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Histoire de La France Au 17 Eme Siecle Et Sa Situation Dans l'Europe

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INTRODUCTION

Le XVIème siècle bouleversé par ses révolutions a peu donné de grands chefs-d’œuvre. Il a indiqué les directions nouvelles à l’art, la littérature, la science, la philosophie, mais n’a pas eu le temps de prendre ces directions. Il faut la pause du XVIIème siècle pour que les artistes et les auteurs puissent s’y engager pour construire réellement une nouvelle civilisation. Cette nouvelle civilisation reste le fait d’une minorité : clergé, collèges Jésuites, haute noblesse et bourgeoisie, et passe à côté des masses populaires. Les grands mécénats, les très grandes dépenses architecturales ne sont plus permis qu’aux plus prestigieux d’entre eux : Versailles. Salons et châteaux lui disputent difficilement l’honneur de recevoir les artistes et les écrivains, d’encourager les savants, de discuter avec les philosophes. Une société se forme avec son étiquette, ses traditions, ses goûts. Une société noble qui se forge un idéal fondé essentiellement sur la culture, non sur celui du héros italien ou de l’humaniste érudit de la Renaissance, mais celui de « l’honnête homme » qui n’est ni artisan, ni paysan, fait seulement pour le service du Roi dans les Offices ou dans l’armée (que peuton faire d’autre au XVIIème ?), qui sait seulement vivre en société et en goûter les plaisirs, distinguer le bien du mal, mais surtout le beau du laid, le vrai du faux, non par érudition, mais par bon sens, par affinement de l’esprit. Homme qui ne sait rien mais peut juger de tout, perpétuellement disponible, perpétuellement aimable aussi, qu’il fasse sa cour au roi ou la cour aux dames. Personnage qui accepte le monde comme il est, trouve le temps de se divertir honnêtement puis de réfléchir sur lui-même sans remord sur le peu qu’il fait ou qu’il représente. Ce personnage, cet honnête homme est français. Si on le trouve hors de France, c’est qu’il en est venu ou qu’on l’imite.

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CONTEXTE INTERNATIONNAL

Vers 1610, le monde occidental est essentiellement l’Europe. L’Espagne considérée comme la puissance prépondérante dans la politique, l’économie. Depuis 1580, le Habsbourg d’Espagne regroupe sous son autorité : toute la péninsule ibérique (il est également roi du Portugal), toute l’Amérique du sud et l’Amérique centrale et les Philippines, une grande partie de l’Italie : le Milanais, le royaume de Naples, la Sicile et la Sardaigne, les restes de l’ancien Etat bourguignon : Artois, Franche-Comté, Pays-Bas (le nord des Pays-Bas s’est rendu indépendant en 1609 formant la république des Provinces-Unies). De plus, il a un allié puissant dans son cousin de Habsbourg d’Autriche, héritier traditionnel de la couronne impériale, et qui a également les royaumes de Bohême et de Hongrie. A l’Est L’empire turc s’étend sur les Balkans. Le sultan possède toute la péninsule et dispute la Hongrie à l’empereur. Les princes de Transylvanie, Moldavie, Valachie (=Roumanie actuelle) sont des vassaux, tout comme le Khan tatar de Crimée. Au nord, les Russes enfermés dans leurs plaines sans accès à la mer ne sont pas encore à craindre. Par contre, la Grande-Pologne l’est un peu plus. Elle comprend la Pologne proprement dite, la Petite-Russie, une partie de l’Ukraine et la Russie blanche - Kiev est polonaise. Les Polonais sont aussi établis en Livonie et les ducs de Prusse et de Courlande sont leurs vassaux. La Suède qui possède la Finlande, et le Danemark qui possède la Norvège, bien que petits Etats, sont très actifs et cherchent à dominer la Baltique. A l’Ouest L’Angleterre est en train de devenir une puissance maritime, est maîtresse de l’Irlande alors que l’Ecosse reste indépendante. Mais Jacques 1er d’Ecosse deviendra roi d’Angleterre. C’est surtout avec la France que les Habsbourg doivent compter. La France Peu intéressée aux ressources de l’expansion coloniale. A un territoire plus restreint qu’aujourd’hui : elle ne comprend ni la Flandre, ni l’Artois, ni le Hainaut, ni l’Alsace, ni la Lorraine, ni la Franche-Comté, ni la Savoie qui avec le Comté de Nice forme un Etat indépendant, ni le Roussillon. La France a la population la plus nombreuse et la plus compacte de l’Europe. Elle est située au centre même de l’Europe avec une façade maritime et une façade continentale également développées. Son sol et son sous-sol sont riches. C’est sur les bords de la Loire et dans la forêt de Fontainebleau que les plus beaux châteaux du monde ont été construits.

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En dehors de ces puissances, une poussière d’Etats : les cantons de Suisse, très cohérents mais isolés. Les autres soumis au gré des circonstances et des vicissitudes de la politique internationale : ce sont les Etats italiens.

Tous ces pays ont subi plus ou moins les transformations du XVIème siècle : montée du capitalisme commercial des Etats nationaux, mouvements de la Réforme et de la Renaissance. Plus on va vers l’Ouest, plus ces transformations sont sensibles. Les possessions des Habsbourg ont subi les premiers ces transformations et ces évolutions. Subissent-elles au XVIIème siècle un retour en arrière ? L’Ouest déjà transformé s’arrête-til ? L’Est encore immobile se met-il en mouvement ? Tels sont les problèmes que l’on peut se poser à la mort de Henri IV (1610), celle de Elisabeth 1ère (1603) et celle de Philippe II (1598) et du tsar Ivan IV (1584) peu avant l’avènement sur le trône moscovite de la dynastie des Romanov (1613)…

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Les Faits Marquants du XVIIème siècle Les Rois du Grand Siècle Les Monarchies Européennes L’Histoire de France Quelques dates importantes En Angleterre En Allemagne En Italie En Espagne En Pologne La Littérature La Musique Les Arts La Tapisserie Le Mobilier L’Alimentation et les Arts de la Table 5/84 .

L’Absolutisme La Fronde Les styles Baroque et Classique Les Arts florissants : la prépondérance française dominant l’Europe Les châteaux de Versailles. Marly. Vaux le Vicomte… • La Guerre de Trente ans en Allemagne (1618-1648) 6/84 .

fille du roi Philippe IV d’Espagne (16381683) avec sa 1ère épouse Elisabeth de France. Marie de Médicis (1573-1642). Régence de Marie de Médicis . Mariage annulé en 1599. Maîtresses célèbres : Gabrielle d’Estrées. 1683 Françoise D’Aubigné. 1 ép. 2è ép. Mme de Montespan. Marguerite de Valois (1553-1615). Henriette d’Entragues. 1660 Marie-Thérèse d’Autriche. de 1610 à 1617. fille d’Henri II. fille du Grand Duc de Toscane François. 7/84 .- 1589 –1610 Henri IV (1553-1610) 1e ép. de 1643 à 1661. la duchesse de Fontanges. - 1610 – 1643 Louis XIII le Juste (1601-1643) Epouse 1615 Anne d’Autriche. Régence de Anne d’Autriche. duc d’Orléans (1640-1701) : branche des Orléans. sœur de Louis XIII. marquise de Maintenon (1635-1719) Favorites les plus célèbres : Louise de Lavallière. Donc sa cousine. - 1643 – 1715 e Louis XIV le Grand (1638-1715). 2ème ép. fille du roi Philippe III d’Espagne (1601-1666) 2 enfants : Louis XIV le Grand (1638-1715) Philippe.

Elle est issue de son père Antoine de Bourbon. mais la dynastie bourbonne connaît de nombreuses ramifications et se poursuit dans d’autres pays comme en Espagne jusqu’à nos jours… 8/84 . la couronne passe à la branche des Orléans. Cependant la dynastie survit à travers les frères du roi défunt et lors de la Restauration en 1814 – après l’intermède révolutionnaire et napoléonien – Louis XVIII et Charles X règnent à leur tour. donnant 7 rois à la France. au cours de laquelle le roi Louis XVI est renversé et exécuté. Les Bourbons règnent de 1589 à 1792 et de 1814 à1830. Louis XIII et Louis XIV mettent en place un système de gouvernement absolutiste qui est emporté par la Révolution Française de 1789. fils du roi St Louis. Après la Révolution de 1830 et l’abdication de Charles X. La branche française des Bourbons s’éteint en 1883 à la mort du comte de Chambord. roi de Navarre. petit-fils du dernier roi Charles X. Elle accède au trône de France en 1589 avec Henri IV.Les Bourbons Les rois Bourbons représentent une branche de la dynastie des Capétiens. descendant en huitième génération de Robert.

FRANCE EMPIRE ANGLETERRE ESPAGNE POLOGNE RUSSIE HENRI IV 1610 RODOLPHE II 1612 ELISABETH 1 ère 1603 Boris GODOUNOV 1605 FEDOR II 1606 MATTHIAS 1619 PHILIPPE III JACQUES 1ER STUART 1625 ? SIGISMOND III WASA 1613 LOUIS XIII 1621 MICHEL III ROMANOV FERDINAND II 1632 1637 CHARLES 1ER 1643 1649 PHILIPPE IV WLADYSLAW IV 1645 FERDINAND III 1657 République de Cromwell 1660 1648 ALEXIS 1ER ROMANOV JAN II KAZIMIERZ LOUIS XIV CHARLES II LEOPOLD 1er CHARLES II 1685 1665 1668 MICHAL KORYBUT WISNIOWIECKI 1673 1676 JAN III SOBIESKI FEDOR III 1682 JACQUES II 1688 PIERRE 1ER LE GRAND GUILLAUME III 1697 ↓ ↓ 1705 1702 ↓ 1700 AUGUSTE II ↓ 1734 ↓ 1725 ↓ 1715 .

devenu marquis d’Ancre et maréchal. provoquent la première crise monarchique de cette période : Les protestants regroupés derrière le duc de Rohan exigent de la régente la confirmation de l’Edit de Nantes Les princes du sang (les princes de Condé. l’amertume des princes de sang écartés du pouvoir. son fils le petit Louis XIII à 8 ans ½. un long conflit (la Guerre de Trente Ans) ensanglante l’Allemagne et aboutit à la défaite des Habsbourg de Vienne et de Madrid. Un gouvernement dominé par les étrangers. de Bouillon. Leonora Galigaï et son mari Concini. ce qui laisse toute latitude aux grands seigneurs. ni l’intelligence de son ancêtre la reine Catherine de Médicis. Les régences sont toujours des périodes difficiles pour la monarchies. s’esquisse en Europe un retournement de la conjoncture économique. Les grands se retirent en province où ils multiplient les prises d’armes (1613-1614). obtenir des avantages et des concessions d’un pouvoir affaibli. Elle subit rapidement les influences d’un étrange couple d’aventuriers italiens. D’origine florentine. une longue guerre aux frontières… la régence de Marie de Médicis (1610-1617) Louis XIII et Richelieu (1617-1643) La régence d’Anne d’Autriche avec Mazarin (1643-1661) Louis XIV : • 1661-1685 les Belles Années • 1685-1715 le déclin PREMIERE MOITIE DU XVIIème SIECLE : période tumultueuse La régence de Marie de Médicis (1610-1617) A la mort de Henri IV. des soulèvements populaires. la puissance hollandaise se confirme.. et sa jeune sœur épouse l’infant. Une révolution secoue l’Angleterre. Les sages ministres de Henri IV quittent le conseil (Sully démissionne en 1611). de Guise.) s’indignent des faveurs écrasantes de Concini fabuleusement enrichi. aux parlements et aux protestants pour intriguer. Marie de Médicis n’a ni l’habileté. Des intrigues. de Conti. le comte de Soisson.) et les grands seigneurs (les ducs de Vendôme.. La régence est confiée à la reine Marie de Médicis.Dés la première partie du XVIIème siècle. Ils réclament la . Marie de Médicis les couvre de pensions mais dilapide très vite les réserves accumulées par Sully. La France connaît quant à elle une évolution particulièrement tumultueuse : deux régences provoquent deux crises monarchiques dont viennent à bout deux cardinaux ministres : Richelieu et Mazarin. de Longueville. la politique française excessivement catholique et pro-espagnole. La politique française change d’orientation et devient nettement pro-catholique et pro-espagnole : Louis XIII épouse l’infante d’Espagne. des complots. Ils exigent de participer au pouvoir. L’organisation administrative et policière du royaume est encore bien imparfaite.

Après la « journée des Dupes » (10 novembre 1630). les princes du sang conspirent et tentent de faire assassiner le cardinal. Sitôt au pouvoir. Luynes meurt en 1621 emporté par la scarlatine. Belgique. chaste. la priorité passe à la politique étrangère ! Résistance puis harcèlement de la puissance espagnole qui va faire de la France 11/84 . manque de fermeté. Brusquement. dans les Alpes italiennes. Protestants et Grands Seigneurs se soulèvent. rentre à Paris. Richelieu renoue le dialogue entre mère et fils. La reine Marie. La reine mère fait entrer Richelieu au Conseil en 1624. il trouve une situation médiocre et inquiétante. Richelieu. A 15 ans ½. En 1629 et 1630. chef du conseil. Dehors. Entre deux êtres dissemblables mais également attachés à la grandeur de l’Etat s’installe progressivement une collaboration qui au travers des épreuves dure 18 ans. Le cardinal est impressionné par la montée en puissance des Provinces-Unies (Pays-Bas. un compagnon de chasse qui devient vite un confident politique. encourage la formation des premières compagnies françaises de commerce colonial. Louis XIII prend le pouvoir avec Charles d’Albert de Luynes qui cumule les charges et s’enrichit rapidement. Richelieu devient Cardinal en 1622 mais ne parvient pas à gagner la confiance de Louis XIII. C’est un être solitaire. Il épouse l’infante d’Espagne Anne d’Autriche qui lui donne après 22 ans de mariage Louis Dieudonné. modeste gentilhomme provençal. Autour de Gaston d’Orléans (frère du roi Louis XIII). élevé rudement. En fait. quand le cardinal Richelieu entre au conseil. Il bégaie légèrement. L’équipe ministérielle de Concini. Louis XIII disperse les rebelles près d’Angers. mais peu sensible aux belles-Lettres. c’est le nouveau favori. est renvoyée et la reine mère exilée à Blois et placée sous surveillance. la foule parisienne se déchaîne contre les italiens Concini et Leonora GaligaÏ que le parlement de Paris condamne à la décapitation. La régente fait arrêter le prince de Condé. Richelieu entre au gouvernement comme secrétaire d’Etat pour la Guerre et les Affaires Etrangères. pardonnée. Il a une enfance triste. Le nouveau gouvernement est laxiste. Il remplace Concini. il prépare un coup d’Etat contre le favori le 24 avril 1617. Le roi trouve en Charles d’Albert de Luynes.convocation des Etats Généraux qui n’aboutissent à rien mais ont permis à l’évêque de Luçon. Il gagne peu à peu la confiance complète du roi qui le nomme « principal ministre » en 1629. la diplomatie française adopte une attitude anti-espagnole. timide. dont Richelieu. la France intervient deux fois pour soutenir de petits Etats contre les Habsbourg de Madrid. Au moment où les protestants français cessent de former un Etat dans l’Etat. Richelieu affronte les intrigues des grands Seigneurs qui le défient mais il reste ferme. L’absence de dauphin est le grand drame du règne et l’une des causes de multiples complots. ce roi effacé. LOUIS XIII et Richelieu La principale innovation de la période c’est l’introduction du ministériat. et son favori Concini le relègue à une place secondaire. Marie de Médicis. Louis XIII est un grand stratège. de faire apprécier son talent et son intelligence. bon danseur. En 1624. multiplie les aménagements portuaires. Philippe duc d’Orléans. Les Grands Seigneurs se regroupent derrière la reine mère qui s’évade et les rejoint à Angoulême. mais a eu des passions platoniques avec des jeunes femmes (Marie de Beaufort. Il favorise le redressement intérieur en soutenant la grandeur extérieure. un grand chasseur. mais ils échouent. musicien. et Concini forme une nouvelle équipe ministérielle. Louise de LaFayette…) et des jeunes hommes (Cinq-Mars). fait construire le Palais du Luxembourg. puis un frère. est juridiquement majeur en octobre 1614 (12 ans). futur Louis XIV. Louis XIII. qui supporte mal les humiliations infligées par Concini se révèle. se passionne pour le commerce maritime. Luxembourg…).

Femme blonde encore très belle. « Monsieur ». comme le Val de Grâce. on forme une armée encadrée par des gentilshommes ou des prêtres. En 1637. 12/84 . certaines municipalités ont une attitude ambiguë. Elle a porté de rudes coupes à l’Espagne et a empêché la jonction des deux branches Habsbourg. on code les noms. En 1642. aimant la vie à la cour. tentative d’assassinat par le comte de Soissons et « Monsieur » 1636. le cardinal Mazarin (qui n’a jamais été ordonné prêtre) qui était au service de Richelieu. La France n’intervient qu’indirectement dans la Guerre de Trente Ans qui a lieu alors en Allemagne. les soulèvements populaires (les « émotions ») expriment leur colère et le désespoir du peuple sous-alimenté dû à une pression fiscale excessive et aux mauvaises récoltes qui se multiplient. Jusqu’en 1638. comme les Provinces-Unies et la Suède de Gustave-Adolphe et de sa fille Christine. sa politique a été attaquée en permanence. Richelieu s’est maintenu au pouvoir au prix d’une sévère répression des complots des Grands et des insurrections des milieux paysans ou citadins. Le comte de Soissons à la tête d’une troupe espagnole se risque en 1641 à une invasion du pays. futur prince de Condé. Des couvents. jugée excessive. La situation militaire française se redresse. Louis et Philippe. Louis XIV n’a que 5 ans.000 hommes qui sera écrasée par le duc d’Enghien. Le cardinal est intraitable. Elle est très attachée à ses deux fils. la France est agrandie et possède des portes dans les Alpes et sur le Rhin. A partir de 1640. Au printemps 1643. Anne d’Autriche appartient à la famille des Habsbourg d’Espagne et devient régente à 42 ans. La régence d’Anne d’Autriche et de Mazarin Après six semaines d’agonie. Sans expérience politique. Par ailleurs. elle a la sagesse de confier la direction des affaires à un italien d’une subtilité et d’une intelligence remarquables. a souffert bien des humiliations de Louis XIII et de Richelieu. Elle combat les Habsbourg par puissances interposées en soutenant la Bavière catholique et surtout certaines puissances protestantes en lutte contre l’Empereur. l’héritier légitime de la couronne est Gaston d’Orléans. il déjoue les conspirations. lâche. la reine correspond en pleine guerre avec Madrid et Bruxelles. Affable. Au sud. les bijoux. l’Espagne épuisée connaît d’inquiétantes révoltes en Catalogne et au Portugal. Richelieu meurt le 4 décembre 1642. La régence d’Anne d’Autriche s’ouvre sur une victoire éclatante. Puis en 1635. On trucide quelques agents du fisc. Philippe IV d’Espagne apprend que Louis XIII est en agonie et lance à partir des PaysBas espagnols une armée de 25. Louis XIII s’éteint en 1643 au château de Saint-Germain-enLaye. la révolte de Henri de Montmorency 1632. Cependant la répression royale ne faiblit pas comme en témoigne l’écrasement en 1639 des pauvres « va-nu-pieds » en Normandie. Souvent les parlements locaux. fait annuler le testament de son mari qui limitait les pouvoirs de la régente et Jules Mazarin devient principal ministre. Partout en France éclatent de violentes émeutes antifiscales. hostile au cardinal. servent de boîte aux lettres. S’ensuivent de nombreuses opérations militaires qui expliquent les exigences fiscales de l’époque. Dans ses multiples complots. Sa mère Anne d’Autriche s’installe à Paris.une puissance politique majeure au prix de l’abandon des projets de réforme et de bien des souffrances. les armées royales s’emparent du Roussillon et de Perpignan. personnage léger. Richelieu déclare la guerre à l’Espagne. on utilise de l’encre sympathique (fabriquée avec du jus de citron). Cinq-Mars et de Thou conspirent avec l’aide de l’Espagne. Les complots sont nombreux : celui de Chalais (1626). A cette date. La politique de Richelieu Mal comprise. adroit. on correspond par lettres chiffrées. c’est un négociateur hors pair mais qui abuse des petits moyens et gère les affaires politiques de manière non rigoureuse.

La Fronde 1648-1653 La Fronde parlementaire 1648-1649 Elle éclate en 1648. En mars 1649 à Rueil. L’agitation reprend aussitôt en province où la duchesse de Longueville et la princesse de Condé favorisent des soulèvements. Les astuces financières douteuses du surintendant Particelli d’Emery (italien lui aussi) pour financer la guerre. Mazarin quitte la France le 6 février. Cependant le coadjuteur de Paris JeanFrançois Paul de Gondi. Ils font arrêter Broussel. la plus violente. chambre des comptes. Très vite. Au fil des années. En province. fait libérer Condé. Commence alors la dernière phase du mouvement. La foule se soulève et Paris se couvre de 1200 barricades. le Parlement exige le renvoi du ministre. L’union des deux Frondes (déc 1650 à sept 1651) Gondi et les parlementaires parisiens s’agitent à nouveau et défendent les princes. En 1643. ayant conscience d’avoir sauvé la monarchie. duc et duchesse de Longueville. les frondeurs se querellent. Madame de Chevreuse. la « grande Mademoiselle » fille de Gaston d’Orléans frère du roi Louis XIII. rallient le mouvement. Mazarin est attaqué par les fameuses « mazarinades » (= 4000 pamphlets). De grands Seigneurs et de grandes dames (Prince de Conti. la plus anarchique : la Fronde condéenne. Broussel est relâché. cour des Aides. L’armée de Condé en retour de sa victoire à Lens contre les espagnols fait blocus de la capitale. Le 3 février 1651. Le Palais-Royal où réside la reine est encerclé. Il faut négocier. Les insurgés se divisent entre eux. La Fronde connaît une seconde explosion avec la Fronde des Princes La Fronde des Princes (année 1650) Très orgueilleux. Mazarin et la reine font semblant de céder. entretient l’agitation populaire. c’est le déchaînement : le Parlement lève une milice et prend en charge le gouvernement. dans le froid et l’inconfort. les barricades disparaissent. On dort sur la paille. le prince de Condé multiplie les insolences et prétend remplacer Mazarin. Grand Conseil) se réunissent et rédigent un vaste programme de réformes du royaume mettant la monarchie en tutelle et provoquant l’enthousiasme de la foule parisienne. les très mauvaises récoltes de 1638 à 1641 favorisent l’éclatement d’une crise intérieure grave : la Fronde. futur cardinal de Retz. Conti et le duc de Longueville en janvier 1650. L’annonce de la victoire de Mazarin provoque une troisième explosion. tentative d’assassinat contre Mazarin. Gondi. Les « émotions » populaires ne cessent pas. La Fronde condéenne (sept 1651 à août 1653) 13/84 . Les hommes de Condé ont failli étrangler Gondi qui se retire en Guyenne. En correspondance régulière avec la reine restée à Paris. L’armée royale dirigée par Mazarin l’emporte sur tous les fronts (oct à déc 1650). A Paris. La reine et son ministre font arrêter Condé. les ducs de Bouillon et de Beaufort. La reine. bien des parlementaires et des officiers se permettent des audaces. un accord est conclu avec la régente qui regagne Paris en août.Diriger la France alors que le roi n’a pas 5 ans. l’alliance d’une reine d’origine espagnole et d’un ministre italien provoque comme sous Marie de Médicis des rebellions de milieux divers. Le Parlement prétend toujours contrôler la monarchie. Les magistrats parisiens des cours souveraines (parlement. Toute sa vie Louis XIV se méfiera de la foule et du Parlement. ses fils et Mazarin quittent secrètement Paris dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649 et s’installent à Saint-Germain-en-Laye. Mazarin dirige le royaume en sous-main. conseiller au Parlement et élément moteur de la contestation. que le principal ministre est étranger et qu’il poursuit la guerre contre l’Espagne n’est pas chose aisée. l’éclatement en Angleterre en 1642 de la révolution (Charles 1er est décapité en 1649).

Les conséquences sociales La succession de mauvaises récoltes et l’augmentation des impôts royaux conduisent nombre de petits paysans à vendre leur « tenure ». Condé se querelle à nouveau avec les magistrats et s’appuie sur les éléments populaires les plus extrémistes. paysans torturés. aliènent leurs biens. éclate à Bordeaux. population rurale se réfugiant dans les bois et abandons d’enfants. faisant oublier les excès de certains. Un foyer janséniste se constitue autour de l’abbaye de Port-Royal et son annexe Port-Royal des Champs. Anne d’Autriche et Louis XIV entrent à Paris sous les applaudissements. La reine et l’armée royale dirigée par Turenne le poursuivent. Mazarin revient à Paris le 3 février 1653. Mazarin initie le jeune roi au gouvernement du royaume et achève victorieusement la longue guerre contre l’Espagne. Condé gagne alors le nord pour s’emparer de Paris. Les Jésuites réagissent en dénonçant le Jansénisme comme une hérésie qui frise le calvinisme.. des officiers qui rachètent ces tenures. Quelques parlementaires et grands Seigneurs sont exilés. Dans la haute société s’esquisse un grand élan de charité pieux : la reine Anne met en gage ses bijoux pour aider saint Vincent de Paul. filles violées. s’inspire de l’enseignement de Saint Augustin. Par contre. des prélats de valeur apparaissent. soulève une partie des provinces et s’allie à l’Espagne. En août l’ordre règne à Bordeaux. Saint Vincent de Paul crée l’œuvre des Enfants trouvés (1638).une éducation solide mais austère. commerçants et surtout des magistrats. Ce sont des bourgeois. C’est la montée de la misère : villages dévastés par le passage des gens de guerre. Louis XIV dirige en personne le pays. les « Provinciales » (1656-1657) attaquant rudement les Jésuites. Atteinte d’un cancer au sein. A sa mort sera publié un traité « l’Augustinus » (1640) qui développe la vision pessimiste et austère d’une condition humaine quasi prédestinée : l’homme est corrompu par le pêché mortel que seule la grâce de Dieu peut le sauver. Mazarin meurt le 9 mars 1661. les hôpitaux. Cardinal de Retz et amant de Mademoiselle de Chevreuse.000 mendiants y sont enfermés en 1660). on crée à Paris l’Hôpital Général (5. De nombreuses grandes dames visitent les pauvres. Pour répondre à ces nombreux cas de détresse. Le prince de Condé s’y installe. mais que Dieu n’accorde sa grâce qu’à un petit nombre. fille de Philippe IV d’Espagne qui renonce à ses droits à la succession d’Espagne moyennant le versement à la France de la fameuse somme de 500. De petites écoles sont ouvertes qui donnent aux enfants –c’est le cas du jeune Racine.la grande Mademoiselle sauve l’armée de Condé en ouvrant les portes de la capitale et en faisant tirer sur l’armée royale. est battu à Bléneau (avril 1652) et sous les murs de Paris (juillet 1652). Blaise Pascal au nom des Jansénistes réplique par une série de lettres. Il l’épouse à Saint-Jean-de-Luz le 26 août 1660. De petits seigneurs touchés par la baisse des prix et les défenses excessives de la guerre ou la vie citadine. tel JeanFrançois Paul de Gondi. Condé s’enfuit et se met au service de l’Espagne. Beaucoup de Parisiens fortunés et pieux viennent y faire retraite.Une insurrection populaire. vagabonds attirés par les villes. l’Ormée. Des massacres ont lieu à l’hôtel de Ville le 4 juillet 1652. religieuses habillées en villageoises et en contact permanent avec les pauvres. de nombreuses maisons religieuses sont fondées. Las. les monastères se réorganisent. Saint Vincent de Paul (1581-1660) institue les Dames et les Filles de la Charité (1634). La France connaît enfin le calme dans les dernières années du ministère Mazarin (16531661). Des confréries se forment. Le prince de Condé obtient son pardon et rentre en France. Parce que beaucoup de 14/84 . Le 21 octobre. En 1656.000 écus d’or. La reine et l’armée royale entourent Paris. La Sorbonne condamne le Jansénisme. multiplient les dons. C’est la naissance du jansénisme L’évêque d’Ypres. Anne d’Autriche s’éteint le 20 janvier 1666. Jansénius (1585-1638). A partir de ce moment. la situation financière du pays est désastreuse. Louis XIV se marie avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche.

se divise en sections qui se spécialisent. ses maîtresses lui donne 12 bâtards. soit supérieur à tous) résume ses idées : le roi représentant Dieu sur terre. Après les premières années du règne (1661-1685) où tout semble réussir au roi. Mazarin lance la répression : les « Provinciales » sont brûlées. Colbert ont le titre de ministre d’Etat. Gros mangeur. Esprit clair. Louis XIV Né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en-Laye. l’autorité royale ne peut connaître d’obstacle. La charge de « principal ministre » disparaît et c’est le roi. a du bon sens. les grands doivent plier. Sa mère Anne d’Autriche lui inculque le sens de la majesté. Chamillart. il prend pour emblème le soleil dés 1662. qui décide et tranche en dernier appel. de l’étiquette. Lionne. vient le temps des épreuves. exerce avec sérieux et minutie son métier de roi. utilise le contrôleur des Finances. ordonné de Versailles et ses jardins. issus de la bourgeoisie de commerce ou de robe. Statues. le système du Conseil royal se perfectionne. En quelques années. Il n’accorde l’exclusivité de sa confiance à personne. Deux fois par semaine aussi siège le Conseil des Finances qui établit le budget. Sa devise « Nec pluribus impar » (non inégal à plusieurs. un sens élevé de sa fonction. Ponchartrain. Il a une santé excellente en dépit d’une dentition gâtée. à construire Versailles. Croissy. des crises de subsistance. En 1669 seulement. Puis plus tard. Louvois. Louis XIV assure personnellement la direction du gouvernement de la France. le duc de Beauvillier. très sensuel. Il est amateur de théâtre. Dés les premières années du règne. Il est présidé par le Contrôleur Général des Finances.Jansénistes sont d’anciens frondeurs. Louis XIV écarte les princes du sang et les grands seigneurs au profit d’hommes d’origine moyenne. Il est marqué dans sa jeunesse par les tumultes de la Fronde. possède une maîtrise de soi exceptionnelle. De telles actions dans une conjoncture économique morose exigent de la population un effort humain et fiscal sans précédent. des conflits d’opinion (1685-1715). Torcy. Le Tellier. la querelle s’apaise et Port-Royal ouvre ses portes. de la guitare et chante. Il consacre plusieurs heures le matin et l’après-midi aux affaires de l’Etat et en entretiens avec ses ministres. Il est d’une politesse exquise. la couronne de France est la première de la chrétienté et l’Europe entière doit reconnaître sa glorieuse prééminence. gravures et médailles reprennent et diffusent sans cesse ces thèmes. etc… au total 16 ministres d’Etat en 54 ans de règne : c’est la stabilité du personnel. des guerres difficiles. une machine administrative assez complexe se met en place à la tête de l’Etat (1661-1673) : le Principal Conseil reste le Conseil « d’en haut » ou Conseil secret où se traitent 2 ou 3 fois par semaine les grandes questions politiques ou diplomatiques en présence du roi et de 3 ou 4 personnes qui seules ont le titre de ministre d’Etat. Après la chute de Fouquet. seul. les 4 secrétaires d’Etat et les 3 ou 4 ministres d’Etat. Colbert puis 15/84 . répartit la « taille » à lever dans les généralités et fixe les impôts indirects des baux des fermes. le goût du faste. musique. Son parrain le cardinal Mazarin lui apprend concrètement la diplomatie et l’art de la dissimulation. à renforcer son absolutisme et renforcer sa mainmise sur la société. des religieux dispersés. les petites écoles fermées. joue du clavecin. Il aime passionnément le faste éblouissant. Le gouvernement centralisé A la mort de Mazarin le 9 mars 1661. bon chasseur. D’un orgueil excessif. II. DEUXIEME MOITIE DU XVIIème SIECLE : LA PERIODE CLASSIQUE Le long règne de Louis XIV (1661-1715) est caractérisé par une recherche passionnée de gloire et de grandeur qui pousse le roi à multiplier les interventions belliqueuses et guerrières.

