
de torsion d'ensemble d'un bâtiment de forme complexe en faisant coïncider
le centre de rigidité de l'ensemble des isolateurs avec le centre de gravité du
bâtiment.

b) Immeuble à Tokyo
les grands ateliers

20
a) Emplacement des appuis parasismiques b) Limitation des déformations
de la superstructure
Fig. 2.14.a,b - Emploi d'appuis parasismiques.
• Simplicité du plan
Les bâtiments symétriques selon deux axes peuvent également
comporter des ailes, des saillies et des retraits et, par conséquent,
des angles rentrants.
Leurs inconvénients peuvent être corrigés de la manière décrite plus
haut. La fig. 2.15 en montre quelques exemples.
De même, la différence des rigidités transversale et longitudinale
d'un plan rectangulaire peut être corrigée par un renforcement du
contreventement (fig. 2.16b). Sans correction, on devrait limiter
cette différence en évitant les rectangles très allongés.(ef. “Compacité
du plan”) Il est recommandé que le rapport des côtés ne soit pas
supérieur à 3 (fig. 2.16a).
d faible d important
fondations
profondes
éventuelles
a) Fractionnement en blocs simples b) Ajout de noyaux rigides et variation progressive de rigidité
Fig. 2.15. a, b - Correction des inconvénients des plans complexes à deux axes de symétrie.
21
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Rapport recommandé longueur/largeur d'un bâtiment
Fig. 2.16. a,b- Limitation de la différence entre les rigidités
transversale et longitudinale.
• Compacité du plan
Les mouvements sismiques horizontaux et verticaux du sol ne sont pas
identiques d'un endroit à l'autre. Les différences augmentent avec la
distance. Leur effet sur les bâtiments de grandes dimensions horizontales
peut être sensible (fig. 2.17a). Afin de limiter l'importance des déformations
différentielles, il est souhaitable de fractionner ces bâtiments en blocs
compacts (fig. 2.17c).
En outre, on observe souvent des dommages sismiques importants aux
extrémités des bâtiments longs. Ces dommages sont dus à un phénomène
de type " coup de fouet ". En effet, arrivée à la limite du milieu solide,
l'énergie qui se propage dans un bâtiment se réfléchit à son extrémité vers
l'intérieur et s'y concentre. Le phénomène fait penser à un coup de fouet,
dont le claquement témoigne de l'énergie concentrée à sa pointe. La fig.
2.18 montre les dommages sismiques importants aux extrémités d'un
bâtiment long.
b) Compensation du manque
de rigidité transversale
d'un bâtiment par un
contreventement renforcé
(bâtiment Mitsui, Tokyo)
y
x
x < 3y
les grands ateliers

22
a) Déformations différentielles horizontales et verticales
b) Exemple d'un bâtiment pouvant subir en cas de séisme des déformations différentielles
importantes, ainsi que des concentrations de contraintes dans les angles rentrants
c) Fractionnement en blocs compacts
Fig. 2.17. a,b,c - Bâtiments de grandes dimensions horizontales.
onde sismique
élévation plan
x < 3y
x

y
23
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
• Symétrie et simplicité en élévation
L'absence de simplicité ou d'une symétrie selon deux axes est en général
plus préjudiciable en élévation qu'en plan.
On observe que les constructions dont les dimensions horizontales ne
varient pas avec la hauteur, si elles sont correctement mises en œuvre,
subissent habituellement moins de dommages sismiques que celles
qui présentent des volumes en saillie ou en retrait, ou comportent des
transparences.
Toutefois, une réduction progressive des dimensions horizontales vers le
haut peut constituer une option favorable à la résistance aux séismes. Ce
cas est commenté dans le paragraphe 2.2.2. " Hauteur et élancement des
bâtiments ".
L'importance des dommages sismiques varie avec le type de dissymétrie
ou de complexité.
Différents cas sont commentés ci-après.
Niveaux avec retrait
Le retrait d'étages supérieurs est une situation fréquente. Il peut être réalisé
sur une ou plusieurs façades et concerner un ou plusieurs niveaux (fig.
2.19).
Lors de séismes violents, des dommages localisés dans les angles rentrants
en pied des retraits sont souvent observés (fig. 2.20b). leur importance
augmente avec celle du retrait. En effet, les niveaux en retrait n'oscillent
pas à la même fréquence que les niveaux courants. A certains moments,
ils peuvent subir des déplacements opposés et, par conséquent, des
concentrations de contraintes sévères à leur base (fig. 2.20a). Le cas
est aggravé si les poteaux des étages en retrait reposent sur les poutres
des niveaux inférieurs. Afin de limiter les inconvénients engendrés par
les retraits, la descente de charges devrait être directe, sans transfert
horizontal.
Fig. 2.18. - Bâtiment long
ayant subi des dommages
importants à ses extrémités
(séisme de Colfiorito, Italie,
26.09.1997).
a) Retraits sur une façade b) Retraits sur plusieurs façades
Fig. 2.19. a, b- Niveaux avec retraits. Ces niveaux peuvent effectuer des déplacements opposés par rapport aux étages courants et subir des
dommages importants à leur base.
Le comportement des retraits élancés est particulièrement préjudiciable. Ils
ont tendance à se coucher sur les niveaux inférieurs. Leur flexibilité permet
également une excitation significative des modes supérieurs d'oscillation,
entraînant une amplification des charges sismiques.
Solutions permettant de corriger les effets préjudiciables des
retraits
Les solutions présentées ne s'adaptent pas toutes à tous les cas. Le
concepteur de projet doit apprécier l'opportunité de leur application au
cas étudié.
Le fractionnement par des joints parasismiques peut être envisagé lorsqu'un
bâtiment est constitué de blocs de rigidités très différentes, par exemple
des étages formant un bloc élancé surplombant des niveaux inférieurs (fig.
2.21). Les caractéristiques et les inconvénients des joints parasismiques ont
été exposé plus haut.
les grands ateliers

24
b) Bâtiment endommagé par le
séisme de Kobé, Japon (17.1.1995).
La partie supérieure du bâtiment
n'oscille pas à la même fréquence
que sa partie inférieure
a) Concentration de contraintes en pied des retraits
Fig. 2.20. a,b - Dommages dus à la présence de niveaux en retrait.
• Retrait progressif de la structure
Cette solution, qui relève du choix du parti architectural, supprime les
angles rentrants dans la structure. Le retrait progressif est facilement
réalisable dans le cas d'une structure en voiles de béton. Dans le cas d'une
ossature en poteaux et poutres, il est nécessaire d'incliner les poteaux (fig.
2.22).
Fig. 2.22. - Retrait progressif de la structure. Les angles rentrants sont formés par des
parois non structurales.
25
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
poteaux inclinés
voile
parois
non structurales
• Joints parasismiques
Fig. 2.21. - Fractionnement des bâtiments avec retraits.
les grands ateliers

26
• Renforcement des angles rentrants
De même que dans un plan horizontal, les angles rentrants verticaux
peuvent être renforcés (dimensionnement généreux + confinement du
béton efficace). L'efficacité de cette solution vis-à-vis des séismes de forte
magnitude demande à être validée.
• Isolation parasismique
Cette solution, commentée plus haut, est basée sur la réduction des charges
sismiques et non pas sur l'optimisation de la superstructure. De même que
la précédente, elle peut être utilisée dans tous les cas de figure.

Eléments ou niveaux en porte-à-faux
La présence de porte-à-faux (balcons, auvents, corniches, surplombs,…)
engendre des angles rentrants dans lesquels des concentrations de
contraintes se produisent plus particulièrement sous l'effet d'oscillations
verticales (fig. 2.23).
Fig. 2.23. - Oscillations verticales des porte-à-faux.
Dans le cas des éléments en porte-à-faux de faible portée, les dommages
sismiques sont nuls ou de faible importance. Si leur portée est importante
ou si un élément lourd (jardinière, garde-corps en béton,…) est placé à
leur extrémité, de tels éléments peuvent se rompre et s'effondrer au pied
du bâtiment (fig. 2.24).
Par conséquent, en zone sismique, il est préférable d'éviter les porte-à-faux
ou limiter leur portée à 2 m environ.
Modénature en creux ou en relief
Les saillies et les retraits destinés à enrichir une façade forment une
multitude d'angles rentrants qui sont régulièrement le siège de dommages
localisés lors de séismes violents, notamment dans le cas des façades
porteuses (fig. 2.25). Si on souhaite conserver des saillis et des retraits,
il convient de limiter leur importance et, si possible, d'adoucir les angles
rentrants.
Configurations de type " pendule inversé "
Les configurations visant à concentrer la masse des bâtiments dans
leurs niveaux supérieurs donne lieu à des sollicitations d'origine sismique
élevées.
a) Effondrement de
coursives en porte-à-faux
(séisme de Kobé, Japon,
17.1.1995)
b) Effondrement de poutres
en console (séisme de
Cariaco, Vénézuela, 9.7.1997)
Fig. 2.24. a, b- Dommages sismiques aux
éléments en porte-à-faux.
27
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
En effet, les charges sismiques étant proportionnelles aux masses, le bras
de levier du moment de renversement augmente avec l'élévation du centre
de gravité. Or, les sollicitations axiales dans les éléments porteurs verticaux
croissent avec le moment de renversement. En outre, si des efforts de
traction apparaissent dans les poteaux, leur résistance au cisaillement est
notablement réduite. Par conséquent, il est souhaitable d'éviter, dans la
mesure du possible, les formes de bâtiment en pendule inversé (fig. 2.26)
ou en pyramide inversée (fig. 2.27).
Fig. 2.26. - Bâtiments en forme de pendule inversé Il est souhaitable d'éviter ce type
d'ouvrages dont le centre de gravité est élevé. Ils donnent lieu à des contraintes importantes
dans les éléments porteurs verticaux.
Niveaux " souples "
De nombreux bâtiments comportent un ou plusieurs niveaux dont la
rigidité horizontale est sensiblement inférieure à celle des autres étages.
C'est le cas des bâtiments sur " pilotis ", de même que de ceux qui
présentent de grandes portes, vitrines ou fenêtres concentrées sur certains
niveaux (commerces, garages, hôtels, bâtiments administratifs, etc.).
La hauteur de ces niveaux est souvent nettement plus grande que celle
des autres niveaux et l'élancement des éléments porteurs verticaux plus
important. Lors de séismes destructeurs, ces niveaux sont fréquemment
écrasés suite à la rupture de poteaux à leurs extrémités (fig. 2.28).
Le cas se produit quand ces poteaux assurent la résistance aux charges
horizontales du niveau " souple ". L'oscillation des étages supérieurs
entraîne leur " mise en S ", déformation à laquelle, habituellement, les
poteaux ne résistent pas (fig. 2.29).
La rupture a habituellement lieu à leurs jonctions avec les planchers
supérieur et inférieur, car le rayon de courbure y est petit et le besoin
de ductilité (de plasticité) très important, dépassant la capacité de
déformation des poteaux usuels (fig. 2.29c). Un comportement similaire
est observé dans le cas des murs porteurs affaiblis par des percements (fig.
2.30). D'une manière générale, les dommages sismiques se produisent
de préférence au droit d'un changement de rigidité, à la jonction d'un
élément " souple " et d'un élément rigide.
Fig. 2.25. - Dommages aux
éléments de façade en saillie
ou retrait (séisme de Kobé,
Japon, 17.1.1995).
Fig. 2.27. - Bâtiment en
forme de pyramide inversée
(commissariat de Kuamoto,
Japon, arch. K. Shinohara).
Cette configuration est
déconseillée pour les
bâtiments parasismiques car
elle donne lieu à des moments
de renversement (et par
conséquent à des efforts)
importants.
les grands ateliers

28
Un confinement dense du béton aux extrémités des poteaux, ainsi que la
présence d'un gousset ou d'un chapiteau, améliore leur comportement
sans toutefois leur assurer une capacité de résister à un séisme de forte
magnitude (fig. 2.31). Les véritables solutions consistent à conférer au
niveau concerné une rigidité horizontale comparable à celle des autres
niveaux.
Solutions permettant d'éviter l'effet de niveau souple
• Contreventement par voiles ou par triangulation
Cette démarche a une forte incidence architecturale. Il s'agit de placer en
façade ou en retrait des façades, dans les deux directions principales, des
travées rigides (palées de stabilité ou murs de contreventement) assurant la
résistance aux charges horizontales à la place des poteaux (fig. 2.32). Les
charges sismiques étant, dans les cas courants, distribuées sur des élé-
a) Rez-de-chaussée écrasé après la rupture des poteaux (séisme de
Tokachi - Oki, Japon, 16.5.1968)
c) Rupture typique des poteaux au droit
des planchers (séisme de Ceyhan-Misis,
Turquie, 27.6.1998)
Fig. 2.30. - Dommages
au rez-de-chaussée affaibli
par de grandes ouvertures
(séisme de Kobé, Japon,
17.1.1995).
b) Effondrement partiel du rez-de-chaussée d'un immeuble
d'habitation. L'effondrement total a été empêché par la présence du
mur en blocs de béton (séisme de Ceyhan-Misis, Turquie, 27.6.1998)
a) " Mise en S " des poteaux
b) Rupture consécutive des poteaux à
leurs extrémités
Fig. 2.29. a, b, c - Comportement des niveaux " souples " sous charges sismiques.
Fig. 2.28. a,b - Ecrasement d'un rez-de-chaussée " souple ".
Fig. 2.31. a,b - Dommages aux poteaux à résistance améliorée.
ments porteurs verticaux en proportion de leurs rigidités, en présence de
voiles ou de travées triangulées, les poteaux sont très peu sollicités.
Il est important de répartir les voiles ou travées triangulées symétriquement
par rapport au centre de gravité du niveau afin de ne pas soumettre, en
cas de séisme, la construction à une torsion d'axe vertical (fig. 2.33). Le
contreventement placé en façade est plus efficace qu'en retrait, car le bras
de levier du moment résistant à la torsion est, dans ce cas, maximal (cf.
fig. 2.100).
a) Exemples de contreventement des niveaux " sur pilotis ". Les éléments de contreventement
reprennent la quasi-totalité des charges sismiques agissant sur ces niveaux
Fig. 2.32. a,b - Contreventement des niveaux " transparents ".
29
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Rupture atypique d'un poteau. Le confinement
dense du béton à ses extrémités a prévenu
l'éclatement dans ces zones (séisme de San
Fernando, Californie, 9.2.1971, magnitude 6,6)
b) Rupture typique au droit d'un changement de
rigidité. Le gousset, dont la présence est favorable,
n'a pas suffit à prévenir la rupture du poteau
lors d'un séisme de forte magnitude, mais il
a vraisemblablement prévenu l'effondrement de
l'immeuble (séisme de Tangshan, Chine, 27.6.1976,
magnitude 7,9)
b) Niveau " transparent " contreventé
par des palées de stabilité (immeuble à
Tokyo)
les grands ateliers

30
a) Solutions correctes. La répartition des éléments de contreventement est symétrique
b) Solution incorrecte. La construction est soumise par les séismes à la torsion d'axe
vertical
Fig. 2.33. a,b - Disposition des éléments de contreventement.
• Variation progressive de la rigidité horizontale
Il s'agit également d'une solution architecturale (fig. 2.34). Elle évite un
changement brutal de rigidité entre le niveau " ouvert " et les étages. L'effet
de niveau souple n'est pas supprimé, mais il est notablement réduit. De
même que dans la solution précédente, il est important de respecter la
symétrie des éléments rigides.
Fig. 2.34. - Variation progressive de la rigidité horizontale.
31
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
• Généralisation de la souplesse
La rigidité des différents niveaux peut être uniformisée également en
optant pour une structure " flexible " à tous les niveaux, ce qui implique
également de recourir à des éléments non structuraux non rigides (cloisons,
façades,…), (fig. 2.35).
Tous les niveaux ayant une rigidité comparable, les déformations imposées
par les séismes ne sont pas concentrées sur un niveau plus souple que les
autres.

Fig. 2.35. a,b - Egalisation de la rigidité des niveaux.
• Isolation parasismique
Cette solution permet de réduire les charges sismiques, donc aussi les
sollicitations des poteaux des niveaux " souples ". Cependant, la structure
supportée par les isolateurs doit pouvoir osciller comme un bloc et
nécessite donc des poutres de liaison en pied des poteaux (fig. 2.36).
Fig. 2.36. - Utilisation de l'isolation parasismique. La superstructure devant osciller comme
un bloc, une grille de poutres reliant les pieds de poteaux est nécessaire.
b) Découplage des allèges permettant
d'égaliser la hauteur libre des poteaux
de la structure principale
a) Utilisation d'une façade légère
découplée et de cloisons non rigides.
Le rez-de-chaussée n'est souple qu'en
apparence
les grands ateliers

32
2.2.2. HAUTEUR ET ELANCEMENT DES BÂTIMENTS
Contrairement à une idée largement répandue, il n'est pas a priori
déraisonnable de construire des bâtiments tours en zone sismique. Les
effondrements des bâtiments de grande hauteur sont beaucoup plus rares
que ceux des ouvrages de hauteur faible ou moyenne.
Les charges sismiques auxquelles est exposée une construction d'une
hauteur donnée sont très variables selon que sa période fondamentale
(c'est-à-dire le temps d'une oscillation libre) est proche ou éloignée de
la période dominante du sol. Lorsque les deux périodes sont identiques
ou très proches, le bâtiment exposé à un tremblement de terre entre
en résonance avec le sol et subit des déformations amplifiées pouvant
conduire rapidement à l'effondrement. Aussi, les constructions basses et
rigides, qui ont une courte période propre, sont davantage sollicitées sur
sols rigides que sur sols meubles et, inversement, les tours souffrent sur les
sols mous. C'est ce qui s'est produit à Mexico lors du séisme de 1985, où
de nombreux bâtiments à étages ayant une période propre proche de 2s se
sont effondrés. Or, la période dominante du sol était précisément de 2s.
Cependant, l'effondrement des bâtiments de grande hauteur est rare. Ils
sont souvent fondés sur sols fermes et échappent ainsi à la résonance. En
outre, ils sont conçus avec la participation d'un bureau d'études techniques
et d'un bureau de contrôle. Ils font également l'objet d'un suivi de chantier
régulier.
Lors des séismes californiens de Loma Prieta (1989, magnitude 7,1) et
Northridge (1994, magnitude 6,7), qui ont causé des dégâts importants
et des pertes en vies humaines, les bâtiments de grande hauteur n'ont
pratiquement pas subi de dommages, même les façades vitrées sont
restées intactes. Au Japon, un autre pays de forte sismicité, la construction
des bâtiments tours est également courante (fig. 2.37).
Dans la phase du projet, la non-résonance des bâtiments tours avec le sol
est un critère majeur. Pour la prévenir, il convient d'éloigner leur période
propre fondamentale de celle du sol. On peut agir sur leurs caractéristiques
géométriques (donc sur leur forme) et sur leur structure (choix du système
porteur, solution de contreventement, etc.). Ces démarches sont décrites
et argumentées dans un cadre plus général au § 2.3.2. " Choix de la
structure ".
Au plan architectural, on peut modifier, dans une ou plusieurs directions,
la période propre fondamentale d'un bâtiment d'une hauteur donnée de
la manière suivante :
- modifier son élancement géométrique, c'est-à-dire le rapport de la
hauteur à la largeur ; l'augmentation de l'élancement allonge la
période et sa diminution la raccourcit (fig. 2.38) ;
- élargir le bâtiment progressivement vers le bas, ce qui augmente sa
rigidité et réduit sa période (fig. 2.39). Cette démarche présente
l'avantage de baisser le centre de gravité de l'ouvrage, ce qui est
favorable. Elle nécessite la continuité des éléments porteurs verticaux
; ceux-ci devraient donc être inclinés, sans retraits en dents de scie
Fig. 2.37. - Bâtiments tours
à Tokyo, zone de forte
sismicité.
33
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
sous peine de compromettre le bon fonctionnement des poutres
sous la charge ponctuelle de poteaux (fig. 2.39a).
- L'élargissement progressif du bâtiment vers le haut, qui permettrait
d'allonger sa période, est à proscrire. Nous avons vu que le
comportement sous séisme des constructions en forme de pyramide
inversée ou de pendule inversé est défavorable.
Fig. 2.38. - Influence de l'élancement sur la période d'oscillation du bâtiment.
La période T augmente avec l'élancement.
2.2.3. COUPLAGE DES BÂTIMENTS
Afin d'en faciliter l'accès ou l'évacuation, deux bâtiments sont parfois
couplés par des passerelles ou escaliers, alors même que lors d'un séisme, ils
n'oscillent pas toujours en phase. Les ouvrages qui les relient peuvent alors
être détruits (fig. 2.40). Pour les préserver, il est nécessaire de désolidariser
mécaniquement ces ouvrages d'au moins un immeuble. La meilleure solution
consiste cependant à réaliser une structure autostable indépendante,
séparée des bâtiments adjacents par des joints parasismiques.
a) Bâtiment en forme de pyramide. La solution à gauche est à éviter car elle comporte des poteaux
portés par des poutres, qui peuvent dans ce cas être sujettes, lors d'un séisme, à une rupture brutale
de type fragile
b) Bâtiment tour s'élargissant vers
le bas. Les poteaux inclinés et le
retrait progressif des voiles de la cage
d'escalier représentent une solution
correcte
h
T
1
b
1
T
2
b
2
h/b = élancement
T
1
< T
2
Fig. 2.39. a,b - Evasement des bâtiments vers le bas. Cette configuration permet de réduire la période fondamentale d'oscillation et de baisser
le centre de gravité.
les grands ateliers

34
2.2.4. PRESENCE DE NIVEAUX DECALES
L'adaptation des constructions au site conduit parfois à opter pour
des planchers décalés, par exemple d'un demi-niveau (fig. 2.41). Si ces
planchers sont portés par une ossature à poteaux, on peut craindre un
cisaillement de ces derniers sous l'effet d'un séisme. En effet, du fait de
leur bridage à mi-hauteur, ils sont plus rigides que les poteaux courants et
" attirent " ainsi des charges beaucoup plus élevées. En même temps, leur
capacité à absorber l'énergie cinétique des oscillations en se déformant
est sensiblement réduite. Leur rupture est due au cisaillement qui est une
rupture " fragile ", et non pas à la flexion, qui autorise la formation de
rotules plastiques prévenant la dislocation. On parle de l'effet de poteau
court.
Pour remédier à cette situation, on peut intégrer ces poteaux dans un voile
en béton ou, de préférence, contreventer la structure par des voiles qui
assureraient dans ce cas la résistance aux charges horizontales, la part des
charges distribuées sur les poteaux devenant ainsi négligeable.
a) Destruction de passerelles due d'une part à des oscillations
différentielles et, d'autre part aux dommages subis par le bâtiment
de droite (séisme de Kobé, Japon, 17.1.1995)
b) Escalier extérieur de 2 immeubles. Une structure autostable
independante serait préférable
Fig. 2.40. a, b- Bâtiments couplés par des passerelles ou escaliers. Afin de prévenir leur effondrement lors de séismes violents, un découplage
mécanique est nécessaire.
35
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Fig. 2.41. a, b- Bâtiment comportant des niveaux décalés.
2.2.5. PARTIES DE BÂTIMENT ET DETAIL ARCHITECTURAL
• Escaliers
La conception des escaliers demande une attention particulière. Plusieurs
facteurs sont à prendre en compte.
• Emplacement
Les trémies d'escalier constituent des percements importants des planchers,
qui doivent jouer le rôle de diaphragmes (cf. § 2.3.4.). Ces derniers se
comportent comme une poutre dont le plan de flexion est celui des
planchers (fig. 2.88). Une trémie située au milieu d'un plancher, à l'endroit
de l'axe neutre de la poutre qu'il constitue, est donc moins préjudiciable
qu'en sa périphérie (fig. 2.42).
Il est également possible d'opter pour des cages d'escaliers extérieures,
solidaires ou non du bâtiment. Les trémies dans les diaphragmes peuvent
ainsi être évitées. Toutefois, assumer leur stabilité peut s’avérer délicat.
b) Niveaux décalés portés par un voile (solution satisfaisante)
a) Structure exposée à l'effet de " poteau court ", pouvant entraîner l'effondrement de la
structure
Poteaux courts
Voile parallèle à la pente Voile perpendiculaire à la pente
les grands ateliers

36
b) Solutions favorables. Les planchers constituent des poutres au vent, leur axe neutre
passe par leur milieu. Les cages d'escaliers extérieures ne nécessitent pas de trémies dans
les planchers
Fig. 2.42. a, b- Emplacement des escaliers.
• Rigidité des cages d'escalier
Les cages d'escalier, lorsqu'elles comportent des parois rigides, constituent
des " points durs " pouvant être, en cas de séisme, à l'origine d'une
torsion d'axe vertical si la symétrie des éléments rigides n'est pas assurée
(fig. 2.43a). Celle-ci peut être obtenue par une localisation judicieuse
des palées de stabilité (voiles, travées triangulées), fig. 2.43b. L'emploi
d'escaliers légers à structure indépendante constitue également une
solution (fig. 2.43c).
b) Compensation de l'excentrement des cages d'escalier rigides
a) Solutions peu favorables. La périphérie des planchers est très sollicitée par les séismes et
ne devrait pas être affaiblie
axe neutre
a) Torsion d'axe vertical due à l'excentrement de cages d'escalier rigides
37
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
c) Escalier léger, ne participant pas à la résistance du bâtiment aux charges verticales.
Dans cette solution, l'escalier n'apporte aucune rigidité à la structure.
Fig. 2.43. a, b, c- Incidence de l'emplacement des cages d'escalier sur le comportement
d'ensemble du bâtiment.
• Structure de l'escalier
Lorsque les volées d'escalier ou les paliers intermédiaires sont portés par
des poteaux, un effet de " poteau court ", évoqué plus haut, est à craindre
car leur hauteur libre est réduite. Il est donc préférable d'utiliser des voiles
de béton, dont le cisaillement n'entraîne généralement pas d'effondrement
(fig. 2.44).
a) Ossature à poteaux : solution défavorable b) Voiles porteurs : solution
favorable en raison de l'effet de
poteau court potentiel
Fig. 2.44. a, b- Structure de l'escalier.
• Parois de la cage d'escalier
Les escaliers nécessaires à l'évacuation des occupants doivent rester
opérationnels après un tremblement de terre.
Par conséquent, il convient d'éviter les parois qui présentent un danger
d'effondrement dans l'escalier, comme les cloisons en briques, blocs de
vide ou cloison
poteaux “courts”
voile béton armé
les grands ateliers

38
béton ou carreaux de plâtre. On peut opter pour un voile en béton ou pour
des cloisons en plaques de plâtre sur ossature métallique.
• Angles de bâtiment
Les angles des bâtiments sont particulièrement sollicités par les charges
horizontales, principalement pour les raisons suivantes :
- Les mouvements sismiques sont directionnels. Deux façades
adjacentes ne sont pas sollicitées de la même manière. L'angle
constitué par leur intersection subit donc des contraintes élevées
(fig. 2.45). Un ancrage efficace des planchers dans les chaînages
limite cet effet.
Fig. 2.45. - Dommages aux angles d'un bâtiment.
- Un bâtiment se comporte mécaniquement comme une console
verticale pouvant être sollicitée à la flexion et au cisaillement dans
toutes les directions horizontales. Etant donné que dans toute
section d'une poutre les contraintes dues à la flexion augmentent
avec la distance de l'axe neutre, les angles, qui en sont les zones
les plus éloignées, sont les plus sollicités (fig. 2.46a).
- La torsion d'axe vertical entraîne des contraintes élevées dans les
éléments éloignés du centre de torsion (qui est le barycentre des
rigidités), donc dans des éléments d'angle (fig. 2.46b).
Fig. 2.46. a, b- Sollicitation des angles de bâtiment.
contrantes dues
à la flexion
axe de torsion
a) Flexion d’ensemble b) Torsion d’ensemble
39
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
- Les panneaux et les trumeaux d'une façade porteuse participent au
contreventement. De ce fait, sous charges horizontales, des bielles
de compression sollicitent les angles (fig. 2.47). Le délestage
entraîné par les bielles réduit la résistance au cisaillement des
poteaux d'angle (dont les charges verticales sont par ailleurs
plus faibles que celles des poteaux courants, ce qui aggrave la
situation).
Fig. 2.47. - Délestage des angles.
On voit que la résistance des constructions aux séismes est favorisée par
les angles renforcés. Les angles " forts " peuvent résulter du choix du parti
architectural (fig. 2.48a). A contrario, les angles affaiblis ont fréquemment
subi des dommages sismiques importants (fig. 2.49).
Les bâtiments ronds, qui ne possèdent pas d'angles, montrent en général
sous séisme un comportement favorable à condition que leur structure
soit réalisée en matériaux résistant à la traction. Par conséquent, les murs
courbes en maçonnerie ne conviennent pas, leur éclatement hors plan est
à craindre.
a) Solutions favorables
b) Solutions peu favorables
Fig. 2.48. a, b- Conception des angles.
délestage
bielles de
compression
a) Le poteau d'angle est
beaucoup plus endommagé
que les autres poteaux
(séisme de San Fernando,
Californie, 9.2.1971)
b) Eclatement d'un angle en
maçonnerie traditionnelle
(séisme de Colfiorito, Italie,
26.9.1997)
Fig. 2.49. a, b - Dommages sismiques aux
angles de bâtiments.
les grands ateliers

40
• Murs porteurs en façade
Les murs qui portent les planchers possèdent en général une rigidité
non négligeable et participent donc au contreventement de l'ouvrage.
Les percements (fenêtres, portes,…) affaiblissent leur résistance. Il est
donc souhaitable que la surface totale des ouvertures reste limitée. On
recommande qu'elle ne dépasse pas 30 % de celle de la façade.
Dans une façade porteuse avec des fenêtres, ce sont les trumeaux qui
assurent le contreventement. Sur la hauteur de l'ouvrage, ces trumeaux
devraient constituer des éléments résistants efficaces. Dans le cas courant,
lorsque les ouvertures sont superposées, il s'agit de consoles verticales
dont l'efficacité augmente avec la largeur des trumeaux (au moins 2,50
m si possible). Ce cas représente la meilleure solution car la descente des
charges verticales est directe (fig. 2.50a)
Mais les trumeaux des différents niveaux peuvent également être organisés
pour former sur la façade des diagonales pleines ou un arc plein (fig.
2.50c). L'inconvénient de cette solution est le cheminement indirect des
charges verticales.
Une répartition aléatoire des ouvertures est à éviter car, dans ce cas, ni la
descente des charges horizontales ni celle des charges verticales ne sont
directes ; elles nécessitent un transfert par les planchers (fig. 2.50b).
a) Trumeaux formant des consoles b) Fenêtres disposées d'une manière
verticales : les fenêtres sont superposées aléatoire : solution à éviter
(meilleure solution)
c) Trumeaux formant des diagonales ou un arc : solution acceptable, car les diagonales et
l'arc assurent efficacement le contreventement de la façade. Toutefois, les charges verticales
ne suivent pas un cheminement direct
Fig. 2.50. a, b, c- Distribution des ouvertures dans un mur porteur.
41
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Les percements et ouvertures dans les façades porteuses devraient avoir
une forme simple. Etant donné que tout angle rentrant est le siège de
concentrations de contraintes et d'amorces de fissures, les percements
complexes, qui en comportent plusieurs, sont à éviter (fig. 2.51). A
contrario, les fenêtres rondes conviennent très bien.
Fig. 2.51. - Exemple d'ouvertures en façade à éviter. Les angles rentrants sont le siège de
concentrations de contraintes favorisant l'éclatement des façades.
• Ossatures en poteaux et poutres avec panneaux de remplissage
en maçonnerie
Panneaux de hauteur d'étage
Ce type de construction est très répandu dans le monte entier. Son
comportement lors des séismes violents est toutefois médiocre. L'éclatement
des panneaux est fréquent (fig. 2.52). En effet :
- la rigidité de l'ossature avec remplissages massifs entraîne des
efforts élevés ;
- la liaison des panneaux avec l'ossature est faible, plus
particulièrement en partie haute où le joint horizontal peut
difficilement être garni de mortier.
Le choix de voiles en béton ou d'une façade légère est donc préférable.
Lorsque l'option des remplissages en maçonnerie doit être conservée, des
dispositions constructives doivent être prises :
- si l'ossature est en béton armé, les poteaux doivent recevoir un
confinement dense sur toute leur hauteur ; cette mesure vise à
l'amélioration de leur comportement après l'éclatement éventuel
des panneaux. Les poteaux doivent dans ce cas assurer la
résistance aux charges horizontales par effet de portique ;
- la liaison des panneaux avec l'ossature doit être soignée. Une
liaison mécanique au moyen de connecteurs ou de goujons est
souhaitable ;
- des raidisseurs en béton armé peuvent être prévus (fig. 2.53).

