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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE

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La lecture analytique a pour but de mettre en évidence l’originalité et la singularité d’un texte littéraire :

dans son sujet (situation, personnages, idées…) ;

dans les intentions, les objectifs, les buts de l’auteur ;

dans les moyens que l’auteur a utilisés pour atteindre son/ses but/s : genre littéraire, procédés de style, registres…

Le principe de la lecture analytique est d’expliquer et de commenter un texte littéraire en regroupant les remarques autour de centres d’intérêt qui donnent son originalité au texte :

La lecture analytique repose sur deux ou trois idées directrices à développer et à argumenter, à illustrer d’exemples comme des thèses successives qui éclairent le texte.

Toute lecture qui ne propose pas d’idées directrices est à proscrire.

Attention : une idée directrice n’est pas un thème, mais une thèse, un jugement porté sur ce qui caractérise le texte et fait son intérêt.

PROCEDER AVEC METHODE (PLAN)

Etape 1 : Travail de recherche des idées directrices.

Méthode A : du relevé-repérage à la synthèse.

Méthode B : des impressions de lecture à leur vérification dans le texte.

Etape 2 : Construction et mise en œuvre de la lecture analytique.

TEXTE D’ETUDE : ROUSSEAU, LES CONFESSIONS

En 1867, Jean-Jacques Rousseau, âgé de plus de cinquante ans, commence à écrire son autobiographie, les Confessions, pour se défendre de ses détracteurs et pour revivre des temps heureux, jalonnant son œuvre des aveux de ses fautes depuis son enfance.

Un souvenir, qui me fait frémir encore et rire tout à la fois, est celui d’une chasse aux pommes qui me coûta cher. Ces pommes étaient au fond d’une dépense (pièce où l’on range les provisions) qui, par une jalousie (fenêtre grillagée) élevée, recevait du jour de la cuisine. Un jour que j’étais seul dans la maison, je montai sur la maie (huche à pain) pour regarder dans le jardin des Hespérides (allusion mythologique = arbre aux pommes d’or) ce précieux fruit dont je ne pouvais approcher. J’allai chercher la broche pour voir si elle y pourrait atteindre : elle était trop courte. Je l’allongeai par une autre petite broche qui servait pour le menu gibier ; car mon maître (artisan chez qui le jeune Rousseau était en apprentissage) aimait la chasse. Je piquai plusieurs fois sans succès ; enfin je sentis avec transport que j’amenais une pomme. Je tirai très doucement : déjà la pomme touchait à la jalousie ; j’étais prêt à la saisir. Qui dira ma douleur ? La pomme était trop grosse, elle ne put passer par le trou. Que d’inventions ne mis-je point en usage pour la tirer ! Il fallut trouver des supports pour tenir la broche en état, un couteau assez long

trouver des supports pour tenir la broche en état, un couteau assez long © Tous droits
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE

LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE pour fendre la pomme, une latte pour la soutenir. A force

pour fendre la pomme, une latte pour la soutenir. A force d’adresse et de temps je parvins à la partager, espérant tirer ensuite les pièces l’une après l’autre ; mais à peine furent-elles séparées, qu’elles tombèrent toutes deux dans la dépense. Lecteur pitoyable (accessible à la pitié), partagez mon affliction.

Je ne perdis point courage ; mais j’avais perdu beaucoup de temps. Je craignais d’être surpris ; je renvoie au lendemain une tentative plus heureuse, et je me remets à l’ouvrage tout aussi tranquillement que si je n’avais rien fait, sans songer aux deux témoins indiscrets (les deux moitiés de la pomme tombées dans la dépense) qui déposaient contre moi dans la dépense.

Le lendemain, retrouvant l’occasion belle, je tente un nouvel essai. Je monte sur mes tréteaux, j’allonge la broche, je l’ajuste ; j’étais prêt à piquer… Malheureusement, le dragon ne dormait pas ; tout à coup, la porte de la dépense s’ouvre : mon maître en sort, croise les bras, me regarde et me dit : « Courage ! »… La plume me tombe des mains.

Jean-Jacques Rousseau Les Confessions, I (1767, publication posthume en 1781)

ETAPE 1 : TRAVAIL DE RECHERCHE DES IDEES DIRECTRICES

Méthode A : du relevé-repérage à la synthèse

Mots et expressions du texte

Commentaires (observation et interprétation).

