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Introduction à la recherche opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine
Introduction à la recherche opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine
Introduction à la recherche opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine
Introduction à la recherche opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine

Introduction à la recherche opérationnelle

Regard historique et applications actuelles

opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine d’Emploi des Forces DSRO
opérationnelle Regard historique et applications actuelles CDEF Centre de Doctrine d’Emploi des Forces DSRO
CDEF Centre de Doctrine d’Emploi des Forces DSRO Division Simulation et Recherche Opérationnelle
CDEF
Centre de Doctrine
d’Emploi des Forces
DSRO
Division Simulation
et Recherche Opérationnelle
actuelles CDEF Centre de Doctrine d’Emploi des Forces DSRO Division Simulation et Recherche Opérationnelle
Réalisation du CahieR : Bureau études et recherche opérationnelle de la division simulation et recherche
Réalisation du CahieR :
Bureau études et recherche opérationnelle de la division
simulation et recherche opérationnelle du CDEF
RédaCteuRs :
Lieutenant-colonel MAGON de la VILLEHUCHET
Lieutenant-colonel REUSSNER
Lieutenant-colonel SECHERRE
Commandant GOFFETTRE
Capitaine PARREIRA de ABRANTES
Ingénieur d’études et de fabrications MARI
Mise en page :
Madame RIVIÈRE, CDEF/DAD/Section Publications
CouveRtuRe :
Photo de gauche : Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie,
pour lequel la recherche opérationnelle a contribué à la gestion
de la complexité de l’opération.
Photo de droite : Opérations d’évacuation de ressortissants.

intRoduCtion À la ReCheRChe opéRationnelle

Regard historique et applications actuelles

soMMaiRe

soMMaiRe

intRoduCtion

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CoMpendiuM

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pReMiÈRe paRtie – Qu’est-Ce QUE la ReCheRCHe opéRationnelle ?

 

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1.1 Définition.

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1.2 RegaRD histoRique suR la RecheRche opéRationnelle

 

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. 1.2.2 La recherche opérationnelle en Grande-Bretagne 1.2.3 La recherche opérationnelle aux États-Unis 1.2.4 La recherche opérationnelle en

1.2.1 Des

origines

militaires.

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18

 

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1.3 Développement De la RecheRche opéRationnelle Dans le civil

 

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1.4 les gRanDes classes De pRoblèmes

 

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1.4.1 Les problèmes de sac à dos

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1.4.2 Les problèmes de tournées (voyageur de commerce)

 

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. 1.4.4 Les problèmes d’ordonnancement

1.4.3 Les

problèmes

d’affectation.

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1.4.5 Les problèmes de file d’attente

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1.4.6 Les problèmes de

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1.5 caRactéRistiques Dune étuDe en RecheRche

 

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1.5.1 Les constituants d’une étude RO 1.5.2 Profil d’une étude en recherche

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1.5.3 Comment est menée une étude en recherche opérationnelle ?

 

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1.5.4 Quels sont les délais d’une étude ?

 

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1.5.5 Conclusion

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deuXiÈMe paRtie – la ReCheRChe opéRationnelle

 

dans l’aRMée de teRRe

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2.1 le plan De stationnement De laRmée De teRRe : plansta

 

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2.1.1 Cadre

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2.1.2 Problématique

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2.1.3 Résolution

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2.1.4 Conclusion

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2.2 l’étuDe De positionnement Du soutien en DiRisi suD-ouest

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2.3optimisation Du stockage Des munitions : un exemple DaiDe a la Décision

 

44

2.4la généRation automatique De foRce : le logiciel genefoRce

 

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2.5 la pegp et loutil sagee

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tRoisiÈMe paRtie –

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3.1 la RecheRche opéRationnelle au pRofit De lUS A rmy

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3.1.1 La RO « à l’américaine 3.1.2 Le domaine de spécialité RO 3.1.3 L’analyse au profit des

 

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. 3.1.5 L’Army Operations Research Symposium

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3.1.4 Une

exigence

de

qualité.

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3.1.6 Conclusion

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3.2 pouR une RecheRche encoRe plus opéRationnelle

 

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3.2.1 Des phases de stabilisation longues et

 

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3.2.2 Un environnement favorable à la RO car complexe pour les forces terrestres 3.2.3 Des champs d’action potentiels pour la recherche opérationnelle

 

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3.2.4 Exemple : la RO pour l’évacuation de ressortissants

 

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3.2.5 Conclusion

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ConClusion

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anneXes : doCuMents histoRiQues

 

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intRoduCtion

introduction

La recherche opérationnelle est une méthode scientifique d’aide à la décision pour les choix complexes. Son histoire est récente : elle remonte à la Seconde Guerre mondiale. C’est en Angleterre, en effet, que cette discipline reçoit son nom de baptême et prouve son efficacité par le rapprochement de scientifiques et de militaires chargés de préparer les grandes décisions liées aux opérations. Dès la fin de la guerre, le succès des techniques de recherche opérationnelle n’a cessé de s’étendre parmi l’éventail des domaines de décision, à la fois civils et militaires.

Le domaine de la recherche opérationnelle (RO) est aujourd’hui mal connu, ce qui en limite l’opti- misation. L’essentiel de la démarche vise en effet à mettre en œuvre des techniques bien spécifiques relevant des mathématiques appliquées à des problèmes complexes.

Cependant, la confusion est parfois entretenue par le terme « opérationnel » qui a une connotation bien spécifique dans le milieu militaire ; ainsi, seuls quelques initiés savent réellement ce qui se cache derrière le sigle RO. Afin d’apporter un éclairage sur cette capacité particulière et originale, il a semblé utile de présenter une partie des activités à travers ce « cahier de la recherche opérationnelle ». L’objectif est bien de faire connaître le potentiel de la RO afin que les officiers occupant des postes de direction dans des organismes de haut niveau et confrontés à des problèmes de décision complexes sachent que des ressources humaines et des techniques sont à leur disposition pour les aider.

Le chercheur opérationnel de l’armée de Terre est avant tout un officier. Sa culture militaire et sa formation scientifique lui permettent d’utiliser les mathématiques appliquées et l’informatique pour analyser, comprendre et résoudre des sujets difficiles comportant généralement un grand nombre de données. Le traitement d’un problème par la RO se traduit par une aide chiffrée à un responsable devant prendre une décision.

La transformation actuelle de l’armée de Terre, liée aux conclusions du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et à la révision générale des politiques publiques, est de nature à susciter des besoins d’optimisation dans le domaine organique. Mais la recherche opérationnelle peut aussi être utilisée, comme nous le verrons dans les pages qui suivent, en appui des opérations. C’est notamment le cas lors de la phase de stabilisation qui est propice au développement d’outils d’aide à la décision : analyse opérationnelle, rationalisation de certaines fonctions logistiques et valorisation de la numérisation de l’espace de bataille sont quelques pistes de réflexion.

Ce document a pour ambition de vulgariser la recherche opérationnelle, de sensibiliser les officiers traitants sur ses potentialités et de promouvoir, au sein des états-majors, l’idée selon laquelle certains outils scientifiques peuvent être utiles. À travers ces pages, vous pouvez découvrir, à partir d’exemples historiques d’études actuelles et de réalisations concrètes, l’intérêt et les capacités de la recherche opérationnelle.

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9

CoMpendiuM

Compendium

K La RO offre des libertés de manœuvre grâce aux optimisations réalisées. Cf. § 1.4
K
La RO offre des libertés de manœuvre grâce aux optimisations réalisées.
Cf. § 1.4 : Les grandes classes de problèmes.
La RO est un ensemble de techniques mathématiques visant la modélisation
des problèmes en vue de les optimiser.
Cf. § 1.1 : Définition.
Eminemment transverse, la RO s’applique à des problèmes de toute nature.
Cf. § 2 : La RO dans l’armée de Terre,
Cf. § 3.2 : Pour une recherche encore plus opérationnelle.
La RO permet la comparaison de solutions et le respect de l’ensemble des
contraintes d’un problème.
Cf. § 1.5.2 : Profil d’une étude en RO.
Certains problèmes ne peuvent se résoudre qu’avec l’appui de la RO.
Cf. § 1.5.2 : Profil d’une étude en RO.
La RO peut s’appliquer aux problématiques spécifiques soit opérationnelles
rencontrées en phase de stabilisation soit organiques lors des réorgani-
sations.
Cf. § 3.2 : Pour une recherche encore plus opérationnelle.
Il n’y a pas de RO sans données.
Cf. § 1.5.2 : Profil d’une étude en RO.

13

pReMiÈRe paRtie Qu’est-Ce Que la ReCheRChe opéRationnelle ?

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

1.1 Définition

La recherche opérationnelle (RO) consiste en l’application de méthodes scientifiques aux opérations. Par ce dernier terme, on entend tantôt un ensemble de mouvements financiers ou la mise en œuvre de moyens matériels et humains voire les stratégies et tactiques utilisées. Ainsi la RO accompagne le changement.