a) Destruction des
panneaux de remplissage en
maçonnerie. L'ossature est
devenue instable (séisme d'El
Asnam, Algérie, 10.10.1980)
b) Eclatement d'un
panneau de remplissage en
maçonnerie et chute sur un
immeuble voisin (séisme
de Loma Prieta, Californie,
17.10.1989)
Fig. 2.52. a, b- Dommages aux ossatures
avec remplissages en maçonnerie.
les grands ateliers

42
Panneaux formant allèges
L'utilisation d'allèges en maçonnerie supprime le problème de la liaison
supérieure avec l'ossature, mais elle est à l'origine d'un autre phénomène
préjudiciable. Les allèges brident les poteaux adjacents, dont la hauteur
libre est celle des fenêtres. La flexibilité des poteaux, nécessaire pour
accepter les déformations imposées par le séisme, est donc réduite.
Lorsque les travées avec allèges participent d'une manière significative
au contreventement, la sollicitation des poteaux en cisaillement est très
importante et les dommages sismiques fréquents (fig. 2.54). Il s'agit de
l'effet de poteau court commenté au § 2.2.4.
La rupture par cisaillement s'effectue typiquement en diagonale (allure en
croix), perpendiculairement aux efforts de traction, respectivement pour
chaque sens d'oscillation (fig. 2.55). Si le poteau n'est bridé que d'un côté,
une seule rupture diagonale se produit (fig. 2.54b).
Phase 1 Phase 2
Fig. 2.55. - Rupture par cisaillement des poteaux courts.
Lorsque le contreventement de la file comportant des allèges est assuré
par un ou plusieurs panneaux sans fenêtres (panneaux de hauteur
totale) les poteaux " courts " sont peu sollicités. Cependant, l'éclatement
des panneaux est à craindre pour les raisons exposées plus haut. S'il se
produit, il aurait pour conséquence le report des charges horizontales sur
les travées avec allèges.
Plus généralement, le phénomène de poteau court peut se produire dans
tous les cas où la déformabilité des poteaux est bridée (fig. 2.56).
Pour éviter l'effet de poteau court dû à la présence d'allèges, deux solutions
sont possibles :
- contreventer la façade ou le bâtiment par un ou plusieurs voiles
en béton qui assurent la résistance aux charges horizontales (fig.
2.57a) ;
- opter pour des allèges ayant une rigidité nettement inférieure à
celle des poteaux. On peut donc utiliser les techniques des façades
légères (fig. 2.57b).
Fig. 2.53. - Bâtiments avec
raidisseurs en béton armé dans
des panneaux de remplissage en
maçonnerie (Mexico). Ces ouvrages
ont résisté au séisme du 19.9.1985.
a) Poteau bridé de deux côtés:
deux fissures diagonales se sont
produites sous l'effet d'une
sollicitation en cisaillement
b) Poteau bridé d'un côté : une
seule fissure diagonale a été
provoquée, correspondant à la
déformation du poteau vers l'allège.
Dans le sens de la porte vitrée, le
poteau a été sollicité en flexion
et a toléré sans dommages la
déformation imposée par le séisme.
traction
rupture
rupture
correspondante
traction
Fig. 2.54. a, b - Effet de poteau court
entraîné par la présence d'allèges rigides
en maçonnerie (séisme de Tokachi-Oki,
Japon, 16.5.1968).
43
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Contreventement par des voiles en béton à l'intérieur du bâtiment (figure du haut) ou en
façade (figure du bas) : la part des charges sollicitant les poteaux " courts " (parce que
bridés par des allèges en maçonnerie) est négligeable, car les voiles, beaucoup plus rigides,
canalisent la plus grande partie des charges
b) Allèges non rigides en panneaux légers. Ces panneaux ne peuvent brider les poteaux
Fig. 2.57. a, b- Solutions visant à éviter l'effet de poteau court en façade.
• Soubassements
Les soubassements, constitués par le haut d'un sous-sol ou un vide sanitaire
ouvert ou fermé, ont en général une hauteur plus faible que les autres
niveaux. Lorsque leur résistance aux charges horizontales est assurée par
des poteaux, l'effet de poteau court est souvent observé. Ces poteaux sont
alors endommagés lors de séismes de forte magnitude (fig. 2.58). Pour
éviter les dommages graves, les soubassements devraient comporter des
murs périphériques en béton (fig. 2.59).
a) Poteau bridé par des murs
séparatifs n'atteignant pas le
plafond. Ces dommages auraient
pu être évités par le choix de
cloisons non rigides (plaques de
plâtre, menuiserie,…)
b) Rupture de poteaux due à la
présence de poutres-allèges en
béton armé
Fig. 2.56. a, b - Dommages dus à l'effet
de poteau court (séisme de Tokachi-Oki ,
Japon, 16.5.1968).
Fig. 2.58. - Dommages en
soubassement dus à l'effet de
poteau court (séisme de Ceyhan-
Misis, Turquie, 27.6.1998).
les grands ateliers

44
Les vides sanitaires ouverts des constructions implantées sur une pente
sont particulièrement vulnérables. Un effondrement total de l'ouvrage est
à redouter car il présente simultanément trois facteurs de vulnérabilité
graves (fig. 2.60) :
- niveau souple, dont la résistance aux charges horizontales est très
faible ;
- poteaux courts susceptibles de périr par cisaillement lors d'un
séisme destructeur (les poteaux " amont ") ;
- possibilité de torsion d'axe vertical, car les poteaux " amont "
sont beaucoup plus rigides que les poteaux " aval " ; le centre de
rigidité, qui est aussi le centre de torsion, est donc très excentré
(fig. 2.61).
Fig. 2.61. - Torsion d'axe vertical due à la présence d'un vide sanitaire de hauteur variable.
Afin de limiter les inconvénients d'une implantation sur une pente, la
meilleure solution consiste à réaliser, au niveau du vide sanitaire, un mur
périphérique en béton. Lorsqu'on désire avoir un soubassement ouvert, des
voiles devraient être prévus, de préférence dans les angles, afin d'optimiser
la résistance de la construction à la torsion (fig. 2.62a). Un noyau central
fermé constitue également une solution efficace (fig. 2.62b).
a) Solution incorrecte : des dommages dus à l'effet de poteau
court sont à craindre
a) Construction typique aux
Antilles. Ce type d'ouvrage
est très vulnérable aux
séismes car il est exposé
à trois phénomènes
destructeurs : niveau "
souple ", effet de poteau
court (poteaux amont) et
torsion d'axe vertical
b) Maison sans poteaux
d'angle : sa résistance à
la torsion d'axe vertical,
phénomène très destructeur,
est faible
b) Solution correcte : mur périphériques en béton
Fig. 2.59. a, b- Traitement du vide sanitaire.
Fig. 2.60. a, b - Constructions ayant un
vide sanitaire ouvert, implantées sur une
pente.
45
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Voiles de béton armé aux angles b) Noyau central en béton armé
Fig. 2.62. a, b - Solutions visant à améliorer la résistance aux séismes des constructions
implantées sur une pente.
• Ouvrages sur toit
Divers ouvrages sur le toit d'immeubles ne sont pas rares (citernes, locaux
techniques, lofts, etc.). Ils présentent souvent une forte vulnérabilité
aux séismes car ils constituent un retrait de la structure et une masse
importante " mal " placée. L'effondrement de tels ouvrages lors d'un séisme
est assez fréquent (fig. 2.63). Leur comportement sous séisme peut être
amélioré par (fig. 2.64) :
- un retrait progressif de la structure ;
- le recours à une structure légère ;
- un élancement (une hauteur) faible.
En revanche, il est impératif d'éviter les ouvrages de type " pendule inversé"
ou " tour " élancée (fig. 2.65).
a) Retrait progressif de la structure b) Construction légère
Fig. 2.64. a, b - Traitement des ouvrages sur le toit d'immeubles.
Fig. 2.63. - Chute d'un
réservoir d'eau implanté
sur le toit d'un immeuble
" parasismique " (séisme
de Loma Prieta, Californie,
17.10.1989).
structure et
façadas légères
les grands ateliers

46
• Mezzanines et galeries
Les mezzanines et les galeries sont souvent portées par des poteaux
dont elles réduisent la hauteur libre, les exposant ainsi à l'effet de poteau
court commenté au § 2.2.4. (fig. 2.66a). L'effondrement de ces poteaux,
situés souvent dans les niveaux inférieurs, pourrait entraîner celui de
l'immeuble.
Pour limiter ce risque, il est possible (fig. 2.66b) :
- de concevoir une structure indépendante de la structure principale
(stable par elle-même) ;
- d'égaliser la hauteur libre des poteaux du niveau concerné en
bridant également ceux qui ne portent pas les mezzanines ou
galeries.
a) Danger de cisaillement des poteaux par effet de poteau court : solution à éviter
b) Solutions acceptables
Fig. 2.66. a, b - Mezzanines et galeries.
Fig. 2.65. - Ouvrages sur le toit d'immeubles : configurations à éviter.
47
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
• Forme et proportions des éléments structuraux
La résistance aux charges dynamiques des divers éléments constituant la
structure est souvent affaiblie par des choix d'architecture motivés par la
recherche d'une diversité formelle. Il est donc utile de distinguer les choix
qui favorisent la résistance aux séismes de ceux qui la réduisent.
Variation des sections
Ces variations devraient être progressives (fig. 2.67a). Les changements
de section et les affaiblissement locaux dans les poteaux assurant le
contreventement sont particulièrement préjudiciables (fig. 2.67b).
Ces zones subissent des concentrations de contraints sévères et sont
sujettes à une rupture fragile car leur ductilité est faible ou inexistante.
Si les éléments concernés ne participent pas au contreventement, les
affaiblissements peuvent être tolérés (fig. 2.67c). Cependant, même dans
ce cas, ils peuvent être à l'origine de dommages sismiques.
a) Variation progressive de la
section : solution préférable


Fig. 2.67. a, b, c- Poteaux à section non constante.
Variation de la hauteur
Lorsque les éléments porteurs d'un même type (poteaux par exemple) mais
n'ayant pas la même hauteur se trouvent sur une même façade ou, plus
généralement, sur un même niveau, des conditions peu favorables à la
résistance aux séismes sont créées.
Ces éléments n'ont pas la même rigidité et sont donc exposés à l'effet
de poteau court, donc aux concentrations de charges sur les poteaux les
plus courts, de même qu'une concentration de contraintes dans les angles
rentrants (fig. 2.68a). Par conséquent, il est préférable de conserver une
même hauteur des éléments structuraux et obtenir l'effet visuel souhaité
par un bardage ou autre solution non structurale (fig. 2.68b).
c) Maison avec des poteaux affaiblis
localement. Le contreventement étant
assuré par des murs en maçonnerie, cette
forme de poteaux peut être tolérée
b) Changement brusques de section:
danger de rupture fragile par " effet
d'entaille "
les grands ateliers

48
Fig. 2.68. a, b- Poteaux de hauteur variable.
Configuration des nœuds structuraux
Les nœuds d'ossature et d'une manière générale les liaisons entre les
éléments structuraux sont particulièrement sollicités par les tremblements
de terre. Ils assemblent souvent des éléments qui n'oscillent pas en
phase.
En outre, la rigidité de la structure varie brutalement dans ces zones
et le cheminement des charges y change souvent de direction. Il est
donc souhaitable d'apporter la plus grande attention à leur conception.
L'application des principes suivants permet d'améliorer leur résistance :
• Assemblages coplanaires
Lorsque les axes des éléments assemblés sont décalés l'un par rapport à
l'autre, leur liaison est soumise par les tremblements de terre à de fortes
contraintes de cisaillement et pourrait subir une rupture fragile (fig.
2.68). Or, un comportement ductile doit être recherché pour prévenir la
dislocation de la structure dans le cas d'un séisme violent. Par conséquent,
il est souhaitable de placer les éléments liaisonnés dans un même plan (fig.
2.70b) et de créer ainsi des conditions permettant de conférer à la zone de
liaison une bonne ductilité par des dispositions constructives appropriées
(confinement du béton par des armatures transversales denses dans le cas
des ossatures en béton armé).
• Changement progressif de rigidité
Cette démarche, qui a été plusieurs fois recommandée dans ce guide,
peut être considérée comme une règle générale de bonne conception
parasismique des bâtiments. La fig. 2.70 montre des configurations
favorables et des configurations à éviter.
façade rigide façade légère
a) Solution à éviter poteaux
de longueur différente.
b) Solution favorable
poteaux de mème longueur.
Fig. 2.69. - Assemblage non coplanaire.
Les dommages assez importants, ainsi que
le montre le détail de la rupture, auraient
pu être évités en plaçant les piles dans le
même plan que la poutre du tablier (séisme
de Loma Prieta, Californie, 17.10.1989).
49
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
a) Configurations à éviter : les assemblages non coplanaires et les changements brusques
de section ou de direction formant des angles fermés peuvent donner lieu à une rupture de
type fragile favorisant la dislocation de la structure
b) Configurations favorables : les assemblages coplanaires, plus particulièrement avec un
changement progressif de section, permettent de réduire les contraintes dans ces zones très
sollicitées par les séismes
Fig. 2.70. a, b- Configuration des liaisons entre éléments constructifs.
Proportions relatives des poteaux et des poutres
Dans le cas d'une ossature en portiques, il est impératif d'opter pour des
poteaux plus résistants que les poutres. Il s'agit du principe " poteau fort-
poutre faible ". En effet, étant donné que les excursions de la structure
dans le domaine postélastique en cas de séismes majeurs sont prévues
par la démarche réglementaire, le maintien de la stabilité de l'ouvrage
nécessite que les éléments horizontaux (poutres, linteaux) puissent se
déformer plastiquement avant les éléments porteurs verticaux. Les zones
plastifiées, appelées " rotules plastiques " car elles ne peuvent pas s'opposer
à une éventuelle rotation autour de leur axe, doivent donc se former
d'abord entre les appuis des éléments de franchissement et non pas dans
les poteaux ou dans les noeuds, sous peine d'effondrement (fig. 2.71,
2.72).
les grands ateliers

50
a) Localisation correcte b) Localisation dangereuse
Fig. 2.71. - Formation de zones plastifiées (rotules plastiques).
Lorsque les éléments de l'ossature ne sont pas ductiles, ce qui est
évidemment à éviter, aucune rotule plastique ne peut se former et un
effondrement brutal de l'ouvrage est possible (fig. 2.73). Pour cette raison,
les ossatures en bois constituent une exception quant à la localisation
souhaitée des rotules plastiques. Les poutres en bois étant sujettes à
une rupture fragile, les rotules doivent pouvoir se former dans les pièces
métalliques assurant les assemblages. La stabilité de ces structures
nécessite donc une attention particulière.
L'application du principe " poteau fort-poutre faible " a une forte incidence
sur la conception architecturale. Les dimensions plus importantes des
poteaux apparaissent en façade ; les poutres-allèges et les poutres
Vierendeel, qui ont une hauteur (donc une rigidité) importante, sont à
éviter pour ce type de structure.
Lorsque le contreventement d'une ossature n'est pas assuré par effet de
portique, mais par une triangulation ou par des voiles de béton armé,
les rotules plastiques doivent se former dans ces éléments. Le respect du
principe " poteau fort-poutre faible " n'est pas, dans ce cas, impératif.
2.3. PARTI CONSTRUCTIF
2.3.1. COMPORTEMENT DES STRUCTURES EXPOSEES A
UN SEISME
Un tremblement de terre met en oscillation les parties enterrées d'un
bâtiment, qui subissent donc des déplacements imposés. Ces oscillations
sont répercutées à la superstructure qui les amplifie (cas général) ou les
atténue, en fonction de ses caractéristiques dynamiques et de celles du
sol.
Une bonne conception parasismique permet de limiter ou même d'atténuer
l'amplification dynamique par la structure des oscillations qui ont été
communiquées à sa base (principalement en évitant la résonance avec le
sol). Ceci revient donc à minimiser l'action sismique sur le bâtiment.
Pour le dimensionnement aux charges sismiques selon les règles
parasismiques on considère, par commodité, que ces charges sont les
forces d'inertie engendrées dans la construction par des accélérations
répétées. Rappelons que la force d'inertie agissant sur un corps est égale
Fig. 2.72. - Rupture de
poteaux d'une construction
ne respectant pas le principe
" poteau fort-poutre faible
" (séisme de Tokachi-Oki,
Japon, 16.5.1968).
Fig. 2.73. - Rupture fragile
des poteaux et des poutres
entraînant l'effondrement
de l'ouvrage (séisme
de Spitak, Arménie,
7.12.1988).
51
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
au produit de sa masse par son accélération : Fi = m.a (2ème loi de
Newton).
Cette conception de l'action sismique est vérifiée dans le cas des
bâtiments possédant une très grande rigidité. Or, la plupart des bâtiments
possèdent une déformabilité non négligeable, qui est précisément à
l'origine de l'amplification dynamique des oscillations évoquées plus
haut. Le comportement sous séisme de telles constructions peut être plus
exactement décrit par une approche basée sur le concept d'énergie.
Une structure subissant des oscillations possède de l'énergie cinétique.
Celle-ci produit un travail de déformation qui, si les déformations imposées
ne peuvent pas être tolérées par la structure, devient travail de rupture.
Et effectivement, on constate que l'effondrement des ouvrages lors d'un
séisme est dû davantage à un manque de déformabilité plutôt qu'à celui
de résistance pure vis-à-vis des forces.
Afin d'éviter la rupture d'éléments constructifs, l'énergie des oscillations
doit donc être entièrement absorbée par la structure. Cette absorption se
fait par deux mécanismes distincts lors des déformations de la structure :
- dissipation d'énergie pendant les oscillations: elle a pour
conséquence une réduction de leurs amplitudes. Grâce à la
dissipation sont amorties également les oscillations libres après
l'arrêt du séisme ;
- stockage d'énergie grâce aux déformations élastiques ; la
quantité d'énergie stockée croît avec l'importance de ces dernières.
Les déformations élastiques étant temporaires (réversibles), le
stockage l'est aussi ; à chaque cycle d'oscillation, l'énergie non
dissipée est reconvertie en énergie cinétique au fur et à mesure
que les déformations décroissent.
Une capacité plus ou moins importante d'absorber l'énergie est conférée aux
ouvrages lors de la phase du projet. Une conception judicieuse peut donc
pallier les effets pervers des hypothèses de calcul réglementaires évoquées
en § 1.2. L'expérience montre effectivement que les bâtiments correctement
conçus et réalisés survivent aux séismes les plus destructeurs.
Favoriser la capacité des constructions à absorber l'énergie équivaut à
améliorer leur " résistance " aux séismes. Dans cette démarche, on ne vise
pas à augmenter le niveau de contraintes pouvant être supporté par les
éléments structuraux, donc à augmenter leur résistance pure (d'où les
guillemets du terme résistance ci-dessus), ce qui est souvent insuffisant
en cas de séisme de forte magnitude. On cherche à limiter les contraintes
induites par les mouvements sismiques de manière qu'elles n'atteignent
pas la limite de rupture. Par conséquent, le but est de soustraire les
constructions aux sollicitations excessives.
La maximisation de la capacité des constructions à absorber l'énergie est
à la base de toutes les recommandations formulées dans ce guide. Les
dommages sismiques dus à leur non-observation y sont commentés.
Du point de vue de l'absorption d'énergie, ces recommandations peuvent
être regroupées dans un certain nombre de démarches fondamentales.
les grands ateliers

52
Le stockage d'énergie peut être favorisé de la manière suivante :
- respecter la nature du système porteur : ne pas affaiblir un système
rigide par des niveaux " souples " ou percements importants, ne
pas introduire de " points durs " dans une structure flexible, etc.
- rechercher une très bonne ductilité car elle permet la plastification
des zones de la structure les plus sollicitées et donc la poursuite du
stockage d'énergie dans les autres zones. Un manque de ductilité
peut être responsable de la rupture d'éléments constructifs et
donc d'un effondrement brutal ;
- assurer une redondance structurale (hyperstaticité) pour que
la défaillance d'un élément n'entraîne pas la ruine de toute la
structure ;
- rechercher la symétrie des masses et des rigidités afin de limiter la
torsion d'ensemble ;
- assurer la continuité mécanique entre les éléments structuraux
sous peine de dislocation ;
- chercher à limiter les concentrations de contraintes ;
- prévenir les instabilités locales (flambage, déversement, cloquage,
voilement). Elles peuvent entraîner une défaillance prématurée de
la structure.
Toutes ces démarches améliorent également la capacité des constructions
à dissiper l'énergie, notamment la recherche de ductilité. Celle-ci exige
une conception architecturale judicieuse (exposée plus haut) et des
dispositions constructives adéquates. Ces dernières figurent dans les règles
parasismiques.
D'autres démarches favorisant la dissipation d'énergie peuvent être
utilisées:
- Emploi d'amortisseurs : trois grandes familles d'amortisseurs sont
opérationnelles :
amortisseurs hystérétiques, utilisés en général avec un système
d'isolation parasismique. Il peut s'agir de barreaux en acier doux
très ductiles, qui dissipent de l'énergie lors de leurs déformations
plastiques (fig. 2.74a) ;
amortisseurs à frottement, qui peuvent être placés au croisement
de tirants de contreventement (fig. 2.74b). Ils fonctionnent sur le
principe des garnitures de freins ;
amortisseurs visqueux ou viscoélastiques, similaires à ceux
utilisés dans les systèmes mécaniques. Entre autres possibilités, ils
peuvent également être montés dans les croix de contreventement
(fig. 2.74c).
53
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
- Dans le cas de sols meubles, réalisation de niveaux enterrés sous forme
de caisson rigide afin de favoriser la dissipation d'énergie par interaction
sol-structure. Une partie de l'énergie qui avait été communiquée à la
construction peut ainsi être " renvoyée " dans le sol en lui imposant des
déformations postélastiques.
c) Montage d'essai d'un amortisseur viscoélastique fabriqué par la société française Jarret
Fig. 2.74.a, b, c - Amortisseurs parasismiques.
2.3.2. CHOIX DE LA STRUCTURE
Les tremblements de terre soumettent les constructions à des sollicitations
dynamiques qui peuvent atteindre des intensités importantes. Le choix
de la structure pour une construction parasismique est donc plus délicat
que pour un ouvrage non parasismique. Ce choix devrait tenir compte
principalement des critères suivants :
- nature et importance de l'ouvrage ;
- hauteur des bâtiments ;
- non-résonance avec le sol ;
- dissipativité ;
a) Amortisseurs hystérétiques (barreaux en acier doux) à proximité
d'un isolateur. Les déplacements horizontaux autorisés par les
isolateurs entraînent une flexion cyclique des barreaux dans le
domaine plastique, ce qui dissipe de l'énergie en chaleur. Ce procédé
est utilisé en France et au Japon
b) Amortisseur à frottement placé au croisement de tirants de
contreventement (procédé breveté au Canada)
les grands ateliers

54
- résistance à l'effondrement après d'importants dommages
structuraux ;
- poids de la structure ;
- résistance aux efforts alternés ;
- adaptation aux conditions d'appui.

• Nature et importance de l'ouvrage
Les systèmes porteurs qui sont sujets à des dommages sismiques fréquents
(murs en maçonnerie, ossatures en béton armé avec des remplissages
en maçonnerie,…) ne devraient pas être utilisés pour les bâtiments dont
le fonctionnement après le séisme doit être assuré : ouvrages à risque
normal de classe D (bâtiments abritant les moyens de secours ou de
télécommunication, hôpitaux, tours de contrôle des aéroports, etc.) et
ouvrages à risque spécial dont la ruine ou même des dommages mineurs
peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour la population
et pour l'environnement (bâtiments de stockage de produits toxiques,
bâtiments abritant la production de matières polluantes, etc.).
D'une manière générale, le choix du système porteur doit être compatible
avec les exigences de comportement préalablement fixées : ductilité,
incursions ou non dans le domaine des déformations postélastiques, donc
l'absence ou non de dommages structuraux, etc.
• Hauteur des bâtiments
Les bâtiments élevés sont en général soumis à des charges sismiques plus
importantes que les bâtiments bas. Leur système porteur devrait donc être
efficace vis-à-vis de ces charges. Certains codes de constructions nationaux
(USA, Italie,…) limitent la hauteur maximale de plusieurs types de
structure. Le tableau synoptique présenté à la fin de ce paragraphe précise
les systèmes porteurs convenant pour les bâtiments de grande hauteur.
• Non-résonance avec le sol
La résonance d'un bâtiment avec le sol, évoquée à plusieurs reprises plus
haut, est le principal facteur destructeur lors d'un tremblement de terre.
Dans le cas de la résonance, les constructions oscillent en phase avec le sol
et les amplitudes d'oscillation sont considérablement amplifiés, de même
que les charges sismiques qui leur sont proportionnelles. L'effondrement
des ouvrages exposés à la résonance n'est pas rare (fig. 2.75).
La résonance se produit lorsque la période propre du bâtiment est identique
à celle du sol. Lorsqu'elles sont proches, l'amplification des oscillations est
également importante. Rappelons que la période propre est le temps d'un
cycle d'oscillations libres exprimé en secondes. Elle augmente avec la masse
et décroît avec la rigidité de " l'oscillateur ". Les bâtiments ont en général
une période différente dans les diverses directions horizontales.
Un choix judicieux de la structure tenant compte également de la
géométrie du bâtiment permet donc de minimiser les charges sismiques
auxquelles il pourrait être exposé.
55
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
La période de résonance apparaît sur les spectres de réponse (la réponse
d'un bâtiment aux séismes est l'amplification ou l'atténuation par sa
structure et ses éléments non structuraux, des amplitudes des secousses
qu'il a subies au niveau des fondations). En simplifiant, on peut dire que le
spectre de réponse donne les valeurs maximales de la réponse exprimées
en termes d'accélération (qui est proportionnelle aux charges sismiques),
de vitesse par rapport au sol ou de déplacement relatif (déformation).
La fig. 2.76 montre un spectre de réponse correspondant à un site précis.
Les bâtiments sont identifiés par leur période propre portée sur l'abscisse
et leur réponse est donnée en ordonnée. L'augmentation de la période
propre avec la décroissance de la rigidité a été illustrée par un schéma
de bâtiments à élancement croissant. Le pic du spectre correspond à la
période de résonance. Bien entendu, c'est cette période qu'il faut éviter.
Fig. 2.76. - Spectre de réponse établi pour un site précis.
Le pic du spectre correspond à la période de résonance.
Les règles parasismiques utilisent des spectres de réponse afin de
permettre l'évaluation des charges sismiques. Il s'agit de spectres de
dimensionnement représentant l'enveloppe de spectres correspondant à
divers types de séismes (fig. 2.77a).
Il est à noter que la réponse des constructions varie également avec leur
amortissement. Celui-ci est exprimé en pourcentage de l'amortissement
critique, qui caractérise l'absence d'oscillations (dans ce cas, les masses
déportées de leur position d'équilibre reviennent au repos sans effectuer
d'oscillations de part et d'autre de cette position, le mouvement de retour
est totalement amorti).
Les spectres de réponse sont calculés pour un amortissement relatif de 5 %,
couramment observé. Si la construction projetée possède un amortissement
inférieur ou supérieur, il faut utiliser le spectre correspondant (fig. 2.77b)
ou effectuer une correction de la réponse.
a) Bâtiment détruit lors
du séisme du Mexique du
19.9.1985. Les niveaux
supérieurs ont subi des
amplitudes d'oscillation
importantes
b) Eglise de Venelles,
implantée sur un sol rocheux
à courte période propre.
Le corps de l'église, rigide, a
subi la résonance avec le sol.
Le clocher, plus flexible, a
été moins sollicité. Il n'a pas
subi de dommages bien qu'il
soit moins résistant
charge
sismique
T résonance bâtiments (T)
flexible rigide
Fig. 2.75. a, b - Bâtiments effondrés suite
à la résonance avec le sol.
les grands ateliers

56
accélération
spactrale
période prope
a) Type de spectre utilisé dans les règles parasismiques. Il représente l'enveloppe
de spectres correspondant à divers séismes
b) Spectres de réponse correspondant à divers degrés
d'amortissement
Fig. 2.77. a, b - Spectres de réponse standard (normalisés). Il ne sont pas spécifiques à un site donné, mais valables pour un ensemble de
sites semblables.
Pour éviter la résonance, il convient donc de rechercher, pour le bâtiment
projeté, une période aussi différente que possible de la période dominante
du sol. Pour cela, on dispose rarement d'un spectre de réponse spécifique
au site.
Dans une première approximation, on peut alors considérer que sur sols
meubles, on devrait opter pour des structures rigides et sur sols fermes ou
rocheux pour des structures flexibles (portiques sans murs de remplissage
par exemple). Mais il est beaucoup plus judicieux de comparer les périodes
du bâtiment et du sol et, si elles sont proches, de les éloigner en intervenant
sur la conception de l'ouvrage.
Très approximativement, la période propre d'un bâtiment contreventé par
des murs ou palées de stabilité triangulées est égale à H/20 L, où L et H
sont respectivement sa largeur dans la direction étudiée et sa hauteur en
mètres. La période des constructions contreventées par des portiques (non
bloqués par un remplissage) est de H/10 L environ. Ainsi, un bâtiment
en voiles de béton de 16x25 m et de 20 m de haut a une période propre
approximative de 0,20 s dans la direction longitudinale (20/20 25) et de
0,25 s dans la direction transversale (20/20 16) Pour le dimensionnement
des structures, on utilise un calcul plus précis. La période d'un bâtiment
existant peut aussi être évaluée expérimentalement.
La période propre dominante du sol peut être déterminée à partir
des essais géotechniques (essai pressiométrique, SPT, cross-hole,…) ou
mesurée à l'aide du bruit de fond.