agriculture. l’estampille des métaux précieux. les questions religieuses et où l’on décide de l’attribution des bénéfices. artisanat. L’un des meilleurs serviteurs de Louis XIV est Jean-Baptiste Colbert (1619 -1683). le monopole de l’Etat de la vente du tabac… Les recettes montent vite. Ce personnel peu nombreux. la marque sur les cartes à jouer. le contrôleur général des Finances. Louvois ou Ponchartrain. La monarchie absolutiste devient vite bureautique et Louis XIV. secours aux nécessiteux. son oncle Pussort. Colbert de Croissy en Alsace. Ex. les quatre secrétaires d’Etat. Les trente intendants sont nommés. Le budget est équilibré pendant quelques années mais devient de nouveau déficitaire. Le Conseil d’Etat est présidé par le chancelier. d’une grande intelligence. Les intendants sont en poste durant de longues années et accomplissent souvent une œuvre considérable. augmente les recettes par des impôts indirects supportés par tous et imagine de nouvelles indirectes (la taxe d’enregistrement. Et à partir des années 1680. Chamillart. tout un monde de bureaux s’épanouit avec une foule de commis. commerce. JB Colbert par exemple a des pouvoirs comparables à 6 ou 8 de nos ministres : il est à la fois surintendant des Bâtiments. Il dote Paris d’un lieutenant général de police. la Guerre. Même chose pour Le Tellier. Louis XIV n’a pas oublié la Fronde. stable. rétribués et révocables par le roi. arbitre les conflits entre administrations. dévoué au roi. Le système mis en place est complexe. Il cherche à établir une comptabilité nationale. le clan Colbert : d’abord Jean-Baptiste son fondateur. à évaluer recettes et dépenses. Desmarets lui ont succédé. le roi assiste au Conseil des Dépêches qui réunit le chancelier. puis son fils Seignelay. Tous les 15 jours. Ainsi se met en place autour du roi une solide machine administrative et centralisatrice. se divise vite en clans qui se jalousent. d’un parent Le Pelletier… Derrière ces ministres. le papier timbré. Il n’entrevoit pas la réalité de son royaume et n’a que des rapports plus ou moins fidèles de ses ministres et commis. La Reynie. Il succède à Fouquet et s’évertue à mettre de l’ordre dans les finances royales. à la différence de ses prédécesseurs. Arts et Manufactures. police. de son petit-fils Barbezieux. la Maison du Roi… Enfin. membre du Conseil d’en haut et à ce titre ministre d’Etat. Chaque secrétaire d’Etat suit les affaires d’un quart du royaume et possède une spécialité : les Affaires Etrangères. son gendre le duc de Beauvillier… Le clan Le Tellier : fondé par Michel Le Tellier qui favorise la carrière de son fils Louvois. Des dynasties ministérielles se créent : le fils ou le gendre succède au père dont les filles richement dotées –la fonction ministérielle enrichit vite. C’est un travailleur acharné. Colbert 16/84 . le déficit et la dette publique croissent dangereusement. Il est constitué par 30 conseillers d’Etat et de 98 maîtres de requêtes. casse certains jugements. le roi assiste tous les vendredis au Conseil de Conscience où l’on évoque avec l’aide de l’archevêque de Paris et du père jésuite confesseur du roi. et donc à créer un budget. grands travaux. Il tient un livre des recettes et un livre des dépenses qu’il présente au roi tous les mois. chargé avec plusieurs centaines d’indicateurs. mais aussi secrétaire d’Etat à la Marine et secrétaire d’Etat à la Maison du Roi. voyage assez peu en province et devient prisonnier de l’immense machine. engage des poursuites contre les financiers douteux. Ils sont en relation régulière avec le contrôleur général des Finances et les quatre secrétaires d’Etat. Il reconstitue le domaine royal. Les cumules de fonctions sont monnaie courante. justice. ses neveux Desmarets et Colbert de Torcy.épousent de grands seigneurs. Contrôleur Général des Finances. Les intendants rétablis après la Fronde par Mazarin s’établissent définitivement en province et créent une administration locale permanente et efficace qui traite rapidement de tous les problèmes : fiscalité. la Marine. armée.Ponchartrain. Citons : Olivier d’Ormesson à Lyon. fonctionne comme une haute cour de justice qui prépare les édits du roi. qui a accompli une œuvre considérable. puis le marquis d’Argenson. les « mouches » de la sécurité de la ville et surtout de sa surveillance. son frère Colbert de Croissy.

les taxes d’entrée sur les marchandises sont fortement augmentées. recrutées surtout par racolage. Citons quelques corsaires célèbres : Jean Bart. Il améliore les échanges et développe les transports pour favoriser le commerce. hésitent à se tourner vers le grand commerce. La colonisation française au Canada passe de 2. Mais les ambitions de Colbert ne sont pas toujours comprises. la Louisiane. Ce sont parfois des ateliers d’Etat appelés manufactures du roi (les Gobelins). Colbert encourage la fabrication en France d’excellents produits par des aides. Il fait creuser le canal des deux-Mers (1681). des exemptions fiscales.000 soldats en 1667 à 400. Les effectifs des armées. les travaux portuaires. Aux Indes. fait percer des routes en région parisienne. la création de manufactures. des subventions. spécialisés dans le textile (soie. le verre. Les souscriptions des actions sont timides malgré la pression de Colbert. créée en 1664.000 à 12. Duguay-Trouin… L’armée de terre est réformée en profondeur grâce à Le Tellier. Le Tellier et Louvois s’occupent aussi de la troupe.000 pour les Provinces-Unies (=la Hollande) ! Au moins. on crée un nouveau système : la milice (1688). Cavalier de la Salle descend le Mississipi en 1682 et fonde une immense colonie. De 1664 à 1667. Colbert recommande aux juges de condamner les criminels aux galères. sont des ports militaires sûrs. Colbert cherche à reconstituer une marine marchande privée.000 à la fin du règne. Colbert favorise la création de cinq compagnies privées de commerce maritime par l’obtention de monopole dans le but de rivaliser les compagnies hollandaises.conçoit une politique industrielle et commerciale ambitieuse. qui prend à revers les installations anglaises. par des travaux. Un vaste programme de construction dote le royaume en 1677 de 116 vaisseaux de ligne et 83 petits bâtiments. Les débuts sont difficiles. Le port de l’uniforme devient général. cesse d’être la propriété de tel grand seigneur pour devenir une armée nationale soumise au roi. son fils Louvois et son petitfils Barbezieux. velours. la métallurgie. Toute l’action de Colbert aboutit à créer une emprise de l’Etat sur la vie économique : développer l’industrie nationale. crêpe. Rochefort. le raffinage du sucre. la culture du chanvre. 17/84 . contre 15. On songe aux soldats âgés ou blessés et on crée à Paris l’Hôtel des Invalides (1670-1674). Il favorise les chantiers de construction navale. En 1702. La culture française de la canne à sucre et l’implantation d’esclaves noirs se poursuivent dans les îles françaises des Antilles. la Compagnie des Indes Orientales. Pour le recrutement. unifie les douanes intérieures dans une bonne partie du royaume. réduit les péages. accroître les ventes et réduire les achats à l’étranger provoquant des entrées numéraires qui enrichiront la France. trop de bourgeois se méfient. augmentent : de 65. D’excellents amiraux comme Tourville et Duquesne sont redoutés des marins anglais et hollandais. dentelle. Vers 1680. Les officiers sont formés dans des écoles d’hydrographie et de pilotage spécialement créés. voire de prêts d’Etat. Il y a des échecs et une seule compagnie.000 personnes entre 1660 et 1680. Sur le continent américain. réussit à s’imposer. Pour se procurer les équipages nécessaires. Le Tellier et Louvois modernisent également l’armée en la dopant d’un service de chariots. C’est à cette époque que l’armée se discipline et s’unifie.000 galériens sur 40 galères. créant des magasins de vivre dans les villes frontalières et en construisant des casernes à Paris. Toulon. Brest. Une trentaine d’établissements sont ainsi créés. l’impulsion est donnée et la France accroît peu à peu sa présence outre-mer. les armes. on compte 12. tapisserie…). le savon. la flotte de commerce française compte 500 bateaux. des monopoles de vente ou de fabrication. Strasbourg et Metz. s’intéresse beaucoup aux fleuves. font la chasse aux déserteurs. La réforme des armées On doit encore à Colbert et à son fils Seignelay d’avoir relevé la marine de guerre. Des écoles militaires sont ouvertes pour la formation des officiers. Poursuivant les efforts de Richelieu. A coup de subventions et de règlements. Lille. Elles font appel à l’épargne publique. un comptoir est ouvert à Pondichéry en 1674.

le quadrillage administratif reste bien fragile. qui meurt en 1670. Mais les Jésuites et les oratoriens recrutent dans les familles fortunées. Mme de Montespan. voire superstitions. le royaume accepte facilement le resserrement du carcan administratif. les récoltes sont plus abondantes. au Louvre ou à Vincennes.000 personnes au total vivent au rythme éblouissant des fêtes. Vauban reçoit la direction générale des fortifications. Il invite des artistes et des savants 18/84 . bon soldat. Le système fiscal est profondément injuste car il pèse essentiellement sur les roturiers et les paysans. Les belles années 1661-1685 La cour jeune et libertine Lors des troubles de la Fronde. Vauban invente la baïonnette à douille en 1693. le prix des céréales baisse et les foules citadines se nourrissent plus facilement. Les révoltes populaires demeurent. qui donne le jour au futur duc d’Orléans. a trois fils : le duc de Bourgogne né en 1682. Louis XIV est persuadé que l’éclat des arts rehausse la gloire de son règne et cherche à étendre son pouvoir aux choses de l’esprit et de l’art. le climat économique est difficile en Europe de 1650 à 1730 : les prix sont à la baisse. le duc d’Anjou 1683 et le duc de Berry 1686. Après la crise violente de 1661-62. ballets. La cour prend parfois des allures de harem. Dérivant de l’Antiquité et de la Renaissance. Il s’écarte des tendances extrêmes du courant baroque sans toutefois rompre avec lui. un édit prévoit une école par village. La cour est itinérante. Il en fait construire 300 dont certaines sont enterrées. la noblesse se soumet à l’étiquette. tantôt à Saint-Germain. A la cour souffle un vent de gaieté. Enfin si le règne de Louis XIV coïncide avec l’épanouissement de l’art classique et l’apparition du modèle de « l’Honnête Homme ». opéras et représentations théâtrales. Dés lors.A cette époque apparaissent les dragons (soldats de cavalerie). les ragots. il reste peu d’argent pour subventionner manufactures et compagnies de commerce (0. Il invente le tir à ricochet du boulet creux. Avec Louis XIV s’épanouit vers 1660 le classicisme qui va exercer sur l’Europe entière un étonnant rayonnement. 7 à 8. Monseigneur. Madame. Le mécénat royal est synonyme de fonctionnarisation du talent. seconde Madame. Du grand seigneur au laquais. il n’en reste pas moins que 70% des hommes et 86% des femmes sont analphabètes et n’ont comme univers mental que le monde merveilleux des légendes. Il épouse alors la princesse palatine. L’affaire des poisons sur fond de messes noires et de pratiques magiques implique Mme de Montespan. contes. le classicisme se veut mesuré et harmonieux. les luttes d’influence. Eblouie par ce décor grandiose. Vers 1698. le sabre dans la cavalerie. marié à Henriette d’Angleterre. Autour du roi. Versailles est en construction. c’est l’emploi du fusil à pierre. Le pays est encore loin d’être unifié. plie devant les volontés du monarque et engloutit des fortunes pour maintenir son rang. tantôt aux Tuileries. aux allures efféminées. C’est le temps des audaces. les trente intendants rencontrent de dures difficultés à transmettre les ordres en bas de la pyramide sociale. C’est le temps des grandes favorites : Melle de la Vallière. 37 années de guerre sur 54 ans de règne ont obligé le gouvernement à multiplier les prélèvements fiscaux. Si la machine absolutiste est perfectionnée au sommet. la pénurie monétaire s’aggrave. Monsieur. Ainsi les frontières du nord et de l’est sont protégées. Toutes ces mesures ont réformé le royaume mais ont rencontré des résistances techniques et humaines dans une conjoncture défavorable. La cour forme un monde qui a ses passions : le jeu de cartes.3% du budget en 1680 !). De plus. Liselotte. il y a son frère Philippe. La guerre dévore la moitié du budget de la France vers 1680 et près des ¾ à la fin du règne. Vers 1700. Le génie militaire est créé. la duchesse de Fontanges… Louis XIV a eu six enfants avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche et douze bâtards. Le fils du roi. en province.

La prépondérance française Comme beaucoup de souverains de l’époque. 19/84 . d’Architecture. les princes allemands. Cassini. le trône revient à un enfant de 4 ans. Il profite de l’affaiblissement des Habsbourg : la branche de Vienne connaît de rudes difficultés avec l’avancée turque. Le Brun assure la décoration. en particulier celle de la magnifique Galerie des Glaces (73 m de long). à la mort de Philipe IV d’Espagne. la guerre s’arrête. Il cherche à agrandir le royaume sans être arrêté par les frontières naturelles. 20 à 30. bassins et fontaines. multiplie les actes de grandeur ou d’intimidation et exerce sur l’Europe une prépondérance. les Hollandais ouvrent des écluses qui inondent une partie du pays. Charles II. il exploite rapidement le non-paiement de la dote de la reine Marie-Thérèse et spécule sur la faiblesse dynastique.. Le principal chantier reste Versailles. De 1661 à 1684. Louis XIV voit dans la guerre l’activité ordinaire d’un grand roi. Le roi. le Pape. cherche à faire accepter aux souverains étrangers l’idée d’une prééminence de la couronne de France. les ordres antiques. de santé faible qui mourra en 1700. Lully dirige les écoles de musique. L’architecture classique évolue vers un style dépouillé. Colbert impressionné par la jouissance marchande des Hollandais pousse le roi à rompre l’alliance avec les Province-Unies et à tenter d’annexer ce pays. il envoie des contingents français combattre les Turcs à Candie et en Hongrie. Armentières… En 1672. Ce sont les belles années de gloire militaire et diplomatique de Louis le Grand (titre décerné au roi en 1679). En 1665. Une révolution éclate à La Haye en août 1672 et amène au pouvoir un protestant intransigeant. Le roi d’Espagne. Le traité d’Aix-laChapelle rattache 12 villes flamandes à la France dont Lille. Les travaux commencent en 1661 sous la direction de Le Vau. Avec l’Angleterre et de nombreux princes allemands pour alliés. Les inondations se multiplient. Il entreprend de transformer ce petit pavillon de chasse en magnifique résidence. Le roi fait construire une terrasse à Saint-Germain-en-Laye. Il utilise des petits incidents diplomatiques pour exiger excuses et reconnaissance. Le Nôtre dessine parcs. l’Angleterre l’admettent non sans mal. Le roi se méfie de Paris. Guillaume d’Orange. utilisant systématiquement la ligne droite. les Français piétinent (1673). l’organisation des fêtes chantées et dansées. Sur les conseils de Louvois. de Jules Hardouin Mansart. L’Angleterre. sculpteurs et ébénistes. Douai. Vis-à-vis de la branche espagnole. tapissiers. aménage la place Vendôme et la place des Victoires. l’empire s’unissent à la Hollande contre la France en 1674.étrangers (Le Bernin.000 ouvriers accomplissent une œuvre gigantesque (le roi pensionne les veuves d’ouvriers tués sur le chantier). académie des Sciences. et après 1676. Huyghens. Observatoire du roi. il envahit la Flandre espagnole et défend les droits de la reine de France à la succession d’Espagne. Louis XIV. jardins. la résistance hollandaise s’organise. Ecrasés. En 1667. Pendant des années. Les alliés de la France se retirent ou changent de camp. La cour ne s’installe qu’en 1682 dans un château à peine achevé. la guerre reprend contre les Provinces-Unies. En 1664. Louis XIV refuse des propositions de paix très avantageuses des Hollandais. par des actes de grandeur.) et multiplie les institutions d’accueil : académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Le peintre Lebrun dirige le monde des graveurs. Sous la pression hollandaise. Bruant édifie l’église des Invalides. Turenne et Vauban l’emportent aisément. Jardin des Plantes et fondation de la Comédie Française. la colonnade élevée au Louvre par Claude Perrault illustre bien la tendance nouvelle de l’art. le roi engage deux guerres. de Musique. l’Espagne. les troupes du grand Condé et de Turenne franchissent le Rhin le 12 Juin 1672 et atteignent Utrecht. cherchant à créer un sentiment d’harmonieuse grandeur.

le roi épouse en septembre 1683 Françoise d’Aubigné. Le 30 juillet 1683. Saint-Omer. sociétés savantes. La perte de l’économie et de la culture française est considérable. La France reçoit la Franche-Comté et une série de villes du nord : Valenciennes. les nouvelles possessions.) considérable. comme Strasbourg occupée en 1681. l’Espagne. Certaines professions leur sont interdites. A Versailles. Le roi vieillit majestueusement. manufacture. le conflit avec le pape (pour montrer son zèle catholique). La cour se fixe à Versailles le 6 mai 1682 et se plie désormais à une étiquette solennelle et lourde. les princes allemands offrent leur méditation. La Fontaine). le privilège de tenir le bougeoir dans la chambre du roi ou la faveur de séjourner à Marly. La riposte française est brutale : prise du Luxembourg. Mme de Maintenon. La situation est redressée. La faveur va désormais aux auteurs modernes. les constructions se poursuivent (le Trianon. L’Espagne entre en guerre en 1683 et 1684. très pieuse. C’est le pays le plus faible.. en Poitou. La querelle des Anciens et des Modernes date de 1687. la Chapelle. intrigues. médecine.000 protestants se convertissent sous la contrainte. marquise de Maintenon. Ces « réunions » à la couronne de France inquiètent les Etats européens. Faute d’argent. Louis XIV révoque l’Edit de Nantes le 18 octobre 1685. Les dragonnades se multiplient alors. Le climat libertin des premières années disparaît. Pour empêcher une nouvelle guerre européenne. jésuite.. 1450 protestants sont envoyés aux galères.000 à 200. Bravant la menace. L’autorité ferme les yeux sur les vols. La trêve de Ratisbonne (15 août 1684) laisse à la France ses dernières annexions. qui fait les frais de la Guerre. les troupes de Condé et de Vauban s’emparent petit à petit de nouvelles villes dans les Pays-Bas espagnols.) et culturel (académies. se fait dévot.) mais le rayonnement culturel faiblit. Les protestants français constituent une élite au poids économique (banque. des dragons sont logés chez des protestants. L’ Alsace est envahie mais Turenne fait une expédition surprise en plein hiver (=victoire de Turckeim le 5 jan 1675) et repasse le Rhin. veuve du poète Scarron. En 1676. assiste parfois aux conseils du gouvernement. 17. Maubeuge. s’inquiète du salut de son âme. Secrètement. 30. le rôle de son entourage. le désir de rivaliser avec l’empereur Léopold vainqueur des Turcs en 1683. l’opinion qui ignore la tolérance. Louis XIV exploite l’imprécision des traités pour annexer les domaines environnants. Bien des auteurs classiques sont morts (Molière. On crée en 1676 une caisse des conversions (chaque converti reçoit trois livres).. Dés 1680. bombardement de Gênes. se perd en querelles. est très écouté. Louis XIV atteint alors le sommet de sa puissance ! Les problèmes religieux Bien des raisons ont poussé Louis XIV à lutter contre ses sujets protestants : ses convictions profondes. un tournant essentiel s’amorce. implore humblement une pension. Cassel. Un parti dévot se forme et exerce une influence discrète sur le roi. Les pasteurs doivent s’exiler. En août 1674 le prince de Condé repousse Guillaume d’Orange près de Charleroi. Dans les années suivantes. le mécénat royal fléchit.La guerre change de terrain. L’aristocratie définitivement domestiquée et surveillée de près par le lieutenant général de police. des écoles et des lieux de culte fermés. Le père la Chaise. Les Français s’emparent de la Franche-comté au printemps en 1674. LE DECLIN (1685 – 1715) Dans le courant des années 1680. la reine Marie-Thérèse meurt. Duquesne bat à plusieurs reprises l’amiral Ruyter en Méditerranée. La vie 20/84 . les brutalités et les viols commis par les soldats. Impressionné par les longues listes de convertis qu’on lui présente. artisanat. alliée de l’Espagne. Les temples sont détruits mais il est interdit aux protestants de quitter le royaume. Corneille) ou se taisent (Racine.000 huguenots parmi les plus riches réussissent à s’expatrier.

les rentrées fiscales sont maigres. « Turcadet » de Lesage 1709. le roi donne l’exemple. Les incendies et les ravages commis par les Français scandalisent l’Allemagne. Rapidement le clergé et les gens les plus fortunés échappent à ces impôts en « s’abonnant » par le versement d’une somme modérée. En dépit du succès de ses armées. l’Espagne. Le temps des guerres foudroyantes et des victoires faciles est révolu. Pour la première fois. Charles II laisse l’intégralité des possessions espagnoles à Philippe d’Anjou. On se bat entre colons français et anglais au Canada. Desmaretz multiplient les impôts sur une vaste échelle. En juillet 1686. Y participent : la Suède. sauf sur mer. A la mort de Louis XIV. L’avantage est au roi-soleil. écrasé les Turcs en 1683.culturelle se déplace peu à peu vers Paris. Les hostilités commencent en septembre 1688. Des adversaires déterminés et redoutables vont s’opposer à Louis XIV. On imagine de nouveaux moyens pour augmenter la monnaie en circulation. et entend bien récupérer l’héritage des Habsbourg de Madrid pour son fils cadet Charles. En Allemagne un vif sentiment anti-français se lève. Les Français doivent déclarer leurs revenus et versent au roi un dixième de ceux-ci. les princes allemands. La tragédie touche moins le public qui aime de plus en plus les comédies de mœurs comme « le légataire universel » de Regnard 1708. L’immensité de l’héritage suscite en Europe des inquiétudes. La guerre de succession d’Espagne 1702-1713 Charles II qui règne sur l’Espagne mais aussi sur Milan. n’a pas d’enfant. les villages avec des arriérés de taille sont nombreux. les Provinces-Unies et l’Angleterre font cause commune. la révocation de l’édit de Nantes et l’arrivée des premiers réfugiés huguenots soulèvent l’opinion. le Trésor royal frôle la banqueroute… La crise de la fin de règne La situation économique empire à la fin du règne. Chamillart. on lance le « dixième ». se forme à Augsbourg une ligue pour imposer à la France le strict respect des traités de Nimègue. Naples. A partir de 1700. les revenus fiscaux sont dépensés avant d’avoir été collectés. tout concourt à ralentir les échanges 21/84 . Il songe à la santé déclinante du roi d’Espagne Charles II qui pose le problème de la succession d’Espagne. Louis XIV ordonne la dévastation systématique du Palatinat pour mettre l’Alsace à l’abri d’une invasion. La crise de subsistance et de surmortalité de 1693-1694 interrompt les opérations qui reprendront à un rythme plus lent. La guerre de la ligne d’Augsbourg 1688-1697 La politique d’intimidation de Louis XIV pousse peu à peu les grandes puissances européennes à se coaliser pour lui faire obstacle. Les vaisselles d’or doivent être fondues en 1689. la médiocrité des subventions aux compagnies de commerce. une partie des Pays-Bas et des colonies espagnoles. Dans une conjoncture économique très médiocre. les objectifs coloniaux et commerciaux vont jouer un rôle dans la poursuite du conflit. Dans les Etats protestants. Les contrôleurs généraux des Finances Ponchartrain. vers les salons privés où les mécènes de la finance protègent les nouveaux talents comme Crozat. Ne risque-t-on pas de voir émerger une superpuissance ? Mais dans son testament. La rareté de la monnaie. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume d’Orange roi d’Angleterre et accepte que les Hollandais installent des garnisons aux Pays-Bas espagnols. la guerre. la Bavière. Philippe d’Anjou devient Philippe V d’Espagne le 16 novembre 1700. La branche Habsbourg de Madrid va s’éteindre. En 1710. Sur les conseils de Louvois. second fils du grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV. protecteur du peintre Watteau. Les deux puissances économiquement les plus évoluées du temps. L’empereur Léopold a redressé la situation dans l’empire. Louis XIV pour la première fois fait preuve de modération. et plus tard la Savoie. l’empereur. Guillaume d’Orange à la suite d’une nouvelle révolution devient roi d’Angleterre. Une situation financière désastreuse Les guerres coûtent cher.

000 Français meurent de froid et de faim cette année-là. issus de la bourgeoisie si bien qu’elle se 1 Le roi reçoit directement son pouvoir de Dieu. capable de rétablir durablement la paix. Pour autant. le futur Louis XV. Le 1er septembre 1715. les commandements de la religion et toute une série de principes généraux. Elle trouve en face d’elle tous les privilèges des différents corps de la nation. le refroidissement du climat explique en partie les très mauvaises récoltes. Cet essor des idées absolutistes et l’affirmation du droit divin du roi1 est le contre coup de la période troublée des guerres de religion : révoltes contre une autorité royale bafouée et méconnue. Des émeutes éclatent ici et là. la finance. En 1714. Les manufactures connaissent un marasme profond et le chômage est impressionnant. duc d’Orléans. la monarchie absolue n’est pas un régime despotique. la monarchie en apparence si solide n’est pas loin de la crise dynastique. ce sont les députés du tiers Etat qui réclament que la théorie du droit devin soit proclamée loi fondamentale du royaume. l’héritier direct du roi-soleil est donc le dernier fils du duc de Bourgogne. A la suite de nombreux deuils survenus dans la famille royale. un hiver froid donnent une récolte très mauvaise : les prix s’envolent. violence. ni même de se révolter contre lui. la bourgeoisie avait à sa disposition depuis la Renaissance les juristes humanistes. de ramener à l’obéissance tout ce qui ne la reconnaît pas où la bafoue. Les sujets du roi se trouvent eux aussi dépourvus de tout droit de contrôle et de sanction envers le roi. De même le pape qui n’est qu’un homme. un enfant né en 1710. Elle doit respecter les règles constitutionnelles. Après le redoux. Les foules avalent des nourritures infectes et 1. Plus précisément.3 million de personnes meurent en deux ans. 700. En 1693-1694. c’était elle qui avait le plus à perdre au retour des troubles civils et de l’insécurité. Par ailleurs. En 1712. La crise de la fin de règne appauvrit bien des bourgeois et des petits nobles. De plus. En 1711. le grand dauphin meurt. pillages. La majorité des compagnies de commerce imaginées par Colbert fait faillite. fils de Monsieur et de la Palatine. les offices. Nul homme. un printemps et un été pourris. De Bodin à Le Bret. la banquise se forme sur la côte de la mer du Nord. voire même franchement hostiles. le duc et la duchesse de Bourgogne et leur fils le petit duc de Bretagne meurent. Louis XIV avait préparé la régence en la confiant à son neveu Philippe. Il se dote de rouages gouvernementaux modernisés de tout premier ordre. Le nouveau visage de la monarchie Le XVIIème siècle est l’époque de la monarchie absolue. c’est la fraction riche et cultivée du tiers état et d’une fortune acquise par le commerce. C’est à Dieu seul qu’il doit rendre compte. En 1715. une nouvelle vague de froid détruit cultures et plantations. ne possède nullement le droit de s’ériger en juge du roi. Elle se heurte à des obstacles matériels qui limitent l’efficacité de son action. nul groupe humain n’est en droit de lui en demander. 22/84 . L’Etat monarchique s’attache à rationaliser et à rendre plus efficace l’exercice du pouvoir royal. insécurité des personnes et des biens. Louis XIV meurt de la gangrène. Elle jette sur les routes des bandes de vagabonds représentant 1/10ème de la population du royaume. seul capable de faire revenir la paix civile et la sécurité en imposant silence aux furieux et en réprimant leurs actes. les grands doctrinaires de l’absolutisme (dont Bossuet d’origine roturière) viennent du tiers Etat : en 1614. La royauté se donne les moyens d’éliminer tout ce qui prétend partager son autorité. Seuls les ports de l’Atlantique et de la Méditerranée échappent à cette crise et connaissent au contraire une prospère activité. Ce sont les progrès de la notion d’Etat et l’emprise qu’il exerce sur la nation qui caractérise l’absolutisme. on ne reconnaît pas au roi de pouvoirs plus importants.et à faire baisser la production. le duc de Berry meurt. Ils l’ont imposée sous l’œil bienveillant de la royauté à un clergé et à une noblesse plus réservés. Aussi a-ton vu à la fin du XVIème siècle les meilleurs esprits placer tous leurs espoirs dans le rétablissement d’un pouvoir royal fort et respecté. l’arrière-petit-fils du roi. entre 1690 et 1710. D’où sa vigoureuse réaction en faveur d’un pouvoir fort. sans nul intermédiaire. Il a 41 ans. un froid très violent s’abat sur le pays : la Seine est prise par les glaces de Paris au Havre. Les vols alimentaires se multiplient. En janvier 1709. Contrairement à ce que l’on pourrait croire. massacres.

richement entretenue par ses largesses et toute dévouée à son service. affectif. des princesses. Le peuple conserve au roi une foi inébranlable : dés lors qu’il est bien informé. Tout le reste en découle. vivre à la cour constitue un devoir et une nécessité. Les grands seigneurs persistent à se comporter en féodaux. On a greffé l’un sur l’autre. D’instinct. C’est à la cour que l’on peut espérer obtenir des faveurs. etc… Là. Pour les grands seigneurs. La notion d’Etat a été utile au roi. mais partout l’Etat se veut absolu. Les grandes familles disposent de moyens considérables : puissantes forteresses. le roi développe l’importance des services de sa maison. Ce faisant. vastes réseaux de fidélité leur permettant de réunir des troupes importantes de gentilshommes et de paysans. L’Etat a été créé progressivement par la royauté qui visait à améliorer son fonctionnement et à assurer sa pérennité. mais au contraire qu’il n’en manifeste pas assez. Le roi tranche. Il exerce son métier de roi. Rien d’étonnant donc si l’Etat cherche à étendre son champ d’action : il prétend régir intégralement la vie de la nation. immenses patrimoines fonciers. Celui-ci ne craint pas que le roi fasse preuve de trop d’autorité. Il domestique la noblesse en attirant auprès de lui les familles les plus prestigieuses du royaume. Ils supportent mal d’être écartés du gouvernement. La signification concrète de la doctrine absolutiste est la suivante : c’est le roi qui décide en dernier ressort. Il y a une logique de l’absolutisme étatique qui n’est d’ailleurs pas propre à la France. Dans la cage dorée de Versailles. Le roi est le premier serviteur de l’Etat. gouverne en personne et impose sa volonté. le roi ne peut que prendre des mesures conformes au bien du peuple. religieux : elle est profondément concrète. La noblesse féodale et factieuse se transforme en une noblesse de cour. Aussi ce dernier souhaite-t-il que le roi soit fort. en adoration devant le roi. des révoltes et des complots se multiplient. Louis XIV tire la leçon des évènements de son enfance. ce sont les ministres et les conseillers toujours soupçonnés de fausser l’information et d’être à l’origine des mauvaises décisions du pouvoir. Ce qu’il redoute. et souvent le tout réuni). Le roi ne fait qu’exercer au nom de l’Etat l’autorité souveraine. La mise au pas de la haute noblesse Dans la première moitié du XVIIème siècle. le premier agent public du royaume. la bourgeoisie ne va pas à l’encontre des souhaits et aspirations du peuple. Les doctrines affirment le caractère absolu de la souveraineté aboutissant à proclamer l’absolutisme de l’Etat. des princes. la haute noblesse continue de représenter un danger pour le pouvoir royal. L’Etat est une construction théorique et juridique : elle est abstraite. ou pure comme en France. charges. Il donne à sa cour un faste et un éclat encore jamais vu. Et la première façon de servir le roi et de mériter sa bienveillance est de venir lui faire sa cour. Louis XIV s’attache à présenter à la noblesse comme idéal le service du roi et de l’Etat (dans les charges de la cour aux armées. Quand la décision personnelle du roi est prise il n’y a plus de recours : il ne reste qu’à obéir ! Le roi travaille pour l’Etat. modèle de tous les palais à venir pour y mener une vie minutieusement réglée par l’étiquette au milieu de la foule de ses courtisans. à le défendre contre les agressions idéologiques et les révoltes. La royauté est une vieille réalité historique à très fort contenu humain. bénéfices ecclésiastiques.trouvait tout naturellement préparée à se constituer l’absolutisme. titres. Pour leur fournir des rôles et des revenus. la haute noblesse n’est plus qu’une prisonnière désormais inoffensive. la Fronde des princes. le peuple fait confiance au roi. indépendamment des formes de gouvernement. Tantôt le régime est mixte comme en Angleterre. Elle caractérise l’ensemble des pays d’Europe. Il a le dernier mot. Elle lui a servit à légitimer son pouvoir. Si bien que l’aristocratie se précipite faire sa cour au roi et du même coup elle cesse de représenter pour lui un danger politique. Le roi était le serviteur de l’Etat et le représentant de la nation. despotique comme en Prusse. Il fait construire le prodigieux château de Versailles (16611688). pensions. de celle de la reine. 23/84 . à la tête d’une province.