Un souvenir qui me fait frémir encore et rire tout à la fois

Temps du verbe : le présent de l’autobiographe. Regard contrasté de l’autobiographie.

Chasse aux pommes

Situation d’aventure, rappel mythologique. Objet de la quête du héros.

Me coûta cher

Temps du verbe : passé simple, retour dans le passé (narration). Enjeu de l’anecdote sur la vie de Rousseau.

Ces pommes étaient

Temps du verbe : imparfait, retour dans le passé (description). Situation initiale.

Au fond d’une dépense qui, par une jalousie élevée, recevait du jour de la cuisine

Précision spatiale et cadre de l’aventure.

Un jour que j’étais seul

Caractère exceptionnel de l’aventure. Caractère dramatique :

solitude du héros face à l’épreuve, risque.

Jardin des Hespérides

Rappel et image mythologique (situation épique).

Précieux fruit

Périphrase ; valeur symbolique de la pomme. Epithète homérique.

La broche

Arme du héros, un peu ridicule parce que peu noble (humour).

Trop courte

Péripétie, premier obstacle à la quête.

Je montai sur la maie… J’allai… Je l’allongeai… Je piquai…. Je tirai…

Juxtaposition de phrases, amplification épique et accélération (rythme vif). Verbes de mouvement : « exploits » du héros, suspense.

Je l’allongeai par une autre petite broche

Ingéniosité du héros. Mimétisme de l’écriture (la phrase s’allonge, comme la broche).

Avec transport

Exagération, hyperbole.

Déjà la pomme touchait à la jalousie ; j’étais prêt à la saisir

Suspense dans le récit.

à la jalousie ; j’étais prêt à la saisir Suspense dans le récit. © Tous droits
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE Qui dira ma douleur ? Modalité de phrase : interrogation rhétorique

Qui dira ma douleur ?

Modalité de phrase : interrogation rhétorique au lecteur. Exagération, hyperbole, registre de langue soutenu. Registre dramatique et épique.

Elle ne peut passer par le trou

Deuxième échec du héros, variation dans le rythme du récit.

Que d’inventions ne mis-je point en usage pour la tirer !

Modalité de phrase : exclamation hyperbolique, registre soutenu et emphatique. Juxtaposition : rythme vif du récit.

Supports pour tenir la broche

Ingéniosité du héros.

Un couteau assez long pour fendre

Ingéniosité du héros. Armes du héros, un peu ridicules (humour).

la pomme, une latte pour la soutenir

A force d’adresse et de temps

Ralentissement du récit, suspense. Qualités du héros.

Mais à peine furent-elles séparées, qu’elles tombèrent

Troisième échec.

Lecteur pitoyable, partagez mon affliction

Modalité de phrase : apostrophe rhétorique au lecteur. Exagération, hyperbole, niveau de langue soutenu. Registre pseudo-tragique et épique. Humour et autodérision, mais aussi gravité.

Je craignais d’être surpris

Suspense accru. Point de vue interne.

etc.

 

Ce qu’il convient de faire ensuite :

1. Dans la colonne de droite, surlignez d’une couleur identique les commentaires qui se recoupent.

2. Quelle idée directrice de lecture analytique chacune des couleurs vous suggère-t-elle ?

3. Construisez, à partir des idées directrices que vous aurez trouvées, la lecture analytique du texte.

Méthode B : des impressions de lecture à leur vérification dans le texte

a) « Définition » du texte

Genre et type de texte : récit autobiographique.

Thème : d’un vol de pommes par le narrateur quand il était enfant.

Registres et qualifications : vivant et dramatisé, riche en suspense. A la fois amusant et grave. Parodique de l’épopée.

Buts de l’auteur : pour revivre un moment crucial de l’enfance.

b) Problématiques extraites de la « définition » du texte

Qu’est-ce qui donne sa vivacité au récit ? Comment Rousseau dramatise-t-il cette anecdote ? (A surligner en bleu)

D’où vient l’humour ? En quoi Rousseau enfant apparaît-il comme un héros parodique d’épopée ? (A surligner en jaune)

Quel regard contrasté l’autobiographe adulte porte-t-il sur son « crime » d’enfant ? (A surligner en

vert)

adulte porte-t- il sur son « crime » d’enfant ? (A surligner en vert) © Tous
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE c) Ce qu’il convient de faire ensuite : 1. Passer de

c) Ce qu’il convient de faire ensuite :

1. Passer de la « définition » du texte aux problématiques qui serviront d’idées directrices.

2. En respectant les couleurs affectées à chaque problématique, balisez dans le texte les indices sur lesquels vous appuierez votre analyse et vérifierez la pertinence des idées directrices.

