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La Fontaine Remix

La Fontaine Remix

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07/03/2014

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La Fontaine (remix

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Personnages M. Loyal Mme Loyal Fans de la cigale La Cigale La Fourmi Jean-Henri Fabre Maître Corbeau Maître Renard Le Loup L'agneau Les grenouilles Jupiter Le Rat de ville Le Rat des champs Les choristes (cinq groupes de quatre) Les techniciens (2 ou 3 équipes de deux)

CD1
M. Loyal Bonjour, Mesdames et messieurs, bienvenue à notre grand spectacle annuel qui vous laissera comme d'habitude des souvenirs inoubliables. Cette année, pour vous être encore plus agréables, nous allons vous proposer de remonter dans votre propre enfance et de revoir avec nous des histoires qui ont bercé vos jeunes années. Mme Loyal Oui, mesdames et messieurs, ici même, à Saint-Denis-de Jouhet, nous allons vous présenter les fameuses, les célèbres, les indémodables, les inoubliables, les inaltérables, les... M. Loyal Mme Loyal M. Loyal Bon, ben ça va... Hum... Je veux donc parler de... (elle a un trou, consulte un papier dans sa poche)... des Fables de La Fontaine ! Et nous commençons tout de suite par la première d'entre elles, la Cigale et la fourmi !

1. LA CIGALE ET LA FOURMI Une foule entre, se place à jardin, applaudit l'artiste qui va rentrer. C'est la cigale, en frac, et guitare. Chant de la cigale (en live ou play-back). Le vent se lève pendant la chanson, devient de plus en plus fort. Les spectateurs petit à petit, frigorifiés, se retirent. La cigale reste seule puis s'arrête. Un choeur de quatre personnes s'avance alors sur scène (les vers sont répartis entre elles).

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Choeur : La Cigale, ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. La Fourmi, en noir, transporte des cageots qu'elle entasse dans un coin. La cigale la suit sans que la fourmi ne cesse son manège.

Choeur : Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l'août, foi d'animal, Intérêt et principal. La fourmi s'arrête enfin, regarde longuement la cigale avec suspicion. Choeur : La Fourmi n'est pas prêteuse ; C'est là son moindre défaut. Fourmi : Que faisiez-vous au temps chaud ? Choeur : Dit-elle à cette emprunteuse. Cigale : Nuit et jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. Fourmi : Vous chantiez ? j'en suis fort aise : Et bien ! dansez maintenant. La fourmi sort en ricanant avec ses cageots, laissant la cigale désorientée. Mais les spectateurs de tout à l'heure réapparaissent, vont réconforter la cigale et celle-ci entame un nouveau chant très dansant. CD3 Tout le monde danse, puis disparaît dans les coulisses en suivant la cigale. M. Loyal : Oui, mesdames et messieurs, vous pouvez applaudir la cigale... Un monsieur en costume noir et chapeau noir, fait son entrée sur le plateau. J.H. Fabre : Pardonnez-moi, mais j'ai des choses à dire : votre La Fontaine est un âne, monsieur. Mme Loyal : Monsieur, qui vous a permis de rentrer sur le plateau ? Qui êtes-vous ? J.H. Fabre : Jean-Henri Fabre, l'auteur des Souvenirs entomologiques (il brandit le livre). Votre La Fontaine n' y connaissait rien en matière d'insectes. M. Loyal : Expliquez-vous, monsieur. J.H. Fabre : Primo, la cigale ne dispose pour s'alimenter que d'un suçoir et donc elle n'a rien à faire de mouches ou de vermisseaux. Mme Loyal : Un suçoir ? J.H. Fabre : Deuxio : les cigales meurent à la fin de l'été et ne peuvent donc pas crier famine quand souffle la bise ! M. Loyal : Vous savez, c'est une fable... J.H. Fabre : Taratata... Il faut être un peu sérieux ! Savez-vous aussi que la fourmi dort en hiver dans sa fourmilière et qu'elle ne peut donc pas entendre la cigale ! Mme Loyal est allée chercher les deux techniciens (en bleu de travail) qui viennent prendre Fabre pour l'évacuer. J.H. Fabre : Lâchez- moi, sales voyous, et puis d'abord la fourmi est carnivore et n'amasse pas de grain ! Mais laissez-moi, voyons ! (Ils sortent) M. Loyal : Excusez-nous, mesdames et messieurs, pour ce petit incident, cela n'arrivera plus. Mme Loyal : Le spectacle continue, avec (elle a encore un trou, consulte encore son papier)... Le corbeau et le renard !