En effet, dans les domaines militaires comme civils, la complexité des problèmes et les conséquences des choix décisionnels rendent de plus en plus nécessaire l’étude préalable d’un grand nombre de données et de paramètres. L’analogie entre les applications civiles et militaires de la recherche opérationnelle peut s’illustrer par quelques exemples :

– la planification de l’arrêt pour entretien des tranches nucléaires d’EDF et celle des opérations d’entretien du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle ;

– l’optimisation du chargement et des tournées des camions de livraison d’une entreprise et celle du chargement et des rotations des avions de transport militaires en cas de projection ;

– la conception du futur moteur hybride de Renault et celle du futur gilet pare-éclat de l’armée de Terre.

Néanmoins, les études de recherche opérationnelle civiles et militaires n’ont pas toutes la même portée. Elles peuvent être classées en trois ensembles :

– les études de portée stratégique concernent les grands problèmes d’organisation, la conduite des opérations au sens économique ou militaire du terme : structure des grandes organisations, organisation des grands réseaux de distribution, choix d’implantations, décisions d’investisse- ment, choix d’équipements majeurs, dimensionnement de flottes…

– les études de portée opérationnelle concernent la façon de disposer les forces vives dans les opérations réelles, économiques et militaires : gestion de flux et fonctionnement des grands réseaux de distribution, ordonnancement de tâches dans les chantiers, usines et entreprises, mise en œuvre d’outils de production, plans de maintenance…

– les études de portée technique concernent l’élaboration et l’évaluation d’éléments particuliers, tels que des matériels ou des armes : aide à la conception de pièces, optimisation de composants, développement de calculateurs, évaluation de l’effet des armes…

Voyant à tort dans le mot « opérations » un terme uniquement militaire, certains se sont élevés contre cette similitude de noms. Cependant, le nom s’est imposé de lui-même, et cela, en raison de l’analogie entre les applications : dans les milieux militaires et civils, la recherche opérationnelle est utilisée dans le même but et emploie des méthodes et des techniques identiques caractérisées par les mêmes mots-clés :

modélisation et optimisation.

Partant de ce constat, nous pouvons proposer la définition suivante :

La recherche opérationnelle est la discipline des méthodes scientifiques utilisables pour faciliter la prise de décisions face à des problématiques. Discipline transverse associant les mathématiques appliquées, les statistiques et l’informatique, elle s’applique à des problèmes usuels et joue un rôle-clé dans la recherche de l’efficience.

La recherche opérationnelle permet notamment d’optimiser l’architecture et le fonctionnement des organisations, qu’elles soient du ressort de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne organique. Grâce à elle, les décideurs peuvent analyser et mieux comprendre des situations complexes ou de grande dimension, aux interactions nombreuses et donc, faire des choix pertinents en toute connais- sance de cause. Elle participe à l’aide à la décision.

17

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

À l’origine, la principale différence qui existait entre les études civiles et militaires venait du fait que

la notion de coût financier pouvait être secondaire dans les problématiques militaires, sauf lorsqu’il s’est agit de passer d’une économie de temps de paix à une économie de temps de guerre. Mais du fait des restrictions budgétaires successives et de la révision générale des politiques publiques, cette différence tend à s’estomper. Aujourd’hui comme il y a cinquante ans, la question cruciale qui se pose au chercheur opérationnel civil ou militaire est toujours la suivante : comment faire de la recherche opérationnelle dans mon entreprise ou au sein de l’institution militaire ?

L’idée à retenir est que la RO ne s’occupe pas des problèmes pour lesquels une solution de bon sens intervient tout naturellement. Son domaine réservé est celui des situations dans lesquelles, pour une raison quelconque, le sens commun se révèle faible ou impuissant. Il s’agit d’éclairer des décisions, à un niveau de responsabilité souvent élevé, en usant de méthodes scientifiques avancées, au sein d’équipes pluridisciplinaires sans idées préconçues.

La mise en œuvre de la RO demande l’emploi de compétences et de logiciels spécifiques. Ces outils sont issus pour la plupart de la recherche académique et certaines techniques demandent encore des développements car la RO est avant tout une discipline jeune. Voici sa courte histoire, illustrée de quelques exemples d’application.

1.2 Regard historique sur la recherche opérationnelle

1.2.1 Des origines militaires

Il est généralement admis que les premiers travaux de recherche opérationnelle ont été entrepris en Grande-Bretagne au début de la Seconde Guerre mondiale. La RO, comme toute nouvelle discipline intellectuelle, connaît mal ses frontières et l’ensemble des travaux groupés sous ce vocable est plus facile à décrire qu’à définir. Aussi est-il utopique de vouloir faire en quelques pages une histoire de la RO, déjà largement établie dans des ouvrages anglo-saxons. L’idée est plus de dresser les grandes lignes de l’émergence puis de l’évolution de cette discipline dans les armées afin de faire découvrir l’engouement qu’elle a pu susciter aussi bien dans les armées occidentales que dans le milieu civil au cours de la deuxième moitié du XX e siècle.

Le terme « Recherche Opérationnelle » est une traduction littérale de « Operational Research », terme employé pour la première fois en Angleterre par Sir Robert Watson-Watt pour désigner la recherche scientifique du rendement optimum d’une opération militaire pendant la Seconde Guerre mondiale.

À partir de 1940, les Anglo-Saxons ont demandé en permanence à des groupes composés de scienti-

fiques et de militaires de préparer certaines grandes décisions. En effet, les circonstances firent qu’un certain potentiel scientifique se trouva disponible près des décideurs qui eurent ainsi l’idée d’y recourir pour des problèmes particulièrement complexes. Ils se montrèrent dès lors accessibles et réceptifs aux arguments scientifiques et eurent l’audace d’associer le fruit de recherches mathématiques à leurs décisions.

1.2.2 La recherche opérationnelle en Grande-Bretagne

Pour permettre la collaboration de scientifiques à la préparation de la guerre, il fallut les circonstances exceptionnelles que vécut la Grande-Bretagne face à la menace d’invasion et au danger aérien. Ainsi, le rassemblement de 7 000 scientifiques et ingénieurs volontaires dans une association sous l’égide de la Royal Society témoigne de l’engagement des hommes au service d’une cause nationale. L’époque est propice à l’application des sciences à l’industrie et à la guerre dans la continuité de la taylorisation.

18

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Il fallut aussi des chefs militaires d’une largeur de vue exceptionnelle. Ce sont les succès initiaux de la RO dans la bataille d’Angleterre qui instaurèrent définitivement l’idée de « faire des mathématiques pour les états-majors » 1 selon les mots de Sir Watson-Watt, premier directeur d’un centre de recherche sur les radars dans le manoir de Bawdsey (Suffolk).

C’est en effet peu avant la guerre, en 1936, qu’un groupe de jeunes scientifiques fut chargé de recherches sur l’efficacité du radar. Il s’agissait d’étudier comment la nouvelle technologie radar pouvait être utilisée afin d’intercepter les avions ennemis. Cette équipe préconisa la création d’un système de commande au sol des interceptions qui fit ses preuves en 1941. L’amélioration de l’implantation des radars permit de doubler la probabilité d’interception.

Le général Pile, commandant en chef de la DCA anglaise (Anti-Aircraft Command), confia en août 1940 au professeur Blackett, ancien officier de Marine, futur prix Nobel de physique en 1948, une série de recherches sur la défense aérienne, en liaison avec l’aviation. Il se constitua ce que l’on appela le « Blackett Circus » avec trois physiologues, cinq physiciens et mathématiciens, un astronome, un topographe et un officier. Après étude statistique des tirs, Blackett préconisa le tir de DCA sur éléments fixes du fait que les avions ennemis ne changeaient de cap pendant le tir qu’une fois sur quatre. Ainsi, alors qu’il fallait initialement 20 000 coups de DCA pour détruire un aéronef, 4 000 coups suffisaient après réorganisation de l’ensemble du système. D’autre part, étudiant la corrélation entre les erreurs de pointage radar et la nature du terrain, il détermina la taille idéale des treillis métalliques constituant ces systèmes de détection. Consacrant à cette occasion le vocable nouveau de recherche opérationnelle, son équipe de l’armée de Terre prit le nom de « Army Operational Research Group » et disposa de huit sections pour les problèmes de défense aérienne, radar, transmissions, infanterie, artillerie, appui aérien, armement, mines, obstacles et armes spéciales.

Le professeur Blackett passa en 1941 au commandement côtier de l’Air (Coastal Command) puis, ancien marin, il appliqua ses études sur le radar à la détection des sous-marins par avion. Chargé à partir de 1942 de la conduite des opérations navales, il fit ainsi le tour de la RO dans les armées.