57
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Si la période propre du bâtiment dans la direction transversale ou
longitudinale est proche de celle du sol, il est souhaitable de la diminuer
ou de l'augmenter.
Pour diminuer la période propre, il est possible de :
- rigidifier la structure :
~ opter pour un contreventement par voiles de béton,
~ augmenter la largeur des panneaux de contreventement,
~ augmenter le nombre de panneaux de contreventement,
~ limiter les portées ;
- modifier la forme du bâtiment : évaser sa base, réduire sa hauteur
ou son élancement géométrique dans la direction étudiée (rapport
de la hauteur à la largeur), etc. ;
- baisser le centre de gravité de l'ouvrage ;
- réduire la masse de l'ouvrage.
Pour allonger la période propre d'un bâtiment, on peut :
- opter pour une structure " flexible ", en portiques sans autre
contreventement, et augmenter éventuellement les portées ;
- modifier la forme du bâtiment : augmenter sa hauteur ou son
élancement ;
- utiliser un système d'isolation parasismique ; dans ce cas, on peut
conférer au bâtiment exactement la période propre désirée.
Rappelons que le danger de résonance n'est pas spécifiquement pris
en compte dans le dimensionnement réglementaire des ouvrages aux
séismes. Une conception architecturale judicieuse sur ce plan est donc de
première importance.
• Dissipativité
L'importance de la dissipation d'énergie par une construction au cours d'un
séisme a été exposée au paragraphe précédent.
Les causes de dissipation sont diverses : frottement dans les assemblages,
fissures et joints, viscosité des matériaux, leur ductilité, fissuration et
rupture d'éléments structuraux, interaction sol-structure.
La ductilité est la source de dissipation la plus importante. Elle se manifeste
dans les phases ultimes de la résistance, lors des incursions dans le domaine
plastique, et entraîne donc des dommages structuraux qui peuvent être
économiquement réparables ou non.
La philosophie de la protection réglementaire de la plupart des bâtiments
(ouvrages à risque normal) repose sur l'acceptation de dommages
structuraux " bien placés " afin de dissiper de l'énergie des oscillations et
prévenir l'effondrement sur les occupants (effet de fusible). Une grande
ductilité de la structure devrait donc être recherchée.
les grands ateliers

58
Chaque système porteur possède une ductilité, donc une dissipativité
différente. Les facteurs suivants la favorisent :
- matériaux ductiles (acier, alliages d'aluminium, béton correctement
armé,…) ;
- dimensionnement généreux des éléments structuraux. En effet, la
ductilité des poteaux décroît avec l'augmentation des contraintes
axiales, donc avec la réduction des leur section transversale. Les
voiles minces et les éléments à parois minces (tubes) sont peu
ductiles car de faibles déformations suffisent pour provoquer
l'apparition d'instabilités locales mettant hors service l'élément.
Toutefois, les poutres de grande hauteur (poutres-allèges, poutres-
cloisons) ont une faible ductilité car elles sont peu déformables
(cf. ci-après) ;
- élancement des éléments constructifs suffisamment important
pour autoriser des déformations notables. La faible ductilité
des poteaux courts et des poutres courtes a été signalée plus
haut. Cependant, un élancement excessif peut être à l'origine de
l'instabilité de forme par flambage, voilement, déversement, etc.
;
- configurations limitant les concentrations de contraintes (celles-ci
peuvent être à l'origine d'une rupture de type fragile). Cet aspect
a été commenté au paragraphe " Parti architectural " ;
- sollicitation en flexion ou traction et, dans une moindre mesure,
à la compression (en raison d'un danger de flambement). Sauf
dans des cas particuliers, la ductilité des éléments sollicités en
cisaillement ou en torsion est très faible. La meilleure ductilité est
obtenue dans le cas d'éléments fléchis ;
- redondance (hyperstaticité). Dans les structures hyperstatiques,
plusieurs rotules plastiques peuvent se former avant qu'elles
deviennent instables.
Par conséquent, on peut considérer comme dissipatifs les systèmes porteurs
acceptant la formation de rotules plastiques (portiques sans panneaux de
remplissage, voiles de béton armé élancés et largement dimensionnés,
ossatures métalliques à contreventement excentré, fig. 2.78,...), et les
systèmes en bois à assemblages ductiles (constructions en bois cloué,
portiques à couronnes de boulons, etc.).
Sont peu dissipatifs : les systèmes poteaux-dalles, les constructions
en maçonnerie, les coques, les arcs à trois articulations, les poutres
Vierendeel, etc.
59
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Fig. 2.78. a, b - Contreventement excentré.
Les structures dissipatives sont plus efficaces vis-à-vis des tremblements de
terre que les structures non dissipatives, et elles sont également beaucoup
plus économiques, car elles peuvent être dimensionnées pour des charges
sismiques très inférieures (selon le cas jusqu'à 8 fois plus faibles). En effet,
lorsqu'un comportement ductile peut être assuré, les charges sismiques
sont plafonnées. Les charges calculées linéairement sont divisées par un
coefficient de comportement (q) dépendant de la longueur du plateau de
ductilité, autrement dit de la déformabilité plastique de la structure (fig.
2.79).
En contrepartie, la dissipation d'énergie par la ductilité s'effectuant au
prix de dommages structuraux, le bâtiment peut nécessiter réparation ou
démolition après un séisme destructeur.
Fig. 2.79. - Réduction des charges sismiques par la ductilité. Plus le plateau du
comportement ductile est long, plus grand est le coefficient de comportement.
b) Essai d'un contreventement excentré
tronçon court tronçon court
a) Divers types de contreventement excentré. Le tronçon court résultant de l'excentrement des
axes des barres par rapport aux nœuds est conçu pour dissiper de l'énergie par plastification
charges sismiques
fr
fu
de du
deformation
comportement
ductile
c
o
m
p
o
r
t
e
m
e
n
t


n
o
n

d
u
c
t
i
l
e
rupture
charge de
rupture calculée
linéairement
charge
ultime
Coefficient de
comportement.
q = du
de
Charge ultime
Fu = Fr car
q
Fr = du = q
Fu de
les grands ateliers

60
• Résistance à l'effondrement après d'importants dommages
structuraux
Ce critère découle de l'objectif visé par la protection réglementaire des
ouvrages à risque normal : sauvegarde des personnes et dans une moindre
mesure seulement celle des bâtiments.
Les constructions qui s'effondrent brutalement sur les occupants sont les
plus meurtrières. Celles dont les planchers sont maintenus à leur place
permettent d'évacuer les lieux ou d'attendre l'arrivée des secours.
Les systèmes suivants montrent un comportement satisfaisant de ce point
de vue (liste non exhaustive) :
- structures hyperstatiques ductiles pour les raisons décrites plus
haut ;
- structures en voiles de béton, y compris celles qui ont un faible
élancement et sont donc peu ductiles ; même très endommagés,
les voiles parviennent souvent à prévenir la chute des planchers ;
- coques de grande portée, grâce à leur résistance de forme ;
- membranes gonflées, car elles sont dans l'impossibilité
d'atteindre le sol rapidement.
• Poids de la structure
Les charges sismiques étant proportionnelles aux masses, à configuration
égale, les structures légères sont moins sollicitées que les structures
lourdes. Elles sont donc préférables.
• Résistance aux efforts alternés
Les composantes verticales des mouvements sismiques étant alternativement
ascendantes et descendantes, les efforts sollicitant les éléments structuraux
sous l'effet des charges gravitaires peuvent être inversés. Il convient donc
d'écarter toute structure incapable d'équilibrer ces efforts : certaines
ossatures suspendues, structures haubanées unilatéralement, etc.
• Adaptation aux conditions d'appui
L'effondrement de bâtiments lors d'un séisme est parfois provoqué par
des tassements différentiels. Certaines structures y sont particulièrement
sensibles : voûtes à simple courbure, arcs clavés et les structures
hyperstatiques non " monolithiques " (arcs encastrés, treillis à nœuds
rigides, poutres Vierendeel, etc.).
Les structures hyperstatiques, dont le comportement favorise la résistance
aux séismes, doivent reposer sur un soubassement ou sur des fondations
très rigides, limitant les tassements différentiels à des valeurs acceptables.
Dans le cas opposé, le recours à une structure isostatique, non redondante,
peut être préférable. Ainsi par exemple, les arcs à trois articulations,
61
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
isostatiques, conviennent pour les très grandes portées, des tassements
différentiels étant dans ce cas inévitables (fig. 2.80).
Fig. 2.80. - Arcs de grande portée. A la différence des arcs à trois articulations, isostatiques,
les arcs encastrés, hyperstatiques, ne tolèrent pas les tassements différentiels significatifs.
La grande variété des critères de sélection ne permet pas de classer les
structures d'une manière univoque quant à leur efficacité vis-à-vis des
séismes. Le tableau des pages suivantes offre des indications qualitatives
pouvant faciliter leur choix.
2.3.3. CONCEPTION DES SYSTEMES PORTEURS
Le choix judicieux d'un type de structure ne garantit pas en soi un bon
comportement de la construction lors d'un séisme. Pour cela, sa conception
doit être également judicieuse.
Les options favorables à la résistance aux séismes relatives à la structure
sont basées sur le même raisonnement que celles formulées en ce qui
concerne le parti architectural.
• Régularité
La régularité permet de répartir correctement les charges sismiques sur les
éléments porteurs, ainsi que de limiter les concentrations de contraintes.
On obtient ainsi une descente de charges simple et maîtrisable. Par ailleurs,
la " demande de ductilité ", c'est-à-dire la ductilité nécessaire pour éviter
la rupture, n'est pas excessive et peut être facilement obtenue. Par contre,
cette demande peut être très importante et même impossible à satisfaire
dans le cas des structures complexes.
articulation rupture
tassement diferentiel
les grands ateliers

62
CHOIX DU SYSTEME PORTEUR EN ZONE SISMIQUE,
d'après (5)
63
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
les grands ateliers

64
65
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Il est donc souhaitable d'adopter :
Travées régulières
Une alternance de travées larges et de travées étroites crée des zones plus
rigides que d'autres. Ces zones sont sollicitées d'une manière préférentielle
alors même que leur déformabilité, et donc aussi leur capacité à absorber
l'énergie, est réduite. Il est souhaitable de rechercher la régularité dans
toutes les directions principales afin d'obtenir une distribution uniforme
de la rigidité horizontale.
Superposition des éléments porteurs verticaux
Les reports de charge horizontaux entraînent des sollicitations de
cisaillement importantes dans les poutres. La ductilité de ces zones est
donc faible et une rupture fragile possible. Les configurations de la fig.
2.81 sont à éviter.
Même longueur libre pour tous les poteaux
Lorsque les poteaux d'un même niveau n'ont pas la même hauteur, un
" effet de poteau court ", commenté au § 2.2.4. peut se produire. Les
dommages de ce type sont fréquents.
Fig. 2.81. - Poteaux non superposés (à éviter). Les tronçons courts de la poutre ainsi que la poutre courte pourraient subir une rupture
fragile.
les grands ateliers

66
Poteaux de sections comparables
Les charges sismiques sont distribuées sur les éléments porteurs verticaux
en proportion de leur rigidité (cas des planchers-diaphragmes rigides). Or
leur rigidité à la flexion croît proportionnellement au cube de la dimension
de la section dans la direction concernée, alors que leur résistance (à la
flexion) augmente seulement avec le carré de cette dimension. Les poteaux
larges de la fig. 2.82a subissent donc, lors des séismes, une charge sismique
125 fois plus grande que les autres poteaux, alors que leur résistance n'est
que 25 fois supérieure. S’ils participent au contreventement de manière
significative. Leur destruction lors d'un séisme de forte magnitude est
probable.
Les éléments porteurs verticaux isolés de grande rigidité constituent donc
des " points durs " préjudiciables au bon comportement de la structure.
Si de tels éléments sont nécessaires, on peut remédier à l'inconvénient
évoqué par des voiles de béton assurant le contreventement, placés
symétriquement par rapport au centre de gravité du niveau (fig. 2.82b).
b) Solution au problème ci-dessus. Les voiles de béton symétriquement placés assurent le
contreventement. La part des charges distribuée sur les poteaux est faible
Fig. 2.82. a, b- Poteaux constituant des " points durs ".
40x40
40x200
a) Structure avec poteaux constituant des " points durs ". Les poteaux larges sont 125 fois
plus sollicités que les autres poteaux, alors que leur résistance n'est que 25 fois supérieure.
Ils pourraient subir des dommages sismiques importants
67
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Niveaux ayant une rigidité comparable
La présence d'un niveau nettement moins rigide que les autres est une
cause fréquente d'effondrement (cf. " Niveaux souples ", § 2.2.1.). D'une
manière générale, il est préférable que les différents niveaux d'un bâtiment
possèdent une rigidité constante ou variant faiblement. Une diminution
progressive de rigidité vers le haut est acceptable (différence de 20 %
au plus entre deux niveaux). Elle a pour conséquence une réduction des
amplitudes d'oscillation des étages supérieurs.
Homogénéité
L'homogénéité est souhaitable aussi bien à l'échelle de la structure qu'à
celle des éléments structuraux.
Chaque système porteur a son comportement dynamique propre en
fonction de sa masse, sa rigidité, son amortissement et sa géométrie. Si
deux systèmes ayant un comportement différent sont liés, des dommages
sismiques importants sont à craindre. Il est donc nécessaire de les séparer
par un joint vide de tout matériau afin de supprimer toute interaction
structurale (fig. 2.83). Toutefois, les systèmes mixtes en portiques et voiles
en béton arme montrent en général un excellent comportement sous
séisme

Fig. 2.83. a, b - Structure non homogène.
A l'échelle des éléments de structure, l'homogénéité devrait être la règle
car ils ne peuvent pas être fractionnés par un joint parasismique. Lors de
séismes de forte magnitude, l'hétérogénéité d'éléments structuraux est
presque toujours une cause de dommages. Ces dommages peuvent être
graves s'il s'agit de poteaux. La fig. 2.84 en montre un exemple édifiant. Il
s'agit d'un bâtiment qui a " perdu " un niveau suite à la rupture des poteaux
réalisés en acier enrobé de béton armé aux étages inférieurs et en béton
armé seulement aux niveaux supérieurs. La rupture s'est produite au droit
du changement du type de poteau en raison d'une grande différence de
rigidités transversales. Plusieurs bâtiments de ce type se sont effondrés lors
du même séisme.
a) Solution à éviter : deux structures
différentes mécaniquement solidaires.
Des dommages sismiques importants
sont à craindre en raison d'oscillations
différentielles et d'une torsion d'ensemble
b) Solution correcte : joint parasismique
(vide de tout matériau). Il n'y a pas
d'interaction entre les oscillations des deux
structures
système à grande portée
système
porteur à
voiles de
beton
joint
parasismiques
les grands ateliers

68

Monolithisme
Le monolithisme d'une structure croît avec la rigidité de ses liaisons. Cette
rigidité améliore le comportement de la structure lors d'un séisme, car
elle assure une bonne continuité mécanique, augmente l'hyperstaticité du
système et donne lieu à une plus grande dissipation d'énergie.
Redondance (hyperstaticité)
L'hyperstaticité d'un système augmente avec le nombre de liaisons rigides et
d'éléments redondants.
Les structures hyperstatiques admettent la formation de rotules plastiques,
ainsi que la rupture d'éléments porteurs ou de liaisons sans perte de
stabilité. Elles possèdent donc une réserve de résistance d'autant plus
grande que l'ordre d'hyperstaticité est élevé. Par exemple, une structure
hyperstatique d'ordre 12 admet 12 rotules plastiques sans devenir instable
(elle devient isostatique).
Rappelons cependant que les structures hyperstatiques ne conviennent pas
dans les situations où des tassements différentiels notables ne peuvent pas
être prévenus (principalement dans le cas des structures ayant une portée
de plusieurs dizaines de mètres et dans celui des constructions fondées sur
un sol hétérogène).
Les structures isostatiques, non redondantes, deviennent instables dès la
première rotule plastique ou la rupture d'un élément porteur. L'effondrement
de l'autoroute urbaine de Kobé illustre très bien ce propos (fig. 2.85). Les
dommages en pied de piles encastrées ont entraîné leur basculement.
Afin d'éviter ce type de dommages, il aurait fallu faire porter le tablier par
des voiles transversaux ou par des portiques. L'erreur de conception est ici
manifeste.
Fig. 2.84. a, b - Rupture de poteaux hétérogènes.
b) Bâtiment de la mairie de Kobé après le séisme du
17.1.1995. La rupture des poteaux s'est produite au
droit du changement de leur constitution
Fig. 2.85. - Basculement de
l'autoroute urbaine de Kobé
lors du séisme du 17.1.1995.
Une seule rupture par
poteau suffit pour entraîner
l'instabilité de l'ouvrage. Le
basculement aurait pu être
prévenu en faisant porter
le tablier par des voiles
transversaux ou par des
portiques.
étages inférieurs étages supérieurs
a) Types de poteaux utilisés pour la structure du bâtiment ci-dessous
69
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
2.4. STABILITE HORIZONTALE
2.4.1. STABILITE DES CONSTRUCTIONS VIS-A-VIS DES
CHARGES LATERALES
Du point de vue de la stabilité sous charges horizontales (vent, séismes,…),
on distingue deux types de structures :
- structures autostables ou autocontreventées qui, de par
leur conception vis-à-vis des charges gravitaires, sont stables
également sous l'action des charges horizontales. C'est par
exemple le cas des constructions comportant des portiques dans
les deux directions principales, ainsi que celui des structures dites
"spatiales" ou "tridimensionnelles" (coques, treillis 3D, structures
gonflées, etc.) ;
- structures contreventées qui comportent un ensemble
d'éléments de construction appelé contreventement, dans le
but d'assurer la stabilité (et la rigidité) de l'ouvrage vis-à-vis des
charges horizontales.
Lorsque le contreventement d'une construction non autostable est absent
ou insuffisant, leur stabilité horizontale est compromise. L'insuffisance de
contreventement a été souvent révélée par les séismes (fig. 2.86).
2.4.2. ROLE ET CONSTITUTION DU CONTREVENTEMENT
Rappelons que le contreventement a principalement pour objet :
- d'assurer la stabilité des constructions non autostables vis-à-vis
des charges horizontales (celle des structures autostables étant
assurée intrinsèquement), donc de transmettre ces charges
jusqu'au sol ;
- de raidir les constructions, car les déformations excessives de la
structure sont source de dommages aux éléments non structuraux
et à l'équipement.
Dans le cas d'une construction parasismique, le contreventement comporte
obligatoirement deux familles d'éléments :
- diaphragmes (contreventement horizontal) ;
- éléments verticaux de contreventement.
2.4.3. DIAPHRAGMES
Notion de diaphragme
Le diaphragme est un ouvrage plan rigide, horizontal ou incliné, assurant
trois fonctions principales.
- Transmettre les charges sismiques horizontales sur les
éléments verticaux de contreventement (murs, travées
triangulées ou portiques), fig. 2.87.
a) Bâtiment dont le rez-
de-chaussée s'est effondré
en raison de l'absence de
contreventement. La stabilité
de l'étage, contreventé par
des tirants croisés, a été
assurée (séisme de Kobé,
Japon, 17.1.1995)
b) Rupture des poteaux
sous l'effet de la charge
horizontale. Aucun
contreventement longitudinal
n'apparaît sur la figure.
Transversalement, la
résistance des portiques
a été insuffisante pour
assurer la stabilité (séisme
de San Fernando, Californie,
9.2.1971)
Fig. 2.86. a, b - Dommages sismiques
dus à l'absence ou à l'insuffisance du
contreventement.
les grands ateliers

70
Fig. 2.87. - Transmission des charges sismiques horizontales par les diaphragmes sur les
murs de contreventement (présentation schématique).
La transmission des charges s'effectue par effet de poutre, car le
diaphragme se comporte comme une poutre située dans le plan des
charges horizontales (fig. 2.88).
Fig. 2.88. a, b- Fonctionnement d'un diaphragme : les charges horizontales sont transmises
sur les palées de stabilité qui, en résistant, produisent des réactions d'appui.
- Afin de donner lieu à une distribution des charges favorable, il est
souhaitable que les diaphragmes soient plus rigides dans
leur plan que le contreventement vertical. Néanmoins, les
diaphragmes "flexibles", c'est-à-dire moins rigides que les éléments
verticaux, ne sont pas interdits.
- Raidir les bâtiments à la manière d'un couvercle de boîte (fig.
2.89). Le raidissage vise à prévenir le déversement des éléments
porteurs verticaux.
Fig. 2.89. - Effet raidisseur des diaphragmes.
actions
réactions
a) Effet de poutre b) Analogie avec une poutre
diafragme
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Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
- Coupler les éléments verticaux. Tous les éléments solidaires du
diaphragme "travaillent" en phase et participent à la résistance en
proportion de leur rigidité (si le diaphragme est plus rigide que les
palées de stabilité).
Nature et localisation des diaphragmes
Les diaphragmes sont nécessaires à tous les niveaux (fig. 2.90). Ils peuvent
donc être constitués par des :
- planchers et toitures-terrasses (planchers en béton, bois, acier,…)
- toitures inclinées (en béton, charpente métallique ou bois,…).
Des dispositions constructives doivent être prises pour qu'ils forment des
plans rigides.
Par ailleurs, les fondations devant être continues (semelles filantes ou
radier) ou couplées (semelles isolées solidarisées par des longrines), on
peut considérer qu'il y a effet de diaphragme également à ce niveau.
Fig. 2.90. - Localisation des diaphragmes : tous les niveaux doivent comporter un
diaphragme, y compris les charpentes.
Incidence du choix du parti architectural et du parti constructif
Rappelons que les diaphragmes devraient être de préférence rigides, c'est-
à-dire plus rigides dans leur plan que les palées de stabilité. Cette rigidité
relative dépend :
- de leur forme : les diaphragmes longs et étroits sont flexibles (fig.
2.91). Par ailleurs, les diaphragmes présentant des angles rentrants
peuvent subir des concentrations de contraintes entraînant des
dommages (fig. 2.92) ;
liaison en fondation liaison en fondation
les grands ateliers

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a) Diaphragmes flexibles b) Diaphragmes rigides
Fig. 2.91. a, b- Influence de la forme des diaphragmes sur leur rigidité.
Fig. 2.92. - Concentration de contraintes dans les angles rentrants.
- des rigidités respectives des diaphragmes et des palées. Si la
rigidité des palées est importante (murs en maçonnerie, voiles en
béton,…), les portées modérées des planchers sont préférables
afin de limiter leur flexibilité
- de leur matériau : les planchers en contreplaqué sur solives en
bois se comportent comme rigides dans une structure en bois,
mais ils sont flexibles lorsqu'ils sont utilisés dans une structure en
maçonnerie, qui possède une rigidité supérieure
- de l'efficacité de la solidarisation de leurs éléments constituants
(cf. dispositions constructives)
- de l'importance des trémies éventuelles, dont les dimensions
devraient être minimisées. Le CPT Plancher précise que la fonction
diaphragme est considérée assurée s'il existe une seule trémie
dont aucune dimension n'excède pas la moitié du plus petit côté
du plancher. L'analogie avec une poutre montre qu'il vaut mieux
placer une trémie au milieu d'un diaphragme qu'en sa périphérie
(fig. 2.93).
concentrations de contraintes
73
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Fig. 2.93. a, b- Localisation des trémies.
2.4.4. ELEMENTS VERTICAUX DE CONTREVENTEMENT
Rôle du contreventement vertical
Certaines structures, comme les ossatures en poteaux et poutres,
n'ont fréquemment pas la rigidité nécessaire pour résister aux charges
horizontales. L'adjonction d'éléments verticaux rigides dans leur plan
permet alors d'assurer leur stabilité (fig. 2.94). En cas de séisme, leur
absence de palées de stabilité peut conduire à l'effondrement de la
structure (fig. 2.86a).
Fig. 2.94. a, b- Stabilisation d'une file de poteaux.
Nature des éléments verticaux de contreventement
Ces éléments peuvent être classés en trois catégories : panneaux rigides,
portiques et palées triangulées.
- Panneaux rigides (fig. 2.95)
Il s'agit de murs en maçonnerie, voiles en béton ou béton armé, voiles
" travaillants " en bois, etc. Les éléments ainsi obtenus sont plus rigides
que les autres types. Leur efficacité ne doit pas être réduite par des
percements.
a) A éviter, car la périphérie d'un
diaphragme est très sollicitée et ne devrait
pas être affaiblie
b) Meilleur solution. La trémie est située
dans la zone de l'axe neutre
percement (trémie) percement (trémie)
a) File de poteaux et poutres instable sous
charges horizontales
b) Des éléments verticaux de
contreventement (mur, tirants croisés ou
portique) assurent la stabilité de la file dans
son plan en formant une butée
les grands ateliers

74
Les murs courbes peuvent également être employés. Dans ce cas, ils doivent
être en béton armé (pour former une coque) et non pas en maçonnerie,
car celle-ci éclate facilement quand elle n'est pas sollicitée dans son plan.
Par ailleurs, il est souhaitable que les voiles courbes constituent des noyaux
fermés.
Fig. 2.95. - Panneaux rigides assurant le .contreventement vertical
- Palées de stabilité triangulées (fig. 2.96)
Le contreventement triangulé, qui constitue également une solution " rigide
" (convenant pour les bâtiments sur sol meuble) est fréquemment utilisé
pour les structures en poteaux et poutres de hauteurs faible et moyenne,
car il est plus économique que le contreventement par portiques.
Les barres inclinées, formant des triangles avec l'ossature, peuvent être
rigides (fig. 2.96b) ou constituées de tirants, croisés ou non (fig. 2.86a).
Vis-à-vis des séismes, les barres rigides sont plus efficaces, quoique plus
coûteuses. Elles résistent à la traction et à la compression.
Toutes les formes de triangulation sont acceptables sauf celles dans
lesquelles des barres sont attachées entre les extrémités des poteaux
et tendent donc à y provoquer une instabilité (fig. 2.96a). Par ailleurs,
il convient d'éviter une longueur excessive des barres afin de réduire le
danger de flambement sous compression.
voile béton ou
béton armé
voile en bois
massif
maçonnerie
chainée ou
armée
voile en panneaux
de particules ou de
contreplaque
A préférer
A éviter
b) Palées à diagonales rigides, résistant à la traction
et à la compression
Fig. 2.96. a, b- Palées de stabilité triangulées.
a) Types de palées de stabilité triangulées
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conception parasismiques
des batiments
- Arcs et portiques (fig. 2.97)
Les portiques, c'est-à-dire les cadres dont les liaisons poteaux/poutre sont
rigides, sont plus déformables que les autres types de contreventement. Ils
ne devraient donc être utilisés que sur des sols fermes. Leur avantage est
de préserver les travées libres de tout élément plein ou incliné. Toutefois, il
s'agit souvent d'une solution coûteuse.
Les arcs, utilisés le plus souvent dans la constructions de halles, ont un
comportement similaire à celui des portiques. Ils constituent également
des éléments de contreventement vertical. Cependant, ils sont moins
dissipatifs et exercent des poussées horizontales importantes aux appuis
(notamment les arcs à trois articulations) qui doivent obligatoirement être
équilibrées au niveau des fondations.
Fig. 2.97. - Arcs et portiques constituant des éléments de contreventement vertical.
Nombre d'éléments verticaux de contreventement
Lorsque les planchers et les toitures peuvent être considérés comme
parfaitement rigides dans leur plan, théoriquement, il suffit de trois
éléments verticaux par niveau, à condition qu'ils soient non concourants
et non parallèles (fig. 2.98). Il est cependant nettement préférable
d'utiliser un nombre d'éléments plus élevé afin de mieux répartir les
charges horizontales. La redondance devient une nécessité dans le cas des
bâtiments de grandes dimensions horizontales, dont les planchers, plus
longs, ont une certaine flexibilité dans leur plan et doivent par conséquent
être raidis.

Fig. 2.98. - Nombre minimal d'éléments verticaux de contreventement : deux pour
s'opposer aux translations du diaphragme respectivement dans les directions x, y, et un
troisième produisant avec l'un des deux autres, un couple résistant à la torsion d'axe
vertical.
les grands ateliers

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Disposition des éléments verticaux de contreventement
D'une manière générale, le contreventement devrait conférer à la
construction sensiblement la même rigidité dans les directions transversale
et longitudinale. Afin de constituer un système efficace, les éléments de
contreventement devraient être :
- les plus larges possibles, courant éventuellement sur plusieurs
travées (fig. 2.99). Les éléments étroits sont soumis à des efforts
élevés, donnant lieu à des déformations importantes
- disposés en façade ou près des façades pour conférer un
grand bras de levier au couple résistant à la torsion (fig. 2.100).
La solution la plus efficace consiste à utiliser la totalité des
façades en tant qu'élément de contreventement (fig. 2.101). Si
le contreventement ne peut occuper qu'une partie des façades,
il est souhaitable de rigidifier les angles (cf. § 2.2.5.) . Lorsqu'une
triangulation s'effectue sur toute la hauteur du bâtiment, elle doit
être liée aux planchers de tous les niveaux
Fig. 2.100. - Distance entre les éléments de contreventement. Une grande distance entre
éléments parallèles favorise la résistance de la structure à la torsion grâce à un bras de levier
important dans le plan horizontal.
b) Palée de stabilité courant sur plusieurs travées,
ce qui permet d'obtenir une largeur importante.
Fig. 2.99. a, b- Largeur des éléments de contreventement vertical.
à éviter à préférer
action
action
d
d
d
réactions
réactions
petit bras de levier grand bras de levier
d
a) Les éléments larges offrent une meilleure résistance aux forces horizontales
grâce à un bras de levier plus grand (dans le plan vertical).
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conception parasismiques
des batiments
- disposés symétriquement par rapport au centre de gravité
du niveau. Dans le cas d'une distribution asymétrique des
éléments de contreventement, la construction est soumise pendant
les séismes, à des efforts supplémentaires dus à la torsion d'axe
vertical.
Fig. 2.102. - Une position décentrée des éléments de contreventement est à l'origine d'une
sollicitation du bâtiment en torsion.
En effet, les charges sismiques sont communiquées principalement
aux éléments de contreventement en raison de leur rigidité. La
résultante des forces de résistance aux charges horizontales passe
donc nécessairement par le centre de rigidité. Si celui-ci se trouve
décalé par rapport au centre des masses (centre de gravité) où
passe la résultante des charges sismiques, la construction est
soumise à une torsion d'axe vertical d'autant plus importante que
la distance entre le centre des masses et le centre de rigidité est
grande. C'est autour de ce dernier que la rotation se produit ; il
joue le rôle de centre de torsion (fig. 2.102).
La torsion affecte le plus les poteaux d'angle et les liaisons entre
les diaphragmes horizontaux et le contreventement vertical.
Les dommages aux éléments verticaux augmentent avec leur
distance au centre de rigidité. Les poteaux situés aux extrémités
du bâtiment opposées au centre de torsion peuvent subir des
déplacements différentiels importants entre leur tête et leur pied,
déplacement pouvant entraîner leur éclatement (fig. 2.103).
La répartition symétrique ou quasi symétrique des éléments
de contreventement, permettant que les centres de rigidité de
la gravité de la construction soient confondus ou rapprochés,
et par conséquent une caractéristique essentielle d'une bonne
construction parasismique (fig. 2.105). Les configurations de la
fig. 2.104 sont à éviter impérativement ;
Fig. 2.101. a, b- Façades formant éléments
de contreventement.
a) La totalité de la façade
constitue un élément de
contreventement, ce qui
lui confère une grande
résistance aux charges
horizontales
b) Triangulation sur toute
la hauteur des façades.
Normalement, les diagonales
doivent être fixées aux
planchers des niveaux.
Ce n'est pas le cas ici, car
le corps du bâtiment est
suspendu aux poutres situées
au sommet des poteaux
inclinés


les grands ateliers

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Fig. 2.103. - Dommages aux poteaux d'angle dus à la torsion induite par l'excentrement des murs de contreventement du rez-de-chaussée
(séisme de Tokachi-Oki, Japon, 16.5.1968).
Fig. 2.104. - Disposition incorrecte des éléments rigides par rapport au centre de gravité des niveaux. Les murs formant les panneaux de
contreventement du rez-de-chaussée étant décentrés, ces constructions peuvent être soumises par les séismes à une torsion importante.
Fig. 2.105. - Localisation correcte des éléments de contreventement vertical.
- constitués éventuellement par un grand noyau central
fermé et non pas en forme de U, X ou Z (fig. 2.106). En effet, la
rigidité des noyaux ouverts est faible.
Fig. 2.106 - Eléments de contreventement formant un noyau central.
En élévation, éléments de contreventement des différents étages devraient
être superposés afin de former des consoles verticales. D'autres solutions
sont possibles. Elles ont été exposées au § 2.2.5. " Murs porteurs en
façade".
Dans tous les cas, le contreventement doit conférer aux différents niveaux
une rigidité comparable. Par conséquent, sauf cas particuliers, ni leur
nombre, ni leur nature ne devraient varier sensiblement d'un niveau à
l'autre (fig. 2.107).
Toutefois, la rigidité peut également être croissante vers les niveaux
inférieurs. Dans ce cas, il est souhaitable que la différence de rigidité
horizontale entre deux niveaux successifs ne dépasse pas 20 %.
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conception parasismiques
des batiments
CR=CG CR=CG CR=CG
CR= centre de rigidité
CG= centre de gravite
à éviter à préférer
noyau ouvert noyaux fermés
noyau de faibles dimensions noyau fermé de dimensions adéquate

Fig. 2.107. - Dispositions pouvant être à l'origine de l'effondrement de bâtiments en raison
de la présence de niveaux souples.
2.5. PONDERATION DES CONSEQUENCES D'UNE
CONCEPTION DE BATIMENT INAPROPRIEE
Il est rare de pouvoir tenir simultanément compte de toutes les
recommandations de conception parasismique. Par conséquent, il est
important de pouvoir apprécier la " gravité " des écarts envisagés. Dans
ce but, des indications sur leurs conséquences sont données dans ce
paragraphe. Il s'agit de dommages généralement observés lors des
tremblements de terre ayant une magnitude supérieure ou égale à 6.
L'occurrence de tels séismes en France est tout à fait plausible (les grands
séismes historiques français avaient une magnitude de l'ordre de 6,5).
Le caractère de ces informations est purement indicatif car l'importance
des dommages sismiques résulte de la conjonction de nombreux facteurs
liés au séisme (magnitude, profondeur, durée, contenu fréquentiel), au
site (topographie, nature, épaisseur et stabilité des sols), ainsi qu'à la
construction (conception, exécution et état de conservation).
Importance des dommages en fonction des écarts par rapport à
la " bonne " conception parasismique.
Ces dommages se produisent fréquemment dans les cas suivants :
• Effondrement
- résonance avec le sol,
- niveau " souple " (transparence) sans murs de contreventement,
- absence de contreventement ou de portiques dans une ou
plusieurs directions,
- panneaux de contreventement très excentrés (torsion d'axe
vertical),
- absence de continuité mécanique (ancrage) entre les planchers et
les panneaux de contreventement,
- poteaux affaiblis ou de constitution hétérogène,
- structures dont la résistance dépend de celle d'un seul élément.
les grands ateliers

80
• Effondrement partiel et désordres graves
- entrechoquement entre blocs ou bâtiments contigus séparés par
un joint de fractionnement insuffisant,
- bâtiments possédant des ailes mécaniquement solidaires,
- percements importants dans les panneaux de contreventement ou
dans les nœuds de portiques,
- irrégularités de forme accusées,
- couplage de bâtiments par des passerelles ou escaliers extérieurs,
- contreventement de faible largeur totale, dans une ou plusieurs
directions,
- systèmes " poutres fortes-poteaux faibles " (cas des ossatures en
portiques),
- ossature en béton armé avec panneaux de remplissage en
maçonnerie,
- descente de charges " en baïonnette ",
- effet de poteau court dans un élément participant au
contreventement,
- planchers-diaphragmes percés par des trémies importantes,
- niveaux en retrait > 40 %,
- porte-à-faux de grande portée.
• Désordres modérés
- irrégularités non accusées en plan et en élévation,
- porte-à-faux de faible portée,
- faibles écarts par rapport à la régularité des travées.