La violence touche toutes les catégories sociales. la «Cour des Miracles » (concentration de bandits au cœur de Paris) est rasée. En province. destinés à enfermer les mendiants en vue de les mettre au travail et de les évangéliser. les bandits envoyés aux galères où à l’armée. En province. le premier étant La Reynie. Paris est un coupe-gorge. porteurs souvent de maladie épidémique (peste. qui sont des émeutiers en puissance. il n’y a pas encore de casernes. les rues de Paris seront éclairées. Louis XIV crée la charge de lieutenant général de police de Paris. On y assassine quotidiennement. C’est l’un des grands bienfaits de l’affirmation de l’autorité de l’Etat.. Dés lors. Le soldat est dangereux.La lutte contre l’insécurité Au XVIIème siècle. Louis XIV lance une politique systématique de construction de casernes qui libèrera les populations du fléau du logement des gens de guerre. la police traque les bandes de brigands. Ce qui fait que toutes ces mesures entraînent un important recul de l’insécurité. Une partie des anciens soldats seront désormais secourus : construction de l’Hôtel des Invalides en 1670 et octroi d’un certain nombre de pensions. ravages de grand banditisme dans les campagnes. Au XVIIème. 24/84 . C’est pourquoi en 1667. La justice d’Etat est perçue comme « étrangère » : on préfère s’en remettre à la vengeance privée. ce n’est pas mieux : mendicité dans les villes qui attirent les gueux espérant la charité. Quant aux anciens soldats sans ressources ils sont souvent mendiants ou brigands. Les soldats sont logés chez l’habitant qui les redoute car ils sont terrorisés par les excès de la soldatesque qui souvent véhicule les épidémies. qui volent. S’ajoute à cela l’insécurité due aux gens de guerre qui portent atteinte aux gens et à leurs biens.). La mendicité est interdite et les hôpitaux généraux sont créés. Les rues sont pleines de mendiants venus de tout le royaume.

mais cela ne saurait tarder ! ». C’est un roi très populaire. leurs relations sont conflictuelles car Anne d’Autriche a du mal à laisser des responsabilités à Louis. Elle meurt à la quarantaine et ne connaitra Versailles que quelques mois ! le règne personnel de Louis XIV commence en 1661. épouse de Louis XIV. très aimé de son peuple. Mme de Lauzac. Louis XIII la transforme. construite par St Louis (né à Poissy) : style gothique qui ne plait pas aux Bourbons. Louis XIV est balloté dés 10 ans entre Paris et St Germain. Les tableaux constituent une partie de la collection du Louvre. gouvernante de Louis XIV et de son frère. Il a une dignité naturelle qui se voit dans les tableaux. femme de forte personnalité devient régente à la mort de Louis XIII. Mais malgré cela. C’est l’époque de Rubens. collection que Louis XIV aura par héritage et acquisitions. 25/84 . qu’il pratiquait avec son frère Philippe et Lully. la fait redorer pour la rendre plus claire. méritée. Cérémonie sans faste. Louis XIV passe aux mains des hommes. quand celui-ci s’absente de Paris. espagnole. le peuple parisien réclame son roi. mais il est écrasé par son père. pas très belle. Naissance très attendue au château Neuf de St Germain (construit par St Louis). La chapelle est du 13ème siècle. Les nourrices se succèdent parcequ’il est né avec des dents : elles souffraient atrocement. Alors que la Fronde est sous-jacente. Baptisé à 5 ans au lieu de 7 ans dans la chapelle de St Germain. en 1643. étant donné les responsabilités qui lui incombaient. Louis XIII fait venir Poussin d’Italie. la conduite en société. Pas encore. Son père est Louis XIII et sa mère Anne d’Autriche (espagnole). il admire sa mère. jouflu pendant toute son enfance. il porte le cordeau du St Esprit. Pendant la Fronde. Le grand Dauphin manifeste son goût pour l’élégance. « Monsieur ». Sa première nourrice est Mme de la Giraudière (anoblit). la maitrise de soi-même… Puis à 7 ans. La gouvernante récupère alors toutes les affaires de Louis XIV. mon fils ? Louis XIV. les bonnes manières. parlant mal le français et très pieuse. Elle aura toute sa vie une très bonne pension. sur la décision de son père qui se sentair mourir. A son chevet. Van Dick. C’est pourquoi il reste beaucoup à St Germain en Laye . Son rôle est primordiale. C’est pourquoi le château de St Germain lui rappelle trop de mauvais souvenirs. Nous voyons sur les tableaux que. Alors que Louis grandit et murit. Sa mère Anne d’Autriche. rôle très délicat. Louis XIII dit à son fils : « quel est votre nom. dés son enfance. Marie-Thérèse d’Autriche. Elle inculque les principes moraux. est agée mais très efficace. LOUIS XIV petit : Il aime la danse très tôt et le théâtre. Ce dernier se fait beaucoup prier par le roi qui veut des peintures pour lui et Richelieu. père. qui influencent la peinture. la royauté menacée et fragile. à la mort de Mazarin.QUELQUES MOTS SUR LOUIS XIV… Louis XIV est nés le 5 septembre 1638. Louis XIV a un visage très féminin. est délaissée par Louis XIV.

Son fils ainé. a un très grand pouvoir lorsque le roi est à St Germain. écrivain très connu. Il meurt et elle se retrouve très vite sans ressources. est insupportable. Mme de Montespan est une femme dure. Louis XIV s’éteint le 1er septembre 1715. elle sait se faire appréciée de lui. Elle devient la gouvernante des enfants illégitimes de Louis XIV et de la Montespan. Elle a une grande influence sur lui. Orpheline très jeune. La cohabitation avec Mme de Lavallière qui est beaucoup plus sensible. Le roi l’épousera en secret quelques mois après la mort de Marie-Thérèse d’Autriche. il les emmène toutes les trois. ministre des Finances. Mazarin enseigne à Louis XIV l’italien. Il redresse l’économie française et se plaint même des dépenses du roi pour la construction de ses palais. aura trois enfants et c’est le dernier fils de son aîné qui sera le futur Louis XV. Le père Quenel (lié au Jansénisme de Jan Sénus) est un point noir de son règne. et ses dépenses de guerre. très froide (elle ne bouge pas quand sa calèche écrase un homme). comment dissimuler ses sentiments. les deux autres étant décédés. Louis XIV aura six enfants avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche qui mourront tous avant lui. alors le roi la boude pendant plusieurs mois ! Pendant ses voyages. Mme de Maintenon est la petite fille d’Agrippa d’Aubigné. Louis le Grand Dauphin. et sait tout à fait dire l’inverse de ce qu’il pense. Colbert. après avoir fait venir à sont chevet le petit dauphin. Ce dernier sait très bien se dominer. qui sera le futur Louis XV. La Reine Marie-Thérèse manifeste son désacord sur cette cohabitation. Mme de Montespan et Mme de Maintenon. Louis XIV dira d’ailleurs au seuil de sa mort : je veux un successeur plus sage. dernier fils du duc de Bourgogne. 26/84 . La politique religieuse est un volet important dans l’histoire de Louis XIV.On assiste plus tard au règne des 3 reines : Mme Lavallière. son arrière-petit fils. Très digne. d’une intellignece extrème. elle épouse Scarron. châteaux.

1616 : le Saint-Office à Rome condamne les thèses de Copernic. 1603 Perse : la création d’une armée régulière permet au Shah d’Iran Abbas 1 er (1587-1629) d’attaquer les Turcs. 1601 : naissance de Louis XIII. Arrestation de Condé. Jacques VI d’Ecosse lui succède comme roi d’Angleterre. favori du roi Louis XIII.- - 1600 : Henri IV épouse Marie de Médicis le 17 décembre. 1608 : Samuel Champlain fonde la ville de Québec. Régence de Marie de Médicis. 1607 : le musicien Claudio Monteverdi crée l’opéra italien avec le drame lyrique « Orféo ». puis de toute l’Espagne privant l’économie espagnole d’un capital humain indispensable. transfère la capitale à Edo (Tokyo). 1622 : Richelieu cardinal. 1600-1616 : grande épidémie de peste. 27/84 . 1ère ville implantée dans la Nouvelle France. 1601 GB : la reine Elisabeth 1ère veut améliorer le sort des classes défavorisées par la « Poor-Law » qui institue l’assistance publique et crée les « Work Houses ». - 1624 NORV : Christian IV fait reconstruire la ville d’Oslo détruite par un incendie et la rebaptise Christiana. 1609 Esp: un édit de Philipe III expulse les moresques de Castille. 1603 : les Jésuites sont autorisés à rentrer en France et fondent des collèges. proclamé Shogun. La prise de Tahriz permet la reconstitution de l’empire perse. Avènement de Louis XIII. 1610 : Henri IV assassiné par Ravaillac. 1603 JAP : Tokugawa Hiedoshi. 1615 : mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche. 1620 : rattachement de la Navarre et du Béarn à la France. 1609 : Galilée publie les résultats des observations astronomiques faîtes avec une lunette de sa fabrication. fille du roi d’Espagne Philippe III. 1619 : révolte des princes soutenus par la reine-mère contre Luynes. ateliers pour chômeurs. La ville reprendra le nom d’Oslo en 1925. 1613 Russie : avènement de Fédorovitch Romanov. Avec elle s’éteint la dynastie des Tudor. 1603 GB : mort d’Elisabeth 1ère. 1610-1612 POL : les Polonais occupent Moscou. 1616 : soulèvement des nobles entre la régente et le prince de Condé. Restauration de l’Etat. Les Stuart d’Ecosse occupent le trône anglais jusqu’en 1716 et réunissent Angleterre. Ecosse et Irlande. 1617 : Louis XIII écarte sa mère du pouvoir. Le fils de Marie Stuart. Richelieu entre au Conseil du roi comme secrétaire d’Etat à la Guerre et aux Affaires Etrangères. sous le nom de Jacques 1er d’Angleterre.

1626 : édit royal contre les duels. les Mandchous restent maîtres du pouvoir en Chine. 1642 GB : guerre civile. Charles 1er en conflit avec le Parlement. - 1644 Chine : fin de la dynastie Ming. La contre-réforme triomphe dans les villes. tente de faire arrêter les chefs de l’opposition (députés à la chambre des communes). 1630 : prise de Pignerol par les Français puis occupation de la Savoie. 1631 : création à Paris de la « gazette de France » de Th. 1642 Canada : Fondation par les Français de Montréal. 1635 : Louis XIII crée l’Académie Française. 1640 Portugal : la révolution de Lisbonne (1er décembre) place sur le trône du Portugal Jean IV de Bragance. 1636 : les Français enlèvent aux Espagnols la Martinique et la Guadeloupe. 1632-1637 : révolte des « croquants » en Limousin. Cromwell victorieux en 1647.- - 1625 GB : à la mort du roi Jacques 1er. début des guerres contre les Habsbourg. 1628 Perse : mort d’Abbas 1er qui clôt un règne exceptionnellement brillant et marque le début de la décadence de l’Iran. famine en Bourgogne. 1629 : Richelieu principal ministre d’Etat. Renaudot. Installation des premiers Français au Sénégal. 1643 USA : les 4 colonies puritaines de Plymouth. agitation antifiscale en Guyenne. 1628 : l’anglais William Harley. 1638 : naissance de Louis XIV. Richelieu triomphe de Marie de Médicis. médecin du roi d’Angleterre Charles 1er. Début de la conquête française de la Guadeloupe et de la Martinique. 1643 : mort de Louis XIII. En août émeutes à Paris et fuite de la régente qui reviendra en octobre. 11 novembre « journée de dupes ». et portent ainsi un coup terrible à la puissance espagnole. Anne d’Autriche régente et Mazarin chef du Conseil. Il épouse en 1624 Henriette-Marie de France. Des Français s’installent à Madagascar et fondent le Fort-Dauphin. Début de la dynastie Ts’ing jusqu’en 1911. Intervention française dans la guerre de Trente ans en Allemagne. 28/84 . Elle perd la Livonie. 1648 : début de la fronde parlementaire (le Parlement contre Mazarin). Mort de Richelieu. Fin de l’union personnelle avec l’Espagne. Connecticut et New Haven s’unissent pour former la Nouvelle Angleterre. Louis XIII le maintient en fonction. son fils Charles 1er lui succède. Mazarin devient principal ministre. émeutes urbaines. 1629 Pol : la Pologne sort appauvrie de la guerre contre la Suède depuis 1621. Conquête du Roussillon par les Français. 1633 : procès de Galilée qui doit abjurer sa théorie de l’univers. sœur de Louis XIII. décrit le mécanisme de la circulation du sang. Appelés à l’aide pour renverser le dernier souverain Ming. Avènement de Louis XIV son fils aîné. 1642 : fondation de Montréal par les Français. 1628 NL : les Hollandais s’emparent de toute la flotte espagnole provenant des mines d’Amérique avec 80 tonnes d’argent. Massachussetts. 1639-1641 : révolte des « Va-nu-pieds » en Normandie. 1630 GB : les puritains anglais fuyant la « tyrannie » de Charles 1er organise l’exode vers le Massachussets : ils fondent Boston. révolte des paysans en Provence. Rupture définitive avec son fils. 1632 USA : fondation de la colonie du Maryland où se réfugient les catholiques anglais persécutés. 1631 : fuite de Marie de Médicis aux Pays-Bas. Il abolit la royauté et règne en dictateur après l’exécution de Charles 1er. fille d’Henri IV.

Londres est détruite par un incendie. 1653 : retour de Mazarin à Paris. abdique en faveur de son cousin Charles-Gustave. et alliance avec l’Espagne qui envahit le nord du pays. Louis XIV est déclaré majeur. 1654 Portugal : les Portugais chassent les Hollandais du Brésil. 29/84 . Condé entre en guerre contre la France à la tête d’une armée espagnole. Construction du port de Rochefort. Début de la construction de Versailles. 1694. paix de Saint-Germain entre Mazarin et les frondeurs. 1658 GB : Cromwell meurt dans l’impopularité. Arrestation de Fouquet. Fin de la Fronde. 1650 : début de la fronde nobiliaire. 1659 : fin de la guerre contre l’Espagne à la paix des Pyrénées. fille du roi Gustave-adolphe. 1660 : le 9 juin. petit-fils de Charles IX par sa mère. 1649 Russie : un nouveau code des lois russes enlève tous leurs droits aux paysans. arsenal de la flotte. Louvois nommé surintendant des portes. reine de 1632 à 1654. - 1665 Autriche : le Tyrol. Condé prend Paris en juillet. fille du roi d’Espagne Philippe IV 1661 : mort de Mazarin. Il cède la ville à la compagnie des Indes Orientales. frère du roi Charles II d’Angleterre enlève aux Hollandais New Amsterdam fondée en 1614 qui prend le nom de New York ! 1665-1670 : création de nombreuses manufactures royales. est réuni à l’Autriche à l’extinction de la branche tyrolienne des Habsbourg. Siège de Paris tenu par les frondeurs. possession des Habsbourg depuis 1363. La cour de la reine Christine a été un des pôles de la vie scientifique européenne. Révoltes des provinces contre Mazarin. 1658 D : Ferdinand III meurt. mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche. 1652 : lutte entre l’armée royale et les forces des princes. L’architecte Charles Perrault construit la colonnade Est du Louvre. Fin de la régence. Essai de soulèvement des provinces par les princes. 1649 : fuite de la famille royale de Paris. Réorganisation du conseil du roi. 1651 : union des deux Frondes (parlementaire et nobiliaire). La ville est reconstruite d’après les plans de Sir Christopher Wren de 1670 à 1690. Son fils Léopold est élu empereur. 1er avril. 1662 : Jean-Baptiste Colbert nommé ministre d’Etat.- - 1648 Ukraine : soulèvement des Cosaques d’Ukraine contre la domination de la Pologne. Colbert organise la manufacture des Gobelins. Création de l’Observatoire de Paris. 1654 : Louis XIV sacré roi à Reims le 7 juin. 1663 : la 2ème moitié du XVIIème est assombrie par une série de famines qui culminent en 1663. Victoire de l’armée royale. 1654 Suède : la reine Christine. Défaite de Condé en octobre qui s’enfuit en Flandre au service des Espagnols. 1661 Portugal : Bombay. Exil de Mazarin. possession française depuis 1534. 18 août retour du roi Louis XIV à Paris. Fouquet nommé surintendant des Finances. 1667 : l’ Espagne déclare la guerre à la France. 1709-10 1664 GB : le duc d’York. L’armée royale bat Condé à Arras. Début du règne personnel de Louis XIV. fait partie de la dote de Catherine de Bragance qui épouse le roi d’Angleterre Charles II en 1661. Révolte du prince de Condé. 1666 GB : dépeuplée en grande partie par la grande peste de 1665. Installation française à Saint-Domingue. 1648 D : fin de la guerre de Trente Ans d’Allemagne.

- - - 1687 Hongrie : la Hongrie accepte que la couronne hongroise soit dorénavant héréditaire dans la famille des Habsbourg. Celle-ci libérée de l’occupation musulmane passe sous la domination impériale. 1669 Turquie : l’île de Crète. 1689 : le compositeur anglais Henry Purcell réalise son chef-d’œuvre avec l’opéra « Dido and Aeneas ». 1673 : installation des Français à Pondichéry. Lulli. Il règne désormais seul. Mort de Colbert. 1682 USA : le Français Cavelier de la Salle prend possession de la vallée du Mississipi et pose les bases de la future Louisiane.- - 1667 Russie : révolte paysanne contre le servage et l’exploitation seigneuriale. en Hollande. La Pologne confirme la cession de l’Ukraine (Est du Dniepr) et de Kiev à la Russie. Les protestants fuient la France. 1669 D : la Hanse minée par la guerre de Trente Ans achève de se disloquer. abolition du culte protestant en France. Isaac Newton découvre la loi d’attraction et de gravitation universelle et la publie en 1687. en Suisse. 1673 Pologne : Jean Sobieski bat les Turcs à Khotine en Ukraine. 1680 : création de la Comédie Française. 1681 : Louis XIV annexe Strasbourg. Louis XIV épouse secrètement Mme de Maintenon. Les Français franchissent le Rhin mais les Hollandais inondent le pays. 1683 : mort de la reine Marie-Thérèse d’Autriche. créateur de l’opéra français présente à la cour son opéra « Alceste ». Fin en 1679. 1689 Russie : Pierre 1er le Grand élimine son demi-frère Ivan V avec l’accord de la régente Sophie. 1686 Pologne : paix perpétuelle signée à Moscou entre la Pologne et la Russie. Il est élu roi en 1674. 1682 : la cour s’installe à Versailles. 1685 : révocation de l’Edit de Nantes à Fontainebleau. petit-fils par la mère de Charles 1er et gendre de Jacques II est appelé pour remplacer Jacques II qui fuit en France. se réfugient en Prusse. dirigée par un cosaque du Don. 1682 Russie : avènement de Pierre 1er le Grand. Le duc de Lorraine Charles V défait les Turcs en Hongrie. vénitienne depuis 1204. La révocation ouvre une période de persécutions. 1684 : prise du Luxembourg par les Français. est conquise de 1665 à 1669 par les Turcs (qui l’appellent l’île de Candie). co-tsar avec son demi-frère Ivan V sous la régence de leur tante Sophie. 1674 : une série de révoltes paysannes éclatent en France à Bordeaux et en Bretagne en 1675. Guillaume III est couronné roi d’Angleterre avec sa femme Marie. protégé par l’Angleterre. L’Anglais William Penn fonde la colonie de Pennsylvanie. fille de Jacques II. Stephan Rabin (exécuté à Moscou en 1671). Le savant allemand WG Leibniz développe les bases de calcul infinitésimal. 1672 : début de la guerre de Hollande. 1668 Portugal : l’Espagne reconnaît l’indépendance du Portugal. Son frère Jacques II qui s’est converti au catholicisme lui succède. 1688 GB : Guillaume III d’Orange de Hollande. et en Angleterre. 1668 : Louis XIV confie les agrandissements de Versailles à l’architecte Le Vau. 1685 GB : mort de Charles II. 30/84 . 1687 : Le Nôtre achève le parc du château de Versailles (débuté en 1662).

grave crise économique. famine. Angleterre. grande misère. Allemagne et modernise la Russie avec l’aide de conseillers européens. Il construit une ville nouvelle. 1699 Autriche : à la victoire contre les Turcs à Carlovtsi. : le roi Charles II. 1694 Autriche : début de la construction du château de Schönbrunn près de Vienne. 1700 Esp. Saint Petersbourg et fait appel à des Français et des Italiens pour la dessiner. dernier représentant des Habsbourg d’Espagne meurt après avoir désigné pour héritier Philippe d’Anjou. la Transylvanie.- - 1693-1694 : mauvaise récolte. petit-fils de Louis XIV et arrière petit-fils de Philippe IV d’Espagne. L’Autriche devient une grande puissance européenne. la Bosnie et la Croatie. 1697 Russie : Pierre le Grand entreprend un voyage d’étude en Hollande. les Habsbourg d’Autriche se voient reconnaître leur domination sur la Hongrie. 1694 : nombreuses grèves dans l’industrie textile à Lyon et à Tours. Il sera Philippe V d’Espagne. 31/84 .

(également Jacques VI d’Ecosse).1640 A la mort de Elisabeth 1ère. il manifeste un certain goût pour les beaux jeunes gens. Ep. fils. frère (également Jacques VII d’Ecosse). 1589 : Anne de Danemark (1574-1619). 32/84 . 1660 – 1685 : Charles II Stuart. Roi d’Angleterre et d’Irlande et d’Ecosse. l’absolutisme des Stuart 1603 – 1640 II. sœur de Louis XIII. Ep. Catherine de Bragance 1638-1705. sœur de Louis XIII (1609-1669). la « reine vierge » sans descendance. qui a épousé en 1641 Guillaume Prince d’Orange 1626-1650.Dynastie des Stuart - 1558 – 1603 : Elisabeth 1ère Tudor. Tout en étant marié à Anne de Danemark et père de trois enfants. Fils de Marie Stuart reine d’Ecosse et cousine d’Elisabeth 1ere d’Angleterre. Catholique Marie d’Este 1658-1718 1688 – 1702 Guillaume III (1650-1702). fils. reine d’Angleterre de 1688 à 1694. 1ère ép. - - - I. fille de Jacques II. 1625 : Henriette-Marie de France. 1603 – 1625 : Jacques 1er Stuart. Physique ingrat. fille de Jean IV roi du Portugal. la révolution anglaise 1640 – 1660 III. fille de Frédéric II. sœur de Charles II et de Jacques II. fille d’Henri IV. 1649 – 1660 : république sous Olivier Cromwell. Protestante Anne Hyde 1637-1671 2ème ép. 1685 – 1688 : Jacques II Stuart. L’ABSOLUTISME DES STUART 1603 . fils de Marie. Ep. sa cousine. tante de Louis XIV. la formation d’un Etat moderne 1660 – 1815 I. duc d’York. Roi d’Angleterre et d’Irlande. 1625 – 1649 : Charles 1er Stuart. saleté proverbiale. 1677 : Marie II d’Angleterre. c’est le roi d’Ecosse Jacques VI Stuart qui monte sur le trône en 1603 sous le nom de Jacques 1 er d’Angleterre (il était devenu roi d’Ecosse à l’âge d’un an suite à l’abdication de sa mère Marie Stuart). Ep. il est en revanche doué d’une vive intelligence et d’une très grande culture.

Il est l’antithèse de son père : jeune. représente Charles 1er tant en homme de guerre qu’en homme de cour. Les communes refusent d’aider le roi dû à la présence du marquis de Buckingham. Il meurt en 1625 et son fils Charles 1 er lui succède. perd tout contact avec l’opinion publique. En 1640. Son principal conseiller est Robert Cécil. 33/84 . Il doit forcer et utiliser la menace pour obtenir des rentrées fiscales. soigné de sa personne et d’une totale fidélité à son épouse Henriette de France. débute la Révolution Anglaise ayant pour origines exclusives les structures économiques et sociales et les rapports de force entre « nobility » et « gentry ». Antoine Van Dyck. Charles 1er décide alors de régner seul. élevée dans un état d’esprit similaire. le progrès de l’éducation et l’élévation du niveau intellectuel contribuent à former une véritable opinion publique qui s’est avérée déterminante dans la lutte contre la politique de Land. Tout au long des années 1630. il souscrit pleinement aux idées de son père sur le droit divin des rois et l’obéissance qui leur est due. La noblesse provinciale réintègre ses domaines tandis que Charles. une certaine aisance financière permet à Charles 1er d’instaurer un « absolutisme à l’anglaise » tout en conduisant sa propre politique étrangère. Au règne de Charles 1er correspond en France Richelieu et la mise en place de l’absolutisme. faute de visiter son royaume. d’autant que la brillante vie artistique qui s’y développe était peu du goût de la noblesse puritaine. 1640 est le point critique atteint par le conflit d’intérêts opposant propriétaires terriens et bourgeoisie marchande des villes au dirigisme politique mais surtout économique des Stuart. tandis que les membres de la « gentry » dépourvus de perspectives d’avenir verse dans l’extrémisme religieux puis la lutte contre la cour. C’est ainsi que les « cinq chevaliers » du Middlessex sont traduits en justice en 1627 et emprisonnés pour avoir fait la grève de l’impôt. mais en fait il s’agit d’instaurer une fiscalité permanente en Angleterre.Jacques 1er avait hérité des caisses vides suite à la guerre avec l’Espagne commencée en 1585. conseiller du roi. et contre le roi. Jacques 1er lève des emprunts forcés. La cour fait quasiment figure d’enclave étrangère. « à la française » comme on disait alors. vend avec largesse les titres de noblesse. Son épouse. En 1640. le renforce dans ses convictions. son train de vie dispendieux et l’habitude contractée en Ecosse de multiplier les largesses pour s’attacher la fidélité de ses courtisans. Il parvient à assainir les finances en évitant entre autre les engagements militaires à l’extérieur afin de réduire les dépenses. La victoire des propriétaires terriens et de la bourgeoisie marchande –l’absolutisme ne triomphera pas en Angleterre.permet l’éclosion de la révolution industrielle. peintre officiel de la cour en 1632. multiplie les droits de douane. La haute noblesse cherche à consolider son ascendant tant sur les postes de la haute administration que sur les activités commerciales. Il crée en 1635 l’impôt sur les bateaux pour l’entretien d’une flotte de guerre. beau. dernier favori de Jacques 1er devenu le principal conseiller de son fils Charles 1er. Pour le reste. fait comte de Salisbury. sœur de Louis XIII et fille d’Henri IV. se nourrissant de la faiblesse d’un Charles 1er hésitant perpétuellement sur la conduite à suivre. Les emprunts forcés de 1626. aliène les terres de la couronne et exige des Parlements qu’ils lèvent des impôts qui seront insuffisants. Le fossé entre le pays et la cour se creuse. Les mêmes problèmes financiers se posent sous Charles 1 er qui monte sur le trône alors qu’une nouvelle guerre contre l’Espagne entame les finances depuis 1624. En dépit du retour à la paix en 1604. le déficit s’accroît du double en 1620.

il avait donné naissance à une dictature militaire. ce qui s’est fait au prix de terribles massacres et réellement achevé qu’en 1652.CROMWELL 1649 –1660 Au lendemain de l’exécution du roi. Il part ensuite pour l’Ecosse où le fils aîné de Charles 1 er s’est proclamé roi sous le nom de Charles II. En 1652. Les derniers parlementaires se dispersent. Il siège aux Parlements de 1628 et 1640. sans évêque ni tutelle royale. Land est exécuté en 1645 et l’épiscopat supprimé en 1646 (Eglise décentralisée. Olivier Cromwell fait figure d’homme fort du nouveau régime. Le régime républicain a été impopulaire. un nouveau conflit éclate avec la Hollande au sujet de la rivalité commerciale entre les deux pays suite au vote l’année précédente du « Navigation Act » réservant l’intégralité du trafic maritime aux navires anglais. En 1657. III. convainc Charles II de publier la Déclaration de Breda (Avr 1660) appelant à la réconciliation générale et garantissant la liberté de conscience : Charles II entre en triomphe à Londres le 8 mai 1660. la chambre des Lords est supprimée et la royauté abolie. et il est considéré en 1649 comme le vainqueur des deux guerres civiles. De fait. et son fils Richard lui succède. et la crise financière. Cromwell impose un procès à Charles 1er Stuart qui est condamné à mort et décapité à la hache le 30 janvier 1649. avec indépendance de chaque paroisse). Une semaine plus tard. seule l’armée a une force politique notable. il est pratiquement inconnu jusqu’à la guerre civile. Cromwell n’y joue qu’un rôle effacé car il est occupé à soumettre l’Irlande (d’août 1649 à mai 1650). Il meurt en 1658. Sa santé se détériore le rendant incapable de résoudre le problème religieux. où son génie militaire sur les champs de bataille de l’East Anglie puis au niveau national lui acquit la renommée.La révolution anglaise est avant tout une révolution puritaine avec deux guerres civiles. Ne parvenant pas à s’imposer face aux généraux. Monck à la tête de l’armée d’Ecosse marche sur Londres (Fév 1660). I. Richard s’efface au bout de 8 mois. mais désigne son successeur à la présidence de cette Chambre Haute : son fils Richard Cromwell. Thomas Cromwell. lointainement apparenté au ministre d’Henri VIII. centralisée et fiscalisée encore plus que l’Etat Stuart. Membre du conseil d’Etat. les souvenirs de la période 1642-1660 a suscité chez les Anglais une aversion pour le seul mot de « révolution ». La monarchie est remplacée par une République qui reçoit le nom de « Commonwealth » (car devant œuvrer pour le « bien commun ») dirigé par un Conseil d’Etat. Considérant que la restauration des Stuart est la seule issue possible. LA REVOLUTION ANGLAISE . LA FORMATION D’UN ETAT MODERNE 1660-1815 La préservation de l’équilibre politique sous Charles II (1660 – 1685) 34/84 . C’est au cours de cette guerre que Cromwell renvoie les Députés et prend le pouvoir. une pétition (Humble Petition & Advice) est présentée à Cromwell qui renforce le caractère monarchique des institutions : une Chambre Haute est créée et on propose à Cromwell la couronne qu’il refuse. Mais la rivalité des généraux plonge le pays dans l’anarchie. il défait les royalistes et y met une armée anglaise qui occupe le pays.