Convois dans l’atlantiQue noRd En 1942, les planificateurs cherchèrent à limiter les pertes des navires
Convois dans l’atlantiQue noRd
En 1942, les planificateurs cherchèrent à limiter les pertes des navires marchands infligées par
les U-boats aux convois traversant l’Atlantique. L’analyse statistique compara ainsi le nombre de
navires escortes (de 1 à 15), la taille du groupe de sous-marins attaquant (de 1 à 20), la disposition
de marche du convoi, sa taille, son itinéraire, sa direction et sa vitesse de déplacement. L’étude
montra que le nombre des navires perdus était indépendant de la taille des convois et que le nombre
de sous-marins coulés par bateau perdu était proportionnel au carré du nombre d’escorteurs. Ainsi,
sans risque d’accroître les pertes, on pouvait quadrupler le nombre des navires du convoi en doublant
seulement le nombre des escorteurs. Les résultats furent accompagnés de recommandations
concrètes comme des itinéraires privilégiés, la disposition spatiale des convois (nombre de lignes
et de colonnes, attitudes à adopter en cas d’attaque), la disposition des escortes en fonction des
itinéraires suivis et des modalités d’emploi des avions du Coastal Command. Le rendement ennemi
diminua en fait suffisamment pour l’amener à cesser l’attaque des convois, ce qui constitua un
revirement capital dans la bataille de l’Atlantique.

1 Kirby Maurice, Operational Research in War and Peace : the British Experience from 1930 to 1970, Imperial College Press,

2007.

19

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

BoMBes anti-sous-MaRines Les bombes employées par l’aviation anglaise contre les sous-marins allemands étaient
BoMBes anti-sous-MaRines
Les bombes employées par l’aviation anglaise contre les sous-marins allemands étaient conçues
pour exploser à une profondeur de 50 pieds 2 environ. Cette profondeur d’explosion avait été choisie
arbitrairement et constituait un compromis entre deux tendances, les uns désirant que la bombe
explose à la surface, les autres pensant accroître l’efficacité avec la profondeur.
L’étude des probabilités de repérage et de dommages causés, en fonction de la profondeur,
montra l’existence d’une profondeur d’explosion optimale entre 15 et 25 pieds. Les bombes furent
dotées d’un nouveau réglage grâce à un meilleur dessin du détecteur de profondeur. De plus, les
pilotes reçurent l’ordre de ne pas lâcher de bombe sur un sous-marin en plongée depuis plus d’une
demi-minute. Après quelques mois d’application de ces nouvelles tactiques, notamment le fait de
concentrer les attaques sur des sous-marins découverts en surface ou juste en plongée, on constata
une efficacité deux fois plus grande des attaques avions contre sous-marins. Ce facteur 2 corres-
pondait exactement aux estimations du groupe de recherche opérationnelle.

C’est donc d’abord au profit de l’Air puis de la Marine que les études de RO furent entreprises, ce qui tient sans doute à la forme de guerre menée par l’Angleterre en 1941-1942. L’activité de recherche opérationnelle s’est ensuite progressivement intéressée aux problématiques terrestres comme les radars, le tir des chars et la pose des mines.

Confrontés à des situations nouvelles dans un contexte d’urgence, les scientifiques ont été amenés progressivement à changer très significativement la pensée et les pratiques effectives de la guerre de l’analyse du déroulement des opérations aux conséquences pour le commandement. Les résultats obtenus furent si spectaculaires qu’à la fin de la guerre on comptait plus de 120 officiers et 355 hommes de sciences britanniques engagés dans des activités de type recherche opérationnelle.

C’est seulement dans deux mémos datés d’octobre 1941 et de 1943 que Blackett réalise qu’il est en train de constituer un nouveau champ de pratiques. Il invente un modus operandi utile à la gestion de la guerre, ainsi qu’un ensemble de problèmes et de méthodes pour les traiter, qu’il unifie officiellement sous le nom de « Recherche Opérationnelle ». En pratique, les débuts de la recherche opérationnelle ont reposé sur une approche pluridisciplinaire dans l’esprit de l’époque, mêlant essentiellement les statis- tiques et les probabilités.

Blackett insiste sur le fait de devoir toujours :

– mener ces études en collaboration avec les opérationnels car eux seuls connaissent la complexité des problèmes ;

– mener des expériences en situation réelle pour tester les hypothèses ou les résultats découlant des études ;

– s’engager très précisément sur des propositions explicites de changement ou de maintien des solutions en place ;

– organiser la mesure de l’efficacité pratique des propositions qui sont faites en explicitant les critères de jugement.

2 1 pied = 30,5 cm.

20

Première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Après guerre, la RO est coordonnée, pour l’ensemble de la défense britannique, par un comité politique et de recherche composé de personnalités scientifiques et de membres militaires. Dans chaque armée, un conseiller scientifique civil oriente le choix des problèmes à traiter et les équipes de recherche. A tous les échelons, un lien étroit entre recherche opérationnelle et recherche scientifique est assuré.

1.2.3 La recherche opérationnelle aux États-Unis

Les États-Unis prirent très vite conscience de l’importance de l’expérience britannique et surent la mettre à profit. Quelques chercheurs américains, formés au sein d’équipes britanniques constituèrent un premier noyau. Les travaux de l’armée de l’Air furent confiés à la Rand Corporation et ceux de l’armée de Terre à l’université J. Hopkins où le docteur Johnson dirigeait le bureau de recherche opérationnelle (ORO – operations research 3 office). Sous l’impulsion de Patrick Blackett, l’US Navy créa, en 1942, un groupe de chercheurs opérationnels chargés de la lutte anti-sous-marine (ASWORG – antisubmarine warfare operations research group). L’ASWORG a été la première organisation de chercheurs civils au profit de la recherche opérationnelle militaire aux États-Unis. Organisée pour la Navy par le physicien Philip Morse, elle commença avec 15 scientifiques civils détachés auprès du bureau du chef des opérations navales. À la fin de la guerre le groupe de recherche opérationnelle (ORG) était constitué d’une centaine d’analystes. L’ouvrage du professeur Morse, « Methods of OR », retrace les principales recherches concernant les armes anti sous-marines, le radar et le sonar. Un tiers des chercheurs travaillait sur le terrain, en contact avec le combat réel.

Parmi les figures illustres de l’ASWORG, on peut citer William Shockley qui reçut le prix Nobel en 1956 pour ses travaux sur les semi-conducteurs et la découverte de l’effet transistor ainsi que George Kimball et Bernard Koopman initiateurs de la Search Theory 4 .

Les succès de la RO furent si rapides et si importants que le général Marshall, à la fin de 1943, en recommandait l’application généralisée. A la fin de la guerre, l’armée de l’Air à elle seule, employait

400 hommes de science et officiers répartis en 17 sections de recherche opérationnelle. Elle a notamment

fait étudier les bombardements et l’emploi futur des engins, liant les recherches des techniciens à celles

concernant l’emploi des armes.

Ainsi les premiers chercheurs opérationnels américains ont été civils, rejoints après la guerre par des militaires formés à la RO. En 1956, environ 800 chercheurs travaillent pour la défense américaine dont

250 pour l’Army 5 . Des séminaires, colloques ou symposium permettent aux ingénieurs et aux militaires

de se côtoyer.

L’EMPLOI DES MINES EN CORÉE Lors de la guerre de Corée, la RO trouva dans
L’EMPLOI DES MINES EN CORÉE
Lors de la guerre de Corée, la RO trouva dans les actions terrestres une véritable pertinence
avec l’optimisation de l’emploi des mines. Une analyse des données sur la période allant de juin
1950 à janvier 1951 montra que l’inefficacité du minage américain provenait essentiellement de
problèmes de qualification de personnel et d’approvisionnement de mines sur le front. ¬

3 On notera que les Américains emploient le terme « operations research » légèrement différent du terme britannique. Cette distinction perdure de nos jours.

4 La théorie de la recherche est la discipline traitant du problème de la recherche de cibles (mobiles ou non) par placement optimisé des moyens de détection affectés à cette recherche.

5 Note relative à l’organisation de la recherche opérationnelle dans les Forces Armées, Contrôleur de l’Armée FEUNTEUN, 7 décembre 1956.

21

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

¬ Cette étude de l’Operations Research Office formula une série de recommandations, comme

une meilleure formation du personnel et un accroissement de la production de mines. L’étude des dommages causés par les mines aux véhicules blindés fit également apparaître la nécessité de développer des mines spécialisées dans la destruction de tels engins : les mines antichars. Il restait cependant à étudier comment utiliser de manière plus intensive les mines tout en ne multipliant pas les convois vers le front et en minimisant l’emploi des troupes. Les solutions préconisées furent l’usage des bombes à retardement et l’utilisation des enfouisseurs de mines.