ETAPE 2 : CONSTRUCTION ET MISE EN ŒUVRE DE LA LECTURE ANALYTIQUE

Introduction (genre de l’œuvre, contexte, type de texte, thèmes…).

Lecture du texte (à voix haute et expressive).

Annonce des idées directrices.

Développement de la lecture analytique (exemple de plan) :

I. Une anecdote vivante et bien menée, l’art de la dramatisation

Structure et rythme du récit.

L’emploi des temps, du passé au présent.

La modalité des phrases.

Théâtralisation et interventions orales.

II. Un récit héroï-comique : une parodie d’épopée

La figure du héros pourfendeur et le lexique de la chasse.

La parodie du mythe : références mythologiques et monstres épiques.

L’amplification : exagération lexicale, rythme de la narration.

III. Le regard mêlé de l’autobiographe

Les procédés de distanciation et les différentes valeurs du « je ».

L’humour sur soi, l’interpellation au lecteur.

Mais un fond sérieux : la première faute, la symbolique de la pomme.

Conclusion : (synthèse et bilan, ouverture)

Exercice d’application

A partir du surlignage sur le tableau (méthode A) ou sur le texte (méthode B), complétez le plan proposé ci-dessus.

Effectuer le travail préliminaire :

Lire et relire le texte à haute voix.

Chercher le sens des mots inconnus.

Analyser l’organisation du texte (plan, mouvement, progression…) :

Situer l’extrait dans son contexte : utiliser les informations du paratexte pour identifier l’auteur et son époque, l’œuvre dont est extrait le texte, son genre.

Trouver des idées directrices :

Il existe 2 méthodes pour trouver et définir des idées directrices de lecture :

L’une part du relevé des indices (lexicaux, syntaxiques, stylistique : champs lexicaux, parallélismes, images…) et conduit à présenter la synthèse organisée des remarques faites sur le texte. La démarche est donc la suivante : relevé-repérage puis synthèse.

La démarche est donc la su ivante : relevé-repérage puis synthèse. © Tous droits réservés 4
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE • L’autre part des impressions de lecture, de questi ons qu’on

L’autre part des impressions de lecture, de questions qu’on se pose sur le texte ; elle conduit à la recherche dans le texte d’éléments qui confirment ces impressions et permettent de répondre aux problématiques que l’on a posées.

On peut choisir l’une ou l’autre méthode, on peut aussi les combiner.

Méthode A : du relevé-repérage à la synthèse

1. On part de l’observation et du relevé, ligne à ligne, des traits d’écriture spécifiques.

Exemple : Dans le texte de Rousseau, on peut relever le lexique emphatique, le lexique de la faute, l’alternance passé/présent, des allusions mythologiques, des rythmes ternaires…

2. Après le travail d’observation, on cherche des convergences, des rapprochements entre les traits caractéristiques relevés : on rassemble, on classe, on organise par ressemblance ou récurrence ces relevés pour aboutir à des ensembles qui seront les idées directrices de l’explication (les grands centres d’intérêt).

Exemple : dans le texte de Rousseau, le lexique emphatique, les allusions mythologiques et les rythmes amples appartiennent tous à l’écriture épique.

3. Enfin, on « compose » : on ordonne les deux ou trois idées directrices trouvées à l’issue de ce classement.

Conseils pratiques :

Faire ce relevé sur deux colonnes, l’une comprenant les mots et expressions relevés dans le texte, l’autre des commentaires (description, analyse, interprétation) en regard de chaque expression.

Surligner de la même couleur les commentaires qui se recoupent ; la récurrence d’une même couleur fait apparaître une idée directrice à retenir pour l’explication.

Pour repérer la singularité d’un texte, confronter l’extrait à d’autres textes sur le même thème ; mesurer alors la différence entre les deux textes dont la singularité apparaîtra (les groupements de textes favorisent cette approche).

Se demander : qu’y a-t-il d’inhabituel dans la formulation ? Comment aurait-on pu dire cela autrement ?

Exemple : « Lecteur pitoyable, partagez mon affliction ».

L’auteur ne dit pas « je fus très affligé ».

La comparaison des deux formulations fait apparaître l’apostrophe au lecteur et l’intensité du nom « affliction ».