Toutes les mesures prises par Jacques II sont annulées.000 hommes venant s’ajouter à la marine qu’il avait organisé lui-même sous la Restauration en tant que Grand Amiral. En fait. alors que son frère le duc d’York l’a fait en 1670 et qui. duc de Gloucester. 35/84 . Guillaume. l’Angleterre connaît une croissance tous azimuts qui mènera à la Révolution Industrielle : il n’y a pas un domaine qui ne connaît quelque bouleversement à tel point que tout s’est enchaîné : révolution politique. Les années de ce siècle où l’Angleterre fait son « apprentissage » sont importantes. anglaise et surtout protestante à toute épreuve ! Guillaume prépare une expédition et débarque dans le Devon le 5 nov 1688 en se réclamant de la défense des droits du parlement et de la religion protestante. rétablissement de l’autorité religieuse et épuration du clergé anglican (1662). La reine catholique. répression des réunions religieuses non autorisées. Le parlement de 1661 est composé de sympathisants des Stuart. personne ne veut d’une monarchie absolue. se remarie avec une princesse catholique Marie d’Este (1658-1718). Ce coup d’Etat de Guillaume d’Orange est appelé la « glorieuse révolution » ou « révolution pacifique » ou « respectable » car elle s’est déroulée en douceur. L’idée de renforcement du pouvoir royal flotte dans l’air mais à l’exception de Charles II.Après 18 ans d’exil. Il met la main sur l’administration locale ce qui effraie et déclenche la révolution de 1688. Il multiplie les gestes envers les catholiques. La perspective d’avoir sur le trône une dynastie catholique incite les protestants à faire appel à Guillaume prince d’Orange (1626-1650) « Stathouder » des Provinces-Unies. révolution commerciale et financière. accueille même un légat du pape. le parlement constate la vacance de la couronne et l’offre conjointement à Guillaume d’Orange et à Marie. Charles II entretient le climat d’euphorie qui accompagne la restauration en prônant la réconciliation et en amnistiant dés 1660 la plupart des révolutionnaires par « l’acte d’oubli » (Act of Oblivion). Mais il prend des mesures maladroites qui inquiètent : il met sur pied une armée de terre de 20. révolution démographique. Les transformations économiques et sociales au XVIIème siècle Après 1660. donne naissance à un garçon. révolution industrielle. Anne Hyde. révolution agricole. Charles II influencé par ses années d’exil à la Cour de France envisage de se convertir à la foi catholique : il ne le fait que sur son lit de mort en 1685. Jacques II. hostiles aux non-conformistes et votent une série de mesures à leur encontre : exclusion des charges municipales. ce qui ne s’était pas vu depuis un siècle. devenu veuf. Ce coup d’état marque la fin de la dernière tentative absolutiste anglaise. la glorieuse Révolution et son règlement (1685 – 1689) L’accession au trône de son frère Jacques d’York se fait sans difficulté. Les problèmes religieux n’ont pas disparu avec la Restauration : la hiérarchie épiscopale est rétablie. excluant par la même la succession de ses deux filles Marie et Anne que Jacques a eu de son premier mariage protestant. Marie d’Este. époux de la princesse Marie. Jacques II abandonné de tous et hanté par le souvenir de l’exécution de son père préfère se réfugier avec femme et enfants chez Louis XIV qui les installent au château de St Germain en Laye. En janvier 1689.

La compagnie des Marchands Aventuriers perd leur monopole en 1689. Londres continue de s’étendre dans toutes les directions sans le moindre plan d’ensemble. L’expansion maritime et commerciale L’Angleterre est devenue dans le même temps une nation de marins..Explosion démographique La population anglaise double entre 1560 et 1660 . le propriétaire terrien (Landlord) se situe au sommet de l’échelle sociale. On se marie plus jeune : de 28 à 26 ans pour les hommes et de 26 à 23 ans pour les femmes. confortant la position dominante d’une élite dont la puissance foncière est la caractéristique principale. des Indes Orientales 1600 (East India Company). du Levant 1581. Elle abrite 5% de la population en 1600. ou « nababs » revenus d’Inde. ex. De plus. Les dispositions prises au XVIème siècle se concrétisent pleinement durant le XVIIème siècle en particulier grâce aux « Navigations Acts » qui réservent l’exclusivité du trafic maritime aux navires anglais. Le taux de natalité passe de 30 à 38%. Le réseau urbain se transforme et sa caractéristique principale est le développement phénoménal de Londres. première ville du royaume. Les circuits commerciaux sont mis dans les mains de compagnies : compagnie de Moscovie 1553. Les grands propriétaires agrandissent leurs propriétés aux dépends de la petite paysannerie indépendante contrainte à vendre des terres pour faire face à une fiscalité accrue par les guerres avec la France. la Loyd’s est fondée en 1698. La population anglaise est donc jeune malgré la forte mortalité infantile. L’expansion financière L’expansion commerciale implique une modernisation radicale des infrastructures. L’émigration de toute l’Angleterre est importante : 500. Thomas Malthus dénonce vers 1798 dans son « Essai sur le principe de la population » les dangers d’une croissance démographique incontrôlée qui déboucherait inéluctablement sur un appauvrissement général de la population. La prédominance des intérêts fonciers. et exhorte les Anglais à contrôler rigoureusement leur natalité. L’identité des modes de vie et des mentalités entre les deux noblesses disparaissent. signe de leur réussite et clef de l’influence politique à laquelle ils aspiraient. Une Angleterre agro-mercantile. ceci s’explique par la disparition des famines et épidémies. L’espérance de vie passe de 30 à 38 ans entre 1600 et 1800. tous les produits provenant ou destinés aux colonies doivent transiter par Londres qui devient la plaque tournante du trafic colonial européen. Le terrible incendie de Londres de 1666 qui a détruit tous les quartiers a permis de reconstruire en pierre et en brique des maisons auparavant faîtes de bois. A partir du XVIIème siècle.000 personnes entre 1630 et 1700. L’Angleterre connaît donc au XVIIème siècle (et au XVIIIème) une conjoncture exceptionnellement favorable. etc. 36/84 . 40% des Anglais ont moins de 20 ans. de la Baie d’Hudson 1670. Toutes négocient des chèques (créés en 1675) et peuvent émettre des billets (jusqu’en 1844 où la Banque d’Angleterre aura le monopole). Au même moment. négociants et financiers enrichis. Le secteur des assurances profite dans un premier temps au développement du trafic maritime puis s’étend à l’assurance contre les incendies et à l’assurance-vie. achètent les terres. Le système bancaire se transforme aussi radicalement avec la fondation de la Banque d’Angleterre en 1694 qui est suivi d’autres comme la Banque Royale d’Ecosse 1695.

Le retour à l’indépendance des trois royaumes en 1660 n’empêche pas les destins de l’Ecosse et de l’Irlande de dépendre de plus en plus étroitement de ce qui se passe en Angleterre de telle sorte que Londres prend la décision de lier les trois pays en un royaume uni. vergers du Kent. William Baffin en 1616 explorent les côtes du grand nord américain. en général l’aîné des fils. au moyen de procédures juridiques limitant les possibilités d’aliénation comme l’héritage inéluctable (la succession va au profit exclusif de l’un des héritiers. Les enclosures peuvent s’essayer librement aux nouvelles techniques pour obtenir un profit maximum. ovins dans l’Essex et les montagnes galloises. et les Bermudes en 1609. etc… l’agriculture se met au service des manufactures (lin. Le phénomène des enclosures est le plus marquant de la révolution agricole. La vie de cette élite s’organise autour de deux pôles : la résidence londonienne pour les séances du Parlement et la villa à la campagne (country house) véritable centre du pouvoir local.000 anglais ont émigré au Nouveau Monde. élevage bovins dans les Midlands. « West Indies »). Henry Hudson en 1610. 70. Les Anglais ont émigré massivement vers la Nouvelle-Angleterre et les Antilles (alors appelées les Indes Occidentales. La jachère vouée à disparaître et remplacée par la culture de fourragères (sainfoin. On associe élevage et culture qui fait disparaître l’économie de subsistance et apparaître les spécialisations régionales : céréales dans le Sud-Est. Cromwell s’y essaie « par le sang et le fer » mais c'est aussi éphémère que le Commonwealth lui-même. La révolution agricole L’ensemble des transformations à la mi-17ème s’est faite par la nécessité de produire pour assurer la subsistance d’une population en expansion constante. A la veille de la révolution anglaise. luzerne) qui enrichissent le sol en azote. La Nouvelle Angleterre attire surtout les puritains fuyant les persécutions religieuses (le « Mayflower » avec les pères pèlerins) qui 37/84 . L’enclosure met fin à « l’openfield » en clôturant les parcelles de chaque exploitant en procédant à des remembrements en partageant les « commons ». interdisant à tout héritier de vendre ses terres.Le souci principal est d’assurer la transmission du domaine intact de génération en génération. à la recherche du passage nordouest jusqu’au-delà du cercle polaire arctique. Les rendements agricoles augmentent de 13% parfois doublent au cœur des Midlands. jute ou houblon) où des consommateurs comme ceux de Londres. La ruée vers l’ouest Les explorations reprennent dés le début du XVIIème siècle. La colonisation de la Virginie débute en 1607 avec la fondation de Jamestown. Les enclosures sont avantageuses pour les grands fermiers qui seuls avaient les moyens de se moderniser. début d’unification du royaume L’unification des îles britanniques commence avec l’accession au trône anglais de Jacques 1er et de son fils Charles 1er. Ils n’y ont pas réussi comme ils l’escomptaient. Obéissant à l’idéal du gentilhomme campagnard (genteman-farmer) (lire les romans de Jane Austen) qui s’impose comme le mode de vie de tout propriétaire terrien qui se respecte. trèfle. L’outillage se modernise par l’introduction du semoir mécanique. Le XVIIème siècle. puis en 1620 la Nouvelle-Angleterre. disparaissent avec eux. Les « cottagers » sont défavorisés : les droits d’usage des communaux (commons). de la batteuse et de la faucheuse. essentiels pour leur survie. le Maryland en 1633. les aristocrates y passent le plus clair de leur temps et y mènent grand train.

mais aussi des Juifs. En 1663. les Anglais s’intéressent maintenant aux Indes Orientales (East Indies). La terre y est distribuée généreusement. La spectaculaire croissance démographique est due à la reprise de l’immigration religieuse : William Penn et les Quarkers irlandais fondent la Pennsylvanie en 1683 dont la tolérance religieuse attire bon nombre de protestants allemands et de Français ayant choisi l’exil après la révocation de l’Edit de Nantes (1685). Des comptoirs sont établis en Inde et les profits sont immenses : épices. La prise de la Jamaïque en 1655. des Irlandais et des Ecossais. Au Nord : fourrures de castor. Java. Perse. En Nouvelle-Angleterre : poisson séché et bois d’œuvre. Sumatra). De plus.arrivent massivement entre 1629 et 1642. tissus de coton et soie. en Amérique du Nord. L’agriculture prédomine compte tenu des espaces disponibles qui incite à l’immigration et est consacré aux produits exportables en Europe : Au Sud : tabac. 38/84 . des esclaves. constitue un tournant : au lieu d’être cantonnés à la périphérie de l’arc antillais. indigo et riz. enlevée aux Espagnols. Les immigrants non puritains se voient contraints de quitter la Nouvelle-Angleterre pour s’installer plus au sud : c’est ainsi que naissent les colonies de Rhode Island et de Connecticut. et ce parallèlement à leur entrée dans le Nouveau Monde. Le trafic avec l’Europe se fait par Boston. Ceylan. Les territoires de la Baie d’Hudson sont en contact avec les établissements français du Québec et de la vallée du Mississipi. frère du roi Charles II dans le cadre de la guerre anglo-hollandaise (les Hollandais reçoivent en échange la Guyane qui devient la colonie de Surinam). bois d’œuvre. Des heurts se produisent parfois entre trappeurs des deux bords. poissons. La Caroline du sud. porcelaine. est fondée la Caroline et en 1664 la New-Amsterdam est prise et rebaptisée New-York en hommage au duc d’York. New-York et ses alentours accueille d’autres protestants. thé. l’Inde servait de relais pour les marchandises venues des quatre coins de l’Orient (Chine. Le Maryland est créé pour les catholiques par un courtisan de Charles 1er. revendus à prix d’or en Angleterre. produits par une population servile. café. La compagnie de la Baie d’Hudson est fondée en 1670. George Calvert. Arabie.

Elle a une importance capitale pour la suite de l’histoire allemande car elle permet à l’empereur de s’occuper de l’empire sans craindre une attaque turque. fils. neveu. fils. et petit-fils de Ferdinand 1er frère de Charles Quint. sa nièce (mère= Marie-Anne.1622 : Eléonore de Gonzague 1598-1655. sa sœur.1673 : Claude-Félicité 1653-1676 3ème ép.1676 : Eléonore de Neubourg 1655-1720 - - - De 1593 à 1609. 1619 – 1637 Ferdinand II. fille du roi Philippe III d’Espagne et de Portugal. fille de Charles Quint). Longue et dévastatrice. la guerre turque reprend avec une grande violence et Rodolphe II.1611 : Anne (1585-1618).1651 : Eléonore de Gonzague 1630-1686. 1ère ép. pour obtenir argent et soldats.Dynastie des Habsbourg 1576-1612 : Rodolphe II.1648 : Marie-Léopoldine 1632-1649. Ep.1600 : Marie-Anne de Bavière 1574-1616 2ème ép. et aux protestants de ne plus se préoccuper de la défense commune de la chrétienté. car les turcs sont obligés de se retourner contre les Persans qui les menacent sur leurs arrières. 1637 – 1657 Ferdinand III. doit composer avec les « Etats » de toutes les provinces.1631 : Marie-Anne 1606-1646. 1612 – 1619 Matthias. fille du comte de Tyrol Léopold V. 1ère ép. frère. fille de Ferdinand comte de Tyrol et de sa 2ème épouse Anne-Catherine de Gonzague (1566-1621). Pas d’héritier.1666 : Marguerite d’Espagne1651-1673. Non marié. et père= Philippe IV d’Espagne) 2ème ép. sa cousine 3ème ép. 1ère ép. fils de Maximilien II (qui a épousé Marie. 39/84 . Cette trêve sera périodiquement prolongée pendant plus de 60 ans. 2ème ép. 1658 – 1705 Léopold 1er. la guerre se solde par un armistice conclu en 1609 et une trêve de 20 ans.

frère de Charles Quint et grand-père de Rodolphe. le Birsgau. Rodolphe II arrive au trône en 1576. inquiètent de plus en plus les autres archiducs. Dans toutes les terres habsbourgeoises. ils se réunissent dans les diètes contre le souverain catholique pour revendiquer la liberté religieuse et un droit de co-décision dans le gouvernement. Mais la dynastie des Habsbourg lors de son long règne (1576 à 1612) a faillit se terminer en catastrophe. Dans les Etats. méfiant. n’a que les deux duchés d’Autriche. prince fastueux. ni surtout les moyens de résister à ces revendications. Les archiducs. Carniole (la Slovénie actuelle). Carinthie. Gorice (Görz) et Trieste. l’empereur. les villes et souvent aussi les paysans sont acquis à la Réforme. Il est fort aimé des petites gens. Rodolphe II et son frère et successeur à partir de 1612. des possessions habsbourgeoises en Souabe.. Styrie. Il est résolu à ramener ses peuples à la vraie foi. et l’Alsace. hérite de l’Autriche dite « antérieure » : du Tyrol. auront trop de difficultés dans leurs Etats héréditaires des Habsbourg pour s’occuper attentivement de ce qui se passe dans le reste du Reich. le troisième fils. Aussitôt majeur et installé dans sa capitale de Graz où il n’y avait pas une seule famille catholique en dehors de la sienne. La résistance de la noblesse est balayée par la force. père de Rodolphe II. Il épouse en 1611 sa nièce Anne. La Contre-Réforme se met en place en Autriche intérieure. hésitant. la haute Autriche autour de Linz et la basse Autriche autour de Vienne avec ce qui reste de la Hongrie et les Etats de la couronne de St-Venceslas. Vieux garçon. il effectue un rétablissement spectaculaire : tous les protestants sont contraints à revenir au catholicisme où à émigrer. à la mort en 1590 de l’archiduc Charles duc de Styrie. érudit et fantasque. réagissent en l’obligeant à céder peu à 40/84 . - - Maximilien II. entourés de valets. Prague refleurit en tant que capitale politique et culturelle. sa nièce : fille de sa sœur Eléonore et de Guillaume de Gonzague. Ferdinand. a à sa mort réparti ses possessions entre ses trois fils : Maximilien II. Matthias. L’art de sa cour de Bohême occupe une place importante dans la transition renaissance / Baroque.Rodolphe et ensuite son frère Matthias. ses cousins. La défaillance progressive de la santé mentale de Rodolphe II. Silésie. avec son héritier Ferdinand II (de Styrie) qui est élevé par les Jésuites. hésitant. ne s’oppose pas réellement aux forces du protestantisme dans ses Etats et ses frères non plus. C’est un fervent catholique. Rappelons que Ferdinand 1er. 1ère épouse en 1557 Philippine Welser et 2ème épouse en 1582 Anne-Catherine de Gonzague. Bohême. Moravie. fille de son frère Ferdinand et d’Anne-Catherine de Gonzague sa 2ème épouse. cloîtré dans son énorme château de Prague. sa cousine. comte de Tirol. En quelques mois. Esprit limité mais d’une fermeté inébranlable en matière religieuse. ses frères. Matthias. d’alchimistes et d’astrologues qui jouiront de son soutien et de sa confiance. les seigneurs. n’ont ni la force de caractère. le deuxième fils hérite de l’Autriche dite « intérieure ». misogyne. Il épouse Marie. Mais son autorité devient vite vacillante. fille de son oncle Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. Ni Ferdinand ni ses frères n’ont de descendances mâles.

à la suite du pouvoir. Les opérations se déroulent en territoire allemand mais les troupes étrangères y jouent un rôle croissant. lève une armée qui rencontre celle de Bohême près de Prague et ne fait qu’une bouchée des 41/84 . esprit modéré mais peu énergique. La Guerre de Trente Ans est la deuxième des grandes catastrophes de l’histoire allemande. la période danoise 1625-1629. après la grande peste du milieu du XIVème s. chef de la Ligue catholique. C’est à propos d’une question de culte protestant (des églises protestantes construites sur le domaine de l’archevêque de Prague et démolies sur ordre royal) que le conflit éclate. catholique. imposant l’Electeur du Palatinat Frédéric V. En Bohême. Ferdinand II triomphera facilement en Autriche. l’archiduc Matthias. Lire aussi Golo Mann. fils de Thomas Mann. Le duc de Bavière. la période suèdoise 1630-1635. protestants. Quand quelques excités membres des Etats de Bohême jettent par la fenêtre du palais de Hradcany deux des gouverneurs impériaux et leur secrétaire le 23 mai 1618. L’Allemagne devient le champ de bataille de l’Europe et les étrangers se comportent encore plus sauvagement que les Allemands : rapine. La Guerre de Trente Ans dévastera pour toute une génération les villes et les champs. cela déclenche la guerre de Trente Ans qui en fait ne commencera qu’un an plus tard en août 1619 avec la déposition de Ferdinand comme roi de Bohême et l’élection du palatin Frédéric (« roi d’un seul hiver »).peu ses Etats à l’aîné des cadets. la grande guerre en Allemagne ! La guerre de Trente Ans (1618 – 1648) fut à la fois religieuse et politique : les princes protestants combattent la maison d’Autriche qui voulait fonder à son profit l’unité de l’Allemagne. Pour l’Allemagne. Maximilien 1er. la Guerre de Trente Ans est une des cassures les plus profondes de son devenir. Ferdinand II. le chef de l’union protestante. La révolte de la noblesse protestante de Bohême contre l’archiduc Ferdinand II. contre l’absolutisme princier. apparaît comme une grave provocation. la question politique et la question religieuse se compliquent d’un conflit national ancien entre Tchèques et Allemands. tortures (lire « Simplicissimus » de Christoffel von Grimmelshausen. où la peste n’avait tué que des hommes. Dores et déjà Matthias et ses frères désignent Ferdinand de Styrie. Dans cette guerre. appuyé par les prélats et une partie de la noblesse restée catholique. Mais c’est en Bohême que se jouera le destin de la dynastie de l’Allemagne et de l’empire : Rodolphe II et Matthias ont dû concéder aux Etats de Bohême des prérogatives politiques très larges et la liberté des cultes. une des plus importantes œuvres de la littérature allemande. l’Allemagne perdra la moitié de sa population lors d’affreux massacres. et la période française 16351648. beaucoup plus jeune et dynamique. Matthias est empereur en 1612 après avoir dépossédé progressivement Rodolphe II de toutes ses possessions. Elle se divise en quatre périodes principales : la période palatine 161-1623. et fera perdre jusqu’au souvenir des manières de vivre du temps de paix. Les partis religieux glissent vers la confrontation violente et générale dans les Etats habsbourgeois : pouvoir des Stände. pillages. qui a produit une énorme biographie de Wallenstein qui est une des œuvres majeures de l’historiographie contemporaine allemande). Il sera élu roi des Romains quelques jours après la mort de Matthias en 1619. La guerre de Trente Ans.

puissamment enrichi des dépouilles de la répression. Ensemble. l’Electeur de Bavière. Les princes catholiques commencent à redouter le pouvoir d’un empereur appuyé sur une puissante armée permanente dont la solde échappe aux votes du « Reichstag ». nouveau champion du protestantisme. offre de lever une armée de mercenaires. Son beau-père le roi d’Angleterre Jacques 1er Stuart (1603 à1625) ne bouge pas. songe visiblement à asseoir son nouveau pouvoir sur des acquisitions territoriales fortes. Le roi de Suède Gustave II Adolphe. Allemands. Un noble tchèque redevenu catholique. se voient attribuer les biens confisqués. Avec eux. Angleterre. entraînant du même coup pour deux siècles l’éclipse de la culture nationale profondément liée à l ‘épopée hussite et à la Réforme. de la nouvelle noblesse et aussi de la minorité de l’aristocratie ancienne restée catholique. au détriment des dynasties locales bannies. Ferdinand II décide donc de se doter d’une armée qui ne dépend que de lui. Profitant du trouble créé par le renvoi de Wallenstein. La Bohême est désormais administrée depuis Vienne. Danemark. les chefs de la Ligue se font payer fort cher et ne tiennent nullement à un renforcement de l’autorité impériale. et l’empereur dote richement Wallenstein et ses parents.troupes de Frédéric qui doit définitivement s’exiler. Wallenstein est un formidable meneur d’hommes. Les pasteurs et autres intellectuels des communautés protestantes suivis par une partie de leurs fidèles doivent s’enfuir. à l’ambition illimitée avec une grande part de rêve et de superstition. intervient à son tour en Allemagne après avoir réglé leur compte aux Russes et aux Polonais. Une nouvelle noblesse choisie parmi les fidèles du nouvel empereur : roi. la Contre-Réforme menée par les Jésuites entreprend la recatholisation du peuple tchèque. entre en scène. En outre. La Suède n’a jamais joué un rôle important en 42/84 . cède aux instances des princes catholiques et accepte de se séparer de Wallenstein et diminue du même coup la force de son armée. Suède) d’autant plus que la guerre entre la Hollande et l’Espagne arrêtée depuis 1609 reprend en 1621. quelques princes protestants de moindre importance vont au secours de Frédéric. La ligue catholique y remporte de nouvelles victoires. génial administrateur et stratège. restés espagnols et redevenus catholiques appartiennent toujours à l’empire (le nord aussi juridiquement). L’avancée des armées catholiques en Allemagne du Nord entraîne une européanisation de la guerre. Or les Pays-Bas méridionaux. Ferdinand II avec Wallenstein rétablit l’autorité impériale dans des régions qui lui échappaient depuis des siècles. aventurier. Italiens. Ferdinand II qui n’est pas un grand esprit ni un fort caractère. Croates. Cependant. Le premier intervenant est Christian IV du Danemark qui détient lui-même des territoires ecclésiastiques en Allemagne. et le roi d’Espagne est un cousin proche et allié de l’empereur. ni la plupart des princes allemands. Avec l’appui de l’empereur. la guerre passe en Allemagne du Nord. inquiètent les puissances protestantes (Pays-Bas. Ferdinand bannit et exproprie les membres de l’aristocratie (sauf les catholiques). ils constituent la « Maison d’Autriche ». Cependant. soucieux d’assurer l’élection de son fils comme roi des Romains. La nouvelle armée apparaît à son tour en Allemagne du Nord et bat Christian IV du Danemark en 1626 ainsi que ses alliés allemands. Albrecht de Waldstein ou Wallenstein. Ferdinand II ne peut dépendre militairement de la Ligue dont les troupes ne peuvent être employées qu’en Allemagne alors qu’il doit faire face à des soulèvements en Hongrie et à un conflit avec le prince de Transylvanie. à la fois avide et généreux. Flamands.

qui exerce une forte attraction sur tous ceux qui l’approchent. elle va être une des grandes puissances de l’Europe puis retombera dans la marginalité. en Souabe. forgée par cet homme de guerre tchèque. la puissance impériale s’écroule en Allemagne du Nord et les Suédois pénètrent dans le sud catholique. en Allemagne du Sud. Début 1648. La grande guerre se termine en Bohême. les deux armées s’affrontent et Gustave-Adolphe est tué. en 1632. C’est un politique ambitieux pour lui-même et son royaume. Du coup. elle. avec une royauté protestante qui. continue et remporte en 1635 une victoire nette sur les Suédois. persécuteur des protestants français. Vainqueur des Russes et des Polonais (rappel : le père de Gustave II Adolphe. c’est sa fille unique mineure Christine de Suède qui devient reine et continue le combat avec l’aide du chancelier Oxenstierna et d’excellents généraux. les conseillers de l’empereur prennent ombrage de la puissance de Wallenstein et soupçonne ses intentions de vouloir accéder à la dignité impériale après avoir rendu la paix à l’Allemagne. roi de Suède et de Pologne). et l’Alsace. annexés en fait depuis un siècle. Plus que jamais les armées vivent sur le pays. Charles IX avait détrôné en Suède son neveu Sigismond à la fois par héritage paternel et maternel. succède à son père Ferdinand II. La guerre dure déjà depuis 18 ans. la France entre directement dans la mêlée. sur le Rhin. personnage sans grande envergure. Elle va encore durer 12 ans. il hérite de son père et de ses oncles la volonté d’étendre le domaine de la couronne suédoise aux rives orientales et méridionales de la Baltique pour en faire un lac suédois. si bien que presque tous les princes protestants se résignent à conclure une paix de compromis avec l’empereur et acceptent de lui un renforcement très réel de pouvoirs militaires et politiques de l’empereur. à Prague même où elle avait commencée en 1618-1619. poussant jusqu’en Bavière. Gustave II Adolphe débarque sur la côte de Poméranie en 1630. le fondateur de l’Etat suédois moderne. Ferdinand II décide de se débarrasser de ce serviteur trop inquiétant : il fait des dons. Malgré sa mort. Les victoires de ses adversaires amènent Ferdinand III à accepter les conditions qu’il avait toujours refusées. avait persécuté les catholiques de son pays ! Déclarant la guerre à l’Espagne. nomination aux principaux lieutenants de Wallenstein afin de les détacher de lui puis l’empereur le fait tuer comme rebelle. la France (Louis XIII) n’avait participé à la guerre que par les subsides versés à la Suède et à plusieurs princes allemands. chef de guerre audacieux et avisé. ses tortures. en Franconie. Toul et Verdun. A nouveau les fureurs de la guerre avec ses meurtres. A la mort de Gustave-Adolphe. A Vienne. ses destructions en tout genre s’abattent sur toutes les régions allemandes. Jusqu’alors. Sur les conseils des jésuites et de l’ambassadeur d’Espagne. L’empereur rappelle Wallenstein qui aussitôt rassemble une nouvelle armée et repousse les Suédois vers le Nord. La France obtient les évêchés lorrains de Metz. Elle restera en guerre avec 43/84 . le protestantisme relève la tête en Allemagne du Nord. Son armée. La France de Mazarin parvient jusqu’au Rhin.occident : de 1630 à 1715. les Suédois s’emparent d’une partie de Prague et les Français occupent la Bavière. En 1637. A la bataille de Lietzen en Saxe. le nouvel empereur Ferdinand III. dans les PaysBas. profite du vide créé par le renvoi de Wallenstein et conclu des traités d’alliances avec un grand nombre de princes protestants. le général en chef de la ligue à Breitenfeld. Petit-fils de Gustave Vasa. promesses. La petite armée suédoise frappe un coup décisif en novembre 1631 et bat Tilly. Gustave Adolphe le Sauveur est un homme d’Etat autoritaire et clairvoyant. Curieuse d’ailleurs cette alliance du cardinal Richelieu.