81
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conception parasismiques
des batiments
GLOSSAIRE
Amortissement (d'une construction en oscillation) : phénomène de
dissipation d'énergie sous forme de chaleur, ayant pour conséquence un
décroissement de l'amplitude d'oscillation.
Amortissement critique : amortissement strictement suffisant à un
oscillateur déporté de sa position d'équilibre pour qu'il revienne au repos
sans effectuer d'oscillations.
Amortissement relatif : amortissement exprimé en pour cent de
l'amortissement critique.
Amortisseur : dispositif que l'on ajoute à une structure pour accroître de
façon notable sa capacité d'amortissement.
Coefficient de comportement : coefficient forfaitaire caractérisant
la capacité d'une structure à dissiper l'énergie dans le domaine des
déformations non élastiques, c'est-à-dire au prix de dommages.
Contreventement : ensemble d'éléments de construction assurant
la rigidité et la stabilité d'un bâtiment vis-à-vis des forces horizontales
engendrées par le vent, les secousses sismiques ou autres causes. Il
comprend des diaphragmes et des éléments verticaux (contreventement
vertical).
Déformation élastique : déformation qui disparaît après la suppression
des charges qui l'ont provoquée (déformation réversible).
Déformation plastique ou postélastique : déformation irréversible des
éléments réalisés en matériaux ductiles après que ceux-ci ont été chargés
au-delà de leur limite d'élasticité. Elle peut donner lieu à une importante
dissipation d'énergie.
Degré de liberté : possibilité de subir une translation ou une rotation.
Tout élément constructif en possède 6 (3 translations et 3 rotations
possibles par référence aux axes de coordonnées). Sous charge statique, les
degrés de liberté d'un élément par hypothèse indéformable peuvent être
supprimés en le fixant complètement à la structure ou à une fondation,
rendant ainsi ses déplacements impossibles. Sous séisme, les structures
sont considérées comme déformables et toutes les masses en oscillation
qui les composent (murs, planchers, ... ou leurs parties) conservent, dans
le cas général, leurs 6 degrés de liberté.
Diaphragme : ouvrage plan horizontal (plancher) ou incliné (versant de
toiture) conçu pour résister aux forces qui agissent dans le même plan.
Il doit transmettre les charges horizontales sur les éléments verticaux de
contreventement.
Dissipatif : cf. structure dissipative.
83
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Ductilité : capacité d'un matériau, et par extension celle d'un élément
ou d'une structure, à subir avant rupture des déformations plastiques
(irréversibles), sans perte significative de résistance. Une ductilité importante
permet :
-de prévenir une rupture brutale (fragile) de la structure et sa
dislocation,
-de plafonner les charges sismiques,
-d'améliorer la résistance des éléments constructifs aux
charges par redistribution des contraintes sur les sections non
endommagées.
Effets de site : amplification (cas général) ou atténuation du mouvement
du sol en surface, causée par les caractéristiques locales du site :
topographie, géologie, etc.
Effets directs d'un séisme : effets dus aux seuls mouvements vibratoires
du sol. Les effets de site sont des effets directs.
Effets induits par un séisme : grands mouvements de sols ou de
l'eau. Le séisme n'y joue qu'un rôle de déclic (glissement, éboulement,
effondrement de terrains, etc.) ou il est déterminant dans leur genèse
(liquéfaction des sols, seiches, tsunamis, etc.).
Exigence de comportement : comportement sous charges requis
pour une construction, soit par application de la réglementation, soit
par exigence spécifique du maître d'ouvrage. Elle peut aller du simple
non-effondrement à la préservation de l'intégrité de la structure et de ses
équipements. D'un point de vue mécanique, elle définit notamment le
dépassement accepté ou non de la limite d'élasticité.
Intensité macrosismique (d'un séisme) : degré d'effets sur l'homme,
les constructions et l'environnement, observés sur un site donné (l'intensité
macrosismique est donc liée à un site). Etant donné que l'importance
des effets sismiques décroît avec la distance de l'épicentre, l'intensité
épicentrale est en général la plus élevée.
L'intensité est déterminée par référence à une échelle conventionnelle dite
" échelle macrosismique d'intensité ". En Europe, on utilise actuellement
l'échelle EMS 98 (European Macroseismic Scale), comportant 12 degrés,
dérivée de l'échelle MSK 64. Cette échelle prend en compte les dommages
occasionnés aux constructions parasismiques.
Magnitude d'un séisme : mesure de la puissance d'un séisme considéré
à son foyer. Elle est généralement déterminée à partir de l'amplitude des
secousses du sol et augmente avec l'étendue de la rupture de la faille qui a
déclenché le séisme. Dans les médias, elle est en général appelée " degré
sur l'échelle de Richter ".
Mode d'oscillation : le mouvement d'oscillation d'une structure qui
comporte plusieurs masses (planchers p.ex.) étant complexe, on le
décompose en plusieurs modes d'oscillation : mode fondamental et modes
supérieurs. Dans le mode fondamental, les diverses masses oscillent en
phase. Dans les modes supérieurs, elles sont plus ou moins déphasées. Le
degré de participation de chaque mode au mouvement global peut être
calculé.
les grands ateliers

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Ondes sismiques : propagation à travers les milieux solides et liquides
d'énergie libérée par une source sismique. Elles sont responsables du
mouvement vibratoire du sol perçu en surface.
Ossature : structure dont les éléments verticaux sont constitués de
poteaux par opposition aux murs ou voiles.
Ouvrages à risque normal ou ORN : bâtiments, équipements et
installations pour lesquels les conséquences d'un séisme demeurent
circonscrites à leurs occupants et à leur voisinage immédiat.
Ouvrages à risque spécial ou ORS : bâtiments, équipements et
installations pour lesquels les effets sur les personnes, les biens et
l'environnement de dommages même mineurs résultant d'un séisme,
peuvent ne pas être circonscrits au voisinage immédiat desdits bâtiments,
équipements et installations.
Palée de stabilité : élément vertical de contreventement constitué par
une travée triangulée (tirants croisés, contreventement en V, en K, etc.).
Période d'oscillation : temps d'un cycle d'oscillation mesuré en secondes.
Il correspond à la valeur inverse de la fréquence d'oscillation.
Période propre d'oscillation d'un bâtiment : période à laquelle un
bâtiment oscille librement dès l'arrêt des oscillations forcées et jusqu'à
l'amortissement complet du mouvement. Elle est estimée pour chaque
type de structure en fonction de ses caractéristiques mécaniques et
géométriques. Les structures dites " rigides " ont des périodes propres très
courtes (de l'ordre de 0,1 à 0,3 seconde). Les structures dites " flexibles "
ont des périodes plus longues (pouvant aller jusqu'à plusieurs secondes).
La période propre d'un bâtiment est une notion importante en conception
parasismique, car si elle est proche ou identique à celle du sol d'assise, le
bâtiment entre en résonance avec ce dernier, ce qui peut lui être fatal.
On devrait donc concevoir les constructions de manière que leur période
propre soit très différente de celle du sol (voir § 2.3.2.).
Portique ou cadre rigide : structure composée de poteaux et de poutres
rigidement liés ensemble. L'angle qu'ils forment est donc conservé même
lorsqu'ils sont déformés sous l'action de charges. Par opposition, les
poteaux et les poutres articulés, à angles variables, forment des cadres
non rigides. Les portiques peuvent être simples (à une travée), multiples (à
plusieurs travées), à étages ou multiples à étage.
Réponse d'une structure au séisme : réaction d'une construction aux
secousses sismiques du sol. Elle est caractérisée par les accélérations, les
vitesses et les déplacements de ses éléments, notamment des planchers.
Rotule plastique : zone d'un élément de structure (poteau, poutre,
voile,…) qui a subi des déformations plastiques. Une fois franchie la
limite de comportement élastique, une telle zone autorise une rotation
importante sur son axe des parties de l'élément situées de part et d'autre,
sans perte significative de résistance.
Rupture ductile : rupture précédée de déformations plastiques
notables.
85
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
Rupture fragile : rupture soudaine et quasi instantanée.
Spectre de réponse : courbe permettant de calculer l'action sismique sur
une structure. Les règles parasismiques utilisent des spectres de réponse.
Stabilité de forme : capacité d'une structure ou de l'un de ses éléments à
conserver sa forme sous l'action des charges, aux déformations élastiques
près. L'instabilité de forme, due à un manque de rigidité, se produit dans
le cas d'éléments élancés ou à parois minces. Elle conduit à leur mise hors
service par flambage, cloquage, déversement, etc., avant que la résistance
de leur matériau soit épuisée par ailleurs.
Structure dissipative : structure capable de dissiper l'énergie grâce à des
déformations inélastiques lors des sollicitations répétées.
Structure hyperstatique : structure possédant des appuis et/ou des
liaisons en nombre supérieur à ce qui est nécessaire à sa stabilité.
Structure isostatique : structure ne comportant que les appuis et les
liaisons strictement nécessaires à sa stabilité.
Tsunami : grande onde engendrée par un séisme sous-marin, pouvant
traverser un océan en quelques heures (raz-de-marée d'origine sismique).
Un tsunami d'importance locale peut être engendré également par un
glissement de terrain dans la mer ou dans un lac.

les grands ateliers

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BIBLIOGRAPHIE
Publications portant sur la conception parasismique des bâtiments au
stade de l'avant-projet.
1. Arnold C., Reitherman R. : Building configuration and seismic design,
Wiley, New York, 1982.
2. Guide de la conception parasismique des bâtiments. Eyrolles, Paris,
2004.
3. Guide de construction parasismique des habitations individuelles.
Ministère de l'urbanisme et du logement et SEDIMA, Paris, 1982.
4. Règles de construction parasismique des maisons individuelles et des
bâtiments assimilés, règles PS-MI 89 révisées 1992 (norme P 06-014).
AFNOR, Paris, 1995.
5. Zacek M. : Construire parasismique. Editions Parenthèses, Marseille,
1996.
6. Zacek M. : La résistance des ouvrages aux séismes. Incidence des
paramètres géométriques. In " Cahiers de la recherche architecturale " n
40, Editions Parenthèses, 1997, pp. 85-90.
7. Zacek M. : L'architecture parasismique au Japon. In " Annales de l'ITBTP
" n 491, février 1991, pp. 100-115.

87
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments
CREDITS
AFPS - fig. 1.2. - 2.40a. - 2.84b.
ARNOLD C., REITHERMAN R. - fig. 2.88b. - 2.93.
BALANDIER P. - fig. 2.28b. - 2.29c. - 2.58. - 2.104/2.
BENEVOLO L. - fig. 2.3/1. - 2.17b.
CHINA ACADEMIC PUBLISHERS - fig. 2.31b.
DOMINIQUE P. - fig. 2.18. - 2.49b.
EERC, University of California, Berkley, Steinbrugge collection : fig. 2.31a.
- 2.32b.
EERI - fig. 2.52. - 2.63. - 2.69. - 2.74c.
GREEN N.B. - fig. 2.49a.
HEINLE T. - fig. 2.3/2. - 2.4.
HOUSNER - fig. 2.77b.
JALIL W. - fig. 1.1.
JODIDIO P. - fig. 2.65/2.
MEYHÖFER D. - fig. 2.27.
MICHEL C. - fig. 2.81/1. - 2.89. - 2.101b.
MIYAMOTO R. - fig. 2.24a - 2.25.
TAKEYAMA K. - fig. 2.28a. - 2.54. - 2.56. - 2.72. - 2.103.
TERRIN J.J. - fig. 2.8a.
WELIACHEW B. - fig. 2.6b. - 2.10c - 2.20b. - 2.30. - 2.86a.
ZACEK M. - fig. 2.1. - 2.2. - 2.5. - 2.6a. - 2.7. - 2.9. - 2.10a,b. - 2.11.
- 2.12. - 2.14. - 2.15. - 2.16. - 2.17a,c. - 2.19. - 2.20a. - 2.21. - 2.22.
- 2.23. - 2.26. - 2.29a,b. - 2.32a. - 2.33. - 2.34. - 2.35. - 2.36. - 2.37. -
2.38. - 2.39. - 2.40b. - 2.41. - 2.42. - 2.43. - 2.44. - 2.45. - 2.46. - 2.47.
- 2.48. - 2.50. - 5.51. - 2.55. - 2.57. - 2.59. - 2.60. - 2.61. - 2.62. - 2.64.
- 2.65/1. - 2.65/3. - 2.66. - 2.67. - 2.68. - 2.70. - 2.71. - 2.74a.b. - 2.76.
- 2.78. - 2.79. - 2.80. - 2.81/2. - 2.82. - 2.83. - 2.84a. - 2.87. - 2.88a.
- 2.90. - 2.91. - 2.92. - 2.94. - 2.95. - 2.96. - 2.97. - 2.98. - 2.99. - 2.100
- 2.101a. - 2.102. - 2.104/1. - 2.105. - 2.106. - 2.107.
DROITS RESERVES - fig. 2.24b. - 2.53. - 2.73. - 2.75. - 2.85. - 2.86b
89
Milan ZACEK
conception parasismiques
des batiments





Collection des cahiers parasismiques
Cahier 1, Conception parasismique niveau avant-projet, Milan Zacek,
Le cahier 1 porte sur la conception parasismique des bâtiments neufs, et montre
l’importance de la prise en compte du phénomène sismique par l’architecte et
l’ingénieur dès le début de la conception, et de l’adoption de dispositions
architecturales et de principes de construction appropriés.

Cahier 2, Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,
Le cahier 2 présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux
séismes des bâtiments existants, et propose des stratégies de réhabilitation
parasismique, ainsi que les techniques de renforcement des structures en béton
armé.
Il est complété par le cahier 2-a qui propose une méthode d’évaluation de
présomption de vulnérabilité, ou « pré-diagnostic » se déclinant selon la complexité
de l’édifice.

Cahier 2-a, Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux
séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et
béton armé, Milan Zacek,
Le cahier 2-a, annexé au cahier 2, présente différentes méthodes de diagnostic de
vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants en béton armé et maçonnerie, et
propose des stratégies de réhabilitation parasismique, ainsi que les techniques de
renforcement des structures.
Il propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité, ou « pré-
diagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice, une telle étude pouvant
être réalisée par un architecte sans formation parasismique particulière, complétée,
en ce qui concerne les sols et effets de site, par l’avis d’un géotechnicien.

Cahier 3, Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique,
objectifs et problématique, Patricia Balandier,
Le cahier 3 examine les dispositions en matière d’urbanisme et d’aménagement,
généralement inappropriées, et propose des actions et des recommandations pour
réduire le bilan des catastrophes et améliorer la préparation de la société à leur
éventualité.
Résultant des observations réalisées à l’occasion de missions post-sismiques, et de
l’examen de très nombreux rapports ou dépêches après séismes, ces propositions
sont en grande partie généralisables pour se préparer à d’autres types de risques
majeurs, naturels ou technologiques.

Cahier 4, Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs,
Patricia Balandier,
Le cahier 4 décrit les mécanismes de la tectonique des plaques et les phénomènes
sismiques, qui provoquent les différents types de séismes, leurs caractéristiques et
leurs modes de propagation. La connaissance de ces phénomènes est nécessaire au
constructeur pour comprendre leurs effets sur les constructions, et aborder les
questions de politique de prévention. L’ouvrage aborde enfin comment la
traduction réglementaire de ces études de sismologie, qui simplifie nécessairement
la prise en considération des phénomènes étudiés plus haut, ne doit pas dissimuler
leur complexité, mais permettre de mieux comprendre les arbitrages qui président à
la mise en œuvre de la politique de mitigation du risque sismique.

0AN5 LA C0LLECTI0N
C0NCEPTI0N PAkA5I5MI00E
cahier 4
S!SM0L00!E
APPL!0UÉE
PATkICIA BALAN0IEk
cahier 2-a
cahier I
cahier 2
cahier J
S'adìessanl aux aìchílecles el ínqéníeuìs,
enseíqnanls el pìoIessíonneís, ía coííeclíon
des cahíeìs paìasísmíques conslílue un
ensembíe de ìéIéìence des connaíssances
nécessaíìes à ía conceplíon, ía conslìuclíon
el ía pìoleclíon des édíIíces el des víííes
conlìe íe phénomène sísmíque.
Le pìésenl cahíeì poìle suì ía conceplíon
paìasísmíque des bâlímenls neuIs, el
monlìe í'ímpoìlance de ía pìíse en comple
du phénomène sísmíque paì í'aìchílecle el
í'ínqéníeuì dès íe débul de ía conceplíon, el
de í'adoplíon de dísposílíons aìchílecluìaíes
el de pìíncípes de conslìuclíon appìopìíés.
ZZZOHVJUDQGVDWHOLHUVIU
B0ULEVAR0 0E V!LLEF0NTA!NE
BP 43, 380º2 V!LLEF0NTA!NE 0E0EX
FRAN0E
Téí 33 (0)4 74 ºo 88 70
Fax 33 (0)4 74 ºo 88 71
ÉVALUAT!0N 0E LA PRÉS0MPT!0N
0E VULNÉRAB!L!TÉ AUX SE!SMES
0ES BÅT!MENTS EX!STANTS
MILAN ZACEK
00N0EPT!0N PARAS!SM!0UE
N!VEAU AVANT-PR0JET
MILAN ZACEK
VULNÉRAB!L!TÉ
ET RENF0R0EMENT
MILAN ZACEK
URBAN!SME
ET AMÉNA0EMENT
PATkICIA BALAN0IEk
cahier 4
S!SM0L00!E
APPL!0UÉE
PATkICIA BALAN0IEk
!SBN : 2-913969-00-9

Remerciements
S’adressant aux architectes et ingénieurs, enseignants et professionnels, ainsi qu’aux étudiants et chercheurs, la collection des cahiers parasismiques constitue un ensemble de référence des connaissances nécessaires à la conception, la construction et la protection des édifices et des villes contre le phénomène sismique. Cette collection a été développée avec l’aide du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable dans le cadre du programme d’actions confié aux Grands Ateliers pour améliorer l’enseignement des concepts et méthodes de la conception et de la construction parasismiques au sein des formations initiales des divers intervenants de l'acte de construire. Elle est publiée par les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, groupement d’établissements d’enseignement supérieur d’architecture, d’ingénierie, d’art et de design, destiné à faire progresser la formation et la recherche sur la construction et les matériaux. La collection comprend actuellement les cahiers suivants : 1. 2. Conception parasismique, niveau avant-projet, Milan Zacek, Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,

2-a. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton armé, Milan Zacek 3. 4. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique, objectifs et problématique. Patricia Balandier, Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs, Patricia Balandier.

A paraître : 5. 6. Comportement dynamique des structures Construction parasismique, se déclinant sur les diverses technologies : béton armé, acier, bois, constructions en terre, ainsi que sur le second œuvre.

cahier 1

conception parasismique
NIVEAU AVANT-PROJET

MILAN ZACEK

Septembre 2003

.

Parties de bâtiment et détail architectural 2.1.2.3.1. Conception des systèmes porteurs 2.2. 1.2. Diaphragmes 2.4. Pondération des conséquences d'une conception de bâtiment inapropriée GLOSSAIRE BIBLIOGRAPHIE CREDITS 11 13 13 32 33 34 35 50 50 53 62 69 69 69 69 73 80 83 87 89 1 .2. Palées de stabilité (éléments verticaux de contreventement) 2. Présence de niveaux décalés 2.4.3. Hauteur et élancement des bâtiments 2.5.3. Stabilité des constructions vis-à-vis des charges latérales 2. Parti constructif 2.1.4.3. Incidence de la conception sur le comportement des constructions sous seismes 2.4.4. 1.5.4.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments SOMMAIRE PREAMBULE 1.2. Choix de la structure 2.4. 1.3.3.3.1.PERTINENCE DE LA CONCEPTION PARASISMIQUE DES OUVRAGES 1.CONCEPTION PARASISMIQUE NIVEAU AVANT-PROJET 2.4. Stabilité horizontale 2.3. Notion de construction parasismique Limites des règles parasismiques Règles parasismiques et conception architecturale Conclusion 3 5 5 6 9 10 11 2. Rôle et constitution du contreventement 2. Forme des bâtiments 2. Comportement des structures exposées à un séisme 2. Parti architectural 2.2. Couplage de bâtiments 2.2.2.2.2.1.

.

La conception parasismique des bâtiments étant très peu enseignée dans les écoles d'architecture. L'absence de formation des concepteurs de projets à la construction parasismique n'est donc pas défendable. L'architecte peut jouer un rôle important dans la protection des bâtiments contre les effets des séismes. En effet. nous souhaitons que le présent ouvrage puisse aider à combler cette lacune. les problèmes posés et les solutions qui peuvent y être apportées. Il constitue le premier fascicule d'un futur ouvrage traitant de la protection parasismique à l'échelle d'un bâtiment (neuf ou existant). 3 . Ils ont pour mission de réaliser pour leurs clients des ouvrages fonctionnels et sûrs. L'objectif visé est de réaliser une synthèse de la problématique en mettant en évidence d'une manière argumentée et illustrée. Il est de son intérêt d'acquérir cette compétence. de la revendiquer et de la faire valoir.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments PREAMBULE Ce guide s'adresse en premier lieu aux enseignants des écoles d'architecture. ainsi qu'à l'échelle d'une ville. la France possède de nombreuses régions sismiques et l'occurrence de tremblements de terre destructeurs n'y est pas exclue.

.

D'autre part. les règles doivent être relativement simples pour être applicables et appliquées. mais résulte d'un compromis entre le coût de la protection et le risque que la collectivité est prête à accepter.Bâtiment à usage de parking. Cette conformité est généralement interprétée comme une garantie de résistance aux tremblements de terre.2. 1.2. D'une part. 1. NOTION DE CONSTRUCTION PARASISMIQUE Dans la pratique. Effondrement dû à une conception peu judicieuse : la rampe d'accès aux étages limitait la déformabilité des poteaux qui la supportaient. On peut raisonnablement penser qu'une sophistication des règles actuelles donnerait lieu. cette sophistication pourrait entraîner la nécessité d'acquérir une Fig. plus complexes que le calcul des ouvrages de formes simples. Faire porter la rampe par un voile de béton armé aurait constitué une solution plus adéquate (séisme de Northridge. En effet. Californie. des effondrements d'ouvrages ou de parties d'ouvrages lors d'un séisme violent ne sont pas exclus. on observe parfois le non-respect en France des méthodes de calcul requises pour les bâtiments de forme irrégulière. pour ne citer que des cas récents.). notamment à l'échelon des bureaux d'études. des bâtiments calculés aux séismes se sont effondrés. et de nombreuses distorsions par rapport à la réalité existent. cette interprétation ne résiste pas à l'examen.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments 1 PERTINENCE DE LA CONCEPTION PARASISMIQUE DES OUVRAGES 1. à Los Angeles en 1994 (fig. 1994). 1. 5 . Ainsi.) et à Kobé (Japon) en 1995 (fig. on appelle " parasismique " un ouvrage conçu et réalisé conformément aux règles parasismiques en vigueur. . la probabilité de pertes en vies humaines doit rester très faible. le respect des règles parasismiques dans ces pays est de rigueur et la qualité d'exécution parmi les meilleures du monde. 1995). réalisé selon les règles parasismiques américaines. à de nombreuses "impasses". toutefois. Malgré cette relative simplicité. Le niveau d'agression sismique et le comportement des constructions en régime dynamique sont donc pris en compte d'une manière forfaitaire. On estime que la probabilité pour une construction de se trouver durant sa vie près de l'épicentre d'un séisme très destructeur est suffisamment faible pour qu'on puisse la négliger.1. L'objectif visé par les règles parasismiques n'est pas le même que celui d'un architecte maître d'œuvre d'une opération : • Les règles parasismiques visent un résultat global à l'échelle de la zone touchée par un séisme.1.Basculement d'un bâtiment calculé au séisme suite à l'effondrement du rez-de-chaussée commercial dont la rigidité horizontale était très inférieure à celle des étages (séisme de Kobé. Or. le niveau de protection recherchée. Cependant. L'éventualité d'échec est admise . Bien qu'un niveau suffisant de résistance aux tremblements de terre est souvent obtenu par l'application des règles parasismiques. Fig. . dans leur application. fixé par la puissance publique ne correspond pas à une protection totale. 1.1.

pour être réellement parasismique. .exécution de qualité. 6 . la conception devrait être judicieuse pour pallier les effets pervers des hypothèses réglementaires. Elles n'ont pas pu leur résister. car la probabilité de son occurrence durant la vie d'une construction est faible (sa période de retour étant généralement longue). ce qui n'est pas le cas actuellement. alors qu'aucune activité sismique antérieure importante n'y est connue. A ce propos. L'ignorance de séismes violents survenus dans le passé équivaut à une sous-estimation du mouvement sismique de référence. LIMITES DES REGLES PARASISMIQUES La nécessité d'avoir des règles parasismiques simples. un ouvrage " sur mesure ". quelques démarches réglementaires sont commentées dans ce qui suit. Au contraire. Par exemple à Kobé en 1995.Le zonage sismique (et par conséquent le niveau de protection exigé) est basé sur la connaissance de la sismicité historique. la zone aurait été classée 0. faciles à utiliser. Un bâtiment ne peut résister aux tremblements de terre par la seule vertu des calculs. des constructions réglementairement calculées pour des charges sismiques équivalentes à 30 % de leur poids.5 fois plus élevées.respect des règles parasismiques (celles-ci concernent des dispositions constructives et le dimensionnement) . Un tel séisme peut cependant se produire. . doit réunir trois conditions : . .2.3) survenu en 1909. une simple application des calculs parasismiques à un projet de bâtiment qui ne favorise pas la résistance aux charges dynamiques ne peut lui conférer un comportement efficace vis-à-vis des séismes. ainsi qu'un compromis entre un niveau de protection parasismique acceptable et son coût. a été évoquée plus haut.les grands ateliers formation spécifique dans ce domaine. magnitude 6. • Niveau d'agression sismique . Dans le but d'apprécier le degré de prise en compte par les règles de l'agression sismique et du comportement réel des structures. ont subi des charges 2. Or.conception architecturale parasismique . • L'architecte a pour mission de réaliser pour son client un ouvrage qui présente toutes les garanties de confort et de sécurité.Les constructions courantes ne sont pas calculées pour résister au séisme maximum plausible dans la zone concernée. Les enseignements tirés des séismes destructeurs survenus dans le passé ont permis de constater qu'une construction. 1. il est intéressant de noter que plusieurs cantons du département des Bouches-du-Rhône sont classés en zone II (zone la plus forte en France métropolitaine) en raison du séisme de Lambesc (intensité VIII-IX. Si ce séisme à longue période de retour ne s'était pas encore produit.