Méthode B : des impressions de lecture à la vérification

On compose une définition, une « formule » du texte comme on parle de « formule d’un corps » en chimie (H + Cl- donne en un nombre très réduit de signes des informations essentielles et précises sur l’acide chlorhydrique). De même, la formule d’un texte est une expression brève qui, partant de l’impression ressentie à la première lecture, précise – avec le moins de mots possibles – les caractéristiques générales, les différents aspects du texte. La démarche est donc la suivante : des impressions de lecture à la vérification.

Pour dégager la « formule » du texte, il suffit de croiser les informations suivantes : le genre du texte

(et son appartenance à un mouvement littéraire), le type de texte et le thème principal, le registre du texte (ou la qualification du texte par des adjectifs qualifiant le texte : émouvant, dramatique, tragique,

fantastique

),

les buts de l’auteur.

: émouvant, dramatique, tragique, fantastique ), les buts de l’auteur. © Tous droits réservés 5 7
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE Exemples : • tirade théâtrale (genre) d’un roi qui, en proie

Exemples :

tirade théâtrale (genre) d’un roi qui, en proie à un malaise existentiel, se désole de l’état de son royaume (thème du texte), pathétique et poignante (registre + qualification du texte) pour montrer l’absurdité du monde (buts de l’auteur) ;

poème en forme de lettre (genre) d’amour et d’adieu angoissé d’un soldat-poète menacé par la guerre (thème) passionné, simple, lyrique et nostalgique (registres/qualifications), pour exprimer sa passion (but de l’auteur).

A partir de ces indications, après avoir supprimé les mots qui font double emploi (exemple : registre « comique » fait double emploi avec but « pour faire rire » : ne retenez qu’une de ces deux expressions), vous obtiendrez une « formule ». Chaque élément de la « formule » peut alors correspondre à un des intérêts du texte, donc à une idée directrice.

Poser des questions aux termes de la « formule » :

Posez, pour les termes essentiels de la « formule » des questions simples en variant leur formulation. Ces questions vous invitent à vous interroger de façon précise sur le texte, permettent de dégager les problématiques de la lecture et évitent les fausses pistes.

Exemple : quelles caractéristiques d’une lettre ce texte présente-t-il ? Quels caractères poétiques originaux ce texte présente-t-il ? Comment s’exprime l’amour du poète pour Lou. D’ou naît le lyrisme du poème ? Quels indices trouve-t-on de l’angoisse du poète-soldat ?

On surligne dans le texte, avec la même couleur, des mots qui répondent à chacune de ces questions (problématiques). Ce surlignage est un moyen de vérifier la pertinence d’une idée directrice, en fournissant les exemples qui la soutiennent.

AIDE MEMOIRE POUR LA DEFINITION D’UN TEXTE

Définir le genre du texte : roman, nouvelle, théâtre (comédie, tragédie, drame…), épopée, poésie, biographique, épistolaire, essai, apologue… Exemple : un sonnet, un poème en prose, une tirade tragique…

Définir le type de texte ou la forme de discours : narration, description, explication, argumentation, dialogue

L’appartenance du texte à un objet d’étude : se poser la question de l’appartenance du texte à étudier à un objet d’étude particulier et repérer les caractéristiques de l’objet d’étude se trouvant dans le texte (la connaissance de l’objet d’étude guide la recherche d’indices). Ainsi, l’extrait d’un roman par lettres appartient à l’étude de l’épistolaire : il faut donc identifier le système énonciatif que la lettre met en place. Une fable renvoie à plusieurs objets d’étude : à la poésie, à l’apologue, parfois au dialogue argumentatif.

Identifier :

Le ou les registres et leurs traits caractéristiques : comique, humoristique, ironique, parodique, burlesque, tragique, dramatique, épique, pathétique, fantastique, lyrique, élégiaque, nostalgique, didactique, polémique, critique, satirique.

Autres qualifications : réaliste, pittoresque, fantaisiste, mystérieux, effrayant, inquiétant, tonique, dynamique, animé, émouvant, apaisant, symbolique, allégorique, laudatif, oratoire, éloquent, froid, glacial, grave, passionné, traditionnel, anticonformiste, provocateur, contestataire, juridique, scientifique, philosophique, historique, psychologique, descriptif, féerique, bucolique…

Remarque : plusieurs registres peuvent apparaître successivement dans le même texte. Le choix du registre d’un texte est fonction de l’effet qu’il cherche à produire sur le lecteur. Se souvenir également que le choix par un auteur d’un registre exprime sa sensibilité ou son attitude devant le réel.