Au final, les analystes de l’ORO produisirent plusieurs centaines de memoranda d’études techniques concernant la guerre de Corée et démontrèrent ainsi l’efficacité de la RO, tant dans les opérations aériennes et navales que terrestres. Cela se traduisit par une augmentation significative du budget de l’ORO qui passa de 1 à 4 millions de dollars de 1949 à 1954.

La guerre de Corée fut un véritable tremplin pour la RO militaire américaine. En effet, les scienti- fiques de l’ORO ont su travailler de manière efficace aux côtés des opérationnels par le biais de deux types de missions :

– la réalisation d’études à intérêt immédiat pour les forces, dans le cadre de problèmes liés à des situations nouvelles rencontrées sur le terrain ;

– la collecte d’un grand nombre de données, utiles pour les études futures et pour alimenter les outils naissants de simulation.

1.2.4 La recherche opérationnelle en France

Les résultats obtenus à l’étranger par la recherche opérationnelle ainsi que les possibilités techniques qu’elle offrait dans les domaines les plus variés ont intéressé le commandement en France dans le milieu des années 50. À cette époque, les États-Unis y consacrent un budget de 20 millions de dollars par an. On estime que « la RO coûte environ 1 % du budget total de l’organisation à laquelle elle est appliquée et conduit à des économies représentant 5 à 20 fois le montant des sommes engagées 6 ».

La recherche opérationnelle civile naît à la même époque avec la création d’équipes et de services de RO dans de nombreuses entreprises : Air France, Charbonnages de France, EDF, Renault, RATP, SNCF et plusieurs sociétés pétrolières. A ce titre, on peut remarquer les travaux de Jacques de Guenin, à la fin des années 50, dans le domaine de la « Search Theory » appliquée à la prospection minière. Le monde universitaire n’est pas en reste avec la naissance, début 1956, d’un bureau spécialement dévoué aux recherches opérationnelles à l’institut de statistiques de l’université de Paris 7 et d’une association de recherche opérationnelle sous le nom de SOFRO 8 .

Ce n’est qu’en 1954 que les armées françaises commencent à s’intéresser à la recherche opérationnelle sous l’impulsion du comité d’action scientifique de la Défense Nationale (CASDN).

Une organisation décentralisée 1956-1959

Une directive de l’EMFA, datée du 7 juin 1956, fixe l’organisation de la RO dans les forces armées. Elle prévoit la création de groupes de RO dans chaque état-major d’armées. Il est prévu qu’un autre groupe de RO à l’EMFA soit chargé de traiter les problèmes communs de défense nationale et de coordonner les actions des autres groupes, rôle qu’il ne pourra assurer et que le « Comité directeur de la RO interarmées » 9 (CDRO) permettra.

6 Lettre du général BERGERON, président du CASDN au chef d’état-major des forces armées du 12 juin 1954.

7 BURO : bureau universitaire de recherche opérationnelle.

8 Société française de recherche opérationnelle.

9 Décision 171/MA/CAB/EMP/DR du 31 janvier 1959.

22

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Pour l’Armée (Terre) cela se traduit par la création d’un centre de RO le 1 er octobre 1957 au sein du bureau armement et études. Il se compose de deux officiers et dispose d’environ 15 millions de francs (anciens) de crédits. Ces moyens sont insuffisants et ne permettent la réalisation que de quelques études.

Dans ce cadre le rôle du CASDN est double. D’une part il forme les officiers qui arment les centres de RO à compter de novembre 1957 grâce à son centre militaire de préparation à la RO (CMPRO). D’autre part le CASDN appuie les centres financièrement et aide à la passation de contrats avec le secteur privé.

La Recherche Opérationnelle interarmées

Créé le 10 février 1960, le centre interarmées de recherche opérationnelle 10 (CIRO) devient le bras armé du CDRO. Il est rattaché administrativement au CASDN puis à la direction des recherches et études techniques (DRET) de la DGA. La division enseignement du CIRO reprend la mission de formation du CMPRO et deviendra, en 1980, le département IN-RO de l’ENSTA 11 qui forme encore de nos jours des officiers spécialisés en RO.

À partir des années 1970, près de la moitié des travaux effectués par le CIRO est demandée par la

division Forces Nucléaires de l’EMA. Ces études s’intéressent à l’évaluation de l’efficacité des frappes,

à la conception des missiles et à leur emploi. La recherche des conséquences de certains choix techniques

doit permettre à l’état-major de faire valoir le point de vue opérationnel dans les discussions avec les

directions techniques.

En 1980, le CIRO compte de trente à quarante chercheurs permanents dont une dizaine d’officiers et une vingtaine de scientifiques du contingent. La même année, le CIRO devient centre d’analyse des systèmes (CAS) puis centre d’analyse de défense (CAD) au sein de la DGA.

Montée en puissance de la RO dans l’armée de Terre

La capacité de RO est aussi considérée comme un instrument indispensable de prévision et d’évalua-

tion pour le commandement au sein de l’armée de Terre. La section d’études et de recherches appliquées de l’armée de Terre (SERAT) créée le 1 er janvier 1960 et placée sous les ordres du major général, lui permet d’en disposer. L’effectif consacré à la RO est de 12 personnes. Il sera composé de 31 personnes

à la fin des années 70. En 1978 la SERAT intègre la simulation et devient la SROAT 12 , puis CROSAT 13 en 1993, puis devient l’actuelle DSRO 14 en 2004. La subordination de la RO au commandement de la doctrine et de l’enseignement supérieur date de 1999.

la ReCheRChe opéRationnelle en algéRie pouR l’optiMisation de l’eMploi des héliCoptÈRes h21 15 Par décision
la ReCheRChe opéRationnelle en algéRie pouR l’optiMisation de
l’eMploi des héliCoptÈRes h21 15
Par décision du Ministre de la Défense Nationale
et des Forces Armées du 7 septembre 1956, le
CASDN met sur pied un groupe de recherche
opérationnelle. Dirigé par le chef d’escadron
JAURAS, il est composé de 7 personnes dont 3 de
la société américaine VERTOL. ¬

10 Décret n° 69-131 du 10 février 1960 portant création du centre interarmées de recherche opérationnelle.

11 Département informatique et RO de l’école nationale supérieure de techniques avancées, 32 boulevard Victor, Paris XV e .

12 Section de recherche opérationnelle de l’armée de Terre.

13 Centre de recherche opérationnelle de l’armée de Terre.

14 Division simulation et recherche opérationnelle.

15 Rapport de la mission de recherche opérationnelle sur les hélicoptères H21, service historique de la défense.

23

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

¬ Les missions du groupe sont « d’étudier, par les techniques de la recherche opérationnelle :

• les méthodes d’utilisation, de ravitaillement et de soutien au sol des hélicoptères VERTOL H21 en Algérie,

• les aménagements à prévoir sur ces hélicoptères en vue de leur permettre d’exécuter au mieux les opérations militaires en cours,

• l’importance relative des différentes caractéristiques à inclure dans un programme d’étude d’hélicoptère. »

La première partie de l’étude consiste à déterminer comment mieux positionner et mieux employer les hélicoptères H21. En éliminant les cas les plus irréalistes ou non satisfaisants, trois systèmes de bases sont analysés : une seule base à SETIF, deux bases à SETIF et AÏN-BEIDA, puis trois bases à SETIF, GUELMA et KENCHELA. Le rapport ne considère que les opérations de riposte immédiate qui consistent à projeter des troupes suite au signalement de troupes rebelles. Une mesure de l’efficacité d’un système de bases est définie. Son principe est simple : plus les délais d’intervention sont longs, plus le nombre de rebelles neutralisés est faible. Les distances entre les bases et leurs zones d’action sont donc un facteur déterminant afin de calculer les délais d’intervention. Ces derniers tiennent compte de plusieurs facteurs comme la vitesse et la direction des vents dans la région Est de l’Algérie, les performances et les capacités des machines, le nombre moyen d’hommes nécessaires pour une intervention donnée et une probabilité d’intervention qui dépend de la zone considérée.L’étude statistique portant sur le nombre d’interventions a montré que la probabilité d’intervenir plus de trois fois dans une même journée est négligeable. Forte de cette observation, l’étude affine le calcul de l’efficacité en tenant compte du nombre d’appareils affectés à chacune des trois interventions probables. L’étude conclut que pour une même efficacité, un système à trois bases permet d’économiser 45 % d’heures de vol qui peuvent ainsi être employées à d’autres missions. Elle signale aussi qu’une doctrine faisant effort sur les deux premières opérations de la journée offre un gain de 15 % d’efficacité par rapport à tout autre système.

L’autre partie de l’étude concerne la maintenance des hélicoptères H21. Elle a fourni des indica- teurs permettant de comparer l’utilisation des machines avec celles des autres utilisateurs militaires étrangers. Elle montre une « activité considérée comme excellente et supérieure à l’activité moyenne chez les autres utilisateurs de H21 ».

