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(LA LANGUE DES JEUNES DES CITÉS

EN FRANCE)
"Le langage
est la maison
de l’être“

(MARTIN
HEIDEGGER
1889-1976)
PETIT PLAN DE PROJET

1.Comment est apparu le “langage des cités” (petite


légende) ?
2.C‘est quoi le «langage des cités» ?
3. Les "règles" de construction de ce langage
mystérieux…
4.Comment “crypter“ le langage?
5.C’est quoi le verlan?
6.Conclusion!
L’histoire du langage des ados rebelles
Il était une fois dans une petite ville de France, un
lycée… il y avait là deux équipes de volley ball qui
se nommaient « Les Rapides » et « Les Géniaux »
… Au début, les jeunes étaient les meilleurs amis du
monde, même s’il s’agissait de deux équipes
différentes… «Tous pour un et un pour tous » était
leur devise.
Mais un jour la déesse Éris (Discordia) a semé parmi
les jeunes la mésentente, la discorde… Ils ont
commencé à se sentir malentendus, exclus … La paix
est disparue… Ils ont beaucoup réfléchi… et un jour
ils ont trouvé le secret… Ils vont créer une langue
codifiée… pour ne pas être compris par leurs
"ennemis" …
Ils ont changé même les noms de leurs équipes…
Maintenant ils s’intitulaient « Les Rapidos » et
« Les lourdes », une sorte de traduction dans leur
nouveau langage… Personne (presque) ne les
comprenait… car ils nommaient "zouz|gow" une fille,
ou ils disaient « Je vais grailler » quand ils voulaient
aller manger… OMD! Qui les comprendrait?
Ils sont donc les ancêtres des jeunes des cités et
les inventeurs de leur langage… A cet instant, ils
voyagent dans tout le monde « chuchotant » aux
ados rebelles des mots plus ou moins bizarres qu’ils
utilisent comme une arme contre tout ordre établi.
(notre "Légende" )
C‘EST QUOI LE «LANGAGE DES CITÉS» ?

On trouve souvent dans les banlieues ou dans


certains quartiers des grandes villes en France de
nombreux jeunes qui se sentent exclus. C’est
pourquoi ils essayent d’affirmer leur personnalité en
se créant une nouvelle identité exprimée à travers la
« langue des cités » (type d’argot contemporain).
Ce langage est pour eux un moyen de s’opposer aux
règles établies et aux autres qui les excluent.
Les jeunes des cités (la caillera-la racaille,
comme ils s’autoproclament) ont revendiqué la
banlieue comme leur territoire.
Ils s’inventent une identité influencée par la
culture noire-américaine, le hip-hop, avec
quatre formes d’expression:
-musicale (le RAP)
-graphique (le TAG)
-vestimentaire (le TEE-SHIRT, le JOGGING,
les BASQUETS et la CASQUETTE MISE À
L’ENVERS)
-orale ( «LA LANGUE DES CITÉS» ou
«PARLER DES JEUNES» ou «TÉCI» ).
Le français des cités (TÉCI) est un type d’argot
contemporain. Selon Pierre Guiraud, «l’argot... est
le signe d’une révolte, un refus et une dérision de
l’ordre établi incarné par l’homme que la société
traque et censure».
Les jeunes ont adopté certaines façons pour
rendre cryptique leur langage, par exemple:la
troncation des mots, l’inversion des mots, les
emprunts d’autres langues. Pour beaucoup de
linguistes, le vocabulaire des cités (restreint) se
fonde sur des clichés du verlan et des hyperboles.
Le langage des cités est orné de verlan que
de mots ou expressions argotiques (les mots
d’argot sont souvent eux-mêmes verlanisés:
flic- keuf ).Chez les jeunes de banlieue, le
verlan est, par nature, insolent et répond à
leur état d’esprit de se révolter contre les
valeurs établies, ces valeurs qui les excluent.
C’EST QUOI LE VERLAN? 

Le verlan est un jeu avec le langage qui impose le


renversement des syllabes d’un mot. Il existe trois
possibilités de verlaniser:
A.simple inversion: ●Paris→Ripa ●Fleuris→Rifleu ●
lourd→relou
B.inversion et rajout d’un autre son :
●soeur→reus+da= reusda
C.suppression de la voyelle ou de la syllabe finale d’un
mot verlanisé: ●flic→quefli→(le “li“ tombe)→keuf
●père→reupé →(le “é” tombe)→reup
●métro→tromé→(le “é” tombe)→trom
LA VIOLENCE DU LANGAGE

De nombreuses expressions imagées à connotation


violente habillent le langage des banlieues. Prenons
quelques exemples:
● «un feu» =une arme .
●« C’est d’la balle » signifie « c’est super ». Il
s’agit d’une allusion faite à la balle d’un revolver,
c’est à dire « c’est aussi percutant qu’une balle
tirée par une arme à feu ».
● Des mots peu utilisés trouvent un nouveau sens
dans un contexte inattendu. Par exemple
« Déchirer », « déchiqueter », « éclater »,
« exploser » sont employés pour « frapper ».
Souvent, le parler adopte une nuance agressive,
violente. Un jeune des cités ne dira jamais à son
adversaire, « je vais te frapper » mais « je vais
t’exploser, t’éclater, te déchiqueter » mais le plus
souvent il s’arrête au niveau des mots.
● Ces pratiques langagières visent une dimension
ludique,mais la rhétorique violente suggère
l’opposition implicite à la norme du langage
académique.
CONCLUSION 

Maltraiter le français soigné … c’est, pour les


jeunes, une sorte de “vengeance”. En créant leur
propre code,les jeunes rendent leur réseau
communicationel hermétique par rapport à ceux qui
les dominent et deviennent ainsi les maîtres du jeu.
Le langage fonctionne pour eux comme un refuge,un
lieu de repli sur l’entre-soi.
BIBLIOGRAPHIE 

*Bourdieu Pierre, Ce que parler veut dire – L’économie des échanges linguistiques,
Paris, Fayard, 1982.
*Boyer (H.), « Nouveau français », « parler jeune » ou « langue des cités » ?
Remarques sur un objet linguistique médiatiquement identifié », in Langue
Française, 1997, n° 114, pp. 6-15.
*Dannequin Claudine, « Outrances verbales ou mal de vivre chez les jeunes des
cités », in Migrants-Formation, mars 1997.
*Goudailler J.-P., « Les mots de la fracture linguistique », in La Revue des 2
mondes, Mars 1996.
*Goudailler J.-P., Comment tu tchatches ! Dictionnaire du français contemporain
des cités, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001 (1ère éd. 1997).
*Guiraud Pierre, « Argot » in Encyclopedia Universalis.
*Lepoutre (D.), Cœur de banlieue, Paris, Odile Jacob, Coll. « poches », 1997.
*Méla Vivienne, « Verlan 2000 », in Langue Française, 1997, n° 114.
*Pagnier Thierry, « D’une théorisation de l’espace linguistique des « cités » à
l’analyse lexicologique des dénominations de la femme », in Marges Linguistiques,
n° 6, Novembre 2003, M.L.M.S. éditeur.
Ce diaporama a été realisé par ...

Emanuela & Estera Gheorghiu