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2. LE CORBEAU ET LE RENARD

Les techniciens reviennent avec un escabeau qu'ils installent sur la scène. Le corbeau, un enfant vêtu d'un grand sac poubelle noir marqué Maître Corbeau dans le dos, monte au sommet avec un camembert dans la bouche. Un autre choeur de quatre personnes fait son entrée, ainsi qu'un renard (un autre enfant vêtu d'un sac de jute ou de papier kraft marqué Maître Renard dans le dos). Le choeur : Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau, Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. Le renard : Et salut, mon pot' le corbac, T'as vraiment trop la classe ! Ton costard, il arrache ! Sans blague, si au niveau tchatche T'assur's comme au niveau d'la marque, T'es vraiment la star des emplumés de la zone. Le choeur : À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie, Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le renard : Mon petit père, C'est clair, tu l'as dans l'os Je vais m'bouffer peinard ton calendos Un conseil : rippe d'ici, pour toi c'est trop craignos. Le choeur : Le Corbeau honteux et confus Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. Le corbeau (descendant de l'escabeau) Vous racontez n'importe quoi, vous autres ! J'en ai rien à faire, de ce camembert, vous avez déjà vu un corbeau avec un camembert dans le bec, vous ? Je me débarrasse, c'est tout. Ce truc là me pourrissait le frigo. (les techniciens l'évacuent ainsi que l'escabeau). Laissez-moi tranquille ! M. Loyal : Eh bien décidément ! Les gens sont de mauvais poil aujourd'hui ! Mme Loyal : Sans transition, voici donc, chers spectateurs, Le Loup et l'agneau ! M. Loyal : Ah, enfin ! Mme Loyal : Ah oui, Le Loup et l'agneau, c'est très bien ! M. Loyal : Je ne parle pas de ça. Je veux dire : tu t'es enfin souvenue de ton texte ! Mme Loyal :.... (Elle quitte le plateau en pétard.)

3. LE LOUP ET L'AGNEAU Un autre choeur entre en scène, en même temps que les techniciens qui déroulent une longue toile bleue qui figure le ruisseau, descendant de la scène vers la salle.

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Le choeur : La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l'allons montrer tout à l'heure. Un agneau entre (un enfant revêtant une veste en poil de mouton) et s'installe près du ruisseau. Le choeur : Un Agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. Le loup (un enfant avec manteau de fourrure) est entré, s'installant un peu plus haut. Les techniciens arborent des pancartes (agneau, loup (à jeun), onde pure). Le loup : Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Le choeur : Dit cet animal plein de rage : Le loup : Tu seras châtié de ta témérité. L'agneau : Sire, Le choeur : répond l'Agneau, L'agneau : que Votre Majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ; Et que par conséquent, en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson. Le loup : Tu la troubles, Le choeur : reprit cette bête cruelle, Le loup : Non mais c'est pas bientôt fini de m'interrompre !? C'est très agaçant, à la fin ! (A l'agneau) Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, ça me porte sur les nerfs ! L'agneau : Je suis d'accord avec vous, c'est insupportable ! M. Loyal : Ne vous fâchez pas, Monsieur Loup, ils vont se taire pendant vos dialogues ! N'est-ce pas, messieurs-dames ? Le choeur : (maugréant) Puisque c'est comme ça, nous, on démissionne ! Mme Loyal (les poursuivant) : Ne partez pas ! Ne soyez pas si susceptibles ! (Ils sortent) Qu'est-ce qu'on fait ? M. Loyal : On prend le relais, on n'a pas le choix ! (Au loup et à l'agneau) Si vous voulez bien reprendre... Le loup : Bon, mais plus d'interruption, d'accord ? M et Mme Loyal : Promis, juré ! Le loup : (A l'agneau) On y va ? L'agneau : On y va. C'est à vous. Le loup : Je reprends un peu plus haut : Tu la troubles (pause) Et je sais que de moi tu médis l'an passé. L'agneau : Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? Mme Loyal : Reprit l'Agneau L'agneau : Ah non, ça recommence ! Mme Loyal : Excusez-moi, un réflexe... Ca n'arrivera plus. Le loup : Il vaudrait mieux... (il a sorti un long couteau)

L'agneau : Je reprends... Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? (Pause, ils attendent la faute, qui ne vient pas) je tette encor ma mère. Le loup : Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. L'agneau : Je n'en ai point. Le loup : C'est donc quelqu'un des tiens : Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos Bergers et vos Chiens. On me l'a dit : il faut que je me venge. Le loup emporte l'agneau. Le choeur (qui revient en courant) : Là-dessus, au fond des forêts Le loup l'emporte et puis le mange, Sans autre forme de procès. L'agneau repasse, poursuivi par le loup.

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Le loup : Reviens ici, toi. C'est écrit que je te mange ! Le choeur : On ne peut pas laisser faire ça ! (Ils poursuivent le loup dans les coulisses). M.Loyal : (Au public) Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais c'est de plus en plus difficile d'avoir du personnel serviable ! L'agneau repasse, suivi du loup, puis du choeur, puis des techniciens. Mme Loyal : Allez, on enchaîne avec LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI ! 4. LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI Entrée des Grenouilles, coassant à qui mieux mieux. Le choeur sur le côté. Le choeur : Les Grenouilles, se lassant De l'état démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique. Mme Loyal : Qui c'est, ça , Jupin ? Le maire de Bordeaux ? M. Loyal : Jupin, c'est Jupiter, voyons ! Jupiter entre, en toge, armé de sa foudre. Jupiter : Qui parle de Jupiter, ici ? Jupiter, c'est moi ! Oui, j'ai envoyé un roi à ces stupides grenouilles. Le choeur : Il leur tomba du ciel un Roi tout pacifique : (un morceau de bois tombe du plafond) Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant, Que la gent marécageuse, Gent fort sotte et fort peureuse, S'alla cacher sous les eaux, Dans les joncs, dans les roseaux, Dans les trous du marécage, Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau ; Or c'était un Soliveau, De qui la gravité fit peur à la première Qui, de le voir s'aventurant Osa bien quitter sa tanière. Elle approcha, mais en tremblant. Une autre la suivit, une autre en fit autant, Il en vint une fourmilière ;