Ces bâtiments se sont tous effondrés. Lors des tremblements de terre. le calcul réglementaire ne considère qu'une seule accélération (supposée maximale).). que de leur résistance pure. Lorsqu'un effet topographique est possible. les structures subissent une mise en mouvement (de l'énergie cinétique leur est " injectée ") et des déformations imposées. avant leur retour en position initiale. appliquée sans durée comme une force statique. Cette démarche est obligatoire pour les ouvrages à risque spécial (usines chimiques ou nucléaires. A Mexico. Or.Les amplifications locales des secousses dues aux effets de site et qui peuvent multiplier les charges sismiques par cinq ou plus.Un séisme impose aux constructions une suite d'accélérations violentes dont la durée peut dépasser 1 mn. • Hypothèse de calcul . barrages. Leur action réelle est donc plus préjudiciable que dans le cas considéré par les règles parasismiques. On observe effectivement que les structures ayant une bonne capacité à absorber l'énergie (par stockage temporaire et par dissipation) se comportent mieux sous séismes destructeurs que d'autres. mais qui n'ont pas cette capacité. les charges sismiques sollicitent dans ces cas plusieurs fois les ouvrages déformés. ne sont prises en compte que partiellement.. lors du séisme de 1985. les constructions sont considérées comme non déformées au moment d'application des charges sismiques. • Philosophie du calcul Par commodité. ce dernier type d'amplification a atteint le facteur 7. . soumis à une procédure plus contraignante que celle des règles parasismiques. Quant aux effets d'amplification dynamique observée dans les sols alluvionnaires de forte épaisseur.. ils sont négligés (car mal connus). le calcul des structures aux séismes est basé sur le concept de force. les règles PS 92 prévoient une majoration des charges sismiques par un facteur de 1. par 7 .Pour le calcul aux séismes.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Une solution à cette situation serait de fixer le niveau de protection à partir d'un zonage sismotectonique qui tient compte des structures sismogènes (failles). qui est donc essentielle. Cette dernière est conférée aux ouvrages lors de la phase de conception.Le facteur le plus destructeur observé lors des tremblements de terre est la résonance des constructions avec le sol. . Cependant.5 pour les bâtiments à période propre fondamentale de 2s (tours de 10 à 20 niveaux) fondés sur sols alluvionnaires..4 maximum. plus " résistantes en soi ". Leur survie en cas de séisme dépend davantage de leur capacité à absorber cette énergie et à tolérer ces déformations. La résonance accroît considérablement les amplitudes d'oscillation et. . alors qu'aucune force d'origine sismique réelle ne s'exerce sur elles. Les deux situations ne sont pas comparables car la durée de secousses est un facteur de dommage important. Un séisme long est en général plus destructeur qu'un séisme court plus fort. la période des secousses étant dans la plupart des cas plus courte que celle de l'oscillation des ouvrages.

est caractérisé pour le calcul par un " coefficient de comportement ". On accepte donc des dommages localisés (rotules plastiques) bien placés. . ce coefficient est global et forfaitaire et sa valeur peut parfois être très surestimée lorsque la structure comporte des zones susceptibles de rupture fragile (poutres ou poteaux courts ou bridés. etc. . soit une démarche aisée.L'interaction sol-structure n'est pas prise en compte dans le calcul réglementaire. Son incidence est le plus souvent favorable (dissipation d'énergie). les constructions conformes aux règles parasismiques montrent globalement un comportement nettement meilleur que celles qui ne le sont pas. Cependant. poutres sollicitées en torsion. mais les cas défavorables ne sont pas rares (accroissement de charges dans le cas de certaines structures rigides). La structure est alors dimensionnée pour des charges inférieures à celles qu'elle pourrait subir. multiplie l'intensité des charges sismiques par un facteur important (les charges sismiques sont proportionnelles aux amplitudes d'oscillation.La stratégie de protection parasismique réglementaire consiste à conférer aux constructions une ductilité suffisante pour éviter leur dislocation lors des oscillations imposées. Les échecs sont relativement rares. ou plus précisément de dissipativité car d'autres mécanismes de dissipation entrent en jeu. des périodes propres des bâtiments (si elle s'avérait souhaitable). Toutefois. après la division des charges par un coefficient de comportement. Les périodes propres du sol d'assise et de la structure ne sont pas comparées (la résonance se produit lorsqu'elles sont les mêmes ou très proches). ce fait ne devrait pas inciter à s'en contenter. économiquement réparables ou non. Malgré l'existence des distorsions qui viennent d'être exposées. changements brusques de section. En outre. Cependant. ajouter des murs de contreventement (pour raccourcir la période) ou opter pour des façades légères à la place de murs de remplissage en maçonnerie ou encore augmenter l'élancement du bâtiment (pour allonger sa période). dans le but d'éviter l'effondrement de l'ouvrage sur les occupants.les grands ateliers conséquent. la résonance n'est pas spécifiquement prise en compte dans le dimensionnement des ouvrages aux séismes. reports de charges. On peut. ce qui est loin d'être rare. bien que la modification. lors de la phase du projet. percements importants. 8 . par exemple. selon la dissipativité estimée de la construction.). appelées " déplacements "). le calcul peut indiquer les sollicitations de compression dans des sections dans lesquelles une traction ou un soulèvement peuvent se produire. car les bâtiments conformes aux règles qui s'effondrent lors de séismes majeurs entraînent eux aussi des pertes en vies humaines et représentent un échec personnel pour l'architecte. Il s'agit d'un coefficient diviseur des charges sismiques ayant une valeur entre 1 et 8. Le degré de ductilité.

les règles parasismiques en vigueur sont les règles PS 92 (norme P 06-013).3. .la construction ne peut comporter plus d'un étage sur rez-de-chaussée . a priori. c'est-à-dire les ouvrages dont la ruine n'a pas de conséquences sur l'environnement. Exemples de restrictions permettant le recours aux règles PS-MI 89/92 : . Les ouvrages à risque normal échappent donc à cette obligation en zone 0. Ib. Leur respect est obligatoire pour toutes les constructions neuves dans lesquelles il y a une présence humaine permanente (classes B. Il s'agit principalement de maisons individuelles. afin de permettre aux constructeurs d'ouvrages modestes d'obtenir une protection parasismique sans avoir recours à des calculs. 9 . substitué. Ce cas est d'ailleurs assez fréquent. être mal conçu du point de vue parasismique. Ib ou II. D). C. barrages.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments 1.règles de calcul (évaluation des actions sismiques de calcul. de même que l'Eurocode 8.).dispositions constructives générales et dispositions particulières à divers matériaux ou procédés de construction . à terme. les décrochements éventuels ne pouvant dépasser au total le quart de la longueur du côté concerné . REGLES PARASISMIQUES ET CONCEPTION ARCHITECTURALE Les règles parasismiques françaises s'appliquent aux ouvrages à risque normal. alors même que la conception des ouvrages joue un rôle déterminant dans leur résistance aux séismes (cf. II ou III. vérification de la résistance et des déformations de la structure). S'agissant de règles forfaitaires. Elles sont très proches de l'Eurocode 8 qui leur sera. Toutefois. Il apparaît donc que ces règles n'imposent aucune disposition architecturale .…). ce qui n'est pas le cas des ouvrages à risque spécial (ouvrages dont la ruine ou même des dommages mineurs peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour la population ou pour l'environnement : bâtiments de stockage de produits toxiques. portent sur deux domaines . En France. 1. y compris en ce qui concerne la conception architecturale.1. elles s'appliquent sur un projet déjà défini qui peut. . leur domaine d'application est très restreint. situées dans les zones Ia.la forme du bâtiment ne peut s'écarter que faiblement du rectangle. l'arrêté du 29 mai 1997 autorise l'emploi facultatif des règles PS-MI 89 révisées 92 (norme P 06-014) en lieu et place des règles générales (PS 92) pour des bâtiments à risque normal de la classe B situés en zone Ia. Les règles PS 92.

1. car c'est au moment de l'esquisse qu'on fixe la géométrie (donc la répartition des masses et des éléments rigides).les grands ateliers .4. Le comportement d'un ouvrage sous séisme est pratiquement déterminé en amont des règles. son mode de fonctionnement sous charges sismiques L'architecte devrait par conséquent posséder dans le domaine parasismique un bagage de connaissances solide. Ce bagage doit lui permettre d'opérer.50 m de portée. étage ne peuvent différer de plus de 30 % . en amont des calculs. CONCLUSION Nous avons vu que la conception architecturale joue un rôle au moins aussi important que l'application des règles parasismiques. Par ailleurs. 10 . des choix qui assureront à la construction projetée des conditions optimales de résistance aux séismes. par là.les porte-à-faux ne peuvent dépasser 1. une conception des bâtiments rationnelle permet de maintenir le coût de leur protection parasismique à un niveau relativement faible. . car il " doit " à son client un travail sur mesure irréprochable. ainsi que le type de structure et. La protection des ouvrages dont l'architecture n'est pas favorable à la résistance aux séismes fait envoler les coûts.les hauteurs des divers niveaux (sous-sol. rez-de-chaussée.

compression. 2. encastré à sa base. 11 . donc du projet d'architecture.1. fig. torsion.54). donc aussi la charge sismique agissant sur la masse. Les actions sismiques sont considérées en France comme accidentelles. Une construction est un amplificateur des secousses qui lui sont communiquées au niveau des fondations. etc.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments 2. le comportement des éléments fléchis (et dans une certaine mesure celui des structures tendues ou comprimées). est égale au produit de la rigidité du ressort par le déplacement de la masse (F = k.Implication du type de sollicitation Selon leur nature et leur forme. fig. Les amplitudes des déplacements des niveaux supérieurs sont en général plus importantes (parfois 3 à 4 fois) que celles du sol d'assise. appelés aussi isolateurs. les poteaux plus larges que les autres situés sur un même niveau (fig. Par exemple.x).1a. variables ou accidentelles. INCIDENCE DE LA CONCEPTION SUR LE COMPORTEMENT DES CONSTRUCTIONS SOUS SEISMES Cet incidence est essentiellement de trois types : 1. les actions sismiques sont proportionnelles à ces déplacements car les amplifications se produisent par effet de ressort (le bâtiment en est un. 2 . Lors des actions dynamiques.1b. ou même négative (atténuation). ce qui a pour conséquence d'attirer les charges sismiques. 2. Or.2. ou les poteaux dont la déformabilité est bridée par une allège (fig. CONCEPTION PARASISMIQUE NIVEAU AVANT-PROJET 2. les éléments constructifs " travaillent " en flexion. 2. Cette dernière est couramment obtenue par l'emploi d'appuis parasismiques. agissant sur les constructions. Etant donné que les déplacements des différents niveaux d'un bâtiment dépendent de l'importance et de la répartition des masses et des éléments rigides. 2. 2. il est possible de rechercher au stade du projet une amplification limitée.Influence sur l'importance des actions sismiques Rappelons que les actions sont les forces et les couples engendrés par les charges permanentes.82). Une augmentation des actions sismiques indésirable peut être provoquée également à l'échelle d'un élément constructif. fig.) . la force dans un ressort. constituent des " points durs ".

a où m est la masse accélérée. déplacements des masses déplacements X3 F3 = kx3 X2 rigidité k X1 F1 = kx1 F2 = kx2 déplacements à la base a) Amplification des déplacements b) Forces appliquées sur le ressort Fig. fige généralement le " fonctionnement " mécanique 12 .Amplification des oscillations par un ressort.b .1. D'après la 2ème loi de Newton.Exemple d'amplification et d'atténuation des accélérations par un bâtiment fondé sur un sol donné (ici. accélération du plancher haut accélération maximale du sol bât A bâtiments amplifiant les secousses bât B bâtiments atténuant les secousses bâtiments à 1 niveau pour ordre croissant de période propre Fig. Le bâtiment A amplifie les secousses.2.les grands ateliers sujets à une rupture ductile. 2. le bâtiment B les atténue. opéré par l'architecte. aux accélérations : F = m. sol dur). Le choix du parti architectural et du parti constructif. est bien meilleur que celui des éléments soumis à de fortes sollicitations de cisaillement ou de torsion. . à une constante près. Or une rupture fragile peut conduire à un effondrement rapide. dont la rupture est en général de type fragile. a. sont égales. les charges sismiques. 2. qui sont des forces d'inertie. alors qu'un comportement ductile le retarde ou le prévient.

Immeuble à Rome 13 . Lors de mouvements sismiques. Leur comportement sous charges sismiques est en général satisfaisant. plus bas). . Les plans carrés ou proches du carré conviennent très bien (fig. Cette configuration a souvent été adoptée pour les tours car elles doivent résister à une autre force horizontale importante : le vent. 2. ainsi que son comportement sous séisme.3. Elles se produisent de manière privilégiée dans les angles rentrants apparaissant à l'échelle d'un bâtiment.3). Une construction idéale présenterait la même rigidité dans toutes les directions Immeuble du centre Immeuble Sunshine 60 John Hancock à Chicago à Tokyo Fig. Les déformations d'ensemble sont prédominantes et les mouvements différentiels limités.1.FORME DES BÂTIMENTS Les options suivantes créent de bonnes conditions de résistance aux séismes : • Symétrie selon deux axes en plan Les plans symétriques selon deux axes (s'ils sont simples et compacts. les fissures peuvent rapidement se propager et entraîner un effondrement partiel ou total de l'ouvrage.PARTI ARCHITECTURAL 2. 2. 3. au contraire.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments du bâtiment et détermine donc la nature des sollicitations des divers éléments structuraux. Les concentrations de contraintes peuvent être accrues ou. 2. limitées par les options de projet liées à la géométrie des bâtiments et de leurs parties.2. présentent un bon comportement sous charges sismiques.Bâtiments ayant un plan carré ou proche du carré.2.Incidence sur les concentrations de contraintes Les concentrations de contraintes facilitent la fissuration de la structure. à celle d'un élément ou de la modénature. cf.

sous charges horizontales.5. 2. .4. sous l'action de forces horizontales. leur éclatement hors plan est à craindre (fig. il subit à chaque niveau des déplacements horizontaux différents (fig. J. l'ouvrage vrille autour d'un axe vertical.4.) ou lorsque la configuration de l'ouvrage est à l'origine d'un excentrement de ses parties latéralement rigides. 2. 2.Mur courbe en maçonnerie et son éclatement sous charges horizontales d'une certaine intensité. 14 .4. sa structure doit constituer un système tridimensionnel efficace (fig. 2. Ce type de sollicitation est mal toléré par la structure. Son comportement ne peut être assimilé à celui d'une coque. § 2. Dans ces cas. Elle a donc lieu quand les éléments de contreventement sont décentrés (cf. Elle se produit lorsque le centre de rigidité d'une construction n'est pas confondu avec son centre de gravité.5). les formes simples conduisent en général à des détails constructifs simples. Un bâtiment cylindrique possède cette propriété mais pour résister aux charges sismiques.7a). arch. 2. Les murs courbes en maçonnerie ne conviennent pas car. plus faciles à concevoir et à réaliser que ceux des structures complexes. Le danger d'éclatement est aggravé par la présence de percements (baies). Portman) Fig.les grands ateliers Fig. Ces phénomènes réduisent la capacité des constructions à absorber l'énergie cinétique des oscillations (l'énergie non absorbée produit un travail de rupture dans la structure).4).Bâtiment cylindrique possédant une excellente résistance tridimensionnelle (Peachtree Center Plaza à Atlanta. 2. Au lieu de fléchir comme un bloc. horizontales. Par ailleurs. La torsion d'ensemble est l'un des facteurs de dommages sismiques les plus destructeurs. Inconvénients des plans asymétriques ou ne possédant qu'une symétrie selon un axe Deux phénomènes sont plus particulièrement source de dommages sismiques dans les bâtiments asymétriques : la torsion d'ensemble et les concentrations de contraintes.6a . .

.7 a.1.b . A l'intersection des ailes. 15 .Bâtiment ne possédant pas une symétrie biaxiale. 2.1995) différence de rigidité de forme compensée différence de rigidité de forme non compensée a) Déformation en vrille d'un bâtiment ne présentant qu'un axe de symétrie b) L'asymétrie de la rigidité transversale. b) Exemple de dommages à l'intersection des ailes d'un bâtiment (séisme de Kobé. la possibilité de torsion ne doit pas être introduite dans l'ouvrage par la dissymétrie de la structure. plus particulièrement de ses éléments rigides (éléments de contreventement).6.Bâtiments avec des ailes mécaniquement solidaires. 2.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Dommages dus à des concentrations de contraintes a) Les ailes subissent des déformations de torsion " en vrille ".102. fig. est compensée par l'ajout d'un noyau rigide Fig. notamment lorsque les ailes n'ont pas la même hauteur Fig. Toutefois. 2. La symétrie du plan selon deux axes ou plus favorise donc le bon comportement des bâtiment exposés à un séisme. des dommages dus aux concentrations de contraintes sont fréquents.b. 17. a. due à la forme du bâtiment.

Bâtiments présentant des volumes en saillie. L'intensité des contraintes augmente avec la profondeur de l'angle.) limitent cette profondeur.6.8b).b .8. § 1. a) Plan comportant de nombreuses saillies et retraits dont les angles rentrants sont le siège de concentration de contraintes en cas de séisme b) Limitation des saillies autorisant l'emploi (facultatif) des règles PS-MI 89/92 Fig. 16 . les saillies éventuelles ne doivent pas dépasser au total le quart du côté du bâtiment concerné (fig.8. 2.les grands ateliers Les concentrations de contraintes se produisent plus particulièrement dans les angles rentrants formés par des saillies (fig. Pour cette raison. a. 2. 2. Si l'on souhaite utiliser ces règles. retraits ou intersections des ailes d'un bâtiment. elles ont tendance à se séparer (fig. les règles parasismiques PS-MI 89/92 (rappelons que leur emploi est facultatif. 2. Ces dernières peuvent être exposées à des sollicitations sévères étant donné que les ailes n'oscillent pas en phase.). cf.3.). Lors des mouvements sismiques.

b) Largeur minimale des joints parasismiques 17 .Joints parasismiques.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Solutions permettant de corriger les conséquences de l'asymétrie de la forme des bâtiments • Joints parasismiques Les configurations asymétriques peuvent. 2. 2. 2. On peut utiliser des coffrages extractibles en carton ou des prévoiles préfabriqués. la largeur des joints devient prohibitive dans le cas des constructions élevées dont l'amplitude d'oscillation au sommet peut être importante (fig. Acceptable pour des constructions basses. de préférence souples (tôles pliées. être vides de tout matériau et éviter de couper les fondations lorsque des tassements différentiels ne sont pas à craindre.). 2. avec un minimum réglementaire qui est en France de 4 cm en zones Ia et Ib et de 6 cm en zones II et III. etc.9. tassement différentiel) doivent être traités comme des joints parasismiques. dans de nombreux cas. Les joints doivent être protégés contre l'introduction de corps étranger par des couvre-joints. Les couvre-joints rigides peuvent être utilisés s'ils sont fixés d'un seul côté du joint sous peine de dommages (fig. a. soufflets.9b). 2. le choix d'une configuration simple est impératif. L'exécution des joints vides n'est pas sans difficultés. Les joints parasismiques doivent avoir un tracé rectiligne sans baïonnettes. b .10a).10b). Pour ces constructions. fig. les joints entraînent un surcoût non négligeable et ne doivent pas être recherchés a priori. être fractionnées en volumes simples par des joints parasismiques (fig. Dans tous les cas.9. Les joints prévus pour d'autres raisons (dilatation thermique. La largeur de ces derniers dépend de la déformation maximale des blocs attenants. bloc 1 déplacements maximaux calculés bloc 2 bloc 1 d mini bloc 2 déplacements maximaux calculés d mini a) Fractionnement des bâtiments à configuration complexe par des joints parasismiques Fig.

…) dans les zones flexibles. Elle consiste à adoucir les angles rentrants par une forme plus fluide du bâtiment (fig. noyaux fermés. Des noyaux en voiles de béton armé ont été ajoutés aux extrémités des ailes. Japon. a.7b. a) Couvre-joint à soufflet en caoutchouc avant compensation après compensation Fig. 2.les grands ateliers • Compensation d'une " mauvaise " distribution de la rigidité Pour faire coïncider ou rapprocher le centre de gravité d'un niveau avec son centre de rigidité (qui est le barycentre des rigidités). 2.11). .Compensation d'une " mauvaise " distribution de la rigidité.1995) Fig.12). il est possible d'ajouter des palées de stabilité (murs de contreventement. de manière à minimiser les déformations différentielles (fig. 2. 2. 2.1. souvent employée. 18 .11.b. 17. • Variation progressive de la rigidité b) Couvre-joint en tôle pliée Cette démarche relève du parti architectural.Couvre-joints.c . c) Dommages au revêtement en pierre constituant un couvre-joint rigide fixé de part et d'autre du joint (séisme de Kobé.10. palées triangulées. Il s'agit d'une correction partielle mais efficace.

Son efficacité n'a pas encore été validée par les séismes majeurs. Les déplacements imposés à la construction par le séisme se localisent principalement au niveau des appuis conçus pour les supporter sans dommages.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments a) Traitement d'un angle rentrant Fig. En outre.Renforcement d'un angle rentrant. Les déformations de la superstructure sont ainsi minimisées. fréquemment utilisée aux Etats-Unis et au Japon. de même que les concentrations de contraintes.Variation progressive de la rigidité d'un bâtiment à ailes. est délicate à mettre en œuvre (fig.14a). a.13). • Isolation parasismique L'isolation parasismique est une stratégie de protection parasismique non traditionnelle. appelés aussi isolateurs car ils isolent partiellement la construction des secousses du sol (fig. Elle consiste à interposer entre la superstructure et les fondations (ou un sous-sol) des appareils d'appui.12. 19 . 2. 2. Elle implique un dimensionnement généreux des porteurs verticaux situés dans les angles rentrants et présente le danger de constituer des points durs qui " attirent " les sollicitations d'origine sismique.13. 2. b) Immeuble à Tokyo • Renforcement des angles rentrants Cette solution. On peut donc chercher à corriger la possibilité de torsion d'ensemble d'un bâtiment de forme complexe en faisant coïncider le centre de rigidité de l'ensemble des isolateurs avec le centre de gravité du bâtiment. la réponse (la réaction) de la construction est fonction des caractéristiques des appuis. La réduction des charges sismiques au niveau des étages peut atteindre le facteur 5 ou plus. b . Fig. . 2.

16b). des saillies et des retraits et. la différence des rigidités transversale et longitudinale d'un plan rectangulaire peut être corrigée par un renforcement du contreventement (fig.b . Leurs inconvénients peuvent être corrigés de la manière décrite plus haut. 2. “Compacité du plan”) Il est recommandé que le rapport des côtés ne soit pas supérieur à 3 (fig. 2. 2. 20 .15. La fig.(ef. par conséquent.Correction des inconvénients des plans complexes à deux axes de symétrie. on devrait limiter cette différence en évitant les rectangles très allongés.15 en montre quelques exemples.14. b . b) Limitation des déformations • Simplicité du plan Les bâtiments symétriques selon deux axes peuvent également comporter des ailes.a. a) Fractionnement en blocs simples b) Ajout de noyaux rigides et variation progressive de rigidité Fig.Emploi d'appuis parasismiques. Sans correction. a. De même. 2. 2.16a).les grands ateliers d faible d important fondations profondes éventuelles a) Emplacement des appuis parasismiques de la superstructure Fig. des angles rentrants.

En effet.b. Afin de limiter l'importance des déformations différentielles.Limitation de la différence entre les rigidités transversale et longitudinale. a. 2. l'énergie qui se propage dans un bâtiment se réfléchit à son extrémité vers l'intérieur et s'y concentre. Les différences augmentent avec la distance.17a).17c). on observe souvent des dommages sismiques importants aux extrémités des bâtiments longs. En outre. Tokyo) Fig. 2.16. 2. 2.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments y x x < 3y a) Rapport recommandé longueur/largeur d'un bâtiment b) Compensation du manque de rigidité transversale d'un bâtiment par un contreventement renforcé (bâtiment Mitsui. Le phénomène fait penser à un coup de fouet. 21 . La fig. arrivée à la limite du milieu solide. Ces dommages sont dus à un phénomène de type " coup de fouet ". • Compacité du plan Les mouvements sismiques horizontaux et verticaux du sol ne sont pas identiques d'un endroit à l'autre. dont le claquement témoigne de l'énergie concentrée à sa pointe. Leur effet sur les bâtiments de grandes dimensions horizontales peut être sensible (fig.18 montre les dommages sismiques importants aux extrémités d'un bâtiment long. il est souhaitable de fractionner ces bâtiments en blocs compacts (fig.

ainsi que des concentrations de contraintes dans les angles rentrants y x x < 3y c) Fractionnement en blocs compacts Fig.c . 22 . 2.17.b.Bâtiments de grandes dimensions horizontales. a.les grands ateliers plan élévation onde sismique a) Déformations différentielles horizontales et verticales b) Exemple d'un bâtiment pouvant subir en cas de séisme des déformations différentielles importantes.

Toutefois. b. . sans transfert horizontal. 2. Afin de limiter les inconvénients engendrés par les retraits. Italie. Il peut être réalisé sur une ou plusieurs façades et concerner un ou plusieurs niveaux (fig. Différents cas sont commentés ci-après.09.20a). En effet. subissent habituellement moins de dommages sismiques que celles qui présentent des volumes en saillie ou en retrait. L'importance des dommages sismiques varie avec le type de dissymétrie ou de complexité.19).18. " Hauteur et élancement des bâtiments ". des dommages localisés dans les angles rentrants en pied des retraits sont souvent observés (fig. ils peuvent subir des déplacements opposés et. ou comportent des transparences.2.Bâtiment long ayant subi des dommages importants à ses extrémités (séisme de Colfiorito. 23 . les niveaux en retrait n'oscillent pas à la même fréquence que les niveaux courants. 2. 2. si elles sont correctement mises en œuvre.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments • Symétrie et simplicité en élévation L'absence de simplicité ou d'une symétrie selon deux axes est en général plus préjudiciable en élévation qu'en plan. Ces niveaux peuvent effectuer des déplacements opposés par rapport aux étages courants et subir des dommages importants à leur base. Fig. A certains moments.20b). a) Retraits sur une façade b) Retraits sur plusieurs façades Fig. 2. Ce cas est commenté dans le paragraphe 2. Lors de séismes violents. leur importance augmente avec celle du retrait. Niveaux avec retrait Le retrait d'étages supérieurs est une situation fréquente.19. 26. Le cas est aggravé si les poteaux des étages en retrait reposent sur les poutres des niveaux inférieurs.2. la descente de charges devrait être directe. par conséquent. une réduction progressive des dimensions horizontales vers le haut peut constituer une option favorable à la résistance aux séismes. 2. On observe que les constructions dont les dimensions horizontales ne varient pas avec la hauteur. des concentrations de contraintes sévères à leur base (fig.1997).Niveaux avec retraits. a.

b . Les caractéristiques et les inconvénients des joints parasismiques ont été exposé plus haut. 2. Japon (17.1995).les grands ateliers a) Concentration de contraintes en pied des retraits b) Bâtiment endommagé par le séisme de Kobé. La partie supérieure du bâtiment n'oscille pas à la même fréquence que sa partie inférieure Fig.21). par exemple des étages formant un bloc élancé surplombant des niveaux inférieurs (fig.Dommages dus à la présence de niveaux en retrait. 24 .20. Le concepteur de projet doit apprécier l'opportunité de leur application au cas étudié. Leur flexibilité permet également une excitation significative des modes supérieurs d'oscillation. a. Le comportement des retraits élancés est particulièrement préjudiciable. entraînant une amplification des charges sismiques. Ils ont tendance à se coucher sur les niveaux inférieurs.1. Le fractionnement par des joints parasismiques peut être envisagé lorsqu'un bâtiment est constitué de blocs de rigidités très différentes. Solutions permettant de corriger les effets préjudiciables des retraits Les solutions présentées ne s'adaptent pas toutes à tous les cas. 2.

Fractionnement des bâtiments avec retraits. .22).Retrait progressif de la structure. il est nécessaire d'incliner les poteaux (fig.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments • Joints parasismiques Fig. Dans le cas d'une ossature en poteaux et poutres. parois non structurales voile poteaux inclinés Fig. qui relève du choix du parti architectural. Les angles rentrants sont formés par des parois non structurales. 2. • Retrait progressif de la structure Cette solution. 2.22.21. supprime les angles rentrants dans la structure. . 2. 25 . Le retrait progressif est facilement réalisable dans le cas d'une structure en voiles de béton.

9. les dommages sismiques sont nuls ou de faible importance. si possible. corniches. Japon. Si leur portée est importante ou si un élément lourd (jardinière. 26 .…) est placé à leur extrémité.23). elle peut être utilisée dans tous les cas de figure. auvents. a. surplombs. Modénature en creux ou en relief Les saillies et les retraits destinés à enrichir une façade forment une multitude d'angles rentrants qui sont régulièrement le siège de dommages localisés lors de séismes violents. L'efficacité de cette solution vis-à-vis des séismes de forte magnitude demande à être validée. Vénézuela. b. il convient de limiter leur importance et.Oscillations verticales des porte-à-faux.7. les angles rentrants verticaux peuvent être renforcés (dimensionnement généreux + confinement du béton efficace). Fig.1995) Dans le cas des éléments en porte-à-faux de faible portée. a) Effondrement de coursives en porte-à-faux (séisme de Kobé. en zone sismique. 2. • Isolation parasismique Cette solution. garde-corps en béton. Eléments ou niveaux en porte-à-faux La présence de porte-à-faux (balcons. Si on souhaite conserver des saillis et des retraits.1. 2. notamment dans le cas des façades porteuses (fig. Par conséquent. de tels éléments peuvent se rompre et s'effondrer au pied du bâtiment (fig. 2. d'adoucir les angles rentrants. 2.…) engendre des angles rentrants dans lesquels des concentrations de contraintes se produisent plus particulièrement sous l'effet d'oscillations verticales (fig.les grands ateliers • Renforcement des angles rentrants De même que dans un plan horizontal. 2.25). est basée sur la réduction des charges sismiques et non pas sur l'optimisation de la superstructure.24.1997) Fig.Dommages sismiques aux éléments en porte-à-faux. il est préférable d'éviter les porte-à-faux ou limiter leur portée à 2 m environ.23. b) Effondrement de poutres en console (séisme de Cariaco. 17. De même que la précédente. Configurations de type " pendule inversé " Les configurations visant à concentrer la masse des bâtiments dans leurs niveaux supérieurs donne lieu à des sollicitations d'origine sismique élevées. commentée plus haut.24). .

les charges sismiques étant proportionnelles aux masses. à la jonction d'un élément " souple " et d'un élément rigide. il est souhaitable d'éviter. 2. les formes de bâtiment en pendule inversé (fig. Lors de séismes destructeurs. 2.30).26) ou en pyramide inversée (fig. si des efforts de traction apparaissent dans les poteaux.28).Bâtiments en forme de pendule inversé Il est souhaitable d'éviter ce type d'ouvrages dont le centre de gravité est élevé.26. Fig. La hauteur de ces niveaux est souvent nettement plus grande que celle des autres niveaux et l'élancement des éléments porteurs verticaux plus important. 2. Shinohara). car le rayon de courbure y est petit et le besoin de ductilité (de plasticité) très important. Cette configuration est déconseillée pour les bâtiments parasismiques car elle donne lieu à des moments de renversement (et par conséquent à des efforts) importants. déformation à laquelle.27. D'une manière générale. Le cas se produit quand ces poteaux assurent la résistance aux charges horizontales du niveau " souple ". habituellement. Fig.1. Niveaux " souples " De nombreux bâtiments comportent un ou plusieurs niveaux dont la rigidité horizontale est sensiblement inférieure à celle des autres étages.29c).Dommages aux éléments de façade en saillie ou retrait (séisme de Kobé. Japon. les sollicitations axiales dans les éléments porteurs verticaux croissent avec le moment de renversement. leur résistance au cisaillement est notablement réduite. K. bâtiments administratifs. les poteaux ne résistent pas (fig. L'oscillation des étages supérieurs entraîne leur " mise en S ". Japon. dépassant la capacité de déformation des poteaux usuels (fig. C'est le cas des bâtiments sur " pilotis ". garages. vitrines ou fenêtres concentrées sur certains niveaux (commerces.27).Milan ZACEK conception parasismiques des batiments En effet. Par conséquent.29). ces niveaux sont fréquemment écrasés suite à la rupture de poteaux à leurs extrémités (fig. . etc.1995). Ils donnent lieu à des contraintes importantes dans les éléments porteurs verticaux. 2. . 2. de même que de ceux qui présentent de grandes portes. 27 . le bras de levier du moment de renversement augmente avec l'élévation du centre de gravité. 17. hôtels. Un comportement similaire est observé dans le cas des murs porteurs affaiblis par des percements (fig. les dommages sismiques se produisent de préférence au droit d'un changement de rigidité.Bâtiment en forme de pyramide inversée (commissariat de Kuamoto. dans la mesure du possible. Fig. . Or. La rupture a habituellement lieu à leurs jonctions avec les planchers supérieur et inférieur. En outre. 2. 2. 2. arch. 2.25.).

ainsi que la présence d'un gousset ou d'un chapiteau. Turquie. dans les deux directions principales. 27.6. Les véritables solutions consistent à conférer au niveau concerné une rigidité horizontale comparable à celle des autres niveaux. Un confinement dense du béton aux extrémités des poteaux. 2.1.5.Dommages au rez-de-chaussée affaibli par de grandes ouvertures (séisme de Kobé. a. b. 2.1968) b) Effondrement partiel du rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation. 16. Il s'agit de placer en façade ou en retrait des façades. 28 .1998) Fig. Turquie.28.b . dans les cas courants.Oki. 2.6.29.32). L'effondrement total a été empêché par la présence du mur en blocs de béton (séisme de Ceyhan-Misis. améliore leur comportement sans toutefois leur assurer une capacité de résister à un séisme de forte magnitude (fig. des travées rigides (palées de stabilité ou murs de contreventement) assurant la résistance aux charges horizontales à la place des poteaux (fig.31). Japon. c . distribuées sur des élé- Fig. Les charges sismiques étant.Ecrasement d'un rez-de-chaussée " souple ". 27.1998) Fig.1995). Solutions permettant d'éviter l'effet de niveau souple • Contreventement par voiles ou par triangulation Cette démarche a une forte incidence architecturale. a) " Mise en S " des poteaux b) Rupture consécutive des poteaux à leurs extrémités c) Rupture typique des poteaux au droit des planchers (séisme de Ceyhan-Misis. . 2. a.Comportement des niveaux " souples " sous charges sismiques. 2. Japon. 17.30.les grands ateliers a) Rez-de-chaussée écrasé après la rupture des poteaux (séisme de Tokachi .

a. dont la présence est favorable. mais il a vraisemblablement prévenu l'effondrement de l'immeuble (séisme de Tangshan.1976.31. en présence de voiles ou de travées triangulées.Contreventement des niveaux " transparents ".Milan ZACEK conception parasismiques des batiments a) Rupture atypique d'un poteau. Californie.9) Fig. Le confinement dense du béton à ses extrémités a prévenu l'éclatement dans ces zones (séisme de San Fernando. 2. maximal (cf.33). a) Exemples de contreventement des niveaux " sur pilotis ". 9. les poteaux sont très peu sollicités. la construction à une torsion d'axe vertical (fig. Il est important de répartir les voiles ou travées triangulées symétriquement par rapport au centre de gravité du niveau afin de ne pas soumettre. Le contreventement placé en façade est plus efficace qu'en retrait. Les éléments de contreventement reprennent la quasi-totalité des charges sismiques agissant sur ces niveaux Fig. n'a pas suffit à prévenir la rupture du poteau lors d'un séisme de forte magnitude.b .32. magnitude 6. Chine. fig. Le gousset.6) b) Rupture typique au droit d'un changement de rigidité. dans ce cas. b) Niveau " transparent " contreventé par des palées de stabilité (immeuble à Tokyo) 29 . 2.Dommages aux poteaux à résistance améliorée. 2.100). a.6. ments porteurs verticaux en proportion de leurs rigidités.b . 27. en cas de séisme.1971. magnitude 7. car le bras de levier du moment résistant à la torsion est.2. 2.

