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STRUCTURE I Chapitre I (Béton Armé) Meguenni

K.

MATERIAUX MIXTES
« Béton Armé»

I. 1 DEFINITIONS
Le béton est un matériau de construction solide et durable que l’on peut mouler en des
formes très variées : massifs de fondation, barrages, éléments de charpentes (poutre, dalles,
poteaux) et coques minces de formes divers.
Le béton est formé de granulats enrobés dans une pâte d’eau de ciment qui s’est
solidifiée selon une réaction d’hydratation précise.

I. 2 LES COMPOSANTS DU BETON


La composition du béton a pour but de déterminer les proportions de ses divers
constituants.
Les principaux constituants des bétons sont :
- le ciment
- l’eau de gâchage
- les granulats
- les adjuvants

I. 2. 1 Ciment
Le ciment est défini par l’indication de sa catégorie (Portland, alumineux,…) et de
sa classe de résistance (250, 325, 400,…) qui est la résistance à la compression
simple mesurée à 28 jours d’âge sur des éprouvettes en mortier normalisées.

I. 2. 2 Sable
Le sable est constitué par des grains fins (< 5 mm ). Il peut être naturel ( lit de rivière,
rivage de la mer, …) ou artificiel ( obtenu par broyage des roches dures, exemple:
granit, quartzite, ).

I. 2. 3 Granulats
Les granulats (ou agrégats), sont des matériaux inertes (sables, gravillons, cailloux)
provenant de roches naturelles ou artificielles utilisées telles quelles ou concassées. Ils
représentent 60 à 80% du volume du béton et influencent fortement ses propriétés, le
dosage et le coût des mélanges.

I. 2. 4 Eau de gâchage
L’eau de gâchage est la quantité d’eau totale ajoutée au mélange sec du béton.
Elle est nécessaire pour : - l’hydratation du liant
- le mouillage des granulats
- la facilité de mise en place du béton.
L’eau de gâchage doit être propre ; on utilise de préférence l’eau de robinet, l’eau de
puit ou l’eau de pluie.

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I. 2. 5 Adjuvants
En poudre ou en liquide, ils sont incorporés au début, en cours ou en fin de malaxage
d'un béton
pour modifier les propriétés du mélange à l'état frais ou durci. Ils sont ajoutés en faible
quantité à un dosage égal ou inférieur à 5 % du poids du ciment.

I. 2. 6 Résistance du béton
Pour l’établissement des projets, dans les cas courants, un béton est défini par la
valeur de sa résistance à la compression à l’age de 28 jours dite valeur caractéristique
requise, notée ƒc28 .
a/ Résistance caractéristiques en compression « ƒ cj »
Cette résistance (ƒcj en Mpa) est obtenue par un grand nombre d’essais de compression
jusqu’à rupture sur une éprouvette de béton normalisée 16x32 cm 2 ( environ 200 cm2)
cylindrique á 3, 7 ou 28 jours.

b/ Résistance caractéristique á la traction


La résistance á la traction du béton est beaucoup plus faible que sa résistance á
la compression ( FT = 1/10 FC ) . On peut déterminer FT par :

- Essai direct ( essai difficile ) - Essai indirect ( essai brésilien et essai


á la flexion)

- La résistance caractéristique á la traction est conventionnellement définie par la


relation empirique ( en Mpa) suivante ( selon le B.A.E.L) :
Cette formule étant valable pour
ƒtj= 0.6 + 0.06
les valeurs de ƒcj ≤ 60 Mpa
ƒcj

I. 2. 7 Caractéristiques physiques et mécaniques du béton

a / Masse volumique
- La masse volumique « ρ »des bétons courants est compris entre 2200 et 2400 kg/m 3
(le poids volumique « γ » 22 et 24 kN/m3 ) .

b/ Coefficient d’élasticité

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- Sous les contraintes normales d’une durée d’application inférieure á 24 heures,


on a : Le module de déformation longitudinale instantanée du béton « Eij».

Eij = 11000 ( Eij et ƒcj en Mpa )


(ƒcj)1/3

c/ Retrait
Au cours de sa vie, le béton subit une variation de volume. Le retrait varie en fonction :
- de l’état hygrométrique du milieu ambiant
- du dosage de ciment
- de la qualité d’eau de gâchage

e/ Fluage ( retrait sous charge )


L’expérience a montre que, lorsque le béton est conservé en étant
soumis á une compression, le retrait sera plus important : c’est le fluage .
Le retrait sous charge dépend de la charge appliquée.

I. 3 Aciers
L’acier est un matériau très résistant. La résistance utile de l’acier, en
compression et en traction, est de l’ordre de 10 fois la résistance à la compression des
bétons (et de 100 fois leur résistance à la traction). L’acier, d’autre part, est un matériau
coûteux, comparé au béton. On fait une bonne combinaison des deux matériaux en
utilisant le béton pour résister aux efforts de compression, et l’acier pour les contraintes de
traction.
Les aciers pour béton armé sont fabriqués en usine, sous forme de fils ou barres de
grande longueur (longueur commerciale = 12m ) et différents diamètres (5, 6, 8, 10, 12,
14, 16, 20, 25, 32, 40).