Les mouvements littéraires : humanisme, baroque, classicisme, philosophie des Lumières, romantisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, surréalisme…

romantisme, réalisme, naturalis me, symbolisme, surréalisme… © Tous droits réservés 6 7 – 99 – 10604
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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE • Les buts de l’auteur - Informer, analyser, expliquer ; faire

Les buts de l’auteur

- Informer, analyser, expliquer ; faire une synthèse, vulgariser, transmettre des informations avec objectivité…

- Argumenter : démontrer, convaincre, persuader, délibérer, débattre, critiquer, dénoncer, plaider…

- Emouvoir, faire/rire, pleurer, rêver ; effrayer, dépayser, choquer, provoquer une émotion/réaction (à préciser), créer le suspense…

Vérifier la pertinence des idées directrices

Attention : une idée directrice n’est pas un thème mais une thèse, un jugement porté sur ce qui caractérise le texte et fait son intérêt.

Deux vérifications s’imposent :

Vérifiez que le surlignage du texte fournit un nombre suffisant de références précises au texte pour soutenir l’idée directrice ; sinon, celle-ci n’est pas exploitable.

Faire procéder mentalement l’idée directrice de l’expression « je veux montrer que… ».

Supposons que l’un de vos axes soit « le personnage de Candide ». Vous ne pouvez dire : « je veux montrer que le personnage de Candide » : l’idée directrice n’est donc pas pertinente car il n’y a pas de visée démonstrative.

Autre supposition : « Candide, une marionnette sans épaisseur ». Vous pouvez dire : « je veux montrer que le personnage de Candide est une marionnette sans épaisseur : l’idée directrice est pertinente.

Erreurs à éviter :

Ne pas confondre une idée directrice avec les indices qui servent à l’étayer : ce que vous surlignez dans le texte n’est qu’une illustration pour soutenir la démonstration ; l’idée directrice ne peut être surlignée puisqu’il s’agit d’une interprétation. Un aspect formel du texte (champ lexical, figure de style…) ne peut constituer une idée directrice.

Ne jamais séparer le fond de la forme ; ne jamais relever un procédé de style sans indiquer en même temps l’effet qu’il produit sur le lecteur ou l’idée qu’il soutient ? Donc, ne pas commenter le sens sans étudier la forme, n’étudiez pas la forme sans expliquer le sens :

ayez toujours en tête le principe « ICQ ».

Une lecture analytique doit analyser la forme du texte pour montrer comment elle met en valeur le sens.

Ne procédez pas à un éparpillement de remarques ponctuelles sur le texte sans lien entre elles et sans progression générale.

RESPECTER LES ETAPES DE LA LECTURE ANALYTIQUE

La lecture analytique se décompose comme suit :

Etapes et contenu

Précisions et conseils pratiques

Cas particuliers

Introduction :

Attention : ne retenir de l’auteur que

Que faire quand on explique un extrait d’œuvre intégrale ? S’il s’agit d’une œuvre narrative, préciser ce qui précède l’extrait, donner les éléments nécessaires à la compréhension générale du texte (ex : nom et identité des personnages dans une pièce de théâtre). S’il s’agit d’un texte argumentatif, préciser le thème.

- Situation du texte :

ce qui est en rapport avec le texte Indiquer le sujet du texte, ce qui s’y passe ou les thèmes abordés ;

époque et contexte, auteur, œuvre.

- Teneur du texte :

répondre simplement et brièvement aux questions : de quoi parle le texte ? ou : qui ? où ? quand ? quoi ?

genre, registre,

thème.

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texte ? ou : qui ? où ? quand ? quoi ? genre, registre, thème. ©

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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE

LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE Lecture du texte à voix Une bonne lecture (expressive) indique que

Lecture du texte à voix

Une bonne lecture (expressive) indique que le texte a été compris Pour s’entraîner : enregistrer les textes sur cassettes, les réécouter, améliorer la diction en réenregistrant. Cela constitue une banque de textes à réécouter régulièrement.

Pour un texte de théâtre, faut-il lire

le

nom des personnages ? NON Lire

haute, claire et expressive

ou non les didascalies ? En général, non, pour ne pas morceler la lecture, mais il faut les exploiter dans l’explication.

Rappel de la question posée par l’examinateur et annonce des idées directrices (principaux intérêts du texte choisi pour l’explication) en 2 ou 3 phrases.