La répartition des éléments de contreventement est symétrique b) Solution incorrecte. 2.Variation progressive de la rigidité horizontale. il est important de respecter la symétrie des éléments rigides. 2. a. mais il est notablement réduit. 30 .les grands ateliers a) Solutions correctes. De même que dans la solution précédente. Fig. • Variation progressive de la rigidité horizontale Il s'agit également d'une solution architecturale (fig.Disposition des éléments de contreventement. Elle évite un changement brutal de rigidité entre le niveau " ouvert " et les étages. 2. La construction est soumise par les séismes à la torsion d'axe vertical Fig. L'effet de niveau souple n'est pas supprimé.33.b . .34.34).

(fig.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments • Généralisation de la souplesse La rigidité des différents niveaux peut être uniformisée également en optant pour une structure " flexible " à tous les niveaux. 2.35). Cependant.35. Tous les niveaux ayant une rigidité comparable. une grille de poutres reliant les pieds de poteaux est nécessaire. donc aussi les sollicitations des poteaux des niveaux " souples ". • Isolation parasismique Cette solution permet de réduire les charges sismiques.Utilisation de l'isolation parasismique. 2. a. les déformations imposées par les séismes ne sont pas concentrées sur un niveau plus souple que les autres. la structure supportée par les isolateurs doit pouvoir osciller comme un bloc et nécessite donc des poutres de liaison en pied des poteaux (fig. a) Utilisation d'une façade légère découplée et de cloisons non rigides. Fig.…). 2. façades. ce qui implique également de recourir à des éléments non structuraux non rigides (cloisons.b . Le rez-de-chaussée n'est souple qu'en apparence b) Découplage des allèges permettant d'égaliser la hauteur libre des poteaux de la structure principale Fig.36). 2.Egalisation de la rigidité des niveaux. La superstructure devant osciller comme un bloc. 31 .36. .

2.7). 32 . les constructions basses et rigides. magnitude 6. Ils font également l'objet d'un suivi de chantier régulier. 2. Lorsque les deux périodes sont identiques ou très proches. il n'est pas a priori déraisonnable de construire des bâtiments tours en zone sismique. zone de forte sismicité.39). on peut modifier. Ils sont souvent fondés sur sols fermes et échappent ainsi à la résonance. ceux-ci devraient donc être inclinés.les grands ateliers 2.2. ils sont conçus avec la participation d'un bureau d'études techniques et d'un bureau de contrôle. Pour la prévenir. dans une ou plusieurs directions. Or. sans retraits en dents de scie Fig. même les façades vitrées sont restées intactes.3. . qui ont causé des dégâts importants et des pertes en vies humaines. ce qui augmente sa rigidité et réduit sa période (fig. En outre. 2. les tours souffrent sur les sols mous. Cependant. " Choix de la structure ".2. sont davantage sollicitées sur sols rigides que sur sols meubles et. l'augmentation de l'élancement allonge la période et sa diminution la raccourcit (fig. 2. . ce qui est favorable. magnitude 7. les bâtiments de grande hauteur n'ont pratiquement pas subi de dommages. la construction des bâtiments tours est également courante (fig. Ces démarches sont décrites et argumentées dans un cadre plus général au § 2.modifier son élancement géométrique.38) . Au Japon. c'est-à-dire le rapport de la hauteur à la largeur . Aussi.37. Dans la phase du projet. la non-résonance des bâtiments tours avec le sol est un critère majeur. la période dominante du sol était précisément de 2s. Cette démarche présente l'avantage de baisser le centre de gravité de l'ouvrage.37). où de nombreux bâtiments à étages ayant une période propre proche de 2s se sont effondrés. la période propre fondamentale d'un bâtiment d'une hauteur donnée de la manière suivante : . C'est ce qui s'est produit à Mexico lors du séisme de 1985. Les charges sismiques auxquelles est exposée une construction d'une hauteur donnée sont très variables selon que sa période fondamentale (c'est-à-dire le temps d'une oscillation libre) est proche ou éloignée de la période dominante du sol. l'effondrement des bâtiments de grande hauteur est rare. etc.1) et Northridge (1994. il convient d'éloigner leur période propre fondamentale de celle du sol. Les effondrements des bâtiments de grande hauteur sont beaucoup plus rares que ceux des ouvrages de hauteur faible ou moyenne. On peut agir sur leurs caractéristiques géométriques (donc sur leur forme) et sur leur structure (choix du système porteur. Elle nécessite la continuité des éléments porteurs verticaux . HAUTEUR ET ELANCEMENT DES BÂTIMENTS Contrairement à une idée largement répandue.Bâtiments tours à Tokyo. le bâtiment exposé à un tremblement de terre entre en résonance avec le sol et subit des déformations amplifiées pouvant conduire rapidement à l'effondrement. solution de contreventement.élargir le bâtiment progressivement vers le bas. Au plan architectural. inversement. qui ont une courte période propre. un autre pays de forte sismicité.). 2. Lors des séismes californiens de Loma Prieta (1989.

COUPLAGE DES BÂTIMENTS Afin d'en faciliter l'accès ou l'évacuation. qui permettrait d'allonger sa période.40). T1 T2 h/b = élancement h T1 < T2 b1 b2 Fig. 2. 33 . Les poteaux inclinés et le retrait progressif des voiles de la cage d'escalier représentent une solution correcte Fig.39a). Nous avons vu que le comportement sous séisme des constructions en forme de pyramide inversée ou de pendule inversé est défavorable. La solution à gauche est à éviter car elle comporte des poteaux portés par des poutres. il est nécessaire de désolidariser mécaniquement ces ouvrages d'au moins un immeuble. qui peuvent dans ce cas être sujettes.L'élargissement progressif du bâtiment vers le haut. à une rupture brutale de type fragile b) Bâtiment tour s'élargissant vers le bas. séparée des bâtiments adjacents par des joints parasismiques.39. 2. .Evasement des bâtiments vers le bas. Les ouvrages qui les relient peuvent alors être détruits (fig. La meilleure solution consiste cependant à réaliser une structure autostable indépendante. 2. Cette configuration permet de réduire la période fondamentale d'oscillation et de baisser le centre de gravité. 2.b . .3. alors même que lors d'un séisme. est à proscrire.2.Influence de l'élancement sur la période d'oscillation du bâtiment. deux bâtiments sont parfois couplés par des passerelles ou escaliers. La période T augmente avec l'élancement. a) Bâtiment en forme de pyramide.38. ils n'oscillent pas toujours en phase. a. 2. Pour les préserver. lors d'un séisme.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments sous peine de compromettre le bon fonctionnement des poutres sous la charge ponctuelle de poteaux (fig.

par exemple d'un demi-niveau (fig. et non pas à la flexion. En effet. leur capacité à absorber l'énergie cinétique des oscillations en se déformant est sensiblement réduite. En même temps. on peut craindre un cisaillement de ces derniers sous l'effet d'un séisme. 2. contreventer la structure par des voiles qui assureraient dans ce cas la résistance aux charges horizontales. On parle de l'effet de poteau court. qui autorise la formation de rotules plastiques prévenant la dislocation. du fait de leur bridage à mi-hauteur. PRESENCE DE NIVEAUX DECALES L'adaptation des constructions au site conduit parfois à opter pour des planchers décalés. Si ces planchers sont portés par une ossature à poteaux. Pour remédier à cette situation. on peut intégrer ces poteaux dans un voile en béton ou. b.4.40. 34 . ils sont plus rigides que les poteaux courants et " attirent " ainsi des charges beaucoup plus élevées. la part des charges distribuées sur les poteaux devenant ainsi négligeable.2. Leur rupture est due au cisaillement qui est une rupture " fragile ". de préférence. a.41). Une structure autostable independante serait préférable Fig.1.les grands ateliers a) Destruction de passerelles due d'une part à des oscillations différentielles et. 2. d'autre part aux dommages subis par le bâtiment de droite (séisme de Kobé. un découplage mécanique est nécessaire. Afin de prévenir leur effondrement lors de séismes violents.Bâtiments couplés par des passerelles ou escaliers. Japon. 17. 2.1995) b) Escalier extérieur de 2 immeubles.

2. § 2. 35 . PARTIES DE BÂTIMENT ET DETAIL ARCHITECTURAL • Escaliers La conception des escaliers demande une attention particulière. Les trémies dans les diaphragmes peuvent ainsi être évitées.Bâtiment comportant des niveaux décalés.5.42). solidaires ou non du bâtiment.2. est donc moins préjudiciable qu'en sa périphérie (fig. assumer leur stabilité peut s’avérer délicat. 2. pouvant entraîner l'effondrement de la structure Voile parallèle à la pente Voile perpendiculaire à la pente b) Niveaux décalés portés par un voile (solution satisfaisante) Fig. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. 2. Ces derniers se comportent comme une poutre dont le plan de flexion est celui des planchers (fig. 2.88).Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Poteaux courts a) Structure exposée à l'effet de " poteau court ". Il est également possible d'opter pour des cages d'escaliers extérieures.4. b. a. Toutefois.). à l'endroit de l'axe neutre de la poutre qu'il constitue. qui doivent jouer le rôle de diaphragmes (cf.41. Une trémie située au milieu d'un plancher. • Emplacement Les trémies d'escalier constituent des percements importants des planchers.3.

Celle-ci peut être obtenue par une localisation judicieuse des palées de stabilité (voiles. lorsqu'elles comportent des parois rigides. 2. fig. b. leur axe neutre passe par leur milieu. à l'origine d'une torsion d'axe vertical si la symétrie des éléments rigides n'est pas assurée (fig. La périphérie des planchers est très sollicitée par les séismes et ne devrait pas être affaiblie b) Solutions favorables.43a).les grands ateliers axe neutre a) Solutions peu favorables. Les cages d'escaliers extérieures ne nécessitent pas de trémies dans les planchers Fig. 2. • Rigidité des cages d'escalier Les cages d'escalier.43c). a) Torsion d'axe vertical due à l'excentrement de cages d'escalier rigides b) Compensation de l'excentrement des cages d'escalier rigides 36 . en cas de séisme. travées triangulées). constituent des " points durs " pouvant être. 2.Emplacement des escaliers. a.43b. 2. L'emploi d'escaliers légers à structure indépendante constitue également une solution (fig.42. Les planchers constituent des poutres au vent.

43. Par conséquent. 2. évoqué plus haut.44).Structure de l'escalier. dont le cisaillement n'entraîne généralement pas d'effondrement (fig.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments c) Escalier léger. il convient d'éviter les parois qui présentent un danger d'effondrement dans l'escalier. ne participant pas à la résistance du bâtiment aux charges verticales.Incidence de l'emplacement des cages d'escalier sur le comportement d'ensemble du bâtiment. • Parois de la cage d'escalier Les escaliers nécessaires à l'évacuation des occupants doivent rester opérationnels après un tremblement de terre. Dans cette solution. l'escalier n'apporte aucune rigidité à la structure. a.44. 2. • Structure de l'escalier Lorsque les volées d'escalier ou les paliers intermédiaires sont portés par des poteaux. b. b. est à craindre car leur hauteur libre est réduite. Fig. comme les cloisons en briques. vide ou cloison voile béton armé poteaux “courts” a) Ossature à poteaux : solution défavorable b) Voiles porteurs : solution favorable en raison de l'effet de poteau court potentiel Fig. blocs de 37 . 2. Il est donc préférable d'utiliser des voiles de béton. c. un effet de " poteau court ". a.

les grands ateliers

béton ou carreaux de plâtre. On peut opter pour un voile en béton ou pour des cloisons en plaques de plâtre sur ossature métallique. • Angles de bâtiment Les angles des bâtiments sont particulièrement sollicités par les charges horizontales, principalement pour les raisons suivantes : - Les mouvements sismiques sont directionnels. Deux façades adjacentes ne sont pas sollicitées de la même manière. L'angle constitué par leur intersection subit donc des contraintes élevées (fig. 2.45). Un ancrage efficace des planchers dans les chaînages limite cet effet.

Fig. 2.45. - Dommages aux angles d'un bâtiment.

- Un bâtiment se comporte mécaniquement comme une console verticale pouvant être sollicitée à la flexion et au cisaillement dans toutes les directions horizontales. Etant donné que dans toute section d'une poutre les contraintes dues à la flexion augmentent avec la distance de l'axe neutre, les angles, qui en sont les zones les plus éloignées, sont les plus sollicités (fig. 2.46a). - La torsion d'axe vertical entraîne des contraintes élevées dans les éléments éloignés du centre de torsion (qui est le barycentre des rigidités), donc dans des éléments d'angle (fig. 2.46b).

axe de torsion

contrantes dues à la flexion

a) Flexion d’ensemble

b) Torsion d’ensemble

Fig. 2.46. a, b- Sollicitation des angles de bâtiment.

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Milan ZACEK conception parasismiques des batiments

- Les panneaux et les trumeaux d'une façade porteuse participent au contreventement. De ce fait, sous charges horizontales, des bielles de compression sollicitent les angles (fig. 2.47). Le délestage entraîné par les bielles réduit la résistance au cisaillement des poteaux d'angle (dont les charges verticales sont par ailleurs plus faibles que celles des poteaux courants, ce qui aggrave la situation).

délestage

bielles de compression

Fig. 2.47. - Délestage des angles.

On voit que la résistance des constructions aux séismes est favorisée par les angles renforcés. Les angles " forts " peuvent résulter du choix du parti architectural (fig. 2.48a). A contrario, les angles affaiblis ont fréquemment subi des dommages sismiques importants (fig. 2.49). Les bâtiments ronds, qui ne possèdent pas d'angles, montrent en général sous séisme un comportement favorable à condition que leur structure soit réalisée en matériaux résistant à la traction. Par conséquent, les murs courbes en maçonnerie ne conviennent pas, leur éclatement hors plan est à craindre.

a) Le poteau d'angle est beaucoup plus endommagé que les autres poteaux (séisme de San Fernando, Californie, 9.2.1971)

a) Solutions favorables

b) Eclatement d'un angle en maçonnerie traditionnelle (séisme de Colfiorito, Italie, 26.9.1997) b) Solutions peu favorables Fig. 2.48. a, b- Conception des angles. Fig. 2.49. a, b - Dommages sismiques aux angles de bâtiments.

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les grands ateliers

• Murs porteurs en façade Les murs qui portent les planchers possèdent en général une rigidité non négligeable et participent donc au contreventement de l'ouvrage. Les percements (fenêtres, portes,…) affaiblissent leur résistance. Il est donc souhaitable que la surface totale des ouvertures reste limitée. On recommande qu'elle ne dépasse pas 30 % de celle de la façade. Dans une façade porteuse avec des fenêtres, ce sont les trumeaux qui assurent le contreventement. Sur la hauteur de l'ouvrage, ces trumeaux devraient constituer des éléments résistants efficaces. Dans le cas courant, lorsque les ouvertures sont superposées, il s'agit de consoles verticales dont l'efficacité augmente avec la largeur des trumeaux (au moins 2,50 m si possible). Ce cas représente la meilleure solution car la descente des charges verticales est directe (fig. 2.50a) Mais les trumeaux des différents niveaux peuvent également être organisés pour former sur la façade des diagonales pleines ou un arc plein (fig. 2.50c). L'inconvénient de cette solution est le cheminement indirect des charges verticales. Une répartition aléatoire des ouvertures est à éviter car, dans ce cas, ni la descente des charges horizontales ni celle des charges verticales ne sont directes ; elles nécessitent un transfert par les planchers (fig. 2.50b).

a) Trumeaux formant des consoles verticales : les fenêtres sont superposées (meilleure solution)

b) Fenêtres disposées d'une manière aléatoire : solution à éviter

c) Trumeaux formant des diagonales ou un arc : solution acceptable, car les diagonales et l'arc assurent efficacement le contreventement de la façade. Toutefois, les charges verticales ne suivent pas un cheminement direct Fig. 2.50. a, b, c- Distribution des ouvertures dans un mur porteur.

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les percements complexes. 2. Le choix de voiles en béton ou d'une façade légère est donc préférable. Les angles rentrants sont le siège de concentrations de contraintes favorisant l'éclatement des façades.52). cette mesure vise à l'amélioration de leur comportement après l'éclatement éventuel des panneaux. Les poteaux doivent dans ce cas assurer la résistance aux charges horizontales par effet de portique . 2. a) Destruction des panneaux de remplissage en maçonnerie.51).10.1989) Fig. . 2. 2. . qui en comportent plusieurs.la liaison des panneaux avec l'ossature est faible.53). Etant donné que tout angle rentrant est le siège de concentrations de contraintes et d'amorces de fissures. b.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Les percements et ouvertures dans les façades porteuses devraient avoir une forme simple. A contrario. sont à éviter (fig. Une liaison mécanique au moyen de connecteurs ou de goujons est souhaitable . des dispositions constructives doivent être prises : . Californie.51. En effet : . 17.des raidisseurs en béton armé peuvent être prévus (fig. plus particulièrement en partie haute où le joint horizontal peut difficilement être garni de mortier. Lorsque l'option des remplissages en maçonnerie doit être conservée.Exemple d'ouvertures en façade à éviter. 10. Algérie. a.1980) 41 . b) Eclatement d'un panneau de remplissage en maçonnerie et chute sur un immeuble voisin (séisme de Loma Prieta. . Son comportement lors des séismes violents est toutefois médiocre. L'ossature est devenue instable (séisme d'El Asnam. • Ossatures en poteaux et poutres avec panneaux de remplissage en maçonnerie Panneaux de hauteur d'étage Ce type de construction est très répandu dans le monte entier. L'éclatement des panneaux est fréquent (fig. les fenêtres rondes conviennent très bien. les poteaux doivent recevoir un confinement dense sur toute leur hauteur .la rigidité de l'ossature avec remplissages massifs entraîne des efforts élevés .la liaison des panneaux avec l'ossature doit être soignée.Dommages aux ossatures avec remplissages en maçonnerie. Fig.10. 2.si l'ossature est en béton armé. .52.

2. perpendiculairement aux efforts de traction. l'éclatement des panneaux est à craindre pour les raisons exposées plus haut. .55). Les allèges brident les poteaux adjacents.57b).Rupture par cisaillement des poteaux courts. respectivement pour chaque sens d'oscillation (fig. Phase 1 traction Phase 2 rupture correspondante rupture traction a) Poteau bridé de deux côtés: deux fissures diagonales se sont produites sous l'effet d'une sollicitation en cisaillement Fig.opter pour des allèges ayant une rigidité nettement inférieure à celle des poteaux. le poteau a été sollicité en flexion et a toléré sans dommages la déformation imposée par le séisme. On peut donc utiliser les techniques des façades légères (fig. Fig.contreventer la façade ou le bâtiment par un ou plusieurs voiles en béton qui assurent la résistance aux charges horizontales (fig.54b).les grands ateliers Panneaux formant allèges L'utilisation d'allèges en maçonnerie supprime le problème de la liaison supérieure avec l'ossature. Fig. 42 .2. Lorsque les travées avec allèges participent d'une manière significative au contreventement. deux solutions sont possibles : . Ces ouvrages ont résisté au séisme du 19.Bâtiments avec raidisseurs en béton armé dans des panneaux de remplissage en maçonnerie (Mexico). Pour éviter l'effet de poteau court dû à la présence d'allèges. 2. Il s'agit de l'effet de poteau court commenté au § 2. S'il se produit. Si le poteau n'est bridé que d'un côté.56).4. 2. il aurait pour conséquence le report des charges horizontales sur les travées avec allèges. 2.1968). Cependant. La flexibilité des poteaux. b . correspondant à la déformation du poteau vers l'allège. 2.55.5. . a. nécessaire pour accepter les déformations imposées par le séisme. Lorsque le contreventement de la file comportant des allèges est assuré par un ou plusieurs panneaux sans fenêtres (panneaux de hauteur totale) les poteaux " courts " sont peu sollicités.53. la sollicitation des poteaux en cisaillement est très importante et les dommages sismiques fréquents (fig. Plus généralement. une seule rupture diagonale se produit (fig. 2. Dans le sens de la porte vitrée. 2. . mais elle est à l'origine d'un autre phénomène préjudiciable. 16. Japon. dont la hauteur libre est celle des fenêtres. est donc réduite. 2.Effet de poteau court entraîné par la présence d'allèges rigides en maçonnerie (séisme de Tokachi-Oki.54). 2.54. b) Poteau bridé d'un côté : une seule fissure diagonale a été provoquée. La rupture par cisaillement s'effectue typiquement en diagonale (allure en croix).1985.57a) . le phénomène de poteau court peut se produire dans tous les cas où la déformabilité des poteaux est bridée (fig.9.

a. ont en général une hauteur plus faible que les autres niveaux. les soubassements devraient comporter des murs périphériques en béton (fig. b. .58.5.57. constitués par le haut d'un sous-sol ou un vide sanitaire ouvert ou fermé.6. Lorsque leur résistance aux charges horizontales est assurée par des poteaux. 2. b . beaucoup plus rigides. Pour éviter les dommages graves.1998).59).Milan ZACEK conception parasismiques des batiments a) Contreventement par des voiles en béton à l'intérieur du bâtiment (figure du haut) ou en façade (figure du bas) : la part des charges sollicitant les poteaux " courts " (parce que bridés par des allèges en maçonnerie) est négligeable. Ces poteaux sont alors endommagés lors de séismes de forte magnitude (fig. Turquie. b) Rupture de poteaux due à la présence de poutres-allèges en béton armé Fig.Solutions visant à éviter l'effet de poteau court en façade. l'effet de poteau court est souvent observé. car les voiles. 43 . Fig. canalisent la plus grande partie des charges a) Poteau bridé par des murs séparatifs n'atteignant pas le plafond. • Soubassements Les soubassements. menuiserie. 16.58). Ces dommages auraient pu être évités par le choix de cloisons non rigides (plaques de plâtre. 2.Dommages en soubassement dus à l'effet de poteau court (séisme de CeyhanMisis. 2.1968). Japon.56.…) b) Allèges non rigides en panneaux légers.Dommages dus à l'effet de poteau court (séisme de Tokachi-Oki . 2. 27. 2. Ces panneaux ne peuvent brider les poteaux Fig. a.

est faible Fig. 44 . a.Constructions ayant un vide sanitaire ouvert. . 2. 2.poteaux courts susceptibles de périr par cisaillement lors d'un séisme destructeur (les poteaux " amont ") . la meilleure solution consiste à réaliser. afin d'optimiser la résistance de la construction à la torsion (fig.60) : . un mur périphérique en béton. au niveau du vide sanitaire. b) Solution correcte : mur périphériques en béton Les vides sanitaires ouverts des constructions implantées sur une pente sont particulièrement vulnérables.Traitement du vide sanitaire. le centre de rigidité. Ce type d'ouvrage est très vulnérable aux séismes car il est exposé à trois phénomènes destructeurs : niveau " souple ". b) Maison sans poteaux d'angle : sa résistance à la torsion d'axe vertical.60. a. Un effondrement total de l'ouvrage est à redouter car il présente simultanément trois facteurs de vulnérabilité graves (fig.les grands ateliers a) Solution incorrecte : des dommages dus à l'effet de poteau court sont à craindre Fig.62a). b. 2. effet de poteau court (poteaux amont) et torsion d'axe vertical Fig.niveau souple. est donc très excentré (fig. 2. .Torsion d'axe vertical due à la présence d'un vide sanitaire de hauteur variable.59.61. qui est aussi le centre de torsion. Lorsqu'on désire avoir un soubassement ouvert. implantées sur une pente. 2. a) Construction typique aux Antilles. de préférence dans les angles. car les poteaux " amont " sont beaucoup plus rigides que les poteaux " aval " . des voiles devraient être prévus. . 2. Afin de limiter les inconvénients d'une implantation sur une pente.61). phénomène très destructeur.possibilité de torsion d'axe vertical. dont la résistance aux charges horizontales est très faible . Un noyau central fermé constitue également une solution efficace (fig. b .62b). 2.

Ils présentent souvent une forte vulnérabilité aux séismes car ils constituent un retrait de la structure et une masse importante " mal " placée.63. Leur comportement sous séisme peut être amélioré par (fig. .Solutions visant à améliorer la résistance aux séismes des constructions implantées sur une pente. .Traitement des ouvrages sur le toit d'immeubles. b . L'effondrement de tels ouvrages lors d'un séisme est assez fréquent (fig. 2. 2. .62. Fig. Californie. a.10. locaux techniques.un élancement (une hauteur) faible.Chute d'un réservoir d'eau implanté sur le toit d'un immeuble " parasismique " (séisme de Loma Prieta.un retrait progressif de la structure . structure et façadas légères a) Retrait progressif de la structure b) Construction légère Fig. 2.1989). 2. 2.le recours à une structure légère . etc.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments a) Voiles de béton armé aux angles b) Noyau central en béton armé Fig. b . En revanche. 45 . lofts. il est impératif d'éviter les ouvrages de type " pendule inversé" ou " tour " élancée (fig.65). a. 2. • Ouvrages sur toit Divers ouvrages sur le toit d'immeubles ne sont pas rares (citernes.64.).64) : . 17.63).

66a). . Pour limiter ce risque. 2. • Mezzanines et galeries Les mezzanines et les galeries sont souvent portées par des poteaux dont elles réduisent la hauteur libre.de concevoir une structure indépendante de la structure principale (stable par elle-même) . les exposant ainsi à l'effet de poteau court commenté au § 2. a) Danger de cisaillement des poteaux par effet de poteau court : solution à éviter b) Solutions acceptables Fig. pourrait entraîner celui de l'immeuble.66.66b) : . 2. 2.Mezzanines et galeries.les grands ateliers Fig. . 46 . il est possible (fig. b .Ouvrages sur le toit d'immeubles : configurations à éviter.4. (fig. situés souvent dans les niveaux inférieurs.2.d'égaliser la hauteur libre des poteaux du niveau concerné en bridant également ceux qui ne portent pas les mezzanines ou galeries. 2. L'effondrement de ces poteaux.65. a.

plus généralement. Variation des sections Ces variations devraient être progressives (fig. 2. il est préférable de conserver une même hauteur des éléments structuraux et obtenir l'effet visuel souhaité par un bardage ou autre solution non structurale (fig. Il est donc utile de distinguer les choix qui favorisent la résistance aux séismes de ceux qui la réduisent. des conditions peu favorables à la résistance aux séismes sont créées. 2. Si les éléments concernés ne participent pas au contreventement.67c). les affaiblissements peuvent être tolérés (fig. a. 2. 2. cette forme de poteaux peut être tolérée Fig. sur un même niveau. Cependant.67b). b. 2. Ces zones subissent des concentrations de contraints sévères et sont sujettes à une rupture fragile car leur ductilité est faible ou inexistante. Les changements de section et les affaiblissement locaux dans les poteaux assurant le contreventement sont particulièrement préjudiciables (fig. même dans ce cas. 47 . a) Variation progressive de la section : solution préférable b) Changement brusques de section: danger de rupture fragile par " effet d'entaille " c) Maison avec des poteaux affaiblis localement. donc aux concentrations de charges sur les poteaux les plus courts.Poteaux à section non constante.68a). 2. ils peuvent être à l'origine de dommages sismiques. c.67.67a). de même qu'une concentration de contraintes dans les angles rentrants (fig. Ces éléments n'ont pas la même rigidité et sont donc exposés à l'effet de poteau court. Par conséquent.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments • Forme et proportions des éléments structuraux La résistance aux charges dynamiques des divers éléments constituant la structure est souvent affaiblie par des choix d'architecture motivés par la recherche d'une diversité formelle. Variation de la hauteur Lorsque les éléments porteurs d'un même type (poteaux par exemple) mais n'ayant pas la même hauteur se trouvent sur une même façade ou.68b). Le contreventement étant assuré par des murs en maçonnerie.

2. 2. a. Fig. 2. Par conséquent. En outre. peut être considérée comme une règle générale de bonne conception parasismique des bâtiments. Californie. Les dommages assez importants.10. il est souhaitable de placer les éléments liaisonnés dans un même plan (fig. 2. 2. .les grands ateliers façade rigide façade légère a) Solution à éviter poteaux de longueur différente. leur liaison est soumise par les tremblements de terre à de fortes contraintes de cisaillement et pourrait subir une rupture fragile (fig. b. Or. • Changement progressif de rigidité Cette démarche. Ils assemblent souvent des éléments qui n'oscillent pas en phase.1989). Il est donc souhaitable d'apporter la plus grande attention à leur conception.Poteaux de hauteur variable. un comportement ductile doit être recherché pour prévenir la dislocation de la structure dans le cas d'un séisme violent.68. La fig. la rigidité de la structure varie brutalement dans ces zones et le cheminement des charges y change souvent de direction. 48 . 17. ainsi que le montre le détail de la rupture.68). auraient pu être évités en plaçant les piles dans le même plan que la poutre du tablier (séisme de Loma Prieta. qui a été plusieurs fois recommandée dans ce guide.Assemblage non coplanaire.70b) et de créer ainsi des conditions permettant de conférer à la zone de liaison une bonne ductilité par des dispositions constructives appropriées (confinement du béton par des armatures transversales denses dans le cas des ossatures en béton armé).70 montre des configurations favorables et des configurations à éviter.69. Configuration des nœuds structuraux Les nœuds d'ossature et d'une manière générale les liaisons entre les éléments structuraux sont particulièrement sollicités par les tremblements de terre. b) Solution favorable poteaux de mème longueur. Fig. L'application des principes suivants permet d'améliorer leur résistance : • Assemblages coplanaires Lorsque les axes des éléments assemblés sont décalés l'un par rapport à l'autre.

sous peine d'effondrement (fig. a. En effet. 2.71. étant donné que les excursions de la structure dans le domaine postélastique en cas de séismes majeurs sont prévues par la démarche réglementaire. permettent de réduire les contraintes dans ces zones très sollicitées par les séismes Fig. Proportions relatives des poteaux et des poutres Dans le cas d'une ossature en portiques. 2. Les zones plastifiées.72). appelées " rotules plastiques " car elles ne peuvent pas s'opposer à une éventuelle rotation autour de leur axe. doivent donc se former d'abord entre les appuis des éléments de franchissement et non pas dans les poteaux ou dans les noeuds. Il s'agit du principe " poteau fortpoutre faible ". le maintien de la stabilité de l'ouvrage nécessite que les éléments horizontaux (poutres. il est impératif d'opter pour des poteaux plus résistants que les poutres.Configuration des liaisons entre éléments constructifs. 2. 49 .Milan ZACEK conception parasismiques des batiments a) Configurations à éviter : les assemblages non coplanaires et les changements brusques de section ou de direction formant des angles fermés peuvent donner lieu à une rupture de type fragile favorisant la dislocation de la structure b) Configurations favorables : les assemblages coplanaires. b. linteaux) puissent se déformer plastiquement avant les éléments porteurs verticaux. plus particulièrement avec un changement progressif de section.70.