Le nombre d’heures consacrées à l’entretien journalier pour une heure de vol a été établi. Bien que satisfaisants, le rapport précise que ces temps peuvent être réduits et préconise l’accroissement de l’expérience du personnel et le suivi strict des recommandations du constructeur pour « les modifications, les procédés de réparation et les nouvelles méthodes d’entretien ». Le calcul de la disponibilité et de l’activité des appareils est particulièrement développé. Il montre que plus de la moitié des heures sont disponibles pour les vols une fois les opérations de maintenance déduites et que 14,2 % des heures sont effectivement volées. En outre la disponibilité est comparable à celle des autres utilisateurs militaires d’hélicoptères H21.

Enfin, le rapport avance qu’il serait possible « d’accroître nettement la disponibilité » par une « étude systématique de l’organisation au sol, de l’approvisionnement en pièce détachée et de l’affectation du personnel ». Le rapport avance un gain envisageable de la disponibilité de 25 % en augmentant les montants accordés à la maintenance de 30 % et préconise des études complémentaires en ce sens. ¬

24

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

¬ Cette étude de l’emploi des hélicoptères H21 est intéressante car elle précise le périmètre de la

recherche opérationnelle alors que cette discipline naît en France. Demandée directement par le ministre de la Défense, l’étude conduit à des préconisations qui ont intéressé directement les chefs d’état-major d’armée. Ces travaux ont facilité les analyses comparatives avant la prise de décision.

Par ailleurs les documents étudiés définissent les pré-requis d’une étude RO : disponibilité des données, délais d’étude suffisants, réponse à un besoin réel, nécessaire implication du demandeur lors de l’étude, cadre de l’étude suffisamment large pour prendre en compte l’ensemble de la pro- blématique.

1.3 Développement de la recherche opérationnelle dans le civil

Si les militaires sont à l’origine de la collaboration systématique entre les hommes de science et les hommes d’action dans le domaine de la décision, la recherche opérationnelle va devoir sa renommée grandissante, après les années de guerre, aux applications civiles – sans que les militaires ne cessent de s’y intéresser activement. À la fin des hostilités, les savants, qui avaient si bien réussi pendant la guerre, souhaitent étendre le domaine d’application des techniques qu’ils ont créées. Après la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt pour la RO s’est ainsi éveillé dans le monde économique et industriel français. L’approche systématique et scientifique des problèmes militaires s’est alors transposée aux problèmes décisionnels des entreprises. Depuis, l’évolution de la discipline dans le monde des entreprises françaises a été marquée par trois grandes périodes 16 .

 La première qui s’étale du milieu des années 50 à la première moitié des années 70, est celle de l’émergence puis du développement rapide de la RO. Son implantation a revêtu deux formes :

équipes internes dans quelques grandes entreprises, privées ou nationalisées (Air France, EDF, IBM, Renault, Crédit Lyonnais, RATP, SNCF et plusieurs sociétés pétrolières…) et sociétés de conseils et de consultants qui louent leurs services aux entreprises et administrations. C’est le cas notamment du centre français de recherche opérationnelle (CFRO) et de la société pour l’avancement des sociétés de recherche opérationnelle civile (AUROC) qui ont notamment travaillé pour la Défense.

Une mesure très importante de l’implantation de la RO en France peut être trouvée dans l’étendue du milieu associatif. Dès 1956, les chercheurs opérationnels, qu’ils soient praticiens ou enseignants, ont pris l’habitude de se rencontrer dans le cadre de la société française de recherche opérationnelle (SOFRO) qui compte rapidement plus de 1 000 adhérents. Après plusieurs fusions, la SOFRO intègre en 1968 l’association française pour la cybernétique économique et technique (AFCET).

 La deuxième période, qui s’étend jusqu’à la première moitié des années 90, est marquée par un ralentissement et un déclin de l’activité de RO. À compter du début des années 1970, on assiste à la disparition ou au changement d’activité de nombreuses sociétés de conseils, à la disparition de nombreux groupes de RO dans les entreprises ainsi qu’à une désaffection progressive du mot même de RO en France au profit d’autres appellations comme « Aide à la Décision » (AD) ou « Management Scientifique ». Cela ne signifie nullement que l’on ne pratique plus la recherche opérationnelle ; elle est même davantage enseignée, notamment à Paris VI sous l’impulsion du Professeur Robert Faure et dans les grandes écoles d’ingénieurs. Elle l’est tout spécialement au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) où une chaire de RO (la seule qui existera en

16 Roy Bernard, Regard historique sur la place de la recherche opérationnelle et de l’aide à la décision en France, in Math. et Sci. Hum., n° 175.

25

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

France) est créée peu avant la fin des années 70 pour Robert Faure. Elle l’est aussi, bien que plus tournée vers les sciences économiques et de gestion, à Paris IX Dauphine et dans les grandes écoles de commerce et de gestion.

Cet apparent recul de la RO semble bien davantage dû à un retour à la normale suite à une période d’euphorie. En conséquence de celle-ci, une pratique de la RO a parfois persisté alors qu’elle était rendue caduque par la complexification du tissu industriel, l’intensification de la concurrence et l’évolution des organisations. Le désenchantement dans les années 70-80 semble avoir comme source le manque d’outils pour résoudre de manière efficace les problèmes

industriels. Le chercheur opérationnel de l’époque était peut-être obnubilé par la recherche d’un

mais surtout n’avait pas à sa disposition des outils suffisamment puissants pour

parvenir à proposer des solutions de bonne qualité.

optimum

C’est pourtant au cours de cette seconde période que la recherche opérationnelle - aide à la décision (RO-AD) commence à bénéficier des apports de l’informatique en permettant d’effectuer des calculs pour des problèmes de taille raisonnable.

 De la première moitié des années 90 jusqu’à maintenant, la troisième période marque un renverse- ment de tendance par rapport au déclin ressenti durant la période précédente. Elle est marquée par une explosion des logiciels aussi bien scientifiques que commerciaux et voit une communauté de chercheurs se structurer et s’accroître progressivement. La profusion des travaux de recherche dans le domaine de la recherche opérationnelle et l’aide à la décision conduit à la mise en application industrielle de nouvelles méthodes et l’émergence de nouveaux champs d’application. La RO-AD est omniprésente dans des secteurs de plus en plus variés comme le transport, les télécommunica- tions, la distribution, la banque, la finance, l’assurance, l’informatique… La société française de recherche opérationnelle et d’aide à la décision (ROADEF) est créée en 1998 à la suite de l’arrêt de l’AFCET. Elle compte en décembre 2006 environ 300 adhérents.

En France, la naissance et le développement de la recherche opérationnelle ont été concomi- tants dans les milieux civil et militaire. Il est utile de rappeler que la RO a pris naissance à partir d’un principe selon lequel des méthodes scientifiques pouvaient être appliquées avec succès à des problèmes non seulement militaires mais aussi civils. À l’époque, les méthodes scientifiques s’appliquaient indistinctement à la logique, la modélisation, les outils mathématiques spécifiques, le calcul des probabilités, les statistiques, la simulation ou encore de la théorie des jeux.

La RO civile s’est à la fois appuyée sur la recherche académique et sur la création de structures spécialisées à l’intérieur des grands groupes industriels puis d’entreprises particulières (Eurodé- cision, Artelys). Les chercheurs opérationnels civils et militaires ont été formés dans les mêmes écoles et entretiennent des liens privilégiés par l’intermédiaire du monde associatif (ROADEF) et de la sous-traitance de certaines études.

1.4 Les grandes classes de problèmes

Soixante ans d’évolution ont ainsi permis à la RO de résoudre de nombreux problèmes. Les chercheurs opérationnels ont naturellement identifié des similarités entre certains d’entre eux et une classification a été proposée assez tôt. Plus qu’une simple commodité de langage, cette terminologie est déterminante pour faciliter la résolution des problèmes. Elle consiste en regroupements par grandes familles qui ouvrent la voie à la recherche théorique et conduisent à des résolutions génériques d’ensem- bles de problèmes. Plutôt que de les rassembler par domaine d’application (transport, énergie, télécom- munications, etc.), les problèmes sont classés en fonction de leur modélisation, c’est-à-dire de la façon de les exprimer en termes mathématiques. Pour prendre un parallèle morphologique, les visages ne seraient pas classés suivant leurs caractéristiques physiques mais suivant les réactions qu’ils suscitent et suivant notre façon de communiquer avec leurs propriétaires.

26

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Considérons deux cas assez différents.

– Le premier concerne ces marins malchanceux contraints d’abandonner leur navire qu’une voie d’eau destine aux profondeurs. Leur seule chance de survie est d’embarquer dans un canot pour tenter de croiser une route commerciale fréquentée. Ils doivent emmener de quoi survivre quelques jours : eau, nourriture, protection contre le froid, signaux de détresse, etc. Or le canot a une capacité limitée en volume et en poids. Ces marins vont donc devoir faire des choix pour charger leur canot, sinon ils n’iront pas loin.