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Et leur troupe à la fin se rendit familière, Jusqu'à sauter sur l'épaule du Roi. (Les grenouilles s'approchent comme le dit le texte de la fable) Le bon Sire le souffre et se tient toujours coi. Jupin en a bientôt la cervelle rompue : Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue. Les grenouilles : Un roi qui se remue ! Un roi qui se remue ! (Elles font une manifestation, sortent une banderole où est marqué Un roi qui se remue !) Jupiter : C'est vrai que j'ai la cervelle rompue ! Je vais leur envoyer une grue ! Le choeur : Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue, Jupiter : Oui, c'est ce que je disais ! Pourquoi vous répétez ce que je dis ? Perroquets ! M. Loyal : Monsieur Jupiter, c'est la fable de La Fontaine.. Jupiter : Je ne connais pas ce La Fontaine ! Mme Loyal : Allons Monsieur Jupiter, soyez chou, les gens attendent la suite... Jupiter : Bon, je veux bien, mais que ces drôles-là ne se mettent pas dans la tête de parler à ma place ! M. Loyal : Reprenons... (Pendant ce temps, une Grue - un enfant sur échasses - a poursuivi les grenouilles) Le choeur : Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue, Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir, Et Grenouilles de se plaindre ; Et Jupin de leur dire : Jupiter : Eh quoi ! votre désir À ses lois croit-il nous astreindre ? Vous avez dû premièrement Garder votre gouvernement ; Mais ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire Que votre premier Roi fut débonnaire et doux : De celui-ci contentez-vous, De peur d'en rencontrer un pire. La grue poursuit les grenouilles dans les coulisses. Jupiter : Bien envoyé, non ? (A Mme Loyal) Vous savez que vous me plaisez beaucoup, vous ? Mme Loyal : Hein ! Moi... Mais... Jupiter : Je vous invite chez moi, non pas chez moi, il y a Junon, ma femme, mais je connais... Mme Loyal : Monsieur Jupiter, le spectacle n'est pas terminé, il y a une dernière fable... M. Loyal : Oui, Le Rat de Ville et le Rat des champs, vous connaissez ? Jupiter : Vous vous moquez de moi, moi, le dieu du ciel, de la foudre et des orages, je devrais m'inquiéter de ces créatures inférieures, ignobles, qui se complaisent dans les bas-fonds de la terre ?! Je ne vous salue pas, misérables avortons ! (Il sort, furieux). 5. LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS

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Entrent le choeur, le Rat de ville (enfant en rappeur, casquette) et le Rat des champs (bottes vertes, casquette, chemise à carreaux)

Le choeur : Autrefois le Rat de ville

Invita le Rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis : Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis. Les techniciens déplient un tapis sur la scène, y placent un beau plat argenté. Le régal fut fort honnête, Rien ne manquait au festin ; Mais quelqu'un troubla la fête, Pendant qu'ils étaient en train. A la porte de la salle Ils entendirent du bruit ; Le Rat de ville détale, Son camarade le suit. Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt ; Et le Citadin de dire : Le Rat de ville : Achevons tout notre rôt. Le Rat des champs : C'est assez Le choeur : dit le Rustique ; Le Rat des champs : Demain vous viendrez chez moi. A Saint-Denis-de-Jouhet Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi ; Mais rien ne vient m'interrompre ; Je mange tout à loisir. Adieu donc ; fi du plaisir Que la crainte peut corrompre ! (ils sortent) M.Loyal : Eh bien voilà, tout s'est bien passé, pour une fois. Ces rats sont fort civils, ma foi, bien plus que Monsieur Jupiter, en tout cas. Mme Loyal : N'y avait-il pas un vers en trop ? M.Loyal : Ah, vous êtes une fine mouche, Mme Loyal. Chers spectateurs, l'avez-vous repéré ? Si vous l'avez trouvé, ce vers en trop, téléphonez au 02 54 30 30 30, 30 euros la minute. Vous pouvez gagner un saucisson pur porc offert par notre partenaire. Mme Loyal : Ainsi se termine notre petit tour de fables. Il en est bien d'autres que nous vous laissons le plaisir de relire et de redire. Et maintenant, pour finir, je rappelle tous ceux qui sont passés par ici, cigale, fourmi, corbeau, renard, loup, agneau, grenouilles, rat de ville et rat des champs, choristes et techniciens, et même Monsieur Jupin. Qu'on les applaudisse bien fort, en même temps que Monsieur de La Fontaine ! Parade et Salut final.

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