. Ces oscillations sont répercutées à la superstructure qui les amplifie (cas général) ou les atténue. 7.Rupture de poteaux d'une construction ne respectant pas le principe " poteau fort-poutre faible " (séisme de Tokachi-Oki. 16.1968).12.Rupture fragile des poteaux et des poutres entraînant l'effondrement de l'ouvrage (séisme de Spitak. que ces charges sont les forces d'inertie engendrées dans la construction par des accélérations répétées.3. par commodité.73). Japon. Les dimensions plus importantes des poteaux apparaissent en façade . les poutres-allèges et les poutres Vierendeel.73. Une bonne conception parasismique permet de limiter ou même d'atténuer l'amplification dynamique par la structure des oscillations qui ont été communiquées à sa base (principalement en évitant la résonance avec le sol). ce qui est évidemment à éviter. dans ce cas. mais par une triangulation ou par des voiles de béton armé. les rotules plastiques doivent se former dans ces éléments.1988). 2.71. les rotules doivent pouvoir se former dans les pièces métalliques assurant les assemblages. aucune rotule plastique ne peut se former et un effondrement brutal de l'ouvrage est possible (fig. PARTI CONSTRUCTIF Fig. COMPORTEMENT DES STRUCTURES EXPOSEES A UN SEISME Un tremblement de terre met en oscillation les parties enterrées d'un bâtiment. qui ont une hauteur (donc une rigidité) importante. Ceci revient donc à minimiser l'action sismique sur le bâtiment. 2.3.72. L'application du principe " poteau fort-poutre faible " a une forte incidence sur la conception architecturale.1. sont à éviter pour ce type de structure.Formation de zones plastifiées (rotules plastiques). b) Localisation dangereuse Fig. en fonction de ses caractéristiques dynamiques et de celles du sol. Le respect du principe " poteau fort-poutre faible " n'est pas. Lorsque les éléments de l'ossature ne sont pas ductiles. Arménie. . les ossatures en bois constituent une exception quant à la localisation souhaitée des rotules plastiques. Lorsque le contreventement d'une ossature n'est pas assuré par effet de portique. 2. qui subissent donc des déplacements imposés. . Pour cette raison. Rappelons que la force d'inertie agissant sur un corps est égale 50 . 2. 2.les grands ateliers a) Localisation correcte Fig. impératif. Les poutres en bois étant sujettes à une rupture fragile. 2. La stabilité de ces structures nécessite donc une attention particulière. Pour le dimensionnement aux charges sismiques selon les règles parasismiques on considère.5.

dissipation d'énergie pendant les oscillations: elle a pour conséquence une réduction de leurs amplitudes. Celle-ci produit un travail de déformation qui. si les déformations imposées ne peuvent pas être tolérées par la structure. ce qui est souvent insuffisant en cas de séisme de forte magnitude. Une conception judicieuse peut donc pallier les effets pervers des hypothèses de calcul réglementaires évoquées en § 1. l'énergie des oscillations doit donc être entièrement absorbée par la structure. Cette conception de l'action sismique est vérifiée dans le cas des bâtiments possédant une très grande rigidité. la quantité d'énergie stockée croît avec l'importance de ces dernières. Et effectivement. Le comportement sous séisme de telles constructions peut être plus exactement décrit par une approche basée sur le concept d'énergie. Une capacité plus ou moins importante d'absorber l'énergie est conférée aux ouvrages lors de la phase du projet. Or. Dans cette démarche.stockage d'énergie grâce aux déformations élastiques .2. le but est de soustraire les constructions aux sollicitations excessives. donc à augmenter leur résistance pure (d'où les guillemets du terme résistance ci-dessus). L'expérience montre effectivement que les bâtiments correctement conçus et réalisés survivent aux séismes les plus destructeurs. on constate que l'effondrement des ouvrages lors d'un séisme est dû davantage à un manque de déformabilité plutôt qu'à celui de résistance pure vis-à-vis des forces. l'énergie non dissipée est reconvertie en énergie cinétique au fur et à mesure que les déformations décroissent. le stockage l'est aussi . devient travail de rupture. ces recommandations peuvent être regroupées dans un certain nombre de démarches fondamentales. à chaque cycle d'oscillation. Afin d'éviter la rupture d'éléments constructifs. on ne vise pas à augmenter le niveau de contraintes pouvant être supporté par les éléments structuraux. Les déformations élastiques étant temporaires (réversibles). Une structure subissant des oscillations possède de l'énergie cinétique. la plupart des bâtiments possèdent une déformabilité non négligeable.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments au produit de sa masse par son accélération : Fi = m. Cette absorption se fait par deux mécanismes distincts lors des déformations de la structure : . . Du point de vue de l'absorption d'énergie. 51 . La maximisation de la capacité des constructions à absorber l'énergie est à la base de toutes les recommandations formulées dans ce guide. Grâce à la dissipation sont amorties également les oscillations libres après l'arrêt du séisme . qui est précisément à l'origine de l'amplification dynamique des oscillations évoquées plus haut. Favoriser la capacité des constructions à absorber l'énergie équivaut à améliorer leur " résistance " aux séismes. On cherche à limiter les contraintes induites par les mouvements sismiques de manière qu'elles n'atteignent pas la limite de rupture. Les dommages sismiques dus à leur non-observation y sont commentés.a (2ème loi de Newton). Par conséquent.

Toutes ces démarches améliorent également la capacité des constructions à dissiper l'énergie. déversement. etc. 2. Celle-ci exige une conception architecturale judicieuse (exposée plus haut) et des dispositions constructives adéquates.rechercher la symétrie des masses et des rigidités afin de limiter la torsion d'ensemble .74b). qui dissipent de l'énergie lors de leurs déformations plastiques (fig. Un manque de ductilité peut être responsable de la rupture d'éléments constructifs et donc d'un effondrement brutal . 2.rechercher une très bonne ductilité car elle permet la plastification des zones de la structure les plus sollicitées et donc la poursuite du stockage d'énergie dans les autres zones.les grands ateliers Le stockage d'énergie peut être favorisé de la manière suivante : . ils peuvent également être montés dans les croix de contreventement (fig. .assurer une redondance structurale (hyperstaticité) pour que la défaillance d'un élément n'entraîne pas la ruine de toute la structure . . 2.Emploi d'amortisseurs : trois grandes familles d'amortisseurs sont opérationnelles : amortisseurs hystérétiques. similaires à ceux utilisés dans les systèmes mécaniques.respecter la nature du système porteur : ne pas affaiblir un système rigide par des niveaux " souples " ou percements importants.assurer la continuité mécanique entre les éléments structuraux sous peine de dislocation . Il peut s'agir de barreaux en acier doux très ductiles. qui peuvent être placés au croisement de tirants de contreventement (fig. amortisseurs à frottement. 52 . . Entre autres possibilités. notamment la recherche de ductilité. Ils fonctionnent sur le principe des garnitures de freins .prévenir les instabilités locales (flambage.chercher à limiter les concentrations de contraintes . Elles peuvent entraîner une défaillance prématurée de la structure. Ces dernières figurent dans les règles parasismiques.74c). ne pas introduire de " points durs " dans une structure flexible. utilisés en général avec un système d'isolation parasismique. . voilement).74a) . . cloquage. D'autres démarches favorisant la dissipation d'énergie peuvent être utilisées: . . amortisseurs visqueux ou viscoélastiques.

CHOIX DE LA STRUCTURE Les tremblements de terre soumettent les constructions à des sollicitations dynamiques qui peuvent atteindre des intensités importantes. Le choix de la structure pour une construction parasismique est donc plus délicat que pour un ouvrage non parasismique.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments . ce qui dissipe de l'énergie en chaleur. Les déplacements horizontaux autorisés par les isolateurs entraînent une flexion cyclique des barreaux dans le domaine plastique. réalisation de niveaux enterrés sous forme de caisson rigide afin de favoriser la dissipation d'énergie par interaction sol-structure.Amortisseurs parasismiques. dissipativité . b. Ce procédé est utilisé en France et au Japon b) Amortisseur à frottement placé au croisement de tirants de contreventement (procédé breveté au Canada) c) Montage d'essai d'un amortisseur viscoélastique fabriqué par la société française Jarret Fig. c . 53 .2. non-résonance avec le sol . 2. 2.a. Une partie de l'énergie qui avait été communiquée à la construction peut ainsi être " renvoyée " dans le sol en lui imposant des déformations postélastiques. a) Amortisseurs hystérétiques (barreaux en acier doux) à proximité d'un isolateur. Ce choix devrait tenir compte principalement des critères suivants : nature et importance de l'ouvrage .3. hauteur des bâtiments .Dans le cas de sols meubles.74.

54 . 2. Italie. Lorsqu'elles sont proches. ossatures en béton armé avec des remplissages en maçonnerie. évoquée à plusieurs reprises plus haut. donc l'absence ou non de dommages structuraux. est le principal facteur destructeur lors d'un tremblement de terre. • Non-résonance avec le sol La résonance d'un bâtiment avec le sol. Leur système porteur devrait donc être efficace vis-à-vis de ces charges.…) ne devraient pas être utilisés pour les bâtiments dont le fonctionnement après le séisme doit être assuré : ouvrages à risque normal de classe D (bâtiments abritant les moyens de secours ou de télécommunication.). de même que les charges sismiques qui leur sont proportionnelles. . La résonance se produit lorsque la période propre du bâtiment est identique à celle du sol. • Nature et importance de l'ouvrage Les systèmes porteurs qui sont sujets à des dommages sismiques fréquents (murs en maçonnerie. L'effondrement des ouvrages exposés à la résonance n'est pas rare (fig. le choix du système porteur doit être compatible avec les exigences de comportement préalablement fixées : ductilité. Certains codes de constructions nationaux (USA. D'une manière générale. Dans le cas de la résonance.75).…) limitent la hauteur maximale de plusieurs types de structure. • Hauteur des bâtiments Les bâtiments élevés sont en général soumis à des charges sismiques plus importantes que les bâtiments bas.résistance aux efforts alternés . hôpitaux. tours de contrôle des aéroports. les constructions oscillent en phase avec le sol et les amplitudes d'oscillation sont considérablement amplifiés. Elle augmente avec la masse et décroît avec la rigidité de " l'oscillateur ". etc. bâtiments abritant la production de matières polluantes. .adaptation aux conditions d'appui. Rappelons que la période propre est le temps d'un cycle d'oscillations libres exprimé en secondes. Le tableau synoptique présenté à la fin de ce paragraphe précise les systèmes porteurs convenant pour les bâtiments de grande hauteur. .résistance à l'effondrement après d'importants dommages structuraux . Un choix judicieux de la structure tenant compte également de la géométrie du bâtiment permet donc de minimiser les charges sismiques auxquelles il pourrait être exposé. l'amplification des oscillations est également importante.) et ouvrages à risque spécial dont la ruine ou même des dommages mineurs peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour la population et pour l'environnement (bâtiments de stockage de produits toxiques. etc.poids de la structure . incursions ou non dans le domaine des déformations postélastiques. etc.les grands ateliers . Les bâtiments ont en général une période différente dans les diverses directions horizontales.

75. 2. Les niveaux supérieurs ont subi des amplitudes d'oscillation importantes T résonance bâtiments (T) rigide flexible Fig. charge sismique a) Bâtiment détruit lors du séisme du Mexique du 19.Spectre de réponse établi pour un site précis. de vitesse par rapport au sol ou de déplacement relatif (déformation). Il est à noter que la réponse des constructions varie également avec leur amortissement. a été moins sollicité. Les spectres de réponse sont calculés pour un amortissement relatif de 5 %. implantée sur un sol rocheux à courte période propre.76. Si la construction projetée possède un amortissement inférieur ou supérieur. 2. les masses déportées de leur position d'équilibre reviennent au repos sans effectuer d'oscillations de part et d'autre de cette position.1985. rigide. . Bien entendu. qui caractérise l'absence d'oscillations (dans ce cas. La fig.9. couramment observé. Il s'agit de spectres de dimensionnement représentant l'enveloppe de spectres correspondant à divers types de séismes (fig. a subi la résonance avec le sol. 2. 2. 2. des amplitudes des secousses qu'il a subies au niveau des fondations). Les règles parasismiques utilisent des spectres de réponse afin de permettre l'évaluation des charges sismiques.77b) ou effectuer une correction de la réponse.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments La période de résonance apparaît sur les spectres de réponse (la réponse d'un bâtiment aux séismes est l'amplification ou l'atténuation par sa structure et ses éléments non structuraux.Bâtiments effondrés suite à la résonance avec le sol.77a). Le clocher. Les bâtiments sont identifiés par leur période propre portée sur l'abscisse et leur réponse est donnée en ordonnée. le mouvement de retour est totalement amorti). Le pic du spectre correspond à la période de résonance. c'est cette période qu'il faut éviter.76 montre un spectre de réponse correspondant à un site précis. L'augmentation de la période propre avec la décroissance de la rigidité a été illustrée par un schéma de bâtiments à élancement croissant. plus flexible. a. Il n'a pas subi de dommages bien qu'il soit moins résistant Fig. Le corps de l'église. b) Eglise de Venelles. il faut utiliser le spectre correspondant (fig. En simplifiant. Le pic du spectre correspond à la période de résonance. 55 . on peut dire que le spectre de réponse donne les valeurs maximales de la réponse exprimées en termes d'accélération (qui est proportionnelle aux charges sismiques). b . Celui-ci est exprimé en pourcentage de l'amortissement critique.

on devrait opter pour des structures rigides et sur sols fermes ou rocheux pour des structures flexibles (portiques sans murs de remplissage par exemple). mais valables pour un ensemble de sites semblables. une période aussi différente que possible de la période dominante du sol. b . Il représente l'enveloppe de spectres correspondant à divers séismes b) Spectres de réponse correspondant à divers degrés d'amortissement Fig. La période d'un bâtiment existant peut aussi être évaluée expérimentalement. où L et H sont respectivement sa largeur dans la direction étudiée et sa hauteur en mètres. pour le bâtiment projeté. Mais il est beaucoup plus judicieux de comparer les périodes du bâtiment et du sol et. SPT. on dispose rarement d'un spectre de réponse spécifique au site. Ainsi. cross-hole.77. La période propre dominante du sol peut être déterminée à partir des essais géotechniques (essai pressiométrique. Pour cela.20 s dans la direction longitudinale (20/20 25) et de 0. on utilise un calcul plus précis. a. 56 .…) ou mesurée à l'aide du bruit de fond.Spectres de réponse standard (normalisés). La période des constructions contreventées par des portiques (non bloqués par un remplissage) est de H/10 L environ. accélération spactrale période prope a) Type de spectre utilisé dans les règles parasismiques. un bâtiment en voiles de béton de 16x25 m et de 20 m de haut a une période propre approximative de 0. il convient donc de rechercher. Dans une première approximation. 2.25 s dans la direction transversale (20/20 16) Pour le dimensionnement des structures.les grands ateliers Pour éviter la résonance. si elles sont proches. de les éloigner en intervenant sur la conception de l'ouvrage. Il ne sont pas spécifiques à un site donné. la période propre d'un bâtiment contreventé par des murs ou palées de stabilité triangulées est égale à H/20 L. on peut alors considérer que sur sols meubles. Très approximativement.

. il est souhaitable de la diminuer ou de l'augmenter.modifier la forme du bâtiment : évaser sa base.baisser le centre de gravité de l'ouvrage .rigidifier la structure : ~ opter pour un contreventement par voiles de béton. . et augmenter éventuellement les portées . on peut conférer au bâtiment exactement la période propre désirée. Les causes de dissipation sont diverses : frottement dans les assemblages. • Dissipativité L'importance de la dissipation d'énergie par une construction au cours d'un séisme a été exposée au paragraphe précédent. etc. réduire sa hauteur ou son élancement géométrique dans la direction étudiée (rapport de la hauteur à la largeur). ~ limiter les portées . interaction sol-structure. ~ augmenter le nombre de panneaux de contreventement. La philosophie de la protection réglementaire de la plupart des bâtiments (ouvrages à risque normal) repose sur l'acceptation de dommages structuraux " bien placés " afin de dissiper de l'énergie des oscillations et prévenir l'effondrement sur les occupants (effet de fusible). il est possible de : . 57 . . Pour allonger la période propre d'un bâtiment. lors des incursions dans le domaine plastique. on peut : . Une conception architecturale judicieuse sur ce plan est donc de première importance.modifier la forme du bâtiment : augmenter sa hauteur ou son élancement . ~ augmenter la largeur des panneaux de contreventement. dans ce cas. en portiques sans autre contreventement. .Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Si la période propre du bâtiment dans la direction transversale ou longitudinale est proche de celle du sol. Une grande ductilité de la structure devrait donc être recherchée. Pour diminuer la période propre. Elle se manifeste dans les phases ultimes de la résistance. .utiliser un système d'isolation parasismique .opter pour une structure " flexible ". viscosité des matériaux. Rappelons que le danger de résonance n'est pas spécifiquement pris en compte dans le dimensionnement réglementaire des ouvrages aux séismes. leur ductilité. fissures et joints.réduire la masse de l'ouvrage. fissuration et rupture d'éléments structuraux. . et entraîne donc des dommages structuraux qui peuvent être économiquement réparables ou non. La ductilité est la source de dissipation la plus importante.

les arcs à trois articulations. La faible ductilité des poteaux courts et des poutres courtes a été signalée plus haut. etc.les grands ateliers Chaque système porteur possède une ductilité.configurations limitant les concentrations de contraintes (celles-ci peuvent être à l'origine d'une rupture de type fragile).. . les poutres Vierendeel. un élancement excessif peut être à l'origine de l'instabilité de forme par flambage. fig. les coques. dans une moindre mesure. .sollicitation en flexion ou traction et. béton correctement armé. la ductilité des poteaux décroît avec l'augmentation des contraintes axiales.. voilement. Toutefois.élancement des éléments constructifs suffisamment important pour autoriser des déformations notables. Dans les structures hyperstatiques. les poutres de grande hauteur (poutres-allèges. donc une dissipativité différente. 58 .redondance (hyperstaticité). Cependant. poutrescloisons) ont une faible ductilité car elles sont peu déformables (cf. Les voiles minces et les éléments à parois minces (tubes) sont peu ductiles car de faibles déformations suffisent pour provoquer l'apparition d'instabilités locales mettant hors service l'élément. etc. . 2. En effet.). alliages d'aluminium.dimensionnement généreux des éléments structuraux. à la compression (en raison d'un danger de flambement). Sauf dans des cas particuliers. portiques à couronnes de boulons. Sont peu dissipatifs : les systèmes poteaux-dalles. et les systèmes en bois à assemblages ductiles (constructions en bois cloué. donc avec la réduction des leur section transversale. la ductilité des éléments sollicités en cisaillement ou en torsion est très faible.). La meilleure ductilité est obtenue dans le cas d'éléments fléchis .78. voiles de béton armé élancés et largement dimensionnés.. Par conséquent. déversement. les constructions en maçonnerie. Les facteurs suivants la favorisent : . etc. ossatures métalliques à contreventement excentré. plusieurs rotules plastiques peuvent se former avant qu'elles deviennent instables. .…) .matériaux ductiles (acier. . Cet aspect a été commenté au paragraphe " Parti architectural " . on peut considérer comme dissipatifs les systèmes porteurs acceptant la formation de rotules plastiques (portiques sans panneaux de remplissage. ci-après) . .

2. plus grand est le coefficient de comportement.79). la dissipation d'énergie par la ductilité s'effectuant au prix de dommages structuraux. 59 . et elles sont également beaucoup plus économiques. car elles peuvent être dimensionnées pour des charges sismiques très inférieures (selon le cas jusqu'à 8 fois plus faibles). le bâtiment peut nécessiter réparation ou démolition après un séisme destructeur. b) Essai d'un contreventement excentré Les structures dissipatives sont plus efficaces vis-à-vis des tremblements de terre que les structures non dissipatives. autrement dit de la déformabilité plastique de la structure (fig. Les charges calculées linéairement sont divisées par un coefficient de comportement (q) dépendant de la longueur du plateau de ductilité. q = du de Charge ultime Fu = Fr car q Fr = du = q Fu de deformation fu charge ultime no n comportement ductile de du Fig. les charges sismiques sont plafonnées.Contreventement excentré.79. 2. Le tronçon court résultant de l'excentrement des axes des barres par rapport aux nœuds est conçu pour dissiper de l'énergie par plastification Fig.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments tronçon court tronçon court a) Divers types de contreventement excentré. lorsqu'un comportement ductile peut être assuré. charges sismiques rupture fr charge de rupture calculée linéairement du cti le co m po rte m en t Coefficient de comportement. . b . 2. Plus le plateau du comportement ductile est long.Réduction des charges sismiques par la ductilité.78. En effet. En contrepartie. a.

les grands ateliers • Résistance à l'effondrement après d'importants dommages structuraux Ce critère découle de l'objectif visé par la protection réglementaire des ouvrages à risque normal : sauvegarde des personnes et dans une moindre mesure seulement celle des bâtiments. car elles sont dans l'impossibilité d'atteindre le sol rapidement. 60 . Ainsi par exemple. poutres Vierendeel. à configuration égale. limitant les tassements différentiels à des valeurs acceptables. • Résistance aux efforts alternés Les composantes verticales des mouvements sismiques étant alternativement ascendantes et descendantes. Il convient donc d'écarter toute structure incapable d'équilibrer ces efforts : certaines ossatures suspendues. y compris celles qui ont un faible élancement et sont donc peu ductiles . arcs clavés et les structures hyperstatiques non " monolithiques " (arcs encastrés. le recours à une structure isostatique. . etc. • Poids de la structure Les charges sismiques étant proportionnelles aux masses. Les structures hyperstatiques. dont le comportement favorise la résistance aux séismes. Celles dont les planchers sont maintenus à leur place permettent d'évacuer les lieux ou d'attendre l'arrivée des secours. Dans le cas opposé.). . même très endommagés. Les constructions qui s'effondrent brutalement sur les occupants sont les plus meurtrières.structures hyperstatiques ductiles pour les raisons décrites plus haut . non redondante. les efforts sollicitant les éléments structuraux sous l'effet des charges gravitaires peuvent être inversés. Certaines structures y sont particulièrement sensibles : voûtes à simple courbure. peut être préférable. grâce à leur résistance de forme . treillis à nœuds rigides. . les arcs à trois articulations.coques de grande portée. structures haubanées unilatéralement. doivent reposer sur un soubassement ou sur des fondations très rigides. les voiles parviennent souvent à prévenir la chute des planchers . • Adaptation aux conditions d'appui L'effondrement de bâtiments lors d'un séisme est parfois provoqué par des tassements différentiels. etc. Les systèmes suivants montrent un comportement satisfaisant de ce point de vue (liste non exhaustive) : .structures en voiles de béton.membranes gonflées. les structures légères sont moins sollicitées que les structures lourdes. Elles sont donc préférables.

On obtient ainsi une descente de charges simple et maîtrisable. 2. hyperstatiques. La grande variété des critères de sélection ne permet pas de classer les structures d'une manière univoque quant à leur efficacité vis-à-vis des séismes. 2. Par contre. des tassements différentiels étant dans ce cas inévitables (fig. c'est-à-dire la ductilité nécessaire pour éviter la rupture.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments isostatiques. Le tableau des pages suivantes offre des indications qualitatives pouvant faciliter leur choix. • Régularité La régularité permet de répartir correctement les charges sismiques sur les éléments porteurs. conviennent pour les très grandes portées. ne tolèrent pas les tassements différentiels significatifs. ainsi que de limiter les concentrations de contraintes.Arcs de grande portée.3.3. n'est pas excessive et peut être facilement obtenue. A la différence des arcs à trois articulations. isostatiques. Pour cela. 2.80). les arcs encastrés. Par ailleurs. . sa conception doit être également judicieuse. 61 . CONCEPTION DES SYSTEMES PORTEURS Le choix judicieux d'un type de structure ne garantit pas en soi un bon comportement de la construction lors d'un séisme.80. articulation rupture tassement diferentiel Fig. cette demande peut être très importante et même impossible à satisfaire dans le cas des structures complexes. la " demande de ductilité ". Les options favorables à la résistance aux séismes relatives à la structure sont basées sur le même raisonnement que celles formulées en ce qui concerne le parti architectural.

d'après (5) 62 .les grands ateliers CHOIX DU SYSTEME PORTEUR EN ZONE SISMIQUE.

Milan ZACEK conception parasismiques des batiments 63 .

les grands ateliers 64 .

La ductilité de ces zones est donc faible et une rupture fragile possible.81.Poteaux non superposés (à éviter). 2. Il est souhaitable de rechercher la régularité dans toutes les directions principales afin d'obtenir une distribution uniforme de la rigidité horizontale. Les dommages de ce type sont fréquents. 65 . un " effet de poteau court ". Ces zones sont sollicitées d'une manière préférentielle alors même que leur déformabilité. est réduite. 2.4. peut se produire. et donc aussi leur capacité à absorber l'énergie. Les tronçons courts de la poutre ainsi que la poutre courte pourraient subir une rupture fragile. Même longueur libre pour tous les poteaux Lorsque les poteaux d'un même niveau n'ont pas la même hauteur.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Il est donc souhaitable d'adopter : Travées régulières Une alternance de travées larges et de travées étroites crée des zones plus rigides que d'autres. Fig. commenté au § 2. Superposition des éléments porteurs verticaux Les reports de charge horizontaux entraînent des sollicitations de cisaillement importantes dans les poutres.81 sont à éviter. Les configurations de la fig. .2.

Les éléments porteurs verticaux isolés de grande rigidité constituent donc des " points durs " préjudiciables au bon comportement de la structure. une charge sismique 125 fois plus grande que les autres poteaux. S’ils participent au contreventement de manière significative. Leur destruction lors d'un séisme de forte magnitude est probable. alors que leur résistance n'est que 25 fois supérieure.les grands ateliers Poteaux de sections comparables Les charges sismiques sont distribuées sur les éléments porteurs verticaux en proportion de leur rigidité (cas des planchers-diaphragmes rigides). Ils pourraient subir des dommages sismiques importants b) Solution au problème ci-dessus.82a subissent donc. 2. on peut remédier à l'inconvénient évoqué par des voiles de béton assurant le contreventement. La part des charges distribuée sur les poteaux est faible Fig. 66 . 2. Si de tels éléments sont nécessaires.82. Les voiles de béton symétriquement placés assurent le contreventement. Or leur rigidité à la flexion croît proportionnellement au cube de la dimension de la section dans la direction concernée. 2. Les poteaux larges de la fig. Les poteaux larges sont 125 fois plus sollicités que les autres poteaux.Poteaux constituant des " points durs ". alors que leur résistance (à la flexion) augmente seulement avec le carré de cette dimension. lors des séismes. a.82b). 40x40 40x200 a) Structure avec poteaux constituant des " points durs ". alors que leur résistance n'est que 25 fois supérieure. b. placés symétriquement par rapport au centre de gravité du niveau (fig.

2. Plusieurs bâtiments de ce type se sont effondrés lors du même séisme. l'hétérogénéité d'éléments structuraux est presque toujours une cause de dommages. La fig.Structure non homogène. 2.83.83).Milan ZACEK conception parasismiques des batiments Niveaux ayant une rigidité comparable La présence d'un niveau nettement moins rigide que les autres est une cause fréquente d'effondrement (cf. D'une manière générale. Des dommages sismiques importants sont à craindre en raison d'oscillations différentielles et d'une torsion d'ensemble b) Solution correcte : joint parasismique (vide de tout matériau). Ces dommages peuvent être graves s'il s'agit de poteaux. § 2. les systèmes mixtes en portiques et voiles en béton arme montrent en général un excellent comportement sous séisme système à grande portée système porteur à voiles de beton joint parasismiques a) Solution à éviter : deux structures différentes mécaniquement solidaires.). sa rigidité. l'homogénéité devrait être la règle car ils ne peuvent pas être fractionnés par un joint parasismique. Il est donc nécessaire de les séparer par un joint vide de tout matériau afin de supprimer toute interaction structurale (fig. 2. Il s'agit d'un bâtiment qui a " perdu " un niveau suite à la rupture des poteaux réalisés en acier enrobé de béton armé aux étages inférieurs et en béton armé seulement aux niveaux supérieurs. a. Chaque système porteur a son comportement dynamique propre en fonction de sa masse. Homogénéité L'homogénéité est souhaitable aussi bien à l'échelle de la structure qu'à celle des éléments structuraux. 67 . son amortissement et sa géométrie. A l'échelle des éléments de structure. Elle a pour conséquence une réduction des amplitudes d'oscillation des étages supérieurs.1. Toutefois. il est préférable que les différents niveaux d'un bâtiment possèdent une rigidité constante ou variant faiblement. La rupture s'est produite au droit du changement du type de poteau en raison d'une grande différence de rigidités transversales. 2. des dommages sismiques importants sont à craindre. Il n'y a pas d'interaction entre les oscillations des deux structures Fig. Une diminution progressive de rigidité vers le haut est acceptable (différence de 20 % au plus entre deux niveaux). Si deux systèmes ayant un comportement différent sont liés. " Niveaux souples ".84 en montre un exemple édifiant. Lors de séismes de forte magnitude. b .

Elles possèdent donc une réserve de résistance d'autant plus grande que l'ordre d'hyperstaticité est élevé.85). L'effondrement de l'autoroute urbaine de Kobé illustre très bien ce propos (fig. Le basculement aurait pu être prévenu en faisant porter le tablier par des voiles transversaux ou par des portiques. La rupture des poteaux s'est produite au droit du changement de leur constitution Fig. Les structures isostatiques.1995.les grands ateliers étages inférieurs étages supérieurs a) Types de poteaux utilisés pour la structure du bâtiment ci-dessous b) Bâtiment de la mairie de Kobé après le séisme du 17.85. Fig. une structure hyperstatique d'ordre 12 admet 12 rotules plastiques sans devenir instable (elle devient isostatique). 2. augmente l'hyperstaticité du système et donne lieu à une plus grande dissipation d'énergie. ainsi que la rupture d'éléments porteurs ou de liaisons sans perte de stabilité.1. non redondantes. Une seule rupture par poteau suffit pour entraîner l'instabilité de l'ouvrage.1995. .Basculement de l'autoroute urbaine de Kobé lors du séisme du 17. Redondance (hyperstaticité) L'hyperstaticité d'un système augmente avec le nombre de liaisons rigides et d'éléments redondants. 2. 68 . Cette rigidité améliore le comportement de la structure lors d'un séisme.Rupture de poteaux hétérogènes. il aurait fallu faire porter le tablier par des voiles transversaux ou par des portiques. 2.1. deviennent instables dès la première rotule plastique ou la rupture d'un élément porteur. Rappelons cependant que les structures hyperstatiques ne conviennent pas dans les situations où des tassements différentiels notables ne peuvent pas être prévenus (principalement dans le cas des structures ayant une portée de plusieurs dizaines de mètres et dans celui des constructions fondées sur un sol hétérogène). Afin d'éviter ce type de dommages. Monolithisme Le monolithisme d'une structure croît avec la rigidité de ses liaisons. b .84. L'erreur de conception est ici manifeste. Les structures hyperstatiques admettent la formation de rotules plastiques. Les dommages en pied de piles encastrées ont entraîné leur basculement. car elle assure une bonne continuité mécanique. Par exemple. a.