Les Allemands en s’entredéchirant ont permis aux autres grands Etats européens de les neutraliser en tant que puissance centrale du continent. Cet affaiblissement de l’empereur et de l’empire fait que l’empereur perd désormais le droit de mener la politique extérieure de l’empire. En plus de cette grande guerre de Trente Ans. comptaient sur la protection de l’autorité impériale. un certain nombre de puissances moyennes obtiennent quelques accroissements territoriaux. les princes et les villes peuvent à présent conclure des alliances avec des souverains étrangers et même entrer dans des alliances avec des souverains étrangers contre l’empereur. et curieusement la longue paix entre l’empereur et les Turcs toujours aux prises avec leurs difficultés intérieures et persanes laissent passer l’occasion de reprendre l’offensive contre Vienne. Les principautés ecclésiastiques. L’empire éclate et l’empereur se trouve contraint de se replier sur ses terres héréditaires et ses possessions extérieures à l’empire (la Hongrie et ses dépendances). Il lui faut désormais l’accord du Reichstag. en 1683… En Allemagne. en matière religieuse : dans ce domaine catholiques et protestants siègent désormais séparément.l’Espagne pendant onze ans encore. Ce qui signifie que l’empereur Ferdinand III peut désormais en tant que prince territorial faire la guerre au roi de France. puissances auxquelles tout « Reichstand » pourra faire appel s’il se croit victime d’une violation des textes de Münster et d’Osnabrück. L’éclatement de l’empire est symbolisé par l’article interdisant au Reichstag de prendre des décisions à la majorité. La disparition d’un grand nombre de Reichsstände ne peut qu’affaiblir encore cette autorité. les Stände. Ils la prendront trop tard. des Flandres méridionales et de Strasbourg. Le pluralisme religieux est désormais admis. L’ensemble des dispositions des traités de Westphalie. les princes protestants de l’Allemagne de l’Est et du Nord se trouvent confirmés dans la possession des évêchés et abbayes déjà sécularisées. les guerres contemporaines sont marginales pour l’Allemagne mais sont inséparables de la guerre allemande : le conflit entre l’Espagne et les Pays-Bas. les engagements de l’empereur en Transylvanie et en haute Italie. la Suède et le Danemark. Il en va de même des villes libres dont l’économie sort ruinée de la guerre et dont la puissance politique n’existe plus. Dans les traités de Westphalie (Münster et Osnabrück de 1640) s’inscrit la création de l’Etat autrichien et aussi la possibilité pour d’autres princes allemands de mener leur état à la grandeur et à la dignité de puissance européenne. sont placées sous la garantie de la France et de la Suède. la Suède et la Pologne. Bien plus. et Louis XIV achèvera l’œuvre des deux cardinaux Richelieu et Mazarin par l’annexion de la Franche-Comté. même celles concernant la structure intérieure de l’empire. L’empereur et l’empire deviennent en quelque sorte deux entités différentes d’où l’expression en droit public « Kaiser und Reich » (l’empereur et l’empire). aux Turcs. sans être suivi par l’empire. pour se défendre contre les empiètements de leurs voisins séculiers. la France et l’Espagne. La crise des relations franco-allemandes 44/84 . L’Eglise d’empire se trouve privée de la moitié de ses principautés par rapport à la situation d’avant la Réforme et est la grande perdante de la réorganisation territoriale du Reich.

La France devient l’ennemi héréditaire de l’Allemagne.L’intervention de la France dans la Guerre de Trente Ans marque le début d’une ère nouvelle dans les relations franco-allemandes. Le souvenir de ces arrachements et de ces ravages s’est maintenu tout au long du XVIIIème siècle sous le vernis doré de l’influence française. C’est que la France est une et unique alors que l’Allemagne demeure divisée et multiple. les admirations. La moyenne des pertes humaines est de 50%. De Richelieu dans la Guerre de Trente Ans jusqu’à la fin des guerres napoléoniennes. La France tient la première place dans les préoccupations. Car enfin. Tout le « beau monde » parle français mais rarement très bien. de l’économie. jamais celles qu’elle a fait subir. ou l’Electeur de Saxe. Dans l’ensemble. aux conquêtes de Louis XIV s’est ajoutée la Lorraine « héritée » de Stanislas Leszczynski en 1768. Racine. Les Allemands l’ont appelé le traité de « Reiss-weg » (=arrachement) et celui de Nimègue en 1678 donnant à la France la Franche-Comté et le Sud de la Flandre a été appelé le traité de « Nimm-weg » (=enlèvement) etc… ce qui laisse deviner le fond des sentiments allemands. mais l’Allemagne ne suscite chez les Français qu’une attention distante et intermittente. des matériaux employés. et du côté allemand. alors qu’elle fonde en Allemagne les ressentiments qui légitiment les invasions du 19ème et 20ème siècles quand la balance de la démographie. l’ère de l’affrontement. mais aussi à cause de leurs goûts. la Franche-comté tout entière avec Besançon. La politique allemande de Richelieu et de Louis XIV fera surgir en Allemagne un sentiment national blessé qui se développera lentement mais continuellement jusqu’à la crise violente de la révolution et de l’empire. Le traité de Ryswick en 1697 laisse Strasbourg à la France. l’électeur de Hannovre bien qu’il soit roi d’Angleterre. vestimentaire et artistique. ne sont quand même pas le roi de France ! Les lendemains de la Grande Guerre et l’Age Baroque Les négociateurs ont mis tant d’années à faire la paix que l’Allemagne exsangue a peine à y croire. ferme. du ressentiment national. L’Allemagne se couvre de châteaux imitant Versailles mais qui ont l’air plus allemands à cause de la modicité des moyens. mais un dynaste qui porte ombrage aux autres. La tristesse et l’épuisement excluent toute jubilation. fixée par raison d’Etat. ville libre d’empire. de nombreuses villes et places dans les Flandres et au Hainaut. les craintes et les fureurs des Allemands. La domination culturelle française est à la fois universelle et superficielle. domineront longtemps les cours allemandes et les Lettres allemandes. l’Allemagne devient le champ de bataille de la grandeur française qui ensanglantent et dévastent l’Allemagne. des capacités militaires se renversera en faveur de l’Allemagne. s’élèvent contre une domination étrangère qui est en même temps une suite d’arrachements : sous Louis XIV. une partie de la noblesse. une langue claire. C’est une histoire que les Français ont l’habitude de voir de leur côté. Par la suite. La France ne manquera jamais d’alliés en Allemagne où l’empereur n’est plus principalement le chef de la nation. la mode capillaire. La bourgeoisie éclairée des villes. les villes s’en sortent mieux qu’en campagne grâce 45/84 . les empiètements au détriment du Reich ne se comptent plus et font apparaître la puissance française comme une machine de proie dont l’Allemagne est la principale victime. de grands lambeaux d’Alsace lors de la paix de Westphalie. puis Strasbourg prise par ruse et contrainte en pleine paix . La France elle aussi ne compte que les invasions qu’elle a subies. Ce sentiment sera longtemps tenu en balance et recouvert par la formidable attraction du « modèle français » : Versailles. roi de Pologne. le duc de Würtemberg.

le roi du Danemark en tant que duc de Holstein. Les villes libres principales perdantes doivent renoncer à leur indépendance et intégrer un territoire « princier ». le roi de Suède siège au Reichstag en tant que duc de Brême et de Poméranie. Léopold 1er. les princes réduisent complètement les droits des Etats à gouverner. Dans beaucoup de territoires. En 1697. les villages détruits et déserts. Il est hésitant. compositeur de talent. Ferdinand III meurt et c’est son fils cadet l’archiduc Léopold qui lui succède. les exigences de la reconstruction favorise les tendances à l’absolutisme. C’est la lente dislocation de l’empire qui se poursuivra au 18ème siècle… 46/84 . Par ailleurs. En 1654. indécis et brille davantage par son obstination et sa confiance dans le destin de sa maison que par des questions d’homme d’Etat et de chef de guerre. à l’exemple de Colbert. Un peu partout les princes s’emploient à la reconstitution. Face aux pillages sauvages. un des plus longs règnes de l’histoire allemande (1656-1705) est intelligent.aux fortifications et aux murailles qui protègent les habitants. La transmission des savoir-faire est interrompue par la disparition prématurée de 2 ou 3 générations de pères. se fait élire roi de Pologne. la pauvreté. Absolutisme et « mercantilisme » princiers voient le développement de leur économie. Les relations entre l’empereur et les princes sont affectées par l’accession d’un certain nombre de ces princes à un statut de souveraineté extérieure à l’empire qui fait d’eux les égaux de l’empereur. Et ce siècle qui lui doit le triomphe orgueilleux de la grandeur française et la montée de plus en plus rapide de la richesse anglaise est nécessairement celui d’une grande faiblesse allemande. excellent musicien. les paysans prennent la fuite dans des forêts impénétrables ou dans les villes voisines. La puissance princière organise aussi le repeuplement des campagnes en accordant aides et avantages mais parfois aussi par la pression et la force. l’Electeur de Saxe Frédéric-Auguste dit Le Fort. selon le droit public des Etats. Depuis les traités de Westphalie. Frédéric III (1688-1713) Electeur de Brandebourg se proclame roi en Prusse à Königsberg en 1701. bienveillant. Partout la détresse. Beaucoup de terres sont abandonnées. à l’exemple des pays étrangers. Ceci traduit le mal de vivre d’une partie importante des ruraux qui cherchent à échapper à la misère et aux pressions envahissantes d’un pouvoir de plus en plus absolu. Il faudra près d’un siècle pour réparer les dommages. l’Electeur de Hanovre se fait l’héritier de la couronne d’Angleterre en 1701.

Le XVII ème siècle : De l’Espagne à l’Autriche Les Habsbourg possédaient Milan, Naples, la Sicile et la Sardaigne. Gêne et Florence sont dans leur orbites. Sous domination espagnole, politiquement étouffante, économiquement destructive, tournée vers une religion bigote et réductrice, on observe l’absence d’une bourgeoisie italienne qui aurait pu conduire l’Italie vers une forme d’Etat moderne, comparable à la France ou la Prusse. Les aristocraties italiennes privées s’amollissent et restent crispées sur leurs privilèges du passé. Le XVIIème italien se tourne vers un idéal de conservation, de maintien de l’ordre établi, de paix, idéal renforcé par le regain de ferveur religieux. Le poids des contraintes extérieures, des guerres et dominations étrangères est énorme. L’Italie du XVIIème siècle est morcelée, recouvrant des statuts politiques fort différents et souvent contradictoires. Elle est divisée en un grand nombre d’unités politiques dont certaines regroupées entre les mains de Philippe III d’Espagne. Elle a deux monarchies universelles : l’empire et la papauté, et un Etat l’Espagne qui contrôle directement une partie de la péninsule. Tout ce monde ne s’organise pas harmonieusement, loin de là. Certains se recoupent, empiètent sur les autres, coexistent difficilement. Par exemple, le grand duc de Toscane est un prince à la fois totalement indépendant et qui doit rendre des comptes à l’empereur, au pape ou encore au roi d’Espagne ! Les papes gouvernent des territoires importants qu’ils continuent d’élargir. Sa principale mission est de défendre, protéger la foi, mission renforcée avec la Contre-Réforme. Il faut empêcher toute juridiction laïque d’empiéter sur les privilèges de l’Etat ecclésiastique. Pour ce faire, le pape doit légitimer son droit d’ingérence dans les affaires des autres Etats : ce qui soulève sans cesse de violentes controverses. Toutefois, la puissance juridique n’est rien sans le nerf de la guerre et de l’influence : l’argent, qui a toujours fait la puissance pontificale. Rome est une plaque tournante financière. Mais à partir de 1640, il y a dégradation de la situation dans l’Etat pontifical : Elle s’affaiblit face à un royaume de France de plus en plus agressif, La prépondérance espagnole est l’élément le plus frappant de la vie politique italienne. Etant donné les importantes possessions des Habsbourg, Madrid est partie prenante dans l’ensemble des affaires italiennes. Mais la puissance espagnole s’affaiblie par la révolte des Pays-Bas, la mort de Philippe II. Menacée par la France, elle semble décliner. La Guerre de Trente Ans soumet à rude épreuve ses capacités de réaction et ses ressources. L’Espagne met une pression financière et militaire énorme sur ses possessions italiennes qui, à la suite de troubles en 1617, verra l’expulsion de l’Espagne hors d’Italie !

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Le reste de la péninsule est divisé entre des Etats de tailles très variables. Les statuts politiques varient également considérablement = monarchie féodale en Piémont, héritage de régimes républicains tels le grand duché de Toscane ou le duché de Mantoue.

Dans tous les affrontements du XVIIème, les mêmes sites géographiques reviennent au cœur des problèmes : les débouchés alpins, les places fortes de la plaine du Pô. Jusqu’en 1630, la prépondérance espagnole s’est maintenue. En revanche, à partir de cette date, les ambitions françaises se manifestent à nouveau avec plus de pugnacité. Mais c’est là le dernier acte de la présence française en Italie jusqu’aux guerres napoléoniennes. Les troupes de Louis XIII envahissent le Piémont et à la paix de Cherasco (1630) la France s’installe à Pignerol, au pied du col du Mont Genève. Le duc de Savoie joue un jeu habile entre les protagonistes. Puis pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, Amédée II de Savoie s’oppose à Louis XIV : les troupes françaises occupent Nice et la Savoie. La France doit évacuer Pignerol. Durant la guerre de succession d’Espagne, les armées françaises sont écrasées devant Turin en 1706 par les Impériaux du prince Eugène qui occupent le Milanais. C’en est donc fini de la puissance française en Italie. L’Espagne suit de peu. Le duel francoespagnol dans la péninsule tourne finalement à l’avantage d’un troisième intervenant, l’Autriche. En 1647, une révolte napolitaine contre les Espagnols, les spéculateurs, le paiement de lourds impôts – sorte de fronde - met en jeu quatre forces : la monarchie, l’aristocratie, le peuple et les « robins » ou ministériales, Ce sont des magistrats. Les ministériales sont les grands vainqueurs du conflit. Ils ont entamé une ascension remarquable depuis le 16ème siècle aux dépens des nobles, leur ravissant des postes politiques importants. L’influence des robins puis des officiers devient prépondérante dans la vie politique napolitaine. La noblesse est la première à bénéficier de la crise des finances. Elle profite de la difficulté de la monarchie à restaurer son importance politique. La révolution de 1647 « constitutionnelle », analogue à la Fronde, dont les instigateurs sont les robins. La révolte se solde par la victoire des robins qui, alliés à la monarchie, s’entendent contre la noblesse et les couches plus modestes de la population. C’est donc la survie de l’Etat moderne que la magistrature assure avec cette victoire. Les hommes dans l’Italie du XVIIème siècle L’Italie du nord est la première région industrielle d’Europe au début du XVIIème. Puis, une importante série de faillites bancaires entre 1590 – 1610 inquiète. La prospérité de l’Italie repose sur ses exportations massives de produits manufacturés et exportations « invisibles » importantes sous formes de services bancaires et armatoriaux. Or cette conjoncture se retourne durablement au début du XVIIème. En effet, l’Italie voit ses exportations s’effondrer et son réseau commercial se démanteler. De même, l’Italie du sud est touchée. Ses soies siciliennes ou napolitaines disparaissent presque totalement. C’est le textile anglais qui sort vainqueur de cet affrontement économique. L’Italie est trop chère : les salaires trop élevés, les corporations défendent les intérêts de leurs membres, une organisation du travail trop rigide, un manque d’innovation, tout ceci étouffe cette prospérité italienne par ailleurs confrontée à une terrible concurrence. Seules les industries de luxe résistent à la crise !!

A cela s’ajoutent deux terribles épidémies de peste 1630 et 41656. Milan voit disparaître la moitié de sa population, Crémone 63% et Mantoue 77% !
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L’Italie perd au cours du XVIIème siècle l’avance qu’elle avait conservée jusque-là. Virtuosité Baroque C’est le Concile de Trente de 1653 qui précise le rôle qu’il assigne à l’art dans la communauté catholique réformée. L’image est magnifique dans une fonction pédagogique : il importe que les textes sacrés représentés soient conformes aux textes et au dogme. Les religieux ont donc là une fonction de contrôle. C’est dans Rome, la capitale restaurée, où 54 églises sont construites où reconstruites au 16ème siècle, où la basilique Saint-Pierre voit sa coupole enfin terminée en 1593, où trois aqueducs antiques sont restaurés entre 1572 et 1612, 35 fontaines publiques mises en service dans les trois dernières décennies du 16ème siècle, que prend naissance l’art baroque (Baroco). Le mouvement baroque s’est étendu de 1600 à 1750 avec son apogée vers 1650-1675. C’est dans la période qui va de Sixte Quint à Paul V (1605-1621) que l’on voit le mieux l’application de plus en plus virtuose des principes édictés par Trente. Les papes et les nouveaux ordres qui se développent ont besoin de nouvelles églises, de chapelles, de représentation. Face au protestantisme, il faut réaffirmer les dogmes de l’Eglise catholique et insister sur l’exemplarité et l’héroïsme d’épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament ou de la vie des saints. De nouveaux saints doivent être honorés : saint Ignace, sainte Thérèse, saint Charles Borromée ou saint François-Xavier. Leurs vies, miracles et dévotions font l’objet de nouveaux récits. On crée toute une symbolique. Il faut convaincre en parlant à l’imagination, à la sensibilité, permettre l’élévation de l’âme par une sorte de contagion de la beauté par l’exemple. La papauté veut séduire et combattre également. Elle contribue à faire de Rome la capitale de la catholicité. Mais il se développe une contestation d’ordre scientifique et théologique qui touche l’art et la philosophie. Au début du XVIIème siècle, un bouillonnement intellectuel marque cette période. On assiste à un double mouvement : de réflexion et d’invention, mais aussi de contestation suivi de condamnations prononcées par l’Eglise (Galilée, Giordano Bruno, sont les plus célèbres) qui touche aussi Caravage ou le Tasse. Michelangelo Merisi dit le Caravage (1573-1610) est emprisonné puis chassé de Rome pour avoir diffamé un critique d’art célèbre. Il meurt en 1610 après un long exil dans le sud. Il était partisan d’une peinture réaliste, refusant les allégories, les lectures savantes et le travail formel du maniérisme. Il peignait « brutalement ». Giordano Bruno (1548-1600) quitte les dominicains de Naples en 1576 et est recueilli par Giovanni Mocenigo, noble vénitien chez qui il rencontre Galilée. A la suite d’un différent avec Mocenigo, le dernier le dénonce au Saint-Office comme hérétique et après sept ans de procès, il est brûlé en 1600. Bruno, philosophe, est profondément sceptique quant à l’utilisation des religions, sauf pour éventuellement « contrôler les émotions du peuple ».

Galilée (1564-1642) étudie et fait des recherches à l’université de Pise, invité par le grandduc de Toscane. C’est alors qu’il étudie les tenants et aboutissants de l’astrologie traditionnelle qui met en doute son orthodoxie. Ses découvertes astronomiques l’amène à confirmer la théorie posthume de Copernic contredisant les enseignements tirés du système
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de Ptolémée. C’était demander à des hommes de bouleverser l’ensemble des croyances sur lesquelles étaient fondées le sens commun de la théologie. C’était beaucoup pour une époque qui valorise d’abord la préservation, la tradition, la réaction spirituelle et religieuse. Galilée est torturé, doit abjurer sa doctrine et est condamné à la prison à vie. Il meurt en 1642.

Le XVIIème siècle reste le siècle du baroque, mais du second baroque, plus fantaisiste, plus « bizarre », plus décoratif que le baroque des premières années de la Contre-Réforme, plus austère et plus solennel. Ce second baroque est plus exubérant, plus joyeux. L’âge d’or du baroque est dominé par les géants comme, Gian Lorenzo Bernini dit Le Bernin, Pierre de Cortone et Borromini dans l’architecture. Le baroque joue sur les mouvements, le décor, l’ensemble urbanistique.

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fille de l’empereur allemand Ferdinand III. fille de l’Electeur palatin de Neubourg Philippe-Guillaume. Sans héritier.Dynastie des Habsbourg d’Espagne 1598 – 1621 Philippe III. 51/84 . l’Espagne va s’effacer au cours du XVIIème siècle. de sécularisation se feront loin d’elle. de science et de technique. Marie-Louise d’Orléans 1662-1689. Marie-Anne de Neubourg 1667-1740. 2ème ép.1599 : Marguerite d’Autriche 1584-1611. sa cousine. Les trois rois du XVIIème siècle ne sont pas dignes de leurs ancêtres. victime du transfert de puissance de la Méditerranée vers l’Atlantique. Ils sont les victimes de la fréquence des mariages consanguins au sein de la famille des Habsbourg. roi d’Espagne. sa cousine. fille de Philippe d’Orléans frère de Louis XIV. les revers de la monarchie espagnole 2. Régence de Marie-Anne d’Autriche avec le comte d’Olivares. sœur de Ferdinand II empereur d’Allemange. sœur de Louis XIII 2èmeép.1649 :Marie-Anne de Habsbourg 1635-1696. roi d’Espagne et de Portugal. Le Siècle d’Or de l’Espagne ne s’achève qu’au milieu du XVIIème siècle. et demi-sœur de Philippe II d’Orléans 1674-1723 « le Régent » dont la mère est la 2ème épouse Elisabeth-Charlotte de Bavière dite « la Palatine ». fils. c’est l’amorce d’un déclin : 1. L’effacement politique des souverains va jusqu’à la vacance sous Charles II et signifie l’abandon de l’absolutisme royal. 1ère ép. fils. 1621 – 1665 Philippe IV. 1ère ép. fils de Philippe II. et frère d’Anne d’Autriche qui épouse en 1615 Louis XIII. Ep. don Juan d’Autriche en 1678-79. de progrès. où les notions de rationalisme. 1578 – 1621 roi d’Espagne et de Portugal. avec sa 1ère épouse Henriette-Anne dr’Angleterre.1615 : Elisabeth de France 1602-1644. la diversité des Espagnes Les revers de la monarchie espagnole Puissance de premier plan au XVIème siècle. 1665 – 1700 Charles II. EXTINCTION DE LA BRANCHE DES HABSBOURG D’ESPAGNE ! - - Au XVIIème siècle.

meurt en 1679 sans avoir pu malheureusement donner la mesure de ses talents en raison d’un contexte désastreux (difficultés extérieures. le « valido ». Valence et Aragon réticents cèdent. fait sécession en proclamant roi le duc Jean de Bragance. l’Asiento. petit-fils de Louis XIV. Don Juan d’Autriche règne deux ans. Les favoris ne sont que des courtisans sans aucune expérience politique et n’ont d’autre souci que de préserver leur pouvoir miné par les rivalités et ne brillent que par leur désintéressement. le Portugal exaspéré par la politique centralisatrice d’Olivares. sa contribution à l’armée commune. notamment en septembre 1701. la paix des Pyrénées où l’Espagne perd l’Artois. Le comte d’Olivares favori de Philippe IV. une série de places fortes entre Flandres et Luxembourg. voire mondiale de l’Espagne. La Catalogne refuse de participer à autre chose qu’à sa propre défense. le duc d’Anjou. qui ne doit sa fortune qu’à la confiance du roi et au réseau d’hommes qu’il s’est constitué et sur lequel il s’appuie. la péninsule explose de l’intérieur. En février. qui l’emporte. Barcelone est atteinte. C’est Philippe d’Anjou. Olivares profite de la montée des périls extérieurs en 1639 pour pratiquer une politique de fermeté. et le vice-roi le comte de Santa Colonna est lynché ! La même année 1640. proportionnellement à sa population et ses ressources. Olivares est démis de ses fonctions et remplacé par son neveu Luis de Haro. Ils se servent mieux eux-mêmes qu’ils ne servent l’Espagne. Il luttera durant son règne contre la France à ses frontières septentrionales et orientales. le Roussillon. Elle passe le relais à la France. Charles II meurt et la dynastie des Habsbourg d’Espagne s’éteint avec lui. Le Portugal devient indépendant en 1668. coup terrible au prestige militaire espagnol. Ces mesures déclenchent début 1640 une insurrection qui fait tache d’huile. grande épidémie de peste qui va durer jusqu’en 1684). Charles II. Chaque royaume devait fournir. Dans le même temps. aux dépends des Hollandais et des Anglais. fils naturel de Philippe IV et d’une actrice célèbre. l’Espagne perd les Provinces-Unies. Durant les années 1621 et 1643. la défaite des Dunes. souhaite unifier l’Espagne par l’adhésion et la participation de tous les royaumes et de tous les sujets à la politique commune. Le 1er novembre 1700. Jean IV de Portugal. Il a placé ses hommes dans tout l’appareil d’Etat et au sein de l’administration régionale et urbaine qu’il remercie par ses largesses. Mais la monarchie n’est pas en position d’imposer autoritairement pareille mutation. les aristocrates font appel à don Juan d’Autriche (1629-1679). les troupes françaises occupent les Pays-Bas espagnols et les marchands français bénéficient dorénavant de privilèges importants dans les colonies espagnoles. bientôt duc de Sanlucar. met en lice la France et l’Autriche pour la succession d’Espagne. la Calderona : le pouvoir du favori est dorénavant fondé sur l’appui de l’aristocratie bien plus que sur la confiance du roi et l’aristocratie s’unit pour faire valoir ses vues. Ses droits à la couronne de France sont maintenus. conduisent à la fin de l’hégémonie européenne. En 1648. Lors de la régence de Marie-Anne d’Autriche à la mort de Philippe IV. stérile. C’est son fils Charles II (1665-1700) qui lui succède. en 1643 les Français s’emparent du Roussillon et remportent la victoire de Rocroi. Mais les négociations de Westphalie. du monopole de la traite d’esclaves. Philippe V entre à Madrid.Le pouvoir revient à un favori. 52/84 . D’autre part. condition nécessaire à la constitution d’un Etat moderne centralisé.

. A part les peintres comme Diego Vélasquez (1599-1664). désormais sa capitale. Le déclin démographique (guerres.) source de diminution des recettes fiscales et de restriction du marché intérieur. Guillen de Castro (1579-1644). les dépenses militaires sont un gouffre que ne parviennent pas à combler ni les envois de métaux précieux américains. Les Français commandent les armées espagnoles et subissent des revers : Gibraltar tombe en 1704. La Catalogne s’ouvre en 1705 à l’archiduc Charles qui se fait proclamer à Barcelone. il n’y a rien. Tirso de Molina (1571-1658) et Calderon de la Barca (1600-1681). l’art espagnol au XVIIème siècle témoigne d’un épuisement de la création : l’Espagne n’a pas plus de créateurs que d’aventuriers ou de saints.En fait. En littérature citons : Lope de Vega. roi d’Espagne Charles III. pestes. Ruine financière d’abord. Enfin. Les sculpteurs célèbres sont Juan martinez Montanes et son disciple Jean de Mesa. 53/84 . ni les impôts nouveaux créés sous Philippe IV. le transfert de puissance politique et économique de la Méditerranée vers l’Atlantique conduit à une ruine économique. Bartholomé Estéban Murillo (1617-1682) ou Francisco de Zurbaran (1598-1664). la guerre de succession d’Espagne dure neuf ans.

1649 Louise-Marie de Gonzague-Nevers. en 1605 Constance de Habsbourg. dont les exportations relayées par la Hollande constituent un réseau de grands greniers à grains. duchesse de Nevers et princesse de Mantoue. 1669 – 1673 Michael Korybut Wisniowiecki. Elenora Maria Jozefa 1674 – 1697 Jan III Sobieski. Début de la dynastie saxonne. 54/84 . se ramène à conquérir la Moscovie (=la Russie) et chasser les Turcs d’Europe. 1648 – 1668 Jan II Kazimierz Vasa. Ep. sa richesse. s’intègrent économiquement. La mentalité des nobles méprisant commerce et artisanat laisse ces activités aux juifs qui. Allemands. dynastie suédoise. 2ème ép. le plus attractif par sa hiérarchie structurée. Au XVIIème siècle l’enrichissement est conditionné comme au XVIème siècle par le développement de l’agriculture avec Gdansk comme symbole éclatant d’abondance qui draine toute la production céréalière de la république. Fils de Catherine Jagellone de Jean III de Suède. noble polonais. Tatars. Les jésuites ramènent la plupart des calvinistes et luthériens dans leurs églises pleines de fastes baroques. 1697 – 1704 Auguste II Mocny (Frédéric-Auguste de Saxe) dit Le Fort. Ep. malgré la tolérance aux autres. La Pologne est le plus vaste ensemble pluriethnique et plurireligieux d’Europe avec ses Lituaniens. 1719 Marie-Josephe de Habsbourg. 1637 Cécile-Renée. La population juive en augmentation permanente depuis le XVème siècle profite des privilèges royaux. Ep. 2ème ép. Son accroissement semble dû à une natalité plus forte que chez les chrétiens. en 1592 Anna de Habsbourg. Arméniens (nombreux à Lwow) et quelques Hollandais. à Fontainebleau. sœur d’Anna. (1699-1757). - - 1598-1632 Zygmunt III ou Sigismond III : sa politique outre les luttes contre la noblesse qui envisage de le déposer. appuyée par Pierre le Grand et l’Autriche. veuve de son frère. Le catholicisme redevient. ne se mêle pas aux chrétiens mais vivent en paix avec eux.- 1587 – 1632 Sigismond III Vasa. sans s’intégrer socialement. son rayonnement mondial. morte en 1641. Ruthènes. Dernier des Vasa de Pologne. Ep. contre protestants et orthodoxes. 1ère ép. 1632 – 1648 Wladyslas IV Vasa. De nombreuses bourgades se dotent de superbes synagogues. frère. fils.1645 Louise-Marie de Gonzague-Nevers.1671 Marie-Casimire de la Grange d’Arquien. 1ère ép. fille de l’empereur Ferdinand II. noble ukrainien.