– Le second cas est celui du responsable d’un budget. Considérant une espérance de revenus, comment répartir efficacement l’argent disponible entre différents projets sachant qu’ils ont une utilité différente ? Doit-il favoriser les gros projets à forte valeur ajoutée ou les petits projets un peu moins intéressants financièrement ?

Si ces deux problèmes semblent différents tant dans leur formulation que dans leur portée, ils sont de même nature. Ils appartiennent à la catégorie de problèmes appelés « sac à dos » pour lesquels plusieurs éléments de valeurs différentes (les matériels à charger dans le canot, les projets à financer) se partagent une capacité limitée (le canot, le budget). Tel quel, le premier problème est même plus complexe que le second puisqu’il introduit un lien entre les éléments à charger : si les marins prennent des boîtes de conserve, il faut également prendre l’ouvre boîte. Le second problème peut également être plus complexe lorsque certains projets sont réalisables seulement si d’autres le sont effectivement.

réalisables seulement si d’autres le sont effectivement. Illustration du problème du sac à dos. De fait,

Illustration du problème du sac à dos.

De fait, tout problème de recherche opérationnelle appartient à une classe de problèmes. Il en est proposé au lecteur six usuelles : les problèmes de sac à dos, les problèmes de tournées, les problèmes d’affectation, les problèmes d’ordonnancement, les problèmes de file d’attente et les problèmes de flot. Ces classes couvrent la majeure partie des cas concrets pour lesquels la recherche opérationnelle est à même de donner une réponse pertinente.

1.4.1 Les problèmes de sac à dos

Tout comme les deux exemples cités plus haut, il s’agit de déterminer quels sont, parmi plusieurs éléments, ceux qui respectent les dimensions offertes par une capacité fixe. Les éléments ont des propriétés différentes du point de vue de l’utilisation de la capacité, mais aussi de leur valeur. Il s’agit de déterminer quels sont les éléments à retenir de façon à maximiser la valeur totale tout en respectant la limite de la capacité.

La capacité peut être de différente nature :

capacité. La capacité peut être de différente nature : Le chargement optimal d’un camion. – la

Le chargement optimal d’un camion.

– la masse salariale est répartie entre un certain nombre de personnes qui ne sont pas toutes rémunérés à l’identique et qui n’ont pas toutes les mêmes compétences ;

– le personnel d’une entreprise est réparti idéalement entre certaines tâches parmi un ensemble. La sélection des tâches à accomplir doit tenir compte de leur rentabilité mais aussi du nombre de personnes à y consacrer ;

27

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

– la surface utile d’une usine est occupée par des équipes spécialisées. Quelles équipes faut-il choisir sachant qu’elles n’utilisent pas toutes la même surface et qu’elles n’ont pas toutes la même utilité ?

– la surface d’un jardin doit être répartie entre plusieurs types de plantation. Quelle surface faut- il consacrer à la culture de chaque légume sachant qu’ils n’ont pas tous le même rendement énergétique, ni le même prix à la vente.

1.4.2 Les problèmes de tournées (voyageur de commerce)

Il s’agit du cas le plus cité lorsqu’il s’agit d’expliquer

l’apport de la recherche opérationnelle, parce qu’il est facile

à visualiser et qu’il est tout aussi aisé de faire comprendre

sa complexité sous-jacente. Considérons un représentant ou tout autre professionnel devant visiter un ensemble de lieux avant de revenir à son point de départ. Il va chercher à optimiser son trajet en termes de temps de parcours ou de distance parcourue. Or le nombre d’itinéraires possibles croît très vite à mesure que le nombre d’étapes augmente. Si pour

trois étapes il y a six trajets possibles, pour vingt étapes il

y a des milliards de milliards de possibilités. S’il n’est pas

question de les énumérer toutes, un trajet idéal peut être approché en sachant que l’utilisation du meilleur chemin sera synonyme de gains financiers appréciés dans un contexte concurrentiel fort.

financiers appréciés dans un contexte concurrentiel fort. Une tournée optimale aux USA. Déjà difficile ainsi

Une tournée optimale aux USA.

Déjà difficile ainsi formulé, ce problème devient vite très complexe lorsque les contraintes réelles sont prises en compte :

– présence de multiples trajets entre deux villes, le plus court en distance n’étant pas toujours le plus rapide. L’itinéraire global est alors fonction des objectifs du voyageur ;

– les temps ou les coûts sont différents suivant le sens de la route ;

– toutes les routes n’acceptent pas les mêmes gabarits de véhicules ;

– certains axes sont habituellement chargés à certaines heures de la journée. Il est alors intéressant de prendre en compte la circulation réelle à l’heure estimée de passage sur ces portions d’itiné- raires ;

– les jours et les horaires de passages dans certaines villes peuvent être imposés ;

– plusieurs modes de transports peuvent être utilisés entre les points.

Ces types de problèmes sont courants dans la logistique (transport de marchandises). Des solutions commerciales existent pour les cas les plus courants et autorisent le suivi de la flotte de véhicules en temps quasi réel. Les algorithmes de calcul utilisés sont des applications de la recherche opéra- tionnelle.

1.4.3 Les problèmes d’affectation

Les problèmes d’affectation consistent à répartir des ressources limitées entre un certain nombre de tâches à réaliser. L’objectif du calcul est de maximiser la rentabilité des tâches réalisées sachant qu’elles ne nécessitent pas toutes les mêmes quantités de ressources et qu’il n’y a pas assez de ressources pour les accomplir toutes. Considérons quelques exemples :

28

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

L’occupation d’un bâtiment :

La répartition du personnel dans un bâtiment est un problème d’affectation pour lequel il s’agit de déterminer la position idéale de chaque personne de façon à maximiser la satisfaction globale ou la productivité totale. Dans ce cas, les ressources sont les bureaux qui peuvent avoir des caractéristiques différentes en termes de surface ou d’équipement. Ce problème compte de nombreuses contraintes comme le regroupement géographique des équipes de travail ou leur position vis-à-vis des équipements communs comme les salles de réunion.

L’élaboration du plan annuel de mutation :

Par extension, le problème précédent s’apparente à l’établissement du plan annuel de mutation (PAM). En effet, il s’agit dans ce cas d’affecter une personne à un poste en respectant les contraintes de gestion et les souhaits des administrés.

Le PAM : un problème d’affectation de grande taille.

}

Emploi des véhicules dans le cadre de la PEGP :

taille. } Emploi des véhicules dans le cadre de la PEGP : Dans un avenir proche,

Dans un avenir proche, le système d’information de la politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP) déterminera les matériels à employer pour chaque activité afin de satisfaire au mieux les besoins des formations de l’armée de Terre tout en assurant un vieillissement homogène des parcs.

Localisation géographique de services :

Autre problème d’affectation, la localisation d’un certain nombre de services vis-à-vis des bénéficiaires vise à réduire la somme des déplacements entre les services et les clients (cf. figure ci-dessous). Les points rouges peuvent être des dépôts ou des centres d’intervention. Les points bleus sont les bénéficiaires des services offerts par les points rouges. Un exemple simple est le positionnement idéal d’un certain nombre d’équipes de réparation vis-à-vis de clients identi- fiés. La solution idéale dans ce cas est de placer un point de soutien avec chaque client. Toutefois, dans ce cas, les coûts d’implantations et de personnel sont importants. On cherche

alors à réduire ces coûts en diminuant le nombre d’équipes, tout en étant en mesure d’assurer la même charge de travail. Mais dans ce cas, les coûts de déplacements augmentent à mesure que le nombre d’équipes diminue. Il est donc nécessaire de placer au mieux ces équipes pour minimiser les distances à parcourir. Le calcul détermine la place des équipes mais également le plan de rattachement, c’est-à-dire le lien unique qui relie un client à une équipe.

L’étude DIRISI présentée dans ce cahier est un exemple de ces problèmes de localisation qui connais- sent de multiples variantes :

– certains clients peuvent demander plus d’interventions que les autres. Les distances à parcourir pour eux sont alors globalement plus élevées ;

parcourir pour eux sont alors globalement plus élevées ; Cas concret de positionnement aux États-Unis. –

Cas concret de positionnement aux États-Unis.

– la capacité d’accueil peut être limitée pour les équipes de réparation en fonctions des lieux ;

– une équipe de réparation doit être constituée d’un minimum de personnel afin, par exemple, d’assurer une permanence ;

– la distance parcourue par une équipe de réparation ne doit pas dépasser une certaine limite afin de préserver du temps pour effectuer le travail objet du déplacement.

29

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

La famille des problèmes d’affectation est, en fait, très vaste. Elle touche de nombreux domaines et répond à la nécessité de répartir des ressources comptées. Dans ce cas, la recherche opérationnelle apporte une aide en fournissant au décideur des éléments quantifiés pour distribuer idéalement cette ressource.