Une annonce claire doit permettre à l’examinateur de savoir ce que l’on va expliquer. Eviter des formulations du type :

Faut-il annoncer les axes de lecture avant ou après la lecture ? Après la lecture. Les annoncer avant risque de « désamorcer » l’intérêt que

« Ma première idée directrice est… ma deuxième idée directrice… ». Préférer une formulation plus élégante : « il est possible d’étudier ce texte selon deux perspectives… » ou « ce texte présente deux intérêts majeurs ».

l’examinateur peut prendre à la lecture du texte. Par ailleurs, en ce point de l’exercice, il ignore encore

 

la

teneur du texte.

Lecture analytique (développement des idées directrices appuyées sur des expressions du texte, sur des relevés commentés).

 

Quel « itinéraire » est conseillé :

La lecture analytique peut suivre deux itinéraires. Elle peut être :

Linéaire : les remarques suivent la progression du texte, par exemple paragraphe par paragraphe. Composée : on construit alors l’explication selon les idées directrices qu’on a choisies, en citant des indices dans l’ensemble du texte. Attention : l’explication linéaire doit éviter la répétition. Ne pas relire par morceaux le texte dont on a déjà fait une lecture globale. Pendant la préparation, ne pas rédiger ses notes avec des phrases complètes ; surligner dans le texte les exemples à citer (ayez soin d’appuyer toute idée d’indices pris dans le texte et commentés (« ICQ »)

linéaire ou composé ? Cela dépend du texte ; on expliquera plus volontiers linéairement un texte dans lequel l’auteur ménage une progression, crée le suspense, ou construit en parties bien distinctes qui admettent deux idées directrices différentes. On optera pour une explication composée si le texte est long ou si vos idées directrices se fondent sur des indices éparpillés dans l’ensemble de l’extrait.

Conclusion :

Dressez le bilan de vos réponses à

A

quoi peut servir l’ouverture dans

- Synthèse rapide ou bilan de ce qui a été expliqué.

la question posée et élargissez ensuite votre réflexion. On peut ouvrir sur :

une conclusion ? On peut infléchir l’orientation de l’entretien en lançant des pistes de conclusion. Exemple : parler de l’adaptation cinématographique d’un roman peut inciter l’examinateur à vous interroger sur ce film.

- Ouverture.

- la suite de l’œuvre (pour une œuvre intégrale) ;

- le groupement de textes étudié ;

- l’objet d’étude (genre, mouvement littéraire) ;

- une postérité littéraire (influence de ce texte sur d’autres œuvres) ;

 

- une comparaison avec d’autres textes sur le même thème ;

- avec d’autres formes d’art (peinture, adaptation éventuelle en film ou opéra).

formes d’art (peinture, adaptation éventuelle en film ou opéra). © Tous droits réservés 8 7 –
formes d’art (peinture, adaptation éventuelle en film ou opéra). © Tous droits réservés 8 7 –

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LA LECTURE ANALYTIQUE – METHODOLOGIE LA PRISE EN COMPTE DE LA QU ESTION DE L’EXAMINATEUR A

LA PRISE EN COMPTE DE LA QUESTION DE L’EXAMINATEUR A L’EXAMEN

Ne restez surtout pas prisonnier/ière des idées directrices dégagées durant le cours même si elles peuvent s’avérer très utiles dans la construction de votre lecture analytique. Se souvenir que c’est la question de l’examinateur qui est première et que c’est elle qui induit votre lecture analytique.

Comprenez et analysez précisément la question qui vous est posée par l’examinateur. Sachez « jongler » avec cette question, c’est-à-dire recomposer votre lecture analytique de l’année autour de cette question. Le plus souvent, si la question est assez large, vous pourrez réutiliser tout ou partie des idées directrices que vous aviez trouvées lors des travaux de préparation donnés par votre professeur.

Si la question est très pointue et porte davantage sur un fait d’écriture qui ne saurait constituer un axe de lecture, vous devez trouver quelle idée directrice l’examinateur veut vous faire découvrir à partir du repérage qu’il vous a demandé. Et c’est cette idée directrice qui va servir de fil conducteur à votre lecture analytique.

En tout état de cause, vous devez, à la fin de votre lecture, avoir répondu à la question posée et faire en conclusion une synthèse des réponses que vous avez trouvées à cette question.

une synthèse des réponses que vous avez trouvées à cette question. © Tous droits réservés 9
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