Il était le premier souverain d’origine polonaise depuis les Piast. George II Rakoczy de Transylvanie début 1657. lui succède. Il combat les Tatars et les Ukrainiens en 1651 d’où il sort victorieux à Beresteczko Il est prisonnier des Français à Marseille et emprisonné à Sisteron. Il vient de signer avec Charles-Gustave. Ils se dirigent vers le sud : Varsovie et Cracovie sont prises sans résistance. 1669 à 1673 Michal Korybut Wisniowiecki. Il épouse la veuve de son frère en 1649. Il abdique en 1668 à la mort de son épouse et s’enfuit en France où il devient abbé de l’église de St Germain des Prés où son cœur repose depuis sa mort en 1672 (son tombeau est orné d’une représentation de son unique victoire à Beresteczko). Moscou par le tsar Alexis (père de Pierre Le Grand avec sa 2 ème épouse) signe le traité de Pereïaslav. Il épouse Cécile-Renée. dernier des Vasa de Pologne. La Grande Pologne est cédée sans combattre en juillet 1655 ainsi que la Lituanie en août. ses célèbres « Mémoires ». 55/84 . En 1655. La reconquête très pénible des territoires occupés par les Suédois et les Prussiens se complique par un troisième intervenant ennemi. en France à Nevers où il mourra en 1672. accablé par tant de revers. Frédéric-Guillaume de Prusse se soumet aussi aux Suédois qui se trouvent rapidement maîtres de tout le littoral de la Baltique. Ce sera ensuite le tour de la Lituanie en 1654. surtout dans les zones proches de la Pologne. Son fils unique étant mort peu de temps avant lui. 1632 à 1648 Wladyslaw IV succède à son père.La polonisation des élites de l’Ukraine et de la Biélorussie progresse vite. mais n’a été élu que grâce aux mérites militaires de son père Jeremi contre les cosaques. Le Danemark et les Pays-Bas inquiets de la mainmise de Charles X (Charles-Gustave) sur la Prusse entrent en guerre aux côtés de la Pologne. Quelques foyers calvinistes persistent encore en Lituanie protégés par le Radziwill. son frère. 1648 à 1668 Jan II Kazimierz. la Suède envahit la Pologne. Son tombeau s’orne d’une représentation de son unique victoire contre les Ukrainiens en 1651 à Beresteczko. son successeur immédiat ne règnera que quatre ans. l’un des rares chef-d’œuvres polonais de cette époque troublée nommée « le déluge »). Le reflux suédois commence avec la levée de siège de Czestochowa. et Jan II Kazimierz s’enfuit en Silésie et on parle de son abdication. le dernier Vasa abdique en septembre 1668 pour se retirer. sous la protection de Louis XIV. Le tsar assimile la Ruthénie et la Russie dans la formule « de toutes les Russies » ou de Grande Russie. Jan II Kazimierz réapparaît à Lwow. Son cœur repose à Paris. Son frère Jan Kazimierz lui succède. Dés 1654. A la mort de Louise-Marie. Il est moins attaché à la république qu’à ses racines suédoises. en l’Eglise de St Germain des Prés dont il devint abbé. l’Electeur de Brandebourg et les Radziwill un acte de partage de la Pologne (lire Jan Chryzostom Pasek. duchesse de Nevers et princesse de Mantoue. il laisse la république sans héritier. Wladyslaw IV meurt en 1648. Les derniers temples protestants sont démolis à Poznan en 1616 et à Lublin en 1627. le lendemain de Noël 1655. La reine meurt en 1641 et il épouse en 1644 Louise-Marie de Gonzague-Nevers (« Maria Ludwika »). fille de Ferdinand II en 1637. le premier d’une série d’abandons de l’Ukraine à la puissance russe.

il ne peut empêcher les Turcs de s’emparer de la partie de l’Ukraine qui restait à la Pologne : Kamieniec tombe en 1672 et la Podolie est envahie. Jakub Sobieski est vovoïde de Krakovie. La chute européenne des prix de céréales amène un développement de la distillation sur place des réserves invendues qui s’accompagne de la mise en place d’un réseau de débits de boisson ou auberges dirigées par des juifs. pénètre en Livonie en 1701 et à Varsovie et Cracovie en 1702. hetman (=chef des armées polonaises). A sa mort. Son père. également dans le domaine judiciaire avec son lot de corruption et de falsifications. Est élu Electeur de Saxe en 1694 sous le nom de « Frederik Auguste 1er ». Ils ont eu 5 enfants. Leurs tractations royales à des fins de pouvoir personnel inquiètent les magnats.Très faible. de la dynastie des Wettyn. 1697 – 1734 August II MOCNY (Frédéric-auguste de Saxe) dit « Le Fort ». demoiselle d’honneur de la reine MarieLouise de Gonzague et veuve de Jean Sobiepan Zamoyski vovoïde de Kiev (= gouverneur de l’Ukraine). Il épouse Marie-Joseph de Habsbourg (1699-1757) et ont 4 enfants. roi de Suède. Le paysan est tenu d’y acheter une quantité d’alcool obligatoire. 1674-1696 Jan III Sobieski. Là. et malgré la victoire de l’hetman Jan Sobieski remportée contre les Turcs à Podhajce. Auréolé de ce succès. Il exige la déposition de Auguste II qui est ratifiée par la confédération nobiliaire générale de Varsovie en 1704. Noble ukrainien. il introduit de nombreux fonctionnaires saxons qu’il anoblit en Pologne. Stanislas Leszczynski. C’est un des plus grands rois de Pologne. Il laisse à sa mort une république complètement affaiblie ou l’ingérence étrangère permanente va devenir la règle pendant tout le XVIIIème siècle. Petit à petit c’est l’anarchie. après avoir battu les Russes et les Danois. Parallèlement. dans son théatre privé. Saxon. puis y fait élire à sa place le voïvode de Poznan. et avec l’aide financière du banquier juif Berend Lehmann. Elle s’installe à Rome en 1699. Mais c’est le XVIIIème siècle… Bilan social et artistique du XVIIème Le territoire est ruiné par les guerres.Amor d’un ombra e gelosia d’un aura » créé en 1714. l’Est de la Pologne voit le culte hébraïque en plein essor… 56/84 . L’hetman Jan Sobieski bat de nouveau lesTurcs à Chocim en 1673. Il se convertit au catholicisme et est élu roi de Pologne avec l’appui de Pierre le Grand et de l’Autriche. Fils de John George III et de la princesse Anne Sophie du Danemark. dans le palais du peintre Zuccari. il est élu roi en 1674 par la « szlachta » puis couronné en 1676. Puis une suite de procès se déclenche contre des juifs. Il épouse une française Marie-Casimire de la Grange d’Arquien « Marysienka » (1640-1716). Charles XII. en proie à des difficultés financières et désireuse de terminer sa vie en France. un drame musical relatant leur histoire d’amour ! En juin 1714. L’économie est considérablement affaiblie. Sa dépouille est ramenée en Pologne pour être enterrée près du roi au château de Wawel à Cracovie. Il arrive avec son armée à Cracovie et se proclame roi de Pologne le 15 septembre 1697. son épouse Maria Casimira (« Marysienka ») est chassée de Pologne. sera jouré « Narciso . L’antisémitisme est croissant. elle quitte Rome et s’installe à Blois où elle s’éteindra en janvier 1716.

Descendant de la première épouse d’Ivan le Terrible. Est assassiné. fils. Ep1 : 1689 : Eudoxie Lapouchkine 1672-1731. fils de Sigismond III. fils de Dimitri Godounov. élu Tsar. Vassili Chouiski.1645-1676 : ALEXIS 1ER MIKHAILOVITCH ROMANOV. 1606 : Dimitri 1er : demi-frère . Ladislas. *2me tsar : PIERRE 1er ALEXEIEVITCH ROMANOV.1682 : FEDOR III ALEXEIEVITCH ROMANOV. Maria Dolgorouki Ep2 : en 1626. 57/84 . Tsarine de 1725 à 1727. Ep1 : en 1624. fils de Fedor I. fils 2ème ép. Règne 9 jours. polonaise. demi-frère. Ep Marina Mnichek. roi de Pologne et de Lituanie qui occupait alors la Russie. seul. Ep: Mascovie Soltyker 1664-1724. Ep1 : Maria Miloslavsky 1625-1669 Ep2 : Nathalia Narychkine 1651-1694 . polonaise Ep2 : 1682 : Marthe Apraxine . Ep1 : 1680 : Agaphie Grondhetski. Divorce 1698.. fils de Philarète Romanov et cousin de Fedor II. Ep2 : 1707 : Marthe Rabbe. . Eudoxie Strachenieva (1608-1645) . Déposé.1676. devenue Catherine 1ère 1684-1727. dit PIERRE LE GRAND.1613-1645 : MICHEL 1er FIODOROVITCH ROMANOV. Règne 8 semaines.. . Ep. grand chambellan de Ivan IV.1598 – 1605 : Boris GODOUNOV . Est assassiné par Dimitri Godounov. Anastasia Romanova. Maria Malouta-Skouratov.1682-1689 : régence de Sophie. sœur de Fedor III et de IVAN V (mère 1ère épouse Maria Miloslavsky) et demi-soeur de Pierre 1er (mère 2ème épouse Nathalia Narychkine) avec 2 co-tsars : *1er tsar : IVAN V ROMANOV. « Le temps des Troubles » : 1606 – 1613 * * * * 1606 : Fedor II Ivanovitch.1689-1725 : PIERRE 1er LE GRAND.

Honoré d’Urfé avec « l’Astrée ». des changements qui sont au centre du monde et de l’homme. elle est naturellement marquée par une littérature de l’excès. Le baroque se prête à la satire : il dénonce les vices du temps. 5 tomes. d’incessantes remises en cause. créée en réaction à l’austérité protestante sous l’influence de l’Italie. Savinien de Cyrano de Bergerac 1619-1655. En 1635. L’inspiration baroque est alors dominante et témoigne toujours des apparences. œuvre colossale. 58/84 . il ne peut exister qu’une seule vérité. plus de 5000 pages. de la démesure. roman pastoral qui a eu un succès phénoménal. Dans chaque domaine de la connaissance et de la vie. François de Malherbe 1555-1628. de l’apparence qui s’exprime dans une langue riche parfois luxuriante. et porte jugement sur les œuvres littéraires. La publication s’étale sur plus de vingt ans. Mme de La Fayette. ses exagérations.La littérature au XVIIème siècle se distingue en deux grandes parties : le baroque 1598 – 1661 le classique 1661 – 1715 Le Baroque Période d’instabilité permanente. Charles Sorel 1602-1674… Le roman historique est présent tout au long du XVIIème : Madeleine de Scudéry. L’humanisme chrétien essaie de proposer à l’homme des guides sûrs susceptibles de régir sa vie : François de Sales… Les deux grands penseurs du XVIIème siècle. La vérité est conçue comme un absolu. En 1655. Théophile de Viau 15901626. Voilà qui permet au pouvoir politique d’exercer son contrôle sur la culture. Richelieu fonde l’Académie Française qui veille à la correction de la langue. cautionnée par Dieu. Poètes : Mathurin Règnier 1578-1613. située hors de l’homme qui pour se réaliser pleinement doit s’efforcer de l’atteindre. Les deux aspects du roman baroque sont l’idéalisme et le réalisme. l’Académie de peinture et de sculpture est créée sur les mêmes principes. représentent l’aspiration à la vérité qui annonce une époque classique de certitude. D’autres suivront. Descartes et Pascal. Romanciers : Paul Scarron 1610-1660. ses contradictions qui divisent l’être humain et ses ridicules. Antoine Furretière 1619-1688. Robert Challe 1658-1720.

Dans la période suivante. somptueuse demeure située près du Louvre. Mais le précieux n’a pas le sens du tragique et se fait une raison de ce refus. L’amour précieux est un amour éthéré. 59/84 . pour la femme ou l’homme à la mode. Puis à partir de 1650. L’amour est le thème essentiel de la préciosité. De 1610 à 1665. Militante féministe avant la lettre. Clélie. la société s’organise autour de la femme. François Tristan L’Hermite 1601-1655. On juge des ouvrages. Il utilise le badinage et la légèreté pour démystifier les douleurs de la passion. l’esprit de la personne aimée. son droit à la culture. la Rochefoucauld. Mme de La Fayette. C’est au contraire un phénomène européen. On évoque les subtilités de l’amour. c’est le salon de Madeleine de Scudéry qui progressivement éclipse le précédent. : Saint-Amant 1594-1661. l’épouse de Scarron et la future Mme de Maintenon se presse une assistance essentiellement bourgeoise. Le corps en est résolument exclu. La femme y joue un rôle privilégié. On organise des concours de poésie. Chez Ninon de Lenclos se réunissent les libertins . idéalisé. Vincent Voiture 15971648. Les précieuses revendiquent hautement l’égalité de la femme. Etre précieux. Elles amènent à se côtoyer des grands comme le cardinal La Valette ou Condé. Les réunions qui s’y tiennent sont d’une grande importance dans l’évolution des idées. On y parle des grands problèmes de l’heure. Elle est l’être parfait. Vaugelas. y reçoit de nombreux invités. Comme la femme représente un absolu. dont la beauté témoigne de la perfection morale. des écrivains comme Voiture. il fait de l’amour un grand jeu de société ! Ex. Ce sont les deux plus importants salons. c’est faire partie de l’élite de ce Paris mondain. d’autres salons verront le jour en particulier celui de Mme de La Fayette. chez Françoise d’Aubigné. c’est pratiquer un langage choisi. On donne connaissance des lettres brillantes que l’on a reçues. êtres oisifs. les jeux de société y occupent aussi une place importante (ex. C’est là que se développera l’esprit précieux. C’est durant la période 1630-1661 que le nombre de salons se multiplie. elle lutte pour l’égalité de la femme. Mais bien d’autres cercles s’ouvrent aux amateurs. Par exemple. sa liberté de choix dans le mariage. Elle y entraîne des familiers du salon concurrent et y réunit des grands bourgeois et des écrivains. La littérature est un des sujets privilégiés. D’abord habituée à l’hôtel de Rambouillet. C’est elle qui règne sur ces cercles et c’est autour d’elle que s’élabore un véritable cérémonial de raffinement et de subtilité. Etre précieux c’est connaître toute la subtilité des sentiments. cruelle. Mme de Sévigné. c’est apprécier la beauté. car c’est la grande préoccupation de la vie quotidienne des « précieux ». Et surtout. on discute longuement sur les comportements qu’il convient d’adopter. Elle constitue un idéal de raffinement pour les femmes et les hommes à la mode. La France n’a pas le monopole de la préciosité. : le jeu du portrait consiste à faire deviner l’identité d’un familier du salon). bientôt assistée de ses deux filles. Elle revendique son accès à l’instruction. il est indispensable d’avoir ses entrées à l’hôtel de Rambouillet. ce cercle devient une véritable institution. Madeleine de Scudéry 1607-1701 : le grand Cyrus. on entend des auteurs réputés lire leurs œuvres. C’est une communion des esprits qui rejette l’exaltation des sens. Y être admis. Dans ces salons.La « préciosité » apparaît. habitués de la cour et des salons. elle fonde son propre cercle dans sa demeure du Marais. capable de rendre compte de la gamme infinie des impressions ressenties. La marquise de Rambouillet. Elle triomphe dans les salons mondains de Paris. spirituel. elle est inaccessible et malgré elle. Célamine.

(lire Scarron). Elle a élaboré une œuvre romanesque importante. on lit ses romans fleuves avec délectation. son but et son devoir d’homme est de rechercher les plaisirs avec la modération dictée par la raison et respecter les autres. Françoise d’Aubigné. Son attachement pour son frère Georges de Scudéry la console des désillusions de la passion. Elle fait évoluer des personnages tirés de l’histoire antique qu’elle fait apparaître dans la période où elle vit décrit les comportements de son temps. souvent en collaboration avec son frère. une conception philosophique. Il apprécie les beautés de la nature et de l’art. Il est sensible à l’amour. développe sa conception de la vie marquée par la préciosité : ce qui explique l’engouement des lecteurs. son athéisme. En 1652. elle le craint et le souhaite en même temps. 60/84 . à un créateur tout puissant : les libertins sont donc souvent athés.rejette la domination de l’homme. sur l’homme à la mode. Nicolas Faret celles de bien se comporter (« l’Honnête Homme » ou « l’art de plaire à la cour »). Les libertins remettent en cause la validité d’une société et d’une monarchie dont le pilier principal est la religion. le burlesque se développe (style bouffon). refuse le mariage. René Descartes 1596-1650. Il pratique le style burlesque avec un humour décapant. l’existence terrestre. les libertins adhèrent au matérialisme : ils considèrent que tout dans l’univers est matière et que le fonctionnement du monde obéit aux lois de la matière. Les précieux sont des idéalistes. manger. Les autorités religieuses veillent. il est dangereux de défendre de telles positions. il s’installe en Hollande et y écrit l’essentiel de son œuvre. Le rejet de la morale traditionnelle fondée sur la vertue (si souvent reproché aux libertins) n’est que la conséquence de leur philosophie. Ils se retrouvent. Parallèlement à la préciosité. Aussi. des modèles : Vaugelas exprime les règles du bien parler. La prison guette les libertins. L’être humain doit donc trouver son épanouissement sur cette terre. Reprenant les théories du philosophes grec Epicure. mariage de convenance avec la petite fille du poète Agrippa d’Aubigné. mais a besoin de tendresse. Trois écrivains exercent alors une influence considérable sur l’homme de cour et de salon. lui attirent de nombreuses inimitiés et compliquent sa carrière littéraire. la future marquise de Maintenon puis future épouse de Louis XIV. Ce peut être aussi l’arrestation. Comme dieu n’existe pas. dormir. Dans ces conditions. Il est influencé par le philosophe grec Epicure (341-270 av JC) mais ses idées libertines2. En 1628. se reconnaissent dans les êtres fictifs qu’on leur présente comme des reflets d’eux-mêmes. ils incluent sans hésiter les réalités les plus crues et pratiquent l’excès avec délectation et humour : ils introduisent une dimension comique. Elle a peur de l’engagement. Les risques sont grands. la mort les menace. et le libertinage s’applique à un mouvement de contestation des idées traditionnelles. le jugement et la condamnation. c’est la difficulté de se faire éditer. Cyrano de Bergerac en a fait la cruelle expérience. Sa carrière militaire est brève : blessé en 1639 et 1640. Pour les écrivains. c’est souvent contester le pouvoir royal. Auteur à succès. de dénaturer cette conception philosophique en la réduisant à un comportement moral dépravé. à saisir ses lois sans qu’il soit besoin pour les expliquer de faire appel à un dieu. Le libertin est constamment ouvert aux satisfactions de l’esprit et du corps. C’est une vision du monde. On le connaît davantage comme mousquetaire où il s’est engagé dans la célèbre compagnie à 20 ans. Affranchi des conventions. Ils s’appuient vigoureusement sur le réel. il quitte l’armée et regagne Paris en 1641. Les burlesques sont réalistes. Elles essaient par tous les moyens de dénigrer. 2 Le mot libertinage signifie à cette époque « affranchi ». Les burlesques montrent l’abîme qui se creuse entre ce que souhaite paraître un personnage et ce qu’il est réellement. Quant à l’amour. fuit la sensualité qu’elle considère comme aliénante. l’homme doit s’efforcer grâce à l’outil exclusif de la raison. représentent des références. Sa destinée : découvrir les règles d’une science parfaite. il faut profiter de la seule existence dont dispose l’homme. Dans leurs descriptions. Pour comprendre l’univers. Etre libertin c’est remettre en cause la religion. Il aime boire. Savinien de Cyrano de Bergerac 1619-1655. Paul Scarron 1610-1660. Jean-Louis Guez de Balzac celles du bien écrire. en attribuant au mot libertin une étiquette péjorative.

Il est familier des milieux de la cour. ni n’empêche la multiplication d’œuvres originales variées. Il gagne les milieux de la cour et des salons. C’est la spectaculaire progression de la comédie : on assiste à une véritable explosion. Il obtient la protection du duc d’Orléans. Il mène une vie mondaine.Blaise Pascal 1623-1662. il élabore l’essentiel de son œuvre : Alexandre le Grand. apparaît les grands noms d’écrivains qu’a retenu l’histoire de la littérature. Les troupes ambulantes : 61/84 . Lulli et son Académie de musique. une troupe de comédiens qui donne des représentations dans toute la France. puis « tapissier ordinaire de la maison du roi » et « valet de chambre du roi ». Tragédien. il y avait trois salles permanentes : la salle de l’hôtel de Bourgogne. Molière crée la Comédie Française. Iphigénie. de la théorie et de la pratique. Alors la troupe du Marais fusionne avec celle de Molière. celles du Petit-Bourbon puis du Palais-Royal. Phèdre. les Fourberies de Scapin… Jean Racine 1639-1699. De 1667 à 1677. les cercles scientifiques. Créateur de l’Opéra français. Esther. Ecole des Femmes. Titres honorifiques. il est partagé entre la foi et les mondanités. Durant cette période de dirigisme intellectuel. sources de prestige et de considération. ils sont attirés par l’absolu. sa grand-mère maternelle l’envoie à l’abbaye de Port-Royal où il reçoit l’enseignement janséniste. Cette harmonieuse combinaison des Lettres et des Sciences. ancêtre de l’Opéra. Athalie. l’Avare. celle du théâtre du Marais. Bérénice. De plus en plus le peuple s’intéresse au théâtre et surtout au genre comique. plus particulièrement le public féminin : Pierre Corneille 1606-1686. C’est là une source importante de recettes pour les comédiens. Britannicus. bientôt rejointe par celle de l’hôtel de Bourgogne en 1680 : ainsi se constitue la Comédie Française. le théâtre joue un rôle social et politique de plus en plus important. Il exploite la farce et critique les ridicules et les vices (les Précieuses ridicules 12659) et l’hypocrisie religieuse (Tartuffe 1664). Il fréquente les salons. Orphelin à trois ans. de posséder sa propre scène sur laquelle on offre des spectacles à ses amis. soit Jean-Baptiste Poquelin. Son père est un riche tapissier de la rue Saint Honoré. occupe le Palais-Royal. Andromaque. Jean Mairet 1604-1686 Le classique Louis XIV crée l’Académie des Inscriptions et des Lettres en 1666. les Femmes Savantes. de la réflexion et de l’action marquera profondément son œuvre. la vérité… Cette communauté d’esprit que l’on appelle le Classicisme n’est pas pour autant d’une homogénéité appauvrissante. Don Juan. Mithridate. Il commence alors à écrire de courtes pièces puis des œuvres inspirées d’auteurs italiens. Philippe Quinault 1635-1688. Les théâtres privés : Il est de bon ton d’aimer le théâtre. Les lieux de spectacle Les théâtres publics : A Paris. Molière 1622-1673. Attachés à des règles d’écriture. Durant cette période. le Bourgeois Gentilhomme. Comme Pascal.

ce qui explique le développement du théâtre-spectacle. Corneille et Lulli élaborent en collaboration « Psyché ». sur la manière de concilier les impulsions individuelles et les exigences de la vie collective. Le spectacle et le public Les nobles et grands bourgeois s’installent dans les loges. Le peuple reste debout dans le parterre de la partie centrale. L’inattention du public est chronique. Pour des raisons économiques. alliant texte. Ainsi naît l’opéra français dans la ligne de l’opéra italien. 62/84 . Les gens de la cour. ne cessent de perturber la séance. musique. avec Thésée 1675. Ainsi Molière. les grands écrivains des années 1661-1680. les gens à la mode. conversations. Heureusement le spectacle est interrompu à chaque acte pour moucher les chandelles (enlever les mèches brûlées qui sinon dégageraient de la fumée). d’autres spectacles de cour prennent place. une analyse des autres. Le classicisme privilégie l’analyse psychologique. Le spectacle se compose souvent de deux pièces (de 14h à 17/18h). L’assistance est agitée et bruyante. Naissance de l’Opéra Français Parallèlement à la comédie-ballet développée par Molière. l’argent des spectacles donnés chez de riches particuliers et les dons des protecteurs. qui ont le privilège de s’installer sur la scène même. ce qui donne l’occasion de ménager des pauses… la place de théâtre est à un prix modique. 1671. Les bénéfices sont répartis entre les comédiens. danse et chant. Ils doivent avant tout plaire et s’efforcent de trouver des formes attrayantes pour exposer leurs idées. des habitués des salons. La petite bourgeoisie prend place sur des gradins disposés en amphithéâtre. Mais surtout Lulli et Quinault qui seront les grands maîtres de ce genre. aux jeunes gens à la mode. Les meilleures places sont réservées aux amateurs de théâtre. au même niveau que la scène. les troupes de théâtre comportent un nombre peu important de comédiens : la troupe de Molière compte de 10 à 15 personnes (60% acteurs et 40% actrices). plus proche de la tragédie.Elles parcourent la France et font connaître en province le répertoire théâtral. La floraison d’écrivains de cette époque est due au développement des salons. éventuellement injures adressées aux comédiens. Ils écrivent pour ce public qu’ils côtoient et non pour des spécialistes. Réalisations de prestige destinées à célébrer la grandeur royale : Louis XIV et les courtisans y participent parfois en tant qu’acteurs. Les écrivains sont des mondains. Les troupes disposent de trois sources de revenus : les recettes des représentations publiques. Le public populaire ne sachant pas lire trouve dans le théâtre une activité culturelle accessible à la fois intellectuellement et financièrement. Ce sont la vie et les habitudes des salons qui leur fournissent de quoi exprimer leur pensée. La nécessité de tenir compte des autres s’impose dans ces cercles mondains. des familiers de la cour. sont de plus en plus nombreux. Allées et venues. La tradition de ces tournées s’est maintenue de nos jours. et conduit à une interrogation sur la façon de se comporter. du théâtre-divertissement et en particulier du théâtreballet. Persée 1682 et Roland 1685. Les écrivains C’est l’épanouissement de l’esprit mondain. souvent des nobles.

érudites. Conçue comme un divertissement. cette littérature mondaine n’est pas superficielle pour autant. la Rochefoucauld. Femme d’esprit et d’une grande érudition. est riche d’une conception du monde. Ainsi cette correspondance privée est-elle destinée à un public. Reine jusqu’en 1654. son mari est tué lors d’un duel. le cardinal de Retz. Elle poursuit son existence mondaine mais met peu à peu toute sa passion dans sa vie familiale. Dans toute l’Europe. sa conversion au catholicisme l’empêchant de rester souveraine d’un pays protestant. mais se rend souvent à Paris. Elle voue à sa fille un amour démesuré qui épouse en 1669 le comte de Grignan et part le rejoindre en Provence. le cardinal de Retz 1613-1679. propriété de son mari. Sa célèbre grand-mère Jeanne de Chantal. elle noue des relations avec les maîtres de la science et de la littérature. attirée par les intrigues sentimentales et l’aventure. ce qui provoque chez Mme de Sévigné un véritable déchirement. elle abdique au profit de son cousin. témoignage qui traversera les siècles. En 1655. Fouquet. Elle est le témoignage de cet art de vivre fait de modération et de raffinement qui caractérise « l’Honnête Homme » du XVIIème siècle. elle reçoit ses amis à partir de 1677 dans le somptueux hôtel Carnavalet qu’elle a pris en location (le 1er étage). Elle passe la deuxième partie de sa vie à voyager. Elle est avide de connaissance.François de la Rochefoucauld 1613-1680. son cousin Bussy-Rabutin. L’usage de la lettre ne se développe pas seulement en France. la marquise de Sévigné 1626-1696 (sa correspondance est une chronique du temps présent. Elle épouse à 18 ans le marquis Henri de Sévigné et commence pour elle une vie mondaine brillante. Elle se constitue un cercle choisi d’amis : Mme de la Fayette. Comme Mme de Sévigné. Christine de Suède (1626-1689) a laissé des lettres dignes d’intérêt. permet la formation d’une communauté de gens qui partagent les mêmes préoccupations culturelles et qui veillent dans leurs correspondances à l’élégance de leurs styles. Elle contient une réflexion. Mais c’est aussi le début de leur admirable correspondance. Elle réside en Bretagne aux Rochers. attirées par la culture et l’écriture. Elle fréquente le salon réputé de l’hôtel de Rambouillet. A Paris. c’est une femme d’esprit qui évite de faire un étalage trop voyant de ses connaissances. un véritable régal pour les habitués des salons). Elle est veuve à 25 ans. sa mère meurt en 1633 alors qu’elle a 7 ans). C’est auprès de sa fille en Provence qu’elle mourra le 17 avril 1696. Son fils fait une carrière militaire. elle épouse 63/84 . à la pertinence de leurs pensées. elle constitue un moyen d’échange efficace. Elle a deux enfants : une fille Françoise-Marguerite née en 1646 et un fils Charles né en 1648. toujours prête à apprendre. Madame de la Fayette 1634-1693 Née à Paris. Marie de Rabutin-Chantal. écrivain alors célèbre bientôt membre de l’Académie Française. La marquise de Sévigné. Marie-Madeleine Pioche de la Vergne fait partie de ces femmes nobles. Mais aussi avec le milieu dont on fait partie car l’entourage a connaissance de ces lettres. Elle est orpheline à 1 an (son père est tué au siège de la Rochelle en 1627. Elle est souvent en Bretagne dans le château des Rochers où elle voit son fils et sa belle-fille. C’est l’assurance que l’on sera lu et jugé par ces cercles mondains auxquels on appartient. Il se marie en 1684 et Mme de Sévigné s’entend fort bien avec sa belle-fille. Le 5 février 1651. fonde avec François de Sales l’Ordre de la Visitation. et avec Pascal. notamment Descartes qu’elle reçoit à sa cour. Entretenir une correspondance c’est naturellement communiquer avec celui auquel on s’adresse.

les états d’âme. Il en a 39. Bernard le Bovier de Fontenelle 1657-1757). on exprime sa conception du pouvoir et de la société. le regret de la jeunesse perdue. Robert Challe 1658-1720. remise en cause du roman où l’on fuit la réalité historique pour fuir dans l’imaginaire et le merveilleux. La poésie La principale vocation de la poésie réside dans le lyrisme. Histoire d’Henriette d’Angleterre 1720) et des romans tels La princesse de Montpensier 1662 qui se déroule sous Charles X. le chat botté…). 64/84 . le petit Poucet. Barbe bleue. est une intime de Mme de Sévigné et surtout de la Rochefoucauld. on s’intéresse à tous les domaines de la culture : art. Jean-François Regnard 1655-1709. Jean de la Bruyère 1645-1696. une manifestation de la sensibilité profonde de l’individu. Décadence de la poésie. un certain changement commence à se manifester. C’est le succès du conte de fée (Charles Perrault). Elle mène une vie mondaine. c’est la querelle des Anciens et des Modernes. Elle ouvre ensuite son propre salon chaque samedi dans sa maison rue de Vaugirard. La princesse de Clèves 1678 qui se déroule sous Henri II. Nicolas Boileau 1636-1711. un amour impossible. Elle écrit des ouvrages historiques (Mémoires de la cour de France 1688-1689.le comte de la Fayette à 21 ans. Elle est faite pour exprimer les sentiments. Pierre Bayle 16471706. Vers la fin du XVIIème siècle. la tristesse mélancolique. On aborde l’analyse sociale et politique. La description des caractères et des comportements ne suffit plus. philosophie ou science ouvrant la voie aux vulgarisations du XVIIIème siècle. Fénelon 1651-1715 dans « Télémaque ». la douleur face à un sentiment non-partagé : Jean de la Fontaine 1621-1695. habituée du célèbre salon de l’hôtel de Rambouillet. contes de ma mère l’Oie : Cendrillon. littérature. Elle est un cri du cœur. Charles Perrault 1628-1703 (le siècle de Louis le Grand. Elle a pour thèmes la nature. la fuite du temps. La comtesse de Trente 1724 qui se déroule sous la régence de Catherine de Médicis. témoin d’un double mouvement de repliement frileux et d’aspiration au renouvellement. Zaïde 1670 qui se déroule dans l’Espagne médiévale. Elle fréquente la cour et devient l’amie de Henriette d’Angleterre. Parallèle des Anciens et des Modernes. Fin XVIIème / début XVIIIème. le duc de Saint Simon 1675-1755 dans ses « Mémoires » élaborées de 1694 à 1749.