1.4.4 Les problèmes d’ordonnancement

cette ressource. 1.4.4 Les problèmes d’ordonnancement Exemple d’ordonnancement de tâches. Les problèmes

Exemple d’ordonnancement de tâches.

Les problèmes d’ordonnancement sont très nombreux. Ils se retrouvent systématiquement dans toute production de produits divers dont la réalisation est décomposée en de multiples tâches élémentaires. En fonction des objectifs, l’optimisation vise alors à établir l’ordre d’exécution des tâches afin de produire le maximum de produits en un temps donné et de réduire le temps total de production d’un nombre donné de produits.

De façon générale, l’exécution d’une tâche peut demander que d’autres soient déjà réalisées. Par exemple lors de l’assemblage d’une auto-

mobile, la fixation du moteur sur le châssis n’est possible que si ces deux éléments ont déjà été assemblés individuellement. La réalisation d’une tâche dépend également de la disponibilité des ressources qui lui sont nécessaires. Pour reprendre le même exemple, le montage du moteur nécessite l’intervention d’un certain nombre de personnes et il est nécessaire de disposer de l’ensemble des pièces requises par le moteur.

Voici quelques exemples de problèmes d’ordonnancement.

Systèmes d’exploitation multitâches pour ordinateurs :

L’exécution concurrente de plusieurs programmes informatiques sur un même ordinateur est depuis longtemps chose courante (multitâches). Même si l’utilisateur ne les voit pas, de multiples logiciels s’exécutent en même temps sur une machine afin de gérer les divers périphériques et les services (réseau, sécurité, etc.). Tous ces programmes partagent des ressources communes (disque dur, processeur, mémoire, etc.) et ils ne peuvent donc s’exécuter en même temps. Le système d’exploitation a donc la charge de répartir le temps entre les programmes afin de donner l’illusion d’une exécution simultanée. Un système de priorité est mis en place afin que les logiciels accessoires disposent de moins de temps que les logiciels employés par l’utilisateur à un instant donné.

Assemblage des avions AIRBUS :

à un instant donné. Assemblage des avions AIRBUS : Chaîne d’assemblage d’avions. L’ordonnancement des

Chaîne d’assemblage d’avions.

L’ordonnancement des tâches pour l’assemblage des avions AIRBUS est un problème d’une très grande complexité en raison de ses dimensions. Comme on peut l’imaginer, le nombre d’opérations élémentaires est très grand et de multiples contraintes sont à prendre en compte. Ainsi, il faut gérer la disponibilité des ressources nécessaires à l’accomplissement de chaque tâche, qu’elles soient matérielles ou humaines.

Les variantes de ce type de problème sont tout aussi nombreuses :

30

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

– le nombre de machines disponibles peut varier de un à plusieurs ;

– les machines peuvent être limitées dans les tâches qu’elles peuvent réaliser : elles pourront en réaliser certaines, mais pas d’autres ;

– le changement de type de tâche d’une machine peut nécessiter du temps pour sa reconfiguration. Par exemple, le changement de coloris de peinture nécessite le nettoyage des instruments avant de reprendre le travail. C’est le cas le plus général. Dans le cas du montage d’un avion, il est nécessaire d’aménager le poste de travail, puis de le remettre en ordre à la fin de l’activité en vue de l’intervention de l’équipe suivante.

Tout comme ceux d’affectation, ces problèmes se retrouvent quasiment dans tous les domaines. Ils sont connus pour être particulièrement ardus et font en général l’objet d’une solution approchée, la solution exacte étant inaccessible dans un temps de calcul raisonnable.

1.4.5 Les problèmes de file d’attente

raisonnable. 1.4.5 Les problèmes de file d’attente Files d’attente de voitures. Comme son nom l’indique ce

Files d’attente de voitures.

Comme son nom l’indique ce type de problème traite des cas où une file d’attente peut se créer. Des clients se présentent à des guichets pour y être servis. L’objet de l’optimisation est de déterminer le nombre de guichets qu’il convient de mettre en place afin de limiter au maximum l’attente des clients. Comme un guichet représente un coût (humain, infrastructure), il est également nécessaire de limiter leur nombre. Au final, on cherche la solution qui minimise le nombre de guichets tout en conservant les temps d’attente dans une limite acceptable.

Ces problèmes sont fortement dépendants des variations du flux de clients qui se présentent aux guichets. En fonction du service offert, le nombre de clients peut évoluer en fonction du temps. Ainsi une boulangerie voit son activité croître en soirée. Le service des cartes grises d’une préfecture doit répondre à une forte demande le samedi. Les guichets de la RATP sont débordés en fin de mois. Ainsi, il n’est pas nécessaire de conserver en permanence le même nombre de guichets actifs.

Une fois de plus, les exemples de ce type de problèmes sont très nombreux :

– chargement et déchargement de bateaux porte-conteneurs ;

– traitement des patients dans les blocs opératoires ;

– réparation de véhicules chez un garagiste ;

– « aiguillage » des données au niveau d’un routeur internet.

1.4.6 Les problèmes de flux

x y c(xy), f(xy) 5,5 3,2 A C D 4,1 5,1 3,3 E 7,0 B
x
y
c(xy), f(xy)
5,5
3,2
A
C
D
4,1
5,1
3,3
E
7,0
B
F
1,1
3,3
4,2
G

Un graphe orienté et flux associés.

Considérons un réseau routier urbain. Il relie différentes

parties de la ville : les quartiers d’habitation, les zones indus- trielles, les zones commerciales, etc. Il s’ensuit que la circulation routière privilégie certains axes quand d’autres sont moins empruntés. Il faut alors adapter la largeur des axes afin d’éviter

les embouteillages, tout en restant dans des limites acceptables pour le contribuable. Il s’agit d’un problème de flux qui peut se

mettre sous la forme d’un graphe (le réseau urbain) dont chaque arc a des capacités propres (nombre de véhicule maximum par heure, coût de construction et d’entretien au kilomètre).

31

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Modélisé sous cette forme, un problème de flux peut être traité grâce à la mise en œuvre d’un des nombreux algorithmes issus de la théorie des graphes.

Des problèmes similaires se retrouvent en télécommunications et de façon générale dans tous les réseaux de distribution (gaz, eau, électricité, etc.). Ils comptent d’autant plus de cas que beaucoup de problèmes cités dans cet article peuvent se modéliser sous la forme de graphe, puis se résoudre grâce à un algorithme spécifique de flot. La difficulté de résolution du problème ainsi modélisé est fonction de la nature du graphe. C’est pourquoi la recherche académique s’applique à étudier les graphes pour déterminer leurs propriétés intrinsèques et ainsi explorer de nouvelles méthodes de résolution.

1.5 Caractéristiques d’une étude en recherche opérationnelle

Il est maintenant intéressant de considérer le processus global d’une étude de ce type. Car si la discipline met en œuvre des techniques mathématiques issues de la recherche fondamentale et appliquée, elle propose avant tout une méthode de résolution facilitant la décomposition et la résolution d’un problème donné.

Toute la description qui suit s’appuiera sur le problème particulier du transporteur qui doit livrer un certain nombre de clients avant de revenir à Paris, sa base, son objectif étant de minimiser les distances parcourues.

1.5.1 Les constituants d’une étude RO

Face à un problème donné, le chercheur opérationnel cherche à identifier plusieurs éléments : un ou plusieurs objectifs, des variables de décisions, des contraintes et des paramètres. Ces éléments se retrouvent dans toutes les études et la faisabilité de celles-ci repose en grande partie sur le caractère mesurable et quantifiable de chacun de ces constituants.

– L’objectif est le but à atteindre. S’agit-il de réduire les coûts de fonctionnement, d’accroître la qualité de service, de réduire les délais de livraison ? Une étude en RO peut prendre en compte plusieurs objectifs, mêmes contradictoires. On parle alors d’optimisation multicritères.

– Les variables de décision représentent, comme leur nom l’indique, les décisions à prendre afin de satisfaire le ou les objectifs. Une solution est un ensemble de décisions particulier. Tout l’objet de l’étude en RO est de fixer ces variables afin d’optimiser le ou les objectifs. Ainsi notre transporteur cherchera à savoir l’ordre dans lequel il doit livrer ses clients.

– Les solutions doivent satisfaire des contraintes. Dans l’exemple proposé une contrainte est clairement exprimée : le point de départ du transporteur est également son point d’arrivée. Il en existe certainement d’autres, comme la nécessité de livrer tel client avant telle heure car sa marchandise est fragile ou périssable.

– Les paramètres du problème sont toutes les grandeurs qui caractérisent le problème ou les contraintes : quelles sont les distances qui séparent chaque client, quelles sont les heures de livraison limites ? Etc. Il faut noter ici que le chercheur opérationnel n’a pas directement besoin des données réelles du problème, ce qui peut être intéressant dans le cas où les données sont classifiées. L’étude débouche alors sur un logiciel spécialisé qui est renseigné par le bénéficiaire de l’étude, celui-ci assurant également l’interprétation des résultats.