STABILITE HORIZONTALE 2. 2. travées triangulées ou portiques). on distingue deux types de structures : .Dommages sismiques dus à l'absence ou à l'insuffisance du contreventement. de par leur conception vis-à-vis des charges gravitaires.) .4. 9.diaphragmes (contreventement horizontal) . dans le but d'assurer la stabilité (et la rigidité) de l'ouvrage vis-à-vis des charges horizontales. 2.1971) Fig.4. b) Rupture des poteaux sous l'effet de la charge horizontale. a été assurée (séisme de Kobé.structures autostables ou autocontreventées qui. assurant trois fonctions principales. ainsi que celui des structures dites "spatiales" ou "tridimensionnelles" (coques.3. la résistance des portiques a été insuffisante pour assurer la stabilité (séisme de San Fernando. DIAPHRAGMES Notion de diaphragme Le diaphragme est un ouvrage plan rigide. le contreventement comporte obligatoirement deux familles d'éléments : . Transversalement.1. 2. STABILITE DES CONSTRUCTIONS VIS-A-VIS DES CHARGES LATERALES Du point de vue de la stabilité sous charges horizontales (vent.éléments verticaux de contreventement. 2. Japon.4. Dans le cas d'une construction parasismique. C'est par exemple le cas des constructions comportant des portiques dans les deux directions principales. etc. structures gonflées. donc de transmettre ces charges jusqu'au sol . contreventé par des tirants croisés.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments 2. 17.structures contreventées qui comportent un ensemble d'éléments de construction appelé contreventement. b . 69 . L'insuffisance de contreventement a été souvent révélée par les séismes (fig. Californie. leur stabilité horizontale est compromise. sont stables également sous l'action des charges horizontales. . a) Bâtiment dont le rezde-chaussée s'est effondré en raison de l'absence de contreventement.86).de raidir les constructions.1995) 2. ROLE ET CONSTITUTION DU CONTREVENTEMENT Rappelons que le contreventement a principalement pour objet : . car les déformations excessives de la structure sont source de dommages aux éléments non structuraux et à l'équipement. .87. .1. La stabilité de l'étage. .2.2. a.d'assurer la stabilité des constructions non autostables vis-à-vis des charges horizontales (celle des structures autostables étant assurée intrinsèquement).…).86. Lorsque le contreventement d'une construction non autostable est absent ou insuffisant. fig.Transmettre les charges sismiques horizontales sur les éléments verticaux de contreventement (murs. treillis 3D. séismes. Aucun contreventement longitudinal n'apparaît sur la figure.4. horizontal ou incliné.

. 2. actions réactions a) Effet de poutre b) Analogie avec une poutre Fig.89.88).Effet raidisseur des diaphragmes. a.Transmission des charges sismiques horizontales par les diaphragmes sur les murs de contreventement (présentation schématique).Raidir les bâtiments à la manière d'un couvercle de boîte (fig. 2. les diaphragmes "flexibles". Le raidissage vise à prévenir le déversement des éléments porteurs verticaux. en résistant. 70 .88.Afin de donner lieu à une distribution des charges favorable. produisent des réactions d'appui. il est souhaitable que les diaphragmes soient plus rigides dans leur plan que le contreventement vertical. diafragme Fig.Fonctionnement d'un diaphragme : les charges horizontales sont transmises sur les palées de stabilité qui. 2.89).87. b. c'est-à-dire moins rigides que les éléments verticaux. . . 2. La transmission des charges s'effectue par effet de poutre. Néanmoins. . 2. ne sont pas interdits. car le diaphragme se comporte comme une poutre située dans le plan des charges horizontales (fig.les grands ateliers Fig.

2. 71 . y compris les charpentes.90). charpente métallique ou bois. Tous les éléments solidaires du diaphragme "travaillent" en phase et participent à la résistance en proportion de leur rigidité (si le diaphragme est plus rigide que les palées de stabilité).planchers et toitures-terrasses (planchers en béton. Ils peuvent donc être constitués par des : . bois.de leur forme : les diaphragmes longs et étroits sont flexibles (fig. Par ailleurs.92) . les diaphragmes présentant des angles rentrants peuvent subir des concentrations de contraintes entraînant des dommages (fig. Cette rigidité relative dépend : . Des dispositions constructives doivent être prises pour qu'ils forment des plans rigides. Par ailleurs.Coupler les éléments verticaux. acier.…) .90.91).Localisation des diaphragmes : tous les niveaux doivent comporter un diaphragme.toitures inclinées (en béton. liaison en fondation liaison en fondation Fig.…). les fondations devant être continues (semelles filantes ou radier) ou couplées (semelles isolées solidarisées par des longrines). 2. on peut considérer qu'il y a effet de diaphragme également à ce niveau. 2. Nature et localisation des diaphragmes Les diaphragmes sont nécessaires à tous les niveaux (fig. 2.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments . c'està-dire plus rigides dans leur plan que les palées de stabilité. Incidence du choix du parti architectural et du parti constructif Rappelons que les diaphragmes devraient être de préférence rigides. .

a. 2.de l'importance des trémies éventuelles. 72 .…). dont les dimensions devraient être minimisées. Si la rigidité des palées est importante (murs en maçonnerie. voiles en béton.les grands ateliers a) Diaphragmes flexibles b) Diaphragmes rigides Fig. mais ils sont flexibles lorsqu'ils sont utilisés dans une structure en maçonnerie. . b.91. 2. les portées modérées des planchers sont préférables afin de limiter leur flexibilité . 2.de leur matériau : les planchers en contreplaqué sur solives en bois se comportent comme rigides dans une structure en bois.de l'efficacité de la solidarisation de leurs éléments constituants (cf. L'analogie avec une poutre montre qu'il vaut mieux placer une trémie au milieu d'un diaphragme qu'en sa périphérie (fig. Le CPT Plancher précise que la fonction diaphragme est considérée assurée s'il existe une seule trémie dont aucune dimension n'excède pas la moitié du plus petit côté du plancher. dispositions constructives) .93).92.des rigidités respectives des diaphragmes et des palées.Concentration de contraintes dans les angles rentrants.Influence de la forme des diaphragmes sur leur rigidité. qui possède une rigidité supérieure . . concentrations de contraintes Fig.

etc. La trémie est située dans la zone de l'axe neutre 2. ELEMENTS VERTICAUX DE CONTREVENTEMENT Rôle du contreventement vertical Certaines structures. 2. a. tirants croisés ou portique) assurent la stabilité de la file dans son plan en formant une butée Fig. L'adjonction d'éléments verticaux rigides dans leur plan permet alors d'assurer leur stabilité (fig. b) Meilleur solution. . leur absence de palées de stabilité peut conduire à l'effondrement de la structure (fig. Les éléments ainsi obtenus sont plus rigides que les autres types.94).Stabilisation d'une file de poteaux. voiles en béton ou béton armé.4. portiques et palées triangulées. 73 .86a). 2. a. comme les ossatures en poteaux et poutres.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments percement (trémie) percement (trémie) a) A éviter. a) File de poteaux et poutres instable sous charges horizontales b) Des éléments verticaux de contreventement (mur. En cas de séisme.94. 2. car la périphérie d'un diaphragme est très sollicitée et ne devrait pas être affaiblie Fig.95) Il s'agit de murs en maçonnerie. Leur efficacité ne doit pas être réduite par des percements. 2. b.Localisation des trémies. Nature des éléments verticaux de contreventement Ces éléments peuvent être classés en trois catégories : panneaux rigides.4. n'ont fréquemment pas la rigidité nécessaire pour résister aux charges horizontales. 2.93. voiles " travaillants " en bois.Panneaux rigides (fig. b.

Les barres inclinées.96. 2.Palées de stabilité triangulées. formant des triangles avec l'ossature. . il est souhaitable que les voiles courbes constituent des noyaux fermés.86a). il convient d'éviter une longueur excessive des barres afin de réduire le danger de flambement sous compression. Vis-à-vis des séismes. Dans ce cas. 2. les barres rigides sont plus efficaces. peuvent être rigides (fig.Palées de stabilité triangulées (fig.Panneaux rigides assurant le . b.contreventement vertical .96) Le contreventement triangulé. Elles résistent à la traction et à la compression. Par ailleurs. ils doivent être en béton armé (pour former une coque) et non pas en maçonnerie.96b) ou constituées de tirants. résistant à la traction et à la compression 74 . 2.les grands ateliers Les murs courbes peuvent également être employés. Par ailleurs. 2. 2. 2. croisés ou non (fig. quoique plus coûteuses. maçonnerie chainée ou armée voile béton ou béton armé voile en bois massif voile en panneaux de particules ou de contreplaque Fig. a.96a). A préférer A éviter a) Types de palées de stabilité triangulées Fig. b) Palées à diagonales rigides.95. car celle-ci éclate facilement quand elle n'est pas sollicitée dans son plan. car il est plus économique que le contreventement par portiques. Toutes les formes de triangulation sont acceptables sauf celles dans lesquelles des barres sont attachées entre les extrémités des poteaux et tendent donc à y provoquer une instabilité (fig. qui constitue également une solution " rigide " (convenant pour les bâtiments sur sol meuble) est fréquemment utilisé pour les structures en poteaux et poutres de hauteurs faible et moyenne.

utilisés le plus souvent dans la constructions de halles. et un troisième produisant avec l'un des deux autres. Fig. dont les planchers. Cependant.97. . il suffit de trois éléments verticaux par niveau. théoriquement. 2. Fig. La redondance devient une nécessité dans le cas des bâtiments de grandes dimensions horizontales. Ils ne devraient donc être utilisés que sur des sols fermes.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments . y. Leur avantage est de préserver les travées libres de tout élément plein ou incliné. 75 . il s'agit souvent d'une solution coûteuse. Il est cependant nettement préférable d'utiliser un nombre d'éléments plus élevé afin de mieux répartir les charges horizontales. plus longs.97) Les portiques. un couple résistant à la torsion d'axe vertical.Arcs et portiques constituant des éléments de contreventement vertical. Nombre d'éléments verticaux de contreventement Lorsque les planchers et les toitures peuvent être considérés comme parfaitement rigides dans leur plan.98. ils sont moins dissipatifs et exercent des poussées horizontales importantes aux appuis (notamment les arcs à trois articulations) qui doivent obligatoirement être équilibrées au niveau des fondations. ont un comportement similaire à celui des portiques. 2. à condition qu'ils soient non concourants et non parallèles (fig. Ils constituent également des éléments de contreventement vertical.Nombre minimal d'éléments verticaux de contreventement : deux pour s'opposer aux translations du diaphragme respectivement dans les directions x. ont une certaine flexibilité dans leur plan et doivent par conséquent être raidis. Toutefois. Les arcs.Arcs et portiques (fig.98). 2. 2. c'est-à-dire les cadres dont les liaisons poteaux/poutre sont rigides. sont plus déformables que les autres types de contreventement. .

La solution la plus efficace consiste à utiliser la totalité des façades en tant qu'élément de contreventement (fig.les plus larges possibles. Une grande distance entre éléments parallèles favorise la résistance de la structure à la torsion grâce à un bras de levier important dans le plan horizontal. b) Palée de stabilité courant sur plusieurs travées. 2. . elle doit être liée aux planchers de tous les niveaux à éviter action à préférer action d d réactions réactions d petit bras de levier grand bras de levier d Fig. le contreventement devrait conférer à la construction sensiblement la même rigidité dans les directions transversale et longitudinale. courant éventuellement sur plusieurs travées (fig.100. Fig. 2.101). Afin de constituer un système efficace.) . 2. Lorsqu'une triangulation s'effectue sur toute la hauteur du bâtiment. Si le contreventement ne peut occuper qu'une partie des façades. 2. a.5. 2. § 2. 76 .les grands ateliers Disposition des éléments verticaux de contreventement D'une manière générale. Les éléments étroits sont soumis à des efforts élevés.Largeur des éléments de contreventement vertical. donnant lieu à des déformations importantes a) Les éléments larges offrent une meilleure résistance aux forces horizontales grâce à un bras de levier plus grand (dans le plan vertical).99).99.100).Distance entre les éléments de contreventement. les éléments de contreventement devraient être : .disposés en façade ou près des façades pour conférer un grand bras de levier au couple résistant à la torsion (fig. b. . ce qui permet d'obtenir une largeur importante.2. il est souhaitable de rigidifier les angles (cf.

En effet. . la construction est soumise pendant les séismes. permettant que les centres de rigidité de la gravité de la construction soient confondus ou rapprochés.105). Dans le cas d'une distribution asymétrique des éléments de contreventement.Façades formant éléments de contreventement.103).disposés symétriquement par rapport au centre de gravité du niveau. La répartition symétrique ou quasi symétrique des éléments de contreventement.104 sont à éviter impérativement . Les configurations de la fig. ce qui lui confère une grande résistance aux charges horizontales Fig. 2. et par conséquent une caractéristique essentielle d'une bonne construction parasismique (fig.101. a. Les dommages aux éléments verticaux augmentent avec leur distance au centre de rigidité. b. Ce n'est pas le cas ici. déplacement pouvant entraîner leur éclatement (fig. a) La totalité de la façade constitue un élément de contreventement. Normalement. C'est autour de ce dernier que la rotation se produit . b) Triangulation sur toute la hauteur des façades. 2. car le corps du bâtiment est suspendu aux poutres situées au sommet des poteaux inclinés Fig. 2. Les poteaux situés aux extrémités du bâtiment opposées au centre de torsion peuvent subir des déplacements différentiels importants entre leur tête et leur pied. Si celui-ci se trouve décalé par rapport au centre des masses (centre de gravité) où passe la résultante des charges sismiques. 2. il joue le rôle de centre de torsion (fig. les charges sismiques sont communiquées principalement aux éléments de contreventement en raison de leur rigidité. 77 .Milan ZACEK conception parasismiques des batiments . 2. La résultante des forces de résistance aux charges horizontales passe donc nécessairement par le centre de rigidité.102).102. les diagonales doivent être fixées aux planchers des niveaux.Une position décentrée des éléments de contreventement est à l'origine d'une sollicitation du bâtiment en torsion. 2. la construction est soumise à une torsion d'axe vertical d'autant plus importante que la distance entre le centre des masses et le centre de rigidité est grande. à des efforts supplémentaires dus à la torsion d'axe vertical. La torsion affecte le plus les poteaux d'angle et les liaisons entre les diaphragmes horizontaux et le contreventement vertical.

103. .104.1968). 16. 78 . 2. 2. Fig. Les murs formant les panneaux de contreventement du rez-de-chaussée étant décentrés.Dommages aux poteaux d'angle dus à la torsion induite par l'excentrement des murs de contreventement du rez-de-chaussée (séisme de Tokachi-Oki.Disposition incorrecte des éléments rigides par rapport au centre de gravité des niveaux.5. Japon.les grands ateliers Fig. ces constructions peuvent être soumises par les séismes à une torsion importante. .

. X ou Z (fig. éléments de contreventement des différents étages devraient être superposés afin de former des consoles verticales. 2.2.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments CR=CG CR=CG CR=CG CR= centre de rigidité CG= centre de gravite Fig. " Murs porteurs en façade".106). En élévation. à éviter à préférer noyau ouvert noyaux fermés noyau de faibles dimensions noyau fermé de dimensions adéquate Fig.107). 2. D'autres solutions sont possibles. ni leur nombre. la rigidité des noyaux ouverts est faible.Localisation correcte des éléments de contreventement vertical. il est souhaitable que la différence de rigidité horizontale entre deux niveaux successifs ne dépasse pas 20 %. la rigidité peut également être croissante vers les niveaux inférieurs. 2. Dans tous les cas. Dans ce cas. Par conséquent. 2. sauf cas particuliers. Toutefois.106 . le contreventement doit conférer aux différents niveaux une rigidité comparable. En effet. 79 . Elles ont été exposées au § 2. ni leur nature ne devraient varier sensiblement d'un niveau à l'autre (fig.constitués éventuellement par un grand noyau central fermé et non pas en forme de U.105.Eléments de contreventement formant un noyau central.5. .

Importance des dommages en fonction des écarts par rapport à la " bonne " conception parasismique. durée.structures dont la résistance dépend de celle d'un seul élément. Dans ce but. 2.absence de contreventement ou de portiques dans une ou plusieurs directions. au site (topographie. Ces dommages se produisent fréquemment dans les cas suivants : • Effondrement .Dispositions pouvant être à l'origine de l'effondrement de bâtiments en raison de la présence de niveaux souples. .107.les grands ateliers Fig. nature. .niveau " souple " (transparence) sans murs de contreventement.5. . Le caractère de ces informations est purement indicatif car l'importance des dommages sismiques résulte de la conjonction de nombreux facteurs liés au séisme (magnitude. exécution et état de conservation). 80 . PONDERATION DES CONSEQUENCES D'UNE CONCEPTION DE BATIMENT INAPROPRIEE Il est rare de pouvoir tenir simultanément compte de toutes les recommandations de conception parasismique. contenu fréquentiel). des indications sur leurs conséquences sont données dans ce paragraphe.absence de continuité mécanique (ancrage) entre les planchers et les panneaux de contreventement.résonance avec le sol.panneaux de contreventement très excentrés (torsion d'axe vertical). ainsi qu'à la construction (conception. . 2. il est important de pouvoir apprécier la " gravité " des écarts envisagés. .5). . L'occurrence de tels séismes en France est tout à fait plausible (les grands séismes historiques français avaient une magnitude de l'ordre de 6. Par conséquent.poteaux affaiblis ou de constitution hétérogène. profondeur. . épaisseur et stabilité des sols). Il s'agit de dommages généralement observés lors des tremblements de terre ayant une magnitude supérieure ou égale à 6.

planchers-diaphragmes percés par des trémies importantes. .couplage de bâtiments par des passerelles ou escaliers extérieurs.percements importants dans les panneaux de contreventement ou dans les nœuds de portiques. .ossature en béton armé avec panneaux de remplissage en maçonnerie. .bâtiments possédant des ailes mécaniquement solidaires. • Désordres modérés .Milan ZACEK conception parasismiques des batiments • Effondrement partiel et désordres graves . . . .systèmes " poutres fortes-poteaux faibles " (cas des ossatures en portiques).contreventement de faible largeur totale.niveaux en retrait > 40 %. . . . .irrégularités non accusées en plan et en élévation.effet de poteau court dans un élément participant au contreventement.entrechoquement entre blocs ou bâtiments contigus séparés par un joint de fractionnement insuffisant. .porte-à-faux de faible portée. .faibles écarts par rapport à la régularité des travées.irrégularités de forme accusées.descente de charges " en baïonnette ". . 81 .porte-à-faux de grande portée. . dans une ou plusieurs directions.

.

les structures sont considérées comme déformables et toutes les masses en oscillation qui les composent (murs... ayant pour conséquence un décroissement de l'amplitude d'oscillation. structure dissipative. ou leurs parties) conservent. 83 . Sous charge statique. Contreventement : ensemble d'éléments de construction assurant la rigidité et la stabilité d'un bâtiment vis-à-vis des forces horizontales engendrées par le vent. Il doit transmettre les charges horizontales sur les éléments verticaux de contreventement. Diaphragme : ouvrage plan horizontal (plancher) ou incliné (versant de toiture) conçu pour résister aux forces qui agissent dans le même plan.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments GLOSSAIRE Amortissement (d'une construction en oscillation) : phénomène de dissipation d'énergie sous forme de chaleur. Coefficient de comportement : coefficient forfaitaire caractérisant la capacité d'une structure à dissiper l'énergie dans le domaine des déformations non élastiques. Elle peut donner lieu à une importante dissipation d'énergie. rendant ainsi ses déplacements impossibles. Dissipatif : cf. Déformation plastique ou postélastique : déformation irréversible des éléments réalisés en matériaux ductiles après que ceux-ci ont été chargés au-delà de leur limite d'élasticité. Amortissement relatif : amortissement exprimé en pour cent de l'amortissement critique. planchers. les degrés de liberté d'un élément par hypothèse indéformable peuvent être supprimés en le fixant complètement à la structure ou à une fondation. c'est-à-dire au prix de dommages. Amortisseur : dispositif que l'on ajoute à une structure pour accroître de façon notable sa capacité d'amortissement. leurs 6 degrés de liberté. Sous séisme. Amortissement critique : amortissement strictement suffisant à un oscillateur déporté de sa position d'équilibre pour qu'il revienne au repos sans effectuer d'oscillations. . Degré de liberté : possibilité de subir une translation ou une rotation. Déformation élastique : déformation qui disparaît après la suppression des charges qui l'ont provoquée (déformation réversible). les secousses sismiques ou autres causes. dans le cas général. Il comprend des diaphragmes et des éléments verticaux (contreventement vertical). Tout élément constructif en possède 6 (3 translations et 3 rotations possibles par référence aux axes de coordonnées).

les grands ateliers

Ductilité : capacité d'un matériau, et par extension celle d'un élément ou d'une structure, à subir avant rupture des déformations plastiques (irréversibles), sans perte significative de résistance. Une ductilité importante permet : -de prévenir une rupture brutale (fragile) de la structure et sa dislocation, -de plafonner les charges sismiques, -d'améliorer la résistance des éléments constructifs aux charges par redistribution des contraintes sur les sections non endommagées. Effets de site : amplification (cas général) ou atténuation du mouvement du sol en surface, causée par les caractéristiques locales du site : topographie, géologie, etc. Effets directs d'un séisme : effets dus aux seuls mouvements vibratoires du sol. Les effets de site sont des effets directs. Effets induits par un séisme : grands mouvements de sols ou de l'eau. Le séisme n'y joue qu'un rôle de déclic (glissement, éboulement, effondrement de terrains, etc.) ou il est déterminant dans leur genèse (liquéfaction des sols, seiches, tsunamis, etc.). Exigence de comportement : comportement sous charges requis pour une construction, soit par application de la réglementation, soit par exigence spécifique du maître d'ouvrage. Elle peut aller du simple non-effondrement à la préservation de l'intégrité de la structure et de ses équipements. D'un point de vue mécanique, elle définit notamment le dépassement accepté ou non de la limite d'élasticité. Intensité macrosismique (d'un séisme) : degré d'effets sur l'homme, les constructions et l'environnement, observés sur un site donné (l'intensité macrosismique est donc liée à un site). Etant donné que l'importance des effets sismiques décroît avec la distance de l'épicentre, l'intensité épicentrale est en général la plus élevée. L'intensité est déterminée par référence à une échelle conventionnelle dite " échelle macrosismique d'intensité ". En Europe, on utilise actuellement l'échelle EMS 98 (European Macroseismic Scale), comportant 12 degrés, dérivée de l'échelle MSK 64. Cette échelle prend en compte les dommages occasionnés aux constructions parasismiques. Magnitude d'un séisme : mesure de la puissance d'un séisme considéré à son foyer. Elle est généralement déterminée à partir de l'amplitude des secousses du sol et augmente avec l'étendue de la rupture de la faille qui a déclenché le séisme. Dans les médias, elle est en général appelée " degré sur l'échelle de Richter ". Mode d'oscillation : le mouvement d'oscillation d'une structure qui comporte plusieurs masses (planchers p.ex.) étant complexe, on le décompose en plusieurs modes d'oscillation : mode fondamental et modes supérieurs. Dans le mode fondamental, les diverses masses oscillent en phase. Dans les modes supérieurs, elles sont plus ou moins déphasées. Le degré de participation de chaque mode au mouvement global peut être calculé.

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Milan ZACEK conception parasismiques des batiments

Ondes sismiques : propagation à travers les milieux solides et liquides d'énergie libérée par une source sismique. Elles sont responsables du mouvement vibratoire du sol perçu en surface. Ossature : structure dont les éléments verticaux sont constitués de poteaux par opposition aux murs ou voiles. Ouvrages à risque normal ou ORN : bâtiments, équipements et installations pour lesquels les conséquences d'un séisme demeurent circonscrites à leurs occupants et à leur voisinage immédiat. Ouvrages à risque spécial ou ORS : bâtiments, équipements et installations pour lesquels les effets sur les personnes, les biens et l'environnement de dommages même mineurs résultant d'un séisme, peuvent ne pas être circonscrits au voisinage immédiat desdits bâtiments, équipements et installations. Palée de stabilité : élément vertical de contreventement constitué par une travée triangulée (tirants croisés, contreventement en V, en K, etc.). Période d'oscillation : temps d'un cycle d'oscillation mesuré en secondes. Il correspond à la valeur inverse de la fréquence d'oscillation. Période propre d'oscillation d'un bâtiment : période à laquelle un bâtiment oscille librement dès l'arrêt des oscillations forcées et jusqu'à l'amortissement complet du mouvement. Elle est estimée pour chaque type de structure en fonction de ses caractéristiques mécaniques et géométriques. Les structures dites " rigides " ont des périodes propres très courtes (de l'ordre de 0,1 à 0,3 seconde). Les structures dites " flexibles " ont des périodes plus longues (pouvant aller jusqu'à plusieurs secondes). La période propre d'un bâtiment est une notion importante en conception parasismique, car si elle est proche ou identique à celle du sol d'assise, le bâtiment entre en résonance avec ce dernier, ce qui peut lui être fatal. On devrait donc concevoir les constructions de manière que leur période propre soit très différente de celle du sol (voir § 2.3.2.). Portique ou cadre rigide : structure composée de poteaux et de poutres rigidement liés ensemble. L'angle qu'ils forment est donc conservé même lorsqu'ils sont déformés sous l'action de charges. Par opposition, les poteaux et les poutres articulés, à angles variables, forment des cadres non rigides. Les portiques peuvent être simples (à une travée), multiples (à plusieurs travées), à étages ou multiples à étage. Réponse d'une structure au séisme : réaction d'une construction aux secousses sismiques du sol. Elle est caractérisée par les accélérations, les vitesses et les déplacements de ses éléments, notamment des planchers. Rotule plastique : zone d'un élément de structure (poteau, poutre, voile,…) qui a subi des déformations plastiques. Une fois franchie la limite de comportement élastique, une telle zone autorise une rotation importante sur son axe des parties de l'élément situées de part et d'autre, sans perte significative de résistance. Rupture ductile : rupture précédée de déformations plastiques notables.

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les grands ateliers

Rupture fragile : rupture soudaine et quasi instantanée. Spectre de réponse : courbe permettant de calculer l'action sismique sur une structure. Les règles parasismiques utilisent des spectres de réponse. Stabilité de forme : capacité d'une structure ou de l'un de ses éléments à conserver sa forme sous l'action des charges, aux déformations élastiques près. L'instabilité de forme, due à un manque de rigidité, se produit dans le cas d'éléments élancés ou à parois minces. Elle conduit à leur mise hors service par flambage, cloquage, déversement, etc., avant que la résistance de leur matériau soit épuisée par ailleurs. Structure dissipative : structure capable de dissiper l'énergie grâce à des déformations inélastiques lors des sollicitations répétées. Structure hyperstatique : structure possédant des appuis et/ou des liaisons en nombre supérieur à ce qui est nécessaire à sa stabilité. Structure isostatique : structure ne comportant que les appuis et les liaisons strictement nécessaires à sa stabilité. Tsunami : grande onde engendrée par un séisme sous-marin, pouvant traverser un océan en quelques heures (raz-de-marée d'origine sismique). Un tsunami d'importance locale peut être engendré également par un glissement de terrain dans la mer ou dans un lac.

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: Construire parasismique. 85-90. pp. Arnold C. In " Cahiers de la recherche architecturale " n 40. 1982. 87 . février 1991. Wiley. 5. 4. Zacek M. 6. 1. Marseille. AFNOR. Reitherman R. : L'architecture parasismique au Japon. règles PS-MI 89 révisées 1992 (norme P 06-014). Guide de construction parasismique des habitations individuelles. 1982. Zacek M. In " Annales de l'ITBTP " n 491. New York. Editions Parenthèses. 2004. 7. 1997. Zacek M. 100-115. Paris. Incidence des paramètres géométriques. Guide de la conception parasismique des bâtiments. pp. Editions Parenthèses. Paris. 3. 1995. : Building configuration and seismic design. Eyrolles.. Règles de construction parasismique des maisons individuelles et des bâtiments assimilés. Ministère de l'urbanisme et du logement et SEDIMA. Paris. : La résistance des ouvrages aux séismes.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments BIBLIOGRAPHIE Publications portant sur la conception parasismique des bâtiments au stade de l'avant-projet. 2. 1996.

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3/1.2.2.17b.39.40a. . .61.2.22. ARNOLD C.fig. . .fig. . .26.fig. . .2. BALANDIER P.2. .65/3. . 2.8a.2. 2.68. .40b. EERC.43. .15.28b.85.41.2.2.2. .53.b.75. .89. . 2.77b.2.50.65/2. .2.2. .2. . .81/1. .86b 89 .fig.1.2.27.60.24a . .2. University of California.62.51.fig. . .2.10a. .fig.2. .6a.88b. . . Berkley.91. . CHINA ACADEMIC PUBLISHERS .2. 2.2.7.2. .2.17a.2. . .2.34.55.2. .2. . .J. 1. . . .2.2. .5. .2. .2.2. .38. .31a.78. .fig.2.71. . TAKEYAMA K.102. . MICHEL C.29c.32b.52.2. 2.2. .96.2. TERRIN J.95.14. .59. . .65/1.69.2.98. .2.23. .74a. .86a.2. .2. 2.104/2.92. .2. .2. .100 . . .84b. . . .2.83.72. BENEVOLO L. JALIL W.106.35. .101a. .2.97.64.2. .fig.87.2.20b.103. .2.104/1. . 2.20a. . . 1. .2. 2.fig.2.2.fig.2.fig.fig.2. 2.29a.93.2.fig.2.70. .2.2. .36.6b.2. ZACEK M.47.44.88a. . .2. HOUSNER . . 2.2. . .101b.11.84a.12. MEYHÖFER D.48.2.2.2.. . .2.2. GREEN N.2. .fig. HEINLE T.2.2. 2.Milan ZACEK conception parasismiques des batiments CREDITS AFPS . .fig.2.2. Steinbrugge collection : fig.24b.2.2.2.2. .107.81/2.c. . .99.2.2.2.1.2.2.45. DROITS RESERVES . . . . . .2.19.67.2. 2.2.b. . 2.49b.2. .2. .2.2. .33.28a.58. . .56.2.fig. .42.fig.66. . EERI .2.2.32a. .2. .18. . 2.74c.105.25.5. .46.2.2.2. . .fig. . .B.2. . . 2. 2.2.30.63.b.2.2.2. 2.2.4.2.2.2. .2.31b. JODIDIO P. .10c .82.80. . .2.fig.57. REITHERMAN R.2.16.73.2.2. . 2. . .2. WELIACHEW B. .94.fig. DOMINIQUE P.37.76.49a. .2.9. . .2. 2.54.21.2.79. . MIYAMOTO R.3/2. 2.90. .

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ainsi que les techniques de renforcement des structures en béton armé. qui simplifie nécessairement la prise en considération des phénomènes étudiés plus haut. Milan Zacek. par l’avis d’un géotechnicien. Patricia Balandier. qui provoquent les différents types de séismes. ainsi que les techniques de renforcement des structures. et de l’adoption de dispositions architecturales et de principes de construction appropriés. mais permettre de mieux comprendre les arbitrages qui président à la mise en œuvre de la politique de mitigation du risque sismique. Le cahier 1 porte sur la conception parasismique des bâtiments neufs. Cahier 3. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique. Patricia Balandier. et propose des stratégies de réhabilitation parasismique. Résultant des observations réalisées à l’occasion de missions post-sismiques. ou « prédiagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice. une telle étude pouvant être réalisée par un architecte sans formation parasismique particulière. annexé au cahier 2. généralement inappropriées. complétée. Le cahier 2-a. ne doit pas dissimuler leur complexité. et montre l’importance de la prise en compte du phénomène sismique par l’architecte et l’ingénieur dès le début de la conception. présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants en béton armé et maçonnerie. en ce qui concerne les sols et effets de site. Le cahier 4 décrit les mécanismes de la tectonique des plaques et les phénomènes sismiques. Cahier 2-a. objectifs et problématique. Il propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité. Cahier 2. Vulnérabilité et renforcement. . naturels ou technologiques. Le cahier 3 examine les dispositions en matière d’urbanisme et d’aménagement. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton armé. Il est complété par le cahier 2-a qui propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité. Milan Zacek. L’ouvrage aborde enfin comment la traduction réglementaire de ces études de sismologie. Milan Zacek. et propose des actions et des recommandations pour réduire le bilan des catastrophes et améliorer la préparation de la société à leur éventualité.Collection des cahiers parasismiques Cahier 1. Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs. et de l’examen de très nombreux rapports ou dépêches après séismes. ou « pré-diagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice. leurs caractéristiques et leurs modes de propagation. Le cahier 2 présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants. et aborder les questions de politique de prévention. Cahier 4. ces propositions sont en grande partie généralisables pour se préparer à d’autres types de risques majeurs. et propose des stratégies de réhabilitation parasismique. Conception parasismique niveau avant-projet. La connaissance de ces phénomènes est nécessaire au constructeur pour comprendre leurs effets sur les constructions.

913969-00-9 .