« les blés de mer » de l’Europe occidentale. Des transformations historiques ont également des conséquences sur le système alimentaire : C’est la domination économique des pays du Nord qui favorise la production et la consommation d’alcool dans les pays consommateurs de vin. Dans le système économique et social très différent des pays d’Europe orientale (Allemagne orientale. le café. Cet assujettissement des paysans du Nord et de l’Est a permis un fort développement des ventes de grains aux pays plus peuplés et économiquement avancés. s’accroît dans des proportions considérables. le dindon.500. fait historique du début des temps modernes. connu depuis longtemps mais dont la production de plus en plus contrôlée par les Européens. de prairie produit au mieux 1. à la chasse et à la cueillette. Moscovie. aux dépens de la variété du régime et de la part de viande (1 hect . Les quantités très importantes des blés de la Baltique l’emportent sur les blés méditerranéens dû à l’accroissement des quantités transportées et une centralisation de ce commerce international des grains dont les prix. Le développement de l’imprimerie permet la circulation des livres de cuisine. etc…) les nobles se sont appropriés une part des récoltes en asservissant les paysans et en augmentant la corvée.. Pour entretenir l’essor démographique. Le grossissement des villes se poursuit et favorise le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché. interrompt pour un temps la relation traditionnelle avec la diététique. au XVIIème siècle s’établissent sur la place d’Amsterdam. de blé fournit 1. 1 hect. 65/84 .000 cal. apportés par les Hanséates puis par les marchands hollandais qui ont permis de nourrir les populations urbaines de plus en plus nombreuses d’Europe occidentale et pas seulement en temps de crise. Le progrès scientifique. particulièrement l’essor de la chimie au XVII ème.La conquête des océans par les Européens. La croissance démographique entraîne une reprise des défrichements et l’élargissement des terres vouées aux céréales s’est faîte au détriment des espaces voués à l’élevage. Par contre d’autres produits alimentaires exotiques sont entrés beaucoup plus rapidement dans les régimes européens : le piment.). boissons nouvelles qui constituent alors une part essentielle du grand commerce mondial. c'est-à-dire qu’il a entraîné une augmentation de la part des grains dans l’alimentation populaire. Ce sont essentiellement les blés de la Baltique. et l’intégration qui en est résultée des autres continents à leur réseau commercial n’ont fait sentir tous leurs effets sur l’alimentation occidentale qu’au XIXème siècle. Bohême.000 cal. et le sucre.5 quintal de viande de bœuf et fournit que 340. le thé et le chocolat. il fallait que les pâturages reculent au profit des champs de céréales et que la part de viande dans le régime populaire s’amenuise sensiblement au profit du pain. Hongrie.

et ne pouvaient manger du pain « que le dimanche ». du plaisir de goûter des viandes saignantes. on désignait par « fruit » toutes les productions du sol. les artichauts. Le livre «Le Cuisinier François » (1653) de La Varenne est traduit en anglais. on trouve des manuels de sommelier. sans autre sauce que leur jus propre. tout un ensemble de livres. toutes chaudes. « Le Pâtissier François » de Jean Gaillard (1653). « La Nouvelle Instruction pour les Confitures. sont publiés plusieurs livres de découpe avec présentation des volailles à découper et indication des emplacements de chaque coup de couteau. A partir de la deuxième moitié du 17ème. ou bien « L’Art de Bien Traiter » de LSR (1674). « L’Ouverture de Cuisine » de Lancelot de Casteau à Liège (1604) prennent vigoureusement le parti d’une cuisine simple. le « Jardinier François » (1651) et encore « Les Délices de la Campagne » (1654) de Nicolas de Bonnefonds. Le problème du pain est passé au premier plan dans les domaines politique. les truffes. LES OUVRAGES DE TABLE Au XVIIème paraissent des manuels de Maîtres d’Hôtel. la notion de fruit se transforme : dans un sens général. institutions bien réelles dont les règlements nous sont connus. les assaisonnements acides et épicés du Moyen-Age cèdent la place à des assaisonnements gras ou sucrés. d’autant qu’ils disposent souvent de viande de porc dont l’élevage est approprié à ces régions. de chansons.Cela devient un investissement nouveau de l’Etat dans ses problèmes de ravitaillement qui étaient jusque-là de la responsabilité des autorités municipales. etc… réunis dans « L’Escole Parfaite des Officiers de Bouche » (1662) avec illustrations sur la manière de plier les serviettes et de peler les fruits. d’Italie et d’autres pays d’Europe méridionale. comme « Le Nouveau et Parfait Maître d’Hôtel » de Pierre de Lune (1662) qui fournit un grand nombre de menus avec plans de table. Ainsi. de poèmes. mêlant hommes et femmes dans des beuveries. de l’échanson. NOUVEAUX GOUTS les olives. conservant aux aliments leurs saveurs « naturelle ». dédiées au plaisir de manger et de boire sont apparus au cours de ces siècles modernes (du XVIème au XVIIIème ). en France. et certaines catégories de « fruits » sont passées lentement à la catégorie des légumes. agricole et nutritionnel. Les mangeurs de châtaignes dans plusieurs régions de France. Au XVIIème. on a classifié le sucré et le salé. En Grande Bretagne. En France. le melon. jusqu’ici considérés comme des fruits à consommer au dessert. en Italie. les Liqueurs et les Fruits » (1692). les figues et les mûres se mangent avec du sel et sont considérés comme des fruits de hors-d’œuvre. la cuisine française prédomine en Europe . LES MANIERES DE SERVIR 66/84 . Les cévenols mangeaient d’ordinaire de la fricassée de porc aux châtaignes. D’autres livres. peu à peu. « Le Cuisinier Roïal et Bourgeois » de Massialot (1691). Toutes les professions de bouche sont des arts. ne sont pas les plus malheureux. Il milite avec ardeur en faveur des cuissons. sorties justes de la broche. désormais définis par des traités écrits par des professionnels. C’est la libération de la gourmandise des temps modernes ! Au XVIIème siècle se créent des sociétés bachiques. rejoignent lentement la catégorie des légumes.

Certains étrangers regrettaient que le service à la française ne permettait pas d’accéder aux mets situés loin de soi. La soupe aide à faire passer le gros pain de campagne bien rassis. qu’ils cuisent dans la cendre du foyer. ils roulaient sous la table les uns après les autres.ou assaisonné de graisse. selon les régions. c’est la nourriture par excellence. eux. des poires. s’ils n’avaient pas leur propre serviteur pour aller les chercher. navets. des prunes. de beurre ou d’huile. matin et soir. mais sur un buffet avec les verres. puis le boire. ils confectionnent des breuvages avec des pommes. ou bien encore des châtaignes ou des légumes secs. soit par un serviteur dont on avait le plus grand mal à attirer l’attention. C’est ce qu’on appelle « l’économie de subsistance ». chaque convive ne goûtait normalement à chaque service qu’à un très petit nombre des plats posés sur la table. Dans le système français. racines. on disposait un grand nombre de plats sur la table. En Pologne. d’une « bécasse prise au collet ». les citadins se nourrissent essentiellement de produits venus d’ailleurs qui ont été contrôlés et enregistrés. Allemagne. Le pain n’est pas seulement un aliment populaire. Les paysans se contentent de porc salé. Un repas était divisé en deux parties : le manger. tous les convives s’enivraient abominablement. vendent une partie de leurs récoltes pour payer les impôts du roi. du lac. il fallait donc se faire servir. Les paysans. les volailles sont destinées à la vente et aux redevances seigneuriales. Les paysans plantent dans leur jardin des choux. poireaux. Ils ont aussi des pommiers.C’est classiquement le « service à la française ». à force de porter des toasts et de se défier à boire. Russie. fèves. En Angleterre. et autant que possible. Ils se contentaient des plats posés près d’eux. pois. de la source. le problème ne se posait pas. un morceau de viande -du porc salé. comme en France. soit par son valet si l’on en avait la chance d’en posséder un. Ils ne boivent que du vin lors du « boire convivial ». Dans l’Europe du Nord et de l’Est. En Angleterre. n’étaient pas posées sur la table. Ailleurs. Le bouillon de cette soupe est le plus souvent parfumé avec des racines et des herbes diverses. car on ne buvait pas en mangeant. Ils boivent ordinairement l’eau du puits. des cerises. Les bouteilles. témoin de la magnificence du maître de maison. Pour les viandes. aux portes de la ville ou sur les marchés. Pologne. des navets ou autres racines ou légumes. Ils se nourrissent ordinairement que de ce qu’ils produisent. Tous les plats sont mis sur la table. L’ALIMENTATION QUOTIDIENNE D’une manière générale. de la Flandre à la Russie. Dans les pays de l’Est. D’où la réputation de sobriété des Français auprès des peuples de l’Est et du Nord. des rivières. mais ils étaient découpés par des écuyers tranchants et passés à la ronde par des serviteurs. Pour les jours de fête. poiriers et noyers dont ils cueillent et mangent les fruits en passant sous l’arbre. et l’on ajoute un morceau de beurre ou de lard. les redevances seigneuriales et le loyer de la terre qu’ils cultivaient. blettes. de peur qu’elles soient renversées en cherchant à atteindre un plat. La soupe est le met essentiel et unique de tous les repas pris à la maison. 67/84 . de sorte que chaque convive se voyait proposer successivement de chaque met. Dans les autres pays. qu’ils fermentent. pour des raisons fiscales. Chaque fois que l’on voulait boire. on mange de la choucroute. le maître d’hôtel veille à diversifier les plats au maximum. les femmes se retiraient après un ou deux verres. c’est du chou. Les choux sont confits durant 3 à 4 mois que l’on fait ensuite cuire avec du lard. Les convives se servent librement et pour satisfaire chacun d’eux. de grenouilles ou de poisson pêchés à la ligne.

terrines et oilles. En Alsace. tourtes. de faïence ou de porcelaine. . potage. . Seuls les grands festins prennent place dans les vastes salles des châteaux et palais. confitures ou fruits frais de saison. mais aussi en accompagnement de viande ou en sauce. Jusque-là. avec des lavoirs pour rincer les verres et pour le service de la table. Au XVIIème les objets semblent progressivement ajoutés les uns aux autres. glaces. soit dans les antichambres. etc… . Il ne faut pas étendre son bras par-dessus le plat devant vous pour en atteindre un autre… Entre chaque service. La volonté de se servir du couvert individuel pour porter à sa bouche une nourriture intacte exprime l’éveil d’une société à une nouvelle sensibilité qui met en avant dans la vie privée le besoin d’intimité.4e service =entremets chauds. y compris dans les campagnes. vides ou non. les fruits sont mangés pour eux-mêmes.5e service = fromages frais. hors d’œuvre. à commencer par les pays du Nord et de l’Est. les repas se déroulaient soit dans la chambre à coucher. l’antique cervoise non houblonnée subsiste jusqu’au XVIIIème siècle sous le nom de « ale ». Ce sera sous Louis XV au siècle suivant que la notion de « service de table » prendra tout son sens. Elle est dotée d’un buffet qui est d’abord une grande table de marbre. les eaux-de-vie se répandent en Europe. les rôts et les salades. comme on peut le voir dans les traités et architecture de l’époque. légumes. Comme elle est moins alcoolisée que le vin. Elle sera placée le plus près des cuisines. Pour ce qui concerne les services de la table.3eservice =les grands entremets salés. Il faut prendre en une seule fois ce que l’on a à prendre : c’est une incivilité que de se resservir. les moyens entremets sucrés. Dans la deuxième moitié du XVIIème l’emploi du couvert individuel se répand dans tous les milieux aisés de la société. Donc service dépareillé. céréale non panifiable.1er service = entrées. sous Louis XIV la vaisselle royale n’est pas un service cohérent et homogène. Ce spectacle est double : celui des mets les plus exquis et celui des décors somptueux d’une riche et abondante vaisselle de métal précieux. la table est libérée de ses plats. sorbets compotes. Les fruits sont séchés et servent de nourriture aux pauvres pendant l’hiver.2e service = viandes et poissons en sauce remplaçant les potages. mais la boisson des élites sociales. Les premières salles à manger apparaissent aménagées et meublées de façon permanente et dorénavant l’architecture privée la prévoira dans son évolution. La bière règne en Europe du Nord et de l’Est dans les pays où le vin n’est pas le fournisseur de calories bon marché des travailleurs de force.En Europe centrale et orientale. Les plats restent sur la table un quart d’heure environ. Ceci conduira au XVIIIème siècle au respect de 68/84 . . Il y a beaucoup de services : 5 : . l’eau-de-vie est prise le matin avant de sortir et en hiver avant d’aller aux travaux en grange. A partir du XVIème siècle. En Angleterre seulement. LA TABLE « A LA FRANCAISE » A cette époque. crèmes. C’est avec Louis XIV que naissent les salles à manger. on en boit de grandes quantités. La bière houblonnée a au XVIIème siècle triomphée dans toute l’Europe continentale. La Vodka russe est fabriquée à partir de l’avoine. la table est un spectacle pour les convives. La louche apparaît à l’extrême fin du XVIIème siècle.

le laissaient volontiers mettre la main à la pâte et exécuter le feuilleté de ce gâteau à la crème d’amande inventé par le signor Frangipani. mais concentrée davantage sur ce qu’ils mangent. mieux cloisonnée. duchesse de Montpensier. Il vient de Florence en 1645 avec le chevalier de Guise et échoue dans le sous-sol du Palais du Luxembourg où il mange à sa faim. acquiert une utilité spécifique. commence sa carrière dans les cuisines de la Grande Mademoiselle. Vatel s’est suicidé ne voyant pas arriver les charrettes de poisson de la Manche. véritable « homme d’intérieur ». ou Watel (flamand ?). est rappelé par Condé. prince de Bourbon. fondateur de notre Opéra.l’intimité qui modifiera à son tour les mœurs jusque dans l’organisation des espaces domestiques : chaque pièce. 69/84 . La princesse l’entend jouer du violon et lui donne des leçons de solfège et de guitare pour qu’il intègre plus tard son orchestre particulier. et les confitures selon les recettes de sa grand-mère Catherine de Médicis. c’est son nom. aux coings. Depuis sa toute petite enfance. Il ne survécu pas à cet affront. Lully. tartes aux pommes. de Fontainebleau et de Saint-Germain. L’essentiel du repas s’oriente davantage vers le plaisir du goût que vers celui des yeux. Gianbattista. très habile. Il a un aplomb phénoménal et un talent de musicien. Là. Quelques anecdotes relatives aux cuisines : Louis XIII. aimait à coudre comme un tailleur et cuisiner comme un chef. fille de Philippe d’Orléans frère du roi Louis XIV. Vatel. Le cardinal Mazarin s’en amuse et présente son compatriote au roi du même âge que lui. ce déshonneur. en particulier la pièce des pâtissiers où des Florentins de sa mère. il disparaît pendant neuf ans. il transforme son nom en Jean-Baptiste Lully. l’«Ile de Candie ». Il deviendra directeur de l’Académie de Musique. il fréquente les cuisiniers du Louvre. cousine de Louis XIV et frondeuse. Comme chacun sait. beignets. D’abord il fut maître d’hôtel chez Fouquet jusqu’aux fatidiques festivités de Vaux le Vicomte. l’attention des dîneurs n’est plus attirée par des distractions proposées dans la salle. Anne-Marie Louise d’Orléans. Ils réussissaient admirablement tous les autres gâteaux d’alors : massepains. La nouveauté au XVIIème est l’introduction de mets composés en sucre. Marie de Médicis. Normalisé français en 1661. qui veut organiser une réception à Chantilly. La disposition ordinaire des convives se fait autour de la table et non plus d’un seul côté : par conséquent. Les techniques de raffinage de la canne à sucre sont maîtrisées par les Vénitiens possesseurs de Chypre. est chassé pour avoir composé une chanson très discourtoise sur sa bienfaitrice.

Tandis que l’Italie se complait et se pâme aux roulades de ses castrats. le dernier représentant de la tonalité avant sa conversion tardive à la « série ». Entre les airs profanes. Ainsi l’air de cour. Carissimi (1605-1674). Le retour des italiens du 17ème siècle à la monodie sur un accompagnement inconsistant est une chute artistique. Sweelinck Buxtehude (16371707). cela s’appelle l’ « oratorio ». danses. des sonates en concertos. moins raffinée. qui contient toute la musique jusqu’à Stravinsky. le « récit chanté ». la « mélodie accompagnée ». puis une suite d’actes chantés avec accompagnement d’orchestre. Louis Couperin (1626-1661). chœurs. Marc-Antoine Charpentier (1634-1704). Sur un plan religieux. elle travaille aussi à inventer sur ses violons. Alessandro Scarlatti (1659-1725). le tout construit sur une histoire. Des formes nouvelles viennent enrichir et renouveler tout au long du 17ème la musique vocale et instrumentale.3 I . Henry Purcell (1659-1695). avec entre autre la généralisation de la gamme tempérée majeuremineure. et forme le drame musical qui a pris nom « Opéra » : c’est d’abord une comédie déclamée sur des récitatifs. Cambert (1628-1677). d’allure savante. Michel Delalande (1657-1726) Musique instrumentale : Girolamo Frescobaldi (1583-1643).LA MUSIQUE DRAMATIQUE OPERA EN ITALIE Toutes les puissantes ou délicates architectures de la polyphonie de la Renaissance vont être englouties par l’irruption de l’Opéra vénitien et napolitain. d’esprit champêtre. 3 Pastorale :œuvre dramatique brève. 70/84 . Cesti (1623-1669) Musique religieuse : Heinrich Schütz (1585-1672). mettant en scène des bergers et des bergères. Cavalli (1602-1676). Puis englobera toutes les formes vocales dans une ou plusieurs voix. Arcangelo Corlli (1653-1713). Récitatif :dans la musique dramatique et la musique religieuse.C’est la suprématie italienne au 17ème siècle ! Musique dramatique : Claudio Monteverdi (1568-1643). l’ « air » sous toutes ses formes sont les innovations dues aux artistes. Dominico Scarlatti (1685-1787). des intermèdes pour instruments. la partie supérieure la plus importante permettant de comprendre le texte. Air de cour :transcription d’une chanson polyphonique pour une seule voix et accompagnée par le luth. Antonio Vivaldi (1678-1743). La place de la poésie prend tout son sens. ses orgues et ses clavecins. on place des cœurs. Les artistes copient la musique grecque. chant déclamé qui suit les inflexions de la parole et laisse donc la primauté au texte. On cultive le style récitatif dramatique. les formes les plus pures de la musique. un poème. J-Baptiste Lully (1632-1687). s’oppose à la chanson populaire. la tragédie antique. Aria (en français « air ») : mélodie vocale ou instrumentale isolée ou incluse dans une œuvre.

s’essaie à « imiter la parole par le chant ». fille du Grand Duc de Toscane François-Mario de Médicis et de Bianca Capello. c’est l’opéra napolitain qui succède en Italie à l’opéra dit vénitien. Rome voit naître l’Opéra-bouffe grâce au cardinal Giulio Rospigliosi. De simple tragédie pastorale à Florence. Le solo vocal s’impose déjà de plus en plus en Italie. le futur pape Clément IX. Vittori. L’Angleterre. en Suède. chez le comte Giovanni Bardi4. Un autre. conçu sur un scénario : action suivie avec danseurs. Les gentilshommes et les dames de la cour participent aux figures dansées et aux innombrables « numéros ». 700 cantates et ontarios. Le nouveau drame lyrique va connaître son extraordinaire fortune dans des foyers plus actifs et plus riches et surtout grâce au grand musicien italien de ce temps : Claudio Monteverdi (1567 – 1643). On lui doit 1150 opéras. nécessitant les jeux de scènes compliquées. l’Opéra italien a conquis l’Europe. il devient une action à grand spectacle. font tout le succès des tous premiers opéras romains et préparent la voie à l’opéra-bouffe par l’introduction dans le drame de quelques scènes comiques. les machines de fantasmagorie. Les castrats 4 Marie de Médicis. digne et élégante figure de prélat aux yeux bleus au visage fin. Bardi est maître de chapelle du pape Clément VIII à Rome. chez qui se réunissent entre 1577 et 1582 une sorte d’académie d’humanistes. On le joue jusqu’en Pologne. les décors magnifiques. Landi. musique vocale. de chez Bardi. Ses parents sont morts en 1587 empoisonnés par le frère du Grand Duc. Des compositeurs comme Virgilio et Mazzocchi. pour un retour à la mélodie de l’Antiquité imaginant une « imitation du discours par le chant ». la cour des Médicis perd de son éclat. Ils étaient de brillants mécènes mais tyranniques et assassins notoires. musique instrumentale. père de l’astronome Galilée. Il adore l’Opéra et a deviné combien la veine comique des Italiens y serait à l’aise. à l’exception de la France. Il manquait alors un élément essentiel du drame musical : un dialogue chanté ! le futur Opéra allait pouvoir puiser à sa guise dans les décors. les trouvailles d’une mise en scène simultanée. A Florence. Giulio Caccini. avec son école musicale qui n’est plus que de second ordre. ils condamnent la polyphonie qu’ils jugent caduque. Vincenzo Galilei. Rossi. 25 ans après la mort de Monteverdi. 71/84 . de littéraires et de philosophes.Le « ballet de cour » annonce l’Opéra parce que c’est un spectacle entier. L’heure est propice au génie qui doit éclore et donne à Venise sa mesure. charge dévolue depuis près d’un siècle à des hommes de génie. le cardinal Ferdinand. Leur mort entraîne la disgrâce de Bardi. L’un d’eux. Galilei écrit deux chants monodiques avec accompagnement de violes. avec notamment Alessandro Scarlatti. la cité intellectuelle. Il sera Maître de Chapelle de Saint-Marc à Venise (il y passera 30 ans). leur favori qui deviendra maître de chapelle du pape Clément VIII à Rome. affirme que le madrigal est la plus belle des formes musicales à condition qu’on le purge de toute polyphonie. Vienne s’italianise complètement et le demeure jusqu’après la mort de Beethoven. après quelques résistances. n’a rien de commun avec des cardinaux pornographes de la Renaissance. un peintre pour les décors. succombe à son tour. barbare. les machineries nombreuses dont les Barberini dotent leur théâtre. Les premiers Opéras sont nés à Florence. Lorsqu’ils parlent de musique. des costumes. A la fin du siècle.

M. après 7 ou 8 ans d’un sévère et patient dressage professionnel. des ballets. Quand on les rencontre dans une assemblée. hantaient les cours. Le timbre est aussi clair et perçant que celui des enfants de chœur et beaucoup plus fort. les castrats avaient presque entièrement supplanté les belles cantatrices des premières années du siècle. 72/84 . avec des hanches. féroces entre eux. la fabrication des castrats était devenue un art . et l’on peut imaginer le sort de ces malheureux. Au 17ème siècle. Louis XIV ouvre une Académie de la Musique que Perrin est chargé de diriger. ils deviennent grands et gras comme des chapons. Un poète P. d’une espèce fort particulière : les castrats. Charpentier (1634-1704). on est tout étonné.L’opéra avait également ses vedettes qui faisaient courir les foules. une croupe. les cantatrices leur faisaient concurrence et l’opéra bouffe leur convenait peu.et un commerce – entré complètement dans les mœurs italiennes. pleines d’éclat. Ils étaient tous italiens. leur nombre diminue. Ils ne disparaissent de la scène que vers 1830. Velutti. légères. meurt octogénaire en 1861. très fortes et très étendues. Ils se travestissaient pour jouer les rôles féminins malgré leur taille gigantesque. les bras. une existence princière attendait ces fils de laboureurs et de cordonniers. Leur voix sont brillantes. des pastorales. Leur période de gloire dura entre1650 et 1750. Entre temps. Lully contribue à établir un style et une forme qui soient restés classiques en France jusqu’à Gluck. Lully écrit des drames. adulés du public. OPERA EN FRANCE L’opéra italien ne vient que tard en France et c’est Lully. Dictateur de la musique. On émasculait donc encore de jeunes garçons en Italie au moment de la Révolution Française. Caproli et Carali qui en fixera chez nous les principales données. lorsqu’ils parlent. le cou rond et potelé comme des femmes. Incroyablement fats et capricieux. En 1647. Bien que l’Eglise eut levé son interdit sur la présence des femmes en scène. Pour les autres.A. Le dernier. Ils conservaient le timbre aigu et la tessiture élevée des jeunes garçons avec la puissance respiratoire des adultes. Autres compositeurs : P. Il profite des difficultés du groupe Perrin-Cambert pour acheter la charge de ce dernier (1672). les castrats gagnaient des fortunes. après Rossi. Mazarin attire à la cour Rossi qui y présente son Orféo. Destouches (1672-1749). L’Eglise est la première à employer les talents de ces eunuques qui ont évolué pendant 200 ans. On châtrait entre 9 et 13 les petits garçons dont les voix donnaient des espérances. Perrin et musicien Robert Cambert collaborent et donnent une pastorale en 1659 et une Pomone en 1671. Quelque fois les garçons opérés perdaient leur voix à l’âge de la mue. Ensuite. se faisaient construire des « palazzi » et des villas magnifiques. Pour un temps seulement car le florentin J-Baptisite Lully (1632-1687) du même âge que Louis XIV est naturalisé français en 1661 et devient la même année le surintendant de la chambre du roi. André Campra (1660-1744). Un opéra national français est en voie de constitution. la gorge. Etrange et barbare sacrifice d’une société si parfaitement civilisée à l’idôlatrie du chant ! en 1562. la chapelle Sixtine comptait parmi ses chanteurs un castrat du nom de Rossinus. Collasse (1640-1709). Généralement. d’entendre sortir de ces colosses une petite voix d’enfant. puis Cavalli qui donne son Xerse (1660).

La France turbulente. Stradella. Reinhard Keiser (1674-1739). sinon hostiles au lyrisme purement vocal du « bel canto » d’Italie. F. l’histoire de la musique française du 17 ème siècle relève plus de l’érudition que de l’étude d’un art vivant.-1745). H. Legrenzi. Campra. avec solistes. Albert (1604-1651). Ce goût aura des conséquences prolongées. Son œuvre maîtresse « le Roi Arthur ». Viadama . II. Les Français jugent excessifs les accents pathétiques de l’Opéra italien. puis de la cour. Pergolèse. La musique la plus répandue est l’ « Air de Cour ». chœurs. les grands intervalles et ses contrastes.-1714). année ou Louis XIV gouverne seul. intrigante. il faut rattacher l’art de la cantate profane qui fleurit en France entre 1690 et 1730 : Charpentier. En 1647. JB Stuck (…-1755). Monteverdi.LA MUSIQUE RELIGIEUSE L’Italie Giacomo Carissimi (1605-1674) a créé 16 oratorios (ou histoires sacrées)(«Miserere ». Scarlatti. JP von Krieger (1649-1725). Henry Purcell (1658-1695). A. cavalière de Henri IV et Louis XIII est musicalement fort conservatrice. Montéclair (1666-1737).. Durante. Cavalli. Allemagne L’opéra italien pénètre par Vienne et la Bavière.. La France La musique religieuse dans la deuxième moitié du 17è siècle ouvre la voie à un génie éloigné de la cantate et de l’oratoire. instruments et interludes symphoniques. OPERA DANS LES PAYS DU NORD Grande-Bretagne Un seul nom.A l’opéra. Cavalli est connu en Allemagne. mais avec une diction claire et intelligente. 73/84 . Ils préfèrent des chanteurs d’un timbre et d’un volume médiocres. A. Erlebach (. JW Franck (…-1710). L’opéra allemand naît à Hambourg. JB Morin (. JJ Mouret (1682-1738). Schütz y fait jouer « Daphné » en 1627. disciple de Blow. Autres compositeurs : JK von Kerll (1627-1693). genre qui fleurira en France jusque sous le 1 er empire : le grand motet. Krieger (16491725). Les musiciens sous Louis XIV Jusqu’en 1661. mais le plus grand de toute la musique anglaise : l’organiste de Westminster. LN Clérambault (1676-1749). Les Français de l’époque classique sont peu sensibles.

l’Estro armonico. Scheidt 1587-1654 a écrit pour le clavecin et pour l’orgue. Autres organistes : H. Auteur de cantates. Vitali. Henri Desmarets. T. prend la première place. chef d’orchestre (les quatre saisons. du duc d’Orléans. J Reinken. Pachelbel 1653-1706. Les pays germaniques et les Pays-Bas L’école de clavecin et d’orgue des Pays-Bas. maître de chapelle. Marc-Antoine Charpentier. Delalande (1657-1726) dont l’envolée de certains chœurs annonce déjà Haendel. Hammerschmidt + 1675. Du Mont appartiennent à la musique du Roi. Schütz 1585-1672. G. JR AKLE +1673. Henri du Tout (16106-1684). B. Comme en Italie. fils de Charles et neveu de Louis. Magnificat. L. Schildt. Robert. J. Dornel.Nicolas Clérambault. est le musicien attitré de Melle de Guise. enfin de la Sainte-Chapelle du Palais. 5 Le clavecin : instrument à cordes pincées et à clavier qui ne peut guère nuancer. A sa suite. H. Tunder +1667.Nicolas Formé (1567-1638) Maître de Chapelle de Louis XIII. Nicolas Bernier. JFr Andrieu. JB Lully. JH d’Anglebert. La musique de chambre prend avec le violon toute son importance.Nicolas Bruhns 1665-1697. il faut citer : Campa. le plus grand virtuose de son temps. Le 17ème sera celui du violon. JN Geoffroy. puis perfectionné vers 1630. puis des Jésuites. Torelli. J. Te Deum.Boehm. A. 74/84 . Froberger 1616-1667 organiste de l’empereur. Jean Gilles. motets. Marchand. du dauphin. Kuhnau 1660. Dietrich. J. la Stravaganza.). et de l’Allemagne est dominée au début du 17ème siècle par l’organiste d’Amsterdam JP Sweelinck. Buxtehude 1637-1707 danois… III – LA MUSIQUE INTRUMENTALE L’Italie Le 16ème siècle est le siècle de l’orgue. Girolamo Frescobaldi 1583-1643. ancien élève de Carissimi. virtuose du violon. Legrenzi. Pasquini 1637-1710. Scheidemann . Couperin. le vénitien Antonio Vivaldi 1678-1741. Nicolas Lebègue. J Praetorius. Bassani. Erlebach 1657-1714. Corelli 1653-1713 apparaît comme le chef de toute l’école moderne de violon. Son élève S. oratorios. voit peu à peu sa vogue décroître en France où le clavecin. M. Esprit Blanchard… L’Allemagne H. Après Delalande. La France Les clavecinistes5 : Louis Couperin. Michel R. Albinoni 1671-1750. d’abord assez rudimentaire. instrument favori du 16ème s. Sébastien de Brossard.. le Luth. J. François Couperin le Grand 16681733. leçons de ténèbres. Schein. F. Pierre Robert (1618-1699).17722. J. prêtre. Bonzignac.Cabanilles 1644-1712. Sebastiani +1683. sera supplanter par le piano à la fin du 18ème siècle.