I. 3. 1 Diagramme contraintes- déformations


Le diagramme contraintes (σ s) – déformations (ε s) est conventionnellement défini ci-
dessous :

σ
s
σ e

-10
‰ -fe/Es fe/E 10 ε
s
‰ s

Es


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e
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I. 3. 2 Aciers utilisés en B.A


Les aciers utilisés pour constituer les armatures de B.A sont :
- Les ronds lisses (aciers doux)
- Les armatures à haute adhérence
- Les treillis soudés

I. 4 LES AVANTAGES ET INCONVENIENTS DU BETON ARME


Les avantages du béton armé peuvent se résumer ainsi:
- facilite d’emploi, et disponibilité du matériau ;
- grande variété de formes possibles ;
- absence d’assemblages
- économies dues à l’emploi d’une main-d’œuvre non spécialisée pour plusieurs etapes
de sa mise en œuvre ;
- absence d’entretien des ouvrages finis.
Quant aux inconvénients, on peut citer :
- son poids ;
- brutalité des accidents ;
- temps de durcissement relativement long ;
- exécution peu précise ;
- difficulté de reprise des ouvrages en cas de transformation.

I. 5 ADHERENCE – ANCRAGE - ENROBAGE


I. 5. 1 ADHERENCE
La transmission des efforts entre le béton et les aciers d’armature s’effectue grâce au
phénomène d’adhérence. Chaque unité de surface située sur le périmètre de la pièce
permet le passage d’une certaine quantité d’effort.
Les liaisons entre le béton et les armatures, sont mesurées par la contrainte.
a / Contraint d’adhérence
Pour que la barre, scellée à un effort de traction F,
ne soit pas arrachée, il faut que :
φ F

F=
U.l.τs l
U : périmètre de la barre
Sur la longueur d’un ancrage, la contrainte d’adhérence est supposée constante, égale
à sa valeur limite.

Avec : τs = 0.6ψs ƒtj

ψs = 1  : Ronds lisses
ψs = 1.5 : aciers à haute
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adhérence
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- ψs : coefficient de scellement

- ƒtj : résistance caractéristique à la traction à «j» jours.


I. 5. 2 ANCRAGE
Une barre est considérée comme « ancrée » lorsque la surface de contact entre le
béton et la pièce d’armature est suffisamment importante pour que les efforts qui transiterait
par cette surface ( en cas de sollicitation à la limite de l’adhérence ) soient au moins égaux à
la résistance de cette pièce.
Les ancrages peuvent être rectilignes ou par courbure.

a / Ancrage rectiligne

a – 1/ Longueur de scellement droit


Une barre rectiligne de diamètre «φ» et de limite élastique
« ƒe », placée dans du béton de résistance « ƒtj »est ancrée
φ sur F
une longueur «ls» appelée longueur de scellement droit, qui
correspond à la longueur d’acier adhérent au béton nécessaire
pour que l’effort de traction ou de compression demandé à la barre
puisse être mobilisé, cette longueur de scellement vaut : ls

ϕ f
l = e
s
4 0.6ψ2 f
tj

a – 2/ Jonction des ancrages rectilignes


La continuité mécanique de deux (02) barres, peut être réalisée soit pas soudure, soit
par recouvrement.

Soudure par des Soudure bout à


bout
manchons

Soudure par
Recouvrement

Pour le recouvrement
a) Armateurs tendues
φ
d Si d < 5 φ 1r = 1s
φ Si d ≥ 5 φ 1r = 1s + d

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lr
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b) Armateurs comprimées
1r =
0.61s
b / Ancrage par courbure
 Type d’ancrage d’extrémité
On utilise le plus couramment :
ϕ

Les « retours d’équerres » Les « crochets normaux » Les «


ancrages à 450

I. 5. 3 ENROBAGE
L’enrobage des armatures « c » est la distance
de l’axe d’une armature au parement le plus voisin,
diminué du diamètre nominal de l’armature. φ

L’enrobage de toute armature est au moins égale à :


- 4 à 5 cm pour des ouvrages à la mer ou exposés aux embruns ou aux brouillards
salins, ou exposés à des atmosphères très agressives ;
- 3 cm pour les parements non coffrés susceptibles d’être soumis à des actions
agressives ;
- 2 cm pour les parements exposés aux intempéries ou aux condensations, ou au
contact d’un liquide ;
- 1 cm pour les parois situées dans les locaux couverts et clos et non exposés à des
condensations.

La distance libre entre deux armatures voisines doit être au moins égale à :

e
v

φ eH b

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CONDITIONS D’ANCRAGE

Longueurs des cadres, étriers et épingles b

a et b : Dimension hors tout


a a
L : longueur développé
D : diamètre du mandrin de cintrage
Etrier
Cadre Epingle
Longueurs du retour droit :
15
ϕ
10
ϕ
D D D 5
ϕ

Les « retours d’équerres » Les « ancrages à 450 » Les «


crochets normaux »

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