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« Race », ethnicisation et

discriminations : une répétition


de l’historie ou une singularité
postcoloniale ?

Luciano Mejia
Plan
 Introduction à l’auteur et au texte
 1. « Race »
 2. Un « racisme sans race »
 3. Migrations postcoloniales et discriminations
 4. Pourquoi les Algériens ne sont pas des
Italiens
 5. Comment devenir postracial?
 Conclusions
 Questions
L’auteur
 Née à Paris le 24 Novembre 1964
 Nationalité française
 Directeur de recherche à l’INED (Institut
National d’Etudes Démographiques) depuis
1993
 Président de l’unité de recherche
« International Migrations and Minorities » à
l’INED, 2001 - 2010
 Chercheur au Centre d’Etudes Européennes,
Sciences-Po, Paris
 A été professeur à l’Université de Paris et à
Sciences-Po
Le texte
 « La thèse de ce court texte est que,
précisément, l’histoire n’a pas d’oubliettes,
mais plutôt des placards, et que l’ethnicisation
et la racialisation auxquelles nous assistons
sont l’expression de la résurgence de
structures qui n’ont pas été dissoutes par la
marginalisation des idéologies racistes et la
disqualification des théories raciales. » p. 361
 L’objectif : « replacer dans leur archéologie les
débats actuels sur les discriminations et la
saillance de la race. »
 Problématique : est-ce que les migrations
postcoloniales, en particulier celles venant de
l’ancien empire, sont différent à celles d’autres
origines ?
1. « Race »
 Paris, 1950 : Déclaration sur la race, UNESCO
 Exceptions :
 subordination colonial sur base raciale
 Proscription de la race, circonstanciée pendant la
décolonisation.
 Les Etats-Unis (1964) et l’Afrique du Sud (1991),
s’appuient sur la référence raciale pour corriger
les torts.
 Le terme s’emploie couramment dans le monde
anglo-saxon.
Le cas français
 Préambule de la Constitution de 1946 :
« tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de
croyance, possède des droit inaliénables et sacrés »
 Article 2 de la Constitution de 1958 :
« tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de
religion »
 La stratégie du color blind
 La « version diffuse et voilée, incarnée dans les
discriminations ethniques et raciales »
 Déplacement du phénomène depuis 1945
2. Un « racisme sans race »
 Les conséquences des préjugés se sont
aggravées :
 Les actes ne sont plus « racistes », mais ils
restent discriminatoires.
 Les préjugés sont ignorés par les acteurs qui se
croient antiracistes.
 La paradoxe: retour de la race.
 Double déni de la société française :
 L’empire
 La situation postcoloniale contemporaine.
3. Migrations postcoloniales et
discrimination
 Est-ce que les difficultés actuelles
rencontrées par les migrants postcoloniaux
sont les mêmes que ont vécu les immigrants
de la première moitié du XXème siècle ?
 L’« interprétation postcoloniale » : clé d’analyse
des logiques discriminatoires.
 « Distance culturelle »
 « Rien de nouveau dans la question
immigrée »
 « Migrants postcoloniaux » :
 Expérience commune de la colonie (système politico-
juridique, structures mentales) et de la postcolonie en
métropole (préjugés ethniques et raciaux, discrimination)
 Visibilité de la deuxième génération : discrimination dans
tous les domaines de la vie sociale, en particulier
l’emploi.
 Hypothèse: il existe « une structure d’infériorisation,
trouvant à s’exprimer dans les systèmes de gestion
coloniaux – statuts et classifications juridiques,
administratives et statistiques – et leurs avatars en
métropole, leur cristallisation dans un univers de
représentations, prolongé par le rapatriement et
reclassement d’institutions et de personnelles
coloniaux, avec leurs routines discriminatoires. »
p. 363
4. Pourquoi les Algériens ne sont
pas des Italiens
 La différence est, à la base, une différence raciale et
religieuse :
 Les « indigènes algériens »
 Les « Français musulmanes algériens »
 Les Algériens sont discriminés dans l’emploi, même
par rapport aux immigrés européens de statut
subalternes puisque étrangers.
 Les structures institutionnelles de différenciation et
d’exclusion expliquent pourquoi l’ancienneté de la
migration ne joue pas un rôle d’invisibilisation et
d’incorporation observé pour les autres groupes.
5. Comment devenir postracial ?
 Comment faire ave la race ?
 Comité présidé par Simone Veil, 2008:
« autoriser, dans le Préambule de la
Constitution, des politiques d’action positive à
fondement ethnique ou racial, fussent-elles
conçues comme provisoires »
 Invalidation de l’article 63 de la loi relative à la
maîtrise de l’immigration.
Conclusions
 « Le respect de l’égalité sans distinction de race
nécessite de vérifier que celles et ceux qui, pour une
raison ou pour une autre, sont racialisé-e-s ne
connaissent pas de traitements défavorables
imputables à cette racialisation. »
 « Il faut dès lors prendre en compte la race pour
déracialiser le fonctionnement des institutions et des
rapports sociaux. »
 « Prendre conscience de la race pour devenir
postraciaux, voilà un changement de stratégie qui
s’annonce compliqué au pays du color blind. » p.369
Questions
 Etes-vous d’accord avec Simon ? Est-ce que la
suppression du terme « race » aide vraiment à
l'élimination du racisme et de la discrimination ?
 On ne parle pas beaucoup du racisme en Colombie.
Croyez-vous que la Colombie est un pays color blind
comme la France ? De quelle façon notre situation est-
elle différente?
 De quelle façon la discrimination est-elle différente dans
les pays colonisateurs (France, Royaume-Uni,
Espagne) et les pays non-colonisateurs (les Etats-Unis,
l’Italie, l’Allemagne) ?
 Si les préjugés racistes se forment « à des
niveaux plus reculés de la conscience », est-il
possible d’avoir une société complètement
libre du racisme, de la discrimination, d’un
certain degré de xénophobie ?
 Voyez-vous dans vous-mêmes ou dans notre
entourage ces préjugés racistes ?