Les musiciens du 17ème siècle tiennent une place éminente. anglaise. 75/84 . qu’ils appartiennent aux écoles allemande. italienne. JS Bach parachève ce 17ème siècle très important puisqu’il assure la transition entre le monde de la polyphonie déclinant et celui du classicisme montant. française ou espagnole. Les maîtres apparaissent comme les créateurs du langage moderne qui s’imposera 20 ans plus tard aux symphonistes et aux classiques. A leur tête.

en basse lice est dirigé par Jean de la Croix. Le quatrième. la tapisserie française connaît un brillant essor.. Ses facilités d’assimilation.Avec les 17ème et 18ème siècles. accessoires. LA MANUFACTURE DES GOBELINS Créée par Colbert qui écrit dans son mémoire de 1663 que le temps des mécènes est révolu.) répartis selon les capacités de chacun. Jean Lefebre et Henri Laurent. Après son retour à Paris. chargé de la conduite de la manufacture est Charles le Brun. il est choisit par Fouquet pour l’aménagement de Vaux. Quatre ateliers existaient déjà depuis 1662. les 76/84 . Versailles le mettra à son apogée. son entente exceptionnelle de la décoration s’épanouissent au contact de ses maîtres les plus réputés. calculés « au bâton » variaient selon la nature des ouvrages (chairs. et passé au service de Louis XIV. originaire de Bruges ou d’Audenarde. « l’Histoire du roi » 1665-1678 (14 pièces). paysages. Il y avait également des initiatives privées à Paris et en province de bonne renommée. Les chefs d’atelier étaient établis à leur compte et restaient libres d’accepter les commandes de particuliers. Le Brun commence une carrière exceptionnelle. Après la disgrâce de ce dernier. subventionnées par la couronne. Ceci à permis à la tapisserie de retrouver une place prépondérante parmi les industries somptuaires du royaume puis de l’Europe. Les souverains et leurs ministres créent des ateliers de tapisserie groupés en manufactures. il parvient à une méthode de travail d’une perfection absolue pour la préparation des cartons destinés aux Gobelins : c’était devenu des peintures à l’huile entièrement achevées que l’on découpait en bandes étroites. visages et mains. Trois en haute lice dirigés par Jean Jans père. L’innovation apportée par la réunion des ateliers aux Gobelins était de subordonner les chefs d’ateliers et leur liciers à un directeur chargé de fournir les dessins et de les faire exécuter correctement : ce directeur nommé en 1663. I. Son équipe est homogène et grâce à elle. travaillant exclusivement pour elles ou aptes à recevoir des commandes de particuliers. puis par son fils en 1668. Les thèmes sont « l’Histoire d’Alexandre » 1664-1680. après une période obscure. faciles à manier. Les liciers étaient logés avec leur famille dans l’enclos du nouveau séminaire des Arts et disposaient de jardinets dont on retira la jouissance à leurs successeurs au 20 ème siècle. Les salaires de leurs ouvriers. les «Mois ». venus des ateliers du Louvre. Colbert établit aux Gobelins une manufacture. Il y avait aussi des étrangers de Bruxelles et d’Anvers. élève de Simon Vouet. draperies. La diversité et l’ampleur de ses tâches amènent Le Brun à rassembler de nombreux collaborateurs soumis à ces conceptions et à ses directives. Les 250 ouvriers liciers avaient été formés par les ateliers du Louvre pour la grande majorité. de par son talent manifeste. Le brun a passé trois ans en Italie dans sa jeunesse. les « Maisons royales » reproduit sept fois entre 1668 et 1694. Il appartient désormais au roi seul de stimuler la vie intellectuelle et artistique du royaume.

Behagle attire à la manufacture une appréciable clientèle en France et à l’étranger. La direction de son successeur. Il crée une école de dessin et réussit à donner un nouvel essor aux ateliers. une «noce picarde ». des chancelleries. les héritiers de Behagle cèderont la place en 1771 aux frères Tilleul. par des liciers aubussonnais et reproduites en broderie. comme la suite des « Conquêtes de Louis XIV » en 1690 et la « Bataille de Cassel » (au château de Maisons-Lafitte) gagnée par le duc d’Orléans. LA MANUFACTURE DE BEAUVAIS Comme les Gobelins. Louvois. En 1693. orangers. Philippe Behagle. d’animaux et d’oiseaux. Behagle reprend également le tissage des « Actes des Apôtres » d’après Raphael à encadrements fleuris (se trouve à la cathédrale de Beauvais). III. successeur de Colbert ne trouvant personne ayant les mérites et l’autorité nécessaire pour remplacer Le Brun. La première année. Deux tentures : l’une réhaussée d’or en huit pièces : « les jeux d’enfants » d’après Corneille : l’autre en six pièces. sa veuve et ses fils poursuivent l’affaire. malgré des subventions. à l’évolution de formules et de tendances décoratives. A sa mort. Mais alors que les Gobelins sont réservés aux commandes royales. Il sollicite et obtient des subventions mais elles ne le sauvent pas. Il fait exécuter à Beauvais des « Tenières » (scènes villageoises inspirées de Téniers). il entreprend le tissage de modèles artistiquement plus élevé. reste une entreprise privée. 4 pièces relevées de fils d’argent. sera plus féconde artistiquement. Grâce aux initiatives artistiques de Berain. Les plus réussies de Beauvais sont les « grotesques de Berain et de Monnoyer ». fontaines. Il livre différentes verdures « fines » ou « communes » avec parterres. conçues du temps de Le Brun. marchand tapissier. dont 50 apprentis. bien qu’assurée de la protection du souverain. Le Brun tombe en disgrâce. une « Histoire d’Achille ». des paysages parfois animés de petits personnages. se contente de faire reprendre des copies des plus belles tentures flamandes conservées dans le gardemeuble royal. il fait terminer une suite des « Ports de mer ». qui se retire en 1684.« Actes des Apôtres » tentures exécutées d’après les compositions de Raphael (10 pièces). un « Parlement de Rouen». Tout en continuant à fabriquer des verdures. la manufacture de Beauvais. la manufacture de Beauvais est une création de Colbert. à multiples variantes. Elle est dirigée par Louis Hinard. LES MANUFACTURES PRIVEES 77/84 . à oiseaux notamment. les « Chambres du Vatican » d’après les cartons faits à Rome par les élèves de l’Académie de France (10 pièces)… A la mort de Colbert. dans le but de concurrencer les ateliers flamands. elles sont remises sur le métier jusqu’en 1725. ruiné. Elle travaille en basse lice. il emploie 100 liciers qui atteignent 600 au bout de six ans. Elle s’adapte aux fluctuations du goût. mais ne pouvant faire face aux principales charges. Berain collabore aussi dans l’atelier privé de Behagle au faubourg Saint-Martin à Paris sur « les conquêtes de Charles XI. roi de Suède » (4 pièces) et « les triomphes marins » aux armes du comte de Toulouse. II. Elles ont connu un véritable engouement (150 pièces) et sont copiées à Berlin au 18 ème s. maître tapissier d’Audenarde. Les dépenses excèdent les recettes à plusieurs reprises.

Dans « l’Europe française » du 18ème siècle. de Tristan L’Hermite. Felletin et Aubusson Dés le 14ème siècle. tous parmi les plus anciens et les meilleurs liciers d’Aubusson. petite bourgade située sur le chemin de Bordeaux à Lyon. Ils représentaient également des illustrations des romans à la mode (de Melle Scudéry.Les manufactures royales comme les Gobelins ou celles bénéficiant de privilèges et de subventions par les pouvoirs officiels comme les ateliers de Paris et de Beauvais. Les liciers d’Aubusson copient des tapisseries à succès tissés par d’autres ateliers français.. ne résument pas l’intégralité de l’essor pris par la tapisserie en France au 17 ème et 18ème siècles. Erlangen. d’autres installés à Paris ou dans des villes de province ont dû subsister à l’aide de leur seules ressources ou de ressources attribuées par les autorités locales. d’un château aux tours crénelées. chargé de conseiller et de former des élèves. les avantages économiques qui en résultaient et surtout le prestige personnel qu’ils pensaient acquérir ont décidé des princes étrangers à faire monter des métiers dans leurs Etats. Vers la fin du 17ème. Münich). Enfin en 1731 arrive un grand peintre. c’est à Felletin.). à qui la monarchie accorde des privilèges. alors que le comté de la Marche appartient à Louis de Bourbon. stockholm). Sa venue annonce la plus brillante d’Aubusson au 18 ème siècle. Russie (St Petersbourg). Suisse (Bern). agravée par la fin du règne de Louis XIV et la minorité de Louis XV où les métiers de Bellegarde sont supprimés et les tissages des métiers interdits aux femmes. les premiers métiers sont montés par des liciers flamands. époux de Marie de Hainaut. dont celui des Gobelins. A Aubusson. de hérons et de perroquets. Ces abandons portent une dure atteinte à la production d’Aubusson. poussées dans des paysages parfois agrémentés de ponts et maisons rustiques. Beaucoup de familles de la Marche ont adhéré au calvinisme. Tavina). Exeter)… 78/84 . Ils reprennent l’exercice de leur profession dans ces divers pays. chasses au loup. Au début. près de 20 artisans délaissent la région. Angleterre (Fulham. en 1514. au faucon. d’animaux. des ateliers de tapisserie sont constitués. veuve de César Borgia. et verra des ateliers français à l’étranger où la préoccupation constante de presque tous les souverains était d’imiter les moindres faits de Louis XIV et de plagier la magnificence du grand roi ! L’essor pris par la tapisserie en France à la suite des initiatives de Colbert. créant le plus souvent des œuvres inspirées de modèles français. Danemark et Suède (Copenhague. duchesse de Valentinois. Lors de la révocation de l’Edit de Nantes. la situation économique des liciers devient très incertaine. Espagne et Portugal (Madrid. Schwabach. dirigés à l’origine par des artisans français. on retrouve les motifs caractéristiques du 17ème : les « verdures » avec des plantes à larges feuilles où à fleurs épanouies. de volatiles. au renard. ces ateliers appartiennent à l’art français avant d’être absorbés par des pays dans lesquels ils existaient : en Allemagne (Berlin. Italie (Florence). conservent la même faveur comme au temps des Valois. comme il a été mentionné dans l’inventaire au décès de Charlotte d’Albert. Jean-Jacques Dumont. tels les ateliers de la Marche. Il y en a eu d’autres. Dresde.

Pour le jeu. la chambre s’enrichit d’une alcove qui sépare la partie « nuit » de la partie « jour ». On sait que. L’AGE BAROQUE 1600-1660 L’âge baroque commence sous Louis XIII. Le chêne et le noyer sont les bois le plus utilisés en mobilier avec une préférence pour le noyer. Mais il protège les artistes. travaille. Lesueur et Georges de la Tour. Beaucoup d’étrangers. Entre les raffinements de la Renaissance et les fastes de Louis XIV. puis l’Académie Française. La pièce la plus importante n’est pas la salle. réservé aux palais princiers. Louis XIII n’a certes pas le charisme de son père Henri IV. Pourtant cette époque est celle de nombreuses inovations. symbole de la famille. à dossier bas. venu des Antilles. Apparaissent diverses tables à pieds tournés. et annonce le « salon ». L’ébène venu du Brésil est apprécié pour sa dureté. Les sièges se multiplient et commencent à se présenter en série de six ou douze. acquiert des tableaux de Vouet. sur des piètements de noyer tournés en torsade ou en chapelet : chaise à bras. le Palais Royal. dont la texture fine se prête bien au tournage. mais la chambre où l’on dîne. car elle marque le début de l’ébénisterie. Paris change de visage et se modernise (l’actuelle place des Vosges).I. La chambre est précédée d’une antichambre qui permet de faire attendre les visiteurs et est suivie d’un « cabinet » qui fait office de bureau ou de boudoir. associée à d’autres bois de couleur. Le meuble emblématique de la 1ère moitié du XVIIème siècle est le cabinet d’apparat. la toilette. qui commence à devenir le meuble de mariage. ont ainsi contribué à faire évoluer les styles et les techniques. etc… qui préfigurent au siècle suivant tous les petits meubles volants. qui ne sert que dans les grandes occasions. dont des Allemands et des Italiens. qui ne pouvaient intégrer le cadre de la corporation. il façonnait des objets d’ivoire. l’écriture. C’est une période clé pour l’histoire du meuble. beige rosé et très dur. le style Louis XIII pâti d’une image de sévèrité. c’est la « salle à manger ». La façade est en ébène mouluré et l’intérieur incrusté de jeux de miroirs et de bois de couleurs vives. Le coffre est toujours présent. comme le gaïac. 79/84 . Le meuble de rangement le plus répandu est le deux-corps en noyer ou en chêne : partie basse pour la vaissellle et partie haute pour le linge. Vers 1625. C’est aussi le moment où le roi ouvre les galeries du Louvre à des artisans privilégiés qu’il appelle à lui. plus facile à sculpter et à tourner. sa rareté et son origine exotique. fait sa toilette er reçoit ses amis. On l’utilise en placages épais sur les portes de cabinet ou en marquetterie. plus tendre. voient le jour. bavarde. jeune. sa résistance aux parasites. ni la magnificence de son fils Louis XIV. La pièce la plus nouvelle. en bandeau garni comme l’assise d’un rembourrage de velours de cuir qui lui donne un certain confort.

il est attaché à la maison du roi et on lui attribue les plus beaux cabinets à façade d’ébène. La technique du placage. bancs. Béarn. Il meurt en 1624. escabelles et planches à trétaux. est liée à l’importation nouvelle des bois exotiques coûteux. bobèches et toupies. On peut citer : . splendeur et majesté. Bretagne. l’écaille. En 1641.Pierre Golle. formé aux Pays-Bas. hollandais. prend une importance nouvelle : on tourne tout ce qu’on peut : piètement de sièges et de tables.Laurent Stabre. Idem pour la table de noyer à pieds tournés et à entretoises. . que l’on agrémente de bobines. Les méthodes de coupes et d’assemblage ne changent pas au début du 17ème siècle. le vrai meuble d’époque l’est encore plus aujourd’hui. et permet au roi de récupérer ses équipes d’architectes. mais aussi lourdeur et autorité. II. le cuivre. en chapelet. mort en 1684. Grâce au perfectionnement du tour. LOUIS XIV – LES FASTES DU GRAND SIECLE Né à Versailles et pour Versailles. Il a pratiqué la marqueterie de cuivre et d’écaille dont Boulle fera plus tard un si magnifique usage. premier artisan à avoir bénéficié dés 1608 d’un atelier dans les Galeries du Louvre. le bois tourné dont la technique n’est pas récente. leur mobilier se réduisait à quelques coffres . né à Blois. L’ébène puis d’autres bois venus des Antilles que leur couleur incite à utiliser en marqueterie. les procédés de décor évoluent. Au cours de l’été 1661 a lieu la fête de Vaux-le-Vicomte qui tourne à la déroute de son organisateur le surintendant Fouquet. La version régionale et bourgeoise Le style Louis XIII est à l’origne de nombreux styles régionaux (Auvergne. en balastre. A la mort de Mazarin en 1661. Bourgogne…) où il a perduré presque parfois jusqu’au 18ème siècle. 80/84 . supports de cabinets. qu’il faut économiser.Les techniques Le style du mobilier résulte en partie des innovations techniques de l’époque. montants de buffets…en torsades. avec d’autres matières tels l’ivoire.Jean Macé (1600-1672). Quant aux paysans. succède à Laurent Stabre au Louvre en tant que menuisier d’ébène. Périgord. Il sera plus tard rattaché aux Gobelins. Déjà rare au 17ème siècle. chargé de créer un style grandiose destiné à faire valoir l’autorité de la monarchie et qui se résume en un mot : Versailles. . d’artistes et de décorateurs comme Charles le Brun. venue des Pays-Bas et d’Allemagne. le style Louis XIV est à l’image de son règne : ordre. Aucun meuble Louis XIII n’est signé et aucun ne peut être véritablement attribué à l’un ou à l’autre des « menuisiers en ébène » pour la plupart d’origine hollandaise. C’est Mazarin qui le fait venir à Paris pour travailler l’ébène et fabriquer les magnifiques cabinets recherchés par l’aristocratie. Louis XIV décide de règner seul.

le cabinet gagne encore en faste avec sa façade d’écaille et de bronze doré ou de pierres dures multicolores. à la fois fastueux et pratiques. Nicolas Sageot. mais pas encore sur les commodes. Auburtin Gaudron. Les bois exotiques du 17ème siècle sont encores rares en ébénisterie : l’écaille. les épidémies et le triste état des finances mettent un frein aux dépenses somptuaires et fin à la faveur de LeBrun. le marbre rouge des carrières pyrénéennes. Dans les maisons de qualité : une galerie. un haut dossier incliné. Les ébénistes la préfèrent très colorée. en marqueterie de bois de couleurs. mais c’est lui qui l’interprète avec le plus de virtuosité. Seuls comptent les enfilades de salons et galeries. mascarons. destiné aux duchesses. les perspectives grandioses. La notion d’appartement privé n’existe pas à Versailles. chambre. frises d’ornement… Les techniques Les innovations techniques ne concernent pas la construction même du meuble. Philippe Poitou et de Pierre Golle. sont très appréciés sur les tables et les consoles. son piètement de bois doré. mais on la retrouve parfois magnifiée et dorée sur les pieds des consoles et torchères. C’est la transparence de cette dernière qui permet de la colorer en rouge sur l’envers. le laiton. sont un élément essentiel du décor. les plateaux des bureaux et des commodes. Le même procédé permet d’obtenir la « corne verte » utilisée pour les cartels. Il faut de hauts et plafonds et d’immenses fenêtres. mais aussi de meubles. torchères et consoles sculptées et dorées tout aussi gratuitement décoratives. figures d’angles. sabots. entièrement garni de velours ou de tapisserie et des accotoirs dont la courbe épouse le galbe du bras. Des bouquets exubérants inspirés des tableaux inspirés des tableaux hollandais de l’époque s’épanouissent sur les panneaux des armoires.Le grand sytle Louis quatorzien s’assouplit dés la fin des années 1680 quand les revers miliaires. les escaliers monumentaux. les sièges au piètement en entretoise. les sièges. sous forme de poignées. La marqueterie est un art encore nouveau dans la 2ème moitié du 17ème siècle. cabinet. l’ivoire. et surtout sous la forme des ornements de bronze doré qui accompagnent d’abord la marquetterie de Boulle et deviendront pendant deux siècles le faire –valoir des meubles de bois précieux. sculptés et dorés. agrémentée d’ivoire et d’ébène. Il n’existe que deux couleurs d’écaille de tortue : brune ou blonde. une chambre de parade qui se muera bientôt en « salon ». Les sièges destinés à être dorés sont le plus souvent en hêtre. En fait. la nacre. dont la carrière commence sous Mazarin et se termine aux Gobelins. La sculpture abandonne les panneaux des meubles. 81/84 . de cuivre et d’écaille. Il s’accompagne de diverses tables. Le bronze doré fait son apparition dans le mobilier de Boulle. Les plus spectaculaires sont supposés venir des ateliers de Boulle. Ce mot nouveau venu de l’italien sinifie « grande salle ». Dans les palais. Les demeures des particuliers présentent tous la même trilogie : antichambre. Les meubles Louis XIV ne sont pas davantage soignés que ceux des époques antérieures. régulièrement alignés contre les murs. seules à s’asseoir en présence de la reine. l’étain. La nouveauté la plus ingénieuse de l’époque est la « commode ». mais les procédés de décor qui sont d’une créativité sans précédent. Dans les appartements d’apparat. Les sièges ont une assise assez basse. parfois teintée. La vie de cour et l’étiquette sont à l’origine d’un autre siège qui peut sembler paradoxal : le tabouret. mais parfois aussi en noyer. la marqueterie « de Boulle » n’a pas été inventée par le célèbre ébéniste. venue d’Italie qui entre en 1708 dans la chambre du roi. Ceux que l’on laisse en bois naturel sont presque toujours en noyer ciré.

Il appartient à une dynastie de sculpteurs sur bois. son protecteur. surveille les équipes d’artisans dont beaucoup viennent d’Italie. Il a passé la quarantaine. Jean Berain (1640-1711) ornemaniste. contrôle tout. menuisiers en ébène et en bois. Il dirige tout. Jacques Caffieri (1678-1758). graveurs.Charles Le Brun (1619-1690) règne en maitre absolu sur la conception et l’exécution du palais de Versailles dont il est le grand ordonateur. 82/84 . Le style grandiose et magnifique reflète le goût du roi. lapidaires. L’estampille n’étant pas encore en usage. fondeurs. après l’arrestation de Fouquet et de les installer à Paris sur le site des Gobelins. Les Gobelins C’est en 1662 que Colbert décide de rassembler dans une grande manufacture royale les artisans du chantier de Vaux-le-Vicomte. Il finira par lasser. orfèvres. qui entraîne sa disgrâce. oiseaux. pagodes et chinois de fantaisie qui rompt avec la solennité des précédentes décennies et annonce le 18ème siècle. Il fait construire des bâtiments destinés à accueillir sous la houlette de Charles Le Brun « de bons peintres. aucun de ses meubles n’est signé. il est largement le sien. teinturiers et autres bons ouvriers en toutes sortes d’arts et métiers ». jusqu’à la mort de Colbert en 1683. Son fils Philippe lui succèdera dans cette discipline. Il règne en maître absolu aux Gobelins : il donne des projets. Mais c’est le chantier de Versailles qui attend Le Brun. au point d’être démis de ses foncions en 1683 à la mort de Colbert. baldaquins. Sa carrière se déroulera surtout sous la Régence. Il met à la mode à partir des années 1680-90 un style imaginatif avec des rinceaux. arabesques. Il se spécialise dans cet art nouveau qu’est à l’époque le bronze d’ameublement. Colbert cherche à améliorer et promouvoir l’artisanat français et de limiter les importations d’Italie et d’Allemagne. Ses quatre fils perpétuent sous la Régence la marqueterie Boulle qui conserve des adeptes tout au long du 18ème siècle. maistres tapissiers de haute lisse. On donne à Caffieri les bronzes qui ornent les meubles exceptionnels. André-charles Boulle (1642-1732) ornemaniste et ébéniste. Elle sera franchement à la mode sous Louis XVI. après l’installation de la Cour à Versailles.

Le rôle de Louis XIV est exclusif jusque dans le moindre détail. Versailles se situe bien dans la lignée de la Renaissance italienne. au centre du château. le peintre LeBrun. dans le déploiement d’un luxe inoui. les anote et les leur retourne. Versailles. la Galerie des Glaces réfléchit et prolonge les derniers feux de l’astre. Lors des visites du roi sur les chantiers. Ailleurs. Tout en émanant du 17ème siècle. L’importance donnée au soleil témoigne des nouveaux principes d’urbanisme. aménagée par Jules II au début du 16ème siècle. et n’hésite pas à faire abattre telle partie de l’édifice qui ne rend pas bien. et si l’œuvre semble en valoir la peine : l’hôtel de ville d’Arles ou celui de Lyon par exemple. il invective les ouvriers. Passionné d’architecture et désireux d’imprimer sa marque personnelle aux bâtiments réalisés sous son règne. le roi lui-même se plait à guider ses visiteurs : il a écrit de sa main un petit opuscule « la manière de visiter les jardins de Versailles ». Elle est civile et politique. dépêche l’un de ses architectes Mansart s’il le faut. Louis XIV visite les chantiers des autres. une seule volonté a présidé : celle du roi. ville dédiée à Louis XIV et bâtie pour sa gloire. presque le coup de foudre. Beaucoup d’idées viennent de lui. La décision est prise : c’est de cet esprit. très supérieure à celle 83/84 . dont les fenêtres s’ouvrent à l’est.La ville au 17ème siècle Versailles demeure depuis plus de trois siècles le plus mondialement connu des paysages français. il se fait adresser quotidiennement des rapports d’architectes. les tracés majeurs de la ville. De jeunes talents s’y sont exprimés : les architectes LeVau. Toutes celles qui émanent de l’équipe des exécutants ont été pesées et repensées par lui avant d’être éventuellement adoptées et de trouver leur place dans l’harmonie du tout. mais à son échelle que le roi veut bâtir son « Palais du Soleil ». prodigue ses conseils. Même en campagne. incite Louis XIV à un style plus brillant. tant au château que dans le parc. Les villes dans lesquelles pénètre la lumière sont balayées de courants d’air et sont donc infiniment plus salubres. le fontainer Francine. Le style Louis XIII. Hardouin-Mansart. Le point de convergence des principales annexes de la ville et du parc. est la chambre du roi. Ainsi le lever de sa majesté est assisté de celui du soleil qui répand sur la terre ses rayons vitaux. Un tel rayonnement ne peut s’expliquer que par la stupéfiante homogénéité d’un ensemble ou rien n’a été laissé au hasard. l’influence de Versailles est telle que la diffusion du style officiel est exceptionnelle. le potager. exige qualité et célébrité. chez son surintendant Fouquet à Vaux-le-Vicomte : un château et un jardin en parfaite harmonie. A cette œuvre. là où le roi n’intervient pas directement dans la conception d’ouvrages. Il en a la révélation. la place des Armes et les trois avenues qui en rayonnent sont apparentées au trident de la place du peuple à Rome. sévère. A l’ouest. les places et les grands édifices publics. Versailles est le triomphe de la perspective et de la symétrie. le jardinier Le Nôtre.

c’est elle qui exporte. des palais et des cités à la mode de Versailles voient le jour où l’on commence à parler français. Dans les rues apparaît l’éclairage : le réverbère à huile et à miroir concave constitue une véritable révolution dans le paysage urbain puisque enfin les rues cessent de faire peur aux honnêtes gens la nuit tombée.connue sous le style Louis XIII ou françois 1er. En Europe. il ne faut pas oublier qu’elle enfle énormément. Ainsi. Surtout. Les nobles disposant de moyens financiers suffisants transforment leur château médiéval en un petit Versailles. La règle d’or de la doctrine paysagère ne peut s’appliquer qu’aux châteaux. Ce n’est plus la France qui reçoit de l’étranger. monuments. les morts quittent le cœur de la ville. De nombreux traités fondamentaux sont publiés grâce aux deniers royaux sous Colbert pour assurer le succès du style officiel. littérature. Ces ouvrages sont d’un format maniable qui facilite leur diffusion et leur utilisation. l’alignement et la symétrie. Enfin. L’entassement médiéval est donc loin de la résorption… 84/84 . en application des nouveaux principes d’hygiène. L’Académie d’Architecture est encouragée à produire les modèles et à les répandre. à consommer de la cuisine française et pour tout dire. De plus. C’est l’arrêt de mort des corporations. Si l’on ne peut nier que la ville classique respire un peu par quelque places et rues.). Et parmi toutes les valeurs de la culture française diffusées pendant le siècle de Louis XIV (langue. la salubrité et la commodité. D’Avilès écrit : « la ville est un compartiment d’îles et de quartiers disposés avec symétrie et décoration. le processus de la Renaissance s’inverse. l’exemple et la correction par l’explication. puisque désormais la création est spécifiquement française. l’architecture et l’urbanisme tiennent une place de choix. Le fondement positif est l’usage et la fin utile de l’édifice. musique.. de rues et de places publiques percées d’alignement en belle et saine exposition avec pentes nécessaires pour l’écoulement des eaux ». la qualité des bâtiments est directement fonction de l’autorité royale. même si elles survivent jusqu’à la Révolution. Les noms des rues sont désormais gravés sur les murs des bâtiments d’angles et toutes les maisons reçoivent un numéro. à vivre le modèle culturel élaboré par Louis XIV. Le cimetière des Innocents tout entier déménage dans les carrières du sud de Paris qui deviennent les catacombes. Charles Perrault (père de l’écrivain) écrit : « toute l’architecture est fondée sur deux principes. l’autre arbitraire. Le fondement arbitraire est la beauté qui dépend de l’Autorité et de l’Accoutumance ». comme la solidité. les rues deviennent plus propres et ont des repères d’orientation. Il n’est plus question de se référer à des architectes ou à des textes italiens. peinture. C’est en fait sur de telles bases intellectuelles que repose la Révolution Industrielle. La réforme est de taille : on remplace l’atelier par l’école ! On remplace le faire-faire par le faireapprendre. l’un est positif. gastronomie. villes nouvelles et aux rares quartiers urbains retouchés : c’est la régularité. Une théorie française de l’architecture et de l’urbanisme Versailles marque donc l’apothéose de la « Renaissance » mais en même temps sa fin.

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