L’identification au plus tôt de l’ensemble de ces constituants permet la transcription du problème en équations afin de faciliter son traitement par des programmes adaptés. Il peut être délicat d’identifier une nouvelle contrainte à un stade avancé de l’étude, car dans certains cas il peut être nécessaire de changer de méthode de résolution en raison du changement de forme du problème mathématique sous-jacent.

32

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

1.5.2 Profil d’une étude en recherche opérationnelle

Ce type d’étude se distingue par la difficulté de la résolution du problème à traiter. Habituellement, l’officier en charge d’un dossier cherche quelques solutions réalisables, c’est-à-dire celles qui respectent toutes les contraintes. Ensuite il conserve deux ou trois propositions réalistes, il les évalue, les classe, puis rédige une fiche d’analyse. Dans ce processus les difficultés peuvent se rencontrer à plusieurs étapes :

– lors de l’analyse du problème en raison des nombreux paramètres à prendre en compte ;

– lors de la recherche de solutions car toutes les contraintes doivent être respectées ;

– lors de l’analyse des solutions qui nécessite la définition de critères permettant de les mesurer et de les classer.

Les études RO comptent des cas où la problématique est simple et où il peut être aisé de trouver des solutions réalisables. Toutefois la recherche de la meilleure solution peut-être particulièrement chronophage en raison du très grand nombre de solutions possibles. Dans ce cas il n’est pas envisageable d’exhiber toutes les solutions réalisables afin de sélectionner la meilleure. Le décideur ne peut donc pas connaître la qualité de la solution qu’il adopte car il ne connaît pas la meilleure solution.

La recherche opérationnelle s’adresse à ces problèmes. Elle suit une démarche qui consiste, dans un premier temps, à traduire un problème en langage mathématique puis informatique. Dans un deuxième temps il est alors possible de s’affranchir de la complexité du problème et de faciliter sa résolution grâce à des traitements spécifiques.

L’ordinateur est dès lors un outil indispensable en raison de ses capacités particulières à stocker et à manipuler un grand nombre de données et à répéter très rapidement des programmes. Il faut noter qu’on ne demande pas à la machine de reproduire un grand nombre de fois les opérations réalisées à la main. Cette méthode ne permet pas de traiter les problèmes auxquels s’adresse la recherche opérationnelle. Il s’agit bien d’utiliser l’ordinateur pour mettre en œuvre des techniques spécifiques de résolution. L’outil informatique facilite également l’interprétation des résultats et leur visualisation (cf. études DIRISI, GENEFORCE, SAGEE en deuxième partie).

Une étude mettant en œuvre une ou plusieurs techniques de recherche opérationnelle vise à optimiser un ou plusieurs objectifs. Par exemple, un objectif pourra être un coût (maintenance, plan d’équipement, stocks), une satisfaction (affectation de personnel, négociation) ou encore l’emploi d’une ressource rare (personnel, enfouisseur de mines, drone, temps, argent, etc.). Dans notre exemple le transporteur veut minimiser les distances pour réduire ses coûts.

Une autre application de la recherche opérationnelle peut viser à restreindre les possibles en éliminant les solutions d’un problème qui contredisent tout ou partie des contraintes. Un exemple récent est une étude réalisée en 2007 par la DSRO dans le domaine des ressources humaines. Son objectif était de connaître les conséquences d’une politique d’avancement sur une catégorie de personnels.

La recherche opérationnelle ne peut pas toujours prétendre à l’exhaustivité de ses modèles. C’est le cas lorsqu’il manque des données ou lorsque des contraintes ne peuvent pas être modélisées. La méthode fournit alors des résultats qui doivent être considérées comme des solutions approchées au regard des contraintes prises en compte et de l’exactitude des données utilisées. La recherche opération- nelle fournit des moyens d’aider le décideur en ce sens qu’elle offre des solutions répondant aux objectifs qu’il a lui-même exprimés. Elle ne se contente donc pas d’assister le décideur. Elle lui offre également le moyen de mesurer et de comparer les solutions qu’il envisage au regard des contraintes qu’il a formulées.

33

première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Tous les problèmes ne sont pas du ressort de la recherche opérationnelle, en particulier s’il n’y a pas d’objectif, de grandeurs à optimiser et de complexité. Il serait contre productif d’utiliser la recherche opérationnelle pour optimiser les déplacements d’un transporteur devant livrer trois clients au maximum. Ces calculs se font à la main. Néanmoins, à l’instar de nombreux outils dédiés à une tâche précise, la recherche opérationnelle est seule en mesure de résoudre certains problèmes.

1.5.3 Comment est menée une étude en recherche opérationnelle ?

Le lancement de l’étude est formalisé par une réunion au cours de laquelle la problématique du demandeur est examinée en détail. Il ne s’agit plus de se prononcer sur la faisabilité de l’étude. Cette étape a normalement été franchie avant l’étude du plan de charge.

À ce stade le chercheur opérationnel va tenter d’identifier les constituants de l’étude : quel est

l’objectif ? Quelles sont les décisions, les contraintes ? Les données sont-elles disponibles ?

À mesure que le problème se précise, il peut suggérer de nouvelles contraintes car la problématique

du demandeur se rapproche souvent d’une famille de problèmes aux caractéristiques similaires. Pour revenir à l’exemple du transporteur, il est peut-être nécessaire que l’étude considère le trafic réel pour tenir compte de l’engorgement de certains axes à certaines heures de la journée.

De même, il est parfois possible d’élargir la problématique et d’adapter l’objectif à atteindre. Notre transporteur ne veut pas minimiser ses distances mais plutôt minimiser ses coûts. Auquel cas il est nécessaire de tenir compte des péages autoroutiers et de la consommation du véhicule en fonction de l’axe utilisé et de son chargement résiduel.

Parfois le demandeur n’a qu’une idée imprécise ou incomplète de ce qu’il veut obtenir. Il peut être confronté à la nécessité d’obtenir un résultat à partir d’un nombre important de données. L’étude en recherche opérationnelle sous-jacente n’apparaît pas toujours et il convient donc d’examiner le problème posé et de proposer une méthode.

Cette phase est l’occasion pour le chercheur opérationnel d’acquérir les connaissances métier nécessaires à la conduite de l’étude et à la compréhension des contraintes. Cette phase doit confirmer la faisabilité technique de l’étude. C’est à ce stade qu’il faut veiller à ce que toutes les contraintes soient formulées. Idéalement, cette première étape doit se clore par la rédaction des spécifications fonctionnelles validées par le demandeur.

La modélisation est l’étape suivante qui consiste à transformer le problème en langage mathématique, puis informatique en vue du traitement automatisé des informations. La validation de la modélisation par le demandeur lui permet de prendre la mesure de son problème, de prendre confiance en les modèles et de constater qu’ils se comportent fidèlement à la réalité pour la partie concernant l’étude. Cette étape permet également de vérifier qu’il n’y a pas d’erreur d’interprétation de la part du chercheur opérationnel. La validation est réalisée sur un problème identique au problème réel mais de petite taille. Au lieu de considérer les trente clients à livrer, le problème du transporteur sera testé sur trois à quatre clients afin des tester les solutions fournies. Ce test réduit permet également de contrôler que les solutions vérifient les contraintes.

Il faut maintenant résoudre le problème. En fonction de la modélisation obtenue le chercheur opérationnel peut soit programmer un moteur de résolution adapté, soit utiliser un logiciel commercial ou libre. Le but est d’obtenir un résultat satisfaisant en un temps raisonnable. Ce temps raisonnable dépend fortement de l’utilisation qui est faite de la modélisation. Il peut s’agir de quelques secondes pour des applications utilisées fréquemment à plusieurs heures pour des applications qui ne sont utilisées que rarement. En règle générale, plus on consacre de temps au calcul meilleure est la solution obtenue. Ainsi, il faudra parfois se contenter d’une solution approchée car le problème à traiter dépasse les capaci- tés des ordinateurs disponibles.

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première partie – Qu’est-ce que la recherche opérationnelle ?

Validation
Validation
Rapport Développement Analyse Modélisation d’étude. Recueil du besoin résolution des résultats
Rapport
Développement
Analyse
Modélisation
d’étude.
Recueil du besoin
résolution
des résultats
Programmation
Recueil
Outil d’aide
à la décision :
IHM
des données
démonstrateur
Durée : 3 mois à 1 an
Durée : 3 mois à 1 an
Durée : 3 mois à 1 an

Durée : 3 mois à 1 an

Durée : 3 mois à 1 an
Durée : 3 mois à 1 an
: IHM des données démonstrateur Durée : 3 mois à 1 an Déroulement d’une étude mettant